Recueil : Egnime du passé by Chrisjedusor
Summary:

 

 

Recueil de textes dérivé de la fanfiction les Secrets du passé


Categories: Univers Alternatifs, Epoque de Jedusor Characters: Tom Jedusor/Voldemort, Personnage original (OC)
Genres: Famille, Guerre, Horreur
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Les Secrets du passé : Moments de vies
Chapters: 16 Completed: Non Word count: 56359 Read: 2000 Published: 24/05/2020 Updated: 05/04/2022

1. Her last Breath by Chrisjedusor

2. Eternel Interdit by Chrisjedusor

3. Juste une dernière fois dans les bras de sa mère by Chrisjedusor

4. Une lueur d'espoir by Chrisjedusor

5. Une naissance indésirable by Chrisjedusor

6. Petits Monstres by Chrisjedusor

7. Trouver les mots by Chrisjedusor

8. Nous qui n'étions rien by Chrisjedusor

9. Les amants au clair de lune by Chrisjedusor

10. Son nom est... by Chrisjedusor

11. Au péril de la Mer by Chrisjedusor

12. Le vent frais du matin by Chrisjedusor

13. Promets-moi by Chrisjedusor

14. Quelques fleurs by Chrisjedusor

15. La plus puissante forme de Magie partie 1/2 by Chrisjedusor

16. Le plus puissante forme de Magie 2/2 by Chrisjedusor

Her last Breath by Chrisjedusor
Author's Notes:

Cela fait référence à la fanfiction la Naissance du Mal :)

 

28 décembre 1940.

POV Tom

Tom aurait pu être l'adolescent le plus heureux du monde si cette Guerre lancé par les moldus un an auparavant ne le tiraillait pas dangereusement depuis de longs mois. Liliane était si près d'avoir officiellement leur garde qu'il n'aurait pu que se sentir bien si la situation mondiale n'était pas ce qu'elle était : catastrophique. Le visage appuyé contre la fenêtre du petit salon, il observait méticuleusement les soldats alliés qui protégeaient -soi-disant- les habitants londoniens d'une éventuelle attaque des allemands. Les bruits des avions de chasses résonnaient sinistrement au-dessus des toitures, faisant trembler la petite maison de Liliane dans des secousses angoissantes. Anxieusement, son regard noir suivit quelques militaires passés, armes en mains, devant leur porche d'entrée, d'après ce qu'il arrivait à percevoir grâce aux lampadaires d'en face qui illuminaient la rue accaparée de divers débris. Ceci était le résultat de la monstruosité et de la stupidité de l'être humain.

 

Le jeune sorcier était constamment sur ses gardes depuis septembre 1939, et plus précisément, depuis le début de la Guerre qui n'avait pas tardé à toucher Liliane de la plus horrible des manières. Il c'était intérieurement promis de la venger, quoi qu'il lui en coûterait. De faire payer ce sale allemand qui avait osé la violer alors qu'elle se trouvait sur son lieu de travail, incapable de se défendre à cause de son lourd handicap. Il ferait souffrir ce moldu, quitte à avoir du sang sur les mains. Car oui, il ferait tout pour venger sa mère de substitution.

 

 

Le cri aigu d'un nourrisson pleurant à chaudes larmes l'arracha à la contemplation de la lune entourée d'étoiles qui surplombait les diverses maisonnées  qu'il observait pensivement depuis quelques secondes. En cette nuit de décembre, le ciel était dégagé et contrastait sinistrement avec le climat de peur et les paysages désormais joncher d'amas de débris en tout genre.

 

Le jeune garçon se dirigea dans la pénombre vers la chambre de sa mère qui jouxtait le petit salon. D'un geste lent, il ouvrit sa porte qui craqua légèrement et il pénétra le plus silencieusement possible dans la pièce. Il ne voulait pas que ce bébé, résultat de la cruauté de celui qui avait fait du mal à la rouquine, ne la réveille. Elle était assez fatiguée et surtout inquiète que pour ne pas la laisser se reposer un minimum.  Tom s'approcha du berceau en bois s'assurant d'un œil que la masse recroquevillée de sa mère ensevelit sous un fin drap n'était pas sujette à un de ses nombreux cauchemars qu'elle taisait sous silence. Bien qu'ils sachent de quoi ceux-ci en étaient le résultat. Tom se mit à regarder avec curiosité la minuscule silhouette du petit garçon tout en posant une de ses mains sur sa jeune poitrine.

 

-          Liam, tu vas réveiller Maman, chuchota-t-il, elle est fatiguée aussi et...

 

Mais il ne termina pas sa phrase, le bruit de l'enclenchement provoquée par l'allumage de la lampe de chevet l'arrêta dans son monologue. Une lueur tamisée agressa ses iris fatiguées par le manque de sommeil, et il tourna son visage pale vers la silhouette de Liliane qui venait de s'asseoir dans son lit et, elle le fixait désormais avec inquiétude croissante dans le regard.

 

-          Tommy ? Que fais-tu debout à cette heure de la nuit ?

-          Je n'arrivais pas à dormir, Maman, lâcha-t-il en haussant les épaules, Et j'ai entendu Liam pleurer, je suis venu voir, je ne voulais pas qu'il te réveille.

 

Pendant qu'il parlait, savourant chaque occasion qui lui permettait désormais d'énoncer ce mot si précieux afin de la nommer, la jeune femme affublée d'une robe de chambre blanche qui, il trouvait, lui allait à ravir, se laissa glisser sur sa chaise roulante positionné à ses côtés. Rapidement, elle se retrouva auprès de lui, et il la laissa l'embrasser sur le front, puis mettre tendrement sa main sur sa joue avant qu'elle entreprenne de prendre son jeune fils dans les bras. Son fils, son vrai fils, fait de son sang et de sa chair. Il ne pouvait s'empêcher d'éprouver une certaine jalousie à son égard, de peur que sa mère de substitution ne l'oublie, mais il refoulait toujours ses songes en remarquant que bien au contraire, elle leur laissait à Lianna et à lui-même la même place dans sa vie qu'ils ne l'avaient avant l'arrivée de ce bébé imprévu au programme.

 

-          Liam à juste faim, fit-elle tranquillement, tout en le berçant contre sa poitrine, mais toi Trésor qu'est-ce qui t'empêche de dormir un peu ? Tu as besoin de de reposer avant de retourner à Poudlard, termina-t-elle doucement.

-          J'ai peur, murmura-t-il d'une voix faible, à cause de la Guerre. Je ne supporte plus entendre les avions militaires au-dessus de nos têtes dans notre chambre. Pour ne pas que Lianna ressente mon anxiété, je suis descendu, mais j'ai demandé à Nagini qu'elle reste auprès d'elle. Elle fait beaucoup de cauchemars aussi.

-          Nous sommes protégés Tommy, Londres n'est plus assiégé, nos soldats ont fait ce qu'il fallait. Tout ira bien, Trésor. Je sais que tu agis comme il le faut avec Lianna mon grand, et je suis fière de toi. Tout cela ne sera bientôt qu'un mauvais souvenir.

-          Oui, ils nous protègent tellement bien que le résultat de ce soldat allemand est dans tes bras à l'instant, siffla-t-il froidement, ce ne sont que des moldus ! Ils sont faibles, détestables, et j'ai encore une fois eu la preuve de leur stupidité devant mes yeux. Les sorciers ont décidé de ne pas trop interagir dans cette Guerre et de ne s'occuper que de Grindelwald, de leur propre Guerre, mais sans la Magie pour calmer tout ça, ça va finir mal ! Parce que je suis sûr que le mage noir profite de la leur pour interagir et... Tu ne peux pas croir...

 

 Il s'arrêta brusquement et ferma sa bouche à plusieurs reprises avec honte en percevant la tristesse ensevelir ses yeux émeraudes tandis que le petit Liam qui réclamait qu'on le nourrisse, recommençait à s'agiter vivement et à gémir contre sa génitrice.

 

-          Je... je ne voulais pas dire ça, baragouina-t-il de sa voix qui commençait à muer, pardonne-moi, Maman, supplia-t-il, tu n'es pas comme ces autres moldus, tu es différente. Tu le sais que tu es différente ! Je m'en fous que tu sois une moldue, ça n'a pas d'importance !

-          Viens avec moi dans la cuisine, Tom, fit Liliane d'une voix lassée.

-          Maman, répéta-t-il alors qu'elle faisait demi-tour pour sortir de la pièce, écoute-moi.

-          Je t'ai dit de me suivre, et ne parle pas trop fort, Lianna dort à l'étage s'il te plait, termina-t-elle doucement alors qu'elle disparaissait dans l'entrebâillure de la porte, et maintenant Tom.

 

Honteux et tracassé Tom déglutit doucement devant le ton peu avenant qu'elle venait d'utiliser et il rattrapa alors rapidement la jeune femme en quelques enjambées.

 

Liliane Evans était bien la seule avec Lianna à lui procurer un tel sentiment de culpabilité.

 

~*~

 

Tom fixait anxieusement sa mère s'atteler devant la cuisinière depuis quelques minutes. Et plus précisément, il suivait soigneusement ses faits et gestes depuis que cette dernière lui avait ordonné de s'asseoir sur une des chaises de la cuisine. L'adolescent n'osait pas l'interrompre de peur de l'avoir profondément blessée et qu'elle ne lui dise sa façon de penser vis-à-vis de ses propos racistes qu'il avait énoncé. Elle préparait un biberon pour le nourrisson qu'il tenait contre sa poitrine. Liliane lui avait mis Liam entre les bras, lui prodiguant comme d'habitude quelques conseils quant à la façon de bien maintenir sa tête sans pour autant remettre sur le tapis le début de conversation qu'il avait eu dans sa chambre.

 

Maintenant le bébé gémissant fermement contre lui, il tentait maladroitement de le bercer comme le lui avait un jour montré l'adulte lors de son premier face à face avec le bambin. Tom se maudissait intérieurement de tous les noms d'oiseaux pour avoir malencontreusement laissé échapper une parcelle de ses ressentis sur ce qu'il éprouvait des moldus en général depuis de longues années. Eh bien qu'il faisait des efforts sur le sujet pour Liliane, ce mépris arrivait encore de temps à autre à traverser la barrière de ses songes.

 

Sa mère ne tarda pas à se positionner devant lui, et au lieu de lui reprendre le bambin des bras, elle lui tandis le biberon de lait préparé à une à température ambiante, idéale pour l'enfant. Tom regarda avec scepticisme la rouquine, et sans qu'aucun des deux n'ajoutent un mot, il prit lentement l'objet tout en ne détachant pas ses iris noires de ceux si brillants et verts de la jeune femme.

 

-          Pourquoi, tu veux que je le nourrisse moi ? demanda-t-il, surpris.

-          Pourquoi non ? reprit-elle vivement de volé, Fais-le, Tom.

 

Il s'empressa, perplexe, de lui obéir, et posa finalement ses yeux sur les traits encore fripés du petit garçon qui ne tarda pas à se calmer et à suçoter vivement la tétine du biberon. Elle le nourrissait habituellement de son lait maternel, mais à l'occasion, elle les faisait participer, comme ce fut le cas à l'instant. Jamais, que ce soit Lianna ou lui-même n'avaient ne serait-ce pu s'approcher des plus petits à l'orphelinat suite à leur « monstruosité ».  Alors qu'un jour, ils puissent non seulement porter un de ces petits-êtres mais aussi les nourrir sans que les autres ne prennent peur de ce qui pourrait en résulter, jamais ils n'auraient pu imaginer qu'une telle chose soit possible. Mais c'était Liliane et elle les faisait participer autant que possible dans cette nouvelle vie de famille qui allait se concrétiser officiellement incessamment sous peu.  Qu'il y ait la Guerre ou non, c'était un fait, le lendemain, elle devait recevoir un dernier contre-rendu. Tom se surprit à sourire face à la vue du bébé étonnamment devenu calme. Une petite masse de cheveux roux commençait à pousser sur son crâne, et il se surprit à penser qu'il était ravi de reconnaitre les traits de visage de Liliane sur le nourrisson et non ceux de cet assassin inconnu.

 

-          Il avait faim, lâcha Tom en continuant de le nourrir, tu avais raison.

-          Effectivement, un bébé mange beaucoup, Trésor, fit doucement Liliane, maintenant Tom, lança-t-elle en posant délicatement une main sur un de ses genoux, en quoi Liam serait différent des sorciers ? Cela te répugne-t-il de le nourrir ?

 

Tom senti ses joues rosir vivement suite à ces questions, Liliane aimait beaucoup les discours de ce genre. De leur inculqués des valeurs qu'ils n'avaient pas reçu plus jeunes, telle que la tolérance. Le problème c'est qu'ils s'étaient faites une opinion en grandissant qu'ils n'arrivaient pas à oublier. Les cicatrices étaient marquées au fer rouge, imprégnés avec force dans leur âme. Oublier la souffrance psychiques et physiques qu'ils avaient éprouvé à cause de ces personnes sans pouvoirs étaient si difficile. En s'attardant sur les petites taches de rousseurs du nourrisson, il soupira, elle était l'exception qui confirmait la règle.  Ils étaient des sorciers, et telle la chaîne alimentaire de l'animal, ils étaient naturellement les plus puissants. Mais ils faisaient des efforts pour les supporter. Pour Liliane.

 

-          Tu n'es pas comme les autres, tu es différente, lâcha Tom d'une voix inaudible, et non Liam, c'est notre famille, il est...il est une partie de toi, ce n'est pas pareil Maman. Vous êtes ma famille.

-          En quoi, Tom ? En quoi suis-je différente ? je suis ce que tu appelles une moldue, je ne fais pas partie de cet autre monde auquel Lianna et toi apparteniez ! En quoi Liam et moi-même sommes-nous différents ? Dis-moi ! Je ne suis qu'une femme sans pouvoir et qui plus est, en chaise roulante.

-          Tu es magique à ta façon, lâcha-t-il sérieusement, tu ne sais pas à quel point. Tu nous as acceptés comme on était, tu as refoulé tes peurs pour nous, tu es plus que différente à nos yeux, et on t'aime.

-          Tom, soupira-t-elle, d'après ce que j'ai compris quand on m'a expliqué certaines notions du monde magique, vos auras semblent bien plus puissantes que celle habituelle des petits sorciers de vos âges. Vous n'auriez pas subi autant si votre aura magique n'était déjà pas aussi supérieure que la normale devant d'autres moldus. Je ne justifie pas ces atrocités, évidemment que non, mais c'est aussi cela qui vous a souvent causer des problèmes. Il faut apparemment une grande force d'esprit pour qu'un moldu puisse faire face à cela. Et j'ose espérer que votre ministère fera quelque chose à ce sujet dans le futur pour tous ces jeunes sorciers dont la magie semble omniprésente. Si je te le demande, feras-tu un peu plus d'efforts, sur ta façon de voir les choses ? demanda-t-elle tranquillement, hier, pendant que tu faisais tes devoirs de vacances, tu as laissé tomber des articles de cette Gazette pour les sorciers, sur ce mage noir. J'y ai vu des annotations écrites de ta main, avant que tu t'empresses de presque m'arracher cela des mains d'ailleurs, pourquoi t'intéresses-tu à ce monstre qui en plus semble profiter de notre propre situation de Guerre pour devenir plus puissant ? termina-t-elle tristement.

 

Tom venait de poser le biberon de Liam sur la table, gêné au possible. Il baissa ses iris noires sur le bébé et entreprit de le mettre sur sa poitrine afin de tapoter lentement sur son dos dans le but de le faire digérer comme le lui avait encore une fois montré Liliane. Il pouvait essayer de faire mieux, d'améliorer encore un peu plus son comportement vis-à-vis des moldus. C'est par ailleurs pour cela que depuis quelques mois, une idée lui était venu à l'esprit à ce propos. Un projet que sa meilleure amie et lui-même aimeraient réussir à mettre en place afin de prouver à Liliane qu'ils se surpassaient aux niveaux des efforts. Ainsi, non seulement ils prouveraient leur valeur aux autres et seraient de grands sorciers mais ils montreraient à leur mère à quel point il la respectait et avaient écouté ses conseils en les guidant comme elle le faisait depuis quelques longues années désormais.

 

Il inspira alors profondément, et se prépara à lui annoncer la raison de leur intérêt prononcer pour le Mage noir, Gellert Grindelwald. C'est avec un petit sourire penaud pendu aux lèvres qu'il lâcha :

 

-          Toi, tu as eu la force d'esprit pour supporter ça, et Liam est tellement habitué à toi, qui est imprégné de nos auras respectif, que du coup, malgré que nous soyons à Poudlard, il ne pleure pas ni avec Lianna ni moi quand nous sommes près de lui. Ça prouve que les moldus sont souvent incapable de comprendre ce qui va au-delà du rationnel, tu vois ?  Mais avec des solutions, ça pourrait un jour s'arranger... si... si j'ai des articles sur lui, c'est parce qu'on trouve que son idée première n'est pas mauvaise, Maman. Que penserais-tu si le secret magique n'existait plus ? Si tout le monde arrivait à vivre en communauté malgré nos différences sans que plus personne ne prenne peur de personne ? En vrai, commença-t-il timidement, j'ai beau ne pas porter dans mon cœur la plupart des moldus, Lianna et moi, avons le projet de mettre cela en place et de trouver des possibilités à ça. On voulait... on ne voulait pas de le dire tout de suite. On pense que si les sorciers contrôlaient un peu plus le monde moldu peut-être qu'il n'y aurait plus tant de méchancetés que ce soit entre moldus ou entre moldu et sorciers, et avec la Magie se serait plus facile. Donc oui, je veux continuer à te faire plaisir, et avoir une autre opinion d'eux, mais il faut trouver des solutions à cette cohabitation pour que ça fonctionne.

 

Le sourire remplit de fierté qui se dessina lentement sur ses lèvres au fur et à mesure qu'il énonçait ses propos, lui procura une agréable bouffée de chaleur et il rajouta vivement , boosté par son approbation :

 

-          J'essaie de ne plus être en colère contre eux vraiment, parce que oui, tu me prouves tous les jours que des gens comme toi, il y en a surement d'autres dans le monde. C'est pour ça que je veux  réaliser ce projet, pour toi, pour que tu sois fière de nous.  Mais parfois, avec mon vécu, et ce que... ce que tu as subit aussi en plus, ça m'échappe, et je m'en excuse, Maman, je t'aime.

 

Depuis qu'il l'appelait Maman en fin de sa première année à Poudlard, Tom ne c'était jamais lassé de ce mot si doux qu'il pouvait enfin personnellement dire à une autre personne. Sa poitrine se gonflait toujours de bonheur à chaque fois qu'il énonçait ses syllabes, et l'effet qu'il éprouvait ne s'estompait pas avec le temps.  Il mentirait en disant que depuis ces deux dernières années ou ils n'avaient plus remis les pieds à l'orphelinat, Lianna et lui-même se sentaient beaucoup mieux dans leur peau malgré leurs envies respectives de toujours vouloir faire leurs preuves, et surtout, de grandeur.

 

-          Oh Tommy, souffla-t-elle, c'est un très beau projet, qui peut devenir une très belle « cause » si cela est réalisé dans les règles. Je serais très fière de vous si vous arriviez à réaliser un tel exploit. Je suis certaine que ce serait bénéfique pour tout le monde. Et bien évidemment, je vous soutiendrais pleinement dans l'avancer de celle-ci. Je sais que tu fais des efforts, Trésor, que ta vie passée n'était pas facile. D'où le fais que j'essaie continuellement d'éradiquer vos blessures avec mes longs monologues d'une adulte chiante qui ne souhaite que votre bonheur et vous ennuies donc avec tout ça. Je t'aime plus que toi, termina-t-elle avec un petit clin d'œil.

-          Tes géniale, souffla-t-il ému, et tu n'es pas « chiante », tu fais bien de nous reprendre parfois, vraiment..., avoua-t-il, on peut-être des idiots Li' et moi-même par moment. Eh non, c'est moi qui t'aime le plus, sourit Tom.

-          Tu es en pleine adolescence désormais, Trésor, c'est mon rôle de vous guider, elle fit mine d'être dépité, tu imagines que dans trois jours tu as quatorze ans déjà ? hallucina-t-elle, c'est juste fou. Bientôt, je vais me retrouver avec des cheveux blancs, fit-elle mine de grommeler dans sa barbe.

-          Mais quand tu auras des cheveux blancs, tu seras toujours aussi belle avec toutes tes rides, taquina Tom en lui tirant puérilement la langue, mais peut-être qu'on trouvera un moyen pour ne pas que tu vieillisses et se serait encore mieux ! On serait ensembles pour toujours !

-          Mourir est dans l'ordre naturel des choses, Tommy, je sais que ça te parait tellement compliqué à comprendre à ton âge, mais tu verras quand tu seras plus vieux ... hum, ne te moques pas de mes futures rides, lança-t-elle outrée, parce que quand je serais toute ridée vois-tu, j'espère bien devenir grand-mère, taquina-t-elle à son tour, j'espère bien que tu auras des enfants, adulte.

 

Tom ne s'attarda pas sur ce qu'il éprouvait vis-à-vis de la mort mais plutôt sur son insinuation pour laquelle il failli s'étrangler avec sa salive, alors que le petit Liam, lui, avait entre-temps émis son rot et s'était calmement ré endormi contre son épaule.

 

-          Je...quoi des...des enfants moi ? croassa-t-il ahuri, mais...euh non mais ...

-          Si tu veux mon avis, continua-t-elle amusé en pointant son menton vers son cadet, tu feras un bon père plus tard. Tu es un vrai petit homme avec notre petit Liam.

-          Tu...tu crois ?

-          Viens ici, lâcha-t-elle en tapotant ses doigts sur ses genoux, je me contre fiche que tu vas avoir quatorze ans, ajouta-t-elle en constatant qu'il grimaçait, viens.

 

Lentement, il positionna correctement le nourrisson dans ses bras qui ne bougea pas d'un pouce, et hésitant, il s'assit lentement sur ses genoux invalides tandis qu'elle passait ses bras autour de sa taille, l'encerclant tendrement au creux de ses bras. Elle s'approcha alors de son oreille et lui murmura :

 

-          Bien, évidement que je le crois, je t'aime.

 

Sa mère l'embrassa sur la joue, puis passa une main sur le crâne de Liam qui dormait à poing fermé sur ses propres genoux. Cet enfant conçu dans la monstruosité la plus totale, et qui pourtant, était innocent. Ce bébé que Liliane avait et avec toute la bonté du monde, accepté malgré les cauchemars et les séquelles dont elle était encore de temps à autre la victime.

 

Parce que tout être était innocent à la naissance, leur avait-elle dit, nous allons tous les trois lui montrer à quel point il est aimé. Il ne mérite pas d'être rejeté pour des choses dont il n'est pas responsable, je vous présente donc Liam, votre-presque officiellement- petit frère, avait-elle terminé avec une infinie douceur.

 

Tom avait beaucoup appris de Liliane ces dernières années, mais rien n'empêchait qu'il ferait atrocement souffrir le salopard qui avait osé salir sa dignité, quoi que la jeune femme puisse en penser.

 

~*~

POV Lianna

 

Quand Lianna se réveilla après avoir dormi comme une souche, ce fut à cause de la poussière du plafond qui était tombé sur son visage suite aux avions de chasses qui volaient bien trop bas sur la ville. Se frottant le visage en grommelant des paroles incompréhensibles, elle constata que Nagini était entortillée autour de son corps, encore endormie. La serpente devenue très protectrice avec eux depuis son adoption quelques années auparavant, leur était très fidèle. Ce n'était donc plus étonnant de la retrouver dans de telles positions à leur côté.

 

Tentant de se détacher de l'immense masse qu'elle était devenue, elle réussit à se glisser par-dessous, lui laissant encore un peu le loisir de se reposer. Elle fronça les sourcils en constatant que la place de Tom était vide et que celle-ci était dénuée d'aucune chaleur, attestant ainsi que son ami ne dormait pas dans leur lit depuis un bout de temps.

 

Décidant de descendre, et en constatant que la lumière filtrait vivement par-dessous les rideaux fermés, elle décida ne pas les ouvrir pour ne pas déranger le reptile. Lianna ne tarda pas à enfiler ses pantoufles et à descendre les escaliers en trainant les pieds sur le sol *. Frottant ses iris claires d'une manière enfantine, elle constata rapidement l'étrange situation qui passa devant ses iris quand elle pénétra dans la cuisine. Liliane était sur sa chaise roulante, toujours en robe de nuit, la tête tanguant dangereusement sur le côté. Ses bras enlaçaient cependant fermement le corps de Tom qui était assis sur ses genoux et en pyjama, le visage posé sur sa poitrine. Lui-même tenait précieusement Liam qui semblait réveillé, mais il ne bougeait pas, se contentant de babiller des sons intraduisibles du haut de ses six mois.

 

Un sourire cocasse se rependit sur ses lèvres, et elle se rendit dans le salon afin de récupérer l'appareil photo sorcier d'occasion qu'elle avait acquis lors de sa première sortie à Pré-au- lard deux mois auparavant et dont l'autorisation de sortie avait pu être signé par Liliane grâce au ministère de la Magie malgré le fait qu'elle ne soit pas encore officiellement leur mère. Dans un grésillement, elle tira la photo. Plus tard, ils seraient certainement heureux de ressortir certains dossiers, se remémorant ceux qu'ils avaient été enfants.

 

Lianna ne savait pas encore que s'était l'une des deux dernières photos qu'elle tirerait à tout jamais de Liliane.

~*~

 

Après qu'elle eut mis précieusement cette photo dans la poche de son pyjama une fois sorti de l'appareil, l'adolescente avait été rejointe par Nagini dont la longueur aurait pu en effrayer plus d'un mais dont la fidélité qu'elle avait envers eux était irréfutable à l'instar de sa présence qui leur était devenu indispensable, telle une amie prête à tout pour les protéger.  La jeune fille qui ne la comprenait pas avait essayé de créer un langage en compagnie de Tom, s'attardant pour l'inventer sur les divers mouvements sinueux et les réactions du serpent quand il se passait tel ou tel chose.  Ainsi, elle comprit quand elle se moqua de la position dans laquelle était assis son ami sur leur mère alors qu'elle récupérait doucement le bébé des bras de ce dernier.

 

Elle avait compris par le biais de l'odeur nauséabonde qui l'avait prise au nez en le prenant dans les bras que Liam avait fait ses besoins. Lianna s'était rendue dans la salle de bain afin de changer sa couche sous les sifflements encore une fois moqueurs de son amie. Jamais, elle n'aurait pensé faire cela. Petit enfant, elle adorait se faufiler en douce dans la petite nurserie de l'orphelinat, fascinée par ces bébés qu'on lui interdisait d'approcher. Alors que Liliane lui montre un jour comment faire, l'avait fait se sentir importante d'une façon qu'elle n'avait toujours pas comprise. Le fait que Liliane les inclus autant dans sa vie avait sans doute participer à ce profond ressenti de reconnaissance qu'elle avait éprouvé.

 

Ensuite, elle l'avait installé sur sa chaise haute en bois qu'une voisine de la rue avait généreusement donné à la jeune femme en apprenant par le biais de langues de vipères que cette dernière attendait un enfant suite à un « malencontreux accident ». Lianna malgré le bonheur évident qu'éprouvait sa mère, méprisait celui qui avait osé s'attaquer injustement à l'institutrice. Elle ne savait définitivement pas comment elle faisait pour pardonner à tous ceux qui lui avait fait du mal. Comment pouvait-elle être aussi gentille ? Elle disait toujours que tout arrivait pour une raison. En songeant à son viol, Lianna serra les poings et se dirigea vers le frigo pour essayer de surprendre sa mère en lui préparant un petit déjeuner. La femme avait bon dire qu'elle allait bien, les gémissements qu'ils entendaient parfois durant les nuits, leur prouvait à quel point elle cachait profondément ses blessures mentales d'eux. Pour les préserver.

 

Elle chassa ses mauvais songes, et regarda par-dessus son épaule, Tom et Liliane étaient toujours profondément endormie, tandis que Liam entreprenait de jouer maladroitement avec un hochet qu'il mettait à intervalle régulier dans sa bouche. Quant à Nagini, et comme chaque jour, elle venait de sortir en douce pour prendre l'air et surtout pour aller petit déjeuner en chassant tous les rats de rues qu'elle aurait pu trouver. D'un regard perçant et prévenant, elle lui avait silencieusement demandé de faire attention aux soldats et de ne pas se faire repérer alors qu'elle la faisait sortir par la petite cour arrière de la maisonnée.

La main encore posée sur le frigo, et le regard toujours posé avec bien-être sur le dos du fauteuil de Liliane, l'adolescente se retourna finalement afin de prendre du lait pour Liam et puis des œufs pour s'essayer à faire des omelettes pour leur petit-déjeuner.

 

Avec un beau sourire aux lèvres, elle songea que pour une fois, la vie lui souriait finalement.

 

Sans s'avoir que tout cela n'était qu'éphémère et qu'elle se retrouverait bientôt dans son orphelinat moldu, elle s'attela à la tâche.

~*~

POV Tom

 

Tom qui avait fini de faire ses devoirs pour la rentrée avait été ranger ses affaires correctement dans sa malle. Il avait ensuite entrepris d'étaler ses songes dans le journal intime que Liliane lui avait offert, il y avait de cela quelques années. Le premier cadeau qu'il n'eut jamais eu était soigneusement conservé. Notant ses angoisses sur cette Guerre, il tentait vainement d'ignorer les avions de chasses qui longeaient de temps à autre les maisonnées, sans trop de succès. Repartir à Poudlard dans quelques jours l'angoissait tout particulièrement. Coinçant sa plume entre ses dents, il observa par le biais de la porte menant au salon que Lianna était couché sur le divan de fortune et dessinait sur des feuilles blanches. Elle avait toujours aimé cela, et avait décidément un talent inné pour imaginer les choses. Nagini était enroulée autour de son corps. Cette dernière ayant un peu froid, le reptile tentait de la réchauffer en tant soi peu grâce à son épaisse masse, en plus de la couverture qui était posée par-dessus sa fine silhouette.

 

Il détourna le regard de la pièce jouxter à la cuisine et s'attarda sur Liliane.  Elle corrigeait des devoirs au stylo rouge, une main posée sur ses cheveux roux flamboyant. Elle devait les rendre à ses élèves pour la rentrée scolaire. La jeune rouquine en avait profité puisque Liam était endormi dans son berceau. Elle avait repris le travail depuis peu, et le petit Liam était confié à une crèche moldu lors des heures scolaires depuis près de trois semaines. Tom trouvait cela risqué avec la Guerre qui pouvait frapper à tout moment. Mais la vie continuait disait-elle avec un petit sourire contrit, et se serait faire croire à l'ennemi qu'ils ont gagné, ajoutait-t-elle avec sérieux. De plus, elle avait besoin de cet argent assurait-elle s'ils voulaient garantir les chances d'adoptions. Tom aurait voulu la voir bien loin de tout cela avec Liam, mais elle avait raison, tout endroit était dangereux désormais, et il fallait continuer à avancer.

 

Se sentant probablement observé, les iris émeraudes de sa mère croisèrent l'abime de ses yeux noirs avec interrogation et il senti ses joues rougir car il venait de se rendre compte qu'il avait fixé avec un peu trop d'intensité.

 

-          Tout va bien, Tommy ?

 

La maison trembla alors qu'elle prononçait ses mots et elle rajouta :

 

-          Ils pourraient faire l'effort de voler plus haut, soupira-t-elle, pour elle-même en posant son stylo.

-          Je pensais à quel point tu étais belle, Maman.

 

Elle sourit tendrement et le complimenta à son tour.

 

-          J'apprécie cela. Mais toi aussi tu deviens un beau jeune homme, elle sourit en coin, cela me fait tellement bizarre d'écouter ta voix muer. Bientôt, il te faudra te raser que je n'aurais rien vu.

-          Je te promets de ne pas devenir l'un de ces imbéciles qui n'assument par leurs responsabilités, que je sois un adulte ou non.

-          J'en suis certaine, assura-t-elle, elle regarda un point invisible derrière elle et déclara amusé, Lianna est concentrée à ce que je vois, hum, Nagini prend ses aises.

-          Lianna est vraiment douée en dessin, affirma Tom en regardant par-dessus son épaule la concerné, tu sais comment est Nag', dès qu'on a un coup de froid ou autre, elle ne peut pas s'empêcher de jouer à la Maman.

-          Hum oui, je n'en reviens toujours pas qu'elle a failli mettre le feu à la maison pendant que nous dormions, se moqua-t-elle gentiment, mais soyez gentils, attendez que je vous montre une fois comment faire avant de vous essayer à de gentilles attentions comme ....préparer le petit déjeuner.

 

Tom pouffa gentiment lui aussi en songeant à l'odeur de cramé qui était arrivé à ses narines alors qu'il sortait des bras de Morphée.  La marmite qu'utilisait Lianna pour cuisiner avait pris feu. Et la première chose qui était venue à l'esprit de son amie, avait été de prendre le poêle et de l'enfoncer dans l'eau de la cuvette des toilettes et non dans l'eau du lavabo de la cuisine, faisant ainsi fumer celle-ci alors que des petites flammes s'éteignaient brusquement au contact de l'eau. Oui, ce fut très drôle.

 

-          On pourra lui rappeler plus tard, constata-t-il avec complicité.

-          Je m'en ferais une grande joie, assura Liliane en haussant exprès le ton, ce sont des anecdotes que je garderais à l'esprit comme dossiers quand vous serez adulte, évidemment.

-          JE VOUS ENTENDS !  lança Lianna du salon, à moitié boudant, moitié amusé par sa bêtise, et ce n'est pas marrant ! Tu as vu Nagini, ils se moquent !

 

En guise de réponse, Tom éclata de rire suivit de Liliane qui ne tarda pas à suivre le mouvement.

 

A Poudlard, ils avaient leurs murs apposés à leur personnalité mais ici, ils étaient décidément plus simple d'être soi-même. Sans carapace pour se protéger. Parce qu'il était bon de se sentir aimer.

 

Liliane ne leur rappellerait pourtant rien de tout cela car la mort n'allait pas tarder à frapper à la porte, telle une vieille amie que l'on accueillait à bras ouvert.

 

~*~

 

POV Lianna

 

Ils lisaient tous deux un livre blotti dans une épaisse couverture contre Liliane . Liam était coincé entre eux et babillait joyeusement pour tout et n'importe quoi face aux mimiques et grimaces que lui lançaient sa mère. Quant à Nagini, elle reposait devant le feu de la cheminée.  Ils profitaient ainsi encore un peu des décorations de Noël et plus spécifiquement du sapin installé au côté d'un meuble en hauteur qui serait enlevé dans quelques jours. Même si cette période de festivités en pleine Guerre semblait plus monotone, Liliane avait vivement déclaré que ce n'était pas ces nazis qui allaient leur plomber le moral.

