La traversée by Api
Ancienne histoire coup de coeurSummary:



Parce qu'elle en avait tant rêvé. De l'Angleterre.

Joyeux Noel Laura1406


Categories: Biographies, Après Poudlard Characters: Parvati Patil
Genres: Tragédie/Drame
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Aucun
Chapters: 8 Completed: Non Word count: 11305 Read: 4758 Published: 09/12/2013 Updated: 01/06/2015
Story Notes:

Bonjour a tous! J'ai commencé a écrire sur Parvati dans le cadre d'un concours et je suis tombé amoureuse du personnage. So, cette petite fic est la suite de deux os, Vivre de rêves et Poussière d'espoir.

1. Chapitre I: S'enfuir by Api

2. Chapitre II: S'envoler by Api

3. Chapitre III: Se rappeler by Api

4. Chapitre IV: Se retrouver by Api

5. Chapitre V: Se promener by Api

6. Chapitre VI: Se dévoiler. by Api

7. Chapitre VII: S'étonner by Api

8. Chapitre VIII: Se sentir prête by Api

Chapitre I: S'enfuir by Api
Author's Notes:
Cette fic est un cadeau pour Laura. Parce que même si tu la corrige, je veux quand même te l'offrir choupie. Pour tous les messages adorables, les corrections géniales et tout le reste. *koeur*

Bonne lecture!
Debout devant la fenêtre, Parvati regardait le soleil se lever sur l'Inde. Elle regardait le ciel se teinter de mauve, les nuages prendre une couleur dorée et les rayons du soleil filtrer à travers eux. Elle regardait l'aurore, cette palette de nuances qu'aucun peintre ne pourrait jamais vraiment reproduire. Elle avait toujours associé l'Inde au soleil, à la lumière et, même si l'Inde avait été son crépuscule, aujourd'hui elle avait un parfum d'espérance. Le parfum de tous les possibles.
La jeune femme s'arracha à sa contemplation silencieuse et prit la valise de cuir marron posée a côté d'elle. C'était une toute petite valise et le cuir était usé mais elle était bien suffisante. Parvati n'emportait pas grand-chose avec elle. Le plus lourd était là, dans son ventre, et lui donnait des coups de pieds de temps en temps.

Cela faisait plus d'un mois qu'elle se préparait, un mois que l'idée de cette journée la faisait vivre. Elle avait tout supporté pour cette journée. Pour partir. Les discours interminables de sa mère, ses mots blessants, les regards de Ranjan et ses mains sur son corps. Il avait des mains immenses et quand il les promenait sur son ventre, elle avait l'impression de n'être qu'une poupée de chiffon, incapable du moindre geste. Mais elle n'avait rien lâché. Elle avait joué la comédie de la vie pour que ce jour vienne. Elle avait conspiré, menti et dissimulé pour aujourd'hui. Et pourtant, alors qu'elle avait passé ses nuits à ruminer et ses journées à haïr tout ce qui l'entourait, elle avait mal à l'idée de partir.
La jeune femme s'essuya rapidement les yeux, furieuse contre elle-même. C'était l'Inde bien sûr. Même si elle savait qu'elle n'y était plus chez elle, il y avait toujours les souvenirs. Et certains d'entre eux étaient heureux.

Parvati se mordit légèrement la lèvre, indécise. Dans sa main droite, la petite valise de cuir usé, dans sa main gauche sa baguette magique. Elle devait se décider maintenant, avant que la maisonnée ne se réveille et que ses habitants ne referment à nouveau leurs bras sur elle. Avant qu'ils ne la tuent davantage. Mais elle n'osait pas, elle restait paralysée. Parce qu'elle avait peur. Parce que si elle passait cette porte, si elle mettait son plan à exécution et qu'elle franchissait cette limite, elle serait toute seule de l'autre côté. Parce ce qu'elle ne savait plus très bien sourire, parce que l'inconnu l'effrayait depuis son mariage. Parce qu'elle avait quitté l'Angleterre depuis trop longtemps. Parce qu'elle ne savait plus rien de ses amis excepté les souvenirs qu'elle gardait d'eux.
Peut être sa mère avait-elle raison finalement. Peut-être n'était-elle pas assez forte et intelligente pour faire son propre chemin dans la vie. Elle n'était pas Padma après tout.
Un coup de pied plus fort que les autres déforma légèrement la peau tendue de son ventre, brisant le fil de ses pensées. Elle ne bougea pas, se contentant de regarder cette bosse qu'aucune robe ample ou artifice ne pouvait plus cacher. Parvati ne savait pas très bien ce qu'elle voulait pour ce bébé, ni ce qu'il représentait pour elle mais elle savait au moins ce qu'elle ne voulait pas pour lui. Pas de prison ni de mariage forcé.
Elle respira profondément, laissa le cuir du sac s’échouer sur le carrelage froid et empoigna à deux mains sa baguette magique qu'elle commença à plier. Lentement.
Il y eut d'abord un léger craquement, comme si la baguette la suppliait d'arrêter mais Parvati continua jusqu'à ce que le bois se brise. La jeune femme eut le temps d'apercevoir le léger filament argenté qui reliait encore les deux extrémités avant de la jeter derrière elle. Rien de plus qu'un bout de bois. Celui-là même qui avait scellé son serment de mariage et qui la maintenait prisonnière ici. Elle avait mis longtemps à comprendre que c'était la magie qui l'entravait. Qu'elle devait se séparer de sa baguette pour ne pas être retrouvée par Ranjan. Elle avait choisit, elle avait tout planifié. Elle était prête à changer de vie, à apprendre autre chose. A recommencer.

Elle reprit son sac en essayant de maîtriser les tremblements qui l'agitaient et posa sa main sur la poignée de la porte. C'était le moment.
Elle ouvrit le battant et laissa l'aurore éclairer le grand hall d'entrée. C'était une belle aurore. Sans doute une des plus belle qu'elle aie jamais vue en Inde. La dernière aussi. Elle avait envie d'en voir plus. Plus de monde, plus de ciel, plus de liberté. Elle fit un pas et rien ne se passa. Un autre et la porte se ferma derrière elle, dissimulant à nouveau l'imposante demeure sorcière que la famille de Ranjan avait bâtie une centaine d'années auparavant.

Elle était dans la rue. Les odeurs épicées du souk voisin lui emplissaient les narines et elle était dans la rue. Le petit mendiant unijambiste devant le magasin de vêtements moldus lui faisait signe et elle était dans la rue. Elle pouvait sentir le monde tourner sans avoir le vertige. Elle était dans la rue.
C'était une sensation étrange, de tenir à nouveau les rênes de son destin. C'était grisant.

Il y avait une jeune femme dans la rue. Elle avait des papiers moldus dans son sac, un enfant dans le ventre et des traces de larmes sur les joues. Mais elle souriait, elle avait même envie de chanter, de crier. Sa liberté retrouvée.
End Notes:
J'espère que ça vous a plu, j'avoue que c'est très court mais je n'avais pas envie de faire plus long pour ce prologue. ^^
Prochain chapitre, S'envoler.
Chapitre II: S'envoler by Api
Author's Notes:
Merci pour vos reviews vous êtes vraiment des choux!
Voila donc la suite, un peu plus longue que le premier chapitre mais pas beaucoup plus... J'espère que ça vous plaira!

Bonne lecture!
Le grand Hall de l'aéroport ressemblait à celui du ministère de la Magie mais cela n'empêchait pas Parvati de se sentir complètement perdue. Elle avait pourtant pris le train moldu depuis la ville où vivait Ranjan jusqu'à Bombay, elle avait acheté un sandwich étrange à un marchand ambulant et avait même répondu aux questions d'une jolie dame pendant le trajet.
Mais ces avions étaient trop gros, trop lourds pour pouvoir voler et Parvati ne voulait pas mourir. Pas maintenant.

- Je peux vous aider mademoiselle ? demanda une jeune femme vêtue d'un uniforme éclatant.

Parvati regarda une dernière fois les énormes avions qui attendaient leurs passagers, essayant de calmer la peur qui commençait à l'envahir.

- Non merci, je vais par là, répondit-elle en montrant du doigt la file d'attente qui patientait devant le guichet numéro deux.

La jeune hôtesse hocha la tête et s'en alla après lui avoir sourit d'un air encourageant. Parvati aurait voulu pouvoir le lui rendre mais sa bouche avait oublié. Elle savait faire pourtant avant. Avant la guerre. Quand elle était jeune, si jeune que le monde entier était une promesse.
Le souvenir de Lavande et des milliers d'éclats de rire qu'elles avaient échangés lui traversa l'esprit et lui vrilla le cœur. Lavande était proche maintenant, il lui suffisait de passer ce guichet et de monter dans la gueule du monstre pour pouvoir respirer à nouveau l'Angleterre et le parfum de son amie. Et raviver les couleurs.

- Billets s'il vous plaît, fit le guichetier sans même la regarder.

