Amitiés, Vadrouilles et Canard Laqué by popobo
Summary: Textes divers sur les Fondateurs qui tentent de répondre aux défis de TNC et ET pour le concours "A Vos Claviers, cubes" et pour la belle école LIMK

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image modifiée de "sia_Chan" sur Deviantart


Chapitre 1 : Godric Gryffondor se retrouve en pleine forêt asiatique pour une dernière mission.
Chapitre 2 : Helga fait un point sur sa vie et lance une idée qui va séduire son amie Rowena.
Chapitre 3 : Salazar répond à la lettre de son amie Helga et à son invitation pour un projet ambitieux.
Chapitre 4 : Première rencontre entre Salazar Serpentard et Helga Poufsouffle.
Chapitre 5 : Quatre drabbles sur la relation entre Rowena Serdaigle et sa fille, Helena.
Chapitre 6 : Discussion entre Rowena, Helga et Godric plusieurs mois avant la création de Poudlard.


Categories: Les Fondateurs Characters: Les Fondateurs
Genres: Amitié, Aventure/Action
Langue: Aucun
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Les vents rugissent, mais la montagne reste immobile, A Vos Claviers ³, Fondateurs
Chapters: 6 Completed: Oui Word count: 7724 Read: 3133 Published: 22/06/2018 Updated: 25/08/2018
Story Notes:
Pour mon troisième AVC, j'ai choisi d'écrire sur les fondateurs, en savoir un petit peu plus sur la vie de chacun juste avant la création de Poudlard.
Les textes sont plutôt indépendants les uns des autres, mais des idées se mélangent et se croisent.
(Pour info, les chapitres ont été écrits au fil des défis et ne sont donc pas dans l'ordre chronologique de l'histoire)

1. D1 : Mission et Transmission by popobo

2. D2 : Portrait fatal by popobo

3. Défi Créatures 1 : Lettre à Helga by popobo

4. D3 : Tomber des nues by popobo

5. Défi Créatures 3 : Mère et fille by popobo

6. D4 : Une fin et un début by popobo

D1 : Mission et Transmission by popobo
Author's Notes:
Contraintes :
♥ Mention devra être faite de l’école dans laquelle vous avez été envoyée pour cet « A vos claviers » !
♥ Votre héros devra découvrir une pratique de la Magie qui lui est inconnue
♥ Les mots Oui, non, blanc, noir sont interdits.
♥ Votre texte comprendra au moins un dialogue de deux cent mots.
♥ Contrainte de mots :800 mots minimum
Godric Gryffondor n’était pas rassuré. Depuis son départ, il avait le pressentiment que cette mission ne serait pas une réussite. Ernesto Algrey, un sorcier très réputé en Pays de Galles, l’avait embauché pour se rendre en Extrême-Orient à la recherche du Re’em, une créature magique dont le sang était très recherché et prisé. Ainsi, depuis deux jours, le sorcier réputé pour son goût pour l’aventure, explorait le sud de l’Asie afin de mettre la main sur le rare bœuf à la peau dorée.

Le sorcier britannique aux cheveux mordorés mais légèrement grisonnants, avait l’habitude des périples à l’autre bout du monde. Cela faisait plus de cinquante ans qu’il parcourait les plaines, les montagnes ou les forêts étrangères à la recherche des plantes les plus rares, des écailles les plus chères ou des venins les plus dangereux, pour le compte de riches sorciers ou de commerçants peu scrupuleux.



Godric Gryffondor se trouvait en pleine forêt de bambous. L’endroit ne ressemblait en rien aux forêts britanniques ou écossaises que l’aventurier connaissait par coeur. Ici, les oiseaux arboraient mille couleurs. La forêt était calme et apaisante, chaude et colorée, loin des hululements et de l’obscurité froide qu’il supportait en Europe.

Le mercenaire adorait voyager et découvrir les contrées étrangères qui lui révélaient à la fois les plus beaux trésors comme les plus grands dangers du monde. Sa mémoire regorgeait autant de beaux que de terribles souvenirs.

Il se remémorait notamment, encore clairement son excursion en Amérique du Sud. En pleine forêt équatoriale où entouré de dizaines de serpents, il avait échappé à une mort lente et douloureuse en sifflant inlassablement.

Mais ses voyages à travers le monde et les civilisations lui avaient également permis de rencontrer d’intelligents sorciers et de ravissantes sorcières. Godric se souviendrait toujours de ses quatre années passées sur l’île Australe au coeur du peuple aborigène où il s’était exercé aux joies momentanées de la vie de couple mais également à la magie chamanique locales.

Au cours des années, le sorcier britannique avait ainsi développé ses connaissances sur le monde magique, ses créatures ou ses cultures. Sa vie avait été riche en aventures. Il ne regrettait rien mais depuis que sa plus ancienne amie, Rowena Serdaigle, lui avait présenté Helga Poufsouffle et Salazar Serpentard, depuis qu’ensemble ils convoitaient un projet commun de créer une école de magie - depuis quelques mois maintenant - ses rêves étaient ailleurs.

Godric Gryffondor s’était décidé. Cette mission dans les contrées sauvages d’Extrême-Orient serait sa dernière mission.

Après avoir capturé le Re’em et récolté son sang, le sorcier était bien décidé à rentrer et rester en Angleterre. Après avoir parcouru le monde, combattu toutes sortes de créatures magiques, découverts autant d’objets que de nouveaux sortilèges, rencontrés des dizaines de cultures et de sorciers, il désirait enfin pouvoir se poser. Après cinquante années de voyages et d’aventures, il aspirait au repos et à la transmission de ses découvertes et rencontres. Il souhaitait écrire, notifier, répertorier ses connaissances, et puis surtout enseigner.

Depuis plusieurs mois, les rêves de Godric avaient ainsi changé. L’homme se projetait davantage derrière un bureau avec des livres et des parchemins. Il envisageait de plus en plus de poser son épée pour une plume. Le sorcier expérimenté désirait transmettre enfin ses connaissances. C’était l’esprit tourné vers ses nouveaux projets qu’il avança d’un pas lourd entre les buissons. A la pensée de bientôt retrouver ses amis, Godric Gryffondor était pressé de terminer sa quête.

Une dernière mission et il rentrerait.

