La môme by Bevy
Summary: Mon image Pixabay, image de libre droit Les amis c’est comme les plumes de paon. Ça donne l’air important, mais ça s’abime facilement et enfin ça encombre. Heureusement, des fois, on déniche la plume idéale !

Fic cadeau pour Lilimordefaim parce que le Olitie, c'est la vie.
Categories: Durant Poudlard, Epoque de Harry Characters: Katie Bell, Olivier Dubois
Genres: Autres genres, Comédie/Humour
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Olitie Forever, La sorcière de l'est
Chapters: 6 Completed: Oui Word count: 10162 Read: 2842 Published: 07/06/2016 Updated: 16/07/2016
Story Notes:

Ceci est ma quatrième fic sur le duo Katie Bell-Olivier Dubois (pour plus de détails sur la chrono, ou si vous aimez bien les personnages. Ou si vous êtes curieux, la série « La sorcière de l’Est » regroupe tous mes textes sur eux deux ! ) J’ai beaucoup d’affection pour ce couple non officiel « amis-amants » qui dépend de mon humeur entre le born-out post guerre de Katie et le syndrome du sauveur d’Olivier ^^. La romance foireuse par excellence ! Ici, comme c’est une série de chapitres se déroulant avant Big Brother, pas de vraie romance mais libre à vous d’y trouver des sous entendues ^^.

Le résumé est librement inspiré de la citation de Jeux d’enfants :

Les amis c’est comme les lunettes, ça donne l’air intelligent, mais ça se raye facilement et puis, ça fatigue. Heureusement, des fois on tombe sur des lunettes vraiment cool ! Moi, j’ai Sophie. (Julien))

1. The distance (Cake) by Bevy

2. Trop sensible (Zaz) by Bevy

3. Kryptonite ( 3 Doors Down ) by Bevy

4. Poupée de cire, poupée de son ( France Gall) by Bevy

5. Les petits papiers ( Régine) by Bevy

6. 2043 ( Bashung) by Bevy

The distance (Cake) by Bevy
Author's Notes:
Chaque chapitre, idéalement 7 ( un pour chaque tome) est "inspiré" par une chanson de ma playlist. Le premier est court mais sil s'étoffe progressivement ( le 5 atteignant 2000 mots et les deux derniers risquant de tourner autours de 3000 mots )

Bonne musique et lecture:

https://www.youtube.com/watch?v=F_HoMkkRHv8
« Tu as besoin de quelque chose Bell ? »

La plus jeune de ses poursuiveuse se tortille nerveusement les mains devant lui. Olivier fait signe à Percy de prendre de l’avance et qu’il le rejoindra en Défense contre les Forces du Mal. Quirrel n’a jamais puni un élève pour quelques minutes de retard.


« En fait, mes parents sont enfin d’accord pour m’offrir un balai, mais je ne sais pas lequel prendre et…
-Tu as besoin d’un catalogue ou d’une revue ? Là j’ai cours mais je peux d’en passer une ce soir.
- On m’en a passé une. Le problème c’est personne ne me dit la même chose, bafouille précipitamment Katie Bell. Angie me conseille un brossdur, Alicia une Flèche d’argent et Cormac carrément un Nimbus 2000. Je ne veux pas ruiner parents, explique timidement Katie, gênée de cet aveu. »


Olivier n’a aucun mal à imaginer Cormac McLaggen prétendre que le Nimbus 2000 est le meilleur balai qu’il soit. En plus d’être un joueur nombriliste, McLaggen n’a aucune finesse pour choisir un balai de Quidditch. Il ne voit que la marque de son balai et non les besoins du sorcier qui volerait dessus.


« Il y a de très bonnes occasions, la rassure Olivier, le mien en est une d’ailleurs. Le problème, c’est que les magazines ne présentent quasiment que des nouveautés et qu’il faut parcourir les petites annonces pour trouver son bonheur. Savoir ce qu’on veut précisément aide à ne pas se faire arnaquer et évite de se retrouver avec un balai en fin de vie. »


La jeune Bell continue de le fixer, les yeux grands ouverts, ne perdant pas une miette de ses explications. La môme a l’air légèrement inquiète aussi. Olivier se dit aussi que si elle fait cette tête dans la boutique d’accessoires de Quiddich, un vendeur peu scrupuleux et baratineur n’aurait aucun mal à lui refourguer un Friseline déguisé en Nimbus 1500.


Katie Bell ne remet jamais en question ses ordres lors des entrainements, constate Olivier. Pas plus qu’elle ne perturbe les séances. Katie Bell a aussi du potentiel et c’est pour ça qu’il la choisi elle et pas Cormac McLaggen. Se moquer de ses lacunes en Quiddich n’est pas très gentil de sa part. Un bon capitaine d’équipe prendrait le temps de bien lui expliquer comment choisir son balai.
Katie Bell ne peut pas emprunter éternellement le vieux Brossdur d’Angelina Johnson et encore moins l’antique Etoile filante qui prend la poussière dans la réserve de Madame Bibine. Olivier sait qu’il ne peut pas se permettre d’avoir une poursuiveuse sans balai qui ne lui soit propre s’il veut gagner la Coupe à la fin de l’année.


« N’écoute pas McLaggen et oublie ta revue. Je dois aller sur le Chemin de Traverse à Noël. On trouvera une occasion ou un balai neuf qui te convienne.
-Oh, tu ferais ça pour moi !
-Bien sûr, je suis le Capitaine après tout.
-Merci quand même. Je n’ai rien de particulier pour les vacances, tu n’auras qu’à me donner la date de ton choix ! »


Katie Bell s’éloigne d’un pas guilleret après lui avoir adressé un immense sourire et Olivier entame la longue montée des escaliers.


Il ne fait que son boulot de Capitaine. Il rend juste service à l’une de ses coéquipière débutante. Il ne fait pas de favoritisme.
End Notes:
Pour info, le 6 est en écriture et le 7 bien claire dans ma tête. A raison d'un chapitre par semaine, cette fiction sera publiée sur deux petits mois je pense...

Allez, rendez vous la semaine prochaine avec Zaz et la Chambre des Secrets ^^.
Trop sensible (Zaz) by Bevy
Author's Notes:
Un second petit chapitre pour la route, sur la Chambre des Secrets. Le titre fait référence à la ( superbe) chanson de Zaz, Trop sensible ( du premier album je crois, où elle est adossée a un mur et porte un bandeau dans les cheveux)

Un petit lien de live à écouter : https://www.youtube.com/watch?v=zx23hKoZvmo
« Si tu ne te calmes pas, je pourrais rien faire George !
-Ta copine a pété une durite et c’est moi qui trinque Angelina ! Ne me demande pas de me calmer ! Et je n’irais pas m’excuser Olivier. Moi je ne balance pas de Souafle aux gens quand je suis vénère !
- Non, juste des Cognards sur les joueurs adverses, rappelle laconiquement Alicia. Ou des sorts complétements idiots. Vous n’arrêtez pas de vous moquez de Katie depuis un an et tu t’étonnes que…
- Episkey !
- Mais ça fait mal Angie. Tu aurais pu prévenir ! se plaint George.
-Voilà c’est fini. Soit cool avec Katie et dans deux jours elle s’excusera, soupire Angelina en rendant « Soigner les bobos du Quidditch : un jeu d’enfant » à Alicia. Bon, je file me doucher les copains, je suis claquée. J’irais parler à Katie après.
- Je m’en occupe, intervient Olivier. Vous avez tous bien bossé et vous méritez tous une bonne nuit de sommeil. »


George, Angelina et Alicia acquiescent et se dirigent vers leurs dortoirs respectifs. En tournant la tête vers l’entrée de la salle commune, Olivier voit Harry et Fred traverser le portrait de la Grosse Dame. Harry lui rend le trousseau de clefs des vestiaires et Fred dit :


« Tout est nickel, Harry a rangé les balles et j’ai nettoyé les traces de boues.
- Merci les gars. George est allé se doucher, apprend-il à Fred. Son nez n’a plus rien. »
- Oui, mais quand même, Katie aurait pu s'abstenir... On a assez de gamelles au Quiddich sans en rajouter, grommèle-t-il avant de s’éloigner.
- Je ne savais pas qu’il y avait de l’eau dans le gaz entre Katie et George. Ils s’entendent bien habitude, ajoute Harry. Je te laisse, j’ai mon devoir de potions à terminer, grimace le garçon. »


Une fois son attrapeur parti, Olivier se dirige vers le fauteuil occupé par Katie Bell. Son discours déjà en tête, il s’installe à côté d’elle.

