Le Nouveau Monde by Persis
Summary: Pas facile tous les jours de s'appeler Drago Malefoy, mais suffit-il de changer d'air pour se débarrasser de cet encombrant héritage?
SPOILERS TOME 7
Categories: Après Poudlard Characters: Drago Malefoy
Genres: Angoisse/Suspense
Langue: Aucun
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Aucun
Chapters: 27 Completed: Oui Word count: 55880 Read: 18466 Published: 30/04/2008 Updated: 19/08/2008
Story Notes:
Il faut prendre les décisions qui s'imposent. Pas facile, mais les adversaires d'autrefois peuvent devenir vos alliés quand vous faites les bons choix.

1. Chapitre 1 Sans repères by Persis

2. Chapitre 2 Ne plus m’appeler Malefoy by Persis

3. Chapitre 3 Salem by Persis

4. Chapitre 4 Falk Forest by Persis

5. Chapitre 5 Le guérisseur by Persis

6. Chapitre 6 Malefoy le Malappris by Persis

7. Chapitre 7 Mirer la mort by Persis

8. Chapitre 8 L’Ancien by Persis

9. Chapitre 9 : Action de grâces by Persis

10. Chapitre 10 Inipi, naître de nouveau by Persis

11. Chapitre 11 Rencontre imprévue by Persis

12. Chapitre 12 La Pierre Bleue by Persis

13. Chapitre 13 Mis à l’épreuve by Persis

14. Chapitre 14 Éclaircissements by Persis

15. Chapitre 15 Merry England by Persis

16. Chapitre 16 Aigue-marine by Persis

17. Chapitre 17 Coup de folie by Persis

18. Chapitre 18 Trois cygnes noirs by Persis

19. Chapitre 19 Intoxication by Persis

20. Chapitre 20 Serpentin by Persis

21. Chapitre 21 Petite Ourse by Persis

22. Chapitre 22 Baby Dolly by Persis

23. Chapitre 23 Clémence et Paix by Persis

24. Chapitre 24 Désaccords by Persis

25. Chapitre 25 Parole tenue by Persis

26. Chapitre 26 Pas à pas by Persis

27. Chapitre 27 Êtes-vous bien Drago Malefoy ? by Persis

Chapitre 1 Sans repères by Persis
Author's Notes:
Juin 98, après la bataille, on compte ses morts. Mais la mort a plus d'un visage ...
Drago Malefoy vit Harry s’avancer dans sa direction.

- Tiens, voilà ta baguette, lui dit-il en la lui donnant.

Drago murmura un bref merci poli. Il fit rouler la baguette entre ses doigts et contempla, pensif, l’objet qui avait provoqué la chute de Voldemort, sans arriver réaliser à pleinement ce qui se passait. Tout lui semblait irréel. À un certain moment, le brouhaha qui régnait dans la grande salle s’estompa et le silence se fit peu à peu. Un brancard avançait de lui-même, escorté de Slughorn et du préfet de Serpentard. Minerva McGonagall alla à sa rencontre pour lui désigner sa place. Drago reconnut la dépouille mortelle de son ancien directeur, Severus Rogue. Son visage d’une pâleur marmoréenne semblait porter dix années de moins. Débarrassé de son rictus habituel, il était empreint d’une sorte de sérénité et de noblesse, et bien qu’on ne pût dire qu’il fut beau, il émanait de lui comme un charme qui imposait le respect et faisait naître l’estime. La blessure au cou et le sang coagulé étaient encore visibles. Drago se sentit mal, comme si Rogue avait été plus redoutable mort que vif.

Il se passa alors une scène surréaliste. Harry Potter, grave et recueilli, s’approcha du corps et écarta du visage du défunt une mèche graisseuse qui lui barrait la figure. Drago aurait voulu crier, l’en empêcher, mais il resta sans voix, sans force. Ses jambes flageolaient. Déjà Harry avait reculé de trois pas, d’autres s’approchaient et faisaient cercle, ravissant ainsi le corps sans vie à la vue. Drago ne savait que faire, avancer ou se retirer. Il entendit appeler derrière lui : « Monsieur Malefoy ? » Il ne réalisa pas sur le moment qu’on s’adressait à lui. Il fallut qu’une main se posât sur épaule et qu’on le hélât à nouveau. « Monsieur Malefoy ? Voulez-vous nous suivre, s’il vous plaît ? Nous voudrions vous poser quelques questions. » Il reconnut alors des personnes du ministère dont il connaissait la sympathie pour la cause qui venait de triompher. Ses parents venaient d’être interpellés et n’avaient d’autre choix que de se soumettre à leur requête.


***



Drago avançait sur le chemin, les cheveux balayés par le vent. Il aurait voulu qu’il lui balaie aussi l’esprit. Il ressentait grand bien à marcher au grand air, à s’étirer les jambes et le corps, à sentir la rudesse de la bourrasque contrarier sa marche et le contraindre à l’effort. Pendant deux jours, on l’avait tenu en garde à vue et soumis à différents interrogatoires. Le témoignage de Harry Potter avait levé les soupçons qui pesaient sur lui, on l’avait relâché, lui et sa mère. Lucius Malefoy ne s’en tirait pas à s'y bon compte. Échappé d’Azkaban, il était aux arrêts. Drago savait que son père allait finir par s’en sortir, mais cela prendrait plusieurs semaines avant qu’il ne retrouve sa liberté. Le jeune homme parvint enfin au grillage d’un petit cimetière, il poussa la porte de fer forgé et vagua parmi les tombes. Il ne fut pas long à trouver celle qu’il cherchait. Il ne s’attendait pas à y trouver des fleurs, elles étaient encore fraîches. Il jeta juste un coup d’œil sur les inscriptions des rubans qui barraient les couronnes, sans prendre la peine de les lire consciencieusement. Il se tint un long moment debout, ne sachant comment trop comment faire pour se recueillir.

Être là, juste être là. Il ne lui en fallait pas plus, il ne fallait rien lui demander de plus. Il avait la tête vide, il était hébété. Parfois un souvenir traversait la brume de son esprit. Il se revoyait chercher refuge dans les toilettes des filles, près de Mimi Geignarde.
Rogue qui lui présentait son aide et lui qui la refusait.
Cette nuit-là au sommet de la tour quand il tenait Dumbledore en respect, sans se décider à le tuer.
L’expression du visage de Rogue lorsqu’il avait lancé l’Avada Kedavra.
L’année cauchemardesque qui venait de s’écouler, la peur au ventre, la peur au ventre, la peur au ventre,…
Tout cela était fini. Il était vidé, épuisé, désorienté.
Et encore, …
Harry Potter, son ennemi juré qu’il n’avait pas voulu dénoncé quand il avait senti le vent tourner. Crabbe qui l’avait défié et qui avait péri par son propre maléfice.
Harry qui l’avait sauvé d’une mort atroce.
La mort de celui qui était redevenu Tom Jedusor.
La réhabilitation de celui qui reposait devant lui, Severus Rogue.
Où était le bien, où était le mal ?
Il s’entendit murmurer : « Maître ! … Maître… ! »
Jamais il ne l’avait appelé ainsi de son vivant. Jamais il ne l’avait reconnu comme tel. Quels rapports avait-il entretenu avec lui ? Celui d’un enfant gâté, élève obséquieux d’un proche de son père. Il l’avait repoussé au moment où il lui aurait été le plus utile. Il aurait tant voulu qu’il fut là, se soumettre à sa férule comme un disciple à son maître, lui manifester estime et déférence, être à nouveau son élève. C’était trop tard … Severus Rogue n’était plus.
« Maître !… »
Sa lèvre tremblait.
Il y avait le vide tout autour de lui, pas seulement en face de lui, sur ses flancs et dans son dos. Il y avait le vide en dessous de lui, il lui semblait que ses pieds reposaient sur le néant.
Va Drago, va ! Qu’est-ce que ça fait ? Personne ne te voit de toute façon, pleure tout ton saoul, lave ton âme de larmes et de vent.
Chapitre 2 Ne plus m’appeler Malefoy by Persis
Quand il apprit que son père venait d’être libéré et que celui-ci serait au manoir dans quelques heures, Drago se retira sans mot dire. Narcissa, inquiète, le suivit. Elle entra dans sa chambre au moment où il s’emparait d’une valise. Elle réalisa alors que la plupart des objets personnels de son fils ne se trouvaient plus dans la pièce.

- Drago, s’écria-t-elle affolée. Qu’est ce qui se passe ? Qu’est-ce que tu es en train de faire ? Tu ne vas tout de même pas partir, n’est-ce pas ?
- Si maman ! Désolé ! Je m’en vais !
- Mais pourquoi ? … pourquoi maintenant ? Ton père va rentrer tout à l’heure et…
- Tu n’as plus besoin de moi !
- Attends seulement qu’il soit là. Tu pourrais…
- Je pourrais quoi ? Lui permettre de me retenir ici ?
- Drago, est-ce que tu te rends compte de l’inquiétude dans laquelle ton père et moi nous étions quand ta vie était menacée et les risques que nous …
- Je me rends surtout compte que vous avez fait le mauvais choix. J’ai été entraîné sans le vouloir dans toute cette histoire. On ne m’a pas demandé mon avis. D’ailleurs je n’ai jamais été capable d’en avoir un ! Alors il plus que temps que je ne m’en aille et que je réfléchisse à tout ça …
- Mais où vas-tu aller ? demanda-t-elle en retenant son fils par le bras.
- Je n’en sais rien ! Dans une école de moldus pour apprendre à construire des avions ! En tout cas loin d’ici !
- Qu’est-ce ton père va dire ?
- Ce qu’il voudra. Laisse-moi maintenant.
Il la repoussa d’un geste brusque. Elle voulut le saisir à nouveau mais il avait disparu.


***



Arthur Weasley pénétra dans la taverne de l’auberge Le renard borgne. Drago qui était attablé et triturait nerveusement un verre de Bièraubeure, se leva en le voyant entrer et alla à sa rencontre.

- Mr Weasley, dit-il en lui serrant la main. Merci d’être venu.
- Bonjour Malefoy, répondit Arthur, sur un ton peu engageant. Pourquoi avez-vous voulu rencontrer un membre du ministère ? Que voulez-vous au juste ?
- … J’ai été sur le point de vous répondre : « Ne plus m’appeler Malefoy ». Venez, asseyez-vous. Ce sera plus confortable pour discuter. Qu’est-ce que vous prendrez ?

Arthur, très étonné qu’un Malefoy puisse se montrer soudainement si urbain à son endroit, prit place à table et laissa Drago lui commander une Bièraubeurre.

- Ça fait longtemps que vous êtes descendu ici ? demanda Arthur en examinant du regard le modeste décor dans lequel il se trouvait.
- Je suis arrivé hier matin. Je préfère ne pas rester longtemps au même endroit. Je ne veux pas que mon père me retrouve.
- Ah bon ?! Vous avez eu un différend avec lui ?
- Un différend ? … Pour avoir un différend, il faut avoir une conversation et c’est ce que je veux éviter. Vous comprenez, après ce qui s’est passé … (il fit une longue pause) … Je voudrais … couper momentanément les contacts avec ma famille pour être libre de réfléchir à …
- Mm, acquiesça Arthur, je peux comprendre. Vous avez besoin de prendre vos distances et de faire le point.
- C’est exactement ça. Seulement … je connais mon père … il va essayer de me retrouver … de m’influencer …Je voudrais être sûr qu’il ne sache pas où je suis … et si plus tard, je veux envoyer des nouvelles, je préférerais que ce soit via un intermédiaire, …en plus … le choc des … des jours derniers m’a fait perdre une partie de mes pouvoirs et… euh … (glurps) …
Je ne sais plus ce que je voulais vous dire !… Excusez-moi !...Je ne sais pas ce qu’il me prend… !
Ah oui ! … J’ai…j’ai perdu une partie de mes pouvoirs … à cause du choc et… et euh… Je ne suis pas sûr que les sorts que j’ai lancés soient suffisants pour euh … pour…pour me mettre… à l’abri et …
- Je crois que vous avez besoin de repos !


***



Madame Salomé Graham, épouse Prince, était une femme d’une cinquantaine d’années. Elle vivait avec son mari dans un petit cottage près de la frontière écossaise. Ses cheveux était ramassés dans un chignon sur la nuque et retenus par deux peignes aubergine ornés d’un motif de dragon. Elle était habillée de façon simple mais élégante. Une robe longue de couleur bordeaux, très sobre, boutonnée par devant avec un col de dentelle anglaise, un joli tablier blanc, en dentelle également avec les manches assorties pour protéger ses avant-bras des éclaboussures. Monsieur Winfred Prince était de deux ans son aîné. Ses cheveux étaient coiffés vers l’arrière et tombaient à hauteur des épaules. Il portait une toge noire de sorcier coupée courte qui laissait voir le bas de ses pantalons gris. Les larges manches étaient resserrées au poignet par de longues et étroites manchettes. Ils abritaient depuis dix jours un hôte dont la santé leur causait du souci. Si Drago avait retrouvé le sommeil et un semblant d’appétit, il était difficile de le décider à quitter les murs du cottage pour aller prendre l’air. Ce matin-là Drago, les yeux bouffis et le visage flasque, apparut dans le living-room, au milieu de matinée.

- Bonjour, madame, dit-il d’une voix encore rauque de sommeil et en baisant la main de son hôtesse. Bonjour monsieur !
- Bonjour Drago, répondit Winfred, d’une voix enjouée ! Ma potion a l’air d’avoir de l’effet.
- Je ne me serais jamais imaginé que j’étais capable de dormir quatorze heures d’affilée, marmonna Drago.
- Mon pauvre garçon, dit Salomé, il faut croire que vous en aviez grandement besoin.
- Eh bien, cela fait deux ans que … commença Drago, sur un ton geignard.

Puis il se tut, réalisant qu’il se mettait à se plaindre comme un enfant gâté. Il voulait se défaire de ses vieilles habitudes.

- Je vous sers un verre de jus de citrouille ? demanda Salomé.
- Volontiers.
- Quand vous aurez pris votre breakfast, nous irons faire un tour tous les deux, proposa Winfred.
- À vrai dire, je …
- Que comptiez-vous faire ? Poursuivre vos tentatives pour devenir un animagus et vous transformer en taupe ?

Drago le regarda, fort étonné, sans saisir le sens de la plaisanterie. Winfred le regardait en souriant.

- Notre maison s’appelle Le nid de grive et pas La taupinière, poursuivit-il en riant. Vous avez besoin d’air, la promenade est un sain exercice ! Cessez de craindre, votre sécurité est assurée dans un rayon de trois miles et je n’ai pas l’intention de vous emmenez si loin. Personne ne vous retrouvera ici, du reste vous êtes majeur et votre père ne peut vous contraindre à revenir chez lui si vous ne le voulez pas.
- Vous ne le connaissez pas, gémit le jeune homme.
- Mieux que vous ne le pourriez croire !
- Les œufs sont cuits ! annonça Salomé en faisant voler une assiette garnie vers la place de Drago.

Drago se mit à manger.

- Ce thé est un délice, dit-il en trempant ses lèvres dans sa tasse. Je suis servi comme un prince !

Le couple se mit à rire de bon cœur. Winfred et Drago allèrent se promener puis rentrèrent pour le repas. Comme la pluie s’était mise à tomber, les Prince et leur hôte se retrouvèrent au salon pour y passer l’après-midi. Winfred sortit un vieil album photo. Drago écoutait poliment les commentaires de Mr Prince tandis que son regard passait distraitement d’une photo à l’autre quand il aperçut sur l’une d’elle un enfant pâle à la mine renfrognée auprès d’une femme pas très jolie. Tous deux bougeaient peu et avaient une allure assez raide.

- Tiens, dit le jeune homme, c’est une figure que j’ai déjà vue quelque part.
- Severus Rogue, répondit Winfred. Il a huit ans sur cette photo.
- Vous êtes de sa famille ?
- Éloignée. Sa mère, Eileen Prince et moi sommes cousins issus de germains. Nos deux grands-pères étaient frères.
- Vous l’avez bien connu ?
- Non, nous n’avions plus beaucoup de rapports depuis qu’Eileen s’était mariée à ce Rogue.
- Parce qu’il était moldu ?
- Oh, non, répondit Winfred en souriant. Nous n’attachons pas beaucoup d’importance à ce genre de choses dans la famille. Vous savez qu’à force de se marier entre soi, on finit par accumuler les tares. Regardez ce qui est arrivé à la famille Gaunt et à son dernier descendant ! Non, en fait Eileen s’est mariée trop jeune, contre l’avis de ses parents, au premier homme qui lui a dit « je t'aime ». Ce mariage était une erreur. Tobias avait mauvais caractère et la faisait souffrir mais elle était trop fière pour l’admettre ! Alors nous ne nous voyions plus qu’aux grandes occasions.
J’avais peu de contact avec Severus. Je me souviens de lui comme un enfant assez secret et distant avec lequel on avait du mal à communiquer. Il faut dire qu’on le négligeait chez lui, il ne recevait pas l’attention à laquelle un enfant a droit et dont il a besoin. Et puis un jour nous nous sommes découvert un intérêt commun pour les potions ! Sur ce sujet, il était intarissable. Vous l’avez eu comme professeur ?
- Comme professeur et directeur. Il était à la tête de Serpentard.
- Oui, je me souviens. Qu’allez-vous faire maintenant que vos études à Poudlard sont terminées ?
- Je ne suis pas encore décidé. J’aimerais poursuivre mes études et me perfectionner dans une haute école ou une université de magie.
- Accio répertoire des écoles de magie, lança Winfred.

***



Pop ! Drago apparut la valise à la main sur une allée boisée. Il suivit la route qui menait à un débarcadère. Il aperçut une barque sans rame et la silhouette d’une personne qui semblait l’attendre. Un homme se redressa lui fit signe. Il paraissait avoir une trentaine d’années. Il portait des hauts-de-chausses noirs et un long pourpoint de même couleur, un col blanc et carré ainsi qu’un chapeau à la pointe tronquée, garni d’un ruban fermé par une boucle.

- Tiberius Jarvis, dit-il en lui tendant la main.
- Davis Milton, répondit Drago en la serrant.
Chapitre 3 Salem by Persis
Author's Notes:
Il sied que vous sachiez ceci: un sorcier sachant ensorceler ne se fie jamais aux apparences!
Tiberius Jarvis prit la valise de Drago et la plaça dans la barque.

- Montez s’il vous plaît, dit-il Je vais vous piloter jusqu’à Witchcake. Vous venez d’Angleterre ?
- Oui, répondit Drago.

Jarvis détacha les amarres. La barque se mut d’elle-même et il reprit la conversation.

- Charmant pays ! Je m’y suis rendu pour y assister à un match de Quidditch ! Vous avez été blessé à la bataille de Poudlard ?
- Non ! Pourquoi ?
- On est fin septembre et vous venez seulement de faire votre demande d’admission.
- J’ai été retenu par des affaires de famille assez pénibles. Et puis, je n’étais pas encore décidé et on m’a obligé à prendre du repos. Vous travaillez à l’université ?
- Oui, je suis professeur de sortilèges complexes.
- Oh ! fit Drago, surpris, je suis très honoré que vous ayez pris la peine de vous déplacez vous-même pour venir m’accueillir, professeur.
- Mais c’est tout naturel. Nous voici arrivés !

Enfin la barque accosta d’elle-même au détour d’un méandre de la rivière. Drago se trouvait face à agencement de bâtisses imposantes en briques blanches, style Nouvelle-Angleterre, une sorte de ville miniature.

- Bienvenue à Witchcake, l’université de magie de Salem ! claironna Jarvis. Laissez votre bagage, je vais vous conduire chez Madame la Rectrice.

Jarvis fit entrer Drago dans un hall immense, ils gravirent ensemble l’escalier. Les deux hommes parvinrent jusqu’à la porte du bureau où était accrochée une plaque dorée sur laquelle était gravée en caractères calligraphiés : Madame Wendy Whippy. La porte ne donnait pas directement sur le bureau lui-même mais sur une antichambre où Drago dut s’asseoir et patienter quelques minutes. Enfin la seconde porte s’ouvrit. Une femme âgée vint ouvrir. Elle portait une robe de soie noire boutonnée par devant avec un grand col blanc et des manchettes de même couleur, des petites lunettes rondes et un chapeau tronconique violet. Elle fit entrer Drago.

- Bonjour Madame la Rectrice, dit-il en la saluant.
- Bonjour Monsieur Malefoy, répondit-elle.

Drago sursauta en entendant son vrai nom.

- Mais, …
- Prenez place, dit-elle d’un ton péremptoire. Oui, je connais votre vrai nom ! Que croyez-vous ? Je ne serais pas devenue la rectrice de cette université si j’en étais encore à me laisser abuser à ce point ! J’aurais d’ailleurs préféré que vous jouiez franc-jeu. Je comprends parfaitement que vous voulez pour un temps vous défaire d’une identité encombrante – votre père a eu des démêlés avec la justice, c’est bien cela ?- mais vous auriez mieux fait de m’en parler directement.

Drago, assez confus, baissa le nez.

- Bien ! Je vous ai écrit que je désirais vous rencontrer pour connaître vos motivations avant d’entériner l’inscription, continua-t-elle assez sèchement. Alors, je vous écoute !
- Je voudrais parfaire ma formation de sorcier, mais hors d’Europe.
- Hors d’Europe !
- Oui, …eh bien, je voudrais m’éloigner de … d’Angleterre et … et de ma famille. Comme vous le savez … ma famille a … s’est …

Madame Whippy ouvrit de grands yeux ronds, attendant que Drago parvienne à sortir ce qu’il voulait lui dire.

- … ma famille a parié sur le mauvais cheval, dit-il d’un coup, étonné lui-même de ce qu’il venait oser de dire. Et moi, je ne sais plus trop où j’en suis.
Je voudrais prendre mes distances pour réfléchir.
Et en même temps en profiter pour me former.

Madame Whippy resta un moment sans rien dire.

- Ce n’est pas une mauvaise idée, monsieur Malefoy, ou Milton, si vous préférez, reprit-elle, mais vous devez bien vous mettre une chose en tête : aussi loin que vous puissiez aller, vous ne pourrez pas vous fuir vous-même.
L’année académique est déjà commencée et vous venez d’Angleterre où l’on prodigue un autre type d’enseignement que le nôtre. Si vous étiez arrivé deux mois plutôt, j’aurais pu vous inscrire en première année. Mais puisque ce n’est pas le cas, je vous propose de faire d’abord une année prépar…
- Mais j’ai passé les ASPICS s’écria-t-il en faisant un bond sur sa chaise
- Ne m’interrompez pas, je vous prie ! répliqua sèchement la Rectrice — … une année préparatoire, dis-je, en vue de vous familiariser avec d’autres plantes, potions, procédés et sortilèges. Vous pourrez ensuite poursuivre les cours qui mènent au baccalauréat et à la maîtrise, à votre propre rythme, évidemment. Vous aurez la possibilité de passer des examens à chaque fin de semestre pour passer au niveau supérieur. Vous me suivez ?
- Vous voulez dire que je pourrai rattraper cette année de perdue si…
- Perdue ? Pourquoi perdue ? Pensez-vous que nous faisons perdre leur temps à nos étudiants ?
- N…n…non bredouilla Drago. Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire !
- Eh bien alors ?
- Je pourrai passer les examens dès que je me sens prêt, c’est bien ça ?
- Dès que vous aurez terminé l’année préparatoire. (Elle marqua une pause)
Madame Gwinevere Godfrey, la doyenne des étudiants européens va vous faire visiter le campus. Vous aurez le temps de réfléchir si vous décidez de rester ou non.
- Me permettez-vous de garder mon nom d’emprunt ? demanda Drago, assez intimidé.
- Si vous voulez ! Mais ne pensez pas que vous allez abuser le corps professoral.
- Si les professeurs sont au courant, ce n’est pas trop grave. Mais vis-à-vis des autres des étudiants… Je ne tiens vraiment pas …
La rectrice acquiesça d’un signe de tête.


***




Madame Gwinevere Godfrey était une sorcière d’âge mûre. Elle portait un ensemble de velours vert, une longue jupe et un juste au corps assorti sur une chemise de lin dont les poignets étaient ajustés par des lacets. Elle était couverte d’un mantelet d’un vert plus soutenu et coiffée d’un chapeau tronconique de même teinte. Ses cheveux encore blonds pendaient librement sur ses épaules. Drago ne vit pas grand monde sur le campus, car c’était l’heure des cours, quelques professeurs qui passaient d’un local à un autre et le jardinier- le Hagrid local se dit Drago avec une pointe de mépris. La visite de l’université dura une heure et demie : les amphithéâtres, les salles de cours, la cantine, les salles de sports, les différents locaux polyvalents et les foyers pour étudiants. Le jeune homme et son guide parvinrent à un grand couloir. Madame Godfrey ouvrit une porte sur une chambre étroite mais longue et bien éclairée.

- Elles sont toutes semblables dit-elle. Celle-ci sera la vôtre si vous confirmez votre inscription pour cette année.

Drago ne prit même pas le temps de réfléchir. Il répondit :

- Je vais rester.

Il ne se sentait pas trop à l’aise dans cet endroit inconnu et la rencontre avec la rectrice avait refroidi son enthousiasme mais il ne savait où aller et n’envisageait pas de passer une année entière en compagnie des Prince.

- Installez-vous, répondit-elle. Vos bagages sont ici. Je reviens dans vingt minutes.

Drago ouvrit sa valise contient-tout et sortit les objets qui lui semblaient être les plus utiles : son linge, ses effets de toilette, de quoi écrire, son chaudron et quelques livres. Puis comme il lui restait un peu de temps, il s’allongea sur le lit. Le professeur Godfrey vint le chercher quelques minutes plus tard et l’emmena dans son bureau. Elle l’invita à s’asseoir et commença à lui donner les informations utiles.

- Voici la liste des fournitures scolaires dont vous aurez besoin, lui dit-elle.
- Dois-je les faire venir d’Angleterre ? En ce cas il me faudrait un hibou et…
- Vous pourrez vous procurer tout ce qui vous sera nécessaire, y compris le hibou à Danvers, avenue des fées. Mr Falk Forest vous y conduira demain matin. Tant que j’y pense, il faut que je mette au courant. Il est d’usage que les étudiants aient un emploi au sein de l’université.
- Mais j’ai les moyens de subvenir à mes besoins ! s’exclama Drago, avec un susaut d’indignation.
- Il ne s’agit pas de cela Mr … Milton ! C’est l’usage ici et l’on n’y déroge que pour raison grave.
- Je pourrais peut-être travailler à la bibliothèque ?
- Il n’y a plus d’emploi vacant à cet endroit, et c’est à moi à vous désigner votre fonction. De toute façon, nous avons encore le temps d’y penser, rien ne presse. Nous ne sommes que mercredi, j’aurai le temps de régler cela d’ici lundi. Je pense que je vous ai tout dit … Ah oui ! Vous pouvez demander à un étudiant plus âgé de vous servir de tuteur. Ce n’est pas obligatoire mais je vous le recommande. Il pourra vous servir de guide, vous initier aux usages,…des questions ?
- Non, pas pour le moment, répondit Drago, un peu assommé.
- Voici votre formulaire d’inscription et le règlement. Lisez cela à votre aise et si vous maintenez votre décision, rendez-le-moi signé demain après le breakfast.
Chapitre 4 Falk Forest by Persis
Author's Notes:
Salem Village -Danvers, pour les Moldus- visite commentée et shopping. N'oubliez pas le guide, un Indien peut en cacher un autre.
Après une nuit de sommeil réparateur que lui avait procurée la potion de Winfred Prince, Drago avait rejoint les étudiants à la cantine pour prendre un solide breakfast. Il aperçut de loin Mme Godfrey et la rejoignit pour lui donner le formulaire dûment complété et signé. La doyenne le conduisit à travers le dédale des pelouses et des allées vers un hangar où s’entassait du matériel de jardinage. Drago vit le jardinier de la veille s’approcher. C’était un homme d’une bonne quarantaine d’années, élancé et large de carrure. Il avait le teint foncé, la peau tannée, les sourcils arqués, des yeux noirs en amande, les pommettes hautes et proéminentes, un nez aquilin, la bouche largement fendue, des lèvres minces et le menton saillant. Ses longs cheveux noir jais et raides étaient séparés par une raie au milieu de la tête, les mèches qui couvraient les tempes étaient tressées. Aucun doute n’était permis, un Indien ! Il était habillé à la moldue : un jeans, une chemise à carreaux, un vieux blouson imitation cuir et une paire de baskets. Drago devait se retenir pour ne pas faire la grimace. Un sauvage, pensa-t-il.

- Bonjour Falk ! dit Mme Godfrey.
- Bonjour Gwinevere ! Bonjour monsieur ! répondit l’Indien.

Drago inclina légèrement la tête avec un rictus qui aurait dû être un sourire poli.

- Falk, je vous présente notre nouvel élève, un Anglais, Mr Davis Milton, dit la doyenne. Davis, Mr Forest, préposé à la garde de la faune et de la flore magique de Witchcake.
- Enchanté de faire votre connaissance, dit Drago, qui pensait tout le contraire, en serrant à regret la main que l’homme lui tendait.
- Mr Forest va vous conduire à l’Avenue des fées à Danvers, reprit Mme Godfrey. Vous avez la liste de ce qu’il vous faut ?
- Oui ! Et j’ai ma bourse avec moi, et mon contient-tout.
- Parfait ! Eh bien, je vous laisse ! À toute à l’heure.

L’Indien lui fit signe de venir et Drago lui suivit de mauvaise grâce. Il prit place à ses côtés dans une carriole tirée par des chevaux tout ce qu’il y avait de plus ordinaires. Forest se mit un chapeau de vacher sur la tête et murmura quelques mots dans une langue inconnue, en prenant un ton grave. Les deux chevaux avancèrent sans être tenus par la bribe.

- Tout va bien, monsieur … euh Mil… ? demanda Forest.
- Milton ! Davis Milton ! répondit Drago assez tendu. Oui, ça va !
- Vous en faites une de tête dit l’Indien en riant ! C’est la première fois que vous voyez un homme comme moi de près ? Rassurez-vous, je ne vais pas vous scalper !

Forest était très enjoué. Drago se crut obligé de grimacer une espèce de sourire.

- Vous connaissez Danvers ? reprit le jardinier.
- Non, j’ai transplané directement d’Angleterre sur le Chemin des secrets, répondit Drago sur un ton assez cassant.
- Danvers s’appelait autrefois Salem village. Les étrangers prennent souvent la ville de Salem pour Salem Village. C’est à Danvers que plusieurs personnes ont été exécutées pour sorcellerie. Des femmes, pour la plupart, et qui n’étaient pour rien dans l’affaire. Les vrais sorciers et sorcières ont pu se cacher à temps, à l’exception d’une esclave, nommé Tituba. Elle n’avait pas de grands pouvoirs mais elle a voulu faire ensorceler le chien de son maître pour lui faire révéler qui étaient les vraies coupables. Elle lui a préparé un witchcake, un gâteau de sorcière et l’en a nourri. Quand son maître, le révérend Parris a appris la chose, il l’a battue jusqu’à ce qu’elle avoue et il l’a fait jeter en prison. D’ailleurs à force d’être battue, elle a avoué n’importe quoi. Elle serait restée derrière les barreaux si une inconnue ne l’avait pas rachetée. Cette inconnue s’appelait Modwen Whippy, la grand-mère de notre rectrice. C’est elle qui a fondé cette université et lui a donné son nom en souvenir de Tituba. Vous aviez entendu parler de cette histoire ?
- J’ai un vague souvenir d’avoir lu quelque chose de ce genre dans le répertoire des hautes écoles de magie.
- Pauvre Tituba ! En fait les vrais coupables n’étaient pas des sorcières mais des sorciers. Une histoire de jalousie entre familles. Ah ! On va bientôt arrivé. Avez-vous de quoi vous changer ?
- Pourquoi ? demanda Drago

Drago portait un ensemble noir, pantalon, veste et un long gilet boutonné jusqu’au cou, laissant apparaître un col montant de couleur blanche.

- Pourquoi ?! Vous ne pouvez pas entrer dans la ville dans cette tenue ! C’est plein de Moldus ! Ils vont croire que vous vous rendez à un festival de théâtre.
- Il n’y a qu’à transplaner, vous n’…
- Si c’était si simple, j’y aurais déjà pensé ! fit Forest sans perdre sa bonne humeur. Attendez !

Il sortit d’on ne sait où un court bâton coloré et orné de sculptures et d’un bout frappa le siège, juste à côté de Drago. Celui-ci se retrouva instantanément vêtu à la moldue : jeans, sweat-shirt, chaussures de sport et un élastique pour tenir ses cheveux en lieu et place de lavallière.

- Mais ! s’exclama Drago. Vous êtes un sorcier !
- Et que croyez-vous que je fais à Witchake ? Planter des bégonias et tailler les rosiers ?

Les réflexions de Drago avaient l’air de l’amuser. Il tendit la main et les rennes qui étaient censées tenir les chevaux prirent place dans sa paume. La carriole pénétra dans la ville. Drago entendit le conducteur murmurer à nouveau des mots inconnus, d’une voix sépulcrale, et l’attelage prit le chemin d’une minuscule petite boutique devant laquelle il s’arrêta. Une enseigne bizarre pendait devant la porte : Le faucon pèlerin. Drôle de nom pour un repère de sorciers, se dit Drago. Ils descendirent du véhicule. Forest entra le premier. Le magasin était plein de touristes. La vendeuse derrière le comptoir salua Forest.

- Trois balais pour les sorcières de Salem, lui dit-il en riant.
- Dans la réserve, répondit-elle sur le même ton.

Forest se dirigea vers une embrasure de porte, obturée par un rideau de velours d’un bordeaux délavé qui donnait sur un étroit couloir bordé d’étagères. Tout au bout il y avait une haute armoire dont il ouvrit la porte pour s’y engager avec Drago sur les talons. L’armoire semblait sans fond. Pourtant ils se retrouvèrent au bout de dix pas en face d’un second rideau semblable au premier qu’ils franchirent pour se retrouver dans une sorte de taverne. À l’intérieur, des hommes et des femmes vêtues à la mode XVIIe, quelques Indiens en tenue traditionnelle et quelques Noirs en robe longue bariolée prenaient une consommation. Les murs de l’endroit étaient très hauts. Les fenêtres qui l’éclairaient étaient percées à la hauteur de ce qui aurait pu être le second étage. Forest salua le barman, un Américain natif, tout comme lui, et lui présenta Drago.

- Bonjour Erwin ! J’amène un nouvel élève de Salem pour faire des courses ! Monsieur Davis Milton, d’Angleterre !

Le barman eut un étrange sourire, son expression avait quelque chose de narquois et Drago ne se sentait pas à l’aise.

- Bonjour monsieur … Milton ! Tu connais le chemin, Falk !

Drago se demanda ce que son nom d’emprunt avait de si étrange. Il l’avait choisi le plus commun possible. Il avait juste conservé ses initiales, par facilité. Forest s’avança vers un ours empaillé et lui prit la patte antérieure gauche, l’animal s’anima et se retira sur le côté, dégageant l’accès à une cage d’escalier en colimaçon. Après avoir fait trois tours de la vis, ils débouchèrent sur une plateforme dans l’Avenue des fées. C’était une allée en terre battue, bordées de maison de bois.

- Euh … Vous permettez que je jette un œil à votre liste ? demanda le garde-faune & flore. Ce sera plus simple pour vous guider.

Drago lui tendit le papier.

- Je vous conduire chez Taylor pour les vêtements.

Drago suivit l’Indien tout en lisant la liste des fournitures :

- deux robes de sorcier modèle Salem, l’une en soie, l’autre à la discrétion de l’étudiant
- un costume de cérémonie en velours, modèle Witchcake, avec accessoires
(souliers et chapeau)
- cinq T-shirt et trois sweat-shirts noirs portant les armoiries de l’université de Salem
- deux ou trois pantalons en velours côtelés noirs
- deux ou trois bermudas noirs
- un blazer noir avec l’écusson de l’université de Salem
- tenues ordinaires décentes, au choix de l’étudiant.
- chaussures présentables (les baskets ne sont pas admises en salle de cours)

Quand il eut acheté le reste de ses fournitures, Drago passa chez l’oiseleur. En fait celui-ci était une oiseleuse, une vieille femme, petite et boulotte aux joues rouges comme des pommes mûres. Elle était vêtue de noir des pieds à la tête et son chapeau pointu était orné de toute sorte de motifs stellaires. Elle salua poliment Drago qui était entré en premier puis sauta au cou de l’Indien pour l’embrasser.

- Falk ! s’écria-t-elle. Ça fait longtemps que je ne t’ai plus vu !
- Bonjour Mélusine ! Monsieur Milton vient t’acheter un hibou, un solide. Il faudra qu’il voyage loin.
- Venez, monsieur Milton, dit la vieille sorcière, je vais vous montrer ce qu’il vous faut.

Elle se dirigea vers un perchoir où attendaient patiemment des hiboux et des chouettes les plus variés.

- Voilà, dit-elle, j’ai un grand-duc d’Amérique magnifique, un peu jeune mais qui connaît son affaire, n’est-ce pas, Falk ?

Falk prit l’oiseau sur son bras et le caressa en lui parlant à voix basse qui grondait comme un roulement de tambour dans cette langue que Drago ne comprenait pas.

- En avez-vous d’autres ? demanda Drago, d’un ton maussade.
- Oui, répondit la sorcière, j’ai une chouette effraie. Elle peut faire l’affaire, mais elle est moins résistante. Et cette jolie chevêche des terriers. Qu’en penses-tu Falk ?

Drago était agacé que la marchande s’adresse à son compagnon plutôt qu’à lui et se demandait s’il n’allait pas sortir pour se rendre chez quelqu’un d’autre. Forest ne répondit pas, il se contenta de regarder Drago d’un air entendu. Il s’avança vers lui et lui posa le grand-duc sur le poignet. Drago soupesa l’animal.

- Vous faites ce que vous voulez, monsieur Milton, dit-il, mais à votre place, je prendrais le grand-duc.
- Et Falk s’y connaît en animaux ! Ça je peux vous le dire, enchérit la sorcière.

Drago se demanda si tant d’insistance ne cachait pas une entourloupe, mais d’autre part le grand-duc lui plaisait, l’effraie lui rappelait trop la chouette de Harry Potter, quant à la chevêche, il la trouvait minable.

- Va pour le grand-duc ! dit-il sans enthousiasme. Il a un nom ?
- Celui que vous lui donnerez, répondit Forest.