Cela faisait maintenant trois heures qu’il arpentait la forêt sans repérer la moindre trace de Re’em. Le bœuf à la peau d’or restait introuvable. Pourtant, à ces températures estivales, les colonies auraient dû être visibles. Aucune empreinte dans la terre sèche venait rassurer l’aventurier. La chasse paraissait étrangement longue à tel point que le sorcier avéré commençait à se demander si les informations qu’il avait reçues sur la présence de la créature magique en ce lieu, étaient exactes. Cela faisait partie du métier aussi de subir les aléas des informateurs et autre intermédiaires malhonnêtes. Toutefois, l’homme, armé de son épée, continua d’avancer dans la forêt aux larges feuilles.

L’esprit égaré, ses pensées tournées vers ses amis, Godric Gryffondor n’était pas très vigilant. Alors qu’il taillait les branches et les feuilles de bambous, il ne perçut pas le soudain silence qui pesait autour de lui. L’absence de chants, l’arrêt des piaillements et des bruissements d’herbe aurait dû l’alerter.

L’épée à la main, il fut surpris et resta figé quand la bête à corne l’aveugla de sa peau dorée et chargea. Le Re’em venait de faire son apparition. Godric ne parvint pas à réagir à temps. Rapidement éjecté par la tête puissante de la créature, il sentit son esprit divagué lorsqu’il tomba à terre.

Le choc fut puissant.



Les idées s’entremêlaient. Les souvenirs se superposaient. Les duels qu’il avait accompli tout au long de sa vie se succédaient dans son esprit. La vue d’un cheval ailé disparaissait au profit d’une jeune et belle sorcière vêtue de bleu et d’argent. Les flammes d’un dragon Boutefeu qu’il avait croisé en Chine jaillirent aussi rapidement qu’elles disparurent. La vision d’un château de bois orné de fanons verts se brouilla pour laisser place à un cavalier qui fonçait en pleine joute. Une femme aux cheveux blonds. Un atelier de potions. Un chapeau marron. Une forêt de pins. Une tour en pierre touchée par la foudre…

Sans rien saisir de l’instant, Godric Gryffondor, le corps et l’esprit fatigués, vit dérouler des dizaines d’images de son passé. Quand tout à coup, il sentit une force invulnérable obliger son esprit à reprendre conscience. En confiance, il se laissa guider.

Après plusieurs minutes de lutte, il ouvrit enfin les yeux.

Il était entouré de bambous. L’air était frais et parfumé. Dès la première inspiration, Godric se sentit revigoré. Il venait d’échapper à une mort aussi subite que stupide.

Un homme aux cheveux longs et sombres se tenait devant lui en souriant. Celui-ci, les mains jointes, s’inclina dans un salut traditionnel. Godric Gryffondor tenta de reprendre ses appuis afin de se donner une meilleure contenance et de répondre cordialement au salut mais ses forces n’étaient pas encore suffisantes pour le maintenir debout.


- Restez assis, cher ami. Vous êtes encore trop fatigué.

- Que m’est-il arrivé ? demanda Godric, portant sa main droite à sa nuque douloureuse.

- Une femelle Re’em vous a attaqué. Vous étiez entré sur son territoire. Votre odeur a suffi à l’énerver.

- Une femelle ! s’exclama Godric qui malgré l’attaque, considéra la rencontre avec la créature encore plus exceptionnelle.

- Quelle folie vous a mené jusqu’à elle ? demanda alors l’homme habillé d’une robe en lin ceinturée d’un large et long drapé rouge.

- La folie d’un mercenaire peu précautionneux, sourit Godric, légèrement revigoré.

Devant le regard interrogateur de son sauveur, il se présenta :

- Je viens d’Angleterre, là où les forêts sont faites de chênes et de pins et où les hippogriffes sont plus nombreux que les dragons. J’ai passé mon temps à parcourir le monde à la faveur de sorciers plus riches et moins aventuriers que moi. J’ai traversé des dizaines de pays, découverts autant de cultures et combattus de nombreuses créatures magiques. Je ne sais pas si c’est de la faute à la femelle Re’em ou de mon âge avancé, mais je me sens désormais fatigué de toutes ces aventures aussi enrichissantes que périlleuses. Ma folie correspond surtout à mon imprudence. Votre arrivée m’est salvatrice.

- Votre passion vous motive, elle reste vive mais votre esprit reste distrait, énonça l’homme sage.

- Vive! Je n’ai même pas eu le temps de brandir mon épée ni ma baguette, pensa l’aventurier encore à terre. Mais que s’est-il passé ensuite ? J’ai senti une voix mystique m’appeler… Comment m’avez trouvé dans cette vaste forêt ?

- J’étais en pleine méditation à quelques kens d’ici. Votre esprit était si agité et distrait que j’ai perçu votre imprudence et je suis arrivé. Le kami Inugami et votre propre magie vous ont ensuite secouru.

- Kami Inugami ?

- Inugami est une divinité. Avec mon omamori, que je tiens de mes ancêtres et qui est l’objet le plus précieux que je possède, j’ai invoqué la magie ancienne et traditionnelle pour implorer votre protection.

Le sorcier coréen sortit une sorte d’amulette en soie rouge, brodée de fils dorés. Godric Gryffondor comprit rapidement que l’objet, à peine plus grande que la paume de sa main, était aussi important et précieux qu’une baguette magique. Il était envoûté et impressionné. Comment un si petit objet pouvait conserver la puissance et la magie d’une divinité aussi longtemps ?

- Les Omamori sont très importants chez nous. Ils recueillent la magie ancestrale de la nature notamment. Ils sont porteurs de grandes forces et je m’efforce, comme mon père avant moi, et son père avant lui, de transmettre ce lien entre les jeunes sorciers et les esprits divins.

- Vous enseignez la magie ? s’intéressa aussitôt Godric oubliant comlètement les douleurs, le Re’em et le sang à récolter.

Les deux hommes, toujours assis l’un en face de l’autre, au milieu d’une forêt de bambous, seulement dérangés par le vent frais et sec, continuèrent d’échanger naturellement et cordialement. Plus le sorcier lui parlait de sa mission de transmission et d’éducation, plus Godric sentait son corps reprendre des forces.

- Selon moi, l’éducation et la transmission sont primordiales au développement de notre culture et de notre magie, était convaincu l’homme sage qui admirait lui-même son talisman.

Godric, écoutant d’une oreille attentive, ne cessait d’acquiescer.

- Notre rencontre et nos échanges sont également inestimables, ajouta sincèrement Godric, le corps désormais revigoré et l’esprit nourri. Je ne pourrais jamais assez vous remercier pour votre aide, l’assistance de votre omamori, vos paroles et votre écoute. Votre sagesse et votre altruisme me touchent. Merci à vous, cher ami.

