Toute une vie à vivre by Eanna
Summary:


Destinyblue sur dA – Modifiée par mes soins


Six ans se sont écoulés. Les blessures ne se sont pas refermées, elle fait toujours des cauchemars et ne dort jamais d’un sommeil paisible. Pourtant, dans cette nuit sans lune, Lavande entrevoit une lumière. Là-bas, au bout du tunnel.

Six ans depuis la Bataille de Poudlard, et enfin elle a l’impression de pouvoir recommencer à vivre. D’ouvrir une fenêtre nouvelle sur un soleil timide, et un horizon sans fin.

Recueil d’OS écrits dans le cadre des Nuits d’HPF


Categories: Après Poudlard, Tranches de vie Characters: Bill Weasley, Lavande Brown, Olivier Dubois
Genres: Amitié, Romance/Amour, Tragédie/Drame
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Les Nuits d'HPF, Un bouquet de lavande
Chapters: 4 Completed: Non Word count: 6659 Read: 1519 Published: 30/07/2018 Updated: 19/09/2021
Story Notes:

Eh oui, vous ne rêvez pas, une fic sur Lavande qui ne semble pas annoncer du sang, des larmes et de la déprime, il va neiger :mg:

Ca fait 2 Nuits d'HPF que j'écris des textes positifs sur elle, et plutôt que de les publier séparément, je me suis dit que j'allais en faire un petit recueil. Je ne sais pas combien de textes il comportera, peut-être seulement 2, mais je n'espère pas ! C'est comme si j'avais enfin débloqué un truc, et j'en suis ravie :) Jusqu'ici, je n'arrivais pas à envisager ce personnage sous un autre angle que la fille traumatisée (à juste titre) d'après-guerre, renfermée sur elle-même et sur ses cauchemars, sans pouvoir la visualiser en train de remonter la pente, mais c'est chose faite, et j'espère avoir d'autres idées de textes dans cette veine :) En général les Nuits m'inspirent pas mal pour Lavande, donc je pense que ce recueil ne contiendra que des OS écrits dans ce cadre.

Ah, et petit détail qui ne sert à rien : le titre de la fic, ainsi que les titres des chapitres seront tous tirés de la chanson "Le vent dans les cheveux", celle du générique de la série animée Raiponce (que j'adore ♥), parce que les paroles collent énormément aux sentiments que j'imagine Lavande avoir dans ces textes, et puis que ma première fic sur Lavande était une songfic sur "Je veux y croire", du film Raiponce, alors j'aime bien cet écho :)

Bonne lecture !

1. Une lueur dans les yeux by Eanna

2. Le vent dans les cheveux by Eanna

3. Et si des portes s'ouvraient devant moi by Eanna

4. La vie doit ressembler à ça by Eanna

Une lueur dans les yeux by Eanna
Author's Notes:
Premier OS, écrit lors de la 76e Nuit d'HPF, en avril 2018, sur cette image. J'avais hésité à le publier (l'heure d'écriture était passée trop vite et j'étais pas vraiment satisfaite de la fin, trop abrupte à mon goût), et puis finalement en le relisant hier, je l'ai trouvé pas trop mauvais, donc le voici :)
— Qui a pris cette photo ?

Lavande demeura silencieuse, les yeux rivés sur le cliché. Elle s’en souvenait comme si c’était la veille. Cette chaude soirée de fin d’été, au beau milieu des champs, à regarder le soleil se coucher, et à admirer le ballet des lucioles.

Leur dernier été. Son dernier été, avant l’horreur. Cette fille sur la photo, la confiance qu’elle affichait, son regard charmeur, ses longs cheveux blonds flottant dans une brise tiède… Ce n’était plus elle. C’était une autre vie, qui lui semblait un lointain souvenir, comme un rêve diffus.

— Tu es très belle dessus.

— Oui, je sais, murmura Lavande en posant la photo sur table, face cachée.

— Tu es toujours…

— Non. S’il te plaît, je ne veux pas entendre ça.

Olivier se tut et tendit la main vers la photo mais Lavande la reprit aussitôt, comme un chat défendant sa proie. Elle respira profondément pour se calmer.

— J’étais avec Parvati, Seamus, Dean… On était tous les quatre, dit-elle en retournant la photo presque malgré elle pour le regarder à nouveau.

— Qui l’a prise ?

— Seamus, je crois…

— Il est doué.

Lavande acquiesça, le cœur serré. Cette photo aurait dû lui rappeler de bons souvenirs, comme toutes celles présentes dans cet album que Parvati lui avait offert lorsqu’elle était sortie de son coma de six mois, après la Bataille.

« Tout le monde y a contribué tu sais, et Seamus a bien dû m’envoyer une dizaine de photos, il n’arrivait pas à choisir ! J’ai pensé que ça te redonnerait le sourire… »

Comme elle avait dû blesser Parvati en refusant d’ouvrir l’album ce jour-là… Mais comme toujours, son amie avait compris. Elle avait repris le cadeau et l’avait posé sur une table, loin du lit d’hôpital, sans rien dire.

Et aujourd’hui, voilà qu’il ressortait, comme un fantôme de son passé. Comme pour lui rappeler encore et toujours la personne qu’elle n’était plus, qu’elle ne serait plus jamais…

— Parvati ne pensait pas à mal en m’envoyant cet album, j’en suis sûr, tenta Olivier.

— Non, je sais, répondit Lavande. Elle me l’avait offert il y a six ans, quand je suis sortie du coma, mais je n’en ai pas voulu. Je ne pensais pas qu’elle l’avait gardé…

— Tu sais, je la reconnais la fille sur la photo.

Lavande fronça les sourcils, incrédule.

— Oui, évidemment, puisque c’est moi, répondit-elle désorientée, tu l’as dit il y a deux minutes.

— Tu n’en avais pas l’air si convaincue.

Oh. Elle voyait où il voulait en venir maintenant.

