Harry Potter au château des jeux by Carminny
Summary:


Crédits image: Warner Bros et moi-même

Harry Potter était un garçon comme tous les autres. Du moins c'était ce qu'il croyait. Mais que serait la vie sans une bonne dose de surprises ? En tout cas, Harry n'est pas au bout des siennes. Avec ses amis et la magie, qui sait ce qui peut arriver...

Univers alternatif


Categories: Durant Poudlard, Univers Alternatifs, Epoque de Harry Characters: Harry Potter, Personnage original (OC), Ron Weasley, Susan Bones
Genres: Amitié, Comédie/Humour
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Aucun
Chapters: 14 Completed: Oui Word count: 53832 Read: 2896 Published: 26/09/2019 Updated: 29/03/2020
Story Notes:

Bonjour à toutes et à tous !

C'est fièrement que je vous présente mon UA sur Harry Potter. Ca fait quand même presque trois ans que je l'écris ! Peut-être que vous avez déjà rencontré les personnages (OC ou influencés par eux) lors des Nuits HPF même si les extraits de cette fic y étaient rares.

Eventuellement que vous vous demandez en quoi c'est un UA. Eh bien, c'est parti quand je me suis interrogée sur le nom de jeune fille de la mère de Lily Evans. Et je me suis dite pourquoi ne serait-ce pas une cracmole reniée ? Puis c'est parti dans cette histoire. Bref.

J'espère que vous aimerez et un petit commentaire me ferait énormément plaisir (un grand encore plus hein ^^).

1. Prologue by Carminny

2. Chapitre 1: Moi, ma famille et la magie by Carminny

3. Chapitre 2 : Des sous ! Et moins de sous. by Carminny

4. Chapitre 3 : Tchou tchou ! Désolé, on fait grève. by Carminny

5. Chapitre 4 : Bienvenue à Poudlard, l’école de magie renommée ! – quel nom devait-elle avoir eu avant ? by Carminny

6. Chapitre 5 : Les cours – c’est une école après tout by Carminny

7. Chapitre 6 : Le lieu le plus sûr de Grande-Bretagne – à vérifier by Carminny

8. Chapitre 7 : Troll ou cimetière, faites votre choix by Carminny

9. Chapitre 8 : Le calme avant la tempête – ou plutôt le géant avant la fête by Carminny

10. Chapitre 9 : Noël, c’est chouette, mais la réalité est bien plus dure by Carminny

11. Chapitre 10 : Découvrir en mourant ou vivre dans sa stupidité ? by Carminny

12. Chapitre 11 : Cent et un dalmatiens – silhouettes sombres en fait by Carminny

13. Chapitre 12 : Le château des jeux – oups ? by Carminny

14. Chapitre 13 : Merci d’avoir failli mourir et à l’année prochaine ! by Carminny

Prologue by Carminny
Author's Notes:

Bonne lecture !

- Comment cela, vous le placez en sécurité ?!

La voix forte de Valérian Roberts résonna dans le spacieux bureau encombré d'Albus Dumbledore. Le vieux mage blanc donnait l'impression de vouloir se cacher sous sa table en bois massif. Il ne faisait pas bon de ne pas prendre au sérieux le Lord Roberts. En lui proposant des bonbons au citron par exemple. Connu pour avoir été un avocat redoutable avant de prendre la relève de son père au magenmagot, le sorcier aux yeux bleu roi impressionnait par sa prestance. Cela dit, il aurait été bien plus imposant sans le petit enfant qu'il tenait dans les bras.

- Vous savez ce que je pense de votre sécurité ? Vous aviez aussi caché Lily et sa famille et vous voyez ce qui en est sorti !

- Lily et James Potter ont fait confiance à la mauvaise personne. Je leur ai proposé d'être moi-même leur gardien du secret...

Lord Roberts repris ses cents pas devant le bureau du directeur de Poudlard, fulminant tout en essayant de ne pas réveiller sa petite-fille.

- Et vous allez me dire que vous n'en êtes pas fautif ? C'est Sainte Mangouste qui se moque de la charité !

Il s'interrompit douloureusement à l'évocation de l'hôpital magique. Sa petite Clara... Mais il ne pouvait pas se permettre la faiblesse maintenant. Face à lui, Albus Dumbledore dépliait ses mains, abandonnant enfin ses faux airs de bienveillant Père Noël.

- En tout cas il est à l'endroit le plus sûr pour lui.

- Dans la maison moldue de sa Pétunia ? vérifia Valérian Roberts, feignant l'incrédulité. Je me permets d'exprimer mes doutes sur le sujet.

- Dans la maison de sa tante, corrigea Dumbledore. Dans la maison du dernier membre vivant de sa famille. Le lien qui les unit le protégera jusqu'à sa majorité.

Lord Roberts posa le petit enfant dans le berceau qui se matérialisa devant lui au bon moment, sur un des côtés de la pièce. Puis il s'approcha du plus près du bureau coûteux du directeur.

- Sachez que toute famille de sorciers un peu ancienne serait capable d'activer la protection dont vous parlez. Ce n'est que votre incompétence en termes de magie rouge qui vous restreint à cloîtrer le fils de ma belle-fille dans un foyer qui ne l'acceptera pas. Je vous offre la meilleure issue et vous la refusez au nom de votre sagesse sans limite qui se nomme fierté. C'est lamentable, même de votre part.

Dumbledore sembla se recroqueviller sur sa chaise. Personne n'osait lui parler sur ce ton, d'ordinaire. Mais ce n'était pas un jour ordinaire et il ne s'agissait pas de l'avenir d'une personne ordinaire. Il s'empressa de se justifier.

- Il nous faut le sang moldu de Lily. Aucun sorcier aussi talentueux qu'il soit ne pourra activer sa protection en passant par les Potter. Et vous n'êtes pas le père de Lily Potter.

Lord Valérian Roberts posa ses deux mains à plat sur la table de son interlocuteur et se pencha vers le vénérable vainqueur de Grindelwald. Ses yeux bleu roi se vissèrent dans ceux, pâles et pour une fois sérieux, de Dumbledore.

- Nul besoin, la mère de Lily Evans était une Malefoy.

End Notes:

Voilà pour ce prologue ! Valérian Roberts va-t-il avoir gain à sa cause ? :) 

Chapitre 1: Moi, ma famille et la magie by Carminny
Author's Notes:

Bonjour à toutes et à tous !

On entre maintenant dans le vif de l'histoire.

Disclaimer : rien n'est à moi sauf les Roberts et tous les petits dérapages qu'ils induisent. Le reste est à JKR. Les passages marqués par une étoile devant et derrière sont tirés de Harry Potter à l'école des sorciers (chapitre 5).

Bonne lecture !

Harry Potter se réveilla en sursaut. Qui était ce visage ? Il lui avait paru étrangement connu... Mais ce n'avait seulement été un rêve, un rêve très réaliste mais un rêve tout de même. Il s'assit dans son lit et mit ses lunettes. Son cousin Dudley descendit déjà les escaliers tel un éléphant en surpoids. La poussière tombait dans le placard de ce pauvre Harry.

- Harry, prépare-nous le petit-déjeuner, cria l'Oncle Vernon depuis la cuisine.

Harry sortit rapidement de son placard à balais et se mit au travail. D'ailleurs :

- J'ai rêvé de balais volants et d'écharpes qui bougent.

Ce n'était peut-être pas très intelligent de dire cela. Au bout de dix ans, il aurait dû avoir appris à se taire, non ? Aurait dû... Le déluge attendu s'abattit sur Harry.

- Mes œufs brouillés, Harry. Les balais ne volent pas ! grogna l'oncle Vernon.

- Et les écharpes ne bougent pas, compléta la tante Pétunia.

- LA MAGIE N'EXISTE PAS ! finirent-ils en chœur.

- Ce n'était qu'un rêve.

Harry haussa les épaules et s'assit à côté de Dudley qui s'empiffrait, les yeux fixés sur l'écran de la télévision qu'il avait reçu pour son anniversaire un mois auparavant.

- Va chercher le courrier, Harry, ordonna l'oncle Vernon en tournant une page de son journal.

Harry attrapa une tartine sur l'assiette de Dudley et fila à la porte d'entrée sous les cris de protestation de son gros cousin. Trois lettres l'attendaient devant la porte. Une pour chacun des Dursley. Lui ne recevait jamais de courrier. Le jeune garçon les regarda. Une carte postale de la tante Marge adressée à son oncle, une enveloppe assez lourde pour Dudley. Ça devait être la carte d'anniversaire qu'il n'avait pas encore reçu jusqu'à présent, accompagnée de quelques billets qui faisaient rêver Harry. La dernière lettre était adressée à Tante Pétunia. Son enveloppe était en parchemin et l'adresse y était inscrite en encre violette. C'était pour le moins incongru. Qui pouvait bien écrire une telle lettre de nos jours ?

 

- Bouge-toi, cria l'oncle Vernon.

Harry rejoignit la cuisine et déposa les lettres sur la table.

- Tu ne peux pas nous les donner ?! aboya le père Dursley.

Harry faillit soupirer de désespoir. Mais obéissant il tendit les lettres à leurs destinataires. Dudley lui arracha la sienne et en tira aussitôt l'argent attendu. Vernon posa la carte postale sur la table.

- Marge vous envoie le bonjour : Dudley tu es absolument parfait. Elle t'a trouvé un beau cadeau sur l'île de Wight. Pétunia, elle te passe le bonjour et prépare les gâteaux qu'elle aime tant la prochaine fois qu'elle vient. Et Harry... Tu n'es qu'un ingrat et un voleur. On devrait te faire payer pour le logement.

- Pour le placard ? ne put s'empêcher de demander Harry.

- NE FAIS PAS LE MALIN, ESPECE DE...

- C'est une lettre de ma demi-sœur, les interrompit la tante Pétunia, complètement absorbée par son courrier. Elle écrit qu'elle passe un de ces jours pour nous rendre visite.

Pétunia leva un regard réjoui. Harry eut un mouvement de recul. Ça devait être quelqu'un comme Tante Marge. Quelqu'un de la famille qui le détestait à cause de ses parents et des événements étranges qui se produisaient parfois autour de lui. Bref quelqu'un de désagréable qu'il préférait ne jamais croiser.

- Je ne l'ai pas vu depuis longtemps... soupira Pétunia.

L'oncle Vernon se leva en grognant, tapota l'épaule de son fils, embrassa sa femme et partit au travail. Il avait l'air de ne pas s'intéresser outre mesure pour sa belle-sœur. Incompréhensible pour Harry. Il adorerait rencontrer quelqu'un de la famille de son père. Pétunia sortit une liste d'une enveloppe marquée de l'emblème de Smeltings.

- Aujourd'hui nous allons acheter l'uniforme scolaire de mon grand Dudlynouchet adoré, annonça-t-elle. Harry, que va-t-on faire de toi ? Il est hors de question que tu nous accompagnes. Tu nous gâcherais la journée. Je ne peux pas t'envoyer chez Mrs Figg malheureusement.

Le jeune garçon savait que la voisine s'était cassée une jambe en trébuchant par-dessus un de ses nombreux chats. Il n'en était pas triste. Les maisons à odeur de choux ne l'attiraient pas outre mesure. Pétunia se leva d'un bond et chercha dans une des armoires de la cuisine. Elle en tira un gâteau au chocolat d'apparence vieux.

- Tu pourras le manger et regarder la télé. Mais si un seul meuble aura bougé à notre retour... Vernon saura te punir, renifla Tante Pétunia, méprisante.

Ce n'était pas comme s'il avait l'habitude de ce type de menaces.

 

Deux heures plus tard Harry était le plus heureux des garçons de presque onze ans. Seul au 4, Privet Drive il regarda un reportage sur les hiboux et attendait avec impatience le midi pour pouvoir manger son gâteau.

Il laissa glisser son regard dans le salon. Sur tous les murs étaient accrochées des photos de Dudley ou des Dursley au complet. Harry se leva et observa les différentes images à la recherche de sa famille maternelle. Il n'avait pas grand espoir d'en trouver mais après tout où d'autre pouvait-il chercher cette mystérieuse tante ? Non, il n'était pas curieux. Pas du tout.

Tante Pétunia était la grande sœur de sa mère, Lily. Celle-ci était morte dans un accident de voiture avec son mari, James Potter. Ni l'une ni l'autre n'était visible sur les photos du Privet Drive. Harry lui-même non plus d'ailleurs. Cela ne l'étonnait même pas : sa famille n'était pas assez bonne pour les Dursley. En effet Pétunia avait épousé Vernon Dursley. Les parents et la sœur de celui-ci venaient assez régulièrement au grand dam du jeune garçon. C'était d'eux que Dudley tenait sa corpulence. Harry secoua la tête. Aucune photo ne semblait indiquer que sa tante avait une famille.

Mais il y avait encore un autre endroit. Harry s'approcha courageusement de la commode dans laquelle sa tante rangeait toutes les photos qu'elle ne pouvait pas accrocher. Le premier tiroir ne contenait que des photos des derniers cinq ans. Harry remercia sa tante pour être si ordonnée et passa au second tiroir. Là les dates indiquaient les années entre la naissance de Dudley jusqu'à sa rentrée en primaire. Harry commença par les plus récents et fut surpris de constater qu'il y avait aussi quelques photos de lui. Par hasard sûrement mais se voir le jour de sa rentrée au côté de Dudley lui rappelait à quel point il était petit et maigrichon. Il regarda sans succès les photos jusqu'en août 1981. Là, il vivait chez ses parents encore en vie.

 

Il ouvrit une nouvelle pochette. La première photo lui fit ouvrir grand les yeux. Dessus une femme inconnue portait le petit Dudley dans les bras et souriait à Pétunia. Elle devait avoir près de la trentaine et avait les mêmes cheveux blonds et lisses que la tante d'Harry. Elle avait par contre deux têtes de moins et des yeux d'un bleu pâle tirant sur le gris. Harry lui trouvait un air gentil, peut-être qu'elle rassemblait davantage à sa mère qu'à Tante Pétunia. Était-ce bien elle ? Il savait bien que ce n'était pas sa mère, Pétunia lui avait bien dit qu'il avait les mêmes yeux verts qu'elle. Une des seules informations qu'il n'avait jamais reçues. En tout cas, elle ne ressemblait pas du tout à ce qu'il avait craint. Pouvait-il espérer quelque chose de sa visite ?

L'inconnue n'apparaissait sur aucune autre image. Il ouvrit alors, le cœur battant, le troisième et dernier tiroir. Tante Pétunia avait interdit aux deux enfants de s'en approcher. Le tiroir était divisé en trois parties. La plus à droite portait l'inscription Pétunia et Vernon. Harry l'ignora et se tourna vers celle du milieu. Il reconnut Pétunia jeune entourée de ses amies et de ses parents. Et là revenait parfois la femme blonde de l'autre image. Son sourire semblait plus spontané, plus naturel. Sur beaucoup d'image sur lesquelles on la voyait se trouvait aussi un homme autre que papy Evans qui semblait plutôt mal à l'aise et qui portait toujours un costume et une cravate rayée. Ça devait être son père, le premier mari de mamie Evans. Et surtout, il y avait aussi sa mère. Rayonnante sur toutes les images, elle semblait être la joie de vivre incarnée. Elle était vraiment belle, Lily Potter.

 

C'était maintenant qu'Harry ouvrait la troisième division. La première chose qu'il vit était une image de la famille Evans au complet : la mère tenait dans ses bras un petit bébé enroulé dans une couverture rose aux cheveux roux. Le père souriant avait passé un bras autour des épaules de sa femme et il portait une petite fillette blonde d'environ un an.  Sur une chaise à côté de lui une fille de six ans en robe argentée tenait un bouquet de fleurs qui lui cachait la moitié du visage. Ils semblaient tous heureux. Harry se demandait ce qui avait pu séparer cette famille. Les prochaines photos certes en noir et blanc montraient les trois fillettes qui grandissaient.

Dès que Lily avait cinq ans, l'ainée disparaissait des photos pour laisser sa place à un garçon aux cheveux gras qui semblait être le meilleur ami de Lily. Il y avait aussi de nombreux portraits d'une seule fille Evans. Une image colorée plut particulièrement à Harry. Sa mère était dessus, les cheveux roux brillants au soleil, un bouquet de lys à la main. Elle souriait largement et tenait la main de son ami. Peut-être pouvait-il retrouver cet ami quand il sera plus grand, songea Harry. Il empocha discrètement la photographie et continua sa fouille. Noël en famille. Chasse aux œufs de Pâques. Un anniversaire. Toujours sans cette demi-sœur qui le fascinait maintenant. Et puis la rentrée des onze ans de Lily : une nouvelle image en couleurs. Les trois filles devaient être dans une gare qu'Harry ne reconnut pas. Pétunia avait croisé les bras et semblait bouder pendant que la rousse souriait comme démente et devait être immortalisée en plein saut de joie. La deuxième blonde avait pris un air moqueur en regardant la benjamine...

 

La porte de la voiture claqua devant le garage. Ça ne pouvait qu'être Tante Pétunia et Dudley. Harry rangea rapidement les photos et s'assit devant la télé. Il changea de programme en la série préférée de Dudley et se dépêcha de manger la moitié du gâteau. Il n'était pas délicieux mais avec les découvertes qu'il avait faites, il lui semblait que c'était le meilleur qu'il n'ait jamais mangé.

Il avait découvert à quoi ressemblaient sa mère et une demi-tante - est-ce que ça se disait demi-tante ? - dont il ne savait même pas qu'elle existait. C'était surtout le premier qui le réjouissait : il avait vu sa mère sur des photos en couleurs et elle était belle pas comme dans les histoires rabaissantes de l'Oncle Vernon et de la Tante Pétunia. Il était maintenant sûr que son père devait aussi être quelqu'un de bien. C'était les deux autres qui avaient tort. Une fois de plus il fut attristé de ne pas les connaître.

 

 

C'était le dernier jour du mois qu'Harry avait anniversaire. Les Dursley avait pris l'habitude de l'ignorer complètement ou même de le rendre insupportable à Harry. Mais aujourd'hui, alors qu'il fêtait ses onze ans, Harry avait un bon pressentiment pour la journée. Cela commençait par le fait qu'il se réveilla avant tout le monde et qu'il put se féliciter et même se chanter une chanson improvisée.

- Joyeux anniversaire, Harry, encore une année passée, il n'en reste plus que sept chez les Dursley et puis tu es libre. Joyeux anniversaire à toi, Harry. Fais un vœu et regarde le s'exaucer.

D'accord, il n'était pas excessivement doué... Mais ensuite il constata que l'oncle Vernon avait oublié de verrouiller son placard et il sortit s'habiller dans la salle de bain avant de commencer à préparer le petit-déjeuner pour son cousin auquel il chipa des petits morceaux. En conclusion, les Dursley étaient donc de bonne humeur et le laissaient plutôt tranquille. A croire qu'ils ne savaient pas ce qu'ils voulaient : l'enfermer ou manger ? Pas le manger heureusement.

 

La sonnerie de la maison retentit alors que l'Oncle Vernon venait de partir au bureau. Improbable qu'il ait oublié ses clés. Tante Pétunia se leva précipitamment et regarda Harry et Dudley qui était absorbé par une pub de biscuits.

- Harry, va voir qui c'est.

Harry se dirigea vers la porte d'entrée et l'ouvrit. Dehors, une femme d'une quarantaine d'années attendait, les yeux dans le vague. Elle ne devait avoir qu'une tête de plus que lui malgré sa stature de jeune garçon maigrichon. Ses cheveux blonds étaient rassemblés en une natte et elle portait un pantalon de costume noir et une blouse à carreaux. Plutôt chic pour une visite de famille... Elle ne lui adressa pas un regard quand il prit enfin la parole.

- Bonjour ?

- Bonjour. Tu dois être Harry, non ? Je suis la demi-sœur de ta mère.

- Entrez.

Elle l'impressionnait fortement. Harry s'effaça puis demanda à sa tante d'attendre et courut prévenir son autre tante. Pétunia alla aussitôt rejoindre sa demi-sœur au salon. Celle-ci n'avait pas bougé depuis qu'Harry était parti et semblait fixer un point derrière eux lorsqu'ils revinrent. Elle adressa un léger sourire à Mrs Dursley.

- Bonjour, Pétunia. J'espère que tu as reçu ma lettre et que je ne suis pas malvenue.

- Bonjour, Bell. Tu ne peux pas t'imaginer quel plaisir c'est pour moi de te revoir.

Harry pouvait entendre que la tante Pétunia était vraiment heureuse. Il fut d'autant plus surpris que la voix de son autre tante semblait sèche et peut-être même ironique. Qu'est-ce qui pouvait bien s'être passé entre elles ? Avait-ce un rapport avec sa mère ?

- C'est un plaisir partagé.

Harry observa les deux femmes un instant puis s'éclipsa derrière la porte pour ne pas être vu. Tante Pétunia invitait justement l'autre de s'asseoir et lui proposait quelque chose à boire. De sa place, Harry put même voir sa demi-tante avancer prudemment jusqu'au canapé puis tâter la hauteur avant de s'y installer. Pétunia lui prit la main, ce qui la faisait sursauter légèrement. C'était quand même étrange. Bizarrement ça devait aussi être ce que se disait sa tante Pétunia.

- Tu vas bien, Bell ? Qu'as-tu fait depuis la dernière fois qu'on s'est vue ? Si je me souviens bien tu es, tu fais... de l'escrime de façon professionnelle ?

Harry put voir une moue mécontente passer sur le visage de la dénommée Bell avant qu'elle n'offre un sourire hypocrite à sa demi-sœur. Toute cette histoire lui paraissait quand même louche. Elle n'avait pas la tête à l'emploi, mais après il n'avait jamais rencontré de sportif professionnel...

- Tout va bien chez moi, merci. Et toi comment vas-tu ? Ton fils doit avoir onze ans maintenant, non ? Il ira à Smeltings comme son père ?

- Très bien, s'il n'y avait pas Harry... Tu sais comment était Lily et son mari... Je crains qu'il le soit aussi...

- Certainement, acquiesça Bell.

- Mais mon Dudley est parfait, lui. Un beau jeune homme avec un bel avenir devant lui. Et oui il va déjà à Smeltings, que le temps passe vite... Je me souviens encore quand...

- Je m'en voudrais de te couper mais je n'ai pas une infinité de temps à ma disposition. En fait je suis venue t'emprunter Harry pour l'emmener faire ses courses de rentrée. Je suppose que tu sais qu'il va aller dans la même école que Lily, non ?

- Quoi ?! s'exclama Pétunia, incrédule. Après tout ce qu'on a essayé pour l'en dissuader...

Sa nouvelle tante eut un léger mouvement de recul mais se reprit immédiatement.

- D'ailleurs, Harry, qu'est-ce que tu sais sur tes parents et sur la magie ?

Harry jeta un regard étonné autour de lui. Qu'est-ce qui l'avait trahi ? Avait-il bougé la porte ou dépassait-il ? Ses cheveux indomptables peut-être ? Sa tante Pétunia était tout aussi surprise que lui.

- Mais il n'est même pas là ! s'étonna-t-elle.

- Alors il écoute à la porte, Bell haussa les épaules.

- Écouter à la porte ?! s'étrangla Tante Pétunia. Harry, qu'est-ce que sont ces manières ?! Si Bluebell n'était pas là tu finirais ta journée dans... non rien.

Harry était entré dans le salon, la tête baissée. Il n'avait plus pensé aux règles. Malgré tout, il fut soulagé quand sa demi-tante balaya ça d'un coup de main et lui redemanda sèchement :

- Alors ?

Harry haussa les épaules. Il ne pouvait réellement pas avouer toutes les choses bizarres dont il rêvait. Pas devant Tante Pétunia !

- La magie n'existe pas ?

- Merlin ! Bon, la magie existe réellement, et tu es un sorcier qui doit apprendre à s'en servir. Le reste, tu le verras.

D'accord. Plutôt incroyable mais pourquoi pas.

- Moi sorcier ? Mais je suis juste Harry.

- Eh bien, tu as le choix. Ecole de magie ou collège du quartier. A toi de voir.

- C'est bon, je viens, assura rapidement Harry - qui refuserait une telle occasion ? Mais... Et toi ?

- Quoi moi ?

Harry fixa ses pieds. Elle lui faisait un peu peur quand même, sa demi-tante. Si elle connaissait la magie, peut-être qu'elle allait même le transformer en crapaud, s'il lui déplaisait ! Tante Pétunia lui arriva cependant en aide.

- C'est vrai. Comment tu connais assez bien le monde de la magie pour lui faire faire ses courses ? Et pourquoi tu viens après dix ans de silence ?

Harry osa lever le regard vers sa demi-tante. Celle-ci avait levé un sourcil vers eux, ce qui avait l'air comique car elle continuait à fixer le vide mais l'effrayait surtout.

- Je pense que je te dois des explications, Tunie. Par contre, toi, Harry, prends cette lettre et lit la dans ton placard. Et prépare-toi à partir dans dix minutes.

 

Harry ne demanda pas son reste et fit comme demander. La lettre en question était écrite en encre vert émeraude sur du parchemin. C'était peut-être typique chez les sorciers ? Un sceau rouge la tenait fermée. Et Harry prit garde de l'ouvrir par le haut pour ne pas le casser. La première feuille qui était à l'intérieur était en fait la liste des fournitures dont il avait besoin. Il la mit de côté pour le moment. La deuxième partie était une lettre l'informant qu'il était inscrit au collège Poudlard pour magie et sorcellerie. Poudlard, c'était quand même un drôle de nom. Il releva deux noms qui semblaient importants : le directeur s'appelait Albus Dumbledore et son adjoint Minerva McGonagall. Des noms qui sonnaient déjà magiques d'après lui.

- Harry, on y va.

Harry sortit de son placard, sa lettre à la main. Ses deux tantes l'attendaient devant la porte d'entrée. Harry sentit le regard critique de Tante Pétunia sur lui et se tourna vers l'autre. Son expression sévère n'avait rien à envier à sa demi-sœur.

- Je te le ramène ce soir. Bonne journée.

- A ce soir, Tante Pétunia, la salua Harry et suivit sa tante Bluebell.

 

Harry réussit à ne pas poser de questions jusqu'au prochain croisement de routes. Puis il attrapa la manche de sa tante et la sentit se tendre.

- Lâche, Harry. Merci.

Harry prit son courage à deux mains et se lança dans les questions.

- Comment t'appelles-tu ? Tu es sorcière toi aussi ? Pourquoi tu m'accompagne ? Tu peux me parler de mes parents ? Comment ils étaient, pourquoi ils sont morts ? Tu sais d'où vient ma cicatrice ? J'ai du mal à croire à l'accident de voiture...

Sa demi-tante renifla dédaigneusement.

- Ta tante et ton oncle t'ont parlé d'un accident de voiture. Il en aurait fallu plus pour tuer tes parents. Ils étaient des sorciers très doués. Même si Lily était une donneuse de leçons et que ton père un farceur de première classe. Enfin je t'assure, ses amis et lui étaient les seuls à trouver leurs blagues drôles. Je te raconterai plus tard, pas en plein monde moldu.

- D'accord, acquiesça Harry. Et les autres questions ?

- C'est bien, ne te laisse pas distraire. Bon.

Harry essaya de rester à la même hauteur que la femme mais celle-ci semblait accélérer le pas.

- Bluebell Ann Roberts. Oui. Et je suis là parce que Dumbledore voulait t'envoyer des lettres et ensuite un homme de trois mètres. Hagrid est gentil comme tout mais il risquait de faire peur à ta famille.

Harry acquiesça en silence. Sa tante lui adressa un demi-sourire :

- Je suis certaine que tu as encore des questions.

- Oui, Tante Bluebell. Pourquoi tu n'es jamais venue avant aujourd'hui ? Qu'est-ce que tu travailles ? D'ailleurs est-ce qu'il y a des métiers chez les sorciers ? Et comment c'est Poudlard ? Qu'est-ce qu'on y apprend ?

- Ne m'appelle pas Tante ni Bluebell. Ne m'appelle pas tout simplement pour l'instant. Oui les sorciers travaillent. Il y a beaucoup qui ont un poste divers et varié au Ministère de la Magie. Par exemple les aurors sont les gendarmes ou soldats sorciers, le ministre de la magie est le chef du gouvernement, les oubliators sont chargés de faire oublier la magie aux moldus. Parce que les sorciers préfèrent vivre séparer des moldus. Il y a bien sûr aussi des médecins et des professeurs.

- Et toi, tu fais quoi ?

- Tu verras. Bon. Il n'y a personne. Tu préfères transplaner ou prendre le magicobus ?

- ...

Harry ne savait ni ce qu'était l'un ni l'autre. Comment aurait-il pu ? Il allait découvrir un nouveau monde ! C'était excitant ! Il fixa sa demi-tante avec de grands yeux. Elle avait gardé les yeux rivés sur la maison d'en face et semblait attendre sa décision.

- D'accord, on transplane. Prends mon bras.

Harry s'accrocha sans savoir ce qui l'attendait. C'était plus désagréable que tout ce qu'il avait imaginé. Cela devait être un moyen de transport rapide, un peu comme de la téléportation.

- Peut-être que pour rentrer on peut prendre le bus...

 

Il ravala difficilement son petit-déjeuner qui voulait ressortir et vit que sa tante se dirigeait déjà vers un bar miteux. Cela ne semblait pas être un endroit où l'on emmène des enfants de onze ans. Cependant elle l'appelait sans prendre la peine de se retourner ou de l'attendre. Harry se dépêcha de la rejoindre et ensemble ils entrèrent dans le bar : Le Chaudron Baveur, d'après ce qu'avait pu voir Harry sur le panneau délabré.

L'intérieur était poussiéreux et donnait envie à Harry de ressortir aussitôt. Il faisait sombre et seuls quelques clients s'y trouvaient. De vieilles femmes buvaient de petits verres dans un coin et un petit homme parlait au barman. Celui-ci était chauve et adressa un sourire de dents miteux à Bluebell lorsqu'il les vit. Lentement les conversations s'interrompirent et les regards confluèrent vers Harry.

- Vous nous amenez un nouveau ? tonna le barman derrière son comptoir.

Bluebell le gratifia d'un hochement de tête sec.

 

- Merlin, mais c'est ... c'est Harry Potter ! s'écria le barman.

Les clients du Chaudron Baveur étaient soudain totalement silencieux. Puis le vieux barman contourna * le comptoir et se précipita sur Harry pour lui serrer la main. Il avait les larmes aux yeux.

- Soyez le bienvenu, Mr Potter. Bienvenue parmi nous.*

Harry resta bouche-bée. Qu'est-ce qu'il pouvait bien y répondre ? Sa tante semblait plus sombre que jamais. Les clients se précipitaient vers lui et Harry se trouva entouré de sorciers qui tenaient à tout prix à lui serrer la main. Pas un seul client n'était resté assis.

- * Je suis Doris Crockford, Mr Potter, c'est extraordinaire de vous voir enfin.

- Je suis très fier de faire votre connaissance, Mr Potter, dit quelqu'un d'autre.

- J'ai toujours rêvé de vous serrer la main, assura un troisième. Je suis si ému.

- Je suis si honoré de faire votre connaissance, Mr Potter, dit un quatrième. Je m'appelle Diggle, Dedalus Diggle.

- Je vous ai déjà vu, répondit Harry tandis que le chapeau haut de forme de Dedalus Diggle tombait sous le coup de l'émotion. Vous m'avez salué un jour dans un magasin.

- Il s'en souvient ! s'écria Diggle en regardant tout le monde autour de lui. Vous avez entendu ? Il s'en souvient !

 

Harry continuait à saluer tout le monde tandis que Doris Crockford ne cessait de lui tendre la main. Un jeune homme au teint pâle s'avança, visiblement nerveux. L'une de ses paupières était agitée de tics.*

- Professeur Quirrell, grogna Bluebell. Harry, voici l'un des professeurs de Poudlard.

- *P...P...Potter... balbutia le professeur en saisissant la main de Harry. V...V...Vous ne pou...pouvez pas savoir à...à quel point je suis heu...heu...heureux de vous rencontrer.

- Quelle matière enseignez-vous, professeur ? demanda Harry.*

- L'ét...l'étude des mol...moldus, marmonna le professeur Quirrell comme s'il regrettait ce poste.

* Les autres clients n'avaient pas l'intention de laisser le professeur accaparer Harry * et Bluebell dût le tirer hors des griffes des sorciers pour l'entraîner dans une petite cour fermée où il n'y avait que des poubelles et des mauvaises herbes.

- Pourquoi me connaissent-ils tous ?

- C'est lié à ta cicatrice et à la mort de tes parents. Plus tard. Tu es célèbre chez les sorciers. Mais ce Quirrell... Tout est bon pour s'approcher de toi. Il voulait même enseigner la Défense mais Dumbledore lui a redonner son vieux poste. L'autre tremblant se disait mieux qualifier pour t'enseigner.

Bluebell renifla dédaigneusement. Puis elle sortit une baguette magique et tapota trois fois un endroit précis du mur. La brique commença alors à trembloter et un petit trou apparut en son milieu. Il s'agrandit pour finalement former une arcade leur permettant de passer. Une rue pavée s'étendait devant leurs yeux.

End Notes:

Voilà, que pensez-vous de la complexité que la famille Evans a reçu ? D'Ann ? Harry reste-t-il assez proche de celui du canon pour l'instant ? Bref, dites-moi tout ;)

Chapitre 2 : Des sous ! Et moins de sous. by Carminny
Author's Notes:

Bonjour !

Merci à Pierre de Lune et Tiiki pour leurs adorables reviews :coeur:

Voici donc le deuxième chapitre où on suit Harry sur le Chemin de Traverse (vous êtes surpris, n'est-ce pas ?)

Disclaimer : Tout est à JK Rowling sauf Bluebell Ann Roberts. Les passages marqués par une étoile devant et derrière sont tirés de Harry Potter à l'école des sorciers (chapitre 5)

Bonne lecture !

- Bienvenue au Chemin de Traverse.

Bluebell lui laissa le temps d'admirer le peu qu'il arrivait à voir puis l'entraina dans la rue. Harry aurait aimé avoir une centaine de yeux supplémentaires.

Un étalage de chaudrons brillait de mille feux alors qu'une pancarte annonçait : « Chaudrons - toutes tailles - tous matériaux - touillage automatique - modèles pliables. » A côté, un apothicaire exposait des récipients contenant des choses qu'Harry préféra ne pas identifier.

- * Dix-sept Mornilles pour trente grammes de foie de dragon, c'est de la folie, marmonna * une femme qui s'y tenait, un panier de courses sous le bras.

Un ululement s'éleva d'une boutique dont l'enseigne indiquait : * « Au Royaume du Hibou - hulottes, chouettes effraies, grands ducs, chouettes lapones ». Quelques garçons de l'âge de Harry avaient le nez collé contre une vitrine dans laquelle étaient exposés des balais volants.

- Regarde, dit l'un d'eux. Le nouveau Nimbus 2000. Encore plus rapide.*

Plein d'autres choses attiraient l'attention de Harry. Les robes de sorcier, les télescopes, les ailes de chauve-souris séchées, les livres, les plumes multicolores, les potions, les objets qu'il ne parvenait pas à identifier. Mais Bluebell avança dans la foule sans voir tous ces trucs magiques.

 

Enfin elle s'arrêta devant un grand bâtiment en marbre, qui dominait les boutiques alentour. Le portail en bronze étincelant était gardé par un...

- Voici Gringotts, la banque des sorciers. Tenu par les gobelins, déclara Bluebell.

* Le gobelin avait environ une tête de moins qu'Harry. Il avait le teint sombre, un visage intelligent, une barbe en pointe, des pieds et des doigts longs et fins. Lorsqu'ils pénétrèrent à l'intérieur du bâtiment, le gobelin s'inclina sur leur passage. Ils se retrouvèrent devant une autre porte, en argent cette fois, sur laquelle étaient gravés ces mots :

Entre ici étranger si tel est ton désir

Mais à l'appât du gain, renonce à obéir,

Car celui qui veut prendre et ne veut pas gagner,

De sa cupidité, le prix devra payer.

Si tu veux t'emparer, en ce lieu souterrain,

D'un trésor convoité qui jamais fut tien,

Voleur, tu trouveras, en guise de richesse,

Le juste châtiment de ta folle hardiesse.*

Harry n'eut tout juste le temps de lire la mise en garde avant que sa tante ne poussât déjà la porte et se plaça dans une file d'un comptoir. Harry en profita pour admirer la banque. Le hall était tout en marbre et de hautes colonnes s'élevaient sous un toit en verre. Des gobelins s'affairaient et étaient occupés avec d'autres clients ou alors à peser de grandes pièces d'or sur une vieille balance en cuivre ou encore à examiner des pierres précieuses.

 

- Bonjour, Hagrid, salua Bluebell lorsqu'un géant passa près d'eux.

- Bonjour, professeur Roberts. Donc c'est lui le petit Harry Potter ? Bonjour, Harry. Je suis Rubeus Hagrid, gardien des Clés et des Lieux à Poudlard. Aujourd'hui je suis en mission pour Dumbledore. Je dois récupérer quelque chose dans le coffre 713. Bon à plus.

- Il parle trop, marmonna Bluebell dans sa barbe inexistante, pendant qu'Harry clignait encore des yeux, surpris - qu'il était grand !

Mais déjà c'était à leur tour. Le gobelin les observait du haut de son comptoir.

- Bonjour. Nous voulons prendre de l'argent dans le coffre de Mr Potter, annonça Bluebell.

- Vous avez la clé ? demanda le gobelin.

Il examina celle que lui tendait Bluebell et acquiesça.

- Très bien, dit-il, je vais vous faire accompagner dans la salle des coffres. Gripsec !

Un autre gobelin apparut et les conduisit aussitôt vers l'une des portes du hall.

- Pourquoi Hagrid t'a-t-il appelée professeur ? demanda Harry à sa tante.

Celle-ci ne répondit qu'avec un reniflement méprisant. Le garçon avait comme l'impression qu'elle n'allait pas répondre à beaucoup de questions... Dommage.

 

Gripsec les avait menés dans un passage étroit en pente raide. Lorsque Gripsec siffla un wagonnet s'approcha sur une voie ferrée qui courait en son milieu. Gripsec leur aida de monter puis s'installa lui aussi. Aussitôt le wagonnet commença une course folle qui les mena vers les profondeurs de la banque.

Harry crut voir un jet de flammes provenant d'un dragon puis put admirer un lac souterrain bordé de stalactites et de stalagmites. Il se tourna vers sa tante.

- Tu as vu ça ?! J'oublie toujours quelle est la différence entre eux, cria-t-il pour couvrir le bruit du wagonnet.

- Exprime-toi correctement. La différence entre quoi ?

- Stalagmites et stalactites. Ne me dis pas que tu les as ratées !

- Les stalactites sont au plafond, les stalagmites au sol.

Sans commentaire.

 

*Enfin, le wagonnet s'arrêta devant une petite porte.* Ils sortirent et Gripsec ouvrit la porte. Dans la lumière de la torche, Harry put voir des tas de pièces d'or, d'argent et de cuivre.

- Je suis riche ! s'exclama Harry, incrédule.

Cela lui semblait inimaginable après tant d'années que Pétunia et Vernon s'était plaint qu'il leur coûtait trop cher. Et là, une fortune l'attendait !

- C'est l'héritage que t'ont laissé tes parents. Pétunia ne peut pas le récupérer et... Prends en un sac plein.

Elle lui tendit une bourse en cuir qu'il remplit avec soin.

- Celles en or sont des Gallions, celles en argent des Mornilles et en bronze des Noises, expliqua Bluebell. Vingt-neuf Noises sont une Mornille et un Gallion fait dix-sept Mornilles. Voilà ça suffira pour l'année scolaire.

Ils repartirent avec le wagonnet et quand ils furent à nouveau dans le hall, même Harry se sentait un peu mal. Ils croisèrent Hagrid qui avait pris une jolie teinte verdâtre et sortirent dans le soleil éclatant.

 

Harry avait hâte de dépenser son argent - il n'en avait jamais eu - mais sa tante avait d'autres projets.

- D'abord on va manger une glace pour que je te parle de tes parents et pour récupérer des wagonnets de Gringotts. Ensuite on verra.

Harry ne put qu'acquiescer surtout que son estomac le trahissait. Et puis il était curieux par rapport à ses parents. Il ne savait rien d'eux, maintenant qu'il avait appris que tout était faux.

 

Bluebell le dirigea vers un café nommé Glaces Florian Fortarôme. Ils s'installèrent à une table munie d'un parasol bleu et jaune. Un homme leur apporta les cartes. Harry se plongea aussitôt dedans et découvrit des glaces aux goûts dont il n'aurait jamais rêvé qu'ils puissent exister.

- Vanille - caramel fondant, Pistache - Noix de pipaillons ? Fraise des bois - coquelicots ? Branche de Botruc - vert de cactus ? Tu as vu tous ces goûts ? Choux de Bruxelles - gingembre ?

- Choisis plutôt au lieu de t'enthousiasmer. Et prends au moins un parfum dont tu sais que tu l'aimes.

Harry leva le regard sur sa tante. Elle observait un point au-dessus de son épaule et avait reposé sa carte bien qu'elle avait gardé ses doigts renfermés dessus. Ceux-ci semblaient trembler légèrement. Mais il n'allait pas le lui faire remarquer, merci bien.

 

- Tu prends quoi ? demanda Harry.

- Vanille - morceau de noisette et framboise de lune.

- C'est quoi framboise de lune ? Ce n'est pas sur la carte en tout cas.

- Bon. La dernière fois ils en avaient encore, fit sa tante avec une mauvaise foi évidente.

- Il y a framboise tout court par contre ou alors framboise à la crème de potiron... quoi ?!

- Merci, Harry. Tu sais le potiron est très apprécié chez les sorciers. On en retrouve partout. C'est navrant.

Harry réfléchit à toute vitesse. Ça voulait dire qu'il allait tôt ou tard devoir y goûter et si possible aimer. Autant essayer tout de suite.

- Dans ce cas je vais essayer le potiron et chocolat - éclats d'amande.

- Très bien.

 

Presque instantanément un serveur apparut à leur côté, ils commandèrent et reçurent leurs glaces. Pendant que Harry se jeta sur la sienne, sa tante goûta prudemment. Puis elle prit la parole.

- Il y a environ quarante ans, un sorcier doué est passé du côté obscur. Le problème était qu'il voulait le pouvoir pour éradiquer les moldus et les sorciers d'origine moldue comme ta mère. Il a gagné en influence et deux groupes se sont cristallisés : ceux qui le soutenaient et ceux qui le combattaient. Tes parents faisaient partis des seconds. Et un jour le mage noir a décidé de les tuer. Et de te tuer toi, Harry. Mais il n'a pas réussi. Son sort a rebondi sur toi et il a disparu. Toi, tu n'en as gardé qu'une cicatrice sur le front.

- Et il est mort lui ?

- Personne ne le sait. Il a disparu. Dumbledore pense qu'il est encore quelque part dehors à attendre le bon moment pour revenir.

- Il a un nom ?

- Communément on l'appelle Tu-Sais-Qui mais lui se nomme Lord V... - personne n'aime prononcer son nom, il fait toujours peur même si ça fait dix ans qu'il a disparu - son nom est Voldemort.

- Voldemort ?

- Oui.

Harry eut l'impression que malgré le soleil qui brillait fort il faisait plus froid. Alors c'était comme ça que ses parents étaient morts... L'accident de voiture semblait être bien plus sympathique maintenant.

 

- Bon, fit sa tante pendant qu'ils finissaient leurs glaces. Tu as ta liste de fournitures sur toi ?