- En attendant la création d’une école de la Coopération Magique Internationale, où un jour, peut-être, nos cultures se mêleraient, je vous souhaite, mon ami, de la réussite et du bonheur dans votre projet à venir.
D2 : Portrait fatal by popobo
Author's Notes:
Contraintes du défi 2 "Les plans secrets de Baudelaire"

- Votre nouvelle devra avoir comme titre l'un des projets de Baudelaire, et s'en inspirer. --> j'ai choisi "Portrait fatal"

- Vous devrez insérer dans votre texte une citation d'un auteur contemporain de Baudelaire --> * Il s'agit d'une citation de Victor Hugo dans "Littérature et philosophie mêlées" de 1834.

- Votre texte comprendra au moins une référence à un oiseau. --> en italique dans le texte

- Votre texte devra contenir CINQ mots par sens... Cinq sens, cinq mots donc 25 mots. --> pas facile !!! vous ne serez peut-être pas d'accord avec mes choix ... J'ai surligné les mots qui pour moi se rapprochaient au plus de chaque champ lexical même si dans le contexte/sens de certaines phrases, le sens/la sensation n'est pas proprement développé. C'est pas évident...

- Contrainte de mots :800 mots minimum




Bonne lecture
Rowena était tranquillement installée dans son bureau. Depuis l’aurore, elle s’était enfermée dans sa pièce préférée du manoir familial où elle pouvait admirer la campagne écossaise. En cette belle journée de printemps, le chant des oiseaux la motivait et l’inspirait pour pratiquer les sortilèges.

Depuis plusieurs années, Rowena Serdaigle étudiait l’art de la transfiguration tentant d’abriter des connaissances et des émotions dans un objet. La magie, à la fois nouvelle et expérimentale, lui demandait beaucoup d’investissement et de rigueur. Après de longues années, ses recherches devenaient enfin décisives. La sorcière avait découvert que la qualité des sortilèges dépendait particulièrement de la matière de l’objet receveur et s’appliquait désormais à multiplier les expériences.

Après des semaines de tests sur des objets en bois puis en céramique, Rowena tentait désormais d’enfermer ses sortilèges de mémoire et d’intelligence dans divers objets métalliques.

Ce matin-là, elle enchaînait les sortilèges de métamorphose, modulant inlassablement les mouvements de sa baguette afin de trouver, avec espoir, la plus optimale des combinaisons pour obtenir toujours de meilleurs résultats.

La sorcière notait méticuleusement toutes ses observations sur ses précieux carnets, persuadée qu’un jour, toute sa persévérance serait concluante. Elle commençait à se demander si la taille ou la forme du contenant pouvait également avoir une incidence sur la longévité du sortilège quand un hululement alarmant interrompit sa réflexion.

Elle reconnût immédiatement le cri aigu d’Olwin, la chouette de Helga, une chevêche forestière au plumage gris. Rowena sourit en se réjouissant de recevoir des nouvelles de son amie mais quand l’oiseau lança alors un nouvel hurlement plaintif, elle s’inquiéta. Aucune enveloppe n’était accrochée à ses serres. Olwin agitait ses plumes frénétiquement afin d’attirer l’attention de la sorcière. La chouette paraissait insistante. Rowena comprit que quelque chose d’anormal se passait.

- J’arrive ! adressa-t-elle à l’animal.

Rassurée, la chouette forestière ne s’éternisa pas et reprit immédiatement son envol.

Rowena quant à elle, avait rapidement fermé son carnet, saisi sa baguette et récupéré sa cape avant de transplaner immédiatement chez sa meilleure amie.

- - -



Quand la sorcière arriva devant le portillon de la maison de son amie, elle sentit aussitôt une odeur forte de feu de cheminée. Helga devait, comme à son habitude, préparer une potion dans un de ses chaudrons. Inquiète, Rowena imagina aussitôt son amie les mains brûlées et le visage consumé. Elle se précipita à l’intérieur sans prendre la peine de signaler son arrivée.

En entrant dans la pièce principale, un fumet sucré de verveine citronnée vint d’abord stimuler son odorat puis un arôme épicé et inconnu surprit la sorcière. La table du salon était recouverte de plantes grasses qu’elle ne reconnaissait pas, mais la spécialiste de métamorphose avouait, sans honte, son manque de connaissances en herboristerie.

Rapidement, elle aperçut, dans un coin sombre de la salle, son amie recroquevillée dans un fauteuil.

- Helga ! Olwin est venue me chercher. Que se passe-t-il ? dit-elle en accourant auprès de la femme aux longs cheveux roux.

Constatant la présence de son amie, Helga leva la tête et lui adressa un regard empli de larmes. Puis, se levant avec le peu de forces qui lui restait, elle tomba littéralement dans les bras de Rowena.

Celle-ci serra naturellement son amie dans ses bras avec le plus grand réconfort et la plus douce chaleur qu’elle pouvait lui apporter. Petit à petit, ses caresses aidèrent Helga à se détendre.

- Que t’arrive-t-il ? redemanda Rowena une fois que son amie eut calmé ses sanglots.

- Oh ! Mon mari est un ingrat et je suis une idiote, lâcha Helga en s’installant de nouveau dans son fauteuil près de la cheminée.

Elle invita gentiment sa convive à s’installer dans le second siège.

- Helga, tu n’es pas idiote, je t’interdis de dire ça. Tu es merveilleuse et c’est ton mari qui un idiot de ne pas s’en rendre compte.

- Tu ne saurais pas si bien dire ! Regarde !

Rowena interrogative, se saisit du morceau de parchemin froissé que lui désignait la maîtresse de maison et qui traînait encore négligemment sur le sol en pierre. Elle reconnut le bulletin d’informations du monde sorcier qui délivrait régulièrement des articles très cavaliers. En général, Rowena n’accordait que peu de crédit à leurs idées traditionalistes.



« Dans notre société, nous observons actuellement que les femmes prennent de plus en plus de place dans le monde sorcier. Il devient important de s’inquiéter de leur situation. Les valeurs traditionnelles portées par beaucoup de nobles familles sorcières rappellent l’importance de la femme dans les foyers. L’entretien des intérieurs et l’éducation des enfants restent leurs aspirations premières, comme nous le souligne l’un des sorciers anglais les plus remarqués, M. Poufsouffle Gaenor :

Ma femme passe ses journées aux fourneaux, à préparer de succulentes recettes et s’en porte royalement. Elle a élevé nos enfants tout en gérant le ménage et cette condition lui a permis de se perfectionner dans l’art culinaire, pour son plus grand épanouissement. Je suis convaincu que cela suffit à chaque sorcière. Je ne comprends pas comment certaines peuvent oser penser s’épanouir dans le travail ou dans une autre activité quand elles peuvent rester au foyer tout au long de la journée. Ces idées nouvelles où les sorcières seraient actives dans l’avenir de la magie me paraissent tout à fait grotesques... »






- C’est abjecte ! s’offusqua ouvertement Rowena qui connaissait parfaitement la vie d’Helga et celle de son mari.