« George n’a plus rien. Angelina lui a remis son nez d’aplomb. Pourquoi tu lui as fait ça ?
- Il m’énerve. Lui et Fred passent leur temps à me faire des blagues et à se moquer de moi ! ça ne suffit pas ? s’offusque la petite brune en roulant en boule le parchemin où elle n’a écrit que quelques mots.
- Moi aussi. C’est le cas de pas mal de gens. Et pourtant, personne d’autre n’a essayé de les envoyer à l’infirmerie aujourd’hui, continue calmement le capitaine d’équipe. Si tu as des problèmes avec Fred et George, j’aimerais que tu les règles en dehors du terrain. Bien que parfois insupportables, ils ne sont pas idiots. Leur parler suffira. Souviens-toi de la brouille qu’a eu Angelina avec eux. Ils ont discuté et c’est passé. »


Satisfait de son discours, à la fois prévenant et autoritaire, Olivier se lève de son fauteuil. Lui aussi, une bonne douche l’attend, ainsi que son lit douillet. Mis à part cet incident, Katie n’est pas du genre à remettre son autorité en question. Bien qu’une part de lui admire la virtuosité du coup de sa poursuiveuse, il garde ce compliment pour lui. Avec une telle précision, les Poufsouffle n’ont qu’à bien se tenir au prochain match. Ses poursuiveuses sont les meilleures de l’Ecole grâce à son entrainement.


« George a été dire que Justin Flinch-Fletchey a attiré l’intention de l’héritier de Serpentard en parlant non-stop du collège d’Eton. Comme si c’était de sa faute s’il s’est fait pétrifier !
-Tu as sans doute mal compris Katie. George ne penserait jamais ça, réplique Olivier en se rasseyant. On est tous inquiet pour Justin Flinch-Fletchey et Colin Crivey. »


L’adolescent voit peu à peu la perspective d’une douche chaude s’éloigner et cherche du regard Alicia, Angelina ou la fille qui est souvent avec Katie. Lana, Lena ou Leanne, il ne s’en souvient jamais. Mais aucune des trois n’est là ce soir-là.


« Et quand il dit que Justin n’a pas arrêté de crier sur tous les toits que ses parents l’auraient envoyé à Eton s’il n’avait pas été sorcier, qu’ils ont cru à une blague quand il a reçu sa lettre d’admission et ont bien failli ne pas l’envoyer à Poudlard, tu l’interprètes comment ? insiste Katie. »


Olivier ne répond pas immédiatement, pris au dépourvu. Lui qui ne pensait qu’à une malheureuse broutille de co-équipiers dû aux trop nombreuses blagues des jumeaux ! A aucun moment il n’a pensé que les attaques d’élèves Nés-Moldus inquiéteraient tant Katie, alors même qu’il sait que ses parents sont tous deux moldus.


« Tu connais George, il ne pensait surement pas…
- Parce que moi aussi j’aurais pu aller à Chatterton si je n’avais pas été sorcière. J’aurais intégré l’équipe de basket du collège et je serais allé voir des films avec mes copines le weekend. J’aurais été voir des matchs de rugby à Cardiff avec mes parents. En quoi ça me rend différente de Justin de dire ça ? Tous mes amis le savent, même toi ! Est-ce que je dois aussi arrêter de porter mon écharpe des All Black ? Et pourquoi pas me débarrasser de mes cd de U2 pour n’écouter que les Bizar's Sisters ?
- Personne ne te demande ça, tente de la calmer le jeune homme. Tu es juste très inquiète et à cran. C’est normal. George s’y est juste très mal pris pour parler de ton ami. »


Les joues de sa poursuiveuse sont toujours cramoisies et des larmes perlent à ses yeux. Olivier se sent totalement débordé car elle attire désormais l’attention sur eux et qu’il ne sait pas comment la calmer. Il entend déjà les rumeurs sur Dubois-le-tortionnaire et se giflerait de ne pas avoir remarqué que Katie était amie avec le Poufsouffle. Il aurait dû penser que les attaques l’inquièteraient plus que le reste de son équipe où, à sa connaissance, ils sont tous de Sang Pur ou de Sang-Mêlé à l’exception de Katie ! Surtout, il ne sait plus quoi dire ou faire pour arrêter ce flot de larmes et calmer la môme. La voir pleurer le met particulièrement mal à l’aise.


« Je lui ai parlé plusieurs fois tu sais. On adore tous les deux les films de Jim Carrey et se faire de fausses frayeurs dans les trains fantômes. Et je suis sûr que si j’avais mieux connu Colin, on se serait aussi trouver des points communs. C’est… »


Katie ne termine pas sa phrase et enfouie brusquement sa tête dans ses bras. Les bruits de sanglots qui s’en échappent inquiète Olivier. Ne sachant pas quoi dire pour les faire cesser, il tapote maladroitement l’épaule de l’adolescente.


« Ils vont tous les deux s’en sortir, ce…
- Sérieux Olivier, c’est ça que tu appelles lui parler ? »

Olivier grommèle pour la forme et laisse son fauteuil à Alicia. La blonde tapote l’épaule de Katie et lui murmure des paroles réconfortantes à voix basse. Olivier se détourne des deux filles et voit clairement que la moitié de la Salle Commune suit maintenant la scène avec un manque évident de pudeur. Une fille typée indienne, avec une longue tresse qu’il connait de vue comme une camarade de Harry Potter le pointe ouvertement du doigt et Neville Londubat le regarde avec des yeux ronds. Lee Jordan secoue la tête d’un air désespère en pointant son pouce vers le bas. Ronald Weasley ne se gêne pas pour arracher Hermione Granger à son livre à coup de coude et à la façon dont Harry gesticule, il leur raconte très certainement l’incident.

Un instant, Olivier hésite à prêter main forte à Alicia : le bruit mouillé que produit Katie fait un tintamarre insupportable à ses oreilles. Une part de lui continue de penser qu’il aurait dû, qu’il aurait pu deviner l’inquiétude de sa plus jeune poursuiveuse. L’intérêt qu’on leur porte le gênerait presque le gardien s’il n’était pas habitué aux ragots qui coure sur son compte et ses méthodes d’entrainements et son supposé fanatisme du Quidditch.

Qu’ils fassent mieux que lui au lieu de les regarder avec leurs airs idiots ! Qu’ils réagissent au lieu de se faire des messes basses en l'accusant à tort!

Avec un pincement il s’éloigne la tête haute et rejoint Percy à l’autre bout de la salle. Lui au moins ne le regarde pas comme s’il était responsable des larmes de Katie Bell.
End Notes:
Un grand merci à Lilimordefaim pour sa correction et à dans une semaine !
Kryptonite ( 3 Doors Down ) by Bevy
Author's Notes:
Un nouveau chapitre, un nouveau. Les trois prochains sont bouclés et le petit épilogue en cours d'écriture...

