Et le blaireau est un prédateur by Carminny
Summary:


Crédits image : Warner Bros et Larousse, Montage par moi

Susan Bones n’est qu’une Poufsouffle. Personnellement, elle aime bien. Elle est la nièce d’Amélia Bones, et l’honnêteté et la justice sont les valeurs les plus importantes à ses yeux.

Et puis il ne faut pas oublier qu’un blaireau est un prédateur. Il a des griffes et il a des dents pointues et il a un cœur plein de courage.

Ne le sous-estimez pas.

Participation au concours d’AliceJeanne « Sept fois où … a sauvé le monde au péril de sa vie »

 


Categories: Biographies, Tranches de vie Characters: Susan Bones
Genres: Amitié
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: 7 fois où... a sauvé le monde au péril de sa vie
Chapters: 7 Completed: Oui Word count: 7201 Read: 2101 Published: 20/07/2019 Updated: 07/08/2019
Story Notes:

Bonjour !

Voici ma participation au concours d'AliceJeanne (merci à toi) dont les contraintes sontles suivantes :

1. Le courage de la timidité by Carminny

2. Le courage de l'amitié by Carminny

3. Le courage de l'honnêteté by Carminny

4. Le courage du devoir by Carminny

5. Le courage de l'abstraction by Carminny

6. Le courage de la confiance by Carminny

7. Le courage de l'âge by Carminny

Le courage de la timidité by Carminny
Author's Notes:

Le premier chapitre donc. Bonne lecture !

Du haut de ses sept ans, Susan adorait sa tante. Amélia Bones était intelligente, forte, respectée et juste. Elle représentait tout ce que Susan voulait devenir. Et puis, c'était encore plus précieux aux yeux de la petite fille, elle l'aimait.

Il ne se passait pas une semaine sans qu'elle ne passe la voir pour lui apprendre de nouvelles choses. En réalité, depuis un peu plus d'un an, Susan avait le droit de l'accompagner au ministère de la magie. Le lien qui unissait nièce et tante s'en était vu renforcé de plus belle.

Amélia Bones était certes la cheffe du département de la justice magique, mais elle prenait toujours le temps pour Susan et c'était pour cela qu'elle l'admirait. C'était vers sa tante qu'elle se tournait lorsqu'elle avait du mal à comprendre une phrase dans ses livres, c'était avec elle qu'elle discutait des histoires qu'elle lisait, c'était avec elle qu'elle élaborait des blagues à jouer aux autres adultes. C'était sa tante, à qui elle montra sa première dent de lait tombée et c'était Amélia, à qui elle parlait de sa hâte d'aller à Poudlard.

Oh, Susan aimait ses parents, beaucoup même. Mais ils travaillaient tout autant que sa tante et ne pouvaient pas l'emmener. Alors ils demandaient à Amélia de garder leur fille et Susan adorait le temps qu'elle passait dans le bureau de la directrice de la Justice magique.

Mais si Susan était une enfant sage qui pouvait observer sans faire un procès, elle était également très timide. Elle n'avait pas de frère ou sœur et elle n'avait jamais eu d'amis de son âge - comment en aurait-elle rencontrés ? Au ministère elle ne devait pas déranger les employés et les adultes l'impressionnaient. En réalité, elle parlait surtout à sa tante et à ses parents quand ils venaient l'embrasser le soir avant qu'elle ne dorme.

 

Cependant, un jour, sa tante Amélia lui confia un rouleau de parchemin et lui dit gentiment :

- Apporte cela à Rufus au bureau des aurors et ramène-moi la réponse, s'il-te-plaît.

Susan se tendit et leva des yeux pleins de peine vers sa tante. Mais devant le regard encourageant de celle-ci, elle n'osa pas lui avouer que les aurors lui faisaient peur plus encore que les adultes normaux. Après tout, elle ne lui aurait pas demandé si ce n’était pas important, non ? Elle hocha la tête et se glissa par la porte du bureau.

Les aurors avaient leur quartier général juste au bout du couloir. Elle en avait vu un bon nombre dans le bureau de sa tante Amélia. Elle les connaissait. Elle pouvait y aller. Mais elle avait quand même les jambes qui tremblaient et les mains un peu moites. D’un pas hésitant, elle se rapprocha de l’imposante porte en bois, même si en fait c’était une porte tout à fait normale, en tout point identique à celle du bureau de sa tante.

Est-ce qu’il fallait qu’elle toquât ou pouvait-elle entrer directement ? Elle essaya de se rappeler ce qu’elle savait sur le bureau des aurors. Pas beaucoup en réalité. Ils avaient chacun leur table pour la partie papier des enquêtes et le chef avait un bureau comme celui de sa tante. En moins ordonné. Donc elle pouvait entrer comme ça.

Elle avança une main tremblante vers la porte et appuya légèrement sur la poignée joliment ouvragée en forme de loup. Elle poussa doucement. Et trébucha lorsque la porte fut ouverte avec élan depuis l’intérieur.

- Oui, faites comme cela, Alastor, Casimir. Bon courage.

La petite fille recula d’un bond en voyant les trois grands hommes qui s’apprêtaient à sortir du quartier général. Elle se blottit contre le mur. Un grand homme musclé et noir quitta la pièce, marchant d’un pas rapide qui faisait trembler les murs du couloir. Il était suivi par un auror dont elle connaissait bien le nom puisqu’Amélia avait déjà eu pas mal de problèmes avec lui. Fol’ œil était encore plus impressionnant lorsqu’on était proche de lui. Susan avait une magnifique vue sur la partie manquante de son nez et sur l’œil magique qui tournoyait dans son orbe. C’était effrayant ! Heureusement les deux sorciers passèrent à côté d’elle en l’ignorant complètement. Susan n’était pas tout à fait certaine qu’elle aurait survécu à la rencontre avec l’auror qui avait causé le plus de mort pendant la dernière guerre. Quand il venait dans le bureau d’Amélia, elle avait l’habitude de se cacher derrière un livre.

- Alors, Susan, tu nous rends enfin visite ?

La jeune Bones sursauta. Elle avait complètement oublié le dernier auror. Elle leva un regard effrayé vers l’abondante chevelure fauve et les nombreuses cicatrices qui parcouraient le visage de l’homme.

