Les reliques bondissantes by Carminny
Summary:

 

Quelques courageux bactraciens s'approchent pour sauver un royaume à l'aide de trois anciennes sources de pouvoir. N'avez-vous jamais entendu parler de la coap d'invisibilité, de la pierre des tétards et de la baguette d'algue ? Ce sont les reliques des grenouilles !

 

Participation de l'équipe des Grenouilles Charmantes (Lilychx, Elyon et Carminny) au concours "HPF et les reliques de la mort" des fabuleuses Catie et Seonne.

Epreuve 1 - Grandeur et décadence d'Emilie Mynckx

Epreuve 2 - Mort et regrets d'Albus Dumbledore

Epreuve 3 - Combats et déchirure de Maisie Cattermole


Categories: Autres fics HP Characters: Albus Dumbledore, Autre personnage
Genres: Amitié, Guerre, Tragédie/Drame
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: HPF et les Reliques de la Mort
Chapters: 9 Completed: Oui Word count: 16546 Read: 1796 Published: 09/02/2020 Updated: 29/03/2020

1. Se brûler les ailes by Carminny

2. Vertige : La chute by Carminny

3. Ensanglanté by Carminny

4. Au delà des limites by Carminny

5. Regrets et remords by Carminny

6. Parmi les fantômes by Carminny

7. Insaisissable by Carminny

8. Sycophante by Carminny

9. De velours by Carminny

Se brûler les ailes by Carminny
Author's Notes:

Thème : Se brûler les ailes.

 

Contraintes utilisées :

M1 - Plus de lumière !
D1 - Placer « fumisterie », « gourgandine », « pernicieux », « billevesées » et « sonique »

D2 - Utiliser l’expression “enfoncer des portes ouvertes” au sens littéral comme figuré

 

Auteur : Elyon

 

Bonne lecture !

Tu as toujours été orgueilleuse, Emilie. Persévérante, certes, mais également orgueilleuse. Et ton problème, c'est que tu ne savais pas distinguer la frontière entre les deux.

Tu ne savais pas faire la différence entre accepter ses propres faiblesses mais essayer tout de même de les repousser et ne pas se rendre compte que l'on est humainement limité. Même la magie ne peut pas tout, tu l'as appris à la dure.

Tu aurais pu ignorer ce défi, vivre encore tant d'années de ton salaire de joueuse professionnelle mais il a fallu que tu cèdes à l'attrait de la renommée. Que tu écoutes cette gourgandine, cette harpie dont le seul but, tu le savais, était de te faire sortir de tes gonds, de te narguer, de te faire commettre une erreur. Une toute petite, certes, mais suffisante pour causer ta chute. Tu avais tout, Emilie. Une carrière, un avenir. Un public aimant, des amis. Ton univers était le ciel mais il ne te suffisait plus. Etait-ce l'attrait de la célébrité ? La volonté de repousser tes limites ou bien celle de vouloir clouer le bec à tes détracteurs ? Pour n'importe qui tes exploits auraient été suffisants mais tu n'as jamais voulu t'arrêter.

Poursuiveuse à partir de tes quatorze ans, tu avais été remarquée à l'époque pour ta vitesse et ton adresse dans tes acrobaties, ta symbiose avec ton balai. Pendant les trois années qui avaient suivi, même les autres maisons parlaient de toi en termes élogieux, quand bien même tu étais souvent la raison de leur défaite, ou du moins de leur retard dans la victoire. Sortie de l'école, tu avais continué dans cette voie, délaissant le reste, les vivats des supporters et les compliments de ton équipe gravée dans ta mémoire avec tant d'acuité que même un sort d'Amnésie n'aurait pu te les enlever.

En joueuse professionnelle d'abord, en ligue nationale puis internationale, pour finalement arriver à la Coupe du Monde. La Coupe du Monde... Comme ton regard avait brillé ! Après cette victoire éclatante, tu étais sortie du circuit pour battre des records "en civil". La traversée de la Manche en Brossdur, le vol à l'aveugle, où tu avais décidé de prouver que tu savais te diriger dans le noir complet avec pour unique balise une simple lanterne accrochée à ton balai afin de pouvoir distinguer et éviter les arbres. Car à l'aveugle, c'était encore trop facile, il fallait de surcroît que tu le fasses en forêt. Et perpétuellement, tu voulais aller plus vite, plus haut, plus loin, car tu avais porté les lèvres au calice de la célébrité et tu ne pouvais plus t'arrêter de boire. Lors de ton dernier exploit, tu nous avais dit avoir entendu un bang. Tu étais persuadée d'avoir dépassée la vitesse sonique mais un examen plus approfondi avait montré que ce n'était pas un mur mais bien un de tes tympans qui avait éclaté. Nous ignorions la raison mais tu ne semblais pas t'en formaliser, un large sourire aux lèvres. Peut-être était-ce l'adrénaline. Tu avais souffert d'engelures si graves que nous avions un instant craint que même nos potions ne pourraient te soigner. Tu étais aux portes de la Mort. Et pourtant, ce n'était pas de peur mais d'excitation que tes iris brillaient.

Tu as tant de fois frôlé l'accident, Emilie. Tant de fois tu as failli y passer que c'est enfoncer des portes ouvertes que de dire de toi que tu es une tête brûlée. A chaque limite dépassée il t'en fallait une autre. Nul concurrent en lice, personne d'autre pour te défier que ce reflet dans ton miroir, que tes propres yeux te défiant de faire encore mieux cette fois-ci que tu ne l'avais déjà fait. N'importe qui aurait cédé, se serait retiré de la scène et satisfait de ses exploits passés, mais pas toi.

Tu voulais un dernier exploit. Un qui éclipserait le reste, un qui, selon tes termes, te rendrait célèbre à jamais. Tu étais aveugle Emilie, ou alors tu ne voyais que ce que tu voulais, car célèbre tu l'étais déjà. Connue dans tout le monde sorcier comme la première femme à avoir réalisé tant de choses si jeune, pionnière dans tant de domaines inexplorés liés à la course en balai. Tu n'as écouté personne, encouragements comme quolibets, et fidèle à toi-même tu as persisté.

La communauté te voyait, à chaque fois. Régulièrement ta photo faisait la une des journaux, tout sourire face aux caméras, mais dans le regard une lueur que tu gardais pourtant cachée. Ce qui était au départ une simple envie de te dépasser avait pris des proportions incroyables et menaçait de te dévorer. Tes exploits devenaient de plus en plus invraisemblables, de plus en plus dangereux, de plus en plus osés. Cela marchait bien, au départ. Puis la presse te tourna le dos. Les journalistes, qui au départ accouraient en nombre, te reniaient désormais. Pour eux, tout ce que tu faisais n'était qu'illusion et fumisterie, des stratégies d'une joueuse en mal de gloire pour lesquelles tu ne prenais aucun véritable risque, un stratagème pernicieux pour détourner vers toi une attention que tu ne méritais pas. C'est ce qui t'a brisée. Cette attention était devenue ta raison de vivre, tu as lentement dépéri d'être ainsi délaissée, de passer non plus pour quelqu'un de talentueux et digne d'être écouter mais réduite au niveau d'une consommatrice excessive de potion de Babillage, déblatérant des billevesées pourvu que l'on fasse attention à elle. Des mois durant, de longs mois, tu es restée cloîtrée chez toi. C'est à peine si tu mangeais !

Plus personne ne te voyais, ne t'entendais. Seul un sort pouvait laisser deviner que tu étais encore vivante, car rien ne filtrait pas à l'extérieur, laissant le passant dans l'ignorance la plus totale de ce que tu tramais. Et que tramais-tu donc, Emilie ! L'ultime exploit, l'apogée de ta carrière, le parangon de tes exploits, la plus impressionnante des entreprises. Tous ceux qui étaient présents s'en souviennent.

La porte de ton appartement s'est brusquement ouverte, ce jour-là, et tu en es sortie. Pâle comme un fantôme, ta chevelure ébouriffée et ayant perdu son éclat, tes vêtements froissés et des poches sous les yeux, ta silhouette de poursuiveuse altérée par ces heures passées dans l'obscurité. Et Merlin, Emilie... Ce regard. Des yeux que tu voulais joyeux, des yeux que l'on savait hagards, où la lueur d'autrefois était devenue un feu aussi incontrôlable que le serait un dragon lâché en plein Londres. Tantôt flammèche tremblotante, tantôt Feudeymon dévorant, embrassant tout ceux sur qui il se posait. Et malgré cette apparence, ton aura, elle aussi, flamboyait. Au point que les gens te suivaient, t'accompagnaient dans ta lancée, formant au fur-et-à-mesure une haie d'honneur pour toi, pour Emilie Mynckx enfin sortie de sa tanière, pour ce phénix déchu qui semblait enfin devoir renaître de ses cendres !

Personne sauf toi ne savait où tu allais mais néanmoins tout le monde t'a suivie. Jusqu'à un petit parc isolé où tu t'es arrêtée. Le silence était de plomb, l'attention était totale, on aurait clairement pu entendre un Vif d'or voler. Le monde était suspendu à tes gestes, le temps à ta volonté, attendant que tu lui donnes le top que tous attendaient.

Alors tu as sorti ton balai et, toujours sans un mot, tu l'as enfourché et tu as décollé. Décollé si vite que personne n'a pu te suivre. Nul, au sol, ne semblait savoir où tu allais, mais tous te voyaient monter en flèche éperdument, comme si tu cherchais à atteindre la lune. Etait-ce cela ton projet ? Pensais-tu vraiment que cette dernière action suffirait à te faire remonter sur le devant de la scène ? Ou était-ce un appel à l'aide de quelqu'un de désespéré ? Cherchais-tu à faire comprendre au monde que, puisqu'il ne te faisait vivre que par tes exploits, alors c'est par un dernier exploit qu'il te verrait le quitter ? Tandis que la foule s'interrogeait, tu montais.

Et puis ton ascension a cessé. D'un coup, tu as commencé à chuter. Lentement d'abord, plume dans le vent, feuille d'automne se laissant porter puis de plus en plus vite, comme si tu étais statufiée. C'était l'ultime chant du phénix, qui voulait simplement brûler.

 

Vertige : La chute by Carminny
Author's Notes:

 Thème : Vertige

 

Contraintes utilisées :

M3 - Six phrases qui se suivent doivent commencer par les lettres formant le mot “Sureau” dans le même ordre (S-U-R-E-A-U)

D2 - Utiliser l’expression “enfoncer des portes ouvertes” au sens littéral comme figuré

 D3 - Un de vos personnages doit s’exprimer en rimes suffisantes ou riches tout le long du texte (minimum 7 phrases de dialogue)

 

Auteur : Lilychx

 

Bonne lecture !

Émilie se leva pour la première fois depuis, elle ne savait combien de temps. La pénombre était totale dans son appartement. Pourtant à travers les volets fermés on pouvait voir la lumière du jour filtrer. Elle se dirigea machinalement dans la salle de bain. Elle titubait prise de vertige. Depuis quand n'avait-elle pas mangé ? Elle prit appui sur le lavabo en faïence blanche, elle fit couler de l'eau froide et s'en aspergea le visage. Elle croisa son reflet dans le miroir. Elle était pâle, les cheveux ébouriffés, des cernes violettes s'étaient creusées sous les yeux.

 

Sa vie venait de lui filer entre les doigts à une vitesse vertigineuse et elle n'avait rien pu faire pour arrêter cette chute sans fin. Et pourtant il semblait qu'elle n'avait toujours pas touché le fond.

 

La fille qui la regardait dans le miroir, ce n'était pas elle. Ce n'était qu'une mauvaise imitation. Où était-elle passée ? Sur le meuble à côté du lavabo un vieux journal traînait.

 

L'ÉTOILE DU QUIDDITCH DÉRAILLE !

Émilie Mynckx frappe une de ses coéquipières par jalousie.

 

De rage elle frappa son miroir. Puis dans cette multitude de reflets elle se met à se parler :

 

- Des titres et des noms infâmes sur toi posés,

Journaux et fans, a l'oubli ils t'ont imposés.

Bafoué par le monde, privé de ta passion,

Il est impératif que tu passes à l'action.

Il est pour toi insupportable d'entendre leurs rires,

Sans le feu des projecteurs, autant mourir.

Ils t'ont privée de joie, ta vie ils arrachent,

Quitte à mourir, autant le faire avec panache.

 

Elle s'arracha à la contemplation de ce visage maladif dans lequel une lueur nouvelle éclairait ses yeux. Elle attrapa son balai et sortit pour la première fois depuis des mois.

 

Josh adolescent dégingandé avait été posté devant l'immeuble d'Émilie, prêt à donner l'alerte s'il y avait le moindre mouvement ou indice qui aurait permis de savoir si elle préparait quelque chose ou si elle laissait mourir sa vie sociale. Alors quand il l'avait vue sortir de chez elle d'un pas déterminé avec son balais sur l'épaule il n'hésita pas une seule seconde. Il courut aussi vite qu'il le put, il enfonça les portes ouvertes de la rédaction de la gazette :

 

- Émilie Mynckx est sorti de chez elle avec son balai sur l'épaule !

 

Toute l'équipe de la rubrique sport et exploit se leva d'un même mouvement. Lucy Halle en tête. Elle attendait ça depuis un moment. Elle savait que le jour où l'ex-joueuse de Quidditch sortirait de chez elle serait un jour exceptionnel. La presse et les admirateurs lui avaient tourné le dos depuis bien trop longtemps.

