Mon Auberge était à la Grande Ourse by Winter
Summary:

Mon unique culotte avait un large trou.

- Petit-Poucet rêveur, j'égrennais dans ma course

Des Rimes. Mon auberge était à la Grande Ourse.

- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Arthur Rimbaud, Ma Bohème st2, 1870, Poèmes

image par @f_amaya sur picsart

☾ Recueil des textes écrits lors des Nuits HPF, de 2015 à aujourd'hui.

Ils peuvent se lire indépendamment les uns des autres.

PS : allez lire en premier ceux de 2021 ^^


Categories: Après Poudlard, Autres fics HP, Tranches de vie Characters: Andromeda Tonks, Ted Tonks
Genres: Romance/Amour
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Les Nuits d'HPF
Chapters: 37 Completed: Non Word count: 23717 Read: 6937 Published: 25/01/2016 Updated: 01/08/2021
Story Notes:

Ce recueil regroupe mes textes préférés écrits lors des Nuits HPF de 2015 à aujourd'hui, vous pouvez m'y retrouver sous le pseudo rowinter ☁︎

Les chapitres sont nommés d'après les thèmes donnés. Les chapitres peuvent se lire de manière indépendante. Lisez selon vos envies au grès des thèmes qui vous inspirent...

(mais plutôt ceux de 2021, il sont mieux)

(enfin je sais pas, j'ai pas d'avis objectif)

(bref faites comme vous voulez, mais allez voir ceux de 2021 quand même ^^)

 

1. 2015 - Lointain(e) by Winter

2. 2015 - Retrouvailles by Winter

3. 2016 - Provocateur by Winter

4. 2016 - Silencieux by Winter

5. 2016 - Vérité by Winter

6. 2016 - Décommander by Winter

7. 2016 - Profit by Winter

8. 2016 - Indiscret by Winter

9. 2016 - Orphelin by Winter

10. 2016 - Tableau by Winter

11. 2016 - Étage by Winter

12. 2016 - Promenade by Winter

13. 2016 - Satin by Winter

14. 2016 - Temps by Winter

15. 2016 - Présent by Winter

16. 2016 - Vivre by Winter

17. 2016 - Cucurbitacées by Winter

18. 2016 - Fenêtre by Winter

19. 2016 - Toupie by Winter

20. 2021 - Scélérat by Winter

21. 2021 - Époustoufler by Winter

22. 2021 - Mom by Winter

23. 2021 - Martyr by Winter

24. 2021 - Lune by Winter

25. 2021 - Lucioles + Plage by Winter

26. 2021 - Blâmer by Winter

27. 2021 - Pointer by Winter

28. 2021 - I must not tell lies by Winter

29. 2021 - Ardent by Winter

30. 2021 - Maîtriser by Winter

31. 2021 - Nomade by Winter

32. 2021 - Fougue by Winter

33. 2021 - Maladroit by Winter

34. 2021 - Balustrade by Winter

35. 2021 - Hésitation by Winter

36. 2021 - Tour du Monde des Nuits by Winter

37. 2021 - Miroir by Winter

2015 - Lointain(e) by Winter
Author's Notes:

Nuit HPF juin 2015

Thème : Lointain(e)

Personnage : Ginny Weasley

L’ennui est mon quotidien. En fait, ça a commencé quand j’ai emménagé ici. Tante Muriel fait partie de la catégorie des gens qui ont mal vieillis, si seulement elle a été un jour gentille et sympathique. Maintenant son passe-temps favoris est critiquer. Critiquer tout : moi, ma mère, moi, mon, père, moi, le temps, moi… 

 

« Ginevra coiffe donc un peu tes cheveux ! » , « Ces vêtements te donne l’air encore plus pauvre que la réalité… » , « Ginevra, une jeune fille ne doit pas glousser bêtement, elle doit savoir se tenir pour être une épouse et mère respectable. »

 

Je l’emmerde !

 

Je ne veux pas rester à la maison à attendre le prince charmant. Je veux me battre à ses cotés pour combattre le dragon. Mais je suis la cadette, la seule fille de la fratrie. Donc je reste à la maison en supportant le stress de maman qui part toutes les deux secondes pour pleurer, ou à supporter les remarques de Tante Muriel.

 

Papa ne va plus au Ministère. Les seules nouvelles qui nous viennent sont de Charlie qui vient de moins en moins souvent. Bill à cessé de partir en mission pour l’Ordre, Fleur trouve que c’est trop risqué. Je n’ai pas vu Fred et George depuis déjà plusieurs semaines. Sauf par leur émission à la radio que j’écoute en cachette, papa dit que c’est trop risqué. Le sujet « Percy » est interdit, prohibé. Je le déteste pour sa lâcheté.

 

Aucune nouvelle de Ron. Aucune de Hermione. Aucune de Lui…

 

Sous mon lit il y a plein de boules de parchemin, des lettres ratées. Je dis de mon frère, mais je ne suis pas beaucoup mieux. Il me manque et pourtant je le déteste pour m’avoir abandonnée. Suis-je en colère contre lui ou contre moi ? Je connais la réponse. 

 

Contre moi. Contre ma lâcheté. Pour toutes ces choses que je ne lui ai pas dit. 

 

Je sors dehors alors que j’entend quelqu’un qui m’appelle. Rien à foutre, je dois courir. Je sens les cailloux qui écorchent mes pieds, l’eau qui dégouline le long de mon dos, le froid qui m’enveloppe. Je m’en fou.

 

 

Je n’ai pas eu le temps de lui dire « Je t’aime ».

End Notes:

kindness is sexy.

winter

2015 - Retrouvailles by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF novembre 2015

Thème : Retrouvailles

Personnage : Harry Potter

Trois mois qu’elle était partie. Trois longs mois où j’avait juste eu le droit à une lettre qui avait eu un arrière-goût amer d’adieu : « terriblement désolée », « pressée de te revoir », « tu me manques », ces quelques mots avaient suffi pour que je sente mon coeur fondre. Mais la fin m’avait totalement achevé. Tout en bas du parchemin, il y avait cette phrase, trois mots, sept lettres: 

 

« Je t’aime. »

 

Depuis que je l’avais reçue, elle ne me quittait plus. Je la mettais dans la poche intérieur de ma veste, tout contre mon coeur. Au début, je pouvais sentir son odeur de fleur sur le parchemin, mais maintenant…

 

Je me reprends avant de me mettre à pleurer en plein milieu d’une gare bondée de monde. Un homme qui pleure seul ce n’est pas très viril ! Surtout que je sais qu’elle le remarquera au premier coup d’oeil. Je regarde l’horloge de la gare de King’s Cross qui m’indique qu’il me reste quatre minutes avant que son train n’arrive. Alors je compte les secondes qui me sépare d’elle.

 

- Un crocodile, deux crocodiles, trois crocodiles…

 

Les gens s’écartent du bord du quai, le train arrive. Je lutte contre mes pieds pour ne pas m’avancer. Je sais qu’elle n’aimerait pas que je lui saute dessus dès qu’elle arrivera. J’arrive à reconnaître facilement ses équipières qui descendent les marches du train. Allez savoir pourquoi on différencie facilement dans une foule les moldus des sorciers. 

 

Et je la vois. Ses longs cheveux couleur feu. Ses taches de rousseur. Sa silhouette élancée. Ses yeux noisette. Elle écarte quelques voyageurs et court pour se jeter dans mes bras. Je la sers le plus fort possible contre moi. Je ne veux plus qu’elle parte. Son odeur de fleur est toujours là. Je ne me lasse pas de sentir cette odeur, comme si je ‘’rechargeais’’ mes batteries.

 

Ses lèvres se posent sur les miennes. Elles sont douces, elles sont chaudes et me dévorent en entier. 

 

- Tu m’as manqué, me murmure t-elle entre deux baisers.

 

- Toi aussi, répliquai-je.

End Notes:

think happy thoughts. 

winter

2016 - Provocateur by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF janvier 2016

Thème : Provocateur

Personnage : Fred Weasley, Angelina Johnson

 

- Hey Angelina !

 

 

 

La jolie brune se tourna vers le rouquin.

 

 

 

- Fred ? dit-elle peu sûre de l’identité du jumeau qu’elle avait devant-elle.

 

- En chair et en os ! répondit-il avec un grand sourire.

 

- Qu’est-ce que tu veux ? demanda t-elle en s’avançant, méfiante.

 

 

 

Il sortit de sous la tapisserie où il s’était caché et lui prit la main.

 

 

 

- Viens.

 

 

 

Il la tira vers le passage, mais elle ne le suivit pas.

 

 

 

- Pourquoi… commença t-il étonné.

 

- Jamais je ne suivrais Fred Weasley à travers un passage secret poussiéreux sans savoir pourquoi, je suis loin d’être idiote…

 

 

 

Il l’interrompit en deposant un doux baiser sur ses lèvres. Souriant contre ses lèvres, elle se colla contre lui et approfondit ce baiser en quelque chose plus fougueux et passionné.

 

 

 

- Tu… parvint-elle à articuler.

 

- Suis moi, souffla t-il contre ses lèvres.

 

 

 

Elle était incapable de protester tant son baisser l’avait chamboulée et le suivit. Sous la tapisserie, aucune lumière ne passait, les plongeant dans le noir total. Elle se laissait guider par la main de Fred dans son dos. Angelina avait laissé tomber sa piteuse quête pour avoir une explication de la part de Fred quand ils arrivèrent rapidement dans un couloir vide. 

 

 

 

Il se tourna vers elle et s’approcha doucement pour l’embrasser de nouveau. Ce n’était pas comme la première fois, brûlant et fougueux, c’était plus doux, plus chaste. Elle glissa ses mains sur son torse, agrippant sa chemise pour l’attirer contre elle, elle voulait plus. Le froid du mur en pierre s’immisçait à travers sa chemise, mais elle s’en fichait éperdument. Tout comme le bruit de pas qui s’approchaient.

 

 

 

- Monsieur Weasley ! s’exclama une voix criarde. 

 

 

 

Fred se releva et tourna sa tête vers Dolores Ombrage accompagnée de Cornelius Fudge.

 

 

 

- Comment osez-vous… dit-elle rouge de colère. Dans les couloirs… Et vous Miss Johnson… Le règlement…

 

- Oups ! Il semblerait que nous ayons oublié le décret numéro… Combien déjà ? demanda Fred avec un sourire provocateur. Veuillez m’excuser, je les mélange tous, il y en a tellement aussi…

 

- Le numéro trente-deux, gronda Ombrage, les lèvres plissées.

 

- Ma chère Dolores, n’aviez-vous pas dit avoir repris les choses en main dans cette école ? demanda Fudge.

 

- Mr le Ministre, ceci n’est pas normal, ils seront punis…

 

- Je me doute que ce ne soit pas normal ! coupa Fudge. Mais à l’évidence, tous les élèves ne vous écoutent pas au doigt et à l’oeil. Cela me déçoit de votre part, vraiment…

 

- Mais Mr le Ministre ! Je vous promets que cela ne se reproduira plus.

 

- Je l’espère pour vous Dolores.

 

 

 

Et il partit, les mains dans le dos en marmonnant. Ombrage eu un moment d’hésitation entre suivre son cher Mr le Ministre et donner une punition aux deux gryffondors. Mais son adoration pour l’homme au chapeau melon l’emporta et elle partit en courant à sa suite sous le regard moqueur de Fred.

 

 

 

- Ce couloirs n’était pas choisis au hasard, n’est-ce pas ? demanda Angelina en haussant un sourcil.

 

- Non, et je peux t’assurer que la fille aussi.

 

- Oh ! Tu veux dire que tout était soigneusement planifié avec la bonne fille, le bon couloir, au bon moment…

 

- Tu m’en veux ? demanda t-il un peu honteux.

 

 

 

Elle fit mine de réfléchir quelques secondes avant de l’embrasser avec passion.

 

 

 

- Tu veux rire ? murmura t-elle contre ses lèvres. J’adore…

End Notes:

« Peut être, êtes vous heureux 

Et ne le savez même pas »

winter

2016 - Silencieux by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF janvier 2016

Thème : Silencieux

Personnage : Sirius Black

- Hello gros chat. Comment ça va ?

 

Du haut de son arbre, le chat le regardait dédaigneusement sans cesser de remuer sa queue.

 

- Comment va ta maîtresse mon gros ?

 

Le chat cracha.

 

- Ok, ok. Mon beau, tu préfères ?

 

Le chat remua la queue sans quitter des yeux Sirius Black qui se démontait le cou pour le regarder.

 

- En fait, j’aimerais surtout savoir comment il va… 

 

Le chat ne répondit pas. Abattu, l’ex-prisonnier se laissa tomber le long du tronc d’arbre.

 

- Je… J’ai pas pu remplir le rôle qu’ils m’avaient confié. Je suis son parrain, je devais m’occuper de lui et au lieu de ça…

 

Il se prit son visage entre ses mains. Silencieusement, le chat descendit souplement, malgré sa corpulence, de l’arbre auquel il était perché et se frotta contre cet étrange bonhomme en ronronnant.

 

- Tu te rends compte que je ne suis jamais allé sur leur tombe !

 

Le chat lui répondit par un ronronnement.

 

- Mais tu t’en fout toi, t’es qu’un gros chat orange au nez écrasé…

 

L’animal se dégagea rapidement et quitta en courant l’orée de la Forêt Interdite pour aller vers une petite porte située près du vestiaire de quidditch. Arrivé à la porte, il se mit à miauler bruyamment. Sirius eu peur qu’il ne le fasse repérer et, pestant contre ce chat, il courut le plus discrètement possible vers lui. Et il se rendit compte avec surprise, que derrière cette porte, les balais de l’école y étaient entreposés.

 

- Merci bon gr… Beau ! T’es un génie !

 

Il  lui donna une caresse affectueuse et força la serrure en utilisant une de ses vieilles techniques du temps où il était encore un Maraudeur. Avec un grincement, la porte s’ouvrit, dévoilant de vieux balais. Il prit celui qui lui semblait le plus rapide et sortit en refermant la porte. Il passa sa jambe par dessus et s’apprêtait à s’envoler mais le chat se remit à miauler en le regardant fixement.

 

- Tu veux venir ?

 

Le chat se tut.

 

- Putain, tout ce qu'il faut pas faire… jura Sirius en enveloppant le chat dans sa veste.

 

Il fixa le baluchon de fortune au bout du balai et s’envola dans la nuit noire. Comme par un miracle, aucun détraqueur ne les repéra. Le vent frais soulevait ses cheveux, mais il adorait cette sensation de totale liberté et cette perte totale de notion du temps. Quand il arriva à Godric’s Hollow, il se posa le plus discrètement possible derrière un buisson qui bordait l’église. 

 

Le coeur battant la chamade, il attendit de voir si quelqu’un l’avait repéré. À aucun instant, il ne regretta d’avoir quitté la forêt interdite pour s’approcher de la civilisation, à découvert. Comme personne ne bougeait, il sortit de sa cachette et s’avança entre les tombes.

 

Son coeur loupa un battement quand il vit son nom sur la pierre blanche. Puis le sien, à elle.

 

James Potter, né le 27 mars 1960, décédé le 31 octobre 1981 

Lily Potter, née le 30 janvier 1960, décédée le 31 octobre 1981 

Vidé de toute énergie par la dureté de ces lettres écrites en noire sur le fond blanc de la tombe en marbre blanc, il se laissa tomber à genoux. Pattenrond s’approcha de lui et cola sa tête sous sa main en ronronnant.

 

- Salut James…

 

Sa voix se brisa et des larmes montèrent à ses yeux. Pas de réponse. Pas de sourire moqueur. 

 

Juste une tombe silencieuse.

End Notes:

Just in case you’re doubting yourself today : You’re wonderful. You’re loved. You matter. You deserve to be happy. 

winter

 

2016 - Vérité by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF janvier 2016

Thème : Vérité

Personnage : Severus Rogue, Eileen Rogue

Eileen Rogue, se passa le visage sous l’eau froide. Ses mains tremblaient et son coeur battait d’un rythme désordonné. Le sang dans l’évier se mélangea à l’eau qui coulait pour partir dans un tuyau.

 

 

 

- Maman ?

 

 

 

Eileen se retourna pour sourire faiblement à son fils. 

 

 

 

- Qu’est-ce que tu fais là ? Tu devrais dormir...

 

- J’y arrive pas, répondit le petit garçon.

 

 

 

Doucement, elle s’avança pour prendre son fils dans ses bras.

 

 

 

- Arrête de le couver. Je veux que mon fils soit un homme, pas une mauviette !

 

 

 

Eileen leva les yeux vers Tobias qui entrait dans la cuisine, une bouteille à la main.

 

 

 

- Un enfant a besoin d’amour, osa t-elle dire en se relevant pour affronter son mari.

 

 

 

La lourde main de Tobias vola dans l’air pour finir sur la joue pâle de sa femme.

 

 

 

- Ta gueule avec tes foutaises ! Pour peu que ce soit le mien…

 

- De quoi tu parles ? demanda t-elle tremblante.

 

- De ça ! cria t-il en pointant le doigt vers Severus apeuré. Digg m’a parlé d’un truc sur toi. Alors dis-moi s’il est de moi, que je me casse pas le cul pour l’avorton d’un autre !

 

 

 

Eileen était trop terrorisée pour répondre. Tobias la prit par les poignets et la secoua.

 

 

 

- Hein ?! Il est de moi ? Dis-moi la vérité, répond !

 

- Oui ! cria t-elle en sanglotant. Il est de toi, je le jure…

 

 

 

Il la lâcha comme une vulgaire poupée de chiffon. 

 

 

 

- Regarde, dit-il avant de quitter la cuisine. Il chiale déjà comme une gonzesse. Zêtes pitoyables.

 

 

 

Severus regardait sa mère affalée contre le carrelage de la cuisine et essuya ses joues baignées de larmes. Difficilement, Eileen se releva et se tourna vers son fils.

 

 

 

 

 

- Il est l’heure de dormir Severus. Va te coucher.

End Notes:

Nota para mi : si me hace feliz no me importa la opinión de nadie más.

winter

2016 - Décommander by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF avril 2016

Thème : Décommander

Personnage : Lily Evans

Lily avait beau vivre du côté sorcier, elle avait conservé quelques habitudes moldues. Par exemple, elle n’avait pas pu se passer du grille-pain ; un petit-déjeuner sans pain grillé beurré à tremper dans du café c’était inimaginable pour elle ! Ou alors ce n’était pas un petit-déjeuner.

 

Elle décrocha le téléphone et composa le numéro de la bijouterie. Encore une bataille avec James qu’elle avait gagnée.

 

- Lily, c’est la chose la plus inutile que je connaisse ! s’était-il exclamé quand elle avait proposé d’ajouter un téléphone dans leur appartement de Londres.

- Ça ne sert pas à rien, on peut appeler des gens avec.

- Mais tous nos amis sont des sorciers, et aucun d’eux n’ont un téléphone !

- On peut appeler les restaurants, les magasins… 

- Dois-je comprendre que tu veux que je t’emmène au restaurant ?

 

Elle avait souri, rougi puis avait dit qu’il pouvait voir ça comme ça. Finalement, pendant le repas, il avait cédé et à sa grande joie, ils avaient eu un téléphone.

 

- Allô ? demanda une voix qui sortit Lily de sa rêverie. Ici la bijouterie Diamants sur Canapé, que puis-je faire pour vous ?

- Bonjour, je m’appelle Lily Evans, ce serait pour décommander une heu… Bah une commande.

- Bien sûr, ne quittez pas.

 

Lily aimait beaucoup le concept de décommander une commande ! « Je devrai réfléchir à ce que je dirai au téléphone au lieu de rêver » se dit-elle Elle entendit des bruits de feuilles à travers le combiné mais la femme ne trouvait toujours pas sa commande.