Parvati plongea la main dans son sac et en sortit son précieux billet qu'elle avait eu tant de mal à se procurer. Le moldu fronça les sourcils et leva enfin les yeux de son écran.

- Et bien ce billet ?

Elle le regarda, ce moldu à qui elle allait donner plus que sa vie, et resserra sa prise sur le fragile morceau de papier.

- C'est pour aller en Angleterre.
- Très bien mais donnez moi votre billet mademoiselle et posez votre sac sur le tapis roulant.

Il avait l'air proprement exaspéré et elle lui tendit le billet qu'il regarda pendant quelques secondes avant de lui rendre.

- Allez-y.

Allez-y.
Parvati s'avança et passa le guichet sans qu'aucune alarme ne sonne. Elle se retourna et regarda derrière elle pour la première fois depuis qu'elle avait quitté ce qui lui servait de maison. Cette cage dorée dans laquelle elle avait laissé une part d'elle même. Elle regarda derrière elle et vit des gens, beaucoup de gens. Qui parlaient, se retrouvaient, se disaient au revoir. Elle vit le monde et le trouva changé. Se trouva soudain vieille. Salie.
Et toujours ce poids dans le ventre.

La jeune femme inspira et pinça les lèvres. Ce n'était pas le moment de flancher. Ranjan était sûrement déjà en Angleterre, ayant suivit la piste du Portoloin qu'elle avait réservé deux jours plus tôt. Elle essaya de s'imaginer la réaction de Padma en voyant ce beau frère presque inconnu frapper à sa porte. Serait-elle inquiète, heureuse ou tout simplement indifférente ?

Parvati prit place sur une banquette et ferma les yeux. Comment était-elle Padma ? Elle se l'imagina, riant avec Lee sous l'ombre des arbres, du soleil dans les yeux et le cœur.
Et elle, qu'avait-elle dans le cœur à part ce goût amer et cette envie dévorante de frapper, de casser cette si belle image ? Effrayée par ses propres pensées, elle rouvrit brusquement les yeux, retrouvant le décor désormais familier de la salle d'attente. Autour d'elle, les moldus attendaient tous la même chose qu'elle. L'avion qui les ferait quitter l'Inde.
La jeune femme regarda autour d'elle, observant les passagers. Leurs yeux inquisiteurs ne quittaient pas son ventre et elle se sentit mal. Elle allait se lever et partir quand une jeune femme aux cheveux d'un blond presque blanc s'installa à côté d'elle.

- Luna ?

Luna et sa douce folie, assise dans l'aéroport moldu de Bombay ?
La jeune femme tourna la tête et ses grands yeux verts emplirent Parvati de tristesse. Bien sûr que ce n'était pas Luna.

- Excusez moi, je me suis trompée, bafouilla-t-elle en sentant les larmes lui monter aux yeux.

Luna n'aurait pas regardé son ventre. Elle lui aurait demandé pourquoi le ciel était si clair alors que la veille les barbilles velues n'avaient pas chanté. Chère Luna dont elle s'était si souvent moquée mais qui avait compris avant tout le monde que la guerre ne s'était pas terminée à la mort de Voldemort. Parvati se demanda pourquoi Luna. Pourquoi Luna alors que les images de Lavande et Adrian dansaient tous les jours devant ses yeux ?

- Mais après tout pourquoi pas ? murmura-t-elle en regardant ses mains posées sur son ventre rebondi.

Elle avait les ongles ternes.

Quelque part, une voix inhumaine annonça que les passagers du vol 396 étaient priés de se présenter pour l'embarquement et Parvati se leva. Elle allait être aussi brave que Luna et traverser les mers pour terminer sa guerre. Elle avança, tranquille, derrière les autres passagers et pénétra dans le ventre de l'avion en maîtrisant son angoisse du mieux qu'elle le pouvait.
Elle prit place sur son siège et agrippa les accoudoirs. Elle avait peur. Toujours elle avait peur.

- Tout va bien mademoiselle ?

Parvati répondit par un sourire crispé et attendit que l'hôtesse se soit éloignée pour resserrer sa prise sur les appui-bras.

- Il ne faut pas trop réfléchir, fit une voix à sa droite. Pensez plutôt à ce qui vous attend là bas.
- Je ne sais pas ce qui m'attends là bas, murmura-t-elle en gardant les yeux rivés sur le siège devant elle.
- Alors pensez à ce qui vous a menée ici.

La jeune femme tourna la tête et regarda son voisin pour la première fois depuis qu'elle s'était assise. C'était un moldu ordinaire, avec un début de calvitie et un journal sur les genoux. Il avait l'air détendu mais ne la regardait pas, concentré sur ses mots croisés.

- Ce qui m'a menée ici, répéta-t-elle.

Hermione. C'est grâce à elle qu'elle avait eu l'idée de se fondre dans le monde moldu pour disparaître aux yeux de Ranjan. Hermione qu'elle avait tantôt détesté, tantôt jalousé mais toujours admirée. Et Lavande. Et Dean. Et Seamus. Et Poudlard, le lac, les sorties sur la plage, les jeux stupides, les sourires, les rires. Luna. Les souvenirs. Lui.
Elle aurait voulu dire tout ça. Mais au moment où elle allait répondre, elle y repensa. Et finalement...

- C'est moi...

C'était à peine un murmure et elle mit quelques secondes à comprendre ce qu'elle venait de dire. A réaliser ce qu'elle avait fait. Mais elle se sentit mieux, plus courageuse. Alors elle le répéta, plus fort.

- C'est moi.

Et l'avion décolla.
End Notes:
Voila, j'ai toujours peur d'être a côté de la plaque avec des textes comme ça alors vos avis comptent beaucoup (en positif ou négatif)!

Encore et toujours merci a Laura, pour le bétatage toussa... *calin*

Le prochain chapitre sera Se rappeler. A bientôt!
Chapitre III: Se rappeler by Api
Author's Notes:
Bonjour et Bonne année 2014 a tous!!! J'espère que vous avez bien bu, bien mangé et que vous avez tous été gâtés.

Voici donc le nouveau chapitre. Je suis désolée pour l'attente mais ma pauvre béta était surchargée et elle a fait aussi vite qu'elle a pu. J'en profite donc pour lui faire les bisous habituels.

Bonne lecture!
Elle pouvait les voir derrière le hublot. Les côtes anglaises. Belles, même à travers la brume. Elle pouvait les voir mais même maintenant, à quelques minutes de la fin de son exil, elle ne savait pas ce qu'elle allait y trouver.
L'homme à côté d'elle n'avait plus rien dit depuis le décollage, de longues heures auparavant. De très longues heures que Parvati avait comblées en somnolant, piégée dans les limbes de ses cauchemars faits de questions sans réponses et de souvenirs trop douloureux. Plus l'avion s'approchait de l'aéroport et plus elle avait l'impression qu'ils s'insinuaient en elle, avides. Des horreurs de souvenirs. Elle voulait les yeux pétillants de Lavande, pas ce néant qu'elle avait aperçu lorsqu'elle avait été lui rendre visite a l'hôpital, une éternité auparavant. Qu'allait-elle dire Lavande ? Sur son silence, son absence. Où était-elle, Lavande ?

La voix inhumaine s'éleva dans l'avion, annonçant l’atterrissage imminent et, pendant qu'elle bouclait sa ceinture, Parvati repensa à l'autre voix qu'elle avait entendue une fois dans sa tête. Une voix de serpent qui s'était insinué jusqu'à son âme, là où elle gardait ses plus précieux secrets. Avant.

Bientôt deux ans. Deux ans qu'elle était partie et pourtant, c'était comme si c'était hier. Elle pouvait les voir à travers le hublot, les toits de Londres. Et bien plus loin au nord, quelque part dans un château à la mémoire millénaire, deux jeunes filles qui riaient en regardant deux garçons s'amuser.

Les roues de l'avion heurtèrent le sol et la secousse lui arracha un faible cri mais personne ne sembla le remarquer et quelques minutes plus tard, ils marchaient tous vers le Hall. Un autre Hall, un autre pays. Mais Parvati ne s'attarda pas cette fois ci. Elle marcha aussi vite que possible vers la sortie, impatiente. Et des chatouillis dans le ventre.

La brise lui fouetta les joues et réveilla en elle des sensations qu'elle croyait à jamais oubliées. Les jambes flageolantes, elle se dirigea vers le banc le plus proche et s'y installa pour regarder le spectacle que lui offraient les moldus de Londres en ce matin de mars. Ils étaient partout et quelques fois, une touffe de cheveux bruns la faisait se lever de son banc, ou une démarche rapide. La peau mate d'un jeune homme qui riait. Des yeux bleus amoureux.
Elle resta longtemps sur ce banc, observant les gens aller et venir, songeant à ce qui pouvait se cacher derrière cette boutique fermée ou bien sous cette vieille chaussure abandonnée. La magie.

