Les Echos du crépuscule by Samantha Black
Summary:

Guweiz - Montage d'Ielenna

Pansy avait un secret. Un secret qui n'était même pas le sien et qu'elle ne pouvait partager avec personne. Un secret qu'elle avait encore du mal à comprendre. Un secret dont sa famille n'aurait sans doute jamais voulu entendre. Un secret dont elle-même ne savait que faire...

Joyeux Noël Caroliloonette !

Fanfiction écrite dans le cadre de l'échange de Noël 2017

Categories: Fics-cadeau, Epoque de Harry Characters: Pansy Parkinson, Personnage original (OC)
Genres: Amitié, Romance/Amour, Tragédie/Drame
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Echange de Noël 2017, Le petit monde de Sam
Chapters: 6 Completed: Oui Word count: 24374 Read: 2538 Published: 04/01/2018 Updated: 17/04/2020
Story Notes:
Tout l'univers de Harry Potter appartient à JK Rowling et je ne touche donc pas un seul centime pour mes écrits.

Merci à Margot et LookCatMe pour leur travail de bêta-lectrice ! :)

1. Le secret de Pansy by Samantha Black

2. Zaul by Samantha Black

3. Soirée en vert et argent by Samantha Black

4. L'innommable vérité by Samantha Black

5. Une coquille vide by Samantha Black

6. Une goutte d'espoir by Samantha Black

Le secret de Pansy by Samantha Black
Author's Notes:
Publication de la version corrigée le 7/08/2018

Pansy avait un secret. Un secret bien gardé, qu'elle n'avait pas même partagé avec Drago Malefoy, son plus proche ami ou encore avec Daphne Greengrass, sa cousine germaine mais aussi sa plus proche camarade de dortoir. La Serpentard n'utilisait pas le mot « ami » pour la désigner car elle savait que, comme Theodore Nott, Daphne n'en avait pas.

Cette année-là, Pansy était entrée en sixième année à l'école de sorcellerie de Poudlard, pleine d'espoir et de crainte mêlés. Le Seigneur des Ténèbres était de retour et avait été le sujet de conversation principal des repas aussi bien familiaux qu'amicaux de la famille Parkinson. Le père de Pansy, n'avait jamais pris part de manière directe aux activités des Mangemorts mais il n'avait pour autant pas non plus été le dernier quand il s'agissait de les financer.

Suivant l'exemple de ses parents, Pansy avait intégré la Brigade Inquisitoriale l'année précédente mais avait préféré ne pas s'impliquer lorsque Drago avait laissé entendre que le Mage noir lui avait confié une mission de la plus haute importance. Bien entendu, elle serait là pour le soutenir – Drago était son ami après tout, mais cela n'irait pas plus loin. L'instinct de survie était fort chez les Parkinson et son père lui avait conseillé de se tenir à l'écart de toute activité suspecte. La Serpentard comptait bien tenir la promesse qu'elle lui avait faite.

Depuis que Pansy avait pris cette résolution, elle passait le plus clair de son temps à la bibliothèque de Poudlard. Elle qui s'était toujours moqué de Theodore et de sa tendance à se terrer dans ses livres comprenait désormais l'attrait que ce lieu pouvait susciter. Bien entendu, elle n'y allait pas pour lire. Elle avait toujours détesté cela et ne le faisait que lorsqu'elle y était obligée. Toutefois, le silence des lieux était particulièrement propice à son inspiration artistique. Elle s'installait toujours à l'une des tables se trouvant au fond de la bibliothèque, entre deux étagères consacrées à la Divination. Au moins dans ce secteur, elle était sûre de ne pas voir Hermione Rat-de-Bibliothèque Granger, même si elle devait parfois supporter les gloussements des deux autres dindes de Gryffondor, Violet et Panama, si ses souvenirs étaient bons.

Toutefois et malheureusement pour Pansy, toutes les bonnes choses ont une fin et la sérénité qu'elle ressentait en venant à la bibliothèque était sur le point d'être de l'histoire ancienne. C'était un jour de novembre. Comme tous les jours, la jeune fille décida d'aller se réfugier dans l'antre de Madame Pince. Drago avait une fois de plus disparu et Pansy savait que le dessin était le seul moyen pour elle de ne pas penser au fait qu'il était, une fois de plus, en train de mettre sa vie en danger. Pour une grande cause certes, mais tout de même. La jeune fille se dirigea d'un pas décidé et rapide vers la table du fond, qu'elle désignait désormais dans sa tête comme « sa » table. Arrivée à quelques mètres de cette dernière, elle fronça les sourcils en constatant que son bureau n'était pas libre. Un vieil ouvrage tout décrépi, sans doute encore plus ancien que son grand-oncle Nestor, trônait au milieu de la table. Pansy jeta quelques coups d'œil aux alentours mais les rayonnages étaient vides, ne laissant pas le moindre indice concernant l'identité du malotru ayant abandonné son vieux livre poussiéreux sur la table de quelqu'un d'autre.

Malgré cet affront, la Serpentard s'installa à sa place habituelle, face à l'entrée mais tout de même cachée par l'un des rayons de livres. Il lui suffisait de pencher un peu la tête vers la droite pour avoir une vue sur le bureau de Madame Pince. Il était important de pouvoir déterminer où elle se trouvait pour ne pas être pris au dépourvu lorsqu'elle arrivait derrière vous, tel un chat guettant sa proie.

Pansy resta plus d’une heure à sa table, s’attendant à tout instant à être dérangée par le propriétaire du vieux livre. Elle avait préparé une réplique bien sentie pour faire comprendre à ce sans-gêne que cette table était la sienne et qu’il n’avait pas à laisser traîner ses affaires dessus ainsi. Pansy n’était pas bien grande et très certainement pas intimidante mais elle savait que l’amitié qui la liait à Drago Malefoy faisait qu’il était plus facile pour elle de se faire écouter. Cela et sans doute aussi le fait que ce dernier était toujours flanqué de Crabbe et Goyle. Quand après plus d’une heure, personne ne vint, Pansy sut que le propriétaire du livre ne se manifesterait sans doute jamais. Elle poussa un soupir, agacée, avant de se pencher et de tendre le bras pour le récupérer. Sans prendre plus de précaution que cela, la jeune fille l’ouvrit espérant trouver le nom du propriétaire à l’intérieur.

Sur la première page, en belles lettres devenues marron au fil des années, était ce qu’elle supposa être un nom : Rosamund Fleamont. La jeune fille fronça les sourcils alors que le souvenir d’avoir déjà entendu ce nom de famille lui revenait en mémoire. Une de ses ancêtres, du côté de sa mère, l’avait porté. Elle s’en rappelait particulièrement car sa grand-mère lui avait promis de lui offrir à sa majorité le pendentif hérité de cette femme.

— Qu’est-ce que… marmonna Pansy en feuilletant l’ouvrage.

L’écriture était ronde et ne ressemblait absolument pas à ce qu’on pouvait trouver dans les manuels scolaires ou les ouvrages vendus en grands tirages. Çà et là, une rature ou un petit pâté donnait l’impression que le livre avait été écrit par une personne ne connaissant pas parfaitement les sortilèges de copies.

— C’est quoi ce truc ? se demanda-t-elle, surprise.

La deuxième moitié des pages étaient vierges. Depuis quand ce genre de livres se trouvaient-ils dans le commerce ? Pansy retourna au début de l’ouvrage et relu le nom : Rosamund Fleamont, avant de commencer la lecture des premières lignes. Le texte s’ouvrait sur une scène dans la maison de la famille Fleamont. Rosamund était là, profitant du beau temps avec sa sœur cadette, Cordelia. L’auteur décrivait avec une précision frappante la couleur des feuilles de chênes, l’odeur des fleurs, le bruit du vent…

— Non mais n’importe quoi ! chuchota-t-elle sans pour autant s’arrêter de lire.

La jeune fille ne put s’empêcher de pouffer en poursuivant sa lecture. Les deux sœurs étaient parties se promener dans la forêt adjacente à la propriété familiale et l’aînée racontait des histoires affreuses sur les créatures la peuplant pour faire peur à Cordelia.

— Merlin qu’elle est stupide, déclara Pansy lorsque la plus jeune sembla croire sa sœur quand cette dernière lui dit que les centaures mangeaient le cœur des jeunes sorcières innocentes.

Prise d’un doute, Pansy retourna sur la page de titres mais n’y trouva pas le sceau de Poudlard. Ce livre n’était donc pas à l’école et avait perdu son propriétaire. Après avoir jeté un coup d’œil aux alentours et notamment en direction du bureau de Madame Pince pour s’assurer que la voie était libre, Pansy glissa l’ouvrage dans son sac. Si cette vieille chose racontait l’histoire d’une Fleamont, il était possible qu’il intéresse sa mère. Cette dernière, contrairement à sa fille, aimait lire et avait décidé de mettre sur papier la vie de leurs ancêtres.

En sortant de la bibliothèque quelques instants plus tard, Pansy n’oublia pas de saluer Madame Pince. En bonne Serpentard, elle savait qu’il était important de maintenir de bonnes relations avec l’équipe professorale et que cela pourrait un jour lui être utile.

La cloche annonçant la reprise des cours sonna seulement quelques secondes après que Pansy eut quitté la bibliothèque lui faisant par la même oublier l'ouvrage qui se trouvait dans son sac. Le professeur Flirwick avait beau ne pas être aussi sec et sévère que la vieille McGo, il ne tolérait pas le retard.

Comme à chaque cours de Sortilèges, Pansy s'installa à côté de Daphne. Cette dernière la salua d'un léger sourire avant de reporter son attention sur le parchemin sur lequel elle était en train d'écrire. Curieuse, Pansy tenta de lire par-dessus son épaule mais n'arriva qu'à distinguer quelques mots. Si Pansy était la dessinatrice de leur groupe, Daphne était l'écrivaine. Ses rouleaux de parchemin et sa plume ne la quittaient jamais mais ses écrits restaient son jardin secret qu'elle ne partageait avec personne.

Pansy reporta son attention sur le professeur Flitwick qui venait de prendre la parole. La voix du petit homme aux origines douteuses avait toujours profondément agacée la Serpentard. Elle la trouvait aiguë et stridente, désagréable à l'oreille. Toutefois, la jeune fille gardait toujours le sourire quand elle s'adressait au professeur et prenait sur elle de ne pas se boucher les oreilles lorsqu'il parlait.

La Serpentard eut du mal à rester concentrée alors que le professeur Flitwick expliquait les propriétés d'un sort dont elle avait complètement oublié le nom. Du coin de l’œil, elle pouvait voir Hermione Rat-de-Bibliothèque Granger qui prenait des notes frénétiquement. Non loin d'elle, Weasley semblait s'ennuyer plus que jamais tandis qu'au troisième rang, Panama et Violet s'envoyaient des petits mots. Certaines choses ne changeraient jamais. Pansy se retourna et constata que Drago s'était installé au dernier rang. Il semblait plus pâle encore qu'à l'accoutumée et la Serpentard ne put empêcher son cœur de se serrer en le voyant ainsi. Drago et elle se connaissaient depuis leur enfance. Leurs parents s'étaient toujours fréquentés et elle se souvenait avoir espéré longtemps qu'ils les fiancent. Cela n'était pas arrivé. Narcissa Malefoy ne voulait pas d'un mariage arrangé pour son précieux fils.

Avec le temps, Pansy avait fini par se rendre compte qu'elle avait eu raison. Drago et elle avaient beau être de très bons amis, la jeune fille savait qu'ils n'étaient pas compatibles. Elle ne voyait en lui que le petit garçon qui aimait lui voler ses poupées et pleurait à s'en fendre le cœur pour une simple égratignure tandis que lui ne voyait en elle que la gamine qui aimait grimper aux arbres et trouvait toujours le moyen de ne jamais se faire gronder par les adultes.

— Miss Parkinson, par exemple, déclara soudainement la voix du professeur Flitwick.
— Comment ? demanda-t-elle en reportant son attention sur lui.
— Miss Parkinson, je sais que la théorie n'est pas toujours ce qu'il y a de plus intéressant mais elle est nécessaire si vous souhaitez effectuer correctement un sort.
— Pardonnez-moi, Professeur, répliqua-t-elle d'une voix qu'elle voulut douce.
— Que je ne vous y reprenne plus. Et ça vaut aussi pour vous, Miss Brown et Miss Patil, ajouta-t-il en se tournant vers Violet et Panama.

Pansy se retint d'esquisser un sourire satisfait. Au moins, elle n'était pas la seule à s'être fait reprendre. Les Gryffondor avaient tendance à se croire tout permis particulièrement la bande à Potter.



*
* *
*


Comme tous les soirs, Pansy alla rejoindre son lit après s'être brossé les cheveux avec attention. Petite, sa mère lui avait répété plus d'une fois que plus elle prendrait soin de sa chevelure plus cette dernière brillerait. Au fil des années, la Serpentard avait fini par se rendre à l'évidence que sa mère, qu'elle adorait passionnément, lui avait en fait menti. Non, ses cheveux fins comme des baguettes et ternes ne deviendraient pas soudainement épais et brillants simplement en les brossant pendant de longues minutes. Pourtant, malgré cette prise de conscience, la jeune fille avait gardé cette habitude et les nattait même soigneusement avant d'aller se coucher.

Du coin de l'œil, elle vit Daphne sur son lit en train d'écrire comme toujours, tandis que Tracey Davis discutait avec Millicent Bulstrode d'un sujet qui devait être passionnant étant donné les gloussements réguliers qu'elles laissaient échapper. Souvent, en les regardant, la première si fluette et douce et la deuxième si épaisse et brute, Pansy se demandait comment deux filles aussi différentes que l'étaient Millicent et Tracey pouvaient être amies, puis elle se rappelait qu'elles étaient les deux seules Sang-Mêlées de leur année et que cela devait très certainement jouer dans leur relation.

— Bonne nuit les filles ! s'exclama-t-elle après avoir attrapé le magazine « Sorcière Hebdo » sur sa table de chevet.

Elle n'attendit pas que ses camarades de dortoir lui aient répondu avant de fermer les rideaux de son baldaquin.

Lumos, murmura-t-elle.

Une douce lueur apparut sur la pointe de sa baguette magique. Elle commença à feuilleter la revue cherchant la page où elle s'était arrêtée la veille. Il s'agissait d'un article concernant différents masques pour le visage. Plus jeune, Pansy avait eu tendance à avoir un peu d'acné et parfois quelques boutons faisaient encore çà et là leur apparition. La Serpentard essaya de se rappeler si elle avait les ingrédients nécessaires à l'élaboration de la décoction et esquissa un sourire satisfait en constatant que c'était le cas, et qu'elle pourrait la préparer dès le week-end suivant.

Elle tourna la page, après avoir pris soin de plier le coin pour la retrouver plus facilement, et tomba sur une publicité pour une émission de radiophonie que sa mère écoutait déjà tous les soirs.

— Ah ! s'exclama-t-elle en tombant sur l'interview de Chuck Selwyn.

Ce dernier était un chanteur canadien à la mode que Pansy avait découvert plus de trois ans plus tôt avant même qu'il ne devienne mondialement connu.

— Alors quand est-ce que tu viens ici ? marmonna-t-elle parcourant frénétiquement l'article du regard. Ah ! Quoi ? Comment ça pas de dates en Grande-Bretagne ?
— Pansy ! Tu parles encore toute seule, remarqua la voix de Daphne.
— Désolée Daph ! rétorqua-t-elle même si elle ne l'était pas du tout.

Sans perdre de temps, elle posa un sortilège d'insonorisation sur son lit. Elle avait besoin d'exprimer sa frustration à haute voix. La jeune fille ne put qu'approuver vivement lorsque la journaliste fit savoir son étonnement et demanda les raisons de cette absence de date en Grande-Bretagne.

— Forcément ! s'écria Pansy en lisant les explications de Chuck.

Du fait de la guerre, le chanteur ne voulait pas mettre en danger ses musiciens.

— Ouais... C'est ça... marmonna Pansy septique. Dis plutôt que tu as peur pour ta vie.

D'un geste rageur, elle lança le magazine en dehors de son lit et se laissa tomber sur son oreiller lourdement. La jeune fille ne trouva pas facilement le sommeil. Elle se retourna plus d'une fois essayant de trouver la position qui lui conviendrait le mieux avant de finalement s'endormir.

A l'instant même où les bras de Morphée l'accueillirent, Pansy eut l'impression d'être tirée soudainement de son sommeil. Elle papillonna plusieurs fois des yeux aveuglée par les rayons du soleil. Le soleil ? En pleine nuit ? Que s'était-il passé ? Était-elle en train de rêver ?

Ses yeux s'étant habitués à la soudaine clarté, Pansy réussit à distinguer l'endroit où elle se trouvait. Une grande allée bordée de grands arbres et d'arbustes dessinait un chemin jusqu'à une forêt une centaine de mètres en contrebas. La jeune fille se retourna pour évaluer l'espace et écarquilla les yeux en voyant le magnifique manoir construit en haut d'une colline. À l'instant même où elle tenta d'avancer, la Serpentard entendit deux rire d'enfants au loin. Venant du manoir, deux fillettes habillées dans un style ancien, couraient en riant à gorge déployée.

Pansy fit un pas de côté et ouvrit la bouche avec l'intention d'attirer leur attention.

— Elles ne peuvent ni vous entendre ni vous voir, déclara une voix féminine à sa droite.

La Serpentard sursauta et tourna son visage vers la personne qui venait de lui adresser la parole. Il s'agissait d'une jeune femme d'environ son âge, peut-être à peine plus. Ses cheveux châtains étaient relevés en un chignon de style ancien dont des boucles s'échappaient. Elle portait une robe légère d'un bleu doux et dont les manches étaient courtes. Elle rappelait à Pansy la peinture d'une de ses ancêtres accrochée dans le hall d'entrée de la maison familiale.

— Qui êtes-vous ? demanda Pansy.