— Je sais que c’est moi. Mais je ne suis plus cette personne. Ça fait six ans que la fille que tu vois sur la photo a disparu.

— Non. Je la vois toujours.

Lavande réprima un soupir agacé. Elle appréciait beaucoup Olivier, mais il avait cette manie de parler avec des phrases courtes, concises, parfois même trop pour être compréhensibles. Une déformation professionnelle sûrement, à force de crier des ordres précis et brefs aux joueurs de son équipe de Quidditch.

Mais ce n’était pas uniquement sa façon de parler qui la mettait en colère, évidemment. C’était ce qu’il affirmait.

— Tu dis n’importe quoi, gronda-t-elle.

— Pas du tout. Tu as le même regard. Il est simplement plus triste aujourd’hui.

Lavande sentit les larmes lui monter aux yeux. Toute vérité n’était pas forcément bonne à prendre…

— Pardon ! s’exclama Olivier. Je suis désolé, je ne voulais pas… Je croyais juste que…

— Laisse, ça fait rien, le coupa Lavande en s’essuyant les yeux dans sa manche. De toute façon c’est la vérité, inutile de la cacher…

Elle reporta son regard sur la photo. Le même, vraiment ? Elle avait du mal à y croire. La fille sur la photo avait cette étincelle, cette malice, dans les yeux. Aujourd’hui, Lavande ne voyait plus rien de tout cela dans le miroir. La lueur s’était éteinte depuis longtemps. A l’instant même où les ongles de Greyback avaient déchiré la peau de son visage. A l’instant où, allongée sur le sol de Poudlard, le sang imbibant ses cheveux, elle avait souhaité que tout prenne fin, que tout s’arrête. Avant de sombrer dans l’inconscience pour les mois à venir.

— Tu sais, je ne me souviens pas vraiment de la Lavande de Poudlard, reprit Olivier. J’avais quatre ans de plus que toi, et sorti de mon équipe Quidditch, je ne faisais pas vraiment attention aux autres élèves.

Lavande esquissa un petit sourire machinal.

— Alors je ne peux pas te comparer aujourd’hui à celle que tu étais à Poudlard. Mais la fille que je vois sur cette photo, c’est la même que celle qui se trouve en face de moi, en ce moment, continua-t-il avec gravité. Elle est toujours là. Bien cachée, difficile à retrouver probablement, mais elle n’a pas disparu.



Le soir était tombé, Olivier était parti. Et seule dans son salon, Lavande tournait les pages de l’album. Son regard était si brouillé par les larmes qu’elle discernait à peine les contours des gens sur les photos. Mais c’était inutile. Elle se souvenait de ces moments. Du bonheur qu’elle avait éprouvé en les vivant.

Elle se souvenait de l’espoir qui l’habitait à l’époque, de ses rêves, de sa foi en l’avenir. Rien n’aurait pu prédire que tout basculerait si vite. Même le professeur Trelawney ne lui avait pas laissé entendre ce drame – ce qui était surprenant de sa part.

Mais de son côté, Parvati n’avait probablement pas fait cet album uniquement pour lui rappeler de bons souvenirs. Elle avait dû pressentir qu’il aurait un jour une signification bien plus forte. Elle avait compris que Lavande finirait par l’ouvrir, au moment où elle en aurait besoin. Au moment où elle se sentirait la force nécessaire pour faire face à son passé.

Elle retomba sur le cliché de Seamus. Elle avait presque l’impression de sentir le vent d’août sur son visage. De sentir les effluves capiteux des herbes chauffées par le soleil. De voir danser les lucioles autour d’elle. Et de se voir, elle. Comme dans un miroir…

La Lavande sur la photo semblait la défier de la suivre. Aurais-tu peur ? demandait son regard audacieux.

Oui, elle avait peur. Peur d’avancer, peur de laisser les souvenirs douloureux derrière elle. Tant d’années ils l’avaient définie… Depuis près de six ans, elle était la fille au visage barré de cicatrices. Si elle avançait, si elle sortait de ce carcan… que serait-elle désormais ?

Lavande. Lavande Brown, une combattante.

Aurais-tu peur ?

Oui, elle avait peur. Mais elle était une Gryffondor non ? Le Choixpeau ne l’avait pas répartie dans cette maison par hasard. Elle était brave. Forte. Et sans peur, pas de courage.

Alors Lavande ouvrit un tiroir duquel elle sortit un vieux cadre un peu poussiéreux, qu’elle nettoya d’un coup de baguette. Elle l’ouvrit et y glissa la photo, avant de poser le cadre sur sa cheminée.

Aurais-tu peur ?

Oui. Elle était terrifiée. Son cœur battait la chamade. Ses mains tremblaient.

Alors elle sut que la lueur venait de renaître. Frêle, vacillante, encore si fragile, mais bien présente. Un espoir nouveau, une ébauche de rêve.

Et elle sourit.
End Notes:
J'espère que ça vous a plu ! :D Je publierai le 2e OS que j'ai en réserve la semaine prochaine je pense !

Laissez-moi un petit mot si le coeur vous en dit, et merci d'avoir lu ♥
Le vent dans les cheveux by Eanna
Author's Notes:
Cet OS a été écrit pendant la Nuit du 28 juillet 2018, sur le thème "Falaise", et sur la musique "Final Duel", composée par Ennio Morricone, pour le film For a Few Dollars More.

Bonne lecture :)
Les vagues s’écrasent contre la falaise, en contrebas. Les embruns qu’elles projettent viennent caresser son visage, s’emmêler dans ses cheveux. Lavande ferme un instant les yeux, ne se focalisant que sur le bruit assourdissant de la rencontre brutale entre l’océan et la roche. Cet instant où la vague toute puissante, celle qui peut engloutir des navires entiers, vient se fracasser contre un mur et éclate en myriades de gouttelettes d’écume. Par moments, elle a l’impression que cette vague, c’est elle. Cette adolescente prête à croquer le monde à pleines dents, jusqu’à ce qu’un événement fasse voler sa vie en éclats. La Bataille de Poudlard, et sa rencontre avec Greyback. Le mur. Le mur contre lequel la vague explose, c’est lui.