C'est assise sur ce banc qu'elle prit pleine mesure de ce qu'elle avait laissé derrière elle en quittant l'Inde. Sa baguette. Cette baguette qui l'avait accompagnée partout depuis ses onze ans. Elle en avait fait des choses avec cette baguette. De belles choses. Les larmes lui montèrent brusquement aux yeux en songeant que plus aucun Patronus ne sortirait du fragile morceau de bois. Elle avait tant de souvenirs heureux à l'époque de l'AD. Et puis il y avait eu Adrian et les Patronus éclatants de lumière malgré les ténèbres qui s'étaient installés. Maintenant, il ne restait que des cendres.

Quelque part au loin, Big Ben sonna onze heures et la jeune femme releva la tête, décidée à se fabriquer de nouveaux souvenirs heureux. Elle n'avait pas la force de retourner à Ste Mangouste, pas après sa dernière visite. Mais il y avait la petite maison des Brown, un peu a l'écart de Londres. Et la chambre de Lavande.

Elle se leva lentement, ignorant les coups que lui donnait le bébé et se dirigea vers les énormes bus rouges que les moldus affectionnait tant.

- Je voudrais aller dans Aberney Street, dit-elle au chauffeur en lui tendant ce que les moldus appelaient un billet.

- Aberney Street ? C'est où ça ?

Parvati fronça les sourcils, comment pouvait -il ignorer ça ?

- Je fais que le centre ville moi, désolé, fit le chauffeur en ajustant sa casquette. Prenez un taxi !

La jeune femme recula, luttant contre la panique qui commençait à l'envahir. Elle marcha un peu le long du trottoir pour se donner une contenance tout en se demandant à quoi pouvait bien ressembler un taxi. Peut-être une sorte de poudre de Cheminette ? Pourtant, le conducteur du Magicobus connaissait tout Londres. Elle soupira et finit par se résoudre à demander son chemina un passant, un homme au bras barré de tatouages qui lui répondit par un grognement qu'elle ne comprit pas.
Comment aurait-elle pu comprendre ?
Elle s'éloigna à nouveau et aperçut un petit écriteau portant la mention « taxi » posé sur une voiture. Un sourire éclaira un instant son visage et elle s'empressa de monter a l’intérieur.

- Aberney Street vous connaissez ?
- Oui miss, vous y serez dans une trentaine de minutes.

Et tandis que le chauffeur faisait rouler sa machine, Parvati regarda défiler Londres à travers la fenêtre. Ses maisons, ses jardins, ses habitants. Et Lavande qu'elle pouvait presque toucher du doigt. Bientôt....

- C'est un garçon ou une fille ?

Brusquement tirée de ses pensées, la jeune femme mit quelques secondes avant de saisir la question du chauffeur.

- Je ne sais pas.

Le sourire avait disparu, tout comme la lumière qui avait brillé un instant dans ses yeux noirs.

- Vous préférez avoir la surprise alors ? C'est bien ça, fit l'homme, sans s'apercevoir de la réaction de sa passagère. C'est pour quand ?

- Dans deux mois.

Elle tourna à nouveau la tête vers la fenêtre, souhaitant de toutes ses forces qu'il arrête avec ses questions. Toujours les mêmes, répétées par tant de gens différents mais qui n'avaient pas le moindre sens pour elle. Elle ne voulait pas de ce bébé. Elle n'avait jamais voulu ce bébé.
Un coup d’œil dans le rétroviseur permit au chauffeur de voir le visage fermé de sa cliente et il n'insista pas, préférant laisser le silence s'installer dans l'habitacle.

Lorsque le taxi s'engagea enfin dans Aberney Street, Parvati reconnut tout de suite les belles maisons aux volets colorés et les jardins bien soignés. Et là-bas, un peu plus loin, dissimulée aux yeux des autres, la maison des Brown.
Elle régla le chauffeur avec les gros billets verts des moldus et attendit qu'il parte avant de marcher vers la maison que les sorts Repousse- moldus ne dissimulaient pas à ses yeux. Le perron, la belle balançoire de bois rose sur laquelle Lavande aimait tant s'asseoir, l'odeur des madeleines encore chaudes. Un endroit chaleureux.

Elle renifla un peu, remit son sac sur son épaule et s'avança résolument vers la porte rouge. Il y avait la petite cloche en argent qui avait l'air d'avoir un peu rouillé depuis sa dernière visite mais à travers le bois de la porte, elle entendit des voix. Alors elle essaya d'oublier ces deux années, son ventre lourd, ses joues creuses et son amertume. Elle essaya de redevenir Parvati. La Parvati dont Lavande avait besoin quand elle était triste ou heureuse. Juste quelques heures d'espoir et de souvenirs.

Elle tira sur la cordelette et la cloche carillonna, aussi fort que battait le cœur de la jeune femme. Allait-elle lui pardonner Lavande ? Allait-elle la reconnaître ? Et elle, allait-elle réussir à s'excuser ?

Des bruits de pas se rapprochèrent de la porte et un voix s'éleva.

- Qui est là ?

« C'est moi. ». Voilà ce qu'elle avait envie de dire. Et que la porte s'ouvre, rien qu'au son de sa voix. « C'est moi, je suis de retour ». Et une crinière de cheveux blonds qui virevoltent autour d'un visage joyeux. Bientôt.

Elle approcha sa bouche du battant et déclara, des papillons dans le ventre et la gorge nouée par l'émotion :

- C'est Parvati.
End Notes:
J'espère que ça vous a plu et que vous ne trouvez pas que ça traîne en longueur ou que c'est trop ennuyeux - -'
En tout cas, merci d'avoir lu!

Prochain chapitre Se retrouver
Chapitre IV: Se retrouver by Api
Author's Notes:
Bonjour à tous après cette longue absence!
Je suis désolée pour ceux qui suivaient cette histoire, j'espère juste que ça ne vous aura pas découragés ^^.

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture!

Merci encore et toujours a ma béta d'amour qui sait tout le bien que je pense d'elle.
La porte s'ouvrit et Parvati s'arrêta de respirer l'espace d'un instant, essayant de ne pas montrer sa déception, d'empêcher son cœur de se briser entièrement.
Ce n'était pas Lavande. Comment avait-elle pu croire que cela pouvait être Lavande ?

- Parvati ? C'est...quelle surprise !

Elle se força pour sourire à cette femme qui l'avait si souvent invitée à dormir chez elle. Cette femme qui l'avait nourrie, hébergée, écoutée parfois. Lavande avait les mêmes cheveux blonds que sa mère mais elle n'aurait jamais eu ce sourire gêné en voyant son ventre gonflé. Pourquoi n'était-elle pas là ? Elle avait besoin de Lavande.

- Je venais... Je voulais voir... Je pensais que peut-être...

Elle hésitait, incapable d'exprimer ce vide immense qu'elle ressentait soudain. Comment lui dire le trou énorme, la déchirure qu'elle avait dans la poitrine et qui portait un nom de fleur ? Et l'espoir, ce fol espoir qui l'avait conduit jusqu'ici et qui gisait là, sur le perron. En miettes.
Elle se mordit les lèvres, incapable de se retenir davantage, honteuse même de se sentir en colère contre cette femme si douce et agréable qui n'avait pas d'autre tort que celui de ne pas être Lavande.

- Est-ce qu'elle...

Le dire. Juste une fois, une dernière fois.

- Parvati, entre ma chérie.

Elle se laissa porter, se sentant encore plus démunie que lorsque sa mère avait claqué la porte. Plus encore que devant la tombe de son père.
Héléna Brown lui donna une tasse de thé et les larmes lui montèrent aux yeux en songeant à toutes ces soirées passées à engloutir le plus de breuvage possible avant de s'imaginer des futurs tous plus radieux les uns que les autres. A treize ans, comment auraient-elles pu s'imaginer les ténèbres ?

- Parvati ?

La jeune fille leva les yeux vers son hôtesse, la regarda vraiment pour la première fois depuis son arrivée. La mère de son amie n'avait pas ce pli soucieux sur le front avant. Et ces rides à la commissure des lèvres, étaient-elles là il y a trois ans ?
En regardant madame Brown, Parvati ne put s'empêcher de songer que le temps n'était pas celui qui laissait le plus de marques au bout du compte. Mais les gens, les gens laissaient des traces indélébiles sur les autres. Et elle pouvait voir que chacune de ces rides s'appelait Lavande aussi clairement que si c'était écrit.
Lavande...

- Elle est dans sa chambre, tu sais.

Elle est dans sa chambre.

Parvati ouvrit légèrement la bouche, incapable de croire ce qu'elle venait d'entendre. Mais Madame Brown hocha doucement la tête, une lueur d'angoisse au fond des yeux. Comme si elle avait peur. Elle ne pouvait avoir peur que pour une chose. Cette chose qu'elle avait toujours choyée et souvent trop gâtée.
Elle est dans sa chambre.