- Oncle Rufus ! Susan sauta dans ses bras écartés, toute peur oubliée. Je ne savais plus que tu étais auror !

Rufus Scrimgeour éclata d’un rire chaleureux en lui passant la main dans les cheveux.

- Je suis même le chef des aurors, ma petite Susan. Viens donc par ici, pourquoi est-ce que tu es venue ? Certainement pas pour croiser Maugrey ! Il ne t’a pas trop fait peur ?

Susan se mordit sur les lèvres, un peu honteuse maintenant. Puis elle secoua la tête d’un air décidé. Elle n’allait quand même pas avouer qu’elle avait été terrifiée ! Rufus plia les genoux pour se mettre à la même hauteur qu’elle et posa ses grandes mains sur ses épaules. Ses yeux jaunes étaient ancrés dans les bruns de la petite fille. Susan essaya de les garder grand ouvert.

- Tu sais, Susan, il est important d’avoir peur et de se l’avouer. C’est même la seule façon de faire preuve de courage. Parce que le courage n’est pas l’absence de peur, c’est réaliser qu’on est terrifié et quand même faire ce que l’on doit. Même si on préfèrerait se cacher sous le lit, on affronte sa peur et c’est alors qu’on est courageux.

Susan Bones hocha sérieusement la tête et se promit d’aller parler aux grandes personnes. Ils avaient tellement à lui apprendre ! Et puis, même s’ils lui faisaient peur, elle pouvait être courageuse.

End Notes:

Vous ne la trouvez pas courageuse, la petite ?

N'hésitez pas à commenter ou à aller lire les autres participations.

Le courage de l'amitié by Carminny
Author's Notes:

Bonne lecture !

- Tu es sûre de ce que tu veux faire ? s’interrogea Hannah Abbot en levant un regard inquiet vers sa meilleure amie. Ce n’est pas trop dangereux, tu crois ?

Susan Bones secoua la tête. Bien sûr que c’était dangereux, ils pouvaient même mourir ! Ce n’était pas comme s’il y avait un monstre indéfini qui pétrifiait les personnes dehors. Il y avait déjà quatre victimes, elle le savait. Mais Colin Crivey et Justin étaient nés-moldus, alors elle, elle ne risquait rien, n’est-ce pas ? De toute façon il n’y avait pas à discuter. Elle partirait chez elle le lendemain pour les vacances de Noël et elle voulait absolument voir Justin avant. Qu’est-ce qu’il dirait si on l’oubliait ? Lui aussi avait bravé les interdits pour lui rendre visite à l’infirmerie lorsque l’année dernière elle avait attrapé la grippe. Elle lui devait d’y aller.

Elle essayait d’expliquer cela à Hannah. Son air sceptique lui confirma que ce n’était pas un succès. Hannah était tout simplement beaucoup trop pragmatique pour comprendre. D’ailleurs son prochain argument le démontrait.

- Je ne pense pas que Justin voudrait que tu te mettes en danger pour lui.

Là-dessus la rouquine ne pouvait que lui donner raison. Mais en même temps elle était convaincue que Justin apprécierait le geste. Ils étaient amis, n’est-ce pas ? Et les amis, ça prenait des risques les uns pour les autres.

- Je vois que je ne peux pas t’en empêcher, constata Hannah en faisant une moue déçue.

- Non, acquiesça Susan. Je dois y aller.

- Dans ce cas je t’accompagne, conclut la Poufsouffle blonde.

Susan cligna des yeux. Alors là, elle ne s’y attendait pas. Son amie arrivait toujours à la surprendre. Elles mirent leurs capes et leurs écharpes puis sortirent de la salle commune des Poufsouffle.

Le couloir était glacial et noir. Les vieilles pierres grinçaient et il semblait à Susan qu’elle entendait des bruits de pas au-dessus de sa tête. Hannah lui prit le bras. Les deux filles se regardèrent et constatèrent qu’elles étaient l’une comme l’autre blanches de peur. Poudlard était terrifiant la nuit.

Les deux Poufsouffle avancèrent lentement, les mains fermement enlacées. Chaque pas était source de nouvelles craintes. N’était-ce vraiment que l’écho de leurs semelles qui leur revenait maintenant ou était-ce un professeur qui faisait sa ronde ? Peut-être même le redoutable maître des potions ? Susan avait entendu qu’il se transformait en sanguin vampire une fois la nuit tombée.

Maintenant elle se mettait déjà à voir des monstres et à resasser ces mythes et rumeurs de couloir qu’elle n’avait jamais considéré autrement que comme des histoires à dormir debout. Et s’ils étaient vrais finalement ? Personne ne pouvait le savoir après tout. Si ça se trouvait les fantômes reprenaient matière et se vengeaient de toutes leurs peines sur les élèves qui avaient le malheur de les croiser. Si ça se trouvait la professeure d’arithmancie était une harpie les nuits de nouvelle lune et dévorait les élèves ne sachant pas calculer l’air d’un triangle. Si ça se trouvait il y avait un basilic qui se promenait en liberté dans le château !

Non, définitivement, les rumeurs qui couraient n’étaient pas rassurantes pour deux mornilles. Susan se blottissait un peu plus contre son amie. Si seulement elle n’avait pas insisté pour sortir. Elle s’en voudrait terriblement si quelque chose arrivait à Hannah.

Une ombre blanche traversa le couloir une dizaine de mètres plus loin. Les deux filles étouffèrent un cri. Il fallait bien qu’elles s’attendent à croiser des fantômes. Tout allait bien, et les pas derrières elles n’étaient pas un troll affamé mais un professeur ou un préfet.

- Susan, Hannah ? les interpella la professeure Chourave. Que faites-vous dans les couloirs à cette heure-ci ?

Les yeux de son amie étaient écarquillés à la lumière de la baguette de leur professeure. Avec ses deux nattes blondes, Hannah ressemblait à un lapin prit dans la lanterne d’un balai. Susan savait qu’elle ne devait pas donner une meilleure image de son courage. Néanmoins elle prit sur elle. Au moins c’était leur responsable de maison et pas Rogue ou McGonagall. Ou pire un troll.