Harry acquiesça et la sortit de la poche de son jean. Il la lut à voix haute :

* « COLLÈGE POUDLARD - ECOLE DE SORCELLERIE

Uniforme

Liste des vêtements dont les élèves de première année devront obligatoirement être équipés :

1)      Trois robes de travail (noires), modèle normal

2)      Un chapeau pointu (noir)

3)      Une paire de gants protecteurs (en cuir de dragon ou autre matière semblable)

4)      Une cape d'hiver (noire avec attachés d'argent)

Chaque vêtement devra porter une étiquette indiquant le nom de l'élève.

Livrés et manuels

Chaque élève devra se procurer un exemplaire des ouvrages suivants :

Le Livre des sorts et enchantements (niveau 1) de Miranda Fauconnette

Histoire de la magie de Bathilda Tourdesac

Magie théorique de Adalbert Lasornette

Manuel de métamorphose à l'usage des débutants de Emeric G. Changé

Mille herbes et champignons magiques de Phyllida Augirolle

Potions magiques de Arsenius Beaulitron

Vie et habitat des animaux fantastiques de Norbert Dragonneau

Forces obscures : comment s'en protéger de Quentin Jentremble.

Fournitures

1 baguette magique

1 chaudron (modèle standard en étain, taille 2)

1 boîte de fioles en verre ou cristal

1 télescope

1 balance en cuivre

Les élèves peuvent également emporter un hibou OU un chat OU un crapaud.

IL EST RAPPELÉ AUX PARENTS QUE LES ÉLÈVES DE PREMIÈRE ANNÉE NE SONT PAS AUTORISÉS À POSSÉDER LEUR PROPRE BALAIS. » *

 

- Par quoi commence-t-on ?

- Je te propose les uniformes. Il y a toujours un monde fou en fin de la journée.

Harry acquiesça et se retrouva sur un tabouret de Madame Guipure en moins de temps qu'il ne l'aurait cru. La sorcière replète et souriante était en train d'épingler l'ourlet de sa robe de sorcier quand le garçon blond sur le tabouret d'à côté lui adressa la parole.

- * Salut. Toi aussi tu vas à Poudlard ?

- Oui, répondit Harry.

- Mon père est en train de m'acheter mes livres dans le magasin d'à côté et ma mère est allée chercher ma baguette magique à l'autre bout de la rue, dit le garçon d'une voix traînante. Ensuite, je compte les emmener faire un tour du côté des balais de course. Je ne vois pas pourquoi les élèves de première année n'auraient pas le droit d'avoir leur propre balai. J'arriverai bien à convaincre mon père de m'en acheter un et je m'arrangerai pour le faire passer en douce au collège.

En l'écoutant parler, Harry ne pouvait pas s'empêcher de penser à Dudley.

- Et toi, tu as un balai ? poursuivit-il.

- Non, dit Harry.

- Tu joues au Quidditch ?

- Non, répéta Harry en se demandant ce que pouvait bien être le « Quidditch ».

- Moi, oui. Mon père dit que ce serait un scandale si je n'étais pas sélectionné dans l'équipe. Tu sais dans quelle maison tu seras ?

- Aucune idée, répondit Harry, de plus en plus déconcerté.

- En fait, on ne peut pas vraiment savoir avant d'être sur place. Mais moi, je suis sûr d'aller à Serpentard, toute ma famille y a toujours été. Tu t'imagines, se retrouver à Poufsouffle ? Je préférerais m'en aller tout de suite.*

 

Harry ne répondit pas. Il ne savait plus quoi dire de toute façon. Il venait de voir Bluebell qui l'attendait patiemment debout près de la porte. Il l'avait presque oublié dans sa hâte d'avoir ses robes de sorcier. Il lui demandera des explications après. Le garçon blond l'avait lui aussi remarquée.

- Non ! s'exclama-t-il. Mais c'est Lady Roberts !

- Pardon ? s'étonna Harry.

Il en apprenait de plus en plus sur celle qui prétendait être sa tante.

- Tu ne connais pas Ann Roberts ? Elle était championne nationale de duel pendant huit ans. Je regrette seulement que je n'ai jamais pu regarder un de ses combats. Elle a arrêté peu après ma naissance.

- Je sais juste qu'elle enseigne à Poudlard, expliqua Harry. Elle m'accompagne faire mes achats de rentrée.

- Oh. Mais tes parents ?

- * Ils sont morts, dit Harry qui n'avait pas envie d'aborder le sujet.

- Oh, désolé, dit l'autre qui n'avait pas l'air désolé du tout. Mais ils étaient de notre monde, non ?

- Ils étaient sorciers, si c'est ça que tu veux dire.

- A mon avis, Poudlard devrait leur être réservé. Ceux qui viennent d'autres familles ne sont pas comme nous, ils n'ont eu la même éducation. Certains d'entre eux n'avaient jamais entendu parler de Poudlard avant de recevoir leur lettre, tu te rends compte ? Je pense que l'école ne devrait accepter que les enfants issus de vieilles familles de sorciers. Au fait, comment tu t'appelles ?

- Et voilà, c'est fait, mon petit, interrompit Madame Guipure avant qu'il ait eu le temps de répondre.

Saisissant l'occasion pour mettre un terme à sa conversation avec le garçon, Harry sauta du tabouret.

- Nous nous reverrons à Poudlard, dit l'autre de sa voix traînante.*

Harry rejoignit sa tante et paya ses achats. Il insista pour porter lui-même les paquets puis ils sortirent du magasin.

 

Dans le magasin d'à côté, ils trouvèrent les manuels dont avait besoin Harry et Bluebell salua d'un hochement de tête le père de l'arrogant blond. Harry décida d'interroger sa tante dès qu'ils furent sortis de la librairie. Il suffisait d'espérer qu'elle réponde...

- Tu les connais ?

- Qui ça ?

- Le blond qui était à côté de moi chez Madame Guipure et son père que tu viens de saluer, expliqua Harry.

- Lucius Malefoy et son fils Draco. Tout le monde connaît les Malefoy. Ils font toujours de grands dons au Ministère et à Sainte Mangouste, l'hôpital des sorciers. C'est une famille influente.

- D'accord, c'est quoi le Quidditch ?

- Tu verras.

- Et cette histoire de maisons à Poudlard ?

- Je vois que tu as bien profité de ta conversation avec le jeune Draco.

 

Ils passaient dans une papeterie pour prendre du parchemin, de l'encre et des plumes d'oie. Harry se vit même accorder le droit de prendre un flacon d'encre qui changeait de couleur en écrivant.

- Poudlard est divisé en quatre maisons. Les dortoirs et les cours sont ordonnés par maison, expliqua Bluebell lorsqu'ils ressortirent du magasin. Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard.

- Draco a dit qu'il irait dans la même maison que ses parents. Où étaient les miens ?

- A Gryffondor. Mais ce n'est pas la famille qui décide de ta maison.

- Et toi, tu étais dans laquelle ?

- Serpentard.

- C'est aussi là où veut être Draco. Et il a dit que les enfants de moldus ne devraient pas avoir le droit d'aller à Poudlard.

- Et ?

- Il n'y a pas de rapport ?

Bluebell soupirait :

- Serpentard est la maison de l'ambition. Il y a donc beaucoup de vieilles familles qui la préfèrent et ceux-là dénigrent aussi les nés-moldus.

- D'accord. Les autres maisons ont aussi des caractéristiques ?

- Oui, mais tu verras.

Harry ne réussit pas, à son grand malheur, de tirer davantage d'informations de Bluebell.

 

Ils achetèrent un chaudron en étain et non en or - l'or a d'autres propriétés que l'étain -, un télescope pliable et une jolie balance. Maintenant Harry acceptait joyeusement que sa tante l'aide à tout porter. La prochaine chose qu'il acheta était une énorme valise où il déposa directement toutes ses affaires.

Dans la rue, sa tante sortit sa baguette et lança deux sorts sur la valise. Si Harry vit ses initiales apparaître en lettre argentées sous l'effet du premier, il se demandait à quoi servait le second jusqu'à ce qu'il la soulève. Elle était devenue toute légère ! Il remercia sa tante les yeux brillants et se laissa entraîner vers l'apothicaire où il reçut un set d'ingrédients de base.

Bluebell sortit une longue liste d'une poche et la déposa devant l'apothicaire.

- Le professeur Rogue a besoin de ces ingrédients. Il viendra les chercher la semaine prochaine.

Harry avait aperçu des yeux de scarabées dans un bocal et les observa avec intérêt. Mais déjà Bluebell l'emmena dans le prochain magasin. Elle n'avait décidément pas le regard pour les belles choses.

Ils achetèrent encore une paire de gants en cuir de dragon qui étaient bruns et non pas verts ou rouges comme s'y était attendu Harry, et des fioles en verre beaucoup moins chères que celles en cristal. Et elles avaient un autre avantage qu'Harry ne comprenait pas. Finalement il ne manquait plus que la baguette magique. C'était un rêve pour Harry.

 

- Il faut aller chez Ollivander. C'est le meilleur fabricant de baguettes.

C'était une boutique étroite et délabrée dans laquelle ils entraient. Des lettres d'or indiquaient : *« Ollivander - Fabricants de baguettes magiques depuis 382 avant J.-C. »* Une clochette appelait le vendeur. Bluebell s'était arrêtée incertaine. Lorsque la porte se referma derrière eux, Harry eut la sensation d'être entré dans une bibliothèque particulièrement austère ou bien dans une église. Des boîtes s'entassaient par milliers sur les étagères. La poussière et le silence du magasin semblaient munis d'une magie secrète.

- * Bonjour, dit une voix douce.*

Harry sursauta mais ce ne fut rien comparé à sa tante qui avait sorti sa baguette dans un geste défensif. Un vieil homme se tenait devant eux. Deux grands yeux pâles brillaient dans la pénombre de la boutique.

 

- Bonjour, fit Harry incertain.

Il jeta un regard de biais à sa tante qui avait à nouveau rangé sa baguette mais qui semblait rester sur ces gardes.

- * Ah, oui, oui, bien sûr, dit l'homme. Je pensais bien que j'allais vous voir bientôt. Harry Potter. Vous avez les yeux de votre mère. Je me souviens quand elle est venue acheter sa première baguette, j'ai l'impression que c'était hier, 25,6 centimètres, souple et rapide, bois de saule. Excellente baguette pour les enchantements.

Mr Ollivander s'approcha de Harry. Les yeux argentés du vieil homme avaient quelque chose d'angoissant.

- Votre père, en revanche, avait préféré une baguette d'acajou, 27,5 centimètres. Flexible. Un peu plus puissante et remarquablement efficace pour les métamorphoses. Enfin, quand je vous dis que votre père l'avait préférée... en réalité, c'est bien entendu la baguette qui choisit son maître.

Mr Ollivander était si près de Harry à présent que leurs nez se touchaient presque. Harry distinguait son reflet dans les yeux couleur brume du vieil homme.

- Ah, c'est ici que...

D'un doigt long et blanc, Mr Ollivander toucha la cicatrice en forme d'éclair sur le front de Harry.

- J'en suis désolé, mais c'est moi qui ai vendu la baguette responsable de cette cicatrice, dit-il d'une voix douce, 33,75 centimètres. En bois d'if. Une baguette puissante, très puissante, et entre des mains maléfiques... Si j'avais su ce que cette baguette allait faire en sortant d'ici...

 

Il hocha la tête puis, au grand soulagement de Harry, il se tourna vers* Bluebell.

- Bluebell Ann Roberts ! s'exclama-t-il faisant sursauter la concernée. Quel plaisir de vous revoir... Tilleul argentée, 23 centimètres, ni souple ni rigide, n'est-ce pas ?

La sorcière acquiesça, tendue.

- Tenez, asseyez-vous ici, l'invita Mr Ollivander en la guidant jusqu'à la seule chaise. Et maintenant à nous, jeune homme.

Harry ressortit du magasin une demi-heure après avec une belle baguette entre les doigts. *Bois de houx et plume de phénix, 27,5 centimètres. Facile à manier, très souple.* Que Voldemort eût une baguette avec le même cœur l'inquiétait un peu mais il était tellement heureux d'être un sorcier que ça éclipsait tout le reste.

- Je suis un vrai sorcier maintenant ! s'écria-t-il en brandissant sa baguette qui laissa échapper quelques étincelles.

 

Sa tante se retourna vers lui avec un sourire moqueur.

- Que dirait le vrai sorcier, si on lui trouve un animal de compagnie ?

Harry eut les yeux brillants. Il n'avait jamais eu un animal à lui tout seul, s'il ne comptait pas les araignées qui vivaient dans son placard. C'était un rêve devenu réalité.

- Oh oui !

- Allons-y alors. Direction Ménagerie Magique.

Harry se plaça à côté de sa tante et lui demanda :

- Qu'est-ce qu'il y a comme animaux ?

- Officiellement Poudlard n'autorise que les crapauds, les chats et les hiboux. Mais il y a toute une colonie de rats et souris, de perruches, de tortues, d'hamsters, de cochons d'inde, quelques chiens même, et quelques reptiliens.

- Et qu'est-ce qu'est le mieux ?

- A toi de voir ce qu'il te plaît.

- Tu peux me parler des différents animaux, s'il-te-plaît ?

- Les crapauds sont sortis de mode, donc plus personne n'en veut, mais ce sont des compagnons fidèles et non encombrants. Et tu n'auras plus de mouches autour de toi. Les chats ne sont pas si faciles, déjà ils ont leur caractère et puis ta tante ne t'autorisera jamais à avoir un chat. Tout le monde veut un hibou en ce moment parce qu'il t'amène ton courrier mais ils ne sont pas très présents à tes côtés donc si tu veux un animal à câliner ou pour te tenir compagnie, évite. Après les chiens demandent de sortir chaque jour donc ce n'est pas bien pratique à l'école. Les souris et surtout les rats sont appréciés, tu peux tout faire avec eux. Par contre, il faut alors se méfier des chats. Sinon les serpents et les iguanes, c'est quelque chose pour se vanter...

Harry hocha de la tête. Il aurait adoré avoir une chouette mais il n'avait de toute façon personne à qui écrire, ça le lui rappellerait juste. Ou un chat façon sorcier cliché mais avec les Dursley...

 

Ensembles ils entrèrent dans la Ménagerie. Harry fit le tour tandis que sa tante le suivait. Il vit des chouettes de toutes les couleurs, des chats qui miaulaient en jouant avec des souris en plastique, des rats qui couraient dans leur cage, des crapauds qui croassaient, et des lapins qui mangeaient des carottes. Quand Harry passa devant un d'eux leva la tête et s'approcha des barreaux. Son pelage était soyeux et étincelait dans toutes les couleurs de l'arc-en-ciel.

- Tu as vu ça ? C'est moi ou il change de couleur ? Harry se tourna vers sa tante.

Celle-ci haussa les épaules sans même accorder un regard à l'animal. C'est alors qu'Harry comprit. Elle était aveugle ! Comment avait-il fait pour ne pas s'en rendre compte plus tôt ? Il se sentit terriblement stupide. La magie ne pouvait-elle pas tout guérir ?

 

- Je peux vous aider ? demanda le vendeur.

Harry acquiesça, soulagé de pouvoir laisser de côté ces pensées sombres.

- Qu'est-ce comme lapin ? Il change de couleur, non ?

- C'est un lapin changeur, oui. Celui-ci est encore jeune, c'est pourquoi il a les couleurs de l'arc-en-ciel. Lorsqu'il atteindra les deux ans il ne gardera que deux ou trois couleurs qu'il pourra changer à volonté. Attends, je te le sors de la cage.

Le lapin se laissa déposer dans les bras d'Harry et s'y installa. Il le renifla et jouait avec ses oreilles qui chatouillaient Harry sous le menton.

- Je pense qu'il t'a adopté, sourit le vendeur.

Harry resserra les bras autour de l'animal multicolore. Il leva des yeux pleins d'étoiles vers sa tante qui lui offrit un demi-sourire. Harry choisit encore une cage de transport et un récipient pour de l'eau tandis que sa tante tenait le lapin qui ne quittait pas Harry des yeux. Finalement le vendeur lui tendit une collection de colliers de toutes les couleurs et le jeune garçon en choisit un turquoise. Le vendeur inscrivit son nom après lui avoir serré la main et lui donna quelques explications supplémentaires. Ainsi la couleur définitive dépendait de la nourriture et c'était bien un lapin plus intelligent que ceux des moldus. Aux yeux de ceux-ci, il était d'ailleurs censé paraître blanc ou du moins tacheté. Pratique et réellement magique.

End Notes:

Alors ? Vous vous étiez déjà posé la question pourquoi une chouette pour Harry ? Vous lui auriez vu quel animal ? Et que pensez-vous de ces légers changements ? Et surtout d'Ann Roberts (bah oui, c'est mon OC, je suis hyper curieuse). Bref, un commentaire ?

Chapitre 3 : Tchou tchou ! Désolé, on fait grève. by Carminny
Author's Notes:

Coucou !

Oui, j'avoue, j'ai oublié de poster. Mais on va dire que c'était juste pour le suspense hein. Nous voilà prêts à embarquer dans le Poudlard Express.

Un disclaimer: tout est à JK Rowling sauf Ann qui est mon OC. Les passages marqués par une étoile devant et derrière sont tirés de Harry Potter à l'école des sorciers (chapitre 6).

Bonne lecture !

Bluebell avait accompagné Harry jusqu'à chez lui. Ils avaient transplané et le lapin était devenu vert pendant quelques secondes avant de revenir à son pelage arc-en-ciel. Dudley n'avait même pas proposé de le manger tellement il était effrayé par le fait qu'Harry soit un sorcier.

Bluebell avait expliqué à sa demi-sœur qu'elle allait venir chercher Harry le premier septembre à dix heures et puis elle était partie laissant Harry avec sa valise et son lapin chez les Dursley. Apparemment Pétunia ne lui avait pas expliqué à quel point Harry était une charge pour eux.

Le mois d'août qu'Harry devait passer chez eux était relativement calme. Il eut droit de déménager dans la seconde chambre de Dudley qui avait même eu le courage de récupérer les jouets non cassés qui y étaient déposés. C'était quand même une belle chambre et Harry eut enfin un canapé où dormir et une armoire pour ses habits. Il s'y installa et n'en sortit seulement pour les repas.

En effet, les Dursley avaient décidé de l'ignorer. Dudley avait peur de lui parce qu'il croyait qu'Harry avait les mêmes pouvoirs que les sorciers dans les films d'horreurs qu'il regardait dans le dos de ses parents. La tante Pétunia et l'oncle Vernon avaient dû recevoir des instructions de la part de Bluebell. Et c'était bien mieux qu'avant.

*Harry restait donc dans sa chambre en compagnie de* son lapin changeur qu'il avait nommé *Hedwige, un nom trouvé dans Histoire de la magie. Il passait ses journées à* lire ses manuels scolaires désireux d'apprendre le plus possible sur la magie pour combler son retard par rapport aux autres - n'avait-il pas onze ans d'ignorance à rattraper ? Il avait fait un calendrier et y comptait les jours jusqu'au premier septembre.

 

Le jour de la rentrée, il se réveilla avec joie. Il allait enfin partir à Poudlard ! Il passa une demi-heure à réfléchir s'il devait mettre sa robe de sorcier ou plutôt des habits moldus. Il se décida enfin pour le second et venait tout juste de finir sa valise, lorsque Bluebell sonnait à la porte. Il la transporta difficilement dans le couloir puis regarda d'un air désespéré l'escalier. Jamais il ne réussirait à descendre sa valise sans tomber. Mais déjà sa demi-tante gravit les escaliers et agita sa baguette magique. La valise s'envola sans demander son reste.

- Cherche ton lapin, Harry, lui ordonna-t-elle avant de redescendre.

Harry s'exécuta sans rien se demander. Ça le dépassait, c'était sûr. En bas, on l'attendait déjà : les Dursley qui avaient hâte qu'il soit parti et Bluebell bien sûr, portant aujourd'hui un pantalon de costume bleu marine et une blouse blanche à manche longue - un peu décevant pour une sorcière en fait.

- Bon, on y va ? demanda Bluebell lorsqu'Harry fut en bas, la cage d'Hedwige à la main.

Elle adressa un signe de tête à l'intention des Dursley avant de sortir de la maison. Harry lança un petit au revoir aux moldus et attrapa sa valise au passage. Harry n'eût pas besoin de courir pour rattraper la sorcière. Elle avançait plus doucement qu'un mois avant. Elle lui adressa un sourire à peine perceptible avant d'attraper la valise et de lui tendre son autre bras. Harry soupira d'avance à cause du transplanage.

 

Mais lorsqu'il réapparut dans une ruelle sombre il n'eût pas le temps de se sentir vraiment mal avant que sa tante, qui pouvait avoir une poignée de fer, l'emmena devant la gare de King's Cross.

C'était magnifique. Mais déjà Harry fut entraîné à l'intérieur.

- On va à Poudlard en train ? demanda Harry, incrédule.

- Oui, confirma Bluebell. Onze heures à partir du quai 9 ¾.

- Le quai 9 ¾ ?

- Tu entends bien.

- Mais comment ... ?

- Tu verras.

 

Déjà ils étaient entre les quais 9 et 10, mais un quai 9 ¾ n'était pas en vue. De toute façon, comment serait-ce possible ?

- Bon. Je pense que je vais t'abandonner ici. Tu trouveras bien quelqu'un qui te montre comment tu peux passer le portail. Honnêtement je ne sais plus quel poteau c'est...

- Un portail dans un poteau ? Harry douta qu'il avait bien compris, cela lui paraissait un peu tiré par les cheveux.

- Oui, oui, confirma néanmoins sa tante. Il faut passer un poteau qui est en fait un portail magique pour accéder au quai.

- Mais... non je ne vais pas essayer de comprendre, se reprit Harry.

- Voilà ton ticket de train. Bon voyage, Harry et à...

- Non, s'il te plaît, ne me laisse pas seul, il prit sa petite voix qui marchait parfois avec ses institutrices à l'école primaire.

- Harry. Pas de ça. Observe plutôt s'il n'y a pas des sorciers qui utilisent le portail. Il faut vraiment qu'on se dépêche si tu ne veux pas rester seul ici.

 

- Il y a des gens avec un hibou qui arrivent. Mais il n'est à peine dix heures vingt, le train ne part qu'à onze heures non ?

- Figure-toi que j'ai une réunion à onze heures en Écosse et que je n'ai pas envie de venir en retard.

- Ça devait être une famille moldue. Ils sont partis vers le quai treize. Mais en transplanant tu peux y être en une minute...

- Les départs sorciers internationaux ont lieu à partir du quai 13 ½. Ils doivent être partis par là-bas. Apprends et on reparlera de transplaner en Ecosse.

- Mais t'y va comment alors ?

- Il n'y a personne d'intéressant en vue ? Je hais les sorts repousse-moldus.

- Je ne sais pas mais une grand-mère avec son petit-fils arrive vers ici.

- Ah oui. Ce sont Augusta Londubat et Neville. Il fait sa première rentrée aujourd'hui. J'espère qu'ils ne nous ont pas vus...

Harry observa les deux sorciers. Neville avait le visage joufflu et était un peu rondouillard. Sa grand-mère n'était pas maigre elle non plus et portait une étole de renard sur les épaules. Un vautour empaillé trônait sur son chapeau. Les deux Londubat passaient à côté d'eux sans les voir. Harry les suivit du regard pendant qu'ils disparaissaient contre la barrière qui se trouvait entre deux tourniquets.

- Je ne crois pas, dit Harry. C'est la barrière là-bas qu'il faut prendre.

- Très bien.

Harry resserra sa prise sur la cage d'Hedwige et empoigna le bras de sa tante pour la tirer vers la barrière. Elle avait l'air bien solide. S'écraser contre ferait certainement mal. Il accéléra le pas pour se rassurer. A l'instant où il s'apprêtait à rencontrer la pierre, il entendit un train cracher de la vapeur. Harry ouvrit les yeux sans s'être rendu compte qu'il les avait fermés.

 

Une multitude de couleurs et de bruits l'accueillait. Une locomotive rouge attendait les élèves le long du quai. « Poudlard Express - 11 heures » affichait une pancarte. Il était arrivé sur le quai 9 ¾ ! Il y avait déjà du monde : des élèves en robe de sorcier ou en habits moldus, des parents qui donnaient des dernières recommandations, des chats de toutes les couleurs qui faisaient trébucher les sorciers, des hiboux qui ululaient, des chariots qui roulaient sans que personne ne les tienne, des élèves qui s'étaient déjà installés dans le train et se penchaient pour parler avec leurs parents...

Il se retourna vers sa tante qui poussa un soupir exaspéré.

- Je peux y aller maintenant ?

Harry acquiesça sans conviction. Il aurait aimé qu'elle reste encore un peu. Tout ça l'impressionnait un peu trop.

- A ce soir. Bon voyage, Harry.

Et puis elle avait disparu. Harry était certaine qu'elle avait transplané mais... non il devait arrêter de se poser des questions sinon il n'allait pas s'en sortir. C'était de la magie tout simplement.

 

Il se retourna avec un sourire. Il allait à Poudlard ! Le jeune garçon ramassa sa valise et monta dans un des wagons au hasard. En quête d'un compartiment vide, il passa devant quelques-uns où s'entassaient déjà les élèves en pleines retrouvailles.

Enfin un vide se présenta à lui. Harry décida de s'y installer. Déposant la cage d'Hedwige sur un banc, il essaya de hisser sa valise sur le marchepied.

- Aie, jura-t-il lorsqu'il réussit à la faire tomber sur son pied.

Il sauta quelques instants en se tenant son pied endolori avant de réessayer. Enfin, il la plaça dans un coin du compartiment et s'assit à ses côtés. Il aurait volontiers sorti Hedwige de sa cage mais n'osa pas de peur de la perdre.

Harry se contenta d'observer le quai par la fenêtre. Dehors une famille de roux venait d'arriver. La petite fille qui accompagnait ses quatre frères pleurait pendant que ceux-ci se faisaient disputer par leur mère.

- Ne t'en fais pas, disait l'un des garçons en montant dans le train. *On t'enverra plein de hiboux.

- Et un siège de toilettes de Poudlard, ajouta son frère* qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau.

 

Harry se dit que ça devait être de vrais farceurs. A ce moment, le train s'ébranla et Harry put voir une vraie forêt de mains levées et de mouchoirs agités. Peut-être que si Bluebell n'était pas partie si vite, il aurait aussi eu quelqu'un qui lui ferait des signes par la vitre. Quoique, elle ne devait pas être du genre à faire cela.

La porte de son compartiment s'ouvrit sur deux jeunes élèves.

- On peut s'asseoir ? demanda la fille. Les autres compartiments sont pleins.

Harry hocha la tête et les deux s'assirent.

- Susan Bones, se présenta la fille. Et lui, c'est Ernie Macmillan.

La fille avait des cheveux roux flamboyants qu'elle avait rassemblés en natte. Ernie était blond et avait un nez long et fin. L'air sérieux, il sortit un livre d'une poche de sa robe de sorcier. En effet les deux portaient des vêtements sorciers différents des uniformes scolaires. C'était rassurant de voir que ça existait.

- Harry Potter, se présenta le garçon. Vous êtes en première année ?

- Attends, t'es Harry Potter, LE Harry Potter ? s'exclama Ernie. Tu as la... la cicatrice ?

- Eh, Susan lui donna un coup de coude. Tu te souviens de ce qu'on dit nos parents ? Désolée Harry, c'est juste que tu es un peu célèbre.

Elle lui adressa un petit sourire d'excuse. Harry rougit légèrement. Après tout, il n'avait rien fait. Il n'était juste pas mort. Il ne s'en souvenait même pas !

 

C'est à ce moment que trois garçons roux entraient dans le compartiment.

- Regarde, Ron. Des autres premières années !

- Bonjour ! Nous sommes Fred et...

- George Weasley et voilà notre...

- Frère Ron. Vous voulez bien...

- Prendre soin de lui ? Nous, on...

- Va chez les grands. Il paraît que Lee...

- A une tarentule. A plus !

Déjà les jumeaux Weasley repartirent laissant les quatre enfants de onze ans seuls. Harry cligna des yeux. C'était les garçons du siège de toilette. Ils étaient du type rapide.

- Désolé, marmonna Ron. Je peux m'asseoir ?

- Salut, sourit la seule fille. Je suis Susan. Le blond c'est Ernie et celui avec les lunettes c'est Harry.

- Harry ? Comme Harry Potter ?

- Coupable, confirma Susan avec un grand sourire.

Ron le fixa, incrédule. Harry se tortillait mal-à-l'aise mais Ron parut se rendre compte de son attitude déplacée car il regarda rapidement par la fenêtre.

 

- Mon père m'a offert un nouveau jeu de bataille explosive, les sauva Susan. Qui veut jouer ?

- Non merci, déclina Ernie en se plongeant dans son livre.

- Oh oui, trop bien, s'enthousiasma Ron au contraire. Ça fait une éternité que je n'y ai plus joué !

Harry haussa les épaules. Il ne connaissait pas ce jeu. Ron se mit en tête de lui expliquer les règles, régulièrement interrompu par Susan pour plus de clarté. C'était incompréhensible.

- Et si on essaye simplement de jouer, proposa Harry lorsque Ron reprit pour la troisième fois.

Susan distribua les cartes. Harry prit les siennes en main et les regarda. Il avait un loup-garou, deux licornes, trois lutins et un dragon. Susan posa un tas de carte au milieu.

- Donc à tour de rôle on tire une carte. On la regarde. Ensuite soit on la donne à notre voisin de droite, soit on la prend sur la main et on donne une de nos cartes au voisin. Et le voisin doit déposer une carte en-dessous du tas. Le but est de ne plus avoir de carte. Si tu as quatre cartes avec le même animal, tu les sors.

- La licorne blanche commence ! s'exclama Ron en attrapant une carte.

Il fit une moue et poussa la carte vers Harry. Celui-ci l'attrapa et ses cartes lui explosaient à la figure. Quoi ?!

- Tu as dû avoir le dragon et le crabe du feu !

 Susan éclata de rire. Harry s'y joignit de bon cœur.

 

Peu après midi, une sorcière replète et souriante poussa un chariot plein de friandises devant la porte de leur compartiment.

Harry bondit de son siège. Il n'avait pas pris de petit-déjeuner le matin. Puis il s'arrêta, incertain, et regarda ses camarades. Ron avait levé un sachet avec du pain, mais Susan et Ernie sortaient de l'argent. Il ne savait pas du tout ce qu'il y avait...

- De tout, déclara-t-il et échangea quelques pièces contre les sachets de bonbons.

Il sentit des regards peser sur lui.

- Quoi ?

- Oh rien, Susan secoua la tête. Je me sers ?

La question le prit de court. Mais il voulait partager maintenant qu'il avait quelque chose à donner. Il acquiesça rapidement.

- Vous aussi, Ernie, Ron, servez-vous.

- Merci, fit Ron, la main déjà tendue vers une patacitrouille.

Ernie hocha de la tête pour le remercier sans lâcher ni son livre des yeux ni sa baguette de réglisse. Harry hésita sur la première sucrerie à goûter. Une chocogrenouille ou plutôt une fondant au chaudron ? Finalement, il déballa une chocogrenouille. Celle-ci sauta sur la vitre puis à l'extérieur.

- Ça, c'est dommage, fit Susan. Normalement elles sont enchantées pour ne faire qu'un seul bond.

 

- De toute façon, le meilleur, c'est les cartes, déclara Ron.

Harry lui jeta un regard interrogateur.

- Dans chaque chocogrenouille, il y a la carte d'un sorcier célèbre, expliqua le jeune roux. Tu me la donnes, si tu as Agrippa ? C'est le dernier qu'il me manque.

Harry regarda la carte avec intérêt. Un vieil homme lui souriait d'un air bienveillant. Il avait une longue barbe blanche et des lunettes en demi-lune sur un nez aquilin. Et...

- Il m'a fait un clin d'œil !

- T'as qui ?

Interloqué, Harry lut le nom inscrit sous l'image. Albus Dumbledore. Alors c'était lui le directeur de Poudlard. Il ressemblait à un vieux sage, et un peu au Père Noël aussi. Tout à fait comme on s'imaginait le directeur d'une école de magie.

- Oh, j'en ai six de lui, fit Ron.

- Mais il m'a fait un clin d'œil !

Harry leva le regard sur ses trois compagnons. Ils ne semblaient pas étonnés. Peut-être que chez les sorciers...

- C'est normal que les images bougent ?

- Elles ne devraient pas ? Ernie quitta son livre pour le fixer avec incrédulité.

- Pas chez les moldus, banane, sourit Susan.

- Qui est-ce que tu traites de banane, pastèque ?

- C'est bas ça ! Tu vas regretter de m'avoir insultée ! Donne-moi les dragées surprises, Ron.

Harry reporta son attention sur sa carte. Et Dumbledore avait disparu ! Bon, pourquoi pas, hein ?

 

- Beurk, goût chaussette, grimaça Ernie.

- J'ai été vengée ! Susan leva une main pour taper contre celle de Ron.

- Alors que c'est toi qui as commencé, glissa le jeune Weasley.

- Traitre ! Susan lui tira la langue. Et toi, Harry, tu ne veux pas goûter cette délicieuse dragée au chocolat ?

- Ça doit être crotte, si tu me la proposes...

Harry fut le premier surpris de sa réponse. Il n'était pas du genre à participer aux chamailleries d'habitude. Il eut peur qu'elle le prenne mal mais déjà elle éclata de rire. Rassuré, Harry lui sourit. Peut-être que chez les sorciers il n'y avait pas de Dudley...

 

D'un coup, Ernie poussa un cri aigu. Les trois autres lui lancèrent des regards interrogateurs.

- Un rat ! parvint à articuler le blond en pointant un doigt vers Ron.

Celui-ci attrapa l'animal par la queue.

- Croûtard ?! Oui, c'est mon rat. Il est ennuyeux. Il ne fait que dormir et manger. Je l'ai hérité de Percy qui a eu un hibou parce qu'il est préfet.

- Aurais-tu peur des rats, Ernie ? sourit Susan, ravie.

Le garçon se tendit lorsque Croûtard se rapprocha d'une dragée qui avait roulé sur le banc. Ce fut un garçon au visage joufflu, Harry reconnut Neville Londubat, qui sauva le blond des moqueries de son amie.

- Vous n'auriez pas vu un crapaud par hasard ? J'ai perdu le mien.

Les quatre enfants durent répondre par la négative. Neville repartit aussitôt mais le thème des animaux resta.

- J'aurais adoré emmener mon poney mais il paraît qu'il n'y a pas d'écurie à Poudlard, raconta Susan.

- Un poney ?! s'exclama Ron, incrédule.

La jeune rousse acquiesça de la tête avec un large sourire. Harry était impressionné. Que les gens riches avaient des chevaux, non ?

- C'est un Dartmoor brun. Il s'appelle Sidereus.

- Moi, j'ai mon hibou grand-duc et ça me suffit, déclara Ernie avec complaisance.

Ron se ratatina sur le banc. Qu'est-ce qu'était un rat en comparaison avec un poney ou un grand-duc ? Harry sortit Hedwige de sa cage. Il n'allait la laisser enfermer s'il n'y avait pas de chat à proximité.

- C'est un lapin changeur ?! s'écria Ron, excité. Ginny en voulait un pour son anniversaire mais on n'a pas... je veux dire, mes parents trouvent qu'elle est encore trop jeune.

Il s'était empourpré ce qui jurait avec ses cheveux roux. Harry lui sourit gentiment.

- C'est Hedwige. On me l'a offerte pour mon anniversaire cette année.

- Génial, s'enthousiasmait Susan. Tu sais déjà quelles couleurs il doit garder ?

Harry nia. Il n'en avait aucune idée et honnêtement il n'y avait même pas réfléchi. Hedwige grignota une dragée surprise. Et vira rouge feu.

- Ça devait être goût piment, lâcha Susan. Regarde, Hedwige, goûte plutôt celle-ci, vert salade.

 

Absorbés par la contemplation d'Hedwige, les quatre enfants furent surpris de voir trois garçons entrer dans leur compartiment.

- On dit qu'Harry Potter est dans ce wagon, lâcha le blond platine d'une voix traînante.

Harry le dévisagea. C'était Drago Malefoy, le désagréable garçon de chez Madame Guipure. Susan répondit déjà.

- Touché, Malefoy !

- Salut, Bones, Macmillan. Je vois Potter que tu t'es bien entouré. Mais je peux t'aider à rencontrer des familles plus... C'est un lapin changeur ?

Pris de surprise par le changement de surprise et de ton, Harry mit un instant à répondre.

- Oui. Oui, c'est le mien. Elle s'appelle Hedwige.

- La chance ! Je peux la caresser ?

Un sourire joyeux s'afficha sur le visage de Malefoy. Les deux colosses derrière lui ne voyaient que les sucreries. Harry acquiesça gentiment et récupéra son lapin au milieu des bonbons avant de le poser dans les bras de Drago.

- Bonjour Hedwige. Oh, tu es un gentil lapin, hein ? Un gentil lapin tout doux.

Drago s'installa au côté de Ron qui eût une expression de dégoût. Susan lança deux chocogrenouilles aux géants.

- Oh, s'excusa le blond platine en caressant le lapin. Que je suis impoli. Je m'appelle Drago Malefoy et voici Crabbe et Goyle.

- Susan Bones, lui sourit Susan. Mais on se connaît déjà, n'est-ce pas ?

Ernie et Harry se présentèrent également et inutilement. Seul Ron se renfrogna et se mura dans un silence boudeur. Harry adressa un sourire d'excuse à Drago. Celui-ci haussa les épaules.

- Ne t'en fais pas. Des cheveux roux, des taches de rousseur, une cape de seconde main, c'est un Weasley.

Harry le fixa avec de grands yeux. Susan rit franchement.

- Ron, qu'est-ce que tu as ? demanda Harry.

Un grognement lui répondit.

- Les Malefoy et les Weasley se détestent depuis environ deux siècles et il est trop leur demandé de se parler poliment, expliqua Ernie calmement.

- N'importe quoi, protesta Drago. C'est eux qui...

- La ferme, Malefoy. Vous n'êtes...

- Silence, les cornichons, rugit Susan. Soyez sympas et comportez-vous comme des gens normaux ! D'accord, vos familles se haïssent mais vous pouvez quand même vous supportez au moins pour nous ! Alors si vous voulez vous disputer, vous le faites autre part qu'ici !

Un long silence suivit ce coup d'éclat. Puis Ron esquissa un petit sourire en direction de Susan et tendit la main vers Drago.

- Désolé, lui offrit-il. Je ne faisais que ce que me dictait ma famille.

- Désolé, moi aussi, accepta Drago en serrant la main du rouquin.

- C'était difficile, se moqua Ernie.

Les deux garçons lui retournèrent un identique regard noir. Au moins ils étaient d'accord maintenant.

 

- Dis, Harry, je peux dire à mon père que tu as un lapin ? Peut-être qu'il m'en offrira un aussi.

- Oui, si ça peut t'aider, répondit Harry confus.

Il ne pouvait pas avoir tellement de pouvoir, non ? Il n'avait que onze ans ! Mais bon, il devait apparemment s'y faire. Peut-être cela lui servirait un jour...

Le reste du trajet passa rapidement. Drago leur présenta Pansy Parkinson et Theodore Nott, ses amis d'enfance, qui étaient partis à sa recherche. Ils espéraient tous atterrir à Serpentard et Harry eut droit à une explication confuse en quoi Serpentard, Gryffondor, Poufsouffle était la meilleure maison. Et qu'il existait une quatrième au nom de Serdaigle qui était le deuxième ou troisième choix de tout le monde. Et d'après ce que compris Harry, il devait passer une épreuve pour être réparti. Mais laquelle, personne ne pouvait le lui dire...

End Notes:

Merci d'avoir lu. Un petit commentaire ? Dans quelle maison seront-ils répartis ? Dans celles du livre ou ai-je tout changé ?

Chapitre 4 : Bienvenue à Poudlard, l’école de magie renommée ! – quel nom devait-elle avoir eu avant ? by Carminny
Author's Notes:

Bonjour !

Voici donc enfin la rentrée à l'école de Poudlard. Au programme bateaux, répartition et dîner.

Les passages marqués par une étoile devant et derrière sont tirés de Harry Potter à l'école des sorciers (chapitre 7).

Bonne lecture !

La gare de Pré-au-Lard - c'était quoi ces noms pourris ? - n'était éclairée que de quelques torches qui brillaient dans la nuit. Harry se rapprocha des autres, il venait d'apercevoir un géant. Susan plaisanta avec Ernie, et Ron et Drago s'étaient lancés dans un grand débat autour du... Quidditch, quoique ce soit.

- Premières années, par ici ! cria le géant au désespoir de Harry.

Il ne voulait pas suivre l'énorme sorcier. Il lui faisait peur ! Mais déjà celui-ci le regardait de ses yeux brillants tels des scarabées.

- Bonsoir, Harry ! Comment tu vas ? La dernière fois que je t'ai vu, tu n'étais qu'un bébé !

- Oh non, souffla le jeune garçon. Il me connaît ! C'est qui déjà ? C'est sûr qu'il ne mange pas des enfants comme dîner ?

- T'inquiète, ricana Drago. C'est Hagrid, le garde-chasse de Poudlard. Mon père m'a dit qu'il n'était pas très intelligent et qu'il habitait dans une cabane. Il est bête mais pas méchant. Tu n'as rien à craindre de lui.

- Charlie l'aime beaucoup, compléta Ron. Ils adorent tous les deux les bestiaux dangereux et interdits.

En fait c'était celui qu'il avait croisé avec sa tante à Gringotts. Il faisait beaucoup plus peur dans le noir... Susan éclata de son rire cristallin. Le groupe se dirigea vers le géant. Harry se cacha courageusement derrière Ron et Susan. S'il avait bien compris, il n'avait plus aucune chance d'atterrir à Gryffondor, la maison du courage. Tant pis, il n'était pas ses parents.

 

Hagrid les emmena devant un lac. Drago se pencha vers les autres et chuchota, inquiet :

- Vous croyez qu'ils nous jettent dedans pour déterminer dans quelle maison on va ?

Susan secoua la tête.

- Trop simple. Il y a le calamar géant qui nous repêche.

- Fred et Georges ont dit qu'il fallait affronter un troll...

Harry les regardait, dépité. Jamais il ne pourrait vaincre un troll ou même un lac. Il risquait de mourir avant d'arriver à l'école. Peut-être que les Dursley n'étaient pas une si mauvaise alternative.

- Je ne sais pas nager, avoua-t-il.

- T'inquiète, si je ne me trompe pas, on se dirige vers des barques.

En effet, de petits bateaux à quatre places les attendaient à la rive. Susan se dirigea vers l'une d'entre elles et les autres la suivirent.

 

La fille sauta à pieds joints dans la barque vite suivie de Ron puis de Drago qui se contentait d'avoir l'air sérieux et respectable. Harry passa précautionneusement le rebord de la barque. Il avait très peur qu'elle se casse ou tangue et qu'il tombe à l'eau.

- Attention, haricot, peut-être que tu l'as fissurée, se moqua gentiment Susan.

Le brun examina le fond de la barque, paniqué. Puis réalisant qu'elle se moquait de lui, il lui tirait puérilement la langue avant de s'installer avec méfiance à côté de Ron.

 

Le garçon oublia cependant bien vite sa peur lorsque les barques contournèrent un rocher et révélèrent le château de Poudlard.

Son imposante silhouette trônait au-dessus de leurs têtes. La nuit était noire et le château éclairé à l'intérieur. Il était magnifique. Harry avait du mal à croire qu'il allait étudier, vivre dans cette bâtisse tout droit sortie d'un conte de fée.

Bien trop vite, ils étaient trop proches pour l'admirer convenablement et mirent pied à terre. Pendant qu'ils montaient beaucoup de marches - vraiment beaucoup -, Drago et Ron avaient continué leur conversation sur le Quidditch et discutaient avec animation la chute d'une équipe. Il ne savait toujours pas ce que c'était... Il osa demander Susan qui lui adressa un grand sourire.