Et six ans plus tard, Lavande est là, au bord d’une falaise, le vent dans les cheveux, le visage couvert d’embruns. Mais curieusement, pour la première fois depuis bien longtemps, elle n’est pas attirée par le vide. Il y a encore quelques mois, c’est la première pensée qui lui serait venue. Se laisser tomber en avant, fermer les yeux, et attendre l’impact. Rapide, efficace, probablement presque indolore ou simplement quelques secondes, le temps que le corps réalise qu’il vient de passer un point de non-retour, avant que tous les signaux vitaux ne s’éteignent définitivement.

Elle rouvre les yeux et recule d’un pas, par précaution. Une main trouve la sienne, juste à sa droite, et elle serre fort ses doigts entre les siens.

— Tu es belle, dit-il tout simplement.

D’un geste machinal, Lavande ramène une mèche devant ses abominables cicatrices, mais le vent la lui dérobe aussitôt.

— Tu vois, même lui le sait, ajoute-t-il avec un rire dans la voix.

Elle ne peut s’empêcher de sourire et se tourne vers lui, non sans une légère réticence qu’elle ne parvient toujours pas à contrôler. Ce n’est pas comme si Olivier ne lui avait pas prouvé plus d’une fois sa sincérité, mais lorsqu’il lui fait ce genre de compliment, elle hésite toujours à lui montrer son visage, comme s’il allait aussitôt revenir sur ses paroles, se rappelant à quel point elle est effrayante, défigurée, repoussante…

Un craquement se fait entendre derrière eux, et ils se tournent aussitôt vers sa provenance, juste devant la porte du cottage. Dans la lumière de fin de journée, la Chaumière aux Coquillages prend des teintes doucement orangées, et paraît encore plus chaleureuse qu’à l’accoutumée. Lavande inspire un grand coup, le cœur soudain battant.

— On peut repartir si tu veux, lui dit doucement Olivier, entrelaçant ses doigts aux siens. Ils ne se vexeront pas.

Lavande secoue la tête. Si elle se défile encore cette fois, il n’y en aura pas de prochaine. Elle sait qu’elle aurait dû venir il y a bien longtemps, il y a des années de cela, mais elle ne l’a jamais fait. Elle sait parfaitement pourquoi, même si cela lui coûte de l’admettre. Elle refusait de reconnaître qu’on puisse vivre heureux avec des stigmates comme les siens. Elle ne voulait pas admettre que ce qu’elle vivait n’était pas indéfiniment insurmontable. Elle ne voulait pas constater son propre manque de courage.

La chevelure argentée de Fleur est la première chose que l’on voit d’elle, lorsqu’elle apparaît. Elle scintille au soleil, quel que soit le moment de la journée, et ses reflets changent selon l’intensité de la lumière. À cet instant, lorsqu’elle ouvre la fenêtre pour leur faire signe de venir, ses cheveux tendent vers un doré très doux, une teinte presque apaisante. Sans lâcher la main d’Olivier, Lavande s’éloigne de la falaise et se dirige vers le cottage.

La cuisine est décorée avec un goût certain, et elle se sent aussitôt chez elle dans cet environnement de bord de mer. Des coquillages, des maquettes de bateau, un vieux gouvernail en bois accroché au mur… On se croirait presque dans un navire. Cela vient peut-être du furieux tournis qui la prend, au moment où Bill Weasley se dirige vers elle.

Lavande reste figée face à lui. Elle devrait tendre une main, le saluer, lui sourire, mais rien ne lui vient. Ses yeux restent rivés sur les longues cicatrices qui barrent le beau visage de l’aîné des Weasley. Il a des cheveux longs lui aussi – pas autant qu’elle – mais il ne les utilise pas pour se cacher. Il les a coiffés en catogan, attachés avec un lacet de cuir. Quelques mèches s’en échappent, ce qui lui donne un air aventurier, sans doute renforcé par le crochet de serpent qu’il porte en boucle d’oreille.

— Tu dois être Lavande, dit-il d’une voix douce. Je suis ravi de te rencontrer enfin. Salut Olivier, content de te revoir !

Olivier lui serre la main, sans hésiter, un grand sourire aux lèvres. Ils se sont côtoyés quelques années à Poudlard, même si Olivier connaissait davantage Charlie, pour avoir joué dans la même équipe de Quidditch à Gryffondor.

— On va prendre l’air ? propose alors Bill, le regard braqué sur Lavande, toujours immobile.

— Victoire voudrait s’essayer au Quidditch, je lui ai promis qu’elle pourrait te demander des conseils, ajoute aussitôt Fleur à l’attention d’Olivier. Si tu as quelques minutes…

Sans qu’elle sache réellement comment, Lavande se retrouve à nouveau dehors, les cheveux dans le vent, tâchant tant bien que mal de maintenir sa mèche en place tout en marchant au côté de Bill, qui lui jette quelques regards sans pour autant se montrer insistant.

— Il t’a bien amochée, toi aussi, finit-il par dire, d’une voix étrangement neutre. Il y a combien de temps ?

— Six ans, répond-elle d’une toute petite voix, comme une fillette face à un professeur.

— Sept pour moi.

Elle s’arrête de marcher, et lève les yeux vers lui. La lumière qui baisse renforce les ombres sur son visage, mais ne dissimule pas le relief des cicatrices.