Et le lien de la chanson pour les mélomanes:

https://www.youtube.com/watch?v=xPU8OAjjS4k

(Parce que j'adore ce groupe et surtout cette chanson et que le clip est à la fois génial drôle et triste !!!) Et que le groupe vaut le détour....
« Je compte sur ta discrétion, ok ? »

Katie acquiesce et prend la lettre qu’elle lit à en silence. Percy, assis à côté d’eux, un parchemin à la main, connait déjà la nouvelle. Après l’avoir félicité pour sa convocation au club de Flaquemare, le rouquin est retourné à ses fonctions de préfet-en-chef. Bien qu’en sachant que Percy est son ami, Olivier est surpris de l’enthousiasme avec lequel il l’a félicité. Le nouveau Préfet-en-chef n’est peut-être pas devenu aussi hautain et distant qu’on le dit. N’ayant guère plus de cours avec Percy, Olivier le croise le plus souvent lors des dîners ou le soir dans le dortoir où ils ne s’échangent guère plus que des banalités.


« Mis à part quelques fautes d’orthographes, ton devoir est bon Katie. Je te les ai soulignées au crayon. Tu as bien corrigé le dosage de la mandragore et précisé qu’il fallait d’abord porter la potion à ébullition avant de la rajouter. »

Katie rend sa lettre à Olivier et récupère son devoir.

« Merci pour ton coup de main Percy. J’avais peur d’avoir mal compris cette histoire de Mandragore et de poudre de pierre de lune. J’étais sûre que leurs effets s’annulaient entre elles.
- En général oui. Mais la présence du sirop d’ellébore donne… Je n’en ai que pour quelques minutes Olivier, pas la peine de faire cette tête-là, le sermonne Percy. Le devoir de Katie est important aussi.
- Mais je n’ai rien dit, proteste Olivier. Et je ne fais aucune tête !
- On en a vraiment pour pas longtemps, t’inquiète, rassure l’adolescente avec bonne humeur. Je veux juste régler cette histoire d’ingrédients une bonne fois pour toute. Je n’ai pas compris tout ce qu’a dit Rogue et je ne me vois pas frapper à la porte de son cachot pour lui demander des explications. »

Olivier sent un sourire naitre sur ses lèvres en imaginant un élève assez téméraire et stupide pour déranger Severus Rogue en dehors des cours. Si Filius Flitwick et Remus Lupin laissent la porte de leurs bureaux ouvertes le week-end, invitant les élèves à venir les voir, les autres enseignants se montrent plus réticents à faire du bénévolat en dehors de leurs heures de cours. Rogue quant à lui, fait bien comprendre à tous ses élèves, même aux Serpentard, qu’il déteste être dérangé sur son temps libre. Même les deux élèves particulièrement stupides qui suivent l’attrapeur de Serpentard comme son ombre ont assimilé cet instinct de survie des plus élémentaires.

« La mandragore et la poudre de pierre de lune sont normalement contradictoires, reprend Percy. Mais l’une des exceptions est le sirop d’Ellébore. Ils existent bien sûr d’autres exceptions mais ne va pas t’embêter avec tout ça, c’est du niveau des BUSEs après. Tu as d’autres questions ? »

Olivier se désintéresse des explications académiques du rouquin à lunettes. Il n’a plus mis un orteil dans le cachot de Severus Rogue depuis ses BUSEs et l’odeur des potions brulées, la vision de certains ingrédients visqueux et gluants, les sarcasmes du maître des potions ne lui manquent absolument pas. De plus, il a des choses bien plus importantes en tête que ces histoires et d’antidotes et de philtres divers et variés. Les médicomages et les apothicaires sont là pour ça ! Ouvrant de nouveau son enveloppe, Olivier relit pour la cinquantième fois de la journée la lettre reçue le matin même. Il a beau la connaitre par cœur, voir les mots noirs sur blancs lui donne une immense satisfaction.

« Cher Monsieur Dubois,


Suite à votre candidature, nous avons le plaisir de vous convoquer à un test d’aptitude le vingt-huit décembre prochain pour dix heure. Celui-ci aura pour objectif d'évaluer votre connaissance votre du terrain, vos capacités physiques et votre esprit d’équipe. Nous vous demanderons aussi d’amener votre balai et équipements personnels. Les tests nécessitant une journée une collation vous sera offerte sur place le midi.

La date de l’examen oral vous sera communiquée ultérieurement suivant les résultats de l'évaluation pratique. Je serais présente le jour de vos tests pour vous expliquer en personne la suite des démarches.
Veuillez nous confirmer par hibou votre disponibilité dans les plus brefs délais et joindre une copie de vos papiers d’identités et de votre assurance santé sorcière.

Salutations distinguées.

Morande Saconney, directrice adjointe du club de Flaquemare. »



Après avoir reçu une lettre négative du club des Faucons de Falmouth, Olivier n’a qu’une envie. Placarder la lettre de convocation à la vue de tous et faire taire Marcus Flint une bonne fois pour toute. Mais le Gryffondor sait qu’il lui reste encore du chemin à faire. Une victoire avortée, connue de toute l’école, est pour lui pire qu’un entretien désastreux.


Que Percy et Katie soient au courant, c’est déjà beaucoup. Olivier a confiance en la promesse de son ami de garder le silence et en la discrétion de Katie Bell. Bien qu’appréciant le reste de l’équipe, Olivier se sent plus proche d’elle que de ses autres co-équipiers. Fred et George ne l’écoutent guère, Angelina lui tient tête sur les questions tactiques et Alicia se confie peu à lui. Quand à Harry, il semble sur une autre planète, loin de leurs préoccupations d’étudiants.


La tape de Percy sur son épaule lui disant qu’il va lire un peu au coin du feu sort Olivier de ses réflexions. Katie en profite pour prendre la place libérée.


« Voilà, je n’irais peut-être pas jusqu’aux ASPICs mais si je maintiens mes efforts, je m’en sortirais assez bien aux BUSEs l’année prochaine. Tu voulais me demander quoi au juste ?
« Déjà, te demander d’être discrète concernant cette convocation. J’ai déjà eu une lettre de refus et…
-Tout le monde sait que tu veux jouer en professionnel. Ce n’est pas vraiment un secret. »


Katie termine sa phrase par un petit sourire, comme pour s’excuser de son audace. Olivier se demande alors s’il est devenu aussi tyrannique que le dit la rumeur pour que ses propres coéquipiers ne lui parlent qu’à demi-mots.

« Je ne veux pas vendre la peau du ronflax cornu avant… »

Une pétarade l’empêche de terminer sa phrase. Fred et George se sont débrouillés pour glisser un pétard mouillé sous le fauteuil de Percy.


« Si ce n’était pas la quatrième fois qu’ils le faisaient ce mois-ci, ça pourrait encore être drôle, soupire Katie. Je n’ai jamais trop compris pourquoi ils se mettaient autant des bâtons dans les roues. Ça doit être un truc de famille nombreuse. Je sais pas, si j’avais un frère ou une sœur, je ne m’acharnerais pas à le rendre dingue. T’y comprends quelque chose toi ?
- Je ne vois quasiment jamais mes cousins. On a presque dix ans de différence et très peu de choses en commun. Je crois que le fait que je sois devenu capitaine d’équipe alors qu’eux ont tout juste été remplaçants les contrarient.
-Tu es un peu le petit Mozart de la famille alors ? L’enfant prodige quoi, précise Katie devant son air surpris. Tu as de la chance, ma cousine Clara me trouve distance depuis mon entrée à Poudlard. J’aimerais bien pouvoir leur lui dire un jour. On redeviendra peut-être amies.
- Ou pas. Les moldus peuvent parfois être très réfractaires à la magie. Oh pardon, tu es proche d’elle.
- J’étais proche d’elle, rectifie Katie Tu voulais me demander autre chose ? »

Le brusque changement de sujet et la voix soudainement moins enjouée de sa poursuiveuse lui font prendre conscience de sa maladresse. Olivier hésite un instant à s’excuser ou à rectifier ses propos, avant de se dire que ça ne servirait à rien : il ne ferait que s’enliser en se contredisant !