***


Madame Godfrey avait appelé Drago dans son bureau.

- Donc, tout est en ordre, vous avez votre matériel… ? Prêt à commencer les cours ?
- Oui, je le pense.
- Bien ! En ce qui concerne le travail, et après m’être concertée avec Madame la Rectrice, je vous attribue le poste d’assistant à la préservation de la faune et de la flore magique. Vous seconderez Mr Forest !
- Comment ?! Je vais travailler avec l’Indien ?!!! s’écria Drago estomaqué.
- Je préférais que vous ne disiez pas « Indien » reprit Mme Godfrey mécontente, Monsieur Forest est un « Américain natif » ! C’est la personne la mieux placée pour vous apprendre les équivalences des plantes et des créatures américaines et des anglaises. Cela vous sera fort utile pour les cours de potion.
- C’est que, bredouilla Drago, je n’ai pas beaucoup d’aptitudes pour ce genre de travail et …
- Raison de plus pour vous le confier, c’est l’occasion rêvée pour pallier vos lacunes.

Drago se sentait coincé et cela ne lui plaisait pas du tout. Comment pouvait-on lui demander à lui, de faire un travail de domestique ? Et puis il réalisa qu’après tout, si ce n’était pas un travail pour un Malefoy, c’en serait un pour un Milton. « Au point où j’en suis ! » se dit-il.

- C’est bien ! acquiesça-t-il en soupirant. Quand est-ce que je commence ?
- Demain. Vous avez du temps libre l’après-midi. Arrangez-vous avec Mr Forest pour convenir de l’heure. Oh ! Encore une chose monsieur Milton : vous allez vous retrouver sous ses ordres, ne l’oubliez pas ! Vous êtes tenu de vous adresser à lui avec le respect qu’il se doit.
- Je … je vais tâcher de ne pas l’oublier, madame, dit Drago qui se sentait prendre une couleur pivoine.

Le cœur lui battait. Il essaya de se raisonner. La compagnie de Forest était tout de même moins dangereuse et plus agréable que celle du Seigneur des Ténèbres. Mais il ne parvenait pas à vaincre ses profondes répulsions et les préjugés de classe bien ancrés. Il lui semblait être tombé bien bas.
Chapitre 5 Le guérisseur by Persis
Author's Notes:
Eh bien non, Falk n'est pas à Witchcake pour planter des bégonias et tailler les rosiers, il vous réserve quelques surprises.


J'ai pris la même liberté vis-à-vis des Amérindiens que JKR vis-à-vis de la vraie magie tout en essayant de rester respectueuse. Avec toutes mes excuses aux Premières Nations!
Drago suivit, ce matin-là, les cours de magies comparées, de potions aymaras, de sortilèges vaudous et de chamanisme sibérien. Il eut un peu de mal de s’orienter dans le campus. La grille des cours de l’année préparatoire étaient personnalisée et n’était pas la même pour tous les étudiants de ce niveau si bien qu’il ne pouvait pas toujours suivre ses condisciples pour se rendre un bon local, mais la matinée se déroula sans trop problèmes. Les matières étaient intéressantes et Drago était avide d’apprendre des aspects jusque là inconnus de la magie.

Le repas terminé, Drago rentra dans sa chambre et jeta ses affaires sur son bureau puis il se laissa tomber sur son lit. Il resta là un moment puis il réalisa tout à coup qu’il avait complètement oublié de prendre rendez-vous avec l’Indi…, pardon, l’Américain natif ! Il sortit précipitamment, sans même la prendre la peine de se changer. Il descendit quatre à quatre l’escalier et déboula sur la pelouse en face du foyer des étudiants. Il aborda une jeune fille aux longs cheveux auburn.

- Excusez-moi, mademoiselle, vous n’auriez pas vu For … monsieur Forest, par hasard ?
- Non, mais ce n’est pas difficile de savoir où il se trouve. Pouvez-vous m’accompagner, je vais vous montrer. Je m’appelle Daisy Parker, je viens du Texas.
- Dra…Davis Milton ! Je viens d’Angleterre ! Je suis inscrit en prem… en préparatoire.
- Ah, c’est vous ? J’ai entendu parler de vous !
- Vraiment ? Mais je viens d’arriver !
- C’est justement cela qui est inhabituel. La plupart des étudiants étrangers viennent ici pendant les vacances pour suivre les cours introductifs à la première année.
- Ça n’a pas été possible ! Je n’étais pas au courant et puis je me suis décidé assez tard. En plus, j’ai eu des ennuis de santé. D’ailleurs, cette idée étrange de faire travailler les étudiants, je ne sais pas si je vais tenir le coup, travailler avec …Monsieur Forest
- Oh, ne vous en faites pas pour cela ! C’est un job taillé sur mesure Vous serez entre de bonnes mains et puis, vous êtes si pâle … un travail en plein air, c’est tout ce qu’il vous faut.
- Vous semblez sûre de vous ! répondit Drago, un peu honteux d’être à nouveau tombé dans son vieux travers en geignant sur lui-même.
- Han-han, fit la jeune fille en guise de « oui » ! Ne vous en faites pas. Vous avez un tuteur ?
- Pas encore. Je ne connais personne ici.
- Ne tardez tout de même pas pour en choisir un.
- Vous ?
- Désolée, répondit-elle en riant, j’aurais accepté, mais j’ai déjà un pupille et je ne peux pas en prendre un second !

Tout en parlant, ils entrèrent dans le hall du bâtiment principal. Daisy lui montra une horloge magique qui montrait où se trouvaient les membres du personnel de l’université. Forest était dans le jardin est.

Drago prit congé de Daisy et se mit à courir pour ne pas faire mauvaise impression. Il aperçut le garde accroupi près d’un parterre en train de remuer la terre.

- Je suis désolé ! cria-t-il hors d’haleine. J’avais complètement oublié de … !

Forest ne se retourna pas mais lui fit signe de la main de parler plus bas puis d’approcher. Drago, haletant, alla se placer à ses côtés et s’accroupit. Il resta un moment sans rien dire, tâchant de reprendre souffle, à regarder ce que faisait son nouveau patron. Le garde-faune & flore transplantait de toutes petites pousses qui se tortillaient entre ses doigts. Et, aussi étonnant que cela pût paraître, il les approchait une par une de son visage pour leur chantonner une petite phrase. Quand il eut achevé la ligne qu’il avait entamée, il se tourna vers Drago en souriant.

- Je m’excuse, Monsieur, dit Drago fort embarrassé. Mme Godfrey m’avait dit de prendre un rendez-vous et j’ai tout à fait perdu ça de vue.
- Ce n’est pas grave, Milton, répondit Forest. Vous avez l’intention de travaillez dans cette tenue ?
- J’étais déjà en retard et je n’ai pas pris le temps de me changer. D’ailleurs, je ne sais pas trop ce que je dois mettre.

Forest se redressa, Drago fit pareil. Il perdit un moment l’équilibre et son vis-à-vis le prit par le bras pour l’empêcher de tomber. Drago ne savait plus où se mettre et se mit à rougir. S’être montré si maladroit devant un tel homme et le fait qu’il l’ait touché le mettait terriblement mal à l’aise

- Changez de vêtements, conseilla Falk. Vous avez votre baguette ?
- Oui mais qu’est-ce que … ?
- Bah ! Laissez … !

Forest sortit son bâton et frappa Drago sur l’épaule. Le jeune homme se retrouva en salopette bleue et en chemise à raies avec des bottes aux pieds. Malefoy en tenue de domestique ! Quelle déchéance ! Son visage s’empourpra davantage. Le jeune sorcier se promit de se trouver pour la prochaine fois, une tenue moins servile !

- Nous pouvons commencer, dit le garde. Tout ce que vous avez à faire c’est de tenir le sac de jute ouvert pendant que je le remplirai. Je vous expliquerai au fur et à mesure.

En effet, Drago eut droit à un cours détaillé sur les pomoxys du nouveau monde, leurs vertus et propriétés, les différences avec le pomoxys vulgaris et l’usage qu’on en faisait en potion et enfin la manière de les cultiver et de les entretenir. Puis on passa chapitre faune. Forest l’emmena soigner une nichée de ragondins ragoutants géants. Alors que Drago remettait maladroitement le dernier spécimen que Forest venait de nourrir dans sa cage, la bestiole donna un grand coup de dent dans ses doigts. Drago la rejeta brutalement dans l’habitacle, ce qui mécontenta son patron, et se mit à gémir et à se tortiller de douleur. Forest prit le temps de caresser et de rassurer le jeune ragondin, puis il observa un moment d’un air narquois Drago en train de s’adonner à son petit numéro.

- Monsieur veut-il que j’appelle Madame, la mère de Monsieur ? demanda-t-il avec ironie.

Du coup, Drago se figea et se sentit complètement ridicule. Malgré les élancements que lui provoquait la morsure, il cessa de gigoter et de geindre.

- Allez, montrez-moi ça, monsieur Milton ! dit Forest en prenant la main blessée.

Drago n’osait plus soutenir son regard. Il prit conscience qu’un homme comme Forest descendait d’un peuple viril et courageux, résistant à la souffrance et lui se faisait l’effet d’un petit avorton d’Anglais au sang-bleu, fragile comme de la porcelaine de Saxe. Forest s’éloigna de deux pas, cueilli une feuille sur le sol et l’appliqua sur la blessure. Puis il se mit à chantonner des incantations rituelles de sa voix de basse, tout en imprimant un balancement à son corps. Il lui referma les doigts pour tenir la feuille médicinale en place et éleva à un certain moment les mains pour les placer au-dessus de la tête de Drago, tout en continuant à cantiler. Il fit alors plusieurs passes le long du chef et des épaules de son jeune assistant. Drago se sentit tout d’un coup soulagé. Pas seulement de la douleur mais aussi de cette pression qui ne le quittait guère depuis des mois. À partir de ce moment, le regard du jeune homme sur le sorcier changea radicalement sans qu’il n’en pût expliquer la raison. Forest exerçait désormais sur lui une étrange fascination.

- Merci ! bredouilla Drago reconnaissant. Merci monsieur !
- Et la prochaine fois, dit le garde, faites ce que je vous dis : tenez le par le ventre et pas par les pattes.
- Oui, monsieur ! bredouilla-t-il, d’un air idiot. Monsieur, puis-je vous demander… ? C’est la langue des Sioux que vous utilisez pour guérir ?

Forest ne put s’empêcher de sourire

- Sioux ? Il vaudrait mieux dire Lakota, Dakota ou Nakota. Mais ce n’est pas grave vous ne pouviez pas savoir ! Je ne suis pas un Lakota, je suis un Wampanoag.
- Pourquoi est-il inconvenant de dire Indien ou Sioux, monsieur ? demanda Malefoy, tout à coup obséquieux. Et qu’est-ce qu’un Wampanoag, s’il vous plait ?
- Je ne me sens pas offensé par le terme Indien ou Amérindien, expliqua Forest. Ce sont les blancs qui tiennent à ces distinctions. C’est assez factice. Les Indiens habitent les Indes. Les Blancs ont appelé cette terre « Amérique » et nous appellent à présent Américain natif. Américain ou Indien, ce ne sont jamais que des termes qui nous sont étrangers. Pour répondre à votre question, Sioux est la déformation d’un terme injurieux, nadewisu, serpents perfides. Lakota signifie amical, allié et Wampanoag signifie peuple de l’est. Mon peuple occupait cette région à l’arrivée des premiers colons anglais. Sans mes ancêtres, ils n’auraient jamais pu survivre.
- Et en guise de remerciement, ils les ont exterminés.
- Vous avez tout compris. Mais entre sorciers, en général, nous nous sommes assez bien entendus!
Chapitre 6 Malefoy le Malappris by Persis
Author's Notes:
Maman, c'est quoi "un civilisé"? On se paie la honte du siècle, monsieur Malefoy?
Si Drago avait rechigné en apprenant qu’il devrait travailler avec Forest, ce travail était rapidement devenu ce qu’il préférait à Witchcake. Cet homme le fascinait, par son savoir et son pouvoir. Les heures qu’il passait en sa compagnie lui apportait une bouffée d’air frais, au propre comme au figuré. Il faut dire que l’atmosphère entre étudiants était assez tendue. Chassez le naturel, il revient au galop : Malefoy ne pouvait pas s’empêcher de prendre ses grands airs et de faire des remarques acides sur ses condisciples. Au début, ça avait fait rire, mais au bout d’un moment Drago fut bien obligé de constaté qu’il était frappé d’ostracisme. Cela ne fit qu’augmenter sa verve. Mais au fond, il n’en menait pas large. Il avait l’impression de tourner en rond, de s’empêtrer, de s’enfoncer. Plus rien n’allait et aucune planche de salut ne s’offrait à lui.

Ce jour-là, en fin de matinée, Forest qui s’affairait à côté de l’aile sud vit débouler Malefoy, clopin-clopant aussi vite que son pied boiteux le lui permettait.

- S’il vous plaît, supplia Drago, il faut qu’on me retrouve, aidez-moi !
- Mais que vous est-il arrivé ?
- Je vous expliquerai. Je ne peux pas rester ici !

Forest se redressa et siffla quelques notes. Un mustang à robe pie, venu de nulle part, le rejoignit. Sans trop savoir comment, Drago se retrouva à califourchon sur le cheval- il se serait trouvé plus à l’aise sur un balai !- et s’agrippa à la crinière, pas trop rassuré. Le garde émit un nouveau sifflement plus aigu et la monture partit au trot en l’emmenant à six ou sept furlongs de là. Drago terrorisé, fut soulagé de voir le cheval s’arrêter enfin devant une maisonnette de planches, une sorte de petit chalet. Les abords étaient bien entretenus, le tout faisait bonne impression. Drago était en train de se demander comment il allait pouvoir descendre quand il vit Forest s’approcher de lui. Le jeune homme n’arrivait pas à s’expliquer comment il avait pu le rejoindre aussi vite. Il glissa, tout endolori, du dos de sa monture tandis que le garde le prenait par les vêtements. Il l’emmena à l’intérieur, le fit assoir et examina la cheville foulée, y appliqua des compresses d’herbes et d’élixir et banda le membre.

- Dans une demi-heure ce sera tout à fait guéri, dit Forest qui jusque là était resté silencieux. Maintenant, pourriez-vous me dire ce qui c’est passé ? demanda-t-il calmement.

Drago sentit ses joues s’empourprer. Il regardait ailleurs. Forest l’impressionnait. Il sentait qu’il ne pouvait pas biaiser avec lui.

- Euh !... Je… hum ! fit-il
- Oui ?
- Eh bien, … (soupir) … J’ai … j’ai eu une discussion avec …euh …avec d’autres étudiants et…
- Et… ?
- En fait, c’est … c’est euh !... J’ai peut-être poussé la plaisanterie trop loin, …parfois les mots dépassent la pensée et… !
- Ce sont des choses qui arrivent, monsieur Malefoy ! dit le garde en hochant la tête.

Drago sursauta et écarquilla les yeux.

- Vous … vous savez comment je m’appelle ! s’écria-t-il, étonné.
- Bien sûr !
- Qui vous … ? commença Malefoy sans oser achever.
- Personne ! J’ai trouvé ça tout seul, comme un grand ! Vous me prenez pour un Sasquatch ? répondit le garde, sans se démonter.
- Un Sasssss… ? fit Drago en faisant une drôle de grimace.
- Un Sasquatch, un bigfoot, un yéti si vous voulez !
- Non, monsieur, je ne me permettrais pas, … bredouilla Drago.


Il serait bien rentré six pieds sous terre. Pourtant Forest s’exprimait calmement, sans animosité. Il y eut un moment de silence. Drago reprit son récit.

- J’ai taquiné un peu trop Alden, …Alden Wolfram. Oui, …en fait …. c’est peut-être normal qu’il se soit vexé parce que …C’était un peu… déplacé !
- Ah ! Que lui avez-vous dit au juste ?

Drago sentit ses entrailles se nouer. Il avait une furieuse envie de répondre à Falk de se mêler de ses oignons mais il avait trop besoin de lui.

-Je lui ai dit de se dépêcher, répondit le jeune malge, qu’il allait se faire rattraper par un escargot.
Que ça devait être sans doute l’animagus de son jumeau … et je lui ai demandé lequel des deux étaient sorti en premier lieu de la coquille de maman escargot. …
Ce n’était pas très malin de ma part.
Puis après le cours Astrid, la Suédoise et Zeno Owlcage m’ont coincé dans le couloir et m’ont dit que j’avais dépassé les bornes. …
Que je ferais mieux d’aller m’excuser, si ce n’était pas trop tard, mais qu’en fait, oui, c’était trop tard …
J’ai paniqué, j’ai sauté par la fenêtre mais ma baguette m’a glissé des doigts …je n’ai pas pu me réceptionner.
Voilà !
- Bien. Il ne vous reste plus qu’une chose à faire : aller présenter vos excuses à cet Alden.

Cette fois-ci Drago se sentit blêmir.

- Vous avez peur ? demanda le garde.
- N…non ! non, pas du tout !
- Une étrange manière d’admettre la vérité ! Vous voulez que je vous accompagne ?

Drago le regarda médusé.

- Ça ne vous est jamais arrivé de vous excuser ? demanda Forest avec bienveillance tout en s’asseyant à côté de Drago
- Si, mais …

Drago vit remonter à la surface de sa mémoire des volutes de mauvais souvenirs : la pression qui avait fait peser le Seigneur des Ténèbres sur sa famille, … ce climat de peur, quand il fallait sauver sa peau en s’aplatissant devant Voldemort …

-« Si mais » parce que vous ne pouviez faire autrement, n’est-ce pas ? acheva Forest.

Drago acquiesça.


***



La magie du Natif, comme l’appelait Drago, avait fait de l’effet. Il pouvait à nouveau marcher comme si rien ne s’était passé. Il monta l’escalier du foyer des étudiants, suivi de Forest et alla frapper à la porte d’Alden. Forest resta sur le côté de façon à ce qu’on ne puisse pas le voir. Les secondes qui séparaient Drago du moment où Alden allait ouvrir faisaient bondir son cœur dans sa poitrine. Enfin, un cliquetis annonça la fin de cette attente. Un étudiant aux cheveux noirs, pâle et maigrichon se dressait devant lui avec une mine maussade. Drago baissa le nez et se mit à se tortiller les mains.

- Alden, je …Je viens te présenter mes excuses…je … oui, euh, …je pense que… je suis peut-être allé trop loin.
- C’est Zeno qui t’a dit de venir ? répondit Alden, sur un ton peu engageant.
- Non, … enfin, oui, mais … non, je me … je sais que j’ai été trop loin mais …
- Mais quoi ?
- J’ai eu tort, je le reconnais. J’aurais dû venir plus tôt. Sans qu’on me le dise. J’ai des sales manies d’enfant gâté.
- Bon, ça va, j’accepte tes excuses mais… je ne peux pas oublier ça comme ça, hein ? Faut t’attendre à ce que je fasse ami-ami du jour au lendemain.
- Oui ! … Oui, … j’ai compris ! balbutia Drago, mort de honte.

Alden referma la porte. Drago sortit sa baguette et l’approcha de ses lèvres.

- Quel sort allez-vous employer ? demanda le garde avec un zeste de sollicitude.
- Sceau du cœur !
- J’en connais un meilleur, qui va vous faire réfléchir avant de parler : Custodia.
- Custodia ! répéta Drago en posant la baguette sur sa bouche.

Ils redescendirent ensemble dans le jardin attenant au bâtiment.

- Vous ne vous sentez pas mieux maintenant ? demanda Forest.
- Ben, euh…maintenant que c’est fait ! répondit Drago qui repensait à la réponse d’Alden.
- Vous avez choisi un tuteur parmi les étudiants ?
- Non, pas encore.
- Vous devriez y penser !
- Je ne connais pas grand-monde, comment choisir ?
- Demandez conseil à madame Godfrey, elle est là pour ça !
Chapitre 7 Mirer la mort by Persis
Author's Notes:
Drago s'enfonce dans la dépression.
Les paroles de Forest résonnaient encore dans la tête de Drago : il ne suffit pas de changer de nom pour changer de caractère. Le jeune homme avait adopté un profil bas depuis l’incident du saut par la fenêtre. Il faisait ce qu’il pouvait pour se montrer poli et sociable sans être sûr d’y arriver. Parfois, il entendait chuchoter derrière son dos. Il savait qu’on l’avait attribué certains sobriquets : « glaçon acide » et « porc-épic arctique ». Les autres l’évitaient, enfin, à ce qu’il lui semblait. Il se sentait seul, isolé. Il ne parvenait pas à se décider à se rendre chez la doyenne pour choisir un tuteur. Il tergiversait, se disait qu’il n’y avait rien d’urgent. Sa réserve de potion soporifique était épuisée. Il dormait mal. Il aurait pu en faire venir d’Angleterre, ou en préparer une avec des ingrédients à sa disposition. Il n’en faisait rien. Il se demanda s’il n’était pas temps d’envoyer un hibou à ses parents, ou du moins à sa mère. Pour lui dire quoi ? Un marasme lancinant l’envahissait. Il se laissait porter par le fil des les jours comme une brindille par un ruisseau.
Ce soir-là il avait cherché en vain un sourire, un visage ouvert, une parole aimable. Il lui semblait ne plus exister pour personne. Il rentra dans sa chambre déprimé, persuadé qu’il n’était qu’un parasite, que sa vie ne valait pas la peine d’être vécue et que personne ne regrettait sa disparition. Il essaya de lutter contre ses sentiments pendant plusieurs heures. Il aurait voulu trouver un appui quelque part, mais rien, le vide ! Il jeta un coup d’œil à sa montre : 22h37. Il avait le temps de sortir avant qu’on ne ferme les portes du foyer pour la nuit.


***



Une flamme bleue s’élevait du centre du cercle magique vers la nuit étoilée. Tout était prêt. Drago qui s’était défait de tout objet métallique brandit sa baguette et braya des incantations d’une voix grave. La flamme se contorsionna et prit l’aspect d’une forme humaine, floue d’abord puis de plus en plus précise. Le spectre de Severus Rogue venait d’apparaître. Son visage était courroucé.

- Que me voulez-vous, Malefoy ? Pourquoi venez-vous troubler mon repos ? dit une voix chargée de reproches.
- Professeur, …
- Je ne suis plus votre professeur, Malefoy !
- De grâce, un conseil … implora le jeune homme
- C’est aux vivants qu’il faut vous adresser ! Cessez vos maléfices et allez-vous-en !

La flamme s’éleva. La silhouette menaçante s’inclinait vers lui. Drago prit peur. Si quelqu’un l’avait vue ? Il tomba à genoux et jeta de la terre sur la base de la langue incandescente.
- Requiem ei ! Requiem ei ! Requiem ei ! » répétait-il tout affolé en éteignant le feu.
Une maigre fumée s’échappait encore des bouts de bois calcinés. Drago resta là, affalé sur le sol, incapable du moindre geste.


***



Le jour s’était levé. Drago reprit ses activités quotidiennes avec les pieds lourds. Il se sentait sonné, drogué, sans énergie, sans aucun appétit vital. L’après-midi, Forest lui demanda de l’aider à dégager les sous-bois pour y trouver des nids de bingo-korrigans, des petits lutins très farouches assez difficiles à approcher. Ils se répartirent l’aire à traiter. Drago se retrouva à bonne distance de son patron. Le garde lui avait bien expliqué son travail, ça n’avait rien de très compliqué. Le garçon travaillait comme un automate, comme si son cerveau avait été remplacé par un mécanisme d’horloger. En retirant de la broussaille, Drago aperçut quelque chose qui se mouvait sur le sol. Il s’accroupit. Il eut un instant un mouvement de recul, mais il se ravisa. C’était une vipère tricorne des palus. Il la reconnaissait, Forest lui en avait parlé et il l’avait vue dans son manuel de faune magique. Drago la fixa un instant fasciné, sans aucune envie de réagir, sous la domination d’une puissante force d’inertie. Et puis, sans même réfléchir, il étendit la main vers l’animal.

- Viens ma jolie, susurra-t-il, viens ma mignonne. Donne-moi un baiser. Allons, dépêche-toi mon cœur ! Dépêche-toi qu’on en fin…
- Evanesco ! cria soudain une voix forte.

Drago se retourna. Forest qui avait fait disparaître l’animal, se dirigea droit vers lui. Il paraissait très mécontent.

- Mais qu’est-ce qui vous prend, Malefoy ? cria-t-il. Envie d’en finir avec la vie ? C’est lâche !
- Eh bien oui, c’est lâche ! aboya Drago en se redressant. Je SUIS lâche ! Voilà ! Vous êtes content, maintenant ? ! Et qu’est-ce que ça peut vous faire après tout, hein ? Qu’un LÂCHE disparaisse, c’est pas une bonne chose, NON ?
- Si vous tenez à perdre la vie, faites-le au moins en vous rendant utile!
- Utile ! Pfff ! Utile ! Je n’ai aucune utilité ! Je suis un INUTILE ! Je ne sers à RIEN !
- ÇA SUFFIT ! vociféra Falk.

Le garde l’avait saisi par le bras et lui avait donné une bonne secousse. Drago, haletant, courba l’échine. Il tremblait de tout son corps.

- Petit Lord Malefoy, Drago, … petit dragon, marmonna Forest entre ses dents… ce n’est pas une lumière(*) qui T’a donné un nom pareil !
Allez, viens ! On va parler sérieusement.

Drago se demanda ce qu’il prenait à Forest de s’adresser à lui de façon si pompeuse. Un admirateur de Shakespeare ? Ou avait-il des ascendants chez les Quakers ? (**) Forest le guida vers un tronc d’arbre gisant sur le sol et ils s’y assirent. Drago, les coudes sur les genoux, tenait sa tête entre ses mains.

- Est-ce que Tu désires mourir à ce point-là ? demanda Forest, la voix lourde de reproches.
- Je n’ai pas de raison de rester en vie, répondit Drago, maussade.
- Il faut des raisons pour rester en vie ?
… Pense à ce que je viens de Te dire. Si Tu veux vraiment mourir, trouve une cause digne de faire le sacrifice de Ta vie.
- … Une cause ? …Quelle cause ? marmonna Drago… C’est trop tard ! Le combat est terminé !...Et j’étais du mauvais côté … Severus Rogue, lui, a sacr….

Il n’avait plus la force d’achever et tremblait violemment. Il y eut un long silence.

- J’ai fais une sottise, … une grosse sottise, lâcha-t-il brusquement.
- Qu’est-ce que Tu as fait ? demanda Forest sur un ton neutre.
- … J’ai … J’ai voulu le revoir .
- Qui ?
- Severus Rogue...
C’était mon professeur et mon directeur. J’ai … J’ai fait de la nécromancie saülienne cette nuit ! … Mais je ne suis pas allé jusqu’au bout.

Forest écarquilla les yeux.

- QUI T’ as appris ça ? demanda-t-il, pantois.
- Mon père.
… J’ai vu faire mon père. Il la pratique parfois, mais lui, enchaîne les esprits des morts pour les soumettre. Ça, je n’ai pas voulu le faire.
- De la magie noire !
- C’est du beau monde, les Malefoy ! lâcha Drago avec amertume.
- Et Tu es parvenu à le faire revenir, ton professeur ?
- Pas longtemps.
- Que T’a-t-il dit ?
- Il n’a pas voulu me parler. Il était fâché. Il ne voulait pas que je le dérange.
- Pourquoi tenais-Tu tant à le revoir ?
- Je voulais lui demander conseil.
- Et Tu n’as personne ici à qui demander un conseil ?

Drago se tut. Que fallait-il répondre à cela ? Forest ne lui avait jamais fait défaut. Pourquoi n’avait-il jamais pensé à lui parler ? L’idée ne l’avait même pas effleuré. Il en était confus, honteux. Il sentit la peur lui tordre le ventre.

- Je sais, je n’aurais pas dû, concèda-t-il dans un soupir tremblant après avoir hésité.
- Si Tu en es arrivé là, c’est que Tu ne voyais plus d’autre issue, conclut Forest de sa voix grave.
- Non.
- Tu ne les vois pas mais elles existent, ces issues.

Est-ce que Tu t’es choisi un tuteur ?

Drago fit non d’un signe de tête.

- Tu aurais quelqu’un à qui parler de tes problèmes, à qui demander conseil.
- Qui ? Je ne sais pas qui choisir … Je ne suis pas allé chez madame Godfrey. C’est comme si on m’avait jeté un sortilège d’entrave… Vous ne voulez pas l’être ?

Forest ne put s’empêcher de rire.

- Je ne suis plus un étudiant ! répondit-il, je suis trop vieux ! Je veux bien T’aider, mais pas comme ça. Va voir Phébus Jasper, il fait une maîtrise en sortilèges complexes et dis-lui que Tu viens de ma part. Sois franc, explique-lui ce que Tu as sur le cœur.
- Je dois lui dire mon vrai nom ?
- Dis-lui au moins que Davis Milton est un pseudonyme. Tu n’es pas obligé de tout lui expliquer dans les détails. Mais évite les quiproquos, il vaut mieux dire : « je n’aime pas parler de ça » que de tourner autour du pot.

Il y eut un moment de silence.

- Vous voulez bien m’aider ? reprit Drago.
- Je peux Te prendre en main et Te donner des « cours particuliers ». Mais je voudrais que Tu en parles d’abord avec madame Whippy. Si elle est d’accord, je T’expliquerai en quoi ça consiste.



_________________________________________________

*Lucius vient du latin lux qui signifie lumière.
** Lorsque j’utilise la majuscule pour la 2e personne du singulier, il faut sous-entendre l’emploi de thou , thine, etc. Ces formes sont archaïques et littéraires. Leur emploi en anglais est très limité : comptine, poème, prière. Elles confèrent au discours quelque chose de solennel. On ne les rencontre plus guère que dans Shakespeare. Les Quakers les employaient encore jusqu’il y a peu.
Chapitre 8 L’Ancien by Persis
Author's Notes:
Vous avez dit "des cours particuliers"? Oui, ma foi, très particuliers.
Phébus Jasper était un garçon assez réservé, grand, brun, mince mais sportif. Il marchait à longues enjambées vers la cabane de Forest et Drago avait bien du mal à soutenir son rythme. Quand le tuteur du jeune Anglais pénétra dans la maisonnette, il salua son propriétaire dans une langue que son pupille ne connaissait pas. Forest lui répondit avec bonhommie dans le même idiome, ce qui donnait à Drago la fâcheuse impression d’être mis de côté. Il les voyait sourire mais il ne savait pas si c’était par sympathie ou s’ils se moquaient de lui.

- J’ai conseillé à Davis de s’inscrire dans un club, reprit Phébus en anglais. Il aime le Quidditch mais c’est un peu tard pour faire partie d’une équipe, maintenant.
- En effet, dit Forest en s’adressant à Drago. Les équipes sont formées. Tu risques de rester longtemps assis sur le côté en attendant que quelqu’un se casse un membre ou se fasse exclure.
- Je le verrais bien faire des danses rituelles, reprit Phébus, toujours en souriant.
- C’est une bonne idée, approuva Forest. Tu vas pouvoir Te dépenser, T’amuser et apprendre une autre façon de faire la magie.
- On est allé voir ensemble madame Godfrey, continua Phébus.
- Elle veut que je vous dise que je dors mal, dit Drago assez embarrassé.
- Même un Moldu aurait pu s’en douter, répondit Forest, lapidaire.

Phébus sortit, laissant Drago avec Forest. Le jeune Malefoy avait l’impression que son destin était en train de lui échapper. Il avait franchi l’Océan pour pouvoir se reprendre en main et à nouveau, il se retrouvait entre les mains d’un autre. Pourtant, la donne avait changé. Le sorcier aguerri qui se trouvait devant lui possédait un pouvoir d’un tout autre type. Drago n'était pas en état de réfléchir sur ce qu’il lui arrivait. Il espérait confusément que ce pouvoir-là allait l’attirer à l’autre bout du tunnel.
Sans piper mot, l’Autochtone prit un couteau effilé et s’approcha du jeune sorcier, surpris et quelque peu effrayé, malgré l’attraction que son mentor exerçait sur lui. Forest lui coupa une mèche de cheveu sur la tempe droite, et, la tenant entre le pouce et l’index de la main gauche, les autres doigts écartés, la posa sur une coupelle de cuivre. Phébus rentra en apportant une feuille d’un végétal que Drago ne parvenait pas à reconnaître. Pendant ce temps, Forest avait pris une lime à ongle et saisi la main gauche de Drago. Il se mit à lui limer l’ongle de l’annulaire. Phébus recueillait la poudre sur la feuille.

- Je peux savoir ce que vous faites ? demanda prudemment Drago.
- Je prends des mesures pour déterminer les proportions des ingrédients de la potion contranxianoctis que je vais Te préparer, répondit posément Forest.

Il versa de l’eau dans le chaudron, l’agita trois fois dans le sens du soleil, trois fois dans l’autre sens puis à nouveau trois fois dans le premier sens, puis il versa trois gouttes d’une substance ambrée dans la mixture. Phébus s’assis silencieusement près du chaudron. Forest s’avança vers Drago et le prit par les bras tout en le toisant.

- Quel âge as-Tu, petit dragon ? demanda-t-il paternellement.
- Dix-huit ans.
- Dix-huit ans ! Tu devrais être plus grand que Tu ne l’es, Tu n’as pas terminé encore Ta croissance. On dirait qu’un lourd fardeau T’a empêché de pousser.

Phébus se mit alors à chantonner tout en imprimant à son corps un léger balancement. Il murmurait des paroles dans cette langue qui devait être celle de Forest. En tout cas, la mélodie était bel et bien amérindienne. Il ne quittait pas le petit chaudron du regard. Était-ce un rite incantatoire ? Ce fond musical dérangeait Drago qui ne parvenait à éloigner son mal-être. Mais Forest poursuivit la conversation comme si de rien n’était. Il fit asseoir Drago et lui demanda :

- Tu as parlé à madame Whippy ?
- Oui, elle est d’accord, répondit-il d’une voix monocorde.
- Qu’est-ce qu’elle T’a dit ?
- Que ça me ferait du bien, mais si ce ne sera pas toujours facile.
- C’est tout ?
- Que ce ne sont pas des cours de perfectionnement ordinaires et que je ne pourrai pas revenir sur ma décision une fois que ce sera commencé.
- Mm, approuva Forest.
- Et que ce sera une relation de maître à disciple, que Tu ne me lâcheras pas avant que Tu n’estimes ma formation terminée.
- C’est cela !

Au grand étonnement de Drago, Forest se mit à chanter à l’unisson avec Phébus. Il se leva et alla en dansant vers le chaudron. Sa voix était grave et puissante, la mélodie, envoûtante. Drago ne savait plus où se mettre. Il était tiraillé entre la fascination que Forest exerçait sur lui et les vieux préjugés qu’on lui avait inculqués depuis l’enfance. Un sauvage ! Phébus avait pris deux bouts de bois évidés qu’il entrechoquait entre eux sur un rythme soutenu. Forest se pencha le contenu du petit chaudron puis en prit un plus grand et commença à préparer sa potion. Parfois il interrompait son chant et Phébus poursuivait seul en attendant que Forest reprenne à nouveau la mélodie lancinante. Au bout de cinq minutes, les répulsions de Drago s’étaient évaporées. Il se laissait porter par la musique et entrait dans une sorte d’état second. Il perdit la notion du temps. Il était entré dans l’ævum. Il ne put dire au bout de combien de temps Forest s’approcha de lui, un bol de potion à la main, le lui portant à la bouche. Drago voulut le prendre en main mais Forest l’en empêcha, il voulait contrôler la prise du remède. Il lui fit avaler d’abord trois gorgées puis agita le contenu du bol en psalmodiant ses incantations. Il reprit le rite par trois fois puis posa le bol qui n’était pas encore vide. Phébus chantait encore mais en sourdine.

- Si Tu veux être mon disciple, il Te faudra suivre mes instructions en Te détachant de toute objection et de toute répulsion. Tu m’appelleras « l’Ancien » et je T’appellerai « mon garçon ». Je vais utiliser des méthodes qui vont Te déconcerter. Ce ne sera pas facile tous les jours, surtout au début. Tu ne pourras me quitter que lorsque je l’aurai décidé. Si Tu Te décourages et T’enfuis loin de moi, je Te retrouverai et je Te forcerai à achever ce qui sera commencé. Si Tu Te dérobes à ma vue en Te changeant en ver et en T’enfouissant dans le sol, je me changerai en taupe et j’irai Te rechercher. Tu as trois jours pour y réfléchir et pour me donner Ta réponse.
- Oh, elle est prête ! C’est oui !
Le jeune Malefoy s’était entendu répondre, comme si un autre que lui avait parlé.

- Trois jours ! reprit le garde. Fais ce que je Te dis.
- Oui, Monsieur !

Forest se remit à chanter.

***



La séance de travail commença comme chaque fois depuis trois jours, Forest fit avaler sa potion à Drago.

- Tu as réfléchi à ma proposition, petit dragon ? demanda-t-il
- Oui, monsieur.

Réfléchi ? Un bien grand mot ! Il se laissait porter par son intuition en espérant que cette fois-ci, c’était la bonne. En fait, il ne voyait pas d’autre issue.

- Qu’as-Tu décidé ? demanda l’Amérindien
- C’est d’accord.

Forest trempa ses lèvres dans le bol où avait bu Drago puis le lui présenta à la place même où il avait posé sa bouche, avec un regard de défi. Drago sentit qu’on le mettait à l’épreuve. Il but sans hésitation et pourtant il lui en coûtait. Ètrange rite initiatique où il fallait franchir d’élémentaires répulsions. Forest sourit.

- Lorsque le moment sera venu, pas avant, dit-il, je viendrai Te chercher, mon garçon. Réfléchis sur tout ce que Tu me verras faire et tâche de trouver des réponses avant de me poser les questions.
- Oui, l’Ancien, répondit Drago, bien résolu à jouer le jeu
- Ta première tâche est de ne pas Te soustraire à Tes devoirs quotidiens. Je tiens à ce que Tu fasses ce Tu as convenu avec Phébus.
Chapitre 9 : Action de grâces by Persis
Author's Notes:
Petite leçon pour cerveaux sur pattes: vivez dans vos pieds.
On approchait de la fin novembre et Drago désespérait de voir un jour le début de son initiation. Tout le monde autour de lui n’avait qu’un seul mot à la bouche : Thanksgiving, littéralement « action de grâces ». La fête semblait avoir un relief particulier parce qu’on se trouvait justement dans l’État où elle avait été célébrée pour la première fois par les colons. Drago s’attendait à ce que Forest viennent le chercher pour commencer ses leçons. Mais non, rien ! Il s’était aventuré deux ou trois fois à demander s’il devrait encore attendre longtemps, Forest lui faisait toujours la même réponse : « Qu’est-ce que je T’ai dit ? »

La dernière fois, l’Ancien l’avait cuisiné jusqu’à ce qu’il rende quasi mot pour mot les termes de leur accord. « Quand je serai prêt, pas avant » « Je dois regarder ce que Tu fais »
Oui, il avait, lui aussi, adopté ce tutoiement obsolète.
« Je dois réfléchir à ce que Tu fais et essayer de trouver les réponses avant de poser les questions. » Et surtout, … et surtout : « Je dois faire ce qui est convenu avec Phébus. »

Manger à la même table que lui deux fois par semaine, ce n’était pas la mer à boire, c’était même plutôt agréable, vu qu'il ne s'était pas fait beaucoup d'amis, très peu même! Mais ce club de danses rituelles ! Une pitié !