La jeune femme esquissa un sourire triste avant de répondre :

— Rosamund Fleamont. Mais la question serait plutôt : qui êtes-vous ?
— Je... Attendez ! Vous êtes dans mon rêve ! Vous savez forcément qui je suis.
— C'est ce que vous pensez ? Que nous sommes dans votre rêve ? interrogea la dénommée Rosamund, taquine.
— Je dors. On ne peut qu'être là, se contenta de répliquer Pansy.

Rosamund sourit de plus belle, indulgente.

— Si nous sommes dans votre rêve pourquoi rêvez-vous de cela ?
— Je ne sais pas, avoua Pansy perdue.

La Serpentard réfléchit à toute vitesse à la recherche de la moindre explication concernant ce songe des plus étranges.

— Le livre ! J'ai lu un vieux bouquin décrépi plus tôt dans la journée, expliqua Pansy en voyant le regard étonné que lui lançait Rosamund.
— Un vieux livre décrépi ? demanda cette dernière visiblement surprise.
— Oui, l'histoire d'une Rosa.. Attendez ! Rosamund Fleamont ! C'était l'histoire de Rosamund Fleamont !

La jeune femme, face à elle, arqua un sourcil, attendant qu'elle poursuive.

— Vous êtes Rosamund Fleamont !
— En effet, approuva la jeune femme.
— Mais vous êtes un personnage de livre ! Vous êtes un personnage de livre et vous n'existez pas, marmonna Pansy. Ce rêve est vraiment étrange. C'est la première fois que j'ai le contrôle sur tous mes gestes. C'est perturbant, ajouta-t-elle en fermant et ouvrant plusieurs fois son poing.

La jeune fille le fixa, fascinée.

— C'est parce que vous n'êtes pas dans un rêve, déclara Rosamund après plusieurs secondes de silence.
— Et où je suis, si je ne suis pas dans un rêve ? questionna Pansy, agacée.

Pourquoi cette création de son inconscient se permettait-elle de dire qu'elle ne se trouvait pas dans un songe ? La Serpentard dormait, elle ne pouvait qu'être en train de rêver. Face à son ton peu aimable, Rosamund se contenta de sourire légèrement tout en secouant la tête comme si elle avait affaire à une enfant un peu stupide.

— Suis-moi, se contenta-t-elle de dire.

Sans attendre de réponse de la part de Pansy, Rosamund commença à marcher en direction de l'endroit où s'étaient rendu les fillettes.

— N'ai pas peur, Cordy ! Il ne te fera pas de mal, déclara la plus vieille des deux en tendant la main vers le vide.
— De quoi elle parle ? questionna Pansy sans comprendre.
— Elle voit les Sombrals, répondit Rosamund sans quitter la scène du regard.
— Les Sombrals ? répéta Pansy ne pouvant s'empêcher de frissonner d'horreur.

Enfant, ces créatures peuplaient les histoires que son frère aîné, Kieran, lui racontait pour lui faire peut le soir. La jeune fille se rappelait parfaitement s'être terrée plus d'une fois sous ses couettes, espérant fuir des Sombrals imaginaires ou d'autres bêtes tout aussi effrayantes.

— Vous ne les voyez pas ?
— Non. Pourquoi ? Vous les voyez, n'est-ce pas ?

Rosamund esquissa un sourire avant de reporter son attention sur la scène que donnaient les deux fillettes. Bien que l'aînée semblait voir l'animal, ce n'était pas le cas de la cadette qui paraissait tout ce qu'il y avait de plus perdue. Sa sœur, Pansy devina qu'elles l'étaient, pris sa main et la posa dans le vide. La petite toucha très certainement l'animal que seuls ceux qui avaient vu la mort, pouvaient voir car la Serpentard la vit sursauter légèrement avant de se reprendre.

— Miss Fleamont ! Miss Cordelia ! appela une voix féminine au loin.

Pansy tourna la tête et vit une femme d'une trentaine d'années à l'air sévère venir vers elles. Elle passa à côté de la Serpentard et de sa compagne de rêverie sans les voir.

— Que faites-vous là ? demanda-t-elle d'une voix dure.
— Miss Price ! s'exclama l'aînée soudain plus sérieuse.
— Rosa me montre les Sombrals, répliqua la cadette en riant.

Les prunelles bleus presque transparentes de la gouvernante se tournèrent vers la dénommée Rosa qui baissa les yeux sachant très certainement qu'elle avait fait une bêtise.

— Rosamund, Gerta, Elizabeth Fleamont ! Comment osez-vous mettre ainsi votre sœur en danger ! s'irrita-t-elle en saisissant la fillette par le bras.

Pansy vit le sourire qui illuminait le visage de la cadette disparaître alors qu'elle se rendait compte de ce qu'elle avait dit et de ce que cela signifiait pour son aînée.

— Mais ils sont gentils, Miss Price, tenta-t-elle d'intervenir.
— Ne vous a-t-on pas déjà dit qu'il était fort impoli de répondre à un adulte, Miss Cordelia ! Allez retrouver votre frère dans la salle de travail ! Quant à vous, Miss Fleamont, vous allez me suivre. Je suis certaine que votre père sera heureux d'apprendre ce que vous venez de faire.

Pansy vit la fillette pâlir lorsque la gouvernante mentionna son paternel et elle sut que l'homme n'avait très certainement rien à envier à Hector Greengrass, le grand-père maternel de la Serpentard. Instinctivement, la jeune fille frotta sa jambe droite contre son mollet gauche, là où l'homme avait l'habitude de la frapper à coups de canne lorsqu'elle était enfant. Elle suivit la femme du regard alors que cette dernière traînait la plus âgée des deux sœurs derrière elle. La cadette trottinait déjà vers la maison après que Rosa lui eut signifié d'un coup de tête qu'elle devait y aller.

Soudainement prise d'une idée, Pansy tourna son visage vers sa compagne de rêveries.

— Si vous êtes Rosamund Fleamont et qu'elle l'est elle aussi. Qu'est-ce... commença-t-elle.
— Il est l'heure, répliqua la jeune femme en lui souriant. A bientôt, Pansy Parkinson !

La seule chose à laquelle la Serpentard pensa alors que l'image devant elle devenait floue, était qu'elle ne lui avait jamais donné son prénom.

End Notes:
Alors qu'en avez-vous pensé ? N'hésitez pas à donner votre avis ! :)
Zaul by Samantha Black
Author's Notes:

Hello tout le monde !

Trois ans après voici le deuxième chapitre de cette fanfiction. Je désolée d'avoir mis autant de temps à le poster. J'ai eu du mal à me plonger dans la correction mais comme j'ai eu du temps aujourd'hui, je me suis dit que c'était le moment d'y aller !

Dans tous les cas, merci beaucoup aux personnes qui ont laissé une review et qui ont mis cette fanfiction dans leurs favoris ! J'espère que ce deuxième chapitre vous plaira autant que le premier.

A bientôt ! ♥

— Tu fais la gueule ? questionna Daphne en s'asseyant à côté d'elle.
— Pourquoi ferais-je la gueule ? répliqua Pansy d'une voix lasse.
— Je sais pas. C'est juste que t'as pas décroché un mot depuis le début du repas. T'as mal dormi ? se moqua gentiment Daphne.

Pansy la fixa quelques secondes sans répondre avant de reporter son attention sur son pancake arrosé de sirop d'érable.

— Je ne sais vraiment pas comment tu peux manger ça, remarqua Daphne, une moue dégoûtée déformant ses lèvres pleines.
— Je me pose la même question à chaque fois que je te vois te gaver de fromage de chèvre et pourtant je ne te fais pas la remarque, rétorqua Pansy d'une voix sèche.

Daphne arqua un sourcil avant de secouer légèrement la tête.

— Tu me diras ce qui ne va pas quand t'auras plus tes règles ! lança-t-elle avant de se lever de table et de quitter la Grande Salle.

Pansy lança un regard mauvais à Crabbe qui l'observait d'un œil dégoûté. Si l'évocation des règles provoquait toujours ce genre de réactions chez lui, la Serpentard se demandait bien comment il ferait s'il avait une petite amie. Refuserait-il de dormir avec elle durant toute la période ? La jeune fille ne put s'empêcher de rire en imaginant Crabbe avec quelqu'un. Elle plaignait la pauvre fille que ses parents lui trouveraient, car il était certain que lui n'arriverait pas à s'en dégotter une par lui-même.

Cela faisait quatre nuits de suite que Pansy rêvait de cette Rosamund. D'après cette dernière, il ne s'agissait pas d'un songe mais la Serpentard n'en avait pas appris beaucoup plus. Elle savait juste que Rosamund avait dix ans et que sa sœur, Cordelia, avait trois ans de moins qu'elle. Les fillettes avaient aussi un frère mais il n'était pas présent lors du premier rêve et était à Poudlard lors des suivants. Elle avait observé ce qu'elle pensait être les souvenir de Rosamund et avait pu découvrir que la fillette adorait les animaux aussi bien ceux qui étaient fantastiques que ceux qui ne l'étaient pas. Elle avait un chat noir qui la suivait partout, et il avait été évoqué au cours d'une conversation qu'elle l'avait récupéré à demi-mort dans un fossé non loin de la propriété.

Cette nuit-là, Pansy avait été témoin d'un événement qui devait avoir une place significative dans les souvenirs, ou peu importait de quoi il s'agissait exactement, de Rosamund. Comme toutes les nuits, elle suivait la fillette lors de ses excursions dans le parc et parfois même dans la forêt entourant la demeure familiale. Ce jour-là, elle s'était aventurée un peu plus profondément entre les arbres. Elle s'était arrêtée près d'une rivière et c’était là que Pansy avait senti la Rosamund plus âgée se tendre à côté d'elle. La jeune fille n'avait pas immédiatement compris pourquoi, puis elle avait plissé les yeux après avoir perçu un mouvement derrière le tronc d'un chêne plus imposant que les autres.

— Tu t'es fait mal ? avait demandé la fillette

Il avait fallu à Pansy quelques secondes avant d'enfin apercevoir la créature à laquelle la Rosamund enfant parlait : un centaure. C'était un jeune qui ne devait pas avoir plus d'une dizaine d'années. Sa robe était constituée de poils d'un joli fauve, ses cheveux noirs lui tombaient jusqu'à la taille et la peau pâle de son torse laissait penser qu'il ne quittait que rarement le couvert des bois.

— Attends, je vais t'aider, avait déclaré Rosamund en faisant un pas vers lui.

Le centaure avait reculé vivement et Pansy s'était rendu compte à cet instant-là que les pattes de la créature étaient prises dans un lien, sans doute un piège posé par un braconnier.

— Je ne vais pas te faire mal, avait soufflé la fillette sans faire le moindre mouvement. Je veux juste t'aider à enlever cela, avait-elle ajouté en désignant ce qui lui sciait les pattes.

Le centaure lui avait jeté un regard méfiant mais n'avait pas cherché à reculer quand elle s'était approchée.

— Cela doit vraiment faire mal, avait-elle continué d'une voix douce.

Elle avait tendu les mains et Pansy avait pu constater que le centaure faisait tout pour ne pas montrer sa peur. Toutefois, la créature n'avait pu retenir un gémissement de douleur quand elle avait tiré sur le fil, espérant le décoincer. De là où elle était, Pansy avait pu voir que les liens étaient si serrés qu’ils avaient commencé à lacérer la peau. La Serpentard avait deviné sans trop de difficultés qu’il s’agissait du genre de piège qui se resserrait dès qu’on tirait dessus.

— Attends ! J'ai ce qu'il nous faut ! N'aies pas peur, je ne vais pas te faire de mal, avait-elle dit en plongeant sa main dans l'une des poches de son manteau.

Elle en avait sorti un petit couteau-suisse, comme ceux que les Moldus utilisaient souvent. Après plusieurs coups de lame, Rosamund avait réussi enfin à libérer les jambes arrières du centaure qui avait poussé un petit gémissement plein de souffrance mêlée de soulagement.

— Il va falloir vite la laver si tu ne veux pas que ça s’infecte, constata la fillette en examinant la blessure d’un œil critique. Attends ! Je vais le faire, déclara-t-elle en plongeant la main dans sa petit sacoche.

Elle en avait sorti une bouteille de potion et un tissu propre sous le regard surpris du centaure mais aussi celui de Pansy. La Serpentard avait secoué la tête, ne comprenant pas son étonnement. Les nuits passées à observer Rosamund auraient pourtant dû lui avoir appris à ne plus s’étonner de rien.

— Que fais-tu, humaine ? avait demandé soudainement le centaure.

Pansy se rappelait avoir trouvé sa voix étrangement banale comparée à sa condition de créature fantastique.

— J’essaye de nettoyer cette vilaine blessure, avait expliqué Rosamund en versant de la potion sur le tissu. Ne bouge pas ! Tu vas voir, ça va te faire du bien.

Le centaure l’avait fixée plusieurs secondes, indécis, avant de se laisser faire. Son visage s’était tordu en une grimace lorsque Rosamund avait commencé à tamponner délicatement la plaie.

— C’est normal que cela fasse un peu mal, avait-elle déclaré voyant qu’il s’apprêtait à reculer vivement. Ce sera vite fini. Et voilà ! s’était-elle exclamé, triomphante. Tu veux que je t’aide à te lever ?

Le centaure n’avait pas même pris la peine de lui répondre et avait tenté de se redresser. Il n’avait pas été difficile pour Pansy de remarquer qu’il faisait tout son possible pour ne pas laisser transparaître sa souffrance.

— Je m’appelle Rosamund, et toi ? Comment tu t’appelles ? avait-elle questionné.
— Ce ne sont pas tes affaires, avait-il rétorqué.
— Ce ne sont pas tes affaires ? Drôle de nom ! avait répliqua la fillette d'un air sérieux.

Le centaure l’avait fixé avec de grands yeux et Pansy avait deviné sans le moindre mal qu’il la prenait pour une demeurée. Face à son air ahuri, Rosamund n’avait pu retenir son rire plus longtemps.

— Quoi ? Pourquoi tu fais cette tête-là ? Tu penses vraiment que j’ai cru qu’il s’agissait de ton nom ?
— Je savais que les humains étaient étranges mais j’ai comme l’impression que tu l’es encore plus, avait constaté le centaure.

A son grand agacement, Pansy avait dû avouer que la créature fantastique était loin d’avoir tort. La remarque ne sembla toutefois pas blesser Rosamund qui ne perdit pas le sourire qui illuminait presque continuellement son visage.

— Alors, comment t’appelles-tu ? avait-elle demandé soudainement.
— Zaul, avait répliqué le centaure après quelques hésitations.
— Je suis ravie de faire ta connaissance, Zaul, avait lancé la fillette sincère.

Pansy n’avait pu s’empêcher d’esquisser un sourire amusé en constatant que le ravissement n’était très certainement pas partagé.

— C’est la première fois que je rencontre un centaure, avait déclaré Rosamund.

Pansy avait levé les yeux au ciel, ne comprenant que très difficilement l’intérêt que pouvait avoir une enfant de son âge pour des animaux aussi dangereux que les centaures ou encore les Sombrals. La Serpentard savait que les parents de la petite, ou du moins son père, désapprouvait cette passion pour les créatures fantastiques qu’ils pensaient indigne de leur rang. A cette époque, les Fleamont étaient considérés comme une famille de Sang Pur de haut rang, au même titre que les Black. Cent cinquante ans plus tard, cette famille n’était plus qu’un vieux souvenir, une triste histoire que les autres Sang Pur craignaient de voir se répéter. La fin des Black, suite au décès de leur héritier, bien qu’il fût renié, avait été un douloureux rappel de l’importance mais aussi de la difficulté de perpétuer la lignée.

Le centaure avait ouvert la bouche pour répondre à la fillette mais au même moment le son d’un instrument du type cor de chasse avait retenti au loin. Rosamund et Zaul avaient tourné la tête vers l’endroit d’où provenait l’appel.

— Je dois partir, avait déclaré le centaure d’une voix calme.
— Déjà ? s’était étonnée la petite. On se reverra bientôt ?

Pansy avait de nouveau levé les yeux au ciel. Elle avait l’impression de ne faire que cela quand elle était en présence de Rosamund. Zaul, pour sa part, avait semblé surpris par la question de la sorcière et avait mis quelques secondes avant de répondre qu’il ne pensait pas que cela soit possible.

— Pourquoi ? avait-elle demandé alors que le son résonnait une nouvelle fois. Ne penses-tu pas que nous pourrions faire de bons amis ?
— Les centaures et les humains ne peuvent pas être amis, avait répondu Zaul catégorique.
— Pourquoi ? Tu m’en apprendras plus sur les étoiles et moi, je te raconterai des légendes sorcières, dit-elle en souriant. Ne dis pas non, s’il te plaît ! J’ai toujours rêvé d’avoir un ami centaure.

Au loin, le cor avait sonné une troisième fois. Zaul avait semblé réfléchir à toute vitesse avant de finalement déclarer :

— Quand la lune sera à demi-pleine, je t’attendrai ici à l’heure où les chouettes sortent de leur cachette.

Pansy avait vu Rosamund sourire largement avant de se réveiller dans son lit. C’était dans ce contexte que Daphne l’avait trouvée une heure plus tard, en train de ruminer ce « souvenir » à la table de Serpentard, ce qui expliquait très certainement sa mauvaise humeur.

— Pansy ! s’exclama Blaise en s’asseyant à côté d’elle.
— Que veux-tu, Blaise ? demanda-t-elle d’une voix lasse.
— Ne puis-je donc pas venir parler à ma Serpentard préférée ?
— Première, tout le monde sait que Daphne est ta Serpentard préférée et deuxièmement, tu as un morceau de viande coincé entre les dents, rétorqua-t-elle.
— Quoi ?
— Je crois que c’est du gras de lard, répliqua-t-elle bêtement.

Son camarade de maison leva les yeux au ciel tout en prenant soin de ne pas montrer ses dents alors qu’il souriait.

