Promenons-nous dans les bois tant que le loup n'y est pas by lilteenmary
Summary:

 

Un terrible malheur arrive le jour du mariage de Fleur et Bill. Ginny Weasley fera alors tout pour se venger, et même utiliser Drago Malefoy. Une tragédie où deux destins se rencontrent le temps d'une histoire.

 

         Mon image

         Illustration personnelle

                                                                                                Epilogue


Categories: Romance (Het), Drinny (Drago/Ginny) Characters: Drago Malefoy, Ginny Weasley
Genres: Horreur, Romance/Amour, Tragédie/Drame
Langue: Français
Warnings: Lime
Challenges: Aucun
Series: Aucun
Chapters: 30 Completed: Oui Word count: 65578 Read: 25388 Published: 19/10/2009 Updated: 01/05/2021

1. Chapitre 1 by lilteenmary

2. Chapitre 2 by lilteenmary

3. Chapitre 3 by lilteenmary

4. Chapitre 4 by lilteenmary

5. Chapitre 5 by lilteenmary

6. Chapitre 6 by lilteenmary

7. Chapitre 7 by lilteenmary

8. Chapitre 8 by lilteenmary

9. Chapitre 9 by lilteenmary

10. Chapitre 10 by lilteenmary

11. Chapitre 11 by lilteenmary

12. Chapitre 12 by lilteenmary

13. Chapitre 13 by lilteenmary

14. Chapitre 14 by lilteenmary

15. Chapitre 15 by lilteenmary

16. Chapitre 16 by lilteenmary

17. Chapitre 17 by lilteenmary

18. Chapitre 18 by lilteenmary

19. Chapitre 19 by lilteenmary

20. Chapitre 20 by lilteenmary

21. Chapitre 21 by lilteenmary

22. Chapitre 22 by lilteenmary

23. Chapitre 23 by lilteenmary

24. Chapitre 24 by lilteenmary

25. Chapitre 25 by lilteenmary

26. Chapitre 26 by lilteenmary

27. Chapitre 27 by lilteenmary

28. Chapitre 28 by lilteenmary

29. Chapitre 29 by lilteenmary

30. Chapitre 30 by lilteenmary

Chapitre 1 by lilteenmary
Author's Notes:

Bonjour ! Voilà il s'agit de ma première fanfiction, en fait de mon premier écrit plus long qu'une rédaction ! ^^

N'hésitez à me donner vos avis !

Tout l'univers appartient bien évidemment à JK Rowling, seule l'histoire vient de moi.

 

****

 

***Drago, est mon nom et pourtant je n’ai rien d’un dragon… Encore une idée originale et sans surprise de mon père qui avait un grand avenir pour son unique fils. Je tourne en rond dans ma chambre, je réfléchis. Oui la sang de bourbe me dirait qu’elle est étonnée, mais qu’en sait-elle et qu’en savent-ils tous Potter et ses pitoyables acolytes !

 

Ancien directeur de Poudlard, Dumbledore était mort depuis un mois. Potter devait être chez sa moldue de famille… Malheureusement celui-ci était intouchable dans cette maison protégée par une magie très ancienne. De toute manière le Lord ne voulait pas que je m’en occupe, j’avais une autre mission : les Weasleys. Ma punition pour l’échec que j’avais écumé l’année dernière. Ma lâcheté ou peut être le fait de ne pas vouloir me salir les mains m’avait valu la mort de mon père … Si j’en parle avec nonchalance vous le comprendrez. Il n’avait pas hésité à demander grâce au Seigneur des ténèbres en m’obligeant à me sacrifier pour lui. Cependant il y avait ma mère. Et elle était la seule personne qui comptait pour moi à ce jour, je ne pouvais pas me permettre de la faire assassinée par Lui.

 

Weasleys, ces traîtres à leur sang, les parents ont autant d’enfants que des animaux. Ils ne valent pas mieux ! Ce ne sera pas dur, enfin il le faut… Et je n’ai aujourd’hui plus d’autres choix…

 

****

 

***J’aime l’été, le soleil et la chaleur… Harry m’a laissée, c’était juste une question de temps, je m’en doutais. Il veut ma protection plus que les autres. C’est sa raison, oui pourquoi pas, cependant ses meilleurs amis sont tout pour lui, ne veut-il pas leur protection aussi ? Le voile des illusions est simplement plus agréable pour nous.

 

 Je marche dans un champ et laisse ces réflexions me porter dans une direction puis une autre un peu tel que le ferait le vent. J’arrache les premières feuilles que je touche et les déchiquètent, ces petits mouvements m’apaisent et me donnent une certaine consistance.

 

« Non, non, non », mais cela reste inutile de le crier, j’irai lui parler au mariage. Je relève la tête, je ne suis pas soumise et j’aime le soleil. Qu’il vienne me caressait le visage, il me donnera du réconfort pour cette fois.

 

 

 

J’approche d’un petit sentier qui m’est familier, je m’y engage et essaye de me souvenir où il mène. En proie aux doutes qui me rongent depuis des semaines je ne fais pas attention où je marche et glisse sur un objet. Une poupée moldue ayant quelques années, peut être plus en l’examinant de près. Je l’emmène avec moi et continue.

 

Je me rappelle enfin, la cabane… Celle-ci n’était pas hantée mais juste enchantée pour les enfants. Bill l’avait enchantée pour Ron et moi bien avant que l’on entre à Poudlard. Par Merlin cela fait dix ans qu’elle n’a plus été visitée. Je réexamine la poupée moldue. Se pourrait-il que quelques gamins moldus échappant à l’autorité de leurs parents aient voulu s’y aventurer ? La cabane n’était pas cachée avec des sortilèges et du repousse moldue mais Bill avait jeté un sort : seuls les enfants pouvaient y entrer. Elle aussi avait subi les ravages du temps, les peintures s’étaient estompées, la fenêtre cassée et notre petite barrière avec un portail de cinquante centimètres de haut n’était plus qu’un reliquat de notre enfance maintenant lointaine…

 

Cependant j’y entends des bruits, peut être des écureuils ou des rongeurs… Non une petite voix s’élève dans la forêt ;

 

« Voulez-vous une tasse de thé Miss Eliza ? » et la même voix répond avec un accent plus aigu et doux «  Bien sûr Miss Georgia, avec un petit nuage de lait »

 

Une petite tête blonde jouant avec deux poupées s’agite sur un rondin de bois … Elle a laissé tous les dessins de jadis, je souris et me demande si elle comprend les peintures où tous les personnages sont sur des balais. Je me retire sans faire de bruit ne voulant pas lui faire peur, il s’agit d’une petite moldue du village Ste Loutry la Chapelle. Elle se met soudainement à chanter : « Promenons-nous dans les bois tant que le loup n’y est pas. Si le loup y était, il nous mangerait ! ». Pas de doute, je n’ai jamais entendu cette comptine, elle n’est sûrement pas sorcière.

 

 

 

Je suis peut être sortie trop tôt de l’enfance, pensais-je… Dès l’âge de dix ans je n’avais que des pensées pour Harry… Je l’ai attendu si longtemps, pourquoi ? Pour réaliser que je ne ferai jamais partie de ces grandes choses qu’il doit accomplir, parce qu’il supporte d’avoir Ron et Hermione à ses côtés mais pas moi… Il me croit frêle, fragile… faible ! Je tape dans un caillou avec mon pied, cette pensée me fait enrager! Ginevra Molly Weasley n’est pas une petite fille jouant avec ses poupées, la guerre nous a tous endurcis. Je sors de la forêt, il n’est pas bon de rester dans le noir, la joie et le bonheur n’y naissent jamais…

 

 

 

****

 

 

 

                        *** Le Seigneur des ténèbres m’a appelé, j’ai froid. Sa voix me donne l’envie de me jeter dans la mer du Nord pour me réchauffer. Il me siffle qu’il n’est pas satisfait de notre famille, si je veux vivre il faudra que je tue … Il me donne un nom, une date et un endroit. Crabbe et Goyle peuvent m’assister, il ajoute qu’après tout il s’agit d’une affaire d’étudiants en me levant un regard insoutenable. Je ne peux le regarder, pire que le Basilic, son regard ne tue pas mais détruit l’âme. Il claque des doigts et Queudver, cet infâme rat puant traîne sa carcasse infirme vers son maître. Je dois encore faire mes preuves et pour ne pas rater  ma prochaine mission, « majeure », selon ses termes, il m’a concocté un petit test de bravoure… Après m’avoir ordonné de suivre le rat, il me jette un doloris pour avoir un avant goût de la douleur que je subirais en cas d’échec. Je ne vois rien mais une main m’attrape et me tire, je ne suis plus au Manoir des Malefoy, le nouvel antre du Seigneur des ténèbres.

 

Je me relève non sans peine et demande où nous sommes. Queudver me lance un rictus en soufflant « Non loin de votre mission, jeune Malefoy », je regarde autour de moi et là je vois des arbres denses, un « pop » me fait détourner le regard. L’immonde, il ne veut pas assister à ça, il ne veut pas me voir tuer un moldu pour le plaisir du maître. Ma vie et celle de ma mère en dépendent, il faut que j’y arrive et de toute manière un moldu de plus ou de moins ça ne changera rien… Une maisonnette en bois est devant moi, ma baguette se fait plus lourde dans ma poche. Dumbledore, protecteur des moldus tu n’aurais rien pu faire pour moi. Tu vois bien, je suis un meurtrier !

 

C’est là qu’une vision m’horrifie, c’est une petite fille de 6 ans à peine… Je sens des auras de magie, ma baguette le sent mais elles ne viennent pas de la fillette qui ne m’a pas vu et continue à cueillir des fleurs. La cabane est magique, il faut que je l’éloigne. Non pas besoin elle s’approche de moi… Elle ne me craint pas et me regarde avec une petite moue.

 

« Tu veux que je te montre miss Eliza ? » Je ne comprends pas, je vais défaillir mais je sors ma baguette et lance le sort. Je sens un liquide chaud sur mes jambes. Je crois m’être fait dessus. C’est du sang. Celui de la fillette. Je me tourne, cours derrière un arbre et vomis.

 

 Il voulait absolument un sectumsempra pour que les Weasleys comprennent qu’ils n’étaient pas à l’abri.  Je maudis le Lord, me salir avec du sang de moldue ! J’enrage, je l’ai qu’en même tuée. Je retourne au manoir sans perdre de temps. Il rit et se dit étonné pensant que je ne l’aurais jamais fait, ajoutant par la même que mon ennemi devait bien être à ma hauteur. Je lui réponds que j’obéis lorsque le Seigneur me donne un ordre en essayant de ne pas faire grande attention de l’insulte, mon ego ne vaut plus rien. Je n’ai plus aucune difficulté à énoncer ce genre de phrase, Lucius est mort et la gloire des Malefoy avec lui. Nous ne sommes que les larbins du Seigneur. Je peux enfin aller dans ma chambre. Je m’y évanouis à peine arrivé. Dans une semi-conscience j’entends la voix bien aimée de ma mère. Je l’entends pleurer et se pencher sur mon front pour y déposer un baiser. Je n’ai pas la force de lui dire, mère c’est un assassin d’enfants que vous embrassez. Mais elle lit dans mes yeux l’horreur que j’ai fait subir… «  Drago, tu l’as fait pour nos vies » En valent-elles la peine ? Nous sommes au dessus des moldus, finalement également en dessous d’un sorcier. Je sombre, ce que je ressens est alors bien  pire qu’un doloris…

 

 

 

****

 

 

End Notes:

Mes chapitres ne sont pas forcement très longs mais j'espère ne pas avoir fait trop de fautes !!

Chapitre 2 by lilteenmary
Author's Notes:

Coucou ! Voici le deuxième chapitre ! Je ne vais pas publier trop vite parce que je ne pourrais jamais tenir le rythme sinon...!

 

Dite moi ce que vous en pensez !!! N'hésitez pas ! mici mici

 

****

                        *** Je descends pour le diner, Harry est arrivé hier… Plus secret que jamais il ne reste pas seul dans une pièce avec moi. De toute manière Ron y veille particulièrement. Hermione est bizarre, en plus des secrets sur leur mystérieux plan, elle ne me parle pas comme avant et semble éviter le sujet Harry. Elle a toujours été ma confidente, je ne comprends pas.

Je mange silencieusement pour changer de Ron, les jumeaux viennent m’égayer un peu. Ils ont compris que le retour d’Harry ne me réchauffe pas le cœur mais me le martèle à coups de pics à glace. Harry et Hermione descendent des escaliers. Elle semble légèrement rouge au niveau des pommettes. Harry, lui me scrute étrangement comme pour voir ma réaction…  Je hausse les épaules et me remets à manger. Si j’avais remarqué que leurs avants bras étaient dissimulés peut être aurais-je compris. Un dicton dit que l’on voit que ce que l’on veut bien voir, pourtant dans mon cas j’étais aveugle à tout élément bon ou mauvais.

-           « Harry ! » je soufflais difficilement, « Harry » criais-je encore. Pourquoi ne s’arrête-t-il pas ? Je commence à courir dans le jardin à sa poursuite, à ce jeu là il ne m’aura pas !

-           « Harry, ne m’évite pas ! » lui lançais-je au visage. « Ecoute moi au moins, ça va se passer comme ça combien de temps encore ? »

Il me regarde tristement, anéanti à l’avance par ce qu’il devait me dire et qu’il n’osait pas encore. Il passe sa main dans ses cheveux en observant les brins d’orties à côté de nous. Il ne voulait plus de moi, pas seulement pour une raison de protection… Ce n’est pas possible !

-           «  Franchement, je sais que tu ne veux plus que l’on soit ensemble pour pouvoir te concentrer sur ta mission et tu-sais-qui mais Harry est-ce que je ne mérite pas un minimum d’attention, je peux t’apporter mon aide et mon réconfort… Dis quelque chose je t’en pris ! »

 Enfin il se décide à relever la tête et à m’affronter. Ses yeux verts émeraude étaient si brillants, on pouvait y lire une immense peine. Je n’en pouvais plus, je le supplie de répondre à ma requête.

 

-           «  Ginny, je ne peux pas l’accepter, je sais que c’est la dernière chose que tu veux entendre, mai s’il t’arrive quoique ce soit, je ne pourrais pas le supporter… Tu connais mes sentiments, je ne peux pas rester avec toi.»

Mes joues étaient humides, je m’en doutais déjà mais de l’entendre de sa bouche ne faisait qu’accentuer ma douleur. On était loin de la maison. Je n’avais pas regardé à quel point on s’était éloigné, entre les arbres on pouvait voir le soleil décliner. Il emportait avec lui sa chaleur et sa douce lumière m’éclairant dans ces heures sombres.

****

 

                        *** Ma tête tourne, j’ai mal, mal au cœur… Une vision m’assaillit, je cours dans la salle de bain et vomis à nouveau. Cette petite, le sang. Il le fallait, je n’avais pas le choix, comment aurais-je pu faire sinon ? Son sang, je touche ma jambe… Rien, mère a pris soin d’enlever mes vêtements et de me mettre un pyjama. Je reste toute l’après-midi et la soirée dans mon lit, il ne faut pas que les autres mangemorts me voient dans cet état. Le Seigneur m’appellera s’il a besoin de moi.

-           « Mr Malefoy, levez-vous je vous pris » Cette voix, non je ne veux pas l’entendre ni voir son propriétaire.

Que fait-il ici ? Pourquoi mère l’a fait entrer ? Cet homme n’a rien à faire ici, fusse-t-il mon professeur préféré, il n’est plus qu’un autre mangemort aujourd’hui.  Je me relève difficilement prêt à courir dans la salle de bain s’il le faut.

-           « Que voulez-vous ? Je suis sûr qu’il ne s’agit pas du Maître qui vous envoie, je le saurais sinon ! » Je lui crache presque ces mots au visage en lui montrant la tâche noire qui me ronge le bras depuis plusieurs mois déjà.

-           « Votre chère mère s’inquiète pour votre… état physique et moral Drago. Elle m’a demandé de vous préparer une potion contre ces nuisances.» Me souffle-t-il.

-           « Merci mon cher Severus, vous connaissez ma mère, depuis la … hum… perte de son mari elle a tendance à s’inquiéter à chaque instant.» Je l’observe sans-gêne, le dévisageant presque pour qu’il ose me répondre avec sa hargne habituelle.

-           « Je peux vous apporter mon aide Drago, j’ai entendu que vous aviez fait vos preuves et maintenant vous êtes sur une mission très importante. »

 

Il m’observe profondément, pourtant la legilimencie ne lui servira à rien avec moi et il le sait déjà. Cette tentative d’intrusion dans mon esprit m’irrite au plus haut point.

Il le veut, je m’emporte alors « Severus c’est la deuxième et la dernière fois que je vous le répéterai, apprenez à vous occuper de vos affaires… On est plus au temps où vous deviez me sauver la mise. Je sais aujourd’hui faire face à mes responsabilités et je n’ai pas besoin de nounou ! » M’exclamant avec ardeur.  

Cette dernière parole le fait pâlir, une telle insulte pour un personnage depuis longtemps aigri. Il se tourne et part en claquant la porte ce qui a pour conséquence la chute d’un de mes tableaux de quidditch. Le bout de sa cape disparaît au tournant du couloir gauche menant au rez-de-chaussée. Il s’est sûrement retenu de me menacer pour ma mère, songeais-je.

Rogue n’avait plus eu une parole avec moi depuis la mort de Dumbledore, il était furieux d’avoir fait le travail à ma place. Cet homme restait un mystère, sa volonté de m’aider … Certaines choses m’échappaient encore, je ne pouvais pas non plus me concentrer. Le crime occultait tout mon faible esprit.

Ses cheveux blonds et ondulés tournoyaient, tout d’un coup ils n’étaient plus blond, ni léger mais rouges collés au crâne et visqueux.

Je me réveille avec mon front perlant de sueur, ce n’était qu’un rêve, une divagation de mon subconscient.  Malgré ce constat, j’ai comme une pierre dans l’estomac. Je ne vois rien, c’est le néant, la nuit est profonde et glaciale. Je me souviens que c’est le mois d’août et que c’est donc  impossible…

Les détraqueurs… Ils sont au manoir.

****

 

                        ***  Harry m’avait accordée moins d’une minute de regard et avait jeté son dévolu sur cette même touffe d’orties qu’il avait tant affectionné cinq minutes auparavant.  Dans un excès d’émotions et de rage impuissante, j’aurais voulu lui enfoncer la tête à l’intérieur !

 

Je n’en fis rien. Je lui touche l’épaule avec une tendresse infinie. Et dans un moment de grande faiblesse, il m’enlace. S’en est trop pour mon cœur, je lève mon visage et je vois dans ses yeux l’immense désespoir qui l’afflige. A cet instant je sais pourquoi ce serait si difficile de ne pas le suivre. Il m’embrasse. On ne peut plus s’arrêter, se décoller comme si cette étreinte est notre dernière. Je ne peux pas le quitter, ses lèvres, ses yeux, sa peau, son odeur… Les baisers se mêlent aux larmes, je lui dis qu’il est mon seul amour comme une adolescente : celle que je suis. Il me répond ce que j’attends sans percevoir la pointe de honte dans sa voix.

 

Pourquoi n’ai-je rien vu ? Les choses seraient-elle différentes ? Ce soir là je m’abandonnais à Harry, non pas parce que c’était les derniers jours que je passerais avec lui, non pas parce qu’il serait peut être tué mais pour lui montrer ce qu’il représentait à mes yeux.

Il doit être minuit, il est tellement tard. On se regarde sans rien dire, il ne dit pas que c’était une erreur mais le pense. Ne t’inquiète pas Harry, je sais que tu n’as pas changé d’avis, je n’y ai vu aucun espoir pour te suivre dans ta quête. Il semble vouloir se faire pardonner, je lui dis que tout va bien même si ce ne sera plus jamais le cas.  Il me caresse les cheveux doucement et me pose un dernier baiser sur les lèvres.

 Je me relève et là un bruit, une lumière… Vite il faut courir pour se cacher, on n’a rien à faire ici.

Ce sont des moldus du village, l’un porte un appareil moldu produisant de la lumière artificielle blanche et l’autre tient un chien.

-           «  Ginny, ce sont des policiers moldus, ils ont trouvé quelque chose dans la forêt apparemment ! » Il me murmure à l’oreille.

-           « Ils étaient près du sentier où il y a la cabane.»

-           « Quelle cabane ? » M’interroge-t-il.

Je lui réponds alors que peu importe en le tirant par la manche de sa chemise pas tout à fait reboutonnée. Il me suit dans les méandres sinueux du sentier et nous arrivons près de la cabane. Il y a beaucoup de moldus, des policiers en uniforme mais aussi un couple pleurant et d’autres civils. Harry me tire derrière l’arbre le plus proche pour que l’on ne nous voie pas.

C’est à cet instant que je l’aperçois : elle.

« Arrrgh !!!! » Je hurle dans la main d’Harry qui m’empêche de nous faire repérer. La petite aux poupées de l’autre jour, elle est couverte de marques. Sa peau est arrachée et ses habits en lambeaux… Harry me lâche enfin, je rends tout le dîner du soir même. Les parents de la petite sont évacués par ambulance après identification (d’après Harry, il s’agit de sorte de médicomages…). Je ne comprends rien de ce qu’il m’explique, je suis aveuglée par l’image de la fillette déchiquetée…

D’après la police moldue, il n’y a personne dans les environs susceptible d’avoir pu commettre un tel acte. Ils ne comprennent pas ce qui a pu causer ces blessures. Les entailles ont vidé la petite de son sang en moins d’une minute.

 Harry sursaute, il a compris et me souffle «C’était un sort ! » Je comprends immédiatement, il faut avertir les aurors au plus vite. Je n’y arrive pas, toujours choquée par la vision d’horreur je suis figée. Harry m’appelle, encore et encore je ne bouge toujours pas.

Finalement il me soulève du sol, et m’emmène en courant vers le Terrier. Arrivés à la maison, il me dépose sur le canapé, je n’entends plus ce qu’il dit, d’autres sons dans ma tête s’agitent, je sombre …

                                                                                                ****

 

Chapitre 3 by lilteenmary
Author's Notes:

Un nouveau chapitre !! 

 

****

 

                        ***  Mon sang est glacé, je suis transi par le froid. Un hurlement s’élève dans les airs, c’est une petite fille : celle que j’ai tuée… Elle hurle et puis plus un bruit, j’ai massacré cet enfant, je suis damné. Venez détraqueurs, mon âme vous appartient, je ne la mérite pas… Un autre cri, mère ! Non il faut que je trouve ma baguette, ces immondes créatures ne l’auront pas. Je la trouve sur la chaise où ma tendre mère a dû la poser. « Expecto patronum ! » C’est un miracle qu’un semblant de lumière jaillisse de ma baguette, il semble qu’il me reste encore des souvenirs heureux. Le froid et l’horreur ont reculé du domaine. Je peux enfin respirer un air relativement chaud, aucun répit pour les serviteurs des ténèbres.

 Le Lord m’appelle, je le ressens au plus profond de ma chair. Je m’exécute immédiatement, le faire attendre pourrait être la dernière erreur que je fais.

Il me demande de m’approcher, son idée a eu l’effet espéré, on a découvert le corps. La  famille ainsi que Potter sont mortifiés.  Je ne peux me sentir fier même si je souhaite la perte de celui-ci. Potter, il ne te reste pas longtemps à vivre, du moins, pas longtemps avant de perdre tous ceux que tu aimes ! Ma mission approche me dit-il, il dit que pour sa sureté, il retournera dans le manoir de sa famille. Je soulève un sourcil, sa famille ? Peu importe je suis soulagé qu’il parte. Je ne préfère pas le voir comme une récompense, je prie pour qu’il emmène avec lui tous ses mangemorts. Il est déjà plus que suffisant de devoir supporter la sœur à moitié folle de ma mère !

Les détraqueurs sont repartis avec le Seigneur des Ténèbres, il doit traiter avec eux pour libérer d’autres mangemorts je suppose. Le manoir se vide enfin, j’apprends avec haine que Rogue a été choisi pour me surveiller dans ma mission en plus de Bellatrix occupée à torturer Dieu sait qui dans nos cachots !

Les jours approchent, je ne sais pas si j’aurai assez de force pour ôter la vie de nouveau. Je m’entraîne, je ne dors plus, ne mange que le minimum pour ne pas dépérir. Rogue n’arrête pas de fouiner, aucun répit pour les serviteurs des ténèbres.

Je dois sauver ma seule famille, la seule personne qui m’aime  et si la condition est de tuer encore, je le referais. Je n’aurai aucun répit sous ces ténèbres… aucun répit.

 

****

 

                        *** Je sens une odeur de potion, ma mère me tapote sur le visage. Elle ne cesse de m’appeler « Ginny », « Ginny », et encore « Ginny ». Je finis par la rassurer en émettant un grognement. Je sursaute et me rappelle tout à coup, « la petite fille ! ». Je verse un torrent de larmes et ma mère me prend dans ses bras. Je n’ai rien fait l’autre jour, j’aurais pu la ramener chez elle et dire à ses parents qu’elle s’aventurait loin dans la forêt… Je lui raconte tout bien qu’elle ne puisse pas en comprendre la moitié… Lorsque je lui dis comment elle est morte, je me sens nauséeuse à nouveau. Je me tourne et cours dans les toilettes, je vomis mes tripes. Ces lacérations, je maudis l’être qui a pu commettre un crime aussi inhumain. Je me souviens alors avec aversion de la comptine qu’elle chantait dans le bois. Un loup ! Oui ce ne pouvait être un humain, c’était une bête, un loup dans le bois…

Je demande après Harry, mes frères et mon père viennent à leur tour me voir pour savoir si je vais mieux. Harry et papa parlent aux aurors, Schakelbolt et Tonks je crois. Leurs visages sont blancs, Maugrey est tombé pour Harry il y a quelques jours.

Hermione approche et s’assoit à côté de moi, elle me demande pourquoi nous étions là-bas si tard… Je lui réponds que l’on devait s’expliquer non pas sans rosir. Peu importe ce qu’ils pensent, la mort de cette fillette est plus grave.

On attend une heure, deux, puis trois. Personne ne peut dormir, comment le pourrait-on ? Bientôt ce sera le mariage de Fleur et Bill mais comment peut on encore célébrer un évènement heureux dans ce monde ravagé par les morts, l’horreur de la guerre. Harry le ressent, il a perdu trop de monde, je vois pourquoi il ne veut plus perdre ses proches. Je l’observe la tête posée entre ses mains, il a encore sa chemise sortie du pantalon et ses cheveux sont plus en bataille que jamais. Hermione lui chuchote à l’oreille, il la suit avec Ron. On entend des disputes pas seulement d’Hermione mais aussi de Ron. Personne n’ose rien dire, Hermione ressort ivre de colère et ne m’accorde pas un regard. Ron est toujours à l’intérieur avec Harry. Le ton a baissé mais lorsqu’ils reviennent dans le salon, je peux voir qu’Harry suit Ron et que celui-ci est au moins autant énervé qu’Hermione.

J’espère qu’il n’a rien dit même si tout le monde a compris. Harry me fait comprendre qu’ils sont au courant d’un regard. Je fronce des sourcils et lui lance mentalement un « pourquoi ? ». J’abandonne, ce n’est ni l’endroit ni le moment.

Une semaine a passé depuis la découverte du cadavre de la fillette dans la forêt, je n’étais pas remise pensant que je ne m’en remettrai jamais vraiment. Face à une telle ignominie comment pourrait-on vraiment s’en remettre ?

Fleur avait refusé sans étonnement de se marier au Terrier comme s’était initialement prévu. Maman était déçue bien qu’elle se soit montrée compréhensive. La nouvelle demeure de Bill et Fleur sur la côte fut donc l’endroit idéal pour les futurs mariés, à la Coquillère.

Je n’avais plus reparlé à Harry depuis l’incident. D’ailleurs Ron m’avait bien fait comprendre qu’il n’avait pas besoin de soucis comme moi et que je ne pourrais que souffrir de cette situation. J’étais donc partie avec ma mère pour aider au futur mariage pendant que le trio restait comploter au Terrier. La fête se préparait à une vitesse lumière et je remerciais ma mère qui ne me donnait aucun répit pour penser à Harry ou la fillette aux poupées.

 

Le jour J arriva vite, les tentes et les chaises étaient installées, les tables prêtes, les décorations illuminant les arbres magnifiques. Les invités commençaient à affluer sur la pelouse. Le temps était parfait et la vue de la mer faisait que le couple n’aurait pas eu un plus beau mariage sur la côte française comme Fleur le souhaitait.

Etant demoiselle d’honneur avec Gabrielle, la petite sœur de Fleur, nous eûmes droit à une robe dorée (car la couleur rose n’allait pas avec mes cheveux !).


Je vis Harry de loin, déguisé en cousin Weasley pour sa sécurité. Heureusement pour moi, ses yeux verts m’auraient fait plus de mal…

Hermione était magnifique, cependant Ron ne la regardait pas. Ils se disputaient tout le temps mais là cela semblait sérieux.

La cérémonie débuta…

 

 

****

 

 

 

                        *** L’heure était arrivée, donnez moi la force d’accomplir mon devoir. Yaxley, ma tarée de tante et mon cher professeur avaient été dépêchés pour me soutenir dans ma mission. D’autres viendraient, mes eux étaient là pour m’obliger à respecter les ordres du Seigneur des ténèbres. Mère me fixe, elle ne se risque pas à m’enlacer, la démonstration de ses sentiments n’est jamais appréciée chez nous autres, serviteurs du Lord.

Je prends ma cape où je glisse ma baguette dans la poche intérieure. Mes mains tremblent, il faut me calmer si Bellatrix me voit, je suis sûr qu’elle me fera avancer à coups de doloris. Un être faible et lâche c’est ce que je suis pour elle, pour tous… Je n’y prête pas attention, ils ne sont que des larbins du Lord, comme je le suis… Rogue me tend un bout de parchemin, l’adresse a changé !

Je m’exclame, ce n’est pas possible, mon plan n’est plus adapté !

 

-           «  Malefoy, si le maître t’entendait, il serait très furieux … » Achève-t-elle en riant comme une charogne.

Je frissonne, je dois improviser sinon nous n’aurons même pas de tombes à nos noms.

 

-           «  Chère tantine adorée, » Commençais-je avec un sourire narquois et du défi dans les yeux « j’accomplirai la mission où qu’elle se passe, merci de vous souciez de mon cas… » J’ajoutais, fier de mon attitude face à cette vieille fanatique.

 

Elle s’éloigna courroucée mais sous le regard de ma mère, elle ne ferait rien. La vengeance ne tardera pas, personne ne peut se moquer impunément de la favorite du maître.

 

Je suis prêt, nous transplanons sur une côte au sud de l’Angleterre. Les mangemorts se dispersent sans attendre me permettant de m’éloigner de cette sanguinaire et du pot de colle qu’est devenu Rogue.

 

Avant même de voir où nous sommes, tous les mangemorts s’activent pour enlever les sorts de protection. Heureusement il n’y a pas de fidelitas car avec le monde réuni ce n’est pas possible.

J’aperçois les tentes blanches cachées derrière un bosquet, il faut que je les repère au plus vite pour réussir.

 

J’arrive devant la scène.

 Le jeune marié se jette pour protéger sa bien-aimée. Le halo de lumière s’est envolé, celle qui était de toute beauté une minute auparavant jette un cri d’effroi et disparait derrière l’imposante carrure rouquine. Trop tard, je la tiens, Fleur Weasley depuis peu, je comprends mieux pourquoi elle avait été championne de son école. Elle transforme son visage doux en celui d’une sanguinaire créature sorti de la bouche de Satan lui-même. Le plus âgé des frères Weasley revient à la charge en me jetant des sorts, j’ai du mal à contrôler les deux, il faut que je me sorte de là ! J’éloigne de nouveau le visage meurtri à jamais par cette bête de Fenrir. Pourtant elle, je ne la lâche pas, il faut en finir… Mon bras se courbe au dessus de ma tête, un flash sans hurlement…

J’observe les étincelles émanant de son beau visage disparaître, enfin elle s’apaise telle une belle-au-bois-dormant… Il ne reste plus une trace de sa difformité de vélane. Je ne peux pas rester figé ici.

Il est ivre, ivre de rage … Je lui ai volé le plus beau jour de sa vie, sa raison d’être. Qu’importe, la mienne peut encore être sauvée. Pas le temps pour les regrets, pour me haïr ou pour pleurer.

 

Je cours, de loin j’aperçois la petite cadette des traîtres à leur sang, petite amie de Potter qui plus est…

-           « Tu tomberas aussi … » je me murmurais.

Elle est au bord de la falaise brandissant sa baguette avec toute la force que son fragile petit bras peut supporter. Je dirige mon regard vers l’horizon et comprends enfin ce qu’elle vise : Weasmoche et les deux jumeaux attaquent Yaxley. Dois-je l’aider ? Je suis en proie au doute, mon temps est compté et je ne peux réfléchir… Non! Ma mission est claire, si cet idiot tombe il n’aura que ce qu’il mérite. Il est là pour me surveiller, non pour que je lui sauve la mise. Pas question de risquer ma peau ou celle de ma mère pour une de ces vermines !

 

Je me dirige vers Bellatrix s’amusant très bien d’après les ricanements qu’elle laisse échapper en même temps que chaque sort impardonnable. J’attaque les aurors dont Tonks ma cousine, et Loup Garou ?! Il en sera donc ainsi … adieu professeur !

 

Qu’est ce … ?

Un cri, non un hurlement nous immobilisant tellement il est assourdissant, mes tempes vont éclater ! Arghhh, je force ma tête à pivoter pour constater que la bataille est en suspens. Cet appel à la mort a eu le même effet meurtrissant sur les deux camps.

C’est la rouquine, seule accroupie à deux centimètres du précipice. Où sont Yaxley et les autres ?

Granger, la sang de bourbe que je n’avais pas encore aperçu, est la première à réagir et  accourt avec un roux que je ne reconnais pas. Celui-ci s’en prenait particulièrement à Rogue pourtant un instant auparavant. Potter… je réalise enfin. Potter c’est bien lui.

Je fonce. Invités restant et intrus reprennent la bataille avec hargne. Je suis un des seuls à avoir compris ce qui a fait crier la Weasley, ils n’ont pas vu les frères …

 

-« Je ne voulais pas… je… je voulais les aider »

- « Ginny… qu’est-ce que … qu’as-tu fait ??? La voix remplie d’effroi, Granger lui demande où sont ses frères.

-«  Je, je voulais abattre Yaxley … » Elle suffoque, elle ne peut plus respirer… Je l’entends d’où je suis, je le vois…

Granger attaque à nouveau «  Tu les as tués !!! » Elle secoue la rouquine qui semble commater.

 J’ai presque de la pitié pour elle, tuer par erreur semble alors bien pire…

 

Je ne peux plus l’approcher, à moins d’aller vers Potter, ça ne sert à rien, le Seigneur nous l’a formellement interdit. Je transplane immédiatement. Le maître sera fou de rage, le meurtre de la française l’apaisera peut-être, après tout elle était de la famille… Son visage restera imprimé durant toute ma vie et longtemps dans la mort comme celui de la fillette.

Mes mains ne tremblent plus, je ne sens plus mon corps, mon cœur a dû cesser de battre. Il me faut l’apaisement, je ne tiendrai pas… Que quelqu’un sauve mon âme à moins que ce ne soit trop tard pour une quelconque rédemption.

 

 

****

 

Chapitre 4 by lilteenmary
Author's Notes:

Bonjour ! voilà mon nouveau chapitre, je n'ai toujours pas trouvé de correcteur donc il est possible que certaine phrases ne soient pas bien tournées et d'autres fautes...

 

C'est vrai que l'histoire est un ginny/drago même si pour le moment ils n'ont pas encore de contacts... ça arrivera bientôt !

 

 

****

 

 

                        *** Le temps peut apaiser un cœur ou simplement le refroidir jusqu’à ce qu’il devienne si dur que même vôtre corps ne peut plus le supporter et le rejette. L’attaque des mangemorts orchestrée par Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom au mariage de mon frère Bill éclata ma famille à jamais. Je perdis ce jour là non seulement trois frères et ma nouvelle belle-sœur mais toute ma vie, mon insouciance. Bill ravagé par la fin funeste de sa tout-juste femme s’enferma dans un mutisme profond pour le reste de ses jours.

Ma mère, mon père ne s’en remettraient pas, malgré le maigre réconfort de revoir Percy s’unissant aux derniers Weasleys.


Je le dis, je perdis encore plus ce jour là. Harry, l’homme de ma vie et ma meilleure amie Hermione. Les reproches que celle-ci m’avait fait sous le coup du chagrin et de l’horreur tournaient et retournaient en boucle dans mon esprit amoché. Ce jour là, je réalisais une chose, ils m’avaient menti… Ron voulait me protéger comme toujours et je n’ai pas compris pourquoi il essayait sans cesse de m’éloigner de ce que je croyais être mon âme sœur…

Hermione… traître, ma sœur de cœur m’avait plantée un poignard dans le dos. Harry l’avait serrée dans ses bras après la tragédie d’une manière dont les soupçons n’avaient plus de place dans les pensées de tous.

Je me revois hurler sur Harry, lui déversant la faute de la mort de mes frères  sur son dos déjà bien vouté par les soucis. Sa présence à nos côtés les a tués… Le débit de paroles devint insoutenable pour ma gorge endolorie. Je ne voyais plus les autres autour de moi.

Je me mets à le gifler, une fois ! Puis deux, trois sans pouvoir me contrôler ! Il ne réagit pas, il vient de perdre son meilleur ami. Je continue à m’acharner jusqu’à ce que mon père, Lupin et Schakelbolt m’éloignent de lui.

Hermione se précipite sur Harry entre deux sanglots de ma mère. Elle lui prend la main… Je me débats, je veux les tuer ! Rien ne serait jamais arrivé si Harry était parti avant le mariage !

 

On m’entraîne de force à l’extérieur, la nuit nous cache. Mes hurlements affaiblissent mon père déchiré et le torturent… Tu ne le mérite pas mais cette rage qui consume mon âme en cet instant me coupe du monde des raisons. Papa, cher papa adoré, ne pourrais-je jamais effacer la peine que j’ai pu installer en toi ?!

Enfin c’est l’effondrement, je sens la terre molle sous mon corps pris de secousses terribles, mes paupières se ferment. Je sens des picotements dans tout mon être.

 

Les ténèbres m’envahissaient. Je ne ressentais plus, je ne captais plus la présence de mes proches. Mon esprit était accablé par un chagrin que l’on ne peut accepter. Je me mentais à moi-même… Pourtant une seule vérité pouvait me donner la volonté de vivre un peu plus longtemps : la disparition de mes frères n’était pas de mon fait. Une personne était plus que responsable de leur funeste destin. Et cette personne que je chérissais plus que tout au monde devint presque immédiatement et irrémédiablement la cause de toutes mes souffrances et peines. Mon état de semi-coma onirique devint une usine à vengeance. S’il avait pu deviner ce que je pensais, Harry n’aurait jamais souhaité mon réveil. Il n’était qu’un ingrat, un lâche. Comment avais-je pu le regarder autrement que de dégoût ?? Jamais je ne pourrai lui pardonner ses actes qui avaient conduit à la perte de mes frères adorés…

 

Non Ron ! Je te vengerai ! Tes amis n’iront pas au paradis, ils ne le méritent pas et moi non plus d’ailleurs…. Jamais je ne te rejoindrai ni Fred, ni Georges… Pardonnez celle qui sera toujours votre petite sœur aimante…

 

 

 

****

 

 

 

***  Le maître m’a posté dans un endroit reculé, je surveille des otages. Ne me demandez pas qui, je ne le saurai jamais. L’accès aux cachots m’ait refusé, rien d’étonnant. Mes exploits chez les Weasleys ne m’ont servi qu’à éviter un avada, mais les fautes de mon père ne seront pas oubliées facilement par le Lord.

 

Je ne dors pratiquement plus, c’est pourquoi je peux paraître bon gardien. Mes nuits sont hantées depuis plus d’un mois. Deux visages tournent et retournent mon esprit dans le seul but de me faire perdre la raison. Les plus cruels d’entre nous, et  je ne me considère pas de ceux-ci, sont reconnaissables à leur sommeil. Ils dorment paisiblement chaque nuit après une journée de meurtres et de tortures.

Je me rattache à ce qui peut me faire survivre, la protection de Mère est toujours une priorité. Tant que le Seigneur des ténèbres est satisfait de moi, elle ne court aucun danger. Mais pour combien de temps encore ? Quand reviendrai-je au manoir ?

 

Après notre attaque, le maître m’envoya presque aussitôt dans cette prison ne me laissant que le temps d’écrire un mot à l’adresse de Mère. Si cette chère Bellatrix bien sûr lui fit parvenir, ce que je ne peux affirmer.

 

Cependant grâce à quelques mangemorts itinérants je reste aux nouvelles du monde extérieur si ce n’est de ma mère et de quelques initiatives du Lord. La population sorcière est bien évidemment choquée par l’attaque mais beaucoup de personnes ont été payées ou menacées pour étouffer l’affaire. La France ne doit pas être au courant que leurs ressortissants ont été attaqués… Le maître ne peut pas se permettre malgré sa montée en puissance d’agir sur deux gouvernements à la fois.

Trois frères Weasleys, ces traitres à leur sang ! Ils sont bien tous morts dont le meilleur ami de l’élu. Je ne le regretterai pas c’est sûr mais j’ai cependant une impression bizarre en repensant à la scène… La petite Weasley, je la revois au bord de la falaise à deux doigts de tomber dans le néant. Elle est tombée dans le coma après l’attaque et est à St Mangouste depuis un peu plus d’un mois. Cette information m’est parvenue grâce à Avery qui est venu torturer un sang de bourbe ou deux dans les geôles. Il est question de l’enlever pour l’enfermer ici. La finalité devant être la torture pour qu’elle crache des informations sur l’ordre du phénix ou Potter. Il doit penser qu’elle sera plus docile après cet évènement, pourtant moi je n’y crois pas vraiment…

 

 

                                                                                                                                                                             

****

 

                        *** Ma bouche est sèche, j’ai terriblement soif… De l’eau, vite il me faut de l’eau ! Elle me tiraille tellement. Je commence à bouger ma main droite, en espérant trouver mon verre d’eau habituel sur ma table de chevet à droite de mon lit. Rien, mes doigts fendent le vide. Je relève ma tête et essaye d’ouvrir mes yeux. C’est plus difficile que je le prévoyais, tout est flou autour de moi, mais cependant je devine de la lumière et du blanc. Où suis-je ? Il ne s’agit pas du Terrier… J’ouvre un peu mieux mes paupières, mes yeux commencent à s’habituer à l’éclat des murs de cette pièce. Je cligne jusqu’à temps de voir clair. Ma gorge est toujours endolorie par la sécheresse.

                        Je réfléchis à toute vitesse, je suis seule dans la pièce et je n’aperçois qu’un lit, une chaise et une sorte d’armoire. La table de chevet est à ma gauche. Je me précipite sur la carafe, et avale le contenu d’une traite ! Je me laisse retomber sur le lit et m’endors à nouveau sans avoir compris où j’étais.

 

J’ouvre à nouveau les yeux, cette fois d’un coup, il fait nuit, la chambre est plongée dans l’obscurité totale. Seule la lumière de la lune permet de reconnaître les objets et ombres. Je me redresse et commence à boire l’eau de la carafe, quelqu’un serait-il passé ?

Une fenêtre me montre un paysage à l’extérieur, cela pourrait être n’importe où à cause des fenêtres enchantées… J’arrive cependant à rassembler ces maigres indices dans mon esprit fatigué.

Je réalise enfin, les dernières choses dont je me souviens… Ces traitres, ces assassins ceux qui ont tués mes frères ! Harry, sale traitre ! Et toi Hermione, vous êtes morts dans mon cœur. Tout est de leur faute ! La cause de ces problèmes, comment ai-je pu être aveugle si longtemps ?!!

 

Je veux me lever pour le tuer mais je m’affale par terre, mes jambes ne marchent plus. Que m’arrive-t-il ?!!! Il ne faut pas que je panique, non ! Mon dieu, je panique ! Je crie à l’aide, qu’on me libère ! Un homme arrive, instinctivement je recule et cherche ma baguette. Où est-elle ?! Je suis vulnérable sans jambes ni baguette… ! Il me dit de me calmer, que tout va bien, que je suis en lieu sûr … Comment puis-je le croire ? On ne peut faire confiance à personne, je ne peux avoir confiance en personne. Il essaye de me retenir et une autre femme arrive habillée en blanc également… Tout est blanc ici, je ne réalise pas que je connais cet endroit et continue de me débattre jusqu’à ce qu’il me force à avaler une potion, un poison sûrement ! Non je ne me laisserai pas faire ! Trop tard, je sens son effet monter en moi, je sombre à nouveau, finalement c’est peut être mieux… Ici au moins il fait noir…

 

Je ne suis pas morte, pourquoi ? Un visage familier me sourit, maman. Elle s’approche de moi et me serre dans ses bras toujours bienveillants :

-           « Ginny ma chérie, tu… tu nous as fait tellement peur ! » Elle a du mal à cacher ses larmes. «  Nous commencions à perdre espoir de te voir à nouveau éveillée ! »

 

Je ne comprends pas, combien de temps ai-je dormi ? St Mangouste…  Que m’ait-il arrivé ?!!

 

-           « Maman, pourquoi suis-je ici et depuis quand ? Je ne me souviens de rien après … après … Harry, Hermione. » Je m’arrête, la douleur est encore vive dans mon esprit si usé par le chagrin et la haine.

Elle me regarde, son visage rond de mère poule est terne et morne. Elle sait que ses réponses ne me plairont pas.

 

-           «  Tu t’es évanouie dans notre jardin il y a trois mois. On t’a diagnostiqué une fièvre étrange et une fatigue qui t’a mise dans le coma. Rien ne marchait comme si tu utilisais inconsciemment ta magie intérieure pour te rendre malade… » Finit-elle amèrement.

 

 

-           « Mais tu es réveillée ! C’est le plus important, tu m’as tellement fait peur mon bébé, ma petite fille ! Je n’aurais pas supporté de te perdre toi aussi ! » Elle éclata en sanglots et me serra encore plus fort, à tel point que je ne pouvais plus sentir mes bras en plus des jambes…

 

Elle me parla pendant deux heures, de ce qui s’était passé durant mon long sommeil. Au Terrier, tout était triste, elle venait tous les jours me voir et papa s’était plongé dans le travail ainsi que Percy, et Charlie alors que Bill se noyait dans le whisky-pur-feu vaincu par la mort de Fleur et de nos frères. Je lui demandais des nouvelles avec  insistance d’Harry et Hermione. Voyant, mes yeux ivres de haine, elle hésita mais la pressant de me révéler tout ce qu’elle savait de manière directe, elle céda.

Ils étaient partis tous les deux on ne sait où dans une mission pour l’Ordre du Phénix ou simplement suivant un plan d’Harry pour vaincre Voldemort.

 Ils avaient fui alors, Harry avait fui ses responsabilités envers les Weasleys… Mon désir de vengeance après toute cette douleur qu’il m’avait infligée était à son paroxysme. Même sans jambe, je te retrouverai, et te ferai payer cette trahison !

 

 

****

End Notes:

Alors ce chapitre ? J'espère qu'il n'est pas trop mou...

Chapitre 5 by lilteenmary
Author's Notes:

Coucou tout le monde ! Je suis désolée d'avoir été si longue pour ce nouveau chapitre... Mais j'écris assez lentement ^^

Merci pour tous ceux qui m'ont laissé des reviews ça fait super plaisir et n'hésitez pas à me donner des conseils, commentaires et critiques car étant donner que c'est ma première fanfiction je vois pas trop les choses à améliorer et tout et tout ... voilà ! 

bonne lecture !

****

 

                        ***  Il fait noir, je me lève. Il n’est pas si tôt, seulement dans cet endroit il fait toujours noir. Les jours s’allongent et je reste dans l’attente de quelque chose ou peut être bien de quelqu’un. Je suis un fantôme, transparent pour toute autre vie, mais visible pour ceux qui n’ont pas d’autres choix…

 

Je sors de mes quartiers, un privilège surprenant de la part du Seigneur des ténèbres pour le fils d’un lâche … Je le soupçonne de vouloir me voir exécuter une mission capitale et nécessaire à ses yeux. Cependant je ne peux m’empêcher de me poser cette question… : pourquoi moi ? Ma famille a été déshonorée par mon père auprès du Lord, je suis loin d’être le sorcier le plus doué, courageux ou sanguinaire… et Il le sait.

 

Rogue me toise dans le couloir sombre de cette prison sans chaleur ni lumière. Il se pose peut être les mêmes questions que moi. Le Lord m’a convoqué aujourd’hui, je ne peux me permettre de le faire attendre. Je transplane, il ne vient jamais ici… Côtoyer les prisonniers n’est pas propre à son rang, seulement à ses serviteurs.

 

J’appréhende l’instant où il m’infligera un doloris pour avoir vu en moi ne serait ce qu’une lueur de refus dans la nouvelle mission qu’il m’ordonne. Un nouveau meurtre sûrement … soit je ne vivrais pas avec mais errerais comme le fantôme que je suis.

Nagini est entortillé autour de son imposant fauteuil de velours. Mon dieu cette créature me dégoûte autant que son maître ! Son odeur ressemble à celle d’une bête en putréfaction. Il faut me concentrer, l’occlumencie a été jusqu’à maintenant la seule chose utile que Bellatrix m’ait enseigné, ma seule parade pour protéger ma mère.

 

                        J’oblige mon esprit à divaguer vers des pensées plus agréables, des souvenirs d’odeurs me faisant sourire… Une potion de Slughorn ne serait pas de refus. Je n’étais pas en état de suivre ses cours mais le souvenir de mes odeurs préférés sont inexorablement  liées à ma sixième année, ma pire année à Poudlard pourtant, et cette mystérieuse potion me vint à l’esprit en cet instant.

 

                        Une brûlure à la tête me sort de ces douces pensées, le Lord tourne toute son attention sur moi :

 

-           «  Lord Voldemort, te donne une chance aujourd’hui Drago en t’accordant le droit de finir tes études afin d’avoir un semblant de connaissances. » Commence-t-il en émettant une expression faciale qui pourrait être qualifié de sourire ?!

Je ne dis rien, trop étonné et par peur de me voir punir pour un manque d’égard envers ces « nobles » paroles. N’ironise pas trop mon petit Malefoy ou c’est ta mère qui ironisera lorsque vous vous retrouverez pour la première fois depuis des mois en enfer !

 

Il caresse brièvement son immondice et poursuit en sifflant «  Le Lord accorde toujours une récompense à ses serviteurs, et maintenant que Poudlard est purgé…de ses sangs de bourbe et  indésirables, ta place est à nouveau là-bas. »

 

-           «Je vous remercie maître. » Murmurais-je assez fort pour qu’il entende sans le crier avec une assurance dont je n’aurais pas l’audace de faire preuve.

-           «  Ne te détrompe pas mon petit Drago, tu restes actif à Poudlard, tu restes un serviteur de Lord Voldemort. »

 

J’acquiesce lentement tout en regardant le mouvement qu’il fait avec sa baguette vers mon bras gauche. Ainsi, il a besoin d’un mangemort assez jeune pour effectuer une mission au sein même de l’école… Je ne comprends toujours pas, Rogue est à présent directeur et les Carrows font office de professeurs…

 

Une fois de plus je ne discute pas, Poudlard, revoir Mère, ma vie de fantôme serait-elle en suspens ? Mes nuits hantées me laisseront-elles un répit sous le beau ciel étoilé de la grande salle ?

Non, même toi Poudlard je t’ai trahi en y infiltrant malheurs et noirceur… Je te débarrasse de vermines mais j’en y infeste d’autres.

Privilège aux sangs purs ? C’est ce que je souhaitais ? Et pourtant c’est un sang mêlé qui gouverne…

 

 

****

 

 

                        ***Les journées passent à St Mangouste, je vois défiler les jours, je ne retournerais peut être jamais à Poudlard… Ma famille s’est faite attaquée par des mangemorts et officiellement on ne sait pas qui ils sont… Pourtant je pense bien que le jour où tout s’est fini, on a reconnu plusieurs d’entre eux malgré leur capuchon noir. Voldemort veut nous maintenir sous la peur, il ne me fait plus peur… J’ai déjà tout perdu, rien ne peut me torturer plus que l’image d’Harry et Hermione traversant les épreuves main dans la main sans se soucier de ce qu’ils ont pu laisser derrière eux !