Il se rendit ce jour-là chez Forest pour son travail. Son maître lui fit avaler sa potion.

- Tu sais, elle me fait de l’effet, l’Ancien, dit Drago, un peu flagorneur.
- Je l’espère bien, mon garçon !
- Tu pourrais peut-être m’apprendre comment la préparer.
- S’il était temps de Te l’apprendre, je le ferais.

Drago commençait à se faire à ce genre de réponse. Heureusement Forest s’adressait toujours à lui sur un ton bienveillant, ça rendait les choses plus faciles à accepter.

- Et ton club de danse ? poursuivit-il.
- Ben, euh, … c'est-à-dire que, … enfin, … Phébus veut que je continue, il dit que je ne peux pas abandonner comme ça, alors que je n’y ai été que cinq fois ! Mais moi, ça ne me plaît pas trop. Je ne suis pas doué pour ce genre de choses ! Enfin, je ne me doutais pas que… je sais danser mais,…
- Si Tu peux danser le menuet ou la valse, Tu peux aussi danser ça. Le reste c’est dans Ta tête que ça se passe.

Drago soupira.

- J’ai horreur de ça ! grogna-t-il en faisant la moue. Tout le monde se tortille dans tous les sens ! Il y en a qui rigolent. D’ailleurs ça ne plait pas aux moniteurs. Ils disent que ce n’est pas une partie de jerk !
- Les étudiants sont jeunes comme toi, c’est nerveux, mon garçon. Et toi, tu t’en sors ?
- Il paraît que je suis trop raide. Je n’arrive pas à me lâcher, répondit-il d’un ton maussade.
- Ça viendra. Tu dois continuer.
- Oui, l’Ancien, répondit Drago sans le moindre enthousiasme.

Il avait mis le doigt dans l’engrenage et ne pouvait plus faire machine arrière. Il essaya de se dire qu’il avait fait des choses plus désagréables dans sa vie et que l’Ancien ou les moniteurs finiraient par se lasser en le voyant si peu doué.


***



Tous les membres de l’Université Witchcake de Salem étaient sur leur trente-et-un, les étudiants en uniforme de cérémonie, tenue XVIIe avec chapeau tronconique et la cape de sorcier. Les professeurs portaient une tenue laissée à leur choix, pour la plupart semblables à celle des étudiants mais plus variées en coloris. Il y avait cependant quelques exceptions, une bonne vingtaine d’étudiants, quelques professeurs et Forest portaient des vêtements de Natifs. Drago ne le remarqua pas toute suite, mais dans le groupe des jeuens gens habillés à l’amérindienne, certains n’avaient pas du tout le type. Phébus par exemple, chez qui l’on pouvait supposer un métissage et mais surtout un grand blond. Tout ce monde était rassemblé dans la salle des fêtes, prêts à participer au banquet traditionnel. Madame Whippy prit la parole :

- Mes chers et estimés confrères, chers amis (elle dit alors des paroles dans une autre langue).
Comme la plupart d’entre vous le savent et quelques uns l’ignorent, nous sommes ici réunis afin de célébrer l’union des sorciers du nouveau monde et de l’ancien. Puisse nos pouvoirs et nos sciences, nos savoirs et nos consciences s’allier pour un monde plus juste et plus humain. Que la magie unisse ce que la cupidité et la sottise de l’homme a tenté de détruire (encore quelques mots dans la même langue) Par le septentrion et par le midi, par le levant et le couchant, le nadir et le zénith, partageons les fruits de la même terre ! Festina festive ad festum festivum et ad sobriam ebrietatem. (à nouveau quelques mots dans la même langue)
Apero !

Tout le monde applaudit et les plats firent leur apparition sur la table : la soupe à la citrouille, la dinde farcie, les pois vert, la purée de patates douces, la tarte aux noix de pécan, le pain de maïs, … on ne savait par quoi commencer. Drago avait pris place au côté de Phébus et, pour se donner une contenance plus que par réel intérêt, il se faisait expliquer l’origine de tous les plats.

Le festin durait depuis plus de deux heures quand Madame Whippy se leva et agita sa baguette magique, faisant apparaître des volutes bleues et argentées parsemées d’étoiles. Le sort atteignit les murs de la salle qui se déformèrent en s’écartant au milieu pour former un cercle. Les tables où étaient assis les commensaux suivaient le mouvement créant un espace libre circulaire au milieu des participants. La trentaine d’Amérindiens, Phébus et le grand blond y compris, se levèrent et prirent place dans cette arène. Certains avaient apporté des instruments de musique : tambour, flûte, autres percussions. Forest toucha le sol, se redressa puis inspira profondément. Tous formèrent un cercle et se mirent à jouer de la musique, à chanter et à danser. Ils se retirèrent au bout d’un moment et un groupe d’Occidentaux leur succéda. On eut droit au violon et à la cornemuse, aux gigues et aux branles.

Phébus revint s’asseoir près de Drago. Quelques Africains suivirent le second groupe et vinrent exécuter leurs danses. « Assourdissant » souffla Drago à Phébus, complètement assommé par ce tintamarre. « Laisse-toi porter par le rythme » répondit Phébus.

Soudain, il se leva. Les Amérindiens revinrent au centre. Les musiciens prenaient place quand Drago sentit une main le prendre par le collet et le soulever. Il perdit d’un coup son chapeau, sa toge, sa veste et ses souliers. Forest le prit alors par la main et l’entraina vers la piste. Quelqu’un d’autre prit la main encore libre et Drago se trouva, à son corps défendant, pris dans la ronde. Il ne lui plus qu’une chose à faire : imiter avec plus ou moins de bonheur ce que faisaient les autres.


***




Un, deux, trois ! Drago prit une bonne inspiration.

- L’Ancien, demanda-t-il tout en nettoyant des racines d’onagre lunaire. Pourquoi est-ce que Tu m’as fait danser, l’autre jour ?
- As-Tu essayé de trouver une réponse ?
- Oui ! … pour euh…
— Coincé ! Comment n’avait-il pas prévu le coup ? C’était pourtant le petit jeu préféré de Forest, les questions qui répondent aux questions —
… me faire comprendre que je devais continuer à aller au club ?
- C’est une réponse qui Te satisfait ?
- Non, fut-il bien obligé d’admettre.
- Alors, continue à réfléchir !

Réfléchir ? Par la barbe de Merlin ! Drago avait l’impression que son cerveau avait la légèreté et l’agilité d’une tortue géante. S’il y avait bien une chose dont il n’avait pas envie, c’était de réfléchir. Tout ce qu’il voulait, c’était ne plus penser ! Il aurait aimé pouvoir s’extraire la cervelle du crâne, la poser sur sa table de nuit, avec son passé en prime, et mener sa vie sans se torturer la tête.

- Pour que je devienne plus souple ? risqua-t-il.
- C’est une partie d’une réponse.
- Est-ce que toutes les leçons que je vais prendre vont être des parties de devinettes ? demanda Drago qui trouvait ce jeu agaçant.
- Ton esprit ressemble à une armoire pleine de parchemins. Tout y est mais Tu ne sais pas comment T’en servir. Sais-Tu ce d’où vient le mot « science » ?
- De « savoir » ?

Comme tout bon sorcier de souche, le jeune Malefoy avait tâté un peu de latin. Mais pas assez, sans doute.

- Non ! De « goûter » ! répondit Falk. Et « intelligence » veut dire « lire entre les lignes ». Ça fait plus d’un mois que Tu ne penses qu’à une chose : le jour où je viendrai Te chercher pour commencer Ton initiation. Mais Tu oublies que Tu peux déjà apprendre beaucoup dès maintenant. Je ne Te parle pas de tours de passe-passe, mon garçon. Tu dois apprendre à apprendre avec tout Ton corps et avec tous Tes sens. Quand Tu vivras un peu plus dans Tes pieds et dans Tes mains et un peu moins dans Ta tête, ce que j’ai à Te transmettre aura plus de chances d’être compris.

Un ange passa. Le temps d’absorber ces paroles lourdes de sens.

- La souplesse ce n’est pas seulement celle de mes membres alors ? demanda Drago, un peu abruti.
- Non, pas seulement, c’est tout Ton être qui doit devenir souple.

Le fils Malefoy se sentit assez en confiance avec son mentor pour se risquer à la confidence, chose inhabituelle chez lui, vis-à-vis d’un personnage comme Forest. En avait-il assez d’avoir porté longtemps des choses trop lourdes pour lui ? Il trouva l’occasion se décharger de ce qui lui pesait.

- L’Ancien, reprit Drago après un moment, Tu sais…je dois… je dois … quand même T’avouer quelque chose… Quand tu m’as forcé à danser,… je … je ne savais plus où me mettre !
- Tu avais honte, je sais, répondit Forest en souriant. Pourtant c’est un honneur qui T’as été fait. Tu es en train de nettoyer des racines et Ton esprit est ailleurs. Comment peux-Tu comprendre les racines si Tu n’es pas dans Tes doigts ? Quand Tu danses, sois dans Tes pieds.
Pas en Angleterre, devant ton père.



***


Shania, la monitrice du club de danses rituelles s’écria :

- Tu l’aaaaaaaas ! Ça y eeeeeeeeeest Davissss ! Tu l’aaaaaaas !

Mais Drago ne l’entendait plus. Il était tout à sa danse de l’ours. Il ÈTAIT l’ours et il sentait un pouvoir magique très puissant l’imprégner totalement, faisant vibrer chaque fibre de son être.
Chapitre 10 Inipi, naître de nouveau by Persis
Author's Notes:
"Inipi" est le terme lakota pour tente de sudation. Cela signifie "naître de nouveau".
La nuit était tombée. Drago avait fini ses travaux à rendre le lendemain et il avait déposé le livre divertissant qu’il avait pris pour se détendre quand on frappa à sa porte. Il alla ouvrir et se trouva face à Forest.

- Mon garçon ? C’est le moment, dit-il
- Comment ? Maintenant ? répondit Drago maussade. Ce n’est pas possible, demain je dois présenter un…
- Je ne vais pas perdre mon temps à Te le répéter. Tu viens ou Tu ne viens pas !
- Quand je pense qu’on aurait eu tout le temps avant-hier après-midi ou le…
- C’est bon ! Je n’ai rien dit ! Reste où Tu es et oublie que je suis venu.
- Mais For…l’Ancien !

Forest avait déjà tourné les talons. Drago comprit qu’il ne s’attarderait pas. Un Accio manteau jeté à la va vite le vêtit et il se mit à courir derrière son mentor pour le rattraper. L’épaisse couche de neige qui recouvrait le sol freinait ses efforts. Il arriva enfin, haletant, à la hauteur de l’Ancien qui semblait avoir chaussé les bottes de sept lieues. Drago avait beau allonger le pas, il avait grand mal à soutenir son rythme.

- Mais enfin ! cria Drago essoufflé. Pourquoi est-ce que Tu es si pressé…?
- Retourne d’où Tu viens, répondit Forest tout en marchant d’un pas alerte. Je vois que Tu n’es pas encore mûr. On ne cueille pas des pommes au printemps.
- … PAS MÛR ! MAIS ÇA FAIT DES SEMAINES QUE J’ATTENDS !
- Inutile de crier, ça ne sert à rien. Tu peux retourner d’où Tu viens.
- Ça, pas question !
- Si tu crois que je vais céder à Tes caprices, Tu Te trompes.
- Si tu crois que je vais retourner …
Plutôt me faire dévorer par les loups !

Ils arrivèrent près de la cabane. Forest referma la porte sur lui, laissant Drago dehors. Celui-ci, partit droit devant lui, sans savoir où il allait. Chaque pas était un combat contre la neige amorphe. L’effort le mettait en nage. Il ne pensait même pas à se servir de sa baguette magique tant il enrageait contre lui-même. Brûlé par la colère et le dépit, il jeta son manteau puis son justaucorps et continua à se déplacer péniblement vers l’inconnu sous la lune blafarde. Au détour du sentier qui s’avançait dans les bois, il se retrouva dans une clairière face à deux yeux jaunes, rejoint bientôt par d’autres paires. Des loups ! Drago s’arrêta, il se sentait pris au piège de ses propres paroles. Sa baguette était restée dans l'une des poches de son justaucorps. Il avait une furieuse envie de se mettre à courir. Et puis à quoi bon, il n’irait pas bien loin. Ses entrailles se retournaient, il avait la bouche sèche et le gosier serré. Drago Malefoy, finir dans le ventre des loups !

C’était si stupide. Il serra les dents pour les empêcher de s’entrechoquer, mais l’envie de chialer semblait se tenir loin de lui. À quoi bon pleurnicher quand personne ne vous entend ? Et si pour une fois dans sa vie, il essayait d’être courageux ? Si le dernier instant d’une existence veule qui stagnait comme une eau croupie allait lui rendre un semblant de dignité ? Il jeta à terre l’écharpe qu’il avait gardée autour du coup et déboutonna le col de sa chemise comme pour offrir sa gorge. Il fixa celui qui lui semblait être le meneur de la meute droit dans les yeux, pour le défier.

- Eh bien quoi ? Qu’est-ce que tu attends ? lui dit-il d’une voix quine pouvait s’empêcher de trembler.

Le loup grogna et montra ses crocs mais Drago, paralysé par le désespoir, ne bougea pas d’un pouce. La bête émit un bref jappement et s’approcha, menaçant. Elle sauta et lui posa les pattes sur ses épaules tout en grognant. Drago resta immobile, pour autant qu’il le pouvait. Un autre loup sauta à son tour et lui fit perdre l’équilibre, il fut obligé de faire un pas en arrière pour ne pas tomber. Les autres carnassiers allaient et venaient tout autour de lui en émettant toute sorte de grognements, de jappements et de gémissements. L’un l’avait saisi un bout de la jambe de la culotte et tirait dessus. Drago réalisa que si les loups l’avaient voulu pour leur souper ils se seraient servis depuis longtemps. Les animaux ne cherchaient qu’une chose : qu’il les suive et c’est ce qu’il fit. Il se retrouva sur le chemin de la cabane. La porte était ouverte. Forest l’attendait. L’Ancien le poussa vers le feu tandis que quelques loups s’aventuraient à l’intérieur de la maisonnette. Un jeune homme entra avec eux, tenant en mains les vêtements que Drago avait jetés en chemin. Forest le débarrassa de son paquet et le posa sur un coffre.

Drago réalisa subitement qu’il avait eu affaire à un animagus. Les vrais loups étaient retournés dans la nature. Le jeune Malefoy était en nage et avait fort froid, il sentait la fièvre le guetter. Il se mordait le bout de la langue pour contrer le cliquetis de sa denture.

- Alors, comme ça, Tu défies les loups ? lui demanda Forest.
- Il faudrait vraiment avoir faim pour te manger, dit l’animagus en riant. Tu n’as pas grand-chose sur les os !

Drago se sentait ridicule. Il avait laissé passer sa chance quelques minutes auparavant avec ses objections ronchonnes. Sa nargue envers les loups avait quelque chose d’une fanfaronnade, il aurait aimé que nul n’en eut été témoin.

- Je crois que la leçon a porté ses fruits, continua Forest. Puisque Tu as montré Ta détermination, on peut commencer. Déshabille-toi complètement.

Bien qu’il trouvât l’injonction saugrenue, Drago obéit sans rien dire, tout en grelottant. Forest touilla dans son chaudron et lui fit avaler une louche d’un breuvage inconnu. Le bouillon le réchauffa immédiatement. D’autres étudiants arrivaient, ils étaient à présent six parmi ceux qui avaient dansé avec Forest au Thanksgiving day. Parmi eux, Phébus et le grand blond. Forest agita son bâton et ses vêtements ordinaires se changèrent en une parure de cérémonie. Drago vit les murs de la cabane, reculer, grandir et s’incurver.
« Un tipi » murmura-t-il. « Un wigwam » corrigea Forest. Un wigwam géant, les voûtes couvertes d’écorces avaient l’air d’une nef de cathédrale. Une cathédrale au naturel puisque le sol était à présent recouvert de gazon. Les étudiants tout en parlant entre eux des idiomes locaux s’installèrent qui avec un tambour, qui avec une flûte, qui avec des bâtons évidés. Forest, lui, avait sorti un hochet. La musique commença, les instruments et le chant lancinant, obsessionnel. Drago sentit toute tension le quitter. Il commença à se balancer sur le rythme. Le travail qu’il allait devoir rendre le lendemain au professeur de numérologie se trouvait à mille années lumières de ses préoccupations. Seule subsistait une petite question : comment Forest avait-il su ce qu’il avait fait en chemin? Elle se dilua bientôt dans l’air parmi les vibrations du tambour, les courbes ondulantes des mélodies des flûtes, la danse des grains du hochet et les voix incantatoires.

Une lueur apparut au centre de l’habitacle et se transforma en foyer. Phébus s’approcha de Drago en dansant, il le prit par le poignet et l’amena à Forest. Le Wampanoag avait le visage peint, il tenait en sa main son couteau effilé. Il coupa de grandes mèches de cheveux à Drago et les jeta au feu, puis il remua les braises et retira un peu de cendres pour les mettre dans un récipient où se trouvait déjà de l’argile. Phébus tint le récipient et Forest y versa de l’eau, il malaxa la boue et se mit à enduire son disciple de la tête au pied, puis il le laissa sécher près du feu. La chaleur faisait craqueler la boue et les croutes tiraient sur la peau. Forest renversa une outre d’eau sur Drago, une outre magique dont le flux ne cessa que lorsque le jeune sorcier fut entièrement nettoyé. L’Ancien agita son hochet et une bourrasque de vent tournoya autour de l’Anglais pour le sécher. Puis Forest fit un grand bon au dessus du feu et invita d’un geste Drago à faire de même. Le jeune homme hésitait : les flammes étaient hautes mais de l’autre côté, soutenu par le son plus soutenu des tambours, Forest persistait à lui faire signe de le suivre. Drago sauta à travers le feu sans se faire aucun mal. L’Ancien lui passa une pièce de vêtement à attacher à la taille. Il fit alors des marques de couleur sur le visage du jeune initié, puis tous les musiciens formèrent une ronde et Drago se mit à danser avec les autres. Il n’avait pas besoin d’apprendre les pas, ça venait de soi-même. Ils dansèrent très longtemps, ou pour mieux dire un temps où le temps avait cessé d’exister. Quand la danse fut terminée Forest présenta Drago aux autres :

- Nargue Les Loups !

Drago eut besoin d’un peu de temps pour comprendre qu’il venait de recevoir un nouveau nom. Tout le monde s’assit en cercle. Phébus désigna Forest à Drago sous son vrai nom : « Faucon Avisé ». Nargue Les Loups se souvint qu’en effet Falk voulait dire Faucon.


- Vous êtes tous des Wampanoag ? demanda Nargue Les Loups.
- Non ! répondit Faucon avisé. Phébus, Garçon de Soleil est un Hopi. Manfred (il s’agissait du grand blond) Chien de Prairie est un Nakota. Wolf, Loup Gris (celui qui avait apporté les vêtements de Drago) est un Abenaki. Beverly, Petit Castor est un Nakawe. Odin, Vent d’Est est un Shawnee. Arthur, Bison Agile est un Siksika.

Quand Nargue Les Loups sortit du wigwam qui était redevenu une cabane, il était près de 5h 00 du matin. Il réalisa subitement qu’il comprenait les différentes langues qu’utilisaient ses compagnons. C’était normal pour des sorciers parlant chacun son langage de se comprendre en soi. Ce qui l’était moins c’est qu’il ne les avait pas compris plutôt. Mais le plus étonnant était qu’il répondait spontanément à Faucon Avisé dans son propre idiome.

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L’euphorie des débuts disparut assez vite. Nargue Les Loups était rebuté par les méthodes de Faucon Avisé. Il ne répondait pas souvent aux questions, il attendait à son disciple de se creuser la cervelle pour trouver une piste de réponses. Drago était à l’âge où l’on prend son indépendance et son mentor attendait de lui une obéissance scrupuleuse. Quand une consigne n’avait pas été respectée, Forest exigeait qu’il recommence depuis le début. Le garçon était sur les nerfs et se demandait s’il avait fait le bon choix. Il avait l’impression qu’on avait rayé d’un trait de plume des années de formation et qu’il lui fallait reprendre le B A BA de la magie. C’était particulièrement humiliant et il ne pouvait rien faire pour y échapper. Un jour excédé par une remarque de l’Ancien, il renversa un chaudron d’un coup de pied, s’ébouillantant du même coup, et s’enfuit pour ne plus revenir. Il savait qu’il avait tort mais ne se décidait pas à faire le premier pas et son humeur s’en ressentait. D’autres en firent les frais.


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Nargue Les Loups était pâle et tiré. Son estomac venait de rejeter son contenu. Phébus se tenait à ses côtés, visiblement mécontent.

- Tu dois des excuses à deux personnes. Tu commences par la dernière des deux, c’est plus proche. Des excuses publiques, ça va s’en dire. D’ailleurs Wolfram n’acceptera plus que tu viennes le trouver le soir, en catimini. Et puis tu iras éponger les dégâts que tu as faits avant-hier chez Sir Falk.
- Sir Fal… ? Ah ! L’Ancien !
- Aucun d’entre nous ne s’autoriserait à traiter un Ancien comme tu l’as fait ! … NOOOOON !

Drago, bouillant de rage et de dépit avait retourné la violence contre lui-même, faute de pouvoir s’en prendre à un autre. Il s’était volontairement frappé la tête au mur.

- Mais t’es complètement cinglé ! hurla Phébus. De toute façon, tu n’y échapperas pas !

Un coup de baguette magique stoppa le flux de sang et un second nettoya les vêtements. Une grosse bourrade força Drago à avancer.


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Drago se releva, il venait de tout nettoyer à la moldue. Un sortilège aurait suffit à Faucon Avisé pour tout faire disparaître, mais le bon vieux principe « qui casse paie » avait ses impacts pédagogiques. Nargue Les Loups n’osait plus regarder l’Ancien en face. Et pourtant celui-ci ne semblait se formaliser outre mesure de l’incident. Sans doute, Malefoy aurait préférer une bonne semonce, le calme de Forest le mettait très mal à l’aise. Le Wampanoag invita brièvement Drago à le suivre dans la forêt, tenant son cheval par la bride. Lorsqu’ils eurent parcourus quelques yards, l’Ancien entama la conversation

- Mon garçon, commença l’Ancien dans son langage, tout en marchant. Est-ce que je t’ai déjà frappé ?
- Non, l’Ancien, répondit Nargue Les Loups, un peu confus.
- Je t’ai déjà menacé ?
- Non, l’Ancien.
- Je t’ai déjà humilié ?
- … (Drago baissa la tête, regarda ailleurs et préféra ne pas répondre)
- Je t’ai déjà tourné en ridicule devant tout le monde ? insista Faucon Avisé.
- Non !
- Pourquoi est-ce que tu as peur de moi ?

Drago aurait voulu rentrer six pieds sous terre.

- … Arrête, s’il Te plaît ! supplia-il.

- Nargue Les Loups, reprit l’Ancien après un moment, quand tu m’as demandé de t’aider, tu étais persuadé que je ne te voulais pas de mal, n’est-ce pas ?
- Oui, bien sûr ! marmonna Malefoy.
- Eh bien, je n’ai pas changé : je ne te veux pas de mal ! Mais je ne peux pas en dire autant de toi. Tu te veux du mal et tu te fais du mal. Je trouve ça inquiétant.

Pas besoin d’explication, Nargue Les Loups avait compris. La bosse qu’il avait sur le front lançait suffisamment. Ils poursuivirent leur route un moment en silence. Le jeune homme commençait tout doucement à y voir un peu plus clair en lui-même.


- Quel animagus voudrais-tu être ? reprit l’Ancien.
- Mon père dit qu’être un animagus ne sert à rien, répondit le disciple d’un ton morne.
- Et toi, que dis-tu ?
- Rien… Je ne dis rien…
Je n’y ai jamais pensé !
- Tu fais des tas de choses parce qu’on t’a dit depuis le début que c’était comme ça, répondit gentiment Faucon Avisé, et tu ne vas pas voir plus loin. Tu ne t’imagines même pas que cela puisse être autrement. Tu sais à quoi tu me fais penser ?
- À une armoire remplie de parchemins mal rangés !
- À une mouche qui s’obstine à vouloir sortir par une fenêtre fermée et qui se heurte des dizaines de fois contre la même vitre alors que la fenêtre d’à côté est ouverte.


Ils s’arrêtèrent dans une clairière. l’Ancien débâta son cheval et sortit une hache, un chaudron, un tambour et d’autres objets de son balluchon. Il examina les arbres, puis caressa l’écorce d’un noisetier et l’abattit. Il en coupa des branches qu’il élagua puis, aidé de son élève, il en fit une armature de hutte.

- Dis-moi, mon garçon, demanda l’Ancien, sais-tu pourquoi nous n’utilisons pas la magie pour faire ceci ?
- Pour calmer mes nerfs ?

A la vérité, ils étaient près de lâcher, ses nerfs.

- Eh, bien, tu fais des progrès ! Ce n’est pas tout à fait ça, mais la bonne réponse n’est pas très loin.

Drago sortit la première chose qu’il lui passait par la tête.

- Pour sentir … pour être en accord avec … En fait, je ne sais pas ce qu’on est en train de fabriquer !
- Une hutte de sudation.
- C’est pour se mettre déjà à suer ?

En d’autres circonstances, Forest ri mais là, il se retint même de sourire. Drago était à bout, il était inutile d’en rajouter.

- La première réponse était meilleure ! répondit-il laconiquement.
- Pour être plus calme ? … Pour changer comme on change les branches en hutte ?
- C’est cela ! Ça fait partie d’un tout ! Le travail qui va se faire dedans, commence déjà maintenant ! Tu vois, Nargue Les Loups, tu te sous-estimes ! Tu es capable de plus que tu ne le penses.


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Garçon de Soleil et Chien de Prairie rejoignirent bientôt les deux hommes et donnèrent un coup de main pour terminer la hutte et les derniers préparatifs. Faucon Avisé avait accompli les rites usuels. L’Ancien et son disciple, se tenaient, dévêtus, dans la tente entièrement occultée. L’Ancien jeta de l’eau sur les pierres chauffées à rouge et la vapeur envahi l’espace. Il se mit à jouer du tambour. Il n’en fallait plus pour se sentir autre. Drago commençait à se détendre. Au bout d’un moment il se mit à parler.

- Tu sais, dit-il, sur son ton trainard, j’ai beau savoir que tu ne veux pas de mal, la peur c’est plus fort que moi. À vrai dire, je n’ai jamais été très courageux ...
Ce matin, quand j’étais en train de rendre dans les toilettes, je me suis revu à Poudlard, avec de Mimi Geignarde, fantôme qui hante les toilettes des filles. À cause d’elle, il n’y a personne qui va là-bas.
L’endroit idéal quand on ne veut plus voir personne.
Quand Lord V… quand Tom Jedusor m’a chargé de tuer Dumbledore, j’ai pris ça pour un honneur. Je me suis assez vite rendu compte que c’était un piège, une façon de se venger de mon père, que je n’y arriverais jamais…

Et Drago se mit à tout déballer.

Quand il sortit de la tente trois heures plus tard, il n’était plus le même.

- Si je dois choisir un animagus, dit-il en repensant à la proposition de son mentor, …un loup … ou peut-être un ours. Je crois que je vais d’abord apprendre leur danse et je choisirai celle où je me sens le mieux.
Chapitre 11 Rencontre imprévue by Persis
Author's Notes:
Drago fait une mauvaise rencontre. Raison de plus pour perfectionner certains sortilèges qui ne sont pas encore tout à fait au point.
Plus jamais Nargue Les Loups n’avait regretté son choix. C’était loin d’être facile tous les jours, mais il ne se sentait plus seul, il savait qu’il avançait dans la bonne direction. Les relations avec les autres étudiants s’étaient améliorées et pas seulement avec les Autochtones. Petit à petit, il comprenait que la solidarité ne fonctionnait pas que dans un seul sens. S’il voulait se faire des amis, il devait se montrer un ami pour les autres. Garçon de Soleil et Chien de Prairie lui en avaient appris beaucoup sur la façon de se comporter entre soi.

***



- Aujourd’hui, commença le professeur Firefly, nous allons voir les différentes façons de déterminer la façon la plus appropriée pour un sorcier de développer le troisième œil, appelé également sixième sens. Au fait, qui connaît le nom que les Moldus donnent à cette faculté ? Oui ? Mademoiselle Duvendubalai ?
- Les perceptions extra-sensorielles, monsieur !
- Bien ! D’autres propositions ?
- La claire voyance et la prémonition, monsieur !
- C’est exact, monsieur Van de Tovermolen. Ils utilisent également le terme “télépathie” pour désigner une forme de légimancie. Bien ! Vous n’êtes plus des débutants, nous allons donc déterminer ensemble les différentes mises en condition possibles… Hum ! … Pas tous à la fois… Allons … ?
- La concentration ?
- Cela va sans dire. Mais comment l’obtient-on, … Allons ?
- Ne penser à rien tout d’abord puis laisser l’image de l’objet habiter la pensée.
- Description fort à propos, mademoiselle Shandra Rose. Mais je parlais des mises en conditions, pas du processus en lui-même.
- La pénombre ? La pénombre et la fumée de l’encens.
- Ne mélangeons pas tout, s’il vous plaît. Tout ce qui concerne la vue : la pénombre…
- L’obscurité totale ?
- Oui monsieur Milton, mais encore…
- Des formes géométriques, la vue du feu, de la fumée, la lueur d’une flamme, d’une bougie,…
- Fort bien ! Passons à d’autres supports…
- La musique ?
- Oui, mademoiselle, mais laquelle ?
- Lancinante ?
- Eh bien, je vous laisse un quart d’heure à vingt minutes. Vous vous mettez par groupes de trois ou quatre et vous me répertoriez les différents supports en les classifiant. Puis vous allez les décrire et repérer les points communs. Au travail !

Nargue Les Loups se retrouva avec Astrid, Niobé et Zeno. Ils avaient des idées pleins la tête, la liste des supports visuels fut vite établies on passa à celle des auditifs : la flûte, la harpe, la cithare, le hautbois … mais il fallait déterminer quel type de mélodie se prêtait le mieux pour provoquer la transe. Tout le monde y allait de son petit refrain. Nargue Les Loups se souvenait d’une mélodie que chantait souvent Faucon Avisé et il se mit à pousser la chansonnette.

- Monsieur Milton, s’il vous plaît, intervint le professeur Firefly en riant, croyez que j’apprécie votre zèle, mais s’il vous plaît, ne dérangez pas ceux qui …
Monsieur Milton ? …MON-SIEUR MIL-TON ?!!!
… Non ! Laissez ! … Laissez-le !

Drago était entré en transe. Quand il revint à lui, les autres étaient partis depuis longtemps. Seul le professeur Firefly était encore présent dans la pièce. Nargue Les Loups semblait très étonné de se retrouver à nouveau dans la classe.

- Eh bien, monsieur Milton, commença Firefly. Ce genre de choses peut arriver mais, je dois dire que vous m’avez surpris, il est rare qu’on entre en transe avec cette facilité. Vous avez eu des lumières ?
- Oui, monsieur ! répondit Drago encore un peu sonné.
- Vous pourriez faire une transcription du phénomène pour la fois suivante, comme travaux pratiques ?
- C'est-à-dire que… ce que j’ai vu…
- … est fort personnel ? demanda-t-il en souriant. Vous n’êtes pas tenu à donner publiquement des détails qui touchent à la sphère privée. Je vous demande une analyse scientifique, rien de plus !
- Je me suis vu changer de forme, une fois je devenais un loup puis je me changeais en ours. Je ne parviens pas à me décider entre ces deux formes d'animagus.
- Quel est la forme votre patronus ?
- Je n’ai pas de …
- Vous n’allez pas me dire que vous n’arrivez pas à former un patronus corporel !
- Oui, mais, euh, … j’en ai eu très peu besoin et…
- Il est plus que temps de vous exercez ! Pour l'animagus, vous choisirez l’animal qui n’est pas votre patronus.
- Il y a des Détraqueurs par ici ?
- Vous plaisantez ! Salem a de très fortes protections contre ce genre de créatures. Mais exercez-vous tout de même. Vous n’êtes plus un enfant !


***



- Toujours pas décidé, mon garçon ? demanda Faucon Avisé.
- Je ne parviens pas à trancher, répondit Nargue les loups Tu m’as dit de faire attention à mes rêves. Mais au cours de la même transe, je suis les deux. Et puis pour ce qui est du patronus, le résultat est assez minable.
- Je ne sais pas pourquoi Firefly t’a dit ça. On peut avoir un patronus qui ait la forme d’un animagus.
- Sans doute pour couper la poire en deux ! L’Ancien, est-ce qu’on peut être animagus sous deux formes ?
- Je ne connais personne qui y soit arrivé ! Il faudrait que tu te décides, on ne peut pas commencer sans ça et cela a plus d’importance que tu ne le crois. Tu dois me donner ta réponse demain…
- Sinon ?
- On laissera le sort en décider !

Tirer au sort ? Drago écarquilla les yeux. Cette perspective ne le séduisait pas. Il lui vint une idée. Il s’empara d’un tambour et s’éloigna dans la forêt. Il commença à battre puis à chanter, il essayait de s’imaginer le combat de l’ours contre le loup, lequel des deux allaient-ils l’emporter ? Il n’était pas vraiment entrer en transe mais il n’était plus tout à fait présent à ce monde. Et puis soudain il sentit un froid, un vent glacial, une tristesse sans nom s’approcha de lui. Quand Drago réalisa ce qui se passait, il était trop tard ! Il brandit sa baguette et essaya de former un patronus. Il fixait son esprit sur la merveilleuse sensation de libération qu’il avait éprouvée en sortant de la hutte de sudation. Rien n’y faisait. Un Détraqueur s’approcha de lui, un second, un troisième. D’où sortaient-il, que faisaient-ils là ? Incapable de former un patronus digne de ce nom, Nargue Les Loups prit alors son tambour et se mit à le frapper avec sa baguette. Il repensait à sa transe … loup, ours, loup … il avait froid, il défaillait, l’angoisse l’envahissait, … le souvenir de la lueur verte…l’Avada Kedavra… il avait du mal à tenir encore quelque chose en main. Il entendit un hurlement, un second puis s’évanouit. Quand il reprit connaissance Loup Gris était à ses côtés accompagné d’une meute.

- Quand je pense que je me suis payé la tête de Potter ! furent ses premières paroles.
- Ça va, Nargue Les Loups ?
- Qu’est-ce qui s’est passé au juste ? Je croyais qu’il n’y avait pas de Détraqueurs dans le coin.
- Il ne devrait pas y en avoir en effet.
- Et je ne suis même pas fichu de faire un patronus convenable.
- Laisse tomber le patronus, devenir un animagus te sera beaucoup plus utile !
- Pfff ! Loup ou ours ?
- Ours ! Tu nargues les loups, tu n’es pas un loup, tu es un ours.
- Ah ça, c’est une idée ! Pourquoi est-ce que je n’y ai pas pensé plus tôt ?
- Tu vas pouvoir te remettre debout ?
- On va essayer ! ... Une chance que tu étais dans les environs.
- Je n’étais pas vraiment dans les environs ! Ce sont les loups qui sont venus me chercher! Ils t’ont reconnus à ta façon de frapper le tambour !
- Pardon ? … Ben, tu as fais vite !

***



Madame Whippy, les yeux écarquillés et la bouche pincée, écoutait le récit de Drago et de Wolf. Forest assistait à l’entretien.

- Je vous demanderai, messieurs, de ne parler de ceci à personne, professeurs y compris dit-elle quand il eut terminé. Ceci doit rester entre nous.
- Excusez-moi, Madame la Rectrice, se risqua Drago, mais, en ce qui concerne la sécurité …
- Ne vous faites pas de soucis pour cela, nous prenons les mesures nécessaires. Essayez tout de même de perfectionner votre patronus, monsieur … Milton !

***



En sortant du bureau, Nargue Les Loups se tourna vers Faucon Avisé pour lui demander :
- Elle nous croit ?
- Ça va sans dire !
- Qu’est-ce qu’on fait ?
- Eh bien, qu’est-ce qu’on fait ? répondit l’Ancien qui avait l’habitude de lui retourner ses propres questions.
- Je commence par quoi : l’animagus ou le patronus ?
- Quel est le plus important ?
- L’animagus mais pour y arr…
- On commence par l’animagus !


***



Drago agita sa baguette, une jolie forme argentée se faufila dans l’air puis se modela jusqu’à devenir un loup, un beau loup bondissant.

- Je t’avais dit de commencer par l’animagus ! s’exclama Faucon Avisé, qui venait d’entrer dans le hangar où son disciple avait trouvé abri.
- Je sais, mais je me suis fait coincer par God… madame Godfrey et monsieur Firefly. Madame Whippy a dû leur dire quelque chose, ils ne m’ont pas lâché avant que je n’y arrive.
- C’est bon ! Laisse ça, maintenant ! Concentre-toi sur l’animagus.
- J’ai essayé mais ce n’est pas très reluisant. Je suis tout juste arriver à grandir de deux pieds et de grossir de soixante livres.
- Eh bien, c’est un bon début ! Que fais-tu pour y arriver ?
- Je danse la danse de l’ours avant, pour pouvoir me concentrer. À la fin, je me concentre et j’essaie de me persuader que je suis un ours et … je grandis, j’épaissis… Je suis arrivé à rester comme ça cinq minutes, pas plus.
- Tu vas y arriver, mais il faut que tu le veuilles de tout ton être. Ça ne va pas de soi, la bonne volonté ne suffit pas, il faut sentir la nécessité de se transformer.

