Au-delà des frontières du Temps by Realgya
Summary:

Montage réalisé par mes soins à partir d'une image appartenant à la Warner Bros (Hermione) et d'une image publicitaire de NobleCollection (le retourneur de temps)


"Elle se retourne assez vite pour voir un rayon de lumière verte fondre sur elle. Elle lève sa baguette devant elle, pense au sortilège informulé. Sa protection n’a pas le temps de se déployer, le jet vert l’atteint de plein fouet.
Elle se sent basculer en arrière, sa poitrine douloureuse.
[...]
Elle ne voit plus rien, n’entend plus rien, ne sent plus rien.
Elle sombre. Purement et simplement.
"

13 mois ont passé lorsqu'Hermione Granger se réveille du coma. Autour d'elle, les choses ont changé, à commencer par Harry et Ron désormais amis avec Malfoy, et Poudlard. Poudlard, la brillante école de sorcellerie, qui après la guerre, pleure ceux qui sont morts dans son enceinte.

Ne tient pas compte de l'épilogue du tome 7.
Categories: Après Poudlard, Voyages temporels, Dramione (Drago/Hermione) Characters: Drago Malefoy, Hermione Granger
Genres: Romance/Amour
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Cercles entre un Serpent et une Lionne
Chapters: 67 Completed: Oui Word count: 121666 Read: 761589 Published: 04/11/2009 Updated: 08/03/2011

1. Chapitre 1 : Le réveil by Realgya

2. Chapitre 2 : La fête au Terrier by Realgya

3. Chapitre 3 : Larmes de sang by Realgya

4. Chapitre 4 : La mission de guérison by Realgya

5. Chapitre 5 : Départ dans le passé by Realgya

6. Chapitre 6 : A Serpentard by Realgya

7. Chapitre 7 : Serpentardes au dortoir by Realgya

8. Chapitre 8 : Premiers cours by Realgya

9. Chapitre 9 : Bibliothèque by Realgya

10. Chapitre 10 : Première sortie by Realgya

11. Chapitre 11 : Question d'identité by Realgya

12. Chapitre 12 : Préparation by Realgya

13. Chapitre 13 : Première fête by Realgya

14. Chapitre 14 : Première retenue by Realgya

15. Chapitre 15 : Première confrontation by Realgya

16. Chapitre 16 : Question de profession by Realgya

17. Chapitre 17 : Soutenir Serpentard by Realgya

18. Chapitre 18 : Droguée by Realgya

19. Chapitre 19 : Ma vie entre ses mains by Realgya

20. Chapitre 20 : Dépression by Realgya

21. Chapitre 21 : Cadeaux by Realgya

22. Chapitre 22 : L'art de la magie noire by Realgya

23. Chapitre 23 : L'AD en force by Realgya

24. Chapitre 24 : Rire quand on est triste by Realgya

25. Chapitre 25 : Rogue by Realgya

26. Chapitre 26 : Problèmes de sang, de coeur by Realgya

27. Chapitre 27 : Pâques by Realgya

28. Chapitre 28 : Conflit by Realgya

29. Chapitre 29 : Discussions by Realgya

30. Chapitre 30 : Premier alcool by Realgya

31. Chapitre 31 : Oubliettes by Realgya

32. Chapitre 32 : Premier savon by Realgya

33. Chapitre 33 : Discussion de filles by Realgya

34. Chapitre 34 : Encore seule by Realgya

35. Chapitre 35 : La théorie by Realgya

36. Chapitre 36 : La pratique by Realgya

37. Chapitre 37 : Le duel des serpents by Realgya

38. Chapitre 38 : Le pari by Realgya

39. Chapitre 39 : La cape d'invisibilité by Realgya

40. Chapitre 40 : Adieu by Realgya

41. Chapitre 41 : Fuite by Realgya

42. Chapitre 42 : Bouleversements temporels by Realgya

43. Chapitre 43 : Visiteur inattendu by Realgya

44. Chapitre 44 : Exploration by Realgya

45. Chapitre 45 : Ô miroir magique au mur by Realgya

46. Chapitre 46 : Coma by Realgya

47. Chapitre 47 : A propos du procès by Realgya

48. Chapitre 48 : Tracey by Realgya

49. Chapitre 49 : Le réveil by Realgya

50. Chapitre 50 : Réflexions by Realgya

51. Chapitre 51 : Espionnage by Realgya

52. Chapitre 52 : Retour, ô doux retour by Realgya

53. Chapitre 53 : Récit by Realgya

54. Chapitre 54 : Plus ajouts by Realgya

55. Chapitre 55 : Sur le chemin de Traverse by Realgya

56. Chapitre 56 : Dîner au Square Grimmaurd by Realgya

57. Chapitre 57 : Souvenirs by Realgya

58. Chapitre 58 : Confrontation by Realgya

59. Chapitre 59 : Mise au clair by Realgya

60. Chapitre 60 : Aveux by Realgya

61. Chapitre 61 : Tourner une page by Realgya

62. Chapitre 62 : Bruits de couloir by Realgya

63. Chapitre 63 : Surprise by Realgya

64. Chapitre 64 : Le bal by Realgya

65. Chapitre 65 : Disparitions by Realgya

66. Chapitre 66 : Le coeur d'Hermione by Realgya

67. Chapitre 67 : Le coeur de Draco by Realgya

Chapitre 1 : Le réveil by Realgya
Author's Notes:
Bonjour à tous !

Voilà, je sais que c'est mal de commencer une nouvelle fiction avant d'avoir fini la précédente (en l'occurrence Harmonie) mais j'avais trop envie de commencer à poster les premiers chapitres de celle-ci.

J'espère qu'elle vous plaira, surtout que je sais parfaitement où je vais, et comment j'y vais. Par contre c'est comme pour tous les voyages, on ne sait jamais avec exactitude combien de temps cela durera. Ceci pour dire que je n'ai aucune idée du nombre de chapitre. Si on prend Harmonie, là où je m'étais imaginée une petite fic, presque un OS, je me retrouve avec un minimum de 30 chapitres ^^'

Sans blablater plus longtemps (je sais, il n'existe pas ce verbe mais moi je l'invente, na !) je vous souhaite une bonne lecture, en espérant que vous apprécierez ce qui suit.

Rajout : Je pense que j'ai oublié de préciser quelque chose d'important dans cette petit note de premier chapitre, alors je me permets de vous l'écrire post-scritum. Vous allez vite vous rendre compte que cette fic ressemble à un Draymione banale, si ce n'est l'originalité de la situation.

Je préviens, car je ne veux pas en décevoir certains. J'avais envie d'écrire un "Draymione banal" quand je me suis mise à mon clavier, et la seule chose qui différenciera ma romance des autres, ça va être le petit plus qu'en tant qu'auteur j'insuffle à mes écrits comme chacun le fait. J'espère donc juste que mon "petit plus" satisfera, et fera que finalement, à la fin de votre lecture vous vous direz "finalement ce Draymione n'est pas si banal que ça".

C'est une performance difficile à réaliser, car des Draymiones il y en a déjà vraiment beaucoup qui ont été écrits, mais cela ne rend le défi que plus excitant; et puis j'écris avant tout par plaisir, et ça me faisait plaisir de me lancer dans cette fic banale, mais peut-être pas si banale que ça.

Alors voilà tout ce que j'avais à blablater davantage, en espérant qu'une fois votre lecture achevée, vous prendrez le temps de me poster un petit com pour me dire "ta fic est banale", "ta fic est pas mal" ou "défi relevé", ça me ferait énormément plaisir. Le simple fait que vous me laissiez un message, même négatif, surtout négatif j'ai envie de dire, en plus d'être stimulant, ça donne envie d'aller de l'avant, et de toujours chercher à s'améliorer.
Elle était dans le hall d’entrée, les combats étaient achevés. Elle revenait du bureau du directeur, Harry et Ron à ses côtés. Ils étaient épuisés et avaient voulu remonter directement à la tour des Gryffondors, mais elle avait insisté pour qu’ils redescendent une dernière fois. Ils entrèrent dans la salle, et elle capta le regard de Draco Malfoy braqué sur elle, l’observant avec intensité sans savoir pourquoi. Tout alla très vite.

- Hermione !

Le cri que poussa le Serpentard la surprit. Il l’avait appelée par son prénom. Ses traits semblaient défigurés par la peur. Peur de quelque chose qui était dans son dos. Elle le voit se lever d’un bond, s’arracher à l’étreinte de sa mère et courir vers elle. Elle se retourne assez vite pour voir un rayon de lumière verte fondre sur elle. Elle lève sa baguette devant elle, pense au sortilège informulé. Sa protection n’a pas le temps de se déployer, le jet vert l’atteint de plein fouet.

Elle se sent basculer en arrière, sa poitrine douloureuse. Des cris résonnent tout autour d’elle. Plusieurs rais de toutes les lumières viennent atteindre le Mangemort qui s’était dissimulé dans l’ombre du hall pour attendre le moment propice. Elle entend les hurlements tout autour d’elle, elle sent des bras la saisir par derrière alors que les visages d’Harry et Ron sont flous devant elle. Une brume noire obscurcit son esprit.

Son sortilège informulé raté aura au moins eu le mérite de ne pas la faire mourir sur le coup. Elle essaye d’ouvrir les lèvres pour dire quelque chose mais aucun son ne s’échappe de sa bouche entrouverte. La brume envahit totalement sa vue. La voix, celle de Malfoy il lui semble, murmure son prénom à son oreille de plus en plus doucement. C’est étrange, anormal, qu’il l’appelle ainsi, mais elle ne se pose pas de questions. Déjà elle ne sent plus les bras du jeune homme la presser contre lui. Ses paupières sont-elles ouvertes, fermées ? Elle ne sait pas, elle ne sait plus. Elle ne voit plus rien, n’entend plus rien, ne sent plus rien.

Elle sombre. Purement et simplement.




Cette scène, c’était le premier souvenir qu’elle avait. Quand elle avait vécu, tout avait été différent. Il y avait eu le cri de Malfoy, la lumière verte et puis plus rien. En se repassant l’action en boucle, elle se souvenait du contact des bras sur son corps, de son prénom répété encore et encore, des visages de son meilleur ami et son petit copain. Et puis elle s’enfonçait dans l’obscurité lentement, très lentement.

Une nouvelle fois, elle se repassa la scène. Très vite cette fois-ci, à peu près au même rythme qu’elle s’était réellement déroulée. La lumière verte s’incruste sur sa rétine. Hermione se dresse sur son séant. Sa respiration est haletante, son corps trempé de sueur.

Soudain, quelqu’un est près d’elle. Il la regarde, elle le regarde. Malfoy, Draco Malfoy.

- Hermione…

Sa voix est douce, inquiète. Elle se croit encore dans un rêve, ou un cauchemar. Cette voix ne peut pas être réelle. La jeune femme ferme les yeux. Elle sent les draps collants sur ses jambes, et pleins d’espèces de tubes froids autour d’elle, ainsi qu’une sorte de masque sur son visage. Elle porte ses mains à ce dernier et retire violemment le dispositif qui l’empêche de respirer. Elle rouvre les yeux. Elle est dans un lit d’hôpital ; Malfoy est toujours près d’elle, plus troublé que jamais.

Une jeune femme paraît dans son champ de vision avec un grand sourire.

- Vous vous réveillez enfin, c’est une excellente nouvelle pour tout Ste Mangouste, se réjouit-elle.

Hermione réfléchit. Ste Mangouste, l’hôpital du monde des sorciers. Ca lui revient, elle croit qu’elle y est déjà allé une fois. Elle croit… A côtés d’elle, Malfoy la dévisage. Qu’est-ce qu’il fiche là ? Les souvenirs commencent à lui revenir, un à un, puis tous à la fois. Une multitude d’images, de sons, d’odeurs, de goûts et de contacts l’envahissent.

- Vous sortez d’un coma profond, calmez-vous, tout va bien, la rassura l’infirmière.

Un coma, elle était dans le coma. Que s’est-il passé depuis la bataille de Poudlard ? Où sont Harry et Ron ? Combien de temps est-elle restée inconsciente ? Pourquoi Malfoy est-il à son chevet ? Et surtout, pourquoi l’a-t-il appelée par son prénom ?

- Allongez-vous et reposez-vous, je vais vous chercher à manger et ensuite on vous enlèvera tous ses tuyaux qui doivent vous gêner.

L’infirmière lui sourit et quitta la pièce.



- Où sont Harry et Ron ? demanda faiblement Hermione.

- Tous les deux en Roumanie pour leur job, mais ils ont décidé d’en profiter pour passer la semaine chez le frère de Weasley, répondit laconiquement Malfoy, une expression indéchiffrable sur le visage.

- Leur job ?

- Ils sont tous deux Aurors.

- Comment tu le sais ?

- Disons qu’on a fini par sympathiser, répondit Malfoy avec un haussement d’épaules.

- Et toi, tu es médecin ?

- Jamais de la vie, trancha le jeune homme.

- Alors qu’est-ce que tu fais là ?

Malfoy resta un instant décontenancé, la regardant comme si sa question était la plus idiote du monde.

- Je reste à ton chevet, finit-il par répondre en hésitant.

- C’est Harry et Ron qui te l’ont demandé ?

De nouveau, le visage de l’ancien Serpentard perdit son assurance. Il semblait déboussolé qu’elle lui pose de telles questions. Pourtant, il aurait dû s’y attendre. La réponse étant de toute manière forcément « oui », Hermione enchaîna sur une autre question.

- Combien de temps suis-je restée dans le coma ?

- 13 mois.

13 mois. Hermione ferma ses paupières. Elle avait perdu une année entière de sa vie dans ce lit d’hôpital entre la vie et la mort. Pas étonnant qu’Harry et Ron ne soient pas près d’elle pour son réveil. Comment auraient-ils pu savoir qu’il serait pour aujourd'hui. Il était déjà absolument extraordinaire que Malfoy soit là.

L’infirmière revint, fit manger Hermione, lui enleva tous les machins et autres bidules qui lui couvraient le corps et s’apprêta à ressortir avec un grand sourire en disant qu’elle et Malfoy souhaiteraient sans doute un peu de temps pour tous les deux.

- Ne restez pas trop longtemps, fit-elle au jeune homme. Elle aura sûrement envie de dormir tranquillement. Si vous vous rétablissez bien, vous serez sortie dans une semaine, enchaîna-t-elle à l’attention de la patiente.

Celle-ci acquiesça et se laissa tomber contre ses oreillers, s’étant redressée pour manger. Elle avait peut-être passé plus d’un an à ne rien faire, elle se sentait exténuée. 13 mois… 13 longs mois de sa vie perdus dans un sommeil sans rêve.

- Ah, et Mr Malfoy, n’oubliez pas votre veste comme hier, ajouta l’infirmière avant de quitter la pièce.

- C’était exceptionnel, protesta le jeune homme.

- Comme la semaine dernière et les trois fois du mois dernier, rigola la jeune femme en s’éloignant dans le couloir.

L’ancien Serpentard leva les yeux au ciel.

- Tu viens souvent, l’un de tes proches est malade ? s’enquit Hermione.

Pour toute réponse, elle eut droit à un nouveau regard perdu. Voyant qu’il ne répondait pas, elle n’insista pas et préféra partir sur d’autres questions.

- Tu m’as parlé un peu d’Harry et Ron, mais toi, qu’es-tu devenu ?

A vrai dire, elle s’en fichait comme d’une guigne de ce qu’il faisait désormais. Mais après tant de temps endormie, elle voulait parler, écouter, rattraper ce qu’elle avait perdu. Le jeune homme lui expliqua qu’il était directeur d’une usine de balais, puis dut lui raconter en détail tout ce qu’elle avait manqué durant ces 13 derniers mois. Le nouveau ministre de la magie, la reconstruction du monde des sorciers, un peu de Quidditch pour la forme.

- Et Poudlard ?

Le visage de Malfoy s’assombrit.

- Certains sauront mieux t’expliquer que moi ce dont il retourne.
Chapitre 2 : La fête au Terrier by Realgya
Author's Notes:
Bon, j'ai pour habitude (c'était le cas avec Harmonie et Jumeaux) de poster au début un petit pack de premiers chapitres d'un coup, alors voici le second ! :D

Je n'ai aucun commentaire à faire en supplément de ce que j'ai dis pour le premier, alors je vous souhaite juste une bonne lecture :)
Ron et Harry avaient abrégé leur séjour en Roumanie dès qu’ils avaient su qu’Hermione était réveillée. Ils étaient à son chevet, riant avec elle, visiblement les larmes aux yeux. Cela faisait 13 mois. 13 longs mois qu’ils avaient vu leur amie foudroyée par un avada kedavra. C’était un miracle qu’elle ait seulement plongée dans le coma, sans doute grâce au protego informulé auquel elle avait eu le temps de penser. Une seule chose était certaine, sans le cri d’avertissement de Malfoy, elle serait morte. Ce dernier était d’ailleurs assis dans un coin de la pièce à les regarder pendant que tous trois bavardaient joyeusement.

- Tu nous as manqué Mione tu sais, lui dit Harry.

- Oui, je m’en doute, sourit celle-ci. Mais qu’est-ce qu’il fiche là lui ?

- Lui ? Ah, Draco, comprit le jeune homme.

- Tu l’appelles par son prénom ? s’étonna Hermione.

- Oui. Tu sais, les choses ont changé en 13 mois. Et Draco est venu tous les jours à ton chevet. D’ailleurs, il va falloir que tu nous expliques pourquoi. Qu’est-ce qu’il s’est passé pour qu’il s’inquiète pour toi ?

- Quoi ? s’exclama la jeune femme un peu trop fort. Mais il ne s’est jamais rien passé. Je te rappelle que j’ai passé toute l’année avec toi à chasser les Horcruxes, tu te souviens ?

- Oui, oui, je me souviens Hermione, la calma Harry.

- Mais alors, tu n’es pas amoureuse de lui ? interrogea Ron, un brin suspicieux.

- Ron, tu es sûr qu’on est bien dans le même monde ? On parle de Malfoy là, celui qui m’a traitée de sang-de-bourbe pendant 7, non allez 6 ans, qui me rabaisse régulièrement et qu’on détestait tous auparavant.

- Oui bien sûr, rougit Ron. C’est juste que… et bien si toi tu n’es pas amoureuse de lui, on dirait bien que le contraire n’est pas réciproque.

- Pardon ? demanda Hermione, incrédule.

- Ne t’énerves pas, c’est juste que Ron est facilement jaloux et il est persuadé qu’il s’était passé quelque chose entre toi et Draco. Surtout qu’il t’appelle par ton prénom.

- Je ne me rappelle pas lui en avoir donné l’autorisation, fit la jeune femme d’une voix froide.

- Laisse tomber cette histoire, abandonna Ron.

Hermione jeta un coup d’œil furieux à Malfoy, toujours assis dans un coin de la pièce. Il lui sembla apercevoir un éclair de tristesse ou de déception sur son visage, preuve possible qu’il ait tout entendu, mais il se ressaisit bien vite et lui adressa son sourire narquois habituel. Non, il n’avait peut-être pas tout entendu, il était sûr et certain à 100% qu’il avait tout entendu, la pièce était petite et ils parlaient forts, surtout elle à vrai dire.

- On va faire une grande fête pour saluer ton réveil ! s’enthousiasma Ron. Maman sera ravie de tous nous accueillir à la maison.

- Bonne idée ! se réjouit Hermione à l’idée de revoir tous ses anciens amis.

- Tu devrais être sortie de l’hôpital d’ici trois jours tout au plus, on va organiser ça pour ce week-end, ajouta Harry.

Hermione leur adressa un sourire rayonnant.



La fête battait son plein. Une multitude de lumières avaient été accrochées partout autour de la maison des Weasley qu’Hermione n’avait jamais vue aussi remplie. Tout le monde se pressait autour d’elle pour la voir, lui parler, la serrer dans leur bras. La jeune femme avait l’impression d’être une morte ressuscitée, une nouvelle version de la Belle au Bois Dormant. Bill et Fleur lui présentèrent leur fille, qui ne voulait pas se séparer du fils de Remus et Tonks avec lequel elle était en train de jouer.

- Tu es son parrain, n’est-ce pas ? demanda-t-elle en Harry en se tournant vers lui.

- Et oui, soupira ce dernier, mi-exaspéré, mi-amusé.

Il n’y avait pas de piste de danse définie, tout le monde dansait joyeusement dans le jardin, chacun invitant Hermione à tour de rôle. Elle finit par se faufiler entre les danseurs et insista sur sa fatigue pour pouvoir rejoindre un banc près du buffet. Après ces 13 mois à ne rien faire, elle se fatiguait vite, même très vite. Elle avait à peine effectué quelques danses, et des faciles, que déjà elle avait le souffle court. Et ce sans compter que ses cavaliers, au courant de son état, avaient tout fait pour lui épargner le moindre effort. Seamus Finnigan qu’elle venait de quitter l’avait presque portée tout du long.

Avec l’agitation ambiante, elle se rendit compte qu’elle n’avait pas encore dansé avec Ron. Elle n’avait échangé que quelques brefs baisers avec ce dernier depuis son réveil, et quasiment toujours sous le regard railleur de Malfoy qui s’était cependant abstenu de commentaire. Hermione faillit d’ailleurs s’étouffer avec sa biéraubeurre en voyant celui-ci marcher vers elle d’un pas nonchalant.

- Alors Granger, déjà fatiguée ? railla-t-il.

- Qu’est-ce que tu fiches là Malfoy ? demanda-t-elle sèchement, soulagée cependant qu’il ne l’appelle pas par son prénom.

- Je suis un ami d’Harry et Ron je te signale, répondit-il dédaigneusement.

- Toi aussi tu les appelles par leurs prénoms, s’exclama-t-elle surprise.

- Il semblerait bien oui, se moqua-t-il. Tu préfères que je t’appelle Hermione ? Ou bien Her-mignone ?

- Je te l’interdis, ragea la jeune femme sans pour autant se lever pour lui faire face.

Elle se sentait encore faible, et se lever d’un coup sous la colère pourrait avoir la fâcheuse tendance à lui faire manquer d’équilibre et elle ne souhaitait pour rien au monde tomber dans les bras de l’être arrogant venu l’embêter.

- Ah oui c’est vrai, c’est réservé à Ron-Ron ce surnom, se reprit-il d’une voix narquoise.

- C’est ignoble, il n’y avait que Lavande pour l’appeler comme ça, cracha Hermione.

- Sûrement parce que toi-même n’osait pas, fit négligemment Malfoy. En tout cas ne t’avise même pas de m’appeler différemment que par Maître ou Monsieur, à la limite si t’es sage t’as le droit de m’appeler juste Malfoy.

- Crève, rétorqua la jeune femme.

Pas de chance, ce fut justement au moment où Ron et Harry arrivaient.

- Je vous laisse, s’esquiva Malfoy avec un sourire mauvais sur les lèvres en s’éloignant.

- Je vais le tuer, grinça Hermione entre ses dents.

- Hermione, intervint Harry, tu n'es pas obligée d’être aussi désagréable.

- Quoi, tu prends sa défense ! s’offusqua son amie.

- Tu viens de dire au type qui t’a veillé pendant 13 mois d’aller mourir, tu pourrais être plus sympa non, fit remarquer Ron.

- Depuis quand es-tu de son côté toi ?

- Depuis que la guerre est finie et que nous sommes devenus, peut-être pas amis mais plus proches, exposa Harry. Enfin Hermione, dans le temps c’est même toi qui nous aurait poussé à nous réconcilier. Je ne dis pas que c’est chose faite et qu’on a oublié ou qu’on s’est pardonné mutuellement 6 ans d’animosité, juste qu’on est passé à autre chose.

- On l’a pas mal aider à se dépatouiller après la chute de Voldemort, pour l’empêcher d’aller à Azkaban, récupérer son manoir familial et tout ça, et lui-même, nous a filé pas mal de bons tuyaux au ministère pour bien se débrouiller parmi les concours et autres afin qu’on accède au poste d’Auror.

- Il vous a passé ses contacts pour que vous soyez pris ? fit Hermione incrédule à l’idée que ses amis aient triché de façon aussi éhontée.

- Non pas du tout, rectifia aussitôt Harry. Il nous a indiqué où nous présenter, à qui nous adresser, par quelle voie passer, quelle formation privilégier et éviter toutes les embûches de l’orientation. Et puis pas seulement…

- Si tu le dis, râla Hermione. Et comment cela pas seulement ?

- Il a sauvé la vie de la meilleure d’Harry et de ma petite-amie, ce n’est pas rien, déclara Ron en la regardant dans les yeux.

Hermione céda. Il semblerait bien qu’elle allait être obligée de supporter la présence de Malfoy parmi eux.
Chapitre 3 : Larmes de sang by Realgya
Author's Notes:
Nouveau chapitre sans commentaire spécifique à faire de ma part, à part vous souhaiter une bonne lecture :)
PS: j'ai l'impression de radoter, je dois me faire vieille xD
Hermione fut réveillée le lendemain matin par un oreiller que venait de lui envoyer Ginny. Celle-ci, malgré quelques disputes avec Harry, sortait toujours avec ce dernier. Les deux jeunes femmes avaient été ravies de se retrouver et avaient passé un bon bout de temps collées l’une à l’autre. Hermione prit son propre coussin et l’envoya sur Ginny, qui se baissa pour l’éviter.

- Salut les fi…

Le projectile atteignit Ron en pleine figure.

- Les mecs, avec moi ! s’écria-t-il en ramassant l’oreiller.

Harry et Georges déboulèrent aussitôt, chacun armé, suivi par Malfoy qui s’était par contre abstenu de prendre un polochon. Sa présence fit un choc à Hermione. Elle ne s’habituerait sans doute jamais à voir ainsi son pire ennemi débarquer torse nu, uniquement vêtu d’un bas de pyjama, au Terrier. Elle le regarda un instant et se mordit la lèvre. S’il y avait quelque chose qu’elle devait s’avouer, c’est qu’il était quand même drôlement bien bâti.

Hermione n’eut pas le temps de plus se poser de questions car un oreiller de la part d’Harry vient l’atteindre au visage. Elle le ramassa et le renvoya sur Georges qui n’eut, malheureusement pour lui, pas le temps d’esquiver. La bataille fut tout de suite inéquitable, les garçons en surnombre terrassant les filles.

- Draco va les aider, ce n'est pas drôle si on les bat trop facilement, rigola Georges.

- Non merci, répondit ce dernier d’une voix traînante.

- Comment ça tu nous bats trop facilement, s’énerva Ginny.

Elle sortit sa baguette, et tous savaient combien elle était redoutable avec. D’un Wingardium Leviosa, tous les coussins s’envolèrent pour aller s’abattre sur les garçons. Ceux-ci durent se replier en riant dans les escaliers d’où ils gagnèrent rapidement la cuisine. S’ils avaient perdus la bataille d’oreillers, ils ne comptaient pas perdre une seule miette du repas.

- Faites moins de bruits, il y en a qui essaient de travailler, leur parvint la voix de Percy depuis sa chambre.

Hermione sourit. Il y a des choses qui, un an après, ne changeaient pas.

- Bon, vous venez manger tous les deux, fit Ginny en s’engouffrant à son tour dans les escaliers.

Un sourire narquois sur les lèvres, Malfoy laissa galamment Hermione passer la première. Sitôt qu’elle eut accepté elle le regretta. Elle sentit le regard du jeune homme brûler son dos alors qu’il s’engageait à sa suite, et aurait voulu pouvoir intervertir les places.



- Les garçons, vous avez du courrier, fit Mr Weasley en entrant dans la cuisine alors qu’ils étaient tous en train de prendre leur petit-déjeuner.

- De qui ? s’enquit Ron.

- McGongall, l’informa son père.

En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, Harry et Ron lui arrachèrent la lettre des mains.

- A voix haute, réclama Ginny, tout aussi intéressée par le contenu de la lettre.

- « La potion est prête. Le Professeur McGonagall, Directrice de Poudlard. » lut Harry.

Tous s’entre-regardèrent, exceptée Hermione.

- Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-elle.

- La question qui se pose est : qui ? souleva Georges.

- Il faut éviter un maximum les possibles nœuds temporels, fit Ron. Donc Draco, désolé mon vieux mais tu es hors-jeu, même si quelqu’un chez les Serpentards serait bien utile, ça éviterait qu’Amycus et sa sœur… Alecto je crois, ne pose trop de questions.

- Je ne vois pas le problème, fit remarquer Malfoy.

- Réfléchis voyons, s’exclama Ron. Si le polynectar cesse de faire effet, le Draco du passé va te tomber dessus. Et là… n’importe quel imbécile comprendrait.

- Ca je le sais bien idiot, répliqua Malfoy ce n’est pas ça qui n’est pas un problème.

- Et quoi alors ?

- Il suffit d’une lettre de recommandation à Rogue et celui ou celle qui sera envoyé ira à Serpentard, inutile de se soumettre au Choixpeau.

- Oui mais, souleva Harry, il faudra jouer la comédie pour se comporter en vrai Serpentard.

- Certes, fit négligemment Malfoy.

- Harry est exclu également d’office, nota Mrs Weasley en leur resservant du bacon.

- Pourquoi ? protesta ce dernier.

- Si tu te fais prendre, tu te feras tuer, donc ça brisera la résistance et du coup toute l’histoire sera changée, car sans la résistance active de l’AD…

Georges laissa sa phrase en suspens.

- Vous parlez vraiment pour ne rien dire, soupira Ginny en levant les yeux au ciel, de toute manière c’est Hermione qui va y aller.

Tous se tournèrent vers la rouquine.

- Elle a passé 13 mois dans le coma, ça lui permettra de rattraper une fois la mission accomplie, expliqua posément Ginny.

- Correct, approuva Mr Weasley.

Hermione était totalement perdue. Qu’est-ce que c’était que cette histoire de deux Malfoy se rencontrant, d’une lettre à Rogue qui était mort, de choixpeau, de Serpentards, de mangemorts, de potion et de nœuds temporels… Une petite idée commença à germer dans son esprit.

- Vous voulez que je remonte dans le passé et que j’aille à Serpentard, formula-t-elle.

- Bravo Granger, on voit que tu n’as rien perdu de ta vivacité d’esprit, railla Malfoy.

- Mais pourquoi ? l’ignora-t-elle.

- Pour Poudlard, répondit Mrs Wealsley. Vous ne le lui avez pas expliqué ? ajouta-t-elle à l’attention des garçons en voyant le regard égaré d’Hermione.

- Ben… fit Ron en se tassant sous le regard sévère de sa mère. Disons que ce n’est pas évident à expliquer.

- Il vaut mieux que tu vois, coupa Ginny. Habille-toi et on y va en transplanant.

Hermione quitta la table et fila se changer.



Hermione, Harry, Ron et Ginny se matérialisèrent devant les grilles de leur ancienne école de sorcellerie. Malfoy n’avait pas voulu les accompagner et avait préféré aller faire un tour sur le Chemin de Traverse où il devait retrouver des amis de Serpentards. Hermione s’avança pour pousser les grilles mais Ron la retint.

- N’entre pas, lui souffla-t-il.

Elle recula devant le malaise évident de son petit-ami.

- Mais qu’est-ce qu’il se passe ? s’énerva-t-elle. Quelqu’un va-t-il enfin m’expliquer ?

- Regarde, lui intima Ginny en désignant l’autre côté des grilles.

Hermione jeta un regard dans la direction indiquée, et frémit. Le corps du professeur Trewlaney gisait sur l’herbe dans une flaque de sang, corps sans vie. Hermione, bien qu’horrifiée, se força à s’approcher légèrement des grilles qui bloquaient l’accès au château et aperçut à travers les barres de métal un deuxième corps plus loin derrière celui du professeur de divination, celui d’un homme d’une trentaine d’années dont les cheveux bruns étaient maculés de sang.

- C’était le professeur Ownie, lui apprit Harry. Il a enseigné la Défense Contre les Forces du Mal à Poudlard l’année passée.

Hermione ne comprenait pas. La guerre était finie, aurait dû être finie. Alors pourquoi ces macchabées.

- Les centaures ont dû se réfugier loin dans la forêt interdite pour ne pas subir le même sort, de même que le kraken et les êtres de l’eau habitant le lac qui se sont enfouies dans les profondeurs.

- Je… je ne comprends pas, balbutia Hermione. Qu’est-ce qui s’est passé ?

C’est alors que son regard se posa sur l’imposant édifice de pierre qu’était le château de Poudlard, ombre lointaine derrière les grilles. Il était rouge, recouvert de sang.

- Il pleure, souffla Ginny.
Chapitre 4 : La mission de guérison by Realgya
Author's Notes:
Coucou ! Voici, vous m'en voyez navrée, l'unique chapitre du week-end, mais je serai absente samedi et dimanche. J'espère cependant qu'il vous satisfera, et j'essayerai de poster le prochain lundi matin, mais je ne vous garantis rien. En tout cas, bonne lecture !
Hermione resta muette un instant, attendant que Ginny développe son explication. Celle-ci, voyant qu’aucun des deux garçons n’allait prendre la parole, dut se résigner à le faire.

- Un an jour pour jour après la guerre qui a eu lieu ici, le château a commencé à pleurer. Trewlaney l’avait senti ; il paraît qu’elle disait à tout le monde de fuir avant que les larmes de sang ne viennent tous les prendre. Elle-même n’en a rien fait, essayant de convaincre tout le monde de s’en aller. Dès que la première goutte de sang est apparue sur la tour d’astronomie, McGonagall a ordonné l’évacuation de l’école, mais comme tu le vois, certains n’ont pas fait assez vite.

Ginny marqua une pause, regardant les corps sans vies des deux professeurs qui auront préféré mettre leurs élèves à l’abri que de se sauver eux-mêmes.

- Tu te demandes à quoi est dû ce phénomène ? c’est légitime, reprit la rouquine. Poudlard a vu défiler les morts dans son enceinte. Aujourd’hui, il pleure tous ceux qui ont disparus en son sein. Les âmes de ceux qui ont été tués durant la guerre contre Voldemort sont prisonnières de ses murs, et le seront tant que le château n’aura pas cessé de pleurer. C’est la maladie du sang. Le problème, c’est que l’esprit de Voldemort est parmi eux.

- Et ? s’enquit Hermione.

- Il tire ses forces des autres esprits, expliqua Harry. Même mort, ce type reste infâme jusqu’au bout. S’il absorbe tous les esprits du château, il espère pouvoir revenir à la vie.

- Ce type est vraiment increvable, fit Ron avec une grimace de dégoût.

- Si nous attendons que le château cesse de pleurer, il aura eu le temps de dévorer tous les autres esprits qui doivent attendre pour rejoindre l’au-delà, reprit Ginny. Mais il existe un moyen pour accélérer le processus, afin que Poudlard cesse de verser des larmes à temps. Sitôt que ses pleurs se seront taris, c’est que la purification se sera achevée et les esprits des morts seront libérés pour passer tranquillement vers l’au-delà. En attendant…

Hermione patienta, mais Ginny n’ajouta rien.

- Et quel est ce processus ? se décida-t-elle à questionner.

- Une potion, expliqua Harry en prenant la relève des explications. Une sorte de piqure qu’il faudrait appliquée quotidiennement aux murs du château pendant deux mois durant. Au bout du traitement, il faudrait attendre encore six mois, soit trois fois plus, avant que les pleurs ne cessent.

- Et sans potion ? se risqua à demander Hermione.

- Sans potion, tu comptes un mois par mort, lâcha Ron.

Hermione les dévisagea, stupéfaite. C’était trop.



- Et la potion n’est prête que maintenant, s’exclama-t-elle. Mais dans huit mois, Voldemort aura sans doute dévoré tous les esprits que…

- Stop Hermione, coupa brutalement Ron. Tu crois qu’on ne le sait pas ? L’esprit de Voldemort est dans une phase d’affaiblissement. Des calculs ont été faits. Dans un mois à peine, il dévorera un premier esprit. C’est comme le baiser d’un détraqueur, sauf qu’il n’y a même plus de corps. Et dès qu’il en aura absorbé un, tous les autres suivront à un rythme affolant. Le seul moyen pour arrêter ça, c’est de faire cesser le château de pleurer avant la date fatidique où Voldemort aspirera l’âme de sa première victime.

- Mais vous venez de dire que c’était impossible ! s’écria-t-elle.

- Impossible avec le temps imparti, la couvrit Harry. Mais nous avons trouvé une solution. D’abord, il faut savoir qu’entre le jour de la guerre et son premier anniversaire, aucune injection n’est possible car le château est imperméable à toute activité extérieure.

- Mais alors…

- Alors il faut faire comme avec un vaccin, il faut agir avant que Voldemort et moi ne nous affrontions, coupa Harry. Il y a eu de nombreux essais sur la potion mais comme nous l’a fait parvenir McGongall tout à l’heure, c’est enfin prêt. Sauf que les durées ont changées. En gros, il faudrait injecter la potion pendant 8 mois à partir du début de la sixième année à Poudlard de Ginny pour que les pleurs du château cessent dans deux à trois semaines. C’est le mieux qui a été calculé. Donc quelqu’un doit retourner dans le passé et s’introduire à Poudlard forcément sous forme d’élève, ce qui met tous les adultes hors-jeu.

- Et vous voulez que ce soit moi ? fit Hermione.

- C’est une proposition que nous devons te proposer à toi en priorité, intervint Ginny. Une fois les six mois nécessaires passés à Poudlard avec une potion de polynectar, il faudra que tu disparaisses jusqu’à aujourd’hui. Conséquence, tout le temps que tu as perdu en étant dans le coma peut être rattrapé. Tu pourras aller en France ou ailleurs étudier et passer des diplômes, et revenir ici le temps écoulé. Pour nous tu ne seras partie que quelques heures, mais en réalité tu auras vécu deux ans. Le département des mystères a de quoi te renvoyer si loin dans le passé, et on te ferait une piqure avec le polynectar. Il te suffira d’en boire une petite gorgée une fois par semaine en guise de rappel.

- Mais de qui prendrais-je l’apparence ?

- C’est la partie la plus délicate, continua Ron, mais on a fini par trouver dans notre époque une sorcière qui a passé trois ans totalement isolée du monde sur une île déserte. On lui a demandé si on pouvait lui prélever une mèche de cheveux après lui avoir exposé le problème. Elle s’ait coupé les cheveux du bas du dos aux épaules, soi-disant parce qu’elle voulait changer de coupe. On t’en fournira une pochette au cas où, mais je ne te conseille pas de perdre ou de faire tomber les flacons de potions qui vont t’être fournis, car il faudrait que tu refasses toute la potion avec vol dans l’armoire de Rogue, enfin Slughorn, et tout et tout…

- C’est bon Ron, j’ai compris que la potion était importante, le fit taire gentiment sa petite-amie.

- Elle a à peu près ton âge, tout se passera bien au niveau de ton identité, reprit Ginny. On va bâtir un génial arbre généalogique de sang-pur, rigola-t-elle.

- Et j’irai à Serpentard, c’est ça ?

- Ca t’évitera d’avoir Alecto et Amycus trop à dos, justifia Harry. Va falloir être bonne comédienne, ria-t-il.

- Oui, soupira Hermione.

Elle laissa aller son regard derrière les grilles. Poudlard pleurait ses morts.



Les quatre jeunes gens rentrèrent au Terrier pour manger. Hermione remarqua que Malfoy était absent et en fit la remarque à Ginny.

- Il est rentré à son manoir, comme d’habitude, lui expliqua-t-elle. Il mange rarement ici, et dort encore moins. Cette nuit c’était exceptionnel à cause de la fête d’hier soir.

Ravie de s’entendre dire que Malfoy était absent, Hermione sourit. Ses amis ne lui avaient pas posé de questions, la laissant réfléchir. L’opération était risquée. Certes elle pourrait revivre ce qu’elle avait perdu, mais elle allait surtout quitter ses amis pour deux ans.

Le soir venu, ils se rendirent tous les quatre au Ministère de la Magie. Malfoy était déjà là, en compagnie de Pansy qui roucoulait près de lui. Ils rejoignirent tous une grande salle dans laquelle McGongall présidait un groupe de chercheurs, Aurors, médicomages et autres. Les jeunes gens rejoignirent les rangs des jeunes de leur âge.

- Si tu veux faire cette mission, souffla Ron à l’oreille d’Hermione, il faut que tu la demandes, et que tu vantes bien tes mérites, car tu n’es pas la seule à avoir envie de retourner dans le passé.

En effet, en jetant un coup d’œil aux autres jeunes dans la salle, elle en repéra plusieurs, les yeux braqués sur McGonagall. Elle réfléchit. Souhait-elle vraiment retourner dans le passé ?

- Bien, je ne vais pas tergiverser avec de grands discours, que ceux qui souhaitent effectuer cette mission se présentent, fit la directrice à l’assemblée.

Hermione eut la surprise de voir Pansy lever la main sous le regard réprobateur de McGongall, mais aussi de Malfoy. Visiblement, elle n’avait pas compris qu’il ne fallait pas se trouver à Poudlard à ce moment-là. Parmi les rangs des chercheurs, une élève d’un an son aînée attira l’attention de la directrice.

- Miss Kwap, lui donna-t-elle la parole.

- Professeur McGonagall, déclara-t-elle en se levant. Je pense que je suis la mieux placée pour cette mission. Je fais partie des chercheurs qui ont travaillé sur la potion mise au point pour la guérison de Poudlard. Cette opération me tient beaucoup à cœur, et je ne vois pas qui d’autre pourrait revendiquer cette place.

Cette fille déplut tout de suite à Hermione. McGonagall balaya la salle du regard, guettant une autre main levée. Hermione se retourna pour regarder l’assemblée. Elle repéra Malfoy dans le regard était braqué sur elle. Il avait un air indescriptible sur le regard, comme inquiet qu’elle ne se présente pas, mais ses yeux étaient un défi lui disant : « et alors ? t’as peur ? ». McGonagall s’apprêta à donner son accord à Kwap ; Hermione leva la main.
Chapitre 5 : Départ dans le passé by Realgya
Author's Notes:
Je vous souhaite à tous une agréable lecture ! Le prochain chapitre est pour (très) bientôt :)
- Miss Granger ? interrogea le professeur McGonagall.

Hermione faillit se lever mais préféra rester assise. Si ses jambes la lâchaient, mieux valait que cela passe inaperçu.

- Excusez-moi professeur, c’est juste que je postule également pour cette mission, exposa-t-elle.

- La Belle au Bois Dormant qui se réveille cent ans après, qui apprend le problème en l’espace de cinq minutes et devient aussitôt l’élément principal et clef de la mission, railla Miss Kwap. Allons professeur McGonagall, soyons sérieux.

- Pardon, fit Hermione en effectuant un demi-tour sur elle-même pour faire face à sa rivale. Tu disais que l’opération te tenait à cœur ? Moi c’est Poudlard qui me tient à cœur. Parmi les esprits que Voldemort va absorber, j’ai des amis, des amis que je considérais comme ma famille. Des gens avec qui j’ai combattu Voldemort l’an dernier lors de la bataille de Poudlard. Des gens avec qui j’ai passé des années merveilleuses lors de ma scolarité. Des gens que j’aimais.

- Professeur, reprit-elle en tournant le dos à Kwap, j’ai vécu 6 ans à Poudlard, je connais tous ses couloirs, ses recoins, ses passages secrets. Certes j’apparaîtrai comme une nouvelle élève qui n’est pas censée les connaître, mais c’est justement ce qui me fait un avantage, car il me sera plus facile d’injecter la potion sans éveiller les soupçons, connaissant déjà les lieux. Je n’ai certes pas participé aux recherches sur la maladie du sang, mais vous savez tous ici que si je n’avais pas été victime d’un avada kedavra lors de la guerre sanglante qui a eu lieu à Poudlard, j’aurai été parmi les premières à se plonger dans les recherches pour sauver l’école.

- N’oublions pas, renchérit Harry en se levant pour appuyer son amie, que suite à cette guerre Hermione a perdu 13 mois de sa vie dans le coma, et qu’une fois la mission achevée il faudra patienter encore patienter environ un an et demi avant de pouvoir reprendre une vie normale. Hermione pourra mettre ce temps à profit pour récupérer celui qu’elle a perdu.

- Miss Granger n’est même pas remise complètement de son coma, c’est juste ridicule ! s’exclama Miss Kwap.

- Granger est sans doute bien mieux placée que toi pour cette mission, intervint la voix traînante de Malfoy en se retournant vers son interlocutrice.

Hermione se retourna et contempla le dos du jeune homme avec hébétude. Il ne venait quand même pas réellement de prendre sa défense, si ?

- Et peut-on savoir ce qui vous fait dire cela, Mr Malfoy ? interrogea le professeur McGonagall.

- Un avis personnel, c’est tout, se contenta de répondre le jeune homme. De toute manière, tout s’est déjà passé.

Il adressa un regard brûlant à Hermione qui détourna la tête et reporta son attention sur McGonagall. Malfoy avait raison, tout était déjà écrit. Mais il lui sembla qu’en disant ces mots, l’ancien Serpentard voulait lui faire passer un message. Ne souhaitant pas se poser des questions à ce sujet, Hermione chassa l’intervention du jeune homme de sa tête.

- Bien, je pense qu’il est temps de prendre une décision, clama le professeur McGonagall. Que ceux qui sont pour Miss Kwap se manifestent.

Ron et Harry se retournèrent aussitôt pour voir les mains se lever, mais Hermione s’obstina à ne pas regarder.

- Que ceux qui sont pour Miss Granger se manifestent, reprit la directrice.

Ron donna un discret coup de coude à sa voisine pour qu’elle regarde les voix en sa faveur. A l’air jubilatoire sur son visage, elle comprit qu’une majorité était pour elle. Et en effet, ses exploits aux côtés d’Harry et Ron n’étaient pas passés aux oubliettes.

- Bien, à la majorité de l’assemblée, Miss Granger est désignée pour la mission.

La séance fut levée sur le visage rouge de colère de Kwap. Hermione sourit. Après tout, c’était écrit.



Hermione tendit docilement son bras au médicomage qui devait lui administrer l’injection de polynectar. Elle ne frémit même pas quand il planta l’aiguille dans sa peau. Après tout, les instruments de dentiste de ses parents étaient autrement plus effrayants. La jeune femme laissa retomber sa manche quand la piqûre fut finie et se tourna vers ses amis qui l’observaient avec inquiétude.

- Tu es sûre que tu veux y aller ? redemanda une énième fois Ron.

Hermione soupira mais ne prit pas la peine de lui répondre. Harry lui tendit une petite fiole. Une valisette contenant une dizaine de potions semblables était enfouie quelque part dans la grosse valise qu’elle allait emmener avec elle dans le passé. Elle la déboucha, en but une petite gorgée et referma le flacon. Une horrible nausée monta en elle, comme la première fois qu’elle avait bu la potion. Les médecins avaient peut-être essayé d’en adoucir le goût, mais cela restait infect. Au moins ne risquait-elle pas d’aller vomir dans les toilettes cette fois-ci. Aussitôt des convulsions la prirent ; son corps se modifia.

Les cheveux emmêlés d’Hermione firent place à une superbe chevelure d’un blond doré qui lui tombait jusqu’au bas du dos, ses yeux prirent une forme en amande, ses pupilles se décolorèrent pour laisser place à un bleu presque gris qui restait cependant brillant, son nez s’allongea légèrement, ses lèvres s’amincirent, ses oreilles rétrécirent, elle grandit un petit peu.

- Wahou Hermione ! s’exclama Ron qui semblait estomaqué.

La jeune femme brandit sa baguette et d’un mouvement expert du poignet fit léviter jusqu’à elle un petit miroir. Ses sourcils étaient fins, ses cils longs, ses pommettes saillantes. Elle trouvait très bizarre de se voir ainsi. En ouvrant la bouche, elle constata que ses dents, bien que d’un blanc superbe, n’étaient pas de celui éclatant comme auparavant. Mais bon, la jeune femme qui lui avait prêté son apparence n’avait pas des parents dentistes.

- Miss Granger, appela le professeur McGonagall. Voici une lettre pour le professeur Rogue. Nous avons bien réfléchir à que lui dire, et sur les indications de Mr Potter, avons décidé que nous lui dirions la vérité sur votre identité.

- Bien professeur, acquiesça l’ancienne Gryffondor.

- Il vous traitera sans aucun doute comme une Serpentarde, j’ai bien souligné ce point dans ma lettre, ajouta la directrice. Je compte aussi sur vous pour jouer la comédie, et ne pas vous faire démasquer par vos camarades.

Hermione opina derechef, mais sentit un regard brûlant sur sa nuque. Quand elle se retourna, elle ne sut dire s’il provenait de Draco et Pansy, tous deux en conversation non loin de là.

- Bonne chance, Miss Granger, conclut la directrice de Poudlard.



Hermione étreignit ses amis une dernière fois.

- A dans cinq minutes, sourit Ron.

Il se prit un violent coup de coude de la part de sa sœur. Les cinq minutes pour eux allaient durer deux ans entiers du point de vue de sa petite-amie. Pour se rattraper, le rouquin l’enlaça une nouvelle fois et déposa un baiser sur ses lèvres. Hermione ne put s’empêcher de lui répondre avec passion, s’agrippant à ses bras, ne voulant plus quitter l’étreinte chaleureuse de son petit-ami. A contrecœur, elle s’éloigna de lui et marcha jusqu’à un immense sablier. Un Auror la prit sur son balai et s’éleva dans les airs jusqu’au sommet de l’édifice. Une trappe s’ouvrit dans le bois, il l’y lâcha précautionneusement avec sa grosse valise avant de refermer l’ouverture et d’aller se poser.

Hermione se laissa tomber mais le sable qui ne s’était pas encore écouler amortit sa chute. Elle se releva et s’approcha du verre. De l’autre côté, en contrebas, ses amis lui adressaient de grands signes d’encouragements. Parmi la foule, elle repéra le visage fermé de Malfoy qui la regardait pensivement. A son retour, il faudra qu’elle mette les choses au clair avec lui. La jeune femme tapota la valise à côté d’elle. Au milieu des vêtements et manuels scolaires se trouvait le petit coffret avec les injections quotidiennes à faire au château. Le processus était simple, il suffisait de faire pénétrer le liquide entre les pierres, et jamais deux fois au même endroit.

Soudain, un groupe d’Aurors brandirent leurs baguettes et commencèrent, par un sort, à faire se retourner le sablier. Hermione sentit qu’elle perdait l’équilibre. L’objet eut tôt fait d’accomplir une rotation complète et une marée de sable se précipita sur elle. La jeune femme ferma les yeux, le courant la plaquant contre le bois qui formait désormais le bas du sablier. Elle ne pouvait plus respirer, la main crispée sur sa valise. Le sable lui piquait les paupières, s’incrustait dans ses cheveux, pénétrait ses vêtements, ses lèvres, son nez. Elle suffoquait.

Un vent frais vint lui caresser le visage. Hermione ne sentait plus le sable. De sa main libre, elle caressa l’espace autour d’elle. De l’herbe. La jeune femme ouvrit les yeux. Quelques nuages flottaient dans le ciel, semblant l’accueillir. Elle se redressa et regarda autour d’elle. Tout était calme et se dessinait près d’elle les murs de Poudlard. A quelques pas de l’endroit où elle se trouvait, la surface du lac scintillait. De l’autre côté, les grilles étaient ouvertes et aucune goutte de sang n’apparaissait à l’horizon. Elle avait réussi à remonter dans le passé.
Chapitre 6 : A Serpentard by Realgya
Author's Notes:
Chapitre plus long qu'à l'accoutumé, mais peut-être plus rébarbatif aussi. "Mieux vaut prévenir que guérir", alors je préviens ^^

Bonne lecture ! :D
Angoissée, Hermione attend devant la gargouille du bureau du directeur que celui-ci puisse la recevoir. Le professeur McGonagall, qu’elle était allée trouver en premier lieu, a prévenu Rogue de sa visite. Elle s’appelle Elinda Morevo, ses parents sont décédés peu de temps auparavant, elle tient à la main une lettre de recommandation. La gargouille pivote et la jeune femme emprunte les escaliers dévoilés. Arrivée en haut, elle frappe un petit coup contre la porte.

- Entrez !

Hermione pousse le battant et pénètre dans le bureau directorial. Rogue est assis devant une quantité impressionnante de parchemins, la tête baissée. Il ne l’invite pas à prendre place sur l’un des sièges, ne daigne même pas lever les yeux vers elle. Hermione sait ce qu’elle a à faire, le professeur McGonagall de son époque le lui a bien expliqué.

- Professeur Rogue, nous allons gagner.

L’homme pose son regard sur elle, puis se recule dans son fauteuil.

- Qui êtes-vous ?

- Tout le monde doit m’appeler Elinda Morevo, mais je suis Hermione Granger, déclare la jeune femme.

Roque hausse un sourcil.

- Vous êtes recherchée dans tout le monde de la magie pour être acoquinée avec Potter et vous venez vous livrer, étonnant. Dois-je vous rappeler que je suis un mangemort ?

- Professeur, je viens du futur, se lance son interlocutrice. L’ordre du phénix va emporter la guerre, mais la maladie du sang va s’abattre sur Poudlard. Vous savez de quoi il retourne, n’est-ce pas ?

Après de longues discussions, tous avaient fini par être d’accord pour révéler la situation à Rogue. Après tout, il était du côté d’Harry. McGonagall supposait que l’ancien maître des potions connaîtrait sûrement la maladie du sang, et Hermione espérait que c’était le cas, sinon elle allait devoir lui expliquait de quoi il retournait. Rogue la fixa un long moment, pensif.

- Oui, je sais ce qu’est la maladie du sang, finit-il par lâcher.

- Alors vous devez m’aider, fit Hermione avec aplomb.



La jeune femme avait passé une heure entière dans le bureau de Rogue. Elle lui avait expliqué la situation sans trop dévoiler le futur. Il serait le seul parmi tous les sorciers de cette époque à savoir qui elle était, et d’où elle venait. C’était ce qui avait été établi lors des préparatifs avec le professeur McGonagall, et c’était plus sûr pour Hermione. De toute manière, cela ne changerait en rien le futur que Rogue le sache ou non, puisqu’il allait mourir. Hermione grimaça. Dire les choses ainsi ne lui plaisait guère, même si c’était l’entière vérité.

Le banquet de début d’année devait se tenir le soir même. Rogue avait ordonné à Hermione d’aller trouver le professeur Slughorn pour qu’il lui indique où se situait son nouveau dortoir afin qu’elle s’y installe. Aussi la jeune femme se trouvait-elle désormais devant le bureau de son professeur de potions. Elle frappa trois petits coups contre la porte et attendit qu’on vienne lui ouvrir. Elle tenait dans ses mains une lettre du directeur pour renseigner le vieil homme sur la procédure à suivre, et l’ancienne Gryffondor trouvait que se balader avec systématiquement un courrier devenait lassant.

- Bonjour, que puis-je pour vous ? demanda le maître des potions en lui ouvrant.

- Je suis une nouvelle élève, le professeur Rogue m’a chargé de vous remettre ceci, répondit simplement Hermione.

Elle tendit la lettre à Slughorn qui la lut rapidement.

- Je vois… Miss Morevo ?

Le professeur lui adressa un grand sourire auquel Hermione répondit par un hochement de tête.

- Bien, suivez-moi, je vais vous conduire à la salle commune des Serpentards.

La jeune femme emboîta le pas du maître des potions qui déambula un moment dans les cachots avant de s’arrêter devant un mur nu et humide.

- Le Seigneur des Ténèbres est tout puissant, fit sombrement le professeur.

Ces tristes mots semblaient avoir été arrachés de force à Slughorn mais firent s’ouvrir une porte de pierre dissimulée dans le mur. Hermione grimaça en comprenant qu’il s’agissait du mot de passe. Jamais elle ne pourrait entrer dans sa nouvelle salle commune si elle devait donner ce mot de passe à chaque fois. Poudlard était bel et bien tombé sous le contrôle de Voldemort.

Hermione entra dans la salle commune à la suite de son professeur. Il s’agissait d’une longue pièce sans fenêtre, ce que l’ancienne Gryffondor regretta aussitôt en se disant qu’il devait en être de même dans les dortoirs. Les murs et le plafond étaient en pierre brute, donnant à la pièce un aspect sinistre. Elle était éclairée par des lampes rondes et verdâtres suspendues à des chaînes et par un faible feu qui brûlait dans la cheminée, dont le manteau était gravé de figures compliquées qui tira un sourire à Hermione. Si elle s’ennuyait, elle pourrait toujours essayer de comprendre ce qu’elles représentaient. Et sans doute que les flammes seraient ravivées lors de l’arrivée des élèves.

Le professeur Slughorn se dirigea tout droit vers les escaliers, et la jeune femme le suivit à la hâte. Il lui montra son dortoir et lui indiqua son lit. Hermione déposa ses valises à ses pieds et fit le tour de la pièce. Elle était en tout point semblable au dortoir des Gryffondors, excepté que les tentures étaient vertes et non rouges et qu’elle était, comme la jeune femme l’avait deviné, exempte de toute fenêtre.

- Je vous laisse vous installer, soyez à l’heure pour le banquet, fit joyeusement le maître des potions avant de la laisser seule.

Hermione entreprit aussitôt d’ouvrir sa valise. Elle en sortit les précieux coffrets contenant ses fioles de polynectar et les injections à faire au château. Ouvrant ce dernier, elle s’empara de sa seringue, versa un peu de liquide à l’intérieur et s’approcha d’un des murs du dortoir. Elle posa son instrument contre l’une des pierres et eut la surprise de l’y voir s’y enfoncer comme s’il s’était s’agit de beurre. Elle injecta la potion jusqu’à la dernière goutte, puis fit demi-tour et alla ranger la seringue. Sitôt fait, elle rangea les deux coffrets dans son armoire et les verrouilla grâce à un sortilège compliqué que lui avait appris Ron avant de partir. Cela lui avait fait très drôle que le jeune homme connaisse un sortilège qu’elle ignorait.

L’ancienne Gryffondor se pencha de nouveau sur sa valise et en sortit un vieux parchemin vierge qui était la carte du Maraudeur et le tissu fin et soyeux qu'était la cape d’invisibilité d’Harry. Son ami lui avait prêté ses deux biens les plus précieux en rigolant, lui disant qu’à ses yeux, ce n’était que pour une petite heure, qu’il lui faisait confiance pour en prendre soin et que cela lui serait bien plus utile à elle qu’à lui.

Hermione eut vite fini de ranger toutes ses affaires, et ceci fait, elle revêtit sa robe de sorcière et remonta dans l’intention d’aller faire un tour à la bibliothèque. Cependant, en arrivant dans le hall, elle aperçut une multitude d’élèves gagner la grande salle. Il était déjà si tard ? La jeune femme n’avait pas vu le temps passer. Se résignant, elle se joignit à la foule et se força à rejoindre la table des Serpentards. Son cœur se serra en apercevant Neville et Ginny se diriger vers celle des Gryffondors.



Hermione prit place à un coin vide de la table, mais elle eut le déplaisir de voir s’installer à ses côtés Draco Malfoy, bientôt suivi de Crabble, Goyle, Zabini, Parkinson et Bulstrode.

- Qu’est-ce que tu fais là, toi ? demanda le jeune homme blond en fronçant les sourcils.

L’ancienne Gryffondor se retint de l’envoyer paître d’une remarque acide, ou même de se contenter de lui lancer un regard froid. Mieux valait qu’elle ait de bons contacts avec ceux-là si elle ne voulait pas être embêtée par la suite.

- Je suis nouvelle, et on m’a mise à Serpentard, répondit-elle d’une voix qu’elle s’efforça de garder neutre.

- Et tu es ? interrogea Zabini.

- Elinda Morevo, fit Hermione avec réticence. Et vous ?

- Blaise Zabini, se présenta ce dernier.

- Gregory Goyle.

- Vincent Crabble.

- Pansy Parkinson.

- Millicent Bulstrode.

Draco, imbu de lui-même, ne prit pas la peine de décliner son identité, déjà plongé dans une grande conversation avec sa nouvelle voisine en la personne de Daphné Greengrass. Hermione lui jeta un regard dégoûté avant de reprendre un masque impassible. Elle capta le regard de Pansy et lut un sourire sur ses lèvres. Elle devait être rassurée de ne pas avoir à considérer la jeune femme comme une rivale.

Le nouveau directeur se leva, fit le discours sans doute le plus bref jamais prononcé à Poudlard et se rassit alors que la répartition des premières années commençait. Hermione trouva le banquet qui s’ensuivit plus morne qu’à l’ordinaire. Elle surprit Théodore Nott qu’elle n’avait pas vu prendre place débattre avec Zabini, mais aucun des deux ne semblait très intéressé par leur conversation.

- Alors Elinda, comme ça tu es nouvelle, engagea soudain Parkinson.

Les deux jeunes hommes s’arrêtèrent aussitôt de parler pour reporter leur attention sur elle.

- Effectivement, répondit froidement Hermione.

- Tu étais où avant ? A Beauxbâtons ?

Le nom sonna comme une insulte dans la bouche de la Serpentarde qui devait tenir les élèves de cette école en piètre estime. La jeune femme faillit dire Durmstrang mais se retint. Elle savait parler français, y était déjà allée plusieurs fois et jugeait plus prudent de dire qu’elle en venait, surtout qu’elle ne parlait pas un mot de bulgare.

- Effectivement, ça pose un problème ? s’enquit-elle.

Elle sut immédiatement que ce n’était pas ce qu’il aurait fallu dire. Ce n’était pas ainsi qu’elle arriverait à avoir une relation quelque soit peu correcte avec le groupe. Et si cette relation ne s’établissait pas, nul doute qu’ils lui causeraient des soucis.

- Non, pas du tout, se moqua Parkinson. A part que les filles là-bas sont toutes des pimbêches superficielles.

Hermione dut faire un gros effort sur elle-même pour ne pas rétorquer qu’elles ne l’étaient sans doute pas plus qu’elle.

- Certaines en effet, concéda-t-elle à la place. Mais je ne peux pas les supporter.

Elle mima sans peine une grimace dégoûtée qui convainquit son auditoire.

- Et alors, où est le problème avec les pimbêches superficielles ? demanda Goyle. Pour une nuit, c’est idéal. Les mecs là-bas en ont de la chance.

Parkinson lui jeta un regard méprisant avant de s’intéresser à son assiette. Hermione fit de même.
Chapitre 7 : Serpentardes au dortoir by Realgya
Author's Notes:
Il n'est pas certain que ce chapitre plaise, mais pour ma part je me suis amusée à l'écrire :) J'espère quand même que vous vous amuserez à le lire, alors sur ce, bonne lecture à tous ! :D
Hermione bondit dès la fin du banquet et se dirigea à la hâte vers son nouveau dortoir, soucieuse de mettre le plus de distance possible entre elle et le groupe de Serpentards. Elle se laissa bientôt tomber sur son lit et soupira. Le répit fut toutefois de courte durée quand Bulstrode, Greengrass et une grande jeune fille aux cheveux mi-longs châtains et aux yeux d’un marron sombre qu’Hermione identifia comme étant Davis la rejoignirent quelques minutes après.

- Tiens, t’es la nouvelle, c’est ça ? Tu vas partager notre dortoir ? s’enquit Greengrass.

- Il semblerait en effet, soupira Hermione. Par… Pansy n’est pas avec vous ?

Les trois Serpentardes échangèrent un sourire complice.

- Elle est avec Draco, se décida à lui dire Davis.

Hermione dissimula sa grimace sous un masque impassible, regrettant d’avoir posé la question. Elle ferma les yeux pour essayer de chasser les images de Parkinson et Malfoy s’embrassant, et bien plus, qui l’assaillirent mais cela eut l’effet inverse. Elle se demandait vraiment comment Harry et Ron avaient pu sympathiser avec un type pareil, orgueilleux, arrogant, méprisant et méprisable à souhait. L’avantage d’être retournée dans le passé dans une enveloppe corporelle qui n’était pas le sienne, c’est qu’elle pourrait épier les trois garçons pour comprendre ce qui avait bien pu les rapprocher.



Parkinson débarqua dans le dortoir une heure plus tard dans une tenue totalement défaite, le chemisier hors de la jupe, les cheveux en bataille, la cravate tenant par on ne savait quel miracle, les lacets défaits. Ses gloussements eurent aussitôt le don d’agacer Hermione qui était confortablement installée sur son lit en pyjama avec un roman entre les mains.

- Ne me dis pas que tu lis ! s’exclama Bulstrode horrifiée. Tu sais à qui tu me fais penser comme ça ? A cette sale sang-de-bourbe de Granger.

Hermione se crispa ; sa mission d’infiltration commençait mal. Elle aurait dû répliquer par un « ne me compare pas à cette vermine » ou autre mais elle n’en était pas capable, et puis cela n’aurait que plus renforcé les idées absurdes de Parkinson, même si la jeune femme doutait que ces dernières puissent être modifiées en quoique ce soit, sinon en pire.

- C’est qui celle-là ? demanda-t-elle plutôt.

Parkinson se lança aussitôt dans une imitation grotesque de la Gryffondor qui fit pouffer ses condisciples. Hermione se força à sourire. Elle ferma son livre et le rangea dans sa table de chevet.

- C’est un ami qui me l’a offert, si je ne l’ai pas lu avant notre prochaine entrevue il va se vexer, inventa-t-elle pour se justifier en mettant fin à la séance de moquerie.

- Ils t’offrent de drôles de trucs tes amis, fit Bulstrode avec une mimique dégoûtée.

- Et quand est-ce que tu le vois ? s’enquit Greengrass.

- Aux vacances de Noël en théorie, c’est pour ça qu’il faut que je commence à m’y mettre tôt, mentit Hermione.

Les Serpentardes approuvèrent, il leur fallait bien plus de trois mois pour lire un roman, c’était plausible. Hermione avait déjà planifié de rester à Poudlard pour les vacances de Noël afin d’injecter le remède au château. Elle inventerait plus tard un prétexte selon quoi finalement ils ne pourraient pas se voir, et que par conséquent elle préférait rester à l’école, et l’affaire serait réglée.

- Elinda, c’est quoi cette horreur ? s’écria soudain Parkinson. Non mais t’as vu dans quoi tu dors ? Un pyjama ! Et des plus moches, de surcroît, soit dit sans te vexer.

Ce coup-ci, Hermione crut bien qu’elle allait exploser, se lever et mettre une bonne gifle à la Serpentarde. Malheureusement, cela serait ruiner sa couverture. Non, il fallait qu’elle se donne du courage, en digne Gryffondor qu’elle était. Elle allait devoir supporter Parkinson toute l’année, elle ne devait pas craquer si tôt.

- A la première sortie à Pré-au-Lard, on fait toutes les magasins avec toi pour te trouver une tenue convenable.

Hermione détailla la chemisette en soie que la jeune femme était en train d’enfiler, et se dit que c’était plus une tenue affreusement indécente et scandaleuse que tout autre chose. Elle avait une belle somme d’argent pour subvenir à tous ses besoins durant ces deux longues années, et le professeur McGonagall lui avait dit d’y faire attention tout en se faisait plaisir pour profiter de ce temps en plus. Etait-ce une invitation à se laisser aller au shopping ? Si elle refusait la proposition de Parkinson, nul doute qu’elle serait mal vue par la suite par les Serpentards.

- Bah, ce n’est pas si grave, de toute manière il n’y a que vous pour le voir, fit cependant Hermione.

Faire du shopping avec les Serpentardes à la limite, elle s’ennuierait mais jouerai le jeu. Par contre, hors de question qu’elles lui fassent enfiler un bout de tissu aussi ridicule que ceux qu’elles-mêmes arboraient.

- Et les garçons, répondit malicieusement Greengrass. T’inquiètes, la première sortie à Pré-au-Lard ne devrait pas trop tarder, il va juste falloir que tu fasses abstinence jusque là.

Hermione n’en croyait absolument pas ces oreilles. Les filles n’étaient tout de même pas en train de… de croire qu’elle… c’était absurde ! Elle était vierge, et avait encore l’intention de le rester pendant un certain temps !

- Au fait Pansy, ces retrouvailles avec Draco, glissa Davis.

- Je sais Tracey, tu meurs d’envie d’être à ma place, gloussa Parkinson.

- J’y ai déjà été, fit sa condisciple en arquant un sourcil.

- Mais pour si peu de temps, railla son interlocutrice. Ah la la, je crois que dans ce placard à balai-ci, c’était la première fois.

- Logique vu que vous ne le faites jamais au même endroit, releva Bulstrode.

La Gryffondor de cœur comprit avec horreur de quoi elles étaient en train de parler. Apparemment, si la réputation qui faisait de Malfoy un Prince des Serpentards était fondé, celle selon laquelle il n’en était plus à sa première fois aussi. En fait, à part Bulstrode, toutes les Serpentardes du dortoir devaient déjà être passé une, voir plusieurs fois dans son lit. Hermione en eut envie de vomir, et elle se précipita vers la salle de bain en prétextant qu’elle avait oublié de fermer un robinet. Excuse débile, certes, mais les filles étaient tout aussi débiles donc…

Non, elles étaient loin d’être idiotes. Disons simplement qu’elles ne réfléchissaient que quand cela les intéressait. Si Hermione se révélait être une rivale auprès d’un garçon, nul doute qu’elles seraient effroyablement intelligentes. Après tout, n’étaient-elles pas à Serpentard ?



Au lieu de retourner dans le dortoir, la Gryffondor de cœur appuya son oreille contre la porte pour écouter discrètement leur conversation.

- Elle est bizarre cette Elinda, vous ne trouvez pas ? faisait une voix qu’Hermione reconnut comme étant celle de Greengrass.

- Draco ne lui a pas accordé un seul regard, répondit Davis. A partir de ce moment-là, ça va. Il va sûrement falloir l’éduquer en matière de goûts vestimentaires, en maquillage, bijoux et coiffure, ce sera amusant ! Une vraie poupée.

- Tu adores toujours autant relooker les gens, rigola Parkinson. Je suis sûre que tu meurs d’envie de conseiller même cette saleté de Weasley, ou pire de Granger.

- Parfois je dois avouer que oui, tu te souviens du bal de 4ème année, Granger était super belle. Oh, ne fais pas cette grimace, ce qui est vrai est vrai. Et les cheveux de Weasley, on dirait des flammes, j’aimerai trop avoir une poupée lui ressemblant. Mais hors de question que j’adresse seulement la parole à ces Gryffondors.

- Traître à leur sang et sang-de-bourbe en premier lieu, renchérit Parkinson.

- Je suis bien une sang-mêlée, fit Davis, penaude.

- Beaucoup de Serpentards le sont, nota Greengrass par-dessus le reniflement de Parkinson qui devait selon toute vraisemblance mépriser sa condisciple pour son ascendance. Ce n’est pas la même chose.

- En tout cas, vu qu’elle est de notre maison, tu vas pouvoir t’en donner à cœur joie, lâcha Bulstrode.

- Oui ! se réjouit Davis.

Hermione se redressa et rejoignit le dortoir comme si de rien n’était. Si elle devait passer l’année avec ces filles, autant commencer par devenir amie avec Davis. Il était certain qu’elle n’apprécierait pas du tout de jouer à la poupée entre ses mains, mais méprisait Ginny et elle-même tout d’abord à cause de leur maison avant leur ascendance, de leurs valeurs avant de leur sang. Et juste ce détail la rendait bien plus sympathique aux yeux d’Hermione que ne l’était les trois autres Serpentardes réunies.
Chapitre 8 : Premiers cours by Realgya
Author's Notes:
Dans le genre "chapitre absolument pas passionant, on se demande pourquoi on le lit", je pense que vous pouvez classer celui-ci xD oui, il est long, lourd, ennuyeux... mais bon, je ne peux pas directement entrer dans le vif du sujet comme ça, vous comprenez bien, non ?

Bref, tout ça pour dire que je suis désolée si ce chapitre ne vous plaît pas, je ferai mieux pour le prochain promis. "Mieux vaut prévenir que guérir", du coup j'avertis ;)

Bonne lecture quand même ! :)
Dès le lendemain matin Hermione fut réveillée par Parkinson.

- Allez Elinda, debout ! s’acharnait la jeune femme devant son lit.

Hermione grinça des dents et envoya son oreiller sur la Serpentarde. Cette dernière l’évita habilement mais Greengrass se le prit en pleine figure. Davis fut immédiatement de la partie, elle s’empara de son propre oreiller pour aller taper Bulstrode, sous prétexte de la tirer plus vite du lit. Greengrass ramassa l’oreiller d’Hermione avec la ferme intention de le lui renvoyer mais il vint percuter le dos de Parkinson. Le réveil matinal dégénéra en une bataille de polochon anarchique où chacune tapait sur toutes les autres sans distinction.

Hermione, d’ordinaire calme, put librement exprimer sa frustration de se retrouver entourée de ceux qu’elle détestait. Et se rendit compte avec surprise que Parkinson et Greengrass se livraient à la bataille sans rechigner de peur de se casser un ongle, ce à quoi elle ne se serait jamais attendu de la part des Serpentardes. Après cette bonne séance de défoulement, elles décidèrent toutefois de passer rapidement à la douche avant de rejoindre la grande salle pour le petit-déjeuner.

Elles arrivèrent en petit groupe et prirent place à côté de Malfoy, Zabini, Crabble, Goyle et Nott. Ce dernier, taciturne, ne leur accorda pas même un regard alors que les deux autres les invitèrent dédaigneusement à s’asseoir près d’eux. Hermione se retint de leur lancer un regard féroce en se mettant à côté de Davis le plus loin possible d’eux.

- Tu n’as pas l’air de les apprécier, remarqua la jeune femme sans que les autres ne l’entendent.

Hermione grimaça, il fallait jouer serré.

- Sûrement parce que je ne les connais pas, répondit-elle avec un haussement d’épaules. Mais ils ne donnent pas l’impression d’être très sympathiques et du genre à devenir amis avec une nouvelle comme moi.

- C’est vrai qu’ils sont arrogants, sourit Davis. Et ce avec tout le monde, mais tu verras, on finit par s’habituer. Et puis ils sont si beaux.

Hermione leva les yeux au ciel avant de s’intéresser à son assiette. C’est alors que le professeur Slughorn passa dans leurs rangs pour distribuer les emplois du temps de l’année. La Gryffondor de cœur attrapa le sien et le compara avec Davis. Bon, à part les cours de métamorphose qu’avait cessé de suivre la Serpentarde, elles seraient tout le temps ensemble. Ca ne partait pas trop mal.

- Direction le cours avec Amycus et Alecto ! s’exclama Davis.

Hermione se rembrunit aussitôt. Ca partait très mal. Prétextant avoir oublié son sac de cours, elle quitta les autres Serpentards pour redescendre en hâte au dortoir injecter sans se faire voir le remède au château. Elle hésita à avaler une gorgée de polynectar, cela ne faisait pas une semaine qu’elle était transformée. Toutefois, dans le doute à cause du voyage temporel, elle préféra prendre des précautions et en but quelques gouttes avant de rejoindre en courant sa salle de classe.

Amycus faillit lui faire une remarque quand elle arriva devant la salle alors qu’elle faisait entrer les autres élèves mais s’abstint en se rendant compte qu’il s’agissait d’une élève de Serpentard.

- Comment as-tu fait pour trouver la salle ? souffla Davis à voix basse.

- J’ai menacé le premier élève que j’ai trouvé, répondit Hermione dans un murmure, son cerveau tournant à cent à l’heure pour trouver une excuse.

Davis hocha la tête en souriant.

- Quelle maison ?

- Poufsouffle, répondit son interlocutrice au hasard.

- Silence ! clama la voix d’Amycus.

« L’heure allait être longue » songea tristement Hermione.



- Pansy, Daphné, Millicent, vous venez ? appela Davis. Elinda, bon cours avec cette vieille harpie !

- Elle est si horrible que ça ? s’enquit innocemment Hermione.

- Oh oui ! s’exclama Parkinson. Allez, à tout à l’heure !

Les trois jeunes femmes l’abandonnèrent dans le couloir où Hermione sortit son emploi du temps. Elle fit mine d’y lire la salle qu’elle connaissait déjà avant de le ranger et de se diriger vers son prochain cours.

- Hé la nouvelle !

Hermione s’arrêta et se retourna pour découvrir Malfoy, Zabini et Nott qui venaient vers elle.

- Tu t’appelles comment déjà ? demanda Zabini qui l’avait interpelée.

- Morevo, Elinda Morevo, lâcha la jeune femme à contrecœur.

- T’as pris métamorphose ? tu vas en baver, nota le Serpentard. Viens, on va te montrer où c’est, on a cours ensemble.

Hermione acquiesça et le suivit. Bon, finalement Zabini n’était peut-être pas si ignoble que ça. Il détourna vivement la tête lorsqu’elle posa son regard sur lui, mais pas assez vite pour qu’elle ne puisse pas apercevoir le sourire lubrique sur ses lèvres. Elle se disait aussi, il ne pouvait pas être aimable par gentillesse. Malfoy la regarda dans les yeux pour la première fois depuis la rentrée, et elle aurait préféré qu’il ne le fasse pas. Ses pupilles grises lui rappelaient l’onyx et elle eut du mal à s’en détacher pour suivre Zabini qui ouvrait la marche, suivi de près par Nott.

- Vous êtes en retard, leur fit sèchement remarquer le professeur McGonagall quand ils arrivèrent après tout le monde.

- On a escorté la nouvelle qui marche lentement, prétexta Zabini en s’asseyant au fond de la salle.

Nott prit place automatiquement à ses côtés.

- Il reste des places devant, informa le professeur.

Hermione aperçut la place libre à la table jouxtant celle de Neville avant de se rappeler qu’il ne fallait en aucun cas qu’elle s’y asseye. Résignée, elle rejoignit Malfoy qui s’assit à une table libre sur la gauche.

- T’aurais pas dû prendre métamorphose, ce cours est horrible, chuchota le jeune homme en sortant ses affaires sous le regard sévère de McGonagall.

- Pourquoi tu le suis alors ? questionna son interlocutrice.

- Mon père a insisté selon quoi ça peut être utile, surtout si plus tard je veux essayer de devenir animagus, mais il n’y a aucune chance pour cela.

Ca n’étonnait pas Hermione. Malfoy était sans doute trop attaché à son apparence pour se rabaisser à prendre une forme animale.

- J’ai à peu près les mêmes raisons, répondit-elle évasivement au regard appuyé du jeune homme.

Il lui retourna un air perplexe mais ne commenta pas. S’appuyant avec nonchalance contre le dossier de son siège, il porta son attention sur le professeur qui leur expliquait les enjeux de leur septième année et les A.S.P.I.C.S. qu’ils passeraient à la fin de cette dernière.

- Tu parles, à quoi ça pourra bien nous servir, maugréa Malfoy.

Hermione lui adressa un regard indéchiffrable avant de se retourner vers McGonagall. Elle sentit le Serpentard la détailler à sa droite mais fit comme si de rien n’était. Il était sûrement en train de la jauger. Etait-elle digne de passer une nuit avec lui ? La trouvait-il suffisamment à son goût ? Sa propre ironie fit monter la nausée chez Hermione mais elle contint un air impassible en écoutant son professeur de métamorphose.

Dès que la fin des classes sonna, elle bondit presque loin du jeune homme mais se rattrapa en l’attendant, lui, Zabini et Nott dans le couloir. Ils la rejoignirent en moins de deux et tous les quatre se rendirent à la grande salle pour le repas où Hermione retrouva avec soulagement les Serpentardes.

- Alors ? Comment tu trouves la vieille folle ? s’enquit Davis.

- Je m’attendais à pire, répondit simplement Hermione, répugnant à dire du mal de son professeur tout en ne pouvant se permettre de la défendre.

- Cette vieille chouette devrait être à la retraire depuis longtemps, renifla dédaigneusement Parkinson.



Hermione fut intenable tout l’après-midi, et finit par se laisser tomber sur son lit en fin de journée avec l’impression qu’on venait enfin de lui enlever un poids des épaules.

- La journée à Pré-au-Lard a été programmée pour le week-end prochain, c’est génial ! s’enthousiasma Davis.

- Oui, Elinda va enfin pouvoir se procurer une chemise de nuit digne de ce nom, approuva Greengrass.

- Au fait un conseil pendant que Pansy est sous la douche, ajouta Davis en baissant la voix. Evite de t’approcher de Draco, elle est super jalouse. Bien sûr ça lui passera, mais bon… Voilà quoi.

Hermione voulut lui répondre qu’elle ne comptait pas s’approcher de qui que ce soit mais le sommeil l’emporta avant.
Chapitre 9 : Bibliothèque by Realgya
Author's Notes:
Je sais que j'ai tardé avant de publier ce chapitre, mais j'ai été beaucoup prise cette semaine, un contrôle par jour avec en prime une dissert de philo le vendredi, c'était pas évident pour écrire. Enfin, voilà le petit chapitre 9 que vous attendiez. Il s'agit d'une unique scène du début à la fin, mais je pense qu'elle vous plaira (du moins je l'espère) :)
Bonne lecture !
La semaine se traîna à une vitesse d’escargot pour Hermione. Si elle s’entendait bien avec Tracey à laquelle elle pensait désormais par son prénom et non pas par son nom de famille, elle avait beaucoup de mal à supporter Parkinson, Greengrass, Bulstrode et tous les autres Serpentards en général, malgré ses efforts manifestes. Elle veillait à donner au château sa piqure quotidienne sans se faire remarquer et au fur et à mesure que le week-end approchait, vérifiait de plus en plus souvent que ses cheveux étaient toujours d’un blond doré. Ses amis lui manquaient atrocement, Ron surtout. Ron qu’elle avait trouvé à son réveil toujours aussi aimant qu’avant. Ron qui l’avait embrassée avant qu’elle ne les quitte tous. Son cœur se serra à ce souvenir. D’ordinaire, lire lui faisait du bien, lui permettait de s’échapper, de penser à autre chose. Mais elle ne pouvait même plus lire, obligée de jouer la comédie à la perfection.

Quand samedi vint, elle n’y tint plus et se rendit à la bibliothèque pour rédiger le devoir de métamorphose donné par le professeur McGonagall. Le silence des lieux lui fit du bien. Elle retrouvait son univers, et même si elle devait se retenir à grand peine pour ne pas se mettre en quête d’un roman, elle était contente de se trouver là. Une petite voix perfide dans sa tête vint lui rappeler que l’après-midi même elle serait à Pré-au-Lard avec les Serpentardes pour se trouver une chemise de nuit. Rien que cette idée la fit presque frémir.

Hermione se trouva une table vide tranquille pour travailler, posa son sac, sortit un parchemin, de l’encre, et trouva en deux temps trois mouvements les livres dont elle avait besoin. Elle s’apprêtait à se plonger dans sa lecture quand une voix traînante lui fit relever la tête, à sa plus grande frustration.

Malfoy se tenait devant elle, l’observant, un sourire en coin sur le visage. Que lui voulait-il encore ? Quelle nouvelle insulte avait-il trouvé ? Il ne pouvait pas la laisser tranquille au lieu de passer son temps à l’humilier ? Il n’avait rien de mieux à faire ?

Préparant une remarque acide à lui lancer, elle fut prise au dépourvu quand il s’assit simplement en face d’elle. Ce fut seulement à ce moment là qu’Hermione se rappela qu’elle était de la même maison que lui, qu’il ne l’avait d’après lui jamais rabaissé et qu’elle n’était pas à ses yeux une née moldue infréquentable et méprisable. Ce n’était pas la première qu’il la surprenait à se comporter avec elle normalement. Sept ans à être son souffre-douleur l’avaient conditionnée, et il lui était étrange d’être avec lui si simplement.

- Qu’est-ce que tu fais là ? s’enquit-elle d’une voix qu’elle espéra aimable.

- Je me demande ce que toi tu fais là, répondit-il avec un haussement d’épaules et un sourire.

- Mon devoir de métamorphose.

- Pourquoi pas dans la salle commune ?

- Trop de bruit, se justifia Hermione en replongeant dans son livre, estimant la discussion close.

Du coin de l’œil, elle releva toutefois que Malfoy sortait lui aussi parchemin et encrier. Il tira vers lui un des volumes qu’elle n’utilisait pas, le feuilleta de manière très rapide et se lança dans sa rédaction. Hermione l’ignora et se remit à son travail. D’après elle, il lui fallait d’abord lire le livre en entier avant de commencer à écrire quoique ce soit, mais le Serpentard n’aurait sans doute jamais cette patience. Elle se demandait même s’il avait vraiment lu les quelques lignes qu’il avait eu sous les yeux ou s’il avait juste fait semblé de consulter le volume.

- Tu fais ton devoir toute seule ? demanda-t-il soudain au bout d’un moment.

- Je n’ai pas besoin d’aide.

- Je vois ça, ria-t-il avec un sourire narquois.

Hermione ne put s’empêcher de le fusiller du regard. Sa présence l’indisposait, l’empêchait de se concentrer. Comment pouvait-elle lire alors que son pire ennemi se trouvait juste en face d’elle ? Impossible. Elle l’observa à la dérobée alors qu’il écrivait. Sans le faire exprès elle déchiffra son écriture soignée même à l’envers. Ses sourcils se froncèrent. Mais qu’est-ce qu’il racontait encore comme ineptie dans son devoir.

- Un problème ? demanda-t-il en remarquant son air concentré.

- Je peux voir ton devoir ? interrogea-t-elle soudainement.

Il la jaugea, d’un regard légèrement méprisant qui rappela à Hermione celui qu’il lui adressait ordinairement, quand elle était à Gryffondor. D’un air agacé, elle lui prit le devoir des mains et parcourut rapidement la moitié de parchemin qu’il avait écrite. Si certains passages étaient très bien, et le peu de temps qu’il avait eu un livre dans les mains assurait la jeune femme qu’il ne les avait pas copié dans des livres, d’autres étaient totalement… catastrophiques !

Sans un mot, elle le lui rendit et attrapa son livre pour reprendre son travail.

- Alors ? questionna Malfoy qui apparemment ne pas aimer pas trop son comportement.

Hermione aurait voulu ne pas répondre, l’envoyer balader. Sauf que le professeur McGongall lui avait donné une mission, à elle et pas à cette pimbêche de Kwap. Mission qu’elle avait souhaitée de surcroît. Si elle voulait mener cette mission à bien, il lui fallait avoir la sympathie du Serpentard, ou tout du moins ne pas l’irriter. La jeune femme reposa son volume sans être certaine que Malfoy apprécie ce qu’elle allait lui dire mais après tout, seule la franchise comptait… Elle s’efforça d’imaginer le visage de Ron en face d’elle. Bon, si Malfoy était Ron et avait rédigé un tel devoir, que lui dirait-elle ? Quoique l’exemple de Ron n’était peut-être pas une très bonne idée vu ce qui les liait… Disons plutôt Harry.

- Sérieusement, tu comptes avoir combien à ce devoir ?

- E, répondit-il franchement, la surprise d’une telle question passée. A la limite A parce que cette vieille chouette ne m’aime pas.

- C’est pitoyable, lâcha Hermione, évitant de dire « tu es pitoyable » qu’elle pensait pourtant très fort.

- Et pourquoi ? sembla se fâcher le jeune homme.

- Des éléments de ton devoir en plus d’être erronés laissent à penser que tu as recopié bêtement les passages corrects.

- Je n’ai pas… s’offusqua Malfoy.

- Non, le coupa Hermione, je sais. Mais le professeur McGonagall, elle, n’a aucune garantie de ta bonne foi.

La jeune femme trouva très ironique de parler de « bonne foi » concernant le Serpentard.

- De quel droit juges-tu ? demanda-t-il en haussant un sourcil, le visage de nouveau calme et plus méprisant qu’en colère.

- Tu n’avais qu’à pas me demander ce que j’en ai pensé, répondit Hermione en se détournant pour ne plus avoir à regarder le visage détestable du jeune homme.

- Je ne m’attendais pas à une réponse aussi tranchante, fit-il froidement pour se justifier.

- Excuse-moi d’être honnête, lâcha la jeune femme.

Elle sut aussitôt qu’il s’agissait d’une erreur. Les Serpentards n’étaient pas honnêtes. Ils étaient retors, fourbes, égoïstes, lâches… mais surtout pas honnêtes.