Maman m’a avouée que le Ministère avait reconnu le meurtre de Fleur et l’attaque par des partisans du mage noir sans pour autant prévenir la population sorcière. Etouffer les affaires comme celle-ci devenait un sport…

Elle tenait absolument à ce  que je retourne à l’école pour achever ma scolarité. Je ne pouvais pas, en regardant honnêtement dans un miroir c’est que je ne voulais pas. Tout dans cet endroit me rappelait Harry, mes frères et ces derniers mois d’horreurs enfermée dans mes cauchemars…

La haine m’avait temps gonflée le cœur, j’avais un poids permanent sur ma poitrine. Partir, partir d’ici était la seule chose à faire pour me sentir mieux sans que cela soit de nouveau « bien » un jour.

 

Je me redressais difficilement dans mon lit, les potions ne faisaient toujours pas effet et mes jambes restaient inactives malgré tous mes efforts et toute ma volonté.

 

Mon pauvre père avait tellement vieilli en si peu de temps  qu’on lui donnait presque 20 ans de plus. Il était marqué par l’impuissance de pouvoir améliorer les choses pour sa famille, seul mon réveil avait redonné un peu d’espoir à ma mère. Elle n’abandonnerait pas tant qu’un de ses enfants respirerait encore !

 

Un médicomage arrivait avec une nouvelle potion à m’appliquer sur les jambes. Mon regard morne et sans enthousiasme lui fit comprendre que je n’étais pas d’humeur pour les faux espoirs…

 

-           « Miss Weasley, je sais que tout ceci n’est pas agréable pour vous, mais sachez que vous seule pouvez faire que vos jambes fonctionnent. Les potions ne sont là que pour vous aidez. » Dit-il patiemment.

 

-           « Vous croyez peut-être que je n’ai plus jamais envie de remarcher ! » Lui répliquais-je irritée.

 

-           « Non peut-être consciemment, mais si seul notre conscience décidait le monde serait autre… » Il ajouta cette dernière phrase avec un air savant que je ne pus supporter. Il continuait à m’appliquer le mélange visqueux et fétide sur la peau.

 

-           « Ma conscience en tout cas vous prévient que si vous ne dégagez pas, c’est un coup de poing à défaut d’un coup de pied que vous recevrez ! » Criais-je finalement sur le pauvre homme qui n’essayait que de m’aider … Il partit en soupirant.

 


Pour qui se prenaient-ils tous à vouloir diriger ma vie et maintenant mon esprit. Elle devait remarcher comme si elle n’était jamais tombée malade, elle devait retourner à Poudlard pour travailler comme si rien ne s’était passé, elle devait oublier Harry et Hermione en fuite tous les deux. Jamais, jamais rien ne serait comme avant et elle ne pouvait pas redevenir l’ancienne Ginny malgré tout ce qu’elle ferait. Après tout elle ne le voulait pas, l’ancienne Ginny était naïve et faible.

 

Naïve et faible, voilà bien deux mots qui me faisaient horreur… Mon amour pour Harry était un faible et d’une naïveté immesurable !

 

Jamais, jamais je ne reverrai Poudlard à moins que ce ne soit pour retrouver et faire payer Harry et Hermione…

 

 

****

 

                        ***Dans mon ancienne salle commune, j’observe attentivement les teintures et leurs motifs. Je n’avais jamais remarqué les yeux diamantés des personnages sur celle-ci. Tous ces détails que je ne remarquais pas avant, je les observe tranquillement, posément. Je ne veux plus rien oublier de ce lieu, jamais plus. Comment être sûr que dans une semaine Il ne m’appellera pas et me renverra dans ce sordide cercueil… ?

 

Les murs sont restés les mêmes,  seulement les murs et ses décorations… Tout le reste, tout a changé. L’ambiance noire et effrayante pour ceux qui ne sont pas partisan du Lord, se ressent du plus profond cachot jusqu’au sommet de la plus haute tour. Les centaures courent dans la forêt interdite, ils sentent un avenir noir et malveillant se rapprocher du château.

 

Seuls les Carrows ne sont pas étranges mais, comment dire ? Ah oui, ils rayonnent de joie dans leur nouveau poste ! Cependant, une attitude me dérange, m’inquiète même. Rogue est étrange, il ne paraît pas aussi réjoui qu’il voudrait nous le faire croire. Pourquoi ne puis-je m’empêcher de penser qu’il n’est pas si satisfait d’être à Poudlard sous le jouc du Maître des ténèbres ou plutôt avec les Carrows pour collègues et la haine de tous les amoureux de Dumbledore ? Son absence me donne des sueurs. Un lâche, il le savait et il l’avait toujours su. J’essaye de chasser ses dernières paroles de mon esprit. Et si j’avais été lâche ce jour là dans la forêt ? Et le jour de l’attaque ? Est-ce que je me sentirais mieux ? Mes nuits seraient-elles remplies de rêve d’avenir et de grandeur comme autrefois ? Non, je sais bien que non, ma lâcheté aurait signifié ma solitude et la mort de la seule personne qui ne m’ait jamais aimé…

 

Je monte à la voilière, j’envoie une lettre à Mère, elle est en sécurité, du moins le plus qu’on puisse espérer dans ces conditions. Elle me manque, mais je la verrais bientôt pour Noël…

 

J’ouvre la gazette du sorcier.  Même si elle est contrôlée, j’aime prendre des nouvelles de la situation, ou des personnes. Revenir à l’école, m’a permis au moins de savoir en détail ce qui se passe à l’extérieur de la prison. Un article me saute tout de suite aux yeux, c’est la fille Weasley, elle est réveillée mais est toujours à St Mangouste. Et si elle revenait ici, elle est de sang-pure et rien ne prouve encore aux yeux du Ministère qu’ils ont fait quelque chose d’illégal même si tout le monde sait que ce sont des traîtres-à-leur-sang et des membres de l’ordre du phénix.  Est-ce-que je pourrais supporter sa présence, elle m’a peut-être vu ce jour là… Non, non elle ne peut pas m’avoir vu, mais peu importe, que peut-elle faire maintenant ?

 

****

Chapitre 6 by lilteenmary
Author's Notes:

Bonjour à tous ! je vous souhaite un Joyeux Noël (un peu en retard) et une bonne année ( un peu en avance !)

Ceci est le dernier chapitre que je publierais... en 2009 ! Parce que l'histoire c'est sûr est loin d'être terminée...

 

Comme d'habitude, je suis ouverte à tous les conseils, remarques, critiques qui puissent m'aider à vous écrire une meilleure fic !!

 

 

****

 

***Plusieurs jours se sont écoulés depuis la fin de mon séjour à l’hôpital St Mangouste. J’ai supplié mes parents de rentrer au Terrier, même si j’y ai de mauvais souvenirs, je ne pouvais plus rester dans cette chambre d’un blanc suffocant et sans vie. Charlie et Percy m’ont installée dans ma chambre, ne pouvant toujours pas remarcher… Je suis devenue une assistée de ma famille…

Je n’y arrive pas, je le veux mais pourtant quelque chose m’en empêche, la même magie qui m’a plongée dans un coma si profond s’est emparée de mes jambes !

Je soulève ma couverture et observe mes jambes amoindries et rouges. Je prends ma baguette cachée sous le matelas de mon lit et recommence à me lacérer la peau. Peut être finirais-je par sentir un picotement, une douleur et je saurais qu’elles ne sont pas mortes…

Le sang est salé, salé de mes larmes qui s’y mélangent. Je prends des bandages et recouvrent les marques, essuie le bois et la replonge dans sa cachette. Dormir, dormir me fera du bien, ma tête tourne, je me rallonge et ne pense plus.

 

Lupin est venu quelques jours auparavant pour avoir de nos nouvelles, il me scrute doucement. Peut être essaye-t-il de découvrir cette folie qui m’habite ? Toute ses paroles n’ont aucune emprise sur moi. Aller de l’avant, se pardonner et pardonner les autres, recommencer à vivre ? Que raconte-il ? Pardonner les autres… Harry est son protégé depuis toujours, il pense m’amadouer ainsi ??!! Je me mure dans mon silence et lui lance un regard de néant total. Il ne sait plus que dire, il sort de mon sanctuaire, pas besoin de le chasser hostilement alors que je n’ai pas la force de m’opposer à toute la famille…

 

Deux heures plus tard, le loup n’est pas parti. Toujours fidèle à l’ordre, il parle à mes parents de lieux possibles où seraient…. ? Ils ont baissé d’un ton, intriguée je me traine jusqu’à l’escalier grâce à un sort. Les sortilèges n’ont jamais été un problème par chance.

 

-           « A Londres, oui je les ai vu… » dit-il

 

Mon sang se glace, ma bouche est sèche, j’essaye de contrôler ma respiration pour pouvoir entendre la suite.

 

-          « Il ne veut aucune aide … »    « revenir chez moi » « Tonks » Pestant de ne pas avoir d’oreilles à rallonge je ferme les yeux me remémorant Fred et Georges  en étouffant un cri dans ma gorge.

Ginny, ce n’est pas le moment concentre-toi ! Concentre toi je t’en pris !!! J’inspire une, deux, trois fois puis retourne à la conversation la mâchoire serrée contre ma main ensanglantée.

 

-          « Que vont-ils faire ? » Je reconnais sans peine, la voix inquiète de maman qu’elle n’a pas quittée depuis des mois…

-          « Vous-savez-qui… » « Harry… »

 

Harry … Harry ! C’est de ça que Rémus est venu parler à mes parents, aider Harry ! Je distingue tant bien que mal des bribes du reste de la conversation avant que Lupin ne prenne congé de mes parents. Il a parlé de l’épée de Godric Gryffondor à Poudlard…

 

J’essaye de faire abstraction du reste et me concentre. Harry avait utilisé l’épée une fois contre Tom Jedusor pour me sauver. J’hurle intérieurement à ce souvenir, maudissant Harry encore et encore.

 

Il a donc besoin de cette épée… pour vaincre Voldemort peut être, peut être  est-ce un des seuls moyens à sa portée pour Le vaincre.

 

Vite, je m’active et reprends place dans mon lit avant que quiconque ne s’aperçoive de mon escapade dans les escaliers pour espionner.

 

 Je repense à tout ce que Rémus vient de dire. Harry et Hermione, ces traîtres sont à Londres, au Square Grimmaurd sûrement. Malheureusement je n’ai aucun moyen de trouver la maison avec toute ma mobilité, donc amoindrie c’est peine perdu. Je serre les poings, comment puis-je les confondre ?

 

Harry a besoin de l’épée, mais elle est à Poudlard. Etant donné qu’ils sont recherchés par les mangemorts et le Ministère infiltré, il n’y a aucune chance pour qu’il y débarque du jour au lendemain. 

Ma seule chance c’est Poudlard, y arrivait avant eux, avant lui et l’attendre avec l’épée. Le confondre… Il ne s’y attendra pas et j’aurai l’avantage.

 Je souris intérieurement et ferme la porte de ma chambre à clef. Maintenant il me faut juste un plan détaillé…

 

 

Une semaine s’est écoulée depuis que Lupin est venu, une semaine où je me suis préparée à revenir à Poudlard et exécuter mon plan. Il n’a pas été difficile de convaincre mes parents de mon changement d’attitude, pensant que Rémus m’avait fait changer d’avis. Ils avaient raison cependant et tristement, pas pour les raisons qu’ils auraient souhaitées.

 

Je me déplace vers la cheminée sur une chaise utilisant le sort locomotor. Le médicomage a pensé que le retour à une vie « presque » normale pourrait être la solution à mon mal. Espérons qu’il ait raison pour ce qui est du mal physique. Maman me tend de la poudre de cheminette et m’encourage par un long étouffement dont elle a le secret. Je sens les faibles sourires de mes frères et de mon père. Bill s’est même déplacé de sa chambre pour me dire adieu. Il a vendu sa maison après l’enterrement de Fleur et de nos frères.

 

Poudlard, le château n’a plus le même aspect, ma vue est abaissée à un mètre. Je me sens humiliée, handicapée. Je trouverais un moyen, je trouverais le moyen de récupérer mes jambes et de prendre l’épée de Gryffondor…

 

 

****

 

 

 

                        ***Comptant les tableaux, je marche doucement vers la grande salle pour le dîner. Crabbe et Goyle ne m’ont pas attendu, une habitude depuis que je suis revenu… Aucun de ces énormes tas de graisse pensants ne m’attend plus depuis que le déshonneur s’est abattu sur la famille Malfoy. Je suis encore craint et assez respecté pour ne pas recevoir d’insultes. Mais la considération d’un Malfoy n’est plus ce qu’elle fût.

 

De quoi me plaindrais-je ? Je n’ai jamais eu d’amis dans cette bande de fourbes, fourbes comme tous les Serpentards ? Je secoue ma tête, et laisse ces malheureux « inconvénients » sortir de mon esprit. Il y a plus important aujourd’hui et mes rêves de pouvoir, de supériorité, de déni ont été largement amoindris par le Lord.

 

J’entre finalement dans la grande salle, et la tête haute m’impose au milieu de mes chers collègues. La réussite de mes missions devrait leur rabattre leur langue fourchue au moins pour le moment.

 

-          « Drago, ma Mère m’a dit que tu avais brillamment accompli une mission chez les Weasleys cet été. » Me demande Pansy Parkinson assez bruyamment.

 

Tout le monde est au courant bien sûr, pourtant le Lord a ordonné à chaque Mangemort sur place de ne rien divulguer. La confiance est un mot qui n’a jamais fait partie de son vocabulaire apparemment.

 

C’était devenu habituel de la part des Serpentards de cancaner sur mes missions et de ce que j’avais pu faire pour le Lord depuis ma sixième année. Je ne me délecte en rien de cette situation. Me vanter d’être un assassin d’enfants et d’être l’esclave d’un Etre horrible que j’ai pu admirer pour sa grandeur et sa puissance ? Non, je préfère garder mes cauchemars, peut être que cela me fait sentir plus humain…

 

Je me retourne en lui lançant un sourire sarcastique en me disant qu’elle ne me ferait plus perdre mon temps.

 

-          «  Ma chère Pansy, on m’a informé que cet été tu suivais des cours de Quidditch pour garder la ligne ? »

 

Fier de ma réplique, je me retourne pour admirer une horde de rires moqueurs à l’égard de Pansy.

 

-          «  Je… je ne vois pas de quoi tu parles » bégaye-t-elle. J’approche discrètement ma bouche de son oreille pour que nous deux seuls puissent entendre.

 

-          « Tu recommences ce genre de commentaires ne serais-ce qu’une seule fois et je ruine ta réputation à un tel point que tu devras te trouver un mari en Ethiopie ! »

 

Elle me regarde l’air ahuri, encore choquée de mon comportement. Elle n’a pas compris qu’il ne fallait pas faire une seule vague. Le Maître a des oreilles et des yeux partout…

 

Je me retourne pour rire avec les autres quand mon regard s’arrête deux tables plus loin. Une fille pâle et aux cheveux ternes sourit faiblement à ses camarades. Un sourire morose, qui n’a rien d’entier ou de naturel. Pourquoi n’était-il pas au courant ? Rogue l’a laissée revenir… Comment ont-ils pu ? Elle a pu tout voir ce jour là…

 

Je m’affole et commence à m’agiter, mon verre m’échappe des mains et tous les regards se braquent sur moi. Je me lève avec un air impérieux qui rabaisse celui des autres. Pour me faire respecter des Serpentards je touche mon bras gauche. Je n’ai pas d’autre choix que de me massacrer le bras. Cette action a également pour objectif de faire frémir les autres maisons même ces prétentieux de Gryffondor. Mon action n’a pas raté, j’ai pu esquiver mon air paniqué en apercevant la jeune Weasley. Les professeurs sont terrorisés à l’exception bien sûr des Carrows qui trouvent tout cela distrayant sûrement.

 

J’aperçois le regard neutre de la rouquine, elle n’est pas dupe. Elle a su lire l’effroi dans mes yeux et elle est la seule ne faisant pas parti des Serpentards à être restée droite lorsque j’ai pressé ma marque. Que sait-elle ? Il faut que j’en apprenne plus, elle aussi aurait hanté mes rêves aujourd’hui si ma mission avait été une totale réussite.

 

 

****

 

 

End Notes:

J'ai corrigé plus d'une vingtaine de fautes donc je m'excuse pour les personnes qui avaient lu ce chapitre avant sa correction ! Merci à Petitegrenouille de me l'avoir fait remarqué !

Chapitre 7 by lilteenmary
Author's Notes:

Bonjour ! Après presque 2 mois d'absence je reviens ! Je suis désolé et non je n'ai pas abandonné la fic (je compte bien aller jusqu'au bout !)

Mais voilà entre les excuses habituelles, j'ai aussi eu l'impression que mes deux derniers chapitres n'étaient pas terribles par rapport aux premiers...

J'ai mis du temps à m'y remettre en espérant que ce chapitre (plus court c'est sûr) sera plus intéressant et/ou mieux écrit... A vous de me dire !

Voilà donc bonne lecture, enjoy ! ;-) 

 

****

 

 

*** Je roule dans le couloir tranquillement, Neville a insisté pour m’accompagner mais devant mon regard dur il a abandonné l’idée de m’apporter une quelconque aide. Ils essayent de m’égayer, de me distraire avec Luna, pourtant ils n’arrivent qu’à m’étouffer. La liberté, c’est ce que je cherchais en revenant à Poudlard et dans un sens je n’y trouve que de l’oppression, de l’ennui… Neville veut recréer l’armée de Dumbledore pour aider Harry et Hermione ! Ces chiens !! Je leur cracherais au visage si seulement je pouvais atteindre celui de quelqu’un. Madame Pomfresh me donne des tas de potions, elle a vu les lacérations. Je l’ai suppliée de ne rien dire, à quoi bon, tuer un peu plus mes parents ??? Elle a cédé devant l’argument, mais je ne peux plus recommencer…

 

Je roule dans le couloir activement, il me faut une échappatoire, une manière de soulager cette haine, sans me vider les jambes. Je tourne, observe, scrute chaque détail sur les murs, les tapisseries, les salles qui pourraient me donner des idées. C’est un jour de match de quidditch et personne ne reste dans le château.

Soudain, j’aperçois un groupe de filles de Serdaigle, elle laisse une de leur amie qui rentre dans les toilettes des filles du 4ème étage. *Cho Chang, mégère qui cancane sans arrêt, toi aussi tu es une Hermione ?! La chaleur me monte au visage, je brûle de haine, je ne vois plus les yeux bridés de Cho mais les grands yeux marrons de la traîtresse.  Sans un bruit, sans un mouvement de trop, je pénètre dans la salle exiguë. Elle est là, sans soucis, sans se poser de questions, sans savoir qu’elle a ruiné ma vie !!!! Je la vois recoiffant ses longs cheveux bruns, je vois une main les arracher, les décoller de sa tête. Je vois Harry embrassant doucement Cho, Hermione, des cheveux bruns, une brune… Je ne vois plus que flou, tout s’accélère…

Il n’y a plus de cheveux bruns, plus que des cheveux rouges, rouges comme les miens ?? Je me regarde dans le miroir, mes cheveux sont rouges, d’un rouge profond, non plus roux… Une voix d’homme peut être, peut être pas, mon dernier souvenir…

 

Je ne roule plus, je marche, je marche avec lassitude, trainée par un roc, une pierre froide comme la glace. Le roc me parle, m’emmène, me tire, le roc s’occupe de moi et je marche enfin.

 

 

****

 

 

*** Sans relâche, je cours la petite Weasley à mon bras. Je ne comprends rien, perdu, j’essaye de me concentrer sur le chemin de la salle de bain des préfets. Je tourne au portrait de La cuisinière aux marrons, et aperçois le Baron Sanglant. Malgré le fait que ce soit le fantôme des Serpentards, je ne peux pas me permettre de nous faire prendre sur le fait. Courant avec ce qui reste de la rouquine délirante, je passe enfin devant le tableau annonçant le mot de passe (privilège que Rogue m’a accordé en étant Préfet-en-chef).

 

Je la lâche et elle tombe presque automatiquement par terre, rassemblant tous mes souvenirs et occultant une vision dégoutante, je m’attaque directement à elle, pas le temps de laisser mariner !

 

-          « Explique-moi tout de suite,  qu’as-tu fait à Chang ? » clair, net, concile, et sans sourcilier.

-          « … »

Elle murmure, mais quoi ? Ce qui m’irrite au plus au point.

 

-          «  Voyons Weasley, tu as bien vu que Chang avait la tête scalpée et que son sang a giclé sur tes cheveux ! Quoi ? Les Carrows et Rogue seront très heureux lorsque je leur dirai tes prouesses en sortilège de magie noire ! »

Aucune réaction, évoquer l’état de la Serdaigle et les cheveux de la rouquine me rappelle la petite des bois. Elle sait pour la fillette mais sûrement pas que c’était moi, personne à part le rat puant et le maître ne sait… Je scrute la moindre de ses réactions qui pourrait me faire comprendre son accès de rage. Oui il n’y a qu’un accès de rage qui puisse faire commettre une telle ignominie sans raison ? Qui suis-je pour le savoir, un tueur d’enfants…

Une idée s’allume dans mon esprit …

 

-          « Saint-Potter t’aurait-il largué pour la brunette ??? »  m’exclamais-je rayonnant de moqueries et sérieux à la fois.

Je n’ai pas le temps de réagir, que la furie se jette sur moi sans sa baguette que j’ai bien pris soin de lui enlever lorsque je l’ai trouvée tenant les touffes de cheveux de Chang dans les toilettes. Elle me griffe les bras et me mord jusqu’au sang ! La haine que j’entrevois dans ses yeux me rappelle non sans horreur l’air de Bellatrix.

 

Je réussis à lui lancer un sort d’immobilité, elle s’évanouit sous le coup.

 

 

-          « Weasley, réveille toi, réveille toi ! Enervatum ! » Je m’assure de la solidité des cordes que j’ai fait apparaître pour lui attacher les mains au lavabo.

-          «  Pourquoi je suis attachée ?! Relâche-moi sale assassin ! » Elle me crache au visage ces derniers mots dans un sourire mesquin que je ne lui ai jamais vu.

 

Inconsciemment je sens ma main serrer son poignet de plus en plus fort, elle ne plie pas sous la douleur et me regarde droit dans les yeux avec ce même sourire mesquin. J’essuie lentement mon visage avec l’autre main sans la relâcher. Son regard pénètre mon bras gauche. Ses yeux brûlent ma peau, la rongent …

 

-          « Mangemort, lâche-moi » Elle l’a presque dit avec douceur, cependant je ressens une pointe de honte et ses cheveux rouges me font trembler. Mes muscles se décontractent, elle ne peut rien faire de toute manière, j’ai sa baguette. Rassuré je m’éloigne d’elle et attends qu’elle m’explique simplement sans vouloir la brusquer. Pourquoi ? Je ne sais pas, peut-être que je pense lui devoir au moins ça…

 

-          « Pourquoi m’as- tu emmenée ? Qu’est-ce que cela t’apporte Malefoy ? Que comptes-tu faire maintenant ? »

Ses yeux sont vides, la lueur de folie que je n’ai qu’entrevu a disparu…  Comment peut-elle parler si calmement après ce qui c’est passer, elle n’est pas la rouquine, ni Weasley, qui est-elle ? Ses questions me brouillent l’esprit, me torturent. Savoir… Il faut que je sache !

 

-          « Pour pouvoir être le premier à connaître la vérité. Tu l’as tuée et ça ne te fait rien ? »

Elle explose, non pas de haine ou en larmes comme je m’y attendais mais de rire. De ce rire si malsain que j’ai entendu temps de fois.

 

-          « Mais je n’y suis pour rien … Harry est l’unique responsable ! Je n’ai rien fait Malefoy tu m’entends ! Je n’ai rien fait ! Relâche-moi immédiatement ! Relâche-moi !!! Relâche-moi où je me vengerais ! » Elle crie, elle crie, elle continue de crier, je lui couvre la bouche mais elle me mord encore. Je n’en peux plus, comment cette sale Weasley ose me mordre ! Je la gifle de ma main couverte de sang, le visage rouge elle n’en démord pas.

-          « Tais toi ou je t’emmène aux Carrows et je leur dis tout ! Ne fais pas l’erreur de croire qu’ils ne te puniront pas car Chang était une sang pure et pas une traître à son sang comme ta famille ! » A ce mot, je me calme, elle y pense déjà sûrement, à sa famille.

 

-          « Très bien Malefoy, tu me laisses partir, je ne dirais rien sur Fleur pourtant tu peux continuer de trembler… Ne me regarde pas comme cela, oui je t’ai vu ce jour-là et je sais ce que tu lui as fait, ma vengeance va au-delà de ce que tu imagines. Mais tu n’en fais pas partie, Malefoy, tu es un être insignifiant pour moi, insignifiant. »

 

Son changement de comportement en quelques minutes me glace les veines, elle m’a donc vu. Elle pouvait me dénoncer pourtant elle ne l’a pas fait durant tous ces mois… Mais pourquoi ? Ses yeux vides ne vacillent pas et me fixent longuement. J’agite ma baguette.

 

-          « Prends un bain avant de partir, tu ne voudrais pas te faire renvoyer de Poudlard, quoique tu sois venue y faire … »

 

Je lui rends sa baguette et m’éloigne avec toujours ce sentiment accroché sur mon cœur, cette angoisse terrifiante … Elle n’est pas la petite rouquine, elle n’est plus la petite rouquine…

 

 

****

 

End Notes:

Voilà ! Bon pas trop déçu j'espère pour la première rencontre Drago/Ginny ?

Chapitre 8 by lilteenmary
Author's Notes:

Bonjour ! Bon j'ai fait un chapitre un peu plus long cette fois pour compenser le dernier... Il est possible qu'il y ait des passages bizarres mais c'est normal! (j'en dis pas plus !)

Que pensez vous du nouveau résumé et de l'image ? J'ai décidé de le changer suivant l'histoire qui avance... 

 

Bonne lecture !!!

****

 

 

 

*** Mes yeux s’ouvrent dans la lumière diffuse de la soirée.  Les murs autour de moi sont flous mais j’arrive à distinguer du bleu, des motifs de vagues en frises. Une douceur caresse mon ventre, mon regard se porte dessus. Je m’aperçois que je baigne dans un bain moussant aux milles et une couleurs. Je ne suis jamais venue dans cette pièce, celle-ci doit être la salle de bain des préfets. J’attrape une bulle et la souffle dans les airs. Mon esprit est aussi léger que cette bulle, il vagabonde. J’ai comme une impression de bien-être qui m’aurait quittée il y a longtemps, je crois…

Je me redresse brusquement, quelque chose m’échappe. Drago Malefoy est venu ici, des images me tiraillent la tête. Je souffre le martyre et la plonge dans l’eau pour refroidir cette pierre incandescente.
Pendant deux secondes, j’avais cru, j’aurais cru, je pensais… que j’étais heureuse ?

J’appuie sur mes yeux, jusqu’à enfoncer ceux-ci dans leur orbite. Pas de larmes, pas de larmes, à quoi bon pleurer ?

 

Sortant du bain avec un sortilège, je me sèche et m’habille en deux secondes. Je balaye la salle du regard, il manque une chose, et une autre n’a rien à faire ici. Ma chaise où est-elle ? Je suis toujours assise par terre, j’attrape des cordes coupées trainant près du lavabo.

 

Le match, Chang,… , je vois du sang sur ma robe de sorcière. Je sais ce que j’ai fait, je le sais, je l’ai fait.

Un sentiment de haine a réveillé mes jambes, le sortilège qui m’a plongé dans le coma était dû à un sentiment de tristesse poussé à l’extrême ? Le problème est réglé, je marche dans le couloir, il faut que je rentre à la tour avant que les autres ne puissent me soupçonner.

 

Chang n’aurait pas dû être tué de cette manière, cependant je ne peux pas m’empêcher de penser qu’elle aussi le méritait. Mais je n’approuve pas celui qui lui a fait ça. Peu importe, c’est son problème maintenant. A cette pensée, j’esquisse un petit sourire, un problème qu’elle ne pourra plus résoudre.

 

 

 

La grosse dame me fait tout un cirque pour me laisser rentrer. L e meurtre a déjà été découvert, et elle frétille de peur bien sûr pour sa pauvre toile. Elle finit par m’ouvrir le passage quand je cris pour la cinquième fois le mot de passe « espoir ». Elle en a encore apparemment McGonagall. Ils me regardent tous, je ne comprends pas pourquoi jusqu’à ce que je regarde mes pieds. Je marche ! Oui je marche, je ne m’en étais même pas rendu compte… Un sentiment de joie me transporte, depuis combien de temps cela ne m’était pas arrivée ? Je ne sais même plus.

Neville se lève du fauteuil où il était entrain de lire la gazette du sorcier (habitude qu’il avait prise depuis cette année, sans doute pour épier la moindre nouvelle de son cher Harry !).

 

-          « Ginny tu… tu marches ! Comment est-ce arrivé ? C’est merveilleux, il faut aller voir Madame Pomfresh ! » s’exclame-t-il.

 

-          « NON ! » Je m’écris plus fort que je ne l’aurais voulu. Il me regarde bizarrement. « Enfin je… je veux dire, il y a plus important pour l’instant apparemment. »

 

-          « Tu a raison. Tu as appris pour Cho Chang ?!! C’est horrible !!! J’en ai pleuré pendant des heures ! C’est affreux ! La pauvre a été retrouvée dans les toilettes des filles du 7ème étage. Son corps était dans un état indescriptible d’après Susan Bones, elle s’est évanouie à sa vue … »

Je souffle, ma tête tourne, ces images me reviennent sans cesse,  que m’est-il arrivée ? Je compatis peu au sort de Cho, éternelle rivale et gourde en puissance !

 

-          « Ginny, pourquoi tu souris ? » Neville fronce des sourcils en me scannant le visage comme s’il essayait de lire en moi.

 

-          « Je suis désolée pour Cho, je pensais simplement à mes parents … tu sais lorsque je leur dirais pour mes jambes. » Mon rythme cardiaque ralentit lorsque je le vois sourire à son tour. Mais je m’empresse d’ajouter avec vivacité « Pauvre Cho… C’est horrible ce que devient Poudlard ! Un meurtre tu te rends compte … dans notre école ! » Parfaite actrice, je me féliciterais presque.

 

-          « Je suis sûr que c’est un coup des Serpentards, ces sales mangemorts ! ». Il crache ces derniers mots avec un dégoût palpable.

 

Je lui réponds vaguement un « oui » cependant ma tête me torture à nouveau et ces images dont je n’arrive pas à me détacher. Je ne comprends plus rien, comment suis-je arrivée dans la salle commune ? Des bribes d’images encore et encore, je masse mes tempes. Lavande et Parvati rejoignent Neville toutes excitées. J’en profite pour m’éclipser dans mon dortoir.  Une sieste, du repos… il me faut du repos… Mes paupières cillent à la lueur de la cheminé. Demain je comprendrais mieux peut-être…

 

 

****

 

 

                        *** Chère mère,

 

Tout d’abord, j’espère que vous allez bien. Je prends conscience aujourd’hui que cela doit être très difficile pour vous. Bellatrix est-elle encore au manoir ? Car je ne souhaite en aucun cas devoir supporter sa présence à mon retour !  

 

Je vous écris suite à votre lettre pour vous dire que vous ne devez pas vous faire de soucis pour votre fils. Le Seigneur des ténèbres ne m’a toujours pas confié de mission mais je doute d’attendre encore longtemps. Je me montrerai digne et vous protégerez quoiqu’il arrive, ne vous inquiétez plus ma tendre mère. Je me comporterai en serviteur fidèle du Seigneur pour vous et pour vous seule.

 

Je dois vous avertir cependant qu’un meurtre a eu lieu à Poudlard, une élève sang pure est morte aujourd’hui et je sais qui est l’assassin. Cette même personne qui me fascine et me terrifie à la fois. Elle pourrait me faire tomber mais je ressens le besoin de la comprendre avant … avant ce qu’il pourrait lui arriver…

 

Conseillez-moi mère, vous êtes la seule à avoir ma confiance.

 

Tendrement Drago

 

Relisant ma lettre une dernière fois, je la glisse dans une enveloppe puis l’accroche à un hibou. La voilière est calme, peu de monde s’aventure à cette heure-ci en dehors du château angoissé de tomber sur le chemin d’un professeur mal intentionné… Alecto est particulièrement mauvaise avec les élèves se baladant dans la nuit s’ils ne sont pas à Serpentard ou fils de partisans.

Pourtant je suis tranquille au clair de lune, un frisson court le long de mon dos. C’est la pleine Lune aujourd’hui, Fenrir doit être de sortie, en plein carnage… Je repense à la prison, et aux lambeaux de chairs humaines qu’il ramenait chaque mois. L’absence de pitié se lisant sur son monstrueux visage, comment cette bête pouvait-elle avoir été un jour humaine ?!

 

Balayant ces douloureux souvenirs d’un coup de tête, je sors ma baguette pour lancer un sort au message. Seule Narcissa Malefoy pourra l’ouvrir, et personne d’autre. Cette formule trouvée dans un ancien parchemin du manoir est très utile dans un monde où vos moindres faits et gestes sont surveillés. Malgré tout, tous savent que je corresponds avec mère. Peu importe tant qu’ils ne savent pas ce que contiennent les messages.

Je soupire bruyamment, ce n’est pas dans mon habitude mais je réfléchis sans cesse à Weasley. Cette fille va finir par devenir une obsession !

Lançant un dernier regard à la lune, je lui tourne le dos et rentre.

 

 

Rogue m’a convoqué dans son bureau. Pansy m’en veut terriblement apparemment, peu importe, elle et les autres. Ils sont si stupides, ils dégoulinent d’admiration pour le Seigneur et ses partisans, ses mangemorts. Je suis un serviteur du Lord, je suis un mangemort.

Ils me dégoutent ! Ne supportant plus leurs têtes de lèche-botte, je sors de la salle commune et monte d’un pas décidé dans le bureau de Rogue. Que me veut-il encore ? Il me surveille sans arrêts, ce qui commence à m’agacer sérieusement je dois dire ! Je tourne à gauche du tableau à la jeune fille et… je m’arrête, frappé de stupeur. Le tableau à la jeune fille, ce tableau devant lequel je passe tous les jours depuis tant d’années… La jeune fille, je la regarde de plus près. Elle porte une longue robe blanche et joue de la harpe. Elle se met à me sourire et au dessus de son air mutin, je vois une couronne de fleur posée sur ses cheveux… roux ?!

 

Je secoue la tête, non c’est Weasley de malheur ! C’est de sa faute, je la vois partout, il faut que j’arrête ! Il faut que je trouve la vérité, il faut que … NONNNNNN !

J’entends une personne me demander ce qu’il se passe et…je ne me suis même pas rendu compte que je suis au milieu du couloir la tête entre mes deux mains glacées entrain de hurler… J’ouvre mes yeux criant aux larmes. Rogue est devant moi, il me relève et me traîne par ma robe de sorcier jusqu’à la gargouille. Il lance un mot, mais je ne le comprends pas, il commence par un L… peut être.

 

-          « Drago, que se passe-t-il ? Puis-je connaître la raison de cette attitude ? » me demande t-il en s’asseyant sur son fauteuil. Il indique doucement la chaise en face de lui.

Devant mon mutisme, il poursuit avec lenteur, en détachant chaque mot de ses lèvres.

 

-          « Je vous avais fait venir, pour vous poser quelques petites questions au sujet de Melle Chang. En tant que Préfet-en-Chef et… serviteur de notre cause. » Ses yeux noirs me percent avec attention cependant je ne décèle aucune intention de pénétrer mon esprit. Il a retenu la leçon me semble-t-il.

 

L’instant de folie est passé, je retrouve mon air calme et indifférent. Il faut être concentré lorsque l’on parle à Severus Rogue.

 

-          « Monsieur le directeur » J’insiste bien sur le mot pour lui faire comprendre qu’il ne m’impressionne aucunement malgré son « titre ». « Je m’excuse pour l’état dans lequel vous venez de me trouver, de mauvais souvenirs. »

 

-          « Je comprends Drago, mais c’est plutôt l’état de Miss Chang dont je souhaiterais parler. Melle Edgecombe vous aurait aperçu dans le couloir des toilettes peu de temps après que Miss Chang y soit entrée. Sachez que malgré mes recommandations persuasives, il se peut qu’elle vous dénonce. Il serait regrettable que je découvre votre implication dans cet incident… »

 

Mes mains moites m’obligent à reconsidérer mon interlocuteur. S’il sait quoique ce soit, il faudra que je dénonce Weasley. Pourquoi la protégerais-je ? Cependant elle sait certaines choses…

 

-          « Je suis en effet arrivé sur les lieux après son agression Monsieur. Cependant pour des raisons de sécurité, je ne peux vous avouer l’auteur de … cet incident. Ce n’est pas moi, et je pense que ce fait vous l’aviez deviné ». Mon air est grave, je n’avais aucune raison de lui dire la vérité et de lui cacher l’assassin.

 

Il me regarde avec attention, presque étonné que je lui avoue. Ne te détrompe pas Rogue, je ne t’accorde pas ma confiance, loin de là…

Il jette un coup d’œil derrière lui puis continue plus sévèrement.

 

-          « Le Seigneur des ténèbres ne vous a pas donné de mission encore, il serait inconscient de votre part de me mentir… Mais je crois que vous le savez donc je ne vous demanderais qu’une chose. Pourquoi protégez-vous cette personne Drago ? Le Lord ne souhaiterait pas un ennemi des sangs purs à Poudlard. »

 

-          « J’ai besoin de temps Monsieur, pour ce qui est des autres élèves, je garantis leur protection de cette personne bien que je doute qu’elle n’attaque d’autres gens dans l’immédiat. » Je reprends mon souffle après cette longue tirade puis argumente « elle pourrait s’avérer utile, c’est pourquoi mieux vaut ne pas en référer aux autres … pour l’instant du moins. »

 

Il hésite, je le sens, il jette un autre coup d’œil derrière lui puis avec une pointe de mécontentement me dit.

 

-          « Très bien, vous êtes responsable. Je vous laisse un mois mais attention, dans un mois je devrais savoir qui est la personne qui a découpé Melle Chang ! Vous pouvez partir, fermez la porte en sortant Drago mais avant».

 

 

Il se lève puis va chercher dans son armoire une fiole qu’il me tend. « Pour vos… mauvais souvenirs ». Puis il me fait signe de partir comme un simple serviteur. Je fronce et sors sans fermer.

 

 

****

End Notes:

J'espère que vous aimez !

Chapitre 9 by lilteenmary
Author's Notes:

Coucou !

Je reviens une nouvelle fois avec plusieurs mois sans publication (oui j'ai honte !) J'avais dit que je serais plus régulière ... ail ^^

En tout cas je peux vous dire que le prochain sera beaucoup moins long à venir (avec les vacances forcément !!)

Excusez-moi pour les fautes, j'essaye de me relire et de les corriger mais comme j'ai pas de correcteur c'est difficile... Il y en a que je vois pas ...

Enfin après tout ce blabla, je vous souhaite une bonne lecture !!

 

****

 

 

***  Des bribes de souvenirs refont surface par moments, des images, des visions de rouge et de noir… Malefoy m’épie tous les jours dans les couloirs, la grande salle, le parc. Je sais à présent, je sais pourquoi. Il était là, il a vu quelque chose, j’ai vu quelque chose, mais quoi ? Lorsque j’essaye de me souvenir, un sentiment de rage me transperce.

 

Le miroir ne me renvoie plus Ginny, mais quelqu’un d’étranger, de froid, une rancune profonde blesse mon visage entier. Et la seule façon de la soulager, c’est de me venger. Je sais à présent, je sais quoi faire. Il m’aidera, il le fera car il sait des choses, mais quoi ? Malefoy se pliera, un sentiment de détermination s’empare de moi.

 

 

Feignant un soutien sans faille à Harry, je réintègre l’AD avec Neville et Luna. Ils souhaitent pouvoir aider Harry, ils veulent tous aider Harry, je ravale ma salive et me retiens une fois de plus. Ils ne s’en sortiront pas, toute mon énergie y passera s’il le faut mais je me vengerai, je vous vengerai !!! Maintenant je sais comment me comporter, comment faire revenir Harry à Poudlard…

Je provoque les Carrows en peignant grotesquement des messages soutenant l’élu et sa meilleure amie, ma pire ennemie. Je ne redoute même plus de me retrouver en face d’elle, je ne suis plus hantée par ce sentiment étrange qui me dit que je ne pourrais me retenir. Au contraire, j’attends patiemment ce moment délicieux. De détails en détails, j’imagine mes gestes envers eux…

 

                        Malefoy est encore là, je le sens et je n’ai pas besoin de voir son museau de fouine dépassé de la tapisserie pour le deviner. Il agit comme un moustique contre mon oreille, insignifiant mais tout de même agaçant. Les moustiques, on les écrase en général… Souriant à cette idée, je gambade à la manière de Luna jusqu’à la grande salle pour prendre le dîner. J’ai à nouveau des jambes, autant en profiter !

 

Pourtant ce dîner mérité, je ne le prends pas, une main m’en empêche et m’étouffe.

 

 

 

****

 

                        *** Enfin j’agis, ce plan que j’ai mis au point depuis des jours… Elle n’a pas eu le temps de sortir sa baguette qu’avec un sort je lui ligote les mains. Pas le temps de rire rouquine ! J’ai des questions et toi des réponses. J’entends Crabbe et Goyle derrière moi, ils sortent de la grande salle. Merde, ils pourraient tout faire rater ! Je me dépêche et l’emmène dans l’escalier du septième en évitant tant bien que mal les autres élèves.

 

J’ai besoin d’une salle d’interrogatoire, j’ai besoin d’une salle d’interrogatoire, j’ai besoin d’une salle d’interrogatoire ! Enfin la porte apparaît. J’entre dedans non sans remord, en repensant à la dernière fois où j’y étais… Inutile, je secoue ma tête et tire ma prisonnière à l’intérieur.

Elle se débat mais ne peut rien, elle a une tête de moins que moi et elle est bien trop frêle. Ces forces ne lui sont pas complètement revenues après un coma aussi long…

 

J’aperçois une chaise et dès que je la jette dessus, ses pieds sont cadenassés. D’un coup de baguette j’enlève les liens lui retenant ses mains en prenant soin de m’éloigner. Elle n’a pas le temps de me toucher, que ces bras sont solidement rattachés aux accoudoirs par des chaînes en métal.

 

                        - « Malefoy, tu vas le regretter, je te le jure si tu ne me détaches pas immédiatement ! » Rugit-elle.

 

                        - « Tu n’es pas en position d’exiger quoique ce soit. » Et sur ce, je lui ouvre la bouche brusquement et y insère de force le contenu de ma petite fiole.

 

                        - « Un peu de veritaserum, ça ne peut que te faire du bien ! » Je m’esclaffe en achevant cette phrase.

 

J’attends sous un tonnerre d’insultes que la potion fasse effet. J’aperçois des instruments de torture derrière moi et une autre chaise. Je la tire et m’assoit en face d’elle.

 

                        - « Bien, maintenant tu vas te calmer et répondre à mes questions Weasley ! Sais-tu où sont tes amis Potter et Granger ? »

 

                        -« Aucune idée, ces chiens ne sont pas mes amis !!! » Elle se mord la lèvre, regrettant ses paroles en voyant mon sourcil levé.

 

J’enchaîne, je n’avais qu’une dose de veritaserum volée dans l’armoire à potions du professeur Slughorn… Je ne peux pas me permettre de pauses entre chaque question.

 

                        - « Pourquoi ne sont-ils plus tes amis, et pourquoi les soutiens-tu en écrivant des messages sur les murs et en provoquant les Carrows ? »

 

                        - « Ils m’ont trahie, je suis l’AD pour les faire revenir à Poudlard et me venger ! »

 

                        - « Que sais-tu de compromettant sur moi ? »

 

                        - « Tu as tué Fleur au mariage de mon frère, tu es un mangemort. Et c’est toi qui a fait venir les mangemorts dans Poudlard l’an dernier, mais tu es un lâche tu n’as pas pu tuer Dumbledore !  »

 

Je lui lance un doloris de rage en lui criant que je ne suis pas un lâche. Elle hurle de douleur alors je relâche ma baguette. Elle sourit mais je ne lis aucune peur sur son visage. Contrairement à moi dont le cœur bat à cent à l’heure… Elle a compris, elle a compris qu’elle avait touché un point sensible… Je reprends contenance et continue mon interrogatoire en faisant les cent pas.

 

                        - « Pourquoi as-tu tué Cho Chang ? »

 

                        - « Qu’est-ce que tu racontes ! Je ne l’ai pas tuée ! » Dit-elle calmement.

 

 J’arrête ma marche inutile et tourne ma tête pour la regarder. C’est impossible, le veritaserum fait toujours effet, il est trop tôt. Elle a répondu la vérité jusqu’à maintenant.

 

                        - « Pourquoi tu me dis ça Malefoy ? Réponds !!! » Elle s’énerve et s’agite sur sa chaise. Une barre de fer se déclenche alors autour de son cou pour l’obliger à maintenir sa tête contre le dossier.

 

                        - « Je te rappelle, au cas où tu l’aurais oublié, que JE pose les questions et non le contraire ! »

Elle se tait et me regarde avec des yeux si noir de rage et de haine. Un sort d’oubliette sera surement nécessaire si je ne veux pas me faire lacérer dans mon sommeil… Une idée me vient alors ! Et si elle avait déjà subit ce sort et ce serait la raison pour laquelle elle ne se souvient de rien. Mais par qui et pourquoi ? Cela n’explique pas son geste et il y a peu de chances qu’elle ait été sous le sortilège de l’impérium vu la nature du crime. Un crime passionnel ?

 

Je me retourne et me lance sur cette piste : « Pourquoi as-tu-dit que Potter et la sang-de-bourbe t-ont trahi ? »

 

                        - « Il est avec elle, et à cause d’eux ma famille est morte. »

 

                        - «  Pauvre petite Weasley, ton amoureux est donc bel et bien parti avec une autre ! Ne t’inquiètes pas, il a sûrement perdu au change ! Les traîtres à leur sang ne passent qu’après les sang-de-bourbes ! »

 

                        - «  Sale petit lâche, tu es là parce que Voldemord te l’a demandé ou est-ce Rogue tout simplement ? De toute façon tu es incapable de faire quelque chose de valable seul ! »

 

Je frissonne au nom du Seigneur, elle ose, elle ose encore le prononcer …

 

                        - « Un autre doloris te ferait peut-être du bien ! Et ta langue de vipère arrêterait peut être de siffler ! Je me demande pourquoi tu n’es pas à Serpentard ! »

 

                        - « Si cela me permettrait de te tuer dans ton sommeil ou de me venger des traîtres ! Je change immédiatement ! Tu crois que je m’amuse avec tous ces imbéciles qui considèrent Harry comme l’élu ?!! Alors que ce n’est qu’un égoïste, un traître, un meurtrier !!!!!! » Elle hurle ces mots avec tant de haine, que son visage pourtant doux est déformé et en devient presque laid comme si cela pouvait être possible.

Je la regarde plus attentivement cette fois, ses cheveux sont emmêlés dans les larmes de rage qui ont coulé sur ses joues blanches. Une dernière question me trotte dans la tête.

 

 

                        - « Comptes-tu me dénoncer ? Est-ce que tu vas raconter tout ce que tu sais ?? »

 

                        - «  Pourquoi cela t’importe, tu es protégé non ? Je ne te dénoncerais pas si tu me relâches… » Achève-t-elle calmement dans un soupir.

 

                        - «  On ne sait pas de quoi ait fait l’avenir… Je te relâche dans ce cas mais je continuerais à te surveiller. » Je la regarde avec insistance pour qu’elle comprenne que ce n’est que le début… Et finalement je jette un sort pour la libérer.

 

Cependant dès que la chaise la libère, elle fonce sur moi et m’arrache sa baguette. Elle m’envoie un sort qui passe à un demi-pouce de ma joue. Une bataille de sorts commence jusqu’à ce que grâce à un bouclier je puisse lui crier d’arrêter…

 

                        - «  Je t’ai dit que je ne te dénoncerais pas ! Je ne t’ai jamais dit qu’une petite leçon ne te ferait pas de mal ! Tu ne pensais tout de même pas que je ne me vengerais pas d’avoir été enchaînée !! »

 

                        - «  Sale furie ! Tu es aussi vile que nous-autres serpentards ! » Mais tout en le hurlant je souris intérieurement, je la trouve moins stupide que je ne l’aurais cru au départ. Elle pourrait m’aider finalement la petite rouquine…

 

 

 

 

****

 

End Notes:

Alors, à votre avis ? Comment ça va se terminer cette bagarre ??? hihi

Chapitre 10 by lilteenmary
Author's Notes:

Honte sur moi même :-) ! Je suis désolée pour les deux mois d'attente ! Je ne promets plus rien parce que je ne m'y tiendrais jamais de toute façon !

Ce chapitre amorce un peu d'action ainsi que le prochain. Je crois qu'il y a pas mal de fautes, car je ne me suis relue qu'une seule fois. Si quelqu'un est intéressé pour me relire et me corriger ! 

 

J'espère que vous allez aimer ce chapitre, même si je ne pense pas avoir bien réussi à garder l'esprit du livre pour le personnage d'Harry donc je suis désolée.

Ce n'est pas le chapitre que je trouve le mieux écrit mais bon !

Bonne lecture à tous !

 

 

****

 

 

***  Une semaine s’était achevée depuis ma confrontation avec Malefoy. Et il continuait malgré tout sa surveillance tel un loup qui devenait de plus en plus agaçante. Cependant la petite leçon de chauve-furie que je lui avais donnée n’était qu’un avant-goût. Il goûterait plus tard à ma fureur… Pour l’instant j’avais beaucoup plus important en tête.

 

Il y avait tout de même quelque chose que je ne comprenais pas, pourquoi m’avait-il accusé du meurtre de Chang ? Je secouais ma tête, peu importe. Il faudra attendre de maîtriser le doloris pour y répondre.

 

Dans la salle sur demande, Neville entraînait des élèves à se battre, comme Harry nous l’avait appris. Moi j’élaborais un plan, un plan pour voler l’épée de Gryffondor. Regardant Seamus jeter un expelliarmus à Parvati, je réfléchissais.

Rogue n’était pas stupide, froid, détestable mais stupide était loin d’être un qualificatif qui lui correspondait. Donc son bureau restait inaccessible et l’épée également. Il était peu probable que le mot de passe de son bureau soit une sucrerie.

 

Mon esprit était en pleine ébullition pendant que j’enroulais nerveusement une mèche de cheveux autour de mon index. Luna se tourna vers moi, sûrement avait-elle remarqué ma nervosité. Il était plus difficile de cacher mes sentiments et ma haine envers Harry et Hermione à Luna. Peut-être était-elle excentrique, mais elle cachait une aura de clairvoyance qui me mettait mal à l’aise. Ses yeux bleus, plein d’eau voyaient sûrement aussi bien que l’œil aiguisé de Maugrey. 

 

                        - « Ginny, tu ne veux pas t’exercer avec moi ? Ta baguette est couverte de Joncheruines. Elles sont néfastes pour l’humeur d’après papa. »

 

                        - « Non Luna merci, j’essaye de trouver un moyen d’être utile à … Harry ».  Avaler sa salive juste avant de prononcer son prénom sonnait tellement faux. Mais Luna me regarda et partit rejoindre Neville en souriant.

 

Je me dirigeais lentement chez Hagrid, depuis que j’étais revenu à Poudlard je n’étais pas allée le voir, et les autres commençaient à me trouver étrange. Une tasse de thé avec Hagrid me paraissait nécessaire pour que les soupçons ne s’éveillent pas trop vite.

Je marchais si vite que l’on aurait pu croire qu’il me tardait de revoir cet « ami ».  Cependant depuis que j’avais retrouvé miraculeusement l’usage de mes jambes, je marchais comme si la mort me courait après. Bien qu’elle ne m’effraie plus depuis quelques temps.

 

Le temps d’automne était révolu depuis longtemps maintenant, et la neige tombait mollement sur l’herbe près de la cabane. Je regardais un renard gris qui avait osé s’aventurer hors de la forêt interdite attendant sûrement quelques nourritures qu’aurait pu jeter le gardien des clés de Poudlard.  Il reniflait près de la porte, puis entendant un bruit, il ne s’enfuit pas mais me regarda. Je ne lui évoquais pas la moindre peur, ce qui m’irrita.

