Taken - Enlevées by Pikenikdouille
Summary:

Harry Potter, père anxieux et protecteur, assiste impuissant à l'enlèvement de sa fille Lily en voyage à Paris. Il n'a que très peu de temps pour l'arracher des mains d'un nouveau gang de fanatiques particulièrement dangereux...


Categories: Après Poudlard Characters: Harry Potter
Genres: Aventure/Action
Langue: Français
Warnings: Scène(s) gore(s)
Challenges: Aucun
Series: Aucun
Chapters: 10 Completed: Non Word count: 14294 Read: 3796 Published: 25/05/2017 Updated: 23/09/2017
Story Notes:

Cette fanfiction est une adaptation libre du film du même nom, de Pierre Morel. Les personnages sont presque tous à J.K Rowling, hors mis quelques OC pour les besoins de l'histoire.

Voici le casting, avec les noms de la version originale (entre parenthèses) et la situation de ceux de l'adaptation, pour vous permettre de vous repérer:

Harry Potter: Ex-mari de Ginny, père de James, Albus et Lily (Bryan Mills dans le film)

Lily L. Potter: Fille de Harry et Ginny, cousine de Roxane (Kim dans le film)

Ginny Weasley: Ex-femme de Harry, mère de James, Albus et Lily Potter. (Lénore dans le film)

Dean Thomas: Nouveau compagnon de Ginny (Stuart dans le film)

Roxane Weasley: Cousine de Lily L. Potter, fille de George et Angelina Weasley (Katie dans le film)

 

1. Un père by Pikenikdouille

2. La demande by Pikenikdouille

3. Deux hommes by Pikenikdouille

4. Sur les traces by Pikenikdouille

5. Enquête, perte et fracas by Pikenikdouille

6. L'ombre et la piste by Pikenikdouille

7. Descente violente by Pikenikdouille

8. Le piège de Drago by Pikenikdouille

9. Le Phénix by Pikenikdouille

10. Sous les paillettes by Pikenikdouille

Un père by Pikenikdouille
Author's Notes:

Voici le premier chapitre de cette fanfiction.

J'espère qu'il vous permettra d'entrer tranquillement (ça ne va pas durer!) dans l'univers de cette histoire et de comprendre un petit peu où nous en sommes.

D'ailleurs, nous sommes au printemps 2025...

 

            On se retournait toujours sur son passage. Dans ce café miteux où il avait échoué, à plusieurs kilomètres de son nouveau quartier de Londres, Harry Potter commençait tout juste à ne plus susciter la surprise des habitués…précisément parce que sa présence devenait elle aussi habituelle. Il commanda un thé et regretta immédiatement ce choix raisonnable. Il n’avait pas dormi de la nuit. Il avait terriblement envie de quelque chose de plus fort.

Sur le journal du sorcier le plus proche, il devina le début d’un article à propos du Ministère de la magie. Sans doute des informations bidon ! En plusieurs années de bons et loyaux services en tant qu’auror, Harry avait pris en horreur les soi-disant lanceurs d’alerte et autres journaleux qui prétendaient servir à la population la Vérité sur un plateau d’argent… La vérité (si elle existait…) ne ressemblait pas à un joli petit cadeau. Il le savait bien. La vérité puait, dégoulinait de sang versé pour rien sur les draps blancs de l’innocence. C’était ça, la Vérité ! Mais il n’y avait personne pour la dire, et si on essayait de la crier, les gens s’éloignaient de vous comme d’un oiseau de mauvais augure… Même Ginny avait fini par s’éloigner… Est-ce que c’est trop te demander que de te satisfaire de notre bonheur ?! S’était-elle exclamée ce jour-là. Ce jour maudit. Il n’avait pas su quoi lui répondre.

Non, cette vie ne lui convenait pas ! Courir après les méchants (les méchants du Ministère, bien sûr, qui n’étaient pas toujours les siens…). Dire aux enfants d’écouter leurs professeurs (franchement ?). Et parler de tout ça sur un ton aimable, le dimanche midi avec Ron, Hermione et Ginny, bien sûr... Non. Il ne serait jamais cet homme-là. Naïvement, il avait cru que Ginny l’aimait comme ça, pour ça. Tristement, elle lui avait avoué:

            -Moi aussi, Harry, je croyais…

Et ses larmes avaient coulé, silencieuses. Et Harry était parti.

James, si proche de lui, si combattif, avait d’abord pris le parti de son père et manifesté une froideur culpabilisante pour Ginny. Mais après quelques semaines, lui aussi avait admis que Harry était le plus fautif des deux. Albus ne disait rien, éberlué par cette séparation et toujours aussi secret. Il semblait soit ne pas comprendre, soit ne pas vouloir entrer dans le débat. Et puis avec le temps, le travail, la distance, il s’était formé cette chose entre Harry et ses fils. Cette chose invisible, mais tellement évidente, comme une barrière infranchissable. Les garçons avaient commencé à l’éviter, et honteusement, Harry redoutait leurs rares entrevues et les silences qui prenaient toute la place de leur ancienne complicité.

Lily, quant à elle, était trop jeune pour comprendre quoi que ce soit au début. Elle avait cru à un jeu, à un long voyage… Harry lui ramenait des cadeaux à chacune de ses visites. Elle avait grandi loin de lui. A présent c’était une jeune fille étrangement joyeuse, insouciante, un peu lointaine. Tellement lointaine, en vérité. Elle appelait Harry « Harry ». Tout comme elle appelait Dean « Dean », le nouveau compagnon de sa mère… Pour ce dernier toutefois, la plupart du temps, elle agrémentait ses paroles d’un sourire. Et Harry ne cherchait pas à le nier : sa fille le regardait comme un gentil grand-oncle avec qui on ne parle que de ses résultats scolaires et du métier qu’on voudrait peut-être faire plus tard.

 

            -Chanteuse, ou musicienne… Lui avait-elle confié quelques jours plus tôt.

Chanteuse… Harry avait souri mollement sans savoir quelle réponse faire. Un jour, pour une mission, il avait dû faire évacuer une salle de concert et les confidences que lui avaient faites la vedette dont on avait interrompu le spectacle l’avaient touché.

 

            -Hum, vous savez, ma vie, c’est surtout des histoires de décalage horaire et de chambre d’hôtel. Quelquefois je transplane tellement pour la tournée et pour échapper aux journalistes que j’en vomis mon déjeuner !

Mais ce n’était sûrement pas ce qu’il fallait raconter à Lily s’il voulait réellement se rapprocher de sa fille...

Seul dans le café miteux, Harry avala son thé refroidi et paya sa consommation avant de sortir. Il espérait que Lily serait à la maison. Il espérait que les garçons n’y seraient pas, eux. C’était le début des vacances d’été mais James et Albus partageaient un studio dans la banlieue. Ils étaient en vadrouilleles trois-quarts du temps, si on en croyait leur mère.

Ce fut pourtant James qui vint ouvrir. En se retrouvant face à face avec son père, il eut un mouvement de surprise (et de recul), avant de s’efforcer de lui tendre la main :

 

            -Bonjour, papa… Comment vas-tu ?

Harry toussota. Il serra la main de son fils, manifestement mal à l’aise.

           

            -Salut James... Je suis venu voir ta sœur, si elle est là ?

Harry déglutit bruyamment. Il ne voulait pas dire qu’il ne voulait pas voir James ! Mais pourquoi était-il aussi maladroit avec ses propres-enfants ?! C’était trop tard, le visage de James avait changé d’expression. La surprise avait disparu au profit d’une mine contractée :

 

            -Lily est partie faire un tour avec Dean.

Un silence s’installa. Pendant un instant, Harry eut l’impression que James allait tout simplement fermer la porte. Il fit un pas en avant, décidé à rattraper le coup, mais James ne recula pas :

 

            -Je te dirais bien d’entrer, mais maman est occupée. Quant à moi, eh bien… Il consulta sa montre : Albus m’attend dehors, alors…

            -Albus ? Je peux peut-être t’accompagner, comme ça je vous verrai tous les deux. Ça fait longtemps qu’…

            -Ah oui. Oui mais ça tombe plutôt mal. On doit rejoindre des amis…

James jeta un nouveau coup d’œil à sa montre. Harry recula avant de serrer de nouveau la main de son fils ainé et de disparaitre.

La journée s’annonçait une fois de plus dégueulasse. Harry rasa les murs jusqu’au petit meublé qu’il avait dégoté dans le quartier et se coucha sur le matelas nu à même le sol. Il n’était que midi mais il avait à présent une seule idée en tête : s’abandonner à une bonne bouteille de cognac.

Après de longues minutes allongé à tenter de penser à autre chose, il se leva d’un bond et attrapa sa baguette et une veste en jean délavée pour sortir de la chambre et rejoindre la rue. Il prit bien soin de ne pas réfléchir à ce qu’il faisait, de ne pas croiser son reflet dans un miroir ou une vitrine de magasin. Il rentra la tête dans les épaules, honteux et désolé d’en être réduit à ça… Harry Potter, hein ? Ce n’était plus grand-chose.

Une main légère mais sûre se posa soudain sur l’épaule d’Harry. Il regardait ses pieds et dut relever la tête pour apercevoir le visage de la jeune femme qui lui souriait :

 

            -Bonjour Mr Potter… Dit-elle d’une voix mélodieuse.

Harry dut réfléchir un bref instant. Elle était trop jeune pour être une des rares femmes avec qui il avait partagé quelques nuits, ces dernières années…

 

            -Ah, vous ne vous souvenez pas de moi, je crois ? Je ne vous en veux pas, d’ailleurs ! S’amusa la jeune femme.

Elle passa la main dans ses longs cheveux blonds et lui tendit un sourire avant :

 

            -Johanna Patil… Annonça-t-elle.

Harry hocha la tête: ça y est, il y était ! La jeune chanteuse qu’il avait secourue quelques années plus tôt lors d’une mission pour le Ministère, et qui s’était confiée à lui.

 

            -Bien sûr. Vous avez l’air en forme… Et votre tante Padma ?

            -Elle va bien elle aussi…

Harry avait envie de s’enfuir en courant. Il n’avait rien contre cette charmante gamine, mais son corps réclamait sa dose d'alcool. Maintenant! Il allait prendre congé quand Johanna s’exclama :

 

            -Laissez-moi vous offrir une tasse de thé ! Je n’ai jamais eu l’occasion de vous remercier pour ce que vous avez fait pour moi.

A la table du café où elle l'avait conduit, Harry avait toutes les peines du monde à se concentrer sur les paroles de la jeune fille. Elle lui expliqua qu’elle avait encore quelques jours de repos avant de commencer l’enregistrement de son nouvel album.

 

            -…il y a une chanson sur ce qui est arrivé. Vous savez ? A propos de l’émeute.

Harry se souvenait parfaitement de ce soir-là. Une bande de jeunes dissimulée dans la fosse avait soudain envahi la scène. Quand il était arrivé avec son équipe, Harry avait tout juste eu le temps d’attraper la chanteuse dans ses bras pour l’évacuer.

 

            -Je vous ferai envoyer un disque. Assura Johanna.

Elle affichait le sourire le plus doux, le plus gentil du monde. Harry sentit son cœur s’apaiser :

 

            -Vous me faites penser à ma fille…

 

            -Moi, j’aurais adoré avoir un père comme vous !

End Notes:

Le chapitre suivant arrive bientôt...

La demande by Pikenikdouille
Author's Notes:

Voilà le deuxième chapitre qui entre dans le vif du sujet!

-Bonjour, Harry.