 

Son ami lisait un épais livre sur la médicomagie persistant à vouloir soigner leur mère et elle, lisait son manuel scolaire sur les divers animaux fantastiques écrit par Newt Scamender et Davilia Peverell car elle n'avait pas encore terminé son devoir, et elle devait recenser les bestioles les plus dangereuses dans une dissertation ou ils devaient spécifier les différents comportements de ceux-ci pour la rentrée. * Peut-être qu'elle pourrait aller trouver ce première année Rubeus Hagrid qui- et elle l'avait déjà aperçu s'occuper d'animaux- semblait particulièrement se débrouiller dans ce domaine grâce à son père. Et puis, elle ne supportait pas la façon dont il était traité suite à sa différence. D'autant plus qu'elle souhaitait étrangement en savoir plus sur les diverses créatures peuplant le monde de la Magie, comme attirée par ceux-ci, elle trouvait certaines espèces fascinantes à étudier. Et le petit garçon semblait avoir de nombreuses connaissances sur le sujet. Autant l'approcher, il pourrait lui être utile, un jour.

 

-          Et si vous arrêtiez un peu de vous torturer les méninges les Trésors, hein ?

-          J'ai presque fini de lire la partie que je devais lire pour mon devoir, Maman fit-elle en ne relevant pas mes yeux, je me reposerais après.

-          Et moi, je continue à trouver des pistes pour toi, j'ai dans l'objectif de te dégoter un rendez-vous à Saint-Mangouste cet été, c'est un hôpital sorcier qui se trouve au centre de Londres. Et pour ça, il faut que je fasse des recherches pour pouvoir argumenter en ta faveur afin qu'il autorise à t'examiner, comme tu es moldue, lâcha son meilleur ami.

-          Et bien, lança Liliane, des adolescents comme vous ont le droit à du repos, alors fermez ces livres un peu. Je sais que vous voulez être de bons étudiants mais ce n'est pas bon pour votre santé. Et Tom, nom de Dieu, je vous ai dit de laisser tomber avec ça, de vous épanouir et non de penser sans cesse à moi durant votre temps libre ! C'est à cause de cet enfant encore ? insinua-t-elle, Edwin Martins ?

-          On se fiche de Martins, Maman, nous sommes meilleurs que lui ou même que de sa jumelle, et des autres en général. On n'abandonnera jamais. Tu seras guérie bientôt, j'en suis certain.

-          Tom... soupira-t-elle, où a mené votre dernière tentative d'expérimentation sur moi ? Rappelle-le-moi ?

 

Lianna releva ses iris vers Liliane qui c'était vivement redressé en tenant Liam contre sa poitrine. Elle grimaça discrètement car ils c'étaient blessés avec un sortilège qu'ils ne maîtrisaient pas, et ils furent légèrement  brûler sur les mains suite au rituel qu'ils avaient essayé de réaliser, sans succès. L'adulte ne le savait pas mais celui-ci venait d'un livre de la réserve de la bibliothèque de Poudlard. Lieu qu'ils leur étaient encore interdit mais qui, suite à de multiples connaissances hauts placés chez les préfets, ils avaient pu en avoir l'accès. Tom grogna dans sa barbe inexistante, tendis qu'elle faisait mine de lire consciencieusement les mots écrits à l'encre noir, en vain, car Liliane leur prit alors à tout les deux leur livre des mains, et les jeta sur la table basse juste devant elle.

 

-          Mais... Maman, commença-t-elle à protester, j'étais sur le point de comprendre comment madame Peverell avait réussi à...

-          Et bien, coupa Liliane, je suis sûr que cette comment vous appeler cela  déja ? Une Magizoologiste ?  Serais d'accord avec moi, pour te dire que tu as le droit à une petite pause avant de terminer ton devoir.

-          En vrai cette femme ne pourrait rien dire. Elle a été mystérieusement assassinée en octobre 1931 avec sa famille, grogna Tom, enfin, d'après sa bibliographie annotée à la fin dans notre livre d'école. Elle restait très secrète sur sa vie privée mis à part qu'elle travaillait avec son cousin Newton Scamender, seules ses exploits y sont souvent retranscrits.

-          Tu as compris ce que je voulais dire, Tom, fit la rouquine avec désapprobation, aller plutôt chercher les marshmallows dans la cuisine, d'accord ? Faites-moi plaisir, reposer vous un peu. Et...arrêter de bouder, ajouta-t-elle, n'est-ce pas mon mini Trésor, Lianna et Tom râlent pour rien, lança-t-elle à l'adresse du bambin qu'elle embrassa sur les joues.

-          J'y vais les chercher, lança Lianna à l'adresse de son ami.

 

L'adolescente soupira, et se laissa glisser du divan en traînant des pieds dans le but de se diriger vers la cuisine. En passant devant la table basse ou se trouvait posé son livre scolaire, elle constata que la photo animée de Newton Scamender, et de Davilia Peverell -dont les cheveux blonds étaient aussi bouclés que les siens- et qui se trouvait au dos de l'ouvrage, lui souriaient d'une étrange et mystérieuse manière.

 

C'est légèrement troublé et après avoir ressenti un étrange frisson qu'elle allât récupérer le paquet de friandises.

 

~*~

 POV Tom

 

Quand la sonnette de la porte d'entrée se répercuta ce jour-là, tous trois avaient eu une idée de la personne qui se trouvait derrière la porte d'entrée. A ce moment précis de la journée, ils étaient toujours blottis l'un contre l'autre sur le divan, emmitouflé dans une épaisse couverture après avoir mangé de nombreux marshmallows. Conversant de choses et d'autres, ils s'arrêtèrent finalement tous de dialoguer en entendant la sonnette retentir dans l'étroit couloir. Lianna s'amusa de la rougeur qui était apparu sur les joues joncher de taches de rousseur de sa mère et elle déclara vivement alors que lui, vrillait ses iris noires :

 

-          Je savais que tu aimais bien ce sorcier ! s'exclama-t-elle, d'un ton vainqueur.

 

Ce sorcier, ou l'un des représentants du ministère qui s'occupait des orphelins sorciers et de la liaison des affaires sociales entre le monde sorcier et moldu, était un homme qui s'occupait de leur cas depuis quelques mois. Il semblait faire la cour à la jeune femme depuis quelques temps, souvent sous le regard assassin et protecteur de Tom qui le menaçait souvent silencieusement des yeux -et peu importe s'il se trouvait avec des collègues-  car s'il osait lui briser le cœur, il le paierait amèrement. L'adulte avait précisé que peu importe le résultat du dernier contre-rendu, il viendrait le leur donner et l'expliquer en main propre et non par le biais d'une missive ministériel. Le précédent étant été négatif suite aux nouveaux éléments qui avait été ajouté, et plus particulièrement suite à l'arrivé du bébé Liam, le sorcier avait procédé à la réalisation d'un dossier qui prouvait la capacité de Liliane à prendre en charge des petits sorciers. Ce dernier contre-rendu avait énervé les deux enfants, car ils trouvaient toujours des excuses pour retarder l'échéance du jour où ils pourraient enfin porter le nom Evans à coté de leur propre nom de famille.

 

-          Comment je suis ? stressa Liliane, Tom, Lianna ? lâcha-t-elle alors qu'elle tendait Liam à Lianna et se laissait glisser sur sa chaise roulante, et non, il est juste galant, et hum oui, adorable.

-          , Tu mens, Maman, tu es amoureuse de Mike, ricana Lianna alors que Tom vrillait des yeux, oh, oui, tu l'aimes bien, et tu es très belle comme toujours.

-          Merci Trésor, mais arrêtez de lire dans mon esprit petits chenapans car c'est n'importe quoi, s'outra faussement Liliane, Tom, dit à Nagini de monter à l'étage et d'y rester pour le moment, s'il te plait.

-          On n'a pas besoin de lire dans ton esprit pour le comprendre, lâcha Tom en Anglais et avec mauvaise foi, Nagini, il faut que tu montes pour le moment, Maman va aller ouvrir la porte à ce type qui la courtise depuis quelques mois, déclara-t-il en fourchelang.

-          Arrête de râler Tommy, siffla la serpente en obéissant, ce type comme tu dis est peut-être finalement porteur d'une bonne nouvelle pour Lianna et toi ! Et n'as-tu pas envie de la voir heureuse ?  Ce sorcier l'apprécie sincèrement, tu nous l'as pourtant affirmé petit puisque tu n'as pas hésité à lire ses pensées pour vérifier ses intentions.

 

Oui, peut-être qu'enfin, il n'y aurait plus tous ces tests de cohabitation ou les services sociaux se pointeraient à tout moment s'en prévenir pour constater, parler, et prendre parfois notes avec des airs un peu trop pincés et septiques à son goût. Oui, peut-être que cette fois, il y aurait une audience qui annoncerait officiellement l'adoption et non une autre qui annoncerait encore une fois qu'il devait y avoir d'autres observations à domicile, prolongeant, encore, et encore la légalisation de leur nouvelle vie de famille. Parce que dans des situations comme la leur, c'était des sorciers qui travaillaient et qui étaient infiltrés dans le monde moldus qui s'occupaient des cas comme eux. Afin de régulariser et de reporter les événements dans les deux mondes mais, et bien évidemment, en omettant des faits aux moldus qui œuvraient avec ces derniers.

 

-          Oui, bien sûr, grommela-t-il, il n'empêche je m'en méfie quand même.

 

C'est sous le sifflement moqueur de Nagini qui disparaissait dans le corridor afin de monter à l'étage que lui, voulut suivre Liliane qui se dirigeait déjà dans le couloir. Mais sa meilleure amie l'arrêta d'un bras, en lui faisant signe de prendre son appareil photo ranger dans le meuble à côté du sapin.

 

-          Sérieusement Lianna ? siffla-t-il en haussant les yeux au ciel.

-          Oui, je veux qu'on ait des souvenirs, et je viens de le voir marcher nerveusement de gauche à droite devant la fenêtre avec un bouquet de fleur pendant qu'elle angoissait, Alors il faut immortaliser ça, n'est-ce pas, Liam ?

 

En guise de réponse, le bébé dans les bras de son amie, gazouilla joyeusement. Lui grogna dans sa barbe inexistante et récupéra l'appareil photo alors qu'il entendait la porte d'entrée s'ouvrir.  En traînant des pieds, il suivit Lianna et s'accouda contre le mur du couloir afin d'observer la scène.

 

Tom grimaça devant tant de mièvrerie. Mike Toke, petit frère de Tilly Toke -  devenue célèbre pour avoir protégée le Secret magique en 1923 suite à l'apparition d'un dragon sur la plage d'ilfracombe alors qu'elle y était en vacances *- d'après ce que Tom avait compris en y faisant des recherches personnelles afin de connaitre l'homme, venait de lever son chapeau melon et de le remettre sur son crâne en guise de respect, et présentait désormais un énorme bouquet de roses à sa mère qu'il venait de brandir de son dos.

 

Tom reçu un coup de coude de la part de Lianna entre les côtes car il fixait l'homme d'une lueur meurtrière et avait croiser ses bras sur son torse. Le sorcier dans la mi- trentaine ne tarda pas à s'abaisser à la hauteur de la chaise roulante de Liliane afin de l'embrasser tendrement sur la joue. Après quelques profusions d'Amour et des bafouillements complétés de remerciements, Liliane se retourna vers eux tout en leur brandissant ce magnifique bouquet de roses avec un sourire resplendissant de bonheur qui marquerait à jamais Tom Riddle. Recevant un deuxième coup dans les côtes, il fit aller le bouton de l'appareil photo sorcier en grognant, et actionna le flash par la même occasion.

 

-          Lianna a vu monsieur Toke passer devant la fenêtre du salon avec ce bouquet, elle voulait que j'immortalise l'instant pour que tu es un souvenir, se justifia-t-il en haussant les épaules après avoir récupéré la photo entre ses doigts.

-          Bonjour, Tom, Lianna, fit le sorcier aux yeux vairons, amusé, je viens ave...

 

Mais le sorcier qui venait de sortir joyeusement un dossier scellé de sa cape ne termina jamais sa phrase. Une première détonation c'était faite entendre au loin, suivit de bruits de chute et de lourd gravas, secouant les fondations de la maison. Tom avait toujours ses yeux noirs fixé sur Liliane quand le temps sembla avoir dangereusement ralenti avant de se figer complètement devant ses iris. Ils n'avaient pas compris tout de suite ce qui se passait au dehors, dans la rue.

 

Avaient-ils prévu quelque chose d'aussi cruelle et d'aussi violent ? La ville était censée avoir été reprise entre les mains des alliés mais la Guerre était imprévisible, frappait à n'importe lesquels des moments. Elle laissait son lot de dommages partout où elle passait, sans une once de scrupule, et s'amusait des victimes qui résulterait de sa fureur.  La Guerre était destructrice, assassine, et meurtrissait des innocents au plus profond de leur être, les marquant à jamais. Pour le meilleur ou pour le pire.

 

Comme dans un film d'action moldu, il vit tous se dérouler avec une lenteur démesurée. Liliane levait son bouquet de fleur vers eux, et souriait si intensément qu'il aurait pu remercier l'homme si cet événement présent n'aurait pas eu lieu d'être. Mais il vit son sourire se figer, puis s'effriter doucement alors que sa chaise roulante se renversait sur le sol suite à une intense secousse qui ébranla la maison.

 

Une première lâchée de bombes d'avions ennemis le paralysa dans l'effroi, alors qu'il observait, terrifié, une partie de l'entrée se détruire et partir en fumée.

 

Une deuxième qui contracta douloureusement son cœur tandis qu'il suivait des yeux et avec horreur l'éboulement du plafond sous les deux adultes qui étaient bien trop près de la première déflagration.

 

Une troisième et sa propre vision qui devint floue suite aux particules de poussières provoqués par les multiples explosions.

 

Une quatrième  assourdissant son ouïe devenue douloureuse et qui explosa presque sur ses pieds et ceux de Lianna dont les cris de tristesse resteraient à jamais encré dans sa mémoire alors que son petit frère, lui, pleurait à plein poumon.

 

Une cinquième qui le fit lourdement tomber à terre alors qu'il restait malgré tout ankylosé, le regard posé inlassablement là ou Liliane avait disparue sous les décombres dans une expression qui était tel, que sa bouche resta ouverte durant ces infimes secondes qui lui parurent durer une éternité.

 

Une sixième, et une partie de la charpente s'écroula. Des cris d'horreurs, la douleur, puis le néant.

 

Et alors que Londres était victime d'une attaque des bombardiers par la voie des airs contre les alliés, un appareil photo se brisa en mille morceaux tandis qu'une image mouvante -ou l'on pouvait apercevoir un sourire éclatant et des yeux vert émeraude brillants de bonheur- se consuma sous la danse sinistre des flammes qui léchèrent cruellement le papier magique.

 

La Guerre venait de frapper et de faire de nouvelles victimes.

 

Se préparer à l'Enfer en constatant que la mort n'est pas bien loin pour vous accueillir à bras ouverts.

~*~

 

 

La douleur. Le noir. La difficulté à respirer. Un mal de tête qui lui vrilla les tympans. Tom toussa à sans cracher les poumons alors qu'il constatait que du sang coulait de son crâne. Désorienté, il lui fallu un temps considérable pour comprendre qu'une brique de pierre était posé sur son estomac et qu'il poussa avec difficulté hors de sa poitrine, lui permettant de reprendre une goulée de C02 asphyxié par l'abondance du dioxyde de carbone provenant de l'air.

 

Sa vision était dégradée, floutée et il avait du mal à entendre les sons qui aurait dû lui parvenir facilement aux oreilles.

 

-          LIANNA, MAMAN, LIAM, NAGINI ?

 

Un son étranglé, dont le cri tétanisé n'arriva pas bien à ses oreilles s'échappa de sa gorge, serré et douloureuse à souhait. Il se laissa trainer entre la poussière et les décombres, noircissant encore un peu plus ses vêtements en lambeau. Pour la première fois, il constata qu'il pouvait voir le ciel encombré de nuages noirs. Étrangement en cette fin d'année 1940, il n'avait pas encore neigé en Angleterre comme si le temps s'était adapté au climat de terreur dont était victime la population Mondiale.

 

Une main tremblante et en sang se posa sur son épaule, et il détourna vivement ses iris en apercevant la figure terrassée par les larmes et les égratignures suintante de sang apparaissant sur le visage de sa meilleure amie. Sa lèvre frémissait dangereusement alors qu'il constatait qu'une partie de la maison brûlait, assailli par les flammes et l'autre, dont les escaliers étaient encore visibles, était étrangement resté intact.

 

-          Je ne... te...te trouvais pas...et...je ne trouve pas...Liam, ni Mam...Maman. Ni...ni Nagini... Mike est ...il...est...mort, là-bas.

 

Le bras de Lianna qui montrait un point derrière elle était si secoué de spasme, que sa respiration, à lui, s'accéléra sous sa panique. Il se fichait éperdument du sorcier, ce qui l'inquiétait était le fait qu'elle ne les avait pas trouvés, eux, avant qu'il ne reprenne connaissance. En tentant difficilement de se remettre debout, un cri d'enfant se répercuta entre les flammes qui commençaient à s'élever ici et là entre les décombres. Liam.

 

Tournant rapidement le visage à gauche et à droite, il tira Lianna par la manche de son pull abîmé. Son visage était maculé de suie et de larmes, accentuant l'air terrifié qu'elle abordait sur ses traits si beaux.  En quelques enjambés, ils passèrent à coté du corps sans vie et calciné de Mike et ils arrivèrent auprès de la source des pleurs. Autant lui que Lianna commencèrent à tousser, il arracha alors un morceau de sa chemise afin de la tendre à son amie qui ne tarda pas à le mettre sur sa bouche. Il en fit de même pour lui et commença à tenter de pousser un meuble qui était tombé à la renverse. Après moult effort, et après avoir utilisé la Magie par le biais de l'esprit, ils eurent tout deux le nez en sang, signe de l'exploit Magique qu'ils avaient réalisé afin de soulever le mobilier.

 

A leur plus grande surprise, Liam se trouvait dans le milieu d'un trou béant qui avait fait son apparition dans le sol. Il semblait que le meuble n'avait pas appuyé son poids sur le bébé. Un miracle. Lianna s'empressa de prendre leur frère dans ses bras, grimaçant suite à la douleur que lui procurait son bras blessé. Un soulagement sans nom l'accapara en constatant que le bébé était en pleine forme malgré cette horreur, résultat de la cruauté des moldus. Et alors que le son des sirènes d'ambulances et des pompiers moldus arrivaient à ses oreilles - et dont le son amoindri par les éclats de bombes n'arrivèrent  pas encore à atteindre ses oreilles-, le sifflement de Nagini se répercuta non loin d'eux.

 

Se relevant en s'égratignant un peu plus les mains, il tituba jusqu'à la source des sifflements, de ces pleurs animal. Oui, des pleurs animal que seul lui comprenait. Leur amie, Nagini, pleurait. Était-elle blessée ?

 

Tom entraîna Lianna à l'extérieur de la maison alors qu'ils suivaient le son des complaintes du reptile. Ils s'éloignaient de la partie de maison en feu et dont les décombres se mélangeaient aux maisons avoisinantes, elles aussi attaquées quand son sang monta jusqu'à sa tête avant de redescendre violemment jusqu'à ses pieds.

 

Les cris de Liam lui parurent lointain alors qu'il avait premièrement observé un petit tas de pétales de rose éparpillés autour d'eux.

 

Le cri aigu de Lianna avait percé ses tympans déjà douloureux tandis qu'il posait ses iris noires sur le corps à moitié coupé en deux du premier adulte qu'il n'eut jamais aimé.

 

Sa propre voix en pleine mutation lui vrilla un peu plus ses oreilles alors qu'ils prenaient tout deux consciences de la vision  horrifiante et terrifiante qu'ils percevaient devant leurs yeux.

 

Le corps à moitié découpé par un morceau de charpente à l'intersection entre l'estomac et les jambes, leur mère agonisait sous une mare de sang.

 

Lord  & Lady Voldemort seraient éternellement hanté par la dernière vision qu'ils auraient de Liliane Evans.

~*~

 

Avez-vous déjà eu l'impression que votre monde s'effondrait sous vos yeux cher lecteurs avare de curiosité ? C'est exactement la sensation qu'avait éprouvé les deux futurs Mages noirs  en puissance au moment où ils s'étaient laissés glissés auprès de Liliane, les membres plus tremblants que jamais, et leurs corps secoués par des spasmes de pleurs qu'ils n'arrivaient pas à apaiser. Tom avait failli tourner de l'œil en percevant les boyaux de sa mère mis à découvert.

 

Elle recrachait du sang par la bouche, mais était toujours consciente de ce qui l'entourait quand il voulu directement faire demi-tour vers la partie de la maison resté intacte, se fichant royalement que le feu allait certainement consumer tout le reste sur son passage, et ne se doutant pas que les pompiers essayaient déjà de maîtriser les multiples incendies dans la ville. Il avait voulu aller récupérer sa baguette, afin de faire quelque chose, mais Liliane venait d'attraper son bras, puis celui de Lianna avec fermeté, les obligeant à rester auprès d'elle.

 

 Et Tom comprit, il comprit qu'ils ne pouvaient plus rien pour elle, qu'elle allait mourir alors qu'il croisait ses deux émeraudes qui lui suppliait silencieusement qu'ils restent avec elle jusqu'à ce que son dernier souffle ne traverse ses lèvres.

 

-          Non, non, non, on t'interdit de mourir, laisse-nous aller chercher NOS BAGUETTES, LAISSES NOUS ALLER... hurla-t-il.

-          C'est...c'est fini..Tom, Lia...Lianna...c'est...c'est termi...terminé mes Tr...Trésors. Vous...Vous ne...vous ne pouv...pouvez plus rien...ce...ce..n..'est pas...gra...grave. Res...Rester...rester avec moi.

-          NON C'EST GRAVE, TU VAS MOURIR ! hurla à son tour Lianna entremêlé aux pleurs de Liam qui s'agitait contre elle, tu peux...tu peux pas mourir, hoqueta-t-elle en éclatant de plus belle en sanglot, et en se jetant contre son buste en sang avec Liam qu'elle posa sur la poitrine de sa mère, tu peux...tu peux pas, répéta-elle, en respirant difficilement, tu peux pas nous laiss...laissé tout...tous les trois. Tout...tout seul, Maman. On...a besoin..de..toi.

-          Qu..qu'est ce que...qu'est-ce que je vous ...vous ai appris, mes Tre...Trésors ? Quand vous...vous sentez sub..submerger, compt..compter jusqu'..jusqu'à dix af...afin d'apais..apaiser votr..votre colère et..et votr...votre tristesse. Je...Je suis certain..certaine, que vous aller..vous occupé de Li..Liam..vous  êtes et serez de bel...belles personnes, qui..qui aideront les plus..plus démunis, et vous..irez loin en tant que..que sorci..sorciers. Fait..Faites de bell...belles choses...rendez..rendez-moi fière de vous. Je..vous...aimes plus...plus que tout, ne...ne l'oubliez pas. Je ser..serais touj..toujours là.

 

Elle venait de caresser le crâne de Liam, posé sur sa poitrine grâce à Lianna. Ensuite, elle avait posé sa main gauche sur son amie et la droite sur la sienne alors que lui, ne détachait pas son regard de ses iris vertes. Un doux sourire se forma sur ses lèvres ensanglantées. Tom senti sa vision se brouiller sinistrement sous des formes indistinctes. Il éclata plus fort en sanglot, le cœur aux bords des lèvres. Son organe vital se serra douloureusement en son sein, se brisant en mille morceaux. Les souvenirs affluant brusquement devant ses iris noires, et se mélangeant péniblement dans son esprit, le firent suffoquer de plus belle alors que la caresse de sa mère sur sa joue s'estompait, et qu'au ralenti, sa main tomba lourdement sur le sol, telles les files d'une marionnette qui venaient d'être coupés.

 

Tom et Lianna se jetèrent d'un même homme sur la poitrine du corps inerte de la jeune femme, s'accrochant à elle telle une bouée de sauvetage tout en maintenant Liam qui criait à plein poumon, et comprenant certainement à sa façon que sa mère n'était plus de ce monde.

 

-          Non...non ...non réveille-toi, je t'en supplie réveille-toi, non, non, non. Je t'aime, alors réveille-toi, je t'en prie, on t'en prie. On est...on n'est rien, sans toi !

 

Nagini légèrement blessée était jusque-là resté inactive et avait suivi douloureusement la scène de ses yeux jaunes. Triste, et percevant ces petits humains blottis contre la seule femme qu'ils n'eurent jamais aimé et à qui elle avait promis protection et fidélité, les entoura de son immense longueur afin de leur procurer un peu de réconfort et de chaleur.

 

Leur visage inlassablement posé sur Liliane, il fallu un tant considérable à Tom pour comprendre que Nagini leur chuchotait des mots réconfortants, qui pourtant, ne faisait qu'accentuer sa tristesse et sa colère grandissante.

 

Cette dernière partie se cacher quand ils entendirent des voix d'adultes demander s'il y avait des survivants à quelque part.

 

Il ignora les militaires, les pompiers et les policiers à l'instar de Lianna.

 

Ils étaient meurtris au plus profond de leur âme.

 

Ils voulaient hurler sur tous ces moldus, leur arracher le cœur et le briser en mille morceaux comme le leur l'était à cet instant précis.

 

Ils ne seraient jamais heureux. Tout cela n'avait été qu'éphémère.

 

Ils détruiraient cette race d'humains qui avait encore brisé leur vie.

 

Ils haïssaient ces gens au-delà de tout ce qu'ils avaient déjà pu éprouver à leur égard par le passé.

 

 

Les moldus seraient un jour à l'état d'esclavage.

 

 

Son dernier souffle leur avait enlevé toute once de gentillesse. Du moins, c'est ce qu'ils penseraient durant quelques années encore.

~*~

 

Épilogue

 

1 janvier 1941.

 

Tom jeta une rose sur le marbre impeccable qu'était la tombe de Liliane, brisé comme il ne l'eut jamais été. Une pluie tonitruante claquait sur le sol du cimetière, mais ils restaient là, debout tous les deux, seuls devant ce sépulcre familial qui allaient être refermé une fois qu'ils seraient partis, de retour à l'orphelinat Wool. Ils avaient voulu leur moment seul, une fois tous les sacrements donnés et tous ces gens partis qui ne la connaissaient que de loin, lui faire un dernier au revoir. Ils s'étaient jetés sur sa tombe avant qu'ils ne la descendent sous Terre, se fichant éperdument des regards posés sur eux. Rien n'avait plus d'importance. Ils étaient seuls, et n'avaient plus rien à perdre.

 

-          On trouvera un moyen de la ramener à la vie, chuchota Lianna brusquement, on trouvera le moyen de braver la mort, renifla-t-elle en frottant de manière enfantines ses pleurs, j'y mettrais ma vie là-dedans.

 

Tom tourna légèrement son visage vers Lianna qui fixait dans le vide la tombe qui se trouvait sinistrement devant eux, les yeux vides et dénués de toutes expressions. Il se rapprocha d'elle, et passa un bras autour du siens, tout en tenant fermement le parapluie qui les protégeait de cette pluie torrentielle. Un temps si semblable à leur état d'esprit, si laid, si nuageux, si malsain.

 

-          On y passera tout notre temps libre, je te le promets, et on mettra à nos pieds tout ces moldus, c'est là qu'est leur place, ils devront s'agenouiller devant les sorciers, on aura aucune pitié pour atteindre nos futurs desseins.

 

Derrière eux et un peu plus loin, deux assistants sociaux sorciers qui travaillaient dans le monde moldus les attendaient patiemment leur laissant ainsi un peu d'intimité. Ils avaient longuement discuté de leur cas ces adultes, et le résultat étaient qu'à cause du nombre croissants d'orphelins- résultat tragique de la Guerre-  ils ne pouvaient rien faire pour eux pour le moment. Les orphelinats sorciers étaient de plus en plus bondés, et eux, avaient toujours leur place dans celui moldu de Londres puisque l'adoption n'avait jamais été légalisé. La logique voulait donc qu'ils n'étaient pas prioritaires, et le ministère avait décidé qu'ils retourneraient dans cette Enfer.  Et en plus, ils avaient jugé bon de donner une place toute prête à Liam dans l'endroit, les obligeant à le voir durant les étés. La vision de l'enfant leur était désormais bien trop douloureuse. Et, ils ne tenaient pas à déverser leur haine contre lui. Ils l'éviteraient.

 

-          On t'aime Maman, lâcha Lianna en lançant sa propre rose sur la tombe, tu avais raison, on changera le monde, mais à notre façon, être bon n'aura jamais servi à rien. On ferait mieux d'y aller, Tom. Ces crétins ne vont pas nous attendre indéfiniment, et vont s'impatienter.

 

Après avoir jeté un dernier regard sur la tombe, Tom entraîna Lianna loin de cet endroit, rejoignant en quelques enjambés cet homme et cette femme qui s'assurèrent de leur état, ce qu'ils confirmèrent rapidement après avoir remit leur masque de froideur sur leur visage pourtant ravagé par la tristesse.

 

S'ils y avaient fait attention et s'ils avaient été moins rongés par la colère à ce moment précis alors qu'ils observaient placidement des avions militaires passé dans le ciel nuageux, Tom et Lianna auraient ressenti une sorte de brise les envelopper avec bien-être, réchauffant et caressant leur épiderme frigorifié par le froid et la pluie.  

 

Liliane Evans avait espéré leur transmettre tout son Amour afin de leur faire comprendre de se calmer, en vain. Elle passa  définitivement dans cet endroit où elle aurait dû se reposer après avoir choisie de ne pas devenir un fantôme, où et à ce moment-là,  elle aurait vogué éternellement sur Terre.

 

C'est ainsi que tout bascula réellement, et que la prophétie ancestrale qu'avait un jour été énoncé par la célèbre sorcière Morgana s'activa sous le dernier souffle de l'arrière-grand-mère d'un jeune garçon à lunettes qui deviendrait un jour connu de tous les sorciers, Harry Potter.

 

Eternel Interdit by Chrisjedusor

Prologue

14 avril 1921, non loin de Little Hangleton.


POV Tom Riddle Sr.

En ce printemps clément où les bourgeons fleurissaient, les chants d'oiseaux égayaient le ciel, et où les premières chaleurs faisaient leurs arrivés, deux jeunes gens profitaient du beau temps. Ils  se courtisaient en dehors de la ville, au centre d'une petite prairie où ils s'étaient installés à l'abris de tous dans le but premier de pique-niquer. Un jeune garçon au cheveux ténébreux qui était âgé de seize ans attendait le moment opportun pour tenter d'embrasser la jeune rouquine de quinze ans qui venait, sous un éclat de rire, de souffler sur une fleur afin d'en faire voler le pollen autour d'eux.

Thomas ne pouvait s'empêcher de sourire face à tant de candeur. Pourtant, au fond de lui, l'héritier de la riche famille des Riddle savait que ses sentiments éprouvés à l'égard de cette jeune femme étaient voués à l'échec. Il était destiné à  épouser un jour une jeune femme de famille bourgeoise. Elle serait du choix de ses parents et conviendrait parfaitement à son entourage.

Il refusait cette possibilité.

 

C'était pourtant en gardant ses mauvais songes au creux de son esprit qu'il saisit son courage à deux mains et prit le visage de l'adolescente entre ses doigts. La jeune fille n'eut le temps que d'hausser un sourcil roux et interrogateur car il se pencha vers sa figure. Tom la pris par surprise en posant ses lèvres contre les siennes dans un chaste baisé qui le fit frissonner de bien-être. C'était les joues enflammées que l'adolescent s'éloigna rapidement de sa bien-aimée car il ne voulait pas lui faire peur et il désirait percevoir sa réaction. Le jeune garçon ne fut pas déçu car cette dernière venait de déposer ses doigts là où il venait de l'embrasser tandis que ses joues pleines de tâches de rousseurs étaient plus vives que jamais.

-      Liliane, enfuie-toi avec moi, lâcha brusquement le jeune homme.

-      Tom, je...tu sais que ce n'est pas possible, lâcha la concernée le souffle court. On ne doit pas se bercer d'illusions et nous sommes trop jeunes. Tu ne peux pas faire ça, ta famille compte sur toi pour perpétuer ta lignée.

-      Et je veux que tu sois un jour la mère de mes enfants, se borna-t-il, je n'ai certainement pas envie de courtiser une autre personne juste parce que mes parents l'auront décidé. Il y en a marre. J'ai l'argent nécessaire pour ce départ précipité.

-      Tom...tu oublies mon état, insinua-t-elle, je ne ...

-      Je me fiche éperdument de ton état, et tu le sais ! Je suis tombé amoureux de toi !

 

Il hocha vivement son visage vers la chaise en bois sur laquelle la rouquine se déplaçait de plus en plus régulièrement depuis quelques années. En effet, c'était suite à une maladie dégénérative des cellules nerveuses qui avaient affectés ses jambes, qu'elle avait dû commencer à se déplacer de la sorte. Normalement, et selon les médecins, son mal n'aurait pas dû évoluer aussi rapidement mais cette maladie était encore méconnue et la jeune femme allait dans peu de temps se retrouver collée à jamais à cette chaise roulante dans le cadre de ses déplacements.

Thomas avait connu Liliane des années auparavant alors qu'accompagné de son père et de sa mère. Son géniteur avait remis des  médailles pour services rendus à la nation dont celle d'Elrick Evans. Celle-ci avait été remise aux grands-parents de Liliane sous les regards d'autres survivants de la Guerre 14-18. Le père Evans avait combattu puis péri aux milieu d'un champs de mines. Cela un peu après la capture de son épouse et de ses deux filles aînées. Elles aussi avaient subi le même sort. Par chance, Liliane s'était retrouvée sur Little Hangleton sous la garde de ses grands-parents paternels à l'instar de son jeune cousin. Celui-ci avait dernièrement décidé de voler de ses propres ailes en voyageant ici et là dans le monde. Ce petit village avait un tant sois peu été épargné par les aléas de ces atrocités et les parents de Liliane, à l'époque, avaient certainement jugés bon , suite à la difficulté de cette dernière à se déplacer rapidement en cas d'urgence, qu'il fut préférable de l'envoyer loin de Londres jusqu'à ce que tout cela s'apaise.