 

Une foule s'était déjà massé autour d'Émilie. L'excitation était palpable. Personne ne savait ce qu'elle allait faire. 

 

Dans un mouvement mêlant rage et détermination, elle s'est envolée, vite et haut. Rapidement elle ne distingua plus les gens au sol, ni même le petit parc. Survoler le monde, c'était grisant, enivrant. Ultime exploit pour Émilie, voler plus haut, aller plus loins dans l'infinité du ciel qu'aucun autre être humain. Revivre pour quelques instants le plaisir de la gloire, qu'elle puisse être éternelle et l'excitation du ciel. Enivrant ses sens pour faire taire les voix dans sa tête qui lui criaient de s'arrêter, qu'elle allait se tuer. Au-delà de toute raison, la folie s'était emparée d'Émilie. Un vertige terrifiant la saisie.

 

Le vertige, l'adversaire le plus puissant et le plus implacable des joueurs de Quidditch. Émilie avait réussi à le maintenir à distance pendant toutes ses années de gloire. mais voilà, aujourd'hui, elle était allée bien trop haut. Son coeur s'emballait si fort qu'elle était sur qu'il allait rompre. Elle avait fait l'erreur de regarder une dernière fois vers le sol. Elle ne vit que le vide. Ce vide terrifiant qui faisait écho à celui qu'elle ressentait en dedans. Est-ce qu'elle avait fait le bon choix ? etait-ce réellement la mort dont elle souhaitait ? Le vide la happait, elle était tétanisée et incapable de bouger. Elle aurait du ressentir de l'euphorie de quitter ce monde qui lui avait tourné le dos. Sentir le vent de sa courses folle vers le firmament. Mais elle tremblait et ses larmes coulaient. Elle sentait son corps qui refusait le destin qu'elle lui avait choisi. Elle sentait que son balais ne parviendrait pas à l'amener à la limit du ciel.

 

Sa tête se mit à tourner. Tout ce qui l'entourait était flou et elle ne parvenait plus à comprendre où elle était, ce qu'elle faisait ou surtout pourquoi elle le faisait. Tout tanguait autour d'elle et en elle. La seule chose perceptible c'était ce vide, cet affreux vide qui ne cessait de l'appeler.

 

Puis le vide fut plus fort que sa volonté, elle se sentit chuter.

 

Le sol s'approchait à une vitesse folle. Tout était fou. Le monde, son balai, le vide, et surtout elle. 

 

Elle était prise de nausées. Elle ne pouvait plus rien contrôler. Elle perdit son balai. Elle n'avait plus aucune chance de s'en sortir. c'est comme ça qu'elle allait mourir. En s'écrasant au sol devant tous ses gens qui lui avait tourné le dos.

 

Non ce ne pouvait pas être sa fin ! Où était la gloire éternelle ? Où était le panache ? 

 

Malgré les larmes, malgré le vertige, malgré la peur qui lui tordait les entrailles et hurla dans l'espoir de se faire entendre par la foule.

 

- Oh ! J'ai su que vous me tireriez vers le bas,

Qu'importait pour moi, je me battais, je me bats !

Tout arraché, ma vie, ma gloire et mes lauriers,

De ma raison je suis privée, pour moi priez.

C'est vous qui avez fait de moi se que je suis !

Une âme perdue chutant à jamais dans ce puits !

Exilée, privée a jamais de toutes envies,

Tous là, impatient de voir la fin de ma vie.

 

Le vertige eut raison d'elle et elle sombra dans l'inconscience.

 

Le discours d'Émilie avait fait froid dans le dos de Lucy Halle. Ces mots vertigineux crachés à la face de ceux là même qui l'avait adulée, puis bafouée et qui à présent ne ferait rien pour la sauver. Comme s'ils étaient tous paralysés par le vertige de cette chute qui semblait ne jamais vouloir s'arrêter.

 

Un homme hurla dans la foule :

 

­- La folle ! Elle va se tuer !

 

Il venait d'enfoncer une porte ouverte. Il était le seul dans cette foule à ne pas avoir compris que c'est ce qu'elle avait cherché dans cet acte désespéré. Mais la voix tremblante avec laquelle elle avait jeté ces mots sonnait comme un appel à l'aide.

 

Émilie était proche du sol à présent. Lucy ne pouvait pas rester là avoir mourir sous ses yeux l'une des plus grandes championnes que le monde sorcier ait porté.

 

Elle courut à l'endroit où l'impact allait avoir lieu, elle sortit sa baguette la pointe vers le corps inerte d'Émilie qui n'était plus qu'à trente mètres du sol.

Ensanglanté by Carminny
Author's Notes:

Thème: Ensanglanté

Contraintes utilisées :

M2 – Phrase en palindrome (plus de trois mots)

D1 – Placer « fumisterie », « gourgandine », « pernicieux », « billevesées » et « sonique »

 

D3 – Faire parler un personnage en rimes suffisantes ou riches (7 phrases de dialogue)

Auteur : Carminny

 

Bonne lecture !

Le vent fouettait mon visage et devait rougir mes joues sillonnées de larmes. L'air était froid. Un peu trop pour un mois de juin. Ou étions-nous en février ? Je réalisais soudainement que je tombais, les yeux fermement clos. Mon vertige s'était dispersé. Je volais !

 

Je me rappelais de ma première vraie chute d'un balai. J'avais neuf ans et les recommandations de mes parents me passaient au-dessus de la tête. Les ignorant, j'étais sortie pour voler au lieu de sagement faire mes exercices d'écriture. Dehors, le brouillard était dense. Mais tout ce qui m'intéressait était de voler. Tant mieux si aucun moldu ne pouvait me voir ! J'aimais sentir le vent dans mes cheveux et j'aimais voir l'horizon s'étendre au loin. J'avais tapé du pied et mon balai s'était envolé. Il montait de plus en plus haut et m'entrainait dans sa merveilleuse ascension. Ce n'était pas un balai sonique et pourtant je ne me souvenais pas avoir entendu mon rire. J'ai plongé en piqué. C'était quelques jours après que j'avais vu le célèbre Josef Wronski réalisé cette figure. J'étais convaincue de réussir.

Cette chute en piqué restait longtemps un de mes meilleurs souvenirs. Le vent, la vitesse. La liberté. Mon nez cassé et ma punition une des pires. Les tâches de sang avaient été visibles sur le gazon pendant cinq mois et même notre elfe de maison n'avait pas réussi à nettoyer mon t-shirt préféré. Mais surtout, mon père m'avait interdit de voler jusqu'à mon entrée à Poudlard. Il me dit alors pour la première fois que je n'étais qu'un chiffon ensanglanté. Les tâches de sang comptent parmi les plus difficiles à enlever.

 

Mon entrée à Poudlard me sauva. J'avais glissé mon vieux balai encore tâché de rouge dans ma valise sans que ma mère ne le remarque. Le voyage en Poudlard Express me permit de rencontrer les membres des équipes de Quidditch. J'étais fascinée. J'aimais voler. J'aimais le Quidditch. Je voulais faire partie d'une des équipes. Quelle que soit la maison dans laquelle j'atterrissais. Serdaigle comme mon père si concentré sur ses livrets de compte ne m'avait jamais attirée. Mais apparemment leur salle commune se trouvait dans les nuages. Alors je pourrais voler dans mon sommeil. Les autres choix ne m'apparaissaient pas spécialement meilleurs. Serpentard avait la meilleure équipe de Quidditch depuis des années. Absurdement, c'étaient les joueurs de Poufsouffle qui se faisaient le plus recrutés par les équipes professionnelles. Gryffondor se vantait de ses joueurs et tactiques audacieux. Le capitaine m'avait assuré que son attrapeur était le seul à maîtriser la feinte de Wronski à Poudlard.

J'arrivais à l'école, des étoiles plein les yeux. Ce n'était pas l'imposante stature du château qui m'éblouissait mais mes rêves enfin compris. Je n'étais plus un cas désespéré, plus un mouchoir sanglant. J'étais une future joueuse de Quidditch. Je voulais voler. Et désormais je voulais devenir la meilleure joueuse de Quidditch pour toujours pouvoir voler. Je voulais sentir le vent de mes cheveux. Et surtout je voulais que mes parents prennent ma passion pour le vol au sérieux. Je n'avais jamais joué au Quidditch mais je n'avais aucun doute sur ma réussite. J'aimais voler !

« Ne croyez pas tout ce que vous lisez.
Ne prêtez pas attention aux billevesées.
Où que vous allez, où que je vous place,
Votre maison n'est jamais un palais de glace.
Avant tout, vous êtes chez vous à Poudlard.
Courageux Gryffondor, ambitieux Serpentard,
A Serdaigle ou à Poufsouffle étant élève,
Tous, vous devez, vous poursuivez vos rêves. »

Les mots du Choixpeau résonnaient encore en moi quand le professeur McGonagall appela mon nom. Je ne savais pas où je voulais être, je ne savais qu'une seule chose : je volerai et ma maison, ma scolarité me donnerait une base sur laquelle prendre appui.

« Mynckx Emilie, je suppose.
Un préjugé dans ton cerveau repose ?
Un choix que tu souhaites effectuer ?
Un sens dans lequel ruer ? »

- Je ne sais pas, avais-je retorqué une fois que j'avais retrouvé la parole. Je veux juste voler.

« Audacieuse, aussi têtue qu'un obélisque,
Une tendance à prendre des risques,
Une passion qui la famille sépare,
Un talent, une ambition naissante,
Et une détermination renversante.
Pour toi, évidemment, c'est SERPENTARD ! »

J'avais rejoint ma nouvelle maison, la joie au cœur. Le Choixpeau pensait que j'étais capable d'être la meilleure. Il avait eu raison. Durant ma quatrième année, je pus devenir poursuiveuse dans l'équipe de Serpentard et marquai directement cinq buts au premier match contre Gryffondor.

Il se pourrait qu'à cette période, je passais tout mon temps à m'entraîner. Mais après tout, on n'avait rien de rien. Il se pourrait que je négligeais les devoirs mais qui pouvait se concentrer sur de longs cours ennuyants lorsqu'on pouvait voler au-dessus de la lande écossaise ? L'été après que j'étais passée de justesse en cinquième année, mon père me priva de balai. Il disait qu'il était grand temps que je cesse ces fumisteries et que je prenne la vie et les cours plus au sérieux et que je commence à m'intéresser aux vraies choses. Il essaya de m'intéresser à la comptabilité. Je passais mes nuits à voler et mes journées à dormir sur le bureau. Mon père arrêta de me regarder fièrement. J'ai commencé à inventer mes propres acrobaties. Je suis tombée. Mon père a refusé de me payer des sparadraps et j'ai dit adieu aux chemises sans tache de sang.

Je me suis envolée encore. Je suis passée professionnelle. Mon père m'a mise à la porte en employant des mots « gourgandine » et « bonne-à-rien ». Je n'étais à nouveau qu'un chiffon ensanglanté, tâché irrémédiablement à ses yeux. Je suis partie plus loin. J'ai joué à la Coupe de Grande-Bretagne et à la Coupe du Monde. Personne ne pouvait me surpasser. Personne ne devait me dépasser. J'étais la meilleure et je devais le rester. Je voulais être immaculée. Je me surpassais moi-même. Et de plus en plus je me lançais dans des défis impossibles jusqu'à ce jour, poussée par l'ambition pernicieuse qui était devenue la mienne.

 

Je chutais encore, mon corps incontrôlable esquivant maladroitement les sorts comme s'il s'agissait de cognards. J'étais impuissante. Je ne pouvais pas le forcer à rester. Et pourtant je ne voulais pas chuter. Je voulais voler. Je devais voler. J'évitais les sorts sans rien pouvoir faire. Je voulais vivre. Ecart amer, vivre, ma trace. Mon empreinte sur la terre. Ou l'empreinte du sol sur moi.

Je volais. Loin au-dessus de mon corps inerte entouré de lambeaux ensanglantés, je volais vers le ciel.

 

Au delà des limites by Carminny
Author's Notes:

Coucou !

Thème : Au-delà des limites

Objet important : Maillot de bain

Contraintes :

Un personnage ne parle qu’en citant Shakespeare (7 phrases de dialogue min) -> Rogue

Un personnage parle à un membre du Ministère (7 phrases de dialogue min) -> Dumbledore à Amelia Bones

Un personnage se fait passer pour quelqu’un d’autre -> Amelia Bones

Nombre de mots : 1642

Auteur : Carminny

- Oh non, oh non, oh non ! Par les bonbons au citron de Merlin, comment ai-je pu oublier cela ?! Severus vous êtes un génie !

Le vénérable professeur Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore, Président-Sorcier du Magenmagot, manitou suprême de la Confédération internationale des mages et sorciers, Ordre de Merlin, première classe, enchanteur-en-chef et directeur de Poudlard, se leva de sa chaise directoriale pour faire une danse de joie tout en affichant une mine catastrophée. Son maître des potions resta stoïque, mais Albus ne s'en formalisa pas. Il venait de se rappeler un élément crucial pour ses recherches actuelles. Le point de départ quand tout avait commencé pour lui.

Il s'était tellement concentré sur l'origine de Tom Elvis Jedusor et son héritage Serpentard qu'il n'avait pas même songé à leur première rencontre. Il avait fallu que Severus lui mette le nez dessus pour qu'il y pense ? C'était quand même bien d'avoir quelqu'un qui nous faisait dépasser les limites de notre esprit. Et lui, Albus, allait remercier son professeur en lui rendant la pareille !