— Que veux-tu, Blaise, répéta-t-elle.
— Comme tu le sais sans doute déjà, Drago ne va pas bien en ce moment. Je me disais qu’on pourrait lui organiser une fête surprise.
— Pour quelle occasion ?
— Juste comme ça ! Allez, quoi ! Pansy ! T’es jamais la dernière à faire la fête d’habitude ! Et puis, ça lui fera plaisir, j’en suis sûr.

Pansy le fixa quelques secondes sans rien dire avant d’ouvrir la bouche pour répondre :

— En soit, je n’ai rien contre, au contraire. Mais crois-tu vraiment que Drago viendra ?
— Il adore les soirées !
— Il adore aussi le Quidditch et ça ne l’a pourtant pas empêché de déclarer forfait pour le match contre Gryffondor, remarqua-t-elle.
— En effet, mais s’il ne sait pas qu’on organise une soirée, il ne pourra pas annuler, rétorqua Blaise visiblement sûr de lui.
— Et tu comptes le faire venir comment, dans ce cas-là ?
— Je lui dis qu’on a une urgence, que tu t’es blessée ou quelque chose du genre.
— Déjà, pourquoi moi ? Et ensuite, si tu lui dis ça, il va juste aller à l’infirmerie, pas à la salle commune.
— Tu proposes quoi alors ? interrogea Blaise légèrement agacé.
— J’en sais rien ! Mais pas ça ! Tu veux la faire quand cette fête ?
— Je me disais qu’on pourrait faire ça samedi prochain. T’en penses quoi ?
— Moi, ça me va. Après, il faut juste que tu trouves une bonne excuse pour faire venir Drago.
— T’as pas d’idées ?

Pansy poussa un long soupir. C’était toujours comme cela avec Blaise, il voulait organiser quelque chose et il se retrouvait toujours à déléguer le travail pour ne rien faire.

— T’es grand ! Je suis sûre que tu trouveras ! répliqua-t-elle avant de se lever.

La matinée commençait mal avec un cours de Métamorphose et la jeune femme n’était pas d’humeur à se disputer avec son camarade de promotion. La Serpentard détestait la Métamorphose et le professeur qui l’enseignait, mais son père n’avait pas voulu qu’elle arrête de suivre les cours à la fin de cinquième année. Elle se rappelait parfaitement qu’il lui avait dit qu’il n’avait pas payé tous ces cours particuliers en été pour que sa fille renonce si facilement. Pansy salua à peine le professeur McGonagall en pénétrant dans la salle. Elle savait de toute manière que la vieille ne l’aimait pas et qu’elle avait tendance à favoriser les Gryffondor. Dès que le cours prit fin, la Serpentard n’attendit personne et se précipita vers la bibliothèque.

— C’est ma place, Bouclette ! s’exclama-t-elle en se postant devant la table à laquelle était assis Ernie McMillan.

Le Poufsouffle releva son visage vers elle mais ne bougea pas pour autant ce qui eut le don d’agacer particulièrement Pansy.

— Je ne crois pas qu’il y ait marqué ton nom sur cette chaise, rétorqua le préfet des blaireaux courageusement.
— Qu’est-ce qui t’arrive aujourd’hui, Bouclette, t’as mangé du griffon ? Allez ! Dégage !
— Trouve-toi une autre table, Parkinson !
— Ah ! Tu veux jouer à ça ! Très bien. Jouons ! s’irrita-t-elle en s’asseyant face à lui.

Ernie lui jeta un regard surpris auquel elle répondit par un sourire des plus hypocrites. Le Poufsouffle faisait partie de ses personnes que Pansy ne supportait pas. Un coup, il n’appréciait pas Harry Potter car il cherchait à prendre la place de Diggory et le lendemain, il intégrait sa fichue armée. Il n’était pourtant pas difficile de faire un choix et de s’y tenir dans la vie pourtant. La jeune fille se pencha pour récupérer son carnet à dessins avant d’étaler ses jambes jusqu’à donner un coup dans celles d’Ernie.

— Pardon, déclara-t-elle en lui souriant d’un air faux.

Sans attendre, Pansy se pencha vers sa feuille. Il s’agissait de papier. Sa mère lui en envoyait plusieurs fois au cours de l’année et la Serpentard devait avouer que son style s’était grandement amélioré depuis qu’elle n’était plus obligée de dessiner sur du parchemin. Elle esquissa la forme du corps d’un cheval tout en fredonnant une comptine qu’on chantait habituellement aux petits sorciers. Elle entendit Ernie pousser un léger soupir visiblement agacé et se retint difficilement d’esquisser un sourire amusé. Elle l’avait pourtant prévenu.

— C’est bon ! T’as gagné, Parkinson ! Je te laisse ta table ! s’agaça soudainement le Poufsouffle en se levant.
— Bonne fin de matinée, MacMillan, rétorqua-t-elle en lui faisant un petit signe de main moqueur.

Pour toute réponse, Ernie la gratifia d’un geste de la main peu aimable. Amusée, Pansy sourit de plus belle. MacMillan n’aurait pas dû essayer de se mesurer à elle, il ne faisait pas le poids. Le Poufsouffle fut très vite oublié au profit de son envie de dessiner. Sous ses traits de crayon apparaissait la jeune Rosamund et plus loin, sa version un peu plus âgée l’observait, une expression mélancolique sur le visage.

— Waouh ! On peut dire que tu sais dessiner, Pans ! s’exclama une voix féminine à sa droite.

La jeune femme sursauta et sentit son cœur raté un battement.

— Tu m’as fait peur, espèce de veaudelune ! rétorqua-t-elle.

Sa cousine la fixait visiblement ravie de son mauvais tour.

— Qu’est-ce que tu veux ? Je croyais que tu me faisais la tête !

Daphne haussa les épaules avant de s’installer à sa table et de demander si elle serait présente en cours de Botanique.

— Pas le choix ! J’imagine que toi non si tu poses la question.

Sa cousine se contenta de lui offrir son plus beau sourire en coin. La jeune femme s’était procuré un paquet de ….. des frères Weasley et séchait les cours de temps à autres grâce à cela. Pansy aurait très bien pu suivre son exemple mais elle se refusait d’acheter quoi que ce soit dans cette boutique. Elle ne donnerait jamais aucune noise, mornille ou même gallion à ces traîtres-à-leur-sang de Weasley.

— Tu n’as pas peur de rater tes examens à la fin ?

De nouveau, Daphne haussa les épaules, visiblement blasée. Son regard descendit vers la feuille que Pansy avait devant elle.

— On verra, répliqua-t-elle. Tu dessines quoi ?
— Un rêve que j’ai eu.
— Je peux voir ?

Sans attendre la réponse, Daphne lui prit le dessin des mains.

— Waouh ! Du papier ! Ça ne rigole pas. Tu l’as acheté chez les Moldus ?
— Déjà, je ne t’ai pas autorisée à le prendre, commença-t-elle en lui arrachant la feuille des mains. Et en plus, bien sûr qu’on ne l’a pas acheté à des Moldus. Pour qui nous prends-tu ? Maman les commande directement à un fournisseur américain, si tu veux tout savoir.
— C’est donc vrai qu’ils n’utilisent pas de parchemin.
— Oui, répliqua Pansy, ravie d’en savoir plus que Daphne. Et même qu’au MACUSA, ils n’utilisent plus de plume depuis longtemps mais des machines à écrire. D’après Grand-Père, ils ont tenté de les introduire au Ministère au début des années quarante mais les employés n’ont pas été satisfaits par le système. Quoi ? s’agaça-t-elle en voyant le regard amusé de sa cousine.
— Rien. Je me disais juste que je ne te savais pas si je-sais-tout, rétorqua Daphne, moqueuse. Enfin, je ne suis pas venue pour parler de toi ou de tes talents cachés…
— Comme c’est étonnant !

Daphne arqua un sourcil, amusée, avant d’expliquer que Blaise lui avait parlé de la soirée qu’il souhaitait organiser pour Drago.

— Qu’en penses-tu ? finit-elle par demander en souriant.
— Ce que j’en pense ? Disons que j’aime bien l’idée, avoua-t-elle. Cela permettrait de retrouver l’ambiance des années précédentes.
— Tu veux dire la frivolité des années précédentes, la reprit Daphne d’un air guindé. Ma pauvre Pansy ! Après ce qui est arrivé au Ministère en juin dernier, sois certaine que plus rien ne sera jamais comme avant.

La jeune femme se contenta de fixer sa cousine en silence. La croyait-elle si naïve ? Elle esquissa un sourire qu’elle tenta de rendre le plus doux possible tout en essayant de ne pas montrer son agacement. Et Daphne disait qu’elle était une je-sais-tout, elle au moins ne prenait pas ses semblables pour des idiots -- sauf peut-être Crabbe et Goyle, mais il s’agissait là de la simple vérité. Bien entendu, Pansy avait longtemps espéré être là le jour où l’école ne serait plus infestée par tous ces Sang-de-Bourbe et autres traîtres-à-leur-sang, mais elle n’aurait jamais pensé que le chemin vers cet idéal serait si morne et changerait Poudlard, au point qu’elle avait peur de ne plus reconnaître cette école qu’elle aimait tant et dans laquelle elle avait passé de si bons moments.

— Ta tendance à prendre les gens de haut m’étonnera toujours, déclara Pansy d’une voix froide.

Daphne se contenta lui offrir son sourire le plus faux avant de lui demander si elle avait trouvé une solution quant à la venue de Drago à la fête.

— Blaise m’a appris que c’était toi qui devais t’en occuper, expliqua sa cousine en la voyant arquer un sourcil. Il a chargé Machin de trouver les boissons et Truc de s’occuper de la nourriture.
— Blaise qui délègue et qui se retrouve à ne rien faire alors que l’idée venait de lui à la base. Comme c’est étonnant ! plaisanta Pansy pince-sans-rire.
— Au moins, on ne peut pas dire qu’il n’a pas sa place à Serpentard, remarqua Daphne.
— Que t’a-t-il demandé de faire à toi ?
— Oh ! De trouver un moyen d’amener Drago à la fête, comme toi, mais j’ai dit que tu serais bien plus capable que moi pour ce travail. Sur ce ! Je vais te laisser retourner à tes dessins, chère cousine ! Je sais qu’après tout, que tu n’attends que cela !

Sans attendre de réponse, Daphne se leva de la chaise sur laquelle elle était installée et quitta la bibliothèque de son pas droit et gracieux. Grâce qui avait toujours fait défaut à Pansy qui ressemblait bien trop à son père pour cela.

— Enfin… souffla Pansy lorsque sa condisciple eut atteint la sortie.

Les deux cousines s’entendaient relativement bien, ce qui au regard des relations que Daphne avait avec les autres de manière générale était un exploit. Elle se rappelait parfaitement la conversation que sa tante avait eu à ce propos avec sa mère et l’inquiétude dans sa voix quand elle expliquait que Daphne ne leur parlait jamais de ses amis dans ses lettres de Poudlard.

— C’est parce qu’elle n’en a pas, marmonna Pansy tout en commençant à dessiner les contours d’un arbre.

Dix minutes avant que la sonnerie retentisse, elle rangea prestement ses affaires dans son sac avant de quitter l’endroit et de se diriger d’un pas rapide vers la Grande Salle. Elle n’aimait pas avoir à se battre pour trouver une place à côté de Drago et des autres garçons de son année. La Serpentard s’assit en bout de table au moment même où la cloche annonçait la fin des cours de la matinée. Il ne fallut pas longtemps avant que la Grande Salle s’emplisse des rires et des conversations des autres élèves de Poudlard. Pansy lança un regard mauvais à un première année qui fit mine de vouloir s’installer à côté d’elle. Le plus jeune partit sans demander son reste alors que du coin de l’œil, elle put voir Drago, Blaise, Gregory et Vincent pénétrer dans la pièce.

— Ici ! lança-t-elle en leur faisant un rapide signe de la main.

Sans aucune hésitation, les garçons prirent place autour de la table et Pansy fut ravie de constater que Drago avait décidé de s’installer à côté d’elle. Elle avait cru à une époque vouloir l’épouser avant de se rendre compte qu’elle le considérait avant tout comme un très bon ami.

— Alors ? Cette matinée ? demanda-t-elle en se tournant vers lui.
— Disons que je regrette d’avoir décidé de continuer à suivre les cours de potions, répliqua Drago d’un air las.

Pansy ne put empêcher une moue inquiète de se peindre sur son visage.

— Encore en train de te plaindre de ce gros lard de Slughorn, Drago ! intervint Blaise, amusé.
— Il est insupportable avec sa manie de vouer une sorte de culte à Saint Potter et à la Sang-de-Bourbe. J’ai du mal à croire que ce type ait pu être directeur de la maison Serpentard ! répliqua le jeune homme, la voix emplie de mépris.

Pansy préféra garder le silence sachant qu’aucun mot ne saurait réconforter véritablement son ami. La mission secrète que le Seigneur des Ténèbres lui avait confiée lui accaparait tout l’esprit et la jeune fille devina que cela expliquait certainement son caractère irritable. Par instinct de préservation, la Serpentard avait préféré ne pas lui offrir son aide et savait de tout de manière qu'il ne l'accepterait pas. Drago avait été clair quant au fait qu'il ne pouvait leur donner pas le moindre détail.

— Ton projet avance ? questionna-t-elle doucement.

Il lui fallut à peine une demi-seconde avant de se rendre compte qu’elle aurait mieux fait de ne pas aborder le sujet. Habituellement pâle, le visage de Drago perdit ses dernières couleurs.

— Cela avance, mentit-il d’une voix neutre.

Pansy ne dit rien, se contentant de lui sourire tristement. Blaise avait raison. Leur ami avait véritablement besoin de se changer les idées. Elle hésita quelques secondes avant de se lancer :

— Je pensais… Samedi soir, on pourrait aller faire une razzia aux cuisines et s’enfermer dans votre dortoir.
— Tu veux qu’on fasse une soirée pyjama, Pans ? se moqua Blaise. Qu’on se tresse les cheveux ? Qu’on se vernisse les ongles ! Et que sais-je encore ! Désolé de te l’annoncer mais il me manque encore deux jolis attributs pour cela ! ajouta-t-il en mimant une poitrine.

Crabbe et Goyle échangèrent un regard avant de pouffer de rire tandis que la Serpentard devait prendre sur elle pour garder son sourire et ne pas envoyer Blaise visiter les licornes. Ce strangulot lui demandait de trouver une solution pour faire venir Drago à une fête qu’il organisait, ou plus exactement que les autres organisait pour lui, et ouvrait sa grande bouche et faisait tout capoter. Pansy lui jeta un regard mauvais avant de reporter son attention sur Drago.

— T’en dis quoi ?
— J’aimerais bien mais…
— Pas de « mais », Drago ! Tu as besoin de cette soirée, tu es bien trop pâle depuis quelques temps, on pourrait te confondre avec un des fantômes de Poudlard. Je suis certaine qu’une petite soirée entre potes te ferait le plus grand bien.
— Une soirée pyjama, quoi ! intervint Blaise toujours aussi agaçant.
— Je ne sais pas, hésita Drago. J’avais prévu de travailler sur mon projet, samedi soir. Vous savez comme il est important que je ne prenne pas de retard.
— C’est pas une petite soirée qui va t’empêcher de finir à temps, mec ! Ca va surtout te permettre de te détendre un peu et je suis sûr que tu seras encore plus opérationnel après.
— Pour une fois, je suis d’accord avec Blaise, Drago.
— « Pour une fois » ! Tout de suite les grands mots, intervint le jeune homme lui coupant par la même occasion la parole.

Agacée par son comportement, Pansy fixa son condisciple quelques instants sans ciller et en silence.

— Quoi ? C’est vrai que c’est un peu exagéré, non ? marmonna-t-il visiblement gêné.
— Bref ! Tout ça pour dire qu’il faut vraiment que tu viennes, Drago. S’il te plaît ? ajouta-t-elle en voyant qu’il ne cédait toujours pas.
— Je vais voir ce que je peux faire, finit-il par dire avant de reporter son attention sur son assiette.

Pansy esquissa un sourire tandis que Blaise lui fit un clin d’œil tout en articula silencieusement :

— Bien joué !

La jeune fille savait pourtant que Drago pouvait encore dire non et qu’il était important qu’ils continuent à lui en parler s’ils voulaient qu’il soit présent.

Soirée en vert et argent by Samantha Black

— Oh non ! Pas encore ! marmonna Pansy alors que la forêt apparaissait autour d’elle.

Depuis presque deux semaines qu’elle avait trouvé le livre, la jeune fille avait passé chacune de ses nuits à observer la vie de cette Rosamund Fleamont. Elle avait pensé dans un premier temps que cela finirait par passer ce qui n’avait pas été le cas. Plus tôt dans la journée, elle était allée voir Madame Pomfresh qui lui avait donné une potion sans-rêve. Potion qui n’était visiblement pas efficace étant donné qu’elle se trouvait une fois de plus non loin de la propriété des Fleamont.

— Je suis désolée, déclara la voix de Rosamund à sa droite.

Pansy ne put s’empêcher de sursauter et porta sa main à son cœur. Elle ne s’était toujours pas habituée aux soudaines apparitions de l’esprit ou peu importait ce qu’était la jeune femme près d’elle.

— Qu’est-ce que je fais là ? Pourquoi je rêve toutes les nuits de toi ? Tu vas me répondre à la fin ! s’emporta Pansy la tutoyant pour la première fois.

Si Rosamund fut surprise par son soudain élan d’agacement, elle ne le montra pas et se contenta de sourire.

— Pansy… Je vous ai déjà dit qu’il ne s’agissait pas d’un rêve, répondit la jeune femme d’une voix douce.
— Si ce n’est pas un rêve, qu’est-ce que c’est ? Je me doute bien qu’il s’agit de vos souvenirs et que ça a un rapport avec le vieux bouquin que j’ai pris à la bibliothèque mais je ne comprends pas comment je peux me trouver ici !
— Le vieux bouquin dont tu parles appartenait à ma sœur, expliqua-t-elle. Je lui avais offert le jour de son entrée à Poudlard.
— Votre sœur ? Et quel rapport avec tout ça ?