Il y eut un moment de flottement avant que Ginny ne s’approche pour l’embrasser sur la joue. Il avait de plus en plus de mal à la reconnaitre. Elle avait gagné en assurance, mais aussi perdu de son naturel, depuis leur séparation. Harry cligna des yeux plusieurs fois devant son ex-femme, cette quasi inconnue…

Heureusement, Lily arriva sur le champ pour rompre le silence et ils se dirigèrent tous les trois vers une table libre. Autour d’eux, le restaurant était plein mais tout le monde déjeunait dans l’atmosphère feutrée typique de ces établissements guindés. Harry compta les mètres entre la table et la sortie de secours, au cas où... A quelques tables, il croisa le regard d’un homme qui venait visiblement de le reconnaitre.

 

            -Comme Roxane est majeure, ça ne pose pas de problème…

Harry se retourna vers Ginny qui achevait sa phrase. Il n’avait rien écouté.

 

            -Quel problème ? Demanda-t-il.

            -Je te dis que… Ginny soupira : Aucune importance, Reprit-elle : tu n’as pas besoin de comprendre. Tu n’as qu’à signer cette autorisation.

Lily appuya la demande de sa mère d’un regard plein d’espoir.

Tandis que le serveur prenait la commande de Ginny, Harry examina le parchemin sur la table. Il s’agissait d’une permission de voyager pour sorcier mineur.

 

            -Qu’est-ce que c’est que ça ?! Fit-il soudain, interrompant sa fille qui commandait à son tour une salade craquante.

            -Je viens juste de te le dire : Roxane et Lily vont voir les Bizarr’Children à Paris… Rétorqua Ginny.

            -Et pour vous, Monsieur ? Interrompit le jeune serveur d’un ton impatient.

            -Ce que vous voulez, mon vieux, du moment que vous allez voir ailleurs si j’y suis.

Sans prêter attention aux visages outrés de Ginny et du serveur, Harry reprit d’une voix blanche :

 

            -Paris ? Et pourquoi pas Katmandou ?! Il n’y a pas suffisamment de concerts à Londres ?!

Lily se laissa retomber contre le dossier de sa chaise comme un ballon qui se dégonfle.

 

            -Le concert de Londres est complet. Mais Bill et Fleur sont d’accord pour héberger les filles à Paris, Argua Ginny.

            -Je ne sais pas… Commença Harry.

Il avait la sensation que tout avait été organisé dans son dos. Un bon plan bien ficelé. Il n’avait plus qu’à signer, comme disait Ginny, les yeux fermés !

            -Roxane est déjà allée plusieurs fois à Paris, papa. Plaida Lily : Et devine quoi ? Tout s’est bien passé !

Harry sentit sa nuque se raidir et sa mâchoire se contracter.

           

            -Tout se passe toujours parfaitement bien avant que quelque chose tourne mal… Répliqua sèchement Harry.

L’exaspération se lisait sur le visage de Ginny. C’était la même expression que lorsqu’ils étaient encore mariés et qu’Harry lui annonçait qu’il devait une nouvelle fois annuler tel diner ou tel rendez-vous à cause de son travail. Il se tourna vers sa fille pour lui proposer de l’accompagner à Paris, mais sa proposition se perdit dans le silence désabusé de la jeune fille.

A l’autre bout de la salle de restaurant, Dean venait d’arriver et s’installa bientôt à leur table. A son tour, il tenta d’infléchir le père de famille :

 

            -Oh allez Harry, tu as oublié ce que tu faisais à son âge… ?

Il affichait un sourire fringuant et un air décontracté aux antipodes du visage blême et sérieux de Harry.

-Tu permets ? Fit sèchement ce dernier. C’est de ma fille qu’on parle !

Le silence se fit. Harry se massa la nuque d’un air contrarié :

 

            -Et pour répondre à ta question, Dean : non, je n’ai rien oublié. Justement. Et j’aurais sans doute aimé que mes parents soient encore là pour se soucier de ce qui pouvait m’arriver.

Lily baissa les yeux. L’histoire de son père l’avait toujours bouleversée. Elle posa la main sur le bras de Harry :

 

            -Je sais que tu veux me protéger, papa. Mais il n’y a vraiment aucune raison de s’inquiéter. Et je te promets d’être prudente.

Deux hommes by Pikenikdouille
Author's Notes:

Bonne lecture pour ce troisième chapitre!

Dans sa chambre à la limite de l’insalubrité, où la tapisserie se décollait par pans entiers, Harry gardait les yeux fixés sur son carnet dont il avait confié l'exemplaire-jumeau à Lily. Les pages restaient désespérément vierges et il sentit ses mains devenir moites. Derrière les vitres crasseuses, aussi opaques que des rideaux, la nuit était en train de tomber et il n’avait pas de nouvelles de sa fille. Harry était assailli de souvenirs: Leur dernier regard avant le départ, le visage mi-confiant, mi-inquiet de Ginny…

Soudain, les pages du carnet se mirent à tourner comme sous l’effet d’une rafale de vent. Harry se pencha, les yeux grands ouverts, avide de lire les mots de sa fille. Une tâche d’encre se forma puis les lettres se dessinèrent. C’était bien l’écriture appliquée de Lily.

14 juin 2025, 22h13

En arrivant à Paris, on s’est promenées dans…des rues. Et…il y avait beaucoup d’étrangers. Des moldus.

Ensuite, Roxane a sorti son plan avec l’itinéraire jusqu’à l’appartement de Bill et Fleur. Sur le chemin, j’ai demandé à Roxane d’aller acheter à boire et on a enfin rencontrer des sorciers ! Trois français et un belge. Ils ont tout de suite compris qu’on était des sorcières anglaises. Ils ont été très gentils et nous ont payé un verre. Ensuite, on est parties et comme Roxane n’arrivait pas à reconnaitre le plan et les rues, on a pris un taxi. Le chauffeur, pas très poli, nous a déposé après avoir lu le plan que lui montrait Roxane. Et voilà ! On est dans l’appartement (su-blime !). Il y a une photo du mariage de Bill et Fleur dans le salon… Papa, tu es à côté de maman, avec tes lunettes i-mmondes ! Mais elle, elle te regarde comme si tu étais Merlin en personne ! Vous êtes trop mignons !

Je ne sais pas quoi écrire d’autre. Je suis épuisée ! On va se coucher. Bonne nuit.

            Harry relut attentivement les lignes qui venaient d’apparaitre. Malgré tous ses efforts, il avait du mal à rester calme. Bien sûr, Lily avait tenu sa promesse et lui avait donné des nouvelles. Mais n’avait-elle rien compris à ce qu’il lui avait expliqué ?! En effet, elle ne donnait aucun détail sur les personnes rencontrées. Ni leur apparence, ni leur comportement, et pas même leur nom ! Alors que la colère le gagnait, Harry se souvint de l’attendrissement de Lily devant la photo de ses parents au mariage de Bill et Fleur. Son cœur s’apaisa un instant, mais il lui fallait tout de même des réponses… Il s’approcha de la cheminée.

            Dans l’appartement parisien où la musique des Bizzar’children résonnait à pleins tubes, Lily et Roxane étaient en train de se pomponner. Les jeunes gens qu’elles avaient rencontrés un peu plus tôt et à qui elles avaient donné leur adresse venaient de les inviter, par hibou, à une fête improvisée tout près de là.

 

            -C’est génial ! Je sens que ces vacances vont être complétement dingues ! S’exclama joyeusement Lily.

Roxane, occupée à se confectionner un chignon sophistiqué à coups de baguette magique, eut un sourire rêveur. Une seconde plus tard, un bruit de bois sec brisé la fit sursauter. Les deux jeunes filles se figèrent avant de se lancer des regards étonnés, et d'éclater de rire.

 

            -Qu’est-ce que c’était ? S’interrogea Lily, tandis que sa cousine remontait les pièces en enfilade de l’appartement.

-Je vais voir...

Roxane s’arrêta devant une des fenêtres pour observer la rue. A priori, il n’y avait personne. Elle sortit prudemment sa baguette en constatant que la pièce principale et le hall d’entrée étaient eux aussi vides. Lily qui l’avait rejointe jetait autour d’elle des regards un peu amusés. Il n’y avait pas de raison de s’inquiéter. Le bruit devait venir des vieux parquets ou d’une des poutres apparentes. Soudain, la jeune fille agrippa le bras de son aînée :

 

            -Roxane ! Regarde !

Sa cousine fit volte-face, pointant sa baguette vers le grand salon. Là, à trois mètres, un feu s’était allumé dans la majestueuse cheminée. Les flammes bleues reflétaient le visage familier et manifestement irrité d’Harry Potter.

Lily s’approcha en trottinant, ce qui ne fit qu’attiser l’exaspération de son père. Elle ne s’imaginait pas une seconde avoir manqué à son devoir.

 

            -Papa ? Qu’est-ce qui se passe ?

Harry ouvrit de grands yeux ébahis devant la naïveté de sa fille :

  -Ils nous ont payé un verre et voilà ! On est dans l’appartement ! Fit Harry en imitant avec un sarcasme non dissimulé le ton enjoué de Lily. Tu te moques de moi ?!

La jeune fille resta interdite. Jamais son père ne l’avait tournée ainsi en ridicule, et en plus en public ! Roxanne eut la discrétion de baisser les yeux et de s’éloigner de l’âtre pour laisser son oncle et sa cousine s’expliquer.

 

            -Mais… Je… Bredouilla Lily.

Ses joues s’empourprèrent et ses yeux devinrent luisants de larmes. Harry tâcha de retrouver son calme, mais ses reproches concernant le manque de précision dans le récit de Lily sortaient de sa bouche sur un ton acerbe et glacial.

 

            -Le nom. L’adresse. La description physique ! Rappela-il. Ce n’est quand même pas compliqué, Lily ! Ou alors j’ai parlé fourchelangue, peut-être ?!

Mais Lily regardait à présent ses pieds, immobile, muette. Elle se sentait humiliée. Elle avait envie de crier à son père que les journaux à scandales avaient raison : il était fou, il n’était plus bon à rien d’autre qu’à vider des bouteilles et à voir des mangemorts partout. Partout !

Le bruit de bois sec se fit de nouveau entendre. Un craquement sonore, très net. Lily releva le menton. Harry, le visage défait par la colère et la confusion, la regarda :

 

            -C’est quoi, ça ? Ce bruit ?

La jeune fille regarda autour d’elle sans trouver de réponse.

            -Ce doit être le feu de cheminée qui crépite… Essaya-t-elle, la gorge toujours serrée par les propos de son père.

            -Où est Roxanne… ? Reprit Harry sans prêter attention à l’explication de Lily.

            -Je…

Un nouveau craquement résonna, plus fort que les précédents. Il y eut un éclat de voix, puis un cri de femme, aigu, et comme étouffé dans un tissu.

           

            -Papa ! Je… Roxanne… ?

Lily se redressa, éberluée. Elle se précipita à la porte qui conduisait à la chambre contigüe. L’idée de l’ouvrir à la volée s’évanouit aussitôt qu’elle perçut une voix d’homme qui semblait venir de cette direction. Elle se tourna vers l’image de son père. Puis, par la fenêtre qui donnait sur la cours de l’immeuble, Lily vit passer un homme encapuchonné, portant un masque blanc comme un visage de cire ou de marbre. Elle sentit un frisson de panique la dévorer. Une autre silhouette encapuchonnée déboucha dans la cours et Lily reconnut immédiatement, les bras et les jambes agités de mouvements désespérés et ne cessant pas un instant de se débattre, Roxane. Le deuxième homme la tenait fermement et l’emportait aussi vite que possible. Lily agrippa le cadre de la fenêtre, ne sachant plus s’il valait mieux hurler ou au contraire étouffer sa respiration et se cacher dans un coin. Elle rejoignit l’âtre à toute vitesse, manquant de tomber :

 

            -Deux hommes… Ils emmènent Roxane ! Ils emmènent Roxane !

Harry sentit sa respiration se couper. Il se répéta mille fois ces mots en une seconde. Il entendit de nouveau le bruit de bois sec dans sa tête, à nouveau le cri de Roxane puis les mots de Lily. Deux hommes.