« En fait, j’aurais aimé que tu me réexpliques les règles du basket-ball et du foot. J’aurais un entretien oral dans quelques mois et les recruteurs s’intéressent de plus en plus au sport d’équipes moldus.
- Le basket, c’est dans mes cordes. Tu as une idée approximative de la date ?
- Non, avec un peu de chance ça tombera pendant des vacances. Et avant la dernière ligne droite des ASPICs. Mais je me plante peut-être aussi. Après tout, ils recherchent des joueurs professionnels. Mes notes en sortilèges ne doivent pas les intéresser…
- Je te ramènerai quelques magazines après Noël, pour les aspects un peu techniques. Mais le foot, je te conseille de demander ça à Dean. Il t’expliquera mieux que moi.
- Je n’ai pas trop envie de mettre d’autres personnes dans la confidence et Dean est du genre bavard.
- Bon, laisse-moi quelques jours pour revoir les règles. Mais je te préviens, le foot est d’un ennui mortel. Demande-moi plutôt de te parler de rugby, ça c’est du sport d’équipe.
- Je ne voudrais pas te faire perdre trop de temps non plus. On verra d’abord pour le basket-ball.
- Ça ira, ne t’en fais pas. L'idéal serait que tu assistes à un match. Tu serais époustouflé ! Rien que le Haka vaut le détour pour le rugby, vraiment, c’est … magique ! »

Les yeux de la môme brillent de nouveau d’excitation quand elle évoque son sacrosaint rugby. La même lueur que quand elle débat avec Dean Thomas des derniers résultats sportifs ou qu’elle défend bec et ongle que le basket est mille fois plus intéressant que le football.


La môme, comme Olivier avait pris l’habitude de l’appeler sans pour autant lui avouer, est son meilleur choix. Seul un passionné de sport pouvait lui apprendre quelque chose de nouveau.
End Notes:
Allez, à dans une semaine avec une chanson qui nous à fait gagner l'eurovision... il y a très longtemps !!!
Poupée de cire, poupée de son ( France Gall) by Bevy
Author's Notes:
J'ai tout de suite pensé à Katie, à sa bonne humeur et à ses joues rosies par tout et n'importe quoi quand je suis tombé sur cette chanson dans ma playlist ( et Gainsbourg forever, on a gagné l'Eurovision grâce à lui... il y a très longtemps !)


https://www.youtube.com/watch?v=s5aeeSmkPwQ



Puis un peu de candeur avant le chapitre six !!!


J'espère que ce nouveau chapitre te plaira Lilimordefaim! Plus que deux chapitres avant la fin...
Olivier relit une nouvelle fois l’heure de sa convocation et consulte sa montre. Le Centre de Transplanage Nationale n’est qu’à quelques rues de King's cross, a à peine vingt minutes de marche. Le jeune homme a encore une heure à attendre et ne sait pas trop quoi faire. Sa mère lui a bien proposé de l’amener une nouvelle fois par transplanage d’escorte mais il a refusé et a acheté un billet de train pour s’y rendre façon moldue. Son père lui a même assuré qu’il n’aurait pas besoin de prendre le train au retour, qu’il aurait son permis de transplaner et qu’ils fêteraient cette nouvelle victoire en famille le soir même. En le voyant sortir du garde-manger réfrigéré par magie une bouteille de champagne, Olivier avait senti son estomac se contracter douloureusement. Cette même sensation lui tient encore compagnie, alors qu’il regarde la grande horloge de King’s cross. La grande aiguille des minutes, avançant à une lenteur inacceptable et la petite des secondes semble survoltée comme un pois sauteur.

Il connait le trajet, pour avoir repris des cours. Il va intégrer le club de Flaquemare en septembre, alors ce n’est pas un examen de transplanage qui va l’impressionner ! A sa connaissance, même ce benêt de Marcus Flint a réussi son examen !

« Olivier ! Qu’est-ce que tu fais là ? »

Le jeune homme relève la tête, ne s’étant même pas rendu compte qu’il avait quitté l’horloge des yeux et qu’il fixe à présent ses chaussures. Il lui faut quelque seconde pour reconnaitre la fille qui lui parlé, tant il était pris dans ses pensées. Il continue d’ailleurs de la fixer quand elle reprend la parole. La jupe à carreaux et le cache-cœur bleue nuit paraissent presque incongrues sur Katie Bell, qu’il a toujours connu habillé à la garçonne. Ses cheveux lui semblent même plus longs sans son éternelle queue de cheval. Jusqu’à qu’il se rappelle que c’est de sous ses ordres que les filles de son ancienne équipe ont renoncés aux babioles et autres barrettes fantaisistes pour les entrainements de Quidditch. Et sans doute aussi en dehors des entrainements, tant il avait pris l’habitude de les briefer entre deux cours ou de les prévenir à la dernière minute qu’il avait changé l’heure d’entrainement après discussions avec Cédric Diggory ou Roger Davies. La perspective se de changer au dernier moment ou de subir de longues explications techniques entrecoupés de « Pas de collier pendant le match, tu n’as donc pas entendu ce qui est arrivé à Cho Chang l’autre jour ! » ne semblent pas avoir étouffé les coquetteries de ses anciennes co-équipières.


« Alors oui, je sais m’habiller comme fille, déclare-t-elle de son habituel ton jovial.
-Oh, c’est toi Katie. Désolé, j’étais ailleurs.
-Je vois ça, sourit avec indulgence la brune. Alors, ça va ?
-Oui. Et toi ? Tu pars en vacances ?
-Je dois aller prés de Liverpool pour passer deux semaines chez mes grands-parents. J’espère au moins que mon walkman marche, j’en ai pour plus de quatre heure de voyage. Sinon, je vais m’ennuyer sec.
-C’est pas faux, assure Olivier, bien qu’ignorant ce qu’est un walkman. Tu devrais t’habiller plus souvent comme ça, ça te va bien. »


Olivier le pense. En cet instants, Katie lui rappelle plus que jamais les poupées que sa mère confectionne elle-même, pour les vendre ensuite. Il garde cependant cette impression pour lui. Il n’est pas sûr sur Katie le prenne pour un compliment, même si lui aime beaucoup l’aura candide qu’elle dégage.


«Vraiment, elle ne fait pas trop… ? Je veux dire, j’ai tellement perdu l’habitude d’en porter que je me reconnais à peine, avoue Katie en tirant légèrement sur sa jupe de sa main libre. Je suis beaucoup plus à l’aise dans mes joggings ou mes jeans quand je ne porte pas l’uniforme de l’école. On se moquerait de moi si je mettais ça à Poudlard, j’en suis sûre. Ça fait quand même pas mal élève modèle et tout.
-Non, vraiment, je ne trouve pas. De toute façon, ce sont tes vêtements et pas ceux des autres. Tu veux attendre ton train avec moi ? »


Katie consulte à son tour la grande horloge. Olivier suit son regard et voit qu’il en a pour encore quarante minutes d’attente. Si cela ne l’ennuie pas, il passera une vingtaine de minutes avec elle avant de prendre la route pour son examen. Son estomac reste encore trop noué pour boire ne serait-ce qu’un café.

« Mon train n’est que dans une demie heure, dit-elle en s’asseyant. Ça m’évitera de trainer ma valise, l’une des roues est cassée. Et toi, tu pars où ?
-En fait, je dois aller passer mon permis de transplanage. C’est juste à côté de la gare, grimace Olivier. »


La môme n’a jamais vendu la mèche pour sa convocation au Club de Flaquemare. Et maintenant qu’il n’est plus à Poudlard, qu’une bande d’adolescents se moquent de ses difficultés à transplaner l’indiffère. Puis Katie Bell est gentille, peut-être même un trop naïve. Jouer au Quidditch avec elle lui manquera : Olivier doute de tomber sur des gens aussi désintéressés qu’elle dans les prochains mois. Cette pensée plombe un peu plus le moral de l’ancien Gryffondor.