- Severus, je voudrais que vous m'accompagniez pour une course.

- Il faut que les serviteurs fassent la volonté de leur maître... 

- En effet, vous n'avez pas le choix, sourit le directeur.

C'était quand même bien pratique de pouvoir abuser de son pouvoir de chef de guerre du côté du Bien. Un peu plus - par exemple si cela lui permettait d'obtenir des bonbons au citron gratuits - et il n'aurait pas cherché à vaincre Voldemort pour garder sa position. Mais cette pensée était un mal. Il devrait plutôt se concentrer sur son importante mission que sur ses tendances mégalomanes, à savoir trouver le maillot de bain parfait pour Severus.

 

Le magasin de sport sur la Oxford Street de Londres était l'endroit tout indiqué pour cela. De toute façon, l'Oxford Street était un endroit absolu merveilleux. Il y avait le magasin de sucrerie, une librairie somme toute assez fournie et évidemment le meilleur magasin de maillot de bain de tout le pays. Albus était venu plusieurs fois déjà. Il y avait notamment trouvé le maillot dans lequel il avait rencontré Gilderoy... C'était grand et lumineux et il y avait un choix extraordinaire. Il se tourna vers son professeur d'un air ravi.

- Qu'en pensez-vous, Severus ?

- Quand la loyauté tue la vérité, quelle infernale guerre sainte. 

- Mais vous pouvez me dire honnêtement que vous trouvez ce magasin fantastique, Severus, votre réputation n'en sera pas ternie. Je ne dirais rien à personne. Promis ! Venez, les maillots corps complet sont là-bas.

Albus entraina son maître des potions entre les rayons. Son regard fut attiré par un maillot particulièrement magnifique. Hors norme, il avait une magnifique couleur rouge écarlate sauf la partie culotte qui était mise en avant pas un jaune doré. Les bretelles étaient composées de petites fleurs jaunes qui s'enchaînaient. C'était le plus joli qu'il n'avait jamais vu. En fouillant pour trouver sa taille, Albus se rappela qu'il était là pour Severus. Il brandit le maillot devant son cadet.

- Essaye-le !

- La conscience fait de nous tous des couards.

Severus ne pouvait pas être sérieux en refusant ainsi ! C'était le plus beau, le plus adorable, le plus charmant maillot de bain qu'il n'avait jamais vu. Il était certain que Gilderoy ne l'aurait jamais oublié s'il avait pu porter ce maillot. Il s'en serait souvenu jusqu'à bien après sa mort ! Severus allait regretter s'il n'essayait pas. Albus sortit sa baguette d'un air décidé. Il fallait parfois forcer les choses.

 

- Un homme peut sourire, sourire, et n'être qu'un scélérat !

Albus se délecta des cris heureux de son enseignant. Il avait réussi à le faire parler de sourire ! En plus, ce maillot rouge contrastait tellement bien avec sa peau blanche et ses cheveux noirs. C'était Blanche-neige version sexy ! Il lui adressa un sourire étincelant.

- Il te va à ravir, mon cher Severus !

- Puis-je vous aider ? s'enquit une vendeuse qui les observa en essayant tant bien que mal de cacher son effarement. Vous devriez peut-être regarder dans la section « homme », si je puis vous conseiller...

Albus cligna des yeux. Il avait un peu oublié que le magasin était rempli de moldus... Heureusement que le Ministère était suffisamment occupé pour ne pas le surveiller de très près. Ou du moins il l'espérait.

- Il me faut ou partir et vivre, ou rester et mourir, s'écria Severus en se rendant compte des regards tournés vers lui.

Albus adressa un clin d'œil à la vendeuse. Il était vrai qu'elle était plutôt mignonne mais tellement pas son type. Très discrète et professionnelle. Trop pour lui. En plus elle était moldue. Il voulait bien être tolérant mais là, non. Et de toute façon, elle ne l'intéressait pas. Par contre, Severus lui en voudrait certainement s'il gâchait sa virée shopping en laissant cette jeune femme interférer dans le choix de maillot de bain. Il fallait avouer qu'il avait bon goût pour un Serpentard gloussa Albus en oubliant que c'était lui qui avait habillé le plus jeune.

- Merci, mais je crois que mon ami préfère chercher par lui-même.

- C'est ­pour cela qu'il a choisi un maillot pour femme de trois numéros trop petits ?

Albus se sentit rougir. Il n'avait jamais été très doué pour déterminer la taille de quelqu'un juste en le regardant. Mais de toute façon, le saillant allait si bien à Severus.

 

- C'est un malheur du temps que les fous guident les aveugles, constata sèchement le maître des potions, ayant enfin retrouvé ses habits noirs habituels. 

Le vieil homme se contenta de lever les yeux au ciel. Il avait l'habitude de se faire traiter de fou. Le journal, le Ministère, les élèves, Minerva, Severus... Tout le monde quoi, ou presque.

- Bon, Dumbledore, Rogue, ce manège a assez duré, décréta soudainement la jeune vendeuse. Retournez immédiatement à Poudlard. Le Ministère ne pourra que remarquer la pagaille que vous mettez à Londres.

Albus eut l'impression de se transformer en poisson rouge : sa bouche refusa de se fermer et sa mâchoire pendouilla lamentablement. Il n'y avait que deux personnes pour lui parler ainsi. L'une était Minerva et l'autre c'était...

- Amelia ! s'exclama-t-il encore sous le choc. Je ne vous avais pas reconnue. Je croyais que vous étiez une vendeuse moldue !

- Pas de ça entre nous, Albus. La directrice du département de la Justice magique balaya l'intervention du directeur d'un geste de la main. Vous rentrez maintenant.

Albus devait avouer qu'il n'avait jamais réussi à désobéir à son ancienne élève quand elle prenait cette voix. Et comme lui, Severus se faisait tout petit. En fait, personne n'osait contredire Amelia Bones quand elle était fâchée - une capacité utile en tant que juge puis directrice de département. Elle aurait fait une bonne professeure aussi, se dit Albus.

- La nature a, peut-être, ses raisons de faire des cœurs impitoyables.

- Ce n'est pas moi qui suis impitoyable, répliqua Amelia. Mais vous qui êtes impossibles ! Se comporter ainsi en public ! J'ai honte de vous connaître !

Oui, bon, maintenant Albus avait peur de regarder sa cadette. Mais c'était uniquement parce qu'elle les dérangeait. Pas du tout parce qu'elle était impressionnante ou parce qu'il avait peur que ses genoux tremblent trop s'il croisait son regard glacé. Pas du tout !

 

Alors il sortit du magasin la tête basse, fixant bien ses chaussures pointues. Evidemment il était hors de question qu'il s'en tire aussi facilement. C'était peut-être vrai qu'il avait dépassé les limites du drôle avec Severus mais il était tellement drôle de le titiller. Mais si Amelia était venue les prévenir... Il devait vraiment avoir exagéré. En tout cas, Severus l'abandonna aussitôt hors de la vue des moldus, le laissant affronter seul la colère d'Amelia Bones.

- A quoi avez-vous pensé, Albus ?

Albus se frotta le nez, un peu embarrassé. Il n'avait voulu que bien faire.

- Je voulais lui faire plaisir en lui offrant un maillot de bain ?

Même à ses oreilles, cela ne sonnait pas convainquant. Cela paraissait tout à fait improbable que Severus sache à quoi un tel vêtement servait ! Il devait lui payer des cours de natation en plus. Ou alors demander aux êtres du Lac Noir, ce serait peut-être plus économique.

- Albus, le Ministère vous suspecte, alors cessez ces enfantillages et comportez-vous de façon responsable. Les sorciers comptent sur vous !

- A quoi bon puisqu'ils me prennent pour un vieux fou sénile ? Un vieux fou juste bon pour s'intéresser à des maillots de bain...

Quoiqu'il en dise d'habitude, l'opinion publique lui importait quand même et il y avait des moments où le matin, devant son journal, il se sentait fatigué. Fatigué de ne pas être le fou qu'il semblait être.

- Et tous ceux dont ils n'impriment pas l'opinion ? Tous ceux qui croient en vous ? Tous ceux qui veulent faire quelque chose mais n'osent pas ? Tous ceux de votre Ordre du Phénix ? Ne comptent-ils pas ?

Amelia avait raison. C'était pour eux qu'il se levait tous les matins. Pour eux et pour les enfants qui ne devaient pas grandir sous le règne d'un mage noir. Il redressa la tête. Il était peut-être un vieux fou. Il dépassait probablement souvent les limites de ce que la société pensait acceptable, mais il y avait une autre limite au-delà de laquelle il allait : il pouvait faire en sorte que tout le monde sache que Voldemort n'avait aucune chance.

- Je te remercie, souffla-t-il.

End Notes:

Les citations de Shakespeare sont de (dans l'ordre d'apparition):

La comédie des erreurs
Songe d'une nuit d'été
Hamlet
Hamlet
Roméo et Juliette
Roi Lear
Jules César

Alors, vous auriez acheté ce maillot de bain ?

Regrets et remords by Carminny
Author's Notes:

Deuxième chapitre !

Thème : Regrets et remords

Emotion importante = Colère

Contraintes utilisées : 

- Placer les titres de 7 oeuvres de Zola dans le texte (Lazare ; Travail ; Renée ; Perrette ; Madeleine ; J’accuse… ! ; Justice) 

- Une partie de l'intrigue doit se dérouler sous la surface de la terre (au Ministère de la Magie)

- Un de vos personnages est fan de pisciculture et en parle à chaque occasion (Lazare Folverish)

Nombre de mots : 2458.

Auteur : Elyon.
Bonne lecture !

Tandis que la porte se referme après le départ de Harry, je baisse les yeux sur la bague à mon doigt. Lentement, pour la énième fois, je contemple ce qu'il m'en a coûté de vouloir m'empresser. Ma main noircie, brûlée, à la peau craquelée. Une main morte, rappel permanent de ce que mon empressement. Quand je pense que je suis censé être un grand sorcier... Machinalement, je la tourne. Une pierre noire ciselée de main de maître et un anneau d'or qui capte la lumière et semble l'emprisonner. A mesure que je la manipule, la voilà qui danse sous mes yeux, comme si j'avais attrapé un feu follet. Cette bague est magnifique, mais chaque interaction avec elle est ponctuée de regrets.

 

Le soir tombe sur l'école, je sais que personne ne viendra me déranger. La Pensine est toujours en place, je m'autorise encore une série de voyages dans ma propre psyché. Pointant ma baguette vers ma tempe, je regarde les filaments de ma mémoire se mêler au mystérieux liquide argenté. Puis je plonge à leur suite, me confronter à mon passé.

 

Je me retrouve marchant dans Londres, suivant un autre moi pressé. J'aurais pu transplaner, certes, mais mon état me pousse à préférer la marche, pour essayer de me calmer. Je finis par atteindre la cabine rouge semblable à des centaines d'autres dans la capitale, devant le mur couvert de graffitis. Banale par son aspect mais spéciale pour les sorciers. Alors que la porte se referme, je saisis le combiné et tape le code visiteur. Peu de temps après, la voix sort du combiné.

 

- Bienvenue au Ministère de la Magie. Veuillez indiquer votre nom et la raison de votre visite.

- Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore. J'ai rendez-vous avec Lazare Folverish pour une affaire concernant la prison d'Azkaban.

 

La voix se tait un instant puis revient.

 

- Les visiteurs sont priés de porter leurs badges bien en vue pour enregistrement au bureau de sécurité. Il est également rappelé de les remettre à ce même bureau lorsque vous partirez. Nous vous souhaitons une bonne visite.

 

Un badge argenté tombe dans la main de mon alter ego passé, sur lequel je peux lire mon nom compressé. Le temps qu'il le mette puis la cabine s'ébranle et nous descendons dans les profondeurs de la terre et du Ministère.

 

Après un passage à la sécurité, nous nous dirigeons vers les ascenseurs et le lieu de l'entrevue. Je sens à sa démarche et à mes propres souvenirs que je fulmine intérieurement mais que je fais un effort pour ne pas le montrer. Après quelques instants nous atteignons le niveau 2 puis la troisième des portes, qui s'ouvre en nous voyant arriver.

 

C'est d'un pas raide que nous passons la porte. A l'intérieur attend un homme de taille moyenne, les cheveux coupés courts et soigneusement peignés, portant une robe d'un noir sobre que ne vient ponctuer qu'un bandeau rouge en travers de sa manche permettant de distinguer sa fonction. Il m'accueille avec un sourire qui, sans être faussement amical, reste tout de même un minimum enjoué. Par simple politesse, je lui serre la main qu'il me présente, sans essayer de la broyer malgré l'envie qui ne manque pas intérieurement.

 

- Lazare.

 

Il s'arrête un instant, surpris, puis me fait signe de m'asseoir avant de lui-même prendre place. Dans son dos, un groupe de poissons danse une valse lente dans une série d'aquariums faisant la taille de la moitié du mur, surplombé par une forêt de dossiers et autres classeurs méticuleusement étiquetés, baignant la pièce dans une étrange atmosphère verdâtre qui me rappelle les cachots et que combattent valeureusement une série de lampes posées sur les étagères qui parsèment la pièce.

 

- Oh, vous avez remarqué ? J'ai eu un mal fou à convaincre le service de maintenance de me permettre de les amener ici mais que voulez-vous. Je ne rentre plus que rarement chez moi, ces derniers temps, avec toutes les affaires qui affluent. Mes pauvres petits devaient s'ennuyer dans leur étang. Rendez-vous compte de ce que j'ai manqué comme naissances ! Je suis un bien mauvais éleveur pour ces sympathiques animaux. Mais ils ne m'en veulent pas, heureusement.

