Big D by AlbusDumbledore
Summary:

Dudley Dursley passe souvent pour le gros benêt de service. Mais son comportement est essentiellement dû à une personne particulière et pour le moins étrange. Certes, ses parents ont fortement contribué à le rendre ainsi, en faisant de lui un enfant roi. Cependant, il ne faut pas oublier que dès son plus jeune âge, un être considéré comme indésirable est venu vivre sous son toit. Dudley avait ainsi trouvé le parfait souffre-douleur, ses parents ne faisant rien pour l’en empêcher. Mais au fond de lui, Dudley aimait bien son cousin comme eux.

Venez suivre le cousin de Harry, ce gros tas de lard qu’une simple rencontre transforma totalement et fit resurgir ses véritables sentiments.


Categories: Epoque de Harry, Autres portraits de personnages Characters: Dudley Dursley, Harry Potter, Pétunia Evans
Genres: Famille, Missing Moments, Tragédie/Drame
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Sept journées dans la vie de nos héros, Potterverse made in Albus
Chapters: 7 Completed: Oui Word count: 21781 Read: 5226 Published: 17/12/2011 Updated: 01/02/2012
Story Notes:

Et voici ma troisième participation à mon projet. Et c'est donc bien Dudley Dursley que j'ai choisi. Pourquoi ? Parce qu'écrire sur les Moldus m'a intéressé dernièrement et je voulais aborder ce personnage largement sous-estimé depuis un bon bout de temps. J'ai essayé de rester le plus proche possible des canons tout en essayant de pointer cette minuscule parcelle que Dudley renferme au fond de lui. Je réutilise plusieurs passages des livres, en les adaptant du point de vue de Dudley. Je développe aussi à plusieurs reprise les réactions et le comportement de ses parents. On remercie encore ouistiti pour la correction !

Tous les personnages et les lieux sont la propriété de J.K. Rowling. J'assure ne faire aucun bénéfice.

1. 2 Novembre 1981 : L'arrivée by AlbusDumbledore

2. 23 Juin 1991 : Le serpent by AlbusDumbledore

3. 1er Septembre 1991 : Le départ by AlbusDumbledore

4. 1er Novembre 1994 : La visite by AlbusDumbledore

5. 12 Mai 1995 : La victoire by AlbusDumbledore

6. 2 Août 1995 : La révélation. by AlbusDumbledore

7. 25 Juillet 2007 : Le pardon. by AlbusDumbledore

2 Novembre 1981 : L'arrivée by AlbusDumbledore
Author's Notes:

Voici donc le 1er chapitre de cette histoire. On retrouve Dudley lors d'un jour qui marquera à jamais la famille Dursley. Venez vivre les dessous de cette journée.

2 Novembre 1981

L’arrivée

 

 

 

 

 

Dudley Dursley était un bébé qu’on pouvait qualifier de chanceux. Tout d’abord, il était né dans une famille de la banlieue aisée de Londres. Son père était le directeur d’une grande entreprise spécialisée dans la fabrication de perceuses, la Grunnings. Sa mère, quant à elle, était femme au foyer et consacrait tout son temps à sa nouvelle progéniture. Enfin, Dudley avait également la chance d’être ce qu’on appelle un enfant pourri-gâté. Ce qu’il demandait, il l’obtenait dans l’heure. Ce qu’il refusait, il ne le revoyait plus jamais.

Dudley avait très vite compris cela et il savait déjà – il était tout juste âgé d’un an et demi – en jouer auprès de ses parents par des cris et des pleurs qui, en général, ne duraient pas plus de cinq minutes, même à trois heures du matin.

Ce que Dudley ne savait pas encore, c’était que ses parents agissaient avant tout pour le protéger du « terrible secret familial », comme l’appelait son père. En effet, comment expliquer à un nourrisson que son oncle et sa tante ne sont pas des personnes normales, qu’ils ne vivent pas dans le même monde et que leur enfant, à peine plus jeune que Dudley, était tout aussi bizarre ? Comment expliquer qu’une branche de la famille est infréquentable ?

Dès la naissance de Dudley, ses parents s’étaient accordés pour ne pas lui dévoiler l’existence de ce monde, d’autant plus après que sa tante ait envoyé une lettre à sa sœur aînée pour la féliciter, et lui annoncer au passage qu’elle attendait elle aussi un garçon. Depuis, elles n’avaient jamais plus échangé le moindre mot.

 

Lorsque Dudley se réveilla, ce matin-là, il resta silencieux quelques minutes, pour la première fois depuis sa naissance. Sa nuit avait été peuplée de rêves étranges, mêlant hiboux, chats tigrés et personnes vêtues de capes… tant d’éléments que Dudley avait entraperçus la veille en sortant avec sa mère. Celle-ci avait semblé horrifiée par ces évènements et ils étaient rentrés du parc plus tôt que d’habitude. Seul le chat n’avait pas semblait déranger sa mère plus que nécessaire. Elle avait juste essayé de le chasser du muret, sans succès.

Le soleil du matin diffusait à travers les rideaux de sa chambre, projetant une lumière douce et agréable sur ses petites joues roses. Dudley finit par pousser son premier cri, destiné à ses parents. Sa mère répondit en moins de dix secondes en le prenant dans ses bras tendres et chaleureux.

« On s’est réveillé ? On appelle sa maman parce qu’on a faim ? Mais c’est qu’il est vorace mon petit Dudleynouchet.

─ Ai faim ! Ai Faim ! cria Dudley. Veux biheron ! Veux biheron !

─Oui, maman va te donner à manger. Range-moi ses petites quenottes. »

La mère de Dudley sortit de la chambre et descendit à la cuisine. Son mari était déjà assis, prenant tranquillement son petit-déjeuner. Il embrassa son « fiston », ou du moins essaya, Dudley prenant un malin plaisir à esquiver les lèvres de son paternel. La mère de Dudley prépara rapidement le biberon et le donna à son fils qui entreprit à l’engloutir. Puis elle s’installa en face de son mari. Un flash d’information passa alors à la radio.

« Bonjour à tous ! Ici Frank Muller pour votre flash info de huit heures ! Aujourd’hui, la grande information est toujours cet inexplicable activité des hiboux dans la journée d’hier, et durant la nuit dernière également. Il semblerait que ce phénomène se soit reproduit dans plusieurs pays du monde, ainsi que les étranges évène… »

Le père de Dudley coupa la radio d’un geste brusque qui fit sursauter sa femme. Celle-ci se retourna et le dévisagea avec inquiétude.

« Vernon ! Qu’est-ce qu’il te prend ?

─Ces histoires sont un tissu de mensonges et de bêtises. Il ne faut pas que Dudley écoute ces âneries. Nous étions d’accord Pétunia.

─Ce n’est pas une raison pour être si brutal. Et tu sais très bien ce que signifient ces hiboux volant en plein jour…

─Pas devant Dudley ! trancha Vernon. Je ne veux plus qu’on parle de la journée d’hier, c’est compris. Je dois bientôt me rendre à l’entreprise, » ajouta-t-il en regardant sa montre. « Je vais me préparer. À ce soir ma chérie. Et toi, sois sage petit garnement ! »

Vernon se leva et quitta la cuisine. Dudley avait suivi très attentivement l’échange entre ses parents, son biberon fermement maintenu entre ses mains, sans en comprendre le sens véritable. Pétunia débarrassa la table puis pris les poubelles. Elle sortit de la cuisine. Dudley entendit le bruit de la porte d’entrée et attendit qu’elle se referme pour sortir de sa chaise et aller dans le salon devant un épisode d’Albator.

Sauf que cette fois-ci, la porte ne se ferma pas.

Au lieu de cela, un cri perçant provint du hall d’entrée, suivi quelques secondes plus tard par le déboulement dans les escaliers de Vernon. Au milieu de tout ce raffut, Dudley entendit des pleurs d’enfants.

« Pétunia ? s’inquiéta-t-il. Pétunia, qu’est-ce qu’il se passe ? Pourquoi cries-tu comme ça ?

─ Vernon, se lamenta Pétunia. Oh Vernon… Regarde… regarde !

─ Quoi ? Oh par tous les Saints ! Que fait ce bébé devant notre porte ! Envoyons-le à l’orphelinat ! Hors de question que Dudley côtoie l’enfant abandonné d’une junkie !

─ Vernon… c’est lui…

─ Qui ça lui ? demanda le père de Dudley, totalement désorienté.

─ Le sien, son bébé à elle.

─ Tu veux dire que… comment en es-tu sûr ?

─ Regarde la lettre ! C’est notre adresse ! Elle est la seule à la connaître ! Et puis… il a ses yeux ! »

Pendant un instant, Dudley n’entendit plus aucun son, mis à part les sanglots de sa mère et les cris du bébé qui, de toute évidence, avait faim lui aussi. Dudley se demandait qui pouvait être ce bébé, puisqu’il n’en n’avait jamais vu avant dans la rue.

« Rentrons, déclara Vernon. Prends-le et emmène-le à l’intérieur.

─ Mais Vernon…

─ Nous ne pouvons pas rester dehors à le regarder pleurer. Les voisins nous regardent déjà. »

Quelques secondes plus tard, Dudley entendit la porte d’entrée se fermer, mais les cris du bébé ne cessèrent pas pour autant. Il comprit que le bébé se trouvait dans la maison. Un instant plus tard, son père et sa mère arrivèrent dans la cuisine.

Vernon était visiblement inquiet et horrifié par les évènements, tandis que Pétunia était choquée, un berceau dans les bras et d’où provenaient les cris. Dudley ne comprenait pas ce qu’il se passait, mais son père lui fit un regard si terrifiant qu’il n’osa pas ouvrir la bouche. Il se contenta de sucer son pouce. Pétunia déplia précautionneusement les draps et Dudley découvrit alors un autre bébé aux cheveux noirs et regard émeraude.

Ce qui intrigua le plus Dudley, c’était la petite cicatrice en forme d’éclair sur le front du bébé. Vernon s’installa sur un fauteuil, une lettre dans les mains. Pétunia installa le bébé sur ses genoux, le tenant comme s’il s’agissait d’un paquet désagréable.

« Que dit la lettre ?

─ Elle nous est effectivement adressée.

« Chers Mr et Mrs Dursley.

« Je vous prie de croire mes plus sincères excuses de vous déranger sans même me présenter devant vous, mais j’agis dans la précipitation. Vous l’avez sans doute remarquez, le bébé ci-présent est votre neveu, Harry Potter, fils de Lily et James Potter. La présence de Harry sur votre porche ce matin est la conséquence d’un évènement tragique.

« J’ai le regret de vous annoncer que James et Lily ont été assassinés par Lord Voldemort…

─ Assassinés ? répéta Pétunia. Lily ?

─ C’est ce qui est écrit, répondit Vernon.

─ Oh mon Dieu… il faut que je prévienne Mère…

─ Je pensais que tu ne t’entendais pas bien avec elle, fit remarquer Vernon.

─ Ca ne veut pas dire que je n’étais pas en très bons termes avec elles que sa mort ne m’affecte pas ! Elle était peut-être un… un monstre, mais c’était ma sœur. Ma mère doit être mise au courant.

─ Je… je suis désolé Pétunia…

─ Que dit la suite ?

─ Par Lord Voldemort. Il s’agit d’un Mage Noir très puissant qui fait régner la terreur dans notre pays depuis près d’une décennie. Il est le principal responsable de nombreux meurtres de personnes sans pouvoirs magiques, ainsi que de disparitions et d’évènements étranges dont vous avez sans aucun doute entendus parler.

« James et Lily luttaient activement contre Voldemort et ses partisans. Il serait trop compliqué d’expliquer le pourquoi et le comment, je me contenterai de vous dire que Voldemort a décidé de tuer James, Lily et Harry de sa main voici un peu plus d’un an. J’ai réussi à les cacher mais un de leurs amis les a trahis et est depuis activement recherché.

« Voldemort a pu donc les retrouver et s’est rendu à leur domicile de Godric’s Hollow dans la nuit du 31 octobre. James a été tué peu de temps après. Ensuite, un phénomène étrange s’est passé. Voldemort a tenté de tuer Harry, mais Lily semble s’être interposée et a été tuée. Voldemort a par la suite tenté voulu tuer Harry. Heureusement, le sortilège a échoué.

« Il s’agit d’un très puissant sortilège qu’il est impossible à parer. Harry est le premier humain à survivre à ce sortilège.

─ Harry a survécu à un sortilège ? Mais ce n’est qu’un bébé ! Pourquoi ses parents auraient succombés et pas lui ? demanda Pétunia.

─ Je ne sais pas, » reconnut Vernon, passablement agacé.

Un long silence suivit la question de Pétunia. Harry continuait à crier mais ni Vernon ni Pétunia n’essayèrent de le calmer. Vernon reprit la lecture de la lettre.

« Ce cas exceptionnel peut s’expliquer par une chose. Harry a été protégé par une magie très puissante. Je n’en suis pas encore totalement certain, mais le sacrifice de Lily a sûrement joué un rôle non négligeable. Ce sacrifice est lié à un amour fort et puissant. Si puissant que le sortilège de Voldemort s’est retourné contre lui et a détruit son corps.

« Nous en venons maintenant au second point que je veux aborder, à savoir la présence de Harry chez vous. Il ne fait aucun doute que de nombreuses familles de sorciers seraient prêtes à l’accueillir, mais cela rendrait le sacrifice de Lily inutile. Pétunia, vous êtes la seule personne encore en vie disposant du sang de Lily, hormis votre mère. Cependant, pour que mon projet fonctionne, il faut que ce soit vous.

« Je vous demande de prendre soin de Harry afin de parfaire la protection dont il fait l’objet. J’ai pratiqué un sortilège puissant qui permettra de protéger Harry tant qu’il se trouvera dans une maison où coule le sang de sa mère. Cette protection sera active jusqu’à ces dix-sept ans ou qu’il décide de quitter pour toujours ce lieu. Je vous en conjure, pour que le sacrifice de Lily ne soit pas vain, de tout faire pour que Harry se sente chez lui jusqu’à ses dix-sept ans.

« Cet engagement que vous prendrez sera définitif : il sera impossible de revenir en arrière et je m’assurerai personnellement que vous vous tiendrez à cette conduite. Harry est considéré par notre Communauté comme le Survivant, une légende vivante. Je vous demanderai de le protéger de cette « célébrité », tout en lui faisant part de ses origines sorcières.

« Sur ce, je vous prie de croire une nouvelle fois à mes plus plates excuses pour ce dérangement important et espère que vous ferrez le bon choix.

« Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore, Directeur de l’Ecole de Sorcellerie et de Magie Poudlard. »

Un nouveau silence suivit la fin de la lecture de Vernon. Dudley avait fini son biberon et Pétunia s’était arrêtée de pleurer. Même Harry s’était tut.

« On ne peut pas le garder, déclara Vernon.

─ Pourquoi donc ? demanda Pétunia.

─ Tu as entendu ? Ils ont cherché à le tuer… Je te l’avais toujours dit que ta sœur et son bon à rien de mari finiraient comme ça ! Cet enfant est forcément comme eux ! Le garder serait une grave erreur !

─ Mais Dumbledore a dit…

─ Et qui est ce Dumbledore ?

─ C’est le Directeur de Poudlard, répondit Pétunia. Il s’agit de l’école où ma sœur a appris la magie. Elle n’arrêtait pas de dire que c’était le plus grand sorcier du monde…

─ Signe qu’il est d’autant plus dangereux, coupa Vernon. On ne peut pas lui faire confiance !

─ Mais il a dit qu’on devait le garder… et je n’ai pas envie de le mettre en colère.

─ Tu veux le garder ? s’étonna Vernon.

─ On ne peut plus l’abandonner. Les voisins vont se demander où il est passé. Si on l’envoie à l’orphelinat, ils vont se demander où il est passé. Et Dumbledore l’en ferra sortir presque aussitôt. Non, nous devons le garder. Mais on ferra croire à ma mère qu’il est mort dans un accident de voiture avec ses parents…

─ Un accident de voiture ?

─ Tu as autre chose ? Il y a des dizaines d’accidents par jour. On peut lui faire croire qu’ils sont morts lors d’un de ces évènements extraordinaires, que leurs corps ont été réduits en bouillies, que la voiture a explosé… On lui ferra croire la même chose.

─ À lui ?

─ À Harry, » précisa-t-elle en regardant le bébé dans ses bras. « On le garde avec nous pour que cette protection fonctionne. Mais rien dans ce que nous a dit Dumbledore nous oblige à lui révéler son ascendance.

─ Tu veux dire… lui cacher qu’il était comme eux.

─ Il n’est pas nécessaire qu’il sache qu’ils l’étaient. On peut lui cacher ce monde sans problème. Lily était une sorcière née de parents sans pouvoirs magiques. Tant qu’on ne lui dira rien, il lui sera impossible qu’il le sache. Et puis, si on l’élève correctement, on devrait pouvoir faire disparaître cette magie.

─ Tu es sûre ? interrogea Vernon.

─ Certaine.

─ Bien. Tu fais comme tu veux, céda-t-il. C’est ta famille après tout. Si on s’engage dans cette voie, je ne demanderai qu’une seule condition : on abandonne tout ce qui a trait à ce monde. Je ne veux plus jamais entendre parler de ça sous ce toit ! Quand saura-t-on s’il est réellement comme ses parents ?

─ Il est comme ses parents. Si Dumbledore le dit, c’est qu’il l’est. Et puis, il paraît que c’est extrêmement rare qu’un enfant de sorcier ne le soit pas.

─ Il peut faire de la magie maintenant ?

─ Je ne pense pas. Ma sœur a commencé à en faire vers cinq ans. »

Vernon et Pétunia regardèrent Harry sans prononcer le moindre mot, tandis qu’il les regardait avec un air intrigué. Dudley avait posé son biberon et commençait à pleurer. Il n’avait pas l’habitude qu’on le laisse seul si longtemps, sans qu’on s’intéresse à lui.

Pétunia se tourna vers lui et le regarda avec un air étrange, comme si elle se demandait comment expliquer à son fils ce qu’il venait de se passer. Elle se contenta de soulever Harry de ses genoux et l’assit sur la table, face à Dudley.

« Dudley, voici ton cousin : Harry ! »

Dudley tendit une main pour toucher le bébé devant lui. Il avait très envie de le toucher. Mais il était trop petit et sa chaise l’empêcha de l’atteindre. Ses petites mains potelées se balancèrent à quelques centimètres du ventre de Harry. Celui-ci les suivit du regard avant de tendre à son bras à son tour et attraper les mains de Dudley. Les deux bébés éclatèrent de rire en parfaite synchronisation.

