La mer n'est pas bleue mais pourpre by Eurydice
Summary:

AVC3 (été 2018)

 

Ys, the lost underwater city de laura-csajagi sur DeviantArt. 


Categories: Réponse aux défis Characters: Katie Bell, Personnage original (OC)
Genres: Missing Moments
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Les secrets bloups de l'acadébloup englougloutie, A Vos Claviers ³
Chapters: 4 Completed: Non Word count: 2338 Read: 1157 Published: 04/07/2018 Updated: 13/08/2018

1. Thème 2 - Une ville dans la ville by Eurydice

2. Défi Créatures 1 - Amoureuses et Maudites Momies by Eurydice

3. Thème 3 : Tu n'es plus seule by Eurydice

4. Défi crétature 3 : L'Infirmerie by Eurydice

Thème 2 - Une ville dans la ville by Eurydice
Author's Notes:

Voici les contraintes : 


Bonne lecture ! 

 

Azalée poussa la porte du Chaudron Baveur. Une forte odeur de thé et d’alcool se dégageait de la pièce, mais la jeune femme l’ignora et se dirigea vers le fond du pub droitement, ignorant les habitués du lieu. Elle se retrouva dans ce qui semblait être un local à poubelles. Des cadavres de bouteilles gisaient dans un coin desquels se dégageait une odeur nauséabonde et les murs suintaient d’une substance qu’elle n’aurait voulu toucher pour rien au monde, mais Azalée n’y prêta pas attention. Elle plissa les yeux, se concentrant pour se souvenir du code, et frappa de sa baguette le mur en briques rouges. La structure du mur se déforma pour former un passage vers le Chemin de Traverse. Azalée marqua un temps d’arrêt. Le nombre de sorciers avait au moins triplé depuis son dernier passage. Un mouvement assourdissant se dégageait de la foule. Elle se remémora l’allée peu fréquentée qu’elle avait traversée lors de son dernier séjour en Angleterre. Il fallait dire qu’il ne s’était alors écoulé que quelques mois depuis la fin de la guerre et que les tensions étaient encore très présentes. Mais un peu plus de quatre ans après, il n’en paraissait plus rien. Presque. Azalée poussa un soupir et reprit sa marche. Elle se dirigea vers La Chouette euphorique. Il s’agissait du pub où Katie lui avait donné rendez-vous. La jeune femme scruta la salle, cherchant sa cousine. Quand elle l’aperçut, elle se dirigea vivement vers elle.

 

— Assieds-toi ! s’exclama Katie, l’air réjoui.

— Tu es sûre que ça ne craint rien ? grimaça Azalée, suspicieuse.

— Mais non… C’est un peu froid, mais c’est tout. Allez, ne fais pas ta mauviette et pose tes fesses sur cette chaise !

Les deux cousines échangèrent un regard avant d’éclater de rire, déclenchant des grincements de dents des clients à côté d’elle.

— Oh vous, fermez-la ! s’agaça Katie avant de murmurer à Azalée : ils me prennent pour une buse depuis tout à l’heure…

Écoute, ignore-les, ça vaut mieux… Qu’est-ce que tu veux boire ?

— Un jus de citrouille pour moi, tu sais bien… soupira Katie. Rah, je n’en peux plus ! C’est juste trop sucré et trop… gamin… trop… trop tout !

 

Azalée se mordit la lèvre. Sa cousine avait encore des séquelles de la guerre. Elle avait été victime d’un maléfice dont on ignorait l’origine. Katie était constamment épuisée et peinait à dormir. Si elle avait été prise en charge plus tôt, il aurait peut-être été encore temps de trouver un remède, mais au lendemain de la guerre, les places à Ste Mangouste étaient restreintes aux cas les plus critiques. Désormais, tous les potions semblaient inefficaces. Un régime sévère avait été imposé à la jeune femme pour que celle-ci retrouvât des vitamines et, médicaments obligent, elle ne pouvait plus prendre d’alcool.

 

— Je vais prendre un jus de citrouille aussi, décréta Azalée.

— Certainement pas ! Cette chose est fade et insipide ! Non, non, non, prends plutôt de la Bièraubeure ! C’est classique, mais qu’est-ce que c’est bon…

Azalée haussa les épaules et se leva pour commander. Elle revint avec les deux boissons qui lévitaient à côté d’elle. Celles-ci se posèrent en face de leurs propriétaires respectives. Azalée renifla sa chope.