— Comment tu as fait ? demande-t-elle de but en blanc. Comment tu as fait pour… recommencer ? Oublier ce moment où… ça s’est passé ? Oublier qu’elles sont la première chose que les gens voient, oublier…

— Je n’ai rien oublié, la coupe-t-il, calmement. Tout est gravé dans ma tête, et tu peux demander à Fleur, il y a des moments dans le mois où elle fait rarement une nuit complète, entre les réveils en sursaut et les cauchemars… Mais elle m’a toujours interdit d’aller dormir ailleurs ces nuits-là, je crois qu’elle a peur pour la porcelaine de sa grand-mère…

Lavande étouffe un petit rire. Le ton désinvolte de Bill est déstabilisant, mais il lui fait du bien.

— C’est bien d’avoir quelqu’un sur qui compter dans ces moments-là, répond-elle.

— Sans elle je ne m’en serais jamais sorti. Tu sais Lavande, ce n’est pas un manque de courage que d’avoir besoin de quelqu’un pour refaire surface. Ca ne fait pas de toi quelqu’un de faible, de lâche, ou d’égoïste.

— C’est comme n’avoir aucune autonomie, redevenir une enfant…

— C’est être humaine, tout simplement.

Sa voix est douce, elle se sent en confiance avec lui, et pour la première fois depuis qu’ils sont sortis, elle laisse tomber sa main, et aussitôt le vent s’engouffre dans ses cheveux, dévoilant son visage dans la lumière du couchant.

— Je me sens tellement superficielle de me focaliser sur mon apparence comme ça…

Bill pose une main sur son épaule, et la presse gentiment.

— Il ne se passe pas un jour sans que j’évite au moins un miroir quand je le peux, lui dit-il. Je m’y ferai probablement un jour, mais ça demande du temps. Et du courage, beaucoup de courage.

— J’aurais dû venir te voir plus tôt.

— J’aurais été ravi que tu le fasses, mais je ne t’y aurais jamais forcée. Le fait que tu sois là, aujourd’hui, c’est déjà un grand pas en avant tu ne crois pas ?

Un grand pas oui. Elle a l’impression d’avoir franchi un immense précipice d’un seul bond. Elle se sent épuisée, comme si cette simple décision lui avait demandé de fournir une énergie considérable. Comme si elle avait enfin décidé de faire la paix avec cette partie d’elle-même qu’elle combat depuis tant d’année. Jeter sa baguette au sol, tendre une main amicale.

Et avancer.
End Notes:
Ah, depuis le temps que je voulais faire interagir ces deux personnages, c'est chose faite ! :D Et comme j'aurais voulu écrire beaucoup plus sur leur rencontre, leurs discussions, mais que 1h, c'est trop court pour développer tout ça, eh bien je pense que cet OS aura des suites ♥

Juste une précision, concernant "le manque de courage" de Lavande, je me rends compte en le relisant que j'ai mal explicité cet aspect : je voulais faire en sorte que Lavande soit dure avec elle-même, qu'elle s'inflige son propre jugement, mais surtout pas énoncer une vérité générale hein^^ C'est pas un texte à morale façon "Si vous êtes complexé-e, et que vous n'arrivez pas à surmonter ça, c'est parce que vous n'avez pas de courage", pas du tout ;

Merci d'avoir lu, n'hésitez pas à laisser une petite trace de votre passage, ça me ferait très plaisir :)
Et si des portes s'ouvraient devant moi by Eanna
Author's Notes:
Bonjour !

Aaaaaah que ça fait du bien de se remettre à publier des textes. Bon, à première vue cet OS peut paraître un peu sombre pour figurer dans ce recueil, mais promis il y a de l'espoir dedans, on est toujours avec une Lavande qui sort progressivement la tête de l'eau.

OS écrit en 1h pendant la Nuit d'HPF du 14 mars, sur le thème Forteresse.

Ca fait très longtemps que je n'ai pas écrit de long texte un peu construit, c'est un peu un texte de "réamorçage", donc je n'en suis pas très satisfaite, il est un peu plat, il ne s'y passe pas grand-chose... Mais bon, 1h, c'est le jeu, et tant qu'à faire je le publie !

Bonne lecture !
Il y a des nuits plus rudes que d’autres. Lavande les voit venir, lorsque la lune passe d’un mince sourire à un disque immaculé. Elle l’observe, chaque nuit précédant son apogée, avec un mélange d’appréhension et de défi. Les années ont passé, elle sait à quoi s’attendre, chaque mois, mais elle ne l’accueille pas avec sérénité pour autant.

Ces nuits-là, et en particulier la dernière – la plus difficile -, elle se referme au monde. Elle redevient celle qu’elle était, peu de temps après sa sortie de coma, six mois après la Bataille de Poudlard. Elle redevient la jeune fille sinistre, pétrie d’angoisses et d’idées noires. Elle qui a fait tant de chemin depuis, qui s’est tant battue, c’est comme si tout ce qu’elle avait accompli s’écroulait, tel un fragile château de carte.

Alors elle s’en construit un solide, de château. Une forteresse, dans laquelle elle se barricade. Elle n’arrive pas à lutter contre sa nouvelle nature – mais peut-elle vraiment la qualifier de « nouvelle », alors qu’elle l’habite depuis tant d’années ? Six ans déjà. A ce stade de son existence, elle constate avec effroi qu’un quart de sa vie a été consacré à une lutte vaine et épuisante contre quelque chose qui fait désormais partie d’elle, et qu’il lui faut apprivoiser.

Elle a accepté ses cicatrices, son apparence à jamais modifiée. Elle a accepté son asymétrie, elle a fait la paix avec son reflet dans le miroir, parce que d’autres regards se sont posés sur elle. On lui a dit qu’elle était belle, et elle a mis si longtemps à y croire. Mais elle a appris à ne plus douter de ses amis, de ceux qui sont restés près d’elle, ou de ceux qui sont venus après, qui sont passés outre les cicatrices et le rejet massif que Lavande leur infligeait. Ceux qui ont, pierre à pierre, détruit la forteresse dans laquelle elle s’était barricadée nuit et jour. Ceux qui lui ont tendu la main, qui l’ont regardée dans les yeux, et lui ont dit qu’elle était courageuse. Forte. Belle. Qu’ils l’aimaient.