Ma baguette me démangeait dans la paume de ma main. Une fraction de seconde plus tard, je me retournais pour ouvrir la porte de la cabane. Une masse grise gisait sur le sol.


Il était 18 heures, que faisait-il… Je tournais et retournais dans la pièce. Où était-il ? Peu importe je le verrais plus tard me disais-je.

Un papier attira mon attention, je l’aurais reconnu entre milles. C’était l’écriture d’Harry.

 

Retenant mon souffle, je me mis à lire le cœur battant de rage.

 

                        Cher Hagrid,

 

Je te laisse cette lettre aujourd’hui suite aux récents évènements. Le terrier n’est plus en endroit sûr depuis la découverte de l’assassinat de la fillette dans les bois. Je ne pense pas rester assez longtemps pour te le dire en personne. C’est pourquoi j’ai laissé à Arthur Weasley cette lettre. Je ne peux pas te dire où nous allons avec Ron et Hermione pour notre sécurité et pour la tienne.

 

Le nom de  Ron me tiraillait les entrailles encore plus… Je ne l’avais pas entendu ou prononcé depuis le mariage. La chaleur me montait, l’effort pour continuer de lire était immense, mais il le fallait !

 

Je veux te dire que depuis toujours tu as été là pour moi. Aujourd’hui que toutes les personnes que j’aimais sont mortes, je souhaite que tu prennes soin comme tu l’as toujours fait de Poudlard et de ses élèves, de perpétuer ce que Dumbledore voulait. Mais je t’en supplie ne te met pas en danger inutilement. Je ne veux pas qu’un ami meurt encore par ma faute Hagrid.

 

J’ai un autre service à te demander. Hedwige a été retrouvée par Bill lors de ses recherches pour retrouver Maugrey. Peux-tu l’enterrer à Poudlard comme tu l’as fait pour Aragog ? C’était sa seule vraie maison comme moi et je ne pourrais pas le faire. Je ne peux pas le demander à Ginny. Elle a trop souffert par ma faute. Aujourd’hui j’ai honte de lui avoir fait subir tout ça. Elle ne pourra jamais comprendre… qu’Hermione est celle que j’aime depuis toujours sans l’avoir su.

 

Mes joues étaient inondées de larmes lorsque je lus cette dernière phrase. Ne voulant pas en savoir davantage je déchirais la lettre et la jetais aussi fort que je le pouvais. Ce… ce… menteur ! Il allait payer, il allait payer ! Jamais lui et Hermione ne s’en tireraient ! Je les ferais venir jusqu’ici. Je les ferais venir et je les punirais pour tout ce qu’ils m’ont fait ! Tu n’as pas voulu me faire souffrir Harry ?! Tu as tué ma famille, tu m’as trompée !

La haine se rependait dans mon être aussi vite que du poison. Je me ruais à l’extérieur de la cabane pour trouver la tombe d’Hedwige, sortant le cadavre de la chouette et lançant des sortilèges dessus à ne plus m’arrêter !

 

Harry tu vas me le payer, même si c’est la dernière action que je dois faire dans ma vie.

 

La rage au ventre, je courais jusqu’au château et me dirigeais droit vers la salle commune des gryffondors. Voyant Neville, le vol de l’épée ne pouvait plus attendre !

 

J’expliquais succinctement à Neville comment accéder au bureau de Rogue en évitant les Carrows et les rondes de préfets. Je m’étais entraîner des jours et des jours sur un sortilège de désillusion et finalement j’étais parvenu à un résultat concret sur ma cape. Cependant le sortilège avait une durée limitée d’une demi-heure. Ne pas se faire voir était la partie la plus facile, accéder au bureau de Rogue devenait plus dure. Mais grâce à Neville. Je connaissais le début du mot de passe. C’était suffisant pour entrer, un sort de confusion sur la gargouille actionnerait l’entrée ensuite.

 

Le problème de Rogue restait à résoudre, mais si on était assez rapide, il ne pourrait nous voir normalement, l’épée étant dans un recoin du bureau. Heureusement que les élèves de l’AD se faisaient souvent convoquer pour être punis, ainsi la disposition du bureau n’avait plus de secret pour nous.

 

 

La machine était en marche, rien ne pouvait plus m’arrêter. Ce soir j’aurais l’épée. Et Harry viendra.

 

 

 

****

 

                        *** Les cernes sous mes yeux accentuaient l’aspect effrayé et fatigué de mon visage. Je fermais les yeux et inspirais lentement devant le miroir des toilettes. Combien de temps pourrais-je la surveiller à ce rythme ?

 

Mère devait être plus qu’exténuée de souffrance et de frayeur. Je ne pouvais rien faire pour elle depuis Poudlard. Sa dernière lettre respirait  la peur et l’odeur fétide des ténèbres. Le sang coulait tous les jours au manoir même s’il ne s’agissait pas du sien. Elle m’avait conseillé de parler à Rogue, mais cet homme n’était pas digne de confiance. Le mystère et la traîtrise allaient de pair avec lui.  Pourtant je n’arrivais pas à savoir de quelle traitrise il s’agissait… Le doute m’envahissait mais je continuais à la suivre et à attendre, attendre les ordres du Seigneur.

 

Il était 17 heures 30, je l’avais perdu cette après-midi, mais pas de doute qu’elle était dans la salle sur demande avec les autres gryffondors. Ils préparaient quelque chose à l’intérieur, et cela ne pouvait pas être bon, ni pour eux ni pour moi…

 

Crabbe et Goyle avaient reçu des instructions, ils me laissaient tout de même à l’écart. Ces imbéciles n’avaient aucune conscience et je redoutais leurs intentions chaque jour un peu plus. Je devais également garder un œil sur ces deux là, un coup bas était si vite arrivé.

 

Sortant des toilettes, je me dirigeais vers la grande salle pour les retrouver lorsque j’aperçus Weasley au détour du couloir des enchantements. Elle filait vers le grand parc. La puce à l’oreille je me retournais et la suivis.

 

18H15, derrière un arbre… Je la vois rentrer puis sortir de la cabane, elle a le visage si dur ruisselant de larmes. Elle contourne la cabane, et je glisse discrètement derrière un autre arbre. Que fait-elle ? Elle sort sa baguette et jette une série de sorts sans que je puisse voir. Puis je la vois courir jusqu’à la grande porte. Elle ne m’a pas vu, ni entendu …

 

Intrigué, je m’approche de l’endroit où elle se tenait cinq minutes plutôt. Je contemple avec horreur des morceaux de plumes, un cadavre de chouette éventré par des sortilèges… Je prends ma baguette et enterre comme je peux les bouts de cette horreur.

 

Je décide qu’en même d’aller dans la cabane, je sais que cet imbécile d’Hagrid s’est enfui après avoir était menacé par Alecto. A première vue, rien d’anormal si ce n’est la crasse dans laquelle vivait ce demi-géant … Répugné par l’aspect de sa maison, je fouille tout de même partout pendant un bon moment.

 

Je la trouve là dans un coin, une lettre de Potter… Mon dieu, il me donne envie de vomir avec ses niaiseries ! Survolant chaque ligne, je comprends enfin. Potter et Granger, j’avais donc raison… Elle le hait. La fin de la lettre m’interpelle.

 

 

Elle a trop souffert par ma faute. Aujourd’hui j’ai honte de lui avoir fait subir tout ça. Elle ne pourra jamais comprendre… qu’Hermione est celle que j’aime depuis toujours sans l’avoir su. J’espère qu’elle me pardonnera. Veille bien sur elle Hagrid, le corps lacéré de la petite fille l’a perturbée plus qu’elle ne le croit, j’ai peur de ce qu’elle pourrait faire si les personnes qu’elle aime disparaissaient…

 

Je t’embrasse Harry  

 

La fillette maculée de sang… La lettre me brûle les mains, je la mets subitement dans ma poche ne pouvant plus la tenir…

 

Petite rouquine…, que vas-tu faire ?

 

 

 

 

****

 

Chapitre 11 by lilteenmary
Author's Notes:

Bonjour tout le monde !!!

Bon pour cette fois, pas de blabla sur des excuses de retard => je n'en ais pas ! 

J'espère qu'avec ce nouveau chapitre un peu plus long et avec un peu d'action vous me pardonnerez :-D !

Bonne lecture à tous !

PS : Il est possible qu'il y ait pas mal de fautes donc je m'excuse à l'avance !

 

****

 

                        ***  - « Ginny, tu es sûre que l’on va avoir le temps d’entrer et de ressortir du bureau de Rogue sans être aperçus ? » Neville me regardait avec appréhension. Le directeur n’était plus son pire cauchemar mais il n’était quand même pas à l’aise à l’idée de se faire prendre par celui-ci.

 

Compréhensible, mais peu m’importait. Rien ne pouvait me détourner de mon chemin pas même une horde de mangemorts ! Luna semblait soucieuse, à sa manière bien sûr. Ses yeux me transperçaient sans cesse. Parfois j’avais même l’impression qu’elle utilisait l’occlumencie bien que je sache qu’elle ne connaissait rien à cet art.

 

                        - « Tu veux voler cette épée oui ou non ?! C’est le seul moyen et tu le sais, on le sait tous ! Pourtant tu étais d’accord jusqu’à maintenant, alors arrête d’agir comme un premier année ! » Je m’exclamai assez méchamment. Ils me regardèrent sans rien dire, je compris alors mon erreur. Je soupirais puis repris.

 

                        - « Neville, je ne veux pas rater la seule occasion que l’on aura peut-être… Harry  et Hermione ont besoin de nous, on est l’AD tu te souviens ? »

 

                        - « Oui tu as raison, on a fait bien pire … » Il me regardait en souriant, sûrement se rappelait-il de l’expédition au département des mystères il y a deux ans.

 

Luna hocha la tête, signe qu’elle était prête. Je pris alors une des trois capes ensorcelées et me recouvris avec. Ils firent de même puis je me glissa hors de la salle commune des Gryffondors.

 

Il était 21h35, aucun professeur ni préfet à l’horizon. Rapidement, avec nos baguettes à la main, on se dirigea vers la gargouille tout en restant attentifs au moindre bruit. Le sort ne durerait pas longtemps mais il était impossible de savoir avec exactitude combien de temps.

 

Luna prononça le début du mot de passe, puis simultanément Neville et moi lançâmes le sortilège de confusion sur la gargouille pour que l’effet soit plus puissant. Des étincelles parcoururent la statue puis s’évanouirent doucement dans les airs.

La main tremblante, j’attendais patiemment le résultat de nos sorts. L’anxiété nous gagnait lorsqu’un bruit se déclencha. Le passage s’ouvrit et aussitôt nous nous y glissâmes.

 

A pas de loup, j’avançais vers la majestueuse épée protégée par une vitrine de verre. Elle était là, à portée de main, je pouvais presque la toucher…

 

Un éclair rouge envahit alors la pénombre du bureau. Agitant ma baguette au dessus de moi, je me rendis compte que mon bras était visible. Luna s’était précipitée vers Neville effondré dans un coin, le visage en sang. Je lançais un sortilège de protego à temps.

Amycus… Sale mangemort, une minute, une minute de plus aurait suffit. Son regard heureux n’annonçait rien de bon.  Il continuait à me jeter une ribambelle de sortilèges, il était bien trop rapide. Mais ma détermination allait le surprendre.

 

                        - « Alors la petite traître à son sang, on pénètre dans le bureau du directeur la nuit et on espère ne pas se faire prendre ? » Son rire était écœurant. Je lui répliquais sans détour que j’étais plus qu’étonnée qu’il ait réussi à monter lui-même jusqu’ici sans l’aide de Rogue.

 

                        - « Sale petite peste ! Viens là ! » Rugit-il.

Il m’envoya un expelliarmus que je détournais violemment. Luna me criait d’arrêter, cependant je ne voyais plus que l’épée et la manière de l’atteindre sans prendre un sort. Les lumières volées, je ne savais même plus quels étaient les sorts que j’envoyais, trop obnubilée par l’épée, mon seul moyen de trouver Harry.

Le duel continuait alors que cet infâme mangemort se tenait devant ma cible. Je n’eus pas le temps de voir Alecto qui arrivait avec Rogue. Un sortilège m’atteignit en pleine poitrine. Le bleu transperça mon corps et je sentais la douleur, effondrée contre le mur.

 

 Un tableau au dessus de moi me parlait, me réconfortait, ses deux yeux bleus envahirent mon esprit jusqu’à ce que le noir fusse la seule chose que je puisse voir…

 

 

****

 

                        *** Un froid martèle ma peau. Une brise glacée s’est introduite dans la pièce. J’ouvre les yeux ne sachant pas où je me trouve. Cette odeur pestilentielle me révulse, la fatigue et la terreur me prennent au corps.  Une prison, je suis dans la prison. Les hurlements qui s’échappent des cachots me tuent… Comment suis-je revenu ici ? Je ne comprends pas. Je détourne le regard, et me relève de mon lit. Des rires, des rires infâmes s’élèvent des profondeurs de l’édifice.

 

C’est à ce moment que je l’entends, une douce voix, aussi claire et innocente que celle d’un ange, elle est là, elle est là… Elle me demande où est Miss Eliza, je le lui ai volée. Non, non … je recule, elle est rouge sang, elle est blanche, elle est … Aaaaaarrgh !!!!

 

En sueur, j’attrape avec précipitation la potion posée sur ma table de nuit. La sieste avait une fois de plus tourné au cauchemar. Ces terreurs nocturnes feront partie désormais de ma vie, je ne tiens pas à les oublier. Peu importe le nombre de fois où je les subirai. Elles font partie de moi, elles sont là pour me rappeler.

 

Je frotte mon bras douloureux puis regarde ma montre. Cela fait trois heures maintenant que j’ai trouvé la lettre. Après être revenu au dortoir je l’ai brûlée dans la cheminée. Inutile de donner une raison aux autres mangemorts de torturer la rouquine. C’est à moi seul de m’en occuper.

 

 

Blaise vient frapper à ma porte en me disant que le professeur Slughorn a besoin du Préfet pour vérifier les couloirs. Des élèves se promèneraient dans les couloirs selon lui. Après une petite discussion avec celui-ci, il m’avoue soupçonner des Gryffondors une fois de plus. Après qu’ils aient  écrit des messages sur les murs, Slughorn s’est fait gentiment menacer par les Carrows avec les autres professeurs. Slughorn est plutôt lâche mais je ne pourrais en aucun cas le blâmer. Au moins n’est-il pas un serviteur du Seigneur des ténèbres.

 

Après lui avoir promis de m’en occuper, je sors dans les couloirs. Un mauvais pressentiment me tourmente. Tout en marchant de plus en plus vite, je ne peux m’empêcher de me ressasser les paroles de la petite Weasley. Ils m’ont trahie, je suis l’AD pour les faire revenir à Poudlard et me venger ! Puis celles de Potter dans sa lettre…j’ai peur de ce qu’elle pourrait faire si les personnes qu’elle aime disparaissaient…

 

Je cours vers le dortoir des Gryffondors. Un bruit m’attire au détour d’un escalier. Il s’agit d’Alecto courant vers le bureau du directeur. Non, j’espère qu’elle n’est pas aussi stupide, à vouloir s’attaquer à Rogue…

Vite je cours, je cours jusque devant la gargouille.

                        - « Drago, que faites- vous là ? » Il paraît soucieux de voir Alecto, elle lui crie de se dépêcher, d’ouvrir le passage avant que les traîtres ne s’échappent. Dans la panique, je ne lui réponds pas. Mais Alecto me regarde et je me justifie en montrant mon insigne de Préfet.

Enfin l’escalier en colimaçon descend puis nous emporte en haut.  Je passe après les professeurs, me mettant volontairement à l’écart, je ne sais pas ce que l’on va trouver. Pourtant mon cœur qui bat à cent à l’heure me donne un indice.

La pièce est dévastée, Rogue se précipite pour empêcher Amycus fou furieux d’envoyer un avada kedavra sur les intrus. Sans étonnement j’entraperçois Londubat à terre et Loufoca essayant de le soigner. Mais la personne vers laquelle Amycus semble tant vouloir s’acharner… Son visage me glace le cœur, pourquoi a-t-elle été aussi inconsciente ? Qu’avait-elle dans la tête ?

 

Sans contrôler mes mouvements, je me précipite vers la petite rouquine allongée sous le portrait de l’ancien directeur. J’approche ma main tremblante pour toucher son poult. Sa peau est chaude, mes battements ralentissent soudainement.

Je n’entends pas Rogue crier aux Carrows de sortir de son bureau, je ne l’entends pas dire qu’il s’occupera lui-même des élèves. Seulement des cris, des insultes puis une porte se claquer…

 

Je n’entends que le souffle de la petite rouquine que j’allonge puis je me tourne vers le professeur Rogue. Loufoca me regarde ahurie, un air surpris mais terrifié à la fois alors que Londubat se trouve évanoui dans ses bras.

 

Notre cher directeur prend le temps de s’asseoir et d’écrire une lettre, puis il envoie un hibou. Il est toujours aussi calme depuis que les Carrows sont partis.

 

                        - « Mr Malefoy, emmenez-les à l’infirmerie puis attendez mes instructions, nous aurons une petite conversation plus tard. » Dit-il avec rapidité. « Quand à vous Melle Lovegood, puisque vous êtes la seule encore consciente, vous allez aider le Préfet-en-chef et attendrez votre punition avec eux. J’attendrai de vous des explications. » Son ton était très sec, mais calme.

 

Je jette un locomotris sur cet empoté de Londubat, et prends la baguette de Loufoca. On ne sait jamais après tout. Je me penche doucement et prends Weasley dans mes bras. Je la serre un peu plus de mon bras droit puis agite ma baguette pour diriger Londubat.

 

Rogue m’observe attentivement alors qu’il rédige une autre lettre. Les sourcils froncés, il baisse le regard et nous fait signe de partir.

 

 

 

****

 

                        ***Après une nuit passée à l’infirmerie à mordre de rage mon oreiller, j’avais enfin l’autorisation de sortir.  Le professeur McGonagall nous avait expliqués sévèrement que nos actes irresponsables auraient pu nous conduire bien plus loin qu’à l’infirmerie. Dans un cimetière, je suppose … Mais ils auraient aussi pu me conduire à Harry ! Cette pensée me brûle, si près si près du but ! Serai-je encore capable de jouer cette comédie à Neville, Luna et les autres ?

 

Je me massais doucement les tempes, cette migraine perpétuelle ne m’avait pas quittée depuis mon réveil. Le professeur Rogue allait nous convoquer chacun séparément cette après-midi… Mais ce n’était pas mon premier souci.

 

Je me dirigeais tranquillement dans la grande salle, les autres élèves me regardaient, parfois avec admiration, parfois avec menace. L’incident de la nuit devait être connu de tous à présent. Je risquais d’avoir les Carrows sur le dos durant un moment après ce plan raté. Amycus me regardait de la table des professeurs, mais je souriais comme s’il n’existait pas.

 

Assise, entrain de manger, un hibou me dépose une lettre. Mes parents… Les sourcils froncés, j’ouvre la lettre. Ils veulent que je rentre à la maison. Que mes gestes bien que nobles étaient inconscients… Mes gestes étaient nobles… Aider Harry était noble ! Comment pouvait-il dire ça !!! Il a tué leur fils !!!

 

Je déchire la lettre et remonte dans la salle commune des gryffondors immédiatement. Cet éloge me coupe l’appétit et me donne envie de vomir. Je cours dans les couloirs la lettre écrasée dans la pomme de ma main lorsque Luna m’arrête. Que me veut-elle encore ?!!

 

                        - « Ginny, Ginny, attends ! » Crie-t-elle essoufflée. «  Neville est encore à l’infirmerie mais le professeur Rogue veut nous voir maintenant. » Elle achève cette phrase avec amertume. 

 

                        - « Je te suis. »   Je lui réponds d’un ton un peu trop sec à mon goût. Mais j’ajoute devant son regard perçant « Comment va Neville ? » avec rapidité.

 

                        - « Il n’a presque rien, il sort demain sur conseil du professeur McGonagall. » Sa voix est neutre mais son regard est toujours aussi perçant comme si elle devinait la raison réelle de ma question…

 

Je lui fais un signe de tête et nous nous dirigeons vers le bureau de Rogue. Plus l’on s’approche de la Gargouille, plus l’échec de la mission d’hier me fait bouillonner intérieurement. Si près, si près de faire revenir Harry ! Peu importe la punition que l’on subirait, l’échec de la veille était déjà une torture…

 

 

 

****

 

End Notes:

Je suis toujours prenneuse pour toutes vos remarques ! J'ai encore beaucoup à faire pour m'améliorer !

Chapitre 12 by lilteenmary
Author's Notes:

Bonjour ! Bonjour !

Après plusieurs mois d'absence (trop honteuse), je reviens avec un nouveau chapitre pas très long (je l'avoue) mais nécessaire pour la suite de l'histoire.

Je n'ai pas écrit pendant un moment parce que l'inspiration, où du moins ma façon d'écrire était de plus en plus mauvaise, je trouvais. Donc n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez cela m'aidera sûrement !

 

Bonne lecture à tous !

****

 

 

 

 

 

                        *** Pourquoi a-t-elle fait cela ? Cette question qui me tournait dans la tête depuis des heures m’empêchait de dormir. S’introduire dans le bureau de Rogue même lorsqu’il n’est pas là, pour un élève, gryffondor et ouvertement contre le Seigneur des ténèbres qui plus est !

 

 

 

En quittant l’infirmerie, je revoyais la petite rouquine allongée sur son lit pâle si pâle. Et Loufoca me regardant de son air toujours étrange mais oppressant.

 

 

 

Amycus était tellement fou de rage qu’il lançait un doloris à chaque fois qu’un élève faisait une erreur. « Pour lui faire comprendre ce qu’était la vraie douleur » d’après lui. La frustration, de ne pas avoir pu passer ses nerfs sur les trois gryffondors, s’était faite ressentir durant tout le cours.

 

 

 

Enfin je soupirais, dernier cours de la journée, je pouvais partir et retrouver Weasley, ou du moins Loufoca pour lui soutirer des explications avant que Rogue ne découvre quoique ce soit. Je rangeais mes affaires et me dirigeais vers la sortie. Malheureusement ce n’était pas mon jour et ces imbéciles de Goyle et Crabbe m’attendaient dans le couloir.

 

 

 

                        - «  Que voulez-vous ? » Leur petit air de supériorité m’exaspérait passablement.

 

 

 

                        - « Tu as des responsabilités Drago, et aujourd’hui tu as une chance de regagner un peu de l’honneur que ton père a fait perdre à la famille Malefoy ! » me lance Goyle avec un sourire mauvais.

 

 

 

                        - « Le Seigneur des ténèbres t’a enfin confié une mission. » Ajoute Crabbe à voix basse en me tendant une lettre cachetée.

 

 

 

                        - « Et Il VOUS a envoyé pour me l’apprendre. » Je réponds en ricanant avec insistance.

 

 

 

Goyle m’attrape par la chemise et me projette contre le mur en me murmurant « Nous faisons bien plus honneur au Seigneur que toi Malefoy ! ».

 

Je le repousse et sors ma baguette furieusement : « Pauvre imbécile, ne t’avise plus jamais de me menacer! Tu n’es rien ! » Je crache mes mots avec haine.

 

 

 

-  « N’oublie pas qu’ici je suis préfet-en-chef et que les Carrows n’iront pas contester l’autorité que j’ai sur les élèves, sale limace ! » Je m’éloigne en rangeant ma baguette sans aucune peur. Ils n’oseront pas m’attaquer de dos, surtout si le Seigneur des ténèbres me confie une mission.

 

 

 

Lovegood était entrain d’admirer ou « rêvasser » plutôt devant les tableaux du deuxième étage. Ses cheveux d’un blond sale cachaient son visage et toutes expressions qui auraient pu m’aider à savoir ce qu’elle pensait. Lentement je m’approchais d’elle en m’assurant bien que personne ne puisse nous voir. La compagnie de cette fille ne pouvait redorer mon blason mais plutôt appuyer mon statut de traître chez les autres fidèles du Seigneur.

 

 

 

Je la prends par le bras et la tire jusqu’aux toilettes de Mimi, au moins nous serons tranquilles, me dis-je. Mimi ne viendra pas m’embêter si je lui promets de revenir la voir. Un petit coup d’œil et la voie est libre. Lovegood ne dit rien, elle ne se débat même pas. Tant mieux ce sera plus simple.

 

 

 

                        - « C’est drôle, mon père m’a dit que les Joncheruines n’aimaient pas trop les toilettes et pourtant il y en a plein ici … » S’exclame-t-elle en regardant le plafond.

 

 

 

                        - « Très intéressant Loufoca ! Mais si je t’ai fait venir ici ce n’est pas pour t’entendre raconter des stupidités ! » Mon ton est sec pour qu’elle comprenne que je ne plaisante pas. « Je sais très bien que Londubat, Weasley et toi êtes à l’origine de tous les graffitis dans Poudlard qui soutiennent ce cher Potter ! »

 

 

 

                        - « Que me veux-tu Malefoy ? Tu viens prendre des nouvelles de Ginny ? » Elle me regarde en souriant.

 

 

 

                        - « Qu’est-ce qui te faire croire cela ? » Je lui réponds en sifflant mon mécontentement. Cette folle sait quelque chose au juste, ou Weasley lui aurait parlé de son petit secret ? Non je ne crois pas, c’est bien trop grave pour que Loufoca prenne un air si innocent…

 

 

 

                        - « Il faudrait vraiment que je parle à Papa de ces Joncheruines dans les toilettes, tu ne trouves pas que c’est bizarre toi ? » Elle fixe à nouveau les murs et les lavabos avec insistance, les sourcils froncés.

 

 

 

                        - « Me cherche pas trop Lovegood, il me semble que ton papa a quelques soucis avec le nouveau gouvernement, je ne pense pas qu’un petit mot de ma part à mes amis l’aiderait ! Alors dis-moi pourquoi vous étiez dans le bureau de notre cher directeur cette nuit ! » Je garde la main dans ma poche au cas où il faudrait en venir jusqu’à la menacer de ma baguette. Peut-être que sa langue se délierait !

 

 

 

                        - «  Ginny voulait faire une surprise au directeur, heureusement que tu t’es bien occupé d’elle, que tu l’as ramenée à l’infirmerie… » Elle me sourit et se retourne pour quitter la pièce. Stoïque, le temps que je réalise ce  qu’elle vient de dire, elle est partie me laissant seul à mes réflexions.

 

 

 

 

 

****

 

 

 

 

 

                        *** Allongée sur mon lit, je repensais à l’entretien de Rogue, il ne nous avait donnés que plusieurs heures de colle avec Hagrid dans la forêt interdite. Rien d’impressionnant en soi. La forêt noire m’attend depuis un moment, elle veut m’accueillir à bras ouverts car maintenant je suis comme elle et elle est comme moi.

 

Carrow aimait se venger et m’avait lancé plusieurs doloris sous l’œil horrifié des autres élèves, riant aux larmes, il avait arrêté trop agacé du résultat. Je ne pouvais pas lui en vouloir, la vengeance, c’est ma vie maintenant. Je dois bien respecter ceux qui se vengent, non ?

 

 

 

Non Amycus Carrows ne me faisait pas trembler de peur, après l’échec cuisant pour récupérer l’épée de Gryffondor, peu m’importait et encore moins un mangemort essayant de m’impressionner vaguement. L’idée fixe de retrouver Harry et de me venger était plus forte qu’un sort ou deux ! Luna et Rogue me perturbaient plus. Pourquoi m’avait-il posé des questions sur Chang, pourquoi pensait-il que je savais quelque chose. Malefoy avait du mettre son sale nez dans mes affaires une fois de plus, mais peut-être que cette fois j’en tirerais avantage.

 

 

 

Une autre conversation me revint en mémoire, quelque chose qu’il pourrait me dire…

 

 

 

                        - «  Luna, je te dis que je vais bien. Ne t’inquiète pas ! Va plutôt voir Neville ! » Ce qu’elle était exaspérante ! Je me retournais dans le lit et comptais le nombre de minutes qu’il restait avant de pouvoir quitter l’infirmerie et ne plus revoir ces imbéciles admirateurs d’Harry et de sa chère et tendre !

 

De l’autre côté du rideau, une voix que je reconnaissais comme celle d’une ancienne de l’AD se faisait entendre. Hystérique et complètement stupide, cette chère Marietta pleurait sur l’épaule d’une amie.

 

 

 

                        - «  Tu comprends… » Elle reniflait sans cesse, « Cho était ma meilleure amie et on l’a tuée !! Je ne pourrai pas supporter de revenir rien que dans ce couloir !! » Son épaule ne parlait pas, décidemment elle pouvait parler à un miroir celle-là, elle n’aurait déranger personne au moins ! « Le professeur Flitwick a dit à Macgonagall qu’on lui avait arraché des cheveux… ses si beaux cheveux !!! » Elle se remit à pleurer comme si le géant de Scot transpirait ! 

 

 

 

Le monologue de Marietta n’était pas ce qui me perturbait le plus, après tout Cho Chang… Enfin ce n’était que Cho Chang. Pourtant des images me revenaient, des cheveux bruns… des cheveux bruns que je revoyais encore et encore…

 

 

 

Du sang….

 

 

 

Après un réveil en sursaut, je me massais les jambes doucement. La douleur revenait ponctuellement comme pour me rappeler que c’était la réalité, que la chaise où étaient posés mes habits était bien roulante et m’avait servie…

 

Je respirais par saccade, et fermais avec lenteur mes yeux comme pour espérer les rouvrir ailleurs, dans un autre endroit, dans une autre pièce.

 

 

 

Hagrid nous attendait devant sa cabane, la sortie nocturne dans la forêt interdite se ferait sous la pluie. Une semaine s’était écoulée, une semaine que j’avais du mal à respirer, à dormir, trop obnubilée par ce traître de Harry et mon échec … Pensant aux plumes blanches de hiboux qui voletaient dans ma chambre je me dirigeais vers la sortie.

 

 

 

La pluie ruisselait sur mon visage, mes cheveux. J’avais du mal à apercevoir la cabane d’Hagrid et encore moins la forêt. Je ne voyais rien, je marchais, je marchais, une pierre immense attachée à chacun des pieds. Je m’enfonçais dans le sol boueux du parc de Poudlard, je m’enfonçais dans les entrailles de la nuit.

 

                        Une clarté obscure apparut devant moi, cette faible clarté avançait de plus en plus vite, elle courait presque pour me rejoindre. Elle était si faible, si minuscule, si diffuse pourtant mes yeux ne s’en détachaient pas. Ce n’était pas une lumière, non ce n’était même plus lumineux. Que me voulait-elle ? Elle ne pouvait rien pour mes ténèbres, elle était bien trop faible…

 

 

 

 

 

****

End Notes:

A votre avis ? Qu'est ce que la clarté que voit Ginny ?? 

Chapitre 13 by lilteenmary
Author's Notes:

Bonjour !! Nouveau chapitre ! Ce chapitre est le dernier de cette deuxième partie de l'histoire. La troisième partie sera la dernière mais il reste encore pas mal de chapitres.

 

J'attends avec impatience des remarques qui m'aideraient à savoir si l'histoire vous plaît ou s'il y a des choses que je pourrais améliorer. 

Bonne lecture à tous !

 

****

 

 

                        ***  L’eau coulait sur son visage, la lumière diffuse du château ne permettait que de voir le reflet de ses cheveux roux. Son expression était indéfinissable, à quoi pensait-elle bon sang ?!!

Pourtant elle continuait de me fixer avec insistance, ce regard me brûlait jusqu’aux os. Je ne voulais pas la toucher de peur qu’elle s’enfuie. 

 

                        - « Rogue connaît la vérité. » La phrase était simple, concile, ne pas s’embarrasser des détails. Pourtant maintenant j’avais presque peur de sa réaction, du monstre que je savais sommeiller en elle. La petite rouquine si blanche, si frêle ne bougea même pas un cil. La nouvelle que je redoutais de lui annoncer depuis mon entretien avec le directeur ne l’atteignait pas. A peine, j’esquissais un mouvement pour lui saisir le bras qu’elle me répondit froidement en reculant.

 

                        - « Et ? Quelle vérité pourrait-il connaître qui me concerne ? » Sa voix était ferme, comme son visage elle ne laissait transparaître aucun sentiment. Ses accès de rage qui m’ont faite frémir ces dernières semaines semblent cachés au fond de son esprit malade.

                        - « Il sait que tu as tué Chang. » Je restais là, planté sous la pluie en la regardant. « Je t’avais prévenu que l’on finirait par le découvrir… » J’ajoutais ces derniers mots doucement presque dans un soupir inaudible.

Passive, elle commença à froncer les sourcils, puis à trembler dangereusement. Elle regardait autour d’elle comme pour comprendre où elle se trouvait. La pluie m’empêchait de l’observer clairement, pourtant l’agitation de la petite rouquine était palpable. Je lui pris le bras pour l’empêcher de me fuir.

 

                        - «  Pourquoi parles-tu encore d’elle ?! Que me veux-tu Malefoy ?! Lâche moi, je veux que tu me lâches une fois pour toute !!!! » Graduellement, elle s’était mise à crier n’arrivant plus à se contrôler, elle ne comprenait pas ce que je lui disais. Elle ne se souvenait pas de ce que je lui disais…

J’avais fini par comprendre, comprendre tous ces évènements depuis ce jour sur la falaise où je l’avais aperçue assise pleurant au bord du précipice. Elle ne pouvait plus se rendre compte, je pouvais le faire pour elle.

 

                        - « Lâche-moi Malefoy ! Lâche-moi sale mangemort !!! » Elle continuait d’hurler sous les torrents d’averses, elle s’était accroupie dans l’herbe boueuse du parc. L’insulte ne me touchait pas, je comprenais trop bien ce qu’elle voulait, me fuir, fuir la vérité.

Je la pris dans mes bras et lui dit de ne pas s’en faire, Rogue ne dirait rien… Elle se débattait mais finit par se relâcher, amorphe dans mes bras.

 

Je ne sais pas trop ce qu’elle avait compris mais le lendemain elle était redevenue la même. Je sentais pourtant de la haine sur son visage ou peut-être que c’était uniquement parce que je connaissais la vérité. Elle avait un plan en tête, quelque chose et ce plan incluait d’une certaine manière Potter et Granger. Espérons que Rogue tienne sa parole et ne révèle rien aux Seigneurs des ténèbres…

Tout mon être me criait qu’il ne fallait pas que le Seigneur des ténèbres ne l’aperçoive, ne connaisse son existence.

 

Relisant la missive que Goyle et Crabbe m’avaient donnée, je frissonnais. Le Seigneur des ténèbres ne souhaitait me communiquer ma nouvelle mission qu’en personne et malheureusement je devais subir sa présence au Manoir, terrifié à l’idée que Mère ne soit seule avec Bellatrix et Lui.

Rogue m’avait donné une autorisation spéciale pour quitter Poudlard le vendredi soir. Je m’approchais de la cheminée de son bureau redoutant que les souvenirs passés me hantent davantage. Mon seul réconfort était de revoir Mère saine et sauve, et de pouvoir en m’acquittant au mieux de mes tâches lui permettre de le rester. Le seul être important ou presque à mes yeux avait besoin que je sois fort.

 

Cependant des images de forêts et de loups ne cessaient de me cisailler l’esprit.  Une jolie poupée blonde avait les yeux exorbités et la mousse de son cou s’échappait pour finir dans les mâchoires d’une créature blanche avec des yeux gris. Ses crocs arrachaient ce qui restait des cheveux bouclés de la petite poupée.
Je m’appuyais deux secondes sur le rebord de la cheminée.

 

-  «  Vous pouvez y aller Monsieur Malefoy ! N’oubliez pas ce que votre tante Bellatrix vous a appris… » Rogue ne dénia pas relever les yeux, il se contenta de fermer la porte sur la pièce froide malgré le feu crépitant dans la cheminée.

 

 

Une odeur putride envahit mes narines dès que mes pieds touchèrent le sol du manoir. C’était un indice indéniable de la présence du Lord dans ma maison. Avançant lentement dans l’atrium, je retenais ma respiration tant bien que mal. Le Seigneur des ténèbres sifflait dans le salon. Mère était près de la cheminée, et malgré son visage impassible, je sentais ses yeux me sourire. Elle semblait si heureuse de me revoir pourtant cela n’annonçait que des malheurs.

 

Je m’avançais pour saluer le Lord humblement lorsque j’aperçus Bellatrix à sa droite, fière, en fidèle servante du seigneur des ténèbres. Elle semblait ne pas avoir oublié ma fâcheuse remarque. Expirant silencieusement, je m’inclinais et patientais jusqu’à ce que le maître daigne m’adresser la parole.

 

 

                        - « Mon cher petit Drago, sais-tu pourquoi le serpent est le roi des animaux ? » Un sourire quelque chose ressemblant plus à une grimace apparue sur son visage reptilien.

 

                        -  « Hem… » Stoïque, pourquoi me parlait-il de serpent aujourd’hui ? Il fallait se concentrer, pour ne pas qu’il pénètre facilement mon esprit. «Le serpent est le plus rusé des animaux maître. »

 

                        - « Exactement ! » Il souriait toujours caressant sa baguette du bout de ses doigts translucides. «  Un serpent se faufile, rampe chez l’ennemi et attend le moment opportun pour attaquer. » Il fit une pause puis releva la tête pour me regarder.

«  Tu vas me trouver un petit serpent Drago. »

 

                        - «  Un petit serpent ? Je crains de ne pas vous comprendre maître. » Je m’inclinais un peu plus de peur de subir un doloris pour ma question.

 

                        - «  Oui, un petit serpent qui se faufilera chez l’ennemi et attaquera de l’intérieur.  Mais je crois que tu l’as déjà trouvé… »

 

Ma respiration s’accélérait, je bloquais mon esprit cependant ma force n’était rien comparée à celle du Lord et il sentait, il sentait des bribes de mes pensées.

 

                        - « Maître, quel serpent voulez-vous que je vous amène ? » Ma voix mal assurée trahissait l’angoisse qui envahissait tout mon être.

                        - «  Je crois que tu sais qui elle est. Cette personne est à Poudlard. » Mon cœur battait si vite, que ma cape s’agitait à chacun de ses mots. J’attendais que le nom tombe avec frayeur. «Weasley, la dernière des traîtres à leur sang ».

 

 

 

 

****

 

 

                        *** L’épée, l’épée, c’était mon seul moyen de retrouver Harry ... Je  tournais en rond dans les toilettes de Mimi Geignarde. On va dire que l’expérience m’avait apprise que c’était un des rares endroits où je pouvais être seule. Mon plan était un lamentable échec. Non !! Non !! NON !!! Je criais à plein poumons, ce sale traître d’Harry !! Il allait s’échapper, lui et Hermione pouvaient gambader tranquillement dans les prés pendant que la famille Weasley était décimée par SA faute !!!

 

NON !!! Je ne le permettrais pas, ce sale chien allait payer, il allait payer !!! Je tapais dans les portes, dans les murs. Je pris ma baguette et lança un sort contre le miroir qui se brisa.

 

Tombant par terre en hurlant de rage, je maudissais Harry, je le maudissais jusqu’au plus profond de mon être. Je me jurais que lorsque je les retrouverai, même le pire des doloris serait une caresse à côté de ce que je leur ferai subir.

Le reflet de mon visage m’apparut, mais je ne me reconnaissais plus. Mes yeux ne pleuraient pas, ils saignaient, saignaient de douleur. Je criais que j’allais les tuer un par un, je criais encore et encore, hurlant à la mort leur nom. Jusqu’à invoquer Satan lui-même pour m’aider à les retrouver.

 

                        - « Ginny… » Une petite voix douce mais ferme se manifesta. Je ne me retournais pas, inutile je savais à qui était cette voix.  

 

                        - « Tu comprends maintenant, tu dois comprendre. Ce que tu viens d’entendre si quiconque l’apprend, Je te ferais la même chose à toi aussi. Les amis du survivant sont mes ennemis aujourd’hui. Répète et tu ne survivras pas aussi longtemps ! » Ma rage contenu depuis si longtemps m’avait trahi mais je n’avais plus besoin de jouer la comédie encore longtemps. Juste un peu, juste un peu de temps.

 

                        - « Ginny… Pourquoi ? » Un tremblement dans sa voix, une tristesse. Je ne sais pas.

 

                        - « Ne te mets pas en travers de mon chemin, il n’y a plus de Ginny, elle morte, elle morte depuis bien longtemps. »

 

Je sors d’un pas ferme, contournant la silhouette qui m’évitait comme si j’étais atteinte de la dragoncelle. La porte se claque et je revois ce regard horrifié, la vérité est horrifiante. La vérité n’est pas d’une grande beauté et comme ce qu’il y  a de plus laid dans ce monde, je ne suis que la vérité.

 

 

 

****

 

Chapitre 14 by lilteenmary
Author's Notes:

Bonjour !

Je reviens pour un nouveau chapitre !

Je veux remercier toutes les personnes qui ont pris la peine de me lire jusqu'ici ! Et j'espère que vous ne serez pas déçu par la suite...

 

Bonne lecture !

****

 

                        ***  La petite rouquine, Ginevra Weasley, il n’y avait aucun doute. Le Seigneur des ténèbres avait senti mon désarroi mais pour une raison que je ne comprends pas et ne connaitrai peut-être jamais, il n’avait pas fait de remarque. Il s’était contenté de se lever et de partir, Bellatrix sur ses talons comme à son habitude, non sans me laisser certaines dernières instructions.

Etait-ce Rogue ou mes pensées qui m’avaient trahi ? Je ne pouvais le savoir avec certitude. Le message du Seigneur des ténèbres était clair pourtant je ne pouvais me résoudre à l’entraîner un peu plus vite dans sa chute au plus profond des abîmes de l’enfer.

 

Le regard hagard, je ne pouvais bouger, me relever. Finalement une douce pression sur mon épaule me sortit de ce songe oppressant. Mère me regardait tendrement, sans honte, ni horreur. Son visage si fin m’apportait réconfort et me serrait le cœur. Jamais je ne pourrais l’abandonner dans ces ténèbres et si la petite Weasley devait être emmenée au Lord, elle le serait.

 

La mission me terrifiait pourtant c’était un triste soulagement, l’idée de devoir tuer à nouveau un autre être me révulsait au point de se demander pourquoi ma place était au sein des mangemorts.

 

Elle était assise dans le fauteuil de son défunt mari, et lisait tranquillement au coin du feu. Les flammes orangées scintillaient dans l’imposante cheminée de la bibliothèque. En m’approchant d’elle, je pouvais sentir cette intense chaleur qui réchauffait mon âme glacée. Ses longs cheveux d’un blond presque blanc tombaient sur les pages du livre. Le bruit de mon souffle interrompt sa lecture et elle se retourne avec un sourire franc, un des rares qu’elle pouvait se permettre de donner.

 

                        - « Assis toi Drago, et raconte moi tous tes tourments. J’ai reçu ta lettre et je souhaite que tu m’en parles un peu plus. » Elle me regardait avec inquiétude, elle avait aussi entendu ma mission et avait sûrement deviné que la personne dont je parlais dans ma missive n’était autre que celle que je devais amener au Seigneur des ténèbres.

 

                        - « Elle est la fille d’Arthur Weasley. Son frère est le meilleur ami de Potter. » Je lui ajoutais avec précision pour qu’elle comprenne de qui il s’agissait. La haine que mon père avait portée à cette famille, elle le comprenait et je pense que dans une certaine mesure, elle l’avait partagée.

 

                        - «  Pourquoi penses-tu que le Seigneur des ténèbres veut la voir ? Pourquoi elle ? » Sa question était à la fois inutile et pourtant si évidente.

 

                        - « Elle a commis ce meurtre à Poudlard… » Son regard était maintenant emprunt à la surprise et à l’inquiétude. « Mère, je pense qu’elle ne sait pas ce qu’elle a fait, elle… elle est brisée. » Je terminais ma phrase presque dans un murmure.

 

                        - « J’ai peur pour toi Drago, tu n’es encore qu’un enfant et elle pourrait te faire tomber m’as-tu dit ? Je ne veux pas qu’elle t’entraîne dans sa chute… » Sa main tremblait sur les pages du vieil ouvrage qu’elle tenait entre ces doigts. Mère je vous aurais assuré, il y a quelques temps que j’étais très capable et que rien ne me faisait plus plaisir de couvrir mon nom de gloire. Mais aujourd’hui que pouvais-je lui dire, que pouvais-je prétendre…

 

                        - « Votre inquiétude me touche, mais ce n’est pas mon plus grand soucis aujourd’hui. J’ai peur pour elle, j’ai peur d’elle. » Je n’avais plus aucune honte à lui avouer mes sentiments. Il n’y avait plus aucun honneur dans ce que je faisais, l’honneur d’avoir massacré une enfant, l’honneur de détruire une famille, l’honneur d’être fort et de garder pour soi ses sentiments même devant le seul être qui m’aimait. Il n’y a plus d’honneur, il n’y en a aucun.

 

                        - «  Tu dois être prudent Drago, veille sur toi, je ne pourrais te perdre. Cette fille ne peut être la cause de la mort de mon seul enfant. » Ses yeux étincelaient, et je m’agenouillais à ses genoux, car elle seule méritait ce geste. La seule qui avait toujours pensé à ma sécurité, à mon bonheur. Doucement sa main dans mes cheveux me rassurait, elle m’envahissait d’une sérénité, cette main si apaisante. Je jurais intérieurement, que je ferai tout pour la conserver, tout pour qu’elle ne soit jamais victime du Seigneur des ténèbres même si pour ce fait je devrai tout sacrifier.

 

Amycus Carrow et Augustus Rockwood se tenaient dans le bureau du Manoir Malefoy. Le Lord avait tenu à ce que ses disciples l’aident dans la capture de Weasley et malheureusement ils semblaient particulièrement enthousiaste à voir la mission exécutée avec succès. Ces sales hypocrites ne pensaient qu’à ramper devant le Lord pour obtenir ne serai-ce qu’un murmure de contentement de sa part.
Bellatrix s’avança vers moi, pendant que Mère nous regardait.

 

                        - « Cissy, tu ne trouves pas que le petit Drago a changé ? » Elle tournait autour de moi comme un vautour autour de sa proie. « Je dirai qu’il n’a presque plus peur de se cacher dans tes jupes ma sœur ! » Elle éclatait de son rire mauvais pendant que les deux autres mangemorts l’imitaient.

 

                        - « Je ne te permet pas Bellatrix, tu es dans ma maison et tu n’insulteras pas mon fils ! » Elle s’était avancée vers sa sœur sans aucune crainte. Les deux sœurs se toisaient du regard, Bellatrix esquissa un petit sourire, elle ne l’appelait par son prénom que lorsqu’elle était vraiment en colère.

 

                        - «  Excuses-moi Cissy, tu as raison, c’est un grand honneur que lui a fait le Maître. J’espère Drago que tu t’en montreras digne. Je veux que mon neveu fasse honneur au Maître, montre-lui que notre famille est fidèle au Seigneur des ténèbres mieux que ne l’a fait ton lamentable père. » Sa joie explosait silencieusement dans un regard mesquin qui faisait honneur à sa cruauté. Mère semblait furieuse, cependant depuis la mort de Lucius Malefoy, Bellatrix ne pouvait s’empêcher de rabaisser sa sœur pour avoir épousé un lâche.

 

                        - « Ma tante » Je la regardais furieusement  « Mère » avec un ton plus calme « Notre réunion va commencer, et comme je ne crois pas que tu ais été invitée dans cette mission Bellatrix, tu peux partir de ce pas ! » Mère sortit la première solennellement, cependant je pouvais entendre que ses pas s’étaient arrêtés derrière la porte. Sûrement attendait-elle que Bellatrix sorte. Son regard mauvais ne pouvait pas me faire frémir, d’un geste elle attrapa sa cape et m’envoya un baiser par les airs en riant de ses dents noires.

 

Amycus qui jusque là était resté silencieux, s’assit dans le fauteuil. « Drago, le Lord m’a ordonné de t’aider dans ta tâche mais je ne suis pas habitué à être convoqué par un misérable élève qu’elle que soit les dernières prouesses que tu as rendu. Je suis juste venu trop heureux d’apprendre que c’est cette sale gamine dont on doit s’occuper ! Elle a osé me lancer des sorts dans le bureau de Rogue alors je peux te dire qu’elle va souffrir !»  

 

                        - «  N’oublie pas Amycus que cette sale gamine doit être emmenée devant le Maître et elle doit rester intacte ! Ne te met pas sur mon chemin, sinon le Maître ne pourrait guère apprécier ! Tu es uniquement ici de part ton poste de professeur à Poudlard. Ce qui me facilitera grandement la tâche ! »

L’air menaçant que j’abordais le fit taire sans plus attendre mais l’insulte n’était pas quelque chose qu’il oublierait. Autant se faire comprendre tout de suite sinon il ferait échouer tous mes plans.

 

                         - « La seule chose que je te demande, c’est de maintenir les Gryffondors à l’écart la nuit prochaine. Débrouille-toi comme tu le souhaites mais ne te mets pas en travers de mon chemin ! Et c’est également valable pour ta sœur ! » J’ajoutais cela durement et lui fit comprendre que son rôle s’en tiendrait là et qu’il n’avait pas besoin de connaître la suite. Il se leva d’un pas furieux et claqua la porte en s’en allant. Rockwood me regardait sans rien dire en buvant son whisky-pur-feu, sa présence m’obligeait à  changer de tactique. Seulement le Lord avait bien insisté, il n’avait pas encore assez de preuves de ma loyauté pour me laisser agir seul.

 

                        - « Très bien, je t’attendrai à minuit au pré-au-lard. Les patrouilles ne doivent pas nous apercevoir, ordres du Seigneur des ténèbres, personne ne doit savoir qui nous l’avons enlevé avant qu’elle soit loin. » Un signe de tête et je sortis.

 

Je montais les escaliers, pour faire mes adieux à Mère si craintive et si forte à la fois. Le Seigneur des ténèbres reviendrait, comment pouvait-elle supporter sa présence et celles des autres mangemorts. Je me massais les tempes furieusement puis sortis pour transplaner peut-être une dernière fois vers l’école. Redoutant la nuit prochaine, et ce qui arrivera à la petite rouquine une fois loin de Poudlard.

 

 

****

 

                        ***  Des cheveux noirs pendaient le long d’un lavabo, des traces de sang et un loup me regardait. Non ce n’était plus du carrelage que j’apercevais par terre mais des feuilles mortes. La mousse humide que je sentais sous mes jambes était rouge et non verte ou même brune. Le loup continuait de me fixer derrière un arbre, il me parlait. Ses deux billes de métal brillaient dangereusement dans la nuit. Soudain, le loup se rua sur moi, je courrais, je courrais, je continuais à courir. Mais mes jambes n’avançaient plus, ne marchaient plus, elles ne bougeaient plus. Je cherchais ma baguette, hurlant de peur que le loup ne m’attrape. Il était si près et sans baguette, je ne pouvais rien. Les longs cheveux se mirent à onduler et tomber sur mes mains pleines de sang.

 

J’hurlais, j’hurlais lorsque le loup d’un coup de griffe, m’arracha la bouche. Je voyais ses yeux métalliques, son pelage blanc, il me parlait et me chuchotait des mots. Je voulais lui dire que je ne comprenais pas le langage des loups lorsque je compris.

 

Une main glacée sur ma bouche retenait ma respiration pour m’empêcher de hurler. Ce n’était pas un loup, ce n’était que Malefoy m’étouffant dans mon lit. Ce sale mangemort avait pénétré dans mon dortoir et me regardait bizarrement. En essayant de me débattre, je lui mis un coup de pied mais il lança un sort qui me ligota en deux secondes.

 

Je pensais en avoir fini avec lui, il voulait vraiment que je m’occupe de son cas ! Il me prit sur le dos après m’avoir bâillonnée et je réalisais qu’une bulle nous entourait. Il avait utilisé un sort de protection pour qu’on ne l’entende pas. J’essayais toujours de me débattre mais il était trop fort et ligotée je ne pouvais pas arriver à grand-chose.

