La mer n'est pas bleue mais pourpre by Eurydice
Summary:

AVC3 (été 2018)

 

Ys, the lost underwater city de laura-csajagi sur DeviantArt. 


Categories: Réponse aux défis Characters: Katie Bell, Personnage original (OC)
Genres: Missing Moments
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Les secrets bloups de l'acadébloup englougloutie, A Vos Claviers ³
Chapters: 4 Completed: Non Word count: 2338 Read: 1161 Published: 04/07/2018 Updated: 13/08/2018
Thème 2 - Une ville dans la ville by Eurydice
Author's Notes:

Voici les contraintes : 


Bonne lecture ! 

 

Azalée poussa la porte du Chaudron Baveur. Une forte odeur de thé et d’alcool se dégageait de la pièce, mais la jeune femme l’ignora et se dirigea vers le fond du pub droitement, ignorant les habitués du lieu. Elle se retrouva dans ce qui semblait être un local à poubelles. Des cadavres de bouteilles gisaient dans un coin desquels se dégageait une odeur nauséabonde et les murs suintaient d’une substance qu’elle n’aurait voulu toucher pour rien au monde, mais Azalée n’y prêta pas attention. Elle plissa les yeux, se concentrant pour se souvenir du code, et frappa de sa baguette le mur en briques rouges. La structure du mur se déforma pour former un passage vers le Chemin de Traverse. Azalée marqua un temps d’arrêt. Le nombre de sorciers avait au moins triplé depuis son dernier passage. Un mouvement assourdissant se dégageait de la foule. Elle se remémora l’allée peu fréquentée qu’elle avait traversée lors de son dernier séjour en Angleterre. Il fallait dire qu’il ne s’était alors écoulé que quelques mois depuis la fin de la guerre et que les tensions étaient encore très présentes. Mais un peu plus de quatre ans après, il n’en paraissait plus rien. Presque. Azalée poussa un soupir et reprit sa marche. Elle se dirigea vers La Chouette euphorique. Il s’agissait du pub où Katie lui avait donné rendez-vous. La jeune femme scruta la salle, cherchant sa cousine. Quand elle l’aperçut, elle se dirigea vivement vers elle.

 

— Assieds-toi ! s’exclama Katie, l’air réjoui.

— Tu es sûre que ça ne craint rien ? grimaça Azalée, suspicieuse.

— Mais non… C’est un peu froid, mais c’est tout. Allez, ne fais pas ta mauviette et pose tes fesses sur cette chaise !

Les deux cousines échangèrent un regard avant d’éclater de rire, déclenchant des grincements de dents des clients à côté d’elle.

— Oh vous, fermez-la ! s’agaça Katie avant de murmurer à Azalée : ils me prennent pour une buse depuis tout à l’heure…

Écoute, ignore-les, ça vaut mieux… Qu’est-ce que tu veux boire ?

— Un jus de citrouille pour moi, tu sais bien… soupira Katie. Rah, je n’en peux plus ! C’est juste trop sucré et trop… gamin… trop… trop tout !

 

Azalée se mordit la lèvre. Sa cousine avait encore des séquelles de la guerre. Elle avait été victime d’un maléfice dont on ignorait l’origine. Katie était constamment épuisée et peinait à dormir. Si elle avait été prise en charge plus tôt, il aurait peut-être été encore temps de trouver un remède, mais au lendemain de la guerre, les places à Ste Mangouste étaient restreintes aux cas les plus critiques. Désormais, tous les potions semblaient inefficaces. Un régime sévère avait été imposé à la jeune femme pour que celle-ci retrouvât des vitamines et, médicaments obligent, elle ne pouvait plus prendre d’alcool.

 

— Je vais prendre un jus de citrouille aussi, décréta Azalée.

— Certainement pas ! Cette chose est fade et insipide ! Non, non, non, prends plutôt de la Bièraubeure ! C’est classique, mais qu’est-ce que c’est bon…

Azalée haussa les épaules et se leva pour commander. Elle revint avec les deux boissons qui lévitaient à côté d’elle. Celles-ci se posèrent en face de leurs propriétaires respectives. Azalée renifla sa chope.

— Tu es sûre que c’est bon ? marmonna-t-elle. Ça sent quand même pas mal le gras et ces bulles sont énormes ! Regarde-moi ces bulles gigantesques !

— Az’… soupira sa cousine. La bièraubeurre est de la bière... au beurre ! Alors bien sûr que c’est gras… Range-moi ce nez froncé et bois !

La jeune femme attrapa la chope brûlante et la porta à ses lèvres. La bière envahit sa bouche, laissant une Azalée surprise par cette note caramélisée si peu commune pour ce type de boisson.

— Ce n’est pas si mauvais que ça…

— Tu sais, comme disait l’autre auteur français, « le bonheur est souvent caché dans l’inconnu » ! sourit Katie.

— Tu veux parler de Hugo ?

— Oui, c’est quelque chose comme ça…

— Tu sais Kat’, je ne pense pas que le bonheur soit caché dans l’alcool…

— L’alcool ou autre chose… un truc dont je suis privée de toute façon… soupira Katie, amère.

— Ne dis pas ça !

— Et qu’est-ce que je peux dire d’autre ? Ça fait quatre ans que je suis coincée, que je ne peux rien faire, que je ne peux pas sortir en soirée parce que je suis trop crevée, que je ne peux pas prendre d’alcool, qu’on me traite comme une gamine de huit ans, que je passe parfois des journées à l’hôpital pour comprendre, mais que les guérisseurs ne comprennent rien du tout et que je n’ai plus de vie sociale ! s’écria Katie en frappant la table de son poing refermé.

S’apercevant que les voisins la regardaient les sourcils froncés, elle écrasa à nouveau son poing sur la table, souhaitant faire retentir sa colère.

— Katie, calme-toi… finis ton jus de citrouille et on va se promener, l’air frais te fera du bien.

 

Celle-ci se saisit de son verre, le but en fulminant et sortit du pub, pressée. Azalée suivit sa cousine et lui sourit :

— Qu’est-ce que tu pourrais me faire visiter ?

— On ne s’entend pas ici… grinça la sorcière. Là-bas non plus, d’ailleurs…

— Là-bas ?

— Tu vois la boutique de farces et attrapes en face ? On va y aller, ça va nous détendre…

— Je te suis !

 

 

End Notes:

"Le bonheur est souvent caché dans l'inconnu" est une citation de Victor Hugo tirée de Margarita (1881). 

Cette histoire est archivée sur http://www.hpfanfiction.org/fr/viewstory.php?sid=36251