Cet endroit reculé avait été parfait.

L'enfant qu'il avait été à l'époque avait admiré son courage car les enfants et les adultes rassemblés entre eux l'avait ignoré comme une pestiférée alors qu'elle se maintenait maladroitement debout grâce à ses deux béquilles en bois. Ce fut comme cela qu'il l'eut repéré dans la foule car cela l'avait intrigué. Et l'adolescent se souvint avoir pensé qu'on ne pouvait pas laisser une petite fille avec de si beaux yeux verts, seule. Tom avait alors décidé d'aller lui parler en faignant à son père qu'il serait judicieux d'interagir avec tous ces enfants orphelins puisque les Riddle étaient la dernière famille fondatrice vivante du village tandis que ce dernier continuait de converser, accompagné de sa mère, avec les familles présentent lors de cette cérémonie.

Ses parents avaient approuvé son initiative et Thomas avait intérieurement sourit de victoire. Étant habituellement séparé des autres gamins de la bourgade, seul dans son manoir qui se situait sur la colline du village, et au-dessus du cimetière de Little Hangleton, Thomas avait eu l'habitude de côtoyer d'autres enfants bien ennuyants au sein même de la société mondaine. Oh, bien sûr à l'époque, il s'était pensé meilleur que le reste de la populace mais il avait fini par changer d'avis avec le temps. S'il avait su qu'une telle petite fille venait déjà de temps à autre au village visiter ses ascendants par le passé, le petit garçon d'autrefois aurait définitivement essayé de faire le mur bien avant sa première rencontre tant il avait été captivé et impressionné par l'autre enfant. Par extension, peut-être serait-il à son tour devenu bien plus tôt moins ventard et pompeux comme il l'avait  hélas été à cet âge.

 

Depuis cette rencontre, et avec les années écoulées, ils s'étaient vus de plus en plus régulièrement et en cachette de tous afin de jouer ensemble. Ce fut d'une chose en amenant à une autre que des sentiments réciproques et refoulés c'étaient développés pour le meilleur, ou pour le pire.

 

-      Qu...quoi ?  Tu ne peux pas, lâcha lentement Liliane qui d'un geste brusque renversa le bol de fruits entre eux. Elle était encore une fois surprise, je...

-      Dis-moi que ce n'est pas réciproque, et je te laisserais tranquille !

 

De nouveau, il se pencha alors vers elle et cette fois, Tom l'embrassa avec plus d'ardeur. Liliane ne le repoussa pas, bien au contraire, ses deux mains se posèrent sur son torse, et il l'a pris contre lui afin de la poser sur la couverture sur laquelle ils étaient assis après en avoir éloigné les mets qui étaient disposés autour d'eux.

 

-      Je peux ? demanda-t-il, en pointant les boutons de son dessus avec désir.

-      Tu peux, souffla-t-elle alors qu'il déboutonnait délicatement son haut.

 

Le jeune homme se mit délicatement au-dessus de son corps. Et alors qu'il détachait doucement sa ceinture tout en l'embrassant sur le cou, désireux de lui donner sa virginité, c'était au loin, tapis dans les buissons, qu'une jeune femme aux cheveux raides et ternes observait la scène de ses deux yeux atteints de strabisme avec envie et jalousie.

 

Mérope Gaunt qui désirait ce jeune garçon qu'elle percevait de temps à autre par la fenêtre de sa petite maison se promit d'agir pour effacer cette « menace » qu'était à ses yeux cette jeune fille aux cheveux roux flamboyants.


Pourtant, en ce printemps ensoleillé, deux jeunes personnes insouciantes de leur Destin étaient heureuses à l'image de cette astre si lumineux qu'était le soleil.


~*~

 

12 Juillet 1922, non loin de Little Hangleton.

L'été était là, flamboyant, et il avait déjà brûlé les herbes des prairies avoisinantes. La canicule obligeait les gens à rester chez eux, à s'enfermer au frais, et Thomas c'était alors décidé à faire marcher un peu sa petite amie afin que Liliane ne se sente pas épiée par les regards curieux des potentiels passants. Des deux mains il tenait les siennes, et c'était avec une lenteur démesurée qu'elle mettait un pied devant l'autre. L'adolescent avançait en marche arrière en la maintenant debout, l'encourageait, mais c'était de plus en plus pénible pour elle et la douleur qui s'inscrivait sur ses doux traits, ne laissait aucun doute quant à la difficulté de cette tâche.

 

Il la rattrapa vivement alors qu'elle trébuchait, incapable de rester sur ses deux jambes plus de deux minutes. Et il eut mal au cœur alors qu'il l'entraînait doucement à sa suite sur le sol, se fichant éperdument de salir ses vêtements coûteux. Il caressa ses cheveux roux tandis que ses iris vertes se remplissaient de larmes. Les deux adolescents savaient ce qui en découlait car bientôt, il n'y aurait assurément plus de béquilles qu'elle pouvait encore utiliser de temps à autre mais bien cette chaise roulante sur laquelle elle serait à jamais assise, synonyme de son malheur.

-      C'est terminé pour moi, Tom. Tu vois pourquoi on ne peut pas s'enfuir quand on sera majeur ?

-      Je te payerais les meilleurs médecins, tes grands-parents n'auront rien à sortir car je veux vivre avec toi, Lily Jolie, je te le promets, tu deviendras un jour ma femme. Et tu réaliseras tes  plus grands rêves qui plus est.

 

Après ses mots, le jeune garçon l'embrassa tendrement sur les lèvres, puis se leva rapidement afin d'aller récupérer son destrier attaché à un arbre. Il caressa l'encolure de son étalon, puis vérifia que les béquilles de sa bien-aimée était toujours bien attachées sur le côté de son cheval. C'était un système qu'il avait conçu expressément afin de les emporter ou qu'ils aillent dans le village.

En se dirigeant de nouveau à grande enjambés vers Liliane, il jeta un œil à la maison qui se trouvait un peu plus loin, à moitié cachée dans l'enchevêtrement de la végétation. Les arbres empêchaient la vue sur la vallée. Les murs étaient couverts de mousse et des tuiles étaient tombées du toit, laissant par endroit apparaître la charpente. Thomas savait que tout ce qui était au-delà de la vallée n'appartenait pas à ses parents. C'était pour cela qu'ils venaient souvent par ici car les deux adolescents y étaient plus tranquilles.

 

Cependant, il avait déjà entendu son père maugréer à plusieurs reprises vis-à-vis de ce taudis. Il appartenait à un vieux miséreux du nom de Gaunt. Ce veillard habitait là avec ses enfants. D'après les histoires du village, le fils était complètement fou, et c'était pour cela que Tom et Liliane étaient souvent à proximité. Personne ne pourrait les surprendre à cause de ces rumeurs ridicules et glauques qui entouraient cette famille.

-      Je suis décidément triste pour les gens qui habitent cette maison, souffla Liliane en suivant son regard, je ne sais pas si tu as remarqué mais j'ai cru percevoir cette pauvre fille qui nous regardait par la fenêtre à l'instant. Peut-être devrions-nous faire plus ample connaissance, l'inviter à se joindre à nous ? Je suis certaine d'avoir déjà entendu le père lui parler...comme une moins que rien.

-      J'éviterai tout contact avec ces gens, Lily Jolie, si les rumeurs terrifiantes s'avèrent vraies, et on les entends depuis des années, alors nous prenons déjà des risques inconsidérés en étant pas si loin de cette ...maison. De plus, je me suis déjà un peu trop approché pour ma part- je jure avoir vu un serpent accroché sur la porte d'entrée. Ils ne doivent pas être très sain d'esprit. Et on le sait ! D'ailleurs, maintenant que tu me contes cela, je pense qu'il est préférable que nous trouvions une autre cach...

 

Pendant que Thomas lui parlait, il l'avait doucement prise à bras afin de l'installer sur son cheval qui hennissait doucement mais des bruits de martèlements et de sabots se firent entendre et se fut terrifié, pris sur le fait, qu'il aperçut la silhouette de son père se dessiner dangereusement au loin, accompagné de deux autres hommes.

 

Tapis derrière sa fenêtre, Mérope Gaunt affichait un petit sourire vainqueur. Elle  profitait du fait  que son frère Morfin et son père Marvolo soient ivres et endormis sur leur fauteuil moisis pour observer celui avec qui elle pensait se marier un jour.

 

Ces riches moldus avaient reçus cette missive non identifiée grâce à un hibou voyageur dont elle avait réussi à dompter et cela emplissait son cœur de joie.

 

L'été caniculaire était comme les deux cœurs de ces adolescents amoureux.
Ils s'étaient embrassés sous la peur des représailles car ils étaient pris sur le fait d'un Amour interdit.


 Mérope qui voulait sortir de cette vie désespérante dont elle était esclave, décida qu'elle évincerait Liliane Evans, sa rivale, de son beau moldu.


~*~

 

23 novembre 1923, non loin de Little Hangleton.


L'automne avait rapidement pointé le bout de son nez avec son temps plus frais, toutes ces feuilles qui tombaient des arbres, et ces paysages moins colorés et vivants quand période estivale. Un peu plus d'un an auparavant, Thomas s'était fait insulter de tous les noms d'oiseaux sous le regard de sa bien-aimée alors qu'il se disait amoureux. Au manoir, il s'était fait battre et avait reçu des coups au visage en guise de corrections. Il s'était retrouvé avec des coquards et cela avait meurtri le cœur de Liliane.


Des menaces avaient été proférés à l'égard de la famille Evans car s'il ne laissait pas tomber ces sornettes, alors les parents Riddle prévoirait l'éjection des grands-parents et de leur petite fille, loin de Little Hangleton. Le jeune garçon avait donc eu intérêt de courtiser d'autres personnes de son rangs dans le futur, et plus précisément à ce jour, Cecilia Dingels. Celle qu'il devrait épouser, selon les désirs de ses parents.


Pour sa sécurité de celle qu'il aimait, il eut essayé de la quitter. Ce fut étrangement un jour d'orage si semblable à ses émotions en ébullitions. Désespérément, ils s'étaient embrassés, leurs larmes s'entremêlant douloureusement à leurs lèvres dans un acte malheureux. Liliane, et malgré lui, comprenait que de toute façon cette relation avait toujours été vouée à s'éteindre, telle une flamme dont la bougie s'était finalement totalement consumée.


Ils s'étaient dit « Adieu » en vain car Thomas n'avait pas tenu plus d'une journée.  Liliane était devenue sa maîtresse. S'ils s'enfuyaient, les grands-parents de cette dernière en pâtiraient et il était hors de question que monsieur et madame Evans n'aient de gros soucis.


Il avait fallu faire des concessions puisque Thomas désirait plus que tout Liliane.


-      Ça ne peut plus durer, Thomas ! lâcha un jour la rouquine. Tu ne peux pas continuer à jouer sur ces deux tableaux, ça fait trop longtemps que l'on se cache, et maintenant je suis devenue quoi ? Ta « putain » que tu viens voir dés que tu arrives à te faufiler et pour qui tu te réfugies parce que l'autre ne te donne pas satisfaction ? pleura-t-elle en frappant doucement son torse, tu es fiancé à ta bourgeoise de service je te le rapelle.


Il n'aimait pas la voir pleurer car cela lui brisait le cœur. Tom était devenu le secret de Liliane auprès de ses grands-parents qui la croyait séparé de lui comme elle l'était aussi auprès de sa propre famille. Ses parents avaient tenus à taire sous silence sa trahison afin de ne pas l'ébruiter à la populace. Ils se complaisaient dans cette situation. Pourtant, aujourd'hui, il l'avait attendu auprès de l'école pour filles du village dans laquelle Liliane était scolarisée, tapis dans l'ombre. Lui ne connaissait pas cela, ses études, il les faisait au Manoir, entourés de précepteurs. Il l'avait alors rejointe discrètement car cela ne pouvait attendre. Dans un peu plus d'un an, il serait marié, cela avait été confirmé. Ses proches s'étaient mis à préparer le mariage. Tom ne voulait certainement pas qu'elle apprenne ces futurs préparatifs par le biais du gamin du village qui distribuait aux passants l'édition du journal du matin.


-      Lily Jolie, tu n'es pas...
-      Ah non ? coupa Liliane, je ne suis pas une putain, et faire l'Amour avec un homme qui est avec une autre officiellement, ce n'est pas...
-      Ecoutes-moi. Tu es la première avec qui j'ai voulu le faire, et tu seras toujours la seule avec qui je voudrais le faire. Je ne lui fais l'Amour que par nécessité. Je ne la vois que comme une amie.
-      Evidemment, remarqua amèrement la jeune femme. Cette Cécilia est celle avec qui tu te marieras un jour, elle est celle qui te donnera des enfants.


Liliane avait tous les droits d'être dans cet état de détresse. Elle avait fini par espérer une telle situation, celle où elle pourrait être heureuse. Pour ne pas tomber enceinte, elle comptait chaque jour jusqu'à sa période d'indisposition car comme elle le disait avec ironie, il ne manquerait plus qu'elle porte le bébé de l'héritier de la grande dynastie des Riddle, pour que sa famille obtienne des ennuis dignes de ce nom. Mais lui, voulait qu'elle porte son futur enfant. Ils étaient dans une impasse et le fait de ne plus l'avoir dans sa vie lui semblait invraisemblable.


-      C'est toi que j'aime plus que tout. Et si je pouvais partir avec toi, sans prendre le risque que mon père envoie des émissaires pour retrouver ta famille et la faire payer, car même si je les aidais avec de l'argent dans le cas où ils se feraient éjecter de Little Hangleton, cela serait à un moment donné vain. Il les retrouverait et tu sais que je le ferais bon sang, tu le sais, insista-t-il. Et nous savons tout les deux que nous avons déjà essayé de nous séparer, ça ne marche pas... pourtant...
-      Alors...qu'est-ce que tu veux, Tom ? Dis-moi ! Tu es étroitement surveillé depuis des lustres. Nous sommes obligés de nous cachés tout le temps, à chaque secondes. Que veux-tu, Thomas Riddle ?


Comme à leur habitude, ils étaient à l'abris au sein d'une de leur cachette, celle auprès de la maison insalubre des Gaunt. Cet endroit, au vu de leur situation, était la plus adéquate car les gens en avaient affreusement peur. Cependant, ils faisaient toujours en sorte d'être cachés des fenêtres afin d'être à l'abris des regards indiscrets. Parfois, ils entendaient des cris, des sifflements étranges, et ils étaient obligés de se planquer, tortillés en quatre quand un des trois individus sortaient en dehors de la maison. Pourtant, à cet instant précis, Tom qui tenait Liliane sur ses genoux se fichait de tout cela car en croisant les yeux émeraude de celle qui aurait pu devenir sa femme, il sut. Il sut qu'elle ne resterait pas à ces cotés et malheureusement, il le comprenait.


-      Tu ne peux pas continuer à tromper cette pauvre fille qui, et si cela se trouve, va apprendre à t'aimer, déclara alors doucement Liliane en posant sa main sur ses joues parfaitement rasées. Et bien que cela va nous faire mal, il va falloir le faire. Une bonne fois pour toute. Se quitter Tom. Nous n'avons jamais été destiné à être ensemble.


Les larmes coulaient de ses pupilles noires alors qu'il la plaquait contre son torse, puis l'embrassait avec tendresse sur ses lèvres qu'il ne pourrait jamais oublier. Elle passa une main dans ses boucles brunes, et pour le temps d'une dernière fois, à l'instar de leur première fois, il la désira intensément. Tom lui fit l'Amour comme jamais, soigneusement cachés entre les arbres.


Tel un véritable Adieu.


-      Je t'aime, lui avait-il lancé en se détachant de son corps, à jamais.


Le temps nuageux était comme les larmes inondant les visages de ces deux adolescents, et comme si le ciel avec ressenti leur détresse, la pluie ne tarda pas à tomber avec  force  au-dessus de leur tête.


Au loin encore une fois, Mérope Gaunt, héritière de Salazar Serpentard, veillait et n'en resterait pas là car... elle avait un plan.


Elle envoûterait Tom Riddle Sénior, comme elle ensorcellerait Liliane Evans.
Ils en oublieraient leur idylle amoureuse.


 Thomas Riddle lui appartenait.


~*~


Épilogue

POV Liliane Evans


Février 1924, non loin de Little Hangleton.


L'hiver était glaçant, neigeux à souhait, piquant comme des lames de rasoirs, et pourtant, elle avait tenue à revenir une dernière fois sur les lieux malgré les risques qu'engendrait le fait de se déplacer sur une chaise roulante faites de bois. Cela faisait quelques mois que Liliane n'avait plus revu son amant. Qu'ils s'étaient dit Adieu dans un effort surhumain et évitaient de se croiser sur Little Hangleton jusqu'à ce qu'elle finisse ses études secondaires. Elle se souvenait de cette grosse bourse que Thomas l'avait prié de prendre. Celle qui lui permettrait de faire des études supérieures à Londres et de réaliser l'un de ses rêves. Celui de devenir institutrice et d''aider des enfants. Et bien que brisé, il lui avait souhaité d'être heureuse car quoi qu'elle en dise, il espérait qu'un jour,et bien qu'elle ne fût guère pour au vu de son handicap,  d'avoir des enfants qui l'aimeraient pour celle qu'elle était, comme lui l'aimait éperdument du fond du coeur.


Faisant grincer ses roues sur le sol enneigé, elle scanna une dernière fois l'endroit en enserrant la couverture qui était posée sur ses genoux contre sa poitrine. Ce lieu était si cher à ses yeux. Ce soir, ses grands-parents et elle-même déménageaient sur Londres car ses ascendants avaient décidé de vendre leur modeste demeure afin d'accompagner Liliane dans ses prochaines études qu'elle commencerait en septembre prochain. Cette dernière avait inventé un mensonge bien ficelé sur la provenance de l'argent qui lui permettait de les réaliser. Lui faisant confiance, ni son grand-père William, ni sa grand-mère Margareth, bien que suspicieuse, ne lui avaient posé plus de questions sur le sujet.


-      Voulez-vous ...vous une tass...tasse de lai... laid chaud ?


Elle détourna son regard avec surprise vers la maison des Gaunt, et pour la première fois de sa vie, Liliane aperçut la jeune femme qu'elle avait un jour cru entrevoir derrière les fenêtres sales de cette maison abandonnée qui se dressait au milieu de cette vallée. La voix était hésitante, chevrotante voire incertaine. La jeune femme semblait avoir subi mille et une maltraitance. Et bien qu'elle eût des doutes, il était certain de dire que cette jeune fille eut vraiment été maltraitée. Si Liliane avait su, elle n'aurait jamais écouté Thomas et aurait été toquer à cette fichue porte des mois voire des années auparavant cette première rencontre.


-      Je...je vous ai vu seu...seule ici, se justifia la fille qui était certainement atteinte de strabisme, vous semb...semblez perdue.
-      Oui, je voulais revenir une dernière fois sur ce lieu, je pars de Little Hangleton tout à l'heure, soupira Liliane, je suppose que vous nous avez déjà aperçus, Tom et moi-même, traverser les environs. Une histoire compliquée vous savez, sourit-elle avec tristesse.
-      Il vous a...a  quitt..quitté pour une autre, comprit-elle, je les ent..entends  de temps à autre pass..passer à cheval avec sa ...sa fiancée. Il doi...doivent...se mar..marier cet...été. Ils rient souv...souvent ensemble, on les entend fort ...fort de ma maison... Vous vous appele...appelez ?


Liliane hocha douloureusement le visage, le temps avait beau passé, elle était certaine de ne jamais l'oublier. Est-ce qu'il l'oubliait ? Liliane se doutait qu'il finirait par avoir des affinités avec cette femme mais est-ce qu'il pensait toujours à elle ? Retombait dans ces manies d'antan ?  Cécilia était sa future femme et il était normal que Tom essaye de la courtiser afin de créer des liens. C'était d'une logique limpide. Ils devaient passer leur vie ensemble. Elle serait Madame Riddle. Pas elle. Elle ne reconnaîtrait jamais plus l'Amour... qui voudrait d'une femme en chaise roulante ? Seul Thomas avait un jour été assez fou pour l'approcher sans la prendre pour une chose ragoutante qu'il ne fallait pas toucher pour ne pas être contaminé par une maladie peu connue.


-      Liliane Evans, fit doucement la concernée en acceptant l'une des deux tasses que la fille aux vêtements miséreux lui tendait, et vous ? C'est très gentil à vous de sortir par ce froid afin de me donner cette tasse de lait.  Vous vivez seule ?
-      Mérope...Mérope Gaunt. Je...je suis enchantée de...de vous ...vous connaître. C'est normal, il fait...fait... très froid ici, à cette période de l'année. Ou...oui, mon frè...frère et mon père...ont...ont été arrêtés. Je suis...libre d'eux.

-      Oh, s'entendu dire Liliane mal à l'aise car au vu des bégaiements de la fille et de son état, elle se doutait que les traitements reçus n'avaient pas été des meilleurs et qu'ils avaient certainement été arrêtés par la police. Certaines rumeurs étaient donc vraies. Si j'avais su, je...
-      Ce n'est... pas...grave. Vous ne...pouviez...savoir. Tout..le..monde..à toujours...eut peur de..venir par...ici. Je n'osais...pas...sortir. Tout...tout va allez mieux maintenant. Réch...réchauffer-vous un...un peu.
-      Je l'espère pour vous, Mérope, lâcha-t-elle avec compréhension en portant sa tasse à ses lèvres, je l'espère de tout cœur. À votre santé et à votre liberté, termina Liliane avec gentillesse en levant la tasse de lait vers la jeune Gaunt.


Mérope sourit pour la première fois de sa vie avec victoire. Elle s'était arrangée pour lui faire boire une potion d'amnésie qu'elle eut réussi à concocter malgré sa magie défaillante, ce qui ferait spécifiquement oublier à la rouquine, Thomas Riddle, et modifierait ainsi une partie de ses réminiscences. À jamais.


Etant moldue, et contrairement aux sorciers, ce genre de magie était irréversible sur les nons- magiques et Liliane Evans ne s'en souviendrait qu'à sa mort.


Mérope Gaunt avait évincé cette moldue, et, amoureuse comme elle était du beau ténébreux,  Thomas Riddle, elle écarterait également sans pitié cette Cecilia maintenant qu'elle n'avait ni Morfin ni son père pour la martyriser, car ils étaient enfermés à Askaban, la prison des sorciers.


Une potion d'amnésie, mélangée à un filtre d'Amour, rendrait Tom éperdument amoureuse de Mérope. Et pourtant, celle-ci l'aimant sincèrement arrêterait le filtre une fois enceinte de son enfant, ce qui rendrait le jeune homme complètement furieux.


On devait faire attention aux répercussions qu'engendraient le mélange de telles potions sur un être humain car ce mélange lui avait littéralement fait perdre la raison avec le temps et les années.

 

Ce n'est qu'au moment où son propre fils s'arrangerait pour l'assassiner, et donc à sa mort, qu'il trouverait la paix.
 
Le froid en hiver était hypnotisant, engourdissait nos membres, un peu à l'image de la sorcellerie.


~*~


L'ironie du sort toute cette histoire cher lecteurs ?  Il était fort probable que l'inconscient de Liliane ait voulu se rapprocher de Tom Riddle junior, qu'elle finirait par élever comme son propre fils.


Fin.

 

 

Juste une dernière fois dans les bras de sa mère by Chrisjedusor
Author's Notes:

NB

* Davilia est une sang-mêlée ayant un parent de sang-mélé et l'autre de sang-pur.
* Jonathan est quand à lui un né moldu de pur souche. Ses parents étant tout deux des nés-moldus.
* J'ai essayé de montrer que  malgré son jeune âge que Lianna se posait déjà beaucoup de questions enfant.
* Je pense que cet OS en dévoile beaucoup sur Lianna elle-même.

* Poly aura son rôle dans le futur.

* Le nom de l'école irlandaise m'appartient.    

 

Yorkshire Dales,  1931 , 19h57

Le soleil commençait tout doucement à descendre du ciel et laissait subsister derrière lui un éclat orangé en cette soirée d'automne. Assise sur le rocking-chair présent sur la petite pré-entrée en bois de la maisonnée, Davilia Peverell profitait de ce petit moment de repos qui lui était accordé. Elle adorait son métier de magizoologiste, mais se reposer faisait parfois du bien car cette situation où ils se devaient de tous rester confiner pour leur sécurité  l'angoissait énormément. Et puis, rester tranquille en cette fin de grossesse n'était pas du luxe.

Devant elle, s'étalait à perte de vue des collines où les hautes terres rudes et sauvages n'avaient cessés de se propager au fur et à mesure des années écoulées. Ils vivaient à côté d'un petit village complètement moldu car il était important quand ces temps de Guerre, sa famille soit en sécurité. C'était pour cela que son mari et elle-même avaient décidés de construire cette petite maison à cet endroit précis car  ainsi en retrait, ils y étaient en sécurité. Il n'y avait désormais plus à déménager pour se cacher.

Ses yeux  bleus et en amendes s'attardèrent sur la muraille en pierre sèche qui entourait les champs. Son enfant  de quatre ans courait dans tous les sens et jouait avec le chien tacheté de marron et de blanc qui tentait par tous les moyens possible et inimaginable de la faire tomber sur le sol boueux.


Une main posée sur son ventre arrondi,  elle sourit avec tendresse. Sa fille lui renvoyait de grands signes de la main. Les yeux bleus-verts du bambin,  hérité de son mari, pétillèrent de malice quand le Beagle la fit tomber avec force dans les hautes herbes qui durent lui chatouiller le nez car cela augmenta  les rires de sa fille. Elle fut interrompue dans sa contemplation par une petite créature aux yeux globuleux qui tira calmement la manche dentelée de sa robe.

Son elfe de maison.


-     Madame Davilia souhaite-t-elle que Poly fasse quelque chose pour rendre la soirée plus agréable ?

Davilia Peverell Sauwer sourit au petit être. Elle était affublée d'un petit survêtement blanc, signe que cette dernière travaillait librement pour sa famille, sans contrainte, et avec respect. Poly était l'elfe de maison de la famille Peverell. Les ancêtres de la créature avaient servi sur plusieurs générations sa famille mais aujourd'hui, il ne restait que cette dernière et elle restait présente à ses cotés. 

-     Si tu pouvais me faire couler un bain pour Lianna, le temps que je ne la fasse rentrer, cela serait bien agréable de ta part, Poly. Nous savons toutes les deux à quel point il est difficile de la mettre couchée.
-     Bien entendu, Madame. Poly va faire cela pour vous.
-     Bien, dans ce cas, tu peux disposer. Repose-toi donc aussi.

La petite créature disparue dans un craquement sonore,  et elle reporta son regard sur sa cadette. Elle se roulait à présent par terre, salissant par la même occasion la petite robe saumonée qu'elle avait confectionée de ses propres mains. Lianna n'avait jamais été du genre à rester en place. Elle soupira, et se demanda pour la centième fois pourquoi elle avait accepté ce chien. Ils l'avaient retrouvé abandonné au milieu du village moldu il y avait de cela deux ans et Lianna en était bleue à l'instar de son boursouflet : Pixie.

-    Poussin , il est temps de rentrer. Pongo, ça suffit ! Laisse Lianna se relever de terre.

L'enfant assise à terre releva de nouveau les yeux vers sa mère. Le chien bien éduqué écouta immédiatement l'ordre en percevant la voix de la maîtresse de maison retentir avec fermeté . L'animal s'écarta donc de l'enfant en bas âge qui se remit difficilement sur ses deux jambes à l'aide de ses deux mains. Cette dernière essuya ces dernières pleines de terre sur sa  robe au grand désarroi de sa mère. Lianna courut et monta rapidement les trois petites marches en bois de l'entrée et sauta littéralement à pieds joints devant sa génitrice.


-    Eh bien te voilà encore bien arrangée,  souffla-t-elle avec tendresse. Viens ici, ma douce.

 

Davilia récupéra l'enfant dans ses bras et l'embrassa sur le front. Lianna ressemblait à plusieurs membres de la famille. Ses cheveux noirs attachés en queue de cheval étaient incontestablement hérité de son mari. Cependant, sa chevelure incroyablement bouclée lui provenait s'en aucun doute d'elle-même. Quant à ses traits du visage, ils étaient un mélange parfait de ceux de son père et de son oncle moldu qu'ils ne voyaient que très peu depuis leur réclusion. Des pommettes ornaient ses joues dès qu'elle souriait encore une fois à l'instar de son père. À son grand regret, et à l'inverse de sa sœur aînée qui était son portrait craché, sa cadette n'avait presque rien hérité de sa personne.

-    J 'ai pas envie de faire dodo , Maman, lâcha Lianna en se collant contre la poitrine de sa mère.  Elle mit ses petits bras autour du cou de l'adulte, je veux jouer avec Pongo.

-    Je vois, fit Davilia tout en roulant les yeux, demain il y a l'école et ce n'est pas toi qui voulais que Papa  te lise le sorcier et la marmite sauteuse avant de dormir ? On va te faire  faire un bon bain et quand tu auras fini , ton père sera rentré avec Kyla du village. Ils ne devraient d'ailleurs plus tarder.

L'enfant se redressa du mieux que sa petite taille le lui permis  et colla  son visage contre celui de sa mère.

-        Nan... nan... Maman ! C'est avec les trois sorciers et les trois  objets, répliqua Lianna avec fierté.

 -      Le conte des trois frères ...encore, remarqua sa mère en fronçant les sourcils.

 -      Oui,  continua-t-elle résolument sans donner plus d'explications. Et je ... veux pas aller à l'école demain.

Lianna était obnubilée par ce conte et le réclamait au moins une fois par semaine ce qui troublait quelque peu sa mère. Elle sortit sa baguette de sa cachette. Cette dernière était rangée dans la manche de sa robe et Davilia nettoya rapidement le visage noirci de l'enfant en deux trois mouvements de baguette magique. Elle soupira tristement car elle n'avait pas mis ses enfants à l'école moldue du village puisque le risque était trop grand  : quelque chose se tramait également chez les moldus,  et le danger semblait affilié à ce parti politique moldue qui emergeait en Allemagne.

Des rumeurs commençaient à se rependre du côté des sorciers, car selon ces dernières, le  mage noir Grindelwald qui s'sévissait en Europe profitait de cette instabilité chez les moldus pour assouvir son pouvoir et créer une guerre mondiale qui toucherait tant les moldus que les sorciers. Et elle savait plus que quiconque ce dont il était capable.

Non, le risque était décidément bien trop grand. À cause de ce sorcier noir, le secret magique était sur le point d'éclater en mille morceaux. Les ministères magiques perdaient de leur pouvoir et c'était encore une fois le à cause de cet homme qui essayait de se faufiler parmi les politiciens moldus pour mieux régner. Mettre ses enfants parmi les moldus, avec le risque qu'un accident magique ne se produise, était trop dangereux. Ils risquaient de facilement se faire repérer par les sbires de Grindelwald qui la recherchait à cause de son sang et pour la baguette de ses ancêtres.

Elle avait donc opté pour une petite école primaire pour jeunes sorciers avant que ses filles ne se rendent dans une école de magie. Cette dernière se situait  en plein centre de Londres, caché aux yeux des moldus. Ces écoles fonctionnaient de la même manière que celles non-magiques. Ils apprenaient des bases telles que la lecture, les mathématiques où encore l'histoire, etc et permettaient de donner une éducation aux jeunes sorciers de sang-purs et de sang-mêlés. Ceci était obligatoire à l'instar des moldus. Cette loi fut établie par le ministère, il y avait de cela une dizaines d'années. La seule véritable différence notable avec ces écoles de « pré magie » était surtout que les enfants apprenaient un tant soit peu à contrôler leur pouvoirs instable grâce à de nombreux exercices. Enfin, les enfant sorciers pouvaient décider de poursuivre ces matières au cours de leurs études magiques s'ils le désiraient, mais peu à cette époque le faisait.

-     C'est important l'école, Lianna, soupira-t-elle, tu apprends beaucoup de choses et quand tu iras à Poudlard comme ton père, tu décideras de ce que tu feras de ton futur.

La moue de sa fille se renfrogna, mais elle ne la réprimanda pas. Lianna était têtue et d'ici peu, elle s'endormirait certainement dans ses bras. Les paupières lourdes de l'enfant se fermaient de plus en plus fréquemment à vue d'œil. Davilia n'avait pas été à Poudlard. Dans sa jeunesse,  elle vivait en Irlande. La jeune femme avait des origines irlandaises par le biais de sa propre mère et  l'école Stenewir n'était certes pas aussi prestigieuse que l'école de magie Ecossaise, mais elle s'y était plus. Et bien  que son cousin Newton Scamender avait qui elle était trés complice lui eut manqué, la jeune Peverell y avait passé de très bons moments.

-     Tu peux me  lire une histoire toi aussi ? fit brusquement Lianna en bâillant à s'en arracher les cordes vocales, te plait, Maman ?

-    Hum, si je vous lis un conte moi aussi jeune demoiselle, vous me promettez  de ne pas rouspéter pour votre bain et de ne pas protester  une fois que votre père vous aura lui aussi lu une histoire quand il sera temps de dormir ?

L'enfant approuva d'un bref signe du visage et Davilia d'un geste rapide de la baguette, prononça le sortilège d'attraction «  accio » . Elle fit venir à elle le livre des contes de « Beddle le Barde ». Tout les jeunes sorciers le réclamaient durant leur enfance. L'adulte redressa correctement sa fille sur ses genoux alors que le livre arrivait par une des fenêtres ouvertes de la maison familiale.

La jeune femme le réquisitionna rapidement dans sa main.

La couverture était ancienne et abîmée par le temps. Cet ouvrage était après tout celui de son arrière grand-père. Cette ancienne version  de ces contes regorgeait de beaucoup plus de détails que celle édité à cette époque. Davilia aimait ces histoires  car les lire à ses enfants étaient un véritable plaisir. Il y découlait de ces derniers de véritables valeurs et une morale à chacun de ces textes et il était important que tout jeune enfant sorciers les acquierts dans son esprit. Pour Davilia, il était primordiale que ses deux filles ne se croient « par exemple » pas supérieures aux moldus à cause de leur magie. Elles se devaient de les traiter comme leur égale, c'était ce que l'on pouvait d'ailleurs en retirer «  indirectement » du conte des trois frères.

-     Bon, fit Davilia , laquelle veux-tu que je te lise et laquelle veux-tu que Papa te lise avant de dormir ?