Rosamund sourit tristement avant de répliquer :

— Je me rappelle la joie dans son regard quand je lui ai offert ce carnet.
— Cela ne répond pas à ma question, s’irrita Pansy.
— Je sais bien, mais il m’est impossible de…
— Impossible de quoi ? Vous êtes là ! Vous devez bien savoir pourquoi, non !

Une ombre passa dans les yeux bleus de Rosamund.

— Je le sais, en effet, finit-elle par répondre, mais je n’ai pas le droit d’en parler.
— Pas le droit ? Vous vous moquez de moi ? Je suis obligée d’être là toutes les nuits depuis plus de deux semaines et vous me dites que vous ne pouvez pas me donner une explication à cela.
— J’aimerais pouvoir vous répondre, mais je ne peux pas, expliqua-t-elle.
— Pourquoi ?
— Je… commença-t-elle.

Elle se tut quelques instants comme si elle était à la recherche de la bonne formulation.

— Ma condition m’empêche de répondre à vos questions.

Pansy leva les yeux au ciel, agacée.

— Bon ! Il se passe quoi ce coup-ci ? Petite-Rosa a décidé de devenir amie avec un dragon ou bien avec un vampire ! se moqua-t-elle sans se cacher.

Elle poussa un profond soupir avant de se diriger vers l'endroit où se trouvait l'enfant. Deux nuits plus tôt, elle avait tenté de se rendre dans la maison alors que Rosamund était à l'extérieur et avait rencontré un mur invisible alors qu'elle s'était éloignée à plus de cinq cents mètres de la fillette. D'un pas résigné, elle entreprit de suivre la lueur de la lampe à huile.

— Ne me dites pas qu'elle va vraiment aller à ce rendez-vous, cette veaudelune ! s'irrita Pansy en devinant où la petite se rendait. Vous pouvez me dire ce que vous... elle... Ah ! Je sais jamais comment je dois m'adresser à vous quand je parle de la petite Rosamund. Elle est vous, non ?
— En effet, elle est moi mais je ne suis pas elle.
— Ça m'aide beaucoup, merci, ironisa la jeune fille.
— De rien, Pansy Parkinson.

L'esprit, ou peu importe ce qu'elle était, esquissa un sourire naïf qui agaçait toujours au plus haut point Pansy. Cette dernière se retint de lever les yeux au ciel en devinant que Rosamund n'avait sans doute pas saisi la note moqueuse dans la voix de la Serpentard.

— J'avais parfaitement compris, déclara soudainement l'esprit.

Pansy jeta un coup d’œil dans sa direction et remarqua le sourire en coin qu'elle arborait désormais. La jeune fille dut prendre sur elle pour ne pas lui faire une remarque désagréable. Ses séjours dans cet univers étrange la rendaient encore plus irritable qu'à l'ordinaire.

— Zaul ! Zaul ! entendit-elle appeler la petite Rosamund à quelques mètres d'elle.

Cette fois-ci, Pansy ne put se retenir de lever les yeux au ciel et vint à la conclusion que la fillette devait avoir été bercée trop près du mur lorsqu'elle était bébé.

— Ouais ! C'est la seule explication, ajouta-t-elle à voix haute, blasée.

Pansy ne put s’empêcher de sursauter alors qu’un buisson se mit à craquer derrière l’enfant et que le jeune centaure apparaissait. La lueur de la lune l’éclairait plus que la première fois qu’elle l’avait vu et la Serpentard put enfin voir clairement les traits de son visage. La créature devait avoir le même âge que la petite Rosamund ou en tout cas, c’était ce que son corps et son visage laissait croire. Ses longs cheveux de jais lui descendaient telle une cascade jusqu’à la jonction entre son corps humain et celui chevalin. Ses lèvres étaient pleines et roses et ses yeux d’un magnifique bleu océan.

— Bonsoir Rosamund, répliqua le centaure.

Les lèvres de la fillette s’étirèrent en un grand sourire alors qu’il se rapprochait d’elle. Zaul faisait bien dix centimètres de plus qu’elle et Pansy se doutait que leur différence de taille ne ferait que s’élargir au fur et à mesure que le temps passerait. Firenze, l’un des professeurs de divination, était un centaure et sa beauté faisait tourner la tête de plus d’une jeune fille à Poudlard, tout comme sa haute stature.

— Comment vas-tu ? Ta jambe a-t-elle guéri convenablement ? s’inquiéta immédiatement la petite fille.
— Je me porte bien, ne t’en fais pas, Rosamund Fleamont, répliqua Zaul d’une voix neutre.
— Les étoiles sont belles ce soir, remarqua-t-elle en fixant le ciel.

Pansy vit le centaure lever les yeux vers la voûte céleste. Elle savait que ces créatures étaient capables de lire l’avenir dans les étoiles, du moins c’était ce qu’elle avait entendu dire.

— Que vois-tu ? demanda Rosamund, curieuse.

La Serpentard ne l’avouerait certainement jamais, mais elle était bien contente que la fillette ait posé la question. La divination l’avait toujours fascinée même si les cours du Porfesseur Trelawney avaient quelque peu coupé son enthousiasme.

— Les astres annoncent des années sombres. Une ombre guette le moment propice pour attaquer et avaler toutes les joies, répondit Zaul.
— Est-ce mon avenir ? s’inquiéta Rosamund.
— Je ne peux connaître ton avenir. Les astres ne permettent pas de prédire le futur des individus.
— Ah, soupira l’enfant à la fois soulagée et déçue.
— Ne sois pas trop triste, jeune Rosamund. Connaître ce que le destin nous réserve est plus un fardeau qu’une bénédiction.
— Même si cela donne la possibilité de sauver ceux qu’on aime ?

Zaul sembla réfléchir quelques instants avant de répondre :

— Mon père compare souvent le temps à un roseau. On peut essayer de modifier la courbe du roseau, de le casser mais il reprend toujours sa forme originale. Par conséquent, il est possible de modifier les détails mais quand le destin est lancé rien ne peut l’arrêter, rien ne peut le briser.

Rosamund le fixa en silence, méditant les paroles du jeune centaure. Étaient-ils sages de naissance ? Pansy savait que ces créatures avaient une manière de parler bien à elles et qu’ils abordaient souvent les sujets par voies détournées. Zaul lui avait prouvé ce fait avec sa métaphore du roseau. On disait aussi que les centaures étaient des bêtes violentes et sanguinaires, ce qu’elles avaient été avec Ombrage l’année précédente. Comme tous les élèves de Poudlard, la jeune fille détestait leur ancien professeur de Défense contre les Forces du Mal mais elle devait avouer qu’elle méprisait encore plus Harry Potter et sa bande. Les sentiments qu’elle avait à l’égard des Gryffondor étaient une des raisons pour lesquelles elle avait choisi de faire partie de la Brigade Inquisitorale, cela et le traitement privilégié auquel ses membres pouvaient prétendre. Elle était plus maligne que beaucoup le pensait, Pansy, et savait se faire bien voir des personnes qui comptaient.

La conversation entre Rosamund et Zaul se poursuivit pendant près d’une heure. La fillette parlait plus que le centaure mais ce dernier semblait l’écouter avec attention et ne paraissait pas s’ennuyer. Tout le contraire de Pansy qui s’était éloignée le plus possible des deux nouvelles connaissances mais ne pouvait échapper au rire bien trop aigu de la petite. Malgré la pénombre et son éloignement, la Serpentard ne pouvait manquer le sourire qui étirait de temps à autres les lèvres de Zaul. Ces deux veaudelunes étaient véritablement en train de devenir amis. Pansy ne put s’empêcher d’imaginer la tête que feraient la gouvernante de la petite ou pire encore ses parents, s’ils apprenaient qu’elle fréquentait une créature aussi dangereuse qu’un centaure.

Enfin, au bout de ce qui lui sembla durer douze heures, Pansy se sentit aspirer hors de la vie de Rosamund Fleamont et se réveilla dans son lit.

— Mmh, marmonna-t-elle en constatant qu’on la secouait légèrement.

Elle entrouvrit les yeux et vit Daphne penchée au-dessus d’elle. Pansy ne put s’empêcher de pousser un cri de terreur en voyant le visage de sa cousine si près du sien. Cette dernière avait relevé ses longs cheveux blonds en un chignon qui lui donnait un air sévère.

— Mais t’es complètement malade ! s’écria-t-elle en roulant sur elle-même pour s’éloigner de Daphne.
— Blaise te demande, rétorqua sa condisciple.
— Dis-lui de venir lui-même, répliqua-t-elle en enfouissant son visage dans son oreiller.
— Je te rappelle que les garçons n’ont pas accès aux dortoirs des filles, déclara sa cousine d’une voix neutre.
— Qu’il se transforme en fille, alors. Moi, je reste dans mon lit !

Daphne poussa un léger soupir et Pansy n’eut aucun mal à l’imaginer les bras croisés sur sa poitrine et le visage fermé.

— Très bien. Fais comme tu veux, lâcha-t-elle avant de s’éloigner. Après tout, je sais que cela ne te dérange pas du tout que Blaise s’attribue tout le mérite de cette petite soirée, ajouta-t-elle d’une voix malicieuse.
— Merlin ! s’exclama Pansy dont la voix fut étouffée par son oreiller.

Elle se redressa difficilement, frissonna alors que les couvertures glissaient de ses épaules et prit une grande inspiration avant de se lever d’un coup. La Serpentard sentit sa tête lui tourner du fait de son geste brusque. Elle dut s’asseoir quelques secondes pour reprendre ses esprits et préféra ignorer le ton moqueur de sa cousine lorsqu’elle lui indiqua qu’elle allait prendre son petit-déjeuner. Dès que sa faiblesse lui passa, Pansy se précipita vers son placard pour récupérer son uniforme et s’enferma dans la salle de bains au nez et à la baguette de Tracey Davis. Cette dernière était de Sang-Mêlé et les deux cousines avaient toujours mis un point d’honneur à ne jamais lui adresser la parole.

Pansy prit sa douche, se coiffa d’un coup de baguette précis et sortit de la salle de bains habillée et prête à affronter la journée et surtout Blaise. Cette fois-ci, elle ne laisserait pas ce veaudelune s’attribuer tout le mérite de la soirée alors qu’il n’en avait pas fichu une pour aider à l’organisation.



*
**
*


— Blaise ! Ferme ta grande bouche ! chuchota Pansy, agacée.

La salle commune de Serpentard avait été plongée dans le noir, les première, deuxième et troisième année envoyés dans leurs dortoirs, malgré leurs protestations, et tous les autres élèves s’étaient tapis dans l’ombre pour surprendre Drago lorsqu’il se déciderait enfin à revenir de sa mission. Pansy avait eu du mal à le convaincre et avait dû insisté plus d’une fois au cours de la semaine pour être sûre que son ami soit présent. Pourtant, alors qu’elle attendait dans l’obscurité, la Serpentard n’était en rien certaine que Drago viendrait. Et voilà que ce veaudelune de Blaise Zabini se m’était à ricaner avec cette tête de cognard de Harper !

— Pardon Pans’ ! rétorqua le jeune garçon en lui offrant un sourire éclatant.

Pansy ne put manquer la note de moquerie dans la voix de son camarade de maison et dut prendre sur elle pour ne pas lui lancer un maléfice. Elle prit une grande inspiration avant de reporter son attention sur la porte de la salle commune. Les minutes passaient et Pansy pouvait sentir le relâchement dans l'attitude de ses camarades. La plupart avaient tenté de discuter entre eux avant qu'elle ne les reprenne vertement. Après un bon quart d'heure, il fut décidé d'envoyer un quatrième année en reconnaissance.

— Allez Pans' ! Détends-toi ! Ce n'est qu'une fête, plaisanta Blaise.

Son air nonchalant l'avait toujours particulièrement agacée mais ce soir, ce sentiment avait atteint son paroxysme. Prenant sur elle car elle ne souhaitait pas particulièrement se donner en spectacle, Pansy se contenta de lui lancer son regard le plus noir et se promit intérieurement de saisir la moindre occasion qui se présenterait pour lui jouer un mauvais tour.

Enfin, la porte de la salle commune s’ouvrit et, à la lueur des flammes, Pansy reconnut Drago. Les cernes sous ses yeux montraient qu’il avait bien peu dormi ces dernières nuits et ses cheveux d’habitude parfaitement coiffés, étaient ébouriffés.

— Party night ! s’exclama Blaise en se levant d’un coup.

Tout le monde le suivit en s’écriant la même chose et Pansy ne put manquer le mouvement de recul de son ami, ni ses yeux écarquillés. Les lampions de toutes les couleurs s’allumèrent après qu’un septième année ait lancé le sortilège adéquate et la musique commença à envahir la salle commune de Serpentard. Elle vient à sa rencontre en souriant largement et sentit Blaise à ses côtés.

— Alors ? questionna ce dernier.

Du coin de l’œil, la jeune fille vit le petit sourire arrogant qui étirait ses lèvres parfaitement dessinés. Blaise était un beau garçon, il le savait et en jouait avec une facilité déconcertante.

— Alors ? répéta Drago hébété.

Ils l’avaient vraiment surpris.

— Alors, ça te plaît ?
— Je… Euh…

Blaise et Pansy échangèrent un regard étonné. Cela arrivait peu souvent voire jamais que Drago perde ses mots.

— Je.. Merci, finit-il par dire.

Pansy se mordilla la lèvre inférieure, embêtée. Elle voyait bien que son ami n’était pas aussi emballé par la situation qu’il aurait dû l’être. Peut-être avaient-ils fait une erreur ? Peut-être auraient-ils mieux fait de ne pas organiser cette fête ?

— Tu veux un verre ? On a fait la razzia dans les cuisines et Porter a même réussi à nous dégoter du whisky Pur Feu, pas vrai, Porter ? lança-t-il en se tournant vers le septième année.

Ce dernier esquissa un sourire en levant le verre qu’il venait de remplir.

— Un verre pour le grand Drago Malefoy ! s’exclama Blaise.
— Je…
— Allez ! Cela te fera du bien ! Juste… Quoi ? demanda le jeune garçon en se tournant vers Pansy.

Cette dernière venait de lui donner un léger coup de coude dans les côtes qu’elle espérait avoir été discret.

— Tu sais bien que Drago préfère la bièraubeurre. Voyons ! Blaise, rétorqua-t-elle d’une voix qu’elle voulut aimable.
— Ah, c’est vrai ! Je vais t’en chercher une ! lâcha-t-il en souriant largement.
— C’était l’idée de qui ? questionna le blond lorsque leur ami se fut éloigné.

Pansy se sentit rougir mais réussit à garder un visage relativement neutre.

— Blaise pensait… commença-t-elle.
— Blaise ? J’aurais dû m’en douter ! soupira-t-il. J’imagine que tu lui as dit qu’une petite fête ferait l’affaire mais qu’il ne t’a pas écouté ?

Pansy hocha doucement la tête. Ce n’était pas vraiment un mensonge. Elle avait bien dit à Blaise qu’une soirée entre amis lui ferait plaisir, elle n’avait jamais suggéré qu’il devait inviter tous les élèves de la maison Serpentard âgés de plus de quatorze ans. Blaise avait toujours été excessif.

— Je suis navrée, Drago, déclara-t-elle, sincère. Veux-tu que nous allions discuter dans ton dortoir ? Proposa-t-elle.

La jeune fille se doutait qu'une personne extérieure aurait pu penser qu'elle était en train de lui faire une proposition indécente mais Drago tout comme qu'elle savait qu'il n'en était rien. Son ami secoua légèrement la tête.

— Maintenant que je suis là autant que nous restions ici, répondit-il.
— Ton verre, Drago ! s’exclama Blaise en venant vers eux. Et une coupe d’hydromel pour la plus belle, ajouta-t-il à l’adresse de Pansy.

Cette dernière arqua un sourcil.

— Que me vaut ce surnom ? demanda Pansy. Merci, ajouta-t-elle en récupérant son verre.
— Quoi ? Je ne peux donc pas faire l’éloge de la beauté de ma chère et douce amie, plaisanta le jeune homme.
— En général, tes compliments cachent une demande de service derrière, répliqua Drago l’air de rien.
— Oh ! Tout de suite ! répliqua Blaise faussement blessé. Allez ! On trinque ? demanda-t-il changeant par la même occasion de sujet. A votre santé, les amis ! A notre sixième année ! Et à l’espoir que cette année les seins de Pansy pousseront enfin !
— Hé ! Je ne te permets pas ! s’écria la jeune fille en lui donnant un coup de coude.

Ce dernier atteint le verre de Blaise qui se renversa sur sa chemise en soie verte.

— Merlin ! Regarde ce que tu as fait, Pansy ! s’exclama Blaise, visiblement outré.
— Ce n’était pas voulu mais tu l’as bien mérité, rétorqua-t-elle.
— Quoi ? Tu n’aimes pas qu’on parle de tes petits vifs d’or ?

Avant que Blaise n’ait pu faire le moindre mouvement pour l’éviter, Pansy leva son bras et lui jeta le contenu de son verre au visage. Le Serpentard écarquilla les yeux, abasourdi par ce qui venait de lui arriver. Quelques camarades de leur maison avaient arrêté leur conversation trouvant sans doute plus intéressant ce qui se passait entre les deux sixième année.

— Mais ça va pas la tête ! s’exclama-t-il. Et toi, tu dis rien ? s’étonna-t-il en se tournant vers Drago.
— Tu l’avais un peu cherché, remarqua leur ami avant de porter son verre à ses lèvres.
— Cherché ? Moi ? Je faisais que plaisanter. Moi, je les aime ces petits vifs d’or, et elle le sait ! lança-t-il avant de lui faire un clin d’œil.

La jeune fille se sentit rougir violemment en constatant que de plus en plus de gens écoutaient leur discussion. Blaise et elle avaient eu une histoire d’un soir durant les dernières vacances d’été. Pansy avait seize ans, elle était vierge et avait décidé de ne plus l’être à la rentrée. Sur le moment, Blaise avait semblé être le candidat idéal, pourtant cinq mois plus tard, la Serpentard venait à regretter sa décision.