La jeune femme se leva maladroitement, et se dirigea vers l'escalier. Doucement, elle en gravit les marches, une à une, tremblante à l'idée d'être une fois de plus déçue, rongée par l’inquiétude et terrifiée par ce qu'elle allait trouver derrière la porte au bout du petit couloir. Consciente aussi de ce qu'elle risquait d'y voir. Elle ne se souvenait que trop bien de la dernière fois qu'elle avait vu son amie. La peau déchirée et les yeux fous.

Elle toqua doucement, essayant d'oublier sa peur, son ventre trop lourd et l’inquiétude dans les yeux d'Héléna Brown. Elle toqua mais personne ne répondit.
Alors elle colla son oreille contre le bois de la porte et ferma les yeux, attentive au moindre bruit, dans l'attente d'une respiration, d'un souffle.

- C'est toi, maman ?

La voix était claire comme une source et sa musique était la plus belle du monde. Parvati se mordit la lèvre si fort qu'elle fit couler le sang. C'était la même voix. Une voix que rien ne pourrait jamais lui faire oublier. Et elle, avait-elle oublié la sienne ?

Elle entrouvrit la bouche et laissa échapper les mots qu'elle rêvait de dire depuis son retour à Londres.

- C'est moi.

Elle entendit un cri étouffé et la porte s'ouvrit brusquement sur une silhouette mince à la peau si blanche qu'on aurait dit du verre. Mais la bouche souriait et ce sourire illuminait Lavande, effaçant les images d'elle hurlant, se griffant. Parvati retrouvait tout dans ce sourire ; elle revoyait les sorties dans les rues enneigées de Pré-au-Lard, la chaleur des soirées passées à la lumière des bougies, les rêves d'avenir radieux. Elle retrouvait Lavande, cette Lavande si entière et si belle que Greyback n'avait pas réussit à briser.

La fragile Lavande esquissa un pas dans sa direction, la surprise peinte sur son visage. L'instant d'après, Parvati était dans ses bras, s'accrochant à elle comme à une bouée de sauvetage. Ses larmes, traîtresses, coulèrent sans retenue. Des sanglots bruyants, les premiers qu'elle s'autorisait depuis son mariage, la secouèrent mais elle ne s'en soucia guère. Lavande n'avait pas regardé son ventre. Elle lui avait ouvert les bras, sans réserve, et Parvati savait qu'il n'y avait pas de prix pour ça.

- Je suis désolée, hoqueta la jeune indienne. Tellement désolée...

La main de Lavande lui caressa doucement les cheveux mais elle ne répondit pas pour autant et Parvati s’inquiéta de ce silence. Pourrait-elle jamais réparer son erreur ? Cette erreur qu'elle avait fait un soir du 2 mai et qui n'avait jamais cessé de la hanter depuis.
Elle secoua légèrement la tête et se serra un peu plus contre Lavande pour ne plus y penser mais les images étaient là, gravées dans sa mémoire.

Elles restèrent longtemps blotties l'une contre l'autre, en silence. Savourant simplement l'instant.

- Depuis quand es-tu sortie ? finit par demander Parvati sans oser regarder son amie.
- Il y a eu le procès, murmura Lavande. Et tu sais, il passait tous les jours aussi, il ne venait pas dans ma chambre mais il s'asseyait sur le marronnier de la cour. Ça faisait du bien.

Parvati mit quelques secondes pour comprendre que le procès dont elle parlait était celui de Greyback. Elle savait qu'il avait été condamné à perpétuité quelques mois auparavant et que certains avaient manifesté pour son exécution pure et simple.

- C'était...longtemps après ma visite ?
- Je ne sais plus. Peu importe.
- Je suis contente que tu ailles mieux, fit Parvati en se redressant et en regardant Lavande droit dans les yeux cette fois.
- Je suis contente que tu sois là, répondit son amie en penchant la tête sur le côté tout en lui envoyant un petit sourire malicieux.

Le mouvement avait fait glisser ses cheveux et Parvati vit nettement les trois fines cicatrices qui serpentaient le long du cou de Lavande. Elle savait que ce n'était pas les marques du loup. Greyback avait laissé des cicatrices mais pas ici.
Ces traces-là étaient celles d'un dégoût profond et elle ne se souvenait que trop bien du jour où elles avaient été faites.

Elle s'était présentée à la grille et on l'avait conduite jusqu'à la chambre trente-deux. C'était celle de Lavande. La guerre était finie depuis trois semaines et la jeune femme était sortie de l'hôpital cinq jours auparavant. Mais elle n'était pas rentrée chez elle.

- Tu es prêt ? avait demandé Parvati à Seamus qui avait tenu à l'accompagner.

Oui, Seamus était prêt. Ils étaient prêts tous les deux, alors ils étaient rentrés dans la chambre, faisant abstraction du sorcier en uniforme qui se tenait à l'entrée.

Elle avait les cheveux emmêlés, comme s'ils n'avaient pas été peignés depuis plusieurs jours. Parvati n'avait pas réussi à voir les yeux de son amie mais sa bouche hurlait en silence. Elle avait les mains plaquées contre les oreilles, seule à entendre les chuchotements pervers de l'homme-loup.
Seamus avait légèrement reculé, comme s'il avait soudain prit un coup. Parvati avait eu peur. Elle ne reconnaissait pas la fille qui se recroquevillait dans le coin du mur.
Lorsque Lavande avait laissé ses ongles s'enfoncer dans son cou et creuser de fins sillons sanglants elle s'était enfuie, les yeux plein de la folie de son amie. Horrifiée.
Seamus l'avait rejointe quelques instants après, une marque rouge sur la joue et les lèvres pincées. Fermé à double tour.
Deux jours plus tard, Parvati partait pour sa propre prison, fuyant les spectres de la guerre.

- Elles ne s'effaceront pas, fit Lavande en ramenant ses cheveux vers l'avant. Ne soit pas désolée, Parvati. J'ai plein d'écharpes pour les cacher.

C'était toujours Lavande, songea Parvati pendant que son amie ouvrait sa grande armoire et exhibait des étoles plus ou moins colorées. Même si elles avaient encore beaucoup de choses à se dire, à se pardonner. C'était le port. Elle avait fait du chemin mais maintenant, elle allait enfin pouvoir se reposer.
Et quand elles se regardèrent dans le miroir, deux écharpes roses autour du cou, elle éclata de rire. Elles éclatèrent de rire.

Dans la cuisine, assise devant le petit bar, Héléna Brown pleurait de soulagement, remplissant sa tasse de thé de larmes salées.
End Notes:
J'espère que ça vous a plu et si jamais c'est le cas ou que vous avez des remarques, je suis toute ouie ^^.
Prochain chapitre: Se promener.

Merci d'avoir lu!
Chapitre V: Se promener by Api
Author's Notes:
Bijour tout le monde!
Un grand merci pour les reviews, j'en suis toute liquéfondue. Vraiment, vous êtes la meilleure source de réconfort qu'un auteur puisse avoir. Oui oui, vous là, Hugo, Mary-m, Pattenrond, Laura, Eve...
Encore merci a Laura-choupie qui continue inlassablement son travail de correctrice du tonnerre.

Bonne lecture!
Parvati avait les yeux grands ouverts, incapable de s'endormir. Elle écoutait la respiration régulière de Lavande qui dormait à côté. Elle avait bien vu la petite potion de sommeil qu'elle avait prit avant de se coucher mais n'avait rien dit, imaginant sans peine ce que son amie pouvait voir dans ses cauchemars.
Une larme coula lentement le long de sa joue sans qu'elle n'essaie de l'essuyer. Elle avait si peur de s'endormir et de se réveiller dans les draps collant de la grande maison de Ranjan, son souffle lui balayant le visage.
Elle se leva doucement et marcha silencieusement le long du petit couloir recouvert de moquette jusqu'à la salle de bain. Elle se passa rapidement de l'eau sur le visage et regarda son reflet dans le miroir.

La fille en face d'elle avait l'air triste. Elle essaya d'étirer ses lèvres en un sourire mais ne réussi qu'à obtenir une grimace disgracieuse. Les grands yeux noirs lui mangeaient le visage et semblaient recouverts d'un grand voile opaque.
Doucement, Parvati fit tomber le haut de sa chemise de nuit et observa son ventre tendu. Le bébé semblait l'avoir dévorée. Ses jambes ressemblaient à deux piquets de barrière, comme lorsqu'elle était petite et enviait les formes des plus vieilles qu'elle.
Lavande n'avait rien dit sur sa grossesse mais, juste avant de s'endormir, elle avait fait courir ses doigts sur la peau de son amie et Parvati avait vu ses yeux s'écarquiller lorsque le bébé avait bougé.
Elle avait même esquissé un sourire attendri.

Parvati fronça les sourcils et réajusta sa chemise avant de regagner la chambre. Elle penserait au bébé plus tard. Pour l'heure, elle devait savourer le plaisir d'avoir retrouvé Lavande et essayer d'apprendre tout ce qu'elle avait raté pendant ces deux années d'absence.
Ses paupières finirent par s'alourdir et elle bascula dans un sommeil sans rêves.