Drago acquiesça d’un hochement de tête.

- L’Ancien, reprit-il, qu’est-ce que c’est que la Pierre Bleue ?
- Qui t’as parlé de ça ?
- Je t’ai entendu prononcer ces mots, je ne sais plus trop quand… tu as dû en parler avec Garçon du Soleil.
- La Pierre Bleue est un mythe.
- Sûr ? … On disait ça aussi à Poudlard à propos de la Chambre des Secrets !
- Quel livre as-tu consulté à la bibliothèque sur le sujet, au lieu de te concentrer sur ce que je t’avais demandé de faire? demanda Faucon Avisé, un peu narquois.
- … Euh …hum ! Le livre de Balthazar Backwash !

Faucon Avisé éclata de rire.

- Ben… protesta Drago, c’est une bibliothèque universitaire ! Tu ne vas pas me dire que … qu’il y a des livres peu fiables dans la bibli…

L’Ancien se tenait les côtes et riait aux larmes. Quand il eut retrouvé un peu de contenance, il lui dit :

- Oui, on a laissé quelques livres de ce genre pour divertir les étudiants surmenés ! Va plutôt voir au département des Symboles, troisième étagère, deuxième rayonnage : « Des mythes et des mystères, approche des symboles magiques », troisième volume, p 357. Mais pas avant d’avoir réussi d’avoir pris une ébauche de pelage.

Mis au défi, Nargue Les Loups se mit à danser, il se sentait devenir l’ours, il essayait de se pénétrer de sa force magique. Un ours, je suis un ours, un bel ours brun. Cela dura une minute et demi, puis il reprit sa forme.

- J’y suis arrivé ? demanda-t-il.
- Eh bien,… oui, le pelage était là. Mais tu n’as pas atteint la taille d’un ours adulte. On aurait dit un jeune qui doit grandir un peu.
- Pourquoi est-ce que je ne réussis pas complètement ? C’est normal ?
- Pourquoi ? Tu vas y réfléchir pendant trois jours. Disons que c’est un peu long à venir, mais si tu persévères, tu vas y parvenir.
Chapitre 12 La Pierre Bleue by Persis
Author's Notes:
Quand certains prennent leur rêve pour la réalité ça ne fait pas que des heureux.
12.Chapitre : La Pierre Bleue écrit le 30/08/2007
Lorsque les autorités de Salem Village mirent en place la tristement célèbre persécution contre nos congénères, les mages de cette époque durent user de la plus grande prudence et utiliser toute sorte de subterfuges pour communiquer entre eux. On ne pouvait risquer qu’un message tombant accidentellement aux mains des Moldus ne trahît les secrets des enchanteurs de cette époque. Aussi eut-on recours à des codes, des encres magiques, et des expressions qui pouvaient sembler banales pour le non-initiés mais qui étaient bien connues de ceux qui les employaient. C’est ainsi que le stade de la maîtrise en sorcellerie, niveau auquel un sorcier est à même d’en former un autre, fut nommé la Pierre Bleue. Pierre en raison de la solidité et de l’unicité du pouvoir du sorcier qui la possédait. Bleue en référence à la couleur du ciel et à sa hauteur, tout comme à celle de la mer et de sa profondeur, à cause de l’élévation et de l’étendue des pouvoirs surnaturels de ce sorcier. Le sorcier qui était dit posséder la Pierre Bleue pouvait exécuter sans aucun inconvénient l’intégralité des sortilèges du grimoire d’Oxford, la quasi-totalité des sortilèges du manuscrit de Bridget et la plupart des sorts du recueil de Venise que l’on appelle également Mémoires de l’Égyptien. Seuls les mages possédant la Pierre Bleue étaient habilités à enseigner à l’Université de Salem.
Certains sorciers peu au courant de cet usage à cause de leurs pouvoirs limités ou de leur éloignement géographique avaient vaguement entendu parler de la Pierre Bleue et en vinrent à déduire que cette expression désignait une gemme capable de conférer de grands pouvoirs magiques. Cette méprise donna lieu à de multiples légendes plus farfelues les unes que les autres.
La plus répandue veut que cette pierre soit un débris d’étoile filante recueillie une nuit de pleine lune par une métisse de 15 ans. Elle remarqua que la pierre restait lumineuse même durant la nuit noire et comme elle avait pris l’habitude de la porter comme bijou elle se rendit compte que la pierre lui conférait des pouvoirs jusqu’alors inconnus. L’un ou l’autre de ses désirs s’étant réalisé alors qu’ils semblaient impossibles, elle en vint à craindre qu’une parole prononcée à la légère dans un mouvement d’humeur n’aille porter préjudice à ses proches par le pouvoir de la pierre. Elle alla donc la porter à Modwen Whippy, grande sorcière de renom qui la cacha dans un endroit secret au sein de l’Université Witchcake de Salem.


Nargue Les Loups sauta plusieurs lignes d’anecdotes et d’hypothèses qui lui semblaient de peu d’intérêt pour arriver à ce paragraphe :

La Pierre Bleue passe pour conférer à celui qui la porte le pouvoir de devenir invisible à volonté, de prendre la forme d’un animal de son choix selon qu’il le souhaite, de faire revenir les morts pour les plier à ses volontés et les charger de diverses besognes, de changer les phases de la lune, de soumettre à l’imperium par simple sortilège informulé sans recours à une baguette ou à un bâton magique, de métamorphoser les plantes les plus communes en plantes propres à l’usage de la magie et des potions, et autres sornettes de cette espèce. Selon la légende, la pierre émet un rayonnement bleu dans le noir et ses pouvoirs ne se font sentir qu’après trois jours et trois nuits passés sous l’oreiller de son nouveau propriétaire.

Restait à savoir pourquoi Faucon Avisé avait fait allusion à la Pierre Bleue après l’attaque des Détraqueurs.

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- L’Ancien, commença Nargue Les Loups, j’ai réfléchi à beaucoup de choses.
- Ah ! Et sais-tu d’où viennent tes difficultés à te transformer en ours ?
- Je ne le sens pas complètement, répondit Drago qui aurait préféré aborder un autre sujet. Cela a pour toi une extrême importance et je n’en saisis pas pourquoi.
- Mais ce n’est pas tout. Je ne remets pas en cause ta bonne volonté, sois sans crainte. Il y a un autre frein, susurra l’Ancien en souriant.
- Devenir un ours, c’est attirant, c’est un animal grand, puissant, impressionnant, … répondit Drago en se creusant la cervelle.
- Et rapide, ne l’oublie pas. Mais est-ce qu’il y a des choses qui ne t’attire pas dans l’ours ?
- … La…
- Eh bien, dis-le !
- … Ben …L’ours ce n’est pas synonyme de raffinement !
- C’est ça que j’attendais ! Accepte que tu aies un côté un peu ours et ça ira déjà mieux, ajouta l’Ancien avec bienveillance.

Le jeune homme gloussa.

- Il y a d’autres choses dont je voudrais te parler, continua-t-il.
- De ce que tu as dans ta poche droite !
- Ton troisième œil est vraiment hyper-développé ! répondit Drago très étonné. C’est une lettre de ma mère, dit-il en tirant le papier de sa poche. Elle aurait voulu savoir où je suis, elle trouve que je ne donne pas assez souvent de nouvelles. Et elle dit que mon père s’en fait tellement qu’il en devient malade. Tiens, lis !

Faucon Avisé parcourut la lettre et lut un passage à haute voix : « Ton père ne vit plus, il reste des heures prostré et mélancolique. Il a beaucoup maigri et il passe des nuits blanches. Il dit que tu nous as reniés, que tu as honte de nous. »

- Qu’est-ce que tu vas faire ? demanda-t-il en relevant la tête.
- Rien !dit Drago un peu sèchement. Lui répondre, ça oui. Mais je ne sais pas trop quoi, il faudra que je choisisse mes mots. Il y a assez de sorciers et de médicomages en Angleterre pour le soigner, s’il va si mal. Je suis majeur, il faut qu’il s’y fasse ! Je ne suis plus un gosse, tout de même ! En tout cas, je ne veux pas leur dire où je suis.
- C’est ton père tout de même ! insista l’Ancien avec douceur.
- Mais… je ne peux quand même pas retourner là-bas pour lui rendre visite ! Tu ne le connais pas !
- Plus que tu ne le crois ! dit l’Ancien sur un ton léger. Pas difficile de s’en faire une idée quand on a tous les jours le résultat de l’éducation qu’il a donné sous les yeux.
- Je fais pourtant des efforts !répondit Nargue Les Loups avec une pointe d’exaspération.
- Je n’ai pas dit que tu n’en faisais pas ! reprit Faucon Avisé avec bonté. Tu fais des progrès, je dois le reconnaître, mais que tu le veuilles où non, certaines choses vont rester empreintes. Mieux vaut regarder les choses en face, ça te permettra de les contrôler. Rassure-toi, je ne pense pas non plus que le moment soit opportun pour rendre visite à tes parents. Mais tu pourrais leur envoyer un petit présent.
- Un petit présent ?! Ils vont repérer l’endroit d’où je l’ai envoyé ! Quand je leur envoie du courrier c’est toujours via le ministère de la magie et eux font un duplicata pour le leur transmettre. Si mes parents avaient l’original en main, ils arriveraient à trouver d’où ça vient.
- Il suffit de leur envoyer d’un autre endroit ! Tu as oublié comment on fait pour transplaner ?

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Drago suivait son mentor dans une petite ruelle vénitienne entre deux canaux. Il trouvait très bizarre de le voir habillé à l’européenne, mode XVIIIe, bien que son costume fût très seyant. Sir Falk, puisque les autres sorciers s’accordaient pour lui accorder ce titre, frappa à la porte d’une petite boutique basse de plafond. Un homme âgé portant une perruque poudrée à lavallière vint ouvrir.

- Buon Giorno, Maestro Alessandro! salua Fauçon Avisé
- Mama mia ! Carissimo amico mio ! Prego, entrate ! s’exclama l’Italien à grand renfort de gestes.
- Alessandro, je te présente mon élève, Nargue Les Loups. Mon garçon, Maestro Alessandro Carillon, spécialiste de la musique magique.
- Mais que me vaut le bonheur de votre visite ? En quoi puis-je vous être utile ? roucoulait le vieil homme.
- Nargue Les Loups voudrait offrir un cadeau à ses parents, répondit Falk, une petite boîte à musique.
- Quel genre de musique ? Joyeuse ? Méditative ? Mélancolique ?
- Surtout pas mélancolique ! s’exclama Drago. Plutôt quelque chose pour lui remonter le moral !
- AAAAh !... Venez par ici, suivez-moi ! Un petit bijou en acajou avec l’air des sirènes du Loch Ness !

Maestro Alessandro lui fit voir trois où quatre boîtes à musique enchantées des plus jolies. Drago opta pour une boîte à petits pieds de lion en marqueterie qui jouait l’air de la brise d’East Leake . Assisté du maestro, il ajouta quelques enchantements à la musique puis rédigea avec une plume et de l’encre empruntée sur un parchemin italien une petite lettre aimable avec ses vœux de prompt rétablissement. Il emballa le tout avec quelques herbes médicinales magiques et Majestic, son grand-duc, fit le reste.

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La barque accosta à Witchcake. Quand Faucon Avisé et Nargue Les Loups débarquèrent, deux ombres dans le jour naissant s’avançaient dans leur direction, madame Whippy et Tiberius Jarvis. Drago comprit tout de suite que quelque chose d’inhabituel s’était passé.

- Bonjour Sir Falk, je dois Te parler, dit madame Whippy. Monsieur Milton, monsieur Jarvis va vous raccompagner.
- Je Te verrai plus tard, lui dit Forest en anglais.

Jarvis et Drago prirent ensemble le chemin des étudiants.

- Que se passe-t-il, monsieur ? demanda le jeune Anglais au professeur.
- Des créatures malveillantes mais incapables de penser par elles-mêmes ont pénétré dans le territoire incartable pendant votre absence.
- Vous voulez dire que quelqu’un les y a envoyées ?
- Il n’y a pas de doute possible.
- Mais qui ferait ça ?
- Nous avons une idée sur la question, mais je ne peux rien vous dire de plus.
- Est-ce que cela a un rapport avec le mythe de la Pierre Bleue ?
- Ah ! Je vois que vous en avez entendu parler ! Il y a de fortes chances que tout ceci y soit lié. À moins qu’il ne s’agisse d’une farce de mauvais goût. C’est déjà arrivé.
- Excusez-moi mais un Détraq …

Drago s’arrêta brusquement en se rendant compte qu’il en avait trop dit.

- Je ne vous ai pas parlé de Détraqueurs ! répliqua Jarvis.
- Non, en effet !
- Surveillez votre langue. Il se fait que je suis au courant de l’incident. Madame la Rectrice doit réunir le corps professoral pour une mise au point. Jusque là, soyez discret.
- Oui, monsieur ! … Si je puis me permettre… si la personne que vous pensez convoite cette pierre, pourquoi ne pas en fabriquer une qui serait un leurre et qui permettrait de neutraliser l’individu?
- L’idée est intéressante, se contenta de répondre Jarvis.
Chapitre 13 Mis à l’épreuve by Persis
Author's Notes:
Une occasion inattendue de faire ses preuves ... et de montrer de qui on tient.
On frappa à la porte. Drago qui s’était allongé sur son lit en rentrant, se réveilla en sursaut. Il jeta un coup d’œil à la clepsydre : 11h ! Il alla ouvrir, c’était Zeno.

- Et alors marmotte, on ronfle encore à cette heure ? lui dit-il en guise de bonjour.
- J’ronfle pas. Jarvis m’a dit qu’il n’y avait pas cours ce matin.
- Ah, t’étais au courant ! Les bacheliers vont nous donner un exposé dans dix minutes ou quelque chose du genre. Les préparatoires et les premières, c’est à l’amphithéâtre Circé. Et tu dors encore à c’t heure-ci ?
- J’ai …euh… la nuit a été courte, répondit-il en baillant J’ai dû aller régler des affaires en Europe avec Mr. Forest et à cause du décalage horaire, on est parti fort tôt ce matin.
Au fait, ce ne sont pas tes affaires !
- Ouais… un type bizarre ce Forest ! ronchonna Zeno, tout en avançant.
- Un grand sorcier, mugit Drago, indigné.
- Ah ouais !…on dit que les Indiens…
- Les Autochtones ! corrigea Drago.
- … sont fortiches pour se changer en animal.
- Oui et alors ? répondit Malefoy, mécontent.
- Et alors ?! s’exclama Zeno. Ah tu ne sais pas ? Il y a un loup-garou qui se promenait dans les bois cette nuit. Ce ne serait pas toi par hasard ?
- Alors tu ne connais pas la différence entre un animagus et un loup-garou ! répliqua Drago, vexé. Là, je te plains ! ...On va dire que je n’ai rien entendu, là ! Au fait, la pleine lune c’est dans trois jours.
La prochaine fois que tu te prends une cuite, invite au moins les copains ! ajouta-t-il en essayant de calmer le jeu par une plaisanterie.
- Tu es sorti cette nuit et tu n’as pas remarqué que la lune avait trois jours d’avance ?
- Qu’est-ce que tu racontes ? Non mais … Où est-ce que tu te fournis en whisky, que je ne mette jamais les pieds dans ce magasin-là ?

Zeno haussa les épaules.

- T’as vraiment rien remarqué ? bougonna-t-il.
- J’avais d’autre soucis en tête, mon père est … Drago s’arrêta brusquement.
- Malade ? Bon, je retire ce que j’ai dit ! … C’est grave ?
- On parle d’autre chose ! répliqua Drago sèchement.
- C’est que c’est grave, alors !
- FER-ME-LÀ !

Zeno allongea le pas, mécontent. « Toi t’as des choses à cacher ! » marmonna-t-il entre ses dents. Drago avait une furieuse envie de se changer en ours pour mieux lui tanner le cuir. Il rongea son frein puis se mit à brusquement à forcer le rythme et rattrapa Zeno pour lui souffler dans le cou, sur un ton supérieur :

- La seule chose que j’aie à cacher c’est mon nom de famille et ça se limite à ça. Et si tu as envie d’aller cafter, les profs sont au courant. Ça va maintenant ?

Zeno ne broncha pas et Drago lui laissa regagner son avance. Et puis il se dit qu’il avait raté une occasion de ne pas faire son snobinard. Il sortit sa baguette de sa poche et se resoumit au sort Custodia en se demanda pourquoi l’influence de ce sortilège s’était éteinte. Ils arrivèrent à l’amphithéâtre où il régnait un grand brouhaha. Il prit place à côté de Niobé et s’efforça de lui sourire. Il repensait à ce qu’avait dit Jarvis : des créatures malveillantes incapables de penser par elles-mêmes. Difficile de mettre les loups-garous de ce nombre. Qu’est-ce qu’on était en train de lui cacher ?

Trois étudiants plus âgés montèrent sur le podium.

- Bonjour fit l’un d’eux, un gars assez basané. Pour ceux qui ne nous connaissent pas encore, je suis Manuel Mariposa, troisième année de maîtrise en potions universelles. Voici Daisy Parker, dernière année de maîtrise en sortilèges complexes et Manfred Ebene, deuxième année en maîtrise des arts divinatoires. (Drago reconnut Chien de Prairie) Vous vous demandez ce qui se passe. On nous a demandé de faire le point avec vous. Pour ceux qui ne le savent pas encore, certaines créatures qui n’ont absolument rien à faire sur le territoire de Witchcake ont fait une incursion dans les bois cette nuit-ci. Alors, si quelqu’un a voulu faire une farce ou expérimenter un sort qui aurait mal tourné, mieux vaut le dire maintenant, nous sommes entre nous, on peut arranger ça avec la direction… Ou bien, on peut venir nous trouver après cette petite mise au point…. Pas de réaction ?! Manfred, tu as la parole.
- J’ai entendu tout de sorte de bruits et de rumeurs. Je vais faire le point pour que les choses soient au clair. La lune a eu cette nuit un éclat particulièrement anormal. Les savants moldus sont un peu affolés et ne trouvent pas d’explication scientifique. Il est inexact, comme je l’ai entendu parfois, que la pleine lune avait trois jours d’avance. (Drago adressa un regard torve à Zeno qui fit semblant de ne rien voir) On n’a pas non plus vu de loup-garou. On n’a juste entendu quelque chose qui ressemblait à son cri. Certains animagus loup ne sont pas arrivés à détecter la présence d’un lycanthrope, alors s’il vous plaît, pas d’affolement. (Drago se retenait de dévisager Zeno et tentait de masquer un sourire en tenant sa main devant sa bouche). Par contre on a bel et bien vu une chimère. (Il y eut un murmure dans la salle). Je passe la parole à Daisy.
- Vous vous rendez compte qu’une chimère n’a pas pu d’elle-même franchir certaines barrières magiques. Pour rappel, les bois de Witchcake ont été sécurisés pour permettre aux étudiants de s’adonner à des formes de méditations chamaniques en toute tranquillité. Donc il a bien fallu …

- Nargue Les Loups ! chuchota une voix en abénaqui.
- Oui ! Quoi ? répondit Drago en wampanoag tout en se retournant.
- Viens !

Drago se leva discrètement et suivit Loup Gris. Une fois sorti de la salle, Wolf lui dit : « On nous attend au conseil des professeurs. »

- Ah bon !
- Ils ont des questions à te poser.
- J’ai déjà tout raconté !
- Ben, il faudra recommencer.

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- Monsieur… suis-je obligée de vous appeler Milton ? demanda madame Whippy, ennuyée.
- Non, ce n’est pas nécessaire, Madame la Rectrice. Je crois que tous les professeurs sont au courant. Je m’appelle Drago Malefoy.
-Merci, monsieur Malefoy ! Je voudrais que vous répétiez mot pour mot le récit que vous m’avez fait il y a quelques jours.

Drago se trouvait dans une pièce tout à fait ronde dont les murs étaient tapissés de chaises sur lesquelles avaient pris place l’équipe des professeurs au grand complet et d’autres membres honorables de l’Université. Il prit deux ou trois secondes pour inspirer puis commença à raconter les faits le plus exactement qu’il le pouvait.

- Pourquoi aviez-vous du mal à former un patronus, monsieur Malefoy ? demanda le professeur Jarvis. C’est assez surprenant pour un sorcier de votre niveau !
- Je n’… je me suis exercé avec madame Godfrey et monsieur Firefly et maintenant j’y arrive, répondit Drago très embarrassé.
- Répondez à la question, s’il vous plaît ! insista Jarvis intraitable.
- … J’ai négligé cet aspect de ma formation ! dit-il abruptement
- Parce que … ?
- Il faut répondre, monsieur Malefoy, insista madame Whippy.
- Parce que je suis le fils de Lucius Malefoy, ancien Mangemort, répondit Drago à contrecœur, et que les Détraqueurs s’étaient ralliés à la cause de Tom Jedusor. Je n’avais pas besoin de cela pour me protéger.

Drago regarda sir Falk qui restait impassible. Il lui en voulait de ne pas lui épargner ce déballage public.

- Où étiez-vous cette nuit, monsieur Malefoy ? continua Jarvis.
- J’ai quitté Witchcake à 1h30 en compagnie de monsieur Forest pour me rendre à Venise.
- Et qu’êtes vous aller faire là-bas ?
- Demandez-lui, il…
- Répondez ! interrompit Jarvis, sur un ton posé.
- Acheter une boîte à musique enchantée pour mon père, répondit Drago fort énervé, parce qu’il est très mélancolique pour le moment, que MONSIEUR Forest a insisté pour que je fasse un geste envers lui et que je ne voulais pas lui faire parvenir quoique ce soit d’ici pour ne pas qu’il retrouve ma trace. (Drago poussa un soupir de fureur)
- Je comprends que ce soit pénible pour vous, répondit Jarvis d’un ton froid, mais nous devons faire notre travail. De toute façon ce qui est dit ici ne sort pas de ces murs.
- Oui, monsieur Jarvis, répondit Drago amer. Ça ne fait jamais qu’une petite trentaine de personnes au courant !
- Monsieur Malefoy, nous considérez-vous comme vos ennemis ?
- Non monsieur !
- Monsieur Malefoy, demanda une sorcière que Drago ne connaissait que de vue, avez-vous réussi à vous changer en ours ?
- Non, madame.
- C’est faux, intervint sir Falk, sur un ton assez rude.
- En ourson seulement, répondit Drago sur le même ton.
- En ours de quatre ans, corrigea sir Falk.
- Ce n’est déjà pas si mal, monsieur Malefoy ! répondit la sorcière avec bonhommie.

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Drago n’alla pas à la cantine, l’interrogatoire lui avait coupé l’appétit, il avait besoin d’être seul après cette espèce de mise à nu en public. Il fila droit vers la forêt. Il était tellement amer et préoccupé qu’il ne s’était pas rendu compte qu’il était suivi. Quand il eut marché un bon quart d’heure, il trouva un endroit pour s’asseoir et réfléchir. Il avait l’impression que Forest l’avait lâché. Pourquoi est-ce que Jarvis s’était ainsi acharné sur lui ? Pourquoi fallait-il montrer du respect à ses parents avec qui il voulait couper les ponts puis tout aussitôt après devoir les dénigrer devant des étrangers ?
Nargue Les Loups resta un moment en silence puis son attention fut attirée par un bruit suspect. Il vit une forme animale s’approcher dans la pénombre, quelque chose qu’il entendait grogner et renifler. Il tâta sa poche pour trouver sa baguette. Tout se passa très rapidement. De multiples pensées lui traversèrent la tête en une fraction de secondes : peut-être la chimère, être puissant face au danger, vouloir grandir, grossir, atteindre une taille démesurée se couvrir de pelage. Il était devenu ours mais il réalisa que sa baguette lui aurait peut-être été plus utile que sa transformation. Elle était là, dans toute sa laideur, comment avait-il pu croire qu’elle avait vidé les lieux ? Sa tête de lion, son corps de chèvre, sa queue de dragon,… elle ouvrait une gueule assoiffée de sang et crachait du feu. Nounours préféra s’éloigner en grognant mais il n’alla pas loin. Le monstre avait repéré une proie, une proie humaine. Zeno s’était dissimulé dans un fourré. Il surestima le temps qu’il lui fallait pour jeter son sort. La bête avait été plus rapide, un jet de feu atteignit l’étudiant à l’avant-bras et sous l’effet de la douleur, il laissa tomber sa baguette. La chimère se précipita sur lui. Drago avait du mal à réaliser ce qui se passait : que fait un ours quand une chimère attaque un humain. Ça boit le sang des ours, les chimères ? Non, juste celui des humains en fait. Et d’abord Zeno qu’est-ce qu’il fait là à m’espionner ? Nargue Les Loups entendit Zeno hurler. Il bondit sur le dos du monstre et lui planta ses crocs dans la nuque. La chimère, surprise par cette attaque inattendue avait bien l’intention de ne pas laisser sa vie à vil prix. Elle se débattit, cracha le feu et roussit le pelage de l’ours qui eut le malencontreux réflexe de lâcher prise. Zeno durant ce temps avait récupéré sa baguette, envoyé un signal lumineux dans le ciel et tâchait de jeter un sort au monstre, sans atteindre l’ours. Nargue Les Loups, poursuivi par l’hybride allait en zigzag pour éviter les flammes. Zeno lança un stupefix qui n’atteignit qu’une patte du monstre, pas assez pour l’assommer mais suffisant pour lui faire perdre l’équilibre. Nargue Les Loups qui allait de biais s’en aperçut et en profita pour sauter à nouveau sur le dos de la chimère. Cette fois-ci, plus question de la lâcher. Elle avait déjà perdu pas mal de sang et s’était affaiblie. Drago entendit japper, il eut l’impression que quelque chose tournoyait au dessus de sa tête et descendait à travers les branchages. Wolf et sa bande était là. Un faucon l’effleura de ses ailes et prit forme humaine.

- Lâche-la ! Laisse-moi faire ! criait une voix bien connue !

Mais l’instinct ursin semblait plus fort que la raison, à moins que la rage suite à l’humiliation de l’interrogatoire n’eût trouvé une voie royale pour se défouler.

- LÂ-CHEU ! hurla sir Falk

Cette fois, Nargue Les Loups obéit mais à regret. Il fit quatre sauts sur le côté et Faucon Avisé paralysa le monstre à qui il ne restait plus beaucoup de vie. Il s’en approcha et fit quelques passes autour d’elle. Drago s’était laissé tomber sur le côté et avait repris forme humaine. Zeno accourut vers lui.

- Ça va ? T’es blessé ? demanda-t-il
- OUI ! répondit Drago en serrant les dents, en lui montrant son bras brûlé. Qu’est-ce que tu faisais dans ce fourré ?

Un balai, deux balais, un ballet de balais, un …! Whippy, Jarvis, Godfrey et quelques autres atterrirent sur les lieux. Madame Whippy alla rejoindre Falk qui continuait ses passes sur l’hybride, Godfrey s’occupa de soigner Zeno et Jarvis qui avait d’abord jeté un coup d’œil à la bête s’approcha de Drago qui tirait la tête.

- Laissez-moi regarder, lui dit-il.

Drago ne se priva pas de grimacer et de geindre de douleur.
Chapitre 14 Éclaircissements by Persis
Author's Notes:
Voici le venu temps de s'expliquer. On est un peu sur les nerfs mais le bon sens reprend le dessus!
Drago entra dans la cabane, le bras en écharpe et le visage fermé. L’expression de Faucon Avisé n’était pas plus réjouissante.

- Qu’est-ce que tu faisais dans la forêt et pourquoi est-ce que tu n’as pas lâché la chimère quand je t’ai dit de le faire ? demanda l’Ancien d’un ton rude.
- Et toi, à quoi tu joues ? répliqua Malefoy. Tu as espionné mon courrier, tu m’as fait le coup d’ « Honore ton père et ta mère » et tu es resté sans lever le petit doigt quand Jarvis s’est acharné sur moi pour que je déballe mon linge sale.
- Réponds à ma question! répondit-il sèchement.
- T’as qu’à y réfléchir pendant trois jours et on en reparl…
- NON MAIS, POUR QUI TE PRENDS-TU ? QU’EST-CE QUE C’EST QUE CES CAPRICES DE DIVA ? !

Drago sursauta, il n’avait jamais vu son mentor hors de lui. Il aurait voulu sortir mais l’Ancien, le regard dur et sévère, s’était mit en travers de l’embrasure de la porte. Le jeune homme tourna les talons, prit appui de son bras valide sur une des parois, puis il se laissa choir et se recroquevilla sur lui-même. Son échine était secouée des soubresauts.

- NON MAIS, TU NE VAS QUAND MÊME PAS TE METTRE À…

Sir Falk s’arrêta brusquement et son visage se défit.

- Ta potion ! s’exclama-t-il en baissant d’un ton. Tu as oublié de prendre ta potion!

Drago qui sanglotait comme un enfant sentit une main se poser sur son épaule puis le prendre par le menton et l’obliger à relever la tête.

- Bois ! Avale ! dit doucement Faucon Avisé en lui présentant un bol du breuvage.

Drago détourna, en reniflant, son visage déjà déformé et rougi par les pleurs. Faucon Avisé le prit par l’épaule et insista avec fermeté :

- Tu dois la prendre, mon garçon. Tu ne peux pas tenir le coup sans ça ! C’est parce que tu l’as oubliée que tu es dans un état pareil. Allons ! Bois !

Il lui tint la mâchoire d’une main, essuyant les larmes avec son pouce et lui versa le breuvage dans la bouche de l’autre.

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Quand Drago rouvrit les yeux, il se retrouva couché sur un lit de camp à l’intérieur de la cabane et recouvert d’une couverture. Il lui fallut un bon quart d’heure avant d’être complètement réveillé. Un faucon ne tarda pas à voler à l’intérieur de la maisonnette pour y prendre forme humaine.

- Ça va mieux ? demanda l’Ancien.
- Qu’est-ce qui s’est passé ? répondit Nargue Les Loups
- Un peu trop d’émotions pour une seule journée ! Je n’aurais pas dû m’énerver comme ça. On est tous sur les nerfs avec ce qui vient d’arriver. Et puis il faut que je t’explique plusieurs choses.

Nargue Les Loups se dressa sur son séant et s’installa au bord de sa couchette.

- Quand tu es venu me voir hier, commença Sir Falk, je m’étais transformé en faucon pour surveiller les environs puisqu’il se passe ici des choses anormales depuis quelques jours. Je t’ai vu sortir la lettre de ta poche, la lire, la remettre en poche, la ressortir pour la relire… Ce n’était pas difficile de deviner que ce courrier se tracassait. Le bluff, ça fait aussi partie du métier de sorcier (Drago rit) Nous sommes allés ce matin, ou plutôt cette nuit à Venise, et je n’ai pas pensé à te rappeler de prendre ta potion. Tu l’avais oubliée ?
- Oui ! Je ne l’ai pas prise ce matin ni ce midi. Mais enfin, est-ce que j’en suis à ce point-là ? Je veux dire : dépendre comme ça de cette préparation pour pouvoir les choses … objectivement.
- Tu te rends compte maintenant que tes réactions étaient démesurées ? Oui, tu en es à ce point-là. Pour agir, la potion nécessite des prises régulières pendant neuf mois.
Nargue Les Loups, tu sais, quand on en est au point d’attenter à ses jours, ou de mutiler soi-même, comme ça t’est déjà arrivé, on ne peut plus se permettre de prendre la situation à la légère. J’ai une formation de médicomage, et je suis spécialisé dans ce genre de troubles. C’est pour ça que tu as pu rester à Witchcake, sinon, il aurait fallu t’envoyer à l’hôpital. Ce ne sont pas des choses avec lesquelles on plaisante.
- Ça veut dire que je suis malade ?
- Tu es malade ! Sinon, je ne te ferais pas prendre de potion. Mais rassure-toi : tu vas mieux, tu évolues bien ! Quand je t’ai dit l’autre fois que je voyais le résultat de l’éducation que tu avais reçue, je ne parlais pas de ton caractère… mais de ta fragilité. Et de ce côté-là, il y a quand même un progrès.
- Quand même …répéta Drago, ironique.
- Tu as fait tout à l’heure une très belle transformation ! Cette fois c’était un ours de sept ans, dans toute sa splendeur. Et tu as attaqué la chimère pour défendre une vie humaine, je ne peux que t’en féliciter.
- C’est le côté animal, combattif…
- Non, justement ! Le fait de te changer en ours ne change pas ton caractère. Qui plus est, l’ours est un animal craintif. S’il attaque, c’est qu’il se sent menacé, tu n’as pas cherché à sauver ta pelisse mais à sauver quelqu’un d’autre.
- Je n’ai même pas réfléchi, ça s'est fait tout seul…
- Excuse-moi de t’avoir crié dessus toute à l’heure. Je n’étais pas très content parce que tu aurais pu tuer la chimère. Morte, elle n’aurait plus pu rien m’apprendre sur la façon dont elle avait franchi l’enceinte de Witchcake ni qui l’avait envoyé ici.
- Tu pratiques la légilimancie avec les animaux ?
- Appelle ça comme ça, si tu veux
- Tu as quand même pu savoir qui l’avait envoyée ?
- Oui… (Faucon Avisé soupira) Je crois que je peux te le dire. Un mage dément dont la seule et unique obsession est d’acquérir toujours plus de pouvoir. Son véritable nom est Diamond Dustin. Mais il se fait appeler Maître Gig Mac. Au point de départ, c’est un sorcier médiocre qui n’a jamais accepté ses limites. Il a cherché à accroître ses pouvoirs par tous les moyens, y compris ceux qui raccourcissent la durée de ses jours et qui altèrent les facultés mentales. Il n’a plus qu’un an à un an et demi à vivre. Il entretient l’illusion qu’une fois en possession de moyens nouveaux, il pourra annihiler les conséquences mortelles de ses actes. Il n’en est rien. Il a fini par perdre la raison, mais il reste très dangereux.
- Il cherche la Pierre Bleue ?
- Oui, nous le pensons.
- Il doit être déjà très puissant pour pouvoir contrer certains sorts.
- Il les contre en s’affaiblissant lui-même…
- La chimère est morte ?
- Oui, elle est morte. Tu ne savais pas qu’elle y était encore quand tu es allé te promener ?
- Non, je … peut-être qu’on l’a dit après, mais j’ai quitté l’amphithéâtre avant la fin de la séance.
- C’est vrai…
- Et puis c’est interrogatoire m’a tellement énervé…
- Est-ce que tu vois plus clair, maintenant ?
- Ma réaction était peut-être exagérée mais … Je devais vraiment expliquer tout ça ?
- Tu t’es rendu compte que tu tenais à ta famille plus que tu ne le pensais. C’est tout fait normal.
Tu vois, les professeurs ne sont pas là seulement pour enseigner. Garantir un certain cadre et donc une certaine protection aux étudiants fait partie de leurs attributions. Ils doivent se donner les moyens de le faire. Cet interrogatoire était nécessaire et ce n’est pas plus mal qu’ils sachent quelle est ta situation. Cela va leur permettre de mieux te comprendre et aussi de t’aider. Jarvis n’en avait pas à ta personne, il voulait simplement savoir à quoi s’en tenir. Ce qui t’es arrivé ne te rabaisse pas à ses yeux, c’est juste le contraire. On réalise qu’il t’a fallu du courage pour prendre certaines décisions et que des choses qui peuvent sembler aller de soi, te demande plus d’efforts qu’à une autre personne.
Ne va plus dans la forêt sans m’avertir avant qu’on ne soit sûr que tout danger soit écarté. Si tout va bien, dans deux ou trois jours, tout sera revenu à la normale.

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En effet, tout revint à la normale. Le calme gagnait sur l’effervescence des derniers jours. Nargue Les Loups profita du beau temps pour prendre un peu l’air. Majestic vint le retrouver pour lui apporter un rouleau de parchemin. Drago l’ouvrit et lut :

Cher Drago,

Ton présent m’a fait le plus grand plaisir, même si j’eus préféré voir ton visage. Cette boîte à musique est superbe. J’aime beaucoup cet air et je l’écoute très souvent. C’est dommage que tu ne donnes pas plus de nouvelles de toi-même. Pourquoi ne veux-tu pas nous dire où tu te trouves ? Tu dis que tu étudies la magie, mais tu ne nous dis pas ce qu’on t’apprend là-bas. J’espère que tu viendras passer tes vacances en Angleterre. J’aimerais tant te revoir, j’ai des choses à te dire que je ne puis confier au papier. Je me doute bien que ce courrier passera par le ministère, même si tu as envoyé l’autre directement ici. Enfin j’ai eu la consolation de recevoir cette fois quelque chose écrit de ta propre main et non plus un fac-simile. Tu as un très beau grand-duc, c’est un animal magnifique. Porte-toi bien. À très bientôt, je l’espère.

Ton père,

Lucius Malefoy
Chapitre 15 Merry England by Persis
Author's Notes:
Retrouvailles et surprise de taille en perspective!
Il ne se passait plus rien de particulier depuis deux mois et pourtant l’atmosphère était lourde. Les examens de fin d’année et la tension que cela implique, l’impression que toute la lumière n’avait pas été faite sur les événements passés et des rumeurs concernant un loup-garou, que certains prétendaient avoir entendu et que personne ne voyait jamais. Pour Drago s’ajoutait la perspective des vacances. Faucon Avisé lui avait dit que sa formation allait se poursuivre durant les mois d’été mais le jeune homme ne se décidait pas à aborder avec lui la possibilité d’un retour sur le sol natal et d’une entrevue avec ses parents. Les événements lui donnèrent la chiquenaude qui le mit en marche.
Nargue Les Loups buvaient un cocktail pamplemousse-citrouille à la cafétéria avec ses condisciples quand Majestic lui apporta du courrier. Drago reconnu tout de suite l’écriture de sa mère et ouvrit, sans enthousiasme, la missive. Il la parcourut et soupira.

- Ton père ne va toujours pas mieux ? demanda Zeno.
- Quoi, mon père ? répondit Drago étonné.
- Je croyais que ton père était gravement malade !
- Je n’ai jamais dit ça, c’est toi qui as conclu qu’il était malade. En fait, il ne va pas trop bien. Il irait mieux s’il comprenait qu’il est temps que je vole de mes propres ailes.
- Un peu possessif ?
- L’esprit de famille trop poussé ! Et puis on a eu pas mal de... hum !… déconvenues, ces temps derniers. Il croit que je lui en veux.
- Ben, va t’expliquer ! fit Alden.
- Ouais ! … il faudra bien y passer ! soupira Drago.
- Dis, tu ne trouves pas qu’il y a une drôle d’odeur dans le couloir du foyer? demanda Zeno. On dirait que ça vient de ta chambre, dit-il à l’adresse d’Alden.
- Oui, j’ai fait des expériences et j’ai renversé un produit.
- Des expériences de quoi ?
- Comme ça pour passer le temps !
- Eh ! On a examen demain !
- Ben ça me détend de faire des potions, répondit Alden un peu nerveux. Chacun son truc.