 

Il courait toujours puis finalement je sens qu’il s’arrête pour m’assoir, on était en haut de la tour d’astrologie. Il détournait le regard, pourquoi m’avoir enlevé une seconde fois, que voulait-il de moi encore une fois ? Soudain je vois qu’il avait sorti un balai. Qu’est-ce, qu’est ce que … ? Où voulait-il m’emmener ??
J’essayais de mordre tant bien que mal le lien qui me bâillonnait ma bouche. Le déchirer, puis déchirer les autres liens. Je vais le tuer lorsque j’aurai découpé tout ces liens…

Non, non il s’en est aperçu, j’essaye de bouger et de lui mettre un coup avec mes deux jambes. Il se jette sur moi mais un coup dans les côtes l’atteint. Cela te fait du bien j’espère Malefoy !! Il se retourne furieux cependant moi aussi je suis furieuse et ce n’est pas ce petit mangemort qui me détournera de mon but ! Non il ne va pas oser ! Je le vois lever sa main… et …

 

 

 

Ma tête… Une douleur intense telle un marteau, des bruits de clapotis dehors. Un torrent de pluie s’abattait sur le sol au loin, mais je me sentais au sec. Mes poignets étaient cisaillés par des étaux de fer. Je me disais qu’il faudrait que j’ouvre les yeux lorsque je me souvins. Une main glacée dans la nuit m’avait enlevée. Je commence à me débattre mais une voix intervint :

 

                        - «  Enfin réveillée ! Tu peux te débattre ou hurler autant que tu veux, ici les sortilèges que j’ai lancés t’empêcheront de bouger ou de te faire entendre. » Il me regardait doucement, il attendait que je parle.

 

                        -«  Tu m’a frappé et je te le ferai regretter, et cette fois ce ne sera pas par deux, trois gentils sorts ! » Il semble rire ce qui m’insupporte un peu plus. « Je t’avais prévenu de ne pas te mettre en travers de mon chemin, que tu n’étais rien. Cependant je constate que tu t’obstines à me barrer la route. Malefoy, pour une dernière fois, ne m’oblige pas… »

 

                        - «  A quoi ? Tu crois que tu es en position de faire quoique ce soit ! Si je t’ai amené ici c’est pour t’aider, même si je ne sais pas trop pourquoi… » Il regardait la lanterne dans un coin de la pièce. Je comprenais alors où nous étions, la cabane hurlante.

 

                        - «  C’est très amusant Malefoy, moi besoin de ton aide ! » J’explose de rire en entendant sa théorie plus que ridicule ! Pourquoi croyaient-ils tous que j’avais besoin d’aide !!

 

                        - «  J’ai rendez-vous dans moins d’une heure avec Rockwood pour t’emmener voir le Seigneur des ténèbres. Il attend quelque chose de toi… »  Son regard sérieux me fit taire, ainsi Voldemort en personne voulait me voir ou me tuer ! Cette pensée me faisait sourire, pourquoi ne pas y avoir pensé avant.

 

                        - « Il veut que tu lui rapporte des informations car tu es par ta famille proche de l’Ordre et de Potter… » Il achevait ce dernier mot en me regardant droit dans les yeux comme pour décrypter mes pensées. Essayait-il de l’occlumencie ?

Potter, proche de Potter, proche de Potter ! Par ma famille j’étais proche de Potter !!!!!!!!!!!!!!!

 

                        - «  Pas besoin de chercher, tu sais mieux que quiconque que je ne sais pas où se trouve Harry ! Tu as été toi-même témoin de l’échec du seul plan que j’avais pour le faire revenir… »

 

                        - « Le Seigneur des ténèbres te fera parler et te torturera, tu le sais. »

 

                        - « Il ne peut rien me faire de plus. Emmène-moi à lui. »

 

 

****

Chapitre 15 by lilteenmary
Author's Notes:

Nouveau chapitre !! 

Je me suis brièvement relue dans celui-ci... N'hésitez pas à me dire pour l'orthographe et la conjugaison (pas très douée pour cette dernière !)

J'espère que ça vous plaît toujours !

Bonne lecture 

 

****

 

                        *** Je la regardais tout en me demandant pourquoi ne ressentait-elle aucune peur. Sa force ne venait-elle pas de son esprit torturé et malade ? Jamais je ne pourrai connaître ses pensées car un mystérieux voile m’empêche de pénétrer son esprit. Le soulagement que j’avais ressenti en apprenant que ma mission ne serait pas un meurtre s’était envolé. La crainte, que je ressentais pour elle, était-elle un étau qui serrait mon cœur ?

 

Pourtant, elle semblait presque ravie par cette situation. Et elle ne me reprochait rien, son désir n’était plus de s’échapper mais de me suivre parmi les ombres de la nuit. J’aperçus enfin Rockwood qui me donna un couteau en argent. Je le mis dans les mains frêles de la petite rouquine et lui pris à mon tour, resserrant un peu plus le couteau entre mes doigts.

Un instant plus tard, nous fûmes comme tirés par une force au niveau du nombril.  Le Portoloin nous amenait vers le pire endroit que je connaissais, la prison du Lord loin dans le grand Nord du pays.

 

A peine arrivé, que je l’emmenais dans la grande salle où le Lord trônait à chaque fois qu’il venait « visiter » ses hôtes. Je la regardais avancer sans qu’aucun sentiment ne transparaisse. Son visage était neutre, non déformé par de la crainte ou l’horreur. Elle était là s’avançant vers le trône, droite et fière, attendant.  Je la tenais par le bras puis la força à s’agenouiller en inclinant moi-même la tête. Elle résista quelques secondes mais céda car elle n’avait aucune force malgré tout. Il fit un signe de la main pour m’ordonner de parler.

 

                        - « Maître, voici la fille, personne ne nous a vu sortir et personne ne remarquera notre absence grâce au sort de gemino. » Ma voix calme ne trahissait pas les tremblements de ma main cachée derrière le bras de la petite rouquine. De tout mon être je me forçais à contenir mes pensées pour que rien ne transparaisse.

 

                        - «  Drago, tu m’étonnes de plus en plus, tu commences à comprendre ce que Lord Voldemort exige de ses serviteurs.  Donc tu es la fille des traîtres à leur sang… Et la chère et tendre de notre ami célèbre, Harry Potter ! » Un rire s’éleva à la dernière phrase. Je ne tournais pas la tête mais je savais quel était ce rire.

 

                        -« Comment oses-tu rire devant Lord Voldemort ? Peut-être te-faut-il une démonstration de la magie du Lord pour te faire comprendre ? »

 

                        - « Lord Voldemort a besoin de magie pour faire taire une petite traître à son sang ? » Sa remarque fit frémir tous les mangemorts présents ou était-ce son rire malsain.

 

                        - « Endoloris ! » Mon estomac se noua si fort, je relevais la tête pour l’apercevoir sur le sol. Cependant elle n’hurlait pas à la mort comme tous mais riait, elle riait tant qu’elle le pouvait. Le Seigneur des ténèbres lui jeta plusieurs sorts sans succès. Son rire continuait d’emplir la salle et ses échos ne faisaient qu’augmenter la hargne du Lord.

 

                        - « Sortez tous !! » Il hurla de rage en jetant un doloris à ceux qui ne se pressaient pas pour exécuter ses désirs, je me retournais discrètement lorsqu’Il m’interpella « Non pas toi Drago, tu restes ! »

Je la regardais pendant ce qui me parut une éternité, se faire torturer par le Lord sans que rien ne l’empêche de hurler de ce rire démoniaque. Elle était allongée par terre se roulant, se tordant sans pour autant crier de douleur. Sa chevelure rousse si terne  d’habitude flamboyait sous le feu des sorts du Lord. Je ne reconnaissais plus ses incantations, il avait abandonné le doloris, las de l’effet que celui-ci produisait sur la petite rouquine.
Finalement elle s’était évanouie, le sourire aux lèvres, une goutte de sang perlant au coin de la bouche.  Il ne me regarda même pas et siffla de l’enfermer dans les cachots. Il ne paraissait pas en colère, satisfait aurait été trop présomptueux. Néanmoins qui pouvait se vanter de connaître l’état d’esprit du Seigneur des ténèbres.

 

Les jours passaient, durant lesquels la petite rouquine était affamée, torturée pour ne plus obéir qu’à un seul maître. C’était ce que les autres prisonniers étaient devenus : esclaves de la puissance et craintifs de leur nouveau Maître. Elle n’était pas de ceux-là, elle n’était esclave que de sa rage indomptable, mais pas du le plus puissant mage noir. Pour une raison inconnue, il n’avait pas utilisé l’imperium sur elle alors qu’elle n’obéissait toujours pas.


A chaque séance de torture, je la ramassais puis l’emmenais dans les cachots, je lui faisais boire une potion puis l’abandonnais seule dans le noir.

 A chaque séance de torture, je regardais car Il me l’ordonnait, je restais pétri par la terreur. Son supplice me tourmentait, pourtant je restais telle une statue taillée dans le marbre.

A chaque séance de torture, je m’enfonçais un peu plus dans l’obscurité profonde de la mort, dans la géhenne où était ma place.

Mère m’observe discrètement, elle me sent m’enfoncer dans cette noirceur, je le fais pour elle, pour sa vie, pour nos vies. Je ne peux pourtant pas me résoudre à abandonner la petite rouquine seule. Sa rage l’empêche de sombrer, mais jusqu’où l’emmènera-t-elle ?

 

La porte en bois gémit lorsque je l’ouvris, la nuit était tombée depuis longtemps et le Lord était reparti avec Bellatrix et ses serviteurs. Seule Mère et moi étions au Manoir. La lueur de ma flamme mèche éclairait une forme étalée dans un coin de la pièce. Son corps frêle dénonçait l’abandon de ses forces. Je m’approchais de ce spectre qui ne reflétait plus la jeune fille qu’elle avait pu être. L’odeur nauséabonde que renfermait la pièce me rappelait avec dégoût les prisons du Seigneur des ténèbres dont on était revenu quelques jours auparavant. Puis m’agenouillant, je lui pris la main et essaya de l’asseoir.

 

                        - « Réveille-toi Weasley. » Son visage blanc semblait avoir perdu toutes tâches de rousseur. Elle émergea lentement, se redressant avec difficulté, elle ne parlait pas, sans doute attendait-elle que je m’exprime. « Je t’apporte de l’eau et de quoi regagner des forces, tu en auras besoin. » J’achevais cette dernière phrase dans un murmure.

 

                        - « Merci Mangemort. » Son ton n’évoquait aucune mesquinerie, elle l’avait simplement dit comme l’on énonce une vérité.

 

Je l’observais manger, mon cœur se serrait tellement de la voir assise sans se plaindre de sa situation. On ne sentait aucun renoncement, juste de la patience. Elle attendait patiemment, bien que je ne puisse savoir ce qu’elle attendait…

 

                        - « Pourquoi es-tu venu ? Pourquoi m’apporter de l’aide ? » Elle avait relevé sa tête et me regardait.

 

Pourquoi avais-je envie de l’aider ? Pourquoi je me sentais le devoir de le faire ? Je m’étais moi-même poser longtemps cette question. Le jour où je l’avais aperçu sur cette falaise peut-être. La pitié, oui au départ je pensais que c’était par pitié…

 

                        - « Je ne sais pas vraiment, je ne souhaite pas te voir mourir dans mon Manoir sans doute… » Son regard suspicieux me fit détourné les yeux. «  Non, il s’agit d’une autre raison, je… j’ai commis un crime plus atroce que ce que tu peux imaginer. D’une certaine manière, lorsque je t’ai vu ce jour près de la falaise… » Il m’était impossible d’aller au bout de ma pensée, le regard pénétrant qu’elle me lançait m’en empêchait.

 

                        - « Ce qui est arrivait ce jour là est la faute d’Harry et de cette … cette… » Elle s’arrêta soudainement pour regarder derrière moi, comme si elle fixait une lumière au dessus de ma tête.

 

                        - « Je suis un mangemort, je l’ai choisi et je l’ai subi en même temps, je pense que pour cette raison je commence à te comprendre…  Pourtant les crimes que j’ai commis, j’ai tous choisi de les faire, tous.»

 

Un sourire naquit sur ses lèvres, elle m’observait à nouveau.

                        - « Et qu’est-ce qui te fait croire que tu peux me comprendre ? Tu peux comprendre mon désir de vengeance, ma haine envers une personne à tel point que tout ce que je souhaite c’est de la faire souffrir à jamais !!»

 

                        - « Tu as des secrets, je les connais, tes amis les connaissent-ils ? »

 

                        - « Tous ceux dont tu parles ne sont pas mes amis Malefoy… Ils ne peuvent pas l’être à présent puisque leur seul but est d’aider le survivant ! » Sa voix était amère, haineuse, ses forces semblaient lui revenir à mesure que sa rage se réveillait. « Tu connais mes secrets, avoue donc les tiens… »

 

Ma respiration s’accélérait, comment avouer cela, comment admettre ce que j’avais choisi de faire…

                        - « Cette petite moldue morte dans les bois près de la maison de tes parents, était un avertissement de la part du Seigneur des ténèbres que… j’ai exécuté. » Le souvenir qui hante mes nuits depuis plusieurs mois jaillit tel un fouet brûlant dans mon dos.

 

                        - « C’était… toi… » Le remord de lui avoir expié ma faute grandissait au fur à mesure que le son de sa voix s’ébranlait. Je m’attendais à ce qu’elle me frappe, hurle au monstre, me griffe et me maudisse… Cependant rien, elle ne fit rien. Peut-être l’aurait-elle fait il y a plusieurs mois, peut-être l’aurait-elle fait si l’histoire avait été différente.

 

                        - « Je ne peux pas défaire mon crime, je le porterais toute ma vie dans mon esprit, et chaque nuit dans mon sommeil, jamais plus je n’aurais de repos. Peut-être que vouloir t’aider est la manière que j’ai trouvé pour faire quelque chose de bien, si j’en suis capable. Tu es la seule personne à qui je l’ai avoué, je suis un assassin. Mais pour ma mère je ferais tout, et j’ai tout fait. »

 

                        - « J’aurais tout fait pour Harry, et il m’a trahi d’une manière odieuse et j’ai perdu ma famille à cause de lui. Je ne te blâme pas, tu as choisi de sauver ta famille à n’importe quel prix. Et moi j’ai choisi de venger la mienne à n’importe quel prix. » Elle s’était redressée, sûre d’elle. L’horreur que j’avais lu en elle lors de mon aveux n’était qu’un reste de l’ancienne Weasley, elle n’était plus la même. Elle ne me détestait pas pour mon acte, elle le comprenait. Sa vengeance l’aurait menée partout, peu importe le prix avait-elle dit, peu importe le prix.

 

                        - « Je ne veux pas être ton ennemi…  »

                        - « Tant que tu n’es pas ami avec Harry, tu peux être le mien. »

 

 

 

****

 

 

 

 

                        *** Sombres sont les pensées du loup dans cette nébuleuse, il cherche, il cherche sa proie, une proie innocente dans les bois. Il sent l’odeur de la fragilité, de l’agneau. Où es-tu le loup ? Tu as tué ? Encore… Transmets- moi cette rage, donne la moi, je la veux.


Je rampe dans ce bois, mais tu me suis, encore et toujours, tu me suis, pourquoi ? Trouve-moi, montre-moi le chemin, où est mon agneau ? Je le sens, je le veux. Je veux être comme toi, ne me suis pas, montre-moi le chemin. Je suis comme toi, je sens cette odeur.

 

 

Je me relevais subitement encore une fois en touchant mes jambes, l’impuissance de ne pas pouvoir marcher ne me semblait pas si lointaine. Quels étranges rêves m’avaient encore traversée l’esprit ? L’image d’un loup dont la mâchoire dégoulinante de sang me réveillait chaque nuit depuis que j’étais dans ces cachots.

Malefoy ne m’avait pas parlé des plans de Voldemort pour moi, il ne me tuerait plus. Non, il ne le ferait pas, il avait besoin d’un espion. Voldemort voulait tuer Harry et celui-ci voulait le détruire. Je n’avais qu’à rester près de lui et je retrouverais Harry. Puisque le destin me donnait une chance de me venger, je la saisirai.

Un homme capuchonné d’un voile noir me trainait une fois de plus auprès de son maître. Ses ridicules sorts pour me torturer ne faisaient qu’abuser ma patience déjà fortement atteinte. Pourtant ce jour paraissait inhabituel, Malefoy n’était pas seul, d’autres mangemorts étaient présents.

 

                        - « Ginevra Weasley, j’ai lu dans ton esprit. Lord Voldemort va te faire l’honneur de le servir ! » Je ne pouvais pas réprimer mon sourire, enfin il daignait me relâcher, enfin je pouvais sortir et exercer cette vengeance. Son serpent répugnant tournait autour de mes jambes, je le repoussais d’un grand coup sans craindre son maître. Il n’allait pas tuer une future adepte si celle-ci était nécessaire…

 

                        - « Tes particularités me seront utiles, cependant n’abuse pas de mon offre, tu peux passer plusieurs semaines de plus dans ces cachots avec une visite quotidienne ! » Il enchaînait avec un doloris pour appuyer ses dires et me punir. Pourtant il savait que cette douleur était vaine sur moi.

 

                        - « Marquez-moi, que je sorte de cette puanteur ! » Malefoy me faisait signe de me calmer, peut-être que j’étais utile à Lord Voldemort mais lui m’était nécessaire. Je m’approchais le bras tendu en avant qu’il prit sans doute pour de la soumission car son sourire revient immédiatement.

                        - « Tu dois accomplir une dernière épreuve pour devenir une mangemorte, et la tienne sera particulière…  Amenez-la ! » Il se tourne et le rat revient avec une jeune fille, Luna. Il la traîne jusqu’aux pieds de Voldemort et celle-ci me regarde, heureuse et effrayée à la fois. C’est dans une apathie la plus totale que je relève la tête. Mon épreuve est donc Luna, je n’avais pas besoin que l’on m’oblige à faire quoique ce soit.

Queudver me tendait ma baguette. Elle aidait Harry, c’était son amie et elle en était fière. Rien n’avait changé après qu’il ait tué mes frères, détruit ma famille, détruit mon honneur, notre honneur, ma confiance et cette sale traître était amie avec eux ! Avec Harry et Hermione pendant que nous souffrions ! Encore et toujours la faute d’Harry ! Je ne pouvais plus me contrôler, je sentais ce feu monter en moi et me consumer et je lui criais « C’est de ta faute, sale traître, tu aides ce chien ! AVOUE ! Dis-moi que tu aides Harry ! Dis le moi !!! »

 

                        - « Ginny, je t’en supplie… Ginny qu’est-ce qui t’ai arrivée … » Je voyais dans son visage, elle aussi était comme Hermione, je le voyais en elle et elle paierait aussi !

 

                        - « Toi aussi tu vas payer ! Endoloris ! ENDOLORIS ! » Son cri de douleur m’extasiait profondément mais cela ne suffisait pas, elle allait payer comme mes frères l’avaient payé, « AVADA KEDAVRA !!! » La lueur verte fut détournée par un sortilège de Voldemort, j’allais en relancé un lorsqu’il m’enleva ma baguette.

Mon regard haineux se dirigea sur le maître des ténèbres mais son sourire, son sourire visqueux…

 

                        - « Excellent !! » Il se tournait vers ses fidèles tandis ce que Luna était éloignée toujours en vie. « Tu es maintenant digne de devenir une fidèle servante et tu le seras sans aucun doute… »

 

Ma rage si forte semblait apaisée, je retendis mon bras et lui présenta docilement. Un pas de plus vers Voldemort, un pas de moins vers Harry et son sort funeste.

 

 

 

****

 

End Notes:

Le prochain chapitre sera peut-être plus long à venir... Mais je tiens à dire que je n'abandnnerais pas cette histoire avant de l'avoir finie !

Chapitre 16 by lilteenmary
Author's Notes:

 

Hello ! New chapitre (enfin !)

Merci yonmi pour avoir corrigé ce chapitre !! 

Nouveaux mystères, nouvelles réponses (finalement l'histoire va être plus longue qu'initialement prévue !)

Bonne lecture

 

****

 

                        *** Son bras devenu écarlate par le sort du Seigneur des ténèbres m’obnubile durant quelques secondes. Une certaine satisfaction émane d’elle, pourquoi ai-je l’impression que son vœu le plus cher vient de se réaliser ? Et que ma peur la plus profonde vient de survenir ?

Si le Lord pouvait féliciter ses nouveaux serviteurs, elle serait acclamée car elle seule et le professeur Rogue semblaient avoir une certaine estime à ses yeux. Si on peut considérer qu’il pouvait avoir de l’estime pour une autre personne que Lui-même. 

 

Je ne m’explique toujours pas cette réaction face aux sortilèges de torture. D’une manière ou d’une autre, elle ne ressent pas la douleur comme nous autres. Et Il l’a bien compris et comptait bien s’en servir. Cependant je la soupçonnais de vouloir se servir de Lui également. Aussi irréaliste que cela puisse paraître.

 

Mère me regarde étroitement, elle tremble chaque jour un peu plus de me voir à côté d’une Weasley au service du Maître, qui plus est une Weasley meurtrière, impitoyable et sans crainte. Je sais bien qu’elle n’appartient plus à son clan, il ne reste aujourd’hui de sa famille que des remords, une haine et la vague couleur rousse de ses cheveux. Son nom sur le papier, c’est tout ce qui la lie encore à ses parents.


Le Seigneur des ténèbres nous ordonne de rentrer à Poudlard. Je réalise que Mère resterait seule pour Noël au Manoir. Je prie de toute mon âme que rien ne lui arrive en mon absence, comme à chaque fois que je la quitte. Avant de partir, elle me glisse un paquet dans la poche discrètement.

Le Lord s’est entretenu avec la petite rouquine maintenant tatouée par la marque des ténèbres : la marque de la mort. J’attends patiemment contre la cheminée du salon lorsqu’elle entre, signe de notre départ imminent. Je lui saisis le bras. Toujours obnubilé par la marque, j’observe plus attentivement et j’aperçois des cicatrices, des entailles.  Elle semble en avoir honte puisqu’elle tire sa manche et transplane aussitôt. Je me retrouve un instant plus tard dans une ruelle de Pré-au-lard, ma main toujours accrochée à ce bras.

 

Elle me suit jusqu’à la cabane hurlante où nous pénétrons silencieusement. J’entends le frottement de sa cape sur le sol, c’est le seul bruit que l’on entend d’elle. Ses pas sont trop légers pour que l’oreille humaine ne les distingue. Je repense à notre conversation et malgré cette grande peur de la voir marquée, je ne peux m’empêcher de sentir un poids en moins sur mon cœur. Il ne l’a pas tué, Il ne m’a pas ordonné de la tuer.

 

                        - « Malefoy, quel est ce sort dont tu t’es servi pour masquer mon absence ? » Il n’y a pas de rage dans sa voix, juste de la curiosité.

 

                        - « Humanum gemino. C’est un sortilège légèrement modifié. J’ai fait un double de toi qui a agi comme tu l’aurais fait durant ses derniers jours. Cependant, j’ai demandé aux Carrows de t’emmener à l’infirmerie pour ne pas que l’on s’aperçoive de la supercherie. Ce n’est qu’un pantin malgré la puissance du sort. »

 

Elle s’approche pour être à ma hauteur.

                        - « Est-ce que ce double peut parler ? »

 

                        - « Oui mais il a une conversation très limité, il ne peut pas vraiment réfléchir et ne fait que répéter des phrases banales dans certaines situations.» 

 

                        - « Ah bon… Tu pourrais me l’apprendre ? » Je l’observe avec attention, pourquoi veut-elle l’apprendre et dois-je lui montrer ?

« Je veux dire, maintenant que l’on est ami… » Elle s’est arrêtée et attend ma réaction.

 

                        - « Oui bien sûr, je te l’apprendrai si tu n’es pas trop mauvaise en sortilège. » J’achève ma phrase en souriant, elle ne semble pas atteinte par cette dernière moquerie de ma part. Son esprit est déjà parti vagabonder dans d’autres sphères dont je n’ai pas l’accès.

 

Je n’avais pas osé lui demander à quoi un double pourrait lui servir. Est-ce que je voulais vraiment le savoir ? Non, sans doute que non… Pour l’instant je me contentais de retourner au château, d’oublier pendant quelques secondes ce qui m’attendrait, ce qui l’attendrait, et ce qui attendrait Mère dans ce futur si sombre.

 

 

****

 

 

                        ***Voldemort a été clair, si je veux prouver ma loyauté, il faut que je tue. La tâche ne me paraît pas insurmontable, contrariante de toute évidence. Je ne peux compter que sur moi-même pour retrouver Harry et lui infliger ce qu’il mérite. Néanmoins ce n’est pas avec l’AD ou l’Ordre du Phénix que je peux y arriver. Ils ont tous choisi de soutenir Harry et cette sale traîtresse, peu importe ce que les autres ont pu subir par leur faute !

 

Il désire la mort d’Harry, il ne peut que m’être utile. Pourtant la contrainte de devoir lui obéir ne me satisfait pas vraiment. Espionner pour lui ne me rapportera pas vraiment d’informations sur le lieu où Harry se terre depuis le début de l’année. Si Lupin ne sait pas où ils se trouvent pourquoi les autres membres de l’Ordre le sauraient ?  Je n’ai plus le choix, il faut que j’espionne pour que Voldemort m’intègre dans ses recherches pour localiser son cher survivant. Je pourrai enfin m’emparer de l’épée de Gryffondor sans craindre que les Carrows ou même Rogue ne m’en empêchent.

 

Le retour dans la salle commune des Gryffondors a été assez difficile. Mentir l’est moins, depuis que je suis sortie de ce long coma, le mensonge est devenu une seconde nature, ou plutôt il a remplacé tout ce qui existait auparavant. J’arrive à contenir ma rage depuis qu’un nouvel objectif me fait avancer sans que le but final n’en soit changé : atteindre Harry et Hermione. Une raison de continuer de me lever, de continuer de respirer.

 

Neville ne se doute toujours de rien, anéanti par l’enlèvement de Luna. Ils ne méritent que la mort, tous ces chiens ! Un par un, ils perdront tout, comme j’ai tout perdu… Néanmoins, je dois prouver mon allégeance à Voldemort et je commencerai par la souffrance de l’Armée de Dumbledore.

 

 

En lettres de sang, l’Armée de Dumbledore brille sur les murs du couloir Est du cinquième étage. Je coure vers la salle sur demande pour rejoindre le quartier général de mes chers amis. Un frisson m’envahit, je sens plus que je ne l’aperçois… une présence.

Ce n’est pas Malefoy, il n’a plus besoin de m’épier car il sait ce que je fais. Et bizarrement je ne le vois que très rarement ces derniers temps. Comme si, maintenant qu’il pense m’avoir sous contrôle, je ne suis plus dangereuse telle qu’il me décrivait sans cesse.

Non, cette présence est bien différente, elle n’a pas l’odeur de Malefoy, ni celle d’un homme. Elle ne sentait tout simplement rien. Le néant, le vide. Une non-présence me suit à chaque instant, elle m’épie sans jamais se montrer. Peut-être veut-elle m’inspirer la peur ? Elle n’a pas compris que je n’ai plus peur. Les angoisses des fantômes, des monstres, des mages noirs, ou même de la mort ? Que peut-il m’arriver de plus douloureux ? Comment puis-je souffrir d’avantage ? En voyant Harry m’échapper, comme ces choses volatiles qui vous rongent jusqu’au plus profond de votre âme.

 

Je sens la non-présence, cette absence qui aurait pu être inquiétante. Elle ne m’impressionne guère, car je sais qu’elle finira par se montrer et à cet instant elle ira rejoindre les ombres des cachots de l’enfer.

 

 

****

 

                        ***Trois cent soixante dix. Je ne peux plus ouvrir les yeux, la fatigue et la faim me donnent des vertiges embarrassants. Je tourne avec épuisement la page trois cent soixante et onze du Grimoire des enchantements et sortilèges du Moyen-âge. Sortilège du Gèle-Flamme, sortilège de la Soif sans fin, le Sylvius incantatus charme, l’enchantement de la Bougie-Hurlante… Tous ces sorts sont inutiles, vraiment inutiles…

 

Qu’est-ce que je recherche depuis trois jours ? Je ne sais pas vraiment : une indication, une piste, quelque chose qui puisse me donner un indice sur ce qu’est devenue Weasley. Elle a changé, pas seulement de personnalité, de caractère ou d’humeur. Non, elle a vraiment changé physiquement. Pourquoi le sortilège du doloris ne la fait plus hurler de douleur ? Pourquoi le sort du Mage noir le plus puissant de notre époque ne l’atteint pas ? Une nouvelle énigme me tourmente, et une fois de plus elle concerne la petite rouquine.

 

Assis dans un recoin sombre de la Bibliothèque, j’écume les lignes, les pages, les livres, les rayons en quête de réponses. Peut-être que cette obsession m’évite de trop penser au sombre avenir que l’on nous réserve. Je ne sais pas, je ne sais plus. Mon esprit se déchire face à toutes ces interrogations. Elle a subi une transformation, et elle ne peut être que magique. Une sorcière ne devient pas insensible au pire des sorts de torture par hasard. Non, il y a une raison, il faut qu’il y ait une raison.

 

Trois jours après notre retour, elle agit comme si elle n’a jamais été torturée. Elle joue son rôle au sein de cette machine de guerre à la perfection. Ses paroles ne reflètent que l’écho de l’ancienne Ginny, celle qui a disparue dans les méandres de l’esprit, dans son sommeil comateux.

 

Je referme mon livre subitement. Dans son coma, son coma… Pourquoi ne me suis-je jamais posé la question ? Je tourne dans la quatrième allée à gauche pour trouver le rayon de médicomagie. Le coma magique ! Il faut que je trouve des informations sur le coma magique bien sûr ! Qu’est-ce qui peut provoquer un coma magique de plusieurs semaines, voire plusieurs mois ? Est-ce qu’il est impliqué dans son changement radical ? Le rapport avec les mort de ses frères est évident, oui mais pourquoi un coma ? Réfléchissant à toute vitesse, je cherche le livre qui pourrait enfin m’apporter quelques réponses dans l’amas de questions qui m’obsèdent continuellement.

 

                        - « Guide des désordres du sommeil magique, tu cherches une potion pour mieux dormir ? » Une voix me tire de mes recherches. Je relève la tête en fermant brusquement le livre que je feuilletais.

 

                        - « Weasley, c’est toi qui m’épie maintenant ? » Je m’exclame un peu trop rapidement. « Tu ne devrais pas me parler ici, on pourrait être observé. » J’ajoute cette remarque avec un ton un peu plus dur pour lui faire comprendre la raison de mon énervement.

 

                        - « Il neige dehors, qui crois-tu qu’il y ait à cette heure-ci dans la bibliothèque ? »  Elle ne semblait pas se soucier des raisons pour lesquelles je suis moi-même ici. Je ne peux rien lui avouer, car je sens que se mêler de ses affaires une fois de plus ne lui plairait guère. Et depuis qu’elle est marquée, elle m’effraie même plus, sans qu’elle me fasse peur pour autant.

 

                        - « Peu importe, il y a des yeux et des oreilles partout, tu devrais le savoir mieux que quiconque, non ? »

 

                        - « Tu as peut-être raison, de plus que j’ai une vague impression ces derniers jours… Enfin, je suis venue pour une raison. Tu devais m’apprendre le sortilège Humanum Gemino. Je veux que tu me le montres maintenant. » Elle me fixe résolue sans me demander la permission. Sa détermination me serre les entrailles et pourtant j’ai envie d’accéder à sa demande.

 

                        - « Je suis occupé, comme tu as pu le remarquer. Reviens ce soir au couvre-feu dans les cachots, je ne voudrais pas me faire remarquer plus que je ne le dois. Tu devrais en faire autant, fais-toi plus discrète. »

 

                        - « Je suis l’AD, comment pourrais-je être discrète ? » Elle esquive un sourire mauvais en se retournant.

 

                        - « Commences par éviter de tuer d’autres élèves… » Je murmurais ces derniers mots pour moi-même. Elle ne se souvient toujours pas du meurtre de la chinoise. Est-ce qu’elle s’en souviendrait un jour ?

Je retourne à mes grimoires, une question de plus sur elle en tête. Guides des désordres du sommeil magique, je tourne les pages jusqu’au chapitre sur les sommeils enchanteurs de longues durées. Enfin je trouve le passage qui m’intéresse :

 

Le sommeil enchanteur peut durer des jours, des mois, des années. Il s’agit d’un sortilège très puissant s’il est lancé correctement par un sorcier doué de grandes capacités magiques. En effet, le sortilège de sommeil enchanteur a été autrefois célèbre et de nombreux moldus se sont retrouvé ensorcelés par des sorciers jaloux de leurs biens, de leur statut, ou même de leurs amours. C’est ainsi que dans une grande période de l’histoire, on retrouve des traces de ces enchantements dans les contes de fées moldus, le plus célèbre étant « Le belle au bois dormant ». Une sorcière jalouse des qualités d’une jeune princesse moldue (qui était donc dénuée de tout pouvoir magique), lui jeta un sortilège de sommeil. La légende fut embellie par le réveil de la princesse après des dizaines d’années par le baiser d’un prince. En réalité, la princesse se réveilla d’elle-même après une certaine période qui était d’autant plus longue que les capacités de magie de la sorcière étaient importantes. Chez les sorciers, le sommeil magique peut aussi être causé par un sortilège intériorisé. Il s’agirait d’une magie si ancienne, qu’aucuns sorciers ne la connaîtraient plus depuis des centaines d’années. Il s’agit d’une magie bien antérieure à la conception des baguettes magiques ou à Merlin lui-même. Les archives de la magicienne Circé évoquent ce puissant enchantement comme le Haima Némésis.

 

 

 

****

 

 

End Notes:

 

Alors, alors ????

Qui est la présence qui suit Ginny ??? Vous pouvez essayer de deviner ? J'ai tout de même laissé un indice !

 

Chapitre 17 by lilteenmary
Author's Notes:

Hello everyone !

Nouveau chapitre, nouvelle image, nouveau résumé ! 

Merci encore à Yonmi ma correctrice !

Je vous souhaite une bonne lecture !

 

****

 

 

                        ***  Sentinelle dans la nuit, je rôde dans les couloirs. Ma mission dans l’Armée de Dumbledore me paraît si insignifiante aujourd’hui. Pourtant j’y ai cru un jour, non ? Un jour j’ai cru en l’AD, j’ai cru en Harry. A cette pensée, mes bras s’agitent et je n’arrive plus à tenir en place. Une brûlure me dévore l’estomac et cette brûlure est le plus célèbre des sorciers de son âge. Pourquoi a-t-il fallu qu’il entre dans nos vies ? Dans ma vie ? Souffrance, peine, douleur, que pourrait-il me prendre de plus, que ma famille, mon amour, mon honneur ? Je me mords le dos de la main une fois de plus, la douleur physique m’empêche de ralentir.

 

Le sang perle sur la pierre froide du sol lorsque je l’aperçois. Le loup me suit sans un bruit dans la brume des couloirs de Poudlard. Son pelage si blanc m’appelle, tant il brille sous la lune opalescente. Il me montre une silhouette évaporée. Je décide de la suivre puis de lui courir après. Elle vole si vite que je ne peux plus la voir. Et le loup est parti, il m’a quittée une fois de plus pour me laisser dans ce sombre couloir à la recherche de la mystérieuse ombre.

 

Au détour d’un escalier, je sens une présence me frôler. Sursautant pour la première fois depuis des mois, je me retourne et entraperçois la silhouette évaporée. Je lui hurle de se montrer, de me dire qui elle est. Je lui hurle en lui courant après. Plus vite qu’un marathon, plus vite que mon souffle ne le permet. Je m’écroule finalement pour pouvoir respirer.  Cette ombre ne me plait guère, je ne peux pas espionner et être espionnée une fois de plus. Malefoy et les autres serviteurs de Voldemort sont suffisants alors que me veut celui-ci…

 

Je me retourne pour descendre vers la grande horloge, la course m’a fatiguée bien plus que n’importe quelle torture. Je ne comprends pas pourquoi je suis encore si faible des semaines après mon réveil. Mes jambes fonctionnent mais mon cœur semble tourner au ralenti.

 

 

En cet instant, tout s’éclaire, cette sensation si familière, je me souviens enfin à quoi elle correspond. J’ai alors des réminiscences de ma première année à Poudlard. Cette même impression qui ne m’a pas quittée toute une année. Non ! Non ! Je ne peux pas être possédée. Non, Voldemort ne peut même pas se souvenir de m’avoir posséder … C’est impossible et pourtant l’impression d’oubli est la même. Depuis deux mois, ma colère m’empêchait-elle de voir que j’ai des absences ?

 

Chassant toutes ses idées saugrenues de ma tête, je pars en direction des cachots pour retrouver Malefoy. Des absences ? Je me base sur une vague impression. Non, le plus important est de jouer mon rôle de Mangemort pour l’instant, pour mieux atteindre Harry…

La seule préoccupation que je peux encore me permettre est cette vermine qui me suit et qui commence à m’exaspérer. Espérons, qu’il ne soit pas un  mangemort, ce sera tellement plus simple de s’en débarrasser…

 

 

****

 

 

                        ***  - « Humanum Gemino ! » Sa voix retentit dans les airs avec autant de grâce qu’un ogre des Carpates.  Une vague silhouette caoutchouteuse apparait au milieu de la salle d’étude. Elle semble vouloir s’étirer mais se réduit soudainement et se vaporise dans les airs dans un sifflement aigu.

 

                        - « Sérieusement Weasley, tu veux un double de toi ou un ectoplasme qui couine ? » La faiblesse de son sort commence à me faire perdre patience, enfin si on admet que je suis une personne patiente à l’origine.

 

                        - « Malefoy, puis-je savoir en combien de temps tu as appris à maitriser ce sortilège ? » La seule chose à laquelle je pense à ce moment c’est que la colère enroue sa voix d’une manière peu enviable. Mais je reprends contenance et décide tout simplement de lui mentir.

 

                        - « En moins de temps, qu’il t’en a fallu pour prononcer « Humanum » correctement en tout cas ! » Un sourire nait alors sur ses lèvres. C’est une menteuse. Je suppose que ça la rend plus maligne pour percevoir les mensonges des autres… Enervé, je lui ordonne de changer sa manière d’agiter sa baguette.

 

                        -  «  Le troisième mouvement est plus fluide, tu es aussi douce qu’un scroutt à pétard ! » Râlant, une fois de plus je m’éloigne pour vérifier le couloir. On n’est jamais trop prudent ces temps-ci.

 

 

 

Deux heures et cent cinquante essais plus tard, je laisse Weasley puis retourne dans ma salle commune. Elle semble si calme, raisonnée ces derniers jours. Ou alors elle maitrise de mieux en mieux l’art de la comédie. Peut-être a-t-elle à nouveau la force d’avancer depuis son entretien avec le Maître. Pourrai-je un jour la comprendre ? Pourtant lorsque je vois à quel point son attitude est versatile, j’en doute…

 

 

Je marche dans le couloir en relisant une vingtième fois le passage du coma magique dans Guide des désordres du sommeil magique. Je me demande si le rapprochement que j’ai pu faire entre Weasley et ce Haima Némésis n’est finalement qu’une illusion. Peut-être n’est-ce qu’une coïncidence ? Une vague ressemblance ? Non, l’impression que j’ai eue en lisant pour la première fois ces lignes était trop forte pour une simple coïncidence. Il faut que je trouve plus d’informations sur ce sortilège. Après avoir parcouru plusieurs livres sur les comas magiques, j’en suis toujours au même point. Le Haïma Némésis, un coma magique qui n’est du à aucune personne externe. Mais comment agit-il ? Quelles en sont les conséquences ? Qu’est-ce qui provoque ce sortilège chez une personne ?

 

Toutes ces questions et aucune réponse… La petite rouquine ne m’apporte que des questions. Dès que j’entrevois une réponse, une autre question apparait. Je commence à me demander si cette préoccupation à propos du mystère qui l’entoure ne devient pas malsaine…

 

Je croise Pansy Parkinson à deux mètres de l’entrée de notre salle commune. Elle ne semble pas avoir oubliée notre petit différent. J’hausse les épaules, j’ai des soucis bien plus graves. Cependant, elle s’arrête et commence à me parler.

 

                        - « Drago, on ne t’a pas beaucoup vu ces derniers temps. » Elle regarde furtivement autour d’elle puis ajoute. « Tu étais chez toi ? J’espère que ta Mère va bien. »

 

Je me suis peut-être trompé car elle semble vouloir s’excuser. Peu importe, je ne peux compter sur aucune aide à Poudlard. Je ne peux avoir confiance en personne ici.

 

                        - «  Très bien Pansy, merci de demander. Tu m’excuses, mais j’ai des choses à faire là. » Je lui fais signe de bouger et je glisse à l’intérieur de la salle commune. J’entends un vague murmure puis le son se coupe à la fermeture de la porte.

 

La vie de mangemort, la prison m’a éloigné de mes camarades de toujours. Peu importe à quel point on a vécu les mêmes choses, il aura suffit d’un seul évènement pour ne plus rien avoir en commun.

 

La mort. La mort d’une poupée. La mort d’une poupée dans la forêt. La mort d’une poupée dans la forêt assassinée. La mort d’une poupée dans la forêt assassinée par un loup blanc. Je ne suis plus humain, je ne suis plus qu’un animal, car seul un animal peut agir de la manière dont je l’ai fait.

Je passe mes mains sur mon visage et appuie furieusement sur mes globes oculaires. Les images de ses cheveux blonds jaillissent dans mon esprit et me brûlent furieusement. Je ne fais plus de cauchemars la nuit avec toutes les potions que je prends. Mais il m’est malheureusement impossible de boire de la potion « sommeil sans rêves » pendant la journée, non ?

 

 

 

Après une matinée de cours inutiles, je me dirige à nouveau vers la bibliothèque. Je ne prends pas le temps de manger, je ne prends plus le temps de manger. Je ne regarde même plus mon miroir, je n’y vois qu’un squelette horrifiant. Je ne compte même plus le poids que j’ai perdu depuis un an. Les os de mes côtes ressortant sous ma chemise me suffisent à savoir que je ne suis plus que l’ombre d’un Malefoy.

Un Malefoy, l’évocation de mon nom évoque en moi la nostalgie et je repense soudainement à mon père, à ce qu’il considérait comme faisant parti intégrante de l’honneur d’un Malefoy.

 

Au final, un Malefoy n’a de l’honneur que l’apparence. Ce nom ne signifie rien de plus que ce qu’on lui confère. Aujourd’hui il ne signifie que le mal, la peur, la honte, le regret pour moi et bien d’autres. L’honneur de la famille Malefoy a-t-il réellement existé un jour ? Si c’est le cas je ne m’en rappelle plus, ou bien je ne veux pas m’en rappeler.

 

Laissant ces pensées s’évanouir dans le silence du château, je pénètre la réserve discrètement. Mes recherches ne sont pas terminées et la marque sur le bras de la rouquine ne fait qu’augmenter ma détermination. Je commence à regretter de ne pas avoir pris runes, car le Haima Némésis n’apparait que dans des livres extrêmement anciens. Je ne peux pourtant pas laisser quiconque apprendre ce que je recherche, trop de questions en découleraient.

Après plusieurs étagères poussiéreuses de livres plus noirs les uns que les autres qui me font étrangement penser à la bibliothèque de mon père, je finis par tomber sur un ouvrage écrit en langue morte, en latin. Même si je distingue quelques mots, je ne peux pas le lire. La traduction sera tout de même plus aisée que celle des runes sans l’aide de quelqu’un d’autre.

 

Emportant le tout dans mon sac de cours, je repars vers ma salle commune lorsque j’aperçois Weasley courir comme si le feudeymon était après elle. Elle bouscule sans prendre garde d’autres élèves de sa maison en plus. Je commence à croire que mes recherches sont vraiment nécessaires. Les deux gryffondors se relèvent en jurant jusqu’à ce qu’il me voit au milieu du couloir. Je leur fais signe de rentrer dans leur salle commune directement. Au moment où je tourne la tête vers le bout du couloir où a disparu Weasley, j’aperçois une silhouette. Est-ce que une autre personne suivrait la rouquine ? Je dois m’en assurer, je dois m’assurer que personne ne la compromette… Elle doit rester Ginny Weasley aux yeux des autres, pour l’instant.     

 

****

 

 

                        ***  Chère Ginny,

 

Ta mère et moi s’inquiétons énormément pour toi. Tu ne nous écris plus depuis des semaines.

La situation au Ministère de la Magie ne fait qu’empirer de jours en jours. Je ne t’en dirais pas plus dans cette lettre mais nous pensons qu’il serait préférable que tu rentres à la maison aux prochaines vacances.

Bill est toujours au plus mal, malgré la présence de Charlie et Percy… J’espère que ta présence pourra réchauffer l’atmosphère à la maison. Même si ce Noël …

 

Je t’embrasse, ainsi que ta mère et tes frères,

Donne-nous de tes nouvelles,

Papa

 

Je relis cette courte note avec tristesse, ma famille brisée me réclame… Une pointe de nostalgie m’envahit, un sentiment soudain de revenir dans le passé, d’oublier tous ces évènements. Mes yeux brillent légèrement lorsque je relève la tête et regarde mon reflet. Je dépose la lettre sur mon lit et rentre dans la salle de bain. Je me sens vide, vide… Ces quelques mots écrits de manière tremblotante sur du parchemin jauni m’ont vidés en quelques secondes.

 

Je répète les mots qu’il m’a écrit encore et encore, « Je t’embrasse, ainsi que ta mère et tes frères », mes frères, ceux qui ne sont pas morts. Ceux qu’Harry n’a pas tués… Je ne suis plus vide alors, je suis inondée par un flot de sentiments plus forts les uns que les autres. Harry, ce nom qui me fait trembler de rage à chaque fois que je l’entends. Harry, ce nom que j’ai adulé, aimé pendant de nombreuses années. Ce nom lié à ma vengeance que je n’oublierais jamais !

 

Revenant chercher la lettre déposée avec soin sur mon lit, je réalise que la nostalgie n’a plus aucune place dans mon cœur. La nostalgie ne fait plus que m’affaiblir pour narguer ce que je n’aurais plus jamais. Je déchire le parchemin en morceaux avec hargne et le jette dans le feu de la cheminée. Ils m’ont trahie autant que lui, ils m’ont trahie : leur propre fille.

 

Je cours dans le château pour effacer ces lignes de mon esprit. Si ma mémoire me fait défaut dans ce cas je ne l’en blâmerais pas… Je cours dans les couloirs du château renversant des élèves sur mon passage. Mais je n’entends plus rien, je ne vois plus rien, je sors du château en courant. Je ne sens plus mes jambes, car elles volent, elles volent si vite. Mon souffle me rattrape non loin du lac où je finis par m’écrouler dans un soupir libérateur.

 

L’eau du lac si noire m’attire et j’ai soudain envie de la toucher. Je m’approche à quatre pattes du bord. L’endroit est désert, il n’y a personnes aux alentours. Je touche du bout des doigts la surface noire. Un flot apparait alors et une sensation désagréable me submerge. Je glisse dans l’eau au même moment pour voir une silhouette se faufiler sous la surface éclaircie. 


Je me mets alors à hurler de toutes mes forces et je sors ma baguette pour lancer des sorts tout autour de moi.

 

« Qui es-tu ??? QUI ES-TU ???? REPONDS-MOI !!!! REPONDS-MOI !!!!! » Ma voix déployée d’une manière inimaginable fait frémir les feuilles des arbres enracinés sur la berge. C’est alors qu’une ombre s’approche sur la surface de l’eau. Elle n’est qu’à quelques mètres, je la distingue mais je n’arrive pas à la saisir entièrement…

 

Un silence de marbre, plus rien ne bouge, le vent ne siffle plus. Pour une fois j’ai peur.

 

 

 

****

End Notes:

Bon je vous le jure, au prochain chapitre, on connaitra l'identité de la mystérieuse silhouette ! Peut-être avez-vous des idées ??

Que va devenir Ginny ? Malefoy aura-t-il le temps d'arriver ? Pourquoi Ginny a peur, elle qui ne semble pas craindre Voldemort??? 

Chapitre 18 by lilteenmary
Author's Notes:

Bonjour et bonne année !!

Enfin le nouveau chapitre ! Je vous le poste maintenant car comme je suis en période d'examens, je ne vais pas pouvoir écrire pendant un petit moment. 

Pour une fois, je laisse le blabla pour la fin !

Bonne lecture :-)

****

 

 

                        ***  Weasley est entrain de se noyer dans le lac noir ! Bon sang, que fait-elle !! Je me rue vers son corps flottant, je le tire de toutes mes forces sur ses bras pour la ramener vers la berge. Elle respire à peine, je me retourne pour apercevoir avec horreur une silhouette se détachant de l’eau obscure. Elle brille d’un grisâtre et sa chevelure semble se détacher partiellement de sa tête. Je vois alors l’image de cette jeune fille se rapprocher de moi.

 

                        « Chang … » Un vague murmure s’échappe de ma bouche. Je n’arrive pas en croire mes yeux. Trempé jusqu’aux os, j’entends la petite rouquine crachait bruyamment. Je reste obnubilé par le fantôme de la chinoise.

 

                        «  Tu sembles étonné de me voir… » Son regard brûle de haine pour Weasley, elle l’observe attentivement respirer.

 

                        «  Elle m’a tuée. »

 

                        «  Je sais. » Je ne ressens ni pitié, ni tristesse pour elle. Je ne suis pas à l’origine de sa mort, et pourtant je l’envie presque aujourd’hui rien ne peut l’atteindre. Plus rien ne peut lui faire de mal.

 

                        «  Pourquoi être restée ? »

 

                        «  Je ne comprenais pas, je ne pouvais pas partir. Il faut que je lui fasse payer ! » Elle pointe son doigts vers Weasley toujours évanouie. La vengeance… Encore et toujours la vengeance… Ce qui avait tué Cho Chang était également ce qui lui avait permis de rester dans ce monde. Je me surpris à penser que si j’en avais le choix, je préférerais partir que de contempler cette misérable guerre…

 

                        «  Que vas-tu lui faire Chang ? Tu n’es qu’un fantôme, tu ne peux pas interagir avec le monde des vivants, ce n’est plus ton monde ! » Son regard est haineux, ses blessures me rappelle la folie de Weasley qui semble toujours inconsciente.

 

                        « Je peux toujours réclamer justice et elle sera enfermée ! Elle m’a assassinée… Tu ne pleures peut-être pas ma mort, mais d’autres le font ! «  Elle se retourne pour se diriger vers le château. J’entends sa voix me lancer un dernier avertissement.

                        « Tu ne seras pas toujours derrière elle pour la protéger Malefoy. Je t’ai vu le jour de ma mort, tu l’as emmenée… Je sais bien que tu n’avais aucune raison de m’aider. » Je regarde Weasley se réveiller, j’ai du mal à supporter la vue de Chang.

                        « Pour quelle raison l’as tu protégée ce jour là ? » Je me retourne soudainement mais la trainée argentée que je vois disparaître au loin me fait comprendre qu’elle n’attendait aucune réponse.

Weasley me regarde, étonnée sans doute. Je ne peux pas lui dire. Elle ne comprendrait pas de toute manière. Comment lui faire comprendre le danger lorsqu’elle n’a aucune conscience de ses actes ?

                        « Tu as failli te noyer. Viens, on rentre avant que les autres ne nous voient. » Je l’aide à se relever et elle semble essayer de comprendre ce qui lui est arrivé. Elle regarde la surface du lac noire avec appréhension. Je ne l’avais jamais vu avec cet air, enfin pas depuis son coma.

                        «  J’ai cru, j’ai cru qu’il y avait quelque chose dans le lac. Cette créature qui me suivait… » Je ne lui réponds pas, elle semble ailleurs pendant un instant puis me regarde résolue.

                        « Qu’est-ce que j’ai fait ? Malefoy qu’est ce que je viens de faire ? » Je la tire par le bras pour l’entrainer dans le château après nous avoir lancés un sort de séchage.

                        « Rien, tu es allée dans le lac, et je suppose qu’un strangulot à commencer à t’attraper. »

                        « Oui je me souviens, j’ai vu quelque chose puis je me suis sentie comme aspirée par le lac. J’ai cru pendant un instant avoir eu une autre perte de mémoire… »

                        « Une autre perte de mémoire ?? » Elle semble réalisée avoir parlée à haute voix. Je m’arrête derrière les escaliers du premier étage pour que personne ne nous voie.