- La droiture Gryffondor, railla Malfoy en pensant la mettre en colère. Rappelle-moi pourquoi le choixpeau t’a-t-il mise à Serpentarde.

- Je me le demande, grinça Hermione entre ses dents en se maudissant intérieurement.

Un silence s’installa, Malfoy la fixant intensément alors qu’elle gardait la tête tournée pour ne pas avoir à croiser son regard.

- Dis-moi ce qui ne va pas alors, exigea le jeune homme en lui tendant son parchemin.

Hermione le prit, le relut, attrapa sa plume et se mit à gratter avec frénésie, barrant, réécrivant, traçant flèche sur flèche et trait sur trait sous le regard impassible de Malfoy. Elle n’avait pas aimé le ton avec lequel il lui avait parlé. Elle ne supportait pas qu’il lui donne des ordres. Mais vu l’erreur qu’elle avait faite, elle considérait qu’il s’agissait de sa punition. Il fallait qu’elle se rattrape, qu’elle soit aimable, qu’il la considère. Pas qu’il l’apprécie beaucoup, juste assez pour la laisser en paix.

Quand elle eut finalement achevé sa correction, elle rendit son devoir à Malfoy. Ce dernier l’examina attentivement, avant d’approuver d’un hochement de tête qui détendit la jeune femme.

- Je peux continuer d’écrire la suite alors, nota le jeune homme.

- N’oublie pas de recopier le tout au propre après, lui rappela Hermione.

Il eut un reniflement dédaigneux mais ne commenta pas. Attrapant sa plume, il se remit à écrire. La jeune femme fit de même de son côté.
Chapitre 10 : Première sortie by Realgya
Author's Notes:
Coucou tout le monde !

Ce chapitre ne plaira peut-être pas mais personnellement j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire :) je suis désolée pour le retard, mais entre les cours et mes trois fics ce n'est pas évident de tenir un rythme soutenu de publication (j'ai l'impression de radoter, c'est horrible j'arrête :x)

Bon, juste au passage je tiens à préciser que je me suis aperçue que depuis le début, je me suis embrouillée les pinceaux avec les appelations de Tracey-Davis donc j'ai rectifié (fin du chap 7, chap 8 et tout début du chap 9) donc maintenant c'est bon :D Du coup à ceux qui n'avaient pas tout compris, c'est normal c'est ma faute, vous m'en voyez désolée... ^^' Ah, et j'ai aussi oublié la présence de Crabble qui n'est pas encore mort, ce que j'ai complètement oublié, du coup je l'ai rajouté là où il manquait xD dsl, dsl, dsl... :(

Sur ce je ne vais pas vous ennuyer plus lontgemps :) Bonne lecture à tous !
- Draco ! appela la voix nasillarde de Parkinson qui déambulait dans la bibliothèque.

Elle finit au plus grand malheur d’Hermione par repérer l’endroit où ils travaillaient tous deux et alla s’asseoir sur les genoux du jeune homme, un grand sourire plaqué sur le visage. Ce dernier rangea distraitement ses affaires en s’emparant avec avidité des lèvres de la Serpentarde. La Gryffondor de cœur se força à garder les yeux baissés sur son livre quand Mrs Pince déboula devant eux.

- Si vous voulez faire ça, allez ailleurs, cria-t-elle presque. Ici c’est une bibliothèque, vous êtes priés de chuchoter.

Malfoy se détacha de sa partenaire pour fixer la vieille femme de ses yeux sombres. Parkinson glissa sur la chaise d’à côté afin qu’il puisse se lever et s’avancer d’un air menaçant vers la bibliothécaire qui recula de quelques pas.

- Je crois que je n’ai pas très bien compris, susurra-t-il. Vous ne venez tout de même pas nous ordonner de vider les lieux ? Alors que nous sommes en pleins devoirs ? Je crains ne devoir référer que vos interruptions intempestives aux professeurs Amycus et Alecto m’ont empêché de rédiger mon devoir de DFCM.

Mrs Pince pâlit, bafouilla des excuses, assura qu’ils ne dérangeaient pas, qu’ils pouvaient rester autant de temps qu’ils le souhaitaient et qu’elle ne les dérangerait plus avant de s’éclipser.

Un air triomphant sur le visage, Malfoy retourna s’asseoir près de Parkinson sous le regard écœuré d’Hermione. Elle ferma sèchement son livre, le rangea sur les étagères et rassembla ses affaires.

- Tu t’en vas déjà ? s’étonna Parkinson.

- Je ne voudrais pas vous déranger, s’excusa la jeune femme qui réfrénait avec peine sa colère.

- Tu peux le dire si on t’empêche de travailler, rit Malfoy.

- Tu ne penses pas qu’il y a quand même des lieux plus… aptes à nos occupations qu’ici ? demanda soudain Parkinson.

Les deux partenaires échangèrent un regard et se levèrent également. Hermione se força à les attendre pour quitter la bibliothèque, histoire de faire voir qu’elle était aimable à leur égard. En sortant, elle repéra l’air soulagé de Mrs Pince et plaignit sincèrement cette pauvre femme.

Dès qu’ils furent sortis de la pièce, Hermione leur adressa un petit sourire et s’en fut de son côté tandis que Malfoy se remettait à embrasser Parkinson sans lui accorder un seul regard.



Comme Hermione l’avait redouté, l’après-midi arriva, et la balade à pré-au-lard aussi.

- Ah, ce soir tu porteras enfin autre chose que la loque qui te sert de pyjama ! s’exclama Greengrass avec satisfaction alors que le groupe de Serpentards, garçons compris, se dirigeait vers le village.

- Pardon ? s’exclama Zabini en s’approchant.

- Tu ne peux même pas imaginer à quel point le pyjama d’Elinda est moche, l’enfonça Bulstrode sous les sourires complices de Greengrass et Parkinson.

Hermione devint d’un beau rouge brique. Zabini, les yeux soudain pétillants d’intérêt, ouvrit la bouche mais Tracey s’interposa.

- Blaise, c’est une discussion de filles, tu n’es pas invité alors du balai.

- De toute manière en quoi la tenue de nuit d’Elinda t’intéresse ? s’enquit Parkinson alors que le Serpentard allait protester.

- Je suis toujours curieux de ce genre de détails, répondit-il avec ironie.

- Et nous aussi on aimerait bien savoir, intervint soudain Goyle.

- Et bien allez voir ailleurs si on y est, d’accord les garçons, ordonna Parkinson d’un ton dédaigneux mais qui n’admettait aucune réplique.

- Ne t’inquiète pas, si Pansy leur dit de ne pas t’embêter, ils n’insisteront pas, chuchota Tracey à Hermione. On ne dirait peut-être pas comme ça mais elle peut avoir beaucoup d’autorité quand elle veut. Parfois plus que Daphné, c’est pour dire !

Hermione jeta un regard neuf aux deux jeunes femmes. Que Greengrass manipule les garçons comme elle le souhaite cela ne l’étonnait en rien, mais que Parkinson et sa tête de pékinois y parvienne aussi cela relevait à ses yeux de l’incroyable. Et pourtant Goyle s’était éloigné et Zabini, bien qu’ayant pris une mine contrariée, n’insista pas davantage, au grand étonnement de la lionne. Comme quoi Parkinson n’était peut-être pas qu’un chewing-gum collé à Malfoy.

- Tiens, tiens, mais regardez qui voilà, retentit soudain la voix traînante de ce dernier.

La jeune femme se tourna pour voir ce qu’il observait et aperçut Neville et Ginny au milieu d’un petit groupe de Gryffondors. Elle serra les poings en constatant l’air entendu de Crabble, Goyle, Zabini, Malfoy et leurs condisciples qui avaient sûrement l’intention d’aller les embêter. L’horrible blond prétentieux se dirigeait d’ailleurs déjà vers le groupe, flanqué ses fidèles acolytes Crabble et Goyle.

Hermione capta le regard de Parkinson dans leur direction. Elle semblait vouloir les suivre pour pouvoir aller humilier leurs ennemis.

- Alors, on va me l’acheter cette chemise de nuit ? se força à sourire la jeune femme, ce qui ramena aussitôt l’attention des Serpentardes sur elle.

Elle ne devait pas interférer, elle ne pouvait pas. Elle était là en mission, devait gagner la confiance des Serpentards, et aller défendre un groupe de Gryffondors était tout sauf un acte qui appuierait sa couverture, bien au contraire. Tracey lui adressa un grand sourire, l’attrapa par le poignet et la tira dans l’allée de pré-au-lard, suivie par Greengrass, Millicent et Parkinson. En jetant un dernier coup d’œil derrière elle, Hermione constata que les garçons ne les suivaient pas, et commençaient déjà à s’en prendre à ses amis.



C’est le cœur déchiré qu’Hermione entra dans la première boutique de vêtements, tirée par une Tracey surexcitée et suivie par une Parkinson et une Greengrass en pleine discussion de mode. Bulstrode, à la traîne, entra dans la boutique l’air grognon et la jeune femme se demanda vraiment ce qu’elle faisait là. Sa camarade la traîna aussitôt vers le rayon lingerie et Hermione ouvrit de grands yeux alors que son regard se posait alternativement sur les chemisettes de soie indécentes et les prix exorbitants, surtout vu le peu de tissu utilisé. Cette fois c’était décidé, il était hors de question qu’elle s’achète une de ces tenues de nuit.

Toutefois, après maintes crises de Tracey qui alternait entre supplications et ordres, Hermione ressortit deux heures plus tard du magasin, précédée par une Parkinson et une Greengrass ravies qui en avaient profité pour quelques achats au rayon sous-vêtements. Bulstrode était partie à un moment sans qu’Hermione ne se rappelle à quand exactement et Tracey lui avait fait essayer plus de vingt tenues différentes.

Finalement, la Serpentarde avait décidé que ce qui allait le mieux à sa camarade n’était pas la nuisette transparente en voile rouge mais celle en satin blanc légèrement, mais alors très légèrement plus longue que les autres et dont les fines bretelles retenaient un décolleté qui n’était pas des plus plongeants, surtout comparé à certains modèle qu’Hermione avait dû enfiler. L’habit dans une grande poche, Hermione se rendit avec les Serpentardes aux Trois-Balais où Greengrass avait décidé qu’il serait agréable de commander à boire, appuyée aussitôt par Parkinson. Dans ces conditions, Tracey et Hermione n’avaient d’autre choix que de suivre le mouvement.

En entrant dans l’auberge Hermione remarqua aussitôt la tête blonde de son ennemi à une table et grinça silencieusement des dents alors que les Serpentardes le rejoignaient, lui, Crabble et Goyle. Zabini devait être parti faire quelques emplettes de son côté et Bulstrode n’était pas avec eux, mais aucun des jeunes gens ne semblait faire cas de sa disparition. Elle s’assit avec eux et ils commandèrent tous avec enthousiasme un whisky pur feu.

- Et pour vous Miss ? lui demanda aimablement Rosmerta malgré le regard froid qu’elle posait sur leur tablée.

- Une bierraubeurre s’il vous plaît, répondit Hermione sans réfléchir.

Sept paires d’yeux la dévisagèrent avec surprise, celle de Rosmerta comprise.

- Six whisky pur feu, coupa Malfoy.

La tavernière sembla sur le point de le contredire mais se ravisa et s’éloigna avec un haussement d’épaules.

- Je ne… commença Hermione.

- Ne me dis pas que tu fais partie de ces coincées qui se contentent de leur petite bierraubeurre, railla Malfoy.

Ca y est, pensa la jeune femme, il redevient désagréable. Et ce n’était pas bon signe, pas bon signe du tout. Avec un soupir de découragement, elle se résigna mais ne put s’empêcher de regarder piteusement son whisky quand Rosmerta le posa devant elle.

- Un problème Elinda ? s’inquiéta Tracey.

- Non, pas du tout, répondit précipitamment Hermione en relevant la tête et en affichant un sourire.

- Alors bois donc, la défia Malfoy qui avait décidé de l’acculer.

Hermione lui retourna un regard hautain, attrapa son verre et en but une longue gorgée. Elle savait qu’elle ne tenait que moyennement à l’alcool, ce n’était pas le moment d’essayer de vider le récipient d’une traite juste pour pouvoir le narguer, si elle devait se sentir mal par la suite ce ne serait pas très glorieux.

Tracey accorda un grand sourire à la jeune femme et fit de même avant d’engager une conversation avec Greengrass. Parkinson passa sans discrétion sur les genoux de Malfoy qui commençait à enfourner sa langue dans sa bouche et Hermione, maussade, se retrouva seule à devoir discuter avec Crabble et Goyle, la tête lui tournant légèrement.
Chapitre 11 : Question d'identité by Realgya
Author's Notes:
Bon, ce chapitre risque de vous paraître lassant, mais cela fait une semaine qu'Hermione est sous l'effet du polynectar et forcément à un moment ou à un autre, je devais soulever le problème qui va suivre alors autant le faire maintenant. Du coup bonne lecture à tous en espérant que vous ne vous découragerez pas :)
Les souvenirs qu’Hermione garda de la fin de leur sortie à Pré-au-lard étaient flous. Elle se souvint qu’ils avaient quitté les Trois-Balais, et qu’elle avait percuté assez violemment Zabini qui allait les y rejoindre.

- Ah, vous êtes là, déclara celui-ci, satisfait. On rentre ?

- Oui, approuva Malfoy, une main sur la hanche de Pansy qui gloussait avec hébétude.

Apparemment, la jeune fille avait un peu forcé sur le whisky pur feu. Il semblait à Hermione qu’elle en avait redemandé un verre ou deux, ou peut-être même trois, à moins que ce ne soit Greengrass. Bref, ses condisciples ne s’étaient pas contentées d’un seul verre. Chancelante, Hermione se retint au mur mais personne n’y prit garde, devant penser que son manque d’équilibre était dû l’impact avec Zabini.

Peu sûre d’elle, Hermione suivit le petit groupe qui prenait la direction de Poudlard. A un moment il lui semblait que Zabini s’était rapproché d’elle, lui avait parlé. Mais impossible de se souvenir de ce qu’il lui avait dit. En fronçant les sourcils, Hermione crut se rappeler qu’il avait voulu l’aider à marcher mais elle avait refusé. Le sourire amusé de Tracey dans sa direction lui revint brièvement en mémoire, et puis ensuite plus grand-chose, à part le lit confortable dans lequel elle était allongée actuellement. Et qu’il était confortable ! Elle ne l’aurait quitté pour rien au monde, c’était certain.

Les yeux dans le vague, elle contempla les baldaquins au-dessus d’elle. Verts. Ce n’était pas forcément moche. Ce vert-là était presque beau. Il lui faisait penser à de l’herbe, de l’eau. Quelque chose de frais, d’agréable.

Hermione secoua la tête. Depuis quand le dortoir des Serpentards était-il agréable ? Depuis quand le lit était-il suffisamment confortable pour qu’elle n’ait plus envie de le quitter ? La jeune femme se força à se remémorer la salle commune des Gryffondors aux couleurs chaudes et accueillantes, avec toujours un feu brûlant dans l’âtre de la cheminée. Une vague de nostalgie la parcourut et elle décida d’aller prendre une douche.

En se lavant, elle examina son corps. Elle avait si peu l’impression d’être elle-même. Elle vivait, dormait, se douchait avec ce corps qui était le sien sans l’être ; elle ne se reconnaissait plus. Elle était physiquement différente et devait psychologiquement jouer la comédie pour éloigner tout soupçon sur sa personne. Que restait-il d’elle-même qui faisait qu’elle était encore Hermione Granger ? Ses pensées, son esprit. Et encore, s’il lui arrivait de croiser des legilimens, il lui faudrait aussi masquer ce dernier.

Hermione pesta, se sécha et revêtit sa nouvelle chemise de nuit pour faire plaisir à Tracey. Elle sortit de la salle de bain et apprécia le sourire qui vint éclairer le visage de son amie qui était assise sur son lit. Depuis quand pensait-elle à Tracey comme son amie ? Entourée de Serpentards, ne finirait-elle pas à devenir l’un des leurs ? Non, cela ne risquait pas d’arriver. Elle était Hermione Granger, Gryffondor, meilleure élève de son année, amie de Harry Potter et Ron Weasley, née moldue méprisée par toute, ou presque, la maison des verts et argents. Et pourtant… si au bout d’une semaine à peine elle se posait déjà des questions, qu’est-ce que cela donnerait dans plus d’un mois ?



Hermione resta allongée dans son lit en sentant Tracey se lever à côté d’elle. Il devait être le matin. C’était assez inhabituel pour la jeune femme de ne pas sentir les rayons du soleil venir jouer dans ses cheveux à travers les fenêtres de la tour des Gryffondors. Mais bon, elle devrait finir par s’y faire. Décidant de faire la grasse matinée, elle ne bougea pas alors que le bruit de l’eau coulant dans la salle de bain lui parvenait. La veille, elle avait décidé de quelque chose d’important : se concentrer sur sa mission. C’était pour cela qu’elle était là, elle ne devait pas se laisser détourner par autre chose.

Quand toutes ses camarades de dortoir furent descendues prendre leur petit-déjeuner en faisant le moins de bruit possible pour ne pas la réveiller, Hermione bondit agilement de son lit et alla chercher une seringue. « Piqure matinale », pensa-t-elle en insérant l’instrument entre les pierres. Après l’opération, elle avala un peu de polynectar, rangea soigneusement ses affaires puis s’habilla avant de descendre dans la salle commune.

Elle eut la surprise d’y trouver Zabini qui était affalé dans un fauteuil en train de battre Nott à un jeu d’échec version sorcier. Cela lui fit immédiatement penser à Ron qui excellait à ce jeu et qu’Harry n’avait jamais battu à la loyale, c’est-à-dire sans tricher.

- Tiens Elinda, s’exclama Zabini en la voyant, tu ne veux pas venir m’aider, je suis embêté.

- Tricheur, souffla Nott sans pour autant s’opposer à ce que la jeune femme intervienne.

- Désolé Za… Blaise, je suis nulle à ce jeu, se défila-t-elle.

- Ah, dommage, soupira le Serpentard avant de reporter son attention sur la partie.

Hermione les contempla quelques instants puis sortit de la salle commune pour se rendre à son petit-déjeuner, en espérant que malgré l’heure tardive à laquelle elle s’était levée il resterait quelque chose à manger. « Sinon j’irai faire un tour aux cuisines », songea-t-elle en montant un escalier.

Elle eut la chance qu’il y ait encore quelques personnes dans la grande salle et alla s’asseoir à la table des Serpentards où elle se servit légèrement, le repas du midi allant bientôt arriver. En beurrant une tartine, elle contempla ses mains. Non, pas ses mains, les mains qui avaient remplacé les siennes. C’était si étrange de les voir bouger alors qu’elle le décidait. Ce corps était son corps, ou plutôt son corps était devenu ce corps. Elle avait vraiment de plus en plus de mal à se reconnaître dans ses actions.



- Elinda !

Hermione retira son pied de la première marche qui menait à son dortoir et se retourna vers Tracey.

- C’est absolument horrible, expliqua celle-ci, les garçons viennent de décider de la date de la première fête des Serpentards, ce sera vendredi soir prochain, or il n’y a aucune sortie prévue à Pré-au-Lard pour acheter nos robes avant…

La jeune fille s’en mordait les doigts et cela exaspéra Hermione au plus haut point. Elles étaient allées au village hier, mais bien entendu elle n’avait pas anticipé. Elle savait pourtant qu’il allait y avoir cette soirée. Et bien tant pis, cela lui ferait un excellent prétexte pour ne pas y aller, et que Tracey s’y rende si elle le souhaite.

- Ca se passe où au fait ? demanda Hermione pour éviter que son amie ne se plaigne.

- Dans la salle commune, comme d’habitude, évinça rapidement la Serpentarde. Il faut à tout prix trouver une solution. Viens, Pansy et Daphné doivent déjà avoir une idée !

Hermione se laissa docilement entraînée en soupirant sous les regards moqueurs de Malfoy, Crabble et Goyle qui trouvait l’agitation de Tracey des plus comiques.

- Les filles ! s’écria cette dernière en rejoignant ses deux amies assises confortablement dans des fauteuils en compagnie de Bulstrode. Vous avez une solution pour les robes ?

- J’ai écrit à mes parents hier soir, et devinez quelle réponse j’ai eu ce matin ? grinça des dents Parkinson.

- Raconte, l’encouragea Bulstrode.

La Serpentarde exposa rageusement des robes blanches devant leurs yeux.

- Ca ! exulta Parkinson. Avec un petit mot « Tu pourras aussi habiller tes amies » ! Mes parents semblent estimer que j’aurai dû m’y prendre à l’avance, ou alors que j’ai suffisamment de tenues comme ça. Ils ne croient quand même pas que je porterai deux fois la même !

- C’est vrai que d’habitude on n’oublie jamais, fit tristement Daphné. Mais on était tellement occupé à aider Elinda à choisir une nuisette.

- Moi j’ai ma robe, laissa tomber platement Bulstrode.

Hermione devina à son sourire qu’elle devait être enchantée de constater que ce ne soit pas le cas de Parkinson et Greengrass, qui de honte semblaient en bonne voie pour se faire porter malades afin d’avoir une raison pour ne pas assister à la soirée.

- On pourrait ne pas y aller, suggéra d’ailleurs Greengrass.

- Ils sauraient immédiatement que c’est parce que nous n’avons pas de tenue et nous serions la risée des Serpentards pendant longtemps, commenta Tracey en s’affalant dans un fauteuil inoccupé.

La Gryffondor de cœur se laissa apitoyer par l’air désolé de son amie, non, sa camarade de dortoir. Elle semblait si désespéré. Etait-ce si grave que cela de manquer cette soirée ? Etait-ce si humiliant de reporter un vêtement ? Sûrement, les filles n’avaient pas dû manquer de se vanter qu’elle ne s’abaisserait jamais à se vêtir deux fois d’une même tenue et par conséquent, les garçons devaient avoir pris un soin tout particulier à retenir leurs habits. Les Serpentards étaient suffisamment vils pour cela, pas comme Harry et Ron.

Ces derniers lui manquaient. Cela lui rappela la raison pour laquelle elle était privée de leur compagnie. Serait-ce une bonne chose pour la mission d’aller à cette soirée ? Certainement, ça lui permettrait de s’approcher plus des Serpentards. Il lui semblait que Malfoy ne la voyait pas d’un très bon œil, et elle avait envoyé balader Zabini la veille lorsqu’il lui avait proposé de l’aide pour manger et une heure plus tôt por une partie d’échec, il ne faudrait pas qu’il se retourne contre elle.

Regrettant d’avance ce qu’elle allait faire, Hermione attrapa une des robes blanches et l’examina. Elle devait s’arrêter au niveau des chevilles, avait des manches longues, aucun décolleté, était à peine cintrée. Et pourtant, avec quelques sortilèges qu’elle avait lus à la bibliothèque d’enchantements comme de métamorphose, on pouvait faire quelque chose de tout à fait potable de ces robes.

- Les filles, j’ai peut-être une idée, se risqua Hermione.
Chapitre 12 : Préparation by Realgya
Author's Notes:
Vous avez de la chance, je poste un chapitre sur cette fic-ci en même temps que sur "Antartik et Atlante" pour laquelle j'ai même eu le temps d'écrire un chapitre d'avance ! :D (je suis trop fière de ma performance xD)
Bref, j'espère que ce chapitre vous plaira, et je vous souhaite une bonne lecture à tous !
Hermione regarda Parkinson virevolter devant sa glace en examinant sa robe sous toutes les coutures. Il n’y avait pas à dire, le résultat était assez joli. Les filles, totalement désespérées de ne pas savoir quoi se mettre pour assister à la fête, s’étaient montrées des élèves excellentes. Les sorts les plus classiques que connaissait Hermione, elles les avaient appris en un tour de main, et la jeune femme s’était chargée d’effectuer pour elles les plus complexes.

- Mais où tu as appris tout ça, c’est génial ! avait demandé Tracey, ébahie. Certes le résultat n’est pas des plus miraculeux, mais quand on n’a rien à se mettre, c’est absolument fantastique !

- Entre deux pages d’un livre, avait répondu Hermione en se retenant de citer les sources de tous les sortilèges, titre, date de publication et auteur de tous les volumes.

- Un livre ? avait répété Parkinson, incrédule.

- Comme quoi ça peut être super pratique, s’était enthousiasmé Tracey, coupant court aux protestations de sa camarade de maison.

Hermione s’était maudite intérieurement. En y repensant, combien de fois avait-elle failli se trahir depuis le début de sa mission ? Une bonne centaine ? Et en l’espace seulement d’une semaine ! C’était pour dire… elle allait devoir être beaucoup plus attentive que cela.

- Et toi Elinda, qu’as-tu fais de ta robe ? s’enquit Greengrass. Sûrement un chef d’œuvre.

- Oh non ce n’est rien d’exceptionnel, contra Hermione.

- Fais-nous voir, réclama Tracey, les yeux pétillant.

La jeune femme exhiba sa robe sous les regards stupéfaits et scandalisés de Parkinson, Greengrass et Tracey, Bulstrode ayant déjà sa robe, et donc ayant décliné l’invitation des filles à se joindre à elles. Le vêtement était presque identique à la robe blanche initiale. Elle était toujours aussi longue, les manches étaient trois-quarts, la couleur d’un léger rose, Hermione s’étant interdit de la teindre toute en rouge, ça n’aurait pas du tout été bien accueilli au milieu d’une troupe de Serpentards. Le col n’avait pas bougé, ni aucune autre partie du tissu en fait.

- Tu ne vas quand même pas y aller avec ça ! s’écria Parkinson qui fut la première à reprendre ses esprits. C’est pire que la robe originale !

Hermione ravala la réplique cinglante qu’elle était sur le point de lui lancer mais la Serpentarde n’échappa pas à un regard noir.

- Non franchement Elinda, c’est inadmissible, exposa Tête-de-Bouledogue.

La Gryffondor de cœur pensait rarement à Parkinson ainsi, mais quand c’était le cas c’était que la jeune fille l’énervait très profondément.

- Que tu ne veuilles pas y aller en exposant tes cuisses, ta poitrine et tes épaules, c’est une chose, mais quand même, reprit plus calmement Tracey. Avec tous les sorts que tu nous as montrés pour améliorer nos robes…

- Ecoute, décida Greengrass. On fait la robe à notre sauce, et si ça ne te plaît pas on te prêtera une des nôtres, d’accord ?

Hermione aurait voulu refuser. Non seulement elle n’avait pas confiance en la « sauce » des Serpentardes mais en plus, elle n’avait pas particulièrement, pour ne pas dire pas du tout, envie d’enfiler quoique ce soit que l’une des trois jeunes filles eut porté avant elle. Quoiqu’à la limite s’il s’agissait d’un vêtement à Tracey cela pouvait éventuellement passer, tout dépendait dans ce cas de la tenue en question.

Cette dernière arracha littéralement des mains la robe rosâtre à Hermione. Celle-ci soupira. Elle avait bien remarqué que depuis tout à l’heure, la Serpentarde se retenait pour ne pas transformer totalement la robe en autre chose. Elle avait déjà passé la semaine à lui donner des conseils pour sa coiffure, d’abord en coup de vent puis plus insistants. Tracey devait mourir d’envie de s’occuper de ses cheveux, et actuellement encore plus de sa robe.

Hermione leva les yeux au ciel et se laissa tomber sur son lit alors que les trois Serpentardes s’enfermaient dans la salle de bain pour procéder à leur transformation soi-disant miraculeuse. La jeune femme ne sut pas exactement combien de temps cela leur prit, mais une demi-heure devait bien être passée quand elles revinrent enfin toutes trois des sanitaires.

- Ferme les yeux, ordonna Greengrass.

Hermione obtempéra avec un soupir.

- A trois tu les rouvres, intima Tracey. Un… Deux… Trois !

La Gryffondor de cœur souleva avec appréhension ses paupières pour découvrir le fruit du travail des Serpentardes. La robe était désormais échancrée en bas, un peu plus longue sur les côtés que sur le devant et le derrière. Le décolleté quand à lui était tout à fait correct contrairement à ce qu’Hermione avait pu imaginer. Les manches avaient encore étaient légèrement raccourcies et étaient désormais évasées, et le tout était désormais d’un joli bleu turquoise se rapprochant bien trop du vert au goût de la d’ordinaire rouge et or. Les chutes du tissus avaient étés colorées en argent pour souligner la taille, telles une ceinture tressée.

- Alors ? s’enquit Tracey.

Hermione opina de la tête.

- Très bien, sourit-elle. A vrai dire, j’avais peur que vous n’en fassiez… disons tout autre chose.

Sa camarade sourit.

- C’est bien ce que j’avais cru comprendre.



Le cours du lundi de métamorphose avec Malfoy fut insupportable. Il passa tout le temps à essayer de l’énerver et l’empêcher d’écouter le professeur McGonagall. Cet imbécile commença par se moquer de sa réaction au Chaudron Baveur, puis se plaignit de la sous-directrice et enchaîna avec une imitation grotesque des filles qui n’étaient pas allées acheter leurs robes. Voyant que rien de tout cela ne la faisait réagir, il commença à la harceler à voix basse pour savoir comment était la nuisette que les filles l’avaient aidé à choisir. A ces mots, Hermione rougit considérablement, et ce n’était pas que de la colère.

- Je ne savais pas que ma vie intime t’intéressait Mal… Draco, se rattrapa-t-elle au milieu de sa raillerie. Surtout que je ne crois pas que Pansy apprécierait.

Sa gorge était sèche sur ces derniers mots mais si elle pensait que cela énerverait le Serpentard, c’était raté. Trop heureux d’avoir enfin pu lui tirer une réaction, il évinça l’argument Pansy d’un mouvement de bras agacé et repartit à l’assaut.

- Finalement ne me dis rien, laisse-moi deviner… je te verrai très bien en sous-vêtements en fait, pas en chemise de nuit. Avec de la dentelle noire et puis pourquoi pas une jarretière et…

- Malfoy tais-toi ! rugit Hermione le plus bas possible pour ne pas être entendue du professeur McGonagall.

- Tiens, ce n’est plus Draco subitement, releva ce dernier.

- Tu m’énerves, maugréa la jeune femme en lui tournant le dos pour reporter son attention sur le cours.

- Je ne te savais pas si susceptible, continua le Serpentard, pas dérangé le moins du monde. Aurai-je touché une corde sensible ? Après tout, il n’y a que la vérité qui blesse… tu portes vraiment de la dentelle ? Ou alors de la soie. Rouge vif ou noir ?

Malfoy n’échappa à une claque monumentale que grâce à la fin du cours qui arriva justement à ce moment-là. Hermione rangea hâtivement ses affaires, se leva et s’en alla sous le regard courroucé de son professeur qui trouvait qu’elle se pressait de quitter sa classe un peu trop vite. Cependant, elle n’y prêta pas attention. Derrière elle retentit le rire de Malfoy qui eut pour effet de la faire bouillir de rage alors qu’elle prenait la direction de la grande salle.



Contrairement à la semaine précédente, celle-ci défila beaucoup trop vite au goût d’Hermione, et quand Tracey la réveilla surexcitée le vendredi matin, le goût âpre dans la bouche de la jeune femme lui rappela que c’était le fameux jour-J. D’un autre côté, si ce n’était pas le cas, la Gryffondor de cœur voyait mal comment deux heures d’histoire de la magie avec le professeur Binns pouvaient rendre son amie si joyeuse. Enfin son amie… sa camarade plutôt. Une amie, c’est une confidente. Et Hermione se doutait qu’aucune des quatre Serpentardes qui partageaient son dortoir n’en serait jamais une, pas même Tracey qu’elle appréciait pourtant bien plus que les trois autres.

Quand le soir vint, cette camarade supplia justement Hermione de la laisser s’occuper de sa coiffure et de son maquillage. La jeune femme céda en partie à contrecœur, ce qui eut pour effet de faire rayonner la vert et argent. Elle entreprit aussitôt d’attacher les cheveux blonds d’Hermione, ou plutôt d’Elinda, en une queue de cheval avant de s’attaquer à les ordonner en un chignon bien peu conventionnel avec des mèches sortant de partout et retenues par de toutes petites pinces noires recolorées dans les mêmes tons que la robe. Un sortilège de fixation eut raison du tout, au cas où les fins cheveux ne fileraient en douce, détruisant l’œuvre d’art de Tracey.

Celle-ci s’appliqua ensuite à pouponner Hermione, en commençant par le blush pour finir avec le mascara noir et le gloss. La Gryffondor de cœur nota avec satisfaction que ce dernier ne pouvait être que rouge, même si ce dernier était plutôt foncé et qu’il était à paillettes. Au moins, il y avait quelque chose sur elle pour rappeler sa véritable maison. Ce n’était certes que psychologique, mais c’était mieux que rien.

Quand Hermione se contempla dans le miroir, elle n’en crut pas ses yeux. Tracey lui avait épargné le fond de teint et le fard à paupières dont s’étaient enduites Parkinson et Greengrass, ce qui faisait que son maquillage était plutôt léger mais pourtant bien voyant. Bref, correct, ce qui lui convenait plus ou moins, étant donné que pour sa part elle aurait quand même préféré ne pas mettre de maquillage du tout ; à part peut-être le gloss, seul signe Gryffondorien dans cette marée verdâtre.
Chapitre 13 : Première fête by Realgya
Author's Notes:
Je sais que ce chapitre a mis du temps à venir, et j'en suis désolée... Surtout vu toutes les reviews d'encouragements que vous m'avez adressées.
Mais ça y est, voici le treizième chapitre de cette fic, alors sans plus attendre je vous laisse le lire. Dans le cas où je ne posterai pas de nouveau chapitre avant, je vous souhaite un très joyeux Noël à tous !
Bonne lecture !
Juste avant de descendre à la fête vendredi soir, Hermione reprit sa dose hebdomadaire de polynectar en prétextant devoir aller au petit coin. Redevenir Hermione Granger, la née-moldue amie de Harry Potter en fuite avec ce dernier et recherchée dans tout le monde des sorciers au beau milieu d’apprentis futurs mangemorts était pour le moins déconseiller quand on souhait rester en vie. Finalement elle se résigna à suivre Greengrass et Tracey dans l’escalier menant à la salle commune, Parkinson et Bulstrode s’y trouvant déjà.

- Je crois qu’on est les dernières, nota Greengrass, Pansy n’a pas pu se retenir plus longtemps d’aller voir son Draco d’amour.

Elle étouffa un petit rire, imitée par Tracey. Hermione se força à sourire.



A l’instant même où Hermione fit un pas dans la salle commune bondée, elle sut que cette fête n’allait pas lui plaire. Plusieurs bouteilles d’alcool avaient été importées de l’extérieur en douce, la musique était à fond, les gens riaient et criaient fort pour couvrir le bruit ambiant. Plongée dans une semi-obscurité et éclairées par uniquement des boules de lumières vertes qui flottaient dans l’air, la salle était tout ce que la jeune femme trouvait de plus lugubre, mais cela n’empêchait pas l’ensemble des Serpentards de s’amuser.

Des sifflements sur sa droite la firent se retourner et elle découvrit Zabini, Malfoy et Parkinson qui avançaient vers eux.

- Dites donc, vous n’êtes pas si mal ce soir pour des pauvres filles qui n’avaient rien à se mettre, se moqua Zabini.

Malfoy déshabilla du regard sans aucune discrétion les trois nouvelles venues, ce qui n’eut pas l’air de gêner Parkinson, ni même Greengrass et Tracey. Elles étaient peut-être habituées, mais pas elle. Aussi Hermione se glissa-t-elle dans le dos de Zabini pour échapper aux yeux du Serpentard.

- Tu danses ? lui demanda soudain ce dernier.

Avant d’avoir pu protester quoique ce soit, il lui attrapa la main et la tira au milieu de la foule. Hermione se retrouva au milieu des Serpentards en sueur qui se déchaînaient sur la musique. Collée contre Zabini, elle essaya de prendre le rythme mais fut rapidement débordée. Elle avait l’impression d’étouffer. Mal à l’aise, elle voulut s’en aller mais le passage était bloqué de toute part et Zabini n’avait pas l’air de vouloir la laisser partir.

- J’ai soif, cria-t-elle par-dessus le brouhaha en espérant que le Serpentard la traînerait à l’écart pour qu’elle puisse se déshydrater.

Et en effet il la serra contre lui et se fraya avec facilité un chemin au milieu des danseurs jusqu’à une table où des sixième années proposaient à boire.

- Whisky pur feu ? s’enquit l’un d’eux.

- Oui mets-en nous deux, répondit Zabini.

- Ca marche.

Hermione grimaça. La dernière fois, la boisson ne lui avait pas réussi. Elle attrapa le verre qu’on lui tendit et fit semblant d’en boire, effleurant le liquide du bout des lèvres. Elle allait bien trouver un pot de plantes ou quelque chose pour vider son whisky, non ? Zabini l’entraîna dans un coin près du feu et elle se laissa faire, cherchant du regard un endroit pour se débarrasser de l’alcool. En désespoir de cause, elle le versa discrètement dans la coupe de quidditch de l’année avant leur arrivée à Poudlard qui était sur la cheminée. En théorie elle aurait dû être dans le bureau du professeur Slughorn, mais depuis quand Serpentard se pliait-il au règlement ?

- Tu as déjà fini ton verre, tu veux que j’aille en rechercher ? proposa aimablement Zabini.

- Oh non non, c’est bon, ne te prends pas cette peine, s’agita aussitôt Hermione.

A son grand soulagement le jeune homme hocha la tête et ne lui prit pas le verre vide des mains. Il se rapprocha d’elle et attrapa une de ses mèches blondes rebelles qui s’était échappée de son chignon. Il l’entortilla autour de son doigt et joua avec, les yeux rivés dans ceux de la jeune femme.

Hermione sautillait d’un pied sur l’autre, ne sachant que faire. Toutes les hypothèses qui se présentaient à son esprit ne lui plaisaient pas, mais alors pas du tout. Zabini fit un pas en avant, si bien que la Gryffondor de cœur sentit son souffle sur son visage. Mauvais ça, très mauvais, cela ne présageait rien de bon. Comme pour le confirmer le Serpentard frôla son nez du sien, avant d’essayer d’aller cueillir ses lèvres.

La réaction de la jeune femme fut immédiate. Elle repoussa vivement le vert et argent et s’éloigna de plusieurs pas, totalement paniquée.

- Je ne te plais pas, c’est ça ? releva Zabini en la fixant.

- Je… je ne… je ne peux pas, je ne veux pas, balbutia Hermione, encore sous le coup de la surprise.

- Tu ne veux pas, hein ? répéta le Serpentard d’un ton maussade, ses yeux virant de plus en plus noirs.

- Non, je ne veux pas, confirma la jeune femme d’une voix plus ferme. Excuse-moi.

Elle s’éclipsa sur ces derniers mots sous le regard déçu du jeune homme.



- Elinda !

Hermione se dirigea vers Tracey qui l’appelait, posant au passage son verre vide sur une table quelconque. Elle tenta de remettre frénétiquement la mèche rebelle qui sortait de sa coiffure en place mais en vain, et grimaça de dégout en songeant que Zabini avait joué avec. Ce n’était peut-être pas vraiment ses cheveux, mais actuellement c’était quand même son corps, malgré son apparence différente.

- Blaise n’est pas avec toi ? s’étonna la jeune fille.

- Non, répondit Hermione, la voix sèche.

- Quelque chose ne va pas ? s’inquiéta la Serpentarde.

- Non, non, rien, la rassura Hermione.

- C’est ça, comme si j’allais te croire, se moqua Tracey. On ne la fait pas à un Serpentard, alors je t’écoute, qu’est-ce qui s’est passé ?

- Rien d’important.

- Vu comme tu sembles chamboulée, c’est important pour toi, reprit sérieusement sa camarade. Et ce qui est important pour toi est important pour moi.

Hermione se mordit la lèvre inférieure, fuyant le regard insistant de la verte et argent.

- Elinda, tu n’as pas l’air bien…

L’interpelée se retourna pour tomber nez à nez avec Greengrass. Tracey lui posa une main sur l’épaule et lui montra de la tête un coin inoccupé de la salle commune. Hermione les y suivit avec un soupir.

- Allez déballe ton sac, entama aussitôt Greengrass.

- Franchement les filles, c’est juste…

- Zabini n’est-ce pas ? comprit Greengrass. Il a essayé de t’avoir.

- Comment ça m’avoir ? sursauta Hermione en se tournant vers la Serpentarde.

- Ben… t’avoir, répéta la jeune fille sans comprendre.

- Essayer de t’embrasser, de t’entraîner avec lui, tu vois, explicita Tracey.

- Ah…

- T’as eu peur de comprendre autre chose c’est ça ? sourit Greengrass.

- Daphné, la réprimanda sa camarade, garde tes réflexions douteuses pour toi.

Les deux jeunes filles rirent sous le regard perplexe d’Hermione.

- Alors, se reprit en première Tracey. Il t’a embrassé ?

- Juste tenté, précisa aussitôt la Gryffondor de cœur.

- Pourtant il est mignon, et crois-moi il embrasse bien, tu aurais pu te laisser faire, soupira Greengrass, un sourire au bord des lèvres.

- Toi tu es vraiment incorrigible, pouffa son amie Serpentarde.

- Je ne parle pas de se donner à lui, juste de profiter de ses baisers, se défendit aussitôt la verte et argent.

- Je crois qu’il l’a mal pris… soupira Hermione.

- Oh non ne t’en fais pas pour ça, la rassura Greengrass. Ca a juste dû lui faire bizarre de se faire repousser, mais bon, ce n’est pas la première fois. Moi aussi au début je l’ai empêché de m’approcher de trop près. Et puis lui-même ne fait que jeter Millicent à chaque fois qu’elle tente de lui parler, ça lui fera les pieds que la situation soit inversée.

- Et toi Tracey ? Tu n’as jamais eu affaire avec lui ? s’enquit Hermione.

- Oh non, grimaça cette dernière. Il est bien trop attaché aux idées de pureté du sang pour poser les yeux sur moi. Il me parle, on s’entend bien, parfois je repère quelques regards appuyés mais jamais il ne s’abaissera à nouer entre nous un semblant de relation.

Hermione perçut aussitôt la peine dans la voix de son amie. Greengrass la prit dans ses bras pour la réconforter.

- Arrête de te faire du mouron pour ça, tu es une Serpentarde, c’est ce qui compte. Regarde Rogue, lui aussi est sang-mêlé. Blaise est un imbécile, il ne te mérite pas, voilà.

- Comme la totalité des Serpentards qui me méprisent, soupira Tracey.

- Hey, moi je ne te méprise, répliqua aussitôt Greengrass, et Elinda non plus. Et ce n’est pas non plus le cas de Draco.

- Si, répondit vivement Tracey. Ce n’est pas parce qu’il m’a déjà embrassé qu’il ne me considère pas inférieure à lui. Et je sais que Pansy, c’est pareil.

- Absolument pas, rétorqua Greengrass. J’en ai parlé avec elle pleins de fois tu sais. Elle déplore ton ascendance, mais tu n’y es pour rien, elle t’apprécie beaucoup et elle connaît ta valeur. Ne va surtout pas croire qu’elle te rabaisse ou méprise.

Le ton de la Serpentarde s’était fait dur au fur et à mesure qu’elle expliquait le point de vue de Pansy. Tracey lui sourit tristement, réconfortée malgré tout. Hermione ne put s’empêcher de lui prendre la main pour lui sourire.

- Ce n’est pas notre sang ou notre milieu social qui comptent, ce sont nos qualités, affirma-t-elle.

Il lui sembla noter que Greengrass n’était pas vraiment d’accord avec l’histoire du milieu social, mais le sourire que lui renvoya Tracey était un des plus beaux qu’elle avait vu son amie aborder.
Chapitre 14 : Première retenue by Realgya
Author's Notes:
Rien de particulier à dire sur ce nouveau chapitre, excepté que j'espère que vous avez passé un bon noël et que vous avez été sage toute l'année :) Bonne lecture !
Hermione s’assit avec un soupir à sa place à côté de Malfoy. Quelque chose lui disait que ces cours de métamorphose allaient finir par devenir une vraie torture.

- Alors, tu as aimé la fête ? demanda-t-il directement.

- C’était sympa, s’esquiva maladroitement Hermione.

- Il parait que tu as envoyé Blaise dans les fleurs.

La jeune femme se tendit. Tout Poudlard était-il au courant qu’elle avait refusé les avances du Serpentard ? Déjà dans les couloirs, quelques élèves, dont la totalité des Serpentards soit dit en passant, la dévisageaient à chaque tournant. Elle avait passé le week-end à éviter de se retrouver seule ou juste trop près du jeune homme qu’elle avait pourtant pas méchamment envoyer balader. Si Malfoy s’y mettait aussi, elle ne se sortirait jamais de cette galère.

- Possible, fort probable même, admit-elle.

- Quasi-certain oui, c’est lui qui m’a raconté, lâcha le jeune homme de sa voix traînante avant de commencer à se balancer sur sa chaise.

Hermione retint de le réprimander. Non seulement ça ne collait pas avec le personnage qu’elle devait jouer et en plus s’il tombait, ce serait bien fait pour lui. McGonagall entra dans la salle de classe à ce moment-là.

- Sortez vos devoirs, je ramasse, déclara-t-elle sèchement.

N’ayant pas remarqué sa présence jusqu’à ce qu’elle parle, Malfoy sursauta et tomba par terre dans un grand vacarme. Si Hermione pensait qu’elle s’en fichait, elle se trompait.

- Mr Malfoy, vous et votre voisine auraient l’obligeance de venir en retenue ce soir, claqua la voix de leur professeur de métamorphose.

- Mais…

Déjà la sous-directrice commençait son cours comme si de rien n’était, et la jeune femme dut ravaler ses protestations après avoir lancé un regard des plus meurtriers à son voisin de classe.



Dès la fin du cours Hermione alla voir son professeur au lieu de suivre Malfoy qui rejoignait Nott et Zabini dans le couloir.

- Professeur, excusez-moi de vous interrompre mais je ne comprends pas pourquoi j’ai été mise en retenue, commença diplomatiquement la jeune femme.

- Nieriez-vous que vous chahutiez avec votre camarade de classe, ce qui a entraîné la chute de ce dernier ? J’ai des choses à faire, et vous vous êtes déjà en retard en cours, enchaîna McGonagall, coupant Hermione dans son élan alors qu’elle avait ouvert la bouche pour protester. Vous rejoindrez Rusard ce soir à 20h avec votre ami, tâchez d’ailleurs de prévenir celui-ci. Bonne journée !

Et avant que son élève ait pu ajouter quoique ce soit, elle sortit de la salle de classe.



- Tiens, tu fais grise mine Elinda, c’est ta retenue de ce soir qui te met dans cet état ? nota Greengrass au repas.

Hermione posa sur elle un regard interrogateur.

- C’est Zabini qui m’a raconté, se justifia-t-elle. Il paraît que tu n’y es pour rien.

- Je n’y suis pour rien, maugréa la jeune femme en plantant rageusement sa fourchette dans son assiette.

- Tu vois maintenant pourquoi nous on a préféra laisser tomber la métamorphose, sourit Greengrass. Mais ne t’en fais pas va, on a tous des retenues un jour ou l’autre, tu as de la chance de ne pas être toute seule pour ta première fois à Poudlard.

- Mieux vaut être seule que mal accompagnée, fit remarquer Hermione.

- C’est vrai, rit sa camarade. N’hésite pas à taper Draco s’il t’embête, c’est vrai qu’il peut être assez insupportable quand il veut.

Hermione lança un regard surpris à la Serpentarde sans que celle-ci ne s’en aperçoive. Avait-elle mal entendu ou la jeune fille venait-elle bien de l’autoriser en quelque sorte à frapper Malfoy s’il l’embêtait ? Il allait falloir qu’elle revoie son jugement sur cette dernière à la hausse. Quiconque se permet de fustiger Malfoy est au-dessus de l’idée qu’Hermione se faisait du Serpentard moyen.



Hermione regarda sa montre. 20h. Rusard la dévisageait d’un œil mauvais et Malfoy n’était pas là. Non seulement il lui avait fait écoper d’une retenue pour rien mais en plus il se défilait. Si elle lui mettait la main dessus, cette fois c’était décidé elle le tuerait. A son grand soulagement elle le vit apparaître à l’angle d’un couloir. Deux heures seules avec le concierge acariâtre ne la tentait guère. Souci : depuis quand éprouvait-elle du soulagement en voyant Malfoy ? N’avait-elle pas dit à Greengrass qu’il valait mieux qu’elle soit seule plutôt qu’en sa compagnie ? Apparemment ce jugement était à revoir.

- Vous devez récurer tous les chaudrons de cette salle, sans magie bien entendu. De mon ton on vous aurait suspendu dans les cachots, ça c’était une bonne punition, petits morveux. Allez au travail.

Rusard sortit sur ces paroles, laissant les deux jeunes gens seuls dans la salle de cours de potions.

- Toujours aussi peu aimable, commenta Malfoy. Au cas où tu aurais eu la chance de ne pas avoir encore fait sa connaissance auparavant, c’était le concierge.

- J’avais remarqué, répliqua Hermione avec acidité en se mettant au travail.

- Je peux savoir ce que tu fais ? s’étonna son compagnon de galère.

- Ca ne se voit pas ?

- Ne me dis pas que tu vas récurer ces chaudrons à la main ?

- La magie est interdite.

- On s’en fiche, rejeta Malfoy.

Il sortit sa baguette, l’agita d’un tour de main et tous les chaudrons brillèrent soudain, impeccablement propres.

- Et voilà le travail. Pas la peine de faire cette tête-là, personne ne viendra vérifier que nous n’avons pas employé la magie, ajouta-t-il en voyant qu’elle allait protester. Et puis le travail à la main, c’est juste bon pour les moldus et les sangs-de-bourbe, pas pour nous véritables sor… Hey ! Où vas-tu ?

- Le travail est fait, je m’en vais, rétorqua Hermione en se retournant alors qu’elle avait déjà atteint la porte de la salle.

- Tu ne peux pas, on a été mis en retenue pendant deux heures, contra Malfoy.

- On s’en fiche, répondit ironiquement la jeune femme en mimant la façon dont lui-même l’avait dit précédemment.

Elle entrouvrit la porte mais cette dernière fut refermée sèchement sans qu’elle le décide. La Gryffondor de cœur se retourna pour se retrouva face au Serpentard qui avait le bras appuyé contre le battant pour empêcher la jeune femme de l’ouvrir.

- A quoi joues-tu ? demanda-t-elle en le dévisageant avec fureur.

- Pourquoi tu ne m’aimes pas ? évinça le jeune homme.

- Je n’ai jamais dit que je ne t’aimais pas.

- Non mais c’est le cas.

- Possible. Je peux sortir maintenant ?

- Non.

Hermione soupira.

- Bon, qu’est-ce que tu veux ? demanda-t-elle finalement. Je suis fatiguée, j’aimerai aller me coucher et par-dessus le marché j’ai froid, les cachots sont glacials.

- Je croyais que tu venais de Durmstrang, il fait pourtant bien plus froid là-bas, tu devrais être habituée.

Hermione bénit l’idée qu’elle avait eu de faire croire qu’elle venait de Beauxbâtons lors de ce premier banquet à la table de ses ennemis.

- Non, de Beauxbâtons, et il fait bien meilleur en France qu’en Angleterre.

- Si tu le dis.

- Tu n’y es jamais allé ? s’étonna la jeune femme.

- Pourquoi est-ce que j’irai mettre les pieds dans ce trou pourri…

- Pardon excusez-moi, j’avais oublié que Mr Malfoy était bien au-dessus de tout cela.

Le jeune homme la dévisagea avec surprise ; il ne devait sans doute pas s’attendre à ce qu’elle le défie ainsi.

- Laisse-moi deviner, je sais pourquoi tu ne m’aimes pas, tu es une sang-mêlée et par conséquent tu es persuadée que je te méprise, ce qui te vexe et du coup tu caches ta tristesse derrière de la méchanceté.

Hermione ouvrit des yeux ronds. D’une part sa théorie était totalement ridicule, et d’une autre elle s’approchait quand même pas mal de la vérité en disant qu’elle était une sang-mêlée et qu’elle était persuadée qu’il la méprisait. En fait non, il la méprisait, point barre. C’était un fait. Et elle n’était pas une sang-mêlée mais une née-moldue, ce qui était toutefois assez proche.

- Tu sais, par exemple avec Tracey je…

- Je connais l’histoire, merci de ne pas me forcer à l’écouter de ta bouche, coupa sèchement Hermione. Je suis fatiguée de tes suppositions stupides. Si tu ne veux pas que je quitte cette salle de cours avant encore une bonne heure et demie, aurais-tu au moins l’obligeance de te taire et de t’écarter pour que je puisse m’asseoir ?

Le Serpentard obtempéra sans lâcher la jeune femme du regard. Hermione tira une chaise à la table la plus éloignée de Malfoy et s’assit. La soirée allait être longue.
Chapitre 15 : Première confrontation by Realgya
Author's Notes:
Bonne année à tous ! Je sais que ce nouveau chapitre a beaucoup de retard, mais finalement le voici :D J'espère qu'il vous plaira. Bonne lecture à tous et pleins de bonnes choses pour cette nouvelle année 2010 !
Un bref coup d’œil sur son poignet indiqua à Hermione qu’il lui restait une heure à devoir se tourner les pouces dans le cachot sombre, froid et humide. Frissonnant, elle ne put se retenir d’envoyer un regard noir au coupable de cette situation. Manque de chance, le jeune homme le remarqua.

- Si mes suppositions sont stupides, je ne vois toujours pas pourquoi tu ne m’aimes pas, lâche-t-il avec nonchalance comme si elle l’invitait à reprendre la conversation.

- Je suis en train de me geler dans ce cachot à cause de toi et tu te demandes pourquoi je ne t’apprécie pas ? réplique la jeune femme avec acidité.

- Au moins tu admets ne pas m’aimer, il y a du progrès, commente le Serpentard plus pour lui-même que pour elle.

Hermione le fusille du regard avant de lui tourner résolument le dos en faisant pivoter sa chaise face au mur.

- Moi je t’aime bien tu sais, reprend le jeune homme sans se démonter.

Sa camarade ne répond pas.

- Je te trouve jolie, et drôle. Tu as un caractère très particulier et quand tu es contrariée tu fronces les sourcils en mâchouillant le bout de ta plume de façon adorable, continue-t-il d’une voix narquoise.

- Tu juges donc uniquement sur le physique, conclut Hermione avec mauvaise humeur sans relever ses moqueries.

- Ton caractère ce n’est pas physique.

- Tu ne me connais pas.

- Je crois t’avoir plutôt bien cernée.

- Tu te trompes ! se fâche Hermione en se retournant vers lui pour lui opposer un masque de colère.

- Ah oui ? Et bien prouve-le moi !

- Je n’ai rien à te prouver, réplique la jeune femme d’une voix glaciale.

- Je savais que tu allais répondre ça, raille son interlocuteur en la toisant.

Hermione fronce les sourcils, ce qui arrache involontairement un sourire à Malfoy.

- Tu vois je te l’avais dit, quand tu es contrariée tu fronces les sourcils, se moque-t-il d’une voix victorieuse.

- Tu m’observes souvent à mon insu ? demande-t-elle avec humeur.

- Plus que tu ne le crois, répond-t-il d’une voix énigmatique. Et toi ?

- Jamais, je déteste ta tête de crétin, claque la voix d’Hermione.

Les fins sourcils blonds du jeune homme s’arquent et la Gryffondor de cœur se détourne pour éviter de rencontrer son regard. Certes ils étaient en conflit, et il n’était pas étonnant qu’elle lui dise ne pas l’apprécier, mais aller jusqu’à le traiter de crétin était un peu, voire beaucoup exagéré. « Bravo Hermione, tu as encore gaffé ! » jura-t-elle intérieurement en forçant ses mains fébriles à rester immobiles sur ses genoux. Des bruits de pas dans son dos lui apprirent qu’il était en train de se rapprocher d’elle. Elle prit une grande inspiration et lui fit face. Leurs regards s’affrontèrent : bleu-gris brillant contre onyx étincelant.

- T’aimes les livres ? l’interrongea-t-il.

Hermione crut avoir mal entendu tant la question était déplacée par rapport au contexte.

- Bien sûr, répondit-elle sincèrement.

- Moi non, cassa la voix de Malfoy, faisant regretter à la jeune femme de ne pas avoir menti. Les filles semblaient dire que tu ne les aimais pas non plus.

- J’ai l’impression que ce n’est pas très bien vu parmi vous d’aimer la lecture, se défendit-elle.

- Bien sûr que c’est mal vu de passer sa vie enfermé entre deux étagères de bouquins poussiéreux, renifla le Serpentard avec dédain.

- Pourquoi tu me demandes ça ? changea de sujet Hermione.

- Comme ça, évinça le jeune homme. Tu me fais penser à quelqu’un.

Le cœur d’Hermione rata un battement. Elle lui faisait penser à quelqu’un ? Si ce quelqu’un s’avérait être elle-même, elle était mal, très mal partie. Finalement, Kwap aurait peut-être été meilleure pour cette mission, bien qu’il lui en coûtait de l’admettre.

- Tu penses vraiment que je suis un crétin ? demanda Malfoy avec une amertume mal dissimulée dans la voix.

- En tout cas tu agis comme, répondit diplomatiquement Hermione.

- Et c’est quoi ta définition d’un crétin ?

- Je préfère m’abstenir de répondre.

- Je ne te demande pas ce que tu préfères, la coupa la voix cinglante du Serpentard.

- Je ne suis pas à tes ordres, déclara Hermione en fixant son regard dans le sien. Si je ne veux pas répondre, je ne réponds pas, point.

Malfoy ne répondit pas ; le silence s’installa. La Gryffondor de cœur finit par détourner la tête pour reprendre sa contemplation du mur. Elle regarda sa montre. Plus que trois quarts d’heure en compagnie de cet insupportable type.

- C’est un truc moldu ce machin, releva ce dernier en remarquant sa montre.

Et d’une gaffe supplémentaire ! Il faut dire qu’elle allait finir par être habituée. Cette retenue était une véritable catastrophe.

- Ca te pose un problème ? demanda-t-elle d’une voix dont elle tenta de cacher l’agressivité.

Le jeune homme renifla de dédain sans commenter, laissant clairement savoir ce qu’il pensait de la question. Le silence reprit entre eux. Malfoy se leva et alla s’asseoir sur une chaise un peu plus loin d’où il pouvait contempler sa camarade de profil. Elle s’en aperçut mais choisit de faire comme si de rien n’était. Cependant, au bout de cinq minuscules minutes qu’il la fixait sans ciller elle n’en put plus et tourna légèrement sa propre chaise pour lui présenter son dos. Cela ne fut pas forcément mieux, car elle continuait de sentir le regard scrutateur du garçon lui brûlant la nuque malgré la longue chevelure qui couvrait celle-ci.

Nouveau coup d’œil à sa montre. Plus que trente-cinq minutes. Mais quand ce calvaire allait-il donc finir ? Cette ambiance allait la rendre folle. Ce silence, ce froid, cette humidité… Froid et humidité ? Ils avaient depuis longtemps disparus pour laisser place à une atmosphère lourde, pesante. Etouffante, tout simplement. Et le corps d’Hermione était en feu d’être ainsi passé au crible par son pseudo-camarade. Si elle se tenait devant un miroir, nul doute qu’elle pourrait constater que ses joues étaient d’un rouge tomate.

Elle voulut dire quelque chose pour briser le silence, mais ne savait pas quoi dire. Elle ouvrit la bouche et la referma sans qu’un son ne s’en échappe. Heureusement que Malfoy ne pouvait voir que son dos où il l’aurait vraiment trouvée stupide pour la peine. Sa montre affichait désormais qu’il ne lui rester plus qu’une demi-heure à tenir. Une demi-heure ! Seules cinq minutes étaient passées ? C’était un enfer !

Hermione essaya de penser à autre chose. Elle se remémora ses cours de la journée, ce qu’elle avait fait, les devoirs qu’il lui restait, l’évolution de ses relations avec les Serpentardes. A cette pensée une boule de stress vint immanquablement se former dans son estomac. Tracey et elle se rapprochaient de jour en jour et même Greengrass commençait à lui paraître sympathique. Pas bon ça, pas bon du tout. Est-ce que, une fois sa mission finie, elle reprendrait contact avec ces deux-là ? Il faudrait leur avouer sa véritable identité et…

Quelle question sans intérêt ! Elle était en mission, pas en colonie de vacances. Ces semblants de liens amicaux qui étaient en train de naître étaient temporaires, et de toute manière ne seraient jamais assez forts pour qu’Hermione ait envie de continuer à fréquenter les deux jeunes femmes plus tard. Surtout s’il fallait leur avouer qu’elle leur avait joué la comédie et caetera et caetera… Et pourtant, à son réveil du coma, avait-elle rêvé ou Malfoy s’était-il montré « amical » ?

« C’est normal », se raisonna-t-elle, « il est ami avec Ron et Harry maintenant, enfin il le sera plus tard. Donc il s’enquérait de ma santé pour pouvoir les rassurer. » Sauf que cette hypothèse n’était pas vraiment cohérente avec le fait qu’il allait plus tard venir la voir tous les jours à son chevet. Ron allait même commencer à supposer que Malfoy était amoureux d’elle !

Le problème se complexifiant et commençant à dévier sur des voies qu’elle trouvait absurdes, impossibles et dangereuses, elle secoua vivement la tête pour chasser ses pensées et poussa un soupir en jetant un coup d’œil au cadran de sa montre. Plus qu’un quart d’heure, un tout petit quart d’heure. Enfin, si petit qu’il allait lui paraître une éternité.

« Dans cinq minutes j’y vais, personne ne viendra me reprocher d’avoir fini ma retenue dix minutes avant. A vrai dire, personne ne s’en apercevra et Malfoy ne me balancera pas car je pourrai faire de même au sujet de son utilisation de la magie. » Mais même ces cinq minutes lui parurent les plus longues de sa vie. Quand enfin elle n’y tint plus, elle se leva et sortit presque en courant de la salle, fuyant cette pièce maudite. Elle avait chaud ; elle en avait assez. Et pire que tout, elle pouvait encore sentir les yeux de Malfoy qui la suivait alors qu’elle claquait avec violence la porte du cachot derrière elle.
Chapitre 16 : Question de profession by Realgya
Author's Notes:
J'étais sensée garder ce chapitre en réserve mais finalement j'ai eu de la peine pour vous en me rappelant l'attente entre les deux dernires chapitres et la manière horrible dont je coupe à chaque fois, donc pour me faire pardonner de tout ça voici le chapitre 16. En espérant qu'il vous plaira :) Bonne lecture !
Le lendemain matin ne s’avéra pas de tout repos. Hermione eut en effet le déplaisir de croiser Ginny, Luna et Neville dans les couloirs, et si elle ne répondit pas aux regards assassins qu’ils lui lançaient, elle ne pouvait s’empêcher de se sentir mal. La mission, penser à la mission avant tout. Avec un soupir de résignation, elle s’assit entre Tracey et Greengrass qu’elle supportait bien mieux que Parkinson et ses airs insupportables. Elle eut cependant la malchance de la voir apparaître en compagnie de Malfoy qui s’assit pile en face d’elle, pour son plus grand désespoir.

- Bien dormi ? s’enquit-il poliment.

- Tu nous demandes si on a bien dormi ? s’étouffa presque en rigolant Tracey. C’est rare dis-moi.

- Je suis de bonne humeur aujourd’hui, se justifia Malfoy avec un sourire narquois qui mit Hermione mal à l’aise.

Il ne fit cependant aucun commentaire sur leur retenue de la veille et c’est avec un soulagement bien dissimulé que la jeune femme quitta la table en compagnie de ses camarades féminines.

- Et la blonde !

Il fallut un moment à Hermione pour comprendre qu’on parlait d’elle. Elle se retourna vers les Serpentards qui l’avaient hélée alors que Tracey et Greengrass jetaient un regard méprisant sur le petit groupe.

- Qu’est-ce que tu fiches à Serpentard ?

Prise au dépourvu, Hermione ne savait pas répondre. Elle ne s’attendait absolument pas à cette question des plus embêtantes.

- Je parie que t’es une sang-de-bourbe, t’en as bien les manières, affirma l’un d’eux en s’avançant d’un air menaçant.

- Même si c’était le cas ça ne vous concerne pas, rétorqua-t-elle en se détournant.

- Ah, vous voyez, elle avoue ! s’exclama un autre à ses compagnons.

- Fichez-lui la paix, elle ne vous a rien demandé, la défendit Tracey.

- Toi la sang-mêlée mêle-toi de ce qui te regarde, répliqua le Serpentard en bombant le torse, sans doute trop fier de son jeu de mots ridicules.

- Vous n’avez pas mieux à faire ? trancha la voix de Greengrass.

- Ben non, répondirent-ils avec un haussement d’épaules.

- Dans ce cas que diriez-vous d’une petite retenue ? intervint une voix doucereuse dans leur dos.

Hermione n’eut pas besoin de se retourner pour reconnaître le timbre caractéristique de Malfoy. Elle grimaça de le laisser prendre ainsi sa défense et rejoignit les cachots sans plus faire cas de cette histoire, Greengrass et Tracey à ses côtés alors qu’elles rejoignaient toutes trois Parkinson.

- Rassure-moi, tu n’es pas réellement une sang-de-bourbe ? demanda cette dernière à brûle-point.

Hermione mima avec tous les talents d’actrice dont elle était capable l’air dédaigneux que prenait généralement Malfoy devant quelque chose d’absurde. Elle se répugnait à mentir encore, mais savait que c’était pourtant la meilleure solution. Cependant son visage à la limite du dégoût suffit à convaincre Parkinson et elle n’eut pas besoin d’ajouter des paroles. En y réfléchissant, elle jura intérieurement d’avoir pris pour modèle Malfoy. Bien sûr il était sans doute le meilleur exemple en la matière, mais avoir à l’imiter à lui lui donnait presque envie de vomir.



Une monotonie commença à s’installer pour Hermione. Au fur et à mesure que le temps passait, elle appréciait sans vraiment se rendre compte du changement de plus en plus Greengrass qui lui arrivait d’appeler par son prénom, et de plus en plus Tracey qu’elle trouvait déjà auparavant sympathique. Malgré les attentions dont elle était le sujet de Malfoy, elle n’était pas en froid avec Parkinson alors que celle-ci les avait remarqué. Enfin, Parkinson n’était pas en froid avec elle. Parce que pour dire vrai, Hermione s’en moquait un peu.

Elle se concentrait sur trois choses : l’antidote pour le château, ses doses de polynectar, ses cours. Tout ce qui n’entrait pas dans ces trois catégories était de l’ordre du superficiel si on comptait son intégration en milieu ennemi comme un élément allant avec les doses de polynectar. Après tout, le but était le même : dissimuler sa véritable identité. Elle ne voulait même pas savoir ce qui risquerait d’arriver si quiconque apprenait que sous les traits d’Elinda Morevo se cachait Hermione Granger, née-moldue amie de l’ennemi public n°1 en la personne d’Harry Potter, et actuellement en fuite avec celui-ci.

- Qu’est-ce que tu veux faire Elinda plus tard ? lui demanda soudainement Tracey assise à ses côtés.

Hermione dévisagea un instant son amie sans savoir quoi répondre. Amie ? Pensait-elle réellement à Tracey comme une amie ? Quelques semaines en compagnie de la joyeuse Serpentarde aurait-elle à ce point changé sa vision des choses ? « Après tout », songea-t-elle, « on ne peut pas juger quelqu’un qu’on ne connaît pas. Or j’ai appris à connaître Tracey. Et j’ai appris à l’apprécier. » Oui, elle l’appréciait. Elle l’appréciait même beaucoup.

- Et bien… j’hésite encore entre une carrière d’auror et de médico-mage.

Pour une fois, ce n’était pas une gaffe. Bien sûr, les trois paires d’yeux de Tracey, Parkinson et Greengrass sur elle auraient suffi à prouver le contraire mais Hermione savait ce qu’elle faisait, et ce qu’elle disait. Oui, elle commençait à les considérer comme des amies, Tracey en tout cas, c’était certain. Et elle n’avait pas besoin de mentir là-dessus, elle savait qu’aucune des trois filles ne la trahirait intentionnellement ou n’aurait des contacts assez rapprochés avec Voldemort pour qu’il puisse lire dans leurs pensées. Ca avait quand même du bon parfois de venir du futur !

- Auror ? répéta Parkinson avec incrédulité.

- Oui, auror, confirma Hermione. Dans les deux cas, c’est pour aider les gens, défendre ce que je pense juste, soutenir des idées. Je ne pense pas être quelqu’un d’égoïste, et je veux tendre la main à ceux qui en ont besoin. Je pense par exemple aux enfants sorciers sans parents qui ne savent pas où aller et à qui Poudlard paye les études. Je trouve que c’est une bonne chose, et je veux être de ceux-là.

Hermione se félicita intérieurement de la trouvaille de son exemple. Après tout, c’était grâce à ce système que Voldemort avait pu étudier à Poudlard au lieu de passer toutes ses études dans son orphelinat. Bien sûr les jeunes femmes en face d’elle ne le savait pas, mais par précaution…

- Et puis la recherche de médicaments m’intéresse. Je voudrais faire quelque chose pour aider. Auror, je pense que c’est si je ne peux pas aller pour une raison ou une autre en médecine, car c’est moins concret. En tant que médico-mage, je pourrais sauver des vies de manière très concrète. Je ne sais pas si vous me suivez.

- Moi je te suis, la rassura Tracey avec un sourire.

Aux visages qu’affichaient ses deux camarades, Hermione douta qu’elles aient également tout compris mais passa outre en constatant qu’elles ne commentaient pas.

- Tu es indépendante, tu sais ce que tu veux, et surtout, tu as choisi ta voie. J’aimerai bien être comme toi.

- Ce n’est pas le cas ? questionna Hermione.

- Et bien… ma grand-mère maternelle était moldue, mais mon père issu d’une famille noble de sorciers a quand même épousé ma mère. Du coup la famille de mon père, pour faire oublier que ma mère était une sang-mêlée, me dicte pas mal les règles de conduite et exige que je sois parfaite dans tous les domaines.

- Je n’ai jamais été confrontée à ce genre de problèmes, admit la Gryffondor de cœur.

- Tu as de la chance, souffla Parkinson. Ma famille a déjà tracé tout mon parcours professionnel. Parfois, je n’ai pas toujours l’impression d’être libre.

- N’allons pas trop critiquer quand même, nos parents ont raison sur pas mal de point, lâcha Greengrass, ce qui fit immédiatement froncer les sourcils à Hermione.

- Par exemple, je sais qu’elle me répudierait si je voulais épouser un moldu, et elle aurait raison. Mais bon, de toute manière vu que c’est hors de question.

Hermione voulut répliquer, lui demander pourquoi ce serait hors de question. Mais elle avait une couverture à tenir, aussi tint-elle sa langue à contrecoeur.

- Oui c’est sûr. La mienne voit déjà d’un très mauvais œil les sangs-mêlés, renchérit Parkinson.

La brunette nota que Tracey se renferma imperceptiblement. Elle grommela intérieurement contre le bouledogue mais n’intervint pas.

- Faites attention à ce que vous dites, ce sera contraignant si les Carrow ou notre cher directeur vous surprenez à vous rebeller contre vos parents, remarqua une vois dans leur dos.

Hermione fut parcourue d’un frisson devant la menace voilée et se retourna pour faire face à Malfoy. Cependant, ce qu’elle lut dans ses yeux n’étaient nullement une menace, mais bien une mise en garde.

- Tu es là depuis longtemps ? s’enquit Greengrass.

- Disons le début de la conversation, répondit-il avec un haussement d’épaules sans lâcher la Gryffondor de cœur du regard.

Commençait-il à faire des liens entre son comportement, son supposé passé et ses paroles ? Dans tous les cas, elle allait devoir se révéler encore plus prudente à l’avenir.

Le jeune homme les dépassa sans rien ajouter et disparut à l’angle d’un couloir.

- Tu l’intéresses, fit remarquer Parkinson, d’une voix partagée entre la lassitude et l’indifférence.

Hermione ne répondit pas sans douter que c’était à elle que cette remarque était agressée. Et que Parkinson reconnaisse et admette les faits sans contester bien qu’elle soit officiellement la petite-amie de Malfoy fit bien plus qu’inquiéter la jeune femme.
Chapitre 17 : Soutenir Serpentard by Realgya
Author's Notes:
J'ai une sorte de liste dans la tête avec mes fics prioritaires, et celle-ci a été en premier tout hier après-midi, sans doute car j'ai eu du remords d'avoir bénéficié "Antartik&Atlante" pendant les vacances. Conséquence voici déjà un nouveau chapitre, et les deux suivants (que je me suis éclatée à écrire) ne tarderont pas (mais je les garde encore un petit peu en réserve pour que vous ayez de la nouvelle lecture de manière régulière :)). Du coup, bonne lecture à tous !!!
Le premier match de Quidditch de la saison finit par arriver : Serpentard contre Gryffondor. Hermione n’était particulièrement une grande fan de ce sport et ce serait volontiers abstenu d’y assister pour réviser mais il était hors de question pour Greengrass, Parkinson, Bulstrode et Tracey de le manquer, et tout aussi hors de question qu’elle ne les accompagne pas.

- Draco joue, il faut bien qu’on soit là pour le soutenir, avait fait remarquer Parkinson, ce qui avait eu le don d’horripiler Hermione.

C’est donc plus maussade que jamais qu’elle se retrouvait affublée d’une écharpe verte et argent au milieu d’une marée de Serpentards. Par réflexe, elle faillit applaudir à l’entrée de Ginny sur le terrain mais se retint à grand peine. La rouquine survola le terrain jouant en temps qu’attrapeuse en l’absence d’Harry. En passant devant les tribunes des serpents ces derniers la huèrent sans qu’elle ne pose ne serait-ce qu’un coup d’œil sur eux mais Hermione ne put se résoudre à les imiter. De toute manière, personne ne le remarqua.

Autre obligation insupportable mais, comme son nom l’indique, obligatoire, manifester sa joie lors de l’entrée en piste des joueurs de Serpentard. Ceux-ci firent comme les Gryffondors avant eux un tour du stade, se pavanant fièrement sur leurs balais. Quand Malfoy passa devant eux il sembla chercher quelqu’un dans la foule jusqu’à que son regard s’arrête sur elle. Hermione ne put se résoudre à lui sourire pour l’encourager, tout son cœur souhaitant qu’il se prenne la défaite de sa vie par Ginny. Il haussa les épaules, un sourire narquois au bord des lèvres, et s’éloigna sur son nimbus 2001.

Le souafle fut lancé, la partie commença. Deux minutes seulement s’étaient déjà écoulées que déjà Hermione en avait marre et souhaitait quitter les gradins en prétextant n’importe quel maux. Elle se força cependant à assister au match, dormant les yeux ouverts, totalement désintéressée du match. Le seul bref regain d’intérêt qu’elle éprouva fut à la fin, quand Ginny et Malfoy se disputèrent le vif d’or.

Une exclamation énervée s’échappa de ses lèvres quand elle constata que le Serpentard l’avait emporté.

- Un problème Elinda ? s’inquiéta Tracey alors que la totalité de la maison se levait pour applaudir la victoire.

- Me suis tapée contre le banc en voulant me lever, mentit-elle évasivement.

- Ah oui, ça doit faire mal, compatit son amie. Mais on a gagné ! Draco est vraiment le meilleur !

« Dommage que contrairement à d’habitude, Harry ne soit pas là pour le remettre à sa place », commenta pour elle-même la jeune femme.



Elle quitta les gradins en compagnie de Tracey seulement, Greengrass et Parkinson ayant préféré se rendre dans les vestiaires des joueurs pour retrouver Draco, et Bulstrode ayant profité de leur prétexte pour les suivre. En rejoignant tranquillement le château, les deux Serpentardes furent doublées par l’équipe de Quidditch de Gryffondor qui les bouscula au passage. Hermione nota avec un pincement au cœur que Ginny était parmi eux. Elle aurait tant voulu aller consoler son amie, lui dire que Ron, elle-même et Harry allaient bien, que ce dernier pensait à elle, qu’elle n’avait pas à s’en faire. Ginny devait se faire un sang d’encre depuis que tous trois étaient partis à la chasse aux Horcruxes.

Mais elle ne pouvait pas, elle ne devait pas. Elle ne pouvait que la regarder s’éloigner, maussade, en compagnie des autres joueurs de sa maison.

- Hé Weasley !

Ginny se tendit sans s’arrêter alors que la voix de Malfoy lui parvenait de derrière elle. Hermione jura furieusement en son for intérieur et se crispa. S’il y avait une confrontation, elle n’arriverait jamais à jouer à la parfaite petite Serpentarde à la botte de l’autre prétentieux.

- Tu commences à avoir des visions en plein match comme celles de Potter pour jouer aussi mal ?

Hermione jugea inutile de se retourner pour constater que les deux gorilles qui ricanaient étaient bien Crabble et Goyle. Le gloussement de Parkinson était également parfaitement reconnaissable. Devant elle, Ginny accéléra le pas, prenant la tête du petit groupe Gryffondorien qui jetait de brefs coups d’œil derrière lui.

- Tu crois qu’il pense à toi d’où il est ? renchérit méchamment Crabble. Moi je pense que non. Après tout, tout le monde sait que les morts ne pensent pas.

Ginny se retourna, les joues rouges, la baguette à la main, et envoya son très efficace sort de chauve-furie sur Crabble. Celui-ci n’eut pas le temps de contrer et se prit le sortilège de plein fouet.

- Weasley ! tonna la voix d’Alecto Carrow. Vous avez gagné le droit à une retenue par soir jusqu’aux vacances de Noël, mes félicitations.

La Mangemorte venant d’intervenir lança avec désinvolture le contre-sort à Crabble et continua sa marche comme si de rien n’était en compagnie des autres professeurs qui ne purent que se garder d’intervenir, Ginny ayant enfreint le règlement. Quand le groupe se fut éloigné, la rouquine fit volte-face et reprit sa marche, les membres de l’équipe de quidditch de Gryffondor l’entourant.

- Ce que tu peux être susceptible, ricana Crabble.

Connaissant le caractère fougueux de son amie, Hermione savait à quel point il lui était difficile de prendre sur elle pour ne pas répondre. Elle la vit s’éloigner d’un pas rageur et serra les poings si fort que ses ongles, pourtant courts, lui entrèrent dans la peau. La propriétaire du corps qu’elle empruntait avait auparavant des ongles beaux, longs, limés, mais cela avait très vite insupporté Hermione qui les avait coupés. Malfoy lui en avait d’ailleurs fait la remarque en cours de métamorphoses entre deux plaintes qu’il formulait au sujet du professeur McGonagall.

- Qu’est-ce que vous pensez qu’elle vaut ? demanda Crabble qui s’était rapproché du duo formé par les filles en même temps que Malfoy, Goyle, Parkinson et Greengrass.

- Je plains Zabini qui est coincé avec Bulstrode, pouffa Parkinson pour détourner la conversation.

- Comment ça « qu’elle vaut » ? demanda Hermione, pas sûre d’avoir bien compris.

Le jeune homme la toisa du regard sans répondre.

- Je crois qu’il voulait dire « au lit », lui souffla Tracey en réponse.

- Bien sûr ! s’exclama le Serpentard qui avait entendu. Une très bonne lionne sûrement.

La main d’Hermione vint s’écraser sur son visage à la vitesse de l’éclair avant même qu’il ne finisse sa phrase. Sous le regard incrédule des Serpentards autour d’eux, la Gryffondor l’assassina du regard.

- Ordure, éructa-t-elle hors d’elle avant de tourner des talons.

Elle s’éloigna d’un pas rageur et énergique. Cette claque allait sans doute lui coûter sa place parmi le groupe, et mettrait peut-être, sans doute même, en péril sa mission mais là, c’était trop ! Quand elle eut reprit un rythme cardiaque plutôt normal, elle eut la surprise de constater que Tracey marchait à ses côtés. Curieuse, elle jeta un bref regard derrière elle. Parkinson et Greengrass les suivaient en rigolant et Malfoy et Goyle se moquaient ouvertement de Crabble encore sous le choc. Finalement, son coup d’éclat ne s’avérait pas si catastrophique qu’elle l’avait d’abord présumé pour sa mission. Comme quoi elle n’était pas obligée de soutenir tout le temps le mouvement de groupe pour être acceptée.

- Tu aurais pu lui jeter un sort, lui lança Greengrass en repérant son coup d’œil. C’est très moldu ta méthode.

- Les sortilèges sont interdis dans l’enceinte de l’école, récita machinalement Hermione pour se défendre.

Ce n’était pas à elle qui connaissait le règlement par cœur qu’on allait l’apprendre.

- Bien vu, sourit Tracey.

Elle et la Gryffondor de cœur ralentirent pour permettre aux deux autres Serpentardes de les rattraper.

- Et puis c’est plus rapide, renchérit Parkinson en arrivant à leur hauteur. Le temps de dégainer ta baguette, ça aurait pris plus longtemps.

Elle pouffa de sa remarque, imitée par Greengrass. Pouffer, toutes deux savaient si bien le faire ! Cela tira un sourire à Hermione. Elle observa les garçons derrière elles à la dérobée. Zabini avait sans doute réussi à se débarrasser de Bulstrode car il avait rejoint Malfoy et Goyle qui devaient être en train de lui raconter l’épisode vu leur enthousiasme évident. Crabble, renfrogné, les suivait à la traîne plusieurs pas plus loin.

Hermione se sentait plus légère. C’était la première fois qu’elle éprouvait cette sensation depuis son retour dans le passé. Elle adressa son premier vrai sourire rayonnant aux autres Serpentardes, sans savoir qu’elle était la cible de l’observation accrue de Malfoy.
Chapitre 18 : Droguée by Realgya
Author's Notes:
Et voilà, comme promis vous n'aurez pas eu à attendre trop longtemps avant de recevoir ce nouveau chapitre. Le prochain devrait suivre d'ici peu. En attendant, bonne lecture à tous, j'espère que vous apprécierai la tournure que prennent les évènements :)
La fête dans la salle commune des Serpentards qui suivit pour fêter la première victoire de la saison battait son plein. Devant les suppliques silencieuses de Tracey, Hermione avait cédé et était à présent entourée d’une nuée de verts et argents. Comme ses camarades de dortoir, elle s’était contentée de sa jupe courte de cours et de son chemisier blanc. Que n’aurait-elle pas donnée en cet instant pour pouvoir se cacher dans la bibliothèque, un livre en main ! Mais vu l’heure, Mrs Pince prendrait sans doute très mal qu’un intrus se faufile dans son sanctuaire, surtout si c’était pour toucher à ses précieux ouvrages.

La jeune femme attrapa le verre qu’on lui tendait et but à petites gorgées.

- Hé alors ! s’exclama Goyle en passant près d’elle. Il faut boire cul-sec !

Hermione haussa les épaules avec un léger sourire, préférant ne pas se lancer dans de tels défis.

- Vous avez vu les gars, pas capable de boire son verre d’un trait ! s’exclama une voix derrière elle. Comme je vous dis, elle n’a rien à faire à Serpentard.

La Gryffondor de cœur sentit ses joues rosir mais ne rentra pas dans leur jeu. Elle était raisonnable, pas question qu’elle abuse de l’alcool. Surtout si sous l’emprise de ce dernier il lui prenait l’envie de raconter n’importe quoi. Un maux de tête la prit, sans doute la musique, et elle posa son verre sur un table avant de s’éloigner dans un coin moins agité.

Les garçons qui l’avaient déjà interpelée auparavant vinrent l’entourer, un air mauvais sur le visage. Il sembla à Hermione repérer le visage inquiet de Tracey avant que celui-ci ne se fonde dans la foule, mais ce ne devait être qu’une illusion. Sa tête commençait vraiment à tourner, et ce n’était pas bon du tout.

- T’as rien à faire là, t’as pas ta place à Serpentard, fit l’écho d’une voix lointaine. Alors si tu pollues notre air, qu’au moins tu serves à quelque chose.

Les propos incohérents qui lui parvenaient à l’esprit lui donnaient un mal de crâne terrible. Elle aurait voulu se laisser aller, fermer les yeux, dormir. Quelque chose se referma sur son bras, quelque chose de chaud. Une main ?

- Allez viens là, lui sembla-t-il entendre en mots décousus.

Et puis plus rien, le noir total, le vide.



Quand Hermione se réveilla, son mal de tête l’avait quittée. Allongée dans un lit douillet et confortable, elle resta immobile, cherchant à se rappeler à quel moment elle s’était couchée. Les draps blancs autour d’elle étaient confortables ; son corps épuisé ne demandait qu’à rester couché indéfiniment. Que s’était-il passé déjà la veille ? Une vague de panique la submergea soudain. Elle se força à entrouvrir un œil et ses paupières papillonnèrent. Allongé juste à côté d’elle, un jeune homme lui tournait le dos. Elle pouvait détailler chacune de ses vertèbres, aucun vêtement ne cachant le haut de son corps, et cela fit redoubler sa panique. Quand était-elle arrivée ici ? Comment ? Qui ? Pourquoi ? Que s’était-il passé ? Une marée de questions sans réponses déferla sur son pauvre cerveau dont le seul souhait était de retourner au pays des songes.

Soudain, Hermione se sentit sale, souillée. Que lui était-il arrivé ? Elle voulait savoir, elle avait besoin de savoir. Et en même temps, la vérité lui faisait peur. L’individu à côté d’elle bougea et la jeune femme put distinguer sa chevelure blonde. Elle crut que le monde allait s’effondrer sous elle. Pourtant, elle avait à peine bu ! Comment pouvait-elle se retrouver dans une telle situation ? Et surtout, avait-elle réellement… se trouvait-elle réellement dans le lit de son pire ennemi, ou tout ceci n’était-il qu’un cauchemar ? Oui, c’était cela, un horrible cauchemar, et elle n’allait pas tarder à se réveiller.

En s’agitant, elle dut réveiller Malfoy car il se retourna d’un air ensommeillé pour plonger ses pupilles d’onyx dans celle de la jeune femme.

- Bien dormi ?

Il lui demandait si elle avait « bien dormi » ! Il se moquait d’elle ! Ou alors c’était bel et bien un de ces rêves saugrenus dont on ne se rappelle jamais de la fin. Mais une petite voix lui soufflait au fond d’elle-même que tout ceci était réel, faisant faire des sauts périlleux à son estomac.

- Comment ai-je atterri ici ? demanda-t-elle d’une voix minuscule qu’elle tenta ferme alors que tous ses tremblements trahissaient son état terrorisé.

- Ces imbéciles avaient drogué ta boisson, et naïve que tu es tu ne t’es pas méfiée, répondit platement le jeune homme. Ce n’est pas parce que tu es honnête que le monde autour de toi l’est. Tu aurais dû t’en douter, surtout au milieu de Serpentards.

- Et donc finalement c’est toi qui en a profité, chuchota-t-elle avec amertume et désespoir sans tenir compte de sa dernière remarque.

Son monde s’écroulait tout autour d’elle. Et lui qui en parlait comme si de rien n’était. Ce ne devait pas être la première fois que ce genre de choses arrivait, il devait trouver cela normal. Parkinson ne s’offusquerait même pas, vu le ton qu’elle avait employé peu de temps auparavant pour lui annoncer qu’elle l’intéressait. Tracey, Greengrass et Bulstrode avaient beau l’avoir prévenu au début de l’année qu’il ne fallait pas tourner autour de Malfoy sans quoi Parkinson s’énervait, apparemment cela ne la dérangeait pas plus que ça.

Mais quelle idiote ! Pourquoi avait-elle trempé les lèvres dans ce fichu breuvage ! Il avait raison, elle était trop naïve.

- T’es encore vierge ?

Sa voix la ramena aux faits présents. La question qu’elle n’osait formuler mentalement depuis son réveil, il la lui avait posée, lui. Elle eut envie de pleurer, mais puisa dans tout son courage gryffondorien pour n’en rien faire.