 

Je reste stoïque pendant sa diatribe. Je commence à le connaître, je sais qu'il en a pour longtemps et continue de penser à ce que je vais lui dire. L'envie de hurler me prend maintenant comme je sais qu'elle m'avait alors pris. Elever la voix ne servirait toutefois à rien, je l'ai appris avec les années. Mais justement. Le vieil Albus le sait. L'autre, moins expérimenté, va le découvrir. Et je serai aux premières loges pour y assister.

 

- ... Regardez ce groupe d'esturgeons ! C'est ma dernière acquisition, j'ai décidé d'investir dans les acipenseriformes. Les chanos ne me rapportaient plus grand chose par rapport à ce qu'ils me coûtaient à importer, vous voyez, me dit-il en riant, comme s'il venait de faire la meilleure des plaisanteries.

 

Mon moi du passé reste de marbre. De glace. Il se contente de le regarder dans les yeux sans se détourner. Lorsque son interlocuteur l'aperçoit, il baisse un instant la tête, comme un élève pris en faute puis s'assoit à son tour et me fait signe qu'il m'écoute.

 

- Vous avez ma lettre, j'imagine, m'entends-je dire. Je n'ai pas besoin de vous réexpliquer la raison de ma venue. Morfin Gaunt. En prison pour l'assassinat de la famille Jedusor, en prison depuis plusieurs années chez vous. Laissez-moi vous poser une question, Folverish. L'avez-vous seulement examiné ? Interrogé ? Avez-vous fait le travail que vous êtes censé faire sur les détenus à votre charge ou bien ne vous souciez-vous que de la vie de ces poissons que vous élevez ?

 

Ma voix monte graduellement et je ne peux m'empêcher de penser que j'aurais pu rester calme et gagner ainsi en crédibilité. Mais je sais que cela n'aurait rien changé. Je le sais et m'en veux, car je réalise que j'avais besoin de hurler et que cet homme me servait d'exutoire.

 

- Je vous trouve bien sévère professeur, me répond-il. Je respecte vos talents magiques et votre intelligence mais ne vous autorise pas à marcher sur les plates-bandes du Ministère. Cet homme est un meurtrier qui a reconnu les faits. Nous l'avons soumis à toutes les procédures nécessaires, sans qu'il ne change de version. Et cela nous a aussi étonnés, voyez-vous.

Non professeur, le Ministère n'est pas rempli de Détraqueurs. Nous avons cherché. Sans trouver la preuve de l'innocence d'un homme qui se vantait d'avoir commis un triple assassinat de sang-froid. Travail plutôt difficile à effectuer sans a priori, vous en conviendrez. Pas autant certes, que le serait par l'exemple l'élevage de la truite arc-en-ciel en milieu urbain, mais ce sont des considérations pour un autre jour . Vous rendez vous compte de ce qu'aurait pensé la communauté sorcière si elle avait su que nous gardions libre un meurtrier de Moldus fier de son acte ? Mettez-vous à notre place quelques minutes, professeur. Puis vous pourrez revenir vous plaindre de ce que nous n'avons pas fait. Je m'intéresse plus à mes poissons qu'aux êtres humains sous ma responsabilité, selon vous, mais au moins je suis sûr que mes brochets n'iront pas commettre un massacre lorsque j'aurai le dos tournéDu moins tant que je les nourris suffisamment. Et croyez-moi qu'elle mange leur poids en Gallions ces bestioles.

- Et vous avez également sondé sa mémoire, j'imagine ?

- Albus, je ne viens pas vous apprendre votre métier, s'il vous plaît. Avec tout le respect que je vous dois, laissez le Ministère faire son travail et laissez-moi m'occuper de mes dorades. Vous n'imaginez pas les soins qu'elles demandent. Je dois sans cesse assainir leur eau, m'assurer qu'elles mangent suffisamment mais pas trop non plus, selon l'usage auquel je les destine, contrôler leur moral... Savez-vous que les poissons pouvaient déprimer ? Pour revenir à sir Gaunt, il nous y a autorisés, oui. Nous n'avons rien trouvé qui irait à l'encontre des faits. La remontée des sortilèges corroborait également la version connue de ce qui s'était passé.

 

Je me vois prendre ma respiration. Notre échange a été si cassant que, si les mots avaient forme physique, nous nous serions tous deux coupés. Je sais ce qui va arriver par la suite et une nouvelle fois j'ai envie de me faire taire, m'inciter au calme mais ne peux qu'observer.

 

- Avec le respect que je dois à votre institution,, il me semble que votre procédure, a été bâclée. Je suis allé à Azkaban il y a quelques semaines, où vous m'avez autorisé à voir le détenu Morfin. Et j'ai mené mon propre examen. Mes talents, pour vous citer, semblent être plus efficaces que ceux de l'entièreté de votre personnel médical puisque j'ai pu constater que sa mémoire avait été altérée. Et sa baguette... Comment considérez-vous comme preuve viable un outil que n'importe qui pourrait utiliser contre le gré de son auteur pour ensuite le faire accuser ? Car c'est qui s'est passé, Folverish, j'en ai la certitude. Et le résultat, à présent, c'est qu'un innocent attend à Azkaban, tandis que vous avez laissé fuir un meurtrier.

 

Je prends soin de marteler chacun des mots qui viendront, afin de m'assurer qu'il comprenne ce que je vais asséner.

 

- Vous avez aidé Voldemort.

 

Il marqua un temps d'arrêt, la peur se lisant un instant dans ses yeux à la mention de ce nom.

 

- Enfin professeur, s'esclaffe-t-il, cessez de me faire prendre des esturgeons pour des brochets, je connais la différence ! Ce n'est pas du tout le mode opératoire du Seigneur des Ténèbres et l'aversion de cet homme pour les victimes était connue du ministère. Je veux bien faire mon possible, si vous y tenez, mais je ne vous garantis rien. Je vous recontacterai dès que possible.

 

La porte du bureau se ferme puis le souvenir se dissout sous mes yeux pour se reformer quelques instants plus tard.

 

- ... Regardez-moi ces deux magnifiques spécimens Albus. Deux femelles, achetées il y a seulement quelques jours. J'ai décidé de les appeler Renée et Perrette. C'est un peu vieillot, j'en conviens, mais les brochets font partie de ces espèces à qui les noms anciens vont particulièrement bien. Je retrouve cela très souvent chez les espèces esociformes. Elles le montrent peu bien sûr, ce sont des poissons, mais elles sont très affectueuses. Ma plus ancienne pondeuse, Madeleine... Je jurerais qu'elle me reconnaît quand je viens la voir !  Les plus attachantes aussi, je trouve. Bien plus les hiboux pour certains. Ou les chats. Ne me parlez pas des chats ! J'ai un mal incroyable à les chasser de mes bassins, ils m'ont encore tué plusieurs spécimens cette semaine, c'est à en devenir fou ! Je...

 

Il s'interrompt. Je retrouve mon moi passé en face de lui, tout sourire absent de son visage tandis que j'ai moi-même l'image absurde d'un brochet affublé d'une charlotte et de lunettes en demi-lune tricotant dans un fauteuil à bascule.

 

- Au fait Lazare, s'il vous plaît. Je ne vous cache pas que ma patience s'émousse très vite, ne faites pas semblant d'éviter le sujet.

- Pardonnez-moi professeur, se reprend-il. Effectivement. Je suis désolé de vous l'apprendre, mais Morfin Gaunt est mort avant sa libération, les gardiens de la prison m'en ont informé. Il a été enterré à l'arrière de la prison. Apparemment, la nouvelle de sa libération ne changeait pas ses déclarations. Il était persuadé et toujours fier d'avoir tué ces Moldus. Croyez bien que nous avons fait notre possible, professeur, surtout suite à vos révélations, mais le même problème se rencontre aussi avec les poissons de temps en temps. Aussi triste que ce soit, j'ai eu plusieurs fois à abattre moi-même certains de mes plus beaux spécimens. Les pauvres devenaient dépressifs, sans place dans leurs bassins pour se mouvoir à leur aise...

- Lazare, vous et vos histoires m'insupportez au plus haut point ! J'ai dû attendre plusieurs semaines avant de recevoir votre convocation. Pourquoi ? Aviez-vous peur ? Vous me demandiez de ne pas vous dire comment faire votre travail, mais il semblerait que vous ayiez besoin d'être remis dans le droit chemin et peut-être que le Ministre lui-même devra vous le rappeler si vous persistez. J'accuse votre département et votre nonchalance d'avoir causé la mort de Morfin Gaunt et je vous ferais poursuivre devant le Magenmagot pour négligence grave si j'étais sûr que ça pouvait servir à quelque chose. De faire passer la vie de vos carpes avant celle d'un innocent !

 

Mon interlocuteur resta un instant comme l'animal susnommé.

 

- "J'accuse... !" dites-vous. Et quelle est votre position pour cela, professeur ? dit-il en appuyant le mot. Le ministère vous fait déjà une grande faveur en vous permettant d'intercéder pour un détenu multirécidiviste. Lorsque mes poissons deviennent agressifs, ils passent directement à la poêle ou sur l'étal d'un apothicaire du Chemin de Traverse. Les humains, eux, ont droit à une seconde chance et à une meilleure nourriture que je ne peux leur en donner. Vous rendez vous compte du prix des granules ? C'est prohibitif ! fait-il en ponctuant sa phrase d'un coup de poing sur la table, avant de se rendre compte qu'il a une fois de plus dévié du sujet initial.

Bref, se reprend-il, je veux dire que nous avons tenté tout ce qui était en notre pouvoir pour Morfin, quoi qu'il en soit. Justice est rendue, professeur, et ni vous ni moi ne pouvons désormais l'altérer.

 

Ces derniers mots font écho dans mon crâne alors que nous revenons à la surface de la terre puis parcourons d'un pas rageur les rues londoniennes avant que le souvenir ne s'achève. J'ai l'impression que ma tête pèse cinq fois plus lourd lorsque je la sors du bassin gravé de runes et reviens dans mon bureau. Morfin... Une autre victime de Tom Jedusor, et d'Azkaban que, alors que par cette bague la Mort se rapproche, je regrette de n'avoir pu sauver.

Parmi les fantômes by Carminny
Author's Notes:

Et voici le dernier !

Thème 3 : Parmi les fantômes

Objet important : Brouillard 

Les contraintes :

2 - Mentionner dans votre texte 7 nuances de vert (menthe/lichen/gazon/sapin/vert d’eau/émeraude/pomme)

7 - Un échange de clés doit avoir lieu

9 - Votre texte doit commencer par la phrase “Je me meurs !” et se terminer par “C’est la fin”.

Nombres de mots selon le compteur : 2475

Le dialogue en italique sont les répliques exacte de Dumbledore et Harry dans le Chapitre 35 : King's Cross du tome 7 Harry Potter et les reliques de la morts de JKR.

Nombres de mots selon le compteur : 2475

Auteur : Lilychx

Bonne lecture !

Je me meurs ! La lumière verte menthe m'a frappée en plein coeur. Le coup fatale lancé par Severus avait mis un terme à ma vie.  J'étais déjà en train de mourir à petit feu il n'a fait qu'achever ma souffrance et empêcher le jeune Malefoy de devenir un meurtrier. D'une pierre deux coups. Je suis mort. Et voilà que je chute. Une chute qui me semble durer indéfiniment. Je ne sens plus le poids de mon corps. Puis mes pieds ont touché le sol alors que tout semblait indiquer que ce serait mon dos qui le percuterait en premier. Mais mes pied se sont posés avec une délicatesse insoupçonné au vu de la grande vitesse avec laquelle je chutais quelques secondes auparavant, sur un sol que je ne vois pas. Je ne vois rien à vrai dire. Tout est flou. Pourtant mes lunettes sont bien sur mon nez. Autour de moi il n'y as qu'un brouillard épais et gris qui parfois prend une légère teinte vert lichen

Je marche sans but dans ce brouillard à couper au couteau. Je suis si vieux, je pensais que la mort serait moins sinistre. Qu'elle serait douce et enveloppante. Mais elle était froide et humide.  Et plus j'avance et plus des échos de ma vie résonnent dans le brouillard. Ici, les berceuse de ma mère quand j'étais enfant, les rires d'Ariana et d'Alberfort. Là, les bonbons aux citrons et les regard courroucés de Minerva. Et d'un coup se matérialisant dans un brouillard plus clair une scène qui s'était déroulée pendant l'été. Severus et moi dans un magasin de maillots de bain. Je ne peux m'empêcher de rigoler devant le ridicule de la scène. Severus Rogue dans un maillot de bain une pièce rouge. D'ailleur, voir cette scène de l'extérieur me fait me rendre compte qu'un maillot de bain vert gazon lui serait beaucoup mieux allé au teint. Puis une Amelia Bones en colère contre moi. La scène disparut pour laisser place à une autre. Celle de l'audience de Harry pour usage du sortilège du patronus en présence d'un moldu. Non vraiment, ma dernière année de vie n'a pas été de tout repos.

Plus les souvenirs tournoie dans le brouillard plus ils prennent vie. Puis tout s'arrête. Le brouillard perd toute couleur et tous les sons qu'il porte. Me laissant pantois. 