-    Les trois sorciers,  fit Lianna en applaudissant de ses petites mains, tu le fais mieux que Papa, lui il fera le sorcier avec la marmite qui saute, tenta d'expliquer l'enfant avec sérieux.

Davilia sourit avec tendresse. Son enfant tentait de parler correctement pour son bas âge. La sorcière ouvrit donc le manuscrit décoré d'ornement d'argent et gravé à la main de pierre semi-précieuse. Une photo en tomba, c'était un portrait qui représentait l'ensemble des quatre membres de la famille lors d'une soirée organisée au sein du ministère de la magie. Surprise que cette dernière se retrouve coincée entre deux pages du livre, elle la ramassa et détailla l'image mouvante. Elle avait été prise un an auparavant.

Ils étaient tous les quatre debout devant l'atrium. Lianna était fermement tenu sur les épaules de Jonathan. Elle tentait de cacher les yeux de son père et jouait avec le chapeau melon bleus marine dont il était affublé. Son époux portait un costume de la même couleur et sur son veston était attaché une cape de sorcier qui recouvrait ses épaules. Jonathan souriait simplement à l'objectif avant de lever la tête vers l'enfant avec amusement.

Davilia portait, quant à elle, une robe en soie orangée, ample le long des bras. Ses cheveux attachés dans une composition complexe laissaient filtrer quelques-une de ses mèches ondulées qui encadraient son visage fin. Cela faisait ressortir ses yeux en forme d'amandes sur la photographie. D'une de ses mains, elle enlaçait son aînée qui ne semblait pas ravie de se trouver dans cette soirée mondaine. La petite Kyla avait donc les bras croisés sur sa poitrine et enlevait inlassablement la main de sa mère qui ébouriffait ses longs cheveux blonds à l'image de ceux de sa génitrice. La fillette lançait au photographe un regard noir de ses yeux qui eux aussi étaient en amandes.

-      Ta sœur ne cessait de râler pour ne pas avoir participé à l'anniversaire de son amie au même moment que ces autres camarades de classe, souffla-t-elle  amusée, je lui avais pourtant dit qu'elle pouvait y aller un peu après cela, mais elle avait décidé que grogner était certainement la meilleure des choses à faire. Elle s'arrêta la mine pensive, ton père adore cette nouvelle invention qui permet d'immortaliser de tels moments. Il n'a pas tort, c'est un moyen particulièrement ingénieux et ...il remplace plutôt bien la pensine. C'est une très belle photo. Les moldus ont des appareils semblables le savais-tu ? Sauf qu'ils n'ont pas encore réussi à les faire bouger et à apposer de la couleur dans ces dernières... d'ailleurs,  l'invention première vient d'eux , n'est-ce pas là étonnant ?

Dès qu'elle en avait l'occasion, Davilia n'hésitait pas à comparer les sorciers aux moldus et faisait en sorte que ses enfants comprennent bien à quel point leur contribution pouvait s'avérer très importante pour leur peuple.  C'était ensemble qu' ils se complétaient, même si ces derniers n'étaient pas au courant de leur existence.

Le Beagle s'était couché aux pieds du Rocking-chair en silence, et levait de de temps à autre ses pupilles vers les deux membres de sa famille. Lianna semblait n'en avoir rien à faire de ce que racontait sa mère. Elle s'était faite une première idée de la façon dont agissaient les petits moldus de son âge. Ils pouvaient être méchants. Lianna se remémorait parfaitement de la fois où Kyla avait involontairement, prise de panique pour l'animal, voulue faire descendre un petit chaton coincé dans un arbre au centre du village moldu. Elle avait fait de la magie devant eux. Et ils avaient commencés à mal agir  et à les traiter de monstres tout en leur lançant  des morceaux de bois au visage.

Son papa un était oubliator, métier dont l'objectif principal était de remettre en ordre les événements magiques dans le monde moldu,  et il était rapidement arrivé pour régler les problèmes engendrés. Il avait effacé la mémoire de ces enfants mais Lianna, elle, se souvenait parfaitement de ces regards haineux à leur égard. Non, elle ne l'avait pas oublié. Et dans son esprit dont les pensées étaient encore enfantines , elle songeait à sa manière, et ce quoi que sa mère puisse lui en dire, qu'ils étaient bien plus fort qu'eux.

-   Sais pas, répondit l'enfant en haussant les épaules, tu peux lire ? s'impatienta la fillette en guise de réponse.

Davilia fixa avec attention Lianna car quelque chose la dérangeait, quelque chose semblait avoir marqué sa petite fille. En effet, à chaque fois qu'elle essayait de lui inculquer certaines valeurs tournant autour des moldus, cette dernière ne voulait  l'entendre. Cependant, elle ne lui en tenait pas rigueur, elle était très jeune et à quatre ans, il était difficile d'obtenir l'attention d'un enfant.

Elle remit donc la photo qui faisait office de marque-page dans le bouquin en songeant que Jonathan avait probablement décidé de s'en servir lors de ses lectures. Après tout, le livre était épais et de nombreuses histoires y étaient consignées. D'un geste rapide, elle retrouva le conte que sa fille désirait entendre, et releva ses yeux bleus vers ceux envoûtant de son enfant.

Lianna était déjà tout ouïe et ses yeux bleu-vert qui pétillaient d'un intérêt non dissimulé lui donnèrent étrangement un long frisson bien incongru qui longea l'entierté de sa colonne vertébrale.

Davilia cligna ses paupières. Elle ne devait pas penser à ce sombre Destin qui désignait son propre bébé. Non.

Cette Prophétie.

-    Bien, se racla la gorge l'adulte,  « il était une fois au crépuscule... »

 

~*~

« ...Pendant de nombreuses années, elle chercha le troisième frère et ne put jamais le retrouver. Ce fut seulement lors ce qu'il eut atteint un grand âge que le plus jeune des trois frères enleva sa Cape d'invisibilité et la donna à son fils. Puis , il accueillit la mort comme une vieille amie qu'il suivit avec joie et, tels des égaux, ils quittèrent ensemble cette vie... »

 

Lianna était absorbée par les intonations dont usait sa génitrice. Davilia suivit d'un œil discret son enfant car elle était  incroyablement pensive pour son bas âge. Davilia décida de lui poser une question qui lui traversait régulièrement l'esprit à chaque fois qu'elle lui lisait une de ces histoires et décida que pour une fois,  parler de la morale de cette dernière,  ne pouvait pas lui faire du tort. Bien au contraire.

 

-     Dis-moi Lianna, lesquels de ces  trois objets voudrais-tu posséder ?  fit Davilia avec curiosité.

 -       Les trois,  répliqua l'enfant avec fermeté.

 -     Pourquoi ? continua sa mère, en poussant plus loin l'enfant dans sa réflexion.

-      Parce qu'avec les trois on est fort et même le monsieur qui est la mort peut pas nous tuer.

Lianna lui avait dit ça avec conviction. Elle referma lentement le livre tout en jaugeant étrangement sa petite fille dont la réflexion dépassait de quelques années son jeune âge. Quelque chose l'angoissait définitivement dans ses propos. 

Davilia devrait en parler à Jonathan.

-      Un jour, chérie,  tu rejoindras le paradis toi aussi. Bien que ce soit dans longtemps, personne ne peut vivre éternellement, tu le sais ça, ma douce ? Et puis, tu sais que ces histoires ne sont pas vraies, n'est-ce pas ? Je vais te dire ce que tu peux retirer du périple de ces trois frères . L'un était trop fier et se croyait invincible.  Le  deuxième  se pensait tellement malin en ayant cette pierre qu'il a fini par en mourir de désespoir et le troisième était certes le plus humble, mais il devait rester cacher pour ne pas faire face à la mort . Ce n'est pas bon de chercher le pouvoir, Lianna. Souviens-toi en, ont est toujours plus heureux avec ce que l'on a. Le pouvoir va toujours mieux à ceux qui ne le recherche pas, ne l'oublie jamais.

Lianna buvait littéralement les paroles de sa mère et hocha le visage à plusieurs reprises. Elle n'approuvait pas du haut de ces quatre  ans et demi certaines choses, mais c'était sa mère qui le lui disait alors elle devait avoir un peu raison. Davilia soupira alors et déposa le livre sur le rocking-chair pour ensuite se lever difficilement avec sa fille fermement tenue dans ses bras. Elle la tenait avec poigne par son cou.

-     Bien, je crois qu'il est temps de faire ton bain. Et je pense que ton futur petit frère est d'accord pour me dire qu'il est l'heure ! Surtout au vu des acrobaties qu'il ne cesse d'exécuter depuis quelques minutes.

Elle embrassa la fillette sur la joue et rangea sa baguette  en bois sombre dont le bois était fait de sureau. Le manche était agrémenté de deux petites sphères se retrouvant proches l'une de l'autre. Un jour, elle raconterait la vérité à ses enfants. elle, qui était selon ses ancêtres,  l'une des dernières descendantes d'Antioche Peverell en personne. La jeune femme possédait la baguette dite de la Destinée. Elle l'avait hérité de son père, et était ardemment recherchée par Gellert Grindelwald mais pour l'instant, ses enfants n'avaient pas besoin de connaitre le véracité de plusieurs de ces contes racontés aux enfants.

-    Mon petit frère bouge ? fit innocemment Lianna en tentant de toucher le ventre bedonnant de sa mère sous la robe ample qu'elle portait à cet effet. 

-    Il paraîtrait qu'il aura autant envie de bouger que toi, ma douce, sourit-elle avec un petit clin d'œil, et cesse d'essayer de gagner du temps, je crois voir ton père, tu n'es pas sa fille pour rien.

L'enfant  se mit à rire et Davilia siffla afin d'ordonner au chien couché de se lever : il était temps de rentrer. Elle commençait à se tracasser, car Kyla et Jonathan n'étaient pas encore rentrés du village. Son mari , d'ascendance moldu,  préférait toujours s'y rendre et y revenir à pied, sans transplaner où utiliser un quelconque transports magiques.  Mais là, voilà presque trois heures qui s'étaient écoulées et ils n'étaient pas encore de retour. Son instinct maternel qui était probablement exacerbée par sa grossesse était en état d'alerte.

Davilia s'apprêtait à rentrer, sa fille toujours collée contre sa poitrine, mais elle aperçut au loin des bruits de sabots. Ceux-ci  se répercutèrent avec force sur le sol. En effet,  des cavaliers moldus étaient en approche d'elles, et arrivaient à vive allure.  Son cœur chancela car que se passait-il ?

Le premier des deux militaires descendit du cheval blanc avec lequel il était arrivé et s'avança d'un puis de deux pas tout en se raclant la gorge. L'homme chauve avait les yeux dans le vague, comme si ses actions étaient éxécutés sans qu'il ne sache réellement ce qu'il faisait.

-    Davilia Peverell ? retentit-il d'une voix grave.

Davilia posa sa fillette à terre et la positionna derrière elle en guise de protection. Lianna se colla contre la robe de sa mère, et tint fermement les pan de sa robe entre ses petits doigts potelées. Le bambin se demanda brièvement pourquoi cette dernière était sur ses gardes, mais elle continua de s'accrocher plus fermement à l'adulte quand l'homme barbu devant elles s'approcha d'un peu plus prés de la maison.

-   Oui ? fit-elle d'une voix contrôlée, que me voulez-vous ?

Le deuxième homme en uniforme se laissa tomber de son cheval noir. Une cigarette se trouvait au creux de sa bouche, et son regard était sombre. Il était amusé par la situation. Il tenait entre ses mains une montre à gousset ainsi qu'un chapeau melon gris et ligné qu'elles auraient reconnu entre mille ! Le soldat les lança devant l'adulte d'un air victorieux et son cœur commença à battre avec force contre sa cage thoracique. Par Merlin, que se passait-il ?

-     Que... que...que.. où avez-vous eu cela où ...sont ma fille et mon mari ? fit l'adulte d'une voix devenue éraillée par la peur.

 -     Hum ça... disons qu'ils ont gentiment reçu tout les deux une petite balle à l'aide de ces armes dans la tête. Ils ne sont plus ma chère Davilia, sourit-il avec un sourire carnassier tout  en sortant un pistolet de sa cuirasse, nous savons ce que vous êtes... sorciers.

Les mots résonnèrent avec force dans son esprit. Davilia crut alors s'effondrer sur place. Elle mit une main sur son cœur. La sorcière était sous le choc. Tout tourna autour  d'elle et la sorcière faillit s'évanouir. La jeune femme s'appuya contre la rambarde qui se trouvait devant elle avec poigne. Son cœur venait de se briser sous la douleur. Le chien s'était levé et aboyait maintenant avec force contre les deux intrus qui osaient ennuyer sa famille. Lianna, elle, tremblotait de tous ses membres et ne comprenait pas pourquoi ses messieurs avaient deux objets qui appartenaient à son père mais  pourquoi sa maman semblait défaillir devant ces moldus ?

-     Ce n'est pas bon de réagir comme ça, continua l'homme, surtout dans votre état, Davilia. Monsieur Grindelwald a aimé ce petit jeu de recherches à votre égard et il a également particulièrement aimer les contrôler sous ce sortilège de manipulation  Impori... imperi...imperium, ouais, voilà c'est ça ! cracha-t-il pour que nous finissions  et achevions  le travail... tué par de simple mortel hum, grommela-t-il en pointant l'arme sur la sorcière. Vous ne semblez pas vraiment en état d'utiliser votre bout de bois que veux par la même occasion Monsieur Grindelwald ! Il veut que vous sachiez que le Secret magique sera bientôt brisé. C'est pour cela qu'il a mit certains militaires au courant de votre monde, en toute discrétion !

Des moldus. Des moldus étaient au courant pour les sorciers et par extension de la Magie ? Des soldats moldus travaillaient pour un sorcier ? Un son strident puis une violente douleur s'abattit sur son estomac. Cela ne pouvait pas arriver ! Elle avait à peine eut le temps de percevoir l'arme s'actionner qu'elle tomba à genoux, affaiblie par la souffrance . Elle  glissa  lourdement sur le sol. Le bruit du pistolet avait retenti avec tant de violence qu'il résonna autour du domaine avec une barbarie inouïe. La balle percuta avec brutalité son ventre alourdi par la grossesse. Les chevaux présents prirent peur et déguerpir de l'endroit sans que les deux soldats ne puissent y faire quelque chose pour les arrêter.

-     Mamaaan ! hurla Lianna, les larmes aux yeux,  vous êtes méchants vous faites mal à ma Maman !

-    Lia...Lianna. Chér...chérie...Cours !

L'enfant venait de s'accroupir au pied de sa mère et éclata en sanglots. Le chien, quant à lui, venait de brutalement sauter contre le premier soldat, et le mordit violemment à la poitrine, et il brailla de douleur. Le Beagle fut abattu par le deuxième homme et un violent couinement de douleur s'échappa de l'animal qui tomba raide mort à même le sol.

Le premier soldat mourut sur le coup, touché à l'organe vital principal : le cœur.

-     À toi...petite morveuse, ton chien a peut-être tuer Connor,  s'exclama le deuxième homme furibond et au visage mal rasé tout en continuant de fumée sa cigarette sans que rien ne le gène , mais sa perte  n'est rien, dit-il se fichant royalement que le corps de son collègue puisse baigner dans une marre de sang. Après tout, lui n'était pas là de son propre gré. Certains soldats étaient réfractaires à l'idée d'obéir, certains de vos sortilèges étaient donc très utiles. Monsieur Grindelwald sait toujours quoi faire.

Davilia crachait du sang mais attrapa fermement le bras de son bébé. Sa fille venait d'hurler d'horreur et de peine en voyant  « son meilleur ami » se faire abattre devant ses yeux d'enfant. Elle la força à la regarder alors que son petit corps restait figé par l'angoisse et l'horreur de la situation.

-    C..cours, souffla-t-elle Je...je t'aime..pa...papa et..m...oi t'aim...ons ... quoi qu'il... arrive, reste toi Fais...fais les...bons choix. Ne laisse...pas...ton destin auto...auto désigné dicter..ta..ta vie.

Cela réveilla l'enfant car elle  restait clouée dans sa torpeur. Sans qu'il ne puisse y faire quelque chose, le soldat se retrouva projeté à une dizaine de mètres plus loin de sa position. Ce fut d'une telle  violence, suite  à cette vague de magie brute qui provint du corps même de l'enfant, que le militaire se fit assommer. Sous le vacarme, la petite elfe de maison venait d' apparaître devant ses deux maîtresses, et se mit elle aussi devant le corps ensanglanté de Davilia Peverell.

-   Maîtresse est blessée, maîtresse Davilia perd beaucoup de sang ! Poly doit vous emmenez à l'hôpital, bredouilla l'elfe ,Poly doit...

-    No..non Poly..s'e..s'est..trop tard. Tr...transplan..transplane avec ..Li..Lianna ch..chez le...le frère de Jo..Jona..Jonathan.

Davilia en prononçant ces dernières phrases, caressa le visage de sa fille qui pleurait toujours à chaudes larmes sur le ventre maculé de sang de sa mère. La dernière des descendantes directes des Peverell venait de donner son dernier souffle et ses dernières pensées avaient été pour ses trois enfants. Elle avait échouée ! La sorcière  n'avait pas sut sortir sa baguette car elle était tombée, lors de sa chute, quelques mètres plus loin sur le sol en bois. Et puis, elle fut trop brisée pour défendre sa cadette. Une larme coula sur sa joue alors que sa main devenait amorphe. Elle allait rejoindre Kyla, Jonathan, et son fils laissant son enfant, seule, dans ce monde. Elle espérait de tout son cœur que sa petite fille aurait des valeurs justes, et deviendrait une sorcière respectable. Et, quant t'en que mère, elle avait un tant soit peu lui inculquer des valeurs humaines que son père et elle-même prônaient envers les moldus. 

Ce fut sous ces dernières pensées que Davilia Peverell mourut.

Lianna était prise de convulsions et n'écouta pas la petite créature dont les grands yeux globuleux étaient eux aussi remplit de larmes. Poly tenta de la raisonner pour qu'ils puissent partir de là. L'enfant venait de voir sa mère, son frère à naître, et Pongo mourir à cause de ces deux messieurs qui n'avaient aucun pouvoirs magiques. Elle ne comprenait pas pourquoi sa maman n'avait pas utilisée sa baguette magique ni  pourquoi avait-elle été si...si faible ? Sa maman lui avait toujours dit qu'utiliser ses pouvoirs magiques contre des moldus n'étaient pas équitable, mais eux..oui eux.. n'avaient pas hésité à utiliser ces armes.

Alors que la petite créature envahie par une tristesse incommensurable allait transplaner avec l'enfant afin d'obéir aux derniers souhaits de sa maîtresse, elle voltigea à son tour à plusieurs mètres de la maison. Poly fut en effet frappée par un jet de couleur rouge, et retomba lourdement sur le sol, là où se situait le corps assommé du deuxième soldat et du chien décédé de la petite Lianna.

La fillette ne vit pas l'individu encapuchonné s'approcher d'elle et de sa défunte mère. Elle  trop concentrée à pleurer contre la poitrine de cette dernière que pour  vouloir sortir de son propre monde.

Ses sanglots étaient devenus incontrôlables.

-     Te voilà...Lianna, quelle belle mise en scène nous avons réussi à faire là . Tu vas tout oublier de cela petite fille, et  tu seras une enfant, ne croyant être qu' une simple petite moldue. Tu ne sauras que ton prénom, ton nom et ton âge et du reste ? Tu ne te souviendras que de tout cela au moment opportun quand tu seras si en colère que tu détruiras le monde tel qu'il est . Oubliette.

L'enfant surprise de faire face à cet homme encapuchonné alors qu'elle ne l'avait pas vue arriver, ne réagit pas et se prit le sortilège en pleine poitrine. Sous le regard satisfait de l'adulte. L'homme,  d'un second geste de la baguette, l'endormie et son petit corps tomba amorphe contre celui de sa génitrice.

-      Tu vas suivre ton Destin, Lianna, souffla-t-il pour lui-même avec victoire. Il s'approcha de la baguette de Davilia Peverell, et voilà donc ma récompense, la baguette de Sureau. Vous en faisiez un si mauvais usage Davilia... reposez-donc en paix.

Il aurait tout le temps de l'analyser une fois sa besogne terminée. 

Gellert Grindelwald ramassa le corps amorphe et endormi de l'enfant et d'un geste de la baguette de la Destinée qu'il utilisa ironiquement après avoir détruit à l'instant son ancienne arme, mit le feu à la maison. Il transplana alors que le feu se propageait autour du domaine, détruisant tout sur son passage.

Le sorcier noir devait maintenant déposer cette fillette dans un orphelinat tout particulier.

L'orphelinat Wool.

La maison se réduisait  à vue d'œil en cendre et  la chaleur que provoquait le feu fit tomber du rocking-chair  le livre de contes tombé au coté du corps inerte de Davilia. L'ouvrage s'ouvrit à la première page et exposa sous l'amas de fumée ce qui fut autrefois  le portrait d'une famille aimante.


Evil is not born it's made

 

Une lueur d'espoir by Chrisjedusor
Author's Notes:

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Emmy Rossum est Lianna Sauwer

 

Pierce Gagnon est Elrick Riddle

Poudlard, février 1951, 14h26

Les deux mains potelées de l'enfant étaient vigoureusement accrochées au tissu de la cape sorcière dont était vêtue sa mère. Le petit garçon était secoué de spasmes et reniflait de peur. Il se collait avec poigne contre le bustier de sa génitrice et son visage était caché contre l'épaule alors que les flammes vertes et brillantes s'évaporaient à même l'âtre de la cheminée laissant apparaître leur silhouette au sein de la pièce circulaire qu'était le bureau directorial de Poudlard.

 -  Elrick, mon Trésor, c'est fini. Nous sommes arrivés.

Elle frotta doucement le dos de l'enfant en bas âge dont elle percevait les sanglots. Ils étaient étouffés par sa cape de voyage. Lianna n'aimait pas l'entendre pleurer car des pulsions contradictoires l'envahissaient à chaque fois que cela se produisait. Ses émotions étaient mitigées. En effet, les souvenirs douloureux de son enfance passée dans cet orphelinat qui l'avait vu grandir se confrontaient aux instincts maternels qu'elle éprouvait avec intensité depuis la naissance surprise de son fils.

 - Elrick, répéta Lianna un peu plus durement, tu sais que je n'aime pas quand tu pleures et je sais pertinemment que tu ne veux pas que Maman s'énerve contre toi. Je n'en ai pas envie non plus.

En l'entendant changer de timbre à son égard, le petit garçon releva lentement son visage, sachant pertinemment que malgré son jeune âge, il ne fallait surtout pas mettre l'un de ses deux parents en colère. Aucun des deux n'aimaient l'entendre s'exprimer à grands cris, prenant cela pour une forme de faiblesse et l'enfant commençait à le comprendre.  Lianna saisit qu'il ne voulait certainement pas recevoir des réprimandes quand son fils s'efforça de retenir ses sanglots ce qui eut pour effet de provoquer une petite succession de hoquet qui fit apparaître des soubresauts sur son jeune corps.

Elrick osa finalement relever ses iris claires vers son visage encapuchonné et il hocha négativement la tête, effrayé à l'idée qu'elle puisse certainement hausser le ton comme elle le faisait parfois sur ses anciens camarades de classe et fidèles à la cause qui allaient et venaient dans leur petit appartement se situant à l'entrée du chemin de Traverse.

 - Tu sais, ce n'est pas si terrible les voyages en poudre de cheminette, fit-elle plus calmement. Elle fixa visage enfantin de sa progéniture. Il était noirci par la suie. Tu finiras par t'y habituer. Je sais que ce n'est pas forcément agréable et que tu te sens facilement oppressé dans les conduits de cheminées, mais tu sais que tu es en sécurité avec Maman, n'est-ce pas ?

Pour toute réponse, et alors que l'enfant entreprenait de se coller contre sa poitrine en guise de réconfort, il éternua à plusieurs reprises et elle sourit avec tendresse. Ce petit être était le seul à lui prodiguer un tel effet de bienveillance. Il lui avait fallu accepter son déni de grossesse mais elle exprimait désormais sans vergogne ses sentiments à son égard. D'un geste rapide, elle sortit sa baguette magique coincée dans sa cape. Celle-ci était logiquement noire, avec de légers dégradés de pourpre mais désormais ces mêmes nuances de rouge étaient omniprésentes sur son arme, signe que son bien s'adaptait probablement aux changements de sa magie, et à la magie noire. Lianna la pointa alors sur le garçonnet afin de se débarrasser rapidement de la suie qui jonchait le visage et les vêtements du bambin.

  -T'es fazé avec moi, Mama ? tenta-t-il d'une petite voix fluette.

Ses yeux retombèrent sur le visage de son fils.  Il la fixait avec des yeux toujours aussi brillants et gonflés à force d'avoir pleuré mais alors qu'elle remettait sa baguette à l'intérieur de sa cape de voyage, elle soupira en écoutant la question bien trop innocente de l'enfant.

 

La sorcière analysa la moue abattue qu'il abordait désormais et elle s'en voulut car il n'avait pas à supporter ses changements d'humeurs omniprésentes. Elle s'était promis de lui donner tout ce dont elle n'avait pas eu enfant et elle ne lui ferait certainement pas subir ce qu'elle avait vécu, elle lui donnerait le meilleur, il serait chéri...et, eh bien, aimé même si elle était maladroite avec ces notions. Après-tout, cela ne devait pas être bien compliqué d'agir un peu comme Liliane avec lui, n'est-ce pas ? Inconsciamment, elle usait déja du surnom que la défunte lui octroyait autrefois. User du mot Trésor pour nommer son propre fils avait après-tout une signification toute particulière à ses yeux. Elle enleva le petit bonnet émeraude qui recouvrait les oreilles de son fils et elle le fourra dans la sacoche qu'elle portait par-dessus son épaule laissant apparaître une masse de cheveux blonds et bouclés qui partaient dans toutes les directions. Ensuite, en guise de réponse à la question du garçonnet et ne sachant toujours pas comment exprimer verbalement ses ressentis avec son fils, elle passa affectueusement une main dans ses cheveux tout en lui enlevant les restes de suie qui se trouvaient dissimulés entre deux bouclettes blondes.

Puis, lentement et tendrement elle embrassa le haut de son crâne, et espéra lui transmettre ce qu'elle ressentait sans avoir à prononcer des termes dont elle avait encore du mal à concevoir la véracité, des mots qu'elle ne pensait jamais ressentir avec une telle vigueur au sein de sa poitrine quand elle était en présence du petit garçon.

 - Non, je ne suis pas fâchée contre toi, mon Trésor.

Elle réajusta correctement le petit garçon dans ses bras et elle se décida enfin à sortir des braises chaudes qu'ils restaient de leur arrivée en poudre de cheminette. Pour la première fois, elle fit alors attention à l'homme doté d'une barbe mi longue et rousse. Il était calmement assis derrière le bureau directorial et ses mains étaient croisées sur la table tout en observant la scène qui se déroulait devant lui d'un œil intéressé et...attendri.

 -Bonjour, Lianna.

Si elle ne savait pas parfaitement contrôler ses émotions, elle aurait certainement rougi de honte puisque son ancien professeur de métamorphose venait de la voir agir avec tendresse envers quelqu'un. Son visage étant encore recouvert par sa capuche, et le professeur Dumbledore ne vit donc pas la lueur écarlate qui traversa ses pupilles alors qu'un brusque mépris prenait possession de ses veines mais elle continua d'observer silencieusement le nouveau directeur de Poudlard. On ne l'appelait plus Lianna, mais elle se retint de faire une remarque méprisante à ce sujet car ce n'était pas le moment de créer des dissentions. Derrière sa capuche, elle inspira calmement et se rappela le but véritable de sa visite au sein de l'école de sorcellerie et instinctivement, elle jeta un œil à la sacoche grisâtre qui pendait sur son épaule. Tout allait parfaitement se dérouler, comme Tom et elle-même l'avaient prévu et organisé depuis plusieurs jours. Elle n'en doutait pas une seconde. D'un geste lent, elle abaissa finalement son capuchon, laissant apparaître une masse de cheveux aussi bouclés que ne l'étaient ceux de l'enfant, à la nuance près que les siens étaient d'un noir de jais.

Le reflet du miroir d'un meuble en hauteur où siégeaient de nombreux instruments aux bruits déplaisants renvoyait la silhouette de la jeune femme qui semblait peu à peu perdre les traits de sa beauté d'antan. Ses traits étaient légèrement brouillés comme si sa peau avait été brûlée puis maladroitement réparer. Quant à ses iris, elles étaient maintenant encerclées de rouge, assombrissant quelque peu les yeux clairs que le petit garçon dans ses bras avait également hérité, mais ils arrangeraient cela, ils avaient pratiquement trouvé le moyen de réparer les dégâts que la pratique de la magie noire engendrait sur leur corps.

 - Professeur Dumbledore, lâcha Lianna d'un hochement sec du visage. Je ne fais que passer dans votre bureau, je ne vous dérange donc pas plus longtemps. Comme je l'ai soulignée dans la missive, je souhaitais rendre visite à Rubeus pendant que...mon époux passait cet entretien auprès de vous.  Je vous remercie de m'avoir autorisée à utiliser votre cheminée cela nous permettra de repartir ensemble puisque nous ... nous avons un rendez-vous en fin d'après-midi.

Le professeur Dumbledore continuait de la toiser calmement derrière l'ancien bureau du professeur Dippet. Il lui semblait que les yeux bleus du sorcier l'analysaient sur toutes les coutures et une lueur malicieuse semblait par ailleurs émaner de ses pupilles alors qu'il portait un doux regard au petit garçon qui ressemblait de façon troublante à sa mère. En effet, omis les cheveux vénitiens qu'il avait certainement dû hériter de sa grand-mère maternelle, Davilia Peverell, il était le portrait craché de sa mère.

Derrière sa barbe mi longue et rousse, le sorcier esquissa un petit sourire amusé, car entre les traits du visage admirablement similaire à sa génitrice et ses yeux bleu-vert, aucune trace de Tom Riddle ne se retrouvait sur le visage du bambin, comme si la jeune femme qui le tenait avec fermeté avait participé toute seule à sa procréation.

 -...mais je t'en prie, assieds-toi donc quelques instants, ça fait maintenant cinq ans que tu as quittés Poudlard, laisse donc le vieil homme que je deviens prendre des nouvelles d'une de mes anciennes élèves, fit le mage avec une lueur malicieuse dans le regard.  Je suis certain que la visite que tu souhaites rendre auprès de ton vieil ami pourra patienter quelques minutes n'est-ce pas ? D'ailleurs, je suis ravi d'entendre que tu considères toujours Rubeus comme tel. De plus, et avec ce froid étonnamment glacial qui traverse le pays en ce mois de février, je suis également sûr que le petit garçon que tu tiens entre tes bras, et qui je suppose est ton enfant au vu de la ressemblance troublante qu'il partage avec toi, mérite de boire un bon chocolat chaud, n'est-ce pas ? Tom n'est pas encore là, tu m'as stipulé qu'il pourrait arriver en retard à cause d'un travail qu'il devait effectuer pour son patron, monsieur Barjoy... alors vient donc t'asseoir.

 

Lianna hocha froidement le visage et resserra la prise qu'elle exerçait sur le petit corps du bambin fermement maintenu entre ses bras. L'enfant regardait maintenant l'homme à la barbe rousse avec une curiosité enfantine après avoir entendu qu'il lui offrirait du chocolat chaud. Elle s'avança finalement dans la pièce et passa devant un jeune phénix aux couleurs flamboyantes qui somnolait sur son perchoir. Elle s'installa dès lors sur le fauteuil présent devant celui de son ancien professeur de métamorphose, car de toute manière, elle avait compris la manœuvre du mage blanc qui désirait s'entretenir avec elle, l'ordre dissimulé ne lui avait pas certainement pas échappé.

 - Je ne m'attendais certainement pas à ce que tu te présentes ici avec un petit enfant, continua le sorcier en la fixant par-dessus ses lunettes en demi-lune, et je dois dire que je suis agréablement surpris.

L'ancienne Serpentard se retint de lui balancer une remarque méprisante, car elle n'apprenait rien au sorcier. Le mage était après tout omniscient et elle était certaine de subir la même surveillance accrue dont elle avait eu droit pendant toute la durée de ses études. Il ne la connaissait pas et il ne comprendrait jamais ce qui nourrissait ses desseins. Cependant, elle l'avouait, elle ne s'attendait certainement pas à devenir mère. Après tout, elle prenait tout de même une potion contraceptive au moment de sa procréation, mais le destin avait tout de même décidé qu'un défaut dans la potion lui donnerait un enfant et elle était devenue ce qu'elle avait toujours méprisé depuis sa plus tendre enfance.

Elle posa un doux regard sur le petit garçon qu'elle venait de positionner sur ses genoux. Il jetait un regard espiègle à tous les étranges objets qui jonchaient le bureau désordonné. Oui, elle s'était attachée à l'enfant d'une façon qu'elle ne comprenait toujours pas et lui donner tout ce dont Tom et elle-même n'avaient pas eu le droit petit enfant était devenu un besoin primordial. Elle commençait d'ailleurs à revoir certains concepts que le sorcier devant elle prônait avec tant d'acharnement et notamment celui des bienfaits de l'Amour, car finalement, peut-être que cette forme de magie les rendrait encore plus puissants qu'ils ne l'étaient déjà, n'est-ce pas ? Ils avaient tout de même eu l'occasion de l'expérimenter autrefois, auprès d'elle.

 - Je suis certaine que je ne vous apprends rien, professeur, fit d'une voix douce Lianna. Après tout, vous êtes toujours très bien informé, n'est-ce pas ?

  -J'ai eu des échos, c'est vrai, avoua celui qui avait défait le mage noir Grindelwald quelques années auparavant, mais je ne m'attendais pas à avoir devant mes yeux la véracité de ces propos, fit aimablement le professeur Dumbledore. Je suis vraiment heureux d'apprendre que toi aussi tu puisses profiter des bienfaits de la maternité.

 - La vie est pleine de surprise professeur, fit d'une voix froide Lianna en comprenant l'allusion, vous seriez surpris par beaucoup de choses.

 - Je n'en doute pas une seconde, Lianna. continua-t-il avec amabilité, un verre d'hydromel ?

 -Volontiers.