Elle n’arrive pourtant pas à accepter cette autre part d’elle-même. Ces émotions qu’elle apprend à connaître mais qu’elle déteste, car elles persistent à lui sembler étrangères. La colère, l’amertume, la soif de violence… Ce n’est pas elle. Elle ne se reconnaît pas, et voudrait arracher de son cœur, de son esprit, ces démons qui s’éveillent quelques nuits par mois et font ressurgir ce qu’elle a de plus sombre en elle. Elle les hait, parce que c’est de lui que ces démons viennent. On lui disait auparavant qu’elle avait hérité des beaux cheveux de son père, du talent de dessinatrice de sa mère. Elle aimait ce patrimoine, elle aimait ces caractères hérités qui la rattachaient à ses parents.

Mais ces démons lui donnent l’impression d’avoir désormais quelqu’un d’autre à qui se rattacher, quelqu’un d’autre dont on pourra lui dire qu’elle tient son caractère. Personne n’oserait, évidemment. Jamais Parvati, Olivier, Bill ne lui diraient une chose pareille. Jamais elle n’entendrait de vive voix qu’elle leur rappelle ce monstre de Fenrir Greyback. Mais elle sait qu’ils le pensent parfois, impossible qu’il en soit autrement. Bill surtout. Bill, parce que lui aussi est hanté par ses propres démons. Il donne l’impression d’avoir fait la paix avec eux, mais deux personnes au moins savent qu’il lutte plus ardemment que jamais à l’approche de la pleine lune, pour que Victoire, Louis et Dominique ne se doutent de rien, et ne se sentent pas menacés. Lavande ne possède pas la moitié du contrôle qu’il exerce sur ses émotions et ses accès de colère.

Mais Bill a Fleur, depuis le premier jour. Elle est là pour lui, elle ne l’a jamais abandonné, et sans elle il coulerait à pic. Lavande envie de façon douloureuse leur lien quasi fusionnel. Elle a mis si longtemps à accepter de l’aide, et elle sait que le fait d’avoir rejeté massivement le soutien que ses amis lui proposaient a contribué à ancrer l’amertume dans son caractère. Pourtant, elle avait elle aussi une Fleur près d’elle, qui n’a jamais abandonné, qui est toujours revenue vers elle, malgré les portes claquées et les cris de colère. Parvati, sans qui elle aurait probablement sombré pour ne jamais refaire surface.

Ce soir, la lune est pleine. Lavande la fixe, elle sent déjà ses démons s’éveiller. Son cœur se serre, il bat plus vite, de manière erratique. Elle a l’impression qu’un poids s’abat sur sa poitrine, comprimant ses poumons, rendant sa respiration difficile, saccadée. Elle essaie d’inspirer à fond, mais l’air ne passe pas. Elle ferme les yeux, brisant son lien avec la lune, elle essaie de se concentrer sur ce qu’elle ressent autour d’elle. Le plancher sous ses pieds nus. Le tissu soyeux du fauteuil dans lequel elle est assise. Elle entend le bruissement des rideaux, légèrement agités par le vent qui s’infiltre dans la pièce, par la fenêtre ouverte. Un tintement retentit, au rez-de-chaussée de la maison. Elle sait qu’Olivier se prépare un thé, et qu’il hésite à lui en monter une tasse, mais il ne le fera pas. Elle lui est reconnaissante de respecter la distance qu’elle lui impose cette nuit-là. Et d’accepter de ne pas être celui qui lui tiendra la main pour l’aider à passer cette épreuve.

La porte de la chambre s’ouvre, dans un très léger grincement. Le parfum du jasmin précède le bruit feutré des pas de Parvati dans la pièce. Lavande garde les yeux fermés, mais elle sent déjà les battements de son cœur ralentir, et le poids sur sa poitrine s’alléger. Son amie glisse une main dans la sienne, et s’assoit sur l’accoudoir du fauteuil. Elle reste là, silencieuse, sereine.

Au bout d’un moment, elle se met à fredonner. Un air des Bizzar’ Sisters qu’elles ont chanté à tue-tête un nombre de fois incalculable. Lavande l’écoute, elle replonge dans ses souvenirs d’adolescente, dans la soirée du bal de Noël, en quatrième année, et elle esquisse un sourire.

Et elle admire la patience et la persévérance de Parvati qui s’échine à défaire, pierre à pierre, les murs que Lavande dresse autour d’elle. Chaque nuit de pleine lune, chaque mois, Parvati pénètre la forteresse, indéfectible renfort dans la bataille que livre Lavande contre ses démons.
End Notes:
Voilà, je vous l'avais dit, ce n'est vraiment pas top, un peu "tout ça pour ça ?"... Mais ça m'a plu de réécrire sur Lavande, et ça a un peu débloqué mon syndrome de la page blanche (enfin en vrai, si c'est pour écrire ce genre de truc, est-ce que ça valait bien la peine ? xD), on verra si j'arrive à écrire des textes un peu plus réussis après !

Merci d'avoir lu, n'hésitez pas à me donner votre avis, même négatif :)
La vie doit ressembler à ça by Eanna
Author's Notes:

Je poursuis ce recueil avec un OS en 3 parties, écrit pendant la Nuit Erotique du 26 février 2021 ! Les 3 parties correspondent à 3 thèmes dans la Nuit, elles se suivent directement mais je les ai quand même distinguées les unes des autres.

- 1re partie : Thème de 21h - Sucré et son image.

- 2e partie : Thème de 23h - Attaché·e

- 3e partie : Thème de minuit - Seul·e·s

Et cet OS fait passer ce recueil en rating -16, c'est du lemon soft (très soft), mais je préviens quand même !