- Tu es retournée à Poudlard ?

Elle avait eu du mal à poser la question tant l'évocation du château lui était douloureuse. Lavande reposa la tartine grillée qu'elle s’apprêtait à manger et fit un petit sourire.

- Je n'y suis pas retournée pour la rentrée. Mais je regrette beaucoup, j'aurais aimé avoir...

Parvati hocha la tête. Elle savait bien que Lavande tenait à obtenir ses diplômes, pour pouvoir prouver à tous ceux qui ne la connaissaient pas qu'elle n'était pas une écervelée.

- Tout a été reconstruit comme avant. C'est toujours aussi beau.
- Lavande, fit Héléna Brown en entrant dans la cuisine, j'aurais besoin que tu passe chez l'apothicaire pour moi tu veux bien ? Je te laisse la liste sur la table de salon. Bonne journée les filles !

Elle s'éloigna et Parvati entendit le « crac » caractéristique du transplanage.

- Elle travaille beaucoup en ce moment, expliqua Lavande. Elle n'a pas été très présente quand... Enfin, elle a reprit il y a quelques mois.

Elle laissa passer un silence avant de demander :

- Tu veux venir ?

Parvati la regarda, remplie de sentiments contradictoires. Elle s'était jurée de tourner le dos à cette vie de sorcière qui la rapprochait trop de Ranjan mais l'envie la tenaillait de revoir les rues pavées du Chemin de Traverse tel qu'elles étaient dans ses souvenirs. Et les boutiques animés, les bars attrayants, les glaces délicieuses. Tous ces petits détails qui lui soufflaient d’accepter la proposition de son amie.

- On ira boire un verre au Chaudron Baveur, fit Lavande pour la convaincre. Comme avant.

Parvati se mordit les lèvres mais finit par avouer ce qui l'embêtait tellement.

- Ça ne te gêne pas le...
- Le ?
- Le bébé, lâcha-t-elle dans un souffle.

Les lèvres de Lavande formèrent un « oh » de stupéfaction mais elle se reprit bien vite et laissa échapper un petit rire.

- Idiote.

Les lèvres de Parvati s'étirèrent en un vrai sourire et elle se sentie portée par un regain d'optimisme. L'idée que Ranjan puisse la retrouver ne lui effleura même pas l'esprit et c'est le cœur un peu plus léger qu'elle alla enfiler une ample robe de sorcier avant de rejoindre Lavande devant la cheminée.

- Prête ?

La jeune femme hocha la tête, prit une poignée de poudre de Cheminette et déclara :

- Chaudron Baveur !

Elle ferma les yeux le temps du voyage et lorsqu'elle les rouvrit, le décor familier de la petite pièce servant d'arrivée la rassura instantanément. Elle inspira longuement et des effluves familiers lui chatouillèrent les narines.
Lavande arriva à son tour et lui prit la main jusqu'au passage menant au Chemin de Traverse. Elle sortit sa baguette et tapota les briques ouvrant la porte de l'allée merveilleuse. Parvati sentit ses yeux la picoter férocement en voyant son amie avec sa baguette. Machinalement, elle avait regardé dans ses poches et s'était souvenue qu'elle n'en avait plus. Étrangère à son propre monde. Mais elle secoua la tête pour chasser ses idées noires et regarda le Chemin de Traverse apparaître sous ses yeux.

Elle avait oublié à quel point elle aimait ce monde de magie. Comme au premier jour, elle leva des yeux émerveillés sur les devantures des boutiques, se souvenant d'un détail ici, d'autres là. Elle retrouva toute la curiosité qu'elle avait pu avoir quand, enfant, elle parcourait ces rues avec sa sœur. Elle en oublia même cette honte un peu sourde qu'elle ressentait lorsqu'elle voyait les yeux des gens passer de son ventre à son visage, l'espace d'une seconde ou deux.
Rien n'avait changé, tout avait changé.

La jeune fille suivit docilement Lavande jusqu'à la boutique de l'apothicaire, comparant sans le vouloir ce nouveau Chemin de Traverse avec l'ancien, celui de ses souvenirs. Elle déambula devant les fioles exposées dans les étagères, effleurant du bout des doigts les flacons qui lui étaient familiers. Comme dans un songe, elle les revit, entrant dans la boutique pendant les vacances d'hiver. Seamus avait de la neige dans les cheveux et Dean riait aux éclats en se moquant gentiment de Lavande et de son Ron-Ron. Un de ces moments au goût d'éternité.

- Et voilà c'est fait ! Tu viens Parvati ?
- J'arrive...

Elle suivit son amie mais se retourna sur le seuil, avec l'impression de laisser quelque chose derrière elle. Ce n'était pas vraiment désagréable, juste un peu déroutant.

- On retourne boire un verre au Chaudron baveur ? proposa Lavande en ramenant ses cheveux qu'une bourrasque avait fait s’envoler.
- Non.

En voyant l'air étonné que son amie lui lança, Parvati ajouta :

- Je préférerai rester ici... avec toi. On est bien.
- C'est vrai.

Lavande leva les yeux vers le soleil qui réchauffait doucement les joues et les cœurs et un sourire naquit sur ses lèvres. Parvati remarqua qu'elle s'était un peu maquillée, se demanda comment elle avait fait pour ne pas le voir. Ce courage qu'elle avait Lavande.

- On est bien.
End Notes:
Voila voila! Vous aurez sans doute remarqué que l'action est proche de zero dans cette histoire... J'espère juste que ça ne vous gène pas! ^^
Je vous promet un chapitre suivant un peu plus long ( la vache celui-ci est quand même ridiculement court) qui d'ailleurs d'intitulera Se dévoiler
Chapitre VI: Se dévoiler. by Api
Author's Notes:
Bonjour!
Merci beaucoup pour les reviews et les encouragements, ça me fait vraiment chaud au cœur et je ne peux que vous encourager à continuer. Non non, je ne réclame rien ^^
Enfin, bref, merci encore à Laura à laquelle je souhaite au passage un très bon anniversaire.
Bonne lecture!
- Si on allait chez Farces pour Sorciers Facétieux ? proposa Lavande tandis qu'elles sortaient de Fleury et Bott.

Parvati perdit son sourire, ce sourire qu'elle avait eu tant de mal à retrouver et sentit son estomac se contracter douloureusement.

- Ça ne me dit rien...
- Mais pourquoi ? Il n'est pas tard et...
- Je ne peux pas Lavande, je ne peux pas !

Une dame se retourna et Parvati si rendit compte qu'elle avait crié. Elle se mordit la lèvre avec la furieuse envie de disparaître. Et Lavande qui avait l'air si perdue.

- J'ai peur, finit-elle par avouer, les yeux baissés.
- Mais de quoi ? De quoi Parvati ?
- De tout voilà ! s'emporta la jeune fille. J'ai peur d'être obligée de retourner en Inde, j'ai peur de ce bébé, j'ai peur qu'il ressemble à son père, j'ai peur de croiser d'anciens élèves, j'ai peur de me rappeler la guerre en voyant leurs visages, j'ai peur de disparaître. Que tu partes. J'ai peur, tu comprends ?

Elle ouvrit la bouche pour rajouter quelque chose, ce nom qui lui brûlait les lèvres depuis qu'elle avait posé les pieds en Angleterre mais se ravisa. Elle respirait difficilement, comme si elle venait de courir sur une longue distance et gardait les yeux fixés sur son amie, oubliant les gens qui l'entouraient.

- C'était la première fois que je revenais ici depuis la guerre, tu sais.

Parvati s'attendait à tout sauf à ça, et les mots de Lavande lui firent l'effet d'une douche froide. Plongée dans ses malheurs, elle n'avait jamais pensé que son amie pouvait vivre la même chose qu'elle.

- Je suis désolée, Lavande. Je ne savais pas.

Elle regardait la rue, l'air absent et haussa les épaules, indifférente. Ça lui fit mal à Parvati, de voir son amie blessée. Et elle qui avait été trop égoïste pour le voir.
Si Lavande avait eu le courage de quitter sa maison et de sortir au grand jour, elle pouvait bien en faire autant. Et arrêter de s'apitoyer sur son sort.

Elle glissa sa main dans celle de Lavande et prit la direction de Farces pour Sorciers Facétieux, malgré son appréhension grandissante. Les cicatrices de Lavande étaient visibles sur son corps, les siennes aussi. Mais il ne fallait pas qu'elle en ait honte.
Elle n'avait pas honte de ce bébé, elle avait honte de cette passivité dont elle avait fait preuve, de sa lâcheté lorsqu'elle s'était laissée prendre par Ranjan, sans opposer de résistance. Il était temps de relever la tête et de regarder les gens en face, sans baisser les yeux.

La main de son amie serra la sienne et elle comprit qu'elles se soutenaient mutuellement. Qu'elle se serait effondrée sans Lavande et que Lavande se serait effondrée sans elle.
Il était doux le parfum de l'amitié et elle s'enivra de ce sentiment qui lui donnait l'impression de pouvoir déplacer des montagnes.