- Nous voulions aller à l’infirmerie, bredouilla-t-elle, la tête baissée. Demain on part pour les vacances et…

Une main se posa sur son épaule. Elle leva le regard vers le sourire compréhensif du professeur Chourave. Elle n’était pas très rassurée mais sentait qu’aucune punition ne se pointait.

- Je comprends, mes grandes, mais allez-y plutôt demain matin. Madame Pomfresh ne serait pas très contente de devoir se lever en plein milieu de la nuit pour vous ouvrir.

Susan ouvrit grand les yeux. Elle n’avait même pas pensé à l’infirmière. Elles n’auraient jamais réussi à passer devant elle, c’était certain. Après tout il y avait une raison pour laquelle on comparait Madame Pomfresh à un dragon et ce n’était pas la Pimentine.

- Venez, mes grandes, les incita la professeure Chourave. Je vous ramène à la salle commune. Et je vais en profiter pour me réchauffer un peu devant le feu, ajouta-t-elle avec un clin d’œil.

Susan dut sourire et elle vit qu’Hannah en fit de même. Les couloirs n’avaient plus qu’un rien d’effrayant maintenant, avec la main rassurante de Pomona Chourave autour de leurs épaules. Arrivées dans la salle ronde de Poufsouffle, leur professeure reprit la parole.

- Je sais que vous vous êtes rendu compte du danger qui se ressent à Poudlard, et je suis contente d’avoir pu vous ramener saines et sauves. Mais je sais aussi que vous n’hésiterez pas davantage la prochaine fois. Vous vouliez rendre visite à un ami qui est dans une situation atroce, je ne le comprends que trop bien. Je suppose qu’en tant que professeure, je devrais vous enlever des points voire vous mettre en retenue, mais en tant que Poufsouffle, je suis fière de vous. Oui, fière, parce que vous avez affronter vos peurs et les dangers dans les couloirs par amitié, par loyauté. Et ça, c’est inestimable. Vous avez fait preuve d’un grand courage, mes grandes. Un courage digne de Poufsouffle.

Le courage de l'honnêteté by Carminny
Author's Notes:

Coucou ! Voici le troisième chapitre, bonne lecture !

Le miroir lui renvoyait une image sublime. Un visage parfaitement maquillé, des cheveux étincelants à la lumière du plafonnier, élégamment relevés dans un chignon sophistiqué, des yeux qui semblaient énormes, brillants d’excitation. Ses mains tremblaient et elle peinait à fermer son collier. Sa robe tombait en de multiples plis jusqu’à son mollet. Que diraient les autres ? Était-elle suffisamment belle pour le bal de Noël ?

Susan adorait sa robe de bal. Le haut était en jersey jaune tout comme la cotte et décoré avec de petites perles blanches formants des étoiles. Les mêmes perles qui se trouvaient aussi sur son diadème. La jupe en organza n’était pas uniformément jaune mais avaient par endroit des teintes rosées ou orangées qui rappelaient un lever du soleil particulièrement magnifique. Susan réussit enfin à fermer le collier que lui avait offert Ernie pour son dernier anniversaire. Le petit blaireau argenté trouva sa place dans son décolleté rond.

La Poufsouffle sourit à son reflet. Elle était belle ! Et sa robe virevoltait autour d’elle lorsqu’elle se tournait. Il fallait absolument qu’elle envoie une photo à sa tante et à ses parents. Heureusement qu’Hannah avait un appareil photo. Elle tourna une nouvelle fois devant le miroir. Que sa robe étincelait à la lumière du dortoir !

- Tu t’es suffisamment admiré ? s’enquit Megan en tournant une page de son livre. Il sera bientôt l’heure de descendre. Tu crois qu’Hannah sera prête à temps ?

- J’arrive. Juste encore un instant, cria celle-ci depuis la salle de bain.

Susan se tourna vers sa deuxième camarade de chambre. Megan était le calme même dans sa longue robe en satin violet. Elle lisait tranquillement – Susan avait louché sur la quatrième de couverture pendant que Megan se préparait – un roman policier en les attendant.

- Vous croyez que je plairais à Wallace ?

Hannah déboula dans le dortoir pour leur montrer le maquillage de clown dont elle s’était accoutrée. Susan remercia Merlin d’avoir demandé à Megan et non à sa meilleure amie de l’aider.

- Tu ne ressembles à rien, remarqua Megan avec flemme. Mais si tu veux de l’aide… C’est maintenant ou jamais.

Il ne fallut pas plus que cinq minutes pour que les trois filles soient fin prêtes. Hannah, désormais décemment maquillée, avait sorti une très belle robe bleu ciel qui s’accordait parfaitement à ses yeux. Elle sautillait d’impatience, après tout elle avait été invitée par le garçon de ses rêves. Un Serdaigle d’un an leur aîné répondant au nom de Wallace Spring. Megan et Susan avait moins d’ambition sur ce point, la première y allant avec son petit ami, Wayne Hopkins. La deuxième, elle…

- Et vous êtes bien certaines qu’il a bien compris que ce n’est qu’en toute amitié qu’on y va ?

Les hochements de tête pleins de zèle de ses deux amies étaient beaucoup trop louches pour inspirer confiance à la Poufsouffle rousse. Elle n’était pas du tout sûre de pouvoir se fier à ses deux romantiques qui ne voulaient pas comprendre qu’elle n’avait aucune envie de sortir avec quelqu’un, soit-il aussi gentil qu’Ernie Macmillan qui était de toute façon déjà un de ses meilleurs amis. Ça suffisait, non ? Mais quand il lui avait demandé, elle n’avait pas pu le lui refuser. Cela semblait être tellement important pour lui.

- Tu es magnifique, Susan, l’accueillit son partenaire pour la soirée.

Il semblait à la jeune fille qu’il la regardait avec un peu trop d’insistance. Elle n’aimait pas ça. Mais son ami tourna le regard et complimenta les deux autres filles également. D’ailleurs Wayne Hopkins s’était immédiatement précipité sur Megan mais avait quand même prit le temps de complimenter les deux autres. Peut-être que c’était simplement la bonne manière de faire…

Ensemble les cinq amis descendirent dans le hall où Hannah retrouva Wallace. Elle se fit complimenter à en rougir de plaisir et commença immédiatement à roucouler. Pathétique. Susan se tourna vers Ernie dans l’espoir de pouvoir mener une conversation digne de ce nom.