Recroiser sa camarade, un peu son amie, en sachant qu’il ne la reverra sans doute pas lui laisse un goût amer. Katie lui manquera plus que les autres. Et pas seulement pour le Quidditch.


« Apprendre à transplaner ne me dit rien. J’ai tellement entendu parler de désarticulation que ça me fait un peu peur.
-Ce n’est pas si terrible que ça tu sais. C’est douloureux, mais pas plus qu’une mauvaise chute au Quidditch. Et Sainte-Mangouste te remet sur pieds en moins de dix minutes.
-Toi, tu parles en connaissance de cause, affirme gaiment Katie.
- C’est fréquent et… oui, je suis un troll pour ce qui est du transplanage, admet Olivier. Enfin, j’étais. J’ai passé mes trois premières semaines de vacances à prendre des cours supplémentaires.
-Rassure toi, je ne risque pas de faire mieux que toi. Je vais sans doute désespérer le prof chargé des cours. Si je ne me retrouve pas à l’infirmerie, ça tiendra du miracle, prédit Katie. Sainte-Mangouste, c’est comme des urgences magiques, non ?
-Affirmatif.
-Tu as revu Percy Weasley sinon ? J’ai entendu dire qu’il a trouvé un boulot au ministère de la magie.
-Je n’ai pas encore eu l’occasion de le revoir mais il m’a écrit pour me dire qu’il est devenu l’assistant de Barty Croupton. Du Département de la coopération magique internationale. Je dois le voir la semaine prochaine pour manger avec lui sur le Chemin de Traverse. Pénélope Deauclaire part quelques mois chez de la famille en France, je n’en sais pas plus. »

Le silence retombe et Olivier sent la lenteur des secondes en regardant passés les autres voyageurs. Il retourne à la contemplation de ses chaussures tandis que Katie frotte son genou écorché. Sans le Quidditch, leurs amis en communs ou les cours pour alimenter la conversation, il ne sait pas quoi dire ou demander.


« Tu seras toute seule chez tes grands-parents ? Ou…Clara sera avec toi ? »

Il a le souvenir de l’avoir entendue dire ce prénom a quelques reprises alors qu’ils discutaient de leurs familles ou de leurs projets de fêtes de fin d’années.

« Clara sera bien là. Comme elle vient d’avoir son permis, on pourra peut-être emprunter la voiture de papy Joe pour aller à Liverpool. Parce qu’entre le marché hebdomadaire, les soirées loto à la salle des fêtes et la messe. On va s’ennuyer ferme. »

Katie soupire et pose son menton au creux de ses mains.

« J’aime beaucoup mes grands-parents… mais je déteste aller chez eux. Il y en a que pour Clara, parce que petite elle était au premier rang au catéchisme pendant que moi je trainais des pieds pour y aller. Une fois j’ai même sciemment foutu en l’air une de mes robes pour ne pas y aller, pour te dire l’ennuie que ça m’inspirait. Evidemment, elle a aussi eu ses examens avec mention. Et son permis du premier coup. On me le répète assez.
-Deux semaines, ça passera vite. Puis tu l’aimes bien, non ?
-Quand elle n’a personne de la famille à éblouir de sa perfection, oui.
-Imagine toi à la Coupe de Quidditch si tu t’ennuies, suggère Olivier Cette finale va déchirer.
-Je n’en doute pas, mais je n’y vais pas. Mes parents et ceux de Leanne refusent de nous laisser camper sans adultes pour nous surveiller. Comme si on n’était pas capable de s’assumer toutes seules ! On a seize ans quoi.
-Oh, c’est dommage que tu n’y ailles pas. Je te prendrais des babioles et souvenirs si tu veux, tente de la consoler Olivier. Je te dois bien ça pour ton coup de main pour mon entretien.
-C’est gentil de ta part, mais ne va pas non plus te ruiner pour moi. »


L’horloge de la gare sonne la demi-heure, les interrompant.

« Je vais y aller maintenant je pense, dit Katie en se relevant. Je voudrais me trouver une bonne place.
-Moi aussi je pense. Plus vite je serais passé, mieux ça serra, soupire Olivier.
-Tiens moi au courant pour ton examen. Et profite de tes vacances. Et de la Coupe de Quidditch. Et franchement, une figurine de Victor Krum ou une rosette de l’Irlande me suffira comme souvenir.
-Je n’y manquerais pas Katie. Essaye quand même de t’amuser chez tes grands-parents. Et si tu as le temps, peux-tu me dire qui McGonnagal a nommé pour me succéder ? Je serais curieux aussi de savoir qui à Gryffondor va prendre le poste de gardien.
-Je n’y manquerai pas. C’était sympa de te revoir. A une prochaine fois j’espère. »


Tous deux se serrent la main en se souhaitant une dernière fois de bonne vacances et Katie s’éloigne vers les quais, trainant sa valise. L’esprit un peu plus allégé, Olivier prend la direction de la sortie en se disant que peut-être, la môme prendra du temps pour lui écrire de temps en temps, même avec les BUSEs à passer et la coupe à rafler une nouvelle fois.


Et que peut-être aussi, elle se souviendra qu’il n’était pas qu’un capitaine d’équipe tyrannique.
End Notes:
Merci à Lilimordefaim, à Daaph et noeme pour leurs reviews!!!

Le prochain chapitre dans une bonne semaine avec "Les petits papiers"

Note pour Lilimordefaim: Olivier ne devrait pas être pressé de renconter Clara je pense ^^.
Les petits papiers ( Régine) by Bevy
Author's Notes:
Un nouveau chapitre pour cette fin de semaine! L'avant dernier avant le chapitre six sur... du Bashung! Je tire ma révérence à Gainsbourg pour cette fic même si ses chansons sont diablement inspirantes ( comme le Boomerang ou la Javanaise hein ^^)

Et voici ton second chapitre préféré Lilimordefaim ( et Olivier est encore libre si tu veux lui apprendre à manger avec des baguettes ^^).

Et voici les liens pour la chanson:

https://www.youtube.com/watch?v=iULSBX-gOMk ( noir désir)

https://www.youtube.com/watch?v=doYLWFftJ2M

https://www.youtube.com/watch?v=Tkl98M4R2d4
« Ça te dis de manger là ? Ce n’est pas trop cher et super bon !
-Je ne sais pas trop. Je n’ai jamais mangé chinois, souligne Olivier. »

Son ventre gargouille alors qu’une famille moldue passe la porte, faisant tinter une cloche à l’intérieur. Le dragon rouge et or qui se balance au vent attire en plus son attention et il ne peut s’empêcher de trouver un air miteux à l’enseigne de restauration rapide juste à côté. Le vent froid qui lui mord les main achève son hésitation.

« Allez, c’est vendu, je ne mourrais pas idiot comme ça ! »

Sortir davantage dans le monde moldu ne peut que lui changer les idées et s’ils retournent sur le Chemin de Traverse, non seulement, ça mettra Katie en retard pour son train mais en plus, il est sûr de recroiser Dolores Ombrage. Katie s’était précipité dans une boutique de prêt-à-porter quand elle l’avait vu venir vers eux et Olivier avait eu l’occasion de voir qu’elle était encore plus laide en vrai qu’en photo. De toute façon, le jeune homme l’avait trouvé détestable dès le moment où Katie lui avait conté les malheurs de son ancienne équipe. Suspendre une équipe de Quidditch ? Renvoyer la moitié de cette même équipe pour avoir répondu à des insultes faites à leur famille alors que Drago Malefoy et sa clique n’avait même pas eu le moindre point d’enlever ?