— Tu es sûre que c’est bon ? marmonna-t-elle. Ça sent quand même pas mal le gras et ces bulles sont énormes ! Regarde-moi ces bulles gigantesques !

— Az’… soupira sa cousine. La bièraubeurre est de la bière... au beurre ! Alors bien sûr que c’est gras… Range-moi ce nez froncé et bois !

La jeune femme attrapa la chope brûlante et la porta à ses lèvres. La bière envahit sa bouche, laissant une Azalée surprise par cette note caramélisée si peu commune pour ce type de boisson.

— Ce n’est pas si mauvais que ça…

— Tu sais, comme disait l’autre auteur français, « le bonheur est souvent caché dans l’inconnu » ! sourit Katie.

— Tu veux parler de Hugo ?

— Oui, c’est quelque chose comme ça…

— Tu sais Kat’, je ne pense pas que le bonheur soit caché dans l’alcool…

— L’alcool ou autre chose… un truc dont je suis privée de toute façon… soupira Katie, amère.

— Ne dis pas ça !

— Et qu’est-ce que je peux dire d’autre ? Ça fait quatre ans que je suis coincée, que je ne peux rien faire, que je ne peux pas sortir en soirée parce que je suis trop crevée, que je ne peux pas prendre d’alcool, qu’on me traite comme une gamine de huit ans, que je passe parfois des journées à l’hôpital pour comprendre, mais que les guérisseurs ne comprennent rien du tout et que je n’ai plus de vie sociale ! s’écria Katie en frappant la table de son poing refermé.

S’apercevant que les voisins la regardaient les sourcils froncés, elle écrasa à nouveau son poing sur la table, souhaitant faire retentir sa colère.

— Katie, calme-toi… finis ton jus de citrouille et on va se promener, l’air frais te fera du bien.

 

Celle-ci se saisit de son verre, le but en fulminant et sortit du pub, pressée. Azalée suivit sa cousine et lui sourit :

— Qu’est-ce que tu pourrais me faire visiter ?

— On ne s’entend pas ici… grinça la sorcière. Là-bas non plus, d’ailleurs…

— Là-bas ?

— Tu vois la boutique de farces et attrapes en face ? On va y aller, ça va nous détendre…

— Je te suis !

 

 

End Notes:

"Le bonheur est souvent caché dans l'inconnu" est une citation de Victor Hugo tirée de Margarita (1881). 

Défi Créatures 1 - Amoureuses et Maudites Momies by Eurydice
Author's Notes:

Bonjour à tous ! 

Tout d'abord, je tiens à remercier FleurBleue, popobo, Fleurdepine, Carminny, flodalys, Eanna, jukava, Mojack, aliix et LilTangerine pour leurs reviews qui m'ont vraiment fait plaisir !

Voici ma réponse au premier défi créatures, dans la continuité de mon premier chapitre...

Contraintes : 


Cette lettre s'adresse à Alicia Spinnet. Il s'agit d'un drabble de 500 mots. 

 

A Londres, le 2 Septembre 2002

 

 

Ma très chère Alicia,

Cela fait longtemps que tout est fini, mais il me semble que tout s'est passé hier. Quatre ans et quatre mois très exactement. Tu me manques. Je voudrais que tu sois encore là, avec Angelina et moi. Je revois encore cette lumière foudroyante qui t'a détruite sans nous laisser le temps de comprendre. Cet individu qui t'a ôté la vie et que nous avons poursuivi sans relâche est aujourd'hui emprisonné à Azkaban. Qu'il purge sa peine ou non, cela ne te fera pas revenir parmi nous. Je suppose que ce jugement permet au Ministère de sentir son utilité, mais j'ai tout de même mal. Bien plus mal que tu ne puisses l'imaginer.