- Tu as déjà entendu parler de la nouvelle idée de réforme concernant les briseurs de sort ? Apparemment ils ne seraient plus employés par Gringotts directement mais par l’intermédiaire du Ministère de la Magie. Je pense qu’il s’agit là d’une tentative du gouvernement de…

- Susan, l’interrompit délicatement Ernie en lui prenant la main. Tu portes le collier que je t’ai offert.

La Poufsouffle rousse cligna des yeux, surprise. C’était sympa qu’il l’avait remarqué, puisqu’elle l’avait surtout mis pour lui faire plaisir, mais quel était le rapport avec les briseurs de sort ? Peut-être qu’Ernie ne voulait pas parler politique.

- Oui, répondit-elle. Il est joli.

- Il faut entrer dans la Grande Salle, ajouta Ernie. Si tu me ferais l’honneur de me suivre…

- Je te ferais même l’honneur de te précéder, Susan serra la prise sur sa main. Venez, mon ami.

Ils s’installèrent à une table proche des fenêtres et observèrent les champions et leurs partenaires entrer puis engager la première danse. Ernie entraîna Susan sur la piste. S’il voulait… Elle aimait danser.

Une bonne partie de la soirée se passa donc agréablement. Ernie était allé chercher des boissons et Susan, même si elle aurait préféré l’accompagner, le laissa jouer le charmant gentilhomme. Si ça pouvait le rendre heureux de la servir comme si elle avait cinq ans – enfin à cinq ans, elle insistait pour se verser elle-même l’eau à table. Elle regarda les autres couples danser. Hannah et Wallace semblait très bien s’amuser et Susan aurait parié que sa meilleure amie venait de lui raconter la blague sur le gobelin et l’elfe de maison.

Ernie réapparut et déposa un verre devant elle. Le contenu lui semblait suspect. Cette couleur verte ne pouvait pas être naturelle…

- Qu’est-ce que c’est ?

Mais Ernie ne lui répondit pas. Il l’embrassa. Susan resta une seconde de marbre. Ernie l’embrassait. Ils étaient juste amis ! Sa main partit avant même qu’elle ait fini de formuler sa pensée. Elle le baffa. Le courant d’air soulevait la mèche rebelle qui lui tombait dans le front. Susan sauta sur ses pieds. Elle ne pouvait pas y croire. Ils n’étaient qu’amis et elle n’avait pas l’intention d’intensifier leur relation de cette manière.

- Qu’est-ce qui t’a pris ?! s’exclama-t-elle. Je t’aime beaucoup, Ernie. Mais uniquement en tant qu’ami.

Susan ne voulait pas faire souffrir son ami mais elle avait encore moins envie de le laisser à des faux espoirs. Et elle avait la force et le courage que ne possédaient pas toutes les filles pour le lui faire entendre.

End Notes:

Alors qu'en pensez-vous ? Ernie a-t-il été poussé dans la mauvaise direction ? A-t-il été courageux ? Et Susan ?

Le courage du devoir by Carminny
Author's Notes:

Coucou !

Voici un nouveau chapitre sur Susan Bones avec l'évènement majeur pour quelqu'un de son époque : la Bataille de Poudlard. Comment ne pas en parler ? J'espère que vous apprécierez ce point de vue.

Bonne lecture !

Un sort mauve éclata le mur derrière l’endroit où elle se tenait quelques instants avant. Susan Bones n’y prêta pas davantage d’attention que si une fée s’y était écrasée. Elle se déplaça encore puis lança à son tour un sort. Le mangemort face à elle s’effondra, stupéfixé. La Poufsouffle prit le temps de le ligoter à l’aide de cordes solides avant de continuer son chemin. Il fallait qu’elle retrouve Hannah.

Lorsqu’elle avait reçu le message de l’Armée de Dumbledore, Susan n’avait pas hésité de revenir à Poudlard. Ses amis étaient en danger et ils avaient enfin l’occasion de se battre pour leur liberté, pour leur opinion, pour leur existence. Hors de question qu’elle les laisse affronter cela seuls pendant qu’elle se terrait quelque part dans les landes. Au départ elle avait été avec Hannah et Ernie mais ils s’étaient rapidement perdus dans le chaos des combats.

Susan évita un nouveau sort en se jetant derrière une armure déjà brisée. Il y avait beaucoup trop d’ennemis, elle l’avait réalisé au bout de quelques minutes. Mais elle ne pouvait pas abandonner, tout comme ses amis n’abandonnerait pas. Elle devait les retrouver, ils savaient se battre ensemble et ainsi avaient une chance de surprendre les mangemorts. C’était leur seule chance.

Jetant à l’aveuglette un sort de croche-pied dans la direction d’où venait le sort et se précipita vers les escaliers. Au début des combats Ernie avait proposé la salle de Sortilèges comme lieu de retrouvailles s’ils venaient à se perdre. Il fallait donc qu’elle change d’aile et d’étage. Aucune idée comment elle avait réussi à atteindre cet endroit. Elle n’avait qu’essayé d’éviter les tirs et de les rendre sans toucher ses camarades de Poudlard. C’était probablement ce qui l’embêtait le plus. Elle avait du mal à trouver des angles d’attaque sûrs. Quelle catastrophe si elle touchait un enfant de treize ans – que personne ne lui dise qu’ils étaient tous partis du château !

Elle tourna autour d’un angle de couloir et se retrouva dans la cage d’escalier central. Juste devant elle un groupe d’élèves faisait face à quatre mangemorts masqués. Les élèves étaient trop jeunes, Susan le voyait bien. Mais les sorts volaient densément et elle dût se plaquer contre le mur. Observant l’échange avec attention, elle y jeta quelques sorts d’entrave. Un nouveau mangemort arriva.

Soudain le temps sembla s’arrêter. Susan voyait une lumière verte se créer au bout de sa baguette. Il n’avait pas le droit de toucher quiconque. Ce n’était pas honnête de tirer dans le dos des gens. Le sort partit quand Susan bondit. Ses mains poussèrent l’enfant. Son menton claqua sur le sol. Elle avait l’impression que toutes ses dents tombaient. Puis le sort lui toucha la jambe.