J'espère que ça vous plaira, bonne lecture :)

Lavande ouvrit la fenêtre de sa cuisine et inspira profondément le parfum des premières nuits d’été. Elles avaient une odeur particulière. La bruyère de la lande embaumait l’air, chauffée par les rayons du soleil toute la journée. Certains oiseaux chantaient, qu’elle n’entendait qu’aux beaux jours.

C’était sa saison préférée, encore maintenant. Elle aimait les effluves capiteux des fleurs écloses, prêtes à se refermer pour la nuit. Ce bouquet de senteur avait quelque chose de sucré, et réveillait chez elle l’enthousiasme qu’elle avait toujours ressenti à l’approche des grandes vacances, ce sentiment, bien que plus ténu aujourd’hui, que le monde s’offrait à elle. C’était le temps des amours d’été – elle en avait eu tellement ! Un cœur d’artichaut, comme l’appelait sa maman –, le temps des longues nuits à discuter avec Parvati sous les étoiles, à essayer de lire l’avenir dans les astres et les feuilles d’un thé bien trop infusé…

Le silence de la lande était apaisant. Seuls les chants de quelques oiseaux le troublaient, ils cesseraient bientôt, lorsque la nuit serait complètement tombée. Il était encore trop tôt dans la saison pour que les criquets se fassent entendre.

Elle sentit une présence derrière elle, et bientôt deux bras vinrent l’enlacer doucement. Croisés sur son ventre, sans la presser à l’excès, tout en délicatesse.

— Tu sens tellement bon, murmura Olivier contre son oreille, le nez enfoui dans ses cheveux.

— J’ai fait de la pâtisserie tout l’après-midi, c’est l’odeur des gâteaux que tu sens, pas la mienne, répondit Lavande avec un sourire, sentant ses joues s’enflammer.

— Si si, c’est bien la tienne, ajouta-t-il en pressant plus fort son visage dans ses cheveux.

Lavande rougit un peu plus, et se félicita que la cuisine soit plongée dans la pénombre.

Olivier venait chez elle au moins trois fois par semaine. Davantage s’il n’avait pas de compétition de Quidditch en perspective. Il ne restait quasiment jamais dormir. Les rares fois où cela s’était produit coïncidaient avec les nuits de pleine lune que Lavande voyait venir avec appréhension, même après six ans. Ces nuits-là, il restait. Parvati n’était jamais loin non plus. Tous les deux, fidèles au rendez-vous, chaque mois, et Lavande sentait son cœur près d’exploser lorsqu’elle songeait à tout l’amour qu’ils lui donnaient, sans jamais qu’elle ait le sentiment de devoir le leur rendre. Ils l’aimaient, chacun à leur manière.

En échange, elle leur faisait des gâteaux. Elle n’était pas mauvaise en pâtisserie.

Et puis, il n’y avait pas de miroir dans la cuisine.

— Je venais te dire au revoir, dit Olivier en se détachant un peu d’elle – et la douceur de la nuit tombante ne parvint pas à compenser le froid qu’elle ressentit à cet instant.

— D’accord…

— Je peux repasser demain ? Ou tu as quelque chose de prévu ?

Lavande tâcha de calmer sa respiration devenue saccadée, sans qu’elle sache vraiment pourquoi. Ce n’était pourtant pas la première fois qu’Olivier l’enlaçait de cette façon. Et il y en avait eu d’autres avant lui. Même si, pour l’instant, ils n’avaient jamais…

— Non, rien de prévu, tu peux venir, murmura-t-elle en agitant sa baguette pour ranger un peu les ustensiles de cuisine – et se donner une contenance.

Elle se retourna vers lui, et lui sourit. Olivier leva une main, sembla hésiter, mais la posa sur sa joue meurtrie. Lavande ferma un instant les yeux, et son cœur fit une embardée. Il ne le faisait pas souvent, mais c’était davantage parce qu’elle se dégageait rapidement que par un manque d’envie de la part d’Olivier.

— Tu es belle, murmura-t-il en caressant sa pommette du pouce.

Elle retint à grand peine le « non » qui lui brûlait les lèvres. Elle se concentra sur sa main, qui semblait pouvoir envelopper tout son visage. Alors elle inclina la tête, comme pour la reposer sur sa paume, et le sentit se figer un instant. D’habitude, elle finissait toujours par s’écarter rapidement.

Mais pas ce soir.

Elle rouvrit les yeux, et croisa le regard d’Olivier. L’obscurité grandissante dans la cuisine ne parvenait pas à masquer son expression ébahie, et le sourire tremblant qui venait de naître sur ses lèvres. Lavande sentit sa gorge se serrer d’émotion, et dut cligner plusieurs fois des paupières pour chasser les quelques larmes qui menaçaient de poindre.

— Reste, murmura-t-elle. Reste ce soir.

— Ce n’est pas la pleine lune… répondit-il, avec ce pragmatisme qui le caractérisait, et qui l’agaçait parfois autant qu’il la séduisait.

— Non, mais reste. Si tu veux bien ?

— Si je veux bien…

Il posa son autre main sur sa joue intacte, et Lavande ferma à nouveau les yeux. Son souffle se bloqua dans sa gorge lorsqu’il posa ses lèvres sur les siennes, dans un geste si tendre qu’elle crut qu’elle allait éclater en sanglots.

Il l’avait déjà embrassée, bien des fois. Ils pouvaient parfois même passer de longs moments, dans les bras l’un de l’autre, à s’embrasser, sans dire un mot. Mais ce soir… Son baiser avait quelque chose de différent. Ou peut-être se l’imaginait-elle. Parce qu’elle voulait se l’imaginer.

Elle posa ses mains sur les joues d’Olivier, rugueuses d’une légère barbe. Tout lui semblait plus réel, d’un seul coup, et la moindre sensation de toucher l’électrisait. D’un geste délicat, elle sentit qu’il écartait complètement ses longs cheveux blonds de son visage. Elle crispa ses mains sur son visage, pour s’empêcher de ramener ses cheveux sur ses cicatrices, et il dut le sentir, car il rompit le baiser et posa son front contre le sien.