La boutique des Weasley n'avait pas changé. Sa façade pleine de couleurs attirait l’œil et l'on pouvait entendre des exclamations stupéfaites et des rires s'échapper de la porte grande ouverte.

Les deux jeunes filles se regardèrent un instant, indécises mais prêtes à renouer avec le monde et leur vie passée.

Parvati les vit dès qu'elle passa la porte. Les cheveux roux et la haute taille de Ron. IL était occupé à râler contre une petite sorcière qui venait de renverser plusieurs boites de philtres d'amour. Elle se tourna vers Lavande qui l'avait vu elle aussi. Elle souriait doucement et Parvati songea qu'elle avait bien changé l'adolescente aux nœuds roses un peu naïve.

- Salut, Ron.

Le jeune homme leva la tête et écarquilla les yeux en voyant les deux visiteuses. Ses oreilles rougirent violemment et il bafouilla un « bonjour » hésitant.

- Comment vas-tu ? demanda Parvati en avançant pour arriver à son niveau.
- Très bien, et toi ? Ça faisait euh... longtemps.

Il avait l'air de ne pas savoir quoi dire, et se grattait nerveusement la tête.

- Oui je suis rentrée il y a quelques jours, fit doucement la jeune femme. Lavande m’héberge un peu. Ça marche les affaires ?

Ils discutèrent pendant quelques minutes de banalités, Ron indécis quant à la conduite à adopter, Parvati se cantonnait à des sujets neutres et Lavande restait silencieuse près de l'entrée. Le silence finit par s'installer entre les trois jeunes gens et Parvati se demanda comment ils avaient pu en arriver là. A avoir peur de dire les choses importantes.

- Bon et bien... J'étais contente de te revoir Ron, finit par dire la jeune femme. Tu as l'air d'aller bien.
- Ça va mieux, oui, répondit le rouquin en lui souriant d'un air tendu.

Parvati suivit son regard et aperçut une silhouette qui traversait la boutique pour finalement disparaître dans ce qui devait être la réserve. Une silhouette qui semblait bien seule, incomplète.
Les yeux de Ron s'étaient fait tristes et Parvati se força à lui sourire.
Qui pouvait se targuer d'aller bien aujourd'hui ?

Elles quittèrent la boutique colorée, Ron et la silhouette solitaire qui semblait hanter les lieux. Lavande pleurait en silence et Parvati ne savait pas quoi dire pour la soulager. Que pouvait-elle faire qui ne soit pas stupide ou qui n'empire pas les choses ?
Combien de temps encore avant qu'ils ne soient enfin libérés de cette guerre ?

Lavande finit par se calmer et elle prirent le chemin de la maison des Brown, sans s'arrêter au Chaudron Baveur pour y boire un verre.

- Je suis fatiguée, déclara Lavande en montant dans sa chambre, les yeux rouges et l'air défait.

Parvati s'assit dans un fauteuil moelleux et ferma les yeux. La journée n'avait pas été très gaie mais elle avait eu le mérite de lui faire comprendre l'importance de certaines choses. Elle médita quelques instants, le regard perdu dans le vague puis prit un air décidé et se leva brusquement.
Elle griffonna un mot rapide à l'attention de Lavande, entra dans la cheminée et reprit le chemin de Farces pour Sorciers Facétieux.

Ron était toujours là et la boutique toujours aussi pleine mais elle réussit à se frayer un passage jusqu'au jeune homme qui visiblement ne s'attendait pas à son retour. Elle le vit regarder derrière elle à la recherche de Lavande, ses épaules s'affaisser légèrement en constatant son absence.

- Elle est rentrée chez elle, fit Parvati avec un petit geste de la main.
- Oui, j'aurais voulu... m'excuser, soupira Ron en se passant la main dans les cheveux. J'aurais dû aller la voir après je crois.
- Je ne pense pas qu'elle t'en veuille encore, tu n'as pas à te sentir responsable de quoi que ce soit Ron. Elle t'a maudit tous les soirs pendant quelques semaines mais c'est tout. Tu ne lui dois rien.

Ron fit la moue, visiblement pas convaincu par les paroles de la jeune indienne mais hocha la tête pour montrer qu'il avait compris ce qu'elle voulait dire.

- Je voudrais savoir si tu savais comment joindre Hermione.

Le visage de Ron s'éclaira un instant, et un sourire plein de douceur effaça la mine préoccupée qu'il avait jusqu'alors.
Et Parvati ne put s'empêcher de sourire elle aussi devant tant de tendresse.

- Elle est encore chez ses parents, mais elle passe tous les soirs, à la fermeture. Si tu veux, tu n'as qu'à l'attendre ici, proposa Ron.

Parvati n'hésita qu'une seconde, le temps de penser à Lavande qu'elle aurait peut-être dû prévenir autrement que par quelques lignes jetées sur un papier, et accepta l'offre du jeune homme.
C'est ainsi qu'elle passa son après-midi derrière le comptoir, à servir les jeunes enfants qui venaient se remplir les poches de merveilleux en attendant de pouvoir enfin rentrer à Poudlard. Leurs parents tentaient tant bien que mal de freiner les ardeurs de leur progéniture et même les vieux sorciers souriaient avec indulgence devant les rêves éveillés ou les boursouflets.
Bien sûr, elle remarqua aussi les doigts tendus vers Ron et les chuchotements admiratifs mais elle s'efforça de les ignorer, se concentrant sur sa tâche.

Bientôt, Ron et Parvati retrouvèrent leurs marques et échangèrent quelques plaisanteries, simplement heureux de discuter à nouveau. Parvati n'osait pas parler de George et Ron prit soin d'éviter le sujet du bébé mais ils se donnèrent des nouvelles, quelques petites miettes d'informations qui emplirent Parvati de joie. Enfin elle avait l'impression de faire partie d'eux à nouveau.

Finalement, alors que la journée touchait à sa fin et que les derniers clients faisaient la queue pour payer, une silhouette familière fit irruption dans la pièce, les bras chargés de rouleaux de parchemins.
Elle s'approcha de Parvati, avec ses cheveux touffus et ses yeux brillants d'intelligence et la jeune femme sut qu'elle avait raison de demander de l'aide à Hermione. Parce que si insupportable qu'elle ait pu être, c'était quelqu'un sur qui on pouvait compter.
Et Parvati fut heureuse de la voir échanger un sourire tendre avec Ron, de voir qu'elle allait bien et que, vu les papiers qu'elle tenait dans ses bras, elle avait reprit sa vie en main. Elle avait toujours été gryffondor, Hermione. Et, malgré tout ce que l'on avait pu dire, Parvati ne lui trouvait aucune ressemblance avec Padma et Serdaigle.

- Salut Hermione. Je suis contente de te voir, fit-elle en s'avançant, la main tendue.

Elle avait tenu à être la première à dire bonjour, pour rassembler son courage. Il était venu le temps de raconter une partie son histoire et elle avait besoin de se sentir maîtresse de la conversation. Ou du moins d'en avoir l'impression.

- J'ai quelque chose à te demander...

Elle hésita à lui préciser de ne rien divulguer a personne mais y renonça en voyant Ron refermer la porte derrière le dernier client. Après tout, que pouvaient-ils se garder secret ces deux-là ?

Alors elle prit une grande inspiration et commença à parler. De sa guerre à elle.
End Notes:
Alors, quel est votre ressenti? je suis vraiment curieuse de savoir!
Prochain chapitre, S'étonner!
Chapitre VII: S'étonner by Api
Author's Notes:
Bonjour à tous!
Désolé pour le léger retard de publication mais je suis en stage (idem pour ma béta d'amour) alors on a eu quelques contretemps ^^.
Sur ce, je vous laisse avec Parvati, j'espère que vous ne serez pas trop déçus de ce chapitre, moi j'ai un peu peur...
Laura choupie, merci encore et encore.
Il était tard lorsque Parvati quitta Farces pour Sorciers Facétieux. Elle prit le réseau de Cheminette et retourna directement chez les Brown, apaisée.
Elle n'avait pas tout dit à Hermione. Elle n'en avait eu ni l'envie ni le courage, et s'était contentée de lui raconter le principal, les grandes lignes. D'ailleurs, elle était certaine qu'Hermione s'était doutée de quelque chose.
Mais malgré les silences et les incohérences, la jeune stagiaire du ministère lui avait donné ce qu'elle était venue chercher et Parvati tenait bien serré dans son poing le papier recouvert de son écriture appliquée..

- Lavande ? murmura la jeune femme en poussant la porte de la chambre après avoir trouvé le reste de la maison vide.

Elle était allongée sur le lit, recroquevillée sur elle même et Parvati regretta d'être partie. Encore.

- Lavande ? demanda-t-elle encore une fois en s'asseyant sur le matelas, à côté de son amie. Pas trop près, juste assez.

Elle finit par se retourner, révélant à Parvati un visage noyé de larmes et des yeux perdus.