Sa vie ne défila pas devant les yeux tout autant qu’elle ne mourut pas. Susan ouvrit les yeux, un peu incertaine, mais le combat n’avait toujours pas cessé. Elle se redressa sur son coude et lança le sort le plus noir qu’elle connaissait : confringo. Et elle visa le buste du mangemort. Son sort explosa à l’endroit voulu. C’était le premier homme qu’elle tuait.

Sa jambe commençait maintenant à la faire souffrir mais un regard autour lui indiquait que rester allongée en plein milieu du couloir n’était pas une bonne idée. Susan commença à ramper vers les escaliers. De sa position base, elle put tirer des sorts à travers les jambes de ses camarades de classe. Elle réussit à stupéfixer un mangemort. Deux des élèves s’effondraient en hurlant. Susan les ignora. Il était probablement déjà trop tard. Un sort vert émeraude faucha un autre enfant. Les deux mangemorts restants furent immobilisés par cinq sorts en même temps.

L’élève qu’avait sauvé Susan suivit ses camarades dans le couloir d’où venait la Poufsouffle. Sans un regard vers elle. Elle ne pouvait pas lui en vouloir. Tant de personnes devaient être mortes déjà. Elle essaya de se relever et ne réussit qu’à tomber les escaliers. S’en était-elle autant rapprochée ? Son corps entier lui paraissait être une unique plaie maintenant mais elle savait que ce n’était rien comparé à un doloris.

Cela n’avait pas d’importance. Susan sombra dans l’inconscience.

 

Elle se réveilla abruptement. La Grande Salle était remplie de personnes mais aucun combat n’avait lieu. Cela voulait-il dire qu’ils avaient gagné ? Ou au contraire que tout espoir était perdu ? Non, elle s’assit et observa les sorciers qui se soignaient, qui riaient, qui pleuraient. Plus loin, à l’autre bout de la salle, elle pouvait distinguer une rangée de corps recouverts de draps. Des morts, comprit-elle. Dans la foule elle crut distinguer les couettes blondes d’Hannah ou la chevelure désordonnée d’Hermione Granger.

- Ah, Mademoiselle Bones, vous voilà réveillée.

Madame Pomfresh arriva vers elle. Ses traits étaient encore plus tirés que pendant l’épidémie de grippe en première année et ses mains tremblaient légèrement pendant qu’elle se saisissait de deux ou trois fioles.

- Vous allez bien, Madame Pomfresh ? osa demander Susan.

La réponse était pourtant évidente et elle s’en voulut de probablement remuer la baguette dans la plaie, mais l’infirmière lui adressa un sourire fatigué.

- Ce serait normalement à moi de vous demander ça. Mais oui, vous voyez, Harry Potter a vaincu Vous-Savez-Qui et maintenant ils font la fête. S’occuper des blessés est le rôle de l’infirmière pas des combattants. Avalez ce Pousse-Os, je vous prie.

Susan cligna des yeux. Alors tout était fini ? La guerre, les morts, la souffrance, finis ? Mais elle repoussa ses réflexions pour prendre sa potion. Pomfresh était visiblement débordée même si elle voyait au moins trois autres personnes s’occuper des blessés. Peut-être qu’elle allait pouvoir aider aussi ?

- Je vous aiderai, assura la Poufsouffle. Si vous me laissez, bien sûr.

- Vouloir, c’est bien, jeune fille, lui sourit l’infirmière. Pouvoir, c’est mieux. Vous restez sagement coucher, Mademoiselle Bones. Nous avons bloqué le maléfice mais vous devriez laisser votre jambe gentiment se reposer si vous voulez avoir un espoir de pouvoir vous appuyer dessus un jour.

Susan déglutit. Les sorts verts n’auguraient vraiment rien de bon. D’ailleurs comment s’en était sorti l’enfant qu’elle avait poussé ? Est-ce qu’elle le reconnaîtrait seulement ? Madame Pomfresh semblait suivre ses pensées.

- Mais vous savez, jeune fille, c’était très courageux de votre part de protéger quelqu’un de plus jeune.

Susan grimaça. Elle avait seulement fait son devoir. Et c’était l’essentiel.

Le courage de l'abstraction by Carminny
Author's Notes:

Coucou !

Alors je ne suis pas très convaincue par le titre du chapitre mais il me semble correspondre quand même. Et on retrouve une part de thématique qu'on avait déjà vu avant : les autres. Ici, une citation connue de Sartre aurait sa place mais je vous l'épargnerais ;)

Bonne lecture !

Le miroir lui renvoyait une image pitoyable. Un visage cireux, des cheveux ternes et gras, des yeux rougis et las. Ses mains tremblaient et sa canne faisait un trou dans le tapis. Sa cape retombait sans élégance de ses épaules. Que diraient les autres ? Que voyaient-ils dans la sorcière désespérée et apeurée qu’elle était ? Ou voyaient-ils autre chose ? Elle aurait bien aimé le savoir.

Mais Susan Bones ne regrettait pas d’avoir lancé un sort de mutisme au miroir. Au moins dans sa chambre, elle ne voulait pas être jugée. Oh, elle aurait dû y être habituée, mais les murmures dans son dos la terrifiaient.

Qu’elle les avait aimées, ces rumeurs lorsqu’elle avait neuf ans et son avenir devant elle. La petite nièce d’Amélia Bones, soufflait-on sur son passage. Elle est tout aussi intelligente qu’elle, disait-on lorsqu’elle posait toutes les questions imaginables. Elle lui succédera certainement, murmurait-on et Susan se dressait de toute sa taille. Elle était fière d’être la nièce d’Amélia Bones. Elle suivrait les traces de sa tante. Tout le monde le disait.

Qu’elle les avait ignorées, ces rumeurs lorsqu’elle avait onze ans et un blason jaune sur sa cape. Des Poufsouffle, soufflait-on en apercevant son groupe d’amis. Des pauvres blaireaux trop gentils, disait-on lorsqu’elle mangeait dans la Grande Salle. Ceux que les autres maisons n’ont pas voulus, murmurait-on et Susan passait son chemin. Elle était heureuse d’être une Poufsouffle, l’ancienne maison de sa tante. Elle était dans la maison de l’honnêteté et de la justice. Que les autres se mettent ça dans le crâne.