 

- Madame…

- Mademoiselle.

- Oui pardon, Mademoiselle Evans, je ne trouve pas de commande à votre nom. Êtes vous sûre de pas vous tromper de bijouterie ?

- Oui, je suis sûre, je l’avais choisie pour le nom !

- Le nom ?

- Oui, la référence au film avec Audrey Hepburn.

- Quoi qu’il en soit, je n’ai pas de commande à votre nom.

- J’ai dû la faire alors au nom de mon compagnon, James Potter.

- Attendez.

 

Re-froissements de feuille puis la voix de la femme.

 

- Oui, j’ai deux commandes au nom de James Potter.

- Deux commandes ?

- Une bague et une chaîne en or.

 

Une bague ? Le coeur de Lily se mit à battre plus fort. James avait commandé une bague !

 

- Mademoiselle Evans ? 

- Oui, pardon ! Je souhaiterais annuler la commande de la chaîne en or.

- Très bien, ce sera tout ?

- Oui, merci.

 

 

Lily décrocha et se laissa glisser le long du mur. James avait commandé une bague, serais-ce une bague de fiançailles ? Elle leva sa main gauche à hauteur de ses yeux et tenta de l’imaginer avec une bague. Lily Potter, ça sonnait bien, non ?

End Notes:

« If your mind wasn’t currently filled with these particular anxious thoughts, what might you have to think about right now ? »

winter

2016 - Profit by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF avril 2016

Thème : Profit

Personnage : George Weasley

Ce n’était pas facile tous les jours, des fois, il n’arrivait même pas à sortir de l’atelier pour aller à l’encontre des clients. Il avait de la chance, Mathilde (qu’il avait engagé pour l’aider à la boutique) était compréhensive et savait gérer la boutique toute seule, mais il ne supportait plus son regard qu’elle posait sur lui quand elle croyait qu’il ne la voyait pas. C’était un regard plein de compassion et de tristesse, il en avait marre qu’on le regarde comme ça.

 

 

 

Il passa une main sur ses yeux, passer trop de temps devant un écran lui fatiguait les yeux, il vieillissait. La technologie moldue avait fait d’énormes progrès ces dernières années, il avait donc décidé de s’acheter un ordinateur pour pouvoir faire ses comptes, c’était plus pratique que le papier. Un morceau de parchemin, ça vole, ça traîne, ça se perd…

 

 

 

D’après les chiffres, la boutique faisait encore de gros bénéfices. Quand Fred était encore là, les profits étaient plus élevés, mais maintenant qu’il était seul, il avait plus de mal à être créatif. Avant, Fred balançait une idée, George répliquait, Fred rajoutait un truc et la marchandise était presque prête. Il ne restait plus qu’à faire la forme matérielle.

 

 

 

Il repensa à leur première recette, la paye du premier mois après leur si dur labeur. Ils s’étaient sautés dans les bras en criant comme des gamins. Puis ils étaient allés dans un bar où il y avait une soirée dansante, ils ne s’étaient arrêtés qu’au levé du soleil. Le lendemain, ils avaient acheté des vestes en peau de dragon fine. Elles étaient immondes, mais ils étaient riches maintenant, ça avait été leur première folie de « nouveaux riches ».

 

 

 

Il sourit en pensant à ce vieux souvenir. La douleur dans son coeur ne s’était jamais éteinte, l’absence de son frère était toujours aussi pesante, mais il avait appris à vivre avec.

 

 

 

 

 

George soupira et releva le montant des profits du mois.

End Notes:

S’il y avait un candide à la président ciel issu d’un parti poétique, j’irais voter pour lui.

winter

2016 - Indiscret by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF avril 2016

Thème : Indiscret

Personnage : Ron Weasley, Hermione Granger

- Ron, tu peux venir s’il te plaît ?

 

Il releva la tête de la Gazette du Sorcier et partit rejoindre sa femme dans la cuisine. Elle était occupée à mettre la pâte d’un gâteau dans son moule sans en renverser hors du récipient. Ses sourcils et son nez étaient plissés comme à chaque fois qu’elle faisait quelque chose qui demandait de la concentration. Il adorait son petit nez plissé, non soyons franc, il l’adorait entièrement !

 

Il se mit derrière elle et passa ses bras autour de sa taille, posant ses mains sur son ventre. Elle se dégagea et afficha sa mine sévère.

 

- Ron, je veux te parler sérieusement, ne me complique pas la tâche.

- Qu’est-ce qui t’empêche de me parler sérieusement quand je t’enlace ?

 

Il réussit à la faire sourire et son coeur fit un bond.

 

- J’ai parlé avec Rose, reprit-elle. Tu peux me dire pourquoi tu es allé fouiller dans sa chambre ?

 

Ron soupira et passa une main sur son visage.

 

- Tu savais qu’elle prend la pilule ?

- Elle a 17 ans, et je suis sa mère, bien sûr que je suis au courant.

 

Il préféra laisser de côté qu’elle ne lui en avait pas parlé et aborda un autre point.

 

- En quoi avoir 17 ans inclus de prendre la pilule ?

- Elle est majeure et a un copain Ron !

- Quand tu avais 17 ans, tu ne prenais pas la pilule !

- Quand j’avais 17 ans, j’étais avec toi et Harry dans une tente pour trouver un moyen de tuer le plus grand mage noir de tous les temps ! Tu ne peux pas me comparer avec Rose !

- Tu aurais pu me prévenir !

- Oui, c’est vrai, excuse moi, reconnut-elle en s’approchant pour poser une main sur son épaule. Mais elle m’avait demandé de ne pas le faire. Elle savait que ça te mettrait dans tous ces états.

- Je ne suis pas dans « tous mes états » ! répliqua t-il, agacé

- C’est normal, tu es son père et tu veux la protéger, mais ce n’est plus une petite fille, c’est une femme maintenant.

 

Elle lui caressa la joue et l’embrassa tendrement.

 

- Ok, je ne lui dirai rien, murmura t-il contre ses lèvres.

- Merci pour elle.

 

Hermione se dégagea pour tourner le contenu d’une casserole qui était sur le gaz.

 

 

- Juste une chose avant que tu ne partes : évite d’être aussi indiscret, avec elle. Elle a besoin d’avoir son espace privé, respecte ça.

End Notes:

Aujourd’hui c’est demain et hier qui s’épousent. 

winter

2016 - Orphelin by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF mai 2016

Thème : Orphelin

Personnage : Rubeus Hagrid, Sirius Black, Harry Potter

De la fumée s’élevait des briques rouges qui s’étaient dispersées dans le jardin. Certaines, même, étaient arrivées dans la rue ; on ne pouvait pas passer en détournant la tête et accélérer le pas. Inévitablement, le regard était attiré par cette masse grise vaporeuse, et quand on restait suffisamment concentré sur cette masse, on pouvait en distinguer les contours, puis la forme qui se précisait petit à petit.

 

Les médicomages s’alignaient face aux décombres de la maison. Ils trépignaient d’impatience, prêts à sauver des vies. Mais les Aurors les avaient obligés à attendre qu’ils sécurisent le périmètre. Et chaque seconde était vitale, c’est pourquoi le chef des médicomages commençait déjà à donner des directives à son équipe, il ne voulait pas perdre de temps.

 

La silhouette tordue d’Alastor Maugrey apparue, accompagnée de celle de Sirius Black. Mais quand ils furent tout près, les médicomages commencèrent à s’inquiéter : le visage de Black était baigné de larmes, cependant, il ne lâchait pas le bébé, protégé dans une couverture, qu’il tenait dans ses bras.

 

- Pas de survivants, à part le petit, dit Maugrey en désignant d’un coup de menton Sirius et le bébé.

- Et… Et Vous-Savez-Qui ? Il est… Mort ? demanda le chef des médicomages.

- Aucune trace de lui.

- Il est mort ? insista un autre dont l’espoir était palpable dans la voix.

 

Maugrey ne répondit pas, mais tous comprirent. Quelques sourires apparurent, mais le sombre destin de cette famille empêchait les débordements déplacés de joie. Deux victimes. Ils étaient jeunes, ils avaient la vie devant eux.

 

- Sirius, commença une lourde voix. Sirius, il faut que je l’emmène, Dumbledore…

 

La voix d’Hagrid - qui venait d’arriver - se brisa. Il inspira calmement et reprit.

 

- Dumbledore m’a demandé de l’emmener.

 

Le jeune Black leva les yeux vers le demi-géant, il semblait anéanti, et loin, loin de toute cette agitation et de ces voix qui lui parlaient. Les grosses mains d’Hagrid se tendirent vers lui. Alors, doucement et avec beaucoup de précautions et de délicatesse, il tendit le petit homme à Hagrid qui le prit avec attention.

 

- Prend ma moto, dit-il.

 

Il ne reconnut pas sa voix qui était rauque et lointaine. Les formes autour de lui se mirent à tourner, ses jambes se dérobèrent et il s’asseya sur le sol.

 

- Il est orphelin maintenant… Orphelin…

 

 

Hagrid ne sut quoi répondre, il enfourcha la moto, plaça Harry Potter à l’abri dans son manteau et partit rejoindre Albus Dumbledore qui l’attendait devant le 4 Privet Drive.

End Notes:

« No story lives unless someone wants to listen. »    - J.K. Rowling.

winter

2016 - Tableau by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF mai 2016

Thème : Tableau

Personnage : le Trio, Ginny Weasley

- On en fait quoi de la mocheté ? demande Ron.

 

Il lève les bras au ciel, s’étire et se relâche. Poncer, peindre, arracher, clouter, coller, soulever… Deux semaines de pur labeur, ses muscles commençaient à se faire sentir.

 

- Je sais pas trop, répond Harry. J’aimerais bien réussir à l’enlever.

 

Sa bouche est pâteuse, et ses yeux le brûlent. Il est couvert d’une fine pellicule blanche, résultat de son ponçage du mur. Et il mange de la poussière depuis bien trop longtemps à son goût, il rêve déjà du moment où ils s’installeront tous ensemble dans la vielle maison réaménagée…

 

- On ne peut vraiment pas l’enlever ? insiste Ginny.

 

Elle rêve d’un grand bol rempli de fraises, et un peu de sucre et de yaourt nature. Avec beaucoup d’imagination, elle sent le goût de la fraise qui explose dans sa bouche et la douceur du sucre…

 

- Non, explique Hermione. On ne peut pas l’enlever du mur, alors soit on met une couche de je-ne-sais-quoi qui ne laissera pas passer le son, soit on enlève le mur.

- La couche de je-ne-sais-quoi ça me va, intervint Ron. Rapide et efficace. Si on enlève le mur on en a pour des jours !

- Ok, alors on fait ça, dit Harry qui sort de la pièce pour appeler les ouvriers qui les aidaient à réaménager la maison.

 

Ils descendirent au rez-de-chaussée et s’arrêtèrent tous autour du portrait.

 

- SANG DE BOURBE ! VERMINE ! CRÉATURES DU MAL ! VOUS SALISSEZ LA MAISON DE MES ANCÊTRES ! VAURIENS ! 

- Elle ne me manquera pas ! cri Ginny.

 

Harry lui sourit et sort sa baguette.

 

-Fais toi plaisir ! ajoute Hermione mi-agacée, mi-amusée.

-MA MAISON EST POUR LES PURS, SEULEMENT LES PURES, DEHORS LES MALPROPRES ! VOYOUS ! PROFANATEURS !

-Elle s’y connaît en insulte ! remarque Ron.

 

Ils rigolent puis Harry commence à recouvrir le tableau par un enduit blanc. Grace à sa baguette, le travail est vite terminé. Laissant un calme si pur, si doux et agréable qu’ils ne purent le briser. 

 

 

Tranquillement, Ginny s’avance vers la cuisine, elle va se faire un bol de fraises…

 

End Notes:

No one knows for certain how much impact they have on the lives of other people.

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2016 - Étage by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF juin 2016

Thème : Étage

Personnage : Fred et George Weasley

Fred manipulait sa nouvelle invention avec précaution, il fallait encore l’améliorer, la perfectionner et la sécuriser ! Mais le principe était là, l’objectif étant de présenter son idée à George. Un vent chaud souleva ses notes, il était conscient que le jardin n’était pas forcément le meilleur endroit pour parler, mais avec le mariage de Bill et Fleur, le Terrier était un peu surchargé en ce moment.

 

- Alors, expliqua t-il. Du coup, quand tu pousses ça, tu as ça qui sort et devrait faire sortir de l’eau. Je me suis inspiré d’un truc moldu.

- Mais comment l’eau viendrait ? demanda George qui avait quitté son air malicieux pour une allure plus sérieuse et concentrée.

- Avec un tuyau qui serait dissimulé ici, mais j’aurai besoin de toi pour trouver un moyen pour conserver plus d’eau.

- Un sort de duplication postée à la sortie. On aurait besoin que d’une goutte et hop ! C’est bon, on a de l’eau.

 

Fred sourit.

 

- C’est parfait, merci.

- Y'a pas de quoi, répondit son frère en s’allongeant, les mains derrière la tête.

- Ça va ton oreille ?

 

George ferma les yeux. Il allait devoir s’y habituer.

 

- Tu t’inquiètes pour moi ? demanda t-il en se relevant arborant un grand sourire moqueur.

- Ça t’emmerdes ? s’enquit Fred qui connaissait bien son frère.

- Ouais, un peu, même carrément. Mais je comprends…

 

Son visage s’assombrit avant de s’illuminer à nouveau.

 

- Mais tu vieillis mon vieux ! Encore un peu et je vais finir par te confondre avec maman !

 

Fred arracha de l’herbe et l’envoya en direction de son frère qui rigolait.

 

- Attend ! Je crois voir des cheveux blancs là !

- Je me coupe une oreille et on en reparle !

 

Ils rigolèrent. Ron et Hermione sortirent de la maison, les bras chargés de draps blancs. Ils semblaient se disputer vu leurs cris. Mais aucune trace d’Harry et de Ginny.

 

- Tu crois ce que je crois ? chuchota Fred.

- Elle l’a coincé dans un coin et lui remet les idées en place, traduisit George.

 

Ils se regardèrent en souriant et coururent vers la maison.

 

- Ah, justement, je vous cherchais, dit Molly en les voyant. Vous pouvez prendre ça et…

- Désolé maman, pas le temps, coupa Fred qui commença à monter les marches vers le premier étage. 

 

George le suivit à pas de loup. Aucune trace de Ginny, ni d’Harry. Ils montèrent au deuxième étage où l’agitation du mariage n’était plus aussi présente. Adossée à un placard, Ginny embrassait passionnément Harry qui le lui rendait bien. George dépassa son frère pour se placer dans le couloir.

 

- Très sensuel, comenta t-il.

 

Les deux amoureux s’arrêtèrent, un peu surpris de voir les jumeaux ici.

 

- La main, expliqua celui-ci. La main sur le torse, c’est génial, mais si je peux me permettre ta jambe qui glisse contre sa jambe, c’est d’enfer !

- George !

- Il te fait un cours d’éducation sexuelle, il prend son devoir de grand frère très à coeur ! Tu devrais le remercier pour ça ! intervint Fred avec le plus grand sérieux.

- Dégagez ! cria Ginny.

 

Ils ne se firent pas dire deux fois. Ils dévalèrent l’escalier en courant et rigolant. Ils aimaient - non, rectification - adoraient embêter leur soeur. Ils croisèrent Molly dans la cuisine, en prise avec des casseroles, des couteaux, et des légumes volants.

 

 

- Imaginons que tu cherches Harry et Ginny, déclara Fred avant de sortir. Alors on pourrait supposer que tu les trouveras à l’étage !

 

End Notes:

thantophobia (n.) the phobia of losing someone you love

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2016 - Promenade by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF juin 2016

Thème : Promenade

Personnage : surprise...

Il n’en croyait pas ses yeux. Elle lui proposait de partir se promener sous le clair de lune. Lui ! Les jambes un peu tremblantes, il décida de s’asseoir, trouvant le sol parfait pour un fauteuil improvisé et temporaire. Imperturbable, elle semblait parfaitement consciente de son effet. Ses yeux pétillaient de malice et ne cessaient de le déshabiller du regard. Il eut subitement un peu chaud malgré la fenêtre ouverte, mais il ne pouvait pas se dévêtir, ça aurait été un peu compliqué. 

 

 

Mais Pattenrond était le chat d’une Gryffondor, alors il prit son courage à deux mains et accepta de la suivre.

End Notes:

« Qu’elle est la plus grande leçon qu’une femme devrait apprendre ? Que depuis le jour un. elle a déjà reçu tout ce dont elle avait besoin à l’intérieur d’elle-même. C’est le monde qui l’a convaincue du contraire. »   - Rupi Kaur.

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2016 - Satin by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF juin 2016

Thème : Satin

Personnage : Lily Potter, Mary McDonald

« En termes de robes de mariage, on est habitués à certaines étoffes plus qu’à d’autres. Les plus répandues sont le satin, le tulle et la dentelle. »

 

J’acquiesce distraitement à la vendeuse. J’aime l’idée de prendre du temps pour me préparer et me faire belle en l’occasion d’un événement comme mon mariage par exemple. J’aime l’idée d’aller chez le coiffeur, me maquiller, m’habiller, mais là…

 

Imaginez le monde des bisounours, vous remplacez les arcs-en-ciel par des montagnes de tissus blanc - du satin, de la tulle et de la dentelle, pardonnez moi - et vous avez une image de l’endroit où je suis. Ah j’oubliais ! Les petits oursons duveteux roses avec des coeurs sur leur ventre sont les vendeuses, elles ont le même sourire, heureux et insouciant.

 

- Laquelle voulez-vous essayer en premier ?

- Heu…

 

Je souhaiterais m’excuser de ne pas avoir plus de vocabulaire, mais mon regard s’est arrêté sur une petite fille qui passe, habillée dans une robe rose, un serre-tête avec des roses incrustées ainsi que de longs cheveux blonds ondulés qui lui tombent sur les épaules. Je remarque que ses ongles sont parfaitement manucurés de rose. 

 

Une vision de la poupée Barbie s'impose à moi.

 

- Mademoiselle ?

- Heu… Celle là !

 

Je désigne la première robe devant moi, la vendeuse la prend et me fait signe de la suivre. Je croise le regard de Mary qui semble aussi étonnée que moi.

 

- Mais comment on va faire pour que tu en choisisses une ? me chuchote t-elle quand la vendeuse nous laisse seules dans la cabine immense (normal vu la taille des robes). Je n’ai jamais vu autant de robes blanches en une seule fois !

- J’en sais rien, il y a plus de mille robes ici, sans compter la réserve.

- Tu crois qu’ils ont aussi une réserve ? demande t-elle en arrondissant les yeux.

- Ils doivent mettre un modèle en boutique et le reste, avec les différentes tailles, dans la réserve.

- Oh mon dieu…

 

Je sens que Mary retient un fou rire nerveux. Il faut avouer qu’on est peu fatiguées, le mariage approche à grand pas et à une semaine du jour J, on s’est rendues compte qu’on avait oublié la robe. 

 

Oui, je sais, la robe. La chose qu’on pense immédiatement dès que quelqu’un prononce le mot « mariage ». Mais pour ma gouverne, on était vraiment occupées à tout organiser et avec la montagne de choses à faire, notamment toute la sécurité, et j’ai finis par oublier. James a dû gérer une belle crise de nerf…

 

Bref, aujourd’hui, je suis sereine pour essayer des robes de mariage dans un magasin rempli de robes de mariées sans penser à mon mariage qui est dans… Cinq jours et sept heures.

 

 

Je jette un coup d’oeil sur la robe que je suis censée essayer, elle n’est pas immonde. Même plutôt jolie avec son tissu en satin et ses finitions en dentelle...