Pendant ce laps de temps où ils conversaient, le sorcier s'était levé de son siège et s'était approché d'une armoire ou diverses bouteilles étaient entreposées. Puis, il versa un verre d'hydromel à Lianna avant de s'en servir à son tour. Dumbledore appela finalement une petite elfe de maison d'un âge avancé qui travaillait dans les cuisines de l'école et quémanda un chocolat chaud pour le petit garçon. La petite créature aux oreilles de chauves-souris ne tarda pas à disparaître et à revenir quelques instants plus tard dans un pop sonore. Elle déposa devant le petit enfant une tasse de chocolat chaud fumante.

 - Merzi, Poly !  gloussa Elrick, l'air amusé. Mama, z'est Poly t'a vu ?

Pour la première fois, l'enfant s'exprima verbalement, croyant reconnaître l'elfe grâce aux jambes et aux bras noueux comme étant Poly, l'elfe de maison qu'Haley Selwyn, une des rares amies de Lianna, avait fini par retrouver suite à la récupération de ses souvenirs longtemps perdus grâce à son statut d'auror. Lianna hocha négativement le visage et Elrick fronça les sourcils devant la réponse de sa mère alors que l'elfe disparaissait de la pièce sans chercher à savoir ce que le garçonnet lui voulait avec tant de gaieté.

 

- Ce n'est pas Poly, Elrick ! Elle n'est pas la seule elfe de maison sur cette terre.

 

-Z'est la Maman ou le Papa de Poly alors ? continua-t-il, d'un air intéressé.

 

Elle se retint de soupirer sous son agacement. Elle ne pouvait pas lui en vouloir, car il était très jeune et il ne pouvait certainement pas comprendre tout ce qui se déroulait autour de lui. Les elfes se ressemblaient en quelque sorte et il était difficile de faire la part des choses pour les enfants en bas âge. Cependant, une irritation traversa ses veines, car oui, Elrick n'avait pu se taire bien plus longtemps. Elle avait pourtant prévenu de rester silencieux si elle devait converser avec le « monsieur qui allait certainement les accueillir à leur arrivée », mais visiblement l'enfant qu'elle essayait de maintenir avec fermeté sur ses genoux, ne cessait de jeter un œil avide face à tout ce qui l'entourait depuis qu'ils eurent pénétré le bureau.

Elle ne supportait pas qu'on lui désobéisse, mais s'était différent, irrémédiablement différent. La sorcière se devait de faire taire cette exaspération qu'elle ressentait brusquement aux creux de sa poitrine. Alors encore une fois, elle hocha négativement le visage et lui répondit par le biais de la légilimancie qu'elle lui montrerait où travaillait cette elfe s'il restait tranquille jusqu'à ce qu'elle ait finie de parler avec le « monsieur » qui se trouvait devant eux.

 - Tu n'as pas à te sentir exaspérée, Lianna, constata le professeur Dumbledore en la fixant derrière son verre d'hydromel, les enfants posent beaucoup de questions et ils sont curieux, leur demander de rester tranquille est assez difficile, surtout à ce jeune âge cela fait partie de leur apprentissage après tout, ne crois-tu pas ?  Dis-moi, Elrick continua gaiement le nouveau directeur, veux-tu un bonbon au citron ?  J'avoue ce sont mes préférés à moi aussi, termina-t-il avec un clin d'œil.

 

Le petit garçon n'avait cessé de loucher sur un petit plateau en argent rempli de sucrerie au milieu des divers instruments, ce qui n'avait pas échappé à Dumbledore qui fut ravi de lui présenter l'objet tant convoiter par le petit garçon qui ne tarda pas à prendre une friandise entre ses doigts potelés. L'enfant gloussa et approuva, égayé, les dires du sorcier plus âgé ce qui ne fut pas particulièrement au gout de sa mère mais encore une fois, elle ne dit rien. Elrick comprendrait quand il grandirait, il comprendrait que cet homme n'était qu'un fervent défenseur des moldus et des nés moldus et qu'il se devait de le haïr. Cependant, elle lui apprenait la politesse et à tout doucement garder les apparences, car cela lui servirait dans le futur. Elle lui renvoya donc un regard lourd de sens et l'enfant s'empressa de remercier l'homme avec son vocabulaire encore peu élaboré, remerciement que le vieil homme accepta de bon cœur. Lianna refusa à son tour poliment un bonbon au citron et elle ouvrit l'emballage que lui présentait Elrick et renfermait la sucrerie qu'il s'empressa de déguster avec satisfaction.

 - Tu as là un petit garçon bien poli, tout comme ses parents par ailleurs.

Le professeur Dumbledore semblait dans de profondes réflexions et à vrai dire, il ne la lâchait pas du regard. Il analysait la moindre de ses réactions. Il pouvait s'en doute constater avec aisance les changements physiques qui s'opéraient sur le corps de son ancienne élève. Une aura de plus en plus puissante émanait de sa chair, une aura sombre qui attestait la pratique intense de la magie noire, nul doute qu'ils faisaient tout leur possible afin de développer leurs capacités magiques qui étaient déjà, à la base, bien imposante grâce à l'héritage respectif que Tom et Lianna traînaient derrière eux.

Pendant ce laps de temps, elle tendit la tasse de cacao à son fils qui s'empressa de le prendre maladroitement entre ses deux petites mains potelées et l'aida à boire alors que son fils profitait de se réchauffer avec la boisson. Ensuite, elle essuya la moustache blanche qui était apparue sur les lèvres du bambin avec sa baguette magique. Le petit garçon fatigué se colla et se laissa alors aller contre sa mère. Il était certainement l'heure de sa sieste, car l'enfant n'avait cessé de fermer ses paupières à plusieurs reprises durant les dernières minutes qui s'étaient écoulées, songea Lianna d'un air pensif.

 - Comme ses parents, affirma Lianna, en caressant instinctivement d'une main les cheveux blonds de son fils qui s'assoupissait contre sa poitrine. Le bambin aimait particulièrement quand sa mère jouait et enroulaient ses doigts dans ses bouclettes, ce qui avait d'ailleurs le don de l'endormir. Tom a raison, fit-elle pensive. Le fait d'avoir choisi de devenir le directeur de cette fabuleuse école au lieu d'accepter ce poste de ministre -qui si je ne m'abuse- vous a été proposé par deux fois était un choix judicieux de votre part, professeur. Avec un sorcier tel que vous, les sorciers méritent assurément d'apprendre de votre savoir, vous étiez un excellent professeur. lança-t-elle en buvant un peu d'hydromel que le directeur lui avait servi, réchauffant ainsi sa trachée.

 - Je suis content que vous l'approuviez tous les deux, mais tu m'accordes trop d'importance, fit-il avec un sourire aimable, et pour te corriger, on me l'a proposé par trois fois, mais j'ai cru comprendre par le biais d'amis que tu souhaitais toi-même un jour pourvoir ce poste. J'espère sincèrement que si cela arrivait, tu feras bon usage des pouvoirs qui te serait accordés. Du moins, pour le petit garçon qui se trouve dans tes bras et qui a besoin de sa mère, Lianna.

Tom et elle -même avaient décidé de revoir la manière d'atteindre leurs objectifs afin de mener à bien leurs projets. À vrai dire, ils s'étaient tous deux légèrement calmés quant à la façon d'obtenir le pouvoir. Effectuer des changements dans le monde magique tout comme moldu par la voie de la légalité était donc devenu l'un de leurs objectifs principaux. C'était pour cela que depuis quelques mois, ils ne tuaient que par nécessité absolue, et ce dans le cadre de l'avancement de leur quête, ils gardaient tous deux leurs pulsions meurtrières envers ces êtres inférieurs profondément enfuies en eux pour l'enfant qui venait d'ailleurs de s'endormir contre sa poitrine. Le moyen qu'ils allaient utiliser serait de toute manière aussi efficace que s'ils avaient employé la force et leur puissance magique : la persuasion était parfois la meilleure des armes.

Une fois au pouvoir rien ne pourrait les arrêter et si la requête de Tom était acceptée auprès du directeur alors Poudlard serait l'un des nombreux terrains de recrutement pour les nouveaux fidèles à la cause. Quant à elle, obtenir le pouvoir au sein du ministère et monter dans la hiérarchie était dans ses principaux objectifs. Étant devenus immortels grâce aux nombreuses recherches qu'ils avaient faites sur les horcruxes et grâce à l'une des nombreuses révélations qu'avait faites leur ancien professeur de potions, ils seraient bientôt les plus puissants sorciers existants sur cette terre.  Ils avaient, après avoir terminé leurs études à Poudlard, beaucoup voyagé, et ils avaient fait des découvertes impressionnantes. Cependant, voilà maintenant quelques temps qu'ils étaient rentrés en Angleterre afin de se poser, l'enfant ayant commencé l'école. Tom travaillait momentanément dans ce magasin de magie noire sur l'allée des Embrumes et cela leur avait d'ailleurs permis de voler la coupe et l'épée d'Helga Poufsouffle ainsi que le médaillon de Serpentard à sa propriétaire qui avait d'ailleurs eu un peu trop confiance en Tom. Ces objets précieux avaient servi comme habitacle à leur âme présentement mutilée.

À l'intérieur de la sacoche qu'elle avait momentanément déposée à ses pieds se trouvaient deux autres horcruxes bien différents et ils désiraient les cacher dans l'enceinte même de l'école. La salle sur demande était un endroit qu'ils avaient convenu comme étant appropriée à cet effet. Ces derniers se retrouvaient par ce fait, mélangé entre des babioles appartenant à l'enfant afin de n'éveiller aucune suspicion. Après tout, personne n'irait vérifier dans un sac plein de bavoirs, couches ou encore de biberons. Du moins, certainement pas Dumbledore.

Sa visite au sein château n'était évidemment pas anodine. Elle avait profité du moment afin de prétexter le désir de rendre visite à Hagrid, ce qui était vrai dans un sens, mais déposer deux de leur horcruxes dans cet endroit qui avait été si cher à leurs yeux restait sa tâche prioritaire en cette journée d'hiver. Dumbledore serait occupé avec Tom et elle aurait ainsi tout le loisir d'effectuer cette besogne sans susciter les soupçons.

 

- On ne m'appelle plus Lianna, mais encore une fois, vous devriez le savoir, siffla-t-elle cette fois bien agacée de l'entendre la nommer par le prénom qui avait été donné par les faibles qu'avaient été ses géniteurs. J'ai eu en effet quelques contacts qui me permettrons facilement de gravir les échelons, notamment grâce au professeur Slughorn qui m'aura été d'une grande aide, mais pour le moment j'effectue une formation à l'université sorcière de Londres en cursus aménagé. Tom se chargera donc de travailler seul. J'espère donc que vous pourrez l'accepter à Poudlard, car il éprouve ardemment tout comme vous, le désir d'enseigner ici et  maintenant que le professeur Têtenjoy a pris sa retraite, le moment était plus qu'opportun ...et cela nous aiderait...certainement beaucoup au niveau, elle réfléchit aux termes adéquats, des rentrées d'argents, car il faut bien l'avouer ce ne sont pas  les faibles revenus qu'il gagne à l'aide de ses talents de vendeurs auprès du magasin de Messieurs Barjoy et Beurk qui vont nous aider à subvenir aux besoins de notre fils. Et...je serais toujours là pour lui, toujours. termina-t-elle en recouvrant l'enfant de sa cape afin de lui prodiguer un peu de chaleur, et je ne vois certainement pas à quoi vous faites référence. 

 

- Je sais comment Tom et toi vous vous faites appeler, mais pour moi, tu seras toujours la petite Lianna Sauwer que j'ai vu grandir au sein de cette école, commença Dumbledore en levant son verre d'hydromel à moitié vide comme pour lui porter un toast. Les professeurs n'oublient jamais les enfants qui ont traversé ces murs, ce sont certes des habitudes agaçantes, mais les souvenirs prouvent toujours que tout chérubins à un jour été innocent, n'est-ce pas ?   Il s'arrêta momentanément dans ses propos en jaugeant sans aucun gène celle qui se faisait maintenant appelé Lady Voldemort par ses disciples. Bien, c'est très bien, mais n'oublie jamais que tout êtres et toute vies  méritent d'être misent sur un même pied d'égalité. Je suis certain que tu sais parfaitement à quoi je fais référence, Lianna comme je sais que vous avez beaucoup voyagé Tom et toi ces dernières années malgré le fait que vous aviez un enfant entre vous et ...non seulement cela, mais vous avez maintenant des personnes sous vos ordres que vous avez décidé de nommer les chevaliers de Walpurgis, n'est-ce pas ? Il secoua le visage avec déception ne me fait certainement pas croire que le coffre des Gaunt et le coffre des Peverell de vos ascendants ne suffisent pas à vivre correctement. Nous savons tous les deux que ce n'est nullement la vérité. Vous n'agissez jamais sans raison Lianna, je vous connais... et Tom, qui, si je l'ai bien compris, souhaite me voir pour être embauché à l'école ne veut aucunement ce poste et toi, tu ne tiens certainement pas à être à la tête du ministère sans aucune raison alors pour une fois jouons la carte de la vérité, veux-tu ? Pourquoi avez-vous par le fabuleux hasard décidé de passer tous les deux à Poudlard aujourd'hui et surtout que cherches-tu ?

 

La jeune Lady Voldemort passa par de nombreuses micros expressions bien succinctes. Elle referma la poigne qu'elle exerçait sur le bambin qui dormait maintenant à poings fermés alors que des éclairs rougeoyants traversaient ses yeux injectés de sang. Il n'avait aucunement le droit  ne serait-ce que de souligner l'ascendance qu'elle partageait avec ses défunts parents biologiques. Il n'en avait aucun droit, car au moment où elle avait par un heureux hasard plus au moins récupérée sa mémoire, elle avait bien compris qu'il avait probablement toujours su de qui lui provenait son misérable nom de famille. C'était un ancien Serdaigle, Jonathan Sauwer, son père et ce, depuis qu'il avait été la chercher dans cet endroit qu'on appelait orphelinat.

 

Ses géniteurs pour ce qu'elle s'en souvenait s'étaient misérablement fait tuer et ils avaient été, par la même occasion, des adeptes de la protection des moldus. Des faibles, voilà ce qu'ils avaient été... même sa mère, descendante directe d'Antioche Peverell d'après ce qu'elle avait découvert suite à ses recherches, avait été faible..., une honte vraiment, elle la détestait... « Le pouvoir va mieux à ceux qui ne le recherche pas, Lianna », à d'autres, songea-t-elle tu t'es littéralement faites assasinée par une arme moldue. Elle lui prouverait le contraire, car elle serait la plus puissante sorcière de son ère quoi qu'il lui en coûte. Et sa mère, elle n'en avait eu qu'une, et ce n'était certainement pas Davilia Peverell mais bien Liliane Evans. Ils ramèneraient un jour la seconde à la vie, et ça, c'était une certitude.

 

-  Encore une fois, professeur Dumbledore, vous êtes omniscient et croyez savoir tout sur tout, fit-elle d'une voix rauque de colère. Nous ne touchons pas à la fortune de nos ascendants pour la simple et bonne raison que nous voulons gagner nos vies par nous-mêmes et je n'ai certainement pas besoin de l'argent de ceux qui ont cru bon se laisser faire devant de ...simples moldus. Je n'ai toujours pas digéré le fait que vous avez omis l'identité de mes parents alors que mon né-moldu de père avait fait ses études ici ! Quelqu'un m'a volontairement effacé la mémoire me faisant croire à un misérable statut de née-moldue durant trop longtemps, mais vous aviez des indices sur mon identité, vous ne vous attendiez certainement pas à ce que je la recouvre, n'est-ce pas ? Vous n'étiez certes pas certain, mais vous auriez au moins pu m'en parler ! Je retrouverai celui qui m'a fait cela, je le retrouverai...

 

Mais pour vous éclairer professeur, les...chevaliers de Walpurgis sont des amis qui nous aident à avancer dans certains objectifs, rien de plus. Comme je vous l'ai dit, Tom souhaite donc vraiment enseigner la défense contre les forces du mal parce qu'il éprouve le désir de partager. De plus, nous avons évolué et étudiés diverses formes de magie ce qui nous a permis de repousser certaines limites de celles-ci. Il est entièrement disposé à se mettre sous vos ordres, vous ne pouvez pas lui refuser une telle possibilité ne serait-ce que pour tous ces enfants. Nous avons acquis de nombreuses compétences ces dernières années et il serait ravi de partager ses connaissances avec vos élèves. Quant à moi, je ne fais suivre que les nombreux conseils provenant de mes anciens professeurs, je ne veux que l'ordre dans notre monde professeur, vous vous méprenez. Ensuite, je souhaitais réellement profiter de ce moment pour venir à Poudlard, car ...je veux réellement rendre visite à Rubeus, et je...je souhaiterais qu'il devienne le parrain de mon fils, je voudrais me faire pardonner de l'avoir abandonné après son malencontreux meurtre, je n'aurais jamais dû m'éloigner de cette façon de lui, les erreurs méritent d'être pardonné, ce que je compte faire dès aujourd'hui.

Pour la première fois, elle vit brièvement la surprise se dessiner sur le visage de son ancien professeur de métamorphose. Elle profita de ce moment de surprise afin de porter son verre d'hydromel à ses lèvres, ravie d'avoir pu surprendre le sorcier qui l'avait malgré tout toujours impressionné. Elle jeta rapidement un œil au petit garçon qui tenait fermement sa cape de sorcière entre ses doigts potelés. Une douce respiration s'échappait de ses lèvres, signe d'un profond sommeil.  Puis, elle décida de se lever du fauteuil, Tom ne devrait pas tarder à arriver sur les lieux. En réalité, il avait certainement fini de travailler depuis bien longtemps, et il devait se trouver actuellement avec quelques serviteurs à la tête du sanglier afin de régler quelques affaires. Il serait peut-être plus persuasif qu'elle n'avait essayé de l'être, mais visiblement le mage blanc n'avait certainement pas envie de lui donner ce travail et de toute manière, il n'avait jamais voulu leur laisser une infime chance que ce soit pour lui ou pour elle d'ailleurs...

 

-  Tu es aveuglé par la colère, Lianna, fit le sorcier calmement en la regardant se lever du siège. J'ai fait peut-être l'erreur de ne pas te parler tout de suite de ton ascendance, car je n'en étais pas certain, mais de toute évidence cela aurait n'aurait fait qu'accroître bien plus tôt la vision bien arrêtée que tu t'es faites des moldus.  Jonathan et Davilia ne voudraient pas que tu empruntes cette sombre voie dans laquelle tu t'es engagée, ils ne voudraient pas que leur enfant ne devienne...cette personne avide de pouvoir en laquelle tu te transformes. Et je pense parler au nom de Liliane Evans en disant qu'elle serait également bien malheureuse de te voir prendre un si triste chemin. Cela lui briserait certainement le cœur. Je ne doute pas une seconde que vous ayez faits beaucoup de choses ces dernières années et je serais vraiment désolé d'apprendre que ne serait-ce la moitié de ces rumeurs ne soient vraies. Quant à Tom, qui ne devrait pas tarder, je lui expliciterais les raisons de mon refus comme je te l'ai dit, et ...il ne reviendra pas à Poudlard, car il ne désire certainement pas enseigner, les causes de cette envie sont bien plus nébuleuses, je le sais Lianna. J'avais par ailleurs cru comprendre que ces chevaliers appartenaient plus à la catégorie des serviteurs que des amis, mais je serais heureux d'apprendre que tel est le cas. Il s'arrêta dans son monologue avec un air pensif, quelque chose me dit que Tom n'est pas forcément au courant de ce que tu t'apprêtes à faire avec Hagrid, je me trompe ?  Tu as toujours éprouvé une sincère amitié envers ton ami bien que tu ais essayé de la refouler, et si je ne me méprends pas, il l'analysa de haut en bas avec tristesse, tu éprouves des remords à son égard. 

Une lueur écarlate était apparue dans ses deux pupilles injectés de sang alors qu'elle ajustait le bonnet émeraude sur la chevelure de son fils qui restait d'ailleurs profondément endormi. Il n'avait aucun droit de la juger et elle n'éprouvait certainement pas...elle s'arrêta en fronçant les sourcils, peut-être quand quelque sorte, elle souhaitait toujours que Rubeus se joigne à elle, voilà tout.

- Je ne vous permets pas Dumbledore, de mettre Liliane au milieu de cette conversation.  Elle est morte, alors laissez là tranquille là où elle est, car vous ne savez pas ce qu'elle penserait, elle se trouve six pieds sous terre, tuée à cause de ces larves !

Après avoir prononcé ses paroles, elle s'approcha à pas pressés de la sortie du bureau et récupera au vol la sacoche où se trouvait les horcruxes. Elle dû serrer un peu trop fort Elrick contre elle, car elle l'entendit gémir contre sa poitrine. Elle était énervée et pour la première fois depuis un long moment, elle sentait sa magie bouillir en elle, lui donnant des envies irrépressibles de meurtres. Le nouveau directeur de Poudlard s'était quant à lui levé à sa suite, comprenant que Lianna n'avait certainement plus l'intention de l'écouter.

Sa main était déjà posée sur la clinche avec fureur, mais il la retint avec un dernier monologue.

 

-  Je suis certain que l'eau ne s'est pas encore totalement changé en vin, Lianna, déclara-t-il finalement alors qu'une grande tristesse s'affichait les traits de son visage. Le temps est révolu où je pouvais t'obliger à réparer tes erreurs et j'aimerais encore pouvoir le faire, j'aimerais... mais il me semble qu'au plus profond de toi, une belle personne ne demande qu'à s'exprimer, je vois le regard que tu poses sur cet adorable petit garçon pour lequel tu sembles énormément tenir malgré tes gestes encore maladroits à son égard et je ne doute pas une seconde que si Tom et toi vous y réfléchissiez, vous comprendrez que le fait d'être parents est certainement la plus belle chose en ce  monde. Les moldus méritent d'être sur un même pied d'égalité, tu n'as certainement pas besoin de tout ce pouvoir que vous cherchez à tout prix à acquérir pour gravir ces échelons. Ils ne sont pas tous pareil, Lianna. Et tu le sais, je ne pense pas que tu n'es jamais considérée miss Evans, ne serait-ce une seconde comme une moins que rien ! Tu te détruis, il est encore temps d'arrêter de devenir ces monstres qui sont en train de naître en vous. Tu ne veux que le meilleur pour cet enfant et pour cela j'en suis certain... si vous comprenez cela, peut-être qu'un jour, je déciderai d'engager Tom à Poudlard, car je ne vais certainement pas nier que vous êtes de brillants sorciers. Et  oui, je crois, non, je suis certain même que cette femme que tu as profondément aimé comme une mère n'aimerait, elle aussi, pas te voir ainsi...

- Vous osez, murmura-t-elle d'une voix blanche, je vous l'ai dit, vous pouvez citer mes géniteurs si cela vous chante, mais vous ne parlez pas d'elle...

-Cherches- tu vraiment à l'oublier ?  Je pense que cela te fait toujours bien mal si tu veux mon avis...Oh oui, je suis certain que l'eau n'est pas encore totalement changé en vin.

- Taisez-vous, siffla-t-elle à nouveau, les lèvres pincées, je vous interdis...

Lianna fulminait mais elle fixa une dernière fois le visage du sorcier dont les yeux bleus  la jaugeaient avec un chagrin infini derrière ses lunettes en demi-lune et pour la première fois depuis longtemps, une boule se forma au creux de son œsophage puisque elle s'autorisa à laisser planer le souvenir du fantôme de Liliane dans son esprit. Son fils ne savait même pas qui elle l'était, ce qui leur restait d'elle était confiné dans leur coffre-fort à Gringotts. Pendant un bref instant, un infime moment, elle songea qu'il avait peut-être raison, Liliane la haïrait tellement... mais elle se ravisa rapidement car il était trop tard, et tout ça, c'était aussi pour elle. Elle avait déjà poussé les limites de la magie un peu trop loin et sa dépendance à la magie noire n'avait fait qu'agrandir le mal et la haine qui l'habitait depuis si longtemps.

 - Il n'est jamais trop tard Lianna, jamais, fit celui-ci en posant une main rassurante sur la joue de son fils endormi, comme s'il avait lu dans ses pensées,  et je suis sûr que tu feras les choix qui s'imposent pour cet enfant. Tu commences à éprouver un fort sentiment d'Amour et bien que tu n'arrives pas encore à l'exprimer de la meilleure des manière, tu y arriveras, j'en ai la certitude. Ne laisse pas ton passé te consumer et profite de ce que la vie peut t'offrir.

Ce fut à ce moment précis que plusieurs coups à la porte se firent entendre. Lianna reprit ses esprits devant le discours que le professeur Dumbledore tentait visiblement de lui inculquer depuis son arrivée dans le bureau directorial.

-  Maintenant, loin de là de vouloir te mettre en colère, tu peux y aller. Je crois que tu dois aller rendre visite à ton ami, Rubeus et il me semble que cela te fera le plus grand bien. Tu peux rentrer Tom, Lianna et ton petit garçon sont déjà arrivés, termina-t-il à l'adresse de ce dernier qui devait attendre patiemment derrière la porte d'entrée.

 

Si le petit Elrick Riddle n'avait jamais été porté disparu, peut-être que certaines âmes corrompues auraient fini par écouter un homme qui avait un jour failli faire des erreurs semblables en étant tombé amoureux d'un certain mage noir nommé Gellert Grindelwald.

 

 

 

Une naissance indésirable by Chrisjedusor
Author's Notes:

Bonjour, je sais se sont des OS très long mais, je pense vraiment qu'ils sont necessaires pour mieux comprendre les personnages.

Dédicace à ma petite Madamemueller qui me motive bien <3 Merci à toi pour tes reviews, et pour le reste, il me semble que je ne mords pas.

Chris

 

10 juillet 1948 3h30 du matin, Serbie.

 

Tom et Lianna étaient sorti de Poudlard depuis trois ans. Ils n'avaient cessé de parcourir le monde afin de réaliser des recherches et accroître leurs pouvoirs respectifs. Rassembler des futurs adeptes et manipuler les plus grands sorciers afin d'obtenir gain de cause était devenu monnaie courante pour les deux jeunes sorciers âgés de vingt et un an. En cette nuit d'été, les deux jeunes adultes qu'ils étaient désormais avait eu vent de l'existence d'un étrange sorcier. Le mage était doté de la capacité de voler sans avoir à utiliser un quelconque objet. De ce fait, ils voulaient le retrouver et lui soutirer des explications sur le phénomène. S'il ne coopérait pas ? Il serait tué. Cependant, ils savaient qu'ils y arriveraient car après-tout, la manipulation de l'esprit n'avait plus aucun secret pour eux.

Les deux tourtereaux étaient couchés sur lit de leur tente. Ils l'avaient installé à chaque endroit où ils devaient s'arrêter pour se reposer. Ils n'avaient besoin de personne d'autres qu'eux-mêmes durant ces longues années de voyages. Elles allaient leur servir à l'apprentissage de la Magie sous toutes ces formes possibles. Dans quelques années, quand ils rassembleraient leurs adeptes, les deux noms des orphelins qu'ils étaient autrefois auraient disparus, laissant uniquement de la place à Lady et Lord Voldemort. Ils en avaient la douce certitude. Ces noms, ils  les avaient choisi alors qu'ils étaient toujours des étudiants au sein de l'école de sorcellerie Poudlard.

Ils seraient craints de tous.

 

-Je suis fou de vous, Milady.

 

- Pas plus que moi, Milord.

 

Tom embrassait Lianna sur le cou, puis sur la poitrine avec désir. Ils étaient entortillés et enlacés l'un contre l'autre dans ce lit confortable dont était doté cette tente enchantée. Ils avaient eu un début de nuit toride et les deux jeunes époux étaient décidément prêts à recommencer tant le désir éprouvé l'un pour l'autre était grand et intense. La jeune femme se retourna brusquement contre Tom et se retrouva à califourchon sur la poitrine de son bien aimé, prête à l'embrasser à son tour avec sensualité. Cependant, alors que Lianna commençait à passer délicatement ses doigts sur le torse du sorcier, une brusque et intense douleur enflamma son abdomen et elle dû suspendre son geste.

Elle retomba lourdement et durement sur le matelas.

 

Depuis quelques heures, elle éprouvait d'étranges et faibles crampes d'estomac. Lianna  ne s'en était pas préoccupée, et n'en avait pas parlé à Tom. Elle avait mis cela sur le compte de l'adrénaline. Après-tout, ils ne pouvaient plus être malades, car ayant chacun deux horcruxes, ces futilités n'étaient plus censées les toucher de la sorte. Ils étaient immortels. Et pourtant, la violence de cette douleur fortuite était si violente que la jeune sorcière se recourba en deux contre le matelas.

Les larmes lui montèrent aux yeux face à cette souffrance inconnue.

-  Lianna ? Ma Dulcinée ? Qu'as-tu par Salazar ?! Pourquoi le matelas est-il ...mouillé ?

Tom analysa d'un air ahuri le liquide. Il semblait provenir du corps de Lianna. Pourquoi semblait-elle tant souffrir ? Qu'est-ce qui se passait ? Elle dégoulinait de sueur et l'incompréhension se lisait sur son visage. Tom ne comprenait pas et il était décidément toujours démuni quand un problème survenait et concernait sa femme. Elle était sa faiblesse. Lianna attrapa avec fermeté ses avant-bras avec poigne, et enfonça ses ongles dans sa chair. Un gémissement de douleur s'échappa de ses lèvres alors que sa respiration se faisait de plus en plus erratique, le rendant, lui, impuissant face à cette étrange situation.

 

-Tom, souffla-t-elle avec une grimace, regarde ce qui se passe, par Merlin !

 

Il reprit ses esprits  face à sa supplique, et récupéra sa baguette posée sur un meuble en hauteur d'un geste vif du poignet. Tom se rua à nouveau sur le ventre de son épouse. Il était terrifié par les expressions de Lianna. Elle s'affichait  douloureusement sur son visage sans qu'il ne puisse y faire quelque chose pour l'apaiser de ses souffrances. Il vérifia qu'elle n'était atteinte d'aucun maléfice surpuissant capable d'affecter son immortalité, et il resta figé sous la surprise quand il constata que quelque chose se trouvait à l'intérieur de son épouse. Cette chose non identifiée était fermement accrochée à elle, constata-t-il après avoir passé à plusieurs reprises sa baguette sur son abdomen avec incrédulité.

 

- Il y a quelque chose en toi. Je ne sais pas ce que c'est, souffla-t-il en pressant sa main avec douceur, tout en continuant de psalmodier des incantations runiques. Je vais trouver ma Dulcinée. Je ne vais pas te laisser dans cet état.

 

-Quelque chose... oh Merlin, Tom bon sang, débrouille toi pour m'enlever cette chose non identifiée de moi ! Je ne sais pas ce qu'est ce maudit maléf...

 

- Une...une ...une présence humaine.

 

-  Je te...demande pardon, Tom ? lâcha Lianna d'une voix faible.

 

Tom venait de se paralyser dans l'horreur la plus totale, car il ne comprenait pas, et c'était impossible. Elle ne pouvait pas être enceinte. Elle prenait cette fichue potion de contraception chaque mois et elle n'avait certainement pas l'air de ressembler à l'une de ces femmes prête à exploser d'un moment à l'autre après avoir été engrossée neuf mois auparavant ! Était-elle enceinte depuis peu ? Pouvait-on avoir des douleurs aussi tôt ? C'était étrange ! Et non, ce n'était pas possible. Il devait faire une erreur. Tom avait raté son sortilège. Lianna avait raison. Il refusait cela. Il était hors de question que cela leur arrive.  Et pourtant, le sortilège de « révélation » dont il avait usé sur cette dernière ne laissait aucun doute quant à son état actuel. Elle portait un enfant.

 

-  Qu'est-ce que tu as fait ? lâcha-t-il d'une voix blanche tout en s'éloignant brutalement d'elle, je crois...je crois que tu as des contractions à cause de ce...de ce...

 

Il ne trouva pas les mots et un silence pesant et glacial s'abattit entre le couple. Un silence terrible où ils se fixèrent tout deux en chien de faïence se fit ressentir alors que Lianna tentait de se redresser vainement contre le dossier du lit sans lâcher des yeux les globes oculaires de Tom. Une veine palpitait dangereusement en dessous de la tempe de la jeune femme et il regretta d'avoir prononcé ces mots quelques secondes auparavant quand elle commença à lui hurler dessus sans qu'il ne puisse apaiser sa propre colère. Lui-même  commençait à  ressentir de la rage au sein de ses veines.

 

 -   CERTAINEMENT PAS ! QU'EST-CE QUE TU ME RACONTES ? TU VIENS DE RATER CE SORTILÈGE TOM RIDDLE! RECOMMENCE ! JE SUIS INCAPABLE DE M'ANALYSER CORRECTEMENT DANS CET ETAT ALORS RECOMMENCE, IL Y A UNE ERREUR !

 

Tom  commençait réellement à éprouver une intense irritation contre sa femme mais il ravala ses remarques acides à cause de son explosion de rage. Ses yeux étaient devenus si intensément écarlates, qu'il était sûr que celle qui l'aimait n'allait pas tarder à faire un meurtre. Le jeune homme  compris  alors, elle  n'avait strictement aucune idée du comment cela était possible. Elle était tout aussi perdue, et l'incompréhension devait se lire sur leur visage respectif.  D'un, oui ils se protégeaient. De deux, Tom ne ressentait pas de deuxième aura sur son épouse. Et de trois, Lianna n'avait décidément rien d'une femme sur le point d'avoir un enfant. L'aura de sa femme commençait à transpirer de plus en plus intensément par les pores de sa peau et c'était provoqué par sa colère, ça oui il le ressentait, mais il n'éprouvait rien d'autres que cela en sa présence !

 

-  Calme-toi. Je n'ai rien dit ...Merlin, je ne connais pas d' hôpitaux sorciers en Serbie. Nous allons devoir transplaner en trois fois, je dois... t'emmener à Saint-Mangouste. On rentre en Angleterre...Salazar, je ne sais pas quoi faire pour tuer ce truc avant qu'il... ne naisse sans te faire mal. On ...va leur ordonner de faire disparaître cette chose avant que...qu'elle ne sorte ! Oui c'est ça, ils vont faire disparaître cette « chose » de toi. lâcha-t-il d'une voix blanche, laisse-moi t'aider à t'habiller. Ce n'est qu'un contre temps, nous allons arranger cela, et nous continuerons à parcourir le monde.