                        «  Je veux dire, j’ai cru un moment avoir des pertes de mémoire… Comme, comme en première année… » Elle me regarde attentivement, elle semble surprise de m’avoir confié ses pensées. Je ne peux m’empêcher d’hausser les sourcils, elle se rend compte qu’il y a quelque chose d’anormal. Pourtant je ne peux pas raviver sa haine en cet instant. Ce que j’ai mis des semaines à comprendre, elle vient d’en avoir un indice. Elle pense être envoutée…

                        «  J’ai appris ce qu’il t’est arrivée en première année, et je ne pense pas que tu es de soucis à faire sur ce plan. »

                        «  Je ne me fais pas de soucis pour ça ! » Sa colère réapparaît. Je me mets à rire. « C’est moi qui te fait rire Malefoy ! »

                        « Je me demandais quand ton caractère reviendrait. Tu me paraissais bien trop gentille depuis que je t’ai ramassée au bord du lac. » La petite rouquine fulmine de rage.

                        «  Oublie ce que je t’ai dit Malefoy, j’ai eu un moment de confusion. » Son visage se crispe, elle semble faire un effort surhumain pour garder contenance. J’appuie ma main sur son bras et elle ne le plie pas malgré la douleur qu’elle doit ressentir. Pourtant je sens qu’elle pense à la même chose que moi.

                        « Ta position ne te permet plus d’être confuse Weasley, ne serait-ce qu’un moment. » Je relâche la pression et je l’entends expirer bruyamment. « C’est en tant qu’ami que je te le dis ».  Elle me fait un signe de tête puis s’en va, retournant dans la grande salle.

Je tape de mon poing sur le mur en pierres. Le cauchemar semble s’épaissir de jours en jours. Le fantôme de Cho Chang dans les barrages ne va pas arranger les choses. Il faut que je trouve un moyen de la museler définitivement avant qu’elle ne s’en prenne à la petite rouquine. Je me masse lentement les doigts tout en cherchant une idée qui pourrait nous sauver. Cho Chang faisait partie des petits soldats de Potter. D’un autre côté, Dumbledore n’est plus là et Rogue n’ira pas mettre une alliée du Lord en prison. Oui mais Chang peut toujours parler à d’autres et le double rôle de Weasley serait compromis… Je retape sur le mur, en étouffant un cri cette fois. Passant mon autre main dans les cheveux, je décide de descendre dans ma salle commune pour réfléchir. Pansy est devant la grande salle avec Greengrass et Bulstrode. Elle me regarde descendre.

Des gouttes de sang coulent le long de ma main alors que je m’éloigne tel un animal blessé regagnant sa tanière pour mieux préparer sa prochaine victoire. Je touche ma blessure avec mon autre main. Est-ce que le sang fera vraiment parti de ma vie, maintenant ?

 

****

 

 

                        ***  Neville me regarde fixement et je sens que ce sourire idiot sur mon visage ne va pas durer longtemps. Qu’est-ce qui m’a pris de parler à Malefoy de mes pertes de mémoire. Non décidément, je me fais des idées. Neville arrête de me regarder où je ne pourrais plus me contrôler. J’enfonce ma fourchette dans une pomme de terre avec hargne. Combien de temps vais-je devoir jouer cette comédie ! Oui jusqu’à ce que je mette la main sur Harry ! Un flot d’insultes me traverse l’esprit, j’inspire profondément et relève mes yeux vers Neville. Il semble enfin vouloir me parler.

                        «  Luna est repartie chez elle… » Oui si on veut, j’esquive un sourire et le regarde attristée.

                        «  Je crois qu’il se passe quelque chose d’anormal Ginny. Son père m’a écrit en disant qu’il avait préféré la retirer de Poudlard avec … avec les évènements. Mais je trouve ça bizarre qu’elle ne m’ait pas écrit elle-même. » Il avait murmuré ses derniers mots pour que je lise sur ses lèvres, apeuré par la table des professeurs.

                        «  On en a déjà parlé Neville. Je veux dire, il n’y a aucune raison que son père ne te mente. Je crois qu’il veut juste protéger sa fille. Regarde mes parents veulent que je rentre également. Mais il en est hors de question ! Je ne rentrerai pas me cacher ! »

Il me sourit, ce qu’il peut être naïf. Neville le bon ! Luna est entrain de croupir dans les geôles du Manoir Malefoy et si ce n’était que de mon fait, elle croupirait six pieds sous terre. De toute façon ce n’est qu’une question de temps. Ils tomberont tous et Harry le premier ! Ou l’autre traître… Je me perds dans les idées créatives de torture que je leur ferrais subir alors que Neville continue de se lamenter sur la perte de Luna. Je m’excuse rapidement et sors de table, deux minutes de plus avec lui pourrait me faire perdre contenance.

                        Il faut que je trouve MacGonagall, elle soutient l’armée de Dumbledore et je sais qu’elle pourra m’être extrêmement utile. Voldemort m’a enrôlée pour une raison et si je veux continuer à me rapprocher d’Harry, il faut que je reste proche de lui. Quel meilleur moyen pour ça que de lui fournir ce qu’il souhaite ?

Je rentre dans mon dortoir discrètement, ma tête est enserrée dans un éteau dont je ne peux me défaire. La confusion des évènements avec le lac résonne de manière brutale dans mon esprit. Je sais que Malefoy me cache quelque chose. Il ne m’a rien dit sur le fait qu’il m’ait trouvé dans l’eau. Cette peur, cette peur que j’ai eue… Je me dirige vers la salle de bain pour me passer un coup d’eau sur le visage. Je n’arrive pas à comprendre. Voldemort ne peut pas me contrôler, non il ne peut pas même pas par le biais de ça. Je regarde la marque sur mon bras gauche. La peau rougie autour me donne envie de sourire, combien de jours ai-je du attendre pour l’avoir ? Je n’arrive même plus  compter.

                        Descendant les escaliers avec légèreté, je me dirige vers le couloir des métamorphoses. Je m’assure d’être seule puis je frappe à la porte de MacGonagall. J’entends une voix sèche me dire d’entrer. En voyant mon visage, elle semble se radoucir, elle s’attend à une visite amicale.

                        «  Miss Weasley, vous ne devriez pas être dans votre salle commune ? » Sa voix est teintée d’un léger reproche mais elle continue de me sourire légèrement.

                        «  Je voulais vous parler professeur, en tant que directeur de ma maison et alliée… » Je regarde la sévère MacGonagall se lever et lancer plusieurs sorts sur la porte et dans toute la pièce.

                        «  Vous devriez faire attention Miss Weasley, je fais ce que je peux pour vous et vos amis mais je me dois de rester ici pour protéger les élèves. »

                        « Oui c’est à propos d’une élève que j’aimerais vous parlez. » Je la vois me proposer un fauteuil alors qu’elle s’assoit en face.

                        «  Vous n’auriez pas quelque chose à boire. » Je prends une voix hésitante et apeurée. Elle fait apparaître deux tasses et une théière sur la table d’appoint.

                        « Vous pouvez parler, la pièce est sûre pour l’instant. » Je la regarde verser le thé fumant dans les deux tasses et m’en proposer une. Je la remercie et inspire profondément. Elle m’encourage à continuer alors que j’avale une gorgée de thé.

                        «  C’est à propose de Luna Lovegood, élève en 6ème année à Serdaigle. Je crois qu’elle a été enlevée par les mangemorts ici même. » Le professeur sursaute et je renverse toute ma tasse sur sa robe. C’est alors qu’elle se lève en disant que ce n’est pas grave, je prends la petite fiole bleue dans ma poche et verse quelques gouttes dans son thé. Ma fiole est aussitôt rebouchée et dans ma poche alors qu’elle se retourne en relevant sa baguette magique. Elle enlève toute trace de l’incident et me reverse du thé.

                        « Je m’excuse. Je ne voulais pas vous faire sursauter, mais Neville Londubat et moi-même pensons qu’il lui est peut-être arrivé quelque chose… Bien sûr nous n’avons aucune preuve.  Je ne savais pas vers qui d’autre me tourner, tous les hiboux sont contrôlés, vous comprenez… » Je la regarde se décomposer sous mon air de petite fille poursuivie par un monstre. Je bois alors une autre gorgée de thé, puis elle m’imite avant de me répondre.

                        «  Vous avez bien fait Miss Weasley, je redoutais que ce genre de chose ne soit pas encore arrivé…  Je veux dire, heuh… J’ai la tête qui tourne… Je…»           

« Professeur, professeur… » Elle n’a pas le temps de finir sa phrase qu’elle s’évanouit à moitié dans son fauteuil. Enfin j’ai cru que cette vieille chouette n’avalerait jamais sa tasse ! Heureusement que la potion de sommeil accélérée est très efficace. Je m’active pour lui retirer sa baguette, on n’est jamais trop prudent. Elle a beau être née au Moyen-âge, je ne serais pas très maline de la sous estimée. La précieuse alliée de l’armée de Dumbledore à Poudlard. Ma haine pour Harry et les autres ne fait qu’augmenter mon mépris pour la vieille sorcière. Les sincères condoléances ne sont pas suffisantes Professeur, votre héros les a tués mais non… vous, vous vous contentez de « sincères condoléances » !

Je l’attache d’un coup de baguette à la chaise puis lui retire ses lunettes que j’écrase par terre. Un enervatum la fait revenir à elle. Elle a à peine le temps de se demander ce qui se passe que je lui enfonce déjà une seconde potion dans la bouche. Je tire le fauteuil et comme il y a quelques semaines je fais comme Malefoy.

«  Très bien professeur, maintenant vous allez me donner tous les noms des membres de l’Ordre du Phénix… Enfin tous ceux que je ne connais pas bien évidemment.»

 

 

****

 

End Notes:

J'espère que ce chapitre vous a plu ! Est-ce que vous vous y attendez au fantôme de Cho Chang**??? J'avais laisser des petits indices: Ginny a l'impression d'être suivi par une non-présence, une silhouette. J'évoque le mot fantôme juste après pour en rajouter une couche, mais j'avoue ce n'était pas évident ! ;-)

Que va-t-il arriver au Professeur ? Comment fera Drago pour éloigner le fantôme de Cho ? AH AH AH (rire sadique !) Ginny va-t-elle tuer tout le monde dans le château ? Ainsi que toutes les chouettes ??

(**Pour les besoins de l'histoire, Cho est encore à Poudlard alors qu'elle a un an de plus qu'Harry et donc devrait avoir finie sa 7ème année lorsque Ginny est en 6ème.)

Autre remarque:

Je viens de découvrir que cette fanfiction est jugée trop violente pour les âmes sensibles par plusieurs personnes ^^! Je ne m'en étais pas rendu compte! J'avoue que ce n'est pas un conte de fée mais honnêtement j'ai été très surprise. C'est donc pour cette raison que j'aimerais savoir: est-ce que vous trouvez l'histoire parfois trop violente, vous-même ? Est-ce que cela vous dérange ?

 

Chapitre 19 by lilteenmary
Author's Notes:

"Il ne s'agit pas d'atteindre la perfection, mais la totalité." Jung

 

Près de 8 ans après ma dernière publication, je reviens pour enfin partager la fin de cette histoire. Vous trouverez peut-être des incohérences, des changements... Mais après toutes ces années, je suis juste heureuse de pouvoir vous faire découvrir ce que j'ai pu imaginer... Bonne lecture !

 

****

 

 

                        ***  - « Comment pouvez-vous vous comporter ainsi Ginny ?! Ne me demandez pas ces noms, je vous en prie ! Pensez à vos parents… Pensez à vos amis par Merlin ! » L’évocation de mes parents ainsi que de mes « amis » me fait trembler de rage. Je peux lire l’incompréhension et l’horreur dans les yeux du vieux professeur.

 

- « Répondez. »

 

- « Je…je ne connais pas tous les membres de l’ordre. »

 

- « Donnez-moi ces noms. »

 

Je sentais que McGonagall résistait. Le veritaserum s’insinuait dans ses veines dangereusement. Une furieuse envie de la frapper me monte à l’évocation de ma famille et mes amis. Une envie irrésistible de m’abaisser à une violence physique me transperce.

 

- « Je…je… »

 

- « Répondez ! » Criais-je. 

 

- « Albus Dumbledore… » Le nom lui échappe bien que le connaissant et mort. La potion faisait effet. On sentait qu’elle n’était plus en contrôle de ses lèvres.

 

- « Bien ! On commence par les défunts…  Vous allez tout me dire, je peux vous l’assurer, et personne ne saura … le traitre… Personne ne comprendra que vous êtes la cause de l’anéantissement de l’ordre ! »

 

- « L’ordre vous protège, votre famille... »  Sa voix tremble.

 

- « Je n’ai pas de famille ! » Le déchirement explose les veines de mon corps entier. Comment ose-t-elle ?! Comment ose-t-elle évoquer cette famille !!! Ma baguette était pointée sur ces lunettes. Je la sens me démanger dans la main. J’éclate de rire alors que je grave sur son front un éclair.

 

- « Voilà ! Je commence par vous et chacun des membres sera fièrement reconnu comme aidant l’E-L-U ! Elle essaye de contenir ses cris dans un pincement de lèvres. Cette vieille femme sèche et sévère larmoyait devant moi.

 

- « DITES MOI QUI AIDE HARRY !! » Les rugissements la font reculer tant bien que mal sur sa chaise.

 

 

Finalement, elle avait tout avouez. Un oubliette et elle ne saura pas qui l’avait attaquer. L’exercice de ce sortilège pendant des jours et des jours me sert enfin à quelque chose. Mon double rôle doit tenir tant que je n’ai pas mis la main sur ces sales traitres.

 

 

La vieille chouette est étendue par terre, son front ridé est en sang. Le désordre dans la pièce semble satisfaisant, je pars sans l’ombre d’un remord. Qu’elle pourrisse aux milieux de son petit salon autrefois si bien ordonné !

 

Marchant avec contentement dans les couloirs, je me dirige vers la voilière. Je ressens pourtant une pointe de déception, le professeur ne se souviendrait de rien. Et ce masque d’hypocrisie que j’arborais depuis des semaines devrait à nouveau orner mon visage jusqu’à ce que j’obtienne le résultat tant attendu et ma vengeance… Elle avait osé mentionner « ma » famille, ces sales traitres, ceux qui obnubilaient par l’Elu, se pavanaient derrière cette raclure !! Les pensées morbides se bousculent bruyamment dans ma tête… L’envie de faire demi-tour et d’extirper des hurlements à McGonagall me torture. La patience… Je devais attendre, continuer à fournir le plus d’informations à Voldemort sans quoi, ma vengeance reste hors de portée…

Un claquement de langue et je sors un parchemin enchanté de ma poche droite. La liste de tous les noms que j’ai récupérée défile devant mes yeux souriants. A l’exception de quelques uns présents à Poudlard, je n’ai omis personnes.  Le grand Voldemort ne m’empêchera pas de graver ma marque sur ces immondes traitres à mon tour !

 

Ma tête tourne encore une fois, je m’appuie sur le rebord de la fenêtre manquant de tomber à la renverse. J’aperçois alors un hibou au plumage ocre. Une lettre est accrochée à sa patte gauche. L’écriture calligraphiée attise ma curiosité « Ginevra Molly Weasley, Ecole de Sorcellerie, Poudlard, Ecosse, Royaume-Uni ».

 

« Mademoiselle Weasley,

 

Suite à l’utilisation illégale de votre magie, nous vous informons que vous faites l’objet d’un premier avertissement. Nous vous rappelons que selon l’article de restriction de l’usage de la magie chez les sorciers de premier cycle , il vous est interdit de faire usage de votre baguette en dehors de l’école de sorcellerie Poudlard avant votre majorité. La prochaine utilisation en dehors de l’école Poudlard de votre baguette sera sanctionnée par un renvoi définitif et une mise en accusation devant le conseil du Magenmagot.

 

Veuillez agréer, Mademoiselle, l’expression de nos salutations distinguées.

 

Mafalda Hopcrick

Département sur l’usage abusif de la magie chez les jeunes sorciers,

Ministère de la Magie. »

 

Une blague …. Une blague… Ces empafés de mangemorts ne contrôlaient pas le ministère ? Comment exercer la magie en dehors de l’école ? La trace, cette foutue trace !!! Je réfléchis et un sourire se dessine au coin de mes lèvres. Etre provisoirement à la solde de Voldemort pourrait éventuellement m’apporter plus que prévu… Je reprends ma plume et ajoute quelques lignes au parchemin entamé. L’accrochant rapidement, la chouette hulule en réclamant une friandise et je lui réponds en lui tordant une patte.

 

« Tu crois que j’ai ce que je veux moi, envole-toi ». Elle essaie de me mordre mais un sort la foudroie momentanément sur place. Puis se redressant difficilement, elle s’envole dans un hululement d’effroi.

 

 

****

 

***Le baron sanglant était le moyen le plus rapide pour retrouver Cho Chang.  J’avais recherché toutes les solutions possibles. Je ne voyais pas comment éviter des représailles du fantôme. Elle ne pouvait pas agir physiquement dans notre monde mais elle pouvait parler à d’autres et donc révéler la vérité. Il fallait que je la retrouve à tout prix. Weasley serait découverte et les conséquences de son acte lui seraient révélées. Arpentant les couloirs du troisième étage, un certain raffut attira mon attention. Je poussais les élèves sans ménagement pour voir un brancard suivi du professeur Slughorn et de l’infirmière Pomfresh.

- « Ecartez vous !!! Le professeur McGonagall a été attaqué ! » Un élève de 4ème année scandait pendant que des chuchotements, des pleurs et quelques ricanements s’élevaient. « Merlin ! Oh Merlin ». Une jeune serdaigle à côté de moi se vantait d’avoir découvert le professeur à temps. Je lui saisis le bras et l’entraina au détour du couloir et à l’abri des regards.

- « Qu’est-il arrivé ? » Ma voix est dure et pressante. La petite brune me regarde effrayée.

- « On l’a retrouvée dans son bureau sans dessus dessous, inconsciente. » Elle ajoute dans une série de murmures que j’ai du mal à discerner. « Son visage en sang… Un éclair gravé dans la chair sur son front… Rogue a interdit l’accès à l’infirmerie. »

Je fronce les sourcils essayant de comprendre. C’est elle, cela ne peut être qu’elle. Non, non… Cela peut être n’importe quel serpentard… Il n’y en a pas qu’un qui la déteste voire les Carrows. Après tout, elle est directrice de la maison Gryffondor et elle peut aider Potter et sa clique. Réfléchissant, je réalise qu’aucun élève de serpentard n’aurait pu prendre le vieille McGonagall par surprise. C’était une sorcière bien trop puissante pour un élève même de septième année. Et les Carrows l’auraient tué ou fait disparaitre si le Maître l’avait désiré… C’était forcément une personne dont elle ne se méfiait pas pour la laisser s’introduire dans son bureau…

Je chasse la mioche d’un geste de la main, et elle s’enfuit sans demander son reste. Un sentiment d’angoisse s’insinue au plus profond de mes entrailles. Non, non… Je me répète inlassablement qu’il n’y a aucune raison pour qu’elle commence à s’attaquer aux alliés de Potter. Pourtant je la revoie jetant le sortilège impardonnable sur Loufoca dans un état de rage incontrôlable. L’angoisse m’étouffe, mon souffle devient court. Qu’elle est stupide !!! Quel genre de couverture peut-elle avoir si elle s’attaque ouvertement au professeur ! Le fantôme de Chang s’oblitère complètement, alors que celui de la petite rouquine m’accable de plus en plus. Si elle continue dans cette voie, je ne donne pas cher de sa peau, immunisée aux tortures ou pas. Le Seigneur des ténèbres ne donne pas de seconde chance, le Seigneur des ténèbres ne tolère pas, le Seigneur des ténèbres ne pardonne pas…

 

Les décorations de Noël sont succinctes cette année… L’ambiance est toujours plus sombre au château depuis que Severus Rogue en est le directeur. Je contourne un des rares sapins illuminés pour entrer dans la grande salle et m’asseoir déjeuné. J’explique à Crabbe que je dois m’absenter de plusieurs cours, cet empoté me regarde ahuri. Exaspéré, je lui fais comprendre de prévenir le professeur de mon absence bien que n’ayant pas à me justifier, les cours ne sont toujours pas optionnels même pour un mangemort. Quelle ironie ? Ce statut que j’avais si longtemps convoité ne me permettait même pas de m’absenter en toute quiétude.  Me sortant de ces regrets amers, Crabbe me tire la manche pour me retourner alors que je commence à partir. Après lui avoir lancé un regard dégouté, je tape sa main du bout de ma baguette. Ce geste n’échappe pas à Goyle qui m’envoie un regard mauvais. Raclant ma gorge, Crabbe se recule humblement et me demande si je sais qui a attaqué la vieille McGonagall.

- « En quoi cela te concerne, tu devrais être heureux, tu n’auras pas à essayer de métamorphoser ta chaise en chien aujourd’hui ! Enfin si tu en étais capable… » Les ricanements de mes voisins de table le rend furieux. L’humilier un peu ne peut que le remettre à sa place. Les deux gorilles avaient longtemps été un avantage non négligent mais je sentais que mon emprise sur eux se déliait aussi vite que la gloire des Malefoys.

Enervé en quittant la table des serpentards, je monte discrètement jusqu’à la tour est. Le baron sanglant n’est jamais très loin de la salle commune des serdaigles. Il discute avec la dame grise, lorsque je l’aperçois. Je rebrousse chemin, le fantôme de Serdaigle ne se montrera peut être pas aussi discret. Pour la deuxième fois de la journée, je maudis cet aparté. Et je redescends lentement les escaliers qui une fois de plus n’en font qu’à leur tête et me dirigent vers un couloir du second étage. « Mimi » ! Je me tape la main sur le front. Mais quel imbécile ! Mimi geignarde peut m’aider, elle l’a toujours fait. Je cours frénétiquement jusqu’à la porte et la pousse non sans m’être assuré de l’absence de témoins gênants. Mimi doit connaitre la cachette de Cho Chang… Mimi sait plus de choses qu’on ne lui accorde. Et je sais qu’elle ne me trahira pas. Elle ne l’a pas fait jusqu’à présent.

- « Mimi ! » Je l’appelle à plusieurs reprises jusqu’à ce qu’elle se montre.  Ressentant comme une onde d’eau glaciale me traversant le corps, je distingue le petit fantôme à lunettes qui se poste devant moi, la mine furieuse.

- « Je croyais que tu m’avais oubliée ! C’est vrai ça, qui se soucierait de venir rendre visite à Mimi ! » Elle commence à émettre un cri aigu et finalement renifle plusieurs fois n’essayant pas de ravaler ses larmes transparentes.

- « Je suis désolée Mimi… Je suis venue car je sais que tu es la seule à pouvoir m’aider comme à chaque fois… »

Elle me regarde méfiante et je sens que ses pleurs diminuent.

- « Tu as besoin de moi ? »

- « Oui une fois de plus, j’ai besoin de toi… » Il n’y a qu’à un fantôme que je pourrais avouer avoir besoin d’aide. Mais Mimi n’était pas n’importe qui … Mimi m’avait vu dans la pire des postures et ne m’avait jamais trahi, jamais moqué. Elle avait une partie de ma confiance pour cela.

- « Je suis tellement heureuse de te revoir Drago ! » s’exclame le fantôme en effleurant son épaule. « Tu m’as manquée et lorsque je repense à ma mort, je suis tellement seule, tellement !!! » Elle continue son chemin en me tournant le dos puis s’approche pour me donner un sourire. Je pouvais comprendre ce sentiment de solitude et c’est pour cette raison qu’elle me souriait. 

- «  Que veux-tu ? » Claque-t-elle, fermant son visage et se montrant plus hautaine.

- « Je veux savoir où se cache le nouveau fantôme de Poudlard, la jeune asiatique Cho Chang et ce que tu sais de ses allers et venues. » Inutile de tergiverser, j’avais perdu assez de temps.

- « Pourquoi ? Tu trouves sa compagnie plus agréable que la mienne. C’est pour cette raison que tu ne viens plus me voir ! » Rugit-elle. «  Voilà Mimi est encore abandonnée pour une autre, Mimi n’est peut être pas aussi intéressante de cette … CHANG !!! » Elle avait vociféré le dernier mot en plongeant son bras dans mon torse. A nouveau, la sensation de froideur m’envahit.

- « Non Mimi, je veux la trouver pour la faire taire. Et j’espère que c’est la dernière fois que j’aurais à faire à elle ! » J’avais accentué le dégout dans ma voix sans pour autant être dénué de sincérité. Mimi semble rassurée car elle descend doucement d’un mètre ou deux afin de se retrouver à ma hauteur.

- « Tu préfères ma compagnie ! Non ! Ne rajoute rien ! » Son doigt était dangereusement près de mes lèvres et suivant son ordre, j’attends la suite. « Ce « fantôme » est d’un ennui … ! Elle veut hanter une jeune élève visiblement mais personne ne veut l’écouter. Depuis elle se cache et rode dans les couloirs la nuit. Je l’ai vu plusieurs fois près de son ancienne salle commune et en compagnie de la dame grise. Quelle prétentieuse celle-là d’ailleurs !!! Je suppose qu’elle veut lui enseigner le comportement d’un fantôme. Non mais cela ne m’étonne pas qu’elle soit à Serdaigle, vraiment ! »

Mimi continue à clamer haut et fort les nombreux défauts de la Dame grise et la raison pour laquelle, elle est meilleure morte que le fantôme. Perdu dans mes pensées, je me demande si Cho n’arrivant pas à convaincre les fantômes de l’aider, ne se tournerait pas vers d’anciens camarades. Après tout, elle était à Serdaigle.

- « … Et puis elle est si autoritaire… Elle ne parle jamais aux élèves car elle est peureuse. Mais par contre il faut qu’elle fasse sa loi auprès des autres fantômes ! Bien entendu le baron sanglant prend toujours son parti ! Il fait tellement peur celui-là !!! »

- « Euh Mimi… Tu pourrais m’indiquer le chemin pour trouver Chang ? Je ne pense pas qu’elle soit avec la Dame grise pour l’instant car je l’ai vu discuter avec le Baron sanglant justement il y a quelques minutes… »

- « Ah ! Elle l’a laissée seule ! Tu vois bien ce que je te disais, elle n’est pas très maligne pour le fantôme de Serdaigle, Chang rumine depuis des jours et des jours. Elle est probablement en train de parler à un vivant. Ce qui est strictement interdit dans la première année de ta mort. Soi disant passant !!! »

Mimi n’a pas le temps de finir son apologie sur la Dame grise que je claque la porte. Je cours plus vite que possible pour atteindre la tour Serdaigle. A peine arrivé, j’aperçois enfin le fantôme derrière la statue de Rowena. Mon sang ne fait qu’un tour lorsque je vois l’uniforme d’une élève dépassé du pan de mur. Subrepticement, je m’approche pour écouter : ce que je craignais est entrain de se produire. Chang chuchote à ce qui semble être son ancienne camarade. Les bribes de conversation ne font pas de doute quant à la nature de la discussion. Sans attendre, je me déplace derrière la statue, et ne voyant personne au alentour je m’écris : « Stupéfix ! ». Le corps s’affale quelques mètres plus loin, les cheveux blonds de la jeune fille lui cachent le visage. Une vague de froid glacial me gèle les entrailles.

****

 

Chapitre 20 by lilteenmary
Author's Notes:

Tout d'abord si vous lisez ce chapitre, merci beaucoup de suivre cette histoire !

N'hésitez pas à me faire part de vos remarques, critiques et autres !

Bonne lecture !

****

                        ***  Scrutant le plafond avec impatience, j’essayais vaguement d’écouter Lavande Brown me narrer les derniers potins de Poudlard. Cette cruche ne s’arrêtait plus de remâcher la découverte de McGonagall et les rumeurs sur son attaquant. Mon air grave donnait l’illusion d’une quelconque empathie pour le vieux professeur. Soudain Neville, que je n’avais pas aperçu depuis hier (au moins une journée sans avoir à me coltiner cette veracrasse et son beau discours sur « aider Harry » !), s’assoit près de moi. Il est extrêmement pâle et son air est plus que déterminé.

-« Ginny, nous avons des informations sur celui qui a attaqué le professeur McGonagall. Il faut que tu viennes tout de suite à la salle sur demande. » Son air grave m’oblige à hocher la tête. Je regarde toujours les fenêtres espérant apercevoir un hibou, réponse à ma missive.

-« Je te rejoins dans 20 minutes. J’attends un courrier de…de mes parents. »

 

Après m’avoir fait un signe de la tête, il détourne son attention et je peux voir qu’il s’approche de Seamus Finnigan avant de partir avec plusieurs Gryffondors. Rageant sur cette comédie à n’en plus finir, je maudis cette bande de bouses de dragon. Lavande a repris son discours et pour ne pas lui griffer son visage affligeant, je me lève sans attendre.

Je n’ai aucun cours en première heure grâce au séjour inattendu du professeur à l’infirmerie. Un mince sourire aux lèvres, je suis tout de même déçue qu’elle ne puisse se souvenir de notre petit intermède !  Je me dirige vers la salle sur demande rapidement lorsque j’aperçois Malefoy me faire signe. Je le suis discrètement, il a enfin compris qu’il ne servait à rien de m’enlever !

Il ouvre un passage derrière la tenture de Morgane. Excitée, je me demande s’il m’apporte quelques nouvelles à propos de ma lettre.

 

- « Malefoy, je ne crois pas qu’on ait convenu de s’entrainer aujourd’hui ? »

-« Je suis là pour Cho Chang. » Je le regarde désabusée. Cho Chang ? Pourquoi me rabattre encore les oreilles avec celle-là… Elle est morte et six pieds sous terre. Merci Merlin !

-« Et… ? »

-« J’ai dû lancer un sortilège d’oubliettes à son amie Marietta Edgecombe parce qu’elle lui avait parlée. C’est devenu trop dangereux, je ne pourrai pas la retenir longtemps, il faut que tu partes. »

- « Je pense que je vais me répéter mais … En quoi ce que Chang aurait à dire est important ? »

- « Arrête… Arrête avec ça ! » Il élève la voix sensiblement ce qui m’exaspère au plus haut point.

- « Non toi arrête ! Je t’ai accordé un semblant de confiance parce que tu m’as aidée… Mais je ne reçois pas d’ordre ! Je peux m’occuper seule de mes affaires. Et je partirai du château lorsque j’aurai eu ce que je suis venue chercher !! »

- « Non mais tu n’as rien compris encore !! Tu n’auras rien ici ! Tu vas juste nous mettre en danger… »

- « J’ai donné ce que Voldemort voulait… Je n’ai rien à craindre des mangemorts. »

- « Alors c’était bien toi… McGonagall… »

- « Ahah, oui !!! Tu as apprécié ma petite signature ??? Un joli éclair sur le front, je suis sûre que ton maître comprendra l’ironie ! »

- « Ce que tu as pu lui fournir ne signifie pas que tu es protégée. Et c’est aussi TON Maître… » Il lance un regard sur mon bras gauche là où la marque est imprimée. «  De plus tu oublies que tes anciens amis peuvent comprendre ton double jeu à tout moment. »

- « Jusqu’à maintenant, je m’en sors très bien. Et tu sais mieux que quiconque que je peux me défendre. »

- « Cela dépend contre quoi… »

- « Bon maintenant si tu permets, Ginny Weasley, l’intrépide membre de l’AD doit se rendre à une réunion pour connaitre le nom de l’horrible monstre qui a pu torturer notre chère professeur ! » Je ris aux éclats en me détachant de la tapisserie. Malefoy est décidément trop peureux… La lâcheté du Serpentard me laisse penser qu’il n’est peut-être pas si utile que cela…

 

****

 

                        ***  Elle se déplace d’un pas rapide, alternant droite puis gauche. Elle semble rouler un poids à la manière d’une grosse malle trop lourde pour son petit corps frêle. Pourtant cette masse imaginaire ne la ralentit pas et elle continue sans arrêt, sans plainte, déterminée.

 

Depuis la mise en parenthèses de sa surveillance, je ne me rends plus compte du changement imposant. L’observation de la petite rouquine devient un réflexe, une obligation …Enfin presque.

J’ai bêtement cru que je pouvais relâcher ma garde, fatigué par ces jeux incessants de cache-cache dans les couloirs du château. Quelle erreur !

Je la sens devenir dangereusement une responsabilité depuis le meurtre de Chang. Elle m’oblige à la suivre, à surveiller ses moindres gestes redoutant la nouvelle idée tordue qui jaillira de son inconscient.

Ses préoccupations m’éloignent des miennes. Même si l’abus de potion de sommeil sans rêve reste d’actualité, je souffle. Je souffle enfin.

Comme le soir de son expédition ratée dans le bureau du directeur, j’ai un mauvais pressentiment. Elle n’a pas voulu prendre en compte ma mise en garde, mais je me sens obligé de la suivre.

 

J’ai appris à maîtriser le sort de désillusion depuis quelques semaines, bien utile pour devenir son ombre dans le château. Je dois sans doute remercier Potter pour m’avoir ouvert les yeux sur la nécessité d’être invisible ! Je n’ai pas besoin de me demander où elle se rend, je reconnais la direction de la salle sur demande.

Elle disparait derrière la porte. Au bout de quelques secondes des cris s’élèvent à l’intérieur. M’affolant, je cherche un moyen pour entrer. Je veux participer à l’AD, je veux participer à l’AD, je veux participer à l’AD. La porte apparait enfin, l’ouvrant à la volée, j’aperçois Weasley suspendue dans les airs, la marque des ténèbres à la vue d’une dizaine d’élèves. Non !!!!!!! Elle va me faire tuer me dis-je intérieurement avant de lever ma baguette.

 

 

****

 

 

                        ***  - « Neville ! Alors les nouvelles ?? »

 

Je n’ai pas le temps de faire un geste, que Seamus et Parvati me tiennent en respect avec leur baguette. Furieuse de m’apercevoir que Malefoy n’avait pas tout à fait tord et encore plus enragée par le fait que ces immondes insectes osent me menacer. Ils m’arrachent ma baguette et Neville me lance un levicorpus avant que je n’aie le temps de réfléchir. Je hurle mentalement et je sens les manches de ma robe se soulever. J’entends des exclamations et des cris tout autour de moi. La fameuse armée de Dumbledore est réunie autour de moi, terrifiée. Un silence de plomb s’abat dans la salle alors que j’entends un grondement résonner en moi.

-«  Le fantôme de Cho m’a tout raconté. Je n’arrivais pas à le croire Ginny… » Sa voix semble cassée. Je le regarde et révèle mon véritable visage. Ils scrutent tous dans un dégoût absolu la marque des ténèbres gravée sur mon bras, plus noire que jamais. Pourtant ils ne comprennent pas que mon propre dégoût surpasse leur imagination. Je crache sur le visage de Neville et hurle des insultes à tous ces rats puants. La petite Ginny vous déçoit ?? Quelle terrible épreuve pour ces valeureux, loyaux amis du survivant et de sa garce !! Sans s’essuyer, Neville lève ses yeux et me fixe sans broncher.

- « Tu nous a trahis Ginny, comment as-tu pu ?? » Des pleurs, des pleurs pour moi qui ai trahi ??

- « Moi … j’ai trahi…trahi … C’est ce que tu viens de dire Neville ??? Répète-le un peu ??? Moi j’ai trahi ! Moi… TRAHI ??? » Je rage, je rage… Ils m’ont tous trahie, ils aident l’objet de ma haine et J’AI TRAHI ?!

« Comment osez-vous ? VOUS M’AVEZ TRAHIE… Tu croyais quoi Neville ? Que j’allais aider l’Elu ! Vous tous vous méritez la mort et vous l’aurez après que je me sois occupée d’Harry et d’Her… et d’ELLE ! Comme je me serais occupée de Luna si elle n’était pas entrain de pourrir dans les geôles de Voldemort » Un cri d’horreur s’élève à nouveau.  

- « Elle nous a tous trahis, elle a trahi Harry ! » « Regarde ! C’est un mangemort ! » « Elle est peut-être sous l’imperium ?! » « C’est une meurtrière !!! » « Elle connait nos secrets… » « Non ce n’est pas possible… » « Elle est FOLLE !! »

 

Je me débats comme une harpie, attirant, griffant tout à portée de main. Je sens une onde de haine me brûler, et dans un choc je retombe sur le sol à un mètre de la porte. Sans vraiment chercher à comprendre, je l’ouvre et aperçois Malefoy juste derrière. Je le regarde et me baisse alors qu’il lance un expelliarmus qui touche Neville. Je récupère ma baguette avant qu’il ne clôt la porte avec un sort que je ne connais pas, évitant la pluie de sortilèges s’abattant avec fracas contre celle-ci.

 

- « Tu … Tu avais raison… » Ces mots m’écorchent la bouche, mais il ne réplique rien. Il me prend la main et je le suis, courant dans les escaliers. Je le suis, peut-être m’emmène-t-il à la cabane hurlante mais non je le vois se diriger vers les cachots. Il me fait signe d’attendre au coin du couloir et me lance un sort de désillusion… Il revient quelques minutes plus tard pour me tirer derrière ce qui semble être la salle commune des serpentards. Froide et humide, elle est vide. Il s’approche de la cheminée. Il ouvre ma main pour y verser de la poudre.

- « Vas au chaudron baveur. Et attends qu’on te contacte. N’utilise pas ton nom. »

Il referme lentement mes doigts sur la poudre et me pousse vers le feu ardent.

- « Je… » Il hésite puis ajoute « Fais attention… Ne fais pas n’importe quoi… »

 

****

 

                        ***  Les flammes vertes de la cheminée aspirent la petite rouquine dans un tourbillon ne laissant qu’une vague lueur verte se refléter sur le miroir de la salle commune. Je regarde mes doigts et je sens le reste de poudre de cheminette me gratter la peau.

 

J’aurais tellement aimé avoir tort… Mais il était trop tard pour les remords. Aucun de nous deux ne devait rester à Poudlard. La chaleur de l’école… Je pensais ne plus jamais la revoir lorsque j’étais revenu. Et voilà qu’aujourd’hui, après seulement quelques semaines, je dois à nouveau la quitter pour Merlin sait quel destin ! L’idée de l’avoir envoyée dans le monde extérieur sans aucun plan de secours me donne mal au ventre. Cette impression ne quitte pas depuis qu’elle a attaqué le professeur et se renforce. Il n’y a plus aucun retour en arrière possible pour elle maintenant et pour moi non plus. Son double jeu est fini, ma surveillance aussi.

 

J’ai attaqué des élèves à la vue de tous, et j’ai aidé Weasley à s’enfuir sans que l’on ne m’ait rien demandé… Je ne sais pas si c’est une bonne chose mais il n’y a qu’une personne que je peux aller voir.

 

- « Monsieur le directeur »

-« Drago ? Que venez-vous faire à cette heure dans mon bureau ? »

-« Un incident s’est produit… »

- « Oui, je suis au courant. Je suppose que vous venez m’apprendre l’implication de Mademoiselle Weasley. »

-« Euh… Oui… » Je me sens pris de court. Comment peut-il déjà être au courant ?

- « Il n’y aura pas de problème pour Mademoiselle Weasley car il se trouve que par le plus grand des hasards, le professeur McGonagall ne se souvient pas de son agresseur. »

- « Je … Oui… Mais il ne s’agit pas du professeur. Londubat et sa bande l’ont attaquée. Ils savent pour elle. Je l’ai fait partir de Poudlard, il y à quelques minutes. »

- « Vous avez fait QUOI Monsieur Malefoy ? »

- « Il n’y avait rien d’autre à faire ! Elle se faisait attaquer et dans quelques heures toute l’école sera au courant de son double jeu. »

- « Qu’avez-vous fait ? Je n’en reviens pas de votre arrogance ! Ce n’était pas à vous de prendre cette décision ! Je vous rappelle que vous êtes un élève ici. Où est-elle ?? »

- « Je l’ai envoyée au Chaudron Baveur par la cheminée de la salle commune des Serpentards. Et je ne suis pas qu’un élève, et vous le savez très bien ! J’ai pris une décision dans l’urgence, je suis venu ici uniquement pour vous informer en priorité avant d’autres. »

- « Vous vous rendez compte de ce que vous avez fait ! Mademoiselle Weasley se retrouve seule dans Londres, à la merci de n’importe quel sorcier, peut-être même entrain de parler à quelqu’un ! Personne ne vous a demandé d’agir ! »

- « Je n’ai pas à me justifier ! Elle aurait été interrogée ou peut-être même torturée pour que des informations lui soient soutirées par ses anciens amis ! »

- « Votre comportement est à la limite de l’insurrection. Faites attention ! Je suis toujours le directeur ici, j’ai la responsabilité de tout ce qui se passe entre les murs de ce château ! »

- « Ah oui ?? Et qu’avez-vous fait pour le fantôme de Cho Chang ? Elle se pavane depuis des semaines et je l’ai retrouvée hier soir tentant de tout divulguer à une serdaigle ! J’ai dû lancer un oubliettes à la fille ! Vous n’avez strictement rien fait ! Rien !! Et pour Weasley ? Et pour ELLE ??? Rien ! Vous n’avez RIEN fait ! Vous ne pouvez rien !! Elle était seule ! Elle est instable !! Vous le savez, je le sais ! Rien de bon pour personne, pour vous, pour moi ne serait ressorti de sa présence dans l’école ! » Mon doigt pointé sur Rogue le désigne comme un accusé au procès. Il se vante d’être en contrôle de tous les évènements de l’école. Mais quel culot ! Mis à part pour se mêler de mes affaires lorsque je ne lui ai rien demandé, ce n’est qu’un hypocrite !

Le Seigneur des ténèbres l’écoute pourtant, je dois savoir…

- « Vous allez L’en informé ? »

Il renifle visiblement excédé puis se retourne.

- « Bien sûr, Il va le savoir… »

- « Calmez-vous Drago. Je crois que vous prenez cette histoire trop personnellement… »

- « Trop … personnellement … ? Je vous rappelle qu’Il m’a demandé de la recruter. Il m’a ordonné d’en faire un espion et de rendre compte de ses agissements, de l’enlever, de la trainer pendant des jours et des jours hors de son cachot. Il m’a obligé à assister à ses séances de torture quotidienne !!! Mais vous n’étiez pas là VOUS ??? »

 

Rogue pivote pour se retrouver face à moi. Il me scrute avec attention et fronce les sourcils. J’en dis trop. J’en ai trop dit. Je ne peux pas me reprendre, la colère me ronge face à ses reproches. Il me saisit alors par le bras gauche et le serre de toutes ses forces.

- «  Je vous dis de vous calmer Drago ! Vous m’avez habitué à mieux maîtriser vos pensées, à mieux fermer votre esprit. » Il me lache puis souffle doucement avant d’ajouter « Vous allez rester dans votre dortoir jusqu’à votre départ pour le Manoir. Les vacances de Noël sont proches. Rentrez voir votre Mère. »

Mais quelle audace, me renvoyer chez ma mère comme un morveux dont on veut se débarrasser !

- « Non. Je dois rejoindre Weasley. Elle… » Je n’ai pas le temps de finir ma phrase qu’il tape son poing sur le bureau. Il est étrangement calme malgré ce geste qui ne lui ressemble pas.

- « NON ! Vous en avez assez fait ! Lorsqu’Il sera au courant, la marque la fera revenir… »

- « Je… »

- « Taisez-vous Drago… Maintenant retournez dans votre dortoir. Ne parlez à PERSONNE, jusqu’à ce que je vous dise le contraire. »

Mais quelle erreur de venir informer Rogue ! Le fiasco était total… Je me sentais tellement las…

 

****

End Notes:

 

 

Chapitre 21 by lilteenmary
Author's Notes:

Bonjour, voici le nouveau chapitre ! Je vais essayer de publier environ toutes les semaines doréanavant jusqu'à la fin. Bonne lecture ;-) 

 

****

 

                        ***  Il court, il court dans la forêt noire, il sombre dans les ténèbres. Son pelage est argent, ses yeux étincellent. Il me regarde puis se jette pour me mordre. Je sens le sang jaillir de mon artère. Il n’y a pas de douleur... Puis il s’approche et lèche la plaie. Dans mon agonie, j’entends, je sens sa langue râpeuse au creux de mon cou. Son hurlement m’apaise finalement, il m’emmène dans un paradis, au fin fond des chênes noyés de brume. Mon agonie prend fin sous une bruine tiède.

 

Je me réveille lentement, avec la sensation d’un souvenir relaxant. Mes rêves se font fréquents et bien que les sensations m’apparaissent clairement au réveil, leurs souvenirs s’effacent et me rendent perplexe pendant quelques secondes. Je les apprécie ces rêves même sans m’en rappeler. Le sommeil sans rêve m’est désagréable car il évoque trop le coma dans lequel j’ai été plongée et l’état de faiblesse. Plus jamais, plus jamais je ne me retrouverai dans cet état… C’est une promesse que j’ai scellée parmi tant d’autres. Je masse mes jambes avec nervosité comme si le sommeil m’en avait à nouveau fait perdre l’usage.

 

Comme Malefoy me l’a conseillé, je prends une chambre au Chaudron baveur. Le tenancier ne me pose pas de questions, j’ai rabattu mon capuchon sur mes cheveux roux, bien trop reconnaissables. Allongée sur le dos, j’observe ma chambre miteuse, le plancher vieilli, sale et les meubles de seconde main. Je me sens lasse. Depuis trois jours, je suis enfermée tournant et retournant les évènements passés dans un état presque catatonique. Ma tête bourdonne.

 

Mon rôle auprès de l’AD est terminé. Je n’ai plus la possibilité de les rejoindre. Je regrette seulement de ne pas les avoir faits souffrir avant ma fuite désespérante. Pourquoi Malefoy m’a envoyée ici ? Pourquoi l’ai-je écouté d’ailleurs ? Il est vrai qu’il m’est utile mais pourquoi devrais-je subir ses directives ?

 

Les dernières semaines n’ont été qu’une perte de temps, je ne suis pas plus avancée aujourd’hui qu’à mon arrivée à Poudlard. Néanmoins, je ne souffre plus de la présence de tous ces chiens, de tous ces traitres… 

 

La frustration que je cache en moi ne fait que grandir depuis plusieurs semaines. Je ne sais pas si cette boule de feu au creux de mon ventre en est la représentation physique. Ce mal qui me ronge depuis mon réveil semble s’être matérialisé par cette douleur au fond de moi.

 

Me retenant le ventre et respirant difficilement, je m’aperçois que la douleur du doloris ne peut surpasser celle de ma haine contre tous ceux qui ont pu me faire du tort jusqu’à présent. Je sais que l’unique possibilité de soulager cette peine est par la violence, la mort… Elle me guette cette violence, elle patiente délicieusement afin de se déchainer. Par moment, je sens cette violence dans mes cris, mes larmes et mes hurlements.

 

Je passe mes mains sur mon visage, le massant vigoureusement. Enfin j’ouvre les yeux et j’observe mes bras. Les cicatrices ne semblent plus visibles alors que la marque noire semble prendre vie sur mon avant bras. Je l’observe à nouveau et je sens son emprise. Elle s’agite, paraît se mouvoir. La tête de mort avale le serpent ou est-ce mon imagination ? Non elle est plus noire que jamais. Une sensation étrange s’agite, la marque me parle. Elle m’appelle, Voldemort m’appelle…

 

 

****

 

 

Deux jours enfermé dans ce dortoir, je tourne dans une cage comme un animal. Mon aversion pour Rogue est palpable lorsque celui-ci vient me voir afin de m’autoriser à rentrer au Manoir. Je n’ai eu aucune nouvelle de Mère depuis des jours. Je ne sais pas à quoi m’attendre en arrivant. Pire encore, je n’en ai eu aucune de Weasley. J’espère seulement, qu’elle a suivi mon conseil et ne se fait pas remarquer. Ma présence dans l’école n’est connue que des élèves du dortoir qui savent mieux que quiconque qu’il vaut mieux ne pas en faire étalage. Pour les autres, j’ai fui avec Weasley. Deux mangemorts dans l’école. La nouvelle a effrayé de nombreux parents et les élèves seront rares à rester pendant les vacances de Noël.

Le Ministère à la botte de Voldemort fait campagne afin de minimiser nos rôles et accuse Londubat d’avoir enlevé et attaqué des élèves, d’être un dangereux adolescent perturbé et obnubilé par Harry Potter. Londubat un dangereux psychopathe ?  Quelle ironie ! Je pourrais en rire si la situation n’était pas si désespérante.

 

J’attends l’heure du départ avec appréhension, en feuilletant l’Encyclopédie des sortilèges et enchantements rares. Ce grimoire plus épais que tous mes manuels scolaires, traine depuis des jours et des jours sur la table de chevet. Après avoir tourné et retourné toutes mes incertitudes et appréhensions, j’avais déniché celui-ci à la bibliothèque, cherchant une explication, une réponse à mes interrogations. Le Guide des désordres du sommeil magique ne m’a rien appris de bien concret et depuis j’écume les livres un à un. Survolant les passages sur les sortilèges appliqués dans l’Antiquité aux miroirs, les transformations de moldus en pierre par la célèbre enchanteresse Méduse, je sens la fatigue poindre. La lecture de ce fastidieux ouvrage commence à m’ennuyer lorsqu’une expression, un mot se détache des autres avec flagrance. Je bats plusieurs fois des paupières afin de vérifier qu’il ne s’agit pas du fruit de ma fatigue et de mon subconscient. Non les deux mots sont bien là, écrits à la page 609 : « Haima Nemesis ». J’ai déjà lu ce sortilège quelque part. Une intuition m’oblige à remonter de plusieurs lignes, afin de lire le paragraphe dans sa totalité. Je sens mes yeux se détacher de leur orbite pour transpercer les lignes et le sens de ma lecture.

 

~** Sanguis Vicare et la légende d’Eponine **~

 

Aussi connu sous le nom d’ Haima Nemesis dans les archives de la magicienne Circé, le Sanguis Vicare est un sortilège très ancien, relevant de la magie innée du sorcier. Associé à la magie noire, il n’est pas inclus dans les livres d’histoire de la magie ou d’enchantements les plus communs. Ainsi Bathilda Tourdesac ne l’évoque aucunement dans son ouvrage. Oubli de sa part ou volonté d’éviter le sujet ? Nous ne pouvons que spéculer.

Lord Iphiclès Hawking est le premier sorcier à nous en faire part dans « Décadence du sorcier et les sorts oubliés » en 1826.

 

Dans son manuscrit, presque impossible à se procurer aujourd’hui, Lord Hawking y parle d’une jeune sorcière Eponine qui aurait vécu au Vème siècle après JC. Cette jeune femme s’endormit suite au décès de son promis alors atteint de la peste mandragonienne (aujourd’hui disparu grâce aux travaux de Darion Hefsrik et de son remède à base de lait de licorne et de morilles dirigeables). Eponine se réveilla et fut prise d’une soif vengeresse insatiable, conduisant à sa mort violente. Longtemps assimilée à la bête de Mercia  ravageant ses terres, Eponine mutila, tortura puis assassina bon nombre des habitants de la région. Elle fut finalement abattue par sa propre mère terrifiée par la noirceur de son âme.

 

Les trop peu nombreuses recherches ne permirent pas de trouver un sortilège, une potion ou un enchantement pouvant annuler cette soif vengeresse… Pourtant, nous le savons, à chaque obscurité, une lumière peut jaillir.  Dans « Décadence du sorcier et les sorts oubliés », Lord Hawking avance l’hypothèse que la plus grande des magies au monde permettrait de contrebalancer les effets du sortilège.

 

 

La soif vengeresse… Il n’y a plus aucun doute dans mon esprit. Comme Eponine, la petite rouquine est devenue le terrifiant résultat de sa propre magie innée. Je sens des palpitations, mes mains lâchent le livre qui tombe sur le sol dans un bruit sec. Interdit par ce que je viens de comprendre, je reste bloqué dans la même position plus que de raison. La pluie qui se met à s’abattre sur la fenêtre me sort de ma torpeur. Les cliquetis du volet rendent l’atmosphère digne d’une histoire d’horreur. Je ne suis pas surpris, je ne peux pas être surpris. Néanmoins, l’accélération de mon cœur confirme l’angoisse qui me tient par les tripes. Relisant frénétiquement chaque ligne du paragraphe, je n’aperçois pas la porte s’ouvrir.

 

- « Encore fourré dans tes vieux manuels ? Je ne pensais pas qu’étudier faisait encore partie de tes priorités Drago… » Blaise Zabini se tient dans l’entrée, un air suspicieux. Je déchire, la page de l’ouvrage pour la glisser dans ma poche sans lui prêter attention.

 

- « C’est en rapport avec Ginny Weasley ? »

 

- « Tu ferais mieux de te mêler de tes gallions… »  Je lui réplique sèchement en rassemblant mes vêtements pour les jeter dans ma valise.