- A toi de me le dire, lui tint-elle tête.

- Ca veut dire oui, se moqua-t-il ouvertement en passant négligemment une main dans ses propres cheveux blonds.

Hermione l’assassina du regard. Que voulait-il dire par, « ça veut dire oui » ? Il dut remarquer son air perplexe car il redevint sérieux.

- Je ne t’ai pas touchée, si c’est ce qui te tracasse.

Ce fut comme un poids qui s’ôtait de ses épaules. Envahie par le soulagement, elle se laissa aller à fermer les yeux. Cependant, toute angoisse ne s’était pas évaporée. Si ce qu’il lui disait était vrai, qu’est-ce qu’elle faisait là, de toute vraisemblance dans son lit ?

- Tu devrais faire plus attention Granger, remarqua-t-il distraitement.

- Si tu le dis, soupira la jeune femme.

- Tu veux te rendormir ici ? Pas que je veuille te mettre dehors mais bon…

- Je n’ai absolument pas l’envie de rester ne serait-ce qu’une seconde supplémentaire en ta compagnie, mais mon corps ne répond plus présent, je suis incapable de bouger.

- Les effets de la drogue ne se sont pas totalement dissipés, commenta Malfoy.

- Tu n’as toujours pas répondu à ma question, se souvint son interlocutrice, comment ai-je atterri ici ?

- Je t’ai portée, lâcha le Serpentard avec dédain comme s’il s’agissait d’une évidence.

Hermione rouvrit les yeux pour lui jeter un regard interrogateur.

- Tracey m’a appelé à la rescousse quand elle s’est rendu compte de ta situation. Je suis intervenu alors qu’ils s’apprêtaient à t’entraîner dans leurs dortoirs et je t’ai amenée ici.

- Et pourquoi pas dans mon propre lit ? demanda-t-elle avec acidité.

- Pour te sauver la mise. En plus du fait que je ne peux bien entendu pas monter dans les dortoirs des filles.

La jeune femme le regarda sans comprendre. Lui sauver la mise ? Qu’aurait-elle craint de ses camarades de dortoir. Elle se repassa leur conversation en mémoire en espérant y trouver un indice et se remémora un détail. A cet instant précis, une de ses mèches brunes lui tomba sur le visage.

- Comment m'as-tu appelée ? s’exclama-t-elle d’une voix affolée en se redressant brutalement dans le lit, contrant l’influence de la drogue.

- La drogue et le polynectar ne font pas bon ménage, expliqua posément Malfoy avec un sourire narquois, ses yeux dévisageant Hermione avec intérêt.

Son cœur fit une brusque embardée dans sa poitrine alors que la peur revenait à toute allure. Elle était mal, très mal. Brusquement, elle s’éloigna de lui et voulut se lever pour quitter le lit quand une main se referma sur son poignet.

- Lâche-moi ! s’écria-t-elle, plus paniquée que jamais.

- Et bien, ricana Malfoy, heureusement qu’il est presque midi et que mes compagnons de dortoir sont sortis, sinon je n’imagine que trop leur réaction en découvrant toute débraillée la célèbre Gryffondor amie de Potter chez eux, sortant de mon lit de surcroît.
Chapitre 19 : Ma vie entre ses mains by Realgya
Author's Notes:
Comme promis voici le nouveau chapitre ! J'espère qu'il vous plaira. Bonne lecture à tous :D
Le rythme cardiaque d’Hermione s’accéléra dangereusement alors que tout son corps la brûlait, et plus particulièrement le poignet sur lequel les doigts longs et fins de Malfoy s’étaient refermés. Son esprit ne releva qu’en coup de vent qu’il manquait la traditionnelle insulte « sang-de-bourbe » pour parfaire la raillerie du Serpentard.

- Qu’attends-tu dans ce cas ? lui lança-t-elle en essayant de paraître calme et maîtrisée, et après avoir constaté qu’elle portait toujours, et à son plus grand soulagement, ses vêtements de la veille. Appelle donc les Carrows, ils seront ravis de ta prise ! Avec un peu de chance, tu seras même récompensé.

Le visage de Malfoy se ferma, son regard se durcit. Il la ramena lentement mais fermement au milieu du lit et plongea ses yeux dans les siens. Hermione se rappela ce que lui avait raconté Harry. Lors de la mort de Dumbledore, Malfoy baissait sa baguette. Si les Mangemorts n’étaient pas arrivés, peut-être aurait-il changé de camp. Peut-être… peut-être seulement, mais c’est à ce peut-être qu’Hermione se raccrocha. Si elle avait une chance, même infime, de sortir sans dommage de cette histoire, c’était celle-là.

- Tu ne me livreras pas ? demanda-t-elle radoucie et interrogatrice en scrutant les prunelles de Malfoy.

- Pourquoi ne te livrai-je pas ? demanda-t-il durement.

- Pourquoi me livrerais-tu ?

- Je suis un Mangemort.

- Porter la marque, ce n’est pas être un Mangemort.

- Comment le sais-tu ? questionna-t-il sèchement, sa poigne sur son poignet se faisant plus oppressante.

- Harry me l’a dit.

- Potter, cracha Malfoy avec dégoût. Et lui, comment le sait-il ?

- Il était dans la tour d’Astronomie, le soir où Rogue a tué Dumbledore.

Malfoy ne dit rien, scrutant Hermione en quête d’un indice lui prouvant qu’elle mentait, mais il n’en trouva pas.

- Je suis legilimens, et très bon occlumens, signala-t-il.

- Qui t’a appris ? s’intéressa la jeune femme.

C’était la seule carte qu’elle pouvait jouer, celle de la compréhension, de l’attention, de la gentillesse. Et puis, si le comportement, l’attitude et les idées de Malfoy l’écœuraient, ce n’était pas le jeune homme en lui-même qui lui donnait des nausées. Quand la guerre serait finie, elle ne douterait pas qu’il se repentirait. D’ailleurs, elle en avait eu la preuve. Maintenant qu’elle y repensait, elle se souvenait. Il allait devenir « ami » avec Harry et Ron. Mais même sans ça, elle aurait su qu’il n’était pas foncièrement méchant. En tout cas l’espérait-elle assez pour se permettre de se radoucir.

- Bellatrix, lâcha-t-il après un silence.

- Ta tante, nota simplement Hermione.

Le jeune homme acquiesça sans demander comment elle le savait. Ce n’était sans doute pas ce qui lui importait le plus à l’instant présent.

- Tu peux me dire ce que je vais faire de toi ?

- Mais je ne sais pas Malfoy, c’est à toi de voir, lui répondit Hermione le plus sérieusement du monde. En tant que Mangemort et fidèle toutou de Celui-Dont-Je-Ne-Prononce-Pas-Le-Nom-Parce-Qu-Il-Y-A-Un-Tabou-Dessus, il est de ton devoir de me livrer, non ? J’ai cru comprendre que les sangs-de-bourbe étaient les premiers dans la liste de ses victimes favorites, avec les moldus.

- Si c’est la seule alternative que j’ai… laissa-t-il en suspens sa phrase.

- Comment y en aurait-il d’autres, soupira Hermione. Les Serpentards sont des lâches par excellence, tout le monde le sait.

- Parce qu’il y aurait une autre solution ?

- Bien sûr, mais à toi de trouver laquelle, dans le cas impossible où tu ne souhaiterais pas que je sois torturée jusqu’à que mort s’ensuive, ce que, à ce que je sais, ne te déplairait pas.

Malfoy garda le silence, les yeux rivés dans ceux d’Hermione. Sa main serrait de plus en plus fort le poignet de la jeune femme.

- Si je te promets de ne pas en profiter pour m’enfuir, et tu sais que les Gryffondors, contrairement à d’autres, tiennent parole, tu pourrais me lâcher, tu me fais mal, ne put-elle se retenir de quémander au bout d’un moment.

Le jeune homme ne la libéra pas mais sa poigne se desserra, permettant au sang d’affluer de nouveaux dans les veines de sa prisonnière.

- Tu n’as pas été découverte jusque là, si tu n’avais pas bu, ce ne serait toujours pas le cas, réfléchit-il à voix haute. Pour parler franchement, j’ai ta vie entre mes mains.

- Oui, souffla Hermione, peu satisfaite d’être obligée de constater qu’elle dépendait des bons vouloirs du prétentieux Serpentard.

- Pourquoi es-tu à Poudlard ?

- Ca me regarde.

- Je croyais que tu étais en fuite avec St Potter et Weasmoche.

Hermione ne répondit pas, et le jeune homme n’insista pas.

- Tu serais tuée s’ils te prenaient, affirma-t-il d’une voix grave.

- Oui.

- Malmenée auparavant.

- Oui.

Elle soutint le regard de Malfoy sans ciller, le cœur battant à tout rompre. Quelle était la sentence ? Que lui coûterait la modique erreur d’avoir bu sans prendre garde la veille ? Le polynectar aurait dû tenir encore au moins jusqu’à ce soir, voire le lendemain matin. Mais la drogue avait amenuisé ses effets. Le stratagème lui permettant de n’en boire que toutes les semaines fonctionnerait-il encore ? Elle priait pour, dans le cas éventuel où cet épisode ne signerait pas son arrêt de mort.

Malfoy lui avait déjà sauvé la vie une première fois, à moins qu’il n’ait fait que lui accorder un sursis. Si les Serpentards avaient pu abuser d’elle, elle aurait repris son apparence originelle au milieu d’eux, raccourcissant de manière critique son espérance de vie. Et s’il l’avait reconduite au dortoir des Serpentardes, nul doute que cette même espérance de vie n’aurait pas été bien plus élevée. Mais au lieu de cela, en constatant les premiers effets de l’épuisement du polynectar, il l’avait conduite dans son dortoir et dissimulée derrière les rideaux à baldaquins qui ornaient son lit, la cachant aux yeux des autres. Etait-ce pour maintenant la livrer à la mort ?



Malfoy soupira, lâcha la jeune femme. Il se leva, chercha quelque chose dans ses affaires et revint peu après avec une grande cape d’un vert bouteille à la main.

- Je te préviens, l’avertit-il. Ne compte pas sur moi pour te couvrir, et si je te reprends, je ne te ferai pas deux fois la même faveur.

Hermione faillit répondre ironiquement mais ne put s’y résoudre. Elle attrapa la cape sans un mot et s’en couvrit. Le jeune homme avait dit qu’il était presque midi. Tout le monde devait être dehors à profiter des derniers rayons ou en train de manger. Avec un peu de chance, elle ne croiserait pas grand monde le temps de rejoindre son dortoir où étaient dissimulées les fioles de polynectar.

- Merci, souffla-t-elle en rejoignant la porte.

- Et au fait, Granger, la rappela Malfoy en s’approchant d’elle.

La jeune femme leva un regard interrogateur sur lui.

- N’oublie pas que je suis ton maître à partir d’aujourd’hui, déclara-t-il avec un sourire narquois.

- Non Malfoy, je n’oublie pas que tu prends des risques pour protéger une sale sang-de-bourbe telle que moi, soupira Hermione avec lassitude, les effets de la drogue ne s’ayant pas encore estompés se faisant sentir.

Elle tourna les talons sur son visage coi et dévala les marches. Il ne devait pas avoir apprécié qu’elle lui dise la vérité en face : « il la protégeait au péril de sa propre vie ». Elle ne s’était finalement pas trompée sur son côté. Silencieusement, elle traversa la salle des Serpentards en se couvrant de son capuchon pour se précipiter en hâte dans les escaliers du dortoir des filles.

- Tu crois qu’elle sort de quel lit ? entendit-elle demander Crabble derrière elle.

- Sans doute un cinquième ou sixième année, le seul encore au lit parmi nous est Draco et si elle venait de chez lui elle l’afficherait, répondit nonchalamment Zabini.

Hermione s’empressa d’avaler le contenu d’une fiole dès qu’elle fut à l’abri des regards indiscrets, après s’être assurée avec soulagement qu’aucune de ses camarades de chambrée n’étaient présentes. Elle se rendit ensuite à la salle de bain pour vérifier la transformation et au cas où elle aurait envie de vomir. Elle avait fini par s’habituer au goût immonde du polynectar et ne régurgitait que très rarement, surtout que les médicomages de son époque avaient essayé d’en atténuer le goût, mais par précaution elle préférait prévenir que guérir. Sitôt que son nez se fut allongé, ses oreilles rétrécies, ses yeux virés au bleu-gris et que ses cheveux aient laissé place à la somptueuse chevelure blonde qui composait le personnage d’Elinda, Hermione redescendit dans la salle commune des Serpentards pour partir en quête de Tracey qui avait dû s’inquiéter. Elle laissa la cape de Malfoy dans son armoire, se promettant de la lui rendre mais pas tout de suite ; les garçons l’ayant vue passer sauteraient immédiatement aux conclusions.

- Ah Draco, tu es enfin levé, s’exclama la voix de Zabini alors qu’Hermione descendait les dernières marches.

- Tiens Elinda, tu ne veux pas nous rendre un service, demanda Goyle alors que Crabble la foudroyait du regard, le souvenir encore cuisant de la gifle en tête. Avec Vincent on a dit qu’on demanderait à la première qui descendrait. Il faudrait que tu ailles inspecter tous les dortoirs des filles pour nous faire la liste de toutes celles qui y sont encore.

- Pourquoi ? s’étonna Malfoy.

- Vincent et Gregory se sont mis en tête de savoir laquelle des Serpentardes a passé la nuit dans les dortoirs des mecs, expliqua Zabini.

- D’ailleurs, s’il faut c’est elle, grogna Crabble en jetant un regard mauvais à la jeune femme.

- Non, celle qui est passée était plus petite, démentit Zabini.

- Elle s’est tassée, grommela Crabble.

- Ri-di-cu-le, coupa Hermione avec une exaspération feinte en détachant bien chaque syllabe. Vous ne sauriez pas où est Tracey ?

- Dans la grande salle, lui apprit Goyle.

- Merci, répondit poliment la jeune femme avant de tourner les talons.

En s’en allant, elle croisa le regard de Malfoy, et les onyx scrutateurs formant ses yeux lui arrachèrent un frisson.
Chapitre 20 : Dépression by Realgya
Author's Notes:
Coucou ! Ce chapitre n'a rien de très palpitant, mais le voici. Je n'ai rien à ajouter, alors: bonne lecture à tous ! :)
- Elinda !

Hermione se retourna en reconnaissant la voix de Greengrass l’appeler. La Serpentarde la rejoignit.

- Alors, ça va mieux ?

- Oui, merci.

- Tracey nous a raconté pour hier. On s’est inquiété de ne pas te voir dans ton lit, mais les escaliers qui mènent aux dortoirs des filles ne peuvent pas être empruntés par les garçons, du coup Drago n’a pas pu te ramener. Tu verras, chaque année il y a quelqu’un qui essaye quand même et les marches se transforment en toboggan, c’est hilarant !

Hermione se rappela avec nostalgie la dernière fois qu’elle avait emprunté ce fameux toboggan. C’était dans la tour de Gryffondor, quand Harry et Ron avaient à tout prix besoin de lui parler. Ils avaient trouvé scandaleux qu’elle puisse aller dans leurs dortoirs mais eux pas dans le sien. A ce souvenir, son cœur se serra. Ses amis lui manquaient, bien que leur absence se fasse moins cruelle qu’au début. C’était grâce à Tracey, et à Greengrass et Parkinson aussi, parfois. Parfois oui, il fallait bien l’admettre, mais parfois seulement.

Quoiqu’il en soit, sa solitude était des plus pesantes en cet instant précis, malgré le babillage de Greengrass à ses côtés qui essayait selon toute évidence de la distraire. Elle ne pouvait pas lui ouvrir ses problèmes, lui dire ce qui la tracassait, lui parlait comme à une amie, tout simplement. A cet instant précis elle aperçut en passant devant une fenêtre l’équipe de quidditch de Gryffondor qui s’entraînait sur le terrain. Ginny devait être avec eux. Ginny, l’amie à qui elle aurait pu tout confier, mais à laquelle elle ne pouvait rien dire.

Les deux Serpentardes pénétrèrent dans la Grande Salle au moment où un groupe de Serdaigles en sortait, et Hermione crut distinguer la chevelure blonde de Luna parmi eux. Plus maussade que jamais, elle se laissa tomber sur le banc à côté de Tracey qui la dévisagea avec inquiétude. La jeune femme nota que sa condisciple échangeait un regard interrogateur avec Greengrass, mais n’en tint pas compte. Fatiguée, elle était fatiguée. Les dernières traces de la drogue engourdissaient encore ses membres et sa confrontation verbale du matin avec Malfoy l’avait épuisée. Elle allait devoir se montrer trois fois, non, dix fois plus prudentes à l’avenir, quand elle le côtoierait.

- Elinda, tu veux des croissants ? proposa Tracey.

Hermione fit non de la tête.

- Des œufs ? Du bacon ? intervint Greengrass.

La Gryffondor de cœur les dévisagea toutes deux. Apparemment, elles n’allaient pas la laisser tranquille avant qu’elle n’ait avalé quelque chose. Avec un soupir résigné, elle attrapa une tranche de bacon et s’y attaqua avec un enthousiasme restreint.

- Tu as envie d’en parler ? suggéra Tracey.

Hermione se sentit affreusement mal. Oui, elle avait envie d’en parler, d’extérioriser ses craintes, son angoisse, et toutes les conséquences psychologiques liées au poids qu’elle avait sur ses épaules. Mais elle ne pouvait pas, elle devait prendre sur elle. Etait-elle une Gryffondor, courageuse en toute circonstance, oui ou non ?

- Non merci, c’est gentil, se força-t-elle à répondre en mettant un morceau de bacon dans sa bouche.

Ses amies n’insistèrent pas. Mais ces jeunes femmes attentionnées à qui elle ne pouvait rien confier, à qui elle mentait depuis le début, pouvait-elle les considérer comme des amies ?



Le temps passa, les jours succédèrent aux jours, et les semaines aux semaines. C’est avec un ravissement difficilement contenu qu’Hermione vit arriver les vacances de Noël. La plupart des étudiants rentraient chez eux, elle pourrait enfin se détendre. Pas question de baisser sa vigilance, juste de passer plus de temps à la bibliothèque, son sanctuaire depuis la première année, et arrêter de chercher à éviter Malfoy qui rentrait à son manoir pour cette période.

Le jour des départs arriva. Hermione embrassa Greengrass, Parkinson et Tracey qui rentraient chez elle et les regarda s’éloigner alors qu’elle-même restait dans le hall d’entrée de l’école. Ses yeux se posèrent sur un petit groupe un peu plus loin, composé entre autres de Ginny et Luna. Un souvenir ressurgit dans son esprit et son cœur fit un soubresaut dans sa poitrine. C’était aujourd’hui. En rentrant avec le Poudlard Express, Luna allait se faire capturer par les Mangemorts. Hermione le savait, et elle ne pouvait rien y faire. Elle ne pouvait plus se résoudre à détacher ses yeux de son amie. Ce sentiment d’impuissance… c’était horrible, tout simplement horrible.

- Tu es toute pâle.

Le murmure dans son cou fit brusquement sursauter Hermione qui se retourna vivement, pour se retrouver à quelques centimètres du visage de Malfoy. La gorge sèche, elle préféra se taire plutôt que de se compromettre. Le jeune homme regarda dans la même direction qu’elle peu avant mais la Gryffondor de cœur ne put deviner ce qu’il pensait, ses traits restant impassibles.

- Ils savent ? demanda-t-il soudain d’une voix à peine audible.

- Non, chuchota la jeune femme en réponse.

Il reporta son regard sur elle, indéchiffrable. Les deux jeunes gens restèrent silencieux et immobiles, à se jauger simultanément.

- Draco, ce serait bien d’y aller, fit soudain remarquer Zabini qui s’était approché discrètement près d’eux.

- Oui… répondit celui-ci de sa voix traînante habituelle.

- Passe de bonnes vacances Elinda, salua son camarade avant de s’éloigner, Malfoy sur ses talons.

Ce dernier s’en fut sans un mot, ni même un regard supplémentaire, son attention focalisée sur la bande de Serpentards qui n’attendait plus qu’eux. Se sentant faible, Hermione choisit de retourner à sa salle commune. Au passage elle croisa Alecto qui lui adressa un sourire carnassier auquel elle tâcha maladroitement de répondre en dissimulant les frissons qui la parcouraient. Dès qu’il eut tourné l’angle du couloir derrière elle, elle se mit à courir, courir sans plus s’arrêter, courir sans plus réfléchir. Ses pas conduisirent aux toilettes du deuxième étage dans lesquels elle se laissa glisser le long du mur, épuisée par sa course folle dans les couloirs.

- Tiens, tu ne rentres pas chez toi pour les vacances ? s’étonna une voix.

Hermione releva la tête et découvrit Mimi Geignarde qui la regardait à travers ses grosses lunettes. Elle avait l’air plutôt de bonne humeur, vu qu’elle n’était pas en train de pleurer dans la cuvette des toilettes. Hermione secoua négativement la tête, n’étant pas encore capable de parler alors qu’elle reprenait sa respiration.

- Tu es à Serpentard non ? Tu penses que les sang-purs sont supérieurs aux autres. Que je mérite ce qui m’arrive.

Hermione se sentit sur le point de craquer. Psychologiquement, tout cela était vraiment éprouvant.

- Non, je ne pense pas que ceux qui se disent sang-purs soient supérieurs à ceux dont l’ascendance compte des moldus, murmura-t-elle alors que des larmes silencieuses qu’elle ne pouvait retenir roulaient sur ses joues.

- Vraiment ? Tu n’es pas comme les autres Serpentards, constata le fantôme. Et tu pleures car tu es triste, mais ton chagrin est-il plus grand que le mien ? Toi au moins contrairement à moi, tu as la chance d’être vivante.

Mimi remua en tout sens avant de pousser un cri à fendre l’âme et de voler jusqu’à une cabine. Le bruit de chasse qui s’ensuivit laissa penser à Hermione que le fantôme avait rejoint le lac, ou du moins était en train de s’y rendre.



La jeune femme resta un long moment adossé au mur, pensive. Quand ses larmes se tarirent et que ses yeux commencèrent à papillonner de fatigue, elle fit un effort pour se relever et rejoindre sa salle commune. C’est en croisant les regards en biais soupçonneux de deux élèves de deuxième année à Serdaigle qu’elle croisa sur son passage qu’elle réalisa où elle se dirigeait. Elle était au troisième étage, en direction pour la salle commune des Gryffondors. Son dortoir actuel était aux cachots. Avec un soupir elle fit demi-tour pour redescendre. Décidément, après six longues années, ce ne serait pas quelques mois qui allaient lui faire perdre ce point de repère.

En entrant dans la salle des verts et argents, la jeune femme nota que peu de ses condisciples étaient restés pour les vacances. Aucun de son année en tout cas, ils devaient être partis se rendre auprès de leurs parents, et accessoirement de Voldemort. Mortifiée par cette constatation, Hermione monta dans son dortoir et se laissa tomber sur son lit en regardant le baldaquin au-dessus d’elle. Actuellement, elle n’avait qu’une envie, rentrer dans son époque et se lover dans les bras de Ron. Alors pourquoi, pourquoi diable se trouvait-elle prisonnière ici, où la guerre qu’ils avaient gagnée était encore en train de sévir ?
Chapitre 21 : Cadeaux by Realgya
Author's Notes:
Bonjour tout le monde ! Désolée pour cette si longue attente, mais... comment dire... j'ai eu un gros blanc: page blanche. Mais bon, ça y est je me suis reprise, du moins pour ce chapitre, je ne garantis rien pour le suivant. Bonne lecture à tous !
Ce fut le pire noël qu’Hermione n’eut jamais connu. Toute seule, entourée de Serpentards et sans personne autour d’elle. Elle ne pouvait même pas écrire à ses amis. Aussi se réfugia-t-elle dans sa mission, mettant tout son cœur à piquer le château et jamais au même endroit. Sachant où se trouvait la salle commune des Gryffondors, elle profita de la cape d’invisibilité et de la carte du Maraudeur d’Harry pour s’y rendre en douce. McGonagall avait été claire. Les injections devaient se faire dans tout le bâtiment pour que le vaccin se répande, et donc plus tard agisse partout.

Cependant, après le petit quart d’heure consacré à la piqure quotidienne Hermione se retrouvait en proie à un ennui profond et passait ses journées dans la bibliothèque à étudier et rattraper l’année scolaire qu’elle avait manqué, ou plutôt qu’elle était en train de manquer à force de cavaler avec Harry et Ron à la recherche des Horcruxes. Le matin du 25 décembre, elle se leva en pensant que la journée serait la plus banale qui soit et eut la surprise de découvrir en descendant dans la salle commune des cadeaux destinés pour elle sous le sapin qui y trônait.

- Elinda ! pépia un première année. Regarde, il reste un gros tas pour toi !

Hermione le dévisagea un instant. Il croulait sous un énorme manteau tout chaud qui respirait le neuf, sans doute un cadeau qu’il venait d’ouvrir. Les quelques autres Serpentards restés pour les vacances étaient éparpillés dans la salle commune, tous avec des paquets ou des restes d’emballages près d’eux. Et à la grande stupéfaction de la Gryffondor de cœur, le petit de première année avait raison, un tas de cadeaux traînait bien encore sous le sapin avec pour destinataire « Elinda Morevo ».

La jeune femme s’approcha avec méfiance, s’accroupit et attrapa le premier de la pile. Il était signé Parkinson. Impossible, Parkinson lui avait envoyé un cadeau, à elle, la sang-de-bourbe ? Non, plutôt à elle, la nouvelle Serpentarde récemment intégrée dans leur bande de septième année.

Elle l’ouvrit précautionneusement, se méfiant inutilement d’un éventuel piège. Peut-être que la jeune femme lui avait envoyé du poison ou tout autre pour se venger du fait qu’elle semble attirer son dragounichou comme un aimant. En tout cas au début, c’était l’impression qu’ils donnaient de l’extérieur quand Malfoy ne cessait de lui tourner autour et qu’ils avaient partagé une retenue ensemble. Hermione avait encore un souvenir bien frais dans sa mémoire de la lettre remplie de pus de Bubobulb qu’elle avait reçue lors de sa quatrième année.

Cependant rien de tel ne l’attendait, le paquet ne contenait qu’une jolie paire de boucles d’oreilles argentées avec un morceau de parchemin sur lequel avait été griffonné « Joyeux Noël, Pansy ». Soulagée, et en même temps touchée, Hermione porta la main à ses lobes d’oreilles percés. C’était étrange. Elle-même ne se les était jamais faites percer, mais c’était le cas de son apparence empruntée. Curieuse, elle attrapa l’une des boucles entre ses doigts et résista à la tentation d’essayer de l’accrocher à son oreille. Sans miroir, elle allait se ridiculiser devant tous les élèves présents dans la salle.

Le deuxième paquet, celui de Greengrass contenait un kit de potions pour le soin du visage. Soupirant, Hermione le mit de côté avec les boucles d’oreilles après avoir lu la lettre de la Serpentards qui accompagnait le présent et qui n’était qu’une longue liste de recommandations sur l’utilisation des fioles.

Le cadeau suivant provenait, au grand étonnement d’Hermione, de la part de Goyle. Elle ne s’étonnait pas de ne rien recevoir de Crabble, ce dernier la détestant. Il s’agissait d’une simple boîte de chocolats, avec un mot d’excuse parce que les deux jeunes gens n’avaient pas d’idées.

Tout le contraire de Zabini en fait qui lui avait offert tout un assortiment de bracelets dont aucun identiques. Flattée, elle les passa tous à la fois au poignet et rit en constatant qu’ils s’empilaient jusqu’au coude.

Pour finir venait le présent de Tracey : un journal intime, accompagné d’un mot rédigé par son amie de sa plus belle écriture :



« Chère Elinda,

J’espère que tu ne t’ennuies pas trop toute seule à Poudlard et que tu passes de bonnes vacances. Je sais que tu as toujours du mal à te confier à moi, même si tu sembles en avoir gros sur le cœur, aussi j’espère que ce modeste journal saurait t’aider. Je sais que ça peut faire petite fille et tout le tralala, mais bon, on s’en fiche du regard des autres, tu n’es pas obligée de leur dire.

Gros bisous, vivement qu’on se retrouve à la rentrée !

Ton amie, Tracey »




Hermione retint une larme qui menaçait de venir perler au bord de ses cils. Elle plia soigneusement la lettre et la dissimula dans sa robe de sorcière. Si elle se confiait au journal, elle se mettait en danger car quiconque tomberait dessus apprendrait tout. Elle ne pourrait malheureusement pas s’en servir, ou du moins pas lui confier plus que ce qu’elle avait dit à Tracey.

C’est en rassemblant tous ses paquets qu’elle remarqua le dernier paquet qu’il restait. Tout petit, il était dissimulé sous les branches du sapin et portait également son nom. Cherchant qui ne lui avait pas encore envoyé de cadeau et aurait eu une raison de le faire, elle haussa les épaules sans trouver et attrapa le petit objet. Son cœur rata un battement quand elle reconnut l’écriture de Malfoy. Malfoy, le Serpentard qui la méprisait, détestait, rabaissait, insultait et plus encore depuis leur toute première année, et qui de surcroît connaissait sa véritable identité, lui avait malgré tout envoyé un cadeau.

A la rentrée, tous se demanderaient sûrement ce que chacun avait offert à l’autre, ça paraîtrait louche qu’il ne m’ait rien offert, donc logiquement pour protéger ma couverture… ou plutôt éviter les questions dérangeantes qui s’ensuivraient de la part de Zabini notamment. Sans doute qu’il se contrefichait pas mal de ce qu’elle conserve son pseudo-anonymat ou pas.

Méfiante et en même temps poussée par la curiosité, elle retira le papier emballage d’un vert bouteille et découvrit son présent. Un simple anneau en guise de bague, il devait avoir remarqué qu’elle n’en avait pas. Il faut dire, elle n’avait tout simplement pas de bijoux, raison pour laquelle elle en recevait autant d’un coup. Cependant, cette bague avait une particularité. Elle était en or. Un nœud se forma dans le ventre d’Hermione. Cette manière indirecte de lui rappelait qu’en quelque sorte elle était dépendante de lui la mettait mal à l’aise.

D’un coup de baguette magique elle fit disparaître tous les papiers cadeaux, et d’un « accio » fit venir à elle l’une de ses plumes, avant de tracer son nom sur la liste des élèves qui souhaitaient se rendre à Pré-au-Lard pendant les vacances. Il allait falloir qu’elle achète un cadeau à chacun qu’elle leur remettrait à leur retour de vacances.

L’écriture était un réel problème pour Hermione, car elle avait dû en changer. Pas question qu’elle conserve la même, ses professeurs l’auraient immédiatement reconnue. Elle écrivait donc désormais en italique et bien plus gros, mais sans arriver à desserrer ses mots ce qui la rendait pratiquement illisible pour quiconque d’autre qu’elle-même. Mais bon, tant que ses professeurs ne s’en seraient pas plaint, tant pis.



La fin des vacances arriva et c’est avec une pointe de soulagement qu’elle ne se serait pas soupçonnée d’éprouver qu’elle vit Zabini, Nott, Crabble, Goyle, Malfoy, Greengrass, Parkinson et Tracey apparaître dans la salle commune dans laquelle elle lisait tranquillement un livre auprès du feu. Reposant en hâte celui-ci, elle les accueillit avec un sourire avant de leur demander d’attendre le temps qu’elle aille chercher leurs cadeaux. Elle en avait même acheté un pour Crabble afin qu’il ne se sente pas lésé, bien qu’il le jeta dans le feu avant même de l’ouvrir.

- Pff… J’en veux pas de ton truc !

- Vincent ! s’exclama Parkinson, horrifiée.

- Quoi ? rétorqua ce dernier avec agressivité.

- Laisse Pansy, ce ne sont que des dragées, la calma Hermione en voyant sa camarade voir rouge.

Elle crut discerner une lueur de regret dans le regard de Crabble en apprenant qu’il venait de jeter de la nourriture mais elle n’en était pas sûr. En fait, en manque d’inspiration, elle leur avait à chacun offert leurs friandises préférées, bien qu’elle ne soit pas sûr pour les goûts des garçons. Par contre pour Tracey, Greengrass et Parkinson elle avait la certitude d’avoir choisi ce qui leur plairait, ces dernières passant leur temps à râler qu’elle ne pouvait pas manger de ci ou de ça de peur de grossir.

- Bon sang Elinda, mais tu n’as pas du tout pensé à notre ligne ! s’exclama Greengrass en riant à moitié après avoir ouvert son paquet.

- Et non ! sourit Hermione.

- Et alors, qu’est-ce que tu as reçu comme cadeaux ? Nous on sait déjà pour chacun d’entre nous comme on en a parlé dans le Poudlard Express, intervint Zabini.

- Chocolats, bracelets, potions, boucles d’oreille et autres dont secret de filles, affirma-t-elle avec aplomb en échangeant un clin d’œil avec Tracey qui pouffa discrètement.

- Secret de filles ? On peut savoir ce que c’est ? demanda Goyle.

- Es-tu une fille Gregory ? demanda Tracey.

- Non, concéda ce dernier.

- Don non ! lui sourit en retour la jeune fille.

Hermione rit avec les autres devant la mine boudeuse du Serpentard, avant de remarquer Malfoy. Il ne lâchait pas sa main des yeux, et elle s’empressa de lui tourner le dos pour demander à Greengrass comment s’étaient passées ses vacances, ayant ainsi une excuse pour dissimuler à son regard la bague en or qu’elle portait à son annuaire.
Chapitre 22 : L'art de la magie noire by Realgya
Author's Notes:
Bon, l'inspiration est repartie et du coup je n'ai pas résisté à la tentation de vous offrir ce nouveau chapitre, même si je voulais attendre. C'est pour me faire pardonner de mon coup de barre ^^ Bonne lecture, j'espère que ça vous plaira :)
Les cours reprirent, et c’est en traînant les pieds qu’Hermione suivit ses condisciples en cours d’art de la magie noire. Dès le début, elle avait su qu’elle allait détestait ce cours, de manière encore pire que l’étude des moldus où elle bouillait sur place en entendant Alecto rabaisser ses parents de la pire manière qui soit. Depuis le premier cours, elle se débrouillait pour manquer ces deux matières le plus souvent possible, prétextant maux de tête, foulure de la cheville et autres excuses. Et plus l’année avançait, plus ce qu’on leur racontait, plus qu’on leur enseignait, dans ses cours était ignoble et insupportable, et bien entendu cela aurait été louche qu’elle manque trop souvent. Par conséquent, elle se voyait aujourd’hui contrainte et forcée d’assister au cours d’Amycus Carrow.

Elle s’assit à côté de Tracey et attendit que le professeur arrive, ce qui ne tarda pas.

- Bon, pour bien commencer la nouvelle année, vous allez commencer à vous exercer au sortilège Doloris.

Harry lui avait dit une fois, que Bellatrix lui avait dit qu’il fallait vraiment vouloir la souffrance de l’autre pour arriver à réussir ce sortilège. En clair, elle-même ne parviendrait jamais à user de ce sort correctement sur les pauvres petits animaux qui allaient servir de cobaye. Elle jeta un coup d’œil aux Gryffondors avec qui ils suivaient le cours, et remarqua aussitôt les poings crispés de Neville dont les parents s’étaient retrouvés à Ste Mangouste à cause de ce sortilège.

- Pendant les vacances un petit groupe a eu la bonne idée de répandre une quantité fort impressionnante de boules puantes dans mon bureau, et a bien entendu fini en retenue. Ils serviront de cobayes pour la leçon d’aujourd’hui. Avancez !

Un petit groupe de quatrième année qu’Hermione n’avait d’abord pas remarqué approcha en se serrant les uns contre les autres jusqu’au bureau du professeur. Aussitôt retentirent les rires gras des Serpentards, et les pouffements de Parkinson. Hermione blêmit en silence. Elle se souvenait à présent que Neville leur en avait parlé ; elle aurait dû s’y attendre.

- Bien, qui veut commencer ? Mr Crabble ?

La brute épaisse se leva avec enthousiasme et lança un sortilège impeccable sur l’unique fille du petit groupe qui se tordit de douleur sur le sol en hurlant. Horrifiée, Hermione n’en laissa cependant rien paraître malgré la nausée qui commençait à monter en elle. Un sort en guerre était une chose, mais ce même sort en démonstration en cours relevait d’un concept tout simplement ignoble.

- Très bien Mr Crabble, 5 points pour Serpentard, félicita Amycus. Miss Morevo, à vous.

Hermione n’en crut d’abord pas ses oreilles avant que sa voisine ne lui attribue un coup de coude dans les côtes. Elle se leva, les jambes pantelantes, et s’approcha du petit groupe. La mission, ne penser qu’à la mission.

- Endoloris… chuchota-t-elle en désignant l’un des garçons, appartenant apparemment à Poufsouffle.

Une légère grimace tordit son visage mais ce fut tout.

- Ce n’est guère concluant, grinça Amycus, et sans doute aurait-elle perdu des points si elle n’avait pas fait partie des Serpentards. Retournez vous asseoir. Mr Londubat, debout !

Neville se leva, docilement.

- Venez ici et exercez-vous au sortilège ! ordonna le professeur.

Le jeune homme ne bougea pas, et Hermione retint sa respiration en s’asseyant.

- Londubat, bougez-vous je n’ai pas toute la journée.

- Non, répliqua Neville.

- Pardon ? demanda Carrow avec incrédulité.

- J’ai dit non, je ne lancerai pas ce sort.

Amycus sortit sa baguette à une vitesse affolante, et zébra la joue de Neville d’une profonde entaille qui se mit aussitôt à saigner avec abondance, faisant glapir d’effroi ses plus proches voisins et la quasi-totalité des filles, et pas uniquement de Gryffondor. Hermione pâlit encore plus si c’est possible et s’enfonça les ongles dans la peau en maudissant son personnage d’en avoir de si longs.

- Quel idiot, il ferait mieux de le faire et on n’en parlerait plus, soupira Tracey à côté d’elle.

- Il a une éthique, il la suit, exposa Hermione d’une voix ferme en se haïssant de ne pas pouvoir intervenir, et de ne pas avoir pu s’opposer comme lui quand c’était à elle de passer.

- Tu parles d’une morale, renifla dédaigneusement Parkinson juste devant elles qui les avait entendu.

- Dehors Longubat, j’enlève 30 points à Gryffondor et je vous annonce avec un plaisir extrême que vous venez d’écoper d’une retenue de deux semaines.

- Tant mieux si ça vous fait plaisir, répliqua Neville avant de sortir en vitesse avant que son pseudo-professeur ne puisse alourdir sa sanction.

Il y eut un moment de flottement, puis le cours reprit. Hermione nota aussitôt que Crabble et Goyle se mirent à la tâche à cœur joie, et son propre cœur se souleva. Sans doute que les autres en faisaient de même. Comment pourrait-elle encore leur adresser la parole après ça ? Et pourtant il le faudrait. Même si ça la répugnait, il le faudrait.

Elle resta dans un coin tout le cours, en prenant garde de ne pas se faire remarquer d’Amycus, et quand ça sonna sortit directement sans attendre personne pour filer le plus loin possible de cette salle de classe immonde.



Hermione se regarda dans un des miroirs brisés des toilettes condamnés du deuxième étage. Elle avait vraiment mauvaise mine. Des larmes roulaient en continue de ses joues sans qu’elle puisse les arrêter et elle avait été à deux doigts de vomir. Des pas derrière elle la tirèrent de sa torpeur. D’un mouvement brusque, elle s’essuya avec la manche et fit face au nouvel arrivant pour constater avec malheur qu’il s’agissait de Malfoy.

- Tu ne l’as pas soutenu, fit-il anodiment.

Hermione secoua la tête en signe de dénégation.

- Tu as obéi, poursuivit-il.

La jeune femme ne répondit rien, et son silence tenait lieu d’accord.

- Tu es d’accord avec ça ?

- Non, gronda-t-elle dans un chuchotement, ses intonations témoignant d’un véritable écœurement.

- Qu’est-ce que tu fiches ici, si ce n’est pas pour la résistance ?

- Je ne vois pas de quoi tu parles Draco, lança-t-elle hautainement en écorchant son prénom.

- Pas la peine de jouer, il n’y a personne ici, on peut parler tranquille. Alors je répète, qu’est-ce que tu fiches ici, Granger ?

- Comme je te l’ai déjà dit, ça ne te regarde pas, affirma Hermione avec aplomb.

- Vraiment ? murmura le jeune homme d’un ton doucereux en la détaillant. Tu as pleuré Granger ? Tu te faisais du souci pour ton ami ?

La voix n’était pas vraiment narquoise, mais pas forcément amicale non plus. Il disait cela avec un ton neutre, comme détaché de tout.

- Possible, évinça-t-elle en adoptant le même ton.

Il s’approcha, de sorte de ne plus être à l’autre bout de la pièce mais plutôt à quelques pas seulement d’elle.

- La peau du serpent ne te va pas, remarqua-t-il.

- Excuse-moi de ne pas prendre plaisir à la torture, répondit-elle.

- Ca va, je te pardonne, se moqua-t-il, ce qui mit Hermione en colère.

Elle le dévisagea, et remarque la lueur amusée au fond de ses yeux. Ce n’était pas de la méchanceté, juste de l’amusement.

- Si le grand Draco Malfoy me pardonne, tout va bien alors, lança-t-elle sur un ton similaire.

Ce n’était pas vraiment de l’ironie, et pas vraiment une blague. C’était quelque chose entre les deux. Elle voulait savoir s’il était vraiment en train de la mépriser comme il l’avait toujours fait ou si son amusement était sincère. Et pour cela, rien de mieux que de le lancer de nouveau sur la voie.

Il la regarda étrangement, avant de lui adresser son sourire en coin caractéristique.

- Tracey te cherche partout, tout ira bien quand elle aussi t’aura pardonnée de t’être enfuie comme une voleuse, lâcha-t-il de sa voix traînante. A plus Mimi !

Et sur ce il sortit alors qu’Hermione faisait volte-face pour découvrir le fantôme qui les regardait. Cette dernière esquissa un sourire, apparemment ravie que le Serpentard lui ait parlé avant de voleter jusqu’à une cabine sans un mot. Quand la Gryffondor de cœur se retourna, Malfoy n’était plus là. Elle haussa les épaules et sortit pour partir à la recherche de Tracey.
Chapitre 23 : L'AD en force by Realgya
Author's Notes:
Et re-coucou ! Avouez que je fais fort en ce moment, je publie un chapitre par jour sur l'une ou l'autre de mes fics, ça mérite des applaudissements, non ? XD
Bon allez je ne vous embête pas plus longtemps avec mon baratin :) Bonne lecture !
- Super jolie ta bague Elinda, remarqua Tracey au repas du soir. Je l’avais déjà remarqué sans penser à te le dire. Tu la portes tout le temps, non ?

- Oui, avoua Hermione, gênée par la présence non loin de Malfoy qui semblait écouter d’une oreille attentive.

- Cadeau de noël ?

La jeune femme acquiesça.

- Draco non ? demanda aussitôt Greengrass.

Hermione opina derechef de la tête.

- J’en étais sûre, sourit-elle. Il m’avait dit qu’il t’offrirait sans doute un anneau quand je lui ai demandé. Par contre, ajouta-t-elle en haussant la voix, sans doute pour qu’il puisse entendre, c’est vraiment un cruel manque de goût que de te l’avoir offerte en or, et non pas en argent. Il ne faudrait pas qu’on te prenne pour une Gryffondor.

Tracey rit, et Hermione l’imita jaune en se crispant.

- Tu dis ça parce que tu es jalouse Daphné, répliqua calmement Malfoy. J’ai demandé au bijoutier ce qu’il avait de meilleur, et le meilleur je suis au regret de t’annoncer que c’est l’or.

- Ca, c’est une insulte que tu fais à tous les Serpentards, intervint Zabini en mimant la colère bien que ses yeux trahissent de l’amusement.

Daphné fit la moue avant de se ré-intéresser à son assiette. Hermione jeta un coup d’œil à sa bague. Elle préférait largement l’or à l’argent, c’était certain.



La petite bande, sur l’initiative de Parkinson, décida de passer la soirée dehors, et bien entendu aucun des Carrows ne leur ordonna de rentrer quand ils les eurent identifiés.

- Ne rentrez pas trop tard quand même, ricana Alecto en les dépassant alors qu’elle semblait se rendre dans la forêt interdite.

Hermione songea avec nostalgie que c’était le moment où habituellement, Harry attrapait sa carte d’invisibilité et où avec Ron ils l’auraient suivie pour savoir ce qu’elle fabriquait. Mais bien évidément, Harry et Ron n’étaient pas là, et tout s’étant déjà passé, la jeune femme ne pouvait pas intervenir.

Quand ils rentrèrent alors qu’il faisait déjà nuit depuis longtemps, Hermione prétexta avoir oublié sa veste.

- Je t’accompagne, fit aussitôt Tracey.

- Pas la peine, j’en ai pour une minute, répliqua la Gryffondor de cœur.

Son amie voulait protester mais la jeune femme avait déjà filé dans le couloir, en sentant le regard suspicieux de Draco braqué dans son dos. A l’abri des regards, elle emprunta un passage secret et sortit la seringue de vaccin des plis de sa cape où elle l’avait dissimulée. Il aurait peut-être était plus sûr de revenir plus tard avec la cape d’invisibilité mais dans le doute, mieux valait s’occuper de cela maintenant.

Se bénissant de toujours garder une dose sur soi, juste au cas où, elle piqua la pierre avant de ranger en vitesse ses instruments et de partir en quête de sa veste qu’elle avait effectivement fait exprès d’oublier dans la grande salle. A l’instant même où elle y entra elle se retrouva nez-à-nez avec Ginny.

Elle ne put éviter le sortilège de chauve-furie de son amie qu’en se jetant sur le côté avant d’utiliser le charme du bouclier.

- Ginny, qu’est-ce qu’il se passe ? reconnut-elle la voix de Neville qui chuchotait.

- Il semblerait qu’un serpent nous ait repéré, murmura la Gryffondor en réponse en essayant de briser la barrière d’Hermione.

- Zut ! Oubliettes !

Le bouclier protégea la Serpentarde qui serra quand même les dents. Elle se releva sans faire disparaître sa bulle de protection et se rendit droit à la table des verts et argents sans leur prêter plus d’attention.

- Hey, qu’est-ce que tu fais ? la héla doucement Neville.

Hermione haussa les épaules comme une vraie Serpentarde avant de récupérer sa veste abandonnée. Elle fit demi-tour, passa sous leur nez sans un mot et s’en alla. Que pouvait-elle faire d’autres, de toute manière ? Elle n’aurait pas dû être là, les deux rebelles n’auraient pas dû se faire prendre, en tout cas pas à cause de sa dénonciation. Espérant qu’ils oublieront vite l’incident, elle gagna en hâte la salle commune de sa maison d’adoption.



- Tu en as mis du temps ? lui lança une voix traînante dans le couloir qui menait à la salle commune.

Hermione se crispa. Malfoy, encore. Il ne manquait vraiment que ça pour parfaire de gâcher sa journée. Ca faisait deux fois aujourd’hui qu’elle se retrouvait seule avec lui.

- Je n’ai pas tes grandes jambes, et j’ai eu du mal à repérer ma veste dans le noir, contra-t-elle posément.

- Et le lumos ? railla le jeune homme.

- Je ne tenais pas à me faire repérer par les Carrows ou tout autre, lui lança Hermione en retour en le contournant pour accéder à l’entrée de la salle commune.

Il s’interposa cependant pour la dévisager.

- Qu’est-ce que tu manigances ? interrogea-t-il, soudain sérieux.

- Tu m’as déjà posé deux fois cette question Malfoy, dont une pas plus tard que ce matin, et je ne vois pas pourquoi je te répondrais maintenant alors que ça n’a pas été le cas avant.

- Peut-être parce que j’ai des arguments très convaincants, susurra le Serpentard.

- Comme ?

- T’empêcher d’entrer dans la salle commune, par exemple.

- Laisse-moi rire Malfoy.

La baguette du jeune homme vint aussitôt pointer son visage, mais une grimace de mécontentement apparut sur celui du vert et argent alors que celle d’Hermione s’élevait sur sa poitrine.

- On peut être deux à jouer à cela Malfoy, soupira d’ennui Hermione. J’aimerais me coucher maintenant, peut-être qu’il me reste encore quelques heures à dormir avant d’aller en cours, et je préfèrerais en profiter, si ça ne te dérange pas.

- Tu vis dangereusement ma lionne, siffla le Serpentard.

- Je ne suis pas ta lionne, s’énerva la jeune femme en fusillant son ennemi du regard.

- Oh mais si, ricana Malfoy. Pour tous les autres tu es le fier serpent, mais pour moi tu es juste ma lionne. Dois-je te rappeler que ta vie est entre mes mains ?

- Sûrement pas, rétorqua Hermione, la gorge sèche. Mais si tu crois m’arracher quelque information par le chantage, tu te trompes.

- Bien sûr, tu ne t’abaisserais jamais à ça, fit-il d’un ton narquois en plissant les yeux.

- Draco, est-ce que je peux passer, s’il te plaît ? craqua Hermione en souhaitant par-dessus tout mettre un terme à l’échange.

- Mais bien sûr Elinda, je t’en prie, se moqua-t-il en s’écartant tel un gentleman.

La jeune femme avança à reculons jusqu’à l’entrée sans baisser sa baguette du torse de son ennemi, sachant pertinemment qu’à la moindre baisse d’inattention il ne se gênerait pas pour lui faire un coup bas. Elle entra dans la salle commune et fila à son dortoir sans le lâcher des yeux alors qu’il la détaillait, une lueur amusée au fond des pupilles.



Le lendemain matin, tout Poudlard eut la surprise de découvrir gravé sur les murs de la Grande Salle « Armée de Dumbledore, le recrutement continue », ce qui eut le don de faire rentrer Rogue, et plus particulièrement les Carrows dans un véritable accès de rage. Bien sûr, n’ayant aucune preuve de la culpabilité de Ginny et Neville ils ne purent rien faire et se contentèrent d’essayer tous les sorts possibles et imaginables qu’ils connaissaient en vain pour effacer les inscriptions.

- C’est inutile, il faut utiliser une potion pour nettoyer tout ça. Croyez bien que je me chargerai personnellement de sa fabrication, jeta Rogue en fulminant avant de sortir de la salle sous les rires discrets des élèves.

Ce n’était pas la première fois que ce genre de signes de rebéllion apparaissait, mais ces inscriptions étalées partout dans la Grande Salle étaient un coup rude pour les Mangemorts. Hermione se rappelait les parchemins « Vive Potter » qui avaient étés éparpillés partout dans les couloirs du quatrième étage une nuit, ou encore les armures qui avaient été ensorcelés pour crier « Rejoignez l’AD, tous avec l’AD » dès que quelqu’un passait devant elles. Autant de tours pour rendre Rogue et les Carrows complètement fou, même si Hermione savait que le directeur s’inquiétait plus du fait qu’à chaque fois les coupables prenaient le risque d’être repérés qu’autre chose.

- J’y crois pas, malgré la disparition de cette Serdaigle, comment elle s’appelle déjà… ah oui, Loufoca ! s’exclama Parkinson.

- Lovegood, rectifia machinalement Hermione sans trop réfléchir.

- C’est la même chose, répliqua la Serpentarde. J’ai entendu dire qu’elle avait été enlevée dans le train en rentrant chez elle à Noël. Enfin, c’est ce que disait un groupe de sixième année à Serdaigles.

- Et donc, malgré sa disparition ? intervint soudain Bulstrode assise non loin.

- Et bien, je disais donc que malgré sa disparition, reprit Parkinson en se redressant et jetant un regard dédaigneux à la Serpentarde qui avait osé l’interrompre, ces abrutis de l’AD continuent quand même. On ferait mieux de reprendre la liste des anciens membres et de tous les envoyer en retenue jusqu’à Pâques au moins, ça leur fera passer l’envie de rire.

- Très bonne idée, approuva Goyle, alors que Crabble hochait la tête.

Hermione sourit dans son coin, encourageant mentalement ses amis de continuer la lutte.
Chapitre 24 : Rire quand on est triste by Realgya
Author's Notes:
Bon, et bien voici le chapitre du jour ^^ Ca ne va peut-être pas plaire à certains à cause du caractère d'un des personnages, mais je n'en dis pas plus. A vous de voir, et si vous avez le temps de me dire :)
Bonne lecture !
Le temps passa, les semaines succédant aux semaines, si bien qu’Hermione finit par penser à tous les Serpentards que par leurs prénoms, excepté avec Crabble et Goyle, surtout Crabble. Avec Draco c’était assez spécial, et elle essayait le plus possible de se rappeler qu’il restait avant tout Malfoy. Il connaissait son identité, elle ne pouvait se permettre d’être trop familière avec lui. Il fallait qu’elle continue d’afficher le masque.

Il s'avéra que Blaise aimait beaucoup la lecture et elle appréciait d'aller lire à côté de lui. Sa présence lui assurait le fait qu’elle ne serait pas embêtée par ses amies qui essayaient constamment de lui arracher ses bouquins des mains. Elle avait finalement craqué et leur avait appris apprécier lire, ne pouvant décidément plus se passer d’un bon roman le soir avant de se coucher.

Ce jour-là Hermione était en train de bavarder avec ses camarades dans la salle commune des Serpentards et s’ennuyait fermement de la conversation quand elle entendit une troisième année se plaindre haut et fort qu’elle n’arrivait à rien avec son devoir d’enchantements.

- Tu veux que je t’aide, proposa-t-elle aimablement en s’approchant de la table à laquelle elle travaillait avec un camarade.

La moitié des personnes présentes arrêtèrent net leur activité pour la dévisager avec de grands yeux ronds mais la Gryffondor de cœur n’en avait cure.

- Heu… non merci ça va, balbutia l’élève. Je dois être capable de résoudre mes problèmes toute seule.

- Moi je veux que tu m’aides, coupa d’une voix tranchante son voisin.

- Tu ne peux pas te débrouiller tout seul ? railla quelqu’un.

- J’ai pour but d’avoir une bonne note et je ne vais pas lésiner le moyen d’avoir toutes les réponses sous la main, lança dédaigneusement le Serpentard avant de montrer son devoir à Hermione qui le parcourut rapidement.

Elle s’assit ensuite à côté de lui et commença à lui expliquer calmement, répondant à toutes ses questions au lieu de le renvoyer au manuel, trop ravie de se sentir utile à quelque chose.

- Tu ne fais pas très Serpentard, lui lança Blaise alors qu’elle se taisait pour laisser le temps à son nouvel élève d’écrire.

- Pourquoi ? C’est mal d’aider les autres ? répliqua Hermione en retour.

- C’est surtout misérable, cracha Crabble.

- Je m’en souviendrai le jour où tu seras sur le point de mourir, rétorqua la jeune femme.

- Alors ça, ce n’est pas près d’arriver, ricana le Serpentard.

Hermione se sentit immédiatement mal, très mal. Elle n’aurait jamais dû dire cela. Elle aurait dû prendre sur elle, tout simplement. Ne laissant rien paraître de son trouble, elle aida le troisième année à achever son devoir.

- C’est bon maintenant, lui lança-t-il quand il eut fini.

La jeune femme se sentit quelque peu offusquée qu’il lui témoigne aussi peu d’égards mais elle lut dans ses yeux qu’il était partagé et que d’une certaine manière, il se sentait en devoir de la remercier sans que jamais sa fierté ne permette à ses mots de franchir sa bouche. Lui retournant un sourire, la Gryffondor de cœur se leva et sortit de la salle commune. Son échange avec Crabble ne cessait de la tourmenter, elle avait besoin de prendre l’air.



Crabble allait mourir. Elle avait beau ne pas l’aimer, ce n’était pas une raison qui faisait qu’elle pouvait se réjouir de sa mort prochaine. Lupin allait mourir ; Tonk allait mourir ; Fred allait mourir. Et Dobby aussi, à moins que ce ne soit déjà le cas, elle ne savait plus. Les dates s’embrouillaient dans sa tête. Tous, ils allaient mourir, et elle ne pouvait rien faire. Mais savoir qu’en ce moment même, ils étaient encore en vie, ça lui brisait le cœur. Elle les abandonnait. Oui, elle allait les abandonner. Comme elle abandonnait Ginny, Neville et Luna dans leur lutte à Poudlard. Finalement, cette mission n’était peut-être pas une si bonne idée que ça.

Hermione leva la tête vers les nuages qui obscurcissaient le ciel. Elle était assise sur les marches devant le château, recroquevillée. De l’air, elle avait besoin d’air, de respirer. Le professeur Slughorn l’avait croisé mais en constatant son air désespéré n’avait fait aucun commentaire. Et voilà que les larmes aux yeux, elle restait là, stupidement, dans le froid de la nuit, à ressasser mille choses. Pitoyable.

- Pitoyable, déclara une voix traînante dans son dos identifiable entre mille.

- Laisse-moi tranquille Draco, chuchota-t-elle.

- Draco hein ? fit-il de son ton narquois habituel.

Hermione ne répondit pas, ne se retourna pas, se contentant de fixer un point loin devant elle, en laissant couler des perles salées sur ses joues. Ils étaient seuls, et elle ne l’avait pas appelé Malfoy. Et voilà, elle venait de lui dévoiler sa faiblesse toute entière. Mais une fois de plus ou de moins, au fond qu’elle importance ?

Elle sentit Draco s’asseoir à côté d’elle.

- Pourquoi tu pleures ? demanda-t-il d’un ton neutre.

- Ils vont mourir, murmura-t-elle.

Elle cilla, voulut reprendre la parole, buta sur ses mots et referma la bouche. Draco à ses côtés ne dit rien, attendant simplement qu’elle continue.

- Je sais qu’ils vont tous mourir, et je ne peux rien faire.

Elle aperçut le visage de Draco du coin de l’œil à travers le rideau humide qui brouillait sa vision. Il devait croire qu’elle parlait d’Harry et Ron. Le jeune homme recueillit une de ses larmes du bout des doigts, la prenant au dépourvu. Cependant elle ne dit rien, ne réagit pas, le regarda faire. Il porta la goutte à ses lèvres où elle disparut. A quoi jouait-il ?

Draco se pencha soudain sur elle, et aspira délicatement les larmes qui ruisselaient le long de la joue droite d’Hermione, effleurant sa peau. Elle hoqueta de surprise, frémit. Le repousser, il fallait qu’elle le repousse. Mais son corps refusait obstinément de bouger.
Il se recula, et la jeune femme releva la mimique de dégoût sur ses traits. Cela eut l’effet d’un poignard enfoncé en plein cœur.

- Désolée de t’apprendre que même si j’ai l’apparence d’une sang-pur, enfin je crois, mon sang reste le même, soit le sang sale d’une sang-de-bourbe, lâcha-t-elle avec rancœur.

- Le plus important c’est la personne qui est dans le corps, évinça Draco.

- Es-tu en train d’admettre que toutes tes théories sur la hiérarchie du sang sont erronées ? demanda-t-elle avec surprise.

- Ne rêve pas trop quand même, ton sang n’équivaudra jamais le mien, lança-t-il avec mépris.

- Je croyais que c’est la personne qui était la plus importante ? coupa Hermione.

Le visage du jeune homme se ferma, ses lèvres y compris. Elle aurait pu continuer sur cette voie, mais elle était lasse, fatiguée, triste, et n’avait aucune envie de se prendre la tête, même si c’était elle qui avait commencé. Elle n’arrivait pas à s’en empêcher.

- Pourquoi as-tu grimacé alors ? demanda-t-elle pour changer de sujet.

- Ta peau est glacée, répondit Draco avec nonchalance.

L’instant d’après, sa cape de sorcier venait rejoindre les épaules d’Hermione, dégageant le parfum du jeune homme qui lui monta vite à la tête.

- Tu vas avoir froid, protesta-t-elle.

- Je suis habitué, contra-t-il, il ne fait jamais bien chaud dans les cachots.

- Rentrons, ce serait trop bête que tu tombes malade, décida Hermione.

- Pff…

- Tu ne pourrais plus jouer au quidditch, insinua la jeune femme en se levant.

- Comme si un petit rhume pouvait m’empêcher de jouer au quidditch. Qu’il ose seulement m’approcher d’un peu trop près, lança-t-il avec mépris en imitant cependant la jeune femme.

Hermione sourit devant le comique de ses paroles. Sa moue, sa manière de froncer les sourcils, le ton de sa voix…

- Pourquoi tu ris ? demanda-t-il, légèrement agacé.

- Je te trouve drôle, répondit sincèrement la jeune femme.

- Drôle ? répéta Draco avec surprise.

Mais déjà Hermione était rentrée dans le château, se mettant à l’abri dans la chaleur du hall d’entrée. Son condisciple l’y rejoignit et ils prirent tous deux la direction de leur salle commune.

La Gryffondor de cœur aurait pu rendre sa cape à Draco, mais elle n’arrivait pas à s’y résoudre. Elle sentait tellement bon… De manière inexpliquée, ça lui faisait du bien de l’avoir sur les épaules. Elle dut cependant s’en séparer à regret au moment où ils franchissaient le seuil de la salle. Cette dernière était presque déserte. Il faut dire qu’ils avaient cours le lendemain, et que la nuit était déjà bien avancée.

Juste avant qu’elle ne s’éclipse Draco la rattrapa par le poignet et inspecta le côté gauche de son visage.

- Qu’est-ce que tu regardes ? s’inquiéta Hermione.

- Rien, répondit le jeune homme avec négligence en la relâchant. Je constatais juste que la seconde moitié de tes larmes n’avait pas eu besoin de moi pour disparaître.

A court de mots, la rouge et or se détourna pour cacher le rose qui lui montait aux joues et rejoignit en hâte son dortoir.
Chapitre 25 : Rogue by Realgya
Author's Notes:
Nouveau petit chapitre, posté en coup de vent. Bonne lecture !
Hermione s’étira dans son lit avant de tirer du tiroir de la table de chevet un petit calendrier. 1er mars. Son cœur se contracta dans sa poitrine. Aujourd’hui, c’était l’anniversaire de Ron. Elle fila sous la douche et fit couler l’eau bien chaude, mais son image refusait de sortir de sa tête. Elle allait être nostalgique toute la journée, et sentait d’avance que cette dernière allait être ratée.

Pour confirmer cela, elle se heurta au professeur, pardon directeur, Rogue dès qu’elle eut fait un pas hors de la salle commune.

- Miss Morevo, si vous pouviez faire un peu attention ce ne serait pas de refus, claqua sèchement sa voix.

- Excusez-moi professeur, répondit Hermione, penaude, en baissant les yeux.

- A ce propos je vous cherchais, enchaîna l’ancien maître des cachots. Suivez-moi.

Pas de « s’il vous plaît », mais la jeune femme y était habituée. Résignée, elle adressa un bref signe de la main à Tracey et Daphné pour leur signaler que tout allait bien avant de suivre le directeur. Celui-ci marcha jusqu’à son bureau où il verrouilla la porte derrière elle.

- Bien, Miss Granger, comment se portent les choses ? demanda-t-il d’emblée.

- Très bien professeur, répondit Hermione sans laisser paraître sa surprise.

Que Rogue prenne des nouvelles de sa mission lui avait toujours paru improbable. Mais bon…

- J’ai remarqué que vous vous étiez bien rapprochées des élèves de votre année à Serpentard, continua le directeur.

- Effectivement. Ma mission d’infiltration se déroule au mieux.

- Vous êtes sûre ? susurra le professeur.

Hermione pâlit légèrement. Pitié, faites qu’il ne soit pas au courant pour Draco. Car si c’était le cas, il n’y avait aucun doute pour que Voldemort finisse par l’apprendre tôt ou tard. Si Rogue l’avait remarqué, les Carrows l’auraient pu aussi.

- Parfaitement. Vous doutez du contraire ? s’enquit-elle en conservant son sang-froid.

- J’étais avec le professeur Slughorn quand j’ai surpris une conversation entre Malfoy et vous, hier soir. Laissez-moi vous remettre l’évènement à l’esprit : vous étiez tous les deux sur les marches de dehors devant les portes principales du hall d’entrée de Poudlard.

- Je ne n’y vois rien de répréhensible, remarqua posément Hermione en se rappelant avec soulagement qu’à ce moment-là, Draco ne l’avait pas une seule fois appelée par son véritable nom de famille.

- A un moment il a fait allusion à une différence de sang entre vous deux, continua Rogue, imperturbable.

- Ne fait-il pas partie de la haute noblesse ? Il doit penser que je ne suis que la basse noblesse. Sang-pur, mais pas aristocratique, s’essaya à mentir Hermione en y mettant autant de conviction qu’elle en était capable.

- Je doute, fit le directeur, sceptique. En fait, je me permets même de remettre totalement en cause ce que vous venez de dire. Je n’y crois pas un seul instant.

- Et que croyez-vous, monsieur ? demanda la Gryffondor de cœur un peu plus sèchement qu’elle ne l’aurait voulu.

- Je crois, dit-il en se penchant par-dessus son bureau, qu’il sait que derrière le masque de Miss Morevo se cache Miss Granger, ou du moins qu’il se doute de quelque chose d’anormal.

Zut ! Perspicace. Trop perspicace.

- Et que proposez-vous ?

- Détrompez-le !

- Prendre de la distance avec lui serait un aveu, releva la jeune femme.

- Miss Granger, pourquoi ne puis-je m’enlever de la tête que vous me cachez quelque chose ? susurra le directeur.

- Vous pensez que je pourrais être amoureuse de Malfoy ? s’étonna la jeune fille en affichant une grimace dégoutée pas des plus convaincantes.

- Je ne prétends rien de tel, contra son professeur.

- Alors où voulez-vous en venir ? s’agita la jeune femme.

- Granger !

Il scruta son regard, et elle ne put que se soumettre à l’examen en serrant les dents.

- Vous ne sortirez pas d’ici avant de m’avoir renseigné, déclara-t-il. Je suis censé vous couvrir, et je vais avoir du mal si je n’ai pas toutes les cartes du jeu en main.

Ce fut l’argument qui fit céder la jeune fille.

- Vous avez raison, il sait, avoua-t-elle.

- Comment ? demanda sèchement son professeur en prenant une mine contrariée.

- Le polynectar a cessé d’agir quand une bande de Serpentards m’a drogué à une fête.

- Imprudente ! siffla l’ancien maître des potions. On ne lâche jamais son verre des yeux et ne boit…

- Je sais, il m’a déjà fait la leçon, coupa Hermione. C’est lui qui m’a récupérée, et cachée.

- Je vois… fit-il, méprisant. Et vous n’avez pas pensé à lui lancer un sortilège d’oubliettes.

- C’est un reproche ? s’agaça la jeune femme.

- Une constatation, railla le professeur.

- Ne vous ait-il pas venu à l’idée que je n’’étais peut-être pas apte à lui lancer ce sort ?

- Forcément, c’est la conséquence logique de votre bêtise, répondit hautainement le professeur.

Hermione se tendit un peu plus. Elle le savait que cette journée serait horrible, et n’avait qu’une envie : quitter ce bureau.

- Malfoy ne vous a donc pas dénoncée ? C’est surprenant, changea de sujet le directeur.

- Il m’a affirmé être bon occlumens, déclara la jeune femme.

- Comme si cela suffisait face au Seigneur des Ténèbres, railla Rogue.

- Vous savez monsieur, tout s’est déjà passé, fit-elle en plantant ses yeux dans les siens. En ne me dénonçant pas, il prend des risques qui, s’il avait été découvert, auraient sans doute conduit à une réduction de son espérance de vie. Or…

- Or vous savez qu’il survivra à la bataille qui se prépare, donc qu’il n’a pas été pris, donc que ses pensées ne l’ont pas trahi, acheva son professeur pour elle. Mais cela dépend de la conception que chacun a du temps. Les choses sont-elles ou non modifiables ? Tout est-il déjà écrit ou le fait de remonter dans le passé peut-il modifier les choses ?

- D’après l’expérience que j’en ai eu en troisième année, j’ai envie de dire que tout est déjà écrit, choisit Hermione.

- C’est vrai… siffla Rogue. Quand vous avez aidé Black à s’échapper.

- Il était innocent, se contenta de répondre platement la jeune fille, ne souhaitant pas entrer dans un débat ou une dispute avec le directeur.

- Passons cet épisode, déclara ce dernier avec un geste de la main, écartant le sujet comme on écarterait un insecte gênant. Le vaccin ?

- Tout se passe comme prévu, la cape d’invisibilité d’Harry m’est de la plus grande utilité, répondit Hermione.

- Veillez à ne pas la perdre, prévint Rogue. Cette cape peut s’avérer très pratique, mais très embêtante selon la personne qui l’a entre les mains.

- Ce n’est pas à moi que vous l’apprendrez, le rassura la jeune femme.

- Tant mieux, coupa sèchement le professeur. Vos doses de polynectar ?

- J’en ai en stock suffisant, et il n’a pas encore été découvert.

- Si l’on excepte Malfoy, lui rappela Rogue avec un sourire mesquin.

- Si l’on excepte un accident de parcours, confirma à contrecœur et froidement la Gryffondor de cœur.

- Vous faire prendre de manière aussi... stupide. Vous êtes vraiment une incapable Granger, la rabaissa son professeur comme il savait si bien le faire.

La jeune femme ne répondit pas, mais ses mots la transpercèrent en plein cœur. Le visage et les paroles de Kwap lui revinrent en mémoire. Elle ne se serait jamais enlisée dans une telle situation. Elle n’aurait pas enchaîné gaffe sur gaffe. Hermione se leva, raide, et lui tourna le dos.

- Si vous permettez, je vais prendre congé, annonça-t-elle sans vraiment lui laisser le choix.

- Granger ! la rappela Rogue.

Elle posa la main sur la poignée et se retourna pour lui faire face.

- Peut-être que vous êtes incapable, mais il y en a qui, dans plus d’un an, vont porter tous leurs espoirs en vous car vous êtes la seule incapable parmi tous ces autres incapables à pouvoir réussir.

Hermione ne sut quoi répondre ; aucun mot ne lui venait. Elle se contenta donc d’hocher la tête et d’actionner la poignée. Une réponse lui vint au dernier moment avant de refermer la porte, et c’est dans un souffle qu’elle prononça le mot.
« Merci ».
Chapitre 26 : Problèmes de sang, de coeur by Realgya
Author's Notes:
Je sais que le titre n'est pas très... disons bien trouvé, mais j'ai jugé l'idée initiale que j'avais en tête trop longue alors... Bref, voici un nouveau chapitre, avec pas beaucoup de Draco, je précise d'avance. Désolée à ceux qui étaient déjà frustrés de ne pas beaucoup le voir dans le chapitre précédent. Bonne lecture tout de même ! :D
- Alors, toi et Aïsha, ça avance comment ? demanda Draco lors du repas du soir en s’adressant à Blaise.

- On ne peut mieux, je pense qu’on aura finalisé ça avant demain, sourit son ami en se resservant des carottes.

- C’est qui Aïsha ? s’intéressa Daphné. Je n’ai pas entendu parler de cette histoire.

- Tiens derrière toi, indiqua Draco. La jolie brunette de Serdaigle dont le sang est on ne peut plus pur.

- On se demande vraiment pourquoi elle n’est pas à Serpentard, soupira Blaise.

- Il n’y avait peut-être plus de place, déclara stupidement Gregory et Hermione se demanda quand est-ce que cette tête de pigeon se déciderait à lire l’Histoire de Poudlard.

- Dans ce cas ce sont d’autres qui auraient dû être à sa place, car il y en a pour lesquels on se demande vraiment ce qu’ils font à Serpentard, opposa Blaise. Ne serait-ce que le critère du sang pourrait éliminer la moitié de notre table.

Hermione lui adressa un regard courroucé qu’il ne vit pas avant de se tourner vers Tracey pour changer de conversation. Elle s’aperçut alors que cette dernière s’était déjà levée et marchait résolument vers la sortie alors que son assiette était encore pleine. Blaise n’en ratait vraiment pas une. Contrariée, elle laissa tomber son propre repas, attrapa son sac et fila la rejoindre, non sans percevoir la dernière phrase du Serpentard à la peau mâte qui avait pourtant baissé la voix.

- Et toi, ça avance comme tu veux ?

Elle tourna la tête en arrière et vit les lèvres de Draco bouger en réponse sans cependant pouvoir entendre ce qu’il disait. N’y prêtant pas plus d’attention, elle s’élança à la poursuite de son amie. Elle aperçut un pan de sa robe disparaître en haut des escaliers et l’appela, mais aucune réponse ne vint. S’engouffrant dans un passage secret, elle grimpa en vitesse les marches en espérant ainsi rattraper Tracey à l’étage.

C’est avec colère que la jeune femme constata avoir complètement perdu sa trace. Résignée, elle s’apprêtait à se rendre à la bibliothèque pour lire, n’ayant guère envie de retourner finir son dîner quand une idée lui vint. Aussitôt elle cavala jusqu’à la salle commune des Serpentards, lança le mot de passa à bout de souffle et se rua dans son dortoir en quête de la carte des Maraudeurs.

- Je jure que mes intentions sont mauvaises, formula-t-elle après avoir vérifié que personne n’était présent.

Le parchemin vierge se remplit aussitôt et Hermione chercha avec perplexité le petit point « Tracey Davis » sur la carte. Une boule d’angoisse se forma dans son estomac quand elle survola l’indication « Hermione Granger ». Cette carte n’avait vraiment pas intérêt à tomber entre n’importe quelles mains !

Elle finit par repérer son amie qui se trouvait apparemment en haut de la tour d’astronomie.

- Méfait accompli, murmura-t-elle avant de ranger soigneusement la carte et de se rendre à la tour.



Hermione acheva de monter les dernières marches et découvrit Tracey, appuyée sur la rambarde et lui tournant le dos. Elle s’avança sans un mot jusqu’à elle, faisant sursauter son amie qui ne l’avait pas entendue arriver.

- Oh, c’est toi Elinda, constata-t-elle avec un pâle sourire.

La jeune femme acquiesça et sa camarade se retourna pour reprendre sa contemplation du ciel. Il faisait presque nuit, et on pouvait déjà distinguer le croissant de lune qui se découpait à l’horizon. Hermione s’accouda près d’elle.

- J’aime bien être ici, j’ai l’impression que le vent balaye tous mes soucis, se confia Tracey. Blaise a raison, je ferai mieux d’appartenir à la maison des aigles.

- Ne dis pas ça, répondit la Gryffondor de cœur à mi-voix en relevant la tristesse dans la voix de son amie. Tu sais bien qu’il a dit ça pour se moquer de Goyle.

- Non, il le pensait, contra Tracey. Tu sais aussi bien que moi ce qu’il pense des sang-mêlés.

- Il répète ce que lui a appris sa famille…

- Draco aussi, c’est ce que son précepteur n’a fait que lui répéter, coupa la Serpentarde. Et pourtant il ne tient pas ce genre de propos.

Hermione ne sut pas quoi répondre. Tracey soupira, et un silence s’installa.

- Tu ne devrais pas accorder trop d’importance à ce genre de remarque, essaya la lionne après un moment.

- Tu as sans doute raison, chuchota son amie, la tête baissée.

La Gryffondor de cœur la prit dans ses bras et l’enlaça. Sa camarade se laissa faire.



Hermione sortit du cours de métamorphoses en trombe. Comment Draco faisait-il pour être aussi insupportable ? Il avait passé tout le cours à parler, se moquer, ricaner, jurer, se vanter et se plaindre. La jeune femme avait la tête sur le point d’éclater, elle n’en pouvait plus.

- Tu fuis McGo Elinda pour avoir battu un record de vitesse en rangeant tes affaires ? Je crois que ça a un peu choqué cette vieille chouette, retentit la voix traînante et narquoise dans son dos.

- C’est ta présence que je fuis, je ne te supporte tout simplement plus, répliqua Hermione avant de s’engager rapidement dans un couloir en direction des toilettes des filles où elle savait qu’il ne la suivrait pas.

Elle fut soudain bousculée par Tracey arrivant dans l’autre sens qui s’éloigna sans lui adresser un regard.

- Elle t’attendait devant la salle, je crois que lui passer devant en l’ignorant l’a vexée, lui lança Draco.

Hermione ne prit pas la peine de répondre et allait faire demi-tour pour rejoindre son amie et s’excuser quand elle entendit des bruits venant du couloir adjacent d’où était apparue Tracey. Curieuse, elle y passa la tête et découvrit Blaise, de dos, qui était penché sur la fameuse « jolie brunette de Serdaigle » dénommée Aïsha, et aux gémissements qu’elle poussait soit il embrassait vraiment comme un Apollon, soit ses mains devaient être plutôt du genre baladeuses.

L’esprit d’Hermione s’éclaira. La peine de Tracey ne venait pas que d’une histoire de sang, c’était aussi une histoire de cœur. Elle se mit aussitôt en quête de son amie, et eut la malchance de croiser une nouvelle fois Draco.

- Elle est partie vers les escaliers, tu la trouveras sans doute aux toilettes, lui indiqua-t-il sans moquerie pour une fois.

Bon, finalement c’était peut-être une chance de le croiser. Mais infime et temporaire alors, la chance.

Elle atteignit les toilettes condamnées de Mimi Geignarde en très peu de temps et se faufila derrière Tracey qui remarqua sa présence par le reflet dans le miroir.

- Je peux te poser une question ? demanda-t-elle doucement en venant se placer près d’elle.

- Je t’écoute, répondit doucement son amie.

- Depuis combien de temps ?

- Comment ?

- Depuis combien de temps est-ce que tu l’aimes ?

Elle crut que sa camarade allait s’effondrer en pleurs mais sa fierté de Serpentarde ne le permettant pas, elle se contenta de secouer la tête et de se redresser pour se tenir droite.

- L’an dernier, à peu près, avoua-t-elle.

Hermione hocha lentement de la tête, réfléchissant.

- Mais je ne me fais plus d’illusions, il n’y a aucune chance pour qu’il y ait quoique ce soit entre nous, soupira-t-elle.

- Il y a un proverbe qui dit : « il ne faut jamais dire jamais ».

- Je n’ai pas dit jamais, contra Tracey en esquissant un sourire.

- Le mot « aucun » est quand même très voisin de « jamais », opposa Hermione.

- C’est vrai, concéda son amie.

- Je t’aiderai, si tu veux, proposa la Gryffondor de cœur.

- Vraiment ? demanda Tracey, son visage s’éclairant soudain.

- Oui, enfin comme je peux. Je ne suis pas très douée dans ce domaine-là.

- Oh merci ! s’exclama-t-elle en se jetant dans ses bras. Et au fait Elinda, ajouta-t-elle en s’écartant légèrement pour la dévisager, je suis désolée de t’avoir bousculé tout à l’heure, c’est juste que…

- Tu n’étais pas dans ton assiette, je sais ne t’en fais, la rassura son amie.

Elles s’étreignirent derechef brièvement avant de se diriger vers la sortie.

- A ce propos, précisa Tracey en passant la porte, si tu veux un coup de pouce avec Draco, n’hésite pas à me demander.

Hermione s’arrêta sur le seuil, interdite, et s’apprêtait à protester vigoureusement mais son amie avait déjà rejoint le couloir après un clin d’œil amusé.
Chapitre 27 : Pâques by Realgya
Author's Notes:
Et encore un nouveau chapitre :D Si vous vous demandez pourquoi vous êtes gâtés c'est parce que je pars au ski la semaine prochaine et que donc vous n'aurez plus aucun nouveau chapitre avant un petit moment. Alors profitez-bien ;) Bonne lecture !
- Alors Elinda, que fais-tu pour les vacances de Pâques ? s’enquit Tracey à table.

- Je reste à Poudlard, répondit simplement son amie en portant son verre de jus de citrouille à ses lèvres.

- Encore ? s’étonna Pansy. Tu étais déjà coincée ici à Noël si je me rappelle bien.

- Oui, mais c’est moi qui le souhaite, donc…

Ses camarades échangèrent un regard perplexe.

- Et que dirais-tu de venir passer les vacances chez moi ? proposa Tracey.

- C’est gentil, mais sans façon, refusa poliment Hermione.

- Mais… pourquoi ? demanda son amie.

La jeune femme haussa les épaules sans fournir plus d’explications, ce qui ne manqua pas de lui attirer un coup d’œil soupçonneux de Draco. Elle l’affronta du regard un bref instant avant qu’il ne se détourne et poursuive sa conversation avec Blaise.



Le matin des vacances vint, et Hermione s’étira dans son lit avant de descendre prendre son petit-déjeuner sans se presser. Ses camarades devaient partir avec le Poudlard Express avant midi. Dès qu’elle arriva dans la Grande elle surprit une grande agitation. Comme à son habitude, elle s’assit à côté de Tracey qui ne tenait plus en place.

- Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-elle à voix basse.

Avant que son amie n’est pu répondre elle se figea. Bellatrix Lestrange venait d’entrer dans la salle. Le silence se fit immédiatement alors que tous les élèves regagnaient leur table respective en hâte. Derrière elle apparurent Alecto et Amycus, penauds. Bellatrix avança d’un pas rageur jusqu’à la table des professeurs où Rogue se leva, la surplombant de sa taille.

Ils échangèrent quelques mots à voix basse, puis Bellatrix tourna les talons avec un claquement de langue agacé et sortit sans un mot de plus, l’air très contrarié. Les Carrow ne la suivirent pas, rejoignant leurs places à la table des professeurs. Dès que la Mangemorte fut sortit, les conversations reprirent sous forme de murmures à peine audibles.

- Ils n’ont pas dû réussir à le retrouver, marmonna Tracey, pas étonnant aussi.

- Tu m’expliques ? réclama Hermione en se tournant vers elle, le cœur battant encore à cent à l’heure à l’idée d’avoir pu être découverte.

- Hier soir Hagrid a fait une réunion dans sa cabane ayant pour thème « soutien à Harry Potter », expliqua la jeune fille en se tournant vers elle. Les Carrow l’ont surpris et il s’est enfuit, avec l’aide d’un géant ! Tu te rends compte, il y avait un géant dans la forêt interdite.

- Et après ? demanda impatiemment son amie, pas du tout surprise, connaissant l’existence de Graup.

- Ils ont été rejoints par Bellatrix et ont passé toute la nuit à les poursuivre, intervint Daphné. Par contre je ne sais pas ce qu’il est advenu de ces imbéciles de Gryffondors qui avaient participé à la soirée.

- Il n’y avait pas que des Gryffondors, rectifia Tracey.

- Si je ne me trompe Rogue a interféré en leur faveur, s’immisça dans la conversation Blaise. Je ne vois pas ce qui aurait pu d’autre empêcher Bellatrix de leur mettre la main dessus.

- C’est sûr, grimacèrent à l’unisson Pansy et Tracey, Hermione se retenant, n’étant pas censée connaître les habitudes de la Mangemorte.

- Mais elle va demander au Seigneur des Ténèbres de lui donner l’autorisation de les punir, il ne faut pas rêver, ajouta Goyle.

- Et comment ? souleva Draco qui venait d’arriver en se laissant tomber à côté de Daphné. Tous les élèves partent aujourd’hui, ce sera trop tard.

- Ils ont bien arrêtés Loufoca dans le train aux vacances de Noël, rappela Pansy.

- Ca m’étonnerait que ça se passe ainsi cette fois-ci, contra Blaise.

Hermione releva un léger pli de contrariété sur le front de Draco lorsque Pansy mentionna Luna. C’est vrai que c’était chez lui qu’elle était retenue prisonnière. Et bientôt, elle aussi, y serait captive. Elle ne put s’empêcher de frissonner à ce souvenir. Bellatrix n’y était pas allée de main morte lorsqu’elle l’avait torturée, enchaînant doloris sur doloris.



Les vacances s’écoulèrent, et Hermione ne put s’empêcher de les trouver ennuyeuses. Le château s’était brusquement vidé, en particulier car les parents avaient peur pour leurs enfants. Nombre d’entre eux ne devaient pas revenir à la rentrée. Ginny en faisait partie.

Déambulant dans les couloirs, la jeune femme en trouva un où elle ne s’était encore pas rendue depuis le début de l’année pour injecter la dose quotidienne de vaccin au château. Elle passa tout son temps libre à lire et travailler, n’ayant rien d’autre à faire. Elle éplucha toutes les brochures sur les études supérieures qui l’attendaient à la fin de l’année et mit tout en œuvre pour réviser du mieux qu’elle le pouvait ses A.S.P.I.C.S. Elle ne savait pas si elle allait ou non les passer à cause de la guerre, mais il lui semblait bien que si.

Le jour de la rentrée, c’est donc avec le sourire qu’elle accueillit ses amis… et reçut le regard le plus meurtrier qu’elle ne lui avait jamais vu de la part de Draco. Il semblait littéralement furieux. Il se précipita sur elle et lui attrapa les poignets.

- Tu m’expliques ? jeta-t-il, venimeux.

- Que…

- Je comprends mieux pourquoi tu as refusé l’invitation de Tracey, gronda-t-elle. Granger, chuchota-t-il à son oreille, à quoi tu joues ?

La lumière se fit soudainement dans son esprit. Son autre elle, enfin, la Hermione du présent, s’était faite capturée par les Mangemorts à cette époque de l’année. Ca lui était totalement sorti de la tête.

- Cette fois je ne te lâcherai pas sans explications, menaça le jeune homme, pressé contre elle à tel point que leurs corps se touchaient et qu’en essayant de reprendre sa respiration, elle inspira son parfum.

- Ca me regarde, Malfoy, murmura-t-elle.

La pression sur ses poignets se resserra et les yeux d’acier se firent encore plus tranchants que des lames.

- Hey, vous deux ! appela Blaise derrière eux. Arrête d’embrasser Elinda Draco, que nous aussi on puisse lui exprimer notre joie de la revoir.

Draco foudroya une dernière fois Hermione du regard avant de la lâcher, non sans un regard signifiant clairement « on en reparle plus tard ». Tracey se jeta sur elle dès que le Serpentard l’eut libérée, la désarçonnant.

- Tu t’en sors bien à ce que je vois, ria-t-elle, sans doute persuadée comme Blaise que l’instant d’avant ils s’embrassaient.

Il fallut du temps à Hermione pour reprendre pied avec la réalité. A son contraire, Draco y arriva à la perfection, ce qui ne l’aida pas à se concentrer. Elle massa ses poignets endoloris et en soulevant une de ses manches découvrit la marque rouge laissée par la poigne de Draco. Il allait falloir qu’elle prenne soin de l’éviter.



Hermione longea le couloir, cherchant de tous côtés Tracey qu’elle avait perdu de vue et pestant intérieurement contre Blaise qui avait refusé de l’aider. Le pire en y repensant c’était son excuse. Monsieur devait rejoindre sa petite amie donc monsieur n’avait pas le temps de partir à la recherche de la Serpentarde. Elle commençait vraiment à se demander si c’était une bonne idée d’encourager Tracey à tenter sa chance auprès de lui.

C’est en passant devant les toilettes de Mimi Geignarde qu’elle stoppa soudain sa marche, reconnaissant la voix de son amie à travers la porte. Elle s’apprêtait à pousser le battant mais s’arrêta subitement en reconnaissant l’intonation traînante de l’interlocuteur de son amie. Draco !

- Je voulais savoir, tu sais si Elinda tient une correspondance avec quelqu’un ?

- Pas que je sache, mais tu as dû le constater par toi-même. Elle ne reçoit jamais de courrier le matin.

- Pas au petit-déjeuner, répondit la voix agacée du jeune homme. Je parlais d’une correspondance secrète. Et tant qu’à faire, tu ne saurais pas si elle tenait un journal intime.

- Comment voudrais-tu que je le sache ?

- Tu es une fille, tu partages son dortoir ! Et en plus vous êtes très amies.

- Ne me dis pas que tu veux lire son éventuel journal ? se scandalisa Tracey.

- Et pourquoi pas ? répliqua Draco.

- Tu crois qu’elle te trompe ? s’étonna la jeune fille.

- Ca t’embêterait de répondre bêtement à mes questions ? s’énerva son condisciple.