 

End Notes:

" Certains râle parce que les roses ont des épines. Moi je remercie les épines d’avoir des roses. "   - Alphonse Karr.

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2016 - Temps by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF juin 2016

Thème : Temps

Personnage : James et Fleamont Potter

On a tous un moment qu’on espère, qu’on attend et qu’on guette avec impatience. Certains, c’est Noël avec les cadeaux, la famille et les bons repas. D’autres le moment où ils quitteront la demeure familiale, avoir un appartement, sortir à pas d’heure, être libre. Je suis déjà un adepte de la liberté, je ne fais évidemment pas référence à mes sorties nocturnes avec Sirius…

 

Bref, moi ce moment que j’ai rêvé depuis tout petit, c’est le jour où mon père me donnerait sa montre. La première fois qu’il m’en a parlé, c’était quand j’avais six ans, je crois, je lui avais montré sa vieille montre au cuir usé et avais demandé s’il pouvait me la donner. C’était l’objet qui me faisait directement penser à lui. Ce n’était pas un fauteuil ou une odeur, c’était sa montre. Mon père m’a du coup expliqué que son père lui avait donné à ses 17 ans et qu’il me la donnerait plus tard. 

 

C’est drôle de repenser à ce moment, je me sens vieux… J’inspire et expire calmement. Je ne devrai pas être nerveux, c’est ridicule ! La porte du bureau est fermée, je frappe et entre.

 

- Entre James, attends deux petites secondes, que je finisse avec ça.

 

Il tient une liasse de papiers à la main, la montre est posée sur son bureau. Je n’ose pas la prendre. Le Gryffondor dans toute sa splendeur.

 

 

- Vas-y, me dit-il. Prends-la. Justement ta mère souhaitait souligner que maintenant que tu as une montre, voir le temps qui passe t’es plus aisé qu’avant je présume, donc elle espère que tes retards en Histoire de la Magie deviendront un problème réglé.

End Notes:

" Il y a deux individus en chaque personne : le vrai, c’est l’autre."   - Jorge Luis Borges.

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2016 - Présent by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF juillet 2016

Thème : Présent

Personnage : un professeur désabusé...

Le professeur tentait tant bien que mal de maintenir les élèves disciplinés et calmes. Mais c’était peine perdue. La perspective d’une sortie au plein air après deux mois d’enfermement - dû à la montée des eaux du lac - était bien trop réjouissante pour écouter le blabla incessant de leur professeur.

 

- S’il vous plaît ! tenta t-il. S’il vous plaît calmez vous pour que je puisse vous compter !

 

Au bout de plusieurs tentatives, il parvint à faire le compte des élèves. Vingt-trois. Il en manquait deux.

 

 

- Quelqu’un peu me dire où sont passés James Potter ainsi que son cher Sirius Black ?

End Notes:

« Je pense que si les femmes dirigeaient le monde, la signification du mot pouvoir serait très différente. »   Maria Grazia Chiuri.

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2016 - Vivre by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF juillet 2016

Thème : Vivre

Personnage : Molly Weasley

Une mouche volait dans la cuisine. Seule exception au silence qui envahissait le Terrier depuis déjà trop longtemps.

 

Molly était debout, face à son horloge. Une seule aiguille ne marchait plus, c’était irréparable, elle le savait que trop bien. Soudain, un ploc ploc se fit entendre, rompant sa contemplation silencieuse, le robinet devait être mal vissé mais elle n’avait pas la force d’aller le fermer. Elle n’avait plus la force pour trop de choses. 

 

Elle assistait à la mort d’un de ses deuxièmes fils comme une spectatrice. George s’éteignait à vue d’oeil et elle savait que rien ne pouvait le faire revenir à la vie. Les photos de ses enfants étaient habituellement posées un peu par tout : sur une commode, sur le mur, au-dessus de la cheminée… Arthur les avaient enlevés, retournées, rangées pour celles concernant Fred, espérant que ça aiderait à atténuer leur douleur. Mais, c’était en vain. Fred n’était plus et ils allaient ressentir ce vide chaque jour de leur vie. Parfois, ce sera moins fort, parfois, ce sera un sentiment lointain, mais il sera toujours là. Cependant, elle était sûre qu’un jour ils auraient la force de ressortir ces photos, mais il fallait laisser le temps faire son oeuvre.

 

Elle entendit la porte s’ouvrir. Charlie. Il errait entre sa chambre, la cuisine et le jardin. Il allait voir George, lui parlait sans qu’aucun signe indique que son frère l’écoutait. Puis allait voir son père enfermé dans le garage qui démontait, remontait pour redémonter encore un moteur d’une voiture moldue. Charlie l’aidait, ajustait un boulon, reserrait une vis, soulevait une pièce… Ensuite il s’enfermait pendant des heures dans sa chambre, elle l’entendait déplacer ses affaires, les ranger. Il avait besoin d’agir. Elle se doutait bien que sitôt l’enterrement terminé, il demanderait à repartir en Roumanie... Il venait souvent la rejoindre pour l’aider à la cuisine. Souvent, c’était avant l’heure d’un repas, quoiqu’elle ne cessait jamais vraiment de cuisiner.

 

Arthur bricolait. George regardait les nuages les yeux dans le vague. Charlie courait à droite et à gauche. Percy lisait de longs articles de loi, qui remplissaient de plusieurs rouleaux de parchemin. Fleur épaulait Bill. Ron restait avec Hermione. Et Ginny avec Harry. Mais surtout, surtout, c’était Teddy qui soutenait tout le monde. Sa grand-mère se raccrochait à son sourire innocent comme à une bouée, et elle n’était pas la seule… Un enfant, un tout petit être encore pur ne pouvait qu’aider pour se raccrocher à la vie.

 

Molly se tourna vers la table. Un sac de pommes de terre attendait d’être épluché à côté des carottes, des navets, des courgettes… Elle avait toujours besoin de s’occuper les mains, sauf quand elle voyait l’horloge, alors, à ce moment là c’était dur de trouver la forcer pour continuer de vivre. Mais elle devait le faire, continuer à se lever le matin, et trouver la force pour vivre encore et encore.

 

 

Elle ne s’en remettrait jamais totalement, mais elle allait vivre pour ses enfants. Ils étaient encore en vie, et avaient encore besoin de leur mère.

End Notes:

" Ce qui compte ce ne sont pas les années qu'il y a eu dans la vie. C'est la vie qu'il y a eu dans les années. "    - Abraham Lincoln.

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2016 - Cucurbitacées by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF juillet 2016

Thème : Cucurbitacées

Personnage : Lily Evans, James Potter

« La famille des cucurbitacées est constituée de plantes dicotylédones ; elle comprend environ 800 espèces réparties en 130 genres. »

 

- Stop Evans ! C’est bon ! J’ai compris !

- Admets que tu as tort ! insista t-elle, les bras croisés.

- Non, c’est toi qui…

- Les cucurbitacées sont largement distribuées dans les régions tropicales et subtropicales…

 

James laissa tomber sa tête lourdement contre la table. Pourquoi Slughorn avait absolument tenu à faire un cours spécial Halloween ? Et pourquoi avoir décidé de le mettre avec Lily Evans ? Le flot de paroles continu de Lily l’agaçait au plus au point, mais la citrouille qui le narguait devant lui était bien pire. Du jus de citrouille aurait été nettement plus facile à préparer qu’une stupide tarte !

 

- La cuisine est aussi une forme de chimie, on mélange des matières premières pour obtenir un plat ! avait dit le professeur Slughorn à leur arrivée dans la salle. 

 

Et avec une superbe mine réjouie, il avait sortie une caisse remplie de cucurbitacées. Il avait composé des groupes qui avaient dû choisir un légume pour une recette.

 

- Sublime ! s’était-il exclamé quand Lily avait pris la citrouille. Je vois que vous avez du flair ma chère, la tarte à la citrouille est un plat typique de Thangsgiving ! Un classique, mais je suis sûr que vous allez nous faire des merveilles !

 

James était sûr que si Lily avait prit une pastèque, un melon ou n’importe quoi d’autre le professeur aurait été tout aussi ravi.

 

- Ok, finit-il par déclarer péniblement. Tu as gagné, tu avais raison, j’aurais dû laisser plus longtemps la citrouille dans la casserole…

- Parce que… insista t-elle un sourire ravi collé sur les lèvres.

 

James leva les yeux au ciel.

 

- Evans !

- Tu veux que je reprenne ? Il y a encore plein de choses à dire sur cette famille de légumes si intéressante !

 

Il ne put s’empêcher de sourire.

 

- Parce que la citrouille est trop dure pour qu’on puisse l’écraser avec la fourchette et en faire la purée !

- Voilà ! approuva t-elle en affichant un sourire satisfait.

 

Elle prit les morceaux de citrouille délicatement qu’elle remit dans la casserole à égale distance. Ils étaient certes en cours de potion, mais elle avait le même sérieux en cuisinant que pour sa matière préférée, les sourcils froncés ainsi que son petit nez constellé de taches de rousseur. 

 

 

James se surprit à garder un sourire débile sur les lèvres en la regardant. Lily Evans était insupportable, alors pourquoi il avait une petite pincée au coeur à l’idée que le cours se finisse dans seulement une dizaine de minutes ?

End Notes:

[…] depuis le début du temps,

Enfant, je pensais

Que la douleur voulait dire que je n’étais pas aimée.

Or elle voulait dire que j’aimais.

- Louise Glück, First Memory.

 

winter

2016 - Fenêtre by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF octobre 2016

Thème : Fenêtre

Personnage : Sirius Black

Je monte l’escalier en faisant un maximum de bruit. Je sais, c’est puéril et ça risque de ne absolument rien changer à la situation actuelle si ce n’est de l’empirer, mais vous n’imaginez pas la satisfaction personnelle que cela peut procurer. J’entends mon père qui me dit de revenir m’expliquer sur mon comportement, puis ma mère qui lui dit : « c’est un vaurien, laisse tomber, on n’en tirera rien ». Sage décision, je n’ai plus la force de lutter. Pas ce soir.

 

Je monte dans ma chambre, au dernier étage et ferme la porte. Si j’avais une clef, je m’en servirais bien volontiers pour être sûr de ne pas y retourner, mais je dois me contenter d’une chaise bloquant la poignée. Je me sens encore plus seul maintenant que je me rends compte qu’il neige dehors. Inévitablement je pense à James et à nos batailles de boules de neige à Poudlard. Je m’assois sur le bord de la fenêtre et regarde les gros flocons qui dégringolent devant mes yeux. C’est magnifique, dehors tout est blanc. Tout, sauf une fleur qui éclore malgré la neige et le froid. Dérèglement climatique dit-on. Quoiqu’il en soit, c’est magnifique.

 

Depuis qu’Andros est partie, les repas de famille sont de plus en plus durs. Je suis maintenant seul face à toutes les conneries que les « adultes » débitent pendant la soirée. Avant, il me suffisait de la regarder droit dans ses yeux gris pour sentir la boule de fureur dans le creux de mon ventre se calmer. Mais maintenant, j’ai beau me mordre la langue jusqu’au sang, me pincer en faisant des marques sur mes avants-bras, serrer les poings pour enfoncer mes ongles dans ma paume, rien n’y fait. 

 

Alors, comme pour ce soir, je finis par marmonner que ce sont des idioties. Ma mère me dit « On ne marmonne pas Sirius ! » tandis que mon père se lève et s’indigne contre mon comportement. Et je sais comment ça se finit, Oncle Cygnus et Tante Druella sont proche de mes parents, Père peut me frapper sans s’inquiéter d’un scandale, la même méthode à été appliquée à mes cousines ! Et quand on voit les résultats, il y a de quoi se remettre en question, non ?

 

Cissy ne parle jamais, plongé dans un autre monde, Bella est tellement détachée de la vie que son attitude désinvolte n’est plus un masque, c’est devenu la réalité, plus rien ne la touche. Seule Andros à eut le courage de partir. Alors oui, c’est le nouvel an, et il y a toutes les conneries qui vont avec : pardonner pour repartir à zéro, les bonnes résolutions, la joie de se retrouver en famille… C’est bien là le problème, je me rends compte depuis que je suis à Poudlard, et que j’ai rencontré les garçons, que nous les Black, on est loin d’être une famille.

 

D’accord, au sens « scientifique » du terme, oui on est une famille. On est tellement lié par le sang qu’on est tous plus ou moins cousin chez les Sang-Pur ! Mais spirituellement - on va dire - on n’est pas une famille. Ils ne me soutiennent pas, ne tentent pas de me comprendre, ce n’est qu’un enchevêtrement de règles strictes dictées par des ancêtres psychorigides qui n’avait pas pensé à l’éventualité de l’évolution de notre monde. 

 

Je tends le bras et regarde la photo des Maraudeurs au complet. Dès que ça ne va pas trop, je la regarde et en général je me sens mieux après. Elle est toute abimée, les coins sont déchirés, mais on est tous là, souriant et heureux. Je me vois me faire coucou. Malgré moi, je ne peux m’empêcher de sourire, cependant je ne me sens pas beaucoup mieux pour autant.

 

J’ai mal, alors je colle ma joue contre la fenêtre qui est gelée. La douleur diminue mais le souvenir de la main de mon père s’abattant sur moi ne quitte pas mes yeux. Les flocons tombent devant mes yeux sans que je ne les voie.

 

Soudain, un mouvement attire mon attention. Une silhouette arrive, laissant des traces de pas dans la neige fraiche. Je vois la personne qui s’arrête devant ma fenêtre et qui se penche pour écrire au sol. Je plisse les yeux, intrigué. J’aimerais ouvrir la fenêtre, mais mes parents l’ont bloquée avec un sort. Au bout d’un certain temps, je vois la silhouette se relever et rabattre sa capuche sur ses épaules.

 

Je retiens un cris de surprise ; c’est James !

 

« BONNE ANNÉE »

 

 

Son message sur le sol me fait chaud au coeur, le sourire au lèvre je le regarde, et le souvenir de cette soirée s’enterre avec toutes les autres. Je me tourne vers cette petite fleur qui va mourrir parce qu'elle a été trop téméraire et est sortie avant son heure. Moi aussi je vais oser. Un jour je quitterai cette famille, et ne reviendrai plus jamais au 12 Square Grimmaurd.

End Notes:

Il faut vivre d'amour, d'amitié, de défaites

Donner à perte d'âme, éclater de passion

Pour que l'on puisse écrire à la fin de la fête

Quelque chose a changé pendant que nous passions.

Il faut vivre, Claude Lemesle (chanson pour Serge Reggiani)

 

winter

2016 - Toupie by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF octobre 2016

Thème : Toupie

Personnage : Peter Pettigrow

Un rat court dans les couloirs de Poudlard. Soudain, il s’arrête en passant devant une porte. Il semble réfléchir puis se décide à entrer. Heureusement qu’il est très maigre, sinon il n’aurait pas pu passer sous la porte. 

 

C’est une ancienne salle de classe. Elle est poussiéreuse et plusieurs chaises sont renversées. Seul un objet ressort dans ce décor de bois et de pierre. C’est une toupie rouge à la peinture écailleuse.

 

Le rat s’en approche et la renifle, soudain sa forme devient flou et un homme apparaît. Il n’a que quelques cheveux sur sa tête, ses ongles sont crochus et il est tout recourbé sur lui-même. Les doigts tremblants, il prend la toupie avec délicatesse. À force d’avoir été brisés par Lord Voldemort, ses doigts restent tordus et dur à utiliser. 

 

Mais l’importance de cet objet prône sur la douleur. De vieux souvenirs remontent à la surface. Ceux d’un jeune garçon, timide et discret qui s’enfermait dans cette pièce abandonnée pour jouer avec sa toupie. Jusqu’à ce que trois autres garçons viennent le voir et l’invitent à se joindre à lui.

 

 

Les yeux de Peter s’humidifient. C’est fini. Et il est seul.

End Notes:

« C’est dur de vouloir quelque chose qu’on ne peut pas avoir mais ceux qui souffrent le plus sont ceux qui ne savent pas ce qu’ils veulent. »   - Grey's Anatomy.

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2021 - Scélérat by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF janvier 2021

Thème : Scélérat

Personnages : Harry Potter, Ginny Weasley

— Ouch !

 

— Désolée Harry, si tu arrêtais de bouger aussi !

 

 

 

Ginny finit rapidement de désinfecter la plaie, appliqua un onguent dessus et banda la tête d’Harry.

 

 

 

— Bon, j’ai fini, tu pourras l’enlever demain matin. Tu veux un thé ?

 

— Je pensais à quelque chose d’un peu plus fort…

 

 

 

Elle sourit et parti chercher une bouteille de vin. 

 

 

 

— Toi, moi, un bain ?

 

 

 

Il se leva et l’embrassa tendrement malgré sa tête qui tournait. 

 

 

 

— Pendant que je nous prépare ça, et si tu me racontais ce qui t’a valu cette belle bosse et ces égratignures.

 

 

 

Il lui sourit, la tête appuyée contre le mur.

 

 

 

— Tu vas rire…

 

— J’attends que ça.

 

 

 

Il s’esclaffa.

 

 

 

— Bon, on était sur le coup des trafiquants de baguettes…

 

— Tu ne parles pas de mon frère j’espère ? blagua t-elle. 

 

 

 

Il rigola. George vendait des baguettes qui changeaient de forme une fois qu’on les prenait, ces baguettes étaient destinées à des farces, inventées par les jumeaux alors qu’ils étaient encore à Poudlard.

 

 

 

Non, là il parlait de malfaiteurs qui faisaient des fausses baguettes qui se révélaient très dangereuses car permettaient une fois dans une maison de voir son intérieur et donc de pouvoir cambrioler les propriétaires.

 

 

 

— On a trouvé leur planque, continua t-il alors qu’il se déshabillait. C’était un gros coup, on avait quasiment toute la brigade sur le coup, on a encerclé le bâtiment, je te passe les détails et…

 

 

 

Il s’interrompit. Ginny, nue, se glissait dans l’eau chaude, ses longs cheveux roux négligemment noués en queue de cheval, dévoilant sa nuque. Il se leva et se mit à son tour dans le bain, derrière elle. Elle rigola en sentant son souffle sur sa nuque.

 

 

 

— Arrête, je vais renverser le vin !

 

— Mais toi arrête. Comment fais-tu pour être aussi mignonne ?

 

 

 

Elle se retourna comme elle put dans cette petite baignoire et se plaça face à lui.

 

 

 

— Tiens, bois au lieu de dire des bêtises.

 

 

 

L’eau chaude, les bulles, un verre de vin, Ginny, il sentit les cellules de son corps se détendre une à une. 

 

 

 

— On rentre dans le bâtiment et quand on fait ce genre d’opération on essaie d’éviter que l’un d’eux s’échappe donc on a toujours des gens placés aux portes et fenêtres au cas où.

 

— Ouh… fit-elle en souriant malicieusement. Tu as coursé un méchant dans les rues de Londres ?

 

— Mmmh… Oui, on peut dire ça…

 

 

 

Il but une gorgé et posa son verre pour se saisir d’un des pieds de Ginny et lui faire un massage.

 

 

 

— Je lui courais après et il y avait une grille, ça m’a ralenti et je sais pas pourquoi j’ai dit ça mais j’ai crié « arrête toi scélérat ! ».

 

 

 

De surprise, Ginny se redressa et enleva son pied.

 

 

 

— Oh, oh… Scélérat ? Mais c’est si…

 

 

 

Il hocha la tête agacé.

 

 

 

— Oui je sais, c’est con, mais je sais pas pourquoi c’est sorti comme ça !

 

 

 

Elle rigola.

 

 

 

— C’est si ridicule Harry… Pardon, mais…

 

— Oh mais je sais, le mec s’est arrêté de surprise, et moi, je m’attendais pas à ce qu’il s’arrête et rigole, du coup, j’ai perdu l’équilibre et je suis tombé. C’est Ron qui l’a rattrapé, il était mort de rire.