Harry comprit immédiatement que les filles avaient été suivies : les kidnappeurs s’étaient sans doute assurés qu’elles étaient seules avant de passer à l’action. Ils savaient certainement qu’elles étaient deux. Ils ne partiraient pas sans Lily. Cette idée le déchira. Son instinct d’auror entrait en conflit avec son espoir de père de voir sa fille se sortir de cette situation.

De toute ses forces, Harry tenta de garder son sang-froid pour parler :

 

            -Ils vont revenir te chercher. Ils vont te trouver et t’emmener toi aussi.

Les yeux de Lily brûlèrent de panique et de désespoir. Sa petite bouche encore enfantine se mit à trembler. Elle plaqua ses mains sur son visage, incapable d’articuler le moindre mot. Harry fut traversé par le désir impérieux de transplaner auprès d’elle pour la sauver, mais il savait la chose impossible. Au cours de sa carrière, il avait pu le vérifier : dans ces circonstances, les malfaiteurs étaient plutôt des hommes de main que les architectes du plan. Dès lors, si l’enlèvement tournait mal, au moindre imprévu, ils avaient vite fait de se débarrasser des victimes. Ils détenaient déjà Roxane. En voyant apparaître Harry, ils pourraient la blesser ou même la tuer. Pour l’heure, il fallait laisser le plan se dérouler comme ils l’avaient prévu. Harry fixa son regard dans celui de sa fille qui cherchait à présent de tous les côtés une issue introuvable.

 

            -Ecoute-moi, Lily. Ecoute-moi attentivement.

La voix de Harry était plus faible mais son ton était aussi plus déterminé, implacable.

 

            -Je vais venir te chercher, mais j’ai besoin de ton aide pour te retrouver. Lorsqu’ils vont revenir, je veux que tu fasses exactement ce que je vais te dire. Tu dois me donner toutes les chances de te retrouver.

Lily plongea son regard plein de larmes dans les flammes où brillait le visage de son père.

 

-Ne pleure pas. Dit-il : Concentre-toi.

Harry récita avec application, aussi calmement que la terreur et la détresse le lui permettaient les précautions qui devaient lui permettre de recueillir le plus d’informations possible. Quand il eut terminé, les pas des hommes se faisaient déjà entendre dans l’appartement. Lily avait peu à peu perdu son regard paniqué mais à la place, une lueur meurtrière s’était allumée. La peur et l’adrénaline se mêlaient en elle au besoin que ça arrive. Qu’elle puisse enfin se débattre, se défendre, faire de son mieux pour se sauver. Attendre était insupportable. Enfin, la porte sauta avec un bruit terrible. La jeune fille s’écarta de la cheminée.

Lily se repassa en une seconde la liste des choses à faire :

1) se débrouiller pour que les hommes soient dans l’angle de vue de Harry.

2) Retarder autant que possible l’opération

3) Ne pas résister inutilement, garder des forces.

4) Crier toutes les informations, tous les détails, tous les signes distinctifs qu’elle remarquerait sur les kidnappeurs.

Lily partit en courant vers le coin de la pièce, ce qui obligea les deux hommes à passer une première fois devant la cheminée. Ils échangèrent quelques mots en français qu’Harry ne comprit pas. Au loin il entendit enfin la voix de Lily :

 

            -Papa ! Ho mon dieu, papa, je

La jeune fille faisait de son mieux pour se concentrer. Rassemblant tout son courage, elle cria aussi fort qu’elle pouvait :

 

            -Des masques blancs, yeux verts, peau blanche

Il y eut un cri strident. L’un des hommes avaient attrapé Lily en lui entravant les bras. Lointain, effrayant, le cri de Roxane se fit de nouveau entendre depuis la pièce voisine où les ravisseurs l’avaient attachée. Harry devina à leurs silhouettes et à la rapidité de leurs mouvements que les hommes étaient jeunes. Il cria de toutes ses forces mais les ravisseurs ne lâchèrent pas sa fille. Enfin, malgré la tension extrême de son corps, Lily ne parvint plus à lutter et l’homme la maîtrisa pour l’emmener dans la pièce voisine.

 

            -Qu’est-ce que vous voulez ? Pour qui vous travaillez ? Interpela alors Harry.

Sa voix était froide, lucide. Celui qui était resté dans la pièce se pencha sur la cheminée. Le visage soigneusement dissimulé derrière son masque immaculé, seuls ses yeux exprimaient son amusement. Il avait l’air de jubiler devant le grand Harry Potter réduit à un visage de cendres. Dans un anglais approximatif, il indiqua :

 

            -Nous avons ce que nous voulons, merci…

            -Espèce d’enfoirés ! Cracha Harry dans un souffle plein de haine.

Ses yeux verts plongèrent dans ceux du jeune homme. Harry devina qu’il n’oublierait jamais ce regard de défi.

 

            -Je vous donne une chance de libérer ma fille et ma nièce. Maintenant. Si vous ne leur faites pas de mal et que vous les relâchez tout de suite, je ne vous rechercherai pas. Vous n’entendrez jamais parler de moi.

Il y eut un bref silence. L’homme semblait attendre la suite.

 

            -…Mais si vous refusez, s'il leur arrive quoi que ce soit, Reprit Harry, je vous traquerai. Je vous retrouverai. Et je vous tuerai.

L’homme eut un moment de suspens durant lequel Harry eut presque l’impression qu’il réfléchissait à la question, mais tout à coup, il partit dans un éclat de rire à la fois glacial et juvénile. Reprenant son souffle, il s’approcha encore de l’âtre, conscient qu’il ne prenait aucun risque, et lâcha, en français, d’un ton plein d’assurance :

 

            -Bonne chance.

Sur les traces by Pikenikdouille

Harry piétinait devant le bureau du chef des aurors, au Ministère de la Magie. Sa baguette à la main, il n’arrivait pas à se sortir cette formule de la tête : « bonne chance ».

Les derniers mots du ravisseur qui avait emporté sa fille, le laissant là, impuissant et désespéré. Pourtant, le désespoir ne l’avait pas paralysé longtemps. Harry avait rapidement retrouvé ses vieux réflexes. S’affoler ne servait à rien ! C’était même contre-productif. Il devait garder son sang-froid car le temps jouait contre lui. Il le savait. En ce moment-même, Lily et Roxane étaient à la merci de ces deux hommes. Il fallait les retrouver, aussi vite que possible.

Quelques heures plus tôt, il avait réveillé Dean et Ginny pour tout leur raconter : l’enlèvement, les informations qu’il avait pu recueillir… Et ç’avait été une véritable épreuve. Ginny ne pouvait pas retenir ses cris, ses larmes. Elle avait fini par cesser de se débattre dans les bras protecteurs de Dean qui faisait de son mieux pour la calmer. Harry avait assisté à leur échange, Dean répétant « on va les retrouver, Ginny, on va les retrouver », et Ginny, apparemment sourde à ces paroles, qui se lamentait « ma petite fille, mon adorable Lily… »

Tous deux étaient finalement partis au Ministère déclarer l’enlèvement aux autorités magiques. Ginny irait ensuite voir Hermione pour obtenir son soutien. Mais Harry ne jugeait pas utile d’accompagner Ginny et Dean dans ces démarches. Il ne pouvait pas se résoudre à confier l’affaire à des soi-disant spécialistes. De son côté, il avait harcelé ses anciens collègues jusqu’à ce que l’un des aurors accepte enfin de lui arracher un rendez-vous avec leur nouveau chef, que Harry ne connaissait pas encore…

Faisant toujours les cent pas dans le couloir, et passant pour la centième fois devant la porte close, Harry sentit qu’il n’y aurait pas de cent-unième : soit la porte s’ouvrait, soit il allait la défoncer… Par chance, quelqu’un remonta le couloir et vint à sa rencontre.

 

            -Mr Potter, suivez-moi…

La voix du jeune homme était timide. Il mena Harry jusqu’à un autre bureau. Harry comprit que le chef des aurors n’avait pas voulu se déranger et qu’on lui envoyait un stagiaire pour lui servir un couplet bien rôdé :

 

            -Nous sommes désolés, mais nous faisons déjà tout ce que nous pouvons pour retrouver votre fille, monsieur Potter…

Les informations qu’Harry avaient relevées lors de l’enlèvement avaient été communiquées par Ginny et Dean aux services compétents, et les aurors avaient reçu une note d’information à ce sujet.

 

            -Nous comprenons votre inquiétude. Elle est bien naturelle, en tant que père de…

            -La ferme, Arvey !

            Le jeune homme resta bouche bée. Harry venait de remarquer le badge du Ministère où brillait le prénom du stagiaire.

            -…je veux m’assurer qu’on met tous les moyens qu’il faut pour retrouver Lily et Roxanne. Et je suis certain que tu ne comprends pas grand-chose à mon inquiétude, alors ce que tu peux faire de mieux, c’est encore de la fermer et de me présenter ton patron.

Le stagiaire fit un pas de côté :

 

            -Je suis désolé. Le chef des aurors a d’autres priorités pour le moment. Fit-il d’une voix pincée.

Harry se planta devant lui. Son regard assassin s’immergea dans celui, ahuri, du jeune homme. Il pointa sa baguette sous son menton pour donner plus de poids à sa menace :

 

            -Si on ne retrouve pas ma fille saine et sauve, je te tiendrai pour responsable au même titre que ses kidnappeurs. Toi, et tes petits camarades aurors. Répète bien ça à ton chef, Arvey.

Ce fut finalement Dean qui se rendit le plus utile ce jour-là. Alors que Harry et Ginny se rejoignaient pour débriefer les résultats de leurs entreprises:

 

            -Hermione dit qu’elle ne peut rien faire de plus. Je crois bien qu’elle est sincère… Expliqua Ginny.

Des cernes barraient son visage. Les traits tirés, elle avait pris dix ans. Ses mains, aussi, ne cessaient presque plus de trembler comme celles d’une droguée en manque. En comparaison, Harry paraissait à peu près aussi serein qu’un enfant se rendant à un goûter d’anniversaire.

 

            -C’est sans doute vrai : Hermione ne peut pas grand-chose, derrière son bureau… Soupira Dean.

Harry sentait les muscles de son dos se tendre un peu plus chaque fois que quelqu’un parlait. Son corps et son esprit étaient comme divisés : des symptômes physiques se manifestaient en lui sans qu’il n’y prête réellement attention. Toute sa concentration était monopolisée par la recherche incessante d’une solution, d’une porte de sortie vers Lily… Inconsciemment, Harry avait fixé son regard absent sur Dean. Quand il s’en rendit compte, les traits de son ancien camarade de Poudlard apparurent différemment à Harry. Il ne pouvait dissocier le visage de Dean (somme toute assez semblable à celui qu'il était à l’époque de l’école) de son acolyte : Seamus Finnigan. Ce fut un choc, comme une révélation :

 

            -Seamus n’est pas en poste en France, maintenant ?

Harry venait de se souvenir que leur camarade de Gryffondor travaillait dans un journal de sorciers en France. Il passait pour être devenu un des hommes de presse les plus puissants du pays.

            -Qu-quoi ? Bredouilla Dean. Oui, mais… Il est…

            -Il est à Paris! Acheva Ginny qui n’avait pas fait le rapprochement jusque-là.

            -Je vais le contacter. S’empressa de répondre Dean.

 

En effet, dès qu'il fut prévenu, Seamus réserva sans difficulté une chambre d’hôtel à Harry et vint lui-même le chercher à son arrivée à Paris. Il portait un costume très seyant et sentait fort l’eau de toilette. Un chauffeur de taxi moldu déposa les deux hommes devant un grand immeuble de style Haussmannien, à quelques rues à peine de l’arc de triomphe. Seamus, qui avait paru relativement serein jusque-là, se montra soudain très agité lorsqu’il se retrouva seul dans son bureau en face de Harry. Il commença par défaire un bouton de sa chemise puis proposa à son ancien camarade un verre de Cognac.

