The Love Game by Roxane-James
Summary:

Mon image

Escume sur DA

"- J'ai une meilleure idée, fait Dominique, les yeux brillants. Ecoutez-moi attentivement !
Nous nous penchons tous vers elle et mon amie prend un ton de conspiratrice qui ne m'inspire pas du tout confiance.
- Nous allons inventer notre propre jeu, commence la jolie rousse. Un jeu de séduction. Chacun d'entre nous devra se munir d'un morceau de parchemin sur lequel il écrira son nom, et quelqu'un lancera un enchantement qui liera la victime à une autre personne se trouvant dans le château, au hasard. Au cours de l'année, vous allez devoir séduire cette personne.
- D'accord, ricane Potter, mais comment on fait pour gagner ?
- Cette personne devra vous dire "je t'aime". Le premier qui reçoit cet aveu a gagné..."

Poudlard, époque de la nouvelle génération. Menthe Etamora, élève de sixième année dans la maison Serdaigle enquête sur le meurtre de son professeur de Défense Contre Les Forces du Mal, en compagnie de Dominique Weasley et de son tout aussi séduisant qu'insupportable cousin, James Potter. Les chemins qui mènent à la vérité sont longs et parsemés d'embûches, alors le groupe d'adolescents accompagnés de leurs amis va se livrer
à un jeu qui réclamera autant de courage que d'adresse...
Qui découvrira l'identité du meurtrier d'Hufflands ?
Comment cela se terminera-t-il pour les héros de l'histoire ?
C'est à toi, lecteur, de le découvrir...


" La vérité ne m'a jamais semblée aussi lointaine..."


Categories: "19 ans plus tard", Autres couples (Het) Characters: Dominique Weasley, James S. Potter, Personnage original (OC)
Genres: Polar/enquête, Romance/Amour, Tragédie/Drame
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Menthe, Anna, Potter-Weasley et compagnie, Textes sur la Nouvelle Génération
Chapters: 29 Completed: Oui Word count: 76732 Read: 28023 Published: 25/09/2016 Updated: 06/01/2018
Story Notes:

FANfiction en cours d'écriture sur laquelle j'ai beaucoup d'avance et d'inspiration :) J'espère que Menthe et ses joyeux compagnons vous plairont.
Bonne lecture !
Roxane-James

1. Chapitre 1-Prologue by Roxane-James

2. Chapitre 2 by Roxane-James

3. Chapitre 3 by Roxane-James

4. Chapitre 4 by Roxane-James

5. Chapitre 5 by Roxane-James

6. Chapitre 6 by Roxane-James

7. Chapitre 7 by Roxane-James

8. Chapitre 8 by Roxane-James

9. Chapitre 9 by Roxane-James

10. Chapitre 10 by Roxane-James

11. Chapitre 11 by Roxane-James

12. Chapitre 12 by Roxane-James

12. Chapitre 12 by Roxane-James

14. Chapitre 13 by Roxane-James

15. Chapitre 14 by Roxane-James

16. Chapitre 15 by Roxane-James

17. Chapitre 16 by Roxane-James

18. Chapitre 17 by Roxane-James

19. Chapitre 18 by Roxane-James

20. Chapitre 19 by Roxane-James

21. Chapitre 20 by Roxane-James

22. Chapitre 21 by Roxane-James

23. Chapitre 22 by Roxane-James

24. Chapitre 23 by Roxane-James

25. Chapitre 24 by Roxane-James

26. Chapitre 25 by Roxane-James

27. Chapitre 26 by Roxane-James

28. Chapitre 27 : FIN by Roxane-James

29. Chapitre 29 by Roxane-James

Chapitre 1-Prologue by Roxane-James
Author's Notes:
J'espère que ce court chapitre d'introduction vous plaira, il sert juste à introduire les personnages. A partir du deuxième chapitre, l'action commence tout juste.
Je vous souhaite une bonne lecture,
Roxane-James
PS : n'hésitez pas à me laisser une review
Chapitre 1

On aurait pu penser qu'en temps que Serdaigle, je n'étais pas le genre de fille à créer des problèmes ou à en avoir. Cependant, j'étais ce qu'on nommait un "aimant à problèmes" et si un quelquoncque souci se profilait à l'horizon, je pouvais être sûre que je serais concernée. Cela incluait, bien sûr, les amitiés problématiques. De ce fait, j'avais rencontré Dominique Weasley lors de mon entrée à l'école de sorcellerie Poudlard et elle n'avait pas tardé à m'entraîner avec elle dans des aventures plus folles et extravagantes les unes que les autres.

Dominique Weasley (ainsi que tous ses cousins, son frère et sa sœur...) faisait partie de la maison Gryffondor et n'était en elle-même pas problématique, elle était plutôt sérieuse et un peu plus disciplinée que sa famille déjantée, mais on pouvait en revanche dire de son imagination qu'elle l'était !

Pour exemple, lorsque j'étais en première année, Dominique a eut la brillante idée de me faire visiter la forêt interdite avec son horripilant cousin James Potter (dont je reparlerai tout à l'heure) en pleine nuit.

Evidemment, nous avons fait une rencontre pas tout à fait plaisante avec une araignée géante et si Hagrid ne nous avait pas entendu hurler comme des fous, nous serions certainement morts à l'heure qu'il est. Ensuite, à la fin de ma deuxième année, Dominique a trouvé le moyen de nous enfermer dans les cachots les plus éloignés pendant une journée entière juste parce qu'elle n'avait jamais visité cette partie-là du château. Plus tard, en troisième année, cet insupportable James Potter a conseillé à Dominique de visiter la chambre des Secrets.

Selon lui, cette idée était démente mais je n'ai pas du tout apprécié le fait de rester coincée pendant trois heures dans une pièce obscure et humide à côté d'un gigantesque cadavre de serpent.
En quatrième année, Dominique et Potter ont découvert l'existence de la Salle sur Demande. ça a l'air cool comme ça mais ce n'est absolument pas drôle de se retrouver coincé avec des centaines d'épouvantards qui t'entourent. Surtout quand tu as oublié comment faire pour sortir de la salle. Et enfin, l'année dernière, Dominique et Potter ont essayé le transplanage en me forçant à venir avec eux (malgré le fait que ce soit interdit) et ont réussi à nous désartibuler tous à un tel point qu'on a dû passer deux semaines à l'hôpital. Sans compter toutes ces conneries qu'ils ont accomplies ou tous les mauvais coups joués aux Serpentards qui se sont retournés contre nous...

Enfin bref, tout le monde a compris, Dominique est une cinglée de Gryffondor qui aime presque autant les ennuis que mon karma et grâce à elle et son imbécile de cousin, je me retrouve toujours avec des tonnes d'ennuis sur le dos. Mais ça vaut le coup, quand même, parce que malgré ça, Dom' c'est la meilleure amie la plus géniale qu'il puisse exister sur Terre.

Passons maintenant au cas de James Potter. Ce mec m'est tout bonnement insupportable. Ce n'est pas que je ne l'aime pas mais... Bon, si, en fait, je ne l'aime pas. Il me fait sortir de mes gonds rien qu'avec un sourire ou une minuscule remarque prononcée avec un ton lascif.

D'ailleurs, lui non plus ne m'aime pas. Il me trouve trop "sage" ou insignifiante. Malheureusement, je suis obligée de le supporter car Dominique est très proche de son cousin. C'est son meilleur ami version masculin. Je ne parlerai pas de la rivalité qu'il existe entre Potter et moi... On a failli bien des fois s'entretuer. Cet espèce de crétin dévergondé a été réparti à Gryffondor en même temps que Dom' et moi et a une réputation de "sérial kisseur" et de fauteur de trouble. Les filles l'adorent. Je crois qu'elles n'ont pas les yeux en face des trous !

Quant à moi, je m'appelle Menthe Etamora et je ne suis pas très intéressante niveau comportement. Je suis une élève sérieuse, disciplinée, j'aime étudier et lire, et je suis on ne peut plus calme. Par ailleurs, je n'aime pas être dérangée lorsque je travaille et je peux très bien m'énerver lorsqu'il le faut. Je ne me laisse pas marcher sur les pieds.
J'ai un drôle de prénom, qui m'a été donné par ma mère, une botaniste sorcière (l'associée de monsieur Londubat jusqu'à ce que celui-ci obtienne un poste à Poudlard) qui a une passion pour la menthe sorcière. La menthe sorcière est de la même couleur bleue que mes yeux, ce que n'a pas manqué de remarquer ma génitrice. D'où le prénom un peu spécial que je porte.

Je viens d'une famille de sang-mêlé peu connue en Angleterre et j'habite seule avec ma mère et ma petite sœur (Métalya) de six ans car mon père est parti aux Etats-Unis avec une autre femme lorsque j'en avais dix. Juste après la naissance de ma petite-sœur.
Cette année j'ai seize ans et je rentre en sixième année à Poudlard. Je viens à peine d'arriver au château que Dominique débarque avec Potter à ma table (en plein milieu de la répartition), chez les Serdaigle, pour me saluer. La directrice, McGonagall, les foudroie du regard. Ils n'en ont strictement rien à cirer.

- Menthe, t'étais passée où dans le train ? m'interroge discrètement Dominique en ignorant les regards offusqués de mes camarades de maison lorsqu'elle leur intime de se pousser pour qu'elle ait plus de place.

- J'étais avec ta cousine Rose, réponds-je en souriant. Elle m'a dit que tu étais avec ton chéri et on a fait le voyage ensemble avec Malfoy.

Rose Weasley est une cousine de Dominique et Potter. Elle a un an de moins que nous et je la trouve très sympa. Depuis quelques mois, elle sort avec Scorpius Malfoy, un Serpentard, qui n'est autre que le meilleur ami du frère de James, Albus.

- Je n'étais pas avec Henry, bougonne Dominique.

- Elle l'a largué, m'apprend Potter d'un air désintéressé.

Dominique rougit, Potter scrute le décolleté d'une élève installée en face de lui et je lâche un petit bruit compatissant. J'avoue que je ne sais pas trop quoi dire.

- Heu... Et ça va ? demande-je à Dominique.

- Oh oui ! tu sais à quel point j'aime mon indépendance ! s'écrie Dominique avec un entrain feint.

Je lui fais signe qu'on en reparlera plus tard loin des oreilles de mes camarades de Serdaigle et des regards indiscrets.

- Dis moi, Etamora, t'aurais pas vu Al' ce matin dans le train ? m'interroge Potter en gardant son regard fixé sur le décolleté de la fille en face de lui (qui ne fait rien pour le cacher, d'ailleurs !).

Je jette un regard agacé à Potter (James) avant de rétorquer d'une voix glaciale:

- Si, il était avec Lou Dember. Je crois qu'il a fait tout le voyage en train avec elle après m'avoir fait un petit bonjours vers l'heure du déjeuner.

Dominique, Potter et moi échangeons des regards crispés. Pour comprendre, il faut que j'explique l'histoire du début. Albus Potter est âgé d'un an de moins que James et un an de plus que leur petite sœur Lily.

Lorsqu'il était en troisième année et que j'étais en quatrième année, donc, nous sommes sortis ensemble pendant trois mois. Nous nous sommes rendu compte que notre relation était plus amicale qu'autre chose alors nous avons fini par rompre à l'amiable. Peu de temps après, environ un mois, Albus a rencontré cette drôle de fille, Lou Dember. C'est une élève de la maison Serpentard qui lui a été présentée par Scorpius Malfoy, son meilleur ami. Albus a sympathisé avec la jeune fille et ils ont fini par sortir ensemble sauf que depuis quelques temps Dominique et Potter (le grand) affirment qu'Albus et Lou ne semblent plus s'entendre et se disputent en continu. Personnellement, je remarque quelques tensions mais je pense qu'Albus et Lou sont assez grands pour régler leurs histoires tous seuls.
Mais là n'est pas l'avis de Dom' et Potter, qui veulent à tout prix les séparer car Dember n'est pas réputée pour son irréprochabilité. D'après certaines rumeurs, Dember aurait lancé un sortilège impardonnable à un élève qui l'avait surprise en train de voler dans le bureau d'un professeur lorsqu'elle était en deuxième année. Je trouve cette histoire peu probable et de tout façon, Albus et Lou font ce qu'ils veulent, ça ne concernent qu'eux.

- Il faut faire quelque chose, déclare Dominique d'une voix dure.

- Non, fais-je d'un ton cassant. Albus peut se prendre en charge tout seul, laissez-le un peu respirer !

- C'est mon frère, répond Potter en me fusillant du regard, et je refuse qu'il traîne encore avec cette sale garce !

- Tu traînes avec bien plus de sales garces que lui, contre-je avec colère.

- Qu'est-ce que ça veut dire, ça ? demande Potter en plissant les yeux d'un air mauvais.

- Tu sais parfaitement ce que ça veut dire, Potter, tu n'es qu'un petit salop...

- Ca suffit ! nous coupe Dominique. La répartition est terminée. Passe moi du pudding, James.

Nous mangeons en silence, nous fusillant du regard Potter et moi par dessus les saladiers et les plats en tous genres tandis que Dominique discoure toute seule à propos de la merveilleuse nourriture qui nous est préparée à Poudlard.

Arrivés au dessert, je pousse un bâillement sonore et engage la conversation avec Dominique à propos des cours futurs.

- Je pense, me dit Dom', qu'il faudra que je travaille d'avantage si je veux pouvoir suivre cette année. Tu as pris quoi comme options ?

- J'ai pris botanique et divination, réponds-je en mastiquant un bout de tarte à la rhubarbe. Et toi ?

- Runes anciennes et soins aux créatures magiques, déclare Dominique en fronçant les sourcils. Pourquoi tu as pris divination ? Tu détestes Crawley !

- Crawley me déteste, ce n'est pas pareil, rétorque-je. Je préférais Trewlaney mais cette folle s'occupe des troisièmes années. J'ai toujours des bonnes notes dans cette matière stupide.

- Moi aussi.

Je me tourne vers Potter et lui dis d'une voix très polie :
- On t'a pas demandé ton avis, Potter !

- Précisément, fait le crétin en question.

Je lève les yeux au ciel et me met debout en même temps que les élèves puis je souhaite une bonne nuit à Dominique qui va rejoindre la tour de Gryffondor avec son imbécile de cousin.

J'ai sommeil, il est temps que j'aille me coucher. Je suis le flot des élèves jusqu'à ma salle commune et bouscule légèrement les Premières années dans les couloirs puis j'attends devant le heurtoir en forme de tête d'aigle et celui-ci me pose une énigme à laquelle je réponds avant d'entrer (" Il est à moi et à personne d'autre, je le rencontre tous les jours et pourtant je ne le connais pas, qui est-ce ? - le destin"). Je pénètre dans ma salle commune avec soulagement, heureuse de retrouver des lieux qui me sont familiers et dans lesquels je me sens bien.

La salle commune de Serdaigle est décorée de bleu et de bronze. Le sol est recouvert d'un magnifique plancher de bois clair lui-même habillé de tapis moelleux dans lesquels il est bon de plonger ses pieds, de longues et grandes bibliothèques du même bois que le plancher tapissent les murs, plusieurs tables sont installées dans les recoins de la salle, des fauteuils et des canapés rembourrés sont disposés un peu partout dans la pièce et la cheminée gigantesque ornée de deux magnifiques têtes d'aigle en bronze diffuse de la chaleur. Sur les rebords des fenêtres, des portraits animés commentent le temps qu'il fait et des plantes et des bougies décorent les lieux. Il fait bon vivre à Serdaigle. A gauche et à droite de la tour, deux escaliers majestueux se dressent. L'escalier gauche mène aux dortoirs des garçons et le droit à ceux des filles.

Je m'empresse de monter quatre à quatre les marches de l'escalier droit et arrive au sixième pallier, le dortoir des filles de mon année. Il est de forme rectangulaire et les murs et le sol sont couverts de bois clair. De larges fenêtres offrent une vue imprenable sur le parc du château. Il y a cinq lits à baldaquins dans la pièce. Au centre du dortoir, un poêle en cuivre est allumé.
Un canapé en forme de demi-lune l'entoure, il est de couleur bleue foncée, le même bleu qui est utilisé pour nos draps et notre mobilier également décoré de bronze. Chacune des filles dispose d'une coiffeuse en bronze, d'une petite armoire bleue et bronze et d'un fauteuil aux couleurs de notre maison. Notre lit est confortable et les elfes de maison ont même préparé des bouillotes à l'intention de nos pieds gelés. En face de notre dortoir (toujours sur le sixième pallier, donc), se trouve la salle de bain qui nous est réservée. Elle est minuscule et blanche, on y trouve deux lavabos, deux cabines de douche, cinq casiers et un bac à linge sale par personne. Il y a aussi deux toilettes.

Avant que mes camarades n'arrivent, je me précipite dans la salle de bain et prends une douche rapide, me brosse les dents et me peigne les cheveux puis je rentre dans le dortoir afin de déballer mes affaires et de me mettre au lit. Le voyage en train m'a épuisée. Mes camarades sont en train de rire et de ranger leurs affaires quand j'arrive dans la pièce. Elles me saluent avec entrain puis nous allons nous coucher après s'être rapidement raconté nos vacances.

Peu de temps après avoir posé ma tête sur l'oreiller, je m'endors, heureuse de retrouver Poudlard...
End Notes:
voilà pour ce premier chapitre où il ne se passe rien.
Laissez-moi une review, on se voit au prochain chapitre ! :)
RJ
Chapitre 2 by Roxane-James
Author's Notes:
J'espère que ce chapitre vous plaira ^.^ laissez-moi une petite review en fin de chapitre, pleaaase !
Bonne lecture,
Roxane-James
chapitre 2

Lorsque je me réveille, il fait grand jour et la lumière du soleil inonde le dortoir. Je jette un coup d'œil à ma montre sorcière et sors de mon lit en grelottant. Après un rapide tour dans la salle de bain, je suis propre et habillée et je décide d'aller retrouver Dominique pour le petit-déjeuner.

Il n'est que sept heures et demie mais la Grande Salle est déjà bondée. L'odeur alléchante de pancakes s'échappe de plats en bronze et de délicieuses effluves de chocolat chaud embaument l'air. Je repère Dom', vêtue de son uniforme, assise à côté de Potter à la table de Gryffondor et file m'asseoir à ses côtés.

- Bien dormi, Menthe ? me salue Dominique avec un sourire enjoué tout en se versant un verre de jus de citrouille.

- Oui, et toi ? réponds-je en me servant un chocolat chaud fumant.
- Super ! articule mon amie en engouffrant un toast à la marmelade.

J'éclate de rire devant la tête qu'elle fait et je sens quelqu'un me tapoter l'épaule alors je me retourne.

Derrick Francklisht, un des plus beaux garçons de Poudlard d'après la population féminine du château, me tend mon nouvel emploi du temps armé de son habituel sourire mutin. Il a enfilé son uniforme qui lui va comme un gant, et a laissé les boutons de son col ouverts, ce qui lui donne un air particulièrement sexy.

- Salut Etamora ! Comment tu vas ? T'as passé des bonnes vacances ? me demande-t-il en passant une main dans ses cheveux.
- Super, Francklisht, je n'ai rien fait de particulier cet été, et toi ? demande-je en rougissant.
- J'ai été aux Bahamas ! répond Francklisht. On se voit en sortilèges, d'accord ?

J'ai à peine le temps de murmurer mon assentiment qu'il a déjà disparu. Ce garçon est tout simplement incroyable. Son sourire fait louper des battements à mon cœur et ses charmantes fossettes me font fondre. J'aimerais tellement pouvoir de nouveau plonger mes yeux dans son regard océan ou enfouir mes doigts dans sa tignasse blonde...

- Menthe ? Allô la Terre ? Menthe Etamora est-elle parmi nous ?! rit Dominique qui m'observe, une lueur amusée faisant étinceler son regard bleu clair.

Je me retourne vers mon amie en rougissant (et certainement en souriant d'un air béat) et articule platement :

- Je n'ai plus très faim, il faut que j'aille en cours.
Dominique éclate de rire avant de me tendre le bout de parchemin que m'a donné Francklisht.
- N'oublies pas de prendre ton emploi du temps, ma vieille !

Je jette un coup d'œil désintéressé à l'objet en question et me lève, m'apprêtant à partir.

- Tu es ridicule, Etamora, si tu t'étais vue ! On aurait dit que t'allais baver ! ricane la détestable voix de Potter dans mon dos.

Je me retourne brusquement et le fusille du regard. Il s'est levé à son tour et me fixe de toute sa hauteur, l'air nonchalant et vicieux. J'ouvre la bouche pour répliquer lorsqu'une grande perche blonde au décolleté vertigineux se jette littéralement dans les bras de Potter en criant d'une voix suraiguë :

- Jaaaaames ! Tu m'as tellement manqué, mon amour !
J'esquisse un sourire moqueur face à cette vision écœurante.
- C'est toi qui es ridicule, Jaaaaaaaaaaames ! fais-je en imitant la voix de la blondasse écervelée.

L'aîné de la fratrie Potter me fait un geste obscène avec sa main libre mais je lui tourne le dos et rejoins mon dortoir au pas de course, me moquant bien des lubies de cet imbécile de Potter. Puis je fais mon sac avant de me diriger vers mon premier cours de potions, que j'ai en commun avec les Serpentards.

La matinée se déroule calmement, après deux heures de Potions j'ai une heure de Sortilèges en commun avec Dominique et son décérébré de cousin et nous déjeunons ensemble le midi. Enfin, Dominique parle, j'écoute et Potter me lance des piques auxquelles je ne réponds pas. Je suis absorbée par le contenu de mon assiette et les quelques mots que m'a adressé l'homme de mes rêves au petit-déjeuner.

- Au fait, Etamora, ça fait combien de temps que ça dure entre toi et Francklisht ? demande Potter d'une voix lascive.
- Qu'est-ce que ça peut te foutre, Potter ?! grommelle-je en triturant la nourriture qui se trouve dans mon assiette.
- Je me demandais si t'avais déjà... Tu sais... Couché ? lance Potter en me regardant d'un air moqueur.
Je sens mes joues s'embraser et m'apprête à répliquer lorsque Dominique s'interpose comme toujours entre nous deux :

- ça suffit, James ! Tu es vraiment insupportable, ce matin ! crie-t-elle en serrant si fort ses couverts que ses jointures blêmissent.
- Oh mais ça va, Dom' ! T'énerve pas ! répond-il en passant une main dans ses cheveux d'un air décontracté. C'est juste qu'Etamora a l'air tellement coincé ! lâche-t-il en me fixant d'un air satisfait.

Je me lève d'un bond face à cette provocation. Mes joues sont en feu et je sens la fureur m'envahir petit à petit. J'ignore que certains regards convergent vers moi avec curiosité et que Dominique met sa tête entre ses mains, lasse d'avoir à nous séparer Potter et moi. Lui, me fixe avec une certaine hostilité.

- Mais va te faire foutre, Potter ! réplique-je avec un air de défi plaqué sur le visage.
- Tu sais quoi, c'est exactement ce que je vais faire, Etamora ! rit Potter en sortant sa baguette magique d'un geste machinal qu'il pointe sur moi.
- Ah ouais ? C'est à ça que tu veux jouer, Potter ? réponds-je en pointant à mon tour ma baguette sur son torse.
- T'as tout compris, Etamora ! ricane Potter en me toisant d'un air supérieur.
- ça suffit ! hurle une voix autoritaire dans mon dos. Plus un geste !

Toute la Grande Salle est alors plongée dans le silence le plus profond. Je me retourne lentement, découvrant le visage rouge de rage du professeur McGonagall.

- Vous allez me suivre dans mon bureau immédiatement miss Etamora et monsieur Potter !
Et c'est exactement ce qui se passe. Même Dominique ne tente pas de s'interposer, plus aucun élève ne bouge ou ne parle, tous se contentent de nous fixer Potter et moi d'un air amusé ou encourageant. Le Gryffondor me lance un regard glacial et je lui tire puérilement la langue quand McGonagall ne nous regarde plus.

Arrivés dans le bureau de la directrice, celle-ci nous désigne deux fauteuils que nous avons souvent occupé dans le passé d'une voix sèche. Elle s'assoit en face de nous et nous dévisage d'un air affligé. Je fuis son regard et me concentre sur l'immense tableau représentant Albus Dumbledore qui m'adresse un clin d'œil.

- Bien, commence McGonagall, vous allez m'expliquer ce qui s'est passé calmement puis nous discuterons de votre prochaine punition.

J'hausse un sourcil et jette un furtif coup d'œil à Potter qui est affalé dans son fauteuil. Il prend la parole d'une voix neutre et je me contente de fixer mes mains posées sur mes genoux.

- Professeur, ce qui s'est passé dans la Grande Salle était un incident sans importance.
Un bref moment de silence s'installe avant que notre directrice ne prenne la parole.
- Je ne suis pas d'accord avec vous, monsieur Potter, rétorque-t-elle en lui lançant un regard froid. Ce genre d' "incident" comme vous aimez à l'appeler se répète un peu trop souvent à mon goût. Je ne sais pas ce qui se passe entre vous et miss Etamora mais je ne supporte plus de vous voir tous les deux réunis dans mon bureau après avoir déclenché la troisième guerre mondiale !

Un gloussement m'échappe face à l'expression qu'a utilisé le professeur mais je le déguise habilement par une quinte de toux lorsque McGonagall et Potter lèvent les yeux vers moi, l'un suspicieux et l'autre désintéressé.

- Alors, que s'est-il passé cette fois ?! insiste McGonagall en concentrant son attention sur moi.
- Potter m'a... Insultée, réponds-je en détournant le regard.
- C'est faux ! s'insurge le concerné en me fusillant du regard. Je lui demandais juste si elle avait déjà couché !
- Monsieur Potter ! articule difficilement notre professeur, je ne suis pas sûre d'avoir bien compris.
- Je pense, au contraire, que vous avez parfaitement compris, professeur, rétorque le jeune homme de sa voix la plus hautaine en s'enfonçant un peu plus dans son fauteuil.

Un autre moment de flottement survint mais notre directrice s'empresse de le briser en braillant comme une dératée tout un tas de sermons à la tête de cet horripilant énergumène.

- Monsieur Potter ! tempête-elle, je vous assure que si vous ne vous excusez pas tout de suite auprès de votre camarade, vous serez renvoyé définitivement !

Je scrute le visage du garçon en cherchant à deviner ce qui se passe derrière son expression si neutre. Comme à son habitude, cependant, je n'y parviens pas.

- Bien, professeur, lâche-t-il du bout des lèvres comme si ces quelques mots pouvaient lui ôter la vie. Je m'excuse, Etamora.

Je ne le regarde pas plus que lui ne le fait, me contentant de me ronger les ongles par nervosité.

- Cela fait, je vous demanderai maintenant de disparaître de mon bureau après avoir pris connaissance de votre punition, assène la directrice en nous foudroyant du regard par-dessus ses lunettes.

Au même moment, la porte du bureau directorial s'ouvre dans un fracas phénoménal, et le professeur Ganglock entre dans la pièce d'un pas sonore, un air inquiet plaqué sur son visage strié de rides.

- Désolé de vous interrompre, professeur, mais j'ai une regrettable nouvelle à vous annoncer, dit-il de son habituelle voix bourrue. On a retrouvé le professeur Hufflands mort dans son bureau à l'instant. Il semblerait que quelqu'un de mal intentionné l'ait tué après lui avoir fait ingérer un philtre de confusion.

Je laisse échapper un petit cri de terreur puis plaque mes deux mains sur ma bouche, consciente du fait que je vais sûrement me faire sortir par la directrice qui jusque là semblai avoir oublié ma présence et celle de Potter.

- Miss Etamora et monsieur Potter, je vais vous demander de sortir, fait McGonagall d'une voix blanche en nous désignant la porte.

Potter et moi nous levons puis claquons la porte derrière nous, le souffle court. Nous échangeons un rapide regard avant d'acquiescer placidement. Nous nous penchons vers le trou de la serrure et écoutons attentivement ce qui se dit dans la pièce.

- Qui a découvert le corps ? entends-je demander McGonagall à notre professeur de Soins aux créatures magiques.
- ... Une petite rousse, une Weasley, crois-je entendre répondre Ganglock d'une voix éraillée.

A ces mots, je me retourne vers Potter, et nous nous fixons avec stupeur pendant quelques instants avant d'écouter à nouveau la discussion.

- ... Un sortilège impardonnable ?! Mais comment serait-ce possible ? crie la voix de la directrice.

Une boule d'angoisse se forme dans mon ventre et je tends l'oreille, plus attentive que jamais. Cependant, je ne parviens plus à entendre le moindre bruit.

- McGonagall devait se douter qu'on écouterait à la porte, fait Potter en fourrant ses mains dans les poches de son pantalon. Elle a dû jeter un sort qui nous empêche d'entendre la discussion sur la porte.

J'acquiesce fébrilement et réponds :

- Il faut qu'on sache de qui parle Ganglock ! C'est peut-être Rose qui a découvert le cadavre d'Hufflands !
- Rose n'est pas ma seule cousine à posséder une touffe de cheveux roux, remarque Potter d'une voix anormalement calme. Je pense qu'il s'agit plutôt de Roxane, elle avait cours avec Hufflands en première heure, elle me l'a dit ce matin avant que tu ne viennes t'incruster pour le petit déjeuner.

Je ne relève pas et reprends d'un ton ferme :

- Ecoute moi bien, Potter, tu vas trouver Roxane et moi je vais chercher Dominique.
- D'accord. On se retrouve à la Salle sur Demande, répond-t-il avant de disparaître dans les couloirs de sa démarche féline.

Je le suis des yeux quelques instants avant de partir dans la direction opposée. Je vais devoir sécher mes cours de l'après-midi mais j'estime que ceux-ci peuvent attendre, de toute manière j'étais censée avoir Hufflands et visiblement celui-ci ne sera pas capable de donner son cours.

Je jette un coup d'œil à ma montre qui m'apprend qu'il est presque quatorze heures et que les cours vont reprendre dans dix minutes. Il faut que je me dépêche de trouver Dominique. Je ne peux m'empêcher de penser que l'assassin de notre professeur de Défense Contre les Forces du Mal rôde sûrement encore dans les couloirs de ce château et je sens mon sang se glacer dans mes veines. Mon cœur bat à cent à l'heure et je me répète inlassablement de trouver Dom' et de ne penser à rien d'autre.

Le couloir que j'ai emprunté débouche sur un petit hall de pierres grises qui donne sur la Grande Salle. Je me précipite à l'intérieur, m'aperçois qu'elle est presque vide à l'exception de deux ou trois élèves qui sont en train de finir leur déjeuner et avise Dominique qui fourre des manuels dans son sac à la table des Gryffondors en compagnie de Rebecca Roberts, une de ses camarades de chambre.

- Dom' ! Il faut que tu me suives ! ordonne-je d'une voix impérieuse à mon amie en l'entraînant à ma suite dans le château.

*.*.*.*

J'attrape machinalement un livre relié de cuir qui se trouve à ma portée et le tripote nerveusement tandis que Potter prend la parole d'une voix grave sans m'accorder un regard.

- Bien, vous avez tous compris ce qui s'est passé, Etamora et moi étions dans le bureau de la directrice lorsque le professeur Ganglock est apparu. Il a annoncé à McGonagall la mort du professeur Hufflands qui a apparemment été découvert dans son bureau par Roxane, qui avait cours avec lui en première heure de la matinée. D'après Ganglock, Hufflands aurait ingéré un philtre de confusion avant de subir un sortilège impardonnable lui ayant donné la mort.

- Excellent résumé, remarque Dominique d'une toute petite voix, mais cela n'explique pas le délai important qu'il y a eu entre le moment où Roxane a découvert le cadavre de notre prof de DFCM et le moment où Ganglock est apparu dans le bureau directorial.

Ce que dit Dominique me paraît important et je pose mon regard sur la frêle silhouette de Roxane Weasley qui passe une main gênée dans ses cheveux roux foncés.

- J'ai en effet découvert le corps d'Hufflands à mon arrivée en classe en compagnie de Fred, ce matin, déclare la jeune fille en tremblant, au début, j'ai pensé que si Hufflands ne nous ouvrait pas la porte c'était parce qu'il était absent. Pour vérifier, Fred et moi nous sommes infiltrés dans la salle de classe et c'est là que nous avons vu son cadavre qui gisait par terre. J'ai d'abord cru que c'était un exercice qui était destiné à nous préparer à une future évaluation alors Fred et moi avons fait entrer les autres élèves dans la pièce tout à fait normalement pour assister au cours. Mais sitôt la porte refermée derrière le dernier élève de la file, il nous fût impossible de la rouvrir. Nous avons paniqué. Ce n'était pas normal. Une élève de notre promotion, Danny Pekins s'est approchée du cadavre et a hurlé. C'est là que nous avons compris. Il était mort. Le professeur Hufflands était mort. Le corps ne semblait pas avoir souffert de coups et il n'y avait aucune marque de blessure. Seulement une lueur terrifiée qui voilait le regard de notre professeur. Nous tremblions tous de peur face à cette scène horrible et nous avons souhaité sortir de la pièce sans succès. Fred et moi avons bien essayé d'ouvrir la pièce, aucun sort basique ne fonctionnait sur la serrure. Même Ryan Flint, le meilleur élève de notre année, n'a pas réussi à forcer le passage. On a été séquestré jusqu'à ce que le professeur Ganglock nous trouve, car on était censé avoir cours avec lui juste après Hufflands. Il m'a interrogée et a examiné le corps puis nous a désigné Fred pour emmener les autres élèves à l'infirmerie et je l'ai suivi. Après James est venu nous sortir de l'infirmerie grâce à la cape d'invisibilité.

Un silence pesant s'abat dans la pièce et je regarde l'assemblée réunie. Potter a réussi à dénicher Roxane et son frère jumeau, Fred, qui sont tous les deux assis sur des poufs et qui regardent leurs mains.
Les deux quatrième année ne semblent pas très en forme et ça n'est pas étonnant vu le cauchemar qu'ils ont vécu.

Assis à côté d'eux, Scorpius Malfoy, Rose Weasley et Albus Potter n'en mènent pas large. Juste après, il y a Potter, puis Dominique, Victoire et Louis et enfin Hugo et Lily. Molly et Lucy sont assises à côté de moi et fixent le sol, le visage blême. On croirait une véritable réunion de famille. Ghost, le chat de Molly, ronronne à nos côtés, semblant ignorer le tragique destin de notre professeur de Défense Contre les Forces du Mal.

Nous sommes tous réunis dans la Salle sur Demande et essayons de tirer au clair cette affaire. Personne ne semble d'humeur à plaisanter, encore moins Fred et Roxane qui ne sont pourtant jamais à court d'idées.

- Vous savez comment le professeur Ganglock a pu pénétrer dans la pièce ? demande-je à Fred et Roxane.
- Apparemment il lui a juste suffi de tirer la poignée, la porte ne lui a opposée aucune résistance, répond Fred.
- Intéressant, murmure Potter, cela signifie donc que la porte a volontairement été fermée de l'intérieur afin que le professeur Hufflands ne puisse pas ressortir mais seulement rentrer dans la pièce.

Un frisson me parcourt le dos et je lâche d'une voix tremblante :

- Cela veut aussi dire que l'assassin n'a pas pu sortir après avoir commis le meurtre car un sortilège comme celui-ci fonctionne à sens unique.
- Tu es en train de suggérer que nous étions en compagnie de l'assassin tout à l'heure dans la pièce ? m'interroge Roxane faiblement.
- Oui, murmure-je, c'est exactement ce que je suis en train de suggérer...
End Notes:
j'espère que ce chapitre vous a plu, à bientôt pour la suite !
Roxane-James
PS : une petite review ?
Chapitre 3 by Roxane-James
Author's Notes:

Hello !
voici le troisième chapitre parce que j'ai eu beaucoup de retours positifs et ça m'encourage énormément à poster et écrire cette FANfiction ! Donc un grand merci à Floriie,kikou14789,Fishypi !
Sinon mon rythme NORMAL de "postage" de FANfiction sera AU MOINS un vendredi sur 2 :D
J'espère que ce chapitre vous plaira

Chapitre 3

Les Potter-Weasley me fixent avec horreur et Malfoy entoure Rose de ses bras, en guise de protection.

- Tu es particulièrement intelligente, Etamora, remarque Malfoy. Si tu ne l'avais pas dit, nous aurions mis longtemps à penser à ce détail important.

- C'est horrible ! hurle Lily à l'adresse des jumeaux. Vous auriez pu vous faire tuer !

Fred et Roxane frissonnent avant de glisser des regards derrière eux, cherchant à deviner la moindre présence inopportune dans la pièce.

- Il n'y a personne d'autre que nous, nous rassure Victoire de sa voix chaleureuse, j'ai vérifié tout à l'heure en entrant dans la pièce.


Nous regardons notre aînée avec dévotion, rassurés par la précaution qu'elle a prise.

- Lily a raison, assène Hugo. Si vous étiez en compagnie de l'assassin tout à l'heure, vous auriez pu mourir.

- Ou même vous faire ensorceler... murmure la délicate voix de Louis Weasley, dans un coin.

Nous nous tournons tous vers le blond qui rougit faiblement à la lumière des bougies.

- Louis... Tu es en train de dire que... commence Rose d'une petite voix.

- Que peut-être qu'un des élèves a vu l'assassin du professeur et s'est fait ensorceler afin qu'il ne le dénonce pas.

- C'est horrible, murmure-je d'une voix sourde.

- Mais tout à fait possible, décrète Potter, n'oublions pas que l'assassin a lancé un sortilège impardonnable à Hufflands et un être pareil capable de meurtre n'aurait pas froid aux yeux et serait certainement capable d'ensorceler un élève avant de le tuer.

- Avez-vous remarqué un comportement étrange de la part de l'un des élèves ? demande Albus aux jumeaux.

- Non, répond Fred, nous avions bien trop peur pour faire attention à quoi que ce soit d'autre.

- C'est tout à fait normal, assure Victoire en lui souriant d'un air crispé.

- Qui sait de quoi est capable un assassin, murmure alors Lily d'une voix gutturale.

- Lily ! la reprend Albus, ne prends pas cette voix-la, tu me fais peur !

Un bref rire parcourt l'assemblée mais l'envie n'y est pas. Nous sommes tous sous le choc.

- J'ai une idée ! s'exclame soudain Molly d'une voix excitée. L'assassin d'Hufflands a dû se cacher dans le bureau d'Hufflands pendant que vous étiez dans la salle de classe. Ou alors il était caché dans la pièce.

- Peut-être ! fait Potter en me fixant curieusement. Je n'ai jamais été dans le bureau d'Hufflands, mais je crois que toi si, Etamora. Te souviens-tu d'un quelconque endroit où l'assassin aurait pu se cacher ?

- Honnêtement, réponds-je, le bureau de notre professeur n'a pas retenu mon attention, j'étais bien trop angoissée à l'idée de me faire renvoyer de cours pour songer à explorer la pièce du regard.

- Moi je m'en souviens ! souffle Dominique, j'y suis allée en fin d'année dernière pour rendre un livre que j'avais emprunté à notre professeur. Son bureau n'était pas très grand si mes souvenirs sont exacts, en revanche il était parfaitement rangé. Je crois qu'en plus du secrétaire d'Hufflands, il y avait deux ou trois meubles volumineux mais je ne pense pas qu'on aurait pu se cacher derrière.

- Ou dedans, rétorque Lucy en clignant des yeux, signe qu'elle réfléchit.

- Il faudrait que nous inspections le bureau, décrète Potter.

- Hors de question ! fais-je en foudroyant le Gryffondor du regard. Tu oublies qu'il y a eu un meurtre et que l'assassin rôde peut-être encore dans le château. On inspectera rien du tout, on va laisser faire les Aurors.

- Je ne pense pas que... commence Albus en me regardant gentiment.

- Que quoi ? l'interromps-je, que les Aurors seront à la hauteur ?! Ton père en est un, ne l'oublies pas, Al'. De plus, nous sommes des enfants. Notre sécurité est importante.

Albus affiche une mine butée mais ne reprend pas la parole.

- Si les Aurors viennent, lâche Potter.

- Bien sûr qu'ils vont venir ! rétorque-je, il y a eu un meurtre !

- Il se fait tard, déclare Dominique, pour couper court à la dispute qui se profile à l'horizon. C'est bientôt l'heure du dîner, nous devrions aller faire nos devoirs à la bibliothèque et aller dîner. Peut-être que ce soir il y aura de nouveaux éléments à ajouter sur la liste de l'enquête.

- Tu veux qu'on fasse nos devoirs alors qu'on a tous séché nos cours de l'après-midi ?! rit Malfoy.

- Dominique veut dire qu'on pourrait faire des recherches à la bibliothèque, traduit Rose pour son petit-ami.

- Des recherches concernant les sorts à sens unique ayant pour but de verrouiller une porte, ajoute-je.

- C'est une très bonne idée, affirme Victoire. Je propose qu'on les fasse en groupe, ces recherches.

- Oui, cela ira plus vite, ajoute Molly.

- Très bien, je me mets avec Dominique, dis-je.

- Et je viens avec vous, dit Potter.

Je le foudroie du regard mais me contente de dire :
- Comme tu veux, Potter.

- Albus, Scorpius et moi ferons les recherches ensemble, fait Rose.

- D'accord, Hugo, Lucy, Louis et moi aussi, dit Lily.

- Molly, Roxane et Victoire seront avec moi, dit Fred, ce qui clôt la discussion.

Une fois les groupes décidés, nous nous dirigeons ensemble vers la bibliothèque puis nous éparpillons entre les rayons. Potter, Dom' et moi prenons une table pas très loin du groupe de Victoire, Fred, Roxane et Molly et nous commençons les recherches sous le regard étonné de la bibliothécaire qui ne doit pas voir très souvent Potter venir ici.
Je parcours les rangées de livres de sortilège un peu désespérée en voyant le nombre d'ouvrages que nous allons devoir éplucher puis je commence à empiler des livres dans mes bras.
Armée de cinq bouquins d'une masse imposante, je reviens à la table et commence à lire pendant que Potter et Dominique font de même.
Je commence par lire "Mille et un sorts à sens unique" par Julian Novartis mais les caractères sont si petits que je peine à les déchiffrer si bien qu'au bout de deux heures passées à la bibliothèque, je n'ai lu que deux chapitres de dix pages chacun.
Le miaulement sonore de Ghost ( le chat de Molly qui nous a suivi jusque dans la bibliothèque) nous rappelle à l'ordre. C'est l'heure du dîner.
Un groupe après l'autre, nous nous dirigeons vers la sortie de la bibliothèque après avoir emprunté jusqu'à cinq livres par personne sous l'œil médusé de la bibliothécaire.

- Ma parole, nous dit-elle, vous êtes obsédés par les Sortilèges ! Faites-vous partie de la Secte Magique ?!
Nous riions puis nous échappons de la bibliothèque. En chemin vers la Grande Salle, je demande à Victoire ce qu'est la Secte Magique dont nous a parlé la vieille bibliothécaire.

- Oh, répond celle-ci, pour le moment je n'en sais pas plus que toi mais figure toi que j'ai justement emprunté un livre dessus qui pourrait peut-être nous aider concernant la... Heu... L'affaire "x".

- On va l'appeler l'affaire "x" ? demande Lily derrière nous.

- Oui, répond Victoire, ça vous va ?

Nous acquiesçons en cœur, et rejoignons la Grande Salle. La table de Serdaigle est remplie et je m'assois aux côtés de mes camarades pour ne pas éveiller de soupçons tandis que les Potter-Weasley rejoignent la table de Gryffondor et que Malfoy va retrouver ses camarades de Serpentard.

- Salut Etamora ! me salue un garçon de ma classe nommé Ethan Vertes, comment savais-tu qu'il n'y aurait pas cours cet après-midi ? Tu aurais pu nous en informer, tout de même !

Je jette un regard intrigué à Ethan qui me dévisage avec surprise :
- Ne me dis pas que tu as voulu sécher les cours de l'après-midi !

- Heu... Si. Je ne me sentais pas bien, mens-je.

- Ah ! De toute manière ce n'est pas grave puisque Hufflands était absent cet après-midi. On a pas pu avoir cours de l'après-midi.

- Ah bon ? fais-je, en réprimant une grimace devant l'air satisfait de Vertes.

- Il y a des rumeurs qui circulent à son propos, me chuchote alors le garçon en se penchant vers moi.

- Des... des rumeurs ?

- Apparemment le corps de Hufflands aurait été découvert dans son bureau après que celui-ci se soit pendu.

- Ah bon ? dis-je en avalant difficilement ma salive, et d'après qui ?

- Je ne sais pas, répond Vertes, mais je tiens cette information de Mélica Fontiny, une Poufsouffle de quatrième année qui était censée avoir cours avec Hufflands en première heure ce matin.

Un frisson parcourt mon dos tandis que je cherche la fameuse Mélica Fontiny du regard. Je connais la jeune fille, elle est une élève appliquée qui venait souvent me demander de l'aide pour ses cours de DFCM lorsqu'elle était en troisième année. Je l'avais rencontrée à la bibliothèque l'année précédente et je l'avais tout de suite appréciée parce qu'elle me faisait un peu penser à ma petite sœur avec sa longue tresse qui pendouillait dans son dos et son sourire bienveillant. Qu'est-ce qui avait bien pu pousser Mélica à diffuser cette rumeur dans l'enceinte du château ? Pourquoi ne pas avoir dit la vérité, ce qui c'était passé ? Parce que c'était un ordre de la directrice ou parce que l'assassin d'Hufflands l'y avait poussée ? Et si c'était juste pour se débarrasser de Vertes ? Ces questions tournent en boucle dans ma tête si bien que je peine à avaler la purée de citrouille qui se trouve dans mon assiette.

Au moment où le dessert fait son apparition à chaque table, je me lève et vais m'installer à côté de Dominique et lui fais part de ce que m'a raconté Vertes en toute discrétion. Quelques minutes plus tard, Malfoy nous rejoint également chez les Gryffondor et notre groupe se rassemble à l'extrémité de la table, loin des camarades des Potter-Weasley. Victoire et Albus discutent avec ardeur des sortilèges à sens unique et alors que Potter s'apprête à se mêler à la conversation, le professeur McGonagall prend place au-devant de l'estrade sur laquelle est installée la table des professeurs. Elle réclame le silence de sa voix autoritaire et le calme s'installe petit à petit dans la Grande Salle.

- Chers élèves, commence la directrice en regardant dans le vide, vous devez sûrement vous demander pourquoi vos cours de l'après-midi ont été supprimés ? Peut-être que certains d'entre vous en ont déjà pris connaissance et vous ont informé mais le décès du professeur Hufflands est la cause de ce remue-ménage. Votre professeur de Défense Contre les Forces du Mal a été retrouvé mort ce matin dans son bureau. Nous allons très vite le remplacer mais en attendant je dois m'assurer que tout le monde est en sécurité dans le château. Cette nuit vous dormirez dans la Grande Salle, tous ensemble. Je souhaiterais également que m'en informiez si jamais l'un de vos camarades réagissait de manière étrange ou inhabituelle ou qu'il manquait à l'appel. Si vous avez besoin de parler à quelqu'un, le corps professoral est à votre disposition. Pour ce qui est de vos cours, ils reprendront après-demain aux horaires habituelles. Demain vous aurez une journée libre à Pré-au-lard sous surveillance attentive de tous les professeurs de Poudlard pour les élèves âgés de moins de treize ans. Pour ce qui est de votre toilette, ce soir il y aura une mise en place d'un planning strict à respecter à la lettre. En résumé, remettez-en vous à vos préfets et écoutez-les.

La directrice retourna à sa place et le vacarme assourdissant qui régnait habituellement dans le réfectoire reprit son court.

- Je dois rejoindre les élèves de ma maison, dis-je à Dominique et aux autres.

- Moi aussi, je t'accompagne, dit Malfoy.

Nous retournons à nos tables puis lorsque les élèves finirent de manger, nous suivons les préfets jusqu'aux salles de bain communes habituellement fermées. Je pris ma douche en quatrième vitesse et me lavais les dents avant de suivre le flot des élèves jusque dans la Grande Salle. Une fois que mon nom fût inscrit dans le registre des personnes présentes, je partis à la recherche de Dominique afin d'installer mon duvet à ses côtés.

- Etamora ! m'appelle une voix que je ne connais que trop bien dans mon dos.

- Quoi Potter ?

- Dominique est partie !

James Potter se précipite vers moi, un air inquiet plaqué sur le visage.

- Comment ça Dominique est partie ? répète-je sans comprendre.

- Dans le bureau d'Hufflands !

Quoi ?! Mon sang ne fait qu'un tour, je me rue aux côtés de Potter dans les couloirs, à la recherche de mon amie. Le bruit de nos pas résonne sur le sol dur, et comme je suis en chemise de nuit je sens l'air glacial s'infiltrer dans tous les pores de ma peau, je claque des dents mais ne m'arrête pas de courir. Arrivés au deuxième étage, Potter et moi ralentissons un peu le rythme. J'ai le souffle court d'avoir couru et je n'ose même pas imaginer l'état dans lequel je suis. Mes cheveux que j'avais si soigneusement brossés après ma douche doivent être emmêlés.

- Tu es très jolie comme ça, Etamora, m'apostrophe Potter d'un air moqueur.

Je mets un doigt sur ma bouche pour lui signifier de se taire car j'entends des chuchotements qui se rapprochent du coude dans lequel on est. Je jette un regard terrifié à Potter qui me fait signe de reculer et nous nous retrouvons derrière une très longue et très large tapisserie qui couvre le mur. Potter tapote quelques pierres avec sa baguette magique puis une porte apparaît et il m'entraine à sa suite dans un passage secret qui m'était jusqu'alors inconnu.

Nous nous retrouvons collés l'un à l'autre dans un endroit minuscule, ce qui me déplaît fortement d'autant plus que je ne parviens pas à entendre les voix qui résonnent devant notre passage secret.

- J'espère qu'ils n'en ont pas pour longtemps, grommelle Potter en s'asseyant sur le sol glacial.

Je frissonne et me pose en face de lui, dans le silence le plus total.

End Notes:

Voilà ! j'espère que vous avez aimé ^^
laissez-moi un avis !
Roxane-James

Chapitre 4 by Roxane-James
Author's Notes:
Hey ! Je poste ce chapitre maintenant (vendredi soir) en espérant que vous l'aurez ce week-end ^.^
Merci à Floriie et kikou14789 pour vos reviews troooooop mignonnes et hyper encourageantes :)
(vous autres, lecteurs fantômes, laissez-moi une review, ayez pitié de moi XD)

Le fameux LOVE GAME sera introduit dans le cinquième chapitre ^.^ ahahahaha, ne m'étripez pas ! ;)

Petit rappel des personnages / groupes de recherche :

- Menthe Etamora, 16 ans, Serdaigle, personnage principal.
- Dominique Weasley, 16 ans, Gryffondor, meilleure amie de Menthe.
- James (Sirius) Potter, 16 ans, Gryffondor, déteste Menthe, meilleur ami de Dominique (et aussi son cousin, hein, mais je suppose que vous êtes tous callés sur la next gen, ici :D)

- Albus (Severus) Potter, 15 ans, Gryffondor, ancien petit-ami de Menthe, ami proche.
- Lou Dember, 15 ans, Serpentard, petite-amie d'Albus, peu appréciée par les cousins Potter-Weasley.
- Scorpius Malfoy, 15 ans, Serpentard, meilleur ami d'Albus.
- Rose Weasley, 15 ans, Gryffondor, petite-amie de Scorpius et meilleure amie d'Albus

- Molly Weasley, 14 ans, Gryffondor
- Roxane Weasley, 14 ans, Gryffondor, jumelle de Fred.
- Fred (II) Weasley, 14 ans, Gryffondor.

- Lily (Luna) Potter, 13 ans (et demi ! XD), Gryffondor, meilleure amie de Hugo et Lucy.
- Hugo Weasley, 13 ans, Gryffondor, meilleur ami de Lily et Lucy.
- Lucy Weasley, 13 ans, Gryffondor, meillleure amie d'Hugo et Lily.
- Louis Weasley, 13 ans, Gryffondor.

- Victoire Weasley, 17 ans, Gryffondor, ex de Teddy Lupin (ouiiiiin !) et aînée des cousins Potter-Weasley. Elle est en groupe avec Molly, Fred et Roxane normalement.

* Hufflands, prof de DFCM, assassiné.
* McGonagall : directrice de Poudlard.
* Ganglock : prof de Soins aux Créatures Magiques qui a découvert le cadavre.
* Mélica Fontiny : élève de 4ème année de Poufsouffle que Menthe aidait à faire sa DFCM l'année précédente.

Voilààààààààà, comme vous le savez, tout appartient à JK Rowling sauf mes OCs et le "scénario".
J'espère que ce chapitre vous plaira, je n'en suis pas très satisfaite et j'aimerais bien entendre vos avis ^.^

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture ^.^

Roxane-James

P.S : si tu as eu le courage de lire jusqu'ici, glisse "ananas" dans ta review :D
Chapitre 4


L'attente me semble interminable. Nous sommes plongés dans l'obscurité et pas un bruit ne vient entacher le silence pesant qui règne dans le minuscule cagibi que nous occupons. Potter semble s'être endormi et au bout d'une cinquantaine de minutes peut-être une heure, j'entends encore des bruits signifiant que des gens stagnent dans le couloir. Je ne peux pas sortir, je suis coincée ici, j'ai froid et j'ai très peur pour Dominique.

Et si Dominique s'était fait prendre par l'assassin de Hufflands ? Et si il l'avait tuée elle aussi ? Par Merlin, je n'ose même pas imaginer l'état d'inquiétude dans lequel doivent être les autres Potter-Weasley ainsi que Malfoy. Ils sont peut-être partis à notre recherche et se sont fait pendre eux aussi...


- Etamora, arrête de t'agiter ! grommelle Potter en plongeant son regard chocolat dans le bleu de mes yeux.
- Je ne m'agite pas, Potter ! rétorque-je en entortillant une mèche de mes cheveux blonds.
- T'as envie d'aller aux toilettes ? se moque-t-il.
- Non, mais peut-être est-ce ton cas ?! réponds-je en prenant un air suffisant.

Il y a un moment de flottement et je le vois esquisser un sourire qu'il s'empresse de déguiser.

- Je m'inquiète pour Dominique, souffle-t-il.
- Moi aussi.

Un long frisson me fait trembler, je me sens terriblement lasse. Mes yeux me piquent. J'ai affreusement sommeil mais je ne veux pas m'endormir d'une part parce que je m'inquiète pour Dominique et d'autre part parce que Potter est à côté de moi. Et ça n'est ni risible ni follement excitant.

- Tu as froid ? m'interroge Potter.
- Oui.
- Tiens, prends ma veste, dit-il en me la tendant.

Je le fixe d'un air suspicieux, persuadée que des souris ou d'autres cochonneries de ce genre vont s'échapper des poches du Gryffondor afin de s'attaquer à moi mais rien ne se passe. Il y a juste sa main, tendue vers moi, et moi qui hésite.

- Vas-y, prends-la, elle va pas te mordre ! insiste Potter.
- Merci, dis-je, en l'enfilant prestement.
Le silence s'installe de nouveau dans la pièce mais j'ai au moins un peu plus chaud qu'avant et au fur et à mesure que le temps passe, je me sens somnoler avant de sombrer dans un sommeil profond.


*.*.*.*

Je me réveille en sursaut, après un terrible cauchemar. J'ai du dormir quelques heures car Potter s'est à son tour assoupi, sa tête reposant contre mon épaule et nos bras entrelacés. Je me démêle de cette situation gênante en rougissant puis tends l'oreille. Je ne distingue pas un seul bruit dans le couloir, rien que le calme de la nuit. Je repense ensuite au meurtre de Hufflands puis à Dominique, errant seule dans les couloirs du château. Je sens l'angoisse remonter en moi, plus puissante que jamais. Je décide alors de réveiller Potter. Il faut qu'on regagne la Grande Salle et si Dominique n'y est pas, il faudra retourner à sa recherche.

- Potter ? murmure-je en le secouant brutalement.

Le concerné ouvre de grands yeux, perplexe avant de me dévisager d'un air abasourdi. Son regard erre sur mon visage avant de s'égarer sur le reste de mon corps, ce qui me fait rougir intensément.

- On a... On a fait quelque chose ? demande le Gryffondor, nerveusement.

Moment de tension, j'ai l'impression que mes oreilles sont en surchauffe...

- Non ! Non, bien sûr que non ! affirme-je, tendue.
- Ah. Tant mieux, déglutit l'autre imbécile. Mais qu'est-ce qu'on fout là, toi et moi ?
- Potter, ne me dis pas que tu ne te rappelle pas du meurtre de Hufflands... souffle-je.
- Dominique ! fait soudainement Potter en se levant si brusquement que sa tête cogne contre un mur dans un bruit sourd.
- Je n'entends pas de bruit, déverrouille la porte, intime-je en allumant ma baguette.
- Non, ne jette pas de Lumos, on pourrait nous voir. A trois on sort d'ici et on retourne en courant dans la Grande Salle, c'est clair ?
- Parfaitement clair, Potter.

Le garçon me jette un regard tendu et commence à compter tout en déverrouillant la porte. Je sens mon cœur s'emballer et la peur qui monte en moi est telle que je n'ai pas de mal à semer Potter dans les couloirs tant je cours vite. Au dernier virage qui me sépare de la Grande Salle, cependant, je ralentis. J'entends des bruits de pas et des murmures familiers. Au moment où je reconnais la voix de Rose Weasley et de Scorpius Malfoy, Potter apparaît à mes côtés, essoufflé. Nous rejoignons les deux compagnons au pas de course.

Ceux-ci ne paraissent pas surpris de nous voir, juste fatigués. Rose tient dans ses mains la carte du Maraudeur et nous explique qu'elle a été la chercher dans son dortoir à la nuit tombée en compagnie de Scorpius pour ensuite aller nous chercher.

- Vous voyez un petit point indiquant où se situe Dominique ? questionne Potter, anxieux.
- Dom' va bien, le rassure Rose. Albus et Lou Dember sont partis à sa recherche vers minuit grâce à la fameuse carte et l'ont trouvée dans la Réserve de la Bibliothèque. Elle a dit qu'elle n'a pas pu aller dans le bureau de Hufflands car le professeur McGonagall et un inconnu s'y trouvaient déjà.
- Ce sont les mêmes qui montaient la garde devant l'endroit où vous vous cachiez, nous informe Scorpius.
- Quelle heure est-il ? demande-je, fatiguée.
- Environ cinq heures du matin, répond Scorpius.
- Je vous propose qu'on remette à demain le conte de nos expéditions, dis-je, je suis vraiment fatiguée et j'aimerais bien dormir un peu.
- D'accord, fait Rose en me souriant, il faut faire attention parce que Rusard et les autres profs surveillent la Grande Salle.
- Comment avez-vous fait pour sortir, alors ? demande Potter en fronçant les sourcils.
Pour toute réponse, Rose sort de derrière son dos la cape d'invisibilité des Potter.
- Albus me l'a passée juste après avoir été chercher Dominique avec Lou.
- Il l'avait sur lui ? demande-je, intriguée.
- Bien sûr que non ! fait Potter, il a sûrement été me la piquer dans mon dortoir car elle n'en sort jamais d'habitude !

Je hausse les épaules et Rose étale la cape sur nous quatre puis nous avançons lentement dans les couloirs avant de rejoindre notre couchage d'un pas chancelant.

*.*.*.*


- Réveille-toi, Etamora.

J'ouvre des yeux gonflés par la fatigue et me retrouve face à Lou Dember, penchée sur moi.
La jolie jeune fille me sourit avant de me tendre un bol de chocolat chaud fumant et un toast à la marmelade.

- Merci, grommelle-je en m'emparant de mon petit-déjeuner avec avidité.
- De rien. Les autres sont partis à la bibliothèque entre eux et ils refusent de me dire quoi que ce soit. Même Albus ne veut pas évoquer la raison de leurs recherches devant moi. Ils m'ont juste dit de te réveiller vers dix heures.
- Et il est ?
- Dix heures et demi. Tu avais l'air si fatiguée que j'ai préféré te laisser dormir encore un peu. La Grande Salle est quasi-déserte de toute façon.
- Où sont les autres ? demande-je, intriguée.
- Ils sont dans le parc pour la plupart ou à la bibliothèque. On a pris notre petit-déjeuner ici il y a une heure environ, je suis étonnée que tu n'aies pas été réveillée par le vacarme qui y régnait !
- J'ai un sommeil de plomb, réponds-je en riant.
Lou Dember se lève doucement et me tends mon uniforme en me racontant sa folle aventure de la nuit dernière :
- Albus est venu me voir vers onze heures et demi dans la soirée, après s'être délusionné entièrement pour que les profs ne remarquent pas qu'il bougeait. Il m'a rapidement expliqué que Dominique avait sûrement voulu aller faire un tour dans le bureau de Hufflands et qu'il voulait la récupérer alors on a pris la carte du Maraudeur et on s'est mis à sa recherche. On vite vu qu'elle se trouvait dans la Réserve et nous n'avons eu aucun mal à la trouver. Ensuite, tous les trois, on a été chercher la cape d'invisibilité des Potter dans le dortoir du frère d'Albus. Puis on est redescendu rapidement car on a entendu des bruits de pas et nous sommes retournés dans la Grande Salle où nous avons donné la cape et la carte à Rose Weasley et Scorpius Malfoy dans le but qu'ils partent à votre recherche. Ils sont restés tellement longtemps dehors qu'on a fini par s'endormir et nous ne vous avons pas vu revenir.