Cela faisait des années qu’Helga pratiquait la magie durement dans sa maison, cachée au fin fond de la campagne galloise alors que son mari rôdait négligemment à travers le pays.

Pendant que Helga recherchait les meilleurs assortiments de plantes pour améliorer ses traitements médicinaux, son mari, lui, dépensait ses gallions à siroter de l’hydromel ou déguster des tartes à la mélasse dans les bars ou les restaurants du pays, sans jamais manifester le moindre signe de magie notable.

Depuis près de vingt ans, la sorcière passait ses journées à s’occuper de ses plantes, à préparer de nouvelles potions et créer des remèdes qu’elle vendait régulièrement sur les marchés. Ses connaissances, sa magie et sa réputation couraient bien au-delà du Pays de Galles. La qualité et la puissance de ses préparations faisaient d’Helga Poufsouffle, l’une des sorcières apothicaires les plus appréciées du pays.

L’article n’inspirait que du dégoût à Rowena qui comprenait tout à fait la confusion de son amie.

- J’en ai assez, lâcha Helga énervée. Tout ma vie, je me suis investie pour lui, pour notre famille, pour lui donner une notoriété, une renommée. Tous ces efforts, tout cet investissement pour ne recevoir qu’un misérable portrait irrespectueux et ingrat. Cet homme est vraiment pire qu’un rat !

Sa tristesse avait désormais fait place à de la colère. Rowena laissait son amie parler et déverser sa rogne. Mais d’une certaine manière, elle se réjouissait presque de ce qui était en train de se passer. Toute sa vie, elle avait observé son amie œuvrer en retrait, dans l’ombre d’un mari inexistant et irrévérencieux. Elle sentait qu’Helga vivait à l’instant, une étape importante dans son existence, une prise de conscience qui ne pourrait que lui permettre de s’épanouir, elle-même, et de développer aussi sa magie si merveilleuse.

- Que comptes-tu faire ?

- Je vais me débarrasser de lui. Je vais m’en aller, quitter cet endroit. Je veux continuer mes recherches, poursuivre mes travaux. Je rêve tellement d’un atelier plus grand, plus prestigieux. J’ai envie d’avoir du monde autour de moi. Je ne veux plus être toute seule. Je veux parler, échanger, former... Je veux déléguer, initier, transmettre…

Désormais délaissée de sa colère et de sa tristesse, Helga avait maintenant les yeux qui brillaient en pensant à l’avenir qui se dessinait dans son imagination.

- Je ne veux plus être la femme de ce portrait et je ne veux pas que ce portrait soit une fatalité, pour moi et pour les autres sorcières, s’exclama Helga. Je ne veux pas que nos enfants grandissent avec ce genre d’idées. Tu vois ce que je veux dire ?

- Je vois tout à fait, sourit la sorcière brune. Et tu me donnes même envie. Je ne suis pas mieux que toi à passer mes journées dans le silence de la tour ouest de mon manoir. On pourrait peut-être se se trouver un lieu commun et travailler ensemble. Tu m’apprendrais à préparer des onguents subtilement parfumés. Tu me formerais sur les propriétés des bubobulbs piquants et je te montrerais comment animer indéfiniment les murs et les meubles.

- Oui c’est ça ! C’est tout à fait ça. Contrairement à ce que suppose mon mari, je pense effectivement que nous avons tous à apprendre les uns des autres, continua Helga. J’aimerais tellement agir, faire bouger les choses… Montrer que les sorcières valent autant que les sorciers, que chacun a le droit à l’éducation, comme au travail. Est ce que tu m’aideras, Rowena ?

Rowena était subjuguée et pensive. Quand son amie lui parlait de valeurs, d’éducation ou de transmission, elle se laissait rêver, elle aussi. Elle imaginait déjà un lieu où les jeunes sorciers et sorcières pourraient grandir, échanger, pratiquer la magie dans un esprit de tolérance et de respect.

- Tu sais ce qu’on dit, encouragea Rowena, ravie de retrouver l’enthousiasme et la détermination de son amie. « La volonté ne peut se manifester que par des actions* »
End Notes:
* citation de Victor Hugo - 1834

Je me rends compte que l'idée de l'école est un peu trop survolée dans la fin de ce chapitre, je n'ai pas eu le temps d'aller plus loin, mais j'espère évidemment développer tout ça dans un autre chapitre/défi ;)
Défi Créatures 1 : Lettre à Helga by popobo
Author's Notes:
Contraintes de ce défi court :

- Que ce soit une ode au beurre de cacahuètes, l'expression torturée d'une romance haineuse et passionnelle ou la reconnaissance d'une amitié lumineuse, vous devrez écrire une lettre d'amour.--> pour ma part, pour être précis, il s'agit plutôt d'une lettre d'amitié et d'admiration

- Contrainte Bandelettes : Votre texte devra contenir un paragraphe dans lequel la première lettre de chaque phrase forme le nom complet de l'objet / le destinataire de la lettre.



Un nouveau chapitre sur les Fondateurs avec Salazar cette fois ci, en continuité avec le chapitre précédent.
Bonne lecture
Helga, ma très chère amie,

Quel plaisir de recevoir de tes nouvelles et quel étonnement de découvrir ton message !

Tout d’abord, reçois mon soutien pour tes récentes décisions. Il y a quelques mois maintenant, j’ai pu découvrir le discours manifeste de ton époux dans le bulletin d’informations sorcier. Bien que je le rejoigne sur la plupart de ses propos, mon amitié envers toi ainsi que mon admiration pour ta magie et tes talents surpassent les mots transcrits dans le journal. Au delà de mes valeurs chères au monde sorcier, j’espère surtout que tu pourras continuer à bien tes travaux et tes recherches si remarquables.

Quant à ce nouveau projet dont tu me parles, quel sortilège d’allégresse a bien pu te toucher ? Cela fait longtemps que nous nous connaissons et pourtant tes idées continuent encore de me surprendre.