Puis petit à petit mes yeux s'habituant à l'étrange lumière ambiante, je crois percevoir une forme se découper. Oui, un homme avance vers moi. Plus il se rapproche et plus je me sens étrange, j'ai l'impression de connaitre cette personne. Il arrive face à moi, translucide, un fantôme, Perceval Dumbledore, mon père. Ma gorge se serre et je fond en larme.

- Père, je n'ai pas su les protéger.

- Ce n'était pas à toi de les protéger, Albus, tu n'étais qu'un enfant.

- Non ! J'étais égoïste !

- Bien sûr que tu étais égoïste. tu étais un enfant, les enfants sont égoïstes, c'est leur rôle de l'être. Ils ont la vie devant eux pour apprendre à ne plus l'être. 

- Tout ce qui est arrivé est de ma faute.

- Non Albus, c'est de ma faute. J'aurais dû me maîtriser, garder le contrôle de ma colère et ne pas m'en prendre à ces moldus malgré le mal qu'ils ont fait à ta soeur. Si j'avais su me contrôler, je n'aurais pas fini ma vie à Azkaban et j'aurais pu continuer de vous protéger. C'était mon devoir de père de vous protéger. C'est moi qui ai échoué dans cette tâche. Alors ne pleure plus, Albus.

Le fantôme de mon père disparut dans le brouillard pour laisser un autre s'approcher de moi. Ma mère, Kendra Dumbledore. Son visage est dur et fermé.  Elle semble en colère, je peux voir ses mâchoires se contracter. Elle ne parle pas et des larmes semblent couler en continue de ses yeux. J'ai tué son unique fille. Ou du moins je n'ai pas su empêcher sa mort. Ma mère disparaît sans rien me dire.

Norbert Dragonneau fit son apparition un sourire en coin accroché sur les lèvres. Cet être un peu timide encore présent dans sa manière de se tenir. Réconfortant après la vision de ma mère.

- Albus ! 

Norbert est mort depuis des années et pourtant il se tient là devant moi comme il était à la fin de sa vie. Un vieillard joyeux, lumineux aux yeux pétillant. Il est enjoué. Un fantôme de niffleur sur l'épaule. Son niffleur qui l'a accompagné toute sa vie et qui l'a suivi dans la mort.

- Je savais que tu viendrais par-là tôt ou tard.

- La vie en a eu assez de moi.

- Non, c'est la mort qui était impatiente de t'avoir avec elle !

On rit, puis avec un signe de la main, il disparaît.

Lily, James, Sirius, Remus, Nymphadora, Alastor. Tous sont là, pourtant certains ne sont pas mort. Ils me sourient tous. Le temps n'est pas le même ici. Remus, Nymphadora et Alastor ont dû mourir après moi mais eux aussi doivent être coincés dans cet entre-deux avant de pouvoir faire leur choix final. Je suis triste de ne pas être parvenu à stopper cette guerre avant qu'ils ne soient condamnés. Mais ils n'ont pas l'air de m'en vouloir. Ils me sourient tous autant qu'ils sont et disparaissent dans le brouillard.

Gellert Grindelwald s'approche, il a les traits de sa jeunesse et bien que tout son corps soit translucide et non tangible comme tout bon fantôme, son manteau lui semble fait de matière verte sapin, très sombre flottant dans un vent imaginaire. Il ricane.

- Tu n'es donc pas parvenu à trouver les reliques de la mort.

- Détrompe toi, Gellert, je les ai même eu toutes en ma possession pendant une courte période.

- Et pourtant te voilà. 

- Et pourtant me voilà. J'ai été tenté de me servir de la pierre de résurrection et c'est ce qui m'a coûté la vie.

- Comment la pierre de résurrection à pu te coûter la vie à toi ?

- Elle a été utilisé pour héberger un morceau d'âme.

- Un horcruxe ? Qui à pu transformer une des reliques en horcruxe ? Non, ne me dis rien, c'est ce "Lord Voldemort" qui à fait ça. Il m'a tué pour retrouver la baguette que tu m'as volée.

- Oui.

- Pff ! On est deux vieux fous, on s'est laissé battre par un gamin inculte et faible qui ne sait même pas ce qu'est la véritable puissance ! Mais bon, passons, nous ne pouvons plus rien y faire maintenant. Dis-moi, comment tu as mis la main sur les deux autres reliques ?

- La pierre était restée dans la maison des Gaunt, descendants directs de Salazar Serpentard mais également de Cadmus Peverell. La pierre était sertie en bague. Lord Voldemort est le dernier des Gaunt. Il l'a découvert et a trouvé la pierre dans la maison de son grand-père. Moi, je l'ai trouvée en cherchant à détruire ce qui maintient en vie Voldemort. La cape, c'est une autre histoire. Elle a été sous mon nez pendant très nombreuses années sans que je ne m'en aperçoive. Ce sont les Potter qui la détenaient, ils sont les descendant d'Ignotus Peverell, elle est donc resté dans la famille et elle l'est encore. Elle appartient désormais à Harry Potter.

Gellert hoche la tête. Il cherche dans ses poches et sort une clé rouillé. Il me la tend.

- Tu as réussi là ou j'ai échoué. Au final, tu es vraiment le meilleur de nous deux. Tiens, tu en auras besoin.

J'attrape la clé et Gellert disparaît.

Combien ? Combien d'autres vont défiler ? Je ne sais pas si je peux en supporter plus. Est-ce que c'est ma sentence pour tout le mal que j'ai fait ? Puis, comme un coup de grâce pour mon âme, s'approche de moi une petite silhouette dont la robe comme tout le reste de son corps est translucide, mais je la connais bien cette robe qui tournoie à chacun des pas bondissant de la petite fille. Je sais qu'elle est de couleur vert d'eau et que la petite dentelle qui la rehausse est blanche. C'est la robe dans laquelle nous avons enterré ma petite soeur Ariana.

- Albus ? Pourquoi pleures-tu ?

Je pleure pour tant de choses. Je pleure de me rendre compte que ma vie est remplie d'erreurs et de souffrance. Que malgré l'amour que j'ai porté aux personnes qui m'étaient chères ne les a pas empêchées de souffrir et de mourir. Mais je suis incapable de lui avouer. C'est ma petite soeur, je ne peux pas lui déverser le poids de ma douleur sur les épaules.

- Je pleure parce je suis heureux de te revoir.

Ce n'est pas totalement un mensonge. Je suis réellement heureux de la revoir et dans mes larmes il y en a qui sont de joie. Par je ne sais quel miracle Ariana attrapa ma main avec la sienne. Et d'un coup elle retrouva toutes ses couleurs et sa tangibilité. Mais puisque je suis moi même mort cela doit être normal.

- Pourtant on s'est vus hier. Mais c'est vrai que tu as affreusement vieilli. 

Ariana plonge sa main dans une poche caché dans les plis de sa robe et en ressortit une petite clé dorée. 

- Tu as le choix entre utiliser cette clé ou celle que tu as dans ta poche.

- D'accord, mais qu'ont-elles de différent ?

- Celle dans ta poche te permettra de retourner parmi les vivants sous une forme amoindrie, sous forme de fantôme. Celle que je tiens là, elle montre la petite clé dorée, te permettra d'aller plus loin.

Je sors la clé rouillée que Gellert m'a donnée. Je la retourne plusieurs fois entre mes doigts. Ce choix je l'ai déjà fait de mon vivant et j'ai accepté la mort comme une amie, ce n'est pas maintenant que je vais changer d'avis. Je tends ma clé rouillée à Ariana.

- Je crois que je préfère la tienne.

Ma petite soeur me sourit, elle attrape ma clé rouillée et me donné la petite clé dorée.

- J'étais sûre que tu choisirais la mienne. Mais avant de pouvoir continuer, tu as encore deux tâches à accomplir. Deux âmes que tu dois aider. Moi, ma tâche est finie.

Ariana se hisse sur la pointe des pieds. Je me penche légèrement et sens ses petites lèvres déposer un baiser sur ma joue. Puis elle disparaît à son tour comme tous les autres fantômes avant elle. J'ai le coeur plus léger à présent. Ariana est morte mais elle ne m'en veut pas. Elle n'a ni rancune ni haine envers moi. C'est elle qui m'a offert la clé qui me permettra de la rejoindre pour toujours.

Mais je dois d'abord m'acquitter de ma tâche comme elle a réalisé la sienne. Qui puis-je aider ? Je suis mort.

Le brouillard gris et sombre devint clair et brillant. Les alentours semblaient s'inventer eux-mêmes devant ses yeux. Un espace grand ouvert, brillant et propre, un hall bien plus grand que la grande salle, avec ce plafond de verre clair en forme de dôme. Il était presque vide. Non, Harry est là, penché à regarder sous un banc une forme atrophiée. La partie de l'âme de Voldemort qui s'était caché à l'intérieur même du garçon.

- Tu ne peux pas l'aider. Harry se tourne vers moi

- Harry ! Merveilleux garçon. Courageux, courageux garçon. Marchons. 

- Mais vous êtes mort  

- Oh oui  

- Alors... Je suis mort moi aussi ?  

- Ah... C'est la question n'est-ce pas ? Franchement, cher garçon, je ne pense pas que tu sois mort. 

- Pas mort ? 

- Pas mort.

- Mais... Mais j'aurais dû mourir. Je ne me suis pas défendu ! Je voulais le laisser me tuer ! 

- Et ça aura, je pense, fait toute la différence.

Plus on discute, plus Harry semble prendre sa décision. Il comprend enfin. Toutes les pièces du puzzle sont enfin réunies. Lui aussi a accueilli la mort comme une amie mais lui il a le choix. Pas le choix que j'ai eu, moi, non, le véritable choix de revenir à la vie, la vrai vie. Harry soupire puis plante son regard vert émeraude dans le mien. 

- Dites-moi une dernière chose, est-ce réel ? Ou ceci a-t-il eu lieu dans ma tête ?

- Bien sûr que tout ceci a lieu dans ta tête, mais pourquoi donc cela devrait signifier que ce n'est pas réel ? 

Harry disparaît. Il est allé rejoindre les vivants. Le brouillard perd toute sa blancheur et devient si sombre et si dense que je n'y vois presque plus. Mais j'entends. J'entends quelqu'un hurler de rage, de peur, de dépit.

Tom Jedusor est là sur le sol. Harry a réussi. Le monde est libre de tout mage noir. Pour le moment. 

- Tom, c'est fini. Viens, tu vas voir la mort n'est pas aussi terrible que tu le penses.

Je m'accroupis près de ce corps tremblant. Il n'a plus rien d'humain. Je pose ma main sur l'épaule de Voldemort. Ses tremblements se calment légèrement.

- J'ai échoué ! Après tout ce que j'ai fait, personne n'est allé aussi loin que moi, j'étais immortel !

- A quel prix ?

Je l'aide à se relever.

- Il est temps, Tom, de faire face à la réalité de la vie. Elle a une fin.

- Je sais. Mais je ne voulais pas.

Peu à peu Voldemort retrouve son visage humain. Il devient l'homme qu'il aurait pu être sans sa quête vaine de pouvoir et d'immortalité.

- Ce sont nos actes seuls qui peuvent devenir immortel.

Tom rit.

- Alors finalement j'ai peut-être réussi ? Je doute que le monde magique oublie mon nom et ce que j'ai fait.

- En effet Tom, je pense aussi que ton nom aussi bien Lord Voldemort que Tom Jedusor restera longtemps dans la mémoire collective.

Une porte peinte en vert pomme apparaît. Tom tient mon bras, il tremble légèrement. 

- Je crois qu'il est temps pour nous de continuer. Tu veux que je t'accompagne ?

- De toute manière je n'ai plus vraiment le choix.

- Non, effectivement, Tom.

J'insère la petite clé dorée qu'Ariana m'a donnée dans la serrure. La porte s'ouvre. Derrière une lumière vive. Accompagné de Tom, je passe la porte et, pour nous deux, c'est la fin.

Insaisissable by Carminny
Author's Notes:

Bonjour à vous !

Voici le premier chapitre de la dernière épreuve des reliques de la mort. Les grenouilles vous présentent "Combats et déchirement de Maisie Cattermole"

Ce premier chapitre répond aux contraintes suivantes :

Thème : Insaisissable

Personnage à placer : Reginald Cattermole

Contraintes :
1 - Décrire un objet du paysage pendant au moins 200 mots. (250 selon le compteur)
7 - Faire apparaître un canard dans le texte. Ce canard ne doit pas être juste en arrière-plan ou simplement mentionné au détour d'une phrase, mais il n'a pas à avoir un rôle de première importance non plus.
9 - Faire apparaître un personnage d’un livre ou d’une série télé que vous appréciez. Ce personnage doit avoir une certaine importance dans le texte et interagir avec vos personnages HP.

Nombre de mots : 2180

Auteur : Lilychx

 

Bonne lecture !

J'étais seule dans le couloir. Je me rendais à la grande salle pour le petit-déjeuner. C'est là que je l'ai entendu pour la première fois. Un bruit étrange. À la fois métallique, aiguë et sourd. Un bruit comme on peut en entendre dans les rues moldues de Londres. Je n'y ai pas vraiment fait attention sur le moment.

 

La deuxième fois, j'étais avec ma meilleure amie Rose. Je l'aime bien, Rose. On est toutes les deux à Poufsouffle en sixième année. Dès notre première année, on a accroché et on est devenues inséparables. On marchait tranquillement après le repas de midi pour se rendre à notre cours de potion. Ce qui m'a rassurée, c'est qu'elle aussi a entendu ce bruit. Ce n'était donc pas dans ma tête, il y avait bel et bien quelque chose. On a cherché pendant un moment d'où provenait ce bruit. Mais pas moyen de mettre la main sur la chose qui créait ce bruit. Puis ça s'est arrêté.