- Un jeu sur balais avec quatre balles. C'est le sport favori de la plupart des sorciers. Si j'ai bien compris, c'est peu comme le foot chez les moldus, la rouquine haussa les épaules. Moi, j'aime bien mais je préfère monter Sidereus.

Harry hocha la tête puis enfouit son visage dans le pelage d'Hedwige. Il n'avait pas voulu la laisser avec les bagages. Qui sait comment ils étaient transportés et où ils étaient stockés en attendant ?! Alors il avait fait comme Ron qui gardait Croûtard dans une poche de sa cape et l'avait emmenée avec lui. Hedwige prit une teinte rose qui lui indiquait qu'elle aimait se faire cajoler.

En haut des marches les attendait une femme aux traits stricts et en robe émeraude. Harry pensa directement qu'il valait mieux ne pas l'agacer. Elle devait être chargée de les accueillir. Hagrid confirma ses soupçons quelques instants plus tard.

- Madame la sous-directrice, voici les premières années.

- Merci, Hagrid.

Harry constata avec soulagement que la sorcière - il lui donnait une soixantaine d'années - sonnait néanmoins sympathique. Elle les guida dans une petite pièce puis s'adressa à eux. Le professeur McGonagall, car tel était son nom, leur expliqua en détail le fonctionnement des maisons puis partit vérifier que tout était prêt.

Harry regarda ses futurs camarades de classe. La plupart d'entre eux semblaient angoissée, les autres excités. Le jeune Potter se rendit compte qu'il faisait partie du premier groupe lorsque Susan se moqua de lui. D'un regard de biais, il constatait que Drago et Ron se réconfortait réciproquement sur le fait qu'ils allaient être dans la maison de leur famille. Une jeune fille aux cheveux ébouriffés récita une liste de sort devant le regard effaré de Neville Londubat.

 

Enfin l'attente prit fin et le professeur McGonagall les chercha. Harry suivit la foule des premières années qui entra dans la Grande Salle. Tous les élèves étaient assis, séparés en quatre tables. Ce fut vers la cinquième que se dirigea le groupe, celle-ci étant placée sur une estrade et réservée aux professeurs.

- Le plafond est enchanté pour reproduire le temps qu'il fait dehors. Je l'ai lu dans L'Histoire de Poudlard, expliquait la fille aux cheveux ébouriffés.

Harry leva le regard et pu admirer le plafond magique dont elle parlait. Mais l'auteur du livre devait être un imbécile parce qu'il pouvait bien voir qu'il y avait des étoiles au plafond, alors que dehors, au ciel, il n'y en avait pas.

Soudain le silence dans lequel avait plongé la Grande Salle lors de leur entrée fut interrompu. Harry chercha des yeux l'origine de la voix qui avait commencé le chanter. C'était le chapeau !

 

Le Choixpeau se taisait finalement. Alors c'était ça la répartition, survivre aux poux qui devaient l'habiter ? Enfin le professeur McGonagall se racla la gorge puis expliqua :

- Lorsque j'appellerais votre nom vous vous avancerez et prenez place sur le tabouret. ABBOT, HANNAH.

Tous les yeux se braquaient sur la petite blonde qui tremblait. Hannah s'assit et le professeur McGonagall plaça le vieux chapeau sur sa tête. Âpres quelques secondes celui-ci cria :

- POUFSOUFFLE !

La fille se leva et se dirigea vers la table qui applaudissait. Harry remarqua avec étonnement que sa cravate était devenue jaune. C'était magique ! ... Bon, évidemment que c'était magique...

- BONES, SUSAN.

La jeune fille adressa un sourire à Harry et se précipita vers le vieux chapeau. Celui-ci n'hésita qu'un instant avant de crier :

- POUFSOUFFLE !

Susan se leva d'un bon, un énorme sourire aux lèvres. Ensuite un garçon atterrit à Serdaigle, encore une Serdaigle, la première Gryffondor et la première Serpentard furent repartis. Puis Harry cessa de suivre. Les élèves se relayaient sous le Choixpeau. La fille qui avait cité un livre sans réfléchir finissait à Gryffondor, Neville Londubat également. Drago allait à Serpentard et leur adressa un sourire triomphant. Pour un certain Nott le chapeau prit presque six minutes pour décider. Les jumelles Patil furent séparées. Sally-Ann Perks partit vers la table des Serdaigle. Ils n'étaient plus qu'à six à attendre. Harry serra Hedwige dans ses bras. Il avait tellement peur ! Et puis...

- POTTER, HARRY.

Le garçon avança les jambes tremblantes. Où allait-il atterrir ? À Gryffondor comme ses parents ? À Serpentard comme Drago et sa demi-tante ? À Poufsouffle comme Susan ? À Serdaigle comme... non il ne connaissait personne de Serdaigle. Harry prit alors conscience des murmures qui animaient la Grande Salle.

- Elle a dit Harry Potter ?

- Le Harry Potter !

- Chut, je veux savoir où il va aller.

- Il doit avoir des super pouvoirs !

- Pour vaincre Tu-Sais-Qui certainement !

- Moi je trouve qu'il a surtout l'air intimidé.

- C'est un lapin changeur qu'il a ?

- J'ai entendu que Dumbledore l'a élevé en personne dans une aile cachée de Poudlard.

- C'était un coup de chance, il n'a pas l'air fort.

- Un lapin quoi ?

- VOS GUEULES !

- Ne t'énerve pas.

 

Harry essaya d'oublier ce qu'il venait d'entendre et s'assit sur le tabouret. Le professeur McGonagall plaça le Choixpeau sur sa tête et Harry ne vit plus rien.

Hm. Où vais-je bien te placer ? Tu es certainement loyal et courageux... mais tu es également rusé. Pas de grandes ambitions par contre. Non, Serpentard t'aiderait à te faire une place dans le monde magique mais ce n'est pas ce que tu veux.

Pas Serdaigle, s'il-vous-plaît, pensa très fort Harry. Il n'y connaissait personne alors que dans les autres, il y aurait au moins Ron, Susan ou Drago, non ?

Non, pas Serdaigle pour toi. Tu es assez intelligent c'est vrai mais tu rêves d'amis loyaux et fusionnels. Pas d'individualisme pour toi, jeune Harry Potter. Poufsouffle te permettrait d'accéder à une sécurité que Gryffondor ne t'offrirait jamais. Cependant vu le rôle que tu vas jouer ce n'est pas nécessairement une bonne chose... Alors c'est ....

Attends ! Quel rôle ? Et pourquoi ?

- GRYFFONDOR !

Le Choixpeau fut enlever de sa tête et Harry accueilli par des applaudissements assourdissant de la part de la table des rouge et or. Il alla s'asseoir comme en rêve et remarqua à peine les frères de Ron crier « POTTER AVEC NOUS ! » à travers de la Grande Salle.

Déjà l'élève suivant rejoignit les lions. Une fille Serdaigle, puis Ron s'installa à côté d'Harry avec un soupir de soulagement. Le dernier élève devint un Serpentard.

- On est fier de toi, Ronnie-chou, affirmèrent les frères du roux, tout aussi roux d'ailleurs.

Harry lança un regard vers la table des Poufsouffle et vit Susan lui faire un signe de victoire.

- Bonsoir, les premières années. Je suis Percy Weasley, préfet de Gryffondor. Si vous avez un problème n'hésitez pas à vous adresser à moi. Je vais également vous guider dans vos premiers pas à Poudlard.

- Il se pense très important, glissa Ron à Harry. Il nous en parle depuis deux mois.

Les autres nouveaux étaient visiblement impressionnés par ce discours. Ils regardaient Percy le préfet avec admiration. Mais un tintement de verre attirait leur attention.

Dumbledore s'était levé et voulait apparemment faire un discours.

- J'espère qu'il se dépêche, chuchota Ron. J'ai faim.

- Comment fais-tu passer ton estomac avant le plus grand sorcier de notre siècle ? cingla la fille qui avait cité un livre.

Ron lui lança un regard noir mais avant qu'il ne pût répliquer, Dumbledore avait pris la parole.

- Bonsoir à tous. J'imagine que vous êtes affamés, c'est pourquoi je ne dirais que quelques mots avant le dîner. *Les voici : Nigaud ! Grasdouble ! Bizarre ! Pinçon !* Bon appétit !

 

Apparemment le plus grand sorcier du siècle était plutôt de l'avis de Ron. Les plats apparurent sur les tables. Et tous les élèves se jetèrent dessus. Enfin presque tous.

- Tu ne manges pas, Harry ?

- Je n'ai pas faim.

- Tu as peur à cause des cours ? Ne t'inquiète pas, ils vont bien se passer. Et tu n'es pas le seul à ne jamais avoir fait de magie. Et puis la tarte à la mélasse est vraiment bonne !

Harry émit un grognement peu convaincu. Il tourna son regard vers la table des professeurs. Sa tante devait bien y être. En effet, il la trouva rapidement assisse entre un professeur aux cheveux gras et une élégante quadragénaire en robe bleue nuit. Elle était en grande conversation avec le premier, mais se tourna aussitôt vers Harry pour lui adresser un demi-sourire qu'il ne sut pas interpréter. Son collègue le fixait avec un mépris visible. Une vague de douleur lui traversa soudainement la tête partant de sa cicatrice.

- Aïe.

Harry porta sa main à son front lâchant Hedwige. Celle-ci en profita pour sauter sur la table et attraper un brocoli dans l'assiette de Ron. Le rouquin protesta mollement mais Harry ne lui prêta pas d'attention. A la place, il se tourna vers Percy en train d'expliquer le rangement de la bibliothèque à la fille aux cheveux ébouriffés.

- Qui est le prof à côté du professeur Roberts ?

- Ah, tu connais déjà le professeur Roberts ? C'est elle qui nous enseigne la défense contre les forces du mal. Et celui avec les cheveux noirs c'est le professeur Rogue. Il est maître des Potions.

Harry acquiesça distraitement puis se retourna vers Hedwige et Ron. D'ailleurs il avait quand même un petit creux... Il se servit en tarte à la citrouille - il n'avait même pas remarqué qu'ils étaient déjà au dessert.

- Ce n'est pas hygiénique d'avoir des animaux à table, reprocha la fille qui discutait avec Percy.

Harry haussa les épaules et tendit une myrtille à son lapin. Qu'est-ce qu'il en avait à faire ?

- Range ton lapin, ordonna la fille. Je ne veux pas manger avec lui. Dans La nourriture magique, il est écrit que les animaux ne devraient pas avoir le droit de manger dans la Grande Salle de Poudlard.

- Mais ce n'est pas le cas, répondit Ron. Et puisque tu demandes... Croûtard adorera certainement ce fondant au chocolat.

Il sortit son vieux rat de sa poche et le posa sur la table. Neville face à eux sourit puis leur présenta Trevor, son crapaud.

- Vous allez vous faire punir, menaça la fillette en se tournant vers Percy.

Celui-ci secoua la tête avec amusement.

- Tu risqueras d'être surprise demain matin...

 

Sur cette phrase énigmatique, le dîner se termina et Dumbledore se leva en claquant dans les mains.

- Bienvenue à tous. Aux anciens et aux nouveaux élèves. Je vous rappelle que le couvre-feu est à 22h. Par ailleurs, il est interdit de se battre dans les couloirs et la liste des objets interdits comportent désormais également les frisbees à dents de serpents et les tasses mordeuses. La liste exhaustive est consultable dans le bureau de Monsieur Rusard, le concierge. Je rappelle également à certains éléments perturbateurs que la forêt est interdite à tout élève. De même que le couloir est du troisième étage, à moins que vous souhaitiez mourir dans d'atroces souffrances. Mais maintenant au dodo ! Bonne nuit, les enfants !

Harry et Ron se regardèrent avec de grands yeux. La fille agaçante posa enfin la question à Percy :

- Il est sérieux ?

- Je suppose. Percy haussa les épaules. Mais si vous voulez bien me suivre...

Les huit premières années suivaient Percy hors de la Grande Salle. Ils durent monter beaucoup d'escaliers. Vraiment beaucoup d'escaliers. Les dortoirs de la maison Gryffondor étaient dans une tour.

- J'aurais dû aller à Poufsouffle, souffla Neville. Leur salle commune est au premier sous-sol...

- La classe, fit Ron. Je propose qu'on demande un transfert. Tu es partant, Harry ?

- Bien sûr, haleta celui-ci le souffle court. Tout est mieux que ces escaliers.

- Non mais ça ne va pas la tête ? On ne peut pas changer de maison ! asséna la fille qui décidément ne pouvait rien laisser non commenter. C'est écrit dans L'Histoire de Poudlard. En plus le nombre d'escaliers est un motif stupide. Il s'agit des qualités que l'on préfère qui sont importantes plus que l'environnement matériel et...

- Tu sais, commença Harry. Une chose est certaine, tu ne pouvais pas aller dans une autre maison que Gryffondor. C'est pour cela que tu es jalouse de nous qui avons, comme tu dis, plus de qualités.

Ron pouffa.

- Ouais, seuls les élèves de Gryffondor sont assez courageux pour te supporter !

Harry et lui éclatèrent de rire. Même Neville à côté d'eux esquissa un sourire. La fille leur lança un regard noir puis s'enfuit vers les devants du groupe.

 

Enfin ils s'arrêtèrent devant un tableau représentant une grosse dame.

- Tu crois que les tableaux peuvent faire des régimes ? souffla Ron à Harry.

- Ils bougent et parlent. Pourquoi pas maigrir ?

Effectivement les tableaux étaient vivants. Les personnages bavardaient, bougeaient, mangeaient, passaient d'un cadre à l'autre. Les paysages étaient animés par du vent qui soufflait, des nuages qui passaient dans le ciel... C'était magique.

- Mot de passe ?

- Caput Dragonis, énonça Percy.

Il y avait un dictionnaire, ici ? Les premières années suivirent le préfet dans la salle commune de Gryffondor. C'était une pièce aux chaudes couleurs avec des fauteuils et canapés confortables et un feu dans la cheminée. Il y avait aussi quelques tables de travail et une grande bannière de Gryffondor ornait le mur.

- Le mot de passe change toutes les semaines.

- Oh non, soupira Neville.

- Les dortoirs des filles sont à gauche, ceux des garçons à droite. Ah ! Et voici la préfète de cinquième année. Les préfets de cinquième sont en charge des premières années.

- Bonsoir, la préfète les salua d'un signe de main vague. Je suis May Rosebury et si vous avez des problèmes, embêtez Percy.

Puis elle partit vers une des tables de travail. La fille aux cheveux ébouriffés la fixa de travers :

- Ce n'est pas très sérieux.

Percy haussa les épaules et Ron se pencha vers Harry et Neville pour leur chuchoter :

- En fait, ça l'arrange, comme ça il a plus de pouvoir.

Les trois garçons ricanèrent puis reportèrent leur attention sur le frère du rouquin.

- ... présentation.

Dean Thomas, un garçon noir de peau. Seamus Finnigan, un garçon blond. Lavande Brown, une fille avec un nœud rose dans les cheveux. Parvati Patil, venue d'Inde. Neville Londubat, le garçon rondouillard et sympathique. Hermione Granger, la miss je-sais-tout agaçante. Ron Weasley, le rouquin aux nombreux frères. Et Harry Potter, le célèbre survivant. Ils formaient une belle bande.

- Vos emplois du temps vous seront distribués durant le petit-déjeuner. Vos valises sont déjà dans les dortoirs. Bonne nuit !

End Notes:

Pas trop déçu que chacun atteri dans "sa" maison ? Mais bon, l'histoire va dérailler doucement ;) Dites-moi si vous être trop perdus, mais j'espère que non :)

Merci d'avoir lu et ça me ferait super plaisir si vous me laissez un petit mot !

Chapitre 5 : Les cours – c’est une école après tout by Carminny
Author's Notes:

Bonjour !

Non, je n'avais pas du tout oublié de poster (merci Tiiki pour son rappel ^^) et merci à selket pour ses reviews.

Aujourd'hui nous voilà prêts pour assister aux premiers cours de magie avec Harry. Je vous avoue que je n'ai pas osé ajouter des matières normales (vous vous imaginez toutes les implications que pourrait avir un cours de maths correct ? Les sorciers pourraient devenir logiques ! Mais bref.)

Voici Harry et les cours ! Applaudissements

Les passages marqués par une étoile devant et derrière sont tirés de Harry Potter à l'école des sorciers (chapitre 8).

Contrairement à ce à quoi Harry s'était attendu, il s'habitua rapidement à son environnement magique. Ron et lui découvrirent les cent quarante-deux escaliers du château et s'étonnèrent ensemble sur le nombre d'hiboux qui apportaient le courrier dans la Grande Salle pendant le petit-déjeuner - Granger piqua une crise phénoménale en découvrant cela. Ils rejoignaient Susan pendant les repas et les cours communs à leurs deux maisons. Les trois premières années firent connaissance avec Peeves qui les pourchassa à travers le quatrième étage. Le nom d'Harry Potter fut sur toutes les lèvres pendant trois jours puis Fred et George Weasley firent explosés la soupe de la table des Poufsouffle et Ron et Harry durent aider Susan à se venger. Harry Potter fut désormais associé à Ron Weasley et Susan Bones. Les élèves de Poudlard étaient beaucoup plus intéressés par des blagues que par une victoire sur Voldemort.

Harry avait toujours aimé l'école et les matières magiques le fascinaient. Chaque mercredi nuit, ils observaient les étoiles depuis la plus haute tour du château. Trois fois par semaine, ils apprenaient ce qu'il fallait savoir sur les plantes avec une petite sorcière potelée répondant au nom de professeur Chourave - particulièrement adapté, non ? Le petit professeur Flitwick qui leur enseignait les sortilèges tomba des livres sur lesquels il s'était installé en lisant le nom d'Harry Potter. Le cours le plus ennuyeux était celui d'histoire de la magie, enseignée par un fantôme soporifique. Après deux heures, Susan, Ron et Harry décidèrent d'emmener un jeu la prochaine fois.

 

Le jeune garçon avait eu raison en supposant que le professeur McGonagall était sévère. Elle commença son cours en transformant son bureau en cochon puis en lui rendant sa forme originale.

- La métamorphose est l'une des formes de magie les plus complexes qu'ils soient. Je ne tolérerai aucun écart de conduite, suite à quoi vous quitterez ma classe sans pouvoir revenir. Ai-je été claire ? Bien, commençons.

L'exercice du jour consistait à transformer une allumette en aiguille. Seule Granger réussit à changer un petit peu son allumette et lança des regards fiers autour d'elle. Susan l'attrapa du regard et alluma une petite flamme en lui souriant d'un air angélique.

- Au feu ! hurla Ron et demanda à Harry d'allumer les petits bâtons de bois.

Quelques secondes plus tard, la classe était plongée dans un chaos épouvantable. Beaucoup d'élèves avaient lâché leur baguette et essayaient de s'éloigner des trois fous qui tenaient une allumette en main. Harry souriait en balançant sa petite flamme vers Susan qui l'esquiva pour tenter de s'approcher de leur Miss Je-sais-tout. Malheureusement l'allumette finit sa trajectoire dans les robes d'un professeur mécontent.

- Oups, fit Ron.

- Aguamenti, prononça McGonagall en leur accordant un regard particulièrement noir.

Elle inspira un grand coup et ... la sonnerie mit fin au cours. Harry remarqua que les trois petites flammes avaient été éteintes par le jet d'eau de l'adulte. Jet d'eau glacée d'ailleurs.

- Bones, Potter, Weasley, deux heures de retenue.

Un coup de baguette plus tard, les trois éléments perturbateurs étaient secs et dans le couloir.

- En fait, elle n'a pas mis sa menace à exécution, remarqua Susan. On n'est pas dispensé de métamorphose...

- Dommage, sourit Harry.

- La prochaine fois, promit Ron.

 

Le cours de potion n'était malheureusement pas en commun avec les Poufsouffle mais nos deux rouge et or rejoignirent Drago et Theodore. Le professeur Rogue entra dans la salle de potions en claquant la porte derrière lui. La classe sursauta. Il foutait la trouille ce professeur. Il commença son discours de rentrée sur un ton doucereux qui terrifia Neville et une bonne partie des autres élèves.

- *Vous êtes ici pour apprendre la science subtile et l'art rigoureux de la préparation des potions. Ici, on ne s'amuse pas à agiter des baguettes magiques, je m'attends donc à ce que vous ne compreniez pas grand-chose à la beauté d'un chaudron qui bouillonne doucement en laissant échapper des volutes scintillantes, ni à la délicatesse d'un liquide qui s'insinue dans les veines d'un homme pour ensorceler peu à peu son esprit et lui emprisonner les sens... Je pourrais vous apprendre à mettre la gloire en bouteille, distiller la grandeur, et même à enfermer la mort dans un flacon si vous étiez autre chose qu'une de ces bandes de cornichons à qui je dispense habituellement mes cours.*

Sa tirade n'était qu'un murmure mais toute la classe était tellement silencieuse que l'on comprenait chaque mot. Harry jeta un regard désespéré à Ron et Drago. Le premier semblait tout aussi intimidé que lui l'était et le jeune Malefoy... lui, souriait, confiant. Hermione au premier rang semblait être prête à prouver qu'elle n'était pas un cornichon - ce qui restait encore à vérifier, cela dit.

 

- *Potter ! dit soudain Rogue. Qu'est-ce que j'obtiens quand j'ajoute de la racine d'asphodèle en poudre à une infusion d'armoise ?*

Il ajoute des racines de quoi à une infusion de quoi ? Granger semblait savoir. Bon, Harry, calme-toi, s'ordonna le garçon. Des racines dans une infusion, ça doit donner...

- Du thé, professeur.

Celui-ci eut un rictus méprisant tandis que Ron essayait de camoufler un rire.

- *Apparemment la célébrité n'est pas tout dans la vie. Essayons encore une fois, Potter. Où iriez-vous si je vous demandais de me rapporter un bézoard ?*

Granger leva encore la main mais Harry avait aucune idée de ce qu'était un bézoard. Drago le fixait et formait des mots en silence. Harry plissa le front mais il ne comprenait pas ce que Drago essayait de lui dire. Il préféra la méthode de Susan :

- Chez l'apothicaire, professeur, répondit-il le plus sérieusement possible.

La classe étouffa quelques rires mais le maître des potions les ignora autant que la main levée d'Hermione Granger.

- *Vous n'alliez quand même pas vous donner la peine d'ouvrir un de vos livres avant d'arriver ici, n'est-ce pas, Potter ?*

Ben, bizarrement si. Mais il ne les avait pas appris par cœur. Pas comme Hermione apparemment. Harry supposa que Rogue ne l'aimait pas pour une raison X ou Y. Pour sa célébrité en fait. Pas qu'il l'aimait mais...

- Je pensais que ma présence dans votre cachot était déjà un honneur suffisant.

Harry essaya d'imiter la voix trainante de Drago et au regard moqueur que Ron jeta à celui-ci, c'était plutôt réussi. Rogue le fixa méprisant. Granger ne semblait pas croire que l'on puisse parler ainsi à un professeur.

- *Potter, reprit le professeur, quelle est la différence entre le napel et le tue-loup ?*

Ça sentait la question piège ça.

- L'un sert aux loups-garous, l'autre brûle ?

- Le napalm, Harry, le napalm brûle.

Ron secoua la tête comme exaspéré sans toutefois cacher son large sourire.

Rogue les rabroua et Harry fit perdre cinq points à sa maison pour son insolence, puis ils durent préparer une potion contre les furoncles. Tout le monde reçut de sévères critiques et Neville fondit son chaudron.

- Sympa, le cours, fit Ron en sortant.

Harry acquiesça en grommelant.

 

Mais le cours le plus attendu était celui de défense contre les forces du Mal. Il avait la réputation d'être difficile et les premières années entendaient les pires histoires sur les séances et leur enseignante. La rumeur la plus répandue disait qu'ils allaient devoir se battre en duel contre un troll. Et Susan qui avait déjà eu ce cours soutenait fermement la Theorie selon laquelle un dragon était enfermé dans la salle de classe. Impossible de la faire changer d'avis.

Enfin, les Gryffondor eurent droit à ce cours. Harry et Ron furent parmi les premiers à entrer dans la salle, tant l'impatience les poussait.

- Mais il n'y a aucune table ! s'exclama Ron à ses côtés.

- Bien vu, Monsieur Weasley. Mettez vos affaires de côté et attendez un instant que tout le monde soit là.

Ron et Harry se regardèrent, étonnés. Harry haussa les épaules. Après tout cela promettait une leçon pratique et intéressante. Ils posèrent leurs sacs pendant que leur professeur continuait d'accueillir les élèves.

Une fois que tous leurs camarades de classe les avaient rejoints, le professeur Roberts fit claquer la porte d'un sort. Le peu de bavardage qu'il y avait se tut. Les huit élèves de Gryffondor étaient impatients e découvrir la vérité derrière les rumeurs qu'ils avaient tous écouté avec attention. Harry devait avouer qu'il ressentait un peu d'appréhension. Ils devaient s'attendre à tout.

- Bien. Bonjour à tous. Comme vous le savez sans doute, je suis le professeur Roberts et je vous enseignerai cette année les bases de la défense contre les forces du mal.

Harry soutient fermement le regard de sa tante lorsqu'il se posa sur lui, bien qu'il sache que cela devait être du hasard.

- Sachez que le poste de professeur de défense contre les forces du mal est maudit, et que donc la matière changera de nom chaque année. En ce moment vous êtes priés d'utiliser le classique défense contre les forces du mal - ou DcFM si vous êtes fervents partisans des abréviations et autres acronymes. Compris ?

La classe entière marmonna un oui, peu convaincue par l'explication. Qui aurait pu avoir idée de maudire un poste de professeur ? Quoiqu'un mauvais élève pouvait vouloir se venger d'un enseignant et rater son sort... Bref, le cours.

 

- La défense contre les forces du mal est une matière assez récente comparée aux autres. En fait, ce n'est enseigné à Poudlard que depuis deux cent ans. Mais qu'est-ce que les forces du mal en fait ?

Roberts fit une pause. Peut-être attendait-elle une réponse, aussi. Eventuellement. Dans tous les cas, Hermione Granger semblait motivée pour répondre. Et fut interrogée pour son plus grand bonheur. Harry sourit légèrement : elle était vraiment enthousiaste face à l'apprentissage de la magie.

- Les forces du mal, exposa Granger d'un ton docte - Harry se rappela pourquoi il avait du mal à la supporter la plupart du temps -, désignent d'un côté les créatures magiques dangereuses qui attaquent les sorciers telles que les chaporouges ou les loups-garous, et d'autre côté les sorciers qui utilisent la magie pour torturer ou tuer ou pour avoir plus de pouvoir. C'est par exemple le cas de Grindelwald ou de V...

- Merci bien, coupa le professeur Roberts avec empressement. Cette division en deux est tout à fait exacte mais je souhaite pointer votre attention sur le fait que les forces du mal sont surtout la magie, les forces élémentaires dégagées et utilisées par les créatures des ténèbres et les sorciers aux intentions malfaisantes. En effet, qu'est-ce qui différencie la magie noire des autres types de magie ? Mademoiselle Brown ?

- Les sorts utilisés ? tenta de deviner la fillette.

- Monsieur Finnigan ?

- Euh... Je ne sais pas, avoua le garçon aux sourcils encore roussis de la leçon de sortilèges qui avait précédé.

Harry plissa le front. A ce qu'avait dit sa tante juste avant, ce devait être l'intention mais il ne voyait vraiment pas ce que...

- Monsieur Potter, l'interrogea déjà Roberts - à tous les coups elle avait lu dans ses pensées.

- L'intention du sorcier ?

- Exactement ! Enfin quelqu'un qui sait écouter.

Harry rougit sous le regard courroucé de Granger. Il n'avait pas fait exprès ! Il ne voulait pas lui piquer la vedette de meilleur élève. Pas du tout, même, elle n'avait pas besoin de le regarder comme ça. D'ailleurs, il n'y comprenait pas grand-chose...

- Prenons par exemple le sortilège de découpe. On l'utilise d'ordinaire pour tailler ses plantes ou pour éviter les ciseaux. Est-ce que c'est un sort de magie noire ? Certainement pas. Et pourtant, lorsqu'il est lancé sur une personne, il peut être mortel. S'il est utilisé dans le but de blesser ou de tuer, alors cela devient de la magie noire. Pratiquement tous les sorts peuvent être utilisés de manière dangereuse et offensive. C'est pourquoi dans ce cours vous allez apprendre à vous protéger des autres, de vous-mêmes et des accidents et circonstances.

 

Cela donnait tout à fait confiance en la magie, tout ça. Mais ce qui l'intriguait c'était quand même cette histoire de magie... Harry leva la main sous le regard étonné de Ron - lui devait bien savoir grâce à sa famille.

- Une question, monsieur Potter ?

- Quels sont les différents types de magie ?

Avec le léger coup d'œil qu'il jeta autour de lui, il pouvait se convaincre qu'il n'était pas le seul à se poser cette question. Même Granger ne semblait pas connaître la réponse. Le professeur Roberts réfléchit un instant avant de répondre ;

- La magie est une énergie très complexe qui se présente sous multiples aspects. On a donc essayé de la classer dans différents types. Il y a la magie blanche qui est surtout une magie de soin et de protection : le lanceur veut faire du bien. Par opposition, la magie noire dont nous avons parlée. Ce sont les deux principales distinctions faites chez nous. Mais il existe une multitude de magies intermédiaires. D'autres êtres magiques ont leurs propres magies comme les gobelins ou les dragons par exemple. Ensuite, il y a la magie élémentaire qui dans l'occident repose sur la Theorie des quatre éléments. La magie du sang dite rouge, la magie de l'esprit, la magie de l'environnement que vous utilisez en potions ou à travers les runes... Et ce ne sont que des exemples tirés de notre culture d'Europe occidentale. Dans d'autres pays, d'autres magies existent. Mais notre cours ne portera malheureusement que sur la magie enseignée à Poudlard et que vous rencontrerez en Grande-Bretagne, à moins d'avoir à faire à un sorcier étranger.

Harry déglutit. C'était beaucoup plus compliqué que ce qu'il s'était imaginé. Heureusement qu'ils commençaient simplement en cours. Mais apparemment sa tante en savait un rayon et se passionnait pour cela en plus. Il pourrait toujours lui demander plus de précisions une fois qu'il connaissait les bases.

 

- Bon, le professeur Roberts se leva de son bureau en chancelant légèrement. Commençons.

Elle agita sa baguette dans un geste compliqué et Harry ne vit plus rien. Enfin non. Il faisait juste un peu noir. Ou plutôt il faisait absolument obscur et il pouvait entendre les cris angoissés de ses camarades. Il se tourna vers Ron pour lui demander s'il savait ce qu'il se passait mais se heurta à... un mur ?! D'après les injonctions des autres, ils avaient eux aussi remarqué qu'ils étaient enfermés.

- Maintenant que vous avez constaté la situation, commença à expliquer leur professeur. Vous allez devoir sortir du labyrinthe. Car oui pour ceux qui n'ont pas encore compris vous êtes dans un labyrinthe. Seul. Dans le noir. Et vous ne savez pas ce qui vous attend sur le chemin vers la sortie.

Elle avait bien dire, elle n'était pas coincée ici avec eux.

- Je vais vous donner trois indices puisque c'est le premier cours. Premièrement, rien ne nécessite un sort. Deuxièmement, le programme de première année porte sur les bases donc il n'y aura pas de créatures sauvages. Troisièmement, je vous lancerais des sorts.

Quoi ?! C'était censé être rassurant ? Harry secoua la tête, dépité. Il avait lu une astuce pour sortir d'un labyrinthe une fois. Il fallait toujours aller à droite. Ou c'était à gauche ? Non, il fallait longer un mur. Rassuré qu'il s'en sortirait, le jeune Gryffondor choisit arbitrairement le mur devant lui car c'était bien dans cette direction qu'était Ron, non ?

 

À gauche, il y avait un mur. Il était bien dans une impasse. À droite par contre il pouvait avancer un peu plus. Droit vers le bureau professoral. Harry n'était pas sûr si c'était positif. Au bout de quelques mètres le couloir faisait un angle de 360 degrés. Ensuite un virage vers la droite. Et puis... non Harry s'était vraiment perdu maintenant. La salle de classe ne pouvait pas être si grande !

- Aaaah ! cria un élève un peu plus loin, Harry ne sut pas l'identifier à la voix. Des... des toiles d'araignées !

Ensuite ce fut un déluge de cris et d'exclamations angoissées.

- Alors... il y a des araignées !

- Des détraqueurs !

- Mais non, andouille, c'est un fantôme !

- Tu veux dire un gars mort ?! On marche dans un mort ?!

- Pourquoi pas un zombie tant que vous y êtes ?

- Il y a des zombies ?!

- Professeur, au secours, un loup-garou !

- Eh bien, Monsieur Potter, vous ne dites rien ?

Harry sursauta. La dernière voix était tellement proche. Il était certain qu'il criait mais qu'un gazouillis bizarre sortit de sa bouche. Il essaya de parler mais rien. Sa langue était collée au palet ! Seul un ricanement sadique lui répondit.

- C'est Rogue ? demanda un élève.

- Non ! s'exclama Neville. Pas lui !

- C'est professeur Rogue, Mademoiselle Brown.

 

Roberts s'était éloignée d'Harry à son plus grand bonheur. Il continua de longer son mur faisant fi des cris des autres. Et puis il vit de la lumière devant lui. La sortie ! Il s'y précipita et ... BAM. Il tomba de tout son long.

- C'était quoi ça ? demanda une voix féminine angoissée.

- Un marteau qui nous aplatit ?! criait quelqu'un.

- Mais non, espèces de laitues ! Je me suis dallé par terre ! cria Harry.

- T'as passé trop de temps avec Susan, le haricot ! répondit Ron par-dessus les soupirs de soulagement.

- Je te retourne le compliment, melon !

C'était vrai en plus. Il se déridait de plus en plus. Et il commençait à insulter les gens avec des légumes. Normal. Mais il y avait la sortie droit devant. Il se redressa et ... retomba sur ses fesses !

- Mais qu'est-ce... ?

Ah oui, il pouvait à nouveau parler. Au bout de sa sixième chute il dut se rendre à l'évidence : il ne tenait plus sur ses jambes. Il décida de ramper. Il atteindrait la sortie coûte que coûte ! Mais pourquoi ça sentait le savon ?

- Mais je suis bête ! s'exclama-t-il à voix haute.

- Au moins tu le remarques, lui répondit une voix dans le noir.

Harry leva les yeux au ciel. Il en fallait toujours un qui faisait des commentaires inutiles. Bon, au moins il le savait maintenant : ce n'était pas ses jambes qui ne le tenaient plus mais le sol qui avait été rendu glissant avec du savon. Simple et efficace.

La sortie était proche maintenant. Encore quelques mètres. Et puis oui, il y était, il était sorti du labyrinthe.

- Par ici ! cria-t-il. J'ai la sortie !

Un grand BOUM simultané lui répondit. Dans leur précipitation les autres avaient oublié les murs... Bande de pas-doués. Un reniflement moqueur se fit entendre et puis la lumière revint. Mais le labyrinthe était toujours encore là. Harry put alors observer les différents pièges.

 

Le loup-garou n'était qu'une image animée placée au fond d'une impasse. Mais il y avait vraiment trois fantômes qui se déplaçaient dans le labyrinthe. Harry reconnut Nick Quasi-sans-tête et le Moine Gras, le fantôme de Poufsouffle. Et des toiles d'araignées mais apparemment fausses. Et puis le sol. A quelques endroits il y avait du savon, ou alors des dalles enfoncées ou surélevées par rapport aux autres. Et des fils étaient tendus parfois. Un vrai parcours à tomber par terre. Étonnant qu'il n'y eût pas eu plus de chutes. Et puis il y avait leur chère professeur sur laquelle tous les regards avaient convié. Celle-ci claqua des mains.

- Bon maintenant que vous voyez les secrets, est-ce que ça fait encore tellement peur ?

Des négations lui répondirent.

- Allons, sortons tous de ce labyrinthe et ensuite parlons-en.

Malgré la lumière, il fallut encore un quart d'heure jusqu'à ce que tout le monde soit sorti. Ensuite leur professeur remplaça le labyrinthe par des coussins. La classe s'installa par terre tandis que leur professeur compléta le cercle en faisant apparaître une chaise.

- Bon. Est-ce que ce labyrinthe était dangereux ?

- Oui, proposa Dean. On a risqué la crise cardiaque en entendant le professeur Rogue.

Un murmure d'approbation traversa la classe. Leur professeur eut une moue désapprobatrice mais resta silencieuse.

- Dans les faits le labyrinthe n'avait rien de dangereux ou d'effrayant, analysa Hermione. Mais le fait qu'il faisait noir nous à empêcher de réfléchir. Par exemple vous nous aviez dit qu'il n'y avait pas de créatures sauvages et nous avons quand même cru aux araignées et aux détraqueurs.

- C'est quoi un d'être-à-l'heure ? demanda Harry.

- Ensuite, nous nous attendions à des pièges magiques alors que la plupart était moldue.

- Et les sorts qui ont été lancés ?

- Mais la question qui se pose est pourquoi nous avoir fait traverser ce labyrinthe. Je pense que ça avait surtout le sens de nous montrer tout ce à quoi nous ne sommes pas préparés et...

- Que quelqu'un l'étouffe pendant son sommeil.

- Bien d'accord, Dean.

- Pour finir...

- Enfin, elle est pire que la prof, et celle-là est flippante.

- Je pense que nous allons cette année apprendre des sorts d'orientation, de premier soin et de combat puéril tel que le sortilège de chatouillis.

 

- Donc. Le professeur Roberts se racla la gorge. En premier lieu, je veux fixer une chose : ce n'est pas parce que Miss Granger parle que je ne vous entends pas chuchoter entre vous. Sachez Monsieur Potter que les détraqueurs sont des créatures qui aspirent tout bonheur et espoir. Ensuite, il est vrai que ce labyrinthe ne présentait aucune difficulté particulière. Et il m'a permis d'évaluer votre niveau en débrouillardise. Ça va. Pour des Gryffondor bien entendu. Sinon, Miss Granger, seulement parce que quelque chose semble être moldu qu'il l'est pour autant. Je vous assure que le savon était une création magique à même titre que les fils tendus. Vous ne vous imaginiez à quel point ce genre de sort peut être pratique. Ensuite votre interprétation peut être justifiée mais est incorrect. Quelqu'un d'autre veut essayer ? Mademoiselle Patil par exemple. Vous semblez être impatiente de pouvoir métamorphoser un cahier en miroir, n'est-ce pas ? Montrez-moi plutôt que vous avez compris quelque chose à l'exercice.

Pendant que Parvati se lança dans des explications hasardeuses, Harry se permit de penser qu'en fait Roberts trouvait ça juste drôle de les voir se prendre des murs et hurler de terreur devant une photo.

- Très bien, Monsieur Potter, le félicita le professeur, moqueuse. Non seulement, il a découvert la motivation profonde pour cet exercice - c'est très amusant de vous voir errer dans le noir - mais en plus il n'écoute pas, ce que je déconseille fortement à chacun d'entre vous qui ne souhaite pas découvrir le concept merveilleux que sont les retenus. Surtout que je vais vous parler du premier sort que vous allez apprendre chez moi. Des idées ?

 

- Le sort de chatouillis, proposa Lavande.

- Le protego, cria Hermione, vexée de n'avoir pas pu répondre en première.

- Le jambencoton.

- Petrificus totalus !

- Le chauve-furie ?

- Expulso ?

- Pourquoi pas l'expelliarmus tant qu'on y est.

- Les gens, je ne veux pas paraître ignorant mais..., commença Harry timidement.

- ...mais on ne connaît pas ces sorts, compléta Dean Thomas. Quelqu'un nous explique ?

- Allez-y, chacun celui qu'il a proposé. Miss Brown, commencez.

- Le sort de chatouillis chatouille la cible. Donc fait rire.

- Le jambencoton rend les jambes moues comme du coton.

- Impressionnant, persiffla Harry. Je n'y aurai jamais pensé.

- Le petrificus totalus pétrifie la cible, elle ne peut alors plus bouger.

- Le chauve-furie fait pousser des ailes de chauve-souris dans le visage. Et elles bougent.

- Le Expulso repousse assez violemment sa cible.

- Et l'expelliarmus désarme l'adversaire.

- Généralement sa baguette magique s'envole et l'on peut l'attraper.

- Le protego, exposa finalement Hermione, est un sort de protection. Il permet de repousser les attaques et protège ainsi son lanceur. Le charme du bouclier est certes difficile mais l'on peut l'appliquer à des objets. Il suffit de pointer sa baguette vers...

- Merci, Mademoiselle Granger. Nous nous passerons pour l'instant d'un cours sur ce sort.

Le reste du cours porta sur le sort de pétrification comme l'avait proposé Parvati. Harry en ressortit avec l'impression d'avoir trouvé sa matière de prédilection. Il avait maitrisé le sort avant Granger et tous les autres - sauf Parvati qui le connaissait déjà. Et il s'était bien amusé.

 

End Notes:

Merci d'avoir lu ! Que pensez-vous de ces premiers cours ? (surtout celui de défense en fait ^^) De l'audace d'Harry face à Rogue ? De Susan, Ron et Hermione ? De tous les autres ?

Chapitre 6 : Le lieu le plus sûr de Grande-Bretagne – à vérifier by Carminny
Author's Notes:

Coucou !

Non, je n'ai pas du tout oublié de publier :sifflote: Bon, sur ce chapitre, on suit le canon - du moins un peu ;)

Les passages marqués par une étoile devant et derrière sont tirés de Harry Potter à l'école des sorciers (chapitre 9).

Bonne lecture !

Et enfin, Harry et ses amis rouges et verts découvrirent ce qui se nommait vol sur leur emploi du temps. En effet, il ne s'agissait pas de vol comme le fait un bandit, comme le proposa Theodore Nott, mais comme les oiseaux à la nuance près qu'il leur fallait utiliser un balai. En chemin, Neville Londubat leur montra un cadeau de sa grand-mère.

- *C'est un rappeltout ! expliqua-t-il.* Il se colore en rouge si l'on a oublié quelque chose. Mais quoi ?

Le garçon fit une tête tellement désespérée qu'Harry n'eut même pas envie de se moquer de lui. Drago, lui, ne se gênait pas et riait ouvertement de la maladresse du lion. Évidemment cela finit en échange d'insultes entre Drago et Ron qui était intervenu pour Neville. Ils ne s'arrêtèrent que lorsque Madame Bibine commençait le cours.

- Bonjour à tous ! Placez-vous à gauche des balais, tendez votre main et dites « debout » au coup de sifflet.

Harry s'appliqua et dès le premier essai il tint en main son balai.

- Waouh ! s'exclama-t-il.

- Et encore, lui expliqua Drago, ce sont de vieux balais pourris. Je te montrerai le mien un de ces jours.

- Ton père t'a acheté celui que tu voulais ? s'intéressa Harry en se rappelant leur première rencontre.

- Oui, il est super rapide !

Un rapide coup d'œil confirma à Harry que ses camarades se battaient encore avec leurs balais, notamment Hermione Granger qui semblait être bien moins compétente quand il ne s'agissait pas de recracher le savoir d'un livre, Neville qui avait peur de sa maladresse, et Theodore qui leur avait confié son vertige. Il échangea un sourire avec Drago puis les deux garçons reprirent leur conversation.

 

Au bout d'un très long moment, ils eurent le droit de décoller mais le malheureux Neville fit les frais de son balai rebelle et se retrouva par terre le poignet cassé.