 

- « Tu passes beaucoup de temps à l’épier je trouve, et depuis qu’elle s’est enfuie, beaucoup de bruits courent à votre sujet. »

 

Sceptique, je me demande ce qu’il veut bien entendre par là. Il se doute que ma réclusion dans les dortoirs n’est pas étrangère à sa disparition je suppose. Et puis pourquoi cela l’intéresse-t-il d’ailleurs ? Il ne s’est jamais montré particulièrement curieux. Puis un éclair de compréhension m’ordonne ma réponse.

 

- « Ah oui, mais c’est vrai, j’oubliais que tu avais un petit faible pour Weasley. »

 Je regrette presque immédiatement ma réplique en le voyant se renfrogner. Je n’ai pas besoin d’un ennemi de plus.

 

- « Ce n’est pas moi qui fréquente cette immonde traître à son sang. » Il crache cela avec dégoût. Je m’aperçois alors de son ignorance ce qui me rassure. Il ne sait pas ou alors il n’a pas cru les rumeurs au sujet de la petite rouquine.

 

- « Non en effet, et il y a certaines choses dont tu n’es pas au courant également. Et je ne te conseille pas de te poser plus de questions que nécessaire. »

 

- « Tu ne nies pas. Tu es tombé bien bas Drago. » Pour qui se prend-t-il celui là ? Néanmoins l’air furieux qu’il affiche est vraiment étrange.

 

Oui je suis tombé du haut de mon piédestal, bien plus qu’il ne peut l’imaginer. Je ne peux pas le nier, mais pas pour les raisons absurdes qu’il insinue. Ses remarques m’auraient fait sortir de mes gonds plusieurs mois auparavant. Aujourd’hui, j’observe juste le reflet de la vanité dont j’ai pu faire preuve par le passé.

 

 

- « Passe de bonnes vacances de Noël Zabini, je crois savoir que ton nouveau beau-père est ravi de pouvoir te rencontrer ! » Ce sale petit orgueilleux de Zabini déchantera bien quand il aura perdu la liberté de faire ce qu’il souhaite. Madame Zabini venait d’épouser Rosier et connaissant les méthodes de celui-ci, je doute qu’il passe les vacances à s’amuser au Quidditch. L’avenir serait une punition suffisante pour l’insolence dont il vient de faire preuve à mon égard.

 

Je prends ma valise et le dépasse sans un regard, me dirigeant vers la sortie, plus anxieux que jamais de retrouver le manoir pour Noël.

 

 

****

 

 

                        ***  Elle cesse de m’appeler alors que je quitte le Magicobus sous la neige. Le blanc éclatant autour de moi, m’indique que je suis dans la campagne. Je rabaisse ma manche sur le tatouage, je sais que je suis arrivée à destination. Quelle est cette bâtisse ? Des grilles imposantes s’abattent sur mon chemin. Je ne reconnais pas le paysage. Une légère excitation m’envahit. Les derniers jours d’attente sont derrière moi et j’entrevois enfin une possible avancée. Enfin, Lord Voldemort daigne me rappeler à ses côtés. 

 

J’effleure la lourde poignée en fer forgé, un scintillement me fait comprendre qu’un maléfice empêche les intrus d’entrer. Deux silhouettes apparaissent au loin. Elles se rapprochent lentement et j’entrevois des démarches féminines. Une femme aux longs cheveux blonds entourée d’une cape de fourrure luxueuse me jauge. Je reconnais immédiatement sa voisine, Bellatrix Lestrange. Elle sort sa baguette et la dirige sur moi. Sans aucune méfiance, je m’avance gardant la mienne sous mon bras. Elle pense que son rictus malfaisant me m’effraye. Je l’apprécierais presque pour ce qu’elle a fait à Neville si elle n’était pas si orgueilleuse.

 

- « L’ancienne petite amie de Potter ! Approche, et entre dans une demeure digne de ce nom Weasley ! » Elle crache ces mots imaginant l’insulte qu’elle me fait.

 

- « Bellatrix Lestrange… » Je pénètre dans le domaine de Malefoy et la dépasse. « C’est donc ici que tu restes cachée depuis des mois… »

 

Mes pas s’arrêtent précipitamment, elle m’a lancée un sort d’entrave, cette sale harpie !

 

- «Mini Weasley a la langue bien fourchue ! N’oublie pas qui sont tes supérieurs ! »

 

N’appréciant pas l’entrave qui m’empêche de marcher, je me retourne pour lui hurler.

- « Voldemort m’attend, ôte-toi de mon chemin !»

Rageant contre mon incapacité à utiliser la magie en dehors de l’école, je me penche pour saisir le couteau dans ma chaussure, précaution acquise au Chaudron Baveur. Il est hors de question de me retrouver en position de faiblesse face à qui que ce soit.  Je m’apprête à le sortir lorsque la femme blonde intervient.

 

- « Bella, arrête tes enfantillages, le Maître est impatient. Mademoiselle, Drago veut vous parler après, il vous attendra dans le petit salon. » Je comprends alors qu’il s’agit de la mère de Malefoy. Elle paraît extrêmement ennuyée de me voir. Contrairement à sa sœur, elle semble savoir se taire. Une caractéristique rare dans la famille lorsqu’on connaît son fils.

 

 

 

L’intérieur de la demeure est familier, je réalise que mon « intronisation » s’est faite entre ces murs plusieurs semaines auparavant. Mes pas me conduisent aussitôt vers la salle à manger visitée à de nombreuses reprises.

 

Il est là sur son trône prétentieux, ses adeptes dégoulinant de servitude autour de lui. Quelle spectacle affligeant. Je renifle bruyamment, son serpent visqueux est encore à ses pieds, crachotant son venin. Il sait qu’il ne vaut mieux pas qu’il s’approche trop près. Voldemort semble satisfait des informations que j’ai pu soutirer à la vieille chouette, amusée de la manière dont je m’y suis prise. Il attend encore plus, bien évidemment. J’attends aussi un service de sa part, et il le sait très bien. Il joue, je le sens jouer. Et malheureusement je n’ai plus la patience, je suis venue. D’un geste de la main, je lui demande ce qu’il en ait de la restriction de l’usage de la magie chez les sorciers mineurs.

 

- « Ah ah ah. Tu es une enfant amusante Ginevra. Déterminée, mais tu manques de … Comment dirais-je ? D’élégance en ma présence ! »

 

D’élégance, son serpent puant est-il le reflet de l’élégance ? Je renifle bruyamment, patientant devant la sentence…

 

- « Tu resteras au Manoir jusqu’à ce que je décide de ton sort. Mais soit rassurée, tu es l’invitée de Lord Voldemort et donc des Malefoys. Tu auras le droit à une chambre plus confortable… N’est-ce-pas Bellatrix ? Accueille Ginevra comme il se doit ! »

 

- « Oui mon Maître. Resterez-vous mon Maître ?? »

 

- «D’autres affaires m’attendent Bellatrix, l’oisiveté n’est pas une vertu, le sais-tu ? »

 

- « Je peux Vous aider ? »

 

- « Ta famille a déjà fait ce qu’elle pouvait pour l’instant… Contente-toi de t’occuper des enfants ! »

Il se lève alors que Lestrange se penche plus bas que terre presque en léchant le parquet en ébène. Leur attitude me répugne. Je m’efforce de me rappeler les raisons de cette scène de théâtre. Voldemort me regarde, me transperçant de ses fentes rougeoyantes. Il le sait, il l’a compris. Je le laisse lire ce qu’il souhaite, je n’ai rien à cacher de plus que ce qu’il a déjà lu.

 

La fidèle servante se relève et me pousse sans vergogne vers la porte où sa sœur m’attend. Celle-ci me fait signe de la suivre et à pas de loup, flottant sur le tapis, elle me conduit dans une petite pièce, ce qui semble être une bibliothèque. Les étagères alignées autour d’une cheminée dont seuls deux fauteuils et une petite table lui font face.

 

Malefoy est là, raide comme un bâton, dos à la cheminée. 

 

- « Le Maître est parti Drago, je vous laisse. Tu conduiras Mademoiselle dans une chambre. »

 

Elle ferme la porte sans un regard. Cet air ennuyé ne l’a pas quittée depuis que je l’ai rencontrée. 

Je n’attends pas de réaction de la part de Malefoy que je me vautre sur le fauteuil de droite, me réchauffant contre les flammes qui crépitent.

 

- « Tu aurais pu te faire tuer… »

 

- « Ne me fais pas la morale Malefoy, je sais que tu es ravi de me voir ! Pas étonnant quand on voit l’endroit lugubre que tu appelles maison ! »  Tout en parlant, j’observe les tentures noires cachant le jardin couvert de neige.

 

- « Bon pourquoi voulais-tu me voir ? »

 

- « Arrête ! Par la barbe de Merlin ! J’en ai assez ! Je tourne en rond depuis trois jours, à me demander si tu étais bien au Chaudron Baveur ! Parce que tu n’écoutes jamais mes mises en garde ! La farce avec Londubat et ses acolytes aurait pu nous coûter la vie ! Pire la vie de ma mère est aussi en jeu, je te le rappelle ! Il a fallu que je m’en remette à Rogue en plus… Tu es inconsciente ! J’essaye de t’aider, j’ai essayé de t’aider… Je me demande parfois si c’est possible, ou même si cela sert à quelque chose… »

 

Je le regarde stupéfaite. Il est vrai qu’il m’a sauvée la mise plusieurs fois. Surtout après le fiasco de la salle-sur-demande. Il se tient la tête dans les mains, et s’est assis sur l’autre fauteuil. Je réfléchis, je ne compatis que très peu à vrai dire. Pourtant, il est vrai qu’il m’aide, il m’a aidé. Je l’ai accepté comme ami. Enfin je lui ai dit pour en faire un allié. Je ne nie pas l’utilité d’une telle amitié. Mais ses reproches m’insupportent.

 

- « Je ne sais plus quoi faire … » Son murmure s’étouffe dans ses mains.

 

Je décide qu’il n’y a qu’une ligne de direction à avoir, car j’ai toujours besoin de lui. Je m’approche, accroupie devant lui et j’écarte ses mains de son visage.

 

- « Malefoy, je ne peux pas être désolée de ce qui est arrivé. Je regrette uniquement de ne pas avoir mis à terre ces suceurs de sang, qui louent Harry toute la sainte journée ! » Il fronce des sourcils, mais n’entame pas le moindre mouvement. « Cependant, tu m’es d’une aide précieuse, et sans toi, je serais toujours ligotée à la merci de ces rats… Alors je peux te promettre de partager certains de mes projets. »

 

Suspendu à mes lèvres, il semble étonné que je puisse lui avouer cela.

 

- « Tu es mon ami après tout. Tu es le seul d’ailleurs. »

 

****

 

Chapitre 22 by lilteenmary
Author's Notes:

Nouveau chapitre !! Bonne lecture !

****

                        ***  Des tâches d’encre parsèment ma peau blanche. Alors que je jette négligemment la plume sur le bureau, j’écoute le vent qui hurle à l’extérieur. Les carreaux de la fenêtre sont embués par la chaleur. Voilà plus d’une heure que je suis assise à essayer de me remémorer l’ancienne petite Ginny. La vaillante, gentille, loyale petite Ginny… Les insultes me manquent lorsque je repense à elle. Quelle petite sotte j’ai pu être… Abandonnée par ma propre chair, mon propre sang pour Harry Potter, pour celle qui a été une amie un jour lointain. Je relis la lettre avec minutie. Rien ne doit être laissé au hasard. L’idée de celle-ci n’est pas une nouveauté, je l’ai eue il y a des semaines.

 

Très chers parents,

Je m’excuse de ne pas vous avoir écrit depuis aussi longtemps. J’attendais de trouver un moyen sûr de pouvoir vous envoyer des nouvelles.  Ce moyen de communication est totalement sûr, je vous l’assure ! Ce hibou a un pouvoir particulier (il s’agit d’un hibou gallois à plumes miroitantes qui se fond dans son environnement, je l’ai emprunté à un ami) et vous pouvez me répondre en toute sécurité.  J’ai malheureusement appris que Neville Londubat avait été soumis à l’imperium. Après avoir attaqué le professeur McGonagall, il se serait enfui de Poudlard (personne ne sait comment). Je vous rassure je suis toujours en sécurité au château. Je passe les vacances de Noël avec mes camarades, cependant attristée par le sort de Neville. Avez-vous des nouvelles d’Harry ou d’Hermione ? Je sais que Rémus Lupin les avez vu avant mon départ. Je vous prie de ne pas me protéger mes chers parents. Je vous demande de m’indiquer l’adresse de Lupin et Tonks afin de les contacter moi-même. Faites-le au moins pour que je sois rassurée de leur sort. Vous me manquez terriblement mais comme je vous l’ai indiqué, il faut que je reste au château afin de rattraper tout le retard accumulé en début d’année. Certains professeurs ont eu l’extrême gentillesse de m’accorder des cours de rattrapages. J’attends de vos nouvelles avec grande impatience.

Je vous souhaite de joyeuses fêtes ainsi qu’à Bill, Percy et Charlie.

Affectueusement,

Votre fille Ginny

 

Un parfait exemplaire de ma vie passée. Satisfaite du résultat final, je corrige deux trois éléments avant d’attacher le parchemin à la patte du hibou « gallois ». Cette tentative de récolter des informations me rebute. Je n’ai pas d’autres idées. Et toujours confinée dans le manoir Malefoy jusqu’à ce que ce cher « Maître » décide de mon avenir, je ne peux utiliser la magie.

 

Trois coups à la porte, Malefoy arrive et s’assoit sur mon lit. Je décroche le parchemin pour lui tendre ce qui ne plait pas au hibou. Ces animaux me portent vraiment sur les nerfs.

 

- « Habile je dois dire… » Me dit-il en me redonnant la missive que je ré-attache au volatile d’un mouvement brusque.

- « Merci » J’ouvre la fenêtre et il décolle sans demander son reste.

- « Pourquoi me l’avoir fait lire ? »

- « Je t’ai promis un peu plus de transparence me semble-t-il ? »

- « Oui, mais je ne te pensais pas sincère… » Sa voix est trainante. Je me retourne pour l’observer avec plus d’attention. Sa mine est blafarde, et de grandes cernes noires ornent ses yeux… 

- « Alors tu es agréablement surpris je suppose. » Je ris puis me masse les tempes à nouveau. Ce mal de tête est insupportable. Mes nuits au Manoir Malefoy sont interrompues par des rêves de plus en plus étranges de sang, de loup, de cheveux noirs…

- «Hem, je viens t’apporter ceci. » Il me tend une fiole. Je le regarde avec suspicion.

- « Une potion de sommeil sans rêve… Tu hurles toutes les nuits dans ton sommeil. » Ajoute-t-il comme pour répondre à mon interrogation muette.

- « Je… Je n’en veux pas… » Au moins, ces rêves me permettent de me réveiller. Je ne prendrai pas le risque de retomber dans un coma. Mais ça je préfère le garder pour moi.

- « C’est efficace… »

- « Pas d’après ta mine affreuse. »

- « Si tu ne veux pas de la potion, je demanderai à Mère d’insonoriser ta chambre. C’est devenu insupportable de t’entendre et de te voir dans cet état… »

- « De me voir ? » Est-ce qu’il m’espionne même la nuit ? Il n’y a pas de limites à son nez de fouine. Il comprend aussitôt mes pensées car il rajoute.

- « Je voulais te faire taire. J’ai déjà assez de mal à dormir avec cette potion !  Mais quand je suis arrivé tu étais calmée. » Il termine mal-à-l’aise visiblement.

- « Qu’est-ce que je disais ? »

- « Comment ça ? »

- « Tu dis que je hurle toutes les nuits, qu’est-ce que je dis ? »

 

Il ouvre la bouche, la referme puis avec hésitation me répond.

-« Rien de compréhensible. »

 

- « Ne me mens pas Malefoy. »

- « Viens, allons dans le jardin. » Il m’attrape par la manche. Je le suis avec réticence.  La neige tombe encore. Nous nous éloignons du manoir. 

- « Je ne veux pas qu’on nous entende. » Marchant vers un séquoia géant, de grands paons se dirigent sur notre chemin. Je ramasse une pierre puis deux. Je m’entraîne à viser mes cibles. Un couinement me fait comprendre que j’ai atteint le deuxième. Malefoy jette des œillades suspicieuses autour de nous. Il m’attire derrière le séquoia à l’abri des regards pouvant provenir du Manoir ou de la grille d’entrée.

- « Tu te souviens de la nuit où je t’ai trouvée dans la salle de bain des préfets. »

- « La nuit où ? De quoi parles-tu ? »

- « Si je t’ai enlevée et interrogée dans la Salle sur Demande c’était pour savoir ce qu’il s’était passé. »

- « Tu m’as interrogée sur Chang… » La remémoration est difficile. En effet, la seule affirmation que je puisse faire est que j’aurais bien écrasé sa tête de fouine contre un mur ce jour-là. Il est tellement sérieux. Curieuse, je m’approche et l’écoute avec attention pour une fois. Visiblement il s’en aperçoit et se lance avec nervosité.

- « Tu as tué Chang cette nuit là… Je t’ai trouvée baignant dans son sang. » Des images, des cheveux noirs, du sang… Il m’en a parlé à plusieurs reprises. Tuer Chang, je… je…  Un éclat de rire survient, je commence à comprendre… Est-il si effrayé de me l’avouer ? Riant à gorge déployée, je m’allonge dans la neige. Elle ne l’a pas volé celle-là !

- « J’ai récupéré mes jambes cette nuit là… Le reste n’a pas d’importance. » Il me jette un regard affolé. « Je t’étonne ? »

- « Plus vraiment… Je ne comprends pas pourquoi tu ne t’en souviens pas… Ce que tu lui as fait… »

- « Malefoy s’il-te-plaît, c’était l’ex de ce traître d’Harry. » D’un geste de la main je balaye cette pensée. Elle n’a jamais rien été, elle n’est rien, elle a bien mérité son sort. Je me sens galvanisée par des images. « Elle mérite ce qui a pu lui arriver comme ils vont tous goûter à ma fureur !! Tu l’appréciais peut-être ? Cette gourde ?!!! »

- « Non mais ce n’est pas pour autant que je l’aurais massacrée !!! » Il ajoute cela avec dégoût.

- « Tu sais comme moi qu’on en est réduit à certaines extrémités parfois… »

Il m’attrape le bras, je le sens brûlant de colère. Je ris de plus belle. Je comprends les raisons de sa prise de potion maintenant. J’avale ma salive lorsque je croise son regard. L’image de la petite fille blonde aux poupées me frappe. Nous l’avons tous les deux à l’esprit. Une impression fugace de l’horreur qui a pu me toucher. Rôdant dans la forêt, elle s’est faite dévorée, griffée par un loup, un loup blanc… Un bourdonnement résonne, puis je cligne des yeux plusieurs fois. L’image devient floue puis disparait.

Mes muscles se détendent et je me relève.

- « Je ne m’en souviens pas parce qu’elle n’avait aucune importance. Elle n’en a pas plus aujourd’hui Malefoy. Maintenant j’espère que tu me lâcheras définitivement à propos de Chang. »

- « Weasley, si je te surveille, c’est parce que justement tu ne te souviens pas avoir fait ça … »

- « Tu t’inquiètes pour ta petite personne ? Je peux te rassurer, je ne te tuerai pas. Après tout je te l’ai déjà dit, tu es mon seul ami… »

- « Ce n’est pas pour moi que je m’inquiète. »

- « Alors permets-moi d’étendre cette immunité à ta « chère » Mère si cela peut soulager ton sommeil. » Je lui lance un clin d’œil avant de retourner au Manoir. Ce qu’il peut être fatiguant celui-là !

 

****

 

*** Noël… Dans deux jours ce serait Noël. Je me demande s’il pourrait être plus lamentable que celui de l’année précédente. Les évènements de la journée le confirmeraient. Je ne peux m’empêcher de penser que je n’ai plus le droit de fêter quoique ce soit. J’ai perdu ce droit avec mon innocence.  Je l’ai perdu en même temps que cette petite fille a perdu sa vie. Ma lâcheté souhaite que je me débarrasse de ses souvenirs définitivement. Oublier ces images, ces pensées, cette odeur de mort et de sang qui accroche mon nez dès que j’y pense. Mais je ne le mérite pas. Ma dernière once d’humanité et étrangement la tourmente me soulage. L’horreur de mes actes me hante et me permet de ne pas oublier que je ne peux pas être une bête.

 

Pourtant cette logique m’amène à conclure que la petite Weasley en est devenue une. Elle n’a aucun remord, aucun regret, pas une miette de compassion. Une bête…  L’histoire d’Eponine tourne et se retourne dans mon esprit. Je m’estime heureux d’être du bon côté de la barrière. Cette barrière mentale qui l’empêche de s’adonner à un bain de sang. Cette barrière qui ne tient qu’à un objectif, une finalité : tuer Potter, tous ceux qui l’entourent et tous ceux qui pourraient se mettre en travers de cette vendetta.

 

Quelle souffrance peut conduire à cette extrémité ? Quel mal-être peut mener à cette cruauté ?

Je n’ai parlé à personne de mes soupçons sur le sanguis vicare. Le parchemin a disparu dans les flammes de ma cheminée. Le savoir ne changerait rien. 

Je descends tremblant de tout mon corps dans la salle de réunion improvisée du Seigneur des ténèbres. La mort et la peur y règnent. A peine ais-je pénétré que les acclamations de Carrow m’interpellent. Je n’ai pas le choix, ma tante me tire vers mon siège et me fait assoir près d’elle, impatiente, avide d’entendre le Maître. Je connais l’objet de ce rassemblement. Je sais où elle se trouve et je n’ai pas osé l’y rejoindre, trop effrayé et dégoûté. Les geôles du Manoir…  Trop lâche, je ne veux pas savoir ce qui s’y passe, ce qu’elle peut y faire.  

 

- « Cette gamine ne nous sert plus à rien dans le château dans ce cas. Elle ne peut pas faire de magie en dehors du château ! Tuons-la ! » Lance Carrow avec verbe. Le souvenir cuisant de l’attaque dans le bureau du directeur l’anime de toute sa haine pour la petite rouquine.

- « J’aime ta soif de sang Amycus… » Caressant son serpent, le Seigneur des ténèbres lève la main puis ajoute «  Drago, toi qui t’entend bien avec ta camarade… » Il appuie le mot en se délectant d’un sourire. « Tu t’en chargeras ! »

Ses yeux rouges me transpercent, me brûlent. Etouffant un cri intérieur, le tremblement dans mes membres s’accroisse. Je ne peux esquisser un geste, ni une syllabe. Seul le battement de mon cœur m’indique que je suis encore en vie… L’occlumancie n’est d’aucun secours tant la terreur se reflète sur mon visage. Un rire épouvantable s’élève en écho et je ne me tourne pas mais je sens Amycus répondre à ce rire implacable.

Figé, le monde me parait flou, irréel…

 

- « Si je peux me permettre, Maître. Il y a peut-être une solution simple pour qu’elle puisse continuer à vous être utile. »

- « Tu m’intrigues Severus, continue. »

- « Cette magie est, certes, très ancienne. Néanmoins une pratique qui n’est plus utilisée permet de la contrer avec facilité… Le jeune sorcier peut devenir majeur avant ses 17 ans grâce à un rituel. De plus les liens familiaux sont définitivement brisés et il se retrouve libérer des liens magiques du sang pour toujours. »

- « Nocare felice »

Un regard incrédule peint mon visage. Une lueur d’espoir… Je ne veux pas la condamner, j’en serais incapable … Mère serait alors aussi bien morte. Ce serait une condamnation pour elle.

 

Amycus se retourne, agité par la révision de la sentence. Il est furieux tel un enfant dont on aurait retiré son jouet préféré des mains.

- « Mon Seigneur, quel est ce sortilège ? C’est n’importe quoi ?! Il faut qu’elle meure ! Il invente, je ne connais rien de tel !! »

Le Lord recommence à rire : « Mon cher Amycus, tu ne connais pas ce rituel ? » Et se retournant vers Rogue, il ajoute : « Bien je n’aime pas gaspiller de jeune sorcier utile et prometteur. Severus prépare la cérémonie pour demain avec Narcissa. Un peu d’honneur dans cette famille leur fera plaisir !! »

Mère ? Pourquoi Mère devrait prendre part au rituel ?

Le Lord nous congédie d’un geste de la main devant Amycus tremblant de rage. Une fumée noire et le son d’un dernier sifflement m’indiquent qu’Il a quitté le Manoir. Je respire à nouveau, sans la puanteur de Nagini. La petite rouquine aurait pu mourir sans l’intervention de Rogue. Je le rattrape dans le couloir menant au petit salon où Mère s’enferme lorsque le Lord n’exige pas sa présence.  

- « De quoi parlait-Il ? »

Il ne se retourne même pas pour répondre avec nonchalance.

- « Votre mariage Drago, Il parlait de votre mariage. »

Je ne comprends pas tout de suite l’ampleur de ses mots… Une expression interdite me monte au visage.

-« Mais c’est interdit ! Qu’est-ce que vous racontez ? » L’incrédulité, l’incompréhension… Rogue a perdu l’esprit pour proposer un… un… mariage ??

Il se retourne et m’attrape le col avec violence.

- « Espèce d’imbécile ! Qu’est-ce que vous préférez ?! La tuer ou vous mariez ? » Il me relâche après quelques secondes me voyant enfoncé dans la torpeur.  Avec plus de calme, il ajoute :

- « La pratique ne se fait plus depuis des décennies mais n’est pas interdite contrairement à l’usage de la magie pour un sorcier mineur. Vous n’avez pas le choix et elle non plus si elle veut vivre pour continuer à servir le Seigneur des ténèbres ».

Soulagé de ne pas devoir la tuer mais ne comprenant pas l’implication de cette cérémonie, je reste muet. Le mariage d’adolescents devant le Seigneur des ténèbres. Quelle ironie ?

- « Je n’ai pas le choix … » Je repense à ma promesse, celle de protéger Mère coûte que coûte. Puis une terrifiante idée s’immisce dans mon esprit. « Mais… Mais elle a le choix … Un choix tordu mais un choix ! »

Si elle décide que ce rituel ne lui convient pas, ses implications… Elle est devenue imprévisible… Je repense à Eponine, à la soif vengeresse…

- « Vous pensez qu’elle aurait demandé une solution au Seigneur des ténèbres si elle n’était pas prête à tout ? » Sa voix est posée, calme. Ses émotions ne transparaissent plus lorsqu’il frappe à la porte du petit salon.

Tel un automate, je n’interviens pas lorsque Rogue annonce à Mère la situation sous le regard palpitant de sa sœur qui sautille… Les mêmes incompréhensions que j’ai ressenties et la tristesse se lient dans ses yeux.

- « Elle n’a que 16 ans. » Aussi droite et fière, elle me regarde et ajoute : « Ce sont des enfants. »

- « Vous savez dans le monde des sorciers tant qu’elle a toujours la trace, elle appartient à sa famille par des liens du sang magique. Mangemort ou pas ! »

Elle le regarde.

- « On ne peut attendre sa majorité. » Répond-t-il.

- « N’y-a-t-il pas d’autres solutions ? »

- « Non. » Il n’esquisse pas un regard vers moi. Il ne mentionne pas L’autre solution. Le meurtre… Le souhait du Seigneur des ténèbres que je serais incapable d’appliquer. Et il semble le savoir tant je transpire la peur et la lâcheté.

- «  Il faut rompre ce lien par un rituel bien spécifique…. Celui du mariage. Il faut qu’elle intègre une autre famille. Le Seigneur des ténèbres a ordonné que tu prépares la cérémonie pour demain. »

La sentence était tombée… aussi tranchante que l’épée de Gryffondor. Rogue ouvre la porte d’un coup de baguette puis sort dans la nuit noire, dans une démarche pressante.

****

End Notes:

Héhé ! J'adore imaginer la tête de Malefoy devant la proposition de son ancien professeur ! mdr

 

Edit: Je viens de voir que cela fait 11 ans jour pour jour que j'ai publié le premier chapitre de cette histoire ! Je vous promets que la fin arrivera bien avant mes 12 ans ! 

Chapitre 23 by lilteenmary
Author's Notes:

Bonjour, je suis désolée (encore une fois !) de ce délai... Je ne fais plus de promesses parce que je n'arrive jamais à les respecter :-$

J'espère que ce chapitre vous plaira ! 

 

****

 

 

                        ***  Une source de lumière éblouissante et je me tourne vers Malefoy affichant un air désespéré. Probablement choqué par la vision déroutante du sang gouttant de mes manches, il claque la porte en me faisant signe de le suivre. Je peux entendre Queudver, ce misérable rat à la solde de Voldemort qui couine à côté de moi. J’essuie le fin poignard en argent pour le remettre dans ma botte. Ce petit accessoire, cadeau de Lord Voldemort, s’est révélé fort utile en l’absence de magie.

Je regarde une dernière fois mon ancien ami. Les yeux fermés ruisselants de larmes, il se recroqueville sur lui-même. Son front est désormais orné d’une balafre en forme d’éclair. Je sors sur cette vision pathétique du légendaire courage des Gryffondors.

 

Mes doigts sont poisseux, je ne pense qu’à Harry. Dean, Harry… Harry, Dean… Quelle différence? Tous sont des pleutres, des traîtres, des lâches... Ce misérable ne m’a rien révélé d’utile…

 

- «  Ne me regarde pas comme ça Malefoy… Si tu ne veux pas participer, parce que cela te dégoûte, c’est ton problème ! »

 

- « Je me doutais bien que tu n’occupais pas tes journées à faire de la couture avec les elfes de maison Weasley MAIS je pensais qu’après notre dernière conversation… Je… »

 

- « Quoi ?? Qu’est-ce que tu pensais ?? »

 

- « Je… Je ne sais pas… » Il se frotte le visage de ses deux mains.

 

- « Même sans magie, je fais ce que j’ai à faire pour LES retrouver ! Et je pensais justement que tu ne te mettrais plus sur mon chemin !! »

 

- « Je ne me mets pas sur ton chemin… Et d’ailleurs je vais t’aider à retrouver l’usage de la magie, ne serait-ce que pour que tu cesses ces tortures répugnantes à la façon d’une moldue. C’est pour cette raison que je suis descendu jusqu’ici. » Il renifle avec mépris. « Le Seigneur des ténèbres l’a ordonné. »

 

Je passe sur la remarque des moldus. Qu’est ce que j’en ai à faire franchement ? Rien ne compte à part me venger, avec ou sans baguette… Même si la baguette me serait bien utile, ne serait-ce que pour sortir de ce repère de mangemorts qu’il peut qualifier de maison.

- « Toi ? Que peux-tu bien faire pour moi ? »

 

- « T’épouser. »

 

Ahurie par sa réponse, j’ouvre la bouche sans qu’aucun son n’en sorte. En envoyant ma missive à Voldemort, je me suis attendue à plusieurs possibilités plus ou moins pénibles. Celle-ci n’en a jamais fait partie.

Trop déroutée par cette réponse incongrue, je le vois me pousser dans les escaliers, jusqu’à l’étage. Il m’enferme dans la salle-de-bain. Je ne réagis pas mais il parle vaguement à travers la porte de me rendre présentable. Agacée de l’entendre me donné des ordres, je lui fracasse la porte sur le visage.

 

- « Explique-toi Malefoy ! » Après une insulte ravalée, il me regarde les sourcils froncés.

 

- « Tu deviens automatiquement majeur en te mariant. Plus de trace, plus de contrôle du ministère. » Simple, concis.

 

Pourtant, je me méfie de la simplicité.

- «  Qu’est ce que ça implique d’autres ? »

 

- « Tu entres dans notre famille par un rituel, les liens du sang avec les Weasleys seront rompus… Je n’en sais pas plus. »

 

- « Qu’est ce que ça implique d’autre ? »

 

- « Rien de plus… Tu restes toujours une servante du Seigneur des Ténèbres. »

 

- « Et pour toi ? »

 

- « Je suis les ordres du Maître… Je protège ma mère, ma famille… Rien ne contrarie tes plans de venger la tienne… »

 

- « Rien d’autre ? Tu es sûre ? » Je grince sans le lâcher du regard.

 

Finalement il explose et m’arrose de postillons. Enfin la vérité…

- « Qu’est ce que tu t’imagines au juste ??? Que je saute de joie d’être marié à l’âge de 17 ans ? Je ne sais pas ce qui se passera ensuite, je n’en sais rien. Tout ce que je sais c’est qu’il faut que j’obéisse. Et toi aussi si tu veux vivre  pour mener à bien ton « petit projet » ! »

 

Je réfléchis à toute vitesse. Etre liée aux Malefoys, est-ce une bonne idée ? Puis doucement, la perspective de récupérer l’usage de ma baguette sans être suivie à la trace me séduit. Encore plus palpitant, l’idée de voir « mes anciens amis » brûlant d’horreur à me savoir introduite dans cette famille. Les visages d’Harry, de cette garce, de tous ceux qui m’ont abandonnée ! Je serai à tout jamais détachée d’eux, de toute cette famille de traîtres qui a préféré l’Elu, le responsable de la mort de mes frè… de mes …., de ces horreurs… Même en pensées, je ne peux me confronter à ce que j’ai perdu avant le coma, avant la trahison, avant la haine…

 

Malefoy semble attendre ma réponse, anxieux.

- « Très bien. Il ne s’agit que d’une formalité après tout. Un rituel et je serai libre. Où est Voldemort ? »

 

Il me bâillonne la bouche, posant un doigt sur ses lèvres, le visage livide.

- « Ne prononce pas ce nom ! Tu entends, ne le PRONONCE PAS !!! »

 

Je le frappe dans les côtes pour qu’il me relâche. Il resserre sa prise et me pousse d’un coup sec contre la porte. Je sens la poignée s’insinuer dans mon dos. Il peut lire dans mes yeux furieux que je n’apprécie pas ses ordres et encore moins cette entrave.

 

- « Ne prononce plus jamais ce nom ! Il y a un tabou  pour repérer les partisans de Potter ! Maintenant rends toi présentable, ma mère t’attend pour préparer la cérémonie. »

 

Il défait sa prise et je m’essuie la bouche, sans me rendre compte que mes mains sont toujours poisseuses du sang de Dean.

 

 

****

 

 

*** Les deux sœurs se toisent avec énervement.

 

- « Cissy, ce serait positif pour notre famille. Grâce à ton mari, nous sommes en disgrâce. » Mère regarde Bellatrix avec colère.

 

- « Bella, s’il te plait, sors. Je veux parler à mon fils, seul à seul. »

 

- « Pourquoi Drago ? Pourquoi ? Ce sont des traîtres à leur sang !! »

 

Traître à son sang ? Oui mais cela n’avait plus la même signification. Elle est traîtresse au sang des Weasleys, des siens et non plus au sang sorcier. Je comprends au-delà de ses mots ce qu’elle cherche à me soutirer : la véritable raison de ma passivité je suppose.

- « Elle est favorite du Seigneur des Ténèbres. »

 

- « Ne me mens pas, regarde moi ! »

 

- « Je le fais pour Vous protéger ! » Un silence s’abat lourdement. La tristesse dans son regard me fait regretter l’honnêteté de ma réponse. 

 

- « Je le fais également pour la protéger… »

 

- « De quoi ? Tu viens de dire qu’elle est la favorite du Seigneur des ténèbres. »

 

- « … D’elle-même ! » Lâchais-je.

 

Elle me regarde pendant de longues secondes. Du bout des lèvres, je l’entends me murmurer.

 

- « Tu l’aimes ? »

 

Je me tourne pour sortir. Mais elle me retient dans un geste doux mais ferme.

 

- « Et elle ? »

 

Je la repousse puis sors de la pièce. Je ne pouvais pas parler à ma mère, à personne. Je ne pouvais même pas me le dire à moi-même.

 

 

****

 

***- « Vous n’entrez pas dans notre famille par choix. »

 

- « Si, j’ai le choix, et cela m’arrange Madame Malefoy. Ne vous inquiétez pas, votre précieux fils ne court pas de danger tant qu’il joue son rôle. »

 

- « C’est donc cela, un moyen à une fin »

 

- « Glorieuse la fin si Merlin veut » La pensée d’Harry suppliant à mes genoux me fait rire. Narcissa Malefoy me regarde longuement, puis m’interpelle alors que je me retourne pour insérer ma baguette dans le pli de ma robe.

 

- « Ils ont raison à votre propos. » Son murmure me déplait et me ravit à la fois. L’orgueilleuse Madame Malefoy n’est qu’une servante aujourd’hui comme tous les adeptes de Voldemort, et ils ne sont rien… Absolument rien…

 

- « Et sur quoi peuvent-ils avoir raison ? »

 

- « Aucune importance. »

 

- « Drago Malefoy n’a rien à craindre de moi. Je n’ai aucune raison de le blesser. »

 

- « Aujourd’hui peut-être. » Son air pincé m’agace passablement.

 

- « Alors vous pouvez vous détendre pour aujourd’hui. Et puis il m’offre la possibilité d’entrer dans une autre famille… Je ne l’oublierai pas. »

 

- « Il vous a offert bien plus. »

 

Quelle arrogance dans la bouche de cette « grande dame » ! Elle semble se vanter de me comprendre dans cette attitude de dédain. Elle ne comprend pas qu’elle n’est rien, elle comme les autres ne sont absolument rien. Son manoir, sa famille, vestiges d’une quelconque puissance, supériorité inexistante. Le seul pouvoir que je reconnais est celui de la haine, celui de la vengeance. Et c’est grâce à ce pouvoir que je peux marcher, avancer. Que peut-elle prétendre m’apporter de plus que son fils ?

 

- « N’oubliez pas que je ne suis plus la petite Ginny Weasley, celle que votre famille peut mépriser. Je la méprise aussi, je la dédaigne aussi. Néanmoins après la cérémonie, je serai Ginevra Malefoy. »

 

- « Je crois comprendre parfaitement Ginevra. » Je tique en l’entendant prononcer mon prénom.

 

- « Peu importe ce que vous croyez voir ou comprendre, vous n’êtes rien Madame Malefoy, rien. »

 

- « Je suis une mère. Je ne serai jamais rien. » Puis elle ajoute. «  Vous le comprendrez peut-être un jour. »

 

Je m’apprête à la suivre dans sa chambre afin d’enfiler la tenue de rigueur. Malefoy s’approche, je vois à sa tête qu’il a écouté notre conversation.

 

- « J’espère que tu ne menaçais pas ma mère … »

 

- « Non Malefoy, toi et ta mère pouvaient vous vanter de ne pas avoir à me craindre tant que vous n’êtes pas contre moi. Je te l’ai promis. Je tiendrai ma parole. »

 

- « Je veux te croire… »  Malgré ses mots, je le sens soulagé. Je n’oublie pas qu’il est encore un ami, ou du moins un atout utile.

 

Un silence s’abat. Le rituel se tiendra dans quelques heures. Finalement il se décide à parler et m’interroge en souriant.

- « Ginevra ?» Dans cette question, je décèle un aveu. Il m’a bel et bien espionnée une fois de plus. Exaspérée, je souffle avant de lui répondre avec évidence.

 

- « Je ne serai plus Weasley et tu ne peux décidément pas m’appeler Malefoy. » Son petit sourire est moqueur. Je saisis bien l’ironie de la situation, je ne suis plus Weasley, je ne serai pas plus Malefoy. Je suis Ginevra, je suis seulement Ginevra. Et cela me suffit amplement.

 

 

****

 

*** Les paroles de mon ancien professeur de potions résonnent aussi claires que l’eau qui ruisselait dans le lavabo. Je ne veux pas sa mort, je ne peux pas en supporter l’idée. La démence des derniers mois se cognent en moi à une vitesse fulgurante. Je n’arrive pas à respirer, je suis transi par cette peur, suant de tous les pores de ma peau. Je craque, je craque sous le ridicule de la situation. Meurtrier d’enfant, mangemort, aujourd’hui je dois me marier à peine arrivé à la majorité. Comment peut-on en arriver là ? Comment survivre un jour de plus ?

 

Les images incessantes de sang et de corps mutilés perturbent ma vue. La petite rouquine m’a offert une certitude. Elle est capable de tant d’horreurs… Le sang sur ses mains, son regard sans pitié, sans remord, sans dégoût…

Essayant tant bien que mal d’avaler une gorgée d’eau, la nausée monte en moi. Pris de compulsions, je vomis toutes mes trippes dans le lavabo, incapable d’atténuer les élans de mon estomac.

Finalement vidé, je me laisse tomber dans un dernier soubresaut, gémissant de douleur, de peur… Je me sens comme noyé dans ce marasme, dans cet enfer…

 

J’entraperçois le costume noir posé avec soin sur mon lit que Mère a choisi. Je dois protéger ma mère, je ne peux pas la perdre. Petit à petit des images de la petite rouquine blafarde sur le banc de la grande salle de Poudlard me traversent l’esprit. Je dois la protéger, elle aussi. Malgré les horreurs dont elle a fait preuve, je dois la protéger… Je comprends enfin pourquoi, je l’accepte…

Je ne peux pas me montrer lâche… Je ne peux plus…

 

Ensorceleuse, elle ne désire plus que la souffrance d’un amour perdu. Son honnêteté, sa vertu ont disparu aussi vite que cet amour pourtant si fort pour lui, pour l’élu. Comment comprendre la manière dont on peut changer à ce point en si peu de temps ? Comment comprendre ce sort horrible, cette soif vengeresse qu’elle a pu s’infliger à elle-même ? Cette haine réprimée qui ne cherche qu’à exploser ? Je ne l’ai connu qu’aujourd’hui vindicative et haineuse. Pourtant jamais je n’ai pu me préoccuper autant d’elle avant. Je suis comme absorbé dans un tourbillon de cheveux rouge sang…

Brisée, jamais je ne pourrai la ramener. Que puis-je faire ? Nulle réponse ne me parviendra du ciel. Oh Merlin, une âme de plus semble mourir, une âme de plus non pas de la main du Seigneur des ténèbres. Elle s’est arrachée son âme, Il ne peut plus rien lui prendre. La petite rouquine est une mangemorte. Elle n’est plus Ginny Weasley, elle ne souhaite plus porter ce nom. Ginevra, je l’appellerai Ginevra et puisqu’elle le veut, elle deviendra Ginevra Malefoy. Aujourd’hui, je ne peux plus lui dire non, Mère l’a vu, Mère l’a compris. Nous serons une famille puisque elle ne fait plus partie de la sienne. Ginevra, je serai un cavalier noir, celui qui la conduira jusqu’à la mort car c’est son unique désir à présent. Elle n’est pas seule, je la suis, je la protégerai : c’est ainsi que Merlin en a décidé.

 

Animé par cette dernière pensée, je me relève et fait face à ce destin. Je ne peux plus me poser de questions, je dois avancer, je dois y aller. Dans les limbes, je suis enfin cette petite voix qui me dit de ne pas résister, de continuer à marcher… Enfin un répit, enfin une décision que j’accepte.

Attachant mes boutons de manchette, je me surprends à penser à mon père et celui de Ginevra, leur affrontement dans Fleury & Botts dès années auparavant… Que se passerait-il s’ils étaient présents aujourd’hui ?  S’ils étaient témoins de la folie des sorciers, témoins de cette mascarade dans le Manoir de l’ancienne et noble famille Malefoy ?

 

Elle s’avance dans une robe argentée, telle Iseult la blanche. Elle est la jeune fille rousse couronnée de fleurs d’hiver comme cette peinture de Poudlard. Pourquoi faut-il prétendre et s’habiller pour l’occasion ? Elle ne semble pas dérangée. Passive, indifférente, comme une formalité. Le mage prononce un discours que je n’entends pas, des formules mystérieuses dans une langue inconnue. Les traits crispés de Mère me font comprendre l’irréversibilité du sortilège, tel un serment inviolable.

La fin… Je n’attends que la fin pour pouvoir m’enfermer à nouveau dans ma chambre et retirer ce costume, reflet de cette farce, qui me serre la gorge.

 

End Notes:

Qui avait deviné ?? :-D

Chapitre 24 by lilteenmary
Author's Notes:

Bonne Lecture !

 

****

                        ***  Des lumières jaillissent enfin de ma baguette. Je ressens avec délectation la magie ruisselant du plus profond de mon être pour se concentrer dans ce petit morceau de bois d’if. Le déchaînement de ma fureur explose avec une maîtrise sans précédent.  Ce sentiment est plus fort que tout ce j’ai pu connaître, la liberté, l’affranchissement. Des chaînes invisibles se brisent à chaque mouvement de poignet.

Un bruit de gargouillement s’élève. L’exercice sans relâche m’a donné faim.

Les derniers jours ont amené une routine pesante dans le Manoir. Néanmoins je ne peux qu’apprécier l’usage illimité et sans contrôle de ma baguette. Les prisonniers des geôles me servent de cobayes. J’imagine avec contentement Harry et sa harpie à la place des nés-moldus et des autres sorciers assez stupides pour avoir choisi le camp de « l’Elu » !

 

- « Reducto ! » Des plumes colorées se répandent autour de moi. Elles tombent avec douceur sur le sol enneigé du parc.

 

- « Adieu petit paon. » Quelques applaudissements et je me retourne pour voir les dents noircies de Bellatrix Lestrange.

 

- « L’orgueil de ton défunt beau-père ! »

 

- « Ma chère vieille tante ! » Je lui réplique sur un ton affectueux « quelque peu » hypocrite. Elle se renfrogne. 

 

- « Tu as peut-être renié ta famille de traître-à-leur-sang mais tu restes une Weasley ! »

 

- « Ceci » En lui montrant ma baguette en action. «  Ceci prouve que je ne le suis plus ! Ni par le nom, ni par la magie ! »

 

- « Ne me pousses pas à bout sale morveuse ! Le Maître veut que je parfaire ton éducation. Peut-être as-tu des prédispositions à résister aux sortilèges impardonnables, enfin par pour tous, mais qu'en est-il pour les jeter ? » Son rire explose mes tympans. Je m’amuse à me lancer un sort de Têtenbulle tout en la regardant discourir. « Et bla bla bla... » Elle ne la ferme jamais cette peau de botruc !

 

Une gerbe de lumière s’échappe et je sens la bulle m’exploser en pleine face. Cette garce m’a mise à genoux. Je me relève et sens sa baguette au niveau de mon cou.

 

- « Ne t’imagine pas que tu as une place particulière… Le jour où le Seigneur des Ténèbres n’aura plus besoin de toi, je lui demanderai de t’achever... » Sa voix semble trembler d’excitation.

 

Elle pense m’effrayer. Riant à gorge déployée, je me place en face d’elle. Elle n’est pas bien grande la furieuse Bellatrix.

 

- « Tu partages l’orgueil de ta sœur. Tu finiras par comprendre, que tu n’as aucune importance ni pour moi ni pour « ton » Seigneur des Ténèbres! »

 

Alors que je lui tourne le dos, un bruit de poulet torturé s’élève. Le deuxième paon est allongé à côté, raide mort. Intéressée je fais demi-tour pour voir Bellatrix baguette levée.  Le sourire aux lèvres, je lui demande de m’apprendre.

 

- « Commençons alors. » Grince-t-elle.

 

La journée tombe, l’entraînement de Bellatrix a décuplé ma faim. Alors que je me dirige vers la salle à manger, mon « mari » m’interpelle.

- « Méfie-toi de Bellatrix. »

- « Merci Malefoy, je n’ai pas besoin de ton aide pour manipuler ta tante. Cette pauvre sorcière est vraiment amoureuse de Voldemort ? »

- « ... » Un air de dégoût semble confirmer mes soupçons.

- «Merlin, elle me fait vomir ! Comment une sorcière avec ses pouvoirs peut-elle tomber aussi bas ? »

- « Il est le Seigneur des Ténèbres... »

- « L’amour n’est qu’un obstacle. » Je réplique.

Il ne prend pas la peine de me répondre. Nous nous asseyons à table. Narcissa semble vouloir maintenir l’illusion d’un quotidien à la hauteur de ses exigences bourgeoises.

 

- « Ginevra, où est ma sœur ? »

- « Je n’en ai aucune idée. Probablement entrain de prier le retour au Manoir de Voldemort... »

Malefoy se crispe alors que sa mère lâche sa fourchette. Elle porte son verre de whisky-pur-feu à la bouche.

- « Drago, s’il te plaît va chercher ta tante. »

Ce lâche sort immédiatement de table pour obéir comme un petit chien.

Narcissa continue à manger en silence. Cette scène répétitive commence à me peser. Malgré la perspective de maîtriser des sortilèges, je ne peux m’empêcher de m’impatienter. Le besoin de mettre en action un plan devient urgent. La lettre que j’ai envoyé au Terrier est restée sans réponse. La famille Weasley semble m’avoir reniée autant que je me suis séparée d’eux. Ces traîtres pensent probablement pouvoir ignorer ma colère...

- « Bella ! Tu es en retard ! »

- «  Ma chère sœur, nous avons des tâches plus importantes que de respecter tes horaires de repas. D'ailleurs, ton petit chéri devrait apprendre à sa femme à respecter ses aînés et sa famille. »

- « Je me rappelle que TU étais entièrement pour cette initiative. » Répond Narcissa d’un ton sec.

- « Oui mais j’espérais que ton fils saurait la maintenir en laisse ! »

- « Son fils, Bellatrix, t’entend très bien. Et le Lord est satisfait d’elle donc je ne vois rien à redire. » Ajoute Malefoy et je ne peux m’empêcher de m’exclamer.

- « Oui et sa belle-fille également ! L’ennui risque de m’atteindre. Malefoy j’aurais besoin de toi demain. »

Narcissa regarde son fils et malgré ses efforts je vois de la peur dans ses yeux.

- « Nos deux petits tourtereaux vont jouer dans le bac à sable! »

Je me lève puis indique à Malefoy de me suivre.

- « Drago tu n’as pas fini ! »

- « Désolé Mère, Bellatrix m’a coupé l’appétit. »

 

Malefoy m’indique le couloir et nous nous rendons dans l’ancien bureau de son père. Il ferme la porte et allume la cheminée d’un sort. Je m’installe sur le fauteuil en face du bureau. Et je commence à toucher tous les objets.

- « Bon je t’écoute qu’as-tu en tête ? »

J’observe « mon mari ». Je me dis finalement que ce n’est pas plus mal de l’avoir à proximité.

- « Nous devons nous rendre à Loutry Ste Chapoule. »

- « Pourquoi ? »

- « Je n’ai pas eu de réponse à la lettre. Des défenses ont du être mises en place au Terrier ou ne vont pas tarder à l’être. Si je peux récupérer des informations c’est maintenant. »

 

****

 

*** - « A quoi pouvais-tu t’attendre ?!!! Après tout ce qui s’est passé ! Sérieusement après tout ce que tu as fait ! Nom de Merlin Ginevra ! »

 

L’escapade à Loutry Ste Chapoule n’avait servi à rien. Nous n’étions pas en mesure d’apercevoir le Terrier. Il était bien évidement protégé et Ginevra ne pouvait pas retrouver son emplacement.

 

- «  Après CE QUE J’AI FAIT ! CE QUE J’AI FAIT » Sa voix tremblante résonne sur les murs de la pièce.

 

- «  Ils m’ont ABANDONNÉE, ils ont préféré me trahir, suivre HARRY, suivre  ces MONSTRES! Ils sont responsables ! J’ai tout perdu Malefoy ! J’ai tout perdu ! C’est à cause de LUI qu’ils sont morts !! »

 

- «  QUI ??? Tu parles de qui ? »

 

Incapable de respirer, ses mains montent jusqu’à sa gorge.

 

- «  De mes… de mes fr... de mes FRERES!!! ARGHH !!!! » Un rugissement s’élève. La manifestation accablante de ses souvenirs réprimés.

 

Les cris ne sont plus étouffés, ils se libèrent d’elle. Tel un monstre, des hurlements de fureur se déchaînent. Cette haine se libère enfin dans des larmes, dans la rage de sang. Je prends ses mains dans les miennes. Pour la première fois depuis des mois, elle ne m’effraie plus. Je la vois fragile, prête à casser sous le poids des remords… Et comme ce jour d’été, au bord de la falaise, elle s’écroule. Et secouée de spasmes elle semble animée de convulsions. Je ne comprends pas tout de suite.

 

Elle s’est évanouie. La tristesse de voir ce petit corps frêle me dépasse. Alors je caresse sa joue et sens sa peau brûlante. Elle est brûlante. Réagissant dans l’affolement, je la prends dans mes bras et cours à l’étage, ouvrant chaque pièce d’un coup de baguette. Je trouve enfin l’objet de mes recherches. Je la glisse dans la baignoire puis lance un aguamenti d’un coup de baguette.