- Et tu sais certainement ce qui s'est passé pour Potter et moi pendant ce temps ?
- Oui, il nous a tout raconté au petit-déjeuner. Victoire Weasley était furieuse, elle était folle d'inquiétude pour vous cette nuit.
- Je vais prendre une douche, fais-je, on se retrouve dans une demi-heure devant la bibliothèque ? demande-je à ma camarade.
- Non, je viens avec toi. Je dois faire ma toilette, moi aussi, m'assure Lou.

Je souris et l'entraîne à ma suite dans la grande salle de bain puis nous nous douchons et faisons notre toilette. Une fois habillées et coiffées, nous décidons de rejoindre nos compagnons à la bibliothèque.

*.*.*.*


- C'est hors de question que cette fille fasse partie de nos plans ! s'exclame l'aîné de la fratrie Potter en fusillant Dember du regard.
- Cette "fille" est ma petite-amie, hurle Albus. Et Lou a parfaitement le droit de nous aider, elle nous sera très utile et elle est digne de confiance ! Menthe a eut raison de l'emmener avec elle !
Je suis d'accord avec Albus mais je n'interviens pas.
- Je vous assure que je ne dirais rien, affirme la jeune fille en fixant ses pieds.
- James, intervient Molly, Lou nous a vraiment été utile hier soir et je suis sûre qu'avoir une personne de plus à nos côtés ça n'est pas négligeable.
- Elle a raison, James, soupire Dominique à contre-coeur. Laisse Dember nous aider.

Pour toute réponse, Potter saisis sa baguette et menace la Serpentard avec en lâchant ces quelques mots :

- Si tu nous trahis, Dember, tu vas le regretter.
- Je ne vous trahirai pas, affirme-t-elle en affrontant le regard de Potter sans sourciller.

- Bien ! fait Roxane en fixant Dember d'un air étrangement calme, je pense que tu devrais rejoindre le groupe d'Albus, de Rose et Scorpius pour les recherches. Ils t'expliqueront tout ce qu'il faut savoir.
Lou acquiesce puis les groupes se reforment et je me retrouve en compagnie d'un James Potter d'humeur assassine et d'une Dominique Weasley magnanime. Louis Weasley, assit non loin de moi, me fait un clin d'œil qui est censé me porter chance...

*.*.*.*


- Je ne comprends absolument rien à ce que je lis ! s'exclame Dominique, exaspérée.

La jolie rousse rejette une de ses mèches de cheveux en arrière et mordille l'extrémité de sa plume sans conviction. Elle tient entre ses mains le livre "Sorts pour Serruriers" par Hulbert Toner mais semble relire la même page depuis tout à l'heure. De son côté, Potter reste fidèle à lui-même : il est imbuvable. Il ne cesse de critiquer la façon dont Lou Dember a intégré le groupe, Lou Dember en elle-même et son frère. Il n'arrête pas de marmonner des obscénités à son égard et je m'en prends plein la tête aussi puisque c'est moi qui ai décidé d'avertir Lou de l'objet de nos recherches.

- Etamora ? Qu'est-ce que tu fiches ici ? Tu ne devrais pas être dehors par ce temps magnifique? m'apostrophe une voix que je ne connais que trop bien dans mon dos.

Je me retourne vivement et me retrouve face à Francklisht, dont l'expression mutine fait fondre mon coeur. Il désigne une fenêtre de la bibliothèque d'un geste décontracté, m'informant par la même occasion de l'ironie de ce qu'il vient de dire. Dehors, le temps est nuageux et le soleil semble s'être terré loin de Poudlard et de ses environs.

- Oh, salut Francklisht, dis-je en essayant d'avoir l'air détendue, je préfère réviser...
- Qu'est-ce que tu lis ? me demande le jeune homme en s'emparant de mon bouquin qu'il feuillète quelques instants avant de me le rendre. Des sortilèges ?
- Oui, fais-je en rougissant de plus belle, c'est ma... heu... ma matière préférée !

C'est totalement faux bien sûr et je n'ose même pas regarder Dominique parce que sa tête pourrait me faire changer de couleur. Moi, je suis plus une adepte des cours de Potions même si étudier les sortilèges ne me dérangent pas en bonne petite Serdaigle que je suis.

- Certainement parce que nous sommes assis à côté dans ce cours-là, rit Francklisht en me lançant un clin d'œil taquin.

J'entends Potter soupirer dans mon dos et Dominique étouffer un rire mais je préfère les ignorer et me concentrer sur le magnifique regard bleu de Francklisht.

- Et toi, qu'est-ce que tu fais là, Francklisht ? demande Potter d'une voix moqueuse. Tu es venu draguer Etamora ?!

Francklisht éclate de rire, ce qui me vexe un peu, je dois le dire, et répond d'une voix secouée de tremblements:

- Non, je suis venu chercher tous les élèves se trouvant dans la bibliothèque. Je ne sais pas si vous vous en rappelez mais on a une sortie à Pré-au-lard de prévue aujourd'hui à cause de... de la mort d'Hufflands.

L'expression de son visage est redevenue sérieuse et ses sourcils se froncent. Je jette un coup d'œil à Dominique qui hausse les épaules avant d'ajouter :

- On continuera notre "travail" plus tard !
Potter se relève d'un bond de la chaise sur laquelle il était assis et se dirige vers la sortie de la bibliothèque en nous lançant :
- On se retrouve au village !

Puis il disparaît dans les couloirs du château, seul. Francklisht prend congés de nous avec délicatesse et s'en va avertir les autres élèves de la bibliothèque pendant que Dominique et moi sortons en hâte du château afin de se refroidir la tête.

En chemin, Dom' et moi ne traînons pas.

- Je ne comprends pas pourquoi on a assassiné Hufflands, fait Dominique en esquissant une expression soucieuse. Ce prof s'entendait plutôt bien avec ses collègues et ses élèves l'appréciaient en général.
- Peut-être un vieil ennemi ? suggère-je en remontant le col de ma cape sur mon cou.
- Oui. Ou peut-être est-ce une affaire d'héritage et d'épouse complètement cinglée ? propose Dominique.
- Ma vieille, tu as trop lu de romans moldus! ris-je en lui tapotant l'épaule d'un geste amical.

Dominique éclate de rire puis se fige soudainement. Ses yeux s'agrandissent mais elle est incapable de prononcer un mot.

- Dom', qu'est-ce qui se passe ? fais-je, anxieuse. Dom ! Réponds-moi !
- On aurait du commencer par ça, Menthe ! Nous sommes stupides !
- Par quoi ?! Je ne comprends pas ce que tu dis, Dom' !
- Par faire une liste des fréquentations d'Hufflands, bien sûr ! On devrait fouiller dans son passé, voir si il avait des ennemis !
- Cela me paraît être un peu énorme comme travail, non ? demande-je en écarquillant les yeux sous le choc.
- Bien sûr que c'est énorme ! affirme Dominique en faisant de grands gestes avec ses bras, et c'est pour ça que ce n'est pas nous qui allons dresser cette liste !
- Qui alors ? demande-je en haussant les sourcils, perplexe.
- La mère de Molly et Lucy ! s'écrie Dominique.
- Audrey Weasley ?
- Bien sûr ! C'est une enquêtrice, tu ne savais pas ? Elle fait partie de la brigade de la police magique. Son but à elle, c'est de chercher des informations à propos de ses clients. Elle pourrait peut-être nous aider...
- Tu penses vraiment qu'elle le ferait ? demande-je d'une voix soupçonneuse.
- De toute manière, les Aurors vont venir enquêter à Poudlard et elle va certainement les accompagner. On pourra lui soutirer des informations à ce moment-là.
- Et si on n'y arrive pas ?
- La cape d'invisibilité doit bien servir à quelque chose, non ? Ainsi que les oreilles à rallonge de l'oncle George ? me glisse Dominique à l'oreille tandis que nous pénétrons dans Pré-au-lard.

*.*.*.*


La plus belle saison pour voir le village de Pré-au-lard est certainement l'automne. A cette époque de l'année, les couleurs sont magnifiques et il est aussi agréable de se promener dans les rues pavées que d'entrer se mettre au chaud dans un bar. Dominique et moi avons passé la matinée à se balader dans le village en riant et bavardant comme si le meurtre d'Hufflands n'avait jamais fait partie de nos vies. Nous avons retrouvé les autres aux Trois Balais, à l'heure du déjeuner et nous leur avons exposé le plan de Dominique. Lucy et Molly n'ont pas rechigné à envoyer une lettre à leur mère et ceci fait, nous avons décidé de nous rendre dans la célèbre boutique de George Weasley "Farces et Attrapes pour Sorciers Facétieux".

J'entre dans la boutique avec soulagement, heureuse de sentir la chaleur de l'endroit envelopper mon corps frigorifié. Comme d'habitude, mon regard divague sur chaque élément exposé dans la boutique, sur les étalages divers de marchandise et sur les gamins qui encombrent le passage avec joie. Je me sens parfaitement à l'aise et heureuse dans cette boutique aux tons colorés et joyeux. Albus, Lily et leur frère sont partis chercher leur oncle dans l'arrière-boutique et pendant ce temps, je reste avec Fred et Roxane qui me montrent les nouveaux produits de leur père, des étoiles plein les yeux.

- Ceci est une potion qui peut rendre invisible la personne qui la boit pendant plusieurs heures, m'indique Fred, fièrement. J'ai aidé mon père à la réaliser.

J'avais déjà remarqué que Fred était un bon potionniste du haut de ses quatorze ans mais je ne le pensais pas capable de concevoir une potion aussi formidable que celle-ci à son âge.

- Et ces nouveaux bonbons sont ma réalisation, m'indique Roxane en désignant de drôles de pastilles violettes et oranges. Ils provoquent des rêves éveillés qui peuvent durer de une à cinq minutes.

- C'est formidable ! m'exclame-je, je suis folle de cette boutique ! Il faut qu'on fasse des tas de provisions !
- Je croyais que tu étais une élève sage et disciplinée, glisse une voix à mon oreille.

Je me retourne et découvre Albus qui me sourit avec une pointe d'amusement, accompagné du père de Fred et Roxane.
George Weasley est un bel homme particulièrement gentil et agréable. Ses yeux pétillent de malice d'une manière telle qu'on ne peut que l'adorer et ses éclats de rires et ses blagues ne peuvent le rendre que plus sympathique.

- Bonjour Menthe, me salue le propriétaire du magasin armé d'un sourire éclatant, tu voulais refaire ton stock ?
- Oui !
- Suis-moi dans l'arrière-boutique, alors.

*.*.*.*


- J'ai entendu parler du meurtre du professeur Hufflands. J'espère que Dominique, James et toi ne vous êtes pas mis en tête d'enquêter...

Je rougis légèrement et préfère ne pas répondre à George Weasley.

- Je suppose que ton silence équivaut à une réponse affirmative, soupire George, amusé. Alors, qu'avez-vous trouvé ?
- Pour l'instant rien de spécial, réponds-je, Fred et Roxane nous ont seulement raconté leur expérience cauchemardesque dans la salle de classe d'Hufflands et nous soupçonnons l'assassin d'avoir apposé un sortilège à sens unique sur la serrure car ils n'ont pas pu ouvrir la salle de l'intérieur mais de son côté le professeur Ganglock n'a eu aucun mal à les libérer de l'extérieur.
- Intéressant. Mais dis-moi, Menthe, tu t'y connais en sortilèges à sens unique ?
- A vrai dire pas spécialement, ma mère m'en a parlé une ou deux fois et m'a brièvement expliqué ce que c'était mais c'est tout. C'est pour ça qu'on fait des recherches à la bibliothèque.
- Faites attention, tout de même. Vous avez le chic pour vous retrouver dans des situations impossibles, prévient George, visiblement inquiet.
- Tout va bien, assure-je, nous sommes toujours en groupes pour les recherches. Comme c'est Victoire la plus grande, elle s'est mise avec Molly, Fred et Roxane pour les surveiller parce qu'ils ont une certaine tendance à faire des bêtises, Albus, Scorpius, Lou Dember et Rose sont ensemble, Lucy, Lily, Louis et Hugo aussi et enfin Dominique, James et moi nous sommes réunis.
- On croirait une véritable secte d'enquêteurs ! rit George.
- C'est vrai. George, tu ne penses pas que cette affaire ne nous concerne pas et qu'on ferait mieux de rester à l'écart ? demande-je alors, prudente.
- Je pense que les Aurors vont prendre en charge cette affaire, si c'est ce que tu te demandes, mais qu'il est toujours intéressant de chercher à en connaître plus, tu devrais le savoir, Menthe, puisque tu es une élève de Serdaigle...
- Pas faux... fais-je dans un murmure.
- Bon, qu'est-ce que je te sers, Menthe ? me demande George en enfilant des gants de cuir de dragon.
- Je voudrais un sachet de poudre d'obscurité instantanée, un peu de ces bonbons qu'a inventé Roxane, de la potion d'invisibilité réalisée par Fred, des pastilles de gerbe, un stock de nougat néensang, des pastilles qui donnent des furoncles, des feux d'artifices made in Weasley, deux baguettes farceuses, des berlingots de fièvre, un marécage portable et une paire d'oreilles à rallonge, s'il-te-plaît, dis-je.

George emballa le tout puis me demanda la monnaie et je sortais enfin de la boutique, les poches pleines et le porte-monnaie un peu moins.
End Notes:
J'espère que ce court chapitre vous aura plu, je vous dit à vendredi prochain ^.^
Bisouuuuuuuuuus !
Et n'oubliez pas... Une review !

Roxane-James
Chapitre 5 by Roxane-James
Author's Notes:
Hey ! je poste maintenant le new chapter en espérant que vous l'aurez ce week-end ^.^
Merci à Floriie et kikou14789 pour vos reviews :) c'est toujours un plaisir de vous lire !
Chapitre 5


- Hors de question qu'on aille là-dedans, braille Dominique tandis que j'essaie de l'entraîner avec moi dans une boutique de prêt-à-porter féminin.
- Arrête de faire l'enfant, Dom' ! La prochaine sortie à Pré-au-lard sera dans un mois et il me faut absolument un pull chaud pour l'automne, rétorque-je, agacée.
- Tu peux très bien entrer là-dedans toute seule, Menthe ! râle Dominique.
- Tu sais bien que non, j'ai besoin de ton avis et la vendeuse me fait flipper !
- On se demande bien pourquoi...
- Peut-être parce que ton imbécile de cousin et toi-même avez commis plusieurs bêtises dans la boutique en ma présence et en m'accusant à votre place ! réplique-je, furieuse.
- Bon, bon, ça va... Je viens ! soupire Dominique en me tirant la langue puérilement.

Je lève les yeux au ciel et rentre dans la boutique en tirant Dominique par le bras. Lorsqu'elle entend le carillon de l'entrée se déclencher, la vendeuse accoure, toute contente mais lorsqu'elle nous reconnaît son sourire n'est plus qu'une affreuse grimace.

- Appelez-moi en cas de problème, nous glisse-t-elle avant de retourner se poster derrière le comptoir d'un air revêche.

C'est ça, ouais. Je m'empresse de filer dans le rayon destiné aux pulls bien chauds et en empile une demi-douzaine dans mes bras avant de me diriger tranquillement vers la seule cabine d'essayage du magasin. S'ensuivent de longs et laborieux essayages mais au bout d'une demi-heure, j'ai finalement opté pour un pull violet en cachemire et deux autres noirs en laine fine. Je ressors de la boutique satisfaite de mes achats, la bourse complètement vide.

- Où est-ce qu'on va, maintenant ? me demande Dominique en jetant un sort de diminution sur les sacs que je porte.
- Merci. On a dit aux autres qu'on se retrouvait dans le parc du château vers dix-huit heures. Je pense qu'il est temps de rentrer. Les cours reprennent demain et nous n'avons toujours pas...
- Enquêté, me coupe Dominique, excitée.
- Je pensais plutôt à "travaillé", siffle-je.
- Oh, Menthe... On n'aura pas beaucoup d'autres occasions que ce soir pour s'introduire en douce dans le bureau d'Hufflands ! me supplie Dominique.
- Je ne sais pas si c'est une bonne idée que de se mêler de cette affaire, Dominique...
- Bien sûr que non, ce n'est pas une bonne idée ! Mais c'est justement ça qui est excitant !
- Je n'en suis pas certaine, Dom'.
- Menthe ! Tu es si... rhaaa... tu n'en as pas marre de ta petite vie tranquille dans laquelle il ne se passe rien ?!
- Nous parlons d'un meurtre, Dominique ! m'énerve-je.
- Justement ! Il ne se passe jamais rien à Poudlard ! Il est temps de donner un peu de piquant à notre scolarité, Menthe !
- A chaque fois que tu prononces ces quelques mots, on peut être sûr qu'un désastre total va survenir ! réplique-je en faisant des moulinets avec mon poignet.
- Ne me dis pas que toutes les petites aventures que nous avons vécu avec James ne t'ont pas amusée, Menthe ! se plaint alors Dominique en m'incendiant du regard.
- J'aurais préféré avoir une scolarité sans embûches, Dom' !
- Pour mourir d'ennui ?! réplique mon amie en levant les yeux au ciel.
- Bien sûr que non, pour travailler !
- Menthe Etamora, ne me fais pas le coup de la petite fille sage et bien rangée qui n'aime pas s'amuser, seulement lire et étudier ! Tu n'es pas cette personne ! Tu aurais pu avoir ta place chez les lions aussi bien que James et moi !
- C'est faux ! hurle-je, je suis une élève de Serdaigle ! Je ne suis pas comme toi, Dom' ! Et encore moins comme ce crétin de Potter ! Je suis loin d'être courageuse !
- Tu as choisi Serdaigle ! rugit Dominique à son tour, mais le Choixpeau t'avait proposé une place à Gryffondor ! C'est toi-même qui me l'a dit !
- Justement ! Ce sont nos choix qui montrent ce que nous sommes, Dominique.
Je lui tourne le dos et continue à avancer, la tête baissée, en colère.
- Si tu as fais ce choix-là, poursuit Dominique d'une voix un peu plus calme, c'est parce que tu as pensé qu'il valait mieux pour toi montrer ton côté brillant que ton côté courageux. Jamais je ne te le reprocherai mais je veux seulement que tu saches que tu es brave, toi aussi, Menthe, et qu'il faut que tu te bouge un peu dans la vie parce que les études et tout ça c'est bien beau mais tu es capable d'autre chose !

J'en reste muette d'étonnement. Je n'ai jamais imaginé ma vie autrement que sous la forme du chemin le plus simple : aller à Poudlard, faire de longues études, travailler, élever des enfants, me marier et puis mourir.

Je ne peux renverser ce schéma sur un coup de tête.

- Menthe... souffle Dominique à voix basse, je veux découvrir la vérité et je pense que tu pourrais nous aider. Je ne te laisserai pas tomber, promis.
- D'accord. Mais je te préviens, si...
- Oui ! je sais ! m'interrompt Dom', les yeux brillants, c'est la dernière fois que tu fais ça et gnagnagna !

*.*.*.*

Nous sommes rassemblés dans la Salle sur Demande et nous avons repris les mêmes places qu'hier. Il est vingt-deux heures et nous venons de dîner dans la Grande Salle. Au cours du repas, nous avons vu débarquer les Aurors (une dizaine) et le nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal qui s'est rapidement présenté à l'assemblée.

Il s'appelle Isaac Forestman et doit avoir une vingtaine d'années tout au plus, il est grand, séduisant et semble ravi d'avoir été nommé à ce poste malgré les conditions funestes.

Demain nous reprenons les cours et nos dortoirs sont de nouveau réhabilités, ce qui fait que nous avons eu du mal à en sortir sans se faire prendre par les préfets en patrouille. Nous avons finalement réussi et avons décidé d'attendre minuit avant de nous promener dans le château car les rondes se terminent vers onze heures trente.

- Qu'est-ce que vous voulez faire en attendant ? demande Victoire.

Scorpius Malfoy lève la tête du livre dans lequel il est plongé et dit :

- Je propose qu'on fasse un jeu.
- Oui, d'accord, mais lequel ? interroge Rose en lui caressant les cheveux du bout des doigts.
- On n'a qu'à faire un Action ou Vérité ? propose Lou Dember en haussant les épaules.
- Hors de question, rétorque Potter en la regardant d'un air mauvais.
- Je trouve que c'est une bonne idée, contre Albus en entourant la taille de la jeune fille de ses deux bras.
- J'ai une meilleure idée, fait Dominique, les yeux brillants. Ecoutez-moi attentivement !
Nous nous penchons tous vers elle et mon amie prend un ton de conspiratrice qui ne m'inspire pas du tout confiance.
- Nous allons inventer notre propre jeu, commence la jolie rousse. Un jeu de séduction. Chacun d'entre nous devra se munir d'un morceau de parchemin sur lequel il écrira son nom, et quelqu'un lancera un enchantement qui liera la victime à une autre personne se trouvant dans le château, au hasard. Au cours de l'année, vous allez devoir séduire cette personne.
- D'accord, ricane Potter, mais comment on fait pour gagner ?
- Cette personne devra vous dire "je t'aime". Le premier qui reçoit cet aveu a gagné...

*.*.*.*

- Vas-y, Menthe, écris ton nom, m'encourage Victoire en se saisissant de sa baguette magique.

Je gribouille à la va-vite mon nom sur le petit bout de parchemin que je tiens entre mes mains et le donne plié en deux à Victoire qui a déjà collecté les autres.

- C'est "safe" au moins, votre truc ? je demande, pas très rassurée.
- Bien sûr, sourit Victoire d'un air amusé, sinon je ne le ferais pas !

Tu parles. Faut pas oublier que Victoire a beau être l'aînée des cousins Potter-Weasley, c'est une Gryffondor aussi téméraire que les autres !

- OK, regardez-moi bien, lance Victoire à la cantonade, je vais lancer le sortilège au centre de la pièce. Une fois exécuté, une forte lumière blanche devrait se propager. Elle a pour but d'aveugler les personnes qui chercheraient à deviner quelle sera votre "cible" durant le jeu. Vous disposerez d'une trentaines de secondes pour découvrir son nom puis votre papier sera réduit en poussière. L'identité de votre victime devra rester secrète durant toute la durée du jeu. Tout le monde a bien compris ?
- Oui ! hurlent les autres en coeur, excités comme des puces.
- Personne ne se décommande maintenant ? nous demande encore la jeune fille.
- Lily, tu devrais peut-être... commence Potter d'une voix gênée.
- Hors de question, James ! le coupe sa sœur, j'ai treize ans et demi et je fais ce que je veux ! Regarde, Rose ne dit rien à Hugo et Molly ne dit rien à Lucy ! Il n'y a que toi pour s'inquiéter de ce genre de choses ! Même Albus ne m'a rien dit !

Devant la fougue de Lily, Potter ne trouve d'autre solution que d'abdiquer.

Victoire prend alors place au centre de la pièce et sort sa baguette magique de sa poche, l'air satisfait. La tension monte d'un cran dans l'assemblée. Je fixe le bout de bois d'un air anxieux, me demandant si je ne suis pas en train de faire une énorme erreur. Mais c'est trop tard, je vois Victoire commencer à articuler silencieusement la formule magique qu'elle a trouvé dans un livre de la Salle sur Demande et la lumière dont nous parlions précédemment se propage dans la pièce. Je vois un petit morceau de parchemin voleter jusqu'à moi et je m'en empare précipitamment.

Je le déplie avec des gestes brusques, pressée par le temps. Mes doigts et ma vision tremblent tandis que je tente de déchiffrer les petits symboles écrits sur le papier. Soudain, je comprends ce que je suis en train de lire. Ce nom m'est familier. Le papier se réduit en un petit tas de cendres, à mes pieds...
End Notes:
J'espère que ça vous aura plu ;)
Ce chapitre n'est pas hyyyyyper bien mais il est très important parce qu'il introduit THE LOVE GAME, voilà voilà ^.^ mais comme ce chapitre n'est pas génial et que je suis gentille, je vais vous poster le chapitre 6 soit demain soit dans la semain et le chapitre 7 vendredi ^.^
voili voilou.
N'oubliez pas la review :D
Roxane-James
Chapitre 6 by Roxane-James
Author's Notes:

Coucou ^.^ Aujourd'hui est un grand jour, je viens juste de terminer la lecture d'Harry Potter et l'Enfant maudit. La fin d'une aventure extraordinaire. Je suis un peu triste :')

(SANS SPOILER ) : Pour ceux qui ont lu Harry Potter et l'enfant maudit (et les autres) ma FANfiction ne prend en compte les tomes qu'à partir de l'épilogue du 7. En gros, le 8 (HP et l'enfant M) n'est pas pris en compte puisque j'ai commencé cette FANfiction sans l'avoir lu, voilà, voilà :)

Je remercie kikou14789, Fishypi, danouloulou, Lily-chan et Floriie pour vos reviews :) vous êtes tous (toutes ?!) adorables, ça fait tellement plaisir d'avoir vos avis comme ça :) et aussi un grand merci à ceux ou celles qui ont mis cette FANfiction en favoris :

4li_be; Ajepenac; Angel49; danouloulou; Fishypi; Floriie; kikou14789; MissMD; Samyna ;)

 N'hésitez pas à me laisser vos avis, également (pour ceux qui ne l'ont pas déjà fait XD) et vous, lecteurs fantômes, n'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de cette FANfiction ;) Je pars en vacances vendredi pendant un peu plus d'une semaine d'où le "postage" de chapitre remis à maintenant.

 Je pense poster un autre chapitre demain soir avant de m'en aller également :) J'espère que j'aurais des retours :D et je vous dis à demain !

 Petit rappel des personnages / groupes de recherche :

 - Menthe Etamora, 16 ans, Serdaigle, personnage principal.

- Dominique Weasley, 16 ans, Gryffondor, meilleure amie de Menthe.

- James (Sirius) Potter, 16 ans, Gryffondor, déteste Menthe, meilleur ami de Dominique (et aussi son cousin, hein, mais je suppose que vous êtes tous callés sur la next gen, ici :D)

- Albus (Severus) Potter, 15 ans, Gryffondor, ancien petit-ami de Menthe, ami proche.

 - Lou Dember, 15 ans, Serpentard, petite-amie d'Albus, peu appréciée par les cousins Potter-Weasley.

- Scorpius Malfoy, 15 ans, Serpentard, meilleur ami d'Albus.

- Rose Weasley, 15 ans, Gryffondor, petite-amie de Scorpius et meilleure amie d'Albus

- Molly Weasley, 14 ans, Gryffondor

- Roxane Weasley, 14 ans, Gryffondor, jumelle de Fred.

- Fred (II) Weasley, 14 ans, Gryffondor.

- Lily (Luna) Potter, 13 ans (et demi ! XD), Gryffondor, meilleure amie de Hugo et Lucy.

- Hugo Weasley, 13 ans, Gryffondor, meilleur ami de Lily et Lucy.

- Lucy Weasley, 13 ans, Gryffondor, meillleure amie d'Hugo et Lily.

- Louis Weasley, 13 ans, Gryffondor.

- Victoire Weasley, 17 ans, Gryffondor, ex de Teddy Lupin (ouiiiiin !) et aînée des cousins Potter-Weasley. Elle est en groupe avec Molly, Fred et Roxane normalement.

* Hufflands, prof de DFCM, assassiné. * McGonagall : directrice de Poudlard. * Ganglock : prof de Soins aux Créatures Magiques qui a découvert le cadavre. * Mélica Fontiny : élève de 4ème année de Poufsouffle que Menthe aidait à faire sa DFCM l'année précédente. * Professeur Forestman : nouveau prof de DFCM

Voilààààààààà, comme vous le savez, tout appartient à JK Rowling sauf mes OCs et le "scénario". J'espère que ce chapitre vous plaira :) je vous souhaite une bonne lecture ^.^ Roxane-James p.s : si tu as lu jusqu'ici (choixpeau !), introduis le mot "ventilateur" dans ta review XD

Chapitre 6


James Sirius Potter. C'est le nom qui était inscrit sur le papier. Je fixe encore le tas de cendres, agacée et perplexe. Je ne comprends pas pourquoi j'écope du pire crétin de la terre à draguer. Je ne vais jamais gagner ce pari !

Je redresse la tête, curieuse de voir les expressions qu'affichent les autres joueurs. Ils sont neutres pour la plupart mais Dominique fronce le nez, visiblement indécise. Seule Victoire paraît détendue. Cela me semble d'ailleurs étrange...

- Dis-moi, Victoire, tu ne sors pas avec Teddy Lupin ? demande-je en plissant les yeux.

La jeune fille me fixe quelques instants de ses yeux clairs et sourit d'un air canaille avant de rétorquer :

- Non, nous avons rompu pendant les vacances d'été.
Ah. Je ne savais pas. Et visiblement je ne suis pas la seule puisque Molly, Lucy et Rose regardent leur cousine avec un air ahuri. J'hausse les épaules, ce ne sont pas mes affaires et je ne vais certainement pas me mêler de ce genre d'histoires auxquelles je ne comprends rien. Je me contente de m'interroger sur les conséquences du jeu par rapport aux relations qui en découleront entre certains joueurs : Rose et Scorpius, par exemple. Ils sont en couple mais jouent en adversaires. Cela doit leur faire bizarre. Heureusement que ça n'est qu'un jeu d'adolescents. C'est pareil pour Albus et Lou. Remarque, il y a quelques tensions entre eux mais je suis persuadée qu'ils s'aiment réellement.
Quant à moi, je n'ai absolument pas envie de me tenir aux côtés de Potter. Merlin, que ce garçon est énervant ! C'est à peine si je peux le supporter !

Je viens de penser à quelque chose qui pourrait bien me compliquer la tâche : Potter aussi a un défi. Et je sais qu'il possède un tel esprit de compétition qu'il va absolument vouloir gagner. Comment vais-je faire, moi ? C'est impossible ! Oh, Merlin, il va encore m'arriver des tonnes de problèmes suivis de tonnes de complications !
Je pousse un soupir strident avant de relancer la conversation sur notre enquête. Après tout, nous sommes censés passer à l'action ce soir et nous n'avons pas élaboré de plan précis, ce que mon esprit d'élève de Serdaigle désapprouve au plus haut point.

- Alors, vous avez des idées pour ce soir ? demande-je en fronçant les sourcils.
- On va rentrer par effraction dans le bureau d'Hufflands, me répond Dom' en haussant les épaules d'un air décontracté.
- Je sais, rétorque-je, et sachez d'ailleurs que je désapprouve totalement cette idée vraiment stupide et irresponsable et que je...

Je suis coupée en plein élan par Potter qui le répond d'une voix acerbe "qu'il n'en a rien à foutre de mes plaintes et de ce que je pense et que je ferais bien de la fermer." Tout ça avec le ton le plus poli qu'il puisse exister. Cette dernière phrase était une vanne.

- De toute manière, tu m'as dit que tu acceptais, ma balance Dominique à la figure en me dissuadant de recommencer à me plaindre d'un geste agacé.
- Bon, d'accord, bougonne-je.
- Tu parlais d'un plan ? reprend Victoire d'une voix douce. Il se trouve que j'ai une idée.

FOR-MI-DABLE. Victoire Weasley a un plan. Je sens que je vais passer la soirée la plus riche en aventures de ma vie. Après tout, ce n'est pas comme si elle avait adhéré avec un grand enthousiasme au jeu de Dom'...

Les autres se penchent tous vers la jolie blonde avec un certain intérêt et je m'empresse de les imiter en maudissant Hufflands de s'être si ridiculement fait tuer.

- Nous aurons besoin de la cape d'invisibilité, de la carte des Maraudeurs et de bonbons du magasin d'oncle George, énonce Victoire d'une voix claire.
Je vois son frère Louis acquiescer avant de marquer ce que vient de dire Victoire dans un petit carnet sorti de nulle part.
- Ok, fait Albus, continue Victoire.
- Bien, reprend la jeune fille en remettant une mèche de ses cheveux derrière son oreille, nous n'allons pas pouvoir tous entrer dans le bureau d'Hufflands, d'autant plus que celui-ci doit être gardé ou protégé afin d'interdire l'accès aux élèves qui seraient désireux de mettre leur nez dans les affaires d'Hufflands.
- Bien sûr que oui, la coupe-je, c'est normal ! Imaginez un peu, il y a peut-être encore un assassin qui rôde dans Poudlard ! McGonagall n'est pas folle, elle veut s'assurer que nous sommes bien en sécurité et qu'on ne va pas fouiner de façon inopportune !
- Arrête de t'inquiéter, Etamora, s'agace Potter en me trucidant du regard.
- Laisse Victoire parler, ajoute Lily en me souriant gentiment.
- Je disais, fait Victoire d'une voix plus forte, que nous allons devoir nous séparer en groupes. Dominique, James et Menthe, vous vous introduirez dans le bureau.
- Ce n'est pas juste, la coupa Malfoy, moi aussi je veux y aller !
- Hors de question ! s'emporte alors Rose. C'est plutôt moi qui devrait y aller !
- ça suffit ! rugit alors Victoire. Je décide, je suis la plus grande !

Tant d'autorité. Même Dominique, qui n'avait pas pour habitude de se taire lorsque son aînée lui ordonnait avait obéi. Peut-être aussi parce qu'elle avait ce qu'elle voulait...

- Bon, Dominique, Menthe et James vont s'introduire dans le bureau à l'aide de la cape d'invisibilité. Juste devant la porte, Rose, Scorpius, Albus et Lou, vous serez postés en faction armés de la carte des Maraudeurs. On va vous délusionner. Pendant ce temps, Molly, Roxane et Fred, vous irez semer le bazar dans un couloir suffisamment éloigné. Il faut que Rusard se dirige vers vous. Accaparez-le le plus longtemps possible. Quant à moi, je vais devoir accaparer McGonagall le plus longtemps possible. Il faut que je l'éloigne de son bureau le temps que Lily, Hugo, Louis et Lucy vous vous y introduisiez pour chercher dans ses affaires des informations à propos d'Hufflands. Cherchez un dossier, elle doit forcément en avoir un puisqu'il a été embauché. Elle a d'abord dû se pencher sur son cas avant de le recruter. Je pense que je vais conduire la directrice jusqu'à vous, dit Victoire à Molly, Fred et Roxane, comme ça, tout le monde aura le temps de fouiller.
- D'accord, accepte Albus en s'emparant de la main de sa petite-amie. Et je suppose que pour la diversion de Fred, Roxane et Molly, ils auront besoin des farces et attrapes Weasley ?
- Exactement, répond Victoire. Je veux que vous trois (Molly, Fred et Roxane), vous installiez un marécage portable dans le couloir du septième étage de l'aile ouest, près de la tour de Serdaigle. Vous pourrez aussi lancer des feux d'artifices géants. Ce serait parfait. En plus, je suis sûre que les élèves se rameuteront. Cela nous laissera encore plus de temps. Albus, Lou, Scorpius et Rose, vous devrez vous munir de bonbons qui rendent malades, au cas où on vous trouve. Vous pourrez ainsi faire croire que vous vous dirigiez à l'infirmerie. Je veux aussi vous donner un sifflet magique comme ça Menthe, Dom' et James vous entendront si quelqu'un arrive. Lucy, Lily, Louis et Hugo, on va vous délusionner par précaution mais on va aussi mettre Ghost en faction devant le bureau de McGonagall pour qu'il vous avertisse de son retour.

Petite précision, Ghost c'est le chat de Molly, et ce félin est doté d'une telle affection pour les Potter-Weasley qu'il serait bien capable de nous sauver tous un jour ! Apparemment il a déjà aidé plusieurs d'entre eux à se sortir d'un mauvais coup.

- J'ai une idée, dis-je d'une voix calme, plutôt que de délusionner tous ceux qui ne disposent pas de la cape d'invisibilité, on devrait se munir de la potion d'invisibilité de Fred. J'en ai acheté pendant la sortie de Pré-au-lard.

Je me saisis de mes sacs et les vident entièrement sur le sol de la Salle sur Demande sous les yeux effarés de mes camarades. Je sors une petite fiole du tas d'achats et la tend à Victoire avant d'attraper mon stock de bonbons spécial et de le donner à Molly puis je sors le marécage pliant et le donne à Roxane.

- Ma parole, tu as dévalisé le magasin ! plaisante Fred en me regardant d'un air amusé.
- Et je compte bien y retourner, ajoute-je en riant.
- Pour services rendus à notre famille, déclare Roxane d'une voix théâtrale, Menthe Etamora, ici présente, bénéficiera d'un bon de -50% de réduction sur tous les articles proposés en magasin !

Nous éclatons de rire avant de redevenir sérieux, préoccupés par l'affaire qui nous réunit dans cette salle. Nous apportons quelques retouches au plan proposé par Victoire puis nous nous levons, prêts à affronter l'aventure.


*.*.*.*


Il est minuit dix. Je m'extirpe de mon lit à baldaquin silencieusement et me dirige vers la salle de bain où j'enfile des vêtements chauds. Un jean, un pull en laine, une grosse paire de chaussettes, des converses et ma baguette, je suis prête.
Je me délusionne rapidement en attendant de retrouver Dom' et Potter qui détiennent la cape d'invisibilité. J'attache mes cheveux en une sorte de queue de cheval lasse, de sorte qu'ils ne m'embêtent pas. Je lance un coup d'œil à mes camarades de dortoir avant de descendre, constatant qu'elles sont paisiblement endormies. Lorsque j'arrive dans la salle commune, je repère un élève de septième année endormi devant la cheminée, et, considérant que le champs est libre, je me précipite hors de la tour des Serdaigle.

Je marche dans les couloirs éclairée grâce à ma baguette magique en frissonnant, j'ai peur de tomber sur l'assassin d'Hufflands en pleine nuit. J'arrive enfin devant la Salle sur Demande où tous les autres sont déjà réunis et attendent le top départ. Je déglutis difficilement avant d'aller les rejoindre.

- Bien, chuchote Victoire, maintenant que tout le monde est là, je pense qu'il est temps d'y aller. Souvenez-vous que vous êtes armés de votre baguette et par conséquent, vous n'avez rien à craindre.

J'aimerais y croire. Mais nous ne sommes que des enfants. Nous ne sommes certainement pas aussi puissants qu'un assassin.

Dominique, Potter et moi disparaissons sans un bruit sous la cape d'invisibilité et je sens l'odeur du garçon flotter jusqu'à mes narines lorsqu'il se penche vers moi en prenant un air sérieux.

- Ne te dégonfle pas, Etamora.

Ses yeux bruns sont plongés dans les miens mais je ne parviens pas à lire la moindre émotion dedans. Je ne peux m'empêcher de repenser à ce stupide jeu qui va devoir me lier à lui avant de répondre d'un ton cynique :

- Avance, Potter.

Ce n'est pas comme ça qu'il va finir par tomber sous mon charme... Mais en attendant, j'ai autre chose à faire que de batifoler avec cet insupportable énergumène.


*.*.*.*


Nous nous arrêtons devant la porte du bureau d'Hufflands. Je me retourne d'un mouvement vif et soulève la cape d'invisibilité afin de lancer un "bonne chance" à Dember, Rose, Scorpius et Al'. Puis Potter crochète la serrure fermée magiquement avec adresse.

Nous entrons dans le bureau, le souffle court et le corps en alerte. Dominique nous indique en silence de nous séparer et je me délusionne tandis que Potter lui confie la cape. Il se délusionne à son tour puis nous commençons à fouiller dans les quatre coins de la pièce.

La peur me tord le ventre mais je m'empêche de partir en courant. Je commence par ausculter la serrure de la salle de classe tandis que Potter regarde dans les tiroirs du bureau d'Hufflands et que Dominique tente d'ouvrir la serrure d'un placard en chêne imposant.

Je lance un sortilège sur la serrure, pour voir si elle absorbe ma magie, mais je ne découvre rien de suspect. La serrure est débarrassée de son sortilège. L'assassin court au-dehors.

Il se passe bien une demi-heure durant laquelle j'inspecte chaque meuble avec intérêt avant que je ne perçoive le son étouffé du sifflet de Rose. Je me mets alors à paniquer avant de me rappeler que je suis invisible. Je tâtonne dans le noir, espérant trouver Dom' et Potter et ceux-ci surgissent derrière moi avant de me forcer à enfiler la cape d'invisibilité. Me voilà collée à mon pire ennemi et ma meilleure amie, le coeur battant à cent à l'heure. Nous nous rapprochons doucement de la sortie et écoutons attentivement le baratin que Rose, Scorpius, Dember et Al' sortent au nouveau professeur de DFCM.

Quelle poisse ! Comment avons-nous pu l'oublier, celui-là ?! Bien sûr qu'il a prit ses quartiers dans le bureau d'Hufflands ! Je jette un regard anxieux à mes compagnons. Potter serre les dents avant de me murmurer à l'oreille :

- Prépare-toi à courir.

Dominique mordille ses lèvres avec appréhension et nous fait signe de la suivre dehors.
Nous sortons donc, et nous retrouvons face au nouveau prof et à nos camarades qui jouent à merveille la comédie...

- Je vous assure, professeur, geint Rose en se tenant le ventre, que nous nous dirigions à l'infirmerie.
Albus, couvert de sueur, ajoute d'une voix suppliante :
- Je me sens tellement mal... Je crois que je ne vais pas pouvoir tenir longtemps. Vous ne pourriez pas nous accompagner à l'infirmerie, professeur ?

Lou Dember vomit alors sur les chaussures de Malfoy qui proteste faiblement avant de porter la main à son front qui est recouvert de pustules purulentes.

Devant ce cirque, le prof ne peut qu'ouvrir de grands yeux perplexes avant de les accompagner à l'infirmerie en courant presque. Le pauvre, c'est sa première soirée à Poudlard et il se retrouve à devoir accompagner des élèves malades à l'infirmerie au lieu de rentrer dans son appartement et de dormir !

Mais d'ailleurs, que fait-il dehors, dans les couloirs, à cette heure-ci ?!

Je n'ai pas le temps de m'interroger plus longtemps, entraînée de force par Dom' et Potter qui courent comme des fous dans les couloirs en direction de la Salle sur Demande.

End Notes:

Voilà voilà.... Ce chapitre n'est VRAIMENT PAS celui que je préfère mais j'espère que ça vous plaira quand même, au prochain chapitre un peu moins d'action, un peu plus de Menthe/James ;)
Bye (et n'oubliez pas la review !)
Roxane-James

Chapitre 7 by Roxane-James
Author's Notes:
Salut à toi, lecteur !
Je remercie toutes les personnes qui m'ont laissé des reviews ^.^ (citées au chapitre précédent), toutes les personnes qui ont mis cette FANfiction dans leurs favoris (aussi mentionnées dans le chapitre précédent) et vous, les lecteurs fantômes. N'hésitez pas à me laisser une review pour me donner votre avis sur le chapitre ou l'histoire en général :)

Je pars en vacances pendant un peu plus d'une semaine d'où le "postage" un peu décalé. En temps normal, je poste le vendredi.
Je vous dit donc à bientôt dans une semaine et demi !

Bonne lecture,
Roxane-James

Chapitre 7


Je me réveille en sursaut, couverte de sueur, et jette un rapide coup d'œil à mon cadran qui indique sept heures du matin. Je suis en retard. Je me lève précipitamment et m'enferme à double tours dans la salle de bain. J'en ressors quelques minutes plus tard coiffée, habillée et propre, débarrassée de mon mauvais rêve.

J'attrape mon sac de cours et me dirige dans la Grande Salle à grands pas, pressée de retrouver mes "camarades de mission" afin qu'ils me racontent tout.

Hier soir, l'expédition que j'ai menée avec Dom' et Potter a été infructueuse mais cela ne m'affecte pas outre mesure car j'avais parfaitement conscience qu'on ne risquait pas de trouver grand chose. Une fois sortis du bureau d'Hufflands et passé l'épisode d'Al', Lou, Scorpius et Rose, nous sommes rentrés chacun dans notre dortoir.

Je m'assois à un banc et entame avec avidité mon petit-déjeuner. Alors que je me sers une quantité impressionnante d'œufs brouillés, je remarque que toute la tribu Potter-Weasley m'a rejointe à la table de Serdaigle. Potter se place en face de moi après avoir écarté sans ménagement le pauvre troisième année qui me faisait face. Dominique, plus tranquille, se fait une petite place à mes côtés.

- Ma parole ! s'écrie une de mes camarades de dortoir d'un air amusé, j'ai l'impression que la table de Serdaigle est envahie de Gryffondors !

Nous rions légèrement jusqu'à ce que Louis Weasley se penche vers nous d'un air circonspect :

- On a rien trouvé, hier. Lily, Hugo, Lucy et moi ont a eu beau inspecter le bureau de McGonagall de fond en combles, on a rien trouvé sur l'admission du professeur Hufflands.
- C'est vrai, ajoute Lily en fronçant les sourcils, des tonnes de dossiers sont disposés sur une étagère mais celui d'Hufflands est introuvable.
- McGonagall doit être en train de l'examiner à moins que les Aurors ne soient déjà sur le coup, commente Hugo en se servant un verre de jus de citrouille.
- Tant pis, soupire Victoire. Cela sera pour une prochaine fois.

Dominique me jette un regard significateur, persuadée que je vais me défiler. A la place de ça, je demande à Albus, Rose, Dember et Scorpius comment ils s'en sont sortis hier soir.

- Oh, me répond Rose en riant, le professeur Forestman n'a pas l'air très sympathique, il semblait dégoûté par les horreurs qui nous arrivaient.
- Il ne s'est douté de rien, ajoute Albus en affichant une expression effarée, pourtant ça faisait un peu gros !
- Il n'a pas l'air très fin, rit Lou Dember. Hier, Scorpius n'arrêtait pas d'insulter ces "satanés chaudrons au chocolat" et le professeur Forestman le regardait d'un air ahuri qui valait la photo !
- Peut-être parce que j'étais couvert de pustules, ronchonne Scorpius en passant une main sur son front indemne.

Nous éclatons de rire en chœur, dans une bonne humeur évidente.

- Et nous, ajoute Roxane en bombant la poitrine, on a fait du grand art !
- C'est vrai, admet Victoire, les yeux pétillants. Ils ont transformé le couloir du septième étage en marécage géant !
- C'était pas compliqué, ricane Molly en adressant un clin d'oeil à ses compagnons.
- Ce qui était plus compliqué, soupire Fred en gardant une expression amusée, c'est quand il a fallu qu'on sème McGonagall ! Je ne vous raconte pas la course poursuite dans les couloirs alors qu'on était tous en pyjama ! Même la directrice !

Il y a un petit moment de silence avant qu'un terrible fou rire nous prenne totalement aux tripes. J'en ai mal aux côtes et à la bouche !


*.*.*.*


Je suis en cours de Sortilèges, mon premier cours de la journée. Derrick Francklisht est assis à ma droite. Devant moi, Dominique et Potter semblent en pleine discussion mais je ne parviens pas à les entendre, trop occupée à détailler Francklisht qui ne semble pas s'apercevoir de mon petit manège. Il a des mains superbes et un regard tellement intense que je frémis lorsque nos visions se heurtent. Le garçon semble trop absorbé par le cours pour qu'il remarque quoi que ce soit.

Des éclats de voix parviennent à mes oreilles et je détourne le regard vers ma meilleure amie et son imbécile de cousin. La nuque de Potter me fait face et sa touffe de cheveux bruns en pétard me donne le tournis. Comment vais-je faire pour gagner ce stupide jeu ? Car il est bien entendu hors de question que j'abandonne ! Je suis déterminée à gagner ou, du moins, à avancer.

Je ne parviens pas à me concentrer aujourd'hui. Ma drôle de rentrée me tourne dans la tête. Inlassablement je revois les hostilités à nouveau déclarées entre Potter et moi, l'annonce du meurtre de Hufflands, la sortie à Pré-au-lard avec Dom' et ce jeu... Le jeu et l'enquête. Cette année sera riche en rebondissements, je le pressens. Un peu comme je pressens que des évènements inopportuns vont entrer dans ma vie...

Les autres élèves n'ont pas l'air de se soucier de quoi que ce soit. On ne dirait pas qu'un meurtre a été commis. On ne dirait pas non plus que je vais devoir cesser mes disputes avec Potter et m'occuper d'accaparer ses rêves les plus fous. Mon regard erre au travers de la salle de classe avant de se poser sur le dos de Potter. Encore une fois. Il a des épaules assez larges mais pas trop et un certain charisme. Il est imperturbable. Imposant. Horripilant. Je n'étais pas obligée d'ajouter ce dernier élément à la liste mais ça me fait plaisir !

Je tripote ma plume, la tête dans les nuages. Je trace des lettres d'encre bleue comme le blason de ma maison sur un petit bout de parchemin. Une idée germe dans ma tête : pour draguer Potter, il faut que j'arrive à le cerner et pour cela quoi de mieux que de faire une liste de ce qu'il aime ou pas, de ses anciennes petites-amies, de ses amis, de ses qualités, de ses défauts...

Pourquoi ne pas m'y mettre maintenant puisque je n'arrive à rien pendant ce cours ? Je me saisis d'un petit carnet relié de cuir bleu et argenté que je garde toujours précieusement dans mon sac et je l'ouvre à la première page. Toutes les feuilles sont vierges, je n'ai encore jamais utilisé le cadeau que Dominique m'a fait pendant l'été. J'hésite un instant avant de me saisir de mon encre invisible et trempe ma plume dedans avant de me mettre à écrire.

Une heure plus tard, lorsque la sonnerie retentit, annonçant la fin de mon cours de sortilèges, voilà à quoi ressemble la fameuse liste :

Identité de l'individu et son âge : James (Sirius) Potter, seize ans et demi.
Relations familiales et amicales : S'entend bien avec toute sa famille mais plus particulièrement avec Dom' et très ami avec Thomas Dubois (= ils sont dans le même dortoir).
Physique : brun, grand, yeux foncés, assez athlétique sans ressembler à une tablette de chocolat.
Aime : Le Quidditch (joue en tant qu'attrapeur dans l'équipe de Gryffondor), les filles qui possèdent une poitrine imposante, me faire chier, faire des conneries avec Dom' ou Dubois, la DFCM, embêter sa petite sœur ou son frère, manger.
N'aime pas : Lou Dember, moi, les potions (je ne sais même pas pourquoi il continue, d'ailleurs !), quand Victoire (la capitaine de l'équipe de Quidditch) lui hurle dessus, Rusard (rayer la mention inutile...), quand je l'appelle "Jaaaames", faire ses devoirs, travailler.
Résumé : Pour séduire cet énergumène un poil agaçant, va me falloir une poitrine en plastoc', que je la ferme, que je ne l'approche pas et que je me gèle en venant le supporter à son stupide entraînement de Quidditch.
Pourquoi ça ne va pas être possible : Je ne suis pas une fille au corps de mannequin, quand je suis avec lui, j'ai la langue bien pendue, je hais le Quidditch. J'ai le vertige et la flemme de pousser des hurlements stridents juste parce qu'un mec vient d'attraper une balle de la taille d'un marglouf.

Merlin... Que vais-je faire ?! Pétage de plomb de Menthe Etamora en direct.

Je range mes affaires tout en continuant de fixer la nuque de Potter en pensant qu'il n'est pas si moche, quand même, quand celui-ci se retourne vivement vers moi et m'adresse un grand sourire dévoilant toutes ses dents.

- Merlin, dites-moi que je rêve ! lance-je en hurlant presque.

Mon cri fait se retourner plusieurs élèves vers moi et notre professeur me regarde d'un air étrange.

- Qu'est-ce qu'il y a, Etamora ? s'enquiert Potter d'une voix neutre.
- J'ai cru que tu m'avais souri ! réponds-je en ouvrant de grands yeux.
- Et c'est le cas, rétorque le brun, un air décontenancé sur le visage.
- Hein ?!

Je sais. Ma réponse ne me donne pas l'air très intelligente ou ne démontre absolument pas que j'ai l'esprit vif. Mais, pour ma défense, c'est sorti tout seul, sous le choc.

- Tu as dit que je n'étais pas si moche quand même... récite Potter en me fixant sournoisement, un petit sourire suffisant aux lèvres.

Merlin, se pourrait-il que je vienne de penser à voix haute ? Oh par pitié...

- Je crois que tu pensais à voix haute, chantonne Potter d'un air guilleret.

Je le fusille du regard avant de siffler d'un air mécontent :

- Comment tu sais que ce compliment s'adressait à toi, d'abord ?! Qui te dis que je ne pensais pas à Francklisht ?!

Ce dernier écarquille les yeux bizarrement avant de filer de la pièce en courant presque.

- Parce que tu me fixes depuis le début du cours ? suggère Potter en esquissant une moue narquoise.
- Je ne... commence-je d'une voix agacée.

Potter me coupe la parole en me tirant par le bras et en m'entraînant à sa suite dans les couloirs de Poudlard sans que je ne puisse en placer une. Il marche tellement vite que je peine à le suivre. Sa main droite enserre toujours mon avant-bras mais il ne me fait pas mal.

Soudain, Potter s'arrête, le souffle court, avant de jeter un coup d'œil au couloir qui suit. Je n'entends personne et ne vois rien, et apparemment lui non plus puisqu'il semble rassuré. Ses yeux bruns se posent sur moi et il semble indécis.

- Qu'est-ce que tu veux, Potter ?! C'était quoi cette sortie théâtrale ? On a cours de Potions, je te signale ! m'exclame-je, furieuse.
- Je sais, souffle-t-il en me regardant dédaigneusement. On va arriver en retard, je pense.
- Et bien justement, moi je n'ai pas envie d'arriver en retard !

Potter me lance un regard ennuyé mais ignore mon commentaire avant de me plaquer contre le mur.
Son visage est à quelques centimètres du mien. Si près que je sens sa respiration saccadée me caresser le front. Il se penche légèrement pour pouvoir plonger son regard brun dans le bleu de mes yeux. Je sens mon coeur louper un battement quand il approche ses lèvres des miennes, si près que je pourrais les toucher. Les embrasser. Il ne semble pas s'apercevoir de mon trouble, il ne fait que me regarder. Mes joues s'empourprent et je sens une sorte de chaleur se diffuser dans mon ventre. Une mèche de ses cheveux foncés tombe devant ses yeux. D'une main tremblante, je l'écarte doucement tandis qu'il se rapproche un peu plus de moi. Nos nez se touchent, nos lèvres s'effleurent. Je me sens devenir liquide, j'ai l'impression que je vais m'effondrer. Mes lèvres sont brûlantes et mon regard voilé.

A l'instant précis où Potter se rapproche un peu plus de moi, le concierge surgit derrière nous, et nous nous écartons rapidement l'un de l'autre sous le regard inquisiteur de Rusard.

- Qu'est-ce qu'il se passe ici ? demande-t-il de sa voix nasillarde.

Potter ne me laisse pas le temps de répondre ou de protester, il m'attrape de nouveau le bras avant de se mettre à courir en direction des cachots.

Nous arrivons essoufflés, dans le cours du professeur Slughorn (qui ne faisait que les sixièmes années à cause de son vieil âge) qui nous ordonne gentiment de nous assoir à côté et de bien écouter ses indications car, après tout, nous sommes arrivés quinze minutes en retard et ça ne doit pas se reproduire !

Et c'est ainsi que je me retrouve en binôme avec Potter après cette étrange virée dans les couloirs que je ne m'explique pas, troublée et agacée à la fois. Que diable me voulait cet insupportable énergumène ?!

End Notes:

XD Voilà voilà. J'espère que ce chapitre vous aura plu, j'attends vos reviews ;) Le chapitre 8 bientôt ! A + Roxane-James

Chapitre 8 by Roxane-James
Author's Notes:
Coucou ! :)
Un grand merci à vous les lecteurs, on a dépassé les mille lectures ! (je n'en ai pas l'habitude ! XD)
J'espère que vous allez bien
Chapitre 8

Je lève les yeux vers mon partenaire de potions et le détaille avec attention en silence. Ses cheveux bruns ne sont visiblement pas coiffés mais ils restent brillants et soyeux. Si je réservais ce traitement aux miens, on ne peut pas dire qu'ils ressembleraient à ça ! Son regard brun est concentré sur le contenu de son chaudron et il n'a pas l'air le moins du monde perturbé. Après tout, ce n'est pas comme si il venait de m'embrasser après m'avoir plaquée contre un mur de Poudlard... Quoique. Mais il ne m'a pas embrassée, il n'a fait qu'effleurer mes lèvres ! Merlin, pourquoi est-ce que je n'arrête pas de penser à ce moment ?! C'est gênant. Quelle potion suis-je censée réaliser déjà ?

- Arrête de me fixer Etamora ! dit Potter d'une voix glaciale. On croirait que tu es amoureuse de moi ! C'est d'un ridicule...

En effet. C'est d'un ridicule...

- Je ne te fixe pas, Potter ! murmure-je rapidement en l'incendiant du regard.

Potter hausse les épaules sans me regarder davantage avant de revenir à sa potion. Je fais de même et nous ne nous adressons plus la parole de tout le cours. Heureusement que notre premier cours de Potions n'était pas un travail de binôme !

La fin de ces deux heures arrive enfin et je m'empresse de sortir des cachots après avoir donné un extrait de ma potion au professeur Slughorn qui me gratifie d'un sourire rayonnant. Je pense décrocher un Optimal.

*.*.*.*

- Ne te met pas dans tous ces états, Menthe, me sermonne Dominique en levant les yeux au ciel. James ne t'a même pas embrassée !

Je ne sais pas quoi répondre à ça alors je me contente de regarder Dominique en affichant une profonde contrariété.
Dominique et moi sommes dans une salle de classe abandonnée qui est devenue notre point de rendez-vous le plus courant. Nous l'avons découverte à la fin de notre deuxième année et depuis nous n'avons cessé de la redécorer.
Il reste deux pupitres en bois qui témoignent des heures de cours que les sorciers d'une autre génération ont dû suivre et le reste est entièrement meublé par nos soins. Il y a un canapé minuscule que Dom' a réussi à agrandir en partant d'un canapé de poupées, des coussins un peu partout qui proviennent de la Salle sur Demande ou qui sont ma création, une petite table basse en bois que nous avons trouvé dans un coin d'une autre salle de classe déserte et un tapis magnifique que nous n'avons jamais réussi à décoller du sol pavé. Il représente un nid doré dont le fond est noir et qui semble évoquer une profondeur imposante. Autour du nid représenté, on peut aussi admirer de magnifiques plantes qui ornent les bordures.
Généralement, des friandises en tous genres sont éparpillées sur la table basse après nos sorties à Pré-au-Lard. Cette fois-ci n'y fait pas exception.
Des emballages de bonbons sont dispersés aux quatre coins de la pièce mais Dom' et moi n'en avons strictement rien à faire, nous sommes trop occupées à déblatérer à propos de l'enquête et du fameux jeu de Dom'. Sauf que la discussion s'est un peu écartée de ces sujets.

- Je ne comprends pas pourquoi ton imbécile de cousin a fait ça ! m'exclame-je en m'affalant un peu plus dans le canapé.

Dominique repousse une mèche de ses cheveux roux qui lui tombe devant les yeux avant de rougir violemment.

- Ok, Menthe... Je suis désolée, d'accord...
ça ne sent pas très bon, tout ça...
- Crache le morceau, Dom' !
- J'ai fait un pari avec James. Je ne pensais pas qu'il allait t'embrasser, ok ?!

Dominique n'ose pas relever les yeux vers moi, elle ne cesse de se triturer les mains et semble extrêmement gênée. Et il y a de quoi.

- Quel pari, Dominique ? demande-je d'une voix sourde.
- Tout à l'heure, en cours de sortilèges, James m'a dit qu'il te trouvait facile à manipuler et qu'il craignait que ce ne soit pas la meilleure chose à propos de l'enquête. Il disait que si un professeur te posait des questions, tu finirais par tout avouer. Alors moi, j'ai dit que non, bien sûr ! J'ai dit que je te connaissais mieux que lui et que tu étais plus courageuse que ce qu'il pensait, que tu protégerais notre secret. Comme James ne me croyait toujours pas, je lui ai proposé un pari...
- Ne t'interrompt pas ! fais-je, acide.
- J'ai... J'ai dit à James que si il parvenait à te manipuler, il gagnerait le droit que je lui révèle un secret à ton insu.
- Un de mes secrets ?!
- Oui.

Dominique rougit de nouveau avant de relever la tête vers moi, dépitée.

- Menthe... dis quelque chose !

Je garde le silence pendant un petit moment avant d'éclater de rage, ne pouvant me contenir plus longtemps.

- Je croyais que tu étais mon amie, Dom' ! Quel genre d'amie parie derrière le dos de celle en qui elle a confiance ?! Tu sais que je déteste Potter et il a fallu que tu le fasse intervenir dans cette histoire stupide !
- Je suis désolée, Menthe... commence Dominique d'une toute petite voix.
- Non ! la coupe-je, tu n'es pas désolée ! Tout ce qui compte pour toi, c'est ton fichu pari et ton imbécile de cousin ! Je le déteste !
- Menthe... Tu es ma meilleure amie...
- On ne dirait pas !

Je lâche ces derniers mots d'une voix glaciale. Un silence mortel s'abat dans la pièce et Dominique devient livide. Je sors en claquant la porte derrière moi, folle de rage et de tristesse.

*.*.*.*

La soupe a un goût amer que je n'apprécie pas du tout. Je m'oblige à l'avaler en quatrième vitesse avant de retrouver mon dortoir dans la tour de Serdaigle, à l'abri des regards inquisiteurs de mes camarades. Je dois avoir une sale tête. Après la dispute survenue entre Dominique et moi, je n'ai cessé de l'esquiver pendant toute la journée. Ce soir, au dîner, Potter et elle se sont approchés de ma table mais finalement ils sont repartis en voyant que je n'étais pas prête à les revoir.