- *Personne ne bouge pendant que j'emmène ce garçon à l'infirmerie*, ordonna Madame Bibine. *Et vous laissez les balais par terre, sinon, je vous garantis que vous ne resterez pas longtemps à Poudlard.*

Sur ce le professeur partit avec Neville. Drago éclata de rire.

- Sa grand-mère avait raison de ne pas le laisser approcher d'un balai. Vous vous imaginez Neville au Quidditch ?

- Il serait parfait comme cognard, ricana Pansy Parkinson.

Les autres Serpentard rirent à leur tour.

- Tais-toi, Pansy, lança sèchement Parvati Patil.

- *Tu prends la défense de Londubat, Parvati ? Je ne savais pas que tu aimais les gros pleurnichards.*

- Pour ce que j'en sais, proposa Theodore, elle ne court pas après un vif d'or.

Drago se mit en position top model. Ridicule évidemment.

- Je savais que tu me trouvais irrésistible, Theo. Et comparer mes cheveux à de l'or est tellement poétique...

- Vous ne pouvez pas être sérieux pendant un cours ? les interrompit violement Granger.

Quelle casse joie, celle-là ! Harry remarqua le rappeltout de Neville qui avait roulé de sa poche après sa chute et le ramassa.

- Vous croyez qu'on peut faire du polo avec ? demanda-t-il à la cantonade.

Drago fit mine de réfléchir.

- Balance pour voir.

 

Harry lança la boule de verre et au moment où elle passa près de Drago celui-ci la lui renvoya d'un coup de balai. Harry la fit dévier vers Theo qui l'envoya à Ron.

- Joli, fit Drago. On essaye dans l'air ?

- Sans moi, déclina Theodore sans surprise.

Les trois autres échangèrent un regard complice puis s'envolèrent sur leurs balais.

- Non ! cria Hermione Granger. Madame Bibine nous a dit de ne pas bouger. Vous allez nous attirer des ennuis.

- Trop tard, déclara Ron avec délectation. On a déjà tous bouger en parlant. Tu vas finir renvoyer.

Hermione prit une jolie teinte rouge mais Harry décida de l'ignorer tout autant que Patil et Parkinson qui encourageaient leur condisciple respectif ou Brown qui avait commencé à parler chiffon avec les autres filles.

- Envoie ! encouragea le garçon Ron.

D'un coup de maître celui-ci envoya la boule en verre qui dépassa Harry et Drago et se dirigea vers l'une des tours.

- Duel d'attrapeurs ! s'exclama Theodore.

Harry ne réfléchit pas davantage mais fonça vers la tour. Il devait récupérer l'objet. C'était lui qui avait eu l'idée de jouer avec et il ne pouvait pas expliquer à Neville pourquoi il serait cassé. Il fallait qu'il y arrive !

Enfin à quelques centimètres du mur de pierres il referma la main sur le précieux globe et s'arrêta à temps. Puis il retourna vers Drago, Ron s'étant posé après avoir lancé.

 

- Bravo, lui sourit celui-ci. Tu feras un malheur au Quidditch. Peut-être que tu réussiras à me surpasser.

- Certainement pas en modestie, rit Harry.

- *HARRY POTTER !*

- Et Drago Malefoy...

Les deux garçons se regardèrent pris en faute puis fixèrent le professeur McGonagall qui courait vers eux, suivie tranquillement par leur chère professeur de défense. Les deux coupables se posèrent au sol.

- *Jamais depuis que je suis à Poudlard...*

Ça devait faire un bail alors. McGonagall *était dans un tel état de choc qu'elle n'arrivait presque plus à parler et ses lunettes lançaient des éclairs furieux.

- Comment avez-vous pu oser... ? Vous auriez pu vous rompre le cou...*

Il était à Gryffondor, non ? Passer son temps à braver les dangers était dans la description du métier... Le professeur Roberts eut un léger sourire dans le dos du professeur de métamorphose.

- En fait c'est Londubat qui..., commença Pansy.

- Taisez-vous, Miss Parkinson. Venez avec moi, Potter.

- Vous aussi, Monsieur Malefoy, compléta Roberts.

Les deux garçons échangèrent un regard désespéré. Ils allaient être renvoyés tous les deux. Deux semaines de cours et maintenant c'était fini. McGonagall avançait à grands pas sans même les regarder et il lui fallait courir pour la suivre. Derrière eux, Roberts les suivait avec plus de mal que de bien.

 

Le professeur s'arrêta soudain devant une salle de classe qu'Harry reconnut comme étant celle de métamorphose. Il soupira de soulagement. Au moins ne les avait-elle pas menés chez le directeur directement.

- Ann, expliquez-nous, s'il-vous-plaît, ce que vous voulez faire au sujet de Monsieur Malefoy ici présent, puisque vous sembliez vouloir le punir.

- Autant que vous Monsieur Potter, Minerva, avança Roberts. Vous verrez cela avec le professeur Rogue, Monsieur Malefoy. Et vous êtes prié de ne pas montrer vos talents aux malheureux qui vont se blesser en essayant de vous imiter.

Harry crut voir McGonagall lever les yeux devant cette punition mais elle se reprit vite.

- Bien, vous pourrez nous laisser dans ce cas, proposa-t-elle en essayant de cacher son agacement.

- Monsieur Malefoy, à notre prochain cours, congédia Roberts le blond sans bouger elle-même.

 

Harry vit avec désespoir son ami partir. Il devait maintenant faire face aux deux professeurs les plus sévères - si l'on excluait Rogue - du collège, seul. Il déglutit péniblement.

- Merci, Ann, tenta une nouvelle fois McGonagall.

- Vous oubliez, Minerva, que je suis la responsable magique de ce jeune garçon, lui sourit Roberts. Et c'est non.

- Arrêtez de lire dans mes pensées, s'agaça le professeur de métamorphose. Il est assez grand pour choisir lui-même. Potter, je voudrais que vous deveniez le nouvel attrapeur de Gryffondor.

Quoi ?! C'était quoi attrapeur ? Celui qui vide les poubelles ? Ou qui attrape toutes les maladies de ses camarades ? Ou celui qui doit attraper les rats dans la salle commune ? Cette idée le faisait se secouer d'effroi. Sa tante esquissa un sourire. Évidemment McGonagall ne pouvait pas laisser cela sans commentaire.

- Vous ne sourirez plus lorsque Gryffondor aura battu Serpentard !

- Je ne pense pas que vous avez une chance, surtout qu'Harry ne jouera pas.

- Jouer à quoi ? C'est quoi un attrapeur ?

Le professeur McGonagall sembla hésiter un instant sur la conduite à tenir puis lui résuma le rôle de l'attrapeur dans un match de Quidditch. Honnêtement ça le tentait pas mal mais ce n'était pas une punition, non ? Et puis si sa tante était contre... Il ne voulait surtout pas la fâcher.

- Je cherche du bois tant que vous réfléchissez, dit McGonagall avant de quitter la pièce.

Les châtiments corporels étaient encore autorisés à Poudlard ? Il allait avoir le choix entre accepter et recevoir des coups. Sympa...

 

- Pourquoi es-tu contre ? demanda Harry à sa tante.

Celle-ci prit le temps de le fixer d'une insistance dérangeante - surtout qu'il savait exactement qu'elle ne pouvait pas le voir - avant de répondre.

- Tu ne penses pas que tu es déjà assez célèbre ? Si tu acceptes, tu ne seras non seulement l'attrapeur vedette de ta maison mais aussi le plus jeune depuis un siècle. Beaucoup d'autres élèves aimeraient jouer dans l'équipe et attendent impatiemment leur tour. Et puis là, tu leur passes devant le nez et monopolise le poste pour sept ans. Il n'en faut pas autant pour crier au favoritisme parce que tu es le Survivant. Sans compter que tu n'as volé qu'une seule fois... Tu as aimé au moins ?

Ça laissait Harry pensif. Il ne l'avait pas vu de ce côté. C'était injuste pour les autres. Et puis on le montrait déjà suffisamment du doigt comme ça. Mais le vol c'était vraiment génial !

Sa demi-tante hocha la tête, approbateur, confirmant à Harry qu'elle avait une fois de plus suivit ses pensées. Plus de secrets possibles. La joie...

 

- Alors voilà, Dubois, votre nouvel attrapeur, annonçait McGonagall.

Dubois était un élève de cinquième année, un garçon solide qui semblait s'émerveillé en découvrant Harry.

- Ce que le professeur McGonagall a oublié de te préciser, c'est que je ne veux pas encore cette place.

- Quoi ?!

La déclaration de l'élève de première année fut suivie du cri unanime des deux autres Gryffondor présents.

- Les élève de première année ne sont pas autorisés d'avoir leur propre balai, énonça Roberts.

- Je suis certaine que Dumbledore..., commença McGonagall.

- Avantagera les Gryffondor comme d'habitude, compléta le professeur de défense sèchement. Pensez aux autres élèves de votre maison qui veulent prétendre à ce poste.

- Mais ils sont nuls ! s'exclama Olivier Dubois avec ferveur. S'il est vraiment meilleur que Charlie Weasley...

- C'est votre travail de bien entraîner votre équipe, Monsieur Dubois. Harry se présentera aux sélections l'année prochaine.

Harry hocha frénétiquement sa tête pour confirmer les paroles de sa tante. Il allait demander à Drago de l'entraîner jusqu'à la prochaine rentrée et ils allaient pouvoir s'affronter sur le terrain par la suite.

Les deux fans de Quidditch tentaient de protester encore quelques secondes puis abandonnèrent devant le soulagement d'Harry et la fermeté de Roberts.

 

Lors du dîner, Harry raconta l'épisode à Susan, Ron, Drago et Theodore qui s'étaient une fois de plus installés à la table des Gryffondor à ses côtés.

- On s'amusera pendant les matchs, l'année prochaine, lui assura Drago. Toi et moi, on jouera l'un contre l'autre.

- Je ne comprends pas pourquoi tu as refusé, avoua Ron. Parce que ça aurait été la classe.

- Moi, je pense que tu as bien fait, le haricot. D'ailleurs quelqu'un est partant pour explorer le château cette nuit ?

- Et le couvre-feu, Susan ?

- Tu peux te le mettre là où je pense, Theo.

- Dans le potager d'Hagrid ?!

- Pas moyen qu'on s'en approche, protesta Harry. Vous avez vu la taille des citrouilles ?

- Bref. Vous êtes partants ?

- Evidemment, renifla Theo. On ne peut pas vous laisser vous balader tout seul. Je tiens à garder l'école entière.

- A minuit dans la salle de Trophées, conclut Drago avant que les deux Serpentard partissent vers les cachots.

Harry, Ron et Susan se sourirent, impatients de braver une nouvelle fois les interdits.

- Excusez-moi, dit une voix.

Harry, Ron et Susan levèrent la tête. C'était Hermione Granger.

- On ne peut pas dîner en paix ? grommela Ron.

- Ron ! le rabroua Susan, moqueuse. Ne t'a-t-on jamais dit qu'il faut être gentil avec les autres ? Comment pouvons-nous t'aider, Miss je-sais-tout ?

Hermione ne fit pas attention à eux et s'adressa à Harry. Le garçon aurait préféré se consacrer entièrement à l'art subtil qu'était la dévortaion d'un plat de spaghetti, mais soit.

- J'ai entendu ce que vous disiez avec Malefoy.

- Et Theo, compléta Susan en se faisant snober.

- Il n'est pas question que vous vous promeniez la nuit dans le château. Vous avez pensé aux points que vous ferez perdre aux Gryffondor si jamais vous êtes pris ? Et vous serez forcément pris. C'est vraiment très égoïste de votre part.

- Et ça ne te regarde vraiment pas, ajouta Harry.

- Au revoir, bonne soirée, dit Ron.

- Tu vois quand tu veux, le félicita la Poufsouffle.

 

Le soir Harry et Ron s'amusèrent à faire des bateaux à partir de vieux journaux en attendant l'heure du rendez-vous. George (ou Fred) leur avait montré un sort qui les rendait imperméables. Et Fred (ou George) leur avait offert des feutres magiques.

Harry s'appliquait à tracer colorier son bateau en vert - celui de Ron était supposé orange mais le feutre l'avait lâché et il présentait maintenant un motif rose - lorsque Hedwige commençait à grignoter le papier.

- Non, Hedwige, tu ne dois pas manger mon bateau.

Harry lui retira la feuille et y jeta un coup d'œil. Le journal titra :

*« LE CAMBRIOLAGE DE GRINGOTTS

L'enquête sur le cambriolage qui s'est produit le 31 juillet dans les locaux de la banque »* ... 31 juillet.

- Regarde, Ron. C'était le jour où j'étais là-bas.

- T'as cambriolé Gringotts ?!

- Mais non. C'est juste le même jour. J'ai pu croiser le voleur.

- Je me rappelle, affirma le benjamin Weasley. Ça a fait parler parce que les cambrioleurs ont réussi à s'échapper et qu'ils n'ont rien emporté. Il paraît que le coffre a été vidé peu avant.

Harry haussa les épaules. Tant pis, son bateau était prêt.

 

A minuit moins la demi, les deux jeunes sorciers repêchèrent leurs bateaux et enfilèrent leurs robes chambre, *prirent leurs baguettes magiques et descendirent l'escalier en colimaçon qui menait à la salle commune. Quelques braises rougeoyaient encore dans l'âtre et les fauteuils avaient l'air de créatures informes, tapies dans la pénombre. Ils avaient presque atteint le trou qui permettait de sortir de la pièce lorsqu'une voix s'éleva derrière eux.

- Je n'arrive pas à croire que tu puisses faire une chose pareille, Harry.

La lueur d'une lampe tremblota dans l'obscurité et Hermione Granger apparut, vêtue d'une robe de chambre rose, les sourcils froncés.*

- Merci du vent, fit Ron, blessé. Retourne donc te coucher.

- *J'ai failli tout raconter à ton frère, répliqua Hermione. Percy est préfet, il pourrait empêcher ça.

Harry n'avait jamais vu quelqu'un montrer une telle obstination à se mêler des affaires d'autrui.*

- Tu pourrais aussi en parler à May Rosebury et nous laisser tranquille, retorqua Ron.

Il était de notoriété que leur préfète se contrefoutait des sorties nocturnes et du respect des règles - au contraire de Percy, le parfait préfet.

- *Viens, dit Harry à Ron.

Il fit pivoter le portrait de la grosse dame et passa par le trou. Mais Hermione n'était pas décidée à abandonner la partie aussi facilement et elle franchit le trou à la suite de Ron en émettant des sifflements d'oie furieuse.

- Vous vous en fichez de Gryffondor ? Vous ne pensez qu'à vous-mêmes ? Je ne veux pas que ce soit Serpentard qui gagne ma coupe et que...*

- C'est ça qui te pose problème ? s'exclama Harry. Que ce ne sont pas tes couleurs qui gagnent ?! Mais on s'en fout ! Ce qui est important, ce sont nos amis et nos aventures pas des points de bonne conduite !

- Je confirme, renchérit Ron. Je me sens beaucoup plus proche de Susan ou de Drago que de toi ou Percy. Alors si les Serpentard gagnent la coupe, nous on se réjouit pour nos amis.

- Mais nous savons que tu ne peux pas comprendre, alors, bonne nuit.

 

Les deux garçons partirent alors qu'un cri de rage les avertit que la grosse dame était partie et leur camarade enfermée dehors. Avant qu'ils aient atteint le bout du couloir, Hermione les avait rattrapés.

- Je viens avec vous, dit-elle.

- Certainement pas.

- Vous ne croyez pas que je vais attendre là que Rusard vienne me chercher ?

- Tu pourras lui dire que la grosse dame est partie avant que tu ne rentres de la bibliothèque, proposa Harry.

Hermione marqua un coup d'arrêt.

- Ce n'est pas bête ça.

- Tu crois que tu as réservé l'intelligence pour toi ? lui siffla Ron.

- Taisez-vous, tous les deux, dit sèchement Harry. J'ai entendu quelque chose.

On aurait dit quelqu'un qui reniflait.

- Miss Teigne ? chuchota Ron en scrutant l'obscurité.

- Non, Neville Londubat, corrigea Harry quand son pied rencontra son camarade.

Celui-ci se réveilla en sursaut.

- Ah ! Vous m'avez enfin retrouvé ! dit-il. Ça fait des heures que je suis là. Je n'arrivais pas à me souvenir du mot de passe pour retourner au dortoir.

- Ne t'inquiète pas, Hermione t'aidera à rentrer dès que la grosse dame est revenue. Nous, on doit y aller.

 

Harry et Ron s'enfuirent avant que l'un des deux autres ne put encore retarder leur sortie. Ce ne fut qu'avec quatre minutes de retard qu'ils entrèrent dans la salle des trophées.

- Haricot ? carotte ?

C'était bien Susan et pas Rusard.

- C'est bon. On a dû négocier avec Granger et Neville, expliqua Ron.

Au même instant, un bruit dans la pièce voisine les fit sursauter. Les trois élèves échangèrent un regard et leur soupçon se révéla juste. Rusard était déjà à leurs traces.

- *Cherche ma belle, cherche bien, ils doivent se cacher dans un coin.*

En fait, le concierge devait confondre son chat avec un chien. Quelqu'un lui avait expliqué la différence ?

- Repli stratégique, lança Susan d'une voix enjouée.

Elle était folle, cette fille ! Rusard l'entendit évidemment et les trois amis ne purent que s'enfuir au pas de course.

Ils ne s'arrêtèrent qu'une fois qu'ils étaient à des kilomètres de la salle des trophées et que Ron haletait peu discrètement. Apparemment, le jeu préféré de Dudley - la chasse au Harry - avait le côté positif qu'il était entraîné à s'enfuir.

 

- C'était drôle, non ? demanda Susan avec un sourire dément.

- J'en suis mort de rire, dit Ron de son ton le plus sérieux. Tu connais l'entrée des cuisines ?

Susan secoua négativement la tête.

- Dommage, on fait quoi maintenant ?

Harry interrogea Susan du regard.

- Que diriez-vous de la chasse au Peeves ?

- Faudrait être fou, déclara Ron. Allons-y.

Ils le virent jaillir d'une salle de classe au bout de quelques minutes. Susan poussa un cri enthousiaste et se mit à bombarder l'esprit frappeur de petites boules de papier.

- ATTAQUANTS AU CHÂTEAU, ATTAQUANTS AU CHÂTEAU ! hurla aussitôt Peeves. DANS LE COULOIR D'ENCHANTEMENTS !

Harry et Ron récupèrent un certain nombre de papiers et commencèrent à les lancer sur l'esprit. Le plus marrant était qu'ils le traversaient sans qu'il ne semblât s'en rendre compte. Les pas de Rusard les tiraient de leur jeu et ils s'enfuir sans demander leur reste. Leur course les mena devant une porte verrouillée.

- On est fichus, gémit Ron tandis qu'ils essayaient vainement d'ouvrir la porte. C'est la fin, pour nous !

- Fais voir, demanda Susan en sortant une clé.

Un clic leur fit savoir que la porte s'était ouverte et ils s'engagèrent pendant que Peeves se moquait du concierge.

- QUELQUE CHOSE ! criait justement l'insupportable esprit frappeur.

- Non, pas cette blague, soupira Ron. Fred et George me la faisait quotidiennement quand j'avais cinq ans.

 

Mais Harry s'intéressa plutôt pour la clé de Susan.

- Elle est enchantée pour ouvrir n'importe quelle porte verrouillée simplement. C'est ma tante qui me l'a donnée.

Harry ne put s'empêcher un sifflement admirateur. Mais il préférait un lapin comme cadeau, aussi magique que puisse l'être une clé. Tant qu'on lui n'offrait pas un livre en besoin de caresse, tout allait bien...

- Quelqu'un est tenté par regarder sous la trappe ? demanda Susan à la cantonade. Par contre il y a un chien dessus...

Harry et Ron se retournèrent à temps pour voir le cerbère ouvrir ses yeux. Il avait trois têtes, six yeux et assez de dents pour les manger avec les os.

- Sans façon, refusa Ron en ouvrant la porte.

- On devrait le montrer à Rusard pour qu'il arrête de prendre Miss Teigne pour un chien, proposa Harry. Quoi ?

Sous le regard de ses amis, Harry se tortilla un peu.

- Mais c'est une super idée, le félicita Susan. Je note pour la semaine prochaine.

- D'accord, fit Ron. Mais maintenant, ON PART !

Ce fut avec soulagement et sans autres aventures que les trois jeunes sorciers se retrouvèrent devant le portrait de la grosse dame qui ne les laissa entrer qu'avec réticence.

 

- Bon, récapitula Ron lorsqu'ils s'étaient installés sur le canapé de la salle commune. Dans le couloir interdit du troisième étage, on a un chien à trois têtes sur une trappe.

- Il doit garder quelque chose, supposa Harry.

- Mon père dit toujours que Poudlard est le lieu le plus sûr de Grande-Bretagne. Suivi de près de Gringotts.

- Attendez, fit Harry. Je me souviens d'un truc. Quand j'ai fait mes courses de rentrée, j'ai croisé Hagrid qui m'a révélé devoir récupérer quelque chose à Gringotts pour Dumbledore.

- Ça doit être ce que garde le chien alors, s'extasia Susan.

- Ce n'était pas le jour du cambriolage ? se rappela Ron.

- Mais si !

Les trois restèrent un instant songeur puis la fille du groupe se leva.

- Bon, faudra qu'on interroge Hagrid un de ces jours. Mais d'abord faut que je rentre. A demain.

Avec ces mots elle lança une poudre dans la cheminée et disparut dans des flammes vertes. Tout allait bien...

- Je suppose qu'elle n'a pas brûlé. Harry haussa les sourcils.

- Non, c'est le réseau de cheminettes qui permet cela. Elle va sans doute se retrouver dans sa salle commune.

- D'accord, on monte alors ?

End Notes:

Un commentaire ?

Chapitre 7 : Troll ou cimetière, faites votre choix by Carminny
Author's Notes:

Pour la peine, un deuxième chapitre pour vous aujourd'hui. Et c'est Halloween !

J'ai la heureuse nouvelle à annoncer que nous nous engageons maintenant dans l'UA complet (le temps d'un soir).

(les crédits sont à la fin pour ne pas spoiler)

Bonne lecture !

Les semaines s'enchaînèrent alors sans que l'un des trois ne repensa à l'objet protégé. En effet ils étaient bien trop occupés à explorer le reste de l'école :

- Pourquoi il y a une nature morte au fond de ce couloir ? Personne ne peut la voir ?

- Ça doit être l'entrée de quelque chose.

 

Ou à résoudre des énigmes :

- Harry, Ron, j'ai trouvé une tête qui pose des questions ! Venez.

...

Toc toc toc.

- Combien de grains faut-il pour faire un tas ?

- C'est quoi cette question ?

- Laisse-moi réfléchir, Ron.

- Quatre, proposa Harry.

- ...

- Non mais, vous allez arrêter de bloquer notre porte ?!

- Du calme, July Rosebury.

 

Ou encore à jouer des blagues aux autres élèves :

- Chut, les garçons, il manque encore ceux de McGo.

- Quelle idée aussi. Remplacer les plumes.

- Tu verras, Ron, ça va être marrant demain.

- Merci, Harry.

- Mais chut !

 

Ou - ça parut logique - à être en retenue :

- Cinq cents ! cria Harry triomphalement.

- Cinq cents quoi ?

- Cinq cents médailles nettoyées depuis le début de l'année.

- Moi, j'ai encore la coupe de Quidditch de ton père...

 

Parfois ils étaient même en cours ou faisaient leurs devoirs :

- Potter, avez-vous ajouté la poudre d'asphodèle avant d'avoir baisser le feu ? Il est visible que votre cerveau ne vous permet pas de lire une recette. Dix points en moins pour Gryffondor.

Merci, Rogue.

- Petrificus totalus !

- Bien, Monsieur Potter. Monsieur Thomas, n'incendiez pas la cape de votre camarade !

 

En général, Harry ne s'était jamais senti aussi à sa place qu'à Poudlard. Les cours devenaient de plus en plus intéressants et il ne se perdait plus aussi facilement qu'au début. Ce fut avec surprise qu'il constata que presque deux mois avaient déjà passé depuis la rentrée.

Et puis ce fut Halloween.

 

Après avoir supporté Granger durant le cours de Sortilèges où ils avaient appris à faire léviter des objets - c'est Granger, il vaut mieux l'éviter -, la journée se présenta plutôt bien. June Rosebury, préfète de Poufsouffle, leur avait dévoilé qu'un grand banquet allait avoir lieu le soir-même, un banquet halloweenesque.

- Monsieur Potter, s'il-vous-plait.

Harry se retourna vers sa directrice de maison qui l'observait, les lèvres pincées. Peut-être parce qu'il avait encore invité Susan dans la salle commune des Gryffondor ? Mais ils avaient été dans celle des Poufsouffle hier...

- Le professeur Roberts veut vous parler. Elle vous demande de prendre une cape chaude et de quitter vos amis pour la soirée.

- Professeur, ça veut dire qu'Harry ne fêtera pas Halloween avec nous ? s'exclama Ron.

- On peut l'accompagner ? demanda Susan en faisant ses yeux de chien battu.

Harry resta de marbre. Pourquoi aujourd'hui ? Pourquoi seul ?

- Oui, Monsieur Weasley. Et cela ne sera pas possible, Miss Bones, Ann l'a souligné. Dépêchez-vous, Monsieur Potter.

 

Harry acquiesça et monta rapidement chercher sa cape dans le dortoir. Lorsqu'il descendit, le professeur McGonagall était repartie. Il serra ses deux amis dans ses bras.

- Attendez-moi pour faire des bêtises, d'accord ?

- Promis, jura Ron.

- D'ailleurs, vous avez vu Granger depuis ce midi ?

- Elle est allée pleurer aux toilettes, se souvint Harry. Lavande en parlait avant.

- Il faut croire qu'elle n'aime pas la vérité, pouffa Ron.

- Ce n'était quand même pas gentil, la carotte, lui reprocha Susan.

- Bon, les concombres, je vous laisse. Bon Halloween à vous !

 

Harry passa par le portrait de la grosse dame et se dirigea vers le bureau de sa tante. La porte était entrebâillée et il s'arrêta en entendant des voix.

- Pourquoi devrait-il être triste ? C'est pour ça qu'il est célèbre !

Misère, Harry mettrait sa main au feu que c'était Rogue.

- Severus, retentit la voix de sa tante, apaisante. Il a perdu ses parents ce jour-là. Et même la célébrité ne peut pas équivaloir cela.

- Tu n'as qu'à demander à Minerva de transplaner là-bas.

- Je t'ai promis qu'on y allait ensemble chaque année. Alors, Harry ou pas, tu ne me laisses pas tomber ! Je ne veux pas y aller avec Minerva, je veux y aller avec toi et avec Harry. Que vous vous aimiez ou pas, ça m'est égal. Il a le droit de venir. Et ce jour devrait vous réunir, plus qu'autre chose.

D'accord. Et qu'est-ce qui se passait ? Harry inspira un grand coup pour se donner le courage nécessaire pour affronter le maître des potions et toqua.

 

- Ah, Harry, le gratifia le professeur Roberts d'une voix aussi sèche que d'habitude.

- Bonjour, professeurs, salua le garçon.

Seul le claquement de cape qui accompagnait la sortie de Rogue lui répondit. Les deux adultes le rejoignirent dans le couloir et sa tante l'invita à les suivre à travers le labyrinthe des couloirs. Ce ne fut qu'à la grande porte d'entrée que Harry réalisa qu'ils quittaient l'école.

- Où va-t-on ? osa-t-il enfin demander.

- Tu verras, fut la réponse du professeur.

Harry jeta des regards fréquents autour de lui, dans l'espoir qu'il voit quelque chose des environs malgré l'obscurité. Il ne s'était pas autant éloigné du château depuis la rentrée. C'était excitant. Ils passaient une haute grille qui devait délimiter la propriété de Poudlard, et Rogue prit son bras avec rudesse.

- Eh, se plaignit Harry. Vous pourriez faire attention.

Ni Rogue ni Roberts ne prirent la peine de lui répondre. Après avoir galamment offert son bras à sa collègue, Rogue les fit transplaner.

En réapparaissant derrière un arbre, Harry oublia spontanément toute question sur le comportement presque gentil de Rogue. Il pouvait déjà voir une rue éclairée par des lampadaires et bordée de maisonnettes. Plus loin il croyait apercevoir une place remplie de monde. Et même dans la rue, des enfants déguisés zigzaguaient en riant.

 

Rogue le tira de leur cachette en jetant des regards noirs aux jeunes moldus en chasse de bonbons. Mais ceux-ci s'arrêtaient à chaque porte sans leur prêter d'attention.

- Maudit Halloween, grogna-t-il.

- Mais non, déclara Harry en souriant. Ce serait marrant si on pouvait faire ça à Poudlard.

- Si vous proposez cela à Dumbledore, vous finirez en ingrédients à potion, asséna le maître des cachots.

Harry se tourna vers sa demi-tante en quête de soutien. Celle-ci lui adressa un rictus.

- Ne t'inquiète pas, je lui fournirai personnellement un alibi.

- Me voilà rassuré, affirma le sombre professeur.

Harry lui lança un regard surpris. Était-ce de l'humour ?

- Allons-y, décida le professeur Roberts. Nous avons assez traîné.

- La faute à qui ? bougonna Rogue.

Harry se dit qu'il n'en avait pas fini de s'étonner pour la soirée. Rogue semblait presque humain ainsi.

 

Pendant que les trois sorciers longeaient la rue moldue vers la place centrale du village, Harry questionna son professeur de potions. Il avait bien compris que Roberts ne lui dirait rien. Rogue était beaucoup plus accessible. Certes désagréable mais au moins il ne vous ignorait pas.

- Godric's Hollow est le village natal de Gryffondor, le si précieux fondateur de votre maison à Poudlard, expliqua le professeur Rogue. A l'origine moldu, beaucoup de familles sorcières s'y installèrent depuis la fin du XVème siècle. Les Abbot ou les Brown par exemple, mais aussi les Patil plus récemment. Le village est surtout privilégié par les familles à moitié moldue puisque sorciers et moldus se cotoient ici en harmonie.

Harry écouta presque religieusement. C'était tellement intéressant, l'histoire de ce village. Mais...

- Pourquoi on est ici ?

- Réfléchissez un peu, si vos derniers neurones n'ont pas encore déclaré forfait ! s'agaça Rogue.

- Tu verras, Harry, coupa court Roberts.

Pas drôle. Il préférait Rogue.

 

Entre-temps, ils avaient dépassé la foule de personnes, majoritairement sorcière si l'on jugeait par rapport au nombre de capes, et étaient entrés dans un petit cimetière derrière l'église.

Les arbres avaient déjà perdu leur feuillage et lançaient des ombres effrayantes à la lumière qui arrivait de la rue. Harry n'entendait presque plus ni les bruits de la foule ni les cris et rires des enfants. Le cimetière s'étendait devant lui, silencieux. Des rangées de tombes se dressaient là au milieu de feuilles mortes et de quelques tentatives d'aménagement.

Harry suivit le professeur Rogue. Celui-ci, guidant Ann Roberts avec un bras, ne marqua pas une seule hésitation malgré l'obscurité. Il devait très bien connaître le chemin. Absorbé dans ses pensées, Harry lui rentra presque dedans lorsqu'il s'arrêta devant une tombe.

Dans le noir la seule chose qu'il pouvait apercevoir était qu'elle était claire. Peut-être en marbre blanc. Comme si elle avait lu ses pensées, sa tante tira sa baguette et les éclaira. Harry se pencha, curieux. A qui rendaient-ils visite tous les trois ?

*« JAMES POTTER, NÉ LE 27 MARS 1960, MORT LE 31 OCTOBRE 1981

LILY POTTER, NÉE LE 30 JANVIER 1960, MORTE LE 31 OCTOBRE 1981

LE DERNIER ENNEMI QUI SERA DÉTRUIT, C'EST LA MORT »*

Ses parents. Ils étaient enterrés ici. Ils étaient morts près d'ici certainement, il y a exactement dix ans.

Il n'avait pas su. Son oncle et sa tante s'étaient bien gardés de lui révéler leur date de mort, la réelle cause de leur disparition, l'emplacement de leur tombe. Peut-être ne savaient-ils pas eux-mêmes, mais rien n'était moins sûr. Une vague de reconnaissance envers sa tante qui l'avait amené ici l'envahit.

 

Il se tourna vers elle pour lui sourire peut-être même la remercier mais il vit une larme briller sur la joue du professeur Rogue et retient ses paroles. Il n'avait pas le droit de casser l'atmosphère. Il devait avoir connu ses parents, peut-être avaient-ils été amis.

Harry supposait que lui aussi devait être triste et peut-être même pleurer. Mais il ne les avait pas connus et si ses parents lui manquaient ce n'était que de la manière dont il se les représentait enfant. Il ne se rappelait pas d'eux, comment pouvaient-ils lui manquer ? C'était ses parents et ils l'avaient abandonné. Ses yeux picotaient. Il fallait qu'il en sache plus sur eux. Et il allait s'y atteler dès le lendemain.

Pour l'instant une autre question s'imposait. Que fait-on dans un cimetière ? Devait-il parler à ses parents ? Déposer des fleurs ? Ou simplement penser à eux ? Sa tante conjura deux bouquets de fleurs qu'Harry ne reconnut pas et lui en tendit un.

Reconnaissant, il le déposa devant la pierre tombale en murmurant quelques mots qui lui vinrent naturellement :

- Adieu, papa, maman.

Puis sa tante l'entraîna hors du cimetière. Harry supposait qu'elle voulait laisser un peu de temps à Rogue.

 

La place centrale s'était vidée et les enfants moldus rentrés chez eux. Un monument aux morts se dressait là. Harry eut l'impression qu'il n'était pas tout à fait moldu mais ne voyait pas en quoi. Il se rapprocha davantage et poussa un petit cri de surprise lorsque le monument changea de forme.

C'était une statue représentant trois personnes : un homme avec des lunettes et des cheveux en bataille, une belle femme à la longue chevelure, aux traits bienveillants, et un bébé qu'elle portait dans les bras. Était-ce sa famille avant que ses parents soient tués ? Ils avaient l'air heureux...

Harry observa la statue de tous les côtés. Il avait hérité de la chevelure de son père, c'était certain. La forme de ses yeux rappelait plutôt sa mère. Mais sinon... rien qui pouvait l'aider à savoir qui il était.

- Est-ce qu'il existe des photos de mes parents ? demanda-t-il à haute voix sans se tourner vers sa tante.

- Probablement, répondit celle-ci d'un ton égal. Mais les photos sorciers sont un peu délicates : les personnes bougent mais elles sont en noir et blanc.

Harry fit la moue. Dommage. Il n'avait plus qu'à fouiller dans les affaires de sa tante Pétunia. Ou non, il avait pris une des photos couleur de sa mère ! Il fallait juste qu'il la retrouve. Et pour son père...

- Il avait les yeux bruns, l'interrompit Ann Roberts. Bruns noisette. Et les cheveux noirs. Les autres disent que tu es son portrait craché. Sauf les yeux. Tu as les mêmes que Lily.

Harry écouta attentivement. Il voulait en savoir le plus possible. Mais ces informations lâchées, sa tante se renferma dans son silence. Elle n'était vraiment pas bavarde.

Harry entendit les pas de Rogue dans les feuilles mortes et s'éloigna de la statue.

- On rentre, déclara simplement le maître des cachots.

Sa voix ne tremblait pas d'un iota et Harry se prit à l'admirer de pouvoir ainsi se contrôler. Il ne réagit pas lorsque son professeur lui prit rudement par l'épaule puis transplana.

Décidément Harry n'aimait pas transplaner. C'était une sensation horrible. Mais il n'eût pas le temps de se libérer de son déjeuner qu'il dût courir pour rattraper les deux adultes.

 

Au milieu du parc une grande forme venait à leur rencontre. Elle semblait vaguement humanoïde et flottait dans l'air.

- Qu'est-ce que c'est que ça, Minerva ? interrogea le professeur Rogue.

- Un troll, répondit la responsable de Gryffondor.

- Je ne l'avais pas constaté, répliqua sèchement Rogue.

Harry ne put s'empêcher de sourire. Comment avait-il pu passer à côté de l'humour sacrastique du maître des cachots ? Mais bref. C'était donc à ça que ressemblait un troll. Comment dire ? C'était moche. Très moche.

- Quelqu'un l'a introduit dans le château et il a attaqué des élèves. Cela n'avait pas le droit d'arriver !

Le professeur semblait vraiment irritée. Harry sentit Rogue se tendre à ses côtés tandis que Roberts avait l'air d'être partie vers un autre monde.

- Des blessés ?

- Mademoiselle Granger est à l'infirmerie. Elle a dû être assommée par un bout de bois. Quirrell saigne de la jambe mais ne voulait pas montrer sa blessure. Il affirme s'être coupé aux débris des lavabos. Mademoiselle Bones est sous choc. Monsieur Potter, vous devriez la trouver dans votre dortoir. Pomona lui a donné une autorisation...

 

Harry fixa sa directrice de maison avec de grands yeux avant de partir en courant vers le château et son dortoir sans écouter la fin de la phrase.

- Je croyais que vous vouliez m'attendre pour faire des bêtises ! cria le jeune garçon en rentrant dans son dortoir. Maïs de lâcheurs !

- Calme-toi, répliqua Ron grognant. On n'a pas choisi de croiser le troll. Enfin pas dans les toilettes. Mais mademoiselle croyait que c'était le bon moment pour aller aux toilettes.

- Eh, on a sauvé la vie à Granger, la carotte. Elle nous en doit une maintenant.

- Mais qu'est-ce qui s'est passé, nom d'un botruc !

- Comment connais-tu les botrucs, Harry ? s'étonna Ron. Je croyais que tu vivais chez les moldus.

- Drago, expliqua brièvement Harry. Mais racontez-moi maintenant !

- Mais fermez-la maintenant, cria Dean Thomas.

- Désolée, la courgette. Mais non, répondit Susan.

- Et si on descendait dans la salle commune, proposa Harry, désireux d'entendre l'histoire.

- Bonne idée !

Nos trois héros quittèrent le dortoir au grand soulagement des autres garçons.

- Enfin du calme.

- Mais silence !

 

Une fois installés sur les canapés rouges, Ron et Susan entreprirent de raconter leur soirée.

- Après que tu sois parti, j'ai gagné une partie d'échec contre Susan, commença Ron.

- Tu trichais !

- Pas du tout.

- Si.

- Non.

- Si !

- Non ! C'est toi qui trichais !

- Non !

- SI !

- NON !

- Et après ? s'impatienta Harry, ça lui était égal qui avait triché.

- On est descendus dîner. Tu aurais dû voir la décoration de la Grande Salle ! Des chauves-souris volaient au-dessus de nos têtes et tout. C'était génial !

- C'était effrayant surtout, grommela Ron dans sa barbe. Mais la nourriture, Harry, la nourriture était délicieuse ! Tarte à la mélasse, tarte à la citrouille, purée de citrouille, saucisses en forme de doigts de troll...

- Thématique, remarqua Harry.

- Justement j'étais en train d'en manger une quand un homme est rentré en criant qu'il y avait un troll aux cachots.

- Je croyais que c'était une blague, poursuivit Susan. C'était super bien mit en scène, Quirrell, vous savez le prof d'étude des moldus qui porte toujours un turban plein d'ail, a même fait semblant de tomber dans les pommes.

- C'est pour ça que tu pouffais de rire ?! La moitié de l'école te crois folle maintenant.

- Seulement la moitié ? Faudra que je m'investisse un peu plus...

- En tout cas tout le monde a paniqué, même Dumbledore. Il a ordonné à chaque maison de retourner dans leur salle commune alors que les Serpentard sont dans les cachots justement. Mais April, tu sais, la jumelle de May, les a emmenés à la bibliothèque. Et puis je me suis rappelée que je n'avais pas vu Granger.

- Et donc elle m'a kidnappé dans les rangs des Gryffondor, tu sais, aux festins officiels on n'a pas le droit de nous mélanger, et m'a entraîné vers les toilettes. Celles des filles en plus !

- Bizarrement on a croisé Quirrell qui montait vers le couloir interdit. Ça me conforte dans l'idée qu'il ne faisait que jouer son inconscience.

- En tout cas, le troll était dans les toilettes et on a dû le combattre pour sauver Granger. Elle s'était prise une porte sur la tête lorsque le troll rénovait la pièce.

- Mise K.O. par une porte de toilette, ricana Harry. Et vous avez fait comment pour le battre ?

- Le plan initial était de lui couper les doigts pour les servir à Quirrell demain midi, exposa Susan avec sérieux. Mais il était un peu trop grand donc on a dû l'assommer avec sa masse.

- Et puis McGonagall est arrivée, pas sûr qu'elle aurait apprécié la blague. Pour l'assommer on a utilisé le Wingardium Leviosa de ce matin.

- On a perdu cinq points chacun, puis gagné dix donc les autres ne peuvent pas se plaindre.

- Par contre, les toilettes des filles du rez-de-chaussée sont hors d'usage en ce moment.

Et une bonne action de faite. Sérieusement si les toilettes des filles ressemblaient à celles des garçons, ils méritaient un ordre de Merlin ! Mais en même Harry avait hâte qu'ils aillent dormir, il était fatigué par sa soirée. Ça lui rappelait...

- Moi, j'étais à la tombe de mes parents.

- Quoi ?!

Il n'avait pas su que c'était quelque chose d'aussi incroyable. Était-ce parce qu'en Theorie ils n'avaient pas le droit de quitter Poudlard, ou parce qu'on était Halloween, ou parce que ses parents étaient célèbres ? Parce que lui était célèbre ?

- Mais c'est génial ! Pourquoi tu ne nous l'as pas dit plus tôt ? Tu as pu voir la maison ou la fête ? J'aurais tellement aimé y aller. Il y a cinq ans, ils avaient fait un spectacle de feux d'artifice et...

- Susan, l'interrompit Ron. Je crois qu'il n'a pas envie d'en parler. Et je pense que la fête ne l'intéresse pas tant.

Harry remercia Ron du regard. Il avait besoin de rester un peu seul.

End Notes:

Les passages marqués par une étoile devant et derrière sont tirés de Harry Potter et les reliques de la mort (chapitre 16).

Un commentaire ? J'espère que cela vous a plu ? Que pensez-vous de cette visite au cimetière ? De Rogue (le trouvez-vous différent du canon ?) ? De Ann Roberts (c'est vraiment important pour moi de savoir comment elle apparaît à vous qui ne la connaissez pas entièrement) ? Et de Susan et Ron ? De Theo et Drago ?

Chapitre 8 : Le calme avant la tempête – ou plutôt le géant avant la fête by Carminny
Author's Notes:

Coucou !

Merci Tiiki pour ses commentaires <3

Et vous aurez vu, c'est Noël !

Bonne lecture !

Le lendemain était un jour férié. Pour les moldus comme pour les sorciers d'ailleurs. Enfin bref, ce n'était pas là le centre d'intérêt de Harry. Loin de là, c'était une fois de plus le Quidditch qui l'occupait. Après avoir fait la grasse matinée, ils avaient prévu de voler.

- Et donc en tant qu'attrapeur tu dois attraper le vif d'or avant l'adversaire, expliqua Theodore à un public mi-endormi mi-ennuyé.

- On peut y aller maintenant ? bailla Drago à s'en décrocher la mâchoire.

Harry, auparavant absorbé par la contemplation de son assiette vide, sauta sur ses pieds, réveillant au passage Neville qui les avait rejoints en attendant de pouvoir rendre visite à Granger.

- Que se passe-t-il, un nouveau troll ? s'exclama-t-il, effrayé.

- On va au terrain de Quidditch, tu viens ?