 

            -Je ne vais pas te déranger longtemps. Coupa Harry : Comment peux-tu m’aider à retrouver Lily et Roxane ?

            -Je…Je ne sais pas, Harry ! Je n’en ai pas la moindre idée !

Seamus eut un rire nerveux et tenta de se justifier : il ne savait absolument rien de ces…

            -Allez, Seamus : ce n’est pas le premier enlèvement, si ? Tu as bien dû couvrir une ou deux affaires de ce genre ?

Harry laissa sa question en suspens et lança un regard oblique vers les cadres accrochés aux murs. Tous présentaient des couvertures de journaux et de magazines. Mais la spécialité du journal dont Seamus avait été promu rédacteur en chef, c’était la presse à scandale… Les dérapages de célébrités, bien entendu, c’était son quotidien. Mais ce qui, aussi, faisait vendre, c’était le tragique et particulièrement lorsque s’y mêlaient l’innocence et l’horreur…

 

            -Tu sais, je me contente de… Seamus leva les mains dans le but de témoigner de son impuissance. Moi, je… J’aimerais beaucoup t’aider à retrouver ta fille, Harry…

Avant d’avoir eu le temps d’articuler un mais, Seamus sentit un coup violent lui frapper la nuque. Harry était déjà derrière lui et il lui maintenait la tête, le visage écrasé contre le bureau :

 

            -Alors aide-moi ! Lâcha Harry. Cherche bien, Seamus. Tu peux forcément faire quelque chose pour moi. Cherche bien…

La respiration de Seamus était forte et sifflante. Un filet de salive s’écoulait de sa bouche écrasée sur le papier glacé du dernier exemplaire du magazine… Il tenta vainement de redresser la tête mais la main de Harry appuya davantage et Seamus émit un gémissement :

 

            -Je travaille avec la sécurité… Souffla péniblement Seamus.

Aussitôt, Harry le tira en arrière d’un mouvement sec pour lui faire face :

            -…Les autorités, ici, à Paris.Poursuivit Seamus : Il m’arrive de travailler avec les autorités, pour les affaires dans ce genre : ils me donnent des infos.

            -Sur les kidnappings ? Interrogea Harry.

            -Oui. C’est devenu plus fréquent depuis quelques années.

Harry lâcha Seamus et pointa immédiatement sa baguette devant le rédacteur en chef.

 

            -Raconte. Vite !

Seamus recula dans son large fauteuil :

 

            -Tout ce que je sais, c’est que ces gens enlèvent des jeunes personnes. Ce sont des sorciers, et ils ne s’en prennent également qu’à des sorciers.

            -Pourquoi ?

Seamus marqua un temps d’arrêt mais reprit la parole avant que Harry ne s’approche de nouveau pour le secouer.

 

            -Pourquoi ?! Parce qu’ils sont cinglés, voilà pourquoi ! Je n’en sais rien, moi ! Pour… Pour en tirer quelque chose, j’imagine.

 

Harry sentait son sang-froid le quitter. La colère qui montait en lui, il la trouvait mille fois plus forte que celle que Voldemort lui-même lui communiquait avant la fin de la guerre. A cet instant, il ne savait plus bien dire où se situait ses limites. En fait, il se sentait prêt à tout. Prêt à tout pour retrouver Lily.

End Notes:

Et voilà le début des péripéties paternelles de Harry! L'action va s'intensifier dans les chapitres à venir...

J'espère que vous aurez plaisir à suivre les rebondissements...

Enquête, perte et fracas by Pikenikdouille

En quittant un Seamus pétrifié par la violence de l’interrogatoire, Harry se dirigea directement vers l’appartement de Bill et Fleur où avait eu lieu l’enlèvement. Il espérait y trouver quelque indice précieux. Au fond de lui, le père de famille ne croyait pas beaucoup à l’utilité de son altercation avec Seamus Finigan… Cependant, il n’était peut-être pas tout à fait vain de jeter un pavé dans la mare comme il venait de le faire. Seamus était quelqu’un de bien établi. Sa place de rédacteur en chef dans un grand magazine devait lui conférer d’une part une certaine influence dans la société, et d’autre part un réseau de personnes importantes. A présent, le monde des sorciers, où les médias jouaient un rôle évident, était au courant de ses intentions : retrouver sa fille coûte que coûte. Avec un peu de chance, quelqu’un lui proposerait bientôt son aide… Et dans le pire des cas, si on essayait de l’arrêter, Harry aurait au moins secoué les autorités pour qu’on mette tous les moyens nécessaires pour retrouver Roxanne et Lily.

La porte principale de l’immeuble était gardée par deux hommes en faction portant des insignes du Ministère. L’enquête en cours exigeait que personne ne voie le lieu du crime. Harry se félicita d’avoir emporté sa cape d’invisibilité et l’enfila à l’abri des regards. Il prit tout de même la précaution de passer par la porte de service du bâtiment pour ne pas éveiller de doute chez les gardes.

Des scellés avaient été posés sur la porte de l’appartement et Harry dû faire appel à ses meilleurs alohomora pour pouvoir entrer.

En quelques secondes, tous les souvenirs de l’horrible scène d’enlèvement repassèrent devant les yeux de Harry. Une fenêtre était restée ouverte et le chant de quelques moineaux dans la cours de l’immeuble rendait la situation encore plus cruelle. Toujours dissimulé sous sa cape, Harry déambula du salon visiblement impeccable au vestibule où un vase était renversé, sans s’être brisé. Les fleurs macéraient dans la petite flaque de l’eau du vase. Une longue trace noire s’étendait de la flaque vers les chambres comme si on avait trainé quelque chose ou quelqu’un. Des empreintes partielles de semelle ; des baskets, avaient séchées sur le parquet à chevrons. On avait piétiné devant la première chambre. A l’intérieur, Harry découvrit une grande cheminée. De la suie s’était répandue sur le sol et il comprit, en reconnaissant la pièce, que c’était de là que Lily, et plus tard son agresseur, lui avaient parlé. Harry repéra la fenêtre entrouverte donnant sur la cours. C’était de là que Lily avait vue Roxanne se faire emporter par les deux hommes encapuchonnés. Pour parvenir ici, ils avaient pu transplaner, mais en examinant les lieux, Harry ne trouva aucune trace de pratiques magiques de ce genre… Non, les agresseurs étaient entrés sans difficulté, ce qui tendait à confirmer que Roxanne leur avait ouvert sans méfiance. Elle était descendue à leur rencontre, leur facilitant la tâche… mais pourquoi n’avait-elle pas utilisé l’interphone ?

Harry mit plusieurs minutes à se souvenir que les sorciers étaient aussi peu coutumiers du matériel moldu que l’inverse. Bill et Fleur n’avaient pas d’interphone. Et Lily et Roxane n’auraient probablement pas compris à quoi cela servait si toutefois il y en avait eu un…

Il se laissa tomber sur le canapé, tâchant de rassembler ses idées. Roxane était descendue dans la cours. Elle ne s’était pas méfiée. Harry se rappela des propos de Lily : des jeunes leur avaient payé un verre ! C’était immanquablement un de ces petits enfoirés ! Il en était sûr. Et elles les avaient forcément rencontrés entre le porte-au-loin et l’appartement. Il allait commencer par là.

Les investigations ne donnèrent rien de tout l’après-midi. A peine Harry croisa-t-il deux ou trois jeunes sorciers qui répondirent avec effroi qu’ils n’avaient pas vu de jeunes filles répondant à la description. Ils allaient simplement, en toute insouciance, au concert des Bizarr’children… Alors que le soir tombait, Harry vit arriver un homme, seul, qui s’assit sur un banc. On devinait à son attitude qu’il attendait quelqu’un mais à force de l’observer, Harry commença à s’étonner de ses regards. En effet, l’homme ne balayait pas les alentours des yeux en cherchant un visage familier, il examinait au contraire attentivement les visages de tous ceux qui passaient. De temps en temps, il consultait un document et jetait alternativement un coup d’œil à un passant et à son parchemin, comme s’il les comparait… Quand le jeune homme se leva enfin, Harry le laissa prendre une courte avance et se mit à le suivre dans des ruelles dignes du Paris des coupes-gorges.

Le jeune homme se retourna une première fois et Harry eut tout juste le temps de se cacher sous un porche. Il enfila sa cape d’invisibilité et rattrapa l’inconnu qui continuait d’avancer en jetant un œil par-dessus son épaule. Quand l’absence de toute autre personne fut évidente, Harry bondit sur l’homme et l’immobilisa sans peine grâce à l’effet de surprise :

 

            -Lâche-moi, bordel ! Qu’est-ce que tu veux ?! Cria l’homme.

Pendant qu’il se débattait, quelque chose tomba de sa poche. Harry serra la gorge de l’homme et le tint à distance pour constater que c’était un masque blanc qui se trouvait à ses pieds.

 

            -Je t’écoute… Se contenta-t-il d’anooncer.

L’homme clama qu’il ne savait pas de quoi il était question. Sa voix était de plus en plus faible. Ses yeux se révulsèrent et il s’affaissa sur lui-même. Harry, interloqué, se demanda une seconde s’il avait simplement serrer trop fort la carotide pour provoquer se malaise, et l’homme profita de cette seconde de trouble pour se dégager. Quand Harry comprit que c’était une ruse, l’homme s’enfuyait déjà en courant !

Se jetant à sa poursuite, Harry parcourut des ruelles suivant un itinéraire qu’il aurait bien était incapable de retrouver. Les deux hommes débouchèrent bientôt sur un pont qu’ils traversèrent et de l’autre côté du fleuve, l’homme emprunta un escalier de fer qui menait à une chapelle. Harry courrait de son mieux, déjà hors d’haleine, et la montée des marches lui brûla les muscles. Au sommet, il ne sentait plus ses cuisses. Sa respiration était une déchirure haletante, mais il ne s’arrêta pas et pénétra l’édifice religieux à la suite de l’homme. L’odeur d’humidité lui monta aussitôt au nez. Harry sortit sa baguette, prudent, examinant les issues et les renfoncements de la grande salle. Rien n’avait l’air de bouger. Soudain, il y eut sur sa gauche un grincement de chaise !

 

            -Stupéfix ! Lança aussitôt Harry, pointant sa baguette dans cette direction.

Mais déjà, une minuscule porte noire craqua au fond de la chapelle. Harry y transplana et découvrit un escalier de pierre. Des pas précipités trahissaient la présence du fugitif. Harry grimpa à sa suite l’escalier en colimaçon. L’ascension lui semblait interminable mais l’adrénaline de la victoire montait en même temps en lui : sa proie était prise au piège ! Ils allaient déboucher au sommet d’une tour. Au mieux, il pourrait courir un moment sur le toit, mais à moins qu’il ait un Eclair de feu dans sa poche, l’homme ne pourrait pas s’échapper !

Et en effet, Harry le retrouva au bord de la balustrade. L’escalier menait à une sorte de terrasse offrant une vue sur la Seine et le quartier en contrebas.

 

            -Qui es-tu ? Demanda froidement Harry en s’approchant de l’homme, baguette en avant.

L’homme jeta des regards désemparés autour de lui.

 

            -C’est toi qui a enlevé ma fille ? Pour qui tu travailles ?