 

Le soir, en me rendant au dîner, j'étais de nouveau seul et une fois de plus, ce fichu bruit a retenti. Une fois de plus, je ne suis pas parvenu à trouver son origine.

 

Le lendemain, j'ai passé toute la journée à entendre ce fichu bruit au détour des couloirs quand j'étais seule ou accompagnée de Rose. Parfois, le bruit était associé à une apparition floue légèrement bleutée. Et chaque fois que je m'approchais pour savoir ce que c'était, ça s'évanouissait. Plus j'entendais le bruit et plus j'étais énervée par cette présence insaisissable.

 

Rose et moi étions tranquillement installées sur mon lit. On discutait des élèves qui disparaissaient de l'école et du climat anxiogène qui était instauré par les Carrow et le directeur Rogue. Poudlard ne ressemblait plus à ce qu'on avait connu. Et on allait devoir y passer encore un an supplémentaire. Rose m'avait dit que ses parents avaient longuement hésité à la scolariser dans un autre pays le temps que la guerre passe. Et mes parents n'avaient pas le moyen de nous emmener ailleurs, mon frère, ma sœur et moi. Mon père travaillait toujours Département de la maintenance magique du ministère de la Magie et ma mère allait se faire juger par ce même ministère pour déterminer le statut de son sang. On devait rester ici et survivre quoi qu'il se passait. Et dans le fond je trouve ça pas plus mal. Comme ça nous aurons une chance de nous battre pour nos valeurs et de venir en aide à nos amis. Alors que nous commencions à changer de sujet le bruit insaisissable se fit entendre. Mais cette fois il était beaucoup plus fort et venait de notre dortoir même. Et cette fois, le bruit s'arrêta au moment où se matérialisait un objet énorme dans notre dortoir.

 

Une boîte bleue. Très bleue. Un bleu profond et sombre. Grande, très grande, aussi grande que les lits à baldaquins qui occupaient la pièce. Assez large. C'était à se demander comment elle avait réussi à se glisser entre les lits de la pièce. À bien y regarder cela ressemblait aux sortes de boîte à "télé-fun" que j'avais vu il y a quelques étés dans le monde moldu. Sauf qu'elle était deux fois plus grosse et bleue. Toutefois elle ne devait pas faire plus de deux mètres carré de superficie. Ce qui prenait déjà suffisamment de place dans le dortoir. Au-dessus des deux portes, qui ne semblait pas spécialement solides, il était inscrit "POLICE PUBLIC CALL BOX" en lettres blanches et lumineuses sur un fond noir. Cela ne ressemblait pas à de la magie, mais plutôt à ce que le Moldus appelaient "Electricuité" et si je me souvenais bien, Police, c'était le mot que les moldus utilisaient pour désigner les Aurors moldus. Cette boîte était donc moldue. Il y avait sur le haut des portes quatre carreaux en verre, certains blancs et légèrement opaques d'autres transparents, à travers lesquels filtrait de la lumière. Il y avait également un écriteau sur la porte de gauche et une cheminé qui clignotait sur son toit. Le bois qui la composait donnait l'impression d'avoir vécu des siècles. La peinture s'était craquelée en divers endroits. Elle émettait un ronronnement. Le plus étrange était qu'elle semblait respirer. 

 

La question qui me taraudait le plus, était, comment cette boîte avait fait pour apparaître ici.

 

Et alors que je pensais que la situation ne pouvait pas devenir plus étrange, la porte de la boîte s'ouvrit sur un homme habillé comme un moldu, costume bleu marine et grand manteau marron, avec sous le bras un canard et dans l'autre main une sorte de baguette en métal dont le bout clignotait d'une lumière verte. Et surtout, il ressemblait comme deux gouttes d'eau à Barty Croupton Junior. Le mangemort qui avait été arrêté dans l'enceinte de Poudlard durant ma troisième année. Rose et moi eûmes un mouvement de recul. Qu'avions nous fait pour qu'on nous envoie l'un des plus terribles des mangemorts ? Même si là, il avait l'air inoffensif et particulièrement joyeux. C'en était déroutant.

 

- Maisie Cattermole ? demanda-t-il d'une voix enjouée.

- Euh... Oui. Bredouillais - je.

L'homme replongea la tête dans sa boite et se mit à appeler quelqu'un.

- Reg ! On l'a enfin rattrapée ! Elle est juste là !

J'entendis des bruits de pas précipités, mon cœur loupa un battement, j'étais terrifiée certaine que ma dernière heure avait sonnée. Puis les deux portes de la boîte s'ouvrir en grand laissant passer Reginald Cattermole, mon père. Derrière lui, on pouvait voir l'intérieur de la boite, bien plus grand que l'extérieur pouvait le laisser entendre. Un sort d'extension parfaitement réalisé. Mon père me serra fort dans ses bras. J'étais soulagée. Je ne savais pas qui était l'homme au canard, mais c'était sûr que ce n'était pas Barty Croupton Junior.

- C'est qu'avec toutes ses ondes qui interfèrent on a eu du mal à saisir ton empreinte, jeune fille, lança avec un grand sourire l'étrange homme de la boîte. Tu étais devenue presque aussi insaisissable que Gallifrey après la guerre du temps.

Je ne comprenais rien de ce qu'il racontait. En plus, il avait un côté assez ridicule avec son canard sous le bras. Canard qui de plus était vivant et n'avait pas l'air d'apprécier d'être porté de la sorte.

- Papa, c'est qui cet homme ? Et comment avez-vous fait pour pénétrer dans l'enceinte de Poudlard ? Et c'est quoi cette boîte bleue ? Et surtout qu'est-ce que tu fais là ? Je croyais que maman avait des problèmes avec le ministère et que tu devais être auprès d'elle ?!

- Calme-toi, Maisie. Tout va bien. Cet homme, c'est le Docteur.

- C'est un Moldu ?

- Pas exactement si j'ai bien compris, il ne vient pas de cette planète. Et si j'ai pu venir ici, c'est grâce à lui et à sa machine. La grosse boîte bleue là. C'est une espèce de moyen de transport. Et comme il ne fonctionne pas grâce à la magie, il ne peut pas être détecté par les sorts d'anti-transplanage de l'école.

- Une machine ?

Le docteur, s'avança vers nous.

- Ce n'est pas une vulgaire machine, c'est un TARDIS, Temps A Relativité Dimensionnelle Inter Spatiale ou comme je préfère le dire Transport Aérien Révolutionnaire Développé avec Infiniment de Style.

- Temps à relativité dimensionnelle inter spatiale ? Vous voulez dire que cette chose peut voyager dans le temps en plus de dans l'espace ?

- Mais c'est que tu es très intelligente ! Lança le docteur. Est-ce que par hasard, tu saurais rendre à mon amie ici présente, il me tendit le canard, sa forme originelle ?

- Euuu.... C'est de la métamorphose très avancée et tout dépend de sa forme originelle comme vous dites.

- Ah, oui, je comprends, c'est un seigneur du temps ou plutôt de l'étang à présent, hein, Missy ?

Il rapprocha de son visage l'oiseau, qui se mit à battre des ailes et cancaner violemment. Rose eut le bon goût de lancer un collaporta sur la porte et les fenêtres pendant que je lançais un sort de mutisme sur notre dortoir pour éviter que des indiscrets viennent voir ce qui faisait tout ce raffut.

Le Docteur lâcha le volatile qui se mit à chercher frénétiquement un moyen de s'échapper et finit par s'engouffrer à l'intérieur de TARDIS. 

- Rattrapez ce canard ! Il ne faut pas qu'il se perde dans le TARDIS où on n'arrivera jamais à lui remettre la main dessus ! Cria le Docteur en s'engouffrant à la suite du volatile.

Comme nous n'avions pas vraiment autre chose à faire, mon père, Rose et moi nous lançâmes également à la poursuite de "Missy". Le volatile était particulièrement insaisissable, très agile et très hargneux. Mais Rose finit par lui lancer un petrificus totalus alors que le canard était en plein vol. Il chuta lourdement sur le sol.

- Vraiment très utiles vos sorts ! Le docteur semblait particulièrement heureux d'avoir couru à travers tout le "poste de commande" comme il disait. Et donc pour Missy, tu penses pouvoir lui rendre son apparence ?

Avec Rose, on regarda attentivement le canard. Je ne savais pas ce qu'était un seigneur du temps. Et de plus, ce canard ne semblait pas avoir subi de sortilège. On testa tout de même quelques contresorts de base et certains sorts de métamorphose. Mais rien ne fonctionna hormis transformer le plumage brun de l'oiseau en violet criard.

- Vraiment désolée, mais il faudrait voir ça avec quelqu'un de plus expérimenter dans le domaine de la métamorphose. Si vous le pouvez, vous devriez aller voir le professeur McGonagall, je pense qu'elle peut rendre à votre amie sa véritable forme.

- Humm... Ce n'est pas grave, merci d'avoir essayé. Puis le Docteur parla une fois de plus au canard. Désolée Missy, tu va devoir rester comme ça encore un moment. Mais je trouve que cette couleur t'embellit.

Missy lui lança un regard aussi noir que le pouvait sa condition de volatile.

Mon père s'approcha de moi.

- Maisie, je suis venu te chercher pour te mettre en sécurité avec ta mère, ton frère et ta sœur. Ce bon Docteur à la gentillesse de nous mettre en lieu sûr jusqu'à la fin de toute cette histoire.

Je sentit l'indignation monter en moi. Certes, je n'étais pas la personne la plus courageuse du monde, mais puisqu'on était ici, je voulais me battre. Me battre pour notre façon de vivre, me battre pour ma famille, me battre pour mes amis, me battre pour notre monde. Que mon père cherche à protéger sa famille, je le comprenais, mais qu'il m'oblige à fuir ça, c'était inacceptable.

- Non !

- Comment ça non ?!

- Papa, je ne fuirai pas. Je suis presque majeure, je suis une sorcière compétente. Si mes amis se battent, je veux être là pour les aider. Nous sommes l'avenir, nous devons nous battre pour qu'il soit celui qu'on a envie de voir ! Que ça te plaise ou non, je reste !!

- Sacré caractère, la petite ! Elle me plaît beaucoup, Reg !

Mon père me regarda avec des larmes aux yeux pendant quelques instants avant de se reprendre.

- Tu as raison. Je ne t'obligerai pas à me suivre si tu veux rester.

Il me serra une fois de plus dans ses bras. Puis il décrocha sa montre de son poignet pour l'accrocher au mien.

- Je comptais te l'offrir pour tes dix-sept ans, mais je pense que tu la mérites déjà. Fais attention à toi.

- Promis. Embrasse maman pour moi.

- Je n'y manquerais pas.

Rose et moi sortirent finalement du TARDIS et sur un "ALLONS Y !" Du Docteur la machine disparut. Ne restait dans nos oreilles que l'insaisissable bruit dont personne ne pouvait précisément dire d'où il venait et ce qui le causait.

 

Je m'écroulais ensuite sur mon lit avec la certitude que mon choix me précipitait vers une mort précoce. Quelle idée avais-je eu ! Rester et me battre. Je soupirais.

 

Je finis par me redresser pour faire face à Rose.

 

- Il faut que tu me promettes une chose.

Mon amie avait le regard inquiet. Ma décision ne lui plaisait pas et ça se voyait. J'avais eu l'opportunité de fuir et me mettre à l'abri de ses événements sordide et je ne l'avais pas prise.

- Promets-moi que rien de ce qui vient de se passer ne sortira de ce dortoir.

Rose acquiesça de la tête. On annula le sort de mutisme et le sort de collaporta. On resta tout le reste de la soirée dans le silence perdu, chacune dans nos pensées.

 

 

End Notes:

Alors qu'en pensez-vous ?

Sycophante by Carminny
Author's Notes:

Pour ce deuxième chapitre, les contraintes sont :

Thème : Sycophante

Sort à placer : Aparecium

Contraintes :

4 - Décrire sur 100 mots un personnage en utilisant exclusivement des comparaisons avec un ou plusieurs animaux.

5 - Votre personnage est coincé dans un lieu qui l’effraie.

8 - Ecrire en boule de neige sur 200 mots. (la première phrase fait 1 mot, la deuxième phrase 2 mots etc…).

Nombre de mots : 2432

Auteur : Elyon

 

Bonne lecture !

- Alors, Miss ? Vous vous êtes souvenue de ce que vous vouliez nous dire ?

 

Mes yeux rencontrent ceux de mon interlocuteur, alors que nous occupons tous les deux l'ancien bureau du professeur Rogue, du temps où il était encore à ce poste et non pas directeur. Les murs aveugles, les armoires sombres, les schémas de loups-garous, vampires et Inferi, la pénombre générale de la pièce... Tout cela m'oppresse. Et les orbites morts des crânes qui parsèment les étagères me font frissonner. Je n'aimais déjà pas ce bureau la première fois que j'y suis allée mais cette fois-là j'ai encore plus l'impression qu'ils vont me sauter à la gorge. Si ce lieu a encore un lien avec les Forces du Mal, ce n'est en tout cas plus pour s'en défendre. Et j'ai mis toute seule la main dans la gueule du loup-garou. Je n'ai pas d'autre choix que d'y passer les prochaines minutes. 