 

— Tu m’étonnes !

 

 

 

Il se joignit a son rire et reprit une gorgée de vin.

 

 

 

— Bref, ce n’est pas une histoire chevaleresque, mais ça m’a valu une bosse.

 

 

 

Elle se pencha en avant et lui prit le verre des mains.

 

 

 

— Je crois que je vais faire avec, dit-elle avant de l’embrasser. 

End Notes:

« Real love doesn’t meet you at your best. It meets you in your mess. »   - J.S. PARK.

winter

2021 - Époustoufler by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF janvier 2021

Thème : Époustoufler

Personnages : James Potter, Lily Evans, Sirius Black

— Je dis pas que tu es ennuyeuse Lily, je dis juste que tu es plutôt prévisible…

 

 

 

Lily fronça les sourcils. Ils étaient tous attablés, une bière dans une main, une autre, vide, dans l’autre main et la soirée battait son feu. Après avoir débattu du dernier couple en date dans l’ordre du phénix : Benji et Marlene, ils avaient peu à peu divagué…

 

 

 

— Mais c’est faux ! James aide moi sur ce coup là.

 

 

 

À sa grande surprise, son petit ami depuis maintenant plus d’un an haussa les épaules.

 

 

 

— C’est quand la dernière fois que tu as fait un truc sans réfléchir ? demanda t-il un sourire malicieux sur les lèvres. 

 

 

 

Elle ouvrit la bouche, prête à répondre puis la referma. Ils voulaient de l’imprévisible ? Ils allaient en avoir.

 

 

 

Elle se leva sous les cris d’encouragement de Sirius et marcha vers la scène où un artiste faisait des reprises de Guns N’ Roses.

 

 

 

— Ouais Evans ! 

 

 

 

Elle fit un clin d’oeil à James qui ne quittait pas son sourire des lèvres et s’approcha du guitariste.

 

 

 

— Je l’aime bien cette Evans, confia Sirius à James. Elle a du répondant. 

 

— Mmmh, pas touche, c’est la mienne.

 

— Ne t’inquiète pas pour ça !

 

 

 

Son ami rigola et but une nouvelle gorgée, il avait actuellement des vues sur une moldue rencontrée dans le café au coin de sa rue.

 

 

 

— Ma parole, tu n’as d’yeux que pour elle. James Potter a enfin trouvé l’amour !

 

— Je vais la demander en mariage Patmol, confessa son ami.

 

 

 

Son ami manqua de s’étouffer.

 

 

 

—Par… Pardon ?

 

— Hem, hem, excusez moi de vous déranger !

 

 

 

James n’eut pas le temps de répondre. Tous les regards se tournèrent vers la scène où Lily se trouvait. 

 

 

 

— Mes amis, là-bas, ne pensent pas que je sois Rock n’ Roll.

 

— Ouh ! hua un homme au fond de la salle.

 

— N’est-ce pas ? approuva t-elle en souriant malicieusement.

 

 

 

La musique de Blondie, Call Me commença à retentir dans la salle.

 

 

 

Color me your color, baby

 

Color me your car

 

Color me your color, darling

 

I know who you are

 

Come up off your color chart

 

I know where you're coming from

 

 

 

Lily chantait et la salle se mit à marquer le rythme avec leurs mains. Elle dansait, chantait, jouait avec le guitariste qui était ravi de sortir de son registre habituel. Toute la salle se joignait à eux, ils tapaient dans leurs mains et criaient les refrains en choeur.

 

 

 

Call me (call me) on the line

 

Call me, call me any, anytime

 

Call me (call me) I'll arrive

 

You can call me any day or night

 

Call me

 

 

 

La jolie rousse se tourna vers James et commença à enlever sa veste. Il commença à avoir chaud et se décala sur sa chaise. Mais elle ne s’arrêta pas là et enleva son t-shirt. 

 

 

 

Lily Evans était en brassière noire, sur scène, à chanter du punk.

 

 

 

*****

 

 

 

Plus tard, après qu’elle soit revenue sous les applaudissements et acclamation du public, ils étaient dans la rue, en train de rentrer vers l’appartement de la jeune fille. L’air était doux, ils étaient en été, au beau milieu de la nuit dans les rues désertes de Londres.

 

 

 

— Ça va James ? demanda t-elle. Tu n’as pas décroché un mot depuis qu’on est partis.

 

 

 

Il s’arrêta et l’admira, elle si belle, si vivante. Sirius avait tord. Elle était tout sauf prévisible, qui aurait cru qu’elle sortirait avec lui après toutes ses années à le repousser ?

 

 

 

— Lily, je… Tu étais époustouflante ce soir. Tu m’as bluffé et… J’ai pas les mots Lily… Je t’aime, c’est tout.

 

 

 

Un large sourire fendit le visage de la jeune fille qui s’approcha doucement du jeune homme.

 

 

 

— Ouah, James Potter qui n’a pas les mots ! Je suis…

 

— Époustouflée ? La coupa t-il.

 

 

 

Elle rigola et s’approcha de lui, collant leurs corps pour s’embrasser.

 

 

 

— Oh oui James Potter, on va dire ça…

End Notes:

Lorsque quelqu’un vous dira « c’est impossible », surtout comprenez : « D’après mon expérience très succincte et ma vision très restrictive de la réalité, c’est peu probable. »

Alors soyez vous-même, surprenez-nous, et inspirez-nous !

- Michaël Koza.

 

winter

2021 - Mom by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF janvier 2021

Thème : image (Ryan McGuire sur Pixabay)

Personnages : Harry Potter, Ginny Weasley, James S. Potter

Harry soupira et regarda le travail qu’il avait accompli jusque là. Toute la tapisserie du deuxième étage était enlevée, et il avait enfin fini de poncer. 

 

 

 

Il avait toujours rêvé d’emménager dans cette maison. Enfin, non, pas toujours. Il se rappelait son impression la première fois qu’il était venu, les têtes d’elfe sur le mur, le pot à parapluies, le portrait de madame Black qui insultait quiconque se trouvait sur son passage… Moyen quoi.

 

 

 

Alors, oui, au premier abord, il n’avait pas vraiment eu de coup coeur pour cette maison. Après tout ce qui s’était passé, la guerre, les morts, il avait passé quelque temps au Terrier. Mais l’atmosphère était vite devenue pesante. Ils avaient tous des deuils à surmonter et être tous ensemble à ressasser les derniers tragiques événements avait aidé dans un premier temps. Puis septembre était arrivé, et lui et Ron avaient pris la décision de commencer leurs études sans être diplômés. Personne n’avait émis d’objection…

 

 

 

Avec Ginny, ils avaient trouvé un petit appartement à Londres, près du ministère, mais il y passait le plus clair de son temps seul, elle était souvent loin, en entraînement ou en match, elle n’y venait que pour de courtes périodes.

 

 

 

Quand le mariage est arrivé, Harry s’était enfin décidé à retourner au Square Grimmaurd, remettre un peu d’ordre là-bas, se décider enfin à lâcher cette maison, ou la faire devenir sienne. Ça n’avait pas été facile, d’y retourner, surtout dans la chambre qui appartenait à Sirius. Elle était toujours fermée à clé d’ailleurs. Il faisait les choses à son rythme, apprenant à accepter les choses du passé pas à pas.

 

 

 

Alors avait commencé un long processus de tout vider. Beaucoup de personnes étaient venues l’aider, surtout Ron et Hermione. Il avait d’abord commencé par le rez-de-chaussée et le premier étage puis s’était arrêté là. La maison était immense, ils n’étaient que deux après tout. 

 

 

 

Que deux ?

 

 

 

Leur premier enfant, James avait manqué de naître dans cette maison, à cette pensée Harry sourit. Il était heureux que malgré toutes les horreurs et la noirceur que cette maison avait pu contenir, le dernier cadeau de Sirius se révèle être l’endroit où il serait heureux avec sa famille. James y avait fait ses premiers pas, ses premiers mots, premières bêtises, premiers rires…

 

 

 

Puis Albus était né et quand Ginny lui avait annoncé la veille qu’elle était enceinte, il n’avait pas pu dormir. Il restait deux étages à cette maison encore vide. Quel père allait-il être pour cet enfant s’il ne pouvait pas finir d’aménager cette foutue maison ?

 

 

 

Alors il s’était levé et avait commencé à travailler. Il ne restait plus aucun meuble, mais toute la tapisserie restait à enlever, la peinture, changer les fenêtres, remeubler, et faire de cet endroit un endroit de bonheur.

 

 

 

— Harry ? Tout va bien ?

 

 

 

Il se retourna et sourit en voyant Ginny arriver, ses longs cheveux roux tombant en cascade sur ses épaules. Dieu qu’il la trouvait belle.

 

 

 

— Ça va, la rassura t-il.

 

 

 

Elle s’approcha et le prit dans ses bras, le serrant fort contre elle.

 

 

 

— Je te connais Harry, tu m’as déjà fait le coup deux fois, je ne suis pas dupe…

 

 

 

Il ferma les yeux, le nez contre ses cheveux avec cette odeur si rassurante qu’était la sienne.

 

 

 

— Comment puis-je être un bon père Ginny ?

 

 

 

Elle ne répondit pas, sachant qu’il devait vider son sac et que le meilleur moyen pour le faire parler était parfois le silence.

 

 

 

— Je n’ai pas eu de père. Comme suis-je censé savoir ce qui est juste ou pas ?

 

— Tu es déjà un bon père Harry.

 

 

 

Il se recula, les yeux humides. Il cogitait beaucoup ces derniers temps sur sa place et comment la trouver. Il en avait parlé avec Ron, qui avait lui aussi un enfant, mais ce n’était pas pareil, lui avait eu Arthur toute sa vie a ses côtés.

 

 

 

— Harry, regarde moi, reprit Ginny. Je ne te laisserai pas penser que tu n’es pas un bon père, regarde James, regarde Albus, ils n’ont d’yeux que pour toi et c’est ça qui compte. On apprend petit à petit, on fait des erreurs mais le plus important est qu’on le fasse ensemble.

 

 

 

Elle lui prit la main, plongeant ses yeux noisette dans les siens si verts.

 

 

 

— Ce n’est pas en ponçant des murs, en étant viril et fort que tu vas être un bon père, on n’est plus au XVIIIème siècle, dit-elle en souriant. Tout ce que tu dois faire, c’est être présent, on doit être tolérant, les écouter, les laisser devenir qui ils sont. Mais pour l’instant tu as deux fils qui vont se réveiller, et je ne vais pas pouvoir m’en sortir toute seule pour le petit déjeuner…

 

 

 

Harry hocha la tête et s’approcha pour l’embrasser.

 

 

 

— Alors quoi ? Être un bon père, c’est savoir faire des oeufs au bacon ?

 

 

 

Elle rigola, c’est bon, il avait réussi sa journée.

 

 

 

Faire rire Ginny tous les jours. CHECK !

 

 

 

— Je t’aime, dit-il.

 

— Moi aussi, murmura t-elle avant de l’embrasser.

 

 

 

Lui dire « je t’aime ». CHECK !

 

 

 

Ils descendirent les marches, laissant pots de peinture et pinceaux pour rejoindre biberons et bambins affamés.

 

 

 

— Mon bébé ! Tu es déjà debout ! s’exclama Ginny en s’approchant du lit à barreau de leur dernier qui se tenait fièrement sur ses deux jambes.

 

 

 

Elle le prit dans ses bras pendant que Harry allait dans la chambre d’à côté, celle de James.

 

 

 

— Heu… Ginny…

 

 

 

Elle fronça les sourcils et sortit de la chambre d’Albus pour rejoindre Harry. La surprise se lut sur son visage, ce qui fit rire James, assis par terre, heureux comme un pape.

 

 

 

— Maman !

 

 

 

Elle se tourna vers Harry mort de rire.

 

 

 

— Ne rigole pas, il va recommencer !

 

 

 

Mais elle ne put s’empêcher de se joindre à son fils et son mari. Sur le mur, écrit en grandes lettres de toutes les couleurs « PAPA » et « MAMAN » puis une tentative vaine de « JAMES » mais il manquait le A, et le E.

 

 

 

— Tu vois, dit-elle vers Harry, tu n’as pas à t’inquiéter.

 

 

 

Il lui sourit et prit James dans ses bras.

 

 

 

— Mon grand, tu veux faire du coloriage aujourd’hui avec papa ? J’ai plein de murs blancs rien que pour toi.

 

 

 

Passer du temps avec sa famille. CHECK !

End Notes:

Mais peut-être que chacun de nous contient plusieurs personnes, en réalité. Comme des strates supplémentaires qu’on se rajoute en permanence. Et qu’on intègre en soi chaque fois qu’on fait des choix, bons ou mauvais, qu’on rate quelque chose, qu’on progresse, qu’on perd tête, qu’on retrouve ses esprits, qu’on se sépare, qu’on tombe amoureux, qu’on fait son deuil, qu’on grandit, qu’on se retire du monde, qu’on se jette dedans à corps perdu, qu’on fait des choses et qu’on en détruit.

Je veux de la couleur, riche, vive, une couleur qui dit merde, une couleur qui dit ta gueule, une couleur qui dit allez tous vous faire foutre, j’en veux par sceaux entiers. Je veux l’éclat de la peinture neuve. Je veux plonger mes doigts, mes mains, dans le vert chartreuse, le rouge magenta, le bleu turquoise, le jeune cadmium. J’aimerais pouvoir manger la peinture. M’y noyer tout entier.

- Le soleil est pour toi, Jandy Nelson.

 

winter

2021 - Martyr by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF janvier 2021

Thème : Martyr

Personnages : Harry Potter, Ron Weasley, Hermione Granger

— Mr Potter ? Un paquet vous attend sur votre bureau, il vient de Luna Lovegood.

 

— Merci Biff, dit Harry qui hâta le pas.

 

 

 

Sur le bureau se trouvait un petit paquet enveloppé dans du papier kraft. Le coeur battant, il le prit et partit vers le bureau de Ron.

 

 

 

— Ron, ça y est, Luna me l’a envoyé.

 

 

 

Son ami, releva la tête et sourit.

 

 

 

— Tu l’as ouvert ?

 

— Non pas encore, je pensais voir Hermione pour la prévenir.

 

 

 

Le rouquin hocha la tête et se leva pour prendre son manteau.

 

 

 

— Je prend ma journée, je viens avec toi.

 

 

 

Harry lui en était reconnaissant. C’était un grand pas, et il voulait le faire ensemble, le trio réuni. Ils s’avancèrent dans les couloirs du Ministère de la Magie, Hermione travaillait plusieurs étages au dessus d’eux, mais les ascenseurs magiques les emmenèrent rapidement. 

 

 

 

— Nous voudrions parler à Hermione Granger, s’il vous plaît. 

 

 

 

Le réceptionniste reconnu Ron et se leva précipitamment. 

 

 

 

— Je vais chercher votre femme tout de suite Monsieur Weasley. 

 

 

 

Ron sourit à Harry, amusé.

 

 

 

— Pour une fois que c’est moi qu’on reconnait, dit-il.

 

— Oh monsieur Weasley…

 

 

 

Ils rigolèrent.

 

 

 

— En même temps avec toutes ces cicatrices on ne retrouve plus l’éclair.

 

 

 

Harry hocha la tête, il avait promis à Ginny qu’il arrêterait d’aller sur le terrain avant de ressembler à Maugrey, avec plein de bouts manquants et la paranoïa en moins. 

 

 

 

— Ron ? Harry ? Que se passe t-il ?

 

 

 

Harry leva le paquet et le visage de la jeune femme s’illumina, elle avait compris.

 

 

 

— Je vais chercher mon manteau. 

 

— Toujours aussi futé, constata Harry.

 

— Au cas où tu en douterais, ironisa Ron.

 

 

 

Hermione les rejoignit et ils sortirent du Ministères, ils décidèrent de trouver un bar tranquille où se mettre en terrasse au bord de la Tamise. 

 

 

 

— J’ai peur, avoua Harry.

 

— Pourquoi ? demanda Hermione en lui prenant la main pour la serrer gentiment.

 

— Je ne sais pas, je crois que c’est l’idée de mettre un point final sur le passé. Que tout ça c’est derrière moi.

 

— C’est juste une autobiographie Harry, tu n’as pas fini de vivre des choses, il te reste tellement de beaux souvenirs à construire.

 

— Et tu l’as déjà lu, tu as beaucoup travaillé avec Luna, il n’y aura pas de mauvaises surprises, ajouta Ron en passant un bras autour des épaules d’Hermione.

 

 

 

Harry hocha la tête, les yeux humides. Son passé n’était plus son présent maintenant. C’était fini.

 

 

 

Il déchira le papier kraft et découvrit la couverture, ému.

 

 

 

« Harry Potter, le martyr qui a cessé de l’être. »

End Notes:

«  Sans souffrance, comment connaitre la joie ? Un point de vue que j’avais toujours trouvé d’une stupidité et d’un manque de finesse inouïs. Pour le démontrer, il suffisait de dire que, même si le brocoli existe, ça n’empêcherait pas le chocolat d’être bon. »   - Nos étoiles contraires, John Green.

winter

2021 - Lune by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF janvier 2021

Thème : image (enriquelopezgarre sur pixabay)

Personnages : Sirius Black, Remus Lupin

Sirius leva la tête et vit la pleine lune briller dans le noir. Il soupira et se leva pour tourner sur lui-même et se coucher à nouveau. Le seul réconfort qu’il avait était que s’il n’était pas devenu un animagus pour Remus il n’aurait jamais pu survivre dans cette prison.

 

 

 

Les temps étaient durs et chaque nouvelle pleine lune l’était tout particulièrement. Ça lui rappelait trop de bons souvenirs qui lui déchiraient le coeur. Remus, le loup qui galopait à ses côtés, le traître aussi, mais il ne valait mieux pas y penser, et James. Penser à son ami décédé lui tordait le coeur, c’était lui qui avait eu l’idée des animagus. 

 

 

 

Il se rappelait ce jour où ils avaient tout découvert et décidé de rejoindre Remus au petit matin. Celui-ci n’y avait pas cru, il pensait qu’ils le laisseraient tomber. Loupé, on ne laisse jamais un ami derrière. C’était pourtant ce qui se passait, Remus était seul au-dehors, à affronter cette pleine lune comme toutes les autres qui suivront, seul.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Quand Remus rouvrit les yeux, c’est d’abord un cafard mort qu’il vit, puis la poussière. La cabane dans laquelle il s’était transformé avait tenu bon, c’était déjà une bonne chose. 

 

 

 

Il se redressa péniblement et remarqua du sang sur le sol, sûrement le sien. Depuis ce terrible jour d’Halloween, il passait les pleines lunes seul et la Bête défoulait sa force et sa colère sur lui. Chaque nouvelle transformation était plus pénible que la précédente.

 

 

 

Il sentit quelque chose couler le long de son front et leva la main pour sentir un liquide chaud couler le long de son visage. Puis il essaya de se lever pour continuer l’inspection des éventuelles blessures. À peine s’était-il levé qu’une douleur vive traversa sa jambe. Il s’effondra sur le sol en grognant.

 

 

 

Les pleines lunes n’étaient pas éprouvantes pour la nuit en elle-même, les « réveils » étaient les plus durs. C’est en ces moments là que James, Sirius et Peter lui manquaient le plus. Mais deux n’étaient plus de ce monde, et le troisième… Le troisième, il ne préférait pas y penser, pas après sa traîtrise.

 

 

 

Le soleil commença à pointer le bout de son nez. Remus réussit à se lever, prendre sa baguette et sorti de la cabane. Il reviendrait, en attendant, il devait survivre.

 

 

 

Jusqu’à la prochaine pleine lune. 