Qu’elle les avait supportées, ces rumeurs lorsqu’elle avait seize ans et que sa tante venait d’être assassinée par Vous-Savez-Qui. La nièce d’Amélia Bones, soufflait-on en la remarquant dans un couloir. Le combat a été atroce, disait-on en la jaugeant d’un nouveau regard. Susan baissait la tête et se mouchait. Elle ne voulait pas qu’on lui rappelle cela toutes les cinq minutes. Mais les autres ne comprenaient pas.

Qu’elle les avait maudites, ces rumeurs lorsqu’elle avait dix-sept ans et son nom sur un avis de recherche. Une sans-abri, soufflait-on en la voyant au coin d’une rue. Une traitre à son sang, disait-on même lorsqu’on l’hébergeait pour une nuit. Une ennemie publique, murmurait-on avant de lui jeter un mauvais sort. Susan était fatiguée de fuir et elle était fatiguée de se cacher. Elle se battait sur le chemin que lui avait indiqué sa tante. Les autres se trompaient.

Qu’elle les avait évitées, ces rumeurs lorsqu’elle avait dix-huit ans et une réputation d’héroïne de guerre. Elle a combattu à Poudlard, soufflait-on en fixant sa boiterie prononcée. Elle a toujours soutenu Harry Potter, disait-on en la décorant d’une médaille. Elle est digne héritière de sa famille, murmurait-on dès qu’elle posait un pied en dehors de sa maison. Susan se cachait encore, chez elle, ne recevant que ses amis. Elle n’avait rien fait de spécial, seulement son devoir. Comprenne qui pourra.

Mais Susan ne pouvait plus éviter les rumeurs, les murmures qui accompagnaient chacune de ses rares sorties. Elle ne pouvait pas rester terrer chez elle, alors que ses amis, ses camarades de classe devaient tout reconstruire dehors. Elle se devait d’apporter sa pierre à l’édifice et peut-être même continuer les projets de sa tante. Réformer le système juridique. Réformer la prison d’Azkaban. Réformer la formation des nouveaux employés du département. Sa tante avait eu tellement d’idées et de projets qu’elle n’avait jamais pu réaliser. Susan, elle, pouvait le faire. Non seulement parce que sa tante l’aurait voulu mais parce que c’était la seule chose à faire. Elle avait toujours voulu faire du droit et maintenant elle pouvait. Il suffisait d’oser.

Susan regardait son reflet une nouvelle fois. Peut-être qu’elle n’avait pas les joues bien roses, mais qui pouvait bien avoir un joli teint à une quinzaine de mois d’une bataille meurtrière ? Peut-être que ses cheveux étaient moins flamboyants qu’autrefois, mais personne ne s’en apercevrait dans son chignon. Peut-être que ses yeux étaient encore rougis des larmes qu’elle continuait de verser chaque jour, mais il y brillait une détermination nouvelle. Susan se sentait prête.

Qu’elles existent les rumeurs, que les gens se murmurent sur son passage. Susan savait ce qu’il disait. Estropiée, pour ceux qui ne lisaient pas les journaux. Traitre à son sang, pour ceux qui n’avaient rien appris. Nièce d’Amélia Bones, pour ceux qui se souvenaient des familles. Combattante à Poudlard, pour la plupart. Les gens aimaient parler mais ils oubliaient tout aussi facilement. Ils aimaient répandre des rumeurs. Mais Susan savait ce qu’ils allaient raconter dans le futur aussi. Qu’elle n’avait obtenu un poste au département de la justice magique parce qu’elle avait combattu à Poudlard ou parce qu’elle était la nièce d’Amélia Bones. Elle allait leur montrer que c’était peut-être la raison pour laquelle elle avait été engagée mais pas celle pour laquelle elle travaillait là.

Susan avait peur de sortir, d’être confrontée à tous ces regards, toutes ces opinions sur elle. Elle avait peur de ne pas être à la hauteur des attentes qu’elle avait envers elle-même. Elle avait peur des vérités qui se cachaient derrière les visages souriants de ses collègues. Elle avait peur d’entrer dans son bureau si semblable à celui de sa tante. Elle avait peur de croiser un auror dans le couloir. Elle avait peur de devoir descendre les escaliers pour se rendre à la salle d’audience et pas uniquement à cause des marches. Elle avait peur de se retrouver confronter à des jugements de mangemorts. Elle avait peur de la subjectivité des juges. Elle avait peur de son propre deuil. Elle avait peur de ses souvenirs et elle avait peur de l’avenir.

Et pourtant, pourtant, chaque matin, elle se regardait dans son miroir et chaque matin il lui réfléchissait l’image d’une jeune femme en voie de reprendre sa vie en main. Chaque matin, Susan restait pétrifiée devant son reflet, les mains tremblantes, à essayer de deviner ce que voyait les autres. Et pourtant, pourtant, chaque matin, elle partait au Ministère et chaque matin elle faisait un peu de son devoir. Chaque jour, un petit pas en direction de la vie.

Le courage de la confiance by Carminny
Author's Notes:

Coucou !

Alors voilà un chapitre qui fait écho à celui sur le Bal de Noël (au hasard le 3) où on avait donc une Susan très réticente à l'idée de sortir avec quelqu'un.

Bonne lecture !

Elle ne savait pas comment elle en était arrivée là. Ou peut-être que si. Elle ne savait pas comment elle pouvait sortir de là. Ou peut-être que si. Susan Bones était confuse et elle savait qu’il n’y avait qu’un chemin qui s’offrait à elle. Encore fallait-il qu’elle ose l’emprunter.

Tout avait commencé un jour où elle était sortie énervée du travail et qu’elle avait voulu mettre de la distance entre ces collègues et elle. Elle avait pris le bus pour rentrer du ministère de la magie. Il était à Londres pour une formation. Elle avait peiné à monter la marche d’entrée. Il lui avait proposé sa place assise. Elle avait refusé par fierté. Il n’avait pas insisté par gentillesse. Le lendemain, elle avait repris le bus. Le lendemain, il lui avait souri un peu plus. Le jour d’après, sa jambe la faisait souffrir. Le jour d’après, son journal lui glissait des mains. Elle le lui avait rendu. Il l’avait remerciée.