Hermione n’apprécia pas du tout le ton que prenait le jeune homme avec son amie. Elle décolla son oreille de la porte et actionna la poignée.

- Draco, lança-t-elle sèchement en entrant dans la pièce. Si tu as des questions sur ma vie personnelle c’est à moi que tu dois les poser.

- Ce que j’aurai fait depuis longtemps si tu n’avais pas passé la semaine à me fuir, rétorqua vertement le Serpentard. Tu peux nous laisser seuls un instant s’il te plaît Tracey ?

La jeune fille opina et sortit avec un maigre sourire d'encouragement à son amie.
Chapitre 28 : Conflit by Realgya
Author's Notes:
Coucou ! Voici donc le nouveau chapitre qui, j'espère, va vous rassasier, car il faut avouer que la fin du dernier ne le fait pas. Bonne lecture à tous :D
- Maintenant Granger, je veux des explications, déclara sombrement Draco.

- Et des explications sur quoi Malfoy, répondit froidement la jeune femme.

- Qu’est-ce que tu fais à Poudlard ?

- Je te l’ai déjà dis, ça ne te regarde pas.

- Bon sang Granger, ça suffit maintenant ! s’exclama le jeune homme. Que ça me regarde ou pas tu vas me répondre.

- Et si je ne le fais pas, qu’est-ce qui se passera ? s’écria-t-elle à son tour. Tu retourneras questionner Tracey ? De quel droit est-ce que tu la mêles à tout ça ?

- Je fais ce que je veux !

- Laisse-la tranquille ! De toute manière, qu’est-ce que ça peut te faire que j’écrive à quelqu’un ou que j’aie un journal intime.

- Tu communiques avec Potter et Weasley, hein ? Avoue ! Tu espionnes les Sepentards de l’intérieur pour leur compte, cracha-t-il amèrement. A tous, tu nous joues la comédie. Tracey la première, alors ne me demande pas de la laisser à l’écart. C’est sûrement elle qui sera le plus blessée quand elle apprendra la vérité.

- Comme si j’allais…

- Tu n’as pas l’intention de lui avouer un jour, hein ? la coupa-t-il. Je me disais bien que le courage Gryffondorien, c’était du vent. Tu t’imagines peut-être que je vais te laisser lui faire du mal plus longtemps ?

- C’est une menace ? releva fièrement Hermione.

- Oui Granger, je te rappelle au cas où tu l’aurais oublié que j’ai ta vie entre mes mains.

- Tu es ignoble, lui jeta la jeune femme.

- Je prends des risques pour toi, je compte bien ne pas te laisser me poignarder dans le dos, exposa simplement Draco en lui lançant un regard méprisant.

- Prendre des risques, ria Hermione avec amertume. Mais Draco, regarde donc les choses en face, reprit-elle en employant volontairement son prénom à la place de son nom de famille. Il n’y a que ton plaisir personnel qui compte. Tracey, Daphné, Pansy… Et toutes les autres dont je ne connais ni les noms ni les visages. Ne me dis pas que tu prends grand soin d’elles, que tu risquerais hypothétiquement ta misérable peau pour elles si elles n’étaient pas belles.

Hermione était lancée, sans vraiment s’en rendre compte. Draco la dévisageait en silence, sans l’interrompre, alors qu’elle poursuivait.

- Tu parles de protéger Tracey en lui révélant mon identité ? Comme si tu te souciais réellement de son bien-être. C’est surtout à toi que tu penses dans ces conditions. Aux risques qui augmentent, en particulier avec l’interruption de Bellatrix avant les vacances. Le fier, égoïste et imbu de soi-même Malfoy ne se soucie de personne autre que sa petite personne.

- Tu te trompes, je me suis fais du souci pour toi, démentit le jeune homme d’une voix calme.

La jeune fille fut un instant prise au dépourvu par cette réponse mais elle se ressaisit bien vite.

- C’est vrai, maintenant que je suis bien faite, tu serais triste de me voir mourir avant d’avoir pu profiter, clama-t-elle avec dédain.

- Combien y a-t-il de filles à Serpentard que je pourrais avoir en moins d’une semaine et qui sont bien plus belles que toi, malgré ton corps d’emprunt ? Et que je n’ai pas encore embrassées, bien évidemment.

- Aucune ? proposa Hermione avec un sourire ironique.

- Plusieurs dizaines, même au-dessus de la cinquième année.

- C’est vrai, tu as raison, tu ne peux pas t’être inquiétée de ma survie dans le but d’en profiter, tu aurais trop peur de te salir avec une Sang-de-Bourbe telle que moi.

- Mais qu’est-ce qui te prend d’être aussi désagréable, s’agaça Draco.

- C’est toi qui as failli me réduire en morceaux le jour de la rentrée, et c’est moi qui suis désagréable, s’offusqua la jeune femme en mettant ses mains sur ses hanches et en secouant la tête.

- Qui est l’idiote qui s’est fait capturée par les mangemorts ? ragea le jeune homme en retour.

- Excuse-moi de ne pas être morte ce jour-là. Je suis sûre que ça t’aurait bien plu.

- Arrête ça !

- De quoi ? le défia la Gryffondor de cœur.

- De sous-entendre que je veux ta mort. Si tel était le cas, tu ne serais déjà plus de ce monde, répliqua glacialement le Serpentard.

- C’est vrai, je t’appartiens, bouillit intérieurement Hermione. C’est bien comme ça que tu as formulé les choses cette fameuse nuit. Ou plutôt ce fameux matin.

- Oui, c’est comme ça que les ai formulées, et c’est comme ça qu’elles sont, confirma son adversaire.

- Je té déteste, fit doucement la jeune femme en se retournant pour sortir.

Le bras de Draco s’abattit sur la porte, la maintenant résolument fermée.

- Tu me refais le coup, tu n’en as pas marre, lâcha la voix lasse d’Hermione.

- Si tu fais allusion à notre retenue commune, oui on peut dire que je te « refais le coup » de te retenir prisonnière, sourit narquoisement le Serpentard.

- Moi qui espérait cette discussion close, soupira son interlocutrice. Qu’est-ce que tu me veux encore, je crois que tout est dit, non ? ajouta-t-elle en se retournant vers lui.

Il la dévisagea un instant, vrillant ses pupilles d’acier dans celles de la jeune femme.

- Je te déteste, lâcha-t-il.

Les mots firent l’effet d’une douche froide à Hermione. Elle chercha la poignée dans son dos, l’actionna mais le bras de Draco qui maintenait la porte fermée empêcha cette dernière de s’ouvrir.

- Si tu savais combien je te déteste, répéta-t-il avec une colère contenue dans la voix.

- Ne t’en fais pas, c’est réciproque, opposa la Gryffondor de cœur. Et maintenant ? Tu me poses le fameux ultimatum « donne-moi des explications ou je te dénonce » ? Dans ce cas laisse-moi te demander si j’ai le droit à une dernière volonté avant de mourir.

- Mais pourquoi t’entêtes-tu à croire que je veux ta mort, s’énerva Draco.

- Tu viens pourtant de dire que tu me détestes, non, rétorqua Hermione.

- Oui je te déteste. Je te déteste parce que quand Bella te torturait, j’ai cru mourir à chacun de tes cris.

La jeune femme ouvrit la bouche, la referma. Elle ne s’attendait pas du tout à ça, et ne savait pas quoi répondre. Le visage de Draco avait repris une attitude impassible, mais il s’approchait peu à peu du sien et elle eut soudain très chaud. « mourir à chacun de tes cris ». Les mots se répétaient en boucle dans son esprit. S’était-il donc à ce point attaché à elle ? A elle en tant que personne, et non en tant que corps ? Car c’était dans son véritable corps qu’elle avait été soumise aux doloris, de sa véritable voix qu’elle avait crié.

Son regard dériva sur les lèvres de Draco tout près de son visage. Elles étaient vraiment très proches. Les yeux du Serpentard continuaient à la fixer, détaillant, elle n’en doutait pas, chacun de ses traits. Ses joues s’empourprèrent un peu à cette pensée. La proximité entre leurs deux corps était presque nulle, et pourtant elle n’avait pas envie de le repousser.

Le parfum du jeune homme s’infiltra vicieusement dans ses narines pour aller lui faire tourner la tête. Traître ! Elle rencontra le regard de Draco, cilla, baissa la tête. De sa main libre il passa une main sur sa joue, puis dans ses cheveux, et la força légèrement à relever la tête. Hermione ferma les yeux, ne supportant plus de devoir soutenir le regard indéchiffrable du jeune homme sur elle. Elle sentit un souffle sur son visage. Un souffle chaud, agréable, dégageant une douce haleine de menthe fraîche.

Quelque chose effleura ses lèvres, et elle n’eut pas besoin d’ouvrir les yeux pour deviner qu’il s’agissait de sa bouche. Bouche qui s’appuya contre la sienne. Hermione se laissa faire, sans réagir, sans protester. Au bout d’un moment, le contact se fit plus pressant, et elle entrouvrit même timidement la bouche. Draco en profita pour approfondir le baiser, attrapant sa tête de ses deux mains, encadrant ainsi son visage.

Il se recula un peu pour reprendre son souffle, et elle en fit de même. Redoutant de croiser de nouveau son regard mais sachant qu’il s’agissait d’une nécessité, elle ouvrit les yeux et se figea. La tête de Mimi Geignarde dépassait d’une des cabines des toilettes. Et au visage qu’elle affichait, elle était là depuis le début de leur échange. Le tout début.

Draco dut remarquer son air paniqué car il se retourna à son tour.

- Je me disais aussi, que tu n’étais pas très Serpentarde, murmura le fantôme comme pour elle-même.

- Mimi, lui lança le jeune homme sévèrement.

- Ne t’en fais pas, votre secret est bien gardé, le rassura-t-elle. De toute manière, qui viendrait interroger le pauvre fantôme que je suis. Mais continuez, faites comme si je n’étais pas là.

Hermione prit une jolie teinte rouge alors que Draco ne semblait pas ennuyé le moins du monde. Il la relâcha totalement, la poussa sur le côté et ouvrit la porte. Dès qu’ils l’eurent tous deux passée, il s’éloigna dans un couloir sans un regard pour elle, si bien que la jeune femme se demanda si elle n’avait pas rêvé ce baiser.
Chapitre 29 : Discussions by Realgya
Author's Notes:
Coucou tout le monde, me revoilà !
Et pour fêter ça, ma panne momentanée d'inspiration s'est tarie, et voici donc ce nouveau chapitre :D
J'espère sincèrement qu'il vous plaira.
Bonne lecture à tous, et n'hésitez pas de me dire ce que vous en pensez ;)
PS: au passage, j'en profite pour remercier tous ceux qui ont mis ma fiction dans leurs favoris et qui ont depuis le dernier chapitre dépassé le cap des 100. Vous m'en voyez tous extrêmement flattée et j'espère sincèrement ne pas vous décevoir :) Merci.
Le mois d’avril avança lentement. Draco n’avait plus exigé d’explications de la part d’Hermione, et celle-ci se gardait bien de se retrouver seule avec lui. Les revues, catalogues et autres s’empilèrent en masse dans la salle commune des Serpentard, tous vantant une carrière différente. Médicomage, herboriste, fabricant de balais ou même de baguettes, éleveur de dragon, employé du ministère, que ce soit auror, ministre ou serveur de café, joueur de quidditch, parfumeur, professeur, vendeur… Toute une flopée de métiers parmi lesquels Tracey se prit rapidement la tête et qu’Hermione dut épaule du mieux qu’elle put.

- J’ai envie de poursuivre mes études, confia-t-elle un jour à son petit groupe d’amis composé d’Hermione, Pansy, Daphné, Blaise et Draco. Mais mes parents ne le voient pas ainsi. Ils veulent que j’épouse un riche de la société, que je sois mère au foyer et que je tienne au mieux la maison de mon mari.

- Comme n’importe quelle femme devrait le faire, fit remarquer Daphné. Moi c’est quelque chose qui ne me dérangerait pas.

- Pour ma part c’est une femme comme ça que je veux, remarqua Draco.

- Et que ferait-elle, toute la journée ? demanda Hermione, très agacée.

- Il y a tout à faire dans une maison, signala Blaise.

- Avec les elfes de maison, non, contra la jeune femme.

- Comme ça elle aura du temps libre, elle ne va pas se plaindre, lança Draco.

- Du temps libre, mais pour faire quoi ? insista Hermione.

- Lire ? proposa Daphné.

- Tu détestes ça, ne nous fait pas rire, se moqua Pansy.

Sa camarade soupira en faisant mine de chercher. A vrai dire, ils se creusaient tous la tête sans trop de succès.

- Il y a toujours quelque chose à faire, argua Draco.

- Mais bien sûr, répliqua ironiquement Hermione.

- Toi on sait bien que tu es une fervente adepte des études, jeta le Serpentard.

- Exact, et j’en suis fière, appuya son interlocutrice. Fière de n’être dépendante de personne, de faire ce que je veux comme je veux, et de vivre ma vie comme je le souhaite.

Draco la considéra un instant, et ils s’affrontèrent brièvement du regard avant que la Gryffondor de cœur ne se détourne avec un haussement d’épaule.

- Je ne vois pas en quoi le fait de travailler te permet d’être libre, argumenta Pansy. C’est plutôt en ayant un nom et un rôle de dame que tu es respectée.

- Et le jour où ton mari te bat, t’insupporte, ou tout simplement que tu ne l’aimes plus et que tu veux divorcer, impossible. Peut-être que parmi les gens aux revenus normaux c’est possible, l’argent est séparé, il y a les pensions etc… Mais si je ne me trompe chez les fortunés, celui qui veut divorcer est vu comme un hérétique et doit choisir entre être jeté à la porte sans rien ou se passer de divorce.

- C’est vrai, approuva Daphné alors que Draco ouvrait la bouche pour protester. Après, pourquoi voudrais-tu divorcer ? Il n’y a pas beaucoup d’hommes qui battent leur femme dans la haute société.

- Mais il y en a, opposa Hermione. Et puis l’amour aussi, peut être une raison. Si tu as un amant, tant que personne ne le sait ça va, mais si tu es découverte bonjour les ennuis. Qu’un homme ait ses maîtresses ne posera jamais de souci, mais il en va bien autrement de ces dames.

Les trois Serpentardes opinèrent de la tête alors que Blaise et Draco affichaient des airs outrés.

- Travailler, c’est avoir ses propres revenus, et donc gagner sa liberté, renchérit Tracey. Et puis c’est aussi simplement s’occuper, faire quelque chose, se sentir utile.

- Tu as envie de travailler ? s’étonna Blaise en soulignant bien le dernier mot.

- J’ai envie d’apprendre, je suis curieuse de tout, répondit la jeune fille en haussant les épaules avec désinvolture. Tu répliqueras que je pourrais avoir un précepteur, mais ce n’est pas pareil. Je ne veux pas me cantonner dans le rôle d’une bonne femme docile de la société comme me voit mes parents.

- Une femme n’est pas forcément docile, fit remarquer Blaise avec une expression songeuse.

Le groupe comprit sans difficultés qu’il devait penser à sa mère, qui allait de mari riche en mari riche en s’enrichissant toujours plus à chaque mort accidentelle de son conjoint.

- Si je comprends bien, récapitula Daphné, tu veux t’opposer à tes parents.

Tracey acquiesça, légèrement hésitante cependant.

- Ce n’est malheureusement pas recommandé pour ma survie, soupira-t-elle.

- Donc ? s’enquit Hermione.

L’ensemble des Serpentards tourna un regard étonné vers elle.

- Donc elle ne va rien faire, évidemment, avança Draco, soutenu par les hochements de têtes de tous les autres, y compris celui de Tracey.

Le regard d’Hermione alla de l’un à l’autre, cherchant le doute, l’hésitation, ou tout autre signe d’une naissance de désaccord. Rien. Elle comprenait mieux pourquoi les Serpentards étaient qualifiés de lâches, toujours très doués pour sauver leur peau. A la moindre difficulté, ils baissaient la tête. Hermione planta ses yeux dans ceux de son amie. Elle n’allait quand même pas gâchée sa vie parce qu’elle n’aurait pas eu le courage de dire « non » à ses parents, si ? Et bien au vu de ce qu’elle pouvait déceler dans les iris de cette dernière, si. Le courage n’était pas de mise chez les verts et argents.

Elle croisa ensuite le regard de Draco qui la défiait de redire quoique ce soit. Elle ne connaissait pas leur monde, n’était pas de Serpentard, ne pouvait pas les comprendre. Et surtout, elle n’avait pas son mot à dire, surtout que cela la trahirait immanquablement. Frustrée, elle se leva, imita la moue Serpentardesque qu’exécutait Daphné à la perfection et s’éloigna en direction de son dortoir sous le regard perplexe des autres.

En passant, avant d’emprunter l’escalier elle passa devant le panneau d’affichage. La prochaine sortie à Pré-au-Lard était prévue pour ce week-end. « Génial ! », pensa-t-elle ironiquement. Elle n’avait pas du tout envie d’y aller, mais les filles allaient la forcer. Comme d’habitude.

Une fois dans le dortoir elle constata que Bulstrode campait sous la douche et cela ne fit qu’accentuer sa frustration. Jetant un regard offusqué vers la porte résolument close, elle se contraignit à se coucher sans se laver les dents, trop fatiguée pour attendre que l’insupportable squatteuse qui devait en avoir encore pour au moins une heure ne lui cède la place. Décidemment ces Serpentards… ils avaient le chic pour l’énerver aujourd’hui.



Quand Hermione descendit prendre son petit-déjeuner le lendemain matin, elle surprit par inadvertance une discussion entre Blaise et Draco qui étaient juste devant elle, mais sans l’avoir remarquée.

- Alors comme ça tu as repoussé Aïsha ? s’étonnait Draco. Mais tu es fou, elle est super bien roulée.

- Je sais bien, soupira son ami. Et le pire, c’est que j’avais envie d’elle.

- Et alors ?

- Je sais pas. Il manquait quelque chose tu vois. Y avait le désir charnel, le sang-pur, la beauté… et puis la maison ça allait aussi. Mais pas le déclic.

- Alors tu l’as repoussée alors même qu’elle venait de t’attirer dans la salle de bain des préfets, conclut Draco pour lui. J’avais oublié que tu étais du genre à ne pas t’engager sans être sûr que ce soit « la bonne ».

- Tu me traites de romantique ? haussa légèrement la voix Blaise.

- Ose me dire que ce n’est pas le cas, se moqua son ami.

- Ce n’est pas de l’amour que je recherche, martela le Serpentard à la peau foncée. Simplement ce truc qui fait qu’au lieu de juste prendre ton pied, tu montes jusqu’au septième ciel. Que même sans un baiser bestial tu frissonnes tout entier. Ce genre de sentiments tu vois… Qui fait que tu restes humain tout du long au lieu de te transformer en animal sauvage.

- Oui, l’amour quoi, railla Draco, s’attirant un regard furieux de Blaise. En attendant, tu es toujours pu…

- Oui ça va, j’ai compris, le coupa son camarade en maugréant.

Draco lui adressa un sourire narquois.

- Tant qu’on y est, toi et Elinda, ça va ? Ca fait un moment que je ne te vois plus lui tourner autour, changea habilement de sujet de conversation le jeune homme.

Hermione distingua sans mal la grimace du blond.

- Elle n'est pas aussi intéressante que je me l’imaginais, finalement, lâcha Draco avec dédain.

La jeune femme sentit comme un pincement au cœur. « Pas aussi intéressante » hein ? Sans trop savoir pourquoi, ça lui fit mal.

- Hm, regarde-moi ! intima fermement Blaise.

- Quoi ? râla le blond.

- Tu as raison, sourit son ami. Elle n’est pas aussi intéressante que tu l’imaginais, elle l’est mille fois plus.

- N’importe quoi, répliqua Draco avec agacement.

- N’essaye pas de nier ça ne marchera pas, je te connais trop bien, rit son camarade sous cape, s’attirant un regard noir. Et alors ? Elle t’a repoussée ?

- Blessé dans ton orgueil que ce fut le cas pour toi et pas pour moi ? railla le Serpentard.

- Non, je ne pense pas qu’il y aurait eu le déclic avec elle de toute façon, haussa les épaules avec désinvolture Blaise. Et si elle ne t’a pas repoussée, ça veut dire que vous vous êtes embrassés.

- Possible, admit à contrecœur Draco.

- Et… ?

- Ca aurait pu être mieux.

- Mais c’était déjà super, je me trompe ?

- Arrête avec ta legilimencie, c’est de la triche ! s’énerva le blond.

- Je croyais que tu étais bon occlumens, se moqua Blaise.

- Pas avec toi qui sait poser les bonnes questions et lire sur mon visage ce que je te cache en pensées.

- Donc ce n’est pas vraiment de la legilimencie, exposa son interlocuteur.

- Tu m’agaces !

Hermione ralentit le pas, peu désireuse de se faire surprendre. Elle attendrait qu’ils soient rentrés dans la grande salle depuis un petit moment avant de les rejoindre. Son cœur tambourinait contre sa poitrine. Elle était contente que Blaise ait décodé à voix haute tout ce que pensait Draco. Parce qu’elle seule se serait fier simplement à ses paroles, surtout que le timbre de voix qu’il y mettait ne faisait que renforcer ces dernières. Sans savoir pourquoi, elle était contente. A cause des révélations de Draco sur son compte ? En tout cas une chose était sûre. Blaise était quelqu’un de bien, et il méritait Tracey, alors elle ferait son possible pour aider cette dernière.
Chapitre 30 : Premier alcool by Realgya
Author's Notes:
J'aime bien les chapitre "premier quelque chose" ^^. Bon, ce n'est pas la première fois qu'elle en boit, mais la première qu'elle en subit pleinement les conséquences. Bonne lecture à tous !
Pré-au-Lard. Hermione avait redouté cette sortie toute la semaine. Raison numéro une, elle allait devoir endurer tous les magasins de vêtements dans lesquels la traîneraient Tracey, Pansy et Daphné. Raison numéro deux, il faisait mauvais temps, elle allait avoir froid. Raison numéro trois, elle avait un service à demander à Draco, et avait décidé de le prendre à part durant la sortie. Bref, que des raisons pour rester emmitouflée dans sa cape à la bibliothèque, ne pas bouger et poser un formidable lapin à ses amis. Dommage qu’elle sache Tracey capable de venir la chercher jusque dans son sanctuaire pour la traîner au village.

Elle referma son livre avec un soupir et se résigna. A peine avait-elle mis un pied sur le sol du hall d’entrée que Daphné l’attrapa par le coude en la pressant de se dépêcher. Elles doublèrent princièrement tous les élèves qui patientaient avant que Rusard ne vérifient qu’ils étaient sur sa liste, et aucun cri de protestation ne s’éleva. Si au début ce genre de comportement avait étonné Hermione, elle avait fini par être habituée. Forcément au bout de plusieurs mois de ce régime…

Dès leur arrivée au village, les groupes se cassèrent automatiquement, et Hermione soupçonna à juste titre Blaise d’avoir tout manigancer à l’avance. Il proposa d’emblée à Tracey et Gregory d’aller faire un tour du chez Zonko, avec un clin d’œil appuyé et les deux acceptèrent sans même que la jeune fille n’invite Hermione à les accompagner. Daphné et Pansy, très liées, partirent de leur côté en pouffant et en jetant à Draco et elle des coups d’œil moqueurs. La Gryffondor de cœur soupira. D’un certain côté ça l’arrangeait, elle allait pouvoir demander son service à Draco. Mais elle trouva cela extrêmement ironique que Blaise essaye de les mettre elle et le blond ensemble alors qu’elle-même allait tout tenter pour le rapprocher de Tracey.

- N’ose même pas prétendre que ce n’était pas calculé, fit-elle à son partenaire désigné.

- Je n’y suis pour rien, il faut voir avec Blaise, lança-t-il en retour en arborant le masque même de l’innocence.

- Mais oui… se moqua la jeune femme. Qu’est-ce que tu as prévu ?

- Rien, déclara le Serpentard.

- Qu’est-ce que Blaise a prévu ? rectifia Hermione avec un soupir.

- Pleins de choses, lâcha Draco avec un sourire narquois. Mais je refuse de mettre en œuvre ses plans. Un Malfoy ne se laisse pas manipuler comme ça, ajouta-t-il un brin offusqué, ce qui fit sourire Hermione.

- Que dirais-tu de lui rendre la pareille ? en profita-t-elle.

Le jeune homme lui lança un regard soupçonneux, attendant qu’elle continue.

- Il est si attaché que cela à ses idées de sang-pur ? demanda-t-elle anodinement.

Draco la dévisagea, cherchant le lien.

- Laisse-moi deviner, tu veux essayer de mettre Blaise et Tracey ensemble. Je n’y crois pas, Miss Je-Sais-Tout qui joue les marieuses, se moqua-t-il en levant les yeux au ciel.

Hermione le fusilla du regard en vérifiant que personne ne l’avait entendu, mais ce n’était pas le cas. Il était redoutablement intelligent. Et en même temps, s’il était venu si vite à cette conclusion, peut-être que c’était parce qu’il y avait une chance ?

- Ne compte pas sur moi pour jouer à ce jeu-là, reprit Draco d’une voix traînante en rentrant ses mains dans ses poches.

- Même si je te le demande comme une faveur ? tenta-t-elle de l’appâter.

Il lui lança un regard de convoitise. « Piégé ! » se réjouit la jeune femme.

- Tu me devras une faveur, lui fit-il remarquer d’une voix roque pleine de sous-entendu.

Hermione fronça les sourcils et faillit protester avant de se raviser. Elle n’avait rien à craindre de toute façon, n’est-ce pas ? Et puis une Gryffondor n’a peur de rien. En plus du fait qu’aider son amie passait avant toute chose.

- Nous avons un marché ? demanda-t-elle d’une voix légère en lui tendant sa main gantée.

Malgré la laine, ses doigts étaient quand même gelés. Ciel qu’elle détestait ce temps !

Draco sourit et lui prit la main. Une chaleur traversa cette dernière, et elle ne souhaita plus pour rien au monde ôter ses doigts de l’étreinte dans laquelle ils étaient pris. Le Serpentard la lâcha cependant, à son grand regret, et elle s’empressa de ramener sa main dans sa poche en constatant que ce n’était toutefois pas aussi chaud que la paume du jeune homme.

- Il fait froid, ce serait bien de s’abriter, fit-elle remarquer.

- Toujours aussi pragmatique Grelinda, se moqua Draco. Les Trois Balais ? proposa-t-il.

Hermione acquiesça, tout en ayant bien relevé le lapsus révélateur. Il avait failli l’appeler Granger. Comme quoi malgré son apparence d’emprunt il n’oubliait pas à qui il avait à faire.

Tous deux s’abritèrent et Rosmerta vint leur servir les deux boissons alcoolisées que Draco avait commandées pour eux. C’était quelque chose de plus fort que le whisky pur feu, mais quand Hermione avait protesté qu’elle voulait une bierraubeurre il ne lui avait pas laissé le choix et affirmé que ce serait beaucoup plus revigorant. Sceptique, Hermione trempa à peine ses lèvres dans la chope que lui servit la tavernière. Cependant, après que le liquide ait commencé à réchauffer ses veines, elle ne put s’empêcher de boire normalement, constatant les effets mélioratifs sur son organisme qui se dégelait peu à peu. Le Serpentard lui sourit narquoisement en portant sa propre boisson à sa bouche.

Hermione était contente. Sa mini-mission était réussie, c’était une bonne chose. Cependant, quand ils souhaitèrent tous deux repartir, constatant que les autres ne les rejoignaient pas, elle chancela et se raccrocha de justesse à la table. Draco lui proposa galamment son bras, mais ses yeux railleurs ne trompèrent pas la jeune femme. Dignement elle voulut s’en passer, lâcha la table, et s’effondra. S’il ne s’était pas trouvé derrière elle, elle serait allée percuter le sol, car la boisson faisait aussi effet sur lui et annihilait ses réflexes.

Ils sortirent tous deux, et la jeune femme ne put que râler intérieurement en constatant qu’elle vacillait alors que Draco se tenait droit et marchait d’un pas assuré. « Lui tient à l’alcool, pas toi », lui rappela une petite voix au fond de son esprit qui eut le don de l’agacer. Les deux jeunes gens coupèrent par une petite ruelle pour éviter la foule d’élèves se bousculant et rentrant au château alors qu’une pluie diluvienne commençait à tomber.

Hermione glissa malheureusement sur une flaque, et avant que le jeune homme ne la rattrape elle lui tomba dessus. Leurs bouches se heurtèrent alors que Draco se rattrapait de justesse au mur pour ne pas finir par terre, la jeune femme affalée sur lui. Ils restèrent d’abord un moment immobiles, puis dans un éclair de lucidité Hermione voulut se dégager mais le Serpentard ne lui en laissa pas le temps.

Il entreprit de capturer sa bouche et de l’attraper par la taille, la tenant fermement contre lui alors que sa langue venait caresser ses lèvres, avant de s’immiscer entre elle délicatement. Surprise de tant de douceur, encore en équilibre instable et surtout, la tête lui tournant à cause de l’alcool, Hermione passa ses bras autour de la nuque du jeune homme et se serra plus étroitement contre lui.

Ce fut lui qui finit par se détacher d’elle pour reprendre de l’oxygène. La jeune femme semblait avoir décidé qu’elle pouvait se passer de ce dernier pour vivre, et son teint avait viré complètement rouge alors qu’elle haletait. Son visage était brûlant, et malgré le froid extérieur et les gouttes de pluies qui s’infiltraient dans ses cheveux et ses vêtements, elle se sentait envahie par un feu intérieur.

- Pourquoi est-ce que ça aurait pu être mieux ? demanda-t-elle soudain sans se rendre compte qu’elle n’était pas censée être au courant de ce détail.

- Parce que t’es sous polynectar, répondit sans réfléchir Draco dont l’esprit devait aussi être légèrement embrumé puisqu’il ne se demanda pas comment elle savait ce qu’il avait dit.

Il la serra contre lui, attrapa de nouveau ses lèvres avec plus de force avant que sa langue ne vienne lécher le contour de son menton puis se perdre dans sa gorge, descendant toujours plus bas le long de la peau mouillée mais brûlante de la jeune femme.

- Hey vous deux, on vous cherchait ! les interrompit soudain une voix.

Draco releva aussitôt la tête et se détacha de la jeune femme qui ne comprenait pas trop ce qui se passait. Elle dérapa et faillit se rompre le coup avant de se retenir au mur d’en face de la ruelle qui était décidément bien plus étroite qu’elle ne le pensait. Du coin de l’œil elle aperçut le jeune homme remettre en place sa cravate qu’elle n’avait même pas eu conscience de froisser.

Théodore s’avança vers eux, un Blaise contrarié sur ses talons.

- Tu aurais pu t’abstenir d’intervenir, fit-il remarquer.

- Pansy a dit qu’on devait tous rentrer ensemble, contra Théodore, et vu qu’il pleut, je n’avais pas envie d’attendre que ces tourtereaux finissent leurs ébats avant de partir me mettre au chaud.

Son camarade leva des yeux exaspérés au ciel avant d’adresser un regard d’excuse à Draco. Celui-ci fit la moue, attrapa Hermione par la taille et la guide jusqu’au bout de la ruelle. Il voulut la lâcher une fois sortis de celle-ci mais elle se raccrocha à lui, peu sûre d’arriver à marcher droit jusqu’au château. Un mal de crâne commençait à poindre, et elle sentit qu’elle allait beaucoup regretter cette sortie le lendemain, et ce pour pleins de raisons différentes alors même qu’elle n’avait pas subi les courses de Daphné, Pansy et Tracey.
Chapitre 31 : Oubliettes by Realgya
Author's Notes:
Ah la la ! Je suis sadique et j'adore qu'on me déteste. Conséquence ? Vous allez haïr la manière dont se coupe ce chapitre. Mais bon, vous êtes prévenus ^^' Bonne lecture ! :D
Quand Hermione se réveilla le lendemain matin, elle se promit deux choses. La première, de ne plus jamais toucher à ne serait-ce qu’une goutte d’alcool. La seconde, de rester le plus loin possible de cet horrible Serpentard qu’était Malfoy qui avait commencé à s’enrouler autour d’elle pour l’étouffer. Elle se rappelait assez nettement les souvenirs de la veille, et ça n’allait pas bien du tout. Et en plus de cela, elle avait mal à la tête. Heureusement, elle put demander à Pansy quelques gouttes de sa potion contre ce genre de désagréments. La jeune fille était habituée à ces derniers et avait toujours un remède sur soi. Prévoyante.

Quand elle descendit pour le petit-déjeuner, elle fut surprise de voir Rogue se lever et réclamer le silence. Celui-ci ne tarda pas, et pas un seul murmure ne persista sous l’œil noir de l’ancien Maître des Cachots.

- Nous tenons de source sûre qu’un ou plusieurs élèves se baladeraient dans le château de nuit comme de jour de manière impromptue et non autorisée. Chacun d’entre vous est prié d’apporter sa coopération pour aider à retrouver ces derniers. Quiconque dissimulera volontairement des informations se verra sanctionné.

Il balaya les quatre tables du regard puis se rassit sans un mot supplémentaire. Les rumeurs qui firent suite à ses propos se répandirent comme une traînée de poudre au milieu des murmures.

- Je vous parie que c’est encore ces Gryffondors, chuchota Blaise en désignant la table des rouge et or d’un geste de la tête.

Personne ne dit rien, mais n’en pensait pas moins, et Hermione sentit les battements de son cœur s’accélérer furieusement.



Tout le petit groupe de Serpentard n’attendait ainsi qu’une seule chose : leur premier cours commun avec Gryffondor pour repérer les élèves manquants. Et cela ne rata pas. Dès le cours d’histoire de la magie où pourtant chacun dormait, tous chuchotaient plus ou moins bruyamment, commentant l’absence de Neville.

- Eli…

- Chut ! intima Hermione à Tracey sans relever les yeux du morceau de parchemin sur lequel elle était en train de gratter ses notes.

Elle le savait, que ce serait Neville. Il s’était réfugié dans la Salle sur Demande et les Carrow ne devaient attendre qu’une chose, lui mettre la main dessus. Surtout la nuit, où il lui faudrait bien sortir de temps à autre pour aller chercher de la nourriture aux cuisines.



Le soir venu, Hermione se recouvrit de la cape d’invisibilité d’Harry, attrapa une dose de vaccin et la carte du Maraudeur avant de filer. La potion devait être appliquée à des endroits le plus différents possibles, et la jeune femme avait épuisé tous les lieux les plus accessibles qui lui passaient par la tête. Désormais, elle allait devoir prendre des risques.

Aussi traversa-t-elle comme une ombre tout le château pour aller injecter le vaccin dans la salle de cours de métamorphose. Sur le chemin du retour, des bruits de pas la firent se plaquer contre le mur et retenir son souffle. Alecto passa, les yeux cherchant un éventuel fugitif, avant de s’éloigner longuement.

- Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises, murmura Hermione à voix basse une fois qu’il fut parti.

Elle aurait mieux fait de surveiller la carte avant, ça lui aurait évité les mauvaises surprises. Grâce au parchemin, elle rejoignit sans encombre la salle de commune, et s’y faufila sans bruit avant de retirer la cape.

- Elinda ?

Hermione sursauta violemment. Elle ne s’était pourtant pas aperçu que quelqu’un n’était pas couché ! En hâte elle cacha la cape dans la poche de sa cape de sorcière en espérant que son interlocuteur ne l’ait pas remarquée.

- Tu n’es pas couchée ? s’étonna Tracey en s’avançant vers elle.

Son amie fit « non » de la tête.

- Oh, tu as laissé tomber quelque chose, nota la Serpentarde.

Toute occupée à dissimuler la cape d’invisibilité, c’était sans doute vrai. Et c’est sous les yeux horrifiés d’Hermione que Tracey ramassa la carte des Maraudeurs. Elle se pencha dessus, et fronça les sourcils.

- Mais, c’est…

La jeune femme resta un moment muette en contemplant le parchemin.

- Longdubat, près des cuisines, chuchota-t-elle. Ainsi Rogue avait raison. Et là, c’est moi et…

Son visage pâlit quand elle releva la tête vers Hermione, et se retrouva sans surprise face à une baguette.

- Oubliettes, lança la Gryffondor de cœur d’une voix implacable.

Cela avait beau la déchirer de l’intérieur de lancer un sort à son amie, elle était en mission. La Serpentarde resta un moment immobile, sans se souvenir de ce qu’elle faisait là. Hermione lui arracha la carte des mains, et après un bref coup d’œil dessus prononça la formule de disparition de l’encre. Mais elle avait auparavant repéré sans peine le point Hermione Granger qui avait tant bouleversé Tracey. La carte du Maraudeur ne mentait jamais.

Hermione rangea le parchemin dans sa poche, attrapa doucement sa camarade par le bras et la conduisit vers son lit, après qu’elle ait trébuché maintes fois sur les marches de l’escalier. Elle était sûre d’avoir lancé correctement son sortilège, et même s’il restait quelques brins de souvenirs à Tracey, elle les confondrait avec ses rêves.

La Gryffondor recoucha la Serpentard, rangea soigneusement les affaires prêtées par Harry puis fila prendre une douche bien froide. Si elle avait su…



Le petit groupe de Serpentards auquel appartenait Hermione se dirigeait sans grand enthousiasme vers le cours d’étude des moldus quand la jeune femme se rappela avoir oublié son livre et rebroussa chemin. Bien entendu, elle avait omis de le prendre le matin-même exprès, voulant perdre le plus de temps possible sur le cours répugnant qui allait lui être dispensé. Quelle ne fut pas sa surprise quand elle repassa en traînant des pieds l’ouverture de la salle commune, son livre sous le bras, de trouver Draco appuyé nonchalamment contre un mur en train de l’attendre.

Elle ne lui prêta pas un regard et se dirigea vers les escaliers. Ce à quoi elle ne s’attendait pas, c’est à la baguette qui vint pointer son visage. Elle prit l’expression la plus froide possible pour se tourner vers Draco.

- Je peux savoir à quoi tu joues ? s’enquit-elle glacialement.

- Je te retourne la question, répliqua le jeune homme sans ciller.

Il poussa la porte d’une salle de classe vide et lui intima de la tête à y entrer. Mains liées, Hermione s’y résigna en rejetant la tête en arrière avec le dédain qui correspondait si bien à sa maison d’adoption. Draco la suivit et ferma la porte derrière lui. En un éclair, la jeune femme avait posé son livre et brandit sa baguette. La réaction du Serpentard ne se fit pas attendre et tous deux se tinrent en respect, se fusillant du regard.

- Alors ? Quel est le problème ? brisa le silence Hermione.

- Tu sais, je me sens de plus en plus comme un traître, exposa le jeune homme.

- Vraiment ? questionna la Gryffondor avec ironie.

- Oui, confirma Draco. D’abord je te surprends mais ne te dénonce pas, ensuite je te couvre, et maintenant je devrai fermer les yeux sur tes agissements plus que douteux.

- Et ce sont mes agissements que tu qualifies de « douteux » ? tourna en dérision Hermione. Laisse-moi passer Malfoy, je n’ai rien à te dire.

- Et si je refuse ? la provoqua ce dernier. Tu vas me lancer un sortilège d’oubli à moi aussi ?

Hermione pâlit à l’allusion.

- J’ai des yeux partout Granger, je vous ai espionnées depuis les escaliers, la menaça-t-il. Alors je pense qu’on a assez joué. Je veux des réponses, maintenant.

Les deux jeunes gens s’affrontèrent du regard un long moment avant que la Gryffondor ne prenne enfin la parole.

- J’étais allée voir Neville, ça te va comme réponse ? Je n’ai rien fait de mal, mentit-elle.

- Réponse non satisfaisante, claqua la voix de Draco. Tu ne mens peut-être pas, mais tu ne dis certainement pas toute la vérité.

- Tu ne t’imagines quand même pas que je vais te révéler tout ce que je sais ? se moqua Hermione. Je croyais qu’on était dans des camps opposés ?

- Moi il me semblait le contraire, sinon ça aurait fait longtemps que je t’aurai livrée, coupa le jeune homme.

- Tu n’en auras pas le courage, paniqua légèrement Hermione sans le montrer.

- C’est de continuer de te protéger dont je n’aurai pas le courage, trancha Draco.

- On peut savoir ce que vous faites ici, tous les deux ? intervint la voix froide du professeur Rogue dans le dos du Serpentard.
Chapitre 32 : Premier savon by Realgya
Author's Notes:
Tout d'abord, désolée pour le retard, je suis vraiment navrée de vous avoir fait autant patienter, et je ne me chercherai pas de fausses excuses, vous avez entièrement le droit de m'en vouloir... :s
Pour me faire pardonner, ce chapitre est le plus long de toute la fic, et j'espère vivement qu'il vous plaira ! Et je vous rassure quand au titre, non ça ne parle pas de la première fois qu'Hermione se lave. Ca aurait pu faire allusion aux cheveux de Rogue, mais j'aurai mis shampooing, pas savon ^^'
Bref, bonne lecture à tous, et encore navrée...
Hermione croisa le regard noir de son professeur et baissa la tête. S’il lui avait déjà reproché d’avoir laissé Draco la démasquer, il allait lui passer un véritable savon après cela, constatant qu’au lieu de se lier d’amitié avec lui pour s’assurer son silence ils se disputaient. Pire que la dispute, ils en étaient aux menaces. Et si Draco décidait de la trahir, même si c’était auprès de Rogue qui était déjà au courant des faits, le jeu serait délicat. Le Serpentard blond savait déjà qu’Elinda n’était qu’une couverture, s’il apprenait également que Rogue agissait d’après les directives laissées par Dumbledore, cela deviendrait vraiment gênant. L’ancien Maître des Cachots ne pouvait pas prendre ce risque. Si Draco la dénonçait, il leur faudrait trouver une combine pour la sortir de ce mauvais pas sans impliquer de dévoiler la vérité au Serpentard.

C’est alors qu’elle se faisait ces nœuds à l’esprit que la voix du directeur s’éleva, froide et tranchante.

- Seriez-vous sourds ? Je vous ai posé une question. Vous devriez être en cours, à moins bien sûr que vous estimiez en savoir suffisamment pour vous en passez. Dois-je vous rappeler quels examens vous passez à la fin de l’année ?

- Les A.S.P.I.C. Monsieur, répondit Hermione d’une petite voix sans relever la tête mais sans abaisser sa baguette toujours pointée sur Draco.

- Exactement Miss Morevo, les A.S.P.I.C, répéta Rogue en articulant chaque mot comme s’il parlait à une demeurée. Et baissez votre baguette, depuis quand des élèves d’une même maison se battent-ils ?

- Excusez-moi Monsieur, obtempéra la jeune femme en ravalant sa colère.

La même remarque pouvait s’appliquer à Draco, mais bien évidemment il ne lui disait rien, à lui. Certes, c’était logique, puisqu’à travers chaque réprimande qu’il lui faisait passait aussi une part de reproche quand à sa formidable bévue et à la mauvaise tournure de sa mission.

- L’un de vous peut-il m’expliquer pourquoi vous n’êtes pas en cours, donc ? reprit Rogue en toisant les deux élèves, mais plus particulièrement Hermione.

- C’est ma faute Monsieur, répondit-elle en sachant que telle était la réponse qu’il attendait d’elle. J’avais oublié mon livre de cours et suis retournée le chercher. Draco m’a gentiment attendu.

Au regard noir que lui lança le Serpentard, elle se dit que le « gentiment », bien que prononcé sans aucune ironie, était peut-être de trop, mais bon…

- Je vois, siffla le professeur d’un ton doucereux en fixant Hermione. Et ensuite ?

- Nous nous sommes un petit peu disputés, déclara la jeune femme.

- Vos disputes prennent des tournures plutôt sérieuses, fit remarquer Rogue, et cela sonnait comme un véritable reproche quand on l’interprétait dans le cadre de la mission de la Gryffondor. Miss Morevo, j’enlève 5 points à Serpentard pour l’oubli de votre manuel, maintenant dépêchez-vous de filer avant que je ne vous colle en retenue.

Hermione obéit et fila hors de la salle, ferma la porte, fit quelques pas dans le couloir puis revint en catimini pour coller son oreille contre le battant afin d’entendre la discussion entre Rogue et Draco. Ce dernier avait totalement était exclu de l’échange entre elle et le professeur l’instant auparavant, mais c’était bien entendu une stratégie du directeur pour l’empêcher, si l’envie le prenait, de dénoncer soudainement la Gryffondor. S’il devait le faire, mieux fallait qu’elle soit absente.

- Draco, ça ne te ressemble pas, faisait remarquer Rogue à son élève préféré.

- Hm…

- Il y a un problème ? D’habitude, tes intuitions sont plutôt bonnes. Cet évènement me laisse perplexe, mentait habilement le professeur.

- Juste un différent entre Morevo et moi, rien que je ne puisse régler tout seul, écarta sèchement le jeune homme.

- S’il y a quoique ce soit, n’hésite surtout pas à venir m’en parler… en priorité, rajouta-t-il après un léger silence.

Draco ne répondit pas. Les pas de Rogue se firent entendre et Hermione se plaqua dans un coin contre le mur pour ne pas se faire voir. Ou plutôt, pour ne pas que Draco se rende compte que sa cachette était si minable que le directeur ne pouvait que l’avoir vue. Car bien sûr, il ne put que la remarquer, et le regard colérique qu’il lui envoya fit se ratatiner sur place Hermione. Il disparut dans le couloir, faisant virevolter sa cape noire derrière lui. La jeune femme compta dix secondes avant que Draco ne se décide à sortir.

Elle attendit qu’il s’éloigne à son tour avant de filer vers le passage secret le plus proche. Il fallait qu’elle arrive avant Draco en cours sinon… Non, elle allait plutôt prendre son temps pour ne pas avoir à subir Alecto et ensuite justifier cette accumulation de retard par un passage aux toilettes. D’ailleurs, elle allait vraiment y passer. Elle avait beau être ordinairement sérieuse et ponctuelle, tous les prétextes étaient bons quand il s’agissait de ne pas se rendre en cours d’étude des moldus. Ou en cours d’art de la magie noire d’ailleurs.



Hermione s’assit en cours, droite comme un I. Alecto lui lança un regard meurtrier qui traduisait bien son agacement à la voir rater systématiquement plus de la moitié de son cours, mais ne commenta pas son retard, son statut de sang-pur de Serpentard l’obligeant. La jeune femme ouvrit son livre et fit semblant de prendre des notes, révulsée d’assister à cet bourrage de crâne grotesque qu’on osait appeler un cours ! Quand la fin arriva, elle se leva en vitesse, rangea en un tournemain ses affaires et allait quitter la salle quand la mangemorte, car elle ne pouvait décemment penser à elle comme un professeur, la rappela.

- Morevo, venez me voir cinq minutes s’il vous plaît, demanda-t-elle d’un ton doucereux alors que les autres élèves lui jetaient de drôles de regards.

Eux aussi avaient remarqué son manège. Si les Poufsouffle compatissaient, les Serpentard se demandaient sérieusement ce qui n’allait pas chez elle. Draco lui jeta un regard éloquent quand elle le croisa alors qu’il sortait, mais elle n’y prêta aucune attention, trop angoissée par le discours qu’allait lui tenir Carrow.

- Le directeur, lui annonça-t-elle quand tous ses condisciples furent sortis, m’a demandé de vous informer discrètement qu’il désirait vous voir immédiatement à la fin de mon cours. Je vous souhaite de passer un bon moment avec lui, ajouta-t-elle en lançant à la jeune femme un regard suffisant.

Hermione y décela un brin de jalousie et était à la fois horrifiée à l’idée de ce que la mangemorte imaginait et soulagée de savoir qu’elle était juste convoquée par Rogue.

- Profitez bien de votre jeunesse surtout, railla Alecto devant le visage décomposé que s’essaya à afficher la Gryffondor de cœur.

Cette femme était décidément horrible. Après l’avoir jalousé, voilà qu’elle prenait une vengeance mesquine à savoir qu’Hermione n’avait aucune envie de… faire ce que Carrow pensait qu’elle allait faire avec le directeur. Un frisson de dégoût parcourut l’échine de la jeune femme et elle eut soudain le besoin irrépressible de s’éloigner en toute hâte de la mangemorte.

- Immédiatement ? demanda-t-elle cependant. C’est que j’ai cours de métamorphose.

- Je ne me rappelle pas que vous vous souciez de cela quand il s’agit de mes cours, commenta Alecto avec acidité en posant sur elle son regard perçant.

Hermione fit semblant d’être gênée, en se fustigeant mentalement. Elle ne pouvait pas se contenter de se rendre chez Rogue directement, non ! Il fallait d’abord qu’elle s’assure qu’il lui était permis d’être en retard au cours de McGonagall. Quelle idiote ! Comme si un simple retard pouvait s’avérer embêtant pour sa mission. Par contre, ceux répétés dans les cours des Carrow, eux, compromettaient de manière certaine ses objectifs.

- Excusez-moi, souffla la jeune femme. Je suis indisposée ces temps-ci, et j’ai souvent besoin de faire un détour avant les cours, mentit-elle lamentablement.

- D’habitude chez les femmes ça arrive trois ou quatre jours par mois, pas trente et un jour sur trente et un, répliqua froidement Alecto. Dehors !

Trop heureuse d’être congédiée sans autre forme de procès, Hermione cessa de chercher à se justifier et quitta précipitamment la salle de classe. Elle fut cependant nettement moins hâtive quand elle se retrouva devant la gargouille directoriale. Il ne faisait aucun doute que Rogue allait lui passer un savon digne de ce nom.



- Incompétente ! Idiote ! Limace ! Bon sang, est-ce que je peux savoir ce qui vous a pris ? Croyez-moi ou pas, mais vous êtes le pire cornichon que j’ai pu voir parmi tous mes élèves, bien au-dessus de Crabbe et Goyle. Eux au moins ont assez d’intuition pour sauver leur peau au lieu de l’exposer à tous dangers comme vous ! Ah, on peut dire que votre abruti d’ami de Potter a bien déteint sur vous ! Mais quelle folie s’est emparée de Minerva pour qu’elle vous envoie ici ?

Après toute une autre série d’appellations très peu glorieuses, la fureur de Rogue retomba enfin et c’est avec son ton froid qu’Hermione lui connaissait tant qu’il la toisa avec mépris.

- Puis-je savoir quel est votre plan pour réparer les dégâts ?

La jeune femme s’agita sur sa chaise, mal à l’aise.

- Ne me dites pas que la brillante miss-je-sais-tout n’en a pas, enchaîna Rogue en se penchant par-dessus le bureau, approchant son nez crochu de son ancienne élève.

Hermione préféra ne rien répondre. De toute manière, aucune réplique brillante ne lui traversait actuellement l’esprit, donc…

- Je compte sur vous pour trouver rapidement une solution, sinon je ne donne pas cher de votre satanée mission, reprit le directeur d’un ton glacial avant de se redresser. Sortez !

La Gryffondor de cœur se leva et quitta le bureau en traînant des pieds, la mine sombre. Elle traversa les couloirs sans trop savoir où elle allait, aperçut Tracey à un angle en train de discuter avec Daphné mais ne les rejoignit pas, passa devant la bibliothèque sans même lui adresser un regard. Marchant comme une âme errante, ses pas finirent par la conduire devant le portrait de la grosse dame qui la dévisageait avec surprise.

Elle leva la main et se gifla avant de partir en courant. Si un des Carrow la voyait là, elle serait très mal partie. Même le témoignage d’un élève pourrait s’avérer dangereux. Elle avait vraiment un don pour s’attirer les ennuis. Harry avait du le lui léguer à travers le temps.

Dévalant les marches qui descendaient aux cachots, elle s’immobilisa en repérant soudain Draco et Blaise qui discutaient en plein milieu d’un couloir. Le temps que son cerveau se remette en état de marche, elle voulut faire demi-tour mais les deux garçons l’avaient déjà repérée. Ils échangèrent un bref regard, signe d’une entente tacite, avant que Blaise ne s’éloigne sur un hochement de tête. Le cœur d’Hermione martela sa poitrine.

- Rappelle-moi pourquoi je te protège ? lui demanda Draco d’une voix tranchante.

Hermione, ne sachant quoi répondre, se contenta de le regarder s’avancer vers elle sans bouger.

- Ah si, ça y est, fit-il semblant de réfléchir. Je crois que je m’en souviens.

Et avant qu’elle n’ait eu le temps de réagir, il avait plaqué ses lèvres contre les siennes et agrippé ses cheveux. La jeune femme se laissa faire, goûtant à la saveur des lèvres du Serpentard. Ses lèvres… elle en avait tant rêvé depuis la première fois où elle les avait effleurées. C’était le fruit défendu qui lui faisait terriblement envie et la hantait jusque dans son sommeil. Et voici qu’elles la capturaient, envahissant sa bouche alors que l’odeur du jeune homme envahissait ses sens. Comme si elle pouvait se défendre face à une telle attaque ! C’était injuste, terriblement injuste.

Elle ne devait pas, il fallait qu’elle le repousse ! Et alors même qu’elle y pensait, Draco la serrait contre lui, la pressant contre son torse alors qu’avec une fougue croissante il dévorait ses lèvres. Cet échange ressemblait bien plus à leurs embrassades enfiévrées dues à l’alcool qu’au doux baiser volé dans les toilettes du deuxième étage. Ses mains la tiraient à lui, l’emprisonnaient, l’empêchant de se libérer ou de rompre le contact. Elle n’était plus qu’une poupée entre ses bras, soumise à ses caprices. Comment la fière Gryffondor qu’elle était pouvait-elle laisser faire ça ? Et question plus importante encore, comment pouvait-elle lutter contre ses fourmillements dans son corps qui la poussaient irrémédiablement vers lui ?

La tentation… c’était tellement plus facile d’y céder. Et c’est ce qu’elle fit, s’abandonnant enfin à son étreinte. Elle lui rendit son baiser, timidement d’abord, puis avec plus de vigueur. Il décrocha presque aussitôt ses lèvres des siennes et Hermione plongea son regard dans les yeux gris pétillants et calculateurs du Serpentard.

- Pour ça, murmura-t-il avec un sourire railleur avant de la lâcher, la repousser sans douceur et s’éloigner dans le couloir sans un regard supplémentaire.
End Notes:
Là c'est le moment où vous avez envie d'étriper Draco, non ? Désolée pour ça aussi, je suis dans une période de "méchant Draco qui abandonne Hermione" XD (ceux qui auront lu la dernière mise à jour de recueil comprendront ;))
Chapitre 33 : Discussion de filles by Realgya
Author's Notes:
Combien de temps ai-je mis avant de poster ce chapitre ? Trop, je sais. Et j'en suis navrée. Enfin, voici un chapitre sans beaucoup d'action, mais avec beaucoup de discussions. Bonne lecture !
Hermione regarda le dos de Draco s’éloigner. Elle l’avait détesté, mais désormais elle le haïssait. Se relevant, elle épousseta maladroitement sa robe de sorcière avant de rejoindre sa salle commune. Tracey sourit en l’apercevant et vint vers elle, avant de lui jeter un coup d’œil soupçonneux.

- Qu’est-ce qui ne va pas ? demanda-t-elle.

- Rien, mentit la Gryffondor de cœur.

- Menteuse, souleva la Serpentarde. Ca a un rapport avec Draco ? Il est arrivé peu avant toi avec un sourire très satisfait.

La jeune femme se tendit. Ce sourire, il n’avait pas intérêt à l’afficher devant elle sinon elle ne se retiendrait pas pour le gifler. Enfin, si elle se retiendrait, elle n’avait pas envie d’être dénoncée aux Carrow ou lynchée par l’ensemble de la maison des verts et argents qui soutiendraient sans conteste le jeune homme. Mais c’était l’idée qui comptait.

- Je ne suis pas sûre de pouvoir t’en parler, expliqua Hermione.

- Et pourquoi pas ? contesta Tracey. On est amies, entre amies on se dit tout.

Hermione sentit une boule lui tordre l’estomac et elle fut prise d’une soudain envie de vomir. Elle se dégoûtait. Cela faisait des mois qu’elle mentait à la jeune fille, elle lui avait jeté sans hésiter un sort la veille pour se couvrir, et désormais Tracey lui parlait de franchise entre amies. C’était ignoble, et en même temps, ce sort, elle n’avait eu d’autre choix que de le lancer, même si cela lui pesait sur la conscience. Pas uniquement pour se protéger elle, mais également pour protéger son amie. Et aussi un tout petit peu Draco, car si les Mangemorts apprenaient qu’il était au courant pour elle et qu’il n’avait rien dit plus tôt ça n’irait pas bien, mais alors pas du tout bien pour lui.

Tracey dut remarquer qu’elle avait pâli car elle lui indiqua le dortoir de la tête et l’y devança. Avant de monter les marches à sa suite, Hermione se fit accrochée par un regard du Serpentard blond qui la tourmentait. Le regard noir qu’il lui adressait était des plus explicites. Il n’aimait pas qu’elle soit proche de Tracey, savait qu’elle allait lui faire du mal. Mais même s’il avait raison, le membre de l’ordre du Phoenix avait un rôle à jouer. Aussi détourna-t-elle hautainement le regard comme une vraie Serpentarde et grimpa les marches avec un port altier, trouvant qu’elle prenait plutôt bien exemple sur Daphné.

- Alors ? attaqua aussitôt Tracey en s’asseyant en tailleur sur le lit d’Hermione.

- Je ne sais pas ce que je dois faire, confia la jeune femme après avoir réfléchi à quoi lui dévoiler sans se compromettre.

- Par rapport à quoi ?

- Draco.

- Ah.

Un silence s’installa entre les deux amies, Tracey attendant visiblement qu’Hermione prenne la parole. Cette dernière ne savait pas trop si elle le pouvait, ou tout simplement le voulait. Elle poussa un soupir avant de s’allonger près de la jeune fille et de regarder les baldaquins verts au-dessus d’elle. C’était tellement plus joli le rouge.

- Tout à l’heure, il m’a embrassé, lâcha-t-elle.

Elle s’attendait à ce que sa camarade s’exclame ou tout simplement sourisse mais Tracey n’en fit rien, encourageant Hermione du regard à poursuivre.

- Et il m’a jeté, acheva-t-elle alors que sa voix se brisait sur les derniers mots.

- Tu veux dire qu’il t’a larguée ? demanda la Serpentarde d’un ton détaché et banal.

- Non, on n’est jamais sorti ensemble, et ce ne sera jamais le cas d’ailleurs, se vit-elle obliger de préciser de peur que Tracey se fasse des idées. Simplement, il m’a attrapé, embrassé, repoussé avec violence, puis a tourné les talons avec son fameux sourire narquois et méprisant et est parti.

- Il a fait ça, à toi ? questionna son amie, un soupçon d’indignation dans la voix.

- A qui d’autre sinon ? répliqua Hermione avec acidité.

Sa camarade ne répondit rien. La jeune femme releva la tête pour pouvoir croiser son regard et fut saisie d’un bref tremblement. Si le visage de Tracey représentait la froideur incarnée, ses yeux étaient plus noirs que le jais. Elle ne semblait vraiment, mais alors vraiment pas avoir apprécié ce que venait de lui raconter Hermione.

- Tracey, ça va ? demanda cette dernière d’une petite voix.

- C’est à moi que tu demandes si ça va ? coupa son amie d’un ton glacial. Je croyais que tu avais plus d’honneur que ça pour ne pas te faire marcher sur les pieds.

Hermione se redressa totalement et s’assit sur le bord du lit, pas trop près de la Serpentarde. Elle connaissant la Tracey au bord des larmes, la Tracey joyeuse, la Tracey fatiguée, la Tracey énervée, la Tracey désespérée… Mais la Tracey en colère, elle ne l’avait encore jamais expérimentée et regrettait que ce soit le cas. Son regard plus dire que la roche et son visage inexpressif avaient quelque chose qui faisait peur, et elle eut soudain envie de s’écarter de sa camarade, juste au cas où.

- Pourquoi tu l’as laissé faire ? réclama de savoir Tracey.

La Gryffondor de cœur baissa la tête sans un mot. Pourquoi ne s’était-elle pas débattue ? Pourquoi ne l’avait-elle pas giflée ? Parce qu’elle était en mission et qu’il ne fallait pas qu’elle mette Draco en colère si elle ne voulait pas qu’il la dénonce ? Parce qu’il tenait sa vie entre ses mains ? Ou tout simplement parce qu’elle avait, et elle avait honte de se l’admettre, aimé cela ?

- Tu te rends compte que si tu continues comme ça, tu vas devenir comme toutes les cinquièmes, quatrièmes et troisièmes années de cette école, à baver devant le garçon qui leur plaît et à le laisser faire tout ce qu’il veut d’elles ? Tu te rends compte que si tu laisses Draco se comporter comme ça avec toi, tu le laisses prendre de l’autorité sur toi. Il va te dominer, vous ne serez plus sur un pied d’égalité.

Hermione cilla. Un pied d’égalité… Egaux, ils ne l’étaient déjà plus, et ce depuis l’instant où il lui avait sauvé la mise et pouvait la faire prendre par les Mangemorts à tout moment.

- Qu’il t’ait largué, je comprendrais, ça ne serait pas la première fois que ça arrive. Et bien que tu sois mon amie, je t’aurai dit que tu avais été stupide de t’attacher à lui qui ne s’attache à personne. Parce qu’une bonne gifle t’aurait réveillé et t’aurait empêché de refaire cette erreur. Sauf que là, le contrôle qu’il a non seulement il ne le lâche pas en t’envoyant balader, mais en plus il se renforce.

- Comment tu peux parler de tout ça alors que tu ne sais pas ? s’énerva Hermione.

- Je ne sais pas ? Tu crois que je ne sais pas ? rétorqua froidement Tracey en la foudroyant de son regard aussi noir que les abysses. J’avais quinze ans quand je suis sortie avec lui. Ca a duré une semaine, et puis il m’a jeté. Son seul point d’accroche plutôt stable de toute manière c’est Pansy, mais passons. J’ai pleuré, j’ai eu honte de mes larmes, je me suis ressaisie. J’ai été la risée des Serpentards pendant un mois, et crois-moi un moi c’est long. Pourquoi ? Parce que j’avais pris cette histoire à cœur, et que j’ai laissé voir mes cernes et mes yeux rougis. Dans notre maison, c’est l’une des pires marques de faiblesse.

Elle s’arrêta un instant pour reprendre son souffle. Hermione la fixait désormais, attentive à la moindre de ses paroles.

- Et puis après j’ai relevé la tête, et je ne me suis plus faite avoir aussi lamentablement. On a toutes besoin d’une gifle à un moment ou à un autre pour nous rappeler qui sont les gens qui nous entourent. Le monde n’est pas rose avec pleins de petits gnomes en tutu.

Hermione sourit. Les petits gnomes en tutu, c’était la première fois qu’elle entendait cette expression. Dans un contexte similaire mais avec une amie moldue, elle aurait sûrement parlé de lapins.

- Daphné aussi s’est pris une sacrée claque quand elle s’est faite rejetée par Adrian Pucey. C’était un Serpentard plus âgé sur lequel elle avait craqué. Mais depuis, c’est elle la manipulatrice et elle ne se laisse plus marcher sur les pieds. Pansy c’est un peu différent. Quand elle est arrivée, elle n’avait pas besoin de claque qu’elle savait déjà comment les choses tournaient. C’était plutôt elle qui portait des coups aux garçons que l’inverse, et c’est d’ailleurs pour ça que sa relation avec Draco a plus ou moins tenue.

Hermione sentit un petit quelque chose remuer dans son cœur, sans en comprendre l’origine. Tracey s’était arrêté dans sa tirade et la dévisageait avec froideur, colère et pitié.

- Le problème avec toi Elinda, c’est que tu n’es pas en train de te prendre une gifle, tu es en train de te laisser mener tout droit en enfer.

Les mots avaient été dits avec compassion et violence à la fois.

- Alors tu vas te reprendre, et la prochaine fois que Draco veut t’embrasser, tu l’envoies balader comme tu l’as fait avec Blaise en début d’année. Et je ne veux pas de « mais », ajouta-t-elle sévèrement en voyant Hermione ouvrir la bouche. Je ne laisserai pas ma meilleure amie se faire avoir comme ça pour un simple garçon. Une fois que tu l’auras envoyé balader et bien laissé mariné, on verra si tu peux lui autoriser à t’approcher de nouveau.

Hermione ne répondit rien, confuse. Refuser quelque chose au fourbe de serpent qui maîtrisait sa vie, ce n’était pas forcément des plus prudents. Et en même temps, Tracey avait raison. Et Tracey avait dit qu’Hermione, enfin Elinda, était sa « meilleure amie ». C’était comme un couteau qui s’enfonçait en elle en même temps qu’elle poignardait la Serpentarde dans le dos. Non, elles n’étaient pas amies. Tracey n’était que le pion dont Hermione se servait pour mener sa mission à bien. Elle était devenue la pire des manipulatrices, pire des Serpentardes. Et en prenant conscience de cela, elle craqua et ne put retenir quelques larmes de dévaler ses joues.

Les yeux de sa camarade perdirent leur obscurité et cette dernière s’approcha d’elle sur le lit pour l’étreindre. La Gryffondor de cœur se laissa faire sans rien dire.

- La prochaine fois qu’il te fait ça, j’y vais et je lui dis le fond de ma pensée, entendit-elle grommeler Tracey à côté d’elle.

Hermione n’aurait jamais soupçonné un tel caractère chez la Serpentarde espiègle et fragile qu’était son amie. Elle était vraiment impressionnante en colère. Et elle était en colère pour de l’amitié. Au fond, Tracey n’aurait pas été très mal loti si elle s’était retrouvée à Gryffondor. Un peu de la même manière qu’Hermione à Serpentard. Elle adoptait avec facilité beaucoup trop des caractéristiques qu’elle avait autrefois détesté de cette maison.
Chapitre 34 : Encore seule by Realgya
Author's Notes:
Coucou !
De nouveau ce chapitre n'est pas exceptionnel, et d'une taille non des plus conséquentes, surtout pour compenser une semaine d'attente... Mais voilà, j'espère que vous aimerez quand même.
Bonne lecture !
Hermione évita le regard soupçonneux de Draco en redescendant dans la salle commune des verts et argents, Tracey sur ses talons. Blaise s’avança vers elle, en quête d’un partenaire pour disputer une partie d’échecs version sorcier.

- Elinda, une partie ? proposa-t-il.

- C’est gentil, mais je déteste ce jeu, refusa la jeune femme. Mais je suis sûre que Tracey se fera une joie de jouer avec toi à ma place.

Elle s’éclipsa sur le côté, s’adressant un regard indéchiffrable de son amie qui devait lui en vouloir autant qu’elle lui était redevable. Blaise, pas déconcerté le moins du monde, invita la Serpentarde à la table plus loin. Hermione chercha des yeux Daphné ou Pansy et se crispa en apercevant Draco venir vers elle. Se coulant habilement entre ses camarades, elle rejoignit la sortie de la salle commune et sortit en hâte.

Hermione marchait vite, la tête baissée, et son cœur s’accéléra quand elle entendit des bruits de pas derrière elle. Elle se maudit un instant de s’être laissée convaincre par Tracey d’avoir accroché ses cheveux blonds avec un pince, l’empêchant désormais de se cacher derrière comme elle aimait le faire avec sa crinière châtain. Mais son amie l’avait tellement suppliée qu’elle n’avait pas pu résister. Elle ne se laissait pas faire, mais savait que Tracey mourrait d’envie de la prendre comme poupée.

Elle ne se retourna pas pour vérifier que c’était bien Draco qui la suivait. Affronter ses pupilles grises n’aurait fait que la troubler. Aussi se hâta-t-elle dans les escaliers, cherchant un refuge pour échapper aux pas réguliers derrière elle qui ne semblaient pas prêts de la lâcher. La jeune femme enchaîna les couloirs sans réfléchir, espérant perdre son poursuivant. Entendant les bruits de pas ralentirent, elle poussa une porte et referma soigneusement derrière elle, en priant pour qu’il ne l’ait pas vue. Quelques instants plus tard, son poursuivant passait sans s’arrêter devant sa cachette, causant une belle frayeur à Hermione qui retenait son souffle.

Quand elle fut sûre qu’il fut parti, elle hésita. Devait-elle retourner directement à la salle commune des Serpentards ? Il serait suspect qu’elle rejoigne sitôt son dortoir, et rester à errer dans la salle serait se mettre dans une position délicate au moment où il reviendrait. La respiration encore sifflante, elle s’approcha d’un lavabo, constatant seulement à ce moment-là qu’elle se trouvait dans des toilettes. Le rouge lui monta soudain aux joues quand, au vu de certaines installations, elle se rendit compte que ce n’étaient pas les toilettes des filles.

Ressortant en hâte de peur de se faire prendre dans ce lieu, ce qui serait plus que suspect, elle chercha désespérément des yeux les cabinets féminins avant de s’y précipiter avec soulagement. En fermant derrière elle, elle repéra deux Poufsouffles qui pénétraient dans la pièce qu’elle occupait quelques instants auparavant et soupira. Il s’en était fallu de peu pour qu’elle soit sacrément compromise !

Examinant les lieux, elle se rassura de constater qu’il ne s’agissait pas des toilettes occupés par Mimi Geignarde. Ses pas étaient mécaniques, et toute attentive à sa fuite, elle n’avait pas fait attention au chemin emprunté, la rendant bien incapable de situer l’étage auquel elle était.

Des gloussements attirèrent son attention et elle contourna les lavabos centraux pour découvrir Pavarti et Lavande devant les miroirs. Toutes deux cessèrent de rire dès qu’elles l’aperçurent et lui jetèrent un regard mauvais.

- Qu’est-ce que tu fais là ? maugréa Lavande, apparemment agacée d’être interrompue dans sa discussion.

- Je vais aux toilettes, ça ne se voit pas, répliqua Hermione.

- Pas vraiment non, fit remarquer la Gryffondor.

La jeune femme, comprenant l’allusion, se dirigea vers une cabine et s’y enferma. Elle rabaissa la cuvette et s’assit dessus pour ne pas avoir à rester debout. Elle n’avait pas eu à se confronter à ses deux anciennes camarades depuis le début de l’année, et bien que ce soit moins dur qu’avec Ginny, cela restait douloureux. Un claquement de porte lui apprit que les deux filles étaient parties.



Avec un soupir, Hermione quitta elle-même les lieux, et sursauta en rencontrant une paire d’yeux la détaillant avec ironie.

- Je te croyais assez mature pour ne plus jouer à cache-cache, susurra Draco.

- Qu’est-ce que tu me veux encore, s’énerva Hermione en le contournant.

- De quoi avez-vous parlé avec Tracey ? demanda de but en blanc le jeune homme.

- Affaire de filles, coupa sèchement Hermione.

- Mais encore ? insista le Serpentard.

- Dans « affaire de filles », il y a une connotation qui subtile qui veut dire « secret », je te croyais plus intelligent que cela, rétorqua la jeune femme d’une voix qu’elle tentait de paraître blasée malgré les battements affolés de son cœur.

Ce dernier s’emballait vraiment pour un rien, et ça l’énervait au plus haut point. C’était Draco, zut ! Le Draco qui l’insultait depuis leur première année. Et jusqu’à présent, son corps n’avait jamais eu de réaction anormale en sa présence. C’était peut-être dû au fait qu’ils n’aient jamais été aussi près. Ou alors à cause du polynectar. Elle n’avait jamais lu qu’il y avait de tels effets secondaires mais après tout c’était fort possible. Elle ferait des recherches, juste pour en avoir le cœur net. Cœur qui pour l’instant était plus que troublé d’ailleurs.

Le jeune homme haussait désormais un sourcil ironique et un sourire méprisant vint orner ses lèvres comme à l’accoutumé alors qu’il lui bloquait le passage.

- Mais tu n’as plus de secrets pour moi, ma petite lionne, avança-t-il d’un timbre rauque.

Hermione sentit un frisson remonter dans sa nuque. Ce n’était pas la première allusion implicite qu’il lui faisait, mais elle commençait à les supporter de moins en moins désormais qu’elle voyait sa mission compromise. Après cette journée fatigante, elle n’avait qu’une envie : aller se coucher. Et si ses mains pouvaient cesser de s’agiter nerveusement dans les plis de sa cape de sorcière ce serait bien mieux. Il allait vraiment falloir trouver une solution pour ces effets secondaires. Une potion peut-être ? Elle ne devrait pas avoir trop de mal à convaincre le professeur Slughorn de la laisser expérimenter deux ou trois recettes.

- A quoi tu penses ? s’enquit Draco.

- A Slughorn, répondit simplement Hermione, sachant très bien que cela allait l’énerver.

Et effectivement, le regard du jeune homme se rembrunit alors que ses lèvres affichaient une moue perplexe.

- Je ne savais pas que tu les aimais… aussi vieux, articula-t-il avec difficultés, faisant rougir Hermione qui n’avait pas du tout pensé à cette manière d’interpréter les choses.

- Ne me prends pas, ne me compare pas à… ne dis pas ça, Draco ! s’étrangla-t-elle. Je trouve juste que plus tard, tu lui ressemblerais sûrement. Déjà maintenant je peux noter de nombreuses ressemblances.

Le jeune homme s’éloigna d’elle, comme brûlé, et elle sourit intérieurement d’avoir su blesser son ego.

- Hey, vous deux ! beugla une voix venant du bout du couloir.

Les deux jeunes gens pivotèrent sur leurs talons pour faire face à Amycus Carrow qui venait vers eux à grands pas.

- Qu’est-ce que vous fichez ici ?

- Ce n’est pas encore l’heure du couvre-feu, signala froidement Draco en lui tenant tête avec prestance.

- Et alors le fils Malfoy, tu crois que comme t’es à Serpentard tout t’est permis ? cracha le Mangemort.

Hermione recula d’un pas, surprise de sa véhémence. D’ordinaire, le blason vert et argent suffisait à ne pas s’attirer de problèmes. Carrow devait être de très mauvaise humeur.

- Débarrassez-moi le plancher avant que je ne vous colle en retenue !

La jeune femme remarqua que les poings de Draco étaient crispés et elle lui attrapa le poignet pour l’attirer doucement vers les cachots, espérant que son contact l’apaiserait. Son visage resta cependant impassible alors qu’il détournait la tête du Mangemort avec dédain.

- Et arrête de me dévisager comme ça espèce d’ordure, éructa Carrow. Dans le meilleur des cas tu finiras comme ton père, saleté !

Sur ce le pseudo-professeur tourna des talons et s’éloigna à grands pas. L’orage semblait être passé, mais en croisant le regard noir de Draco Hermione sut qu’il n’en était rien. Elle appliqua une légère pression sur son poignet mais cela n’eut aucun effet.

- Tu veux que je te dise, lâcha-t-il au détour d’un couloir désert. J’espère vraiment que tous tes secrets vont aboutir à quelque chose.

Et sans prévenir, il se dégagea de sa main et rejoignit à pas vifs les cachots, la laissant une nouvelle fois toute seule derrière lui.
Chapitre 35 : La théorie by Realgya
Author's Notes:
Comme promis voici le nouveau chapitre ! Bonne lecture à tous :)
Hermione eut l’horrible sensation de déjà-vu : elle, seule, abandonnée au milieu d’un couloir par Draco qui ne lui présentait rien d’autre que son dos. Cependant, loin de s’offusquer de la situation, elle repassait les paroles du jeune homme dans sa tête. Il espérait que ses secrets aboutiraient… En quelque sorte, était-ce une manière de dire qu’il la soutenait et que lui aussi désirait assister à la chute de Voldemort ? Sûrement. Draco n’était pas un grand fidèle de ce dernier, et après la guerre reprendrait une vie normale dans la société.

Néanmoins, lors de sa recherche avec Harry et Ron du diadème perdu de Serdaigle, il avait essayé de les livrer à l’ennemi. Jouait-il un rôle à ce moment-là devant Crabbe et Goyle ? Hermione en doutait de manière certaine. Cela signifiait-il dans ce cas que sa présence avait commencé à modifier le futur ? Cette idée horrifia la jeune femme qui plaqua sans raison pour toute personne extérieure à son esprit sa main devant sa bouche. Il lui avait dit ne pas aimer que Bellatrix la torture, se rappela-t-elle en essayant de chasser ses termes exacts dont pourtant elle se rappelait fort bien tellement ils étaient frappants. Avait-ce aussi était le cas du Draco du temps où elle s’était réveillée ?

Si non, alors le cours du temps avait déjà commencé à prendre une oblique différente, et l’idée des nœuds temporels qui pourraient en résoudre faisait véritablement angoisser la jeune femme. Mais si elle se rappelait ses péripéties en troisième année, tout ce qu’Harry et Hermione avaient fait lors de leur voyage dans le temps, ils l’avaient déjà effectué auparavant, expliquant qu’Harry avait cru voir son père. Dans ce cas, cela signifiait-il que Draco était destiné de nouveau à changer et, pour une raison encore inconnue, à vouloir livrer Harry à Voldemort dans le futur, même si ce n’était pas encore le cas à présent ?

Toutes ces complications avaient donné un mal de tête terrible à la jeune femme. Elle pénétra dans la salle commune et jeta un bref regard sur l’assemblée. Un faible sourire éclaira ses lèvres quand elle aperçut Tracey concentrée sur sa partie d’échecs, en face de Blaise qui avait l’air mis à mal et se faisait embêter de ce fait par Goyle. Le garçon devait avoir sous-estimé son adversaire.

Exténuée, la jeune femme se traîna dans les escaliers menant à son dortoir et se laissa tomber sur son lit. En y repensant, Carrow avait dit à Draco : « Dans le meilleur des cas, tu finiras comme ton père. » Apparemment, depuis l’échec du ministère Lucius ne s’était pas racheté. Et il devait sans doute avoir fait quelque chose qui avait énervé les Mangemorts pour que Carrow s’en prenne ainsi à son fils. C’était la première fois qu’Hermione voyait l’un d’eux insulter, rabaisser ou crier sur un sang-pur autre qu’appartenant à Gryffondor. Comme quoi le statut du sang n’était finalement pas aussi sauf-conduit qu’on le pensait.



Le lendemain matin, Hermione remarqua le regard un peu dépité que Tracey lançait à Blaise. Décidant de prendre un peu plus les choses en main qu’une simple partie d’échecs, elle essaya de capter l’attention de Draco mais ce dernier fixait résolument le mur derrière lui. Il ne semblait pas totalement remis de sa colère de la veille contre Amycus et la jeune femme se résigna à agir sans lui pendant encore un petit moment. De toute manière, ils avaient un marché, donc il ne pourrait pas se défiler. Le seul point qui la gênait, c’était la fameuse faveur qu’elle lui devrait ensuite… Mais peut-être que viendrait le temps pour elle de partir avant qu’il n’ait eu le temps de la lui réclamer ? Quoiqu’en connaissant Draco, si les choses se présentaient effectivement ainsi, la première chose qu’il lui annoncerait quand elle rejoindrait sa véritable époque c’est justement qu’elle lui en devait toujours une. Sauf que ça n’avait pas été le cas au réveil…

Peut-être parce qu’il savait qu’elle ne la lui devait pas encore. Ou peut-être parce qu’il l’avait oublié. Ce serait un peu trop beau pour être possible. Donc ou il n’allait pas l’aider pour Tracey et Blaise, et donc elle ne lui devrait rien, ou il allait l’aider mais elle paierait avant de repartir dans son époque. Dans tous les cas, en honnête Gryffondor qu’elle était, elle n’aurait pas essayé de se soustraire à sa part du contrat. Quoiqu’elle n’était pas à Poufsouffle, et qu’avec Draco, il y avait des exceptions à faire. Décidément, cohabiter avec des Serpentards finissait par déteindre sur sa personnalité !



Le plan qu’elle avait mis au point était idiot, très idiot, mais pouvait marcher. Aussi Hermione se rendit-elle mine de rien au dortoir après le petit-déjeuner pour aller récupérer la cape d’invisibilité prêtée par Harry, bien que celui-ci n’apprécierait sans doute pas l’usage qu’elle allait en faire. Dissimulée aux yeux de tous, elle se mit alors en quête de suivre Blaise de loin, attendant une opportunité où il serait seul, ce qui ne semblait pas prêt d’arriver.

Elle eut enfin sa chance alors qu’il disait à Draco, Crabbe et Goyle de passer devant le temps qu’il s’arrête pour satisfaire un besoin naturel. Hermione se positionna aussitôt en embuscade, guettant le moment où il sortirait. Le sang lui battait rapidement aux tempes et ses mains étaient fébriles alors qu’elle tournait et retournait sa baguette entre ses doigts. Elle inspira et expira, espérant se calmer. Il lui fallait faire preuve de sang-froid. Elle allait prendre Blaise par surprise, il n’y avait aucune raison pour que cela se passe mal. Par contre, si tel était le cas, non seulement sa mission serait compromise mais en plus elle ne voulait même pas imaginer la réaction qu’aurait Rogue.

Rangeant dans un coin de sa tête que les somnifères, c’était quand même une solution plus sûre et moins stressante, elle s’adossa contre le mur en gardant un œil sur la porte.

Un instant plus tard, Blaise sortit et elle bondit sur lui. Un rai de lumière rouge sortit de sa baguette. Un éclat, un choc sourd, le silence. Hermione s’approcha précautionneusement du corps stupéfié, et lança un levicorpus informulé pour déplacer son camarade. Elle était désolée pour lui, mais ça lui apprendrait à dénigrer les nés moldus et sangs-mêlés.

Dirigeant le corps dans les couloirs déserts, ce qu’Hermione vérifiait systématiquement avec la carte du Maraudeur, la jeune femme fit entrer Blaise dans un placard et referma derrière lui en scellant la porte d’un sort après avoir mis la baguette du Serpentard dans un coin obscur de l’étroite pièce où il n’arriverait pas à la trouver sans un accio. Elle jeta rapidement un sort sur la serrure, et se hâta de partir à la recherche de Tracey. Le sort de stupéfixion lancé à son camarade allait bientôt s’annuler, et si quelqu’un d’autre que son amie sortait Blaise du placard avant, toute sa tentative n’aurait servi à rien !

Après avoir repéra sa camarade près du lac dans le parc, elle rangea la cape d’invisibilité et la carte du Maraudeur dans son sac et sortit d’un air décontracté.

- Hey, Elinda ! l’interpela Daphné alors qu’Hermione flânait l’air de rien dans le parc.

Elle se tourna vers la Serpentarde à cet appel et entreprit de marcher dans sa direction, le cœur fou. Bon, Tracey était bien là, pour l’instant tout se passait bien.

- On t’a cherché partout en vain avant de sortir, déclara Pansy, tu as filé comme une furie à la fin du petit-déjeuner.

- Je suis un petit peu incommodée ces derniers temps, se justifia Hermione en songeant qu’elle pourrait quand même essayer de trouver mieux comme excuse, surtout qu’elle avait déjà sorti la même à Alecto Carrow.

- Ah, je comprends, grimaça Daphné.

- C’est sympa qu’il fasse beau, sortit anodinement Hermione en s’asseyant dans l’herbe. Dommage qu’on ait ce devoir d’enchantements à faire pour demain.

- Ne parle pas de choses qui fâchent ! la réprimanda Pansy.

- Elle a quand même raison, on va devoir rentrer s’enfermer pour le faire… soupira Tracey.

- Surtout que plus vite ce sera fini, plus vite nous serons débarrassées, renchérit Hermione.

- Bon, on bouge alors ? demanda Daphné de la voix d’une suppliciée.

- On pourrait travailler dehors, il suffit d’aller chercher nos affaires, fit remarquer Tracey.

Hermione grinça un peu des dents, voyant mal comment travailler convenablement dans l’herbe, mais la supposition de la Serpentarde servait ses plans, puisque les jeunes filles allaient forcément devoir rentrer dans le château.

- J’ai la flemme de me lever, je recopierai vite fait sur Théodore avant le cours, lâcha dédaigneusement Pansy, accentuant le mécontentement caché de la Gryffondor de cœur.

- Si vous voulez avec Daphné nous n’avons qu’à aller chercher nos sacs pour toutes les quatre, proposa Tracey, arrachant une grimace à sa condisciple désignée.

- Pas de souci, approuva Hermione. Si tu veux je viens avec toi, Daphné n’a pas l’air emballée.

- Merci Elinda, soupira l’intéressée, faisant rire ses trois camarades.

Hermione et Tracey se mirent en marche vers le château, et la comploteuse dissimula habilement son sourire de voir tout se dérouler comme prévu, faisant taire la boule de stress qui lui tordait l’estomac à l’idée que quelque chose ait pu aller de travers.
Chapitre 36 : La pratique by Realgya
Author's Notes:
Et voici le nouveau chapitre ! Avouez que ce coup-ci, je ne vous ai pas trop fait patienter, je vais ne m'améliorant :D
Bonne lecture, j'espère que vous aimerez !
Les deux Serpentardes prirent le chemin prévu par Hermione sans que Tracey ne soit subitement prise d’une envie de changer d’itinéraire. Juste avant d’arriver au placard, Hermione s’excusa d’une envie d’aller aux toilettes pour que son amie soit la seule à libérer Blaise et s’éclipsa. Elle n’eut pas fait trois pas qu’elle tomba sur Draco et c’est tant bien que mal qu’elle cacha sa grimace.

- Tu as l’air contrariée de me voir, nota-t-il néanmoins.

- Tu as l’air contrarié tout court, lui retourna Hermione.

- Mimi Geignarde a décidé de migrer et a inondé tout le couloir menant aux cabinets. Rusard est en train de nettoyer tout en grommelant et pestiférant contre le moindre inconscient qui ose s’approcher d’un peu trop près de son lieu de travail.

- Alors comme ça tu es inconscient ? releva la jeune femme avec humour.

Son condisciple haussa les épaules et poursuivit son chemin. Ayant peur que Tracey n’ait pas encore eu le temps de libérer Blaise, elle se lança sur ses talons.

- Tu n’allais pas dans l’autre direction, lui fit-il remarquer d’un ton narquois.

- Plus maintenant que Rusard bloque le passage, répliqua Hermione sans se démonter.

Quelques instants plus tard, ils approchaient du fameux placard au premier sous-sol et des tambourinements accompagnés des cris de rage violents les surprirent. Un peu plus loin devant eux, Tracey examinait prudemment une porte et avait sorti sa baguette.

- Un épouvantard ? fronça les sourcils Draco. Ce cracmol de concierge ne fait décidément pas son travail.

- Les épouvantards parlent ? demanda Tracey. Parce que celui-ci jure, même.

- Ouvre pour voir, suggéra Hermione en songeant que ce n’était pas tout à fait à ce scénario-là qu’elle avait pensé.

- Alohomora, claironna la Serpentarde.

Les hurlements prirent fin pour laisser la place à des grognements, une nouvelle flopée de jurons et des plaintes. Blaise sortit, visiblement courbaturé, et jeta des regards noirs tout autour de lui en reconnaissant ses camarades.

- Si je trouve l’ordure qui m’a mis dans ce placard… menaça-t-il en se redressant.

Hermione se sentit soudain toute petite face à l’aura haineuse que dégageait le jeune homme et se retint à grand peine de reculer, priant intérieurement pour que Blaise ne découvre jamais que c’était elle la responsable.

- Tu t’es laissé mettre là-dedans ? se moqua Draco.

- Il m’a surpris, je n’ai rien vu venir, essaya de justifier Blaise, vexé dans son amour-propre. Et après, je n’ai vu personne me lancer le levicorpus et m’enfermer dans le placard. Ca aurait pu être un fantôme que ça ne m’étonnerait pas.

- Sauf que les fantômes ne peuvent pas lancer de sorts, avança Tracey.

- Je sais, merci, la rabroua vertement Blaise en la fusillant des yeux. Ca doit être un de ces satanés Gryffondors. Si je leur mets la main dessus…

Hermione se rembrunit. Le résultat n’était vraiment pas à la hauteur de ses espérances. Au lieu de remercier Tracey pour l’avoir libéré, Blaise lui criait dessus. Elle commençait à se demander si leur cas valait la peine qu’elle fasse des efforts.