Tâtant son pouls, je ressens son cœur affolé. Immergée dans l’eau froide, j’essaye de la ranimer en vain. Elle respire faiblement, je la cale sur le rebord. Puis je m’assois à même le sol. J’attrape sa main qui pend en dehors de la baignoire. Je la garde serrée, accablé par son état.

 

Sans bouger, je reste dans la même position de longues minutes.

 

****

 

 

*** Ne pouvant pas désapparaître avec Ginevra à ce moment, je la traîne dans une rue moldue jusqu’à la première maison vide que je trouve. Désapparaître à ce moment signifie la ramener dans cet état au manoir. Les autres ne peuvent pas la voir ainsi.

Lançant à tour de bras des sortilèges de détection, j’arrive devant un petit pavillon vidé de ses habitants et bien que je sois révulsé par l’idée de me réfugier dans ce taudis de moldus, je ne me vois pas revenir au manoir pour sa propre sécurité.

 

Je la sens fébrile sous mon bras. Je sens l’air statique qui palpite autour de moi, mes cheveux se hérissant, l’air chargé d’énergie.

 

§dans la salle de bain§

 

Elle s’est enfin calmée. Je la prends dans mes bras et la transporte dans une pièce adjacente. Un lumos et j’aperçois un lit dans la petite chambre décorée dans un goût plus que douteux. Une surcharge d’imprimés fleuris me donne le tournis pendant une demi-seconde. Ces moldus vivent vraiment comme des elfes de maison ! L’odeur de renfermé confirme l’absence des propriétaires.

Après l’avoir allongée avec douceur et lui avoir lancé un sort de séchage, dégageant de la chaleur qu’elle semble apprécier, je sors de la pièce. J’envoie un patronus à ma mère afin de la rassurer et protège notre refuge incongrue de visiteurs inopportuns.

Finalement je descends les escaliers avec lassitude et j’explore sommairement le rez de chaussée. J’entre dans ce qui semble faire office de cuisine,celle-ci est remplie d’objets hétéroclites dont l’utilité m’est inconnue et m’indiffère totalement. J’ouvre les placards et enfin je tombe sur ce que je cherche depuis quelques minutes : une bouteille de whisky. Malgré la provenance de la boisson, je sais que dans l’état où je me trouve je boirais n’importe quoi pourvu que cela contienne de l’alcool et que ça m’étourdisse assez pour soulager mon état. Enfin je m’assois dans un fauteuil aussi fleuri que la chambre où dort Ginevra. Effondré, je bois mon verre de whisky au goût répugnant attendant le moment où celui-ci me fera de l’effet. J’imagine toutes les personnes que j’ai  connu dans ma vie m’observant dans ce fauteuil, et à cet instant, je repousse toute l’humiliation que cela pourrait être. C’est plutôt risible… Pourtant je ne suis plus le même, la nécessité est ma loi.

L’arrogance de mon Autre vie, comme il m’arrive de l’appeler, cette vie où j’étais fier de mon père, de mon nom, de ma famille, de servir le Seigneur des ténèbres, cette vie où je rêvais de gloire… Cette Autre vie…

Exténué, je dépose le verre et remonte pour me trouver un lit.

J’ouvre doucement la porte de Ginevra. Je ne peux m’empêcher d’aller vérifier son état. Je m’approche du lit. Elle est là, éveillée. Ses yeux me regardent. Elle me touche la main et me la prends. L’éclat de la Lune me permet de voir son visage de nacre. L’intérieur de mon estomac se noue lorsqu’elle me touche. Je ne vois aucune violence dans ses gestes, dans son regard. Elle m’attire à elle et dans un murmure elle me dit :

 

- « Je rêve d’un loup argenté parfois, je me demande si tu es ce loup Malefoy »

 

Elle est allongée et me regarde gravement. Doucement elle me touche les cheveux comme pour faire le lien avec ses pensées. Elle me parait si fascinante. Dans un geste, je me tourne puis l’embrasse. Elle ne dit rien et semble toujours plongée dans ses rêves de loup argenté.

 

Je me réveille le lendemain. Elle est si calme dans son sommeil. Ouvrant les yeux, elle me regarde puis s’étire mollement dans les draps.

 

- « Nous devrions rentrer au Manoir… »

 

 

C’est alors que cette tendresse déclenche une impulsion, un geste. Je me penche et l’embrasse.

 

 

****

 

 

 

                        ***  Une chaleur me picote la joue. Malefoy ne m’a pas réveillé. M’étirant les jambes avec délectation, j’apprécie toutes les courbatures de mon corps. Celle-ci confirme que je suis vivante, que mes jambes fonctionnent, que mon corps m’obéit. Je repense vaguement à ce qui s’est passé cette nuit. Dans un moment de faiblesse, j’ai apprécié être proche de lui. Mon ami, mon mari. Je ne veux pas qu’il s’attende à plus… à mieux. Un moment d’hésitation, je ne suis pas certaine qu’il ne s’agissait pas d’un rêve. Il y avait un loup et celui-ci se transforme en Malefoy qui s’est rapproché de moi et m’a embrassée, d’une douce étreinte, je me suis perdue dans un rêve, un fantasme peut-être.

Souriant à moitié, je prends soudainement conscience du lieu où je me trouve et de la raison de ma venue. L’interlude du loup passé aux oubliettes précède cette prise de conscience rageante. Une boule de haine semble se coincer dans ma gorge.

 

J’aperçois les murs tapissés de fleurs et regarde tout autour. Ma baguette est posée sur le petit guéridon en bois de chêne à côté du lit. Je saisis celle-ci un miséreux sur son bout de pain (comme un drogué sur sa drogue).

Méfiante, je ne sais pas où je me trouve. Comment suis-je arrivée ici ? Où est Malefoy ? Je me rappelle le champ, le piteux échec. Je crie, je hurle.

 

La porte claque et Malefoy se précipite dans la chambre, baguette levée. Je suis debout toujours à côté du lit.

 

- « Ginevra ! Qu’est-ce qui se passe ? On nous a retrouvé ? Tu vas bien ? »

 

- « Malefoy, qu’est-ce qu’on fait ici ? Qu’est ce qui s’est passé ? »

 

- « Tu ne te souviens pas ? »

 

- « Je...je » Un blanc. Je n’arrive pas à lui répondre. Je n’arrive plus à discerner la réalité et le rêve. Je me souviens de l’eau glacée mais en tâtant mes vêtements je vois que je suis sèche. J’ai du fantasmer dans mon sommeil.

 

- « … De l’eau glacée... » J’arrive à articuler.

 

Il me regarde et semble ennuyé. Il me touche le front et dans un moment fugace, je le repousse sans y mettre les formes.

Il fronce les sourcils et me dit :

 

- « Je voulais juste vérifier ton front. Hier tu étais brûlante de fièvre, j’ai dû te plonger dans l’eau glacée. Je ne connais pas les sortilèges de médicomagie assez bien. »

 

- « Je...Oui bien. Je ne suis pas malade ! » Ma voix s’exclame un peu vite. A son air mécontent, je vois qu’il s’attendait sûrement à une autre réaction et peut-être à de la reconnaissance.

 

- « Hem… Oui désolée, je… Merci Malefoy. »

 

Il ne répond pas et me contourne puis s’assoit sur le lit. Il me parle des sorts de protection qu’il a eu le temps de mettre lorsque j’aperçois son manège. Il est entrain de mettre ses chaussures. Je réalise que je n’ai pas rêvé et l’espace d’un instant, j’ai le sentiment d’être la petite Ginny gênée. La sensation n’a pas le temps de se transformer en réaction de rougeur sur mes joues que je me rattrape.

 

- « Malefoy, je n’étais pas moi même hier soir/cette nuit. »

 

Il me regarde, neutre puis hoche la tête un instant silencieux, il se relève et dit : 

 

- « Descendons manger, il va falloir rentrer au manoir. Il faut s’attendre au pire. »

 

Me paraissant bien détaché, j’estime qu’il m’a parfaitement comprise et n’ajoute rien au sujet de cette nuit.

 

- « J’aimerais bien voir ça. Ces chiens galeux de mangemorts n’ont rien à nous dire! »

 

Il esquisse un sourire.

 

- « Le Seigneur des ténèbres oui. »

 

- « Je ne crains pas Voldemort, et tu ne devrais pas non plus. Il ne peut rien m’enlever de plus. »

 

- « A moi, il peut ». Il parle probablement de sa mère, de sa baguette et de sa vie. Néanmoins je commence à croire qu’il éprouve un attachement anormal à Narcissa. Il se rendra bien vite compte que l’on ne devrait s’attacher à personne.

 

- « Estime que tu n’as rien à perdre, que tu as tout perdu. Si tu n’as plus que ta rage, il ne te l’enlèvera pas ! »

 

- « Je ne suis pas toi. »

 

-  « Non effectivement, moi je n’ai jamais été une fouine. »

 

Il me regarde de ses yeux glacés, sa surprise est vite remplacée par un sourire.

 

- « Non toi tu t’es mariée à une fouine. »

 

- « J’ai dit que j’étais prête à tout. Une fouine, un hippogriffe ou un loup… Peu m’importe tant que je parviens à mes fins ! »

 

Ses yeux s’écarquillent à la mention du loup mais il n’ajoute rien.

 

****

 

Chapitre 25 by lilteenmary
Author's Notes:

Merci beaucoup beaucoup à vous, lecteurs qui continuez à lire ma fiction ! Bonne lecture 

 

****

 

*** Ma valise se ferme dans un claquement sec. Plus de deux mois dans ce froid polaire. Je passe une main sur mes yeux en soufflant. Je peux sentir le creux de mes cernes sous mes doigts. Je ne me rappelle plus ma dernière nuit de sommeil complète. Le Seigneur des Ténèbres m'avait renvoyé dans sa prison répugnante. Une juste mesure pour l'être misérable que je suis. Je regrette de rentrer au Manoir. Cependant l'image de Mère et Ginevra m'obligent à prendre mon bagage et sortir. Je jette un dernier regard à la petite paillasse qui m'a fait office de lit ces dernières semaines. Je ne lui dis pas adieu, imaginant déjà mon retour.

 

Mes entrailles semblent sous l'emprise d'un maléfice de saucissonnage. Cette sensation ne m'a pas quitté depuis mon départ. Je suis effrayé par ce que je vais pouvoir trouver à mon retour. Mère a pu me faire parvenir une unique lettre. Ces mots choisis avec soin ne laissent aucun doute sur l'état de Ginevra.

 

J'ai cessé de m'interroger sur les raisons de mon retour imminent. Mon "pseudo-mariage" avec la petite rouquine avait eu l'effet d'apaiser le Lord sur la famille Malefoy. J'avais plus ou moins répondu à ses exigences et Il semble nourrir un certain intérêt pour elle. Révulsé par des pensées malsaines, je ne peux qu'observer que la fascination qu'elle exerce sur moi n'est pas exclusive. A sa manière tordue, Il lui accorde une place bien particulière dans le rang de ses disciples. Et cela n'est pas du tout une bonne chose pour les Malefoy.

 

Dans quelle sordide tâche allais-je devoir me lancer ? L'idée de pouvoir la protéger, la contenir si cela est possible, me motive. Mes dernières recherches sur son étrange mal n'ont rien donné.

 

 

Des hurlements, j'ai la malheureuse impression de ne pas avoir quitté la prison du Lord. Pourtant le Manoir est exactement le même. Aucune poussière. Aucun meuble de travers. Rien n'a bougé.  Je me dirige automatiquement vers ma chambre.

 

- "Drago" un murmure. Dans l'ombre de la pièce, ma Mère s'approche et m'enlace. Elle est si maigre. J'ai honte. Comment ai-je pu penser qu'il valait mieux que je reste dans la prison.

 

- "Ginevra?"

 

Elle n'a pas besoin de me raconter, j'ai compris. 

 

Je descends dans les cachots du Manoir avec réluctance en l'appelant.  Je ne peux me résoudre à ouvrir une des portes, trop terrifié par le spectacle se cachant derrière ces murs. Je crie son nom jusqu'à ce qu'elle se décide à sortir.

 

- "Mon mari qui rentre !" Elle souffle et semble plus que ravie. Cette perspective n'a rien de réjouissant. Je n'ose pas la détailler. Je me focalise sur ses yeux pour ne pas avoir à regarder le sang.

 

 

- " Je te verrai lorsque tu auras.... fini ce que tu faisais."

 

- " Même pas un câlin ou un petit bisou à sa tendre épouse ?" Elle rit. Elle sait que je suis dégoûté.

 

 Elle ajoute "C'est dommage j'aurais pu te faire une petite démonstration ! Les cours avec tantine ont porté leur fruit" Elle me lance un clin d'œil, j'ai  envie de vomir. Je ne peux pas m'empêcher de sortir. Je remonte pour aller prendre une douche.

 

Je regrette d'y être allé mais il fallait que je la vois. Nom de Morgane ! A quoi pouvais-je m'attendre ?! Seule avec cette malade de Bellatrix ... Je me tape la tête contre le mur. Finalement les larmes jaillissent sans le vouloir. Sous l'eau ruisselante, personne ne peut s'en apercevoir. Un mangemort ne peut pas pleurer. Un serviteur du Lord ne peut pas montrer sa faiblesse.

La vision de la petite rouquine me revient. J'ai contribué à en faire un monstre. Je l'ai encouragée, je l'ai laissée tomber sans rien faire. Ma lâcheté ne m'a jamais autant répugné.

 

 

****

 

                *** « Ginevra, le diner est servi, je ne supporte pas de retard ! »

 

Ma chère belle-mère est décidément trop attachée à son éternel repas du soir.  Seule habitude qu'il ne m'ait pas trop désagréable de respecter. En effet, apercevoir le regard haineux des deux femmes me met toujours en joie ! A peine revenu de "on ne sait où", Malefoy fait office de carpette.  Le regard fixé sur son assiette, il évite la bataille silencieuse qui me ravit. Bellatrix semble être sur le bord du précipice, à une baguette d'exploser un feudeymon de sa gorge.  Celle-ci m'offre la seule distraction possible dans cet ennui le plus total...

 

- « Enfin la famille réunie ! »

Ma petite provocation semble réveiller « mon mari ».

 

- « Je vois que tu ne t'ai pas ennuyé durant mon absence. » Malefoy ouvre enfin sa bouche pour énoncer une platitude. Il fait probablement référence à mon apprentissage. Extrêmement assidue dans l'exercice des sortilèges impardonnables, je m'entraine tous les jours sur deux trois prisonniers nés moldus imaginant les deux seuls cadavres torturés qui comptent.

 

- « Tu ferais bien de t'occuper de cette sale morveuse Drago ! Je me demande encore à quoi elle peut servir... »

 

Comment ose-t-elle ? Ce déchet, ce rebut de sorcière se permet de m'insulter.

 

- « La sale petite morveuse a déjà fait bien plus en quelques mois que toi en 15 ans ! Parce qu'à part pourrir dans une geôle d'Azkaban, on ne peut pas dire que tu ais été d'une grande utilité pour ton CHER maître ! »

 

La réponse ne se fait pas attendre. Elle se lève et sort sa baguette. Non perturbée par sa petite démonstration, je continue de manger en souriant. J’entends ses cris enragés alors que Malefoy et sa mère tentent de la calmer.

Jusqu'ici elle s'était contentée de ravager le mobilier du manoir à chaque incartade mais étrangement je sens que cette fois-ci, elle ne pourra pas s'en contenter.

 

- « Ginevra monte dans ta chambre ! » Me vocifère Malefoy.

 

- « Ne me donne pas d'ordres ! »

 

- « Ginevra... » Sa supplique ne sert à rien.

Voyant que je refuse de bouger, il me hurle « GINEVRA MONTE !! »

 

Alors que je m'apprête à l'envoyer paître, un sort m'atteint en pleine figure. Cette garce de Bellatrix ne m'a pas ratée ! Je touche mon visage pour sentir le liquide couler. Sans attendre je réplique : « Confringo ! » La table vole en éclat et tout le monde s'éloigne. Les sortilèges fusent alors que Narcissa semble outrée, Malefoy tente de stopper le duel. Bellatrix lui envoie un sort de désarmement et continue de me cibler avec hargne. C'est à ce moment que Narcissa décide que s'en ait trop. Elle intime sa sœur d'arrêter.  Alors que je la vois baisser sa baguette, je m'exclame:

 

- « Si Voldemort te voyait, il serait déçu Bellatrix ». Je ris à gorge déployée, quelle stupide garce !

 

- « Ginevra vous allez vous taire ! »

 

- « Je suis sa préférée dorénavant parce que moi, au moins, je lui sers à quelque chose ! Ahahah ! »

 

Je n'ai pas le temps de fermer la bouche qu'elle me balance un sortilège que je ne connais pas. Je balbutie et regarde mes bras. Toutes ces marques, tout ce sang. La vision fugace de la petite fille aux boucles blondes me revient en plein fouet. Ce cadavre déchiqueté, ces marques, ce sang... Les déchirures dans la chair... Je hurle de terreur pour finalement tomber à genoux. La peine, la douleur martèlent mon corps. Je ne me rappelais plus que cela pouvait faire aussi mal. Je ne me rappelais plus la douleur que l'on ressent dans sa chair.

Je lutte mais je ne peux m'empêcher de fermer les yeux. Une sombre forêt, une petite fille, du sang... J'ai peur.

 

 

****

 

                        *** Elle va y passer. Elle va y passer. Elle va mourir. Je fais les cents pas dans le couloir du quatrième étage en ressassant une seule et unique pensée. Pourquoi je n'avais pas lancé un Bloclang à Ginevra ? Pourquoi je n'avais pas pu utiliser un bouclier magique ? Je me targue de vouloir la défendre et je ne peux même pas empêcher cette folle de Bellatrix de la massacrer !

A la vue du corps ensanglanté de Ginevra, elle a tout de même mesuré son erreur et s'est calmée. Sortie on ne sait où pour faire on ne sait quoi, je revois Mère me crier de transplaner à St-Mangouste avant qu’elle ne meurt.

 

Pétrifié par le résultat macabre du sectumsempra, je n'ai pas pu bouger. Pourtant Mère s'agite, et tâte le poul de Ginevra. Elle respire encore. Mère me touche délicatement la main. Enfin je sors de ma transe. Elle semble inquiète. Finalement je réalise. Je la prends dans mes bras et transplane. Je hurle à l'aide pour qu'un médicomage vienne au plus vite. Enfin une sorcière arrive en courant… Enfin j’arrête d’hurler, témoin de l’agitation entourant la poupée de chiffon qu’est devenue Ginevra.

 

 

 

Des heures que j’attends, entre espoir et désespoir. Enfin quelqu'un du personnel daigne venir m'informer de son état. Elle va mieux, elle est sauve. Je souffle et me relâche. Sa stupidité ne lui aura pas coûté la vie. Néanmoins le médicomage semble nerveux. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Par la barbe de Merlin, qu'il parle ! Enervé par ce comportement,  je lui intime de tout me raconter sur le champ.

 

- « Je ne peux rien vous dire Monsieur à moins d’être un membre de sa famille. »

 

- « Parlez, il s’agit de ma femme. »

Devant son air choqué, je serre les dents et murmure une fois de plus « Parlez ». Il hésite puis se ravise.

 

- « A-t-elle été victime d’un incident magique auparavant ? »

Par Merlin, cet imbécile n’avait pas lu son dossier ! Quel bande d’incompétents, St Mangouste ne pouvait pas se targuer d’être le meilleur hôpital de Grande-Bretagne avec ce genre d’imbécile. Je ne m’emporte pas, quel intérêt de faire un scandale, Ginevra n’est pas dans la meilleure des postures. Serrant les dents, je me maîtrise facilement…

 

- « Elle a été dans le coma pendant plusieurs semaines et en a perdu momentanément l’usage de ses jambes… »

 

- « Je pense que cela expliquerait certains éléments, l’enfant est… » Il continue à m’expliquer l’état de santé dans lequel elle se trouve.

Les lèvres du médicomage bougent mais je n’arrive pas à en saisir le sens. Trop abasourdi par le choc, je recule de quelques pas.

 

- « Monsieur Malefoy… Monsieur Malefoy, vous m’avez entendu ? »  Le son parvient jusqu’à mes oreilles pourtant je suis toujours incapable d’en mesurer l’ampleur. Elle… elle attend un enfant… Mes pensées commencent à se bousculer à une allure trop rapide. Je me retourne mais je sens la nausée montée à une allure fulgurante. Une main m’attrape le bras et me dirige. Je me sens tombé sur un siège.

 

- « Monsieur Malefoy prenez ceci. » Son ton est calme. Une vasque apparait que je saisis avant de vomir tout le contenu de mon estomac. Quelques minutes plus tard, je respire à nouveau de manière régulière. Je me relève et domine de toute ma hauteur le petit sorcier.

 

- « Vous ne m’avez jamais parlé.  Vous allez effacer toutes traces écrites. Vous ne m’avez jamais rien dit au sujet de son état de santé, ni celui de l’enfant, ni même qu’elle attend un enfant. A personne, même pas à elle.  » J’ajoute ces mots en tirant une bourse de gallions qu’il ne semble pas saisir.

 

-  « La carotte ou la baguette Monsieur, à vous de voir ! » Terrifié, il prend la bourse et s’éloigne rapidement.

 

Dans un geste, je remets mes cheveux en arrière. Ma main retombe et la relevant jusqu’à mon visage, je m’aperçois qu’elle tremble.

Que faire maintenant ? Un enfant … un enfant…

 

 

 

 

Je la laisse dans sa chambre d'hôpital dans un sommeil profond. Epuisé par les évènements je rentre sans attendre. Pourtant à peine ais-je posé un pied dans le salon que Bellatrix revient accompagnée. Son excitation n'est pas de bon augure.

Un stupéfix m'aurait atteint, cela n'aurait pas été différent de ce que je ressens. Potter et Granger se trouvent dans mon salon maintenus par des râfleurs et cette bête de Fenrir. Je m'éloigne pour ne pas avoir à le regarder en face. Un coup d'œil furtif et je peux voir ce qui ne va pas. Potter est partiellement défiguré. Ils me regardent tous les deux.

Bellatrix me demande de confirmer que c'est bien Potter. Comment lui répondre ? Je le regarde dans les yeux. Je me dis que le plus simple serait de le dénoncer et le Seigneur des ténèbres serait satisfait de notre famille. J'aurais un répit. Pourtant je n'y crois pas.

Continuant de le fixer en silence, je ne peux pas, je n'arrive pas à émettre le moindre son. Puis je repense à Ginevra. Sa folie... L'objet de son désir est là devant moi, je pourrais lui servir sur un plateau. Je doute. Quel bien pourrait-elle bénéficier dans l'assouvissement de sa vengeance ? Le sortilège du Sanguis Vincare, le Haima Nemesis ne s'évapora pas à la mort de Potter. Qui sait ce qu'elle pourra alors faire ? Vers qui sa folie meurtrière se tournera ? Une lueur de raison et je m'imagine Ginevra se faisant du mal. Je chasse cette idée pour me concentrer sur ma voix. Trop de sentiments confus, trop de décisions, trop de terreur me paralysent. Je suis un mangemort et je n'aurai aucun répit, je ne peux pas. Je ne dois pas. Il faut que je pense à elle désormais... A eux.

 

Je murmure, et ma tante me scande de parler plus fort. Je murmure que je ne sais pas. Ma décision est prise. Je ne peux pas être celui qui lui creuse sa tombe. Je ne peux pas. Potter transpire la surprise et l'interrogation alors je recule impassible vers ma mère.

Cependant les évènements tournent vite autour de la sang-de-bourbe, Bellatrix est prise de panique et m'ordonne de mettre Potter aux cachots. J'essaye de ne pas penser. J'accomplis ma tâche avec un automatisme forcé.

 

Des hurlements s'élèvent alors que je ferme la geôle. Granger est soumise à l'endoloris.                                                                                                                  

 

****

 

 

End Notes:

Voilà comme vous l'aurez peut-être deviné, la dernière scène correspond à celle du tome 7 avec bien sûr des modifications ! 

Et comme par hasard c'est à ce moment que Ginny se retrouve en incapacité à St Mangouste ;-) 

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, si vous avez des remarques !

Prochain chapitre pour bientôt ! 

 

Chapitre 26 by lilteenmary

 

****

 

 

                ***  Malefoy se tient toujours nonchalant au manteau de la cheminée. Il se veut impressionnant dans son costume noir. Sa posture ne me trompe pas. Il est mort d’angoisse. Sa main qu’il essaye désespérément de cacher derrière lui tremble.

Une image, un flash… Je l’imagine dans une forêt, les feuilles de chênes tombent délicatement sur ses épaules. Un long grincement me réveille.

 

Des effluves de magie s’élèvent des les airs. Voldemort m’a donné toute latitude autour de l’opération « Serpent dans son nid », dont le nom comme le mangemort qui en était à l’origine se passe de commentaires.

 

Malefoy essaie d’accrocher mon regard. J’avais décidé de ne rien lui accorder, pas après la débâcle du Manoir ! Calme-toi, calme-toi…

Ce mantra m’aide à penser plus clairement. Mes proies sont à portée de main et cette famille d’incapable les avait tout simplement laissés s’échapper avec un pauvre elfe de maison…

Ma vengeance, ma vengeance…. J’aurais pu me venger sans cette sangsue de Bellatrix !!! Voldemort furieux, avait une fois de plus agis de manière … très utile dirons-nous. Une esquisse de sourire aurait pu se former si ma rage n’était pas aussi intense… Rien n’est perdu, ce n’est pas la première fois qu’Il m’échappe. Aujourd’hui, au moins JE dirige ces pantins. Ils me serviront peut-être…

 

 

Net, concis, une succession d’évènements parfaitement imbriqués comme les rouages d’une horloge. J’indique à Malefoy de couvrir mes arrière, ce à quoi il me répond en ricanant « Est-ce que ce n’est pas toujours ce que je fais ? »

Je ne réponds pas et me contente d’avaler les quelques gouttes restantes dans mon verre de potion énergisante. Je ne peux avoir confiance dans ce corps qui semble aussi froid et faible que mon esprit est bouillonnant. J’hoche la tête, et transplane.

 

Filant comme un détraqueur le long des couloirs du ministère, je trouve le bureau recherché au bout de plusieurs minutes. Les protections sont écartées une à une par notre expert en sortilège, un homme, dont je n’ai pas pris la peine de retenir le nom. Son visage affreux, couvert de cicatrices de pustules, lui sert d’identité parmi les mangemorts. Malefoy ne parvient pas à maintenir une distance suffisante entre eux sans afficher un air de dégout. Le dégout, je n’en ai plus que pour un type de sorcier, ceux qui soutiennent le Grand, le Courageux, le Brave, l’Elu ! Les autres m’indiffèrent…

 

J’effleure de mes doigts la poignée et finalement la saisis puis j’ouvre.

 

 

Dans son petit bureau, Arthur Weasley, mon père, est assis, courbé par la tâche infinie. La joie qui avait pu l’animé devant ses objets moldus d’amour semble l’avoir quitté définitivement. Il est éteint, frêle. Les cheveux grisonnant, il semble avoir pris plusieurs années en quelques mois. Sur le mur diverses plans et photographies tiennent pêle-mêle… Une seule attire mon attention.

 

Il s’agit d’un portrait de famille. Les Weasleys souriant dans leur tricot de Noël. Maman regarde ses petits poussins avec amour, papa sourit. Les jumeaux embêtent Percy. Bill et Charlie enlacent… M’enlacent moi à vrai dire. La petite Ginny…

 

Ginevra ne t’accroche pas à cette image. Elle n’existe plus, elle s’est évaporée le même jour que Lui, Lui et Elle. Je me surprends encore à les imaginer riant aux larmes devant les cadavres de mes frères. Les seuls qui ont pu être sauvés de la monstruosité de ce monde empli de puanteur, d’horreur. Imaginer que mes parents, les êtres qui ont choisi de me faire naître dans ce monde, aient décidé de trahir leur fille unique au profit de ce traitre, de ce chien, de Lui…

 

J’en pleurerais encore de rage si la haine n’avait pas asséché ce torrent de larmes qui a pu un jour ruisselé sur mes joues.

 

Pourtant la peine m’a quitté. Elle a soulevé le poids de mes jambes. Elle me donne la force tous les jours de soulever un pied puis l’autre. Je vous abhorre mais je vous remercie car si je suis plus forte aujourd’hui, est-ce que ce n’est pas grâce à vous ? Vous qui m’avez trahi ?

 

 

 

Etre face à lui décuple mes forces. Ce visage semble étrangement inconnu comme si tous ces longs mois avaient effacé la familiarité de ces traits. Ses yeux fatigués, ses cernes noires les déforment. Une lueur… Oui. Il a compris, il réalise.

 

- «  Papa, papa.. » Je me force à évacuer toutes les larmes de mes yeux pour rendre l’appel au secours plus crédible.

 

- « Ginny ?! C’est toi Ginny !!! Par Merlin, que t’es-t-il arrivé ma Ginny ?!! » Il se rue vers moi en faisant volé la plupart des papiers de la pièce.  « Ta mère et moi ne pensions pas te revoir » s’écrit-il en larmes. « Oh ma Ginny !! Oh ma Ginny »

 

- « Papa ! J’ai tellement eu peur de ne jamais vous revoir. J’ai cru que… j’ai cru que je ne pourrais jamais m’échapper ! »

 

- « Argh !!! Je l’avais dit ! Je le savais ! Jamais ma petite fille ne pourrait se retourner contre sa famille ! Nous ne dormons plus depuis des mois ! On nous a raconté les pires des horreurs sur toi. Jamais nous n’aurions du te renvoyer à Poudlard ! Jamais ! Même la petite Lovegood, ton amie nous a conté des monstruosités à ton propos ! Mais je le savais… Je savais que cela ne pouvait être ma Ginny chérie »

 

- « Ce sont des mensonges papa ! Luna a été soumise à des sortilèges de magie noire ! »

 

Il me serre dans ses bras trop heureux d’entendre les mots espérés dans ses rêves les plus inavouables. Malgré toutes les preuves dont on a pu l’abreuver, tous les témoins… Une simple crise de larmes, plusieurs petits « papa » affectueux, deux, trois explications vaseuses et la vie de sa chère cadette ont suffi…

 

- « Attends, attends ma Ginny ! » Il me tient toujours de ses deux mains, semblant avoir peur que je m’évapore aussi vite que je suis arrivée. « Dis-moi… Comment t’es-tu échappée ? »

 

- « Papa, j’ai tellement peur… Emmène-moi !! S’il-te-plaît emmène-moi d’abord. Je suis terrifiée… Et s’ILS me retrouvaient  ici?!! Tu es sûrement la première personne à qui ils penseront ! Tu ne peux pas imaginer ce que j’ai vécu, ce qu’ILS m’ont obligé à faire… »

 

Son visage se transforme en opale. Figé d’horreur, il semble attendre que le couperet tombe.

 

- « Ils m’ont soumis à l’imperium et ils… ils …m’ont mariés de force à … »

 

Un son strident sort de sa bouche. Comment un corps si abîmé, si fatigué peut-il encore émettre un son d’une telle ampleur, je ne pouvais l’expliquer.

 

- « Com … comment ont-ils pu ? A une enfant… une petite fille ? A ma fille, MA FILLE !!!!! »

 

- «  A qui Ginny ? A QUI !??? DIS-MOI ! » Il me secoue d’avant en arrière.

 

- « A… à Malefoy »

 

- « Mal … Mal… » Prononcer ce nom à haute voix allait au de-là de ses capacités.

Puis un cri de rage comme je n’en ai jamais entendu m’assourdit le temps de quelques secondes. Cet homme, qui un jour avait été mon père, éprouvait en si peu de temps, une si grande joie et une immense tristesse à la fois.

 

Il m’indique dans une logorrhée verbale qu’il va m’emmener aux quartiers généraux de l’Ordre du Phénix, me donnant par la même occasion le secret du lieu et plus encore sans s’en rendre compte, trop enchanté de sauver sa petite fille.

Toujours agrippé à moi, j’aperçois l’ombre d’un jeune homme entrer, imaginant Malfoy derrière cette silhouette longiligne. Pourtant lui m’a vu sourire, il m’a entendu dans toute mon ironie. Et il n’est pas dupe et ça, je peux le voir dans ses yeux qui sont plus sombres que le jour où il a quitté le Terrier.

 

- « Papa, recule-toi »

 

- « Percy, regarde, regarde qui est là ! Tu vois, je te l’avais dit Percy, ma petite chérie est là ! »

 

- « Recule-toi. Elle ment. »

 

- « Ginny ! Dis-lui, dis lui chérie ! »

Il me regarde interrogateur. Je réalise que le moment n’est plus celui de jouer. Peu m’importe, j’ai eu ce dont j’ai besoin. Je sors ma baguette d’un geste rapide récupérant d’un expelliarmus ses deux sœurs, un sourire vicieux collé à mes lèvres.

 

Son visage se décompose. Père et fils semblent figés. Il comprend, il a enfin compris. Je m’attends à ce qu’il hurle. Il n’en fait rien et finit par prendre la parole, Percy essayant de le protéger de son bras droit.

 

- « Ginevra sais-tu pourquoi ta mère et moi nous t’avons prénommée ainsi ? »

 

Je crois savoir où il veut en venir. Je souris en les tenant en joue.

 

- « « Guenièvre », la célèbre reine, l’épouse d’un grand roi qui le trahit … »

 

Il secoue la tête.

 

- « Non Ginevra, non… Nous t’avons appelé ainsi parce que nous imaginions une femme forte, indépendante, insoumise qui choisirait son destin et qui choisirait son cœur... Mais jamais, au grand jamais, je n’aurais imaginé que ton cœur s’emplirait un jour de haine. »

Une larme roule sur sa joue droite.

 

Percy profite de ce moment pour m’arracher sa baguette et me propulse contre les étagères remplis d’objets moldus en tout genre. Je me sens sombrée dans le noir percevant les derniers mots plein de sanglots de cet homme qui fut mon père.

 

- « Ginevra, ma petite fille »

 

- « Au revoir ma petite Ginny, au revoir… »

 

****

 

 

***Son bras était toujours tendu vers le couloir, sa main essayait vainement d’arracher quelque chose au loin, était-ce leur espoir qu’elle voulait arracher ? Ancrée dans son âme, la vengeance n’avait plus aucune limite…

 

- « Où étais-tu ?! Tu n’as pas vu Percy ?! Ils ont pu s’enfuir ! A quoi sers-tu sinon ?! »

 

Piqué par sa remarque, je lui rétorque.

- « Attends, ne me dis pas que tu ne peux pas maîtriser ce crétin… »

 

- « Nous devons tout de suite récupérer les autres Malefoy ! »  

 

- « Tu penses réellement qu’ils n’auront pas prévu d’évacuation ?! »

Comment parvenir à plusieurs locations secrètes dans toute l’Angleterre en l’espace de quelques minutes ? Ils utiliseront leur patronus pour prévenir tous leurs amis à coup sûr.

 

- « Bien sûr qu’ils ont un plan… » Son sourire mauvais pointe dans la direction où ils se sont enfuis et elle ajoute « Mais moi aussi, j’en ai un ! » Elle sort sa baguette et pivote de quatre-vingt-dix degrés.

 

- « Recule-toi »

Prudent, je m’exécute.

 

- « HOMO GEMINI ! » Elle crie de toutes ses forces, des lumières apparaissent. Sa baguette crache avec fureur pire qu’un Magnar à pointes avec autant d’intensité qu’un Feudeymon.  Je ferme mes yeux aveuglés par la rage de son sortilège.

 

- « Que … Qu’est ce .. ? »

 

Son rire se démultiplie, il résonne dans le couloir infini du Ministère.

Des dizaines de rouquines me contemplent satisfaites…

- « Allez-y maintenant » Crie celle qui est la plus proche de moi…

 

Elle m’attrape par la main et court. 

 

Une véritable tornade rousse déferle dans le Ministère de la Magie, avalant, déchirant, ravageant tout sur son passage. Entraîné par cette force de la nature je suis le mouvement, je ne contrôle plus mon corps, je suis à l’intérieur de ce cyclone, cet ouragan…

Tout semble s’envolait dans son passage, perdu dans cette couleur de feu, je me perds et m’avoue complètement vaincu… Je ne suis qu’un point blanc au milieu du feudeymon et je l’accepte… Le doute me quitte, je la suivrai jusqu’au bout, quoi qu’il en coûte à tous…

 

 

 

Elle les arrête devant les cheminées de transport et se retourne. Elle amplifie sa voix avec sa baguette.

- « Vous savez quoi faire ! » Des dizaines de Ginevra hochent de la tête en souriant… Poupées désarticulées, marionnettes répondant à leur marionnettiste…

 

- « Bien, vous avez 5 minutes. La première qui les voit m’envoie notre patronus » Satisfaite, elle se retourne pour me voir à moitié hagard, le regard attiré par toutes ses répliques…

 

- « Malefoy ! Rends-toi utile ! » Elle désigne deux sorciers tenant des balais dans le grand Hall.

Je fronce, n’appréciant pas le ton, elle rit « S’il te plaît mon cher mari » appuyant bien sur le « cher ».

 

- « Accio balais »

 

-« Stupéfix ! » Les sorciers tombent comme projeté par la force d’un hippogriffe… Sa force.

 

Je saisis le premier balai, elle le second. Nous avons peu de temps, elle me saisit la main et  transplane. Je ne sais pas où, mais je la suis sans questions.

L’odeur de vieux me saisit lorsque je pénètre dans le salon. Une vielle femme rabougrie et sèche semble attendre.

 

 

- « Ginevra » Dit-elle posément. « Ils sont tous partis Ginevra »

 

Celle-ci se tend, mais inhabituelle de sa part, garde son sang froid et glisse vers elle.

 

- « Bonsoir Muriel »

- « Endoloris ! » Des hurlements s’élèvent de Muriel « Où sont-ils ?! Tu vas me répondre vieille peau de centaure ! »

 

Après plusieurs secondes de cris, elle parvient à murmurer. La vision me dégoûte. Ginevra a sorti son canif fétiche et joue avec sa main gauche. Sa séance de torture sur la vieille mule ne mène à rien. Mais je parviens à saisir quelques mots glaçants.

 

- « Haima…Nemesis… le sort de la vengeance »

Je sursaute et fait abaisser sa baguette d’un signe de la main. Un peu de répit pour qu’elle s’exprime.

 

Elle souffle, puis finalement regarde sa nièce sans broncher.

- « Je ne peux rien faire pour toi Ginevra, personne ne peut »

 

- « Pourquoi dites vous ça ? » Ma voix  trésaille.

 

Elle continue sans détourner son regard de Ginevra.

- « Tu es destinée à tuer, à anéantir tous ceux qui te sont proches, qui te sont chers. »

 

Une sensation étouffante s’imprègne en moi.

 

- « Toi » Dit-elle en me désignant, « Tue-la avant qu’elle ne provoque aussi ta perte. »  Immobile, je n’ouvre pas la bouche.

« Mais peut-être que c’est ce que tu mérites ».

 

- « Je me suis mariée, Muriel. Et je n’ai pas eu besoin de ta tiare à deux noises ! »

 

- « Honte sur toi Ginevra, tu ne mérites pas porter le nom de Weasley. Tu as abandonné tes ancêtres, ta lignée, ta famille ! »

 

- « Ils M’ont abandonné ! Ils ont préféré l’élu. Ils l’ont laissé tuer sa famille. »

 

- « C’est le Hamai Nemesis qui parle. Tu es folle ma fille. Rien, je te dis, rien, ni personne ne peut te raisonner à l’exception de la mort. Je ne comprends pas que ton père ne l’ai pas tout de suite vu. Il n’a jamais été très malin. Je l’avais bien dit à ta mère, qu’il n’était pas malin. Tu es comme ta mère, tu n’a pas choisi le meilleur hibou comme époux. »

 

Mes joues brûlent… Cette vieille loque, ramassis de peau détendu, me compare à Wesley père !

Et elle continue sur sa lancée… Postillonnant sa verbe à sa petite nièce.

 

- « Je souhaite que la mort te touche au plus vite pour le salue de tes parents et de tes pauvres frères… Enfin ceux qu’il te reste » Des larmes coururent le long de ses joues tièdes.

 

- « AVADA KEVADRA ! »

 

- « Ginevra ! Par Morgane, qu’as-tu fait ???  Elle était inoffensive, au bord de la mort. »

 

- « Oses-tu me dire que ceux qui sont trop faibles pour survivre nous devons les épargner ? » « Est-ce que toi,  tu as épargné une pauvre petite fille trop faible pour se défendre ? »

 

Le flash de cheveux blond maculés de sang frappe mon esprit. L’intérieur de mon estomac se tord, ce désagréable sentiment qui ne m’avait pas quitté depuis plusieurs mois s’intensifie. Je veux qu’elle se taise, je veux qu’elle arrête de parler de la fillette, je … Je ne veux pas me souvenir.

 

Je me reprends, me raclant la gorge pour reprendre mes esprits.

- « Elle serait morte de ses blessures, c’était inutile »

 

- « Oui tu as raison, je l’ai épargnée de ses souffrances, peut-être que je n’aurais pas dû… Je commence à croire Malefoy que me venger ne suffit plus. Il faut que je nettoie tous ces chiens, ces traitres qui ont soutenu Harry…  Sans ça je n’aurai pas une nouvelle famille…» Finit-elle en murmurant.

 

Que racontait-elle ? Se venger de tous ceux qui soutiennent Harry Potter ? Autant prendre la place du Seigneur des ténèbres… Pourquoi avais-je cru qu’elle était mieux, qu’elle se contenterait de sa vengeance, pourquoi ais-je cru que je parviendrais à maintenir à distance le Haima Nemesis, à le contenir.

 

- « Tu as une nouvelle famille. Tu m’as moi. »

 

- « Je sais que tu es là »

Mais je ne serai jamais suffisant… Elle ne le dit pas, pourtant je pouvais le lire dans son regard, sur ses lèvres. Je n’étais que Malefoy, un moyen pour une fin.

 

****

 

***Les planques étaient nombreuses, mais il avait fait l’erreur de croire en un homme, un seul pour garder le secret.

Sous la route arquée, vestige d’un temps ancien, la trappe se soulève et un escalier en colimaçon apparaît. Je m’y faufile, suivi de Malefoy dont la proximité me fait ressentir son souffle. En s’enfonçant dans les entrailles de la terre, l’air devient humide. J’ai la sensation d’une tannière. Celle d’un loup. Je me retourne et regarde Malefoy, ses yeux argent m’interrogent. Qu’est ce que le Haima Nemesis ? Je chasse cette pensée, l’heure n’est pas aux questions. Je sens ma proie toute proche. Mon cœur s’accélère, la chasse s’ouvre… Le loup est là.

 

- « Professeur ! » A deux nous sommes maitrisons aisément Lupin. J’imagine déjà toute sorte de tortures pour lui soutirer ce dont je rêve depuis plusieurs mois. Mais il me coupe de court.

 

- « Ginny, j’ai vu Harry »

Ce prénom, elle ne l’avait ni entendu, ni prononcé depuis des lustres, tel un tabou posé sur Voldemort. Pourtant il s’agissait de son propre tabou. Deux syllabes honnies … Deux syllabes qui avaient scellé le destin du professeur.

 

- « Ne prononcez pas ce nom» La tête commence à me tourner.

 

- « Oui il était avec Hermione »

 

- « Ne prononcez pas ce nom » Mon crâne semble transpercé par le bec d’un hippogriffe.

 

- « Ginny, ils sont parti ensemble, ils n’ont pas voulu de mon aide… Harry a accepté d’être le parrain de mon fils, Teddy »

Je regardais les lèvres de Lupin bougeait, une étrange flamme était entrain de naître au creux de mon ventre. Une flamme désagréable… Mes jambes tremblaient, les fourmillements excitaient mes muscles. Mes poumons inspiraient bruyamment, je pouvais sentir un air crépitant contre ma peau.

 

- « NE PRONONCEZ PAS CE NOM JE VOUS AI DIT !!! »

 

Ma baguette s’agite. Dans un tourbillon, dans une danse macabre exécutée avec perfection, un cri s’échappe de ma gorge pour envoyer le professeur dans sa dernière demeure.

C’est alors que le silence se fait, tout redevient immobile, figé comme l’expression de stupeur sur le visage de Lupin.

 

- « Ne vous inquiétez pas professeur, je vous envoie Tonks bientôt… De marié, à mariée… Je peux vous faire cette faveur. »

 

****

 

End Notes:

Je ne relate pas ici la scène de la "débâcle du Manoir" car c'est à peu près la même que dans le tome 7 (et écrit à la perfection par JKR !) à l'exception de l'absence de Ron... Ginny est à l'hôpital suite à l'attaque de Bellatrix. 

J'espère que vous avez aimé et encore merci de continuer à lire cette fic !

Chapitre 27 by lilteenmary
Author's Notes:

Nouveau chapitre ! Un peu plus long que les autres !

Bonne lecture !

 

****

 

***Elle n’a pas pu tenir sa promesse. Tonks est trop bien cachée. Par dépit, elle avait tout de même trainé son sang-de-bourbe de père jusqu’au Manoir. Sa vue était trop insupportable pour Bellatrix. Finalement il avait pu échapper aux tortures grâce à ça.

 

Je fais tout pour ne pas à voir ce cadavre, celui qui a été le mari d’Andromeda. Malgré toutes mes précautions, j’entends le bruit du corps se mouvoir comme une serpillère sur un sol collant. Trop écœuré, je sors avant d’avoir à regarder Nagini se délecter de sa chair. Une remontée de flux gastrique... Mère est impassible à la vue de ce beau-frère si honteux. Je m’interroge sur sa réaction si cela avait été sa sœur Andromeda. Aurait-elle été aussi passive ? Oui elle l’aurait été… Elle aurait regardé Bellatrix torturer leur sœur sans émettre le moindre souffle. N’avait-elle pas regardé lorsque son mari, Lucius avait supplié ?

 

Méditant sur cette famille, ou plutôt son absence, je m’isole un moment dans ma chambre. Le Seigneur des Ténèbres est présent, et ne tardera pas à vouloir un récit de la mission. J’essaie de me concentrer et rendre mes pensées inaccessibles. Je n’oublie jamais que nos vies en dépendent, il n’y a aucun répit, aucun.

 

 

Après plusieurs heures de cogitation, j’hésite puis je me dirige vers la chambre de Mère, isolée dans la partie la plus éloignée du Manoir.

 

Ce que je m’apprête à lui dire peut se révéler être une erreur. Néanmoins, j’ai besoin d’elle, la seule à qui je peux faire confiance. Je ne peux confier leur vie à quelqu’un d’autre. Je ne peux lui cacher plus longtemps la vérité, elle me connait que trop bien. Par où commencer ? Que dire ? Tel un fil qui se déroule, je lui avoue tout, je la regarde s’effondrer puis relever le menton, ce menton si fier.

 

- « Je ne peux pas croire ce que tu me demandes Drago. »

 

-  « Mère, le coma magique dont elle a souffert, l’enfant en est affecté d’une manière particulière. Maintenant vous le savez, j’ai besoin de vous. »

 

- « Non Drago tu ne peux pas me demander de  m’occuper d’elle et de cet enfant. Tu t’es marié, tu en as fait suffisamment.» Son ton était cassant, lourd de reproches.

 

- « Mère il s’agit de MON enfant. Vous devez tout faire pour les protéger. Je vous en prie… Nous n’avons plus de famille, nous sommes seuls. »

 

« Et Elle est ta famille désormais ? C’est ce que tu essaies de me dire ? Drago lorsque tu m’as dit un jour qu’elle serait peut-être ta perte, j’ai eu peur. Bien sûr, j’étais terrifiée tous les jours pour toi avant cet évènement. Mais aujourd’hui cette peur qui m’a saisi lorsque j’ai lu ta lettre semble être justifiée. Jusqu’où iras-tu pour elle ? Jusqu’où ??  »

 

- « Vous le savez très bien… »

 

Ses yeux bleus brillent, son air interdit la rend si fragile. Devant son mutisme, je comprends qu’elle fera ce que je lui demande. Un parent fera tout pour son enfant. Je ferai tout pour le mien, mon enfant…

 

 

L’espoir est mince, infime, une étincelle qui germe de la baguette la plus essentielle qui soit. La famille, les parents et les enfants ne sont-ils pas la seule raison de vivre ? J’étais arrivé à cette conclusion le jour où elle m’avait sauvé, le jour où Lucius m’avait trahi…

 

Ce dont Ginevra a besoin ne peut-être qu’une famille. Nous serons cette famille. Potter et les Weasleys l’ont abandonnée à son triste sort. Je n’aurais pas mieux traité mon ancien elfe de maison.

 

Quoiqu’il advienne, je ne l’abandonnerai pas, je la suivrai où qu’elle nous emmène. Jamais je n’aurais pensé qu’une femme serait assez digne d’être une Malefoy mais c’était avant, lorsque je pensais encore qu’il y avait de la dignité dans ce nom.

Elle m’a rendu le peu de dignité que je pouvais espérer après les crimes commis car je la protège, je suis là même si elle ne le voit pas. Ma famille, ma dignité, ma seule vie… Je regrette aujourd’hui de ne pas l’avoir compris plus tôt. Peut-être que servir dans toute sa gloire le Lord n’aurait pas été aussi important.

 

Maintenant je peux voir clairement, la pluie a cessé, la brume s’est levée.

 

 

 

****

 

 

*** Des nausées me font tourner la tête, je tremble et une crampe à l’estomac achève l’état pitoyable dans lequel je me trouve. Je regarde Malefoy avec incompréhension. La peur de tomber me saisit, la peur de ne pas pouvoir me relever. A genoux sur le sol, j’injurie mon corps qui refuse de m’obéir. Soufflant, je m’accroche au mur du bureau des Malefoys et tombe littéralement sur le sol de marbre. Il me scrute et les mots semblent vouloir franchir la barrière de ses lèvres.

 

- « Qui y-a-t-il ? » Le son résonne dans ma gorge, je la sens me brûler alors que la bile remonte en moi, menaçant de jaillir. Je ravale dans un élan et le transperce avec impatience.

 

- « A  St Mangouste, je ne t’ai pas tout dit. »

Il s’avance et se met à ma hauteur, je l’entends me souffler quelques mots. Je ne suis pas sûre de comprendre et pourtant mon esprit est alerte.

 

- « Un enfant ? » L’intonation de ma voix me surprend, je sens à nouveau la tête me tourner désagréablement.

 

Un blanc, un arrêt, je ne pense plus. Puis le souvenir de notre nuit dans la maison moldue me revient… Comment ai-je pu être si bête ? Voilà les conséquences de l’attrait que j’ai pu ressentir ce soir là pour lui. Que s’était-il passé ? Je ne sais pas, et finalement cela n’a plus d’importance aujourd’hui. Pourtant quand je repense à l’état de faiblesse dans lequel j’étais pendant des semaines lors du coma, je fulmine. Il est hors de question de me retrouver aussi faible à nouveau !

 

- « Je ne peux pas avoir d’enfant. »

 

- « Pourquoi ? » Drago ne semble pas offusqué que je ne veuille pas son enfant. Il m’observe attentivement. Il ne m’obligerait à rien même s’il en était capable.

 

- « Je n’ai plus de famille. Je ne sais que trop bien ce que c’est que de la perdre. »

 

- « Tu as une famille. Je suis ta famille et l’enfant aussi. » Son air est déterminé, il veut cet enfant. Je m’assieds et réfléchis.

 

Oui une famille qui ne me trahirait pas… Un sentiment que je n’ai pas ressenti depuis longtemps s’immisce. Une lueur jaillit dans la colère et la rage qui tourbillonnent en moi. Cette lueur est douce et chaleureuse, ce moment de faiblesse m’influence.

 

- « A vrai dire, je suis déjà mariée donc pourquoi pas... Vous serez la famille loyale que je voulais. Mais j’ai d’autres priorités. Je ne m’en détournerais pas, jamais… même pour un enfant. »

 

- « C’est l’espoir Ginevra, l’espoir d’un avenir… »

 

- « Je ne sais pas de quoi est fait notre avenir si ce n’est celui de mes ennemis… »  Je n’ai pas d’avenir, je n’en vois pas si ce n’est l’expectative de ma vengeance mais cela semblait inutile de lui en faire part. Il m’avait aidé jusqu’à présent, il continuerait…

 

- « Alors finissons en avant sa venue. » Ajoute-t-il.