 

Harry était à présent à un mètre de l’homme qui semblait paniqué, mais étrangement, une lueur de sérénité passa dans ses yeux. Harry eut tout juste le temps de comprendre, de faire un pas en avant : un sourire énigmatique s’épanouit sur les lèvres de l’homme. Il se retourna. Il fit face au panorama de la ville Lumière, et d’un mouvement continu, il écarta les bras et se jeta dans le vide. Harry se précipita mais ses mains ne trouvèrent aucune prise. Un bruit sourd se fit entendre. Au pied de l’édifice, des cris stridents coupèrent l’écho de la chute. Harry se pencha au-dessus de la balustrade. Le corps inerte de l’homme était déjà entouré de quelques badauds qui s’en approchaient lentement. 

L'ombre et la piste by Pikenikdouille
Author's Notes:

Voici enfin la suite de l'affaire qui nous occupe! J'ai dû me rafraichir un peu la mémoire en regardant de nouveau le film!

J'espère que la suite vous plaira, bonne lecture!

Harry avait quitté les lieux sans attendre, invisible sous sa cape. Malgré ses efforts, il n’avait pas réussi à retrouver son calme quand il parvint à l’hôtel où il avait dormi la veille. Plus que tout le reste, c’était le bruit sourd du corps de l’homme se fracassant sur le pavé qu’il ne parvenait pas à faire taire dans son esprit. Il se répercutait, comme un écho de honte, d’ahurissement, de culpabilité… C’était toujours la même chose, songea Harry : avoir une bonne raison de faire ce que l’on fait ne lave pas le sang qu’on a sur les mains. Il n’y a que ceux qui ont les mains suffisamment propres qui peuvent croire le contraire. Ginny, par exemple, n’avait jamais compris ça ! Harry se sentait toujours misérable lorsqu’il revenait de mission. A l’époque où ils formaient encore un couple heureux, Ginny le serrait tendrement dans ses bras, enfouissant son visage dans le cou de son mari, et lui répétait « Tu as fait ce que tu devais faire, mon chéri… ». Et si l’étreinte apaisait Harry au-delà de ses espérances, chaque fois, ces paroles lui paraissaient obscènes, stupides et franchement dégueulasses !

En cet instant, Harry en était persuadé : Ginny aurait tenu le même discours s’ils avaient été encore mariés. Si elle avait été là, elle l’aurait serré si fort qu’il aurait senti son cœur battre contre le sien, il aurait senti son souffle et… Il ne pensa plus aux paroles irritantes qu’elle aurait sans doute proférées… En cet instant, il n’avait besoin que de ces gestes doux et remplis d’amour dont seule Ginny avait su le combler. Mais il était seul dans cette ville étrangère…

Pensif et tendu, Harry décida de changer de quartier. Il trouvait plus prudent de ne pas prendre d’habitudes. Cela valait mieux s’il voulait rester discret… Après avoir réglé sa note, il se dirigea donc vers des rues qu’il n’avait encore jamais arpentées. Harry retira sa cape, la roula en boule dans son sac et ne remarqua pas la silhouette qui l’avait suivi depuis un bon moment et le regardait partir vers un hôtel moldu et miteux…

A l’aube, Harry se réveilla étonnamment reposé. Il se sentait les idées claires, la volonté intacte, et quelque chose lui disait qu’il était sur la bonne voie pour retrouver Lily. Si l’homme qu’il avait suivi la veille avait préféré se tuer plutôt que d’être contraint à parler, c’est que ce qu’il cachait valait la peine d’être découvert. Les remords qui lui avaient barré le ventre la veille lui coupaient encore l’appétit. Il comprit qu’il ne pourrait rien avaler mais constata aussi qu’il ne ressentait pas l’envie d’alcool. Il aurait même pu refuser un verre si on le lui avait offert. Il était en train de se décider pour un café à emporter, quand un hibou se posa, l’œil sournois, sur le bord de sa fenêtre.

            Harry,

            Sois gentil de me retrouver à l’adresse que j’indique au dos de ce parchemin, à 15h, et tâche de te faire discret. Tu t’es assez illustré hier ! A tout à l’heure.

            D.M

 

Harry se figea. D.M ?!

A quinze heures, un homme chargé d’un cageot de légumes s’avança vers la station de métro Châtelet. Comme chaque jour à Paris, des passants consultaient les panneaux pour rejoindre au plus vite la Cathédrale Notre-Dame, et sans doute s’y faire prendre en photo, voire s'y faire voler leur portefeuille. Adossé contre un kioske à journaux où il avait l’air de feuilleter Le Monde, un autre homme, vêtu d’un costume noir, passa la main dans ses cheveux blonds et lisses avec un calme et une lenteur tout à fait artificiels.

Harry déposa son cageot sur le premier banc qu’il trouva. Son attention était, d’instinct, attirée par l’étalage de journaux et magazines à quelques mètres de là. Il reconnut la couverture pimpante du périodique dont Seamus était le redacteur en chef. Soudain, une voix feutrée siffla derrière lui :

 

            -Ponctuel, Potter. J’apprécie !

Harry ne sursauta pas, mais il sentit son sang bouillonner: Vieille rancœur, vieux réflexe. Il tourna lentement la tête pour découvrir le regard gris et le sourire mesquin auxquels il s’attendait :

 

            -Bonjour, Drago.

-Alors, on fait du tourisme ?

Harry remarqua la broche piquée sur la veste de Drago : une petite baguette magique en argent. L’insigne du chef de la sécurité magique. Harry fronça les sourcils mais ne baissa pas les yeux:

 

            -J’aimerais bien. Malheureusement, je ne suis pas là pour le plaisir…

            -Oui. Trancha Drago : J’ai cru comprendre. A moins que ton nouveau plaisir consiste à balancer des gens du haut d’une tour…

Evidemment, Drago était au courant de ce qu'il s'était passé la veille:

 

            -Enfin, quand je dis balancer, c’était un suicide, bien entendu. C’est ce qui s’est passé, n’est-ce pas ?

            -Ma fille a disparu, Drago. Elle a été enlevée. C’est ce type qui l’a raflée, alors...

Drago se figea comme frappé d'un rictusempra et dans sa stupeur, il resta bouche bée pendant qu’Harry lui expliquait tout ce qu’il s’était passé depuis la disparition de Lily et Roxane.

 

            -Seamus m’a parlé d’un trafic, du kidnapping de jeunes sorciers. Tu es forcément au courant…

            -Oui, heu, Harry… Commença Drago en joignant ses mains à la façon des politiciens avant un discours délicat: Il faut que tu comprennes qu’aujourd’hui, je travaille plus avec mes plumes qu’avec ma baguette… Je peux mettre mes hommes sur l’affaire, mais…

            -Si Scorpius disparaissait, tu laisserais faire tes hommes ? Coupa Harry.

Drago garda le silence un instant. Il écouta Harry expliquer le stratagème utilisé par les kidnappeurs et le fait qu’ils s’intéressaient uniquement aux sorciers. Le chef de la sécurité hocha la tête:

 

            -Ils ont commencé par des vols d’enfants dans les hôpitaux sorciers… Lâcha-t-il: Un matin ils étaient dix, le lendemain cent, et aujourd’hui sans doute plus… Leur nouvelle cible, ce sont les jeunes sorciers qui voyagent.

Et tandis qu’il parlait, Drago caressait son badge de chef de la sécurité qu’il avait montré à Harry comme un argument de son impuissance : derrière son bureau, il ne pouvait rien faire. Harry plaida encore que si c’était Scorpius, il était sûr que Drago ferait exactement la même chose que lui et Drago finit par soupirer :

 

            -Tout ce que je peux te dire, c’est qu’ils ont un point de chute porte de Clichy… Ne m’en demande pas plus, tu en sais déjà trop !

Quand les deux hommes se séparèrent, Harry disparut dans la bouche de métro avec l’idée de se rendre au plus vite Porte de Clichy. Alors qu’il descendait sous la terre parmi les moldus, l’image de Drago agitant son badge lui revint. Son ancien ennemi juré avait su se tailler une belle carrière, malgré son lourd passif personnel et familial. Il fallait bien le reconnaître, Drago s’en tirait brillamment. Il avait l’air rangé. Aujourd’hui, c’était même grâce à lui qu’Harry avançait dans son enquête. Toutefois, Harry se força à garder à l’esprit que Drago pouvait se montrer retors.

De fait, Drago qui n'avait pas bougé jeta un coup d’œil précis à un homme vêtu de sombre qui était resté devant le kioske à journaux tout le temps de la conversation. Celui-ci rejoignit son chef en rameutant plusieurs autres soi-disant passants jusque-là innocemment installés à des terrasses de café.

 

 

            -Suivez-le. Ordonna Drago à ses hommes. Et ne le lâchez pas d’une semelle ! C’est une véritable anguille, ce type !

Descente violente by Pikenikdouille
Author's Notes:

Nous retrouvons Harry à un moment crucial! Il va enfin commencer à recueillir les fruits de ses investigations...

Celles et ceux d'entre vous qui connaissent le film reconnaitrons peut-être la scène...

La rame de métro s’ébranla et les passagers furent plus ou moins remués par le départ. Harry se tenait appuyé contre la porte. D’un coup d’œil, il s’assura qu’il était bien en direction de la Porte de Clichy où, d’après Drago, il tomberait sur la planque des kidnappeurs de Lily et Roxane.

Quand il sortit de la bouche de métro, le soir était tombé sur Paris. Dans ces lieux excentrés, et peu reluisants, les passants se faisaient plus rares. Visiblement, les gens que croisait Harry savaient très bien où ils allaient. Ce n’était pas des touristes et pour cause, qui aurait eu l’idée de venir se faire prendre en photo dans ce décor peu engageant ? Dans le but de ne pas se faire remarquer, Harry adopta une démarche déterminée comme si lui aussi savait ce qu’il faisait là. Toutefois, il se montrait attentif à tout ce qui l’entourait dans l’espoir de trouver le fameux QG des kidnappeurs. Alors qu’il approchait d’un tunnel creusé à même la terre, sous une route, Harry sortit prudemment sa baguette :

 

            -Revelio!

Le sort n’eut aucun effet et Harry en lança plusieurs autres dans différentes directions sans obtenir plus de résultat. Mais alors qu’il s’engageait dans le tunnel si obscur qu’il ne pouvait en voir le bout, Harry entendit des crépitements sur sa gauche. Des étincelles bleutées dessinaient sur le sol les contours d’une trappe.

Les premiers mètres du sous-terrain menèrent Harry le long d’une galerie. De part et d’autre de ce long couloir, des niches d’une dizaine de mètres carrés comportait tantôt un lit, tantôt une table et un matelas à même le sol de terre et de poussière. La niche suivante était occupée par une jeune fille, recroquevillée dans un coin. Harry s’approcha d’elle :

 

            -N’ayez pas peur. Eut-il juste le temps de lui lancer.

La jeune fille s’était encore davantage écrasée sur elle-même. Harry remarqua qu’elle portait une robe de soie blanche parsemée de perles scintillantes. Une épaisse chaine dorée rattachait son poignet à une énorme pierre. La prisonnière se cachait à présent le visage derrière son bras libre. Harry balaya la pièce du regard et regagna la galerie. Dans la niche suivante, il distingua le corps inanimé d’une inconnue à peine plus âgée que Lily. La pièce suivante était tristement semblable. Cependant, la malheureuse qui s’y trouvait avait les yeux grands ouverts. Des yeux pleins d’effroi. Harry entra dans la pièce. La jeune femme s’agita et poussa un cri de terreur.

 

            -Non ! Non ! Ne criez pas, je vous en prie ! Se précipita Harry en s’agenouillant près d’elle.

La jeune fille s’interrompit. A ses pieds, un collier attira l’attention d’Harry. Des perles turquoises et violettes qui avaient immédiatement tapé dans l’œil de Lily quelques années plus tôt. Il lui avait offert le bijou en remarquant qu’il n’aurait jamais choisi ce modèle s’il avait dû lui faire un cadeau.

 

            -Où vous avez eu ça ?! Interrogea-il en brandissant le collier devant le visage de la jeune fille.