- Et en plus ce bâtard a caché ma baguette, ou est parti avec !

- Accio baguette de Blaise, lança à tout hasard Tracey.

- Ca ne marchera pas idio…

Les mots se coincèrent dans sa bouche alors que le bâton de bois s’élevait majestueusement dans les airs en sortant du placard pour aller se poser en douceur dans la paume de la Serpentarde. Blaise se renfrogna et tendit la main vers la jeune fille, une moue méprisante sur le visage.

- L’idiote elle t’envoie balader, Zabini ! claqua la voix de Tracey en tournant les talons et en partant en courant, la baguette du jeune homme serrée dans son poing.

Hermione arrêta de respirer, le corps tremblant d’anxiété.

- Davis ! beugla Blaise. Je te donne trois secondes pour t’arrêter et me la ramener avant que je ne te réduise en charpie.

Si Tracey l’avait entendu, elle n’en laissa rien paraître car elle disparut au bout du couloir sans un seul regard en arrière. Hermione jeta un timide coup d'oeil vers Blaise qui bouillonnait de fureur, les poings serrés, la mâchoire contractée, et les yeux furibonds.

- Je la rattrape, je la tue, déclara-t-il d’une voix glaciale avant de s’éloigner à grands pas à la poursuite de la jeune fille.



Hermione recommença à respirer une fois seulement que Blaise eut également tourné à l’angle du couloir. Elle n’arrivait pas à calmer les battements frénétiques de son cœur et ses jambes semblaient ne plus être capables de la porter. Si jamais Blaise faisait du mal à son amie… Elle avait tout gâché !

Elle voulut faire un pas, chancela, et se raccrocha à Draco qui était près d’elle pour ne pas tomber. Elle le repoussa aussi vite qu’elle s’était agrippée à lui et alla s’appuyer contre le mur, le souffle court.

- Si j’étais toi, je prierais pour qu’il n’apprenne jamais que tu es responsable de son enfermement, déclara le Serpentard d’une voix détachée.

La jeune femme hoqueta, examinant le visage impassible que Draco lui offrait de profil.

- Je ne vois pas ce que tu veux dire, répondit-elle d’une voix blanche.

- Au contraire, je crois que tu vois très bien ce que je veux dire, contra son camarade d’un ton doucereux en tournant la tête vers elle.

Ses pupilles grises se plantèrent dans celles d’Hermione et son rythme cardiaque s’emballa de nouveau.

- Pourquoi ? s’enquit-il.

Sa voix avait beau être anodine, les flammes noires qui commençaient à danser dans ses prunelles reflétaient une colère froide. Il devait penser que son acte avait quelque chose à voir avec sa mission.

- Tu te rappelles du pacte qu’on a passé ? demanda-t-elle en retour.

Draco haussa un sourcil.

- Que tu m’aiderais à pousser Blaise à sortir avec Tracey, précisa Hermione en omettant volontairement la contrepartie.

- Ah, ça…

Un sourire machiavélique se forma aussitôt sur les lèvres du Serpentard qui comprenait que cela n’avait rien avoir avec les secrets de la jeune femme.

- Et en échange tu me devras une faveur, si je me souviens bien, enchaîna-t-il au désespoir d’Hermione.

- Tu n’avais pas l’air très disposé à m’aider ce matin, alors je me suis débrouillée toute seule, avoua-t-elle pour changer de sujet. Je sais que c’est un fiasco, inutile de me le faire remarquer.

- Je trouve au contraire que c’est plutôt bien parti, la contredit Draco en s’approchant vers elle d’un pas.

Hermione leva un regard surpris sur le jeune homme.

- Il est en train de lui courir après, c’était le but, non ? explicita-t-il.

- S’il la tue, c’est assez contre-productif, tu ne penses pas ? opposa la Gryffondor de cœur.

- Ne t’inquiète pas pour ça, évinça le Serpentard en se rapprochant. Pour l’instant, ça avance correctement.

La jeune femme ne répondit rien, un brin sceptique. Draco vint se placer à côté d’elle.

- Et il n’y a pas que pour Blaise et Tracey que les choses avancent, chuchota-t-il à son oreille, les yeux brillants.

Une nouvelle fois, Hermione bloqua sa respiration pour empêcher les effluves du parfum de Draco de monter jusqu’à son esprit. Les mêmes symptômes que la dernière fois vinrent la persécuter, et elle se promit de chercher à la bibliothèque une raison scientifique à son problème, et surtout une solution ! Cela ne pouvait pas continuer comme cela ! Elle n’allait quand même pas se mettre à trembler comme un mouton devant le loup à chaque fois que son camarade l’approchait d’un peu trop près, c’était ridicule !

La tête du jeune homme se pencha en avant, et les lèvres du jeune homme vinrent dessiner le contour de son oreille avant de parcourir son visage, du front jusqu’au cou, tel un vent léger. Son souffle sur sa peau la fit s’embraser et ses lèvres frémirent au passage des siennes. Elles ne s’attardèrent toutefois pas, préférant aller se loger dans la gorge de la jeune femme. Hermione ferma les yeux, toute pensée sensée disparue de son esprit. Un premier baiser dans son cou déclencha un frisson le long de sa colonne vertébrale, suivit de plusieurs autres.

Elle était désormais appuyée le dos contre le mur, les mains de chaque côté de sa tête en une position inconsciemment sensuelle, et elle se mordait involontaire la lèvre inférieure. Ce ne fut qu’en rouvrant ses yeux devenus brillants qu’elle se rendit de la situation. D’un geste brusque, elle repoussa Draco loin d’elle qui lui adressa une expression étrange, mi-colérique d’avoir été interrompu et mi-amusé de la voir se débattre. Pas qu’elle s’agite physiquement, mais Hermione était en plein débat intérieur. En fait c’était plus qu’un débat, c’était un véritable conflit !

- Et bien, à plus tard, ma lionne, murmura le jeune homme avec un sourire narquois avant de s’en aller à d’autres occupations.

Et pour la troisième fois en deux jours, Hermione se sentit abandonnée en plein milieu du couloir. Pourquoi, ciel pourquoi est-ce que pour une fois elle ne pouvait pas, elle, le laissait en plan comme l'y avait encouragé Tracey ?
Chapitre 37 : Le duel des serpents by Realgya
Author's Notes:
Pas grand chose à dire à part que ce chapitre-ci n'est pas des plus longs. Bonne lecture !
Hermione se recouvrit de la cape d’invisibilité dès que Draco fut parti et sortit la carte du Maraudeur.

- Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises, chuchota-t-elle avec un coup de baguette.

Elle chercha anxieusement le petit point représentant Tracey et son regard finit par s’arrêter sur l’aile anciennement interdite du troisième étage où avait été gardée la pierre philosophale. Blaise était juste derrière elle, et il ne faisait aucun doute qu’il finirait par l’acculer. D’un coup de baguette, la jeune femme fit disparaître les inscriptions, rangea la carte et se dirigea à pas pressés vers les deux Serpentards, le cœur battant à tout rompre. S’il arrivait quoique ce soit à son amie, elle ne se le pardonnerait jamais.

Elle arriva à bout de souffle au bout du couloir et tout se corps se tendit d’appréhension en apercevant la silhouette de Blaise au bout du couloir faisant face à Tracey. Elle s’avança sur la pointe des pieds le plus silencieusement possible et se cala dans un coin, immobile et invisible.

- Je peux encore oublier que tu m’as fait traverser tout le château si tu me rends ma baguette maintenant, déclara Blaise d’une voix effrayante.

Hermione aperçut son amie frissonner mais elle ne broncha pas. Un courant électrique semblait passer entre leurs regards et les doigts de la Serpentarde étaient crispés sur les deux baguettes, l’une dans chaque main. Constatant que Tracey n’allait pas lui rendre son bien, Blaise avança d’un pas menaçant vers elle. La jeune femme brandit aussitôt les deux baguettes, lui interdisant de l’approcher plus. Sans se laisser démonter, son camarade la défia du regard de lui lancer un sort avant de tendre la main vers sa baguette.

De là où elle était, Hermione ne pouvait pas voir le regard de Blaise qui devait être des plus noirs mais pouvait observer à loisir les pupilles brillantes de Tracey.

- Je te la rends, à une condition, décida-t-elle en enlevant la baguette de la portée de Blaise juste avant qu’il ne s’en empare.

Le léger sourire sur les lèvres de la jeune fille fut comme un déclic pour la Gryffondor de cœur. Tracey avait beau être loyale en amitié, et courageuse en amour, elle restait une Serpentarde.

- Tu n’as rien à m’imposer, Davis, répondit froidement Blaise.

- Pourquoi tu m’appelles par mon nom ? demanda innocemment sa condisciple en faisant la moue.

- C’est toi qui a commencé je te rappelle, releva le jeune homme, visiblement agacé.

- C’est très mature comme argument, ça, se moqua Tracey.

- Parce que t’enfuir en me volant ma baguette, c’est mature peut-être ? répliqua Blaise.

- Non, je te l’accorde, concéda la jeune fille. Mais tu n’avais qu’à pas m’insulter. Est-ce que je te traite de prétentieux amoureux des sangs-purs et lèche-botte du vieux, moi ?

La tension qui émanait de Blaise était palpable. Tracey parlait-elle de Voldemort en faisant allusion au vieux ? Sans doute.

- J’ai un rang, j’ai un sang, déclara le jeune homme d’une voix contenant avec peine sa rage. Et je prendrai très mal que tu m’insultes. Et je ne crois pas que le Seigneur des Ténèbres apprécierait que tu le dénigres ainsi.

- C’est une menace ? brava la Serpentarde.

- Ma mère est issue de la noblesse et ne s’abaisserait jamais à ramper à ses pieds, je t’interdis d’oser prétendre le contraire, donc oui, c’est une menace. Elle n’est pas comme les parents de Draco, elle.

- Il paraît qu’il y a eu des incidents, avec les Malfoy à ce propos, s’assombrit Tracey.

- Le Seigneur cherchait certaines informations qu’il pensait trouver dans leur bibliothèque, et qu’il n’a pas dénichées, approuva Blaise. Il était dans une colère noire, et je crois que ses fidèles larbins ont pris de grands coups de Doloris.

- Ca explique la mauvaise humeur d’Alecto en cours, il était au manoir lors de cette fameuse colère, non ?

Hermione rangea toutes les informations dans un coin de sa tête. D’un coup, beaucoup de choses s’expliquaient. Finalement, cette conversation était des plus intéressantes.

- Exact, acquiesça Blaise. Je trouve que tu en sais un peu trop sur les mangemorts. Je croyais que tu n’y adhérais pas.

- Toi non plus à ce que je sache, contra la Serpentarde.

Un lourd silence s’installa. Hermione aurait volontiers parlé du passage d’un ange, mais dans le cas présent c’était plutôt le passage d’un démon.

- Je n’ai pas que ça à faire, figure-toi, lança soudain Blaise, exaspéré. Ma baguette !

- Ma condition ! rétorqua Tracey.

- Je parie que c’est un baiser, ricana le Serpentard. Toutes les filles en veulent. Je ne te savais pas aussi pitoyables que toutes les autres.

- Plutôt mourir que de t’embrasser, mon pauvre Blaise, éclata la jeune fille d’un rire amère.

Hermione détailla le visage de son amie. Elle ne put y déceler aucune preuve qu’en réalité, sa camarade était amoureuse du jeune homme et devait rêver de l’embrasser, bien qu’elle sache que c’était le cas. Tracey jouait la comédie à la perfection. Froide, adoptant une posture provocante, elle agita la baguette de Blaise sous le nez de son propriétaire.

- Je veux que tu portes mes affaires pendant toute une semaine, dit-elle.

- C’est… totalement ridicule, s’étonna le jeune homme.

- Non, c’est pratique, évinça Tracey. Une sang-mêlé qui a un sang-pur pour porteur, tu vois l’ironie ? fit-elle avec un sourire mauvais pour essayer de faire enrager son camarade.

Hermione nota que Blaise s’était crispé. Elle se rappela la discussion qu’elle avait eue avec Tracey et Pansy au début de l’année. Le Serpentard ne devait vraiment pas apprécier la situation.

- Je n’ai rien à t’accorder, Tracey, déclara-t-il d’une voix dure. Tu es mon inférieure, tout ce que tu pourras faire ne changera rien, et il serait temps que tu te résignes.

La jeune fille ne répondit pas, le visage figé, les lèvres tremblantes.

- Et maintenant, rends-moi ma baguette.

L’exigence retentit ; un silence s’ensuivit. Immobile, Tracey suivit des yeux Blaise s’avancer vers elle et récupérer sa baguette, défaisant les doigts de la jeune fille qui étaient crispés dessus. Elle le fixait sans expression, ne se défendait pas, ne cherchait pas à la garder. Immobile, elle se contentait de le regarder.

Blaise récupéra sa baguette, la pointa sur sa camarade. Hermione attrapa la sienne, prête à intervenir s’il tentait quoique ce soit, mais après un instant, le jeune homme finit par ranger son arme, à la surprise de la Gryffondor de cœur. Le regard dépourvu d’émotions de Tracey continuait de l’observer. Il tourna des talons, et s’éloigna d’une démarche qu’il devait vouloir aristocratique.

Hermione jeta un dernier regard à la statue qu’était Tracey avant de passer devant Blaise pour examiner son visage. Et à son expression tourmentée, elle comprit que les yeux vides de la jeune fille l’avaient touchés, même s’il refusait de le montrer, et l’avaient empêché de punir sa condisciple pour le vol et la tentative de chantage.



Quand Tracey revint dans la salle commune des Serpentards, Hermione remarqua avec dépit que son regard statufié ne l’avait pas quitté. Elle releva les yeux de son livre et la regarda traverser la pièce sans un mot pour quiconque avant de rejoindre son dortoir. Du coin de l’œil, elle nota que Blaise avait aussi observé Tracey, mais semblait s’en moquer. Elle ferma sa lecture, la prit sous le bras et monta dans le dortoir rejoindre son amie.

Elle la trouva assise sur son lit, les yeux dans le vague.

- Ca va ? s’enquit-elle en s’approchant timidement.

Tracey hocha la tête en silence.

- Tu veux en parler ? proposa la jeune femme.

- Ne t’en fais pas pour moi, fit son amie d’une voix lointaine. C’est juste le temps que je m’en remette. Je suis une Serpentarde, il en faut plus pour m’abattre.

Hermione acquiesça de la tête, et s’assit près d’elle. Observant le profil de son amie, elle sentit son cœur se serrer. Mais qu’avait-elle fait ?
Chapitre 38 : Le pari by Realgya
Author's Notes:
Coucou tout le monde !
Alors juste un petit avertissement, ceci doit être le plus long chapitre de la fic, si je ne me trompe pas, alors profitez-en bien :D J'ai failli le couper en deux, mais finalement... ben non ^^
Bonne lecture à tous !
Les jours passèrent, et Hermione voyait s’approcher de plus en plus la fin de son année scolaire au fur et à mesure que la quantité de vaccin pour le château diminuait. Combien de temps lui restait-il encore ? Une semaine ? Un peu plus quand même. Un petit pincement au cœur se fit sentir quand elle réalisa qu’elle devrait dire adieu à Tracey et les autres… mais sans leur dire. Peut-être qu’une fois revenue à son époque, ils l’accepteraient en tant qu’Hermione, et non plus en tant qu’Elinda.

A peine cette idée naquit-elle dans son esprit que la jeune femme la repoussa. C’était absurde ! Ils lui en voudraient de leur avoir menti, de leur avoir caché tout ça. Ils la détesteraient encore plus, si c’était possible. Il n’y avait pas d’avenir pour Elinda, elle devrait abandonner ce morceau de sa vie sur le chemin.

Prise d’une soudaine envie de réfléchir seule, elle attrapa une cape chaude car, bien que l’hiver soit passé, le vent soufflait fort au-dehors, et sortit de la salle commune. Quelques couloirs plus loin, elle aperçut Draco et une jeune fille aux cheveux d’un noir d’encre qui semblaient étrangement proches. En s’avançant, elle put mieux les distinguer et rougit soudain. Se jetant derrière la première armure du couloir pour ne pas être vue, elle se tordit les mains et se traita intérieurement d’idiote. Elle força son cœur qui commençait à s’emballer à se calmer, ainsi que la colère qui se déversait désormais dans ses veines.

Draco embrassait une fille. Une septième année de Poufsouffle avec qui Hermione avait autrefois cours : Megan Jones si elle ne se trompait pas. Juste après avoir formulé ainsi les choses, son cœur se contracta brusquement et une nouvelle bouffée de tristesse cette fois la prit à la gorge. Pourquoi réagissait-elle ainsi ? A chaque fois qu’elle était en présence de Draco, son cœur battait plus fort, ses mains se faisaient fébriles et elle sursautait pour un rien. Aucun des livres qu’elle n’avait parcouru à la bibliothèque ne lui avait apporté de solution correcte.

Elle n’avait pas osé en parler à Tracey, de peur qu’il s’agisse de symptômes liés à son retour dans le temps. Etait-ce parce que Draco connaissait son secret ? Mais dans ce cas, les mêmes effets devraient se faire sentir en présence du professeur Rogue, ce qui jusqu’à présent n’avait pas été le cas. Une hypothèse des moins plaisantes cependant était qu’elle était… « amoureuse ». Le simple fait d’y penser lui écorchait l’esprit quand elle se rappelait ses six premières années à Poudlard avec l’insupportable Serpentard.

Et ce qu’elle ressentait désormais, se pourrait-il que ce soit de la jalousie ? Cette tristesse qui vous fend le cœur et cette colère qui vous donne envie de tout détruire ? Non, ça ne devait pas être ça. Après tout, il n’y avait aucune raison pour qu’elle envie quoique ce soit à la Poufsouffle, elle ne la connaissait même pas, et n’était pas particulièrement jolie, bien que plus qu’elle, et encore. Sous l’apparence d’Elinda, Hermione ne pouvait se trouver moche. Non, elle n’avait rien à lui envié. Excepté peut-être que Draco était en train de l’embrasser, à elle.

- Tu sais que c’est sans suite.

Bien que chuchotés, mots parvinrent sans peine aux oreilles d’Hermione qui frissonna.

- Bien sûr, le contraire m’aurait plus qu’étonné, répondit une voix fluette que la jeune femme identifia comme étant celle de la Poufsouffle. C’était sympa, mais je ne veux pas plus, et toi non plus.

- Content de voir que nous sommes d’accord, enchaîna Draco.

Des bruits de pas résonnèrent, et Hermione se plaqua contre l’armure. Quelques secondes plus tard, le jeune homme dépassait sa cachette sans la voir pour rejoindre la salle commune des Serpentards. La Gryffondor de cœur attendit qu’il soit complètement parti avant de courir au-dehors. Elle avait besoin d’air.



Hermione ne ralentit sa course qu’une fois arrivée au lac. Elle se laissa tomber dans l’herbe en regardant la surface scintillante. Le soleil commençait à se coucher, elle devrait bientôt rentrer. Harry et Ron lui manquaient, étrangement de la même façon pour chacun. Elle aurait voulu que ses amis soient là. La forêt interdite semblait plus menaçante que jamais alors que les ombres des arbres s’allongeaient.

- Tiens Elinda, qu’est-ce que tu fais là ?

La jeune femme sursauta avant de se retourner. Elle leva la tête vers les trois personnes qui la regardaient avant de reprendre sa contemplation du lac sans répondre. C’étaient juste Blaise, Daphné et Pansy.

- Ca n’a pas l’air d’aller, lui fit remarquer cette dernière. J’espère que tu n’as pas soudain eu envie de te noyer.

Elle rit alors que Daphné s’asseyait à côté d’Hermione.

- Tu n’es pas avec Tracey ou Draco ? tenta-t-elle.

- Vous non plus à ce que je vois, commenta laconiquement la jeune femme.

Daphné choisit ses mots avant de répondre alors que les deux Serpentards encore debout se laissaient tomber dans l’herbe également.

- Disons que Blaise et elle ont eu un… différent récemment, et qu’ils ne se sont toujours pas réconciliés, exposa-t-elle.

- Ah d’accord, poursuivit Hermione avec ironie. C’est pour ça que depuis des jours elle ressemble à un mort vivant, je suis tout de suite rassurée.

Du coin de l’œil, elle aperçut Daphné et Pansy échanger un regard étonné.

- Tu trouves que Tracey ressemble à un mort-vivant ? questionna Pansy.

- Je ne sais pas, haussa les épaules Hermione. Elle est toute pâle, ne mange quasiment pas, et a raté son dernier devoir de sortilèges alors qu’elle est l’une des meilleurs dans cette matière, mais après je me fais peut-être des idées. Après tout, je suis peut-être la seule à croire voir un éclat terne dans ses yeux, des gestes tremblants bien qu’ils paraissent assurés, un sourire fade bien que toujours présent, et des piques envers les autres moins acides bien que toujours nombreuses.

Un silence suivit ses paroles, durant lequel aucun des trois autres ne dit mot. Hermione resserra sa cape autour d’elle alors que le vent se faisait plus froid, plus mordant. En jetant un regard discret à Blaise, elle ne put voir que son visage impassible, mais aurait juré à son regard perdu qu’il se savait concerné.

Daphné, qui était la plus proche de lui, lui administra une claque derrière la tête sans prévenir et lui jeta un regard noir.

- Et bien bravo ! Je ne sais pas ce que tu lui as fait ou dit, mais t’as intérêt à aller t’excuser.

Blaise tourna vers elle un visage interrogateur et contrarié.

- Si Elinda, qui est la meilleure amie de Tracey, a remarqué tous ses détails, ose seulement venir les remettre en cause, et prétendre que ce n’est pas ta faute, le défia Daphné.

Le Serpentard garda le silence et détourna la tête non sans l’avoir auparavant foudroyé des yeux. De l’autre côté d’Hermione, Pansy approuvait d’un hochement de tête.

- Mêlez-vous de vos affaires, fit Blaise d’un ton dur.

- Si Tracey va mal, ce sont nos affaires, contra Hermione.

Le jeune homme lui adressa un regard étonné.

- Depuis quand chez les Serpentards se soucie-t-on des autres ? demanda-t-il d’une voix hautaine.

Hermione serra les points sans qu’aucune des deux filles à ses côtés n’interviennent. La Gryffondor de cœur savait qu’elles partageaient l’avis de Blaise, et qu’à sa place elles auraient gardé le silence et se seraient retiré de l’affaire. Elles appréciaient Tracey, mais ne se mouilleraient pas plus que le minimum pour arranger les choses. Leur instinct de survie avant tout, elles ne voulaient certainement pas se froisser avec Blaise.

Hermione se leva, le toisa du regard et fit demi-tour vers le château.

- Elinda ! la rappela le Serpentard.

- Désolée Zabini, mais je n’ai pas pour habitude de discuter avec des idiots finis, trancha la voix d’Hermione en réponse.

Elle ne se retourna pas, mais pouvait sans mal imaginer l’air étonné peint sur les visages des trois autres. Elle parlait comme Hermione de Gryffondor, et non pas comme Elinda de Serpentard. Avec un soupir de lassitude, elle pénétra dans le hall et jeta un coup d’œil aux quatre sabliers qui décomptaient les points. Si les pierres rouges étaient presque inexistantes, le sablier de Serpentard était rempli plus de moitié, des éclats verts miroitant sur ses parois.



Hermione se glissa dans la salle commune qu’un vif débat semblait animer. Près de l’âtre du feu, un petit groupe de verts et argents étaient rassemblés autour de Draco qui élevait la voix pour se faire entendre. La Gryffondor de cœur s’avança, poussée par la curiosité.

- Puisque je vous dis que je l’ai embrassé, entendit-elle Draco soupirer.

- Je suis sûr que tu mens, répliqua Crabbe. Allez, admets-le que tu as perdu ton pari. Ton temps imparti est écoulé, tu me dois une dizaine de sacs de chocogrenouilles.

- Et à moi un baiser d’Elinda, renchérit un autre.

Hermione se crispa, redoutant de deviner de quoi ils parlaient.

- Ca suffit, puisque je vous dis que c’est fait, s’énerva le blond. Tu peux toujours ramper Vincent, tu n’auras pas la moindre friandise de ma part.

Un deuxième année se retourna en riant et manqua de s’étouffer en croisant le regard chargé de colère de la Gryffondor de cœur. Alors qu’il allait filer, elle le rattrapa par un pan de sa robe.

- C’est quoi ce pari ? demanda-t-elle d’un ton sec.

- Je te le dis si tu me lâches, négocia le Serpentard.

- Pour que tu puisses filer ? Réponds d’abord, exigea Hermione après avoir failli le libérer avant de se rappeler à quelle maison elle avait à faire.

L’élève soupira mais s’exécuta.

- Draco a parié contre Crabbe et Harper qu’il arriverait à embrasser Jones en moins de trois heures, expliqua-t-il. S’il réussissait, les deux autres devraient l’appeler « maître » jusqu’à la fin de la semaine.

- Et s’il perdait ?

Le Serpentard lui jeta un regard blasé avant de répondre.

- Harper voulait qu’il les autorise à t’embrasser, mais Crabbe disait qu’il préférait mourir plutôt que cela. Du coup il a réclamé des chocogrenouilles à la place.

Hermione serra les mâchoires et le relâcha. L’élève remit en place sa cravate avec un air hautain avant de s’éloigner rapidement. La Gryffondor de cœur pivota et se fraya un chemin jusqu’au centre du regroupement où Crabbe, Harper et Draco se disputaient encore. D’un mouvement vif, elle claqua ce dernier, faisant tomber un silence de mort sur l’assemblée. Le blond la dévisagea avec des yeux ronds avant qu’un éclat de colère ne passe dans ses prunelles. La jeune femme serra ses doigts autour de sa baguette, bien que toujours dans sa poche.

- Je ne suis pas un objet, et je ne permettrai à une bande de petits arrogants de m’établir comme prix, déclara-t-elle.

Elle détourna les yeux des pupilles de Draco pour les planter dans ceux de Crabbe.

- Je confirme, il l’a embrassée, lâcha-t-elle en essayant de contenir sa colère, dégoutée qu’ils aient pu parier une telle chose.

- Et pourquoi te croirait-on, d’abord ? jeta dédaigneusement Crabbe. Après tout, ça t’arrange bien Draco gagne.

- Qu’il gagne ou pas Crabbe, nul n’ici n’obtiendra un seul baiser de moi. Et si jamais, ajouta-t-elle, il prenait à l’un de vous l’envie d’essayer, je lui garantis un tel traitement qu’il le regrettera jusqu’à la fin de sa vie.

Elle traversa l’attroupement de Serpentards d’un pas vif, crispée. La voix d’Harper la rappela.

- Eli…

Avant qu’il n’ait pu finir, Hermione s’était retournée et lui avait envoyé un expelliarmus informulé qui lui fit traverser toute la salle commune avant qu’il n’aille s’écraser contre le mur. Sachant qu’elle avait dosé sa force pour qu’il ne se retrouve pas à l’infirmerie, elle rejoignit les marches vivement et les monta deux par deux sans se retourner.

Sitôt dans son dortoir, Hermione se laissa tomber sur son lit avec un soupir et passa une main sur son front, épongeant un mince filet de sueur qui y était apparu. Peu de temps après, Tracey l’avait rejointe et s’asseyait près d’elle, un sourire sur les lèvres.

- Jolie droite, tu vois quand tu veux.

La Gryffondor de cœur ferma les yeux, satisfaite. Pour une fois elle ne s’était pas laissée faire, comme l’y avait encouragé son amie. Elle n’avait plus qu’à prier pour qu’au matin, elle n’ait pas la mauvaise surprise de constater que Draco l’avait dénoncée.
End Notes:
Petite note à ceux qui lisent mes différents fics: je suppose que vous l'aurez remarqué, après ma période "méchant Draco", voici ma période "claque facile" xD Du coup, désolée si vous avez l'impression de lire la même chose, j'ai encore un peu de mal avec ce genre de problèmes...
Chapitre 39 : La cape d'invisibilité by Realgya
Author's Notes:
Coucou !
Et de nouveau un très long chapitre, peut-être plus que le précédent ! Vous avez intérêt d'être contents, hein ? xD
Allez, bonne lecture ! N'oubliez pas de me dire ce que vous en avez pensé, ça me ferait super plaisir :)
Droite, gauche… Hermione poussa un soupir en apercevant enfin les marches menant à la tour d’astronomie. Dissimulée sous la cape de son ami, sa petite dose de vaccin à la poche, elle monta silencieusement les escaliers. Elle avait fini par arrêter de prendre la carte du Maraudeur avec elle, n’en ayant jamais vraiment besoin grâce à la cape. Une fois en haut, elle injecta le produit entre deux murs mais ne redescendit pas tout de suite, goûtant l’air frais qui balayait l’endroit. Elle s’approcha du bord et jeta un coup d’œil en contrebas. Le parc était plongé dans la nuit ; pas même l’habituelle lueur venant de chez Hagrid ne l’éclairait.

Elle poussa un léger soupir, et se décida à retourner se coucher, s’arrachant sans regret à la sombre vue. La fin de l’année approchait, et avec elle la bataille finale. La mort était en marche, elle ne pouvait rien faire. Dans l’obscurité la plus totale, elle descendit précautionneusement, redoutant de glisser et de se rompre le cou. Enfin son pied se posa sur la dernière marche et elle s’avança dans le couloir désert.

En baissant les yeux, elle s’aperçut soudainement que ses pieds n’étaient plus masqués par la cape, et que celle-ci la masquait de moins en moins, remontant de plus en plus. Elle se figea un instant, une grimace d’horreur peinte sur le visage, avant de se retourner vivement et de s’apercevoir que Draco tirait nonchalamment la cape à lui, un petit sourire narquois sur les lèvres. Ce désert n’était finalement pas si désert que cela.

A peine eut-il fini de la découvrir qu’elle sortit sa baguette et la pointa sur le visage du Serpentard en même temps que ce dernier brandissait la sienne. Ils se toisèrent un moment en silence, les yeux d’Hermione lançant des éclairs.

- Potter t’a gentiment prêté sa cape ? railla tout bas le jeune homme au bout d’un moment en désignant l’étoffe.

- Rends-la-moi Draco, tu n’as rien à faire ici, répliqua Hermione.

Son interlocuteur haussa un sourcil.

- Je suis préfet-en-chef, lui rappela-t-il.

- Ce n’est pas ton tour de ronde ce soir, contra la jeune femme.

- Et toi, tu as quelque chose à faire ici peut-être ? attaqua Draco.

Hermione grimaça et tendit la main vers la cape. Le Serpentard recula pour se mettre hors de sa portée.

- Comment as-tu su que j’étais là ? demanda soudain la Gryffondor de cœur.

- Le tableau s’est ouvert tout seul, et ensuite j’ai suivi tes bruits de pas, répondit Draco avec nonchalance. J’ai tout de suite compris que le Balafré t’avait prêté sa cape.

- S’il te plaît, pourrais-tu me la rendre ? s’énerva la jeune femme.

Un mince sourire s’étira sur les lèvres de son interlocuteur.

- S’il me plaît ? Mais s’il ne me plaît pas ? Franchement, quelle raison aurais-je de te rendre cette fichue cape au lieu de courir te dénoncer ?

- Cela fait combien de fois depuis le début que tu me menaces de cela, j’ai arrêté de compter, rétorqua Hermione en montrant qu’elle n’était pas du tout affectée par son discours. Rends-la-moi maintenant, ça suffit.

- Tu troques la formule de politesse pour me donner des ordres, releva Draco. Mais n’imagine même pas une seule seconde que cela va suffire. Dois-je te rappeler ce qu’il s’est passé pas plus tard qu’il y a quelques heures, avant que la salle commune ne se vide ?

- Avant d’aller se coucher ? Non je ne vois pas, désolée, mentit Hermione en s’avançant pour essayer de récupérer l’étoffe.

Le jeune homme fit plusieurs pas en arrière et leva le bras. La Gryffondor de cœur, plus petite, même en se hissant sur la pointe des pieds n’arriva pas à l’attraper, son visage à quelques centimètres de celui de Draco bien qu’elle ne regarde que la cape, évitant soigneusement les deux pupilles d’acier qui fixaient son visage.

- Tu as osé me gifler, et en public, lâcha le Serpentard, acide, alors que sa mâchoire se contractait.

Hermione serra les dents à son tour et laissa tomber le bras qui essayait de se saisir du bien d’Harry.

- Et alors ? Ce n’est pas la première fois, et ce ne sera sans doute pas la dernière si tu continues de te comporter comme un crétin insupportable. Je ne suis pas un objet Malfoy, ajouta-t-elle en le voyant ouvrir la bouche.

- Je crois que je l’avais compris, siffla-t-il en vrillant ses yeux dans les siens.

Il s'apprêtait à continuer mais de bruyants claquements de chaussures dans un couloir adjacent les firent pâlir tout deux. Se concertant du regard, ils abandonnèrent leur querelle pour se ruer dans la salle de classe la plus proche dont la porte s’avéra être, à leur grand dam, verrouillée. Hermione agita sa baguette en un alohomora informulé mais la serrure ne bougea pas. Un frisson glacé se répandit dans son dos alors que les pas se rapprochaient.

Draco l’attrapa par le poignet et courut dans la direction opposée à l’arrivant. Ils tournèrent plusieurs fois dans les couloirs, mais les pas dans leur dos ne cessaient pas, continuant à venir vers eux.

- On n’arrivera pas à le semer… murmura Hermione, plus pour elle-même que pour son compagnon d’infortune.

Ce dernier la tira à un nouveau croisement pour éviter de rencontrer le fantôme du baron sanglant qu’il avait aperçu non loin et accéléra l’allure. La jeune femme était à bout de souffle et avait de plus en plus de mal à suivre son rythme. Un miaulement les fit stopper tous deux et c’est avec horreur qu’ils découvrirent Miss Teigne juste devant eux. De nouveau Hermione essaya vainement un alohomora silencieux sur la porte de salle la plus proche et frappa du pied le sol de frustration.

- Ma pauvre petite Miss-je-sais-tout qui n’arrive pas à déverrouiller une porte, se moqua Draco dans un chuchotement derrière elle.

La jeune femme lui retourna un regard furieux alors qu’il la dépassait et tapotait la serrure de sa baguette. La porte s’ouvrit sans problème et il se précipita dans la salle de classe, refermant le battant en laissant juste le temps à la Gryffondor de cœur de s’engouffrer dans la pièce à son tour. Profitant de son inattention, elle lui arracha la cape des mains et se rua dans un coin de la salle. Cette dernière ne possédait malheureusement qu’une seule sortie, et c’était celle par laquelle ils étaient entrés.

Elle essaya fébrilement d’étendre la cape sur elle, guettant le moindre bruit venant du couloir où Miss Teigne avait commencé à griffer le bas de la porte. Elle fut soudain happée par Draco et dut plaquer les bras le long de son corps alors qu’il les recouvrait tous deux. Afin que l’étoffe les couvre entièrement, elle se serra contre son torse et retint sa respiration alors que le parfum du jeune homme commençait à brouiller ses sens. Le contact de ses mains dans son dos la fit frémir et sa tête posée dans ses cheveux la mettait mal à l’aise. Au moins avait-elle une jolie chevelure sous l’apparence d’Elinda et non pas sa tignasse emmêlée habituelle dont le Serpentard prenait grand plaisir à se moquer.

Il recula jusqu’au coin de la pièce, le plus loin possible de la porte, la soulevant presque de terre. Des voix retentirent depuis le couloir et les deux jeunes gens se raidirent, en proie à l’immobilité des statues.

- Mais voici le cracmol de concierge, lança une voix dédaigneuse féminine. Je parierai beaucoup que les élèves que je poursuivais ont du passer sous votre nez sans que vous ne les voyiez, incompétent que vous êtes.

Un grognement étouffé s’ensuivit avant que Rusard ne prenne à son tour la parole.

- Si vous le permettez, ma chatte grattant à la porte, je parierai plutôt qu’ils se sont réfugiés dans cette salle de cours.

- Nous allons vite voir ça, répondit dédaigneusement celle qu’Hermione avait identifié comme étant Alecto Carrow.

La porte s’ouvrit et Hermione décala un tout petit peu la tête pour l’apercevoir, sa vue étant caché par le corps de Draco pressé contre elle. La mangemorte inspecta la salle de ses petits yeux perçants alors que Miss Teigne commençait à faire le tour des tables. La respiration d’Hermione s’accéléra quand elle se rappela qu’Harry, Ron et elle n’avaient jamais réussi à savoir si oui ou non la chatte pouvait les voir à travers la cape d’invisibilité.

- Il n’y a personne, fit clairement la femme de sa voix méprisante en toisant le concierge.

- Si j’étais vous, j’aurai trouvé plus romantique comme lieu de rendez-vous que cette salle de classe, mais chacun ses goûts après tout, retentit soudain la voix caractéristique du professeur Rogue.

Hermione essaya avec peine de cacher son soulagement à Draco. Le maître des cachots comprendrait vite qu’elle était présente sous la cape et enverrait Carrow et Rusard se promener ailleurs. Le seul souci, qui fit subitement redoubler son appréhension, c’est qu’elle allait avoir droit à un savon pire que la dernière fois quand il la convoquerait par la suite.

- N’imagine même pas que je puisse me salir avec un cracmol, s’exclama furieusement la Mangemorte. J’ai entendu des élèves, et je suis persuadée que cet abruti les a laissé filer.

Le concierge ne répondit pas mais Hermione put distinguer sa grimace. Rogue s’avança un peu dans la salle, permettant à la jeune femme de le voir, et balaya la pièce du regard. Elle eut l’impression qu’ils s’étaient arrêtés un instant sur l’endroit où Draco et elle étaient réfugiés avant de se reporter sur ses deux interlocuteurs. Le souffle chaud du Serpentard sur son visage lui rappelait à tout instant sa présence bien trop proche et elle pouvait entendre son cœur battre sous sa poitrine. Confuse, Hermione essaya de se re-concentrer sur l’échange entre les trois adultes, tentant difficilement d’occulter Draco de ses pensées.

- Vous voyez bien que la salle est vide, fit-il froidement. Vous êtes sûrs de ne pas les avoir imaginés, ces élèves ?

- Tu remets ma parole en doute ? s’offusqua Carrow. Je suis persuadée d’avoir entendu des élèves parler.

- Il faudrait que ce soient de sacrés imbéciles pour discuter dans les couloirs après le couvre-feu au risque de se faire attraper, rétorqua froidement Rogue, ses yeux brillant soudain de colère.

Il devait venir de comprendre qu’Hermione n’était pas seule. Cela lui fit redouter d’autant plus sa prochaine conversation avec le directeur alors qu’elle admettait à contrecœur être effectivement une imbécile.

Carrow sortit de la pièce d’un pas vif, fulminant tout haut contre le monde entier. Rusard appela Miss Teigne et ne tarda pas à la suivre, laissant Rogue sortir en premier. Celui-ci jeta un dernier regard noir dans la salle, adressé sans aucun doute à Hermione bien qu’il ignore où elle se trouve, avant de s’en aller. Les bruits de pas s’éloignèrent, et les deux jeunes gens se permirent enfin de s’écarter l’un de l’autre et de reprendre une respiration normale.

- Comment as-tu ouvert la porte ? demanda Hermione pour briser le silence gênant qui commençait à s’installer, aucun des deux n’ôtant la cape d’invisibilité.

Le jeune homme lui adressa un sourire narquois.

- Ca t’énerve de ne pas savoir, n’est-ce pas ?

- C’est toi qui m’énerve, lâcha la jeune femme avec agacement en voulant s’éloigner de lui, mais coincée entre les deux murs dans son dos et son corps devant.

Elle serra les poings en se souvenant de comment il l’avait appelée. « Ma pauvre petite Miss-je-sais-tout ». D’une part elle détestait ce surnom, et de l’autre elle détestait le possessif.

- D’ailleurs, au risque de me répéter, fit-elle en plantant ses yeux furibonds dans les siens, je ne suis pas un objet, et je t’appartiens encore moins. Alors le « ma », tu oublies.

- Pourquoi, moi j’aime bien ? protesta Draco en adoptant le visage d’un enfant de cinq ans en train de bouder.

Hermione allait rétorquer quand il attrapa une de ses mèches de cheveux et l’entortilla autour de son doigt. Quand il la lâcha, le cheveu reprit se forme bien lisse, bien raide. Draco maugréa tout bas.

- Préfère les boucles, crut-elle l’entendre prononcer avant qu’il ne se découvre de la cape et ne marche vers la porte.

Il allait poser la main sur la poignée qu’il changea soudain d’avis et fit demi-tour vers Hermione.

- Que…

La jeune femme fut brusquement coupée dans sa phrase et se sentit soulevée de terre alors que le Serpentard passait un bras sous ses genoux et un autre dans son dos.

- Repose-moi à terre tout de suite ! s’exclama-t-elle.

- Tu tiens vraiment à ce que Rusard, Carrow et Rogue reviennent ? la réprimanda Draco.

- Repose-moi à terre tout de suite, répéta en chuchotant Hermione sans se démonter.

Au lieu de cela, le jeune homme se dirigea vers la sortie.

- C’est quand tu veux pour la cape, lui fit-il remarquer.

- On peut très bien marcher côte à côté, parlementa la Gryffondor de cœur en comprenant qu’il n’avait pas l’intention de la reposer.

- Je préfère comme ça, se moqua Draco.

Hermione maugréa pour la forme mais fit passer la cape par-dessus la tête du jeune homme et vérifia qu’elle les couvrait bien entièrement. Au fond, elle était plutôt bien installée dans ses bras, confortablement blottie contre son torse. Elle grimaça d’horreur à cette pensée, mais finit par se résigner, et admettre qu’elle était bien contente d’être portée. Mais pas parce qu’elle était près de lui et qu’elle avait l’impression qu’il prenait soin d’elle, mais parce qu’elle n’avait pas à se fatiguer à marcher. Ne confondons pas tout, n’est-ce pas ?
Chapitre 40 : Adieu by Realgya
Author's Notes:
*arrive sur la pointe des pieds, poste son chapitre et repart aussi discrètement que possible...* "tant de retard se pardonne-t-il ?"
Hermione gardait les yeux fixés sur ses pieds, leur trouvant soudainement beaucoup d’intérêt. Elle pouvait sentir braqué sur elle le regard froid et contrarié de son ancien professeur de potions, et était on ne pouvait plus mal à l’aise. Comme elle s’y attendait, le directeur n’avait pas tardé avant de la convoquer pour exiger des explications au sujet de l’incident de la veille. Elle l’entendit inspirer profondément, et se douta qu’il devait conserver avec difficultés son sang-froid.

- Avez-vous déjà entendu parler de la pendaison, Miss ? déclara-t-il d’une voix glaciale. Ou bien tout simplement de l’avada kedavra ?

Hermione préféra garder le silence, considérant la question de Rogue comme rhétorique.

- Il s’agit de deux manières parmi de nombreuses autres de se suicider. L’avantage par rapport à la méthode que nous pourrons nommer « je me balade dans les couloirs la nuit en criant pour attirer l’attention des mangemorts alors que je suis là pour le compte de l’ordre », c’est que vous êtes la seule à mourir, au lieu de menacer la survie de vos connaissances.

La jeune femme tortilla ses mains, le rouge lui montant progressivement aux joues. Encore une fois, elle avait mis Rogue dans une position délicate. Si elle était soumise à la legilimencie, il ne faudrait pas beaucoup de temps pour qu’on découvre, non seulement qu’elle provenait du futur, mais aussi que le directeur la protégeait.

- Vous avez quelque chose à dire ? demanda le directeur, la défiant de commenter ses paroles précédentes.

Hermione trouva néanmoins assez de courage pour ouvrir la bouche, bien que le ton de Rogue l’en dissuada et qu’elle garda la tête piteusement baissée.

- Dans moins d’une semaine je m’en irai, ma mission à Poudlard sera achevée, et je ne vous causerai plus de souci, lui annonça-t-elle d’une petite voix.

Son professeur garda d’abord le silence, et la Gryffondor de cœur attendit avec angoisse qu’il se mette en colère.

- Je ne vous cacherai pas que ça me fera des vacances, déclara-t-il, sans pourtant aucun soulagement dans la voix. Il ne serait pas judicieux que je vous convoque à nouveau avant votre départ, cela attirerait les soupçons.

La jeune femme opina de la tête et releva les yeux sur lui. Il se tenait droit comme un piquet, derrière le bureau, et il sembla un instant à Hermione apercevoir de l’indécision dans son regard.

- C’est donc la dernière fois que nous nous voyons, si mes déductions sont exactes.

La gorge d’Hermione s’assécha tout à coup et son ventre se noua. Oui, les déductions de Rogue étaient exactes. C’était la dernière fois qu’ils se parlaient, car durant la dernière semaine qui restait, chacun devrait jouer son rôle à la perfection et plus aucun échange ne serait possible entre eux. C’était la dernière fois, car ensuite, Rogue allait mourir.

Cette pensée fit monter les larmes aux yeux de la jeune femme qui les maintint cependant, leur interdisant formellement de couler. Elle devait se montrer forte. Rogue dut cependant remarquer que son regard était embué car il agita la tête avec agacement.

- Pas de cela Miss Granger, vous avez une mission à mener à bien, ne l'oubliez pas, lui rappela-t-il.

Elle hocha la tête derechef, les poings crispés sur ses genoux.

- Vous pouvez prendre congé, déclara-t-il en s’asseyant à son bureau et en y attrapant une liasse de parchemin pour s’y plonger.

Hermione se leva, les jambes tremblantes, et observa une dernière fois son professeur en tant que membre de l’ordre. Après, elle n’aurait plus le droit de le voir seulement comme un mangemort, pour jouer la comédie. Ses cheveux toujours aussi gras tombaient sur son visage, ses sourcils étaient froncés au-dessus de son nez crochu et de ses yeux perçants qui parcouraient sa lecture.

- Professeur Rogue ? appela-t-elle doucement.

Il releva la tête avec agacement.

- Vous êtes encore là ? remarqua-t-il sèchement.

- Merci, souffla Hermione.

Il la détailla un instant silencieusement, réfléchissant, avant de la saluer lentement de la tête. La Gryffondor de cœur lui rendit vivement sa salutation et fit demi-tour jusqu’à la porte du bureau.

- Bonne chance à vous, Miss Granger, crut-elle cependant entendre alors qu’elle refermait le battant derrière elle.



En traversant le hall, elle aperçut Tracey et Blaise en grande conversation à côté des quatre sabliers aux couleurs des maisons de l’école. Serpentard était bien entendu en tête, et si quelques pierres bleues et jaunes étaient comptabilisées pour les Poufsouffle et Serdaigle, il n’y avait strictement aucun rubis pour les Gryffondor. Etrangement, cela ne surprenait pas Hermione. Par contre, elle s’inquiéta soudain de ce que pouvaient se dire ses deux amis, et croisa les doigts pour que cela se passe bien.

- Arrête de te faire du souci pour eux, lui intima la voix de Draco dans son dos.

Elle se retourna en sursautant, ce qui tira un sourire narquois au Serpentard, ravi de l’avoir surprise.

- Et pourquoi cela ? s’enquit-elle.

- J’ai pris les choses en main en forçant Blaise à aller parler à Tracey, et comme tu peux le voir pour l’instant tout se passe bien.

- Depuis quand est-ce que tu joues à Cupidon ? s’étonna Hermione.

- A quoi ? demanda Draco.

- Laisse tomber, c’est de la mythologie moldue. Je voulais juste savoir pourquoi tu essayais d’arranger les choses entre eux.

Le jeune homme lui lança un regard dédaigneux à la mention du mot « moldue » mais ne lui laissa pas le temps de s’en offusquer.

- Dois-je te rappeler le petit contrat que tu m’as toi-même proposé ? questionna-t-il.

Il fallut quelques secondes à Hermione avant de s’en rappeler, tant son esprit était encore encombré à penser à Rogue, le polynectar, l’antidote et la fin prochaine de sa mission. Un éclair de compréhension traversa soudain son regard.

- Oh ! s’exclama-t-elle stupidement.

Draco ricana.

- Je suppose que tu as trouvé une faveur à me demander, fronça-t-elle les sourcils, en proie au doute.

- Exactement, lui sourit le jeune homme.

- Et qui est ?

- Si Blaise et Tracey se mettent ensemble, je veux que tu m’embrasses.

Hermione ouvrit de grands yeux ronds, persuadée qu’il se moquait d’elle. Mais malgré la lueur amusée dans ses yeux, elle comprit qu’il était on ne pouvait plus sérieux. Aussi s’apprêtait-elle à le traiter de fou avant de juger que sa requête n’était pas si étonnante que cela, après que lui-même l’aie embrassée à plusieurs reprises. Ce souvenir la fit danser inconsciemment d’un pied sur l’autre alors qu’elle réfléchissait à toute vitesse. Elle devait sans doute s’estimer chanceuse qu’il ne lui demande rien de pire.

- D’habitude tu n’as pas besoin d’un marché pour cela, lui fit-elle remarquer.

- Je crois que tu n’as pas très bien compris la différence, susurra Draco en se rapprochant d’elle, ses yeux pétillant subitement de malice alors que son sourire s’élargissait. Bien entendu, cela ne m’étonne pas qu’elle soit trop subtile pour que tu la relèves.

Hermione releva la tête au lieu de l’insulte et l’encouragea du regard à expliquer le fond de sa pensée.

- Je ne veux pas t’embrasser, je veux que tu m’embrasses, exposa-t-il en insistant bien sur le « tu », un air jubilatoire peint sur son visage.

La jeune femme frissonna en le sentant si proche et recula d’un pas ou deux, saisissant subitement la nuance. Tout d’un coup, elle n’était plus sûre de vouloir que Tracey et Blaise se mettent ensemble. Elle rejeta cependant très vite cette pensée. Elle avait tout fait pour que ce soit le cas, voulait le bonheur de son amie et, plus que tout, c’était elle-même qui avait lancé ce marché stupide, il lui fallait assumer. Aussi, avec un soupir de résignation, elle acquiesça, en songeant néanmoins que si Blaise et Tracey ne sortaient pas ensemble d’ici la fin de la semaine, Draco allait se mettre en colère de la voir se volatiliser.

- Ah, et il y a une petite condition en plus, ajouta-t-il.

- Ne t’inquiète pas, je me serai lavée les dents avant, répondit-elle très rapidement.

- Ce n’est pas ça, mais je préfère oui.

Hermione s’agita devant son regard, n’ayant absolument pas confiance en lui. Cette condition l’inquiétait, et lui prenait un malin plaisir à ne pas l’énoncer tout de suite, s’amusant de sa nervosité. Une ribambelle d’idées toutes plus atroces les unes que les autres passa dans sa tête au sujet de cette fameuse condition. Il s’approcha d’elle, et effleura sa joue du bout des doigts.

La jeune femme frissonna à ce contact, et se tendit quand la bouche de Draco s’approcha d’elle. Il souffla dans son cou, avant de remonter jusqu’à son oreille.

- Je veux un baiser de ma petite Miss-Je-Sais-Tout, pas de la gentille Elinda qui joue la comédie.

Les yeux de la Gryffondor de cœur s’agrandirent puis se fermèrent alors que les lèvres du jeune homme se posaient dans sur la peau de sa gorge. Elle ne s’attendait pas à ce qu’il veuille qu’elle l’embrasse sous sa véritable apparence. Elle le repoussa, l’empêchant de s’attarder davantage sur elle, et devint cramoisie en repérant les regards complices que Blaise et Tracey échangeaient en les regardant. Ils avaient apparemment cessé leur discussion, préférant les observer tous deux.

- On vous a déjà dit que les lieux publics n’étaient pas appropriés pour ce genre de distractions ? lança Blaise avec ironie, faisant rougir Hermione encore plus si c’était possible.

- Tu vois, ils ne se crient plus dessus et nous trouvent tous deux pathétiques de nous montrer, et en même temps Blaise est content pour moi et Tracey pour toi, murmura Draco de sa voix traînante, de sorte que seule la Gryffondor de cœur puisse l’entendre. J’ai déjà réussi à mettre fin à leur discussion orageuse et les unir dans le même cas. Alors prépare-toi, parce que ce baiser est pour bientôt. Tu pourras te servir de ton coussin pour t’entraîner.

Hermione foudroya le Serpentard du regard. Elle pensa après coup qu’elle aurait pu essayer de le rendre jaloux, en disant préférer s’entraîner sur quelqu’un en particulier. Mais elle ne voyait pas quel cobaye aurait pu servir à sa répartie, trouvait cette dernière plus que puérile et beaucoup trop provocatrice, ce qui l’aurait de toute manière empêché de la prononcer. Cependant la question lui trotta dans la tête. Draco tenait-il assez à elle pour être jaloux ? Elle secoua la tête avec vigueur. Si elle commençait à penser comme Lavande et Pavarti, elle était mal partie. Et de toute manière, qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire, que Draco soit enclin ou non à la jalousie ?
Chapitre 41 : Fuite by Realgya
Author's Notes:
Coucou !
Je n'ai pas grand chose à dire, à part que je suis vraiment une très méchante auteure à vous faire languir autant entre chaque chapitre :( *se tape en répétant "méchante Realgya, méchante" à l'aide d'une lampe de chevet*
En compensation, voici un chapitre plein d'actions ! J'espère qu'il vous plaira :)
Bonne lecture !
Hermione se regarda dans le miroir, repassant le dialogue qu’elle avait eu avec Draco dans sa tête. Elle doutait sérieusement de la manière dont ce dernier pouvait rafistoler les choses entre Tracey et Blaise, alors qu’elle-même avait échoué. Elle était quand même meilleure élève que lui, non ?

Avec un soupir de découragement la jeune femme sortit de la salle de bain et alla se laisser tomber sur son lit. Il fallait se l’avouer, elle n’y connaissait rien en matière de relations amoureuses. Certes elle pouvait s’imaginer ce que devait ressentir Tracey pour être elle-même une fille, comme c’était le cas quand Harry lui avait demandé des conseils au sujet de Cho, mais elle réalisait bien qu’elle serait incapable d’aider son amie à débuter une relation avec Blaise. Mais si Draco, s’en mêlait, la donne changeait. Lui serait sans doute capable d’arranger les choses.

Elle se redressa, prise de l’envie de retourner se voir dans le miroir, tout en songeant que Pansy et Daphné commençaient à déteindre sur elle. Avec un haussement d’épaules résigné, elle poussa derechef la porte de la salle de bain et planta son regard dans celui de son reflet. Que les deux jeunes gens sortent ou non ensemble avant la fin de la semaine, Draco n’aurait pas son baiser. Il faudrait pour cela attendre que les effets du polynectar se dissipent, mais selon ses calculs, la prochaine fois que cela arriverait elle aurait déjà quitté Poudlard. Au moins ne prendrait-elle ainsi pas de risques inutiles.

Hermione ne pouvait toutefois s’empêcher de se demander pourquoi Draco voulait-il tellement qu’elle l’embrasse sous sa réelle apparence. En fait, elle le savait, mais tentait tant bien que mal de rejeter la désagréable hypothèse de son cerveau. Il voulait pouvoir profiter de sa victoire sur elle, se sentir supérieur, lui rappeler que le Serpentard avait battu la Gryffondor. Il voulait qu’elle ne puisse pas échapper à sa défaite en prétextant avoir été une autre à ce moment-là.

Nouveau soupir alors que la jeune femme se contemplait dans le miroir. Les cheveux blonds avaient beau être plus faciles à coiffer, sa tignasse brune lui manquait. Son front, ses yeux, son nez, sa bouche, son menton, son corps. Harry et Ron, mais aussi Ginny, Neville, Luna… Tout lui manquait, et elle n’avait qu’une hâte, les revoir, tout en sachant qu’elle devrait encore attendre treize mois avant de tous les retrouver.



C’est en traînant des pieds que la Gryffondor de cœur entra dans la salle d’art de la magie noire. Elle prit place comme à l’accoutumé dans le fond de la salle, à côté de Tracey. Tendue comme un arc sur sa chaise, elle crispa ses doigts sur le rebord de la table.

- Sortez votre travail, ordonna sèchement Amycus en avançant à grands pas entre les rangées.

Hermione obtempéra et déposa sur sa table la feuille de parchemin sur l’influence des objets de magie noire sur la puissance des sorciers. Une nouvelle fois, elle avait rédigé un devoir minable pour éviter de tomber dans la défense de la thèse opposée à celle que voulait les voir développer leur pseudo-professeur. Ce dernier retourna à son bureau et, d’un geste de baguette, fit s’assembler en un tas parfaitement ordonné l’ensemble des devoirs. Il les feuilleta ensuite un instant, en lisant certains en diagonale, et Hermione serra les dents en repérant son propre parchemin entre les mains du mangemort.

- Miss Morevo, déclara-t-il avec froideur. J’espére que vous vous êtes trompée en me rendant votre copie, et que le devoir que je vous avais demandé pour aujourd’hui n’est pas ce truc.

Il vrilla son regard dans le sien, essayant de l’intimider. Hermione réprima un haut-le-cœur. Il avait beau tenter tant bien que mal d’imiter le style de Rogue, ce dernier était propre à l’ancien maître des cachots. Sarcasme, ironie et froideur étaient parfaitement dosées dans la voix de son ancien professeur, et ce dernier ne se serait jamais abaissé à employer le mot « truc ». Amycus était bien loin derrière.

- Ben, si, se força-t-elle à répondre d’une petite voix en ayant la bonne grâce de baisser la tête.

Elle détestait jouer cette comédie, mais il le fallait. Cela faisait des mois que cela durait, et à la fin de la semaine cela prendrait fin, elle pouvait bien tenir encore un peu.

Amycus tapota le parchemin de sa baguette et ce dernier s’enflamma.

- Vous le referez, se contenta-t-il de déclarer.

Hermione se tendit un peu plus, comme l’ensemble de la classe. Il n’était pas de bonne humeur.

- Aujourd’hui, vous allez vous exercer à lancer le sort de révélation du sang : « revelo sanguem ».

Il exécuta en même temps un mouvement de sa baguette en guise d’exemple.

- Ce sortilège a été récemment mis au point par le ministère de la magie afin de révéler la noblesse du sang. Il déclenche une lumière bleue si vous êtes un sang-pur, un vert plus ou moins clair si vous êtes de sang-mêlé, un jaune pâle pour les hybrides, un marron pour les moldus et un rouge sang pour les sang-de-bourbe.

Hermione se rembrunit à l’insulte. Elle avait beau l’avoir déjà entendue maintes fois de la part de son professeur, elle n’arrivait toujours pas à s’y habituer, et ne désirait pas que ce soit le cas.

- Dans un premier temps, les Serpentard lanceront ce sort aux Gryffondor, ce qui va sans doute déclencher une nuée de couleurs vertes et rouges, puis ce sera l’inverse. Vous pourrez ainsi tous admirer la jolie teinte bleue qui en résultera, annonça Amycus avec un rictus.

Chaque vert et argent se positionna donc en face d’un rouge et or, mais comme il y avait des absents parmi ces derniers, dont Neville par exemple, les Serpentard restants durent utiliser le sortilège entre eux. Hermione sursauta en voyant Draco pousser Tracey pour prendre place en face d’elle.

- Tu tiens tant que ça à lui jeter un sort ? s’étonna la jeune fille.

- Bien sûr, répliqua son interlocuteur.

Tracey haussa les épaules dédaigneusement avant de s’éloigner vers Millicent, après avoir adressé un dernier regard à Hermione.

- Lancez le sortilège, déclara Amycus d’une voix forte.

La Gryffondor de cœur fixa Draco qui, au lieu d’employer le revelo sanguem, se contenta de produire un halo bleu du bout de sa baguette. Hermione le remercia du regard ; il lui sauvait une nouvelle fois la mise. Elle avait beau avoir l’apparence physique d’Elinda, le sang qui coulait dans ses veines n’avait pas changé pour autant.

- Essaye-toi, lui lança Draco.

Hermione grimaça mais obtempéra, et murmura du bout des lèvres le nouveau sortilège. Une jolie lumière cyan émana de sa baguette, traduisant ce qu’Amycus aurait appelé « un sang des plus purs ». Le Serpentard en face d’elle lui adressa un sourire goguenard auquel la jeune femme ne prit pas la peine de répondre.

- Changez les duos ! décida soudain le mangemort.

Hermione pâlit soudain, et échangea un regard paniqué avec Draco qui réitéra son faux-sortilège comme s’il n’avait pas entendu l’ordre d’Amycus.

- Brown, changez avec Malfoy, retentit la voix de ce dernier.

Aucun des deux n’osa protester et Lavande alla se placer en face d’Hermione. Cette dernière essaya de capter son attention pour la dissuader d’agir mais il était déjà trop tard. Voulant se débarrasser du regard de leur pseudo-professeur sur elle au plus vite, la Gryffondor avait déjà jeté le sort. Et désormais, toute la classe regardait avec curiosité la lumière rouge qui émanait de la baguette de Lavande.



- Miss Brown ! Vous êtes décidemment une véritable incapable ! rugit Amycus.

Hermione retint un soupir de soulagement. Visiblement, le mangemort mettait la lumière sur le compte d’un sort défectueux, refusant sans doute d’imaginer qu’une née-moldue puisse appartenir à Serpentard, et que le dossier d’Hermione soit faux.

- Regardez, je le refais. Revelo sanguem !

La Gryffondor de cœur crispa ses doigts sur sa baguette alors qu’Amycus dirigeait son sortilège sur elle. L’instant d’après, une nouvelle lueur rouge apparaissait au bout de la baguette du mangemort.

- Que ?

Hermione fut prompte à réagir, et ne laissa pas le temps à son adversaire de se remettre de sa surprise.

- Stupéfix !

Amycus s’écarta de justesse et le rayon rouge ne fit que le frôler. Son visage se durcit instantanément.

- Endolo…

- Protego.

La Gryffondor de cœur para avec facilité le sortilège impardonnable. Elle avait beau ne pas s’être battue depuis longtemps, les réflexes acquis durant la guerre lui revenaient.

- Expelliarmus, enchaîna-t-elle.

Le mangemort rugit en contrant et une lumière verte s’échappa de sa baguette pour filer droit sur Hermione. Cette dernière se jeta derrière une table avant d’aviser la porte de la salle. Il fallait qu’elle quitte les lieux au plus vite.

D’un stupefix informulé, elle réussit à atteindre Amycus alors que la table sous laquelle elle était explosait en morceaux. Sachant qu’il ne lui faudrait pas longtemps pour se libérer du sort, elle se rua sur la sortie, bousculant les autres élèves. Un Serpentard voulut lui bloquer le passage mais elle le renversa d’un simple petrificus totalus et claqua la porte derrière elle. Sans tarder, elle la verrouilla magiquement avant de filer dans le couloir.

En chemin, elle traversa un fantôme en compagnie du moine gras sans lui prêter attention, et apprit qu’elle était maudite sur plusieurs générations d’après ses imprécations. Le rugissement derrière elle lui apprit qu’Amycus était à sa poursuite. En passant devant une statue, elle fit se renverser cette dernière dans son dos pour bloquer l’avancer du mangemort.

Elle dévala les escaliers, traversa le hall en courant dans le but de se rendre au dortoir chercher ses affaires, et baissa la tête juste à temps. Un rayon vert frôla ses cheveux pour aller fracasser le sablier de Serdaigle dont les émeraudes se déversèrent par terre.

Montant des cachots, Hermione découvrit avec horreur Slughorn et Alecto, venant de l’attaquer, lui boucher le chemin. Une seule issue possible : le parc. Tant pis pour ses affaires, elle aviserait plus tard.

La combattante de l’ordre du Phénix se protégea in extremis d’un rayon noir qui fusait vers elle et se précipita sur les lourdes portes de Poudlard, bousculant Rusard au passage. Du coin de l’œil, elle aperçut Alecto glisser sur une émeraude et s’étaler par terre.

Elle s’élança dans le parc, courant à en perdre haleine sans jamais ralentir. Ses pieds lui faisaient mal et un point de côté commençait à se faire sentir mais elle n’avait pas le choix, elle devait continuer d’avancer. Des cris dans son dos la renseignèrent sur la présence de quelqu’un à ses trousses. Sans se permettre de jeter un coup d’œil à son poursuivant, elle accéléra à grand peine, le souffle court.

- Hermione !

Son cœur manqua un battement en reconnaissant son prénom. Draco. C’était Draco qui courrait derrière elle.

En même temps qu’elle faisait cette constatation, elle arrivait devant les grilles du château. Elle les passa en hâte, les referma derrière elle, aperçut le visage du Serpentard qui arrivait vers elle. Elle aurait voulu lui dire quelque chose, mais les mots étaient bloqués dans sa gorge. Elle aurait voulu attendre qu’il la rejoigne, mais elle n’avait plus de temps. Elle aurait voulu effacer l’inquiétude et la colère de son visage, mais elle ne le pouvait pas.

Une nausée l’envahit. Une sensation d’abandon, de vide, de tristesse. Comme si elle ne pourrait plus jamais être heureuse. Elle n’eut pas besoin de se retourner pour deviner les détraqueurs à ses côtés. Elle aurait dû les éloigner en faisant apparaître son patronus, mais pour cela il aurait fallu qu’elle puisse penser à quelque chose de joyeux, se rappeler un souvenir heureux. Comme pouvait-elle se remémorer un tel moment quand son esprit était uniquement occupé du visage défait de Draco de l’autre côté des grilles ?

Il ouvrit la bouche, mais elle n’entendit pas ce qu’il lui dit. Elle ne pouvait déjà plus l’entendre, alors qu’elle se soustrayait à l’emprise des détraqueurs. Un instant plus tard, elle avait transplané.
Chapitre 42 : Bouleversements temporels by Realgya
Author's Notes:
Plus de deux mois... Vraiment, je n'ai jamais été aussi longue... (enfin si, mais pas sur cette fic-ci). Je suis impardonnable et je le sais, alors je ne vais pas commencé à vous réciter une liste d'excuses dont vous vous moquez d'ailleurs royalement. Sachez juste que je suis sincèrement désolée.
Ceci mis à part, je n'ai que deux choses à vous dire:
d'une, pour essayer de me rattraper j'ai écrit un long chapitre (piètre consolation, je vous l'accorde);
et de deux, bonne lecture bien sûr :)
PS (parce qu'il faut toujours un PS): j'ai dit dans certaines reviewq que le chapitre 43 était en ligne. Je me suis trompée, je voulais parler du 42. Ca m'apprendra à essayer de compter au lieu de simplement dire "suivant" ^^'
Hermione savait exactement où elle voulait se rendre. Il s’agissait d’un petit cottage à l’écart de tout, perdu près d’un minuscule village qui ne figurait sur aucune carte et uniquement peuplé de moldus. Lorsque la chute de Voldemort aurait eu lieu, elle pourrait transplaner tous les matins à Londres pour poursuivre ses études, et rentrer tous les soirs. Procédé épuisant, certes, mais c’était le seul qui avait été trouvé.

Pourtant, savoir où on veut se rendre ne suffit pas pour transplaner. Dans des circonstances normales, la jeune femme se serait rematérialisée impeccablement à sa destination. Mais son esprit partagé faisait qu’elle n’était pas dans des circonstances normales. D’une part elle se sentait vidée à cause des détraqueurs, de l’autre le visage de Draco obnubilait ses pensées.

Aussi, ce ne fut pas au cottage qu’elle arriva, mais au beau milieu d’arbres immenses dont les feuillages cachaient la lumière du soleil, plongeant l’endroit dans la pénombre. Des buissons deux fois plus grands qu’elle se dressaient de tous côtés, partageant le terrain aux ronces et aux orties. Hermione s’appuya contre l’arbre le plus proche et reprit sa respiration.

Les images tournaient dans sa tête, et les derniers évènements défilèrent en accéléré. Elle cligna des yeux plusieurs fois avant d’essayer de mettre de l’ordre dans sa tête. Un craquement non loin d’elle la fit sursauter et elle remit le récapitulatif de la situation à plus tard. Une voix s’éleva, à quelques amas de buissons d’elle. Elle ne comprit pas ce qui se disait, mais elle reconnut le timbre et identifia immédiatement la mangemorte près d’elle.

La seule réponse à cette constatation que fournit son cerveau fut un grand pan de ciel avec des farfadets en train de représenter le mot « danger ». Son corps se mit tout seul en mouvement, sous la contrainte de l’habitude. Elle recula silencieusement, se glissa entre deux arbres, évita de trébucher sur une racine, frôla les buissons sans approcher les ronces.

Si elle se mettait à courir, ils auraient tôt fait de la rattraper. Malheureusement pour elle, Bellatrix n’était bien entendu pas toute seule. Hermione aurait pu tenter un nouveau transplanage mais elle n’était pas sûre d’avoir assez de force pour le réussir. Elle força son rythme cardiaque à ne pas trop s’emballer et se faufila entre deux bouquets d’épines. Les voix dans son dos se rapprochaient, et ses mains se crispaient sur sa baguette. Elle la serrait tellement fort qu’elle en aurait probablement des crampes aux doigts pour un bon moment.

Et puis l’inévitable se produisit. Le visage fou de la mangemorte apparut soudain à une dizaine de pas d’elle et leurs regards se croisèrent alors qu’Hermione jetait un coup d’œil en arrière. Automatiquement, Hermione lança un stupefix informulé et s’enfuit à toutes jambes. Elle entendit les cris de Bellatrix derrière elle et la traque commença.

Elle ne sut combien de temps cette dernière dura. Les branches lui fouettaient le visage, ses pieds se prenaient sans cesse dans les racines, la faisant tomber. Ses genoux se mirent à saigner à cause des chocs répétés avec le sol mais à chaque fois elle se relevait et continuait de courir. Régulièrement, elle perdait de précieuses secondes à se débattre avec les ronces. Un rai de lumière violette passa à quelques centimètres de sa tête et le rire dément de Bellatrix retentit derrière elle.

Hermione courait, courait, courait… Un pas devant l’autre, sans s’arrêter. Elle était à bout de souffle, son corps suppliait qu’elle s’arrête mais elle n’avait pas le temps de l’écouter. Il fallait qu’elle continue, qu’elle court. Qu’elle court à n’en plus finir, à ne plus pouvoir s’arrêter. Une énième fois elle chute, une énième fois elle se relève. Et la chasse continue. Le rire de sa poursuivante retentit dans sa tête, bientôt rejoint de ceux des mangemorts qui l’accompagnent. Ils se répercutent contre les parois, rebondissent et résonnent tant et si bien qu’elle sent un horrible mal de crâne poindre. Sa vision commence à se brouiller. Bientôt elle perd peu à peu l’usage de ses sens.

Elle n’entend plus rien de ce qui l’entoure, à part se rire démentiel qui tourne en rond dans son esprit. Elle finit par ne plus sentir les douleurs sur ses bras, sur ses jambes, sur son visage. Elle a même perdu conscience que ses doigts ankylosés étaient toujours crispés autour de sa baguette magique. Elle ne voit désormais plus rien. Où va-t-elle ? Elle ne saurait le dire. Est-elle toujours en train de courir ? Sûrement, elle ne peut pas s’arrêter. En tout cas pas toute seule.

Cela fait longtemps qu’elle ne peut plus sentir d’odeurs, si ce n’est celle de la peur. La seule chose dont elle ait encore conscience, c’est ce goût de sang dans la bouche. Le rire, la peur, le sang.



Hermione souleva douloureusement ses paupières. D’abord elle ne bougea pas, contemplant sans sourciller l’obscurité environnante. Et puis, la douleur lui revint. Brutale, atroce. Elle se mordit les lèvres pour ne pas crier, et une goutte de sang perla dans sa bouche, lui rappelant les derniers moments où elle avait été conscience. Sa main tâtonna l’endroit près d’elle. Apparemment, elle était allongée sur un sol dur et froid.

La jeune femme essaya de se redressa mais sa tête se mit aussitôt à tourner, aussi jugea-t-elle préférable de rester allongée encore un temps. Elle referme les yeux et écoute sa respiration. Le temps s’égrène lentement. D’abord les secondes, les minutes, les heures. Hermione sombre dans une semi-somnolence, perdant conscience de ce qui l’entoure.

Un grincement de porte la ramena soudain à la réalité. Elle ne bougea pas mais ouvrit toutefois les yeux. Un mince rai de lumière éclairait désormais les lieux et Hermione fut prise d’un mauvais pressentiment.

- Debout !

Redoutant le doloris qui ne tarderait pas d’arriver si elle n’obéissait pas, la jeune femme se leva doucement, pour s’éviter de nouveaux élancements mentaux. Dès qu’elle fut sur pieds, un mangemort lui ordonna de sortir et elle obéit. Ses soupçons se confirmèrent quand elle sortit de la pièce noire. Elle était de nouveau prisonnière du manoir Malfoy.



Hermione suivit docilement l’homme encagoulé, consciente qu’elle était trop faible pour tenter une évasion maintenant. Elle fut conduite à travers plusieurs couloirs, escaliers et salles, et finalement fut poussée au milieu de ce qui ressemblait à une salle de conférence. Autour d’une large table, un groupe disparate de mangemorts siégeaient. Elle s’avança devant eux sans baisser le regard, fière en toute circonstance, et fut parcourue d’un frisson quand ses yeux croisèrent les pupilles rouges de Lord Voldemort.

Elle baissa aussitôt la tête, soucieuse de ne pas lui faciliter le contact mental qu’il n’allait pas tarder et établir. Elle essaya vainement de résister mais il ne fallut qu’un instant pour que le Seigneur des Ténèbres brise ses barrières et envahisse ses pensées. Elle se raidit. Il fallait qu’elle meure, tout de suite. Voldemort ne devait pas avoir connaissance du futur. Surtout pas lui.

- Il serait regrettable que vous vous donniez la mort, Miss Granger, déclara posément ce dernier. Vous avez, semble-t-il, beaucoup de choses à nous apprendre avant.

- Granger ? hoqueta le mangemort à droite de Voldemort qu’Hermione identifia comme Bellatrix. Cette sale garce de sang-de-bourbe ?

- Oui, confirma son maître. Le polynectar a bien rempli son office n’est-ce pas ? Personne ici ne l’a reconnue jusqu’à présent.

Il avait l’air enjoué, comme s’il avait gagné le gros lot. Cela étonna tout de suite sa fidèle, qui s’était attendue un bref instant à être rabrouée pour avoir interrompu Voldemort au milieu de ses pensées.

Hermione essaya une nouvelle fois de dresser un mur entre elle et Voldemort, en se concentrant sur un souvenir précis qui ne pourrait pas être exploité par son ennemi. Malheureusement l’inspiration lui manqua. Il lui semblait que quoiqu’elle pense, Voldemort y trouverait toujours un intérêt.

- Il est inutile d’essayer de me cacher quoique que ce soit, je finirais toujours par le savoir, remarqua le Seigneur des Ténèbres. Ce serait plus simple que vous coopériez.

- Jamais, murmura d’une petite voix la jeune femme en lui jetant un coup d’œil accusateur, comme s’il venait d’énoncer une absurdité sans nom.

Voldemort se leva en faisant tourner sa baguette entre ses doigts. Hermione pouvait deviner les sourires derrière les cagoules des mangemorts présents. La moitié seulement se trouvait là. Avec soulagement, la jeune femme n’y vit pas Rogue. Il aurait été difficile de cacher… qu’elle ne supportait pas son professeur et avait mis le feu à sa cape en première année.

Un rictus s’étira sur les lèvres de Voldemort et il leva sa baguette. Hermione attendit sans bouger l’endoloris qui allait suivre, mais ce dernier ne vint pas. A la place, les portes s’ouvrirent dans son dos et quelqu’un entra dans la pièce.

- Tiens, Lucius… tu es en retard, mais au moins n’as-tu pas encore raté la partie la plus intéressante de la séance d’aujourd’hui.

Une vague de moquerie parcourut un instant le groupe de mangemorts assis autour de la table. Pour la première fois de sa vie, Hermione fut contente de voir apparaître Malfoy, bien que techniquement elle ne puisse pas le voir puisqu’il se situait encore derrière elle.

- Je vous prie de m’excuser, maître, mais Fenrir Greyback est ici et insiste pour vous parler.

- Encore cet imbécile, répondit Voldemort avec agacement.

Il baissa sa baguette et Hermione retint un soupir de soulagement. Si on lui avait dit qu’un jour elle serait redevable au loup-garou… Quoique son sort ne fût que reporté, elle n’était en rien sauvée.

- Reconduisez-la, ordonna le Seigneur des Ténèbres en contournant la table. Et ne la transformez pas en légume, je vais avoir besoin de vérifier quelque chose avec elle avant de m’en débarasser.

Cette dernière remarque fut accompagnée d’un coup d’œil de sa part en direction de Bellatrix qui mourrait visiblement d’envie de torturer elle-même Hermione. Sur ce, il sortit d’un pas rapide, et toute la salle resta un moment immobile, plaignant à l’unanimité Greyback.

- Qu’est-ce qu’elle peut avoir de si important pour que le maître la garde en vie ? s’interrogea soudain un mangemort à voix haute.

- Tu es vraiment un imbécile Crabbe, répliqua Bellatrix avec mépris. C’est la sale sang-de-bourbe qui voyage avec Potter et le traître à son sang ; elle sait où ils sont.

Hermione put sentir peser sur elle le regard étonné, curieux et scrutateur de Lucius Malfoy et elle retint inconsciemment sa respiration.

- Le maître a ordonné de la ramener en prison, signala un mangemort d’une voix autoritaire assis en face de Bellatrix.

Les mangemorts assis tournèrent tous la tête vers Malfoy, et ce dernier ravala sa fierté et ordonna sèchement à Hermione de le suivre, ce qu’elle fit. Ils quittèrent la salle et la jeune femme s’autorisa enfin à relâcher un peu la pression. Elle se repassa les évènements. D’abord, on découvrait sa fausse identité et elle fuyait du château en laissant derrière elle ses réserves de polynectar, les dernières doses d’antidote, la cape d’invisibilité et la carte du Maraudeur. Ensuite, elle ratait son transplanage et par un magistral manque de chance, se faisait attraper par les mangemorts. Voldemort en personne découvrait alors qu’elle était en réalité Hermione Granger et venait du futur.

Il n’avait sans doute pas sondé son esprit assez longtemps pour en connaître les causes. La seule chose qu’il devait penser pour l’instant, c’est qu’il avait gagné et qu’elle était là pour changer le cours des évènements. Par conséquent, il allait la tuer, mais d’abord vérifier son hypothèse par legilimencie… et découvrir qu’il s’était trompé. Ne pouvant pas empêcher l’injection du vaccin pour ressusciter après sa défaite, il faudrait qu’il s’empêche de mourir, ce qui changerait irrémédiablement le cours des évènements.

Hermione avait de plus en plus de mal à tenir debout alors qu’elle suivait Lucius Malfoy. Un terrible mal de tête la saisissait de plus en plus, suite de ses efforts pour masquer le plus possible d’informations à Voldemort, à commencer par le rôle d’agent double de Rogue. De ce point de vue-là, il lui semblait avoir plutôt réussi. Mais il allait sans doute enquêter sur son année à Poudlard, vu l’écho retentissant qu’aurait, ou qu’avait eu sa fuite. Au fond, était-ce vraiment un hasard si autant de mangemorts s’étaient trouvés sur ses traces après son transplanage ? Elle avait du se retrouver dans la forêt interdite. Les Carrow auront déjà prévenus les autres, et tout naturellement ces derniers étaient arrivés en masse. Logique. Il y avait toujours une explication logique.

Hermione s’arrêta soudainement en plein milieu du couloir, frappé par la peur. Ils allaient trouver sa valise. Et dedans, la carte des Maraudeurs. Pettigrow la reconnaîtrait au premier coup d’œil puisqu’il en était l’un des créateurs. Il en avertirait les autres, qui pourront alors l’utiliser. Dès que Ron, Harry et elle mettraient les pieds à Poudlard pour chercher le diadème, ils en seraient informés et les cueilleraient.

- Avance.

La voix froide de Malfoy la ramena au présent et elle s’efforça de faire un pas en avant. Son raisonnement n’avait pas lieu d’être, puisque Pâques était déjà passé.

- Pettigrow est mort, marmonna-t-elle pour elle-même.

- L’idiot avec sa main d’argent ? Oui, il est mort. Maintenant avance, ordonna sèchement le mangemort.

Pettigrow était mort. Enfin, déjà mort. Ces perturbations du temps commençaient vraiment à la fatiguer. En plus, un autre problème se posait. Pour ne pas que Voldemort change le futur, il fallait qu’elle meure au plus vite, or ce n’était pas possible. A moins qu’elle arrive à convaincre Malfoy de la tuer, mais elle en doutait, au vu des ordres contraires que Voldemort avait donnés en ce sens. Par conséquent, il y avait de fortes chances pour que le Seigneur des Ténèbres garde le pouvoir, et donc qu’elle ne soit pas renvoyée dans le passé. Or si elle ne retournait pas dans le passé, Voldemort ne gagnait pas et donc elle l’était.

Hermione se prit la tête entre les mains sous le regard méprisant du mangemort l’escortant. On ne pouvait pas jouer impunément avec le temps. C’était un paradoxe dangereux qui était en train de se produire, un nœud qui ne pouvait pas être défait. Que se passerait-il, quand la situation se bloquerait ? Le principe fondamental que McGonagall lui avait expliqué lors de sa troisième année lui revint en mémoire. « Vous ne devez surtout pas être vue ».

« Pour le coup c’est complètement raté », songea Hermione avec amertume.

Mais encore une fois, ce paradoxe n’avait lui-même pas lieu d’être selon la considération qu’on avait du temps. Si on jugeait qu’il s’agissait d’un cycle immuable, tout ce qui allait arriver s’était déjà produit, donc le temps était inaltérable. En clair, quoiqu’elle fasse et quoiqu’il puisse arriver Harry gagnerait toujours, et Voldemort perdrait toujours. Cependant, se reposer sur ce principe paraissait un peu trop simple à Hermione. Mieux valait ne pas prendre de risque au cas où cette théorie soit fausse, bien qu’elle s’en soit servie pour argumenter une fois contre Rogue.



Lucius Malfoy s’arrêta enfin devant la porte de la cellule d’Hermione et celle-ci regarda la porte s’ouvrir avec une bouffée de désespoir. Il se tourna vers elle pour lui ordonner d’entrer et marqua un temps d’arrêt.

- Granger.

Hermione passa sa main dans ses cheveux et reconnut aussitôt les nœuds volumineux qui étaient les siens. Le polynectar avait cessé d’agir plus tôt que prévu, sans doute à cause des rudes épreuves auxquelles elle avait soumis son corps récemment. Malfoy lui fit un signe de tête et Hermione entra dans la cellule. Avant qu’il ne l’enferme, elle se tourna toutefois vers lui.

- Pourrais-je avoir un peu d’eau, s’il vous plaît, quémanda-t-elle à voix basse.

Lucius Malfoy lui renvoya un regard méprisant mais ne lui claqua pas la porte au nez.

- Ca m’aiderait à me maintenir en vie, ajouta-t-elle en espérant arriver à le décider.

D’un coup de baguette, un verre et une grande cruche d’eau apparurent.

- Merci.

La porte se referma brusquement dans un grand bruit, plongeant Hermione dans l’obscurité. Ses jambes, qui jusque là l’avait difficilement soutenue, la lâchèrent et elle s’effondra sur le sol. C’est vrai que dans son bilan précédent, elle avait oublié de compter le comble du comble. On lui avait pris sa baguette magique. Evidemment.
Chapitre 43 : Visiteur inattendu by Realgya
Author's Notes:
Coucou ! Voici encore une fois un chapitre un peu plus long que d'habitude. J'espère que vous prendez plaisir à le lire :)
Hermione était allongée sur le sol froid et hostile, les yeux fermés. La porte de sa cellule s’ouvrit et se referma dans un claquement. La jeune femme resta d’abord immobile, avant de se redresser. Elle se leva et marcha vers la porte, cherchant à savoir si elle était toujours seule dans la pièce. Cependant, elle buta sur quelque chose et s’agenouilla pour voir de quoi il s’agissait.

- Ma valise, chuchota-t-elle.

Elle l’ouvrit et tâtonna à l’intérieur. La cape était là, ainsi que la carte, et elle ne put retenir un soupir de soulagement. Apparemment les mangemorts avaient vidé ses armoires et tout entassé dans son bagage. Là où auraient du se trouver les dernières injections d’antidote pour le château, elle ne trouva qu’un rouleau de parchemin. Elle le retira et le déplia. Des lettres de feu s’éclairèrent avant de disparaître rapidement, embrasant leur support avec elle. Hermione agita ses mains pour se débarrasser des cendres restantes.

« Administration effectuée »

Rogue l’avait encore une fois tirée d’un mauvais pas. Il avait du être le premier en tant que directeur a cherché un quelconque indice sur l’intruse qu’elle était, et en avait profité pour subtiliser le vaccin.

En continuant de chercher dans sa valise, elle dénicha le stock de fioles de polynectar. Avec un haussement d’épaules, elle en attrapa une et s’apprêtait à la déboucher lorsque la porte s’ouvrit, éclairant faiblement la pièce. Cela ne dura toutefois pas longtemps, et l’instant d’après elle se retrouvait une nouvelle fois dans le noir, mais en ayant eu le temps d’apercevoir une silhouette se glisser dans sa cellule.

- Qui est là ? demanda-t-elle à haute voix en essayant de masquer son appréhension.

Une main se referma sur son poignet et elle étouffa un cri.

- Je préfère que tu n’en boives pas tout de suite.

Hermione crut rêver quand elle reconnut la voix.

- Draco ?

- En chair et en os encore en train de vous porter secours, répliqua la voix ironique du Serpentard.

- Idiot tu m’as fait peur, s’énerva Hermione pour évacuer la pression, maintenant que toute raison de peur était écartée… pour le moment.

Il la lâcha et elle pouvait deviner son sourire moqueur ornant ses lèvres sans le voir.

- Lumos, déclara-t-il d’une voix autoritaire.

Le bout de sa baguette s’illumina et toute la pièce s’éclaira.

- Si jamais tu me refais un coup comme ça, gronda-t-il en reprenant tout son sérieux.

Hermione haussa les épaules avec désinvolture.

- Ne t’inquiète pas, ça ne risque plus d’arriver de sitôt.

- Tu es totalement folle, commenta-t-il avec un goût amer dans la bouche.

La jeune femme ne répondit pas tout de suite.

- Je peux savoir les raisons de ta présence ici ?

Draco la toisa un moment en silence, le visage fermé.

- Ils ne savent pas que je suis là, j’ai réussi à faucher compagnie à nos chers professeurs de Poudlard.

- Et à t’infiltrer dans le quartier général de Lord Voldemort ? s’étonna Hermione, un brin admirative.

- Je te rappelle qu’ici, c’est mon domaine, répondit-il avec suffisance. Et puis j’ai des contacts.

- Ton père, conclut la jeune femme à voix basse.

Draco opina de la tête.

- Pourquoi t’aiderait-il ?

- Parce que je suis son fils. Il ne m’a pas posé de questions, je ne lui ai pas fourni d’explications. Nous nous entendons chacun avec nos affaires, et les intérêts de l’un méritent le soutien de l’autre.

Hermione resta muette. Elle ne s’attendait pas à ce que Draco nourrisse de tels liens avec son paternel.

- Ceci mis à part, se reprit-elle finalement, pourquoi es-tu là ?

- Pour te tuer.

Il avait parlé d’une voix neutre, dénuée de toute émotion. La jeune femme sursauta sous le coup de la surprise, puis comprit. Si Voldemort lisait dans ses pensées, il apprendrait sa trahison. Il était donc venu pour éliminer les preuves contre lui. Logique.

- Tu n’as pas peur qu’il apprenne qu’il s’agisse de toi ? souleva-t-elle toutefois avec calme. Après tout il saura que tu es venu.

- Mon père saura se débrouiller pour cacher mon bref passage. Le Seigneur ne lui prête quasiment plus aucune attention depuis ses échecs répétés. Et personne ne pensera à vérifier que ma baguette est celle qui a conduit à ta mort.