Ce fut le premier et dernier qu’ils partagèrent.

 

 

End Notes:

Et voilà, c'est déjà finit ! J'espère que ce premier chapitre vous a bien plut. n'hésitez pas à laisser des commentaires. Quant à moi, je vous donne rendez-vous à la semaine prochaine pour le prochain chapitre.

23 Juin 1991 : Le serpent by AlbusDumbledore
Author's Notes:

Voici donc le 2ème chapitre de cette biographie. Nous faisons un bon dans le temps pour arriver lors d'un jour que vous reconnaîtrez sans aucun doute. J'ai toujours voulu développer le point de vue de Dudley lors de ce jour entré dans la légende. Les dialogues en italiques sont tirés de Harry Potter à l'école des sorciers

23 Juin 1991

Le serpent

 

 

 

 

 

Dudley avait bien grandi depuis l’arrivée de son cousin. Durant les dix dernières années, il lui avait fait voir de toute les couleurs, l’avait persécuté, lui avait rendu la vie infernale. Cela lui procurait un plaisir sans limite, et pourtant, pour une raison inconnue, il se sentait mal à chaque fois qu’il se moquait de Harry. Il n’avait jamais réussi à comprendre pourquoi, et il avait bien trop peur de le dire à ses parents. C’était son secret le mieux gardé bien qu’il n’en connût pas la raison.

Dudley avait très vite découvert les talents de son cousin, lui permettant de colorer la perruque des professeurs ou d’atterrir sur le toit de la cantine. Dudley ne savait pas pourquoi Harry arrivait à faire ça, et pas lui. Ses parents semblaient heureux que ce soit le cas et réprimaient Harry à chaque évènement étrange. Dudley se disait que c’était une bonne raison pour l’embêter : être différent.

Au fil des années, le reste de l’école du quartier avait appris à suivre ses avis et Harry était seul sans amis. Même les autres enfants cibles des moqueries ne restaient pas avec lui. Dudley avait donc passé les dix dernières années de sa vie à faire de la vie de son cousin un enfer, tout en ayant un étrange sentiment au creux de l’estomac. Il avait cependant trouvé un moyen de supprimer ce sentiment, ou du moins de l’amoindrir : la nourriture.

En effet, plus Dudley mangeait, et mieux il se sentait, et plus il pouvait chercher Harry. Son sport préféré, « la chasse au Harry », avait lieu le plus souvent après le déjeuner et le goûter. La nourriture lui permettait d’oublier tous ses problèmes et il s’en était fait un refuge. Tant et si bien qu’il avait désormais atteint des proportions gargantuesque. Harry n’hésitait pas à se moquer de son surpoids, ce qui rendait « la chasse » encore plus attrayante.

Harry était rapide et agile, difficile à attraper, mais Dudley ne reculait devant rien pour le ridiculiser. Son meilleur souvenir restait cependant celui où le bouledogue de la tante Marge avait pourchassé Harry dans le jardin du 4 Privet Drive durant toute l’après-midi, l’été dernier.

 

Aujourd’hui, cependant, était un jour spécial. En effet, lorsque Dudley se réveilla, il vit sur le calendrier attaché à son mur que ce jour étant son anniversaire. Celui de ses onze ans. Dans quelques jours, l’école allait se terminer et après les vacances, il allait entrer au collège Smeltings, comme son père.

Piers Polkiss allait le rejoindre plus tard dans la matinée et, avec ses parents, ils iraient faire un tour au zoo de Londres. Ça serait génial. Il se leva, alla faire sa toilette rapidement dans la salle de bain puis se changea. En bas, il entendit sa mère réveiller Harry et lui demander de préparer le petit-déjeuner. Quelques secondes plus tard, il sentit l’odeur alléchante du bacon fumé.

Alors qu’il nourrissait sa tortue Zelda, il entendit sa mère monter les escaliers et quelques instants plus tard, elle entra dans la chambre, un immense sourire sur le visage.

« De qui est-ce l’anniversaire aujourd’hui ? demanda-t-elle

─ Je ne suis plus un bébé, maman, répondit Dudley. Je sais que c’est mon anniversaire.

─ Joyeux anniversaire à mon Duddy adoré dans ce cas ! s’exclama-t-elle en l’enlaçant dans ses bras avant de le couvrir de bisous. Onze ans déjà ! Tu es bientôt un grand garçon !

Je suis un grand garçon ! »

Comme seule réponse, Dudley eu droit à de nouveaux bisous, entre deux gloussements. Puis, Pétunia s’assura qu’il était bien préparé et l’accompagna jusqu’à la cuisine. Dudley jeta à peine un coup d’œil à Harry qui servait le petit-déjeuner, ni même à son père assis en train de lire le journal. Non, ce qui l’intéressait était le tas de cadeaux entreposés on ne sait trop comment sur la table.

Dudley entreprit alors un décompte rapide de ses nouveaux présents. Il lui fallut un certain temps, certains des cadeaux étant habilement dissimulés et d’autres se confondaient. Il arriva enfin au bout du compte et leva ses yeux vers ses parents, sentant une grande déception au fond de lui.

« Trente-six. Ça fait deux de moins que l’année dernière, fit-il remarquer tandis que la déception faisait très vite place à la colère.

Mon petit chéri, intervint alors sa mère, tu n’as pas compté le cadeau de la tante Marge, regarde, il est là, sous ce gros paquet que Papa et Maman t’ont offert. »

Dudley jeta un rapide coup d’œil sous le paquet en question – qui mesurait effectivement pas moins de cinquante centimètres sur trente – et remarqua un paquet plus petit avec un mot dont il reconnut l’écriture de sa tante. Encore un exemple que les cadeaux étaient mal rangés.

Dudley sentait la colère bouillonner en lui et sentit ses joues rougir fortement. Pendant ce temps, Harry se contentait de le regarder. Un petit sourire narquois sur son visage.

« D’accord, déclara Dudley, ça fait trente-sept.

Et nous allons encore t’acheter deux autres cadeaux, » s’empressa d’ajouta Pétunia tandis que Harry engloutissait son petit-déjeuner. « Qu’est-ce que tu en dis, mon petit agneau ? Deux autres cadeaux. Ça te va ?

Donc j’en aurais trente… trente…

Trente-neuf, mon canard adoré. »

Dudley décida enfin de se laisser aller sur la chaise, sans voir le regard soulagé de sa mère, ni celui à moitié hilare de Harry. Dudley attrapa le premier paquet et entreprit de l’ouvrir sans retenue. Il entendit à peine son père faire une remarque, mais il sentit très bien sa main lui ébouriffer les cheveux. Il la dégagea d’un mouvement de tête. Il n’aimait pas être dérangé lorsqu’il ouvrait ses cadeaux.

Il découvrit ainsi un nouvel ordinateur, accompagné de plusieurs jeux vidéo, ainsi qu’un vélo – il comptait l’utilisait pour renverser un des chats de Mrs Figgs et écraser les fleurs des voisins – un caméscope et un avion radiocommandé. Sa mère revint alors – Dudley n’avait même pas remarqué son absence – et semblait contrariée.

« Mauvaise nouvelle Vernon. Mrs Figgs s’est cassé une jambe. Elle ne pourra pas le prendre. C’est malin ! »

Dudley regarda horrifié sa mère, n’osant y croire. Mrs Figgs, ou la voisine aux chats, était la seule personne de la rue qui acceptait de garder Harry pendant la journée. Dudley n’y était jamais entré – ses parents le lui formellement avait interdit – mais à chaque fois, Harry semblait avoir passé une journée détestable.

« On pourrait peut-être téléphoner à Marge, proposa Vernon.

Ne dis pas de bêtise, Vernon, tu sais qu’elle déteste cet enfant. »

Dudley regarda sa mère d’un air intrigué. Il était vrai que la tante Marge détestait Harry – et cela était réciproque – mais pourquoi sa mère voulait ne pas envoyer Harry là-bas. D’habitude, les parents de Dudley n’hésitaient pas à rendre la vie de Harry désagréable.

Encore, si c’était Pétunia qui avait proposé, Vernon aurait sans doute refusé. Mais là, c’était le père de Dudley qui avait fait la proposition, ce qui impliquait qu’il était d’accord pour confier Harry à sa sœur. Vernon aussi, d’ailleurs, paru intrigué par la réaction de sa femme.

Ils continuèrent à débattre ainsi, Harry allant jusqu’à proposer de rester seul à la maison, promettant de ne pas la faire sauter. Puis il fut question de le laisser dans la voiture, et Vernon s’y opposa fermement. Dudley, sentant que son anniversaire n’annonçait rien de bon, commença à pleurer. Du moins, il n’avait plus eu vraiment le temps de pleurer depuis ses quatre ans, sa mère intervenant avant les premières larmes, et il était bien sûr exclu de pleurer devant les copains.

« Mon Dudleynouchet adoré, ne pleure pas. Maman ne va pas laisser gâcher ta plus belle journée.

─ Je… veux… pas… qu’il… vienne ! Il gâche… toujours tout ! »

Dudley lança un regard méchant à son cousin, visiblement une nouvelle fois stupéfait par ses talents d’acteurs. Cependant, il n’eut pas à feindre d’avantage : la sonnette se fit entendre. Polkiss était là. Dudley s’arrêta immédiatement et alla accueillir son ami.

« Bonjour Gertrude, déclara Pétunia. Vous êtes en avance.

─ Veuillez m’excusez Pétunia, mais Edward a un rendez-vous de bonne heure et devra utiliser la voiture à neuf heures.

─  Ce n’est pas grave, affirma Pétunia en secouant la main, nous garderons Piers un peu plus longtemps. Nous vous le rendons à quatre heures, cela vous convient ?

─ Parfaitement. Je viendrai sans doute le chercher. Au revoir Pétunia, ajouta Mrs Polkiss en s’éloignant. Passe une bonne journée Piers, et sois sage !

─  Oui maman ! »

Une fois la porte fermée, Dudley conduit Piers jusqu’à sa chambre, sans oublier de lui montrer ses magnifiques cadeaux. Piers était impressionné par le vélo de course.

« Avec ça, les chats de Figgs n’ont qu’à bien se tenir !

─ Ouaip. Par contre, je dois te raconter un truc.

─  Quoi donc ? Tu as battu ton record sur Final Fight ?

─ Non, pas encore. Ça concerne Harry, mon cousin. Il va venir avec nous au zoo.

─  Oh non ! On va devoir se le traîner toute la journée ! Moi qui pensais qu’on allait pouvoir s’éclater. Je suppose qu’on va pas pouvoir lui courir après.

─  Mes parents ne seraient pas totalement contre, mais je ne suis pas sûr que ça passe du côté des autres visiteurs. Crois-le, je suis le premier dégouté. »

Quelques minutes plus tard, ils se trouvaient tous dans la voiture de Vernon. Celui-ci avait pris Harry à part peu avant le départ, sans doute pour lui dire de bien se tenir.

Dudley discutait avec Piers de ces-derniers exploits sur différents jeux vidéo, tandis que Vernon se plaignait de tout et de rien – même si le sujet Harry revenait souvent. Ce-dernier était d’ailleurs mu dans un silence à peine croyable à côté de Piers.

Soudain, la voiture fit une embardée sur la route, Pétunia cria et Vernon se retourna vers Harry, le visage aussi rouge qu’une tomate.

« LES MOTOS NE VOLENT PAS ! hurla-t-il.

Je le sais bien, rétorqua Harry, ce n’était qu’un rêve. »

Dudley ricana de plus belle, accompagné de Piers. Ses parents avaient horreurs de tout ce qui sortait du monde réel – c’était bien pour ça que Dudley cachait le contenu de ses jeux à ses parents – et les rêves en faisaient partis.

Dudley ne savait pas d’où venait cette haine, mais il s’en accommodait et ne pouvait s’empêcher de rire à chaque fois qu’un phénomène étrange se passait quand Harry était dans les parages. Mais comme à chaque fois, Dudley ressenti une sensation étrange au fond de son estomac.

La matinée au zoo se passa sans problème. La sensation de Dudley disparut rapidement sous une glace au chocolat. Ils passèrent devant les singes, que Dudley et son ami s’empressèrent d’imiter dans des hurlements de rire. Puis ils passèrent devant les ours.

« Regarde celui-là Piers ! On dirait qu’il est tombé dans un bol de lait ! plaisanta Dudley en montrant un ours polaire.

─ Dudley, regarde le lion ! s’exclama plus tard Piers. Il doit avoir chaud avec sa crinière… Ça doit être pour ça qu’à la télé, ils n’en ont pas !

─ Ça veut dire qu’ils ont des lions d’Afriques ici, regarde au fond. »

Cependant, les plaisanteries commencèrent à lasser Dudley, qui n’avait qu’une seule envie : s’en prendre à Harry qui semblait s’amuser comme un fou. Mais avant qu’il n’ait pu lui courir après, Vernon décréta qu’il était temps de manger. Ils s’arrêtèrent au restaurant du zoo et Dudley commanda un immense hamburger qu’il engloutit. Lorsque sa coupe de glace royale arriva, il déclara :

« Elle est trop petite ! J’en veux une plus grande !

─ Mais, nous n’avons pas de format plus grands, informa le jeune serveur.

─ Je veux une glace plus grande ! hurla Dudley en tapant du poing sur la table.

─ Mais…

─ Écoutez jeune homme, intervint Vernon. Vous allez prendre votre glace royale et lui ajouter trois autres boules, s’il vous plait. Et mettez un supplément de chantilly. Je paierai le surplus si nécessaire. Et préparez-en deux.

─  Euh… bien monsieur. Et pour euh… cette glace…

─ Je peux la finir, » proposa Harry.

Duley lui lança un regard noir, et senti aussitôt l’étrange sensation dans le creux de son ventre. Mais pourquoi donc cela le prenait-il ? Il se détourna de son cousin, qui commençait à manger la glace à bonnes dents. Quelques instants plus tard, la glace de Dudley arriva et il l’englouti sous le regard ému de sa mère. Vernon paya l’addition et ils sortirent.

« Si on allait voir les reptiles ? suggéra alors Piers.

─  Bonne idée ! » s’exclama Dudley.

Ils entrèrent donc au reptilarium. Il y faisait relativement frai et il y avait peu de lumière. Plusieurs sortent de lézards et de serpents peuplaient les cages de verres le long des murs. Très vite, Dudley se mit à la recherche du plus gros serpent. Il voulait voir ces serpents dangereux qu’on voyait dans les films ou les reportages à la télévision.

Ce fut Piers qui trouva le boa constrictor. Il était immense et Dudley se colla contre la vitre pour mieux le voir. Il aurait voulu le toucher, mais c’était impossible. Le serpent, pour le moment, était plongé dans une torpeur indescriptible. Les serpents dans les films étaient pourtant bien plus actifs et paraissaient plus dangereux.

« Fais le bouger, » ordonna Dudley à son père

Celui-ci s’exécuta en tapotant la vitre. Sans résultat. Mais pourquoi diable se serpent dormait-il alors que Dudley avait fait toute la ville pour le voir ?

« Recommence. »

Son père obéit, donnant des coups secs sur la vitre, attirant le regard des autres visiteurs, mais toujours aucun résultat. Dudley s’éloigna d’un pas traînant. Il fureta à droite, à gauche, à la recherche d’un spectacle intéressant. Mais rien du tout.

Soudain, il entendit la voix de Piers, qui était resté en retrait, à proximité du boa.

« DUDLEY ! MR DURSLEY ! REGARDEZ LE SERPENT ! VOUS N’ALLEZ PAS LE CROIRE ! »

Dudley revint en direction de la cage aussi vite que lui permettaient ses jambes potelées. Il poussa Harry d’un coup de poing. Celui-ci tomba sur le sol en ciment. Dudley se colla de nouveau contre la vitre, Piers à ses côtés, mais s’en écarta aussitôt. La vitre avait disparu ! Le serpent, à présent libre, sortit lentement, faisant onduler son corps sans fin.

La panique gagna alors les visiteurs tandis que Dudley vit les mâchoires du serpent claquaient à quelques centimètres de ses mollets et de ceux de Piers, avant qu’il ne s’éloigne vers la sortie.

Le directeur du zoo vint en personne réconforter Pétunia, tandis que Dudley avait encore du mal à croire ce qu’il venait de se passer. Harry semblait le seul amusé de la situation, même s’il ne laissait rien paraître.

Lorsque tout le monde eut repris place dans la voiture, Piers confirma ce dont Dudley soupçonnait déjà la possibilité :

« Harry a parlé au serpent, pas vrai, Harry ? »

Dudley vit son père devenir encore plus rouge que lors de la matinée, et sa mère se couvrit la bouche pour dissimuler un cri de panique. Le trajet en retour se passa dans le plus grand silence, Harry semblant attendre sa punition.

Il l’a bien cherché, pensa alors Dudley qui sentit une nouvelle fois cette étrange sensation.

Vernon déposa directement Piers chez lui avant de rentrer à la maison. Comme c’était à prévoir, Harry reçut une punition sans précédent et dû resté enfermé dans son placard. Dudley monta dans sa chambre, sa mère portant ses cadeaux derrière lui. Mais Dudley n’avait pas envie de jouer avec… Il avait seulement envie de s’allonger sur son lit et regarder le plafond.

 

 

End Notes:

Et voilà donc cet anniversaire pour le moins marquant. J'espère que ça vous a plut. N'hésitez pas à laisser un avis. Je vous donne rendez-vous à la semaine prochaine.

1er Septembre 1991 : Le départ by AlbusDumbledore
Author's Notes:

Salut tout le monde. Voici le troisième chapitre de cette biographie. J'aborde un point qui revient souvent dans les discussion. J'espère que ma version vous conviendra. Bonne lecture !

1er Septembre 1991

Le départ

 

 

 

 

 

Les vacances avaient été parmi les pires moments de Dudley, en particulier la dernière partie. Harry avait écopé de la plus grande punition dont se souvenait Dudley. Ses parents avaient dû envoyer un faux mot à l’école, prétextant qu’il s’était cassé la jambe et qu’il ne pourrait pas assister à la fin des cours.

Lorsqu’il ressortit enfin de son placard, les vacances avaient commencé depuis plusieurs jours déjà. De son côté, Dudley avait profité de ses cadeaux comme il l’entendait : son avion radiocommandé s’était crashé dans le jardin des voisins, dans une magnifique explosion. Le caméscope, qui avait été fixé sur la carlingue de l’avion, n’avait pas survécu au crash. Le père de Gordon travaillait dans un laboratoire photo et avait réussi à récupérer la vidéo du crash. L’image était de piètre qualité, mais Dudley et ses amis ne pouvaient s’empêcher de s’esclaffer à chaque fois qu’il voyait l’avion piquer avant d’exploser.