 

Lianna avait l'esprit en dehors de cette tente. Il le voyait. Sa lèvre tremblait dangereusement, signe qu'elle était simplement horrifiée par cette situation. Elle fixait un point dans le vide, et paraissait sur le point de vomir face à cette nouvelle qu'ils ne géraient absolument pas. C'était atroce. Comment avait-il pu faire une aussi grosse erreur d'inattention!? Pliée ainsi en position fœtale, elle semblait bien plus fragile. Tom remarqua aisément à quel point elle était devenue aussi livide qu'elle ne le fut le jour ou Liliane les avait quitté à tout jamais. Les laissant seuls au monde. Les détruisant encore un peu plus. Un cri incongru s'échappa de ses lèvres et il comprit que des médicomages devaient faire quelque chose pour neutraliser ce petit humain présent en elle.

Par Merlin, ils n'avaient assurément pas vu venir un tel malheur.

 

-Oui, souffla Lianna figée dans l'horreur. Allons faire neutraliser cela. Ce ne sera qu'un mauvais souvenir. Ce...ce... contre-temps ne sera qu'un lointain souvenir.

 

Ils allaient se débarrasser de ce monstrueux accident et ils avaient définitivement besoin d'une explication de la part des médicomages.

 

~*~

 Une heure plus tard, Saint-Mangouste.

 

- ENCEINTE DE NEUF MOIS ? SUR LE POINT D'ACCOUCHER ? ET DONC IMPOSSIBLE A FAIRE PARTIR ? EXPLIQUEZ-MOI COMMENT UNE TELLE SITUATION EST POSSIBLE ? hurla Tom avec fureur. COMMENT PEUT-ELLE ETRE ENCEINTE DE NEUF MOIS !? DONNEZ LUI IMMÉDIATEMENT L'UNE DE VOS POTIONS POUR FAIRE PARTIR CE FŒTUS QUI L'HABITE ! NOUS NOUS CONTREFICHONS DES CONSÉQUENCES !

 

-Mais...mais monsieur ce n'est plus un fœtus...comme...comme ...on vous le dit c'est...

 

-...JE ME FICHE DE CE QUE C'EST, DONNEZ-LUI CE QU'IL FAUT POUR QUE CET ACCOUCHEMENT NE SE PRODUISE PAS !

 

Lianna avait les mains posées sur ce lit d'hôpital, et inspirait et expirait de plus en plus rapidement à cause de ses contractions. Ces médicomages aux uniformes verts s'étaient rapidement occupés d'elle, et lui avait fait enfiler de force l'une de ces horribles robes de chambre. Elle n'avait pu riposter à cause de son état de faiblesse évidente. Ils avaient alors minutieusement analyser son estomac. Tout cela en un temps record. Elle avait l'impression que les symptômes de cette grossesse se faisait de plus en plus présents sur son corps au fur et à mesure qu'elle comprenait les conséquences de leur inattention. Son estomac, par exemple, se faisait de plus en plus arrondie alors que les minutes elles, s'écoulaient et défilaient sinistrement depuis son entrée dans cette pièce. Des douleurs à la poitrine la prenait également avec vigueur. 

Qu'avait-elle fait pour mériter ça ?

 

Elle était en plein cauchemar. Ça ne pouvait pas lui arriver. Leur arriver. Elle ne voulait pas être la génitrice d'une de ces choses fragiles et détestables. Elle ne voulait pas de morveux. Tom hurlait sur les médicomages et se retenait de tous les tuer d'un geste de la baguette magique, ce qu'elle se retenait également de faire depuis que ces derniers venaient de lui prononcer les mots « déni de grossesse ». Ils leur avaient expliqué le pourquoi du comment ce genre de chose pouvait malheureusement arriver. Et c'était d'une logique déconcertante. Elle refusait ardemment avoir l'une de ces choses. Et visiblement,  la potion de contraception avait été mal réalisée. Elle allait tuer sa jeune sbire. Cette femme prise  qui plus est en tant que génycomage lui concoctait cette potion une fois par mois. Oh oui, elle n'avait pas intérêt à se trouver sur son chemin. Elle allait punir son incapacité qui l'avait mise dans cet état. Dorénavant, elle allait étudier les composants et la faire elle-même ! On n'était jamais mieux servi que par soi-même.

 

- Madame, monsieur Riddle, calmez-vous ! tenta l'un des médicomages, légèrement tremblant. C'est un heureux événement vous savez. Il n'y a pas à en avoir peur. Je peux comprendre que cela surpr...

 

- Un heureux événement ? Un horrible événement qui est juste un contre-temps dans notre parcours, rectifia Lianna en grimaçant de douleur. Bien, s'il n'y a rien à faire ...expulsez moi cette chose hors de mon corps et débarrassez m' en ! Je ne veux rien avoir à faire avec cet enfant, faites-en ce que vous en voulez ! Ce n'est pas mon problème. Tom, calme toi aussi, une fois que cela sera terminé, on pourra repartir. D'ailleurs, sort de cette pièce en attendant ça ne sert à rien, tu me fais monter l'adrénaline pour rien, attends-moi en dehors de cette pièce.

 

-Jeune femme vous ne...ne savez pas ce que vous dites. Vous êtes confuse, bredouilla le médicomage sous l'air ahuri de ses autres collègues. Je ne comprends pas pourquoi vous semblez tant en col...

 

- Fermez là, siffla Tom. Il empoigna le sorcier par le col de sa chemise, faites ce qu'elle vous dit. On vous subirez réellement ma colère. Ne la faites pas souffrir ou je vous le ferais tous payer très cher.

 

- Oui, oui, ... nous...nous allons nous en occuper, jeune homme.

 

Le spécialiste fut terrifié d'apercevoir une lueur vive et écarlate apparaître dans le regard noir de ce jeune homme, et n'oublia jamais l'intensité de la magie qui l'avait entouré en cette nuit d'intenses chaleur estivale.

 

Il ne savait pas encore que quatre ans plus tard, ces deux jeunes gens seraient appelés par les journaux comme étant... le couple noir.

 

~*~

 

10 juillet 1948 5h08  du matin.

 

Elle avait bon profiter de sa nouvelle immortalité, cette douleur elle avait sentit passer au plus profond de ses entrailles. Elle venait de donner naissance. Elle. Elle était trempée par la sueur . La jeune femme venait d'entendre cet horrible cri. Un cri qu'elle avait fini par haïr quand elle était une petite enfant à l'orphelinat puisqu'on lui interdisait la grande nurserie des lieux. Sa monstruosité n'avait après-tout pas à se frotter à l'innocence des tout petits de l'établissement. Un déni de grossesse, par Merlin !  Peut-être devrait-elle tuer tous ces médicomages , et assassiner cet enfant ? Et dire qu'ils ont voulu le mettre directement sur sa poitrine une fois né et le cordon coupé ! Il était hors de question que cette chose ne s'approche d'un millimètre d'elle ! Elle tenta de se mettre sur ses deux coudes mais elle était si affaiblie. Elle devait se relever maintenant que cette chose était expulsée de son corps. Repartir en Serbie avec Tom qui d'ailleurs,et elle le pressentait grâce à leur lien, l'attendait nerveusement de l'autre côté de la pièce. Cette histoire serait clôturée incessamment sous peu. Et oui, cela ne serait juste qu'un très mauvais souvenir.

 

- C'est un beau petit garçon que vous avez là, félicitation ! Etes- vous certaine de ne pas vouloir le prendre dans vos bras ? Peut-être que vous changeriez d'avis ? fit une femme à l'allure robuste, mais...restez coucher, que faites-vous au nom de Merlin ?

 

-  Fille ou  garçon .. ce ne sont pas mes affaires ! Qu'est-ce que vous ne comprenez pas dans je me contre fiche éperdument de cet enfant ? siffla dangereusement la jeune femme aux cheveux noirs et bouclés. J'en ai fini !  Je pars !

 

Les médicomages qui l'entouraient l'approchèrent,  baguette à la main, afin de l'obliger à rester couché. Elle les fusilla tous du regard alors que l'un d'entre eux osait la toucher pour la remettre de force dans ce lit aux draps désormais tachés de sang. Elle se sentait faible, et ne riposta donc pas mais d'ici une heure, et grâce à ses deux horcruxes, elle se sentirait déjà bien mieux, comme si rien de tout cela ne s'était jamais produit.

 

Elle ignorait les regards curieux. Ils la jaugeait avec curiosité et pitié. Son dossier médical dont disposait Saint-mangouste par le biais des autorités sorcières de l'époque était ici depuis son entrée à Poudlard, et il avait dû être analysé et lu par certains d'entre eux dans le cas d'éventuels complications car ils se devaient certainement de connaitre son état de santé. Pourtant, elle ne pouvait réellement mourir, ce qu'ils ne pouvaient évidemment pas savoir. Elle ferma douloureusement les paupières, elle savait que ces gens avaient aperçus ses nombreuses cicatrices du passé ayant été  pratiquement dénudée de tout vêtement pour cet accouchement. Elle n'était pas idiote, ces monstruosités faisaient parties d'elle-même et étaient hideuses à contempler. Ils avaient entraperçu le monstre qu'elle était. Bien. C'est ce qu'elle était de toute manière.

 

Entre temps, elle entendait toujours vaguement les cris du nourrisson en arrière-plan. Elle  tenta de les ignorer alors que les médicomages s'affairaient autour de ce gamin afin de s'assurer de sa « pleine » santé. Puis, tandis qu'elle essayait de reprendre ses esprits, la femme rondelette qui lui avait adressé la parole quelques secondes auparavant se positionna à ses côtés. Elle portait précieusement un petit paquet emmitouflé dans une couverture bleu pâle qu'elle évita de suivre des yeux à la seconde où cette dernière lui fit de l'ombre.

 

- Prenez-le, Lianna. Je sais que vous êtes terrifiée et je peux vous comprendre, insinua-t-elle avec douceur. Nous le comprenons tous ici. On nous a informer de votre situation. Vous n'avez pas à avoir peur. Vous pourriez être étonné du bien que cela pourrait vous procurer.

 

Elle grinça des dents avec rage,et  tenta de poser ses pupilles partout sauf sur ce paquet qui se tortillait dangereusement dans les bras de la spécialiste. Elle rentra douloureusement ses ongles dans le matelas alors qu'une dizaine de regards la fixait avec pitié. Ils espéraient certainement qu'elle prenne cette chose contre sa poitrine. Comme si, elle, allait jouer à la Maman, songea-t-elle avec ironie. Qu'est-ce c'était une mère déjà ? Elle ne le savait pas bien elle-même. Ce mot était flou. Elle n'avait pas besoin de pitié. Était-ce si compliqué de comprendre qu'elle haïssait les enfants ?  Que c' était un misérable accident ? Une erreur de la nature ! Mais que croyait-elle ? Qu'est-ce qu'elle ne comprenait pas dans le fait de  ne pas vouloir voir ce...cet enfant qu'elle ne désirait pas ?  Elle devait devenir l'une des plus puissantes sorcières de ce siècle et non pouponner !  Elle n'était pas faite pour ça !

 

- Je ne suis certainement pas terrifiée. Je vous ai dit de partir avec ce maudit nourrisson ! siffla-t-elle dangereusement. Je n'en veux pas ! Donnez-le à qui bon vous semble et le voudra.

 

Cette fois, elle se releva sous sa colère grandissante. Elle était énervée et elle sentait aisément sa magie imposante picoter jusqu'au bout de ses doigts. Elle devait se canaliser. Lianna Sauwer existait toujours, elle ne pouvait pas déraper ici, même si l'envie la titillait dangereusement et même si l'étau de la magie noire provenant de la séparation de son âme voulait la faire agir.  Lianna poussa légèrement l'épaule de la femme replète afin de lui faire céder le passage.  Les cris du nourrisson, qui étaient de plus en plus désagréable à ses oreilles, se faisaient de plus en plus puissants et aucun de ces médicomages n'arrivaient à le faire taire. Était-ce si difficile de lui lancer un « assurdiato » ? Ou était sa baguette ? Ah oui, Tom l'avait avec lui afin d'éviter qu'elle ne se mette a découvert maintenant car ils étaient encore très jeunes et inexpérimentés. Ils pourraient se faire arrêter. Ce n'était pas le moment de faire un carnage et de se dévoiler au public. Pas maintenant.

 

-Vous l'êtes, Lianna. Vous fuyez parce que vous avez peur.

 

Une bouffée de chaleur monta jusqu'à son crâne et elle inspira profondément par les narines  alors qu'elle récupérait vivement ses vêtements posés maladroitement dans un coin de la pièce sans que quiconque n'ose l'interrompre face à sa colère grandissante.  Elle ne fuyait pas. Elle n'avait pas prévu de devenir une génitrice cette nuit. « Vous voyez Riddle est Sauwer, parents un jour ? » retentit brusquement des paroles qu'elle avait un jour malencontreusement entendue en guise de moqueries, « Ils n'ont pas eues de parents eux-mêmes comment voulez-vous qu'elle s'en occupe ? » « Je la vois aussi froide que de la glace » « Imaginez la, elle, mère, juste deux minutes. » « Deux orphelins au sang douteux pour parents, je les plains. » Elle ferma à nouveau ses deux paupières face à ce flot de pensées percutant son esprit.

 

Bien évidemment ses anciens « camarades » avaient raison. Une orpheline dont ont avaient pas voulu. Une orpheline qui faisait d'horribles cauchemars bien insensés. Battue. Seule. Le monstre de l'orphelinat moldu. Elle ne pouvait pas être mère. C'était un fait. Elle était en incapacité totale d'être une mère. Ils étaient en incapacité totale d'être des parents.  Elle était incapable de donner de l'Amour avec un grand A  à un enfant. Elle avait du mal à exprimées ses sentiments envers autrui. Cet « imprévu » serait placé dans un orphelinat sorcier, et ne serait pas mal traité. Ils n'avaient rien à voir avec ce bébé.

 

- Nous sommes incapables de nous occuper d'un enfant, lâcha-t-elle finalement en terminant d'enfiler sa robe de sorcière, placez-le entre les mains de l'état sorcier... comme je vous l'ai dit, ce n'est pas mon problème.

 

Elle mit sa main sur la clinche de la porte sous les protestations de ces médicomages. Ils insistaient sur le fait qu'elle devait rester coucher, et la femme rondelette la coupa encore une fois dans son élan.

 

- Vous avez certainement tort. Un psychomage pourrait vous suivre. Vous savez, je pense que vous en avez besoin...Je trouve qu'il vous ressemble, tenta-t-elle une dernière fois. Je ne pense pas que vous vouliez lui faire subir la solitude que vous avez dû éprouver étant une enfant. Je suis certaine que vous pourriez être une bonne mère pour lui.

 

-   Il va certainement être en observation durant quelques jours, nous lui avons détecté un souffle au cœur, reprit le médicomage que Tom avait empoigné par le col un peu auparavant, ne nous obligez pas à utiliser la force pour vous garder en observation qui plus est.

 

Avec un contrôle de soi hors du commun face à ces précédentes paroles, elles allaient pourtant lui faire perdre le contrôle de ses nerfs d'un instant à l'autre, Lianna se mordit dangereusement la lèvre. Tom s'impatientait de plus en plus de l'autre côté de la pièce, elle le pressentait, comme il devait certainement pressentir son irritation avec une vive intensité. Mais il savait certainement que lui aussi pourrait perdre le contrôle, c'était pour cela qu'il l'attendait tranquillement, espérant qu'elle n'ait rien à cause de ce nourrisson.

 

-  Je ne suis qu'un monstre qu'on a abandonné dans un maudit orphelinat moldu. Je ne pense pas qu'un nouveau-né désirerait deux géniteurs incapables de s'en occuper. Il serait bien malheureux avec nous.

 

Elle cracha ses mots en regardant par-dessus son épaule, figeant l'ensemble de ces interlocuteurs auxquels elle avait à faire face et qui ne pensèrent même pas à lever leur baguette respective afin de la garder dans cette chambre d'hôpital. 

Ses paroles avaient été énoncées avec beaucoup de douleurs.

Ce fut  sous les hurlements de l'enfant qu'elle rejoignit Tom. Il était inquiet au possible mais  quittèrent cet endroit en songeant que plus jamais elle n'aurait à faire à ce genre de situation.

 

~*~

Deux jours plus tard.

 

Ils étaient tous les deux à cran ces dernières quarante-huit heures. Tom et Lianna ne s'étaient pratiquement pas échangés un mot depuis ce déni de grossesse. Ils s'étaient bien occupés d'assassiner cette incapable de génycomage qui l'avait mise en quelque sorte dans cet état mais tous deux restaient profondément ancrées dans leurs pensées respectives. Ils souhaitaient oublier ce mauvais souvenir de leur esprit. L'oubliette avait été mis sur la table et ils y pensaient de plus en plus car ce contre-temps devait être  oublié de leur mémoire. Pourtant, faire cela était dangereux mais le simple fait de songer au fait qu'ils soient les géniteurs d'un bambin à peine né leur donnait une envie folle furieuse de tout briser autour d'eux. Ils avaient fait une erreur mémorable. Les dernières phrases prononcé par la génycomage qui avait accouchée Lianna tournaient en boucle dans son esprit malgré son état de colère. Tom n'avait pas cherché à poser de questions sur ce nourrisson et c'était bien mieux ainsi. Cependant, la voilà qu'elle venait de transplaner, à  l'insu de son époux, à Saint Mangouste. Elle avait prétendu rendre visite à Doréa. 

 

Elle se sentait étrangement mal et ne cessait de réfléchir. Elle ne voulait toujours pas avoir affaire à l'enfant....à ce petit garçon, c'était cela ?  C'était ce qu'elle avait vaguement cru comprendre mais elle songeait intensément qu'elle se devait de l'emmener elle-même dans une famille de sorciers. « Je ne pense pas que vous vouliez lui faire subir la solitude que vous avez dû éprouver étant enfant » lui avait dit la génycomage. Et elle ne voulait certainement pas agir comme ses géniteurs en le laissant dans le flou, et  plus tard, il ne comprenne pas pourquoi il se trouvait dans un  orphelinat. Ce fut  pour cela qu'elle allait l'emmener au sein d'une famille de sorciers.

 

Quant à l'idée de le tuer.... Elle tuerait sans une once de scrupule mais était-elle seulement capable de l'assassiner lui alors que cela lui rappelait la situation dans laquelle la petite fille qu'elle eut été s'était retrouvée elle aussi ? Non, ce n'était pas la solution. Elle se refusait d'agir comme ses géniteurs inconnus. Quant à Tom, il refusait d'agir comme son lâche de père. Il avait abandonné sa mère. Elle le savait. Ils ne voulaient pas être comme eux. Donc oui, elle allait le déposer auprès d'une de ces familles dégoulinantes d'Amour. Par la suite, ils verraient ce qu'ils pourraient faire sur leur mémoire.  Dès lors, Sa conscience qui lui dictait qu'elle agissait exactement comme ses géniteurs en l'abandonnant de la sorte serait apaisée ! Elle l'abandonnait certes, mais elle l'abandonnait en le confiant à des gens qui auraient toutes les capacités requises pour l'éduquer comme il le fallait sans qu'elle n'ait besoin de ressentir ce sentiment incongru : la culpabilité. Nni Tom ni elle ne disposaient de capacités parentales.

 

-  Le bébé « Riddle » ne cesse de pleurer. Personne n'arrive à le calmer. Même pas les ondes d'énergies magiques. Sa mère ne l'a même pas regardé parait-il ! Un déni de grossesse, vous imaginez ? Pauvre enfant...Il est très petit et fragile. Le ministère tente de retrouver les parents sinon, il terminera surement dans un orphelinat...

 

Lianna entendait les chuchotements. Ils arrivaient à ses oreilles. Elle venait de pénétrer l'étage de la maternité. Elle ignorait ces rumeurs de couloirs entre médicomages du mieux qu'elle le pouvait et  évita de laisser percevoir sa présence au sein de l'établissement. Elle ne demanda pas à l'accueil où se trouvait ce nourrisson, et  se concentra sur l'aura de l'enfant. Elle le sentait. Elle avait essayé de se souvenir de celle-ci, celle pressenti dans l'air au moment même où il était né. Cet aura était un  mélange entre celle de Tom et la sienne. Elle s'arrêta finalement devant un espace entièrement vitré. Devant elle, se tenait des dizaines de bébés couchés dans des petits lits. Un sentiment de répulsion la traversa de nouveau alors qu'elle constatait que deux infirmières étaient occupées avec l'un des nourrisson.

Merlin,  elle détestait sincèrement les enfants.

 

Sans plus tarder elle pénétra dans la pièce, faisant claquer ses talons sur le sol blanc mais les hurlements du bambin sur lequel les deux médicomages étaient affairées couvrir ses pas. En fronçant les sourcils, et continuant de suivre l'aura qu'elle ressentait comme étant semblable à la sienne, elle constata que le nourrisson qui hurlait encore une fois à plein poumon était celui dont elle  avait malheureusement mise au monde. Elle contourna avec dégoût tous ces petits lits occupés et s'approcha silencieusement de la grande table. Ces deux femmes essayaient de calmer cette petite chose par tous les moyens possibles et des sortes de patchs affublés de files étaient collées à son minuscule torse. Ces dernières semblaient envoyer magiquement des ondes à l'enfant. En tout cas, ce fut ce qu'elle pu apercevoir puisque sa vue était cachée  par ces deux spécialistes d'enfants.

 

-  Petit chou, tu vas finir par t'étouffer à force de pleurer. Ce n'est pas bon que ton visage soit aussi rouge, tu sais. Tu as fait exploser quelques objets que l'on m'a dit avec ta magie quand on a essayé de te nourrir...c'est impressionnant ... roucoula l'une des deux femmes. On va te trouver une famille, tu es tout mignon, tu n'as pas à t'inquiéter, tu...

 

Les cris se démultiplièrent et Lianna constata aisément que les objets présents  autour de l'enfant tremblaient dangereusement sur la table. Effectivement, c'était impressionnant à ressentir et à regarder, elle n'allait pas dire le contraire.

 

- Ces cris sont insupportables, siffla-t-elle finalement avec froideur, êtes-vous vraiment des spécialistes d'enfants ? A quoi servent ces files dont ce chérubin est affublé ?

 

Les deux femmes sursautèrent alors qu'elle dévoilait sa présence. Elle reconnut la femme qui avait tenté de la convaincre de le prendre dans ses bras. Cette dernière fut surprise mais afficha un petit sourire empreint d'espoir. Elle l'ignora royalement tandis que sa collègue lui demandait de décliner son identité ce qu'elle ne consentit évidemment pas à faire.

 

-  C'est...sa mère, lâcha la femme à l'adresse de sa collègue. Une petite jeune qui était assurément une stagiaire et qui écarquilla à son tour ses yeux avec surprise.  Vous êtes revenue. Je savais que vous reviendriez.

 

-  C'est beaucoup d'espoir que de croire que je reviendrais pour un enfant. Je suis venue m'assurer qu'il aura une famille adéquate et adaptée à ses côtés car je ne veux certainement pas avoir une once de ressemblance avec mes géniteurs.  Et oh, par Merlin, cracha-t-elle en arrachant des bras de la femme l'enfant. Il  pleurait tellement qu'il en avait désormais le hoquet. Elle venait d'être prise d'une bouffée d'adrénaline. mais quand ses mains touchèrent pour la première fois la peau du nourrisson, une étrange sensation l'électrisa, ne sais-tu donc jamais te taire ?

 

Surprise par son propre geste, et comprenant qu'elle tenait désormais ce bébé dans ses propres bras, ses mains se mirent dangereusement à trembler sous son inexpérience et sa peur. Elle allait lui faire mal. Le bébé  se calmait pourtant littéralement a vu d'œil, et seuls quelques spasmes faisaient encore frémir sa jeune poitrine. Pour la première fois depuis sa naissance, elle le regarda. Le nourrisson était très petit. C'était un fait, mais c'étaient les traits de son visage qui la figea dans l'horreur la plus totale. On aurait dit...une version enfantine de sa propre figure tant elle y décelait facilement ses propres caractéristiques. Que ce fut au niveau de la forme de sa figure, de son menton, du front, du nez, ou encore les oreilles, elle se voyait en lui ! Tout y était mis à part...tiens, des cheveux blonds ?! D'où cela venait-il ? Lianna fut tellement stupéfaite de la ressemblance partagée avec ce bambin qu'elle n'arriva pas à détacher ses pupilles claires de ceux de l'enfant. Il semblait désormais la fixer avec curiosité de ses yeux bleus de nouveau-né qui étrangement,et elle le pressentait,ressemblerait exactement aux siens en grandissant !

 

-  C'est vrai qu'en vous regardant tous les deux ensemble, la ressemblance est bien plus que frappante malgré son jeune âge, Lianna, fit la médicomage avec émotion . Elle avait dû remarquer qu'elle le fixait sous toutes les coutures. Mettez-le sur votre poitrine, il va totalement se calmer. Pour vous répondre, ces files et ces patchs étaient censées reproduire la proximité maternelle par le biais d'ondes magiques. Le peau à peau si vous préférez.

 

D'une démarcha ankylosée, elle trouva une chaise à proximité sur laquelle elle s'installa dans un étrange état de « transe ». Comment était-elle censé positionner l'enfant ? Elle détacha le dessus de sa robe de sorcière d'un geste magique et fébrile de la main. Tentant d'oublier les cicatrices marquées au fer rouge sur sa poitrine, elle détacha son soutien-gorge et posa maladroitement le corps de l'enfant...contre elle. Que venait-elle de faire là ? L'enfant dégageait une certaine chaleur et ce n'était pas forcément désagréable puisqu'elle ressentait qui plus est, l'aura du nourrisson se mêler étrangement à la sienne. De plus, elle sentait le petit noyau magique de l'enfant, pulser doucement en son sein, et se calmer. Ce n'était définitivement pas désagréable. Elle reconnaissait sa magie et celle de Tom en... lui. Créant ainsi sa propre magie. L'enfant ne serait définitivement pas un cracmol mais bien un sorcier.

 

-Tenez lui la tête de cette façon, recommanda la médicomage en mimant un geste à cet effet, Voilà ...vous voyez vous n'aviez rien à craindre. Merlin, il s'est calmé grâce à vous, insista-t-elle, C'est ce dont il avait besoin.

 

« Ce dont il avait besoin ». Elle ne pouvait pas lui donner ce dont il avait besoin.

 

Tom et moi-même sommes incapables d'élever un bébé, lâcha-t-elle du bout des lèvres, après un long moment de silence. Nous ne supportons pas les enfants. Nous voyageons beaucoup et nous n'avons pas de domicile stable pour le moment. Nous avons des projets. Des projets où aucun enfant n'a lieu d'être.  Nous avons vécu dans un orphelinat, et nous sommes donc incapables de lui donner ce dont il pourrait avoir besoin, de ce que vous appelez certainement de l'Amour et c'est... ce dont un enfant à certainement besoin, je suppose. Je suis quelqu'un de très instable qui plus est mais donner le entre les mains d' un foyer qui sera adapté pour l'accueillir, faites-en sorte qu'il ne termine pas dans un or... elle s'arrêta car elle avait surélevé l'enfant devant elle, et sa minuscule main venait de toucher sa joue, je suis... navrée, petit. Mais...je ne pourrais jamais être ta ...ta ...mère. Moi-même, je n'en ai jamais vraiment eue bien longtemps. Ni Tom d'ailleurs. termina-t-elle en s'adressant pour la première fois au nourrisson. Et celle que j'ai considéré comme telle est morte il y près de neuf ans durant la deuxième Guerre Mondiale. Je ne sais pas grand chose sur la façon d'être et bien, une...une...  mère.

 

Comme si l'enfant comprenait le sens de ses paroles, il recommença à gémir.

 

-Tu ne dois pas pleurer, continua Lianna en le reposant sur sa poitrine, c'est pour les faibles, chuchota-t-elle pour lui seul. Tu auras une belle famille. J'en suis certaine. Crois-moi, fit-elle en s'approchant de sa jeune oreille, Tu ne me voudrais pas comme mère, ni de Tom comme...comme père.

 

-Pourtant, coupa brusquement la deuxième médicomage avec un drôle d'air qui fut confirmé par son aînée quelques secondes plus tard, Vous êtes revenue vous assurez qu'il ne serait pas seul. Certainement pour le prendre et l'emmener auprès d'une famille à l'insu de tous par la suite. Je pense que vous êtes parfaitement capable de vous en occuper, même si vous pourriez certes avoir dur par moment.

 

- Et pour le domicile, reprit la médicomage plus âgée, vous savez, cela pourrait s'arranger, j'ai une connaissance qui met en location des appartements dans un bâtiment entre le Chemin de Traverse et le monde moldu. Il ne prend pas cher et aide les jeunes sorciers en difficulté. Un enfant ne vous empêcherait pas de voyager si vous le désirez. Vous pourrez  poursuivre vos rêves et projets quel qu'ils soient. Un enfant n'est pas un frein à cela. Il pourrait être agréable de partager tout cela avec lui, ne croyez-vous pas ? Etre parents ça s'apprend croyez-moi pour avoir élevez quatre enfants je sais ce que c'est... et si cela se trouve vous serez bien meilleure mère que vous ne le pensez. Vous pensez ne pas supporter les enfants à cause de votre passé, ne le laissez pas vous consumez. Essayez. Juste essayez, il devrait être ici encore quelques jours suite à son souffle au cœur. Revenez. De plus, laissez nous vous examiner, être partie comme vous l'avez fait il y a deux jours était une mauvaise idée.

 

Lianna n'avait pas répondu. Venir voir s'il allait pour le mieux, elle pouvait le faire durant le temps qu'il était encore à l'hôpital. Mais rien de plus. Enfin, elle allait les laisser l'examiner afin qu'ils la laissent en paix.

 

De quoi l'enfant était-il souffrant déjà ?

 

-A...quoi ...à quoi est du son souffle au cœur ?

 

Pour la première fois depuis cet accouchement imprévu, elle s'intéressa à la santé de cet enfant.

 

~*~

Durant les trois prochains jours, Lianna s'arrangea pour se rendre à l'hôpital sans en avertir Tom.  Pourtant , et si elle avait été moins perturbée par la situation, celle aurait compris et remarqué que son ami d'enfance et époux lui cachait lui aussi quelque chose. Ce jour-là, elle avait fini par consentir de nourrir au sein le nourrisson car il ne mangeait visiblement pas très bien voire pas du tout d'après les dires d'un pédyacomage. Il avait légèrement perdu du poids. Il était déjà assez fragile et Lianna, même si elle n'approuvait pas forcément cette proximité corporel,  se refusait encore une fois de ressembler à celle qui l'avait abandonnée.  L'enfant pleurait cependant beaucoup moins, comme si la proximité dont il bénéficiait désormais par moment avec sa mère le rassurait. Oui, comme si  cela en avait définitivement été le remède.

 

- Tu me sembles vraiment avoir faim.

 

Ces mots s'étaient échappées de ses lèvres sans  vraiment en prendre conscience. L'enfant tétait effectivement goulûment son sein déjà douloureux par cette maternité non désirée. D'après les médicomages, ce fut bien la première fois qu'il mangeait correctement. Pourtant, ils devraient bien trouver une solution à ce problème, l'enfant devait être transférer aux services sociaux du ministère dés le lendemain. Encore une fois et selon ces derniers, le nourrisson éprouvait un énorme besoin de proximité corporel. Apparemment, il était bien plus facile de calmer un enfant pour le parent sorcier via son noyau magique. Enfin, c'est ce qu'ils disaient, elle, elle n'y connaissait rien et elle ne cherchait pas à en savoir plus, ça ne l'intéressait pas.

 

- Et tu sembles...te débrouiller pour le faire, interrompit une voix qu'elle reconnaîtrait entre mille, Lianna.

 

Elle releva brusquement ses iris claires, on l'installait à chaque fois dans une pièce à part à chacune de ses arrivées au sein de l'hôpital . Devant l'entrée, se tenait Tom et il était accompagné d'un médicomage au crâne chauve dont des notes de services volaient telles des mouches enragés autour de lui. Il la fixait avec neutralité et elle se retint de grimacer. Bien évidemment qu'il sentirait ses déplacements cachés s'il se concentrait sur ses faits et gestes.

 

-Tom, souffla-t-elle d'une voix étranglée, que fais-tu là ?

 

-Lianna, répéta-t-il sur le même ton. Hum, il me semble que je pourrais facilement te poser exactement la même question ma Dulcinée.

 

Tom n'était pas en colère. Bien au contraire, il semblait épuisé et lassé comme s'il n'avait cessé de penser, et de repenser à ces derniers jours sans en avoir fermé l'œil.

 

-Je comprends, lâcha-t-il en répondant à sa question silencieuse, à vrai dire, j'ai dû penser exactement comme toi, puisque moi aussi je suis venu à ton insu, mais évidemment quand il n'y avait personne. Souvent en pleine nuit. Pourquoi es-tu revenue ?

 

- Une non envie d'être comme mes géniteurs, fit-elle le souffle court, je crois...que c'est de la ...de la culpabilité. Toi ?

 

- Exactement comme toi. C'est pour cela que je pense que nous devrions prendre cet enfant avec nous. On va essayer de s'arranger avec. Liliane, Mère, n'aurait...n'aurait pas voulu que l'on fasse les idiots. Nous savons tous les deux ce qu'est de vivre seul. Et même si je ne supporte pas spécialement sa présence,  je vais essayer de le tolérer dans la mesure du possible. Quand je l'ai vu lors de ma venue, je t'ai vu toi. Et ça, ça m'énerve tout particulièrement. Ça ne nous empêchera pas de voyager.

 

-Tu veux que l'on prenne cet enfant avec nous ? répéta Lianna d'une voix incertaine, Tom...

 

Stupéfaite, elle l'était mais  le sourire rassurant du médicomage au côté de Tom,il avait préféré laisser le couple converser sans interagir, lui fit sans aucun doute penser que les deux hommes venaient d'avoir une très longue conversation entre eux.

 

~*~

 

 « Comment voulez-vous l'appeler ? »

 

-Elrick.

-Elrick.

 

Ils se jetèrent un regard amusé. Tom et Lianna venaient de prononcer ces mots au même moment avec synchronisation. Le couple était dans une salle de l'hôpital où les actes de naissances magiques étaient établis sur des parchemins vierges avant que ceux-ci ne soient démultiplier afin d'envoyer une copie au ministère magique de Londres dans le but de réaliser la retranscription des jeunes sorciers dans les futurs registres scolaires, mais aussi pour l'apposition de la « trace » jusqu'à leur majorité et pour officialiser leur existence au sein du monde des sorciers.

 

Elrick.

Ce prénom était venu à leur esprit dès l'instant où la question fut posée à voix haute. C'était le père de Liliane Evans . De Mère. Elle le leur avait dit un jour alors qu'elle leur expliquait plus en détails la façon dont il était mort durant la première Guerre mondiale moldue. Tout deux voulaient lui donner ce nom afin de raviver un peu la mémoire de la défunte. En guise de remerciement,  et de respect.