Le petit groupe se mit en route. Une fois arrivé, Drago sortit quelques balais et les balles avant de recommencer les explications ponctuées cette fois-ci par des passes et des cris.

- J'ai comme l'impression qu'ils ne m'ont pas écouté... soupira Theodore.

- Je pense que non, lui confirma Neville. Mais je n'ai pas compris pourquoi il y avait deux cognards. C'est assez dangereux comme ça.

- Enfin quelqu'un de mon avis.

Theodore passa un bras autour des épaules du Gryffondor et l'entraîna vers les tribunes.

- Enfin les rabats-joie partis ! s'exclama Ron. Le sérieux peut commencer.

- Les roux contre le reste, décida Susan. Seulement le souaffle pour l'instant !

Harry enfourcha son balai, un vieux Brossdur 5, et s'envola. Il sentit le vent ébouriffer ses cheveux incoiffables et sourit vers le ciel. Voler était tellement génialissime !

- Non, mais concentre-toi, Harry ! On va perdre et c'est hors de question !

 

Les quatre amis ne redescendirent au sol qu'au moment du goûter, leurs ventres grognant. Essoufflés et riants, ils se dirigeaient vers le château lorsque Susan leur proposa une nouvelle activité.

- Et si on allait jeter un coup d'œil au calamar géant ?

- Tu as des cookies aux amandes ? demanda Drago.

- Non, pourquoi ?

- Parce qu'alors il n'y a pas moyen qu'on y va maintenant.

- T'es pas drôle !

- Faut pas se plaindre, au moins c'est une réponse claire. Hier encore...

- Ferme-la, céleri. Qu'est-ce que ça m'intéresse ce que j'ai raconté hier ?

- Au secours, les gens, il y a un géant qui s'approche, intervint Harry.

Ça ne pouvait pas être normal d'être aussi grand. Il y avait baleine sous rocher, dirait-il. Est-ce qu'il existait des animaux magiques marins ? Pour adapter ses expressions...

- Bonjour, Harry ! les salua Hagrid. La dernière fois que je t'ai vu, tu n'étais encore qu'un bébé...

- Oui, bonjour, babilla rapidement Harry.

Que les adultes étaient embêtants à vouloir lui parler de leur rencontre. Il n'avait que terrassé un mage noir, pas de quoi faire un drame. Et puis ce n'était pas comme si Hagrid le lui avait déjà dit trois fois !

- Vous voulez prendre une tasse de thé chez moi, j'aimerais beaucoup te parler un peu, Harry.

Le garçon jeta un regard désespéré à ses amis. Il ne voulait que prendre ses jambes à son cou et partir loin de cet adulte trop aimable. Mais les autres ne semblaient pas de cet avis.

- Vous avez des cookies ? demanda candidement Drago.

 

La maison d'Hagrid était une petite cabane en bois au bord de la Forêt interdite. Elle résonnait d'aboiements sonores lorsqu'ils s'approchèrent.

- C'est moi, Crockdur. Ça suffit ! ordonna Hagrid et leur ouvrit la porte.

- Vous avez un chien ? interrogea Susan, les yeux brillants d'un plan. Vous vous y connaissez ?

- Oh, ça que oui. Les bestioles et moi, c'est une grande histoire d'amour. Mon rêve serait d'avoir un dragon.

- Oh, non, s'exclama fort peu discrètement Ron.

L'attention du géant se posa sur lui tandis qu'il leur tendait une assiette pleine de biscuits maison.

- T'es le frère à Charlie, non ? Je l'aimais bien celui-là. Il savait s'y prendre avec les animaux.

Ron grommela un oui, mais expliqua quand même que son frère étudiait justement les dragons en Roumanie.

- Aïe, grimaça alors Drago. Je crois que vous les avez laissés un peu trop longtemps au four...

Le regard que lui lança Hagrid n'exprimait que la pure aversion.

- Je ne t'avais pas invité, Malefoy, cracha-t-il. Je suis sûr qu'Harry, lui, aime beaucoup.

Harry baissa son regard sur les miettes de son biscuit qu'il avait discrètement donné à Crockdur.

- Il faut les tremper dans le thé, sourit-il à Drago. Ensuite le chien arrive à les manger.

 

Hagrid vira rouge et marmonna quelque chose dans sa barbe qui sonnait comme : je vais modifier la recette alors. Susan qui avait déjà fini son thé revint sur le thème des chiens.

- Et les chiens à trois têtes ? C'est assez rare, non ?

- Oui, sûr. Je crois bien que Touffu soit le seul dans la région. C'est un ami grec qui me l'a vendu et Dumbledore m'a autorisé de le garder. Un grand homme, Dumbledore...

- Il n'a rien voulu en échange ? fit mine de s'étonner Susan. Quelle générosité !

- Oh, si, mais rien de grand. En ce moment, Touffu garde quelque chose pour Nicolas Flamel. Non, je n'aurais pas dû vous dire ça...

Hagrid eut l'air furieux contre lui-même tandis que Susan souriait largement.

- Je vous remercie, Hagrid, pour le thé et vos biscuits.

Et la petite bande s'enfuit.

 

- C'est moi ou il ne sait pas choisir des noms ? interrogea Harry.

- Il a carrément un goût de veracrasse ! Et j'ai failli perdre mes dents !

- Pauvre chou, se moqua Susan.

- En fait, Harry, tu ne voudrais pas lui demander pour tes parents ? se souvint soudain Ron. Ma mère a dit qu'il travaillait déjà ici quand elle était étudiante alors...

- Il a certainement connu mes parents ! Ron, tu es un génie !

Harry fit demi-tour sur les talons et se précipita vers la maisonnette. Il allait en savoir davantage sur ses parents ! Même si pour cela il devait faire face à l'amabilité de cet orgre. Et s'il n'attendait que cela pour le manger ? Les orgres et géants n'étaient jamais gentils dans les histoires...

Le jeune Gryffondor ralentit de plus en plus avant de s'arrêter à quelques pas de la cabane. Plutôt demander Rogue ! Avec lui au moins il savait qu'il se ferait insulter mais pas bouillir pour le repas du soir. Un sacré progrès. Ou alors il pouvait demander à McGonagall. Ça devrait le faire. Elle était assez vieille pour leur avoir enseigné. Il n'allait pas formuler ça comme ça évidemment, il n'était pas complètement débile non plus. La preuve : il n'allait pas chez l'orgre.

Fort de cette décision, Harry retourna au château pour rejoindre ces amis. Enfin c'était ce qu'il avait prévu.

- M... Mon... Monsieur P... P... Potter. P... Pouvez-v... vous v... venir m... m'aider un instant, s... s'il-vous-plaît ?

Mais avec plaisir, Quirrell. Ce n'est pas comme s'il ne suivait pas ses cours mais - oh, surprise - il était en première année.

- Je suis un peu pressé, désolé, professeur.

Et surtout il n'allait pas l'écouter bégayer pendant trois heures. Il n'avait qu'à se débrouiller avec la magie.

- D... dans ce c... cas, je v... vous s... souhaite une b... b... bonne s... soirée, M... Monsieur P... P... Potter. J... j'espère q... qu'aucun au... autre t... troll ne s... s'introduise d... dans le ch... château.

Il en avait l'air tellement terrifié qu'il semblait impossible à Harry qu'il n'ait que simulé son malaise le soir d'avant. D'ailleurs, n'avait-il pas été blessé ? Quoiqu'il devait y avoir une infirmerie magique à Poudlard.

- Merci, professeur, j'espère que vous vous remettez bien de votre blessure. Bonne soirée !

Une fois de plus, Harry s'enfuit en courant. Quirrell avait perdu toutes ses couleurs en l'entendant parler de cela. Harry ne mettrait pas sa baguette au feu si c'était de peur ou de colère...

 

Le mois de novembre passa, rythmé par les cours, les devoirs, les matchs de Quidditch qu'Harry suivait avec attention, et les sorties nocturnes avec Susan et Ron. Le quotidien s'était installé et les Gryffondor s'ennuyaient presque.

Hermione Granger s'était rapidement rétablie après sa confrontation avec le troll et avait repris sa place de meilleure élève. Neville Londubat la suivait souvent et ses notes pouvaient rendre sa grand-mère fière. Harry et Ron étaient loin d'être aussi bons en cours mais cela ne les préoccupait pas vraiment. Susan, elle, était raisonnablement douée et pouvait se permettre de négliger son travail scolaire sans risquer une chute de notes. Au contraire de Drago dont le père était de moins en moins satisfait de voir son fils se contenter de la deuxième ou troisième place.

Une matière dans laquelle Harry réussissait brillamment était la Défense contre les forces du mal. En effet les cours étaient toujours en grande partie pratique et le professeur Roberts ne demandait jamais de devoirs écrits, au grand soulagement de Ron et d'Harry et au désespoir de Granger qui avait bien essayé de rendre une dissertation en bonus et s'était vue refuser cela. Les potions aussi étaient très pratiques mais Rogue n'aimait pas Harry et le déconcentrait dès que possible. Mais Harry aimait les réviser à la bibliothèque avec Drago et Theo. Seule l'astronomie posait de vrais soucis à Harry. Quel intérêt à apprendre les lunes de Saturne par cœur ?

Non, vraiment, il avait bien mieux à faire. Comme réfléchir à ce que gardait le chien à trois têtes ou à comment approcher au mieux McGonagall. D'ailleurs c'était qui Nicolas Flamel ?

Lorsqu'il posa enfin la question à Susan début décembre, celle-ci se frappa le front.

- Comment ai-je pu oublier cet indice ? C'est un alchimiste connu pour... pour...

- Pour ?

- Je ne sais plus ! Il me faut Granger ! Tout de suite !

Harry la regarda, médusé. Son amie était devenue folle, il n'y avait pas d'autre explication. Il finit sa pile de crêpes - ils étaient en train de prendre le petit déjeuner - et attendit que la Poufsouffle arrête de parler à Granger installée chez les Gryffondor - lui était assis à la table jaune et noire. Enfin elle revient vers lui en souriant largement.

- J'ai chargé Granger de faire des recherches sur Nicolas Flamel et les cerbères. Elle devrait pouvoir nous en dire plus d'ici les vacances.

- C'est dans quinze jours, non ?

- Mhm, acquiesça Susan, la bouche pleine de gaufre. Ron et toi restez au château ? Moi, mes parents veulent que je rentre pour les fêtes. Et puis, apparemment, ils veulent faire le point sur un truc de cet été. J'espère que c'est un nouveau voyage aux Caraïbes, c'était génial il y a deux ans. Même si...

Harry décrocha pour essayer de parler Quidditch avec un Ron pas très réveillé.

Il ne repensa à cette conversation seulement la veille des vacances lorsque Hermione Granger posa une pile de parchemins devant lui.

- Tiens.

Harry, concentré sur son devoir de sortilèges, leva un regard interrogatif sur sa camarade de classe.

- Merci ?

- Ce sont les recherches que Bones m'avait demandée, expliqua Granger, agacée. Et maintenant, bonnes vacances, Potter.

- Bonnes vacances, Granger, et joyeuses fêtes !

 

D'accord. Il avait apparemment comme travail supplémentaire de lire et trier les informations trouvées par leur éminente majeure de promotion. Au moins il n'avait pas à les chercher à la bibliothèque. Et Ron allait devoir l'aider. Pas comme pour ce devoir de sortilèges. Il aurait dû le faire avec ses deux meilleurs amis au lieu de jouer au Quidditch avec Drago - illégalement bien sûr.

- Potter ?

A ce rythme, il n'allait pas terminer avant minuit.

- Oui, May ?

- Les deux andouilles qui te servent d'amis sont dans le parc et ont besoin de toi. En tout cas, tu as trente secondes pour les faire taire.

- ...

Devoir de sortilèges ou bataille de boules de neige ? Il n'avait aucun doute sur la nature de l'aide requise. En théorie ce n'était pas un choix. Mais dormir n'était pas non plus à dédaigner.

- File et que je ne les entende plus. Et laisse-moi ton brouillon.

- Merci, May, t'es la meilleure préfète du monde !

Harry hésita quelques secondes à sauter par la fenêtre pour les rejoindre plus rapidement mais préféra emprunter les escaliers. Non pas qu'il avait moins de chance de faire une grosse chute mais alors c'était l'école qui était responsable. Ça existait les assurances chez les sorciers ?

 

Le garçon déboula à toute vitesse dans le hall d'entrée, manqua de renversa Quirrell et rentra dans Rogue.

- Oh non, gémit-il en levant les yeux vers le visage fâché du maître des potions. Je suis désolé, professeur.

- Potter, tonna le terrible maître des cachots. Utilisez donc vos globes oculaires pour regarder devant vous si vous ne souhaitez pas les incorporer dans mes ingrédients à potions. Vous faites perdre dix points à Gryffondor.

- V... v... vous êtes t...t... tr... trop sévère av... avec ce p... p... pauvre g...gar... garçon, S... S... Sev... Severus, bégaya Quirrell en remettant en place son turban.

Harry plaindrait presque le professeur d'étude des Moldus, mais s'il était trop bête pour réaliser le danger auquel il s'exposait, il ne pouvait rien faire pour lui. Il profita du fait que Rogue se détourna de lui pour filer dans le parc, il n'allait pas attendre qu'on le punisse non plus ! Avant de passer la grande porte, il n'eut juste le temps d'entendre :

- Ne soyez pas si sûr de vous, Quirrell, nous savons...

Ils savaient quoi ? Harry fut tenter de rentrer pour savoir mais y renonça en obtenant une boule de neige dans le col.

- Vengeance ! s'exclama-t-il en ramassant de la neige. Craignez le démon des batailles !

- On meurt de peur, se moqua gentiment Ron avant de se prendre l'eau cristallisée dans la figure. Eh !

 

La bataille continua dans le rire bien qu'Harry entraîna le groupe un peu plus loin pour pas que leurs rires et cris arrivent aux oreilles de May. Peu avant le dîner, alors qu'il commençait à faire sombre, les jumeaux Weasley les rejoignirent, un sourire large comme Hagrid sur les visages.

- Qu'est-qui vous arrive, les cerises ? les interpella Susan.

- De quel droit nous...

- Appelles-tu des...

- Cerises ?!

- Bah, vous êtes jumeaux, la Poufsouffle haussa les épaules.

- Allez, vous avez fait quoi ? les pressa Ron.

- On a enchanté des boules de neige pour...

- Qu'elles poursuivent Quirrell en bombardant son turban !

- Deux semaines de retenues !

- Il faisait peur quand il nous les a données,

- Et ne bégayait pas du tout.

- Bizarre, jugea Harry.

- Mais complètement, s'exclama Susan. Ce n'est pas justement lui qui s'enfonce dans la forêt, là-bas ?

- Quelle coïncidence, trouva Ron.

- Surtout si l'on sait que Rogue est en train de le suivre, remarqua George, ou Fred.

- Et si on les suivait, nous aussi ? proposa Fred, ou George.

- Dans la Forêt Interdite ! couina Ron, effrayé.

- C'est une superbe idée, cerise numéro un, s'exclama Susan. Allons-y !

- T'es folle, protesta Ron. Il fait presque nuit et alors il y a des loups-garous dans la forêt. Tout le monde le sait !

- Bah, pas moi, intervint Harry. Viens, Ron, juste quelques minutes. Ensuite on ira manger.

- On pourrait aller manger maintenant ?

 

- Voilà, une bonne idée, retentit une voix dans leurs dos.

Harry et ses amis se retournèrent en sursautant. Le professeur Roberts leur adressa un regard indifférent.

- Si vous pensez, professeur, s'inclinèrent les jumeaux directement en détalant.

- Mais qu'est-ce que vous leur avez fait ?! s'exclama Ron à voix haute. Je ne les ai jamais vu aussi obéissants !

- Peut-être que deux semaines de retenues leur suffisent, supposa Susan.

- Mais non, banane, fit Harry. Ils en sont fiers. Ils croyaient juste qu'on allait refuser et ils ont la frousse d'y aller vraiment.

La Poufsouffle s'accorda quelques instants de réflexion avant de déclarer :

- Logique.

- Allez, à l'intérieur, ordonna leur professeur de défense.

Harry se tourna vers sa demi-tante. Elle avait rivé les yeux sur l'endroit où avaient disparu Quirrell et Rogue. Voulait-elle les surveiller, elle aussi ? Si oui, lequel d'eux ? Parce qu'entre Quirrell avec son turban et son bégaiement et Rogue avec son mauvais caractère et son air sombre, il y avait du louche à profusion. Par la barbe de Merlin, et si elle lisait ses pensées en ce moment ? Harry jeta un regard inquisiteur mais l'absence de réaction de la part de Roberts le rassura un peu.

 

Harry se dirigea vers le château, entraînant ses deux meilleurs amis avec lui. Il commençait à avoir faim. Un soupir presque inaudible s'éleva derrière lui, et sa tante leur emboita le pas. Un coup d'œil lui relevait qu'elle peinait à les suivre même si eux devaient se frayer leur chemin dans la haute neige alors que le professeur Roberts... Harry s'arrêta net et se retourna.

- Comment vous faites ?

- Qu'est-ce qu'il y a ? interrogea Susan en regardant également vers leur professeur.

- Vous savez voler ?! s'enthousiasmait Ron. Vous pouvez nous apprendre ?

En effet, Roberts ne s'enfonçait pas dans la neige mais marchait simplement au-dessus. Vu la fragilité des cristaux d'eau, Harry comprenait pourquoi Ron pensait qu'elle volait.

- Mais non, elle ne vole pas, le corrigea-t-il néanmoins.

- Très juste, Potter, acquiesça Roberts, c'est une variante du sortilège d'oblitération. A l'origine, il efface les traces de pas, mais je ne vais pas me fatiguer à en faire pour les effacer ensuite. Donc cette variation permet de ne pas en faire tout simplement, et dans ce cas ne pas s'enfoncer dans la neige.

- Pratique, jugea Harry.

- C'est vous qui l'avez inventé ? La curiosité de Susan était éveillée.

- Oui, répondit leur professeur simplement. Maintenant au dîner.

Sur ce, elle les dépassa et continua le chemin vers le château.

- On pourrait retourner à la forêt, rigola Susan.

- Non, j'ai faim, protesta Ron.

- Deux points en moins pour Poufsouffle, leur lança Roberts, décidément encore trop proche.

 

Harry secoua la tête vers Susan puis se remis en chemin pour suivre leur stricte professeur. Il pencha un peu la tête. Sa tante était un peu jeune pour être aussi raide en marchant, non ? Ce genre de pas, il ne l'avait observé que chez des vieilles personnes qui ne se promenaient pas plus que nécessaire. Encore quelque chose de bizarre...

Mais ces pensées lui sortirent rapidement de la tête lorsqu'ils entrèrent dans la Grande Salle. Elle avait été décorée pendant leur absence et brillait de mille feux maintenant. Les grands sapins étaient décorés avec des boules dorées, de la neige artificielle ou des chandeliers lumineux et il semblait à Harry que de vraies fées ornaient leurs branches. Des guirlandes de gui et de houx traversaient le plafond. Des branches aux rubans rouges reposaient sur la table des Gryffondor où s'installa le trio.

- C'est beau, souffla Harry.

- C'est bon, compléta Ron en se servant des pâtes.

- J'en viendrais presque à regretter de rentrer, sourit Susan.

- Ah non, s'exclama Harry, taquin. On était tellement content de s'être débarrassé de toi...

- Je pourrais enfin jouer aux échecs contre quelqu'un qui ne triche pas, ...

- Faire des sorciers de neige sans que quelqu'un remplace la carotte par du céleri, ...

- Faire du patin à glace sans que quelqu'un pose du feu sur le lac, ...

- Manger des chocogrenouilles avec quelqu'un qui collectionne les cartes, ...

- Parler Quidditch sans que quelqu'un fasse des commentaires désobligeants sur ce sport, ...

- Sortir la nuit en compagnie de quelqu'un qui n'attire pas Peeves pour s'amuser, ...

- Et passer du temps entre Gryffondor sans que quelqu'un s'incruste, acheva Ron.

- J'ai compris, fit mine de se vexer Susan. Je m'en vais.

 

Elle tint parole. Le lendemain matin la Poufsouffle traina une grosse valise dans la Grande Salle où étaient attablés Harry et Ron.

- Voilà les légumes, j'y vais. Le train part dans une bonne demi-heure. Je suppose que vous ne m‘accompagniez pas jusqu'à la gare.

Harry échangea un regard coupable avec Ron. Ils étaient encore en pyjama.

- Désolé, grimaça-t-il. On a voulu régler notre réveil et... on l'a cassé. On a juste eu le temps de descendre tel quel pour te dire au revoir.

- Vraiment désolé, confirma Ron, la bouche pleine.

- Bah, ce n'est pas grave, balaya Susan, il y a Drago et Theo de toute façon. Donc...

- Joyeux Noël, sourit Harry en se levant.

- Joyeux Noël, répéta Ron.

Susan sourit en répétant ces mêmes mots. Harry l'enlaça brièvement.

- Passe de bonnes vacances, Susan. Tu vas nous manquer.

Susan lui sourit une dernière fois puis détala en direction de la porte.

- Hé, Harry, Ron, joyeux Noël ! Drago et Theo leur firent de grands signes en passant dans le hall. Bonnes vacances !

 

Et de bonnes vacances se furent. Harry et Ron avaient leur dortoir pour eux et même la salle commune des Gryffondor était presque vide. Ainsi ils pouvaient s'installer dans les meilleurs fauteuils près du feu et passaient leur temps à y griller toute sorte de choses mangeables. La deuxième jour Fred et George les invitèrent à une bataille de boules de neige et les quatre élèves rentrèrent trempés de la tête aux pieds. Cet après-midi dans le parc fit penser Harry à son projet sur ses parents et le lendemain, il entraîna Ron vers la cabane de Hagrid.

- Tu as décidé qu'il n'allait plus te manger ? s'interrogea Ron sur ce changement d'attitude.

- Exactement, sourit Harry. Je pense qu'avec Noël, il y a bien meilleur qu'un petit garçon maigrelet dans le château. Et puis j'ai vraiment envie d'en savoir plus sur mes parents.

Les deux garçons se frayèrent un chemin à travers la neige dont l'épaisseur avait encore augmenté. Bientôt la maisonnette d'Hagrid allait disparaître sous le blanc. Les Gryffondor se retrouvèrent néanmoins devant la grande porte en bois et Harry enleva son gant rouge carmin pour toquer. Ils attendaient en silence mais rien n'arriva.

- Il doit être en forêt, Ron haussa les épaules. Je ne peux pas dire que ça me dérange beaucoup.

- Tant pis, se désola Harry. On y retournera un autre jour. En attendant, tu ne voudrais pas chercher McGonagall avec moi ?

­- Facile. Tu as une bombabouse sur toi ?

 

Les deux garçons revinrent sur leurs pas et au bout d'une dizaines de minutes rejoignirent enfin le hall d'entrée du château. Il y faisait quand même moins froid qu'à l'extérieur, même si l'on ne pouvait pas comparer la température des couloirs glacés avec celle du feu bienfaisant dans leur salle commune.

- Bonjour, Harry ! tonna soudain une grosse voix à travers le hall.

Le brun vit avec étonnement Hagrid lui faire de grands signes de la main. Il avait oublié qu'il était aussi grand et large !

- Bonjour, Hagrid, réussit-il à balbutier. C'est marrant, je voulais justement vous voir.

Le visage du géant se tordit en un sourire qui lui faisait le tour de la tête. Et ça juste parce qu'il voulait le voir ? Ou peut-être que les géants préféraient les enfants maigres à la dinde aux marrons et aux gâteaux ? Il ne pouvait pas répondre à cette question mais il était temps de faire honneur à sa maison. Il devait se montrer courageux. Surtout que rationnellement Hagrid ne pouvait pas être dangereux sinon Dumbledore ne le garderait pas dans une école remplie d'enfants. N'est-ce pas ?

 

- Je voulais vous demander si vous pouvez me parler de mes parents.

Harry fit de grands yeux suppliants à Hagrid, ça marchait bien chez Susan et Dudley, il pouvait essayer lui aussi. Hagrid se passa une de ses grandes mains dans la barbe, poussa un profond soupir, s'essuya les yeux et regarda par terre avant de répondre d'une voix affligée.

- Oui, évidemment. Ils doivent te manquer énormément. C'était des gens formidables, Lily et James. Oui, ils étaient vraiment formidables.

- Mais comment ils étaient ? Qu'est-ce qu'ils aimaient faire ? Ils avaient des amis, non ? Vous avez des photos d'eux ? Harry posa quelques-unes des questions qui se bousculaient dans sa tête.

- Oui, oui. Bien sûr. Maintenant Hagrid se tordait les mains. Tu ne dois pas te souvenir d'eux. Et si tu venais ce soir ou plutôt après Noël chez moi, ce n'est pas le genre de chose que je voudrais te raconter entre deux portes. Et je chercherai les photos que j'ai. Peut-être que je pourrais écrire à l'un ou l'autre de leurs connaissances... oui, peut-être qu'ils voudront bien me répondre...

- Merci, Hagrid, lui sourit Harry.

 

Le jeune garçon tira son ami vers les escaliers. Il allait apprendre davantage sur ses parents ! C'était super ! Ron semblait se réjouir avec lui et les deux Gryffondor firent la course jusqu'à leur salle commune. Essoufflé, Harry s'arrêta devant le tableau de la Grosse Dame.

- Gagné !

- Tu as de plus longues jambes, se plaignit Ron, tout rouge.

Harry éclata de rire, aussi bien qu'il pouvait vu sa forte respiration, puis lança à leur gardienne d'entrée :

- Plum-pudding !

Le tableau pivota et les deux garçons s'engagèrent dans le court passage puis s'affaissèrent sur le canapé le plus proche.

- Si tu veux on joue aux échecs, proposa Harry en dénouant son écharpe. Comme ça, tu gagneras.

Le rouquin acquiesça et quelques minutes plus tard ils se retrouvèrent attablés devant le vieil échiquier de Ron. Ron avait d'ailleurs de vieilles figurines héritées, comme nombre d'autres choses, de son grand-oncle Bilius. Mais cette fois c'était un avantage car ses figures lui faisaient confiance, à l'inverse de ceux de Dean qu'utilisait Harry. Cela dit, s'il avait été une figurine d'échec, il ne se serait pas fait confiance non plus vu le nombre de pertes qu'il encaissait.

 

- Dis, où est passée Hedwige ? l'interrogea soudain Ron. Je ne crois pas l'avoir vue des vacances.

- Normal, rigola Harry. Drago voulait la montrer à ses parents.

- Et tu la lui as donnée ?

- Mais non, juste pour les vacances avec une liste des choses auxquelles il doit faire attention. Je lui fais confiance pour me la ramener en bonne santé.

- A lui peut-être, mais à son père...

Ron se méfiait visiblement de la famille de leur ami blond. Mais bon, vu l'inimité de leurs familles respectives c'était certainement normal. Harry haussa les épaules puis remit en place ses pièces d'échecs.

- Que crois-tu qu'on va manger à Noël ?

- J'espère qu'il y aura du plum-pudding, fit Ron d'un air rêveur.

 

End Notes:

Alors, la relation Harry / Hagrid vous paraît-elle plausible ? (enfin, si on peut parler de relation) Et comme toujours que pensez-vous des divergences avec le canon et du peu qu'on voit de Ann Roberts (quoi c'est mon OC adorée !)

Bref, merci d'avoir lu !

Chapitre 9 : Noël, c’est chouette, mais la réalité est bien plus dure by Carminny
Author's Notes:

Coucou ! Un petit chapitre qui tombe à la bonne période de l'année ? (je vais faire semblant que tout était prévu 0:) )

Au programme, les cadeaux de Noël et Noël. Et une découverte pas si étonnante et des révélations qui sont importantes.

Les passages marqués par une étoile devant et derrière sont tirés de Harry Potter à l'école des sorciers (chapitre 12).

Bonne lecture !

Mais avant le repas de Noël, il y avait les cadeaux. Lorsqu'Harry se réveilla au matin du 25 décembre, il fut accueilli par la voix réjouie de Ron.

- Joyeux Noël, Harry ! Tu as vu tous les cadeaux qu'on a reçus ?!

Harry sauta de son lit et se précipita vers son ami. Au pied du lit à baldaquins s'entassait une petite dizaine de paquets et de lettres. Il n'en avait jamais eu autant !

- Qu'est-ce que tu attends, ouvre-les, l'encouragea Ron en se fourrant une pâtisserie dans la bouche. Je crois que maman t'en a envoyé un aussi.

- C'est gentil de sa part, jugea Harry encore sous le choc. C'est celui-ci ?

Il leva un paquet aux couleurs rouge et orange. Il l'ouvrit avec impatience et déballa une grande boîte de fondants faits maison et un gros pull en laine vert émeraude. Il lutta quelques instants contre des larmes qui picotaient dans ses yeux puis serra le pull contre lui.

- Il est trop beau ! Tu la remercieras de ma part ?

Ron ne lui répondit pas, trop occupé avec ses propres cadeaux. Lui aussi avait eu un pull, bordeaux par contre, et se consacrait à un paquet à motif de rennes bougeant. Harry remarqua qu'il avait un cadeau avec le même papier et le saisit. Il était quasiment certain qu'il lui venait de Susan. Le garçon essaya de déchirer le moins de papier possible et un renne l'en remerciait d'un signe de la main - du sabot plutôt.

- Une tasse de thé ? s'étonna-t-il. Pourquoi m'envoie-t-elle une tasse de thé ?

 

- Susan ? rigola Ron. Si tu essayes d'en boire tu verras. Hahaha !

Il se plia de rire tout en sautillant d'un pied sur l'autre. Il finit par s'écraser sur son lit sous le regard teinté d'incompréhension d'Harry.

- Aide-moi, Harry. Les chaussettes... Hahaha !

Amusé, Harry se pencha sur les pieds bougeant dans tous les sens de son ami. Celui-ci continuait à rire à gorge déployée. D'un geste rapide et précis qui lui aurait valu une place dans l'équipe nationale de Quidditch, Harry attrapa les chaussettes par leurs pointes et les retira des pieds du rouquin. Ron inspira un grand coup.

- Merci, Harry.

- Mais qu'est-ce que... ?

- Des chaussettes chatouilleuses. Et ça ne m'étonnerait pas que ta tasse essayerait de te mordre à la première occasion.

Harry s'éloigna prudemment de quelques pas de la tasse sagement posée sur la boîte de fondants.

- Elle trouve ça drôle ? se demanda-t-il à voix haute avant de se rappeler qu'il parlait de Susan. D'où elle sort ça ?

- Oh, répondit négligemment Ron en posant sa paire de chaussettes sous le lit de Neville. Tu peux acheter ce genre de truc dans chaque magasin de farces et attrapes. Zonko à Pré-au-Lard par exemple. Fred et George en avait les yeux pleins d'étoiles quand ils l'ont découvert en début d'année.

 

Harry acquiesça puis se souvint de ses autres cadeaux. Il déballa ainsi une boîte de pralinés avec effets surprenants de Drago, un assortissement des meilleurs confiseries sorcières de Theo et une pièce de cinq pences des Dursley qu'il offrit à un Ron curieux. Il ne lui resta que deux paquets dont il n'avait pas la moindre idée des expéditeurs. Il ne connaissait personne d'autre, si ?

Il se saisit du plus grand des deux. Une lettre l'accompagnait. Encre violette sur parchemin. Le jeune garçon était certain d'avoir déjà vu l'écriture quelque part. Il décida de ne pas se casser la tête plus longtemps et l'ouvrit précautionneusement.

 

Cher Harry,

Probablement tu ne t'attendais pas à recevoir cette lettre, ni ce paquet d'ailleurs. Je tiens à te rassurer, nous ne savions pas non plus que nous allions t'en envoyer un jusqu'à ce que Wisteria nous le prédise. Enfin, je ne vais plus te le cacher plus longtemps, je suis ton presque grand-père, Lord Valerian Roberts. Je pourrais t'expliquer en détail comment nous ne sommes pas apparentés mais le plus simple c'est que je te dise que je suis le père de ta tante et professeur Bluebell Ann Roberts. Peut-être que la situation te paraît désormais plus claire et surtout la raison pour laquelle nous t'envoyons un cadeau de Noël et tous nos meilleurs vœux.

Nous, ce sont Ann, Wisteria et moi. Et Bellona et Clio, Amalthea, Harmony, Icecreme, Areion, Melpomene et Terpsichore dans une moindre mesure. C'est à ce moment que je me rappelle à quel point Ann n'est pas bavarde et que donc tu ne sais probablement rien sur ta famille sorcière. Wisteria est ma petite-fille et héritière, Bellona et Clio nos chouettes qui ont courageusement porté ton cadeau jusqu'à Poudlard, et les derniers sont nos chevaux. J'en profite pour t'inviter à la maison pendant les vacances d'été. Je suis certain qu'Ann ne te l'a toujours pas proposé.

Je crois bien que tu auras besoin de quelques explications concernant les cadeaux ci-joints mais comme je ne veux pas te gâcher la surprise, je te conseille de poser cette lettre et de continuer la lecture plus tard. Joyeux Noël, Harry.

 

Harry resta un instant abasourdi. Ainsi il avait une vraie famille sorcière. Outre le professeur Roberts. Il n'avait jamais pensé à cette possibilité.

- Ça va, Harry ? lui demanda Ron entre deux friandises.

- Je suis juste tellement heureux, souffla le garçon.

- Et il te reste des cadeaux à déballer, souligna le rouquin. Dépêche-toi sinon on va rater le petit-déjeuner.

Harry lui lança un regard oblique mais commença à déballer le cadeau de son grand-père - il allait l'appeler comme ça pour faciliter le tout - pourtant enveloppé dans un coûteux papier bordeaux. Il en tira deux capes de sorcier qui n'avaient rien en commun avec l'uniforme scolaire puis une écharpe grise et un livre. Cent six sorts sans s, lut-il sur la couverture.

Souriant jusqu'aux oreilles il consulta la lettre de son grand-père.

Tu t'en doutes certainement les capes ne sont pas pour les cours mais plutôt au cas où tu souhaiterais porter autre chose que des habits moldus pendant le weekend. Celle de couleur bleue marine est pour l'hiver, un sort de chauffage est intégré et devrait s'adapter à la température. Néanmoins, il faut que je te prévienne que ce type de sort est instable, si tu penses que ta cape chauffe trop, éloigne-toi, elle pourrait prendre feu. Cela arrive très rarement, rassure-toi. La cape bordeaux est une cape de printemps, plus légère et non ensorcelée (à part les habituelles enchantements d'imperméabilité et d'anti-pli). L'écharpe est tout à fait ordinaire, si ce n'est qu'elle aime probablement les caresses. Ne la nourris jamais après minuit. Quant au livre, inutile de rajouter quoique ce soit, si ce n'est qu'Ann ne veut voir aucun sort lancé dans les couloirs, sans quoi elle se sentira dans l'obligation de t'infliger une retenue.

J'ose espérer pouvoir correspondre avec mon presque petit-fils. Tu comblerais un vieil homme en m'écrivant de temps en temps. (Ann ne m'écrit, pour des raisons évidentes, jamais de lettres.)

Avec amour et tous mes vœux,

Ton grand-père Valerian Roberts.

 

Harry relut les dernières lignes une deuxième fois. Il avait un grand-père qui voulait prendre contact avec lui, qui voulait le connaître et qui l'aimait déjà. C'était le plus beau cadeau qu'il avait jamais reçu. Il enroula sa nouvelle écharpe autour de son cou et se saisit du livre de sorts pour le feuilleter.

Pingo rubro, un sort qui colorait l'objet en rouge. Il devait l'essayer sur les cheveux de Drago pour le match de Quidditch Gryffondor contre Poufsouffle. Melodia aulae, un sort qui faisait entendre de la musique de flûte. Ça pouvait être drôle à lancer pendant un cours. Tarantallegra, un sort qui faisait danser les jambes de la victime. Ron adorerait le lancer à Susan pour se venger. Protego, le sort de protection basique. Il le connaissait pour l'avoir appris en cours au mois de novembre. Porro viginti paginae...

- Harry, il te reste encore un cadeau, le dépêcha Ron.

Le garçon brun ferma son livre à regret et se saisit du dernier cadeau, simplement enveloppé dans du papier craft. Il en tira un morceau de tissu argenté, très léger. Il le souleva. La lumière luisait en passant dessus.

- Une cape ? s'interrogea-t-il. Sans manches ?

Ron la fixa, la bouche ouverte. Un morceau de gâteau tomba par terre.

- *J'ai entendu parler de ça, dit-il d'une voix sourde. Si c'est ce que je crois... Il n'en existe pas beaucoup et c'est vraiment précieux...*

Harry essaya la cape. Il la trouvait trop fluide pour être vraiment agréable. Elle donnait l'impression d'être faite en eau. Il se regarda dans le miroir du dortoir. Son reflet n'apparaissait pas.

- Je suis invisible ! s'exclama-t-il, ravi.

- C'est une cape d'invisibilité, continua Ron, excité. Tu t'imagines tout ce qu'on pourra faire avec elle. Et tu viens de faire tomber le mot qui va avec.

 

Harry enleva la cape parce qu'il préférait voir le pull vert que Mme Weasley lui avait offert et poussa un cri.

- Qu'est-ce qu'y a ? l'interrogea Ron qui s'était penché pour ramasser le parchemin.

- Mon écharpe... elle... elle est dorée !

- Oui... Ron ne semblait pas comprendre.

- Elle était grise avant !

- Elle doit s'adapter à la couleur de tes habits. Ron haussa les épaules. Ma sœur Ginny avait un serre-tête comme ça. Mais il ne tenait jamais compte des cheveux roux et jurait tout le temps avec eux. Ginny le mettait tout le temps.

Ah. Harry se sentit rougir légèrement. Il ne s'était pas attendu à ce qu'ordinaire signifie enchantée. Il secoua légèrement la tête et se souvenant de la phrase suivante dans la lettre, passa la main sur l'écharpe comme pour la caresser. Il lui sembla qu'elle se lova un peu plus contre son cou.

- Alors ce mot ? demanda-t-il pour retrouver contenance.

Ron le lui tendit.

- Lis-le toi-même.

Harry regarda l'écriture serrée et arrondie qui formait des mots que son esprit peinait à réaliser.

*Ton père m'a laissé ceci avant de mourir. Il est temps que tu en hérites. Fais-en bon usage.

Très joyeux Noël.*

Sans signature, il n'avait aucune idée de qui pouvait être l'expéditeur. Un ami encore vivant de son père ? Cette cape appartenait à son père ! Harry la serra contre lui. Son père qu'il n'avait pas connu mais dont tout le monde disait qu'il lui ressemblait. Mais peut-être que... Il caressa son écharpe, peut-être qu'un grand-père vivant était meilleur qu'un père mort.

 

Il rangea la cape dans sa valise et y glissa également le mot. Devant le regard étonné de Ron, il expliqua :

- Mieux vaut qu'on la garde secrète.

Ron acquiesça au moment où la porte s'ouvrit à la volée et les jumeaux entrèrent.

- Joyeux...

- ...Noël !

- Joyeux Noël, Fred et George ! leur sourit Harry.

Les deux garçons portaient eux-aussi des pulls tricotés par leur mère. Les leurs étaient bleus et portaient leurs initiales en jaune.

- Toi aussi tu as eu un pull Weasley, se réjouit Fred - ou du moins le jumeau avec le F sur la poitrine qu'Harry suspecta être en réalité George.

- Mais il est plus beau que les nôtres, examina Fred qui était George.

- Surtout qu'il n'a pas de lettre sur le torse, observa George avec le F. Maman doit penser que tu ne risques pas d'oublier ton nom.

- Mais nous on sait bien qu'on s'appelle Gred et Forge, on n'est pas idiots ! finit Fred avec un G confirmant les doutes d'Harry.

- Que se passe-t-il ici ?

Percy Weasley, le préfet réprobateur, passa sa tête par la porte. Il tenait sur le bras un pull tricoté lui aussi.

- P comme préfet !

- Mets-le, Percy. On en a tous eu un.

Les trois frères de Ron sortirent en se battant pour le pull de Percy qui ne voulait pas le mettre. Le rouquin de première année adressa un large sourire à Harry.

- On va manger ?

 

Harry passa le meilleur Noël de sa vie. Entre le petit déjeuner, le déjeuner et le thé sa journée fut remplie de rire et de bonne humeur grâce aux jeux qu'inventaient les jumeaux et à la neige qui recouvraient encore le parc de Poudlard. Ainsi il apprit enfin les règles des bavboules - même s'il suspectait fortement Fred et George de rajouter des règles pour gagner - et découvrit que la magie de Noël avait une toute autre signification chez les sorciers.

Le repas du midi était mémorable. Les pochettes-surprises posées partout sur les tables de la Grande Salle donnaient de véritables explosions de paillettes, fumées, chapeaux en tout genre et petits animaux. Tout le monde parut de plus belle humeur, même Miss Teigne qui avait dû manger les souris blanches qu'Harry et Fred avait fait jaillir de leur pochette surprise. Les professeurs à leur table semblaient eux aussi en joie : le professeur Dumbledore riait en écoutant le professeur Flitwick. Hagrid, après quelques verres de vin, embrassa même le professeur McGonagall sur la joue sans que celle-ci ne proteste.

Ensuite Harry passa son après-midi avec les frères Weasley. Il se demandait si c'était ça faire partie d'une grande famille aimante. Du bonheur et de la joie partout autour de soi. Le soir venu, Ron s'endormit en ronflant, le ventre plein de dinde rôtie. Harry, lui, repensa à la famille Weasley et à la lettre de son presque grand-père. Est-ce qu'il allait lui aussi avoir une famille comme Ron ? Il espérait de tout cœur que les Roberts ne ressemblaient pas aux Dursley. Il resserra son écharpe autour de son cou - elle était maintenant rouge carmin comme son pyjama Gryffondor. Non, ce n'était certainement pas le cas. Il allait répondre à son grand-père dès le lendemain.

 

Et puis le mystérieux expéditeur de la cape d'invisibilité. Peut-être qu'Hagrid en savait quelque chose ? Mais il n'avait pas très envie de lui révéler ce présent. Qui pouvait-il demander ? Ou est-ce qu'il ne ferait pas mieux d'attendre de connaître les informations et photos que lui avaient promis Hagrid ? C'était peut-être plus raisonnable de d'abord savoir quels amis étaient encore vivants avant de se lancer dans une quête sans autre point de départ qu'une cape dont l'existence ferait mieux d'être secrète.

Il caressa sa nouvelle écharpe. Hedwige lui manquait quand même. Il espérait vraiment que les vacances soient bientôt finies et que Drago revienne. Et Susan. Et Theo. Et le professeur Roberts. Même Rogue lui manquait. C'était une pensée bizarre. Est-ce que ça voulait dire qu'ils étaient devenus, tous autant qu'ils étaient, sa famille ?

Harry se retourna dans son lit. « Fais-en bon usage ». Que voulait dire l'expéditeur avec cette phrase ? Il avait la désagréable impression que ça voulait surtout signifier de la garder secrète devant Susan. Son amie rousse trouverait certainement une cinquantaine de « mauvais usages » par minute. Mais il ne voulait pas cacher quelque chose à son amie. C'était hors de question !

Harry s'enfonça un peu plus dans son lit douillet. Il leur raconterait dès la rentrée. Et alors il allait aussi apprendre quelque chose sur ses parents grâce à Hagrid. Il allait passer un merveilleux semestre avec ses amis à apprendre la magie et à s'amuser. Cet été, il rencontrerait enfin sa vraie famille. La nouvelle année s'annonçait magique. Il avait des amis formidables, une famille qui voulait de lui, des cours qui lui plaisaient et un lapin qu'il adorait.

 

- Harry ! Ron ! Je n'y crois pas !