Son vélo de course avait rempli son office, n’écrasant pas un des chats de Mrs Figgs, mais en la renversant elle-même. Ce moment, également immortalisé par le caméscope, provoquait de véritables fous rires chez Malcolm qui se jetait par terre de la même façon dont Mrs Figgs était tombée.

Et enfin, la montre en or qu’il avait reçu s’était déjà fendu et avait connu un séjour prolongé, bien que déconseillé, dans la baignoire.

C’était par la suite que les choses avaient empiré.

 

En effet, une semaine avant l’anniversaire de Harry, ce-dernier avait reçu une lettre. Dudley n’avait jamais su ce que contenait cette lettre, ni Harry d’ailleurs. Mais ses parents avaient soudain paniqué et s’étaient réunis seuls dans la cuisine, délaissant même leur Duddy chéri. Un véritable affront pour lui.

Au final, Harry avait hérité de la seconde chambre de Dudley, qui avait piqué sa plus grosse colère. Il avait littéralement détruit la moitié de ses jouets, Zelda avait effectué son baptême de l’air – qui s’était très mal terminé pour elle malheureusement – et frappé ses deux parents. Ceux-ci s’étaient cependant montrés intransigeant et Harry avait donc déménagé.

Le lendemain, un autre lettre était arrivée mais avant que Dudley ne la lise – il se doutait qu’elle était lié à ce qu’il venait de se passer – son père la lui avait prise des mains. Les lettres continuèrent d’affluer pendant le reste de la semaine, malgré les efforts de Vernon pour leur barrer le passage. L’apothéose arriva le dimanche lorsque la maison fut littéralement inondée de lettres.

Ni Dudley ni Harry n’avaient réussi à en attraper une et Vernon avait décrété que tous devaient préparer leurs affaires et qu’ils partaient de la maison.

Dudley avait essayé d’emmener toute sa chambre avec lui – du moins ce qu’il restait – sans succès. Cela l’avait mis très mal à l’aise, il n’avait plus faim, n’avait plus envie d’embêter Harry. Il avait besoin de ses choses et on les lui confisqua. Ils roulèrent toute la journée jusqu’à un hôtel miteux, sans télévision. Dudley dormit très mal cette nuit-là. Il rêva qu’un monstre allait entrer chez lui pendant la nuit et manger tous ces jeux vidéo et détruire ce qui restait.

Le jour suivant, une autre lettre arriva. Vernon continua de rouler sur les routes d’Angleterre, rendant Pétunia nerveuse et Harry inquiet. Quant à Dudley, il commençait vraiment à déprimer. Il avait loupé un nombre incalculable d’émission à la télévision et commençait à ressentir les effets de manque dû au sevrage de jeux vidéo. Il ne trouvait plus une position confortable dans la voiture. Et le pire, c’est que le soir même, il y avait son émission favorite à la télé.

Et bien évidemment, son père les avait conduits au milieu de nulle part, dans un endroit où toute télé devait être absente – Dudley se demanda même si les habitants en connaissaient l’existence – et où le repas fut plus que frugal.

Une tempête s’était levée au milieu de la nuit et, malgré son malaise, Dudley avait fini par s’endormir. Une nouvelle fois, ces rêves furent agités de monstres lui volant ces jouets, mangeant sa nourriture et finissant par le manger.

 

C’est alors qu’un véritable bruit de canon se fit entendre et réveilla Dudley. Il se tourna vers la porte qui, quelques instants plus tard, fut abattu par un immense géant.

Dudley avait hurlé, croyant que son rêve se réalisait. Mais très vite il apparut que le géant – qui disait s’appelait Hagride et travaillait à Poux de lard – n’avait pas envie de le manger. Il était venu chercher Harry. Il expliqua que Harry était un sorcier, qu’une école l’attendait pour apprendre à utiliser la magie. Vernon s’y était farouchement opposé, comme il fallait s’y attendre.

La magie n’existait pas et il n’allait sans doute pas laisser partir son neveu là-bas, même s’il le détestait, de peur qu’on le sache. Mais le géant semblait très sérieux et menaça plusieurs fois Vernon. Dudley se cachait derrière ses parents. C’est alors que Pétunia avait dit que sa sœur était une sorcière. Dudley découvrit alors que les parents de Harry n’étaient pas morts dans un accident de voiture, comme on le lui avait toujours dit, mais qu’ils avaient été assassinés. Harry lui-même sembla l’apprendre.

Hagride expliqua alors toute l’histoire – Dudley profitant pour découvrir qu’il existait tout un monde parallèle, rempli de sorcier – qui s’avéra bien sombre. Puis Vernon dit quelque chose qui énerva le géant. Un instant plus tard, Dudley vit un éclair violet puis senti quelque chose pousser en bas de son dos. Il se retourna et découvrit, horrifié, une queue en tire-bouchon. Dudley, suivi de ses parents, s’était enfui.

Le lendemain matin, le géant et Harry avaient disparu. Vernon attendit sur le bord de l’île qu’un bateau de pêche passe à proximité pour les ramener à terre. Harry était rentré dans la soirée, les bras chargés de chaudrons, de parchemins, d’araignées séchées et même d’une baguette magique, l’un des grands rêves de Dudley.

Commença alors un mois d’Août étrange. Dudley, qui jalousait secrètement Harry de pouvoir faire de la magie, en avait cependant une peur bleue à chaque fois qu’il se trouvait dans la même pièce que lui. Il avait bien trop peur que son cousin ne se venge de ces dix années de « torture » en le transformant en crapaud baveux. Mais visiblement, Harry n’était pas rancunier et n’usa pas de la magie.

Cependant, Dudley ne fit rien pour le provoquer. Il passa le mois d’Août seul, enfermé chez lui, bien trop terrifié et honteux de sortir avec sa queue en tir bouchon. Il répondit à ses amis qu’il était très malade et très contagieux. Il leur promit de les revoir peu de temps avant la rentrée. Et cette rentrée approchait.

 

C’est ainsi que Dudley se réveilla se lundi de début septembre. Ses parents devaient l’amener à une clinique privée du centre de Londres afin de lui retirer cette affreuse queue en tir bouchon. Cependant, ils devraient au préalable déposer Harry à King’s Cross – cela avait été l’objet d’une blague de Vernon durant tout le repas – ce qui impliquait que Dudley allait devoir passer un certain moment dans la voiture avec Harry.

« Il n’y a aucun risque, Dudleynouchet, répéta sa mère quelques minutes plus tard alors que tous s’apprêtaient à partir. Tu ne seras à côté de lui que quelques minutes. Il ne peut rien t’arriver d’ici là.

─ Mais je veux pas ! C’est un sorcier…

─ Moins fort ! siffla Vernon.

─ Et il a une baguette magique ! Je veux pas finir en crapaud.

─ Tu ne finiras pas en crapaud parce qu’il ne sait pas encore faire de la magie, raisonna Pétunia. S’il va à… cette école, c’est pour apprendre à en faire. Mais pour le moment, tu ne crains rien. »

Après un long moment d’hésitation, Dudley se décida à entrer dans la voiture. Il s’assit un peu sur le côté, pour éviter que son excroissance ne le dérange durant le voyage. Il regardait Harry avec une peur profonde, tremblant comme une feuille. Son cousin se contentait de regarder le paysage de Londres.

Vernon les conduisit jusqu’à la gare King’s Cross sans le moindre mot, contrairement à son habitude. Il regardait furtivement de tous les côtés, terrorisé à l’idée de croiser un sorcier reconnaissant Harry, ou tout simplement par l’idée qu’un conducteur remarque la chouette posée sur la banquette arrière. Celle-ci dormait profondément pour le moment. Vernon gara sa voiture et poussa le chariot sur lequel était posée la malle de Harry. Dudley se dandina derrière sa mère, remontant sans cesse son pantalon de peur que celui-ci ne tombe.

Le père de Dudley s’arrêta entre deux quais, parla à Harry puis le laissa seul, à moitié hilare. Harry leur jeta un dernier regard, passablement inquiet, avant qu’il ne disparaisse de leur champ de vision. Dudley, désormais seul, se tranquillisa.

 

Vernon redémarra et s’inséra dans la circulation. Il prit la direction de Hyde Park jusqu’à arriver devant une clinique d’aspect moderne. Il gara sa voiture dans le parking. Après s’être assuré que personne ne l’observait, Dudley descendit à son tour. Sa mère le tint fermement tandis que son père ouvrît la marche. Ils entrèrent dans un vaste hall, dans lequel se trouvait un comptoir.

L’espace le séparant de l’entrée était totalement vide, et des sièges d’attentes étaient disposés sur les côtés. On distinguait des portes derrière le comptoir, menant sans doute à d’autres ailes de l’hôpital. Un ascenseur se trouvait dans un coin, tandis que les escaliers se trouvaient à l’opposé.

Vernon s’avança d’un pas décidé vers l’infermière à l’accueil, sa femme et son fils légèrement en retrait.

« Bonjour, commença-t-il d’un ton aimable mais autoritaire. Je suis Vernon Dursley. J’ai pris rendez-vous avec le docteur Frank Plumpton pour mon fils, Dudley.

─ Mr Dursley, fit l’infermière d’une voix criarde. Oui, le Docteur Plumpton vous a noté pour onze heures et demie. Vous pouvez le rejoindre dans son bureau, au deuxième étage.

─ Merci. »

Vernon se retourna et prit la direction de l’ascenseur. L’infirmière suivit Dudley du regard, intrigué par sa démarche étrange. Celui-ci commença à rougir fortement.

Ne me regarde pas, ne me regarde pas, pensa-t-il. Arrête de m’observer comme un animal dans un zoo !

L’ascenseur salvateur arriva enfin. Les trois Dursley entrèrent et pétunia se chargea d’appuyer sur le bouton. L’atmosphère, jusqu’alors calme et sereine en apparence, devint immédiatement tendu et lourde. Dudley savait ce que ses parents se demandaient : comment expliquer cela à un docteur ? Ils ouvrirent la porte du bureau deux minutes plus tard.

« Mr Dursley ! » s’exclama le docteur d’un ton jovial.

C’était un homme de grande taille et de forte stature. Il avait dû être un athlète dans sa jeunesse. Il était désormais bien plus âgé que Vernon et Pétunia, ses cheveux gris s’éclaircissant sur le sommet de son crâne. Il portait une paire de lunettes, ayant pour étrange effet de focaliser l’éclat de ses yeux bleus électriques.

« Bonjour Docteur Plumpton.

─ Vous m’aviez parlé de votre fils, Dudley, qui avait un problème. Mais apparemment, votre enfant, à part un léger surpoids – Pétunia tiqua – ne souffre de rien qui soit dommageable. Je ne comprends pas tout ce secret que vous entreteniez autour de ce « problème ».

─ Il s’agit d’une… excroissance, expliqua Vernon. Et celle-ci est très dérangeante pour mon fils. Montre-lui Dudley ! »

Dudley regarda son père, terrorisé. Il n’avait nulle envie de montrer son postérieur à un parfait inconnu, le nombre de diplômes sur le mur ne changerait rien. Dudley ne bougea pas. Sa mère se mit à genoux et commença à le raisonner, mais Dudley ne broncha pas. Le docteur lui fit un regard compatissant, mais cela ne changea rien.

« Bon, comme tu ne veux pas le faire, je vais le faire ! » s’exclama Vernon.

Il s’approcha de son fils et avant que ce-dernier n’ait pu faire quoi que ce soit, Vernon lui baissa son pantalon, révélant ses cuisses dodues, son postérieur proéminent difficilement dissimulé par un caleçon, à travers duquel perçait une petite queue en tir bouchon.

Le docteur n’eut aucune réaction. Il se contenta de regarder la queue puis hocha lentement la tête. Il ferma les yeux quelques instants, réajusta ses lunettes puis se leva. Il fit allonger Dudley à plat ventre et ausculta rapidement le jeune homme. Puis il se retourna vers ses parents. Il avait un air grave.

« Mr et Mrs Dursley, je vais vous demander de sortir et de m’attendre dans le hall d’entrée. Je ne sais pas comment cela a pu arriver, et je ne veux pas le savoir, » continua-t-il en voyant Pétunia ouvrir la bouche. « Ceci va demander une opération chirurgicale. Votre fils va devoir être sous anesthésie. Rassurez-vous, c’est sans danger. Votre fils a-t-il une allergie quelconque ?

─ Non, répondit Pétunia.

─ Bien. Si vous voulez bien nous excuser. »

Il congédia les parents de Dursley, qui sortirent à contre cœur. Puis il ferma la porte et se retourna vers Dudley. Il lui donna un pyjama d’hôpital à enfiler, ce que Dudley fit sans rechigner. Puis, le docteur Plumpton l’allongea sur un brancard que Dudley n’avait pas vu auparavant. Le docteur le fit sortir et lui fit traverser de nombreux couloirs jusqu’à arriver dans une salle ou d’autres patients dormaient paisiblement.

« Dudley, je vais te faire respirer un gaz anesthésiant. C’est indolore, mais je peux le faire parfumer. As-tu un goût de préférence : fraise, vanille, pomme ?

─ Euh… vanille s’il vous plait.

─ Tu vas respirer normalement à travers ce masque. Puis je vais compter jusqu’à dix et tu dormiras. À ton réveil, je t’aurai retiré cette queue en tir bouchon.

─ D’accord, fit Dudley d’une voix mal assurée tandis que le docteur lui colla un masque sur le visage.

─ Un, deux, trois, quatre… »

Et Dudley sombra. Son sommeil fut peuplé de rêve étrange, sans aucune forme particulière, comme s’ils étaient masquaient par un épais brouillard. Puis aussi soudainement qu’il s’était endormi, il se senti émerger. Il entendait des bruits autour de lui. La voix de sa mère. Il essaya de bouger, d’ouvrir les yeux, mais il était encore trop fatigué pour cela.

« Ne te précipite pas, fit la voix du docteur. Réveille-toi lentement, à ton rythme. Tu risques d’être un peu vaseux, mais ce n’est pas grave. Tu veux boire ou manger quelque chose ? »

Dudley ouvrit lentement les yeux et vit le docteur Plumpton penché sur lui, vérifiant qu’il allait bien, sa mère, le visage humide et son père, le regard soulagé. Il hocha légèrement la tête et le docteur disparut. Il revint quelques secondes plus tard avec un jus de fruit et une barre de céréales. Dudley croqua sa barre tandis que son père regardait le docteur.

« L’opération a-t-elle réussi ?

─ Un véritable succès. Il pourra de nouveau jouer avec ses amis dès demain. Je préconise seulement du repos pour se remettre de l’anesthésie.

─ Combien nous devons-vous ?

─ L’accueil s’occupera de tout.

─ Et pour… votre discrétion ? demanda Vernon.

─ Soyez sans craintes à ce sujet. J’ai fait en sorte que cela passe pour un mélanome qui a dégénéré. Vous n’aurez aucun problème. Considérez que c’est de l’histoire ancienne. Une fois que Dudley aura fini de manger, vous pourrez partir.

─ Merci beaucoup. »

Le docteur sourit puis laissa la famille seule. Dudley termina sa barre et commença à se rhabiller. C’est alors qu’il constata que sa queue en tir bouchon avait totalement disparut, sans la moindre trace. Sa vie s’éclaira soudainement, heureux de voir disparaître cette monstruosité. La magie le faisait rêver, mais elle était dangereuse.

« Étrange quand même que cette opération n’ait duré que cinq minutes, » déclara Pétunia.

 

End Notes:

Et voilà, c'est fini ! J'espère que ça vous a plut. Je me suis inspiré d'une de mes opérations pour écrire ce chapitre. Si vous cherchez bien, vous pourrez trouver l'origine du nom du Chirurgien. J'en profite pour vous souhaiter à tous une bonne année. Je vous donne rendez-vous dans 2 semaines la suite (les examens, c'est tuant). Bonne fin de vacances à tous et bonne rentrée !

1er Novembre 1994 : La visite by AlbusDumbledore
Author's Notes:

Salut à tous ! Fin des exams donc voici le nouveau chapitre de ce biopic. Petit saut dans le temps pour arriver à cette année fatidique. Quel peut bien être l'objet de cette visite ? Je vous laisse le découvrir et je vous souhaite une bonne lecture.

1er Novembre 1994

La visite

 

 

 

 

 

Dudley dormait paisiblement dans son lit, attendant que sa mère ne vienne lui annoncer le déjeuner. Il était rentré deux jours auparavant pour la semaine de vacances qu’offrait Smeltings pour la semaine d’Halloween. Il se trouvait à présent en dixième année, et il avait de plus en plus de mal à trouver un intérêt quelconque aux cours.

Le régime drastique de sa mère durant l’été avait à peine satisfait l’infermière de l’école qui avait simplement trouvé admirable que Dudley n’ait pas pris de poids durant les vacances. Elle-même avait trouvé un régime adapté, ainsi qu’un programme diététique. Et celui-ci résidait en un point essentiel : le sport.

Dudley avait toujours détesté faire du sport parce que son corps l’en empêchait, mais aussi parce qu’il se montrait rapidement trop violent. Le professeur de sport de Smeltings avait eu la brillante idée de canaliser cette violence dans un sport parfaitement adapté au physique de Dudley : la boxe. Dudley s’était montré réticent au début, mais ça avait été de la mauvaise foi.

Bien sûr qu’il aimait taper sur les gens, il trouvait ça amusant quand il était plus jeune. Harry en avait d’ailleurs fait plusieurs fois les frais. Mais à chaque fois, il y avait eu Piers pour tenir ses victimes. Là, le professeur lui avait proposé de se mesurer à d’autres dans un environnement encadré, et sans aide.

Dudley avait eu peur. Il avait pensé qu’il ne pourrait pas réussir, qu’il était trop mauvais. Il était persuadé d’avoir l’aide des autres. Il savait que sans ses amis, il n’était rien. Il savait que seul, il ne pourrait pas réussir. Il en avait parlé à ses parents – il fallait leur autorisation – et son père avait immédiatement approuvé l’idée, qualifiant même la boxe de « sport noble ».

Dudley avait donc commencé à prendre des cours. Il avait débuté en frappant sur un sac. Son professeur lui avait corrigé ses défauts, lui avait expliqué comment frapper sans se faire mal, comment donner de la puissance, les endroits à viser selon si on voulait sonner une personne ou simplement la repousser.