« Tu as des choses très basique comme du riz ou des nems si tu ne veux pas tenter le diable. Leurs pates chinoises ne sont pas mal non plus, récite Katie, tournée vers le menu.
« Allons-y alors. J’ai faim ! »


Une fois à l’intérieure, un vieux serveur leur demande s’ils sont réservés et les conduit à une table. Toujours souriant, il leur donne un menu chacun et leur demande s’ils veulent manger avec des baguettes ou des couverts traditionnels. L’odeur alléchante chatouille l’odorat d’Olivier quand il voit une autre serveuse amené un plat de riz cantonnais et de canard laquais à une table voisine. Il a beau ne pas aimer plus que ça le canard, n’en mangeant que rarement, la peau dorée de la viande lui rappelle que son dernier repas consistait en une part de quiche lorraine.


« Je peux essayer les baguettes ? demande Katie. Je crois me souvenir comment on fait.
-Je resterai aux couverts pour ma part.
-Très bien. Je reviens vous voir une fois votre choix fait.

Une fois le serveur parti, Olivier demande :

« Tu sais vraiment manger avec ça ? demande-t-il en attrapant ses baguettes et en les faisant se croiser au rythme de la musique de fond. Comment tu veux attraper quoi que ce soit sans en mettre partout ou mettre trois plombes à manger ton riz cantonnais ?
-Bien sûr que je sais ! Je te montre ? Peux-tu effacer ce sourire narquois de ton visage je te dis que je sais m’en servir, assure-t-elle en pointant ses propres baguettes vers lui.
« Je n’ai aucun air, la môme. J’attends avec impatience tes explications, maintient-il malicieusement. »


Une part de lui doute que Katie y parvienne. Il a le net souvenir d’un plat de sauce au poivre se renversant sur elle, un soir où son inattention avait atteint des sommets. Une bonne partie de la Grande salle avait applaudie ce nouvel exploit et Katie avait passé le reste de la soirée à le bouder malgré ses efforts pour lui assurer qu’il ne s’était pas moqué d’elle. Hermétique à ses supplications, elle avait laissé Dean Thomas lui expliqué le fonctionnement de la télévision et du cinéma moldu. Ce soir-là, Olivier avait eu le droit à une analyse de fond entre les baguettes magiques et sabres laser quand il avait eu le malheur de demander ce qu’était Star Wars.

« Alors tu prends ta première baguette comme tu tiendrais un crayon ou une plume. Voilà. Comme ça.
-ça a l’air fastoche au final, commente Olivier en jouant avec son unique baguette.
-Vantard, s’esclaffe Katie. Maintenant, tu bloques l’autres baguette. Tu la coinces comme ça et surtout tu ne la bouges plus. Vas- y, essaye d’attraper une des chips. »

Après quelques essais où ses baguettes semblent vouloir se faire la malle, il les repose sur la table.


« A ton tour, j’apprendrais mieux en te regardant faire. Au pire on fera un concours de qui a le moins d’aliments qui veut se barrer. »

Les deux premiers essais de Katie tombent à l’eau et quand elle parvient à attraper la chip chinoise et à la porter à sa bouche, elle la fait tomber.

« Oh non, je crois qu’elle nous a vu. S’il- te plait, ne te retourne pas ! »
-Qui ça, elle. La blonde qui nous regarde avec des yeux de Pitiponk ? demande Olivier en pivotant sur sa chaise.
-C’est Lavande Brown. Elle est à Gryffondor dans l’année de Harry, tu te souviens ?
-Ce n’est pas une de tes copines ? s’étonne Olivier.
-Vite fait. Elle me prend surtout comme cobaye pour lire les lignes de ma main ou pour faire mon horoscope. Je n’arrive jamais à lui dire non.
-C’est crédible au moins ce qu’elle te raconte ?
-Me prévenir de faire attention à Peeves, ce n’est pas une prédiction pour moi. Et j’attends toujours que Cormac m’invite à sortir. On est cuit, elle vient vers nous, souffle Katie, un sourire contraint naissant sur son visage pendant qu’elle agite sa main libre.
-Si tu lui fais signe de venir, c’est sûr que… »

Olivier ne termine pas sa phrase, Katie vient de lui écraser le pied. Prêt à se plaindre, il est coupé dans son élan par une voix féminine dans son dos.

« Katie ? Olivier Dubois ? Quelle surprise de vous voir là !
-Salut Lavande. Tu sors avec tes parents ? demande Katie.
-Ils m’emmènent au cinéma. Ça fait si longtemps qu’on n’est pas sortis en famille. On va voir Jumanji. Il y a Robin Williams qui joue dedans, il est si drôle comme acteur. Et vous, qu’est-ce que vous faites ?


Olivier se retient de dire qu’il est évident qu’ils attendent de manger. L’air inquisiteur de Lavande Brown lui rappelle Stacy Pinter, l’assistante du comptable du club de Flaquemare. Stacy qui a la manie de tout connaître de tout le monde, parfois mieux que les concernés.


« Des courses pour le Nouvel an. On est invité chez Alicia et elle a mis en place une cagnotte surprise. A minuit, on tirera un prénom au hasard et on lui donnera notre cadeau !
-Oh, c’est sympa comme idée. Il y aura qui d’autre ? »


Olivier se désintéresse de la conversation et se cache derrière le menu pour ne pas subir les appels à l’aide que Katie ne cesse de lui lancer, comme pour trouver un prétexte pour chasser l’intruse en douceur. Lavande Brown est sa copine, pas la sienne. Et elle n’avait qu’à pas lui écraser le pied avec talon de sa bottine.
Katie commence à énoncer les prénoms des autres invités et Olivier pressant une longue discussion à venir. Malgré tout, la mauvaise habitude de son amie de ne pas savoir dire non l’arrange bien par moment.


« Ça vaut quoi les raviolis de crevettes ? demande-t-il au bout de quelque minutes, sauvant à coup sûr Katie d’une longue explication sur les rapports conflictuels d’Angelina Johnson et de Jessica Zeller.
-C’est délicieux, tu n’as jamais goûter ? s’exclame Katie
-Le canard laquais ne me dit rien. Ça a l’air bon mais j’ai peur de ne pas aimer…Ça reste du canard quoi. »

Délaissant enfin la blonde, Katie ouvre à son tour son menu.

« Du poulet en sauce. Avec des légumes sautés ou un riz cantonais.
-Mes parents m’appellent. On se revoit à Poudlard Katie.
-Bien sûr, amuse toi bien Lavande.
-C’était cool de te revoir Olivier. On n’entend si peu parler de toi… »

Contraint de réagir, il acquiesce de la tête. Lavande Brown lui répond par un regard contrarié, agacée par l’indifférence qu’elle lui porte.

« Lavande ! On n’a pas beaucoup de temps, interpelle une nouvelle fois un homme quelques tables plus loin.
-J’arrive Papa, je discute avec mes amis, s’offusque l’adolescente. A une prochaine vous deux ! »


D’un pas qu’il juge trop guilleret, Lavande Brown rejoint son père.


« Pourquoi t’as été lui parler du nouvel an chez Alicia ? Puis tu n’avais pas vraiment besoin de lui parler de la petite-copine de Lee Jordan…
-Sérieusement, tu as vu son air, Olivier ? Tant qu’elle se concentre sur les embrouilles de Jess et Angie, elle n’ira pas dire partout qu’on sort ensemble ou je ne sais quoi.
-C’était à prévoir non ? Tu es quasiment la seule personne avec qui je suis restée en contact de Poudlard, rappelle Olivier. Puis ça te gêne tant que ça que cette fille se fasse des idées ?
-Non, je m’e fiche même. Juste que je n’aime pas qu’on invente des trucs sur ma vie. J’ai encore le droit d’être amie avec qui je veux sans me justifier. »

Olivier n’a pas le temps de répondre que le serveur arrive. Il prend leur commande et peu après, une autre serveuse leur amène leurs sodas. Katie sirote son coca-cola en silence en croquant par intervalles des chips.
« Finalement, tu restes dans l’équipe l’année prochaine ? Ou tu es toujours décidée à arrêter le Quidditch ? »

Katie pose son verre et commence à jouer avec la paille.