 

- « Oui finissons en. »

 

****

***  « Soulagé », ce sentiment ne m’a pas quitté depuis la révélation faite à Ginevra. Elle n’a pas compris pour le père et je préfère l’induire en erreur. La réalité ne pourrait que la faire exploser, ses maigres chances de survivre au destin funeste de ce sortilège serait anéanties avant même de prononcer le mot « Potter ».

 

 

Sans aucune hésitation, elle s’approche du Seigneur des ténèbres.

 

- « Petit serpent, je vois que tu ne m’as pas été complètement inutile. Vous voyez Messieurs » s’exclame-t-il ! «  La pureté du sang finit par ressortir ! Sa famille de traître-à-son-sang n’a pas empêché cette sorcière de se rallier à la Juste cause qu’est la nôtre. »

 

Rageuse elle ne voit pas l’intérêt de l’auditoire.

 

- « Vous n’avez pas tenu votre promesse »

 

- « Ma promesse mon petit serpent ? »

 

- « Celle de me L’amener. »

 

Son rire est froid.

 

- « Je n’en ai pas besoin… Harry Potter viendra à nous. »

 

- « J’aime lire dans ton esprit… C’est toujours très plaisant ! Tu as une imagination débordante Ginevra Malefoy. Peut-être devrais-je te mettre en charge de l’interrogation de nos prisonniers les plus réluctants… » « Oh oh, mais que vois-je ? »

 

- « Je me dois de vous féliciter Narcissa, Drago ! » 

Il a compris pour l’enfant. Mon souffle est coupé, je bloque mon esprit le plus possible. Ginevra quitte la pièce, Voldemort lui accorde cette largesse, son nouveau jouet lui est trop utile.

 

En se tournant son corps immonde vers Bellatrix ployant devant une divinité, Il ajoute à son égard : « Il ne manque plus que votre petit neveu et cousin loup-garou pour former une magnifique famille ! »

Des rires s’élèvent de l’assemblée de Mangemort, et je vois ce porc d’Avery me faire des signes ostentatoires.

 

Rouge de honte Bellatrix ajoute « Comme son père et bientôt sa mère, il finira dans les égouts du chemin de Traverse, à nourrir les scrouts à pétard »

 

- «Somptueux ! »

Il se tourne à nouveau vers moi, puis siffle.  « Ah Drago… Je vais t’avouer un petit secret… Ton cher papa que j’ai tué avec délectation. »

 

- « Il a eu le sort qu’il méritait mon Seigneur. »

 

- « Oui oui, mon petit Drago, je suis d’accord. Son amour pour sa famille était sans limites »

 

Face à mon interrogation, il rit grassement « Oui j’ai bien son « amour », car sa plus grande faiblesse était sa famille. Et il a préféré te défendre lorsque tu as lamentablement échoué à tuer Dumbeldore. »

 

Mère a un hoquet de surprise, Père ne nous avait pas trahis, ne nous avait pas abandonnés…

Balayant d’un revers de la main, la réaction de sa veuve, le Lord se tourne vers moi dans un sifflement inhumain « Drago, mon petit Dragon, tu te poses peut-être la question de savoir pourquoi je te donne cette information. Je veux que tu fasses très attention, je veux que tu réalises que ta loyauté ne doit être dirigée que vers une seule et même personne, non ta mère, ta femme ou ton enfant à naître mais seulement Moi Drago. Ne fais pas la même erreur que ton père, tu t’es révélé bien plus utile que lui… »

- « Montre-moi que tu es fidèle comme Bellatrix »

 

- « Oui Drago montre au Seigneur des ténèbres, que tu ne vis que pour sa grandeur !! » La vieille carne semble  prête à boire les paroles du Lord.

 

L’occlumencie n’est pas suffisante avec le Seigneur des ténèbres, seule la résignation semble possible. Vivre pour mieux servir, vivre pour obéir, vivre pour protéger… Il n’y a aucun doute sur le sort de Mère et de Ginevra si je refuse la soumission absolue.

 

- « Dites moi quels sont vos ordres, Maître »

 

- « Ta loyauté me fait chaud au cœur mon petit Dragon, je te récompenserai avec une éducation de choix pour ton enfant. Poudlard sera remanié pour enfin faire des sorciers de véritables conquérants ! Et il grandira dans un monde où  moldus et sang de bourbes seront enfin à leur juste place. »

 

- « Je vous en remercie Maître, cet enfant n’existe que par votre volonté. »

 

- « Et ma volonté est faite, tu éduqueras donc un nouveau serviteur à Notre cause ! »

 

 

 

 


Mère me fait signe de la suivre dans ses appartements. Plusieurs jours se sont écoulés depuis la scène pénible devant le Lord. J’ai une petite idée de l’objet de notre conversation. Ginevra a été inépuisable de tortures depuis ce jour, à croire que de savoir pour l’enfant la rend encore plus impitoyable. Bellatrix et elle ne se sont pas affrontées depuis que le Seigneur des ténèbres était venu.

 

- « Il faut lui mettre des limites Drago. »  Je la sens agacée et inquiète. Son air impassible l’a quittée.

 

- « C’est impossible Mère. » Les dernières paroles de la vieille Muriel me revinrent à l’esprit « Rien, ni personne ne peut te raisonner à l’exception de la mort »

 

- « J’ai vu le sort. Mon aïeule m’en a parlé un jour. Un véritable massacre. C’est extrêmement rare. Si rare que seuls les véritables sorciers s’en souviennent… »

 

- « Que voulez-vous dire ? »

 

- «  Aucun moyen de la sauver. Il s’agit d’une forme de magie innée. Rien ne peut l’entraver, si ce n’est la mort. » Aucun moyen de la sauver… Je me raccroche encore à un espoir, aussi infime… L’idée qu’un avenir existe… Je ne veux pas l’écouter.

 

- « Pourquoi elle ? »

 

- « C’est une sorcière puissante… »

 

« …mais… »

 

- « Détruite »

 

- « Je n’ai trouvé aucun moyen de la sauver » Cet aveu me frappe douloureusement.

 

- « Ce n’est pas elle que tu peux sauver »

 

- « Que voulez vous dire ? »

 

- « L’enfant. Il n’y a que cet enfant que tu peux secourir et retirer à la mort »

 

- « Pourquoi cet engouement pour l’enfant, Mère ? Que ne me dites-vous pas ? »

 

Un silence s’abat entre nous.

 

- « Je sais que cet enfant a de l’importance pour toi, pour moi. Je ne sais pas dans quelle mesure mais je le crois. »

 

- « Vous ne croyez pas en la divination, Mère »

 

- « Ce que je crois n’a plus d’importance depuis longtemps Drago. »

Puis elle ajoute.

- « As-tu rêvé ? »

 

Je me tais.

 

 

Sur l’insistance de Mère, je rencontre Severus Rogue. Il me tend une petite fiole que j’imagine encore une potion de sommeil sans rêve.  J’ouvre le bouchon, lorsqu’il retient mon bras.

 

- « Celle-ci n’est pas pour toi Drago »

« Miss Weasley en aura besoin avant la fin. »

 

- « Pourquoi aurait-elle besoin de cette potion ? »  J’en viens à me demander s’il ne s’agit pas de poison. Mère ne cautionnerait pas de la tuer ainsi.

 

- « Savez-vous quel est le principe de la potion tue-loup Drago ? Oui vous devriez le savoir. Elle calme les ténèbres et la rage animale qui se réveille chaque mois. »

 

Je saisis, Rogue sait de quoi est atteinte Ginevra ou du moins il en a une idée.

 

- « Le moment viendra Drago, où le Seigneur des ténèbres appellera ses serviteurs pour l’ultime combat. Miss Weasley aura alors besoin de cette potion. Vous me comprenez Drago. »

 

Trop abasourdi, je ne peux qu’hocher la tête. Severus Rogue a toujours  eu la confiance du Lord. Serait-il entrain de suggérer d’outrepasser ses consignes pour la protéger ? Pourquoi ?

 

- « Peut-être qu’un jour tu comprendras Drago »

Ai-je parlé ou a-t-il lu en moi ? Un rictus puis il ajoute « Non en fait je pense que tu comprends déjà. »

 

Cet art de cultiver le mystère m’a toujours exaspéré et je n’ai pas envie de chercher le fond du message. D’un signe de tête je le remercie.

Ce fut la dernière fois qu’il vint au Manoir.

 

 

Finalement ce jour prédit arriva et grâce à lui, nous savions. Le Seigneur des ténèbres était prêt à attaquer Poudlard. Il me confie une mission toute particulière. Je cours retrouver Mère dans les cuisines, elle a déjà tout prévu.

 

-  « Kreattur, tu dois protéger la descendance de la famille Black ! Drago et son enfant à naître. Tu t'es montré fidèle, il faut continuer, tu feras tout ce dont Drago t'ordonne comme s'il s'agissait de moi ! »

 

- « Oui Maitresse, Kreattur aide la famille Black.»

 

- « Kreattur, le sang des Black coulent en eux, ne les abandonnent pas. »

 

- « Jamais Kreattur n'abandonnera le sang des Black, le sang-pur »

Le sang pur... Je grimace. Ginevra vient d'une famille de sang pur, de traîtres et son enfant à naître n'est pas un sang pur. Mais ceci Kreattur n'a pas à le savoir. Sa loyauté, très labile, nous est acquise par la pureté du sang de la noble famille des Blacks. Au moment même de la naissance de l'enfant, il comprendrait que celui-ci n'a pas de sang Black. Mais à ce moment nous n'aurions plus besoin de cette "créature" répugnante et traîtresse.

 

Je fis un signe de tête à Mère pour lui signifier que je suis prêt et me dirige vers le jardin où s’entraîne inlassablement Ginevra.

 

 

***

 

*** Le jour décline, je regarde le vif d'or tourbillonner autour des branches du vieux chêne centenaire. Il représente un des mes entraînements favoris. Il y a quelques mois, pour des raisons différentes. Le quidditch et surtout Lui...

Aujourd'hui, lorsque je l'observe, il provoque ma rage... Cette bête tapie en permanence au fond de moi qui déferle en toute occasion. Pourtant, je la regarde avec un calme froid, réfléchi. Mon corps est épuisé. Depuis l'annonce de Malefoy, je ressens ce corps faible. Parfois je regrette ma décision. Je ne sais pas bien pourquoi je veux d'un enfant. Au fond je pense que je n'en veux pas. Et puis je revois les sourires de mes frères.

Quelques larmes coulent sur mes joues. L'humidité colle des mèches de cheveux. Je touche alors mon bas ventre comme pour m'assurer qu'il ne s'agit pas d'un rêve. Intérieurement j'espère un garçon qui leur ressemble.

 

- « Ginevra, il faut y aller, Kreattur vient avec nous. »

 

- « Pourquoi avons-nous besoin d'un elfe de maison ?! Cette vercrasse n'est bonne qu'à laver le sang sur le sol des cachots et les peaux de Nagini »

Cette dernière réplique le fit grimacer. Je souris. Nagini le rebute. Le dégoût s'affiche sur son visage.

 

- « Tu n'aimes pas Nagini ?! »

 

- « Peut-être que tu l'apprécies, toi ?! »

 

- « Il est efficace. »

Deuxième grimace, bientôt il rendra son petit déjeuner devant moi. Soufflant, je me lève.

 

- « Pourquoi veux-tu emmener l'elfe de maison? »

 

- «  C'est un bon traqueur, il peut aider. »

J'hoche la tête. La piste est mince, autant avoir un niffleur professionnel... L'excitation s'imprègne dans tout mon corps, je ne sens plus la fatigue.

 

- « Allons-y »

Malefoy n'exprime plus rien, il récupère le vif d'or en un mouvement rapide et me tend sa main.

 

A l'affût, baguette en l'air, j'écoute le moindre mouvement. Un ploc et je me retourne brusquement lançant un doloris à deux centimètres de Kreattur arborant un air indigné.

Alors que je continue d'explorer la pièce principale de ce qui ressemble à une chaumière de campagne, plusieurs éléments attirent mon attention. Non seulement elle paraît inhabitée depuis plusieurs années mais on ne relève aucune trace de vie, ni de magie...

Malefoy s'est tout de suite dirigé vers la porte d'entrée. Lorsqu'il franchit son pas ouvrant vers une campagne verdoyante, je vois son air soulagé. Je comprends.

 

-  « Malefoy, cette piste pour Les retrouver... Tu as mentionné qu'Avery te l'avait fournie. Comment a-t-il eu cette info ? »

Il ne répond pas.

 

-  « Malefoy » Ma voix tremble légèrement.

 

Impénétrable jusqu'alors, il passe la main sur son visage, dans un geste de relâchement.

 

- « Avery ne m'a pas donné cette adresse. Il ne la connait pas. Personne ne la connait. »

 

- « Alors qu'est-ce que nous faisons ici. »

 

- « Nous sommes ici pour votre protection. »

Le « votre » ne me plait pas.

 

- « Malefoy, que t'a dit Avery ? »

 

- « Le Seigneur des ténèbres va lancer son attaque sur Poudlard. Potter s'y trouve. Tu vas bientôt sentir la marque des ténèbres te brûler »

Je me fige, je n'ai pas entendu ce nom dans la bouche de Malefoy depuis des mois. La bête, cette rage se déploie dans toutes les particules de mon corps. Je sens un crépitement.

 

-  « Malefoy que faisons nous ici ? » Je ne contrôle plus le tremblement de ma voix.

 

-  « Vous serez à l'abri, quelque soit l'issu de la bataille. »

Je me mets à rire.

 

- « Tu as fait une grosse erreur Malefoy... Une terrible erreur. Je suis peut-être « ta femme » mais tu n'as aucun pouvoir sur moi. »

Je me concentre pour transplaner au plus vite vers Voldemort. Je sens mon avant bras me brûler.

 

- «  Tu ne peux pas sortir. »

C'est ce qu'il va voir ! Je lui lance un stupefix qui rebondit et me rate de peu. J'hurle et m'acharne sur la porte, les murs, cherchant un sort, un moyen de sortir.

 

- « Cette maison est soumise à un sort aussi ancien que Merlin, c'est un secret de famille Ginevra. Tu ne peux rien faire. Tu ne peux sortir par aucun moyen moldu ou magique sans que je le veuille. Même la mort ne peut t'en délivrer, seul celui qui t'y soumet le peut. En l'occurrence, je suis le seul à pouvoir te libérer Ginevra. »

 

Cette situation est plus que familière. C'est loin d'être la première fois que Malefoy tente de me séquestrer...

- « Malefoy, je pensais que toi...tu ne me trahirais pas. Que tu m'aimais assez pour ne jamais me trahir. »

Il sursaute.

 

- « Tu... tu.. » Il bégaie... Puis il se ressaisit.  « Je vous protège. »

 

- « Tu m'avais promis ma vengeance à n'importe quel prix »

Il secouait la tête « non non ».

 

- « Si tu as lu en moi. Tu sais également que je ne te laisserais pas mourir et emporter avec toi l’enfant.»

- « L'enfant ?! »  Incrédule, je touche mon ventre. Je regarde Malefoy et je ressens quelque chose qui était devenu étranger avec les mois : la peur. Il ne me laissera pas sortir, résolu, il n'est pas le Malefoy manipulable à outrance. Je pensais me servir de lui, mais je constate amèrement qu'il m'a eu.

 

- "C'est vrai, tu as raison" dit-il " Je… je t’…" Il ne veut ou ne peut finir sa phrase. C’est inutile.

 

- « Je sais. »

 

- « J'ai tout accepté de toi. Je sais aussi que ce n'est pas réciproque. Le jour où j'ai décidé que je te protégerai quoi qu'il m'en coûte, je me suis juré. Tu es ma femme, tu es ma famille. Je protège ma famille. »

 

Je me mis à rire puis à crier, je n'entends plus les mots "menteur", "traitre"... Il ne bronche pas alors que je m'épuise à taper contre la barrière transparente...

Il se retourne et j'entends un "ploc"... Il a transplané vers Poudlard me laissant seule, faible, enfermée à nouveau.

****

 

End Notes:

Merci pour votre lecture ! Je dois vous annoncer qu'il ne reste plus que trois chapitres à cette histoire et donc qu'elle arrive bientôt à sa conclusion... snif snif

Les derniers chapitres sont déjà écrits et suivront avec plus de rapidité que celui-ci :-)

 

Chapitre 28 by lilteenmary

 

****

 

 

*** Maintenant que je me trouve devant eux… La haine dont est abreuvée Ginevra me tourmente. Je ne peux pas le tuer… Je dois le faire pour les sauver, elle et l’enfant, mais ce sentiment de lâcheté réapparait… Le Seigneur des ténèbres veut Potter pour Lui… Toujours hésitant, Goyle me traite de lâche. Les images de tous les morts se matérialisent dans mon esprit. Je m’arrête à la petite fillette aux cheveux blonds. Son sang jaillissant, tous mes membres tremblent, je sens ma main moite se crisper sur la baguette de Mère.

 

Je n’ai pas besoin de choisir, Goyle décide pour moi en relâchant une monstruosité de feu… Les flammes consument la salle dans un déchaînement couleur ocre.  Je me mets à courir pour ma vie, pour nos vies. Je ne pensais pas qu’il pourrait le faire, lancer un feudeymon. M’agrippant comme à un dernier souffle de vie, je monte sur les étagères pour trouver refuge dans les hauteurs. J’en oublie Potter et Granger, qu’ils brûlent en enfer avec nous ou pas, peu m’importe à cet instant. J’entrevois les cheveux flamboyants de Ginevra dans le feudeymon. La métaphore me donne l’envie de pleurer, mais la chaleur se fait si étouffante qu’aucune larme ne s’échappe. Me ruant avec les dernières forces puisées dans ce qu’il me reste de volonté, je continue à monter toujours plus haut. Aucune échappatoire, l’enfer, cet enfer tant redouté m’aspire… Je mérite les limbes pourtant la mort m’effraie, la douleur me pétrifie. Plus puissante le destin indécis de Ginevra et Mère me rappelle dans le présent et j’ouvre mes yeux secs et tiraillant.  J’aperçois Potter sur un balai qui m’attrape et me sort de l’enfer du feudeymon.

 

A peine sorti de la salle sur demande, je me retourne et m’enfuis toujours choqué par le sortilège de Goyle résultant par la mort de cet imbécile. Un serviteur du Seigneur des ténèbres se trouvent devant moi. Je n’ai pas le temps de réfléchir que je lui cris que Potter est juste derrière moi. Le mangemort me regarde et me lance un sort. Deux fois en peu de temps, la mort n’arrive pas et Potter derrière moi a toujours la baguette levée.

Pourquoi ne m’a-t-il pas laissé dans la salle ? Saint-Potter protège même les ennemis, grand bien lui fasse…  S’il connaissait la vérité, je doute qu’il m’aurait accorder cette miséricorde.. Je trouverais un autre moyen de satisfaire le maître… Je ne peux pas le tuer, je ne peux pas le livrer… Je dois m’éloigner des combats, je dois rester en vie …

 

A deux doigts de la mort, la peur de laisser ma famille seule, abandonnée comme l’a fait mon père me hante. Je ne tente pas Merlin en poursuivant Potter et Granger mais essaye de fuir, je ne veux plus tuer, les visages qui hantent mes nuits me suffisent amplement…

 

 

Mère me urge de revenir vers elle… Hésitant, je n’ai pas le choix… Le Lord me regarde d’un sourire satisfait et répugnant… Elle ne semble pas effrayée. Toujours impassible, elle me serre le bras soulagée… Je lui murmure un « désolé » dans le vague, craignant la boucherie qui risque de se profiler. Alors que Londubat joue les héros, mon corps se glace alors que Potter se relève des morts sous les cris, les exclamations… Mère ne semble pas surprise et me tire vers l’arrière… Pendant que les sorts semblent fuser à nouveau, elle m’attire dans un coin de la salle et me serre contre elle attendant la fin … Dans un sens ou dans l’autre, la fin arrive…

J’entends Potter, assuré parler de Rogue et de son amour pour sa mère Lily… Qu’est-ce que ? Rogue est mort… Mère trésaille contre moi, et je reste dans ses bras comme un enfant prostré par la peur… Je ne veux pas qu’elle meure…

Je ferme les yeux, et attends.

 

Un son, une silhouette me sort de ma transe. Mme Weasley est bien la mère de Ginevra, j'ai beau  avoir voulu couper tous liens entre les deux, ses yeux, ses traits, son expression  de rage lorsque Bellatrix tente de tuer son fils... Je ne peux nier la ressemblance. Je ne sais pas si cette fugace image a été la raison mais lorsque je vois l'attaque de Fenrir Greyback, je lance un protego devant la mère de Ginevra... Étonné le fils Weasley se retourne. Mon sort ne suffit pas, les parents Weasley se retrouvent acculés faisant barrière de leur corps pour protéger un de leur dernier enfant... Trois mangemorts s'acharnent et craquellent les défenses magiques de chacun, j'ai à peine le temps de fuir qu'un Avada multiplié par trois frappe les Weasleys de plein fouet. Le fils indemne est rejoint par les derniers membres de l'Ordre du Phénix qui réplique... Mère me tire en arrière et m'enlace, me soufflant « Tu es en vie ».

Je ne réponds pas, oui je suis en vie et eux sont morts. Je repense à Ginevra, seule, ignorante de tout, à l'abri des autres si ce n'est à l'abri d'elle-même...

 

 

 

 

 

 

                - « Vous n’étiez pas étonnée de voir Potter en vie… »  Je n’avais pas osé poser la question avant que nous soyons seuls au Manoir.

 

                - « J’ai menti au Seigneur des ténèbres en lui disant qu’il était mort » Il me faut plusieurs minutes pour absorber l’information.

 

                - «  Pourquoi l’avez-vous risqué ? »

 

                - « Pour te protéger… Et Il m’a persuadé, Il nous a persuadé que ton père t’aurait vendu pour se sauver… Jamais je ne pourrais me pardonner de l’avoir cru… Jamais, Lucius nous aimait, il t’aimait. » Ses yeux brillant me persuade de l’étreindre.

 

                - « Mère vous ne pouvait rien dire à propos de Ginevra au procès. N’évoquez que le mariage, ne parlez pas de l’enfant »

 

                - « Je ne suis pas folle Drago, elle sait ce que tu as fait… Si les aurors n’ont qu’un soupçon que tu la caches, c’est fini… Ils t’enverront à Azkaban, et je ne pourrais pas le supporter. »

 

                - « Personne en vie n’est au courant pour le mariage et le rat puant, Queudver est mort. Ginevra ne pourra pas me trahir. Mais elle sera internée ou mise à Azkaban si on la retrouve. Mère, elle a tué et torturé… Tout le monde est au courant. »

 

 

****

 

 

 

 

 

*** Je suis allongée sur un lit de feuilles brunes, rouges, vertes. Une légère bruine tombe rendant ma peau moite. Une musique résonne des tréfonds de la forêt. J’entends le vent à travers les branches et les créatures murmurent entre elles. Je me sens à la fois exclue et faisant partie de ce tout.

Le loup au pelage argenté n’est pas loin, il semble tourné dans un cercle infini dont je serais le centre. Je l’appelle mais il ne répond pas, il reste sourd à mes suppliques.

 

Le sang ruisselle le long de mon corps. Je n’ai pas mal, je ne sens rien. Enfoncée dans un recoin, je ne vois plus que les branches, la forêt.  J’oublie le reste, j’oublie les cris de la petite fille qui appelle son père.

 

Je me réveille et me lève difficilement, Kreattur a déposé l’habituel petit déjeuner sans un mot avec une potion calmante au goût infect. Je me demande si Malefoy à frapper l’elfe de maison d’un sort de langue de plomb. Je balaye cette idée, ce n’est pas nécessaire, il n’a besoin que d’un ordre. 

 

Je jette un coup d’œil à mes bras. Les cicatrices ont disparu grâce à l’essence de dichtame de même que tout objet potentiellement tranchant, m’obligeant à manger avec les doigts. L’elfe a poussé le vice jusqu’à me couper les ongles pendant mon sommeil forcé.

 

Je regarde mon ventre. Après des jours et nuits à crier, à casser, j’avais fini par espérer la venue la plus rapide possible de l’enfant. Malefoy s’en occuperait non sans goûter à une petite remontrance personnelle. Je souris à l’idée, ou plutôt aux idées que j’avais eu durant tout ce temps.  Et enfin je retournerai à ma chasse. Ma seule crainte : que Voldemort me vole ma vengeance. Je l’attends depuis tant de temps. J’en ai besoin… Un besoin qui me consume depuis trop longtemps déjà…

 

 

 

****

 

 

*** Le bruit est assourdissant, plusieurs coups de marteau résonnent et un relatif silence s’instaure dans la salle d’audience.

 

- « Je n’imaginais pas que mon fils se marierait sans avoir fini ses études en pleine guerre. » Mère reprend posément la parole.

 

- « Je n’ai pas eu le choix, après la mort de mon époux, j’avais peur pour mon fils. La seule chose que je n’ai jamais voulu, c’est le bonheur de mon fils, qu’il soit en sécurité. »

 

Alors que je m’imagine déjà dans une cellule d’Azkaban, quelqu’un intervient.

 

- « Arrêtez ! Personne à 17 ans ne souhaite se marier. Et je doute que Drago Malefoy soit une exception ».  De légers rires s’élèvent et des hochements de têtes se multiplient.

 

- « Monsieur Potter, vous n’êtes pas autoriser à intervenir »

 

- « Je pense avoir gagné ce droit ! » Des applaudissements et des cris d’approbation pour Saint-Potter.

 

- « Sans Malefoy, aucun de nous ne serait ici. » Ajoute-t-il dans un murmure.

 

- « Miss Weasley n’est pas ici pour s’exprimer. Nous ne pouvons que présumer ce qu’il lui est arrivé. »

 

Le silence, l’ombre de la famille Weasley est pesant. Les trois derniers fils sont assis à côté de Potter et Granger. Elle ne cesse de me lancer des regards.

 

- « Monsieur Malefoy, pourquoi avoir accepté ce mariage ? »

 

- « J’ai accepté car je préférais me marier au Manoir près de ma mère que vivre plusieurs lieux sous terre dans une prison voire un cercueil. Il n’y a aucune gloire à être mort et ce n‘est pas de cette manière que j’aurais pu protéger ma mère. »

 

- « Sale mangemort, si tu as osé toucher ma sœur !! » Bill Weasley complètement soûl, est retenu par son frère. Le juge intime le silence une fois de plus.

 

- « Severus Rogue a proposé au Seigneur des ténèbres cette alternative au meurtre. Je n’ai pas eu le choix. Elle a décidé par elle-même. J’ai été forcé contrairement à elle. Je ne sais pas quels projets le Seigneur des ténèbres a pu avoir pour elle après les renseignements qu’elle a pu lui fournir. »

 

- « Pour quelle raison, Miss Weasley aurait consenti à ce mariage selon vous ? »

 

- « Je n’ai pas vécu avec Miss Weasley, je ne présume pas quels auraient pu être les plans du Seigneur des Ténèbres à son égard ni les siens. Nous ne nous connaissions pas, nous étions ni dans la même année, ni dans la même maison. Son frère n’était pas un ami et mon père n’appréciait pas cette famille. Au de-là je ne peux vous dire pour quelles raisons elle a accepté ce mariage. »

 

- « Savez-vous où elle se trouve à présent ? »

 

-«  Elle a disparu avant la bataille de Poudlard, je ne l’ai pas revu. »

 

Je repensais à notre visite à l’hôpital. Le médicomage avait péri quelques semaines après. La chance était de mon côté cette fois. Mes pires crimes étaient tombés dans les abîmes. Personne était encore en vie ni pour les raconter, ni notre histoire, ni celle de Ginevra. Elle resterait cachée aussi longtemps que possible. De ma bouche, rien ne pouvait sortir, mes souvenirs étaient scellés. Le Magenmagot n’avait plus le droit d’utiliser le veritasérum sur les prisonniers au grand désespoir de certains…

 

 

 

Alors que je me dirige vers l’ascenseur du Ministère, une voix m’interpelle.

 

 

- « Malefoy, tu n’as pas revu Ginny… Tu en es sûr ? »

 

- « Je ne me risquerais pas à mentir au Magenmagot »

 

- « Je n’oublis pas ce que tu as tenté de faire pour ses parents. Ils souhaitaient que je la retrouve. »

 

- « Je ne l’ai pas vu depuis le » Je m’interromps «  … le mariage, des semaines avant la bataille.  »

 

 

- « Malefoy… » Elle semble presque gênée. «  J’ai parlé à Chang, elle m’a dit que tu savais pour Ginny. Tu savais qu’elle l’avait tuée. Qu’elle était devenue folle. »

 

Puis elle ajoute sûre d’elle.

- « Tu la protégeais, tu la protèges »

 

Maudissant Chang ne pouvant être tuée plus d’une fois. Ce pressentiment qu’elle n’en avait pas fini avec son bourreau se confirmait aujourd’hui.

 

- « Non, je ne protège que moi et ma mère. Ginevra n’a jamais eu besoin de ma protection ! »

 

- « Ginevra ? » Elle hausse un sourcil.  « Peut-être es-tu plus proche de « ta femme » que tu ne le laisses penser ? » « Allons parles moi, Harry n’est pas là, ses frères non plus, et je ne t’égorgerai pas. »

 

- « Non mais tu l’égorgerais peut-être elle. Pourquoi veux-tu la retrouver ? Tu as peur qu’elle se mette entre Potter et toi encore ? »

 

- « Tu es au courant. »

 

- « Elle y a vaguement fait allusion devant moi. Ce n’était d’aucun intérêt à l’époque et encore moins aujourd’hui.  Mais si tu la retrouve, je pourrais peut-être annuler le sortilège qui nous lie. Cherche ailleurs en tout cas,  je n’ai plus rien à te dire. » J’ai envie de rajouter une insulte à la face de cette sang de bourbe mais la contrition étant le mot d’ordre, je tourne les talons et transplane sans attendre.

 

 

La chaumière semble délabrée de l'extérieur, elle ne reflète que le temps qui passe. Des feuilles lierres et de vignes vierges s'entremêlent sur le côté ouest de sa façade. C'est l'image d'une maison qui abrita une famille heureuse autrefois, dans des temps si reculés qu'aucun vivant ne peut s'en souvenir.

Je déteste cette maison, trop perdue au milieu des bois... Sans le vouloir, elle me ramène sans arrêt à cette nuit d'infamie. Cette nuit où le Seigneur des Ténèbres a fait de moi un meurtrier... Mais ce n'est pas une fillette qui sert une tasse de thé à sa poupée. Non c'est une jeune femme rousse, qui contemple son ventre arrondie. A-t-elle compris ? Non, non, je chasse cette pensée...

Je regarde Ginevra de loin, je ne sais que faire... Harry Potter et Hermione Granger sont vivants et le Lord a été anéanti.

Tant que je n'aurais pas de remède au Haima Nemesis, je ne peux que la contenir. Oui, approuvant cette idée, une fois de plus et comme tous les jours depuis des semaines, je me retourne, convaincu et motivé plus que jamais à extirper les ténèbres de la petite rouquine. Je ne peux pas l'abandonner, je ne l'abandonnerai pas. Il n'y aucun répit dans ce monde, aucun répit...

 

****

 

End Notes:

J'espère que ce chapitre vous a plu ! Qui s'attendait à ce que Cho Chang parle à Hermione ?! Que nous réserve la fin ?? Mdr 

Le prochain chapitre dans une semaine max et sera le dernier avant l'épilogue ! 

Merci de votre lecture ;-)

Chapitre 29 by lilteenmary
Author's Notes:

Bonjour ! Dernier chapitre avant l'épilogue (snif snif) qui arrive dans quelques jours... Celui-ci est très court ! 

 

****

 

*** Avais-je déjà ressenti une douleur aussi intense ? Oui … Oui des millions de fois… Mon corps n’est plus qu’un assemblage de muscles et d’os. Il n’exécute que ma volonté. Mon désir violent d’en finir avec cet enfermement forcée vaut toutes les potions calmantes du monde. Et pourtant Kreattur s’est abstenu de me donner cette détestable potion qu’il m’avait forcé à boire depuis le jour où je m’étais mutilée les bras.

Ses petits couinements ajoutent une raison de coller ce déchet dans les cachots du Manoir Malefoy. « Allez-y Madame, encore, Madame ! »

 

- « Où est Malefoy, Kreattur ? Il ne serait pas lâche au point de rater la naissance de son enfant ?! »  Je raille, fulminant. Si je n’avais pas besoin de lui pour garder l’enfant, je ne suis pas sûre que je lui pardonne cette séquestration. Pourtant je souris, Malefoy trouvera son utilité et réparera son énorme erreur.

 

- « Je l’ai prévenu Madame, il va venir Madame. »  Tout en continuant d’imiter des soufflements, un grand éventail ensorcelé par ses soins ajoute à ce spectacle que j’imagine incongru.

 

- « Oui Madame, oui Madame, ça y est ! » Une sensation désagréable et enfin j’entends des pleurs. Kreattur emmaillote l’enfant et le pose délicatement dans le berceau. Il se retourne vers moi avec un objet que je n’ai pas vu depuis des semaines.

 

- « Voilà Madame, votre baguette. Le jeune maître Malefoy m’a demandé de vous la remettre, une fois que l’enfant serait né. »

 

Je n’écoute pas Kreattur, je regarde l’enfant se mouvoir dans les draps. Chétive petite chose, ses cheveux sont roux, je m’apprête à soulever le drap, il ne peut s’agir que d’un garçon me dis-je un sourire aux lèvres. C’est alors que la petite chose ouvre les yeux.

 

- « Qu’est-ce ? Qu’est-ce que ? » Le fil de mes pensées s’arrête, abasourdie, je ne me vois pas saisir ma baguette. Je n’entends pas mon cri d’horreur et de détresse, ni le grincement de la porte. Je ne vois que les yeux.

 

Kreattur essaie de s’interposer, trop lent, il tombe violemment sur le tapis. Son erreur a été de me rendre ma baguette.

Je m’approche pour être sûre. Oui c’est bien Lui. Mortifiée un tremblement me saisit. Je hurle à m’en arracher la voix et je secoue le petit lit sans contrôle. « Pourquoi ?! Pourquoi ?! » Le sang moite coule toujours le long de mes jambes, la douleur que je ressens au bas ventre semble avoir disparu.

 

- « Oh Merlin, Ginny… » « Laisse l’enfant, laisse le GINNY ! » « Merlin, tu es vraiment tombée dans la folie Ginny !  Je ne pouvais pas le croire… Ce que tu as fait à Cho Chang … Ce n’est pas toi»

 

Cette voix … Je la reconnais… Elle vient me tourmenter…

- « Tu es dans ma tête ?! Je sais que je t’imagine depuis des mois… Sale traînée ! Regarde, regarde, tu le vois toi aussi ? Est-ce que tu le vois ? » Je lui montre les yeux, je lui montre les yeux, m’agrippant à ma baguette. 

 

- « Qui ? Qui Ginny bon sang ?! »

 

- « HARRY !!! Il m’a abandonné, ils nous ont tués ! VOUS M’avez abandonnée »

 

- « JE je n’arrive plus à respirer » Ces yeux maudits me hantent, je me retourne vers eux criant, désespérée «  Eloigne toi, tu vas arrêter de pleurer ! C’est de TA FAUTE, de ta FAUTE !!!! »

 

- « GINNY LAISSE CET ENFANT, ce n’est pas Harry ! C’est ton enfant ! Je t’en prie Ginny, ne m’oblige pas » sanglote-t-elle.

 

- « NON NON Non, non…  Malefoy m’avait promis, il m’avait juré… »  « NON NON j’ai fait une promesse également. » « Je me suis promis de me venger de toi Harry, oui je me suis promis ! » « Tu m’as ABANDONNE ! AVADA KE… » Ma baguette se lève sur ces yeux, je ne vois pas d’enfant. Il n’y a pas d’enfant, il n’y a que Lui, Harry.

 

- « STUPEFIXX ! »

 

Je me sens projetée… J’ouvre la bouche pour parler mais mon souffle est coupé. Je sens comme une oppression. Je baisse la tête, le pied de la table forgé sort de ma poitrine. Un silence puis des sanglots… J’entends un fracassement, des cris, un corps qui tombe. Je ne vois qu’une seule chose, des yeux…

 

Les yeux me fixent. Je repense alors à ces yeux, à ce qu’ils ont pu représentés. Ils m’ont souri, et je leur ai souri un jour. Je regarde à nouveau ces yeux et je leur souris à mon tour. Ils sont si beaux ces yeux… Si beaux. Puis fermant les miens à mon tour, leurs empreintes se gravent dans mon esprit qui divague.

Je tombe dans une forêt sombre, des arbres noirs par centaines. Leurs feuilles bruissent dans un vent du nord, je ressens le mordant de ce vent glacial. Un loup au pelage argenté grogne mon nom, il m’appelle, mais il ne peut plus me rattraper, je suis déjà loin devant… Une voix douce s’élève dans la forêt. J’entends la fillette blonde qui chantonne, je ne comprends pas. Je cours toujours devant puis je finis par distinguer la comptine «  Promenons nous dans les bois tant que le loup n’y est pas, si le loup y était il nous mangerait… » Je la suis en chantant m’avançant toujours au plus profond des ténèbres…

 

 

****

 

 

*** - « Ginevra !!! GINEVRA !!! »  Je soulève sa tête avec douceur, et approche mon visage. Elle est morte. Elle n’est plus.

 

Kreattur me marmonne vaguement ce que Ginevra avait tenté de faire à l’enfant. Je me retourne vers le lit, l’enfant regarde sa mère sans un bruit. Ses yeux sont verts émeraudes. Ma bêtise avait été de croire qu’en faisant passer l’enfant pour le mien, je pourrais arranger les choses. Le coma magique avait ralenti le développement de l’enfant pendant des semaines. Ressassant les évènements, je n’arrête pas de penser ce que j’aurais pu faire de différent. Je sais maintenant que Ginevra se serait tuée plutôt que de mettre au monde cet enfant. Et dans l’espoir de l’en empêcher je n’avais pas trouvé d’autres solutions que de lui faire croire qu’il était le mien.

 

 

Je prends doucement l’enfant dans mes bras, une fille, une jolie petite fille rousse. Ses quelques cheveux ornaient son visage comme une flamme. « Pyrrha, tu seras Pyrrha, ma fille… » Les larmes tombent sur son petit front, lui arrachant des cris. J’essuie l’eau salée de son visage, puis me retourne.

 

« Kreattur, emmène l’enfant à ma mère tout de suite ».

 

Ginevra git blanche, si blanche. Le sang coule de sa bouche encore tiède.

 

J’attends le pop de Kreattur  puis un cri sort de mon corps. Je commence à hurler, hurler de toutes mes forces.

 

 

 

Plus d’une semaine s’était écoulé. J’avais bougé les deux corps au Terrier espérant qu’une vague mise en scène ferait penser à un affrontement entre les deux jeunes femmes. Toute trace de l’enfant avait été effacée. Personne ne savait que Granger m’avait suivi, personne ne savait que j’étais présent. Après avoir jetée un Avada avec la baguette de Ginevra, tout le monde penserait à un règlement de compte. La petite devait être protégée.

 

Lorsque Potter vint à l’enterrement de Ginevra, je lui dis qu’elle est partie bien avant la bataille et que je ne sais pas comment Granger l’a retrouvée ou ce qui a pu se passé. Je ne sais rien d’autre et je ne savais pas où elle se cachait. Il me décoche un coup de poing puis se laisse tomber complètement abattu. Pourquoi continuer à lui mentir ? La réponse est d’une simplicité effarante. Je ne peux lui laisser ma fille. Je n’ai plus qu’elle de Ginevra, plus qu’elle.

 

Perdu dans mes pensées, je transplane au Manoir.

 

- « Mère »

 

- « Drago… Où étais-tu ? J’ai eu tellement peur… »

 

- « La petite ? »

 

- « Elle dort à l’étage, je l’ai cachée »

 

- « Merci Mère… Nous devons partir… Recommencer ailleurs… Là où elle ne sera pas victime du passé »

 

- « Tu ne pourras pas toujours cacher à cette enfant la vérité. »

 

- « Pyrrha… Elle  s’appelle Pyrrha Ginevra Malefoy et elle est ma fille.»

 

****

 

End Notes:

Je tiens à préciser que cette fin a été imaginée il y a très très longtemps (dès le premier chapitre à vrai dire) ainsi que l'épilogue qui va suivre... 

Je ne sais pas si elle est très claire d'ailleurs mais l'épilogue apportera d'autres réponses. Et je tiens à le préciser, dans mon imagination, il a toujours été clair que cette histoire était une tragédie ... J'espère tout de même que vous aurez aimé ;-)

Merci de votre lecture !

Chapitre 30 by lilteenmary
Author's Notes:

Bon premier mai à tous ! 

Potter,

 

Aujourd'hui je t'écris cette lettre, ce n'est pas plus pour moi que pour toi. Même si je te dois la vérité, ne serais ce que pour ce que tu as fait. Je te l'écris pour Ginevra, et pour une personne qui m'est chère. Elle s'appelle Pyrrha, et je l'ai élevée depuis sa naissance, il y a 15 ans.

 

Pyrrha avait besoin de connaître la vérité sur sa mère et sur son histoire. Donc aujourd'hui je prends le temps de t'écrire... Dans quelques heures, une potion de la goutte de la mort m'entrainera dans un sommeil éternel. L'empoisonnement me ronge déjà les veines, je le sens. Bill Weasley a fini par venger sa femme et ainsi j'accepte mon sort. Je ne cherche pas ta pitié ou ton pardon mais celui de Pyrrha et de sa mère.

 

Après la mort de Dumbledore, Ginevra est devenue... Ginevra n'était plus la même. Revenue à Poudlard après son coma, elle était différente. La mort de ses frères et son abandon par ta faute l'avait anéantie. Anéantie à un point que tu n'oses pas imaginer. Elle était déterminée à se venger de toi, te pensant être la cause de son chagrin. Sa folie l'entraîna dans le meurtre de Cho Chang. Lorsque je l'ai trouvée prêt d'elle, je n'ai  pas compris. Elle avait tué de sang froid Chang et ne l'admettait pas.

 

Longtemps je la surveillais et finalement je la protégeais ... Puis je l'aimai. Elle et ma mère furent mes deux seules raisons de vivre. Oui Potter, malgré ce que tu crois ma lâcheté ne m'empêcha pas de les protéger autant que je le pus.

 

Cependant Ginevra était bien trop perturbée et lorsqu'on apprit pour sa grossesse, je lui cachai la vérité. Mais il faut tout d'abord que je te raconte la nuit de la bataille.

 

Je l'enfermais dans un endroit sûr pour ne pas qu'elle vienne te défier. Sa seule raison de vivre était maintenant ta mort. Mais l'enfant qu'elle portait ne pouvait pas subir nos erreurs et nos négligences. Le jour de sa naissance fut le jour où le seigneur des ténèbres fut vaincu. Elle avait les cheveux de la couleur du feu et les yeux vert émeraude. Oui Pyrrha est ta fille bien qu'elle n'ait connu qu'un seul père, moi. Lorsque Ginevra vit ses yeux, elle ne put le supporter et tenta de la tuer. Malheureusement je n'étais pas là, mais je ne pense pas me tromper en disant ceci.

 

Granger est arrivée à ce moment et tua Ginevra pour l'en empêcher. Lorsque je vins à mon tour, elle était là, agonisante. De rage, je n'entendis que brièvement les explications de Granger et la tua à mon tour. Granger est morte par ma main, je sais que tu l'aimais. Je t'ai pris ton amour, mais tu as pris le mien d'une certaine manière. Je ne demande pas ton pardon, je ne le veux pas. Sache que lorsque tu liras cette lettre, je serais mort et enterré...Plus rien ne peut m'atteindre maintenant.

 

Pyrrha n'a jamais su la véritable histoire de ses parents. Ils ne restent que quelques heures avant qu'elle ne sache tout. Il y a plusieurs semaines elle a été attaquée par des mangemorts en fuite, ils ont reconnu ses yeux Potter, tes yeux ! Et ils le lui ont crevé ! Pour se venger de toi ! Mais ils ignoraient qu'elle était ma fille et que je l'avais élevée, que je l'aimais... Ces mangemorts sont morts, et la dernière chose que je puisse faire pour Pyrrha c'est de lui raconter toute la vérité.

 

Je connais son caractère emporté, et nul doute qu'elle essaiera de te trouver même si personne ne sait où tu es. Je l'attends pour lui raconter cette vérité et glisser dans sa cape cette lettre pour toi.

 

Elle n'aura plus personne à ma mort, veille sur elle Potter. Pas pour moi, fait le pour sa mère, pour Granger et tout ceux qui sont morts à cause de sa folie. Pyrrha a été ma rédemption même si je sais que les enfers m'attendent...       

 

                                                                                                                      Malefoy

 

 

 

Epilogue

 

 

Pyrrha dite « la rousse » marchait le long des routes, dans chaque pays, chaque région, chaque ville ou village, elle espérait trouver sa seule famille restante : son père, le tristement célèbre Harry Potter. Elle n'avait dans ses mains qu'un seul objet en plus d'une sacoche, un bâton. A chaque pas, elle tremblait et en même temps jubilait intérieurement. Il s'agissait peut-être d'un pas de plus vers son géniteur.

La jeune fille marcha jusqu'à la fatigue, jusqu'à la soif, la faim et enfin l'abandon. Elle s'était trop de fois faite violentée, torturée, rabaissée, détestée... Que pouvait-elle contre un destin qui s'acharnait sur son corps si menu... Les âmes charitables étaient devenues si rares après la guerre.

Un homme l'aida enfin, son bâton ne la soutenait plus, elle n'utilisait plus de magie non plus (la magie lui avait tout pris, et finalement rien donné en échange...).

Il vit cette pauvre fille dans un état effroyable, se souvenant de ses propres démons, accourra vers la petite qui ne devait avoir que 15 ans. Sa peau terne et ses cheveux roux grisonnant de poussière lui donnait pourtant presque 15 ans de plus. Elle n'avait plus de regard, plus de miroir de l'âme.

Satan  m'envie, lui dit-elle, il ne pourra jamais faire souffrir une âme autant que l'on a fait souffrir la mienne... elle acheva, une larme brûlant ses odieuses cicatrices.

S'écroulant sur un sol sable, Pyrrha perdit alors toute volonté de vivre dans les bras de cet homme dont elle ne put admirer sous le ciel de cette lointaine contrée les si beaux yeux émeraude.

 

 




~****~

 

La famille Weasley ; destin tragique d'une lignée ...

 

Quelques mois après la découverte macabre du corps de William Weasley sur une plage de Surrey, le drame enfonce un peu plus les derniers membres de la célèbre famille de sorciers rouquins, connue pour avoir contribué à la lutte contre le plus grand mage noir de notre temps.

Rappelez-vous Ronald Weasley, célèbre ami d'Harry Potter et d'Hermione Granger, préfet et gardien de l'équipe de Quidditch de Gryffondor à Poudlard, les jumeaux Fred et Georges Weasley, propriétaire de la renommée boutique de farces et attrapes Chemin de traverse et mes amis dévoués, furent les premiers à tomber pendant l'attaque tragique le 31 juillet 1999. C'était au cours du mariage de leur frère ainé William Weasley et de la regrettée Fleur Delacour, ancienne championne de l'Académie de Beaubâton dans le tournoi des « quatre » sorciers. Comme pour ajouter au malheur de cette funeste journée, Fleur n'a pas eu l'occasion de vivre plus de quelques heures en tant que Madame Weasley, mourant de la main d'un mangemort encore inconnu jusqu'à aujourd'hui. En effet, suite à l'arrestation d'Amycus Carrow, en fuite depuis près de 15 ans, le département des aurors a pu confirmer que Monsieur Drago Malfoy, ancien mangemort innocenté, était le véritable meurtrier.

Cette nouvelle choquante s'ajoute à une longue série. Ginevra, la sœur cadette des Weasleys avait en effet trahi sa famille pour rejoindre le mage noir durant sa sixième année de scolarité à Poudlard et entrainant la mort de ses parents prématurément et de certains membres de l'Ordre du Phénix. Absente au cours de la bataille de Poudlard, le corps de Ginevra fut retrouvé quelques semaines après la chute de Voldemort dans un bain de sang avec celui de Miss Hermione Granger, petite amie d'Harry Potter. Au moment du procès, Drago Malfoy avait choqué l'assemblée et les frères de Ginevra en expliquant que le Seigneur des ténèbres les avait contraint au rituel de mariage sorcier afin d'annuler la trace sur Ginevra Weasley, non majeure. Bien qu'il ne fût pas accusé de maltraitances envers une enfant, la communauté sorcière hua l'ancien mangemort resté de marbre. Néanmoins, aucun élément n'avait permis d'expliquer la découverte macabre des deux corps à l'époque, le survivant n'avait fait aucun commentaire. On connait aujourd'hui la fin de l'histoire grâce à un proche des derniers membres de la famille Perceval et Charles Weasley. Ginevra aurait eu une fille cachée et élevée à l'étranger par Drago et sa mère Narcissa Malfoy. Aujourd'hui décédé, Drago Malfoy aurait été victime d'un acte de vengeance de William Weasley avant son suicide. L'enfant de Ginevra et Drago Malfoy avaient été torturé par des adeptes de Vous-Savez-Qui dont Amycus Carrow sans que celui-ci n'en explique la raison. La jeune adolescente est aujourd'hui décédée dans des circonstances mystérieuses. Enterrée dans le caveau de la famille Malefoy, Harry Potter a fait la surprise d'être présent, relançant les commentaires de sa disparition après la chute de Vous-savez-qui. Il n'a cependant pas souhaité s'exprimer avec notre reporter. Perceval Weasley, membre du Ministère de la magie et son frère Charles Weasley étaient également présents pour rendre hommage à leur nièce inconnue.

Monsieur Perceval Weasley s'est refusé à tout commentaire excepté pour nous faire part, de sa volonté de se retirer en Roumanie auprès du seul membre de la famille qu'il lui reste et de finir ses jours en paix et oublier le destin tragique de sa famille s'achevant par la découverte de sa nièce perdue après sa mort.

Bien que Arthur et Molly Weasley ait eu sept enfants et une petite fille, la famille s'éteindra à la mort des deux seuls fils survivants n'ayant pas d'enfants eux-mêmes... Nous rendons honneur aujourd'hui à cette famille ayant fait partie de l'Ordre du Phénix et combattu pour notre liberté, nous rendons honneur à leur courage et leur dévotion.

Pour plus d'informations sur le procès de la famille Malefoy, d'Amycus Carrow, de la disparition d'Harry Potter, l'Ordre du Phénix, reportez vous à notre collection spéciale « La seconde grande guerre des sorciers ».

 

                                                                                                                             Lee Jordan, journaliste à La Gazette du Sorcier

 

 

~****~

 

 

« Il n'y a aucun miracle, aucune fin heureuse. Aucun monde meilleur ne peut exister après les atroces souffrances subies.

Seuls les morts sont en paix, réunis... enfin. Ginny est en paix auprès de sa famille, sa fille, Malefoy qui les protège jusque dans l'au-delà.

Je les rejoindrai, Ron, Hermione, ma fille, mes parents, Sirius, les Weasleys et nous serons en paix ensemble.

Je sais que lorsque je prendrai le train, vous serez là, à m'attendre... Tout sera pardonné... Je le crois enfin. »

                                                                                                                                                                                                                                                  

Il se releva et s'éloigna de la tombe immaculée de Dumbledore, la lettre de Malefoy entre ses mains.

  

~****~

End Notes:

Malgré sa présence infime dans cette fanfiction, j’ai pensé qu’Harry serait celui qui devait clore l’histoire. Après cette hécatombe, il reste le survivant. Quelque part j’ai voulu montré qu’il avait besoin de croire en une vie après la mort réunis et heureux enfin…

Il ne pouvait y avoir de vie heureuse pour Ginny, seule une consolation dans sa mort était possible.

 

Cette fanfiction était ma première, et je l'avais imaginé dès le début comme une tragédie donc j'espère que vous n'avez pas été trop déçu par cette fin ;-)

J'ai beaucoup aimé l'écrire même s'il y a eu des moments où j'avais mis de côté l'écriture des fanfictions, je suis très heureuse d'y être revenu !

Je remercie beaucoup MB pour sa correction et sa relecture ! ;-)

Enfin je remercie énormément tous les lecteurs d’avoir suivi cette fanfiction jusqu’à la fin (qui c’est faite désirée très très très longtemps !!). 

Cette histoire est archivée sur http://www.hpfanfiction.org/fr/viewstory.php?sid=14934