Set fire to the third bar by jukava
Summary:


Crédits : Disney/Marvel + Reuters


Je m’assois et fixe la carte, traçant une ligne droite, au-dessus des rivières, des fermes et des frontières. Simplement la distance entre ici et là où tu dois être..
Categories: CrossOver, Romance (Het) Characters: Autre personnage, Hermione Granger
Genres: Romance/Amour
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Marvelously Magical
Chapters: 1 Completed: Oui Word count: 1521 Read: 200 Published: 03/10/2021 Updated: 03/10/2021
Story Notes:
Songfic sur la très jolie chanson Set fire to the third bar de Snow Patrol en duo avec Martha Wainwright. Ecoutable ici : https://www.youtube.com/watch?v=bfa9yxCpWoA
Chapitre 1 by jukava
Ça fait deux mois, une semaine et trois jours que je suis rentrée à Londres. J’aimerais bien ne pas égrainer les jours aussi péniblement, mais quelque part, je ne peux pas m’en empêcher.
Je pense que l’adolescente pragmatique que j’étais se moquerait bien de l’adulte enamourée que je suis maintenant…

Bien sûr, il y a les lettres, et les appels téléphoniques… Même si ce n’est jamais simple pour moi de trouver une cabine pour pouvoir appeler ou être contactée… Je regrette tellement que la magie et la technologie soient si incompatibles. Si seulement je pouvais faire fonctionner un smartphone ou un ordinateur…Au moins je pourrais te voir…

Mais pour l’instant, je dois me contenter de ta voix, de ton écriture sur le papier… C’est tellement et si peu à la fois … J’ai parfois l’impression que tu es sur une autre planète. Caché au Wakanda tant que les accords de Sokovia sont en place et que ton innocence ne pourra être prouvée ; et moi, enfermée dans mon petit bureau, dans les bas-fonds du Ministère, bien cachée derrière le confort du Statut du Secret.
Je suis sûre que Shuri essaie de trouver quelque chose… C’est une merveilleuse amie en plus d’être une brillante scientifique, si quelqu’un peut arriver à conjuguer magie et technologie, c’est bien elle…

Alors, j’essaie d’être patiente. Je t’ai vu pour la nouvelle année et un nouveau Portoloin est d’ores et déjà réservé pour ton anniversaire. Cela ne fait que trois mois de séparation. C’est ce que je me répète depuis que je suis rentrée et à chaque fois que je coche un jour sur le calendrier.

Le froid glacial qui règne à Londres ne fait que renforcer ce vide de l’absence au plus profond de mon cœur. Quand j’étais jeune fille, ma mère, éternelle romantique, aimait me citer cette phrase de Lamartine : « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. ». Je trouvais cela tellement absurde. Comment pouvait-on avoir l’impression d’être seule si on était entouré d’amis, de sa famille ?

Il ne me serait jamais venu à l’idée que ton absence puisse ainsi me marquer au fer rouge.

Tous les matins, je me lève, coche mon calendrier puis me rends au travail. Même si le Département des Mystères reste pour moi une source de défi intellectuel et d’émulation constante, je me surprends à rêvasser, mon esprit vagabondant vers le Wakanda, ses prouesses technologiques et, finalement vers toi.

Je profite de chaque moment libre pour passer du temps avec ceux que j’aime : Harry, Ginny, James et Albus, les Weasley, mes parents… Mais, il y a toujours un moment où j’ai l’impression que la réalité s’éloigne et où je me dis que tout serait tellement mieux si tu étais là avec moi.
Mes parents aimeraient tant te rencontrer. Evidemment, l’idée que tu sois plus vieux qu’eux d’une bonne quarantaine d’années leur semble étrange, mais ils commencent à avoir l’habitude des bizarreries de ce monde.
La sorcellerie, les mutants, les supers soldats, les extra-terrestres qui ont attaqué New-York… Ils ont finalement pris leur parti du fait que leur vie ne serait jamais celle qu’on pouvait imaginer pour un couple de dentistes de la banlieue londonienne. Et je crois qu’ils aiment bien ça, secrètement.

Mais même si je suis entourée, je me sens toujours aussi seule. Parce que tu n’es pas là. Je rentre à mon appartement le soir, après une journée de travail ou un dîner avec mes amis et là, sur la table, se trouve la carte que je laisse toujours ouverte, me rappelant que tu n’es jamais aussi loin de moi que ce que je pourrais le croire.