- Je n'ai rien ressenti, Parvati. Je l'aimais tellement Ron pourtant, mais rien, rien du tout. Rien n'est comme avant.

Elle bafouillait, Lavande, en devenait presque incohérente mais Parvati ne bougea pas.

- Je ne sais plus trop qui je suis, finit-elle par avouer d'une petite voix. Je ne sais plus.

Elle leva les yeux vers Parvati et son regard d'enfant à la dérive lui fit mal. La jeune indienne s'allongea à côté de son amie et posa sa main contre sa joue, comme elle le faisait avec sa sœur des années auparavant.

- Tu es Lavande et tu es très courageuse. Le reste n'a pas d'importance.
- J'ai peur parfois de me réveiller et d'avoir envie de sang.

Parvati grimaça mais ne répondit rien. Elle savait, et Lavande le savait très bien aussi, que Greyback avait joué avec elle mais n'était pas transformé pendant la bataille de Poudlard. Elle n'avait sans doute pas besoin qu'on le lui répète encore une fois.

- Je t'aime, Lavande.

Un petit rire désabusé s'échappa de la gorge de la jeune fille.

- Je ne suis qu'une poupée cassée.
- Tu n'as jamais été qu'une poupée Lavande. Peu importe ce qu'ils ont pu dire tous, tu étais bien plus qu'une poupée. Tout comme Hermione était bien plus qu'une mademoiselle je-sais-tout, ajouta-t-elle en repensant à la jeune femme qu'elle avait rencontrée une heure auparavant.

Elle avait même accepté de transmettre à Padma la lettre que Parvati avait écrite pour elle.La jeune indienne n'avait pas pu se résoudre à laisser sa sœur dans l'ignorance et, même si elle ne pouvait pas aller la voir pour le moment à cause de Ranjan, c'était sa sœur. Et le lien demeurait.

- Et tu n'es pas cassée.
- Juste un peut fêlée c'est ça ? répliqua la jeune femme en mettant Parvati au défi de dire le contraire.
- On est tous un peut fêlés, je crois.

Lavande resta silencieuse pendant quelques secondes et finit par rire doucement en murmurant que c'était sans doute vrai.
Parvati était sur le point de s'endormir lorsqu'elle entendit la voix de Lavande :

- Tu penses toujours à lui ?

La jeune fille sentit son ventre se contracter et elle ferma les yeux le plus fort possible, essayant d'éviter les images qui venaient la heurter avec plus de force que n'importe quel coup qu'elle avait pu recevoir. Elle ne répondit pas, fit semblant de dormir et ne se détendit que lorsqu'elle fut sûre que son amie s'était assoupie.
Elle avait enfermé Adrian dans une boîte et ne voulait pas l'en faire sortir. C'était le passé. Un passé qui faisait mal et qui la rongeait parfois mais qu'elle ne voulait pas déterrer.
Elle avait si bien réussit à ne pas songer à lui ! Et voilà qu'avec cinq petits mots, Lavande venait d'ouvrir la boîte.

Parvati resta un moment le regard fixé sur le plafond, appelant le sommeil mais il ne vint pas, préférant la laisser entre les mains d'un jeune homme aux yeux bleus et à la bouche gourmande. Adrian.
Et ce n'est qu'en allant prendre une potion de sommeil sans rêves dans la salle de bain de Lavande qu'elle réussit à fermer les yeux et chasser les images. Jusqu'au lendemain.



- Tu es sûre que c'est ici ?

Parvati observa la façade de l'immeuble qui avait été décorée par des moldus. C'était curieux comme peinture, des lettres croisées les unes avec les autres en des mots insensés.
Elle s'approcha de l'entrée et vit la petite plaque dorée dont Hermione lui avait parlé.

- Oui, c'est ici.
- Entrons alors, fit Lavande d'un ton brusque en voyant son amie hésiter devant la porte. D'ailleurs, comment entre-t-on ? demanda-t-elle après avoir essayé d'ouvrir sans le moindre succès.
- C'est le bouton, là, fit Paravti en appuyant le plus fort possible.

Un bruit métallique se fit entendre mais rien ne se passa et les deux jeunes femmes se regardèrent, indécises. Lavande essaya à nouveau d'ouvrir mais la porte restait obstinément bloquée.

- Si tu m'avais laissée prendre ma baguette, un simple Alohomora aurait suffit, soupira Lavande.
- Je recommence.

Parvati appuya sur le bouton en pressant aussi fort qu'elle le pouvait et le bruit métallique résonna encore une fois.

- Vite, essaye d'ouvrir ! fit Parvati en continuant de presser le bouton.

Lavande se dépêcha et finit par réussir à ouvrir la porte. Les deux jeunes filles se dépêchèrent de rentrer et se regardèrent un instant avant d'éclater de rire. Parvati pouvait l'entendre ce rire. Il résonnait dans le hall de l'immeuble, ricochant, infini. Retrouvé.

- Allez, c'est au deuxième étage, fit Lavande en lui prenant la main.

Parvati perdit son sourire et retrouva l'angoisse qui l'habitait depuis plus de deux ans. Néanmoins, elle se força à suivre son amie, après tout, elle avait demandé à Lavande de l'accompagner et elles gravirent les escaliers jusqu'à arriver devant une porte sur laquelle était indiqué Dr Trestown, Gynécologue. Gynécologue. On aurait dit un nom de tortionnaire ou de maladie, un nom qui faisait peur.

- C'est bien là ?

Parvati jeta un coup d’œil au papier d'Hermione et hocha la tête. C'était là. Elle sortit de son sac les papiers que la jeune femme lui avait remis en même temps que l'adresse de ce médicomage moldu, se souvenant sans peine de ce qu'elle lui avait dit.

- C'est une ordonnance. J'ai mis le nom du médecin de ma mère. Il faudra que tu la montres quand tu arriveras au cabinet sinon le médecin ne te recevra pas. Je sais qu'il prend sans rendez vous s'il a de la place alors j'espère que tu ne tomberas pas sur un jour trop chargé.

Parvati entra résolument dans le cabinet et se dirigea vers le bureau en brandissant son ordonnance, Lavande sur ses talons. La moldue fronça les sourcils mais après quelques vérifications, elle les envoya patienter dans une petite pièce aux fauteuils très confortables. Le médicomage moldu ne les fit pas attendre très longtemps et les emmena jusqu'à une pièce aux murs beiges pleines d’instruments étranges.
Parvati s'arrêta sur le seuil, les mains moites et la gorge nouée, tout son beau courage évanoui. Et il y avait toutes ces choses si bizarres partout dans la salle !

- Allongez vous mademoiselle... Patil, fit le médicomage en jetant un coup d’œil à ses papiers.

Et soudain, pendant que le médicomage – ou quel que soit son nom – préparait ce qui ressemblait à des instruments de torture, elle se demanda ce qu'elle faisait là. Elle n'avait rien à faire là !
Pourquoi était-elle venue ? Pour se prouver qu'elle était forte et capable de se débrouiller seule ? Elle n'avait pas envie de se débrouiller seule. Elle voulait retrouver le chemin des bras de Padma quand elles n'étaient encore que de petites filles pleine de confiance en l'avenir. Elle voulait être irresponsable, n'avoir à se soucier de rien d'autre que de ses notes à nouveau. Elle voulait redevenir libre. Se sentir jeune et pleine de conviction.
Quelle idiote d'avoir pensé une seconde que s'enfuir de sa cage dorée indienne suffirait à lui rendre sa liberté ! C'était ce bébé sa nouvelle prison. Que ne s'était-elle pas jeté par la fenêtre quand elle en avait eu l'occasion !

La voix lointaine du médicomage moldu finit par la ramener à la réalité et elle se rendit compte qu'elle s'était agrippée si fort à la main de Lavande que celle ci en était devenue rouge.

- Tout va bien se passer Parvati, fit son amie.
- Tu mens, répliqua-t-elle.

Elle avait toujours ce petit tic nerveux au coin de la lèvre quand elle mentait Lavande.

- Vous allez regarder l'écran pendant que je passe le gel sur votre ventre, déclara le médecin en soulevant le tee-shirt.

Elle vit son ventre rebondi apparaître et tourna la tête vers ce que lui avait désigné le médicomage, mal à l'aise à l'idée que cet inconnu pose ses mains sur elle. Elle jeta un œil sur toutes les choses posées a côté du lit et se demanda ce qu'était un écran.
Un petit cri de surprise lui échappa en sentant sur son ventre quelque chose de frais et liquide et l'espace d'un instant, elle se surprit à rêver d'une autre main que celle de Lavande pour serrer la sienne. La jeune femme ravala ses larmes et lorsqu'elle rouvrit les yeux, il y avait cette image qui venait d'apparaître.
Et le médicomage moldu qui lui disait que c'était son bébé.
End Notes:
Prochain chapitre Se redécouvrir.
Si jamais vous en avez le courage ou l'envie, une petite review me ferai très plaisir! J'en profite pour remercier ceux qui lisent cette fic, ça me fait vraiment chaud au cœur!
Chapitre VIII: Se sentir prête by Api
Author's Notes:
Bonjour à tous!