Susan était revenue à Poudlard la veille et déjà le calme des vacances avait disparu. En ce moment elle fixait ses deux amis d'un air incrédule. Harry se sentit aussi mal-à-l'aise que face au professeur McGonagall après avoir braver un interdit.

- On a oublié, risqua-t-il. Tu sais il y a eu plein de choses et...

- Je sais surtout que vous êtes fainéants ! se plaignit Susan.

- Comme si tu n'avais pas prévu de nous laisser le travail pendant que tu es en vacances ! corrigea Harry.

Susan esquissa un sourire de travers en haussant les épaules.

- Certes. On fait quoi maintenant ?

- Je récupère Hedwige chez Drago puis on va chez Hagrid.

La Poufsouffle acquiesça gravement.

- Tu veux la lui donner en pâture ?

- Quoi ?! Non !

Harry était scandalisé. Comment pouvait-elle penser à ça ? Jamais il ne voudrait du mal à son lapin.

- C'était une blague, haricot. Susan roula des yeux. Qu'est-ce que tu attends ?

Harry lui désigna leur ami Weasley. Ron était en train d'engloutir les derniers restes du petit déjeuner de rentrée. A l'instant, il mâchonnait quelques crêpes au sirop d'érable.

- C'est gentil de m'attendre, grommela-t-il la bouche pleine. C'est trop bon.

 

Hermione Granger qui passait à côté d'eux avec un gros livre sous le bras fit une moue dégoûtée mais ne lâcha pas de commentaire, avant de s'asseoir près de Neville Londubat.

- Vous avez réussi le devoir de métamorphose ? demanda celui-là timidement.

- Oui, Harry hocha la tête. Le frère de Ron nous a aidés à comprendre l'erreur de raisonnement qu'on faisait.

Susan acquiesça elle aussi. Apparemment elle n'avait pas rencontré de problème. Cependant s'il y avait bien un sujet sur lequel il ne fallait pas lancer Hermione c'était bien les devoirs.

- J'ai trouvé énormément de choses à dire. J'espère qu'elle ne m'en voudra pas si j'ai fait le double de ce qu'elle a demandé. Ce où j'ai eu des problèmes c'est bien la Défense contre les Forces du Mal. Réviser les sorts qu'on a appris, c'est bien joli, mais si on vit entre des moldus, on n'a pas le droit ! Du coup, je lui ai fait une rédaction à la place. Elle fait deux mètres et détaille tous les sorts du premier semestre. Je pense que maintenant nous sommes assez...

Harry donna un coup de coude à Susan et échangeant un regard amusé, ils entraînèrent Ron et son assiette vers la table des Serpentard.

- Désolé, faut qu'on y aille, lança Harry à Neville. A plus !

 

Theodore leur fit de grands signes de main. Les Serpentard se décalèrent et les trois acolytes purent s'asseoir à côté de leurs deux amis.

- Vous mangez encore vos pancakes ? s'intéressa Ron puis se servit devant les négations de leurs camarades.

Drago posa Hedwige dans les bras d'Harry. Il évita de croiser son regard mais sortit un parchemin de sa poche.

- Merci. Voici la liste de tout ce qu'elle a mangé pendant les vacances. Je l'ai listé par couleur en essayant d'équilibrer.

- Merci.

Harry tombait des nues. Il n'avait jamais pensé à noter ce que mangeait Hedwige, il essayait juste de lui donner un peu de tout. Il caressa son lapin. Elle était en bonne forme à ce qu'il en comprenait et mordillait affectueusement sa manche. Les craintes de Ron n'étaient pas fondées, comme il l'avait cru. Mais Drago était inhabituellement silencieux. Surtout face à Theo et Susan qui échangeaient déjà leurs nouvelles idées pour le semestre.

- Ça n'a pas été ? demanda le brun à voix basse à son ami.

- Pas trop, grimaça le Serpentard blond. Père est fier que je sois ami avec toi, bien sûr... Mais il trouve que nous ne sommes pas assez sérieux. Il faut que je travaille bien plus à partir de maintenant. Et surtout que je sois digne de mon rang, d'après mon père.

- Oh.

Harry ne savait pas quoi faire avec ces confidences. Il n'avait aucune expérience dans le domaine. Mais travailler plus et être digne ne lui paraissaient pas très amusants. Il pencha la tête et caressa Hedwige. Est-ce que son grand-père attendrait aussi de lui d'être digne après cet été ?

- T'en fais pas, Susan passa un bras autour des épaules de Drago. Ma tante m'a répétée ça aussi. On se fera plus discret.

Le Serpentard acquiesça peu convaincu. Harry regarda chacun de ses amis. Il ne savait pas tant sur leurs familles respectives, mais tous avaient une famille entièrement sorcière. Peut-être qu'il devrait s'y intéresser un peu plus... mais ils semblaient tous aussi heureux qui lui de ne pas parler famille à Poudlard. Ce qui lui rappelait qu'il devait aller chez Hagrid. Était-ce vraiment insensible s'il le disait maintenant ?

 

Ron n'avait pas ce genre d'hésitations. Une fois son assiette vide, il tapa dans ses mains et se leva.

- C'était vraiment bon. Vous nous accompagnez chez Hagrid ? Il a promis à Harry de lui parler de ses parents.

- Ron, gronda Harry sans sachant quoi dire d'autre.

- Non, Theo secoua la tête. Il faut que je finisse mon devoir de métamorphose. Je n'ai vraiment pas eu le temps ces vacances.

Drago refusa également en affirmant devoir revoir son cours de botanique. Les deux Gryffondor et la Poufsouffle acquiescèrent puis sortirent dans le parc. Bien que la neige fût encore épaisse, Harry n'avait pas froid avec son écharpe et Hedwige. Il sourit à ses amis.

- Je suis content que vous venez avec moi.

Susan lui adressa un large sourire sans répondre. Ron lui passa un bras sur les épaules et enfouit sa main dans l'écharpe.

- On n'allait pas te laisser y aller seul ! s'exclama-t-il. Et je te promets que je ne viens pas pour les cookies.

Harry rigola en se rappelant des gâteaux en pierre d'Hagrid. Puis le rire s'étouffa dans sa gorge quand ils arrivèrent devant la maisonnette du géant. Anxieux, il toqua.

- Un instant, résonna la voix du garde-chasse à l'intérieur.

Les deux Gryffondor et la Poufsouffle reculèrent de quelques pas en entendant les aboiements de Crocdur. Puis les lourds pas d'Hagrid résonnèrent et la porte s'ouvrit sur son énorme silhouette.

- Ah, bonjour Harry. Ron, Susan, salua le géant. J'ai tout ce que j'ai pu avoir pour toi, Harry. Entrez donc. Vous allez prendre froid à rester dans le froid. Ahaha !

 

Les trois élèves de première année se pressèrent dans la cabane chauffée au feu de bois et s'installèrent à la grande table ronde. Hagrid leur servit d'immenses tasses de chocolat chaud et se plaça face à eux.

- Tu as les yeux de ta mère, tu le sais, Harry. Elle aussi, elle avait de grands yeux verts. Vert émeraude pour être exact. Comme toi. Quand je l'ai vue la première fois à la gare de Pré-au-Lard, ils brillaient de tous les feux comme si un rayon de lune passait à travers deux pierres précieuses. Elle était émerveillée. Ça se comprend, vois-tu, elle avait grandi chez les moldus, ta mère. Chaque petit morceau de magie la fascinait. Surtout la bonne magie. Tu vois. Elle avait un ami qui a mal tourné ensuite, mais au début... elle l'aimait, ça se voyait.

« Mais pas autant que ton père, James. Lui, il était vraiment fou d'elle depuis sa troisième année. Je n'ai jamais vu quelqu'un être aussi amoureux. Plus tard, quand ils ont commencé à sortir ensemble, les yeux de Lily brillaient pour lui. Et ce n'était plus deux émeraudes dans la lune, mais des diamants verts dans le soleil brillant. Elle était belle, ta mère, tu sais, Harry. Elle avait les cheveux roux et bouclés et elle adorait rire. Elle était gentille aussi, elle aidait toujours quand elle pouvait. Après Poudlard elle s'est battue contre Vous-Savez-Qui.

« Elle était vraiment remarquable, Lily Potter. C'est vraiment une tragédie que tu ne l'as pas connue. Mais tu as ses yeux, Harry. Comme ça elle vit encore un peu à travers toi grâce à tes yeux émeraudes.

Harry déglutit. Ce n'était pas comme ça qu'il s'était imaginé recevoir des informations. Il ne manquait plus qu'une tonne de louanges sur son père et le tour était complet. Il avala sa gorgée de chocolat dans l'espoir de profiter de la pause du géant pour l'interrompre mais déjà celui-ci reprit.

- James Potter, c'était un garçon formidable, tonnait le garde-chasse. Il rassemblait autour de lui la meilleure bande d'amis que j'ai jamais vu. Bon, ça s'est mal fini pour eux. Mais à Poudlard, ils étaient inséparables. Populaires et farceurs. Ah, j'ai rarement autant ri que quand ils étaient élèves. Même si j'ai dû les faire sortir de la Forêt Interdite plus d'une fois.

« Il était très courageux, tu sais, Harry. Et c'était un très bon joueur de Quidditch. Très fier d'être à Gryffondor aussi. Il n'aimait pas vraiment les Serpentard mais honnêtement qui les aimait ceux-là alors qu'ils se préparaient déjà à rejoindre le Mal. Ah oui, il avait un sens aigu de la justice, James. Il était très doué en cours aussi. Surtout en métamorphose et en Défense, tu vois ? Je pense qu'il serait très fier de toi maintenant, Harry.

 

Le dénommé ne poussa pas de soupir de dépit même si ce n'était pas l'envie qui lui manquait. James Potter ne ressemblait pas à ce qu'il avait secrètement espéré : un homme simple et tout à fait normal. Même à travers les mots élogieux d'Hagrid, il sentait la véracité du commentaire de Severus Rogue. James Potter n'avait été qu'un crétin prétentieux. Il s'en sentit bizarrement touché. Il ne devrait pas, ce n'était que son père. Lui, Harry, était quelqu'un d'autre. Peut-être quelqu'un de bien mieux. Il se racla la gorge.

- Vous avez eu des adresses de leurs amis ?

Le garde-chasse eut l'air embarrassé. Il se passa plusieurs fois la main dans sa

barbe emmêlée, faisant tomber des noix entières.

- Vous savez, les enfants, ce n'est pas si simple de retrouver des gens...

 

- C'étaient qui les meilleurs amis de mon père ? insista Harry.

- Ils sont morts, Harry, renifla Hagrid. Tous leurs amis proches. Comme eux assassinés par Vous-Savez-Qui et ses sbires. Des connaissances et amis lointains, ça si, j'en ai trouvé. L'ancien meilleur ami de Lily avec qui elle s'était violemment disputée pendant leur cinquième année, tu le connais. Un de leurs amis qui a trahi est à Azkaban. Leurs familles sont mortes ou parties aussi. Sauf ceux où tu vis, Harry. Et puis le professeur Roberts, bien sûr. Mais elle était à Serpentard, ça ne compte pas. Tu vois, il n'y a pas grand monde qui peut te parler de tes parents, Harry. Mais je vais récupérer des photos pour toi. Comme ça tu pourras les regarder quand tu voudras...

Harry sourit timidement au géant garde-chasse qui se moucha dans une nappe à carreaux. Susan lui fit signe qu'ils devraient bientôt aller en cours de Défense contre les forces du mal. Le Gryffondor acquiesça de la tête et se tourna vers Hagrid.

 

- Je crois que nous...

- Oui, renifla le géant. Je vais te raconter cette histoire. Ton père adorait s'en vanter. Tu vois c'était quand il était en quatrième année. C'était un peu plus tard dans l'année, au printemps déjà. Il y avait à Serpentard un groupe de futurs mangemorts qui se formait à cette époque. Et il y en avait un qui voulait absolument entraîner Lily avec lui dans ce groupe. Evidemment ça ne lui a pas plu et ton père est allé voir ce garçon et l'a traîné sur la pelouse devant le château. Et là, il l'a déshabillé jusqu'au caleçon. Celui-là il était bien trop sale pour que quelqu'un osait le toucher. Et ça lui a servi de leçon à ce monstre et il ne s'est plus approché de Lily. Voilà la première action héroïque de ton père pour défendre ta mère.

- ...

Il y eut un gros blanc. Harry se sentait comme si Hagrid lui avait mis une baffe. Son père, James Potter, n'avait pas été un imbécile prétentieux. Il avait humilié publiquement des élèves qui ne lui avaient rien demandé. Son père avait ressemblé à son cousin Dudley. Quelle horreur ! Et quelle honte !

- Et puis il y avait évidemment la fois où il lui a descendu magiquement le caleçon dans les airs, à la fin de la cinquième année.

 

- Hagrid.

La voix sèche du professeur Roberts claqua à travers la pièce. Les enfants et le garde-chasse sursautaient violemment. Harry lui adressa un sourire qu'elle ne pouvait pas voir. Il lui était reconnaissant de venir les délivrer avant que le géant ne déballe plus d'histoires d'horreur sur son père. Il ne voulait pas en entendre davantage. C'était déjà assez horrible comme ça.

- Peut-être souhaitez-vous empêcher ces élèves de suivre leurs cours ? Après tout, on peut vivre sans y avoir assisté...

Harry se leva et sortit de la cabane sans un mot. Il n'entendait qu'à peine Susan remercier le garde-chasse. Le sang lui pulsait dans les oreilles. Son père avait été un imbécile. Un Dudley. Mais pourquoi avait-il fait ça ? Pour combattre les mangemorts ? C'était qui d'ailleurs ? Pourquoi s'en prendre à des camarades de classe alors ? Pour s'amuser comme le faisait Dudley ? A quoi ressemblait son père en réalité ? Peut-être qu'il était aussi gros que Dudley... Après tout il y avait ressembler et ressembler.

 

Le garçon accepta de bonne grâce de se concentrer sur les détails du sort de jambencoton qu'ils commençaient à apprendre. Le reste de la journée se passa tout à fait normalement, ce qui lui paraissait incroyable à vue de ce qu'il venait d'apprendre sur son père. Mais le soir ses pensées le rattrapèrent et il se prit à en vouloir à son père.

- Tu sais ce qu'il te faut ? décréta Susan au dîner qu'Harry contempla sans appétit. Une sortie nocturne.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Susan décida qu'il y avait la région autour de la bibliothèque où ils ne s‘étaient pas encore aventurés de nuit et entraîna d'un pas décidé les deux Gryffondor dans une salle de classe vide.

- Un miroir ? s'étonna Ron.

Susan acquiesça fièrement. Harry eut la sensation qu'elle le connaissait déjà et avait voulu le leur montré. Sur le haut du cadre en or étaient inscrits des lettres : « Risèd elrue ocnot edsi amega siv notsap ert nomen ej ». Ça ne voulait rien dire !

- Mais pas n'importe lequel. Regarde-toi dedans.

Le rouquin obéit à l'injonction et Harry l'observa s'étonner puis s'admirer.

- Tu as l'air ridicule à te pavaner comme ça, gloussa-t-il.

- Vas-y, toi-même, lui fit Ron. On va voir comment tu te comportes en te voyant préfet-en-chef et capitaine de l'équipe de Quidditch !

- C'est ce que tu vois ! s'exclama Susan. C'est ringard !

- Pour toi peut-être, se vexa Ron. Mais Bill m'a parlé de la salle de bain des préfets et ce n'est pas rien. Qu'est-ce que tu vois toi ?

- Rien de plus que nous trois et Drago et Theo et Hannah et Ernie et mes parents et ma tante Amelia et mes grands-parents et Neville et sa grand-mère et Roberts et son père et sa fille et même mon oncle Faustus avec qui ma mère s'est disputée lorsqu'il a abandonné ses études. Bref, on est tous chez moi et on fait une grande fête !

 

Harry s'était lentement approché du miroir. Tout ça ne le rendait pas très confiant. Qu'est-ce qu'il allait voir ? Il se plaça à l'endroit que lui avait désigné Ron puis leva le regard vers son reflet.

Il se tenait là debout, entouré d'une famille joyeuse. Sa mère - ça devait être elle avec les mêmes yeux vert émeraude que lui et des boucles rousses qui virevoltaient dans une légère brise - avait passé un bras autour de ses épaules. Son père lui adressa un regard d'excuse comme pour implorer son pardon pour ses actions passées et lançait un vif d'or au professeur Rogue qui souriait en direction d'une fillette châtain clair de dix ans - probablement Wisteria Roberts -, tandis que sa demi-tante Ann Roberts lisait un livre avant qu'un homme aux cheveux gris - papi Valerian - lui montrait Harry. Alors elle leva son regard argenté, lui fit un signe de la main puis se replongea dans son livre. Plus loin Harry distingua les grands-parents Evans, dont l'homme avait aussi les yeux verts et la femme les yeux gris de sa tante sorcière, et d'autres personnes qu'il classa comme sa famille plus lointaine.

- Alors ?

La voix de Ron le tira de sa contemplation. Harry se rendit compte qu'une larme coulait sur sa joue et la sécha avant que ses amis ne la voient.

- Je vois toute ma famille réunie, fit-t-il d'une voix rauque. Mes parents, mes grands-parents, ma cousine, Roberts. Rogue aussi. Et ça ressemble à une grande famille heureuse.

 

Maintenant les larmes se repointaient en force. Aucun moyen de les cacher à Susan et Ron. La Poufsouffle lui tendit un mouchoir brodé de jaune. Ron fronça les sourcils.

- Vous croyez que le miroir montre le futur ?

- Non, renifla Harry. Mes parents sont morts, mes grands-parents aussi. Et Roberts est aveugle alors qu'elle voit très bien dans le miroir.

Ron haussa les épaules. Susan semblait être absorbée par l'inspection du miroir. Harry s'essuya les yeux. Ça lui était égal, ce que montrait un miroir magique. Il aurait juste voulu que ce soit vrai.

- Mais qu'est-ce qu'il montre alors ? s'interrogea Ron. Moi, je vois le futur, Harry le passé et Susan le présent. Ça ne fait pas de sens !

- Si, s'exclama Susan en fixant le premier mot. C'est très simple en fait. Regardez : si on le lit à l'envers, ça donne désir ! Ce miroir nous montre nos vœux. Et puis tout colle : Ron, tu voudrais te distinguer de ses frères et rendre ses parents fiers, n'est-ce pas ? Harry, toi, tu rêves d'une grande famille heureuse. C'est tout à fait normal. Moi, je suis heureuse quand tout le monde que j'aime est avec moi. C'est logique.

- Tu trouves ?

Ron restait sceptique. Harry renifla une dernière fois puis se détourna résolument du miroir.

- Mais ce n'est qu'un rêve. Mon père était un imbécile arrogant et harceleur et ma mère est morte après l'avoir épousé. Je ne veux plus avoir à faire avec eux. Jamais mon père se serait excusé chez Rogue.

 

End Notes:

Bon, hein, j'espère qu'il n'y a aucun fan inconditionnel de James parmi vous '^^ Qu'en pensez-vous ? Et que croyez-vous que va se passer dans la suite ?

Chapitre 10 : Découvrir en mourant ou vivre dans sa stupidité ? by Carminny
Author's Notes:

Coucou !

Dans ce chapitre une rencontre avec Dumby, une avec un cognard et une avec un chien. Bref, bonne lecture !

 

Les mots qu’Harry avait prononcés dans la salle du miroir lui semblait irrévocables. Non pas qu’il avait changé d’avis sur ses parents mais il réalisa l’entière envergure de sa découverte seulement le lendemain. Dans le miroir son père s’était excusé et racheté auprès de Rogue. Hagrid lui avait parlé d’un Serpentard harcelé par James Potter et ses amis qui voulait passer du temps avec sa mère. Il avait trouvé une photo de sa mère et d’un garçon aux cheveux noirs et au nez crochu dans le tiroir de Tante Petunia. Et si tout allait ensemble ?

Pas étonnant que Rogue le détestait s’il ressemblait tant à son père ! Lui-même ne serait pas prêt à croiser le chemin d’un sosie de Dudley. Mais un petit doute teinté d’espoir subsistait dans le fond de sa tête. Peut-être qu’il se trompait. Il fallait qu’il vérifie sur le miroir. Sans se laisser déconcentrer par sa mère et la famille de sa tante. Qu’il revoie l’expression de remords sur le visage de son père et la paix dans les traits de Rogue.

– Tu sors ? demanda Ron à voix basse en bâillant.

Harry hocha de la tête et prit ses chaussures en main pour ne pas réveiller Neville, Dean et Seamus. Il espérait juste retrouver la salle au miroir.

– Tu pourrais prendre ta cape, proposa Ron en refermant les yeux.

– Non ! protesta Harry. C’était celle à mon père et je ne veux pas l’utiliser !

Un coussin le toucha au bras alors que Seamus grogna quelque chose. Harry murmura une excuse puis, après un sourire d’encouragement de la part d’un rouquin endormi, il sortit du dortoir.

 

Harry se glissa jusqu’à la bibliothèque pour essayer de retrouver le chemin de la nuit précédente. Enfin il rentra dans une longue pièce où se trouvait le miroir des vœux comme il l’appelait avec Ron. Il était pourtant convaincu de ne pas être dans la même salle que le jour précédent. Il n’y avait ni chaises, ni bureaux abandonnés, ni même tableau réquisitionné par Peeves. Il s’approcha du miroir puis ricana tout seul.

Non, il n’allait pas tomber dans le panneau. C’était certainement un piège pour élève qui sortait la nuit. Et puis il n’avait pas besoin de regarder une nouvelle fois dans le miroir. Il savait ce qu’il devait faire. Ce n’était pas voir son père s’excuser qui le rendrait plus enclin à lui pardonner. Ce qui était hors de question d’ailleurs. Dans le miroir, il voyait sa famille entière heureuse et unie. Telle qu’il la souhaitait. Et s’il ne pouvait pas rendre la vue à sa tante Ann ni la vie à sa mère, il pouvait du moins améliorer la situation pour Rogue en s’excusant pour son père.

Lui, il aurait apprécié que Dudley ou un de ses amis s’excuse. Avec vraiment beaucoup de chance – et un peu de magie – ils l’auraient fait cet été. Le garçon esquissa un sourire sincère. Son papi Valerian l’accueillerait et c’était encore mieux que toutes les excuses au monde. N’empêche qu’il aurait aimé que Dudley regrette.

 

N’ayant plus rien à faire, il quitta la pièce au miroir et jeta un coup d’œil dans la classe d’à côté où il était maintenant certain que le miroir avait été posé la nuit dernière. Effectivement, le miroir avait été déménagé. Ou en tout cas n’était plus là, même s’il pouvait clairement voir les traces de sa position dans la poussière.

– Eh bien, Harry. A la recherche du miroir ? résonna soudain une voix derrière le Gryffondor.

Il ne sursauta pas – il avait trop pris l’habitude que quelqu’un s’immisce dans ses pensées – et se retourna pour faire face à directeur de Poudlard, Albus Dumbledore en personne. C’est à ce moment que bizarrement il lui vint à l’esprit qu’il ne savait pas grand-chose sur son directeur. Le nom. La couleur de sa barbe. Les titres – notés sur sa lettre d’admission. Les informations d’une carte de chocogrenouille – s’il pouvait s’en souvenir ce serait chouette.

– Ce n’est pas un miroir normal, Harry, continua le vieux mage sans se soucier des pensées qui s’emmêler dans le crâne du garçon. C’est un miroir magique et c’est pour cela que je te demanderai de ne pas le chercher maintenant qu’il a été déplacé.

– Dans la pièce d’à côté ? demanda Harry avant de réaliser ce qu’il disait.

Dumbledore toussota, un peu gêné. Harry se retint de rire. Il ne fallait pas rire du directeur de son école, il en était convaincu. Mais il sentait les coins de sa bouche tressaillir. Changement de sujet vite !

– Vous voyez quoi dans le miroir, professeur ?

Bon, ce n’était pas le meilleur sujet possible. Qu’allait-il bien pouvoir dire si le directeur lui retournait la question ? Il n’avait pas très envie de dévoiler cela à un presqu’inconnu. Mais le mage lui sourit avec bienveillance.

– Je me vois avec une paire de chaussettes à la main. On n’a jamais assez de chaussettes, tu ne crois pas ?

Harry cligna des yeux, ébahi. Puis il se rendit compte qu’il lui fallait peut-être répondre.

– Ça dépend s’il s’agit de chaussettes en laine ou en coton.

Avant qu’il ne réalisât qu’il avait pensé à voix haute, Dumbledore rigola puis sortit de la pièce sans perdre un mot de plus. Harry cligna une nouvelle fois des yeux. Il était plutôt sympa le directeur en réalité. Susan et Ron n’allait pas le croire. Et en plus il avait oublié de lui demander un secret sur l’école !

 

Il sembla à Harry qu’après l’épisode du miroir, ses deux amis roux s’évertuaient à lui changer les idées. Il ne fut qu’à moitié étonné lorsqu’un soir, Ron apparut à la bibliothèque avec les rouleaux de parchemin que Granger lui avait donné avant les vacances de Noël. Le garçon était en train de recopier au propre son devoir de métamorphose tandis que Drago se bataillait encore avec sa conclusion. Le roux posa les recherches sur la table et sortit aussitôt son devoir de potions pour profiter des vastes connaissances de Theo sur le sujet. Le Serpentard abandonna aussitôt le devoir de Défense. Les quatre garçons travaillaient en paix jusqu’à l’arrivée de Susan un quart d’heure plus tard.

– Vous savez, les gars, si je vous ai fait donner les recherches de Granger, ce n’est pas pour qu’elles restent au milieu de la table.

Harry haussa les épaules en s’appliquant à ne pas mettre trop de boucles à ses m. Ron et Theo l’ignorèrent complètement absorbés par les propriétés des racines d’asphodèle. Seul Drago leva la tête.

– Les recherches de Granger ?

Susan acquiesça rapidement.

– Oui, je lui ai demandé d’en faire en décembre et on n’a toujours pas regarder ce que ça a donné.

– Ah.

Drago replongea dans son devoir. Susan s’assit et saisit un parchemin au hasard.

– Les cerbères, lut-elle. Chien géant à trois têtes. Le nom vient du grec ancien « Κέρϐερος, Kerbéros » qui lui-même vient du sanscrit « sarvara » provenant de l’indo-européen commun « kerbero » (« tacheté »). Dans la mythologie, Cerbère est le chien gardien d’Hadès, le dieu des enfers. Vous vous imaginez, Hadès a appelé son chien Tacheté ?!

Harry esquissa un sourire puis posa sa plume. Il ne pouvait décidément pas se concentrer si Susan lisait à voix haute.

– C’est toujours mieux que Touffu…

– Ou Crockdur.

 

Leurs deux regards se croisèrent et ils plongèrent derrière leurs parchemins pour refouler un fou rire qui les auraient rapidement fait virer de la bibliothèque. Drago les fusilla de son regard gris. Harry replongea dans sa métamorphose d’un mouchoir en serviette. Susan parcourut rapidement le reste du parchemin mais ne lut rien à haute voix. Dommage, regretta Harry.

– Je l’ai, s’exclama alors la Poufsouffle devant l’autre feuille. Nicolas Flamel était un célèbre alchimiste. Vous ne devinerez jamais pour quoi il est si connu ?

– Il a découvert la pierre philosophale, laissa tomber Drago.

Harry lâcha sa plume.

– D’où tu sais ça, toi ?

Exactement ce qu’il avait voulu dire, Susan.

– Bah, c’est connu. Mais pourquoi ça vous intéresse ?

– Et dire qu’on n’a pas pensé à te demander, se lamenta Susan. Tout ce temps qu’on a attendu pour rien, alors que tu aurais simplement pu nous le dire…

Harry esquissa un léger sourire. Drago pouvait maintenant être certain de se faire consulter pour toutes les questions plus débiles les unes que les autres que Susan pouvait se poser. La Poufsouffle continua sa tirade de malheureuse. Le Survivant posa un point final à sa dissertation.

­– Mais, par Merlin, pourquoi voulais-tu le savoir ? craqua enfin Drago.

– Chut, firent Ron et Theo sans quitter leur manuel des yeux.

– Ils sont effrayants, non ? demanda Susan avec son sourire dans le coin.

 

Harry acquiesça en rangeant ses affaires dans son sac. Drago bouillonnait à côté de lui. Il eut pitié du blond et lui dévoila leur découverte de Touffu et de la trappe.

– Si je vous suis bien, vous croyez que Dumbledore a caché la pierre philosophale à Poudlard ?

Harry échangea un regard avec Susan.

– Evidemment !

Le Serpentard blond fit une moue sceptique.

– Mouais. Le conseil d’administration devrait être au courant, non ? Mon père y siège…

Harry haussa les épaules. Il n’avait aucune idée du fonctionnement de l’école. Mais il n’était pas convaincu que Dumbledore ait besoin d’une quelconque autorisation d’un conseil pour cacher une pierre. Après tout c’était le plus grand sorcier de leur siècle. Il n’allait pas s’encombrer de paperasse ! Susan semblait être de son avis.

– Non, déclara-t-elle décidée.

– Mais pourquoi est-ce qu’il a besoin de la cacher ? demanda naïvement Harry. Je veux dire, ce n’est qu’une pierre, non ?

Susan et Drago le regardèrent avec de grands yeux.

– Tu ne sais pas ce qu’est la pierre philosophale ?!

­– Si vous ne faites que papoter, vous pouvez sortir, décréta Theo d’un ton agacé avant de reprendre son explication. Alors là, si tu prends une feuille de…

– Excusez-nous, grand maître, ironisa Susan. Venez, Harry, Drago.

Les deux garçons suivirent leur amie Poufsouffle dans le couloir. Là, la discussion reprit de plus belle.

 

– Donc cette pierre ?

– Oui, elle peut transformer n’importe quel métal en or.

­– Banal, commenta Drago. Tout le monde sait qu’il n’y a que le vrai or naturel qui possède les bonnes propriétés magiques.

– Mais la pierre la transforme au niveau alchimique, peut-être que ça ne fait plus de différence alors.

– Ça reste du n’importe quoi, déclara Drago. Si t’as la pierre, tu peux t’acheter ton or. Inutile de le créer avec la pierre.

– En effet, concéda Susan.

Harry soupira. Il n’avait pas tout compris. Tant pis. Il demanderait à son grand-père pendant les vacances. C’était chouette de pouvoir dire ça ! Il avait une famille sorcière qui pouvait l’aider ! Ses lèvres s’étirèrent en un large sourire et il chassa fermement l’idée que ça aurait dû être son père qu’il demanderait.

– C’est tout ? demanda Harry. Il veut juste la protéger contre des voleurs en quête de s’enrichir ?

– Non, Susan secoua la tête. Son vrai pouvoir est bien plus grand. La pierre philosophale produit un élixir.

– L’élixir de Longue Vie, annonça Drago d’un ton cérémonieux.

Harry cligna des yeux. Il croyait que les sorciers vivaient déjà assez longtemps comme ça. En tout cas plus vieux que les moldus. Pourquoi rallonger encore la vie ?

– Il rend celui qui le boit immortel, expliqua Susan.

– Et les fantômes ? interrogea Harry. Si quelqu’un ne veut pas mourir, il peut rester en fantôme, non ?

Les deux enfants élevés sorciers s’arrêtèrent un instant pour réfléchir.

– T’as pas tort, lâcha Susan. Pourquoi alors un élixir à prendre tous les jours ?

– Je pense que ce n’est pas la même chose, argua Drago. Les fantômes reviennent immatériels et ne peuvent plus faire de magie…

Harry hocha la tête. C’était beaucoup plus logique comme ça. Mais immortel. C’était quand même long comme vie.

– Il a quel âge maintenant, Flamel ?

– Six cent quelque chose, Drago haussa les épaules. Très vieux en tout cas.

– Je ne voudrais pas devenir aussi vieux, réfléchit Harry. Ça doit être ennuyeux à la longue.

– T’as raison, acquiesça gravement Susan. La pierre philosophale, c’est nul.

Drago fronça les sourcils.

– Mais alors pourquoi quelqu’un voudrait-il la voler ?

Harry essaya de comprendre sans succès. Son amie Poufsouffle haussa les épaules.

– Les gens sont bêtes. On s’entraîne aux sorts pour la défense ?

Harry acquiesça avec enthousiasme. Lancer des sorts était la meilleure chose au monde. Juste après avoir un ami génial. Et il avait plus qu’un !

 

L’excitation avant le match Gryffondor-Poufsouffle empêcha Harry de trouver le professeur Rogue pour s’excuser à la place de son père. La plupart des Serpentard ne perdait pas un instant pour se moquer des rouges et or tel que le garçon n’avait aucune envie de se perdre dans les cachots plus longtemps que nécessaire. Il irait après la victoire de Poufsouffle. En effet il ne se faisait pas d’illusion. L’attrapeur de sa maison était plus que lamentable et même s’il se sentait un peu coupable d’avoir un peu de responsabilité dans cette défaite, il admirait la cohésion dont faisait preuve l’équipe des blaireaux.

Ron et Susan avaient passé toute la semaine le précédant à se chamailler à ce sujet et avaient fini par parier sur la première chute. Le Gryffondor soutenait que ses frères étaient les meilleurs batteurs de Poudlard, alors que la jeune Bones argumentaient qu’au moins les poursuiveurs jaunes savaient se tenir sur un balai.

– Ça ne leur aidera pas après avoir reçu un cognard en pleine tronche ! claironna Ron, brandissant son écharpe rouge et or.

Harry soupira en voyant que la discussion allait recommencer. Il avait hâte que le match se termine pour enfin en avoir fini avec cette conversation. Lui aussi aimait le Quidditch mais pas de cette manière. Il poussa ses deux amis vers le stade puis vers la tribune des Serdaigle. Il se doutait que ni Ron ni Susan n’aurait voulu s’asseoir parmi les « ennemis » du jour et il n’avait aucune envie de supporter les moqueries des verts et argent que même Drago et Theo ne savait taire.

 

– Excuse-nous, sourit-il à July Rosebury.

– Tant que vous nous laissez assez de place, lui répondit la préfète de Serdaigle. Mes sœurs arrivent aussi.

Délaissant les deux rouquins à leur dispute amicale, Harry s’assit à côté de son ainée pour la questionner.

– Vous êtes vraiment triplettes ?

Le Gryffondor sentit lui-même que sa question était débile et vira aussi rouge que son écharpe. Rogue aurait été content de lui. July lui sourit avec indulgence.

– Toi, tu n’as pas encore croisé ma sœur June.

Harry cligna des yeux. Il ne s’était pas attendu à cette réponse. A ce moment trois autres Rosebury arrivaient et les saluèrent. Le brun réalisa avec étonnement que la dernière quadruplette était également préfète de sa maison.

Au même instant, les joueurs entrèrent sur le terrain sous les commentaires de Lee Jordan, l’ami des jumeaux Weasley. Madame Bibine se plaça en arbitre et libéra les balles.

– Tu assistes pour la première fois à un match ? sourit July. Tu peux me demander si tu as une question, je les observe tous.

Harry acquiesça. Ce n’était pas le cas mais il n’allait pas refuser une occasion d’en apprendre plus sur le Quidditch. Les joueurs volaient rapidement et enchaînaient des passes incroyables. Il peinait à croire que c’était censé être des élèves à peine plus âgés que lui. Mais il lui manquait quelque chose à rester ainsi assis sur son banc.

­– Tu ne joues pas ? questionna-t-il la préfète bleue et bronze. Je veux dire, si tu les regardes tous…

– Non, July grimaça. Je n’aime pas les sports en équipe.

– Et vous ? essaya Harry envers les autres pour les impliquer.

– Vertige, expliqua June.

– Trop maladroite, prétendit May.

– …, répondit April.

– Ne te vexe pas, conseilla May. Notre chère sœur ne se rend pas souvent compte qu’on lui parle. Là elle doit être en train de résoudre une équation d’arithmancie liée aux nuages ou quelque chose comme ça.

Ah. Normal. Moins normal était le comportement particulièrement agressif d’un des cognards. Il zigzaguait dans toutes les directions, alors que les cognards étaient censés voler droit vers le joueur le plus proche. Harry lança un regard interrogatif à sa nouvelle référente en matière de Quidditch.

 

– Qu’est-ce qu’il se passe avec ce cognard ?

– On dirait un mauvais sort, remarqua June.

– Les cognards sont sous clé entre chaque match. Personne ne peut y accéder, expliqua July. Il est d’ailleurs assez difficile de les ensorceler parce qu’ils le sont déjà tellement. Il s’agit alors de trouver…

– Attention ! s’écria May en se jetant sur Harry.

Le cognard se dirigea droit vers eux et tapa dans le bois où Harry avait été quelques secondes plus tôt. Le Gryffondor était pétrifié de terreur. La balle voulait le tuer ! Déjà elle s’extrayait du banc détruit pour repartir à l’attaque. Du coin de l’œil le jeune garçon vit April dégainer sa baguette et lancer un rayon vert en direction du cognard. Elle le toucha exactement au milieu et la balle retomba aux pieds d’Harry. Ron et Susan sortirent timidement la tête d’en dessous de leur banc où ils avaient plongé. June et July étaient aussi pâles que la neige du parc.

Harry se releva encore sous le choc. Avait-ce vraiment été une tentative de meurtre ? Le regard inquiet de May le confirma dans cette pensée. Autour d’eux les professeurs arrivaient. McGonagall et Rogue emportèrent aussitôt le cognard ne bougeant désormais plus. Quirrell tremblant de tous les membres comme si lui avait été visé.

Ce ne pouvait pas être une coïncidence ! Ça ne pouvait être du hasard que lui, il manquait de se faire tuer par un cognard fou ! Quelqu’un voulait sa peau et il avait peur que ce soit quelqu’un de très habile puisque personne ne l’avait jusqu’à maintenant découvert. Et ça voulait dire qu’il allait recommencer. Peut-être même qu’il avait seulement été aveugle à toutes les tentatives précédentes. A cette pensée, Harry se sentit nauséeux.

– Vous êtes sûrs qu’il ne peut s’agir d’une faute de fabrication ?

– Sache, jeune padawan, déclara sentencieusement June, qu’à Poudlard rien n’est dû au hasard.

– Les coïncidences n’existent pas ici, approuva July fermement.

– Misère, conclut Harry. Je peux changer d’école ?

 

Après le match de Quidditch, Harry dut répondre à plusieurs questions désagréables de la part du professeur McGonagall. Et il savait pertinemment que si le professeur Roberts ne lui en avait posée aucune, c’était qu’elle avait lu les réponses dans sa tête. Sa tante s’était donc contentée de leur apprendre un sort de bouclier avec quelques mois d’avance.

A peu près deux semaines après l’incident, les trois amis accompagnés de Drago et Theo étaient à la bibliothèque. Harry avait fui devant la proposition de Quirrell de regarder sa collection de fils électriques – p…p…pourtant s…si in…int…intéress… intéressante – pour terminer un devoir d’histoire de la magie avec ses amis. Du moins ça avait été le plan original. Dans la réalité, Ron et Drago se disputaient à voix basses sur le dernier balai sorti, Susan ronflait sur son brouillon et Theo avait déniché un roman d’aventure. Harry, lui, regardait les oiseaux voler devant la fenêtre.

Il y avait une grande banderole de fumée qui s’élevait de la cabane d’Hagrid. Il devait avoir allumé sa cheminée et y avoir mis du bois encore humide, songea Harry en se désintéressant du garde-chasse, lorsque soudain des flammes surgirent de la fenêtre.

– Il y a le feu chez Hagrid ! s’exclama-t-il bruyamment.

­– Silence, claqua immédiatement la voix de Madame Pince.

Harry secoua Susan et entraîna son groupe d’amis vers la sortie, sans prendre la moindre de ses affaires. Il fallait absolument éteindre ce feu. Et s’il y avait Crockdur dans la maison ? Les cinq premières années traversaient le hall d’entrée en courant puis dévalèrent le parc en pente.

– Aquamenti, s’exclamèrent Drago, Theo et Susan en chœur, imités par les deux autres.

Grâce à l’eau invoquée, mêmes les jeunes sorciers inexpérimentés qu’ils étaient réussirent à éteindre le feu. De la cabane désormais trempée vint un grommellement mécontent.

– Qui a osé ? grogna le géant qui y habitait.

– Votre maison brûlait, tentait de raisonner Susan. Vous pouvez nous remercier de l’avoir sauvée.

Hagrid continuait à grommeler dans sa barbe mais remercia néanmoins le petit groupe. Harry était certain qu’il cachait quelque chose.

–Mais qu’est-ce que vous avez fait ? demanda Harry.

Hagrid eut soudain l’air embarrassé.

 

– Il vaut mieux que vous veniez voir vous-mêmes…

Harry se rapprocha du géant et regarda dans ses deux mains fermement serrées autour d’un petit être avec des ailes et un nez noirci.

– Voici Norbert, présenta Hagrid fièrement. N’est-il pas beau ?

– Hagrid, fit Susan plus sérieuse que jamais. D’où sortez-vous ce dragon ?

Harry était fasciné par la créature jusqu’à ce qu’elle ouvre sa gueule pour cracher quelques flammes. Le garçon recula précipitamment tandis que le garde-chasse caressa le dénommé Norbert.

– Je l’ai gagné aux cartes. Il reconnait sa maman, le petit Norbertchounet.

Hagrid caressa le dragon sous le menton. Il semblait vraiment adoré son dragon.

– Mon frère travaille avec ce type de dragon, s’exclama soudain Ron. Ce ne sont pas des animaux domestiques.

Harry lança un regard autour de lui en quête de soutien des Serpentard mais ceux-là s’étaient discrètement éclipsés à la vue du monstre. Ils avaient bien eu raison, pensa Harry en évitant une flammèche. Il fallait absolument qu’il mette au point un plan d’attaque avec Susan et Ron. Ce dragon ne pouvait pas rester chez Hagrid. Même si les premières années apprenaient l’aquamenti. Surtout alors. Il n’avait pas de maillot de bain.

 

Harry sentit la sueur couler dans son dos. Il faisait vraiment trop chaud dans la cabane d’Hagrid malgré les trous dans le toit. Et le garde-chasse fixait avec admiration cette sale bestiole qui manquait de le rôtir toutes les trois minutes.

– Je vais vous faire un dessin, soupira Susan à ses côtés.

Ron lui passa une feuille et une plume. La Poufsouffle esquissa le croquis d’une maison avec un grand bonhomme et un cercle à l’intérieur.

– Tu dessines vraiment bien, ironisa Harry.

– Ferme-la, haricot. Je parie que tu ne ferais pas mieux.

– Impossible, lui assura Harry en se saisissant de la plume et du parchemin. Avec quelques traits il ajouta le gros ventre et la barbe emmêlée d’Hagrid, arrondit la cabane et ajouta un chien minuscule à côté du personnage. Tu vois, maintenant c’est un croquis réaliste !

Susan renifla, pas convaincue pour deux sous et Ron choisit judicieusement de se taire en évitant la bave de Crockdur.

 

– Voilà, expliqua la Poufsouffle rousse. Regardez, Hagrid. Là, c’est votre cabane avec vous et Crockdur. Et là le truc rond, c’est votre dragon. Vous voyez ?

Hagrid jeta un regard vaguement intéressé à la feuille que Susan lui avait placé sous le nez.

– Norbert n’est pas comme ça. Il est tout fin et beau. Il doit encore manger pour grandir et devenir grand et fort comme sa maman.

Harry leva les yeux au ciel et reprit la feuille à son amie. Ron lui regarda au-dessus de l’épaule.

– Plus petites les ailes, commanda-t-il.

Harry s’appliqua puis rendit le schéma à la Poufsouffle qui reprit ses essais pour convaincre Hagrid.

– Tu vois que ça sert à quelque chose de savoir dessiner.