Drago avait l’impression qu’il trafiquait quelque chose mais il avait d’autres chats à fouetter. Il acheva son verre et alla trouver Faucon Avisé.

- L’Ancien ? demanda-t-il. Tu crois je pourrais aller dire bonjour à des amis en Angleterre cet été ?
- Bien sûr ! Ça va de soi.
- C’est parce que tu m’avais dit que tu ne voulais pas que je m’éloigne.
- Il faudra supporter que je fasse partie des bagages.

Drago sourit et poursuivit :

- Mais, tu peux t’éloigner de Witchcake ? Je veux dire : est-ce qu’on ne va pas avoir besoin de toi ici ? Avec ce loup-garou qui…
- Il n’y a pas de loup-garou ! coupa-t-il net. Madame Whippy a accepté que je sois ton précepteur, avec tout ce que cela implique. Et puis je te rassure tout de suite : je ne suis pas le seul sorcier doué de Witchcake- cela le faisait rire. On peut se passer de moi quelques jours. Pourquoi viens-tu me raconter cette histoire de loup-garou ?
- Tu entends bien hurler certaines nuits, tout de même ? Je pensais que c’était lié à l’affaire de la Pierre Bleue.
- Ou ça n’a peut-être rien avoir ! Oui, j’ai entendu hurler mais je ne suis pas sûr qu’il s’agisse d’un vrai loup-garou, les cris ne se font pas entendre qu’à la pleine lune.
- Qu’est-ce que cela pourrait-être, alors ?
- Je n’en sais trop rien. Nous sommes plusieurs à examiner la question. Il semble bien que la créature n’ait pas l’intention d’agresser qui que ce soit, sinon elle l’aurait déjà fait. Mais sa présence ici est tout de même un mystère.
- Je viens de recevoir un courrier, dit Drago. Ma mère voudrait que je revienne au manoir l’été, et moi, je ne le sens pas.
- Tu peux peut-être organiser un rendez-vous à un autre endroit ?

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Pop ! Drago et Soir Falk apparurent dans un petit coin de la campagne anglaise non loin d’un cottage coquet et bien entretenu. Ils étaient vêtus comme des châtelains de l’époque de Georges III .Mr et Mrs Prince sortirent à leur rencontre. Les retrouvailles furent chaleureuses et une fois les présentations faites, les invités regagnèrent le salon pour déguster le thé le plus fin et le plus parfumé qu’il se pût déguster.

- Et alors ? Tes études ? demanda madame Prince.
- J’ai terminé l’année préparatoire avec la mention : Effort exceptionnel. Je suis admis en première année pour le baccalauréat mais je suis dispensé de plusieurs cours parce que j’ai déjà vu la matière cette année. Je peux en suivre d’autres à la place et m’avancer. Je pourrai faire la première et la deuxième année en un an.
- Nous verrons, dit Sir Falk.
- Vous êtes content de votre élève, Sir Falk ? demanda Salomé Graham.
- Oui ! Plutôt satisfait ! Il fait des progrès.

C’est ce moment que choisit un hibou pour venir tapoter le carreau de la fenêtre du salon. Mr Prince alla lui ouvrir. Le hibou apporta une lettre à Drago puis s’envola tout aussitôt, s’en retournant d’où il venait. Le jeune ouvrit et lut à haute voix.

Cher Monsieur Drago Malefoy,

Le ministère de la magie vous invite à vous présenter demain 6 juillet à 13h30 au bureau des aurors. Mr Kingsley Shacklebolt désirerait s’entretenir avec vous vers 14h30. Vous aurez le loisir de vous entretenir avec vos parents durant l’heure qui précédera cette entrevue si vous le désirez.
Au cas où vous seriez empêché à cette date et à cette heure, nous vous serions reconnaissants de nous contacter dans les plus brefs délais afin de fixer un autre rendez-vous.
Veuillez agréer, cher monsieur Malefoy, l’expression de mes sentiments distingués.

Agnès Quillpen
Département de la Justice magique
Ministère de la Magie.


Drago regarda les autres d’un air ahuri, le cœur lui battait.

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Mr Weasley alla à la rencontre des deux visiteurs. Drago fit les présentations.

- Drago, dit Arthur Weasley, j’ai pris l’initiative d’organiser cette entrevue avec tes parents. Ton père m’a pas mal scié durant cette année pour savoir où tu te trouvais. Je me suis dit que ce n’était pas plus mal que cette première rencontre ait lieu dans un terrain neutre.
- Mon père vous a fait des ennuis ?
- Non ! Il n’en est plus en mesure. Il essaie plutôt de me flatter et de m’apitoyer. Il joue sur la corde sentimentale. Il t’attend avec ta mère dans le bureau des invités. Mais je ne savais pas que tu serais accompagné.
- Je dois lui présenter mon précepteur. Merci d’avoir arrangé cette rencontre, monsieur Weasley.
- Appelle-moi Arthur, s’il te plaît !

Mr Weasley ouvrit la porte d’un bureau qui ressemblait d’avantage à un salon. Drago laissa d’abord entrer Sir Falk. Il aperçut sa mère, pareille à elle-même puis son regard croisa celui de Lucius. Ils restèrent un instant tous les deux sans voix. Lucius avait maigri, ses traits étaient tirés, il avait pris un coup de vieux. Il gardait les mâchoires serrées sans arriver à maîtriser complètement ses émotions. Puis, tout d’un coup il s’élança vers son fils, le prit dans ses bras et le serra très fort, sans être capable de dire quoique ce soit. Drago était saisi de ne sentir que des os à travers les vêtements de son père.


- Tu as grandi, murmura Lucius dont les yeux s’embuaient, en dévisageant son fils.

Drago essaya de se dégager prudemment de cette étreinte. Il alla embrasser sa mère. Il se tourna vers Faucon Avisé.

- Sir Falk, je te présente mes parents, Lucius et Narcissa Malefoy. Papa, maman, Sir Falk qui a accepté de me donner des cours particuliers.

Lucius adressa un regard farouche au précepteur de son fils avant de lui serrer la main. Narcissa ne paraissait pas beaucoup plus rassurée.

- Je vais Te laisser avec Tes parents, mon garçon, dit Sir Falk en se retirant.
- Ne t’éloigne pas trop s’il te plaît répondit Nargue Les Loups en wampanoag.
- Parle anglais, s’il Te plaît ! répondit Faucon Avisé dans la langue de Shakespeare. Je ne vais pas très loin. À tout à l’heure.

Il n’eut pas si tôt fermé la porte que Lucius se tourna vers son fils pour lui demander d’un ton amer :

- Qui est cet homme ?
- Falk Forest. Je t’ai dit dans mes lettres que je prenais des cours particuliers avec un sorcier de haut niveau.
- Il a le sang pur ?
- Papa, s’il te plaît! Je ne lui ai pas demandé son pédigrée! répondit Drago, mécontent.
- Je ne veux pas que tu prennes des leçons avec n’importe qui !
- Sir Falk n’est pas n’importe qui !
- Ne parle pas sur ce ton à ton père ! intervint Narcissa. Essaie de comprendre que nous avons de quoi être inquiets. Des mois sans nouvelles et puis te retrouver en compagnie de ce …sauvage !
- Un sauvage ?! Il est de toute façon beaucoup plus civilisé que les membres de la bande que j’ai eu l’occasion de côtoyer, il y a deux ans !

Lucius se laissa choir dans un fauteuil, effondré.

- Il a honte de nous ! Il ne veut plus nous connaître !

Il se tordait les mains, ravagé.

- Tu as raison de nous en vouloir, Drago, poursuivit-il. Nous nous sommes trompés, lourdement trompés ! Nous t’avons engagé dans une affaire qui …a mis ta vie et … ton honneur en péril.

Il enfouit son visage dans ses mains. Drago échangea un regard inquiet avec Cissy. Il s’approcha de son père et lui prodigua un geste réconfortant.

- Papa, écoute. Tout le monde peut se tromper ! Je ne vous en veux pas, mais vous devez comprendre qu’après tout ce qui s’est passé, je ne savais plus où j’en étais. Je pense qu’on peut apprendre de ses erreurs, non ? Sir Falk m’a aidé quand j’étais dans l’état où tu te trouves pour le moment et je vais mieux maintenant. C’est un grand sorcier qui a toute la confiance de la rectrice de l’université où j’étudie pour le moment.
- Quelle université ? demanda Cissy.
- Witchcake, Salem Village.
- Pourquoi ne nous l’as-tu pas dit plus tôt ? demanda Lucius en relevant la tête.

Il était visiblement soulagé.

- Qu’apprends-tu là-bas ? Qu’apprends-tu avec lui ?
- Ce que j’ai appris de plus important cette année, c’est que le fait d’être sorcier ne m’empêche pas d’être d’abord un être humain.

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Lorsque Drago pénétra en compagnie de Sir Falk dans le bureau de Kingsley, il y trouva aussi … Harry Potter.

- Ah ben ça, c’est une surprise, s’écria-t-il ! Potter ! Comment vas-tu ?
- Bien ! Je suis ma formation avec Mr Shacklebolt, je suis en stage. Et toi ?
- Je continue mes études ! Sir Falk, je Te présente Harry Potter dont je T’ai déjà parlé. Harry, mon précepteur.
- Eh bien messieurs, puisque vous avez fait les présentations, intervint Kingsley, je voudrais demander à Sir Falk de se retirer, je dois vous voir seul, monsieur Malefoy.

Drago était contrarié mais Faucon Avisé lui fit comprendre d’un geste complaisant de ne pas insister. Le jeune Malefoy n’avait pas encore eu le temps de s’asseoir sur le siège que Kingsley lui avait désigné qu’un avion de papier vint voleter sous le nez de l’Auror.

- Ah ! Du changement ! Monsieur Forest est autorisé à assister à cet entretien en raison de son appartenance à une organisation étrangère poursuivant les mêmes buts que la nôtre. Harry ? Tu peux aller chercher Monsieur Forest ?

Harry fit rentrer Sir Falk. Celui-ci prit place sur un siège un peu à l’écart;

- Monsieur Malefoy, nous vous avons fait venir ici parce que nous nous trouvons devant des faits nouveaux et tout à fait inattendus. Harry, peux-tu nous faire un exposé de la situation ?
- Eh bien, commença Harry, il y a une dizaine de jours de cela, nous avons découvert un petit carnet enchanté qui avait échappé à un premier examen lorsque nous avons fouillé minutieusement les affaires personnelles du professeur Rogue. Je vais vous en lire le passage qui nous intéresse.

Le quatre avril 1998, le Seigneur des Ténèbres me fit venir auprès de lui pour me parler d’une affaire qui lui importait grandement. Il me demanda de m’approcher Lady Wilda Wilkes, sœur cadette du Mangemort qui perdit la vie en 1980 pour lui susciter une descendance. J’objectai qu’une faiblesse de la nature m’empêchait de pouvoir réaliser ce désir. Le Seigneur des Ténèbres se montra mécontent et me dit que ma réponse était celle d’un Moldu et non d’un sorcier. Je lui fis mes excuses et l’assurai que je mettrais tous mes pouvoirs en œuvre pour le contenter. Je contactai Lady Wilda et nous nous rencontrâmes le jour qui était le plus propice à ce dessein. Aucun de nous deux n’avait de l’attirance pour l’autre et tous les charmes dont nous avons usé pour pallier la défaillance qui m’était imputable échouèrent. Nous dûmes recourir à la pure magie afin de parvenir à notre but. C’est par ce moyen que je pus extraire ma liqueur et la recueillir dans une fiole sans l’altérer. Je la donnai tout aussitôt à Lady Wike qui la transféra dans le réceptacle naturel. L’opération m’épuisa et je dus recourir à la potion sanguine afin de recouvrir mes forces. À la septième entrevue Lady Wike m’annonça qu’elle avait conçu et qu’il n’était plus nécessaire de nous rencontrer à nouveau.. Le Seigneur des Ténèbres me manifesta son contentement mais peu après, Lady Wike se retira dans un endroit inconnu et jusqu’à ce jour, je ne suis pas parvenu à savoir où elle se trouvait.

Severus Rogue, le deux mai 1998



- Aviez-vous entendu parler de cette affaire, monsieur Malefoy ? demanda Kingsley
- Non, pas du tout ! À cette époque ma famille était en disgrâce auprès de Jedusor. J’étais tenu à l’écart et de plus, il régnait une sorte de loi du silence entre les Mangemorts.
- Oui, mais vous auriez pu surprendre des bribes de conversation !
- Non, vraiment ! Je ne suis au courant de rien.
- Je vous demanderai de rester discret sur cette affaire. Merci d’être venu jusqu’ici ! Si vous ne voyez rien qui puisse nous être utile, je ne vous retiendrai pas plus longtemps.
- Nargue Les Loups, dit Faucon Avisé dans son langage, as-tu remercié Potter ? C’est le moment !

Drago piqua un fard. Il salua Kingsley puis s’approcha de Harry.

- Je ne t’ai pas encore remercié de m’avoir sauvé la vie, lui dit-il.
- Eh bien voilà, c’est fait ! répondit Harry qui restait sur ses gardes.

Nargue Les Loups sortit du bureau avec son mentor et lui dit :

- Si je m’attendais à cela ! S’approcher de Lady Wilda pour lui susciter une descendance ! C’est d’un romantisme !
- Et la manière dont il s’y est pris ! Ça a du lui faire un mal de chien !
- La potion sanguine, c’est du sang de chimère égorgée à la pleine lune ?
- À minuit, heure lunaire de préférence, mélangé avec du vin d’orange sanguine et d’autres ingrédients. Assez difficile à préparer mais très efficace !
Chapitre 16 Aigue-marine by Persis
Author's Notes:
Un père qui n'est plus que l'ombre de lui-même, quelques photos et une lady qui vient vous hanter ...
Drago et son mentor avaient repris le chemin du salon des invités où patientaient les parents du jeune Malefoy.

- Tu pourrais peut-être faire la conversation à ta maman, suggéra l’Ancien, et aller avec elle te faire enregistrer au bureau des animagi pendant que je parle à ton père. Je voudrais le voir seul.
- Je … n’ai rien contre, mais tu sais … mon père a parfois des … euh …hum ! …des préjugés et je ne sais pas si …
- Ne t’en fais pas ! répondit-il avec bonhommie. Je sais à quoi m’attendre avec ce genre de personnage.

Ils entrèrent tous deux dans la pièce et Forest se dirigea tout droit vers Lucius qui en était visiblement très embarrassé.

- Monsieur Malefoy dit Sir Falk avec beaucoup d’assurance, votre fils doit accomplir quelques démarches administratives et j’aimerais en profiter pour vous parler seul à seul.
- Si…vous y tenez ! répondit Lucius, décontenancé.
- Tu viens, maman ? demanda Drago ! À tout à l’heure, papa !

Drago sortit avec sa mère. La porte n’était pas encore close que Cissy lui dit :

- C’est un type bizarre, ton professeur !
- Pourquoi dis-tu ça ?
- Il a quelque chose d’inquiétant.
- Je ne me sens jamais aussi rassuré que dans sa compagnie !
- Qu’est-ce que tu sais de sa famille ?
- Rien et ce n’est pas ça qui m’intéresse ! répondit Drago, énervé. Ne reviens plus avec ces histoires de sang pur ! Tom Jedusor était un sang-mêlé après tout. Tu ne crois pas qu’il est plus important de savoir ce qu’on fait de ses pouvoirs que de savoir si on est né de parents sorciers ou non ? Sir Falk est un très grand sorcier et c’est un homme de bien. C’est tout ce qui m’importe.
- Mais qu’est-ce qu’il t’apprend au juste ?
- On part généralement du manuscrit de Bridget et à partir de là, on approfondit les sorts et on voit les différentes variantes ou applications. Je me perfectionne surtout en potions.
- Il n’y pas tellement de potions dans ce manuscrit.
- Non ! convint Drago. C’est un point de départ, on en voit d’autres à partir de celles qui y sont.
- Au fait où va-t-on ?
- Je dois me faire inscrire comme animagus.
- Tu … tu …es parvenu à te …
- changer en ours.
- EN OURS !
- Ne crie pas si fort !
- Mais c’est formidable, ça ! s’écria Cissy en serrant soudainement son fils dans ses bras pour l’embrasser.
- Eh bien, tu vois, qu’on apprend des choses intéressantes avec Sir Falk.
- Mais pourquoi est-ce qu’il te dit ‘thou’ ?
- C’est une marque de reconnaissance entre les sorciers du coin. Ils ont hérité cela du temps des Pilgrim Fathers.
- Les Aurors t’ont interrogé sur Wilda Wilkes, toi aussi ?
- Oui ! À vrai dire, j’ai du mal à me souvenir d’elle. Je ne vois plus comment elle était.
- Pas très grande, mince et brune. Elle est dix ans plus jeune que son frère. Elle côtoyait surtout les Nott, tu ne te souviens pas ?
- Vaguement ! Tu n’aurais pas une photo ?
- Ici, non. Mais je dois en avoir à la maison.

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Quand Drago revint du bureau où il s’était fait enregistré après avoir dû se transformer en ours sous l’œil attentif de la secrétaire en chef, il retrouva Sir Falk en grande conversation avec son père. Celui-ci paraissait sombre et soucieux. L’Ancien prit Nargue Les Loups à part.

- Ton père ne va pas bien du tout, lui dit-il. J’ai essayé de le raisonner mais ça ne sert pas à grand-chose. Il faudrait qu’il se décide à voir un médicomage.
- Tu pourrais le soigner ?
- En principe, oui. Seulement, je suis celui qui le prive de son fils. Il n’a pas confiance en moi, c’est inutile d’essayer. Peut-être auras-tu plus de chance de le convaincre de se faire soigner.
- Moi ? ! Je ne vois franchement pas comment !
- On ne pourrait pas inviter tes parents chez les Prince ? Si on met Graham et Salomé dans le coup…

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Lucius jeta un œil condescendant sur l’humble demeure qui l’accueillait. Un simple cottage ! Penser que son fils avait un manoir à sa disposition et qu’il allait s’enfermer dans une maison de campagne, chez des étrangers en compagnie de cet homme étrange dont on ne savait rien. Son cœur se serra mais quand il vit Drago sortir à sa rencontre avec un visage souriant, il essaya de surmonter ses rancœurs. Cissy prit son mari par le bras et l’entraîna vers la porte d’entrée. Tout le monde se retrouva autour de la table pour prendre le thé et la conversation s’engagea dans une atmosphère sereine. Graham trouva un moment pour attirer Lucius dans un coin, sous prétexte de lui faire admirer ses plantes magiques et Narcissa en profita pour sortir de son sac quelques photos afin de les faire voir à son fils. La première montrait Lady Wilda en compagnie du vieux Nott et de son fils Théodore. Sur la seconde on la voyait avec Crabble et Goyle.

- Maman, demanda Drago, elle porte toujours le même collier ?
- Oui, un collier d’aigues-marines. Je ne l’ai jamais vue sans. Elle dit que cela la protège contre le mal de gorge et que cela influence favorablement ses pouvoirs.
- Sir Falk, regarde ! dit Drago en passant les photos à son mentor. On peut les garder, maman ?
- Que veux-tu en faire ? demanda Cissy, étonnée
- Je vais en faire une copie, dit Sir Falk.
- On l’a cherchée partout en Angleterre, reprit Cissy, en Grande-Bretagne et sur le continent. Elle est introuvable, On sait qu’elle n’est pas en France ni au Pays-Bas.

Elle se tut en voyant revenir Salomé qui apportait d’autres cookies. Graham lui aussi revint et ce fut au tour de Drago de se lever pour aller rejoindre son père.

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- Il dit qu’il va y penser, expliqua Nargue Les Loups à Faucon Avisé. Je ne crois pas que je l’ai convaincu.
- Quelqu’un finira par le faire. Si ta mère arrive à lui faire prendre ces gouttes, ce sera déjà ça.
- Ça ne le guérira pas !
- Non, mais ça peut lui donner le punch nécessaire pour faire le pas suivant, aller voir un médicomage. Je l’espère pour lui.
Mon garçon, pourquoi tenais-tu tant à garder ces photos que ta mère t’a montrées ?
- À cause du collier ! Tu as remarqué : des gemmes bleues !
- Les pouvoirs de l’aigue-marine sont connus depuis très longtemps : elle guérit les maux de gorge et de reins. Elle assure le succès, protection lors des voyages, apaise les angoisses, permet aux personnes de mieux se comprendre.
- La Pierre Bleue de Witchcake…
- ... qui n’existe pas !
- … pourrait être une aigue-marine, si elle existait !… Ou si on la fabriquait pour les besoins de la cause.
- D’autres y ont pensé avant toi, répondit Faucon Avisé avec un sourire complice.
- Alors, vous l’avez fabriqué ce leurre ?
- Secret d’État ! répondit l’Ancien, rieur.
- Tu es un Auror américain, c’est ça ?
- Non ! Je suis membre honoraire d’un bureau qui s’occupe d’affaires de ce genre et qui fait appel à mes services de temps à autre. Mais à part la Pierre Bleue, qu’est-ce qui te fascine tant dans ces photos.
- L’idée que Rogue ait pu avoir des enfants, et qu’ils soient nés de la magie.
- Jusqu’à présent, on n’a parlé que d’un seul engendrement, pourquoi parles-tu des enfants au pluriel ?
- Je ne sais pas ! Comme ça !
- On ne sait même pas si l’enfant est venu à terme ou s’il vit toujours. Avec de telles méthodes, il y a des risques de mortalité précoce.
- S’il est né, il doit avoir quatre mois à présent… Quand on y pense ! … À quoi le désir de susciter une race pure peut bien mener ! Et si ça se trouve, l’enfant est un cracmol ! … Pourquoi s’est-elle cachée ? Pourquoi a-t-elle fui ?
- Ou pourquoi l’a-t-on cachée ?

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Severus Rogue, drapé de noir, se tenait silencieux sur le quai. Il défit le cordage qui tenait le navire amarré. Lady Wilda, vêtue comme une femme de cette époque, debout sur le pont du navire le fixait, le regard anxieux. Elle portait à son coup sa parure d’aigues-marines. Le voilier s’éloigna du rivage. Sur sa coque, on lisait le nom « May Flower ».

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- L’Ancien, dit Nargue Les Loups, il faut que nous retournions à Salem.
- J’allais te le proposer. Je viens de recevoir un hibou de madame Whippy qui réclame ma présence. Et toi, qu’est-ce qui te préoccupe ?
- J’ai rêvé de Lady Wilda. Elle partait pour la Nouvelle Angleterre. Je suis sûre qu’elle est là-bas.
- Nous en reparlerons une fois à Witchcake.
Chapitre 17 Coup de folie by Persis
Author's Notes:
Quand on veut régler ses problèmes tout seul, on risque de se prendre des tuiles sur la tête.
Nargue Les Loups commença à écumer la bibliothèque de Witchcake : Oniromancie égyptienne, L’art d’interpréter les rêves, Songes et prémonitions, Sciences de la divination onirique vol. I, vol. II, vol. III, vol. IV, vol.VI, L’oniromancie pratique, Songes et mensonges – mises au point, Capteurs de rêves,…
Ce dernier titre attira son attention. L’ouvrage était fort mince et contenait beaucoup d’illustrations. Le jeune homme se plongea illico presto dans la lecture. Il y était tellement absorbé qu’il fut surpris de trouver soudainement Chien de Prairie à ses côtés.

- Tiens, tu t’intéresses aux capteurs de rêves ? demanda-t-il.
- Oh ! Chien de Prairie ! Qu’est-ce que tu fais ici ? Je croyais que tu passais tes vacances en Allemagne !
- En Allemagne ? Pourquoi en Allemagne ?
- Manfred Ebene, c’est un nom allemand, non ?

Manfred éclata de rire.

- C’est une plaisanterie ! Je suis américain ! Mon nom allemand … Ah, c’est tout une histoire ! Il y a près d’un siècle et demi, un clan de Nakotas a découvert un petit campement d’immigrés: deux hommes morts qui avaient dû s’entretuer lors d’une bagarre, une femme sur le point d’accoucher, une autre à demi folle et trois enfants. Ils ont recueilli ces personnes. La première femme est morte en couche, la seconde a perdu complètement la raison et les enfants ont été adoptés. Quand le gouvernement a mis notre peuple dans une réserve, les Blancs ont été priés de rejoindre ce qu’on appelait «la civilisation » et de prendre un nom de famille. Comme l’aîné des garçons se souvenaient des ses origines allemandes, il a demandé comment on disait « plaine » dans la langue de ses parents. Par chance, un des soldats présents avaient aussi des ascendances germaniques et a pu lui traduire le mot « Ebene ». Plus tard Carl Ebene, qui ne voulait pour lui-même d’autre nom que Cheval Rapide, est retourné secrètement avec ses frères et sœurs auprès de ceux qu’ils considéraient comme sa vraie famille. Comme certains trappeurs se sont mis à adopter le mode de vie autochtone et à s’indianiser, il y a eu des métissages qui t’explique mes cheveux blonds et mes yeux bleus. Malgré tout ça, je suis et reste un Nakota. Verstehst du?
- Ok !
- Qu’est-ce que tu fais avec ce bouquin ? Tu veux fabriquer un capteur de rêves ? Ce n’est pas difficile, je peux te montrer !
- Depuis trois nuits, je rêve toujours de la même personne. Je n’ai pas l’impression que ce soit un rêve ordinaire. La personne a disparu, on la recherche, et je la connais à peine.
- Tu es liée à elle, d’une façon ou d’une autre ?
- À elle non, mais à celui qui l’a mise enceinte et qui est mort à cette heure. C’est assez curieux, c’est comme si je me sentais une responsabilité envers elle et son enfant.
- Ce genre de rêves est important. Tu dois y faire attention ! Et qu’en dit Faucon Avisé ?
- Je n’ai plus eu beaucoup de temps de me retrouver avec lui. Madame Whippy le monopolise pour le moment. Ça doit être en rapport avec ces hurlements qu’on entend la nuit. Tu n’as pas une idée de ce que c’est.
- Non ! Ça ne peut pas être un lycanthrope et pourtant ça y ressemble ! La pleine lune c’est pour la fin du mois.

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Nargue Les Loups et Chien de Prairie remontèrent au foyer des étudiants. Une odeur étrange planait dans le couloir. Nargue Les Loups renifla.

- C’est quoi ça ? snif ! fit-il
- Ça vient de par là ! répondit Chien de Prairie.
- De chez Alden, je parie. Mais ! … il n’est pas en vacances, lui ?!
- Je ne sais pas, je ne le connais pas.
- C’est bizarre ! … Oh ! Ça empeste !

Les deux jeunes gens se dirigèrent vers la porte d’Alden. Drago frappa, on ne répondit pas. Il mit la main sur la clenche, la porte n’était pas fermée à clé. Il ouvrit et entra, accompagné de Chien de Prairie. La pièce était en désordre. Il trouva sur la table un chaudron à moitié rempli un cahier ouvert, plein de notes, et des livres épars : Traité de lycanthropie, Qui sont les loups-garous ?, Premières notions de médicomagie à l’usage des sorciers ordinaires, Les lycanthropes – description et approche thérapeutique, Qui a peur du grand méchant loup ? – prévention et remèdes pour la lycanthropie.

- On dirait qu’il est obsédé par le problème ! dit Chien de Prairie.
- Il a peut-être essayé de trouver tout seul ce qui se passait.
- Drôle d’idée ! Qu’est-ce qu’il est écrit dans ce cahier ?
- Des recettes de potions : aconit, ail, asphodèle, … ce n’est pas la potion Tue-loup mais ça y ressemble.
- Il cherche peut-être à améliorer la formule ?
- Ou à trouver le remède défini…
- Je peux savoir ce que vous faites là, messieurs ? demanda Gwinevere Godfrey d’une voix sévère.
- On a senti l’odeur, on se demandait ce qui se passait ! répondit Chien de Prairie.
- Ça ne vous donne pas le droit d’entrer dans la chambre d’un autre sans sa permission !
- Mais la porte était ouverte, madame ! répondit Nargue Les Loups. Alden aurait pu se trouver mal et…
- Où est Alden ? demanda la doyenne.
- Je n’en sais rien ! répondit Drago.
- Alors vous n’avez rien à faire ici ! Sortez !

Les deux étudiants obéirent, un peu étonnés se demandant ce qu’Alden venait faire dans cette affaire.

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Nargue Les Loups et Chien de Prairie s’étaient installés dehors et profitaient du beau temps. Drago avait confectionné un cerceau. Il y tendait des cordelettes en suivant les indications que lui donnait Manfred pour confectionner son capteur de rêves. Il achevait de fixer un nœud lorsqu’un hibou vint le retrouver. Nargue Les Loups reconnut l’animal qui lui avaient apporté régulièrement des nouvelles de ses parents durant l’année académique. Pourquoi ses parents passaient-ils à nouveau par ce biais alors qu’ils connaissaient maintenant son adresse ? Il prit le parchemin et y vit une écriture inconnue ainsi que le sceau du bureau des Aurors. Il ouvrit fébrilement la missive, son visage changea d’expression, il était atterré. Quand il l’eut parcourue en entier il laissa tomber le bras et se mit à trembler.

- Que se passe-t-il ? demanda Chien de Prairie, étonné.
- Mon père … marmonna Drago en lui passant la lettre.

Cher Monsieur Malefoy,

J’ai le grand regret devoir vous communiquer de mauvaises nouvelles. Vos parents viennent d’être admis à Sainte Mangouste. Votre mère est en état de choc mais elle se rétablira assez rapidement, selon toutes probabilités. Votre père est grièvement blessé et son état est préoccupant. Ainsi que vous devez le savoir, si votre père a été remis en liberté c’était à la condition de se soumettre à certains contrôles, qui incluaient un traçage sélectif. Nous devions éviter qu’il s’adonne à nouveau à la pratique des arts noirs.
Le bureau des Aurors a reçu une alerte, il y a trois heures de cela, nous avertissant que des pratiques interdites avaient été détectées au manoir familial. Nous nous sommes rendus sur les lieux et avons trouvé votre mère en train de tenter de juguler les effets de certains sorts ainsi que votre père, en proie à un accès de démence et sérieusement blessé.
Au dire de madame Malefoy, monsieur Malefoy aurait essayé de pallier son manque de santé en ayant recours à des moyens douteux. Il a perdu le contrôle sur les forces maléfiques auxquelles il avait eu recours et elles se sont retournées contre lui. Votre mère, alertée par des bruits insolites et par les cris de votre père, est alors intervenue pour sauver la situation. Nous sommes arrivés assez tôt pour reprendre le contrôle et faire rentrer les choses dans l’ordre. Malheureusement votre père n’avait plus le plein usage de ses facultés lorsque nous l’avons retrouvé. Nous pensons d’ailleurs qu’il n’était plus responsable de ses actes lorsqu’il a recouru à des pratiques illicites. Vos parents sont actuellement hospitalisés, chambre 87, au quatrième niveau.
Veuillez trouver ici, monsieur Malefoy, l’expression de mes regrets et de mon empathie en ces moments douloureux,

Kingsley Shacklebolt
Bureau des Aurors
Ministère de la Magie.


- Je vais aller les voir ! dit Nargue Les Loups.
- N’y va pas seul !
- Il faudrait que je prévienne Faucon Avisé. Je vais lui écrire un…

Il s’arrêta brusquement et piqua du nez. Chien de Prairie le rattrapa juste au bon moment.

- Ça va ?
- Il faut que je les retrouve ! Je dois les retrouver ! dit Drago la tête dodelinante et semi-conscient.
- Oui, tu vas aller les voir !
- Retrouver ses enfants… !
- Nargue Les Loups ? Reviens à toi ! Reviens à toi !


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Drago s’était rendu à l’Avenue des fées. Il entra chez un joaillier et regarda les bagues. Le vendeur était un homme d’une cinquantaine d’années, un peu dégarni et très prévenant.

- Monsieur cherche…?
- Un cadeau pour mes parents. Je voudrais leur offrir à chacun une bague enchâssée d’une aigue-marine.
- Très bon choix, monsieur ! Voici nos différents modèles. Tous ces anneaux ne portent la pierre que vous nous demandez mais nous pouvons faire l’échange en trois secondes. Et si vous voulez voir le résultat avant, il suffit de mirer le bijou dans ce cristal aux illusions. Ceci conviendra très bien à une dame… Au fait, quelle est la couleur des cheveux de madame votre mère ?
- Blonds ! Mes parents sont blonds, comme moi.
- Oh ! Eh bien, je pense que ceci sera ce qu’il vous faut. Regardez la finesse de cet anneau et ce très joli entrelacs.

Drago fit tourner les bagues entre ses doigts et les observa dans le cristal aux illusions. Son choix fut vite fait. Celle de sa mère avait deux entrelacs à rainures, celle de son père avait des chatons en forme de patte de félidés.

- Désirez-vous un enchantement, monsieur ? C’est compris dans le prix, dit le vendeur.
- Je vais m’en charger moi-même.
- Comme vous voudrez, monsieur, mais c’est notre spécialité. Nous le faisons de père en fils et la maison existe depuis 1759.
- Je ne doute pas de vos compétences mais je désire quelque chose de très spécial et je…
- Monsieur, il va s’en dire que nous pouvons réaliser tous vos désirs, … à condition qu’ils soient honnêtes, bien entendu, ajouta le vendeur avec un regard malicieux.
- Mes désirs sont honnêtes, n’en doutez pas, répondit Drago avec légèreté. Mais je réglerai la chose moi-même. Sans façon !
- Comme vous voudrez, monsieur !
- Les gemmes sont fascinantes, n’est-ce pas ?

Drago se retourna et vit le drôle de bonhomme qui venait de lui adresser la parole. Son aspect avait quelque chose de négligé. Il était bouffi, mal coiffé, ses sourcils étaient broussailleux, son haleine était chargée et il dégageait une odeur….très humaine ! Ses vêtements étaient de couleur criarde, sa tenue tape-à-l’œil mais plus de première fraîcheur.

- Belles pierres, les aigues-marines ! Bleu….ensorcelant, n’est-ce pas ? continua notre homme.
- Oui, en effet, ce sont de très belles pierres, répondit Drago un peu embarrassé.
- Surtout que les pierres bleues, vous ne l’ignorez pas (il fit un clin d’œil) passent pour avoir…certains pouvoirs, surtout dans ce coin ! Vous me paraissez bien jeune. Vous êtes étudiant ?
- Je suis diplômé de l’école de Poudlard, répondit Drago un peu sèchement.
- Aaaah ! Puis-je vous offrir un verre nous pourrions continuer notre conversation intéressante …
- Vous m’excuserez, mais on m’attend !
- Oh ! La jeune personne pourra bien…
- Au revoir monsieur !
- Mais, il ne faut pas le prendre comme ça, mon jeune ami ! Je ne sais même pas votre nom …
- C’est réciproque, répliqua Drago en tournant les talons.

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Drago avait la désagréable impression d’être suivi. Il avait pourtant transplané jusqu’à l’allée qui marquait la frontière du campus de Witchcake. Mu par un étrange pressentiment, il ne prit pas la barque mais se changea en ours et s’enfonça dans les bois. Il avait déjà parcouru une bonne distance quand il entendit un gémissement. Les ours n’ont pas l’ouïe ou la vue plus développée que l’homme mais ils possèdent un bon odorat. Une odeur de sang vint titiller les narines de nounours. Il se repéra à l’odeur. Il entendit des cris, des bruits de lutte et puis plus rien. Son instinct le mena dans un sentier où il découvrit des flaques sanguinolentes. Il reprit forme humaine, sortit sa baguette et envoya un signal lumineux puis il perçut un grognement inquiétant. Il lui sembla apercevoir deux yeux dans un fourré. Sans même avoir eu le temps d’y réfléchir, il était redevenu un ours. Il se redressa en grogna et s’approcha du fourré. Une espèce d’hyène bicéphale détala en courant. Il la poursuivit un moment mais fini par perdre sa trace. Il revint alors sur ses pas. La bête avait attaqué quelqu’un ou un autre animal, il fallait retrouver la victime, ne fut-ce que pour pouvoir identifier l’agresseur. Drago repensait à la rencontre chez le joaillier. Madame Godfrey se trouvait déjà sur les lieux de l’attaque. Elle tenait son balai à la main et examinait l’endroit. Drago reprit alors son apparence normale.

- Ah ! C’est vous ! Que faites-vous ici ? demanda-t-elle sur un ton assez rude.
- Je reviens de l’Avenue des fées. J’ai été faire des achats et j’ai fait une rencontre assez bizarre. J’ai eu l’impression d’être suivi, j’ai préféré coupé par les bois en forme animale. J’ai entendu du bruit et j’ai senti l’odeur du sang… il y avait une hyène bicéphale dans les parages mais je ne suis pas arrivé à la rattraper. Je me demande si elle n’a pas transplané.
- Transplaner ? Impossible sur tout le campus, même par magie noire. Je suis formelle.
- En tout cas elle a fait des dégâts. Je ne sais pas ce qu’elle ou qui elle a attaqué mais il faudrait le retrouver.
- Vous avez une piste ?
- Si vous permettez…

Et l’ours fit sa réapparition. Drago suivit l’odeur, une odeur de sang, mêlé d’une autre fragrance. Cela lui rappelait quelque chose, mais quoi ? Il vit des traces sur le sol, quelque choses avait été traîné ou s’était traîné. L’odeur se faisait plus intense. Il entendit haleter et gémir, il se rapprocha d’un buisson et y découvrir une créature blessée, un être hybride entre l’homme et le loup à l’épaule ensanglantée. Nargue Les Loups redevint homme et saisit sa baguette. Il la pointa vers la créature qui lui lança un regard suppliant et émit des sons inarticulés.
Madame Godfrey arriva, chevauchant son balai.

- Mais… c’est Alden ! s’écria Drago.

La créature se mit à geindre.