Ils s’étaient croisés dans un café qu’aucun des deux ne connaissaient avant. Ils avaient parlé politique. Ils avaient parlé éthique. Richard lui avait dit qu’il était prêtre d’une petite commune. Susan lui avait dit qu’elle était employée à la justice magique. Ils ne savaient rien du monde de l’autre. Ils avaient découvert un nouvel aspect de l’univers. Elle avait visité la petite église Saint-Margaret dans un tout aussi petit village au nord de l’Angleterre. Il avait découvert le magique Chemin de Travers dans un tout aussi magique Londres au milieu de la capitale.

Elle lui avait parlé de la guerre en Grande-Bretagne. Il lui avait parlé de la guerre au Yémen. Elle lui avait parlé de la mort de sa famille et de la bataille de Poudlard. Il lui avait parlé de la mission anglicane et de la rébellion. Elle lui avait parlé de la reconstruction lente et des blessures. Il lui avait parlé de la révolution pacifique des jeunes et des famines. Elle lui avait parlé de ses doutes sur l’humanité. Il lui avait parlé de son espoir en l’humanité.

Ils s’étaient rapprochés. Ils s’étaient confiés comme ils ne le faisaient avec personne d’autre. Ils s’étaient rendus compte que leurs vies s’étaient emmêlées. Ils avaient constaté que sans l’autre, ils n’étaient plus que la moitié d’eux-mêmes. Et si cela les intimidait, ils n’en parlaient jamais. Ils étaient ensemble et cela semblait naturel, cela semblait normal. Mais aucun d’entre eux n’osait mettre des mots sur ce qu’ils savaient tous les deux mais chacun d’entre eux souhaitait en avoir le courage.

Maintenant Susan savait qu’une seule chose, il fallait qu’elle réunisse le courage nécessaire, elle ne pouvait plus continuer sans cela. Le temps lui manquait. Il fallait qu’elle lui demande, il fallait qu’elle lui dise. Elle resserra ses doigts sur le pommeau de sa canne et se dirigea vers le café où ils s’étaient donnés rendez-vous. Il était dans le bourg voisin du village de Saint-Margaret, ainsi Richard ne croisait pas tout le temps ses paroissiens et Susan devait de toute façon transplaner.

Richard Clark l’attendait déjà devant une tasse de thé. Elle le rejoignit aussi rapidement que le permettait sa jambe par ce temps humide et froid. Il se leva pour lui reculer la chaise et lui sourit chaleureusement.

- Bonjour, Susan.

- Bonjour, Richard.

Susan se sentait nerveuse. Comment pouvait-elle arriver là où elle le souhaitait ? Ou pouvait-elle lui demander cela juste comme ça, de but en blanc ? Elle se racla la gorge, se servit du thé et remis une mèche de ses cheveux en place. Elle regarda Richard. Est-ce qu’il sentait que quelque chose n’était pas habituel ? En tout cas il bougeait nerveusement sur sa chaise et jouait avec ses doigts. Il semblait lui aussi sur le point de dire quelque chose. Susan but une gorgée de son thé. Elle rassemblait toute son courage. C’était Richard pas un troll des montagnes ! Il n’allait pas la mordre. Elle se racla la gorge puis se lança. Cela n’avait aucun sens de continuer à repousser cela.

- Richard, il faut que je te demande quelque chose.

Ce n’était pas la meilleure introduction du monde, elle en était consciente mais au moins elle avait commencé et c’était honnête. L’homme lui sourit un peu nerveux, lui semblait-il.

- Cela tombe bien, moi aussi, Susan.

Et maintenant ? Elle devait lui poser directement sa question ou devait-elle lui laisser la place de poser la sienne ? Et si c’était la même. Susan se mordit dans la joue. Qu’est-ce qu’il fallait faire maintenant ? Face à elle, Richard semblait être dans le même dilemme.

- Est-ce qu’on…

- Voudrais-tu…

- … se marie ?

- …m’épouser ?

Richard et Susan échangèrent un regard vacillant entre la surprise et la complicité. Ils s’étaient compris.

- Oui, se confirmèrent-ils en même temps.

Richard se pencha vers la sorcière et posa un doux baiser sur sa joue. Ils étaient trop loin pour davantage. Puis il sortit un petit écrin. Susan eut peur pendant un instant qu’il ne s’y trouve une bague de fiançailles. Elle ne savait pourquoi ça la prenait soudainement mais elle sentait qu’elle n’était pas prête à porter un anneau comme si elle lui appartenait.

- Ouvre, l’encouragea gentiment Richard. Ce n’est pas ce que tu crains.

Il la connaissait trop bien. Il connaissait ses peurs et la respectait. Rassurée, Susan l’ouvrit quand même les mains tremblantes. Sur un petit coussin en velours reposait un médaillon en or. Une fleur de lys y était gravée, entourée d’un cœur de ronces. Il était beau.

- Merci, sourit-elle à Richard. Il est parfait.

Elle ouvrit rapidement la chaînette en or qu’elle portait au cou. Deux médailles y étaient déjà accrochées et il était temps d’y ajouter une troisième. Richard se pencha sur la table pour mieux observer la chaînette.

- Celle-ci est celle de ta naissance, en pointa-t-il la première. D’un côté les armories des Bones, de l’autre ton nom et ta date de naissance. Celle-ci t’a été offert par un de tes amis de Poufsouffle qui est mort dans la guerre. Maintenant tu as celui de tes fiançailles.

- Trois est un bon nombre, sourit Susan. Tu penses que notre enfant portera aussi toujours sa chaînette ?

End Notes:

J'avoue que je les trouve trop choux ! Et vous ?

Le courage de l'âge by Carminny
Author's Notes:

Voici donc le dernier chapitre de cette fic. Merci à AliceJeanne pour le concours.

Bonne lecture !

Du haut de ses soixante-huit ans, Susan Bones était terrifiée à l’idée de retourner à Poudlard. Et pourtant il le fallait, cinquante ans après la bataille finale conte Celui-Dont-On-Ne-Prononce-Pas-Le-Nom. Les souvenirs étaient encore bien ancrés dans sa mémoire et même si elle avait fait sa septième année dans le vieux château tout fraîchement reconstruit, elle craignait maintenant se retrouver face aux ruines et aux cadavres qui hantaient ses cauchemars. Son époux Richard Bones – ils avaient décidé de garder son nom à elle – se montrait empathique mais il ne comprenait pas le problème.