Hermione hocha la tête.

- Très bien, déclara-t-elle. Dans ce cas, vas-y.

Draco la dévisagea.

- Ce que tu me caches, et que tu veux aussi cacher au Seigneur, est donc à ce point important pour que tu y donnes ta vie ?

- Oui. Et c’est un fier service que tu me rends.

Le jeune homme soupira.

- Tu sais, commença-t-il d’une voix lasse, quand j’ai quitté Poudlard, c’est ce que je me suis dit. Que je venais ici pour te tuer afin que tu ne me trahisses pas. Mais déjà là-bas je savais que je me leurrais moi-même, et depuis que je suis là c’est une certitude. Je n’ai jamais lancé l’avada kedavra, et je ne pourrai pas le faire avec toi.

Hermione perdit pied un instant. Ca, ce n’était pas ce qui était prévu. S’il avait pu la tuer, cela aurait réglé tous ses problèmes. S’il refusait, c’était une autre histoire.

- Ta réputation n’est pas surfaite, Malfoy, tu es un lâche ! le provoqua-t-elle délibérément en employant son nom de famille pour le faire réagir.

Au lieu de se vexer, il eut un sourire triste.

- Oui, j’en suis un, et je ne te tuerai pas, même si cela t’arrange. Je peux par contre toujours te lancer un sortilège d’amnésie.

La jeune femme réfléchit quelques secondes. Il faudrait lui effacer toutes les informations du futur, donc son retour dans le passé, et tout son rôle « d’agent secret » au cours de l’année. Impossible. Elle se réveillerait en se croyant toujours en guerre, certes, mais il y aurait du coup deux Hermione Granger dans le même temps. C’était déjà le cas, bien sûr, mais elle savait qu’elle venait du futur. Si elle oubliait ce fait, c’était la catastrophe assurée. Sauf si, la voyant amnésique, Voldemort décidait alors de la tuer. Cela résoudrait alors le problème, mais il y avait trop d’incertitude dans ce plan pour qu’elle y adhère.

- Non merci, cela créerait plus de problèmes que cela n’en résoudrait.

Draco la fixa.

- Je ne suis pas sûr de te laisser le choix.

Hermione posa les yeux sur la baguette qui était pointée sur elle avant de les ramener sur le visage du jeune homme. Ils s’affrontèrent longuement du regard, chacun essayant de faire plier l’autre.

- Ma mission est un fiasco, pensa malencontreusement Hermione à voix haute.

- J’ignore en quoi elle consiste, mais je pense pouvoir confirmer qu’elle en est assurément un, déclara Draco d’un ton un peu plus léger, une lueur moqueuse dans le regard.

Hermione se laissa choir, fatiguée de rester debout alors que ses jambes la faisaient encore souffrir, et s’assit sur les genoux. Draco baissa sa baguette et s’approcha d’elle. La jeune femme retira le capuchon de la fiole de polynectar qu’elle tenait toujours à la main et allait en boire une gorgée quand Draco lui vola l’objet des mains.

- Qu’est-ce que tu fais ? protesta-t-elle.

- A quoi ça te sert de boire ça ? répliqua-t-il.

Hermione haussa les épaules.

- Rends-la moi.

Elle tendit le bras mais à la place d’y déposer la fiole Draco en profita pour l’attraper et la tirer à lui, la forçant à se relever.

- D’accord, accepta-t-il alors qu’elle ouvrait la bouche pour se plaindre, mais pas tout de suite.

- Et pourquoi donc ? questionna la jeune femme avec un froncement de sourcils.

Un sourire narquois naquit sur les lèvres du jeune homme.

- Tu n’as pas oublié notre marché j’espère ? Et bien j’en attends la contrepartie.

Il fallut un bon moment à Hermione avant de mettre le doigt sur ce dont il parlait.

- Blaise et Tracey…

- C’est officiel depuis hier, la coupa Draco.

Un doute surgit dans l’esprit de la jeune femme.

- Et quand me suis-je enfuie de Poudlard ?

- Il y a six jours.

Six jours. Six jours qu’elle n’avait rien mangé d’autre que les morceaux de pains jetés parfois dans sa cellule. Il était étonnant qu’elle n’ait pas encore revu Voldemort. Elle n’avait vraiment pas vu le temps passé.

- J’attends, la rappela Draco qui s’impatientait.

Hermione plongea les yeux dans les siens. Ce qu’il pouvait l’énerver ! Mais en même temps… Cela lui faisait plaisir qu’il ait pris des risques pour venir la voir, même si ce n’était pas désintéressé puisque son plan originel était de sauver sa peau. Serpentard un jour, Serpentard toujours.

Elle s’approcha timidement de ses lèvres en évitant de croiser son regard pétillant. Leurs lèvres se frôlèrent et un contact électrisant se répandit le long des muscles d’Hermione. Son cœur avait fait une brusque embardée dans sa poitrine et ses mains étaient soudain devenues moites. Heureusement que c’était Draco qui tenait sa fiole, sinon elle l’aurait à coup sûr laissé tomber et s’éclater au sol.

Draco posa sa main libre derrière sa nuque sans lui prodiguer aucune pression, juste pour l’encourager. Elle finit par fermer les yeux et franchit les derniers millimètres.

Elle aurait été incapable de décrire ce qu’elle ressentait. C’était unique, juste unique. Elle se détacha un peu pour respirer, avant que cette fois-ci ce ne soit le jeune homme qui capture ses lèvres. C’était tellement… étrange. Maintenant qu’elle était dans son véritable corps, elle avait l’impression que ce qu’elle ressentait était multiplié au centuple. Elle le sentait, le touchait, le goûtait… Le contraire de ce à quoi elle était habituée lorsqu’elle se contentait de le voir et l’entendre. Une autre manière de le découvrir en quelque sorte.

Ce fut lui qui mit fin à leur étreinte. Il semblait à Hermione qu’elle avait duré des heures mais seules quelques ridicules secondes avaient du s’écouler.

- Tiens, je te la rends, déclara Draco d’une voix dissimulant mal son envie de l’embrasser de nouveau.

Hermione ne sut comment réagir. Elle attrapa la fiole en veillant à ne pas verser une goutte du précieux liquide à côté. Après une hésitation, elle la porta à ses lèvres et la but en rejetant sa tête en arrière. Elle sursauta en sentant les lèvres de Draco se poser dans sa gorge et quelques gouttes éclaboussèrent ses joues.

Dès qu’elle eut finie de boire, elle s’apprêtait à gronder le jeune homme pour l’avoir déstabilisée mais les effets du polynectar ne se firent pas attendre. Elle retint un cri et se serait effondrée si les bras de Draco n’avaient pas été là pour la retenir. Une forte nausée l’envahit. D’habitude, comme elle était déjà transformée la potion n’avait pas d’effet secondaire.

- Ca va ? s’enquit Draco.

- Envie de vomir, gémit-elle.

- J’espère que ce n’est pas à cause de moi, répliqua le jeune homme. Sinon je serai vexé, et tu ne voudrais pas que je sois vexé alors que c’est grâce à moi que tu tiens encore debout, n’est-ce pas ?

Hermione voulut le taper mais n’y parvint pas.

- Idiot, marmonna-t-elle.

Ses yeux s’écarquillèrent quand les bras du jeune homme se resserrèrent autour d’elle. Il la tint ainsi enlacée et l’allongea doucement.

- Transformation achevée, commenta-t-il. Tu es de nouveau blonde.

- Et alors ?

- Je préfère les brunes, répondit directement Draco.

Sa réponse eut pour effet de la faire rosir. Ils se regardèrent un moment sans échanger un mot, chacun perdu dans ses pensées.

- Et maintenant ? se força à dire Hermione.

- Je suis un Malfoy. Un Malfoy est parfait. Je suis parfait.

- Brillant raisonnement, se moqua la jeune femme. Ta tête n’a pas trop grossi ?

- Par conséquent, poursuivit-il en ignorant son sarcasme, j’avais prévu un troisième cas de figure.

- Après le meurtre et l’amnésie, lequel est-ce ? interrogea Hermione.

Draco lui adressa un des sourires auxquels il l’avait habituée et se pencha pour murmurer à son oreille.

- La fuite.

Perplexe, la jeune femme chercha à quoi il avait bien pu penser. Draco ne lui laissa toutefois pas le temps de poser de questions. Il posa quelque chose à côté d’elle qu’elle ne pouvait pas voir dans sa position et brandit sa baguette. Un éclat d’angoisse passa dans les pupilles d’Hermione mais seul un « nox » s’échappa des lèvres du jeune homme.

- A la revoyure, déclara-t-il dans un murmure avant de s’échapper.

La porte s’ouvrit, se ferma. Elle était de nouveau seule dans l’obscurité. De la main, elle tâta le sol à ses côtés avant que ses doigts ne se referment sur l’objet qu’y avait déposé Draco. Elle s’était habituée à son contact depuis des années et aurait su la reconnaître au toucher parmi des centaines.

Un sourire éclaira le visage d’Hermione alors qu’elle remerciait mentalement Draco.

Il lui avait rendu sa baguette magique.
Chapitre 44 : Exploration by Realgya
Author's Notes:
Coucou ! Voici encore un nouveau chapitre qui, j'espère, ne va pas trop vous ennuyer car il n'y a pas beaucoup d'action. Bonne lecture !
Hermione passa silencieusement sous le portrait d’Abraxas Malfoy. Elle le vit toiser de haut le couloir, entendant sans doute les bruits de ses pas sur le plancher bien qu’il ne puisse pas la voir. Alors qu’elle allait disparaître au prochain tournant, sa voix s’éleva.

- Qui est là ? Déclinez votre identité ou j’appelle.

La jeune fille hésita une fraction de seconde à lui obéir mais décida de l’ignorer. Le portrait resta silencieux. Sans doute ne voulait-il pas sans le vouloir causer du tort à sa progéniture, dans le cas éventuel où son passage aurait un lien avec Lucius, son fils, ou Draco, son petit-fils.

- Alohomora.

Ce ne fut qu’un nouveau murmure parmi une ribambelle tous identiques les uns des autres. Alohomora pour quitter la cellule, alohomora pour passer le petit salon, alohomora par-ci, alohomora par-là. Le manoir Malfoy commençait à ressembler à un labyrinthe dès qu’il fallait éviter les pièces principales. Draco aurait au moins pu lui indiquer un chemin.

La jeune fille s’adossa un instant contre une tapisserie et reprit son souffle. Elle ne serait en sûreté qu’une fois sortie de cette prison. La tapisserie se déroba derrière elle et Hermione tomba en arrière.

Elle retint une exclamation quand elle s’écrasa sur le sol et releva la tête. Devant elle ne se dressait plus que le derrière de la tapisserie. Un passage secret ? Les Malfoy étaient-ils comme ces nobles qui, de peur d’une attaque, ont toujours une issue de secours ? Cela expliquerait avec quelle facilité Draco s’était introduit chez lui, et était arrivé jusqu’à elle.

Elle examina les lieux en se relevant, et se rendit vite compte qu’elle ne pouvait pas se tenir debout si elle voulait poursuivre par ce chemin. Par conséquent elle se mit à quatre pattes et l’évidence la frappa. Le lieu avait une taille idéale pour la circulation d’un elfe de maison. Le cœur battant, elle avança et ne tarda pas à déboucher dans une petite pièce. Son regard se porta immédiatement en son centre où seule se trouvait une petite couchette.

- Dobby.

Ce simple nom lui fit venir les larmes aux yeux. Tentant de ne pas se détourner de son évasion, Hermione chercha du regard une issue mais se rendit vite compte qu’il n’y en avait pas. Les elfes de maison pouvaient transplaner d’un simple claquement de doigt partout où ils le souhaitaient, il n’y avait donc pas eu besoin de construire des allées cachées pour relier les différentes pièces de la maison.

« Je n’ai plus qu’à faire demi-tour », pensa sombrement Hermione tout en s’exécutant.

Elle ressortit enfin par la tapisserie et vérifia que la cape d’invisibilité la couvrait entièrement. Dès que ce fut chose faite, elle pressa le pas et repartit en quête d’une sortie. Cette dernière se présenta à elle sous la forme d’une fenêtre ouverte au deuxième étage, mais donnant sur un grand chêne dont les branches plutôt solides montaient jusqu’au rebord en pierre. Le seul problème qui se posa à elle fut que d’où elle se tenait, elle apercevait cette sortie à travers l’entrebâillement d’une porte. Si la pièce derrière était inoccupée, ce serait un jeu d’enfant de s’échapper mais dans le cas contraire, il lui faudrait chercher une autre issue.

Hermione s’approcha du battant et posa une oreille contre le bois. A première écoute, juste le silence. Elle se risqua à ouvrir un peu plus la porte et à s’avancer à l’intérieur. Comme elle était invisible, un éventuel occupant penserait à un courant d’air, du moins l’espérait-elle.

La chambre était vide et Hermione allait saisir sa chance quand un coup d’œil sur la table de chevet d’un grand lit à baldaquins verts la stoppa dans son élan. Elle observa un instant le cadre et la photo où deux adultes souriants veillaient un petit garçon aussi blond qu’eux. Elle devait se trouver dans la chambre de Mr et Mrs Malfoy, à moins qu’il ne s’agisse de celle de Draco.

Taraudée par la curiosité, elle ne put s’empêcher de se risquer vers une armoire, puis une autre, et encore une autre. Uniquement des affaires d’hommes. A moins que Lucius et Narcissa dorment séparément, elle se trouvait donc dans la chambre de Draco. Soudain prise de honte face à sa curiosité, Hermione fila vers la fenêtre, mais ne put se résoudre à jeter un dernier regard sur la pièce. Des bruits de pas depuis le couloir la tirèrent cependant très vite de sa contemplation et elle sauta sur la première branche. Celle-ci flancha un peu sous son poids mais tint bon.

- Courage, souffla-t-elle. Draco a du emprunter cette voie des milliers de fois pour échapper à la surveillance de ses parents, et tu n’es pas plus lourde que lui.

En tout cas, elle priait pour.



Une fois dans le parc, en sortir fut un jeu d’enfant. Pas de sortilège compliqué, pas d’alarme, pas de mangemort en patrouille. Après tout, il ne servait à rien d’empêcher les gens d’entrer s’ils voulaient d’eux-mêmes se jeter dans la gueule du loup, ou du serpent, selon. Et bien entendu, le lieu n’était initialement pas prévu pour abriter des prisonniers, donc il n’y avait rien à garder. Et même si c’était le cas, il était totalement invraisemblable qu’ils puissent quitter leur cellule, bien que cela soit déjà arrivé au moins une fois.

Dès qu’elle eut quitté les lieux, Hermione poussa un soupir de soulagement et transplana. Cette fois-ci, elle ne se trompa pas de destination, et arriva comme prévu devant la petite maison où elle allait résider toute l’année suivante.



- Deux baguettes comme d’habitude Roger ? questionna la boulangère.

- Rajoute des croissants, j’ai les petits-enfants à la maison.

- A la bonne heure !

- Bonjour, salua poliment Hermione en entrant dans la boulangerie.

- B’jour, grommela le dénommé Roger dans sa barbe en perdant d’un seul coup son air jovial.

Hermione ne s’en formalisa pas. Elle n’habitait pas sa nouvelle maisonnette depuis très longtemps, peut-être que le gens du village se montreront moins soupçonneux à son égard au fil du temps. Dès qu’elle était entrée, la boulangère s’était éclipsée chercher elle ne savait pas quoi dans la pièce d’à côté, et revenait désormais avec un regard froid. Elle indiqua le prix au vieil homme qui se dépêcha de payer et de s’en aller en prenant soin de ne pas s’approcher d’Hermione.

« Je n’ai quand même pas la peste », s’agaça cette dernière avec humeur, blessée plus qu’elle ne voulait se l’admettre.

- Une baguette s’il vous plaît, indiqua-t-elle tout aussi poliment à la boulangère.

Cette dernière la servit sans un mot. Hermione paya et prit son pain.

- Merci et bonne journée.

La boulangère lui lança un coup d’oeil furieux alors qu’elle quittait son établissement. Au-dehors, elle s’attira le regard mauvais d’un groupe d’adultes.

- Isabelle, reviens ici, cria une mère.

La fillette blonde qui avait osé s’approcher trop près d’Hermione se dépêcha de rejoindre sa génitrice qui attendit que la jeune femme se soit éloignée pour la réprimander.

- Ne t’approche pas de cette étrangère, tu m’entends, put toutefois entendre Hermione. C’est une sorcière ou je ne m’y connais pas.

- Allons ne dis pas de bêtise, la reprit quelqu’un, les sorcières n’ont jamais existé. Ce que tu prends pour le diable ce n’est qu’une satanée gitane.

- Elle loge pourtant dans une maison, fit valoir la femme. Et n’en sort pas de toute la journée. Elle doit se livrer à quelques rites là-bas…

- Une fugueuse peut-être ? fit valoir un autre. Ou bien une évadée ?

- De mon avis il doit s’agir d’une immigrée, renchérit-on.

- Tu la disais gitane, la voici immigrée, rétorqua la femme. Tu vois bien qu’elle a les traits d’une européenne. Quoiqu’il en soit, ce n’est pas quelqu’un de fréquentable, inutile d’en débattre plus longtemps. Allez Isabelle, dépêche-toi.

Hermione s’autorisa à décrisper les poings une fois seulement qu’elle eut mis une distance considérable entre les villageois et elle. Le ministère de la magie avait raison, les moldus n’étaient pas prêts à connaître l’existence des sorciers. Certains auront beau dire que la société avait changé, au fond son essence restait la même. De même que les villageois rejetaient ceux qu’ils ne connaissaient pas, qui ne leur ressemblaient pas, qu’ils ne comprenaient pas, ou, en un seul mot, que l’on pouvait qualifier de « différents », les moldus auraient tôt fait d’enfermer les sorciers dans leurs laboratoires pour chercher à comprendre le pourquoi du comment. Bien sûr, on ne pouvait rien généraliser, mais le risque était trop grand. Et puis de toute manière, il s’agissait de deux mondes différents qui ne pouvaient se mélanger, et c’était aussi la faute des sorciers. Il y avait bien des gens qui croyaient dur comme fer que les sorciers enfants de sorciers étaient supérieurs aux sorciers enfants de moldus. L’exemple du regard que Draco portait sur elle en était la preuve criante.

Draco… Durant l’année passée, sa relation avec lui avait tellement évolué. Continuait-il de la croire inférieure ? Continuait-il de s’estimer plus respectable ? Il avait bien dû changer, ne serait-ce qu’un peu, pour qu’Harry et Ron arrivent à nouer avec lui un semblant d’amitié dans le futur.

Hermione poussa la porte de chez elle, posa son pain et tira une chaise pour s’asseoir. Toutes ces réflexions lui donnaient mal au crâne. Elle regarda son calendrier magique improvisé. 1er mai. Ce soir commencerait la bataille de Poudlard.
Chapitre 45 : Ô miroir magique au mur by Realgya
Author's Notes:
Coucou ! Je suis désolée pour le léger retard, je pensais poster avant dimanche mais j'ai eu quelques problèmes avec ma connexion internet. Enfin, voilà la nouveau chapitre. J'espère qu'il vous plaira. Bonne lecture !
PS: je n'ai pas pu résister à mettre ce titre-là ^^'
Feu, cri, douleur. Elle voit les flammes lécher les murs de la pièce.

Feu, cri, douleur. Elle entend ses amis et ennemis crier.

Feu, cri, douleur. Elle sent les brûlures sur ses bras et se cramponne encore un peu plus au balai.

Feu, cri, douleur et mort. Crabbe est mort, dévoré par l’incendie.

Des pleurs, des hurlements, des grognements, des corps qui se battent, des corps qui agonisent, et des corps déjà vides de tout esprit. Et quand tout semble fini, une grande lumière verte, et tout qui recommence. Feu, cri, douleur. Les scènes se bousculent dans sa tête, mais toutes tournent en boucle. Le diadème, la mort d’Harry, le duel contre Voldemort, les corps de Lupin et Tonk, la lumière verte, et de nouveau la course pour le diadème. Feu, cri, douleur.



Hermione se redressa sur son séant, le visage trempé de sueur. Ses cheveux humides étaient collés contre son front, et ses draps contre ses jambes. Elle avait chaud et tout son corps était brûlant. Sa respiration était irrégulière et son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Elle s’extirpa tant bien que mal de son lit, trébucha et s’étala par terre, les pieds encore prisonniers des draps. Une fois redressée et libérée du mieux qu’elle put, elle tituba jusqu’à la salle de bain et tomba à genoux sur le dallage froid. Celui-ci lui fit l’impression d’une libération. Elle s’étala au sol, posant la joue par terre contre le carrelage blanc. Ses yeux se fermèrent pour se rouvrir aussitôt. Dès qu’elle avait les paupières closes, son cauchemar si réel revenait la hanter.

La sensation de sérénité diffusée en elle par le contact avec le sol froid ne dura pas, et de nouveau elle se sentit au plus mal. Elle se releva péniblement, chancela, la tête lui tournant, et alluma l’interrupteur de la pièce. D’abord éblouie, elle s’avança cependant jusqu’au lavabo sur lequel elle prit appui. Son reflet dans le miroir lui fit peur. Elle ne s’était jamais vue avec les joues aussi rouge, le regard aussi hagard, les cheveux aussi défaits. Elle fit couler de l’eau froide et s’en aspergea le visage, mais les images ne la quittaient pas.

« Réfléchis », pensa-t-elle, « sois rationnelle. Tout ce que tu as vu s’est déjà passé, et ne va plus se reproduire. Tu vas attendre un an, puis retrouver Harry et Ron et reprendre ta vie normalement. Il n’y aura plus de guerre. Tu ne vas pas retourner dans le passé une deuxième fois, la boucle sera bouclée et il n’y aura aucune raison de la recommencer. »

Elle s’éclaboussa une nouvelle fois la figure. Les morts la hantaient. Quelle heure était-il ? Etaient-ils déjà décédés ou toujours en vie ? Crabbe, Fred, Rogue, Colin, Lupin, Tonk… Autant d’êtres voués à mourir cette nuit. Elle ne s’appelait plus Tonk d’ailleurs, mais Mrs Lupin. Et elle allait laisser Teddy derrière elle. Ils allaient le laisser derrière eux. Et Harry devrait s’en occuper, puisqu’il était son parrain.

Trop de pensées qui se cognaient et se disputaient pour avoir la meilleure place. Trop de choses à penser. Sa vision n’était qu’un cauchemar qui ne pourrait jamais se réaliser, il fallait qu’elle se force à l’oublier. C’était cela, l’oublier… Et en même temps qu’elle se disait cela, la salle sur demande en feu rejaillissait dans son esprit une nouvelle fois. Cela lui rappela la manière dont ils s’étaient retrouvés dans cette situation périlleuse. Draco, Crabbe et Goyle voulaient livrer Harry à Voldemort. Draco… En ce moment-même, il les agressait pour livrer Harry. En ce moment-même, il frôlait la mort. En ce moment-même, tous trois allaient lui sauver la vie. Un peu de la même manière que Narcissa Malfoy allait sauver celle d’Harry.

Maintenant qu’elle repensait à ce moment où leurs trois condisciples de Serpentard les avaient agressés, quelques détails s’éclaircissaient. Des détails dont elle ne se serait jamais rappelée s’ils n’avaient pas été présents dans son cauchemar. Par exemple ce regard que Draco lui avait lancé après avoir annoncé à Harry la raison de leur présence. C’était quelque chose qu’elle n’avait jamais réussi à qualifier, mais pas de la haine ou du mépris. Plus de l’amertume. Elle ne s’aventurerait jamais à le décrire comme triste.

Harry n’avait rien remarqué mais il lui avait semblé voir Ron froncer les sourcils. Ce serait-il alors aperçu de quelque chose ? A moins qu’il n’ait réagi à l’annonce de Draco. Elle ne saurait le dire.

Hermione se sentait fatiguée. Elle passa une main devant ses yeux, rejeta ses cheveux en arrière et lança un dernier coup d’œil à son miroir. Elle avait toujours le même aspect pitoyable qu’une seconde apparemment, mais à l’intérieur elle se sentait plus calme, moins affolée. Son cœur avait reprit un rythme de pulsation normal.

La jeune femme quitta la salle d’eau sans oublier d’éteindre la lumière, ce qui la replongea dans l’obscurité. Se laissant tomber sur son lit, elle garda les yeux ouverts, bien que s’ils avaient été fermés cela n’aurait rien changé à sa vision.

Quand elle parvint enfin à se rendormir, les premiers rayons de l’aurore traversaient ses volets. A Poudlard, la bataille se terminait.



C’était une expérience très étrange que vivait actuellement Hermione. Bien sûr, elle s’était déjà vu elle-même, elle n’en était pas à son premier retour dans le temps. Mais se voir plongée dans le coma en sachant qu’elle ne se réveillerait pas avant treize mois était des plus troublants.

Hermione soupira en vérifiant une énième fois que la cape d’invisibilité d’Harry la dissimulait correctement. Elle menait des études discrètes, vivait dans sa petite maison, faisait tout pour passer inaperçue auprès des gens qu’elle côtoyait. Dans treize mois, son personnage cesserait d’exister, il ne fallait pas faire de vagues.

Elle aurait bien aimé continuer son rôle d’Elinda sans se faire de souci. Continuer de discourir par hibou avec Tracey, revoir de temps en temps Pansy et Daphné, et peut-être Draco… Mais le problème était Draco. S’il apprenait qu’Elinda allait pour le mieux et menait tranquillement ses études, il aurait de quoi avoir des soupçons. Y avait-il deux Hermione Granger ? Celle dans le coma était-elle la vraie ? A moins que ce ne soit elle qui lui ait fait croire qu’elle était Hermione se faisant passer pour Elinda ? Avertirait-il Harry et les autres ? Elle-même dans le coma continuerait-elle de bénéficier des mêmes soins si les médecins apprenaient sa date de réveil ?

Encore une fois le précepte vital que lui avait exposé le professeur McGonagall en troisième année lorsqu’elle lui avait confié un retourneur de temps lui revint en tête. « Vous ne devez pas être vue ». Précepte répété ensuite pas Dumbledore lui-même. Non, elle ne pouvait pas se permettre de continuer d’entretenir des liens avec ses nouveaux condisciples de Serpentard. Surtout qu’ensuite, une fois réveillée il faudrait qu’elle leur explique qu’elle les avait trompés et était en réalité Hermione Granger. Eux lui en voudraient de leur avoir tant menti, Harry et Ron de s’être prise d’amitié pour eux. Quoique… Eux-mêmes n’étaient-ils pas désormais, ou plutôt ne seraient-ils pas plus tard, amis avec Draco ?

Beaucoup de complications en somme, et Hermione avait tranché la question de manière pure et simple. Elle ne donnerait pas signe de vie auprès des Serpentard et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ou plutôt le futur meilleur des mondes, celui dans lequel même le dernier morceau d’âme de Voldemort retenu à Poudlard aurait définitivement rejoint l’autre côté et les laisserait en paix.

Elle se leva de la petite chaise et s’étira. Devant elle, la Hermione du passé ne réagit pas, toujours profondément plongée dans son coma. Elle ne s’expliquait pas l’irrationnelle envie de venir ici qui s’était emparée d’elle. Le besoin de se rappeler que son existence Elindaine prendrait fin peut-être. Se remémorer qui elle était. Après cette année à Poudlard lourde de tension à jouer un autre rôle, cela lui faisait du bien de se voir de nouveau elle-même, même s’il s’agissait de son passé.

Dans quelques minutes, les médicomages allaient revenir, constater que tout était constant et autoriser ses amis à venir lui rendre visite. Il faudrait qu’elle soit déjà partie. Cependant, elle avait quelque chose à faire avant. Quelque chose qu’elle avait improvisé en dernière minute avant de se rendre à Sainte-Mangouste mais dont elle était sûre qu’elle ne le regretterait pas.

Sortant de son petit sac un miroir, elle décrocha celui qui était dans la pièce et le remplaça par le sien. Avec un peu de chance, les médicomages ne se rendraient pas compte que le miroir carré et bleu avait été remplacé par un légèrement plus petit rond et blanc. Ils ne devaient pas accorder beaucoup d’attention aux mobiliers, c’était plus dédié aux patients… lorsqu’ils pouvaient s’en servir.

Hermione marmonna un sortilège pour être sûr que son miroir de substitution tiendrait. Fière d’elle, elle se permit un sourire. Grâce aux enchantements qu’elle avait pratiqués et à la glace jumelle disposée dans sa maisonnette, elle pourrait voir tout ce qui se passerait autour d’elle durant son coma. Bien sûr, si quelqu’un à l’hôpital regardait dans la glace, il ne verrait que son reflet. Pratique, et théoriquement indétectable. Théoriquement bien sûr mais la jeune femme avait de bons espoirs.

Ravie, elle sortit de la pièce et referma doucement la porte derrière elle. Hermione eut à peine le temps de se plaquer contre le mur qu’une médicomage pénétra dans la pièce d’un pas vif. La jeune femme redescendit dans le hall en rasant les murs pour ne percuter personne, et de ce fait trahir sa présence, et eut un pincement au cœur en croisant Harry et Ron. Cela faisait un an qu’elle ne les avait pas vus. Leurs traits étaient tirés par l’épuisement et trahissaient leur inquiétude.

Ne voulant pas raviver des souvenirs douloureux, Hermione se dépêcha de s’en aller, et dès qu’elle eut mis un pied hors de l’hôpital, transplana chez elle.
Chapitre 46 : Coma by Realgya
Author's Notes:
Coucou ! Alors sachez que j'ai adoré écrire ce chapitre. J'espère que vous aurez autant de plaisir à le lire que j'en ai eu à l'écrire. Bonne lecture à tous !
La vie d’Hermione tomba vite dans la monotonie. Bien que la jeune femme dévorât les livres de la bibliothèque de son école et révisât ses cours jusque tard le soir avec ferveur, sa solitude commença à lui peser, et parfois elle se sentait sur le point de craquer. Dans ces passes difficiles, elle regardait dans son miroir, ce qui s’était passé durant son coma. A chaque fois, la même image se présentait à elle. Draco, immobile et assis sur une chaise, la veillait. Cela faisait six mois déjà, et Harry et Ron ne venaient plus depuis un certain temps. Mais Draco était toujours au rendez-vous. Parfois il ne passait qu’en coup de vent, mais se présentait quand même une fois par jour au poste.

Hermione s’était dite, avant de partir dans le passé, que ce retour en arrière lui permettrait un peu de comprendre comment Harry et Ron avaient pu devenir amis avec cet imbécile de Malfoy. Et effectivement, son miroir lui fournit une partie de la réponse.

Et de manière prévisible, leurs débuts avaient été houleux.



Ron était assis sur le tabouret près de la tête d’Hermione, la couvant du regard, et Harry adossé au mur, à moitié endormi. La porte de la chambre s’ouvrit et un individu entre, accompagné de la voix d’une médicomage.

- Voici la chambre de Miss Granger, fit-elle froidement. Vous pouvez y rester une heure, pas plus.

- Nous restons devant la porte, ajouta sévèrement une voix plus grave.

Hermione avait reconnu la voix de Kingsley, un auror. Tout d’abord, elle s’était demandée pourquoi deux aurors attendaient devant sa chambre que Draco ressorte. Puis la réponse s’était imposée à son esprit toute seule. Les Malfoy étaient considérés comme une ancienne famille de mangemorts, elle-même était une héroïne de la lutte contre Voldemort. Il n’y avait pas à chercher bien loin pour supposer que si un mangemort voulait lui rendre visite, c’était uniquement pour lui faire du tort, que ce soit une vengeance, une mission de repérage ou tout simplement quelqu’un envoyé pour achever le travail. De plus, seule la famille et quelques amis étaient autorisés à voir les patients. Draco avait dû faire plus que des pieds et des mains pour obtenir le droit de la voir, ce qui expliquait qu’une semaine avait déjà passé depuis qu’elle était tombée dans le coma.

La porte se referma en un claquement sec et Draco se retrouva face à un Ron éberlué et un Harry qui émergeait difficilement de sa torpeur.

- Qu’est-ce que tu fiches ici, toi ? bondit-il le premier après avoir conclu que la situation n’était pas tirée de l’imagination de son cerveau.

- J’essaye mon nouveau balai, ça ne se voit pas ? répondit sarcastiquement l’ancien Serpentard en s’approchant du lit.

- Recule Malfoy, lui intima Ron.

Ni animosité, ni véhémence dans sa voix. Hermione aurait pu juger le ton de son ami neutre si elle ne l’avait pas connu aussi bien et détectait la surprise cachée derrière.

Draco ne recula pas, mais cessa son avancée vers le lit. Il posa un regard pensif sur elle.

- Tu n’as rien à faire ici et tu n’es pas le bienvenu dans cette pièce, alors on apprécierait que tu ressortes, déclara Harry en se maîtrisant.

- Tu crois que parce que tu m’as sauvé une fois la vie Potter et que tu es le grand héros du monde sorcier tu peux m’ordonner de faire ce que tu veux, jeta Draco avec mépris.

- Deux fois, reprit Ron.

- Comment ça deux ? s’étonna Draco.

Mais Ron n’eut pas le temps d’expliquer que la deuxième fois il était sous la cape, raison pour laquelle Draco ignorait le rôle qu’ils avaient eu dans son sauvetage, qu’Harry les interrompit.

- Je te demande de partir parce que Ron et moi sommes en train de veiller notre meilleure amie et que ta présence ici est déplacée, s’énerva-t-il. Je savais que tu étais lâche, arrogant et prétentieux, mais j’ignorais qu’en plus de cela tu n’avais aucun honneur.

Les deux jeunes hommes s’affrontèrent du regard.

- Et si moi aussi j’avais envie de veiller Hermione ? demanda-t-il d’un air hautain.

- Va-t-en d’ici, rugit Harry.

Des coups se firent entendre à la porte, empêchant Draco de répliquer.

- Un problème ? demanda Kingsley alors que sa tête apparaissait à l’embrasure.

- Rien, répondit aussitôt Draco. Potter, Weasley et moi-même n’avons simplement jamais été les meilleurs amis du monde.

- On peut savoir à quoi rime cette mascarade ? attaqua Harry à l’attention de Kingsley.

Ce dernier jaugea les trois hommes du regard avant de répondre.

- Peut-être serait-il préférable, Mr Malfoy, que vous repassiez plus tard, proposa-t-il.

- J’ai votre parole que vous me laisserez revenir ? demanda suspicieusement Draco.

Kingsley répondit d’un hochement de tête. Draco lança un dernier regard vers l’Hermione plongée dans le coma, hésita un instant à s’approcher d’elle puis finit par hausser dédaigneusement des épaules et à suivre Kingsley. La porte se referma, laissant un Harry furieux et un Ron abasourdi.

- Ca ne te dérange pas, toi, qu’il vienne ici ? interrogea Harry avec colère, agacé du manque d’appui trouvé chez son ami.

- Hermione.

- Pardon ?

- Il l’a appelée Hermione.

Harry fronça les sourcils, cherchant ce qu’il y avait de si extraordinaire avant que l’étonnement ne vienne remplacer la colère sur son visage.

- On a peut-être mal entendu, fit-il, hésitant.

- Pour une fois, je préférerais qu’on me traite effectivement de sourd, lâcha Ron.



Le lendemain, à peu près à la même heure, soit le soir après la journée éreintante de cours d’Hermione, elle avait put retrouver de nouveau Harry et Ron la veillant, tous deux en train de discuter à voix trop basse pour qu’elle entende leur conversation. Draco surgit soudain, stoppant net les jeunes gens dans leur discussion. Il les ignora royalement et alla s’appuyer contre le mur de l’autre côté du lit d’Hermione, à l’opposé d’Harry et Ron.

- De retour, constata sombrement Ron.

Apparemment, il avait eu le temps de ressasser l’épisode durant la nuit et à la stupéfaction première avait succédé sa mauvaise humeur. Il ne tira à Draco comme toute réaction qu’un regard méprisant comme il savait si bien les faire. Un petit silence s’installa, bientôt rompu par la curiosité.

- Il n’y aurait pas quelque chose entre vous deux qu’Hermione aurait accidentellement oublié de nous dire ? demanda Harry, soupçonneux.

- Je ne vois pas où tu veux en venir, Potter, répondit Draco d’une voix froide.

- Hier Ron et moi avons cru t’entendre appeler Hermione par son prénom, développa Harry.

Les deux garçons attendirent patiemment sa réponse, s’attendant de manière certaine à une grimace de dégout de la part de Draco à l’idée que venait d’énoncer Harry, ainsi qu’une tirade pour appuyer l’impossibilité d’une telle chose. Mais à la place de cela, seul le silence leur répondit.

- Mais nous nous le sommes sûrement imaginé, n’est-ce pas ? ajouta Harry, désorienté.

- Ce ne serait pas la première fois que tu as des visions Potter, par contre ce doit être une nouveauté pour Weasley.

Une telle remarque désobligeante aurait du rassurer les deux jeunes gens mais Hermione pu lire sur leur visage à travers son miroir que c’était l’effet inverse. Ton neutre, tirade énoncée sans un regard dans leur direction, visage stoïque, pas de noms écorchés ou de surnoms tels « le Balafré » ou « la Belette ». Hermione observa Harry et Ron échanger un regard inquiet et la mine de ce dernier se rembrunit davantage.

- Pourquoi tu viens la voir ? ne réussit à se retenir de demander Harry.

- Si j’ai une raison, elle est confidentielle, donc garde tes distances Potter.

Il n’y avait aucune trace d’agressivité dans sa voix. Ce n’était pas un ordre, ni une menace, mais plutôt une demande. Nouvel échange de regards inquiets entre Harry et Ron.

- Mais pourquoi ?

- Potter, le coupa Draco en relevant la tête vers lui pour la première fois, je n’ai la droit de rester ici qu’une demi-heure, et j’apprécierai que tu me laisses tranquille durant les vingt dernières minutes qu’il me reste à passer ici.

- Parce que tu nous laissais tranquille à Poudlard ? répliqua Ron avec rancœur.

- C’était Poudlard.

Comme si cette affirmation mettait un terme à la discussion, Draco détourna son regard d’eux pour le reporter sur Hermione. Les poings de Ron se crispèrent et il adopta une mine renfrognée, sûrement plongé dans ses pensées. Harry toisa un moment Draco avant de pousser un soupir las et de s’asseoir en tailleur par terre, contre le mur.

- Tu nous manques Hermione, réveille-toi vite, souffla-t-il.
Chapitre 47 : A propos du procès by Realgya
Author's Notes:
Coucou ! Voici encore un nouveau chapitre aujourd'hui, et demain ou mardi je posterai le suivant qui est déjà écrit. Je trouve que cette dernière semaine j'ai fait très fort en terme d'avancée de l'écriture de cette fiction. Enfin, bonne lecture à tous !
Draco se présenta une troisième fois dans la chambre d’Hermione alors qu’Harry et Ron s’y trouvaient déjà. De l’autre côté de son miroir, la jeune femme put voir le visage de Draco se fermer alors que ses yeux fixaient avec un air mauvais les mains de Ron qui tenaient celle d’Hermione. Son cœur se mit à battre un petit peu plus vite à cette constatation, qu’elle chassa bien vite pour se concentrer sur l’échange qui allait avoir lieu.

Cependant celui-ci ne vint pas. Draco se cala contre un mur en silence et se contenta d’observer Hermione.

- Tu comptes venir tous les jours ? demanda Ron presqu’en grognant.

- Je vais essayer.

Hermione lut l’étonnement sur les visages de ses amis, chose qui se produisait souvent depuis l’avant-veille. Au bout d’un petit quart d’heure silencieux, un nouvel individu entra dans la pièce.

- Mr Malfoy ? interrogea-t-il.

Draco se tourna vers lui, montrant qu’il lui adressait son attention.

- Je suis Mr Scamander, votre avocat commis d’office pour votre procès, et l’heure qui vient est la seule que je puis vous accorder dans mon créneau d’horaires surchargé. Alors suivez-moi s’il vous plaît pour que nous puissions en discuter.

Tout dans son attitude laissait transparaître le mépris qu’il témoignait à son client et le peu d’envie qu’il avait de devoir défendre un mangemort.

- Non.

- Pardon ? s’offusqua l’avocat, le premier choc passé.

- Vous avez très bien entendu, reprit calmement Draco. Je refuse de perdre mon temps avec vous. Votre seule envie est de me voir croupir à Azkaban jusqu’à la fin de mes jours, alors faites que votre souhait s’exauce et laissez-moi tranquille.

Hermione tressaillit. De la fatigue, du désespoir, de la lassitude ? Elle était incapable de savoir exactement ce qui habitait Draco en cet instant.

L’avocat sortit après avoir adressé à son client un regard hautain et les trois jeunes hommes se retrouvèrent de nouveau seul.

- Tu es sûr que tu ne préférerais pas préparer ta défense ? avança Harry au bout d’un petit moment.

- Non, assena Draco.

- Pourtant tu as plein de circonstances atténuantes, rien ne dit que tu seras envoyé à Azkaban. Il faudrait peut-être te mettre au point.

- Tu rêves tout éveillé, Potter, répliqua l’accusé en étouffant un rire dérisoire. La chasse aux mangemorts est ouverte désormais. Tous ces imbéciles du ministère vont s’empresser de tous nous envoyer à Azkaban ou nous condamner au baiser du détraqueur. Vieillard, femme, enfant, soupçonné, complice involontaire, victime de l’imperium…. Ils auront trop peur d’une nouvelle poussée de croissance avec les idéaux du Seigneur des Ténèbres. La dernière fois certains ont pu passer entre les mailles du filet en se prétextant soumis à l’imperium, mais cette fois-ci ils préféreront sacrifier des innocents plutôt que de laisser un seul allié du Seigneur des Ténèbres s’échapper.

Un bref silence suivit la tirade de Draco. Peu habitué à ce qu’il parle aussi longtemps sans l’insulter, Harry ne dit rien mais ce fut Ron qui enchaîna.

- Il n’est plus seigneur de rien du tout, appelle-le Voldemort.

Draco lui adressa une grimace.

- La peur d’un nom ne fait que renforcer la peur de la chose elle-même, déclara Ron avec philosophie, ce qui fit sourire Hermione.

- Dixit He… Granger, je suis au courant, soupira Draco en levant les yeux au ciel.

- Comment l’as-tu appelée ? demanda Harry en fronçant les sourcils.

- Granger, c’est bien son nom n’est-ce pas ?

- Oui, oui, répondit le jeune homme, légèrement troublé.



Draco vint le jour suivant, et le jour encore suivant. A chaque fois, il échangeait quelques mots de plus avec Harry. Celui-ci avait eu du mal à cacher sa colère quand il avait eu la confirmation des dires de Draco au sujet de la chasse au mangemort de la bouche du premier ministre de la magie en personne, quelques minutes avant de venir rendre visite à Hermione. Cette dernière put ainsi le voir s’énerver, crier et clamer que si elle-même avait été réveillée, elle aurait été d’accord avec lui que c’était intolérable et qu’il fallait faire quelque chose. Draco restait dans son coin, figé, se contentant de regarder l’endormie, mais Hermione se doutait qu’il écoutait chaque parole prononcée par Harry. Ron, lui, était tout aussi indigné mais n’avait pas le temps de placer ne serait-ce qu’un mot dans le monologue d’Harry et avait battu en retraite contre le mur.

Quelques jours plus tard, Hermione eut un choc en entendant Draco dire « merci ». Cela la surprit à tel point qu’elle resta un moment bêtement à fixer son miroir en se demandant où était la défaillance dans son sortilège. Force lui fallut cependant d’admettre que Draco venait réellement de remercier Harry et Ron pour être intervenus en sa faveur lors de son procès, ce qui le laissait dorénavant sous surveillance mais libre, et non emprisonné à Azkaban.

- Ce n’était rien, répondit Harry, toujours aussi modeste. Mais maintenant, qu’est-ce que tu vas faire ?

Draco ne répondit pas tout de suite, perdu dans ses pensées.

- Je ne sais pas encore trop, mais quelque chose sur Londres.

- Peur de partir à l’étranger ? se moqua Ron.

- Non, j’ai juste été mis au courant par les médecins que le coma de Granger allait sûrement se prolonger.

- Et tu vas continuer à venir la voir tous les jours jusqu’à son réveil ? demanda Harry avec une mine ébahie.

- Comme vous non ? répondit Draco avec une moue désinvolte.



D’après Hermione, c’était à partir de ce moment-là qu’avaient été jetées les bases de la réconciliation. Elle s’allongea sur son lit en soupirant, jeta un nouveau coup d’œil au miroir. Draco était toujours immobile près d’elle, de l’autre côté du miroir. Cela lui coûtait de se l’avouer, mais il lui manquait. Harry et Ron également, mais lui en particulier. Sans doute parce qu’elle avait trouvé en lui un réconfort dans l’absence de ses deux meilleurs amis l’année passée. Et puis aussi parce qu’elle le voyait tous les jours, près d’elle, dans le miroir, tout en le sachant inaccessible.

Elle se rendait compte désormais que Draco n’avait été une angoisse supplémentaire lors de sa mission qu’au début. Ensuite, le savoir au courant avait plus été un soulagement, et la certitude de ne pas oublier qui elle était réellement. De plus, à part quand il l’interrogeait sur sa mission, elle n’avait plus eu, lors de rares moments, le besoin de jouer un autre personnage, de mimer quelqu’un d’autre.

Hermione le regarda se lever et s’approcher de la porte. Après avoir passé une demi-heure à la regarder dormir, il s’en allait, comme toujours. La jeune femme ferma les yeux pour les rouvrir tout de suite lorsqu’un claquement de porte provenant du miroir retentit. En s’en allant, Draco refermait toujours le battant délicatement et sans bruit. Il y avait quelque chose d’anormal. Et effectivement, lorsqu’elle aperçut Tracey dans la glace, elle eut la confirmation que tel était le cas.



- Ne me dis pas que c’est elle que tu es venue voir !

Les sourcils de Tracey se froncèrent et Hermione, de l’autre côté de son miroir, sentit son cœur se serrer en voyant le regard dédaigneux que son amie adressait à son corps endormi.

- Parle moins fort, si les medicomages t’entendent ils vont nous forcer à sortir.

- Et j’en serai bien aise. Qu’est-ce que tu fiches ici ?

- Je te retourne la question, rétorqua Draco.

D’un habile mouvement du poignet, il pointa sa baguette magique sur la porte et Hermione déduisit sans difficulté qu’il venait d’insonoriser la pièce.

- Je suis venue voir mon oncle qui est interné depuis hier soir. Et en partant, ô surprise je t’aperçois sortir de la chambre de cette…

- Cette ? la défia Draco du regard. Vas-y dis-le, ça te démange les lèvres.

Le visage de Tracey se rembrunit et ses yeux lui lancèrent des éclairs.

- Tu m’énerves, jeta-t-elle.

- Pourquoi tu ne l’insultes pas comme tu en as l’habitude ? demanda Draco avec véhémence.

- Je n’ai jamais traité quiconque de sang-de-bourbe, et je ne commencerai pas aujourd’hui, claqua la voix teintée de colère de Tracey.

- Alors si tu te moques de son sang, quel problème te pose ma présence ici ?

- Un, c’est une Gryffondor. Deux, tu la détestes depuis six ans. Trois, tu as pris l’habitude de l’insulter quotidiennement. Quatre, tu la méprises. Cinq, tu te soucie en priorité de ta personne, alors je me demande pourquoi au lieu de t’occuper de ta nouvelle société de balais tu perds ton temps ici.

- Mon entreprise est à côté, ce ne sont pas dix minutes à Ste-Mangouste qui vont me faire perdre mon temps.

- Pourquoi t’obstines-tu à refuser de m’expliquer ?

- Et t’expliquer quoi ? s’énerva Draco.

- Ce que tu fais là, assena Tracey. Tu prépares une vengeance ? Tu as besoin de son aide ? Tu es tombé amoureux d’elle ? N’importe quoi mais dis-moi !

Draco afficha un instant un visage décontenancé, mais se reprit très vite.

- Rassure-moi, tu n’es pas sérieuse dans tes propositions ?

- Franchement, rien ne me surprendrait. Pas même la dernière.

- Tu crois vraiment que…

- Ce que je crois, s’écria Tracey, c’est que cela fait six mois que je n’ai plus de nouvelles d’Elinda, que j’ignore même si elle est vivante ou morte, que tu refuses de nous parler d’elle et qu’à la place de la chercher tu passes ton temps libre à veiller Granger !

A bout de souffle, la jeune femme s’arrêta et fixa Draco dans les yeux. Ils se toisèrent un moment. Le silence était complet et la tension qui régnait dans la pièce palpable.

- Je tiens à Hermione. Cela te suffit comme explication ?

- Her…

Tracey ouvrit de grands yeux en entendant le prénom de la l’endormie dans la bouche de son condisciple, chancela, porta une main à sa tête, et s’écroula.
Chapitre 48 : Tracey by Realgya
Author's Notes:
Et coucou de nouveau ! J'ai une mauvaise nouvelle: ce chapitre est court. Je ne suis pas très satisfaite de ce passage, mais il est nécessaire à la suite de l'histoire donc... Enfin, j'espère que vous l'apprécierez quand même ^^
Draco se précipita pour rattraper Tracey au moment où elle tombait. Celle-ci le repoussa vivement, s’écarta de quelques pas et s’appuya contre un mur.

- Désolée, c’est juste un instant de faiblesse.

Le jeune homme la jaugea du regard.

- Depuis combien de temps n’as-tu pas mangé ?

Tracey ne répondit pas mais lui lança un regard amer.

- Tu es toute pâle et tu ne tiens pas sur tes jambes, n’essaye même pas de me faire croire que tu vas bien, reprit-il.

- Cela ne te regarde pas, déclara sèchement Tracey.

- Je croyais que nous étions plus proches que cela, remarqua Draco en fronçant les sourcils.

- C’est aussi ce qui me semblait… jusqu’à aujourd’hui.

Hermione contempla tristement le visage émacié de son amie. Draco avait raison, elle avait l’air d’avoir beaucoup maigri, son teint était blafard, et de grands cernes soulignaient ses yeux tristes. Une bouffée de culpabilité lui serra la gorge.

- Tracey… fit doucement Draco.

- Laisse-moi tranquille !

- Ne veux-tu pas que je t’explique ?

La jeune femme le dévisagea.

- Je croyais que tu ne voulais pas, releva-t-elle.

- Finalement je veux bien, se résigna Draco. Mais assied-toi, tu ressembles à un inferius.

Tracey obtempéra avec un soupir. Son camarade lui tendit une barre de chocolat qu’elle se résigna à avaler.

- Pourquoi manges-tu si peu ?

- Je n’ai pas faim.

- Tu t’inquiètes pour elle, n’est-ce pas ?

La jeune femme acquiesça et Hermione comprit que c’était pour elle que son amie s’inquiétait.

- Tu te rends compte que s’il faut, elle est…

L’émotion l’empêcha de finir sa phrase et elle refoula ses larmes.

- Il faut que je t’annonce quelque chose, se lança Draco.

Hermione se tendit. Une onde d’angoisse parcourut tout son corps pour aller se loger dans son ventre.

- Elle ne voulait pas que j’en parle à quiconque, mais plus je te voie, plus je me dis qu’elle a eu tort, poursuivit-il.

- Parles-tu d’Elinda ? questionna faiblement Tracey.

Le jeune homme approuva d’un mouvement de tête.

- Elle… Ce n’est pas facile à dire. Mais ce n’est pas celle que tu crois.

- Que veux-tu dire par là ? questionna Tracey en prenant une mine interrogatrice.

Draco prit une inspiration avant de répondre.

- Elinda n’a jamais existé. Ce n’est qu’un personnage joué par quelqu’un d’autre dans la guerre contre le Seigneur des Ténèbres. Une comédie. Avec le polynectar, un peu d’occlumencie et des contacts, tu te doutes à quel point c’est facile.

Tracey garda le silence mais intima du regard à Draco de continuer.

- Tu te rappelles la soirée où certains avaient fait boire Elinda ?

La jeune femme hocha la tête.

- Tu es venue me prévenir, et je l’ai montée dans mon dortoir car les effets du polynectar s’estompaient. C’est pour cela que je suis au courant. Et à ce moment-là, j’hésitais encore sur le camp que je voulais rejoindre dans cette guerre, se crut-il obligé de préciser devant le regard inquisiteur de sa camarade. Nous avons tous deux passé une sorte d’accord. J’ai accepté de prendre le risque de la protéger au lieu de la dénoncer. Et depuis, je suis au courant de sa véritable identité.

Cette fois-ci, ce fut un regard teinté de reproche que Tracey lui adressa.

- Je me doute que tu peux m’en vouloir, mais t’en parler aurait été te faire prendre des risques à toi aussi. Tu sais que tous les mangemorts ont quelques notions en legilimencie, et je ne pense pas que l’on puisse qualifier tes compétences en occlumencie comme bonnes.

Tracey garda le silence, ses yeux rivés dans ceux de Draco. Ce dernier y lut sans peine son interrogation muette.

- Oui, il s’agit bien d’elle. Elinda n’est autre qu’Hermione Granger.



Hermione s’assit sur son lit sans détacher ses yeux du miroir. Elle avait inconsciemment retenu sa respiration, attendant la réaction de Tracey. Celle-ci était si prévisible. Elle la détestait déjà pour leur rivalité de maisons à Poudlard, désormais elle allait la haïr. D’un autre côté, il n’aurait jamais pu en être autrement, et elle le savait.

- Tu ferais mieux de l’oublier, tu sais, annonça Draco.

- Toi tu ne l’oublies pas, répliqua Tracey dans un souffle, en hachant ses mots.

- Je me suis habitué à l’idée qu’Elinda était Hermione, et disons que… Enfin, je ne lui en veux pas pour m’avoir menti, et ensuite caché les raisons de son infiltration. Avec un peu de chance, elle voudra bien me les expliquer à son réveil.

- Tu ne les as pas demandées à Potter et Weasley ? Ils t’ont soutenu lors de ton procès, tu aurais pu en profiter.

- Non, j’attends qu’elle me les dise elle-même.

- Tu t’es attaché à elle en tant que Granger de Gryffondor, pas seulement en tant qu’Elinda de Serpentard, n’est-ce pas ?

Draco se tut mais Tracey n’attendait pas de réponse.

- Alors en réalité, elle nous méprise…

La jeune femme baissa la tête. Le cœur d’Hermione se mit à battre beaucoup plus vite. Est-ce que Tracey serait triste à l’idée qu’elle-même ne l’apprécie pas ? Tiendrait-elle à elle au point de ne pas prendre en considération ses origines, son sang, son combat ? Pourrait-elle l’accepter comme amie en tant qu’Hermione Granger, et ne doutait-elle pas simplement de sa confiance à elle ?

- Je ne pense pas, rectifia Draco.

- Et qu’est-ce qui te ferait penser le contraire ?

- Je ne sais pas, lâcha le jeune homme après avoir marqué une pause. Une impression.

Tracey le regarda de ses grands yeux tristes, qu’elle reporta ensuite sur le corps d’Hermione. Elle se leva et s’approcha de son visage.

- J’aimerai bien qu’elle se réveille, chuchota-t-elle, qu’elle m’explique. Je refuse de croire que toute cette année était du vent.

- Elle m’a demandé de t’aider à te mettre avec Blaise, déclara soudain Draco.

- Vraiment ? s’étonna Tracey. Elle m’avait proposé son aide, et m’avait soutenu dans les moments difficiles mais… ça aurait pu être uniquement pour jouer son rôle.

- Tu crois qu’elle serait allée jusqu’à s’engager dans un pari avec moi pour coller à son personnage ?

- Vu que tu savais qui elle était en réalité, ce serait en effet bizarre.

- Et puis elle a enfermé Blaise dans un placard juste pour t’aider.

Tracey se tourna vivement vers Draco.

- C’était elle ?

Le jeune homme acquiesça, et sa camarade partit dans un grand éclat de rire.

- Oh non, je n’y crois pas, rigola-t-elle. C’est elle qui a enfermé Blaise ? Si jamais il l’apprend il va la tuer. Je suppose qu’elle a demandé de l’aide à Longdubat et la cadette Weasley ?

- Non, elle a très bien su se débrouiller toute seule, rectifia Draco d’une voix neutre, ne prenant pas part à la soudaine hilarité de sa condisciple.

- Toute seule ? répéta Tracey alors que son sourire s’élargissait. Et Blaise qui disait : « Ca doit être ces satanés Gryffondors ». Au moins avait-il raison, il s’agissait bien d’une rouge et or.

Hermione sourit en regardant son amie rire aux éclats. Elle avait l’air tellement heureuse. Cela lui rappelait la Tracey radieuse avec qui elle avait passé l’année, et qui malgré la guerre avait su conserver une touche de joie de vivre.

- Il va falloir que j’y aille, intervient Draco en jetant un coup d’œil à l’horloge magique accrochée dans la chambre. Tu veux venir manger à la maison.

- Oui, je veux bien, accepta Tracey en retrouvant son sérieux. Mais à une condition.

- Et laquelle est-ce ?

- Je veux qu’une fois Eli… Granger réveillée, tu me préviennes aussitôt.

Draco la dévisagea un instant avant de répondre.

- Je te le promets.
Chapitre 49 : Le réveil by Realgya
Author's Notes:
Et voilà ! Attention, ceci va être une note d'auteur un peu longue. Alors d'abord, désolée d'avance si certains passages sont trop fleur bleue, c'est fort possible. Ensuite, je vous remercie énormément pour tout le soutien que vous m'avez donné, tous les encouragements que j'ai reçu de votre part.

Comme vous avez du le constater, comme tous les auteurs, je fais attention à ne pas donner deux fois le même nom à l'un de mes chapitres. Mais voilà, pour celui-ci, ce n'est pas le cas, puisqu'il s'agit du même titre que celui du premier. Je ne sais pas si on peut parler d'anteperiphore, pour ceux qui connaissent. A ceux qui ignorent de quoi il s'agit, je vais vous épargner d'aller chercher dans votre dictionnaire: "anteperiphore: un même mot ou groupe de mots est répété en début et fin de phrase, ou qu'un même vers commence et termine une strophe". Bon, sauf que là ce serait à l'échelle de mes titres de chapitres...

En théorie, c'est le moment où certains commencent à douter et se demander si ce chapitre est le dernier de ma fiction. Après 49 chapitre, il est normal que cette histoire prenne finalement fin. Alors je vais vous répondre tout de suite: non, ce n'est pas le dernier chapitre, ni l'avant-dernier d'ailleurs ! La répétition du titre est liée à autre chose que vous découvrirez très vite, je tenais juste à préciser que j'étais consciente de la répétition.

Je vous l'ai dit, cette note va être longue. En effet, j'aurai besoin de savoir quels points, à la fin de ce chapitre, ne vous paraisse pas clairs. De mon point de vue, j'ai l'impression d'avoir répondu à une majeure partie des questions au sujet des problèmes de temps, en m'aidant de certaines de vos reviews (un grand merci à ceux qui, je pense, se reconnaîtront ^^). Sauf que beaucoup de vos commentaires me disent qu'il leur tarde la fin pour enfin tout comprendre, donc je voudrais juste savoir si ce chapitre est suffisamment clair... ou pas ^^'

Merci d'avance à tous ceux qui prendront la peine de répondre. Et sur ceux je ne vous embête pas plus longtemps, et vous souhaite une bonne lecture ! :D
Draco regardait Hermione, et Hermione regardait Draco. Mais aucun des deux ne savait qu’il était regardé. Du moins, la jeune femme avait ignoré à ce moment-là qu’elle l’était. Encore une fois, elle n’arrivait pas à dormir, et observait son miroir, roulée dans son drap. Elle sursauta. Le Draco dans le miroir venait de se pencher sur elle et déposer un léger baiser sur son front. Du moins c’est ce qu’il lui sembla. Son cœur n’avait jamais battu aussi fort. L’avait-elle rêvé, ce baiser ? L’instant d’après, il se leva et fila comme un voleur.



- Hermione…

La concernée jeta un bref coup d’œil dans son miroir avant de replonger le nez dans ses notes de cours de la journée.

- Vous vous réveillez enfin, c’est une excellente nouvelle pour tout Ste Mangouste, se réjouit-elle.

Hermione jeta un regard furieux à l’infirmière qui venait de pénétrer dans sa chambre. Elle ne pouvait pas parler moins fort ? D’un coup de baguette magique, elle fit taire son miroir, qui ne lui retransmettait plus alors que l’image. Et puis finalement, les paroles atteignirent son cerveau. Draco se serait-il endormi sur sa chaise ?

Intriguée, et saisie d’un drôle de sentiment, elle remit le son.

- Vous sortez d’un coma profond, calmez-vous, tout va bien, la rassura l’infirmière.

Hermione s’étrangla et délaissa totalement ses notes de cours. Elle venait de se réveiller. Après quelques pas chancelants, elle se laissa tomber sur son lit et se pencha près de son miroir. Elle n’avait absolument pas prévu que ce devait être aujourd’hui. Mais avec ses examens qui approchaient, ce n’était pas forcément étonnant. « Mauvaise excuse », lui souffla une petite voix agaçante du fin fond de ses pensées.

- Allongez-vous et reposez-vous, je vais vous chercher à manger et ensuite on vous enlèvera tous ses tuyaux qui doivent vous gêner.

Désormais, elle allait compter les jours qui la séparaient de ses retrouvailles avec ses amis. Non ! Il ne fallait pas qu’elle perde du temps avec ça, elle avait des examens à préparer. Elle retournerait les voir après. Et puis de toute manière elle racontait n’importe quoi. Ses examens étaient le lendemain et le surlendemain, ils seraient terminés quand elle aurait enfin l’autorisation de retourner dans sa vie normale.

- Où sont Harry et Ron ? demanda faiblement l’Hermione sortant du coma.

Elle était toute pâle et avait vraiment une petite voix. En fait, elle faisait presque pitié à voir.

- Tous les deux en Roumanie pour leur job, mais ils ont décidé d’en profiter pour passer la semaine chez le frère de Weasley, répondit platement Draco.

- Leur job ?

- Ils sont tout deux Aurors.

- Comment tu le sais ?

- Disons qu’on a fini par sympathiser, répondit Draco avec un haussement d’épaules.

- Et toi, tu es médecin ?

- Jamais de la vie, trancha le jeune homme.

- Alors qu’est-ce que tu fais là ?

Draco resta un instant décontenancé, la regardant comme si sa question était la plus idiote du monde.

- Je reste à ton chevet, finit-il par répondre en hésitant.

- C’est Harry et Ron qui te l’ont demandé ?

De nouveau, le visage de l’ancien Serpentard perdit son assurance. Il semblait déboussolé qu’elle lui pose de telles questions. En revoyant la scène, la lumière se fit dans l’esprit d’Hermione. Draco avait eu l’air tellement surpris des questions qu’elle lui posait. Elle n’y avait accordé aucune importance sur l’instant, et peut-être avait-ce été mieux ainsi. Si cela avait été le cas, elle aurait compris que son étonnement était du au fait qu’elle soit incapable d’imaginer qu’il ait pris soin d’elle.

Pour lui, il n’y avait toujours eu qu’une seule Hermione. Il l’avait indiqué à Tracey, il n’avait pas questionné Harry et Ron sur sa présence à Poudlard en tant qu’Elinda. Par conséquent, ses derniers n’avaient pas pu le contredire et prétendre qu’au contraire, Hermione était tout le temps restée avec eux. Pour lui, l’Hermione qu’il avait sauvé de l’avada kedavra, et celle qui ouvrait les yeux en ce moment, devrait se souvenir de tout ce qu’ils avaient partagé l’année passée, puisqu’elle était avec lui. Or ce n’était pas le cas. Hermione n’avait pas encore vécu ce que lui se rappelait.

Dans le miroir, l’infirmière était revenue, avait donné à manger à Hermione, et s’apprêtait à ressortir.

- Ne restez pas trop longtemps, fit-elle au jeune homme. Elle aura sûrement envie de dormir tranquillement. Si vous vous rétablissez bien, vous serez sortie dans une semaine, enchaîna-t-elle à l’attention de la patiente.

Celle-ci acquiesça et se laissa tomber contre ses oreillers, s’étant redressée pour manger. Encore une fois, Hermione ne put que noter à quel point elle avait l’air faible.

- Ah, et Mr Malfoy, n’oubliez pas votre veste comme hier, ajouta l’infirmière avant de quitter la pièce.

- C’était exceptionnel, protesta le jeune homme.

- Comme la semaine dernière et les trois fois du mois dernier, rigola la jeune femme en s’éloignant dans le couloir.

Draco leva les yeux au ciel.

- Tu viens souvent, l’un de tes proches est malade ? s’enquit l’Hermione du miroir.

Pour toute réponse, elle eut droit à un nouveau regard perdu. Elle n’imaginait pas qu’il soit là pour elle, juste pour elle. Mais désormais, Hermione le savait. Elle l’avait observé, chaque soir, venir à l’hôpital passer un peu de temps avec elle. Et ce depuis treize mois. Il ne s’était pas lassé, n’en avait pas eu marre. Il avait continué à venir, il avait cru en elle, attendu son réveil. Et elle, à ce moment-là, avait tout brisé.

Hermione se rappela une discussion venimeuse au sujet de Draco qu’elle avait eu avec ses amis, peu de temps après son réveil. Ce dernier était d’ailleurs dans la pièce, et avait pu tout entendre. Entre ses cris et ses remarques désobligeantes, il avait été évident qu’à ce moment-là, il ne lui inspirait qu’un sentiment de rejet. Après tout ce qu’il avait fait pour elle, elle l’avait rejeté.

A cette évidence, des larmes se mirent à couler sur ses joues sans qu’elle ne puisse les arrêter. Elle avait été ignoble avec lui. Comment pourrait-il jamais le lui pardonner ? « Ce n’était pas ta faute, tu ne savais pas », fit remarquer la petite voix de sa raison.

Mais Hermione ne réfléchissait plus avec la tête, elle réfléchissait avec le cœur. Elle se roula en boule sur son lit et étouffa un sanglot. Désormais, elle ne distinguait plus aucune des silhouettes du miroir, tant sa vision était brouillée par ses larmes.

- Et Poudlard ? entendit-elle, sans savoir exactement qui posait la question.

Si elle avait été lucide, elle aurait souri, elle aurait été fière. Tout ce qu’elle avait enduré, c’était pour son école, et elle avait réussi. Sa mission touchait à son terme, et grâce à elle, Poudlard était sauvé. Mais Hermione n’était pas lucide. Alors elle ferma les yeux, et le visage de Draco s’imposa à son esprit. Son visage était fermé, ses lèvres hermétiquement closes, son port de tête dédaigneux, et ses yeux orageux témoignaient d’une rage contenue.

- Et Poudlard ?

Sa voix était glacée. Elle ne sut pas quoi lui répondre, et se remit de plus belle à pleurer. Draco la toisait une dernière fois avant de tourner des talons et de s’en aller. Hermione cria, lui demandant de revenir. Elle le supplia de s’arrêter, mais il ne s’arrêtait pas. Il s’éloignait. Inexorablement.

- Reviens Draco !

Elle se mit à courir derrière lui. Tout était flou autour d’elle. Elle avait beau y mettre toute son énergie, elle ne le rattrapait pas, bien qu’il marchât. Elle avait l’horrible sentiment de faire du sur-place. Il devenait de plus en plus petit, de plus en plus flou, de plus en plus indistinct. Il s’enfonçait dans un brouillard épais et sombre.

- Draco !

Il ne se retournait pas. Pas même pour lui lancer un dernier regard. Alors elle courrait. Et même après qu’il ait disparu de sa vue, elle continuait de courir. Et elle continuait de l’appeler.

- Draco ! Draco !

Son cœur lui faisait mal. Pas ses pieds, pas jambes à bout de force, pas sa voix éraillée désormais, pas ses bras couverts d’égratignures et de sang dont elle ne saurait expliquer la provenance. Juste son cœur, mais c’était une douleur immense. C’était comme si on avait ouvert un trou béant dans sa poitrine pour l’en arracher. Et elle courait, elle criait, elle souffrait. Et lui ne réapparaissait pas. Lui était déjà parti.

Alors la même scène repassait en boucle dans son esprit.

- Et Poudlard ?

Elle l’avait abandonné.

- Et Poudlard ?

Elle s’en voulait.

- Et Poudlard ?

Elle se détestait. Ne pars pas Draco, reste. Reste s’il te plaît.

Mais lui ne restait pas. Lui s’en allait. Il n’avait perdu que trop de temps près d’elle. Elle pouvait verser toutes les larmes du monde, il s’en moquait. Et le pire, c’est qu’elle était persuadée de mériter ce qui lui arrivait.

- Draco...

Couverte de sueur, à force de s’agiter, Hermione bascula de son lit et se cogna violemment la tête contre le sol en pierre.

- Et Poudlard ?

« Poudlard est en sang » pensa-t-elle, s’endormant avec comme dernière image en tête le château pleurant ses morts.
Chapitre 50 : Réflexions by Realgya
Author's Notes:
Coucou tout le monde ! Je sais que ce chapitre est court et dénué de toute action, mais il est primordial, et vous allez vite comprendre pourquoi.

Je vous annonce à regret que mon nouveau rythme de travail ne me permet pas d'avoir beaucoup de temps à moi pour écrire. D'ailleurs, théoriquement, ce chapitre-ci n'existe pas. Par conséquent je suis incapable de prévoir la date de la suite, mais j'espère que vous serez au rendez-vous à ce moment-là. Je vais essayer de ne pas vous faire attendre trop longtemps quand même ^^

Bonne lecture à tous !
Hermione ouvrit péniblement les yeux. La tête lui tournait et elle se sentait nauséeuse. Se redressant sur ses coudes, elle passa une main derrière son crâne. Elle avait une jolie bosse, ce qui la fit grimacer. Elle s’appuya sur son lit pour se relever et se laissa tomber sur le dos, les yeux grands ouverts regardant le plafond. Ce cauchemar… Il lui avait paru si réel.

Elle secoua la tête en fronçant les sourcils. Pourquoi ses rêves avaient-ils pris une tournure pareille ? Elle sentit une boule lui comprimer l’estomac. La veille, elle avait été incapable de faire la part des choses. Ce n’était pas sa faute si elle ne se souvenait pas de Poudlard à son réveil du coma, elle n’avait pas à s’en souvenir. Certes Draco avait souffert, mais elle ne pouvait pas se le reprocher. Et pourtant… Si elle lui avait dit qu’elle venait du futur, il n’aurait pas eu à s’inquiéter comme ça. Le rejet qu’il avait dû essuyer à son réveil avait dû être terrible. Passer tellement de temps à son chevet pour ensuite être envoyé sur les mandragores d’une telle manière… Le visage de Neville s’imposa brièvement à son esprit quand elle se rappela qui lui avait appris cette expression.

La jeune femme se traita mentalement d’idiote. Quand elle s’était réveillée la première fois, Draco avait été surpris qu’elle se comporte comme si rien ne s’était passé (ce qui était normal vu que de son point de vue à elle, rien n’avait effectivement encore eu lieu). Lui révéler qu’elle venait du futur, c’était créer un nœud temporel. Et puis de toute manière, il avait bien fini par comprendre ensuite quand Ginny avait déclaré devant tous que c’était à elle de remonter le temps. L’évidence l’avait sûrement frappé à ce moment-là, raison pour laquelle il l’avait poussée à se présenter.

Elle se souvenait encore du regard de défi qu’il lui avait lancé, lorsque Kwap expliquait avec suffisance à l’assemblée que cette mission lui revenait. Si au début elle avait quelque peu douté d’elle-même, le résultat lui paraissait satisfaisant. Elle avait mené sa mission à bien.

Aussitôt après avoir formulé mentalement cette pensée, l’image du château en sang lui revint. Harry lui avait dit que quelques semaines après qu’elle les rejoindrait, il cesserait de pleurer. Le vaccin ne pouvait pas l’empêcher de saigner, sinon de nouveau un paradoxe se serait formé. Il devait juste raccourcir la durée de saignement.

Un frisson d’angoisse parcourut la jeune femme alors qu’un mauvais sentiment l’oppressait. Et si dans un petit mois, le château continuait de pleurer ? Si elle avait échoué ? Jusqu’à présent, l’idée ne lui était jamais venue à l’esprit que le vaccin pouvait ne pas fonctionner mais si c’était le cas… Voldemort allait dévorer les âmes de tous ceux morts dans l’enceinte de Poudlard. Fred, les Lupin, Crivey… Les noms se mirent à se bousculer dans sa tête et Hermione se la prit entre les mains.

Non, elle ne devait pas y penser. Elle ne pouvait pas avoir échoué. Dans trois semaines tout au plus, les larmes de Poudlard auraient cessé de couler et elle pourrait enfin reprendre une vie normale, son diplôme fraîchement acquis en poche. Certes elle l’avait obtenu sous l’apparence d’Elinda, mais quelques formalités de la part de Shackebolt ou de tout autre qui s’était penché sur le projet de guérison du château suffiraient à arranger cette affaire. Seul comptait le fait qu’elle ait bien suivi les cours et ait atteint le niveau requis. En parlant de diplôme…

Hermione fit un bond, ce qui n’arrangea pas ses maux de tête, et se précipita sous la douche. Elle avait la première partie de son examen aujourd’hui, la deuxième demain. Elle n’avait pas de temps à perdre à penser à autre chose, et encore moins à Draco, puisque c’était lui qui initialement l’avait détournée de son travail. Même absent il réussissait à l’embêter. Si elle arrivait en retard à ses examens à cause de lui, elle le lui ferait payer. Ce n’était tout de même pas sa faute à elle si cet idiot monopolisait ses pensées !



La journée fut une véritable catastrophe pour la jeune femme qui répondit à toutes les questions avec frénésie. Elle était persuadée d’avoir oublié la moitié des choses à l’épreuve du matin, et était passée à côté du principal l’après-midi. Elle avait mal tourné telle phrase aussi, et en y repensant avait-elle écrit ce mot-ci correctement ? Malheur, elle ne se souvenait plus ! C’était un désastre, elle n’aurait jamais son diplôme. Une année entière à travailler pour rien !

Son désespoir ne s’arrangea pas quand elle rentra chez soi. Son regard se posa immédiatement sur son miroir et elle distingua les visages de ses deux meilleurs amis. Sa poitrine se fit soudain trop étroite pour que de l’air puisse s’y engouffrer. Comment allaient-ils réagir quand elle irait les retrouver ? Pour eux, ce serait comme si elle ne les avait jamais quitté alors que de son point de vue, deux ans seraient passés.

En y réfléchissant, ils avaient vécu la même situation mais inversée lorsqu’elle-même s’était réveillée du coma au bout de treize mois. Cela se passerait très bien. Ron la prendrait dans ses bras, lui dirait qu’elle lui a manqué, et elle répondrait que lui aussi. « Draco, va-t-en de mes pensées ! » cria-t-elle mentalement alors que le sourire narquois du Serpentard s’y imposait, chassant le visage de Ron.

En colère contre elle-même à cause de son échec à sa première partie d’examen et contre cette fichue fouine, elle jeta son sac de cours dans un coin et se mit à cuisiner. Cette fichue fouine… Depuis combien de temps n’avait-elle pas pensé à lui de cette manière ? Elle n’employait cette expression que très rarement, et uniquement parce que les mauvaises habitudes d’Harry et Ron avaient déteint sur elle.

Un sourire ne put lui échapper quand elle se remémora la métamorphose. Elle se souvint qu’elle avait été choquée par le procédé sur le moment, et qu’elle s’était aussi inquiétée qu’il puisse se faire mal. Cependant, il l’avait bien cherché, et avec un peu de recul, elle en avait ri avec ses amis quand tous trois se rappelaient les souvenirs inoubliables qu’ils partageaient.

De telles réflexions la firent se revoir, toute petite comparée à aujourd’hui, devant Touffu, le gigantesque chien à trois têtes, ou sur un balai à essayer d’attraper une clé volante au milieu de centaines d’autres. Cette expérience l’avait d’ailleurs confortée dans le fait que le quidditch n’était pas fait pour elle.

Une vague de nostalgie s’empara d’elle. Harry et Ron lui manquaient de manière chaque jour plus pesante désormais. Elle ne put se retenir de jeter un coup d’œil vers le miroir. Ils se tenaient toujours dans sa chambre, en train de lui parler. Draco se tenait silencieux dans un coin reculé de la pièce, le visage impassible. Pourtant, Hermione ne doutait pas que les questions devaient se bousculer dans sa tête et que cet éclat dans ses yeux gris aurait pu s’apparenter à un soupçon de tristesse, et non pas uniquement de l’incompréhension.

Soudain, attendre encore pour les revoir lui sembla une idée insupportable. Il fallait qu’elle les approche, qu’elle les entende réellement, pas à travers un miroir. A sa place, Harry serait déjà sous sa cape d’invisibilité, et Ron aurait déjà transplané. Mais elle n’était pas Harry et Ron, elle devait se montrer raisonnable. C’était toujours elle la plus responsable qui les empêchait de faire des bêtises, et elle devait montrer l’exemple. Une simple erreur de sa part pouvait créer un de ces fameux paradoxes temporels dont elle ne sortirait jamais.

- Je ne peux pas prendre un tel risque, décida-t-elle avec force à haute voix tout en cherchant négligemment dans son armoire la cape de son ami.

Elle ne voulait pas l’utiliser, juste la toucher, la regarder. Ils ne s’étaient jusque là jamais fait prendre… ou presque. Quand Harry avait été repéré par Draco dans le Poudlard Express en sixième année, ça aurait pu mal se terminer sans la présence de Tonks, enfin Mrs Lupin. De plus, Harry, Draco et Ron connaissaient tous trois l’existence de la cape, d’où les risques supplémentaires.

« Cape qui est censée être rangée dans les affaires d’Harry », lui murmura une petite voix. « De toute manière, tu as l’apparence d’Elinda. »

Etre sous les effets du polynectar ne voulait absolument rien dire. Le projet de guérison de Poudlard était bien avancé, les trois garçons reconnaîtraient immédiatement l’apparence censée servir pour le retour dans le temps et là, bonjour la belle pagaille. Et puis de toute manière, elle devait travailler ses examens du lendemain.

- A quoi ça sert, j’ai raté ceux d’aujourd'hui de toute manière, murmura-t-elle pour elle-même.

Si elle en était à penser de manière aussi fataliste à ses examens, c’est qu’elle était vraiment tombée bien bas. Et sur un coup de tête, elle haussa négligemment les épaules, se recouvrit de la cape et transplana devant l’entrée de Ste-Mangouste.
Chapitre 51 : Espionnage by Realgya
Author's Notes:
Coucou ! Ca y est, j'ai pu faire redémarrer mon ancien ordinateur adoré, et récupéré le chapitre qui était dessus. Je vous l'accorde, c'est un tout petit chapitre. Mais c'est mieux que rien, non ? *se fait toute petite*
Bonne lecture !
Hermione longeait les murs de Ste-Mangouste, essayant d’éviter autant que possible les couloirs les plus peuplés où se pressaient les medicomages. Elle s’arrêta brutalement devant une vitre derrière laquelle il lui sembla apercevoir Neville. Elle s’approcha, fronça les sourcils et s’aperçut alors de sa méprise. Certes le patient derrière la vitre ressemblait énormément à Neville, mais ce ne pouvait pas être lui. Par contre, il devait s’agir de son père, et le cœur de la jeune femme se compressa à cette constatation. En jetant un regard circulaire à la pièce, elle nota l’absence du professeur Lockart. Peut-être était-il enfin en bonne voie de guérir après toutes ces années…

Secouant la tête, elle reprit son chemin, réajustant la cape au dernier moment alors qu’elle menaçait de glisser. En se rendant à son étage, elle se stoppa net en apercevant Tracey. Les yeux de cette dernière étaient rouges et Draco la suivait de près. Draco… Le cœur d’Hermione fit une embardée lorsque son regard se posa sur lui.

- Tracey… arrête-toi, l’appela-t-il.

- Non, non…

La jeune femme renifla et quelques larmes roulèrent sur ses joues. Sans pouvoir l’expliquer, un sentiment de culpabilité envahit Hermione. Etait-ce à cause d’elle que son amie pleurait ? Non, elle se faisait des idées. Ce devait être à cause de son oncle ; son état s’était sûrement aggravé.

- Viens.

Draco attrapa la main de la jeune femme et la tira à sa suite dans les couloirs. Ayant totalement oublié qu’elle était initialement venue pour voir Ron et Harry, Hermione les suivit, inquiète au sujet de son amie.

- Peux-tu transplaner toute seule ? s’enquit Draco.

- Oui, marmonna Tracey. Où se rend-t-on ? Pas chez Blaise au moins, ajouta-t-elle d’un ton menaçant en jaugeant son camarade.

- Non chez moi, la rassura ce dernier.

Hermione fut rassurée également. Elle savait se rendre au manoir Malfoy, mais n’avait aucune idée d’où pouvait loger Blaise.



Hermione leva la tête vers le manoir imposant des Malfoy et ne put s’empêcher de frissonner. Le souvenir de sa torture par Bellatrix lui revint avec force lorsqu’elle pénétra dans le salon à la suite de Tracey et Draco. Rembrunie, elle alla se caler dans un coin silencieusement et se tint immobile. Le maître des lieux avait fait asseoir sa camarade dans un grand fauteuil et la couvait d’un œil inquiet.

- Ca va mieux ?

La jeune femme acquiesça. Elle gardait les yeux baissés, ses mains crispées sur sa robe de sorcière.

- J’ai… croisé Elinda, dans le couloir. Enfin, Hermione.

La concernée sursauta. C’était la première fois qu’elle entendait son prénom dans la bouche de son amie.

Draco garda le silence, se contentant d’attendre que Tracey poursuive.

- Je lui ai souri, et adressé un geste de la main mais… elle ne m’a pas…

La jeune femme ne put aller plus loin, et Hermione put distinctement apercevoir une larme rouler le long de la joue de son amie. Son cœur se serra et elle enfonça ses mains dans ses poches.

- Reconnue ? proposa Draco.

Le hochement de tête de Tracey confirma cette supposition.

- Je me suis sentie… rejetée, souffla-t-elle.

- Moi aussi.

La jeune femme leva la tête vers son camarade.

- Elle ne t’a pas reconnu ? Toi ?

- Si, bien sûr que si, balaya de la main Draco. Elle s’est souvenue que j’étais, pour la citer, celui qui l’a « traitée de sang-de-bourbe pendant six ans, qui la rabaisse régulièrement et qu’ils détestaient tous auparavant. »

- Elle a vraiment dit ça ? Interrogea Tracey, abasourdie.

- Au mot près, confirma Draco, et Hermione put sentir toute la rancœur qu’il ressentait dans sa voix.

Pour l’avoir dit il y avait de cela un an, et se l’être entendue dire récemment, elle savait que c’était précisément ainsi qu’elle avait parlé. Son cœur lui faisait mal, atrocement mal.

- Je n’aurai peut-être pas du… te demander à la voir, avança Tracey, hésitante.

- Il fallait bien que tu te rendes compte de la situation, lâcha Draco avec un haussement d’épaule désintéressé.

- Mais, avança sa camarade. Tu l’ai… l’apprécies, non ? se rattrapa-t-elle.

Draco la jaugea un instant du regard avant de répondre.

- Oui, je l’appréciais. Note la nuance de temps.

- Ce n’est pas normal, qu’elle ne se souvienne pas. Tu es sûr que c’était vraiment elle qui avait pris l’apparence d’Elinda.

- Sûr et certain, répliqua sèchement Draco en serrant les dents, appréciant guère qu’elle mette sa parole en doute.

Tracey n’insista pas, ne souhaitant sans doute pas s’attirer les foudres de son camarade. Elle ouvrit la bouche pour partir sur un autre sujet mais un bruit aigu se fit entendre qui la coupa.

- Un instant s’il te plaît, j’ai de la visite.

La jeune femme acquiesça de la tête et le regarda s’éloigner. Dans son coin, Hermione se battait contre l’envie de surgir devant Tracey et de tout lui révéler. Pour mettre tous ses efforts en l’air en quelques instants, il n’y avait pas meilleur moyen.

Au bout d’un petit moment, Draco réapparut dans le salon, suivi de Blaise.

- Ah Tracey, tu es là ! s’exclama le nouvel arrivant en l’apercevant.

- Comme tu peux le voir, soupira la jeune femme.

- Je commençais à me demander où tu étais passé. D’ailleurs, qu’est-ce que tu fais ici ?

La question semblait anodine, mais Hermione ne s’y trompa pas et releva sans mal le reproche qui était adressé à son amie.

- Je suis venue voir Draco, j’ai le droit, non ? le défia Tracey en relevant la tête, les yeux pétillants.

Blaise ne rétorqua pas mais fusilla ledit Draco du regard.

- On s’est croisé à l’hôpital et je l’ai invité à prendre une tasse de thé. J’allais justement en préparer quand tu es arrivé, mentit effrontément le maître des lieux.

Hermione se doutait que Blaise n’était absolument pas dupe, mais il ne dit rien pour ne pas se fâcher davantage avec ses camarades. Draco sortit de la pièce, sans doute en râlant tout bas qu’il se retrouvait obligé de faire du thé. Cette idée tira un mince sourire à Hermione avant que son attention ne se reporte sur Blaise et Tracey.

- Je croyais que tu devais aller voir ton oncle à Ste-Mangouste ? lança Blaise.

- C’est fait, répondit Tracey du bout des lèvres.

- Sauf qu’il est sorti de l’hôpital hier, c’est ta sœur qui m’en a informé.

La jeune femme garda le silence, et le visage de son camarade s’assombrit.

- J’ai compris.

Il tourna des talons et bouscula violemment Draco qui revenait avec du thé. Juste après, on entendit un grand claquement de porte, suivi d’un silence sinistre. Pendant ce temps, Tracey n’avait pas tiqué, toujours aussi immobile sur son fauteuil, les yeux dans le vague.

- Vous êtes de sacrés numéros tous les deux, maugréa Draco en contemplant furieusement le thé étalé par terre. On se demande vraiment pourquoi Granger a fait autant d’efforts pour vous pousser l’un vers l’autre.

- On ne t’a pas demandé ton avis à toi, claqua la voix de Tracey qui se leva brusquement de son fauteuil.

Et sans plus de cérémonie, elle quitta à son tour la demeure et la porte d’entrée claqua une nouvelle fois. Draco se baissa lentement pour ramasser, et Hermione se retint d’aller l’aider. Elle était invisible, n’était pas censée être là, et devait se dépêcher de rentrer, surtout qu’elle avait encore des examens à réviser. Aussi se faufila-t-elle discrètement hors de la maison et transplana-t-elle dans sa petite maisonnette.

Ses yeux se perdirent dans la contemplation de son plafond. Inutile qu’elle essaye de travailler, elle n’y arriverait pas. Ses amis s’étaient disputés par sa faute, et la culpabilité la rongeait de l’intérieur aussi sûrement qu’une toile d’acromentulas.
Chapitre 52 : Retour, ô doux retour by Realgya
Author's Notes:
Et voici un nouveau chapitre comme promis. Bonne lecture !
PS: vous allez le détester, et plus particulièrement la fin. Vous êtes prévenus... *court se cacher*
Hermione lâcha un grand soupir. Ca y est, c’était fait, son dernier examen était passé. Elle se demandait encore si elle avait bien répondu à la dernière question, mais elle rejeta vite ses doutes. Elle avait achevé sa mission. Dans quelques jours, elle emprunterait le retourneur de temps et pourrait retrouver Harry et Ron. C’était étrange formulé ainsi… Tant pis. Du moment qu’elle se comprenait de toute manière.

Elle enfila la cape d’invisibilité et transplana devant le Terrier. La fête pour son retour du coma battait son plein. Elle se faufila entre les invités et s’aperçut en train de danser avec Seamus Finnigan. Pourquoi était-elle là ? Elle ne le savait pas exactement. Parce qu’elle le voulait, parce qu’il lui était insupportable d’attendre encore quelques jours. Certes, elle était imprudente, et elle le savait. Le moindre faux pas pourrait tout ruiner, mais elle n’avait pu s’empêcher de venir. A vrai dire, elle n’y avait même pas réfléchi.