Au début du mois d’octobre, Dudley avait commencé des combats contre d’autres élèves. Sa graisse avait fortement diminué durant ses entraînements, ce qui l’avait rendu plus mobile. Mais pas encore assez efficace. Ce ne fut que lors de la dernière séance avant les vacances, que Dudley remporta son premier combat. Il avait réussi à mettre KO son adversaire d’un violent uppercut.

Fier de sa victoire, Dudley avait gagné une confiance en lui-même qu’il n’avait jamais eu. Il avait suivi l’idée de son entraîneur et s’était inscrit pour le tournoi annuel. Il avait demandé une licence et désormais, il n’aurait non plus deux mais quatre entraînements par semaine. Sa mère avait été fière de lui et son père lui avait offert des gants de boxe.

Dudley était rentré chez lui pour les vacances et avait repoussé l’invitation de Piers pour Halloween et avait préféré rester seul dans sa chambre, sur son ordinateur. Il était resté des heures devant son écran, sans savoir quoi faire. Puis, lentement, il avait ouvert un fichier texte et avait écrit deux mots :

 

Journal Intime

 

Cependant, ces mots lui avaient immédiatement parus ridicules et il avait fermé sa fenêtre. Il s’était mis en pyjama et s’était jeté sur son lit, qui avait émis un grincement bruyant.

À son réveil, Dudley avait complétement oublié ce qu’il avait fait la veille au soir. Sa mère vint frapper à la porte pour l’inviter à prendre son petit-déjeuner. Cette fois-ci, il eut droit à une salade de fruit à base de pomme, de poire et de kiwis. Il engloutit sa coupelle en trois gorgées. Puis, il se leva et s’installa devant la télévision. Il l’avait branchée sur la chaîne de sport, à la recherche d’une chaîne diffusant de la boxe – son entraîneur lui avait conseillé d’apprendre directement auprès des meilleurs. Son père s’apprêtait à partir travailler lorsque la sonnette se fit entendre.

Toute activité se suspendit dans le salon du 4, Privet Drive.

Vernon fut le plus rapide à réagir, et il s’approcha de la porte. Dudley se leva à son tour et vint se placer derrière sa  mère, qui se tenait en retrait par rapport à son mari. Qui pouvait donc bien venir les voir le matin du 1er Novembre ? La poste ne fonctionnait pas ce jour-là, aucun des Dursley n’attendait de la visite et les voisins savaient pertinemment qu’il fallait à tout prix éviter de les déranger.

La sonnette se fit de nouveau entendre, plus impatiente. Dudley vit son père se rapprocher d’une fenêtre pour regarder à l’extérieur. Puis il recula et alla ouvrir la porte. Un homme avec une moustache foisonnante se tenait sur le perron. Il portait un impeccable costume noir et portait une mallette en cuir. Ses cheveux était séparés par une raie qui semblait surnaturelle tellement elle était nette. On aurait dit un banquier. La seule fausse note à ce tableau était le visage livide de l’homme, et les cernes clairement visible sous ses yeux. Soit il était grandement malade, soit il travaillait beaucoup trop.

« Bonjour, commença Vernon. Qui êtes-vous ?

─ Bonjour Mr Dursley. Je me présente : je m’appelle Bartemius Croupton et je travaille pour le Foreign Office et j’ai besoin de vous parler. Cela relève de la plus haute importance.

─ En quoi le Bureau des Affaires étrangères a-t-il besoin de me parler ? C’est en rapport avec Grunnings ? Notre accord avec le Brésil pose problème ?

─ C’est exact, répondit Mr Croupton. Nous avons noté des irrégularités dans le contrat et je souhaiterais en discuter avec vous.

─ D’accord, » céda Vernon après avoir jaugé du regard son interlocuteur. « Mais pourquoi ne pas avoir envoyé une lettre pour prévenir votre arrivée ? Ou pourquoi ne pas être venu directement à mon bureau. Nous aurions été bien plus à l’aise.

─ Mr Dursley, si je me permets de vous déranger à votre domicile, c’est parce que je juge que notre conversation doit se tenir hors des murs de votre entreprise. Ce sont des mesures de sécurité, et il serait dommage que des oreilles indiscrètes entendent ce que j’ai à dire.

─ Très bien. Si vous le dites, répondit Vernon après un moment d’hésitation. Entrez. »

Il se recula et laissa entrer l’envoyé du Foreign Office. Celui-ci entra après avoir remercié d’un signe de tête Vernon. Celui-ci ferma la porte derrière le diplomate et l’invita à entrer dans le salon. Celui-ci avait été réhabilité depuis le départ de Harry, l’été dernier. Dudley se souvenait plus que trop bien du départ de son cousin.

Le père et les frères de son meilleurs amis étaient venus le chercher deux semaine avant la rentrée pour l’emmener à une Coupe du Monde – mais Dudley s’était renseigné, il n’y avait aucune Coupe de Monde prévue cet été là, celle de foot ayant pris fin plus d’un mois auparavant – et le garder le reste des vacances. L’arrivée de cette bande de rouquin s’était soldée par la dévastation totale du salon, avant qu’un des jumeaux ne fasse tomber des dragées ayant la capacité d’agrandir la langue jusqu’à l’étouffement.

Le père avait réussi à résoudre le problème et à remettre en état le salon d’un coup de baguette, mais Dudley et ses parents avaient été terriblement choqués. Depuis, aucun indice ne laissait supposé que le salon avait été le théâtre d’une apocalypse miniature.

« Je vous propose une tasse de thé, Mr Croupton, proposa Vernon.

─ Je vous remercie, mais je ne voudrais pas vous importuner plus que nécessaire.

─ Je peux donc renvoyer ma femme et mon fils ?

─ Ce ne sera pas nécessaire. Il vaut mieux qu’ils restent là. Ce que j’ai à dire les concerne également. En particulier votre charmante épouse.

─ J’avoue ne pas bien comprendre. En quoi Pétunia ou Dudley peuvent-ils avoir un lien avec le contrat que j’ai signé avec le consul du Brésil ?

─ Parce que ce que j’ai à vous dire ne concerne en rien votre entreprise, ni son éventuel contrat avec le Brésil, révéla Mr Croupton. Je suis le Directeur du Département de la Coopération Magique Internationale et je viens vous parler de votre neveu, Harry Potter. »

La déclaration du vieil homme laissa planer le silence le plus long et le plus lourd qu’il n’ait jamais été donné d’exister au 4, Privet Drive. Le diplomate avait dit ça d’un ton détaché, comme s’il s’agissait d’une simple formalité. Mais la réaction des Dursley avait été totalement différente : Dudley avait ouvert la bouche d’un air ahuri, Pétunia avait cessé le moindre mouvement, comme si elle avait été pétrifiée, et Vernon était tout simplement passé par l’ensemble des teintes : blanc, violacée, vert puis rouge. Voyant que sa déclaration n’entraînait pas la moindre réaction, Mr Croupton continua.

« Si je viens ici, c’est pour vous parler d’un évènement que le Département des Sports Magiques, ainsi que le mien, a essayé de mettre en place cette année. En effet, avec l’aide de nos homologues français et scandinaves, nous avons opté pour réinstaurer le Tournoi des Trois Sorciers.

« Il s’agit d’un tournoi constitué trois tâches à caractère magique visant à mettre à l’épreuve les capacités de trois sorciers choisis par la Coupe de feu. Un par écoles. Cette année, le Tournoi devait se dérouler à Poudlard. Nous avons également changé les règles afin que seuls les élèves majeurs puissent concourir.

« Cependant, nous avons rencontré un problème lors du choix des participants…

─ Un problème dites-vous ? » réussit à articuler Vernon, dont l’une des tempes commençait à battre furieusement sur son front. « Un problème ? ET EN QUOI CE PROBLÈME NOUS CONCERNE-T-IL ? » rugit-il alors, faisant sursauter tout le monde. « COMMENT OSEZ-VOUS VENIR NOUS IMPORTUNER ALORS QUE NOUS N’AVONS AUCUNEMENT BESOIN DE VOTRE AIDE ! VOTRE PROBLÈME NE NOUS CONCERNE PAS ! RETOURNEZ DANS VOTRE MONDE AVEC VOTRE TAPIS MAGIQUE AVANT QUE JE NE LE FASSE MOI-MEME AVEC MON PIED ! DEHORS !

SILENCIO ! » hurla alors Mr Croupton en levant sa baguette magique. « Je ne tolérerai pas qu’on me parle sur ce ton, même s’il s’agit de votre toit. »

L’effet fut immédiat. Vernon essaya d’hurler à plein poumons, mais aucun son ne sortit de sa bouche grande ouverte. Dudley s’éloigna le plus loin possible de la baguette magique de l’homme, et tomba de sa chaise. Pétunia avait mis les mains devant sa bouche pour étouffer son cri de terreur. Vernon, voyant qu’il était devenu aphone, se mettait à gesticuler, n’hésitant pas à faire des gestes obscènes.

« Je ne suis pas venu ici pour déclarer une guerre, Mr Dursley. Je viens vous parler de votre neveu. Et même si j’ai cru comprendre que vous ne le portez pas dans son cœur, le règlement m’oblige à vous prévenir.

─ Que… que s’est-il passé ? demanda Pétunia d’une voix tremblante.

─ La Coupe de Feu a, pour la première fois, choisit un quatrième champion. Nous ne savons pas comment cela a pu se produire, mais il s’agit sans nul doute d’un sortilège très puissant. Votre neveu a été sélectionné comme deuxième champion de Poudlard.

─ Et alors ? demanda-t-elle avec dédain.

─ Potter est désormais lié par un contrat magique qui lui empêche de refuser de participer à ce Tournoi. Je suis donc venu ici pour vous…

─ Et bien qu’il y participe ! Je vous la donne mon autorisation ! Et maintenant, veuillez quitter notre maison, s’il vous plait, et lever ce sortilège à mon mari !

─ Je n’ai pas besoin de votre autorisation, Mrs Dursley. Je vous ai déjà dit que Potter était obligé d’y participer. Si je suis venu, c’est pour vous prévenir de ce qui l’attend. Votre neveu va risquer sa vie au cours des trois tâches. Il devra affronter des dragons, des êtres de l’eau et de nombreuses créatures dangereuses…

─ Des… des dragons ? répéta Dudley d’une voix tremblante.

─ Oui, confirma Mr Croupton. Il y a aussi un Sphinx que nous faisons venir tout droit d’Égypte, et nous utiliserons sans doute des Acromentules vivant dans la Forêt Interdite. »

Un nouveau silence suivit les révélations du sorcier, tandis que Vernon s’agitait toujours autant sur sa chaise. Dudley tremblait comme une feuille.

Même si son cousin n’était pas haut dans son cœur, il restait son cousin et il n’avait pas très envie de le voir combattre des dragons et autres acrotrucchose. Il jeta un coup d’œil à sa mère et visiblement, elle avait le même avis que lui. Son père se calma et alors le sorcier leva de nouveau sa baguette.

Vernon put à nouveau parler, mais il ne vociféré plus. Visiblement, il avait trop forcé alors qu’il était muet. Il reprit son souffle avant de tourner un regard haineux à Mr Croupton.

« Bien, vous nous avez dit l’objet de votre visite. Qu’attendez-vous de nous ?

─ Rien du tout, répondit Mr Croupton. Je suis venu ici simplement pour vous prévenir au cas où votre neveu périrait dans l’un des tâches.

─ Bon débarras ! s’exclama Vernon.

─ Vernon ! s’indigna Pétunia.

─ Qu’y a-t-il Pétunia ? N’es-tu pas du même avis ? Si Harry a décidé de participer à ce Tournoi Stupide, et bien qu’il y participe !

─ Oui… mais… tu ne peux pas dire de telles choses devant… devant des gens comme eux.

─ Peu importe ! Harry a pris cette décision. S’il meurt, tant pis pour lui. Mais qu’on ne compte pas sur moi pour le pleurer ! Il suivra le chemin de ses parents : trop stupides pour…

Expulso ! » s’exclama Mr Croupton.

Vernon fut alors propulsé à travers le salon et fut projeté contre le mur. Il tomba lourdement sur le sol, dans un hurlement de douleur. Il se releva, le bras menaçant, mais il le rabaissa bien vite lorsqu’il vit la baguette pointée vers lui.

« Je ne tolèrerai pas qu’on salisse la mémoire de Lily et James Potter ! Ces deux sorciers ont combattu jusqu’au bout les Ténèbres avec un courage qui dépasse de très loin ce qu’on était en droit d’attendre de leur part. Ils ont donné leurs vies pour sauver leur fils. Ils valent bien mieux que vous tous réunis.

─ C’est à trop vouloir mettre leurs nez dans ses affaires qu’ils sont morts ! cracha Vernon. Et leur fils suit le même chemin : vouloir attirer l’attention sur lui, vouloir jouer les héros ! Si vous n’attendez rien de nous, sortez d’ici immédiatement ! Je ne veux plus jamais vous voir dans ma maison, je ne veux plus jamais entendre parler de vous. »

Mr Croupton resta immobile un instant avant de ramasser sa mallette. Il rangea sa baguette dans une poche de sa veste puis prit la direction de la porte. Les Dursley le suivirent à bonne distance. Le sorcier ouvrit la porte et resta un instant immobile sur le pas de la porte. Il jeta un dernier regard aux Dursley.

« Potter aurait été bien mieux accueilli dans l’une des familles de sorciers qu’ici…

─ Et bien prenez-le ! s’exclama Vernon. On vous le donne si vous y tenez temps !

─ Mais Dumbledore a insisté pour qu’il soit élevé ici, » continua le sorcier sans se soucier de l’interruption de Vernon, « loin de son monde. Je me demande quelle folie lui a pris. J’espère simplement qu’il ne s’est pas trompé en vous choisissant. »

Et avant que Vernon n’ait pu ajouter quoi que ce soit, le sorcier se volatilisa. Vernon se précipita au dehors, soudain paniqué, mais l’homme avait disparu. Il regarda tout autour de lui, scrutant chez ses voisins. Mais apparemment aucun d’eux n’avait quoi que ce soit. Vernon se calma lentement et ferma la porte. Il se tourna vers sa femme et Dudley.

Celui-ci était terrorisé. Il n’avait jamais vu son père aussi furieux, aussi haineux envers Harry. Il jeta un coup d’œil à sa mère et vit qu’elle aussi était terrorisé par l’état de son mari. Ils restèrent tout deux immobiles au milieu du hall d’entrée, à regarder Vernon prendre ses affaires. Il attrapa sa serviette, les clés de sa voiture puis prit sa veste. Il ouvrit la porte avant de se retourner.

« Ce qu’il vient de se passer dans cette maison, n’a jamais eu lieu ? Est-ce clair. »

Pétunia émit un léger murmure que même Dudley ne perçût pas.

« Pétunia, est-ce clair ? répéta-t-il d’un ton pesant.

─ O… oui, répondit-elle, le visage de marbre.

─ Et toi Dudley ?

─ Oui… papa.

─ Bien. À ce soir. »

Il ferma la porte. Pétunia alla dans le salon et ouvrit les rideaux. Elle regarda son mari démarrer la voiture puis la sortir de l’allée. Lorsqu’elle vit le coffre étincelant disparaître au coin de la rue, elle s’effondra en larmes sur le fauteuil le plus proche. Dudley resta immobile, stupéfait de voir sa mère dans un tel état.

Puis lentement, il monta les escaliers menant à l’étage, entra dans sa chambre et s’allongea sur son lit. Il ne savait pas pourquoi, mais il sentit un boule au creux de son estomac, une boule qui ne cherchait qu’à exprimer sa colère.

 

End Notes:

Et voilà, c'est déjà fini. C'est la première fois que j'utilise Croupton (d'un côté, on le voit pas beaucoup me direz-vous). Je me suis toujours demandé si les Dursley avaient été mis au courant sur le Tournoi des Trois sorciers, et je me plais à croire que oui. Au départ, ça ne devait être qu'une simple lettre du ministère. Mais après relecture du passage de la Coupe du Monde de Quidditch, je me devais d'en profiter pour faire une confrontation Vernon/Croupton ! J'espère en tout cas que ça vous a plu. Si vous avez un avis, faites-le moi savoir. Sinon, je vous donne rendez-vous à la semaine prochaine pour le cinquième chapitre !

12 Mai 1995 : La victoire by AlbusDumbledore
Author's Notes:

Salut à tous, voici donc le 5ème chapitre de ce biopic. Nous faisons un nouveau saut dans le temps (quelques mois, tout est relatif) pour arriver lors de cette journée qui, pour moi, marquera un tournant dans la vie de Dudley. On en a entendu parler, mais comment s'est-elle déroulée ? Ce chapitre est un poil plus violent que les autres. Il m'a demandé beaucoup de recherche et j'utilise de nombreux termes techniques. Si vous avez besoin d'éclaircissements, prévenez-moi. En attendant, bonne lecture à tous !

12 Mai 1995

La victoire

 

 

 

 

 

Dudley était stressé. Le trac parcourait la moindre cellule de son corps. Son cœur battait la chamade et sa respiration était à peine perceptible. Il avait même l’impression de faire de l’apnée par moment. Il était assis dans le vestiaire – ses jambes tremblant trop pour le maintenir debout – seul.

Son entraîneur, Paul Simmons, avait insisté pour que Dudley reste ainsi quelques instants, pour qu’il ne perde pas sa concentration. Ca n’avait pas été facile de faire sortir sa mère, mais son père y était finalement arrivé. Pétunia était sortie le visage couvert de larmes de fierté. Avant de sortir à son tour, Vernon avait regardé son fils droit dans les yeux et avait déclaré solennellement :

« Je suis fier de toi, mon fils. »

Dudley n’avait su répondre devant cette franchise et s’était contenté d’hocher la tête. Lui aussi était fier de lui. Il avait montré qu’il n’était autre chose qu’une brute épaisse sans talent, qui avait besoin de ses amis. Il était maintenant finaliste du Championnat inter-collège du Sud-Est.

Dudley avait changé au cours de l’année. Ses entraînements et ses combats à répétitions l’avaient aminci, ou du moins allégé. Il concourrait dans la catégorie des poids lourds et Mr Simmons espérait le voir passé chez les lourds-légers dans le courant de l’année prochaine. Dudley avait remporté tous ces combats officiels. Cependant, autant ses adversaires avaient eu la même morphologie que lui – Mr Simmons avait su comment s’arranger jusqu’aux huitièmes des finales – autant son adversaire du moment était un géant.

Edward Davis avait seize ans, mesurait près de deux mètres et pesait plus de cent vingt kilos. Déjà triple champion et tenant du titre, il avait littéralement écrasé ses adversaires – l’un d’eux avait fini à l’hôpital avec une jambe aussi plate qu’une feuille de papier – sans le moindre effort. Son palmarès comportait également un titre national et un podium européen. Il était en lice pour les championnats du monde junior l’année suivante.