« Sans les filles, les jumeaux et Harry, ça ne vaut même pas la peine de continuer. Nos batteurs arrivent à se donner eux-mêmes des coups de battes et Ron…Ron joue de plus en plus mal à chaque séance. Angie va sans doute se retrouver aphone d’ici la fin du prochain semestre.
-C’est dommage, tu es une bonne joueuse, rappelle Olivier.
-Sans doute, mais j’ai envie de faire autre chose. Leanne n’arrête pas de me demander de l’accompagner au moins une fois à son club artistique, ça pourrait être cool. »


Le jeune homme n’insiste pas même s’il se promet de revenir à la charge tôt ou tard. Katie est bien plus douée qu’elle ne le pense et peinturlurer des toiles blanches est une pure perte de temps à ses yeux.

« Et toi, enchaîne la brune, tu es toujours en guerre avec ta mère concernant le club ?
-Toujours. Elle semble persuader que je vais soit resté un joueur de seconde zone et le regretter. Si je ne me retrouve pas sur la touche après ma dixième fêlure du crâne avec des indemnités de misère.
-J’aime l’optimiste de ta mère, elle devrait fonder un club avec mon père, vraiment. Et toi, tu en penses quoi ? »


Ils remercient la serveuse qui leur apporte leurs plats et une fois qu’elle repart avec leurs verres vides, Olivier reprend :


« Je sais qu’il faut du temps pour décoller mais elle a peut-être raison. Si dans cinq ans je suis toujours au même point, elle me le rappellera à force de « Je te l’avais bien dit, tête d’hippogriffe ! ». Et dans le monde sorcier, plus tu commences une carrière tard, plus tu galères. Contrairement aux moldus, c’est encore mal vu de changer de métier et tout, précise-t-il devant l’air interrogateur de Katie.
-C’est nul comme raisonnement, t’engouffrer dans une carrière qui n’est pas faite pour toi ou qui n’a aucun débouché, sans possibilité de faire machine arrière, ça te freine illico dans la vie, commente-elle. Puis comment tu fais pour connaitre à vingt ans toutes les possibilités de carrières ? Toi, encore, tu sais ce que tu veux depuis un moment mais moi, il me reste un an et demi à faire à Poudlard et je ne sais toujours pas quoi faire.
-Tu as essayé de rencontrer Madame Robinson ? La conseillère d’orientation qui vient ponctuellement au château.
-Elle est surchargée, j’ai pris rendez-vous mi-décembre pour la rencontrer fin janvier. Puis encore, j’ai des tests à remplir d’ici là.
-Tu trouveras, j’en suis sûre. Penelope Deauclaire a obtenu des stages grâce à Madame Robinson et visiblement, elle avait trouvé sa voie quand on a terminé l’école. Il n’y a pas de raisons que ça ne marche pas pour toi.
- Sauf si Ombrage doit donner son accord pour les stages et continue de se prendre pour Margaret Thatcher. Je ne te raconte pas de bobards quand je te dis qu’elle nous a vraiment dans le collimateur. J’espère vraiment que cette peau de vache va déguerpir à la fin de l’année. Après tout, aucun prof de DCFM n’a fait plus d’un an, il parait que c’est un poste maudit !
-Katie ? L’interrompt-il, sentant venir une nouvelle tirade sur la Grande Inquisitrice.
-Quoi Olivier ?
-On pourrait parler d’autre chose s’il te plait, je sais que…
-Merci de ton soutien, tu sais que si je te saoules, tu peux juste faire semblant de m’écouter et d’opiner de temps en temps. »

Agacée, elle reprend ses baguettes et entreprend d’entamer son repas.

« C’est vache de ta part de me donner le rôle du gars ingrat, je voulais juste que tu penses à autre chose. Je sais qu’Ombrage est plus qu’odieuse, mais ce n’est pas de ma faute. Ressasser tout ce que tu m’as déjà dit va te pourrir la soirée.
-Tu ne sais pas l’enfer qu’elle nous fait vivre Olivier ! Tu t’arracherais les cheveux si tu étais encore à Poudlard !
-J’en ai mon idée, tu m’écris assez souvent pour me le dire. Oublie là juste pour les vacances. Elle ne va pas aller jusqu’à frapper à ta porte pour t’imposer un de ses nouveaux décrets…
-S’il n’y avait que ça, souffle Katie. Mais tu as raison, se reprend -elle, on a assez parler d’elle ! »
End Notes:
Les reviews se consomment sans modérations, n'hésitez pas à laisser une trace de votre passage!
2043 ( Bashung) by Bevy
Author's Notes:
Déjà un grand merci à Seonne, Daaph et Lilimordefaim pour leur reviews.

Voici donc l'ultime chapitre de la Môme. J'espère qu'il vous plaira et que vous irez écoutez la chanson de Bashung et la reprise de Dionysos...

https://www.youtube.com/watch?v=A56uhVZL0rc

https://www.youtube.com/watch?v=RDm5TQEC7WI
Le sorcier-vigile lui tend le formulaire de passage qu’Olivier signe en retenant un soupir. Si les nouvelles mesures de sécurité de Sainte Mangouste le réconforte, la lenteur avec laquelle le sorcier au visage patibulaire utilise son capteur de dissimulation l’exaspère un peu plus à chaque fois. Son temps lui est en général précieux et il déteste la sensation d’ennui qui l’envahit dès qu’il n’est plus un électron libre et survolté. Les visites à Katie sont l’une des rares exceptions, le temps lui parait alors figé.


Il a depuis longtemps cessé de compter les heures passées au chevet de son amie. Sa meilleure amie. Olivier s’en rend à présent compte que ce petit bout de femme maladroite et gaffeuse a pris une place considérable dans sa vie et qu’il n’envisage pas de la voir indéfiniment pâle et silencieuse dans son lit d’hôpital. Il se dit parfois que s’il avait été plus ouvert à Poudlard, il ne se sentirait pas de trop en présence d’Alicia, d’Angelina, de Leanne ou des jumeaux dans la chambre du quatrième étage. Qu’il aurait plus de souvenirs de Katie, qu’il aurait pu plus profiter de sa bonne humeur et de son enthousiasme. Qu’il n’hésiterait pas sur le bouquet de fleurs à choisir pour mettre de la couleur et de la vie dans sa chambre.


Les médicomages disent qu’il est question de temps, qu’elle se rétablira mais dans leurs bouches, la notion de temps est abstraite. Combien de semaines et de mois vont encore s’écoulés avant que la Gryffondor ne rouvrent les yeux et que la vie afflue de nouveau dans sa petite chambre ? Avant que les minutes et les secondes ne reprennent possession de cet hôpital et que cette impression d’immobilité, d’immuabilité ne cesse ?

« Votre baguette monsieur ? »


Machinalement, le jeune homme la tend au vigile qui lui donne en retour un petit bout de parchemin qu’il range méticuleusement dans sa poche. Se balader sans baguette, même dans un hôpital ultra sécurisé lui donne toujours l’impression d’être vulnérable. Quand enfin le sorcier vigile le libère, Olivier traverse machinalement la salle d’attente bondée et bruyante.


Une fois le rez-de-chaussée passé, la circulation est plus fluide. Quelques patients se promènent accompagnés de leurs visiteurs. Des médicomages, dans leurs robes vertes, vont et viennent, l’insigne de la baguette et de l’os bien visible. Olivier ralentit sa marche quand il voit Miriam Strout lui adresser un signe de la main. La sorcière blonde aux airs maternelles est une bouffée d’oxygène pour Olivier. Sa bonne humeur et sa gentillesse naturelle font qu’il a plusieurs fois pris un thé ou un café au dernier étage avec elle.