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- Comment va-t-il ? demanda Nargue Les Loups à Faucon Avisé.
- C’est assez sérieux comme blessure. Et puis, il va falloir lui rendre forme humaine. On l’a transféré à l’hôpital Glover Hipworth.
- Il a fait des expériences sur lui-même ?
- Oui, malheureusement ! Sa sœur a été mordue par un loup-garou il y a deux ans. Son ambition est de devenir médicomage pour pouvoir l’aider. Mais comme il était impatient de faire progresser la science et de soulager sa sœur, il a commencé à expérimenter toute sorte de produits. Il s’est transformé artificiellement en lycanthrope pour trouver le contrepoison. Pas très réussi ! Et toi, tu as trouvé ce que tu cherchais ?
- Euh …ah oui ! Les bagues ! Les voilà ! Dis, j’ai rencontré un drôle de type chez le joaillier.

Drago lui conta toute l’histoire depuis la boutique jusqu’à l’hyène.

- Ah quoi ressemblait-il, cet homme ? demanda Faucon Avisé.

Drago prit de la sciure de bois, la jeta dans l’eau contenue dans un bassin et jeta un sort. La sciure dessina un portrait dans le récipient.

- Tu le connais ? demanda Nargue Les Loups.
- Oui ! John Johnson alias Philibert Philibus alias Docteur Prof alias Egbert Edison alias Albert Béri-Béri alias,... comment donc ? … Ah, oui ! Le comte Gontran de Gorgone. Et la liste n’est pas complète.
- Et son vrai nom, c’est lequel dans tout ça ?
- Le premier, John Johnson. C’est un escroc. Il s’est déjà acoquiné avec Diamond Dustin et ça ne m’étonnerait pas qu’il soit de mèche avec lui dans ce coup-ci. Bon, si nous en revenions à ces bagues et à tes parents. Je vais t’aider pour les charmes mais je ne pourrai pas t’accompagner là-bas et je n’aime pas que tu y ailles seul. J’en ai parlé à Chien de Prairie, il veut bien venir avec toi… seulement, j’espère que ça ne va pas te gêner, il ne veut pas s’habiller à l’anglaise.
- Oh, ça n’a pas d’importance ! Merci l’Ancien.
Chapitre 18 Trois cygnes noirs by Persis
Author's Notes:
S'éloigner pour être plus proche, paradoxe étrange mais d'actualité pour Drago.
Drago et Manfred, habillés tous les deux d’un costume de peau frangé, pénétrèrent dans une chambre à deux lits. La pièce était meublée avec goût. Lucius était un des insignes bienfaiteurs de l’établissement et il avait les moyens financiers de se permettre un peu de luxe dans cet endroit. Narcissa était assise sur son lit, le dos calé par des coussins. Dès qu’elle vit son fils, elle sursauta et lui tendit les bras pour l’accueillir. Ils s’embrassèrent chaleureusement. Narcissa était émue.

- Si j’avais su que nous nous reverrions si tôt et dans de telles circonstances… ! dit-elle le visage mouillé de larmes.

Dans le lit d’en face se trouvait un vieillard recroquevillé sur lui-même, gisant sur le flanc. Drago, estomaqué, eut du mal à reconnaître son père. Il était décharné et très pâle. Sa respiration était laborieuse. Il avait les yeux mi-clos et le regard voilé. Pourtant, à un certain moment, ses pupilles bougèrent et il sembla reconnaître son fils. Nargue Les Loups, sans rien dire, tira deux minuscules paquets de sa poche. Il offrit le premier à sa mère qui le déballa.

- Tu as fait des folies ! dit-elle.
- Mais non, maman. Ce n’est qu’un tout petit quelque chose.

Quand elle eut passé la bague, Drago s’approcha du lit de Lucius et tendit la main vers lui pour la passer au dessus de ses épaules et de son corps sans le toucher. Il sentit une force l’envahir, le picoter le long de la colonne vertébral jusqu’au bout des ongles des doigts et des orteils. Il avait l’impression d’irradier. Il se mit, presque malgré lui, à chanter et entra en transe.

Quand Nargue Les Loups revint à lui, il trouva à ses côtés une médicomage à l’air peu engageant et Kingsley Shacklebolt. Chien de Prairie le prit par les bras et le fit asseoir : il avait dépensé beaucoup d’énergie et il tenait difficilement debout. Nargue Les Loups, très intrigué regarda les deux personnages.

- Je n’aime pas trop que l’on intervienne dans le traitement, monsieur, dit la médicomage.
- Intervenir dans le traitement ? Je ne comprends pas !
- Qu’étiez-vous en train de faire ? reprit la guérisseuse.
- Ça s’est fait spontanément, je ne l’a pas senti venir.
- C’est un phénomène encore neuf pour lui, intervint Chien de Prairie, il n’a pas encore appris à le contrôler.
- Drago ! gémit Narcissa.
- Je suis là, maman répondit Drago en la rejoignant d’un pas mal assuré.
- Qu’est-ce que … qu’est-ce qu’ils t’ont appris là-bas ?
- C’est de la magie naturelle, madame, intervint Kingsley. Ne soyez pas inquiète, ce n’est plus très courant en Angleterre, mais c’est tout ce qui a de plus sain !
- Vous êtes venu leur rendre visite, demanda Drago, un peu surpris.
- Je passais par là et je voulais savoir où l’affaire en était
- Vous n’allez quand même pas renvoyer mon père àààààà…
- Non ! Je vous rassure tout de suite. Votre père a besoin de soins et de rien d’autre. Je ne veux pas fatiguer madame Malefoy avec de longues explications, je vous verrai tout à l’heure à ce sujet.

Drago prit le deuxième petit paquet, le déballa lui-même et le présenta à la guérisseuse.

- Je voudrais offrir ceci à mon père, dit-il, si vous n’y voyez pas d’inconvénient.

Elle prit la bague, passa la main au-dessus de la gemme et sourit avant de la passer à Kingsley qui eut le même geste et le même sourire.

- Bien sûr, mettez-la-lui, répondit la médicomage

Drago s’avança jusqu’au lit de son père. Celui-ci semblait le regarder à travers ses paupières entrouvertes. Le jeune homme lui prit l’annulaire de la main droite et y passa la bague. Lucius resserra alors faiblement la main sur celle de son fils puis il ferma les yeux et s’endormit.

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Nargue Les Loups n’avait jamais vu madame Whippy aussi prévenante. Elle l’avait convoqué dans son salon pour prendre le thé et s’enquerrait avec sollicitude de la santé de ses parents.

- L’Auror a dit qu’aucune charge n’était retenue contre mon père, expliquait Drago, il y aura un suivi médical, jusqu’à ce qu’on soit sûr qu’il est rétabli.
- Mais vous, comment vous sentez-vous face à ces événements ?
- C’est fort dur, surtout que cela s’ajoute à d’autres soucis. Je ne sais pas pourquoi, mais quand j’ai appris que mon ancien professeur, aujourd’hui décédé, avait eu des enf … un enfant, ça m’a fait un choc et je me sens poussé, obligé de le retrouver.
- Je ne vous suis pas, l’enfant a disparu ?
- Sa mère, quand elle était enceinte. Les Aurors la recherchent. J’ai encore rêvé d’elle cette nuit, elle débarquait dans le Nouveau Monde et se rendait dans l’auberge que tenait une des femmes qui figure sur une des photos que m’a données ma mère. Regardez !

Il fit apparaître la photo et la montra à Madame Whippy. Lady Wilda se tenait non loin d’une femme entre deux âges, vêtue de manière excentrique. La rectrice écarquilla les yeux et se leva pour ouvrir un tiroir et y prendre, elle aussi, une photo qu’elle présenta à Drago. On voyait un groupe de jeunes filles parmi lesquelles on pouvait reconnaître madame Whippy, bien plus jeune et la même personne.

- Dravina Divika, ma cousine ! dit-elle. Elle a toujours été un peu … bizarre ! Elle aime ce qui sort du l’ordinaire et elle recherche la compagnie de personnes qui lui ressemblent. Elle ne fait de mal à personne, je vous rassure tout de suite, mais il est difficile d’avoir une conversation sensée avec elle. Ça fait longtemps que je ne l’ai plus revue, d’ailleurs.
- Que venait-elle faire en Angleterre ?
- Voir du pays, sans doute ! Elle aime se déplacer. Ainsi vous avez rêvé d’elle ?
- Oui, j’ai vu la scène comme si elle se passait au XVIIe siècle. Lady Wilda était enceinte, elle était à bord du May Flower et elle se cachait des autres colons parce qu’elle ne voulait pas qu’on découvre qu’elle était sorcière. Quand elle a débarqué, votre cousine est venue à sa rencontre et l’a emmenée dans l’auberge qu’elle tenait. L’enseigne portait le nom : « Les Trois Cygnes Noirs »
- Ça, c’est étrange. Three Black Swans est le nom du hameau où Dravina a grandit. Et qu’est-il arrivé ensuite ?
- Rien, Lady Wilda a défait ses paquets et puis c’est tout.
- Vous permettez que je regarde votre photo ?... Cette dame porte un collier d’aigues-marines ?
- Il paraît qu’elle ne s’en sépare jamais.
- Il est dangereux de porter de tels bijoux pour le moment.
- À cause de Dustin ?
- Ah ! Vous êtes au courant ! Oui, à cause de lui !
- Vous pensez qu’il pourrait lui faire du mal s’il voulait ce collier ?
- Dustin ne reculera devant rien pour arriver à ses fins.
- Il y a une chose que je ne comprends pas, madame. Si je voulais m’emparer de quelque chose qui se trouve ici, je me ferais discret, j’essaierais de passer inaperçu. Alors pourquoi envoie-t-il des Détraqueurs et une hyène à deux têtes.
- Parce qu’il est fou ! Fou à lier ! Il s’est présenté ici, il y a longtemps de cela, pour venir y faire des études. Il n’avait pas les diplômes, ni, à défaut, les connaissances nécessaires pour cela. On n’a pas pu l’accepter et cela l’a aigri. Il veut nous faire comprendre qu’il est devenu quelqu’un de puissant et qu’il est une menace pour nous. Il ne faut pas chercher plus loin !

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- Faucon Avisé ? dit Nargue Les Loups. Tu sais quand j’y réfléchis, je me demande si le leurre que vous avez fabriqué pour ce timbré n’a pas l’aspect du collier de Lady Wilda.
- Tu as raison, c’est un collier, plus exactement un pendentif.
- Et il est au courant ?
- On a tout fait pour le mettre sur cette piste !
- Alors cette femme court un grand danger ?
- Si elle se trouve dans les environs, oui !
- Je DOIS la retrouver.
- C’est une arme à deux tranchants. En partant à sa recherche, tu risques d’attirer inutilement l’attention sur elle.
- C’est loin d’ici, Three Black Swans?
- Pas très loin! Mais qui te dit qu’elle y est encore? Tu ne dois pas prendre de décision à la légère.

Faucon Avisé marqua une pause puis reprit :

- Dans deux semaines, tu pourras te passer de la potion. Tu es en train de développer certaines possibilités magiques que tu n’avais pas encore découvertes en toi. Si tu veux, mais tu n’es pas obligé, tu peux me seconder pour capturer Dustin. Prends le temps de peser le pour et le contre.
- Tu me fais beaucoup d’honneur, mais je ne sais pas si je serai à la hauteur… et puis… je me sens comme une obligation morale de retrouver l’enfant de Rogue. C’est une priorité qui me presse.

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Chien de Prairie passa une peau à Faucon Avisé qui la plaça sur l’armature de la hutte. Elle était presque terminée.

- Où est Nargue Les Loups ? demanda le Nakota, ça fait trois jours qu’on ne l’a plus vu.
- Ne t’en fais pas, je sais où il se trouve.

En effet, une fois la hutte terminée, Faucon Avisé s’enfonça dans les bois et revint trois quarts plus tard en compagnie de son élève. Nargue Les Loups paraissait fatigué et amaigri mais il semblait aussi être ailleurs, dans un état second. Chien de Prairie comprit tout de suite qu’il avait entamé un processus purificatoire pour accroître certaines de ses facultés magiques. L’Ancien et son disciple entrèrent dans la tente.

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- Décidé ? demanda Faucon Avisé à Nargue Les Loups en train de se restaurer.
- Décidé ! répondit le jeune homme. Maintenant je le sens.
- Ce que tu as à faire est très simple : te laisser inviter par Johnson à boire un verre, montrer un penchant pour l’alcool, et, après quelques verres, commencer par en raconter plus qu’il ne le faudrait.
- Comment vais-je faire pour rester plus ou moins conscient ? Je tiens bien l’alcool, mais un charme pour me donner un coup de pouce ne serait pas de refus.
- Ne t’en fais pas. J’ai pensé à cela ! Sobriam ebrietatem, dit-il en tirant un petit flacon d’une poche. Mais fais bien attention qu’on ne verse pas dans ton verre autre chose que de l’alcool.
- J’ai compris !
Chapitre 19 Intoxication by Persis
Author's Notes:
Faire d'une pierre deux coups ou coïncidences malheureuses?
Drago était revenu pour la troisième fois au Balai folâtre, un bar mal famé de l’Avenue des fées, espérant que celle-là serait la bonne. Comme les fois précédentes, il avait posé les deux coudes sur le guéridon et il regardait, d’un air bizarre, le quatrième verre d’hydromel qu’il faisait tourner entre ses doigts comme s’il s’agissait du seul interlocuteur capable de le comprendre. Enfin, une forme balourde se rapprocha de lui, dégageant une odeur identifiable à vingt yards.

- Mais quiiiiiiii voilà ! s’écria Johnson, comme si Drago était de ses intimes. Vous permettez, mon garçon ? dit-il, pour la forme, en s’asseyant.

Drago supportait mal que quelqu’un d’autre que l’Ancien l’appelle comme ça, il leva un œil méfiant vers le lourdaud qui avait pris une chaise et s’installait à sa table.

- Au fait, je n’ai pas eu le temps de me présenter : Rupert Ricobert !

Voilà qui compliquait les choses ! Drago allait devoir faire doublement attention pour oublier tous les autres pseudonymes du personnage et ne pas l’appeler autrement que du nom sous lequel il venait de se présenter.

- Euh… Da …Davis Milton ! répondit Drago avec une bouche empâtée
- Ah ! Daaaaaavis! Mon cher Davis! Vous sembliez si pressé l’autre jour de rejoindre votre…votre… comment s’appelle-t-elle, au fait ?
- Jprfère l’oublier…Ouais ! snif ! vaut mieux que j’l’oublie.
- Oh ! Je suis vraiment dééééésolé ! Vous avez rompu ?
- Qu’c’que vous voulez ? …ll’a pas compris que’j’devais rend’ visite à mes parents malades et elle m’fait une scène de jalousie…. terriiiiiiiiible ! teriiiiiiiible ! snif !
- Tss, tss ! Les jeunes filles d’aujourd’hui ne sont pas toujours très compréhensives. Aaaaaah lala ! Et dire que vous vous apprêtiez à lui offrir de si jolis bijoux !
- C’tait pas pour elle, c’tait mes parents qu’ont eu un accident.
- Et c’est pour ça qu’elle a cru que…
- Mm Mm ! snif !
- GARÇON ! cria-t-il au serveur- Qu’est-ce que vous prendrez ? fit-il en se retournant vers Drago.
- L’mêm chose. C’dang’reux les mélanges !
- Vous avez raison ! Faut surtout pas se rendre malade ! Mais, dites-moi, sans indiscrétion, vous vous intéressez aux vertus et aux pouvoirs des pierres précieuses.
- Sûûûrrr, C’ça qu’j’étudie à … ààà …à…là-bas !
- Oui, moi aussi, le sujet m’intéresse, figurez-vous, … Mais que fait ce serveur ? GARÇON ! LA MÊME CHOSE POUR MONSIEUR ET POUR MOI ! … Faut croire qu’il est sourd ! Que disais-je ? Ah oui, donc l’aigue-marine, pensiez-vous qu’elle détienne plus de pouvoirs que ce qu’on lui attribue d’ordinaire… ?
- C’dépend !... C’dépend ! Si vous lancer un sort par ‘xemple ou un chenchantement ! Ben, alors, …hein ?!

Le serveur apporta une gigantesque bouteille d’hydromel et Drago fit mine de se redresser. Johnson-Ricobert s’empressa de le servir généreusement.

- Santé !
- S’té !
- On raconte, dit l’escroc en baissant la voix et en regardant tout autour de lui, qu’une certaine pierre, une gemme bleue, une aige-marine, peut-être, aurait des pouvoirs assez extraordinaires.
- Noooon ! C’dzistoires tout ça ! Des…des… euh…des contes p’r enfants ! Ffff pas croire tout qu’on r’conte, ‘savez ! D’ailleurs même l’zenfants i’z’y croient plus !

Johnson-Ricobert n’insista pas trop et changea de conversation le temps de faire siffler encore quelques verres à Drago. Puis il revint à la charge.

- Aaaah ! Bien dommage qu’il n’y ait pas de charmes pour faire revenir votre douce et tendre à de meilleurs sentiments, dit le gros homme.
- Ouais, z’dommage ! Mmm l’pierre bleue l’f’rait rien ! Non, mmmmm pas ça !
- La Pierre Bleue n’a pas ce pouvoir !
- Mmnon ! Juste… z’quand…z’quand ! hips ! P’rdon !
- Ce n’est rien ! Ce n’est rien ! Vous disiez ?
- Z’quand…euh…v’z’avez d’jà des p’voirs, ’ lllors ça l’z’augmente !
- Aaaah, je comprends !
- Mais faut pas … Chut !
- Non, non, naturellement ! Vous pouvez compter sur ma discrétion ! Et puis même, si la Pierre avait ce pouvoir, il faudrait en plus se l’approprier et je suppose qu’elle est bien cachée.
- Ah...ah oui ! p’c’que f’gurez-vous … chhhhhhhhut !... on… n…l’a dû la…pa’c’que…
- Ouiiiiiiiii ?
- Rrrrrr, pfffffff ! fit Drago en s’affaissant sur la table et en posant sa tête entre ses avant-bras.
- Allons, mon ami ! dit-il en le secouant, on vous regarde ! Essayez tout de même de… garder une certaine retenue.
- Z’vez r’zon ! Hips ! ….Bzke l’a dissimulée !
- Aaah !
- Chhhhut ! …n’un bijou …plus gzactement pendentif ! Pour une dame, ‘turellement !
- Naturellement !
- N’s’rcière, ouais ! gr’d’sorcière !
- Qui s’appelle… ?
- Ch’ pas !
- Allons ! Vous n’allez pas me dire qu’un garçon si intelligent n’a pas pu découvrir ça!
- Pfff… Rrrr ! …Rrrr !... l’dame…gzentrique…grande blonde avec n’m’che rouchagauche.
- Euh… ? Pardon ?
- Rouuuuuuuuugggggggggggeeeeeeeeeeeeeee !.... ‘gauche !
- Une mèche rouge à gauche !
- lalà ! Ell’port’ des lunettes, d’gr’d’ lunettes rondes, dit-il, avachi, en formant un cercle avec la main autour d’un des ses yeux. C’pas beau.
- Non en effet ! C’est un vrai manque de goût !

Drago conclut la conversation en mâchouillant qu’il avait sommeil et qu’il devait rentrer avant minuit faute de quoi son carrosse redeviendrait citrouille et ses chevaux, souris. Il sortit dans l’avenue en titubant, laissant le soin à Johnson-Ricobert de régler les consommations puis il se dirigea en se tenant aux murs des bâtisses vers l’escalier qui menait au bar d’Erwin. Là, deux Autochtones le réceptionnèrent et le mirent au lit, dans une arrière-salle.

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Drago se releva en se frottant la tête et en faisant la grimace.

- Et alors, ça va ? demanda Faucon Avisé en se penchant vers Nargue Les Loups.
- Ton produit, ça n’empêche pas le mal aux cheveux ! Il faudrait le perfectionner !
- Le produit amélioré existe mais il est interdit de l’employer : ça encouragerait l’alcoolisme et on ne pourrait pas reconnaître un bon alcool d’un mauvais !
- Ouais, tu as raison. On a dû trafiquer cet hydromel !
- Il comportait sans doute un degré d’alcool supérieur à ce qui est indiqué sur l’étiquette !
- Bon ben, c’est réussi : on a intoxiqué l’adversaire. Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?
- Toi, tu te reposes. Tiens, si tu veux, tu peux aller faire un tour à Three Black Swans !

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La carte de visite portait l’adresse


Dravina Divika
Magicienne
4e 1/3 avenue, 7b
Donner trois vers au crapaud




Drago avança le long de la 4e avenue jusqu’à hauteur d’un terrain vague où on avait planté un panneau ‘Propriété privée – Prière de ne pas déranger les crapauds’. Il s’avança dans le terrain dans la direction d’une mare. Il s’accroupit et agita sa baguette magique au-dessus du sol pour déterrer trois lombrics. Un gros batracien sortit alors de l’eau et avala goulument les vers infortunés. Quand Drago se redressa, il vit un modeste bungalow de bois peint en blanc qui venait d’apparaitre. Il se dirigea vers la porte. Une vieille dame qui avait essayé de rassembler sa chevelure indomptée dans un chignon ouvrit la porte. Elle ne ressemblait en rien à la personne qu’il avait vue sur les photos.

- Bonjour Madame, Je m’appelle Drago Malefoy. Je voudrais voir madame Divika. Est-ce qu’elle est chez elle ?
- Si elle est chez elle, je n’en sais rien ! Mais en tout cas, elle n’est pas ici. Elle n’habite plus cette demeure depuis longtemps. Je suis la nouvelle propriétaire, Ursula Runset. Mais donnez-vous la peine d’entrer !

La vieille dame fit asseoir Drago au salon et lui servit des cookies et du thé.

- Dravina n’habitait plus ici qu’occasionnellement depuis plusieurs années. Elle a fini par me vendre sa maison. Ça faisait des années que je l’occupais pour y garder un peu de vie. Un bâtiment inoccupé se dégrade vite. C’est un endroit tranquille et je peux m’adonner à loisir à mes occupations favorites : la botanique et l’étude des créatures magiques.
- Connaissez-vous sa nouvelle adresse ?
- Elle habite dans le Dakota. Puis-je savoir pourquoi vous la cherchez ?
- Nous avons une connaissance commune que j’essaie de retrouver. Peut-être sait-elle où elle se trouve.
- Vous avez perdu son adresse, à elle aussi ? demanda la vieille dame avec une pointe de malice.
- Non … Elle a disparu… Je dois la retrouver …C’est quelque chose que je n’ai éprouvé auparavant. C’est comme un devoir qui s’impose à moi. Comme si j’avais contracté une dette et que j’avais hâte de l’acquitter…
- Une dette envers qui ?
- Un mort ! … un de mes anciens professeurs.
- Dravina habite non loin de Drake.
- La femme que je cherche était enceinte quand elle est arrivée aux États-Unis.
- Je vous ai dit tout ce que je savais.

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Faucon Avisé ouvrit des yeux ronds.

- Tu plaisantes, dit-il
- Ben non !répondit Nargue Les Loups. Pourquoi ?
- Pf !... parce qu’on essaie de diriger Dustin juste à cet endroit !
- À ... À Drake, au Dakota du nord ?
- Dans les environs.
- Mais ce n’est pas possible !
- Malheureusement, si !
Chapitre 20 Serpentin by Persis
Author's Notes:
Le danger est au rendez-vous
Nargue Les Loups et l’Ancien apparurent sur le bas-côté de la 9e avenue, une voie déserte bordée d’espaces verts. Ils ne furent pas longs à remarquer une petite route de campagne qui débouchait sur l’asphalte. Un écriteau portait l’inscription :
Etang Serpentin
deux minutes en balai.


Les deux hommes s’engagèrent sur le chemin et aperçurent bientôt un petit hameau au bord d’un étang. Quelques sorciers allaient et venaient dans les ruelles et les sentiers. Une bâtisse portait l’enseigne Le philtre Guilleret. C’était une espèce de magasin-bar où l’on pouvait acheter un fatras d’articles les plus divers qui allait du balai à la baguette magique en passant par les herbes et les plantes nécessaires à la confection des potions ou bien prendre une consommation. Le tenancier était un petit homme chauve et replet, aux sourcils broussailleux et au regard perçant.

- Que puis-je pour ces messieurs? demanda-t-il avec un accent local très prononcé.
- Deux hydromels, s’il vous plaît, commanda Faucon Avisé.

Comme convenu, Drago et l’Ancien sortirent de l’établissement après avoir siroté leur verre. Faucon Avisé alla reconnaître le côté sud –est et Nargue Les Loups le nord-ouest. Drago s’engagea dans une sorte d’allée poussiéreuse aux multiples recoins. Les maisons éparses qui la bordaient ignoraient le sens du mot « alignement ». Après avoir parcouru un demi-mille, il aperçut entre deux masures une silhouette au chef blond filasse avec une tache rouge. Il s’arrêta, abasourdi. L’appât était censé se trouver à une centaine de milles de là ! Il s’approcha de la personne, une dame entre deux âges dont il ne fut pas long à reconnaître les traits.

- Madame Divika ?

La sorcière se retourna assez étonnée et dévisagea le jeune homme avec méfiance.

- Oui ! Quel est votre nom et que puis-je pour vous ? dit-elle un peu sèchement
- Drago Malefoy, madame. Je ne m’attendais pas à vous rencontrer ici.
- Ah ! … le fils Malefoy ? répondit-elle avec une pointe de mépris. J’ai un vague souvenir de vous. J’ai dû vous entrapercevoir chez vos parents. Plutôt snobs ! Comment vont-ils, maintenant que leur coqueluche a perdu la partie ?
- Pas très bien mais pour d’autres raisons et, au fait, je ne suis pas ici pour parler d’eux, dit Drago, un peu vexé. Votre coiffure est une menace pour votre sécurité, madame.
- Mais ! …Par la barbe de Merlin ! En voilà une bonne ! Et de quoi je me mêle, mon jeune ami ?
- Je suis sérieux, madame. Il vaudrait mieux changer votre coloration. On recherche une dame blonde avec une mèche rouge pour lui ravir un bijou.
- Sornettes !
- C’est lié à la légende de la Pierre Bleue.
- Il y a encore des demeurés pour y croire ?
- Oh que oui ! répondit une autre voix. Avada Kedavra !

Tout se passa très vite. En reconnaissant la voix de Johnson qui lui lançait un sort dans le dos, Drago fit un saut sur le côté pour l’éviter et perdit l’équilibre. Il tomba et sa tête heurta une pierre, ce qui lui fit perdre connaissance. Quand il reprit ses esprits, il entendit pousser des hurlements. Combien de temps avait-il été inconscient ? Peu de temps, lui semblait-il. Le sang lui dégoulinait sur le front et il était étourdi. Comment cet imbécile de Johnson ne s’était-il pas rendu compte qu’il n’était pas mort ? Des cris lui parvenaient de derrière le bâtiment à côté duquel il était allongé.

- Pitié ! Arrêtez !... Je ne l’ai plus ! Je ne l’ai plus !
- Où est-elle, vieille pie ?

Nargue Les Loups se releva et longea le mur de planches de la maison qui cachait la scène.

- Où est la pierre ? criait Johnson. Endoloris !
- AAAAAAARGH ! … Je … Je…l’ai…donnée …à Wilda Wilkes, …elle est à ..Minot
- Où ? Dans quelle rue ?
- Je ne s…
- Expelliarmus ! murmura Nargue Les Loups, en pointant sa baguette. Petrificus Totalus ! Incarcerem ! Accio baguette ! Ça va madame Divika ?

Drago, après s’être assuré que Johnson était réellement hors d’état de nuire alla s’occuper de la sorcière.

- Vous n’êtes pas mort ? s’exclama-t-elle
- Je ne le pense pas ! Comment vous sentez-vous ?
- En pleine forme, répondit-elle en faisant une affreuse grimace. Vous, vous saignez !
- Ce n’est pas grave !
- D’où sort cet individu ? demanda-t-elle en se massant les jambes.

Nargue Les Loups ne répondit pas directement, il mit les mains en cornet autour de sa bouche et imita le cri d’un rapace. Un cri lui répondit dans le lointain. Drago se pencha alors vers la magicienne et lui fit quelques passes pour la soulager.

- Il est arrivé à me suivre sans que je ne m’en rende compte, reprit-il. Ce n’est pas normal, Ces demeures sont inhabitées ?

Il était étonné que personne ne se soit porté à leur secours.

- J’habite seule la première maison, répondit Dravina. L’autre bâtiment c’est mon atelier.
- Wilda Wilkes habite vraiment à Minot?
- Si vous pensez que j’étais en état d’inventer des histoires ! Je sais : ce n’est pas beau ! Mais ça faisait tellement mal ! Alors, je me suis souvenue du collier de Wilda. Vous la connaissez ?
- Pas vraiment. Juste le père de ses … de son enfant. Je voudrais les retrouver.
- Elle a perdu tous ses pouvoirs magiques. Le choc de la fin de son Lord Voldetruc ! Au fond, elle en avait la trouille. Je ne la comprends plus. Elle ne veut même pas qu’on l’aide à récupérer ses pouvoirs. Une honte ! Elle est partie de chez moi avant d’accoucher. Elle disait qu’elle voulait vivre comme une Moldue en donnant des cours de…euh… de pio…, de pino… ? Enfin, un instrument de musique !
- De piano ?


Un faucon apparu dans le ciel. Nargue Les Loups lui tendit le bras, il s’y posa puis déploya les ailes avant de faire un petit saut en arrière et de reprendre forme humaine. Les renforts ne furent pas longs à les rejoindre. Un médicomage prit soin de Dravina Divika pendant que le sorshiérif du comté, un homme aux traits asiatiques, et son adjoint emmenait Johnson en lieu sûr.


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Faucon Avisé et Nargue Les Loups se retrouvèrent dans le bureau de l’officier devant une bièraubeurre.

- Ça va, ta bosse ? demanda l’Ancien.
- Ouaille ! Ouille ! répondit l’Anglais en riant. Je ne sens plus rien ! Heureusement que j’ai pu éviter l’Avada Kedavra .Je ne comprends pas qu’il ne soit pas rendu compte qu’il avait raté son coup.
- Il était trop pressé d’interroger sa patiente pour prendre le temps de vérifier. Ce genre de personne est trop sûr de soi, c’est que qui les perd.
- Heureusement qu’il n’a pas eu le temps de communiquer les informations sur Lady Wilda à son comparse.
- Là, je ne serais pas si catégorique. La prudence s’impose. On ne sait toujours pas comment il a pu te repérer.

Le sorshiérif vint les rejoindre.

- Les officiers des Forces Baguettistes d’Investigation sont en train de le cuisiner, dit-il. Mais il ne veut pas lâcher le morceau. Dustin a des espions sur le territoire, on a pu en intercepter quelques uns mais comme ils ne se connaissent pas forcément entre eux, on n’est pas encore arriver à démanteler tout le réseau.
- On est en train de se demander comment Johnson a pu me retrouver, dit Nargue Les Loups
- Il n’a pas pu y arriver tout seul, répondit l’officier. Johnson est un sorcier médiocre. Je ne sais même pas si son Avada Kedavra vous aurait tué s’il vous avait atteint. À voir la façon dont Dravina se remet du Doloris, la puissance magique ne devait pas être très forte.
- Pourtant, elle hurlait, répondit Drago. Et elle souffrait au point de donner le nom et l’adresse de Lady Wilkes.
- Qu’elle rôle tient cette dame dans l’affaire ?
- Victime potentielle, dit Faucon Avisé. Elle porte un collier d’aigues-marines.
- J’ai neutralisé Johnson directement après que madame Divika ait désigné Lady Wilkes comme la détentrice de la Pierre Bleue, dit Drago.
- Ne vous fiez pas à ça, répondit le sorshiérif en balançant la tête négativement. Si un comparse s’est changé en insecte pour assister à l’interrogatoire, Dustin sera vite au courant.


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- On va où et on fait quoi ? demanda Nargue Les Loups, assez nerveux.
- Mais arrête de t’en faire comme ça ! L’officier Eibin et son adjoint font le nécessaire pour ta Lady. Nous, on s’occupe de repérer les activités magiques hors du commun, c’est tout.
- Hors du commun ! reprit le jeune homme en soupirant.

Ils s’engagèrent dans le territoire des étangs Est, la baguette ou le bâton magique en l’air afin de percevoir des radiations étranges. Drago était tendu comme un élastique. Il supportait mal de ne pas pouvoir s’occuper personnellement de la recherche de Lady Wilda et se demandait s’il avait bien fait d’accepter ce poste d’apprenti détective. Ils avaient marché pendant un bon quart d’heure quand Faucon Avisé poussa une sorte de grognement.

- Là, dit-il en pointant son bâton.

Tous les deux transplanèrent quatre furlongs plus loin.

- Reste près de moi ! ordonna Faucon Avisé.
- Regarde ! cria Drago
- Reste sur tes gardes, répondit l’Ancien.

À un jet de pierre, un pied dépassait d’un fourré. L’Autochtone se pencha et découvrit le corps sans vie d’Eibin. En une fraction de seconde, un rayon vert sortit de nulle part, et se dirigea vers les deux hommes. Drago eut juste le temps de jeter un Protego. Il dut lutter de toutes ses forces pour parvenir à rester debout. Il sentit une force violente l’effleurer et entendit crier. Il vit alors une forme bestiale et gigantesque se dresser devant lui. On aurait dit une hydre, un monstre polycéphale. Il jeta alors un Sectumsempra qui arracha un hurlement à l’être qui lui faisait face pour reprendre tout aussitôt le charme du bouclier. La bête recula en titubant et en se contorsionnant puis disparut subitement. Drago resta un moment sous le bouclier puis aperçut, horrifié, le corps inanimé de son mentor. Il se précipita vers lui et le prit dans ses bras.

- NON ! NON ! hurla-t-il .
Chapitre 21 Petite Ourse by Persis
Author's Notes:
À cheval entre deux cultures, entre deux missions, entre le passé et l'avenir, les nouveaux pouvoirs et les anciennes pratiques, entre Drago et Nargue Les Loups.
Drago sentit la cage thoracique de Faucon Avisé se soulever sous ses mains. Il réalisa brusquement qu’il ne se servait à rien de paniquer et de se lamenter. Il examina le corps. L’épaule et le bras droits étaient endommagés. Nargue Les Loups, mu par une sorte d’instinct primordial, entonna des incantations conjuratoires tout en opérant des passes. Au bout de cinq minutes, Faucon Avisé entrouvrit les yeux et murmura :

- Mène-moi … à Aigle Noir… Fort Berthold…

Puis il perdit connaissance. Nargue Les Loups se pencha vers lui, le prit dans ses bras et l’enserra. Puis, se concentrant sur les mots « Aigle Noir, Fort Berthold » il transplana avec son maître jusqu’à ce qu’il se heurte à un mur invisible. Il atterrit un peu brutalement dans une prairie. Il était préoccupé par l’état de son Ancien, le choc pouvait avoir eu des conséquences sur ses blessures. Faucon Avisé remuait un peu et sa tête dodelinait de droite à gauche. Nargue Les Loups s’installa près de lui et se remit à chantonner des incantations. L’Ancien revint à lui et le regarda.

- Je ne peux pas aller plus loin par transplanage, expliqua Nargue Les Loups.
- Laisse-moi ici, répondit Faucon Avisé d’une voix faible. Va chercher … Aigle Noir, … au campement … Après … retrouve cette femme.
- Je ne peux pas te laisser seul ici
- Fais … ce que je te dis.

Il laissa retomber les paupières sans toutefois perdre totalement connaissance. Le jeune homme chercha du regard un endroit qui ne serait pas trop incommode pour le blessé. Il l’y transféra par mobilicorpus puis y installa son mentor, le plus confortablement possible. Ensuite il se changea en ours et prit la direction du mur invisible, espérant ainsi trouver ce campement dont il ignorait la localisation exacte. Il rejoignit en courant un endroit surélevé garni d’un petit bosquet. Au détour du chemin, après le troisième arbre, une surprise de taille l’attendait : un ours. Il n’avait pas prévu ça. Le temps pressait et il n’avait aucune idée de la façon dont se comporte un animal de son espèce quand il en rencontre un autre. La bête qui lui faisait face s’était redressée sur ses pattes arrière et semblait vouloir l’intimider. Il en fit de même, tout en se disant qu’il avait autre chose à faire que de se battre. Il se rendit vite compte que l’ours était en fait une ourse. Les deux animaux se regardèrent quelques instants, campés sur leur position. Mais assez rapidement, l’ourse se métamorphosa en une belle jeune fille lakota. Nargue Les Loups, soulagé, reprit forme humaine. Elle le regarda un peu étonnée et lui demanda dans son langage :

- Que viens-tu faire ici ?
- Faucon Avisé a été grièvement blessé. Il m’a demandé d’aller chercher Aigle Noir.

Sans prendre le temps de répondre, la demoiselle reprit son apparence animale et se mit à courir. Nargue Les Loups en fit de même et la suivit. Ils parvinrent ainsi à un campement de tipis où tous deux reprirent leur forme humaine sans cesser de courir pour autant. La jeune fille se précipita vers une tente, appela à la porte Aigle Noir puis, entendant qu’on lui répondait, y pénétra, le jeune Anglais sur les talons. Un vieux chamane se trouvait à l’intérieur, qui les scruta du regard. Nargue Les Loups, tout essoufflé essaya d’aller au plus vite :

- Faucon Avisé … est blessé … il m’a dit … d’aller vous … chercher !
- Où est-il ? demanda l’homme-médecine.
- Au sud est, répondit la jeune fille, après le bosquet
- Au-delà du territoire … où on ne peut … plus transplaner ! acheva Drago.

Aigle Noir sortit du tipi, se transforma en rapace et s’envola. Drago aurait le suivre mais la jeune Lakota le retint.

- Laisse, dit-elle. Ça ne sert à rien de l’accompagner, il vaut mieux le laisser faire.
Je m’appelle Petite Ourse et toi ?
- Petite ?! Tu as pourtant une belle taille ! … On m’appelle Nargue Les Loups.
- De quelle nation es-tu ?
- Anglais !
- Mais… tu parles un langage algonquien ! Comment ça se fait ?
- Je n’en sais rien ! C’est venu tout seul, une fois que Faucon Avisé m’a pris pour disciple.
- Alors je comprends. Viens t’asseoir !
- Je préfère attendre ici, si cela ne te fais rien.
- Que tu attendes ici ou à l’intérieur, ça ne va rien changer. Aigle Noir sait très bien ce qu’il a faire. Viens.

Il la suivit, un peu à regret.