Avant que celle-ci ouvre la bouche, des pas se firent entendre dans la galerie. Une silhouette se détacha dans l’encadrement de la porte. Harry plissa les yeux et parvint à saisir qu’il avait en face de lui un jeune homme, à peine un adulte.

 

            -Qu’est-ce que… ?! Balbutia l’inconnu.

Mais Harry ne chercha pas de réponse. Il brandit sa baguette et le pétrifia aussitôt. Déjà, des voix masculines résonnaient dans la galerie et des cris de jeunes filles effrayées montèrent de toutes les niches.

Un repulso eut raison de la chaine qui retenait la jeune fille qui se tenait près d’Harry. Ce dernier la poussa à se lever et à marcher aussi vite que possible pour sortir de cette prison souterraine.

Dans la galerie, plusieurs hommes faisaient déjà barrage. Harry stupefixa les deux premiers mais il trouva ensuite en face de lui deux sorciers côte à côte, baguette en avant :

            -Repulso ! Incarcerem ! Lança successivement Harry.

Pris de court, les hommes furent projetés et entravés par des cordes. Harry entraîna en courant la fille jusqu’au tunnel par lequel il était arrivé. Alors qu’elle trébuchait derrière lui, faible sur ses jambes, le sorcier saisit la pauvre jeune fille dans ses bras comme une enfant et il ferma les yeux, se concentrant aussi fort que possible.

L’hôtel !

Mais les poursuivants qui étaient entre temps parvenus à se libérer, se jetèrent sur eux. Harry sentit ses lunettes se briser et devina plus qu’il ne vit un homme lever sa baguette au-dessus de la jeune fille… La réaction fut plus rapide que la réflexion : Harry sentit la vibration entre ses doigts : un éclair de lumière verte s’échappa de sa baguette et frappa l’ennemi en pleine poitrine. L’homme s’effondra sous les yeux médusés de son acolyte. Harry ne se retourna pas. Un mort suffisait ! Il ne voulait pas en arriver là, et à présent son seul objectif était de s’enfuir avec la jeune fille qui avait rencontré Lily. Il l’attrapa et avant qu’ils n’aient pu transplaner, une nouvelle vague d’assaillants se jeta sur eux. Cette fois, Harry ne fit pas de détails. Les lumières vertes et rouges fusèrent et lorsque le pop retentit enfin, le sorcier constata que cinq ou six hommes gisaient à même le sol, inertes.

Harry et la jeune fille se retrouvèrent donc dans la chambre d’hôtel. Le transplanage avait réussi à la perfection. Le sorcier ne tremblait pas. Il était dans cet état de tension extrême propre aux missions difficiles qui interdisent la pitié et l’hésitation. Il déposa sa jeune compagne sur le lit et garda le silence un moment.

C’était eux ou nous. Eux ou nous… Se répéta mentalement Harry. Il remit ses lunettes en état à l’aide d’un occulus reparo .

            -Comment vous vous appelez ? Lança-t-il plus tard.

La jeune fille venait d’ouvrir les yeux, sans oser bouger.

            -Marie…

Elle peina à expliquer, avec un fort accent du sud et des mots approximatifs, ce dont elle se souvenait : ses vacances à Paris, les garçons rencontrés à l’aéroport, la fête…

 

            -Où ça, la fête ? Où c’était ?! S’impatienta Harry.

La fille se recroquevilla, visiblement terrorisée et il fallut de longues minutes de douceur pour qu’elle se remette à parler :

 

            -Une maison… Je ne sais pas. Une porte dorée. Paradis…

Et ce fut tout ce qu’Harry put obtenir d’elle. Il finit par payer la chambre, quitta l’hôtel et s’éloigna dans les rues à la recherche d’un plan de la ville, espérant que la jeune fille parviendrait à s’en sortir seule. Lui n’avait pas le temps de s’occuper d’elle.

Il y avait quelques minutes qu’assis sur un banc, Harry étudiait le nom des rues et des quartiers. Un pigeon s’arrêta près de lui et le sorcier le chassa d’un revers du bras. Un instant plus tard, un second pigeon se posa à ses pieds. Harry ne quitta pas sa carte des yeux pour envoyer un coup de pied au volatile. Mais trois autres pigeons le rejoignirent bientôt sur le banc et Harry prit enfin la peine de lever le nez. Chacun d’eux portait une enveloppe noire à la patte.

La lettre qu’Harry déplia se matérialisa aussitôt en un masque noir qui se dressa au-dessus de lui. La voix de Drago, plus grave et plus impressionnante toutefois, s’éleva :

 

            -Potter, nous devons nous voir. Je fais tout ce que je peux pour t’aider et tu le sais, mais je ne peux pas couvrir toutes tes folies. Huit morts ! Les choses sont allées trop loin ! Rends-toi aux Jardins du Luxembourg. Maintenant. Nous allons voir ce qu’on peut faire.

End Notes:

A bientôt pour ce rendez-vous entre Drago (dont vous aure compris qu'il n'est pas vraiment digne de confiance) et Harry!

Le piège de Drago by Pikenikdouille
Author's Notes:

Voilà (enfin) la suite des aventures... Et notre héros n'a pas fini d'être malmené! Bonne lecture

Drago Malefoy arriva les mains dans les poches de son costume Place du Trocadero. Ses beaux souliers vernis claquaient sur le dallage. Il avait l’air parfaitement serein, mais sa concentration était totale. Il connaissait les lieux par cœur. Il avait l’avantage. Mais au fond de lui, il savait que cela ne suffisait pas à garantir le succès de cette opération. Avec le temps, Drago avait appris l’humilité, ou en tout cas, sa méfiance s’était accrue au point qu’il se montrait souvent plus prévoyant et plus prudent que nécessaire. Ses collègues s’étaient longtemps moqués de lui, le qualifiant de mauviette, de frileux, de trouillard… Mais il avait eu sa revanche sourde et muette… Car sourd et muet face aux critiques, Drago avait appliqué les mêmes précautions extrêmes toute sa carrière et accumulé les succès. Tandis que les autres riaient de plus en plus jaune dans son dos, lui, était devenu leur chef à tous !

Un jeune livreur en vélo s’arrêta devant l’homme en costume. Il descendit de son engin avant de le poser sur la béquille et de s’adresser à Drago :

 

            -J’ai ça pour vous, monsieur…

Le jeune homme tendit un morceau de parchemin plié. Une écriture brouillonne indiquait : « Sois sympa Drago, range tes petits soldats, qu’on puisse discuter tranquillement. Et arrête une fois pour toutes de me prendre pour un con ! H.P »

Drago broya le papier dans son poing. Comment Harry avait-il pu deviner que la moitié de la brigade était disséminée aux quatre coins de la place ?! En dix minutes d’attente, lui-même n’avait pas réussi à repérer tous ses hommes ! D’un claquement de doigt, Drago rappela ses troupes à lui. Une douzaine d’espions l’entourèrent bientôt.

 

            -Il est là, quelque part ! Fouillez-moi le secteur ! Rue par rue, maison par maison s’il le faut ! Démerdez-vous comme vous voulez mais chopez-moi cet enfoiré ! Siffla le blond.

Drago regarda ses hommes se lancer à l’assaut du quartier au milieu des moldus désœuvrés. Alors qu’il ratissait lui aussi les environs, il se rendit compte qu’une cabine téléphonique était en train de sonner.

Drago pénétra dans le minuscule espace et décrocha le combiné :

 

            -Potter… A quoi tu joues ?!

            -C’est ce que je me tue à t’expliquer depuis le début, Drago… Répondit froidement la voix de Harry : Je ne joue pas !

Il y eut un bref silence avant que le sorcier ne reprenne la parole :

            -Je dois retrouver Lily et tu me fais perdre un temps précieux. Qui gère ce trafic ? Vous avez bien des infos, des contacts… ? Vous contrôlez un minimum les choses, dis-moi, ou bien la ville est tombée par magie aux mains d’une bande de kidnappeurs amateurs ?

Le ton de Harry se faisait cynique. Drago pouvait entendre ce souffle animal, violent, dans le téléphone. Il jugea qu’il valait mieux lâcher la bride et permettre à Harry d’évoluer dans son enquête, histoire de gagner du temps. Il ne doutait pas de pouvoir l’arrêter plus tard. Et avec un peu de chance, les salopards chez qui il allait maintenant l’envoyer lui régleraient eux-mêmes son compte…

 

            -Tu pourras parler avec un de leurs chefs. Annonça Drago : L’immeuble à l’angle des rues Lafayette et Papillon… Je…

Le téléphone émit une tonalité, puis une seconde, et une troisième. Drago, bien que peu familier des appareils moldus, comprit que la communication était rompue…

En arrivant à l’angle de la rue Lafayette, Harry ne jugea pas utile de se couvrir de sa cape d’invisibilité. Il pénétra dans la boutique installée au rez-de-chaussée et comme personne ne venait l’accueillir, il se décida à visiter l’arrière-salle qui donnait dans une cour.

A l’extérieur, deux hommes vêtus de robes de sorciers montaient nonchalamment la garde devant une porte. L’un d’eux leva les yeux sur Harry et prit une démarche méprisante pour venir se planter devant lui :

 

            -C’est pour quoi ?

            -C’est pour voir ton patron. Répondit sèchement Harry.

Le deuxième homme s’approcha, tandis que celui qui avait parlé se mettait à ricaner d’un air hautain :

           

            -Y’a pas de patron, ici. C’est nous tous, les patrons !

Harry n’eut pas le temps de répondre. Le deuxième sorcier prenait déjà le relai :

            -Ouais. On n’a pas de chef. Qu’est-ce que tu veux ?

La baguette de Harry se retrouva en une seconde sous la gorge de son premier interlocuteur ! L’autre sorcier brandit la sienne mais c’était trop tard : Harry avait sa monnaie d’échange :

 

            -Tente quelque chose et ton camarade est mort. Indiqua Harry : Maintenant, un peu de sérieux : je suis venu voir le patron et croyez-le ou non, je n’ai pas que ça à faire… Alors où est-il ?

            -Quel est votre nom ? Interrogea celui qui avait déjà commencé à abaisser sa baguette.

Harry réalisa qu’il avançait totalement à l’aveugle. Tout son plan reposait sur le bluff et il ne savait pas du tout où il mettait les pieds. Toutefois, il sentit que son sang restait froid. Son rythme cardiaque était stable. Lily l’attendait quelque part. Il se jura mentalement, une nouvelle fois, qu’il allait la retrouver.

 

            -Je m’appelle Drago Malefoy… Lança-t-il.

Après avoir disparu à l’étage du bâtiment pendant plusieurs minutes, le sorcier qui avait posé la question redescendit l’escalier de service jusqu’à la cour où Harry attendait avec son otage.

            -Monsieur Malefoy… Appela-t-il. Vous pouvez monter.

Harry se demanda si on le prenait réellement pour Drago ou si les types avaient décidé de jouer le jeu pour voir où il voulait en venir… A l’étage, le bâtiment était plongé dans l’obscurité la plus totale. Ils débouchèrent dans une pièce faiblement éclairer où le sorcier demanda à Harry de déposer sa baguette magique sur une table.  Harry n’hésita pas pour ne pas éveiller les soupçons mais une angoisse monta en lui et aussitôt le geste achevé, il le regretta amèrement. Le sorcier l’entraînait déjà dans ce qui ressemblait à un bureau. Cinq ou six hommes discutaient à mi-voix et se turent progressivement à son arrivée.

 

            -Monsieur Malefoy, c’est ça ? Lui lança l’un d’eux en lui indiquant un fauteuil.

            -Bonjour. Fit Harry. Oui, Drago Malefoy, chef de la sécurité magique…

            -Je sais ! Rit l’homme : Je sais ce que je vous dois, Monsieur Malefoy ! Mais je suis un peu…surpris : d’habitude, vous ne vous déplacez pas en personne.