Mais Dudley était confiant. Il savait qu’il pouvait y arriver. Il avait une confiance de soi immense, acquise au cours de ses victoires. Depuis le début de l’année, il avait ainsi participé à dix-sept combats officiels et en avait gagné autant, sans pour autant mettre un KO. Mais comme lui avait dit Mr Simmons, seule la victoire est importante. Dudley avait beaucoup de respect pour son entraîneur, même s’il ne lui disait pas tout et ne suivait pas strictement ses conseils.

Son alimentation, loin d’être aussi équilibrée que devait l’être celle d’un sportif, se rapprochait plutôt du régime de l’adolescent moyen. Dudley ne mangeait que très rarement à la cafétéria de Smeltings, préférant sortit le soir avec ses amis pour aller dans un fast-food s’empiffrer d’hamburgers plus gros les uns que les autres. Puis, ils vagabondaient dans le campus de l’école, fumant des cigarettes ou des joints, selon leur approvisionnement hebdomadaire.

Dudley savait que cela ne l’aidait pas à être dans une parfaite condition physique, mais il savait qu’il possédait les capacités de réussir. Après tout, n’était-il pas arrivé jusqu’ici ?

 

Son entraîneur entra alors dans le vestiaire, le visage resplendissant. Mr Simmons était proche de la quarantaine. Il était petit et trapus, ses larges épaules musculeuse étaient les seules témoins de son passé sportif. Ses yeux étaient vifs et perçants, et son visage était dur. Cela contrastait avec son humeur joviale habituelle : Mr Simmons n’hésitait pas à plaisanter lors des entraînements, faisant parfois des farces qui les raccourcissaient de plusieurs minutes. Mais il savait également se montrer strict et intransigeant envers ses élèves.

C’était un ancien boxeur qui avait été champion régional dans sa jeunesse. Malheureusement, un accident de voiture – un chauffard ivre lui était rentré dedans sur une nationale – lui avait bousillé les ligaments croisés et une partie du tibia de sa jambe droite, condamnant sa prometteuse carrière. Il n’avait cependant pas abandonné la boxe et était devenu entraîneur à Smeltings.

« Prêt Dudley ? demanda-t-il de son ton habituel.

─ Oui, je pense.

─ C’est le grand moment ! Tes parents sont intenables, on n’entend qu’eux dans les tribunes. Tu sais ce que tu as à faire ?

─ Oui, répondit Dudley.

─ Gauche, droite, gauche, droite, visage…C’est facile ! N’oublie pas d’être incisif en permanence. Si tu le laisses t’attaquer, c’est fichu ! On range les gants et on rentre la queue entre les jambes. Bouge sans arrêt ! Déplace-toi, n’arrête pas ! Il se fatiguera, tu l’useras.

─ Et s’il me contre ?

─ Qu’est-ce que je t’ai appris ?

─ Vigilance constante.

─ Exactement ! Ne lui laisse pas l’occasion de te toucher. Anticipe ses mouvements ! Et tiens bien ta garde à chaque fois que tu te déplaces. C’est comme ça que tu as failli perdre le précédent combat.

─ Et s’il tient bon ? Il a quand même attendu le septième rond avant de mettre K.O. Walters en un coup, lors des demi-finales.

─ N’attends pas ! trancha Mr Simmons. Tu tapes pour frapper. Porte des coups puissants dans les zones sensibles. Tu frappes pour porter des coups gagnants, pas le chatouiller ! Sa mère s’en occupera après !

─ Il me domine d’au moins une tête !

─ Rocky aussi faisait une tête de moins ! Et pourtant, il a gagné !

─ C’est Rocky, fit remarquer Dudley.

─ Et toi tu es qui ? » demanda Mr Simmons sans saisir l’ironie de Dudley. « Casper ? Tu es Dudley Dursley, le futur Mohammed Ali ! Alors prends tes gants et va sur le ring ! Montre lui n’est pas rempli que de Bambi ! »

Dudley hocha de la tête en signe d’approbation. Il allait lui montrer. Il allait lui faire mordre la poussière comme personne n’avait réussi jusqu’alors. Il enfila le peignoir rouge qu’on lui avait attribué, aux couleurs de l’école, puis enfila sa paire de gants. Puis il frappa des points, sautillant un peu, avant de sortir du vestiaire, suivit de près par Mr Simmons. Il entendait l’acclamation de la foule qui s’approchait, la pression montait de plus en plus, mais il était serein.

Lorsqu’il arriva dans la salle, celle-ci était noire  de monde. Son adversaire arriva quelques instants plus tard, sous un tonnerre d’applaudissement. Il leva les bras pour saluer la foule, sautant sur place. Le speaker pris alors son micro et commença :

« Bonsoir à tous Mesdames et Messieurs ! Bienvenue pour cette finale du championnat inter-collèges du Sud-Est ! Cette année, nous allons voir s’affronter le champion en titre, Edward Davis, vainqueur de quarante-et-un combats dont trente-cinq K.O. ; et le tout jeune Dudley Dursley, dix-sept victoires, aucune par K.O., et dont c’est le premier championnat… »

Davis jeta un regard à Dudley, comme s’il s’agissait d’un misérable microbe qu’il allait écraser vite fait bien fait. Tout le stress de Dudley disparut dans l’instant qui suivit, tandis que le speaker continuait de faire les louanges de Davis. Dudley regardait à présent le ring, quelques mètres plus loin. Il avança entre les rangées de spectateurs, qui hurlaient plus fort les uns que les autres.

Il alla prendre position dans son coin et monta sur le ring. La lumière était si éblouissante qu’il ne voyait plus les gradins. L’arbitre, un homme svelte au crâne rasé, se tenait déjà au milieu et invita les deux combattants à venir au centre. Il leva le bras et Dudley entendit alors la cloche indiquant le début du combat.

 

Davis adopta immédiatement une garde droite, ses deux mains encadrant sa tête. Dudley resta en garde mixte, le bras gauche le long du corps. Il tourna autour de son adversaire quelques secondes. Celui-ci lança un direct du droit, puis du gauche, mais Dudley les évita en reculant. Il continua de sautiller autour de son adversaire avant de lancer un crochet. Son adversaire l’esquiva et lança alors bolo-punch sur le flanc gauche de Dudley.

Celui-ci réussit à éviter le coup de justesse et commença alors à frapper des deux côté de son adversaire à une vitesse fulgurante. Cependant, la garde de Davis lui permit de parer tous les coups. Il ne vit cependant pas venir le premier uppercut de Dudley, qui l’envoya reculer quelques mètres en arrière.

Il baissa les bras et tourna la tête pour se remettre du coup avant de reprendre sa position et commencer à lancer une série de directs dans la tête de Dudley, qui les para en mettant ses deux gants devant. Il sentait ses avant-bras tremblaient à chaque coup et il se demandait pourquoi ils ne s’étaient toujours pas brisés sous le choc.

Il esquiva un coup suivant en se désaxant par rapport à son partenaire et lui affligea un crochet du droit en plein sur le foie. Son adversaire recula de quelques pas, reprenant son souffle. La clochette intervint alors à ce moment précis et les deux regagnèrent leurs coins.

« C’est bien ! s’exclama Mr Summers. Tu es en avance sur le premier round. Fais plus attention à ta garde, Dudley ! Tu as bien vu : il a profité de la moindre ouverture pour entrer son coup. Allez ! Tu vas le manger tout cru ! N’oublie pas ! Gauche, droite, gauche droite, visage. Tu as bien réussi à le faire la première fois. »

L’arbitre invita Dudley et Davis à revenir sur le ring. Dudley prit une grande goulée d’air frais avant de se relancer dans le combat au son de la clochette. Il recommença à tourner autour de son adversaire, le maintenant éloigné par de rapide jabs, de rapides direct à petite course, essayant de trouver la faille. Davis avait adopté une garde haute, ce qui le rendait d’autant plus dangereux par rapport à sa taille.

Il repoussait les attaques de Dudley en les déviant sur le côté, mais n’arrivait pas non plus à trouver la faille. Dudley ne savait pas depuis combien de temps il sautillait ainsi autour de Davis, mais il sentit ses poumons qui commençaient à lui brûler. Il avait de plus en plus de mal à respirer. C’est alors que l’avalanche tomba.

Davis enchaîna une série rapide de directs, que Dudley para une nouvelle fois en mettant ses deux gants devant. Mais son adversaire enchaîna alors sur plusieurs crochets, puis revint aux directs, et à nouveau aux crochets. Puis il commença à porter de violents overhands, des coups descendants, et brisa la garde de Dudley comme s’il s’agissait de beurre. Celui-ci reçu alors une série de coups qui le déstabilisèrent complètement.

Il entendit son entraîneur lui crier quelque chose, il le vit s’agiter en frappant fort sur le ring. Mais Dudley n’entendait rien, ne comprenait rien. Il essaya de lever les bras pour parer, mais ceux-ci était emportés par la violence des coups de Davis. Un horrible bourdonnement se fit dans la tête de Dudley et il chancela légèrement. Il fut alors projeté violemment contre les cordes.

Il entendit alors la clochette salvatrice.

« Mais qu’est-ce que tu fous ! s’exclama Mr Simmons. Tu te fais exploser ! Si tu continues comme ça, tu ne gagneras jamais ! Faut que tu sortes les crocs ! Faut arrêter d’être gentil ! T’es pas un agneau, t’es le grand méchant tigre qui veut bouffer l’agneau !

« Bon écoute, tu arrêtes de sautiller comme ça autour de lui, OK. Tu te contentes d’observer et de trouver la faille. Faut que tu te reprennes, que tu calmes ton cœur. Tu gères la distance, OK ? Tu es derrière lui, mais s’il ne t‘atteint plus, il n’y a aucun soucis, OK ?

« Allez, vas-y ! Montre-lui qui est le patron ! »

Dudley essaya de reprendre son souffle et suivit les consignes de son entraîneur. Cette fois-ci, il resta le plus loin possible de son adversaire, essayant de calmer sa respiration. Il prit une garde menton et enroula légèrement son dos. Il scruta les deux gants de Davis, oubliant son regard meurtrier. Il anticipa les trajectoires des coups portés par son adversaire, préférant reculer plutôt que de les dévier.

En voyant que les cordes se rapprocher, il contourna son adversaire, essayant de faire dos au centre du tapis. Davis commencer à s’énerver de ne plus réussir à porter de coups. Dudley tenta de rapides crochets pendant les périodes de latence, avant de vite reprendre sa garde pour ne pas trop se dévoiler. Il réussit à toucher Davis au visage tandis que ce dernier essayait d’avancer sur lui.

La clochette retentit et l’arbitre les invita à regagner leur coin. Dudley commençait à recouvrer un souffle normal.

« C’est bien Dudley, c’est bien ! Tu remontes légèrement. Il n’a pas réussi à marquer de point. Le combat n’est pas encore terminé. T’as trouvé une faille ?

─ Non, articula difficilement Dudley en secouant la tête.

─ Pas grave. Continue comme ça. Observe bien ses mouvements, il refait toujours les mêmes. Trouve le bon tempo pour frapper, comme tu as fait tout à l’heure. Il va sûrement changer de stratégie désormais, alors reste très attentif. »

L’arbitre les invita à revenir au centre pour le quatrième round. Dudley commençait à sentir ses jambes lourdes, ses bras étaient endoloris. Les bourdonnements dans sa tête avaient cessé, mais il avait toujours un horrible mal au crâne. S’il se reprenait une série de coups comme celle de tout à l’heure, il finirait au tapis et dans l’ambulance.

La clochette retentit alors et Davis se jeta sur Dudley, envoyant un violent direct. Dudley le para sans difficulté et réussi à reprendre la distance. Il lança plusieurs lead pour éloigner d’avantage Davis, qui adopta alors une garde menton. Dudley resta quelques secondes surpris, ne s’attendant pas à cette technique qui ne correspondait pas au physique de son adversaire, mais se reprit rapidement lorsqu’il vit un crochet du gauche fondre vers lui. Dudley se mit alors à réfléchir.

Il devait vite terminer ce combat s’il ne voulait pas finir en charpie. Davis ne reculerait devant rien, et plus le combat s’éterniserait, plus il serait à son avantage. Dudley sortit alors de sa torpeur et enchaîna une série de crochets puis de directs. Davis en para la plupart, en gardant sa garde menton. Alors que son adversaire s’apprêtait à donner un nouveau overhand, Dudley profita de l’ouverture. Il leva son bras droit pour parer le coup et lancer de toutes ses forces un direct court remontant dans le plexus de Davis.

Le coup fut si lourd que Dudley fut emporté par son élan. Davis tituba en arrière, mais se reprit rapidement. Mais pas assez vite : Dudley était déjà sur lui et l’asséna de coups, jusqu’à le pousser contre les cordes.

Pour la première fois du combat, il entendit une exclamation de surprise venant du public. Mais il n’arrêta pas. Il bloqua Davis contre les cordes et lança une série de directs et d’uppercut, son adversaire essayant tant bien que mal de les contrer. Davis essaya de sortir à l’aide d’un bolo-punch, qui atteignit Dudley au niveau de l’aine. Il recula et évita de justesse le direct qui suivit de Davis.

Dudley profita de l’ouverture pour donner à son tour un bolo-punch au niveau du foie de Davis. Cette fois-ci, son adversaire fut propulsé en l’air. Il tomba à terre en vrillant légèrement. Il resta à terre pendant trois secondes avant de se relever, titubant une nouvelle fois. Dudley surgit alors devant lui et lança un formidable direct du droit sur la tempe de Davis, qui tomba à nouveau à terre. Il essaya de se relever, mais retomba à nouveau.

Il était totalement sonné. L’arbitre compta jusqu’à dix secondes, sans que Davis ne se relève.

Une explosion de cris parvint alors aux oreilles de Dudley, tandis que l’arbitre se précipita vers lui et lui leva la main droite. Dudley regarda autour de lui, sans vraiment comprendre. Il vit son entraîneur sauter de joie, le visage rouge à force d’hurler. Il vit ses parents dans les gradins, qui hurlaient encore plus fort et l’applaudissaient à s’en briser les mains. Pétunia était en larmes si bien qu’on ne distinguait plus ses yeux.

« Mesdames et Messieurs, ceci est incroyable ! s’exclama le speaker. Après trois ans de règne sans partage sur la compétition, Edward Davis est mis K.O. ! Dudley Dursley est le nouveau champion inter-collège du Sud-est ! Je demande un tonnerre d’applaudissement pour ce tout jeune champion plein d’avenir ! »

La suite ne fut gravée que partiellement dans la mémoire de Dudley. Il vit son entraîneur monter sur le ring pour le prendre dans ses bras et le soulever. Puis un des responsables du tournoi descendit, avec une immense coupe en or représentant un gant de boxe, et la donna à Dudley tandis que Davis fut transporté sur une civière à l’extérieur de la salle. Puis Dudley avait participé à une séance de photographies avant de pouvoir enfin rentrer.

Mr Simmons et Vernon passèrent tout le trajet à refaire le match, ne tarissant pas d’éloges sur la performance de Dudley, tandis que Pétunia serra son fils avec toute la vigueur qu’il lui était possible. Lorsque Dudley posa son trophée dans sa chambre ce soir-là, puis s’allongea sur son lit, il était le garçon le plus fier du monde.

Il venait de montrer qu’il n’était pas n’importe qui et qu’il n’avait besoin de personne pour remporter un combat.

 

End Notes:

Et voilà. Je précise que je n'ai jamais fait de boxe. J'ai utilisé les divers films/scènes que j'ai vu à la télé, ne vous étonnez pas si ça peut paraître surréaliste parfois. J'espère que ça vous plut, en tout cas j'ai adoré écrire ce chapitre. Je vous donne rendez-vous à la semaine prochaine pour l'avant-dernier chapitre.

2 Août 1995 : La révélation. by AlbusDumbledore
Author's Notes:

Salut à tous ! Désolé pour le retard, mais un emploi du temps surchargé et des devoirs qui traînaient (ouais, j'ai encore des devoirs à la fac) ont légèrement retardé la publication de ce chapitre. Vraiment désolé, surtout que ce chapitre ne vous apportera pas grand chose puisque vous aurez sans doute deviné à la date ce qu'il va se passer. Voici donc la version de Dudley de cette journée, où s'opérera le dernier virage. Bonne lecture à tous !

Les dialogues qui ne sont pas en italiques sont tirés de Harry Potter et l'Ordre du Phénix. Les dialogues en italiques précédés d'une * sont tirés des tomes 1 et 2.

2 Août 1995

La révélation

 

 

 

 

 

Dudley huma la fumée à plein poumons. La journée, comme toutes les autres, avait été particulièrement chaude. Après cette magnifique après-midi à rouler le long des rues et à régler quelques petits problèmes, Dudley appréciait ce moment de calme où chacun de ses amis le regardait avec envie.

La cigarette avait cette capacité enivrante de vous faire oublier tous vos soucis, à mettre de l’ordre dans vos pensées, mais surtout à vous tranquilliser comme jamais. Après chaque bouffée, Dudley se sentait plus calme, plus reposé, plus serein. Il lui arrivait même de se sentir invincible. Ses amis rigolaient à une de ses blagues, alors qu’ils étaient en vue du parc de Magnolia Road. Ils traversèrent le parc, parlant à propos de ce minable de Cole qui avait reçu la punition qu’il méritait.

Cole était un des camarades de classes de Dudley, qui n’avait jamais digéré la victoire de Dudley au championnat de boxe. Avant l’arrivée de Dudley, Cole était le « grand » boxeur de Smeltings et c’était en lui que Mr Simmons avait placé ses espérances. L’arrivée de Dudley avait tout balayé et Cole s’était retrouvé au banc des entraînements. Il s’était plusieurs fois moqué de Dudley, n’hésitait pas à dire les plus horribles choses sur lui. Ou sur sa famille.

Alors que Dudley et ses amis avaient décidé de faire un tour de vélo dans Little Whinging, Cole les avait rejoints et avait provoqué Dudley. Ce-dernier lui avait simplement répondu sur le même ton. Cole avait alors insulté la mère de Dudley. Ce fut la dernière chose qu’il ait dite, et qu’il dira sûrement pendant les huit prochains mois. Dudley était en effet descendu de son vélo et avait envoyé un crochet du droit à Cole, lui broyant la mâchoire. Cole s’était enfui, hurlant comme un dément, se tenant la mâchoire.