Les escaliers qui mènent à ma salle commune me paraissent plus difficiles à monter que d'habitude. Mes jambes se font lourdes et mes yeux papillonnent autour de moi mais mon regard ne parvient pas à se poser sur quoi que ce soit. Un étrange bourdonnement empli mes oreilles. J'ai l'esprit si embrumé que je me retrouve sur mon lit, en pyjama, sans me souvenir d'avoir fait un tour dans la salle de bain ou d'avoir traversé ma salle commune.

Je finis par m'endormir, épuisée par les émotions de la journée.

*.*.*.*

Je me réveille en pleine nuit tandis que la lumière de la lune éclaire faiblement le dortoir que je partage avec mes camarades de Serdaigle. Je ne me sens pas fatiguée et lorsque j'apprends qu'il est trois heures du matin, je décide de me hisser sur la pointe des pieds et de rejoindre la chaleur de ma salle commune.

Je m'installe tranquillement sur un canapé en face de la cheminée et ouvre un livre sur mes genoux. Lorsque je relève la tête, le soleil a déjà fait son apparition. La nuque ankylosée, je me décide à remonter dans le dortoir.
J'enfile mon uniforme et une cape de sorcière bien chaude avant de prendre ma baguette magique posée sur ma table de chevet et je décide d'aller manger.

*.*.*.*

Je suis occupée à engloutir un toast œuf-bacon d'une façon peu élégante lorsque Scorpius Malfoy s'assoit en face de moi et commence à se beurrer un toast sans la moindre gêne. Le blond ignore mon expression ahurie quant à sa présence à ma table avant de déclarer d'un ton ironique :

- Tu as une mine charmante ce matin, Etamora !

J'hausse un sourcil, perplexe et agacée par son sarcasme à deux noises lorsque je vois le Serpentard éclater de rire, une lueur amusée dans le regard.

- C'était une blague, Etamora ! rit Scorpius en pleurant presque. Tu aurais dû voir ta tête ! On aurait dit que tu hésitais entre m'étrangler ou aller vérifier ton allure dans un miroir !
- Pourquoi tu m'appelle Etamora, Malfoy ? demande-je en souriant légèrement.
- Tu m'appelles bien Malfoy, rétorque le blond, souriant.
- Ce qui est totalement stupide, affirme-je, puisqu'on se connaît suffisamment bien pour s'appeler par nos prénoms !
- En effet, Menthe.

Je souris avant d'avaler une gorgée de jus de citrouille.

- Qu'est-ce qu'un Serpentard fait à ma table, en fait ? demande-je, suspicieuse. Parce que si c'est pour que je t'aide toi ou Albus dans un autre de vos mauvais coup, je déclare forfait !

Scorpius mâche tranquillement ce qu'il a dans la bouche avant de me répondre d'un ton flegmatique :
- On ne mange pas souvent ensemble.
- C'est ça, oui, ricane-je, et tu avais envie de me voir soudainement parce que nous sommes les meilleurs amis du monde !
C'est au tour de Scorpius d'hausser un sourcil avant de répondre en riant :
- J'aurais dû m'en douter, une Serdaigle telle que toi est trop intelligente pour tomber dans le panneau !
- Et ancienne petite amie d'Albus Severus Potter qui t'a déjà vu à l'ouvrage lorsqu'il s'agissait d'inventer un mensonge plus gros que Slughorn ! ajoute-je en riant.

Scorpius éclate de rire en envoyant des morceaux de sa tartine dans les airs sous les regards indignés de mes camarades mais ça n'a pas l'air de le préoccuper.

- Alors, Scorpius Malfoy, pourquoi es-tu à ma table ? demande-je, curieuse.
- Sérieusement Menthe, dit Scorpius en reprenant son souffle, je voulais savoir si tu pouvais m'aider en runes anciennes. Je n'arrive pas à terminer un fichu devoir de traduction et Rose refuse de m'aider ! Quant à Al', il n'a pas pris runes comme option. Et je sais que tu es très douée dans cette matière !
- Montre moi ce fameux devoir, demande-je en souriant.

Scorpius extirpe un parchemin froissé de son sac à dos et me la tend d'un air gêné. Mes yeux glissent rapidement sur la copie du Serpentard.

- C'est très bien, Scorpius ! Il y a juste le dernier paragraphe qui n'est pas correct.
- En fait, c'est le seul que je n'ai pas copié sur Rose, m'avoue Scorpius.

Je réprime un éclat de rire avant de me pencher sur le devoir. Je sors ma plume d'oie de mon sac avant de souligner, rectifier et corriger certains passages. Après une dizaine de minutes, je rend à Scorpius une copie corrigée, un grand sourire aux lèvres puis je lui explique ce qu'il a du mal à comprendre.

- Tu as juste du mal avec les pronoms, dis-je en rangeant mes affaires. Il suffit que tu trouve un moyen de mémorisation qui te correspond vraiment et tu réussiras.
- D'accord, merci Menthe !

Scorpius me salue tranquillement une fois que nous avons fini notre petit-déjeuner puis je sors mon emploi du temps avant de me diriger vers ma salle de classe. Le premier cours de DFCM avec le professeur Forestman. En commun avec les Gryffondors.


*.*.*.*

Le professeur Forestman est un bel homme pas beaucoup plus vieux que nous. Il doit avoir une vingtaine d'années tout au plus. Ses cheveux sont noirs corbeau et ses yeux sont d'un bleu passé. Une longue cicatrice lui barre le front dans sa largeur et cela lui donne un petit côté aventurier. Il est indéniablement bel homme et très élégant dans sa robe de sorcier noire.

Le professeur Forestman nous a rassemblés au centre de sa salle de classe et je tente de disparaître derrière la masse sombre des élèves pour ne pas me faire repérer.

J'aperçois Dom' et Potter du coin de l'œil à l'autre bout de la classe. Dominique me lance de temps à autres un coup d'œil furtif dépité mais je fais semblant de ne pas la voir. J'ai un pincement au coeur en pensant à ce qu'elle m'a dit la veille. Et sur ce que Potter a dit. Dire que je suis censée séduire ce mécréant...

- Bien, je me présente, Isaac Forestman, votre nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal pour cette année scolaire. J'ai suivi une formation d'Auror durant deux ans et je me suis vu proposer cette opportunité d'enseigner à Poudlard dans les circonstances peu joyeuses qui sont les nôtres. J'attends de vous du sérieux et de la rigueur au cours de nos séances de travail. Il n'y aura qu'une seule heure par semaine où nous étudierons la théorie, les trois heures restantes seront dédiées à la pratique.

A ces mots quelques élèves poussent des cris de joie tandis que je me renfrogne. Je ne suis pas très bonne en DCFM et j'ai horreur des duels car je manque de rapidité et de puissance.

- Silence, s'il-vous-plaît ! demande Forestman d'une voix puissante. J'ai fait un plan de classe. Mettez-vous en rang deux par deux.

Nous nous exécutons dans un brouhaha phénoménal sous les yeux attentifs de notre nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal et je me retrouve en tête à tête avec Dom'.

Le regard de mon amie se heurte au mien durant un bref instant mais ça m'a été suffisant pour en déduire que Dom' est triste et qu'elle s'en veut d'avoir fait ce stupide pari avec son cousin. Et ça tombe bien parce que moi aussi je suis triste et je lui en veux. Je suis surtout déboussolée. Comment une amie comme Dominique peut s'abaisser à ce genre de choses ?!

- Bien, reprend Forestman de sa voix puissante, Miss Abaz au premier rang avec Monsieur Nott, Miss Deldelus avec Miss Hogle...

La liste de noms défile inlassablement jusqu'à parvenir au mien. Je me retrouve au troisième rang avec une de mes camarades de dortoir, Kelly Beny.

- Asseyez-vous ! nous intime Forestman.
Tout le monde prend place dans un bruit de raclement de chaises désagréable et le silence revient dans la classe.
- Sortez votre baguette et écoutez-moi bien. Je veux évaluer le niveau de la classe donc j'ai choisi de vous faire faire des exercices de duels. Vous vous mettrez en groupe de deux avec votre voisin. Les duels d'aujourd'hui ne seront pas notés. Les groupes qui combattent devront monter sur l'estrade au fond de la classe. Je ne veux pas un bruit en dehors de l'estrade. Les spectateurs se taisent lors d'un spectacle et il se trouve qu'ici c'est pareil, vous êtes spectateurs des duels de vos camarades. Je demande du fair-play et du respect. Les sorts ayant pour but de blesser l'adversaire sont proscrits. Vous devez respecter les mêmes règles de sécurité que d'habitude. Tout le monde a compris ?

Hochement de tête général. J'ai l'impression que je vais couler, me noyer.

- Bien, reprend Forestman en nous dévisageant un à un de son étrange regard bleu, le premier groupe à passer sera celui de... Dominique Weasley et George Welvet.

Dominique monte sur l'estrade de manière totalement décontractée. Ses longs cheveux roux emmêlés sont noués en une sorte de chignon flou et mon amie tient sa baguette avec assurance. Dominique est une battante. Elle aime les duels et n'aurait pas peur de se défendre face à un adversaire plus puissant qu'elle.
A côté d'elle, George Welvet, un Gryffondor de notre année, ne fait pas fière allure. Ses yeux d'une étrange couleur verte ne cessent de s'agiter dans tous les sens mais il ne semble pas décidé à monter sur l'estrade. Il est bientôt poussé dessus par notre professeur et empoigne sa baguette.

Le duel dure plus longtemps que ce que j'avais prévu. Welvet n'est pas si mauvais qu'il le paraît. Il pare les sortilèges que Dom' lui envoie à la figure avec rapidité et aisance mais n'ose pas l'attaquer. Dominique semble totalement ailleurs, on dirait que c'est sa baguette qui contrôle son corps. Elle saute, esquive, riposte, avec une vigueur hors pair. Les sortilèges fusent et bientôt Welvet est ligoté et Dom' fait un signe de la victoire.

Le professeur Forestman esquisse un fin sourire en direction des deux combattants (surtout à Dominique) avant de noter quelque chose dans son carnet.

- Très bien, j'aimerais voir le groupe de Menthe Etamora et de Kelly Beny, maintenant, commande Forestman tandis que je le maudis intérieurement.

Je me lève sans vraiment m'en apercevoir et escalade l'estrade rapidement. Kelly me sourit gentiment avant de lever sa baguette. J'agrippe la mienne et pare le premier sortilège avec un semblant de dignité. Mon cerveau bourdonne tandis que je tente de reprendre le contrôle sur mon stress. Puis soudain, je distingue un visage dans la masse. Dominique me sourit timidement. Je lève ma baguette plus haut et les sorts fusent. J'enchaîne les enchantements moins vite que ma partenaire mais je parviens à la garder à distance. J'esquive ses maléfices grâce à des prouesses gymnastiques et l'attaque plus sûre de moi. Notre duel s'achève dans un fracas infernal et je me retrouve à terre, désarmée et le souffle coupé.

- Etamora ! hurle une voix que je connais. Réveille toi putain !
- Monsieur Potter ! un peu de retenue ! s'exclame Forestman.

Je sens des mains m'agripper mais je n'arrive pas à voir ce qui se passe autour de moi.

- Elle saigne ! hurle Potter à côté de moi.
- Lâche-la James ! entends-je crier Dominique. Tu vas aggraver sa blessure !

Je me sens alors sombrer dans un sommeil profond où tout n'est plus qu'obscurité...
End Notes:
J'espère que vous avez aimé ce chapitre !
Une petite review ? :)
Roxane-James
Chapitre 9 by Roxane-James
Author's Notes:

Coucou ! J'espère que ce chapitre vous plaira

Un grand merci à Floriie, Lyssa7, Kiara Coper, danoulou, kikou14789, Lily-chan pour vos reviews ! Et aux 17 personnes qui ont mis cette fanfic' dans leurs favoris ;)

Bonne lecture

Roxane-James

Chapitre 9

Dominique Weasley prenait la direction de l'infirmerie, une dizaine de livres tous plus épais les uns que les autres dans les bras. Ses cheveux roux foncés emmêlés se balançaient au rythme de sa démarche rapide et la jeune Gryffondor semblait préoccupée. Cela faisait maintenant deux jours que Menthe Etamora, sa meilleure amie, était endormie profondément. Miss Pomphresh avait dit qu'elle était dans le "coma". Dominique avait froncé les sourcils, mécontente. Menthe ne pouvait pas être dans le coma. Menthe était simplement endormie depuis un petit bout de temps. Elle se réveillerait bientôt.

Dominique pénétra dans l'infirmerie et se dirigea automatiquement vers le lit qu'occupait Menthe. Les yeux de la jolie rousse s'emplirent de larmes lorsqu'elle aperçut le visage émacié de son amie. Sa pâleur faisait presque peur. Ses cheveux blonds et ondulés semblaient cassés et emmêlés comme ils ne l'avaient jamais été auparavant. Les lèvres de la malade étaient sèches et froides comme de la pierre et sa silhouette déjà mince semblait maigre.

 Dominique se laissa tomber lourdement sur une chaise près du lit de son amie et posa les livres sur la table de chevet. Elle y entassa également une douzaine de rouleaux de parchemins.

Tous les cours que Menthe avait ratés. Et les bonbons que Louis, son frère, avait apporté pour Menthe. Dominique sortit également de sa poche un petit paquet qui venait de Lou Dember.

La jolie rousse ne savait absolument pas ce qu'il contenait mais ne chercha pas à savoir. C'était Menthe qui ouvrirait le paquet, pas elle. Dominique n'avait jamais aimé Lou Dember. Elle la trouvait froide et distante. Elle n'aimait pas non plus le fait qu'elle accapare son cousin, Albus. Pourtant la jeune fille ne lui avait rien fait. Dominique songea que Menthe aimait bien Lou parce qu'elle rendait heureux Albus et elle se sentit mal. Menthe était une personne meilleure qu'elle, pensa Dominique. Une amie qui ne pariait pas sur le dos de celle en qui elle a confiance. Une véritable amie.

 Dominique se surprit à penser au jeu. Au fameux "Love Game". Peut-être que Menthe le gagnerait ? Après tout la Serdaigle était intelligente et jolie et s'entendait plutôt bien avec tout le monde. Dominique eut un pincement au coeur. Elle se demandait qui était la cible de Menthe.

Dominique reporta son regard sur le front de son amie avec inquiétude. Un simple sort de désarmement mal exécuté et voilà une blessée grave qui ne pouvait même pas prononcer un mot. Dominique ne parvenait pas à en vouloir à Kelly Beny. En fait, personne ne lui en voulait vraiment. Le professeur Forestman avait décrété que Menthe semblait être de fragile constitution. Dominique avait fusillé son professeur du regard. Menthe n'était pas de fragile constitution. Menthe c'était une battante, une fille intelligente. Pas une faible !

 Dominique avait alors tourné le regard vers James Potter, son cousin et meilleur ami, mais le brun était resté de marbre. Il n'avait plus prononcé un mot depuis deux jours.

La jeune fille avait d'ailleurs été étonnée du comportement de son cousin. La façon dont il s'était précipité au secours de Menthe lorsqu'elle était tombée de l'estrade et son regard où l'on pouvait lire une inquiétude profonde... Dominique en avait été bouleversée. Mais elle ne lui avait pas posé de questions. Menthe avait toujours été un sujet tabou entre eux. Ils n'en parlaient que rarement. Dominique savait que James et sa meilleure amie ne s'entendaient pas bien mais elle ne savait pas pourquoi. Au fond d'elle, Dominique soupçonnait James d'apprécier la jolie blonde parce qu'elle avait suffisamment de caractère pour oser lui tenir tête.

 Après une demi-heure passée à l'infirmerie, Dominique jeta un coup d'œil à sa montre, elle devait retourner dans son dortoir avant le couvre-feu.

*.*.*

Dominique marchait à pas lents, mesurés. Plongée dans ses pensées, elle ne vit pas que le professeur Forestman arrivait devant elle et le heurta brusquement. Dans un élan de surprise, Dominique poussa un cri de frayeur, persuadée qu'elle faisait face à l'assassin d'Hufflands mais tel n'en était pas le cas. Son professeur de DFCM la fixait intensément, un petit sourire aux lèvres. Dominique se sentit rougir sous le regard de son professeur et baissa les yeux vers ses chaussures.

- Bonsoir Dominique, la salua-t-il.

La jeune fille répondit par un petit hochement de tête avant de reprendre son chemin jusqu'à la tour de Gryffondor où James l'attendait certainement mais son professeur dût s'apercevoir qu'elle n'allait pas bien car il la rattrapa bientôt et lui demanda ce qui n'allait pas.

- Rien, répondit Dominique, les yeux emplis de larmes qui refusaient de couler. C'est juste que... Menthe et moi on s'était disputées et... J'ai peur qu'elle...

C'en était trop pour Dominique. Elle s'effondra dans les bras de son professeur en sanglotant tandis qu'il lui caressait le haut du dos en arborant une expression gênée.

 - Allons, allons, miss Weasley, reprit le professeur, en tapotant les épaules de son élève maladroitement.

Dominique inspira profondément pour essayer de se calmer mais ne parvint qu'à pleurer d'avantage en utilisant Forestman comme mouchoir.

- Tenez, fit son professeur d'une voix tendue, accepteriez-vous de venir prendre un thé avec moi, miss Weasley ? Peut-être qu'un thé au jasmin vous calmerait ? Et nous pourrons parler de votre amie, si cela vous chante.

Dominique acquiesça, la tête lourde, et suivit Isaac Forestman jusque dans son appartement privé. Il referma la lourde porte en chêne derrière lui et installa son élève sur un fauteuil dans son minuscule salon tandis que la jeune fille laissait courir son regard dans la pièce.

Le salon était décoré dans les tons rouges et oranges, les meubles étaient dépareillés mais apportaient à la pièce une personnalité chaleureuse, quelques plantes grasses étaient disposées dans la pièce et Dominique rougit lorsque ses yeux se posèrent sur une photo encadrée et fixée au mur où étaient représentés chaque élève de son année. Dominique y figurait au centre, ses longs cheveux roux ondulaient légèrement à cause du vent et ses yeux riaient à une blague que James lui racontait à l'oreille. Celui-ci était paré de son habituelle nonchalance, sa chemise déboutonnée et sa cravate de travers. Derrière les deux cousins, Menthe Etamora se tenait bien droite, un grand sourire aux lèvres, et agitait la main en direction du photographe. Cette photographie datait de l'année précédente, alors que le professeur McGonagall avait demandé à Denis Crivey, un photographe de talent, d'immortaliser chacun de ses élèves. Dominique songea que Forestman avait du demander à McGonagall une copie de l'image afin de mémoriser les noms de chaque élève et leurs visages lorsqu'il était arrivé. Elle regarda autour d'elle pour voir si son professeur avait aussi des photographies des élèves d'années inférieures ou supérieures mais ce n'était pas le cas.

Le professeur Forestman observait son élève, une lueur d'intérêt dans les yeux. Dominique était assise sur le fauteuil qu'il lui avait indiqué mais ne semblait pas très à l'aise en sa présence. Ses yeux étaient attirés par la photographie des élèves de son année qui était affichée sur son mur. Isaac sourit légèrement et alla chercher une théière vide dans sa cuisine personnelle. Il prit deux tasses en porcelaine et disposa le tout sur une table basse qu'il fit léviter jusque devant Dominique. Il rajouta un sucrier, un pot de crème préparé par les elfes de Poudlard et servit la boisson chaude en en faisant gicler sur le canapé où il était assis, en face de la petite Weasley.

- C'est du thé au citron, dit Isaac en regardant son élève tremper ses lèvres carmin dans le liquide brûlant.

Dominique haussa les épaules, indifférente au goût du breuvage et plongea son regard bleu clair dans les yeux de son professeur. Isaac s'agita légèrement sur sa chaise et passa une main dans sa chevelure noire corbeau.

- Miss Etamora va s'en sortir, reprit Isaac d'une voix enrouée.

 Dominique hocha la tête en ajoutant :

- Menthe s'en sort toujours.

De nouveau, un silence gêné s'installa entre eux et Dominique reprit une gorgée de sa boisson pour se donner du courage avant de parler.

 - C'est comment, d'être Auror ? demanda-t-elle.

Isaac répondit par un bref "bien" et se replongea dans son mutisme.

 - Je me suis toujours demandé quel métier je ferai en sortant de Poudlard, continua Dominique, d'un air rêveur. Et vous, comment me voyez-vous ?

 Leurs iris s'accrochèrent un bref instant avant que le professeur ne réponde :

- Je vous vois telle que vous êtes déjà, Dominique, brillante.

Dominique rougit intensément et Isaac reprit :

- Le métier d'Auror vous plairait certainement, si c'est votre question.

- Je ne me sens pas très à l'aise avec les sortilèges de défense comme le patronus, avoua Dominique en regardant sa tasse.

- Parce que ce n'est pas de votre niveau ! rit Isaac en avalant une nouvelle gorgée de thé.

- Vous pourriez... Vous pourriez m'apprendre ? demanda Dominique d'une toute petite voix.

 - Bien sûr, répondit Isaac Forestman, après un bref moment de silence. Quand vous voudrez...

Dominique se leva, manquant de peu de renverser son breuvage et reposa d'un geste vif la tasse avant de s'exclamer :

- Apprenez-moi maintenant !

 - Vous êtes fatiguée et il est tard, Dominique, contra le professeur en reposant sa tasse.

 - Je m'en fiche ! se récria la rouquine, flamboyante de volonté. Ma meilleure amie est dans le coma et vous dites que je suis brillante, je ne retournerai pas en cours tant que Menthe ne sera pas sortie de son... de son sommeil !

Isaac Forestaman haussa un sourcil, déconcerté. Il tenta mollement de persuader son élève que pour l'heure elle devrait rentrer dans son dortoir mais ce fût vain, Dominique Weasley voulait s'entraîner. Et quand Dominique Weasley voulait quelque chose, elle l'avait...

- Bon d'accord, souffla Isaac, vaincu. Je vais ranger la pièce. Installez-vous au centre.

Dominique s'exécuta, rayonnante, tandis que son professeur repoussait d'un geste de la baguette les meubles contre les murs. Puis tous deux se firent face, au milieu de la pièce. Dominique sentit son coeur s'emballer et un frisson d'excitation remonter le long de sa colonne vertébrale : le frisson de l'aventure.

 - Vous connaissez l'incantation ? demanda Forestman en tenant fermement sa baguette magique.

 Dominique hocha la tête. Elle n'avait jamais essayé de maîtriser ce sort mais elle avait entendu son oncle Harry en parler tellement de fois qu'elle connaissait par coeur la formule magique.

- Expecto Patronum.

- Très bien, miss Weasley, vous allez vous concentrer sur un souvenir heureux, prenez le temps d'en choisir un puissant.

Dominique fronça les sourcils, fouillant dans sa mémoire à la recherche d'un souvenir heureux. Le jour où elle avait effectué son premier vol fut le premier souvenir qui lui vint à l'esprit. Dominique se concentra sur la sensation grisante que lui procurait le vol sur balai et lança un "expecto patronum" tonitruant au travers de la pièce. Une légère fumée blanchâtre sortit de sa baguette.

- Votre souvenir n'est certainement pas assez puissant, déclara Isaac Forestman en allant se placer derrière son élève. Et tenez votre baguette plus souplement.

 Il posa sa main sur celle de Dominique et corrigea son geste doucement.

 - Comme ceci, vous voyez ? chuchota Isaac Forestman à Dominique alors que l'haleine chargée de la saveur acidulée du citron lui picotait le nez.

Dominique se sentit rougir jusqu'à la racine de ses cheveux et tituba légèrement sur le côté. Son professeur la rattrapa et la remit adroitement sur ses pieds puis l'encouragea à recommencer.

Dominique ne put s'empêcher de penser à la chaleur qui se dégageait de la voix de son professeur lorsqu'elle lança le sort. Et c'est alors qu'une forme animale indistincte surgit d'une bouffée de fumée. A ce moment là, Dominique savait.

Elle était amoureuse de son professeur.Elle était amoureuse de sa cible. Alors qu'il lui prenait les mains dans un élan de joie, la jeune fille ne savait pas si elle devait en rire ou en pleurer...

*.*.*

James s'introduisit en plein milieu de la nuit dans l'infirmerie après avoir attendu Dominique pendant deux heures dans la salle commune. Il jeta un regard désabusé aux lits vides de l'antre de Madame Pomphresh et se dirigea vers celui où Menthe reposait, toujours dans le coma. Il avait espéré retrouver sa cousine ici mais fut déçu de s'apercevoir qu'elle n'était pas là. Il ne pouvait même pas vérifier où est-ce qu'elle se trouvait car Lily avait la Carte du Maraudeur.

James s'assit sur le bord du lit de Menthe et la dévisagea longuement, perdu dans ses pensées. Elle semblait dormir profondément depuis deux jours maintenant et ne montrait pas de signe de vie. Sa mère était passée la voir dans la matinée et était repartie de Poudlard une expression inquiète sur le visage.

Il avisa la montagne de rouleaux de parchemins qui s'entassait sur sa table de chevet et repensa à sa réaction lorsque la jeune fille était tombée de l'estrade, durant le cours de Forestman.

Il avait agit trop vite, songeait-il. Tous les élèves pensaient qu'il s'était inquiété pour elle alors qu'il avait seulement voulu lui sauver la vie. Il s'en fichait bien, de Menthe Etamora, lui ! C'était pour Dominique qu'elle comptait, pas pour lui. C'était pour sa cousine qu'il avait essayé de l'aider. Et ces imbéciles croyaient qu'il l'appréciait, cette saleté de Menthe Etamora. Sa haine envers la jeune fille était bien trop tenace, bien trop acide pour qu'il s'en défasse complètement. Elle l'avait trop fait souffrir et elle le payait maintenant. Il ricana dans l'obscurité et ses yeux bruns courraient le long de la mâchoire de Menthe, volaient sur sa nuque, attaquaient sa poitrine et lacéraient sa frêle silhouette. Elle était belle, il devait se l'avouer. Même ainsi, dans cet état proche de la mort, elle était belle. Et il avait horreur de sa beauté, de la finesse de ses traits, de sa crinière, sauvage et indisciplinée. Il avait en horreur cette fille dont Dominique s'était entichée.

Un frisson le parcourut et ses yeux se posèrent sur la bouche de la Serdaigle. Il l'avait presque embrassée. Mais il ne l'avait pas fait. Si ça n'avait pas été elle, il l'aurait fait. Si elle avait été une fille comme une autre, il n'en aurait rien eut à faire de son coeur brisé ou de ses larmes. Du regard de Dominique.

 James s'obligea à respirer et à ne plus penser à rien. Il voulait oublier qu'à cet instant même sa main caressait la joue livide de la Serdaigle et qu'il rêvait de lui faire du mal presque autant qu'il rêvait de s'en faire à lui-même. Ses yeux se posèrent sur un coin de l'oreiller de Menthe. Une forme attira son attention. Il s'approcha, saisi d'un doute et découvrit un parchemin presque vierge. Un parchemin sur lequel était écrit à l'encre rouge "tue-le". Et une photo de lui...

 

End Notes:

J'espère que ce chapitre vous aura plu, n'hésitez pas à me laisser une petite review ;) Roxane-James :D

Chapitre 10 by Roxane-James
Author's Notes:

Coucou ! Désolée, j'ai un peu de retard dans le postage. Je n'ai pas pris le temps de me relire, il y a sûrement plein de fautes dans ce chapitre, malheureusement. Merci à Floriie, Kikou14789, Kiara Coper, Lyssa7 pour vos reviews

Chapitre 10

Je me réveille en sursaut, couverte de sueur. L'obscurité m'entoure complètement lorsque je réalise que je suis dans un lit à l'infirmerie. Je me masse mollement la tête car un mal de crâne intense m'emprisonne. Je me sens suffoquer et je commence à avoir des nausées lorsque j'entends sa voix, sa voix méprisante et lisse, froide comme un reptile.

- Tu es réveillée. Qu'est-ce qui t'arrive ?

Je relève mes yeux bleus vers James Potter, sans parvenir à répondre quoi que ce soit. Je me contente d'ouvrir la bouche et de la refermer, aspirant des gorgées d'air à plein poumons. Il pose sa main contre mon dos, m'obligeant à me stabiliser. Je me projette dans ses bras, suffoquant de plus belle. Il me cale contre son torse et m'ordonne de respirer calmement. Une mèche de ses cheveux bruns vient me chatouiller l'arrête du nez et je sens sa respiration s'accélérer.

- Menthe ? Etamora ? Comment tu te sens ?

Je n'ai pas envie de parler. Je viens de me réveiller d'un cauchemar qui semblait si réel qu'il m'a troublée jusqu'au plus profond de mon âme. Les couloirs de mon rêve ressemblaient étrangement à ceux de Poudlard et son regard brun, son regard à lui, à Potter, était terne. Il y avait du sang sur mes mains, mais ce n'était pas le mien, c'était celui de ma victime, Potter.

- Etamora, ça fait deux jours que tu dors comme une masse, on était fous d'inquiétude, lâche-t-il de sa voix neutre.

Il est désinvolte, comme d'habitude. Son attitude me fait froncer les sourcils. J'ai besoin de le sentir contre moi, plus vivant que jamais. Je m'agrippe à son torse plus violemment, je l'emprisonne dans l'étau de mes bras, je sens sa chaleur me réchauffer et mes mains courent le long de son dos  pour s'arrêter dans sa chevelure brune, en bataille. Mes lèvres cherchent la tiédeur des siennes et j'enfouis mes doigts dans sa tignasse avant de l'embrasser fougueusement. Il tente de se décoller de moi mais je l'en empêche et finalement, il répond à mon baiser en glissant ses mains dans mon dos, en me mordant la lèvre inférieure. Il n'a pas envie de m'embrasser, je le sens. Pas plus que moi j'ai envie de le faire. C'est seulement ce besoin de le savoir vivant qui me dicte mes gestes. On est étendus sur mon lit, je suis à cheval sur lui. Mes cheveux lui caressent la nuque et je le mords plus avidement. Son corps est pressé contre le mien. Il est vivant, à tes côtés, Menthe. Il est temps d'arrêter. Il est temps de te reprendre. Tu n'aimes pas James Potter. Il ne t'aime pas non plus, cesse de faire des conneries.

Je n'écoute pas la petite voix de ma tête, et embrasse avidement les lèvres du garçon tandis que les siennes se déposent dans mon cou, sauvagement.  Je pousse un cri et soudain, tout s'arrête. Tout est calme. Seules nos respirations saccadées troublent le silence de la nuit.

Je me redresse d'un mouvement leste et m'assois  sur le rebord de mon lit, il vient se placer à mes côtés. Je réajuste ma chemise de nuit et il lisse sa chemise un peu froissée.

- Je ne savais pas que tu étais une sauvageonne, Etamora, ricane Potter d'une voix rauque.

- J'ai rêvé que je te tuais.

J'ai dit ça en regardant mes pieds qui s'agitent dans le vide, à quelques centimètres du sol. Je pourrais le toucher mais je n'en ai pas envie. Pas plus que je n'avais envie de toucher le Gryffondor ou de l'embrasser.

- Il faut que je vois Dominique ! fais-je en passant une main dans mes cheveux emmêlés.

- Non.

Le ton est dur et froid, sa voix est cassante, blessante. Je croise ses iris sombres et y lis la haine qu'il entretient à mon égard.

- Pourquoi tu m'as embrassé ?

- Pourquoi tu ne m'as pas résisté ? réplique-je, vibrante de colère.

- J'étais surpris.

- Moi aussi. Qu'est-ce que tu fais là ?

- Je cherchais Dominique.

Mon regard se heurte une fois de plus au sien. Il semble troublé, anxieux, en colère.

- Je ne voulais pas t'embrasser, Potter.

- Recommence.

J'ai dû mal entendre enfin c'est ce que je crois jusqu'à ce qu'il m'attire contre lui et me prenne dans ses bras. Je rapproche mon visage du sien jusqu'à ce que nos nez se touchent puis je détourne la tête et fixe mes pieds nus.

- Je te hais, Etamora... souffle-t-il à mon oreille.

- Je ne comprends pas pourquoi, Potter.

- Parle-moi un peu de ce rêve, Etamora.

Ses mains remontent dans mon dos doucement et me caressent la nuque. Bien que ses gestes soient doux, je sens une certaine violence contenue lorsqu'il effleure ma mâchoire de ses doigts.

- J'étais dans les couloirs d'un château, certainement Poudlard. Et je te voyais au sol, le regard vide. Et mes mains pleines de sang. Je savais que c'était le tien.

Potter se redresse et me murmure à l'oreille :

- Je pense que ça a un rapport avec ça...

Il me tend un morceau de parchemin. Il y a écrit "tue-le" dans une encre rouge sang au centre de la feuille. Et juste en dessous, la photo du Gryffondor. Je relève les yeux vers mon camarade, perplexe.

- Je l'ai trouvé quelques minutes avant que tu ne te réveilles. C'était glissé sous ton oreiller. Il doit être ensorcelé pour te faire faire ce cauchemar. Je me demande qui l'a mis là...

- Je suis trop fatiguée pour y réfléchir, Potter. Je veux dormir. Quelle heure est-il ?

- Trois heures du matin, me répond le garçon en regardant sa montre sorcière coincée dans une poche de son pantalon. Je vais dormir avec toi.

J'hoche la tête et me glisse sous mes draps, perturbée par les évènements qui se sont succédés depuis mon réveil. Je sens Potter s'étendre à côté de moi mais son corps ne touche pas le mien et je peux m'endormir dans un profond sommeil sans tarder...

*.*.*.*

Lorsque je me réveille, une lumière intense éclaire l'infirmerie et Madame Pomphresh s'affaire à mes côtés, déposant un  petit-déjeuner sur un plateau d'appoint à mes pieds. Je tourne la tête vers Potter et vois qu'il engloutit déjà son petit-déjeuner, à côté de moi sous mes draps. Merlin, je n'ose pas me demander ce qu'a bien pu penser Pomphresh !

- Miss Etamora, vous êtes réveillée ! s'exclame l'infirmière en me souriant chaleureusement. Votre maman va être contente, ça fait trois jours qu'on essaye de vous rappeler parmi nous mais rien n'y a fait.

Puis l'infirmière tourne son regard intrigué vers Potter et hausse les épaules.

- On va faire quelques tests pour voir si vous vous sentez bien, d'accord ?

Non, pas d'accord.

- Levez-vous, s'il-vous-plaît, miss.

Je m'exécute sans le moindre problème et dévisage l'infirmière en attente d'autres instructions.

- Vous pouvez parler ? me demande-t-elle.

- Oui, réponds-je.

- Tant mieux ! rit la vieille infirmière. Je veux que vous regardiez ma baguette magique sans détourner le regard.

Mon regard se concentre donc sur la baguette de Pomphresh qui décrit des cercles. Ma vision se trouble petit à petit et je suis obligée de m'assoir sous le regard inquisiteur de Potter et de l'infirmière.

- Vous ne voyez plus très bien, n'est-ce pas ? me demande Pomphresh, la voix grave.

- Ma vision devient floue si je passe trop longtemps à observer votre baguette, réponds-je.

- Je vois... Est-ce que vous avez fait des cauchemars cette nuit ?

J'ouvre la bouche pour acquiescer mais Potter ne m'en laisse pas le temps :

- Il y avait un papier glissé sous son oreiller cette nuit quand je suis arrivé. Elle s'est réveillée lorsque je l'ai enlevé. Etamora avait fait un cauchemar.

Miss Pomphresh examine le bout de parchemin avec attention avant de déclarer :

- Un mauvais sort aurait suffi à vous insuffler ce cauchemar. Vous avez rêvé de Potter ?

- Oui, j'ai rêvé que je le tuais, précisément, affirme-je d'une voix tendue.

Miss Pomphresh acquiesce et reprend d'une voix rude :

- Nous parlerons de cela à la directrice. Seul un sorcier très puissant est capable de lancer ce genre de sortilèges.

- C'est de la magie noire ? l'interrompt Potter.

- Oui, en effet. Une sorte de magie noire. Est-ce que vous avez eu du mal à respirer  après votre réveil, Miss ?

- Je... Oui, je suffoquais sans cesse et si Potter n'avait pas été là...

- Elle aurait pu faire une crise, me coupe le concerné.

- Je vois, fait Pomphresh en fronçant les sourcils. Et quel effet cela vous a-t-il fait de voir Mr Potter à vos côtés, miss Etamora ?

Je rougis en repensant aux évènements de la nuit passée avant de répondre d'une voix sèche :

- Je l'ai...

- Elle m'a enlacé, m'interrompt Potter en me lançant un regard glacial que l'infirmière ne peut intercepter.

- Eh bien, connaissez-vous des élèves qui peuvent vous vouloir du mal ? A tous les deux ?

J'affiche une mine déconcertée, ne m'étant jamais posé cette question auparavant. Potter me déteste, n'est-ce pas suffisant ? Mais je ne vois pas qui pourrait m'en vouloir autant pour me jouer ce mauvais tour.

- Tout le monde sait que Delwelcka déteste Etamora, annonce Potter en haussant les épaules. Quant à moi, je ne vois pas du tout, ajoute-t-il avec dédain.

 - Arrêtes de prendre cet insupportable air hautain ! Il y a des dizaines de personnes dans ce château qui pourraient vouloir te défoncer la gueule ! m'exclame-je, énervée.

- Ah oui ? rétorque Potter, un rictus menaçant tordant ses lèvres charnues. Qui donc, Etamora ?

- Eh bien... Les filles ! Toutes ces filles que tu as jetées comme si elles n'étaient que des vulgaires déchets !

Potter ne semble pas très impressionné par ma revendication et se contente de faire une moue méprisante absolument horripilante. Madame Pomphresh semble quant à elle amusée par nos joutes verbales dont elle a l'habitude.

- J'en ai rien à faire de ces filles !

- Tu es sorti avec elles, tu as couché et puis c'était terminé ?! C'est comme ça tes relations ?! Tu es un immonde petit crétin, James Sirius Potter ! hurle-je en empoignant férocement le col de sa chemise.

- Ne me parle pas sur ce ton, commence Potter d'une voix menaçante en me fusillant du regard.

- Stop ! vocifère l'infirmière en m'écartant du Gryffondor après m'avoir fait lâcher prise, ça suffit vous deux !

- Il est fou ! hurle-je, hystérique. Vous avez vu comment il traite ces pauvres filles ?! Il s'en fout de leur faire du mal ou de la peine, j'en ai plus que marre d'avoir à le supporter !

- Calmez-vous, miss Etamora ! m'intime Pomphresh en m'asseyant de force sur mon lit. N'oubliez pas que vous sortez d'un coma !

- Pour répondre à votre question, donc, reprend Potter d'une voix aussi lisse et imperméable que d'habitude, Etamora a bel et bien une ennemie jurée. Elle s'appelle Delwelcka et c'est la petite-amie de Derrick Francklisht.

Un grand silence s'abat dans la pièce et mon cerveau commence à chauffer. Je fouille dans ma mémoire à la recherche de cette Delwelcka et soudain, je me souviens. Gracia Delwelcka est une élève de sixième année qui partage le dortoir de Dominique, elle a des cheveux bruns parsemés de mèches blondes et de grands yeux noirs charmeurs et c'est une excellente élève en DFCM.  Cependant, le fait qu'elle sorte avec Derrick m'a échappée. Tout comme le fait qu'elle soit mon "ennemie jurée".

- Elle sort avec Francklisht depuis que tu es à l'infirmerie, m'apprend Potter, goguenard.

- Je ne me souviens pas de lui avoir déjà parlé, reprends-je en ignorant délibérément la remarque du Gryffondor.

-  Quand tu étais en quatrième année, tu es sortie avec mon frère.

- Oui, je m'en souviens, c'était aux alentours de noël mais je ne vois pas le rapport entre Al' et cette fille.

- Il y avait ce fameux bal organisé par McGonagall cette même année et devine qui a invité Albus ?

- Delwelcka, souffle-je. Sauf que c'est avec moi qu'il y est allé. Et à la fin du bal, elle est venue me retrouver en me jurant qu'elle se vengerait... Merlin ! Comment ai-je pu oublier ça !

Une quinte de toux discrète me fait relever les yeux vers l'infirmière.

- Eh bien miss Etamora, je compte sur vous pour découvrir l'auteur de ce mauvais tour mais je ne veux pas que vous accusiez quelqu'un sans avoir de preuves. Je vais toucher quelques mots de cette affaire à la directrice. En attendant, vous pouvez sortir. Il me semble que des cours vous attendent. Et n'oubliez pas vos paquets et vos rouleaux de parchemins !

*.*.*.*

- Menthe !

Une cascade de cheveux roux me fond dessus à une vitesse ahurissante puis la voix de Dominique me parvient, étouffée, et elle me serre dans ses bras.

- Comment vas-tu ?

- Très bien, Dom', ris-je. Tu peux me lâcher, maintenant ! Je suis en vie !

- James m'a envoyé un hibou ce matin, m'informe mon amie, tout sourire en lorgnant sur son cousin qui se tient à quelques pas de nous et affiche une expression impassible. Il a dit que tu t'étais réveillée pendant la nuit et que tu avais fait un cauchemar lié à un morceau de parchemin... Mais je n'ai pas tout compris ! Oh et... Je suis désolée, Menthe... Pour...

- T'inquiètes pas. J'aimerais qu'on oublie cette histoire de pari.

Dominique rougit rapidement avant de me demander d'une petite voix :

- Tu es sûre ? Oh ! Si tu savais à quel point je m'en veux !

- C'est bon, Dom' !

- Bon... Et tu as trouvé tes cours ? Je les ai recopié au propre pour ceux qu'on avait en commun, le reste c'est une certaine Tina Wolder, une élève de ton année à Serdaigle qui les a pris, m'apprend Dominique.

- Je ne connais pas de Tina Wolder, fais-je en fronçant les sourcils.

- Une petite brune aux yeux bleus foncés ? Tu es sûre que ça ne te rappelle rien ? me demande mon amie en esquissant une moue intriguée.

- C'est peut-être cette Wolder qui a déposé le parchemin mystérieux sous ton oreiller, grince une voix que j'aurais préféré ne plus jamais entendre à côté de moi.

Je tourne sur moi même et dévisage Potter, perplexe.

- Dans ce cas, cela met en doute la possibilité que ce soit Delwelcka la coupable ! dis-je, narquoise.

- Bien sûr que non ! s'exclame le Gryffondor en levant les yeux au ciel. Elle aurait très bien pu fabriquer du polynectar et se faire passer pour une "Tina Wolder". D'ailleurs, je ne connais pas non plus cette fille, elle doit être inventée de toutes pièces par Delwelcka.

 - Je ne comprends plus rien ! pleurniche Dominique. Expliquez-moi, nom d'un botruc mal léché!

 

*.*.*.*

- Ok, résumons : Menthe tombe dans le coma après un sort mal placé de Kelly Benny en DFCM. Elle est immédiatement déplacée à l'infirmerie sous la garde de miss Pomphresh et sa mère vient la visiter mais Menthe ne donne pas un signe de vie. Les gens qui viennent voir Menthe à l'infirmerie durant ses trois jours d'inconscience sont moi-même, James, sa mère et l'infirmière.

- Et le prof de DFCM, Forestman ! l'interrompt Potter.

- Oui, oui, Forestman, reprend Dominique en rougissant légèrement. Bref. Et la nuit du dernier jour, James, tu découvres ce mystérieux morceau de parchemin sur lequel ta photo apparaît et un message glauque est inscrit. Lorsque tu l'écarte de l'oreiller de Menthe, elle se réveille et raconte avoir rêvé te tuer.

- Cela n'a rien d'exceptionnel, fais-je en ricanant, j'ai de nombreuses fois rêvé de l'assassiner !

Potter me fusille du regard avant de rétorquer d'une voix glaciale :

- Tu ne semblais pas prendre tellement ça à la légère quand tu t'es réveillée...

Une drôle de chaleur envahit le bas de mon ventre et je sens mes joues virer au cramoisi alors j'ordonne à Dom' de continuer pour dissiper le malaise. Mon amie plisse les yeux et nous dévisage James et moi avec attention avant de terminer son résumé.

- Bon, et après ça vous soupçonnez cette insignifiante peste de Delwelcka d'être l'auteure de cette stupidité... Pourquoi penses-tu que c'est elle qui a monté ce coup foireux, James ?

- Delwelcka trempe dans la magie noire depuis son enfance, répond le Gryffondor en triturant sa cravate. Et elle a bien dit à Etamora qu'elle se vengerait lorsqu'elle lui avait piqué Albus.

- Une simple histoire de garçon, ricane Dominique. Non mais c'est complètement débile !

- Et j'ai une autre très bonne raison, murmure Potter en me dévisageant avec une drôle de lueur dans le regard. Mais je ne vous dirais pas laquelle...

Dominique et moi haussons un sourcil en même temps, agacées et intriguées à la fois.

- Comment ça ? demande mon amie.

- J'ai dit que je ne vous le dirais pas.

- Mais James ! Si ce que tu penses est vrai et que Delwelcka est l'auteure de cette mauvaise blague, et qu'elle trempe dans la magie noire... Cela pourrait être dangereux pour Menthe ! Il en va de sa sécurité !

- Je sais, Dom', répond le garçon en passant sa main dans ses cheveux bruns déjà décoiffés.

- Laisse tomber, Dom', il s'en fout de ma sécurité ! Moi ce qui m'intrigue c'est pourquoi toi, Potter ? Pourquoi ta photo et pas celle de Dom'  par exemple ?

- J'ai bien une idée sur la question mais je ne pourrais pas répondre, siffle le Gryffondor en regardant en l'air.

- Merlin, tout cela est affreusement compliqué ! gémit ma meilleure amie en se laissant tomber sur le sol.

Au moment même où Dominique se laisse choir à terre, Molly Weasley arrive en courant, essoufflée, et suivie de son chat, Ghost. Elle tient dans ses mains un long rouleau de parchemin couvert d'une écriture chancelante et ses yeux brillent d'excitation.

- Du nouveau pour l'enquête ! babille-t-elle à nos oreilles. Maman a réussi à trouver des noms de gens avec qui Hufflands était en froid...

 

End Notes:

Une petite review ?

Chapitre 11 by Roxane-James
Author's Notes:

Coucou !

Un grand merci pour vos reviews qui m'encouragent toujours plus <3

Merci à Floriie, danouloulou, Kiara Coper, Lyssa7, kikou14789, AnthusPrasentis :)

Et merci aux 18 personnes qui ont mis cette fanfiction dans leurs favoris ;) <3

Bisous

Roxane-James (et bonne lecture !!)

Chapitre 11

Hemma Wilfrick ( 1927-1945)

Elle avait dix-huit ans quand elle est morte, elle l'est l'une des victimes inconnues de Tom Jedusor (Voldemort). Il l'a tuée alors qu'il travaillait chez Barjow et Beurk, après sa sortie de Poudlard. Hufflands et elle n'étaient pas en très bons termes à Poudlard. A mon avis, Hemma Wilfrick n'est pas importante, elle est morte sans laisser de descendance et n'a pas suffisamment de motifs pour tuer un ancien camarade de classe avec lequel elle se serait mal entendue.

Julian Gellamos (1927-1958) Il est mort à 31 ans, à cause de la dragoncelle. Il était un ancien ami d'Alfred Hufflands mais ils s'étaient disputé environ deux ans avant sa mort au sujet d'un prêt en banque. Pas de grande importance, je pense. Il a eu une fille, Elouna, qui étudie à l'Institut de Salem (Illevorny) et qui doit être âgée d'une quinzaine d'années. Je n'ai pas retrouvé de faire-part de naissance exact et il ne s'est pas marié mais il semblerait qu'il ait eu une relation avec une moldue dont le nom est inconnu. Elouna serait issue de cette union. La moldue est toujours en vie, elle est âgée d'une cinquantaine d'années et habite à Londres, dans le quartier des affaires étrangères en relation avec le monde des sorciers : 14 Mysterious Road. 

Gemini Lestrange (1928-1965) Hufflands était un sorcier né-moldu, ainsi que vous le savez sûrement déjà, d'où la raison de la haine tenace que lui vouait Lestrange. Gemini est rentré à Poudlard un an après Alfred Hufflands mais a fait partie des premiers à servir Voldemort. Il est mort à 37 ans lors de l'attaque de Pré-au-Lard qui a eu lieu au mois de mai durant cette même année. Il semblerait qu'il ait cherché à tuer Hufflands à de nombreuses reprises sans y parvenir. Il n'a pas eu de descendance mais vous connaissez les membres de sa famille éloignée... 

Yulia Xinsanphar   (1926-1945) Elle a été préfète de Serpentard en même temps que Tom Jedusor. Il semblerait qu' elle ait été amoureuse de lui. Apparemment, elle a tué les parents d'Alfred Hufflands et sa fiancée, une moldue du nom de Flora Pinterell, quand elle est sortie de Poudlard avant d'être tuée à son tour par Tom Jedusor, quasiment un mois après qu'il ait tué Hemma Wilfrick. Elle était fille unique et ses parents sont morts le 1 novembre 1981, emportant avec eux le prestigieux nom de Xinsanphar. Ils étaient une des plus éminente famille venue d'Inde et ayant un sang pur irréprochable.

Molly replie la lettre et nous dévisage l'un après l'autre dans un silence pesant. Chacun semble réfléchir aux informations que nous a transmise la mère et Molly et Lucy Weasley. Louis joue nerveusement avec sa baguette magique et celle-ci produit des petites étincelles dans ses doigts. Ghost, le chat de Molly, miaule et vient se frotter à Lily qui le caresse machinalement avant de déclarer d'une voix lointaine :

- Tante Audrey n'a mis que quelques jours à dégoter toutes ces informations ? Elle fait vraiment une bonne détective !

Molly et Lucy échangent un sourire fier avant d'acquiescer.

- Si je résume ce qu'il est écrit dans la lettre, fait Victoire d'une voix pensive, Hufflands aurait pu être tué seulement par Yulia Xinsanphar ou Gemini Lestrange car ils le détestaient suffisamment pour cela. 

- Sauf que ça ne colle pas, ajoute Dominique, ils sont tous morts avant le meurtre de notre ancien prof de DFCM.

- Et aucun d'entre eux n'a de descendance, complète Louis. Sauf les Lestrange mais la plupart d'entre eux sont à Azkaban et les autres doivent vivre exilés.

- Tu as oublié Elouna, la fille Julian Gellamos, fait Lou Dember en jetant un regard à la Salle sur Demande dans laquelle nous sommes réunis depuis ma sortie de l'infirmerie.

- Pourquoi Elouna aurait-elle tué Hufflands ? Son père était un ancien ami à lui avant son décès et s'ils ne sont pas restés en contact, c'est uniquement à cause d'une histoire stupide de prêt en banque ! s'emporte Potter en s'attirant un regard outré de la part de Lou.

- C'est vrai, fais-je, de plus Elouna étudie à Ilvermony, aux Etats-Unis. Elle ne pouvait pas être à Poudlard le jour du meurtre d'Hufflands puisque la rentrée à l'Institut de Salem s'est déroulée en même temps que la nôtre.

- Comment tu sais ça ? me demande Albus en ouvrant de grands yeux étonnés.

- Mon père est parti avec une autre femme vivre aux Etats-Unis, leur rappelle-je. Au début, il voulait que je les accompagne et que j'aille étudier à Ilvermony donc il m'a envoyé plein de brochures sur l'école de magie aux USA mais ma mère s'est radicalement opposée à cette décision, d'après elle Poudlard était la meilleure école de sorcellerie au monde.

- Donc on oublie cette Elouna ? demande Hugo en passant une main lasse dans ses cheveux.

- Je ne sais pas ce qu'elle pourrait avoir à faire avec le meurtre d'Hufflands, rétorque-je.

- Pas elle, mais peut-être sa mère ? fait Lucy en agitant son carré de cheveux roux.

- Sa mère ? répète Molly en fronçant les sourcils.

- Bah oui, celle qui est une moldue et qui est encore en relation avec le monde magique !

- Tante Audrey nous a donné son adresse, fait Louis en récitant " Londres, 14 Mysterious Road".

- Je me suis déjà promené là-bas avec Albus, nous apprend Dominique.  Le quartier des affaires magiques étrangères est très réputé pour abriter de nombreux Langues-de-Plomb.

- Je croyais que les Langues-de-Plomb travaillaient uniquement au département des Mystères au Ministère de la Magie ? s'étonne Potter.

- Non, ils peuvent travailler partout, réponds-je. Mon père est un Langue-de-Plomb.

- Il travaillait au département des Mystères, avant ? demande Victoire.

- Oui. Pourquoi ?

- Pour rien, je me suis toujours demandé ce qu'il se passait là-bas...

- Je n'en sais rien...

- Ta mère le sait peut-être ? fait Dominique en replaçant son coussin sous ses fesses.

- Aucune idée ! Papa et elle ne sont pas restés très longtemps ensemble et maman ne parle jamais de papa, elle préfère s'occuper de ses plantes. Je pourrais peut-être lui demander.

- Je ne vois pas en quoi ça pourrait nous avancer, fait Potter.

- On ne sait jamais, affirment Roxanne et Fred d'une même voix.

- De toute façon les Lestrange ne nous aideront pas, ajoute Roxanne en riant.

- Vous vous rendez compte qu'un assassin coure au-dehors ? fait Fred en plissant les yeux.

- Et qu'on est là, assis par terre dans la Salle sur Demande en se demandant qui il est... intervient Albus en enlaçant Lou.

- Ce serait presque comique si je ne pensais pas que le meurtre d'Hufflands a un rapport avec ton cauchemar, Menthe, m'apostrophe Dom'.

- Moi, je reste persuadé que cette Delwelcka est la coupable de ce mauvais coup ! s'exclame Potter en levant les yeux au ciel.

- Pour une simple histoire de garçon ?! C'est complètement stupide ! se moque Lily.

- C'est vrai que ça paraît un peu bizarre, affirme Victoire en réfléchissant.

- Et puis Pomphresh a dit que c'était de la magie noire assez puissante, ajoute Hugo en fronçant les sourcils. Même si cette Delwelcka pratique la magie noire, elle serait repérée grâce à la Trace.

- Pas sûr ! fait Molly. Après tout, Tom Jedusor et ses partisans ont plusieurs fois utilisé des sortilèges interdits au sein de ce château alors qu'ils avaient encore la Trace sur eux !

- D'ailleurs, vous ne trouvez pas que le nom de Tom Jedusor apparaît plusieurs fois dans les recherches de tante Audrey ? s'écrient Lucy et Louis d'une même voix.

- Si ! A chaque fois, le suspect est en relation avec Tom Jedusor : Lestrange est son allié, Wilfrick et Xinsanphar ses victimes, fais-je, surexcitée.

- Tu as oublié Gellamos, me coupe Potter d'une voix glaciale.

- Il est né environ un an après Tom Jedusor, nous apprend Dominique, en affichant son air le plus sérieux.

- Donc ils devaient se connaître, conclut Lily.

- Au fait, vous ne trouvez pas ça bizarre de parler de Voldemort en utilisant son prénom d'origine ? rit Victoire en rejetant ses cheveux en arrière.

- C'est parce que maman l'a appelé comme ça, répond Lucy en haussant les épaules.

- Ou parce qu'on a peur de son nom ? dit Scorpius en ouvrant la bouche pour la première fois depuis que nous sommes réunis.

Un silence pesant s'abat de nouveau dans la pièce avant que Hugo ne le brise en lançant d'une voix fatiguée :

- Où est Rose ?!

Albus nous éclaire en répondant qu'il l'a vue aller en heure de colle.

- On lui racontera tout ce soir, conclut Lou.

- C'est l'heure d'aller manger, grogne Scorpius en se massant douloureusement le ventre.

- Vous en êtes où dans le jeu ? demande Dominique en souriant.

- Ne me dis pas que tu as déjà gagné, grogne-je à mon tour en lançant un oreiller à la tête de ma meilleure amie.

- Impossible, affirme Victoire. Sinon un sortilège serait venu m'avertir et vous l'auriez su tout de suite !

- Bon, il serait temps de rejoindre la Grande Salle. En plus, tu dois être fatiguée, Menthe, après toutes ces émotions... dit Roxanne en ouvrant de grands yeux.

- C'est pas moi qui est resté à côté du cadavre d'Hufflands pendant une heure entière en l'ignorant, maugrée-je.

A ces mots, Fred et Roxanne roulent des yeux, apeurés.

- Ne vous inquiétez pas, les rassure Victoire, les Aurors veillent sur nous, maintenant...

- Tu parles, murmure Potter à l'oreille de Dom' d'un air goguenard avant de se diriger vers la sortie.

*.*.*.*.*

Dominique coula un regard vers son professeur de DFCM en faisant attention à ce que Menthe ne la voit pas. Sa meilleure amie était plongée dans un bol de potage brûlant et semblait occupée à remplir son estomac, elle ne risquait pas de la prendre sur le fait !

Menthe et Dominique avaient résolu de dîner toutes seules à la table des Serdaigle après la grande discussion de la Salle sur Demande mais leur souper fût bientôt interrompu par l'arrivée de Derrick Francklisht.

En le voyant, Menthe manqua de s'étouffer. Dominique pouffa légèrement avant de tourner machinalement la tête vers la table des professeurs où elle observa Isaac Forestman en souriant légèrement. Au début, le jeune professeur ne la remarqua pas mais il dût sentir le regard de son élève peser sur sa nuque alors il fit face à la jolie Gryffondor qui rougit intensément.

En croisant ses iris bleus, Dominique oublia un instant le temps qui passait et sa meilleure amie et vit avec bonheur les commissures des lèvres de Forestman se dresser très légèrement en un sourire parfait.

Dominique était conquise.

*.*.*.*.*

Je manque de m'étouffer en voyant l'objet de tous mes désirs s'assoir à côté de moi après qu'il m'eut adressé un sourire ravageur.

Derrick engage alors tranquillement la conversation avec moi, d'une voix polie, et me demande affectueusement de mes nouvelles sur ma santé.

Pendant ce temps, je supplie mon cerveau de cesser de penser à cette satanée Gracia Delwelcka, sa chevelure brune et ses yeux de chat. Et je me contente de savourer ce moment parfait avec mon âme sœur. Et je rêve de ses yeux bleus-verts pendant qu'il secoue la tête pour se recoiffer.

Il est parfait.

Merlin, pourquoi suis-je obligée de me coltiner ce déchet de Potter ?!

Pile à l'instant où cette phrase se forme dans ma tête, je sens deux mains vigoureuses m'arracher au banc sur lequel je suis assise et me retrouve les quatre fers en l'air, sur le sol pavé de la Grande Salle en fusillant James Sirius Potter di regard.

- Qu'est-ce qui t'arrive Etamora ?! T'es tombée ? se moque le garçon, un air narquois sur le visage.

Derrick éclate de rire à côté de moi pendant que je me relève de la façon de la plus digne que j'ai trouvée.

- Tu vas me le payer, Potter ! rugis-je en me jetant à sa poursuite alors qu'il m'entraîne dans les couloirs de Poudlard en abandonnant une Dominique éberluée derrière moi.

 

End Notes:

J'espère que ce chapitre vous aura plu ?

Est-ce qu'il y a des choses que vous voulez voir apparaître dans cette histoire ? Vous voulez voir d'autres POV personnages sur le JEU ? Plus d'action ? (y'en aura à la fin hinhin... XD)

Bisous, et encore merci à vous,

Rox'

Chapitre 12 by Roxane-James
Author's Notes:

Heyyyy !

Je suis désolée pour le retard, je n'arrive pas à donner plus de ''cachet'' à ce chapitre, ça m'agace... Grrrr. Bref, je vous remerci vraiment pour vos reviews adorables qui me font chaud au coeur :

Merci à Floriie, Lyssa7, Danoulou, Kiara Coper, kikou14789, Diesel

Chapitre 12

Menthe se sauve en courant hors de la Grande Salle en poursuivant James, une lueur meurtrière dans ses yeux bleus et je ne peux m'empêcher de pouffer à cette vision. Ils sont vraiment impossibles !

Je termine donc mon repas en solitaire et décide de vagabonder un peu dans les couloirs de Poudlard, en pensant que de toute façon, je ne reverrai sûrement pas Menthe de sitôt. Mes pas me guident machinalement au deuxième étage, devant la salle de classe de Forestman et je m'adosse au mur en fermant les yeux. L'accident de ma meilleure amie m'a fatiguée plus que de raison. J'ai toujours eu du mal à rester éveillée lorsque Menthe était malade, je passais mes nuits à l'infirmerie, lui tenant compagnie, et quand j'étais jetée dehors par Pomphresh, James me chouchoutait avec complaisance. Mais rien n'y faisait, j'avais besoin d'elle, autant que de la présence de mon cousin à mes côtés. C'était rassurant. Les gens pensent de moi que je suis une furie au caractère bien trempé, que je suis vivace et drôle et que je ne pleure jamais. Ils se trompent, tout cela n'est qu'un masque comme un autre, un masque forgé en tête de lion que seuls Menthe et James ont réussi à percer. Car il arrive parfois à mes larmes de couler ou à mon coeur de crier. Et dans ces moments-là je ne peux compter que sur eux.

Des bruits de pas parviennent à mes oreilles et je me surprends à espérer l'arrivée d'Isaac Forestman. Je n'ose ouvrir les yeux de peur d'être déçue mais quand la voix de mon professeur résonne dans le couloir, je me sens revivre doucement.

- Dominique ? Vous dormez ?

