Les reliques bondissantes by Carminny
Summary:

 

Quelques courageux bactraciens s'approchent pour sauver un royaume à l'aide de trois anciennes sources de pouvoir. N'avez-vous jamais entendu parler de la coap d'invisibilité, de la pierre des tétards et de la baguette d'algue ? Ce sont les reliques des grenouilles !

 

Participation de l'équipe des Grenouilles Charmantes (Lilychx, Elyon et Carminny) au concours "HPF et les reliques de la mort" des fabuleuses Catie et Seonne.

Epreuve 1 - Grandeur et décadence d'Emilie Mynckx

Epreuve 2 - Mort et regrets d'Albus Dumbledore

Epreuve 3 - Combats et déchirure de Maisie Cattermole


Categories: Autres fics HP Characters: Albus Dumbledore, Autre personnage
Genres: Amitié, Guerre, Tragédie/Drame
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: HPF et les Reliques de la Mort
Chapters: 9 Completed: Oui Word count: 16546 Read: 1786 Published: 09/02/2020 Updated: 29/03/2020
Se brûler les ailes by Carminny
Author's Notes:

Thème : Se brûler les ailes.

 

Contraintes utilisées :

M1 - Plus de lumière !
D1 - Placer « fumisterie », « gourgandine », « pernicieux », « billevesées » et « sonique »

D2 - Utiliser l’expression “enfoncer des portes ouvertes” au sens littéral comme figuré

 

Auteur : Elyon

 

Bonne lecture !

Tu as toujours été orgueilleuse, Emilie. Persévérante, certes, mais également orgueilleuse. Et ton problème, c'est que tu ne savais pas distinguer la frontière entre les deux.

Tu ne savais pas faire la différence entre accepter ses propres faiblesses mais essayer tout de même de les repousser et ne pas se rendre compte que l'on est humainement limité. Même la magie ne peut pas tout, tu l'as appris à la dure.

Tu aurais pu ignorer ce défi, vivre encore tant d'années de ton salaire de joueuse professionnelle mais il a fallu que tu cèdes à l'attrait de la renommée. Que tu écoutes cette gourgandine, cette harpie dont le seul but, tu le savais, était de te faire sortir de tes gonds, de te narguer, de te faire commettre une erreur. Une toute petite, certes, mais suffisante pour causer ta chute. Tu avais tout, Emilie. Une carrière, un avenir. Un public aimant, des amis. Ton univers était le ciel mais il ne te suffisait plus. Etait-ce l'attrait de la célébrité ? La volonté de repousser tes limites ou bien celle de vouloir clouer le bec à tes détracteurs ? Pour n'importe qui tes exploits auraient été suffisants mais tu n'as jamais voulu t'arrêter.

Poursuiveuse à partir de tes quatorze ans, tu avais été remarquée à l'époque pour ta vitesse et ton adresse dans tes acrobaties, ta symbiose avec ton balai. Pendant les trois années qui avaient suivi, même les autres maisons parlaient de toi en termes élogieux, quand bien même tu étais souvent la raison de leur défaite, ou du moins de leur retard dans la victoire. Sortie de l'école, tu avais continué dans cette voie, délaissant le reste, les vivats des supporters et les compliments de ton équipe gravée dans ta mémoire avec tant d'acuité que même un sort d'Amnésie n'aurait pu te les enlever.

En joueuse professionnelle d'abord, en ligue nationale puis internationale, pour finalement arriver à la Coupe du Monde. La Coupe du Monde... Comme ton regard avait brillé ! Après cette victoire éclatante, tu étais sortie du circuit pour battre des records "en civil". La traversée de la Manche en Brossdur, le vol à l'aveugle, où tu avais décidé de prouver que tu savais te diriger dans le noir complet avec pour unique balise une simple lanterne accrochée à ton balai afin de pouvoir distinguer et éviter les arbres. Car à l'aveugle, c'était encore trop facile, il fallait de surcroît que tu le fasses en forêt. Et perpétuellement, tu voulais aller plus vite, plus haut, plus loin, car tu avais porté les lèvres au calice de la célébrité et tu ne pouvais plus t'arrêter de boire. Lors de ton dernier exploit, tu nous avais dit avoir entendu un bang. Tu étais persuadée d'avoir dépassée la vitesse sonique mais un examen plus approfondi avait montré que ce n'était pas un mur mais bien un de tes tympans qui avait éclaté. Nous ignorions la raison mais tu ne semblais pas t'en formaliser, un large sourire aux lèvres. Peut-être était-ce l'adrénaline. Tu avais souffert d'engelures si graves que nous avions un instant craint que même nos potions ne pourraient te soigner. Tu étais aux portes de la Mort. Et pourtant, ce n'était pas de peur mais d'excitation que tes iris brillaient.