Lavande entrouvrit les yeux. Il était si proche qu’elle ne pouvait pas le voir distinctement, mais elle sentait son souffle rapide sur son visage, au diapason du sien.

— J’ai envie de toi, articula-t-il dans un murmure.

Elle eut l’impression que le sol s’ouvrait sous ses pieds. C’était quelque chose qu’elle avait souvent imaginé, sans oser l’espérer. Malgré les « tu es belle », malgré les baisers, malgré sa présence à ses côtés, qu’elle aimait tant… Elle n’avait jamais pensé que cela arriverait vraiment. Qu’il pourrait penser à elle de cette façon, pas avec son visage, pas avec cette tristesse qui l’accompagnait comme un Détraqueur domestique…

— Olivier…

— Tu sais que je ne te mens pas. Jamais. Je ne dis pas grand-chose, je ne suis pas un adepte des grandes déclarations. Mais quand je dis quelque chose, c’est que je le pense.

Il se détacha un peu d’elle, et agita sa baguette pour que les lampes à pétrole au mur s’allument doucement, éclairant la cuisine d’une lumière chaude et tamisée.

— Je te veux, toute entière. Cette nuit, ou une autre. Mais ça ne changera pas.

Elle osa enfin lever les yeux vers lui, consciente que cette fois rien ne pouvait masquer le feu de ses joues. Son cœur battait si fort qu’elle ne s’entendit pas répondre. Elle sentit seulement les mots franchir ses lèvres.

— Je te veux moi aussi. Alors reste ce soir…

 

***

 

— Je te veux moi aussi. Alors reste ce soir…

L’audace de ses paroles fit trembler Lavande. Elle n’avait jamais formulé cela à voix haute, pas même avec ses précédents petits amis… Mais ces relations lui paraissaient appartenir à une autre réalité. Ce qu’elle vivait avec Olivier, c’était… elle ne parvenait pas à le définir.

Elle n’avait conscience que d’une chose, à cet instant, c’était combien son corps tout entier hurlait son envie de lui, son envie de le sentir contre elle, et pas seulement pour l’embrasser. Tout se bousculait dans son esprit. Il y avait si longtemps qu’elle n’avait pas… Depuis la Bataille de Poudlard. Depuis que sa beauté lui avait été volée, depuis que la tristesse et la colère avaient pris une place bien trop importante dans sa vie.

Mais ce soir… Elle n’en ressentait aucune. Son cœur battait à toute allure, mais pas de peur, pas de rage. C’était un sentiment tellement plus fort, tellement plus intense… et presque plus effrayant.

— Je reste tant que tu veux de moi, répondit Olivier en enfouissant ses mains dans ses cheveux, lui provoquant au passage un frisson qui descendit tout le long de sa colonne vertébrale.

Lavande hocha rapidement la tête, s’efforçant de soutenir son regard, malgré l’envie de détourner les yeux, de se cacher. Six ans passés à dissimuler son corps, son visage. Était-elle capable de surmonter cela ?

Elle l’attira contre elle, et se pressa contre son torse. Alors il l’entoura de ses bras tandis qu’elle inspirait son parfum, qui l’apaisait autant qu’il affolait ses sens.

— Dis-moi de m’arrêter et je le ferai, murmura-t-il contre ses cheveux. Je ne ferai rien que tu ne désireras complètement.

Elle agrippa plus fort le chandail qu’il portait, et acquiesça silencieusement, la gorge nouée. Elle sentait la peur poindre, cette sensation si familière. Elle restait cependant tapie dans un coin de son esprit, comme si les bras d’Olivier autour d’elle l’empêchaient de bondir.

Elle finit par murmurer :

— Et si tu… Si tu ne me trouves pas… Je comprendrai, tu sais. Tu n’as pas à te forcer, ou…

L’étreinte d’Olivier se fit plus forte, l’étouffant presque, mais elle comprit et soupira contre son pull, renonçant à achever sa phrase.

Ils restèrent ainsi pendant un long moment. La nuit était complètement tombée lorsque Lavande lâcha enfin le chandail d’Olivier. La laine resta déformée d’avoir été si longtemps serrée, mais Olivier ne sembla pas s’en formaliser quand il s’écarta un peu d’elle. Pour la bonne raison que ses yeux restèrent rivés sur le visage de Lavande. La lumière chaude et vacillante des lampes à pétrole accentuait la beauté de ses traits qu’elle aimait déjà tant… Elle se prit à espérer que cela ait le même effet sur elle. Que les ombres mouvantes la rendent un peu jolie…

— Lavande, tu es tellement courageuse, dit-il en approchant son visage du sien, ses lèvres à quelques centimètres de son oreille. Et tellement, tellement belle.

Comme pour illustrer ses paroles, il effleura son visage d’une main, dans une caresse fantôme. Lavande ferma les yeux, inspirant profondément pour calmer ses tremblements. Il posa à nouveau ses lèvres sur les siennes, dans un baiser sans équivoque. Lorsqu’il mordilla sa lèvre inférieure, Lavande ne put retenir un gémissement. Elle ne savait pas comment exprimer autrement ce sentiment dans sa poitrine, dans sa tête, dans tout son corps qui lui donnait l’impression d’être liée à Olivier, et qu’elle mourrait s’il se détachait d’elle un seul instant.

— Ne me lâche pas, dit-elle d’une voix tremblante.

— Jamais.

Il prit sa main, et entrelaça ses doigts aux siens. Elle serra, le plus fort qu’elle put, et cela lui donna l’impression d’être un bateau accroché à son ancre, seul rempart à sa dérive.

Son autre main descendit le long de son cou, effleurant ses cicatrices, les caressant avec la même délicatesse que s’il s’agissait des pages d’un grimoire très ancien. Il s’attarda sur celle dont Lavande savait qu’elle courait de sa clavicule à ses premières côtes. Il ne l’avait jamais vue celle-ci. Pas en entier, seulement la naissance sur le décolleté.