L'intonation de sa voix est perplexe mais je vois une lueur amusée teinter son regard bleu. Je plonge mes yeux dans les siens en me retenant de sourire avant de répondre calmement :

- Vous avez oublié nos cours particuliers, professeur ?

Monsieur Forestman met ses mains dans les poches de son pantalon et me toise en souriant de toute sa hauteur :

- J'ai des tonnes de copies à corriger, Miss Weasley, je crains de ne pas pouvoir être disponible ce soir. Mais demain, après notre cours de DFCM peut-être ?

Oui, demain, demain ou après-demain et tous les jours qui suivent si vous continuez de me regarder comme ça ! ai-je envie de lui répondre en prenant un ton dégoulinant de niaiserie. A la place je réplique que je serai là avec un air satisfait plaqué sur le visage.

- Bonne soirée, Miss Weasley ! me salue-t-il gentiment avant d'ouvrir la porte de sa salle.

- Bonne soirée professeur... Au fait, je préfère lorsque vous m'appelez Dominique !

Isaac Forestman m'adresse un sourire gêné avant de s'enfermer et je tourne les talons. Une petite séance de Quidditch improvisée me ferait du bien !

*.*.*.*.*.*

Cet imbécile de Potter courre beaucoup trop vite ! Il essaie de me semer mais il ne va pas s'en tirer sans dommages, le malotru ! Foi de Menthe Etamora, je vais lui faire bouffer sa baguette !

Je parcours le château en long et en large depuis plus d'une demi-heure en pourchassant le Gryffondor, profondément agacée par la scène qui s'est déroulée un peu plus tôt dans la Grande Salle, au dîner. Comme si il avait besoin de s'incruster à ma table pour me faire tomber... Je crois l'apercevoir disparaître en haut de la tour d'astronomie et considère les cent-douze marches de l'escalier qu'il me reste à monter avec dépit. Mais tant pis, je me précipite à la poursuite de la tignasse brune mal peignée du garçon et j'arrive essoufflée en haut de la tour. Arrivée en haut, je me retiens de pousser un hurlement quand je sens deux bras agripper ma taille avec férocité. Je tente de me dégager en poussant des cris scandalisés et en me débattant mais rien n'y fait, mon assaillant est beaucoup plus fort que moi et il ne faut pas oublier que je sors à peine d'un séjour à l'infirmerie.

- Alors Etamora, on fait pas la maligne, hein ? susurre Potter à mon oreille en me plaquant face contre un mur.

- Bats les pattes ! vocifère-je en essayant de lui échapper.

- Non, je n'en ai pas la moindre envie...

Sa voix glaciale résonne à mes oreilles d'une étrange façon et je sens sa main attraper ma baguette dans ma poche. Puis il recule doucement, me laissant désarmée face à lui. Son visage est à demi-caché par l'obscurité ambiante  mais je parviens quand même à déchiffrer un sourire narquois qui creuse ses joues mais n'éclaire pas ses yeux. Ma baguette magique tourne dans ses mains et mes yeux sont irrémédiablement attirés par ce mouvement, et je me retrouve comme hypnotisée.

- Pourquoi tu m'as traînée jusque là ? je demande, en gardant mon regard fixé sur ma baguette magique.

- Tu es venue de ton plein gré.

Je fronce les sourcils. Je ne m'attendais pas à cette réponse.

- Comment tu vas ?

Mes yeux fouillent le paysage qui s'offre à moi dans l'espoir d'y trouver la personne qui m'a posé cette question. Il n'y a personne en dehors de Potter et moi. Ce qui veut dire que c'est le Gryffondor qui a demandé de mes nouvelles.

- Je vais... heu... très bien. Et toi ?

Son visage est tout aussi inexpressif que d'habitude lorsqu'il me répond.

- Il fait un peu froid, ici, tu ne trouves pas ?

Sans doute. Une bourrasque de vent s'engouffre sous les toits et me décoiffe légèrement tandis que je frissonne, seulement vêtue de mon uniforme. 

- Tu as fini de jouer ? reprends-je, sarcastique. Rends moi ma baguette, Potter !

- ça te dit un petit duel, Etamora ? me défit le garçon du regard.

- Rends moi ma baguette !

- Tu as peur ? Tu n'oses pas te battre contre moi parce que tu sais que tu es nulle en duel.

- N'importe quoi ! réplique-je, rouge de rage même si ce qu'il vient de dire n'est pas totalement faux. Je sors de l'infirmerie, c'est tout !

- Mais bien sûr, ricane le brun, un sourire narquois étalé sur son visage.

- Rends-moi ma baguette, Potter ! Ou je te fais bouffer la tienne par le nez ! hurle-je en me jetant violement sur lui.

Mais je n'ai pas le temps d'attraper ma baguette magique car Potter m'a déjà repoussée d'un revers de main et me contemple avec un petit air hautain que j'abhorre plus que tout au monde.

- McGonagall m'a convoqué une fois, commence Potter en s'approchant doucement de moi. Elle m'a dit...

Son souffle chaud caresse mon cou et ses yeux brillent dans le noir.

- Elle m'a dit que je te faisais perdre tous tes moyens, conclue-t-il dans un sourire en se penchant un peu plus vers moi, si près que nos nez se touchent.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, murmure-je d'une voix rauque.

- Ah bon ? fait-il en se collant un peu plus à moi.

- Non. Dégage !

Mais Potter fait l'exact opposé de ce que je lui ai demandé, au lieu de se reculer tranquillement, il dépose un baiser au coin de mes lèvres et je sens mon coeur bondir dans ma poitrine tandis que mes jambes se liquéfient.

- Bien sûr, lâche-t-il d'une voix dénuée d'intonation en s'écartant doucement, me laissant chancelante.

Le vent hurle au-dessus de ma tête mais je n'y fais pas attention, trop troublée pour penser ou ressentir la morsure du froid sur ma peau. Le Gryffondor me fait face, inexpressif. Nos regards se croisent puis je rougis furieusement avant de prendre la parole sur un ton agressif.

- J'accepte le duel, Potter. Mais je tiens à ce que nous passions un accord. Si je gagne, j'ai le droit de te demander une faveur que tu ne peux pas refuser.

- Et si je gagne ?

- Je ferais tout ce que tu voudras.

Pour toute réponse le Gryffondor m'envoie ma baguette magique à la figure, un sourire vicieux étirant ses lèvres.

Le temps tourne à l'orage. Au moment où les premiers éclairs déchirent le ciel, le duel commence. Les sortilèges fusent de par et d'autre de mon corps et je redouble d'attention quand Potter me dévisage. Je sais qu'il est bien plus doué que moi en duel, il est le meilleur élève du cours de Défense Contre les Forces du Mal avec Dom'. Potter prend l'avantage grâce à un ''impedimenta'' puissant mais je réplique avec un sortilège d'aveuglement partiel qui détourne son attention.  Il me lance un chauve-furie que j'évite grâce à une roulade peu gracieuse puis je lui envoie un sortilège de chauve-furie (que m'a appris Lily Potter) à la figure.  Potter se le prend en pleine figure et j'en profite pour le désarmer avec vigilance. Le jeune homme se relève rapidement, au moment où un rayon de soleil automnal perce les nuages.

- Tu as gagné, Etamora.

*.*.*.*.*

Elle court dans les couloirs à en perdre haleine, sa peur lui noue l'estomac et son sang vibre à ses oreilles. Elle ne sent plus ses jambes, elle halète, suffoque, mais continue. Il faut courir, toujours plus loin, toujours plus vite. Jusqu'à distinguer la lumière. Un dernier virage, un dernier couloir et tout sera révélé. Il faut qu'elle dise ce qu'elle a vu. Elle sait qui a assassiné le professeur Hufflands. Elle l'a toujours su, au fond. Plus que quelques pas. Plus que quelques secondes. Mais soudain, tout dérape. Elle croise un Gryffondor en chemin, aux cheveux blonds-roux et aux yeux bleus. Un Weasley. Il la retient de justesse avant qu'elle ne tombe mais elle ne prend pas le temps de le remercier. Il faut qu'elle raconte, qu'elle raconte ce qu'elle a vu. Mais la jeune fille n'a pas pris en compte le Destin.

*.*.*.*.*

 

Je soupire de soulagement tandis que le soleil revient éclairer le stade de Quidditch. Je suis trempée jusqu'aux os, après avoir passé un quart d'heure à voler sous la pluie en attendant que Menthe ne rapplique. Mais je sais que ma meilleure amie ne viendra pas ce soir. Je me demande comment sa course-poursuite avec James s'est terminée mais je suis pratiquement sûre de connaître la réponse...

Je m'enferme dans les vestiaires avec empressement, voulant me blottir au plus vite dans des vêtements chauds. Je file sous la douche et au moment où j'allume l'eau, j'entends une porte claquer. Des bruits de pas, des chuchotements. C'est une voix d'homme. J'ouvre plus grand mes oreilles. Il y a quelqu'un d'autre qui accompagne l'homme, une fille. Elle a une voix aigue, comme si elle était paniquée, mais je ne parviens pas à entendre ce qu'ils disent, ils chuchotent. J'éteins ma douche, espérant distinguer plus clairement la discussion des deux intrus. Je me rhabille en silence mais plus aucun bruit ne retentit dans les vestiaires. En refermant la porte de ma cabine derrière moi, j'en viens à penser que ces voix appartenaient sûrement à deux élèves qui voulaient faire du Quidditch.

Je ferme le dernier bouton de ma cape et m'apprête à sortir des vestiaires quand je distingue une flaque de sang dans un coin. Je me fige d'horreur, apeurée à l'idée de ce que je vais découvrir. Autour de moi, il n'y a rien. Pas un bruit. Mes pas prennent la direction de la flaque de sang. Mes yeux se posent par terre et remontent doucement. Et soudain, c'est le choc. Une fillette gît misérablement dans une étendue de liquide rouge, pâle comme la mort.

Je pousse un hurlement de terreur avant de m'enfuir en courant.

End Notes:

Alors ? Vous avez aimé ce chapitre ? Et le POV Dominique, ça vous a plu ?

N'hésitez pas à me laisser une petite review ;)

Roxane-James

Chapitre 12 by Roxane-James
Author's Notes:

Heyyyy !

Je suis désolée pour le retard, je n'arrive pas à donner plus de ''cachet'' à ce chapitre, ça m'agace... Grrrr. Bref, je vous remerci vraiment pour vos reviews adorables qui me font chaud au coeur :

Merci à Floriie, Lyssa7, Danoulou, Kiara Coper, kikou14789, Diesel

Chapitre 12

Menthe se sauve en courant hors de la Grande Salle en poursuivant James, une lueur meurtrière dans ses yeux bleus et je ne peux m'empêcher de pouffer à cette vision. Ils sont vraiment impossibles !

Je termine donc mon repas en solitaire et décide de vagabonder un peu dans les couloirs de Poudlard, en pensant que de toute façon, je ne reverrai sûrement pas Menthe de sitôt. Mes pas me guident machinalement au deuxième étage, devant la salle de classe de Forestman et je m'adosse au mur en fermant les yeux. L'accident de ma meilleure amie m'a fatiguée plus que de raison. J'ai toujours eu du mal à rester éveillée lorsque Menthe était malade, je passais mes nuits à l'infirmerie, lui tenant compagnie, et quand j'étais jetée dehors par Pomphresh, James me chouchoutait avec complaisance. Mais rien n'y faisait, j'avais besoin d'elle, autant que de la présence de mon cousin à mes côtés. C'était rassurant. Les gens pensent de moi que je suis une furie au caractère bien trempé, que je suis vivace et drôle et que je ne pleure jamais. Ils se trompent, tout cela n'est qu'un masque comme un autre, un masque forgé en tête de lion que seuls Menthe et James ont réussi à percer. Car il arrive parfois à mes larmes de couler ou à mon coeur de crier. Et dans ces moments-là je ne peux compter que sur eux.

Des bruits de pas parviennent à mes oreilles et je me surprends à espérer l'arrivée d'Isaac Forestman. Je n'ose ouvrir les yeux de peur d'être déçue mais quand la voix de mon professeur résonne dans le couloir, je me sens revivre doucement.

- Dominique ? Vous dormez ?

L'intonation de sa voix est perplexe mais je vois une lueur amusée teinter son regard bleu. Je plonge mes yeux dans les siens en me retenant de sourire avant de répondre calmement :

- Vous avez oublié nos cours particuliers, professeur ?

Monsieur Forestman met ses mains dans les poches de son pantalon et me toise en souriant de toute sa hauteur :

- J'ai des tonnes de copies à corriger, Miss Weasley, je crains de ne pas pouvoir être disponible ce soir. Mais demain, après notre cours de DFCM peut-être ?

Oui, demain, demain ou après-demain et tous les jours qui suivent si vous continuez de me regarder comme ça ! ai-je envie de lui répondre en prenant un ton dégoulinant de niaiserie. A la place je réplique que je serai là avec un air satisfait plaqué sur le visage.

- Bonne soirée, Miss Weasley ! me salue-t-il gentiment avant d'ouvrir la porte de sa salle.

- Bonne soirée professeur... Au fait, je préfère lorsque vous m'appelez Dominique !

Isaac Forestman m'adresse un sourire gêné avant de s'enfermer et je tourne les talons. Une petite séance de Quidditch improvisée me ferait du bien !

*.*.*.*.*.*

Cet imbécile de Potter courre beaucoup trop vite ! Il essaie de me semer mais il ne va pas s'en tirer sans dommages, le malotru ! Foi de Menthe Etamora, je vais lui faire bouffer sa baguette !

Je parcours le château en long et en large depuis plus d'une demi-heure en pourchassant le Gryffondor, profondément agacée par la scène qui s'est déroulée un peu plus tôt dans la Grande Salle, au dîner. Comme si il avait besoin de s'incruster à ma table pour me faire tomber... Je crois l'apercevoir disparaître en haut de la tour d'astronomie et considère les cent-douze marches de l'escalier qu'il me reste à monter avec dépit. Mais tant pis, je me précipite à la poursuite de la tignasse brune mal peignée du garçon et j'arrive essoufflée en haut de la tour. Arrivée en haut, je me retiens de pousser un hurlement quand je sens deux bras agripper ma taille avec férocité. Je tente de me dégager en poussant des cris scandalisés et en me débattant mais rien n'y fait, mon assaillant est beaucoup plus fort que moi et il ne faut pas oublier que je sors à peine d'un séjour à l'infirmerie.

- Alors Etamora, on fait pas la maligne, hein ? susurre Potter à mon oreille en me plaquant face contre un mur.

- Bats les pattes ! vocifère-je en essayant de lui échapper.

- Non, je n'en ai pas la moindre envie...

Sa voix glaciale résonne à mes oreilles d'une étrange façon et je sens sa main attraper ma baguette dans ma poche. Puis il recule doucement, me laissant désarmée face à lui. Son visage est à demi-caché par l'obscurité ambiante  mais je parviens quand même à déchiffrer un sourire narquois qui creuse ses joues mais n'éclaire pas ses yeux. Ma baguette magique tourne dans ses mains et mes yeux sont irrémédiablement attirés par ce mouvement, et je me retrouve comme hypnotisée.

- Pourquoi tu m'as traînée jusque là ? je demande, en gardant mon regard fixé sur ma baguette magique.

- Tu es venue de ton plein gré.

Je fronce les sourcils. Je ne m'attendais pas à cette réponse.

- Comment tu vas ?

Mes yeux fouillent le paysage qui s'offre à moi dans l'espoir d'y trouver la personne qui m'a posé cette question. Il n'y a personne en dehors de Potter et moi. Ce qui veut dire que c'est le Gryffondor qui a demandé de mes nouvelles.

- Je vais... heu... très bien. Et toi ?

Son visage est tout aussi inexpressif que d'habitude lorsqu'il me répond.

- Il fait un peu froid, ici, tu ne trouves pas ?

Sans doute. Une bourrasque de vent s'engouffre sous les toits et me décoiffe légèrement tandis que je frissonne, seulement vêtue de mon uniforme. 

- Tu as fini de jouer ? reprends-je, sarcastique. Rends moi ma baguette, Potter !

- ça te dit un petit duel, Etamora ? me défit le garçon du regard.

- Rends moi ma baguette !

- Tu as peur ? Tu n'oses pas te battre contre moi parce que tu sais que tu es nulle en duel.

- N'importe quoi ! réplique-je, rouge de rage même si ce qu'il vient de dire n'est pas totalement faux. Je sors de l'infirmerie, c'est tout !

- Mais bien sûr, ricane le brun, un sourire narquois étalé sur son visage.

- Rends-moi ma baguette, Potter ! Ou je te fais bouffer la tienne par le nez ! hurle-je en me jetant violement sur lui.

Mais je n'ai pas le temps d'attraper ma baguette magique car Potter m'a déjà repoussée d'un revers de main et me contemple avec un petit air hautain que j'abhorre plus que tout au monde.

- McGonagall m'a convoqué une fois, commence Potter en s'approchant doucement de moi. Elle m'a dit...

Son souffle chaud caresse mon cou et ses yeux brillent dans le noir.

- Elle m'a dit que je te faisais perdre tous tes moyens, conclue-t-il dans un sourire en se penchant un peu plus vers moi, si près que nos nez se touchent.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, murmure-je d'une voix rauque.

- Ah bon ? fait-il en se collant un peu plus à moi.

- Non. Dégage !

Mais Potter fait l'exact opposé de ce que je lui ai demandé, au lieu de se reculer tranquillement, il dépose un baiser au coin de mes lèvres et je sens mon coeur bondir dans ma poitrine tandis que mes jambes se liquéfient.

- Bien sûr, lâche-t-il d'une voix dénuée d'intonation en s'écartant doucement, me laissant chancelante.

Le vent hurle au-dessus de ma tête mais je n'y fais pas attention, trop troublée pour penser ou ressentir la morsure du froid sur ma peau. Le Gryffondor me fait face, inexpressif. Nos regards se croisent puis je rougis furieusement avant de prendre la parole sur un ton agressif.

- J'accepte le duel, Potter. Mais je tiens à ce que nous passions un accord. Si je gagne, j'ai le droit de te demander une faveur que tu ne peux pas refuser.

- Et si je gagne ?

- Je ferais tout ce que tu voudras.

Pour toute réponse le Gryffondor m'envoie ma baguette magique à la figure, un sourire vicieux étirant ses lèvres.

Le temps tourne à l'orage. Au moment où les premiers éclairs déchirent le ciel, le duel commence. Les sortilèges fusent de par et d'autre de mon corps et je redouble d'attention quand Potter me dévisage. Je sais qu'il est bien plus doué que moi en duel, il est le meilleur élève du cours de Défense Contre les Forces du Mal avec Dom'. Potter prend l'avantage grâce à un ''impedimenta'' puissant mais je réplique avec un sortilège d'aveuglement partiel qui détourne son attention.  Il me lance un chauve-furie que j'évite grâce à une roulade peu gracieuse puis je lui envoie un sortilège de chauve-furie (que m'a appris Lily Potter) à la figure.  Potter se le prend en pleine figure et j'en profite pour le désarmer avec vigilance. Le jeune homme se relève rapidement, au moment où un rayon de soleil automnal perce les nuages.

- Tu as gagné, Etamora.

*.*.*.*.*

Elle court dans les couloirs à en perdre haleine, sa peur lui noue l'estomac et son sang vibre à ses oreilles. Elle ne sent plus ses jambes, elle halète, suffoque, mais continue. Il faut courir, toujours plus loin, toujours plus vite. Jusqu'à distinguer la lumière. Un dernier virage, un dernier couloir et tout sera révélé. Il faut qu'elle dise ce qu'elle a vu. Elle sait qui a assassiné le professeur Hufflands. Elle l'a toujours su, au fond. Plus que quelques pas. Plus que quelques secondes. Mais soudain, tout dérape. Elle croise un Gryffondor en chemin, aux cheveux blonds-roux et aux yeux bleus. Un Weasley. Il la retient de justesse avant qu'elle ne tombe mais elle ne prend pas le temps de le remercier. Il faut qu'elle raconte, qu'elle raconte ce qu'elle a vu. Mais la jeune fille n'a pas pris en compte le Destin.

*.*.*.*.*

 

Je soupire de soulagement tandis que le soleil revient éclairer le stade de Quidditch. Je suis trempée jusqu'aux os, après avoir passé un quart d'heure à voler sous la pluie en attendant que Menthe ne rapplique. Mais je sais que ma meilleure amie ne viendra pas ce soir. Je me demande comment sa course-poursuite avec James s'est terminée mais je suis pratiquement sûre de connaître la réponse...

Je m'enferme dans les vestiaires avec empressement, voulant me blottir au plus vite dans des vêtements chauds. Je file sous la douche et au moment où j'allume l'eau, j'entends une porte claquer. Des bruits de pas, des chuchotements. C'est une voix d'homme. J'ouvre plus grand mes oreilles. Il y a quelqu'un d'autre qui accompagne l'homme, une fille. Elle a une voix aigue, comme si elle était paniquée, mais je ne parviens pas à entendre ce qu'ils disent, ils chuchotent. J'éteins ma douche, espérant distinguer plus clairement la discussion des deux intrus. Je me rhabille en silence mais plus aucun bruit ne retentit dans les vestiaires. En refermant la porte de ma cabine derrière moi, j'en viens à penser que ces voix appartenaient sûrement à deux élèves qui voulaient faire du Quidditch.

Je ferme le dernier bouton de ma cape et m'apprête à sortir des vestiaires quand je distingue une flaque de sang dans un coin. Je me fige d'horreur, apeurée à l'idée de ce que je vais découvrir. Autour de moi, il n'y a rien. Pas un bruit. Mes pas prennent la direction de la flaque de sang. Mes yeux se posent par terre et remontent doucement. Et soudain, c'est le choc. Une fillette gît misérablement dans une étendue de liquide rouge, pâle comme la mort.

Je pousse un hurlement de terreur avant de m'enfuir en courant.

End Notes:

Alors ? Vous avez aimé ce chapitre ? Et le POV Dominique, ça vous a plu ?

N'hésitez pas à me laisser une petite review ;)

Roxane-James

Chapitre 13 by Roxane-James
Author's Notes:

Hey !

Merci à Floriie, Kiara Coper, Lyssa7, kikou14789, AnthusPrasentis, Diesel, Azyax pour vos reviews <3 Vous êtes vraiment adorables !

Désolée pour ce chapitre un peu en retard et pas très intéressant (en plus il est court), le prochain sera mieux, promis ^^

Bizzz et bonne lecture !

Roxane-James

Chapitre 13

Pas un bruit, pas un mot. "Elle est morte". Ces paroles résonnent faiblement à mes oreilles, comme une musique que l'on aurait mis en arrière-plan. Une musique d'ambiance. La musique tragique de la vie. Mélica Fontiny est morte.

On se connaissait un peu toutes les deux. Elle était une élève de quatrième année dans la maison Poufsouffle et l'année précédente, je l'aidais à réviser la théorie de la Défense Contre les Forces du Mal. Je m'étais prise d'affection, pour elle, avec sa longue tresse brune qui pendouillait dans son dos, elle me faisait penser à ma petite sœur que je ne voyais jamais. Elle avait le même regard doux et sincère. Le même sourire profond qui donne envie de l'aimer. La même façon de voir le monde et d'envisager la vie, avec optimisme.  Sauf qu'aujourd'hui, je ne la reverrai pas dans les couloirs, nous ne nous saluerons pas à la bibliothèque et nous ne discuterons pas tranquillement entre deux cours. Aujourd'hui, Mélica ne se lèverait pas pour aller étudier. Mélica était morte. Elle avait été assassinée.

Un cri puissant, un cri d'horreur résonne dans la Grande Salle. La directrice n'essaye même pas de l'arrêter. Ses yeux semblent vides, ses traits expriment une douleur inqualifiable. Et Jane Fontiny, la sœur aînée de Mélica fond sur elle à la vitesse d'un faucon. Personne ne songe à la stopper, elle le fait d'elle-même. Des larmes dévalent ses joues, son corps se cambre violemment. Le professeur Forestman semble reprendre ses esprits plus vite que les autres et emmène la Serpentard à l'infirmerie, en robe de chambre.

Nous avons tous été réveillés en pleine nuit par nos préfets qui nous ont ordonné de descendre dans la Grande Salle quelques minutes plus tôt. Affolés par leurs mines sombres, nous nous sommes exécutés sans discuter. Mais maintenant que je suis là, assise sur ce banc, impuissante, j'aurais envie de retourner sous ma couette et de ne plus jamais ouvrir les yeux.  J'aurais en vie d'oublier que la vie de chacun de mes camarades est en danger.

*.*.*.*.*

Dom' se glisse à mes côtés sur le rebord de la fenêtre que j'occupe. C'est la deuxième fois de l'année que l'on dort tous ensemble dans la Grande Salle. Mon amie a le visage défait et les yeux rougis.

- C'est moi qui l'ai trouvée, Menthe.

Je ne dis rien, me contentant de l'observer. Le clair de lune creuse des sillons ténus dans sa peau diaphane et ses cheveux roux sont encore plus emmêlés que d'habitude.  J'ai envie de la serrer fort contre mon coeur, de lui dire que ça va aller, que tout va bien. Mais les mots refusent de sortir, mon coeur s'est arrêté de battre quelques instants. Et il y a les larmes qui déferlent. Et Dominique qui raconte.

- Elle était... étendue dans une mare de sang, sanglote-t-elle. Son sang.

Tais-toi, Dom', ai-je envie de crier. Pourquoi est-ce que c'est si dur de soutenir son regard souffrant ? Pourquoi est-ce que j'ai envie qu'elle disparaisse de mon champ de vision ? Je devrais lui hurler que je l'aime, qu'elle n'a pas de soucis à se faire. Je voudrais lui hurler d'être heureuse.

- Dans les vestiaires du stade de Quidditch. Alors... J'ai couru. Je suis allée prévenir McGonagall.

Je hoche la tête. Mais merde, Dom' ! Qu'est-ce que tu foutais dans les vestiaires à cette heure-là ?! Qu'est-ce qu'elle foutait aussi, Mélica, dans les vestiaires ?!

- Viens, murmure-je dans un râle en enlaçant ma meilleure amie.

Et nous restons là quelques instants. Un moment qui me semble durer une éternité tandis que la Gryffondor pleure, appuyée sur mes épaules. Chacun de ses sanglots hurle sa tristesse et le choc qu'a provoqué cette découverte en elle. Je lui chuchote des mots à l'oreille, sans savoir quoi exactement. Juste pour qu'elle entende le son de ma voix, qu'elle comprenne que je suis là, qu'elle n'est pas toute seule. Et ça semble lui suffire.

Une silhouette cambrée s'approche de notre duo à petits pas et se poste face à moi. Isaac Forestman, vêtu seulement d'une robe de chambre qui cache un pyjama bleu foncé, prend la parole d'une voix lointaine.

- Venez avec moi, Dominique. Vous devez vous reposer.

Je fusille mon professeur du regard. Dominique ne partira pas avec lui, elle doit rester avec moi, il faut que je veille sur elle. Mais déjà, mon amie se détache de moi et suit le jeune homme tranquillement, même si ses larmes continuent de couler.

- Je vais lui faire du thé, me dit Forestman en prenant un ton apaisant. Il faut qu'elle se repose. Je ne peux pas l'emmener à l'infirmerie, Miss Pomphresh y examine le corps de... Mélica Fontiny. Elle sera en sécurité avec moi, miss Etamora.

J'acquiesce. Cela ne peut pas faire de mal à Dominique. Peut-être qu'elle se sentira mieux après.

 

 *.*.*.*.*

Aussitôt ma meilleure amie partie, Lou Dember me rejoint sans un mot dans ma cachette. Je suis contente de la voir.

- Je n'arrive pas à dormir, me dit-elle d'une voix grave.

- Moi non plus.

- ça fait peur, pas vrai ? On n'est plus en sécurité à Poudlard... frissonne-t-elle.

- Parlons d'autre chose, décrète-je. Pourquoi tu n'es pas auprès d'Albus ?

- Il s'est endormi comme une masse.

La jeune Serpentard hausse les épaules avant de reprendre la parole.

- Est-ce que tu as ouvert mon cadeau ? Celui que je t'ai offert quand tu étais à l'infirmerie ?

Je repense au petit paquet emballé soigneusement sur ma table de chevet et sourit.

- Non, il est dans mon dortoir. Je projetais de l'ouvrir ce soir avec Dom' et toi dans la Salle sur Demande mais...

- Des imprévus. Tu faisais quoi après le dîner ? Je ne t'ai pas vue.

- J'étais avec Potter, fais-je en me renfrognant.

Lou éclate de rire.

- Et... C'était bien ? glisse-t-elle en accompagnant sa question d'une œillade suggestive.

- A quoi tu penses ?! fais-je en rougissant. C'est de Potter dont on parle, là !

- Vous avez l'air de bien vous entendre, riposte Lou en ricanant gentiment.

- Oui, comme des Mangemorts en foire !

Nous pouffons de la manière la plus stupide qui soit

- Non mais sérieusement, reprend Lou, je suis sûre qu'entre vous deux, c'est pas si terrible que ça.

Peut-être. Je ne sais pas, je ne sais jamais avec lui, de toute façon. J'ai parfois l'impression qu'il y a un rideau de fer entre nous.

- Albus dit qu'il t'aime bien.

Lou a lâché cette phrase de la manière la plus désinvolte possible mais je perçois une petite flamme pétillante de malice qui illumine son regard.

- Arrête de te moquer ! fais-je en souriant malgré moi.

Pourtant, je sens une douce chaleur envahir mon corps et m'étreindre amicalement. Comme si cette idée m'était agréable. Comme si je pouvais en venir à apprécier Potter. Oh non, pas l'aimer, je ne pense pas que je pourrai l'aimer un jour. Seulement, ça serait bien qu'on soit juste amis. Que tout soit plus simple. Parce que la vie est déjà assez compliquée comme ça.

- Alors, tu n'es pas pressée d'ouvrir mon cadeau ?! glisse Lou, en rejetant négligemment sa crinière  foncée dans son dos.

- Bien sûr que si ! Mais il est dans mon dortoir... Et avec l'assassin qui court dans le château...

- Tu n'es pas une sorcière pour rien, réplique Lou en agitant sa baguette magique sous mon nez.

- Tu as raison ! Je suis stupide, pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt...

J'attrape ma baguette et fait un leste mouvement de la main en murmurant un "accio cadeau de Lou" puis je scrute le plafond. Soudain, un paquet bleu clair me fonce dessus et j'ai juste le temps de le rattraper avant qu'il ne me fonce dessus. Lou et moi nous asseyons de nouveau sur le rebord de la fenêtre puis je déballe avec enthousiasme la surprise.  Et je découvre un magnifique carnet vert pomme, sécurisé par une serrure magique, dont je tombe tout de suite amoureuse.

- Merci ! fais-je en me retenant de crier de joie tout en enlaçant amicalement Lou dans mes bras.

La Serpentard éclate de rire avant de me rendre un sourire encore plus rayonnant.

- Et attends de l'ouvrir ! fait-elle, surexcitée.

Je m'exécute sagement, et des centaines de pages blanches se dévoilent à mes yeux.

- Il est ensorcellé, m'apprend Lou. Si tu écris dedans, il n'y aura que toi qui pourra le voir. Je l'ai acheté dans une petite boutique londonienne cet été et je voulais te l'offrir à Noël mais bon...

- C'est un cadeau fantastique ! Je te remercie de tout mon coeur !

- La vendeuse m'a donné d'autres indications... Mais je ne m'en rappelle plus pour le moment. Un contre-sort pour les plus curieux ou un truc de ce genre. Mais tu excelles en sortilèges, alors...

- C'est génial ! De toute manière, personne ne peut lire ce que j'écris...

- Oui. Je suis contente que ça te plaise !

- Tu oublies que tu parles à une Serdaigle ! lance-je en riant.

*.*.*.*.*.*

Il ne se souvient plus vraiment pourquoi il est venu jusqu'ici. Il sait seulement qu'il a les mains moites et qu'il avait besoin d'aller aux toilettes. Et puis il y a eu cette voix qui l'a appelé. Elle était chaude, calme, ni féminine ni masculine. Une voix réconfortante. Et alors, il a tout oublié. Dans son esprit, c'est toujours la même chose. Il revoit en boucle ces images mais ne parvient pas à les analyser. Un jet de lumière noire, des couloirs sombres et carrelés, des étagères et une sorte de voile glissé entre une arche en pierres, soutenue par deux colonnes. Et puis une porte en bois sombre. Il ne la connaît pas, mais il a l'impression de l'avoir déjà vue quelque part. Mais pour le moment, il est préoccupé par d'autres choses. Il y a sur ses mains, du sang qui ne lui appartient pas.

End Notes:

Alors ? Ce chapitre vous a quand même plus ? (ouiiiii, je sais, c'est le plus pourri XD)

Roxane-James

(encore merci pour toutes vos reviews ^^ )

Chapitre 14 by Roxane-James
Author's Notes:

Bonsoir ou bonjour !


On se retrouve avec un nouveau chapitre assez court et centré sur Dominique ^^ Je voulais aussi vous remercier car on a dépassé la barre des 50 reviews (et c'est la première fois que ça m'arrive !) donc merci à :


Floriie, Lyssa7, Kiara Coper, kikou14789, Diesel, Tagada9 <3 Mais aussi à AnthusPrasentis, Azyax, danouloulou, Lily-chan, Fishypi, Samyna.


Merci aussi aux 23 personnes qui ont mis cette fanfiction dans leurs favoris :


4li_be, Ajepenac, Angel49, AnthusPratensis, Azyax, Betty Forkedangue, danouloulou, Diesel,Enireves Lechemin, Fishypi, Floriie, GinnyPotty, Kiara Coper, kikou14789, Lily-chan, Lysamoony16, Lyssa7, madelune, margotte03, MissMD, Pyrate, Samyna, Tagada9


Je vous souhaite une bonne lecture :)


Roxane-James

Chapitre 14

- Je vais aller aux toilettes, maintenant, dis-je à Lou.

- Je vais me coucher, bonne nuit, Menthe !

La Serpentard s'éloigne à pas mesurés en me lançant un clin d'œil discret puis rejoint Albus dans son duvet. Un sourire attendri me vient aux lèvres quand je la vois qui l'embrasse sur le front avant de se coller à lui et de fermer les yeux.

Je n'ai pas de mal à sortir de la Grande Salle malgré les Aurors qui surveillent les allées et venues des élèves, je leur explique que j'ai besoin d'aller aux toilettes et lorsque ceux-ci désirent m'y accompagner, je réplique que je préfère être seule et que Mimi Geignarde les préviendra d'elle-même si il m'arrivait quelque chose. Je grimace en entrant dans les toilettes et me dirige vers les cabinets les plus proches.

Les tuyaux grincent, des gouttes d'eau s'échappent des robinets fermés et viennent s'écraser sur le sol dans un silence angoissant et lorsque je sors des toilettes, un courant d'air glacial vient effleurer mon cou dénudé. Un grincement retentit dans l'obscurité et je sens l'air me manquer. Un faible rayon de lune éclaire  les toilettes et je m'apprête à en sortir quand je remarque une forme sombre étendue dans un coin. J'hésite à m'en approcher, sentant la peur devenir plus virulente à chaque pas que je fais mais la curiosité est plus forte. Mes pieds se dirigent machinalement vers la forme sombre et mes yeux suivent le mouvement.

Je me fige de terreur en remarquant les mains de l'élève étendu à mes pieds. Il est couvert de sang. Ses cheveux bruns et l'écusson de la maison de Gryffondor qui brille intensément sur son uniforme me permettent de l'identifier rapidement.

- James ! m'exclame-je en m'agenouillant à côté de lui. James ! Réveilles-toi !

Ma main vient effleurer sa peau d'une pâleur inquiétante et soudain, je suis prise d'affreux vertiges et d'une furieuse envie de pleurer.

- JAMES ! hurle-je en pleurant, ne sois pas mort, je t'en prie ! Ne sois pas mort ! Réveilles-toi !

Je me colle contre son corps, lui prend le pouls, il est vivant mais inconscient.

- James, je t'en prie, dis quelque chose... JAMES !

Les larmes s'échappent , de plus en plus nombreuses, je serre le garçon contre moi, tâchant mes vêtements avec le sang qui macule son corps, quand je le sens qui bouge contre moi. Le jeune homme, affaibli, me regarde avec des yeux embués.

- Merlin, tu es vivant...

Je l'enlace fermement, en continuant de pleurer quand une voix sèche résonne derrière nous.

- Vous êtes ici ! On vous a entendu hurler d'un bout à l'autre du château, Miss ! Et que faites-vous... Merlin ! Il faut emmener ce garçon à l'infirmerie !

- Non ! pleure-je en me débattant quand la directrice tente de me décrocher du Gryffondor qui s'affale sur le sol, le regard vide. Laissez-moi ! Je vais m'occuper de lui ! Laissez-moi avec lui ! S'il-vous-plaît ! Ne le laissez pas tout seul !

C'est peine perdue, McGonagall m'assomme légèrement à l'aide d'un sortilège et j'essaye de lutter contre le maléfice mais c'est peine perdue, ma vision se floue et mes paroles retentissent faiblement à mes propres oreilles.

- S'il-vous-plaît... Laissez-moi avec lui... Faites qu'il soit vivant...

*.*.*.*.*

- Tenez, prenez ça, cela vous fera du bien.

Le professeur Forestman me tend une tasse de chocolat chaud d'où s'échappe une fumée enivrante. Il se penche vers moi, m'oblige à plonger mes lèvres dans le liquide brûlant et me fixe de son regard fiévreux qui me rend si mal à l'aise. J'avale goulûment la boisson sans cesser de l'observer. Il est vraiment...beau dans son pyjama bleu nuit caché derrière une robe de chambre noire. Ses cheveux foncés et ses yeux bleus font de lui un homme agréable à regarder. Mais je sais que je ne peux pas l'aimer de cette façon. Alors pourquoi faut-il que le Jeu l'ait choisi, lui ? Et le "je t'aime", est-ce que ça peut être un "je t'aime" d'amitié ? Je devrais le savoir, c'est moi qui ai eu l'idée de ce stupide jeu...

- Dominique, vous voulez en parler ? me demande-t-il de sa voix grave et chaude.

Je mets quelques secondes avant de réaliser  qu'il attend ma réaction à propos du corps de Mélica Fontiny que j'ai retrouvé, assassinée. Un frisson me parcourt l'échine et je réponds d'une voix tremblante :

- Vous pensez que je serais capable de produire un patronus ?

- Quand vous repenserez à ce souvenir, vous voulez dire ? Oui, bien sûr. Mais il va falloir vous entraîner, vous décharger d'émotions négatives. Il va falloir que vous appreniez à vous détendre.

- Je sais me détendre. Je n'ai aucun mal à faire des bêtises ! réplique-je, du tac au tac.

Si je l'embrassais maintenant, par exemple ? Cela serait une grave bêtise...

- Je veux dire... que vous preniez du temps pour vous, reprend-il en me souriant gentiment.

Un rictus mauvais se forme sur mes lèvres. J'ai tellement envie de le détester. Il me parle avec ce ton gentil et me fixe à la manière d'un protecteur et moi, j'ai envie de le prendre dans mes bras... d'une manière tout sauf innocente !

- Vous voulez un sucre ?

J'écrase le morceau de sucre entre mes doigts, crispée. Les petits cristaux vont s'échouer dans son tapis ou se disperser sur sa table basse.

- Je veux dormir.

- Je pensais que vous voudriez discuter.

- Chaque mot qui sort de ma bouche est comme une insulte à mes oreilles, réplique-je, vivement.

- Pourquoi ? me demande-t-il, en croisant ses bras sur son torse.

- Parce que je ne dis pas ce que je pense.

- Alors faites-le ! m'enjoint mon professeur avec courtoisie.

- Non. Croyez-moi, vous ne le désirez pas.

- Dominique, j'aimerais vous aider...

- Et si on faisait une partie de Quidditch ? Cela m'aiderait sûrement à me détendre ? rétorque-je, agacée.

- Il est un peu plus de minuit, Miss Weasley.

- Dominique, s'il-vous-plaît. Et je m'en fiche de l'heure qu'affiche votre montre, je veux m'amuser.

- Ce n'est pas prudent avec l'assassin qui rôde dans le château... contre Forestman en plissant les yeux.

- Vous serez là pour me protéger. Et croyez-moi, tout est mieux que cette pièce... J'ai envie de...

- De faire exploser les murs ? questionne le jeune homme en souriant.

De vous sauter dessus, pense-je, mais à la place je réplique :

- De me défouler !

Un court silence embraye à notre discussion, mais mon sourire larmoyant doit lui fendre le coeur puisqu'il abdique enfin.

- Bon, d'accord !

*.*.*.*.*

- Vous êtes vraiment nul, professeur, ris-je en le fixant dans l'obscurité, à cheval sur mon balai.

- C'est vous qui êtes trop douée, miss Weasley ! rétorque Forestman en essayant de nouveau de garder son anneau tandis que le souaffle passe dedans sans problème.

- C'est mon sixième tir et vous n'en avez arrêté aucun ! me vante-je en mimant le signe de la victoire sous son œil agacé.

- Vous venez vous entraîner tous les jours, Miss Weasley ! réplique Forestman, les yeux au ciel.

- Vous n'avez jamais joué au Quidditch ? ricane-je en marquant un septième but.

- Je ne suis pas très à l'aise sur un balai, avoue le jeune professeur en regardant avec anxiété les dix mètres qui nous séparent du sol.

- Vous avez le vertige ?

- Non, mais je ne sais pas réellement voler. Je connais seulement les mouvements de base.

- Je vois. Et si je vous apprenais ?

- Je vous demande pardon ? fait Forestman en encaissant un huitième but.

- Vous m'apprenez à réaliser un Patronus, je vous apprends à voler, c'est le deal, lance-je, fière de moi.

- On ne "deal" pas avec son professeur, Miss Weasley !

- Dans ce cas, vous ne serez pas mon professeur pendant nos séances de Quidditch privées, vous serez mon élève, argue-je, en lui souriant d'un air narquois.

- Vous êtes stupide ! Comme cette idée, d'ailleurs !

- Je suis vexée, ricane-je, je pensais que vous m'appréciez...

- Mais je vous apprécie, Miss Weasley ! s'agace Forestman en encaissant un neuvième but après avoir enchaîné divers mouvements ridicules.

- Vous ne voulez pas de moi.

Je viens de réaliser que cette phrase avait un double sens, c'est assez drôle, d'ailleurs. Et puis le comique de situation fait qu'il encaisse les buts que j'ai tirés donc ça aussi, ça peut être pris comme une allusion à ma situation tragiquement désespérante et d'ailleurs...

- Miss Weasley ?! hurle une voix à mes oreilles, interrompant mon monologue intérieur.

- Quoi ? demande-je d'une voix rêveuse.

- Vous avez fait une figure dangereuse !

- Ah bon ? Je n'avais même pas remarqué...

(Comme quoi, l'amoûûûr, ça rend non seulement débile mais aussi aveugle !)

- C'était une feinte de... de Wronghshit... Wrongfty... Un truc du genre ! s'énerve mon professeur tandis que je me demande comment il fait pour être aussi séduisant alors que ses cheveux ébouriffés lui donnent l'air d'un gamin de huit ans.

- Une feinte de Wronski, corrige-je machinalement.

- Oui, oui, c'est ça... Enfin bref ! Une figure dangereuse !

- Pas quand on pratique le Quidditch et le vol acrobatique quotidiennement.

Pas de réponse. Il semble vexé. Me voilà de bonne humeur !

- Vous avez réfléchi à ma proposition, professeur ?

- Dominique ! rage-t-il en manquant de tomber de son balai.

- J'aime quand vous m'appelez par mon prénom, affirme-je.

- Je ne vois pas pourquoi j'accepterais...

Je me rapproche brusquement de lui, jusqu'à pouvoir sentir son souffle sur ma joue dans l'air glacial de la nuit, son nez n'étant qu'à quelques centimètres du mien.

- Parce que vous voulez me changer les idées ? réplique-je, assez sèchement.

- Heu...

Il semble décontenancé.

- Bon, j'accepte. Mais seulement une séance de vol par semaine.

- Super ! Et pour le Patronus ?

- Lundi soir, dix-neuf heures dans mon bureau. Et maintenant, filez vous coucher !

- Avec plaisir...

End Notes:

Une petite review ?

Des remarques ? Idées pour la suite ?

Encore merci pour toutes vos reviews ^^ et aussi merci à vous, les lecteurs fantômes, j'espère que l'histoire vous plaît.

Bissous,

Roxane-James

(promiq prochain chapitre centré sur Menthe !)

Chapitre 15 by Roxane-James
Author's Notes:

Hello tout le monde !

Désolée pour le retard mais avec les fêtes de Noël et tout le bazar, je n'ai pas pu poster avant aujourd'hui ^^ J'espère que ce chapitre vous plaira (surtouuut la fin), il n'est pas particulièrement drôle MAIS très important pour la suite de l'histoire :)

Merci à Floriie, Lyssa7, Diesel, kikou14789, Enireves Lechemin et AnthusPrasentis pour vos reviews adorables et génialissimes <3

Et merci à chaque lecteur qui passe par ici pour lire le chapitre :)

Bonne lecture !

Chapitre 15

Tandis qu'un léger rayon de soleil vient éclairer l'infirmerie, je m'étire avec délice comme le ferait un chat. Mes cheveux blonds sont plus emmêlés que jamais, je décide de les attacher pour qu'ils ne retombent pas devant mes yeux et m'approche doucement du lit dans lequel James Potter est étendu. Je m'assois sur une chaise à côté et souris en remarquant qu'il semble détendu dans son sommeil. Je n'ai pas souvent vu un Potter aussi calme. Au moment exact où je me fais cette réflexion, Albus et Lily franchissent la porte de l'infirmerie, le front barré par l'inquiétude. Ils se précipitent au chevet de leur frère, soulagés de me trouver à ses côtés.

- Comment va-t-il ? demande Lily en recoiffant légèrement le Gryffondor.

- Miss Pomphresh a dit qu'il a été victime d'un sectumsempra violent et non-maîtrisé, réponds-je en plissant les yeux.

- On a une idée de l'auteur de ce mauvais sort ? interroge Albus à son tour.

- Pomphresh pense qu'un élève aurait fait ça. Parce que le sortilège n'était pas bien maîtrisé.

Albus marque un temps avant de reprendre la parole, visiblement secoué par la nouvelle.

- Tu es là depuis longtemps ? McGonagall nous a prévenu de ce qui s'est passé seulement lorsque nous nous sommes réveillés.

- Depuis vingt minutes environ, un Auror m'a fait coucher dans le bureau de la directrice pour que je ne m'échappe pas. Ils m'ont assommé.

- Des fois, je me demande pourquoi tu n'es pas à Gryffondor, souffle Lily en souriant légèrement.

- Parce que je ne suis pas courageuse, réplique-je du tac au tac.

- Faux, rétorque Albus en m'enlaçant gentiment. Plus d'un élève aurait pris ses jambes à son cou dans pas mal de situations que tu as vécu...

- Genre... Quand Dom' t'a entraînée dans la Chambre des Secrets ou lorsque vous êtes restés enfermés dans les cachots ! renchérit Lily.

- Le Choixpeau m'a placée à Serdaigle, c'est que j'y ai ma place.

- Certainement, tu es intelligente,  logique et tu aimes travailler, répond Albus. Mais ce serait mentir que de me dire que le Choixpeau ne t'a pas proposé Gryffondor...

Je sens une pointe de doute germer dans mon esprit, devrais-je ou non révéler que le Choixpeau m'a proposé de rejoindre les rangs des rouge et or à mon arrivée à Poudlard ? Seule Dominique le sait ainsi que ma mère et je ne tiens pas particulièrement à révéler cette facette de ma personnalité car je ne me sais pas faite pour Gryffondor, de plus, j'aime ma maison, je m'y sens bien. Ma mère a également atterri chez les Serdaigle et m'a toujours dit que c'était la meilleure des quatre maisons.

- Le Choixpeau m'a vue à Serdaigle même s'il a dénoté chez moi une certaine inclination pour les problèmes et... les amitiés problématiques ! abdique-je.

- Et du courage, rajoute Lily en me tapotant l'épaule.

- Je ne suis pas brave comme vous, réplique-je. Je suis plus mesurée et j'ai réellement horreur d'affronter mes peurs.

- Tu n'as juste pas confiance en toi, rétorque Albus.

J'hausse les épaules. Albus m'a toujours soutenue et encouragée, même lorsque nous avons rompu. Même si je ne passe pas énormément de temps avec lui, il est un ami solide, sur lequel je peux compter et qui a toute ma confiance. Mais il ne comprend pas que j'aspire juste à une vie tranquille et pas trépidante, et que le fait que Dom' et James m'entraînent dans des histoires compliquées ne me séduit pas totalement.

Le silence s'installe dans l'infirmerie, doux et chargé de nostalgie. Je repense aux dires d'Albus et de Lily, un petit sourire aux lèvres. Je sais que je ne serais jamais comme eux, parce que tel n'est pas mon caractère, mais j'apprécie leur côté courageux et leur présence.

- Au final, tu ne détestes pas tant que ça James, lance Lily, un air espiègle plaqué sur le visage.

Je scrute avec attention le visage de la rouquine, ses yeux foncés, les mêmes que son frère, et ses joues roses. Lily c'est la petite sœur que chacun rêve d'avoir, celle qui a la langue bien pendue et qui ne rate jamais une occasion de faire savoir ce qu'elle pense, mais c'est aussi une personne attentive et joyeuse, quelqu'un sur qui on sait que l'on peut compter. Je l'apprécie énormément et c'est peut-être pour ça que j'ouvre la bouche et lui réponds d'un ton incertain.

- Je ne sais pas. D'une part il est terriblement agaçant et de l'autre, il peut avoir des côtés agréables.

- Tu veux dire qu'il t'en fait voir de toutes les couleurs, rit doucement Albus en jetant un coup d'œil à son frère toujours endormi.

- Merlin ! ça tu peux le dire ! Je n'ai jamais eu autant d'ennuis que depuis que je fréquente votre famille !

- Que veux-tu, les Potter-Weasley c'est toute une histoire !

Nous pouffons tous les trois puis Miss Pomphresh rapplique en maugréant dans l'infirmerie, armée de plusieurs flacons qui contiennent un épais liquide vert pâteux.

- Vous êtes toujours fourrée à l'infirmerie, miss Etamora ! s'exclame Miss Pomphresh en me regardant avec empathie. Et il faut toujours qu'un Potter ou un Weasley vous tienne compagnie... Par Morgane, je vais devenir folle ! Vous me rendez tous chèvre !

Lily manque de s'étouffer en riant, déguisant son rire par une quinte de toux artificielle.

- Qu'est-ce que c'est dans les flacons ? demande Albus à l'infirmière.

- De la potion de force mélangée à des herbes qui vont le réveiller, répond la vieille femme en s'approchant de Potter.

Elle farfouille quelques minutes dans les poches de son vêtement blanc, pestant contre la profondeur de celles-ci, et en retire une large seringue dans laquelle elle glisse un flacon de son drôle de mélange. Après quoi, elle se retourne vers Albus et lui demande de venir l'aider à maintenir le bras de James. L'infirmière enfonce l'aiguille dans le bras de James soutenu par Albus puis inspecte ses cernes avec minutie.

- Il va se réveiller dans un quart d'heure environ, déclare-t-elle, satisfaite. Vous devriez aller prendre un petit-déjeuner. Les cours commencent dans deux heures.

- Est-ce que vous pensez que la personne qui a fait cela a un rapport avec l'assassin du professeur Hufflands ? demande-je.

Miss Pomphresh devient blême avant de répondre d'une voix tremblante.

- C'est un élève qui a lancé ce "sectumpsempra" mais je pense effectivement que cet incident est lié au meurtre de mon regretté collègue... Maintenant, ouste, dehors !

*.*.*.*.*

Dominique et moi prenons notre petit-déjeuner ensemble après que je l'ai rejointe dans la Grande Salle. Je lui ai expliqué ma nuit cauchemardesque et puis Lily, Albus et les autres nous ont rejointes pour en apprendre un peu plus sur l'état de James.

- Résumons la situation, propose Louis. D'abord, il y a eu Hufflands, assassiné dans son bureau, ensuite il y a eu Mélica Fontiny et James qui a faillit mourir ensuite.

- J'ai oublié de préciser que James saignait mais qu'il avait aussi du sang qui ne lui appartenait pas sur les mains, lâche-je d'une voix blanche, me remémorant certains détails de la nuit passée.

- C'est lui qui a tué Mélica Fontiny, suppose Dominique. Sous l'emprise de l'Imperium. Ou d'une potion.

- La question est de savoir pourquoi ? Pourquoi Hufflands est mort et pourquoi Fontiny aussi ? Pourquoi James est-il impliqué ? glisse Victoire en mâchant un bout de toast.

- Quel lien y-a-t-il entre eux ? s'interroge Molly.

- Mélica savait quelque chose ! s'exclame soudain Louis, les yeux brillants. Je me souviens qu'environ une heure avant qu'on ne retrouve son cadavre, je l'ai vue dans les couloirs de Poudlard. Elle courrait tellement vite qu'elle a glissé et n'a pas pris le temps de me remercier quand je l'ai rattrapée. Je crois qu'elle se dirigeait vers le bureau de McGonagall.

- Comment se fait-il qu'on ait retrouvé son corps dans les vestiaires du stade de Quidditch ? demande Lucy en plissant les yeux.

- Oh... Attendez ! La sœur de Mélica, c'est une Serpentard. Elle s'appelle Jane ! fait Rose en donnant un coup de coude à Scorpius.

- Bah oui, on sait, lâche celui-ci, elle s'est pratiquement effondrée hier soir dans la Grande Salle.

- Idiot ! lance Rose en roulant des yeux, ce que je veux dire c'est que Jane sait peut-être quelque chose, non ?

- Elle avait plutôt l'air surprise quand sa sœur a été retrouvée morte hier, remarque Albus, aussitôt approuvé par Lily.

- Je pense qu'on devrait aller la voir, suggère Dom' en me lançant un regard interrogateur.

- Je suis d'accord, fais-je. Elle a été transférée à l'infirmerie, vous vous souvenez?

- Je ne me rappelle pas de l'y avoir vue, dit Lily. Il n'y avait que James dans l'antre de Miss Pomphresh.

- Elle a été déplacée à St Mangouste, nous apprend une voix fatiguée qui surgit derrière nous.

Lou Dember est chaleureusement accueillie par Albus qui l'emprisonne dans une étreinte amoureuse puis Lou se glisse à côté du jeune homme et me sourit gentiment.

- Je viens de demander à la directrice comment allait Jane Fontiny et c'est comme ça que j'ai su qu'elle avait été placée à St Mangouste à cause d'un choc traumatique aigu.

Je m'apprête à parler mais la directrice monte sur l'estrade et prend place devant le pupitre directorial avant de parler d'une voix forte dans un silence profond et respectueux.

- Chers élèves, Poudlard n'est aujourd'hui plus un lieu sûr. Vous n'êtes pas sans ignorer que deux personnes ont trouvé la mort en ce début d'année mouvementé. Le professeur Hufflands, ancien professeur de Défense Contre les Forces du Mal, et miss Mélica Fontiny, élève de quatrième année dans la maison Poufsouffle. Un troisième élève a faillit connaître le même sort cette nuit.

Des murmures anxieux s'élèvent d'un peu partout dans la Grande Salle tandis que j'échange un regard tourmenté avec Dominique. Les mots de McGonagall frappent, ils font mal. Parce qu'ils sont criants de vérité. Et que celle-ci n'est pas toujours agréable à entendre.

- Des Aurors veillent sur vous, reprend la sorcière d'un ton dur, mais sachez qu'il est de mon devoir d'assurer votre protection, hors, l'enceinte de ce château abrite peut-être un dangereux criminel. Si vous savez quelque chose, je vous supplie de venir m'en parler. J'ai des raisons de penser qu'un ou plusieurs élèves ont été soumis au sortilège de l'Impérium. Observez vos camarades, si leurs réactions vous semblent étranges, prévenez l'équipe professorale.

- Le sortilège de l'Impérium est un Impardonnable, murmure Dominique. C'est absolument terrifiant !

J'acquiesce en silence. Il faut retrouver au plus vite l'assassin d'Hufflands, et parler à Jane Fontiny. Elle doit forcément avoir une information. Et peut-être que Potter se rappellera de quelque chose. je prends la résolution de marquer absolument tout dans le nouveau carnet que Lou m'a offert. Je suis bien décidée à retrouver l'identité du ou des coupable(s).

*.*.*.*.*

Des nouvelles inquiétantes au Ministère de la Magie par Evanna Skeeter, reporter pour la Gazette du Sorcier.

Le Ministre de la Magie nous dévoilait ce matin des informations pour le moins inquiétantes qui pourraient bien avoir un impact sur le monde magique au niveau international : Une nouvelle prophétie a vu le jour il y a une semaine dans le département des Mystères, le Ministre de la Magie, Kingsley Shacklebolt, a déclaré qu'elle annonçait une menace pour les sorciers sans en révéler davantage à son propos. Il assure cependant que les Forces Du Mal seraient de nouveau parmi nous. Une nouvelle guerre se prépare-t-elle pour le monde magique ? Telle est la question que plusieurs d'entre nous se posent. A cela, Shacklebolt a répondu que "tout était possible" mais il a également rappelé à la population de rester calme et "positive quant à nos chances de vaincre de nouveau les pouvoirs obscurs qui peuplent notre monde". Sommes-nous de nouveau en danger ? Que dit exactement la prophétie ? Qui sera notre Sauveur, cette fois-ci ?

Tant de questions résonnent dans nos esprits mais pour l'instant les réponses sont dissimulées dans les sous-sols du Ministère et peut-être éparpillées aux quatre coins de la planète...

Evanna Skeeter, reporter à la Gazette du Sorcier, le 29 septembre.

Dominique finit sa lecture d'une voix cassée avant de lever les yeux vers moi. La peur se lit clairement dans son regard mais une lueur que je connais bien anime également ses iris bleues. Dominique est aussi déterminée que moi à découvrir la vérité.

- Il y a un autre article susceptible de nous intéresser, m'apprend mon amie en me glissant la Gazette du Sorcier dans les mains.

Meurtres à Poudlard : l'école de sorcellerie britannique de nouveau menacée? par Cho Chang, reporter pour la Gazette du Sorcier.

Alors que le Ministère de la Magie nous annonçait ce matin l'existence d'une prophétie terrifiante, la mort a de nouveau frappé à Poudlard. Début septembre, le professeur Alfred Hufflands, qui enseignait la Défense Contre les Forces du Mal, a été retrouvé mort dans son bureau. Quelques jours après, les résultats de l'enquête ont certifié l'utilisation d'une potion d'étourdissement et un sortilège de Mort l'aurait tué en pleine nuit. Les Aurors cherchent toujours des indices ou des coupables mais pour l'instant, l'enquête est entre parenthèses. Un nouveau meurtre, celui d'une élève, Mélica Fontiny, âgée de quatorze ans et élève de la maison Poufsouffle, a été recensé. La jeune fille a été retrouvée dans les vestiaires du stade de Quidditch par l'une de ses camarades, les Aurors ont certifié l'utilisation d'un sortilège "Sectumpsempra" (qui vide de son sang la victime), puis d'un sortilège de Mort. Mr Harry Potter, chef de la brigade des Aurors, déclare qu'il fera tout pour découvrir l'assassin. En attendant, Mr Ronald Weasley nous a accordé un petit entretient durant lequel il nous a appris qu'un sortilège d'Impérium avait été utilisé à Poudlard.

Est-ce que les élèves de Poudlard sont en sécurité dans le château ? Qui sera le prochain sur la liste des victimes ? Nous n'en savons encore rien mais il est évident que les réponses viendront bientôt... Sous n'importe quelle forme !

Cho Chang, reporter à la Gazette du Sorcier, le 29 septembre

 

- C'est... Je ne sais pas quoi dire, fais-je. Je n'arrive même pas à réfléchir ! C'est tellement fou ce qui nous arrive...

- Menthe... Et si l'assassin était un élève ? souffle Dominique, les yeux rivés sur le journal sorcier.

- Pourquoi un élève aurait-il tué Hufflands ?

- Parce qu'il était sous Impérium.

Mes yeux vagabondent quelques temps autour de la pièce dans laquelle nous nous trouvons toutes les deux. Notre refuge. Notre pièce secrète avec son tapis qu'on n'a jamais réussi à décoller et à l'étrange motif représentant un nid doré au fond noir gigantesque, son canapé défoncé et son mobilier ancien. Seules Dom' et moi venons ici et ma meilleure amie affirme n'avoir jamais vu cette pièce sur la Carte du Maraudeur d'où ma déduction qu'elle est incartable.

- Franchement, Dom', je ne pense pas qu'un élève puisse être le cerveau des meurtres. Par contre, c'est tout à fait possible qu'il y ai des élèves qui aient été sous l'Impérium et qui ne s'en rappellent même pas. James Potter en fait sûrement partie, je n'en doute pas.

- Moi non plus. Il a peut-être tué Mélica ? suggère Dominique en devenant plus pâle que la mort.

- On le saura bien assez tôt, les Aurors projettent d'examiner sa baguette magique d'après Lou.

- Je n'aime pas cette fille, grince Dominique, mi-amusée, mi-sérieuse. Tu la considères déjà comme une amie ! Tu n'as pas entendu toutes les rumeurs qui circulent sur elle ?