Depuis que tu es entrée dans mon atelier, il y a maintenant près de dix ans, tu ne cesses de m’intriguer. Sache que tes facultés et ta créativité m’impressionneront toujours. Une nouvelle fois, je reconnais que la dernière de tes idées me rend perplexe.

Que tu penses à moi pour un projet éducatif, m’interpelle. Toutefois, j’admets que tu as réussi à exciter ma curiosité en mettant en avant l’intelligence, ses valeurs et ce désir de transmission.

Bien que ton projet d’une école pour les jeunes sorciers et sorcières me semble à la fois démesuré et ambitieux, je m’avoue également séduit et intéressé. Aussi, je vais innocemment me laisser tenter par ton invitation afin que tu m’en dévoiles davantage.

Je m’interroge déjà sur la mise en place de ce projet. Je ne doute aucunement de tes compétences mais me demande toutefois comment tout cela va prendre forme. Tu évoques une amie à toi, capable de créativité et de prouesses magiques. Il me tarde de la rencontrer et de me confronter à ses talents que tu décris si impressionnants. Comme tu le sais, je suis toujours avide d’exploits et passionné de performances particulièrement en matière de magie et sortilèges.

Grâce à toi et ta fine perspicacité, de vives interrogations et de pertinentes réflexions commencent à se développer dans mon esprit assoiffé de connaissances. Une nouvelle fois, tu réussis ingénieusement à susciter mon attention. Sache, ma douce amie, que je te maudis tendrement autant que je t’admire pour cela.

Honoré de pouvoir être ton
cavalier dans ce projet, j’ai ainsi hâte de bientôt te revoir.
Espérant profiter de l’occasion pour également échanger sur nos travaux actuels.
Loyalement, tes conseils et tes idées m’ont toujours inspiré et me manquent considérablement.
Garde ta détermination et ton dévouement qui te caractérisent tant
Avec toute mon admiration distinguée,

Ton fidèle ami,

Salazar Serpentard.
End Notes:
J'espère pouvoir écrire à nouveau sur Salazar dans un prochain défi pour développer davantage le personnage et son amitié avec Helga ...
D3 : Tomber des nues by popobo
Author's Notes:
Défi 3 : La chute

- Votre personnage devra TOMBER : tomber amoureux, tomber dans les pommes, tomber des nues, tomber de haut, tomber à genoux, tomber bien bas, tomber la chemise :mrgreen: , etc.

- Le verbe TOMBER ne pourra apparaître qu'une fois maximum dans votre texte.

- Vous devez écrire minimum 100 mots consécutifs sur la douleur que ressent votre personnage lors de son atterrissage physique ou émotionnel.


- Contrainte de mots :500 à 1500 mots



On retrouve Salazar pour ce chapitre qui fait écho au chapitre précédent ;) bonne lecture
Alors que toute la ville était encore endormie, Salazar Serpentard s’affairait déjà dans son atelier. Le sorcier aimait commencer tôt sa journée de travail. Le calme de la nuit lui convenait parfaitement pour enchaîner ses rituels matinaux. Seul le chant des hiboux et les cris de chauve-souris venaient perturber la tranquillité de l’aurore.

Dans l’obscurité des lieux, l’homme à la longue barbe grisonnante vérifiait méticuleusement le contenu de ses chaudrons, observant attentivement l’évolution de ses dernières potions. Multipliant les expériences, il notait scrupuleusement chaque détail dans ses différents carnets.

Dans la vaste pièce sombre aux murs de pierre, s’alignait ainsi une dizaine de chaudrons, de taille et de matière tous différents. Le crépitement des feux magiques résonnait sur les parois froides et vides. Au fil des années, Salazar s’était constitué un bel atelier où il passait tout son temps. Les étagères débordaient de grimoires. Les placards vitrés renfermaient des nombreux flacons, tous étiquetés d’un morceau de parchemin vieilli. Seule la grande table centrale où le sorcier y pratiquait ses expériences, était propre et rangée.

Depuis plusieurs années, Salazar Serpentard s’était également construit une belle réputation. Dans la capitale, il détenait le titre de meilleur maître de potions. Le sorcier au nom de serpent et à la voix sifflante était surtout connu dans les moindres recoins des ruelles sombres de Londres où la magie noire était répandue. Ses spécialités se vendaient principalement sur les marchés clandestins, à l’abri des regards et des âmes sensibles. Tout cela lui permettait de financer de ses recherches.

Toutefois, plus les années passaient, plus le sorcier se faisait discret. Il laissait maintenant la contraignante besogne de la vente à son fils unique, Silas*, pendant que lui s’enfermait, de plus en plus longtemps, dans son sombre atelier.

En marge de ses potions, Salazar usait des ses talents pour pratiquer la légilimancie au plus haut niveau. Il orientait ainsi ses recherches en étudiant notamment les cerveaux de différentes créatures.

Ce matin-là, le sorcier s’apprêtait à examiner une jeune salamandre tropicale qu’un de ses fournisseurs lui avait vendu la veille. Les propriétés de son sang étaient intéressantes pour plusieurs variétés de potions mais le chercheur profitait de l’animal pour analyser les étonnantes cellules de son encéphale, si petit et pourtant si développé.

Dans la pièce aux rares fenêtres, Salazar ne s’était pas rendu compte que le soleil s’était levé. Il prit conscience de l’heure avancée de la journée uniquement lorsque son fils arriva et fit tinter la cloche métallique de la porte d’entrée.

Il ne prêta aucune attention à son arrivée, ne lui adressant aucun regard. Mais quand son héritier l’interrogea d’une voix sifflante qu’il comprenait parfaitement, il quitta aussitôt l’observation de la salamandre, interpellé.

- Père, alerta celui-ci d’une voix presque craintive. Une personne tenait absolument à vous rencontrer. Elle m’a suivie depuis le marché. Je n’ai pas pu l’éviter.

Silas savait que son paternel, distant et secret, recevait rarement d’autres sorciers dans son antre. Sa suspicion autant que sa discrétion en étaient responsable. Ainsi, Salazar fusilla son fils du regard pour cette détestable inspiration.

- Tu sais bien que mon atelier est aussi privé que confidentiel, siffla-t-il avant d’être interrompu.

Se glissant derrière Silas, une jeune femme aux longs cheveux roux pénétra alors dans son atelier et lui fit dignement face.

- J’ai beau ne pas comprendre le fourchelang, Monsieur Serpentard, je saisis bien que je ne suis pas la bienvenue, dit celle-ci d’une voix claire et pondérée. N’ayez crainte, je ne vais pas vous distraire très longtemps. Je viens simplement vous acheter quelques unes de vos branches de Voltiflor dont vous vous servez pour vos potions d’amnésie.