"Promets-moi que rien de ce qui vient de se passer ne sortira de ce dortoir."

Je prends une grande inspiration avant de répondre. Je suis désolée Maisie.

 

---

 

Nous sortons du dortoir après en avoir annulé le confinement, puis retournons en cours tandis que j'essaye d'assimiler ce à quoi je viens d'assister. Toute la journée cette image tourne dans ma tête. La mystérieuse boîte bleue, cet homme. Ce... Ce canard ? Et lui. Le père de Maisie. Je suis intriguée bien sûr, mais je me retiens d'en parler. La journée passe normalement et je retourne me coucher en me disant que j'oublierai bien cela dans les prochains jours...

 

J'ai eu tort. C'est de pire en pire. Ce secret que Maisie me demande de garder me vrille la tête, tournant comme un hippogriffe en cage. Je fais de mon mieux pour le contenir mais il faut croire que je n'ai pas été assez prudente. En fin d'après-midi, un homme s'approche de moi dans le parc.

 

- Miss ? Suivez-moi. Le professeur Carrow veut vous voir. 

 

Je m'exécute et nous nous rendons au bureau du nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal. Ou plutôt de Forces du Mal, comme cela s'appelait maintenant. La porte s'ouvre d'elle-même lorsque nous arrivons et je rentre à l'intérieur tandis que mon accompagnateur attend dehors.

 

- Bonjour Rose. Asseyez-vous, je vous prie.

 

Une fois que je l'ai fait, Carrow se lève de son propre fauteuil et s'approche de moi. Il avait les yeux bizarrement divergents, comme une sorte de poisson rouge qui aurait pris forme humaine mais la voix sifflante comme un serpent, les mains aux ongles anguleux telles les serres d'un rapace, les cheveux d'un gris sale, gangrené, comme un rat malade, aussi rêches que le poil d'un chien errant et la robe d'un noir de corbeau, ainsi que des manières, doucereuses et sournoises comme un chat glissant le long des jambes pour réclamer des caresses. Son sourire enfin, dévoilait ses dents jaunies de vieux loup malade, presque aussi aiguisées que celle de l'animal en question. 

 

Cet homme avait beau essayer de ne pas le laisser voir, il était dangereux. Je le savais, il le savait, le monde sorcier le savait depuis qu'il avait rejoint les rangs du Seigneur des Ténèbres et que lui et sa soeur n'avait, depuis, jamais été attrapés par les Aurors. Et c'était aujourd'hui un de mes professeurs...

 

- Vous allez bien, Rose ?

 

Un instant déstabilisée par le ton amical, je me reprends avant que ma gêne ne devienne visible.

 

- Oui, professeur.

 

- On me rapporte que vous êtes plutôt... stressée, ces derniers temps. Rien ne s'est passé d'embarrassant dans votre vie ? Que vous voudriez garder pour vous ? Que l'on vous a demandé de garder pour vous ? dit-il en insistant sur le "demandé".

 

J'hésite un instant, que j'espère court mais qui me semble durer une heure, essayant désespérément d'avaler cette boule de plomb qui a élu domicile dans ma gorge. Je ne peux pas, je ne dois pas... J'ai promis... Et surtout pas à lui !

- Non, professeur. Rien qui ne vaille de vous importuner.

 

Il prend note de ma réponse avant d'enchaîner.

- Vous êtes amie avec miss Cattermole, c'est bien cela ?

 

Au nom de Maisie, mon estomac fait un salto. Je prie pour que cela ne se remarque pas.

 

- Oui, professeur, je la connais depuis la première année, dis-je d'une voix peu assurée.

 

- Si les problèmes ne viennent pas de vous, peut-être sont-ce les siens qui vous tracassent ?

 

L'air autour de moi semble s'alourdir, se solidifier, comme si j'étais emprisonnée dans un bloc de glace. Comme étouffée par une porte épaisse, la voix de Maisie revient dans ma tête. "Promets-moi que rien de ce qui vient de se passer ne sortira de ce dortoir."

 

- Non, professeur. Elle va bien elle aussi, de ce que j'en sais. Je vous en prie, ce n'est rien. Une simple déprime passagère. Les devoirs, vous comprenez... Et les examens qui arrivent.

 

- Je vois. Vous en parlez à vos parents ?

- Non, professeur. Je sais que cela passera tout seul, je ne veux pas les ennuyer avec ça.

 

- Ecrivez leur quand même, Miss. Je suis sûr qu'ils seraient ravis d'avoir de vos nouvelles. Comme cela pourrait changer votre vie d'en avoir des leurs.

 

Son sourire semble sincèrement compatissant mais ses yeux froids me font courir un frisson dans le dos, accentuant la méfiance que j'avais déjà envers lui.

 

Il se lève à nouveau puis va ouvrir la porte.

 

- Je vous remercie Rose, ce sera tout. Vous pouvez y aller. Profitez donc du soleil tant que vous en avez encore l'occasion. La météo semble maussade dans les jours à venir, si on en croit la Gazette. Un orage approche. Et n'oubliez pas d'écrire à vos parents, même un simple mot. Je suis sûr que cela leur ferait plaisir.

 

- Au revoir, professeur.

 

- N'hésitez pas à revenir si quelque chose devait vous tracasser, Miss, dit-il en arborant toujours un large sourire. Ou vous revenir.

 

Je m'en vais sans demander mon reste tandis que la dalle de béton qui pèse sur mon thorax a l'amabilité de repartir d'où elle vient, me laissant enfin respirer librement.

 

Sortir dans le parc me permet de m'apaiser encore un peu plus et je vais me poser contre un arbre pour contempler le lac en pensant à ce que je viens de vivre. Même si je me méfie de lui, le professeur Carrow n'a pas totalement tort. Ecrire, à défaut de m'apaiser, me distrairait sûrement quelques instants. Je m'en vais donc vers la volière pour leur envoyer un court mot les informant de ma santé et de ma vie. Somme toute banale, cette action me soulage plus qu'elle ne devrait. Dans quelques jours, j'aurais ma réponse !

 

Je suis dans la Grande Salle lorsqu'elle arrive. Le moyen duc que j'avais envoyé vient me voir alors que je finis mon petit-déjeuner et, si banale que soit cette arrivée, j'en souris intérieurement. Enfin, des nouvelles de mes parents ! Je prends le rouleau de parchemin et l'emporte dans ma chambre sans même l'ouvrir, attendant d'être assise sur mon lit pour le lire. Mais ma joie s'évanouit au moment où je le déroule.

 

Rien ! Comment ça ? Il est vierge ! Et des deux côtés ! Que cela veut-il dire ? Pourquoi donc mes parents auraient-ils... ? Je ne veux pas croire, et pourtant ! Et pourtant la preuve est là, devant moi ! Quelque chose a dû leur arriver, je le parierais ! Mais je ne sais pas quoi et, mon anxiété croît. Blizzard inexorable grandissant dans mon coeur, me paralysant progressivement chaque membre. J'ai peur de lancer ce sort que je connais depuis août. Ce sort que mon père m'a appris au cas où, où quoi ? J'ai peur de ce que je pourrais lire en noir sur blanc bientôt. Je sais que je ne vais pas résister longtemps à mon inquiétude mais elle grandit. Elle grandit et m'empêche de la combattre : c'est un piège où je me lance. Je m'y lance, me précipite, je ne peux m'empêcher de m'inquiéter pour mes parents. C'est absurde mais mon inquiétude me paralyse et pourtant bouger est la seule solution à cette peur.  Finalement, j'arrive à saisir ma baguette, simplement glissée dans la poche arrière de mon jean, et la tend. Ma main droite tremble plus qu'il ne l'est permis mais je ne fais rien pour l'en empêcher.

 

Je passe ma langue sur mes lèvres sèches. Je peux lancer ce sort, je le connais, je dois le faire.

- Aparecium, prononce-je, la voix tremblante.

J'espère juste qu'ils vont bien. Je l'espère tellement. Malgré tout ce que je sais : mon père n'aurait jamais codé un message non urgent ou non compromettant.

Répondant à l'incantation, le parchemin émet une brève lueur et, comme une vitre que l'on débarrasserait de buée en y passant la main, les mots se dévoilent progressivement sous mes yeux.

 

Ma chérie,

 

Ils sont venus nous chercher pour nous emmener à Azkaban, ta mère et moi. On nous accuse de complicité, d'assistance à un fugitif, de rétention d'informations cruciales. Nous sommes enfermés avec à peine assez d'eau et de nourriture pour deux, sans pouvoir nous réchauffer de manière adéquate ni avoir d'autre endroit que le sol de pierre pour dormir. Ils nous ont dit qu'ils feraient preuve de mansuétude si nous t'écrivions et c'est la raison de cette lettre. Nous ne comprenons pas très bien ce qu'ils veulent mais il est apparemment question de la petite Cattermole, qui est si souvent venue à la maison ces derniers étés. Sais-tu quelque chose à ce sujet ? Peut-être que tu saisiras mieux que moi ce qu'il se passe car je suis perdu pour le moment. Voilà quelques jours que ta mère tremble et crie dans son sommeil, tourmentée par des choses que je ne peux qu'imaginer que font revenir ces créatures, dans les couloirs, et je ne me sens pas beaucoup mieux. Je ne sais pas quel est ton rôle dans l'histoire mais, si tu peux faire quelque chose, fais-le ma fille. Nous ne résisterons plus très longtemps.

 

Je t'aime.

Papa.

 

Le tremblement de mes mains s'accentue et je peine à retenir mes larmes en lisant cette dernière ligne. Mes parents, laissés en proie aux Détraqueurs par ma faute... C'est en continuant de parcourir le parchemin de la pointe de ma baguette que je me rends compte que ce n'est pas la fin. Une nouvelle phrase apparaît. Brève. Concise. Glaçante.

 

Vous n'avez toujours rien à nous dire ?

 

A la lecture de ses mots, j'ai l'impression de prendre plusieurs coups de poignards dans l'estomac. D'entendre cette voix comme si son propriétaire était dans la pièce, comme s'il me la chuchotait à l'oreille, me regardait et profitait de mon désarroi. Et à sa voix se superpose celle de Maisie, qui me demande de promettre. Maisie... C'est de sa faute. Sa faute à elle si mes parents sont dans la situation où ils sont. Sa faute si j'ai dû me taire, sa faute s'ils ont été enlevés ensuite. Sa faute à elle et à cette foutue boîte bleue ! A cet homme et à son père, qui a fui ! Je me sens oppressée par des émotions contraires. D'un côté j'ai envie de l'agonir d'injures, de hurler sur elle à m'en déchirer les cordes vocales, la maudir, la frapper, lui faire sentir un mal au moins égal à celui que je ressens actuellement. Mais de l'autre, je sais que ce n'est pas sa faute. Qu'elle ne fait qu'obéir à son père et que, dans sa situation, j'aurais sûrement demandé la même chose.

 

Mais justement... Je n'y suis pas dans sa situation. C'est même moi qui en récolte les conséquences. Je me retrouve à faire du funambulisme au-dessus d'un abysse, n'ayant comme choix que de trahir mon amie ou de perdre ma famille. 

 

D'autre choix ? Ai-je vraiment le choix ? J'aurais envie de me gifler d'avoir une pensée pareille. J'aime Maisie comme une soeur, c'est vrai, mais je ne la choisirais pas au détriment de mes parents, de ma famille. Je vais devoir... Je vais devoir faire honte à ma maison. A la loyauté des Poufsouffle, à notre amitié, à mes propres valeurs. Pardonne moi, Maisie mais, en fait, de choix je n'en ai pas. Je sors de la salle commune et croise justement la concernée en sens inverse.

 

- Rose ! me dit-elle avec un grand sourire. Alors ? Quelles nouvelles ? Comment vont tes parents ?

 

Je lui passe devant sans m'arrêter ni répondre, évitant son regard et me retenant de l'invectiver, espérant qu'elle ne puisse pas lire mes intentions dans mes yeux, que je sais remplis de larmes. Mais je n'ai pas bien dû le cacher car je l'entends m'emboiter le pas et m'appeler.

 

- Rose !! Attends-moi ! Qu'y a-t-il ?

 

- Ne me suis pas Maisie ! 

 

- Laisse-moi t'aider, je t'en prie ! 

 

- Va-t-en ! lui crie-je.

 

"Promets-moi que rien de ce qui vient de se passer ne sortira de ce dortoir."

 

"Ils sont venus nous chercher..."

 

Non. Je ne peux pas, je ne peux plus. J'accélère le pas et emprunte deux ou trois passages dérobés, finissant par la perdre. Et m'y revoilà.

 

La porte du bureau de Carrow. Cette fois personne n'attend devant mais je frappe tout de même. Trois coups mais qui sonnent dans ma tête comme si j'avais voulu défoncer l'huis à coups de bélier. Mon coeur bat dans mes oreilles aussi fort que mon poing sur le battant et, lorsqu'il s'ouvre, je reste un moment paralysée.

 

Le professeur n'a pas l'air surpris de me voir et m'accueille avec un sourire. Fin, large, sadique.

 

- Ah... Vous avez eu des nouvelles de vos parents ? me dit-il d'un ton mielleux. Entrez, entrez, je vous en prie. Nous avons à parler.

End Notes:

Alors ? Qu'est-ce qui va se passer après cela ?

De velours by Carminny
Author's Notes:

Pour ce chapitre ultime, les contraintes sont les suivantes :

Thème : De Velours

Lieu à placer : Salle sur Demande

Contraintes :

2 - Un personnage ne s’exprime qu’en reprenant des répliques de vos chapitres précédents (au moins 7 répliques).