- Dom', ce sont des rumeurs, justement ! N'oublies pas qu'il y a des TONNES de rumeurs qui circulent sur chaque élève du château ! Même sur toi ! J'ai entendu dire par un élève de ma maison que tu serais une Serpentard contrariée qui bavait sur James Potter et qui s'était fait passer pour sa cousine pour être plus proche de lui...

Dominique et moi explosons de rire de concert, allégeant légèrement l'atmosphère étouffante qui règne dans le château en ce moment.

- Je n'ai jamais rien entendu de plus stupide de toute ma vie ! affirme Dom' en m'enlaçant amicalement, un sourire amusé aux lèvres.

- Bon, on va être en retard en cours de Sortilèges si on ne se dépêche pas, lance-je en attrapant mon sac bourré de parchemins.

J'attrape ma baguette magique et verrouille la porte grâce à un informulé puis j'entraîne Dom' derrière moi.

*.*.*.*.*

- Vous devez vous exercer pour vos ASPICs, couine Flitwick en adressant un regard de reproche à Dubois qui bavarde avec Kelly Beny, une fille de mon dortoir. Même vous, monsieur Dubois !

- Mais monsieur, les ASPICs sont pour l'année prochaine ! s'exclame un élève dans le fond de la classe.

Cette remarque stupide me fait lever les yeux au ciel. Bien sûr qu'il faut s'exercer aux informulés, quelle idée ! Et puis les révisions des ASPICs doivent débuter en sixième année si on veut pouvoir décrocher la note maximale à l'examen !

Ma baguette magique à la main, je me concentre avec attention sur le livre que je suis sensée expulser à l'autre bout de la classe sans un mot. Je sens le flux de ma magie descendre le long de mon bras et murmure intérieurement la formule magique "expulso". Le livre fait un vol plané à travers la classe et atterri sur Derrick Francklisht qui pratique au fond de la pièce avec ses amis et cette sale garce de Delwelcka.

A côté de moi, Dominique étouffe un rire tandis que je me retiens de lui enfoncer ma baguette dans la bouche. Je sens la chaleur irradier mes joues lorsque Derrick me fait signe "qu'il n'y a pas de problème" et me renvoie le manuel des sorts et enchantements niveau 6 qui se pose délicatement sur le rebord de mon pupitre.

- Tu as voulu assassiner Grazia Delwelcka ? pouffe Dom' en ignorant mon regard courroucé. Ou alors t'es toujours obsédée par Francklisht ?!

- Je ne suis pas OBSEDEE par lui, c'est ridicule, grogne-je en rougissant de plus belle.

- Mais bien sûr... Tu es plutôt obsédée par James, ricane la Gryffondor en me lançant un clin d'œil. 

- N'importe quoi  ! m'agace-je. Ne dis pas de bêtises, Dominique Weasley ! Je déteste James Potter et ce n'est pas maintenant que ça va changer !

- Hmph... Je suis sûre que tu viens voir mes entraînements de Quidditch juste parce qu'il y a James qui joue. Je reconnais que mon cousin est bien foutu, là n'est pas la question... La question est plutôt de savoir si TOI, tu reconnais qu'il est bien foutu... me taquine Dom' en éjectant son manuel en pleine tête de Dubois qui la regarde d'un air furieux.

- Je...

- Oui ?

- ARGH ! Dominique, tes questions sont vraiment trop étranges ! Laisse-moi travailler en paix !

- Comme tu voudras, me glisse Dom' à l'oreille, visiblement satisfaite de ma réaction.

Pourtant, pendant le reste du cours, je ne peux m'empêcher d'imaginer James Potter vêtu de sa tenue de Quidditch qui le met particulièrement bien en valeur, me flageolant moi-même pour tant de puérilité.

- Eh ! Menthe ! La première sortie à Pré-au-Lard a lieu mercredi prochain, ça te dit qu'on y aille tous les deux ? demande Derrick en se passant une main dans ses cheveux blonds.

J'avoue être restée un instant à le fixer comme une imbécile, surprise.

- Oh ! Heu. Oui, bien sûr... J'adorerais ! Mais tu ne sors pas avec Delwelcka ? demande-je, suspicieuse.

- Grazia est en retenue ce jour-là. Elle m'a dit d'y aller avec qui je voulais. Et je ne sors pas avec elle, c'est une de mes amies !

Oh.

-  Donc tu acceptes ?

- Bien sûr !

- Parfait, rendez-vous devant le portail de Poudlard à dix heures mercredi prochain alors...

Et il disparait tranquillement.

- C'est un truc de malade ! s'exclame Dominique en me fourrant un coup de coude dans les côtes. TU VAS ALLER A PRE-AU-LARD avec DERRICK FRANCKLISHT !

- Chuuuuuuut !

Pour la discrétion, on repassera, la moitié des gens qui reste dans la classe nous dévisage. C'est très gênant, aussi m'empresse-je de tirer ma meilleure amie vers la sortie, le visage cramoisi.

- Je suis trop contente, lâche-je, une fois sûre que personne ne peut nous entendre. Grazia Delwelcka n'est pas sa petite-copine ! Il m'a invitée à Pré-au-Lard !

- Tu vas porter quoi ?! Je suis tellement heureuse pour toi ! rit Dominique en m'étouffant presque dans une étreinte.

- Toi qui rêvais de me caser avec Potter... ricane-je.

- JAMES ! crie Dominique en frappant son front du plat de la main. On va le voir ? Il doit être réveillé !

*.*.*.*.*

On se précipite comme des folles à l'infirmerie -enfin, surtout Dom' parce que moi je suis, enchaînée à sa poigne de fer- et entrons sans même toquer. Miss Pomphresh nous dévisage avec sévérité, jette un coup d'œil à sa montre et dit :

- Je vous laisse une demi-heure, pas plus !

Puis elle disparaît dans son bureau. Dominique s'élance vers le lit sur lequel James est assis en tailleur, dans un pyjama blanc composé d'une chemise et d'un short et nous sourit avec chaleur, son teint ayant retrouvé son éclat. Ses cheveux bruns en bataille et ses yeux foncés sont les mêmes que d'habitude.

- Tu vas bien ? Tu te rappelles de quelque chose ?! le presse directement Dom' en ébouriffant un peu plus ses cheveux tandis que je me tiens légèrement en retrait.

- Je vais bien, et non, Dom', tu es la vingtième personne à qui je dis que je ne me rappelle strictement de rien à part d'Eta... de Menthe dans les toilettes des filles.

Le Gryffondor m'adresse un clin d'œil joueur avant de me dire :

- Au fait, Etamora, je ne savais pas que tu étais folle de moi au point du hurler que tu ne voulais pas que je meure...

Son sourire narquois plaqué sur le visage manque de me tuer. A la place, sans qu'il ne s'y attende le moins du monde, je me précipite sur lui et l'enlace avec force en murmurant à ses oreilles :

- Crétin ! Tu m'as fait tellement peur...

A vrai dire, je m'attendais à ce qu'il me repousse ou ne réagisse pas mais il m'attire plus près de lui.

- Amis ? demande-je en m'écartant légèrement, plongeant mes iris bleues dans son regard sombre.

Il esquisse un sourire amusé avant de susurrer à mon oreille :

- Amis.

Dominique éclate de rire avant de déclarer :

- Je savais que vous ne vous détestiez pas !

- En fait... Si. Je la détestais. Mais bon, je suppose qu'il faut savoir passer à autre chose, lance-t-il en me renversant sur le lit.

- Tu es toujours aussi énervant, Potter. Mais je ne te déteste pas. Tu es juste... absolument insupportable ! soupire-je en levant les yeux au ciel.

- Toi aussi, ma chère, ricane-t-il en s'étalant sur le lit à côté de moi, entraînant Dom' avec lui.

- Je croyais que vous aviez dit "amis" ! fait Dominique.

- Etre ami avec Etamora ne signifie pas que je vais arrêter de lui lancer des vacheries à la tête ! réplique James en riant.

Je ferme les yeux, un sourire aux lèvres, bercée par le rire de Dom' mêlé à celui de James et je me surprends à penser que peut-être que ce sera plus facile ainsi. Et que les moments sombres qui parsèment nos vies sont éclairés par les sourires de ceux auxquels je tiens. Et c'est très agréable.

End Notes:

Comment avez-vous trouvé ce chapitre ?

Bisous,

Roxane-James

(et merci d'avoir lu !)

Chapitre 16 by Roxane-James
Author's Notes:

Bonjour ^^

Le chapitre 16 n'est pas des plus inétressant, j'espère qu'il vous plaira quand même.

Merci à Floriie, Lyssa7, Diesel, kikou14789, Tagada9, AnthusPrasentis, Sakanai, Amellecrivaine et Kiara Coper <3 pour vos reviews au chapitre précédent ! Vous êtes géniales ! :)

Je remets la liste des "suspects" qu'Audrey Weasley a envoyé aux Potter-Weasley en début de ce chapitre parce que je suppose que c'est difficile de retenir les noms de la liste. Je la remettrai en chaque début de chapite, si vous voulez.

***

Hemma Wilfrick ( 1927-1945)

Elle avait dix-huit ans quand elle est morte, elle l'est l'une des victimes inconnues de Tom Jedusor (Voldemort). Il l'a tuée alors qu'il travaillait chez Barjow et Beurk, après sa sortie de Poudlard. Hufflands et elle n'étaient pas en très bons termes à Poudlard. A mon avis, Hemma Wilfrick n'est pas importante, elle est morte sans laisser de descendance et n'a pas suffisamment de motifs pour tuer un ancien camarade de classe avec lequel elle se serait mal entendue.

Julian Gellamos (1927-1958) Il est mort à 31 ans, à cause de la dragoncelle. Il était un ancien ami d'Alfred Hufflands mais ils s'étaient disputé environ deux ans avant sa mort au sujet d'un prêt en banque. Pas de grande importance, je pense. Il a eu une fille, Elouna, qui étudie à l'Institut de Salem (Illevorny) et qui doit être âgée d'une quinzaine d'années. Je n'ai pas retrouvé de faire-part de naissance exact et il ne s'est pas marié mais il semblerait qu'il ait eu une relation avec une moldue dont le nom est inconnu. Elouna serait issue de cette union. La moldue est toujours en vie, elle est âgée d'une cinquantaine d'années et habite à Londres, dans le quartier des affaires étrangères en relation avec le monde des sorciers : 14 Mysterious Road. 

Gemini Lestrange (1928-1965) Hufflands était un sorcier né-moldu, ainsi que vous le savez sûrement déjà, d'où la raison de la haine tenace que lui vouait Lestrange. Gemini est rentré à Poudlard un an après Alfred Hufflands mais a fait partie des premiers à servir Voldemort. Il est mort à 37 ans lors de l'attaque de Pré-au-Lard qui a eu lieu au mois de mai durant cette même année. Il semblerait qu'il ait cherché à tuer Hufflands à de nombreuses reprises sans y parvenir. Il n'a pas eu de descendance mais vous connaissez les membres de sa famille éloignée... 

Yulia Xinsanphar   (1926-1945) Elle a été préfète de Serpentard en même temps que Tom Jedusor. Il semblerait qu' elle ait été amoureuse de lui. Apparemment, elle a tué les parents d'Alfred Hufflands et sa fiancée, une moldue du nom de Flora Pinterell, quand elle est sortie de Poudlard avant d'être tuée à son tour par Tom Jedusor, quasiment un mois après qu'il ait tué Hemma Wilfrick. Elle était fille unique et ses parents sont morts le 1 novembre 1981, emportant avec eux le prestigieux nom de Xinsanphar. Ils étaient une des plus éminente famille venue d'Inde et ayant un sang pur irréprochable.

***

Je vous souhaite une bonne lecture et une très bonne année !

Roxane-James

 Chapitre 16

Je me réveille difficilement après une courte nuit de sommeil et me hisse sur la pointe des pieds pour ne pas déranger les filles de mon dortoir qui dorment encore avant de me diriger vers la salle de bain. J'allume la douche et me lave consciencieusement, enfile mon uniforme et passe un coup de peigne dans mes cheveux blonds puis noue ma cravate bleue et bronze et rejoins ma salle Commune, mon sac de cours sur les épaules.

 La salle Commune des Serdaigle est vide à cette heure-là et j'en profite pour m'installer dans les confortables fauteuils qui se situent près de la cheminée, où un feu ronflant a été allumé et entretenu par les elfes de Poudlard. Je consulte mon planning de devoirs et remarque qu'il me reste deux heures avant de me rendre dans la Grande Salle pour prendre mon petit-déjeuner. Parfait, j'aurais le temps de finaliser mon devoir de métamorphose et de commencer le Journal de mes rêves pour le cours de Divination. Cours que j'ai en commun avec Potter pendant que Dominique se farcit un long et ennuyeux cours de Runes anciennes. J'aurais préféré mourir plutôt que de devoir m'y rendre mais Dominique est visiblement suicidaire...

Le sortilège d'Apparition et ses dérivés : deux rouleaux de parchemin, voilà ce que j'ai à faire. Rien de très enthousiasmant même si j'apprécie grandement la métamorphose telle que nous l'enseigne Mrs Vane. Il paraît que c'est le professeur McGonagall qui a réussit à lui faire aimer cette matière, et c'est vrai que la directrice de Poudlard est réputée pour son savoir dans tout ce qui concerne de près ou de loin la métamorphose. Je l'ai même vue se transformer en chat, une fois !

Je m'attelle avec zèle à la tâche, piochant des informations dans mon manuel de métamorphose ou dans de gigantesques volumes poussiéreux empruntés à la bibliothèque. Une heure plus tard, j'ai enfin terminé de raturer mon devoir et j'ai recopié au propre mon travail, satisfaite du résultat. J'espère décrocher au moins un Effort Exceptionnel bien que je préférerais un Optimal.

Le journal de mes rêves, en revanche, me laisse perplexe. J'avoue que j'ai toujours trouvé cette matière totalement stupide mais je réussis presque tout le temps à récolter des bonnes notes. Dominique dit que c'est parce que j'ai une imagination développée, même si personnellement je ne pense pas qu'imaginer trois mille façons de faire la peau à James Potter soit une bonne méthode pour élargir son esprit !

Sauf que maintenant, je suis amie avec lui. C'est une drôle de phrase, je viens de le réaliser. Je n'aurais JAMAIS pu penser qu'un jour je la penserais. Est-ce que je la pense, d'ailleurs ? Non, probablement pas. J'aurais plutôt tendance à l'espérer. Parce qu'il est clair que James Potter est un imbécile. Même si on fait une trêve pour le moment. Je me demande combien de temps elle va durer, mais j'aimerais qu'elle ne finisse jamais, je n'ai pas besoin de me rajouter des soucis sur le dos. Et puis c'était assez agréable de le serrer dans mes bras, hier soir. Une étreinte chaleureuse comme je n'en ai pas l'habitude... Merlin ! Il faut vraiment que je me reprenne si je veux terminer ce devoir à temps ! Qu'est-ce qu'il me prend, de penser à Potter ?! Je ne pense pas à lui, en temps normal ! Je dois être malade...

*.*.*.*.*

- Et vous me rédigerez trente centimètre sur les propriétés de la Tentacula Vénéneuse pour la prochaine fois ! s'écrie le professeur Londubat en couvrant difficilement le son de la sonnerie.

Je m'échappe hors des serres humides et étouffantes après avoir rangé mon manuel de botanique et mes gants épais en cuir de dragon dans mon sac, soulagée que cette abominable journée se termine enfin.

Tout a commencé ce matin-même, au petit-déjeuner. Ma mère m'a envoyé une lettre, en la faisant porter par le hibou de la famille, Varey (un nom de plante sorcière particulièrement vicieuse dont la sève est très utile pour préparer un philtre de paix réussi), qui est très maladroit. Il m'a fait renverser mon bol de chocolat chaud sur ma nouvelle chemise aussi blanche que la neige et j'ai été obligée de lancer trois "tergo" dessus pour faire disparaître la tâche tellement elle était énorme. Après cela, en cours de métamorphose, Dominique s'est amusée à faire exploser son pot d'encre et ma prise de notes a été inondée et complètement illisible, j'étais furieuse. En cours de Divination, Crawley (la prof qui s'occupe des sixièmes et septièmes années) m'a interrogée sur la signification d'un de mes rêves sauf qu'à l'instant précis où j'ouvrais la bouche pour répondre, Thomas Dubois m'a écrasé le pied et je l'ai insulté de "sale véracrasse puant et idiot" devant toute la clase. Toute la classe. En plus d'être horriblement gênée, j'ai reçu une charmante retenue demain soir. Je vais devoir récurer la baignoire de la Salle de Bain des Préfets. Quelle horreur ! J'ai manqué m'endormir durant le Cours d'Histoire de la Magie et Dominique n'a pas cessé de prendre son petit air narquois en me parlant de Potter, comme quoi j'avais eu l'air de vouloir lui sauter dessus à l'infirmerie hier soir. N'importe quoi. Pour finir, le cours de Botanique a été laborieux, je suis trempée de la tête aux pieds et j'ai de la terre partout sur mon uniforme, en plus de me sentir poisseuse... Je ne souhaite qu'une chose, que cette journée pourrie se termine.

Je croise Dominique dans les couloirs, sur la route de ma Salle Commune, elle regarde un instant l'état dans lequel je me trouve, secouée de rire.

- Qu'est-ce qu'il se passe, Menthe ?! T'es tombée dans le tas de fumier du professeur Londubat ?!

- Ne dis pas de bêtises ! Et arrêtes de rire comme ça, ou c'est toi qui finiras dans le tas de fumier de Londubat ! maugrée-je, de mauvaise humeur.

- T'as passé une sale journée, toi ! ricane mon amie en lorgnant sur ma mine de déterrée.

- Ouais, soupire-je. Je vais prendre une douche, je crois que j'en ai bien besoin !

- OK. On se retrouve à l'infirmerie ? Je vais voir James. Il sort demain matin et j'ai pensé qu'on pourrait lui faire une petite visite...

- Laisse-moi deviner, tu veux que je lui apporte les devoirs ? demande-je en esquissant malgré moi un sourire amusé.

Dominique essaie sans grand résultat de me faire croire qu'elle s'en chargera mais elle finit par déclarer d'une voix théâtrale que c'est mon devoir de bonne petite Serdaigle de s'occuper de ce genre de choses. Après avoir éclaté de rire, nous repartons chacune de notre côté.

*.*.*.*.*

Les cheveux encore humides, j'enfile un jean et un t-shirt blanc avant de me rendre à l'infirmerie, mon sac de cours dans les bras. Les couloirs sont bondés à cette heure-là, visiblement chacun cherche à rejoindre sa salle commune, la bibliothèque ou la volière et je suis obligée d'écraser les pieds de mes camarades et de jouer des coudes pour me frayer un passage. Arrivée devant l'infirmerie, je soupire de soulagement et entre, ma baguette magique à la main.

Dominique et Potter sont sur son lit, assis en tailleur, et discutent tranquillement de l'entraînement de Quidditch qui aura lieu le lendemain. Je me dirige à pas mesurés vers eux, la tête dans les nuages. En m'apercevant, Potter me fait une petite place à côté de lui et me salue d'une voix égale. Mon regard bleu glisse sur ses cheveux bruns encore plus en bataille que d'habitude et ses yeux chocolat qui semblent plongés dans les iris clairs de ma meilleure amie. Il porte un t-shirt noir et un pantalon de la même couleur et est appuyé sur la tête de lit. Il a le visage un peu plus pâle que d'habitude mais ses yeux brillent de son habituelle lueur malicieuse.

- Je t'ai apporté les devoirs, fais-je en tendant une liasse de parchemins au Gryffondor.

- Merci.

- Menthe a passé une sale journée, tu pourrais mettre un peu plus d'entrain dans tes paroles, Jamesie ! assène Dominique en me lançant un clin d'œil.

- Comment veux-tu que je sois d'humeur joyeuse quand on me parle de cours et de devoirs à rattraper ?! rétorque Potter.

- Vous voulez que je vous laisse seuls tous les deux ? demande Dominique, les yeux brillants.

J'ébauche une grimace de contrariété. Pourquoi Dominique veut-elle me laisser seule avec son insupportable cousin ?

- Ne fais pas cette tête, Menthe ! rit ma meilleure amie. On dirait que t'as vu un inféri !

James Potter me fixe quelques secondes, un immense sourire narquois s'étale sur sa bouche et je sens le pire arriver... Merlin, ce satané garçon va encore me balancer une pique à la figure !

- A quoi pensais-tu quand Dominique nous a proposé de rester seuls tous les deux ? susurre-t-il d'un air goguenard à mon oreille.

- A quoi voudrais-tu que je pense ? réplique-je, agacée.

- A toi. Et moi. Tous seuls... Et toutes les éventualités que cela propose... ricane Potter en se passant une main dans les cheveux.

- Ta réponse n'est pas très claire, fais-je en déglutissant.

Dominique se trémousse légèrement sur son séant avant de se lever d'un bond et de pointer sur moi un doigt accusateur, démenti par l'immense sourire qui vient éclairer son visage.

- Avoues Menthe, tu pensais que James allait te sauter dessus... A moins que tu songeais à l'inverse !

- Hein ?

Je mets quelques secondes avant de réaliser ce que vient de dire Dominique et lorsque je comprends enfin, le rouge me monte aux joues et je me lève à mon tour, furieuse et embarrassée.

- Vous êtes vraiment bizarres tous les deux ! C'est vous qui avez des pensées étranges ! Et puis, par le caleçon de Merlin, POURQUOI aurais-je eu ces idées déplacées ?!

Pour toute réponse, les deux cousins pouffent de leur côté tandis que je m'empourpre davantage. Par pitié, Morgane, faites que cela cesse !

- Vous allez arrêter de rire comme des imbéciles ?! hurle-je, en croisant les bras sur ma poitrine.

- Désolée, Menthe, glapit Dom' entre deux éclats de rire, c'était trop tentant !

- Trop tentant... Mais de quoi ?

- De te voir rougir comme une tomate, lâche Potter en me dévisageant avec insistance.

- Arrêtes de me regarder comme ça, Potter, c'est gênant. Et puis, cessez de vous foutre de moi. Je vais vous laisser, vous m'insupportez !

Je me dirige à grands pas vers l'infirmerie, ignorant Dominique qui me supplie de rester. J'ouvre la porte d'un grand geste et tombe nez à nez avec...

- Professeur Forestman ?!

Isaac Forestman se tient dans l'entrebâillement de la porte, et il se préparait visiblement à faire coulisser la poignée lorsque je suis arrivée. Ses yeux d'un bleu passé et ses cheveux noir corbeaux lui procurent un charme saisissant mais ce que je trouve le plus remarquable chez lui, c'est la manière dont il manie sa baguette magique... En même temps, c'est un ancien Auror !

- Miss Etamora, me salue-t-il d'une voix veloutée. Est-ce que miss Weasley est avec vous ? J'aimerais m'entretenir avec elle.

- Oh, fais-je en me tournant vers ma meilleure amie dont les joues rosées me laissent perplexes. Dominique, tu as entendu ?

- J'arrive tout de suite, professeur ! s'exclame ma meilleure amie en s'empressant de rassembler ses affaires. A plus tard, James !

Dominique m'adresse un bref signe de tête et disparaît sur une dernière parole:

- Au fait, il faut quelqu'un pour aider James à se mettre en pyjama, je te laisse t'en charger !

Pile au moment où j'ouvre la bouche pour protester, Miss Pomphresh débarque et dit :

- Excellente idée, miss Weasley ! J'ai une potion sur le feu, miss Etamora, vous comprendrez bien que je peux pas m'en occuper...

L'infirmière s'éclipse de suite, me fourrant dans les mains deux fioles dont l'une contient un liquide violet et l'autre une potion de force reconnaissable à sa couleur turquoise. A croire que le monde entier se ligue contre moi...

Je me retourne lentement vers Potter, accablée. Il s'est allongé sur son lit et fixe le plafond d'un air impassible. Je prends une grande inspiration avant de retourner près de lui.

- Tu ne peux pas te mettre en pyjama tout seul ? demande-je d'un ton amer.

- Si, seulement cette potion (il désigne celle dont la couleur est violette) rend imprécis mes mouvements.

- Tu n'as qu'à la boire après t'être changé.

- Non, il faut la boire avant pour que mes blessures cicatrisent correctement.

- C'est complètement tiré par les cheveux, rouspète-je.

- Tu verras... Bon, tu me la donnes cette potion ?!

Il m'adresse un sourire insolent, en se remettant en tailleur. Je meure d'envie de l'étouffer sur le champs, à vrai dire. Lui, Dominique, l'infirmière et la Terre entière... Je me penche vers lui et lui fourre le flacon dans la main, agacée.

- Je vois, tu ne veux pas me toucher... lâche-t-il d'une voix traînante, en conservant son attitude insolente. Ou plutôt... Tu n'en es pas capable.

Mon sang ne fait qu'un tour avant que je ne lui pique la fiole des mains, la débouche rageusement, attrape une petite cuillère posée sur sa table de chevet et lui ordonne de manière autoritaire d'ouvrir la bouche. Il s'exécute sans broncher, à mon plus grand étonnement, et ses iris chocolatées ne me lâchent pas, me procurant une sensation de tournis inexplicable. A la troisième gorgée du breuvage, il s'humecte les lèvres en plongeant un peu plus son regard dans le mien. Je sens une sorte de chaleur se diffuser en moi et détourne le regard, gênée, avant de lui tendre une nouvelle cuillérée qu'il avale goulûment. Je sens mes joues s'embraser lorsqu'il passe un doigt tremblant sur ses lèvres, ses yeux rivés aux miens.

- C'est bon pour cette potion, lâche-t-il à voix basse.

- Ok. Le pyjama, maintenant ? demande-je.

- Ouais. Il y a un paravent près du lit d'en face, c'est là que je me change.

J'acquiesce avant  de l'y suivre, en remarquant avec perplexité que ses jambes tremblent anormalement. Nous nous glissons derrière le paravent et j'attrape le pyjama posé sur une petite table derrière moi.

- Attends, marmonne-t-il. Tu peux m'aider à retirer la chemise ?

Mes doigts s'activent à déboutonner le vêtement, et je m'échine difficilement sur le dernier bouton, étant obligée de me rapprocher de Potter. Alors que je parviens enfin à ouvrir sa chemise, un hoquet de surprise m'échappe quand je vois l'état de son torse. Il est couvert de cicatrices marbrées qui scintillent étrangement.

- Tu vois si celle de mon épaule scintille aussi ? me demande Potter d'une voix rauque.

Je me hisse sur la pointe des pieds et inspecte l'état de son épaule barrée d'une cicatrice lavande.

- Non, cette cicatrice est violette. C'est la potion qui fait ça ? demande-je en effleurant la blessure.

James frissonne à mon contact et hoche la tête d'un air satisfait. Je remarque néanmoins une lueur troublée se glisser dans ses yeux.

- Tu as les pupilles hyper dilatées ! fais-je, impressionnée.

- Ah. Ouais ça doit être la potion, qui fait ça... murmure-t-il.

Je sens son souffle brûlant s'écraser contre mon front et je m'empourpre alors que ses mains s'agrippent à mes épaules.

- Excuse-moi, dit-il en déglutissant. Je ne vais pas pouvoir tenir très longtemps debout.

- Ah oui, d'accord... Je t'aide pour le pantalon alors ?

Il soupire et, rougissante de la tête aux pieds, j'enlève sa ceinture et tire un grand coup sur le vêtement. Je détourne la tête pudiquement et lui tend son pyjama pendant qu'il s'appuie sur moi pour le mettre. Visiblement cela lui a demandé toutes ses forces puis qu'il s'écroule une fois en pyjama.

- Tu peux fermer les boutons de ma chemise s'il-te-plaît ?

- Comment s'appelle cette potion ? demande-je en m'exécutant timidement.

- Je ne sais pas.

Je m'accroupis à côté de lui et termine de lui ajuster le haut de son pyjama délicatement puis je fais léviter la solution de force jusqu'à nous ainsi que la petite cuillère, bien consciente que Potter ne pourra pas marcher jusqu'à son lit sans aide. Je lui fais avaler avec précaution le liquide, évitant son regard troublé. Une fois ceci fait, je l'aide à se relever et l'accompagne jusqu'à son lit sur lequel il s'écroule avec plaisir.

- Aaaah, je me sens mieux maintenant ! chuchote le Gryffondor en enfonçant sa tête dans son oreiller.

- Heu... C'est cool. Je vais y aller, moi...

- Ouais.

Il se redresse nonchalamment et me sourit d'un air effronté.

- Pas trop secouée, Etamora ?! Tu dois pas avoir l'habitude de déshabiller des garçons, rajoute-t-il d'un air coquin.

Je rougis intensément avant de répliquer :

- Qu'est-ce que tu en sais ?

Curieusement Potter fronce les sourcils d'un air contrarié avant de se passer une main dans ses cheveux.

- OK, soupire-t-il. Je suppose que si je veux garder mon "statut" d'ami, je...

- C'est plutôt une "trêve" entre nous, Potter, je le coupe.

- Ouais, c'est ça, continue-t-il, sans avoir l'air de se soucier de mon intervention. Donc je disais que si je veux garder ce fameux statut, je dois m'abstenir de ce genre de remarque ?

- Exactement. Cela relève du domaine personnel.

Nous nous défions du regard pendant quelques secondes avant qu'il n'hausse les épaules, impassible.

- Pourquoi est-ce que tu me détestes ? demande-je, soudainement.

J'ai longtemps été rongée par cette question mais je ne pensais pas qu'elle sortirait de ma bouche à ce moment-là, aussi presse-je avec horreur mes mains contre ma bouche, furieuse contre moi-même pendant que le Gryffondor semble se plonger dans ses pensées, sans me lâcher des yeux.

- Pourquoi tu veux savoir ça ?

- Une véritable amitié se construit sur des bases solides et non sur des chimères, ai-je répondu du tac au tac.

Etrangement, un sourire narquois vient éclairer son visage à la fin de ma tirade.

- Tu n'es pas à...

- Serdaigle pour rien, le coupe-je, oui, JE SAIS. Alors ?

- C'est compliqué.

- La vie est compliquée.

- Je n'ai pas envie d'en parler, déclare-t-il.

Un court silence s'installe entre nous mais je le romps en plongeant une fois de plus dans son regard profond.

- Tu me le diras un jour ?

- Tout finit forcément par se savoir, réplique Potter en murmurant.

- Dominique le sait ?

- Dom'... Non.

- OK, soupire-je. Je suppose que je n'aurais pas ma réponse ce soir. Il vaudrait mieux que j'aille dîner alors.

- Si tu veux.

J'attrape mes affaires d'un geste leste et me dirige vers la sortie. Au fur et à mesure que mes pas m'éloignent de James Potter, je me sens plus lourde et plus vide. Je ne sais pas pourquoi lorsque je franchis la porte, j'espère entendre sa voix qui me rappelle à ses côtés, même si c'est pour me faire hurler de rage. Pourtant, quand je me retrouve dans le couloir, aucun son n'a franchi la barrière de ses lèvres et j'ai l'impression que mon coeur fait une chute libre dans mon corps.

 

*.*.*.*.*

Un mystérieux morceau de parchemin est posé sur mon oreiller lorsque je rentre dans mon dortoir. Intriguée, je m'en approche doucement et le déplie avec soin...

Menthe Etamora,

J'aime te regarder évoluer et interpréter tes réactions. Sais-tu seulement que chacune de tes émotions se lit sur ton visage ? C'est amusant... Tu es comme un livre ouvert. Tu devrais faire plus attention car l'avenir risque de se montrer bien cruel avec toi...

E.G

Je plisse les yeux, mi-inquiète, mi-curieuse. Qui est E.G ? Et que me veut cette personne ? Il n'y a pas d'adresse indiquée au verso. Seulement le numéro 14 indiqué en bas de la page, grand M majuscule qui le suit et un "r" minuscule.

La vérité ne m'a jamais semblé aussi lointaine...

End Notes:

Bon. J'espère que vous n'êtes pas trop déçues ? En tous cas, le prochain chapitre portera normalement sur la sortie à Pré-au-Lard et y'aura un aperçu de Dom' avec Forestman, je crois ^^

Bisous et à bientôt et MERCI encore pour toutes vos reviews !

Roxane-James

Chapitre 17 by Roxane-James
Author's Notes:

Bonsoir !

Voici ce chapitre ^^ merci à Lyssa7, Floriie, Azyax, AnthusPrasentis, Diesel, Kiara Coper, mathou4456, kikou14789, Eniveres Lechemin, Tagada9 et Peevesbesta pour vos reviews adorables <3

J'espère que ce chapitre vous plaira :) le passage Pré-au-lard est coupé en deux chapitres !

Bonne lecture !

Roxane-James

Chapitre 17

Le parquet craque sous mes pas hésitants et mon professeur de Défense Contre les Forces du Mal ouvre la porte, dévoilant l'accès à son salon aux couleurs chaudes et réconfortantes. Je m'empresse de l'y suivre docilement, un grand sourire aux lèvres et m'assois sans attendre son approbation sur le fauteuil que j'ai occupé la première fois que je suis venue ici. Pendant ce temps, mon professeur ferme la porte derrière lui et vient s'installer en face de moi, dans un vieux canapé.

- Je n'ai que ce jour de libre pour vous aider à exercer le charme du patronus, m'apprend Isaac Forestman d'une voix calme. C'est pour cela que je vous ai convoquée, miss Weasley.

- Vous aviez peur que je fasse une crise d'hystérie ? plaisante-je d'une voix badine.

- J'avais surtout peur que vous veniez me déranger chaque soir de la semaine, réplique le jeune homme en souriant gentiment.

Je me penche doucement par dessus la table basse en bois qui nous sépare et murmure d'une voix traînante :

- Vous avez des histoires à régler plus importantes que moi cette semaine, je présume.

- Ne prenez pas ce ton avec moi, miss Weasley ! fait-il en me lançant un regard noir.

- Vous n'avez qu'à m'expliquer, professeur, rétorque-je en croisant mes bras sur ma poitrine, boudeuse.

- Miss Weasley, auriez-vous oublié les deux meurtres qui ont eu lieu à Poudlard ?

La voix sèche de mon professeur me coupe l'herbe sous le pied, si je puis dire, aussi me contente-je d'acquiescer sagement et de pencher ma tête sur le côté, preuve que j'écoute ce qu'il a à me dire.

- Cette séance durera une heure, reprend Forestman en plongeant son regard dans mes yeux.

- Et pour le Quidditch ?

- Dans trois jours, à dix-huit heures, ce sera parfait.

- D'accord. On commence ?

La séance se déroule calmement, sans incident majeur. Je parviens à produire quelques volutes de fumée sans grand effort mais je n'arrive pas à distinguer la forme floue qui s'élève dans les airs avant de disparaître, quelques secondes plus tard.

- Vous devez trouver un souvenir plus puissant, miss Weasley, m'encourage Forestman.

- Facile à dire pour vous, réplique-je, acide et agacée. Vous êtes un ancien Auror !

- Miss Weasley, je ne suis pas l'un de vos amis, vous me devez le respect ! s'énerve-t-il.

Un sourire fugace fait surface sur mon visage tandis que je repense à la tâche que j'ai laissé Menthe accomplir avec soin... Je me demande si elle a réussi à faire enfiler à James son pyjama sans trop de difficultés... Si ça se trouve ma meilleure amie a réalisé que mon cousin était carrément sexy et ils sont en train de s'embrasser en ce moment-même ?

- Miss Weasley ! s'emporte Forestman en me fusillant littéralement du regard.

- Quoi ? réponds-je, nonchalante.

- Vous êtes insupportable ! Je vous accorde un peu de mon temps pour vous aider à progresser dans ma matière et vous vous montrez insolente.

- Vous... Je... C'est vous qui m'insupportez, professeur ! bafouille-je, en colère. Puisque vous n'en avez rien à foutre de moi, je sors !

Je m'élance vers la sortie, et m'apprête à ouvrir la porte quand ses deux mains s'abattent sur mes épaules et me forcent à me retourner pour lui faire face. Je lui adresse mon regard le plus furibond mais je sens ma détermination faiblir quand son souffle irrégulier vient caresser mon cou et lécher mon front. Peu à peu, chacun des muscles de mon visage se détend et je sens mes jambes flageoler. Je m'appuie dos contre la porte pour rester debout et l'affronte du regard durant quelques secondes.

- Qu'est-ce qui vous prend, Dominique ? soupire Forestman en écartant légèrement ses mains de mes épaules.

- Vous... ne m'appréciez pas, fais-je en déglutissant.

Muette de stupeur face à ma bêtise, je deviens blême tandis que son visage atrocement beau se crispe.

- Mais si, voyons, Dominique. Vous êtes une élève très douée... Vous êtes particulièrement intelligente, c'est un plaisir de vous enseigner. Seulement, vous êtes aussi dotée d'un caractère...

- Epouvantable ? propose-je en riant faiblement.

- Non, je dirais plutôt assuré.

- Et vous n'aimez pas cette facette de ma personnalité ?

- Disons que cela pourrait vous attirer des ennuis. Vous avez une fâcheuse tendance à ouvrir un peu trop grand la bouche, si vous voyez ce que je veux dire, s'exclame-t-il en souriant d'un air amusé.

- Oh... Je vois...

- Pourquoi dites-vous que "je n'en ai rien à foutre" de vous ?

Je sens mes joues s'enflammer aussi m'empresse-je de répondre pour couper court à la gêne occasionnée.

- Parce que... Je ne sais pas...

Parce que vous ne me regardez que comme un professeur regarde son élève. Moi, j'ai envie que vous me voyiez comme un homme voit une femme. J'ai envie d'allumer une étincelle au fond de votre regard et de l'entretenir à jamais, pense-je avec dépit.

- Vous semblez fatiguée, tous ces évènements ont dû vous perturber. Vous devriez rejoindre votre dortoir.

- Je n'ai pas encore réussi à voir la forme corporelle de mon patronus, geins-je.

- Chaque chose en son temps, Miss Weasley, glisse Forestman à mon oreille, d'une voix chaude.

- C'est une promesse ? demande-je, subitement.

- Je vous demande pardon ? fait Forestman, interloqué.

- Non rien... Vous avez raison, professeur. Chaque chose en son temps, je vais aller dormir. Passez une très bonne nuit...

Je referme la porte derrière moi, lui adressant un dernier sourire et un clin d'œil pour le moins aguicheur qui lui fait afficher une expression perplexe.

 *.*.*.*.*

- Alors ?

- Alors quoi ? rétorque innocemment mon cousin en ramenant d'un geste leste la couverture sur lui.

Avant de retourner me coucher dans mon dortoir, j'ai décidé de passer faire un tour à l'infirmerie pour voir James quelques minutes de plus et essayer d'apprendre ce qui c'est passé pendant que j'étais avec mon professeur de Défense Contre les Forces du Mal et lui avec Menthe, mais inutile de préciser que lui tirer les vers du nez risque d'être assez compliqué !

- Tu as embrassé Menthe ? demande-je, excitée.

Jamesie hausse un sourcil perplexe avant de me répondre d'une voix tranquille que ma question est totalement stupide.

- Etamora et moi...

- Menthe, le coupe-je aussitôt. Mais vas-y, continues !

- Je disais, continue-t-il après m'avoir fusillée du regard, on n'a rien fait du tout et je ne vois pas pourquoi cette supposition t'a effleurée l'esprit.

- Tu le fais exprès ou quoi ?! Tu as vu comment vous vous regardez ?!

- Avec des yeux, réplique James, narquois.

- Non mais sérieusement James, reprends-je en levant les yeux au ciel face à sa remarque débile, c'est évident que vous vous appréciez un peu plus que de raison... Je veux dire, à chaque fois que tu la vois, tu ne peux pas t'empêcher de l'emmerder et elle, elle réplique aussitôt ! Vous êtes amoureux l'un de l'autre mais trop entêtés pour vous en rendre compte.

- Je ne vois pas en quoi mes rapports avec Etamora peuvent êtres qualifiés d'amoureux. Mes disputes avec elle...

- Oui ?

- Non, rien.

- Tu la trouves jolie ? demande-je après un court silence.

- Etamora ?

- Non, Pomphresh, idiot ! ris-je en agitant ma crinière rousse emmêlée.

- Elle est surtout très agaçante, fait James, les yeux dans le vague.

- Hum...

- Mais plutôt jolie si on ne fait pas attention à ses formes peu développées.

Un sursaut d'indignation me prend aux tripes, il s'agit de Menthe, ma meilleure amie, là. Pas d'un morceau de viande !

- Tu es un imbécile ! fais-je. Je comprends pourquoi Menthe te regarde de cette manière !

- De quelle manière ?

- Dégoûtée. Cela ne se fait pas de dire... de dire ça d'une personne !

- Tu m'as demandé mon avis ! s'énerve James en boudant.

- Alors dis-moi la vérité ! Pas ce que James Sirius Potter devrait dire mais ce qu'il pense réellement. Ce que pense le vrai James. Juste James.

- Très bien, je la trouve intéressante, belle, intelligente, extraordinairement agaçante et totalement cinglée si tu veux mon véritable avis ! s'époumone Jamesie en me foudroyant du regard. Elle est aussi têtue qu'un niffleur et malgré tout... plutôt attachante.

Un long silence s'installe lentement entre nous, pendant que James réalise ce qu'il vient de me dire, peu à peu son visage blêmit et un immense sourire étire mes lèvres.

- Merlin... fait James en prenant sa tête entre ses mains. Ne me dis pas que je viens réellement de te dire ça...

- Tu souhaiterais ajouter quelque chose, peut-être ? propose-je en me retenant d'exploser de rire.

- J'adore son parfum, soupire mon cousin en fermant les yeux, visiblement agacé. Maintenant, sors d'ici. Laisse moi tranquille.

J'éclate de rire en m'exécutant et avant de m'en aller définitivement, je lâche d'une voix amusée :

- Bonne nuit, James. Fais de beaux rêves...

 

*.*.*.*.*

Je suis assise à la table de Serdaigle en compagnie de Victoire et Louis Weasley que je viens d'informer de l'existence du mystérieux bout de parchemin que j'ai reçu hier soir. Tout comme moi, Victoire et Louis semblent inquiets et pensent que E.G a sûrement un rapport avec les meurtres qui ont eu lieu à Poudlard.

- J'espère que tu ne seras pas la prochaine sur la liste, souffle la grande sœur de ma meilleure amie en me dévisageant avec effroi. Peut-être qu'il vaudrait mieux informer les professeurs ?

- Non, c'est trop risqué, fais-je. E.G saura tout, il ou elle m'observe et risque de s'en prendre à chacun d'entre nous si j'en parle aux profs.

- Elle n'a pas tord, assure Louis, la mine sombre. On ne sait même pas qui est E.G . Mais je suis sûr que tante Audrey pourrait le savoir.

- Si ça se trouve, E.G est l'assassin d'Hufflands et celui qui a orchestré le meurtre de Mélica Fontiny... ajoute Victoire en se mordillant l'intérieur de la bouche, anxieuse.

- C'est même certain, assure-je. Mélica savait quelque chose, j'en suis sûre !

- Merlin ! s'exclame soudainement Louis en se donnant un légère tape sur le front, il FAUT qu'on parle à sa sœur, à ce qu'il paraît Jane Fontiny était très proche d'elle. Elle a peut-être remarqué un changement dans son comportement ou peut-être que Mélica lui a confié ses doutes ?

- On sait, Louis. Mais n'oublies pas qu'elle est à St Mangouste en ce moment-même et que les professeurs se sont sûrement déjà chargés de l'interroger.

- Jane ne leur aurait rien dit, glisse Victoire, les yeux dans le vague. Je la connais un peu et je sais que si elle se croit en danger, elle est muette comme une tombe. De plus, elle était chamboulée quand les profs l'ont convoquée, ils n'ont certainement rien pu obtenir d'elle.

- Oui... ça vaudrait le coup  d'essayer. Combien de temps nous reste-t-il avant les vacances de Noël ? demande-je aux Gryffondor.

- Nous sommes le premier octobre donc il reste un peu plus de deux mois, mais pourquoi cette question ? répond Louis.

- Nous avons un peu plus de deux mois avant de nous rendre à l'hôpital voir Jane Fontiny, décrète-je.

- Très bien. Pendant ce temps, on essaye de se consacrer à l'enquête et... au jeu.

Victoire et Louis se lèvent d'un même mouvement et retournent à la table de Gryffondor où Molly, Lucy, Lily, Hugo, Roxanne et Fred les attendent pour avoir les informations que je viens de donner à Louis et Victoire discrètement. Scorpius et Lou Dember mangent avec Albus et Rose à la table de Serpentard et je ne vois Dominique et James nulle part.

J'en profite pour manger tranquillement mon petit-déjeuner et me rends en cours de divination en réfléchissant aux différentes personnes que je connaisse dont les initiales sont E.G.

*.*.*.*.*

- Entrez, fait la désagréable voix du professeur Crawley en nous ouvrant la trappe qui mène à sa salle de classe.

J'escalade l'échelle sans me presser et m'installe dans la pièce en suffoquant. La chaleur est toujours étouffante, ici. Des tasses de thé d'un service blanc cassé sont disposées sur chaque table et les coussins en velours me tendent les bras. Je me décide pour une table vaguement à l'écart des autres et m'affale sur un canapé, attendant l'arrivée de Potter. Nous faisons "équipe" pour ce cours depuis notre troisième année. J'espérais d'ailleurs qu'une fois les BUSEs passées, le Gryffondor laisserait tomber la divination mais lui comme moi a remarqué qu'il était facile d'obtenir des bons résultats dans cette matière sans trop de travail mais avec une bonne dose d'imagination et que l'on pouvait profiter des cours pour faire des devoirs.

J'ouvre mon sac et sors mon livre sans me presser lorsque James Potter se laisse lourdement tomber à mes côtés, me faisant dangereusement pencher vers lui.

- Louis et Victoire nous ont expliqué pour la lettre que tu as reçue hier soir. Molly pense qu'elle a trouvé qui était E.G et qu'elle veut nous voir lors de la sortie à Pré-au-Lard, en fin de soirée, aux Trois Balais. Elle a dit qu'en attendant, on devait oublier cette histoire.

Je fronce les sourcils, perplexe. Comment pourrais-je oublier ne serait-ce qu'un instant que des meurtres ont été commis à Poudlard et que E.G en est peut-être l'auteur ? Qu'il ou elle me surveille sans que je ne le vois et qu'il est sûrement un danger pour mes camarades autant que pour moi ?

- Tu m'as comprise ? me demande Potter en plaçant sa main droite sur mon épaule.

Je sens mes joues se colorer et acquiesce lentement, le dévisageant avec attention. Visiblement, Potter est en pleine forme. Son teint blafard de la veille est redevenu éclatant de santé, ses yeux sombres semblent parfaitement normaux et ses cheveux sont plus ou moins coiffés normalement, c'est-à-dire qu'ils sont dans un état épouvantable. Sans oublier son petit sourire narquois qui étire ses lèvres en un sourire... insupportable !

- Qu'a dit Dom' ? demande-je à Potter en m'éloignant légèrement de lui.

- Rien. Elle s'est contentée d'approuver en silence. Pourquoi ?

- Tu ne la trouves pas bizarre en ce moment ?

- Non...

- Hier, quand elle a vu le professeur Forestman, elle a réagi de façon étrange...

- SILENCE ! m'interrompt une voix stridente. Nous allons commencer le cours. Ouvrez vos livres à la page 394*, ordonne Crawley en fusillant du regard les retardataires. Aujourd'hui, nous allons étudier les présages de mort et de naissance.

- Ce cours va être barbant, glisse Potter à mon oreille, goguenard. Et arrêtes de rougir quand je te parle, Etamora. C'est... troublant.

Evidemment, je rougis d'autant plus mais je n'oublie pas pour autant de l'incendier du regard, le faisant rire doucement.

- Vous allez utiliser les lignes de la main pour ces présages. Votre partenaire lira ce qui est écrit sur votre main. Vous me rendrez un compte-rendu de vos observations à la fin de l'heure. Comme c'est la première fois que vous vous exercez à cela, ça ne sera pas noté, dit Crawley en retournant s'assoir avec la grâce d'un hippopotame atrophié dans son fauteuil d'osier.

- Je commence ! fais-je, en me tournant vers Potter. Je pense que ce serait plus pratique si tu te mettais face à moi, continue-je en lui désignant le siège en face de là où nous sommes assis.

- Non, c'est pas nécessaire, contre Potter en m'adressant un sourire provocateur.

- Comme tu voudras. Ta main droite, s'il-te-plaît.

Le Gryffondor ne me tend pas sa main mais la dépose directement sur les miennes, posées sur mes cuisses. Je frisonne nerveusement avant de m'en emparer et de l'examiner au-dessus de la table tandis qu'il se rapproche un peu plus de moi.

- Monsieur Potter, fait une vois forte derrière nous, le but de l'exercice n'est pas de se coller à son partenaire mais bien de lire les signes de sa main.

- Je le sais bien, Professeur, répond celui-ci, d'un ton badin, mais Menthe a insisté pour que je l'aide à y voir plus clair...

Après cette intervention qui a le don de faire rire quelques élèves dans la salle, Miss Crawley retourne directement s'assoir, ignorant mon regard venimeux, aussi bien destiné à James qu'à elle.

- Ne dis pas des âneries pareilles, Potter ! le houspille-je, les autres vont croire... des choses !

- Des choses ? susurre le Gryffondor, un sourire amusé aux lèvres. Tu peux m'expliquer ce que tu entends par ces "choses" ?

- Je... Rien... Mais que toi et moi, on... bégaie-je, honteuse. Laisse tomber !

- Comme tu voudras. Alors, qu'est-ce que tu lis sur ma main ?

- Pff, cette matière est complètement stupide, souffle-je, agacée. Je ne vois rien sur ta main. Y'a pas écrit '' James Potter va mourir dans dix ans, atteint d'une effroyable crise d'asphyxie due à une massive ingestion de beignets au chocolat" !

Le Gryffondor éclate de rire, me laissant abasourdie. Je ne voix pas ce que j'ai dit de drôle. Il se fout de moi, c'est ça ?!

 - Arrêtes de ricaner bêtement, dis-je, acide. Tu n'as qu'à "lire les présages" de ma main ! rajoute-je en lui collant une baffe qui a le mérite de lui faire reprendre son sérieux.

- Eh ! ça fait mal ! Oublies pas que je sors de l'infirmerie, râle-t-il en se massant la joue. Mais puisque tu insistes, passe moi ta main !

Je m'exécute, à bout de nerfs. James redevient complètement calme et cale ma main entre les deux siennes. Il caresse lentement ma paume de ses doigts longs et fins en se penchant dessus. Ses caresses remontent le long de mon poignet, et cette sensation est tellement agréable que j'en oublie presque de respirer.

- Ferme les yeux, Menthe Etamora, m'intime Potter à voix basse. Cela sera plus facile si tu es concentrée.

Je ferme les yeux, mais n'arrive pas du tout à me concentrer, bien au contraire. Ses mains qui virevoltent sur la mienne me procurent des frissons agréables dans le dos et le ventre et je me sens si bien que le temps semble s'arrêter. Je suis complètement détendue. Ses pouces tracent des cercles sur mes poignets puis descendent et s'attaquent aux lignes qui sillonnent ma paume. C'est comme si il dansait un ballet sur ma main, tellement ses mouvements sont doux et légers.

- N'oublie pas de respirer Menthe, glisse James à mon oreille, tandis que je dénote une étincelle d'amusement dans le ton de sa voix.

- Cela ne risque pas, murmure-je, les yeux toujours fermés.

Je le sens sur le point de rajouter quelque chose mais il s'en abstient.

Je me sens plonger lentement dans le monde des rêves, la chaleur étouffante n'aidant pas, m'appuyant sur James et soudain, tout n'est plus qu'obscurité, je dors.

J'ai l'impression que la cloche sonne quelques secondes après que je me sois endormie lorsque je me réveille en sursaut. Je réalise que je me suis affalée sur le Gryffondor pour dormir, ma tête sur son épaule. Il tient toujours ma main entre les siennes et me sourit.

- Alors ? fais-je en baillant allégrement. Tu as lu quoi sur les lignes de ma main ?

- Hum... Rien qui ne présage ta mort imminente, rit-il en se redressant pour ranger ses affaires.

- C'est-à-dire ?

- Je vais te faire une révélation importante  mercredi prochain, d'après Crawley, ricane Potter.

- OK... La vieille a encore fumé un truc pas net, réplique-je en riant. Faudrait peut-être qu'on aille en cours là... J'ai Sortilèges !

Je rassemble mes affaires et nous sortons ensemble avant de nous séparer lorsqu'il arrive devant sa salle de classe.

- Au fait, Etamora, tu t'es endormie sur moi !

- J'avais remarqué, rétorque-je.

- Et tu as apprécié... ajoute le Gryffondor en m'adressant un clin d'œil avant de disparaître dans la salle.

Bien sûr que j'ai apprécié. C'était tellement agréable... Mais bon, je ne lui dirais jamais en face, il risquerait de prendre la grosse tête. Si ça se trouve, Derrick est aussi doué que Potter pour la relaxation... Je secoue la tête, désorientée par la tournure que prennent mes pensée et me remets en route pour le prochain cours.

*.*.*.*.*

 

Lorsque je me réveille ce matin, je réalise à peine quel jour nous sommes, trop occupée à me remettre de mon cauchemar, puis, soudain, la réalité me frappe en plein ventre. Mercredi est vite arrivé, aujourd'hui j'ai rendez-vous avec Derrick à Pré-au-Lard et ensuite avec Molly Weasley et les autres pour parler de E.G. Ma semaine s'est déroulée calmement, j'ai noté dans mon carnet chacune de mes pensées encombrantes, j'ai discuté avec Dominique et j'ai regardé James et l'équipe de Gryffondor au complet s'entraîner sur le terrain de Quidditch. Lou et moi avons longuement discuté à propos du charme du patronus et Rose et Scorpius ont aidé Al' à l'exécuter. Une semaine chargée, somme toute. Avec une question qui m'est sans cesse revenue en tête depuis le cours de divination : pour le Jeu, est-ce que le "je t'aime" doit être obligatoirement amoureux ou est-ce qu'il peut être amical ? Parce que si je parviens à faire dire à Potter qu'il m'aime "bien" de façon amicale, je gagnerais sans me mettre dans le pétrin, non ?

Je m'habille prestement, enfile une robe noire simple et coiffe mes cheveux blonds avant de rejoindre Derrick devant le portail.  Lorsque j'arrive, mon camarade est déjà là, m'attendant en souriant avec emphase. Je sens mes joues rougir et attrape la main qu'il me tend, je vais passer une journée fantastique...

*.*.*.*.*

- C'est un endroit charmant, je suis sûr qu'il va beaucoup te plaire, murmure Derrick à mon oreille en m'ouvrant prestement la porte du salon de thé de Madame Piedodu.

J'entre dans la bâtisse en me retenant de grimacer, peu convaincue par le décor rose bonbon du salon de thé. J'aurais préféré aller dans un pub tranquille plutôt que dans cet endroit qui me fait penser au salon d'une grand-mère. Mais je ne vais pas me plaindre, dehors, il fait froid, et Derrick semble avoir choisi ce petit coin pour me faire plaisir.

- Merci.

Derrick prend les commandes avec grâce et la gérante nous installe dans un endroit reculé, à l'abris des regards des autres clients. Je m'installe et me tortille légèrement sur ma chaise, mal à l'aise, pendant que Derrick me déshabille du regard. Je ne sais pas pourquoi l'intensité de son regard me dérange, alors que Potter a la vilaine manie de me détailler comme cela et que je trouve cela plutôt plaisant bien que gênant. Merlin ! J'en ai marre de toujours penser à Potter, je ferais mieux de profiter de mon rencard...

- Voici les deux tasses de thé au gingembre, roucoule Madame Piedodu en déposant les breuvages avant de s'évaporer je ne sais où.

Pour m'occuper les mains, j'avale trop vite ma boisson, me brûlant les lèvres et la gorge.

- Alors... Tu vas bien ? demande Derrick en s'emparant de ma main droite.

- Heu... Oui. Très bien. Et toi ? réponds-je en observant ses pouces qui caressent mes paumes.

- Oui, super. Comment trouves-tu cet endroit ?

J'hésite un instant à répondre la stricte vérité (c'est-à-dire à lui dire que je le trouve horrible) mais je finis par dire que je le trouve charmant pour ne pas le froisser.

- Moi aussi je l'aime bien, fait-il en embrassant soudainement mes doigts.

Ahurie, je le repousse vivement et ramène ma main sur ma cuisse tandis qu'il me dévisage avec perplexité.

- Je vois... Tu es sauvage, murmure-t-il, l'air gourmand. J'aime les filles comme ça.

Un frisson de dégoût parcoure ma colonne vertébrale et le garçon se tend.

- On pourrait se trouver un coin plus tranquille où se serrer, si tu veux... susurre-t-il, par-dessus la table.

- Non... Non merci, Derrick, bégaie-je.

- Oh, fait-il, déçu. Tu ne veux pas te détendre avec moi ?

Un hoquet de stupeur me prend lorsque je réalise qu'il essaie de poser ses mains sur mes cuisses et je me dégage vivement, prise d'une soudaine envie de vomir. J'attrape ma cape, mon bonnet, mes gants et mon écharpe aux couleurs de Serdaigle et jette quelques gallions sur la table en toute hâte avant de m'enfuir en courant, Derrick sur mes talons. Je courre quelques instants et dérape sur les pavés verglacés de Pré-au-Lard, rattrapée aussitôt par Derrick, qui en profite pour glisser ses mains sur mes hanches.

- Lâche moi ! fais-je en me débattant. Laisse-moi tranquille !

- Tu ne veux pas de moi ?

- NON !

- Mais...

- Laisse la tranquille ! lance une voix que je ne connais que trop bien derrière nous.

Derrick me lâche et je sens une main plus puissante m'agripper.

- Dégage, Francklisht !

Mon camarade, après m'avoir jeté un regard mauvais, disparaît sans faire de bruit dans les rues glacées.

Je relève la tête, et plonge dans le regard chocolaté de James Potter dont le visage n'est qu'à quelques centimètres de moi.

- Merci, Potter.

- Y'a pas de quoi.

J'enroule mes bras autour de son cou, sans même comprendre ce que je fais et il m'enserre la taille à son tour, me glissant à l'oreille :

- E.G, c'est Elouna Gellamos, d'après Molly.

J'ai l'impression de ne pas avoir entendu ce qu'il vient de me dire.

- Plus tard, Potter. Ce soir. Là, je veux seulement être tranquille pour le reste de la journée.

- Je comprends. Et qu'est-ce que tu veux faire ?

- T'embrasser.

End Notes:

Qu'en avez-vous pensé ?

Merci encore pour vos reviews :)

Chapitre 18 by Roxane-James
Author's Notes:

Bonsoir,

Merci pour vos reviews : Floriie, Lyssa7, Kiara Coper, Tagada9, Diesel, AnthusPrasentis, kiou14789

Chapitre 18

Hein ? J'avoue que cette pensée a été la première à me traverser l'esprit. Pourquoi Menthe aurait-elle envie de m'embrasser ?! Et pourquoi me regarde-t-elle comme cela ?

- Tu fais une tête bizarre, Potter.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, Etamora, réplique-je, légèrement déconcerté par la situation.

Par Merlin, voulait-elle m'embrasser ou m'embrasser ?! Est-ce que j'ai compris sa phrase de travers ? Si ça se trouve, elle me parlait de Francklisht qu'elle n'avait PAS envie d'embrasser. Ou alors elle disait que j'avais l'air de vouloir l'embrasser. Ce qui est totalement stupide. Vu que ça n'est pas le cas. D'accord, je viens de l'enlacer... Mais c'était parce qu'elle venait sûrement de subir une sorte de traumatisme avec ce décérébré de Francklisht. Non mais quelle idée stupide d'accepter ce rendez-vous avec lui, TOUT LE MONDE sait qu'il n'est pas net. Sauf elle. Et ça se dit Serdaigle...

- Attends... Tu... OH ! baragouine la Serdaigle tandis que ses yeux s'écarquillent de plus en plus.

- Quoi ?! fais-je, agacé. Qu'est-ce qu'il y a ?

- Tu pensais que je voulais t'embrasser comme... Je ne sais pas, moi, mais comme une fille embrasserait un garçon qu'elle aime ?

Je ne réponds rien. Il y a combien de sens, exactement, pour le mot "embrasser" ?! La bleue et bronze éclate de rire, amusée.

- Quand j'ai dit "J'ai envie de t'embrasser" c'était dans le sens "Merci, Potter, tu m'as sauvé la vie !".

- Oh.

- Oui.

- Hum.

C'est un moment extrêmement gênant qui s'installe. Et bien sûr, le silence lourd de sens qui va avec ne tarde pas à montrer le bout de son nez. Pour me donner une contenance, j'hausse les épaules et me racle la gorge. Il faut que je trouve quelque chose à dire.

- Tu as une sale tête.

Charmant. Mais en même temps, que fallait-il que je dise ?

- Merci beaucoup, je me serais passée de ton commentaire pour le moins désobligeant, réplique la jeune fille en affichant une moue agacée. Je te signale que je viens de passer le pire rencard de ma vie et toi, tout ce que tu trouves à me dire, c'est que j'ai une sale tête !

- Et il faudra que tu te contentes de mon "désobligeant commentaire", mademoiselle-ronchon !  fais-je, énervé.

- D'accord, parce qu'après t'être figuré que je t'embrasserais avec joie, tu me repousses vulgairement et méchamment ! Tu ne fais vraiment pas les choses dans la dentelle, Potter...

- Tu viens de me faire une "désobligeante remarque", ricane-je en passant une main dans mes cheveux bruns.