 

À chaque moment de la journée, je pense à toi, à ton sourire, à ton regard pétillant… Le pire moment qui soit est celui où je vois un match de Quidditch, et que je ne peux m'empêcher de me souvenir de ces beaux moments avec Angie et toi. Il paraît qu'elle a épousé George… Ce que tu ne sais pas, c'est que Fred nous a quitté avec toi, ce jour-là. Il a été victime d'une explosion due à Rookwood. À mon sens, ils essaient tant bien que mal de s'en consoler ensemble, mais je ne pense pas que ce soit une bonne chose. Si seulement tu étais encore là, avec nous ! Pourquoi toi ? Il fallait que tu restes à l'abri, que tu te protèges… N'importe où, pourvu que tu sois en vie et avec nous ! Noire est la douleur qui berce mon cœur, désormais… Et partout où je vais, je te voie encore… Tu me manques tellement, Alicia…

 

Le monde est désormais fade, sans goût. Ta mort et celle de George nous ont tous dévastés. De cinq, nous sommes passés à trois. Trois amis sans couleur qui se soutiennent tant qu'ils peuvent. La guerre laisse des traces, mais la pire qui soit est la douleur de l'absence. J'essaie de sortir, mais en dehors d'Angie et de George, il n'y a personne qui puisse me comprendre. J'ai vu Azalée, récemment, mais même elle ne peut concevoir ce que cela fait. Sourire, sourire, toujours sourire à tout le monde ! Je pleure à l'intérieur.

 

J'ai encore mal, si tu savais ! J'ai honte de me plaindre ainsi auprès de toi, mais ce maléfice me brise encore. La douleur est perpétuelle, et il semble que rien ne puisse la résorber. Je voudrais avoir été soignée alors qu'il était encore temps. Je comprends aujourd'hui que d'autres personnes plus gravement blessés soient passés avant moi, mais je ne peux m'empêcher de ressentir cette colère qui me dévaste. Je voudrais… Si seulement cette guerre n'avait pas eu lieu ! Si je n'avais pas mal constamment ! Si George ne nous avait pas quitté ! Si tu ne nous avais pas quittés…

 

Je meurs à petit feu. Malgré Angelina, George, je me sens si seule.

 

Tu me manques. Plus que tout.

 

Katie

 

End Notes:

Merci encore pour vos lectures et à bientôt ! :)

Thème 3 : Tu n'es plus seule by Eurydice

Posée sur la falaise.
Seule.
Les pieds effleurant le vide.
Seule.
Les mains rougies plongées dans la terre nue.
Seule.
Le regard fixant la mer brisée contre les rochers jaillissant de l'eau noire.
Seule.
Prête à sauter.
Prête à tomber.
Prête à sombrer.
Seule.

Katie s'était presque entièrement déshabillée, et ne portait désormais plus que des sous-vêtements dépareillés. Une robe gisait derrière la jeune femme qui ne tenait désormais plus que sa baguette à la main. Sa baguette. Tout lui paraissait vide de sens. Un frémissement parcourut la jeune femme qui lança faiblement le bout de bois qui l'avait accompagnée toutes ces années. L'artefact finit sa course brisé sur l'un des rochers bretons. C'était fini. Il ne restait plus rien de ses années de bonheur.

On lui avait pris l’essentiel - ses amis -, et Katie s'était frénétiquement débarrassé du reste. Une larme glissa le long de sa joue creuse. Rien. Rien. Rien ! L'infini la terrifiait. Ne plus jamais revoir ses amis décédés était intolérable, et intolérable était la réalité. Leurs visages décharnés s'offraient à elle, flottant dans le vent. La jeune femme passa une main tremblante vers eux, mais ne rencontra que le vide. Elle n’était désormais qu’une coquille vide qui se remplit impitoyablement de larmes amères. Elle ne pouvait pas combler ce vide et n’en était que trop consciente. Il ne restait rien à Katie.

Ses amis réapparurent. Ils étaient tous là, vivants et morts unis dans le vent. Alicia, Angelina, Fred, George. Leurs corps évanescents flottaient dans le vide. Ils paraissaient rayonner de vie. Le deuil ou la douleur ne déformaient plus leurs traits, mais chaque visage portait un sourire lumineux. Tout était en paix.

- Katie !
La jeune femme se retourna lentement. Azalée se dirigeait vers elle au pas de course, paniquée.
- Qu'est-ce que tu fous Katie ?! Éloigne-toi du bord de la falaise !
Katie adressa un sourire à sa cousine.
- S'il-te-plaît…
Sa voix s'était faite suppliante.
- Pardon, trembla Katie.
Elle se laissa glisser, les mains dressées en direction de ses amis. De cette illusion. Azalée poussa un cri violent et se précipita à la suite de sa cousine.