End Notes:

« L’internat consiste à se préparer au pire, mais même en étant bien préparé on ne voit généralement pas les désastres arriver. On peut envisager d’imaginer les pires scénarios possibles pour anticiper la catastrophe. Mais quand un vrai désastre arrive, il provient généralement de nulle part. Et quand le pire se produit réellement, on se retrouve totalement prit de court. Pourquoi de si mauvaise choses arrivent à des gens bien, on se pose si souvent cette question que c’est devenu un cliché. Mais c’est parce que de mauvaises choses arrivent à des gens bien. Constamment. Vous pouvez seulement espérer que quand ce sera votre tour, vous saurez quoi faire, comment faire face, comment réagir. Mais en réalité, vous ne savez pas comment vous allez réagir face au pire scénario. Personne ne le sait. Jusqu’à ce qu’il se produise. »    - Grey's Anatomy

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2021 - Lucioles + Plage by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF février 2021

Thème : Lucioles + Plage (voir la photo)

Personnages : Ron Weasley, Hermione Granger

Ticket d'or de fin d'année de @Bellatrix1992 (image personnelle) 

Hermione serrait les poings pour ne pas pleurer. La soirée avait été difficile, dès que le soir tombait, elle, Harry et Ron retrouvaient leurs vieux réflexes. Malgré le fait qu’ils étaient en sécurité dans la chaumière aux coquillages, ils ne pouvaient pas être totalement tranquilles. Quand ils étaient encore en vadrouille, le soir était le pire moment, ils devaient s’assurer que l’ombre au loin n’était pas en réalité un mangemort près à les attaquer.

 

 

 

Elle était aussi très fatiguée, le soir, elle n’arrivait pas à dormir. Elle repensait au Manoir des Malefoy, la voix de Bellatrix la hantait et si elle arrivait à s’endormir, c’était pour faire des cauchemars où elle se réveillait en hurlant. La cicatrice sur son bras était horrible, elle ne parvenait pas à la regarder en face, la recouvrant toujours d’un t-shirt à manche longue que lui avait prêté Fleur.

 

 

 

Devant elle, Harry fixait la carte des Maraudeurs, ils n’en avaient pas parlé, mais elle savait ce qu’il observait : il regardait si Ginny était à Poudlard. Elle n’y était plus depuis quand ? Elle ne se rappelait pas, la notion du temps avait un peu disparu, même Noël, ils avaient failli oublier. 

 

 

 

Ron à côté d’elle fixait au loin sans rien dire, elle aurait eut envie qu’il la prenne dans ses bras, qu’il lui dise que tout irait bien, mais c’était Ron… Et elle était Hermione alors elle ne fit rien.

 

 

 

Bill et Fleur étaient adorables avec eux, vraiment. Ils essayaient de les soutenir, de les aider à surmonter ces dernières épreuves, cependant la plus grande, sûrement celle de leur vie restait à venir.

 

 

 

— Je sors, dit-elle d’une voix rauque.

 

 

 

Elle enfila une veste légère et des bottes pour marcher dehors, dos à la mer.

 

 

 

Elle serrait les poings pour ne pas pleurer, car elle n’arrivait pas à se pardonner de ne pas être plus brave. Elle voulait être plus courageuse, plus forte… Elle s’en voulait d’être si dure avec elle, mais ce sentiment était comme une boule logée au fond de son ventre, indestructible.

 

 

 

Une semaine qu’ils étaient ici, une semaine qu’elle ressassait les derniers événements en boucle dans sa tête. La course-poursuite dans les bois, le manoir, Bellatrix, Dobby… Les larmes commençaient à couler le long de son visage, elle ne fit rien pour les essuyer, il n’y avait personne pour les voir de toute manière. 

 

 

 

Il y avait du vent ce soir-là, il ébouriffait ses cheveux déjà indisciplinés, elle aimait bien le sentir passer sur son visage, ça l’apaisait. Ses bottes faisaient splouch splouch dans l’herbe humide, dans cette partie de la plaine se trouvait un lac avec des roseaux, des nénuphars et des grenouilles. Leur chant était agréable, on aurait presque dit le chant de l’été et de l’insouciance. Presque.

 

 

 

Des petites lumières jaunes volaient au-dessus du lac, c’était des lucioles, la dernière fois qu’elle en avait vu c’était l’été avant sa première rentrée à Poudlard. Ses parents l’avaient emmenée pour fêter ça en vacances dans le sud de la France. Elle se rappelait très bien le sentiment d’excitation qui ne la quittait pas, elle passait ses journées à lire, apprenant tout ce qui pouvait être appris. En pensant à ces moments, elle sourit tristement. Elle était heureuse d’être une sorcière, mais en un jour comme celui-ci, c’était dur de ne pas penser avec nostalgie à avant, quand tout était plus simple.

 

 

 

Elle entendit un léger bruit plus loin derrière elle, la nuit était presque entièrement tombée, mais elle pouvait voir la silhouette de Ron arriver. Elle était contente de le voir et relâcha ses muscles qui s’étaient tendus, près à attaquer. Lui aussi avait sa baguette à la main.

 

 

 

— Regarde, dit-elle. Des lucioles.

 

 

 

Il sourit en les voyant tournoyer au-dessus de l’eau. Son premier sourire en une semaine, il lui avait manqué, elle aimait bien quand il souriait, bien plus que quand il avait sa tête de ronchon. 

 

 

 

— C’est joli les jeux de lumière avec l’eau.

 

 

 

Elle se retourna pour regarder, il avait raison, ça plus le vent, elle se sentait bien pour la première fois depuis longtemps. Elle sentait son regard sur elle, ça ne la dérangeait pas, il faisait souvent ça, c’était sa manière à lui de vérifier qu’elle allait bien, qu’elle était là, à ses côtés.

 

 

 

Il s’approcha derrière elle pour passer ses bras autour d’elle. Tout contre lui, elle se sentait en sécurité. Sa tête à côté de la sienne, ils regardaient le ballet des petites lumières jaunes en silence. 

 

 

 

Parfois les mots sont de trop.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

— Ça fait du bien le soleil, tu ne trouves pas ?

 

 

 

Ron et Hermione étaient allongés sur la plage où ils étaient arrivés par transplanage dix jours plus tôt. L’hiver avait été rude, et ces premiers rayons de soleil étaient une vraie bénédiction.

 

 

 

— Avec le soleil, on a de la vitamine D, c’est pour ça que tu peux avoir ce petit sentiment d’allégresse après être resté au soleil, répondit Hermione.

 

 

 

Elle ne vit pas le regard admiratif qu’il lui lançait, ses yeux étaient fermés pour ne pas être éblouie par la lumière.

 

 

 

— C’est la vitamine D qui me donne aussi les taches de rousseur ?

 

— Mmmmh, non, je ne crois pas.

 

 

 

Il se redressa, regardant au loin. La plage s’étendait à perte de vue, Bill et Fleur étaient vraiment au paradis, loin de tout le monde, il suffisait de transplaner pour rejoindre la civilisation, et sinon ils étaient complément tranquilles. 

 

 

 

— Des fois j’aimerais qu’on ne parte jamais d’ici, on est comme hors du temps, il n’y a pas la guerre sur cette plage.

 

 

 

Il se tourna vers elle, ils passaient leurs journées ensemble depuis leur arrivée, mais ils parlaient peu. Pour la première fois, Hermione s’ouvrait un peu, ce qu’elle avait vécu était traumatisant, elle avait besoin de temps, alors il resta silencieux pour ne pas la couper dans son élan.

 

 

 

— Des fois, je n’ai plus envie d’y retourner, j’ai juste envie de prendre un livre et de ne penser à rien.

 

 

 

Elle se redressa et se tourna vers lui à son tour.

 

 

 

— C’est mal de penser ça ?

 

 

 

Il secoua la tête en lui souriant gentiment. Elle avait du sable dans les cheveux alors il passa une main dessus. C’est bizarre, sans ce qu’ils avaient vécu, il n’aurait jamais fait ça, être assis avec elle à parler et à lui épousseter les cheveux. 

 

 

 

— C’est même plutôt normal, ajouta t-il.

 

 

 

Ses pieds étaient enfouis dans le sable, elle s’amusait à les bouger pour faire remuer le sol. Quand elle était petite, elle adorait faire des tunnels. Le château de sable d’accord, mais sans son tunnel et ses douves c’était moins marrant.

 

 

 

— Tu veux faire un château ? proposa t-elle. 

 

 

 

Avant qu’il ne réponde, elle était déjà les mains dans le sable à creuser. Alors il se leva et se joignit à elle. Parfois elle lui disait quoi faire et lui obéissait. Autrefois, il aurait râlé, il aurait fait comme il l’entendait, mais c’était avant. 

 

 

 

Il savoura ce moment où ils retournaient en enfance : creuser un château de sable et après mettre de l’eau pour remplir les douves.

 

 

 

— Tu faisais aussi des châteaux quand tu étais petit ?

 

— On est allés une fois à la mer, c’était génial, on a fait des châteaux et après papa nous a ensorcelé du sable pour faire des bonhommes de sable, on a fait des batailles et ça a finit avec Fred et George qui ont tout fait exploser.

 

 

 

Elle releva la tête, les sourcils froncés.

 

 

 

— C’était leur première manifestation de magie, on était petits, expliqua t-il.

 

 

 

Leur château commençait à prendre forme, Ron avait prit des petits coquillages pour décorer les façades et la cour. Hermione, qui avait finit son pont et ses douves se leva et marcha vers la mer pour rincer ses mains. Les pieds dans l’eau froide, elle les regardait s’enfoncer de plus en plus dans le sable au fur et à mesure que les vagues venaient. 

 

 

 

Quelque jours plus tôt, Ron l’avait prise dans ses bras alors qu’ils observaient des lucioles au-dessus d’un lac. Ni l’un, ni l’autre n’évoquaient ce moment, elle chérissait ce souvenir, le premier moment où elle s’était sentie bien et en sécurité depuis très, très longtemps.

 

 

 

Elle était bien avec Ron, ils s’étaient beaucoup rapprochés après ces derniers mois compliqués. Elle tenait à lui énormément, chaque jour, il l’aidait à surmonter ce traumatisme, il était sa béquille.

 

 

 

C’est sur cette plage de côte anglaise, que Hermione Granger réalisa qu’elle était amoureuse de Ron Weasley, et ce, depuis longtemps.

End Notes:

" Rencontrer son âme soeur, c’est comme entrer dans une maison où on serait déjà allé : on reconnait les meubles, les images accrochées aux murs, les livres sur les étagères, les contenus des tiroirs. On pourrait s’y retrouver son chemin dans le noir, s’il le fallait. "    

- Le soleil est pour toi, Jandy Nelson.


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2021 - Blâmer by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF février 2021

Thème : Blâmer

Personnages : Remus Lupin Potter, Severus Rogue

Remus soupira, Severus Rogue était insupportable. 

 

 

 

Il était retourné à Poudlard pour enseigner la défense contre les forces du mal à la demande de Dumbledore. Revenir ici après tout ce temps, tout ce qui s’était passé avait ramené beaucoup de souvenirs. Parfois, quand il voyait Harry, il le confondait avec James, jusqu’à ce qu’il se rappelle qu’on était en 1993, que James n’était plus et que lui, Remus, était le professeur. 

 

 

 

Ces confusions n’étaient pas rares, Severus passait son temps à faire des allusions à sa lycanthpopie quand ils étaient dans la salle des professeurs. Alors Remus revenait en cinquième année quand celui-ci les espionnait pour découvrir son secret. Puis Sirius avait fait sa mauvaise blague, James l’avait sauvé et Severus avait cessé de les espionner, pour la simple et bonne raison qu’il savait la vérité.

 

 

 

— J’ai une faim de loup.

 

 

 

Remus se retint de lever les yeux au ciel, quand Sirius ou James lui faisaient cette blague, c’était drôle. Mais là, c’était juste agaçant. Severus ne le quittait pas des yeux, attendant une réaction.

 

 

 

— Quoi ? finit-il par dire.

 

— J’ai une faim de loup.

 

— Et bien mange, marmonna Remus en retournant à sa copie.

 

 

 

C’était celle d’un certain George Weasley et parmi les réponses aux questions, l’élève avait placé des petites blagues, ça le fit sourire, il en connaissait deux autres qui auraient pu faire aussi ce genre de chose. 

 

 

 

— Quoi encore ?

 

 

 

Severus ne le quittait pas du regard.

 

 

 

— Rien.

 

— Tu me regardes alors il y a quelque chose, vas-y, dis-le qu’on passe à autre chose. 

 

— Tu ne devrais pas t’énerver. Ça peut être dangereux.

 

— Je ne m’énerve pas.

 

 

 

Il ne le quittait toujours pas du regard.

 

 

 

— Si.

 

 

 

Remus soupira, il commençait vraiment à l’agacer, tant qu’il restait dans cette pièce, il n’allait pas arrêter. Il rassembla ses copies, les rangea et sortit de la pièce pour rejoindre le parc du château. Quand il était encore à Poudlard, c’était toujours là qu’il allait pour se calmer. 

 

 

 

À cette époque, James et Sirius martyrisaient beaucoup Severus. C’était peut-être pour ça que celui-ci lui testait ses limites et l’embêtait. C’était pour lui faire payer de n’avoir jamais rien dit. 

 

 

 

Il ne pouvait pas le blâmer pour ça. Si ?

End Notes:

Parfois tu voudrais que certaines personnes se voient de la manière dont tu les vois.

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2021 - Pointer by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF février 2021

Thème : Pointer

Personnages : Les Maraudeurs, Lily Evans, Mary Macdonald

— Tu tires ou tu pointes Black ?

 

— Heu…

 

 

 

Il se gratta la tête. Lequel était lequel déjà ? Lily rigola joyeusement. 

 

 

 

— C’est nul ton truc… marmonna t-il, il avait sa fierté et n’aimait pas trop quand la jolie rousse se moquait de lui.

 

— Faut reconnaître que ces moldus français savent y faire avec les boissons, déclara James un pastis à la main.

 

 

 

Lily leva les yeux au ciel. Il aimait bien l’embêter et quand elle levait les yeux au ciel, il la trouvait craquante. Il l’attira contre lui pour l’embrasser.

 

 

 

— Berk un bisou pastis… dit-elle en essayant de se dégager.

 

— Non, pars pas, murmura t-il en la serrant contre lui.

 

 

 

Elle lui fit un bisou sur la joue et se tourna vers le terrain de pétanque pour regarder. Sirius jeta sa boule et retint son souffle alors qu’elle se rapprochait lentement du cochonnet.

 

 

 

— Je gagne toujours ! s’exclama Mary qui le nargua en dansant sur place.

 

 

 

Ce fut au tour de Remus qui réussit lui aussi à passer devant Sirius.

 

 

 

— Mais c’est pas juste, vous, vous jouez depuis plus longtemps que moi… Chez les Black, on ne jouait pas et encore moins aux jeux moldus…

 

— Ouh, Mr Patmol est grognon, se moqua James.

 

 

 

Lily savait comment ça allait se finir ; en une bonne bataille d’eau. L’air était très lourd sans pour autant avoir de soleil, depuis le début de la guerre le ciel était constamment nuageux. 

 

 

 

Sirius et James se débattaient pour essayer de se mettre à terre, Remus s’approcha de Lily et désigna d’un coup de tête le tuyau d’arrosage. Elle sourit, comprenant où il voulait en venir. Il courut allumer le robinet pendant qu’elle dirigeait le tuyau sur les deux garçons. Mary s’éclipsa de son champ de tir, morte de rire, pour rejoindre Remus. Il y avait des arrosoirs, si James et Sirius voulaient se venger, elle aurait de quoi se défendre.

 

 

 

Se suivit une bataille d’eau qui les laissa tous épuisés, assis au sol. Seul Sirius, qui n’était jamais fatigué visiblement, tentait de lancer ses boules pour toucher le cochonnet. Mais la patience n’était pas sa plus grande qualité, il lançait souvent trop fort. 

 

 

 

— Attend, j’arrive, dit Lily en se levant pour l’aider.

 

 

 

Elle prit une boule, se pencha légèrement et la main au niveau du genou lança doucement pour pointer. Sa boule se logea juste à côté de la petite boule orange.

 

 

 

— Pointer c’est quand tu veux approcher le plus du cochonnet, tu vois, il faut y aller doucement. Et tirer…

 

 

 

Elle prit une autre boule et lança cette fois-ci avec plus de force.

 

 

 

— Tirer c’est pour déloger les boules autour du cochonnet, tu fais ça avec celles des autres.

 

 

 

Il hocha la tête. Ce n’était pas si compliqué. Il essaya de pointer et réussi son meilleur lancé.

 

 

 

— Ahhh j’ai compris, trop bien, merci.

 

 

 

Les autres les rejoignirent pour refaire une partie.

 

 

 

— Il y a trois éléments dans la pétanque, reprit Lily. Tu tires, tu pointes et James, la dernière ?

 

— Pastis ! s’écria t-il les faisant tous rire.

 

 

 

Elle l’embrassa tendrement, le serrant fort dans ses bras, il avait toujours le mot pour rire. Elle ne s’ennuyait jamais à ses côtés et c’était pour ça qu’elle l’aimait. Pour toujours lui donner le sourire.

End Notes:

Que craignez-vous le plus ? La bombe atomique ou les pellicules ? (ricanements) 
- La bombe atomique, puisque nous avons déjà des pellicules (hurlement de rire de l'auditoire)

Pouvez-vous nous chanter quelque chose ? - L'argent d'abord !

Répétez-vous beaucoup ? - Pour quoi faire ? Nous jouons déjà en concert tous les soirs, vous savez.

Vous jouiez autrefois des standards. Pourquoi ne le faites-vous plus ? - Parce que maintenant, nous en créons.

Ringo, êtes-vous des mods ou des rockers ? - Personnellement, je suis un moqueur (cette réplique sera reprise dans le film A Hard Day's Night)

Comment avez-vous trouvé l'Amérique ? - Tournez à gauche au Groenland ! (cette réplique sera aussi reprise dans le film A Hard Day's Night)

The Beatles, Wikipédia

 

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2021 - I must not tell lies by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF février 2021

Thème : I must not tell lies

Personnages : Harry Potter, Ginny Weasley, Dolores Ombrage

 

Annie Spratt sur unsplash

Quand elle entra dans la pièce, Harry resta impassible, la présence de Ginny à ses côtés le calmait. Elle ne valait pas la peine de gâcher son énergie. Elle avait quitté ses éternels tailleurs rose pour une tenue grisâtre des détenus. Deux sorciers la dirigèrent sur le fauteuil aux chaînes enchantées qui se refermèrent sur elle. Il trouvait ça légèrement agressif, mais n’avait pas eut la force de discuter avec le conseil du Magenmagot sur la question. Tous les criminels de guerre étaient jugés sur cette chaise, Dolores Ombrage ne faisait pas exception. 

 

 

 

— Dolores Jane Ombrage, vous êtes accusée de crimes envers les nés-moldus, nous écoutons les éléments à charge.

 

 

 

Un sorcier se leva et commença à faire la liste des éléments dont Ombrage était accusée. Hermione avait contribué à en faire la liste. Il en manquait beaucoup, mais avec tout ce qu’il y avait, Hermione avait fait le calcul et elle en avait pour 84 ans de prison minimum, elle finirait ses jours en prison de toute manière. Tout le monde le savait, ce procès n’était là que pour la forme.

 

 

 

Beaucoup de personnes avaient été surprises de voir Harry assister à l’audience, après tout ce qui s’était passé entre eux, il avait toutes ses raisons de ne pas y assister.