La jeune Serdaigle me trucide du regard avant de me flanquer une petite gifle qui me laisse bouche-bée.

- TU ES désobligeant, Potter ! assène-t-elle en tournant les talons.

- Pas autant que toi, Etamora ! Je te signale que je viens quand même de ''te sauver la vie" ! Au point que tu en aurais même "envie de m'embrasser" ! glisse-je, goguenard et furieux à la fois.

- Je retire tout ce que j'ai dit ! grince Menthe en agitant sa chevelure blonde, tu es un sale... Un sale... ARGH ! Tu m'énerves tellement que je ne trouve pas de qualificatif suffisamment désobligeant pour te décrire !

- Tu as un réel problème avec ce mot.

- Quel mot ?

- Désobligeant.

- Tu viens de trouver toi-même ton qualificatif, Potter ! lâche-t-elle après un court silence.

- Tu l'as déjà utilisé pour me décrire, je te signale ! ris-je.

- Arrêtes de rire ! s'énerve-t-elle en me donnant des petits coups de poings sur le torse.

- Non.

- Si !

- Tu es une gamine, Etamora !

- C'est toi le gamin, Potter ! rugit la Serdaigle, ses yeux bleus s'agrandissant sous l'effet de la colère.

J'éclate de rire, trouvant cette discussion totalement stupide mais Menthe sort un livre de poche de son manteau et me frappe la tête avec.

- Aïe ! maugrée-je. Tu m'as fait mal !

- Je croyais que les joueurs de Quidditch étaient plus robustes que ça, ricane Menthe en souriant narquoisement.

La vision de son sourire me retourne subitement l'estomac. Elle se tient droite, fière et les joues rosies par le froid. Ses cheveux blonds sont bercés par le léger souffle du vent, ses yeux bleus brillent intensément. Plus aucune trace de tristesse ou de dépit ne transparaît sur son visage, à la voir, on croirait qu'elle a complètement oublié Francklisht. Ou le Jeu. Ou les meurtres. Elle est juste Menthe, réalise-je.

- Je suis robuste, proteste-je mollement. Tu veux voir mes muscles ?!

Elle éclate de rire avant de se mordiller les lèvres, visiblement amusée.

- Tu ne fais pas le poids face à mon livre, Potter !

- Je ne fais pas le poids face à... heu...

- La magie et ses piliers, complète Menthe en riant.

- Merlin, ton livre a un nom affreusement soporifique ! grimace-je. Tu n'as jamais essayé autre chose ?

- Parce que tu sais lire, toi ?! ricane-t-elle.

Je lui adresse un signe obscène de la main et elle fronce les sourcils.

- C'était mérité, Etamora ! réplique-je en ricanant.

- C'était surtout pas drôle !

- Tu ne trouves JAMAIS rien drôle, rétorque-je.

- Bien sûr que si ! se récrie la Serdaigle. Les... les bavboules ! c'est... Drôle, non? termine-t-elle d'une petite voix.

- Follement excitant, les bavboules, me moque-je.

- Un peu comme toi, marmonne Menthe.

J'esquisse un sourire amusé, me retenant de rire.

- Je sais que je suis follement excitant, Menthe Etamora... ris-je en lui adressant un clin d'œil suggestif.

Elle rougit fugacement avant de secouer énergiquement la tête.

- Donc... Qu'est-ce que le Grand James Potter trouve drôle ?

Toi. Toi, tu es drôle, Etamora. Tu me fais rire et tu m'agaces. Tu me donnes envie de faire mille et une choses stupides rien que pour t'énerver et quand tu rougis, j'ai l'impression que mon estomac danse la polka. Et là, maintenant, j'ai très envie de t'embrasser. Et pas au sens figuré.

- Hum... Je ne suis pas sûr que ça t'intéresse.

- Potter ! menace-t-elle en riant, n'oublies pas que tu as une dette envers moi, j'ai gagné le duel dans la Tour d'Astronomie !

- Et tu veux vraiment gâcher ta faveur juste pour ça ? ris-je en haussant les épaules.

- Non... Tu as raison. J'attends une occasion en or...

- Tu fais bien ! Bon, je me gèle, là. Tu veux que je te montre un petit endroit tranquille ?

- Pitié, tout sauf le salon de thé de Madame Pieddodu ! fait Menthe en lançant un coup d'œil écœuré au salon de thé en question.

Quel manque de style, ce Francklisht... ça se voit quand même que Menthe n'est pas l'une de ces imbéciles qui roucoule devant des angelots potelés !

- Suis-moi, je parie que ça va te plaire...

Menthe me lance un regard suspicieux avant de me suivre dans les allées pavées de Pré-au-Lard.

   *.*.*.*.*

Potter ouvre la porte d'une petite échoppe et me laisse passer devant lui, gentleman. J'entre avec une légère pointe d'inquiétude et découvre avec ravissement une magnifique librairie qui fait également office de salon de thé. C'est mille fois mieux que chez Pieddodu ! Les livres s'entassent sans fin un peu partout, les tables sont en bois clair ou sombre et les clients lisent, une tasse de thé à la main. Un feu de cheminée ronfle à côté du bar d'accueil, offrant à l'endroit un confort luxueux. Je me retourne vers le Gryffondor, émerveillée.

- C'est... Magnifique !

- Je sais, réplique le garçon en souriant narquoisement. Je savais que ça te plairait, reprend-t-il plus sérieusement.

Il adresse un geste de la main à un vieil homme chauve et corpulent et celui-ci nous désigne une petite table près de la fenêtre avant de nous tendre la carte des consommations.

- Tu veux prendre quoi ? Je te l'offre.

- Oh... Merci mais je peux payer, fais-je en rougissant.

- Non, vas-y, ça me fait plaisir. C'est pour me faire pardonner ma désobligeance... Fait-il en appuyant bien sur le mot.

Je rougis d'autant plus avant de reporter mon regard sur la carte.

- Un chocolat chaud, s'il-te-plaît, dans ce cas...

- Très bien. Enrique ? Un chocolat chaud pour la jeune fille et un chocolat épicé à la citrouille, s'il-te-plaît.

Le vieil homme nous sourit gentiment et acquiesce.

- Tu viens souvent ici ? demande-je, rongée par la curiosité.

- Oui. Parfois avec Dom', parfois sans elle.

- Où est Dom', d'ailleurs ?

- Elle est avec les autres. Tu sais pour l'affaire...

- N'en parlons plus, je ne veux pas y penser avant ce soir, on a toute la journée.

- Très bien. Des fois, je viens avec Albus et Lily, reprend le garçon en parcourant la salle du regard. Tu veux aller choisir un livre ou tu préfères prendre le tien ?

Je me lève sans répondre et l'entraîne vers les piles de livres. Un ouvrage en particulier attire mon attention.

- C'est Alice au pays des merveilles, m'apprend James. Je l'ai lu il n'y a pas longtemps. Il a été écrit par un moldu du nom de Lewis Carroll. C'est un livre absolument génial.

- Alors c'est celui-là que je vais prendre, fais-je en attrapant le volume poussiéreux. Et toi ?

- Je ne sais pas... Tu veux bien me prêter le tien ?

- La magie et ses piliers ? Tu as dit que ça avait l'air ennuyeux à mourir !

- Eh bien je veux le lire pour me faire un avis et je changerais peut-être d'opinion...

*.*.*.*.*

Je me plonge dans "Alice au pays des Merveilles" avec délectation. L'univers de l'auteur est à la fois sombre et joyeux et le roman est écrit brillamment.  Mon chocolat chaud est délicieusement sucré et j'apprécie grandement  la saveur de son arôme. James est plongé dans mon bouquin et avale gorgée par gorgée sa boisson sorcière.

- Je ne pensais pas que c'était un roman, fait-il en relevant la tête vers moi. Mais j'aime beaucoup. L'histoire est passionnante !

- Ah ! Tu vois ! Il ne faut pas se fier à la couverture d'un livre...

- Comme il ne faut pas se fier à l'apparence des gens, elle peut être trompeuse...

J'ai l'impression que cette pique s'adresse à moi mais je ne la relève pas. Il n'a pas tord après tout, j'ai tout misé sur l'apparence de Derrick et je n'ai même pas cherché à savoir quel genre de comportement il pouvait avoir en intimité.

- Il faut qu'on aille rejoindre Molly, Dom', Lucy, Victoire et les autres aux Trois Balais, maintenant, fait James.

- Déjà ?!

- Cela fait deux heures qu'on est là. Même un peu plus !

- D'accord. Tu crois que je peux emprunter le livre ? demande-je.

- Pas la peine, je te passerai mon exemplaire.

*.*.*.*.*

Nous pénétrons dans le bar le plus connu de Pré-au-Lard. J'ai la gorge serrée et la boule au ventre.

- Viens, fait James en m'entraînant vers le petit groupe que forme les Potter-Weasley-Malfoy-Dember.

Je le suis docilement jusqu'à eux et m'installe aux côtés de Dom' qui me sourit joyeusement.

- Alors ton rencard, Menthe ?! me demande-t-elle avec un clin d'œil.

- Je te raconterai plus tard, lui glisse-je à l'oreille. A part ça tout le monde va bien ? Al' ? Rose ? Scorp' ? Lou ?

Les quatre me font signe que oui et Molly prend la parole avec emphase, soutenue par sa sœur, Lucy pendant que Victoire et Louis prennent des notes dans des petits calepins. Hugo et Lily font de la place à James qu'attend Molly pour commencer.

- Très bien. Puisque tout le monde est là, j'en profite pour ressortir la liste.

Hemma Wilfrick ( 1927-1945)

Elle avait dix-huit ans quand elle est morte, elle l'est l'une des victimes inconnues de Tom Jedusor (Voldemort). Il l'a tuée alors qu'il travaillait chez Barjow et Beurk, après sa sortie de Poudlard. Hufflands et elle n'étaient pas en très bons termes à Poudlard. A mon avis, Hemma Wilfrick n'est pas importante, elle est morte sans laisser de descendance et n'a pas suffisamment de motifs pour tuer un ancien camarade de classe avec lequel elle se serait mal entendue.

Julian Gellamos (1927-1958) Il est mort à 31 ans, à cause de la dragoncelle. Il était un ancien ami d'Alfred Hufflands mais ils s'étaient disputé environ deux ans avant sa mort au sujet d'un prêt en banque. Pas de grande importance, je pense. Il a eu une fille, Elouna, qui étudie à l'Institut de Salem (Illevorny) aux Etats-Unis et qui doit être âgée d'une quinzaine d'années. Je n'ai pas retrouvé de faire-part de naissance exact et il ne s'est pas marié mais il semblerait qu'il ait eu une relation avec une moldue dont le nom est inconnu. Elouna serait issue de cette union. La moldue est toujours en vie, elle est âgée d'une cinquantaine d'années et habite à Londres, dans le quartier des affaires étrangères en relation avec le monde des sorciers : 14 Mysterious Road. 

Gemini Lestrange (1928-1965) Hufflands était un sorcier né-moldu, ainsi que vous le savez sûrement déjà, d'où la raison de la haine tenace que lui vouait Lestrange. Gemini est rentré à Poudlard un an après Alfred Hufflands mais a fait partie des premiers à servir Voldemort. Il est mort à 37 ans lors de l'attaque de Pré-au-Lard qui a eu lieu au mois de mai durant cette même année. Il semblerait qu'il ait cherché à tuer Hufflands à de nombreuses reprises sans y parvenir. Il n'a pas eu de descendance mais vous connaissez les membres de sa famille éloignée... 

Yulia Xinsanphar   (1926-1945) Elle a été préfète de Serpentard en même temps que Tom Jedusor. Il semblerait qu' elle ait été amoureuse de lui. Apparemment, elle a tué les parents d'Alfred Hufflands et sa fiancée, une moldue du nom de Flora Pinterell, quand elle est sortie de Poudlard avant d'être tuée à son tour par Tom Jedusor, quasiment un mois après qu'il ait tué Hemma Wilfrick. Elle était fille unique et ses parents sont morts le 1 novembre 1981, emportant avec eux le prestigieux nom de Xinsanphar. Ils étaient une des plus éminente famille venue d'Inde et ayant un sang pur irréprochable.

- Le passage qui nous intéresse le plus concerne Julian Gellamos, reprend Molly. Sa fille, Elouna, porte les mêmes initiales que E.G.

- Mais pourquoi une jeune fille de quinze ans qui vit actuellement aux Etats-Unis aurait-elle tué un professeur de Poudlard et une élève ? Et comment ?! l'interrompt Albus, approuvé par Lou.

- Laissez-moi finir, contre Molly en fronçant les sourcils. Très bien, vous vous souvenez que James a passé un séjour à l'infirmerie après un passage mouvementé dans les toilettes des filles ? Pomphresh a diagnostiqué l'utilisation d'un sort de magie noire qui lui aurait fait perdre son sang, quant à Lucy, elle a cherché et trouvé des choses intéressantes...

- C'est vrai, approuve Lucy en jetant un coup d'œil à son cousin. Tu te souviens qu'une fois en début d'année tu m'avais dit que tu étais toujours irrité et de mauvaise humeur ? Que tu avais des ... des envies de meurtres, reprend-elle, plus bas. J'ai trouvé pourquoi. Tu as ingéré une forte dose de potion de contrariété. Quelqu'un ou quelque chose en glisse dans les aliments que tu manges ou bois, ou alors tu en respires sans le savoir. Et il se trouve qu'Elouna Gellamos est...

- Une experte potionniste ! s'exclame Louis en sortant une coupure de journal datant de l'année dernière.

Je me penche vivement dessus, imitée par mes camarades. Une petite photographie illustre l'article rédigé par Luzyana Dromesy.  Elle montre une jeune fille aux cheveux noir de jais coupés courts et aux grands yeux gris qui tient dans sa main un flacon contenant une potion de la couleur d'une citrouille avariée.

 

Cet été le Grand Concours des jeunes potionnistes a rassemblé quelques centaines de sorciers venant des quatre coins du globe. Nous avons pu poser quelques questions à la Grande Gagnante du concours, Elouna Gellamos, une jeune fille de quatorze ans ayant réalisé une potion d'envoûtement :

L.D : Combien de temps t'a-t-il fallu pour réaliser cette potion ?

E.G : Un an en comptant la recherche des ingrédients, ce fût long et fastidieux.

L.D : As-tu été aidée pour la mettre au point ?

E.G : Un connaisseur de Charmes Liquides m'a conseillée sur le choix de la potion et de quelques ingrédients mais c'est tout.

L.D : Tu as reçu une bourse en gagnant ce concours, que comptes-tu faire de cet argent ?

E.G : Je ne sais pas encore, je vais certainement le garder pour réaliser mon rêve et devenir une potionniste accomplie !

L.D : Tu envisages donc un avenir dans le vaste monde des Charmes Liquides ?

E.G : Oui, mais je pense aussi m'instruire à propos d'autres formes de magie. L'univers qui m'entoure m'intrigue et j'aime développer mes connaissances.

L.D : En tous cas, bravo à toi !

Nous souhaitons donc une bonne chance à notre prodige de charmes liquides et avons hâte d'entendre à nouveau parler d'Elouna Gellamos en tant que grande potionniste de notre siècle !

Luzyana Dromesy, rédactrice pour le Hibou New-Yorkais, article écrit en collaboration avec La Gazette du Sorcier, le Dragon Messager de Rome et la Rubrique Sorcière Française. Vous pouvez retrouver cet article sur les journaux du monde entier.

- Oh ! souffle James lorsque nous avons fini la lecture du journal. Cela me paraît réaliste... Cependant, une question se pose : comment Elouna Gellamos pourrait-elle être à Poudlard et à Ilvermorny en même temps ?

- Reste à savoir si elle est encore à Ilvermorny, fait Dominique, sombrement.

- Elle a peut-être transplané dans l'enceinte du château, posé un sort sur James parce qu'il s'approchait trop de la vérité et elle est retournée à Salem, propose Lou en haussant les épaules. A moins qu'elle n'ait un sbire ici qui fasse le sale boulot à sa place.

- L'idée du sbire me paraît plus réalisable, répond Rose. Il est impossible de transplanner dans l'enceinte de Poudlard.

- Pourquoi avoir tué Hufflands, dans ce cas, et pas James ? demande Scorpius.

- Parce que Hufflands en savait trop et James se doutait seulement de quelque chose ? propose Victoire.

- Vous  êtes en train de supposer qu'une partie de ma mémoire a été effacée, geint James en fourrant sa tête entre ses mains.

- Exactement, fait Roxanne.

- Je peux reprendre ?! s'exclame Molly après ce moment d'agitation. J'ai fait un schéma pour relier les éléments entre eux. Donc... Elouna Gellamos veut obtenir quelque chose ou quelqu'un  qui se trouve à Poudlard sinon aucun des événements qui se sont produits dans le château n'aurait eu lieu. Soit elle est à Poudlard, soit quelqu'un œuvre pour elle à Poudlard. Elle a tué Hufflands et Mélica donc Mélica et Hufflands savaient quelque chose et devaient être proches d'elle. Elle a failli tuer James... Mais elle l'a gardé en vie, ce qui veut dire qu'il lui est utile. Ensuite, elle a envoyé un message à Menthe donc elle te surveille aussi, peut-être parce que tu es proche d'elle ou alors parce que tu es ce quelqu'un qu'elle veut ou que tu as ce quelque chose qu'elle recherche. Et je pense que le parchemin qui t'a fait cauchemarder sur la mort de James, Menthe, a été créé par Elouna Gellamos. Pour conclure, je dirais que le père d'Elouna Gellamos a un rapport dans cette histoire car c'est de Julian Gellamos dont maman a parlé dans la liste. Maman a également dit que Julian Gellamos et Alfred Hufflands étaient des amis mais se sont disputés au sujet d'un prêt en banque, mais ça, c'est la version apparente de l'histoire, qui sait de quoi exactement traitait leur dispute ?

- Elouna Gellamos est venue au monde quelques temps après leur dissociation, fait remarquer Lou. Il faudrait qu'on se rende chez la moldue qui a donné naissance à E.G...

- Au 14 Mysterious Road ! m'écrie-je. Mais bien sûr ! 14 pour le numéro de la rue, "r" pour "road" et "M" pour "Mysterious" ! Et dire que je pensais que cette lettre avait été signée n'importe comment !

- Un meurtrier ne laisse jamais rien au hasard, affirme Rose en serrant la main que Scorpius lui tend.

- Qui nous dit que cette femme n'est pas de mèche avec sa fille ? demande soudainement Hugo, les sourcils foncés.

- C'est vrai, approuve Lily. Peut-être qu'elle est elle-même le cerveau de cette sinistre machination !

- Dans ce cas, elle ne nous laissera pénétrer chez elle vivants... glisse Victoire.

Un court silence accueille sa réaction mais Louis l'interrompt.

- Parce que tu comptais te rendre chez elle et lui demander gentiment de nous refiler des infos ?! ricane James en lançant un regard amusé à sa cousine.

- Qui ne tente rien n'a rien ! fait Dominique. Je ne trouve pas l'idée de Vic' totalement saugrenue.

- Tu es bien la seule, souffle Louis en regardant ses sœurs avec des yeux ronds.  

- Nous verrons cela plus tard, pour ma part, je pense qu'une petite visite chez cette femme ne ferait pas de mal à l'enquête, déclare-je.

- Tu es suicidaire, rit Fred.

- Peut-être qu'elle est simplement dépourvue de bon sens, se moque gentiment Albus.

- Al' ! T'es pas sympa ! lui reproche Lou en souriant.

Nous éclatons tous de rire, puis Lucy propose de ne plus reparler de l'enquête jusqu'au lendemain, nous avons assez ingéré d'informations pour le reste de la journée !

 *.*.*.*.*

 

Une heure plus tard, nous sommes toujours attablés au pub et rions joyeusement des pitreries de Fred et Roxanne. Dom' et moi sommes installées un peu à l'écart et jouons à la bataille explosive avec Scorpius et Al' pendant que Molly et Rose se déchaînent aux bavboules contre James et Lou. Nous formons un joyeux tintamarre et dans tout ce vacarme, je parviens quand même à distinguer quelques bribes de conversations futiles. Lily et Lysander Scamander, l'un de ses camarades de classe et élève dans ma maison, discutent au bar et s'amusent avec Fred et Roxanne, Hugo et Louis taquinent Victoire à propos de sa nouvelle coupe de cheveux qu'elle a coupés au niveau des reins et Lucy papote gaiement avec Dubois, un ami de James.

Soudain, sans que personne ne s'y attende, un homme jaillit dans le bar, un journal à la main, livide. Le silence s'installe progressivement dans la pièce et l'inconnu prend la parole d'une voix roque qui me donne la chair de poule.

- La prophétie ! Le Ministère donne enfin des informations dessus.

C'est la panique dans le bar, tout le monde se précipite sur l'inconnu, s'arrache le journal et à chaque fois qu'un nouveau sorcier parcoure la Gazette du regard, il revient plus pâle et une expression horrifiée plaquée sur le visage. La peur se lit sur tous les fronts, toutes les rides, creuse les traits et s'inscrit dans les yeux. Une horrible impression de nausée me tord l'estomac et je parviens faiblement à articuler à Dominique d'attraper ce fichu bout de papier.

Le Ministère de la Magie nous dévoile enfin les propos de la prophétie par Evanna Skeeter, reporter pour la Gazette du Sorcier.

La mystérieuse prophétie si présente sur les lèvres en ce moment a enfin été dévoilée par le Ministre de la Magie. Il ne s'agit plus maintenant de trouver "l'Elu" qui sauvera notre monde mais de protéger notre magie avec attention.

A l'aube d'un jour nouveau,

Quand le soleil se lèvera,

Qu'une nouvelle ère sera,

S'ouvrira un tombeau.

 Il seront trois,

Enfants de ses enfants,

Ils lutteront pour elle,

Ils lutteront en proies,

Un seul mourra,

Comprenant, triomphant,

Et Mère sera sauvée,

Pourra ressusciter,

Mais pour cela,

Verser le prix du sang, il faudra.

Trouver le nid puissant, il faudra.

Mère y a gravé une Histoire Ancienne,

Là où l'on étudie la sienne.

Braver les interdits,

Et tout sera fini.

Cette prophétie a été retrouvée au Département des Mystères où elle y était entreposée depuis plus d'un siècle. Il semblerait qu'elle se soit "réveillée", d'après le spécialiste en divination que nous avons interrogé, Andus Flackester.

E.S : Que pouvez-vous nous dire de cette prophétie ?

A.F : La prophétie ne peut être comprise que par les "Trois, enfants de ses enfants".

E.S : Comment le savez-vous ?

A.F : Les registres du monde sorcier de la sphère nous l'ont indiqué. La personne qui a "fait" cette prophétie a lancé un charme dessus. Nous ne connaissons même pas son identité.

E.S : Est-ce un bon ou un mauvais présage pour notre monde ?

A.F : Une prophétie comme celle-ci met en garde les sorciers car si elle n'est pas accomplie, il est sous-entendu que les Forces du Mal reprendront le dessus.

 

- Merlin, dans quel monde vivons-nous... murmure-je.

- Il faut qu'on découvre qui est "Mère", l'endroit évoqué dans la prophétie et... Il faut qu'on découvre le sens de tout cela ! Menthe... On va y arriver ! me secoue Dom'.

- Tu crois qu'on risque à nouveau la guerre, Dom' ? demande-je faiblement.

- Non. Les "Trois" nous sauveront. Et si on peut, on les aidera.

- Menthe ? Ce n'est pas le moment de se morfondre, tu dois bouger, ne te laisses pas gagner par la peur. Si cette prophétie existe, c'est parce qu'il y a de l'espoir. Sinon, nous aurions directement été envahis par les Forces du Mal, sans même en être avertis, sans même pouvoir faire quelque chose.

- Bien parlé, Miss Weasley ! assène une voix puissante derrière nous.

Nous nous retournons d'un même mouvement pour découvrir le professeur Forestman qui nous sourit d'un air bienveillant.

- Je crois que vous devriez sortir, Miss Etamora. Tenez, Monsieur Potter va vous escorter dehors, d'accord ?

Les mains chaudes de James m'agrippent sitôt demandé et nous sortons dans l'air glacial d'octobre.

End Notes:

Voilà, j'espère que ce chapitre vous aura plu ^^

N'hésitez pas à me laisser un avis :) je pense qu'il doit rester plus ou moins une dizaine de chapitres avant l'épilogue :D

Rox'

Chapitre 19 by Roxane-James
Author's Notes:

Désolée pour le retard !

J'espère que ce chapitre vous plaira <3 Merci à ceux qui m'ont laissé des reviews <3

Kiara Coper, Floriie, Lyssa7, AnthusPrasentis, Kikou14789, Lou Weasley, Diesel et Tagada9 <3 Vous êtes tellement parfaites les filles ;) Merciiii

Je vous souhaite une bonne lecture,

Roxane-James

Chapitre 19

Je titube quelques instants en sortant sur le perron mais James m'empêche de tomber. Il place son bras droit autour de ma taille et nous avançons ainsi jusqu'au château, perdus dans nos pensées.

Le monde dans lequel je vis me semble de plus en plus sombre et peu à peu, d'innombrables secrets enterrés ressortent de l'obscurité. Des meurtres. Une prophétie. De la haine. Où est l'amour tant vanté ? Où est cachée la vérité ?

Quand cela finira-t-il ?

Le portail en fer forgé de Poudlard se dessine à quelques mètres de nous. Potter me lâche soudainement, et plante son regard chocolat dans le mien.

- Tu veux savoir pourquoi je te détestais ?

Les mots sont bruts et froids, je déglutis. Le ton du Gryffondor est plus doux que ce que je pourrais penser. J'hoche la tête en silence. Il est temps pour moi de savoir.

- Tu vas me trouver stupide, souffle-t-il à mon oreille.

- Dis-moi quand même...

- J'ai toujours été très proche de Dominique, commence-t-il en enroulant une mèche de mes cheveux blonds autour de son doigt d'un air pensif. Elle était la cousine avec qui je m'entendais le mieux, avec qui je faisais le plus de bêtises. Elle me comprenait même lorsque je ne prononçais pas un mot. Les années ont passé et nous avions toujours la même complicité, j'étais parfaitement heureux. Et puis nous sommes rentrés à Poudlard. Le jour de notre première rentrée, nous sommes arrivés un peu en avance sur le quai. Il y avait plein d'autres enfants, et des parents qui tournaient autour de nos familles. Dominique a croisé le regard d'autres élèves et je me suis senti... Je...C'est à ce moment-là que j'ai réalisé qu'elle comptait bien plus pour moi que ce que je croyais. J'étais amoureux d'elle.

- Oh...

- Nous sommes montés dans le train lorsque j'ai réalisé ça. C'est alors que tu es rentrée dans notre compartiment et que Dom' t'a tout de suite prise sous son aile. Elle te regardait comme elle l'avait toujours fait avec moi, j'étais extrêmement jaloux, tu venais à peine de débarquer dans nos vies que déjà, Dominique me remplaçait par toi. Je t'ai observée pendant tout le trajet en me demandant ce qu'elle pouvait bien te trouver... Tu étais jolie, timide au premier abord et Miss-Je-Sais-Tout, mais tu n'avais vraiment rien de spécial à mes yeux. Quand tu as été répartie à Serdaigle, je me suis dit que c'était une chance, ainsi Dominique ne chercherait plus ta compagnie et resterait avec moi. Mais elle a soupiré. Et elle a dit quelque chose qui restera à jamais gravé dans ma mémoire...

- Qu'est-ce qu'elle a dit ? demande-je d'une voix étouffée.

- Que tu étais plus courageuse que tu ne voulais bien l'admettre... Et certainement l'amie la plus intéressante qu'elle aurait.

- Tu me détestes juste pour ça ?

- Je ne te détestais pas juste pour ça. Je continue, reprend-t-il.

- Vas-y.

- Dom' s'est attachée à toi et on a été obligés de se fréquenter. Je la sentais qui s'éloignait de moi peu à peu et j'en étais assez frustré et puis je devais... Te supporter. Tu étais toujours là, sans même être présente. Dominique passait son temps à parler de toi, à rire avec toi, à discuter avec toi... Elle me disait même qu'elle me voyait bien avec toi, elle voulait que je fasse des efforts et que je te parle gentiment. La colère est montée. Je savais au fond, que mes sentiments envers Dominique n'étaient pas sains, alors je suis sorti avec d'autres filles pour me changer les idées. Et puis ça a fini par passer.

- A partir de quand as-tu vu Dom' comme ta cousine sans...

- Sans l'aimer de cette façon ? En troisième année.

- Mais...

- Ensuite, me coupe James en me fusillant du regard, nous sommes entrés en quatrième année. Tu es sortie avec mon frère, et Dominique n'approuvait pas votre union, elle disait que vous ressembliez plus à des amis qu'à un couple.

- Elle avait raison.

- Certes. Mais ça m'a blessé. Depuis quand Menthe Etamora était-elle amie avec mon frère alors que moi-même, je peinais à l'apprécier ? Je voulais tout faire pour qu'Albus et toi rompiez... Dominique m'en a empêché plusieurs fois et puis vous avez fini par vous dissocier en utilisant les mêmes mots que Dom' "nous sommes plus amis qu'amants".  Peu de temps après, Albus est venu me voir. Il m'a dit... Il m'a dit que je ne serais jamais heureux si je ne trouvais pas le moyen de t'apprécier. Et que cela te blessait autant que moi. J'ai frappé mon frère ce jour-là. Il s'est retrouvé à l'hôpital par ma faute... Je m'en suis terriblement voulu et je te prenais pour  responsable de ma bêtise... Et puis... Tu es tellement... Tout le monde t'aime ! Alors que moi, les gens ne m'apprécient que pour mon argent ou mon nom ! crache-t-il enfin. Je déteste cela ! Si tu savais comme je les hais, ces hypocrites qui ne jurent que par mon nom ! Comme j'ai envie de leur faire du mal, qu'ils souffrent jusqu'au dernier comme je souffre en voyant que si l'on me regarde avec autant d'admiration ce n'est pas parce que je le mérite mais parce que je suis un Potter ! Ils ne comprennent pas ce que c'est, que de faire partie de cette famille... Ils ne comprennent pas que si je fais un pas de travers, la seule chose qu'on pourra dire c'est que je devrais avoir honte de faire du tort à ma famille ! Ou que je ne devrais pas exister... T'a-t-on seulement déjà dit ça, Menthe ? Que tu ne devrais pas exister ? Parce que ça fait mal... ça me rend fou. Le monde ne jure que par mon nom et n'encourage qu'une enveloppe... Je me sens vide. Je ne suis qu'un nom... Un de ceux qu'on n'oubliera jamais parce qu'être le fils du Héro, c'est quelque chose... Et personne ne saura jamais que je ne lui ressemble pas tant que ça, à ce père parfait... Personne ne sait ce que c'est... J'ai mal... Je n'en peux plus... C'est pour ça que j'ai agis de la sorte avec toi ! Pour ça aussi que je t'ai jetée ! Comment aurais-tu pu être quelqu'un de bien ? Comment puis-je savoir si tu m'apprécies pour ce que je représente ou ce que je suis ?! Et tu sais quoi, Menthe ?! Je ne suis pas si courageux... J'ai peur... J'ai peur de la réponse. Peur de tout ce que ça représente... Je suis désolé.

Je relève les yeux sur James et le dévisage avec attention. Il semble renfrogné et a la tête baissée, le regard fixé sur ses chaussures.

- Putain ! souffle-t-il. Je suis désolé, Menthe ! Je suis un connard jusqu'au bout !

J'écarquille les yeux, éberluée. Je n'ai jamais vu James en colère contre lui-même ou triste comme il l'est maintenant. Il plante encore une fois son regard brun dans le mien et je sens une drôle de tension s'établir entre nous. Encore sa stupide manie de me regarder de la sorte... Je rougis de gêne et détourne les yeux. Il attrape ma main comme s'il s'agissait d'un réflexe et me colle contre lui, enfouissant sa tête dans mes cheveux tandis que je me fige complètement. Que lui arrive-t-il donc ? Son souffle irrégulier caresse ma nuque avec légèreté et ses doigts s'agrippent à ma taille. Je me sens devenir nauséeuse soudainement et mes jambes ne supportent plus le poids de mon corps.

- James... murmure-je. Lâche-moi, s'il-te-plaît...

- Non. Je suis tellement désolé, Menthe... Je m'en veux. Des fois, je voudrais être quelqu'un d'autre. Pas un Potter, ni même un James. Juste moi.

- Tu es juste toi, James, réponds-je en sentant les larmes me monter aux yeux. Tu es toi quand tu me souris ou quand tu me parles comme tu l'as fait. Tu es toi lorsque tu discutes avec Dom'. Tu es toi des milliers de fois par minutes...

- Est-ce que je serais juste moi en t'embrassant ? demande-t-il en relevant la tête vers moi, un pâle sourire narquois sur les lèvres.

- Je déteste ton satané sourire, déclare-je mollement en m'humectant les lèvres.

- Hum... Je sais.

- Tu veux bien me lâcher, maintenant ? demande-je en rougissant d'autant plus.

- Si je te lâchais maintenant, tu tomberais par terre, se moque-t-il.

Je m'apprête à répliquer d'un ton acide que ce crétin dit encore des bêtises mais je réalise alors que je suis totalement appuyée contre lui et qu'en effet, s'il me lâche sans que je me redresse maintenant, je tomberais. Cela me fait soupirer d'agacement et le fait rire aux éclats.

- Ne fais pas semblant d'être furieuse, Menthe Etamora, glisse-t-il à mon oreille. Tu m'aimes beaucoup trop pour cela !

- N'importe quoi ! Non mais regardez-moi cet imbécile vantard et agaçant ! rétorque-je en roulant des yeux.

- L'imbécile vantard et agaçant que tu as devant les yeux te fais rire !

Sans que je m'y attende le moins du monde, James me saisit par la taille et me hisse sur ses épaules. Je me débats avec fougue et éclate de rire, ne pouvant m'empêcher de trouver cette situation grotesque très drôle. James me fait virevolter dans les airs, en riant comme un fou lui aussi. Puis il me dépose au sol, le souffle court et les joues rouges et je l'enlace timidement. Il me rend mon étreinte avec force et nous nous emmurons dans un silence apaisant.

Tout ce que m'a dit James me procure un drôle de pincement au coeur. Je repense au Jeu. A ce qu'il signifie. A ce "Je t'aime'' qui n'est en fait constitué que des mots vides de sens... Ou pas ? Est-ce de l'amour, cette source de chaleur qui m'envahit doucement lorsqu'il est près de moi ? Ou est-ce seulement du regret, celui de ne pas savoir aimer ? Car au fond, je ne suis pas mieux que lui...

- Tu sais quoi ?

Il penche la tête vers moi et caresse mon visage. Ses doigts effleurent à peine mes joues que je me sens rosir et qu'un frisson parcoure ma colonne vertébrale. Il rapproche lentement sa bouche de mes lèvres gercées et ferme les yeux tandis que notre proximité me fait soudainement réagir. Une sonnette d'alarme résonne dans mon esprit et je recule brusquement, manquant de tomber à la renverse, et détale sans un regard en arrière vers le château, les yeux brillants de larmes contenues.

Qu'est-ce que James Potter allait faire, exactement ?

*.*.*.*

- Le terrain de Quidditch ?

- Pourquoi pas ?

- Il fait froid et je...

- Professeur ! Ne vous défilez pas de la sorte, c'est horripilant !

Je fronce les sourcils dans une mimique agacée mais finis par éclater de rire devant son air boudeur et les fossettes qui creusent ses joues.  Il est posté en plein milieu de Pré-au-Lard, sur la place centrale, et j'essaie de le convaincre depuis une demi-heure de venir avec moi jouer au Quidditch.

- Dominique... Je ne suis pas sûr que le terrain soit libre, tente-t-il à nouveau en se mordillant la lèvre.

Ce geste me déconcentre quelque peu mais je reprends mes esprits, espérant qu'il ne se soit pas aperçu de mon trouble et du rouge qui a envahi mes joues à mon plus grand désespoir.

- Professeur... Pour mon discours ! Vous étiez fier de moi, non ? Vous me devez bien ça !

- Votre discours, répète-t-il en haussant les sourcils.

- Aux Trois-Balais. Sur l'espoir et tout ça...

- Hum. Et bien ?

- Et... Professeur ! S'il-vous-plaît ! Le terrain est libre, je le sais ! Venez avec moi !

- Pourquoi ?

- Parce que j'en ai terriblement envie...

Nous nous affrontons du regard en silence, et je passe une main hésitante dans mes cheveux de feu. Que va-t-il répondre ? Merlin... Faites qu'il accepte !

- Bon... C'est d'accord. Mais que je ne vous revoie plus traîner dans les couloirs de Poudlard après le couvre-feu, miss Weasley !

Je fais mine de réfléchir à son contrat et approuve avec véhémence, les yeux étincelants, tandis qu'il fourre ses mains dans les poches de sa cape.

- Alors...

Je m'approche de lui à pas furtifs et l'attrape par la manche et le tire vers moi.

- Vous venez ?

Son regard glisse sur mes lèvres. Je passe ma langue dessus, mesquine, et il secoue la tête, le regard perdu dans le vague avant de me suivre à petits pas. Je suis au moins fixée sur une chose... Je lui plais.

 

 *.*.*.*

 

- C'est fou ! Comment est-ce que vous pouvez être aussi maladroit sur un balai ?! Vous êtes censé être un ancien Auror !

J'éclate de rire face à l'expression indignée de mon professeur et lui envoie le souaffle à la figure, rayonnante.

- Dominique ! s'exclame-t-il, énervé en rattrapant la balle au dernier moment.

- Je sais comment je m'appelle, merci ! réponds-je en souriant gaiement. Vous êtes tout en beauté, aujourd'hui, monsieur !

- Cessez de vous moquer de... AAARGH !

J'avoue m'être bien amusée en risquant une feinte quelque peu compliquée qui nécessitait de l'adresse. J'adore les figures acrobatiques du Quidditch, mais visiblement, elles ne sont pas du goût de mon cher professeur...

- Vous allez bien ? Miss Weasley ?

- Mais oui, monsieur ! J'ai l'habitude, vous savez...

Un sourire crispé vient étirer ses lèvres et je ne peux m'empêcher de le trouver beau, même trempé par une averse qui nous a pris de court.

- On va se changer ? Cela fait une demi-heure que nous arpentons le terrain  de long en large... Et je ne vois toujours pas ce que vous trouvez de si bien au Quidditch !

Je descends en piquet vers le sol, sans répondre.

Après tout, sa question n'est pas stupide... Qu'est-ce que le Quidditch possède qui me fasse sentir si bien ? Ou alors est-ce juste la sensation de voler que j'aime plus que tout ? Le Quidditch est le sport qui a réuni le plus de sorciers au cours des siècles... Et le vol sur balai... C'est comme si j'étais libre, lorsque je m'élance comme une étoile filante dans le ciel, sans rien qui puisse me retenir à terre. Tout ce qui me fait peur, tout ce à quoi je n'ai pas envie de penser... Oublié. Oubliées les mauvaises sensations, ne restent que les meilleures. L'aventure et le frisson qu'elle procure. La conquête de la liberté.

Je retire pensivement ma chemise trempée et enfile un t-shirt aux couleurs de ma maison puis rejoins mon professeur dans les vestiaires des garçons.  Il est déjà prêt et réajuste sa cape, puis me prend la main d'un geste automatique.

J'aurais pu rester des heures ainsi si le bruit d'un déclencheur d'un appareil photo ne m'avait pas interpellée. Le professeur Forestman se tourne subitement vers moi, livide. Lui aussi l'a entendu.

On est dans de la bouse de dragon jusqu'au cou.

*.*.*.*

Je suis recroquevillée sur moi-même depuis une demi-heure. J'attends que Dominique rentre, elle n'est toujours pas revenue de Pré-au-Lard. J'ai besoin de lui parler, de lui dire ce qui s'est passé avec James. De lui dire que je me sens mal. Que j'ai envie de laisser tomber le Jeu car ça risque de faire plus de dégâts que ce que je pensais. Que je me sens stupide.

James... Il doit m'en vouloir terriblement. J'en ai mal au coeur. Mais je ne pouvais pas lui faire ça. Je ne pouvais pas répondre à son baiser car je n'ai pas de sentiments pour lui. Je ne sais pas... Notre conversation tourne en rond dans ma tête, je pleure.

Merlin... Je voudrais que tout redevienne comme avant... Que James me regarde avec hargne, les yeux brûlants de rage, qu'il me considère encore comme une fille sans intérêt. Qu'il m'oublie, moi et tout ce que je lui ai fait subir. Je voudrais disparaître et n'avoir jamais entendu cette histoire de prophétie débile. Je voudrais être encore une enfant à qui on lit une histoire avant qu'elle n'aille se coucher, à qui on susurre que tout ira bien, toujours. Même si c'est faux.

Surtout si c'est faux.

Mes pieds cognent contre le sol froid.

Une silhouette se dessine dans l'embrasure de la porte et mes frissonnements reprennent.

- Tout va bien, Menthe ?

Lou semble inquiète et se rapproche doucement de moi, en passant une main hésitante dans ses cheveux en bataille. Le bout de son nez est rosi par le froid et ses yeux brillent étrangement, comme si elle venait de pleurer. Elle s'assoit à côté de moi et me prend la main gentiment.

- Je... Je... Tu crois que j'ai des sentiments pour James ? demande-je à voix basse, en étouffant les sanglots qui font tressaillir ma voix.

- Oh... Tu pleures pour ça ?

- Il a essayé de m'embrasser. Enfin je crois. Et...

- Tu ne sais pas où tu en es ?

Je ne réponds rien, à quoi cela servirait-il de toute façon ?

- Ecoute, Menthe. La vie est faite de choix, de bons comme de mauvais et cela concerne aussi les relations qu'on lie avec les gens. Je ne peux pas te dire ce que tu ressens car il n'y a que toi pour le savoir, et si tu ne le sais pas maintenant, tu le sauras plus tard. Mais tu ne devrais pas douter de toi... Jamais. Il faut que tu apprennes à avoir confiance en ce que tu es si tu veux grandir et devenir plus forte. Il faut que tu aies confiance en toi pour comprendre ce que tu ressens.

J'hoche timidement la tête.

- Mais... Comment peux-t-on savoir si les choix que nous faisons sont les bons ?  J'ai peur de faire une bêtise... souffle-je.

Je remarque que l'expression de mon amie s'est assombrie avant qu'elle ne détourne vivement la tête et contemple le ciel nuageux à travers un vitrail imposant.

- Je n'ai pas toujours fait les bons choix et je ne ferais pas toujours les mauvais, déclare-t-elle à voix basse. Mais au fond, Menthe, nous sommes tous pareils. Et nous savons ce qu'il nous reste à faire, peu importe les conséquences, peu importe combien tu dois souffrir pour obtenir ce que tu souhaites. Parce que c'est écrit dans notre coeur. N'essaie pas de raisonner avec ta tête, écoute plutôt ce que te dictent tes sentiments. C'est aussi pour cela que je t'ai offert ce carnet. Pour que tu écrives ce que tu ressentes dedans. Pour que tu prennes les bonnes décisions.

Lou se lève et disparaît de mon champ de vision, me laissant seule avec mes pensées. Que faut-il que je fasse ?

Je connais déjà la réponse. Et j'en ai peur.

*.*.*.*

- Tu devrais reprendre du potage, dis-je à Dominique en l'observant manger une maigre quantité de soupe au potiron. D'habitude tu manges dix fois plus que ça, tu es malade ?

Dominique a le visage blême et les yeux sombres, cela ne lui ressemble pas. Elle n'est pas non plus extravagante comme elle peut souvent se montrer à l'heure des repas, et ne parle pas. Elle est trop calme, quelque chose ne va pas et ça se lit sur son visage. Elle semble crispée et ne cesse de jeter des regards affolés à nos voisins de table.

- Dom' ? Tu es malade ?

- Non... Non... Je vais bien. Juste... Je repense à cette histoire et ça me fait un peu peur...

- A la prophétie ? demande-je.

- Non... Enfin si ! Oui... Elle est inquiétante cette prophétie...

- Je ne sais pas pourquoi, je ne suis pas très convaincue par ce que tu viens de dire, marmonne-je, mécontente. Tu vas me dire la vérité ?

- Pourquoi James mange tout seul, exilé à la table des Poufsouffle ? rétorque Dominique du tac au tac en dévisageant son cousin.

- Il ne mange pas tout seul, réplique-je, de mauvaise foie. Il est en compagnie de cette blondasse écervelée qui s'appelle Suzy Flincktown.

- Menthe... Que s'est-il passé avec James exactement ? demande Dominique, suspicieuse.

- Rien du tout.

- C'est peut-être ça le problème.

- Dom' !

- Bah quoi ? J'ai dit la vérité, non ?

Je grogne et enfourne une cuillère entière de soupe dans ma bouche en ignorant le sourire mesquin de ma meilleure amie. Faudra bien que je lui fasse cracher le morceau un jour ou l'autre mais là, je pense être dans une position défavorable...

- Menthe...

- Oui ? réponds-je en prenant mon ton le plus innocent.

- James est en train de fourrer sa langue dans la bouche de Flincktown...

- QUOI ?! explose-je en recrachant toute ma soupe dans mon assiette sous le regard dégoûté de la table de Gryffondor.

Je me retourne d'un mouvement brusque et cherche James du regard, qui est sagement assis en face de Flincktown et mange tranquillement sa purée de pois cassés. Furieuse, je tourne la tête vers Dominique qui manque de s'étouffer tellement elle rit.

- T'es stupide, fais-je en boudant.

- T'aurais vu ta tête ! ricane mon amie en se tenant les côtes, t'étais hilarante !

Je m'apprête à répliquer lorsque Louis Weasley débarque à la vitesse d'une tornade à mes cotés et m'empoigne le bras, affolé.

- Qu'est-ce qu'il y a, Louis ?! demande Dom' en fixant son frère, inquiète.

- Albus te cherche ! Il vous cherche toutes les deux, il dit que c'est très important, qu'il vient de se souvenir de quelque chose !

Dominique et moi nous levons d'un bond, aux aguets.

- Où est-il ?! demande-je.

- En haut de la Tour d'Astronomie ! Il veut que vous fassiez vite ! Je vous rejoins là-bas, je vais chercher James.

Sans plus attendre un instant, Dominique et moi nous précipitons en direction de la Tour d'Astronomie.

Je sens les battements de mon coeur résonner dans tout mon corps, tambouriner dans ma tête. Lorsque Dom' et moi arrivons au dernier palier, nous sommes complètement essoufflées. je fixe avec horreur la dernière volée de marches qu'il nous reste à franchir et vois soudainement Albus débouler et tomber la tête la première. Sa chute me semble durer des heures, les cris de Dominique résonnent dans ma tête et je réalise qu'elle essaie de le rattraper, aidée de Lou qui pleure de terreur. Lorsqu'enfin Albus arrête de rouler, une flaque de sang décore les escaliers et son corps gît, inerte dans la cage d'escalier.

Je n'ai pas bougé.

Chapitre 20 by Roxane-James
Author's Notes:

Hello !

Désolée du retard (encore !) j'ai des examens qui pleuvent en ce moment et un concours sur le feu mais il vient de se terminer, j'aurais ainsi plus de temps à consacrer pour cette fanfiction ;)

Merci à vous pour les reviews, je n'en ai jamais eu autant et je tenais à vous remercier car sans vous, je n'aurais jamais été aussi loin dans l'écriture d'une fanfiction <3 alors MERCI. Merci à ceux qui me lisent, à ceux qui me laissent leur avis, à ceux qui sont toujours là et à ceux qui débarqueront un jour sur cette histoire qui, je l'espère, leur plaira :

kikou14789, AnthusPratensisLouWeasleyKiara CoperFloriieAmellecrivaineTagada9, Diesel, Lily-chanAzyaxEnireves Lechemin et Sleipnir !

D'ailleurs Sleipnir m'a fait remarquer une incohérence dans les dates de vie-mort de Julian Gellamos (hoooonte à moi) ^^' j'avoue, je n'avais jamais remarqué du coup... ARGH ! je ne sais pas ce que je vais faire mais étant donné que si je modifiais, y'aurait encore pleeeein d'incohérences de ce type (BIEN SUR QUE SI, J'AIME LES MATHS ET JE SAIS CALCULER ... ENFIN... PRESQUE !) je vais rien modifier... Pour l'instant ! Je compte bien retravailler cette fic' une fois terminée pour la réaranger ;)

Bref.

Plein de bisous à vouuuus, MAIS FRANCHEMENT Y'A PAS UN MOT PLUS FORT QUE MERCI POUR VOUS DIRE QUE JE VOUS AIME ?

Roxy *.*

Chapitre 20

Lily sort de la chambre d'hôpital d'Albus en haussant les épaules, les yeux dans le vague, ses cheveux courts et roux entortillés dans un chignon flou et les traits tirés. Elle semble plus pâle qu'à l'accoutumée et a les yeux cernés. Je devine sans peine que la cadette de la fratrie Potter n'a pas dormi cette nuit.

Le transfert d'Albus à St Mangouste a été rapide. Je ne me souviens pas de l'enchaînement des évènements, j'ai l'impression d'avoir le cerveau emprisonné dans un épouvantable étau.

Je me souviens vaguement que la directrice de Poudlard nous a fait immédiatement transplanner à St Mangouste à l'aide de guérisseurs expérimentés et de l'arrivée de la famille Potter-Weasley en pleurs. On nous a entassés dans une salle d'attente au crépit flambant neuf et nous sommes tous restés assis sur des fauteuils branlants. Pendant que les Guérisseurs s'occupaient d'Albus, Dominique et Lou essayaient tant bien que mal de relater l'accident de celui-ci dans un silence horrifié tandis que je restais pétrifiée dans mon coin, me balançant maladroitement sur ma chaise. James était recroquevillé sur le fauteuil voisin, l'air défait, et enlaçait fermement Lily sous les yeux préoccupés de leurs parents. Le temps m'a semblé défiler à une vitesse incroyablement lente. A chaque fois que je relevais les yeux vers l'imposante horloge en bois située à l'extrémité de la pièce, les aiguilles me paraissaient figées. Lorsqu'enfin une des infirmières est arrivée, nous nous sommes tous levés d'un bond et nous sommes précipités vers elle afin d'obtenir des informations.

Albus va vivre, il aura des séquelles de son accident mais il va vivre. C'est un soulagement, une délivrance. Une lueur d'espoir dans un monde qui me paraît noir.

Bientôt, les embrassades et les larmes de joie fusent, je me sens à l'écart, figée dans ces effusions collectives de personnes que je ne connais pas assez pour embrasser. Et je me tourne vers Lou et Scorpius. Scorpius qui est venu en courant au chevet de son meilleur ami dès qu'il a su ce qui c'était passé. Lou qui a tenté de sauver celui qu'elle aime. Ceux qu'on appelle le ''Nouveau Trio D'Or''.  Et eux, parfaitement à leurs places, ils sourient et embrassent.

J'ai besoin de souffler.

*.*.*.*

Personne dans la salle d'attente ne s'est aperçu de ma fuite. Je me suis évadée comme une voleuse, mes pas me menant dans St Mangouste à l'improviste, les yeux rivés sur mes chaussures qui ne cessent de produire un horripilant couinement.

Je me sens embrouillée, perdue dans mes pensées, et fatiguée. J'ai besoin de dormir afin de réfléchir à tête reposée aux incidents passés.

Je me mets à la recherche d'un endroit à l'écart où je serais tranquille et découvre un minuscule recoin au troisième étage - Empoisonnement par potions et plantes - où une banquette molletonnée à l'aspect confortable me fait de l'œil. Harassée, je décide de m'allonger et ferme les yeux.

Je me sens doucement glisser dans le pays des songes où Albus est présent et me tient la main, me murmurant qu'il va bien mais qu'il doit absolument me révéler quelque chose. Que nous en avons déjà parlé. Qu'il faut simplement que je réfléchisse. "Juste un petit effort, me presse-t-il, cela sera bientôt terminé !". Et bientôt, un autre visage m'obstrue l'esprit. Les lèvres de l'inconnu s'étirent en un tendre sourire et des mèches brunes retombent avec grâce le long de son visage aux contours flous et il se penche vers moi et me caresse la nuque. "Ce sont nos choix qui font de nous ce que nous sommes, me glisse-t-il à l'oreille. J'ai choisi, à ton tour...".

*.*.*.*

Lorsque j'ouvre les yeux, je découvre avec perplexité qu'une couverture en laine me protège entièrement et que quelqu'un s'est endormi sur moi, formant autour de moi un halo de chaleur. Hésitante, je finis par relever délicatement la tête, de peur de déranger mon ange gardien et m'aperçois, hébétée, que James est complètement avachi à mes côtés. Ses yeux fermés et son souffle lent et régulier viennent me confirmer qu'il dort et je me surprends à sourire.

Je ne sais pas exactement ce que nous sommes, James et moi. Ou plutôt, je ne sais pas qu'en penser. Avant, tout était bien plus simple, j'éprouvais pour lui une animosité  si profonde que je n'avais aucun mal à le détester ou à le voir comme le pire des imbéciles. Ce qu'il peut être parfois. Maintenant, quand je le vois dormir comme un enfant, un petit sourire au creux des lèvres et ses cheveux bruns en bataille, il ne me semble pas si terrible que ça.

Il me semble même qu'il est bien plus qu'un simple garçon que j'ai appris à connaitre au cours de ces dernières semaines. Bien plus qu'un simple garçon qui a tenté de m'embrasser il y a peu de temps. Bien plus qu'un simple garçon aux allures de bad boy et aux répliques acides.

Il est James, tout simplement. Et c'est James que j'apprécie, avec qui je prends plaisir à parler ou à me chamailler gentiment, sans engueulades stupides dont nous avons le secret. Même si je lui ai déjà dit, cela sonne mieux maintenant, à cet instant présent, dans ma tête. C'est clair et chantant comme le cri d'un oiseau.

Dominique appellerait cela ''la petite voix du coeur ''.

Je dirais plutôt que je me sens devenir folle et que cette fameuse petite voix est celle qui me crie que je suis stupide, mais au fond, je sais ce qu'il en est.

*.*.*.*

- Tu es réveillé depuis longtemps ?

James passe une main dans ses cheveux en bataille et se redresse en s'étirant comme un chat. D'immenses cernes soulignent son regard chocolat et ses lèvres s'entrouvrent sur un bâillement sonore disgracieux.

- A ton avis ? Je viens juste d'ouvrir les yeux, me répond-t-il dans un grognement.

J'hausse les épaules, gênée par le silence ambiant. J'ai l'impression de jouer au yoyo lorsque je suis avec James. Mes émotions et mes réactions me semblent incontrôlées et incontrôlables. Merlin seul sait combien je déteste perdre le contrôle de moi-même alors je ne peux que dire que cette situation m'est très inconfortable.

- Ecoute, Albus voulait nous dire un truc quand il était dans la Tour d'Astronomie. Je pense que ça a un rapport avec l'enquête. Malheureusement, les Guérisseurs m'ont expliqué qu'une partie de sa mémoire à court terme serait endommagée donc il y a très peu de chance pour qu'il ait conservé des souvenirs de ce qu'il avait découvert.

J'acquiesce, horrifiée.

- Alors qu'est-ce qu'on va faire ? demande-je d'une petite voix.

- On va... commence Potter mais rapidement interrompu par une voix que je ne connais que trop bien.

- Vous n'allez rien faire du tout. En tous cas, pas sans moi.

Dominique est appuyée contre le mur qui nous fait face, un pâle sourire aux lèvres et nous l'accueillons avec un plaisir non feint.

- Alors c'est ici que vous avez dormi ? Vous auriez du rester avec nous, les Guérisseurs nous ont attribué une chambre spéciale pour l'occasion... Je me demande si c'est nos noms de famille qui ont joué en notre faveur ou le fait qu'Albus les inquiète vraiment...

C'est du Dom' tout craché. Elle a même ce petit regard moqueur qui fait étinceler ses yeux bleus. Le même regard que celui de James. Celui qui m'agace terriblement et me donne envie de sourire à la fois.

- Scorp' et Lou sont restés avec Albus ? demande James en serrant sa cousine dans ses bras le temps d'un battement de cil.

- Oui, répond Dominique en me jetant un regard en coin. Alors, c'est quoi le plan ?

*.*.*.*

- Tu es sûre qu'elle est ici ? chuchote-je encore une fois à l'oreille de Dominique, anxieuse.

- Où voudrais-tu qu'elle soit ? marmonne Dominique en me décochant une œillade agacée. Je te signale que je me suis renseignée auprès de l'infirmière il y a à peine dix minutes ! Tu n'aurais tout de même pas oublié entretemps ?!

J'esquisse un sourire d'excuse et m'avance à pas menus vers la porte que nous observons avec attention depuis près d'une heure sans que personne ne s'en aperçoive.

- Vous êtes certaines que c'est la bonne solution ? s'inquiète Potter en plissant les yeux d'un air inquiet.

J'hausse les épaules, douteuse, mais ne réponds rien. Après tout, c'est mon idée.

Mon regard accroche une nouvelle fois l'étiquette qui orne l'entrée et porte l'inscription ''Jane Fontiny, violent traumatisme psychologique, soins à durée indéterminée'' avant de tourner la poignée en frissonnant.

La porte s'ouvre comme dans un rêve puis nous nous glissons tous les trois en silence dans la pièce dont les murs d'une éclatant blancheur me font mal aux yeux. James prend soin de refermer à clef derrière nous tandis que je découvre avec perplexité que la chambre est vide. Un lit aux draps immaculés, un cactus étrange posé sur une minuscule table de chevet et quelques livres éparpillés sur le rebord de la fenêtre en angle. Jane n'est tout simplement pas là.

- Elle est peut-être partie se balader ou alors elle a des examens médicaux, suppose Dominique en se trémoussant d'un air gêné.

J'ai l'impression que l'air de la pièce est saturé d'une ambiance malsaine qui me met extrêmement mal à l'aise et à la vue de l'attitude de Dominique et de Potter, je ne suis pas la seule à ressentir cela.

Le silence est plus bruyant qu'aucun son ne saurait l'être. J'ai l'impression d'avoir mis du coton dans mes oreilles et qu'un filet d'eau glacial descend le long de ma colonne vertébrale, provoquant un sentiment de terreur qui a pour effet de m'immobiliser.

- Je ne me sens pas bien, souffle Dominique en se laissant tomber au sol.

Ma meilleure amie me dévisage d'un air horrifié et promène son regard dans la pièce.

- J'ai l'impression qu'il s'est passé quelque chose ici, affirme James en écarquillant les yeux.

Ce n'est pas qu'une impression. C'est trop calme, trop en ordre. Trop propre. Seuls les livres de Jane ne semblent pas obéir à cette organisation carrée qui ne lui ressemble pas, je la connais vaguement mais je sais qu'elle est plutôt désordonnée. Et c'est ce qui me met la puce à l'oreille. Je me précipite vers les ouvrages ouverts et empilés et les examine avec attention sous les regards intrigués de Dominique et de James. Il y en a quatre, précisément. Le premier est un manuel traitant de l'histoire du monde de la Magie, écrit par un certain Ryan Albertus. Un marque-page indique précisément les passages du livre qui intéressaient Jane Fontiny. Je remarque qu'elle a entouré un paragraphe en particulier :

"Les prophéties et les sortilèges de grande envergure sont souvent rattachés à un lieu très particulier. La plupart des prophéties ont été éditées dans des salles secrètes, cachées dans des ''puits de magie pure'' . On pourra également remarquer que ces fameux puits sont considérés bien souvent comme de vieilles légendes infondées mais qu'ils existent réellement."

 Le deuxième livre est le manuel bien connu de l'Histoire de la Magie, écrit par Bathilda Tourdesac et ouvert à la page qui traite de Poudlard et de la magie ancestrale qui l'habite. Le troisième ouvrage est plus petit et contient de précieuses informations sur les potions de grands pouvoirs mais il ne semble pas avoir intéressé Jane plus que cela car elle l'a mis de côté sans laisser la moindre trace de son passage sur les pages parcheminées. Le dernier volume poussiéreux n'est pas ouvert. Après un court moment d'hésitation ponctué par le souffle de James qui s'est rapproché de moi en observant mes manigances, je décide de l'ouvrir et découvre avec étonnement que les pages sont vierges. Je feuillette rapidement le livre, le retourne, examine sa couverture mais rien n'y fait. Pas un mot ne transparaît sur ce livre. Pour m'assurer qu'il ne s'agit pas d'un vulgaire sort de protection, je dégaine ma baguette magique et tente divers maléfices qui ne changent rien à l'allure du grimoire.

- Menthe, fait Dominique d'une petite voix, j'entends des pas derrière la porte, je pense qu'il y a quelqu'un qui essaie de rentrer...

- Attends encore un peu, souffle-je, en m'acharnant sur le livre. Je suis sûre qu'il y a quelque chose d'important en rapport avec tout ces bouquins poussiéreux ! James, fais-en une copie, vite !

Pendant que James s'exécute dans l'affolement du moment et que Dominique peste pour tenter de me faire lâcher mon livre, je m'échine à essayer de soutirer une quelquoncque information aux pages blanches qui me font face. Alors que la porte s'entrouvre dans un grincement sonore me gelant le sang, un minuscule bout de parchemin se glisse entre mes doigts tendus et je le fourre en vitesse dans ma poche.

- Qu'est-ce que vous faites ici ? demande une infirmière au chignon roux sévère en nous dévisageant suspicieusement.