Dès qu'elle sentit la jeune femme contre sa peau nue, elle transplana et toutes deux se retrouvèrent quelques mètres plus loin, dans l'eau quoiqu’à l'abri des rochers. Katie sortit la tête brusquement et cracha l'eau qu'elle avait ingurgitée. La panique s'empara d'elle lorsqu'elle s'aperçut qu’Azalée n'était pas à ses côtés. Elle avança vivement, projetant de l'eau autour d'elle. À son grand soulagement, elle aperçut sa cousine un peu plus loin. Il lui fallut quelques brassées pour se rapprocher d'elle.

- Katie !
Azalée réapparut et nagea jusqu'à sa cousine. Elle l'enlaça brusquement, presque brutalement, puis prit son visage entre ses mains :
- Plus jamais… bredouilla-t-elle. Ne recommence plus jamais…
- Je suis désolée, sanglota Katie.
Elle s'agrippa frénétiquement aux vêtements de sa cousine.
- La la… c'est terminé… on rentre à la maison…
Un instant plus tard, les deux jeunes femmes avaient disparu. Il ne restait plus rien, hors la robe de Katie qui s'envola vers la mer.

End Notes:

Promis, à partir de celui-là, je passe sur du positif ! :)

Défi crétature 3 : L'Infirmerie by Eurydice
Author's Notes:

J'ai choisi de faire deux doubles drabbles de 200 mots chacun ; le premier concerne Sakpata à propos de la maladie et le second Legba avec la frontière entre le monde réel et le monde des esprits.

Nous retrouvons donc une Katie qui va aller de l'avant désormais ! u_u Bonne lecture !

-          Tu es folle.

 

-          Non !

 

Des voiles blancs, glaçant. Katie frémit. Elle se leva doucement. Tous ses membres la brûlaient. La jeune femme avait à nouveau l’envie de se blottir dans son lit et d’ignorer le monde extérieur. Il lui semblait que rien ne pourrait faire cesser le mal de tête qui enserrait son crâne dans ses griffes intrusive. Cependant, Katie parvint à réfréner son envie d’isolement et releva la tête. Elle avisa la pièce dans laquelle elle était enfermée et s’aperçut, stupéfiée, qu’elle se trouvait au sein de l’Infirmerie de Poudlard. De son enfance. Là où elle s’était retrouvée maintes et maintes fois avec ses amis après un match de Quidditch. Mais c’était également là, à Poudlard, qu’elle avait vu mourir ses amis. L’envie de se recroqueviller sur elle-même se fit plus pressante encore. Elle voyait ici le cercueil de son adolescence, et de sa joie de vivre. La douleur, physique comme psychologique, qui la tiraillait jours et nuits, se fit plus insistante. Elle se sentait seule, seule, seule. La répétition de ce mot infâme dans son esprit lui arracha une série de larmes.

 

-          Katie…

 

Interpellée, cette dernière releva la tête brutalement. C’était la voix…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voix de Fred ? Cela semblait impossible. Et pourtant, celui-ci se tenait devant elle, accompagné d’Alicia. Tous deux se tenaient appuyés l’un contre l’autre. Ils semblaient si fragiles… Sans un mot, Katie se précipita vers eux… mais les traversa. Elle les toisa, effrayée :

 

-          Qu… Qui êtes-vous vraiment ? fit-elle d’une voix chevrotante.

 

Alicia répondit, d’une voix mal assurée :

 

-          C’est nous… On est mort, je sais, mais…

 

-          On a négocié un petit passage pour te voir ! acheva Fred, un sourire sur les lèvres.

 

Il se pencha vers son amie et susurra :

 

-          Tu n’imagines pas tout ce qu’on a négocié pour venir là quelques minutes.

 

-          Justement, passons aux choses sérieuses ! s’exclama Alicia.

 

Katie n’avait toujours pas dit un mot, et se contentait de fixer les apparitions, ébahie.

 

-           Katie chérie… on t’adore et tu le sais, mais ! On ne veut pas te voir dépérir d’en haut ! Je sais que tu te sens mal depuis notre mort, mais il faut que tu saches que tu ne pouvais rien y faire. Et de toute façon, ce n’est pas une fin en soit juste… une sorte de passage. Et on t’aime. Vraiment. Sois forte.

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