La détermination et l’autorité naturelle de la sorcière étonna Salazar Serpentard qui en resta bouche bée.

La jeune femme profita de ce silence pour continuer son discours.

- Je suis moi-même intéressée par les plantes et leurs propriétés. Je viens de mettre au point une génération de graines d’éllébore qui donne des effets étonnants. Je souhaiterais ainsi les combiner à vos branches de Voltiflor qui semblent détenir un pouvoir calmant beaucoup plus puissant que celles que j’ai pu me procurer jusqu’à maintenant. Pourriez-vous m’en vendre un pot, Monsieur Serpentard ?

Salazar tomba des nues. Comment cette femme, sortie de nulle part, avait-elle pu faire le lien entre les branches de Voltiflor et sa potion d’amnésie ? Il était le seul à utiliser cet ingrédient. Il était le seul à connaître les vertus de la plante magique. Salazar était déstabilisé. Il n’appréciait aucunement avoir été démasqué. Après l’énervant étonnement, il sentit même une amère douleur l’envahir. En seulement trois phrases affûtées et quelques mots acérés, la sorcière avait réussi à l’atteindre : son orgueil était touché.

La jeune femme rousse qu’il avait prise pour une vulgaire paysanne venait de le laisser pantois. Par ses remarques pertinentes emplies de curiosité et d’intelligence, il en était resté figé. La sorcière lui aurait lancé un poignard dans le ventre, il en aurait été autant blessé et offensé. Il détestait ce genre de situation, si rare et si imprévue, où il était mis en défaut.

Salazar était douloureusement déstabilisé. Instinctivement, il ne trouva qu’une seule solution pour tenter de se sortir de cet insupportable état.

Aussitôt, il perça l’esprit qui s’offrait à lui. Cela faisait des semaines et même des mois qu’il n’avait pas rencontré une nouvelle conscience à explorer et se réjouissait sournoisement de pouvoir à nouveau mettre ses talents à exécution.

Dès qu’il usa de sa magie, il sentit en face de lui, un esprit intelligent et puissant. Malgré son jeune âge, la femme semblait très avertie et avisée. Cela le perturbait autant que cela l’intriguait. La femme avait les idées aussi vives et justes que ses paroles. Salazar ne pouvait être qu’impressionné. Alors que la sorcière attendait patiemment et calmement devant lui, ses pensées, quant à elles, s’agitaient avec lucidité.

Dans un premier temps, des images de plantes lui apparurent. Il vit d’abord un jardin qui ressemblait à un atelier puis des coups de baguette sur une plante qui se transforma alors sous ses yeux. Salazar tenta de parcourir davantage la mémoire de son invitée. Une légère résistance lui indiqua qu’avec un peu d’entraînement, la femme serait en capacité de développer son occlumancie. Passant toutefois aisément la barrière mentale, le légilimens accéda alors aux souvenirs plus anciens de la jeune femme. Subrepticement, il aperçut une famille modeste, des livres, un vaste potager, une femme dans une bibliothèque, des champs de fleurs, un cavalier arrivant au galop, un garçon étendu sur un lit, une fillette aux cheveux roux à son chevet... Tout paraissait à priori futile mais chaque souvenir, chaque pensée que Salazar aperçut lui confirmait toutefois sa première impression.

Enfin, la connexion s’arrêta net. Le sorcier revint à la réalité. L’exploration avait été rapide mais riche en informations. Les images, même les plus innocentes, pouvaient lui révéler beaucoup plus. Désormais, Salazar savait à qui il avait à faire .

La femme qui était entrée dans son atelier ce matin était une sorcière remarquable à l’intelligence épatante. Contrairement à bien des sorciers de sa connaissance aux esprits vides et niais, la jeune femme rousse montrait de nombreux talents et qualités.

Salazar Serpentard, inexorablement admiratif des grandes compétences magiques, était désormais séduit. Sa méfiance avait disparu. Son intérêt grandissait en même temps que ses interrogations.

- Madame, vous semblez experte en botanique pour reconnaître les branches de Voltiflor parmi les dizaines autres ingrédients de ma potion d’amnésie. Par quelle magie ou quel talent avez vous pu percé mon secret ? demanda alors le sorcier à la barbe grisonnante.

Le ton de sa voix était désormais posé et calme. L’étonnement passé, l’orgueil de Salazar Serpentard avait maintenant laissé place à la curiosité.

- Mais d’abord, veuillez excuser mes manières. Soyez la bienvenue, madame, ajouta-t-il chaleureusement. Pouvez-vous me dire à qui ai-je l’honneur ?

Sous le regard surpris de Silas, les deux sorciers échangèrent alors une poignée de main cordiale.

- Helga Poufsouffle, herboriste et botaniste dans la région de Cardiff, annonça-t-elle avec détermination, enthousiaste de pouvoir collaborer avec le célèbre sorcier, maître des potions.
End Notes:
* J’avais déjà eu l’occasion d’écrire sur Salazar Serpentard lors du concours d’Ellie, « Papa ou Père »  où alors le jeune sorcier apprenait qu’il allait devenir père. Silas est donc « l’héritier de Serpentard »
Défi Créatures 3 : Mère et fille by popobo
Author's Notes:
Contraintes

♥ Pour cette épreuve-ci vous devrez écrire 4 drabbles, ou double-drabbles, au choix !

♥ Vous avez le droit à une marge d'erreur de 10 % sur le nombre de mots de chaque drabble
--> tout pile 100 mots pour chaque drabble dans le compteur de mots.
Contrainte Patchwork : même si les drabbles n'ont pas de rapport entre eux, le dernier mot d'un drabble devra être le premier mot du drabble suivant.

Contrainte Divinité : pour chaque drabble vous choisirez une divinité de la liste et devrez écrire sur ce dont il est le dieu / la déesse.



dans l'ordre d'apparition ;) :

Damballa :Fertilité

Erzulie Freda : Amour

Gu : Destruction

Legba : Frontière entre monde réel et monde des esprits
Le médicomage venait juste de quitter le manoir. Rowena était rayonnante. En cette matinée d’hiver, aucun nuage ne viendrait plus noircir ses journées. Après plusieurs années d’attente et de patience, elle voyait enfin son rêve se réaliser. Conseillée par son amie herboriste, les potions de fertilité avaient enfin porté leurs fruits. Cela faisait maintenant quelques jours qu’elle attendait la confirmation. Rowena s’impatientait de pouvoir enfin annoncer l’heureux événement à venir à son mari et ainsi profiter pleinement de la bonne nouvelle et partager son bonheur.