Et lorsqu’il se baissa pour l’embrasser, Lavande enfouit une main dans ses cheveux, pressa ses lèvres contre les mèches brunes, et eut un hoquet dont elle fut incapable de savoir s’il était de chagrin ou de bonheur.

— Je t’aime, balbutia-t-elle. Olivier, je t’aime, je t’aime tellement…

Son cœur allait exploser si elle ne le disait pas, encore et encore. C’était un besoin impérieux, un sentiment d’une telle évidence qu’elle ne pouvait pas ne pas le formuler à voix haute.

Olivier se redressa, serrant sa main dans la sienne, presque à lui en faire mal, mais elle s’en moquait. Tant qu’il la tenait, tant qu’il ne la lâchait pas, tout irait bien… Il resta muet, mais son regard plongé dans le sien parlait pour lui. Elle connaissait ses sentiments. Il n’avait jamais formulé celui-ci, mais elle ne pouvait pas l’ignorer. Il ne lui avait jamais donné de raison de douter…

Le baiser qu’ils échangèrent n’avait plus rien d’hésitant. L’urgence qu’ils éprouvaient et le besoin d’être l’un avec l’autre, l’un contre l’autre, l’un en l’autre… Il n’était plus question de le cacher. Lavande crocheta la nuque d’Olivier, caressant ses cheveux, sa peau, tout ce qu’elle pouvait atteindre. Le souffle court, le cœur battant, ce fut elle qui rompit le baiser, haletante contre sa bouche.

— Ma chambre… murmura-t-elle.

Olivier acquiesça, et elle vit un sourire se dessiner sur ses lèvres. Leurs mains toujours jointes, le pas précipité, presque maladroit, ils montèrent à l’étage. Et Lavande soupira de bonheur lorsqu’il reprit sa bouche, sur le seuil de sa chambre.

 

***

 

Les deux fenêtres de la chambre de Lavande donnaient à l’ouest, et l’on pouvait encore deviner les derniers rayons du soleil, dans un dégradé de bleu plus clair. Bientôt, la nuit serait complètement tombée. Et leur donnerait le sentiment d’être seuls au monde, dérobés à la vue de tous.

— Est-ce que je peux allumer la lumière ? souffla Olivier, le souffle court.

Lavande se figea, consciente de ce que cela impliquait si elle acceptait. Dans le noir, ce serait tellement plus simple… Elle leva les yeux vers Olivier, qu’elle distinguait encore dans la lumière du jour finissant, et le regard éperdu qu’il posait sur elle – sur tout son visage – acheva de faire tomber ses dernières barrières.

Elle acquiesça, et Olivier choisit deux lampes dont la lumière douce et chaleureuse ne rompit pas brusquement l’obscurité de la pièce. Il persistait une ambiance feutrée, tamisée. L’impression de se trouver dans un cocon de douceur et de tendresse. Lavande prit une grande inspiration, et ce fut elle qui entra la première dans la pièce, entraînant Olivier par leurs mains toujours entrelacées. Les jambes tremblantes, elle s’arrêta près de son lit, et s’absorba dans la contemplation du couvre-lit en crochet d’Irlande. Une très jolie pièce de broderie…

— Lavande…

— Un petit instant, dit-elle d’une voix ténue.

— D’accord.

Elle pressa à nouveau sa main dans la sienne, prit quelques inspirations, puis se décida à faire volte-face. Olivier n’avait pas bougé, semblant attendre sagement ses instructions. À cette pensée, Lavande eut un sourire, et tendit une main vers son visage.

— Tu es très beau, tu sais, dit-elle.

— On me l’a dit quelques fois, oui.

Elle pouffa de rire, et se dressa sur la pointe des pieds pour l’embrasser dans le cou. Il resta immobile, mais elle sentait son sang battre sous ses lèvres, à un rythme bien plus rapide que ce que son attitude laissait penser. C’était étrangement intime comme sensation… Elle s’attarda un instant, avant de doucement dénouer leurs mains liées, et d’aussitôt poser les siennes sur son pull. Voilà qu’elle se trouvait hésitante, comme si elle n’avait jamais fait cela auparavant.

— Mon pull n’est pas aussi beau que ton couvre-lit, je le concède, mais si tu le fixes comme ça, tu vas finir par le vexer…

À nouveau, un rire échappa à Lavande. Son cœur battait toujours aussi vite, mais elle sentit une vague de sérénité l’envahir. Alors elle osa glisser ses mains sous le pull d’Olivier qui acheva de l’enlever, pour se retrouver en t-shirt devant elle. Lavande leva une main et caressa son bras droit. La réaction que cela suscita, la peau qui frémit et se couvrit de chair de poule, la fit sourire.

Elle laissa son regard dévier vers la fenêtre. Le ciel était entièrement noir, désormais. Les seules lumières venaient de la Lune, des étoiles. Lavande avait fini par les aimer, bien plus que le Soleil. Elles lui rappelaient une période de sa vie qu’elle chérissait particulièrement. Des voyages extraordinaires… Et un espoir nouveau, après des mois de souffrance.

Cela lui convenait. Elle et Olivier, seuls au monde, dans cette chambre, protégés par les étoiles. Alors elle se laissa tomber sur le lit et l’entraîna avec elle.

 

End Notes:

Et voilà ! J'ai beaucoup aimé écrire ces 3 textes, ça fait du bien des fois d'écrire des moments tendres, avec des gens qui s'aiment et qui se le montrent ♥

Petite précision : les voyages extaordinaires auxquels Lavande fait référence à la toute fin, ce sont ceux que je lui fais vivre dans une fic crossover HP/Doctor Who, The mad man with a box.

Merci d'avoir lu ♥

Cette histoire est archivée sur http://www.hpfanfiction.org/fr/viewstory.php?sid=36287