 

Ils étaient à présent à l’entrée de Magnolia Crescent et se disaient au revoir. Malcolm et Piers félicitèrent une nouvelle fois Dudley tandis que Gordon leur proposa de venir chez lui le lendemain, ses parents étant absents. Poussant nonchalamment son vélo, Dudley remontait la rue en direction de Privet Drive. Il devait être plus de neuf heures à en juger le ciel.

Dudley, fredonnant des parties d’airs de musiques qu’il écoutait, se demanda si son cousin était rentré. Il avait paru bizarre depuis le début de l’été, restant dehors, écoutant les informations, étant toujours sur ses gardes. La nuit, il semblait faire des cauchemars, souvent le même.

Harry n’avait absolument rien dit sur ce qui s’était passé durant son année – pas même s’il avait remporté ce Tournoi – mais il s’était indéniablement passé quelque chose. Dudley lui-même l’avait remarqué, et sans doute ses parents. Cependant, Vernon ne voulait pas en entendre parlait et Pétunia ne voulait pas aller à l’encontre de son mari.

« Hé, Big D ! s’exclama une voix derrière lui.

Ah, c’est toi, maugréa-t-il en reconnaissant son cousin après s’être retourné.

Depuis quand tu te fais appeler Big D ?

Ferme-la, déclara Dudley qui voulait absolument éviter une provocation.

C’est cool, comme nom, » continua Harry avec un grand sourire sur le visage. « Mais pour moi, tu seras toujours le « Duddlynouchet adoré ».

Je t’ai dit de LA FERMER ! s’écria Dudley en serrant ses poings pour se contrôler.

Tes copains savent que ta mère t’appelle Duddlynouchet ? demanda Harry, toujours avec son sourire béat.

Tu la fermes, oui ?

À elle, tu ne lui dis pas de la fermer. Et « Popkins » ou « Duddy chéri », tu veux bien que je t’appelle comme ça aussi ? »

Dudley ne répondit pas à la provocation. Il savait que son cousin ne cherchait que ça, le provoquer avant de le menacer avec son bout de bois. Il avait une irrémédiable envie d’enfoncer son poing massif dans le visage de Harry, mais il voulait aussi éviter de se faire transformer en crapaud. Le sourire sur le visage de son cousin s’effaça.

« Alors, à qui as-tu cassé la figure ce soir ? Encore un môme de dix ans ? Je sais que tu t’en es pris à Mark Evans il y a deux jours

Il l’avait cherché, répliqua Dudley.

Ah bon ?

Il a été insolent.

Vraiment ? demanda Harry. Il a dit que tu avais l’air d’un cochon à qui on aurait appris à marcher sur deux pattes ? Mais ça, ce n’est pas de l’insolence, Dud, c’est la vérité. »

Dudley se retint tout juste de se retourner et envoyer un direct du droit à Harry. Il inspira et expira profondément, comme lui avait appris Mr Simmons pour se calmer. Sa colère ne devait s’exprimer que sur le ring.

Il était vrai qu’il s’était laissé emporter face au petit Evans, mais Dudley ne pouvait pas perdre la face devant ses amis. Il jugeait cependant qu’il avait été gentil : il n’avait que sonné l’enfant alors qu’il aurait largement pu lui briser le crâne. Quant à Cole, il n’avait eu que ce qu’il méritait.

Les deux cousins prirent alors l’allée qui reliait Magnolia Crescent et Wisteria Walk.

« Tu te prends pour quelqu’un quand tu as ce machin-là sur toi, pas vrai ? déclara Dudley.

Quel machin ? demanda Harry qui regardait la rue avec une certaine nostalgie.

Cette chose que tu caches ?

Tu n’es pas aussi bête que tu en as l’air, Dud, déclara Harry. La preuve, c’est que tu arrives à marcher et à parler en même temps, ajouta-t-il en sortant sa baguette d’un coup vif.

Tu n’as pas le droit, » s’exclama Dudley après avoir jeté un rapide coup d’œil à l’objet. « Je sais que tu n’as pas le droit de t’en servir. Tu serais expulsé de ton école de cinglés.

Peut-être qu’ils ont changé le règlement ? suggéra Harry d’un ton malicieux. Qu’est-ce que tu en sais, Big D ?

Ils n’ont rien changé du tout, essaya de se rassurer Dudley. Tu n’aurais jamais le courage de te battre avec moi sans ce truc-là.

Alors que toi, il te faut quatre copains derrière pour taper sur un môme de dix ans, rétorqua Harry. Ce fameux titre de champion dont tu te vantes tout le temps, il avait quel âge, ton adversaire quand tu l’as eu ? Sept ans ? Huit ans ?

Il avait seize ans, si tu veux savoir, répliqua Dudley piqué au vif, et quand j’ai eu fini avec lui, il est resté K.O. vingt minutes. Pourtant, il était deux fois plus lourd que toi. Tu vas voir quand je vais dire à mon père que tu as sorti ce truc-là…

On va vite se réfugier chez son papa ? » se moqua Harry comme s’il parlait à un enfant de trois ans. « Le petit champiounet de bo-boxe a peur de la baguette du méchant Harry ? »

Dudley se retint une nouvelle fois de frapper son cousin, qui n’avait pas tout à fait tort. Cependant, il n’allait pas se laisser marcher sur les pieds comme ça, il en était hors de question. Dudley décida d’aborder une nouvelle stratégie.

« Tu ne fais pas autant le fier la nuit, lança-t-il.

Mais la nuit, on y est déjà, Duddlynouchet, » répliqua Harry sans comprendre où Dudley voulait en venir. « C’est comme ça que ça s’appelle quand il fait tout noir.

Je veux dire quand tu es dans ton lit ! » insinua Dudley qui riait intérieurement.

Il s’arrêta et regarda Harry, qui s’arrêta à son tour et l’observa. L’obscurité empêchait de voir distinctement son visage, mais Dudley savait qu’il avait déstabilisé son cousin et il ne pouvait s’empêcher d’avoir l’air triomphant.

Il avait réussi à prendre le dessus sans avoir recours à la force. Une autre leçon apprise auprès de Mr Simmons.

« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? interrogea Harry d’un ton surpris. Je ne fais pas le fier quand je suis dans mon lit ? De quoi j’ai peur, d’après toi ? Des oreillers ?

Je t’ai entendu la nuit dernière. Tu parlais dans ton sommeil. Et tu pleurnichais, ajouta Dudley en insistant bien sur le dernier mot, se délectant de la réaction de son cousin.

Qu’est-ce que tu veux dire ? »

Dudley ne put se retenir plus longtemps d’exploser de rire. Il avait réussi à prendre de court son cousin et, même s’il prétendait ne rien comprendre, Dudley savait parfaitement que Harry avait très bien compris où il voulait en venir.

« Ne tuez pas Cédric ! » gémit Dudley d’une voix aiguë. « Ne tuez pas Cédric ! C’est qui, Cédric ? » demanda-t-il en reprenant sa voix normale. « Ton petit ami ?

Je… Tu mens, esquiva Harry.

Papa ! » s’écria Dudley en reprenant sa voix gémissante. « Au secours, papa ! Il va me tuer, papa ! Bou hou !

Tais-toi, » intima son cousin d’une voix qu’il voulut calme. « Tais-toi, Dudley, je t’aurai prévenu ! »

Dudley se délectait de plus en plus de la tournure que prenait la situation. Il avait réussi à renverser la tendance sans user de sa force physique, ce qui avait pris totalement de court Harry.

C’était ce dernier, à présent, qui faisait tout son possible pour garder son sang-froid. Et Dudley sut qu’il avait visé juste : si les règles avaient changé, il savait que Harry n’aurait pas hésité à se servir de la magie.

« Papa, viens à mon secours ! Maman, à l’aide ! Il a tué Cédric ! Papa, au secours ! Il va… Ne pointe pas cette chose sur moi ! » s’exclama Dudley en voyant Harry pointer sa baguette sur lui.

Il recula contre le mur de l’allée, terrifié par l’expression qu’arborait Harry sur son visage. C’était de la haine, de la haine pure, comme celle qui avait brillé dans les yeux d’Edward Davis avant qu’il ne perde son combat. Dudley essaya de reprendre le contrôle de ses esprits pour ne pas montrer sa peur.

« Ne parle plus jamais de ça. Tu as compris ? menaça Harry.

Pointe ce truc-là ailleurs ! lui rétorqua Dudley sur le même ton.

J’ai dit : « Tu as compris ? »

Pointe ça ailleurs !

TU AS COMPRIS ? vociféra Harry, hors de lui.

POINTE CE TRUC-LÁ AILLEURS QUE SUR… »

Mais Dudley s’interrompit. Il eut la soudaine sensation qu’on venait de le plonger dans une piscine de glace. L’obscurité se fit encore plus sombre, toute lueur avait à présent disparu.

Un terrible silence, comme si on avait coupé le volume, tomba sur la rue déserte. La température chuta drastiquement et Dudley se mit à frissonner de plus en plus. Il n’avait jamais eu aussi froid de sa vie.

Il tremblait à présent de peur plus que de froid. Il avait vraisemblablement mis Harry hors de lui et celui-ci s’était laissé gagner par la haine qu’il avait dû contenir jusqu’à présent.

« Que… Qu’est-ce qu-que t-tu f-fais ? Ar-arrête ! implora Dudley d’une voix terrifiée.

Je ne fais rien du tout ! répliqua Harry. Tais-toi et ne bouge pas !

Je… J-je n’y v-vois p-plus ! Je s-suis aveugle ! commença à paniquer Dudley. Je…

Je t’ai dit de te taire ! trancha Harry.

Je l-le d-dirai à papa ! Où…où es-tu ? Qu’est-ce que tu f-f-f… ?

Tu vas te taire, oui ? J’essaye d’écou… »

Dudley n’avait jamais eu aussi peur. Harry faisait comme si de rien n’était alors qu’il était en train de le martyriser. Dudley savait que c’était son cousin le responsable, qui d’autre aurait pu l’être ? Il essaya de rassembler le peu de courage qu’il avait encore en lui, lorsqu’il sentit une étrange sensation dans le creux de l’estomac : Harry avait lui aussi peur.

« Ar-arrête ! » déclara Dudley du ton le plus menaçant qu’il pouvait. « Je vais t-te casser la f-figure ! Je te le j-jure !

Dudley, tais… »

Mais Dudley ne tint plus. Il sentit que Harry était à proximité de lui. Il arma son poing et frappa de toutes ses forces. Il avait frappé la tempe de Harry et sentit son cousin être soulevé de quelques centimètres. Mais rien ne se produisit, l’obscurité était toujours là. Dudley s’enfuit alors en courant, trébuchant contre la clôture à chaque pas.

« Dudley, espèce de crétin ! » s’écria Harry derrière lui.

Mais Dudley n’écoutait pas. Il avait de plus en plus peur, de plus en plus froid. Il n’avait qu’une envie, c’était de rentrer chez lui, dénoncer Harry à ses parents et voir son émission télé du soir. Il se contentait d’avancer le plus droit et le plus rapidement possible.

« DUDLEY, REVIENS ! » s’époumona alors Harry, d’une voix paniquée. « TU VAS DROIT DESSUS ! »

Dudley heurta alors quelque chose de massif au milieu de l’allée, stoppant net ses mouvements. Puis soudain, le froid se fit plus intense et Dudley sentit tout son bonheur le quitter d’un coup et jamais alors il ne s’était sentit aussi malheureux. Il entendit un râle étrange, comme si quelqu’un respirait à travers un respirateur artificiel.

 

Il entendit alors au loin un murmure, léger au départ de plus en plus bruyant.

« Attrapez-le ! entendit-il. Gordon, va sur la droite !

─ Tu es sûr Dudley ?

─ Fais ce que je te dis ! »

Dudley hurla. Il hurla si fort qu’il pensait pouvoir couvrir les voix qu’ils entendaient. Il essaya de se relever pour repartir, mais ses membres refusèrent de bouger.

« Alors, Harry ! Qu’est-ce qu’on dit maintenant ?

─ Tu ressembles toujours à un cochon blondinet !

─ C’est ce qu’on va voir… Tiens-le bien Piers.

─ Ne t’en fais pas… Il ne s’échappera pas cette fois-ci. »

Dudley hurla de plus en plus fort. Il prit sa tête entre ses mains, la secouant dans tous les sens, mais les voix étaient toujours là, plus fortes, plus puissantes que jamais.

« …et donc Vernon, le sang a un rôle crucial dans la détermination du comportement des individus. Prenons l’exemple simple de… ATTENTION À MOLAIRE !

─ Je n’ai pas fait exprès… Lâche-moi sale cabot ! 

─ Comment oses-tu ? Vas-y Molaire ! C’est bien ! Ça lui apprendra à se montrer irrespectueux. »

Dudley s’entendit éclater de rire. Il tomba à genoux. Il se recroquevilla sur place alors qu’il sentait une présence s’approchait de plus en plus près de lui. Il revit plusieurs fois où il frappait les plus petits que lui à l’école primaire, les fois où il martyrisait Harry…

Les voix se faisaient de plus en plus fortes dans sa tête. Il arrêta d’hurler, les cordes vocales trop usées. Il se mit en boule et commença à gémir, son corps secoué de sanglots. Il voulait que ça s’arrête, que Harry le laisse tranquille, mais ça continuait.

« Trente-six. Ça fait deux de moins que l’année dernière.

Mon petit chéri, tu n’as pas compté le cadeau de la tante Marge, regarde, il est là, sous ce gros paquet que Papa et Maman t’ont offert.

 ─ D’accord, ça fait trente-sept.

Et nous allons encore t’acheter deux autres cadeaux. Qu’est-ce que tu en dis, mon petit agneau ? Deux autres cadeaux. Ça te va ?

Donc j’en aurais trente…trente…

Trente-neuf, mon canard adoré. »

Dudley sentit alors que quelque chose lui attrapait les bras. Quelque chose de très froid et moite lui serrait les poignets et les écarter lentement, presque avec délicatesse. La respiration rauque était toute proche…Dudley essaya de se débattre mais il n’en avait pas la force. Et les voix continuèrent à s’enchaîner.

« Fais le bougerRecommence.

DUDLEY ! MR DURSLEY ! REGARDEZ LE SERPENT ! VOUS N’ALLEZ PAS LE CROIRE ! »

Dudley essaya de lutter contre le flux des voix. Il savait que Harry devait s’amuser à lui faire revivre ses périodes cuisantes dans sa vie, mais Dudley ne se laisserait pas faire. Il essaya de se concentrer pour chasser les voix. Il crut un instant que celles-ci s’étaient atténuées, comme s’il y avait des parasites.

Mais elles revinrent de plus belles l’instant suivant. Ses bras étaient semi-ouverts à présents. Il essaya de résister pour se protéger, toujours ans succès.

« Je sais quel jour on est.

Quoi ?

Je sais quel jour on est.

Bravo, tu as enfin réussi à apprendre les jours de la semaine.

Aujourd’hui, c’est ton anniversaire. Comment ça se fait que tu n’aies reçu aucune carte ? Tu n’as pas d’amis dans ton école de zigotos ? »

Une nouvelle fois, les voix s’atténuèrent, comme s’il y avait eu des parasites. Il essaya de ramener ses bras vers lui, mais aussitôt les voix revinrent, brisant toute sa volonté.

« Abracadabra !  Hic, hoc, trousse-mousse et bave de crapaud…

 MAMAAAAAN ! MAMAAAAAN ! Il fait tu sais quoi !

Comment ça ?

─ Il essaye de mettre le feu à la haie !

Qu’est-ce que tu racontes… La haie n’a rien du tout !

Il a dit le mot !

Toi ! Corvée pour la journée ! Nettoyage des carreaux, de la voiture et jardinage ! Allez, dépêche-toi ! Ça t’apprendra à faire peur à Dudley ! »

Alors qu’il entendait son propre ricanement, Dudley crut que la température remontait légèrement. Il essaya de se concentrer dessus alors que Harry essayait de lui écarter de plus en plus les bras, sa respiration gutturale à proximité de la bouche de Dudley.

« Tu es un gros lard !

─ Pardon ?

─ Gros lard ! Gros lard ! Tu es le plus gros lard de la Terre !

─ Big D, on fait quoi ?

─ Reviens ici morveux ! Reviens ici ! Dis-le-moi en face !

─ C’est bon, je le tiens Dud !

─ Amène-le Malcolm… Alors Evans… Qu’est-ce que tu disais à mon sujet ?

─ Je fais justement remarqué que tes parents pouvaient être fiers d’eux ! Tu es un cochon à qui on aurait appris à marcher sur deux pattes… On devrait leur donner un prix pour… ARRRRGGGGHHHHHH !

─ REDIS-CA ! VAS-Y ! OSES REDIRE CE QUE TU VIENS DE DIRE !

─ J’AI MAL ! MAMAAAAAAN ! MAMAAAAAN, J’AI MAL ! JE SENS PLUS MA BOUCHE !

─ VOUS N’AVEZ PAS HONTE ! VOUS ATTAQUER A UN GARCON DE DIX ANS !

─ A dix ans comme à vingt, si on manque de respect à mes parents ou à moi, je me défends !

─ Vous êtes deux fois plus grand que lui ! C’est un garçon ! Il fait ça pour se moquer, il ne sait même pas ce que ça veut dire !

─ Il sait très bien ce que ça veut dire !

─ Vous êtes encore plus dangereux que votre cousin ! Vous devriez le rejoindre à… »

Soudain, le froid sembla disparaître d’un coup, et une vive lumière argentée passa devant les yeux de Dudley.

 

Il sentit qu’on lâcha ses mains et il tomba au sol. Puis, la chaleur de l’été revint, et il crut voir les lumières se rallumer. Il sentit quelqu’un se pencher sur lui, puis une voix lointaine très lointaine. Il ouvrit les yeux et distingua la silhouette de Harry lui tournant le dos. Une autre était à l’entrée de l’allée… son sauveur !

La silhouette s’approcha et Dudley découvrit qu’il s’agissait de la voisine au chat, Mrs Figg. Mais au lieu de menacer Harry, Dudley crut la voir l’aider, et même le protéger. Harry réussit à le lever, et Dudley sentit aussitôt ses entrailles vaciller dangereusement. Il crut qu’il allait vomir, mais l’envie lui passa… avant de revenir aussi vite. Pendant ce temps, Harry sortait de l’allée, suivit de Mrs Figg.

Ils prirent la direction de Privet Drive lorsqu’un homme apparut soudainement devant eux, comme s’il surgissait de nulle part avant qu’il ne redisparaisse tout aussi subitement. Cette fois-ci, Dudley crut vraiment que ces tripes allaient sortir.