En quelque sorte.

 

Une signature magique. Deux signatures magiques. Un parchemin amplifié par de puissants sortilèges. L'apposition de la trace. Un nom établi. Elrick Tom Lilian Riddle. Né le 10 juillet 1948 à 5h03 du matin.

 

Ils avaient reçu des vêtements d'occasions de la part de l'hôpital afin de vêtir l'enfant. Ils allaient également bientôt avoir un semblant de chez eux après avoir eu un entretien auprès d'un bailleur même s'ils n'y seraient pas forcément constamment pour le moment. Ils n'allaient pas arrêter leur ascension à cause de leur bêtise. Ils pourraient également certainement usés de l'argent appartenant à leurs premiers serviteurs. Certains étaient déjà bien dociles s'ils le désiraient... 

~*~        

- Je pense qu'avant que nous quittions cet hôpital que nous  nous  nous présentions à toi, un peu mieux que de la façon dont nous t'avons accueilli il y a quelques jours de cela, lâcha Lianna avec un soupir, ce n'était pas de ta faute.
 
Ils étaient désormais dans les couloirs de l'hôpital. Il bondés de monde et ils venaient de se mettre en retrait afin de s'asseoir sur des sièges de l'une des salles d'attentes de l'étage. Après avoir eu des conseils, des rendez-vous pour les potions vaccinales futurs à donner à l'enfant, Lianna venait de décider qu'une petite présentation officielle était de mise . Tom leva ses yeux noirs au ciel avec toute l'ironie dont il disposait. Cette erreur était tenue des deux mains devant Lianna. Elrick était positionné sur ses genoux , emmitouflé dans une couverture bleu pale. Tom ne savait pas ce qu'il lui avait pris. Enfin, oui il le savait, comme un sombre idiot, il s'était rendu sur la tombe de Liliane pour lui parler de cette fichue situation, comme il le faisait toujours quand il était dans une impasse. Comme si elle allait lui répondre...C'était d'ailleurs à ce moment précis qu'il eut décidé de prendre cette invraisemblable décision. Il l'avait prise sur un coup de tête. Garder cet enfant dont il allait essayer de tolérer la présence.

Quelle idée.
 
Ses pensées avaient été confuses ces cinq derniers jours, et tout c'était mélangé. Entre cette situation, les remords, la colère et le dégoût, il n'y avait eu qu'un pas à franchir. Il n'était pas étonné que Lianna eut fini par se rendre à l'hôpital après deux jours de mutisme à ce propos . Lui-même avait songer à emmener l'enfant auprès d'un foyer aimant à l'insu de sa femme. Cependant,  il aurait dû s'en douter au vu de leur passé commun et  leurs pensées semblables. 
 
-  Je pense que je suis ...que je suis ta ... géni...ta.. et bien... ta mère, se lança-t-elle difficilement, Je ne te promets pas une belle vie pleine de bons sentiments avec nous comme on dirait car je...nous risquons de perdre patience plus souvent que tu ne pourras jamais le penser. On pourrait perdre le contrôle avec toi. Tu risques de ne pas être aussi heureux que les autres enfants ayant des « parents ». Cependant, Tom et moi-même avons fait une erreur. Nous avons été inattentif mais tu n'as pas à subir ce qu'est un orphelinat de notre faute.  C'est pour cela que tu vas avoir un semblant de foyer.
 
En guise de réponse, et alors qu'il s'apprêtait lui aussi à ajouter un mot, les petites lèvres encore fripées du nourrisson s'étirèrent avec une moue que tout parents trouveraient « adorable ». L'enfant venait de faire un sourire « inné » à sa mère, comme si il avait étrangement compris le sens  de ces paroles.
 
- Il m'a ...souri ? lâcha Lianna avec incertitude.
 
L'homme moustachu était silencieusement positionné à leur coté, était occupé à lire un numéro de la gazette du sorcier entre les mains quand il se retourna vers eux :
 
- Je n'ai pas pu m'empêcher de vous écouter, lâcha-t-il avec un petit sourire, je suis moi-même devenu père il y a peu. Votre discours était très émouvant. En fait, si je vous interromps c'est parce que j'ai lu dans un livre très intéressant que les sourires des nouveaux-nés sont généralement spontanés puisque qu'ils ne comprennent pas ce qu'est le plaisir à la naissance. Donc en situation de bien-être, quand ils se sentent bien, le sourire est une réaction, un spasme vis-à-vis de ce qu'ils éprouvent sur le moment. Et qui sait, si ça se trouve Madame, il sourit parce qu'il veut vous prouver le contraire, termina-t-il avec un petit clin d'œil. Dans notre monde rien n'est impossible.
- Ça veut dire..ça veut dire qu'il se sent bien à l'instant ? fit Lianna surprise, en se retournant vers l'homme.
- Il doit certainement se sentir bien auprès de vous et dans vos bras à l'instant, assura-t-il avec un second clin d'œil, Vous verrez à quel point, ces petits bout de chou sont attachants.
 
Tom n'approuva pas son intervention et encore moins ces petits clins d'œils ridicules lancés à sa femme. Mais il devait bien avouer que c'était intéressant. Comme pour confirmer les dires de l'homme, le bébé réitéra un nouveau sourire digne des nouveaux-nés qui sembla quelque peu toucher sa mère. Pour la première fois en cinq jours, elle osa maladroitement  un geste de tendresse et posa sa main sur la joue du petit garçon.


 
Elrick Riddle allait sans le savoir réaliser des exploits.


Le premier héritier du futur couple noir était né.

 

 

Ils allaient assumer leur erreur.

 

Petits Monstres by Chrisjedusor

POV Liliane Evans

 

Little Hangleton septembre 1939

 

Liliane Evans était une femme bornée. Elle aimait tellement les enfants qu'elle désirait adopter, qu'elle ferait tout pour les rendre heureux. La rouquine avait donc entamé les démarches promises à Tom Riddle et Lianna Sauwer. Elle les avaient débuté lors de leur première rentrée à Poudlard. La jeune femme leur avait un jour promis de retrouver des membres de leur famille. En plus des démarches d'adoptions, elle avait donc dernièrement été très occupée entre les diverses démarches administratives.

Quelques jours après leur entrée à l'école, elle avait sérieusement entamé ses nombreuses recherches. C'était avec l'aide de sorciers des services sociaux, ceux-ci travaillaient en compagnie des moldus, qu'elle avait finalement pu trouver quelque chose de concret vis-à-vis de Tommy, là menant au sein de cette petite ville. Little Hangleton. Cet endroit lui donnait, d'ailleurs, étrangement des frissons et la mettait inexplicablement mal à l'aise mais la jeune rouquine y faisait abstraction car si elle pouvait retrouver des membres de la famille de ses petits protégés, elle remuerait ciel et terre.

Elle avait donc voyagé en train. Jusqu'ici.

 

Après avoir dû monter des pentes et des terrains sinueux avec de grandes difficultés à cause de sa chaise roulante, elle était arrivée devant l'entrée d'un somptueux manoir. Celui des Riddle. La jeune femme venait de toquer avec entrain à la porte. Un majordome lui ouvrit, et lui demanda quel était l'objet de sa visite. Elle ne dit d'abord rien, et se contenta d'expliquer que c'était d'une extrême importance.  Elle referma alors ses doigts sur les dossiers posés sur ses genoux. Elle les tenait avec fébrilité car la jeune femme était de plus en plus angoissée. 

Elle espérait que tout se passerait pour le mieux.

 

Rentrez, lâcha-t-il d'un ton formel, Monsieur et Madame Riddle sont dans le salon principal. Ils prennent le thé. Leur fils est actuellement... absent.

 

Elle fit avancer sa chaise dans un hall d'entrée qui feraient pâlir beaucoup de monde, et le majordome la guida vers deux portes en bois poli et massif, refermées sur elle-même. Il lui demanda de patienter afin d'annoncer sa présence. Durant de longues secondes, elle réfléchit à la façon d'aborder les grands-parents biologiques de Tommy. Ils devaient avoir connaissance du petit garçon. Et ils ne pourraient que l'aimer. Ce n'était pas possible autrement.  Quand le domestique revint pour la faire pénétrer dans la pièce, Liliane Evans était certaine qu'ils voudraient rencontrer leur fabuleux petit-fils.

 

L'institutrice ne sut pas encore qu'elle se trompait lourdement sur la situation.

 

~*~

 

 Après qu'elle se fut présentée et qu'elle eut énoncé la raison de son voyage à Little Hangleton, l'homme et la femme ne cessaient de la regarder de haut depuis de longues minutes. Durant ses explications, elle c'était senti étrange, comme si un étau avait enserré ses pensées. Un étrange brouillard avait également obscurci le fil de ses songes tout en observant ces visages. Ils lui disaient étrangement quelque chose mais elle ne sut mettre la main sur ce qui la dérangea. Liliane ne saurait jamais que les deux autres adultes avaient également pu observer le même phénomène en eux en analysant scrupuleusement la jeune femme.

-  On se fiche complètement de savoir que cette Mérope Gaunt a eu un enfant ! Elle a doublé notre fils, il n'est plus ce qu'il était. Et aller savoir quel sacrilège elle lui a faites subir ! Ces discours sont décousus et, il nous parle de magie, de malédictions ! Sortez d'ici madem...

-   Mais... il est votre petit-fils, plaida Liliane en lui tendant énergiquement une photo de son fils. C'est un gentil garçon, intelligent,  et très studieux. Il ne veux qu'un peu d'Amour. S'il vous plait, regardez... il n'est pas le responsable. Peu importe ce qu'a fait sa mère, vous ne le regretterez pas ! Je vous en prie, rencontrez- le, il le mérite !

La jeune femme aux yeux émeraude regarda longuement le grand-père de Tommy, assis dans un fauteuil en catchemire à l'instar de son épouse. Le vieil homme ressemblait étrangement au petit garçon et omis les rides et les cheveux blancs qui parsemaient sa tignasse, il était indéniable de dire qu'ils partageaient un lien de parenté. Un homme séduisant pour son âge avancé. Oui, il avait dû être très apprécié de la gente féminine autrefois, songea Liliane. La femme qui jusqu'à alors était restée de marbre, pinçait de plus en plus les lèvres. Mary Riddle empoignait sa tasse de thé des deux mains, visiblement très agacée. Dans tous les cas, elle venait d'entendre pour la première fois le nom de la mère biologique, morte en couche, et c'était au moins un infime point positif qu'elle devait garder dans un coin de sa tête.

 

- On se fiche de ce petit « bâtard », lâcha-t-elle d'un calme olympien et si glaciale que Liliane en eu la chair de poule. Il est né durant un mariage qui est toujours aussi inexplicable à nos yeux. Il a quitté sa fiancée pour cette folle a lier ! Ce garçon est le résultat d'une grande détresse émotionnelle chez notre fils.  Il doit être aussi fou que sa génitrice ! De toute manière, je crois comprendre que vous êtes en phase de l'adopter avec une autre petite fille, soit faites, mais si vous voulez un conseil de femme à femme très chère, j'éviterai de le faire dans... votre état. Thomas, je vous prie, veuillez maintenant demander à Brandon de bien faire sortir cette jeune femme de chez nous.

 

L'air pincé abordé Madame Riddle, coincée dans son tailleur trois pièces, la fit mousser de colère. lle avait blanchit de tristesse en écoutant comment elle surnommait Tommy mais aussi comment elle le traitait sans prendre la peine de le connaître ! Des larmes de colère s'étaient rassemblés aux coins de ses paupières, et elle les pointa tous les deux du doigts avec rage. Il n'avait aucun droit de les juger ! Ni pour Tommy ni pour elle-même ! De quel droit osaient-ils ? Elle mourrait d'envie de leur faire ravaler ces airs supérieurs. De leur dire que oui, la Magie était belle et bien réelle !

 

Ces riches se croyaient tout permis !

 

Vous êtes des monstres, craqua la rouquine, les yeux brûlants de fureur. Inutile de faire venir votre majordome à moi, je me dirigerais, et parfaitement seule, vers la sortie ! Et quant à Tommy, ne vous en faites pas, je serais cent fois la mère qu'il n'a pas eue. J'en ai très envie car il me le rend très, très bien !

 

Sur  ces derniers mots, et d'un air un peu théâtral, elle tourna sa chaise roulante, direction de la sortie de ce manoir de malheur.

 

Liliane Evans c'était promis de ne jamais parler de cet épisode à Tom Marvolo Riddle, et elle emporterait le secret de cette visite dans sa tombe.


Le petit garçon n'avait pas besoin de personnes nocives dans sa vie.

 

Trouver les mots by Chrisjedusor

Liam Evans, fin juin 1945, orphelinat Wool

 

Liam Evans était un petit garçon de cinq ans. Il avait vécu sein de l'orphelinat Wool depuis aussi longtemps qu'il ne s'en souvenait. Presque depuis toujours en fait. Chaque vacances, il attendait patiemment que Tom et Lianna reviennent à l'orphelinat afin de passer du temps avec ces deux adolescents qui , et d'après ce qu'il en comprenait malgré son jeune âge, avaient été proche de sa Maman. Ils étaient  comme son frère et sa sœur. Non, pensa le petit garçon, ils étaient son frère et sa sœur.  Les deux orphelins plus âgés faisaient l'effort de revenir de leur pensionnat,  à chaque vacances. Sans exception. Bien que cela semblait les énerver au plus haut point, le garçonnet avait compris qu'ils se devaient- selon leur dire- de veiller un peu sur lui. Pour Mère, ajoutaient-ils avec assurance.

 

Cependant, si Liam avait remarqué des changements chez eux, il ne pouvait pas tout comprendre. En grandissant, ils étaient devenus plus froid, direct, mais une prestance de plus en plus omniprésente que beaucoup devait certainement jalouser au sein de leur pensionnat particulier, flottait autour de leur personne. Le garçonnet arrivait à sentir cela autour de lui, sans trop savoir ce qui en découlait réellement. Alors, quand il eut entendu madame Cole parler aux frères et sœurs de leur bref retour, étant âgés de dix-huit ans, il venait de prendre peur ! En effet, il avait entendu qu'ils ne faisaient que passer pour vider le peu d'affaires qu'ils leur restaient dans leur propre chambre après s'être occupés des documents de leurs sorties avec les services sociaux. Il monta les escaliers aussi vite que ses petites jambes le lui permettaient et il se dirigea d'abord directement dans la chambre de Lianna sans se soucier de tous les autres orphelins. Ils ricanaient souvent quand ils le croisaient sur son passage.

La porte en bois était entre-ouverte, et il apercevait Lianna ranger à la main des biens dans la malle dont elle usait chaque année lors de son retour de son étrange pensionnat, là où elle étudiait en compagnie de Tom. Il entra timidement dans la pièce. Personne n'avait le droit, omis lui, de pénétrer dans son antre. Il avait toujours été fier d'être cette unique exception. Le seul à ne pas en payer les conséquences.

 

 - Lia , tu es rentrée ? s'excita-t-il, Tommy est aussi dans sa chambre ? 

 

Dans son jeune esprit, elle avait encore grandi, et ressemblait de plus en plus à une jeune femme. Quand elle releva ses iris bleu-vert vers lui, il aurait pu remarquer un léger cercle écarlate entourer ses pupilles, mais ce fut surtout la grimace qui orna ses lèvres rosées qui le perturba, lui qui pensait pouvoir aller se blottir dans ses bras, se retrouva pantois face à tant de froideur et cette expression fermé qu'elle n'abordait au grand jamais avec lui.

 

 - Tu n'as rien à faire là, Liam, descends avec les autres orphelins. Cela sera moins dure pour tout le monde. Tom et moi nous partons d'ici. Nous sommes majeurs, et nous avons terminé nos études, ajouta-t-elle pour elle-même. Il est temps d'effacer notre passé de nos esprits. 

 

Le petit garçon cligna ses yeux vert émeraude avec surprise. Pas un « bonjour », ni un  tu as grandi, tu ressembles de plus en plus à Maman ». Rien. De nouveau, il voulut s'approcher et l'enlacer, la sentir contre lui, mais elle plissa dangereusement ses iris, comme elle le faisait avec tous les gens qu'elle côtoyait en fait, mettant une barrière invisible entre eux. Ses petites jambes se figèrent sur place. Quelque chose de dangereux émanait de sa personne, et il ne comprenait pas ce sentiment inopportun qui l'accaparait de la tête aux pieds.

 

 - Mais...je viens avec vous, hein Lia ? Vous allez me prendre et pas me laisser pour toujours tout seul ? Je vais chercher mes jouets et mes affaires, s'exclama-t-il sur de ses propos, et....

-  Avec nous, toi ? ricana une autre voix. Tu crois que l'on veut d'un petit moldu entre nos pattes lors de notre quête et notre future ascension au pouvoir ? Oublie-nous, tu fais partie d'un passé que nous voulons effacer à jamais ! Tout comme cet endroit répugnant ! 

 

Tommy était apparu derrière lui. Liam était resté à l'entrée de la chambre et il sursauta puis se cogna contre la jambe de son aîné. Il ne savait pas ce qu'était un moldu, mais le ton émanant de sa bouche avait été craché avec tant de froideur, que ses yeux se remplirent de larmes alors qu'il croisait ses pupilles noires. Son petit corps trembla de détresse. Tommy avait lui aussi bien grandi. Le jeune homme était bien bâti, et Liam se trouvait désormais tout petit devant lui. Pourtant, alors que sa lèvre tremblait dangereusement, il essuya ses paupières qu'il sentait brillantes de larmes.

 

Est-ce qu'il avait fait quelque chose qui leur déplaisait ?

 

- Vous aviez promis de pas me laisser ! Vous m'aimez plus ?  Qu'est-ce que j'ai fait ? C'est à cause de Maman ?

 

Triste comme jamais il ne l'avait été, le garçonnet n'attendit aucune réponse. Il fit demi-tour, et passa entre les bras de Tommy. Liam se dirigea vers sa propre chambre en pleurant à chaudes de larmes.  Il rata le regard torturé que lui lança Lianna alors qu'il s'éloignait de la pièce.

 

~*~

 

Il pleurait tellement qu'il ignora les moqueries des orphelins qui passaient dans le couloir. Ils ouvraient la porte à tue-tête pour lui rappeler cruellement que Tom et Lianna, ces deux adolescents que les autres souhaitaient voir déguerpir à tout jamais avec joie, ne prendrait pas le petit rouquin sous leur aile. Il n'entendit alors pas la voix de sa sœur ordonner d'un ton sans appel qu'on ferait mieux de le laisser tranquille s'ils ne voulaient pas des ennuis, ni ne ressenti son matelas s'affaisser sous le poids de cette dernière, tant il pleurait sans s'arrêter une seule et unique seconde.

 

-  Liam, je...je suis désolée. Je pensais que cela serait moins dure d'être cruelle avec toi. Je me trompais lourdement. Tu dois...comprendre que Tom et moi avons des projets. Nous souhaitons réussir dans notre vie, mais peut-être qu'un jour, les choses seront différentes. On ne peut pas te prendre comme ça, et avec nous c'est...c'est compliqué.

 

Il ne sut jamais qu'à ce moment précis, elle souhaitait ardemment ramener sa mère à la vie. Liam releva lentement ses pupilles émeraude, puis releva les bras vers les siens. Avec un soupir, elle le fit glisser sur ses genoux, le regarda sur toute les coutures et un étrange sourire se perdit sur la commissure de ses lèvres. Comme si elle marquait les traits de son visage au fer rouge dans son esprit.

 

 - Tu es bien le portrait craché de mère.

- T'as dit que tu voulais m'effacer de ta vie ? pleurnicha-t-il en ignorant cette phrase qu'il savait être vraie via des photographies qu'il avait eu entre ses mains, j'aime pas cet endroit.

-  Nos mots ont peut-être été trop durs, lâcha-t-elle avec douceur, te blesser toi, reviendrait en quelque sorte à faire souffrir Liliane, et cela ne me va pas. Nous étions tellement pressés de partir, et d'entamer notre nouvelle vie, que nous n'avons pas pensé aux réelles conséquences en ce qui te concerne. C'est difficile à t'expliquer Liam, cependant, il est temps que tu...elle chercha une nouvelle fois ses mots, que tu nous oublies.

-  Je veux venir avec vous, je serais bon Lia, je te promets ! Mais je ne veux pas vous oublier ! Vous êtes ma seule famille ! pleurnicha-t-il.

 

Il renifla bruyamment, alors que sa sœur semblait troubler, et chercher encore une fois ses mots avec la plus grande difficulté du monde. Pourtant, le voir pleurer l'avait toujours énervée à l'instar de Tom, et elle le réprimanda du regard car elle détestait les supplications et la faiblesse.  Elle le déposa alors avec force sur son lit, Tommy n'était pas venu le voir pour s'excuser comme Lianna le faisait à sa manière à l'instant. Est-ce qu'il s'en fichait réellement lui aussi de lui car maintenant ils étaient deux jeunes adultes ? Qu'ils pouvaient faire ce qu'ils voulaient ?

 

- Tu grandiras toi aussi, et tu verras que c'est probablement mieux ainsi, Liam, lâcha finalement Lianna avec certitude. Crois-moi, c'est pour le mieux. Pour toi. Pour Tom. Et pour moi. On doit tourner la page, il en va de notre réussite et de notre avenir. Et, je te l'assure...nous ne sommes pas bon pour toi. 

 

Du haut de ses cinq ans, Liam Evans n'était pas certain de comprendre en quoi s'était bien mieux d'être séparé de ce qui se rapprochait d'une famille. De nouveau, elle sembla vouloir trouver ses mots, lui dire quelque chose, mais elle détourna ses iris claires, l'air coupable. Terrifié, il la vit se lever puis partir à grandes enjambées de sa chambre au ton grisâtre, et il s'élança à sa poursuite, à l'extérieur dans les couloirs de l'orphelinat.

Il ignora les autres orphelins car ils n'osaient de toute façon jamais agir en présence de Tom ou de Lianna.

 

-  ATTEND LIA ! S'IL TE PLAIT ! ATTEND ! PARTEZ PAS !


Elle l'ignora, et, ce fut que trop petit pour la rattraper avec ses jambes, qu'il la vit rejoindre Tom. Il l'attendait, l'air impassible, tranquillement, et sans regret, à l'entrée de l'orphelinat. La dernière chose qu'il perçu et dont Liam Evans se souviendrait à jamais, ce fut eux en bas des escaliers, leurs bagages en main et cet étrange bout de bois qui dépassait du pantalon de son frère. Puis, lui, debout au milieu de l'escalier principal. Le regard à la limite du méprisant de Tom qui croisa ses pupilles émeraude, et Lianna qui ne prit même plus la peine de faire attention à sa personne, croyant certainement lui avoir donné des explications en suffisance. Et cela lui fit tellement mal, qu'il ne trouva lui aussi pas les mots adéquats afin de les faire changer d'avis. De le prendre avec eux,  et  de demander à ce qu'ils l'adopte.


Il se laissa traîner par une sœur de l'orphelinat alors qu'ils disparaissaient à jamais de sa vie. 


Liam Evans qui avait été blessé au plus profond de son âme, ne se doutait certainement pas que sa fille cadette, Lily Evans, serait un jour assassinée par ceux qu'il avait considéré comme une famille.    

 

Nous qui n'étions rien by Chrisjedusor

Début de soirée, 24 décembre 1951.

 

POV Lianna N Sauwer

 

En cette froide soirée de décembre, ils s'activaient au sein de leur petit appartement qui se trouvait positionné à l'intersection entre le chemin de Traverse et le monde moldu. Tom et elle-même étaient conviés à une soirée organisée par la sœur aînée d'Hepzidah Smith. La cadette, une fervente admiratrice d'anciennes reliques chez qui le patron de son époux l'envoyait fréquemment négocier des affaires, c'était autant éprise des qualités de négociateurs, que des charmes du jeune homme. La sorcière plus âgée avait alors insisté et les avaient conviés à une soirée caritative.  La sœur de cette dernière, l'avait mise en place des semaines auparavant que cette « réjouissance » n'ait lieu. Cet événement avait pour but d'aider les sorciers atteints de maladies magiques incurables.

 

Pour la recherche.

 

Les deux orphelins trouvaient cela assez ironique quand ils songeaient à cette moldue qu'ils avaient un jour aimé. Mère fut atteinte d'une maladie non sorcière. Alors qu'ils acceptent de se rendre à une telle fête en ces périodes de festivités... - La jeune femme avait été paralysée de ses deux jambes mais il était d'inutile de penser à sa personne en cette soirée car ils l'avaient enfermée au plus profond de leur esprit. Penser à elle n'entraverait que leur montée aux pouvoirs. Eux qui n'étaient autrefois rien, allait devenir si puissants que plus personne n'oserait employer leur pseudonyme à voix haute.

 

Les deux anciens élèves de Poudlard avaient tout de même pensé que c'était une bonne idée d'y assister pour obtenir, et en toute innocence, de nouveaux contacts auprès d'éventuels sangs-purs influant qui pourraient, qui sait, leur permettre de gravir de nouveaux échelons. Et puis, pourquoi ne pas recruter de nouveaux chevaliers de Walpurgis sur les lieux ? A cette idée, un sourire vainqueur étira ses lèvres. Ils avaient besoin de sbires pour former une armée conséquente, et il était désormais clair que ce genre d'événement permettrait de leur faire une place au sein de la société sorcière. Oui, ils allaient faire partie intégrante de celle-ci et y apposer leur nom.

 

Peu importe la manière.

 

- Maman, ça va ? Z'aime v-aiment pas quand tes zieux ils deviennent tout rouz' ! 

 

Leur jeune fils, Elrick Tom Riddle, était âgé de trois années et c'était excité comme une puce que celui-ci se laissait à l'instant coiffer par sa mère, heureux de sortir en compagnie de ses deux parents. Assis devant la coiffeuse de sa génitrice, le petit garçon était tout fier de porter le costume trois pièces que son père lui avait préparé pour l'occasion, car, comme ils le leur avaient dit : il était important de faire bonne impression devant tous les autres sorciers. Sans exception. En guise de réponse, elle sourit tendrement à la question de l'enfant : Il était clair que la division de son âme avait pour conséquences des répercussions sur ses cellules magiques et par extension, son noyau quand elle se laissait submerger par des émotions malsaines.

 

 - Je t'ai déjà expliqué que cela se passait quand Papa et moi étions fatigué, mentit-elle avec aplomb. Ce n'est rien. Mais te voilà fin prêt, susurra Lianna en se penchant vers le creux de son oreille.

 

Elle serra alors le petit nœud papillon bleue pale qui se trouvait autour de de la chemise marine de son fils, tu es...beau.  

 

-   Beau comme twa Maman, assura son fils avec un grand sourire. 

 

L'ancienne préfète en chef étira un sourire en coin, car il avait déjà oublié sa précédente interrogation. A travers le miroir, ses propres yeux pétillèrent de fierté. Entre ses yeux bleu-vert, ses traits, et ses expressions du visage, il était certain qu'ils partageaient tous les deux une ressemblance plus que troublante. La sorcière l'embrassa sur le haut de la tête, là où une épaisse masse de boucles blondes, la couleur étant la seule différence avec sa personne, devenaient de plus en compliquées à démêler aux files des années.

 

- Hum oui, si tu veux, mais après-tout, tu n'es pas mon portrait craché pour rien. 

 

Elrick profita de sa position pour se rapprocher de son visage et colla sa petite figure contre sa joue. Ses propres cheveux bouclés et noirs durent lui chatouiller le nez, car un éclat de rire s'échappa de la bouche de son fils.

 

 - Ze t'aime, Maman.

 

De nouveaux ses propres iris tombèrent sur le miroir, et un petit sourire se perdit sur la commissure de ses lèvres.

 

-  Je tiens beaucoup à toi aussi, Trésor.

 

Le garçonnet était définitivement sa plus belle erreur. Cet accident de potion contraceptive qu'ils avaient malgré tout du accueillir suite à son déni de grossesse, incapable avec leur passé de l'abandonner dans un orphelinat, lui faisait tant de bien.  Mais...hum, songea-t-elle mal à l'aise, peut-être qu'elle aussi arriverait un jour à lui retourner ses deux mots bien compliqués sans que de douloureux souvenirs ne viennent envahir son esprit, et ronger son âme déjà estropiée par la magie noire.

 

 - Êtes-vous prêt tous les deux ? 

 

Lianna se redressa quand elle remarqua qu'à travers le miroir, son époux les observait probablement depuis quelques secondes silencieusement, debout devant la porte d'entrée sans les avoir pour autant interrompus dans leur conversation. C'est d'un air assuré qu'il terminait de fermer les manchettes de sa cape de sorcier alors qu'elle récupérait son fils à bras et se retournait vers lui, un sourire coincé sur les lèvres.

 

 - Tu es ravissante ma Dulcinée, pour pas changer, ajouta-t-il alors qu'elle constatait via ses yeux ténébreux, qu'il désirait toujours plus que quiconque sur cette terre, nous devrions y aller, il n'est pas poli de faire patienter nos hôtes.

-   Toujours aussi gentleman, Tom, joua-t-elle à son tour, mais regarde donc ton fils, n'est-il pas adorable dans son costume ? 

 

Son fils étira alors un sourire, et fit en sorte de bomber fièrement sa petite poitrine quand elle le complimenta sur son apparence. Tom, cependant, vrilla ses yeux et elle lui jeta un regard menaçant. Elle savait qu'au bout de trois années, il avait toujours du mal avec le bambin, mais il était hors de question que son époux ne lui dise pas quelque chose. C'était la première fois qu'ils l'emmenaient au milieu d'une telle soirée. Et certes, ils avaient pensé que cela pourrait attirer la sympathie d'imminents sorciers, et peut-être qu'ils utilisaient indirectement sa frimousse pour attirer les regards, mais l'enfant était son fils autant qu'il était le sien alors il se devait lui aussi de le rassurer sur les événements à venir voire de le complimenter.

 

-   Il est le portrait de sa mère, évidemment qu'il a donc hérité de sa prestance, finit-il par lâché du bout des lèvres, je te préviens Elrick, ne nous fais pas honte, j'attends de toi un comportement irréprochable devant toutes ces familles que nous allons croiser.

- Z'ai dis à Maman que je se-yais sage, Papa !

 

En disant ses mots, ils s'étaient dirigés tout trois dans le couloir principal de l'appartement, là où son elfe de maison, Poly, s'empressa de lui présenter l'une des capes de son jeune fils afin de le couvrir et d'affronter la tempête de vent qui avait fait son apparition dans le ciel Anglais depuis quelques jours. Tom marmonna quelque chose d'intelligible, et elle lui jeta un nouveau regard noir. Elle savait qu'il se tiendrait tranquille, le mêler à d'autres sorciers imminents, lui apprendrait, de tout manière déjà à lui montrer qu'il était important de garder les apparences face à autrui. Elle n'aurait pas de nouveau cet argument avec son ancien « collègue » de l'orphelinat Wool.

 

-  Si tu l'as dit à ta mère, souffla-t-il, je maintiens tout de même que Poly ou Nagini aurait pu le garder Lia...

-  Oh ! Ne recommence pas, Tom Riddle, c'est ce qui était convenu ! Il pourra être utile aussi. Je le sens.

 

Sous le regard menaçant qu'elle lui lança, elle sut qu'il n'argumenterait de nouveaux pas avec elle sur le sujet.

Ils n'étaient autrefois rien et c'est pour cela que le couple noir avait, entre autres, voulu gravir les échelons mais Lianna Sauwer ne saurait que des décennies bien trop tard que c'était surtout grâce à ses enfants, qu'elle se sentait vraiment vivante.

 

Les amants au clair de lune by Chrisjedusor

1951, Manoir Riddle

 

POV Tom Riddle Sr

 

Thomas Riddle Sr venait de se faire assassiner par son propre fils quand son âme repris conscience de toute la vérité. De cette vérité. Il plana longtemps au-dessus de son corps alors que les esprits de ses parents disparurent, aspirés vers un lieu encore inconnu à ses yeux.  Le défunt s'attarda sur le jeune homme. Son fils : il venait de lui jeter, et sans pitié, cette malédiction mortelle. D'un air satisfait, le garçon regarda toutes les dépouilles éparpillées sur le sol avec une joie malsaine. Puis, il rejoignit à grandes enjambées une jeune femme aux cheveux bouclées et noirs, restée en retrait dans ce salon. La fille étirait également un sourire en coin en fixant les corps sans vie situé à terre. Et il voulut pleurer de tristesse. Il venait de comprendre avoir perdu la tête, et de lui avoir fait du mal. À elle. Il n'avait rien voulu savoir de son enfant à naître. À cause de cette sorcière ! Il avait agi comme un sombre crétin.

 

-       Je n'aime pas les voir ainsi, lâcha une voix brisée, si mauvais, sans cœur, cruels. Ils ne le sont pas. Je...ils ne sont pas ces monstres. Je le sais. Ils sont en colères. Seuls.

 

Thomas se retourna vers la source de cette voix car il la reconnaîtrait entre toute parmi des milliers de femmes. Celle que lui avait toujours aimé était là. Derrière lui, et encerclé d'une vive lumière, elle descendait d'un insolite tunnel. Il ne l'avait pas remarqué, mais cela l'attirait, et il avait envie de rejoindre cet étrange phénomène se mariant avec les décors de la pièce, mais quelque chose d'autre, d'irrationnel, l'obligeait à rester ici. De la culpabilité.  Il s'attarda alors plutôt sur les cheveux roux, puis les pupilles émeraude de la femme et il en eut le souffle coupé, si ce n'était possible, en étant mort.

 

-        Mon Amour, Lily Jolie ? s'étrangla-t-il sous l'émotion, pardonne-moi !

   -        Thomas, chéri, chuchota-t-elle avec douceur, ce n'est pas de ta faute. 

 

Un sourire torturé se dessina sur les lèvres de son ancienne amante. Elle leva ses deux mains, tendues vers lui, et il les rattrapa avec toute la délicatesse dont il pouvait faire preuve. Il avait une folle envie de pleurer, de l'embrasser, et c'est d'ailleurs ce qu'il fit, désespéré de la retrouver contre lui malgré la situation.  Cela faisait des années, et Mérope les avaient probablement tout deux ensorcelés, les faisant s'éloigner l'un de l'autre, sans avoir la possibilité de se retrouver en douce s'ils le désiraient. Elle répondit à son baiser aussi malheureuse qu'il ne l'était en comprenant toute cette mascarade. Il ne savait pas qu'une âme, sans chair humaine, puisse s'accrocher à une autre personne décédée, car c'est pourtant ce que Liliane faisait à l'instant, telle une bouée de sauvetage.