- Nous... Nous... bégaie Dominique en blêmissant.

- Nous étions venus visiter notre amie Jane Fontiny, explique James d'une voix posée en glissant sa main sur ma taille.

- Oh. Jane... n'est pas là pour le moment, dit l'infirmière en s'adoucissant soudainement.

- Où est-elle ? demande-je, méfiante.

La sorcière met quelques secondes à répondre à ma question, les yeux baissés sur le sol.

- C'est bien ça le problème, nous ne le savons pas.

End Notes:

Voilà ^^

A bientôt !

ENCORE MERCI <3

Chapitre 21 by Roxane-James
Author's Notes:

Merci encore pour vos reviews et désolée pour le retard ;)

Merci à Floriie, Lyssa7, AnthusPrasentis, Kiara Coper, Tagada9, Diesel, LouWeasley, kikou14189, et Azyax ;)

Je vous laisse découvrir le nouveau chapitre. J'espère qu'il vous plaira, pour ma part, je ne suis pas du tout convaincue

Roxane-James ^^

Chapitre 21

Où est Jane Fontiny ? Dans quel monde est-ce que je vis ? Pourquoi les secrets et les mystères continuent de s'accumuler autour de moi sans que je ne puisse rien faire ? J'ai l'impression de nager dans du brouillard, plus perdue que jamais dans ces démêlés d'enquête qui n'en finissent pas de s'assombrir.

- Vous n'avez pas la moindre petite idée de ce qui a pu arriver à Jane ? demande Dominique en lançant un regard perplexe à l'infirmière qui nous fait face.

- Elle ne se confiait pas beaucoup à moi, répond-t-elle en haussant les épaules d'un air désabusé. Elle lisait toute la journée et personne n'osait la déranger parce qu'elle était en convalescence. Pour le meurtre de sa sœur qui l'a choquée. Mais vous devez sûrement être au courant, vous êtes des amis de Jane, n'est-ce pas ?

- Tout à fait, articule James en pâlissant légèrement. Et... Est-ce que Jane a disparu depuis longtemps ?

- Depuis hier soir. J'étais de service à vingt heures pour lui apporter quelques vêtements après sa toilette et lorsque j'ai essayé de pénétrer dans sa chambre, la porte était fermée. J'ai toqué pendant dix minutes comme une folle avant qu'elle ne m'ouvre. Elle était habillée de pied en cape et coiffée avec distinction, je ne l'avais jamais vue aussi apprêtée. D'habitude, elle rechigne à se vêtir et reste toute la journée en pyjama. Je lui ai dit qu'il était l'heure d'aller se coucher et elle a longtemps protesté avant que je ne l'assomme légèrement à l'aide de ma baguette. Je l'ai mise en pyjama et étendue sur son lit. Je ne suis pas restée longtemps auprès d'elle, juste le temps de vérifier son pouls et de ranger un peu sa chambre selon les ordres de ma dirigeante. Elle parlait dans son sommeil lorsque je suis partie.

- Vous avez entendu quelque chose de spécial ? demande-je, les yeux brillants.

- Elle parlait d'un rêve étrange entre deux jeunes gens. Une histoire d'aromate et de garçon au nom de grand sorcier barbu. Je n'ai pas tout compris, elle délirait certainement.

- Etamora ! s'exclame soudainement Potter en me dévisageant, une lueur de triomphe luisant dans ses prunelles chocolatées.

- Pardon ?

- Ton nom de famille à l'envers ! C'est ''aromate'' ! Elle parlait de toi dans son rêve !

J'écarquille les yeux, sous le choc. J'ai fait un étrange rêve tout à l'heure où Albus Potter était présent et tentait de me signaler quelque chose, se pourrait-il que...

- Pas Albus Dumbledore ! m'écrie-je, sous le regard perdu de l'infirmière. Albus Potter ! J'ai fait un rêve où Al' essayait de me dire quelque chose... Peut-être que ça a un rapport avec les divagations de Jane Fontiny ?!

- Heu... Pardonnez-moi de vous interrompre, fait l'infirmière en roulant des yeux tandis que James et Dominique  ouvrent la bouche, ébahis, mais je n'ai pas fini mon récit !

- Continuez, je vous prie, fais-je en adoptant une attitude réservée.

- Bien. Je suis revenue vers vingt-deux heures pour effectuer ma ronde de nuit et c'est à ce moment-là que j'ai remarqué que la porte de sa chambre était entrebâillée. Je suis rentrée parce que j'avais un mauvais pressentiment et j'ai allumé les bougies. Le lit était vide, le pyjama était étalé sur le sol et ses livres traînaient en pagaille sur le rebord de la fenêtre. Ce qui m'a marquée, c'était qu'il y avait une minuscule feuille de menthe sur son oreiller. J'ai aussitôt prévenu le Guérisseur en chef de l'étage mais pour l'instant les parents ne sont pas informés de sa disparition...

- Et vous ne l'avez pas cherchée ?! s'exclame Dominique, outrée.

- Bien sûr que si ! Mais elle n'était pas dans l'hôpital, personne ne l'y a vue et pourtant des Médicomages surveillent le secteur ainsi que des Magivigiles ! C'est incompréhensible...

- Menthe... Elle a déposé une feuille de menthe sur son oreiller, me fait remarquer Dominique en roulant des yeux.

- Vous vous appelez Menthe Etamora ? s'enquiert poliment l'infirmière en me souriant gentiment. J'ai fait un stage d'été chez votre maman, elle m'enseignait les rudiments de la botanique afin que j'obtienne plus facilement mon poste d'infirmière ici !

- Formidable ! ironise James en levant les yeux au ciel. En attendant, j'ai pas l'impression que vous serviez à grand-chose ici, alors nous on va...

- S'en aller ! complète Dominique en me poussant vers la sortie.

Sans que je ne sache pourquoi, nous nous mettons à courir dans les couloirs, esquivant avec habilité les patients ou les Médicomages arpentant l'hôpital.

- Où est-ce qu'on va ? demande-je à Dominique, essoufflée.

  - Ici ! répond Dominique en nous poussant James et moi dans un recoin à l'abri des regards. Menthe, je ne pense pas que ce soit un hasard qu'elle ait laissé une feuille de la plante qui porte ton nom sur son oreiller ou que tu aies fait un rêve incluant Albus cette nuit. Elle pense que tu peux l'aider !

- L'aider à quoi ?!

- L'aider à retrouver la personne qui a assassiné sa sœur, enfin ! Qui est à Serdaigle ici ?!

- Mais... Comment pouvait-elle savoir que j'étais dans cet hôpital ? Ou même que je peux l'aider ?

- Nous sommes arrivés hier soir, elle s'est sûrement aperçue de notre présence lorsqu'elle est sortie de sa chambre ou alors elle a entendu les soignants discuter de l'attroupement Potter-Weasley entre eux. Elle n'est pas stupide, elle sait que tu restes avec James et moi et qu'Albus est proche de toi. De plus, tu connaissais sa sœur, Mélica, et tu l'appréciais !

C'est à ce moment-là que je comprends. Les livres qui traitaient de sujets étranges... Ils étaient pour moi, et ce petit bout de parchemin...

- Dom' ! Tout à l'heure, dans la chambre... Tu m'as dit d'accélérer! Tu m'as dit ''Menthe, dépêches-toi" !

- Oui...

- Tu as prononcé mon prénom !

- On avait compris ! ricane James.

- Vous ne comprenez pas ! Un morceau de parchemin est tombé du livre aux pages vierges !

Je le tends devant eux, surexcitée, m'attirant leurs regards intrigués. Je le déplie hâtivement et découvre une jolie écriture penchée.

 14 Mysterious Road, Londres.

Hébétée, je manque de tomber à la renverse. J'ai déjà vu cette adresse quelque part...

*.*.*

- C'est dangereux, Menthe, siffle James entre ses dents. Si Elouna Gellamos est là-bas, tu risques ta vie.

- Je ne t'ai pas demandé de m'accompagner, rétorque-je, hargneuse. Ecoute-moi bien, Potter, Jane Fontiny va peut-être finir en charpie dans quelques minutes, il est encore temps de la sauver !

- Et c'est pour ça que tu vas te précipiter là-bas comme une folle, sans réfléchir aux conséquences que pourraient avoir tes actes...

- Dominique est d'accord avec moi ! On ne peut pas laisser passer cela !

- Tu ne sais pas ce que tu fais ! Tu agis de façon inconsidérée !

- Je m'en contrefiche ! J'irais là-bas que tu le veuilles ou non !

- Et moi, je t'en empêcherais si jamais tu n'entends pas raison maintenant !

Nous nous affrontons du regard, persuadés d'avoir raison l'un et l'autre.

- Tu te souviens de notre accord, Potter ? Quand j'ai gagné mon combat en haut de la Tour d'Astronomie ? Je veux utiliser ta faveur maintenant.

Un silence glacial s'installe entre nous deux avant que je ne reprenne la parole d'un ton qui ne laisse pas de place à un refus.

- Je veux que tu me laisses y aller.

James hoquette, horrifié, cependant, il n'a d'autre choix que d'accepter, blêmissant.

- Alors je viendrais avec toi et Dominique !

- Pas question ! Tu dois rester aux côtés de ton frère, réplique-je, autoritaire.

 Sans que je ne m'y attende, James me prend par la taille et se penche vers moi, les yeux brûlants, avant de m'embrasser doucement sur la bouche, caressant mon visage en même temps et enfouissant ses doigts dans mes cheveux emmêlés. D'abord surprise, je ne réagis pas puis je me détends au contact de ses lèvres chaudes contre les miennes et réponds à son baiser avec hardiesse, hors d'haleine mais enivrée par les sensations qu'il me procure. Ses mains descendent sur ma taille et m'agrippent les hanches, me collant contre lui et je passe une main hésitante dans ses cheveux bruns, me délectant des frissons qui parcourent mon corps et font tressaillir mon coeur. Dans les bras de James,  j'oublie alors que le temps continue d'avancer, que les minutes s'écoulent et que le monde dans lequel j'évolue est en danger. J'oublie cette prophétie inquiétante et ces meurtres angoissants, les soucis et les cris, je vis. C'est comme une renaissance, ces papillons qui fleurissent dans mon coeur et s'envolent au rythme des caresses de James et de ses baisers délicats. Et soudain, le charme est rompu, Dominique est revenue, nos lèvres se décollent, nos regards s'évitent et nos mains échangent une dernière fois une brève étreinte agréable.

- Hum... Heu, ça va ? Je ne vous dérange pas trop, j'espère ? ricane Dominique en affichant un sourire narquois. Vous me dites si je vous gêne... Non pas qu'on a quelqu'un a aller sauver mais un peu quand même...

Je laisse échapper un rire nerveux avant de m'éloigner davantage de James.

- Alors... Tu as trouvé un moyen de te rendre à cette adresse sans sortir de l'hôpital ?

- Oh oui... Les Magivigiles ne vont même pas s'en rendre compte...

Dominique agite une petite boîte devant mon nez, l'air satisfait.

- Ne nous fais pas languir plus longtemps, Dom' ! la supplie James en affichant une grimace.

- Tu viens avec nous, toi ? s'enquiert Dominique d'un ton sarcastique.

- Il faut bien quelqu'un pour veiller sur des écervelées de votre genre, réplique James, hautain.

- La boîte ! Qu'y-a-t-il dedans ? demande-je, curieuse.

- De la poudre d'obscurité instantanée, répond Dominique en esquissant un sourire mesquin. On va s'infiltrer dans le bureau d'un Guérisseur en Chef de St Mangouste et utiliser sa cheminée pour disparaître...

- C'est un plan complètement fou, murmure-je.

- Le monde est complètement fou.

*.*.*

- Referme la porte et viens ici ! articule silencieusement Dominique à mon égard, en se postant près d'une cheminée en marbre noir.

James tend un petit flacon contenant de la poudre de Cheminette à Dominique tandis que je m'exécute et nous nous dévisageons tous les trois en silence avant que Dom' ne dépose dans ma main une petite poignée de poudre.

- Nous n'avons pas beaucoup de temps, m'informe Dominique. Avec tout le remue-ménage que nous avons créé, je dirais qu'il nous reste cinq minutes pour disparaître. On se retrouve là-bas et ne bouge surtout pas du lieu de rendez-vous !

J'acquiesce en entrant dans la cheminée et lance un sonore "14 Mysterious Road à Londres" tout en faisant attention à ma position de démarrage. Passés les chocs des bousculades, je me retrouve face contre terre dans une impasse obscure de Londres où la cheminée est dissimulée dans un renfoncement. Je me redresse et époussette vaguement ma robe, prêtant peu d'attention à la suie qui macule mes vêtements et décore mes joues.

A ma droite, je distingue une pancarte abîmée portant le nom de la rue dans laquelle j'ai atterri. Mysterious Road porte bien son nom, les dizaines de portes qui s'alignent sont toutes d'une drôle de couleur aubergine et les maisons sont en vieilles briques devenues grises à cause de la saleté. Les pavés irréguliers et grossièrement taillés m'inspirent une angoisse sourde grandissante dans le bas de mon ventre. Une sensation totalement différente de ce que j'ai pu ressentir avec James tout à l'heure...

Mes yeux cherchent naturellement le numéro 10 et je me retrouve à fixer une grande bâtisse à l'allure repoussante et suintante d'humidité aux fenêtres si sales qu'il m'est impossible de distinguer autre chose que de la poussière.

On dirait une maison inhabitée et abandonnée. Personne n'aurait jamais eu l'idée d'aller dedans de son plein grés...

Un bruit de pas me fait me crisper et je me retourne vivement pour découvrir James et Dominique, à quatre pattes sur le sol, les yeux larmoyants.

- Ce crétin m'est rentré dedans ! persiffle Dominique en lançant un regard enragé à James.

- Les Guérisseurs arrivaient, il fallait bien que je leur échappe ! se défend le Gryffondor en fusillant sa cousine du regard.

- Alors, c'est où le numéro dix, Menthe ?

    Je réponds en désignant la maison du doigt, déglutissant difficilement.

- Charmant, commente Dominique. J'en ferais bien ma maison de vacances... On entre ?

Je sens James mêler ses doigts aux miens et j'inspire un brand coup. Il est temps d'être courageuse.

End Notes:

Merci encore de me lire ;)

Plein de bisous et à bientôt !

Chapitre 22 by Roxane-James
Author's Notes:
Hello !

Désolée du retard accumulé, j'ai énormément de choses à faire en ce moment du coup je suis irrégulière dans ma publication - et j'ai également accumulé beaucoup de retard dans mes lectures de fanfic... D'ailleurs ! est-ce que vous en avez à me recommander ? J'aimerais découvrir de nouvelles choses et je prends de tout, je lis de tout ^^ donc parlez-moi de ce que vous aimez lire, des auteurs qui vous plaisent (ça peut être en fanfiction comme en lecture en-dehors d'HP) et voilà ^^ - et AUSSI.

JE TIENS A VOUS REMERCIER. PARCE QUE SANS VOUS JE N'AURAIS JAMAIS DÉCIDE DE FINIR CETTE FANFICTION UN JOUR (non, ceci n'est pas le chapitre de fin, il en reste 10 à partir de maintenant) SI VOUS N’ÉTIEZ PAS LA. MERCIIII LES LECTEURS, LES NOUVEAUX COMME LES ANCIENS, MERCI A CEUX QUI ME LAISSENT UN AVIS (14 reviews pour le dernier chapitre O0 Vous êtes malades mais je vous love à fond XD et promis j'y réponds bientôt !! - demain en fait -) ET CEUX QUI ME LISENT ET QUI CÔTOIENT MES PERSONNAGES :) Plein d'amour sur vos têtes :)

Donc, merci à : Azyax, Floriie, Anth', Tagada9, Kiara Coper, Lyssa7, Diesel, Amellecrivaine, roberts, kikou', hpfanfic22, Ordos, LlianaPotter et Lou ;)

Rhaaaa... Plein de bisous et à bientôt !!

Rox'

PS : Vous savez quoi ? C'est les vacances bientôt... VACANCES = PLEIN DE TEMPS POUR ÉCRIRE DONC RENDEZ-VOUS LE WEEK-END PROCHAIN POUR UN NOUVEAU CHAPITRE ;)

Chapitre 22

La maison semble être l'un de ces lieux lugubres inhabités depuis des dizaines d'années et lorsque nous pénétrons dedans, Dominique, James et moi, j'entends avec horreur le parquet grincer sous nos pas. La porte claque après notre passage, provoquant un frisson général et je manque de tomber à la renverse, retenue par James. Dominique s'avance dans la pénombre, armée de sa baguette qui projette un faible faisceau lumineux et je m'apprête à la rejoindre lorsque je sens les lèvres de James se déposer avec autant de légèreté qu'un papillon sur mon cou. Un frisson étrange parcourt mon corps, provoquant en moi des bouffées de chaleur et je brûle d'envie de lui rendre sa caresse, mais je n'ose pas, gênée par les pensées qui virevoltent dans ma tête et par les sensations que la présence James me procurent. Cette tension palpable entre nous deux qui régnait depuis des années n'était pas due au fait que le garçon m'insupportait - même si James Potter peut être un parfait imbécile parfois -  mais bien à cette proximité que nous avons. Nous l'avons toujours eue, en fait. Aussi loin que je me souvienne la proximité de James m'était insupportable car le moindre contact que j'entretenais avec lui électrisait mon corps. Même si je sais ne pas avoir imaginé non plus ces vibrations de colère qu'il pouvait déclencher en moi fréquemment.

Je secoue la tête, agacée de me laisser aller à des pensées si frivoles alors que l'air est saturé par le goût et l'odeur du danger et exerce une légère pression sur la main du Gryffondor pour lui témoigner ma tendresse.

Mon regard bleu erre dans l'obscurité, mes oreilles guettent le moindre son suspect et mes muscles se tendent. La pièce dans laquelle nous nous trouvons est grande. Quelques parchemins manuscrits illisibles jonchent le sol recouvert de poussière, les carreaux en verre des fenêtres sont cassés, des lattes de parquet abîmé manquent au sol et les rideaux autrefois d'une jolie couleur pourpre sont rongés par des Doxys.

- Il y a une porte au fond à droite, m'indique Dominique en m'adressant un regard nerveux.

- Pourquoi n'y a-t-il aucun meuble ? demande James d'une voix rauque en raffermissant sa prise sur sa baguette magique. Nous sommes dans une ancienne maison, il devrait y avoir des meubles...

Il a raison. L'endroit n'est pas meublé et cela achève de me déstabiliser. Ma détermination à découvrir la vérité semble s'être envolée avec le peu de courage que je possède. Dominique pousse la porte en question sans répondre et s'enfonce dans l'ombre. Je me précipite à sa suite en compagnie de James. Je ne voudrais pas qu'il arrive malheur à ma meilleure amie.

La salle dans laquelle nous venons de pénétrer est si vaste que je n'en distingue pas le fond, perdu dans l'obscurité. Le parquet grince de plus belle sous nos pieds et de lourds rideaux poussiéreux sont suspendus au dessus de nous et viennent s'échouer sur le sol formant des plis compliqués qui rappellent ceux des tuniques que portaient certaines sorcières durant l'Antiquité. Plus loin, beaucoup plus loin, se dessinent les ombres de centaines de fauteuil en velours rouge organisés autour d'une allée centrale imposante. Mes yeux glissent sur le sol, une mèche de mes cheveux retombe devant eux et je m'aperçois que James, Dominique et moi sommes sur une spacieuse estrade.

- Un théâtre, souffle Dominique en regardant la scène avec intérêt. Un immense théâtre.

Je me sens oppressée par cette pièce si immense qu'on ne peut distinguer les murs et le plafond qui la surplombe et cet air chargé de mystères et de volutes de poussière. Les fauteuils ne sont pas plus rassurants. Ils semblent passablement défraîchis tout comme les rideaux.

- Je déteste cet endroit, marmonne James en passant une main dans ses cheveux, l'air gêné. Il me donne la chair de poule.

Dominique lui lance un regard glacial mais ne répond pas et j'hausse les épaules. Je partage en tout point l'avis du Gryffondor et, même si elle ne le dit pas, je suis convaincue que Dominique perçoit aussi cette atmosphère si lourde et si sombre. Peut-être est-ce d'ailleurs la raison de sa mauvaise humeur. J'ai déjà lu dans un livre de la bibliothèque de Poudlard que les endroits dégageant une quantité impressionnante de magie non-utilisée depuis longtemps peut faire ressortir des ondes négatives qui se propagent alors dans les organismes humains. C'est aussi le cas lorsque de la magie noire a été utilisée.

Un frisson me parcourt l'échine et j'entrouvre la bouche pour laisser passer un balbutiement incompréhensible. Tellement incompréhensible que James hausse un sourcil perplexe et retrouve l'espace d'un instant son sourire narquois.

- Tu ne sais plus aligner deux mots, Etamora ? ricane-t-il.

Mes lèvres se contractent et j'hésite à lui lancer une pique, agacée, lorsque Dominique interrompt d'une voix cassante mon monologue intérieur.

- Ce n'est pas le moment de se disputer. J'ai l'impression qu'il s'est passé quelque chose de pas net, ici...

- De la magie noire, Dom', rétorque James en pâlissant légèrement. Tu peux le dire à voix haute tu sais...

Leurs voix résonnent dans la salle de spectacle, dans un écho funeste qui me donne envie de partir de cet endroit en courant, de claquer la porte derrière moi et de ne plus jamais y revenir. Juste retourner à Poudlard et me rouler en boule au fond de mon lit. Et savoir qu'Albus viendra m'y retrouver avec un chocolat chaud, pour que je m'assure qu'il va bien.

- Si c'est un théâtre, fais-je à la place d'une voix sombre, ça veut dire qu'il y a des loges aussi ?

- C'est un théâtre sorcier, me signifie James en lançant un regard préoccupé à sa cousine.

- Et alors ? L'un n'empêche pas l'autre ! dis-je, contrite.

- Ce que veut dire James, c'est que les loges sorcières sont protégées par des sortilèges compliqués, m'explique Dominique d'une voix pressante. Personne d'autre que les acteurs et le personnel du théâtre ainsi que le propriétaire ne peut y accéder.

- C'est étrange...

- A l'époque de la Seconde Guerre mondiale moldue, de nombreux acteurs sorciers ont été tués par leurs congénères. C'était une période sombre de notre histoire car les Mages étaient très conservateurs et n'acceptaient pas la présence de ces divertissement qu'ils qualifiaient d'inopportuns et de ''moldus''. De nombreux théâtres ont donc été brûlés à cause de cela et ceux qui restaient étaient cachés. Je pense que celui-ci avait l'aspect d'une maison et qu'il a donc été préservé des dommages mais qu'il a fini par sombrer dans l'oubli.

- Pourtant, c'est d'un théâtre dont on parle, fais-je remarquer. Pas d'une minuscule maison où habitent cinq sorciers qui utilisent des sorts d'un niveau relativement moyen. Les sorts utilisés ici ont dû être inspectés par le Ministère de la Magie et celui-ci a d'ailleurs dû recenser ce théâtre dans le département lié aux loisirs magiques !

- Je ne pense pas, sinon le théâtre ne serait pas dans cet état maintenant, répond James.

- Mais... Comment peut-on cacher l'existence d'un théâtre si on continue de promouvoir des spectacles à l'intérieur ?! Il faut bien du public pour cela, et qui dit public dit bouche à oreille... Donc on a forcément découvert ce théâtre !

- Bien sûr. Les traces de suie qui résident sur les fauteuils peuvent en témoigner. Il y a eu des bagarres ici. Et, ainsi que l'a dit James, de la magie noire...

Un court silence s'installe encore une fois entre nous, pesant. Mon coeur s'emballe lorsque je crois entendre le craquement du parquet et j'ai l'estomac au bord des lèvres.

- Menthe, murmure Dominique, tu la sens, pas vrai ? Tu la sens plus que nous... La magie.

Elle est bien là. Partout. Elle emprisonne mes sens et m'agresse, plus violente que jamais. Elle me fait frissonner. Puissante magie, sombre magie. J'ai l'impression que mes membres sont immobilisés et je ne parviens plus à distinguer la voix suppliante de Dominique à travers ce flot de sensations et d'émotions qui me traversent. La peur. Elle grandit en moi rapidement, plus rapidement qu'une flamme jaillit d'une allumette, m'empêche de réfléchir et me plie totalement.

Et soudain, tout disparaît. Une lumière bleutée m'aveugle lorsque je relève la tête vers le plafond même si je ne parviens pas à en distinguer la provenance et je me retrouve assise à quatre pattes, sur les lattes de parquet grinçantes.

Dominique pousse un cri effroyable qui me donne la nausée et je fait volte-face pour tenter de la voir et me lève. Je fais un pas, puis deux, je lève la tête et découvre qu'un cercle tracé en blanc, à l'aspect de craie, m'entoure.

- C'est un nid, fait James en regardant le motif qui m'emprisonne avec attention.

- La prophétie... Elle parle de nid ? ''trouver le nid puissant"

- Oui. Mais ce n'est pas le bon nid, répond Dominique, la voix entrecoupée de sanglots. Le cercle a disparu, Menthe ! Tu peux sortir...

C'est vrai. La craie blanche a totalement disparu et la lumière bleutée aussi. A la place est apparue une inscription en lettres majuscules rouges comme le sang...

- "Jouons un peu..." lit Dominique d'une voix tremblante. Merlin... Je n'en peux plus de cet endroit !

- Jouons... Comme notre jeu ! m'exclame-je.

- Oh non... Je parie que ce jeu-là est plus sanguinaire que le nôtre, marmonne sombrement James.

Je m'apprête à répliquer quand la porte s'ouvre en fracas sur une silhouette élancée et vêtue de noir qui se précipite sur moi.

*.*.*

- Merlin ! Vous êtes complètement fous de venir ici ! hurle l'homme encapuchonné en désignant le théâtre d'un vaste geste de la main.

- Qui êtes-vous ?! demande suspicieusement Dominique en pointant sa baguette magique sur l'homme dans un même mouvement que James et moi.

- Le professeur Forestman, répond l'homme en dévoilant son visage.

C'est bien lui. Notre professeur de Défense Contre les Forces du Mal se tient au centre de la scène, à quelques pas de moi et de mes compagnons et nous regarde avec une étincelle horrifiée dans les yeux.

- Prouvez-le ! argue-je, méfiante.

- Très bien... Vous n'aurez qu'à me poser une question confidentielle.

- Je sais ! s'exclame Dominique sans lâcher l'homme du regard. Qu'est-ce que vous m'apprenez à faire en ce moment ? demande-t-elle en ignorant les regards intrigués de James et moi.

- Je vous donne des leçons afin que vous exécutiez correctement le sortilège qui permet de produire un Patronus, déclare-t-il. Et vous m'apprenez à jouer au Quidditch.

Dominique se détend totalement et nous signifie d'un clin d'œil que c'est bon. Je me retiens d'enchaîner les questions difficilement tandis que James prend la parole d'un ton sentencieux.

- Que faites-vous ici ?

- Je suis Auror, répond Forestman en haussant les épaules. C'est Jane Fontiny qui m'a guidé jusqu'ici. Mais je crains que ce ne soit pas le lieu le plus approprié pour vous faire des révélations. Le propriétaire de cet endroit miteux a sûrement dû s'assurer de poser des sorts visant à nous espionner. La petite Fontiny a bien faillit mourir de peur quand elle s'est retrouvée enfermée ici tout à l'heure ! Sortons sans plus attendre, je vous raconterai tout ça autour d'un bon thé.

- Vous le promettez ? demande-je suspicieusement.

- Oui. Suivez-moi.

Nous sortons à sa suite de la salle de spectacle et retournons dans la pièce sans meubles qui se trouve en réalité être l'accueil. Lorsque nous passons le pas de la porte, je sens mon poignet me picoter légèrement mais n'y prête guère plus d'attention et, sur le perron, le professeur Forestman nous empoigne fermement tous les trois et nous fait transplanner en plein centre de Londres, dans un quartier moldu très chic.

- Nous sommes toujours vêtus de nos uniformes, lui fais-je remarquer, peu certaine que nos accoutrements de sorciers soient nécessaires à cette sortie.

- Pas grave. Les gens ici ont l'habitude de voir débarquer des personnes comme vous et moi, répond le professeur en faisant coulisser la poignée d'un salon de thé reculé.

Il entre et Dominique le suit sans discuter jusque dans le fond de la pièce tandis que j'hésite à l'entrée. James enroule ses bras autour de mon bassin et plonge son nez dans mes cheveux blonds, poussant un soupir satisfait.

- Tu es vivante, murmure-t-il à mon oreille.

Je sens mes joues rosir et repousse gentiment le garçon avant de pénétrer dans la pièce.

- Viens. Forestman nous doit des explications.

End Notes:
Encore merci pour tous vos avis ^^
Merci d'avoir lu !

Roxane
Chapitre 23 by Roxane-James
Author's Notes:

Hello !

Et oui, après presque un mois d'absence (que c'est long !) voici un nouveau chapitre assez long (plus que d'habitude) qui donne des exlications (pour un peu démêler les fils même s'il en reste encore beaucoup :D) j'espère qu'il vous plaira. Il n'est pas des plus drôles ou passionnant mais il est important pour l'enquête ! Ensuite, pour ce qui est du Jeu, je sais que ça fait pas mal de temps qu'on le survole et à la base ce chapitre en reparlait à la fin (se reconcentrait dessus) mais j'ai décidé de couper parce que c'était interminable sinon XD mais promis à la fin du chapitre vous avez une petite surprise de l'ordre sentimental... Ou pas pour certain(e)s XD !

Et puis ! CHOSE IMPORTANTE ! 150 reviews les gens ?! :) merci !!! c'est tellement inespéré ! *.* je vous fais plein de bisous !! C'est tellement adorable de me laiser vos avis, vos impressions et vos remarques (ainsi que vos théories qui me font bien rire XD) !

Merci à ceux/celles qui m'ont laissé un petit mot au chapitre précédent (aussi à tous ceux des chapitres précédents :D) : Ordos (d'ailleurs, je vous conseille vivement sa fanfiction très intéressante Telly, l'elfe de maison); Azyax (je vosu recommande également sa fanfic' Le mystère d'Elise Attirias); Floriie ( Je suis sous le charme de sa fanfiction next-gen Les aventures d'Ella Barnes); AnthusPrasentis (trop de fics géniales comme pour beaucoup d'auteurs ici mais là, ce qui me vient c'est ce texte pour le concours de SamanthaBlack et Lyssa7 : Paint it Black ); Diesel ( vous pouvez lire son magnifique texte : Etoile); LouWeasley (le premier texte que j'ai découvert d'elle je crois : Un, deux, trois... et treize petits-enfants ! qui est super ); kikou14789 ( noooon.... VOUS CONNAISSEZ PAS Quand les rancoeurs deviennent seulement une histoire de coeur O0 ?! GO!); Kiara Coper (huuummm... Là, sur un coup de tête je vous conseille The Heartsbroken ! honnêtement c'est vraiment bien !) (d'ailleurs désolée Kiara, je tarde pour mon bêtatage O0) et puis Eniveres Lechemin !

Ok. J'ai fait un pavé, limite plus long que mon chapitre XD Merci à vous de me lire, merci aux 38 personnes qui ont mis cette fanfic' dans leurs favoris :coeur: et goooo

BONNE LECTURE !

Roxane-James

Chapitre 23

- Un chocolat chaud, un thé et deux cafés s'il-vous-plaît, commande Forestman au serveur qui s'empresse de disparaître en cuisine après nous avoir installés.

J'adresse une grimace à Dominique, me demandant intérieurement comment ma meilleure amie peut apprécier cet insupportable goût amer qu'a le café ? Pour ma part, je suis restée fidèle à mes habitudes et me suis décidée pour un thé noir tandis que James s'est jeté sur un chocolat fumant dégageant une odeur prometteuse.

- Vous allez enfin nous expliquer comment vous êtes parvenu à nous retrouver ? demande James d'une voix agacée, fronçant les sourcils.

Dominique lui lance un regard glacial avant de plaquer une mèche de ses cheveux roux derrière ses oreilles et tourne la tête vers Forestman en plissant les lèvres, se retenant visiblement de répliquer sèchement quelque chose à son cousin.

- Votre frère, monsieur Potter, va bien, se contente d'annoncer calmement notre professeur de Défense Contre les Forces du Mal en avalant une minuscule gorgée de son café.

- On sait qu'Albus va bien, fais-je d'une voix froide. Vous n'avez pas répondu à James et vous nous aviez promis des explications.

- Menthe ! me réprimande aussitôt ma meilleure amie en me fusillant du regard.

Forestman lui adresse un signe de la main et incline la tête dans ma direction avant de prendre une inspiration.

- Je ne suis pas professeur, déclare-t-il d'une voix sourde en plantant son regard bleu passé dans mes iris clairs.

Dominique, James et moi échangeons des haussements de sourcils perplexes. Visiblement, il a perdu la tête car c'est bien lui qui nous enseigne la DCFM à Poudlard depuis la rentrée.

- Vous êtes fou ? demande James en lançant un regard estomaqué à Forestman.

Celui-ci se contente de rire avant de reprendre la parole.

- Le Ministère de la Magie œuvre en silence, Potter, et vous êtes bien placé pour savoir que  le département des Aurors respecte cette forme de silence. Votre père en étant un...

- Je ne vois pas le rapport, le coupe-je, vous essayez de nous dire que vous êtes un Auror infiltré à Poudlard sous l'apparence d'un professeur ?!

- C'est tout à fait ce que j'essaye de vous dire, me confirme-t-il d'un hochement de tête sérieux. Commençons par le début. Au cours de l'été, j'ai été informé de l'arrivée d'une nouvelle prophétie au sein du Ministère de la Magie. Comme beaucoup d'Aurors formés sous la tutelle de Monsieur Potter, je ne me doutais pas des secrets et des révélations qu'elle contenait. Jusqu'à ce que je surprenne l'ancien Ministre de la Magie - Sullivan Klerks - en parler avec sa secrétaire. Vous vous souvenez de ce qu'elle disait ?

James déglutit avant de la réciter d'une voix sombre, couvant sa cousine du regard :  A l'aube d'un jour nouveau,

Quand le soleil se lèvera,

Qu'une nouvelle ère sera,

S'ouvrira un tombeau.

 Il seront trois,

Enfants de ses enfants,

Ils lutteront pour elle,

Ils lutteront en proies,

Un seul mourra,

Comprenant, triomphant,

Et Mère sera sauvée,

Pourra ressusciter,

Mais pour cela,

Verser le prix du sang, il faudra.

Trouver le nid puissant, il faudra.

Mère y a gravé une Histoire Ancienne,

Là où l'on étudie la sienne.

Braver les interdits,

Et tout sera fini.

- Exactement, reprend Forestman en adressant un regard impressionné au Gryffondor. Tu as une sacrée mémoire. Après l'avoir entendue dans son intégralité, j'ai discuté avec l'ancien ministre et j'ai supposé que "Mère" était la magie et donc que l'endroit auquel était rattaché cette prophétie était Poudlard.

- Oh ! s'exclame Dominique, les yeux brillants, mais bien sûr ! Nous avons lu quelque chose sur les lieux reliés aux prophéties avec Menthe, n'est-ce pas ?

- Oui. C'était inscrit dans le bouquin de Jane Fontiny. Dans sa chambre. Jane avait  entouré un paragraphe.

Je sors mon carnet vert en remerciant mentalement une fois de plus Lou de me l'avoir offert et l'ouvre à la dernière page sur laquelle reposent les informations que j'ai découvertes en parcourant les vieux ouvrages de la Serpentard.

- J'ai noté le paragraphe par ''télépathie'', explique-je, lorsque j'ai vu les informations que contenait le volume, j'ai décidé de les transmettre à mon carnet mentalement afin de les garder. Lou m'a appris ce sort une fois.

- Très bien, approuve Forestman en souriant. Une vraie Serdaigle qui pense à tout !

- En attendant, voici ce qui était écrit : "Les prophéties et les sortilèges de grande envergure sont souvent rattachés à un lieu très particulier. La plupart des prophéties ont été éditées dans des salles secrètes, cachées dans des ''puits de magie pure'' . On pourra également remarquer que ces fameux puits sont considérés bien souvent comme de vieilles légendes infondées mais qu'ils existent réellement." Je trouve donc tout à fait logique votre explication, monsieur, la Magie qui serait donc évoquée sous le nom de ''Mère'' dans la prophétie aurait choisi l'endroit où l'on l'enseigne en Grande-Bretagne. Mais il est également question de puits de magie, c'est-à-dire un endroit en particulier dans le château ou le parc où aurait été conçue cette prophétie...

- Et c'est là que j'interviens, dit Forestman en scrutant nos visages d'un air réjoui. Après en avoir déduit comme miss Etamora que Poudlard était l'endroit où allait se jouer toute cette scène, ce pan de l'Histoire de la Magie, j'ai décidé de me présenter (sur ordre du Ministre) sous les traits d'un jeune professeur de Défense Contre les Forces du Mal. Je souhaitais ainsi résoudre l'énigme de la prophétie avant qu'elle n'éclate.

- Vous êtes donc un imposteur, fait remarquer James d'une voix glaciale.

- Je suis quelqu'un qui œuvre pour votre sécurité, jeune homme, réplique-t-il.

- Et le meurtre d'Hufflands ? interrompt Dominique, les sourcils froncés.

Dominique n'a pas tord, songe-je, qu'en est-il de la mort de notre ancien professeur ?

- Hufflands était au courant de quelque chose et quelqu'un a tenté de l'éliminer, répond Forestman.

- Sans blague ! ironise James en levant les yeux au ciel, on ne s'en serait pas douté !

- Et donc, continue Forestman sans prêter attention au ton ironique du Gryffondor, ma mission à Poudlard s'est complexée. J'ai découvert par un heureux hasard que je n'étais pas le seul à me demander pourquoi Hufflands était mort. Vous étiez également sur une piste. Vous tous, James, Dominique, Menthe mais aussi Louis, Victoire, Molly, Fred, Roxanne, Lucy, Rose, Hugo... Et même Albus Potter, Lou Dember et Scorpius Malefoy...

- Comment avez-vous pu le savoir ?! s'exclame Dominique, blanche comme un linge.

J'ouvre de grands yeux effarés à mon tour et lance un regard atterré à James qui conserve une expression neutre bien que j'ai cru apercevoir ses lèvres frémir sous le choc de la révélation.

- Miss Weasley, sachez que les couloirs du château regorgent de passages en tous genres et de tapisseries déguisées en pans de murs. Je me suis résolu à vous espionner, et c'est ainsi que les découvertes se sont multipliées. Je les ai organisées sur un papier :

Mort du professeur Hufflands le jour de la rentrée scolaire à Poudlard

Découverte de la liste des suspects par Audrey Weasley adressée au groupe

Enquête sur Elouna Gellamos

Elouna Gellamos = sa mère

La mère d'Elouna Gellamos était une moldue et son mari avait un frère propriétaire d'un théâtre sorcier caché. Legs du théâtre de l'oncle à la nièce.

Elouna Gellamos à demi-propriétaire du théâtre. Emplacement : Inconnu ?

Prophétie

Coupable ?

Poudlard

- Je n'y comprends rien, soupire Dominique.

- Notre brillante Serdaigle va nous éclairer, propose Forestman en m'adressant un clin d'œil.

Mon ventre se serre lorsque je sens peser sur mes épaules le poids des regards de mes compagnons. Je sens la main de James frôler la mienne sous la table et inspire profondément avant de me lancer, penchée par-dessus la petite table en bois et nos consommations.

- C'est simple. Nous savons donc qu'Hufflands est mort le jour de la rentrée. Grâce à la liste de votre tante Audrey, nous avons pu découvrir les différents suspects. Nous avons fini par pencher sur Julian Gellamos, un proche d'Hufflands. Son ami. Ceux-ci se seraient disputés peu avant la mort de Julian Gellamos.

J'ouvre encore une fois mon carnet à la page recherchée : Julian Gellamos (1927-1958) Il est mort à 31 ans, à cause de la dragoncelle. Il était un ancien ami d'Alfred Hufflands mais ils s'étaient disputé environ deux ans avant sa mort au sujet d'un prêt en banque. Pas de grande importance, je pense. Il a eu une fille, Elouna, qui étudie à l'Institut de Salem (Illevorny) et qui doit être âgée d'une quinzaine d'années. Je n'ai pas retrouvé de faire-part de naissance exact et il ne s'est pas marié mais il semblerait qu'il ait eu une relation avec une moldue dont le nom est inconnu. Elouna serait issue de cette union. La moldue est toujours en vie, elle est âgée d'une cinquantaine d'années et habite à Londres, dans le quartier des affaires étrangères en relation avec le monde des sorciers : 14 Mysterious Road. 

- C'est le rapport d'Audrey Weasley, explique-je. Seulement, quelque chose est incorrect. Il a une grande importance, ce fameux Julian Gellamos. Et le théâtre que nous venons de visiter est magiquement entretenu puisque nous avons pu y rentrer. 14 Mysterious Road est l'adresse du théâtre et donc de la femme de Julian et mère d'Elouna Gellamos. On apprend par la même occasion qu'Elouna a étudié à Salem et nous avons vu grâce à un précédent article qu'elle était extrêmement douée en potions magiques mais qu'elle ambitionnait aussi de comprendre et d'acquérir des connaissances sur d'autres formes de magie... Elle est venue à Poudlard. Sûrement grâce à ses filtres, elle a pris l'apparence d'une élève normale ou d'un élève normal. Elle a un rapport avec la prophétie qui parle d'une magie très puissante... Je pense donc qu'elle veut s'approprier cette précieuse magie, mais le tout est de savoir qui elle est vraiment, comment a-t-elle entendu parler de cette prophétie, et surtout depuis quand est-elle à Poudlard, est-ce elle qui est l'auteure des crimes survenus ...

- Fort bien, me félicite Forestman. Maintenant que Menthe a fini de reconnecter les éléments les uns avec les autres, je vais aller droit au but. Et vous présenter la charmante mère d'Elouna Gellamos, qui a pris grand soin de notre chère Jane Fontiny... Et comment elles se sont rencontrées.

Nous avons à peine le temps d'échanger un regard ébahi que Forestman nous tire au-dehors du salon de thé après avoir balancé quelques pièces de monnaie sur le comptoir ouvragé du gérant que nous transplannons dans la rue, dans l'angle.

Nous atterrissons face à un immeuble moldu délabré, le ventre secoué de spasmes (dans mon cas) et le coeur au bord des lèvres.

- C'est chez moi, explique Forestman en nous entraînant dans la cage d'escalier de l'immonde bâtisse aux murs gris et à l'odeur de choux.

- Cette odeur est écœurante, me glisse Dom' à l'oreille en esquissant une grimace de dégoût, j'ignorais qu'il avait si mauvais goût !

Je pouffe face à la tête qu'affiche mon amie et enjambe à mon tour les centaines de marches en suivant James qui ne semble pas peiner le moins du monde même après avoir escaladé pendant plus de dix minutes la moitié de l'escalier en ferraille.

- L'entraînement sportif, me glisse de nouveau Dom' à l'oreille, essoufflée. Tu peux remarquer que ça lui a fait de belles fesses !

Je rougis à la pensée que ma meilleure amie ait surpris mon regard en coin et ignore son rictus amusé, tâchant de me concentrer sur mon ascension. A bout de souffle, Dom' et moi nous arrêtons sur le palier où nous attendent Forestman et James.

- Je suis morte ! déclare Dominique en se laissant aller contre le mur tandis que notre professeur-imposteur ouvre la serrure.

J'échange un regard intrigué avec James et celui-ci hausse les épaules. Mon regard glisse de nouveau sur ses cheveux bruns décoiffés, ses iris chocolatées et ses lèvres avant de descendre sur ses mains tendues qui me saisissent soudainement les poignets et me font avancer dans l'appartement.

- Qu'est-ce que tu regardes, Etamora ? me souffle-t-il narquoisement à l'oreille.

Je réprime un frisson et lui réponds sur le même ton :

- Et toi, Potter ?

- Tes yeux. Ta bouche. Tes cheveux... Toi. Tout ce qui s'apparente de près ou de loin à ton esprit et tes sourires.

Puis il m'abandonne brusquement après cette réplique qui m'a laissée pantelante et me vole un discret baiser derrière le cou.

Je reste seule dans l'embouchure de la porte avec Dominique qui n'a pas remarqué le petit manège de James, interloquée.

- On entre ? propose-t-elle en haussant les épaules.

Ma meilleure amie entre et me pousse sans ménagement et j'essaye de reprendre contenance. Je longe les murs blancs dénudés de quelque accessoire que ce soit et parvient à trouver le salon seulement meublé d'un canapé en cuir immaculé et d'une vieille table basse grise.

- Charmant, commente Dominique.

- En attendant, c'est mieux qu'une chambre d'hôpital, commente une voix derrière nous.

Je fais volte-face en même temps que Dominique et découvre Jane Fontiny, adossée contre un mur au papier-peint en lambeaux, le teint cireux et les cheveux ternes, seulement vêtue d'une légère robe blanche. Forestman lui sourit gentiment et pose délicatement une couverture en laine grossière sur ses épaules avant de la faire assoir de force sur le canapé tandis que James, Dom' et moi scrutons notre camarade avec étonnement.

- Mélica était ma sœur adorée, commence Jane d'une voix sombre. Nous nous sommes toujours bien entendues et nos différentes maisons n'ont pas eu d'influence sur la relation complice que nous entretenions. Jusqu'à ce que le professeur Hufflands ne meure. Mélica semblait pâle, constamment en train d'essayer de chercher des réponses aussi bien dans des livres qu'au détours de couloirs dans l'obscurité de la nuit, elle avait l'oreille fine et les yeux aussi vifs que pouvaient l'être ceux d'un chat. Toi, Menthe, tu la connaissais bien... Tu sais qu'elle ressentait toujours le besoin de tout comprendre.

J'hoche la tête, le coeur lourd et la gorge sèche, me retenant de verser une larme. C'est bien là le portrait exact de Mélica Fontiny.

- Mélica a donc fait des recherches. Elle notait tout sur un petit carnet qui avait l'apparence d'un vieux livre. Celui que vous avez sûrement découvert dans ma chambre d'hôpital. Elle a finit par acquérir des informations. D'abord en parlant avec Fred et Roxanne Weasley, vos amis et cousins, ensuite en enquêtant dans Poudlard lorsque la nuit tombait. Peu avant sa mort, le jour même, je crois, Mélica est apparue dans le corridor où je tentais de réconforter une amie en pleurs. Ma sœur voulait me parler, elle disait que c'était urgent. J'ai cru à une découverte minime. Je l'ai renvoyée vertement dans sa salle commune, malgré la peur qui transparaissait sur son visage. Elle m'a suppliée, je lui ai dit qu'elle n'avait qu'à me dire maintenant ce qui la chagrinait et elle a jeté un regard à l'entrée de la Salle Commune de ma maison, Serpentard, avant de dire ''tout est dans les livres, ou presque. Le nom du coupable, par contre, n'y figure pas. Je serais morte si tel était le cas.'' et elle a disparu. Je ne l'ai pas retenue, je ne pensais pas que cette phrase serait sa dernière à mon égard. Je ne pensais pas qu'il s'agirait de sa dernière journée dans le château...

- Et elle est morte, souffle James, la voix enrouée.

- Oui, approuve Jane. Mais pas en vain. Secouée par la nouvelle de sa mort violente, j'ai été transférée à St Mangouste. Pendant quelques temps ma mémoire et mes humeurs ont été instables. Il m'était impossible de réfléchir ou de me reposer. La honte, la tristesse et la colère me rongeaient. Je n'ai songé qu'à cette phrase... Qui m'a interpellée. On dit que les derniers mots des morts sont les plus importants et c'est sans doute pourquoi je les ai retenus à mon insu. J'ai fait mander les affaires de ma sœur, prétextant un besoin de la retrouver, de la redécouvrir, afin de panser mon coeur. J'ai été infernale, abjecte, avec les infirmières pour qu'elles m'autorisent à fermer ma porte tandis que je me plongeais dans les pages manuscrites de ma sœur. Elle avait mis trois livres à part. Histoire de la Magie de Bathilda Tourdesac que vous connaissez sûrement, un livre sur les prophéties attachées  à des lieux spécifiques et le dernier, son carnet. Tous sont reliés. Son carnet contenait une adresse spécifique, 14 Mysterious Road. J'ai décidé de m'y rendre après avoir décrypté le reste des pages.

- Mais... Elles étaient vierges ! m'exclame-je.

- Non. Pas pour moi, Mélica était ma sœur, elle m'avait laissé un moyen de lire ses recherches. Les pages étaient remplies d'explications sur les potions (d'où le livre que j'avais mis de côté également), sur les sortilèges, les prophéties et... les passages souterrains de Poudlard. Et il y avait aussi... Ton nom, Menthe. Ainsi que celui de Dominique et James. Sans parler d'Albus. Elle avait inscrit qu'il fallait vous faire confiance. La page suivante était consacrée à la Magie de Poudlard, sa source de vie. C'est une magie très puissante et, si elle est mal contrôlée, elle peut être dévastatrice. Tous les cent ans, elle est revendiquée par les Forces des Ténèbres et les Forces des Lumières. Il est évident que l'auteure de ces meurtres n'est autre qu'Elouna Gellamos, grande potionniste et talentueuse sorcière, fille de Julian Gellamos. Et qu'elle convoite la Magie de Poudlard.

Maintenant que Jane l'avait dit, cela me semblait tout à fait logique...

- Elouna se cache. Sous forme humaine ou non, ça n'a pas d'importance, conclut Forestman en nous couvant des yeux. Reprenez, Jane.

- Bien. Après avoir fait toutes ces déductions, j'ai mis au point mon plan. Je voulais me rendre au 14 Mysterious Road pour y affronter Elouna et venger ma sœur. Sauf qu'Albus Potter est arrivé, et ça a été la pagaille dans l'hôpital. Je vous ai vus, Menthe, James et Dominique. J'ai su que vous viendriez me voir. J'ai décidé de vous laisser des explications en jouant sur la tournure de ton nom de famille, Menthe, en sachant que les infirmières ne feraient pas attention à mes gestes et paroles. Et je suis partie, comme vous, par le réseau de cheminée, après m'être enfuie de ma chambre en prétextant un besoin pressant.

- Et je l'ai retrouvée face au théâtre, nous interrompt une voix chevrotante.

Nous nous retournons brusquement pour découvrir une vieille dame aux cheveux grisonnants et aux dents jaunes, le front barré de rides sinueuses et les lèvres pleines. Forestman sort sa baguette magique avant que nous n'ayons pu esquisser un geste et fait apparaître une chaise en bois raide.

- Installez-vous, Mrs Gellamos, lui intime-t-il d'une voix douce.

- Merci, mon bon monsieur. Je me présente, reprend-elle d'une voix éraillée, la femme de Julian Gellamos. Cette jeune fille attendait les bras ballants devant mon théâtre quand je l'ai remarquée. Mon cher Frederick...

- Isaac, la corrige gentiment Forestman.

- Oui... Isaac ou Frederick, c'est la même chose. Bref. Il m'héberge depuis un mois ici, dans ce taudis et m'a retrouvée en charmante compagnie il y a quelques heures. Devant le théâtre. Qui appartenait à mon époux.

-Elle est gaga, souffle Dom' à mon oreille, l'air stupéfait.

- Chut ! rétorque-je.

- Mes chers petits, je déraille mais jamais ne défaille, gronde-t-elle en manquant de s'étouffer après une virulente quinte de toux. Julian et moi avons engendré un monstre.

- Elouna...

- Oui, mon cher monsieur Potter. Elouna est ma fille et je ne la connais pas. Je ne l'ai jamais revue dès lors qu'elle a passé les grilles de Salem, à onze ans. Elle n'y est plus, c'est certain. Et ce qui est certain aussi, c'est qu'elle a plongé dans ma pensine (qui appartenait à mon mari) et y a découvert des choses intéressantes... Le souvenir qu'elle a visité remonte à l'époque où Julian et ce monsieur Hufflands étaient amis. Ils étaient ambitieux et rêvaient de magie pure et puissante. Ils avaient découvert dans des bouquins sorciers l'existence d'une telle essence à Poudlard et voulaient se l'approprier. M'est avis qu'ils connaissaient aussi cette histoire de prophétie... Ils se sont engueulés après des longues heures de recherches intensives. Chacun voulait La Magie pour lui seul. Ils ne se sont jamais revus après cette dispute. Et Julian est mort peu après.

- Hufflands est mort parce qu'il connaissait la prophétie ! s'exclame James, ahuri.

- Exact. Mais surtout parce qu'il connaissait l'endroit du ''Nid de la Magie'' et qu'Elouna voulait le garder secret. Elle l'a tué. Puis Mélica Fontiny, explique Forestman.

- Tout s'explique...

- Oui monsieur Potter. Bon, je dois aller faire des courses. Savez-vous où nous pouvons trouver des écharpes de jambon dans le coin ? Je n'en ai aperçu nulle part ici, c'est regrettable...

Je saute de ma chaise et rattrape vivement la vieille dame qui a bien faillit tomber sur le sol les yeux clos sans autre forme de cérémonie.

- Elle est morte ! hurle Jane en affichant une expression horrifiée.

- Pas du tout, la calme Forestman d'une voix apaisante. Mrs Gellamos n'a plus toute sa tête ainsi que vous avez pu le remarquer et elle est actuellement en train de dormir... Bon. Les enfants, je vais devoir vous ramener à l'hôpital maintenant, vos parents doivent s'inquiéter. 

Nous nous levons d'un même mouvement et notre professeur fait assoir Mrs Gellamos dans le canapé puis nous fait signe de sortir.

James me prend par la taille au moment de franchir le pas de la porte tandis que Dom' reste en retrait, aidant Jane à marcher.

- Nous savons presque tout ! murmure James à mon oreille. Et nous savons maintenant que nous pouvons faire confiance à Forestman.

- Oui, réponds-je, et c'est tant mieux parce que je crois que notre chère Dominique...

Je m'interromps brusquement et coule un regard à ma meilleure amie qui semble concentrée sur Jane. N'ai-je pas aperçu tout à l'heure des signes étranges de sa part ? Ses yeux qui restaient plantés dans ceux de notre professeur, ses sourires perdus, rêveurs et la posture de son corps qui restait penché sur lui ? Tout cela n'était pas un songe, je le sais. Et je sais aussi que j'ai fermé les yeux bien longtemps à ce sujet. Dominique n'est pas insensible à Isaac Forestman. Je pousse un profond soupir. Que dois-je faire ? Dominique est folle de s'être éprise d'un homme pareil ! Il est majeur et elle mineure et des milliers de barrières les séparent.

- Qu'est-ce qu'il y a, Menthe ?

J'enlace James pour toute réponse et niche ma tête dans son cou. Il dépose un baiser sur ma nuque et je sais alors que je ne trahirai pas le secret de Dominique. Que je ferai tout mon possible pour le préserver. Mon poignet me brûle à nouveau mais la douleur repart aussitôt, aussi instantanée et vive que le déclic produit par le flash d'un appareil photographique .

*.*.*

- Dominique ! Mais enfin, où étiez-vous passés, James, Menthe et toi ?!

Fleur Weasley et son mari, Bill, se précipitent vers nous d'un air accablé. Mrs Weasley enlace tendrement sa fille tandis que j'échange un regard gêné avec James. Il est hors de question de révéler le véritable endroit où nous nous trouvions ainsi que nos découvertes. Forestman a disparu avant le moment des retrouvailles et a confié Jane aux infirmiers de service avant de retourner à Poudlard en toute discrétion. Il nous a assuré de prendre soin de Mrs Gellamos pendant qu'elle séjournerait chez lui.

- Maman, ronchonne Dominique en écartant sa mère, je vais bien, on était juste sortis chercher des chocolats à la cannelle parce qu'on avait faim !

- Ouais, approuve James en s'écartant de moi. Des tonnes de chocolats ! Menthe a voulu tester tous les parfums.

- N'imp... commence-je, agacée.

- Tais-toi, me coupe Dominique en m'adressant un regard d'avertissement. On sait bien que tu ne reconnaîtras jamais ta gourmandise devant tout le monde, Menthe !

Eberluée, je me demande quel plan aussi grossier peut être avalé par Bill et Fleur Weasley mais ceux-ci ne semblent pas se soucier des boniments que leur servent James et Dominique, bien au contraire.

- Tiens, vous avez fini par vous entendre, James et toi ? me demande Fleur en esquissant un sourire amusé, les yeux pétillants de malice.

- C'est-à-dire, fais-je en rosissant légèrement, qu'on peut se supporter.

- Tu rigoles ! glousse Dom', c'est limite si vous n'êtes pas toujours fourrés ensemble ! J'ai l'impression désagréable de tenir la chandelle à chaque fois que je viens avec vous !

J'étouffe un grognement et fusille ma soi-disant meilleure amie et m'apprête à répliquer une phrase bien sentie lorsque Bill me coupe dans mon élan.

- James, ton frère Albus va bien et tes parents sont avec lui si tu veux aller les voir ?

- Avec plaisir !

James s'élance dans le couloir, m'entraînant à sa suite et hurle à sa cousine :

- On se voit à Poudlard, Dom' !

Ce qui me laisse perplexe.

*.*.*

- L'heure des visites est terminée, nous informe une gentille infirmière en laissant apparaître Ginny et Harry Potter dans l'embrasure de la porte, accompagnés de Lily.

Lily me saute au cou, affichant un ravissement sans limite.

- Meeenthe ! s'exclame-t-elle, je suis heureuse de te voir !

- Où étiez-vous ? s'enquiert aimablement Ginny en m'adressant un sourire éclatant.

- Dans une chocolaterie avec Dom', répond James en haussant les épaules. Comment va Albus ?

- Il se porte comme un charme, rit Lily. Sa mémoire est à peu près équivalente à celle d'un poisson rouge...

- Pour l'instant, la corrige son père. Comment vas-tu, Menthe ?

- Très bien merci, réponds-je mal à l'aise.

James glisse sa main dans la mienne en ignorant mon regard effaré. Geste que ne manquent pas de surprendre Lily, Ginny et Harry.

- Je croyais que vous ne vous supportiez pas, fait remarquer Lily, narquoise.

- En fait, je vous présente ma petite-amie, répond James en m'enlaçant.

QUOI ?

End Notes:

Merci d'avoir lu !

Plein de bisous et à bientôt ! j'essaie de poster toutes les 2 semaines maintenant ! (à partir de fin mai je posterai plus souvent parce que j'aurais fini les cours héhé et j'essayerai de finir cette fic' en juillet (tiens, elle a commencé en juillet dernier d'ailleurs XD) si c'est pas avant)

Bisous :)

Rox'

Chapitre 24 by Roxane-James
Author's Notes:

Bonsoir !

Merlin, je suis vraiment désolée pour ce retard. Mon ordi a définitivement rendu l'âme donc j'ai perdu mes fichiers pour cette histoire (heureusement il me reste les brouillons sur mon carnet, on dit merci à la mamie qui sommeille en moi XD) donc voici la tête de ce chapitre 24 dont je ne suis pas fière mais j'ai carrément la flemme de le retravailler encore donc vous allez devoir supporter ce navet x) (oui, je suis nulle)

MERCI encore (BISOUUUUS) pour toutes vos belles reviews. J'y réponds ce soir depuis mon portable donc ça va prendre du temps XD nr vous inquiétez pas si ça prend le temps. J'AI UNE BONNE NOUVELLE.

Ou pas.

Mes vacances commencent dans 3 SEMAINES donc ça veut dire LA MASSE DE TEMPS POUR ECRIRE. (ouais, toujours ce vague espoir de finir cette fanfiction avant le mois de septembre XD) mais bref. JE SAIS QUE JE VAIS LA FINIR (j'en suis fière).

Je vais arrêter de vous saouler avec mon blabla. Je veux juste citer le nom des personnes m'ayant laisser un petit - grand - mot pour le dernier chapitre (merciiii) (et je remercie ceux qui l'ont fait auparavant) et PROMIS j'essaye d'accélerer mon rythme d'écriture. En ce moment c'est compliqué vu que j'écris depuis un poste pourri de ma bibliothèque qui est vieux de 90 ans... 0.0' 

DONC : Azyax; Diesel; Ordos; Floriie; kikou14789; Amellecrivaine; Arabella_cross; Anth'; Tagada9; louWeasley; hpfanfic22; Lily-chan MERCIIIIIIIIIIIIII :) vous êtes des amours. Promis je réponds vite (et d'ailleurs je reprends mes lectures sur HPF XD) 

ET MERCI AUX 45 PERSONNES QUI ONT MIS CETTE FIC' dans leurs favoris. De l'amour sur vous.

De l'amour dans ce chapitre.

Ou pas héhé.

Bisouuuus !

Rox' 

 

Chapitre 24

Je n'ai jamais vérifié le terme exact de ‘'petite-amie'' dans le dictionnaire mais je suis certaine qu'il comprend également le terme de ‘'relation amoureuse'' dans sa définition. Hors, je ne suis pas sûre de faire partie d'une relation amoureuse avec James Potter à cet instant présent. Si je l'étais, je serais au courant, n'est-ce pas ? Du moins, c'est ce dont j'essaye de me persuader depuis une demi-minute en fronçant les sourcils avec perplexité. Bien sûr que je suis... Merlin que... OH PAR MORGANE ‘'que je suis amoureuse de cet imbécile de James Sirius Potter'' mais pour autant, peut-il me confirmer qu'il l'est aussi ? Et que nous sommes en couple ? N'avons-nous pas sauté une étape importante comme une sorte d'accord ?