Face aux regards curieux des autres élèves, Pansy sentit la course de son cœur s’accélérer. Il fallait absolument qu’elle garde son calme mais surtout qu’elle trouve quelque chose à dire. Ses camarades de maison n’hésiteraient pas à exploiter la moindre de ses failles s’ils en voyaient une.

— Va te faire voir ! lâcha-t-elle précipitamment.

Blaise éclata de rire et Pansy sentit ses oreilles chauffer sous le coup de la gêne.

— Si tu veux, Pans ! répliqua-t-il goguenard. Bon ! Elle arrive la musique que j’avais demandée ! s’écria-t-il en se tournant vers la personne près du tourne-disque.

Cette dernière était un garçon d’environ quatorze ans dont les oreilles rappelèrent à Pansy des feuilles de chou.

— Ça va, Pansy ? questionna Drago.

La jeune fille tourna son visage vers son ami et lui offrit un sourire timide.

— Oui, oui, répondit-elle d’une voix absente.
— Déjà en train d’imaginer comment te venger de Blaise ? plaisanta Drago alors que de la musique rock commençait à résonner dans l’antre des Serpentard.

Pansy se contenta de hocher la tête. C’était un pieux mensonge car, si elle n’avait pas encore songé à se venger de ce veaudelune de Blaise, il était certain qu’elle y aurait pensé dans les heures prochaines.

Pansy but plus que de raison durant la soirée. Collée à Drago, elle tenta de lui remonter le moral avec des blagues sur les Moldus et les nés-Moldus. Peut-être qu'elle réussit à décrocher un sourire à son ami mais lorsqu'elle se réveilla le lendemain matin, la jeune fille ne gardait que quelques vagues souvenirs de la nuit précédente mais surtout elle ne se rappelait pas avoir eu ses étranges rêves avec Rosamund. C'était la première fois depuis cette première nuit avec les deux sœurs et le sombral que son sommeil n'avait pas été perturbé par cette sorcière d'une autre époque et ses lubies.

— Oh Merlin ! Ma tête, marmonna Pansy en enfouissant son visage dans son oreiller.

Elle tenta de se retourner dans le lit et buta contre un corps. La jeune fille fit un bond en arrière et faillit tomber par terre.

— Que... passe ? demanda une voix masculine sous les couvertures.
— Drago ? questionna Pansy, incrédule.
— Mmh, marmonna-t-il en sortant la tête de sous les draps.
— On... ?
— Non, on n'a pas, déclara son ami avant de bâiller largement. Tu peux faire un peu moins de bruit, Pans ! J'aimerais bien dormir, dit-il avant de lui tourner le dos.
— Ouais, écoute un peu Drago, Pansy ! Et laisse-nous dormir ! intervint Blaise derrière son baldaquin.

La jeune fille se retint de lui rétorquer qu'elle faisait bien ce qu'elle voulait alors qu'une idée lui venait. Blaise allait avoir ce qu'il méritait. Pansy se leva le plus délicatement du lit et chercha sa baguette dans la poche de sa robe où elle la rangeait habituellement. Elle se baissa pour récupérer ses chaussures et, sans un bruit, se dirigea vers le lit de Blaise. Dans un murmure, elle fit quelques trous dans le tissu au-dessus du baldaquin avant de lancer le sortilège Aquamenti.

Le cri strident qui sortit de la bouche de Blaise lui fit aussi mal aux oreilles qu’il la fit rire.

— Pansy ! Tu ne perds rien pour attendre ! hurla-t-il.
— Ferme-la, Blaise ! marmonna Drago.
— Elle… Elle m’a trempé, expliqua Blaise, hors de lui.
— Eh bien ! Sèche-toi en silence ! rétorqua son ami en se retournant dans le lit.


Alors que Blaise continuait de pester contre elle, utilisant des termes peu sympathiques, Pansy se glissait le plus silencieusement possible hors du dortoir. Dès que la porte se referma derrière elle, la jeune fille éclata d’un rire sonore. Cet idiot n’avait eu que ce qu’il méritait

End Notes:
Alors qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? N'hésitez pas à donner votre avis ! :)
L'innommable vérité by Samantha Black
Author's Notes:

Salut tout le monde !

Et non ! Je ne suis pas morte et j'ai toujours espoir de finir cette fanfic d'ici Noël ! Pardon Caro pour le retard ! Bref, je tenais à remercier LookCatMe pour la correction. Je devrais mettre un jour les premiers d'ici quelques semaines.

Merci à toutes les personnes qui lisent cette histoire et ont laissé une review (promis, je vous répondrai bientôt !

Comme souvent durant ces étranges rêveries, Rosamund se rendait à son rendez-vous avec Zaul. La fillette avait bien grandi et était désormais une adolescente d’une quinzaine d’années. Au fil des semaines, Pansy avait fini par être certaine que ce qu’elle prenait au début pour des rêves étaient en fait les souvenirs de Rosamund. La Serpentard ne savait pas exactement pourquoi ni comment elle y avait accès mais était persuadée que cela devait avoir un lien avec le journal qu’elle avait eu entre les mains plus tôt dans l’année scolaire. La jeune fille avait tenté de se débarrasser de ce dernier, l’abandonnant dans les toilettes des filles, le jetant du haut de la tour d’astronomie, sans résultat. L’ouvrage finissait toujours par lui revenir, apparaissant mystérieusement au fond de son sac sans la moindre page abîmée.

— Que se passe-t-il ? demanda Pansy en voyant les larmes qui coulaient le long des joues de Rosamund.

Le spectre de cette dernière venait d’apparaître à sa droite et fixait la scène d’un air triste.

— Je viens d’apprendre une mauvaise nouvelle, se contenta-t-elle de répondre.
— Qu’est-ce… ? commença la Serpentard.
— Je ne veux pas, Zaul, bredouilla la Rosamund du souvenir.

Le centaure lui tapota doucement le dos, tentant de la réconforter. Les années passées en présence de la sorcière lui avaient permis d’apprendre les us et coutumes de la civilisation britannique.

— Qu’est-ce qu’elle ne veut pas ?
— Mon père veut que j’épouse Phileas Greengrass.

Pansy lança un regard surpris dans la direction du spectre.

— Phileas Greengrass ? répéta Pansy.
— Le connaissez-vous ?
— Bien entendu ! C’est mon ancêtre, rétorqua-t-elle d’un air pédant.
— Votre ancêtre ? s’étonna le spectre, bouleversée.
— Que faites-vous ? s’agaça Pansy alors que Rosamund la fixait d’un air étrange.
— J’essaye de retrouver chez vous un ou des traits qui me seraient familiers, mais il semblerait que rien ne vous reste des Fleamont ! souffla-t-elle visiblement déçue.
— Que… commença la Serpentard.
— Silence ! la coupa Rosamund d’une voix douce. Écoutez et observez plutôt !

Pansy poussa un profond soupir, agacée. Cette Rosamund, ce vieux souvenir d’une personne morte, l’agaçait particulièrement. Elle avait beau lui avoir affirmé n'être en rien responsable des nuits difficiles de Pansy, cette dernière n’était pas certaine qu’elle lui ait dit la vérité.

Baillant pour montrer son ennui, la Serpentard reporta de nouveau son attention sur la scène. Rosamund était désormais effondrée dans les bras du centaure et avait collé sa joue au torse de la créature. Avec une hauteur de près d’un mètre soixante-cinq au garrot, la partie humaine de Zaul culminait à plus de deux mètres.

— Sèche tes larmes, Rosa, murmura Zaul de sa voix grave.

C’était bien la seule chose que Pansy trouvait belle chez ce monstre à l’allure équine.

— Si je l’épouse, nous ne pourrons plus jamais nous revoir, bredouilla-t-elle en s’éloignant doucement de lui.

Pansy leva les yeux au ciel, exaspérée. Si l’une n’était pas humaine et l’autre centaure, elle aurait pu se croire dans l’un de ces mauvais romans à l’eau de rose dont sa mère et sa tante raffolaient tant. Soupirant une nouvelle fois, la Serpentard préféra reporter son attention sur sa manucure.

—... je t’aime ! entendit-elle soudainement.

Choquée, la jeune fille releva son visage vers Rosamund et Zaul. La sorcière et le centaure. Ce dernier était en train de caresser le visage de l’adolescente, un air triste peint sur le visage. Prestement, Rosamund monta sur la souche d’arbre sur laquelle elle était assise quelques minutes plus tôt.

— Je t’aime, Zaul, répéta-t-elle.

Passant ses bras autour du cou de la créature, la jeune fille nicha son visage dans son cou. Le centaure n’avait encore rien dit mais Pansy, malgré son manque d’expérience en matière de romance, n’avait aucun mal à lire l’affection mêlée à la tristesse dans ses yeux. Il l’aimait aussi.

Un centaure et une sorcière. Une créature fantastique et une humaine. Sa tête commençait à lui tourner. Cette Rosamund devait être complètement folle, il n’y avait pas d’autres explications ! Il était im…

Sous les yeux de Pansy, l’adolescente releva son visage vers celui de Zaul. La Serpentard ne put s’empêcher de pousser un petit cri à la fois pathétique et horrifié, anticipant ce qui allait se passer, et suivit, fascinée malgré elle, l’action. Rosamund embrassait Zaul. Une humaine embrassait un centaure. Écœurée, Pansy finit par détourner les yeux.

Son regard se porta vers le spectre qui observait la scène, un sourire attendri étirant ses lèvres bien dessinées. Ne pouvant plus supporter les événements, la Serpentard fit volte-face et partit en courant vers le manoir familial. Elle savait que cela était stupide, que le souvenir finirait de toute manière par la ramener près de ses deux protagonistes principaux. Lorsqu’elle se fut éloignée d’environ cinq cents mètres, la jeune fille entra en collision avec le mur invisible qui entourait le souvenir de Rosamund. Pansy se frotta le front tout en marmonnant des injures et autres insanités. Elle poussa un soupir exaspéré avant de se décider à revenir vers la lisière de la forêt.

— Réveille-toi ! Réveille-toi ! Debout ! cria-t-elle, énervée.
— Vous savez pourtant que cela ne fonctionne pas ainsi, intervint le spectre.
— Ferme la et fiche-moi la paix ! Rétorqua Pansy, véhémente.

Elle s’éloigna de nouveau et alla s’asseoir à la limite de la bulle jusqu’à ce que le souvenir prenne fin et qu’elle se réveille. Pansy se redressa violemment ce qui lui fit tourner la tête avant de jeter un coup d’œil à son réveil. Elle poussa un soupir en constatant qu’il n’était pas encore six heures mais décida de se lever malgré tout de peur de se rendormir et d’être à nouveau piégée dans les souvenirs de cette soi-disant Rosamund Fleamont.

La jeune fille se dirigea vers la salle de bains afin de prendre une douche avant de s’installer dans la salle commune, près du feu. Elle prit soin de sortir son carnet à dessin et commença à représenter les personnages qu’elle voyait durant ses nuits. Peut-être que si elle arrivait à les représenter sur papier, ils finiraient par la laisser retrouver Morphée en paix.

— Pans ! appela une voix dans son dos.

Pansy sursauta et ferma précipitamment son carnet alors qu’un Drago à moitié réveillé venait dans sa direction. Son camarade était encore vêtu de son pyjama et ses cheveux habituellement toujours bien coiffés, étaient ébouriffés.

— Qu’est-ce que tu fais là ? ne put-elle s’empêcher de demander.
— Je pourrais te retourner la question, remarqua son ami de sa voix traînante.
— Je n’arrive pas à dormir, finit-elle par déclarer.
— Ah ! Toi aussi ? rétorqua-t-il sur un ton blasé.

En baillant, il se laissa tomber sur le canapé à côté d’elle.

— Qu’est-ce que tu fais ? questionna-t-il en regardant son carnet par-dessus son épaule.
— Rien, mentit-elle effrontément.

Drago esquissa un sourire avant de détourner le regard. Pansy savait qu’il n’insisterait pas si elle ne souhaitait pas parler de ce qui la tracassait. Le silence s’installa entre eux, sans que cela ne dérange ni l’un ni l’autre. La jeune fille posa sa tête sur l’épaule de son ami avant de fermer les yeux. Sa présence seule lui fit oublier quelques instants l’horreur de ses nuits passées.



*
**
*


Plongée dans le livre que sa mère lui avait envoyé, Pansy poussa un petit cri lorsqu’elle vit le nom qu’elle cherchait écrit noir sur blanc. Avant son décès à l’âge de dix-huit ans, Rosamund Fleamont avait bien été la fiancée de Phileas Greengrass. La jeune fille lut frénétiquement les quelques informations à son propos et ne put s’empêcher d’être envahie par la déception en voyant que rien d’utile n’y figurait. Elle repoussa le livre en laissant échapper un long soupir. Comment allait-elle se débarrasser de ces fichus rêves sans éléments concrets ?

Les aventures de Rosamund et Zaul étaient de plus en plus difficiles à regarder. La première était folle amoureuse du centaure et ne manquait pas une occasion de lui montrer. Les baisers se faisaient de plus en plus passionnés, les caresses de moins en moins décentes. Pansy avait peur de bientôt être témoin d’une scène qu’elle préférait ne pas imaginer.

Ce soir-là, la jeune fille rejoignit une fois de plus son lit à reculons. Les yeux grands ouverts, elle luttait contre le sommeil mais ce dernier finit par la rattraper.

Pansy se retrouva comme toutes les nuits devant le lieu de rendez-vous de Rosamund et Zaul. Cela faisait plusieurs jours qu’entre deux baisers, la jeune femme peignait le centaure. Ce dernier avait été difficile à convaincre, mais avait fini par se prendre au jeu.

— Et voilà ! lança Rosamund en mettant la dernière touche de peinture.

Elle leva sa baguette et la toile prit vie sous leurs yeux. En quelques pas, le centaure la rejoignit. Amoureusement, il posa ses mains sur les épaules de Rosamund. Cette dernière esquissa un sourire alors que les doigts de Zaul s’aventuraient le long de son cou et descendaient dangereusement vers sa gorge.

— Alors ? Il te plaît ? questionna-t-elle.
— Mmh…
— Mmh ? insista-t-elle alors qu’il déposait un baiser au creux de son cou.
— Je trouve que tu as particulièrement bien réussi le paysage.
— Zaaauul, soupira-t-elle.
— Je n’ai jamais vu mon reflet que dans l’eau, avoua-t-il.
— Vraiment ? s’étonna-t-elle. Il faudra donc que je te ramène un miroir la prochaine fois.
— Un miroir ? questionna-t-il en fronçant les sourcils.
— C’est un objet dans lequel on peut voir son reflet, expliqua Rosamund. Et c’est bien plus fidèle qu’une mare ou qu’un tableau, ajouta-t-elle en jetant un regard à son portrait.

Zaul garda le silence tout en continuant à fixer la peinture. D’un geste distrait, il caressait la peau tendre à la naissance de sa poitrine.

— Je crois que je préférerais ce reflet, souffla-t-il.
— Même si ce n’est que mon interprétation ? demanda la jeune femme hésitante.
— Surtout car il s’agit d’elle, rétorqua le centaure.

Pansy n’avait aucun mal à voir tout l’amour et l’affection qu’il ressentait pour Rosamund. Cela se lisait aussi bien dans son regard que dans ses gestes ou même ses paroles. Cette créature était éprise de la sorcière et, bien qu’elle soit écœurée par leurs élans de tendresse, elle ne pouvait s’empêcher d’éprouver une pointe de la jalousie face à tant de dévotion.

La Serpentard détourna le regard alors que Rosamund se pendait au cou de son amant équin. La vue de centaure et de cette humaine en pleine séance de bécotage n’était certainement pas quelque chose auquel elle s’habituerait de sitôt. Elle en était à là de ses réflexions quand elle crut voir du mouvement à la lisière de la clairière. Elle plissa les yeux, tentant de mieux discerner ce qui s’y passait et ne put s’empêcher de pousser un cri en voyant qu’il s’agissait de sorciers.

Instinctivement, Pansy se tourna vers le couple pour les prévenir. Tout à leur baiser, aucun d’eux n’avaient vu les nouveaux venus. A côté d’elle, le spectre observait la scène d’un œil triste.

— Vous ne pouvez rien faire, souffla-t-elle. Ils ne peuvent pas vous entendre.

Alors qu’elle disait cela, les sorciers sortirent de leur cachette et lancèrent un maléfice sur Zaul. Ce dernier se tendit dans les bras de Rosamund qui mit fin à leur baiser, surprise.

— Zaul ? s’inquiéta-t-elle. Zaul ! répéta-t-elle en le voyant tomber.

Les yeux écarquillés, Pansy vit les hommes fondre sur les deux amants. La jeune fille n’eut aucun mal à reconnaître le père de Rosamund parmi eux. Accroupie auprès du centaure, Rosamund pleurait à chaudes larmes. Violemment, elle fut éloignée de la créature. Dans la bousculade, le tableau tomba de son tréteau.

— Lâchez-moi ! Lâchez-moi ! hurlait-elle, les larmes coulant le long de ses joues. Zaul ! Zaul !

Rapidement, elle fut réduite au silence à l’aide d’un sortilège. Pansy regardait la scène, horrifiée. Incapable d’agir, la Serpentard sentit les larmes lui monter aux yeux. A côté d’elle, le spectre paraissait de plus en plus pâle. Le père de Rosamund avait fini par lancer un maléfice à cette dernière. Bien que consciente, la pauvre était dans l’incapacité de faire le moindre mouvement.

— Et on en fait quoi de ça, Monsieur ? demanda l’un des hommes en donnant un coup de pied au centaure.
— Enfermez-moi cette chose dans les cachots ! rétorqua-t-il avec dégoût.

Il se retourna vers sa fille qui le suivait du regard, paniquée. Pansy le vit pousser un soupir et lever sa baguette. Elle l’entendit lancer le sort et la minute d’après, la jeune fille se réveillait dans son lit.