C’est ce qui arriva quelques secondes plus tard, sur le palier de sa maison. Harry l’avait conduit jusque-là, le soutenant sur son épaule. Il avait sonné à la porte et Pétunia avait ouvert. Dudley n’avait pu se retenir plus longtemps et régurgita le dîner de Mrs Polkiss sur le paillasson. Sa mère appela Vernon et tous deux le conduisirent à la cuisine, essayant de savoir ce qui avait bien pu se passer.

Dudley dénonça Harry dès qu’il fut certain qu’il n’allait pas répandre à nouveau le contenu de son estomac. Il s’en suivit une longue discussion entre son père, sa mère et Harry. Dudley ne parla que très peu, se sentant encore nauséeux – il crut plusieurs fois que son estomac allait de nouveau se vider – et ne compris qu’une partie de la conversation.

Plusieurs hiboux entrèrent dans la cuisine – l’un d’eux amena même une lettre qui parlait – provoquant une crise d’hystérie chez Vernon. Ce que Dudley retint de cette conversation, c’est que Harry niais avoir utilisé de la magie sur Dudley, mais au contraire avait essayé de le protéger contre de terribles créatures. Bien sûr, il ne le crut pas une seconde – et Vernon non plus – puisqu’il avait très bien su décrire les effets qu’avait eus Dudley.

Cependant, lorsque Pétunia approuva leur existence, Dudley parut moins certain de la culpabilité de Harry. Pourquoi sa mère tenterait de protéger lui plutôt que son fils ?

Dudley comprit également que Harry faillit être renvoyé de la maison, banni à tout jamais, par l’oncle Vernon, mais Pétunia, après la fameuse lettre parlante, avait décidé de le garder chez lui. La punition avait été immédiate : Harry resterait enfermé dans sa chambre jusqu’à la fin des vacances. C’était non-négociable.

 

Après l’avoir bourré de médicaments, Pétunia conduisit Dudley dans sa chambre tandis que Vernon prenait un rendez-vous avec le médecin. Dudley, flageolant, commençait à aller mieux. Avant de remonter dans sa chambre, Harry lui avait conseillé de prendre du chocolat. Ses parents n’en avait bien sûr pas tenu compte – « Il veut finir le travail ! » avait tranché Vernon – mais Dudley se demandait pourquoi Harry avait parlé du chocolat alors qu’un tas de médicaments pouvaient faire l’affaire.

Il attendit que sa mère sorte de sa chambre, après s’être assuré qu’il était parfaitement installé dans son lit, pour ouvrir un tiroir de sa commode. Il en sortit une tablette de chocolat, qu’il gardait toujours en cachette. Il en coupa plusieurs morceaux et se les fourra dans la bouche. Il croqua à pleine dent et aussitôt, il sentit le sentiment étrange qui s’était insinué en lui disparaître.

La chaleur revint également et pour la première fois depuis le début de la soirée, Dudley se sentit heureux. Il mangea encore du chocolat, et il se sentit beaucoup mieux. Il resta par la suite allongé sur son lit, regardant ses avions de combats accrochés au plafond. Il repensa à tout ce qu’il venait de se passer, aux voix qu’il avait eu dans sa tête.

Harry disait que les Détrousseurs nous faisaient revivre nos pires moments… Pourquoi Dudley n’avait revécu que des moments où il martyrisait Harry, ou une autre personne ? Il se souvint qu’il éprouvait toujours une étrange sensation quand il brutalisait son cousin, mais il ne l’avait jamais ressenti quand il le faisait aux autres. Il y avait-il un lien ?

La plupart des moments concernaient directement Harry. Et pourquoi ses pires moments étaient ceux où il avait prouvé sa véritable force…

C’est faux, fit une voix – beaucoup moins réelle – dans son esprit. Tu n’as pas revécu la seule fois où tu as prouvé ta vraie valeur.

Sa victoire sur Davis…

Il avait compris que ces moments avaient été vécu chronologiquement… Et la victoire de Davis n’avait pas envahi sa tête. Ces moments ne reflétaient que les fois où il avait utilisé gratuitement la force brute, sans raison, ou quand il s’était montré méchant envers d’autres personnes… Cela voulait-il signifier que… qu’il se détestait ? Qu’il souffrait de brutaliser les autres ?

Dudley se leva de son lit, les pieds posés au sol. Il devait le faire… Oui, il devait absolument le faire. Dudley se leva complètement et alluma son ordinateur. Puis, il ouvrit un traitement de texte et écrivit en haut de la page :

 

Cher journal… Aujourd’hui, j’ai appris que je n’aimais pas la partie de moi que je montrais aux autres. J’ai appris que je valais mieux que ça.

Cher journal, aujourd’hui j’ai décidé de changer.

 

End Notes:

Voilà, j'espère que ça vous a plut. Ce chapitre a été le deuxième terminé, après le premier, car je l'ai eu en tête très vite et je ne voulais pas perdre mes idées. J'ai fait pas mal de recherches sur l'ensemble des tomes pour essayer de voir les souvenirs qui avaient pu revenir dans l'esprit de Dudley à ce moment, Rowling ayant simplement dit qu'il s'était vu lui-même.

Enfin bref, voilà donc la confrontation face aux Détraqueurs. Laissez un avis quelconque si vous en avez un. Je vous donne rendez-vous à la semaine prochaine pour le dernier chapitre de cette histoire !

25 Juillet 2007 : Le pardon. by AlbusDumbledore
Author's Notes:

Salut à tous ! Voilà donc le dernier chapitre de ce biopic sur Dudley. Nous faisons un nouveau saut dans le temps lors de cette conclusion, mais de nombreux flash-back sont au rendez-vous. Je vous souhaite à tous une bonne lecture !

25 Juillet 2006

Le pardon

 

 

 

 

 

Le ciel était sans nuage, la température suffisamment élevée pour être dehors en tenue légère et la brise faisait bruisser les feuilles des arbres dans un son mélodieux et rafraîchissant l’assemblée juste comme il le fallait. Tout était réuni pour faire de ce jour un moment magnifique. Le plus beau de sa vie, jugea Dudley.

Il se tenait devant un miroir et ajustait son costume. Il avait parcouru en long, en large et en travers les rues de Londres pour trouver un costume qui lui convenait… et qui convenait à Lucy. S’il n’avait pas eu son mot à dire concernant la robe, elle en avait eu un. Dudley se regardait dans le miroir, fin prêt, pensant aux dernières années de sa vie.

Il n’avait pas continué une carrière professionnelle de boxeur, au grand dam de Mr Simmons. Une blessure lors de la finale du championnat national l’avait privé de titre et d’avenir. Mais il s’en était remis. Il continuait à se rendre deux fois par semaines dans une salle d’entrainement et participait parfois à des tournois pour des associations caritatives.

Entre temps, il jonglait entre son travail à la City, dans un prestigieux cabinet de conseillers économiques, et sa maison à Privet Drive. Sa vie avait changé du tout au tout depuis cette nuit neuf ans plus tôt, presque jour pour jour.

 

*

 

Dudley se retourna sur la banquette arrière, regardant Harry retourner à l’intérieur du 4, Privet Drive. Coincé entre lui et Pétunia, le sorcier semblait au comble du bonheur, mais également très soucieux. Il jetait des regards sans arrêts autour de lui, sa baguette tenue fermement dans sa main. Vernon lui lançait des regards assassins dans son rétroviseur.

« Vous pouvez bien ranger ça ? avait-il demandé alors qu’il tournait sur Magnolia Crescent.

─ Je vous demande pardon ?

─ Ranger cette… cette chose.

─ Et pourquoi devrai-je la ranger, selon vous ? avait demandé le vieux sorcier.

─ Je… je ne veux pas… je ne veux pas la voir dans ma voiture !

─ En quoi cela vous dérange-t-il que je garde ma baguette, Mr Dursley ?

─ Je… vous… c’est dangereux !

─ C’est la raison pour laquelle je la garde, Mr Dursley. C’est ce qui assure notre protection.

─ Je ne tolèrerai pas qu’on me parle sur ce ton ! » s’exclama Vernon qui fit un écart pour éviter un motard. « J’exige que vous rangiez ce bout de bois immédiatement !

─ Je n’en ferai rien ! » rétorqua le vieux sorcier d’un ton buté.

Vernon allait pour répliquer, mais la jeune sorcière brune assise sur le siège passager choisit ce moment pour s’éclaircir la gorge. Vernon lui lança un regard noir, comme pour lui montrer qu’il n’appréciait pas du tout être interrompu.

« Mr Dursley, vous devez comprendre quelque chose, déclara-t-elle avec diplomatie. Nous avons eu l’honneur d’être choisis pour vous mener dans un endroit sûr. Vous-Savez-Qui est partout et rien ne l’arrêtera pour trouver et tuer votre neveu.

« Par conséquent, nous sommes en danger permanent. Et vous conviendrez avec moi qu’il serait idiot de se déplacer sans protection ?

─ Humph, grogna Vernon.

─ Nous sommes donc d’accord. Nous devons donc avoir des moyens de nous défendre contre nos poursuivants et…

─ Nous sommes parfaitement capable de nous protéger tout seul ! coupa Vernon. Nous n’avons pas besoin de…

─ Mr Dursley… Vernon, » temporisa la sorcière ce qui eut le don d’exaspérer son interlocuteur. « Vos moyens Moldus ne suffiront pas à arrêter Vous-Savez-Qui et ses sbires, les Mangemorts. Ils possèdent des armes que nul ne peut imaginer, et la meilleure protection que nous avons contre eux est la magie. Et la magie se pratique à l’aide de baguette magique. Si vous voulez vous défendre et fuir par vos propres moyens, libre à vous ! Mais sachez qu’avec cette option, vous ne survivrez pas jusqu’à la fin de l’été. »

La menace lâcha un blanc dans la voiture, tandis que Vernon conduisait mécaniquement dans la circulation Londonienne, n’ayant pas de destination précise. Dudley, lui, regardait sa mère qui avait l’air terrorisée. Le sorcier au milieu semblait satisfait et maintenait sa baguette en joue. La sorcière avait reporté son regard sur la route.

« Vous dites des sornettes ! Vous êtes une bande de dangereux cri…

─ Papa, intervint alors Dudley, je… je veux qu’on les suive… Je veux qu’ils… je veux qu’ils nous protègent…

─ Du…

─ Oh mon chéri ! » s’exclama alors Pétunia qui fondit en larme. « Nous ferons ce que tu voudras, n’est-ce pas Vernon ?

─ Quoi… euh… oui… bien sûr… Très bien… Nous… nous acceptons votre protection… Avons-nous une destination précise ou est-ce que je continue à tourner en rond ?

─ Prenez la direction du loto route. Nous allons à Southampton. »

Vernon acquiesça sans rien dire. Il fila entre les voitures pour se diriger vers la bretelle d’accès la plus proche. Il ne cessait de lancer des regards à Dudley et à la baguette du vieux sorciers. Pétunia, de son côté, essayait tant bien que mal de stopper ses larmes. Dudley se contentait de regarder à travers la fenêtre. Au loin, dans le ciel, il crut alors voir une série d’éclairs de plusieurs couleurs. Il fut le seul à les voir.

 

*

 

Dudley sortit de ses rêveries. Cette nuit avait été particulièrement éprouvante. Ses parents avaient été marqués à vif, et lui aussi. L’année qui avait suivi s’était révélée encore pire. Cependant, elle avait permis à Dudley de se forger une nouvelle personnalité, ou du moins à finir de forger sa nouvelle personnalité.

Depuis l’attaque des Détraceurs, il avait muri. Il s’était remis en question et avait décidé de s’améliorer. Presque du jour au lendemain, il avait abandonné ses amis pour fréquenter des élèves promis à un avenir meilleur. Aujourd’hui, Piers était en prison pour trafic de drogue, Malcolm s’était tué dans un accident de scooter alors qu’il était ivre et Gordon était au chômage.

Cette année de fuite avait fini de changer de Dudley.

Il avait appris les exploits de Harry et avait compris qu’il n’était pas si différent de lui, qu’au fond de lui, Dudley l’aimait bien… et même, qu’il était une des personnes à laquelle il tenait le plus. Cette année-là avait aussi vu de grands chamboulement dans la vie de couple de Vernon et Pétunia.

 

*

 

Dudley était allongé sur son lit dans l’auberge miteuse où ils se trouvaient. Les sorciers les avaient fait rouler jusqu’à Southampton durant près de deux heures, laissant le soin à Vernon de conduire mais lui indiquant la route à suivre, qui n’était bien sûr pas la plus directe. Cependant, Dudley avait décidé de leur faire confiance.

Il savait que Harry le leur faisait et il avait confiance en Harry. Si Harry disait qu’il fallait les suivre, c’était sans doute parce que c’était la meilleure option. Une fois arrivée dans le centre de la ville, le sorcier avait demandé à Vernon de garer la voiture dans un parking.

Craignant qu’on la lui vole, Vernon avait opté pour un parking souterrain. Puis, la sorcière les avaient tous fait sortir. Elle avait demandé de poser les valises dans un endroit avant de les faire disparaître d’un coup de baguette – et sous les hurlements de Vernon.

« Mais vous êtes malades ! C’est tout ce qui nous reste !

─ Ne vous inquiétez pas. Je les ai transférées dans un endroit sûr, » avait répondu la femme.

Puis, le sorcier s’était approché et avait demandé à tout le monde de lui tenir la main. Puis d’un coup, Dudley crut qu’on avait essayé de le passer de force dans un tuyau trop étroit. Il crut qu’il allait manquer d’air lorsqu’il put respirer à nouveau. Sa mère était tombée à genoux, tremblante, tandis que son père avait une nouvelle fois hurlé, après avoir vidé le contenu de son estomac.

Ils étaient arrivés dans ce qui ressemblaient une vieille auberge. Le gérant, qui semblait drôlement familier à Dudley, les accueillit en échangeant des paroles incompréhensibles avec les sorciers d’où Dudley ne comprit que « Harry… embuscade… Voldemort… mort ».

Puis, on avait monté les affaires des Dursley à l’étage, où deux chambres leurs avaient été réservées. À peine Dudley s’était-il allongé sur son lit qu’il entendit ses parents de l’autres côté de la cloison.

« Nous devons partir immédiatement ! Nous ne pouvons rester ici.

─ Mais Vernon, il n’y a pas d’autres solutions. Comment veux-tu faire ? Nous n’avons nulle part où aller.

─ Nous irons chez Marge. Elle nous hébergera…

─ Mais s’ils peuvent nous trouver chez nous, ils nous trouveront aussi chez elle, fit remarquer Pétunia.

─ Pétunia ! Nous ne pouvons pas faire confiance à ces gens-là ! trancha Vernon. Ils pensent d’une manière bien trop différente de la nôtre. Regarde, au lieu de poster des gardes autour de chez nous, ils ont préféré nous emmener dans une de leurs auberges miteuses. Si nous restons ici, nous serons morts avant la fin de l’été !

─ Tu as pensé à Dudley ?

─ Raison de plus pour aller chez Marge plutôt que courir à travers le pays ! Une fois Dudley scolarisé là-bas, il n’y aura aucun problème. Dès que nous avons décidé de partir, nous avons tiré une croix sur Privet Drive !

─ Mais en restant avec eux… nous serons sans doute mieux protégés.

─ Pétunia, écoute-moi bien. Comment veux-tu rester avec des personnes en qui nous n’avons aucune confiance ? Dudley a voulu les suivre, mais il faudra lui faire comprendre qu’on ne peut pas rester avec eux. Nous sommes plus en danger avec eux que chez Marge.

─ Mais…

─ Ça suffit Pétunia ! Tu vas faire ce que je dis maintenant, c’est clair. Quand j’ai accepté d’accueillir Harry sous notre toit, c’était uniquement pour te faire plaisir. J’ai accepté à la seule condition qu’on n’en parle plus jamais. L’histoire nous a montré que j’avais raison dès le début et que nous aurions dû l’abandonner.

« Maintenant, il a réussi à nous impliquer plus que nécessaire. Alors nous dormons ici et dès qu’ils ont les yeux tournés, on part chez Marge. Compris ?

─ D’accord, » murmura Pétunia après un long silence. « Tu… tu as raison. »

 

*

 

Plus tard, Dudley était parti pour l’Université et n’était presque plus rentré chez lui. Ce fut au cours d’une soirée qu’il avait rencontré Lucy. Ça avait été le coup de foudre instantané. Il n’avait su l’expliquer et ne le saurait sans doute jamais. Leur relation avait débuté lentement, par rencontres épisodiques, avant de se concrétiser réellement.

Ce fut à ce moment-là que Dudley avait découvert que Lucy était une sorcière. Et aussi étrange que cela pouvait lui paraître, il n’en avait pas été affecté plus que ça. Au contraire, il s’était rendu compte que cela lui importait autant que la couleur de la chaussette du dernier chanteur à la mode.

Lorsqu’il avait demandé Lucy en mariage, quelques mois plus tôt, elle avait immédiatement accepté. Dudley n’avait alors jamais été aussi heureux. On frappa à la porte. Son témoin était enfin là.

« Entrez !

─ Bonjour Big D !

─ Bonjour Harry. Je suis content que tu sois enfin là. »

Dudley se tourna pour voir son cousin. Cela faisait plusieurs mois qu’ils ne s’étaient pas vu, voire même quelques années. Dudley réalisa que c’était lors du mariage de son cousin, plus de quatre ans plus tôt. Cependant, Harry n’avait pas changé : le même éclat vif dans ses yeux émeraudes, ses cheveux toujours en épis et pas coiffés, son visage souriant et heureux. Et pourtant, il avait vieilli.

Des cernes se trouvaient sous ses yeux, et ce ton de gravité qu’il dégageait à chaque fois. Dudley avait depuis longtemps compris que son cousin avait mûri beaucoup plus vite que lui… beaucoup plus vite que de nombreuses personnes. Il portait un costume sombre de coupe « normale ». Dudley se souvenait très bien du jour où Harry avait quitté Privet Drive, et il se souvenait tout autant de la dernière fois que Vernon avait mentionné l’existence de son neveu quelques heures plus tard.

 

*

 

La sorcière était venue les chercher pour le souper. Les trois Dursley étaient descendus en bas. Ils étaient visiblement les seuls clients de l’auberge, et il n’était pas très difficile de comprendre pourquoi au vu du service.