« Les parents de la petite Bell vous ont déjà prévenu ? »
Malgré l’air enjoué de la médicomage, Olivier sent son estomac se contorsionner. De quoi doit-il être prévenu ?
« -Est-ce qu’elle… »


La suite est indicible car il n’existe que deux possibilités. Que Katie se soit réveillée ou que son état se soit empiré. Que le pire se soit produit.


« Votre amie est sortie du coma tôt ce matin. Mr et Mrs Bell ont été prévenu en priorité et ils sont passé la voir il y a moins d’une heure. Oui c’est ça, j’ai croisé Madame Londubat quand ils partaient …
-Comment va-t-elle Miriam ? la coupe brutalement Olivier.
-Pour ce que j’ai pu entendre du médicomage Bercley, mieux. Les premiers tests semblent positifs mais demander lui plutôt directement. Je ne m’en suis pas occupée personnellement.
-Vous êtes un ange, Miriam. Ça de tiendrai qu’à moi, vous les auriez vos vacances à Athènes. »


La médicomage rosit et lui tapote l’épaule.


« Filez la voir Olivier. La semaine risque d’être longue pour Miss Bell. Les professeurs Dumbledore et McGonnagal ont déjà prévu de passer la voir dès demain. Sans compter toute ces tests médicaux. Elle mérite bien une petite pause pour la patience dont elle fait preuve depuis ce matin. »


Dans un état second, avec l’impression d’être dans un rêve en dépit de son épaule qui le lance, il monte les marches, bousculant au passage à sorcier à la mine sévère et aux sourcils arqués et grisonnants. Le sorcier lui lance un regard indigné en défroissant son élégante veste noire à doublure rouge et devant l’absence d’excuses, poursuit sa route en sens inverse.

Olivier est à mi-chemin du couloir menant à la chambre habituellement occupée par Katie quand une silhouette au cheveux bruns et échevelée lui saute littéralement au cou et rappelle son épaule au bon souvenir du cognard du dernier entrainement. L’étreinte inattendue ne l’embarrasse pas autant qu’il ne l’aurait cru car elle a le mérite de se passer des phrases maladroites et toutes faites. L’odeur de valériane qu’il a tant détesté ces derniers mois ne l’incommode plus en cet instant.


Katie Bell n’est plus cette poupée pâle et inanimée dans son lit d’hôpital.

« Papa et Maman m’ont dit qu’ils écriraient à mes amis mais je ne pensais pas te voir si tôt, souffle-t-elle quelque part dans son cou.
-Miriam Strout vient juste de me dire que tu ne t’es réveillée que ce matin. Le hibou n’est sans doute pas arrivé chez moi. Si j’avais su je…j’aurais… »


Maintenant confuse, Katie se détache de lui et Olivier ne se sent guère mieux, peu habitué à être aussi incohérent. Il est certain d’être autant cramoisi que Katie. Plantés au milieu du couloir, ils doivent certainement attirer l’attention, d’autant plus que leur joie semble inapproprié au milieu des autres malades.


« Mon médicomage traîne dans le coin. J’ai tout juste au l’autorisation d’aller manger un truc à l’étage. Je… tu restes un peu avec moi ? Je dois retourner à ma chambre me reposer.
-T’es bête la môme, je ne vais pas partir tout de suite. Une des médicomage-en-chef m’a dit qu’elle pensait que je pouvais rester un peu. »


Katie rigole tout doucement et sans lui lâcher la main l’entraîne vers une porte entrouverte un peu plus loin. Olivier ne se formalise pas de l’interprétation que des curieux pourraient faire de ce geste. Il n’a plus à justifier depuis longtemps l’attachement qu’il a pour sa meilleure amie. La chaleur que lui procure ce contact efface les semaines passées où les doigts de Katie restaient constamment froids et inertes.

Une fois rassise sur son lit, Katie baille et se calle bien droite à ses oreillers.

« J’ai vu le registre des visites ce matin. Avec mes parents, tu es beaucoup passé me voir avec Alicia.
-C’est normal. Tu nous as tous beaucoup manquée. Est-ce que… est-ce que tu te souviens de ce qu’il passé ?
-Non, répond tristement Katie. Juste d’être allé aux toilettes des Trois Balais. J’ai l’impression que c’était il y a à peine quelques heures et que… j’ai fait une chute à cause du temps de chien qu’on avait. Ou un accident tout bête. Je n’arrive pas à croire qu’on soit en avril et que… »


Elle ne termine pas sa phrase même si Olivier devine la suite sans peine. Tous se sont demandés qui avait pu vouloir s’en prendre à Katie et pour quelles raisons. Seul le mystérieux agresseur a ses réponses et il reste insaisissable.

« On va essayer de raviver ma mémoire mais les médicomages sont sceptiques sur le résultat. A cause de l’impérium, termine-t-elle dans un murmure en croisant les bras sur sa poitrine.
-Tu ne crains plus rien de toute façon. Sainte Mangouste et Poudlard grouillent d’Aurors et de vigiles.
-Mais l’impérium Olivier. Si… si la personne qui m’a remis ce collier décide de se resservir de moi ?
-C’est impossible. Un sorcier qui voudrait en soumettre un autre à sa volonté est obligé de constamment renouveler ce sort. Les médicomages et les Aurors et médicomages savent reconnaître quelqu’un soumis à l’imperium.
-Tu crois ?
-Bien sûr Katie. Sinon tu n’aurais pas pu te promener ici et là. Puis maintenant que tu es réveillée, tu vas pouvoir retourner à Poudlard. Harry aura besoin de sa meilleure poursuiveuse pour gagner la coupe !
-Oh oui. Ils ont même l’air pressés de me voir partir maintenant. Ils parlent déjà de me garder en observation pour la forme mais les médicomages ont l’air contents des premiers tests. J’imagine qu’ils ont à se soucier de cas plus graves maintenant. »


Katie reste silencieuse après sa phrase, baissant les yeux sur son drap blanc. Quand elle relève la tête, un sourire étire la commissure de ses lèvres, comme si elle se forçait.


« Et toi, qu’est-ce que tu as à me raconter ? Il a bien dû se passer des choses intéressantes pendant que je faisais la belle aux bois dormants ?
-Oh tu sais, la routine, répond-il en recherchant une anecdote amusante à raconter. »


Embêtée davantage Katie au sujet de l’accident et de cette mystérieuse opale qu’elle devait remettre à un destinataire inconnu ne lui donnera pas plus de réponse. Son inquiétude est palpable et Olivier imagine sans peine Dumbledore et McGonnagal lui reposer les mêmes questions. Malgré sa furieuse envie de voir le responsable de l’impérium à Azkaban, il ne doute pas que Katie dise vrai en affirmant ne rien savoir. Tourner la page est peut-être la meilleure chose à faire. Après tout, le pire est derrière elle et elle peut maintenant reprendre sa vie en main.


« Ah si. Devine qui tu as comme voisin de palier ?
-Je ne sais pas. Qui ça Olivier ? questionne Katie d’un ton plus léger.
-Un de nos anciens profs, Gilderoy Lockhart. Quand il sort de sa chambre, c’est pour distribuer des autographes. Alicia et moi on en a récolté une douzaine à Noël. Il est toujours aussi amnésique mais fidèle à lui-même. »


Katie rigole franchement pendant qu’il lui raconte plus de détails sur la longue après-midi à écouter l’écrivain.


Qu’importe l’absence de réponse pour le moment. Le temps n’est plus figé et la vie a repris ses droits.
End Notes:
La suite immédiate de ce dernier chapitre est Big Brother, Séquelles et Half Ladies. Mémoire sélective se passerait quelque part entre le chapitre un et trois et reste vraiment un petit délire Olitie....

N'hésitez pas à aller lire le texte de Daaph Entrainement théorique et le My girl de Lilimordefaim aussi.

Le Olitie vaincra ^^!
Cette histoire est archivée sur http://www.hpfanfiction.org/fr/viewstory.php?sid=33921