Je m’assois et fixe la carte, traçant une ligne droite, au-dessus des rivières, des fermes et des frontières. Simplement la distance entre ici et là où tu dois être, au bord de la rivière, au Wakanda. Et ce ne sont pas des kilomètres que je vois, seulement quelques longueurs de mes doigts. A cette échelle, c’est à peine la longueur entre mon pouce et mon index.
Je touche l’endroit précis où je sais que je trouverais ton visage. Non loin de la frontière est du Wakanda, à quelques millimètres à peine du Kenya.

Habituellement, cela me permet d’aller un peu mieux et avoir la force d’affronter ma solitude.
Mais ce soir, pour je ne sais quelle raison, cela ne suffit pas. Dean m’a envoyé un mémo interne dans l’après-midi pour me demander de les rejoindre Seamus et lui au Chaudron Baveur ce soir… Juste pour quelques verres entre amis.
J’ai refusé, mais finalement, plutôt que de me retrouver misérable entre mes draps froids, je préfère aller essayer de rire un peu. Je sais que ce n’est qu’un pis-aller, mais Dean est le seul qui me comprenne un tant soit peu en ce moment…

J’entre et accroche mon manteau à la patère. Mais rien qu’au brouhaha qui règne dans le pub, je sais que je ne trouverai pas la paix que je cherche depuis si longtemps. Il n’y a que toi qui puisse me l’apporter. Je m’installe à table avec Seamus, Dean et deux de leurs amis que je ne connais pas encore et qu’ils me présentent. Mais je suis trop distraite pour faire réellement attention. Je me sens comme dans une bulle. J’ai l’impression que le manque de toi m’isole de tout. Leur rire pénètre mon silence et j’essaie de faire attention à la conversation, mais je suis si visiblement ailleurs que Dean pose une main sur mon épaule, me demandant si je vais bien.

Je me contente d’un hochement de tête et je sais qu’il comprend. Sa petite amie est aux Etats-Unis, dans un programme d’échange avec le MACUSA. Une opportunité professionnelle exceptionnelle.
Quelque part, même si sa situation est bien moins précaire que la mienne, puisque Kathleen devrait revenir dans à peu près huit mois, Dean est le seul qui comprenne ce manque viscéral de l’autre.

Je lui fais un demi-sourire, entre excuses et résignation et il se tourne à nouveau vers ses amis, déjà ivres et qui visiblement essaient de démontrer que la magie défie la science. Mais je ne les écoute pas, leurs mots sont juste des bruits, comme des voix fantômes au loin alors que le souvenir de ta voix remonte en moi comme une musique.
Tes exclamations surprises lorsque tu me voyais sortir des objets de mon sac de perles, tes questions incessantes sur la Métamorphose, toutes nos soirées à débattre sur ce monde qui avait effacé tout ce que les savants de ton époque avaient tenu comme acquis.

Dean me raccompagne chez moi et me serre fort dans ses bras. Comme il travaille à l’office des Portoloins, il sait que je me rends régulièrement au Wakanda. Je crois qu’il pense que je suis amoureuse d’un Wakandais qui refuse de quitter son pays natal… S’il savait mon cœur bat dorénavant pour un criminel activement recherché par toutes les polices du monde…

Je pénètre lentement dans mon appartement, ferme la porte derrière moi. Soudain, une vague m’emporte. Je me laisse glisser le long du mur alors que les sanglots que je retiens depuis plusieurs jours se déversent enfin.

Je suis à des kilomètres de toi, couchée sur le sol froid de mon appartement londonien et je ferme les yeux pour prier pour que quelque chose m’emporte et me dépose au creux de tes bras chauds.

Je suis pathétique.

Presque honteuse de m’être laissée aller ainsi, je me relève et me dit que je n’ai pas fait tant de chemin pour tout laisser tomber maintenant. Je dois me montrer plus forte que ça. Je monte le chauffage dans ma chambre et me hâte de prendre une douche chaude avant de glisser entre mes draps.
J’aimerais tant sentir ta chaleur, partager ce lit avec toi, comme une île où nous serions enfin seuls, où nous pourrions nous aimer jusqu’à ce qu’épuisés, nous fermions nos paupières.

Et lorsqu’enfin je m’endors, mon rêve reprend là où je l’ai interrompu ce matin, auprès de toi, au creux de toi, ta peau douce contre la mienne et qui m’inonde de joie.

Et alors qu’enfin le sommeil me clame, c’est ton nom que je murmure une dernière fois.

Bucky.
End Notes:
Je sais que le pairing est toujours bizarre pour certains et que le MCU et HP peuvent paraître un étrange choix de crossover, mais je vous assure que pour moi, ça fait sens :D
Cette histoire est archivée sur http://www.hpfanfiction.org/fr/viewstory.php?sid=38318