Les Dursley et leur garde rapprochée s’étaient installés autour d’une longue table en bois tandis que le gérant de l’auberge leur servait une soupe à l’oignon dans des assiettes qui firent pâlir Pétunia. Celle-ci retroussa légèrement les lèvres lorsqu’elle vit le vieux sorcier commencer à boire la soupe à grande lampées. Dudley l’imita quelques instants plus tard mais il fut interrompu par son père :

« Ne touche pas à ça, fils !

─ Pourquoi ? demanda Dudley.

─ Parce que… tu ne sais pas ce dont ils sont capables. Ils ont peut-être empoisonné nos plats pour nous… »

Le gérant de l’auberge, qui mangeait avec eux, éclata alors d’un rire sonore, tandis que les deux autres sorciers regardaient Vernon avec une expression scandalisée.

« Moi, essayer de vous empoisonner ? s’amusa-t-il. Mais quel serait l’intérêt ? Et puis, c’est à peine si je sais concocter une potion pour soigner les furoncles et vous voudriez que je sache préparer un poison ? C’est la meilleure blague qu’on m’ait faite depuis bien longtemps.

─ Abelforth, tu n’es pas obligé de…

─ Voyons, Dedalus ! Tu vois bien qu’il plaisante ? Pourquoi voudrions-nous les empoisonner alors que nous pourrions les laisser se débrouiller tout seul, comme ils se plaisent à le penser.

─ Co… comment ? s’étrangla Vernon.

─ Ces murs empêchent le son de passer aussi bien qu’un rideau infesté de Doxys ! révéla le vieux tavernier. Nous avons tous entendu votre petite conversation. Sachez que je n’ai rien contre, personnellement. Mais mon frère attachait une grande importance à Harry Potter, et celui-ci juge nécessaire de vous protéger. Alors nous vous protégeons. Mais si vous voulez partir, c’est par là ! ajouta-t-il en désignant la porte derrière lui.

─ Mon neveu est responsable de la situation dans laquelle nous sommes ! s’exclama Vernon. C’est de sa faute si nous sommes là !

─ Votre neveu est le seul espoir que nous ayons pour vaincre Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, intervint la sorcière. Ce n’est pas sa faute si Vous-Savez-Qui lui court après et veut le tuer !

─ Bien sûr que si c’est de sa faute ! » s’exclama Vernon en se levant brusquement. « Qui d’autre ? Il y avait des milliers d’enfants après qui votre Lord machin pouvait en avoir. Il a choisi celui-ci en particulier ! Il n’avait qu’à le tuer lorsqu’il en avait l’occasion, ça aurait été un grand…

Tarantallegra ! s’exclama le vieux sorcier, ce qui fit tomber Vernon tandis que ses jambes étaient secouées de terribles soubresauts.

─ QU’EST-CE QUE VOUS M’AVEZ FAIT ? rugit Vernon. ARRÊTEZ CA…

Silencio ! Plus jamais vous ne parlez de cette façon de Harry Potter, est-ce bien clair ? Plus jamais ! Stupé

─ Dedalus, non ! » s’exclama la sorcière en levant à son tour sa baguette. « Notre devoir est de les protéger, pas de les attaquer. Ne tient pas compte de ce qu’ils disent. Harry nous avait prévenus qu’ils n’aimaient pas les sorciers. Je comprends mieux vos réactions lors du départ, » ajouta-t-elle à l’intention de Vernon en levant les sortilèges. « Vous me dégoutez. Vous avez peur et vous n’avez pas la force de l’affronter !

« Vous préférez vous réfugiez dans un monde que vous contrôlez, un monde où tout est normal, un monde où vous avez une importance. Mais le monde n’est pas comme ça. Il ne l’est plus. Le monde est cruel : des gens meurent tous les jours par la faute de Vous-Savez-Qui. Et votre neveu fait tout son possible pour l’arrêter et rendre le monde meilleur pour des gens tels que vous. Et tout ce que vous trouvez à dire, c’est qu’il devrait mourir…

« Vous êtes pitoyable !

─ Je n’accepterai pas qu’on me parle sur ce ton ! s’emporta Vernon.

─ Il va bien le falloir ! Vous avez pris l’habitude que tout le monde suive vos règles. Mais ce n’est pas le cas ! Vos règles sont incompatibles avec le monde tel qu’il est aujourd’hui et c’est pour ça que vous êtes dans cette situation !

─ HARRY EST LE SEUL RESPONSABLE ! IL A JETÉ LA MALÉDICTION SUR MA FAMILLE AU MOMENT MÊME OU IL A ÉTÉ DÉPOSÉ DEVANT NOTRE PORTE !

─ VOUS AVEZ ÉTÉ CHOISI ALORS QUE DES MILLIERS D’AUTRES AURAIENT TUÉ LEURS PROPRES MÈRES POUR ÊTRE À VOTRE PLACE ! »

La sorcière était devenue aussi rouge qu’une tomate. Elle faisait face à Vernon, sa baguette pointée vers lui. Le vieux sorcier était lui aussi debout prêt à intervenir, tandis que le gérant, Pétunia et Dudley étaient restés assis, regardant la scène avec attention. Vernon jeta sa serviette et se retourna.

« Très bien ! Je m’en vais ! Nous partons ! » ajouta-t-il à l’adresse de sa femme et de son fils. « Nous allons chez Marge immédiatement ! »

Vernon était retourné dans sa chambre, avait attrapé sa valise puis était redescendu, suivi du reste de sa famille. Il ne lança pas un regard aux sorciers qui les regardaient sortir. Vernon ouvrit la porte d’un violent coup d’épaule. Ils étaient dans une petite ruelle, appartenant sans doute à un village d’après les maisons qu’ils voyaient. Il y régnait un silence de mort, rompu seulement par le vent qui s’engouffrait entre les bâtisses.

« Je ne veux plus jamais entendre parler de Harry en ma présence, est-ce bien clair ? À compter d’aujourd’hui, il n’a jamais existé. »

Les deux autres hochèrent légèrement de la tête tandis que Vernon se dirigeait vers ce qui semblait être la rue principale.

Elle était aussi vide et silencieuse que la ruelle qu’ils venaient de quitter. Il n’y avait pas une seule voiture, pas un seul passant. Des échoppes se suivaient le long de la rue, procurant la seule lumière possible. Au loin, ils virent ce qui semblait être un immense tas de ruines. Vernon regardait autour de lui à la recherche d’une gare ou d’un arrêt de bus. Ou même d’une station de taxi.

Mais rien.

« Vous êtes à Pré-au-Lard, » déclara alors l’aubergiste qui était venu les rejoindre. « C’est un village peuplé uniquement de sorciers. Vous devez être les seuls Moldus dans un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres. Vous ne pourrez pas quitter le village sans une aide sorcière. Si vous voulez vous rendre ailleurs, il faudra attendre demain. »

Puis il s’était retourné et était reparti vers son établissement, dont l’enseigne était la tête d’un sanglier. Vernon resta immobile au milieu de la rue quelques instants avant de finalement rejoindre le gérant, suivi de Pétunia et Dudley. Celui-ci entendit son père maugréer dans sa moustache sur le chemin du retour.

 

*

 

Bien sûr, ils n’avaient pu se rendre chez Marge, les sorciers les surveillant à chaque fois. Mais Dudley gardait un souvenir agréable de son père essayant de trouver une façon d’échapper à leur vigilance.

Harry s’était approché et regardait à présent Dudley dans le miroir, un large sourire sur le visage. Il posa sa main sur l’épaule gauche de Dudley et la serra légèrement.

« À ton tour maintenant.

─ Pardon ?

─ À ton tour de fonder une famille heureuse et aimante. Je sais que tu sauras combler Lucy de bonheur, et je sais qu’elle te rendra heureux jusqu’à la fin de tes jours. J’espère que votre amour sera transmis à vos enfants…

─ Harry, tu commences à parler comme le prêtre… La cérémonie, c’est tout à l’heure.

─ Excuse-moi, » déclara son cousin avec un léger sourire. « L’habitude sans doute. Tu as grandi Dudley. Tu es devenu un homme à présent. Je sais ce dont tu es capable. Je sais que tu as changé en neuf ans. Il sera sans doute impossible d’oublier ce qu’il s’est passé entre nous durant notre enfance… Mais ma présence signifie bien une chose…

─ Tu n’as pas à me donner une deuxième chance, Harry. Tu n’en as jamais eu la nécessité. Ma nouvelle vie, c’est grâce à toi que je l’ai eue. Alors soit certain, je te suis plus redevable qu’autre chose. Tout ce que je voudrais faire, c’est m’excuser.

─ Tu n’as pas à t’excuser Dudley. Tu n’as jamais eu à le faire. Parce que je te pardonne. Je vois ce que tu es devenu et je sais que le Duddlynouchet que j’ai connu n’est pas cette personne-là. Je sais que la personne qui est devant moi est meilleure. Tes enfants auront sans doute du sang sorcier dans les veines…

─ Ce seront mes enfants avant tout, Harry. Peu importe ce qu’ils sont, je les aimerai et les protégerai comme un père se doit de le faire. »

Dudley crut voir des larmes briller dans les yeux de son cousin, qui retira sa main. On frappa de nouveau à la porte. C’était Pétunia. Elle resta immobile quelques instants en voyant Harry avant de reprendre contenance.

« Dudley, il est l’heure. »

Avec un hochement de la tête, Dudley se retourna, souffla un grand coup puis sortit de la salle, suivit de Harry et de sa mère. Il se dirigea vers le parc, où se déroulerait la cérémonie. Il traversa l’allée entre les chaises, remplie de connaissance, essayant de se concentrer sur ses pas pour ne pas tomber. Il arriva sur l’estrade où il attendit Lucy. Harry se tenait juste derrière lui.

Enfin, les orgues retentirent et il la vit, resplendissante comme mille soleils. Lucy était vêtue d’une longue robe blanche. Ses épaules et le haut de son buste était dégagée et des fleurs couvraient ses longs cheveux blond vénitien finement attachés. Elle arborait le sourire le plus splendide que Dudley n’ait jamais vu et il essaya tant bien que mal de lui rendre.

Elle tenait le bras de son père, qui la conduisit vers l’autel sous les regards envieux des invités. Dudley jeta un coup d’œil à sa mère, qui pleurait de joie, et à la chaise vide à côté d’elle.

 

*

 

Ils étaient rentrés dans l’auberge. Les deux autres sorciers n’étaient plus là. Le vieux sorcier se proposa de monter leurs valises dans leurs chambres pendant qu’ils terminaient leur dîner. Dudley se jeta sur sa soupe puis le ragoût qui suivit. Vernon ne toucha pas son assiette tandis que Pétunia ne prit que des légumes. Le dessert fut une simple salade de fruit et puis le gérant leur proposa un digestif. Pétunia refusa et alla se coucher.

Vernon prétendit vouloir seulement rester devant le feu pour lire avant d’aller se coucher, mais Dudley, qui avait encore faim et finissait de manger sa salade de fruit, vit son père attendre que le gérant eut le dos tourné pour se servir un grand verre de ce qui ressemblait à du Whiskey. Vernon but une grande gorgée, qui dût sûrement lui arracher le gosier car il toussota quelques instants plus tard. Puis il s’affala sur son fauteuil, sirotant son verre tout en regardant le feu. Dudley resta à sa place, silencieux.

« Tous des vauriens, » murmurait Vernon pour lui tout seul. « On ne peut leur accorder notre confiance… Non, c’est impossible… Ils sont trop… trop bizarres, trop différents pour qu’on puisse les suivre. Ils sont dangereux…

« C’est cette baguette… Ils pensent qu’elle leur confère un statut… Mais ils se trompent… Ils prétendent vouloir nous défendre… mais ils ne cherchent qu’à nous séquestrer… Nous n’avons rien à voir dans leurs histoires… Mais ils veulent quand même nous mettre dans le bourbier… Incapables d’assumer seuls leurs actes…

« On ne peut pas leur faire confiance… On ne peut même pas les fréquenter… Ils sont dangereux… Instables… Irrationnels… Nous faire courir à travers tout le pays pour échapper à leur Lord bidule… Alors qu’une bonne protection dans un bunker serait suffisant… Ils nous rendent vulnérables…

« Cette auberge pourrait être détruite par un simple coup de vent…

─ Moi, je les aime bien » déclara alors Dudley en se levant de sa chaise.

 

*

 

Dudley sentit une main se poser sur son épaule. C’était Harry, qui le regardait avec un air navré. Dudley lut dans ses yeux que son cousin avait parfaitement compris ce à quoi il pensait à l’instant.

« Il a toujours été idiot. Nous faisons tous des erreurs, plus ou moins grave. Mais aujourd’hui, tu prouves que les apparences ne sont pas le plus important. Je sais que tu es énormément déçu par son absence, et sans doute triste.

─ Tu ne peux pas comprendre, murmura Dudley.

─ Sans doute. Un père qui refuse de venir à son mariage est sans doute pire qu’un père ne pouvant plus y participer, concéda-t-il. Mais cela ne veut pas dire que tu dois te morfondre. Ton père a fait son choix, tu as fait le tien. Et je peux t’assurer que tu as fait le bon choix : celui du cœur… »

Harry s’interrompit lorsque Lucy vint les rejoindre, accompagnée d’une de ses amies. Elle lança un regard tendre et passionné à Dudley qui eut un sourire complice. Harry avait raison, il ne devait pas se morfondre sur le passé, mais penser à l’avenir.

Une heure plus tard, il embrassa Lucy Dursley avec tant de passion qu’il déclencha les rires de l’assemblée. Mais il n’en tint pas compte.

Lorsqu’il se redressa, il crut voir disparaître une moustache grise derrière une colonne.

 

*

 

Vernon se retourna pour voir son fils, une lueur démente au fond du regard. Ses yeux étaient injectés de sang et Dudley voyait des gouttes de sueurs qui perlaient sur le front de son père.

Celui-ci resta silencieux quelques secondes, s’assurant qu’il avait bien comprit les paroles de son fils.

« Qu’est-ce que tu viens de dire ? demanda Vernon, les yeux plissé.

─ Je viens de dire que je les aimais bien. Ils sont gentils avec nous, ils nous aident et nous protègent. Si Harry a voulu…

Ne prononce pas son nom ! siffla Vernon.

─ Si on est protégé, c’est qu’il y a bien une raison. Il nous a toujours détestés, pourquoi voudrait-il nous protéger ?

─ Arrête de parler de lui devant moi ! Il n’a jamais existé !

─ Pourtant si, il existe ! s’exclama Dudley. Et la preuve de son existence est que nous sommes là pour en parler ! S’il n’avait jamais existé, nous ne serions pas là à vivre dans l’ombre. Nous serions chez nous à dormir après un délicieux repas de maman !

─ Je ne te permets pas de me parler de cette façon, fils ! File dans…

─ Je ne suis plus un garçon ! s’insurgea Dudley. J’ai grandi ! Je peux faire ce que je veux !

─ Tu n’es pas majeur ! Tu es encore sous ma responsabilité ! Et je te demande…

─ Tu as perdu toute ton autorité au moment même où nous avons quitté la maison ! C’est moi qui ai décidé de partir, et vous m’avez tous les deux suivis !

─ Tu parles de choses que tu ne comprends pas, Dudley ! balaya Vernon. Monte te coucher avant de dire plus de bêtises.

─ Je n’irai pas me coucher avant d’avoir fini ! protesta Dudley. Harry a voulu nous protéger ! Ce n’est pas un signe que nous comptons pour lui ? Même s’il nous déteste, même s’il ne nous pardonnera jamais ce qu’on lui a fait subir, il a fait tout son possible pour éviter que nous soyons en danger !

« Tu dis qu’il nous a mis dans cette situation. Tu n’as rien compris ! Il essaye de nous en sortir, de faire en sorte que nous ne soyons pas pris au milieu de leur combat !

─ LA FERME DUDLEY ! s’époumona Vernon. LA FERME ! Maintenant, tu vas m’écouter. Tu vas aller te coucher et demain, nous irons tous chez Marge, est-ce bien clair ?

─ Non, rétorqua Dudley.

─ J’ai dit est-ce bien clair ?

─ Et je te réponds, non, ce n’est pas clair ! Je veux que nous restions avec eux, avec ces… avec ces sorciers ! Ce sont les seuls capables de nous protéger ! Nous devons rester avec eux. Sinon, nous mourrons tous ! »

Dudley se retourna brusquement et se dirigea vers les escaliers, laissant son père devant la cheminée. Mais avant qu’il ne pose son pied sur la première marche, il l’entendit déclarer très distinctement :

« Dudley, tu commets une terrible erreur. Ne reste pas avec ces gens, ne les approches pas, ne les fréquente même pas. Si jamais tu t’avises de le faire, tu ne seras plus mon fils. »

 

*

 

Dudley regarda la silhouette de son père disparaître au loin, tout en avançant au milieu de l’allée sous les grains de riz et tenant le bras de sa femme. Harry lui pardonnait pour tout le mal qu’il lui avait fait… Pouvait-il en faire autant pour son père ? Il repensa aux paroles de son cousin et se dit que oui.

Il pouvait pardonner son père de ne pas être venu à son mariage. C’était un caprice d’enfant et cela était pardonnable.

En revanche, Dudley savait qu’il ne pourrait jamais pardonner son père d’avoir renié sa belle-fille et ses petits-enfants à cause du sang qui coulait dans leurs veines. Il ne pourrait jamais pardonner un père d’avoir renié son propre fils à cause de ses choix.

Jamais.

 

 

End Notes:

Et voilà, c'est fini. J'espère que cette conclusion vous a plut, ainsi que toute cette histoire. C'est ainsi que je vois Dudley, vous n'êtes pas obligés d'y adhérer. Mais pour moi, ça fait un petit moment que je le vois outre la brute épaisse des premiers tomes. On ne le voit trop peu, et je trouve ça dommage. Je voulais donc lui écrire une histoire. Pour ce dernier chapitre, j'ai longuement hésité à la forme adopté. Je voulais aborder son mariage, mais je ne pouvais pas passer sous silence la fuite de Privet Drive. Après long débat personnel, j'ai opté pour les flash-back, allant aux limites des règles pour ma série (c'était la contrainte). La journée se passe donc lors du mariage, mais c'est bien la fuite de Privet Drive qui est traitée. J'espère que ça vous a plut.

Bref, merci à tous de m'avoir lu jusqu'au bout. Merci à ceux qui ont laissé des reviews (pas beaucoup, mais ça fait toujours plaisir). Et merci, une fois de plus, à ma formidable correctrice ouistiti qui m'a sauvée plusieurs fois sur cette histoire.

J'espère vous retrouver très bientôt sur une nouvelle fiction !

Cette histoire est archivée sur http://www.hpfanfiction.org/fr/viewstory.php?sid=23031