Merlin, je crois qu'à me poser toutes ces questions je deviens complètement cinglée. Mon cerveau de Serdaigle est sur le point de péter un câble.

Je suis sur le point de péter un câble devant Harry, Ginny et Lily Potter. Manquerait plus qu'Albus et les cousins et j'aurais alors face à moi un charmant portrait de famille. Qui me regarderait faire une crise d'hystérie. Suis-je ou ne suis-je pas une personne normale ?

Et qu'est-ce que la normalité ?

Non, là je déraille...

-          Oh ! s'extasie Lily en battant des mains avec ravissement, je me doutais que ça serait pour bientôt !

De quoi parle Lily ?

-          C'était prévisible, complète la mère de James en nous couvant des yeux. Vous passiez tellement de temps à vous chamailler que c'en était troublant.

Troublant ? C'est moi qui suis troublée, là ! Merlin, venez-moi en aide !

-          Excusez-moi, commence-je d'autant plus perdue devant le contentement général, mais nous...

-          Menthe ! m'interrompt James en me lançant un regard d'avertissement, je crois qu'il faut qu'on parle.

-          Oh oui, réponds-je. Tu as intérêt à tout m'expliquer !

J'ignore les haussements de sourcils intrigués de la famille Potter et souris maladroitement à mon présumé petit-ami. Qui ne l'est pas. Ou peut-être que si mais que je ne suis pas au courant. Aurais-je bu quelque chose d'illicite ?

-          Il est temps que vous rentriez à Poudlard, déclare Mr Potter en nous serrant tous dans ses bras, Lily, James et moi. Vous allez prendre un Portoloin, le professeur MacGonagall vous attendra dans son bureau. Dominique et vos cousins sont partis.

-          D'accord mais... Albus ? demande-je d'une voix fluette.

-          Sa mémoire a été endommagée par son accident mais il va relativement bien. Les Guérisseurs pensent qu'il sera complètement rétabli pour Noël, m'explique Harry Potter en nous tendant une vieille cuiller en métal bizarre.

-          On pourra venir le voir ? s'enquiert James d'un ton alarmé.

-          Bien sûr mes chéris, nous rassure Mrs Potter.

James, Lily et moi échangeons un regard entendu et nous avançons en cœur au centre de la pièce. Mes doigts touchent à peine la cuiller lorsque les parents de James et Lily nous disent de nouveau au-revoir et le paysage immaculé de l'hôpital de Ste Mangouste laisse place au bureau de notre Directrice. Nous atterrissons sans aucune grâce sur un tapis persan aux couleurs chatoyantes sous le regard perçant de MacGo.

-          Comment allez-vous ?

-          Très bien, nous vous remercions professeur, répond Lily d'une voix posée.

-          Tant mieux, soupire-t-elle en essuyant ses lunettes. Si vous avez besoin de parler ou si vous savez quoi que ce soit... n'hésitez pas à venir m'en faire part, ajoute-t-elle en nous regardant d'un air suspicieux.

Nous sortons de la pièce sans avoir dit un mot et je referme la porte avec soin avant de me tourner vers le deux Potter. Je fusille le premier du regard tandis que la seconde d'esclaffe.

-          TOI ! m'exclame-je en attrapant la manche de James, tu peux m'expliquer pourquoi tu as fait ça ?!

-          Fais quoi ? demande James en prenant une voix innocente.

-          Tu le sais très bien, espèce d'idiot ! réplique-je.

-          Tu veux parler de notre couple ?

-          Ne fais pas l'innocent, Potter ! m'enflamme-je. Tu m'as mise dans une situation délicate DEVANT TES PARENTS !

-          Je me doutais qu'il y avait quelque chose qui clochait, explosa Lily en s'écroulant sur le sol à force de rire.

-          Oh... Je crois qu'il faut que nous parlions en privé, rétorque le Gryffondor en affichant son insupportable sourire narquois.

-          Ouais c'est ça, marmonne-je, je vais te faire bouffer ta baguette et ensuite on verra !

*.*.*

Le parc de Poudlard est ensoleillé mais reste désert. Seuls quelques élèves se promènent aux alentours du Lac et nourrissent le Calamar Géant avec les restes du repas de la veille qu'ils sont sûrement allés se procurer dans les Cuisines. Je pourrais peut-être aller y faire un tour, moi aussi... Je serais tranquille et personne ne viendrait m'embêter.

Depuis que nous sommes rentrés à Poudlard, les questions de nos camarades affluent. Ils veulent savoir pourquoi, comment et où Albus a eu son accident. Savoir si c'était une tentative de meurtre ou une simple chute qui aurait pu lui être fatale. Je comprends qu'ils veuillent en savoir plus mais malheureusement nous ne pouvons pas nous permettre de rendre publiques les informations que nous avons obtenues après un si dur labeur. Le simple fait de révéler aux élèves du château que Jane Fontiny va bien et qu'elle en sait certainement plus sur ces mystérieux meurtres que la plupart nous mettrait tous en danger.

J'ai besoin d'être seule pour méditer sur tout ce que nous avons appris, Menthe, James et moi. Je réalise que nous avons beaucoup de cartes en main, nous touchons presque au but, Elouna Gellamos n'est pas loin et elle n'aura pas ce qu'elle désire. Quoi qu'elle fasse, nous la distancerons, même si pour l'instant c'est plutôt elle qui mène la danse. Une partie de mon esprit est obnubilée par la Prophétie sans que je ne comprenne vraiment pourquoi mais je ne doute pas que cela ait un rapport avec notre enquête. Et avec nous. Qui sont les Trois qui doivent sauver la Magie de Poudlard et ses occupants ?

Un seul trio me vient. Trois personnes qu'on ne se serait certainement pas attendu à voir ensemble, main dans la main des années plus tôt. Une jeune fille plutôt discrète, une autre beaucoup plus bavarde et un garçon charismatique.

J'en suis persuadée, James, Menthe et moi-même sommes ce Trio et ce depuis que nous nous côtoyons. Les liens forgés entre nous sont inéluctables, imparables. Ceux entre Menthe et James sont désormais irremplaçables. Je n'ai même pas besoin de les regarder pour savoir qu'ils se cherchent du regard ou prêtent attention aux mouvements de l'autre même si ceux-ci restent infimes. Alors je serai celle qui va mourir. Pour les protéger. Certainement.

Une brise légère fait plier les brins d'herbe devant moi et, étendue sur la pelouse, je contemple le Lac. La rentrée de septembre n'est plus qu'un lointain souvenir dans mon esprit et pourtant déjà vient Décembre.

Les feuilles des arbres ont déjà changé de couleur et le Saule Cogneur en est maintenant totalement dépourvu. Elles se sont envolées loin, très loin. Et je finis par laisser mes yeux se fermer et mes pensées aller les retrouver.

*.*.*

Victoire Weasley contemple sa sœur à l'horizon par l'une des fenêtres du château. Ses cheveux roux aux reflets blonds ne sont qu'une tache informe sur le vert de l'herbe du parc. Victoire devine sans peine que Dominique s'est endormie.

La Septième Année n'a pas vu grandir sa sœur. Dominique l'impressionne, elle est plus flamboyante d'années en années. Victoire a l'impression que jamais l'étincelle qui anime son regard clair ne s'éteindra.

Pourtant, aujourd'hui la petite flamme vacille et Victoire sait que sa sœur a besoin de quelqu'un. D'une personne en particulier qui pourra raviver le feu qui danse en elle.

-          Vous devriez aller la voir, murmure-t-elle à l'homme qui l'accompagne. Je suis sûre qu'elle pense à vous.

-          C'est ce que je comptais faire, répond Forestman sur le même ton en souriant à la blonde avec bienveillance. Je vous souhaite une bonne journée miss Weasley.

Victoire a toujours su trouver les bonnes personnes pour aider Dominique. Elle sourit. Aujourd'hui est une belle journée, il faut en profiter.

*.*.*

Louis observe Menthe et James revenir avec Lily devant le portrait de la Grosse Dame. Son cousin et la Serdaigle surtout, captent toute son attention. Ils sont joyeux, énergiques. Ils s'aiment et cela ne fait aucun doute.

A cette pensée, Louis a un pincement au cœur. Il n'a jamais dit à personne que son papier à lui était vierge quand il a donné son nom pour participer au Jeu.

Et cela fait bien longtemps qu'il a compris pourquoi, aussi. La personne qui l'aime l'a empêché de découvrir qui elle était.

Car si Louis a compris quelque chose que ses cousins et amis ne savent pas, c'est que la personne inscrite sur le papier est celle pour qui on ressent des sentiments, même passagers.

-          Lily ?! appelle-t-il en regardant sa cousine s'esclaffer aux mimiques de son frère. Tu veux faire un tour dans le Parc ?

-          Avec plaisir ! répond Lily, les yeux brillants.

Louis sourit tandis que sa cousine la rejoint. Il faut bien que Menthe et James puissent discuter un jour, n'est-ce pas ? Et il pense que le moment est arrivé.

*.*.*

- J'espère que je n'interromps pas votre sieste, lance une voix amusée derrière moi.

J'ouvre les yeux, étonnée. Qui donc est venu me trouver ? Je me retourne sur les coudes, allongée de tout mon long et esquisse un sourire en voyant mon professeur de Défense Contre les Forces du Mal s'asseoir à côté de moi.

Je ne peux m'empêcher de le détailler du regard. Ses cheveux noirs sont encore plus beaux que d'habitude, sous les reflets du soleil automnal et ses yeux d'un drôle de bleu lisse pétillent.

Je me sens rougir lorsque je m'aperçois qu'il m'a surprise dans sa contemplation et ouvre la bouche pour déguiser ma gêne.  Je crois que je n'aime pas les silences.

-          Je...

-          Toujours votre fâcheuse manie d'ouvrir la bouche, me coupe-t-il en plaisantant.

-          Vous vous trouvez drôle ? rétorque-je en grognant.

-          Vous oui, réplique-t-il en éclatant de rire.

Son sourire narquois manque de me faire chavirer et j'en perds ainsi l'usage de la parole. Par Merlin, j'espère que je ne bave pas, il ne manquerait plus que ça pour parfaire l'idée de la godiche que je suis... « Dominique, seize ans et demi, folle amoureuse de son professeur de DCFM et également occupée à sauver le monde sorcier avec sa baguette et ses sorts ridicules à deux noises. ». Mouais. Faut reconnaître que ça le fait bof, quand même.

-          Vous semblez pensive.

-          Oui, ça m'arrive parfois, le cingle-je en haussant les sourcils.

-          Vous n'êtes pas comme les autres, Dominique, somme-t-il à voix basse en s'allongeant.

J'affiche une moue perplexe. Où veut-il en venir ? Et est-ce un reproche ou une simple remarque ?

-          Vous êtes plus... intense.

Ses paupières n'ont pas frémi d'un iota lorsqu'il a lâché cette drôle de phrase dans l'air hivernal. Je crois qu'il ne se rend pas bien compte de l'impact de ses mots sur moi. J'ai l'impression que je pourrais m'envoler si la moindre brise de vent venait caresser mes cheveux tant je me sens légère. Intense. Il me trouve intense et je le trouve rayonnant. Le soleil brille-t-il plus fort maintenant ou est-ce que je perds la tête en même temps que ma raison ? Je bats des cils, agacée par mes réflexions muettes. Je me sens comme une gamine qui découvre qu'elle est amoureuse et qui vient de recevoir un compliment de la personne dont elle est éprise.

-          Vous ne répondez pas ? Cela m'étonne de vous, rit-il en se redressant sur mes coudes pour me regarder dans les yeux.

Je déglutis nerveusement et cache mon visage derrière une mèche de ma chevelure flamboyante. Mes joues rougissent beaucoup trop facilement à mon goût. Il faut que je trouve une répartie amusante, quelque chose à répliquer qui colle bien avec mon caractère... Je ne peux tout de même pas rester là, les bras ballants, à le fixer intensément.

-          Que savez-vous de moi pour affirmer ça ? souffle-je à mi-voix en détournant le regard.

-          Beaucoup de choses, murmure-t-il à son tour. Plus que je ne le devrais certainement.

Mon cœur a loupé un battement et la fièvre s'empare de mon esprit. Stupide Dominique, cesse donc de rougir de la sorte et de laisser ton regard dériver sur ses lèvres !

-          C'est-à-dire ? balbutie-je.

-          Vous ne voulez pas savoir, déclare mon professeur en affichant un rictus moqueur.

-          C'est vous qui ne voulez pas me le dire, rétorque-je en croisant les bras sur ma poitrine.

-          Je ne peux pas vous le dire, c'est différent ! s'exclame-t-il en riant

-          Il faut vraiment que vous arrêtiez ça, soupire-je après un court silence.

-          Quoi ?

-          Votre sourire. Il m'énerve.

Isaac Forestman part dans un grand rire qui me fait froncer les sourcils. Je rêve ou il se fout de moi ?!

-          Je ne plaisantais pas, grogne-je.

-          Dominique ! Vous êtes la plus impertinente de mes élèves... Comment faites-vous pour avoir la langue aussi pendue ?!

-          Vous voulez dire que je suis la plus incroyable de vos élèves, réplique-je en ignorant délibérément sa question.

Un nuage étrange trouble ses iris et je déglutis nerveusement tandis qu'il se penche un peu plus vers moi. Je peux sentir sa respiration régulière qui  balaye mon visage et mon cœur qui s'emballe quand il me prend la main.

-          C'est exactement ce que je voulais dire, chuchote-t-il à mes oreilles.

Je sens ses mains glisser dans mes cheveux avec délicatesse et ses doigts s'entremêler dedans tandis que mon corps, inconsciemment, se penche vers le sien. Son torse effleure mon ventre et je sombre dans une sorte de brouillard. J'ai l'impression de ne plus rien maîtriser. Ma respiration est irrégulière et me brûle l'œsophage, mon cerveau est embrumé et mes yeux ne perçoivent rien  d'autre que le mouvement souple de ses mèches noires qui retombent gracieusement sur son front. Je me sens prendre feu quand ses lèvres se déposent sur mon front et glissent jusqu'à mes oreilles avant d'embrasser mon cou et de remonter jusqu'à mes joues qu'il parsème de baisers innocents. Ses mains descendent sur ma taille et viennent caresser mon bassin avec volupté. Mes lèvres cherchent les siennes, lui volent un baiser sauvage et mes mains l'emprisonnent dans une étreinte féroce. Je ne me suis jamais sentie aussi bien que maintenant, mes joues appuyées contre les siennes et le goût de ses baisers sur mes lèvres tandis que nos mains s'accrochent vainement à l'autre. Il me vole un dernier baiser, plus doux avant de reculer légèrement et de me dévisager avec gravité.

-          Dominique... Nous...

-          N'avons pas fait de bêtise, complète-je avec agacement. C'était... le meilleur baiser que j'ai jamais reçu, termine-je en rejetant ma tête en arrière.

-          Vous avez seize ans ! Je suis votre professeur ! Nous ne sommes pas censés faire ce genre de choses.

Une colère sourde gronde dans mon ventre. Je ne suis plus une enfant ! J'aurais dix-sept ans dans un mois et c'est lui qui m'a embrassée ! Je hais la façon dont il me rejette dès à présent.

-          Peut-être que tout ça n'était pas censé arriver, réplique-je en affichant une expression blessée, mais c'est ce qui s'est passé. Et je... J'ai aimé ça, je sais que vous aussi !

-          Non.

Les traits de son visage se sont durcis et ses mains m'écartent douloureusement.

-          On va devoir oublier ce qui s'est passé. Je ne veux plus en parler.  

-          Mais je ne veux pas oublier ! dis-je d'une voix entrecoupée de sanglots.

-          Moi si. Et j'espère que vous ferez de même Dominique.

-          Non... Vous n'avez pas le droit de me faire ça !

-          Si. Je suis l'adulte, le responsable. Vous n'êtes qu'une enfant écervelée.

-          C'est faux ! hurle-je en essayant de le retenir. Et vous le savez ! Je suis presque majeure et je suis intelligente ! Restez ! Et si vous êtes responsable conduisez-vous en tant que tel !

Il me jette un dernier regard sans saveur et sa silhouette disparait dans l'ombre de Poudlard.

La fureur qui m'abritait quelques secondes auparavant est partie. Ne restent plus que l'incompréhension et le désespoir.

J'aurais que tout ceci soit un cauchemar.

 

End Notes:

Une bébé review ? C'est comme une bébé baleine, c'est le même principe, c'est mignon et ça donne envie de pleurer et de rire en même temps !

OK. Je me tais.

Des bisous !

Rox'

merci d'avoir lu ^^

Chapitre 25 by Roxane-James
Author's Notes:

Hello !

Vraiment désolée du retard, j'espère que ce chapitre vous plaira...

Vous verrez, il est un peu... SPECIAL.

On approche dangereusement de la fin.

Un grand merci pour vos reviews :)

Roxane-James

Chapitre 25


James m'agrippe par la taille et me pousse à l'intérieur de la salle commune de Gryffondor après avoir prononcé le mot de passe du mois « Cœur Vaillant » que je trouve aussi débile que l'air fier que prennent les élèves Rouge et Or en nous voyant passer main dans la main dans la pièce.


- On monte dans mon dortoir ? propose-t-il. Mes camarades de chambre ne seront sûrement pas là.


- Et où sont-ils ?


- Quelque part dans le château ? suppose le brun en me regardant d'un air étrange.


- Très bien. Je te suis.


James gravit les marches plus vite que moi et ouvre la porte brusquement avant de la refermer derrière toujours aussi brusquement. Il me contemple en silence et je me sens rougir. Pour dissiper la gêne qui s'empare de moi, j'inspecte le dortoir du regard. Contrairement à ce que je m'imaginais, il est propre et bien rangé, aucun vêtement ou produit illicite ne traîne sur le sol et les lits sont à peu près faits. Je m'assois sur l'un des lits en regardant James.



Je hoche la tête, consciente qu'il attend mon consentement avant de continuer.


- Très bien. Je vais venir m'asseoir à côté de toi.


Le matelas s'enfonce légèrement sous son poids, James s'est installé en face de moi, à l'autre bout du lit et ses joues se colorent bizarrement.


- Tu es tout rouge, dis-je.


- Je sais.


- Parle, j'attends ! Intimé-je en souriant.


- Menthe, commence-t-il d'une voix mal assurée, je suis... je... Je crois que je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi formidable et brillant que toi. Et je crois aussi que je ne peux pas te dire à voix haute ce que je ressens pour toi. Parce qu'il n'y a pas de mot suffisamment grand pour te dire que je t'aime. Je t'aime, Menthe Etamora. Tu me rends complètement stupide, tu me fais faire des choses insensées mais j'aime être avec toi, te parler, te toucher et... Je suis vraiment désolé pour t'avoir blessé tant de fois par le passé.


Mon cœur se serre subitement dans ma poitrine lorsque je réalise ce que James vient de me dire. Je lève la tête vers lui et j'ai soudainement l'impression qu'un feu d'artifice vient d'exploser dans mon ventre et se diffuse un peu partout dans mon corps. Je fais alors quelque chose de totalement, complètement, horriblement stupide...


- Moi aussi je t'aime, soufflé-je en passant mes bras autour de sa nuque. Depuis beaucoup trop longtemps. Il était temps que je te le dise.


Ses bras se referment sur ma taille et nos lèvres se joignent dans un baiser tendre, chaleureux, amoureux et amical à la fois. Je sens mon poignet me brûler mais très vite cette sensation disparaît, remplacée par d'autres frissons beaucoup plus agréables. Puis nos gestes se font plus saccadés et je sens ma chemise glisser sur le sol et son souffle dans mon cou dénudé. Je souris contre son torse, hume l'odeur de ses cheveux et caresse son dos. James relève la tête vers moi, cessant tout mouvement.


- Tu es sûre ? Tu vas bien ? Me demande-t-il d'un air inquiet.


- Je suis parfaitement sûre de savoir ce que je veux, James Potter, réponds-je en esquissant un sourire épanoui. Et ce que je veux maintenant, c'est toi.


Le Gryffondor m'embrasse délicatement encore une fois et il ferme les rideaux du lit à baldaquin.


- Heureusement que tu as choisi le mien, plaisante-t-il à mi-voix.


*.*.*


- Tu rigoles ou quoi ? J'ai eu dix points de plus que toi à l'examen final de Sortilèges en Quatrième année !


-C'est parce que tu es à Serdaigle, grogne James en enfouissant sa tête dans mon cou. Il y a du favoritisme.


Je ris doucement face à son évidente mauvaise foi et embrasse sa main posée sur ma poitrine.


- Il faudrait peut-être qu'on se lève, tu ne crois pas ? On doit aller dîner et tes compagnons de dortoir vont finir par rentrer à un moment.


- D'accord, accepte James en se redressant.


Il me sourit tendrement et prend l'une de mes mains qu'il serre affectueusement entre les siennes. Je ressens alors une horrible chaleur, une brûlure terrifiante qui vient de mon poignet. Je hoquette de douleur.


- Menthe ! hurle James, inquiet. Que se passe-t-il ?


- J'ai mal ! crié-je, les larmes aux yeux. Au poignet !


James s'empare du poignet qui me brûle avec rapidité et ses yeux s'agrandissent sous l'effet de la terreur. Son visage devient livide tandis que la douleur provoque des frissons qui parcourent tout mon corps.


- Menthe... Il y a écrit quelque chose sur ton poignet.


Secouée de spasmes, je parviens à me redresser suffisamment et ramène mon poignet contre ma poitrine. Sur ma peau d'une pâleur monstrueuse il y a un mot tracé dans mon épiderme. « Victime ».


J'échange un regard angoissé avec James et soudain, toute la douleur me quitte et je me sens entraînée en arrière pendant que la voix affolée de James résonne à mes oreilles.


*.*.*


Louis et Lily traversent le couloir en discutant. La chute d'Albus semble avoir un rapport avec toute cette sombre histoire. Louis repense au comportement de sa sœur, de James et de Menthe. Il sait qu'ils leur cachent quelque chose. Quelque chose de sûrement trop dangereux pour qu'ils n'aient pas eu envie de leur dire.



Louis répond par un hochement de tête, transporté par ses propres pensées. Il sourit à sa cousine et continue sa marche silencieuse dans les couloirs. Il y a quelque chose qui cloche.


Louis se retourne brusquement. Il se sent observé. Des bruits de pas résonnent derrière lui. Des pas précipités. Quelqu'un court.


- Qui va là ? Demande-t-il d'une voix qu'il s'efforce de maîtriser.


La chose se rapproche. Louis, aux aguets, se poste à un angle et retient son souffle. Et soudain il le voit. Ou plutôt... Il LA voit.


Le professeur Forestman a le nez qui s'allonge, ses yeux qui rétrécissent et sa taille s'amenuise. Il dépasse Louis sans le voir et soudain, plus rien. Louis ferme les yeux, essayant de comprendre ce qu'il a vu.


Mais un bras puissant appuie sur son cou et une baguette magique s'enfonce dans son dos.


- Un cri et je t'égorge, Louis Weasley, siffle une voix féminine à son oreille.


Une voix qu'il connaît bien.


- Lou Dember, dit-il à mi-voix.


- Pas exactement...


*.*.*


Lily fronce les sourcils en arrivant sur le seuil de la porte de Poudlard. Elle aperçoit au loin la silhouette de Dominique dont les cheveux roux contrastent avec le ciel bleu. Lily sent que quelque chose de grave s'est passé. Elle a toujours eu une sorte de don pour ça. Un mauvais pressentiment l'encourage à courir jusqu'à sa cousine.


Dominique est allongée à côté du Lac, les joues ruisselantes de larmes. Ses lèvres tremblent tellement qu'aucun son n'arrive à franchir la barrière de ses lèvres. Lily s'agenouille à côté d'elle et la prend dans ses bras sans un mot.


Lily n'a pas besoin de parler. Elle sait déjà ce qui s'est passé. Mais personne ne doit connaître le secret de Dominique.


*.*.*


Dans la volière, Victoire rature une énième fois la lettre posée devant elle. Ses yeux la brûlent. Teddy... Teddy lui manque. Mais les mots aussi. Victoire regrette de n'avoir jamais réussi à le retenir. Ses silences lui donnaient la nausée et leurs disputes ont cessé. Ne restaient plus que les regards emplis de haine et de non-dits. Alors oui, Victoire pleure. Aujourd'hui elle n'est plus le symbole du courage ou de la grande sœur parfaite.


Seulement une jeune fille comme une autre, qui souffre du poids de l'absence d'un garçon aux cheveux bleus comme le ciel qui lui a parfois murmuré qu'il l'aimait à l'oreille.


- Miss Weasley ? Que faites-vous là ? l'interrompt une voix que Victoire connaît bien.


- Et vous ? demande-t-elle en se tournant vers le professeur Forestman. Nous discutions ensemble il y a à peine une demi-heure. Vous m'aviez dit que vous rejoindriez Dominique.


- Je vous demande pardon ? Je ne vous ai pas vue tout à l'heure et je ne sais pas où se trouve Dominique...


L'inquiétude qui transparaît sur les traits de son professeur de DCFM est sincère, Victoire le voit bien.


- Miss Weasley... Où est votre sœur ?


Victoire n'a pas besoin de parler pour comprendre que quelque chose n'est pas normal. Et Forestman se rue derrière elle, effrayé.


*.*.*


Hugo Weasley traverse Poudlard d'un pas tranquille et se dirige vers la bibliothèque. Il a vu une étrange inscription sur une porte close dans un couloir qui lui était encore inconnu du château. Il a reporté les symboles étranges sur un parchemin neuf et compte bien demander de l'aide à Molly pour traduire ce qu'il pense être des Runes Anciennes.


Lorsqu'il arrive dans l'antre de Mrs Pince, il aperçoit Roxanne, Fred et Molly assis à la même table, rêvassant.


- Que faites-vous ? demande Hugo à ses cousins.


- On travaille, soupire Roxanne.


Hugo jette un regard désabusé à la table qu'ils occupent.


- Comment veux-tu que je te crois si il n'y a ni livres ni parchemins posés devant toi ?


- Dans ce cas, ne nous crois pas, rétorque Fred d'un air las en s'affalant un peu plus contre le dossier de sa chaise.


Hugo fronce les sourcils avant de se tourner vers Molly.


- J'ai besoin de ton aide pour traduire ça, explique-t-il en plaçant la feuille devant le nez de sa cousine.


- Où as-tu trouvé ça ? s'enquiert-elle en plissant les yeux.


- Sur une porte, répond Hugo. Une nouvelle porte. Je ne l'avais jamais vue avant.


Cette information fait relever la tête des jumeaux qui le fixent maintenant avec insistance.


- Écoutez, j'ai l'impression que ces symboles sont importants. Il faut qu'on sache ce qu'ils signifient, d'accord ?


Les trois autres acceptent, la mine sérieuse.


« Les secrets s'alourdissent » songe Hugo en s'installant à côté de Molly.  

End Notes:

alors ?

Chapitre 26 by Roxane-James
Author's Notes:

Bonsoir !

Okay, j'abuse, je suis mortellement désolée pour le retard énorme (en plus ce chapitre est MINUSCULE). Et je vous lâche même pas d'infos XD (en plus j'arrive pas à mettre de "tirets" du coup vous avez des points noirs pour les dialogues, je suis énervée !

Je suis tout de même contente de retrouver Menthe (dans un état plus ou moins actif...) et ses joyeux (ou pas) compagnons ! Le chapitre prochain sera plus long et... ATTENTION IL Y AURA DE L'ACTION ! 

Oui, enfin, vous aurez le droit à de l'action...

J'ai beaucoup de mond eà remercier : Diesel, Lily-chan, Floriie, Eniveres Lechemin, Azyax, Kiara Coper, LouWeasley, Ordos, Anth', kikou, Arabella_cross, Aeda, Tagada9, Lily10410, cycy1403 et Marinegryffondor !

Parce que je n'en serai pas là sans vous. Merci pour votre soutient, vos compliments, vos remarques, vos encouragements. Je vous aime tellement :) MERCI. S'il existait un mot plus fort que merci, je vous l'aurais dit !

J'espère que le chapitre 26 vous plaira. 

Rox'

Chapitre 26

Louis ouvre les yeux dans une pièce sombre, suintant l'humidité. Ses paupières papillonnent, le temps qu'il s'habitue à l'obscurité ambiante et il se redresse douloureusement sur ses coudes. Le sol sur lequel il était allongé est froid, couvert d'une épaisse couche de saletés et mouillé. Louis se lève difficilement, les jambes flageolantes et ses yeux parcourent l'endroit où il se tient à la recherche d'un indice.

Cet effort le fatigue plus qu' il ne le devrait et Louis sent qu'il est sur le point de retomber de nouveau sur le sol détrempé. Il se tait, décidant de gagner du temps. Il faut qu'il sache où il est.

Il le distingue alors. Un cadavre. Un gigantesque cadavre aussi grand que la taille de la salle où elle l'a enfermé. C'est celui d'un serpent dont les yeux sont capables de tuer, dont le venin est le poison le plus puissant dans le monde de la sorcellerie. Un gigantesque serpent tué par un garçon de douze ans plusieurs années auparavant. Louis sait bien que la monstrueuse bête ne peut plus lui faire de mal et pourtant il ne peut s'empêcher de hurler de terreur lorsqu'il comprend qu'il est seul, enfermé avec les restes du Basilic de Salazar Serpentard dans la Chambre des Secrets. Et lorsque la bouche de l'effrayante représentation de Serpentard s'ouvre pour laisser passer la silhouette d'une jeune fille au regard envoûtant, Louis sent son cœur se serrer. Il trébuche sur le sol, ses pas le portant jusqu'à elle. Ses yeux semblent ricaner dans la nuit et, sa baguette tendue vers lui, elle lui assène le coup fatal :

Elouna Gellamos agita sa baguette magique avant que Louis ne s'en aperçoive et ses yeux se fermèrent, le silence de la nuit l'avalant de nouveau, le rire cruel de la sorcière résonnant à ses oreilles.

*.*.*

Menthe ressemble à une poupée de chiffons perdue au milieu des draps de soie. Son teint maladif contraste avec le doré de ses cheveux et ses yeux sont fermés depuis sept jours. Son poignet d'une blancheur inquiétante est toujours marqué de cette étrange cicatrice imprégnée de Magie Noire. Le mot «Victime » entaille sa peau et son silence emprisonne le moindre de mes sens.

Je me retourne brusquement et découvre Dominique, un maigre sourire aux lèvres, qui s'appuie sur ma petite sœur pour avancer jusqu'au lit que Menthe occupe à l'infirmerie.

Nous nous retournons vivement afin de découvrir Scorpius Malefoy, qui se tient appuyé dans l'encadrement de la porte avec Rose.

J'échange un regard avec Lily qui est trop occupée à remarquer le changement de couleur de Dominique pour me prêter attention. Ma cousine semble encore plus mal en point que quelques minutes auparavant si c'est possible.

Sans un regard en arrière, Dominique fait volte-face et s'enfuit de l'infirmerie en courant. Lucy, restée cachée sous ma cape d'invisibilité pendant toute la nuit en profite pour me la rendre sous mon regard ébahi et celui de nos camarades.

Et elle s'enfuit à son tour.

Je lâche un petit rire pour la première fois depuis une semaine. Scorpius a raison.

*.*.*

31 décembre

 

End Notes:

A bientôt pour le chapitre 27 !

Chapitre 27 : FIN by Roxane-James
Author's Notes:

Bonjour !

Me revoici... Après des mois.... HUM. Voici la fin de TLG. Que je trouve complètement nulle :(

Je vous remercie beaucoup pour votre patience et vos reviews adorables, drôles, encourageantes ! <3 Merci d'avoir pris le temps de lire cette petite histoire !

Lili10410,

Marinegryffondor,

Ordos,

Diesel,

Azyax,
SumiShann

Arabella_cross  Kiara Coper kikou14789 et AEDA <3 Sans vous, je n'aurais écrit qu'un ou deux chapitres <3 Merci. Il n'y a pas de mot assez fort pour vous dire ce que j'ai sur le coeur ! Vous êtes des lecteurs en OR.

L'épilogue suit aussi :D Petit mot en fin de chapitre

Roxane-James

PS : rar ce soir ;)

Chapitre 27

Louis ouvre les yeux dans une pièce sombre, suintant l'humidité. Ses paupières papillonnent, le temps qu'il s'habitue à l'obscurité ambiante et il se redresse douloureusement sur ses coudes. Le sol sur lequel il était allongé est froid, couvert d'une épaisse couche de saletés et mouillé. Louis se lève difficilement, les jambes flageolantes et ses yeux parcourent l'endroit où il se tient à la recherche d'un indice.

-                    Il y a quelqu'un ? appelle-t-il d'une voix rauque.

Cet effort le fatigue plus qu' il ne le devrait et Louis sent qu'il est sur le point de retomber de nouveau sur le sol détrempé. Il se tait, décidant de gagner du temps. Il faut qu'il sache où il est.

Il le distingue alors. Un cadavre. Un gigantesque cadavre aussi grand que la taille de la salle où elle l'a enfermé. C'est celui d'un serpent dont les yeux sont capables de tuer, dont le venin est le poison le plus puissant dans le monde de la sorcellerie. Un gigantesque serpent tué par un garçon de douze ans plusieurs années auparavant. Louis sait bien que la monstrueuse bête ne peut plus lui faire de mal et pourtant il ne peut s'empêcher de hurler de terreur lorsqu'il comprend qu'il est seul, enfermé avec les restes du Basilic de Salazar Serpentard dans la Chambre des Secrets. Et lorsque la bouche de l'effrayante représentation de Serpentard s'ouvre pour laisser passer la silhouette d'une jeune fille au regard envoûtant, Hugo sent son cœur se serrer. Il trébuche sur le sol, ses pas le portant jusqu'à elle. Ses yeux semblent ricaner dans la nuit et, sa baguette tendue vers lui, elle lui assène le coup fatal :

-                    Il reste une semaine avant la fin de l'hiver, Louis Weasley. Le premier janvier tu seras mort. Dommage pour toi que « Les Trois » ne soient pas en état de t'aider...

-                    Ils viendront, assure Louis d'une voix forte. Je le sais.

-                    Oh oui ils viendront... Mais la Magie m'appartiendra d'ores et déjà. Tu ne peux rien contre moi, Louis Weasley. Tu ne peux rien contre personne. Ton sort est écrit, ta ligne de vie s'arrête ici. Le destin est cruel. Je ne pensais pas que tu aimerais une meurtrière au détriment de ta propre vie... Car c'est ce qu'elle va devenir, Louis Weasley. Ta sœur est une meurtrière.

Elouna Gellamos agita sa baguette magique avant que Louis ne s'en aperçoive et ses yeux se fermèrent, le silence de la nuit l'avalant de nouveau, le rire cruel de la sorcière résonnant à ses oreilles.

*.*.*

Menthe ressemble à une poupée de chiffons perdue au milieu des draps de soie. Son teint maladif contraste avec le doré de ses cheveux et ses yeux sont fermés depuis sept jours. Son poignet d'une blancheur inquiétante est toujours marqué de cette étrange cicatrice imprégnée de Magie Noire. Le mot «Victime » entaille sa peau et son silence emprisonne le moindre de mes sens.

-                    Elle ne s'est toujours pas réveillée.

Je me retourne brusquement et découvre Dominique, un maigre sourire aux lèvres, qui s'appuie sur ma petite sœur pour avancer jusqu'au lit que Menthe occupe à l'infirmerie.

-                    Dom... Tu vas mieux ?

-                    Cela fait une semaine que Louis a disparu, James. Comment veux-tu que j'aille mieux ? Une semaine que ma meilleure amie ne donne plus aucun signe de vie. Une semaine que tu ressembles à un cadavre quand tu déambules dans les couloirs.

-                    Je...

-                    Tu ne sais pas quoi dire ? C'est normal. Moi non plus je ne sais pas. C'est pour ça que je me tais. Albus me manque et Louis aussi. J'ai la sensation d'être la personne la plus impuissante au monde. En plus, Victoire insiste pour que je parle de nouveau à Forestman, elle dit qu'il y a quelque chose qui cloche entre nous.

-                    Pour être plus précise, s'immisce Lily en forçant Dom' à s'asseoir, Victoire dit qu' « un morceau de temps » nous a échappé.

-                    C'est vraiment étrange, soupiré-je en mettant ma tête entre mes mains. Sauf que Victoire semble avoir disparu de la surface de la terre en même temps que Forestman.

-                    On sait où elle est, elle au moins ! S'emporte Lily en me fusillant du regard.

-                    Ce que je veux dire, Lily, c'est que même si nous voyions Victoire dans les couloirs, aucun de ses camarades de classe ne l'aperçoit en cours.

-                    Elle fait des recherches. Avec Forestman.

Nous nous retournons vivement afin de découvrir Scorpius Malefoy, qui se tient appuyé dans l'encadrement de la porte avec Rose.

-                    Bonjour, nous salue ma cousine en frottant ses yeux d'un air fatigué. James, tu as ENCORE passé ta nuit à l'infirmerie ?! C'était le tour de garde de Molly, s'indigne-t-elle.

-                    Molly m'a dit que ça ne la dérangeait pas, répliqué-je en haussant les épaules.

-                    SILEEEENCE ! hurle l'infirmière depuis son bureau.

-                    Oui Mrs Pomphresh, débitons-nous tous en même temps sans même se concerter.

-                    Il n'empêche que c'était à Molly de surveiller Menthe, ne peut s'empêcher de rajouter Rose en fronçant les sourcils. Regarde un peu ta tête, on dirait un Inféri.

-                    Comment sais-tu que Vic' fait des recherches avec Forestman ? L'interrompt Lily en se tournant vers Scorpius.

-                    Albus nous a laissé la carte du Maraudeur, répond Scorpius. Rose et moi les avons découvert dans son bureau, plongés dans des bouquins plus volumineux les uns que les autres.

J'échange un regard avec Lily qui est trop occupée à remarquer le changement de couleur de Dominique pour me prêter attention. Ma cousine semble encore plus mal en point que quelques minutes auparavant si c'est possible.

-                    Dom'... Vic' essaie de retrouver ton frère et Forestman est Auror, lui murmure-t-elle.

-                    Et alors ? Cela ne change rien à ce qu'il m'a dit.

Sans un regard en arrière, Dominique fait volte-face et s'enfuit de l'infirmerie en courant. Lucy, restée cachée sous ma cape d'invisibilité pendant toute la nuit en profite pour me la rendre sous mon regard ébahi et celui de nos camarades.

-                    Tiens. C'était pour vous surveiller. Je vais rester avec Dom'.

Et elle s'enfuit à son tour.

-                    C'est vraiment une famille de malades, soupire Scorpius Malefoy en étreignant Rose.

Je lâche un petit rire pour la première fois depuis une semaine. Scorpius a raison.

*.*.*

-                    Hugo ! appelle Molly en l'attrapant par la manche de sa robe de sorcier. J'ai trouvé !

-                    Tu as trouvé ce que signifient les symboles ?

Molly rit, fière d'avoir su résoudre cette énigme de la plus haute importance. Peut-être seront-ils en mesure de retrouver Louis avec ce qu'ils ont à disposition ?

- Alors, qu'est-ce que ces symboles signifient ? s'enquiert Hugo qui semble partagé entre appréhension et excitation.

- "Le Nid de la Magie" répond Molly d'une voix sérieuse.

- Il faut qu'on montre ça à James et à Dominique. Je suis sûr qu'ils nous cachent des choses et sauront résoudre l'enquête avec ceci. Et réveiller Albus et Menthe. Trouver Louis. En vie.

*.*.*

A l'aube d'un jour nouveau,

Quand le soleil se lèvera,

Qu'une nouvelle ère sera,

S'ouvrira un tombeau.

 Il seront trois,

Enfants de ses enfants,

Ils lutteront pour elle,

Ils lutteront en proies,

Un seul mourra,

Comprenant, triomphant,

Et Mère sera sauvée,

Pourra ressusciter,

Mais pour cela,

Verser le prix du sang, il faudra.

Trouver le nid puissant, il faudra.

Mère y a gravé une Histoire Ancienne,

Là où l'on étudie la sienne.

Braver les interdits,

Et tout sera fini.

Tous se taisent. La voix de Dominique, lourde de sens, résonne encore dans leurs esprits embrumés. Jamais un 31 décembre n'a été aussi étrange.

Soudain, Molly se lève et rompt le silence. Dans ses yeux brûle une flamme ardente. Celle de la vérité.

- "A l'aube d'un jour nouveau, Quand le soleil se lèvera, Qu'une nouvelle ère sera, S'ouvrira un tombeau" cela signifie que la vérité doit se faire... aujourd'hui. Réfléchissez, bon sang ! Nous sommes le 31 décembre. Demain, nous serons le premier jour d'une nouvelle année. Donc, demain à l'aube, "une nouvelle ère sera".

- Et le tombeau ? demande Victoire, les larmes aux yeux.

- Il y aura un meurtre, répond James d'un air sombre.

- C'est exact. Mais ne parlons pas de cela pour le moment. Il est évident que les "Trois" sont James, Dominique et Menthe... ou une autre possibilité que personne ne semble avoir émise : Menthe, Louis et Albus. Eux aussi sont Trois. Tous trois ont certainement en main les clefs de la vérité.

- Qui est "mère" ? demande Dominique. La Magie ?

- Tout à fait. "Mère" est la Magie. Nous devrons donc lutter ce soir pour protéger la Magie de notre monde.

- "Trouver le nid puissant, il faudra. Mère y a gravé une Histoire Ancienne, Là où l'on étudie la sienne. Braver les interdits, Et tout sera fini." récite Hugo. La Magie a gravé son histoire à Poudlard. Le Nid Puissant de la Magie est la source des pouvoirs de celle-ci. Les Fondateurs ont sûrement caché une salle dans Poudlard qui serait la source même de la Magie. Et si quelqu'un s'empare de cette source, cette personne pourra déverser sur le monde les pires sortilèges connus. Tuer. Torturer. Il ne faut pas que la Magie repose entre des mains malveillantes.

- Je sais où se trouve le nid, déclara soudainement Dominique. Menthe et moi le savions.

Comme si ses mots avaient eu un effet magique de coup de fouet, Menthe ouvrit les yeux au même instant et dit d'une voix éraillée, s'agrippant à la main de James dans la surprise générale :

- MON JOURNAL INTIME EST UN PIEGE !

- Calme-toi, Menthe ! la reprend James en pleurant.

*.*.*

Je parviens enfin à parler, à me faire entendre d'eux. James me serre dans ses bras. Mes lèvres se pressent contre les siennes. Et la nuit tombe soudainement, comme si elle n'attendait plus que mon réveil pour s'éveiller.

Mon Journal intime. Je leur explique alors. Le cadeau de Lou Dember. Sa gentillesse à toute épreuve. Et le mot inscrit dans ma chair : Le Théâtre avait déjà choisi de me marquer. Le Théâtre qui a appartenu à Elouna Gellamos. A Lou Dember.

Forestman avait raison : il y avait un espion parmi nous.

- Vous comprenez ?! Le Théâtre où Jane Fontiny nous a emmenés ? Il y a eu un cercle qui m'a entourée à un moment, sur la scène. Dominique et toi, James, vous me parliez de la magie noire contenue dans cette pièce. Puis des mots sont apparus "jouons un peu..." : J'étais déjà marquée ! James ! Tu as dit qu'il s'agissait d'un jeu sanguinaire, tu te souviens ?! Tu avais presque raison ! Je suis persuadée que notre Jeu : Notre Jeu d'Amour n'était pas réellement ce qu'il paraissait être. James... j'ai perdu. Je suis la Victime.

- Je ne comprends pas, souffle Roxanne.

- The Love Game n'est pas un vrai jeu, répond Victoire, les yeux flous : tu as raison maintenant, Menthe ! C'est Elouna Gellamos qui m'a donné cette idée !

- En utilisant l'Imperium ! murmure Fred.

- Après avoir tué Fontiny. Parce qu'elle avait besoin de son sang...

- Pourquoi ?

- Pour se protéger contre la Prophétie, deviné-je. Le sang qui coule dans nos veines est empreint de Magie. Elle avait besoin de sang pour tromper la Magie des Trois. Pour qu'ils ne découvrent pas trop vite... ce qui allait se passer.

- Ce qui va se passer, la reprend doucement Rose en serrant Scorpius dans ses bras.

- Lou espionnait mon Journal.

- Comment ?

- Une fois, elle m'a dit qu'il existait un double... je suppose qu'elle se servait de la doublure pour voir l'avancée de nos recherches.

- C'est absurde ! Pourquoi ne nous a-t-elle pas tués plus tôt ?!

- Parce qu'elle aime jouer, répond James en serrant les dents. Et qu'elle veut la Magie.

*.*.*

Je tourne la poignée de porte avec Dominique. Nous entrons dans notre salle de classe abandonnée qui nous a servi si souvent de repaire, celle que nous avions découverte lorsque nous étions en Deuxième Année. Deux pupitres de bois, un canapé, des coussins... quelques meubles et des papiers de bonbons qui jonchent le sol... lui-même recouvert d'un immense tapis magnifique que nous n'avions jamais réussi à décoller du sol. Un nid doré est représenté, entouré par des broderies de plantes. Le nid semble plus profond que d'habitude. C'est ici, nous le savons. Ici que tout a commencé et que tout se terminera.

- Le repas du réveillon qui se déroule ce soir...

- On s'en fiche. On n'y sera pas.

- C'est exactement ce que j'allais dire, soupire Victoire. Il faudrait quand même prévenir un adulte...

- Quoi, pour qu'ils nous empêchent de faire ce que nous avons à faire ? proteste Lucy. Hors de question !

- Je ne peux qu'approuver ce que dit Lucy, affirme Scorpius.

- On y va dans combien de temps ? demande James en désignant le tapis d'un air angoissé.

- A minuit, réponds-je. Il nous reste cinq heures à tuer.

Je gratte mon poignet sur lesquels sont toujours inscrits ces lettres horribles, formant un mot au moins aussi terrifiant : Victime. Je sens le regard de James s'attarder sur ce mot, en silence. Lui comme moi, comme nous tous en ces lieux, savons que je suis certainement la Victime en question. Le sang qui sera versé ce soir. Mais je n'ai pas peur. Car je le fais pour eux. Pour James. Pour Dominique. Pour mes amis. Pour ma sœur qui rentrera bientôt à Poudlard. Pour les Fontiny. Je me contente de serrer la main de James avec ferveur et réponds à l'étreinte de ma meilleure amie. Ce soir, je suis aussi seule qu'entourée.

Je sens une larme s'écraser sur mon poignet. A quelques centimètres de moi, James pleure en silence.

*.*.*

Elouna Gellamos le gratifie d'un coup de pied bien placé qui le réveille en sursaut.  Louis vomit un peu de bile à ses pieds tandis qu'elle lui lance un regard dégoûté. Elle rejette son opulente chevelure en arrière et pointe sa baguette magique sur son torse.

- Lève-toi.

Sa voix lui apparaît plus rauque qu'avant, ses yeux brillent d'une folie trop longtemps contenue. Louis se redresse, essaye de marcher mais s'effondre à ses pieds tandis que le rire cruel de la sorcière résonne à ses oreilles.

- Ne fais pas ta princesse, Weasley, je suis pressée.

- C'est ce soir, n'est-ce pas ? parvient-il à demander d'une voix faible.

Elle le regarde à peine en lui répondant.

- Oui, idiot. C'est ce soir. Ce soir que je pourrais enfin avoir ce que je désire depuis si longtemps.

- Vous êtes un monstre.

- Je suis douée ! lui crache-t-elle au visage. Si douée que tes petits amis ne m'ont pas encore démasquée !

- Ils vont vous tuer ! réplique Louis en maîtrisant les trémolos de sa voix.

- Non... Jamais ces crétins oseraient me tuer, ricana-t-elle.

- Vous avez dit que ma sœur est une meurtrière.

- Bien sûr ! C'est écrit. Le Destin fait bien les choses, tu ne trouves pas ?

Elle agita sa baguette magique et une pièce étrange apparut sous ses yeux ébahis, réduisant en un nuage de fumée et de poussière le gigantesque cadavre du monstre de Serpentard. C'est Un théâtre immense empli de magie noire qui crépite. Elouna Gellamos se tient au centre de la pièce et déclare d'une voix ironique :

- Un théâtre sorcier. Soi-disant disparu pendant la Seconde Guerre Mondiale des Moldus...

- Il vous appartient ?

- Il appartient à ma famille depuis des générations... Sais-tu où il se trouve ? A Londres...

Un sourire sardonique se dessine lentement sur ses lèvres tandis que Louis s'efforce de réfléchir à toute vitesse. Comment peut-il être à Londres ? Il ne comprend pas...

- J'ai un pouvoir fabuleux, Weasley, souffle une voix à son oreille : celui de recréer les décors que je connais bien dans une pièce emplie de Magie.

- Alors je ne suis pas à Londres ? Ou dans la Chambre des Secrets ?

- Non...

Elle lance un sort sur les murs. Une gigantesque salle de marbre blanc apparaît sous ses yeux. Au centre, une fontaine colorée et imposante se dessine à son tour, protégée par un bouclier magique que l'on peut voir aisément. La Magie fait vibrer les murs de la pièce. Le regard de Louis heurte le plafond sur lequel est gravé un magnifique nid doré.

- Au fait, Weasley, j'espère que tu as passé une merveilleuse année... il se pourrait que tu ne voies jamais un nouveau premier janvier...

*.*.*

Les douze coups de minuit résonnent dans le château. Je plisse les yeux, me raidis, en pensant aux élèves agglutinés dans la Grande Salle à cet instant. Ceux qui sont restés à Poudlard pour les fêtes. Ils ne se doutent pas de ce qui se trame dans l'ombre. De leur projet un peu fou. Cela serait mentir que de dire que je ne ressens pas la moindre peur à présent. Je suis toujours aussi déterminée mais il est l'heure. Peut-être était-ce la dernière fois que je parlais avec James et Dominique ? Que je serrais mes amis dans mes bras.

Le tapis devient soudain lisse et un tunnel se creuse comme par magie à l'endroit où le nid est représenté. Nous sortons nos baguettes magiques. Formons un cercle en silence. Nos mains se joignent, je sens la Magie faire battre nos cœurs au même rythme.

Il est l'heure.

Je m'apprête à rompre notre formation lorsque les lèvres de James se posent une dernière fois sur les miennes. Nos regards se croisent. Je sens mes joues s'embraser et mon poignet me brûler plus fort. Dominique me serre dans ses bras. Ses yeux sont rouges et gonflés.

Puis Victoire nous regarde les uns après les autres et lâche d'une voix hésitante :

- Personne n'est obligé  de venir. Lucy, Lily... Hugo... vous êtes si jeunes...

- Personne n'est obligé, répondit Lily d'un air brave, mais je tiens à rester avec vous jusqu'à la fin.

Ses mots résonnent dans l'obscurité comme une promesse. Nous sautons tous ensemble dans le tunnel glacial, de marbre blanc et soudain, tout se tait.

*.*.*

Un corps étalé sur le sol, une femme aux lourdes paupières au centre de la pièce, près d'une fontaine d'où jaillit la Magie. Nous avons bel et bien trouvé la source Mère. Ma baguette magique tressaille dans ma main. Elouna Gellamos darde son obscur regard sur nous, un sourire sadique ornant ses lèvres bleuies.

- Quelle joyeuse petite troupe, rit-elle. Je ne pensais pas que vous viendriez si nombreux... Trois, au plus.

- SALE CRAPULE ! vocifère Lily. Qu'avez-vous fait à Albus, Louis et Fontiny ?!

- Tu oublies Menthe, très chère, glisse-t-elle d'une voix suave.

Je m'avance vers elle, encadrée par Dominique et James. Elouna Gellamos contourne le corps abandonné sur le sol et vient à notre rencontre. Ma respiration s'accélère.

- Nous voici donc, ici, à l'aube... Auprès de Mère Magie, ricane-t-elle. Je cautionne cette prophétie car elle contient aussi la mention d'un tombeau pour l'un des Trois, mais qui sera la ... Victime ?

Un frisson descend le long de mon échine. Je m'efforce de rester droite.

- Menthe Etamora... sache que j'étais ravie que tu joues avec ton cœur. Cela renforce la Magie qui coule en toi... Sache que j'ai toujours voulu ta mort ! Tu as toujours été très réceptive à la Magie... Quand tu as choisi Potter, tu es tombée. C'est dommage pour toi, n'est-ce pas ? A peine aimée, déjà morte...

- Je ne suis pas encore morte, réponds-je de ma voix la plus glaciale.

- Cela ne saurait tarder. Tiens, Dominique, nous avons de la visite...

Le professeur Forestman surgit à nos côtés, le visage grave et la voix rocailleuse. Je sens Dominique se tendre à mes côtés. Elle lance un regard enamouré à Forestman, je frissonne.

- Reculez, Potter, Etamora et Dominique, nous intime-t-il. Cette femme est folle.

- Vous aussi, Isaac, glousse Gellamos. Vous êtes fou  d'avoir séduit une jeune fille...

- Je suis désolé Dominique, lui souffle notre professeur.

- Ne le soyez pas, réplique mon amie. Je ne suis pas désolée.

- C'est bien, ricane Gellamos. Une petite chose, Isaac : si vous l'aviez embrassée l'autre fois, vous seriez déjà mort. En fait, mon équation était très simple... c'était soit Dominique... soit Menthe.

- Mais comme j'ai dit "je t'aime" en premier à James, soufflé-je, je suis votre victime.

- Exactement.

- POURQUOI FAITES-VOUS CELA ?! crie Hugo.

- Pour être la Magie. J'ai un défaut... quand je veux quelque chose, je me donne toute entière pour l'avoir... Et ce que je veux, c'est la puissance qui coule dans les veines des sorciers depuis des milliers d'années... Même si je dois tous vous tuer pour cela.

- Monstre ! hurle Victoire en se jetant sur la sorcière.

Gellamos la projette contre un mur d'un geste vif de la baguette dans un silence pesant. Victoire reste inerte sur le sol.

C'est le début de la lutte.

*.*.*

Il faut que j'empêche Gellamos d'approcher de la source de la Magie. J'entends James hurler à côté de moi et Dominique qui court vers son frère, Louis, figé sur le sol et me précipite à mon tour sur Elouna malgré les avertissements de Forestman. Je sais que je peux le faire.

La sorcière semble avoir posé des sortilèges de protection, pour nous encercler toutes les deux et nous tenir à l'écart des autres. Je lance des sorts sans arrêt, elle réplique violemment. Mon poignet est plus douloureux qu'auparavant, du sang gicle sur mes mains. Elle a entaillé la peau de mon ventre. Ma vision se brouille quand je reçois un Doloris virulent en pleine figure. Je me redresse et me retrouve désarmée.

Je rampe dans une flaque de sang pour reprendre ma baguette magique, tombée lors de notre combat. J'ai à peine le temps de la saisir que je suis plaquée sur le sol repoussant par la sorcière. Elle maintient un petit poignard sur mon cou, un rictus aux lèvres.

- C'est comme ça que ça doit finir, toi et moi... susurre-t-elle à mon oreille. Ton sang pour ma Magie.

- Ce n'est pas votre magie ! craché-je.

- Si... une fois que tu seras morte, elle sera mienne, fait-elle.

- Pourquoi seulement lorsque je serais morte ? demandé-je en évitant de songer à la douleur qui parcourt mon corps entier.

- Parce que c'est toi, que la Magie a choisie ! Toi qu'elle a reconnue comme étant son héritière directe !

- Tous les sorciers sont des héritiers de la magie ! Vous êtes complètement folle !

- Peut-être mais la Magie t'a choisie... Quand j'ai commencé à comprendre où se trouvait la source... je t'ai vue apparaître dans les flammes de la fontaine. Ton visage. Innocent, stupide ! Comment une fille aussi sotte et candide que toi pouvait-elle être celle qu'il me faudrait vaincre ? J'ai décidé de te tuer...

- Quel âge avez-vous ?!

- J'ai quarante ans... j'ai vécu toute ma vie dans la peau d'autres personnes... Je me suis fait passer pour plus jeune... j'ai effacé de nombreuses fois la trace de mon identité...

- Vous n'êtes qu'une sale garce !

Je me hisse sur mes pieds et la repousse de toutes mes forces. Je me retrouve bloquée contre la cloison protectrice. Elle se penche sur la Fontaine de Mère Magie et je sens deux mains m'agripper. James et Dominique ont réussi à rentrer dans le cercle protecteur.

- LES TROIS SONT REUNIS ICI, MERE MAGIE ! beugle-t-elle.

La prophétie résonne à nos oreilles. Je sais soudainement ce que je dois faire. Un sacrifice par amour. Je regarde James et Dominique une dernière fois. Mes amis. Louis qui s'est redressé et qui se tient auprès de sa sœur. Forestman. Les Aurors débarqueront d'une minute à l'autre. Il ne me reste pas beaucoup de temps.

- Dominique... James... je vous aime. Je vous aime tous. Je vous aime tellement...

Ma voix s'amplifie dans la pièce. Elle s'écrase contre les parois glaciales. Sur le sol maculé de sang. Sur la fontaine de Mère Magie. Leurs yeux se lèvent à l'unisson vers moi. Ils ont compris ce que je voulais faire. James pleure de désespoir.

Elouna Gellamos comprend que quelque chose se passe. La Magie entière déverse sa colère sur elle. Son visage se crispe, ses yeux deviennent rouges. Je sens toute la puissance de Mère lutter. Gellamos lève sa baguette magique, pointe Forestman en hurlant. Il tombe par terre, le regard tourné vers Dominique.

Et lorsque l'Avada Kedavra me frappe, je sens encore la pression de ses doigts contre les miens et ceux de Dominique qui me soutient. Et les visages de ceux que j'ai aimés s'impriment dans ma rétine... James, Dom, Mélica Fontiny, Jane, Albus, Louis, Lucy, Hugo, Rose, Scorpius, Molly, Lily, Victoire, ma sœur, ma mère, Roxanne, Fred, Forestman...

A l'aube d'un jour nouveau,

Quand le soleil se lèvera,

Qu'une nouvelle ère sera,

S'ouvrira un tombeau.

 Il seront trois,

Enfants de ses enfants,

Ils lutteront pour elle,

Ils lutteront en proies,

Un seul mourra,

Comprenant, triomphant,

Et Mère sera sauvée,

Pourra ressusciter,

Mais pour cela,

Verser le prix du sang, il faudra.

Trouver le nid puissant, il faudra.

Mère y a gravé une Histoire Ancienne,

Là où l'on étudie la sienne.

Braver les interdits,

Et tout sera fini.

End Notes:

MERCI.

D'avoir lu cette histoire.

D'avoir suivi mon cerveau compliqué pendant 27 chapitres XD, Menthe, James, Dominique, Isaac... et tout ce petit monde !

Cette fin n'était pas censée être ainsi. Mais j'ai passé des mois dessus et je n'arrivais à rien. Il était temps de finir cette histoire alors voici le dernier chapitre, le plus raté à mes yeux O0 l'intrigue est assez floue et n'hésitez pas sur les questions !

J'espère que le prologue vous plaira et je vous serre très fort dans mes bras pour tout votre soutient et vos mots qui m'ont donné le sourire de nombreuses fois !

Je vous souhaite une JOYEUSE NOUVELLE ANNEE 2018 <3

Rox'

Chapitre 29 by Roxane-James

EPILOGUE

 

Menthe me regarde en souriant, tenant entre ses bras deux adorables enfants. La petite fille s'appelle Mélica et tend les bras vers moi, en babillant allégrement. Elle ressemble beaucoup à sa mère : les mêmes yeux bleus, la même touffe de cheveux dorés. Le même sourire rayonnant. Jane Fontiny regarde la petite avec espoir. Ce nom lui rappelle son combat. Son combat pour Mélica, sa sœur. Pour que la vérité soit là et la justice soit faite. Dominique garde les yeux rivés avec tendresse sur notre petit Isaac.

Cela fait plus de dix ans, maintenant.

Dix ans ont passé. La Magie a été sauvée. Les Sorciers épargnés. Albus, Louis et Jane Fontiny ont enfin pu faire face à la vie qui les attendait. La sœur de Menthe est rentrée à Poudlard. Hugo est tombé amoureux. Scorpius a rompu avec Rose pour épouser Louis. Rose est heureuse et travaille à l'étranger. Lily parcourt le monde avec Lucy, Lysander et Lorcan Scamander et les jumeaux. Victoire et Teddy jouent toujours au chat et à la souris. Molly et Théodore Nott sont enfin réunis.

Tout n'est pas toujours rose. Parfois, je me réveille en pleine nuit car j'entends encore les cris de douleur de Menthe. Les larmes de Dominique. La mort sauvage d'Isaac.

La Magie a vu dans sa mort un acte d'amour. Un amour qui le reliait à Dominique mais aussi à Menthe et moi-même. Il a voulu nous protéger. Nous offrir un monde meilleur.

Dominique a disparu pendant deux ans après sa mort. Elle n'est plus la même qu'autrefois. Mais elle est en vie et entourée de personnes qui l'aiment. Je crois même qu'elle est retombée amoureuse. Le chemin sera encore long pour elle. Mais nous avons confiance en notre Gryffondor passionnée.

La voix de Menthe me coupe dans mes pensées. Je souris, heureux et nauséeux à la fois. Je suis papa. Et je me demande si tout cela n'était pas qu'un rêve, finalement...

End Notes:

Merci beaucoup <3

Je suis frustrée de ne pas avoir tué James XDC'était censé être le MORT mais... vous êtes trop persuasifs XD

Gros bisous, je fais les RAR <3

Rox'

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