 

 

 

Ginny lui prit la main gauche et lui caressa sa cicatrice avec son pouce. Il lui sourit, elle savait que ce n’était pas forcément facile pour lui, mais il devait le faire pour aller mieux. C’était un épisode douloureux de son passé, il devait tourner la page pour commencer une nouvelle vie, sa vie. Pour cela, il devait la voir jugée et condamnée pour ses crimes même s’ils n’étaient pas reliés directement à lui.

 

 

 

Le procès suivit, si au début, elle ne répondait pas aux éléments à charge, elle commençait à se défendre avec énergie.

 

 

 

— J’étais sous menace de Vous-savez-qui ! s’exclama t-elle. Je n’avais pas le choix, il allait me tuer sinon ! 

 

— Vous avez signé de votre main la destitution de baguette de plusieurs dizaines de sorciers ainsi que la destruction de lesdites baguettes. 

 

— Il me l’avait demandé !

 

— Et prendre l’oeil magique de l’auror Maugrey ? demanda Hermione calmement.

 

 

 

Elle se leva et descendit les marches. De leur statut de héros, elle, Ron et Harry pouvaient faire tout ce qu’ils voulaient ou presque, intervenir dans un procès par exemple ils le pouvaient.

 

 

 

— Ça aussi c’est Voldemort qui vous a demandé de le faire ? 

 

 

 

Son ton était froid et elle fixait Ombrage du regard qui se tortilla sur sa chaise, embarrassée. Hermione se rapproche et mit sa main à son oreille.

 

 

 

— Je n’entends pas votre réponse Dolores. Vous donnez votre langue au chat ?

 

 

 

Ron et Harry rigolèrent, elle était bien trouvée celle-là. 

 

 

 

— Accusée, on vous a posé une question, intervint un sorcier membre du Magenmagot. 

 

 

 

Ombrage foudroya Hermione qui lui sourit d’un air moqueur.

 

 

 

— Je ne parlerai pas à cette Sang-de-Bourbe ! s’emporta t-elle. Comment pouvez-vous vous rabaisser à ça ?! Laisser une gamine vous commander ! Le Magenmagot n’est plus ce qu’il était ! Nous avions de grands projets ! Refaire de ce Ministère un endroit pour les sorciers, les vrais !

 

 

 

Harry en avait assez entendu. Il se leva et marcha lentement vers Ombrage. Elle pâlit et se tue en le voyant arriver à côté d’elle.

 

 

 

— Vous pouvez lire ce qu’il y a d’écrit Dolores ?

 

 

 

Elle pâlit encore plus en voyant la cicatrice sur sa main. Elle n’avait pas prévu que ses méthodes laissent une marque à vie. Elle ne voulait que lui donner une bonne leçon.

 

 

 

— Vous savez lire Dolores, alors allez-y, lisez.

 

 

 

Elle le fusilla du regard, tous les sorciers la regardaient froidement. Beaucoup d’anciens élèves de Poudlard étaient dans la salle, tous lui jetaient des regards haineux. 

 

 

 

— Dolores, je vais commencer à me demander si vous entendez bien, serais-ce l’âge ?

 

 

 

La fine cicatrice la narguait tandis qu’une sueur blanche descendait le long de son dos.

 

 

 

— Je ne dois pas dire de mensonge, marmonna t-elle.

 

— Plus fort, ordonna Harry.

 

— Je ne dois pas dire de mensonge, répéta t-elle d’une voix forte.

 

 

 

Satisfait, Harry descendit l’estrade et sortit. La porte se referma derrière lui, comme un symbole, une métaphore de lui qui tournait une page. Il avait une page vierge devant lui, il allait commencer à écrire sa nouvelle vie, et il avait hâte.

End Notes:

« Quand on a peur c’est qu’on a quelque chose à perdre. »

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2021 - Ardent by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF mars 2021

Thème : Ardent

Personnages : James Potter, Lily Evans

James n’arrivait pas à détourner son regard d’elle. Elle, si belle, si douce… Elle buvait distraitement à la paille son cocktail à la framboise. Un truc moldu qu’il ne connaissait pas. D’habitude, il se moquait d’elle pour toujours préférer les bières aux fruits rouge plutôt que de la brune ou de la blonde, de la vraie bière ! 

 

 

 

Ce qu’il pouvait être bête parfois…

 

 

 

C’est ce que Lily disait, elle répliquait que les trucs rouges, c’était souvent bon et que les trucs verts, elle n’aimait pas ça. D’où la bière aux fruits rouges et le cocktail moldu.

 

 

 

— À quoi tu penses ?

 

— À toi.

 

 

 

Elle sourit, dieu, qu’elle pouvait le faire chavirer rien qu’en souriant. 

 

 

 

— À moi… Madame Potter.

 

 

 

Rectification, là, maintenant tout de suite, son coeur battait la chamade comme s’il voulait s’échapper de sa cage thoracique. Il donnerait tout pour elle. Même la vie. 

 

 

 

— Lily Potter…

 

— Ça sonne bien.

 

— Je trouve aussi.

 

 

 

Elle reprit une gorgée de son cocktail et se leva pour l’inviter à danser.

 

 

 

— Monsieur mon mari, voulez-vous vous joindre à moi ?

 

— Madame ma magnifique femme, je vous suivrais jusqu’au bout du monde.

 

 

 

Elle rigola et l’attira contre elle.

 

 

 

— James… murmura t-elle contre sa poitrine soudain le regard plus grave. Tu crois qu’on va y arriver ?

 

— De quoi tu parles ?

 

 

 

La musique du groupe engagé par le bar jouait une musique rythmée ou plein de jeunes se défoulaient sur la piste de danse. Seuls, eux dansaient lentement, loin de tous, coupés du monde.

 

 

 

— De la guerre. 

 

 

 

Il ne répondit pas, réfléchissant aux mots les plus justes à dire pour la rassurer. Il était toujours d’un optimiste sans faille, il devait lui transmettre sa confiance, car oui, ils devaient avoir confiance, sans ça, ils étaient foutus, non ?

 

 

 

— Je veux vivre James, je veux vivre avec toi, quand tout cela sera fini, je veux qu’on découvre le monde, montrer à la famille qu’on aura fondé la beauté de la vie. 

 

 

 

Elle releva ses yeux émeraude vers lui qui sentit son coeur chavirer, la lumière éclairait ses cheveux roux comme un feu ardent.

 

 

 

— Je t’aime.

 

 

 

Elle rigola et tournoya sur elle-même.

 

 

 

— Au point de goûter mon mojito aux framboises ?

 

— C’est bizarre leurs trucs… marmonna t-il.

 

— Goûte au lieu de râler !

 

— Mais pourquoi ils mettent des fruits dans de l’alcool ?

 

 

 

Elle haussa les épaules sans se départir de son sourire. À contre coeur il prit le verre qu’elle lui tendait, près à la première gorgée de lui dire que c’était définitivement imbuvable.

 

 

 

« Et merde… » pensa t-il.

 

 

 

C’était bon. Elle le sentit car elle son sourire devient plus espiègle et menteur.

 

 

 

— Alors ?

 

— Tes cheveux, on dirait du feu. Un feu ardent qui crépite à chaque fois que tu rigoles ou que tu souris.

 

— Ne détourne pas la conversation James Potter avec tes jolies phrases. Je la connais ta combine.

 

— Avec la lumière, c’est beau…

 

 

 

Elle croisa les bras et il l’attira contre lui pour l’embrasser sur la joue.

 

 

 

— Il se pourrait…

 

 

 

Elle l’embrassa avant qu’il ne finisse sa phrase.

 

 

 

— Je sais, dit-elle.

End Notes:

" C’est tellement bien d’être soi. Assise en soi comme dans un fauteuil. Les gens veulent toujours paire aux autres plutôt que de se plaire à eux-mêmes. C’est alors que les ennuis commencent. Parce qu’on ne sait pas quoi faire pour plaire aux autres. On se plie en quatre, on se contorsionne, on se limaçonne et ils vous colle des mauvaises notes. "  

- Katherine Pancol, Les Yeux jaunes des crocodiles, La Valse lente des tortues, Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi.

 

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2021 - Maîtriser by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF mars 2021

Thème : Maîtriser

Personnages : Narcissa Malefoy, Regulus Black

Narcissa sentit la terreur la gagner. Pour la première fois, elle comprenait les dernières paroles d’Andromeda avant de quitter leur famille. 

 

 

 

« Vous n’êtes qu’une maison de fous, cette pureté de sang, c’est ce qui causera votre perte à tous. »

 

 

 

Sa mère avait beaucoup pleuré, c’était leur père qui s’était chargé de crier, « pauvre idiote » et « ingrate » étant ses insultes favorites. C’était bizarre que Narcissa pense à cela ce soir. D’habitude, les mauvais souvenirs, elle les refoulait au fond de son esprit et s’interdisait d’y penser. 

 

 

 

La main de Lucius dans la sienne se serra brièvement, elle répondit en faisant de même, c’était leur code pour se dire que ça allait. Quand le Seigneur des Ténèbres était dans la pièce, chaque bruit était de trop. Seule Bellatrix rigolait à pleins poumons, c’était si absurde comme scène. Elle, ses longs cheveux noirs bouclés volant au rythme de ses pas, et tout le reste, des personnes silencieuses à la tête baissée.

 

 

 

Elle s’interdisait de baisser les yeux, cela attirerait Son regard, elle voulait à tout prix l’éviter. Pourtant, la respiration saccadée de son cousin au sol ne l’aidait pas à rester maîtresse de ses émotions.

 

 

 

« Une maitrise totale. » lui répétait sa mère et ses précepteurs quand elle était petite.

 

 

 

C’était valable pour tout, les émotions, bonnes ou mauvaises. Mais aussi ses actes, ses pensées… C’était très dangereux de trop réfléchir dans ce milieu de l’aristocratie sorcière, elle l’avait vite compris. Il n’y avait qu’avec Lucius qu’elle s’autorisait à argumenter et débattre sur un sujet, mais lui, c’était différent. 

 

 

 

Ses parents l’avaient choisi quand elle était encore très jeune. Il était un Malefoy, une bonne famille de Sang Pur sorcière, il était logique que, elle, une Black soit promise à lui.

 

 

 

Penser à leurs premiers rendez-vous l’aida à se déconnecter de la réalité, elle pensa à leurs échanges maladroits et distants au début. Puis elle s’était éprise de lui, cet homme qui était promis à un destin prestigieux qui gérait cette pression comme il pouvait, en faisant au mieux même si ce n’était jamais assez dans leur milieu. C’était sûrement ça qui les avait rapproché, elle, petite dernière de la famille, et lui, le fils unique élevé par un père trop dur. 

 

 

 

— Relève toi.

 

 

 

C’était Lui qui avait parlé de sa voix sifflante, Regulus était toujours au sol et encore une fois elle réprima l’envie de le voir et de se pencher pour l’aider.

 

 

 

« Une maîtrise totale. »

 

 

 

Regulus se releva, il ne tremblait même pas, c’était un Black après tout, lui, la maîtrise, il connaissait. Après le départ de son frère, il était devenu maître dans l’art. Impassible, froid, distant, elle savait qu’il était souvent seul à Poudlard. Ils avaient toujours été proche, alors ils échangeaient des lettres, il lui avait vite exprimé son désir de Le rencontrer. Walburga et Orion avaient de grands espoirs pour lui, ils avaient encouragé cette rencontre. C’était un moyen de redorer le blason de la noble famille des Black.

 

 

 

Courageusement pour son jeune âge, Regulus se tenait devant le Seigneur des Ténèbres, le plus grand sorcier de magie de noire de tous les temps, qui prit son bras tatoué entre ses longs doigts fins.

 

 

 

— Mon fidèle serviteur… Bienvenue dans ta nouvelle famille… Tu es désormais un Mangemort, moi, Lord Voldemort, te félicite… Nous allons faire de grandes choses ensemble…

 

 

 

Bellatrix applaudit, mais personne ne la suivit. Narcissa retint un nouveau frisson. Cette marque, elle la connaissait, elle était sur le bras de l’homme qu’elle aimait. Elle savait que cela signifiait des sacrifices, qu’Il était intransigeants, et Regulus était si jeune…

 

 

 

« Vous n’êtes qu’une maison de fou, cette pureté de sang, c’est ce qui causera votre perte à tous. »

 

 

 

Pendant un instant, elle crut les paroles de sa soeur. Elle comprit que celle-ci voyait que, pour cette passion du Sang-Pur, ils étaient prêts à tout. Même à vendre leur âme au diable. Car elle ne se faisait pas d’illusions, aujourd’hui Lucius était un proche du Seigneur des Ténèbres, mais à la première erreur, il n’hésiterait pas à…

 

 

 

Narcissa réprima un énième frémissement et se répéta les mots de sa mère.

 

 

 

 « Une maîtrise totale. »

End Notes:

«  Tant qu'on ne l'allume pas, la cigarette ne tue pas [...] Et je n'en ai jamais allumé une seule de ma vie. C'est une sorte de métaphore. Tu glisses le truc qui tue entre tes lèvres , mais tu ne lui donnes pas le pouvoir de te tuer. C'est une métaphore. »

- Nos étoiles contraires, John Green

 

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2021 - Nomade by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF mars 2021

Thème : Nomade

Personnage : Sirius Black

« Mérite ta place comme un Black, ou tu partiras d’ici comme un rien. »

 

 

 

C’était les derniers mots de son père avant qu’il ne parte et claque la porte derrière lui. Sa mère l’avait insulté de tous les noms, ça ne l’avait pas atteint, pour une fois elle avait dit tout haut ce qu’elle pensait tout bas. 

 

 

 

Il marcha d’un pas rapide, traînant sa malle derrière lui. Pour l’instant, il devait partir le plus loin possible, s’éloigner de cette maison qu’il avait tant hait, après il trouverait où aller. Il sentit que ses joues étaient mouillées, c’était bizarre, on était en plein été et il ne pleuvait pas.

 

 

 

La malle s’échappa de sa main pleine de sueur et tomba lourdement sur le sol. 

 

 

 

— Merde.

 

 

 

Il la reprit, mais elle s’échappa à nouveau de ses mains.

 

 

 

— Merde, merde… Merde !

 

 

 

Il s’assit dessus, se sentant submergé par les derniers événements. Quelques heures plus tôt, il avait eu envie de jouer au piano. C’était étonnant, il avait toujours détesté ça étant petit. Mais plus tôt dans l’après-midi, il s’était mis à jouer La Valse d’Amélie. C’était plein de nostalgie, d’un temps qu’il savait résolu, où il était encore plein d’innocence. À l’époque, ses parents l’agaçaient par leurs manières, mais il jouait avec Regulus dans le jardin alors tout allait bien.

 

 

 

Puis il était allé à Gryffondor et une nouvelle vie s’était ouverte à lui. 

 

 

 

Jouer ce morceau au piano avait été comme une lettre d’adieu. Il avait senti le regard de son frère posé dans le cadre de la porte alors qu’il jouait dans le salon du premier étage. Quand il avait fini, Regulus n’avait rien dit, lui aussi avait compris, il se doutait sûrement que Sirius allait partir.

 

 

 

— Tout va bien jeune homme ?

 

 

 

Une vieille dame se penchait vers lui, le ramenant à la réalité. Du poireau et des fanes de carottes s’échappait de son cabas à roulettes, elle devait revenir du marché.

 

 

 

— Oui, merci. 

 

 

 

Cette soudaine gentillesse lui redonna du courage et il se leva pour rejoindre la bouche de métro qu’il avait repéré. James lui avait expliqué comment aller chez lui, c’était en troisième année peut-être. Juste au cas où, il lui avait donné son adresse et expliqué comment y accéder. Sirius n’avait jamais oublié.

 

 

 

Il ne se rappela pas du trajet, agissant comme un automate, il reprit connaissance devant la porte de l’appartement des Potter, soudain pris d’une grande hésitation. Où pouvait-il aller sinon ? Vivre une vie de nomade jusqu’à la rentrée ?

 

 

 

Avant qu’il ne se décide à frapper, la porte s’ouvrit sur James le visage inquiet.

 

 

 

— Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai senti que… Je savais que tu étais parti.

 

 

 

Il ne finit pas sa phrase et se décala pour le laisser entrer. Sirius sentit toutes hésitations s’envoler, il n’était pas un nomade, il n’était peut-être pas un Black non plus comme lui avait dit son père, mais il était un Gryffondor. Et il venait de rejoindre son frère de coeur. Il était rentré chez lui. 

End Notes:

La Valse d'Amélie tirée du film Amélie Poulain est citée dans ce texte parce que je l'écoutais en l'écrivant. J'essaie d'habitude de respecter la temporalité mais sur ce coup là, j'ai fait une impasse ♥︎

 

to see him is to love him, to love him is to never know him

- Katherine Pancol, Les Yeux jaunes des crocodiles, La Valse lente des tortues, Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi.


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2021 - Fougue by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF mars 2021

Thème : Fougue

Personnages : James Potter, Lily Evans

James était parti avec sa cape d’invisibilité. Il n’avait pas eu envie de se prendre la tête à éviter Rusard. Lily et lui s’étaient disputés, c’était déjà bien assez. Ce n’était pas arrivé depuis qu’ils étaient ensemble. Le première dispute de couple.

 

 

 

Ils étaient en septième année, et depuis le début de la guerre, il voyait bien son père se battre contre les forces du mal, lui parmi tant d’autres. Quoiqu’il arrive, il avait prévu qu’après Poudlard, il irait lui aussi se battre. C’était flou encore jusqu’à cette semaine, puis ils avaient eu un entretien d’orientation. Et là, Dumbledore en personne était venu le voir, il lui avait parlé de l’Ordre, à lui, Sirius et toute la bande des Maraudeurs. 

 

 

 

Ce n’était pas une décision impulsive, il y pensait depuis longtemps déjà. Mais quand il en avait parlé à Lily, celle-ci s’était tout de suite fermée à l’idée. Il savait qu’il était impulsif, que par fougue et emporté par ses émotions, il pouvait s’énerver.

 

 

 

« Mais réveille toi Lily, tu es une née moldue ! C’est toi qu’ils iront chercher en premier quand tu sortiras ! »

 

 

 

Il s’en voulait maintenant qu’il avait eu le temps de se calmer à marcher dehors. C’était brutal, elle n’avait pas besoin qu’il lui balance cette effroyable vérité en pleine figure.

 

 

 

« — Putain, mais James c’est la vraie vie dehors, ils ne te lanceront pas un Stupéfix quand tu les croiseras ! »

 

— Je préfère ça que de rester comme un lâche dans mon coin pendant que des hommes comme mon père font le sale boulot !

 

— Ce sont des aurors, ils sont préparés pour ça, c’est leur métier, mais toi tu n’es qu’un homme en mal d’aventure. Ils te tueront à la première occasion. C’est ça que tu veux ? Mourir comme un idiot, mais courageux, la différence est dure à saisir parfois !

 

— C’est ce que je suis, tu le savais non ? James Potter, le crétin !

 

— Ce que tu peux être con parfois…

 

— Vas-y continue de m’insulter, je ne dirai rien !

 

— Mais James, tu as 18 ans, eux ce sont des mages noirs expérimentés, tu ne peux pas y aller comme ça !

 

— J’apprendrai…

 

— Comment ? Sur le tas ? On verra bien ! On y va au talent ?! »

 

 

 

Il n’avait pas su quoi répondre et était parti, la laissant seule dans son dortoir. Les maraudeurs étaient partis au début de la crise, c’était mieux. Il avait saisi sa cape d’invisibilité et était parti marcher dans le parc. Marcher aidait à réfléchir.

 

 

 

Sapristi.

 

 

 

Le portrait de la grosse dame s’ouvrit. Il devait être tard puisque personne n’était dans la salle commune. Personne sauf Lily qui l’attendait près du feu. Il remarqua immédiatement ses yeux rougis et s’approcha en enlevant sa cape.

 

 

 

— Elle ouvre quand même la porte alors qu’elle ne te voit pas ?