- Comment Faucon Avisé a-t-il été blessé ? demanda Petite Ourse.
- Nous avons été attaqué par une créature étrange. Je ne sais pas trop ce qui s’est passé ni comment s’est arrivé.
- Et ça s’est passé où ?
- Près de l’étang Serpentin.
- Vous étiez là en voyage ?
- Écoute, ne le prends pas mal, mais je ne sais pas ce que je peux te dire. Je préfère rester discret.
- Comme tu voudras, répondit-elle avec un franc sourire. On peut parler de toi, si tu veux !
- Ou de toi !
- Tu es l’hôte, à toi l’honneur !
- Mes parents m’ont appelé Drago. Je suis fils unique, j’ai dix-neuf ans et j’étudie à l’université de Salem.

Nargue Les Loups était en train de lui raconter son année académique à Witchcake quand son attention fut attirée par le son d’un clopinement. Les deux jeunes gens sortirent du tipi et virent Aigle Noir chevauchant un appaloosa qui tirait derrière lui un traineau. Celui-ci ne reposait pas sur le sol mais le survolait à trois pouces de distance pour ne pas secouer la personne qu’il transportait. Faucon Avisé fut installé à l’intérieur en très peu de temps. Nargue Les Loups s’était planté à ses côtés et ne le quittait pas du regard.

- Dis-moi, jeune garçon, demanda Aigle Noir, tu as essayé de le soigner ?
- Oui. J’ai fait quelque chose qu’il ne fallait pas ?
- Qu’as-tu fait exactement ?
- J’ai chanté et j’ai passé mes mains au-dessus de ses blessures.
- Qui t’a appris ces chants ?
- Personne. C’est venu tout seul. J’ai eu tort ?
- Non, tu as très bien fait, c’est ce qu’il fallait faire.

Faucon Avisé qui avait entendu la voix de Drago, ouvrit les yeux et tourna la tête dans sa direction. Nargue Les Loups se pencha et approcha son visage tout près du sien.

- Retrouve cette femme ! Va ! dit-il.

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Aigle Noir mit rapidement Petite Ourse au courant de la situation. Elle accompagnerait Nargue Les Loups à Minot, elle connaissait la ville. Les deux jeunes gens se rendirent à la frontière du territoire du village. Petite Ourse regarda Nargue Les Loups qui était vêtu d’un ensemble en peau frangé.

- Tu ne peux pas voyager comme, ça, dit-elle en riant.
- Pourquoi ?
- On va nous repérer ! Attends !

Un coup de bâton de magique suffit pour les habiller d’un jeans et d’un sweat-shirt et les chausser de baskets. Drago fit la grimace en voyant sa tenue moldue, ce qui amusa beaucoup la jeune fille. Elle le prit par le bras et, après avoir transplané, ils se retrouvèrent sur un parking à l’ombre d’un hangar. Ils se hâtèrent de sortir du lieu pour se rendre dans un endroit discret.

- Je ne sais pas où elle habite exactement, avoua Drago.
- Qu’est-ce que tu fais dans ces cas-là ?
- Euh… !
- Ne me dis pas qu’on n’apprend pas ça en Angleterre !
- Si j’ai… pour tout t’avouer, la manière dont je m’y prendrais spontanément n’est pas très recommandable et l’autre manière, je…
- Bon, ça va, j’ai compris. Regarde !

Petite Ours tira un mouchoir de sa poche qu’elle transforma en cuvette. Drago saisit alors ce qu’elle voulait faire. Il sortit sa baguette et prononça l’aguamenti qui remplit d’eau le récipient.

- Vas-y, dit Petite Ourse satisfaite de voir Drago recouvrir la mémoire.

Nargue les Loups prononça la formule, en craignant qu’elle n’ait pas la puissance du maléfice qu’il avait appris de son père :
Par le septentrion et le midi, le levant et le couchant,
eau magique, va mouvant
sous le souffle de ce vent,
de Wilda Wilkes, sans te soustraire,
découvre nous le repère.



Une brise se leva et rida la surface de l’onde. Son reflet se mua et montra une rue bordée d’immeubles sordides. La vision se précisa et cerna en gros plan un de ces bâtiments puis son numéro, le hall d’entrée et une boîte aux lettres portant le nom de W.Wilkes. Les jeunes gens transplanèrent à nouveau pour réapparaître dans un angle du hall qu’ils venaient de voir dans la cuvette. Un Afro-américan, mal vêtu, qui se dirigeait vers la sortie se retourna, surpris de ne pas avoir remarqué leur présence précédemment.

- Viens, dit Petite Ourse, inutile de moisir ici.

Elle prit Drago par la main et l’entraîna diligemment vers l’ascenseur. Drago était fort étonné de voir la jeune autochtone si familiarisée avec le maniement des engins moldus. Il la regardait avec des yeux ronds.

- Où as-tu appris comment ça marchait ?
- Ben, dans la vie comme tout le monde !
- Tes parents sont des Moldus ?
- Oh, tu sais chez nous, ce genre de distinctions est très vague. J’ai été dans une école tout ce qui a de plus ordinaire avec les autres enfants et j’ai appris la magie au village. Les gens de notre peuple, sont tous un peu sorciers, certains plus que d’autres.
- Ah ! fit Drago, sceptique.
- Cette distinction Moldu-sorcier, ça me fait un peu rire, tu sais.

La figure de Drago prit une expression bizarre. Petite Ourse ouvrit la porte de l’ascenseur et se dirigea tout droit vers l’antre de W.Wilkes.

- C’est ici, dit-elle.
- Euh … comment est-ce que… ?
- Ben, pousse sur le bouton ! Ici ! Allez ! Pousse ! Mais pas comme ça, avec la pointe de l’index !

La jeune Lakota pouffa devant l’air guindé et maladroit de son compagnon. Elle ne reprit son sérieux qu'en voyant la porte s’entrouvrir et le visage émacié et tourmenté d’une femme apparaître dans l’entrebâillement.

- Bonjour ! dit celle-ci d’un ton las.
- Bonjour madame, répondit Nargue Les Loups. Vous me reconnaissez ?
- Votre visage me dit vaguement quelque chose.
- Drago Malefoy, madame , je …
- Oh ! souffla-t-elle, épouvantée, par Merlin !

Sous le coup de la surprise et de l’effroi, elle laissa la porte s’ouvrir complètement et les deux jeunes gens en profitèrent pour entrer dans l’appartement. L’intérieur était peu attrayant, sombre, pas très propre et assez négligé.

- Madame, excusez-moi d’être si direct, dit Drago. Vous êtes en danger. Un individu sans scrupule est en route pour vous retrouver et vous voler votre collier d’aigues-marines. Il faut partir sur le champ.
- Mais pourquoi mon collier… ? murmura Lady Wilda en portant la main à sa parure.
- Il lui attribue certains pouv…
- Vite ! interrompit Petite Ourse. Il faut partir tout de suite !
- Tenez-nous ! dit Drago en la prenant par les bras
- Mais je…

Avant qu’elle ait pu achever sa phrase Petite Ourse et Nargue Les Loups l’enlacèrent et transplanèrent avec elle jusqu'aux frontières du campement.
Chapitre 22 Baby Dolly by Persis
Author's Notes:
Enfin, on les a retrouvés! Mais on n'est pas sorti de l'auberge pour autant.
Petite Ourse fit entrer Lady Wilda, visiblement très effrayée, dans son propre tipi. Drago lui emboîta le pas.

- Mais qu’est-ce qui se passe? demanda l’Anglaise en serrant les doigts sur son collier.
- Un mage fou cherche à s’emparer d’une pierre précieuse de couleur bleue, répondit Drago. Il pense que cette pierre va le rendre plus puissant. En fait cette pierre n’existe pas. Comme il a plusieurs exactions à son actif, on lui a tendu un piège en créant un leurre. Malheureusement par une suite de quiproquos trop longs à vous expliquer, il a pensé qu’une autre personne la possédait. Cette personne, qui n’était au courant de rien, a malencontreusement donné votre nom quand un des complices de cet homme l’a interrogée.
- C’est Dravina, n’est-ce pas ?
- Pourquoi pensez-vous cela ?
- C’est la seule qui soit au courant pour mon collier. La seule sorcière que je connaisse dans ce pays.
- Vous… vous n’avez aucun contact avec les autres sorciers ? s’exclama Drago très étonné.
- NON ! Je ne suis plus une sorcière ! C’est fini ! Terminé ! Je ne veux plus rien à voir avec…

Elle éclata en sanglots et enfouit son visage dans ses mains. Nargue Les Loups échangèrent un regard grave. Petite Ourse passa le bras sur son épaule.

- Je voudrais être morte ! hoqueta Lady Wilda. Je n’aurais jamais dû survivre à tout cela !
- Les choses peuvent s’arranger, croyez-moi, répondit doucement Drago.
- Ils me … cherchent …n’est-ce pas ?
- Qui « ils » ?
- Les autres Mangemorts !
- Non, pas que je sache ! La page est tournée. C’est du passé, tout ça !
- Mais vous …. ?
- Moi, je suis venu ici pour changer d’air. Pas pour vous poursuivre ! C’est par hasard que j’ai appris votre présence en Amérique. Quand on m’a dit pour le professeur Rogue et vous.

Lady Wilda se redressa.

- Que savez-vous exactement? demanda-t-elle en se durcissant.
- Qu’il vous a rendu mère sur l’ordre de Tom Jedusor.

Lady Wilkes poussa un soupir de soulagement en entendant Drago appeler le Seigneur des Ténèbres par son vrai nom. Elle sentait un poids qui tombait de ses épaules. Si le fils Malefoy l’appelait comme ça, elle n’avait plus à se méfier de lui.

- Au fait, l’enfant ? Il n’y avait pas de bébé avec vous ? reprit Drago, inquiet.
- Je les ai abandonnés.
- «Les» ?
- C’était des jumeaux. Un garçon et une fille. Quand j’ai su que j’étais enceinte j’ai dit à Vous-Savez-Qui qu’il valait mieux que je me retire un moment pour mener ma grossesse à terme. Il a bien voulu. J’ai d’abord séjourné à la campagne dans une vieille demeure qui appartient depuis longtemps à ma famille. Mais quand j’ai appris l’issue de la bataille de Poudlard … (elle marqua une pause) … j’ai voulu transplaner loin, très loin …. Je n’en étais plus capable ! Je me suis souvenue de Dravina, elle m’avait invitée à venir lui rendre visite quand je l’ai rencontrée chez vos parents. Vous étiez au collège, vous n’avez pas dû la voir.
- En effet !
- Je lui ai envoyé un hibou. Elle est venue me chercher. Mes pouvoirs magiques s’étaient affaiblis et ils se sont affaiblis chaque jour davantage. Dravina ne comprenait pas que je ne veuille plus les retrouver.
- Mais pourquoi ne voulez plus être sorcière ? demanda Drago avec vivacité.

Petite Ourse lui jeta un regard de reproche.

- Parce que … répondit Lady Wilda avec véhémence, parce que … c’est ainsi ! C’est mon choix ! C’est moi que ça regarde !
- Quand je pense que vous êtes née dans une famille de sang-pur et vous… !
- Nargue Les Loups ! coupa Petite Ours avec sévérité et en parlant lakota.
- Sang pur ! Sang pur ! s’exclama Lady Wilda À quoi ça m’avance d’avoir le “sang pur” (elle prononça ces mots avec une sorte de mépris) quand je me retrouve sans famille, sans amis, loin de mon pays, sans espoir de pouvoir libre sur le sol qui m’a vue naître … ?
- C’est bon ! C’est bon ! répondit Drago en essayant de calmer le jeu. Vous avez raison : il y a des choses plus importantes dans la vie. Je n’aurais pas dû m’emporter comme ça.
Mais, dites-moi, que sont devenus vos enfants ?
- Mes enfants ? Comment pourrais-je les regarder comme mes enfants ? Je les ai abandonnés, je vous l’ai déjà dit ! J’avais quitté Dravina quand j’ai accouché. Je les ai laissés à Drake. Laissez-moi maintenant !

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Nargue Les Loups trouva Faucon Avisé mi-assis sur sa couche, le dos calé par des couvertures.

- Bonsoir l’Ancien ! Comment te sens-tu ?
- Mieux ! Grâce à toi !
- À moi ?!
- Tu as eu les bons réflexes au bon moment.
- Je ne comprends toujours pas ce qui s’est passé.
- Dustin a, semble-t-il, le pouvoir de se transformer à volonté dans la créature de son choix.
- Et ce rayon vert ? Si ça avait été un Avada Kedavra, nous ne serions pas là en train de parler.
- Non effet ! Il ne peut pas combiner une métamorphomagie acquise et la puissance nécessaire pour lancer les sortilèges impardonnables.
- Il a pourtant tué le sorshiérif !
- Pas par l’Avada Kedavra. Je n’ai pas eu le temps d’en voir assez pour comprendre comment il s’y est pris. Les Forces Baguettistes d’Investigation sont en train d’enquêter. Ben tiens ! quand on parle du sorcier…
- …on en voit la baguette répondit une femme d’une trentaine d’années qui entrait dans le tipi.
- Esméralda! mon disciple, Nargue Les Loups, qu’on appelle Drago Malefoy en Angleterre. Mon garçon ! Esméralda Enchanting officier du FBI.
- Tu pourrais répondre à quelques questions ? demanda l’officier en souriant.
- Je ferai de mon mieux !

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Nargue Les Loups était assis dans l’herbe à côté d’Enchanting.

- Je vous assure que je n’ai pas réfléchi, disait-il. J’ai lancé le premier sort qui me passait par la tête. Et puis il s’agissait d’un animal. Je ne pouvais pas savoir qu’il s’agissait d’un être humain métamorphosé.
- Je comprends très bien. On ne peut pas vous le reprocher puisque votre déposition rejoint celle de Faucon Avisé. Mais si j’étais vous, j’éviterais de lancer ce Sectumsempra. Ce n’est pas un sort très innocent.
- Je… je me vois mal employer un sortilège impardonnable.
- Contre un animal ? Vous venez vous-même de me le faire remarquer ! Et la magie noire, ça vaut mieux ?
- Je sais, ce n’est pas très logique.
- Écoutez, l’important c’est que vous soyez tous les deux sain et sauf et que la Lady soit en sécurité.
- Je vais devoir retrouver ses enfants.
- Il vaudrait mieux que vous restiez ici, c’est plus prudent.
- Si ce cinglé apprend qu’elle a eu des gosses, il se servira d’eux comme moyen de chantage.
- Où sont-ils ?
- D’après elle, à Drake. Mais j’ai l’impression qu’elle me ment.
- Drake n’est pas un endroit sûr pour vous en ce moment.
- Le sort que l’hydre a lancé, je veux dire, ce rayon vert, qu’est-ce que c’était ?
- Nous n’en sommes pas encore sûrs. Comme vous venez de le dire, c’est un rayon, et pas un sort. Il ne tue pas inexorablement comme l’Avada Kedavra mais il blesse. Le sorshierif Eibin a d’abord été neutralisé par ce rayon, puis égorgé.

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Petite Ourse en jeans et en sweat-shirt aubergine, coiffée d’une casquette bleue, regarda à droite et à gauche.

- Dépêche-toi, dit-elle à Nargue Les Loups.

Drago était habillé à la moldue, il portait le même couvre-chef et une jolie queue de cheval blonde tombait entre ses omoplates. Il pressa le pas et pénétra avec elle dans le bâtiment de la mairie.

- À toi de jouer, dit-il à la jeune fille.

Celle-ci se dirigea vers le bureau de l’employée.

- Bonjour madame. Une de nos cousines a accouché, il y a de cela six mois de cela et elle a abandonné ses enfants. Vous comprenez, elle s’est disputée avec sa famille, elle est partie de chez elle. Elle est très dépressive, vous voyez, et maintenant que nous l’avons retrouvée nous voudrions prendre en charge ses enfants.
- Vous me semblez bien jeunes !
- Voici les documents, madame, ils sont en ordre ! répliqua Petite Ourse en lui mettant de faux papiers sous le nez.

L’employée poussa un soupir et entra les données dans l’ordinateur

- Wil-da-Wil-kes, souffla-t-elle … Quelle date ?
- Janvier de cette année.
- Rien ! … Non,… je suis désolée, je ne vois rien !.... même dans les mois précédents … et les mois suivants … vous êtes sûre qu’elle a abandonné ses enfants à Drake ?
- C’est ce qu’elle dit ! Vous savez, une personne dépressive peut avoir des troubles de mémoire.
- Ou mentir ! … Je suis désolée de ne pas pouvoir vous aider. Je vous souhaite bonne chance quand même.
- Merci madame !
- Dis, demanda Drago alors qu’il s’éloignait, c’est quoi cet appareil? Pourquoi est-ce qu’elle tapait avec ses doigts sur ce truc ?
- Tu es vraiment incroyable, toi ! Tu n’as jamais vu un ordinateur de ta vie ?
- Ben non !
- Mais tu vis sur quelle planète ?
- Chez les sorciers pardi !
- Bon, trêve de bavardage ! On ne s’éternise pas ici… mon sixième sens m’avertit qu’on doit déguerpir au plus vite.

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Nargue Les Loups traça un cercle magique sur le sol et lança de puissants sorts de protection. Petite Ourse y mit son grain de sel pour parachever le travail.

- Je t’avais dit qu’elle mentait. dit Nargue Les Loups en s’asseyant dans l’herbe.
- Oui et non ! Elle ment et elle ne ment pas !
- Qu’est-ce que tu veux dire ?
- Le Drake auquel nous avons pensé n’est sans doute pas le bon !
- Il y a plusieurs villes qui s’appellent Drake ?
- Quatorze aux États-Unis et deux au Canada ! Sans doute ailleurs aussi.
- Elle n’a pas pu aller loin pour accoucher si elle ne pouvait plus transplaner et sans argent moldu. J’espère qu’elle n’a pas confié ses enfants à un canard! (*) ajouta-t-il en pouffant.
- Peut-être qu’elle les a laissés à une personne qui s’appelle Drake ! dit Petite Ourse.
- Tiens ! C’est une idée ! … tu peux peut-être retrouver son adresse avec un …euh … ornidateur ?

Petite Ourse éclata de rire.

- UN-OR-DI-NA-TEUR ! Non, pour ça on va utiliser la bonne vieille magie ! répondit-elle.
- Cette fois, je te laisse faire et je regarde !
- Vraiment ?
- Oui ! Peut-être que tu connais un autre truc que moi. Comme ça, je pourrais apprendre quelque chose de nouveau.

Petite Ourse reprit son sérieux. Elle changea à nouveau un mouchoir en cuvette, elle la remplit d’eau puis y jeta de la poussière. Elle agita son bâton magique et posa la question.

- Où est Drake et les deux bébés ?

Une image se forma dans le bassin puis disparut pour faire place à une autre, puis une autre, puis une autre…

- L’ennui, c’est qu’il y a plusieurs Drake avec deux bébés, soupira-t-elle.
- Et si tu poses la question autrement ? En disant : ‘des jumeaux de six mois’ par exemple ?
- Je vais essayer.

Petite Ourse agita à nouveau son bâton magique, une première fois pour retirer la première question, une deuxième fois pour poser la seconde. Cette fois, la poussière ne forma qu’une image qui fit un gros zoom : la 56e rue, n°228, bte 46, 4e étage.

- On y va ? demanda Petite Ourse.

Cette fois ils décidèrent de ne pas apparaître dans le hall. Ils allèrent directement au 4e étage. Drago avait retenu la leçon : il poussa sur la sonnette en se disant qu’il faisait des progrès. Une Afro-américaine bien en chair vint leur ouvrir. On entendait des enfants brailler derrière elle.

- Madame Drake ? dit Drago. Je viens rechercher les enfants de Lady Wilda Wilkes.
- Entrez, je vous en prie. Vous avez de la chance ! Je n’ai pas fait comme la Lady a dit. Je ne les ai pas mis à l’orphelinat. Quand une maman ne veut pas de son enfant, j’attends toujours un peu pour voir si elle ne va pas changer d’avis. Vous êtes de la famille ?
- Son cousin, madame, dit Drago en lui fourrant une fausse déclaration sous le nez. Lady Wilda est fort dépressive. Quand sa … notre famille a appris, nous avons tout fait pour retrouver ses enfants et les prendre en charge.
- Voilà, voilà ! dit la grosse dame guillerette, en montrant deux bébés en train de se traîner sur le lino dans le salon parmi des jouets épars. Voici la petite fille et là, le petit garçon.
- Comment s’appellent-ils ?
- Je n’ai pas donné de nom, monsieur. Je les appelle Baby et Dolly. Si la maman n’était pas venue les rechercher, c’est l’employé de la mairie qui leur aurait donné un nom.
- On n’a pas déclaré leur naissance ? s’écria Petite Ourse.
- Non, madame !
- Nargue Les Loups, s’écria Petite Ourse en lakota. Il y a du danger !
- On transplane, vite !
- Non ! C’est trop tard ! Il va s’en prendre à la dame !
- Occupe-toi d’eux !

Drago se dirigea vers la porte, la baguette à la main. Il réalisa que si la personne cherchait un objet, le mieux serait de la contenter, mais comment ? Vite, il jeta un sort à la serrure. Un accio lui mit un des jouets en main pendant que Petite Ourse détournait l’attention de la nourrice. Un sort, et le jouet devint un pendentif, un autre, et la pierre eut un rayonnement magique. Déjà, on était en train de forcer la serrure. La porte s’ouvrit. Drago, aveuglé par une lumière éblouissante sauta sur le côté pour éviter ce rayonnement. Il sentit un jet brûlant l’atteindre à la jambe. Il jeta l’objet qu’il tenait en main en direction de son adversaire. Celui-ci se précipita pour le ramasser, laissant le temps à Drago de riposter. Malheureusement, il rata son but. L’adversaire était prêt à lui rendre la monnaie de sa pièce quand Petite Ourse lui jeta un stupefix. Mais le sortilège n’agit pas complètement. Les deux jeunes gens entendirent geindre. Quand ils s’avancèrent vers la source de cette lumière qui venait de s’éteindre, le point d'origine du rayonnement avait, lui aussi, disparu. Petite Ourse et Drago qui boitait, rejoignirent l’appartement. La jeune Lakota, avait entre temps, plongé la nounou dans un sommeil réparateur. Elle lui lança un petit sortilège d’amnésie pour effacer le moment où l’on forçait sa porte et un autre charme qui imprimerait dans sa mémoire le souvenir des deux jeunes gens emmenant les jumeaux.

- Je sais où les emmener mais comment va-t-on faire pour se tenir par la main en portant les enfants ? demanda Nargue Les Loups.
- Simple comme bonjour ! répondit Petite Ours.

Drago se retrouva, en une fraction de seconde, avec un bébé ficelé sur le corps. Petite Ours prit le second en charge. Pop ! Le quatuor se retrouva dans le jardin des Prince.

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* drake : mâle du canard en anglais.
Chapitre 23 Clémence et Paix by Persis
Author's Notes:
Une tâche est à peine terminée que de nouveaux défis s'annoncent.
Le transplanage avait ravivé la douleur dans la jambe de Drago. Il se hâta de déposer son fardeau et Petite Ourse en fit autant, Salomé qui était en train de s’affairer dans la cuisine vit les deux jeunes gens dans la pelouse. Elle avertit Winfred et tous deux vinrent à la rencontre de leurs visiteurs. Drago eut juste le temps de donner Baby à son hôte puis il perdit connaissance. Il lui semblait tomber dans un puits sans fond. Une ombre gigantesque se penchait sur lui. Il était cette nuit-là, sur la colline, face à l’esprit du maître des potions. Mais cette fois, le spectre ne paraissait plus courroucé. Le visage était sans expression, presqu’amical. Sa voix résonnait : « Vous n’êtes pas très solide, Malefoy. Mais je dois reconnaître que vous avez fait du bon travail.
Je ne veux pas que ces enfants s’appellent Rogue. Ils porteront le nom de ma mère. »

Drago lui demanda : « quels prénoms dois-je leur donner, profess… »
Mais brusquement, la nuit fit place au jour, l’ombre de Rogue au visage de Petite Ourse et c’est le bras de la jeune fille qu’il tentait d’atteindre. Il comprit qu’il venait de reprendre ses esprits.

- Non, ne bougez pas, Drago ! dit Winfred qui avait remis le bébé à sa femme. Laissez-moi faire !

Nargue Les Loups eut l’occasion d’expérimenter l’effet de se déplacer par mobilicorpus. Il se retrouva bientôt allongé sur le canapé du salon. Mr Prince se hâta d’examiner la blessure.

- Je ne crois pas que je puisse soigner ça tout seul. Il serait plus prudent de faire venir un médicomage, dit-il.
- J’ai vu Severus Rogue, répondit Drago de manière abrupte.
- Pardon ? fit Winfred en sursautant.
- Quand je me suis évanoui. Il veut que les enfants s’appellent Prince.
- Vous dites ?
- Mais il n’a pas eu le temps de leur donner un prénom.
- Euh … Drago ?! De quoi me parlez-vous au juste ?

Le jeune homme réalisa subitement que les Prince avaient raté quelques épisodes du feuilleton.

- Ce sont les enfants de Lady Wilda et du professeur… reprit-il, en se sentant faiblir.

Rogue avait raison, il n’était pas solide. Petite Ourse s’approcha et regarda la blessure.

- Tu peux y faire quelque chose ? demanda Nargue Les Loups dans son idiome algonquien.
- Juste les premiers soins, en attendant le médicomage, répondit-elle en lakota.
- Vas-y !

Drago releva la tête tandis que Petite Ourse s’affairait sous l’œil attentif et perplexe de Winfred. Il tâcha de reprendre le récit comme il le put.

- Lady Wilda a donné naissance à des jumeaux et elle les abandonnés. Nous avons eu du mal pour les retrouver… Nous avons été attaqués par un mage noir complètement fou… qui croyait que…Lady Wilda possédait un objet qu’il convoite….
- Ne vous fatiguez pas comme ça, Drago ! répondit Winfred. Je vais voir si Salomé à averti le professeur Goodointment.

Petite Ourse arrêta ses passes ses incantations après un moment.

- Comment va-t-on … appeler… les enfants, demanda Nargue Les Loups qui s’affaiblissait.
- C’est à toi qu’il revient de leur donner un nom, répondit la jeune fille en souriant.

Winfred réapparu avec plusieurs fioles sous le bras.
- Le professeur sera là dans d’une minute à l’autre. Si la demoiselle a terminé sa médecine, je vais appliquer la mienne, dit-il avec une pointe d’humour.

Nargue Les Loups ferma les yeux un moment.

- Clemency et Ireneus, murmura-t-il en les rouvrant.

Il entendit la voix du médicomage qui venait d’arriver puis sombra dans les brumes de l’inconscience.

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Drago resta quatre jours à Sainte Mangouste. Quand il fut remis sur pied, il quitta sa chambre pour aller rendre visite à son père. Narcissa était sortie de l’hôpital depuis peu mais elle restait le plus souvent aux côtés de son mari. Drago les trouva tous les deux lorsqu’il pénétra dans la pièce en claudiquant légèrement.

- Drago ! s’exclama madame Malefoy. Mais… que t’est-il arrivé ? Tu boites ?
- Ce n’est rien, maman. Un petit accident de rien du tout. Dans trois jours je remarcherai normalement. Comment vas-tu ?
- Oh moi, ça va ! Mais ton père… fit-elle en soupirant.

Lucius Malefoy, en robe de chambre, était calé dans un fauteuil. Son esprit était ailleurs, il ne semblait se rendre compte de ce qui se passait autour de lui.

- Il a meilleure mine, dit Drago.
- Tu trouves ?
- Et il a repris du poids. Ses traits sont moins tirés.

De fait, Lucius n’avait plus l’allure d’un vieillard, même s’il paraissait plus que son âge. Drago s’assit en face de lui et lui prit les mains.

- Ça va, papa ? demanda-t-il
- Il ne dit plus rien ! répondit Narcissa.
- Il ne dit rien mais il entend tout et il réfléchit beaucoup.

Le jeune homme passa la main sur la joue de son père. Une sorte de lueur parut briller dans les yeux de Lucius et l’ébauche d’un sourire naquit sur ses lèvres.

- Tu sais, maman, reprit Drago tout en regardant son père, j’ai retrouvé Lady Wilda. Si elle revient en Angleterre, tu pourrais peut-être la prendre comme dame de compagnie ?
- On verra !
- Tu dois te sentir seule, non ?
- Très seule, depuis que tu es parti !
- Maman ! Qu’est-ce que tu faisais quand j’étais au collège ?
- Ce n’est pas pareil ! protesta Narcissa.
- Tu sais, Lady Wilda a eu un choc et ça s’est répercuté sur ses pouvoirs. Si elle vient à la maison, il faudra éviter ce sujet avec elle. Elle n’a plus envie d’être sorcière !
- Ce sera gai comme conversation ! Entre ton père qui est…
- Maman, fais attention à ce que tu dis. Papa entend tout et comprend tout. N’est-ce pas, papa ?

Lucius poussa un gros soupir.

- Tu es fatigué ? demanda Drago.

Lucius semblait le regarder.

- Viens ! Viens t’allonger, dit Drago.

Il prit son père par le bras et le guida vers son lit. Quand Lucius fut bien installé Narcissia fit signe à son fils de le suivre hors de la chambre.

- Tu as reçu mon hibou ?
- Lequel ? Tu sais, j’ai beaucoup bougé et transplané.
- Alors, tu ne sais pas ?
- Quoi ?
- Ton père ne peut pas rester ici. Il est mal soigné. Figure-toi qu’il a réussi à sortir de l’hôpital, il y a trois jours…
- Comment ?!
- Tu vois comme il est mal gardé… C’est affreux ! Il s’est promené en chemise de nuit, dans la rue… Et c’est cette… la fille Weasley, dit-elle en grimaçant, qui l’a retrouvé et qui l’a ramené chez elle. Enfin : chez son fiancé, Potter ! Tu te rends compte ! Quelle déchéance ! Lucius Malefoy errant comme un vagabond et recueilli par une Weasley dans la maison de ma tante. Je voudrais reprendre ton père à la maison, mais il faut que je trouve des personnes compétentes pour s’occuper de lui.
- Et le ministère, qu’en dit-il ?
- J’ai envoyé un hibou. J’attends la réponse. Ben tiens, les voilà !

En effet Kingsley et Harry débarquaient au coin du couloir.

- Ah, Monsieur Malefoy ! commença l’auror, je vous cherchais justement et je me doutais bien que je vous trouverais ici.

Drago lui lança un regard insistant. Il ne voulait pas que Shacklebolt n’apprenne malencontreusement à sa mère ce qui venait de lui arriver.

- Pourquoi cherchez-vous mon fils ? demanda Narcissia inquiète.
- J’ai des renseignements à leur donner sur Lady Wilda, dit Drago précipitamment.

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- Je suis désolé, monsieur Shacklebolt, dit Drago très fermement, mais je me suis déjà expliqué sur ce point auprès des autorités américaines. Je suppose que vous avez lu le rapport. Je n’ai rien à ajouter à ma déposition.
- Il n’en reste pas moins, monsieur Malefoy, que vous avez eu recours à la magie noire.
- Contre un animal !
- Qui était un être humain métamorphosé…
- Je l’ignorais.
- … et qui vous a lancé un sort.
- NON, monsieur Shacklebolt, PAS un sort, un RAYONNEMENT !
- Dois-je vous rappeler que le recours à certain sort est strictement interdit et est passible de sanctions qui…
- Dois-je vous rappeler que les faits ont eu lieu sur un territoire qui n’est PAS de votre juridiction ? Je n’ai plus RIEN à ajouter.
- BIEN ! Si vous le prenez sur ce ton ! gronda l’Auror, menaçant.

Drago ôta ostensiblement ses chaussures, sous le regard médusé de Harry et prit ses chevilles en main pour les ramener vers lui et s’asseoir en tailleur sur le fauteuil où il avait prit place. La manœuvre lui arracha une petite grimace quand il saisit le membre blessé.

- Monsieur Malefoy, qu’est-ce… ! dit Shacklebolt en se levant brusquement. Monsieur Male… ! Vous n’all… !NON ! … &@# !$ … ! Trop tard !

Le corps de Drago était là, mais son esprit ne communiquait plus avec ce bas monde.

- On n’a qu’à le réveiller ! s’exclama Harry
- Surtout pas ! … Ne jamais faire sortir quelqu’un d’une transe. C’est TRÈS dangereux.
- Et ça peut durer combien de temps ?
- En moyenne un quart d’heure. Ça peut être plus court ou ça peut durer plusieurs heures ! Il nous a bien eus !
Et en plus, il a raison : on ne peut rien lui dire sur l’usage du Sectumsempra hors de Grande-Bretagne, à moins que les Américains n’engagent des poursuites.
- Et le code magique international ?
- Si les Américains ont décidé de classer l’affaire, ça n’arrivera pas jusque là. Il faudra trouver autre chose.
- En tout cas, il a fameusement changé, dit Harry. Je ne le reconnais plus.
- Qu’est-ce que tu veux dire ?
- Ce n’est plus le même garçon. Avant, il aurait évoqué de puissantes protections et il aurait mis en avant sa famille…
- Quand on voit à quoi les Malefoy sont réduits !
- Oui, je sais, mai … entrer en transe … je ne m’attendais vraiment pas à ça.
- Il est revenu à une forme de magie très primaire … primordiale.
- C’est ça qui ne colle pas avec le personnage ! Kingsley, cette magie … elle a des rapports avec la magie noire ?
- Elle n’est ni blanche, ni noire … c’est l’usage qu’on en fait qui la rend bonne ou mauvaise… En fait, il est difficile de faire beaucoup de mal en s’en servant, c’est une magie très saine … Eh ! … Oh ! s’écria soudain Kingsley en voyant Drago s’effondrer. Il perd connaissance, maintenant !
- Qu’est-ce qui se passe ? dit Harry en retenant le corps de Drago.
- Ça doit être la fatigue ! Il sort juste de l’hôpital.

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- Avalez-moi ça, dit Kingsley en fourrant un grand verre d’eau sous le nez de Drago. Vous vous sentez mieux ?
- Pas trop. J’ai beaucoup transplané ces derniers temps, ça m’a épuisé… Et avec toutes ces émotions.
- Savez-vous où est Lady Wilda Wilkes?
- Je l’ai laissée au camp des Lakotas au Fort Berthold. Je suppose qu’elle y est encore.
- Que pouvez-vous nous dire sur ce campement ?
- Il est incartable et protégé magiquement. C’est Aigle Noir qui en est le chef… Qu’est-ce que vous avez versé dans mon verre ? Du veritaserum ?
- Oui ! Ce sera plus simple pour vous comme pour nous. Répondez juste à cette question : la déposition que vous avez faite aux autorités américaines concernant l’emploi du Sectumsempra était sincère et complète ?
- Oui, elle l’était !
- C’est bon, monsieur Malefoy. Nous vous serions reconnaissants de faire tout ce qui vous est possible pour que Lady Wilkes revienne en Angleterre.
- Vous avez ma parole d’homme ! Mais moi aussi, j’ai aussi une faveur à vous demander : accorder les permissions et les dispenses nécessaires pour que mon père soit mieux soigné.
- J’examine le dossier avec la plus grande attention, monsieur Malefoy.

Harry regardait Drago d’un air médusé. Le jeune Malefoy avait donné sa parole d’homme et non sa parole de sorcier.


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Quand Drago réapparut au campement il trouva Faucon Avisé debout bien qu’il eût le bras en écharpe et qu’il fût encore incapable de reprendre le cours normal de ses activités.

- Tu es déjà de retour ? demanda l’Ancien.
- J’étais pressé de te revoir.
- Il faut te reposer un peu, mon garçon. Tu as beaucoup demandé de toi-même et tu es blessé.
- Ça va mieux, tu sais, et puis c’était moins grave que pour toi.

Nargue Les Loups lui raconta brièvement son passage au bureau des Aurors. Faucon Avisé fronça les sourcils.

- Ils exagèrent, quand même ! Ils n’ont pas à se mêler de ce que tu as fait ici ! Ça ne les regarde pas et je ne pense pas que le recours à ce Veritaserum soit conforme aux règlements internationaux.
- Oh, tu sais, maintenant, ils sont sûrs que je ne leur ai pas raconté des histoires. J’en suis quitte. Il me reste juste à persuader Lady Wilkes de rentrer en Angleterre.
- Ce n’est pas à toi à faire ça.
- J’ai donné ma parole d’homme.
- Tu n’avais pas à la donner ! J’ai un droit de regard sur les serments que tu prononces !
- Ben, c’est trop tard.
- Je te dégage de ton serment et je le prends sur moi. D’accord ? C’est aux officiers du FBI de s’occuper de ta Lady.
- Je peux quand même lui parler ?
- Elle a quitté le campement.
- Et où est-elle ?
- Je n’en sais rien. Personne n’en sait rien. C’est bien là le problème.
Chapitre 24 Désaccords by Persis
Author's Notes:
Différents points de vue vont s'entrechoquer.
La chouette que Faucon Avisé tenait sur le poignet de son membre valide prit son envol, emportant avec elle la lettre de protestation destinée aux Aurors. Drago n’en était pas très heureux. Il avait agi de bonne foi et craignait à présent des représailles envers sa propre famille. Mais l’Ancien était intraitable : « Tu en as fait assez pour le moment. Tu as besoin de repos et tu n’es pas en était de mener cette mission à bien. C’est l’affaire des forces de l’ordre magiques. » Drago ne pouvait pas nier sa fatigue mais le fait que Lady Wilda ait disparu, l’état de son père et l’affaire de sa fugue le tracassait.





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Drago quitta sa couche et le tipi pour aller se jeter dans les bras de la nuit froide qui lui mordillait la peau. Il grelotta en se demandant s’il ne ferait pas mieux de devenir ours pour se réchauffer. Il fit quelque pas et se retrouva brusquement devant deux yeux perçants.

- Tu ne dors pas ? demanda Aigle Noir.
- Non ! Je viens de me réveiller. J’ai fait un rêve.
- Agréable ?
- Non ! Pas du tout. Je rêvais que Lady Wilda était morte, mon père enfermé dans un asile de fous et que tout le monde me reprochait de ne pas avoir tenu ma parole.
- …
Va te recoucher et reparle de tout ça à Faucon Avisé, demain.
- Toi, non plus tu ne dors pas, Aigle Noir !
- Oh… moi, je suis vieux ! dit l'homme en riant. Je ne dors plus beaucoup.


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Nargue Les Loups s’approcha de Petite Ourse.