Harry poussa un imperceptible soupir de soulagement. Drago devait envoyer régulièrement ses sbires prélever un pourcentage du butin que le trafic de ce groupe de sorciers rapportait. Il avait donc pu se faire passer pour lui sans être démasquer.

 

            -Oui… Il était temps que je vous rende une petite visite.

Harry s’assit en face de celui qui semblait être le chef.

 

            -une visite plus…personnelle.

Harry remarqua deux hommes dans son dos qui se tenaient immobiles de part et d’autre de la porte. Il se redressa pour parler à voix basse et, dans l’idée de gagner du temps, commença :

 

            -Je suis venu négocier le tarif…

            -On a déjà négocié le tarif… Rétorqua le chef.

            -Mais vos affaires ont fructifié depuis et sans ma protection, ça n’aurait pas été possible, n’est-ce pas ?

L’homme émit un grognement ironique et demanda dans un souffle ce que Harry voulait, exactement :

            -Comme je vous l’ai dit, il s’agit d’une visite personnelle.

Harry inventa au fur et à mesure des anecdotes qui décrivait sa vie, ou plutôt la vie de Drago Malefoy : un job ennuyeux et stressant, une épouse glaciale, un fils trop bien élevé… Il avait envie de s’amuser un peu… Le type eut un sourire grinçant.

            -Je sais que vous avez le coup de main, pour ça… Ajouta-Harry. Et récemment, le père d’une fille est venu me voir. Il se trouve que c’était mon pire ennemi, à l’école ! Sa fille a disparu mais j’ai toutes les raisons de penser que vous savez où elle est.

Harry plaqua la photo de Lily sur le bureau qui le séparait de son interlocuteur. Le sorcier en faction à la porte sursauta.

            -C’est elle que je veux !

Le chef jeta un rapide coup d’œil à la photographie et appela un homme qu’il désigna par un nom que Harry ne comprit pas. Le type se sépara des autre . Il s’agissait d’un jeune homme brun. Le chef lui demanda de s’approcher et montra la photo de Lily. Le jeune homme opina de la tête :

 

            -Oui… Se contenta-t-il de répondre.

Harry sentit sa main se diriger vers sa poche, instinctivement, mais il ne trouva bien sûr pas sa baguette. Il se tourna vers le jeune homme avec l’idée de le questionner sur Lily. Ce oui signifiait-il qu’il savait où elle était ? Mais en croisant son regard, Harry sentit son souffle se couper : ces yeux verts ! Il réalisa immédiatement qu’il s’agissait du kidnappeur auquel il avait parlé le jour de l’enlèvement de Lily ! Et les yeux ne mentent pas, ou mal. Ainsi, le jeune homme se figea, comprenant lui aussi qu’il avait déjà croisé ce regard… Harry se jeta aussitôt sur lui mais les autres le maitrisèrent bientôt sans peine et l’entrainèrent vers le fond du couloir.

 

            -Où est-elle ?! Cria plusieurs fois Harry.

Sa voix résonnait dans l’immeuble délabré mais il savait bien que ses cris n’allaient pas plus loin et que personne ne viendrait à son secours. Il était à la merci des kidnappeurs de Lily.

End Notes:

N'oubliez pas de me donner votre avis si vous avez le temps/l'envie! A bientôt!

Le Phénix by Pikenikdouille
Author's Notes:

Voici un nouveau chapitre!

Harry va employer les grands moyens!

Harry était suspendu par les bras au plafond d’une petite pièce sombre. Les hommes qui organisaient les kidnappings de jeunes filles l’avaient maitrisé sans trop de peine. Après l’avoir accroché par les poignets à cette poutre métallique, ils l’avaient tabassé, plutôt pour la forme qu’autre chose, et ils l’avaient laissé seul. A présent, le sorcier avait repris son souffle et les contusions sur son corps commençaient à s’apaiser. Harry jugea à la douleur qu’il éprouvait qu’il devait avoir une ou deux côtes fêlées, peut-être cassées. Pour autant, il ne comptait pas se laisser mourir ici. Non que la mort lui fit encore peur, mais parce que, comme il ne cessait de se le répéter : Lily était vivante et elle l’attendait quelque part. Elle attendait son père car il lui avait promis de venir la chercher.

Au bout d’un moment, quelqu’un entra. C’était le jeune homme aux yeux verts. A la façon dont il se comportait, Harry devina qu’il avait reçu l’ordre de le tuer… L’homme tournait lentement dans la pièce sans le regarder, les yeux sur sa baguette. Paradoxalement, Harry préférait ça : il fallait en découdre. Une attaque franche, c’était la meilleure manière de reprendre le dessus… Il avait craint qu’on le laisse croupir ici.

A présent, le jeune homme brandissait sa baguette. Il fronça les sourcils mais avant d’avoir exécuté le moindre geste, Harry rassembla toute sa force pour lui envoyer un coup de pied à l’entre-jambe. Surpris, l’homme se plia en deux dans un râle sourd. Harry balançait ses jambes pour tenter de l’atteindre de nouveau mais c’était peine perdue. L’homme se redressa enfin et leva sa baguette.

Ce fut un mélange d’éclairs lumineux. Harry s’était concentré de toutes ses forces. Il avait convoqué ses souvenirs les plus beaux. Le visage de ses parents, le baiser de Ginny, le premier sourire de son fils James, le regard profond d’Albus Severus, le rire cristallin de Lily, sa fille adorée…

Un nuage de clarté s’échappa de la poitrine de Harry. On pouvait imaginer la forme d’un cerf dans la vapeur immaculée qui se dressait comme un bouclier. Ce qui ressemblait à un patronus non-corporel venait de repousser l’avada kedavra de l’assaillant et Harry n’en revenait pas ! Sans baguette ! A présent, le patronus se débattait contre les sorts de défense du jeune homme et Harry put tirer ses poignets des liens que son mouvement de balancier avait fragilisés. Il s’empara de la baguette de son ennemi et lui envoya le sortilège le moins pardonnable sans délai.

S’échapper n’aurait pas été très difficile : grâce à l’effet de surprise, Harry vint rapidement à bout des autres hommes qui gardaient le QG et il put récupérer sa propre-baguette magique avant de se retrouver nez à nez avec le chef qui l’avait reçu un peu plus tôt.

 

            -Parle ! Lui ordonna Harry : Où est ma fille ?!

L’homme, qui venait d’être désarmé, eut un rire arrogant. Il avait trop à perdre pour parler. S’il le faisait, sa vie ne serait plus très longue, à supposer que Harry ne le tue pas aussitôt les informations obtenues ! De toute façon, Pensa le chef des kidnappeurs, il était impossible que cet homme retrouve sa fille. Et si jamais, par miracle, il y parvenait, elle serait trop esquintée pour qu’elle ait encore quoi que ce soit à voir avec celle qu’elle était autrefois…

Harry perdit patience et empoigna la gorge de son ennemi. Il le traina jusqu’à la salle où lui-même avait été retenu et le jeta contre un mur. L’homme se recroquevilla et tenta de se relever mais Harry lui envoya un Endoloris. Il y eut un premier cri de douleur. Puis plusieurs autres, car à chaque seconde de silence supplémentaire, Harry envoyait un sort à celui qui refusait de parler. Au sixième, il s’interrompit.

 

            -Tu as quelque chose à me répondre, ou je continue… ? Cria Harry.

Son visage était ravagé de haine mais ses yeux verts brûlaient de détermination. Il savait qu’il ne se pardonnerait pas ce qu’il était en train de faire. Des cauchemars le hanteraient. Mais tous les moyens étaient bons pour retrouver sa fille, et ce genre de salopards ne comprenaient que la violence…

Les deux hommes échangèrent un regard. Harry saisit la détresse et l’acharnement dans les yeux de son ennemi. Il s’approcha pour lui donner une dernière chance de parler :

 

            -Le Phénix… Lâcha enfin l’homme, faisant se rallumer le regard de Harry.

            -Quoi, le Phénix ? Répliqua-t-il en levant sa baguette en signe de menace : C’est quoi ? Un surnom ? C’est qui ?!

Le phénix, c’est tout ce que Harry put tirer de l’homme. Il ne faisait que répéter ce nom qu’Harry devinait être celui de quelqu’un, quelqu’un qui pourrait certainement le conduire à sa fille. Mais l’homme avait à présent les lèvres scellées. Il ne les desserra que pour implorer la pitié d’Harry…

Le père de Lily avait la baguette levée. Il regardait ce kidnappeur de jeunes filles réduit à pas grand-chose, ligoté, implorant… Autrefois, son cœur se serait attendri. A n’en pas douter, autrefois, sa baguette ce serait abaissé. Il aurait permi à cet homme d’être jugé, de recevoir une peine et de la purger, et un jour peut-être, de retrouver ses droits… Alors, la société l’aurait sûrement aidé à reprendre le cours de sa vie… C’était un des grands projets de son amie Hermione Granger… Quelque chose de sauvage monta en lui, comme un instinct: non!

Harry écouta le dernier cri suppliant. Sa baguette s’abattit dans un éclair de lumière rouge. L’homme se mit à crier. Il était salement amoché : une plaie ouverte lui barrait le ventre. Il se vidait de son sang... Harry quitta la pièce sans se retourner…

Il s’était rendu chez les Malefoy directement après l’épisode des kidnappeurs… Il trouva Astoria seule dans la vaste maison où quelques elfes désœuvrés travaillaient maintenant en tant qu’employés. A la surprise que la maîtresse de maison avait affichée en le voyant devant sa porte, Harry avait compris que Malefoy ne tenait pas son épouse très au courant de ses affaires professionnelles. Celle-ci lui offrit un verre et se félicita que Harry soit passé à l’improviste :

 

            -Tu sais, Harry, la vie n’a pas été facile pour nous après la guerre. Nous nous sommes expatriés pour repartir de zéro…

Elle but une gorgé d’alcool et reprit la parole, avec le sourire cette fois. Harry se contenta de boire à son tour en écoutant la femme de Drago lui expliquer combien elle était fière de son mari :

            -Drago a choisi le parti de la Justice. Il protège tous les jours notre communauté. Et ça, malgré l’humiliation que certains sorciers qui s’étaient trouvé dans le bon camp par le plus pur des hasards nous ont infligée !

Harry serra les dents et afficha un sourire compréhensif. Astoria n’avait pas la moindre idée de ce sur quoi son merveilleux héros fermait les yeux… Harry préférait économiser ses forces et attendre que Drago rentre de son bureau. A en croire Astoria, il n’allait plus tarder. Il s’arrangeait toujours pour être à l’heure pour le diner. Harry sentit la nausée l’étreindre un instant…

Effectivement, le chef de la Sécurité arriva bientôt et en découvrant Harry, il eut du mal à cacher sa stupeur et son déplaisir ! Il embrassa sa femme et serra la main de Harry avec une fausse chaleur. Astoria ne sembla pas remarquer que la poignée de main entre les deux hommes était à la fois interminable et relativement raide.

Les trois sorciers s’attablèrent et Astoria rompit le lourd silence :

            -Harry me disait qu’il visitait la ville… C’est charmant de passer nous voir !

            -Oui… Renchérit Harry : D’ailleurs, je suis aussi passé dire bonjour à des amis à toi, tout à l’heure…

Il fixait à présent Drago et les deux hommes se renvoyèrent un coup d’œil qui n’avait plus rien de sympathique. Un doute passa dans les yeux de Mrs Malefoy, tandis que Drago posait ses couverts. Harry avait employé un ton clairement menaçant. Il glissa sa main droite sous la table. Drago se redressa, cherchant à tâtons sa baguette et constatant avec stupeur que sa poche était vide !