Je m'excuse pour cette longue, très longue absence due a pleins de choses et j'espère que certains d'entre vous seront toujours prêts à lire!
Parvati reste un personnage que j'aime énormément et je suis contente d'avoir pu réécrire sur elle.

Bonne lecture!
Parvati était assise sur la cuvette des toilettes, elle regardait l'image que le médicomage moldu lui avait donné lorsqu'elle avait quitté le cabinet de consultation. C'était une image qui ne bougeait pas.
Une larme s'écrasa sur le papier, là ou on pouvait voir la petite main de l'être qui gigotait dans son ventre. Une petite main dotée de cinq petits, tout petits doigts.
Et elle s'en était voulu Parvati, d'avoir imaginé cette main tenant la sienne et la joie que cela pourrait être.

Elle aurait bien voulu ignorer l'image, pouvoir retourner a son déni tranquille de cette vie qui grandissait et grandissait en elle mais Lavande avait semblé émerveillée.

- Ça semble si fragile, avait-elle murmuré en passant les doigts sur la photographie. Tu te rends compte ? Il ne saura rien de la vie, ni le noir, ni le blanc. Ni la tristesse.
- Tout le monde peut apprendre la tristesse Lavande.

Elle avait arrêté de sourire et s'était excusée. Parvati avait regretté encore une fois de la blesser sans cesse parce qu'elle n'avais pas été là. Parce qu'elle n'avait pas pu être là, trop folle pour assister au mariage de son amie. Trop meurtrie.

Parvati se mordit la lèvre et glissa l'image dans sa poche, enfermant la petite main dans un coin de son esprit. Ce soir, elle emmenait Lavande en promenade. Elle ne savait pas vraiment où, mais il fallait sortir, respirer à nouveau l'Angleterre.
Lavande avait enroulé autour de son cou une écharpe verte, un peu translucide et Parvati se demanda à quoi elle pouvait bien ressembler à côté d'elle avec son ventre déformé et ses jambes maigres.

- On pourrait aller à la plage, proposa Parvati en se rappelant les vacances qu'ils avaient passé là bas, avant la guerre.

Dean, Seamus et ses yeux qui dévoraient Lavande, Lavande qui pensait encore un peu à Ron. Et elle qui ne savait pas encore qu'elle allait bientôt Le rencontrer.

- Ce n'est pas une bonne idée, bredouilla-t-elle sans savoir si elle posait une question à Lavande ou si c'était une affirmation.

- Si, fit doucement Lavande. C'est une très bonne idée.

Parvati suivit Lavande et le souvenir des deux jeunes filles qu'elles avaient été jusqu'à la plage. Lavande avait toujours très bien transplané et à peine arrivée Parvati s'empressa de retirer ses chaussures pour enfoncer ses pieds dans le sable frais. Il n'était pas comme celui, brûlant et agressif, qu'on trouvait en Inde. Ce sable là glissait entre les orteils et était encore humide du crachin qui était tombé toute la journée.

Parvati sourit en regardant la mer qui prenait des teintes foncées avec les derniers rayons du soleil. Bientôt il ferait sombre et il faudrait deviner le sourire de Lavande. Mais pas maintenant. Maintenant les vagues qui agitaient la mer faisaient écho avec celles provoquées par le bébé.

- Petit poisson dans l'eau, murmura Parvati en passant sa main sur son ventre.
- Parvati ?
- Si on allait se baigner ?

Lavande la regarda comme si elle était folle, et peut-être était-ce le cas. Folle d'avoir envie de vivre.
Parvati se déshabilla pour ne garder que sa culotte et son débardeur noir et Lavande fini par l'imiter. Le foulard vert s'échoua sur le sable et la blonde jeune fille n'essaya pas de le récupérer.

Les deux filles poussèrent des petits cris de surprise au contact de l'eau mais ne reculèrent pas. Parvati se demanda brièvement si le bébé pouvait l'entraîner au fond de l'eau mais le rire de Lavande la ramena à la surface. Et lorsqu'elle reçu une vague sournoise en pleine figure, elle s'entendit rire, le goût du sel dans la bouche et les yeux brouillés de larmes.

Elle ne remarqua pas tout de suite la silhouette qui s'était arrêtée sur la plage. Elle tenait l’écharpe translucide de Lavande et regardait vers la mer.

- Lavande ?

Lavande ne riait plus, et même l'obscurité naissante ne pouvait pas dissimuler la peur qui venait d'emplir ses yeux.

- Seamus, murmura-t-elle. Parvati, c'est Seamus.

Parvati s'immobilisa, frigorifiée tout à coup. Seamus. Seamus qu'elle n'avait pas revu depuis qu'ils avaient été voir Lavande dans sa chambre close. Parvati hésita, sachant pertinemment que c'était à elle de décider. Lavande était prête à rester dans l'eau la nuit entière tant elle semblait paralysée.

La dernière fois que Parvati avait vu Seamus, elle avait fui en Inde, sans essayer de savoir ce qu'il avait pu ressentir en voyant Lavande se déchirer le visage, le loup partout dans son esprit. Elle ne s'enfuirait pas cette fois, parce qu'elle avait choisit d'être là. Elle était revenue en Angleterre pour pouvoir y vivre. Et personne ne pouvait vivre enfermé entre quatre murs, même des murs aussi jolis que ceux des Brown.

Parvati sortit rapidement de l'eau et entendit Lavande faire la même chose derrière elle. Elle se dirigea vers la silhouette, essayent d'oublier qu'elle était en culotte, trempée, énorme. Essayant d'oublier qu'elle n'avait plus grand chose de la Parvati qu'il avait quitté.

- Salut Seamus.
- Salut Parvati.

Il avait regardé son ventre bien sur, comme tout le monde, mais maintenant il avait un sourire sur le visage et il s'approcha d'elle pour la serrer dans ses bras. Seamus restait Seamus songea-t-elle en fermant les yeux et c'était bon de le voir à nouveau.

Lavande était restée droite, ses cheveux dégoulinants sur le sable. Elle avait croisé les bras et gardait les yeux fixés sur le foulard que Seamus tenait toujours bien serré dans sa main. Son rempart contre les regards.

- Lavande, fit-il, je suis content de te voir.

Parvati le regarda s'avancer. Un pas d'abord puis il s'arrêta. Lavande n'avait pas reculé et elle fixait toujours la main de Seamus. Parvati se souvint de ce que la Lavande rieuse lui avait dit sur les mains de Seamus.

- Elles me racontent des choses, même quand il ne parle pas. Il a les doigts tachés d'encre depuis que Dean est parti. Il le cherche. Et il sait faire des animaux avec la lumière de la bougie. Et j'adore ses longs doigts quand ils me caressent le visage.

Elle avait pouffé de rire, se traitant d'idiote.

Que pouvait-elle voir maintenant dans la main de Seamus crispée sur l'écharpe ?

Il s'approcha encore jusqu'à n’être séparé d'elle que par quelques centimètres et Parvati retint son souffle en voyant Lavande se crisper. Il lui tendit son écharpe et elle la prit. Mais le jeune homme fut plus rapide qu'elle et ses doigts emprisonnèrent les siens l'espace d'un instant.

Parvati se détourna légèrement et enfila sa longue jupe, le cœur serré en repensant à avant, quand tout paraissait possible, même avec la menace qui pesait au dessus de leurs têtes. Il était venu la voir une fois. Il avait traversé les tables et lui avait tendu la main pour lui dire bonjour. Une poignée de main pour une nuit d'amour.

- Parvati ?

Seamus avait la tête légèrement penchée sur le côté et Lavande se tenait bien droite à côté de lui, son écharpe verte enroulé autour de son cou, dissimulant un pan entier de sa vie. Parvati chassa les souvenirs et senti le bébé bouger doucement.

- J'ai proposé à Lavande d'aller prendre un verre chez Dean. Il vit à Londres.

Dean. Le garçon qui avait toujours de la peinture sous les ongles. La dernière fois, il avait peint un elfe de maison. Un héros, avait-il dit à Parvati. Un héros mort. Dean avait été le premier d'entre eux à jeter l'insigne rutilante que le premier ministre avait épinglé sur sa poitrine.
Parvati l'avait laissé avec sa cohorte de tableaux faits et à faire et il ne s'était même pas rendu compte qu'elle était partie.

- Il sera content de te revoir. Et on pourra parler un peu, ajouta-t-il en jetant un regard en coin à Lavande, comme avant.

Avant comme les milliers d'éclats de rire, avant comme les soirées à griller des bonbons au coin du feu ou les heures passées à discuter de choses importantes ou inutiles.

- J'arrive, répondit-elle avec un sourire avant de rejoindre ses amis.

Elle arrivait pour de bon, enfin.
End Notes:
J'espère que ça vous a plu! A la prochaine!