- Mon amour, les potions ont fonctionné ! Bientôt, nous serons parents d’une petite fille.


- - -



Fille et mère étaient devenues fusionnelles. Depuis la naissance d’Héléna, Rowena était métamorphosée. Jamais, elle n’aurait cru vivre cela un jour. Depuis plus de dix ans maintenant, plus rien n’avait autant d’importance que sa fille. Au delà de sa dévotion pour ses recherches et ses travaux magiques, la sorcière était autrement passionnée. Héléna était tout pour elle. Elle était la prunelle de ses yeux. Elle était le trésor de sa vie, le rayon de soleil de ses journées. Aveuglée par son amour, Rowena ne mesurait pas tout le bonheur qu’elle partageait avec sa fille unique, tellement elle le croyait infini.


- - -



Infini, le désespoir de Rowena était inlassablement devenu infini. Depuis la disparition de sa fille, la sorcière avait tant perdu. Sa vie était détruite. Pire qu’une tornade, le départ en furie d’Héléna avait démoli ses rêves et ses joies. Le lien fusionnel était rompu. Les dégâts étaient
considérables. La mort avait tout emporté. Désormais, tout n’était que ruine dans la vie de Rowena. Sa famille était à jamais brisée. Ses recherches et son travail avaient été dévastés. Pour son plus grand malheur et désespoir, la jalousie et la trahison l’avaient infiniment emporté sur l’amour et la connaissance.

Rowena demeurait anéantie.


- - -



Anéantie par son triste sort, Héléna errait.

Egarée entre deux mondes, la jeune fille n’avait plus de prise. Elle se sentait flâner librement, sans aucune accroche autour d’elle. Le néant la rassurait mais le vide la paniquait. Héléna était perdue.

Un poignard amer lui avait ôté la vie. Malgré cette issue foudroyante, la jeune femme se sentait comme soulagée. Après les tourments, le trépas était le bienvenu.

Pourtant, la mort ne semblait pas encore vouloir d’elle. Comme s’il était trop tôt... Comme si tout n’était pas encore complètement terminé pour elle…

Héléna resterait ainsi, perdue à jamais entre deux mondes.
End Notes:
J'ai un peu quitté l'idée de Poudlard pour ce défi créature... mais j'espère pouvoir écrire sur la rencontre des quatre Fondateurs pour le dernier défi...
D4 : Une fin et un début by popobo
Author's Notes:
"Hélas, un jour tout a une fin, et comme celle de cette édition d’AVC approche, il est temps d’en parler ! Votre texte devra donc parler de Fin. Fin d’une époque, fin d’une vie, fin d'une galère, fin de la guerre, fin des haricots…

♥ [Contrainte FanFic] Devront être mentionnés : Un livre, un tableau, un instrument de musique, un animal, un maléfice, une date, un pays. L’un de ces sept éléments devra avoir une importance capitale, les autres peuvent être tout à fait anecdotiques.

♥ Un personnage devra briller par son absence . Les autres personnages pourront l'évoquer, parler de lui, penser à lui, mais lui même ne pourra pas être physiquement présent dans votre histoire.

♥ Par conséquent, le texte ne pourra pas être écrit à la première ou la seconde personne, uniquement à la troisième.

♥ Dans votre dernière phrase OU votre première phrase le mot « fin » devra apparaître.

♥ Contrainte de mots :1000 mots minimum


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Je termine AVC avec le personnage par lequel j’ai commencé, comme ça la boucle est bouclée !

Pour celles et ceux qui ont pu suivre mes chapitres sur les Fondateurs, l’action de celui-ci se situe entre le chapitre 2 (« portrait fatal » avec Helga et Rowena) et le défi Créature n°1 (Lettre de Salazar à Helga)
Si vous n’avez pas suivi ou si vous êtes perdu (comme moi parfois avec les histoires suivies ^^) ce n’est pas grave, ce chapitre est fait comme un OS...

Bonne lecture
Godric Gryffondor avait rendez-vous pour le repas du midi dans une auberge d’un coin reculé d’Ecosse. Son amie lui avait donné assez d’indications pour qu’il puisse transplaner en toute discrétion.

Le sorcier avait hésité avant de répondre à l’invitation de Rowena Serdaigle. Dans sa lettre, la jeune sorcière lui avait parlé d’un projet qu’elle aurait aimé partager avec lui. Elle avait mentionné une de ses amies et espérait que lui, l’aventurier habitué des voyages et des missions à travers le monde s’investisse avec elles. Accoutumé à une vie à la fois solitaire et mouvementée, il doutait justement d’être séduit par une activité sédentaire et collégiale comme semblait le présenter Rowena.


A l’heure prévue, il arriva au coeur d’un village pittoresque, sur une large place pavée où la statue d’un illustre cavalier moldu trônait au centre. A l’écart de la place principale, s’étendait une rue sorcière aux habitations toutes différentes. Il repéra notamment la maison du barde à la cornemuse dégonflée que lui avait indiquée Rowena. L’auberge des Trois Canetons devait se trouver au bout de l’impasse.

Godric constata rapidement ce que son amie lui avait vanté, comme quoi l’auberge avait très bonne réputation et était fortement prisée par la population sorcière des alentours. L’endroit était bondé et animé. Dans la grande salle de restauration, toutes les tables étaient occupées, les plats ensorcelés flottaient dans les allées, les conversations se croisaient dans une cancanement incompréhensible.

Cherchant Rowena parmi les différents clients, le sorcier s’aperçut avec étonnement que toute la décoration de l’auberge était déclinée sur le thème de la volaille aux pattes palmées. Son œil d’ancien braconnier fut un instant attiré par un tableau de chasse animé qui représentait des canards colverts en plein vol au-dessus d’un lac. Les illustrations encadrées et affichées sur les murs semblaient empruntées à « La Goule géante et le Canard chanteur » un recueil de contes humoristiques pour les enfants. Cela pouvait paraître étrange et grotesque, mais Godric était plutôt séduit par l’audace des décors. Charmé par les plumes colorées, les dessins de canetons ou les canes sculptées avec finesse et élégance, le robuste sorcier se laissait envoûté par l’originalité des lieux où il semblait régner une belle et joyeuse atmosphère.


- Godric ! appela une voix que l’homme reconnut aussitôt.

Installée autour d’une table chichement fournie, Rowena Serdaigle sirotait un jus de citrouille en compagnie d’une femme rondelette aux cheveux roux et bouclés.