Doucement, la Serpentard revint à la réalité. Autour d’elle, le ronflement de ses camarades de dortoir se faisait entendre. Pour la première fois depuis le début de cette histoire, elle ressentit l’envie de retourner dans les souvenirs de Rosamund et de savoir ce qui était arrivé à cette dernière.



*
**
*


— … sy ! Pansy !
— Hein ? Quoi ? demanda-t-elle en relevant la tête de son assiette.
— Je te demandais si tu voulais un peu de pommes de terre sautées, répéta Blaise très lentement.

Il l’agaçait toujours quand il faisait ça. Elle détestait être prise pour plus stupide qu’elle n’était.

— Oui, merci, Blaise, répliqua la Serpentard en l’imitant.

Le jeune homme arqua un sourcil avant de la regarder de haut en bas.

— Ouh ! Toi, t’es mal lunée ! constata-t-il avec un sourire amusé. T’as tes règles ?

Pansy lui lança un regard noir et lui arracha presque le plat des mains.

— De rien, Pans ! lança Blaise, moqueur. Carrément ! ajouta-t-il faussement outré quand elle lui fit un doigt d’honneur. Vous avez vu comment elle est avec moi ? se plaignit-il à ses camarades de dortoir.
— Si t’arrêtais de l’emmerder, peut-être qu’elle serait plus sympa avec toi, remarqua Drago sans lever le nez de son repas.
— Et voilà qu’ils se liguent contre moi maintenant, soupira Blaise d’un air dramatique.

Pansy leva les yeux au ciel. Elle avait mal dormi, avait été témoin d’une scène atroce et le comportement de son camarade commençait sérieusement à l’agacer. A quelques places d’eux, elle entendit Theodore Nott pousser un léger soupir. Il fallait croire que même le patient et peu émotif Theodore commençait à se lasser du comportement de Blaise.

— Hé Pansy ! Pansy ! appela ce dernier.
— Mais Merlin, tu vas me foutre la paix, espèce de veracrasse dégénéré ! s’énerva-t-elle. Oui, je sais ! Je suis mal lunée, j’ai des petits seins et sans doute mes règles, maintenant est-ce qu’on pourrait enfin manger en silence !

Quand elle se tut, la jeune fille constata qu’une bonne partie de leurs voisins de table s’étaient tournés vers elle. Gênée, elle se sentit rougir, mais ne détourna pour autant pas le regard.

— Euh… Je me demandais juste si tu pouvais me passer le poivre, déclara Blaise, penaud.

La jeune fille eut un reniflement méprisant avant de le lui tendre avec vivacité.

— Merci Pans, répliqua son camarade avant de reporter son attention sur son assiette.

Bien qu’elle tente de le cacher, la Serpentard était mortifiée de s’être donnée ainsi en spectacle. Elle avait senti les regards des autres élèves et avait dû lutter pour ne pas baisser la tête, notamment suite à la réponse de Blaise. Elle était certaine que plus d’un de leurs camarades devaient la prendre pour une folle à moitié hystérique et que son image allait sûrement être écornée par ce malheureux événement.

Plus tard dans la journée, Pansy décida de se rendre à la bibliothèque. Elle savait que le calme de l’endroit lui permettrait de réfléchir tranquillement. Installée à sa table habituelle, la jeune fille reproduisait du mieux qu’elle le pouvait la scène dont elle avait été témoin durant son sommeil.

— Waouh ! Pansy ! Je ne savais pas que tu fantasmais sur ce genre de choses, déclara la voix de Daphne.

Avant qu’elle n’ait pu faire quoi que ce soit, sa cousine avait réussi à subtiliser son dessin. Un sourire amusé étirait ses lèvres alors qu’elle l’examinait de plus près.

— C’est le fait d’en avoir eu un comme professeur ? Non ! T’étais amoureuse de lui, en fait !? Avoue !

Pansy leva les yeux au ciel, exaspérée.

—Rends-moi ce dessin !
— Et le s’il te plaît ? C’est la goule qui l’a mangé ? questionna Daphne comme si elle parlait à une enfant.
— Rends-moi mon dessin, s’il te plaît, Daphne, répéta Pansy en appuyant sur chaque mot.

Sa cousine secoua légèrement la tête avant de la laisser récupérer la feuille.

— Qu’est-ce que tu veux ?
— Je venais voir comment t’allais, répliqua-t-elle en s’asseyant.

Daphne s’attira le regard noir de quelques élèves de Serdaigle en faisant exprès de racler sa chaise sur le sol.

— Pardon, articula-t-elle en leur offrant un sourire hypocrite. Revenons-en à nos veaudelunes ! T’es sûre que ça va en ce moment ? Tu m’as l’air un peu tendue.
— Si tu veux parler de ce qui s’est passé dans la Grande Salle, pas la peine de faire des simagrées, sois franche !
— D’accord, répliqua Daphne les doigts croisés sur la table. Soyons honnête et franc dans ce cas-là ! Pour tout dire, tu n’as jamais été la personne la plus aimable et sympathique que je connaisse, loin de là même, mais je dois avouer que ces derniers temps, tu frôles l’insupportable. Alors, je ne sais pas ce qui se passe, Pansy, étant donné que tu refuses d’en parler, mais il va falloir que tu prennes sur toi si tu ne veux pas te mettre à dos le peu d’amis que tu as.

Elle avait dit tout cela avec un sourire faussement bienveillant.

— Je… commença Pansy.
— Miss Parkinson ! Miss Greengrass ! Vous êtes dans une bibliothèque, pas un salon de thé, la coupa d’une voix sèche Madame Pince.
— Pardon Madame, s’excusa Daphne prestement.

Sachant parfaitement jouer la comédie, elle lui offrit son air le plus innocent et Pansy se retint difficilement de soupirer bruyamment en voyant la bibliothécaire sourire. Même cette vieille fille acariâtre tombait dans le piège.

— Désolée Madame Pince, déclara finalement Pansy.

La Serpentard ne put s’empêcher d’écarquiller les yeux en voyant le regard noir que lui lançait l’employée. A côté d’elle, Daphne masqua un sourire amusé.

— Pense à ce que je t’ai dit ! souffla cette dernière avant de se lever. Sympa la mise en abyme, ajouta-t-elle en posant le doigt sur le tableau.

Sans attendre qu’elle lui réponde, sa cousine quitta la bibliothèque d’un pas gracieux. De nouveau, Pansy leva les yeux au ciel tout en soupirant. Elle reporta son attention sur son dessin. Il fallait qu’elle trouve une solution pour se débarrasser de ces rêves et aider Rosamund.

End Notes:
Et voilà ! Bon, j'imagine que vous aviez deviné ce qui allait se passer entre Rosamund et Zaul, mais voilà c'est acté, c'est fait ! Et mes pauvres petits sont déjà séparés l'un de l'autre, quel tragédie !

Enfin, j'espère que vous avez aimé ce chapitre ! A bientôt ! :)
Une coquille vide by Samantha Black
Author's Notes:
Bonjour tout le monde !

Je reviens enfin avec le 5e chapitre des Echos. Je tenais à remercier LookCatMe d'avoir corriger ce chapitre. Merci aussi à Selket, Tiiki et Bevy.

Je tenais aussi à prévenir les lecteurs qu'il y aura quelques scènes difficiles et qui pourraient choquer dans ce chapitre.

J'espère que vous passerez une bonne lecture !

Samantha

L’environnement du souvenir avait changé. Désormais, Rosamund était enfermée dans sa chambre. Pansy la trouva adossée près de l’unique fenêtre de la pièce. Elle observait l’extérieur, un air mélancolique peint sur son visage. Ses beaux cheveux châtains descendaient en douces vagues le long de son dos et sa chemise de nuit blanche laissait deviner les formes de son corps.

Pansy tourna la tête vers la porte quand elle entendit que quelqu’un se tenait derrière.

— Rosa ! C’est Cordelia, déclara la voix féminine. Est-ce que je peux entrer ?

La Serpentard reporta son attention vers Rosamund qui fixait toujours l’extérieur d’un air absent. Dans le couloir, Cordelia poussa un soupir.

— Rosa ! J’entre, la prévint-elle avant de tourner la poignée.

Cordelia n’avait plus rien de la fillette qui accompagnait sa sœur dans ses folles aventures. C’était désormais une jeune fille d’une quinzaine d’années, à la mise parfaite et aux courbes féminines. Ses cheveux blonds n’étaient pas relevés ce qui indiquait, d’après ce que Pansy savait, qu’elle n’avait pas encore fait son entrée dans le monde.

Doucement, Cordelia ferma la porte derrière elle et se dirigea vers sa sœur. Elle resserra les bras autour de son corps et frissonna.

— Il fait froid ici. Tu ne trouves pas ? questionna Cordelia en se dirigeant vers la cheminée.

D’un coup de baguette magique, elle réactiva le feu et Pansy ne put s’empêcher de se dire que la famille ne semblait pas être très respectueuse de la loi. Le regard de Cordelia se posa sur le plateau de nourriture qu’un elfe devait avoir amené quelques heures plus tôt.

— Tu n’as pas faim ? s’enquit-elle.

Pansy la vit pousser un léger soupir quand sa sœur ne répondit pas. D’un pas lent, elle se dirigea vers le grand lit à baldaquin et s’assit, les mains croisées sur les genoux. La Serpentard pouvait voir l’inquiétude sur le visage de Cordelia. Il n’était pas difficile de deviner qu’elle avait de l’affection pour sa sœur aînée.

— T’affamer n’arrangera en rien la situation, tu sais, ajouta Cordelia.
— Je sais, souffla Rosamund, lasse.

Sa sœur releva un regard surpris vers elle. Tout comme Pansy, elle ne s’attendait pas à ce que Rosamund prenne la parole. Cette dernière continuait à fixer l’extérieur, les bras croisés sur la poitrine.

— Père a relâché Zaul ? Je ne peux pas voir ce qui se passe du côté de la forêt.
— Zaul ? C’est comme ça qu’il s’appelle alors ? questionna Cordelia d’une voix douce.

Rosamund hocha lentement la tête avant d’insister :

— Père l’a relâché, n’est-ce pas ? Il… Un conflit avec la tribu ne lui ferait certainement pas une bonne réputation.
— Père est très en colère, Rosa, se contenta de répondre sa sœur. Il… Mère et lui… Qu’est-ce qui t’a pris, Rosa ? Qu’est-ce que… ? Tu es fiancée !

Cordelia semblait à la fois choquée et triste du comportement de sa sœur. Pansy devina sans mal qu'elle devait être la fille modèle, celle qui respecte les consignes de leurs parents, qui ne remet pas en question sa destinée de jeune femme de bonne famille.

— Je me moque bien de Phileas Greengrass ! rétorqua Rosamund. Je n'ai jamais eu mon mot à dire quant à cette histoire de fiançailles. Je te le promets, Cordy, ajouta-t-elle plus douce, en allant s'asseoir à côté de sa sœur.

D'un geste vif, elle attrapa les mains de cette dernière et les pressa doucement contre sa poitrine.

— Je te le jure, Cordelia. Je n'aurai jamais accepté de mon plein gré de te faire cela.

Pansy fronça les sourcils. Où voulait-elle en venir ? La Serpentard réfléchit à toute vitesse, refaisant son arbre généalogique dans sa tête. Phileas Greengrass était son ancêtre, il n'y avait pas de doute là-dessus, mais il lui fallut un peu plus longtemps pour se souvenir du prénom de l'épouse de ce dernier.

— Cordelia, murmura-t-elle.

La jeune fille eut un mouvement de recul. Elle se savait liée aux Fleamont, le spectre de Rosamund l'avait laissé entendre une ou deux fois, mais Pansy s'était persuadée que cette dernière parlait d'une lointaine cousine et certainement pas des descendants de sa sœur. La Serpentard se maudit intérieurement d'avoir été si aveugle. Obnubilée par Rosamund, elle n'avait pas cherché à en savoir plus sur l'entourage de cette dernière. Elle avait bêtement négligé des indices qui auraient pu l'aider à reconstituer le puzzle.

— Je le sais bien, Rosa, répliqua Cordelia, un sourire triste étirant ses lèvres. Pour… ? Pourquoi ne pas m’en avoir parlé ? Tu… Nous aurions… Je suis ta sœur, Rosa.
— Cordy, tu es et seras toujours ma plus proche amie, mais je ne pouvais pas te parler de Zaul. Je ne pouvais pas te mettre dans cette position.

Cordelia hocha lentement la tête.

— Je ne sais pas ce que Père a fait de ton Zaul, déclara-t-elle finalement. Il est furieux et j’ai peur de ce qu’il pourrait vous faire à lui ou à toi !
— Penses-tu qu’il serait prêt à entrer en conflit avec la troupeau ? s’inquiéta Rosamund.
— Je… Je… Je ne sais pas, avoua-t-elle.

Désespérée, Rosamund se releva et commença à faire les cent pas dans la pièce. Pansy observait la scène, soucieuse.

— Bonjour Pansy, déclara une voix féminine à sa droite.
— Merlin ! s’exclama la Serpentard en sursautant.

La jeune fille poussa un soupir et leva les yeux au ciel.

— Bonjour Rosamund, répliqua-t-elle finalement.

Elle jeta un coup d’œil dans la direction du spectre. L’air mélancolique qu’elle arborait laissait deviner tout le chagrin qu’elle ressentait en observant la scène.

— D’après nos archives familiales, vous êtes morte à dix-huit ans. Cette histoire n’aura pas une fin heureuse, n’est-ce pas ? s’entendit demander Pansy.

Rosamund lui offrit un sourire triste, tandis que les deux sœurs du souvenir s’enlaçaient. Avant que le spectre ait pu lui répondre, la Serpentard vit la scène s’effacer sous ses yeux et se réveilla dans son dortoir. La journée allait être longue.



*
**
*


Pansy traînait des pieds alors qu’elle devait se rendre en cours de Sortilèges quand des bruits de pas lui vinrent aux oreilles. La Serpentard n’eut aucun mal à reconnaître celui caractéristique de Daphne. Comme toujours, ses talons claquaient sur le sol en pierre, annonçant de manière tonitruante son arrivée.

— Bonjour cousine ! s’exclama la blonde en se plaçant à côté d’elle.
— Daphne, rétorqua Pansy d’une voix morose.
— Oh ! Il semblerait que tu manques encore un peu de sommeil aujourd’hui, remarqua-t-elle d’un ton mielleux.

Pansy ne prit pas la peine de répondre et se contenta de fixer sa cousine d’un air morne. Lui répliquer quelque chose ne ferait que la satisfaire dans sa position.

— Tu comptes venir à la sortie à Pré-au-Lard, samedi ? demanda finalement Daphne.
— Sans doute.
— Sans doute ? Tu veux venir avec moi ? Je pensais aller boire un thé chez Madame Pieddodu et aller m’acheter de nouvelles plumes, proposa-t-elle.
— Je ne sais pas. Je te redis ça, répondit Pansy alors qu’elles pénétraient dans la salle de cours.
— Très bien. Je ne voudrai pas empiéter sur ton préci…
— Miss Greengrass ! Je suis certain que votre conversation avec Miss Parkinson est passionnante, mais le cours a commencé, la reprit le professeur Flitwick.

Pansy ne put s’empêcher d’esquisser un sourire alors que sa cousine, toujours aussi gracieuse, s’excusait l’air de rien. Le professeur de Sortilèges se contenta de lui demander d’aller retrouver sa place, ne tombant pas dans son piège contrairement à Madame Pince.

— Bonjour Drago, déclara-t-elle en s’asseyant à côté de son ami.
— Pansy, rétorqua-t-il, la mine grise.

Cela faisait des mois que l’angoisse le rongeait, grignotant petit à petit sa joie et sa santé. Accaparée par ce qu’elle vivait, la jeune fille n’avait pas pris le temps de discuter avec lui depuis près de trois semaines. Les cernes sous ses yeux étaient de plus en plus prononcés, mais elle se refusa à lui faire la remarque. Drago n’avait pas besoin d’elle pour savoir qu’il paraissait épuisé, le miroir devait le lui dire chaque matin.

— Bonjour à vous ! s’exclama le professeur Flitwick de sa voix fluette. Sortez vos manuels et ouvrez-les à la page cent quarante-quatre, s’il vous plaît. Aujourd’hui, nous allons nous intéresser au sortilège de désillusion, annonça-t-il.

Sans attendre, Pansy se baissa afin de récupérer le livre dans son sac.

— Tu dors mieux ? s’enquit Drago dans un murmure.
— Ça va, mentit-elle. Et toi ?

Son ami haussa les épaules.

— On a vu plus confortables que les fauteuils de la salle commune, plaisanta-t-il d’une voix pincée.
— Les lits des dortoirs ? répliqua-t-elle en souriant.
— Ouais, marmonna-t-il. Si seulement…

Pansy perdit son sourire en le voyant se renfrogner ainsi. La jeune fille se morigéna intérieurement. On lui avait souvent conseillé de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler et, un fois de plus, elle n’avait pas su suivre ce précieux conseil.

— Enfin, je comprends l’attrait d’un bon feu de cheminée, tenta-t-elle de se rattraper.

La jeune fille offrit à son ami un sourire avant de reporter son attention sur le cours. Moins d’une minute plus tard, la porte de la salle s’ouvrit sur un élève de Poufsouffle dont Pansy ne se rappelait jamais le prénom.

— Excusez-moi, Professeur Flitwick, déclara son camarade visiblement gêné.
— Allez vous asseoir, Mr Finch-Fletchley, répliqua le professeur de Sortilèges de sa voix gracile.

Le Poufsouffle se glissa à sa place, derrière Pansy.

— Et bah ! T’étais où ? s’inquiéta sa camarade de classe dans un murmure.
— Mon réveil n’a pas sonné, expliqua-t-il. J’ai dû faire un détour par les cuisines et puis j’ai eu un problème avec les escaliers au premier étage. Impossible de passer par là où on passe d’habitude.