- Si tu en as tellement peur, tu pourrais simplement ne pas y aller, proposait-il en lui caressant la main d’un geste apaisant. Linda y est de toute façon et Felix ira aussi. La famille sera donc représentée si c’est cela qui t’inquiète.

Susan sourit doucement à l’évocation de leurs enfants. Il était vrai qu’ils étaient grands maintenant. Leur aînée Linda était professeure de Sortilèges à Poudlard depuis quelques années. Elle avait toujours du mal à croire que sa petite fille enseignait aux jeunes sorciers. Quant à leur fils Felix, il avait suivi la voie de la Justice magique comme sa tante Amelia et elle-même. La cadette, Marie, avait préféré suivre la voie de prêtre de Richard. Apparemment ils avaient donné une impression positive de leurs métiers – ou plutôt vocations dans leurs cas – à leurs enfants.

- Ce n’est pas juste cela. En tant qu’ancienne cheffe du département de la justice, je suis obligée d’y aller, tenta-t-elle une explication. Les gens vont se poser des questions si je n’y suis pas.

- Tu veux dire, déjà qu’ils parlent parce que c’est Felix le nouveau, tu ne veux pas donner lieu à de nouvelles rumeurs.

Susan acquiesça. C’était au moins une excuse. La réalité étant qu’elle ne voulait pas y retourner, elle avait peur de rouvrir des blessures qui avaient mis du temps à cicatriser. Et si la fête était utilisée par des sorciers malintentionnés pour faire un attentat ? Et s’il restait des mangemorts parmi eux ? Et ceux qui étaient sortis de prison maintenant ?

- Tu sais, Susan, je pense que tu as simplement peur de ce qui s’est passé à l’époque et que tu te cherches des excuses. Tu vas y aller et on ira tous avec toi. Ça te fera du bien de t’y confronter. Et puis j’ai toujours eu envie de voir votre château !

Susan regarda son mari avec amour. Il savait toujours quoi dire pour consoler, pour motiver, pour encourager. C’était pour cela qu’il était un si bon prêtre. A côté, elle faisait une bien piètre dame de paroisse. Elle le savait mais les paroissiens la traitaient néanmoins avec gentillesse et indulgence et probablement un peu de pitié.

Enfin ce n’était pas le sujet maintenant. Quoique, comment la verraient les autres sorciers ? Ceux qui ne la connaissaient pas autrement qu’en tant que cheffe de la justice. Et ceux qui la connaissaient encore d’avant, d’avant sa nomination et d’avant la bataille de Poudlard ? Y en avait-il encore du moins ? Elle avait bien entendu que Harry Potter était mort dans son sommeil il y a quelques semaines. Elle supposait que lui non plus ne voulait pas devoir supporter la commémoration des cinquante ans de la bataille. Il avait eu soixante-sept ans. C’était jeune pour un sorcier. Mais ils avaient probablement tous vieilli plus vite pendant la guerre.

Elle posa un regard pensif sur Richard. Il était encore bien en forme pour un moldu de soixante-dix ans. Était-ce la proximité avec la magie qui le gardait si vigoureux ? Lui aussi avait été dans un pays en guerre quand il était jeune. Il n’avait pas été aussi impliqué qu’eux mais être missionnaire pendant la guerre civile au Yémen, ce n’était pas rien non plus. Cette combinaison était peut-être une chance, elle n’avait aucune envie de vivre sans lui.

- Ne t’inquiète pas, pense que tu reverras Hannah et Hermione et d’autres de tes anciens amis. Et que ceux que tu ne verras pas sont dans un meilleur monde.

Elle sourit à Richard. Il devait penser qu’elle réfléchissait encore à la commémoration. Elle l’aimait tellement. Et elle savait que lui l’aimait et la respectait telle qu’elle était.

- C’est toujours mieux quand on n’a pas envie d’y aller que quand on s’en réjouit d’avance.

C’était le type de phrase qu’aurait pu lui dire sa tante Amelia, soixante ans plus tôt. Devoir et justice, voilà les deux mots qui avaient dirigé sa vie. Susan ne pouvait pas en dire autant. Sa vie avait été constituée de tellement de hauts et de bas qu’elle ne savait pas quelle conclusion en tirer. Mais elle était heureuse et elle avait fait ce qu’elle avait à faire et même un peu plus. C’était le plus important.

- Ils parlent encore de la commémoration, soupira Richard en se saisissant de la Gazette du Sorcier. Courage, mérite, héros… Moi qui voulais enfin connaître l’issue du procès de Sterrick, le moldu qui a volé la baguette de sa fille… Je vais devoir attendre que Felix daigne nous rendre visite !

Susan eut une moue amusée. Trente-cinq ans de mariage qu’il s’était acclimaté au monde magique, tandis qu’ils vivaient quand même parmi les moldus. Mais cela fonctionnait bien. Le recteur de paroisse avait le droit d’être un peu bizarre. Des enfants en internat en Ecosse, une volière d’hiboux postaux, une femme qui travaillait à Londres mais qui rentrait chaque soir. Peut-être y avait-il d’autres sorciers secrets parmi eux ?

- Un article sur la mort d’Harry ? supposa l’ancienne Poufsouffle.

- Et sur son héroïsme, son altruisme et son courage, acquiesça Richard. Puis en quatrième page, la liste entière des courageux combattants. C’est vraiment écrit comme ça !

Il montra le journal avec les yeux brillants d’amusement enfantin. La première réaction de Susan aurait été de s’énerver contre le journaliste, mais en voyant son mari, elle dut également sourire.

Elle n’avait jamais pensé être courageuse. Elle n’avait jamais voulu l’être. Elle n’avait fait que son devoir. Mais parfois les gens confondaient ou parfois les deux étaient la même chose. Et demain elle irait à Poudlard, la peur au ventre certes, mais elle irait et avec elle les personnes qu’elle aimait.

Parce que c’était ça le plus important : aimer et être aimé. Et être heureux malgré tout. Parole de blaireau.

End Notes:

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