3 - Décrire les symptômes d’un personnage gravement malade ou blessé (minimum 150 mots).

6 - Votre personnage a une passion, et doit en parler à chaque réplique (au moins 5 répliques).

Nombre de mots : 2269

Auteur : Carminny

 

Bonne lecture !

L'agitation dans les couloirs du troisième étage était venue d'un seul coup et pourtant, tandis que j'essayais de démêler mon fil tombé, j'avais l'impression qu'une toile de velours s'était posée sur nous. Rien n'était réel. Les bruits et les cris excités étaient étouffés, les lumières et couleurs tamisées, les odeurs et les sensations adoucies. Tout semblait plus doux, comme recouvert d'un tissu de velours.

Ma mère a, durant toute mon enfance, essayé de me faire porter du velours. En jupe, en pantalon, en pull. Je détestais cela. Ses essais de couture me grattaient et son insistance me désespérait. Je ne voyais pas ce qu'elle pouvait bien trouver au velours. Ma sœur Ellie avait refusé tout nettement de se voir affubler par cet accoutrement et notre mère avait reporté tout son espoir sur moi.

Mais depuis que mes parents étaient en fuite - Ellie était partie en France dès la mort d'Amelia Bones, quant à notre frère Alfred, il jouissait de l'anonymat de sa minuscule boutique d'herboristerie dans les fins fonds du pays de Galles -, je me prenais à porter sous mon uniforme le pull en velours aux couleurs de ma maison que ma mère avait réussi à placer dans ma valise en septembre. Je savais grâce à l'étonnante rencontre avec mon père qu'ils étaient en sécurité - du moins par rapport aux mangemorts -, mais je n'étais pas sans craindre ne plus les revoir. Et du coup, me surprenant moi-même, j'avais repris une des passions de ma mère : la couture.

Je posais donc mon aiguille et le coussin que j'étais en train de coudre pour Rose. Elle m'avait l'air bien malheureuse la semaine dernière, avant que les Carrow décident que je serais mieux enfermée ici, dans cette ancienne salle de classe. Elle avait eu l'air malheureuse et préoccupée. Je voulais lui faire un petit cadeau pour lui remonter le moral. Je savais bien que c'était dur pour elle, apparemment ses parents avaient été menacés et, contrairement aux miens, ils n'avaient pas pu fuir à temps. Et j'espérais qu'elle au moins n'était pas tombée dans les mains des tyrans de Poudlard.

- Regarde, Rose, je te fais un coussin tout doux. En velours. Il ne me reste plus que quelques décorations à rajouter. Et le remplir et fermer la dernière couture évidemment. Je le terminerais demain, je pense.

Je lui parlais toujours quand je me sentais perdre l'espoir de ressortir d'ici. J'espérais de tout mon cœur que rien de grave ne soit arrivé à ses parents et que bientôt elle retrouverait sa bonne humeur habituelle. L'agitation continuait derrière la porte obstinément close.

Puis quelqu'un l'ouvrit à l'aide d'un sort. La septième année Susan Bones passa la tête dans l'embrasure et m'invita à la suivre.

*******

Doucement, le message arrive à mon cerveau. La toile de velours est devenue plus dense. Tout semble ralenti autour de moi. Cela ne peut pas être vrai. Cela n'a pas le droit d'être vrai.

- Je n'ai pas fini son coussin... Il me reste quelques points à faire !

Mais il n'y a rien à faire. Ce coussin ne va jamais être fini. Cela n'est pas vrai. Ce n'est qu'un cauchemar.

*******

Susan me mena à la Salle sur Demande. J'en avais entendu parler, de cette salle. Alfred la nommait la serre secrète, Ellie trouvait au même endroit une chambre romantique dont je n'avais jamais voulu connaître l'usage. Apparemment, elle permettait aussi de créer un passage vers l'extérieur. Et c'était par là que les élèves les plus jeunes devaient se mettre à l'abri. C'était ce qui fallait faire. La bataille se préparait doucement.

Mais, comme je l'avais affirmé à mon père, je ne voulais pas regarder les autres se battre. Je savais bien que c'était dangereux mais je savais aussi que je n'étais pas la seule. J'allais avoir dix-sept ans dans un mois. Je pouvais rester me battre. Je devais aider mes amis. Susan comprenait. Elle aussi se battrait. Nous étions des Poufsouffle et nous devions nous battre pour les nôtres. Elle m'emmena plus loin marchant à pas de velours pour ne pas nous faire repérer. Elle me désigna un couloir.

- Il mène directement à l'entrée de la Salle sur Demande. Je te demanderais bien de vouloir le protéger à tout prix. Il faut qu'on puisse évacuer les jeunes. Et il nous faut cette entrée pour nos alliés.

Je comprenais. C'était une mission importante. C'était un endroit capital. Il ne fallait pas que quiconque referme complètement la Salle sur Demande comme il ne fallait pas qu'un mangemort y entre.

- C'est comme il faut toujours surveiller que le fil ne glisse pas de l'aiguille quand on le passe par le tissu. Si ça arrive tout est perdu. Il faut s'assurer que cela va. Mais si un grain de poussière se fixe sur le fil, il ne passe plus dans l'aiguille et on se retrouve bloquer.

Susan ne semblait pas comprendre l'analogie mais elle ne devait pas s'intéresser à la couture. Je lui souris, réconfortant.

- J'aime coudre et je me comprends. Ne t'inquiète pas, je garderai ce couloir quoiqu'il arrive.

Quand Susan fut partie, le couloir autour de moi était calme. Enveloppé dans une épaisse toile de velours. Rien ne bougeait. Et j'attendais.

*******

Je ne peux pas y croire. Je ne veux pas y croire. J'essaye de toutes mes forces de me réveiller. Je nage en plein cauchemar et le velours m'étouffe. Je ne sens rien de physique mais intérieurement je ressens des poignards mille fois pire que celles du doloris. Cela ne peut pas être vrai. Et cela n'a pas le droit d'être vrai. Je ne peux pas finir le coussin de velours pour Rose parce que je suis prise dans un monde en velours.

C'est un cauchemar et je dois me réveiller. Je dois finir ce coussin.

*******

Au loin, j'entendais des bruits de combat. Et pourtant, je n'en prenais pas part. J'en serais presque venue à la conclusion que Susan m'avait placée à un endroit perdu du château pour me protéger. Je n'étais même pas certaine que la Salle sur Demande que j'étais sensée protéger se trouvait réellement derrière l'angle du couloir. Mais je gardais confiance. Si c'était réellement le cas, je devais protéger ce couloir.

J'entendis des hurlements autour de l'angle et bizarrement je n'osais plus aller regarder. Quelle pitoyable gardienne que je faisais ! Je n'avais même pas le courage de vérifier si tout allait bien, là où se trouvait ce que je devais protéger à tout prix. Des détonations et une légère odeur de brûler.

J'avais toujours encore cette impression d'irréel qui me faisait penser à un doux tissu de velours. Je devais continuer à protéger la Salle sur Demande.

Enfin des bruits de pas se dirigèrent vers moi. Ils étaient feutrés à travers l'épaisse toile qui m'isolait du monde. Mais enfin je pouvais me montrer utile et me battre pour ceux que j'aimais, pour ce que je pensais juste et pour ce pour quoi je me battais.

Un éclair orangé ouvrit le combat et je sus immédiatement que je n'étais pas de taille face à ce mangemort au visage carré. Et malgré cela, je me mis à le mitrailler de tous les sorts offensifs que je connaissais. Ce fut probablement le hasard ou la chance ou un quelconque dieu qui me fit toucher le mangemort à l'aide d'un sort de découpe. Une grimace s'étira sur son visage et son dernier sort me toucha de plein fouet avant qu'il ne s'effondre.

Je m'arrêtai, haletante. Je n'y croyais pas, j'avais gagné ! Et en même temps, j'avais tué un homme. Les sentiments se bousculèrent dans ma tête. Je n'eux pas le temps de m'attarder sur ce que j'avais fait quand ce dernier sort fit effet. Mon genou explosa.

J'avais tellement mal que j'aurais préféré tomber inconsciente directement. Mais à la place j'échouais simplement par terre, me laissant libre vu sur les dégâts d'un sort de bombe.

Ma jambe droite était sectionnée à mi-hauteur de la cuisse. Une désagréable fumée en partait. Cela brûlait. Cent fois pire que les tortures imposées par les Carrow. Le voile de velours qui me séparait de la réalité se renforça à mon grand soulagement. La douleur passa de "invivable" à "insupportable". J'avais mal et je sentais le roussi. J'essayais de bouger ma deuxième jambe sans succès. Je ne la sentais même pas. Au contraire de celle dont je savais exactement qu'elle ne pouvait plus faire mal. A moins que cela n'était pas vrai. Cela ne pouvait pas être vrai d'ailleurs ! Je risquai un regard vers ma jambe gauche. Elle était là. Avec une grande marée rouge en-dessous et une grande plaie au niveau de l'explosion.

La tête commença à me tourner. Je devais être dans un cauchemar, c'était la seule explication. Je ne pouvais pas avoir perdu une jambe et avoir un trou dans mon autre. Sans oublier que je baignais dans mon propre sang. Toute personne normale se serait déjà évanouie de douleur. Et pourtant, je ne sentais maintenant plus qu'une douce étreinte comme celle d'une couverture de velours. Je m'y enfouissais davantage. C'était la seule issue qui me restait.

*******

Cela ne peut pas être vrai. Je la vois devant moi, vivante. Elle me parle de mes parents. Elle dit qu'ils sont tristes et qu'ils ne la comprennent pas.

- Mais ils ne m'en veulent pas, heureusement.

Malheureusement, je la comprends et pourtant je lui en veux. Je lui en veux de ne pas s'être sauvée. Je lui en veux d'avoir cru devoir se racheter après sa traitrise. Je lui en veux de m'avoir abandonnée maintenant.

La toile en velours se ressert autour de moi. Elle n'est plus aussi douce que quand elle me permettait de fuir ma blessure, elle m'étrangle, elle m'engloutit et je ne sais pas comment lui échapper.

*******

- Oh non, oh non, oh non !

A travers la toile de velours qui m'engloutissait, Rose avait l'air surprise quand elle m'a vue. Elle ne devait pas s'attendre à ce que je sois là. Elle me fixa avec un air abasourdi. Puis elle me serra contre elle, s'agenouilla à mes côtés. J'avais tellement mal mais je ne voulais pas lui faire plus de peine. Je me battis contre le tissu de velours. Si Rose était là, tout pouvait s'améliorer.

- Nous avons cherché, renifla-t-elle.

Je me contentais de serrer son bras et de lui offrir une grimace qu'elle pouvait interpréter comme un sourire. Je ne savais pas ce qu'elle avait cherché mais j'avais l'impression qu'elle parlait de moi. Evidemment qu'elle était partie à la recherche de sa meilleure amie emprisonnée par les Carrow.

- J'étais égoïste ! s'exclama-t-elle en ne retenant plus ses larmes. Et pourtant te voilà.

Je lus dans son regard sa culpabilité et je compris. Je lui pardonnai immédiatement. C'était ma meilleure amie. Et elle avait des parents.

- Susan m'a libérée des Carrow. Je sais que tu ne l'as pas fait de gaieté de cœur. Tout comme je sais maintenant que je n'aime pas la couture. J'en fais et j'en parle parce que c'est ce qui me raccroche à ma mère.

- Je te remercie, sanglota Rose.

Ma meilleure amie essayait de ravaler ses sanglots. Cela faisait du bien de la revoir. J'avais moins mal quand elle était là. Et le velours s'estompât un peu pour laisser de la place à la réalité. Rose était là. Malheureuse et pitoyable mais elle était là. Rien ne pouvait nous arriver tant qu'on était ensemble.

Un bruit proche de la Salle sur Demande nous tira de nos retrouvailles. Je n'étais pas en état de la protéger. Je n'étais même pas sûre de pouvoir protéger Rose.

- Je dois protéger la Salle sur Demande comme si c'était le velours le plus précieux au monde !

J'essayais de me relever tant bien que mal. Les pas se dirigeaient vers nous, s'éloignant heureusement de la pièce que je ne savais plus protéger. Rose essaya de me tirer dans un recoin caché mais je ne pouvais faire rien d'autre que de crier sous la douleur qui devenait insupportable. Rose s'arrêta soudainement. Je savais que ma meilleure amie n'avait jamais voulu se battre. Elle détestait la violence.

- Et pourtant me voilà, affirma-t-elle d'un ton ferme en sortant sa baguette.

*******

Elle a glissé au sol avec le même bruit qu'un rideau de velours qui caresse le sol sous l'emprise d'une légère brise. Je ne peux pas y croire, je ne veux pas y croire. Je ne comprends pas de toute manière. La toile de velours reprend sa place autour de moi, m'enveloppant dans un nid de douceur. Rien ne peut plus m'atteindre. Rose est morte et moi avec elle.

Et le monde n'est fait que d'une douce surface de velours.

 

End Notes:

C'est un succès, non ? J'ai non seulement réussi à placer Susan mais en plus j'ai tué trois personnages ! Je suis fière ^^

Sinon qu'avez-vous pensé de cette histoire sur Maisie et Rose ? N'oubliez pas de voter pour nous XD (ou plutôt pour votre texte préféré).

Merci d'avoir lu !

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