Malheureusement, ce qui devait arriver arriva, et en voulant se dégourdir les jambes, elle sentit la cape glisser en arrière. Hermione se retourna vivement pour la rattraper mais l’étoffe fila entre ses doigts. Elle se baissa pour la récupérer et aperçut avec une boule dans l’estomac Draco venir vers elle. Zut, elle était repérée.

Sitôt qu’elle eut ramassé la cape, elle se mit à courir, mais avec ses longs cheveux blonds, elle doutait que son camarade la suivrait sans problème. Elle s’éloigna des invités, vira derrière la maison des Weasley, et réenfila avec précipitation la cape. A l’instant même où cette dernière lui tombait sur les épaules, le visage de Draco apparaissait près d’elle.

- He… Granger ?

Hermione recula à petits pas, les mains tremblantes. Elle observa Draco la chercher du regard avant de faire demi-tour, l’air contrarié. Poussant un soupir de soulagement, elle s’éclipsa. Qu’avait-il bien pu lui passer pour la tête pour se rendre à cette fête ? Se traitant mentalement d’idiote, Hermione se dépêcha de transplaner jusque chez elle. Elle se laissa tomber sur le lit, la tête entre les bras, et quelques perles salées se perdirent sur sa couverture. Ils lui manquaient tellement, tous.



Hermione ouvrit brutalement les yeux, son cœur battait à cent à l’heure. C’était aujourd’hui.

Elle se leva frénétiquement, lança des recurvite un peu partout, arrangea la maison, rassembla ses affaires.

- Failamalle, formula-t-elle avec un mouvement de baguette en direction de ses habits.

Quelques instants plus tard, la maison était impeccable, tant et si bien qu’on pouvait se demander si elle avait réellement été habitée ces derniers temps. Hermione passa une main dans ses cheveux et aussitôt, elle sentit les nœuds si caractéristiques de sa propre chevelure.

- Au revoir, petite maison… souffla-t-elle, essayant de refouler son excitation.

Elle jeta un dernier coup d’œil partout, s’assura qu’elle avait tout ce qu’il lui fallait. La cape d’invisibilité était rangée avec la carte des Maraudeurs tout au fond de sa valise. Quel plaisir, et quel soulagement de ne plus en avoir besoin !

Hermione ferma la porte et un petit sourire fleurit sur ses lèvres.

Elle transplana.



Hermione entra dans la cabine menant au ministère de la magie. Quelques minutes plus tard, elle arborait fièrement le badge « Hermione Granger, visiteuse ». Sur son passage, les gens se retournaient, sans doute pour avoir la confirmation de leurs propres yeux qu’elle était sortie du coma. Sa mission était secrète, ils ne devaient pas être au courant.

Elle emprunta l’ascenseur au milieu de plusieurs employés du ministère plongés dans leurs dossiers, alors que des notes volantes se pressaient au plafond. Lors d’une halte, la majorité d’entre eux descendit, mais par contre Hermione eut la surprise de voir entrer Pansy. Un grand sourire naquit sur ses lèvres et elle s’apprêtait à la saluer chaleureusement quand elle perçut ses murmures.

- A tous les coups je vais arriver trop tard et cette idiote aura déjà emprunté le sablier.

La jeune femme se stoppa dans ses gestes en comprenant qu’elle parlait d’elle. Elle sentit son cœur s’oppresser dans sa poitrine et recula au fond de la cabine pour ne pas être vue. Cependant, à chaque étage, des gens quittaient la cabine mais aucun ne montait, vidant peu à peu l’espace. Finalement, Pansy l’aperçut.

Hermione la vit ouvrir la bouche pour lui adresser un commentaire, mais la referma sans avoir dit un mot. La jeune femme détourna la tête, ne souhaitant plus croiser les yeux de celle qui avait été, le temps d’une année, sa camarade. Un goût amer lui restait dans la bouche. Pourrait-elle, après tout cela, poursuivre son amitié avec Tracey ? Avec Draco ? « Aucune chance » lui souffla une voix, ce qui lui ôta son sourire.

- Granger ?

Hermione releva la tête vers Pansy qui s’était un peu approchée d’elle.

- Déjà revenue, ou pas encore partie ?

- Déjà revenue, Pansy, souffla-t-elle.

Son ancienne camarade sursauta à l’entente de son prénom, et la dévisagea suspicieusement. De nouveau elle ouvrit la bouche, mais la referma aussitôt alors que les portes de l’ascenseur s’ouvraient. Elles descendirent toutes deux, et marchèrent jusqu’à la salle du sablier géant, Pansy un peu en retrait d’Hermione.

Cette dernière chassa sa camarade de son esprit. Du passé, c’était du passé, elle n’avait plus rien à attendre de la jeune femme dans son dos. Elle avait joué son rôle, leur amitié était factice, c’était fini. Factice ? Alors pourquoi son cœur se serrait-il ainsi ? Pourquoi sentait-elle poindre des sanglots dans sa gorge ? Et pourquoi ses yeux s’humidifiaient-ils ?



- Hermione !

Harry et Ron se jetèrent littéralement sur elle en la voyant apparaître. Derrière, toute une foule de gens la jaugeaient, rassurés d’une part, mais toujours inquiets de l’autre. La jeune femme étreignit ses amis avec force.

- Vous m’avez tellement manqué… leur souffla-t-elle.

- Toi aussi, tu sais, renchérit Ron.

- Je viens à peine de partir, releva la jeune femme avec un sourire.

- Je sais, mais je veux dire… depuis…

Elle posa un doigt sur ses lèvres et lui sourit. Oui, elle avait compris. Son ami la remercia du regard et en profitant pour l’enlacer une nouvelle fois.

- Miss Granger, je suis heureuse de vous revoir, intervint la voix du professeur McGonagall, mettant fin à leur effusion de joie.

Hermione se sépara de ses deux camarades, et s’apprêtait à saluer la directrice quand ce fut au tour de Ginny de lui bondir dessus. Avec un regard d’excuse à son professeur, elle rendit son étreinte à son amie.

- Ne vous en faites pas professeur, arriva-t-elle à dire une fois que la rouquine l’eut lâchée. J’ai bien administré les doses de vaccins.

- Très bien, dans ce cas il ne nous reste plus qu’à attendre que cela fasse effet, conclut-elle. Miss Granger, je vous remercie pour cela.

Hermione acquiesça de la tête. Il y avait du monde tout autour d’eux, et elle se douta que la directrice ne pouvait se permettre de la féliciter officiellement sans résultats concrets. Cependant, elle n’eut aucun mal à lire la fierté qu’éprouvait son professeur dans ses yeux.

Une foule de gens se pressa autour d’elle à tour de rôle pour la féliciter, lui demander de ses nouvelles, si tout s’était bien passé. Elle répondait poliment, atteinte d’une soudaine fatigue. Trop de gens, trop de questions, trop de visages. Harry et Ron s’en aperçurent car ils l’entraînèrent loin de la foule, vers la sortie. Elle les remercia d’un regard reconnaissant auquel ils répondirent d’un sourire.

Avant de passer la porte, elle aperçut Draco, nonchalamment appuyé contre un mur. Devait-elle aller le voir ? Lui adresser la parole ? Elle se rappela de l’attitude de Pansy envers elle, de ce que son intervention avait eu de catastrophique sur Tracey et Blaise.

- Hermione, ça va ? s’enquit Ron, un bras passé autour de sa taille, inquiet.

Elle ne lui répondit pas mais posa sa tête sur son épaule alors qu’il l’entraînait vers la sortie. Il se pencha sur elle, soucieux, et elle en profita pour aller déposer un baiser sur ses lèvres.

Harry, Ginny, Ron et elle quittèrent la salle, enfin réunis. Seule ombre au tableau: elle sentait braqué sur sa nuque le regard insistant de Draco, toujours immobile contre le mur.
Chapitre 53 : Récit by Realgya
Author's Notes:
Coucou tout le monde ! Je suis ravie de vous annoncer que j'ai écrit deux chapitres d'avance pendant ces vacances, donc la suite dès la semaine prochaine ;)
Et d'ici là bonne lecture à tous pour ce chapitre-ci :D
- Je suppose que tu as pleins de choses à nous raconter, fit Harry.

Hermione hocha la tête. Il y avait eu tellement de secrets, tellement de non-dits… Bien sûr, elle ne pourrait pas tout leur révéler, car elle ne voulait pas s’attarder sur la relation ambigüe qu’elle avait eu avec Draco, mais pour tout le reste, cela la soulagerait d’un poids.

- On va aller chez moi demander à Kreattur de nous préparer du thé et tu nous raconteras, proposa-t-il.

De nouveau Hermione approuva sans ouvrir la bouche. Elle se doutait qu’à l’instant même où elle ouvrirait les lèvres, ce serait un flot d’émotions et de paroles sans discontinuité qui s’en échapperaient. Elle nota toutefois que Ginny se fit hésitante et ralentit un peu. Alors elle prit un peu plus sur elle et contrôla sa langue qui avait tant et tant de choses à dire.

- Je n’ai rien à te cacher Ginny, indiqua-t-elle.

- Ce sont Ron et Harry tes meilleurs amis, je ne veux pas que tu te sentes obligée par ma présence à me parler, précisa la jeune femme.

- Je crois qu’une présence féminine me fera le plus grand bien, certifia Hermione.

Sa cadette sourit et leur emboîta le pas avec plus de détermination. Ils arrivèrent bientôt dans l’atrium et se dirigèrent vers les cheminées.

- Les dames d’abord, fit valoir Harry en cédant le passage à Ginny.

Cette dernière rit, empoigna une pincée de poudre de Cheminette et s’avança dans l’âtre.

- 12, square Grimmaurd, annonça-t-elle distinctement avant de disparaître au milieu de flammes vertes.

Hermione s’avança derrière elle, et prit la poudre d’une main un peu tremblante. Elle déclara l’adresse comme Ginny avant elle et, peu après, se retrouva chez Harry. Elle se rendit dans le salon à la suite de sa camarade, époussetant ses vêtements. Les garçons arrivèrent aussitôt après et Kreattur partit avec empressement préparer le thé. Tous les quatre s’affalèrent chacun dans un fauteuil et un silence s’installa entre eux. Hermione savait qu’ils attendaient qu’elle le brise mais ses lèvres restaient obstinément closes. La connaissant bien, Ron l’aida à se lancer.

- Ca a du te faire un choc une fois arrivée là-bas, fit-il. Tu n’as pas eu de mal à avoir la confiance de Rogue ?

- Je n’ai croisé personne jusqu’à son bureau, fit-elle en appelant ses souvenirs. Mais je n’avais aucun doute sur le bon déroulement de mon retour dans le temps. C’est vrai que j’aurai pu douter, me dire que s’il le fallait, il y avait une erreur de quelques années et me retrouver en face d’Albus Dumbledore, voire de Dippet ou autre, mais ça ne m’a pas du tout traversé l’esprit. Je me rappelle que la première chose que je lui ai dite, c’est « Professeur Rogue, nous allons gagner ».

- Il a du te prendre pour une folle, rit Ginny tout bas.

- Oh non, il est resté de marbre, et c’est seulement quand je lui ai dévoilé ma véritable identité qu’il m’a déclarée folle de venir le voir alors qu’il était mangemort. Alors je lui ai exposé que je venais du futur, déclaré que je savais qu’il était espion pour Dumbledore, et je l’ai lancé sur la maladie du sang.

- Il connaissait ? s’enquit Harry.

- Oui, et ça m’a bien arrangé de ne pas avoir à tout lui expliquer. Ensuite, c’est Slughorn qui m’a menée à la salle commune des Serpentards.

- Ah ! Tu as fait connaissance avec la salle verte, s’exclama Ron. Harry maintient que d’après lui elle est sous le lac, et moi au niveau de ce dernier et sous la forêt interdite. Qu’en as-tu pensé ?

- Je corrobore la thèse d’Harry, affirma Hermione.

- Mais pourquoi ?

- Daphné me l’a confirmé, sourit-elle.

- Daphné comme Daphné Greengrass ? interrogea Harry.

Hermione approuva d’un signe de tête.

- J’ai déjà eu affaire à sa petite soeur qui a un an de moins que moi et c’est une vraie peste, déclara Ginny. Après, son aînée n’en est peut-être pas une, mais je peux te certifier que c’est le cas de la cadette.

- J’apprécie Daphné, j’ai partagé mon dortoir avec elle, décida de confier Hermione d’un ton neutre.

- Tu devais être aussi avec Parkinson, non ? devina Ron.

- Oui. Et avec Millicent et Tracey.

- Qui est Tracey ? demanda Harry.

- Tracey Davis, l’informa Hermione.

Cependant, à l’air perdu que lui lança son camarade, la jeune femme comprit qu’il ne voyait pas du tout de qui elle parlait.

- Une grande fille avec des cheveux châtains de notre année, ajouta-t-elle.

- Ah je vois, c’est celle qui est toujours assise à côté de Daphné en cours de potions, non ? s’exclama Ron.

Hermione acquiesça et il fallut encore quelques instants à Harry avant de retrouver le visage de la jeune femme en pensée.

- Et alors, la cohabitation s’est bien passée ? demanda Ginny. Vous avez du finir par devenir amies, non ?

- Avec Tracey nous nous sommes très bien entendues en effet, confirma Hermione.

- Et les autres ? On te connait trop bien, on sait que tu as forcément chercher à nouer contact, c’est naturel chez toi de t’intéresser aux autres, même si ce sont des Serpentard, poursuivit Ginny.

En voyant Harry et Ron approuver de la tête, le cœur d’Hermione se réchauffa. Elle pouvait le lire dans leurs regards, dans leurs sourires. Cela ne leur posait absolument aucun problème qu’elle ait lié amitié avec les verts et argents, Ron n’allait pas soudain l’accuser se sympathiser avec l’ennemi comme il l’avait déclaré par jalousie lors du bal de Noël de leur quatrième année. Ils avaient mûri, ils acceptaient les faits et n’y rediraient rien, ou très peu.

La gorge serrée par l’émotion, Hermione prit un peu de temps avant de se lancer. Elle leur raconta tout. Les soirées alcoolisées, les sorties dans les boutiques à Pré-au-Lard, les conversations avec les filles, l’animosité que lui avait porté Crabbe, ses doutes et les sentiments douloureux qui l’avaient traversée à l’idée que Lupin, Tonk, Fred, Crabbe et Dobby étaient encore vivants, la fois où elle avait croisé Neville et Ginny en train de faire de la résistance.

Lors de cet épisode, elle se tourna vers son amie qui lui adressa un sourire avant de prendre la parole.

- Je m’en rappelle bien car je t’avais trouvé extrêmement bizarre et tu m’as empêché de dormir la nuit qui a suivi, déclara-t-elle. Quand j’ai vu quelle serait ton apparence pour retourner dans le passé, j’ai tout de suite fait le lien, mais je ne devais rien dire, alors j’ai pris sur moi. J’ai eu très peur tu sais, très peur de ne pas te voir revenir. Avant que tu partes, je me demandais chaque jour si je ne devais pas te parler, te prévenir… Je sais comment s’est finie l’année, comment tu t’es enfuie de l’école. Mais à chaque fois, je me disais « enfin Gin’, fais-lui confiance ». A l’instant même où tu es tombée dans le grand retourneur de temps, la culpabilité m’a envahie. Je me suis dit que je ne te reverrai jamais, et que c’était ma faute. Et à l’instant où je t’ai aperçue, ça m’a fait un choc. Il m’a fallu quelques secondes pour réaliser que tu avais réussi avant de me précipiter sur toi.

- Tu t’es enfuie de l’école ? demanda Harry, abasourdi, quand sa petite amie eut fini de parler.

- J’y viendrai après, balaya Hermione d’un geste.

Elle enchaîna ainsi sur ses tentatives ratées pour faire sortir Blaise et Tracey, ses entretiens réguliers avec Rogue, les problèmes qui l’avaient obligée à fuir Poudlard. Vint enfin son bref séjour au manoir Malfoy, et il lui fallut s’arrêter plusieurs fois, pour reprendre son souffle, alors qu’un frisson glacé parcourait son dos quand elle se revoyait face à Voldemort.

Ron serra sa main avec compassion à ce moment de son récit et elle le remercia d’un regard entendu. Le plus difficile passé, elle raconta l’installation de son miroir, et ses amis insistèrent pour le voir quand elle leur confirma l’avoir gardé avec elle, et non pas laissé accroché dans la maisonnette, abandonné ou détruit. La jeune femme se leva donc, s’approcha de son sac et en sortit le miroir. Les trois autres, époustouflés, le contemplèrent un bon moment avant de lui demander de reprendre le court de son histoire.

Hermione leur avoir alors être passée à l’hôpital pour les voir, avant de finalement se rendre au manoir Malfoy, et s’être glissée parmi eux lors de la fête au Terrier.

- Je sais que c’était risqué, mais je ne supportais plus de devoir encore attendre. C’est une idée qui devenait chaque jour plus insupportable, malgré toute l’attention que je portais à mes études.

- Dont tu as réussi les examens haut-la-main, même si tu nous affirmeras le contraire, se moqua gentiment Ron.

- Ca fait beaucoup de choses, dis-donc, déclara Ginny. Mais tu sais, je pense sincèrement que si tu te rends voir Pansy, Daphné, et surtout Tracey, vous pourriez rester amies. Je veux dire… tu as toujours été sincère dans tes sentiments envers elle, même si tu ne l’étais pas sur ton identité. Et elles l’étaient également. Tu n’as pas pu t’inventer des goûts, une manière de parler, une manière de vivre, des manies, des habitudes et tout autre et être capable de jouer un rôle à la perfection une année entière. Tu as été toi, sans l’être tout à fait. Et c’est toi qui a été leur amie, pas une image. Je pense que votre relation a été aussi forte que tu le ressens, et je sais que pour toi elles ont été de très bonnes amies à la manière dont tu les évoques, vous arriverez à trouver un terrain d’entente.

Les deux garçons, qui ne comprenant rien à la psychologie féminine se fiaient à l’avis de Ginny, opinèrent vivement de la tête.

- Ce n’est pas aussi simple… murmura piteusement Hermione. Je ne vous ai pas parlé du noyau du problème.

- Le noyau ? Avec tout ce que tu nous as raconté, tu penses n’avoir pas encore attaqué le noyau ? Demanda Ron, incrédule.

- Je n’ai pas parlé une seule fois de Malfoy, tu as du le remarquer, non ? Fit-elle piteusement.

- Oui, moi je l’ai noté, intervint Harry, fier de son observation. A part quand tu as indiqué qu’il a emmené Tracey chez lui parce qu’elle se sentait mal à l’hôpital, et que Blaise a cru qu’ils étaient ensemble.

Hermione lui adressa un pauvre sourire.

- Et en quoi Draco Malfoy serait-il un problème ? l’encouragea à s’expliquer Ginny.

- Il a toujours su qui j’étais, annonça Hermione qui jusqu’à présent avait soigneusement dissimulé ce fait. Après la première victoire au quidditch de Serpentard, on a essayé de me droguer. Il est venu à ma rescousse alors que j’avais perdu connaissance, et les effets du polynectar se sont annulés alors que j’étais dans ses bras.
Chapitre 54 : Plus ajouts by Realgya
Author's Notes:
Coucou tout le monde !
Chose promise, chose dûe (pour une fois); voici donc le nouveau chapitre, qui va malheureusement en décevoir certains car toujours pas de Draco en vue autrement que dans les pensées d'Hermione. J'espère que vous aimerez quand même ^^
Bonne lecture !
PS: je n'ai pas encore eu le temps de répondre à toutes les reviews mais ne vous inquiétez pas, ce sera fait avant ce week-end. Navrée pour le retard...
Harry, Ron et Ginny dévisagèrent Hermione en silence. Tous mesuraient mentalement tout ce que cette révélation impliquait. Ce fut Harry qui rompit le silence, l’air grave.

- Lui as-tu lancé un sort d’amnésie ?

C’était une question, mais le ton sonnait plus comme une affirmation. Le jeune homme ne se faisait aucune illusion.

- Non, je n’ai pas pu me servir de ma baguette, avoua-t-elle.

- Et il ne t’a pas dénoncée ? questionna Ron.

Hermione secoua la tête pour répondre par la négative. Le regard de son ami se fit songeur.

- Je comprends mieux pourquoi il se faisait autant de souci pour toi lors de ton coma. Il a du être surpris de t’entendre prétendre avoir passé l’année avec nous. Enfin, depuis qu’il a été mis au courant du projet, il a du comprendre.

- Ca expliquerait sa phrase lors de l’assemblée il y a quelques jours, réfléchit Harry.

- Quelle phrase ? demanda Hermione, totalement perdue.

Si elle avait été énoncée il y a quelques jours pour ses amis, cela correspondait à deux ans pour elle.

- Tu ne te rappelles pas ? Il a annoncé quelque chose du genre « tout s’est déjà passé », exposa Harry.

- Ca explique beaucoup de choses, poursuivit Ron, dont le fait qu’il ait prit ta défense face à Kwap. Je trouvais surprenant qu’il reconnaisse que tu sois la meilleure publiquement. Il a changé, nous sommes en bons termes avec lui mais à ce moment-là, vos relations à tous les deux étaient par contre conflictuelles. Alors j’ai trouvé qu’il prenait ton parti trop facilement. Enfin, une impression…

- Il savait qu’Hermione serait prise, mais il a du s’inquiéter, enchaîna Harry. Si Kwap avait été sélectionnée à ta place, il savait que cela changerait l’ordre des choses.

- Dans le même temps, même s’il n’était pas intervenue j’aurai été prise, puisque cela s’était déjà produit ainsi, coupa Hermione.

- L’appréhension, conclut Ginny.

Ils opinèrent tous les quatre de la tête, signe qu’ils s’étaient compris et que ce point était clos. Celui qui ne l’était pas, c’était les conséquences de la révélation de l’identité d’Hermione à Draco durant tout le temps où elle avait jouée le rôle d’Elinda.

- Je suppose que tu as omis de nous dire beaucoup de choses dans ton récit de tout à l’heure, releva Ginny, pleine de tact, coupant la parole aux deux jeunes hommes qui avaient ouvert la bouche en même temps qu’elle, sans doute pour les empêcher de poser l’interrogation de manière plus abrupte.

Hermione confirma et se lança dans les explications, en oubliant certains détails, comme les baisers échangés, à commencer par la totalité de la scène dans les toilettes de Mimi Geignarde où il avoua s’être inquiété pour elle lorsqu’elle était sous sa réelle apparence. Au regard que lui lancèrent ses camarades alors qu’elle poursuivait son récit, elle sut qu’ils se posaient des questions, et qu’elle ne couperait pas à quelques détails supplémentaires quand elle aurait fini.

Elle cita brièvement son cadeau de Noël, puis relata comment il l’avait soutenue lorsqu’elle déprimait, les soupçons qu’il avait eu à son sujet après qu’elle ait envoyé un sortilège d’amnésie à Tracey, la manière dont Rogue avait découvert l’affaire et la rancœur que lui avait témoigné les Carrow. Elle hésita à parler du pari qui avait fait d’elle un prix, mais opta pour le leur confier et décrivit donc la magistrale claque qu’elle lui avait alors attribuée.

- Ca n’a pas du lui plaire, grimaça Ron.

- Surtout que ce n’était pas la première fois, renchérit Harry.

Tous trois échangèrent un regard complice au souvenir de leur troisième année, et Ginny se sentit légèrement mise à part mais sourit avec eux comme ils lui avaient raconté cet épisode.

- Il n’a pas essayé de se venger ? s’enquit Harry.

- Je crois qu’il a failli, réfléchit Hermione.

- Failli essayer seulement ? s’étonnèrent les garçons.

Hermione se fit un peu petite en se rappelant la scène, mais finit par leur exposer les faits en détails.

- Il m’a surprise dans les couloirs après que j’ai attribué une dose de vaccin.

- Ne me dis pas qu’il était aussi au courant de ça ? demanda Ron, incrédule.

- Non, non, se rattrapa la jeune femme. Il m’a juste coincée alors que je retournais au dortoir, avec la cape d’invisibilité d’Harry. D’ailleurs, il faut que je te la rendre, ainsi que la carte des Maraudeurs, se rappela-t-elle.

Harry lui fit un geste de la main signifiant qu’ils s’en occuperaient plus tard et l’encourageant à reprendre.

- Il m’a repérée malgré la cape, une histoire de bruits de pas, fit-elle en serrant les dents, toujours contrariée de s’être fait avoir. Du coup il avait l’avantage sur moi, et à un moment a mentionné la claque publique que je lui avais donnée. Cependant on a été repéré par Rusard. Ce dernier a croisé Carrow, et finalement c’est Rogue qui était de passage qui a soupçonné que la présence invisible, c’était moi sous la cape, et m’a sauvé la mise.

Hermione enchaîna ensuite sur ses adieux avec Rogue, la gorge nouée par l’émotion à ce souvenir, puis le marché qu’elle avait fait avec Draco pour aider Tracey et Blaise.

- Et quelle était la contrepartie ? s’informa Ginny.

Les joues d’Hermione rosirent mais elle balaya l’argument de la main en disant qu’elle lui devrait un service qui n’avait jamais pu s’accomplir puisqu’elle s’était enfuie de Poudlard avant qu’il ne puisse le lui réclamer. Il lui sembla qu’aucun de ses trois camarades n’était dupe mais elle enchaîna rapidement sur la manière dont il avait essayé de l’aider lorsqu’ils avaient vu en classe le sortilège de révélation du sang.

- Laisse-moi deviner, intervint Harry dans son récit. Tout à l’heure, tu nous as dit que par une chance incroyable, la porte de ta prison au manoir Malfoy était ouverte et que tu avais pu t’enfuir. Est-ce que Draco aurait un rapport avec cette chance incroyable.

Hermione eut la bonne grâce de paraître gênée de ne pas leur avoir dit la vérité dès la première fois. Elle acheva rapidement son récit, expliqua que Draco avait dévoilé qui elle était vraiment à Tracey, repassa rapidement sur la scène récente au manoir Malfoy entre les deux jeunes gens et Blaise, et s’arrêta enfin de parler, le souffle court.

- Ca en fait des choses, digéra lentement Ron. En fait, heureusement que tu as séparé le cas « Draco » du reste de ton histoire, ça permet de tout assimiler en deux étapes.

Hermione sourit faiblement.

- Tu as encore quelque chose à nous dire ou on peut considérer que cette fois c’est bon ? demanda Harry, provoquant la levée au plafond des yeux de sa petite amie à cause de sa formulation.

Néanmoins Hermione savait que son ami n’avait pas dit ça pour lui reprocher de ne pas avoir tout dévoilé d’emblée et ne lui en tint pas rigueur. Elle fit non de la tête, la bouche sèche à force d’avoir parlé et les joues rouges, pas seulement à cause de son essoufflement mais aussi par gêne de ne pas leur révéler la profondeur de sa relation avec Draco. Une nouvelle fois, elle sut aux regards qu’ils lui portèrent que ses amis s’étaient rendus compte qu’elle leur taisait volontairement des choses mais n’insistèrent pas.

- Ca fait beaucoup de choses, tout cela, soupira Ron en s’appuyant contre le fond de son fauteuil. Je suppose que c’est notre tour de parler.

Hermione lui adressa un grand sourire que son ami lui rendit. Son ami… Mais Ron était plus que son ami, il était officiellement son petit-ami. Pourtant, il y avait quelque chose qui l’empêchait de le considérer toujours ainsi, et quelque chose qui faisait lui en vouloir à elle-même. Ces derniers temps, elle avait plus pensé à Draco qu’à lui. A vrai dire, elle avait très peu songé à Ron cette année-là. Était-ce parce qu’elle ne le voyait plus, qu’elle n’avait plus le temps, qu’elle ne l’aimait pas vraiment ? Cette dernière hypothèse lui fit mal. Et lui, avait-il pensé à elle lors de son coma ?

Pour lui il s’agissait de treize mois de séparation, pour elle cela représentait deux ans. Mais au fond, ce n’était pas la durée qui était importante, juste les conséquences. Ne disait-on pas « loin des yeux, loin du cœur » ? Oui mais voilà, elle était de nouveau auprès de Ron, et il avait été là à son réveil. Ils tenaient l’un à l’autre, c’était certain, inutile de chercher plus loin. Ils s’aimaient, ils étaient faits l’un pour l’autre.

« Vraiment ? » lui murmura une petite voix au fond de son esprit. Elle tenait aussi à Harry, et pour autant elle n’était pas amoureuse de ce dernier. Elle avait été un an coupé de tout, à se consacrer uniquement à ses études. L’année d’avant, elle l’avait passée dans les bras de Draco. Enfin, c’était vite dit. Disons qu’ils avaient échangé plusieurs baisers, ça n’engageait personne à rien. Ron le comprendrait-il ou considérerait-il qu’elle l’avait trompée ? Elle ne voulait pas le blesser, pas après qu’il l’ait attendue tout ce temps. « Sauf que Draco aussi t’a attendue, tous les jours pendant treize mois. »

Se rendant compte de tout ce qu’impliquait cette simple phrase, elle eut soudain la tête qui lui tournait. Elle avait eu du temps pour se préparer à tout ça. Et pourtant, cela la frappait maintenant avec force et vitesse. Elle l’avait vu la contempler dans son coma, à travers le miroir. Elle l’avait vu s’inquiéter. Mais elle ne réalisait uniquement maintenant de la portée que cela avait. D’ailleurs, maintenant qu’elle se le rappelait, Ron, ou Harry, ou même les deux, elle ne se souvenait plus exactement, lui avait demandé à son réveil si par hasard elle n’était pas amoureuse de lui. Ils avaient aussi prétendu que le contraire semblait vrai.

Hermione porta sa tasse de thé à ses lèvres et ferma les yeux. Ses amis étaient arrivés à la conclusion que Draco était amoureux d’elle. A cette idée, son ventre la brûla et son cœur sembla exploser. « Ressaisis-toi pauvre fille », se fustigea-t-elle. Après ce que tu viens de lui faire, tu n’as plus aucune chance. En plus, il était en colère contre elle d’après ce qu’elle avait vu à son manoir. Certes c’était parce qu’il ignorait encore qu’elle n’avait pas encore vécu ce qu’il lui reprochait de ne pas avoir connaissance, mais Hermione rejeta l’argument, retenant exclusivement la colère de Draco. A cela s’ajoutait qu’elle l’avait ignoré à son retour, totalement submergée par ses retrouvailles avec ses amis et ses brefs mots pour McGonagall.

Il était inutile de se faire des nœuds à la tête. C’était Ron qu’elle aimait, et pas un autre, preuve à l’appui puisque c’était lui qu’elle avait embrassé à son retour. Il n’y avait jamais eu d’amitié entre elle et Draco, juste un attirement malsain qui devait prendre fin, qui avait pris fin. Lui, les autres Serpentard, toute cette histoire, c’était du passé désormais. Elle allait oublier, et elle allait marcher de l’avant. Il devait y avoir beaucoup de choses à faire pour reconstruire leur société, bien que la population sorcière y travaille déjà depuis treize mois. Son aide ne serait pas de trop, et elle se ferait un plaisir de l’apporter, dotée de ses nouvelles connaissances. Elle avait eu du temps pour réfléchir à ce qu’elle ferait avec son diplôme de droit magique, et après beaucoup d’hésitation entre plusieurs filières avait décidé de se consacrer aux relations avec les autres espèces, et plus particulièrement les elfes de maison.

- J’ai voulu insister pour passer le concours d’admission à l’entraînement pour devenir Auror comme les autres mais Ginny m’a signalé qu’une telle insistance pouvait être interprété comme… Comment m’avais-tu dit cela ? entendit-elle Harry demandé à sa petite amie.

Elle se força à se concentrer sur la discussion en cours et oublia tous ses autres tracas.

- Comme une manière de se mettre en avant par le biais de fausse modestie et d’étalage de tes capacités dans le domaine par rapport aux autres candidats, acheva pour lui Ginny en riant.

- Voilà, c’est ça, déclara Harry, absolument incapable de répéter mot pour mot ce qu’il venait d’entendre.

Cela réjouit Hermione qui reposa sa tasse de thé vide sur la table. Plus tard les soucis, plus tard les problèmes, plus tard les réflexions. Pour l’instant, elle était avec ses amis, et elle profitait de leur présence réconfortante après deux ans d’absence.
Chapitre 55 : Sur le chemin de Traverse by Realgya
Author's Notes:
Salut tout le monde !

Je poste en coup de vent entre deux travaux pour demain. Du coup, j'ai honte, mais bien qu'ayant lu et été émue par toutes vos reviews du dernier chapitre, je n'ai pas répondu à une seule d'entre elle... :( Je suis vraiment navrée, j'espère que vous me pardonnerez. Je prendrai le temps de toutes les relire et y répondre ce week-end, quand mon emploi du temps me le permettra.

En attendant je vous poste ce nouveau chapitre. Vous avez vu, je tiens le rythme ! :D (aux dépends de Lys, malheureusement... mais je tiens à achever cette fiction qui a fêté ses un an il n'y a pas longtemps et qui est toujours en cours de rédaction, alors elle a la priorité).

Bonne lecture à tous !
Le lendemain de son retour parmi ses amis, Hermione ne vit pas se dérouler la journée; tout alla trop vite. Si nul ne l’avait questionnée la veille pour la laisser fêter son retour avec ses camarades, elle dut ce jour-là rédiger mille rapports, expliquer plusieurs dizaines de fois les mêmes choses, chasser les journalistes qui voulaient de ses nouvelles au sujet de son coma. Entre le temps où elle s’était éveillée de celui-ci et le moment où elle était partie dans le passé, le ministère de la magie avait veillé à ce que la presse ne l’opportune pas, mais ce n’était plus le cas désormais.

Hermione refusa donc poliment toutes les demandes d’interview, soutenue par Ron et Harry, et plus particulièrement ce dernier qui savait parfaitement dans quelle situation se tenait son amie pour l’avoir déjà expérimenté plusieurs fois.

- Ne t’en fais pas, ils finiront par se lasser, exposa-t-il. C’était le cas pour moi après avoir battu Voldemort.

- Tu imagines si Rita Skeeter venait te demander une interview, s’imagina Ron.

Hermione esquissa un sourire. Que l’animagus s’aventure seulement à s’approcher, et elle serait bien reçue.

A peine la jeune femme avait-elle eu le temps d’avaler un sandwich qu’elle était demandée ailleurs. Le soir, elle déclina l’invitation à manger chez les Weasley pour aller passer un peu de temps chez ses parents. Epuisée, elle s’effondra sur son lit et s’endormit aussitôt. Cependant, il lui sembla que quelques secondes à peine venaient de s’écouler lorsque des coups contre ses carreaux la réveillèrent. A moitié endormie et traînant des pieds, elle alla ouvrir ses fenêtres et Coq s’engouffra dans sa chambre en pépiant.

- Viens-là, toi, lui intima-t-elle.

Le petit hibou était toujours aussi excité qu’auparavant, et il lui fallut un temps fou pour arriver à ôter la lettre accrochée à sa patte, mais elle finit par y parvenir. Il s’agissait d’une invitation à dîner de la part d’Harry et Ron, ce dernier ayant, comme elle avait pu le constater, emménager avec son ami.

S’asseyant à son bureau, elle attrapa un parchemin, une plume, et répondit rapidement qu’elle serait présente le soir même. Elle confia son message à Coq qui s’envola peu après. Hermione s’accouda au rebord de sa fenêtre et le regarda s’éloigner dans le jour naissant. Elle aurait bien aimé aller faire un tour du Chemin de Traverse, cela faisait longtemps qu’elle n’y avait plus mis les pieds.



Hermione déambula au milieu des autres sorciers, se réjouissant de retrouver l’ambiance de l’allée avant le retour de Voldemort. Les gens discutaient gaiement, s’arrêtaient devant les vitrines, n’hésitaient pas à découvrir entièrement leurs visages de leurs chapeaux pointus. Parmi les capes noires, vert bouteille et bleu foncé, Hermione entrapercevait les montures des magasins.

Ollivander avait rouvert, et une petite foule se pressait devant l’entrée de sa boutique. A la place du glacier Fortarôme se trouvait désormais une maison d’édition. Plus loin le magasin Weasley attirait un monde fou, faisant de l’ombre à la petite boutique de bonbons l’avoisinant. Fleury et Bott n’était pas encore rempli d’élèves de Poudlard, les listes de cours n’ayant pas encore été envoyées. Mme Guipure était, on pouvait le voir par la vitre, très occupée par deux clientes bien en chair parlant fort en agitant bras et mains en tout sens. Un amas de petits garçons avaient le nez collé contre la vitrine des vendeurs de balais, tandis que d’autres plus âgés déambulés dans l’animalerie. Et bien entendu, la splendeur de Gringotts surplombait l’avenue.

- Granger !

Hermione se retourna, cherchant la voix venant de la héler, avant de repérer Goyle, Blaise et Daphné. Celle-ci lui fit signe de la main de les rejoindre, ce que la jeune femme dit avec un nœud au ventre. Étaient-ils au courant qu’Elinda et elle ne faisaient qu’une seule et même personne ? Apparemment oui, à moins qu’elle n’ait soudain envie de l’interroger sur son coma.

- Prends une chaise et assieds-toi, intima Daphné en décalant la sienne pour lui faire de la place.

Hermione s’avança mais Goyle se leva brusquement et la fixa d’un regard dur.

- C’est ta faute s’il est mort.

Elle recula d’un pas et blêmit.

- Gregory ! lui reprocha Daphné, perdant soudain toute sa bonne humeur.

Le jeune homme ne répondit pas et les quitta, s’enfonçant rapidement dans la foule. Blaise le suivit, non sans avoir lancé un bref regard d’excuse en direction d’Hermione. Cette dernière était pétrifiée sur place, regardant l’endroit où Goyle s’était enfoncé dans la foule. Un raz-de-marée de pensées qu’elle espérait pourtant avoir laissées derrière elle submergea son esprit. Les doutes, les peurs, les remords, les rancœurs, la tristesse et la culpabilité. Elle avait subitement du mal à respirer, ses poings étaient crispés et elle tremblait violemment.

- Ne lui prête pas attention, la rappela brutalement sur terre Daphné à ses côtés. Il ne digère pas la mort de Vincent et il lui faut décharger sa colère sur quelqu’un. Manque de chance, c’est tombé sur toi.

Hermione se tourna vers elle. L’ancienne Serpentard avait prononcé ces mots avec désinvolture, sirotant son chocolat chaud en la regardant d’un œil distrait.

- Qu’attends-tu pour t’asseoir ? demanda-t-elle, mi-compatissante, mi-agacée.

La jeune femme se laissa tomber sans y prendre garde sur le siège à côté d’elle et se prit la tête entre ses mains. Elle ferma les yeux, revoyant en boucle dans son esprit le visage de Goyle. Son accusation sonnait comme une condamnation, et la petite voix lui disant qu’il avait tort, que ce n’était pas de sa faute, n’était pas assez puissante pour repousser les assauts de la voix du Serpentard.

- Toi aussi tu as perdu des gens.

Hermione se redressa pour observer Daphné. Elle regardait loin devant elle, les lèvres serrées, sa tasse à quelques centimètres de ses lèvres. L’ancienne rouge et or respira un peu mieux. Avec Daphné, il fallait comprendre dans ses quelques paroles tous les non-dits que cela impliquait. En l’occurrence, elle lui rappelait qu’elle n’était pas responsable de la mort de Crabbe.

- Merci, murmura Hermione.

Daphné sourit à côté d’elle.

- J’avais oublié que les Gryffondor étaient comme ça, se moqua-t-elle sans méchanceté.

Elle tourna la tête vers elle pour la regarder dans les yeux.

- Même avec nous la dernière année c’est une partie de toi que tu n’arrivais pas à refouler, ajouta-t-elle. Mais tu ne t’en es pas trop mal sortie.

Hermione sourit à ce compliment détourné, chose rare dans la bouche de Daphné.

- Tu as parlé à Draco depuis ton retour ? questionna-t-elle ensuite.

Un poids tomba dans la poitrine d’Hermione qui baissa les yeux, et nia de la tête. Sa camarade soupira mais ne commenta pas.

- Tu as beaucoup manqué à Tracey.

De nouveau, elle se mit à siroter sa boisson, le regard perdu dans le vague. Mal à l’aise, Hermione la dévisagea du coin de l’œil, tortillant ses mains entre elle.

- Et nous, on t’a manqué ? s’enquit-elle.

- Oui, confia Hermione.

- Nous, les Serpentard ? insista Daphné. Ceux à qui tu as mentis, certes par nécessité, mais mentis durant une année entière.

La jeune femme choisit ses mots pour répondre.

- Dans mes sentiments vis-à-vis de vous, j’étais sincère, même si je me suis un peu forcée au début pour essayer de… rompre la glace. Alors oui, vous m’avez tous manqué.

Daphné et Hermione se regardèrent en silence, chacune un flot de pensées tourbillonnant dans leurs esprits.

- Je vais devoir y aller, déclara enfin Daphné en reposant sa tasse vide. A une autre fois Hermione.

De surprise, la jeune femme ne sut pas quoi répondre. Elle suivit des yeux Daphné jusqu’à la perdre de vue, et resta un instant accoudée à la table, songeuse. C’était tellement étrange de l’entendre prononcer son prénom. Et en même temps, c’était plaisant.
Chapitre 56 : Dîner au Square Grimmaurd by Realgya
Author's Notes:
Je vais abréger mon habituelle note de début de chapitre car je poste en coup de vent. Vous m'en voyez navrée...
Bonne lecture à tous !
Hermione hâta le pas jusqu’au 12, Square Grimmaurd en jetant de fréquents coups d’œil sur sa montre. Et zut, elle était en retard. C’était cette rencontre avec Daphné qui l’avait perturbée, tant au niveau de son emploi du temps que sur le plan de sa concentration et son calme intérieur. Elle avait tourné et retourné leur conversation dans tous les sens, y entrapercevant une possibilité de rester « amie » avec ses anciennes camarades de dortoir. Il faudrait qu’elle fasse le premier pas et aille parler à Tracey pour cela. Et aussi, tôt ou tard une discussion avec Draco s’imposerait. Enfin, mieux valait tard, elle n’y était pas encore tout à fait prête psychologiquement. Pour l’instant, il lui fallait juste passer du temps avec ses amis, rattraper le temps perdu, et retrouver ses repères. Le reste, plus subsidiaire, viendrait après.

C’est forte de ces résolutions qu’Hermione frappa à la porte de chez Harry et attendit qu’il vienne la recevoir. Tout sourire, elle s’apprêtait à lancer un joyeux « bonsoir, désolée pour le retard » quand les mots s’étranglèrent dans sa gorge. L’ancien Serpentard venant de lui ouvrir la jaugea quelques instants en silence.

- Granger, lâcha Draco d’une voix froide, celle qui lui était habituelle avant qu’ils n’aient cette relation ambigüe durant leur dernière année à Poudlard.

Hermione pâlit. C’était trop tôt, elle ne voulait pas le voir, pas lui parler. D’ailleurs, que faisait-il chez Harry ? Ah oui, c’est vrai, ils étaient en quelque sorte camarades, désormais. Horreur ! Il fallait qu’elle dise quelque chose.

- Malfoy, arriva-t-elle seulement à balbutier, ayant plus de mal que de coutume à se remettre de sa surprise.

Ils restèrent à se regarder dans le blanc des yeux un moment, et Hermione se tortilla les mains, mal à l’aise. Pas une seule seconde il ne lui vint à l’esprit l’idée de lui demander d’entrer. Au lieu de cela, elle se rappela la dernière fois qu’elle l’avait vu, qu’elle lui avait parlé. C’était dans son manoir, lorsqu’il lui avait permis de s’échapper en lui ramenant sa baguette. En y repensant, elle n’avait pas encore pris la peine de le remercier.

Elle ouvrit la bouche pour le faire mais ne put pas dire la moindre parole, coupé par Harry qui venait de surgir à côté de Draco.

- Hermione ! Comment vas-tu, entre ! Tu as perdu de ta ponctualité, la taquina-t-il.

- Oh, je suis sincèrement navrée Harry, j’ai du courir partout, j’ai été prise par le temps et au dernier moment il a fallu que je…

- Ce n’est rien, l’interrompit son ami. Tu n’es même pas la dernière, il manque encore Luna qui n’est pas arrivée.

Draco s’écarta obligeamment pour la laisser passer avant de disparaître dans le salon sans lui accorder un regard supplémentaire. Apparemment, elle l’avait vexé. Mais elle ne voulait pas réfléchir à quand, comment ni pourquoi. Elle rangea son vêtement alors qu’Harry fermait la porte et passa sans bruit devant le portrait de la mère de Sirius, ne désirant absolument pas la réveiller.

- Bonjour Kreattur, salua-t-elle en croisant l’elfe qui se rendait dans la cuisine.

L’elfe fit la révérence avant de se dépêcher de filer.

- Hermione !

L’interpelée se retourna pour découvrir Neville devant elle, un grand sourire sur les lèvres. Ils s’étreignirent brièvement, puis les autres invités se levèrent pour venir la voir et elle les embrassa chacun leur tour, la tête ailleurs. Les visages de Ron, Ginny, Seamus, Dean, Ernie, Hannah, Percy, George et les autres défilèrent devant ses yeux sans qu’elle n’y prenne garde.

« Granger ». Il l’avait appelée par son nom de famille. C’était… douloureux. Elle avait l’impression qu’on venait de lui plonger une lame froide dans la poitrine, ou verser un grand seau d’eau glacée dans la gorge. Mais voilà qu’elle repensait à lui, après s’être si bien résolue à l’oublier, du moins pour le reste de la soirée. Cependant au fond d’elle-même, elle savait que c’était impossible. Tant que tout ne serait pas tiré au clair avec Draco, rien ne le serait. Elle ne saurait pas se placer vis-à-vis de ses camarades de Serpentard, ne saurait pas comment parler, comment agir, qui être, comment vivre. Trop de choses dépendaient d’une simple mise au point avec lui. Comme s’il lui était possible, par exemple, de se concentrer sur quoique ce soit avec cet immense espace dans son cerveau occupé par le problème qu’il représentait.

Quand tout le monde eut fini de la saluer, elle resta les bras ballants, n’ayant pas encore tout à fait l’esprit clair pour s’intégrer dans une conversation, et cherchant des yeux une place libre où s’asseoir. Elle repéra Ginny et allait se diriger vers elle quand elle s’aperçut qu’elle discutait avec Draco. Aïe, devait-elle y aller ou ne pas y aller ?

L’arrivée de Luna lui évita d’avoir à trancher, et après que chacun eut chaleureusement enlacé la nouvelle venue, ils passèrent à table.



- Tu as fait un plan de table, Harry ? se renseigna Hannah.

- Non, placez-vous comme vous le voulez, répondit leur hôte.

La jeune femme ne se fit pas prier et s’assit sur la première chaise qui lui tomba sous la main. Dean et Ernie vinrent chacun s’asseoir à côté d’elle, et Neville alla se placer en face.

- Hey, je voulais être à côté d’Hannah, protesta soudain Seamus avec une voix faussement outrée.

- Trop tard, se moqua Dean. Mais tu peux toujours aller t’asseoir en face de moi, tu seras en diagonale.

Son camarade alla donc s’asseoir entre Neville et Ron qui prit place en face de Luna, dont le regard était perdu rêveusement vers le plafond. Ginny s’approcha de ce côté de la table, et constatant qu’il ne restait plus que deux places de libre, Hermione estima qu’Harry apprécierait d’être près de sa petite amie, et aussi se dirigea du côté d’Ernie. Percy s’était déjà assit en face de lui et était en pleine conversation avec une certaine Audrey, une collègue de travail de Neville, qui avait été présentée à Hermione lors de son arrivée. A leur image, Katie et Alicia s’étaient mises chacune d’un côté en bout et parlaient du bon temps, rejointes par George et Angelina qui s’assirent côte à côte entre Audrey et Katie.

Tout le monde s’était à peu près assis et Hermione se tendit en s’apercevant que les dernières places de libre étaient à côté de Draco. Visiblement, le destin s’acharnait sur elle.

Hermione s’assit donc entre lui et Ernie, en espérant pouvoir discuter avec ce dernier, doutant qu’Audrey, bien qu’étant en face d’elle, lui adresse la parole, trop absorbée qu’elle l’était à discuter avec Percy. Kreattur apporta les entrées, et chacun observa avec émerveillement la jolie disposition des tomates, avocats et feuilles de salade dans les assiettes.

- Bon appétit à tous, et merci d’être venus ! s’exclama Harry avant de se poser en face de sa petite amie.

Les convives entamèrent leurs plats avec ravissement, interrompant leurs conversations.

- Ce n’est pas la première fois que je viens dîner chez toi, Harry, fit remarquer Neville, mais à chaque fois ça me surprend. Ton elfe cuisine vraiment bien. On se croirait à Poudlard.

- C’est parce que tu ne sais pas cuisiner que tu dis ça, se moqua Seamus en lui donnant un coup de coude.

- Ma grand-mère ne m’a jamais laissé approcher du plan de travail, comment aurais-tu voulu que j’apprenne, se défendit Neville.

- Tu aurais du venir ici avant que Kreattur voue une admiration sans limite à Harry. Tu aurais tout de suite déchanté en goûtant à ses plats, lança George depuis l’autre bout de la table.

Bientôt l’entrée fut achevée, le plat de consistance fut servi et les discussions s’animèrent, chacune de leur côté. Audrey et Percy continuaient celle qu’ils avaient entretenue auparavant, sur la droite d’Hermione on parlait quidditch, et sur sa gauche on parlait travail. Si Hermione avait espéré pouvoir entamer la conversation avec Ernie pour prendre de ses nouvelles, elle fut vite détrompée en le voyant occupé avec Neville, Hannah et Seamus à discuter des dernières lois sur le contrôle et la régulation des échanges commerciaux. Ce qu’ils disaient avait l’air intéressant mais Hermione était trop éloignée du noyau de leur conversation pour bien entendre, alors de là à débattre également…

Elle jeta un coup d’œil à Draco sur sa droite. Angelina était en train d’essayer de lui arracher des informations sur le prochain balai que sa société allait commercialiser.

- Secret professionnel, j’en suis le premier désolé, crois-moi, se moqua-t-il en empruntant un ton plein de condescendance.

Cependant ce n’était pas ce qui allait arrêter la jeune femme, et bientôt Olivier, George, Katie et Alicia apportèrent leur soutien à Angelina, ce qui sembla beaucoup amuser Draco.

- Vous verrez bien quand il sera sur le marché, fit-il avec son fameux sourire en coin.

Hermione détourna le regard. Etre à côté de lui aurait été un bon moyen pour le remercier de son intervention au manoir, mais cela risquait d’être difficile étant donné qu’il était le centre d’attention de toute la partie droite de la table. Au bout à gauche, Ron, Harry, Ginny, Luna et Dean discutaient joyeusement, les visages réjouis.

Piteusement, Hermione baissa la tête sur son assiette et continua de manger en silence. Qu’est-ce qui clochait ? Elle était entourée de ses amis, ceux qui lui avaient manqué pendant plus d’un an, et à qui elle avait manqué durant tout son coma. Alors pourquoi se sentait-elle abandonnée ? Pourquoi son cœur se serrait-il ainsi ? Pourquoi aurait-elle voulu être n’importe où ailleurs plutôt qu’ici ?
End Notes:
Alors vous êtes contents, vous l'avez vu votre Draco ? :D
Pour ne pas que vous soyez trop perdus, je vous ai dessiné le plan de table : ^^
Chapitre 57 : Souvenirs by Realgya
Author's Notes:
Coucou tout le monde ! Alors j'ai pleins de choses à vous dire :)

Tout d'abord, je suis désolée de ne pas encore avoir répondu à vos reviews. J'avais commencé, et puis j'ai été coupée très rapidement, et ensuite je me suis dit que vous préféreriez un nouveau chapitre en priorité, donc... Je suis sincèrement navrée, mais ne vous inquiétez pas j'y remédierai ;)

Ensuite, je tiens à vous annoncer que Nya s'est proposée pour être ma beta-readeuse, et par conséquent je la remercie du fond du coeur de bien vouloir corriger mes chapitres ! Je ne m'étais jamais rendu compte à quel point je pouvais être étourdie parfois ! Alors merci, merci, merci !!!

Enfin, à tous ceux qui détestent les fins avec du suspens, ne lisez-pas ce chapitre et attendez la publication du suivant avant de vous lancer. Dans le cas où vous négligeriez cet avertissement, je me déclare non-responsable de l'état de frustration dans lequel vous serez et je vous rappelle que tout meurtre ou tentative de meurtre est puni par la loi !

Bref voilà, j'ai fait le tour. Il ne me reste plus qu'à souhaiter aux plus courageux une bonne lecture ! :D
Le repas venait de toucher à sa fin, et chacun s’était installé dans un siège du salon. Luna prit distraitement place à côté d’Hermione dont les mèches de cheveux brunes dissimulaient le visage attristé.

- Ce n’est pas bon de rester toute seule à se morfondre, déclara-t-elle d’une voix chantante.

Hermione leva le regard vers son amie. Elle n’avait pas envie de parler de ce poids qui pesait sur sa poitrine. Elle voulait juste l’oublier, penser à autre chose, s’évader.

- Tu as de jolies lunettes, fit-elle remarquer pour changer de sujet de conversation en avisant les grandes lunettes argentées en forme d’ailes de papillon sur le nez de Luna.

- C’est un ami qui me les a offertes, pour voir ce que les autres ne voient pas. Tu veux les essayer ?

- Pourquoi pas, accepta Hermione.

Habituellement, elle aurait sans doute refusé poliment, mais porter ces lunettes ne lui ferait sans doute pas de mal, et au moins cela l’empêcherait-il de ruminer dans son coin. Dès qu’elle les eut sur les yeux, elle eut l’impression de tout voir à travers un filtre rose et distingua des millions de petites particules qui s’entrechoquaient un peu partout dans la salle. En fait, en observant bien, elle put remarquer que ces dernières se concentraient autour des gens. Une multitude entourait ainsi Harry, Olivier et Seamus en train de discuter à un bout de la pièce, et un amas de petites boules tourbillonnait autour de Katie et Alicia.

Etrangement, les flux les plus denses se trouvaient près d’Audrey et Percy, isolés dans leur coin. Elles bouillonnaient, tournaient, virevoltaient, s’élevaient puis plongeaient en piqués entre les deux jeunes gens, dégageant une aura de joie et de bonne entente. C’était… troublant. Mais l’était encore plus la totale absence autour de Draco. Il était seul, accoudé sur un canapé avec à sa droite Ginny et Angelina. Toutes les particules semblaient se focaliser sur les jeunes femmes et l’évitaient soigneusement.

Non, ce n’était pas l’impression qu’avait Hermione. En fait, elle aurait plutôt dit que c’était Draco qui repoussait les particules. Il avait l’air pensif, les yeux dans le vague, écoutant d’une oreille distraite ce dont parlaient ses voisines.

- Merci Luna, fit Hermione en ôtant les lunettes et en les rendant à sa propriétaire.

- Avec plaisir, déclara cette dernière.

Mais déjà, Hermione était plongée dans ses pensées. Elle supposait que ces particules n’étaient pas le fruit du hasard. Elles semblaient être attirées par les relations sociales entre les gens. Lorsque deux ou plusieurs personnes s’entendaient bien, elles se concentraient autour d’elles.

- Dis-moi, rappela-t-elle Luna alors que cette dernière allait s’éloigner. Que vois-tu quand tu me regardes ?

La jeune femme l’observa un instant, la tête penchée sur le côté.

- La tristesse est liée à la solitude, fit-elle d’un ton sibyllin.

Mais avant qu’Hermione ne puisse lui demander davantage d’explications, Luna fut entraînée par Neville et Dean un peu plus loin et la jeune femme se retrouva seule avec la réponse énigmatique. « La tristesse est liée à la solitude » D’après le raisonnement qu’elle avait suivi précédemment, cela signifierait qu’il n’y avait aucune particule autour d’elle.

- Hermione, ça va ?

La jeune femme releva brusquement la tête et découvrit Ron, le visage inquiet, penché sur elle.

- Oui, oui, très bien, le rassura-t-elle, je réfléchissais.

Cette paire de lunettes, ce n’était pas la première, et ne serait pas la dernière des inventions de Luna Lovegood, alors mieux valait ne pas y accorder trop d’importance.

- Au fait Hermione, lança soudain la voix de Hannah par-dessus le flot de conversations, nous savons tous ici ce que tu as fait pour nous ces derniers mois. Beaucoup d’entre nous ont travaillé, de près ou de loin, à la guérison de Poudlard, et les autres ont fini par se renseigner. Et de ce fait je me demandais si tu ne voulais pas nous raconter un peu comment cela s’était passé.

Hermione fut d’abord surprise de cette soudaine demande de la part d’Hannah, qu’elle ne connaissait pas si bien que cela. Cependant, à son annonce, toutes les conversations avaient cessé et une nuée de paires d’yeux curieux la fixaient.

- Ne te sens pas obligée surtout, rectifia Hannah devant son silence. C’est juste si tu as envie de nous faire partager une partie de ce que tu as vécu. Parce que nous parlons de notre vie, de nos études, de notre avenir et tout cela… Mais on aimerait bien savoir pour toi si tout va bien, si tu as eu ton diplôme juridique, ce que tu envisages… Après tout ce temps, c’est normal.

Hermione passa du regard empli de gentillesse d’Hannah à celui, honnête, de Neville, puis aux yeux de Dean, de Seamus, de Ginny… Elle sauta ainsi de visage en visage, encore un peu indécise.

Lorsqu’elle survola celui de Draco, il détourna la tête, mais à peine son regard se fut-il fixé sur George qu’elle sentit les yeux de l’ancien Serpentard de nouveau rivés sur elle. Enfin, elle croisa les pupilles émeraude d’Harry et celles d’un bleu éclatant de Ron, et comprit.

On ne lui demandait pas un énième récit de ce qu’elle avait vécu. On ne voulait pas s’immiscer dans sa vie et mettre à jour son ressenti, ou bien avoir un compte-rendu objectif de sa mission. On ne lui demandait pas de lister toutes les péripéties et les épreuves qu’elle avait surmontées. Juste, en tant qu’amis et camarades, ils lui proposaient de leur faire partager un peu de ces détails, ces anecdotes, qu’elle pouvait se sentir l’envie de narrer.

Nul besoin de leur parler de la peine qui lui montait dans la gorge lorsqu’elle s’entretenait avec Rogue, d’exposer la peur et le dégoût qu’elle éprouvait au contact des Carrow, ou de se justifier sur ses sentiments amicaux naissants pour Tracey, Pansy, Daphné, Blaise et les autres Serpentard. Ce n’était pas un récit complet comme celui fait à Harry, Ron et Ginny auparavant avec tous les évènements principaux et les lignes directrices qu’on lui demandait, juste un petit bout de ces détails insignifiants qu’elle ne pourrait jamais raconter autrement.

Et cela, elle se sentait parfaitement capable de le leur retransmettre. Ce serait un soulagement, un apaisement, de pouvoir extérioriser un peu de toute sa joie, de tout son vécu et de tous ses souvenirs. Alors elle sourit, et approuva de la tête.

- Je veux bien, déclara-t-elle doucement, mais je ne sais pas par où commencer.

- On te connaît, on sait que tu meurs d’envie de nous expliquer à quel point tu as raté tes examens et avec quelle angoisse tu attends les résultats, alors ne te gêne pas, s’esclaffa Ron.

Sa remarque eut pour effet de finir de la détendre complètement, et elle se lança dans un bref résumé de ce qu’avait été sa vie après la chute du mage noir, des études qu’elle avait suivies et, effectivement, de ses examens auxquels elle avait complètement échoué.

- Tu pourras toujours les repasser l’an prochain, ce n’est pas si grave, voulut la réconforter Audrey.

Toute l’assemblée, Luna et Hermione exceptées, lui porta un regard incrédule.

- Audrey, se décida à lui expliquer Percy, quand Hermione dit qu’elle a raté des examens, c’est qu’elle va être dixième ou onzième au lieu de première dans le classement final, annonça-t-il avec sérieux.

- Oh, désolée, comprit la jeune femme.

- Mais non pas du tout, j’ai vraiment tout raté, répliqua Hermione.

Cependant au regard qu’on lui lança, elle comprit que personne ne la croyait, ce qui la fit soupirer.

- Poudlard au temps des Carrow ne devait pas être une partie de plaisir, songea Alicia à voix haute. Je n’aurais pas aimé m’y trouver.

- Moi j’y ai été, intervint Luna d’une voix claire. Et j’aurais bien préféré y rester.

Cette remarque, prononcée avec le ton léger si particulier à l’ancienne Serdaigle, eut un drôle d’effet sur la petite assemblée qui se plongea un instant dans le silence, chacun perdu dans ses pensées.

- En tout cas on ne s’est pas laissé abattre, reprit Neville avec vigueur. Pas vrai Ginny ? Tu te rappelles quand on écrivait sur les murs de la grande salle.

- Et comment ! s’exclama cette dernière.

- Moi aussi je m’en souviens, intervient Hermione. Les Carrow et Rogue étaient furieux. D’ailleurs, ajouta-t-elle en fronçant les sourcils, tu as essayé de me jeter un sort d’amnésie !

Hermione prit un air faussement outré en regardant Neville, soudain perdu.

- J’ai fait ça, moi ? demanda-t-il, interloqué. Mais non enfin je n’aurais jamais…

La lumière se fit subitement dans son esprit et ses yeux s’illuminèrent.

- Ah mais si ! Une fois on s’est fait surprendre par une blonde de Serpentard. C’était donc toi ?

Hermione acquiesça de la tête avec un sourire.

- En tout cas, ces inscriptions étaient un coup de maître, renchérit Seamus. Il a fallu pas mal de temps avant que Rogue parvienne enfin à les faire effacer.

- C’était idiot et dangereux, une vraie idée de Gryffondor, intervint Draco avec lassitude.

- Ose dire que tu n’as pas trouvé drôle de voir les Carrow s’arracher les cheveux, le charria aussitôt Seamus.

- En tout cas, vous, vous riez moins quand Bellatrix est venue en personne au château.

La mine de l’ancien Gryffondor se rembrunit aussitôt, à l’instar de celle de Neville, de Ginny et d’Ernie.

- Je m’en rappelle, annonça ce dernier d’une voix grave. C’était à la suite de la réunion d’Hagrid. J’ai eu la peur de ma vie le soir où on s’est fait prendre. En fait, si Rogue n’était pas intervenu pour nous, je ne sais pas ce que nous serions devenus.

Les autres approuvèrent par des hochements de tête frénétiques.

- Moi j’aimais bien les armures, chantonna subitement Luna.

- Qu’est-ce qu’elles avaient de spécial les armures ? demanda Harry, curieux.

- Elles criaient des messages pro-AD quand on les dépassait, lui répondit Hermione. La première fois, j’ai eu la peur de ma vie quand l’une d’elle s’est mise à crier. J’ai crains d’être démasquée.

- Et avec toutes ces bêtises, vous ne vous êtes jamais fait prendre ? s’étonna Katie, un pli inquiet barrant son front.

- Non, les portraits et les fantômes nous prévenaient toujours à temps lorsqu’il fallait déguerpir, expliqua Neville. Ils faisaient le guet pour nous en quelque sorte.

« Il y en a qui ont eu de la chance », pensa Hermione. Elle-même aurait bien aimé de temps en temps avoir quelqu’un pour surveiller ses arrières, mais il était exclu d’office qu’elle puisse demander de l’aide à qui que ce soit, tableau, fantôme ou camarade. Et elle était trop inquiète à l’idée que lancer un sortilège d’alarme puisse la trahir si quelqu’un le repérait.

- Ca fait beaucoup de souvenirs, songea Hannah en levant la tête vers le plafond.

- Vous voulez boire quelque chose ? proposa Harry. Je vais demander à Kreattur d’aller nous chercher des boissons.

Ses convives approuvèrent sereinement de la tête et l’elfe s’empressa de se rendre en cuisine. Hermione en profita pour s’éclipser discrètement faire un tour au petit coin, et se faufila hors de la pièce après avoir lancé un regard rassurant à Ginny la prévenant qu’elle n’en avait pas pour longtemps.

Elle n’eut pas trop de mal à retrouver ses repères dans la vieille maison, et s’arrêta avec soulagement devant la porte derrière laquelle elle savait se trouver des toilettes. Cependant, à l’instant même où elle posa sa main sur la poignée, un bras passa devant elle et bloqua l’ouverture de la porte.

- Il faut qu’on parle.

Une voix qu’elle aurait su reconnaître entre mille ; un parfum qu’elle ne pouvait pas oublier. Son cœur rata un battement tandis son esprit criait « pas encore, pas déjà », mais il était trop tard. Prenant son courage de rouge et or à deux mains, Hermione se retourna lentement sur elle-même pour faire face à une paire d’yeux d’un gris acier.

- Je t’écoute, Malfoy. Qu’as-tu à me dire ?
Chapitre 58 : Confrontation by Realgya
Author's Notes:
Coucou tout le monde ! Alors pour commencer, plusieurs choses :
- la première c'est désolée pour les deux petits jours de retard, il y a eu un petit cafouillage (si minime...)
- la seconde c'est un immense merci à Nya qui a corrigé ce chapitre !
- la troisième un immence désolée pour les reviews sans réponse... Je les ai toutes lues avec beaucoup d'attention et mon petit coeur en explose de joie, mais je peine à trouver du temps pour y répondre... Mais ne vous en faites pas, les vacances arrivent à grands pas, j'aurai tout le temps qu'il faut pour vous répondre et achever (enfin) cette fiction !
- et donc mon petit quatre: merci à vous tous qui me lisez et me soutenez, merci de faire vivre ma fiction !
- en conclusion (comme en devoir de philo/français/histoire/géo/anglais/allemand/ce que vous voulez...) : Bonne lecture !
Elle ne doit pas céder, elle ne doit pas ciller. Elle le sait, mais il lui devient de plus en plus difficile de soutenir son regard gris. Son cœur bat à cent à l’heure. Elle n’était pas prête, elle ne s’y attendait pas. Mais c’est trop tard, il faut qu’elle surmonte cette épreuve, comme elle a surmonté toutes les autres. Drago n’est quand même pas le problème le plus compliqué qu’elle ait eu à résoudre jusqu’à aujourd’hui ! Enfin, en théorie. Mais bizarrement en ce moment, elle aurait préféré affronter un filet du diable, démêler une énigme de potions, voler sur un hypogriffe, et peut-être même se battre contre un mangemort. Dans ces cas-là, les règles du jeu étaient définies, son objectif était clair, et l’obstacle était visible. Alors qu’actuellement, tout était flou.

Quand elle ne voulait pas qu’on la trouve, il y avait toujours eu quelqu’un pour le faire. Pourquoi avait-il fallu que Tracey la surprenne avec la carte des Maraudeurs, pourquoi l’AD avait-elle été démasquée, pourquoi sa mère avait-elle ouvert son placard la seule et unique fois où elle y avait caché du chocolat ? Les gens surgissaient souvent de nulle part, à l’improviste. Comme lorsqu’Harry avait failli se faire piéger dans la réserve, s’il fallait un exemple au hasard. Et actuellement, elle aurait bien voulu que ce soit le cas.

Ginny pourrait s’inquiéter d’avoir vu sortir Malfoy avec elle, ou du fait qu’elle prenne autant de temps. Luna pourrait croire qu’un ronflak cornu se cachait dans cette partie de la maison, Audrey et Percy pourraient vouloir s’isoler pour discuter en paix et, ô miracle, décideraient justement de venir traîner de ce côté. Ron pourrait être parti à sa recherche, Harry pourrait avoir oublié quelque chose dans sa chambre, Kreattur pourrait avoir du ménage à faire dans ce couloir. Bref, il y avait une foule de raisons qui rendaient possible et probable l’arrivée impromptue, et salvatrice, de quelqu’un.

Mais non, personne ne venait. La seule fois où elle aurait voulu voir apparaître un « gêneur », aucun n’arrivait pour les gêner. Enfin, pour gêner Drago, parce qu’elle, il ne la dérangerait absolument pas !

- A quoi tu penses ? la tira de sa rêverie Drago.

- Rien qui ne te concerne.

Son ton était froid et aussitôt le visage du jeune homme se durcit. Zut ! Pourquoi ne pouvait-elle donc pas tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler ?

- Au fait, merci, ajouta-t-elle plus doucement.

Drago haussa un sourcil.

- A quel sujet ?

- Pour m’avoir rendu ma baguette quand j’étais prisonnière de ton manoir, explicita-t-elle.

- Ah ça.

Il n’ajouta rien de plus, et Hermione tenta en vain de le sonder du regard. Peine totalement perdue, il n’y avait aucune chance pour qu’elle arrive à lire ce qu’il y avait derrière le masque impassible de Drago.

- Pourquoi tu ne m’as pas mis au courant ?

Hermione fronça les sourcils.

- Te mettre au courant de quoi ? De ma mission ? Tu sais pourtant bien que je n’avais pas le droit !

- Je ne te parle pas de lorsque nous étions à Poudlard.

Hermione ouvrit de grands yeux surpris.

- La seule fois où nous nous sommes revus depuis l’épisode du manoir, c’est lorsque je suis revenue, et à ce moment-là tu étais déjà au courant de tout.

- Oui, mis à part de ta liaison avec Weasley.

Ah, il appelait Ron par son nom de famille, c’était mauvais. Il avait l’air de fâcheuse humeur, et on pouvait sentir de l’amertume dans sa voix.

- Ma relation avec Ron, déclara Hermione après une grande inspiration, ne te regarde pas.

Son cœur lui faisait mal. Il tapait, tapait et tapait contre sa poitrine comme s’il voulait en sortir. Un voile noir envahit les prunelles de Drago et Hermione ne put s’empêcher de reculer légèrement. La poignée de la porte derrière elle lui rentra douloureusement dans le dos.

- Alors c’est tout ce que tu as à me dire ? Qu’il n’y a jamais eu que du vent entre nous ? Que tu jouais la comédie pour ta fichue mission ? Que je n’ai jamais été un outil ?

Hermione frissonna et garda le silence, se contentant d’écouter Drago s’énerver.

- Tout ce que tu as fait, ça aurait été uniquement dans le but d’éviter que je te dénonce ? Réponds-moi !

Les yeux de Drago brillèrent et la jeune femme se rendit compte qu’il était réellement furieux.

- J’ai fait quelque chose en particulier ? demanda-t-elle d’une voix qu’elle voulut détachée.

Elle se colla un peu plus contre la porte dans son dos sous le regard foudroyant que lui adressa Drago.

- Qu’importe, nous nous éloignons de ma question initiale.

- Je t’ai déjà répondu, je n’avais pas le droit de te mettre au courant.

- Et je t’ai déjà dit que ce n’est pas de Poudlard dont je parlais.

- De quand alors ? le défia-t-elle.

Il la toisa et afficha un air dédaigneux.

- La fête au Terrier. Sous polynectar.

Le ventre d’Hermione se contracta. Elle avait complètement oublié cet épisode.

- Tu aurais pu me prévenir, alors, que tu étais l’Hermione du futur retournée dans le passé. Je savais pour la mission.

- Exact, tu savais déjà tout, répliqua la jeune femme. Tu avais déjà deviné que c’était moi qui serais choisie pour remonter dans le temps. Tu savais qu’il y avait eu deux Hermione, tu avais compris pourquoi je ne t’avais pas reconnu à mon réveil. Enfin, reconnu… Je savais qui tu étais mais… Bref, tu m’as comprise. Tu savais, alors qu’aurais-je eu à te dire de plus ?

- Je ne sais pas ! s’exclama Drago. Tu aurais pu m’expliquer, me dire que tout allait bien, me parler !

- Je ne pouvais pas prendre ce risque, réfuta Hermione d’une voix sèche.

Et pourtant, en même temps que ces mots s’échappaient de ses lèvres, elle aurait voulu les retenir. Oui, elle aurait pu s’ouvrir à Drago. Ca lui aurait fait tellement de bien de parler avec lui, sans secret, sans mensonge. Mais ensuite, elle se connaissait, elle aurait été incapable de le laisser pour retourner jouer à Elinda, même s’il ne restait que quelques jours. Ca aurait été trop dur.

Elle s’inventait des excuses, et elle en était consciente. Elle n’avait jamais pensé à tout ça. La vérité, c’est qu’elle avait fui parce qu’elle avait prit peur, ni plus ni moins. Le fait d’être découverte lui avait fait perdre ses moyens et elle s’était empressée de filer avant de, le croyait-elle, aggraver les choses. Elle savait qu’il aurait été sans danger de prévenir Drago à ce moment-là. Et il le savait aussi.

- Dans ce cas, il ne fallait pas venir du tout, assena-t-il d’une voix dure.

Hermione céda et baissa les yeux. Il se rapprocha d’elle, mais simultanément retira sa main du mur et garda ses deux bras le long de son corps.

- Pourtant tu es venue… Pour eux ou pour lui ?

La jeune femme releva la tête sans trop comprendre de quoi il pouvait parler.

- De… lui ?

Une grimace passa vivement sur le visage de Drago.

- Ne te fatigues pas, j’ai compris.

Il recula de quelques pas.

- Depuis le début, tout n’est que mensonge. J’aurais dû m’en douter. Finalement, tu aurais bien eu ta place à Serpentard, toi aussi.

Sans comprendre, Hermione le dévisagea. La seule chose dont elle avait conscience, c’était qu’il s’était éloigné d’elle. Elle ne sentait plus son odeur, elle ne sentait plus la chaleur de son corps près du sien, et elle entendait sa voix comme on entend un lointain écho. Et cela lui faisait mal, atrocement mal.

- Ne dis pas ça, chuchota-t-elle, la tête baissée.

Elle sentit plus qu’elle ne vit le regard amer que lui lançait Drago.

- Parce qu’il en est autrement ?

Elle releva les yeux vers lui. Ses prunelles grises lui parurent soudain insoutenables et elle sentit des larmes lui venir. Non ! Il ne fallait pas qu’il la voie pleurer, elle l’interdisait !

- Alors ?

Ses mains tremblaient et sa respiration était erratique. Elle ne voulait pas répondre, elle ne voulait pas le regarder, elle ne voulait pas de nouveau affronter le regard dur et scrutateur de Drago. Cela faisait trop mal de le voir la regarder ainsi.

Il avança la main vers elle et écarta une des multiples mèches brunes tombant sur son visage. Elle ferma les yeux, gardant la tête obstinément baissée. Il voulut la forcer à le regarder mais elle chassa sa main. De nouveau Drago se recula, et quand il parla, ce fut d’une voix aussi froide que la glace.

- Blaise, Vincent, Gregory, Daphné, Pansy, Tracey…

La liste fut énoncée avec rancœur, et il accentua particulièrement le dernier nom.

- Tu nous as tous manipulés.

Le cœur d’Hermione rata un battement. Assez, c’en était assez ! Elle tremblait, et ses joues étaient franchement humides désormais. D’un geste violent, elle pivota, ouvrit la porte des toilettes, se rua à l’intérieur et claqua la porte sur Drago. Elle tira rageusement le verrou et se laissa tomber par terre, dos contre le mur.

De l’autre côté de la porte, elle pouvait encore entendre la respiration de Drago.

- Alors c’est lui.

Les mots n’avaient été qu’un murmure et Hermione aurait pu croire les avoir rêvés. Elle entendit des bruits de pas et sut qu’il s’était éloigné. Séchant vigoureusement ses larmes, elle posa la tête contre le mur et leva les yeux vers le plafond abîmé.

Elle ne comprenait plus Drago. La seule personne dont l’absence avait dévoré Hermione corps et âme, c’était lui. Mais il ne parlait tout de même pas de soi-même à la troisième personne, alors qui d’autre pouvait-il avoir en tête ? Harry, Ron ? L’un et l’autre lui avaient manqué tout autant, aucun plus particulièrement. Quoi de plus normal, ils étaient ses meilleurs amis.

Hermione ferma les yeux et expira longuement. Ron… C’était de lui dont devait parler Drago. Lui, qu’elle considérait non pas comme son amoureux mais bien comme son meilleur ami. Et dire que depuis sa quatrième-cinquième année, elle nourrissait des sentiments à son égard. L’année avec Drago avait tout balayé. S’était-elle trompée sur ce qu’elle ressentait pour Ron dès le début ou était-ce sa relation particulière avec le Serpentard qui avait éclipsé tout le reste ? Elle ne le savait pas.

La seule chose dont elle était désormais certaine, c’est qu’elle aimait Drago, et qu’elle venait de le perdre.
Chapitre 59 : Mise au clair by Realgya
Author's Notes:
Bonne année et meilleurs voeux à tous pour l'année 2011 ! Je tiens tout particulièrement à vous remercier tous, que vous me suiviez depuis le début ou récemment, pour le soutien que vous m'avez et continuez de m'apporter. Depuis le dernier chapitre, cette fiction a effectivement dépassé le cap des mille reviews et ça me touche beaucoup :)

Je vais arrêter de dire que je publierai plus souvent pendant les vacances parce que ce n'est jamais le cas. Par contre, les six prochains chapitres sont écrits, donc selon le rythme de correction, ils arriveront un chaque semaine. J'en profite pour remercier Nya qui prend le temps de me relire et de corriger toutes les petites fautes que je laisse traîner ^^'

J'ai encore un peu de retard pour les réponses aux reviews, mais rien que je ne rattraperai pas prochainement... Et en attendant, bonne lecture à tous ! :D
Le reste de la soirée se déroula comme dans un rêve. Hermione attendit d’avoir séché ses pleurs avant de retourner au salon, et passa la soirée assise sur un canapé à somnoler. Inquiet, Harry lui proposa de rester dormir avec Ron et lui et elle accepta d’un simple hochement de tête. Cette nuit-là, elle dormit d’un sommeil sans rêve, et en se réveillant le lendemain matin, elle se sentit plus reposée que jamais.



- Kreattur, peux-tu m’apporter le sucre s’il te plaît ? demanda gentiment Hermione à l’elfe de maison.

Le serviteur s’exécuta sans un mot, avant de retourner à sa tâche initiale qui était la conception du repas.

- Merci, répondit la jeune femme sans s’offusquer avant de se remettre à la confection de son gâteau.

- Ca sent bon, remarqua Ron quelques minutes plus tard en rentrant dans la pièce alors qu’elle venait de faire cuire sa préparation d’un coup de baguette.

- Toi tu sors, hors de question que tu ne touches à une seule miette de ce gâteau avant qu’Harry ne soit rentré, le gronda gentiment Hermione.

- Mais il est toujours en retard, se plaignit Ron. Tu connais Kingsley, il le retient jusqu’à pas d’heure.

- Je ne veux rien entendre, répliqua la jeune femme en le forçant à quitter les lieux.

Son ami grommela mais s’exécuta toutefois. Hermione referma la porte derrière lui et s’adossa au battant. Il y avait deux semaines de cela qu’elle avait emménagé avec Ron et Harry, sitôt après le dîner où elle avait croisé Draco en fait. Depuis, elle s’était sentie revivre auprès d’eux, mais dans le même temps son cœur la lançait douloureusement chaque fois qu’elle repensait au blondinet, ou que Ron, toujours son petit-ami officiel, l’embrassait.

Elle se tordit les mains, nerveuse. Ses baisers n’étaient déjà pas très nombreux au début, mais ils devenaient moins fréquents chaque jour, et le comportement d’Hermione n’y changeait rien. Elle aimait rire, parler ou jouer avec lui, mais dès que leur discussion ou jeu était susceptible de tourner au contact amoureux, elle se braquait. Il était définitivement sûr que Ron était une personne très chère à son cœur en tant qu’ami, mais qu’elle ne pourrait jamais construire une relation amoureuse saine avec lui. Ce n’était pas comme cela qu’elle l’aimait.

Elle soupira et allait se décoller de la porte quand elle entendit murmurer son nom, de l’autre côté du bois.

- Harry ne rentrera pas avant au moins une heure, lui fit doucement remarquer Ron.

Hermione leva les yeux au ciel. Il allait encore essayer de marchander une part de gâteau.

- Tu ne crois pas qu’on devrait en profiter… pour parler ?

La jeune femme tomba des nues, ne s’attendant absolument pas à cette proposition. Elle ne sut quoi répondre et resta muette et immobile, attendant qu’il reprenne la parole.

- Je suis sûr que tu as dû le remarquer, tu remarques toujours tout, mais entre nous, ce n’est plus comme avant. Tu t’en es aperçu, non ?

Hermione ferma les yeux. Elle n’était pas sûre de vouloir avoir cette conversation, et en le même temps cela faisait trop de temps qu’elle fuyait. Elle avait fui Draco, et elle pouvait aujourd’hui en contempler avec amertume le résultat. Il était hors de question qu’elle perde Ron de la même manière !

Alors la jeune femme se retourna face à la porte et l’ouvrit, plongeant son regard dans celui, bleu pétillant, du rouquin.

- On s’assoit dans le salon ? proposa-t-elle.

Il approuva de la tête et la laissa passer devant. Tous deux s’installèrent face à face dans les fauteuils, cherchant déjà quoi dire.

- Tu me connais, se lança Ron, la subtilité et moi, ça fait deux, alors ne m’en veux pas si je rentre directement dans le vif du sujet.

Hermione lui fit signe de la tête que c’était bon et il poursuivit.

- Au début de ton coma, nous sommes venus te voir tous les jours avec Harry, et puis peu à peu, de moins en moins. On a eu du travail, on a changé de pays, on a fait de nouvelles rencontres… C’est pour ça que nous avons mis du temps avant de venir te voir à ton réveil, d’ailleurs. Mais tu sais tout ça. Et pendant ce temps, on a bien vu tous les deux Draco venir te voir tous les jours sans relâche, même si on ne comprenait pas pourquoi.

Il fit une pause dans son récit mais la jeune femme ne prit pas la parole.

- Soyons réalistes, nous ne sommes plus ce que nous étions avant. J’ai passé un an sans toi, et toi deux ans sans moi. Je ne dis pas que nous avons perdu notre ancienne complicité, mais… Hermione, je serai franc, tu es ma seule et meilleure amie. Quand tu t’es réveillée, j’ai cru t’aimer encore comme avant, et de toute manière, tu avais besoin de moi et ce n’était pas le moment pour remettre en question notre relation. Ce qui n’est pas le cas maintenant.

Hermione sentit les larmes venir mais les refoula immédiatement. Une vague d’apaisement venait de se propager dans tout son cœur et une partie du poids qui lui oppressait la poitrine ces derniers jours venait de disparaître. Ron et elle étaient d’accord, ils n’étaient que des amis, mais d’excellents amis.

- Ca va ? s’inquiéta-t-il en voyant son trouble.

- Oui, lui répondit-elle avec une esquisse de sourire. C’est juste que… je suis entièrement d’accord avec toi. Alors je crois que c’est à moi de poursuivre, parce que tu en as déjà dit beaucoup.

- C’est vrai que ça me change. D’habitude c’est toi qui parles, et moi qui écoute, plaisanta Ron.

La jeune femme sourit avant de prendre la parole à son tour.

- J’ai pensé à toi, de retour à Poudlard. A ton anniversaire, à nous trois à la table des Gryffondor, à nos bêtises, à tout ça. Mais dans le même temps, mes sentiments pour toi se sont modifiés alors que d’autres naissaient. Je suis désolée Ron si je t’ai fait souffrir ces derniers temps, je crois que dernièrement je n’ai fait que ça, faire du mal à ceux qui m’entourent.

Elle baissa tristement la tête et regarda ses mains crispées sur ses genoux. Son ami voulut dire quelque chose mais elle se redressa brusquement et reprit la parole.

- Je suis très heureuse que nous ayons tiré cette situation au clair. Et je dois t’avouer encore quelque chose, je suis amoureuse de quelqu’un d’autre.

Ron eut un sourire sincère auquel Hermione répondit.

- Alors qu’attends-tu pour aller le retrouver ?

La jeune femme hésita, ne sachant pas exactement comment interpréter cette phrase.

- Si tu te dépêches, vous serez tous les deux de retour pour dîner, ajouta son meilleur ami.

- Ron…

Hermione courut se jeter dans ses bras et l’enlaça brièvement, des étoiles dans les yeux.

- Merci.

Elle enfila ensuite rapidement sa cape, mais une fois dans l’âtre de la cheminée, se retourna vers le jeune homme.

- Tu me la présenteras ? s’enquit-elle.

Ron devint rouge jusqu’aux oreilles et Hermione lui présenta un visage rayonnant.

- Quand tu parlais de nouvelles rencontres, tu parlais bien de quelqu’un en particulier, non ?

- Dépêche-toi de t’en aller, lui ordonna le piment pour masquer sa gêne.

- Je prends ça pour un oui, rigola Hermione en s’éclipsant.
Chapitre 60 : Aveux by Realgya
Author's Notes:
Coucou à tous ! Ceci étant un chapitre que beaucoup d'entre vous attendiez, j'espère qu'il vous plaira :) A vous de me le confirmer.
Bizarrement je suis encore en retard sur les réponses aux reviews, mais sachez que je les ai toutes lues avec attention qu'elles m'ont fait chaud au coeur. (et j'ai répondu à combler mon ancien retard, j'ai répondu à tout le monde :D... jusqu'au chapitre 58 -_-)
Un coup au coeur qui vient de m'arriver: j'ai découvert que cette fiction était entrée dans le top 10 des fictions les plus lues et celui des fictions les plus appréciées... J'ai eu un choc, surtout qu'en je repense aux débuts de cette fiction. Alors encore une fois, un grand merci à tous !
Enfin, je tiens une fois de plus à remercier Nya pour son formidable travail de correction ! Vous remarquerez que ce chapitre vous est ainsi livré dans les temps :)
Et sur ce, bonne lecture à tous !
PS: à ceux qui préfèrent une Hermione combattante... je vais la faire revenir, ne vous inquiétez pas (même si je ne sais pas encore comment ni quand, Hermione n'a pas été une Gryffondor pour rien :D)
Hermione sortit de la cheminée du manoir familial des Malfoy en toussant. Elle avait toujours détesté les voyages avec la poudre de cheminette.

- Hermione ? appela une voix féminine.

Elle examina en silence le salon Malfoy et y découvrit Gregory, Pansy, Blaise et Tracey. Cette dernière était pâle et la dévisageait avec surprise et, sembla-t-il à Hermione, émotion. Gregory, quant à lui, se crispa en la voyant mais ne bougea ni ne pipa mot.

- Veuillez me pardonner d’arriver à l’improviste, j’aurai dû prévenir de mon arrivée, s’excusa-t-elle, mortifiée de ne pas y avoir pensé dans sa hâte de revoir un certain blond. Je viens voir Draco.

- On ne s’en doutait pas, se moqua Blaise en se levant.

- Il est à l’étage, ajouta Pansy en lui indiquant l’escalier de la tête.

Hermione y jeta un regard hésitant mais ses anciens camarades n’ajoutant rien, elle s’y rendit après avoir brièvement remercié Pansy. Quand elle passa devant Tracey, elle ralentit le pas pour lui adresser un sourire timide avant de monter les marches à la hâte.

Elle déambula un peu dans les couloirs mais ne tarda pas à entendre des éclats de voix qui se turent rapidement, et se dirigea vers leur provenance. Son anxiété augmenta en se rendant compte que Draco ne devait pas être seul, bien que ses camarades au rez-de-chaussée ne l’aient pas prévenue d’une éventuelle présence supplémentaire. Elle tourna à un angle et se figea sur place. Draco était contre le mur, reconnaissable à la couleur de ses cheveux, en train d’embrasser une jeune fille inconnue à Hermione. Les mains du jeune homme étaient perdues dans les boucles brunes de son « amante » dont les cuisses lui entouraient la taille, et tous deux étaient si occupés par leur besoin visible de dévorer la bouche de l’autre qu’aucun d’eux n’avait remarqué la présence d’Hermione.