 

— Qui ? La grosse dame ? Oh, elle a l’habitude.

 

 

 

Elle sourit faiblement et il se retint de la serrer dans ses bras. C’était peut-être trop tôt. Quelle était la démarche à suivre quand on se disputait quand on était en couple ?

 

 

 

— Je suis désolé Lily, pour m’être comporté comme un con, je me suis laissé emporter par mes émotions.

 

— James Potter… murmura t-elle doucement. Le fougueux, le loyal, le courageux, le héros du Quidditch…

 

— Le copain qu’on pardonne ?

 

 

 

Elle releva ses yeux vers lui et hocha la tête. Il prit cela pour un signal et s’approcha pour la serrer dans ses bras.

 

 

 

— Moi aussi je suis désolée.

 

— Tu as raison Lily, je ne peux pas partir tête baissée. Je dois me préparer. Je veux rejoindre l’Ordre et suivre en même temps une formation d’Auror, c’est drôle, moi qui en voulais à mon père de faire ce métier et il n’était jamais là, me voilà à vouloir faire pareil.

 

— Je veux aussi rejoindre l’Ordre.

 

 

 

Il se recula pour pouvoir planter son regard bleu dans le sien émeraude.

 

 

 

— Je veux me battre.

 

— Lily, si c’est pour ce que je t’ai dit tout à l’heure…

 

— Je le savais déjà James. Justement, je ne vais pas attendre qu’ils viennent me trouver, je vais me préparer et je me battrai pour ma liberté, pour mes droits.

 

 

 

Elle passa une main sur sa joue qui se perdit dans ses boucles noires. 

 

 

 

— Tu as pleuré.

 

— Toi aussi.

 

— Je ne veux plus qu’on se dispute.

 

— Moi non plus.

 

 

 

Ils s’embrassèrent doucement. Ce baiser était comme une promesse, une promesse que leur amour était plus fort que l’égo ou la fougue. Une promesse également qu’ils allaient se battre, ensemble. 

End Notes:

« Il ne s’agit pas seulement d’eux. Je me ferais à nouveau aspirer et je n’en sortirais jamais plus. Ce en sont pas tant les ragots, les fêtes et toutes ces bêtises, que la perspective générale d’une vie bien réglée, la fac, le boulot, le mari, les bébés et toutes ces conneries.

Le problème c’est que je crois en la fac, aux boulots et peut-être même aux bébés un jour. Je crois à l’avenir. Peut être est-ce un défaut, mais dans mon cas, il est congénital. »

- Le théorème des Katherine, John Green

 

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2021 - Maladroit by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF mars 2021

Thème : Maladroit

Personnage : mystère...

Et encore une fois. 

 

 

 

Je n’en peux plus. 

 

 

 

C’est pourtant pas compliqué de regarder où on met les pieds. C’est pas croyable. Ça se dit sorcier, ça fait de la magie, oui, mais pour ouvrir les yeux y’a plus personne. En plus y’a l’autre folle qui n’arrête pas de crier. On a compris, au diable les malpropres.

 

 

 

Moi, est-ce que je me plains ? Non. La fille aux cheveux roses, franchement maladroite me renverse, je ne dis rien. Même si c’est la cinquième fois de la semaine.

 

 

 

Les journées sont longues quand notre seule mission est de faire porte-parapluie…

End Notes:

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2021 - Balustrade by Winter
Author's Notes:

 Nuit HPF avril 2021

Thème : Balustrade

Personnages : James Potter, Sirius Black

James avait vite appris à se repérer dans les couloirs de Poudlard. Avec Sirius, ils s’étaient rapidement amusés à braver le couvre-feu, à fuir Rusard, jouant à cache-cache derrière les tapisseries et les statues poussiéreuses. C’était si drôle de le faire enrager.

 

 

 

Rapidement, les parties de cache-cache les avaient lassés, ils devaient trouver autre chose. Et par le plus grand des hasards, c’était Peeves qui leur avait donné l’idée.

 

 

 

Ils étaient en train de se balader dans les couloirs en pleine nuit, comme à leur habitude (ils étaient en pleine conception d’une super carte qui montrerait le château et ses passages secrets), et Peeves était arrivé.

 

 

 

— Vite, vite, partez, Rusard arrive !

 

 

 

Ils s’échangeaient souvent ce genre de tuyau, se sauvant mutuellement la peau.

 

 

 

— Merci Peeves, dit Sirius. 

 

— Partez par là, leur dit le fantôme qui partait dans le sens inverse, des bouteilles d’encre à la main.

 

 

 

Ils coururent se cacher derrière une teinture puis virent Rusard accourir, chassé par un Peeves qui lui jetait lesdites bouteilles d’encre au visage.

 

 

 

— Poil aux mentons, tâches de souillon ! chantonnait-il.

 

 

 

Il leur dit un clin d’oeil en passant, rigolant à pleine gorge de se livrer à son activité favorite : la chasse au Rusard.

 

 

 

Quelques jours plus tard, ils se penchèrent au-dessus de la balustrade qui donnait sur le grand hall et s’amusèrent à jeter des bombabouses sur les élèves qui passaient. Mort de rire, Mcgonagall les pris sur le fait et leur donna des heures de retenues.

 

 

 

Le temps passa, sans qu’ils ne cessent vraiment de marauder dans les couloirs. James adorait ces moments de complicité avec Sirius à faire les 400 coups, comme seuls des frères peuvent le faire.

 

 

 

Cependant, un jour, ils étaient en cinquième année peut-être, il retint le geste de Sirius qui s’apprêtait à jeter un Aquamenti sur les élèves qui revenaient dans le château. Il pleuvait dehors et tous se dépêchaient pour éviter de se faire mouiller, James et Sirius trouvaient ça drôle de leurs faire de faux espoirs.

 

 

 

— Attend, dit James, le regard sur la foule plus bas.

 

 

 

Sirius, appuyé contre la balustrade le dévisagea surpris.

 

 

 

— Quoi ?

 

 

 

Une tête rousse, tout en bas, passa, disparaissant dans la Grande Salle. Alors seulement James retira sa main qui bloquait le bras de Sirius.

 

 

 

— C’est bon.

 

 

 

Sirius ne sembla pas remarquer son malaise, pourtant James sentait bien son coeur qui battait plus fort. Le front contre les barreaux de la balustrade, il ne quittait pas du regard là où la tête rousse était un peu plus tôt.

 

 

 

Pourquoi diable son coeur battait plus vite à chaque fois qu’il voyait Lily Evans ?

End Notes:

"Le vent éclabousse les cheveux." Anonyme

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2021 - Hésitation by Winter
Author's Notes:

Nuit HPF mars 2021

Thème : Hésitation

Personnage : George Weasley

George se félicitait d’avoir trouvé un Walkman moldu. C’était une chouette invention que son père aurait adoré découvrir. La musique dans les oreilles, le vent qui soufflait sur son visage, le paysage qui défilait devant ses yeux lui donnaient une impression d’euphorie.

 

 

 

La route n’était pas comme en Angleterre, parfois, il y avait des bosses ou des fissures. Et parfois c’était la route elle-même qui disparaissait pour un chemin en terre. 

 

 

 

Il aimait bien que ce soit aussi irrégulier et imparfait. Ici, loin de son pays natal, il avait l’impression de respirer à nouveau. 

 

 

 

Un étau lui enserrait la poitrine depuis la guerre, cette tension qui n’avait jamais quitté son corps depuis des années, ces images d’horreurs qui le maintenaient éveillé la nuit, et Fred…

 

 

 

Depuis qu’il était parti, tout était différent, c’était comme si il lui manquait une jambe, une partie de lui. Fred était le plus souvent le leader, mais ils étaient avant tout un duo. Ils avaient toujours fonctionné comme ça, en duo. Sauf qu’il n’était plus là, que George était maintenant seul. Il devait tout réapprendre. Apprendre à vivre. Leur commerce qui était leur truc à tous les deux n’était plus l’endroit joyeux qu’ils avaient construit. 

 

 

 

Le jour même après l’enterrement de Fred, George était revenu à la boutique maintenue fermée depuis la prise de Voldemort au pouvoir du Ministère. Elle était si sombre, pleine de poussière, et désespérément vide.

 

 

 

C’était à ce moment là qu’il avait réalisé qu’il ne pouvait plus rester en Angleterre, à errer telle une âme sans vie. Il était rentré au Terrier, retrouvé sa famille en plein deuil, et avait annoncé qu’il partait.

 

 

 

— Pour aller où ?

 

— Je ne sais pas.

 

— Combien de temps ?

 

— Je ne sais pas.

 

— Tu nous écriras ?

 

 

 

Il avait hésité avant de répondre. Une part de lui avait envie de tout plaquer, oublier cette peine, cette douleur. Comme on mettrait un mouchoir en papier avant de tourner le dos à tous ses problèmes. 

 

 

 

Maintenant il roulait sur la moto qui avait jadis appartenu à Sirius sur les routes du Moyen Orient. Il roulait tous les jours, des heures entières. Quand il s’arrêtait, il avait toujours cette impression de rouler, ce petit tremblement du moteur qui ne quittait pas ses bras et ses jambes courbaturés. 

 

 

 

Alors, tout engourdit, la tête vide, il s’arrêtait sur un de ces marchés à ciel ouvert, ces souks qui n’étaient que vie. Il aimait bien cette atmosphère où tout le monde se connaissait, se parlait, échangeait quelques rires avant de poursuivre sa route. Il y avait toujours des petits restaurants ouverts avec deux tables et trois couverts, il partageait alors un moment avec des locaux, heureux de rencontrer un touriste. Certains disaient leurs quelques mots d’anglais, mais la plupart du temps les sourires suffisaient pour se faire comprendre.

 

 

 

Après il marchait parmi les rues étroites, ça grouillait de vie, un âne passait, des enfants qui jouent, les lampions qui dégagent une douce lumière chaleureuse… Son regard était toujours attiré vers de nouvelles choses à découvrir. Actuellement il avait presque traversé la Turquie et arrivait en frontière syrienne. Au turc, se mélangeait les dialectes locaux, proches de l’arabe, c’était à rien n’y comprendre. George était totalement dépaysé et c’était tant mieux.

 

 

 

— ! مارحبا 

 

 

 

George regarda le jeune homme sans comprendre. Il lui fit signe de le suivre en souriant d’un sourire qui ne peut que inspirer confiance. Sans hésiter il le suivit et partit dans les rues moins fréquentés, loin du marché.

 

 

 

— ما اسمك ؟

 

 

 

Il sourit gentiment en voyant qu’il ne comprenait pas, d’un geste de la main Il montra son torse.

 

 

 

— Ahmad.

 

— George, dit-il en souriant à son tour.

 

 

 

Il arriva dans un jardin où une famille était rassemblée autour d’un feu. Quelques personnes jouaient de la musique et d’autres dansaient. Il repéra un hibou, des balais dans un coin et compris alors qu’il était dans une famille de sorcier.

 

 

 

Ils s’assirent à côté d’une jeune femme au sourire aussi bienveillant que celui qui semblait être son frère. Elle avait un châle coloré autour de la tête, et portait une longue tunique aux fleurs brodées. Ils échangèrent quelques mots, puis la fille se tourna vers lui sans quitter son sourire.

 

 

 

— Bonsoir, je suis Rim, dit-elle dans un anglais avec un fort accent. Et voici mon frère Ahmad, tu viens d’où ?

 

— Bonsoir, je suis George, je suis anglais.

 

— Tu es un sorcier.

 

 

 

Ce n’était pas une question et qu’elle le sache aussi facilement le surpris, il n’avait pourtant pas sa baguette à la main.

 

 

 

— C’est ta blessure à la tête, c’est une blessure magique, Ahmad l’a vu tout de suite. Ce n’est pas courant de voir des sorciers étrangers, surtout venant d’Angleterre. Vous étiez en guerre, c’est ça ?

 

 

 

Il porta la main à sa cicatrice, là où il n’y avait plus d’oreille. Parfois il oubliait même. Le plus souvent, les regards surpris des gens le ramenait à la réalité.

 

 

 

— Oui, la guerre est finie.

 

 

 

Elle traduisit à son frère alors qu’il regardait autour de lui. Une femme râlait après des enfants qui jouaient avec un crapaud. Ledit crapaud crachait des étincelles rouges, c’était assez amusant et totalement une bêtise que lui et Fred auraient pu faire à leur âge.

 

 

 

La conversation avec Rim reprit, souvent elle s’arrêtait pour traduire à son frère. En prenant le temps ils arrivèrent à communiquer tous les trois ensemble. George les interrogea sur leurs coutumes ici en Turquie, apprit que c’était une famille d’origine Iranienne, installée ici pour le commerce d’Abraxans sauvages. Puis il leur expliqua son voyage, ils étaient très curieux sur sa famille et la culture anglais.

 

 

 

— Tu n’as pas de hibou, tu veux peut-être envoyer une lettre à ta famille pour les prévenir que tu vas bien ?

 

 

 

Allait-il bien ? George le reconnaissait, il n’avait jamais autant sourit depuis la guerre. Oui mais…

 

 

 

Rim s’était déjà levée pour lui ramener du parchemin et de l’encre. Le hibou vola jusqu’à eux, tendant sa patte en prévision. 

 

 

 

George hésitait, son coeur battant la chamade. Cette question le hantait : allait-il bien ? Était-il prêt à rentrer ? Tout ce qui s’était passé… Était-il prêt à faire son deuil ? Reprendre sa vie, renouer avec sa famille ?

 

 

 

L’atmosphère joyeuse, la lumière douce des lampiotes l’apaisait, son souffle se régula et il sentit une vague de paix l’envahir.

 

 

 

Alors il prit la plume que Rim lui tendait et commença à écrire.

End Notes:

 مارحبا : bonjour / bienvenue (marHaban)

ما اسمك : comment tu t'appelles ? (mA ismouki)

 

«  Tout homme a trois vies. L'une publique, l'autre privée et la troisième secrète. »   - Gabriel García Márquez.

 

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2021 - Tour du Monde des Nuits by Winter
Author's Notes:

☾ Nuit HPF juin 2021 - Tour du Monde des Nuits

Personnages : Ron Weasley, Hermione Granger, Harry Potter

Thèmes : histoire qui se poursuit sur 4 thèmes

23h : "Il t’a pas dit pourquoi ? - Pourquoi quoi ? - Pourquoi il voulait pas venir demain !"

15h : "Il doit y avoir des fleurs posées sur une table."

17h : "Attention Cendrillon, c'st couvre-feu" (image)

18h : "Votre personnage se rebelle contre quelque chose en l'exprimant de façon radicale (engagement, manifestation, rupture, crime, ...)"

— Il t’a pas dit pourquoi ? 

 

— Pourquoi quoi ? 

 

— Pourquoi il voulait pas venir demain ! 

 

— Non Harry, non, il ne m’a rien dit.

 

 

 

Harry soupira guettant du coin de l’oeil une réaction de la part d’Hermione. Mais non, rien, elle sourirait, savourant son sundae aux fruits rouge sans se préoccuper que son petit ami - et accessoirement meilleur ami d’Harry - ne vienne pas déjeuner avec eux le lendemain.

 

 

 

— Enfin Hermione c’est ton anniversaire ! Tu ne penses pas qu’il aurait pu faire un effort ? J’ai réussi à me libérer moi !

 

 

 

Elle fronça les sourcils et il eut peur d’en avoir trop fait.

 

 

 

— Qu’est-ce que tu as à la fin ? Il m’a dit qu’il ne venait pas, il s’excusait et puis voilà, je ne vais pas lui faire un procès à chaque fois qu’il fait quelque chose sans moi !

 

 

 

Ça amusa Harry, il l’avait connue plus révolutionnaire que ça.

 

 

 

— Mais ne te moque pas de moi ! s’énerva t-elle, alors qu’un sourire la trahissait. Pourquoi tu tiens à connaître sa raison ? On n'est pas mariés que je sache.

 

— Non, je voulais juste m’assurer que tu ne le prennes pas mal c’est tout…

 

 

 

Elle retourna à son sundae, regardant les moldus passer devant eux. C’était un peu devenu leur rituel à tous les trois. Depuis qu’Hermione enchaînait les postes au Ministère (elle cherchait encore sa voie, cependant cela ne faisait aucun doute pour personne qu’elle irait défendre la cause des Créatures Magiques), et Ron et Harry étaient en formation d’Aurors. Leur dernière année approchait et même s’ils avaient des emplois du temps de plus en plus chargé, ils trouvaient toujours un moyen de passer les midis ensemble pour déjeuner.

 

 

 

— Tu sais Harry… Il est bizarre en ce moment Ron. Je ne sais pas si c’est la date commémorative de la bataille de.. Enfin tu sais. C’est bientôt. Peut-être que ça le travaille, George refait une déprime, et on sait tous que c’est un moment difficile pour tout le monde. Je me dis qu’il a peut-être besoin d’espace. Alors je le laisse tranquille et il viendra me voir quand il aura besoin.

 

 

 

Elle se tourna vers lui, comme pour chercher une approbation.

 

 

 

— Tu en penses quoi ? J’ai raison, non ?

 

— Oui, oui, répondit-il en passant une main dans ses cheveux. Tu le connais, il a parfois besoin de prendre un peu de distance. Merci de me l’avoir dit, je ferai attention aux entraînements. 

 

 

 

Elle hocha la tête satisfaite puis regarda sa montre distraitement avant de se lever catastrophée. 

 

 

 

— Oh ! Il est déjà dix-huit heures, je dois repasser au bureau avant de rentrer. Oh ! J’espère que Stephen sera encore là, c’est un vrai tire au flanc celui-là, il part toujours à l’heure ! Bon, je file à demain !

 

 

 

Harry n’avait même pas le temps de répondre qu’elle était déjà partie en courant. Il rejoignit donc une bouche de métro non loin de là, appréciant d’être personne parmi les moldus. C’était pour ça qu’ils se retrouvaient toujours dans des endroits très touristiques et surtout très moldus. Près de Picadilly Circus, ils étaient enfin tranquille. C’était presque ironique vu la foule internationale qui s’empressait de s’émerveiller devant les multiples boutiques et restaurants.

 

 

 

Il aimait bien prendre le métro, certes transplaner était rapide, mais parfois il avait besoin de ce voyage travail-maison pour pouvoir faire une transition. Quitter le stress des entraînements d’Auror pour retrouver la coloc au Square Grimmaurd.

 

 

 

Coloc oui, mais plus pour longtemps…

 

 

 

Durant ce trajet retour, il observait beaucoup les moldus, sinon il lisait et il écoutait même parfois de la musique ! Ginny lui avait offert un porte-cassette, assez pratique, qu’il se baladait avec son casque sur les oreilles. En ce moment il écoutait des musiques africaines. Le tempo et la musique, il n’y avait qu’eux pour les maitriser de cette manière. 

 

 

 

Durant le temps d’un trajet, il voyageait, quittait Londres, quittait sa vie. Mais rien qu’un instant. Parce que dès qu’il retrouvait la femme de sa vie, un sourire ne le quittait plus.

 

 

 

L’amour est le plus beau des voyages, non ?

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

— Elle n’a rien capté ? insista Ginny en ajustant les fleurs dans le vase sur la table. On parle bien d’Hermione là ! Elle n’a rien vu ?

 

— Non, je t’assure. Après c’est Hermione, elle est brillante, mais tu la connais, une fois qu’on parle d’amour, elle ne fait pas figure d’exemple…

 

 

 

Harry sourit en voyant Ginny éclater de rire.

 

 

 

— Attention, c’est un expert qui parle !

 

— Vous avez des choses sur lequel vous plaindre Mme Potter ? demanda t-il en s’approchant pour l’enlacer tendrement.