– Hmpf. En tout cas, Hagrid, Norbert crache du feu et puis votre maison, qui est en bois, brûle. Susan traça quelques flammes sur son croquis. Et ensuite woush, plus de cabane, plus d’Hagrid, plus de Crockdur.

– Elle sait parler aux gens, souffla Ron à l’oreille d’Harry.

Il masqua son rire par une quinte de toux. Cela dit, le discours de Susan semblait plutôt efficace sur Hagrid.

– Tu… Tu veux dire, balbutia celui-ci. Que Norbert met Crockdur en danger !

– Exactement, triompha Susan. C’est pour cela que je vous propose d’adopter Crockdur. A moins que vous ne vouliez le vendre…

Harry et Ron firent tout leur possible pour ne pas éclater de rire devant le ton professionnel de leur amie. Hagrid avait pâli et semblait pour la première fois réaliser la vraie température qu’il faisait dans sa cabane. Harry prenait cela pour un bon signe.

– Non, non, je ne peux pas. Hagrid s’essuya quelques larmes qui n’avaient pas eu le temps de s’évaporer. Vous savez je l’ai eu tout petit, il s’était perdu en forêt et… non je ne peux pas le donner à quelqu’un d’autre.

– Dans ce cas, vous devriez écrire au frère de Ron pour qu’il puisse chercher Norbert, asséna Susan.

– Mais Norbert aussi est si petit… gémit Hagrid. Il a encore besoin de sa maman.

– Il sera entouré de professionnel et d’autres dragons, le rassura la Poufsouffle.

– Vous pourrez lui donner son doudou pour le voyage, proposa Harry.

– Et quelques-uns de vos gâteaux, grimaça Ron.

– C’est peut-être le mieux, renifla le garde-chasse.

– Certainement, lui assura Susan. Bon, faut qu’on vous laisse, on a un devoir de métamorphose. Bonne soirée, Hagrid.

– Bonne soirée, répétèrent les deux Gryffondor avant de sortir rapidement dans une zone climatique raisonnable.

– Dommage, soupira Susan. J’ai toujours rêvé d’avoir un chien qui bave sur mes meilleurs amis…

 

End Notes:

Alors ?

Chapitre 11 : Cent et un dalmatiens – silhouettes sombres en fait by Carminny
Author's Notes:

Coucou !

Voici l'avant-avant dernier chapitre de l'histoire. Au programme : la forêt interdite !

Bonne lecture ! :)

Harry était encore à la bibliothèque en compagnie de ses amis Serpentard. Il avait l'impression de ne faire que ça, ces derniers temps. Apprendre ses cours, écrire de longues dissertations, vérifier les propriétés de plantes et de potions, s'entrainer aux gestes pour les sorts. Mais ses notes avaient bien augmenté et il en était plutôt fier. Les seules matières qui lui posaient réellement problème étaient l'histoire de la magie pour des raisons évidentes (le sommeil) et les potions pour des raisons encore plus logiques (Rogue). Il devrait peut-être faire quelque chose contre ce dernier point. Il savait quoi et il voulait le faire mais... il n'osait pas. Il était beau, le courageux Gryffondor.

Bon, d'accord. D'abord il y avait eu le match de Quidditch puis le dragon d'Hagrid qu'il fallait empêcher de brûler Poudlard. Il pouvait prétendre devant lui-même qu'il avait une excuse.

Harry s'appuya sur la table, écrasant sa dissertation de sortilèges. Maintenant semblait être une bonne occasion. En plus, il avait fini ses devoirs. Drago lui envoya un regard étonné et Theo grogna légèrement contre son livre d'histoire.

- J'ai fini, je vais y aller, annonça le Gryffondor. A plus.

Drago lui envoya un sourire en se replongeant dans ses révisions de métamorphose. Son père n'était toujours pas fier de lui pour ses notes. Pourtant le Serpentard blond n'avait récolté que des Optimaux depuis la rentrée, si l'on oubliait l'Effort Exceptionnel qu'il avait récolté au dernier exercice de botanique. Certes sa mère lui avait envoyé des félicitations mais c'était son père qu'il voulait impressionner. Le blond ne pensait plus qu'à cela et avait déjà maigri. Harry le fixa d'un œil inquiet puis partit en direction de son dortoir.

 

Ses affaires déposées, il redescendit les escaliers depuis le septième étage. Pourquoi vivait-il dans une tour aussi ? Puis s'obligeant à combattre sa peur comme un véritable rouge et or, le jeune garçon força ses pas en direction du bureau du terrible maître des potions.

Il toqua à la porte.

- Entrez, fut-il invité par la voix du professeur Rogue.

Prenons son courage et probablement ses pulsions suicidaires à deux mains, Harry Potter poussa la porte et se plaça devant son professeur. 

- Bonsoir, professeur, fit-il d'une petite voix.

- Vous ?! cracha presque le maître des potions.

De toute évidence, Severus Rogue n'était pas heureux de le voir. Pas heureux du tout, à en croire le regard noir qu'il lui adressait. Harry déglutit difficilement. Mais quand il fallait se lancer, il fallait se lancer.

- Je suis venu pour m'excuser à la place de mon père, débita-t-il rapidement. J'ai appris quelques-unes de ses blagues et c'est horrible. Je sais qu'il était un imbécile arrogant et je ne veux plus être associé à lui. Il vous a fait mal et j'en suis désolé.

Harry prit une grande inspiration puis sentit son courage le quitter. Il fit demi-tour et déguerpit le plus vite possible en direction de la salle commune des Poufsouffle où il était certain de trouver Susan.

 

BAM !

Harry fut projeté sur le sol. Confus, il leva le regard vers April Rosebury. La préfète blonde rangea sa baguette et le fixa avec un sourcil levé.

- Je suis désolé, se confondit Harry. Je ne t'avais pas vue...

April haussa les épaules et passa le chemin. Avant de disparaître derrière l'angle, elle jeta un dernier regard à Harry qui avait continué à la fixer d'un air ébahi.

- Fais attention à Quirrell, balança-t-elle.

Harry eut sa mâchoire qui se décrocha. Quoi ?

Il était encore assis là, lorsque Susan passa par ce chemin.

- Harry ? s'étonna-t-elle. Qu'est-ce qui s'est passé ? Un nouveau troll ?

Le Gryffondor secoua muettement la tête. C'était bien plus étonnant qu'un troll, bien plus effrayant et surtout bien plus dangereux.

- Pire, souffla-t-il enfin. April Rosebury.

- Oooh, acquiesça Susan. Je comprends.

Les deux amies restèrent un petit bout de temps à hocher la tête l'un vers l'autre puis Susan claqua dans les mains.

- Bon, ce n'est pas tout mais je te cherchais en fait.

- Ah ?

Apparemment Harry avait retrouvé suffisamment ses esprits pour pouvoir réfléchir. Ses pensées avaient arrêté de tourbillonner confusément et il en était heureux. Il avait déjà mal à la tête. Susan fit quelques pas de danse autour de lui. Harry en eut pratiquement le tournis.

- On va visiter la Forêt Interdite !

Quoi ?! Harry fixa son amie. Il savait qu'elle était folle mais n'avait pas réalisé que c'était à ce point !

- T'es suicidaire ?

- Non, lui sourit largement Susan. Mais ça va être marrant !

Harry leva un sourcil sceptique mais se leva néanmoins.

- Apparemment il y a des loups-garous et d'autres monstres...

- T'es un Gryffondor, oui ou bombabouse ? D'ailleurs Ron a dit oui.

Harry avala sa salive de travers et se mit à tousser. Ron avait accepté ? Il devait s'être contaminé auprès de Susan. Et il était la prochaine victime. Il soupira.

- Oui, je suis un Gryffondor, soupira-t-il. Je vous accompagne.

Susan lui fit un grand sourire puis le traîna en direction de la Grande Salle.

- Dans ce cas, il faut manger pour avoir des forces.

 

Harry se resservit généreusement en riz et en sauce tomate avant de sentir le regard carnassier de Susan sur lui.

- Commence une bataille de riz, lui ordonna-t-elle.

- Non, protesta le Gryffondor. Juste non.

Susan haussa les épaules pour montrer à quel point elle se fichait de son opinion et se saisit de sa propre cuillère pour piocher dans l'assiette de son ami. Harry la regardait avec effarement.

- C'est mon repas !

Néanmoins, il n'eut pas davantage de temps pour se plaindre puisqu'il lui fallut plonger pour éviter la cuisse de poulet que Fred ou George avait renvoyé. Susan rigola tandis que la viande atterrie sur un livre chez les Serdaigle. En quelques instants une bataille de nourriture était lancée. Harry se cacha sous la table en compagnie de Ron et d'un bol encore intact de boulettes de viande.

- Viens, Susan tira sur la manche d'Harry. C'est le moment pour nous de nous éclipser.

 

Harry souffla comme incrédule.

- Je pense plutôt que les professeurs vont chercher les coupables. Une absence équivaudrait à un aveu de culpabilité. Il se trouve que pour une fois que je n'ai pas de retenue, je préfère que ça reste comme ça. Les examens, c'est pour bientôt !

- Les examens, les examens ! Et ta vie sociale ? T'y penses, toi, des fois ? Eh bien, je parie que non. Moi, j'y pense pour toi, espèce de tête de chou ! Et ton conseiller socialiste...

- C'est un peu autre chose, courgette, réfléchit Ron, la bouche pleine.

- Oui, bref, ton conseiller, il te dit, partons vite d'ici, il y a Flitwick et McGonagall qui vont arriver pas contents du tout d'ici deux minutes.

Harry était presque convaincu de quitter le repère sûr sous la table des Poufsouffle. C'était l'endroit où les professeurs les accuseraient de toute façon.

- Et le dessert ? s'intéressa Ron aux choses réellement importantes.

- Tu peux toujours emporter un piquenique. Allons-y maintenant.

 

Les deux garçons échangèrent un regard plein de regrets d'être amis avec une telle folle. Mais se résignant, ils sortirent sagement de la table puis de la grande salle. Susan leur adressa un grand sourire satisfait lorsqu'ils se glissèrent par la porte du château. Le trio emprunta le chemin de la Forêt Interdite. Après tout c'était la raison pour laquelle Susan avait déclenché la bataille de nourriture. Même si Harry n'était pas certain que se retrouver en retenue parce qu'on est allé dans la forêt était si meilleur qu'être en retenue pour avoir causé du bazar dans la Grande Salle. A méditer plus tard, par contre.

La forêt interdite était sombre et noire et il faisait froid. Qui avait instauré la règle qu'on devait absolument la visiter de nuit ? Certainement des élèves tout à fait stupides. Quoiqu'il ne fallût pas être très intelligent pour suivre leurs conseils déjà. Pourquoi était-il là déjà ?

La Forêt Interdite était vraiment noire et vraiment froide. Harry ne voyait pas pourquoi Susan avait tant insisté pour y aller. Il bougonna un peu. Ron derrière lui mâchait un quelconque gâteau trouvé dans une de ses poches.

- Pourquoi on est venus ?

- On part à la chasse ! déclara la Poufsouffle du groupe d'un ton enjoué. Comme si moi j'étais Diane et vous mes fidèles chasseresses.

- Chasseurs plutôt, non ? fit Harry.

- Non, Diane ne s'entourait uniquement de femmes. Probablement parce qu'elle avait une mauvaise image des hommes à cause de son frère Apollon.

- Ah.

Harry prit une nouvelle fois conscience de ses énormes lacunes en termes de culture générale sorcière. Il allait devoir rattraper cela pendant les vacances avec son grand-père. Il espérait juste que Valerian Roberts n'était pas trop occupé.

- T'inquiète, rigola Susan. En réalité, je voudrais juste voir une licorne. Elles doivent être trop belles !

- Tu nous fais sortir du château pour des vulgaires poneys ! s'étrangla Ron.

- Carotte mal poussée, comment oses-tu dire qu'une licorne est un poney et déjà comment est-ce que tu parles des poneys ! C'est les plus beaux animaux de la terre, les plus intelligents et les plus gourmands certes. Mais ils sont tout ça fait mignons et forts. Mets-toi ça dans le crâne, pauvre piéton.

Harry se força à retenir son rire. Il ne voudrait pour rien au monde être à la place de Ron. Le pauvre Weasley s'était ratatiné sur lui-même et n'osait pas affronter le regard de leur amie. Néanmoins le Survivant n'était pas tout à fait certain si c'était de honte ou d'amusement. Dans le doute il préférait s'imaginer que Ron trouvait cela aussi hilarant que lui, et qu'il n'avait jamais, comme lui, fait d'équitation dans sa vie.

 

Soudain l'hilarité d'Harry s'éteignit aussi rapidement qu'elle était venue. Au loin il voyait une tâche blanche qui semblait étinceler sous la très faible lumière de leurs baguettes magiques. Laissant les deux rouquins se chamailler, il se dirigea vers l'endroit.

Une licorne, ou du moins ce qu'il pensait être une licorne, était allongée sur le sol, un liquide argenté coulait de son flanc. Harry s'arrêta comme foudroyé. Cela ne pouvait pas être vrai. Cela ne pouvait pas être vrai. Theodore le lui avait dit : personne ne voudrait tuer une licorne parce que sinon on était maudit pour le restant de ses jours. Surtout lorsqu'on en profitait pour en boire le sang. Comme le faisait justement la silhouette noire penchée sur le cadavre encore chaud de l'équidé.

Quoi ?! Harry réalisa enfin la scène qu'il avait sous les yeux. Il recula précipitamment. Ce sorcier, cette créature, n'importe ce que c'était qui se trouvait devant lui était dangereux, maudit et certainement assez fou pour ne pas craindre l'être davantage. Et donc ce quelque chose n'aurait aucun problème à l'éliminer, lui !

Le Gryffondor se prit les pieds dans une racine. Comme un idiot, il avait oublié qu'il se trouvait dans une forêt. La silhouette sombre se retourna vivement. La cicatrice d'Harry lui fit soudain atrocement mal, mais il était trop terrifié pour s‘en soucier. La créature se précipita vers lui. Harry aurait voulu savoir transplaner pour partir aussi rapidement que possible. Il essaya de se pousser en arrière sur les fesses mais ne réussit qu'à resserrer sa cape autour de son cou.

 

- Expulso !

La silhouette sombre fut projetée au loin alors qu'elle n'était plus qu'à un mètre du jeune garçon. Harry recula lui aussi un peu sous la force de l'impact mais put observer que la créature partit rapidement sans essayer de se retourner ou de finir le travail. Ce qui honnêtement l'étonnait. Et il était étonné de son étonnement, il aurait dû être soulagé que la créature soit partie et terrorisé par ce qui l'avait fait battre en retraite.

- Coucou Harry, fit une voix connue.

Le Gryffondor se tourna vers son sauveur, maintenant quand même un peu inquiet. Et s'il s'agissait d'un monstre encore pire que celui ayant tué la licorne ? Il ne distinguait à première vue que quatre silhouettes vêtues de grandes capes colorées. Il en reconnut une bleue, une verte, une jaune et une rouge.

- May ! s'exclama-t-il, soulagé. Merci, vous m'avez sauvé !

- T'inquiète, répondit la silhouette en jaune. C'est bien notre rôle de préfètes de protéger les petits.

- Mais qu'est-ce que vous faites là, en fait ?

- On pourrait te retourner la question, commença la fille en bleu.

- Mais on préfère qu'on garde chacun notre secret, compléta celle en rouge.

Harry n'était vraiment pas certain qu'elles aient gardé leur couleur de maison mais puisque la verte ne disait rien, il supposait que c'était bien le cas. Une rencontre avec Avril Rosebury lui avait suffi pour la soirée.

- Dans ce cas, merci à vous quatre, et bonne soirée.

- Bonne soirée, lui répondirent à l'unisson trois des quatre préfètes.

 

Puis Harry se retrouva seul. Il se leva, secoua sa cape pour perdre les feuilles mortes et les branches qui s'y étaient accrochées et décida d'employer la technique la plus simple pour retrouver ses amis.

- Ohé ! Ron ! Susan ! s'époumona-t-il dans la forêt sombre. Vous êtes où ?

Au loin, il entendait l'écho lui répondre.

- T'es où ? Où ?

Il se borna à réessayer. Avec le même résultat. Alors qu'il était sur le point de désespérer - pourquoi, par Morgane, n'était-il pas rentré avec les Rosebury ? -, une voix tout à fait familière s'éleva à peine audible.

- Je te dis que ce n'est pas sympa de jouer l'écho, potiron, râlait la voix de Ron.

- Mais je n'ai fait que lui répondre, carotte, répondait celle de Susan beaucoup plus enjouée.

Harry reprit espoir. Ses amis n'étaient pas si loin que ça. Il pouvait les entendre se disputer !

- Ron ! Susan ! Je suis là ! Avec une licorne !

Dès qu'il eut prononcé le dernier mot, il entendit des pas derrière les arbres et deux élèves de première année roux lui tombèrent autour du cou.

- On croyait que tu étais dévoré par une araignée géante, lâcha Ron. On en a vu de loin. Elles étaient terrifiantes !

- Tu dis que tu es avec une licorne ? s'intéressa Susan. Où ça ?

Sans un mot, Harry tapota maladroitement le dos de son meilleur ami et pointa le corps de l'équidé du doigt. La Poufsouffle s'approcha en écarquillant les yeux.

- Mais, mais ! Pourquoi ?

- Une silhouette sombre buvait son sang quand je suis arrivé et il a essayé de me tuer, je crois, mais May et ses sœurs sont venues et l'ont chassée. Je... je crois que c'était Vous-Savez-Qui.

Susan lui lança un regard suspicieux, tandis que Ron étouffa un cri.

- Toi, t'es sous le choc. On rentre maintenant.

Les trois jeunes élèves firent le chemin du retour en se serrant les uns contre les autres. Au fond de son cœur, Harry avait froid mais la présence de ses amis aidait.

 

Enfin de retour dans la salle commune des Gryffondor, Harry se laissa échouer devant le feu de la cheminée en compagnie de Ron et Susan. La Poufsouffle de la bande secouait la tête.

- Je ne comprends pas pourquoi quelqu'un voudrait tuer une licorne. Et surtout pourquoi était-il obligé de le faire aujourd'hui ? Pour une fois que je vous ai convaincus de faire quelque chose d'amusant, il faut qu'une ombre comme ça vienne s'en mêler et gâcher toute la sortie. Je suis outrée, je suis indignée, je suis scandalisée par ce manque de savoir-vivre !

- Et ça y est, elle est partie, soupira Ron à l'oreille de son ami. Trouve-moi quelque chose pour l'arrêter.

- Bof, fit Harry et serra contre sa poitrine Hedwige, qui venait de descendre du dortoir. Tu sais, je n'ai pas trop envie d'en parler, ça ne me plait pas du tout d'avoir failli être tué.

- Une honte, une abjection, une ignominie ! Se promener dans notre forêt pour tuer des pauvres animaux purs et innocents ! Non, je ne pense pas qu'il puisse exister une excuse à cela ! Même s'il s'agissait vraiment de Vous-Savez-Qui !

- Hé, poivron à natte, interpella son ami. Tu ne peux pas changer de disque ? Harry ne se sent pas à l'aise avec. N'oublie pas que c'est lui qui y est presque passé.

- Oups, désolée, Susan se calma instantanément. Mais quand même, tu ne trouves pas ça incroyable d'avoir rencontré Tu-Sais-Qui une nouvelle fois ?

- Susan, gronda le deuxième rouquin. Tu vois bien qu'il ne veut pas en parler maintenant.

Harry hocha la tête et enfouit encore davantage son visage dans les poils soyeux d'Hedwige. Elle, elle n'avait pas d'autres problèmes que le chat de Seamus ou le prochain repas. Parfois il en venait de l'envier.

- J'imagine que vous ne voulez pas allez dormir maintenant ? interrogea Susan qui avait commencé à tourner en rond.

Les deux Gryffondor secouaient leurs têtes en déniement. Harry pouvait facilement s'imaginer ce que le sommeil allait donner : une série de cauchemars, un pire que le précédent. Tous hanté par cette silhouette sombre dont il était certain qu'il s'agissait du meurtrier de ses parents. Non, il ne voulait pas dormir maintenant.

- Que dites-vous d'apprendre des nouveaux sorts drôles ? proposa Susan. Avec le livre d'Harry par exemple. Tu veux bien aller le chercher ?

Monter au dortoir ne lui semblait pas trop dangereux, alors le jeune garçon quitta à regret le feu de cheminée et fit comme demander. Dans le tiroir de sa table de chevet où il avait rangé le livre, se trouvait aussi l'écharpe que lui avait offerte son grand-père. Il passa sa main sur la laine grise et l'entendit presque ronronner. Puis Dean lui lança un coussin qu'il esquiva aisément et il quitta rapidement le dortoir en ramenant livre et écharpe. Et bien sûr Hedwige qui n'avait pas l'air pressé de quitter ses bras.

 

Dans la salle commune, Susan et Ron s'étaient débrouillés pour obtenir du chocolat chaud et des muffins. La Poufsouffle lui tendit un mug.

- Offert par la maison, lui sourit-elle.

La boisson le réchauffa tout autant que son écharpe et Hedwige et ses deux amis et la cheminée. Harry put de nouveau sourire. La salle commune était quand même plus agréable que la forêt interdite.

Susan se saisit du livre de sorts et l'ouvrit au beau milieu avec de grands gestes théâtraux.

- Et nous avons un sort, messieurs. Je vous en prie, ouvrez grand vos oreilles car voici : Prior Incantato !

Elle agita sa baguette en prononçant les derniers mots et de petites veloutes de fumée en s'échappèrent avant de se volatiliser. Harry applaudit d'une main en riant. Ron sortit sa baguette, déterminé à faire mieux.

- Ah non, remarqua-t-il. Ils ont précisé que c'était un sort très difficile. On va plutôt en choisir un autre.

- Je t'en prie, fit mine d'être vexée Susan. Si mon sort est trop compliqué pour toi !

Harry observa ses deux amis rouquins se disputer un peu sur les sorts, puis se mettre d'accord sur l'un d'entre eux.

 

- Monsieur, Mademoiselle Lapin, commença Susan en faisant une révérence. Nous avons ce soir l'immense honneur de vous présenter...

- Melodia aulae.

Ron tint sa baguette comme une flûte et une légère mélodie résonna. Si Harry n'avait pas vu Susan lancer le sort, il aurait cru que Ron savait jouer un instrument. Il applaudit.

- Bravo ! Bravo ! A moi maintenant !

Susan lui passa le livre et peu de temps plus tard trois morceaux de musique différents résonnaient dans la pièce.

- Comment est-ce qu'il est choisi ? s'étonna Harry en écoutant les différentes mélodies. Selon notre humeur ? Notre musique préférée ?

- Pas le préféré, déclarait Ron. Peut-être un qui compte pour nous.

- Et pour toi « Un chaudron plein de passion » compte ? Susan paraissait sceptique. Déjà qu'on a du mal à appeler ça de la musique...

Ron rougit tendit qu'Harry fixa distraitement le plafond. Cela ne lui disait rien.

- Ma mère nous force toujours à l'écouter pour Noël, lâcha le Weasley comme sous torture.

- Dans ce cas, je suis désolée, offrit Susan. Je ne voulais pas t'embarrasser, ni insulter les goûts de ta mère.

- Je peux toujours me venger, répliqua Ron. Sérieusement, ta mère écoute « La flûte enchantée » ?

- Non, ma tante, répliqua Susan étonnamment froidement.

Ni Harry ni Ron ne pipèrent un mot mais échangèrent un regard. Susan parlait très rarement de sa famille. Harry essaya de se concentrer sur son morceau.

- « La légende du Saint Nicolas » ? s'étonna Susan. Ce n'est pas un peu sanglant ?

- Mais c'est la première qu'on a entendu tous ensemble en décembre, se souvient Ron. On était en train d'aller manger et on a croisé une armure particulièrement enthousiaste.

Harry sourit. Dans ce cas, cela s'expliquait. Mais il espérait quand même que bientôt une autre mélodie remplacerait celle-là. Il n'avait rien contre la Saint-Nicolas mais la légende n'était pas très gaie. Il fallait bien se l'avouer. La silhouette sombre lui était sortie de l'esprit.

End Notes:

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Chapitre 12 : Le château des jeux – oups ? by Carminny
Author's Notes:

Nous nous approchons de la fin, gentes dames et messieurs. Voici donc que nos héros se retrouvent dans les ennuis (et dans les examens) :)

Les passages marqués par une étoile devant et derrière sont tirés de Harry Potter à l'école des sorciers (chapitre 16).

Bonne lecture !

Peu de temps après leur aventure dans la Forêt Interdite, les élèves de première année furent confrontés à un tout autre type d'épreuve : les examens. Harry ne savait pas trop à quoi s'attendre pour les examens. Des dissertations comme les devoirs qu'ils devaient rendre pendant l'année ? Ou fallait-il répondre à des questions comme le rassurait Ron ? Et la partie pratique ? Serait-elle très compliquée, voire dangereuse comme le sous-entendaient Fred et George ? Ou d'une facilité déconcertante comme se le rappelait May ?

Dans tous les cas, il révisait avec Drago et Theodore qui ne quittaient la bibliothèque plus que pour manger et dormir. Ses deux meilleurs amis en secouaient la tête. Ron supposait que si les jumeaux avaient réussi les examens, il n'y avait pas de raison que lui ne les réussissent pas. Quant à Susan, elle se disait optimiste et maintenait que de toute façon les résultats n'avaient aucune importance. Mais les révisions occupaient l'esprit d'Harry et l'empêchaient de trop réfléchir à Celui-Dont-On-Ne-Prononce-Pas-Le-Nom.

 

Les épreuves écrites eurent lieu dans la Grande Salle, dans une atmosphère de stress et d'excitation. Toutes les années étaient mélangées - à part les cinquième et septième qui passeraient de vrais examens importants donc encadrés plus strictement la semaine suivante - et ainsi Harry pouvait voir les frères de Ron tirer des grimaces. Cela le détendait étonnamment pour la première épreuve, celle d'histoire de la magie. Autant commencer par l'une des pires matières... Mais il se sentait confiant, Drago et Theo l'avait bien fait réviser.

D'ailleurs, les deux Serpentard étaient en train de bavarder par-dessus d'une Gryffondor de nom de Selena Moon dont Harry ne savait que qu'elle était dans sa classe. Granger récitait une multitude de dates au grand dam de la Serpentard à sa droite qui tentait des exercices de concentration. Susan réarrangeait ses plumes - chacun d'entre eux avait reçu deux plumes réglementées - d'une façon différente toutes les minutes, signe indéniable qu'elle était plus nerveuse qu'elle ne le voulait avouer. Londubat mâchouillait la pointe de sa plume. Un Serdaigle tapotait ses doigts sur sa table. Beaucoup étaient étrangement pâles et dessinaient des chiffres dans les airs. Harry se retourna vers ses ainés. Là, la majorité rigolait, papotait, en tout ils étaient détendus. Par endroit, un élève stressé demandait des précisions à ses voisins blaguant mais personne ne semblait particulièrement mal à l'aise.

Les sujets furent distribués et Harry constata avec effarement que les questions demandaient souvent un cours appris par cœur. Heureusement les autres matières n'étaient pas tous du même acabit. Rogue leur demandait de trouver et de corriger les fautes dans une recette qu'ils avaient fait et refait en cours. Chourave se contentait de leur demander des caractéristiques générales sur les choux mordeurs et les plantes magiques en général. Flitwick leur faisait décrire des sortilèges et leurs effets. McGonagall demandait une dissertation sur la transformation d'une pelote de laine en porte-aiguille. L'épreuve d'astronomie consistait à remplir une carte du ciel et celle de défense brillait par son absence.

 

Aux épreuves theoriques s'ajoutaient les examens pratiques. Chaque après-midi, les élèves de première année devaient montrer ce qu'ils avaient appris. Ainsi ils firent servir du thé en sortilèges grâce au sort de lévitation, métamorphosaient une table en canapé et un vase en tasse de thé, brassèrent une potion compliquée dont Drago était convaincu qu'elle était en fait du thé et s'occupèrent des plants de thé magique de Chourave. Finalement, ils devaient utiliser les sorts de protection vus avec Roberts pour échapper à une inondation de thé.

- Je ne veux plus voir de thé, décida Susan à la fin de la semaine. Ils ont tous réussi à nous coller un exercice dessus, on est d'accord ?

Harry hocha sérieusement la tête. Il n'en revenait pas de l'ingéniosité dont leur professeur avait dû faire preuve pour coordonner tout ça.

- Je me demande si c'est ça pour toutes les années, réfléchit-il.

- On n'a qu'à demander, proposa Ron d'un ton joyeux. Allons voir les Rosebury déjà.

- Non, intervint Drago. Les épreuves de cinquième et septième année sont organisées par un jury extérieur. Tes frères peut-être, Ron.

- Ils ont eu crocodile, souffla le rouquin mal à l'aise. Mais je n'y ai pas cru quand ils me l'ont dit. Parce que franchement crocodile ?

- Bien sûr, frangin...

- Nous ne te mentirions jamais !

Les jumeaux Weasley apparurent comme par magie derrière eux. La petite bande s'était installée dans le parc non loin du lac pour profiter du soleil et du temps libre pendant les épreuves de BUSEs et d'ASPICs et la correction des copies. Les cinq élèves de première année fixèrent les jumeaux en alternant entre le rire et le scepticisme.

- Vous avez eu quoi comme épreuve alors ? demanda Drago à qui ça coûtait visiblement de parler à d'autres Weasley que Ron.

- Métamorphose d'un coussin en crocodile de porcelaine.

- Animation d'un dessin de crocodile et changement de couleur.

- Potion pour faire briller les écailles.

- Rempoter des choux mordeurs.

- Et affronter un alligator en métal.

Harry resta bouche-bée. Il n'aurait jamais cru cela possible. Il était dans une école de fous !

- Ils sont géniaux, fit Susan les yeux brillants. C'est juste fantastique !

Eh bien, c'est justement ce genre de réflexions qui prouvaient à Harry qu'il avait raison. Mais il s'amusait, c'était l'essentiel, non ?

- Je crois que je préfère le thé comme sujet, lâcha Theo. Au moins c'est moins dangereux.

Le mot lâche plana quelques secondes autour des jumeaux mais personne ne voulait être coupable de gâcher l'atmosphère de vacances.

 

Susan orienta rapidement la conversation sur Hedwige qui commençait à afficher une couleur vert herbe de façon quasi constante, alternant avec un rose pâle. Harry s'en inquiétait un peu et avait déjà décidé de l'emmener voir un sorcier vétérinaire si cela existait. Susan proposa de se baigner et les jumeaux tout comme les Serpentard s'éclipsaient sous prétexte de devoir préparer une blague et écrire une lettre aux parents.

- Je ne sais pas nager, avoua tout bonnement Harry.

- Tant pis, Susan haussa les épaules. Tu n'as qu'à garder nos affaires.

Le survivant acquiesça et joua avec son lapin pendant que les deux roux s'éclaboussaient dans l'eau peu profonde du bord du lac noir. A un instant, il crut voir un tentacule se joindre à leurs jeux mais lorsqu'il cligna des yeux, il avait déjà disparu.

- Harry ! entendit-il une grosse voix dans son dos. C'est ici que tu te caches, je t'ai cherché dans tout le château.

Le jeune garçon vit le géant Hagrid s'approcher de lui et même s'il avait encore un peu peur de lui, il lui répondit gentiment.

- Il fait si beau aujourd'hui qu'on a préféré rester dehors.

- Ton père aussi aimait être en extérieur. Mais le plus souvent il était au terrain de Quidditch. Ta mère, elle, préférait la bibliothèque. J'imagine qu'on peut y apprendre plus qu'avec un vif d'or !

Le garde-chasse semblait très content de son anecdote. Il tendit un petit carnet à Harry. Celui-ci le prit avec un peu d'appréhension. On ne pouvait pas se méfier suffisamment d'un cadeau venant d'un géant. Peut-être qu'il mordait ?

 

- C'est l'album photo que je t'avais promis, déclarait Hagrid. Il y a toutes les photos de tes parents que j'ai pu obtenir.

Rassuré, Harry ouvrit la première page, sa mère et son père lui souriaient et lui faisaient des signes de la main. Ils étaient emmitouflés dans d'épaisses écharpes et bonnets et de la neige tombait sur tout autour d'eux. Harry leur rendit un sourire incertain. Est-ce qu'accepter de les voir voulait dire leur pardonner leurs fautes ? Il n'était pas sûr d'être en droit de faire cela, ni de le vouloir. Mais cela ne changerait certainement rien non plus et il devait bien savoir d'où il venait, non ?

- Oh, qu'est-ce que c'est ? s'exclama Susan d'une voix un peu trop joyeuse pour être vraie en sortant de l'eau. Vous avez fait un album entier !?

Harry lui adressa un regard reconnaissant. Il n'avait pas besoin de décider de ses parents maintenant. Ce qui comptait c'était remercier Hagrid et peut-être regarder des images. La Poufsouffle le fixa un instant puis se tourna vers ses affaires pour se sécher d'un coup de baguette. Ron arriva et se pencha sur son épaule. Quelques gouttes d'eau tombèrent sur la page. Harry s'en fichait mais sentait qu'Hagrid n'en était vraiment pas content.

- Oups, désolé, fit le rouquin se retirant aussitôt.

- Regarde les autres photos, pressa Hagrid. La prochaine est une de mes préférées.

Harry craignit aussitôt le pire. Mais obéissant il tourna la page et fut positivement surpris en y apercevant sa mère avec un chat gris dans les bras.

- Ta mère a adopté plusieurs animaux qui avaient été abandonnés, expliqua le garde-chasse ému par cette anecdote. Ce chat-là par exemple, elle l'a trouvé près d'une grande route moldue. Il aurait très facilement pu se faire écraser si elle n'était pas passée par là par hasard.

Le Gryffondor hocha la tête. Sa mère semblait quand même être une meilleure personne que son père. Il examina la photo plus en détail. Les boucles rousses de Lily Potter virevoltaient dans le vent et de nombreuses tâches de rousseur ornaient son visage dominé par de grands yeux vert émeraude qui reflétaient un amusement et un bonheur certain. Le chat s'était lové dans ses bras.

- Elle ne bouge pas, fit remarquer Ron. C'est une photo moldue ? C'est chouette avec les couleurs !

Hagrid acquiesça bruyamment et félicita le rouquin pour son sens de l'observation.

- Oui, c'est une ancienne amie née-moldue qui l'a laissée à sa famille, je les ai contactés sans grand espoir mais voilà. Les animaux, c'était un grand thème chez tes parents, Harry. Ton père voulait absolument un chien mais ta mère préférait les chats.

- Et ?

Harry était quand même curieux. Maintenant il voulait découvrir autant que possible sur les habitudes de ses parents. Du moins les aspects joyeux.

- C'est ta mère qui a eu gain de la cause. Surtout après que tu sois né et qu'il fallait que vous vous cachiez.

Joyeux n'est-ce pas, se morigéna Harry. Réfléchis, ils vivaient en période de guerre. Rapidement, il tourna la page. Maintenant c'était une image de son père attrapant un vif d'or au stade de Quidditch de Poudlard. Il tourna une nouvelle page. Son père entouré de trois amis. Nouvelle page. Son père en train de faire des grimaces. Nouvelle page. Sa mère buvant un thé sur le Chemin de Traverse. Elle avait l'air heureuse et avait posé une main sur son ventre légèrement arrondi.

- Sa dernière sortie avec ses amies, soupira Hagrid. Elle venait d'apprendre qu'elle était enceinte.

Harry tourna une nouvelle page. Pourquoi chaque belle image cachait dans son histoire un drame ? Quel était celui de cette photo ? On y voyait ses parents tourner lentement au rythme d'une valse. La robe de sa mère était longue et blanche et elle portait une couronne de fleurs. Son père était lui aussi habillé de sa cape la plus élégante et portait une fleur de lys.

- Leur mariage. Hagrid dut s'essuyer les yeux. J'ai rarement assisté à un aussi beau, surtout dans cette période. Je me rappelle comme si c'était hier de cette danse. Ils jouaient Le Danube bleu et Lily et James étaient tellement magnifiques.

Harry ne parvenait pas à détacher les yeux de l'image. Ils avaient été beaux, ils avaient été vivants, ils avaient été jeunes. C'était injuste qu'il ne puisse pas les connaître. Il aurait tant aimé... Susan avait commencé à fredonner l'air. Hedwige quitta les jambes d'Harry pour s'approcher d'elle. Mais le jeune garçon ne s'en préoccupait pas. Il voyait ses parents danser devant ses yeux à moitié clos. Ils dansaient la valse avec élan, les cheveux de sa mère et la cape de son père volaient autour d'eux. Ils étaient les rois de la piste. Il n'y avait qu'eux.

 

- Ah, les animaux !

Le rire gras d'Hagrid tira Harry de sa rêverie. Il en était pratiquement désespéré. Il fixait la photo comme pour s'hypnotiser avec.

- Ah, les animaux, répéta Hagrid. Le petit lapin apprécie la musique, tout le contraire de mon Touffu, il s'endort à chaque fois qu'il entend la moindre mélodie !

Susan s'arrêta de fredonner et leva un regard trop innocent pour être vrai en direction du géant. Harry sentit son cœur s'arrêter, il espérait que le garde-chasse ne s'aperçoive de rien.

- Vous disiez ? fit la Poufsouffle malgré le coude mouillé que Ron lui envoya dans les côtes.

- Non, non, je n'aurais pas dû dire ça, bredouilla l'énorme garde-chasse. D'ailleurs, ce n'est pas l'heure de rentrer pour vous ?

Les trois élèves échangèrent un regard et acquiescèrent sagement devant ce changement de sujet. Le soir était déjà tombé et s'il voulait encore pouvoir prendre le dîner, ils devaient se dépêcher. Harry ramassa Hedwige et regarda Hagrid dans ses petits yeux noirs.

- Merci beaucoup pour les photos, Hagrid. Et bonne soirée.

Puis les élèves coururent vers le château.

- Moi, conclut Susan en servant des pâtes carbonara, je pense qu'on pourrait aller explorer sous la trappe, non ? Ça pourrait être marrant !

- Pourquoi pas, jugea Harry. On a du temps maintenant.

Ron acquiesça d'un grommellement, la bouche déjà pleine de pâtes. Ainsi leur prochaine sortie nocturne fut décidée.

 

- Ah, vous voilà enfin ! les accueillit la charmante voix de leur amie Poufsouffle lorsqu'Harry et Ron arrivèrent devant le couloir du troisième étage. Vous ne savez plus lire l'heure ?

Les deux Gryffondor échangèrent un regard gêné. Non pas parce qu'ils étaient arrivés en retard comme pouvait le supposer Susan, mais de ce qu'ils avaient fait en cachette. Avant de partir, ils avaient dû se débarrasser de quatre élèves particulièrement réveillés : Granger et Londubat discutaient de la vivabilité d'une plante invoquée par un sort et les jumeaux Weasley préparaient une blague qui devrait faire parler d'eux jusqu'à la rentrée - d'après eux. Harry et Ron avaient blaguer avec les jumeaux jusqu'à ce que les deux autres se réfugiassent dans les escaliers pour continuer leur débat, puis leur avaient proposé de piéger Rusard immédiatement. Ils les avaient écoutés... Cependant une fois la voie libre, un doute était survenu dans l'esprit des deux garçons.

- Tu es certain qu'on ne devrait dire à personne où on va ? s'était enquéri Harry. Je veux dire le chien est mortel et qui nous cherchera avant demain soir voire la semaine prochaine ?

Ron avait hoché la tête et ils avaient inscrit un petit mot sur un parchemin qu'ils avaient attaché autour du cou d'Hedwige avant de la lâcher dans le couloir.

- Apporte-le à Rogue dans trois heures, demanda Harry à son lapin.

- A Rogue ? avait répété Ron, incrédule. Pourquoi pas McGonagall ou Roberts ?

Harry avait haussé les épaules. Une intuition lui disait que c'était le bon adulte à embêter dans une situation pareille. Ensuite les deux garçons avaient rejoint leur amie, fermement décidés de ne rien lui dire.

 

Susan ne semblait pas se formaliser plus que cela de leur retard. Elle inséra sa clé magique dans la porte puis la poussa.

- C'était déjà ouvert, déclara-t-elle, déçue de ne pas pouvoir se servir de son objet.

- Quelle négligence, remarqua Harry en serrant ses doigts sur sa baguette. Melodia aulae.

L'air entraînant du Danube bleu s'éleva dans les airs.

- Lumos. Tu changes rapidement tes préférences, haricot, lâcha Susan. La semaine dernière encore, c'était nous que te rappelait le sort, maintenant c'est tes parents !

- Que veux-tu, carotte, on ne compte pas tant, se moqua gentiment Ron.

Harry vira à l'écarlate. Mais un mauvais pressentiment le frappa. Ces parents avaient été heureux en attendant cette chanson. Et peu de temps après - un peu plus que deux ans après - ils étaient morts. Cela ne devait pas être un présage pour eux ! Puisque là ils voyaient ça comme une aventure amusante, mais si c'était plus dangereux qu'ils ne le pensaient ? Même avec le parchemin pour Rogue, combien de temps devraient-ils tenir avant d'obtenir de l'aide ? Au moins quatre heures, largement le temps de mourir...

- Ça va, Harry ? souffla Ron en lui posant une main sur l'épaule. Au moins on ne devrait pas croiser de boucher en bas. Parce que Rogue n'avait rien du saint Nicolas !

Le Gryffondor se força de sourire et entra à la suite de Susan dans la pièce de Touffu.

 

Le chien à trois têtes dormait déjà à poings fermés. Les têtes lourdement posées sur le parquet, les trois élèves pouvaient remarquer que non seulement il ronflait mais en plus il bavait de chacune de ses trois gueules. Harry fronça le nez.

- Après la morve de troll, la bave de cerbère, marmonna Ron. Heureusement qu'il y a les elfes qui font le ménage...

- Chut, fit Susan. Voilà la trappe. Je passe première puis Ron puis Harry pour la musique. Ne sautez que quand je dis que c'est bon.

Les deux garçons acquiescèrent, l'angoisse au ventre. Ils ne se sentaient pas du tout aussi confiant que leur amie.

Susan lança un dernier regard dans le trou noir sous la trappe puis sauta à pieds joints. Harry et Ron échangèrent un regard. Ils étaient amis avec un folle. Néanmoins ils s'approchèrent de l'ouverture.

- C'est bon, résonna faiblement la voix de Susan, mais essayer de ne pas atterrir sur moi. J'ai du mal à me pousser de la piste d'atterrissage.

- D'accord, cria Ron en retour puis s'adressa à Harry. Bonne chance, à tout de suite, j'espère.

Le rouquin s'assied au bord et se laissa glisser. Harry se retrouva seul dans une pièce où un cerbère dormait sur une musique de valse. Finalement, quoi que pouvait l'attendre en bas de la chute, il serait à nouveau avec ses amis. Choisissant la méthode de Ron, il se laissa glisser le long du bord, prenant bien soin de tenir sa baguette le long de son bras. Hors de question de la casser à la réception.

De l'air humide lui souffla autour du visage et gonflait sa cape. Peut-être qu'elle pouvait servir de parachute ? La chute lui parut durer une éternité quand il sentit enfin ses pieds toucher quelque chose de mou. La musique engagea une nouvelle partie plus rapide, plus entraînante qui n'allait pas du tout avec le choc de l'atterrissage.

- Pourquoi vous êtes dans le noir !? s'exclama le garçon. Vous aviez pourtant allumé vos baguettes !

Il faisait réellement obscur, il ne pouvait même pas voir les silhouettes de ses amis alors qu'il sentait leur respiration. Une chance qu'ils n'étaient pas tombés les uns sur les autres.