Tu as tant de fois frôlé l'accident, Emilie. Tant de fois tu as failli y passer que c'est enfoncer des portes ouvertes que de dire de toi que tu es une tête brûlée. A chaque limite dépassée il t'en fallait une autre. Nul concurrent en lice, personne d'autre pour te défier que ce reflet dans ton miroir, que tes propres yeux te défiant de faire encore mieux cette fois-ci que tu ne l'avais déjà fait. N'importe qui aurait cédé, se serait retiré de la scène et satisfait de ses exploits passés, mais pas toi.

Tu voulais un dernier exploit. Un qui éclipserait le reste, un qui, selon tes termes, te rendrait célèbre à jamais. Tu étais aveugle Emilie, ou alors tu ne voyais que ce que tu voulais, car célèbre tu l'étais déjà. Connue dans tout le monde sorcier comme la première femme à avoir réalisé tant de choses si jeune, pionnière dans tant de domaines inexplorés liés à la course en balai. Tu n'as écouté personne, encouragements comme quolibets, et fidèle à toi-même tu as persisté.

La communauté te voyait, à chaque fois. Régulièrement ta photo faisait la une des journaux, tout sourire face aux caméras, mais dans le regard une lueur que tu gardais pourtant cachée. Ce qui était au départ une simple envie de te dépasser avait pris des proportions incroyables et menaçait de te dévorer. Tes exploits devenaient de plus en plus invraisemblables, de plus en plus dangereux, de plus en plus osés. Cela marchait bien, au départ. Puis la presse te tourna le dos. Les journalistes, qui au départ accouraient en nombre, te reniaient désormais. Pour eux, tout ce que tu faisais n'était qu'illusion et fumisterie, des stratégies d'une joueuse en mal de gloire pour lesquelles tu ne prenais aucun véritable risque, un stratagème pernicieux pour détourner vers toi une attention que tu ne méritais pas. C'est ce qui t'a brisée. Cette attention était devenue ta raison de vivre, tu as lentement dépéri d'être ainsi délaissée, de passer non plus pour quelqu'un de talentueux et digne d'être écouter mais réduite au niveau d'une consommatrice excessive de potion de Babillage, déblatérant des billevesées pourvu que l'on fasse attention à elle. Des mois durant, de longs mois, tu es restée cloîtrée chez toi. C'est à peine si tu mangeais !

Plus personne ne te voyais, ne t'entendais. Seul un sort pouvait laisser deviner que tu étais encore vivante, car rien ne filtrait pas à l'extérieur, laissant le passant dans l'ignorance la plus totale de ce que tu tramais. Et que tramais-tu donc, Emilie ! L'ultime exploit, l'apogée de ta carrière, le parangon de tes exploits, la plus impressionnante des entreprises. Tous ceux qui étaient présents s'en souviennent.

La porte de ton appartement s'est brusquement ouverte, ce jour-là, et tu en es sortie. Pâle comme un fantôme, ta chevelure ébouriffée et ayant perdu son éclat, tes vêtements froissés et des poches sous les yeux, ta silhouette de poursuiveuse altérée par ces heures passées dans l'obscurité. Et Merlin, Emilie... Ce regard. Des yeux que tu voulais joyeux, des yeux que l'on savait hagards, où la lueur d'autrefois était devenue un feu aussi incontrôlable que le serait un dragon lâché en plein Londres. Tantôt flammèche tremblotante, tantôt Feudeymon dévorant, embrassant tout ceux sur qui il se posait. Et malgré cette apparence, ton aura, elle aussi, flamboyait. Au point que les gens te suivaient, t'accompagnaient dans ta lancée, formant au fur-et-à-mesure une haie d'honneur pour toi, pour Emilie Mynckx enfin sortie de sa tanière, pour ce phénix déchu qui semblait enfin devoir renaître de ses cendres !

Personne sauf toi ne savait où tu allais mais néanmoins tout le monde t'a suivie. Jusqu'à un petit parc isolé où tu t'es arrêtée. Le silence était de plomb, l'attention était totale, on aurait clairement pu entendre un Vif d'or voler. Le monde était suspendu à tes gestes, le temps à ta volonté, attendant que tu lui donnes le top que tous attendaient.

Alors tu as sorti ton balai et, toujours sans un mot, tu l'as enfourché et tu as décollé. Décollé si vite que personne n'a pu te suivre. Nul, au sol, ne semblait savoir où tu allais, mais tous te voyaient monter en flèche éperdument, comme si tu cherchais à atteindre la lune. Etait-ce cela ton projet ? Pensais-tu vraiment que cette dernière action suffirait à te faire remonter sur le devant de la scène ? Ou était-ce un appel à l'aide de quelqu'un de désespéré ? Cherchais-tu à faire comprendre au monde que, puisqu'il ne te faisait vivre que par tes exploits, alors c'est par un dernier exploit qu'il te verrait le quitter ? Tandis que la foule s'interrogeait, tu montais.

Et puis ton ascension a cessé. D'un coup, tu as commencé à chuter. Lentement d'abord, plume dans le vent, feuille d'automne se laissant porter puis de plus en plus vite, comme si tu étais statufiée. C'était l'ultime chant du phénix, qui voulait simplement brûler.

 

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