- Je te présente Helga Poufsouffle, mon amie herboriste dont je t’ai parlé tant de fois.

- Enchanté d’enfin vous connaître, Helga, salua familièrement l’homme en ôtant son vieux chapeau de sorcier avant de prendre place autour de la table. Rowena ne tarit pas d’éloge sur vous et vos remèdes. Vos talents de botaniste sont tellement connus à travers le pays que je me sens honoré de vous rencontrer.

- Rowena est toujours très élogieuse et sincère. Elle m’a aussi vanté vos qualités et je suis également ravie de faire votre connaissance.

- Vous êtes bien courtois, remarqua Rowena qui semblait attendrie par la rencontre entre ses deux amis.

Les politesses cessèrent quand une jeune serveuse arriva pour prendre la commande.




- Votre projet de créer une école de magie pour éduquer les jeunes sorciers me plaît beaucoup, vraiment. J’en suis le premier étonné. Je trouve cela extraordinaire et très intéressant. Mais pourquoi moi ? Pour quoi avez-vous besoin de moi ?

Rowena et Helga n’avaient pas tardé à parler de leur projet qui les réunissaient ici, tous les trois. Elles avaient chacune expliqué leurs motivations, prêchant sans retenue leurs objectifs avec la certitude que tout cela était certes ambitieux mais tellement réalisable.


Helga croisa le regard enthousiaste de Rowena alors que l’aubergiste faisait léviter la suite de leur commande à travers les tables et les clients. Au creux de son plat en terre, le canard laqué baignant dans sa sauce à l’orange se déposa délicatement au centre de leur table. Une fourchette et un couteau ensorcelés découpèrent ensuite avec habileté la volaille pour les trois clients.


- Tes voyages et aventures à travers le monde te donnent indéniablement la légitimité d’instruire les jeunes sorciers sur les créatures magiques..., vanta Rowena mielleusement. Et puis, tu es un duelliste réputé, Godric. Tes compétences et connaissances en sortilèges de défense sont bien meilleures que les nôtres.

Godric Gryffondor entama la tranche de magret qui attendait dans son assiette tout en écoutant attentivement son amie.

- Je me rappellerai toujours comment tu as magistralement gagné contre Le comte Penwyn lors de la fête du printemps à Edimbourg. Il t’avait lancé un maléfice de ligature et tu l’avais contré d’un double sortilège de Repoustout. Ta vivacité d’esprit avait épaté tous les spectateurs.

- Cela fait bien longtemps que j’ai pratiqué et gagné des duels. Celui-ci dont tu parles doit remonter à l’équinoxe du vingt-et-un mars de l’an 948. Je suis un vieux fossile maintenant.

- Arrête de te dévaloriser Godric, tu es encore vaillant et plein de talents, ajouta Rowena d’une voix devenue légèrement plus sévère.

- Oui je sais, mais j’aime toujours me l’entendre dire, plaisanta le sorcier en avalant son dernier morceau de viande.

Rowena décocha un sourire alors que Helga, qui connaissait peu l’aventurier et son humour, ne put retenir une grimace d’étonnement. Le sorcier semblait malgré tout convaincu et séduit.

- Mais il va falloir un lieu, un lieu discret. Et puis, une école ne se construit pas d’un seul coup de baguette, s’inquiéta-t-il. Il faudra du temps pour tout mettre en place. Si nous ne sommes que trois, ce sera...

- Quatre, interrompit Helga. Nous serions quatre. J’attends la réponse de Salazar Serpentard mais je suis sûre qu’il ne résistera pas à la tentation.

- Serpentard ? Le vendeur de potions de Londres ? Il a la réputation d’un sorcier solitaire plutôt adepte de magie noire, se préoccupa Godric.

- Oui, il a cette réputation mais c’est un ami très cher, précisa Helga. C’est aussi quelqu’un très talentueux, curieux et intelligent. Et ce sont justement ces valeurs présentes dans notre projet qui vont lui plaire.

- En es-tu vraiment persuadée ? s’interrogea Rowena qui n’avait jamais rencontré le sorcier au nom de serpent.

- Je suis sûre qu’il nous rejoindra, affirma la botaniste. Je le connais assez maintenant pour savoir qu’il ne laissera pas cette opportunité lui échapper et qu’il préférera faire partie de l’aventure plutôt que de rester dans son vieil et sombre atelier. Et puis ces qualités sont indéniables, il saura nous compléter dans les enseignements. Il pourra ainsi se charger des cours de runes et d’arithmancie avec ferveur et rigueur, je n’en doute pas.

Rowena et Godric, tout en continuant leur repas, écoutaient avec attention Helga. De sa voix passionnée, la sorcière leur communiquait tendrement et aisément sa conviction.

Les arguments et les idées s’enchaînaient ensuite au même rythme que se vidaient les plats devant eux. Leurs trois voix se mélangeaient au cancanement général de l’auberge.

Alors que la serveuse revint pour débarrasser les assiettes vides d’un coup de baguette magique, Godric Gryffondor lança enfin sa décision :


- Vous pouvez compter sur moi aussi, affirma alors le sorcier. Je souhaite également faire partie de l’aventure. Je vous accompagnerai mais j’ai toutefois encore une dernière mission à accomplir. Il va falloir que je me rende en Asie dans les mois qui vont venir et je ne serai disponible qu’à mon retour.

Godric Gryffondor leva sa coupe de cervoise pour trinquer avec ses futures partenaires qui arboraient chacune un large sourire de contentement.

A ce moment précis, il prit alors conscience, que dans quelques mois, son existence et sa carrière allaient prendre un tournant significatif. Étonné par son choix et son audace, mais sans regrets et empli d’allégresse, il se sentait ravi.

La création d’une future école de magie annonçait le début d’une nouvelle aventure pour lui, tout en marquant, à sa vie de mercenaire, une soudaine et étonnante fin.
End Notes:
Un mot s’est glissé dans tous mes chapitres - sauf le précédent où j’ai oublié:( - Peut-être l’avez vous repéré ? Il s’agissait du mot cavalier, merci Eanna pour ce défi supplémentaire ;)


MERCI The Night Circus et ExtraaTerrestre pour vos défis toujours plus tordus et passionnants les uns que les autres. Grace à vous j'ai pu continuer (et presque terminer) ma série sur les Fondateurs et écrire les idées qui trottaient d'une manière ou d'une autre dans ma tête.


MERCI à tous pour vos chaleureuses reviews ;)
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