- Ça va ?
- Oui, ça va, et toi ?
- Je me fais un peu de souci mais on dirait que je ne suis pas le seul. Tu fais une drôle de figure et cette nuit, quand j’ai été faire un tour dehors, j’ai vu qu’Aigle Noir avait lui aussi de l’insomnie.
- Avant-hier, les autorités ordinaires ont arrêtés trois hommes de mon peuple. Ils ont commis des crimes sous l’influence de l’alcool et de la drogue. Ils risquent la prison à vie.
- Des sorciers ?
- Non, mais au fait, qu’est-ce que ça peut faire qu’ils soient sorciers ou non ? répliqua Petite Ourse.
- Non, mais je demandais juste…
- Parce que tu crois que les sorciers sont supérieurs aux autres, c’est ça ? Il n’y a que la magie qui compte et le reste on s’en fiche !
- Mais Petite Ourse, pourquoi est-ce que tu t’éner…
- Parce que mon peuple crève de misère ! Parce que la plupart d’entre nous en sont réduit à noyer leurs problèmes dans l’alcool ! Parce que des gens comme ton Faucon Avisé perdent leur temps dans une université à s’occuper d’étrangers au lieu de s’occuper des leurs ! Parce que …
- L’étranger te dit Adieu. Comme ça tu ne pourras pas lui reprocher de polluer TON air ! répliqua Drago en s’en allant.
- Mais Nargue Les Loups, je n’ai pas dit que…protesta la jeune fille.

Mais Nargue Les Loups s’éloignait à grands pas, outré de ce qu’il venait d’entendre. Il se dirigea vers le tipi de son mentor et y pénétra sans crier gare. Il fut tout interdit d’y trouver l’Ancien en train de tenir une conversation animée avec Aigle Noir.

- Oh, je … je … je m’excuse, … je n’ai pas pensé que… bafouilla-t-il, très embarrassé.
- La prochaine fois, tu appelles à l’entrée avant d’aller plus loin, lui dit Faucon Avisé, avec calme.
- Ton disciple a été tourmenté par un rêve cette nuit, il vient certainement t’en parler, dit Aigle Noir, sur un ton bizarre.

Nargue Les Loups avait une impression très désagréable et ne savait pas trop ce qu’il fallait dire ou faire. Il fit mine de se retirer.

- Non, reste, dit Aigle Noir. Nous avions justement terminé.

Le jeune homme se tenait tête basse, conscient d’avoir gaffé. Mais Aigle Noir, en passant devant lui, lui posa la main sur l’épaule et sourit.

- Apprends-lui à écouter sa voix intérieure, dit le chaman tout en se retournant vers le Wampanoag.


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- Tout le village est assez secoué par cette histoire, expliqua Faucon Avisé. L’un des criminels est le frère adoptif de Petite Ourse. Lorsque les Européens ont débarqués ici, ils ont fait du commerce avec nos nations en troquant des peaux de bêtes contre de la verroterie. Mais après quelques temps des individus sans scrupules ont proposé de l’alcool et les armes à feu comme monnaie d’échange.
- Des armes à feu ?
- Des armes très dangereuses chez les Moldus. C’est leur waddiwasi.
- Ah oui, je me souviens !
- Comme la plupart d’entre nous sont réduits à vivre dans des conditions peu attirantes, l’alcool fait des ravages. Aigle Noir pense que je devrais m’impliquer d’avantage et aider mes semblables. Moi, je ne le sens pas, et si je ne le sens pas, je ne peux pas faire du bon travail. Ça, il a des difficultés à le comprendre. Je ne pense pas perdre mon temps à Witchcake. J’ai l’occasion de transmettre notre magie à des personnes qui sont capables d’en faire bon usage. En formant d’autres sorciers, je crois que j’ai plus d’impact que si je faisais le travail moi-même. Ne te formalise pas trop de ce que t’as dit Petite Ourse. Les mots ont dépassé sa pensée.
- Et pour mon rêve ?
- Je ne peux pas t’autoriser à entreprendre ces recherches. Ça se défierait le bon sens. Seulement si ta voix intérieure t’y pousse…
- Ma voix intérieure ?
- Ce qui t’a poussé à retrouver les enfants de ton professeur. Si ta voix intérieure t’y pousse, les choses se feront malgré moi !
- Attends, un peu ! Tu me l’interdis tout en sachant que tu me pousses à te désobéir ?
- Ce n’est pas tout à fait ça ! Si cela doit se faire, cela se fera quoique je dise ou que je pense. Je te demande simplement de ne pas bouger pour l’instant.


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Nargue Les Loups, condamné à l’inactivité, avait trouvé un coin tranquille pour méditer. Après avoir passé un long moment seul, à réfléchir, il vit Petite Ourse se rapprocher de l’endroit où il se trouvait. Il n’avait nulle envie de la rencontrer et de lui parler. Il préféra partir et pour s’éloigner d’elle le plus vite possible, il se changea en ours et détala. Il se retrouva bientôt aux limites du village, c’est là qu’il reprit sa forme humaine. Il fit quelques pas et soudain, il eut un flash, une vision : Lady Wilda s’affairait dans son appartement ensuite l’hydre qui avançait à grands pas en bavant du sang et en émettant un rayon verdâtre. Il ne prit même pas le temps de réfléchir, il avait à peine quitté son état second qu’il transplana jusqu’à Minot. Il se retrouva face à la porte de l’appartement. Il s'épargna l'effort de sonner, il ouvrit grâce à l’alohomora. Lady Wilda faisait rentrer ses affaires dans un sac magique.
- Lady Wilkes ? Excusez-moi d’être entré sans frapper. Je vois que vous déménagez. Vous pouvez encore vous servir de ce contient-tout ?
- C’est un reliquat des pouvoirs qu’il me reste. Ce sac est toujours enchanté.
- Où comptez-vous allez ?
- Loin ! Très loin !
- Vous n’êtes pas en sécurité chez les Moldus !
- Laissez-moi tranquille ! Mêlez-vous de ce qui vous regarde !
- Vous tenez vraiment à mourir assassinée par un mage noir complètement timbré ?
- Qu’est-ce qui me dit que vous n’avez pas inventé toute cette histoire, vous et votre petite amie, pour me faire revenir en Angleterre ?
- Premièrement, je n’ai pas de petite amie et deuxièmement j’ai autre chose à faire pour passer mon temps que d’inventer ce genre d’histoire !
- Fichez-moi le camp !
Elle sortit en pressant le pas. Drago dut la suivre dans le dédale des rues.

- Vous êtes une vraie sangsue ! dit-elle en pestant. Vous ne pouvez pas me laisser tranquille, non ? Et vous n’aviez rien d’autre à mettre sur vous que ce déguisement ? Vous voulez vraiment que tout le monde vous regarde ?
- Je n’ai pas eu le temps de me changer, répondit Nargue Les Loups, et maintenant, c’est trop tard !
- Si vous votre père vous voyait !
- Mon père n’est plus en état d’y redire quoique ce soit !
- Il est mort ?
- Non ! Mais il n’est plus en possession de toutes ses facultés. Un accident de magie ! Ma mère se retrouve fort seule. J’avais pensé que vous pourriez lui tenir compagnie. Elle aimerait soigner mon père à la maison !
- Vous voyez une cracm…

Elle s’arrêta net incapable d’achever sa phrase et d’aller plus loin. Elle fondit en larmes. Drago voulut lui prendre sa main pour la réconforter mais elle le repoussa. Quand elle eut repris un peu de contenance, elle releva sa manche, il n’y avait plus rien à voir sur son bras.

- Même … la …marque a dis…paru !
- Elle a disparu aussi de mon bras, dit-il en lui montrant sa peau vierge de tout marquage. Écoutez, j’ai perdu une partie de mes pouvoirs après la bataille de Poudlard, à cause du choc mais ça n’a été que passager. Je crois qu’avec du temps et du repos, vous…

Elle lui fit signe de se taire et continua sa route avec Nargue Les Loups sur les talons. L’émotion lui avait fait perdre le sens de l’orientation, elle s’engagea dans un cul de sac. Nargue Les Loups comprit trop tard qu’ils avaient été suivi et qu'ils étaient piégés. Il fit volte face et vit pour la première fois Dustin sous sa véritable apparence : un homme trapu au visage bouffi, grêlé, aux petits yeux porcins. Sa bouche laissait échapper un filet de sang. Le Sectumsempra, pensa Drago. Son adversaire n’était pas parvenu à en stopper complètement les effets. D’un côté cela devait l’affaiblir et de l’autre le rendre plus déterminé que jamais à s’emparer de la Pierre Bleue. Le mage noir lança un sort inconnu en même temps que Drago opérait le charme du bouclier.

- Donne-le moi, rugit l’homme. Le collier, vite ! Et vous aurez la vie sauve !
- Lady ! dit Drago, le collier ! Donnez-lui votre collier
- Non ! répondit Lady Wilda ! C’est tout ce qui me reste !
- Le collier ou je vous tue tous les deux ! grogna le mage.
- Voici ce que vous cherchez ! fit une voix derrière Dustin.

Drago aperçut la silhouette de Daisy Dam, la sorcière qui l’avait encouragé quand il avait comparu devant le conseil de Witchcake. Elle avait les cheveux teints en blond avec une mèche rouge et portait d’affreuses lunettes rondes. Elle lança son pendentif à Dustin qui, instinctivement, se retourna vers elle pour le rattraper. Drago profita de l’occasion pour le désarmer.

- Expelliarmus ! cria-t-il
- Stupefix, fit la voix d’Enchanting surgie de nulle part.
- Incarcerem, surenchérit Drago.

Le corps de Dustin gisait sur le tarmac. Drago s’approcha de lui et lui envoya un coup de pied en faisant une grimace de mépris. Enchanting le retint par le bras. Leur ennemi haletait et bavait du sang. Il n’en avait plus pour très longtemps.

- Une chance que vous étiez là ! dit Nargue Les Loups à Enchanting.
- On avait repéré Dustin et on essayait de le mettre sur la piste de Daisy quand il a aperçu Lady Wilkes qui sortait de chez elle. Et vous, que faisiez-vous là ?
- La voix intérieure ! Une vision et j’ai su qu’elle avait besoin de moi, dit-il en désignant Lady Wilda du regard.

La jeune femme était effondrée, au bord de la crise de nerfs. Nargue Les Loups la rejoignit et la prit dans ses bras.

- Vous voyez que j’avais raison ?

Elle fit oui d’un mouvement de tête.

- Vous ne voulez vraiment pas rentrer en Angleterre maintenant?

Elle fit signe que non et laissa échapper les mots « Azkaban » et « détraqueurs » .

- Il n’y a plus de Détraqueurs à Azkaban et on n’enferme plus personne sans procès.
- ‘s êtes sûr, chuchota-t-elle.
- Oui, j’en suis sûr !

Lady Wilda sentit l’étreinte des bras du jeune homme se resserrer sur elle et comprit trop tard ce qu’il arrivait : ils transplanaient !
Chapitre 25 Parole tenue by Persis
Author's Notes:
Chapitre laborieux à écrire, j'espère qu'il ne le sera pas tant à lire ;)
Lady Wilda se retrouva en compagnie du jeune Malefoy sur la petite route qui longeait un cimetière. Drago la prit par le bras et la fit passer, sans mot dire, par la porte en fer forgé. Se retrouver là un an après s’y être rendu pour méditer et murir sa décision lui faisait une impression bizarre. Il mena la jeune femme près de la tombe du Maître des Potions, un peu surpris de voir déjà le jour sur son déclin, l’Angleterre avait six heures d’avance sur le Dakota. Le couple resta un instant silencieux. Nargue Les Loups devait se surveiller pour ne pas entrer dans un état second - l’atmosphère y était si propice - Il ne pouvait se permettre la chose dans la situation où il se trouvait.

- On m’avait dit qu’il était mort, commença Lady Wilda, mais je ne savais pas si c’était vrai ou non. Il a souffert ?
- Sans doute. Mais peu de temps, je pense. Nagini l’a mordu sur l’ordre de Jedusor. On raconte qu’il est mort dans les bras de Potter et qu’il s’est passé quelque chose d’important à ce moment qui lui a permis de vaincre, mais je ne connais pas les détails.
- Vous avez dû l’avoir comme professeur ?
- Oui !
- Moi, non. J’ai étudié à Durmstrang. Je n’ai fait sa connaissance que lorsque je suis revenue en Angleterre après mes études. Au premier abord … il paraissait froid et distant et pourtant … il avait quelque chose de … quelque chose …. Il cachait une grande sensibilité sous des dehors rugueux.
- Ah ?
- Vous savez … les enfants n’ont pas été conçus de manière naturelle …
- J’en ai vaguement entendu parler, dit prudemment Drago.
- On a essayé mais … ni lui, ni moi, nous n’en avions envie et même en jetant des sortilèges ….il n’y arrivait pas … Quand j’ai vu que les sorts ne fonctionnaient pas … j’ai eu peur que mes pouvoirs n’aient défailli. Il m’a expliqué que … (elle poussa un long soupir) il … il avait été amoureux d’une femme autrefois et qu’il ne pouvait pas l’oublier… qu’il ne pouvait pas faire ça à une autre et qu’aucun sort ne pouvait aller contre ça.

Elle avait besoin de parler et elle parla longtemps. La nuit finit par les rejoindre et les envelopper de son mystère silencieux. Quand ils ne purent distinguer le visage de l’autre, Drago dressa une tente et l’entoura des sortilèges pour la rendre invisible aux Moldus. C’est à l’intérieur qu’ils prolongèrent leur conversation rognant sur leur repos. Drago dormit peu et mal, il craignait que sa Lady ne lui faussât compagnie même s’il avait pris toutes les précautions magiques pour rendre la chose impossible. Le petit matin vint écourter son mauvais sommeil. Il fut vite debout, rafraîchi et habillé. L’heure était propice pour gagner le ministère sans être vus. Lady Wilda se fit prier. La peur la rongeait, et elle avait du mal à se raisonner. Enfin Drago eut gain de cause et le couple se retrouva près de la cabine téléphonique hors d’usage. Le jeune homme forma le numéro et dût attendre : à cette heure si matinale, il n’y avait qu’une escouade de garde pour l’accueillir.

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Drago avait succombé au sable du sommeil qui lui avait picoté les yeux et il s’était assoupi dans le fauteuil de l’antichambre de Shacklebolt. C’est la voix de l’Auror qui vint l’extraire de sa torpeur. Il avait du mal à soulever les paupières. Il se sentait pâteux, comme sous l’effet d’une drogue.

- Monsieur Malefoy ! héla Kingsley. Désolé de vous réveiller, la nuit a été courte à ce que je vois. Vous pouvez rentrer chez vous.
- Et Lady Wilda ?
- J’ai appelé plusieurs experts pour démêler cet écheveau. Elle me semble assez confuse.
- Ça doit être l’émotion.
- Elle se contredit, oublie ce qu’elle vient de dire … perd le fil de son récit. Assez surprenant !
- Hier, j’ai eu une conversation sensée avec elle. Nous … nous n’avons pas dormi … beaucoup . J’aurais voulu vous demander…
- Oui ?
- Je ne sais plus… ! Ah oui ! Elle est arrêtée ?
- Pas vraiment, elle reste à la disposition de la justice…
-J’avais pensé qu’elle pourrait rester avec ma mère … tiens, est-ce que … est-ce que… ?
- Malefoy ? … Vous aussi !!! Vous ne vous sentez pas bien… ?
- Excusez-moi, … je me sens bizarre, balbutia Drago.
- Eh ! Ne vous rendormez pas !

Il retint d’une main l’épaule de son interlocuteur qui luttait pour rester éveillé. Nargue Les Loups entendit des pas familiers dans le couloir. Il releva laborieusement la tête. Faucon Avisé était venu le rejoindre. L’Autochtone lui saisit les deux bras et lui dit dans son langage :

- Tu dois rentrer tout de suite au Massachussetts.
- C’était plus fort que moi.
- Je sais, je comprends. Je te ramène.

Ce fut les dernières paroles que Drago entendit. Le reste se perdit dans une distorsion de sons inintelligibles.

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La lumière du jour s’était faufilée jusqu’à lui. Il rouvrit les yeux et se retrouva dans une pièce inconnue. Alden, revêtu d’une robe de chambre se tenait au côté de son lit. Nargue Les Loups se passa la main dans les cheveux et en s’effleurant la joue y découvrit une barbe naissante.

- Ça va, la Belle au Bois Dormant ? murmura Alden en souriant.
- Où est-ce qu’on est ?
- À Glover Hipworth ! Bloc des maladies magiques, chambre turquoise.
- Qu’est-ce que je fiche ici ? Il y a longtemps que je suis là ?
- Cinq jours et des poussières.
- Attends… j’étais au bureau des Aurors et j’attendais des nouvelles de Lady Wilkes, et puis …
- Falk Forest est venu te rechercher en urgence. Tu te souviens que tu as été attaqué par Dustin avant de transplaner en Angleterre? Il avait réussi à vous jeter un maléfice. Le sort du bouclier l’a atténué mais il n’a pas pu vous protéger entièrement. Et c’était un sort à effets retardés. Enchanting et Dam s’en sont aussi ressenties mais moins fort.
- Mais elles étaient derrière lui !
- Tu peux te figurer la force du sortilège! Heureusement que les Aurors ont pris tout de suite contact avec les FBI quand tu es arrivé dans leurs bureaux, pour avoir leur rapport sur l’arrestation de Dustin. Ça a permis de vous retrouver très facilement. Les médicomages d’ici ont dû expliquer à ceux d’Angleterre comment s’y prendre pour la femme que tu as ramenée là-bas. Mais toi, on a préféré te soigner ici.
-Pfffff ! … Tu parles de vacances !

Et toi, au fait, comment tu vas ?
- Le physique, ça va !
- Et le moral ?
- Dans les chaussures ! Je suis renvoyé de Witchcake.
- &@#$ !
- Comme tu dis !
- Qu’est-ce que tu vas faire ?
- Je n’en sais rien ! J’aurais voulu devenir médicomage, mais je ne connais personne qui veuille se charger de ma formation sur ce continent.
- Change de continent ! gloussa Drago. Tiens, tu devrais aller en Australie !
- Pourquoi en Australie ?
- Pourquoi pas en Australie ?! C’est aux antipodes !
- Tu as peut-être raison, répondit Alden en souriant.

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Cher Drago,

Ton père est enfin rentré à la maison. Son visage a retrouvé une expression normale. Il ne parle pas mais semble comprendre ce qu’on lui dit. On raconte que tu as ramené Lady Wilda en Angleterre. Elle est actuellement soignée à Sainte Mangouste. On m’a officieusement contacté pour me demander si elle pouvait passer sa convalescence chez nous. Je ne sais trop que penser mais le ministère m’a fait comprendre qu’il pourrait mieux l’observer durant ce temps. Il se pourrait qu’elle ne doive passer en jugement mais cela va dépendre de beaucoup de choses. J’ai peur que ce ne soit une charge de plus au lieu d’une compagnie. J’ai bien de quoi m’occuper avec ton père. D’un côté c’est un malade facile mais d’un autre il faut toujours le garder à l’œil, je n’ai pas envie qu’il nous refasse une fugue. Il reprend petit à petit ses habitudes mais il ne comprend pas que je ne veuille pas le laisser aller se promener seul. Il mange de bon appétit, il reprend des couleurs et un peu de poids. Il écoute aussi ta boîte à musique.
J’espère que nous ne resterons plus un an sans te voir. J’aimerais aller jusque Salem, voir où tu vis mais je dois rester ici à cause de ton père. Tu me manques énormément, tu sais…Que vas-tu étudier cette année ? Quelle branche de la magie voudrais-tu approfondir. Tu sais qu’il est important d’être bon en tout pour être un vrai magicien.
Donne-moi de tes nouvelles, je t’embrasse

Maman
Chapitre 26 Pas à pas by Persis
Author's Notes:
On se dirige vers la porte de sortie :)
Lucius dévorait son fils des yeux. Les deux hommes s’embrassèrent chaleureusement. Ils ne se décidaient pas à se lâcher l’un l’autre.

- Comment te sens-tu ? demanda Drago.
- Mieux, … mieux ! murmura Lucius, l’œil humide et le regard un peu hagard.
- Beaucoup de bouleversements en peu de temps, commenta Drago.
- Oui ! … répondit son père d’une voix faible. Tu … ? Tu vas …chanter ?
- Tu voudrais que je chante ?
- Oui !
- Quoi ?
- Ton … comme … euh…
- Attends ! …attends !

Drago prit délicatement les tempes de son père entre ses mains, puis il les fit descendre le long du cou et des épaules. Il répéta ses passes trois fois. Lucius affichait un sourire béat.

- Tu veux le chant d’apaisement ? demanda-t-il. C’est ça ?
- Oui, souffla Lucius.
- C’est mieux que tu t’assoies avant. Viens, mets-toi sur cette chaise, si tu veux bien.

Lucius alla s’asseoir sur une chaise à bras, style George II, et Drago commença ses incantations, heureux que son père puisse les apprécier au point de les réclamer. Lorsque le rite fut terminé, il rapprocha un siège de celui de Lucius et s’y installa.

- Dis-moi, papa, qu’est-ce que tu fais de tes journées ? demanda-t-il, question d’amorcer la conversation.
- Oh ! … je … pas grand-chose. Je me lève puis … je mange

Euh… je vais promener ?! …Oui ! Mais ta mère… !

Le regard de Lucius se perdit un moment dans le vide.

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- Eh bien ! Il va mieux, hein, maman ?
- Si tu le dis ! Moi, je ne vois pas de changement !
- Quand je l’ai vu il y a trois mois, c’est à peine s’il me reconnaissait et maintenant, il parle.
- Si tu veux…
- Écoute, il faut te faire à l’idée : ce sera long !
- Il est content de te voir. Ça va lui faire quelque chose quand tu repartiras.
- Je reviendrai tous les deux mois, je te l’ai dit !
- Mais est-ce que tu ne pourrais pas … je ne sais pas … prendre un petit congé pour …
- Maman, s’il te plaît ! … On en a déjà parlé ! Ne reviens pas là-dessus, sois gentille !
- Tu ne sais pas ce que c’est d’être toute seule dans cette grande maison avec un homme qui… qui a perdu la tête.
- Non, maman ! Non ! Papa n’a pas perdu la tête ! Ne le prends pas pour un fou, s’il te plaît ! Papa comprend tout ce qu’on lui dit mais il a besoin de plus de temps qu’une autre personne pour réagir et c’est en voie de guérison. Ne vois pas tout en noir comme ça ! Et tu vas avoir Lady Wilda, non ?
- Pfff ! Les deux fois qu’on s’est rencontrées, on ne savait pas quoi se dire ! On dirait qu’elle vient d’une autre planète.
- Je ne sais pas moi ! Vous pouvez parler du temps de votre jeunesse, quand vous étiez étudiantes…
- On n’a pas été dans le même collège et elle est plus jeune que moi…
- Et bien, comme ça vous pourrez raconter des choses différentes ! … Maman ! Mets-y un peu du tien !

Narcissa essaya de grimacer un sourire et, sur un ton qui sonnait faux, elle demanda :

- Et toi, comment vas-tu ? Qu’est-ce que tu étudies cette année ?
- On voit en gros les mêmes matières qu’à Poudlard mais on les approfondit. J’ai pris l’option alchimie et divination.
- Et … à quoi ça va te servir tout ça ?
- Eh bien, … à la réflexion… je pense qu’il faudra attendre dix ans avant de pouvoir te répondre objectivement.
Chapitre 27 Êtes-vous bien Drago Malefoy ? by Persis
Author's Notes:
Il est temps de prendre sa vie en main.
La cabane de Faucon Avisé était presque vide. L’Autochtone rassemblait ses dernières affaires tandis que Nargue Les Loups, appuyé sur une des parois le regardait faire.

- Alors ? dit le jeune homme. Bien décidé ?
- Bien décidé ! répondit Falk Forest avec un large sourire.
- Tu suis la voix intérieure. Witchcake ne sera plus pareil après ton départ.
- Witchcake a existé longtemps avant moi et existera longtemps après moi. Réfléchis à ce que je t’ai dit : tu as des dispositions pour la médicomagie.
- Tu vois… je ne le sens pas pour le moment…ça viendra peut-être plus tard. Comme il t’a fallu le temps pour endosser ton rôle de chamane.
- Tu as une idée de ce que tu vas faire en Angleterre ?
- Oh… ! Me trouver une petite maison. Ce sera la première des priorités. Ma mère fera une drôle de tête mais…
- Tu as raison. Tu as l’âge de prendre ta vie en main.

Sir Falk ferma le balluchon qui contenait ses biens et le laissa à terre.

- Voilà ! Il est temps pour moi de m’en aller ! ajouta-t-il.

Les deux hommes se donnèrent une chaleureuse accolade.

- Je te dois énormément, dit Drago.
- Moi aussi, je te dois beaucoup !
- Qu’est ce que tu dis ?
- C’est difficile à t’expliquer mais… un maître apprend aussi de ses disciples ! Allez ! Rendez-vous au Pow Wow d’Oklahoma City !
- J’y serai !

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Drago se demandait pourquoi il fallait porter cette toge et ce bonnet carré ridicule pour la remise des diplômes. Il aurait préféré de loin la cape et le chapeau de sorcier. La cérémonie ne se prolongea pas outre mesure et il ne dut pas longtemps supporter cet accoutrement. Il avait décroché la plus haute distinction dans toutes les matières, pour son plus grand bonheur. Madame Whippy félicita chaleureusement les nouveaux Masters et les anciens étudiants se dispersèrent pour retrouver leur famille. Drago aperçut parmi la foule la haute silhouette vêtue de noir de son père. Lucius vint à sa rencontre et l’embrassa. L’émotion l’étreignait. Il dévisageait son fils ému et heureux.

- Je suis fier de toi ! dit-il en s’étranglant. Fier de toi ! Diplômé de Salem ! Je n’aurais jamais osé rêver un tel honneur ! … Tiens ! …Où est cet … Indien qui t’a donné des cours particuliers ?
- Il a dû partir avant la remise des diplômes pour une mission très importante.
- Ah !
- Tu aurais voulu le voir ?
- Au moins lui serrer la main, c’est la moindre des politesses.
- Ce n’est que partie remise, papa ! C’est gentil d’être venu. Maman va bien ?
- Oui, elle va bien ! Oh, elle a… inventé je ne sais plus quel prétexte pour ne pas venir. Tu sais, il n’a jamais digéré que tu ailles étudier si loin d’elle…alors, elle préfère te voir à la maison. Tu vas quand même rester un peu au manoir ? demanda-t-il avec une pointe d’inquiétude presqu’enfantine.
- J’ai pensé que je pourrais avoir aussi un petit pied-à terre quelque part. Mais rien ne presse.
- Mmoui ! … je t’aiderai à trouver ce qu’il te faut.
- Une petite bicoque avec un jardin… Je l’aménagerai avec quelques sorts.
- C’est ça ! répondit Lucius en riant. On verra ! … On verra !

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Le renard borgne n’était pas très fréquenté mais Drago s’y sentait à l’aise. Il sirotait sa bièraubeurre quand une figure qui ne lui était pas inconnue s’y présenta.


- He ! s’exclama-t-il. Alden !
- Davis ! Eh bien ! Qui voilà !
- Oh, s’il te plaît ne m’appelle plus Davis ! répondit Drago en riant.

Alden vint le rejoindre et Drago lui expliqua quel était son vrai nom et pourquoi il avait changé d’identité en arrivant à Salem.

- Et toi, que deviens-tu, poursuivit-il ? Tu veux toujours devenir médicomage ?
- Non ! J’ai laissé tomber ! Mais je me spécialise dans les potions. En fait, je vais de droite à gauche, je trouve un petit job là où j’arrive et je pars à la recherche de formules originales.
- Toujours dans le même but ?
- Toujours dans le même but mais je n’en fais pas une fixation. Toutes les formules sont bonnes à prendre et à apprendre…Façon de parler, bien sûr ! Tu as un métier ?
- Non, pas encore ! Pour le moment je retape une baraque que j’ai achetée pour en faire un petit pied à terre, dit-il avec entrain. Ben, si tu cherches du travail, je t’embauche. On ne sera pas trop de deux pour terminer ça en quinze jours.

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Pop ! Deux jeunes hommes apparurent sur une route dans la région de Nottingham près d’une maison en ruines entourée d’un jardin et entourée par un grillage.

- Voici mon palais ! dit Drago en riant. Mon père est passé par ici hier. Tu aurais dû voir sa tête.
- Ça te fait rigoler ? dit Alden très amusé.
- Il m’a fait une scène ! répondit Drago, toujours enjoué. Il m’a dit que je suis la bonne pente pour ressembler au Weasley et que mon repaire était le frère jumeau de leur Terrier. Tu ne connais pas les Weasley ! Ils sont désargentés et un peu… enfin…pas le genre de la famille. Je prends ça avec un grain de sel. Mon père très anxieux, en fait. J’ai fait le pari avec lui que tout serait en ordre dans quinze jours pour le recevoir dignement avec ma mère. Voilà, … la barrière magique, dit-il en franchissant la grille d’entrée. Tu vas voir, les fondations, les murs, les caves et le gros du rez-de-chaussée sont déjà faits.

En effet, lorsqu’Alden eut franchi la grille, la masure avait changé d’aspect. Les murs étaient droits, en bon état. Les fenêtres du rez-de-chaussée se retrouvaient largement percées et munies de vitres, les châssis et la porte étaient repeints et le perron dans un état impeccable. Mais l’étage, le toit, les mansardes et la cheminée avaient grand besoin de rénovation.

- Ben, … tu ne vas pas la laisser complètement minable à la vue des Moldus ? s’étonna Alden.
- Non, mais je ne peux pas laisser voir trop de changement à la fois. J’ai programmé ça dans le sortilège de garde. Demain je m’attaque à… Pardon ! NOUS nous attaquons au premier étage. Ça te va ?
- Ok ! On s’y prend comment ?
- Chacun sur un balai. Je te donnerai la liste des sorts à jeter. Du moment qu’on est synchro, il ne devrait pas avoir de problèmes. On va se bien marrer tous les deux !
- Personne ne passe dans les environs ?
- Si ! C’est pour ça que je préfère travailler tard le soir et tôt le matin. Mais j’ai prévu des sortilèges pour avertir quand un Moldu s’approche. Je pense qu’on en a encore pour deux ou trois jours pour l’extérieur et après, on s’occupera de l'intérieur et de la décoration.


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Drago descendit de son balai. Ce vol réveillait bien des souvenirs. Six ans auparavant Albus Dumbledore et Harry Potter étaient revenus à Poudlard sur un balai et avaient atterri sur cette tour que Drago regardait pensivement. Rusard vint à sa rencontre et lui ouvrit.

- Bonjour Monsieur Malefoy, lui dit le concierge, ravi de vous revoir. Le professeur McGonagall va vous recevoir.
- Merci Rusard.

Drago Malefoy suivit Rusard dans le dédale des couloirs, sa pensée s’imprégnait des émotions floues suscitées par son retour dans ses lieux chargés de tels souvenirs. La gêne et l’engouement, la honte et l’excitation se succédaient tour à tour sans qu’il fût vraiment possible de les démêler ou de les distinguer. Enfin, ils parvinrent au bureau directorial et le professeur McGonagall qui avait accepté pour un temps de se retrouver à la tête du célèbre collège l’accueillit avec plus de politesse que de chaleur.

- Bonjour Professeur McGonagall, salua-t-il.
- Bonjour Monsieur Malefoy, répondit-elle.
- Avez-vous reçu mon message ?
- Bien sûr ! J’avoue qu’il m’a fort surpris.

Drago, absorbé par dans ses pensées, leva le regard vers les murs du bureau et scruta les tableaux des anciens directeurs. Il finit par trouver celui d’Albus Dumbledore qui lui fit un clin d’œil. Drago lui répondit par un sourire embarrassé et rougit puis il détourna le regard pour chercher celui de Severus Rogue. McGonagall, elle aussi, se retourna vers les portraits et fixa celui de son prédécesseur.

- Severus n’est pas là pour le moment, marmonna-t-elle. Il doit être encore de se disputer avec Potter.
- Potter ?
- Il a mis son portrait dans son bureau ! Ne cherchez pas à comprendre, il y a longtemps que j’y ai renoncé ! Ah oui… où en étions-nous ? Votre lettre ! Elle m’a fort étonnée ! Pourquoi vous êtes vous mis en tête de retrouver un objet dans la Salle sur Demande ?
- Le professeur Rogue y tient, madame.
- Le professeur Rogue ? Auriez-vous, vous aussi pendu son portrait dans votre bureau ? Ou communiquez-vous avec les morts, Malefoy ?
- Non, madame, répondit-il respectueusement. Ce sont les morts qui communiquent avec moi ! J’ai parfois de s… intuitions, des visions ou de rêves divinatoires.
- Bien ! Je penserai à vous quand Madame Trelawney prendra sa retraite.
- Je ne me sens pas d’inclination pour le métier d’enseignant, répondit Drago, très amusé.
- Je ne comprends pas que Severus vous envoie chercher dans la Salle sur Demande quelque chose qui s’y trouverait -elle jeta un coup d’œil sur la missive de Drago- depuis fort longtemps alors que cette Salle a complètement brûlé… Vous le savez mieux que moi, vous étiez aux premières loges.
- Professeur, objecta poliment Drago, je ne cherche qu’à respecter les volontés d’une personne décédée à qui je dois beaucoup.

Le professeur McGonagall se leva et se dirigea vers le portrait vide du professeur Rogue.

- Severus ! SE-VE-RUS ! ….Oh ! dit-elle en fronçant les sourcils- … Arrêtez vos chamailleries avec Potter et venez me rejoindre dans mon bureau ! J’ai besoin de vous deux minutes.

Le professeur Rogue revint dans le portrait et promena un regard hautain dans la pièce.

- Severus, demanda le professeur, Le jeune Malefoy est ici pour…
- C’est moi qui l’ai envoyé, Minerva, répondit Rogue, sèchement.
- Vous auriez pu me prévenir ! Cela nous aurait épargné du temps ! s’exclama-t-elle.
- Je n’en ai pas eu le loisir, Minerva, je suis fort occupé. Certaines personnes ont eu la malencontreuse idée de mettre mon portrait chez eux et viennent me consulter pour un oui ou pour un non.
- La rançon de la gloire, Severus, répondit ironiquement Minerva. Puisque c’est bien vous qui avez manigancé la chose … Suivez-moi, monsieur Malefoy!
- Professeur… ? demanda Drago au tableau.
- Allez, allez ! Faites ce que je vous ai dit ! répondit Rogue sur un ton peu engageant.

Albus Dumbledore adressa au passage un geste d’encouragement au jeune Malefoy.

Minerva McGonagall conduisit son hôte au septième étage près de la tapisserie aux trolls.

- Allez-y, dit la directrice. Vous savez comment ça fonctionne.

À sa plus grande surprise, elle vit Drago fermer les yeux, dodeliner la tête et émettre un son rauque et grave. Les trois allées et venues de convention ressemblaient à une danse lente car Drago sautait d’un pied à l’autre en chantonnant sous le regard ébahi de McGonagall. La porte de la Salle apparut et s’ouvrit. Drago y pénétra avec son ancien professeur. Son chant et sa danse devinrent plus intense. Minerva sut tout de suite en observant son regard qu’il était en transe et c’est dans cet état qu’il trouva et sortit d’un recoin de la pièce une espèce de volume aux pages grignotées par le feu. Le professeur McGonagall posa sa main sur l’épaule de son ancien élève et attendit jusqu’à ce que Drago reprît ses esprits. Mais c’est dans un état second que le jeune homme quitta la pièce. Il ne revint à lui qu’une fois sortit de la Salle.

- Monsieur ? interrogea la directrice, Êtes-vous bien Drago Malefoy ?
- Bien sûr professeur ! Pourquoi cette question ?
- Je vous reconnais à peine ! Je ne parle pas des traits de votre visage mais de… la façon dont vous vous comportez.
- Dois-je le prendre pour un compliment ?

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Drago retrouva Alden aux Trois balais. Il s’installa à sa table puis déposa le livre qui avait été rongé par les flammes.

- Voilà, lui dit-il ! Il y a de l’enchantement là-dessous ! Je ne comprends pas qu’il ait pu échapper à cette fournaise.
- Pourquoi tenais-tu tant à retrouver ce bouquin ?
- Ce n’est pas moi qui tenais à le retrouver. C’est feu mon directeur qui voulait que je le retrouve. Reparo !

Le livre reprit son aspect d’origine sans perdre l’aspect d’usure infligée par le temps. Drago ouvrit le livre : Manuel avancé de préparation des potions. Il regarda Alden, un peu étourdi : le manuel pour étudiant de 6e année ! Il le feuilleta et remarqua les notes manuscrites dans les marges puis tout à la fin, au bas de la dernière page de couverture : Ce livre appartient au Prince de Sang-Mêlé.

- Par Merlin! s’écria-t-il, …C’est une relique !

Il en était ému aux larmes.

- Fais voir ! demanda Alden. Qu’est-ce qu’il a de particulier ce bouquin ?
- Le professeur Rogue y a fait des annotations. Toi qui cherche des formules améliorées, ça pourra t’être utile. Potter s’en est servi, je m’en souviens bien… c’est là qu’il a appris le Sectumsempra, Rogue me l’a expliqué par la suite. Mais, bon, le Sectumsempra, je te conseille de laisser tomber, c’est de la magie noire !
- Où tu as retrouvé ce bouquin ?
- Dans la Salle sur Demande, comme il me l’a dit.
- Et qu’est-ce que ça faisait là ?
- Je n’en sais rien. Ce n’est important d’ailleurs. Je vais t’en faire une copie. Tu ne m’en voudras pas de garder l’original ?
- Non ! Bien sûr ! C’est à toi, répondit-il en souriant. Bon ! C’est ma tournée ! Qu’est-ce que tu bois ?
- Hydromel !
- Eh ! Fais attention : on retourne en balais !

Les deux jeunes gens se mirent à rire. Drago n’était pas pressé de rentrer.

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Portez votre attention à toute mention, toute référence à l’aconit.

N’ayez pas de crainte, tout se passera bien, tout à l’heure.

Votre elfe de maison s’attache à vous. Votre cadeau lui a fait plaisir. Continuez à la traiter de la sorte, vous ne serez pas déçu.

La Paix et la Clémence m’ont tant fait défaut. J’ai apprécié votre choix.
Leur mère finira par les accepter, c’est une question de temps. Elle reviendra de chez les Lakotas.

Ne faites allusion ni à moi ni à tout ceci devant votre père. La nécromancie est un sujet qui le rend nerveux.
À raison d’ailleurs.



- Monsieur ? Êtes-vous bien Drago Malefoy ?
- Bien sûr professeur ! Pourquoi cette question ?
- Je vous reconnais à peine !
- Dois-je le prendre pour un compliment ?


FIN
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