- A cause du sol, c'est un filet du diable, expliqua Susan. Si on met la lumière, il fuit et on continue de tomber.

- D'accord. Comment on éteint cette musique ?

- C'est finite le sort que tu cherches, sourit Ron.

Harry répéta sagement puis Susan donna le signal pour la lumière. Les trois élèves allumèrent leur baguette et Harry constata avec effarement que Ron était tout enroulé dans des lianes et que ces-mêmes commençaient à agripper son pantalon. C'était bien un filet de diable. Néanmoins la lumière suffisait à repousser la plante et ils tombèrent en même temps quelques mètres.

 

Harry se releva en se frottant son derrière douloureux. Le couloir en pierre où ils se trouvaient maintenant était peut-être éclairé mais bien plus dur que le filet du diable.

- Ah, c'est mieux, souffla Ron. Je suis convaincu que cette plante sent la peur. J'ai essayé de me détendre mais rien à faire.

- Et si on y allait ? les encouragea Susan.

- Ça ne t'a pas encore suffi ? soupira Ron. On aurait tellement bien pu rentrer maintenant...

- Je ne crois pas, remarqua Harry. On ne peut pas remonter...

Il regarda ses deux amis. Ron ne semblait souhaiter qu'un feu chaud et un jeu d'échec dans la salle commune, tandis que Susan trépignait d'impatience d'explorer le couloir. Lui-même se sentait tirailler entre les deux. Voulait-il y aller ou pas ? Mais maintenant qu'ils étaient ici, ils pouvaient tout aussi bien continuer.

- Eh bien, bonne chance à nous, conclut-il en s'engageant sur le chemin.

Ils s'enfoncèrent dans les sous-sols de Poudlard. A quelle profondeur étaient-ils déjà ? Et le chemin descendait encore. Est-ce qu'il y avait un risque qu'ils se noient dans la nappe phréatique ? Harry voyait de l'eau ruisselée sur les murs. Quel gâchis de mettre des torches ici ! Susan s'était placée en tête et sifflotait joyeusement.

- Vous entendez aussi des ailes ? les interrogea-t-elle à un moment. Je suis curieuse de voir ce que c'est.

Harry avait bien moins d'ambition sur ce point. Il ne pouvait que trop bien s'imaginer des petits dinosaures ou dragons ailés avec des dents pointues qui n'attendaient que leur dîner. Ron semblait partager son opinion. Susan leva les yeux au ciel alors qu'ils entraient dans une salle avec un très haut plafond. Une nuée de petits oiseaux - ou des dragons ou des libellules - volaient sans cesse.

- Joli, admira Ron à contre-cœur les ailes scintillantes et multicolores.

Harry devait lui donner raison. Il suivit des yeux le vol des animaux. Qu'est-ce qu'ils étaient élégants ! Et ils brillaient même s'il n'y avait que les torches pour les éclairer. De quoi s'agissait-il ? Ils brillaient comme s'ils étaient en métal.

 

- *Ce sont des clés !* s'exclama-t-il soudain.

- Des clés, répéta Ron dubitatif. A quoi sert une telle quantité de clés au plafond ?

Susan sautait déjà en l'air pour essayer d'en attraper une. Harry l'arrêta d'un geste en lui montrant des balais puis la porte.

- Je suppose qu'il faut trouver la bonne clé et l'attraper pour pouvoir passer.

Son amie le regarda sceptique.

- C'est peut-être comme ça que c'est voulu, commença-t-elle. Mais en tout cas c'est un jeu de memory ou presque.

Harry la fixa avec de grands yeux. Des clés volantes, un jeu de memory ?

-  Mais oui, Ron, regarde aussi. Les clés volent chacune leur chemin précis en boucle. Et deux clés se ressemblent à chaque fois énormément ! Moi, je pense qu'on prend chacun un balai et on fait celui qui attrape le plus de paires. Une clé sans son double donne des points en moins.

Harry et Ron échangèrent un regard entre l'enjouement et le scepticisme. Ça sonnait drôle mais ils ne connaissaient pas ces clés ni ces balais...

- D'accord, accepta Harry. On démarre lorsque Ron le dit.

Susan maugréa un peu pour la forme mais son sourire joyeux démentait sa bonne humeur. Les trois élèves s'élevèrent dans les airs et Ron donna le départ. Harry se précipita sur une petite clé orange qui avait une forme particulièrement ronde.

Le reste du jeu devint le chaos. Au bout d'une demi-heure, Susan retourna au sol et s'assit. Les deux garçons la rejoignirent presqu'immédiatement à bout de force également.

- Je n'en peux plus, soupira la Poufsouffle. Il y en a trop !

Harry prit place à côté d'elle. Une bonne centaine de clés tombaient de leurs poches mais au moins le triple volait encore sous le plafond. Impossible d'en attraper autant.

- J'en ai 17 paires, constata Ron tout en se fourrant un fondant au chaudron dans la bouche.

Harry lança un regard à son tas. Il en avait attrapé bien 29 paires mais maintenant ça lui faisait un peu de peine, les clés étaient tellement plus belles dans les airs qu'attrapées. Susan comptait ses clés. Harry piocha dans les bonbons de son ami gourmand.

- 23 ! déclara-t-elle enfin.

- Paires ou clés ? demanda Harry qui comparait les tas d'un œil critique, celui de Susan était plus petit que celui de Ron.

- Clés... Oh, je vois, j'ai perdu...

 

Harry lui adressa un sourire réconfortant mais Susan s'était déjà relevée, pleine d'énergie.

- On va voir ce qu'il y a derrière la porte ?

Comment répondre non devant un tel enthousiasme ? Harry acquiesça. Même qu'il était déjà fatigué, il commençait à prendre le goût de l'aventure.

- Je parie sur un autre jeu, marmonna Ron, la bouche pleine.

- On va voir ça !

Les trois élèves coururent vers la porte, maintenant remplis d'énergie. Harry souriait. L'humeur de Susan était contagieuse. D'ailleurs celle-ci tirait de sa poche la fameuse clé offerte par sa tante. Harry était sceptique face au succès. Ça devrait être un peu plus compliqué que ça, si déjà il y avait une épreuve avant. Mais pourquoi pas essayer, il n'avait pas trop envie d'essayer toutes les clés volantes...

- Ça marche ! s'exclama Susan en ouvrant la porte. C'est décevant quand même !

Harry ne put que lui donner raison. Ron était déjà passé devant et ils le suivirent rapidement. Le rouquin leur adressa un regard plein d'étoiles. Derrière lui s'étendait un jeu d'échec géant.

- D'accord, s'assura Harry. Susan, tu ne triches pas et tu fais ce que Ron te dit.

- Ce n'est pas du tout mon genre, nia la Poufsouffle immédiatement.

- Ça va être génial, s'anima Ron. J'ai toujours rêvé de prendre la place d'une pièce de mon jeu. Vu la position du plateau, on va être les noirs. Des préférences pour votre rôle ?

- Cavalière, souhaita Susan immédiatement. Mais j'aurais préféré pouvoir monter Sidereus.

- Roi, demanda Harry. A moins que tu ne le sois...

Non pas qu'il prenait la grosse tête, mais il faisait confiance à Ron pour gagner et cela lui paraissait quand même la place la plus sûre. Mais son ami pourrait bien en avoir besoin lui-même pour diriger les statues - décidément on ne pouvait pas appeler ça des figurines.

 

Le dernier Weasley secoua la tête et prit la place du fou blanc. Harry et Susan se positionnèrent sur leurs cases et le jeu commença. Harry ne comprenait pas suffisamment aux échecs pour pouvoir juger la qualité du jeu de son ami, mais à entendre Susan souffler, cela devait être une partie extraordinaire. Ou du moins extraordinairement dangereux, à en juger par les débris de pièces qui parsemaient le plateau.

A un moment, Harry eut peur que Ron ne se fasse prendre par l'équipe adverse mais le rouquin déjoua le coup et put éliminer la reine adverse, un atout considérable s'il avait bien suivi. Finalement Ron ne le déçu pas pour le moindre. Il gagna sans qu'aucun d'entre eux n'ait réellement été en danger. La porte suivante se déverrouilla bruyamment et Harry prit son ami dans les bras tellement il était heureux de ne pas être tombé.

- Bon, admit Susan. Tu as fait un beau jeu, carotte.

Ron rougit jusqu'aux oreilles, ce qui jurait affreusement avec sa couleur de cheveux, et ses deux amis firent semblant de ne pas s'en apercevoir. Ils passèrent la porte pour se retrouver devant un mur de flammes.

- Et maintenant ?

 

Susan regarda les deux Gryffondor. Ron se servit une chocogrenouille avec la carte de Dumbledore malheureusement, tandis qu'Harry chercha quelque chose des yeux. Un indice peut-être. Il aperçut une table avec des potions différentes et un parchemin.

- C'est une énigme, fit-il d'un ton incertain. Enfin on dirait.

Il lut ce qu'il y avait écrit à voix haute.

- *Devant est le danger, le salut est derrière.
Deux sauront parmi nous conduire à la lumière,
L'une d'entre les sept en avant te protège
Et une autre en arrière abolira le piège,
Deux ne pourront t'offrir que simple vin d'ortie
Trois sont mortels poisons, promesse d'agonie,
Choisis, si tu veux fuir un éternel supplice,
Pour t'aider dans ce choix, tu auras quatre indices.
Le premier : si rusée que soit leur perfidie,
Les poisons sont à gauche des deux vins d'ortie.
Le second : différente à chaque extrémité,
Si tu vas de l'avant, nulle n'est ton allié.
Le troisième : elles sont de tailles inégales,
Ni naine ni géante en son sein n'est fatale.
Quatre enfin : les deuxièmes, à gauche comme à droite,
Sont jumelles de goût, mais d'aspect disparates.*

Il regarda les flammes barrant le chemin dans les deux directions puis les sept bouteilles alignées.

- Vous savez quoi, si j'avais été Rogue, j'aurais mis les bonnes potions dans les flacons les plus petits.

- Et moi, étant passé par ici, je les aurais mélangées au cas où quelqu'un me suit, lâcha Susan. Je ne m'y fie pas à ce texte. Qui sait si quelqu'un a eu la même idée.

Harry fixa le flacon qu'il devinait être la potion pour traverser les flammes. Il n'y en avait pas assez pour tous les trois de toute façon. Ils étaient probablement bloqués... Heureusement qu'ils avaient laissé un mot qu'Hedwige allait certainement délivrer d'ici peu.

- C'est censé être un jeu aussi ? demanda Ron soudain. Parce qu'on dirait bien que c'est comme les examens, un sujet pour tous les profs. Parce que bon faire des jeux pour cacher la pierre philosophale, voilà quoi...

- Quoi ?!

Harry regarda son ami avec consternation. Comment avaient-ils pu oublier que la pierre était cachée ici ? Et surtout pourquoi avaient-ils pu passer les épreuves ? Surtout en s'amusant ! Ce n'était pas censé être l'endroit le plus sûr de Grande-Bretagne et en sécurité devant Celui-Dont-On-Ne-Prononce-Pas-Le-Nom ? Pourquoi, par Morgane, des élèves de première année réussissaient à passer ?!

 

- Mais oui, intervint Susan. Je pense que Dumbledore veut prendre au piège Vous-Savez-Qui donc le laisse aller jusqu'à la pierre mais pas ressortir.

Harry fronça les sourcils. Il ne voyait pas où Susan voulait en venir.

- Continuer doit être possible sans potion ! conclut Susan avec un grand sourire. Attendez j'essaie. Vous connaissez l'aguamenti, non ? Au cas où je me brûlerai...

Harry échangea un regard sceptique avec Ron. Ils l'avaient vu une fois pour le plaisir avec les jumeaux mais c'était tout.

- D'accord, d'accord. Dans ce cas que l'un de vous essaye s'il se brûle ou non.

Sous le regard suppliant de son meilleur ami, Harry avança son bras. Il avait l'impression d'être très courageux. Il voyait déjà les flammes dévorer son bras, Susan lancer des sorts pour rien et Ron manger à son enterrement.

- On dirait de l'eau tiède, s'exclama-t-il, surpris.

- Bon, ben, on y va, conclut Susan. J'aime avoir raison.

En ce moment, Harry en était très content aussi. Derrière le mur de flammes s'étendait un court couloir jusqu'à une porte entrouverte...

End Notes:

Alors que pensez-vous de cette version ? C'est sûr que Susan n'est pas Hermione mais ils ne s'en sortent pas si mal...

Une petite review pour illuminer ma journée ? :yeux:

Chapitre 13 : Merci d’avoir failli mourir et à l’année prochaine ! by Carminny
Author's Notes:

Coucou !

Me voici pour le dernier chapitre de ce premier tome. Au programme : des bêtises et des conneries. Le combat final et le banquet de fin d'année aussi. Je ne prends aucune responsabilité pour des morts à la lecture de ce chapitre.

Les passages marqués par une étoile devant et derrière sont tirés de Harry Potter à l'école des sorciers (chapitre 17).

Bonne lecture !

Harry, prenant la tête de leur petite expédition, poussa la porte entrouverte entièrement et se vit confronter au noir le plus complet.

- Ça ressemble à un labyrinthe, lâcha Ron d'un ton incrédule. Du type du premier cours de l'année.

- C'est bien le jeu de Roberts, sourit Susan. Mais je sens bien les petits pièges moldus comme un fil tendu ou du savon par terre.

- Pas très créatif, commenta Harry. Je m'attendais à mieux.

- Par les couilles de Merlin !

Le juron venait de plus loin dans la pièce et s'accompagna par un grand bruit de fracas comme si quelqu'un venait de tomber par terre. Par contre c'était toujours aussi efficace... Les trois élèves échangèrent un regard puis reculèrent doucement vers la porte.

- Vous croyez que c'est Vous-Savez-Qui ? Il faut qu'on parte d'ici !

La voix de Susan frôlait les aiguës et son visage exprimait une panique sans pareil. Harry lui lança un regard étonné. Cela ne ressemblait pas à son amie un peu trop entreprenante. Ron consulta sa montre.

- Une heure du matin. Ça veut dire que Hedwige va prévenir Rogue maintenant.

- J'espère qu'il arrivera rapidement, couina la Poufsouffle.

Les deux garçons échangèrent un regard inquiet. Elle n'était vraiment pas dans son état normal. Ils devaient la rassurer mais en même temps s'habitude c'était elle qui les entraînait. Qu'est-ce qu'il fallait qu'ils fassent ? La porte était fermée, ils ne pouvaient pas revenir en arrière. Cela voulait dire que soit ils restaient ici, soit ils avançaient. Personnellement il se voyait mal attendre tranquillement pendant que Celui-Dont-On-Ne-Prononce-Pas-Le-Nom tentait de devenir immortel au milieu de la pièce. Et il était certainement souhaitable que Susan soit occupée.

 

- Venez, on va essayer de trouver la sortie, lança-t-il à la cantonade, ravalant ses propres inquiétudes. Le premier qui tombe est une patate !

Ses deux amis le fixèrent comme s'il était devenu fou. Il l'était probablement. Mais s'il devait être honnête, il était aussi un peu curieux de voir à quoi ressemblait le si terrible sorcier maléfique et surtout meurtrier de ses parents. N'était-ce pas une preuve qu'ils n'avaient pas été aussi cruels eux, s'ils s'étaient faits assassiner par quelqu'un ? Le jeune garçon secoua la tête. Pourquoi ce raisonnement absurde ? Il n'avait pas à essayer d'excuser ses parents. Cela ne servait à rien. On pouvait très bien être un imbécile qui frappait les plus petits et un héros qui combattait des racistes. Son père en était l'exemple et que Celui-Dont-On-Ne-Prononce-Pas-Le-Nom était pire ne signifiait rien du tout.

Était-ce si incompréhensible qu'il souhaitait rencontrer celui qui était la cause de beaucoup de souffrance pour les sorciers ? Il savait tellement peu sur sa nouvelle société. Il n'y avait qu'à voir les réactions de Susan et de Ron rien qu'à la possibilité de se trouver dans la même pièce que lui. Ou celles de Drago et Theo s'ils l'évoquaient au détour d'une discussion quelconque. Il avait fait partie de leurs histoires familiales. Il constituait tout une part de l'identité même des sorciers. Et puis, Merlin, il était curieux comme tout enfant de son âge.

- On longe le mur gauche, décréta-t-il. Suivez-moi.

 

Grâce à cette technique déjà utilisée dans de conditions semblables - le premier cours de défense -, les trois comparses avancèrent à tatillon dans le noir. Susan semblait s'être reprise mais restait néanmoins plus tendue que d'habitude. Ron sifflait doucement comme pour se redonner du courage et agitait sa baguette illuminée comme un chef d'orchestre. Harry, lui, précédait ses deux amis, l'appréhension au ventre. Trois fils, quatre flaques de savon et cinq photographies plus tard, les trois élèves contournèrent le dernier angle du labyrinthe et clignèrent des yeux dans la soudaine lumière du milieu. Et au centre du cercle dégagé se tenait un objet qu'Harry n'avait vu que deux fois dans sa vie, mais qu'il n'oublierait jamais : le miroir du risèd.

Et devant le miroir...

- Professeur Quirrell ? s'exclama Ron. Et dire qu'on s'attendait au pire sorcier du siècle !

Susan et Harry pouffèrent, nerveux. Tous les deux sentaient qu'il y avait quelque chose qui clochait. Un petit quelque chose qui leur disait que ce n'était pas aussi absurde que cela. Le sorcier au turban se retourna vers eux. Apparemment Ron avait révélé leur présence... Mais de toute façon ils n'auraient rien pu faire pour l'arrêter. Que ce soit Vous-Savez-Qui ou Quirrell, le voleur de pierre philosophale était bien plus fort qu'eux.

- Potter ? déclara-t-il comme s'il l'avait attendu. Je pensais bien que tu me rejoindrais.

- Et une nouvelle fois nous on compte pour du beurre ! lâcha Ron avec une énergie qu'Harry ne lui connaissait pas.

Il lui semblait presque que ses deux amis avaient échangé de rôle maintenant que le danger était devenu réel. Était-ce la raison pour laquelle Susan était à Poufsouffle et Ron à Gryffondor ? Mais ce n'était très certainement pas le bon moment pour y réfléchir, se rappela le garçon quand l'adulte les attacha avec une corde venue de nulle part.

- Eh, protesta-t-il. Vous n'avez pas besoin d'être si aimable !

 

Mais le professeur d'étude des moldus se désintéressait déjà d'eux. Harry sentit que son ami roux en fut vexé mais il le supplia de se taire avec un regard. Ce n'était vraiment pas le moment pour des crises existentielles. Enfin, disait-il, alors qu'il venait de se faire ligoter à cause de ses disgressions de pensées.

- Maître, aidez-moi. Je ne vois pas où se trouve la pierre...

- Que vois-tu dans le miroir, pauvre cracmol ?

Harry surpris un regard de la part de Susan qui disait largement ce qu'elle pensait du manque d'originalité dans les insultes. Mais il l'ignora, trop curieux de savoir d'où venait cette voix qui semblait à court de souffle. Ou qui sifflait un peu à la manière d'un pneu avec un trou. Et sinon c'était quoi un cracmol ?

- Je vous offre la pierre philosophale, maître. Elle étincelle d'une lumière rouge dans mes mains et vous la prenez et redevenez le plus puissant des sorciers.

- Astucieux, le vieux fou, sifflait la voix étrange.

- Vous êtes ventriloque ? s'étonna Susan, reprenant de son assurance habituelle.

Harry lui lança un regard incrédule tandis que Quirrell étouffa un cri enragé.

- Non ! Espèce de moldue ! Je suis avec mon maître qui est très bon avec moi !

Harry cligna des yeux. Lui préférait être libre, hein, mais après chacun ses préférences. Il n'allait pas juger. Quoique... Il doutait sérieusement du bien-être du professeur lorsque celui-ci commença à dérouler son turban.

- Par pitié, monsieur, pas de striptease ! s'exclama Susan.

Il n'allait pas se demander d'où elle connaissait cette activité et personne n'allait jamais découvrir que lui savait de quoi il s'agissait. Mais voir Quirrell s'étouffa avec sa salive valait la peine. Pauvre Ron qui avait grandi trop protéger.

 

L'ancien professeur - il doutait que Dumbledore garde un enseignant qui tentait de le voler - finissait d'enlever son couvre-chef et laissa tomber le tissu violet. Puis il se retourna lentement. Harry garda les yeux fixés sur la tête de Quirrell. Il était complètement chauve et là où d'habitude il y avait les cheveux, il avait un deuxième visage d'une laideur effroyable.

- Mon maître était toujours avec moi !

Les trois enfants marquèrent un silence. D'accord, ils étaient en présence de Vous-Savez-Qui et le plus terrible des sorciers du siècle se présentait sous la forme d'un visage d'une blancheur maladive, de grands yeux rouges et un nez absent. Ce n'était pas exactement comme cela qu'Harry se l'était imaginé.

- Comment il fait pour sentir ? interrogea le petit Weasley, toujours avec son sens aigü des priorités.

Quirrell se réintéressa au miroir non sans leur lancer un sort de bâillonnement. Il devait certainement en avoir marre de leurs bêtises. Etonnant. Il préféra parler avec Vous-Savez-Qui à propos de la façon dont il devait s'y prendre pour récupérer la pierre. Harry comprit soudain la réponse du visage blafard. Il n'aimait pas du tout son ton.

- Utilise le garçon, ordonna Celui-dont-on-ne-prononce-pas-le-nom à Quirrell.

Si Harry ne savait pas que Quirrell avait été volontaire, il l'aurait pris en pitié. Il n'aimerait pas avoir un visage collé au crâne qui lui dictait sa conduite. Surtout si c'était quelqu'un avec aussi peu d'humour que ce mage noir.

- Viens ici, Potter.

Les liens et son bâillon tombèrent par terre. Ses deux amis lui lancèrent un regard désespéré pour Susan et confiant pour Ron. Il leur fit un clin d'œil. Quoique lui réservait leur ennemi, il ne lui aiderait pas volontairement. Les jambes tremblantes et les mains engourdies, le jeune garçon s'approcha du miroir du Risèd. Il ne se souvenait que trop bien de la dernière fois, de la famille parfaite et intouchée par la guerre, qu'il avait entraperçue, et qui aurait pu être la sienne.

- Mets-toi là.

 

Quirrell le plaça rudement devant le miroir et Harry fut trop absorbé par l'image pour se plaindre de ce traitement. Le miroir ne lui montrait pas, comme il s'y était attendu, la famille Potter et Roberts et leurs affiliés, mais seulement une haute tour. Au pied de celle-ci se tenait Quirrell en train d'essayer de grimper mais il retombait à chaque fois. Un zoom sur le haut de la tour lui montra un sorcier assis derrière son bureau. Albus Dumbledore lui fit un clin d'œil en sortant une pierre rouge bordeaux, légèrement translucide, d'un bol de bonbons au citron. Harry était intimement convaincu que c'était la pierre philosophale. Il s'en dégageait une aura qui lui semblait pleine de vie.

- Alors où est la pierre ? le pressa Quirrell. Dis-moi où est la pierre.

Le Gryffondor gaspilla deux secondes pour réfléchir à ses alternatives. Il pouvait dire la vérité et faire enrager Vous-Savez-Qui, il pouvait mentir en évoquant sa famille, ou il pouvait mentir en donnant un endroit très loin et certainement très dangereux. Il réprima un sourire carnassier.

- Je vois la pierre au sommet de l'Etna.

Quirrell se pencha un peu plus vers le miroir sous l'impulsion d'une curiosité humaine.

- Il ment, décréta Vous-Savez-Qui à l'arrière-tête de l'ancien professeur d'étude des moldus.

Harry leva un sourcil pour mimer la surprise. Alors comme ça, Celui-dont-on-ne-prononce-pas-le-nom avait un peu de bon sens ?

Le visage à l'arrière de la tête de Quirrell lui adressa un sourire sadique.

- Si tu ne veux pas m'aider, tu peux dire adieu à tes amis.

Harry craignit la suite. Il n'avait même pas menti tellement que ça et même s'il le voulait, il ne pouvait pas aider Celui-dont-on-ne-prononce-pas-le-nom - ce qu'il ne voudrait jamais d'ailleurs. Il se précipita à la suite de Quirrell qui lui se dirigeait droit vers Susan et Ron. Hors de question qu'il leur fasse du mal.

- Non ! ordonna-t-il en sautant comme s'il s'agissait de rattraper Hedwige en train de s'échapper.

Il réussit à plaquer le sorcier au sol. Celui-ci trouva sans le moindre mal, lui semblait-il, l'emplacement de son cou et commença à serrer. Avant qu'Harry n'ait réalisé quoique ce soit, Quirrell hurlait déjà les mains brûlées au deuxième degré, voire plus.

- Maître, maître, hurlait Quirrell, tandis que Vous-Savez-Qui l'insultait. Tue-le garçon, espèce de cracmol !

Rajoutant de la confusion à la situation, le professeur Roberts apparut soudain sous ses yeux. Un sort plus tard, Harry put à nouveau respirer librement. Et, à sa grande honte, il s'évanouit.

 

De doux poils blancs lui chatouillaient les joues. Harry leva sa main pour caresser Hedwige. Son pelage lui semblait anormalement long. Le garçon ouvrit les yeux.

Ce n'était pas Hedwige. C'était Dumbledore.

- Professeur ! s'exclama-t-il étonné. Que faites-vous ici ?

- Ici ? répéta le sorcier à la barbe blanche tandis que ses yeux bleus étincelaient dans la lumière des torches.

Harry lança un regard circulaire dans cette grande pièce qu'il ne connaissait que grâce au rhume de Susan. Le haut plafond en voute et les lits blancs ne laissaient cependant aucun doute quant au ici. Il se trouvait à l'infirmerie. Sur le lit voisin, Susan et Ron s'étaient endormis tête contre épaule. Ils devaient avoir voulu attendre son réveil.

- Oui, ici, confirma Harry au directeur parce qu'il était un peu têtu parfois.

Le sourire qu'il reçut en retour ne le satisfaisait pas vraiment mais il supposait que ce n'était pas à lui de mener cette conversation. Même si ça lui déplaisait de devoir faire confiance à un adulte pour obtenir des réponses.

- J'avais été appelé à Londres pour une urgence dont personne était au courant, les professeurs Roberts et Rogue m'ont ensuite appris qu'elle s'était déroulée ici, au château. Plus précisément sous la trappe du troisième étage. J'imagine que tu vois de quoi il s'agit. Lord Voldemort a essayé de dérober la pierre philosophale et même si la pierre est maintenant détruite, je souhaitais te dire que ce que tu as fait était d'un grand courage.

C'était probablement le bon moment pour lui dire qu'il n'avait jamais voulu se retrouver face à Celui-dont-on-ne-prononce-pas-le-nom et que de toute façon ça avait été l'idée de Susan. Le directeur serait certainement ravi de l'entendre. Harry préféra donc se taire. Son rôle était celui du héros, non ?

- Tes parents seraient fiers de toi, ajouta le vieux sorcier. C'est pour ça que Quirrell ne pouvait pas te toucher, tu sais, grâce à l'amour de ta mère.

- Dans ce cas, ça leur sera une grande consolation que je me suis précipité dans la mort, dix ans plus tard.

Dumbledore ouvrit la bouche puis la referma. Harry avait l'impression de l'avoir grandement déçu. Mais derrière lui de lents applaudissements se firent entendre. Le garçon se retourna vivement.

 

- Aurais-tu appris le sarcasme, Potter ? énonça calmement Theodore, tandis que Drago adressait un regard savant au directeur.

Harry cligna des yeux, surpris, puis sourit à ses deux amis Serpentard. Il lança un regard interrogatif au professeur Dumbledore. Combien de temps avait-il dormi si tous ses amis étaient inquiets - toute autre explication quant à la présence de Drago et Theo était invraisemblable -, des heures ou même des jours ? Si ça se trouvait, il avait même raté le festin de fin d'année !

- Eh oui, Harry, commenta Dumbledore qui s'était repris. Tu n'es resté inconscient qu'une heure mais c'est suffisant pour le professeur Rogue de t'emmener ici et de réveiller tes amis.

Harry le remercia d'un sourire, tout en espérant qu'il parte. Un silence gêné s'installa. Drago marmonnait quelque chose à propos de son père et du conseil d'administration qu'Harry ne comprit pas. Néanmoins le directeur se leva.

- Bon, je vais vous envoyer Madame Pomfresh. Bonne nuit !

- Bonne nuit ! lui répondirent les trois garçons.

- Bonne nuit, répéta Susan, encore un peu endormie.

- Chut ! fit la sévère infirmière. Ce n'est pas parce que vous allez bien que vous puissiez transformer cet endroit en cage à lutins !

Ceci eut le mérite de faire éclater de rire la Poufsouffle du groupe et sursauter Ron. Madame Pomfresh poussa un soupir profond.

- Partez, je pressens que je n'aurais pas besoin de vous ici. Et puis vous allez bien, monsieur Potter, à ce que je vois.

En tout cas, Harry ne se sentait pas plus mal qu'après sa première rencontre avec Touffu. Il était surtout fatigué - quelle idée de ne pas dormir la nuit - et soulagé de pouvoir rire avec ses amis. Ce qui se faisait mieux dans une des salles communes. Il se leva, remercia l'infirmière et sortit, suivi de tout le petit groupe.

- Maintenant on veut tout savoir, déclara Theo.

- On va chez les blaireaux, ajouta Drago, il est trop tard pour monter une quinzaine d'escaliers.

Sur ce point Harry ne pouvait que lui donner raison. Les Serpentard en profitèrent d'ailleurs pour faire un tour à la cuisine et ramener plein de pâtisseries. Harry se rendit compte qu'il ne savait toujours pas où elle se trouvait - ni quel cuisinier acceptait de travailler en pleine nuit, quoique tôt le matin était plutôt normal pour un boulanger - mais décida qu'il avait droit de réclamer le fauteuil le plus proche de l'âtre.

- On a croisé Rogue et McGonagall, raconta Drago. Ils avaient l'air plutôt inquiet. Vous croyez qu'il se passe encore quelque chose ?

Harry haussa les épaules et mordit dans une part de gâteau à la citrouille. La pierre philosophale était détruite et Celui-dont-on-ne-prononce-pas-le-nom avait fui. Que pouvait-il encore se passer ? Néanmoins il laissa aux deux roux le soin de raconter leur aventure. La remarque de Drago continua à le perturber. Après tout, il n'avait aucune nouvelle de sa demi-tante depuis qu'il l'avait vu dans le sous-sol...

 

Le jeune garçon fut alors soulagé de voir la table des professeurs au grand complet au repas de fin d'année, quelques jours plus tard. Quelle étonnante sensation que c'était, d'être le seul soulagé alors qu'autour de lui les trois quarts de l'école vivaient une déception ! En effet la Grande Salle était décorée tout de vert et d'argent et même, derrière les professeurs, trônait une magnifique bannière ornée d'un serpent.

Personnellement, il pensait que la coupe des quatre maisons n'était pas très utile ni très encline à encourager des amitiés. Mais comme il n'était ni professeur ni directeur et en réalité même pas tellement ancré dans les traditions sorcières, il aurait beaucoup de mal à l'abolir pour la remplacer par la coupe aux chocolats, par exemple.

Résistant à l'appel des plats qui trônaient déjà devant eux, Harry se tourna vers le directeur qui venait de se lever et d'ouvrir les bras. La Grande Salle se tut presque immédiatement. Quelle robe aussi portait le professeur ! Tout de rose et de violet, elle était parsemée d'étoiles qui en plus semblaient bouger sur le tissu. De quoi donner un mal de tête affreux.

- *Une autre année se termine, déclara joyeusement Dumbledore. Et je vais encore vous importuner avec des bavardages de vieillard avant que nous entamions enfin ce délicieux festin.*

A côté d'Harry, le ventre de Ron émit une protestation que Granger crédita d'un regard particulièrement meurtrier. Mais personne d'autre n'avait entendu quoique ce soit.

- *Quelle année !* continuait Dumbledore en souriant. *Fort heureusement, vos têtes sont un peu plus remplies qu'auparavant... et vous avez tout l'été pour les vider à nouveau en attendant le début de l'année prochaine...*

Harry sentit soudain le poids d'un regard et fixa à son tour le professeur Rogue. Il y lisait une envie d'empoisonner chaque élève ne travaillant pas pendant deux mois et une certaine promesse le concernant. Le regard du garçon glissa sur le professeur de défense contre les forces du mal. Il était vrai que Severus Rogue était le meilleur ami - de ce qu'il avait compris - de sa tante, chez qui il allait passer ses vacances. Donc il allait probablement croiser Rogue. Pas trop, espérait-il. Il se sentait toujours encore mal à l'aise face à son professeur de potion. Mais en tout cas, il n'avait pas l'intention de chômer cet été de toute façon !

 

- *Le moment est maintenant venu de décerner la coupe des Quatre Maisons. Le décompte des points nous donne le résultat suivant :* en quatrième place, Gryffondor avec trois cent douze points. En troisième place, Poufsouffle avec trois cent soixante-quatre points. Serdaigle a obtenu quatre cent seize points et Serpentard quatre cent vingt-deux points.

La Grande Salle explosa sous les applaudissements des Serpentard mais aussi des Serdaigle ravis de cette deuxième place toute juste. Et les Poufsouffle faisaient quasiment la fête, il ne savait pas trop pourquoi mais ça lui plaisait. Par contre à sa table, il était un des seuls à applaudir. Qu'après quelqu'un ose lui dire que les Serpentard étaient de mauvais perdants !

- On a perdu la coupe des quatre maisons, pesta Granger en lançant des regards furieux vers Harry et Ron. Et vous n'y êtes pas étrangers !

Le brun leva les mains en signe d'innocence. Il n'avait rien demandé - ou presque -, il ne méritait pas que sa camarade de classe lui tombe dessus. Décidément, il allait élaborer sa propre compétition scolaire et proposer un remplacement du système. Les chocolats contre les dragées contre les glaces par exemple. Non, il n'avait pas faim mais il voulait des groupes créés par importance accordée à la compétition. Comme ça Hermione Granger serait loin de lui.

- On n'a pas perdu, nous, ne put-il s'empêcher d'exposer. Parce que perdre implique vouloir gagner dans un premier temps.

 

Sur l'estrade des professeurs, Dumbledore applaudissait lentement puis redemanda leur attention. Il n'avait pas fini...

- *Oui, oui, très bien, Serpentard, très bien. Il convient cependant de prendre en compte des événements récents.*

Le lourd silence qui se fit laissait supposer Harry que tout le monde avait entendu des rumeurs mais que personne ne savait quelque chose de précis. Tant mieux. Ils n'avaient pas besoin de savoir qu'il était un meurtrier.

- *J'ai quelques points de dernière minute à distribuer, poursuivit Dumbledore. Voyons... Oui, c'est ça... Je commencerai par Mr Ronald Weasley...

Ron devint écarlate* lorsque les regards se posèrent sur lui. Harry savait qu'il était à la fois fier et terriblement embarrassé.

- *Pour la plus belle partie d'échecs qu'on ait jouée à Poudlard depuis de nombreuses années, je donne à Gryffondor cinquante points.*

Les Gryffondor acclamèrent ceci avec un entrain qui dégoutait presque Harry. Sérieux, cinquante points étaient trop, c'était injuste par rapport aux autres maisons là. Et en plus son tour à lui était encore à venir !

- *C'est mon frère !* entendait-il Percy se vanter. *Mon plus jeune frère ! Il a réussi à traverser l'échiquier géant de McGonagall !*

- Un des jeux contre Susan était beaucoup plus technique et joli, souffla Ron, toujours rouge vif, à l'oreille d'Harry. J'ai un peu honte de me faire récompenser pour celui-là...

Harry fit une grimace compréhensive mais le silence revenu l'empêcha de répondre.

 

- J'en viens maintenant à Miss Susan Bones... Pour le bon sens implacable dont elle a fait preuve face à...

- Des chemins infranchissables ? proposa une voix parmi les jaune et noir - Susan avait dû leur en raconter des belles histoires.

- Des obstacles insurmontables ? enchaîna une autre.

- Des flammes redoutables ! se souvient un troisième.

- La vie ! s'exclama un dernier avant que le directeur ne leur intimide de se taire par un geste.

- Exactement, leur sourit Dumbledore. J'accorde cinquante points à Poufsouffle.

Quelqu'un donna une claque dans le dos de Susan qui s'entendit dans toute la Grande Salle.

- Mais, espèce de betterave poilu, fait un peu attention !

Sur ces mots élégants, Susan se mit debout sur son banc et les Poufsouffle entonnèrent un chant de victoire. Harry et Ron n'arrivèrent pratiquement plus à applaudir tellement ils riaient. Ils étaient tous timbrés chez les Poufsouffle, c'était certain.

- CHOCOGRENOUILLES ET BALDAQUINS, SUSAN A EU DES POINTS ! ON A GAGNE, ET SANS REMORDS, LES BLAIREAUX SONT TROP FORTS !

McGonagall dut faire tinter plusieurs fois son verre avant que les élèves de Poufsouffle n'autorisent Dumbledore à reprendre dans un silence tout à fait relatif. Harry voulait réellement demander un transfert dans cette maison de fous ! Ils allaient faire un malheur tous ensemble. Pourquoi n'avait-il jamais remarqué que les Poufsouffle étaient ainsi ? Ou n'était-ce que pour cette fin d'année ? Il allait peut-être demander à Susan. Ou plutôt à quelqu'un d'autre, parce que son amie n'était pas très objective.

 

- *Enfin, parlons de Mr Harry Potter.*

Le ton sérieux de Dumbledore contrastait avec l'ambiance hilare des élèves. Car si les Poufsouffle s'étaient lâchés dans leur joie, les autres maisons se tenaient encore les côtes. Au moins là il n'y avait pas de mauvais perdants. Néanmoins maintenant que son propre nom était tombé il lui semblait que chacun avait retenu son souffle.

- A Harry Potter, répéta Dumbledore, faisant lever les yeux au concerné. *Pour le sang-froid et le courage exceptionnels qu'il a manifestés, je donne à Gryffondor soixante points.*

Harry faillit s'étouffer. Du sang-froid et du courage ? Pas plutôt de la stupidité et de l'insolence ? Enfin tant pis pour le directeur, s'il ne savait pas faire la différence. Il n'allait pas se plaindre. Ou si parce que c'était quand même franchement injuste dans une compétition scolaire. Mais le vacarme que firent les deux côtés de la Grande Salle l'empêchait d'y réfléchir plus longtemps. Sa table était une unique manifestation de joie exubérante. Et la table des Serpentard une vague de protestation. Entre les autres étaient bouche-bée face à cette annonce. Serpentard et Gryffondor étaient désormais ex aequo.

- Néanmoins, Dumbledore dut même se répéter pour se faire entendre par ses élèves. Néanmoins sur la demande de quelques professeurs soucieux de votre comportement, je souhaite retirer treize points à chacun de ces élèves au titre des treize règles de l'école qu'ils ont brisées.

Il n'était pas compliqué de deviner qui avait fait une telle demande. Elle ne provenait pas de McGonagall, elle était sévère et juste mais ne ferait pas un coup comme celui-ci à sa maison. Par contre deux Serpentard... Harry envoya un remerciement mental à Rogue et Roberts. Il ne voulait pas être Celui-qui-a-modifié-le-classement.

- Nous nous retrouvons donc avec le même classement. Félicitations à vous tous !

Les élèves se regardèrent dans les yeux en se demandant à quoi avait servi toute cette action puis les Serpentard reprirent leurs airs de dignes sorciers qui viennent de triompher des sérieux Serdaigle à la Coupe des Quatre Maisons, ces derniers affichèrent des mines de bons perdants en décidant de participer mieux en cours l'année suivante, les Poufsouffle reprirent leur fête de victoire et les Gryffondor étaient de bonne humeur sous l'avalanche de points qui leur était tombée dessus - malgré leur dernière place au classement.

Harry et Ron passèrent donc une merveilleuse soirée à manger et à rigoler et même à se faufiler à la table des Poufsouffle qui - Harry ne voulait même pas savoir comment - avaient sorti des bouteilles d'alcool sous le nez des professeurs. June Rosebury leur en servit même un verre.

 

Le lendemain, Harry avait un mal de crâne effroyable et essayait de se réveiller complètement sous le regard hilare de ses deux amis rouquins ayant tous les deux déjà une expérience avec l'alcool qui les avait empêchés de reprendre un deuxième verre. Ce fut évidemment à ce moment que furent afficher les résultats de leurs examens.

- C'est bon ! s'exclama Harry qui, en plus grand des trois amis, s'était frayé un chemin jusqu'à la liste. On est tous admis en deuxième année ! On a même de bonnes notes !

Mais il avait déjà oublié le détail et honnêtement aucun d'entre eux ne s'y intéressait davantage. Ils avaient leurs valises à faire. Dans la salle commune, Harry entendit Hermione et Neville discuter les différentes notes mais fit un détour pour les éviter. C'était les vacances maintenant !

Dans le chaos du départ, il relevait du miracle - ou de la magie - que tout le monde se soit retrouvé à temps dans le Poudlard Express. Mais beaucoup trop rapidement les élèves se retrouvèrent au quai 9 ¾ de King's Cross et durent se séparer. Autour d'eux, leurs camarades de classe leur lançaient des salutations avant de partir avec leurs parents.

- On se voit pendant les vacances, essaya de se consoler Susan avec un grand sourire.

- Ouais, confirma Ron. Et on pourra se parler par cheminette au pire.

Harry esquissa un sourire incertain. Il ne savait pas du tout à quoi s'attendre avec son grand-père. A quoi ressemblait une maison de sorcier ? Enfin il allait voir. Pendant ce temps ce qui ressemblait à la famille Weasley s'était approchée. Ron se lança dans les bras de sa mère puis présenta Susan et Harry.

- Enchantée, souriait sa mère. Ron n'a parlé que de vous dans ses rares lettres.

Harry regarda ses pieds, embarrassé. Qu'est-ce qu'on disait à la mère de son meilleur ami ? Et comment allait-il reconnaître son grand-père ? Il ne l'avait jamais vu !

Ron l'enlaça une dernière fois sous la pression de Percy qui voulait enfin rentrer. Ils observèrent leur ami partir à travers le portail magique puis se regardèrent, un peu mal à l'aise, pendant que le quai se vidait.

 

- Mes parents sont occupés, je rentre par le magicobus, expliqua Susan. Alors j'attends avec toi si tu veux. Je le connais un peu, c'est mon grand-oncle.

Harry cligna des yeux. Il était surpris, elle ne lui avait jamais parlé de sa famille - à part de sa tante Amelia - et il ne s'attendait pas à ce qu'ils soient liés.

- Tous les sorciers sont apparentés, sourit Susan. Mais là c'est uniquement par alliance. Il est sorti avec ta grand-mère - mais ils se sont séparés assez rapidement - alors il a épousé, comme prévu par leurs familles, la sœur de mon grand-père. C'est tout.

- C'est compliqué surtout. Je dois savoir ça ?

Susan haussa les épaules. Apparemment elle avait dû l'apprendre en tout cas.

 

Un bruit de transplanage les fit se tourner vers le sorcier qui venait d'arriver. Harry lui adressa un regard étonné mais embrassa Susan une dernière fois, puis sourit à l'homme en cape noire.

- Prêt, Harry ? l'interrogea celui-ci.

- Prêt pour les vacances, professeur Rogue ! s'exclama Harry.

Des vacances pleines de nouvelles découvertes et de magie.

End Notes:

Alors, qu'en pensez-vous ? Avez-vous envie de lire la suite ? (bon hein, je n'ai même pas écrit le chapitre 1 mais c'est en travail)

Merci d'avoir lu ! Un petit retour me fera super plaisir ! :D

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