Pansy leva les yeux au ciel. Déjà qu’il était en retard, elle espérait qu’il n’allait pas passer toute l’heure à bavasser.

— T’as fait comment alors ?
— J’ai pris par la droite pour atteindre le petit escalier au fond du couloir des fées puis je suis remonté par le couloir des centaures puis par celui des armures et finalement me voilà ! On devrait se taire, le professeur Flitwick nous regarde, ajouta-t-il dans un murmure.
— Oui, ça serait bien, marmonna Pansy pour elle-même.

Elle vit Drago lui jeter un regard amusé et lui articula le mot « pardon » avant de faire mine de reporter son attention sur le cours. Malgré elle, les pensées de la jeune fille se tournaient vers Rosamund et Zaul. Elle avait beau trouver leur relation contre-nature, elle ne pouvait s’empêcher d’espérer qu’ils soient libérés et que leur fin soit heureuse. Elle secoua la tête. Elle avait lu bien trop souvent les romances à deux mornilles six noises de sa mère et attendait le retournement de situation qui permettrait que tout se termine bien pour tout le monde. Elle n’était malheureusement pas certaine qu’il ait lieu cette fois-ci.




*
**
*


Une fois de plus cette nuit-là, Pansy atterrit dans la chambre de Rosamund. La pauvre semblait encore plus pâle que la veille. Toujours vêtue de sa longue chemise de nuit, elle fixait les étoiles sans bouger. A l’extérieur des pas se firent entendre et Mr Fleamont pénétra dans la pièce sans annoncer son entrée. Le regard de l’homme se posa sur le plateau toujours plein et Pansy ne manqua pas la lueur d’inquiétude dans son regard. L’’homme reprit vite contenance et se fabriqua un masque de dureté.

— Rosamund ! dit-il d’une voix ferme.

La jeune femme continua de fixer la voûte étoilée comme si elle ne l’avait pas entendu. Son père fit un pas vers elle.

— Rosamund ! Cela doit cesser !

Il poussa un soupir d’exaspération et Pansy ne put retenir un petit cri en le voyant agripper le bras de sa fille et l’obliger à se tourner vers lui.

— Votre comédie a assez duré. Vous allez manger et vous laisserez l’elfe vous laver et vous habiller.

Sa fille se contenta de le fixer d’un œil terne. Le cœur de la Serpentard se serra face à cette vision. Rosamund qui avait toujours été si pleine de vie, donnait l’impression d’être devenue une coquille vide.

— Très bien… Vous l’aurez cherché, soupira l’homme en relâchant sa prise.

Il quitta la chambre d’un pas précipité, claquant la porte derrière lui. D’un pas lent, la jeune femme se dirigea vers sa table de chevet et sortit du double fond du tiroir un petit carnet. Pansy écarquilla les yeux en reconnaissant la couverture en cuir de celui qui la poursuivait depuis plusieurs mois. Comment…

Les pas se firent de nouveau entendre, faisant sursauter aussi bien Pansy que Rosamund. Cette dernière retrouva sa place près de la fenêtre après avoir caché son carnet sous son oreiller. La porte s’ouvrit dans un grand fracas et le père de Rosamund pénétra de nouveau dans la pièce. Quelque chose d’assez gros pendait de la main de l’homme et semblait tenu uniquement par une lanière. Il fallut plusieurs secondes à Pansy avant de reconnaître ce dont il s’agissait. La jeune fille eut un haut-le-cœur et porta sa main à sa bouche, retenant difficilement son envie de vomir.

— Vous ne le reverrez plus ! Je m’en suis assuré ! lança-t-il avant de lancer l’objet par terre.

Pansy vit la tête tranchée de Zaul rouler et s’arrêter à moins d’un mètre de Rosamund. Cette dernière dut la voir du coin de l’œil car elle se retourna vivement, comme si elle voulait vérifier, être certaine de ce qu’elle avait vu dans sa vision périphérique. En à peine une seconde, la jeune femme changea de couleur, devenant presque aussi blanche que sa chemise de nuit.

— Zaul ! Non ! Zaul ! hurla-t-elle.

Les larmes coulaient le long de ses joues. Pansy jeta un coup d’œil dans la direction de Mr Fleamont qui semblait à la fois satisfait et triste de la réaction de sa fille.

— Qu’avez-vous fait ? Pourquoi ? s’écria-t-elle en se précipitant vers son père.

Ce dernier l’attrapa par les poignets afin de l’empêcher de le frapper. La rage et une intense douleur pouvait se lire dans le regard de Rosamund.

— Il le fallait ! Ce… Cette bête t’avait ensorcelée. Je… Je devais le faire pour te protéger, affirma-t-il visiblement convaincu.
— Vous êtes un monstre ! Je vous hais ! Je vous hais ! s’époumona-t-elle.
— Rosie, souffla l’homme en tentant de la prendre dans ses bras.

Pleine de furie, elle se débattit et réussit à se dégager de l’étreinte forcée. Pansy la vit faire un mouvement comme pour attaquer de nouveau son père, mais ce dernier leva sa baguette et tout devint noir.

Pansy n’eut pas le temps de paniquer que la chambre se matérialisait de nouveau. Rosamund était en train de se réveiller dans son lit. Sa sœur, Cordelia était assise à son chevet et épongeait avec délicatesse son front.

— Chut ! Reste couchée, intima-t-elle à Rosamund quand elle tenta de se lever.
— Zaul… Père… marmonna la jeune femme à moitié consciente.
— Tout va bien se passer, tenta de la rassurer Cordelia d’une voix douce.

Même Pansy pouvait sentir le mensonge rien qu’en voyant sa mine sombre et son air tendu.

— Père a tué Zaul, murmura Rosamund la voix pleine de sanglots.
— Chut… Je suis là, Rosa, répondit sa sœur.

Pansy pouvait voir les larmes monter aux yeux de la cadette. Cette dernière prit une grande inspiration et essuya sa joue droite. Les deux sœurs restèrent silencieuses d’interminables minutes avant que la plus jeune ne prenne la parole :

— Père veut que tu sois présentable pour le dîner de ce soir.
— Le dîner de ce soir ?
— Il a invité Phileas et ses parents, expliqua Cordelia d’une voix hésitante.

Pendant quelques secondes, Pansy crut que Rosamund allait de nouveau s’effondrer, mais la jeune femme se contenta de hocher la tête.

— Je vais demander à un elfe de te préparer un bain. Je te laisse te débarbouiller.
— D’accord, rétorqua Rosamund d’une petite voix.

La jeune femme suivit sa sœur du regard alors qu’elle quittait la pièce. Dès qu’elle eut quitté la pièce, elle se leva, se dirigea vers sa coiffeuse et offrit un sourire triste à son reflet. Pansy la regarda faire en fronçant les sourcils. Son comportement avait changé et la Serpentard avait un mauvais pressentiment.

Quelques instants plus tard, un elfe apparut dans la pièce avec une baignoire. La créature aida Rosamund à se défaire de sa chemise de nuit. Pansy détourna le regard, poliment, et attendit qu’elle soit complètement immergée dans l’eau avant de reporter son attention sur elle.

— Sombre soirée, n’est-ce pas ? déclara une voix féminine à sa gauche.

La Serpentard ne put retenir un sursaut et porta sa main à son cœur.

— Vous m’avez fait peur ! s’exclama-t-elle en jetant un coup d’œil dans sa direction.

Un sourire triste étirait les lèvres du spectre.

— Ce que… Je suis désolée de ce que votre famille vous a fait subir, Rosamund, déclara Pansy, sincère.
— Ce n’est point de votre faute, mais merci, répliqua-t-elle.
— Pourquoi ne pas me l’avoir dit ?
— Les règles ne le permettent pas.
— Les règles ?
— Je ne pouvais pas vous dire ce qui se passait ou allait se passer, c’était à vous de le découvrir de vos propres yeux, expliqua-t-elle d’une voix pleine de mélancolie.
— Je ne suis pas la première à trouver ce carnet, n’est-ce pas ? demanda Pansy comprenant soudainement.
— En effet.

La jeune femme allait lui poser de nouvelles questions, mais elle fut coupée dans son élan par la Rosamund du souvenir. Cette dernière venait de quitter le bain et était en train d’être séchée par son elfe de maison. Il l’aida à s’habiller puis à se coiffer avant de l’aider à choisir les bijoux qu’elle porterait. Elle était tout simplement magnifique dans sa robe vert foncé et paraissait déterminée.

— C’est bon, tu peux me laisser, Pumpkin, dit-elle à l’elfe d’une voix douce.

La créature s’inclina avant de disparaître dans un craquement. La jeune femme attrapa le flacon de parfum et en mit une goutte au creux de ses poignets ainsi qu’une autre derrière ses oreilles. Visiblement satisfaite, elle sourit à son reflet et se leva.

— Qu’est-ce que… commença Pansy en la voyant se diriger vers son lit.

Rosamund récupéra son carnet et le glissa dans une des poches de sa robe après avoir déposé un baiser sur la couverture en cuir.

— Que se passe-t-il ? Rosamund… Que… commença à paniquer Pansy.

Elle sentait au plus profond d’elle que quelque chose d’horrible était sur le point de se produire.

— Non ! Faites quelque chose ! Non ! s’écria-t-elle en voyant la jeune femme se diriger vers la fenêtre.

Elle se tourna une poignée de secondes vers le spectre. Ce dernier semblait bouleversé, mais ne bougeait pas. Finalement, Pansy reporta son attention sur Rosamund qui venait d’ouvrir la fenêtre. La Serpentard écarquilla les yeux et n’hésita pas.

— Non ! Par pitié, ne faites pas ça ! s’exclama-t-elle en essayant de la bloquer.

Rosamund passa à travers Pansy comme si elle n’existait pas. Cette dernière ferma les yeux et poussa un petit cri en entendant le choc en contre-bas. Tremblante, elle sentit les larmes couler le long de ses joues et, moins d’une seconde plus tard, elle se réveilla dans son lit, impuissante.

End Notes:
Alors qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Je sais, je suis horrible de vous laisser sur ça, désolée. :/ Je reviens vite avec la suite, promis ! :)
Une goutte d'espoir by Samantha Black
Author's Notes:

Salut !

Comme promis je reviens vite avec le dernier chapitre de cette fanfiction. Je dois avouer que même si je suis un peu triste de quitter ces personnages, cela me fait plaisir d'avoir réussi à mener ce projet jusqu'au bout.

Merci à toutes les personnes qui ont laissé et laisseront des reviews, merci à Margot et LookCatMe d'avoir corrigé cette fic et surtout merci à Caroliloonette de m'avoir donné l'idée du projet. Je sais que cette fic est sans doute loin de ce que tu espérais comme cadeau de Noël (un peu trop sombre et triste sans doute), mais j'espère que tu l'aimeras quand même un peu.

Bonne lecture !
Sam :)

Pansy était allée prendre son petit-déjeuner, encore choquée par ce dont elle avait été témoin. La jeune fille était arrivée tôt, avant tous les autres camarades de Serpentard de son année. Elle s’était installée en bout de table et avait commencé à manger en silence. La nuit avait été éprouvante et cela se voyait sur les traits de son visage. De gros cernes creusaient ses joues et son teint blafard aurait même fait peur à un vampire.

Elle était en train de manger son quatrième ou cinquième toast à la marmelade, machinalement, quand ses camarades firent leur entrée dans la Grande Salle. Les jeunes gens qui discutaient joyeusement se turent en arrivant à son niveau.

— Merlin ! Pansy, tu… commença Blaise.
— Va te faire, Blaise ! lâcha Pansy sans le regarder.

A son grand étonnement, son camarade ne chercha pas à répliquer et elle sentit le banc bouger sur sa droite. Drago s’installa en face d’elle ainsi que Blaise. A côté d’elle, devait donc se trouver sa cousine.

— Pansy, déclara Daphne d’une voix douce qu’elle ne lui connaissait pas. Tu… Je pense que tu devrais aller voir Madame Pomfresh, tenta-t-elle.

Pansy tourna son visage vers Daphne et fut frappée par l’inquiétude qu’elle lisait dans son regard.

— Pourquoi ? Je vais bien, mentit effrontément la Serpentard.
— Tu n’as pas l’air d’aller bien, répliqua sa cousine, retrouvant sa franchise habituelle.
— Je suis juste fatiguée, rétorqua Pansy. Rien qu’une bonne nuit de sommeil ne puisse pas réparer, ajouta-t-elle d’une voix amère.

Les trois autres Serpentard échangèrent des regards circonspects et la jeune fille sut qu’il était venu pour elle le temps de quitter la table.

— Euh… Il faut que j’aille à la bibliothèque. On se voit plus tard, déclara-t-elle d’une voix éteinte.

Pansy sentit le regard de ses amis sur elle alors qu’elle quittait la Grande Salle. D’un pas décidé, elle se dirigea vers les toilettes les plus proches et se planta devant l’un des miroirs.

— Merlin ! Je fais vraiment peur, souffla-t-elle.

Elle se passa un peu d’eau sur le visage. Elle devait se reprendre. Qu’est-ce que diraient ses parents s’ils la voyaient se laisser aller ainsi ?

— Allez ! Tu peux le faire ! Ouais, ça va le faire ! dit-elle en se forçant à sourire.

Elle se tapota les joues et se les pinça légèrement espérant qu’elles retrouvent un peu de leur couleur habituelle.

— Voilà ! Ça va le faire, tenta-t-elle de se motiver encore une fois avant de quitter les toilettes.

En sortant, elle croisa deux petites Serdaigle qui lui jetèrent un regard curieux. Pansy les fixa d’un œil mauvais avant de cracher :

— Un problème, les morveuses ?

Les deux gamines accélérèrent le pas et la Serpentard esquissa un sourire satisfait avant de monter dans les étages pour rejoindre la bibliothèque. Elle s’installa à sa place habituelle, un peu cachée derrière les étagères et sortit ses affaires. Ne pouvant se sortir ce qu’elle avait vu de la tête, Pansy commença à dessiner Rosamund dans sa jolie robe verte. Lorsqu’elle eut fini, près d’une heure plus tard, elle admira son œuvre, pensive. Le spectre avait beau l’avoir agacée au plus haut point ces dernières semaines, elle avait du mal à accepter la manière dont elle était morte. Seule, juste après avoir perdu celui qu’elle pensait être l’amour de sa vie.

La jeune fille frissonna d’horreur avant de glisser son dessin sous la pile de papiers vierges et de prendre une nouvelle page. Avec application, Pansy tenta de reproduire la peinture que Rosamund avait fait de Zaul. Cela l’étonnerait grandement que l’œuvre ait été gardée par la famille Fleamont et passée à leurs descendants, mais elle refusait malgré tout de l’oublier.

Quand elle eut fini, bien longtemps plus tard, Pansy se rendit compte qu’elle avait raté le début du cours de Botanique. Elle aurait sans doute droit à quelques heures de retenue si elle ne trouvait pas une excuse d’ici le soir-même. Toutefois, pour le moment, cela ne l’inquiétait pas plus que cela. Toutes ses pensées étaient tournées vers les scènes horribles dont elle avait été témoin. Elle ne comprenait pas pourquoi le carnet avait voulu lui montrer cela ? Etait-il simplement sadique ? Son but était-il de refaire vivre à Rosamund les pires moments de son existence ? Tout cela n’avait aucun sens !

Le regard de Pansy balaya la bibliothèque et se posa sur un étudiant de Gryffondor en train de lire la Gazette du Sorcier.

—Si… Mais… Peut-être, marmonna-t-elle pour elle-même.

Oui, peut-être que la Gazette du Sorcier avait parlé à l’époque du décès de Rosamund. Peut-être… Pansy ne savait pas trop quoi en fait, mais elle tentait tant bien que mal de s’accrocher à la branche, au moindre indice. Elle prit une grande inspiration et se leva soudainement, faisant racler sa chaise et s’attirant les regards agacés d’autres élèves plus studieux qu’elle.

— Tu peux le faire, essaya-t-elle de se rassurer dans un murmure.

Timidement, Pansy se dirigea vers le bureau de Madame Pince. Cette dernière, assise derrière, semblait être en train d’examiner un livre et de noter quelque chose sur un parchemin.

— Bonjour Madame, déclara la Serpentard d’une petite voix qui ne lui ressemblait pas.

C’était la première fois qu’elle demandait de l’aide à la bibliothécaire depuis son entrée à Poudlard et elle ne savait pas comment cette dernière allait réagir.

— Miss Parkinson ! Que puis-je faire pour vous ? questionna la femme d’un ton étrangement aimable.
— Je… Euh… J’aimerais savoir si… Euh… si vous avez la Gazette du Sorcier.
— La Gazette du Sorcier ? Bien sûr que nous l’avons ! Elle est là-bas avec le reste des périodiques, rétorqua-t-elle en désignant un espace près de l’entrée.
— Merci, répondit Pansy en souriant d’un air crispé.
— Je vous en prie, Miss Parkinson, répliqua la bibliothécaire toujours étonnamment agréable.

Pansy lui offrit un signe de tête tout ce qu’il y a de plus raide et se dirigea vers l’endroit qu’elle lui avait désigné. Des journaux pendaient dans le vide, accrochés à des bouts de bois et derrière, le regard de la jeune femme se posa sur d’imposants casiers en bois.

— Ah ! souffla-t-elle, ravie en voyant le titre de la Gazette sur l’un d’eux.

Elle ouvrit le casier et récupéra la pile de journaux à l’intérieur avant de les poser sur une table vide non loin de là.

— Pas ça, pas ça, chuchota-t-elle en regardant les dates.

Le quotidien avait l’air d’avoir été classé dans le sens inverse à la chronologie. Parfait ! Cela lui faciliterait grandement la recherche. Du moins, c’est ce que Pansy pensait ! Malheureusement pour elle, le dernier journal de la pile avait été publié seulement un mois plus tôt. Elle poussa un soupir avant d’aller les remettre à leur place. Désespérée, la jeune fille ouvrit les autres casiers, mais dut rapidement se rendre à l’évidence qu’ils n’étaient pas là. D’un pas lent et l’air abattu, elle se dirigea vers sa place.