            -J’espère que tu n’es pas impliqué là-dedans, Drago…

            -Impliqué ? Impliqué dans quoi ?! S’étonna Astoria : Drago, je t’en prie, de quoi vous parlez ?!

            -Tais-toi ! Ordonna Drago à sa femme avant de se tourner vers Harry : Comment tu crois que j’ai pu garder le même train de vie, après la guerre, Potter ? L’argent ne tombe pas du ciel…

Mais Harry ne releva pas. Déjà, il pointait sa baguette magique sur la poitrine d’Astoria qui poussa un cri strident. Drago chercha de nouveau sa baguette sans pouvoir la trouver.

            -Voilà ce qui arrive quand on travaille derrière un bureau… On taille des plumes et on ne sait plus se défendre.

Harry montra la baguette de Drago qu’il tenait dans sa main gauche, subtilisée pendant leur longue et glaciale poignée de main.

 

            -Maintenant : Qui est le Phénix ?

Drago gardait son calme. Sa voix était ferme. Il fit un signe d’apaisement :

            -Laisse ma femme tranquille, Potter, elle n’a rien à voir avec ça…

Drago faisait preuve d’un sang-froid impressionnant qu’il avait dû acquérir pendant sa carrière. Astoria, visiblement terrorisée, ne semblait pas reconnaître son mari. Elle avait l’air aussi paniquée par la menace que représentait Harry que par le calme glacial de Drago.

            -Qui est le Phénix ? Répéta Harry.

Après un silence, Drago jeta un regard à Astoria puis se retourna vers Harry. Celui-ci jugea que sa baguette sous la gorge d’Astoria n’était pas une menace suffisante et il fit un mouvement bien pesé vers son épaule. Aussitôt, un jet de lumière rouge illumina la pièce et la femme tomba à la renverse en poussant un cri de douleur.

 

            -Non ! Cria Drago. Espèce d’enfoiré !

Il se jeta à genoux auprès de sa femme et chercha quelque chose pour lui venir en aide. Harry sentit l’envie de réparer le dommage collatéral. Un simple ipiski aurait remis l’épaule en place, mais il retint son geste : Les cris d’Astoria était le meilleur moyen de pression sur son mari :

 

            -Je te le demande une dernière fois ! Aboya Harry : Si tu ne me réponds pas, je te jure que je la descends. Alors qui est le Phenix ?

Cette fois, Drago lâcha tout ce qu’il savait.

End Notes:

Merci d'avoir lu

Sous les paillettes by Pikenikdouille
Author's Notes:

Je suis désolée de vous avoir fait attendre assez longtemps pour la suite de cette histoire, mais voilà enfin le nouveau chapitre! J'espère qu'il vous plaira!

La ville Lumière possède de nombreux joyaux. Harry le savait, mais il n’avait jamais été attiré par les paillettes et les cotillons. Une clarté paisible, voilà de quoi se composait pour lui le bonheur… Pourtant ce soir-là, il revêtit une tenue de soirée d’un luxe remarquable, un peu grande pour lui car il l’avait prise à Drago avant de quitter la maison des Malefoy. Il poussa même la coquetterie jusqu’à s’affubler d’un chapeau de sorcier et d’une canne au pommeau d’argent. Dans le miroir, il se donnait l’impression d’être déguisé mais il adopta une attitude des plus naturelles. Ce n’était pas la première fois que la situation exigeait qu’il joue un rôle. Ce soir, il devait être un des invités. Il devait réussir. Harry lança à son reflet un regard déterminé. Au fond de ses yeux verts, une flamme de rage et de force brûla et il la fit disparaitre : pour le moment, cette flamme ne devait luire que dans son cœur. Pour le moment, il devait avoir l’air complétement normal, semblable aux autres invités de cette écœurante soirée.

Bien sûr, cette tâche était plus compliquée pour Harry que pour n’importe qui d’autre : tout le monde sorcier connaissait son visage et sa célèbre cicatrice. Heureusement, il avait toujours un flacon de polynectar sur lui et il prit soin d’en boire une gorgée après avoir récupéré un cheveu sur la veste d’un inconnu qui marchait devant lui dans la rue.

Drago lui avait indiqué le lieu et l’horaire… La douleur de sa femme avait eu raison de son mutisme et Harry le comprenait très bien : même si Ginny n’était plus son épouse, lui-même n’aurait pas supporté de la voir crier et pleurer en sachant qu’un mot pouvait la soulager. En tout cas, il avait obtenu de Drago comment accéder au Phénix. Justement, cet homme qui était un des plus influent du trafic de jeunes sorciers, organisait ce soir-là une réception très privée et secrète pour des initiés et quelques clients potentiels. Drago avait expliqué à Harry ce que son équipe avait découvert au cours des derniers mois : les jeunes sorciers et sorcières kidnappés étaient très probablement revendus à des commanditaires. D’après un agent infiltré, les victimes étaient choisies pour leur beauté, leur lignée ou encore leur puissance magique… Cela dépendait de l’intérêt de l’acheteur.

Quand il arriva devant l’hôtel particulier, Harry comprit qu’il était au bon endroit. La façade était ornée de bas-reliefs foisonnant de l’oiseau merveilleux. Des phénix de pierre se consumaient dans un grand feu ou s’envolaient, entourés de flammes... Harry n’eut pas de mal à rejoindre la salle de réception, malgré les sortilèges de protection qui entouraient les lieux. Ils n'éloignaient que ceux qui n'étaient pas au courant du trafic. Des serveurs en costumes côtoyés les elfes de maison et personne ne semblait s’inquiéter de qui entrait… Harry accepta une coupe de champagne et commença à observer les environs et les personnes présentes en espérant repérer un indice : il lui fallait trouver rapidement le Phénix, avant que les effets de la potion se dissipent.

Les conversations semblèrent d’abord tout à fait anodines mais après quelques minutes, les langues se délièrent. Harry s’approcha nonchalamment d’une femme d’une cinquantaine d’années qui s’adressait à un homme plus jeune :

 

            -Nous l’avons installée dans la petite tour de notre maison de campagne… Disait-elle. C’est une jeune fille rousse. Elle est de sang-pur. Mon mari trouvait qu’elle avait un côté Weasley… C’est pour ça qu’elle coûtait aussi cher !

Un frison d’horreur parcourut le dos de Harry : c’était donc vrai ! Ces gens achetaient des jeunes sorciers pour les garder pour eux et en faire Merlin sait quoi !

 

            -Vous avez eu une sacrée veine ! Répondit le jeune homme à la quinquagénaire. J’ai un acheteur qui attend ce type de marchandise depuis plus de six mois ! Et je peux vous assurer que ce n’est pas une question d’argent !

La femme eut un petit rire à donner la nausée. Harry s’éloigna à reculons : il ne voulait pas en entendre davantage car il avait besoin de tout son sang-froid. Et en regagnant le buffet, il remarqua enfin quelque chose d’intéressant… Deux hommes discutaient, l’un penché à l’oreille de l’autre, en jetant des coups d’œil méfiants autour d’eux. Sur un hochement de tête synchrone, ils se dirigèrent l’un derrière l’autre vers le fond de la salle. Harry leur emboita le pas.

Un long couloir desservait quelques pièces aux portes closes avant de se scinder en deux. Les deux hommes prirent le chemin de droite tandis que Harry attendait de les voir tourner pour s’engager à son tour dans le passage. Les deux hommes disparurent par une porte qui venait d’apparaitre et s’était aussitôt volatilisée. Harry se précipita pour les suivre mais c’était belle et bien trop tard : le mur était redevenu intact, infranchissable. Harry sortit sa baguette sans savoir ce qu’il allait en faire quand une voix l’interpela :

 

            -Puis-je aider Monsieur à trouver son chemin ?

Un elfe en smoking tenant un plateau d’argent couvert d’une carafe de cognac lui lançait un regard soupçonneux. Harry rangea sa baguette :

 

            -Je dois aller de l’autre côté… Fit-il en montrant la cloison à l’endroit où s’était formée la porte.

            -Si c’est le cas, vous n’aurez pas de mal à entrer. Cette pièce ne s’ouvre que pour ceux que l’on attend.

Harry comprit qu’il s’agissait d’une sorte de salle-sur-demande. Il se sentit un instant pris au piège, avant que ses yeux ne retombent sur le plateau d’argent.

            -Justement, on ne m’attend pas. Siffla Harry en pointant sa baguette sur l’elfe : Mais on a demandé du cognac…

L’elfe ouvrit un peu plus grand ses énormes yeux. Il fit un pas en arrière :

 

            -Ton plateau ! Ordonna Harry. Vite !

Le serviteur tendit le plateau d’une main tremblante et Harry le pétrifia avant qu’il n’ait eu le temps de disparaître. Dès que le sorcier approcha du mur avec le plateau d’argent, la porte se dessina comme elle était apparue aux deux hommes quelques instants plus tôt. Harry frappa et une voix empesée l’invita à entrer.

La pièce était assez petite et ressemblait à un minuscule cinéma moldu : le sol et les murs étaient couverts d’une moquette rouge vif où dansait de minces volutes dorées. Un grand fauteuil en cuir dans lequel Harry devina la silhouette d’un homme trônait devant une toile tendue qui occupait tout le mur du fond…

Une main gantée apparut au-dessus de l’accoudoir. Les doigts firent signe à Harry d’approcher et de servir le cognac dans un large verre posé sur une petite table toute proche. Le sorcier s’exécuta… Tandis que le verre se remplissait lentement, le portrait d’un garçon blond d’une quinzaine d’années se dessina sur la toile. Une voix féminine et suave annonça les caractéristiques : 14 ans, britannique, sang-mêlé, aptitude pour le quidditch…

La voix allait reprendre mais l’homme dans le fauteuil fit un geste de sa baguette et l’image du garçon disparut pour laisser place à celui d’une jeune femme :

 

            -Dix-neuf ans, française, totalement formée à l’académie Beaubâton, bonne éducation et douée pour les métamorphoses… Mise à prix : 20 000 galions.

Harry s’était figé, horrifié. Sa main cherchait à l’aveugle sa baguette tandis que son regard ne pouvait se détacher de l’écran. Pris d’un doute, l’homme dans le fauteuil se redressa et s’apprêta à obliquer pour saisir sa propre-baguette et faire face à celui qu’il prenait pour un de ses serviteurs. Avant d’avoir pu réagir, il sentit la main de Harry le saisir au niveau de la gorge. Les doigts serrés du sorcier l’empêchaient de parler, de demander qui était cet intrus et ce qu’il voulait. Il n’avait jamais vu cet homme…

Cependant, les enchères pour la fille de dix-neuf ans battaient leur plein et la vente se conclut rapidement. La toile redevint noire et Harry y jeta un œil sans relâcher sa poigne sur le Phénix. Ce dernier avait les yeux exorbités et devenait cramoisi, incapable de trouver l’oxygène nécessaire à sa respiration…

La voix suave qui dirigeait les enchères annonça alors le dernier lot de la soirée : un produit exceptionnel. Harry vit une silhouette mince et fragile se découper sur la toile sombre. Son cœur se retourna dans sa poitrine. Il ne voyait pas encore le visage de la jeune fille, mais une certitude viscérale, inexplicable, s’était emparé de lui…

 

            -Dix-sept ans, britannique. Lignée du Survivant.

Les doigts d’Harry se crispèrent sur sa baguette mais sa main ne trembla pas. Dans son fauteuil, le Phénix comprit qu'il se passait quelque chose. Harry lâcha sa gorge et pointa sa baguette sur son front :

 

            -Achète-là ! Ordonna-t-il.

L’homme resta figé, autant par la stupeur que par la colère froide. Sa voix monta, trahissant son écœurement :

           

 

            -Je ne sais pas qui vous êtes, Lança le Phénix, mais vous allez le regretter !

End Notes:

Merci d'avoir lu et à très vite pour la suite!

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