Plus pâle que la mort, l’ancienne Gryffondor prit le parti de quitter les lieux au plus vite et en silence, de crainte que Draco ne se rende compte de sa présence. Elle courut presque jusqu’aux escaliers et dévala les marches, manquant de se rompre plusieurs fois le cou. En passant devant la cuisine, elle faillit percuter Daphné en sortant et la contourna vivement pour reprendre sa course.

- Hermione ! entendit-elle crier sa camarade dans son dos.

Sans ralentir, elle se jeta sur la porte d’entrée et se rua dehors sans en entendre davantage. Elle claqua la porte derrière elle et se remit à courir. Son cœur lui faisait mal, ses poumons étaient en feu, ses cheveux claquaient dans son dos, l’incitant à accélérer encore la cadence. En traversant le parc du manoir, elle revit ce dernier, sous la nuit, alors qu’elle s’échappait discrètement de sa prison. Elle suffoqua et un point de côté douloureux se fit sentir, la forçant à ralentir. Subitement à bout de forces, elle se laissa tomber par terre et ferma les yeux. Miraculeusement ils étaient secs.

Elle se sentait vidée, comme si elle venait de courir tout un marathon. Ses membres étaient douloureux et le sang battait brutalement à ses tempes. Ce qu’elle pouvait être stupide ! Elle savait que ce ne serait pas évident de se faire pardonner par Draco, mais elle n’avait jamais imaginé le retrouver dans les bras d’une autre. Le sentiment de joie intense que lui avaient procuré les paroles de Ron était bien loin à présent.

Une main se posa en douceur sur son épaule, puis des bras l’enlacèrent et elle sentit une tête se lover dans son cou. Hermione se redressa en rouvrant les yeux pour découvrir que Tracey l’enlaçait. Son amie releva la tête pour la regarder dans les yeux et elles restèrent un instant immobiles, chacune observant l’autre.

- Je suis… désolée, souffla Hermione. Je sais que je t’ai fait de la peine, et je veux que tu saches… Je t’ai toujours considérée comme une véritable amie.

L’ancienne Serpentard sourit tristement.

- J’avais peur tu sais, avoua Hermione en baissant la tête. Peur que tu m’en veuilles d’être une Gryffondor, peur que tu m’en veuilles de vous avoir caché ma véritable identité, peur que tu croies que je n’ai pas été sincère avec toi. Dans mes paroles, sans doute pas. Mais dans mes sentiments, comme je l’ai dit à Daphné, je n’ai jamais menti.

Brusquement, Hermione planta de nouveau ses yeux dans ceux de sa camarade, déterminée et en même temps la suppliant de la de la pardonner. Derrière elles, Pansy arriva et se tint à leurs côtés en silence. L’ancienne Gryffondor se détacha de l’étreinte de Tracey pour pouvoir les regarder toutes les deux en même temps.

- Alors j’ai des choses à vous avouer, déclara-t-elle. Toute notre septième année, je vous ai menti. Je ne suis pas une sang-pur, et je cautionne encore moins cette idéologie. Je suis allée à Serpentard car le professeur Rogue a été mon complice. Je suis plus ou moins sortie avec Draco qui a découvert ma véritable identité. Je t’ai lancé un sortilège d’amnésie, Tracey.

Cette dernière sursauta mais Hermione ne lui laissa pas le temps de l’interrompre.

- Tu as découvert de manière inopinée ma véritable identité, alors pour te protéger, je t’ai lancé un « oubliettes ». Parce que je venais du futur, parce qu’il fallait que le moins de gens possible le sache, parce qu’il ne fallait pas qu’un mangemort lise dans ton esprit. Si le pot aux mandragores avait été découvert, j’aurais été prise, le château n’aurait pas été soigné, et toi tu aurais été punie pour avoir essayé de me protéger, si tu l’avais fait. Pour Draco cela aurait été l’idéal mais je n’ai pas pu, je n’étais pas en position de le faire.

Hermione reprit un instant sa respiration avant de poursuivre sans qu’aucune de ses deux anciennes camarades ne l’interrompe.

- Cette année-là, je vous ai véritablement considérées comme mes amies. Des amies auxquelles je ne pouvais rien dire pour les protéger elles, pour me protéger moi, et pour protéger Poudlard. Tu as bien vu que quelque chose n’allait pas Tracey, et je te suis très reconnaissante du journal que tu m’as offert, mais même lui n’a pas pu me soulager, car il y avait toujours un risque pour qu’il tombe entre de mauvaises mains. Les filles, j’ai un secret : je suis Hermione Granger.

Tracey et Pansy restèrent tout d’abord muettes, se contentant de la regarder lentement, et Hermione eut soudain peur qu’elles ne lui tournent le dos. Cependant à l’inverse, un léger sourire vint orner les lèvres de Pansy.

- On sait que tu es Hermione Granger. Ton secret serait plutôt : « Je suis Elinda Morevo » ou « Elinda Morevo n’a jamais eu d’identité propre », un truc du genre.

- On est très touchée de cette déclaration, enchaîna Tracey, mais pour être franche nous n’étions pas venues réclamer des explications mais plutôt te réconforter. Mais bon, tant mieux si on a eu un bonus.

La vision de Draco avec l’inconnue du premier étage ressurgit dans l’esprit d’Hermione et son visage perdit le peu de couleur que l’amitié que lui témoignaient les filles avait fait revenir.

- Je crois, se lança Pansy, que tu ne te rends pas compte du soufflon dont j’ai écopé pour t’avoir indiqué de monter. Les garçons aussi se sont fait crier dessus, car ils auraient dû t’en empêcher, mais c’est surtout sur moi que Daphné s’est déchaînée.

- Je suis désolée, je ne voulais pas que…

- Pourquoi tu t’excuses ? la coupa Pansy. Il n’y a pas de raison.

- Et désormais, où est Daphné ? interrogea Tracey.

- Elle s’explique avec sa sœur. Draco est descendu après l’avoir entendue crier « Hermione », Astoria sur ses talons. Daphné l’a attrapée comme une furie et elles se sont enfermées dans la cuisine. Je dois t’avouer que j’ai été plutôt soulagée, du coup ce n’était plus sur moi qu’elle criait. J’ai confié à Blaise et Gregory le devoir d’avoir une « discussion de mecs » avec Draco et je vous ai rejointes.

Tracey et Pansy échangèrent un regard entendu devant une Hermione perdue.

- Je ne suis pas sûre d’avoir tout compris, avoua-t-elle faiblement.

- C’est bon, affirma une voix claire, empêchant Tracey dont la bouche était ouverte de s’expliquer. J’ai renvoyé ma sœur chez elle.

- Elle a accepté ? s’étonna Pansy.

- On a un peu démoli la cuisine de Draco avec nos sortilèges mais je reste l’aînée, déclara Daphné avec aplomb.

Un frisson parcourut l’échine d’Hermione. Elle avait déjà vu Daphné avec une baguette en cours, et c’était quelque chose d’effrayant.

- Nous avons établi une règle entre nous il y a longtemps, se lança Daphné en s’asseyant, à l’instar de Pansy. Nous l’avons baptisée la règle de la prudence-ignorance.

- C’est-à-dire ? s’enquit Tracey, intéressée.

- Laisse-moi deviner, coupa Pansy. Vous vous ignorez dès qu’il s’agit de garçons mais vous restez prudente pour ne pas choisir le même.

- Exactement, confirma Daphné avec un sourire, heureuse de constater que son amie avait tout de suite compris. Nous avons l’interdiction formelle de convoiter le même garçon. Par contre, nous n’avons aucune restriction pour les amis, donc Astoria a très mal pris mon intervention.

- Vous êtes fâchées ? demanda piteusement Hermione, s’en voulant d’être à l’origine d’une dispute familiale.

- Ne te fais pas de souci, la rassura Daphné. Ma sœur est dans une mauvaise passe en ce moment, et avait bien besoin que quelqu’un lui remette les idées en place. Elle savait très bien que Draco n’était pas pour elle, mais elle a tendance à sauter sur tout ce qui bouge. C’était évident qu’elle allait essayer de le séduire.

- Tu aurais dû nous prévenir, souffla Pansy, je n’aurais pas dit à Hermione de monter.

- Je ne pouvais pas deviner qu’elle avait l’intention de passer, se défendit Daphné avec un regard vers le ciel.

Hermione rosit. C’était la deuxième fois qu’elle entendait son prénom dans la bouche de Pansy et c’était… libérateur. Daphné était redevenue loquace en sa présence, et non pas distante comme sur le Chemin de Traverse. Elle se sentait enfin acceptée comme elle était.

- Tu veux toujours parler à Draco ? questionna doucement Tracey.

- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, répondit-elle dans un souffle. De toute manière, il ne me pardonnera jamais ce que je lui ai fait.

Ses amies gardèrent le silence.

- En plus, Harry va bientôt rentrer pour manger, et s’il faut Ron a déjà profité de mon absence pour croquer dans le dessert, donc il vaut mieux que j’y aille.

- Potter et Weasley… C’est étrange d’entendre parler d’eux avec leurs prénoms, commenta rêveusement Tracey.

- On s’y habitue tu sais, fit savoir Pansy. A force de rester avec Draco, j’ai fini par m’y faire pour ma part.

Elle et Hermione échangèrent un sourire fugace, puis les quatre jeunes femmes se levèrent et se dirigèrent vers la sortie du parc.

- Au fait, songea soudain Hermione en attrapant la main de Tracey. Avec Blaise… Enfin, toi et lui… vous…

Son amie lui sourit.

- Disons qu’il y a des hauts et des bas entre nous. Il y a eu une période où il pensait que je le trompais avec Draco. Ne lui en veux pas, mais il a fini par me dire pour toi il y a quelques semaines. Blaise a compris qu’on partageait un secret et m’en a un peu voulu, mais quand lui aussi a fini par apprendre la véritable identité d’Elinda, ça s’est arrangé.

- Je suis désolée, s’excusa Hermione, penaude.

- Pourquoi ? s’étonna Tracey. Ce n’est pas ta faute.

- Vous en avez discuté ?

- Non.

- Nous n’avons pas pour habitude d’étaler nos états d’âme, intervint Pansy pendant que Daphné lâchait un soupir. Quelques paroles à double-sens et regards particuliers nous suffisent pour régler des conflits. Enfin, en général. Je ne qualifierai pas l’explosion de colère de Daphné tout à l’heure de sous-entendu, bien au contraire.

Daphné bouscula accidentellement son amie mais toutes deux se sourirent, complices. Rassurée, Hermione n’insista pas davantage. Savoir que les choses allaient bien entre Tracey et Blaise lui suffisait, comment celles-ci s’étaient arrangées ne la regardait pas.

- J’ai plein de choses à te dire, confia Tracey à Hermione en passant le grand portail. J’espère qu’on pourra se revoir.

- Quand tu veux ! se réjouit l’ancienne Gryffondor.

- Et bien à bientôt alors, lui sourit l’ancienne Serpentard en retour.

Et sur une dernière étreinte collective, les quatre jeunes femmes transplanèrent dans un « pop » uniforme.
Chapitre 61 : Tourner une page by Realgya
Author's Notes:
Bonjour à tous ! Ayant quelques problèmes de communication avec Nya, ce chapitre a du retard et n'est pas corrigé par ses soins, donc j'espère avoir éliminer la totalité des fautes, mais il se peut qu'il en traîne une ou deux, j'en suis désolée d'avance. Cependant, devant le trépignement de certains à me demander la suite, il fallait bien que ce chapitre arrive un jour, et j'ai cru comprendre qu'il valait mieux que ce soit au plus tôt ^^
Sinon, que dire à part "bonne lecture" ?

PS: si je sais en fait ! Je n'ai jamais réellement fait attention à mes statistiques, mais je viens de me rendre compte que plus de 300 personnes avaient mis ma fic dans leurs favoris. Je suis soufflée... Alors à ces 335 personnes qui me suivent et m'encouragent: merci
PPS: je viens de finir de répondre à toutes (absolument toutes) vos reviews ! voilà, vous vous en moquiez peut-être, mais moi je suis fière de moi, là !
- Tu es toute seule ? demanda Harry sans aucun tact dès qu’il vit Hermione apparaître à la porte.

- Oui, répondit-elle tristement.

Il faillit demander où était Draco mais se ravisa en prenant un coup de coude de Ron. Ils échangèrent tous deux un regard perplexe avant que leurs visages ne se rembrunissent. Apparemment, ils n’avaient même pas imaginés que le jeune homme puisse ne pas revenir avec Hermione.

Tous trois s’installèrent à table et Kreattur leur servit le repas avec sa morosité, mais efficacité, habituelle.

- Alors ? tenta de détendre l’atmosphère Ron. Comment s’est passée ta journée Harry ?

- Bien, comme d’habitude. Les mages noirs restent tranquilles ces derniers temps. Et pour Poudlard, certains disent que le flot se târit peu à peu, d’autres à l’inverse qu’il augmente. Personne ne sait exactement ce qu’il en est, mais le ministère commence un peu à s’inquiéter. Selon les prévisions, Voldemort aura dévoré sa première âme dans moins de quinze jours.

Hermione se tendit sur sa chaise et porta à son ami toute son attention.

- A quelle date les experts ont-ils prévu la fin des pleurs ? s’enquit-elle.

- Entre hier et la semaine prochaine, répondit Ron à la place d’Harry. Ca a fait la une des journaux hier matin. En gros titre : « Poudlard pleure toujours. A quoi a donc servi la mission secrète du ministère ? » Et devine qui était la rédactrice.

- Rita Skeeter, répondit sombrement Hermione.

- Si ce n’était pas elle, ça aurait été un autre, soupira Harry.

- Tu la défends ? demanda son amie d’une voix neutre.

- Non, je me suis juste rendue compte qu’elle n’était pas la seule journaliste de la gazette, et qu’une grande partie de ses collègues sont prêts à la remplacer en cas de besoin. Il y a un jeunot qui avait écrit un article plutôt horrible sur toi quelques jours après le début de ton coma, d’ailleurs.

Le ventre d’Hermione se contracta, mais elle resta calme. Après tout, il fallait s’y attendre.

- Cela a eu des répercussions ? s’enquit-elle comme elle demanderait l’heure ou le temps qu’il faisait dehors.

- Tes parents avaient prévu de porter plainte mais ils n’ont pas eu le temps de le faire que le ministère de la magie était déjà tombé sur le journal. L’article était… il ne vaut mieux pas que tu le lises. Ca a fait un grand scandale. D’une part personne n’a cru à l’article, de l’autre tous ont été outré qu’on puisse attaquer une héroïne de guerre.

- Ce qu’Harry oublie de te dire, c’est que nous nous sommes tous deux tellement énervés que l’opinion publique a été fortement influencée par nos discours.

- Je trouve étrange que la situation ait été réglée aussi facilement, s’étonna Hermione. Après tout, après le décès de Dumbledore…

- Le journaliste était jeune, et moyennement compétent, exposa Ron. L’article n’était pas tourné suffisamment correctement. Apparemment, son chef était tellement habitué aux articles à scandale raffinés de Rita qu’il l’a publié sans le regarder de trop près. Sauf qu’en plus de cela, le monde sorcier te vouait une reconnaissance éternelle pour, en notre modeste compagnie, l’avoir délivré de Voldemort. Il aurait attendu quelques mois et aurait mieux écrit, je serai prêt à parier que plus d’un tiers de la population gobait tout cru l’article, et auraient été allé dire à leurs voisins : « Vous voyez ? Déjà la gazette avait affirmé tout cela lors du tournoi des trois sorciers. »

- Vive la société pour laquelle nous nous sommes battus, soupira Hermione. Pour revenir au sujet initial, que pensez-vous de Poudlard ?

Harry et Ron échangèrent un regard entendu avant que le premier ne réponde.

- Je ne pense pas qu’il y ait sujet à s’inquiéter. Tu as fait ce qu’il fallait, et les calculs des sorciers du ministère ont été révisés suffisamment de fois pour qu’il n’y ait pas d’erreurs. Dans quelques jours au plus tard, Poudlard aura cessé ses pleurs.

Rassurée, Hermione approuva d’un hochement de tête.



A la fin du repas, Hermione lança quelques sorts pour nettoyer et ranger toute la vaisselle utilisée et ils allèrent se regrouper dans le salon.

- Quand m’as-tu dit que Ginny rentrait, déjà ? demanda Hermione à l’adresse d’Harry.

- Demain avant midi, si son portoloin n’a pas de retard. Elle pourra nous raconter comment s’est déroulé son match de quidditch contre les bulgares.

- Elle aura peut-être croisé Krum, sourit Hermione. Au fait Harry, j’aurai voulu savoir si je peux inviter quelques amis à dîner.

- Bien sûr, répondit aussitôt celui-ci, rassuré que sa meilleure amie souhaite voir du monde. Tu crois que Ron me demande quand il invite sa famille ?

- Ce n’est pas pareil, il s’agit de ta belle-famille, contra Hermione.

- Le jour où tu arriveras juste en caleçon dans une cuisine où se trouve une dizaine de personnes, elles ont beau appartenir à ta belle-famille, tu maudiras celui qui les a invités à venir déjeuner.

- Je me suis déjà excusé, j’ai oublié de te prévenir, s’exaspéra Ron. Tu ne te serais pas aussi vite éclipsé avec Ginny la veille, ce ne serait pas arrivé.

Hermione essaya vainement de retenir le rire que lui provoquait la vision imaginaire de la scène, et n’y arrivant pas se dissimula derrière sa main. Quand son hilarité se fut un peu calmée, elle reprit.

- Il s’agit d’anciens élèves de Serpentard, annonça-t-elle avec sérieux.

Harry haussa les épaules.

- Ce sont tes amies, se contenta-t-il de déclarer.

- Invite-les pour demain soir, comme ça Ginny sera présente, proposa Ron.

- D’accord, scella la discussion Hermione.



Quand Hermione apprit la nouvelle, elle jeta un rapide coup d’œil à sa montre. Elle avait convié Tracey, Pansy et Daphné à arriver dans une heure à peine, mais il fallait à tout prix qu’elle aille sur place. Ginny était rentrée depuis le matin et trépignait déjà d’impatience dans le hall d’entrée.

- Juste un saut rapide, pour voir ça de nos propres yeux, essaya de la convaincre de les accompagner Harry.

- Très rapide alors, céda Hermione.

Ils coururent hors de la maison sans prendre le temps de prendre leurs capes et se hâtèrent vers la limite de la zone anti-transplanage. Dès qu’ils y furent, ils disparurent dans une suite de « pop » disparates et réapparurent pile devant le grand portail du parc de Poudlard. Derrière, toute trace de sang avait disparu ; le château avait séché ses larmes.

Hermione resta un long moment immobile, le regard perdu sur les tours se découpant à l’horizon. Elle avait réussi. Ces longs mois à l’intérieur du château, puis seule dans sa petite maison, ses efforts, ses peurs, ses sacrifices, ses doutes, ses risques avaient servi à quelque chose. Sa mission était couronnée de succès. L’existence d’Elinda avait rempli son but.

Cela l’aurait presque faite pleurer si elle n’avait pas trouvé qu’elle-même versait trop de larmes ces temps derniers. Si le château avait su se remettre de ses épreuves pour chasser les siennes, il n’y avait pas de raison pour qu’elle ne puisse pas l’imiter.

Une main s’installa dans la sienne, et Hermione croisa le regard bleu de Ginny.

- Tu viens ?

Elle acquisça, évitant de regarder sa montre qui devrit sans doute lui afficher un retard affolant.

Effectivement, quand les quatre amis rejoignirent la maison des Black, ils purent trouver trois jeunes femmes habillées comme des sorcières en train de trépigner dans la rue.

- On ne vous a pas appris la ponctualité à Gryffondor ? se plaignit Pansy avec mauvaise humeur.

- Nous étions à Poudlard.

Le regard de sa camarade changea du tout au tout et se mua en une expression interrogative.

- La rumeur est-elle vraie ? s’enquit Tracey à sa place.

- Oui, confirma Hermione alors qu’Harry leur ouvrait la porte d’entrée. Elinda Morevo n’a définitivement plus de raison d’être.
Chapitre 62 : Bruits de couloir by Realgya
Author's Notes:
Salut tout le monde ! Alors ce chapitre est court, plat, sans action, sans Drago, morne et ennuyeux, mais je m'en fiche c'est quand même tout ce que vous aurez avant la semaine prochaine, na ! (et puis moi je l'aime bien quand même d'abord... et puis il est essentiel)
Toutes mes excuses pour cette tirade infantile au possible. J'espère que malgré tout vous apprécierez ce chapitre *croise les doigts*
Bonne lecture !
Le repas fut joyeux et animé. Un reste d’animosité était toujours présent entre anciens Gryffondor et anciens Serpentard, Hermione exclue car ayant temporairement appartenue aux deux maisons, et n’osant par conséquent prendre parti pris pour ne pas vexer ses amies vertes et argents. Cependant, celui-ci alimenta les débats, poussant les interlocuteurs à confronter leurs différentes personalités. Daphné trouva ainsi très drôle de s’acharner à embêter son voisin de table, soit Ron, tout le long du repas, variant entre maladresses – « Oups, j’ai fait tomber tout le contenu de la salière dans ton assiette » - et piques – « Personnellement je n’aimerai pas être rousse. Ca jure avec toutes les couleurs. ».

Ginny comprit vite que ces dernières remarques étaient destinées à une cible bien particulière et cessa donc de jeter des regards peu amènes à Daphné pour s’engager dans une discussion avec Pansy et Harry. Tracey et Hermione, en bout de table côte à côte, semblaient aux anges et se rappelaient avec d’immenses sourires toutes les anecdotes qui avaient peuplées leur dernière année à Poudlard.

- Tu te rappelles de la première soirée dans la salle commune ? Aucune de nous n’avions de robes. Heureusement que toi et tes sortilèges étaient là.

- Ca c’est certain, approuva Daphné en s’immisçant dans la conversation. Vous imaginez la catastrophe que ça aurait été si c’était une certaine personne assise à côté de moi qui avait été envoyée en mission à sa place ?

Ron tomba les deux pieds dans le plat dans le piège tendu et se lança dans une diatribe endiablée. Cela tira un sourire narquois à Daphné.

- Vous êtes vraiment trop drôles, vous les griffons. Toujours à vous emporter pour un rien.

Le jeune homme grimaça et faillit enchaîner sur de nouvelles protestations, mais il était à bout de souffle et opta donc pour se servir un verre d’eau. Hermione se réjouit intérieurement qu’il s’entende bien avec Daphné, même si en se limitant seulement aux apparences on aurait plutôt dit l’inverse.

- Vous commenciez à me manquer, fit rêveusement Daphné.

- A te manquer ? s’étonna Hermione.

- J’essaye bien de taquiner les garçons, mais ils sont comme moi. Ils savent que je les cherche, et il leur suffit de m’ignorer pour que je finisse par me lasser. Vous, vous vous énervez systèmatiquement.

- Ris à nos dépends, nous ne te dirons rien, ronchonna Ron qui avait fini son verre d’eau.



Hermione finit de verser le thé dans les tasses et s’avança vers le salon. La porte de la cuisine étant ouverte, elle eut le temps de s’imprégner de la conversation de ses camarades avant de les rejoindre.

- Ce serait trop dur à organiser ici, exposait Harry.

- J’aurai bien proposé le Terrier mais nous n’avons pas de salle adaptée, enchaîna Ron.

- Chez moi non plus, ajouta Tracey.

- Je demanderai à… Hermione, tu as mis du temps. Tu n’as pas demandé à l’elfe de maison de s’occuper du thé ? s’étonna Daphné.

- Kreattur ? Je crois qu’il est en train de faire du ménage dans les étages et je n’ai pas voulu le déranger.

Sa camarade leva les yeux au plafond avec une moue d’exaspération et Pansy haussa les épaules. Hermione s’attendait à ce qu’ils reprennent leur précédente conversation mais à la place ils se lancèrent dans une discussion politique et elle jugea que l’ancien sujet ne devait pas être d’une grande importance.

Cependant, elle remarqua plus tard que Tracey et Harry discutaient avec animation dans un coin du salon, sans que cela ne gêne Ginny, et quand elle voulut les rejoindre Ron l’attrapa par le coude pour lui supplier de prendre sa défense face à Daphné. Cela l’étonna sur le moment mais elle n’aurait pas accordé plus d’importance à ce détail si elle n’avait pas surpris les regards plus nombreux et plus complices que tout le monde semblait s’échanger dans son dos.

Elle fit défiler mentalement son calendrier dans sa tête, mais après avoir déduit que ce n’était pas bientôt son anniversaire, elle commença à y faire plus attention, ne comprenant pas l’origine de ces échanges.

La soirée toucha bientôt à sa fin et les trois invitées repartirent en souriant. Au moment de partir, elle remarqua qu’elles firent toutes la bise aux trois invités, et que ces dernières duraient anormalement longtemps. Etaient-ils en train de se murmurer à l’oreille ? Pourquoi tous étaient-ils impliqués sauf elle ? Un complot ?

Hermione secoua vigoureusement la tête. Elle commençait vraiment à se faire des idées bizarres, sans doute à cause de la fatigue car il était déjà tard. Elle monta se coucher sitôt les femmes parties et se dépêcha de se coucher. Une bonne nuit de sommeil l’attendait.



Les jours suivants furent, à l’instar de cette soirée, tous plus étranges les uns que les autres. Hermione avait l’impression que quelque chose se préparait dans son dos, et elle n’aimait pas ça. Harry parlait avec des personnes mystérieuses via les cheminées, Ginny observait toujours Hermione pensivement, semblant l’imaginer différemment que dans son état actuel, et Ron passait de plus en plus de temps dehors ou enfermé dans un bureau avec Harry.

Les hiboux et chouettes venaient et sortaient, mais sans qu’Hermione n’aperçoive l’ombre d’une lettre se balader dans la maison. Elle essaya d’en parler à Ginny, mais cette dernière esquiva le sujet à chaque fois.

- Quelle est ta couleur préférée ? lui demanda-t-elle une fois, coupant Hermione au moment où elle allait la questionner sur les activités bizarres d’Harry et Ron.

- Rouge pourquoi ? répondit au hasard la jeune femme.

- Rouge, tu es sûre, hein ? insista Ginny.

Hermione se passa mentalement la liste des couleurs de l’arc-en-ciel, avant de confirmer d’un hochement de tête.

- Oui rouge.

- Parfait, avait conclu son amie avant de tourner les talons et de s’en aller.

Surprise, Hermione n’eut pas le temps de répliquer.



Il y eut une petite cérémonie organisée au ministère dans les jous qui suivirent, destinés à remettre à Hermione la médaille qu’on n’avait pu lui remettre au lendemain de la bataille de Poudlard pour des raisons évidentes, et pour la féliciter du succès de la mission temporelle. Elle s’y rendit vêtue sobrement, et croisa une foule de visages familiers plus ou moins célèbres venant la saluer. Le professeur McGonagall laissa sous-entendre qu’elle avait toujours cru en elle et n’en attendait pas moins de la meilleure élève de Poudlard. De plus, elle ajouta qu’Hermione pourrait se présenter en Septembre pour l’épreuve de rattrapage des ASPIC.

- Cette session a été créée pour les élèves ayant été malades lors du passage officiel en juin, avait expliqué la directrice. Il y en a toujours un ou deux qui se retrouve hospitalisé à Ste-Mangouste quand il ne le faut pas, et par conséquent cela leur permet de ne pas à avoir à perdre une année supplémentaire à Poudlard. Vous pourrez vous y présenter avec eux.

Hermione avait remercié son ancien professeur avant d’être monopolisée par les membres chargés de remettre les médailles et de discourir qui l’avaient faite monter sur une estrade et ne l’avait plus lâchée pendant un bon moment. Quand finalement la cérémonie s’acheva et qu’elle eut jugé avoir passé un temps décent au ministère en compagnie de toutes les personalités présentes plus ou moins pour elle, elle fit signe à Harry et Ron qu’elle rentrait.

Ces derniers se hâtèrent de la rejoindre, n’aimant pas plus qu’elle ces assemblées, suivis par Ginny. Ils passèrent par le hall à moitié désert et furent salués de loin par Lavande Brown.

- A après-demain, leur lança-t-elle.

Hermione haussa un sourcil.

- Ce sera samedi, fit-elle remarquer, et à ce que je sache vous n’avez pas de gardes. Pitié ne me dites pas que vous l’avez invitée à manger à la maison.

- Tu ne l’aimes pas ? se moqua Ginny.

- Disons que si je l’apprécie assez pour la saluer dans un couloir, ce n’est pas assez pour souhaiter passer tout un repas en sa compagnie.

- Ne t’inquiète pas, la rassura Harry. Nous n’avons pas de garde supplémentaire ce week-end et elle n’a pas été invitée à dîner. Mais tu connais Lavande, elle a dû confondre.

- Ou alors vous oubliez quelque chose d’important dont elle se souvient.

- Aucune chance, trancha son ami.

- Si tu le dis, soupira Hermione avant d’entrer dans la cheminée.
Chapitre 63 : Surprise by Realgya
Author's Notes:
Coucou tout le monde !
Je préfère vous l'annoncer d'emblée, pas de Drago dans ce chapitre non plus. Par contre ceux qui aiment bien Harry, Ron et Ginny seront contents (enfin je crois...) Bonne lecture à tous ! Passez un excellent week-end :)
PS: vous ne pouvez pas imaginer à quel point je me suis sentie prévisible en lisant vos reviews... c'est un complot, n'est-ce pas ?
Samedi soir arriva et avec stupéfaction, Hermione descendit au salon et y découvrit Harry et Ron, habillés de robes de soirées, et miraculeusement coiffés.

- J’ai oublié un évènement ? demanda-t-elle avec inquiétude.

- Mais… tu es… balbutia Ron.

Il échangea un regard catastrophé avec Harry, à la grande consternation de la jeune femme.

- Mais que se passe-t-il à la fin ? perdit-elle patience.

- Hermione !

Ginny déboula en criant dans le salon, en sueur visiblement et encore dans sa tenue de quidditch.

- Que fais-tu là ? Nous étions persuadée que tu étais là-haut en train de te préparer avec Hermione, paniqua Harry.

- Je suis désolée les garçons, on m’a rajouté un entraînement de dernière minute, et je n’ai pas pu me désister. Ne vous inquiétez pas, nous ferons vite.

- Nous avons rendez-vous pour dans une demi-heure, tu crois que tu auras le temps de te maquiller ? plaisanta Ron pour alléger l’atmosphère.

- Je ne suis pas du tout d’humour à rire, le rembarra sa sœur. De toute manière, c’est la fête d’Hermione, et il est normal qu’une star se fasse attendre.

- Sauf que vu le retard que nous allons avoir, tous les invités seront partis, fit remarquer Ron.

Ginny lui lança un regard furieux avant d’attraper une Hermione hébétée par le bras et de la tirer énergiquement derrière elle dans l’escalier.

- Kreattur ! appela-t-elle. Plan U.

- U ? s’enquit Hermione.

- Pour Urgence, expliqua Ginny.



Les deux jeunes femmes passèrent à la douche à une vitesse éclair, surtout en prenant en compte qu’il leur fallut en plus de se savonner s’occuper de leurs cheveux. Aux grands maux les grands remèdes, aussi Ginny ne s’embarassa-t-elle pas des serviettes et sécha-t-elle les deux femmes à grands coups de baguette magique.

- Enfile ta robe, j’arrive tout de suite, lança la rouquine à son amie en quittant la chambre en coup de vent.

- Mais je n’ai pas de… voulut protester Hermione, mais elle s’arrêta dans sa tirade.

Une longue robe de bal évasée, sans bretelles et d’un rouge vif était posée sur son lit, sans doute apportée par Kreattur. A peine la jeune femme avait-elle réussi à trouver la manière de l’enfiler que Ginny était de retour, vêtue, maquillée, coiffée et parée de bijoux. Elle poussa un soupir en découvrant Hermione se battre contre sa robe et lui donna un coup de main pour la mettre.

Ceci fait, elles enchaînèrent sorts de maquillage et sorts de coiffure pour enfin rendre Hermione présentable, ses cheveux bruns formant des boucles parfaites retenues de manière improbable par un unique ruban du même rouge que la robe.

- C’est pour cela que tu voulais connaître ma couleur préférée et que tu ne faisais que m’observer à tout bout de champ, remarqua Hermione alors que Ginny jaugeait son travail. Pour choisir ma robe.

- Exact, et pour être franche, je trouve mon choix excellent.

Trouvant que sa poitrine était beaucoup trop exposée et gênée par le dénuement de ses épaules, Hermione ne put l’approuver mais ne se permit pas de se plaindre, touchée de tous les efforts qu’avait dû fournir son amie.

- Je n’ai pas osée te prendre de bijoux, mais si tu en as, c’est le moment.

Hermione songea aux cadeaux de Noël qu’elle avait reçu à Poudlard. Les boucles d’argent offertes par Pansy étaient magnifiques mais elle n’avait désormais plus les oreilles percées. Elle ouvrit un tiroir et se décala, exposant à Ginny la multitude de bracelets offerts par Blaise. La rousse les examina du regard avant d’en prendre deux rouges allant de pair et de les comparer à la couleur de la robe d’Hermione. Satisfaite, elle les passa au poignet de son amie.

- Pas de collier ?

- Le seul que j’ai est ma médaille de baptême en or, la renseigna-t-elle.

- Tant pis. Au fait, tu as une très jolie bague. Elle vient d’où ?

Hermione sembla un instant décontenancée et Ginny dut lui indiquer sa main droite de la tête. La respiration de la jeune femme s’accéléra en reconnaissant l’anneau d’or offert par Draco qu’elle n’avait jamais eu le cœur d’enlever.

- Cadeau, répondit-elle évasivement.

Ginny n’insista pas.



Les deux filles redescendirent dans le salon juste après, attirant sur elle les regards illuminés des garçons.

- Vous n’avez mis que 53 minutes à vous préparer, mesdemoiselles félicitations, les congratula Harry.

- Désormais si on pouvait se presser, ce serait bien, rajouta Ron.

- C’est vrai que Jun doit t’attendre, sourit Ginny.

Son frère détourna la tête et Hermione sourit. Ainsi elle allait pouvoir rencontrer la fameuse « nouvelle connaissance » de son meilleur ami. Elle en était ravie.

Kreattur arriva à petits pas précipités, la surprenant.

- Vous avez oublié les masques, coassa-t-il.

Ginny se tapa le front de la main et les prit en le remerciant. Harry enfila le masque noir et émeraude, Ron le bleu et Ginny le jaune pâle, laissant le doré pour Hermione.

- Au fait, questionna-t-elle alors qu’ils avançaient vers la cheminée en se couvrant de leurs capes. Où nous rendons-nous ?

- Surprise, déclara Ginny. C’est bien, tu me rappelles que je dois te lancer un sort pour t’empêcher d’entendre notre destination.

Résignée, Hermione se laissa faire, puis entra dans l’âtre après Harry et Ron. Ginny vérifia que la cape recouvrait bien chaque parcelle d’Hermione, ne souhaitant pas que sa création se retrouve couverte de suie, puis fit signe de lâcher la poudre de cheminette et prononça sa destination pour elle. Aussitôt, la jeune femme se sentit aspirée et tourbillonnée dans le réseau.



Hermione prit la main qu’Harry tendait vers elle pour sortir de la cheminée, pendant que Ron levait le sortilège de surdité. Immédiatement, la cacophonie du lieu vint percuter ses oreilles, la laissant désorientée quelques instants.

- Hermione, s’entendit-elle appeler.

Se retournant, elle découvrit Blaise, vêtu d’une longue robe de sorcier d’un bleu nuit et reconnaissable malgré son masque, qui lui souriait avec ravissement.

- La pièce maîtresse de la soirée est enfin arrivée, commenta-t-il. Bienvenue au manoir familial des Zabini.

Ils se saluèrent, puis Hermione détailla avec curiosité la pièce. Il s’agissait d’une grande salle peu éclairée dont les murs étaient recouverts de portraits et tapisseries. A la surprise de la jeune femme, elle était très peu remplie, et elle en comprit la raison en se rendant compte qu’il ne s’agissait en fait qu’un simple vestibule, et que tous les invités se trouvaient dans l’immense salle de bal jointe. Elle suivit Harry, Ron et Ginny à petits pas, ayant du mal à se déplacer avec sa longue robe.

Tous les visages se tournèrent vers eux, ou plutôt vers elle quand elle fit son apparition dans la salle, et des applaudissements résonnèrent partout autour d’elle. Confuse, Hermione voulut reculer mais Blaise, qui s’était stratégiquement positionné derrière elle, l’en empêcha.

- Notre courageuse rouge et or voudrait-elle lâchement nous abandonner à peine arrivée ? chuchota-t-il avec malice à son oreille.

- Serpentard, se contenta-t-elle de siffler entre ses dents.

Bien que les joues rosies, elle ne put cacher plus longtemps sa joie de tous les voir réunis pour elle et adressa un large sourire à l’assemblée.

- Tu portes le masque doré, comme convenu, la renseigna Ginny.

- Ils sont tous venus pour toi, indiqua Ron. Nos camarades de Poudlard toutes maisons confondues.

La gorge serrée par l’émotion, elle ne répondit d’abord pas.

- Pourquoi ? arriva-t-elle à murmurer.

Harry et Ron la regardèrent attentivement avant de lui sourire.

- Parce que tu nous as manqué. Parce que ta mission s’est auréolée de succès. Parce que tu as vaincu le fléau Voldemort. Deux fois.

- Les scientifiques… voulut-elle protester.

- Ont fait la partie la plus facile du travail, coupa Harry. Sans vouloir dégrader leur œuvre.

- Une action à plusieurs, ce n’est pas pareil qu’une action solitaire, commenta Ron.

- Mais je n’étais pas seule, souffla Hermione. Je vous avais tous les deux dans mon cœur.
Chapitre 64 : Le bal by Realgya
Author's Notes:
Bonjour à tous ! J'ai du retard dans les RaR car j'y ai répondu de manière très disparate contrairement à d'habitude et il reste des messages sans réponse... A leurs auteurs: un grand désolé. Ne vous inquiétez pas je répondrai dès que je le pourrai...

Chose promise, chose due. Le personnage tant réclamé depuis tant de chapitres a enfin daigné apparaître (ou plutôt j'ai enfin cédé à vos supplique et je l'ai appélé ^^'). Cependant, j'ai une mauvaise nouvelle: ce chapitre est le dernier de ma réserve d'écriture qui n'a pas du tout augmenté depuis les dernières vacances. Le prochain chapitre sera-t-il posté dans les temps ? Rien n'est moins sûr malheureusement...
Mais en attendant je vous laisse profiter de ce long chapitre (que vous allez encore trouver trop courts... mais je commence à m'y habituer). Bonne lecture à tous !
- Un discours, un discours… déclencha Blaise dans le dos d’Hermione.

Le slogan fut aussitôt reprit par toute l’assemblée qui le scanda avec bonne humeur. La jeune femme se rendit compte qu’on venait de lui libérer la place jusqu’à une estrade et elle s’y avança, se demandant pourquoi le masque ne lui cachait pas tout le visage. Au moins aurait-il servi à dissimuler ses joues roses. Cependant, ces dernières retrouvèrent bien vite leurs couleurs originelles. Hermione n’en était pas à son premier discours, et il n’y avait que des gens qui l’appréciaient dans la salle et qui avaient été à Poudlard avec elle. Pas de quoi en avoir peur… Enfin, cela restait plus facile à dire qu’à faire.

Elle s’avança sur l’estrade et le silence se fit progressivement, lui évitant l’usage d’un demi-sonorus. Son regard balaya l’assistance. Derrière les masques, elle reconnut plusieurs visages. Il y avait Neville au fond, derrière un masque vert et jaune, ce qui lui permit de déduire que la jeune femme en tenue de soirée rose pâle à ses côtés était Hannah. Au premier rang, elle reconnut la chevelure rousse de George, et la peau mate d’Angelina. Son cœur s’emplit de joie à leur vue à tous. Sur la droite, Luna avec ses boucles d’oreille radis ne pouvait être confondue avec aucune autre.

- Je vous ai sans doute tous croisés, un jour ou l’autre dans Poudlard, sans que nous ne nous soyons réellement parlé, commença-t-elle. Pour certains cela n’a été que le temps d’une année, pour d’autres toute notre scolarité commune. Mais que nous nous soyons cotoyé à peine, un peu, raisonnablement ou même beaucoup, vous êtes là aujourd’hui, et je ne saurai vous témoigner toute la gratitude que je vous porte avec un autre mot que celui-ci : « merci ». Merci d’avoir cru en moi, merci de m’avoir soutenue, merci de me pardonner mes erreurs, merci de me remonter le moral par votre simple regard, merci de me faire rire ou pleurer, merci de me défendre, merci de m’affronter, car c’est dans l’affrontement que l’on se révèle. Et surtout, pour finir, merci d’avoir fait le déplacement aujourd’hui.

Elle baissa un peu la tête pour indiquer qu’elle avait fini et un tonerre d’applaudissements retentit. Elle sourit à l’assitance puis descendit précautionneusement de l’estrade, maudissant Ginny et ses chaussures à talons.

- Félicitations Hermione, tu étais super ! s’exclama un masque turquoise qu’elle reconnut à la voix comme étant Dean Thomas.

La jeune femme fit le tour des invités, remerciant, félicitant, discutant… Elle se retrouva bientôt en compagnie de Tracey, Pansy et Daphné.

- Je dois avouer que Ginny a du goût en matière de vêtements, jugea Daphné en demandant à Hermione de tourner devant elle pour examiner sa robe sous toutes les coutures.

Hermione sourit intérieurement, ravie d’entendre sa camarade prononcer le prénom de son amie et non pas son nom de famille.

- Ces derniers temps j’ai vraiment cru à la théorie du complot, soupira-t-elle. Depuis que je vous ai entendu discuter depuis la cuisine en fait.

- Ah c’est vrai, se remmémora Pansy. Nous cherchions un endroit pour organiser ce bal. C’était impossible chez les Black du fait de ta présence, et mes parents ont déjà une réception ce soir, m’empêchant de réquisitionner la salle de bal.

- Finalement c’est très bien ici, commenta Tracey.

Hermione approuva de la tête avant d’être enlevée par Pavarti et Padma Patil à ses amies. Ron lui présenta ensuite Jun à qui il avait demandé d’être sa cavalière. Il s’agissait d’une jeune femme aux traits asiatiques dont le masque représentait un dragon bleu et violet et dont les longs cheveux noirs étaient retenus en un chignon serré. Les deux jeunes femmes se témoignèrent respectivement leur ravissement de se rencontrer avant qu’Hermione ne soit appelée ailleurs. Finalement, après avoir croisé une multitude de visages familiers, le bruit décrut peu à peu pour céder place au silence.

Blaise se tenait sur l’estrade, les yeux brillants derrière son masque, et susceptiblement dans l’assemblée les couples se rapprochèrent. Tracey elle-même se tenait en retrait derrière le maître des lieux.

- Comme vous l’attendiez tous, le temps de la danse est venu, annonça-t-il. Vous avez donc tous obligation de rejoindre votre partenaire, ou de vous en trouver un ou une. Je préviens tout de suite qu’il est interdit d’essayer de s’esquiver, les portes de la salle ont été vérouillées et plusieurs personnes m’ayant aidé à l’organisation veillent à la poudre de cheminette, secondés par mon elfe de maison.

- Ca veut dire quoi « veiller à la poudre de cheminette ? » demanda Hermione en fronçant les sourcils, n’ayant jamais entendu cette expression.

- C’est un dérivé de « veiller au grain » à la sauce sorcière, la renseigna Harry. Excuse-moi, mais je vais devoir aller trouver Ginny.

La jeune femme acquiesça. Elle-même était peu désireuse de danser mais elle allait bien y être obligée Elle pensa d’abord à Ron avant de se rappeler qu’il inviterait sans doute Jun. Bientôt, les couples furent tous formés et elle se retrouva toute seule en bord de piste. Elle repéra une tapisserie pourpre dans un coin et essaya de s’y dissimuler, mais Seamus et Lavande la trahirent et elle fut forcée de rejoindre le centre de la piste.

- Et alors ? questionna Blaise. Comment se fait-il qu’Hermione soit seule ? Il doit bien rester un galant homme dans la salle pour l’inviter à danser.

Des exclamations dans un coin affirmèrent qu’effectivement, c’était le cas. Hermione put reconnaître Pansy qui indiquait un jeune homme au masque noir et argenté avec une longue robe verte aux motifs élaborés. Tous les regards se braquèrent sur lui, et il fut forcé de s’avancer jusqu’à Hermione, contre son gré visiblement.

- Merci mon ami d’avoir la chance de danser avec la reine de la soirée, commenta ironiquement Blaise, ce qui lui valut un regard furieux du jeune homme.

Au fur et à mesure que ce dernier avançait, le cœur d’Hermione s’accélérait. Elle reconnaissait cette allure qu’elle avait observée, ces cheveux qu’elle avait frôlés, cette bouche qu’elle avait embrassée. Draco se posta raidement devant elle et lui tendit une main qu’elle prit en contrôlant à grande peine ses tremblements. Ils se défièrent du regard, puis Draco posa sa main libre sur sa taille et l’attira imperceptiblement contre lui, tandis qu’elle-même plaçait la sienne sur son épaule. Il semblait vouloir mettre le plus de distance entre Hermione et lui, et cette attitude blessa la jeune femme plus qu’elle ne l’aurait voulu.

- Lumière, musique, se contenta d’annoncer Blaise.

Aussitôt les lumières s’éteignirent par enchantement et une douce musique s’éleva dans la pièce. Seul un halo au centre persisitait, exposant Hermione et Draco sous une douche de lumière à la vue de tous les autres danseurs. Sur l’estrade, Blaise attrapa la main de Tracey et descendit en sa compagnie pour imiter les invités.

- Tu n’as pas l’air ravi, remarqua doucement Hermione, pour essayer de rompre la tension entre elle et son cavalier désigné.

- Pansy, Daphné, Cho, Demelza, Sally-Ann, Marietta et Luna viennent successivement de m’envoyer balader, chacune étant déjà la cavalière d’un autre, donc effectivement je ne suis pas de bonne humeur, répliqua Draco d’un ton acide.

- Tu n’es pas habitué à te faire repousser, si je comprends bien, lâcha Hermione.

- Tu comprends mal, trancha le jeune homme.

Une jolie grimace se peignit sur ses traits quand sa cavalière lui marcha, malencontrueusement bien sûr, sur les pieds.

- Désolée, fit-elle d’une voix aïgue sans l’être.

Draco la foudroya du regard mais s’abstint de tout commentaire.

- Tu n’as pas invité Astoria, se décida à demander Hermione, la question lui brûlant les lèvres depuis plusieurs minutes.

Les yeux de son cavalier étincelèrent derrière son masque. La jeune femme se retrouva brutalement cambrée en arrière, retenue uniquement par les bras de Draco. Elle regarda à l’envers les autres couples tourbilloner sur la piste, et surprit les regards amusés qu’ils leur adressaient derrière leur masque. Un doute la prit, mais avant qu’elle ne puisse y réfléchir Draco l’avait ramenée près de lui, soufflant dans son cou. Ils étaient bien plus proches que précédemment, et cette constatation fit rosir Hermione alors que le parfum du jeune homme embrumait ses autres sens.

- Tu n’imagines pas à quel point j’ai été tenté de te lâcher, murmura-t-il à son oreille tout en continuant de danser.

Hermione garda les lèvres serrées, refusant de répondre à sa provocation. Elle ne tint cependant pas longtemps sa résolution, et quelques secondes plus tard reprenait la parole. Il fallait qu’elle sache.

- J’en déduis qu’Astoria non plus n’a pas voulu de toi, déclara-t-elle froidement. Avec qui danse-t-elle ce soir ?

Elle sentit les mains de Draco se crisper dans la sienne et sur sa taille.

- Personne, siffla-t-il.

Hermione, loin d’être surprise, scruta le bas de son visage, cherchant à y déceler une quelconque indication sur ce qu’en pensait son cavalier.

- Elle n’a pas pu venir ? hasarda-t-elle.

- Elle n’était pas invitée.

- Tu ne l’as pas fait ?

- J’ai été traîné de force ici il y a une heure sans avertissement préalable, sinon crois-moi je ne serais pas là, lui apprit Draco avec une rage mal contenue dans la voix.

- Blaise ? s’enquit Hermione.

- Goyle.

Ils tournoyèrent en silence, Draco gardant Hermione contre lui. Du coin de l’œil, cette dernière chercha Ron et Jun, et finit par les apercevoir à l’autre bout de la salle, à côté de Daphné et Lee Jordan. Elle fronça les sourcils en se demandant comment il se faisait que ces deux-là dansent ensemble. Ce ne pouvait pas être parce qu’ils ne trouvaient pas de cavaliers, Daphné ayant repoussé la demande de Draco.

Ses soupçons se renforcèrent, et c’est avec suspicion qu’elle observa les deux couples de danseurs. Daphné et Lee passaient leur temps à bousculer Ron et Jun, et Hermione commença sérieusement à se demander s’ils ne le faisaient pas exprès.

Perdue dans sa réflexion, elle perdit le rythme de la danse et après moult trépignements, Draco et elle s’arrêtèrent.

- Si tu pouvais faire un peu plus attention une fois qu’on aura repris, grinça le jeune homme entre ses dents.

- Si tu pouvais être un peu plus aimable, rétorqua Hermione en le fusillant du regard de derrière son masque doré.

Ils reprirent, se tenant de nouveau à une distance respectable l’un de l’autre.

- A quoi tu penses ? demanda soudain Draco, prenant Hermione de court.

- Pourquoi cette question ? répliqua-t-elle, se retenant de l’envoyer balader en lui exposant que cela ne le regardait pas.

- Tu as l’air tracassée.

- Tu peux déduire que je suis soucieuse alors que je porte un masque ? fit-elle remarquer avec ironie.

Draco ne répondit pas tout de suite, se rapprochant imperceptiblement d’Hermione en même temps qu’ils dansaient.

- Tu es trop facile à lire, lâcha-t-il.

Vexée, Hermione serra les lèvres et releva le menton en signe de défi. Un sourire narquois se dessina sur les lèvres de son cavalier.

- Et tellement prévisible, ajouta-t-il pour la narguer.

Hermione n’avait désormais qu’une envie, c’était que la musique s’arrête pour qu’elle puisse enfin s’éloigner de Draco. Cependant, cette dernière semblait s’éterniser à l’infini. Un sortilège pour la rendre perpétuelle aurait-il été lancé ? Après les conclusions auxquelles elle était arrivée précédemment, cela ne l’étonnerait pas.

- Tu crois qu’ils l’ont fait exprès ? demanda-t-elle à voix basse.

Draco l’observa, impassible, et Hermione se demanda s’il avait compris là où elle voulait en venir.

- Sûrement, répondit-il cependant, la détrompant.

Ainsi ils en étaient venus tous deux à la même conclusion. Ce bal, le fait qu’aucun d’eux deux n’ait été prévenu, la musique qui continuait mystérieusement sans s’arrêter, le parfait assemblage de chaque couple, les forçant à danser ensemble. Quand cette soirée serait terminée, ses « amis » allaient l’entendre.
Chapitre 65 : Disparitions by Realgya
Author's Notes:
Bonjour tout le monde ! Vous remarquez que ce chapitre est à l'heure, ce qui est miraculeux car ce n'était pas gagné pour que ce soit cas ^^ En effet, j'ai passé ma semaine à étudier des Fic (non, pas des fanfics, des forces d'inertie de coriolis... à ceux qui connaissent).
Mais ce chapitre est là, et je tiens à remercier grandement Maoli sans qui la fin du chapitre ne serait pas ce qu'elle est :D
Voilà c'est tout. Bonne lecture à tous !

PS: et bonnes vacances à ceux qui en ont... moi c'est le week-end prochain :)
PS2: j'étais bien lancée, je viens d'écrire les deux derniers chapitres... je ne pense pas qu'il y aura d'épilogue malgré ce qu'on m'a demandé, et je ne crois pas avoir réussi à rendre les Gryffondor moins ennuyeux mais... voilà, il fallait que je dise que j'ai achevé à quelqu'un, et ce quelqu'un c'est forcément vous. Donc je vous annonce qu'après plusieurs retouches, dans deux semaines théoriquement, j'aurai achevé cette fic (wahou, ça me fait tout bizarre d'écrire ça... bref, je ne vais pas larmoyer plus longtemps et vous laisser lire tranquille cet avant-avant-dernier chapitre ^^)
- C’est étrange d’ailleurs, fit remarquer Draco. Comment se fait-il que tu ne danses pas avec Ron ?

- Nous ne sommes plus ensemble.

Son cavalier improvisé arqua un sourcil.

- Depuis longtemps ? Ca ne m’étonne pas qu’il t’ait laissée tomber.

Hermione se raidit et lui envoya un regard furibond.

- Nous avons rompu de concert, fit-elle sèchement.

- Trop orgueilleuse pour admettre qu’il t’a plaquée, répliqua Draco en haussant les épaules, ce qui accrût l’agacement d’Hermione.

- Il ne m’a pas plaquée, grinça-t-elle.

Draco lui retourna un regard hautain et Hermione sentit son estomac se contracter. Cela lui rappelait leurs années à Poudlard d’avant, celles où ils étaient ennemis, celles où il la méprisait.

- Si ça peut te consoler, lâcha-t-il.

La musique changea mais aucun couple ne se sépara, continuant tous de danser comme si de rien n’était. Hermione n’osa pas s’arrêter et abandonner Draco. Pour tout s’avouer, elle n’en avait pas tellement envie. Certes elle était blessée dans sa fierté, mais au fond elle appréciait d’être auprès de lui. Et puis ces piques qu’il lui envoyait, ces remarques désobligeantes, cette distance qu’il mettait entre eux, n’était-ce pas seulement pour se protéger ? De la jalousie envers Ron ? Les phrases qu’il avait prononcées au 12, square Grimmaurd prenaient tout leur sens. « Ainsi c’est lui. »

Draco était-il si persuadé qu’elle aimait Ron, ou ne cherchait-il pas au contraire à la faire se sentir coupable par ce biais ? Coupable de l’avoir ignoré à son retour, coupable de l’avoir évité, coupable de lui avoir menti, de s’être cachée. Ou alors aurait-il trop peur de savoir pourquoi elle n’aimait plus Ron, et ne voulait-il pas avoir de faux espoirs. C’était de la lâcheté, mais elle ne pourrait jamais l’en blâmer. N’avait-elle pas réagi pareillement en bien des occasions ?

- Qui danse avec lui ?

Hermione jeta un coup d’œil au duo que formaient Ron et sa cavalière. Ils dansaient proche l’un de l’autre, leurs mains entrelacées. Elle les perdit de vue quand Harry et Ginny passèrent devant eux, puis les aperçut de nouveau. Désormais ils ne se tenaient plus qu’à bout de bras, venant une fois de plus d’être bousculés, malencontrueusement bien sûr, par Daphné et Lee. Ron semblait d’ailleurs passablement énervé, mais le visage de son amie Serpentard était ravi.

- Elle s’appelle Jun, mais je ne la connais pas, répondit Hermione à Draco.

- Bien plus jolie que toi.

Hermione ne releva pas. Elle se répétait qu’il était vexé, qu’il cherchait à lui faire du mal. Il avait dû mal prendre leur échange chez Harry, s’était laissé aller pour l’oublier avec Astoria, et désormais chercher à la blesser autant qu’elle l’avait elle-même fait. Du moins était-ce ce qu’elle espérait. En réalité, elle redoutait d’imaginer que Draco puisse la haïr et ne plus rien avoir à faire avec elle.

- En plus elle, au moins, doit savoir embrasser correctement.

- Ca sous-entend quoi ça ? menaça Hermione, vexée.

Fermer les yeux sur ses remarques s’avérait bien plus difficile à penser qu’à faire.

- Astoria n’est plus à ton goût ? enchaîna-t-elle rapidement pour se reprendre, refusant de le laisser comprendre qu’elle avait pris son affirmation pour elle.

- Astoria embrasse à merveille, je ne pensais pas à elle, répliqua-t-il en lui jetant en regard qui en disant long.

Hermione se mordit la lèvre pour s’empêcher de répondre. Qu’elle le laisse déverser sa colère, ensuite ils iraient tous les deux mieux. Il y avait eu trop de non-dits entre eux pour que leurs retrouvailles se déroulent paisiblement. Que Draco déverse donc ce qu’il avait à lui dire, qu’il vide son chaudron. Ensuite seulement, ils pourraient tous deux envisager une discussion saine pour mettre les choses à plat.

- Tu es jalouse ? demanda-t-il.

- D’Astoria ? Pas du tout, fit Hermione avec une nonchalance qu’elle était loin de ressentir. Je ne vois vraiment pas ce qui pourrait te faire penser le contraire.

- Je pensais à Jun.

Hermione rosit légèrement et détourna légèrement la tête pour éviter de croiser les yeux scrutateurs de Draco. Il l’avait piégée. Le simple fait qu’elle songe à Astoria était la preuve que c’était la Serpentard qu’Hermione jalousait, et certainement pas Jun.

- Mais tu peux bien être jalouse des deux, elles au moins ont la chance d’avoir quelqu’un qui pense à elle et ne veut que leur bonheur.

Hermione rata un pas et ses lèvres se mirent à trembler. Cependant elle se reprit très vite et continua de danser, raffermissant la prise de ses doigts autour de l’épaule et de ceux de son cavalier.

- Je suis persuadée qu’il y a au moins une personne ici qui pense à moi, voudrait me prendre dans ses bras et me serrer contre son cœur. Quant à Astoria et Jun, tant mieux pour elle si c’est aussi leur cas, que veux-tu que cela me fasse ?

La jeune femme chercha dans le comportement de Draco une preuve que son affirmation soit vraie mais n’en trouva pas. Elle n’était pas aussi persuadée qu’elle venait de l’annoncer qu’il tenait à elle, mais… Ou plutôt si, elle l’était. Sinon il ne lui aurait pas fait de scène dans les toilettes de Mimi Geignarde, ne serait pas venue la voir dans le manoir, ne l’aurait pas protégée durant toute l’année qu’ils avaient passé ensemble à Poudlard, ne serait pas venu chaque jour à son chevet lorsqu’elle était dans le coma.

- J’espère que Jun n’est pas tombée sous le charme de Ron, détourna la conversation Draco.

- Pourquoi cela ?

- Elle ne fait pas le poids face à Daphné.

Hermione fronça les sourcils, cherchant à comprendre ce qu’il sous-entendait, mais ne fut pas longue en voyant une nouvelle fois le couple Lee-Daphné bousculer celui Ron-Jun.

- Elle craque pour lui ? demanda-t-il confirmation.

- Ca m’en a tout l’air.

Hermione sourit.

- Je te préviens, hors de question que j’essaye de les mettre ensemble. Me mêler des affaires de Blaise et Tracey est une chose, celles de Pansy en est une autre, mais celles de Daphné jamais. J’ai un certain sens de survie, affirma Draco avec applomb.

- Idiot, souffla sa cavalière. Je suis juste contente pour Ron.

- Par contre si tu veux toujours parier…

- C’est mal de parier, coupa Hermione.

- Ce n’était pas ce que nous avions fait la dernière fois ? répliqua son cavalier. N’avions-nous pas parié que je serai capable de pousser Tracey et Blaise dans les bras l’un de l’autre ?

- Non, nous avions passé un contrat, nuance.

- Et bien passons-en un autre. Si Ron repart avec Jun à la fin de la soirée, je t’autorise dans ma grande mansuétude à me jeter un sort. Dans le cas contraire, c’est moi qui t’en lance un.

- Ne rêve pas, c’est hors de question, le rabroua Hermione.

Le jeune homme fit la moue mais n’insista pas. Hermione sourit avec nostalgie. Elle avait l’impression de retrouver le Draco de l’année dernière, celui qui l’embêtait à tout bout de champ, avec qui elle discutait, avec malice mais sans animosité. Dire que quelques instants encore auparavant, ils étaient sur le point de s’écharper.

- Dommage, j’ai appris de nouveaux sorts.

- Comme ? s’intéressa Hermione.

- Rendre muette la personne à qui il est lancé.

La jeune femme enfonça ses ongles dans son épaule, tout en lui adressant un petit sourire.

- La faire disparaître, ou l’envoyer très loin d’ici.

Le visage d’Hermione perdit un peu de ses couleurs quand elle vit qu’il ne plaisantait pas.

- Ou encore la faire changer de place avec une autre. Je dois t’avouer que danser avec Astoria serait nettement plus plaisant qu’avec toi.

Hermione releva le menton et lui écrasa furieusement le pied. La répartie de Draco ne se fit pas attendre. Il la ramena brutalement contre lui, l’étouffant presque contre son torse. Sa bouche vint effleurer son épaule que sa robe découvrait et ses mains descendirent plus bas que sa taille.

La jeune femme le repousa violemment, trébucha, manqua de tomber et reprit son équilibre de justesse.

- A quoi tu joues ? siffla-t-elle.

- J’en ai marre Granger, je ne veux plus rien avoir à faire avec toi, répliqua-t-il avec une mimique écoeurée.

Les mots qu’Hermione avaient tant craint d’entendre résonnèrent à ses oreilles. Il la lâcha totalement et s’éloigna d’elle, se moquant bien que la musique continue d’envahir la pièce et que tous soient encore en train de danser. Quelque part, une horloge magique sonna le premier coup de dix heures.

- Draco ! le rappela-t-elle en le voyant s’en aller.

Les autres danseurs les avaient aperçus et s’éloignaient prudemment d’eux. Du coin de l’œil Hermione aperçut le regard inquiet qu’Harry portait sur elle. En fait, ils étaient tous en train de les épier, Draco et elle. Celui-ci avait d’ailleurs atteint la porte de bal et venait de lâcher un juron peu mélodieux en constatant qu’elle était verrouillée. Il commença à chercher quelqu’un dans la foule, et Hermione devina sans mal qu’il devait s’agir de Blaise. Son cœur se serra mais elle se maîtrisa, se forçant à maîtriser les battements qui secouaient sa poitrine et à se tenir droite et fière.

Le huitième coup sonna et Ginny vint vers elle, lui adressant un sourire réconfortant.

- Tu vas voir, tout va bien se passer.

Le neuvième coup retentit. Hermione observa son amie avec un air de totale incompréhension mais Ginny lui fit un clin d’œil derrière son masque.

- Bonne chance.

Le dixième coup résonna, juste au moment où Draco trouvait Blaise. Il allait l’attraper pour lui demander de le laisser partir quand, dans un magnifique ensemble, toutes les personnes dans la pièce se volatilisèrent dans une marée de tourbillons, tous s’élevant plus ou moins gracieusement dans les airs avant de disparaître.

A l’instant où se trouvait peu auparavant une foule de danseurs, il n’y avait plus que Draco et Hermione, cette dernière le regard encore fixé sur l’emplacement où se tenait Ginny. Elle porta une main à son masque alors que Draco donnait un violent coup de pied dans un mur derrière elle. Elle l’entendit se plaindre que ça faisait mal et rit intérieurement.

- Portoloins, déclara-t-elle simplement.

- Je les tuerai, grogna Draco.

Il arracha son masque et le jeta au sol.

- Avoue que c’était bien pensé de leur part. Très ingénieux, ne put s’empêcher d’admirer la jeune femme.

- Fichus masques ! grommela Draco en réponse.
Chapitre 66 : Le coeur d'Hermione by Realgya
Author's Notes:
Salut... Ca fait trop bizarre de me dire que c'est l'avant dernier chapitre. J'en perds mon enthousiaste. Je ne sais pas trop si je dois être heureuse ou triste. Bref, je ne m'attarderai pas sur mes états d'âme.

Vous avez constaté le titre fleur bleue à souhait je suppose... Qui trouvera le titre du chapitre suivant en premier ?

Je brûle d'envie de vous dire plein de choses mais je vais me retenir :) Note: la fille sur laquelle craque Ron se prénomme bien Jun, Mariana était le premier nom que je lui avais donné avant de le changer.

Je dois vous avouer que votre réaction par rapport à ce chapitre me fait très peur. Je pense pouvoir dire, en toute modestie bien sûr (:p), que je vais surprendre une bonne partie d'en vous. Mais j'ai peur que... Non motus et bouche cousue, j'attends que votre verdict tombe et je verrai bien si mes doutes étaient fondés.

Bonne lecture à tous !
Draco fit le tour de la salle, lançant de temps à temps quelques sortilèges contre les murs et les baies vitrées qui donnaient sur le parc mais ceux qui avaient enchanté la pièce avaient fait du bon travail ; il n’y avait aucun moyen d’en sortir. Du moins aucun moyen sans démolir la demeure de Blaise, ce qui ne serait pas une bonne idée, bien que cela semble démanger Draco.

- Il est hors de question que j’attende qu’on vienne nous sortir d’ici, fulmina ce dernier. Il doit bien avoir une issue !

Hermione respira à fond, se repassant les paroles de Ginny. Il fallait qu’elle lui dise ce qu’elle avait sur le cœur.

- Draco, appela-t-elle doucement.

Il l’ignora royalement, continuant de se creuser les méninges pour sortir.

- Draco, répéta-t-elle plus fermement.

- Quoi ? l’agressa-t-il en tournant son visage furibond vers elle et en le foudroyant des yeux.

Hermione ravala son amertume et ôta son masque doré, le laissant choir à ses pieds.

- Il n’y a que toi et moi, plus de masques entre nous. Tu n’as rien à me dire ?

- Je ne vois pas ce que je pourrai avoir à dire à une fille comme toi ! cracha-t-il.

Pour la première fois, Hermione le voyait extérioriser complètement sa colère. Il n’était plus dans la retenue, se réfugiant derrière un visage impassible et un regard dur. Bien au contraire, il laissait exploser ce qu’il ressentait, il se dévoilait.

Hermione ne releva pas le « fille comme toi » prononcé avec le même ton qu’il disait autrefois « sang-de-bourbe ». Il n’était pas question qu’elle s’arrête à ces détails pour partir sur un débat futile et stérile.

- Moi j’en ai, des choses à te dire, assena-t-elle sans se laisser démonter.

- Je m’en moque éperdument, répliqua Draco avec un haussement d’épaules.

- Mais tu vas m’écouter quand même, parce que tu n’as pas le choix.

Il lui lança un regard de défi mais ce n’est pas ce qui empêcha Hermione de poursuivre.

- Je suppose que tu te rappelles la dernière fois que je suis venue te rendre visite au manoir.

- Après que Ron t’ait plaquée ? Oui je me rappelle. Tu étais toute seule et tu t’es dit : ce n’est pas grave, Draco pourra bien le remplacer.

- Espèce de… s’énerva Hermione.

- Que se passe-t-il Miss Je-sais-tout, se moqua le jeune homme, tu ne supportes pas qu’on te dise tes quatre vérités ?

- Je les supporte quand elles sont exactes, goujat !

- J’aurai vraiment tout entendu, répliqua Draco avec mépris.

- Si je suis venue au manoir ce jour-là, c’est pour te dire que j’étais amoureuse de toi !

Cela sembla, l’espace d’une fraction de seconde seulement, désarçonner Draco, mais Hermione poursuivit, s’en rendant à peine compte.

- Quand je suis revenue de ma mission, je trouvais inhumain de planter Ron, Ron qui m’avait attendu et qui m’aimait encore malgré les treize mois où j’avais été dans le coma, Ron qui avait pris soin de moi, Ron que je venais de quitter sur un baiser avant de plonger dans le sablier. Alors je n’ai rien dit et j’ai juste repris ma place à ses côtés. Pourtant le cœur n’y était pas, parce que ce cœur qui est le mien, tu vois, il ne bat plus que pour toi depuis cette fichue année chez les Serpentard. On a rompu avec Ron car nous nous sommes chacun rendus compte que nous ne serions jamais rien de plus que des amis. Alors je suis venue te voir pour t’avouer que je t’aimais et pour te demander pardon.

- Pardon ? demanda Draco, incrédule.

- Oui pardon, reprit Hermione en apppuyant bien sur ce mot. Quand je me suis réveillée du coma, tu avais passé treize mois à venir me voir, à me veiller, à me parler, à me couver du regard et parfois même à m’embrasser, pas la peine de nier je le sais ! ajouta-t-elle en le pointant d’un doigt accusateur alors qu’il allait s’offusquer. A mon réveil, la seule chose que j’ai été capable de te dire c’est que je ne comprenais pas ce que tu fichais là, que je ne t’aimais pas, que je ne voulais pas te voir. Alors j’imagine tout à fait à quel point tu as dû te sentir blessé à cet instant, mais je ne te demanderai pas pardon pour cela, car ce n’était pas de ma faute, je n’avais encore rien vécu de notre année ensemble. Tout comme je ne te remercierai pas de m’avoir sauvée de chez toi ou de m’avoir protégée. Tu as choisi ton camp, grâce à toi il n’y a pas eu d’anicroches, tu as fait ton devoir, rien de plus rien de moins.

Hermione s’arrêta un instant pour reprendre son souffle avant de poursuivre.

- Par contre, je te demanderai pardon pour, à mon retour, t’avoir ignoré. Pour, à la fête du Terrier, ne pas t’avoir parlé comme tu me l’as reproché. Pour ne pas t’avoir dit la vérité plus tôt, pour m’être protégée de toi et t’avoir blessé. Pour ça je te demande pardon. Tes paroles la dernière fois m’ont réellement fait mal. Est-ce ainsi que tu me vois ? Une manipulatrice sans cœur ? Je suis persuadée que non, je suis persuadée que tu as dit cela sous la colère. Et tu sais pourquoi ? Parce que tu m’aimes.

Draco resta silencieux, se contentant d’observer la jeune femme qui continuait de déverser sur lui un flot ininterrompu de paroles.

- Tu m’as accusée de vous avoir menti, trompé. Tu as voulu me faire culpabiliser, mais je sais que tu n’as pas pensé le moindre mot de ce que tu as dit, tu as juste voulu te réfugier derrière ces excuses pour ne pas avoir à me dire que tu étais triste, que tu m’aimais, que tu voulais que je quitte Ron pour aller avec toi. Inutile de me regarder avec ces yeux, tu sais parfaitement que j’ai raison.

Les lèvres de Draco frémirent imperceptiblement.

- Quoi ? Tu oserais nier m’aimer ? Tu oserais me dire que tous ces baisers à Poudlard, c’était du vent ? Que je ne t’ai pas posé de cas de conscience ? Que tu ne tiens pas à moi, que tu ne t’es pas fait du souci pour moi, pas pour le danger que je représentais pour toi, juste pour moi ? Que tu n’as pas été jaloux de Ron ? Que tu m’as veillé juste pour attirer la sympathie de mes amis ? Que cette bague à mon doigt ne signifie rien pour toi ? A d’autres Draco, tu pourrais dire tout ça que je m’en moquerai, car quel que soit le ton et la manière dont tu le diras, je saurai que ce sont des mensonges. Alors ne compte pas sur moi pour t’accuser d’avoir joué avec moi, car je sais que c’est faux, tout comme je sais que tu m’aimes.

Hermione s’arrêta enfin de parler et le toisa, le menton en avant le défiant d’oser la contredire, les mains sur les hanches. Plusieurs mèches s’étaient échappées de son ruban pour tomber de manière éparse autour de son visage. Ses yeux ne le lâchaient pas, attendant sa réponse qui ne pouvait être qu’une confirmation à ses paroles. Elle était fière et sûre d’elle.



- Conclusion de l’exposé ? la nargua Draco, sans approuver ni nier.

- Tu m’aimes, je t’aime, on sort ensemble, déclara Hermione avec applomb.

- Ah bon ? s’étonna le jeune homme.

- Exactement Monsieur Malfoy, alors vous êtes priés de venir m’embrasser sur le champ.

Elle laissa le jeune homme l’observer, détailler son visage, chercher une faille dans son expression. Mais il n’y en avait pas, il ne pouvait pas y en avoir. Hermione avait passé des mois, et même des années à se casser la tête à chercher une solution à un problème intraitable. Désormais, elle avait la réponse et, fière d’elle, venait de l’écrire à l’encre éternelle sur sa copie, le parchemin de sa vie.

Draco s’avança lentement vers Hermione mais ne naquit en elle aucune hésitation. Pourquoi y en aurait-il eu ? C’était comme lorsque Rogue lui demandait « quelle petite pierre provenait de l’estomac des chèvres et protégeait contre la plupart des poisons » et qu’elle répondait « bézoard », il n’y avait même pas une infime chance pour qu’elle se trompe. Alors quand elle déclarait qu’il l’aimait, il l’aimait, c’était un fait avéré et irréfutable. Du moins sur le moment.

- Mais peut-être que je ne t’aime plus, peut-être que c’est pour ça que tu m’as trouvé dans les bras d’Astoria, fit valoir Draco.

Le visage d’Hermione s’adoucit un peu. Elle savait ce que cherchait Draco, son pardon pour avoir cédé aux avances de la sœur de Daphné. Apparemment, la discussion entre hommes qu’il avait eue avec Blaise et Gregory avait porté ses fruits.

- Ou alors que tu étais terriblement jaloux de Ron et que tu as voulu m’oublier ou me rendre jalouse à mon tour, lui opposa-t-elle. Mais on s’en fiche d’Astoria, non ?

Il continua de marcher vers elle, et quand il fut à sa hauteur, bien qu’il la dépasse, Hermione se sentait toujours en position dominante.

- Têtue, bornée, impétueuse… une vraie Gryffondor.

- Retors, menteur, joueur… un vrai Serpentard, argua Hermione en réponse, ce qui tira un sourire à Draco.

Elle s’attendait à un baiser passioné mais à la place, le jeune homme la prit délicatement dans ses bras et ils se mirent à danser sur la musique lente qui ne s’était jamais arrêtée.

- Je ne sais pas quand ils vont venir nous libérer, mais en attendant, tant qu’à faire, autant danser.

Hermione approuva de la tête et ils reprirent leur valse interrompue, cette fois-ci collés l’un contre l’autre. Elle pouvait sentir son parfum délicieusement grisant, ses doigts qui la tenaient fermement, son souffle sur son visage. Se haussant sur la pointe des pieds, Hermione posa un léger baiser sur ses lèvres.

Draco ressera son étreinte et enfouit sa tête dans son cou, l’embrassant de l’épaule jusqu’au bord de ses lèvres en remontant le long de sa gorge.

- Tu vois que tu m’aimes, déclara Hermione avec fierté.

- Cite-moi une seule fois où tu as eu tort, demanda Draco en retour.

Hermione sourit alors qu’il l’embrassait, et qu’une de ses mains se perdait au milieu des mèches de sa chevelure pour lui voler son ruban. Ses cheveux tombèrent immédiatement sur ses épaules et dans son dos.

- Je ne dois pas être très bien coiffée, Ginny m’a arrangé à la va-vite avant d’arriver, fit-elle remarquer.

- Tu te soucies de ton apparence ?

- Non, je fais juste une constation.

- De toute manière tu n’es jamais bien coiffée.

Hermione allait protester quand un baiser enflammé de son cavalier lui coupa la parole. Elle mordilla sa langue pour l’obliger à laisser sa bouche tranquille, ce qui lui valut un regard frustré quand il s’écarta de son visage.

- C’est très mal de couper la parole, et ce de quelque façon que ce soit.

- Tu n’avais pas commencé à parler.

- Ca n’excuse rien !

Le jeune homme ne chercha pas à discuter plus longtemps.
Chapitre 67 : Le coeur de Draco by Realgya
Author's Notes:
C'est... trop bizarre. Je sais que je me répète, mais c'est comme ça, j'ai du mal à me faire à l'idée que je dis au revoir à Tracey, Pansy, Daphné, Blaise, Gregory, Ron, Ginny, Harry et tous les autres... Et puis surtout à Draco et Hermione. (Comprenez, c'est la première fois que j'achève une fiction, vue qu'Harmonie j'ai écrit une suite.)
Il n'y aura pas d'épilogue, je trouve que cela dénaturerait tout. Voici donc le dernier chapitre (dont vous ne pouviez vraiment pas prévoir le titre en considérant celui d'avant n'est-ce pas ? Enfin je me moque mais en réalité personne ne l'a trouvé ^^')

Je ne voulais pas poster ce chapitre avant d'avoir répondu à absolument toutes vos reviews, mais nous sommes déjà lundi soir et je ne voulais pas vous faire attendre plus longtemps. Donc le voici, ce fameux dernier chapitre. A tous, j'ai lu vos messages, et sincèrement, j'ai cru que mon petit coeur allait exploser dans ma poitrine. Merci à tous.
Bonne lecture :)
PS: attention, je crois que je n'ai pas réussi à ne pas tomber dans la guimauve ^^'
PPS: vous noterez que cette fic est passé à [-12] vu que le [-16] n'était pas justifié, certaines de mes idées ne s'étant pas concrétisées; et c'est très bien comme ça (à mon humble avis) :)
Draco lâcha soudain Hermione pour s’approcher de la baie vitrée, soupçonneux. La jeune femme fronça légèrement les sourcils mais le suivit.

- Ce coup-ci c’est sûr, je vais les tuer, grinça Draco.

Hermione jeta un coup d’œil par-dessus son épaule pour découvrir le parc du manoir où tous les couples dansaient l’air de rien, des sourires niais plaqués sur leurs visages. Cette fois-ci ils réussirent sans peine à ouvrir les portes en verre donnant sur le parc, rejoignant la foule.

- Mes chers collaborateurs, appela Blaise à l’attention des danseurs, je vous demande des applaudissements pour saluer le succès de notre entreprise.

Tous se mirent à applaudir bruyamment, félicitant Hermione et Draco.

- Je n’arrive pas à y croire… marmonna Hermione.

- Oh moi très bien. Je suis sûr que c’est une idée de Pansy, il n’y a qu’elle pour en avoir de telles.

- Exact, confirma Harry en les rejoignant, suivi de Ginny.

Celle-ci sauta au cou d’Hermione pour l’enlacer, le visage réjoui.

- C’est génialissime ! s’extasia-t-elle.

- On voit que vous êtes bien des Gryffondor, soupira Draco.

- Pourquoi ? questionna Harry.

- Il n’y a que vous pour être suicidaires au point de venir en personne vous mettre à portée de ma colère. Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, nous savons parfaitement que ceux à l’origine de cette soirée machiavélique sont vous, Ron, Blaise, Pansy, Daphné, Gregory et Tracey, or tous les Serpentard ont mystérieusment disparus.

- Non Blaise et Tracey étaient là il y a encore un ins…

Harry s’interrompit en constatant qu’effectivement, les deux jeunes gens ne s’étaient pas attardés. Blaise avait dû lancer la salve d’applaudissements pour pouvoir s’échapper plus facilement.

En cherchant parmi la foule, Hermione constata bien vite que Draco avait entièrement raison, il n’y avait aucune trace des Serpentard. Par contre, Lee et Jun discutaient tranquillement dans un coin, seuls.

- Je parierai presque que Ron va bientôt surgir lui aussi, soupira Draco.

- Ca ne risque pas, opposa Ginny. Il était avec Daphné, donc ils doivent tous deux s’être mis à l’abri de ta grande fureur, se moqua-t-elle. Qu’attends-tu pour nous faire payer notre impudence Draco ? Par fairplay, je te préviens quand même que j’ai également ma baguette.

- C’est bon, vous êtes tellement pitoyables que je n’ai même plus le cœur de vous en vouloir.

- Avoue plutôt que tu crains trop mes sortilèges chauve-furie, répliqua Ginny avec un sourire effrayant. Tu te rappelles encore du dernier que je t’ai lancé ?

- J’en garde un excellent souvenir, répliqua le jeune homme le visage rembruni.

Il attrapa Hermione par la main et tous deux s’éloignèrent sous les regards malicieux des deux Gryffondor.

- Tu vas chercher Blaise et les autres ? s’enquit la jeune femme.

- Si tu crois que je vais perdre mon temps avec eux, répondit Draco. J’ai toute la vie leur préparer une vengeance digne de ce nom. Ils ne la verront pas venir et ça en sera d’autant plus drôle.

- Je suis contente qu’ils aient agi ainsi, malgré tout, souffla-t-elle. C’est Ginny qui m’a insufflé cette force de te faire face comme je l’ai fait. Sinon j’aurai continué comme avant, à t’éviter, à ne pas t’avouer ce que j’avais sur le cœur.

- N’importe quoi ! réfuta Draco. Elle ne t’a rien insufflé du tout, elle a juste réveillé l’ardeur qui sommeillait en toi.

- Si tu le dis, sourit Hermione. Le résultat est le même, de toute manière.

Draco garda le silence un instant, continuant d’entraîner Hermione derrière lui à travers les arbustes et les bosquets du parc.

- Je veux bien épargner Harry, Ron et Ginny, se décida-t-il. Mais Tracey, Pansy et les autres, crois-moi ils vont déguster.

- Tracey voulait juste nous aider comme nous nous l’avions aidée avec Blaise.

- Va pour aussi épargner Tracey. Mais Blaise jamais.

Hermione rit doucement, ne songeant pas l’espace d’une seule seconde qu’elle pourrait éviter à Blaise que la malédiction de Draco s’abatte sur lui.

- Où m’emmènes-tu ?

- Tu verras, répondit le jeune homme d’un air mystérieux.



Ils débouchèrent dans un espace tranquille, entre des rosiers, où Hermione se laissa tomber dans l’herbe. La lune aux trois-quart pleine les éclairait, rendant les cheveux de Draco presque blancs. Ainsi baigné de lumière, il avait l’air d’un ange.

- Pourquoi ris-tu ? s’enquit-il.

- Je viens de t’imaginer ange.

- N’est-ce pas ce que je suis ?

- Toi, un ange ? Vil démon.

Il ôta une rose d’un rouge éclatant et s’approcha d’elle.

- Tu crois que Blaise va apprécier que tu abîmes ses rosiers ?

- Il l’a bien cherché, répliqua-t-il. Et puis ne suis-je pas un démon ?

Draco se laissa tomber aux côtés d’Hermione, les yeux brillants.

- On pourrait danser, s’exclama Hermione, subitement nerveuse devant le regard de son petit ami, en essayant de se lever.

Petit ami… L’expression sonnait bizarrement, même dans son esprit. Mais elle n’allait quand même pas appeler Draco son « amoureux » !

Il l’attrapa par le bras, l’empêchant de se redresser, et l’allongea dans l’herbe avant de se positionner au-dessus d’elle. Ses lèvres se posèrent juste au-dessus de sa robe, dans son décolleté. Elle frissonna et simultanément le rouge lui monta aux joues. Ses mains se glissèrent dans les cheveux de Draco pour tirer sa tête en arrière, l’empêchant de recommencer. Il la fixa, ses yeux étincelant, et glissa la rose qu’il avait cueillie dans les cheveux d’Hermione. Il se déplaça ensuite, de manière à, une fois allongé à la perpendiculaire, poser sa tête sur le ventre de la jeune femme.

Hermione laissa ses doigts dans ses cheveux. C’était étrange. Elle sentait son cœur qui battait à cent à l’heure quelques instants auparavant ralentir et s’apaiser, retrouvant un rythme tranquille. Elle n’éprouvait aucune gêne à toucher les cheveux de Draco, ou à sentir le poids de sa tête tout près de sa poitrine. Pouvait-il entendre les battements de son cœur ?

Son regard se perdit dans l’immensité du ciel. On voyait bien les étoiles ce soir, à moins que ce ne soit dû à la position particulièrement privilégiée du manoir des Zabini. Aucune habitation éclairée à la ronde, et aucune lumière n’émanant du jardin, si on exceptait les petites lucioles dorées qui voletaient de part et d’autre.

- Je n’en avais jamais vu, pensa-t-elle à haute voix en suivant le trajet de l’une d’elle qui alla se poser sur le nez de Draco.

- Il y en a tout le temps ici à cette saison, murmura ce dernier. Petits avec Pansy et Blaise, on s’amusait à leur courir après.

- Vous vous êtes connus il y a longtemps ? s’enquit Hermione.

- Pansy et moi je ne saurai me rappeler une date précise, j’ai l’impression de l’avoir toujours connue. Quant à Blaise, on a passé toutes nos vacances ensemble de nos cinq à nos neuf ans. Après à Poudlard en première année, on n’osait pas trop se parler mais ça n’a pas duré plus d’un an.

- Pansy et toi vous ne vous parliez pas ?

- Non, juste Blaise et moi. Pansy n’a jamais eu beaucoup de mal à se faire des amies, et elle s’est tout de suite bien entendue avec Daphné. Ca t’étonnerait si je te disais que Millicent et elles étaient presque inséparables avant ?

- Je ne sais pas, réfléchit Hermione. Je n’avais pas l’impression que Millicent et Daphné s’entendaient très bien.

- Une histoire de filles, soupira Draco. Je n’ai pas tout suivi donc le mieux serait que tu le leur demandes directement. C’est à ce moment-là que Daphné et Tracey se sont considérablement rapprochées.

- Tu sembles en savoir des choses.

- Si je te demandais de me décrire les relations amoureuses d’Harry, tu y arriverais aussi.

- Ce n’est pas pareil.

- Si.

Un silence s’ensuivit, rompu par Hermione.

- Tu sais, au sujet de… enfin, dans un couple, je suppose qu’on peut dire que nous sommes un couple…

- On a le temps, ne te tracasse pas avec ça, la coupa-t-il.

Hermione se détendit totalement, et survola de la main le visage de Draco. Ses paupières mi-closes frémirent quand elle les effleura, et elle sentit ses lèvres sourire.

- Comment fais-tu pour me connaître aussi bien ? demanda-t-elle.

- Comment fais-tu pour savoir ce que je ressens ?

La jeune femme prit le temps de réfléchir avant de répondre.

- Tu as raison.

- J’ai toujours raison.

Les doigts de Draco attrapèrent ceux d’Hermione se baladant sur ce visage, la faisant trouver sa main toute petite comparée à celle du jeune homme.

- Hermione.

- Oui ?

- Rien.

- Pourquoi m’appelles-tu alors ?

- J’avais juste envie de prononcer ton prénom.

Ils se turent, chacun plongé dans la contemplation de la voûte étoilée. Hermione était bien. Elle se sentait à sa place et pour la première fois depuis deux longues années, n’avait aucun souci. Pas de pierre philosophale à protéger, pas de monstre à se méfier, pas de condamnés à mort à sauver, pas de tournoi pour lequel s’inquiéter, pas d’autorité contre laquelle se rebeller, pas de complot à mettre à jour, pas d’horcruxes à rechercher, pas de mage noir à combattre, pas de guerre à laquelle participer, pas de monde à sauvegarder, pas d’affaires de cœurs embrouillées, pas de voyages dans le temps à effectuer, pas de mangemorts auxquels échapper, pas de secret à garder, pas d’amitiés en périls, pas de château à consoler. Ne restaient que Draco, elle et le ciel.

Hermione aurait voulu que ce moment ne se termine jamais.

Fin
End Notes:
Et voilà, c'est fini. A vous tous qui me lisaient depuis longtemps ou non, simplement merci. Merci de votre lecture, merci de votre soutien, de vos encouragements, de vos commentaires, de votre présence, d'être toujours là après 67 chapitres (je n'aime pas ce chiffre... grr) Je vous adore ! C'est une belle aventure qui se finit :)

Je vais abréger le mélodrame car ça devient vraiment pathétique... Comme tout bon auteur qui aime ce qu'il écrit: petite pub bien entendu ^^'
Aux amateurs de Dramione, je vous propose une nouvelle fiction (encore une, oui je sais): "Ange et Démon" dont je viens de poster le premier chapitre. Très différente de celle-ci, mais j'espère que ça vous plaira quand même :)
Aux amateurs de voyages temporels, je m'apprête à finir de rédiger et poster le premier chapitre de "Amphraldie", une fiction courte en trois chapitres (une nouvelle pour moi, mais rassurez-vous les chapitres sont plus longs que ceux de "Au-delà des frontières du temps")

Voilà ! En ne pouvant m'empêcher de croiser les doigts pour vous voir pointer le petit bout de votre nez sur une de ses deux fics (voir les deux :p). A bientôt tout le monde !
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