— Vous n’avez pas trouvé ce que vous cherchiez, Miss Parkinson ? questionna Madame Pince alors qu’elle passait devant son bureau.

Pansy secoua la tête et s’approcha d’elle.

— Que cherchez-vous exactement ?
— La Gazette du Sorcier.
— Oui, cela j’avais compris ! Mais plus exactement ? Vous avez une date précise ? Une année ?
— Euh… Attendez ! dit-elle en se dirigeant vers sa table.

Pansy revint quelques instants plus tard avec le livre que sa mère lui avait envoyé quelques semaines plus tôt.

— Excusez-moi, je vérifie ! expliqua-t-elle en le feuilletant rapidement.
— Je vous en prie.
— Ah ! ne put-elle s’empêcher de lâcher en trouvant l’information. J’aurais besoin des journaux de mille huit cent trente-huit.
— Mille huit cent trente-huit ? répéta Madame Pince visiblement surprise.
— C’est pour des recherches sur ma famille, vous voyez, expliqua Pansy.
— Ah ! Je comprends mieux, dit-elle. Vous n’avez pas une date plus précise ?
— Elle est morte le mardi quatorze août. J’imagine donc que son décès a été annoncé le lendemain ou le surlendemain.
— Très bien, je vais aller vous chercher ça ! Remplissez-moi ce petit formulaire en attendant, dit-elle en lui donnant un parchemin de la taille d’une carte de vœux.

Pansy suivit Madame Pince du regard alors qu’elle se dirigeait vers une porte quelque peu dissimulée vers la gauche de son bureau. Ce fut seulement à cet instant qu’elle entreprit de remplir le papier. Elle dut ainsi renseigner ses nom et prénom ainsi que son année et le nom de l’ouvrage demandé. Elle réfléchit quelques secondes avant de noter de son écriture serrée et un peu brouillonne le titre du journal ainsi que la date. La jeune fille n’eut pas à attendre longtemps le retour de la bibliothécaire. Cette dernière portait un grand livre avec une couverture en cuir.

— Et voilà pour vous ! lança la femme en lui donnant l’imposant ouvrage. Les journaux ont été reliés à l’intérieur, expliqua-t-elle en voyant le regard perdu de Pansy.
— Ah ! D’accord ! Merci Madame Pince.
— Je vous en prie, rétorqua la bibliothécaire.

Le volume en main, Pansy se dirigea vers sa table et l’y déposa délicatement. Elle l’ouvrit doucement et constata que la première page était la une du premier août mille huit cent trente-huit. La jeune fille sentit l’excitation monter en elle à mesure qu’elle tournait les pages. Ces dernières semblaient particulières au toucher, comme si un sort de protection leur avait été jeté. Finalement, elle arriva au quinze août et constata que la rubrique nécrologie ne parlait nullement du décès de Rosamund. Son nom finit toutefois par apparaître le dix-neuf et ses funérailles, qui devaient se dérouler dans l’intimité familiale, étaient annoncées pour la semaine suivante. Rien d’autre n’y était notifié, mais Pansy, malgré son espoir d’en apprendre plus, n’était pas étonnée que cela soit le cas.

— Je pensais bien te trouver là, déclara soudainement la voix de Daphne.

Pansy poussa un léger soupir et roula des yeux avant de se tourner vers sa cousine.

— Qu’est-ce que tu fais là ? demanda-t-elle d’une voix faussement désintéressée.
— Rien qui ne te regarde, rétorqua Pansy en refermant l’ouvrage avec un peu trop de vivacité.
— Qu’est-ce… ?

Avant que Pansy n’ait pu faire quoi que ce soit, Daphne attrapa sa reproduction du tableau de Rosamund.

— Sympa ! Je vais finir par croire que tu as vraiment eu le béguin pour l’autre cheval, plaisanta-t-elle, moqueuse.
— Si tu faisais un tant soit peu preuve d’observation, tu aurais remarqué que le professeur Firenze et Zau… celui-là n’ont pas du tout la même robe.
— En effet, murmura lentement Daphne.
— Tu me le rends maintenant ?
— Oh oui oui ! s’irrita-t-elle en lui tendant le dessin. C’est juste que ce portrait me dit vraiment quelque chose.

Pansy s’arrêta dans son mouvement alors qu’elle rangeait Zaul sous la pile de feuilles vierges et releva son visage vers sa cousine. Cette dernière se tapotait le menton tout en réfléchissant.

— Vraiment ? demanda Pansy, avide d’informations.
— Je pense. Enfin, bon ! Ce n’est pas très important ! J’ai pris tes cours de la matinée, mais ce...
— Où l’as-tu vu ? la coupa la jeune fille sans ménagement.
— Pardon ?
— Où l’as-tu vu ? répéta-t-elle. Le tableau, explicita-t-elle devant le regard d’incompréhension de sa cousine.
— Le tableau ?
— Celui avec le centaure ! Où est-ce que tu l’as vu ?
— Je ne sais pas, répondit-elle en haussant les épaules. Sans doute, dans un couloir ou peut-être une salle…
— Le couloir des centaures ! s’exclama soudainement Pansy.

Les têtes de leurs camarades se tournèrent vers elle, mais aucune des deux jeunes filles n’y prêta la moindre attention.

— Oui, voilà peut-être là ! rétorqua Daphne d’un ton désinvolte.
— Chuuuuuuuuut ! s’agaça Madame Pince de son bureau.
— Il faut que j’y aille ! s’exclama Pansy en se précipitant pour ranger ses affaires.

Elle fourra le papier à la va-vite dans son sac avant de prendre le gros volume contenant les journaux et de se diriger vers le bureau de la bibliothécaire.

— Merci beaucoup, Madame Pince, dit-elle en posant le gros volume devant elle. Au revoir !
— Au revoir, Miss Parkinson, répliqua-t-elle alors que Pansy quittait déjà la bibliothèque d’un pas rapide.

Derrière elle, la Serpentard pouvait entendre sa cousine l’appeler, mais elle n’y prêta pas la moindre attention et se dirigea vers le couloir du deuxième étage que les élèves, depuis des temps immémoriaux, avaient surnommé le couloir des centaures.

— Alors ! Où est-ce qu’il est ? se demanda-t-elle en commençant à étudier les différents tableaux du corridor.

La plupart des occupants des tableaux étaient là et ne semblaient pas apprécier d’être ainsi observés. Pansy se fit même injurier une ou deux fois, mais n’y prêta pas la moindre attention. Après avoir arpenté le couloir et détaillé les œuvres trois fois, la jeune fille dut se rendre à l’évidence. Zaul n’était pas parmi eux.

— Bouse ! s’énerva-t-elle alors que les larmes commençaient à couler le long de ses joues.

La fatigue et un sentiment puissant d’abattement s’empara d’elle. En sanglotant, la jeune fille se laissa glisser le long du mur et enfouit son visage dans ses genoux. Elle n’avait jamais demandé cela ! Pourquoi ce fichu carnet l’avait-il choisie ? Pourquoi ?

— Pourquoi ? s’écria-t-elle.

Rageusement, elle sortit le carnet de son sac et le jeta à l’autre bout du couloir. La respiration courte, Pansy mit plusieurs minutes avant de reprendre son calme et fut soulagée de ne voir aucun autre élève. L’embarras s’empara d’elle. Quelle honte cela aurait été si un de ses camarades l’avait vue ainsi ! Doucement, elle se releva et commença à épousseter son uniforme.

— Vous cherchez quelqu’un, Miss ? demanda soudain une voix grave.

La jeune fille, inquiète, regarda autour d’elle. Le couloir était désert.

— Deuxième tableau en face, indiqua la voix.

Le regard de Pansy finit par se poser sur l’un des tableaux dont les occupants n’étaient pas là quelques minutes plus tôt. Comme beaucoup d’autres, il représentait une jolie clairière dans laquelle se trouvait un centaure, visiblement assez jeune, dont la robe d’un noir bleuté ressortait magnifiquement. Autour, les autres tableaux semblaient mécontents et marmonnaient des paroles certainement peu amènes.

— Euh… Bonjour, marmonna Pansy.

Elle se doutait qu’elle ne devait pas donner la plus belle image d’elle avec ses yeux rougis et bouffis par les pleurs.

— Bonjour Miss… ?
— Parkinson.
— Bonjour Miss Parkinson, répéta le centaure en souriant. Je m’appelle Onyx. Vous cherchez donc bien quelqu’un ?
— Oui, je… je cherche Zaul, dit-elle. C’est… commença-t-elle en voulant chercher le dessin dans son sac.

Le murmure des tableaux se fit plus fort autour et Pansy entendit plus d’une fois les mots « traître » et « dégénéré » être prononcés.

— Je sais de qui vous parlez, l’arrêta le centaure. Il n’a pas une très bonne réputation, expliqua-t-il en lançant un regard nerveux autour de lui.
— C’est pour ça qu’il n’est pas ici ?
— En effet ! Le professeur Fronsac a été obligé de le faire déplacer. Sa présence créait trop de problème.
— Et vous savez où il se trouve maintenant ?

Onyx jeta de nouveau des regards anxieux autour de lui avant de répondre que Zaul avait été placé dans la tour de Serdaigle.

— Dans la salle commune ? s’inquiéta Pansy, sa voix montant dans les aiguës.
— Non. Pas loin de l’entrée, répondit-il.
— Ah ouf ! Euh… Merci, euh… Monsieur ! Je… Il faut que j’y aille, dit-elle avant de commencer à courir.
— Vous oubliez quelque chose ! s’écria-t-il. Votre livre !
— Bouse ! s’exclama Pansy avant de faire demi-tour en trottinant.

Elle récupéra le carnet, le mit dans sa poche et remercia à nouveau le centaure avant de reprendre sa course. Elle monta les escaliers quatre à quatre, essayant tant bien que mal de ne pas trop perdre son souffle. Il faudrait vraiment qu’elle se mette au sport après toute cette histoire. En arrivant au quatrième étage, elle croisa Blaise et Drago qui descendaient vers la Grande Salle, sans doute pour aller déjeuner.

— Pansy ! Tu vas bien ? Pourquoi… commença Drago en la voyant.
— Pas le temps ! Je vous retrouve plus tard, répliqua-t-elle sans s’arrêter. Allez encore un ! s’encouragea-t-elle avant de gravir le dernier escalier.

Finalement, moins de dix minutes après son départ précipité du couloir des centaures, la jeune fille se trouvait devant la porte menant à la salle commune de Serdaigle. Quelques élèves lui jetèrent des regards surpris alors qu’elle reprenait difficilement son souffle. Un horrible point de côté lui cisaillait le ventre, rendant l’opération délicate. Après plusieurs minutes, la Serpentard finit par réussir à se redresser. Elle se sentait poisseuse et mal à l’aise, mais à cet instant, ce n’était pas son plus gros problème.

— Je cherche Zaul ! lança-t-elle à la cantonade. Zaul ? Personne ? demanda-t-elle.
— Et que lui voulez-vous à Zaul ? questionna une voix que Pansy n’eut aucun mal à reconnaître.
— Zaul, souffla-t-elle en souriant.

Le tableau qu’avait peint avec tant d’amour et de précision Rosamund se trouvait sur sa gauche, à moins de cinq mètres de la porte menant à la salle commune de Serdaigle.

— Zaul, répéta-t-elle. Cela fait plaisir de vous revoir ! ne put-elle s’empêcher de s’exclamer.

Le centaure la fixa, visiblement étonné.

— Je ne crois pas que nous nous soyons déjà rencontrés, remarqua-t-il.
— En effet, mais moi, je vous connais. Je vous connais même très bien, dit-elle en sortant le carnet de son sac.
— Où avez-vous trouvé ça ? demanda-t-il. C’est...
— Le journal de Rosamund ? Je l’ai trouvé à la bibliothèque, expliqua-t-elle.
— Vous savez donc ? Vous avez vu !
— En effet, répondit-elle. Je… Je ne sais pas trop pourquoi, ni comment, mais j’ai eu accès aux souvenirs de Rosamund.
— Vous êtes une Fleamont, dit-il sur le ton de l’affirmation.
— Je descends des Fleamont, en effet. C’est pour ça ?
— Cordelia m’avait dit que seule une Fleamont pourrait trouver le journal.
— Une Flea… Cordelia ? Vous avez pu lui parler ? Je… J’aurais pensé que son père vous aurait trop bien fait garder.
— Son père ? répéta Zaul d’une voix où transpirait la haine. Il ne m’a jamais enfermé, il m’a relâché presque aussi vite qu’il m’avait emprisonné. Il ne voulait pas avoir d’ennuis avec le troupeau.

Pansy papillonna des yeux alors que le poids de ses paroles prenaient tout leur sens.

— Vous voulez dire que… Qu’il… qu’il ne vous a pas tué ? demanda-t-elle.
— Non, mais il l’a fait croire à Rosamund et…
— Et elle s’est suicidée, murmura Pansy.

Les sabots du centaure tapèrent nerveusement sur le sol en terre de son tableau.

— Mais je ne comprends pas comment… Comment le souvenir de Rosamund s’est trouvé dans ce carnet ? lança-t-elle en le brandissant sous le nez de Zaul. Ah ! Qu’est-ce qui se passe ? s’écria-t-elle en voyant qu’une douce lumière bleue s’échapper du journal.
— Cordelia disait vrai. Ouvrez-le, s’il vous plaît !

La jeune fille s’exécuta sans tarder et, sous son regard éberlué, la lumière quitta le carnet pour entrer dans le tableau. Doucement, les traits de Rosamund se dessinèrent sur la peinture. La pauvre semblait aussi surprise que Pansy et observait ses mains finirent d’apparaître avec fascination. Finalement, elle leva les yeux et croisa le regard de son amant.

— Zaul ! s’exclama-t-elle en se précipitant vers lui.

Pansy détourna les yeux, gênée, en les voyant s’embrasser avec passion. La Serpentard avait beau trouver cruel ce qui leur était arrivé, leur relation continuait malgré tout à la rendre mal à l’aise.

— Pansy, l’appela soudainement Rosamund.

La jeune fille releva son visage et put constater que le couple avait arrêté de se visiter la cavité buccale. Rosamund lui offrait d’ailleurs un sourire rayonnant et des étoiles brillaient dans ses yeux peints.

— Je tenais à m’excuser, déclara-elle avant que la Serpentard n’ait dit quoi que ce soit. Je n’ose imaginer ce que vous avez vécu, obligée de subir cela chaque nuit jusqu’au dénouement final.

Zaul resserra son étreinte autour de ses épaules tandis que Pansy la fixait en silence.

— Je… En fait, j’aimerais simplement savoir comment ? Comment tout ça a été possible ? Je veux dire que oui, nous sommes sorciers, mais ça, ce n’est clairement pas de la magie ordinaire.
— C’est grâce à Cordelia, expliqua Zaul. Elle a fait appel à une sorcière afin que l’âme de Rosamund intègre le journal.
— Ça ressemble un peu à de la magie noire, votre histoire, remarqua Pansy, sceptique.

Zaul secoua la tête négativement quelque peu agacé.

— Il s’agit simplement d’une vieille forme de magie que plus personne ne connaît.
— Ouais, enfin, la résurrection dans les bouquins, ça finit rarement bien ! Regardez le conte des trois frères !
— Rien à voir avec cela ! rétorqua Zaul.

L’espace de quelques secondes, Pansy fut surprise qu’il sache ce qu’était ce récit avant de se rappeler qu’elle avait vu Rosamund le lui raconter.

— C’est de la magie ancienne et qui demande que l’âme ne soit pas encore passée dans l’au-delà.
— Je ne suis pas morte sur le coup, ajouta Rosamund. C’est pour ça que ça a fonctionné.
— D’accord, rétorqua Pansy, pas vraiment convaincue. Par contre, ce que je ne comprends pas c’est pourquoi mon ancêtre a préféré confier sa mission à l’un de ses descendants plutôt que de le faire elle-même.
— Ce que vous appelez le serment inviolable, répondit Zaul. Elle a dû faire le serment à son père qu’elle ne nous aiderait pas à nous retrouver. Elle a caché le journal de Rosamund à Poudlard, avec l’idée qu’un jour un descendant des Fleamont le retrouverait.

Pansy fronça les sourcils, mais ne chercha pas à argumenter. Cela expliquait donc comment le journal de Rosamund s’était retrouvé à Poudlard.

— Et vous ? Comment êtes-vous là ? Je croyais que vous n’étiez pas mort.
— Je vous ai dit que le père de Rosamund ne m’avait pas tué, pas que je n’étais pas mort.

Le regard du centaure se fit soudain pensif, presque mélancolique.

— Quand j’ai retrouvé mon troupeau, je leur ai tout avoué. Je pensais qu’ils… que certains au moins m’aideraient. Ce ne fut pas le cas. J’ai été attaqué et j’étais en train de mourir de mes blessures, non loin du manoir quand Cordelia m’a retrouvé. Sans elle, nous n’aurions pas pu être réunis.
— Et sans vous non plus, Pansy, ajouta Rosamund en souriant. Merci ! Merci du fond du cœur.

De nouveau, Rosamund tourna un regard plein d’amour vers Zaul. Pansy se retint difficilement de grimacer alors qu’ils s’embrassaient de nouveau. Il était temps pour elle de prendre congé. Sans un regard en arrière, mais le cœur plus léger, la jeune fille s’éloigna. Elle esquissa un sourire. Ses nuits allaient enfin être paisibles.

End Notes:

Alors qu'avez-vous pensé de la fin ? Pas trop triste ?

Si quelques choses ont changé au cours de l'écriture, le fait qu'ils soient réunis à la fin était un point que j'avais prévu dès le début.

J'espère que cette histoire vous plu ! Et je vous dis à bientôt (j'espère) sur un autre de mes textes ! ♥

Cette histoire est archivée sur http://www.hpfanfiction.org/fr/viewstory.php?sid=35821