 

 

 

Il déposa un baiser dans le creux de son cou alors qu’elle se laissait aller contre lui. Ils étaient fraichement mariés depuis l’été et tout allait au mieux. L’ère de la collocation avec leurs amis arrivait à un terme, ils allaient bientôt tous commencer à fonder une famille, ça ne faisait aucun doute.

 

 

 

— Non, j’ai absolument rien pour me plaindre, répondit Ginny. Merci pour ces fleurs elles sont sublimes.

 

 

 

Elle se retourna et l’embrassa tendrement. Ce qui n’était qu’un simple baiser commença à devenir plus insistant et plus intense. Avec regret, il la sentit se dégager alors que Ron entrait dans la cuisine.

 

 

 

— Vous interrompez pas pour moi, je me prends un sandwich et je remonte dans ma chambre.

 

— Mmmh, grogna Harry. 

 

 

 

Ginny rigola en le voyant bouder, visiblement déçu d’avoir été interrompu. 

 

 

 

— Harry me disait qu’Hermione n’avait aucune suspicions !

 

— Ne parle pas de malheurs, je croise les doigts pour que ça continue comme ça.

 

 

 

Il soupira, c’était beaucoup de stress, demain, tout irait mieux. En attendant il devait faire comme si de rien n’était.

 

 

 

Le soir même, quand Hermione rentra il s’efforça de paraître normal, c’était difficile, elle le connaissait par coeur, savait quand quelque chose n’allait pas rien qu’en le regardant. Alors tenir une conversation entière sans rougir ni bégayer relevait de l’exploit. Mais ça en valait la peine, se disait-il.

 

 

 

— Stephen est un vrai mollasson, franchement, ça me désole de le critiquer de la sorte, mais partir à 18h pile tous les jours, ça montre son degré d’implication !

 

— Tu devrais en prendre de la graine peut-être… se moqua t-il.

 

— Je ne reste pas si tard !

 

— Hier tu es rentrée à 20h. Et tu n’es même pas payée pour tes heures sup !

 

 

 

Elle leva les yeux au ciel ce qui la rendit encore plus craquante aux yeux de Ron. Parfois ça le prenait comme ça, elle avait une mimique typique d’elle et il sentait son coeur faire un bon. Il aimait ces élans d’amours qui le saisissait dans son quotidien sans crier gare. 

 

 

 

Il s’approcha et l’embrassa, la serrant tout fort contre lui.

 

 

 

— Désolé de ne pas venir demain au déjeuner, c’est ton anniversaire et j’aurai adoré être là. Je dois encore me documenter sur la région d'Idlib, si je veux me libérer tôt pour le fêter demain soir avec toi, je dois…

 

— Ne t’inquiète pas, je ne t’en veux pas, fit-elle et l’embrassant pour le rassurer.

 

 

 

Elle retint un bâillement et passa une main sur son visage fatigué.

 

 

 

— Allez, au lit Miss Granger !

 

 

 

Elle ne se fit pas prier et quand il la rejoignit après une douche, elle était déjà endormie. C’était son moment préféré de la journée, s’endormir à côté d’elle, pouvoir sentir la chaleur de son corps contre lui.

 

 

 

Il avait bientôt une mission en Syrie, sa première mission en tant qu’apprenti auror, c’était une chance pour lui. Son frère George lui avait tellement parlé de cette région qu’il avait visité juste après la guerre. Il était tombé amoureux de cette culture, de ses habitants, c’était fascinant.

 

 

 

Il lut encore un peu l’une des nombreuses documentations recommandées par son frère, puis Hermione se rapprocha de lui, plaça un bras autour de lui pour se blottir contre lui. Il ne pouvait pas résister, alors il abandonna son livre, coupa la lumière et l’enlaça tout contre lui.

 

 

 

Demain était un autre jour.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

— Weasley attention !

 

 

 

Ron retint un juron, cette journée était un calvaire. Il n’arrivait pas à se concentrer et ça faisait deux fois que son instructeur lui disait de faire attention. C’était une très mauvaise journée.

 

 

 

— Bon, fin d’entraînement, tu reviendras quand tu auras les deux pieds sur terre Weasley, attention sur le terrain tu ne pourras pas avoir de deuxième chance…

 

 

 

Il s’interrompit en voyant le regard du jeune homme. Il avait connu la guerre, vu des proches perdre la vie… Ce n’était pas à lui qu’on pouvait sortir ce genre de discours. 

 

 

 

— Désolé… Heu… 

 

 

 

Soudain très gêné, cette montagne de muscles et d’acier était tout embarrassée et semblait ne plus savoir où se mettre.

 

 

 

— Ouais, salut, répondit froidement Ron.

 

 

 

Il sentait ses joues chauffer comme à chaque fois qu’il était énervé. Il savait qu’il avait été mauvais à l’entraînement, pas besoin qu’on le lui rappelle. Il était franchement saoulé de ne pas réussir à mettre de côté ses pensées ! 

 

 

 

Ce soir… Ce soir… Il ne pensait qu’à ça.

 

 

 

Il partit dans les vestiaires, entendant derrière lui des bruits de pas, ce devait être Harry.

 

 

 

— Tu veux en parler ?

 

— Non, répondit-il un peu plus sèchement qu’il aurait espéré.

 

— Ok.

 

 

 

Il partit prendre sa douche et quand il revint, Harry était toujours là à l’attendre, assis sur l’un des bancs.

 

 

 

— C’est un entraînement, ça ne veut rien dire.

 

 

 

Ron ne dit rien, ses joues recommençaient à chauffer et nul doute que ses oreilles étaient aussi rouges. Il se détestait quand il entrait dans cet état là.

 

 

 

— Ron, tu t’en fous, tu n’as rien à prouver à personne.

 

 

 

Le roux fit tomber son t-shirt en voulant l’essayer, puis chercha sa deuxième chaussette au fond du casier et se cogna contre la porte en se retirant.

 

 

 

— Putain !

 

 

 

Il ferma les yeux, laissant son front reposer contre le métal froid.

 

 

 

— C’est juste que… Il suffit d’un truc qui ne va pas, puis d’un autre et j’enchaîne les conneries…

 

— Tu ne vas rien foirer du tout.

 

 

 

Harry sembla hésiter avant d’ajouter :

 

 

 

— Ce soir, tout va bien se passer.

 

 

 

Son ami hocha la tête, il savait qu’il avait un gros manque de confiance en lui. Malgré la guerre, malgré que tout le monde l’ait reconnu comme un héros de guerre, malgré ses résultats brillants dans cette formation d’aurors…

 

 

 

— J’y vais, je vous ai réservé deux places à Mike’s pour 20h.

 

— Merci, tu n’avais pas à…

 

— J’y tiens, le coupa t-il. Vous me laissez la maison, c’était la moindre des choses.

 

 

 

Il fit un bref sourire à Harry prit sa baguette et sortit du dortoir. Le soutien infaillible d’Harry l’avait toujours touché. Il avait raison : « tout se passera bien ».

 

 

 

Il passa au fleuriste dont Harry lui avait donné l’adresse, Hermione s’était extasié devant le bouquet de Ginny hier soir. Le message avait été plus que clair.

 

 

 

Puis il alla au kebab en bas de la rue. Il avait longtemps hésité pour le menu. Un traiteur avec des mets fins français ? Ou le fameux sandwich mi-kebab mi-fajitas qu’Hermine affectionnait tant. À chaque soirée chill qu’ils voulaient faire, ils allaient chez Nabib. Le restaurateur les connaissait bien, maintenant ils n’avaient même plus besoin de passer commande, c’était toujours la même chose.

 

 

 

— Salut le rouquin comment ça va ? La miss n’est pas avec toi aujourd’hui ?

 

— Bonjour, ça va ? Non, elle travaille tard ce soir.

 

— Ahhh, quelle galanterie, tu lui offres un bon sandwich de Nabib, hein ?

 

— Ouais, sourit Ron.

 

 

 

Le gars était simple, les conversations étaient souvent les mêmes, mais Nabib avait une sorte de générosité qui faisait qu’on l’appréciait tout de suite. Il ne cessait jamais de sourire, donnait des surnoms à tout le monde, retenait leurs goûts…

 

 

 

— Tiens, allez bonne soirée le rouquin !

 

— Merci Nabib, bonne soirée.

 

 

 

Il sentait une pression dans son ventre grandir, il ne devait pas penser à ce soir. Juste se concentrer sur ce qui l’entourait comme cette odeur de friture. Il slaloma entre les londoniens pressés de rentrer chez eux puis arriva dans le quartier tranquille résidentiel où se situait l’ancienne demeure des Black.

 

 

 

Il partit vite se changer avant de préparer le salon près de leur chambre au deuxième étage. C’était le salon le plus cosy, le plus confortable où ils se réunissaient toujours. Cependant ce soir, c’était lui et Hermione seulement.

 

 

 

Il alluma quelques bougies, puis les éteignit, ça faisait trop cliché. Alors il alluma les deux petites lumières qui diffusaient une lumière fort agréable orangée et douce, ça plairait à Hermione. Il avait placé les deux sandwichs et les frites sous cloche, sa mère lui avait donné un très bon sortilège pour maintenir les plats chauds.

 

 

 

Il ne restait plus qu’à attendre. Il essaya de lire son guide sur la région d’idlib, mais rien n’y faisait, il ne cessait de revenir à ce soir, ce qu’il allait dire. 

 

 

 

La bague ! Avait-il la bague ? Il sentit la petite boite noire dans la poche de son pantalon, peut-être était-elle mieux dans celle de droite. Il la changea puis retourna à faire les cent pas. La maison était silencieuse, seuls les quelques marmonnements de Kreattur troublaient le calme.

 

 

 

— Bonsoir, désolée je rentre aussi tard. Tu ne devineras jamais ce qu’un mec m’a dit à la sortie du ministère… Oh ! 

 

 

 

Hermione s’arrêta en remarquant le repas sous cloche.

 

 

 

— Oh, merci, c’est tout ce dont j’avais envie ce soir, c’est de chez Nabib ?

 

— Oui, répondit-il la gorge sèche.

 

 

 

Un sourire illumina le visage de la jeune fille. 

 

 

 

— Chouette, je suis passée prendre une bouteille de champagne avant de rentrer. 

 

 

 

Elle jeta sa veste sur un fauteuil près d’elle, enleva l’élastique qui retenait ses cheveux en une queue de cheval haute et s’assit devant son sandwich.

 

 

 

— Je meurs de faim, ça va toi ?

 

— Oui, oui, alors ? Alors ? Qu’est-ce qui s’est passé ?

 

— Ah, oui ! Un mec, sûrement complètement saoul, m’a vue passer et m’a dit «  Attention Cendrillon, c’est couvre-feu ».

 

 

 

Elle éclata de rire et Ron, malgré le stress ne put s’empêcher de se joindre à elle.

 

 

 

— Complètement barjot ! On me l’avait jamais faite celle-là.

 

— C’est quoi Cendrillon en plus ? Ça ne veut rien dire !

 

 

 

Elle eut un sourire attendri.

 

 

 

— C’est une princesse d’un conte de fées moldu.

 

— Celle qui mange la pomme ?

 

— Non celle avec la citrouille et la chaussure.

 

 

 

Parler de tout et de rien le détendit un instant, il réussit même à avaler son sandwich en entier. Hermione était joyeuse, ça lui faisait plaisir de la voir aussi souriante.

 

 

 

— Ça va ? Je te trouve un peu tendu, fit-elle en se mettant à côté de lui.

 

— Oui, oui. C’est juste les préparatifs de ma mission qui me préoccupent.

 

— Tu as hâte ?

 

— Oh oui.

 

 

 

Oui il avait hâte, mais il avait surtout quelque chose à faire avant de partir.

 

 

 

— On ouvre cette bouteille pour fêter ton anniversaire ? proposa t-il.

 

— Oui avec plaisir !

 

 

 

Il déboucha la bouteille et versa deux verres de champagnes, la mousse monta si bien que cela éclaboussa le tapis, faisant rire Hermione.

 

 

 

Récurvite.

 

 

 

Elle leva son verre pour trinquer, mais il arrêta son geste.

 

 

 

— J’ai un truc à te demander avant.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

— Lève toi Hermione.

 

 

 

Si elle rigolait quelques instants plus tôt, elle avait tout de suite cessé. Partagée entre la curiosité et l’intrigue, elle regardait Ron sans comprendre où il voulait en venir.

 

 

 

— Lève toi, répéta t-il en se levant lui-même et en lui tendant une main.

 

 

 

Elle s’en saisit et se leva à son tour.

 

 

 

— Ron, qu’est-ce que…

 

— Ne parle pas s’il te plaît. Je… 

 

 

 

Il expira un bon coup. Son coeur battait la chamade, il savait ce qu’il allait dire, il s’était entraîné, c’était facile ! Pas de quoi paniquer. Même Pattenrond qui venait d’entrer n’allait pas le perturber.

 

 

 

— Hermione, je… Déjà bon anniversaire. On s’est connus tous jeunes et je ne cesserais de m’émerveiller de la femme que tu es devenue. Je suis vraiment, vraiment heureux et honoré de faire partie de ta vie. Mais… Mais je veux plus Hermione. Tu vois, je ne veux pas attendre. J’en ai marre d’être le Ron qui suit la vie et… Et je veux la prendre en main, tu vois !

 

 

 

Elle l’écoutait sans l’interrompre, ses yeux brillaient, elle était touchée par ses mots.

 

 

 

— Je t’aime Hermione, je t’aime comme un fou, t’as pas idée ! Alors…

 

 

 

Il mit un genoux à terre et chercha la petite boite noire. 

 

 

 

— Oh ! Ron… s’exclama t-elle comprennent où il voulait en venir.

 

 

 

La petite boite, où était-elle ? La poche gauche était vide ! Pourtant, il avait vérifié tout à l’heure. Ou alors il l’avait changée de place… Il chercha dans la poche droite, bingo, elle y était, mais étant à genoux, impossible de la récupérer sans se relever.

 

 

 

— Merde, merde, répéta t-il en marmonnant.

 

 

 

Ses joues le brulaient et un grand sentiment de honte montait en lui. Il était en train de tout faire foirer ! Ses mains tremblaient quand il s’empara enfin de la petite boîte noire.

 

 

 

— Ron, fit Hermione qui remarqua son énervement.

 

— Putain, je suis désolé, j’ai tout fait foirer…

 

— Non, Ron… Regarde moi.

 

 

 

Elle l’attira contre elle et l’embrassa comme rarement elle l’avait fait, sauf peut-être dans une certaine chambre secrète, perdue sous une école de magie…

 

 

 

— J’ai oublié la moitié de mon discours, j’oublie où j’ai mis la bague… Je suis vraiment…

 

 

 

Elle le fit taire d’un nouveau baiser, prenant sa main serrée sur la petite boite dans la sienne.

 

 

 

— Tu n’as pas besoin de discours Ron. 

 

 

 

Leurs lèvres se joignirent à nouveau, il glissa sa main dans le creux de son dos pour l’attirer plus contre lui.

 

 

 

— Oui Ron, c’est mille fois oui…

 

 

 

La petite boite tomba au sol alors qu’ils s’allongeaient sur le canapé.

 

 

 

Au diable les beaux discours et les scénarios bien faits.

End Notes:

"Partout où il n’y aura rien, lisez que je vous aime." Diderot

winter

2021 - Miroir by Winter
Author's Notes:

☾ Nuit HPF juillet 2021

Thème : image (Stephany Lorena sur Unsplash)

Personnages : Andromeda Black, Ted Tonks

Andromeda regardait son ventre qui avait grossi, ses jambes lourdes, son air fatigué, mais heureux.

 

 

 

Oui, elle était heureuse.

 

 

 

Aujourd’hui, elle entamait son cinquième mois de grossesse. On ne pouvait plus l’ignorer quand on la croisait dans la rue ou ailleurs, cela se voyait qu’elle attendait un bébé. Et elle n’était pas mariée. 

 

 

 

Non pas que Ted que l’avait pas demandée en mariage.

 

 

 

« Veux-tu m’épouser Andros ? »

 

 

 

Non. 

 

 

 

Elle avait dit non. 

 

 

 

Puisque le mariage, la robe blanche virginale, même le lancer de bouquet faisaient parti des traditions ridicules qu’elle avait fui. Alors elle avait dit non. Non pas à Ted, non pas parce qu’elle ne souhaitait pas passer sa vie à ses côtés. Non. Elle disait non au protocole, à la bienséance, au politiquement correct et tout le ce qui allait avec.

 

 

 

Allez tous vous faire foutre.

 

 

 

Le reflet que lui renvoyait le miroir plaisait à Andromeda. Ce soir était la Saint Valentin, elle avait enfilé un body noir qui mettait sa poitrine généreuse en valeur, mis un rouge à lèvre sombre qui soulignait la pâleur de sa peau, et elle avait même mis un produit cheveux moldu qui créait de belles boucles.

 

 

 

Andromeda Black n’avait plus les cheveux longs. Elle les avait coupés sitôt qu’elle avait fui le Manoir Black. Ils arrivaient juste au dessus de ses épaules comme ces moldues si modernes dans leur attitude de femmes libres.

 

 

 

Et oui, Andromeda avait tout d’une femme libre.

 

 

 

— Andros ? Tu es là ?

 

 

 

Elle reposa le mascara dans sa trousse de toilette et rejoignit Ted qui venait d’arriver dans le salon. Sa cape était déjà posée sur le canapé. Ils avaient un porte-manteau, Druella n’aurait pas supporté ce désordre. Andromeda l’adorait. 

 

 

 

Ted était spontané et peut-être qu’il ne poserait jamais sa cape sur le foutu porte-manteau directement en rentrant du travail.

 

 

 

Qu’importe.

 

 

 

Andromeda l’aimait. 

 

 

 

— Andros… Tu es magnifique…

 

 

 

Elle sourit en tournoyant sur elle-même. Cependant, une pression sur son ventre l’obligea à se plier en deux sous la surprise. Elle en eut le souffle coupé. Ça avait bougé.

 

 

 

— Andromeda ? Ça va ? Viens, assis toi.

 

 

 

Elle se laissa guider par Ted sur le canapé et le rassura d’un sourire.

 

 

 

— Ce n’est rien. Ça va.

 

 

 

Ted déposa un baiser sur sa tempe.

 

 

 

— Je crois… Je crois que j’ai senti le bébé bouger.

 

 

 

L’émotion qu’elle vit traverser les yeux de Ted fit chavirer son coeur. C’était si bon d’être aimée, de se sentir désirée, d’être vivante.

 

 

 

— Donne ta main, viens, juste ici.

 

 

 

Un mouvement. 

 

 

 

Presque imperceptible si ce n’était pas pour les deux futurs parents remplis d’amour pour ce petit être. Les yeux de Ted se remplirent de larmes. Elle aimait ça aussi chez lui : il n’avait pas peur des sentiments et de ses émotions. Il avait ce courage d’assumer tout cela sans avoir peur de mettre sa virilité en jeu. Elle ne le trouvait que plus séduisant.

 

 

 

— Andros… Oh Andros je…

 

 

 

Sa voix se brisa et elle sentit une pointe d’émotion lui serrer la gorge. Elle, les sentiments, elle avait plus de mal à les assumer.

 

 

 

Elle allait être maman.

 

 

 

— Andros, épouse-moi.

 

 

 

Elle regarda cet homme qu’elle avait choisi en dépit de tout. C’était lui et pas un autre depuis le début.

 

 

 

Pourquoi ?

 

 

 

Parce que Andromeda Black avait choisi de vivre sa vie, à elle. Et cela signifiait avoir Ted Tonks à ses côtés.

 

 

 

Andromeda Tonks…

 

 

 

Pourquoi pas.

 

 

 

— Oui… souffla t-elle.

End Notes:

"J’étais si près de toi que j’ai froid près des autres."  Paul Éluard

winter

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