 

 -   Tu es morte toi aussi, répéta-t-il mortifié, ne me dit pas qu'ils... 

 

Il caressa ses cheveux roux avec douceur alors qu'elle posait son visage contre son torse. C'était si irréelle de la ravoir dans ses bras après tout ce temps, mais si apaisant. Son premier amour était à ses côtés et...il pâlit en faisant l'allée retour entre le couple de sorcier qui s'embrassait, heureux de leurs méfaits, et son amante, non, non, et non ...

 

-  Tom et Lianna ne sont certainement pas responsables de ma mort, anticipa-t-elle, au contraire, je pense que c'est ce qui les a définitivement fait sombrer vers le mal, Thomas. Je suis décédée sous les bombardements des allemands. Bien qu'il me semble que la direction de cette attaque, alors que la situation était momentanément maîtrisée à Londres, est un coup monté, mais là n'est pas le sujet. J'ai durant un temps élevé ton fils du mieux que je le pouvais, c'était un petit garçon très malheureux.

-  Oh mon Dieu. Je t'ai...je t'ai vraiment violé, mon Amour, hallucina-t-il, Liliane, je... réalisa-t-il à court de mots, je...

 

Elle leva à son tour une de ses délicates mains, et la posa sur une de ses joues devenues transparentes.

 

Cela l'apaisa immédiatement.

 

-  Tu as perdu l'esprit, Thomas. C'est très différent. La seule à blâmer est Mérope Gaunt dans cette histoire.

-   Comment...elle t'a alors vraiment ....également ensorcelée ? crisa-t-il, cette bonne femme est une folle ! Pour de bon !

-   J'étais effectivement dans sa ligne de mire, alors que j'allais partir de Little Hangleton, j'ai voulu revoir les lieux où nous nous étions si souvent cachés, j'ai pris en pitié cette femme qui m'a offerte une tasse de lait chaud. Pourtant, nous nous étions déjà séparé puisque tu devais épouser cette Cecilia que tes parents voulaient à ton bras. Mais visiblement, j'étais toujours une menace. Puisque j'étais vraiment la femme que tu aimais malgré tout. Puis, tu as été ensorcelé à ton tour, et une potion d'oubli, et d'amour- si j'ai bien suivi- ne font pas bon ménage ensemble. Tu as tenu à savoir qui était la femme qui a un jour rendu visite à tes grands-parents pour parler de Tommy, tu t'ais renseigné et tu m'as retrouvé au début de la guerre, alors que j'enseignais...

-  Ton visage m'obnubilait sur ces photos trouvées dans ces dossiers, je ne comprenais pas, compléta-t-il. Je te voulais sans savoir pourquoi. Je t'ai violé, répéta-t-il, pardonne-moi.

 

Afin de le calmer, elle prit des deux mains son visage et posa un nouveau baisé sur ses lèvres translucides.

 

-   Ce n'est pas de ta faute, répéta-t-elle avec douceur, Thomas, ne me regarde pas avec pitié et... puis...nous avons un fils ensemble, enfin deux avec Tommy, car il est aussi le mien à mes yeux, mais tu m'as mise enceinte, ce jour-là, à l'école...

 

Si Thomas avait été vivant, il se serait effondré dans les pommes. Sa bouche se referma et s'ouvrit à plusieurs reprises tandis que Liliane s'éloignait momentanément de lui afin de lui faire assimiler ces nouvelles informations. C'était irréelle, comment cela avait pu dégénérer de la sorte ? Comment avait-il pu la faire souffrir de la sorte ! Il aurait dû le comprendre ! Pendant ce temps, les deux jeunes gens que Liliane suivait, l'air brisé du regard, disparurent littéralement dans un craquement sonore de la pièce. Et il crut entendre des sanglots émaner de l'âme de son premier et unique Amour.

 

-   Thomas, se reprit-elle la voix chancelante après un long moment de silence à regarder l'endroit où les deux jeunes adultes venaient de disparaître, j'ai besoin que tu déculpabilises afin de te faire passer avec moi de l'autre côté. Enfin, si tu ne veux pas devenir un fantôme, car tu vas devoir faire ton choix. Ils m'ont envoyé te chercher. Les êtres de lumières, je veux dire, tu as ta place au Paradis.

-    Et moi, j'ai vraiment besoin que tu m'expliques tout ce qui s'est passé depuis notre séparation. Dans les moindres détails, Lily Jolie. Que tu me dises qui est notre second fils, qui est cette jeune femme avec mon premier né ? Qu'est-ce que tu as fait après ton départ de Little Hangleton ? Comment-as-tu peux élever, Tom ? J'ai...j'ai vraiment besoin de tout comprendre. Et nom de Dieu, je t'ai fais souffrir. Moi. Je ne mérite certainement pas d'être auprès de toi.

-  Ne restons pas...ne restons pas près de ton...cadavre, ni ceux de tes parents...je...vais t'expliquer tout ce que je sais, mon Amour. Et tu n'as rien n'a te reprocher, je suis certaine que si tu avais eu toute ta tête tu aurais pris soin de Tommy. Nous l'aurions fait. Ensemble !

 

Liliane secoua tristement son visage de haut en bas, revint vers lui un peu chancelante, et lui pris un bras avec sa douceur habituelle. Elle ne l'avait visiblement pas perdue à sa mort. Sans comprendre ce qu'il lui arrivait, il se senti léviter alors qu'elle le traînait vers un lieu inconnu.

 

Mais ce qui le marqua surtout ce fut à quel point elle avait le cœur brisé.

 

~*~

 

Couchés là où ils s'étaient si souvent retrouvés à l'insu de tous, de ses parents, des villageois, où simplement des regards dégoûtés en général, ils observaient le ciel étoilé qui leur faisait face, blotti l'un contre l'autre. Et même s'ils étaient morts, Thomas pouvaient facilement imaginer la chaleur corporelle de sa bien-aimée. Il connaissait désormais le moindre des détails de sa vie après cette manipulation à leur égard. Et tout ce qu'elle avait fait pour le petit Tom et cette petite Lianna. Il remerciait le ciel que le Destin lui eut fait retrouver son premier né, bien que désormais, il eut l'impression que rien, absolument rien, ne fut anodin.

 

-  Je ...nous avons conçu un enfant ensemble. Même si ce n'est pas de la façon dont j'ai toujours imaginé avoir des enfants avec toi. Liam est un joli prénom.

 

Cela le rendait malade, même si, et visiblement, c'était aux yeux de la rouquine un très beau cadeau. En regardant les astres lumineux dans le ciel, il ne cessait de se maudire intérieurement, et de se traiter de monstre. Bien que Liliane, la tête nichée contre son épaule, le lui pardonnait.

 

 Elle ne cessait de le lui répéter depuis leur retrouvaille.

 

-  Nous n'aurions jamais eu un enfant normalement ensemble, je serais restée ta maîtresse, et tu aurais de toute façon épouser Cecilia, tu étais fiancé quand nous avons réussi à nous séparer- bien que je le sente, nous nous serions revus, car nous n'avions tenu que quelques mois avant notre incident, et j'aurais probablement cédée moi aussi. Elle était la noble choisie par tes parents. Je n'étais que la villageoise handicapée qui arrivait de moins en moins à marcher, ne l'oublie pas. Nous n'étions pas du même monde. Hum, un petit sourire triste se perdit sur ses lèvres, Liam est un prénom que Tommy et Lia m'ont un jour proposé. Ils étaient si mignons avec moi. Ce sont mes enfants, tu sais... j'ai trois beaux enfants...dont deux sont martyrisés par la vie...

 

-  Quand nous nous sommes séparés avant l'accident dirions-nous et comme tu dis, je n'ai jamais cessé de penser à toi. Bien que tu l'eu certainement pensé, je devais la courtiser. Tu n'as jamais été que la villageoise handicapée qui vivait avec ses grands-parents après la mort de ta famille, et tu le sais. Tu as attiré mon attention lors de cette commémoration de médaille de la première Guerre Mondiale alors que nous étions enfants tous les deux.

 

Je t'ai toujours trouvé très courageuse, tu te fichais des regards des autres malgré la difficulté à tenir sur tes deux jambes. Et peut-être que tu serais restée ma maîtresse, certes, mais je pense que j'aurais fini par te supplier de t'enfuir avec moi, car quand j'y repense on aurait également pu protéger tes grands-parents de mes parents...ont aurait dû s'enfuir comme j'en avais eu l'idée ! Et ne me trouves pas l'excuse que tu n'étais soi-disant pas la femme de ma vie, que ton handicap n'était pas la situation idéale pour moi. Tu as élevé celui qui aurait dû être le nôtre, bien qu'il ait fini par le devenir. Tu sembles être une bonne mère. Et c'est tout ce dont j'ai toujours voulu. Quelqu'un avec ta bonté, ta gentillesse, qui voit au-delà des apparences, tu étais et tu es la femme de ma vie. Tu es la mère de mes enfants au final, et cette vipère de sorcière n'est certainement pas celle de Tom.

 

Après ce discours, il s'arracha à la contemplation des étoiles, et de la lune qui, en étant vivants, auraient illuminée leur visage. Il se retourna vers Liliane dont les yeux émeraude brillaient de larmes étranges et cristallines. Il l'embrassa, pris de désir celle qui fut autrefois son amante.

 

-  Je t'aime plus que tout au monde, Lily jolie. Et tu ne l'oublieras plus jamais. Je crois que je me sens mieux avec moi-même, guide-moi donc vers ce nouveau voyage dans l'haut delà. Mais avant, même si c'est différent, je voudrais, si tu me le permets, que nos corps-ou plutôt nos âmes- s'unissent à nouveau, laisse-moi te faire l'Amour si cela met possible. Laisse-nous oubliez durant un temps, ce qui se passe avec les vivants.

 

Ce fut Liliane qui prit alors sa main, et la guida avec envie sur ce qui fut autrefois sa poitrine.

 

Tom Riddle Sr fit cette nuit, et à la belle étoile, monter l'âme de Liliane Evans au septième ciel.

 

L'union de leur Amour fut d'autant plus réelle que s'ils avaient été vivants.

 

 

Son nom est... by Chrisjedusor

POV Davilia Peverell

 

1920, Angleterre

 

Davilia Peverell analysait consciencieusement la scène de crime qui se présentait à elle. La chambre des moldus ne laissait percevoir aucune forme présence. Ni humaine, ni animaux. Il n'y avait pas de preuves pour une personne qui n'était pas un expert dans le domaine de la magizoologie. En tant que naturaliste, elle reconnaissait les caractéristiques principales de l'animal fantastique responsable de la disparition de ces deux victimes dont on lui avait donné les noms. D'un geste expert, elle passait à l'instant sa baguette magique sur les draps, le sol, les meubles et objets en tout genre en marmonnant des formules complexes, celles apprises et étudiées à l'université. La jeune sorcière se faisait un nom dans le domaine, et le ministère de la Magie d'Angleterre faisait de plus en plus régulièrement appel à ses compétences afin de s'occuper d'animaux fantastiques en tout genre, décidés à faire parler d'eux.

 

Très concentrée dans son travail, elle ignora les quelques photographes sorciers qui s'ameutaient autour de la petite maison de banlieue alors que les aurors et les oubliators s'occupaient de la populace moldue. Cette petite ville était dernièrement régulièrement visée par des disparitions mystérieuses. Certaines victimes c'étaient même retrouvées avec une moitié de leur corps, comme si elles avaient été coupées en deux par des dents acérées. Si elle jetait un œil derrière les rideaux de la chambre, elle trouverait son jeune cousin, Newton Scamender, qu'elle venait d'envoyer auprès de ces paparazzis, pressés d'écrire un nouvel article pour la gazette du sorcier.

La jeune femme venait de lui demander de répondre en son nom à leurs questions, afin qu'il la laisse travailler en toute tranquillité. Elle releva avec certitude le regard après avoir ordonné à sa plume à papote de noter ce qu'elle dictait avec connaissance à voix haute. Elle alla alors trouver et d'un air assuré, les deux aurors qui prenaient des photos en guise de pièces à convictions.

 

- Je suis formelle, messieurs, bien qu'extrêmement rare en Angleterre, un Moremplis est responsable de ces malheureux accidents. Il laisse des traces invisibles, et si vous percevez l'odeur autour de vous, vous pouvez largement sentir que l'aromate ressemble à du gaz. Eh oui messieurs les aurors, ce n'est pas qu'une odeur relative aux moldus. Il est important que vous le retrouver, il sait parfaitement se fondre dans la masse, et étrangle ses victimes durant son sommeil... et hum, termine par engloutir ses proies. Je vais vous aider, cela va de soi. Je suis là pour ça ! 

 

D'un nouveau coup de baguette magique, et sans attendre de réponse, Davilia replia les instruments dont elle avait usé, puis positionné ici et là dans la pièce afin de détecter la présence d'animaux. Ses objets servaient de détecteurs spécifiquement pour ces êtres, et il était indéniable de dire qu'il n'y avait plus aucune trace de vie dans la chambre. Elle récupéra alors sa valise de travail où se trouvait des animaux en tout genre d'une poigne ferme. Son calepin la suivit à sa suite, et elle fut raccompagnée à l'extérieur alors que les aurors terminaient de clôturer les formalités administratives de cette nouvelle affaire.

~*~

 

D'un air contrit, elle avait répondu aux questions des journalistes. En l'apercevant, ils c'étaient malgré tout empressés de l'aborder, avare de potins, mais les aurors c'étaient dépêchés de les faire petit à petit déguerpir des lieux. Enfin, elle était presque seule. A l'instant, elle demandait au chef d'équipe d'intervention sur cette affaire quels étaient les deux personnes choisies, un auror et un oubliator, qui mèneraient l'enquête à ses côtés afin de retrouver l'animal en sa compagnie. L'homme en question pointa d'un geste de la tête Newton, l'invitant à le rejoindre, et elle le remercia alors avec gratitude. Son cousin discutait un peu plus loin en compagnie d'un homme qu'il semblait, par ailleurs, bien connaitre.  En remarquant sa présence, il se rapprocha de sa personne au côté de l'inconnu alors qu'elle avançait elle aussi à pas pressés dans leur direction.

 

La blonde s'attarda sur son cousin. Il avait passé son bras autour des épaules de son ami, l'air heureux. L'homme semblait plus calme et timide, et souriait avec joie à quelque chose que son cadet venait de lui dire.

 

-       Ah, te voilà enfin seule Davy ! Newton avait un si grand sourire aux lèvres que cela lui mit du baume au cœur. Il était toujours si heureux. Je te présente Jonathan Sauwer, je t'en ai longuement parlé quand j'étais à Poudlard, c'est mon meilleur ami. Je ne m'attendais pas à le revoir ici, il est ici en stage en tant qu'oubliator. Son superviseur te l'envoi auprès de toi. Tu seras également avec un auror beaucoup plus qualifier pour superviser les opérations.

 

Newton était si enthousiaste qu'il ne laissa pas au concerné le temps de s'exprimer, mais Davilia n'était pas certaine que cet oubliator allait tout de même se présenter en personne. L'homme était bien bâti, mais il était définitivement anxieux, peu sûr de lui et deux rougeurs avaient faites leur apparition sur ses joues parfaitement rasées, seule une moustache noire parfaitement taillée ornait sa peau.

 

A nouveau, son cousin lui donna une tape à l'épaule, et le dénommé Jonathan qui parlait avec animation quelques minutes auparavant, lança un sourire timide, qui lui donna inexplicablement des papillons dans le ventre.

 

 - Ravie d'enfin vous rencontrez Jonathan, si vous avez dû supporter mon cousin durant toutes ces années à l'école, je ne peux définitivement que vous féliciter, lui comme moi ne tenons pas en place, lança la jeune Peverell avec taquinerie tout en tendant poliment la main, Je suis Davilia Peverell. Et je crois comprendre que l'on vous envoi au milieu d'une mission qui n'est guère très facile pour un débutant.

 

Pour la première fois, elle s'attarda sur ses deux yeux. Ils étaient magnifiques. Des yeux bleu-vert qui exacerbèrent la sensation étrange qu'elle avait commencé à ressentir alors que les battements de son cœur cognaient étrangement plus vite contre sa cage thoracique.

Cela ne lui était jamais arrivé.

 

Le jeune homme aux cheveux noirs lui tendit alors une main.

 

 - Comme a dit ...Comme... dit Newt, Mon nom...mon nom est Jonathan... Jonathan Sauw...Sauwer, Madame, bégaya-t-il, j'ai entendu parler de vous, c'est un honneur de travailler avec vous, lança-t-il en reprenant contenance. 

 

Et alors que ces deux jeunes sorciers s'enserraient la main avec un peu trop longuement pour une simple salutation, les prémisses d'une histoire d'Amour se dessinèrent lentement devant les yeux d'un Newton Scamender, ravi au possible.

 

La Magie du coup de foudre venait d'avoir lieu.

 

Au péril de la Mer by Chrisjedusor

Irlande. Île d'Anglesey, Août 1905.

POV Davilia Peverell

La fillette tremblait de la tête au pied et jugeait l'immense étendue d'eau qui se trouvait devant elle avec angoisse et appréhension. Sa Maman l'avait emmenée dans ce joli endroit afin d'affronter sa peur mais Davilia ne percevait que ce gigantesque monstre qui pourrait l'avaler toute crue si elle s'en approchait de trop près. Peu importe le paysage paradisiaque qui l'entourait, sa panique l'empêchait d'observer ce magnifique endroit et de le voir tel qu'il était : une île unique en son genre. Son pied gauche, dénudé de sa chaussure, débuta sa marche arrière mais la main de celle qui l'avait mise au monde enserra avec poigne sa petite main avec douceur et ses yeux bleus tombèrent sur le regard encourageant de cette dernière. Elle ne voulait pas décevoir sa Maman mais les vagues qui longeaient le sable étaient bien trop menaçantes à ses yeux.

 

-      Voyons Davy. Encore un petit pas ma Chérie. Je suis certaine que tu peux y arriver.

 

Maman avait une voix douce et rassurante et n'était pas comme les autres Dames dont elle avait eu l'occasion de croiser lors des rassemblements des grandes familles de Sang-purs. Malgré sa fatigue évidente suite à une maladie pour laquelle elle se battait depuis de longues années, Maman l'encourageait toujours pour réussir et faire de son mieux. Les globules blancs et rouges de Maman attaquaient les cellules de son noyaux Magique. Ils les considéraient comme des microbes à détruire.  La dégénération de ses cellules magiques dans son sang détériorait doucement ses organes vitaux, et les médicomages pensaient qu'elle pourrait vivre toute au plus encore une quinzaine d'années grâce à ses traitements. La blonde de dix années ne devrait pas savoir cela mais elle avait écouté aux portes en demandant l'aide de à son elfe de Maison et amie, Poly, de la couvrir. Et depuis, la jeune Peverell avait très peur de perdre sa Maman.

 

-      Davy, ma chérie, tout va bien ? Tu me sembles perdue dans tes pensées et je n'aime gère ce que je vois apparaître dans tes yeux.

 

Noreen Peverell, née Scamender, sentait toujours quand on lui mentait alors elle chercha à regarder partout ailleurs sauf sa Maman mais la main de celle-ci se retrouva sur son menton l'obligeant à la regarder droit dans ses yeux en amendes. Sa lèvre trembla sous sa peine mais elle en retint fièrement ses larmes comme le lui avait appris Père afin qu'elle puisse contrôler ses émotions et ainsi faire face aux diverses rencontres conventionnelles au sein desquelles sa famille était conviée. Mais l'état de Maman lui faisait mal au cœur. Son teint était blafard et ses veines en ressortaient bien bleues sur sa peau, signe de sa maladie. Maman portait également un foulard autour de son crâne car là où se trouvait autrefois ses cheveux blonds et très bouclés, il n'y avait désormais plus rien de ses vestiges d'antan.

 

-      Est-ce que tu vas mourir, Maman ?

-      Oh. Chérie...

 

Maman la fit s'asseoir sur le sable à sa suite et la positionna entre ses jambes.  La main de sa Mère se perdit dans les boucles de ses cheveux blonds alors que son propre regard se perdait momentanément sur la Mer que Davilia évitait de garder plus de trois secondes dans son champ de vision.  La fillette l'entendit soupirer mais sut qu'elle cherchait ses mots face à sa question. Elle n'avait peut-être que dix ans mais elle comprenait que Maman pouvait mourir à tout moment, sans que ni Père ni elle-même ne s'y attentent.

 

-      Tu sais, Davy, chérie, il ne faut pas avoir peur de la mort. Je pense qu'il faut juste l'appréhender et comprendre que ce n'est guère une fin en soi.  Le prendre comme, et bien, une nouvelle aventure. Et puis, je vais tout faire pour te voir devenir une belle jeune femme, mon Ange. Je ne veux pas que tu t'inquiètes pour moi. Tout va bien se passer.

 

Davilia regarda sa Maman avec confusion. On aurait dit que l'adulte n'avait pas forcément peur de partir vers ces horizons inconnus, et elle ne comprenait pas car pourquoi elle souriait si elle s'avait ce qui pouvait lui arriver ?

 -      Tu... tu n'as pas peur Maman ?

-      Oh, bien sûr que cela me fait peur, chérie. Tout le monde a peur dans ce genre de situation car c'est une étape inconnue pour tout le monde. Il faut juste contrôler nos angoisses et avancer, faire de son mieux pour profiter du moment présent. Tu sais Davilia, je n'ai pas peur pour moi mais pour toi. Je ne veux pas que tu te sentes triste pour moi. Je serais toujours là. Avec toi. Quoi qu'il puisse arriver...

 

Maman posa une de ses mains sur sa poitrine et Davilia suivit son regard. Son cœur. Maman serait là dans son cœur. Elle n'était pas sûre de comprendre comment elle pouvait accepter un tel Destin sans se tracasser pour sa vie. Parce que Davilia voulait juste s'accrocher à Maman et ne plus jamais la lâcher. Mais ses mots venaient au moins de lui faire comprendre quelque chose d'important. Davilia aussi voulait rendre fière Maman. Et si Noreen Peverell avait le courage de ne pas avoir peur face à sa maladie, elle aussi pouvait faire un effort pour contrôler ses craintes.

 

Après-tout, Maman l'avait emmenée sur ce lieu alors qu'elle avait reçu l'interdiction formelle de transplaner de la part des médicomages parce qu'elle désirait qu'elle affronte sa plus grande peur. Maman avait été une aventurière dans sa jeunesse et puis, elle aimait autrefois s'occuper de toutes sortes d'animaux fantastiques dans la ferme familiale des Scamender. Avant de se marier avec Ustin Peverell. Elle n'avait encore une fois pas peur de déjouer les règles le temps qu'elle puisse l'aider à évoluer, grandir, et l'accompagner dans sa vie, quitte à négliger sa propre santé déjà fragile.

 

-      Je veux réessayer, Maman, lança brusquement la petite blonde en sortant de ses pensées. Je vais m'approcher de l'océan.

 

La fillette regarda à nouveau l'étendue d'eau d'un air déterminé en prononçant ses mots. La blonde se sentait honteuse d'avoir autant peur alors que sa Maman était autant courageuse face à sa maladie. Davilia releva alors son menton aussi haut qu'elle le pouvait pour sa petite taille et motivée comme jamais, elle prit la main de sa Mère afin de lui faire comprendre que oui, elle allait réessayer de s'approcher un peu plus de l'océan. Elle aida Maman à se lever, et malgré son essoufflement évident face à ce simple mouvement, elle continuait de lui sourire, et Davilia put y lire toute sa fierté face à sa nouvelle détermination.

 

La main de Maman entoura de nouveau la sienne et lentement, elles s'approchèrent doucement de l'eau. De nouveau, Davilia sentit ses muscles se tendre sous son angoisse et sa respiration s'accéléra faisant pulser son cœur un peu plus vite contre sa cage thoracique. Elle ressentit même ce que Maman appelait ses cellules magiques frétiller autour de son noyau, signe qu'un accident magique pouvait arriver et se produire sous sa peur à tout instant puisque ses doigts commençaient également à lui picoter jusqu'à ses bouts de doigts.

 

Pourtant, elle devait être courageuse comme Maman et ne pas céder à la panique. Ses pieds nus s'avancèrent finalement jusqu'à ce que l'eau touchât chacun de ses petits orteils.  Des frissons la traversèrent mais à ce niveau, il ne pouvait rien lui arriver et les remous des vagues n'étaient pas violentes, lui permettant de rester sur ses deux jambes. Et puis, Maman était à ses côtés. Oui, il ne pouvait rien lui arriver si elle était là.

 

-      Bravo Davy, encore un petit peu, et je suis sûre que l'on peut s'y approcher un peu plus pour aujourd'hui. Ensuite, on demandera à Malina de venir nous chercher. Je ne suis pas certaine d'arriver à transplaner sans te désarticuler, ma chérie. Je me sens un peu éreinté.

 

Maman était très malade et minimisait toujours la réalité d'une situation et Davilia savait que si Père l'apprenait, ils auraient un argument à ce sujet. C'est certainement pour ça que l'elfe de Maman et Père, elle-même était la Maman de Poly, allait les faire transplaner jusqu'à la maison. Maman faisait un effort surhumain et puis surtout, un effort comme celui-là était interdit par ses médicomages. Elle le faisait vraiment pour elle. Maman l'avait emmenée dans ce coin reculé de tout sorciers et moldus afin qu'elle puisse avancer à son rythme et faire face à sa plus grande phobie :  la Mer. Maman était son exemple. Et elle devait la rendre fière.  La fillette ne sut à quel moment les vagues finirent par remonter jusqu'à ses genoux mais elle se trouvait désormais auprès des remous de cet étendue d'eau et Maman tenait désormais avec plus de fermeté sa main afin que ses jambes restent bien ancrées dans le sable.

 -      Tu as réussi, mon Ange. Bravo.

 

Davilia cligna ses pupilles bleues, étonnée par son propre exploit, et regarda l'immensité de l'océan qui se trouvait devant elle. Maman avait tenu à ce qu'elle vainque sa peur, et se surpasse car malgré leur statut de sang-pures, les femmes devaient toujours rester derrière leur mari et se taire, Maman voulait tout de même qu'elle se surpasse. Peu importe les mœurs. Et puis, Maman aimait les choses simples de la vie. Elle n'hésitait pas à passer du temps avec elle, sans reléguer la tâche aux elfes de maison. La lourdeur de sa Magie se calma dans sa poitrine et Davilia se sentit fière de ne pas avoir provoquer un accident Magique, comme ce fut le cas la dernière fois que Maman avait essayée de la faire s'approcher de l'océan.

 -      La prochaine fois, mon Ange, nous essayerons de nous baigner. Quand je me sentirais moins fatigué. Mais ne t'en fais pas. J'aurais ma baguette magique pour t'aider si quelque chose devait t'arriver. Je serais toujours derrière toi pour te rattraper. Je te le promets, je suis fière de toi.

 

Davilia détourna son regard de la Mer et releva ses yeux vers sa Mère dont le sourire était si grand que la fillette en oublia son teint fatigué.  

 

Son sourire illuminait son visage, et Davilia voulait graver cette image au sein de son esprit.

 

Maman l'aimait décidément au péril de sa vie.

 

 

Le vent frais du matin by Chrisjedusor

Brighton, Août 1926

 

Davilia Peverell observait le soleil se lever du balcon de sa chambre, un doux sourire aux lèvres. Elle était par le paysage que lui offraient les éclats orangés présents dans le ciel dégagé. Elle amenait une tasse de café fumante à ses lèvres, tout en profitant du calme et du vent frais du matin. La nature offrait à cette heure de la journée un merveilleux paysage. Deux puissants enlacèrent brusquement sa taille, et deux baisers furent délicatement posés sur son cou avec tendresse. Un doux sourire s'afficha de nouveau sur ses lèvres alors qu'elle observait un groupe d'oiseaux s'envoler au loin car elle reconnaissait aisément les bras tendres qui l'enlaçaient avec douceur. Ceux de Jonathan. Son adorable époux.

 

- Bonjour, mon Amour. Tu ne sembles pas avoir beaucoup dormi, je me trompe ? Avoue donc très chère, tu es excitée par ce voyage, n'est-ce pas ? taquina-t-il.

 

L'homme vola joyeusement la tasse de café qu'elle tenait précautionneusement entre ses mains et il la porta à ses lèvres. Un air taquin apparut sur son visage, sous le regard faussement outré de sa jeune épouse qui frappa doucement la nuque de son époux. Il vola un nouveau baiser empreint de tendresse, et elle haussa ses iris céruléennes vers le ciel, en faisant mine d'être exaspérée.

 

- Tu pouvais demander à Poly de t'en préparer une, remarqua Davilia en se positionnant contre la rambarde du balcon. Hum, je suis certainement prise sur le fait, n'est-ce pas ?  J'aime tellement observer le soleil se lever, voir la nature faire son œuvre, c'est tellement magnifique.  Notre petite Kyla dors-t-elle encore ?

- Le café est beaucoup plus délicieux quand tu y as trempé tes lèvres, mon Amour, fit Jonathan avec un air taquin, en se positionnant à ses côtés. Il roula ses yeux. Oui, ça ressemble effectivement à la vision des amoureux de la nature, telle l'excellente magizoologiste que tu es ! Notre premier bébé dort encore à poing fermés, oui. Je n'ai pas le courage de la réveiller, elle est autant adorable que sa mère quand elle est assoupie.

- Ou comme son père aussi, fit Davilia en lui volant un nouveau baisé, tu lui diras que sa mère lui fait pleins des bisous et pensera fort à elle. Laisse là se reposer encore un peu, et n'oublies pas de lui mettre son dîner pour midi dans son sac à collation avant de la laisser à l'école.

- C'est sûr que tout le monde n'est pas aussi organisé comme vous l'êtes, Madame Sauwer, taquina-t-il, mais je ne laisserais effectivement pas notre fille mourir de faim.

 

De là où ils se trouvaient, ils observaient le soleil poindre le bout de son nez dans un merveilleux éclat orangé derrière l'étendue d'eau qu'était la mer alors que les mouettes virevoltaient ici et là, insouciant des temps de troubles qui se préparaient sinueusement dans l'ombre. Telle la prophétie qui planait sur leur future enfant depuis la nuit des temps, sans le savoir.  Le son des vagues qui arrivaient jusqu'à leurs oreilles leur permettait de divaguer aisément dans leurs songes. Davilia aimait travailler sur ce balcon depuis qu'ils eurent déménagé quelques mois auparavant. Cela lui permettait de réfléchir plus posément et de travailler sur ses recherches en toute tranquillité quand elle n'était pas dans son laboratoire, quel que soit la météo puisqu'il lui suffisait d'utiliser la magie afin de garder l'endroit dans une température ambiante et propice au corps humain. En pensant à sa fille, un nouveau doux sourire s'était répandu sur ses lèvres. Partir aussi loin pour le travail la dérangeait, mais elle serait très vite de retour.

 

- Oseriez-vous vous moquer de moi, Jonathan Sauwer ?

 

Jonathan leva les mains en signe d'abdication après avoir déposé la tasse de café sur la table ronde où sa femme s'était déjà attelée à travailler avec acharnement sur les divers dossiers que le ministère de la magie lui avait fournis vis-à-vis d'un phénomène particulier : un animal fantastique qui faisait des dégâts à New York. Les experts avaient un problème avec cela, et ils n'arrivaient pas à savoir face à quel type de créature ils avaient affaire. Le ministère américain avait demandé de l'aide aux autres pays suite à ce problème au sein de la Ville qui ne dort jamais qui risquait sincèrement de mettre en péril le Secret magique. D'autant plus qu'une Guerre se préparait dans l'ombre. Gellert Grindelwald prenait de plus en plus de pouvoirs et les journaux ne cessaient de parler d'étranges attaques. Il risquait fortement de profiter de cette confusion afin de la faire éclater là où il pourrait plus facilement le faire, c'est-à-dire dans un endroit où l'instabilité entre moldus et sorciers commençait à régner en maître.

 

La table était recouverte part de nombreux grimoires, et écrits en tous genres bien complexes dont Jonathan en lut vaguement les titres à l'horizontale. En toute honnêteté, il n'avait jamais réellement compris la passion de Davilia. Elle se transmettait de génération en génération dans sa famille, mais c'était tout de même grâce à cela qu'ils s'étaient rencontrés. C'est pour cela qu'il respectait, plus que quiconque, son métier bien dangereux. Le destin les avait faits se rencontrer par le biais d'une personne qu'il connaissait tous deux : Newton Scamender se trouvait être le meilleur ami de Jonathan depuis le début de leur scolarité à Poudlard mais il était aussi le cousin de son épouse.

 Il s'était toujours senti ridicule vis-à-vis de son talent.

 

Après tout, elle était sorcière dite de sang pure et à cette époque, était déjà une magizoologiste dotée d'une certaine notoriété alors que lui n'était qu'un petit né moldu, oubliator intérimaire. Pourtant, c'est sur une même scène de crime sanguinaires qu'ils s'étaient croisés pour la première fois, alors que Newton, qui était heureux de les voir au même endroit malgré la situation, les présentait jovialement l'un à l'autre. Il en avait eu le coup de foudre, et il s'était senti rougir alors qu'elle lui donnait son nom d'une voix si douce qu'il en eut rêvé cette même nuit-là.

 Il secoua le visage et sortit brusquement de ses songes. Davilia était pensive, et repensait certainement à l'une de leur précédente discussion vis-à-vis de sa deuxième grossesse. Elle n'était toujours pas rassurée de partir de nouveau comme cela à l'aventure alors qu'ils avaient une fillette de trois ans mais aussi car elle portait leur second enfant. Il l'avait alors poussée à y aller, car comme il le lui avait dit, elle devrait tout de même toujours faire face à ces inconvénients puisque c'était son travail. Il lui faisait cependant confiance. Après tout, elle était une experte en la matière et elle savait parfaitement ce qu'elle faisait. Avoir des enfants ne devait pas nuire à sa passion.

 

- Je n'oserais guère, fit-il en lui lançant un sourire éclatant qui fit frémir sa fine moustache noire. Cependant, tu sembles toujours aussi pensive vis-à-vis des risques qui en découlent, n'est-ce pas ? Je t'ai dit que je transplanerais tous les jours jusqu'à New York, ne t'en fais donc pas. Quant à Kyla, je suis certaine qu'elle adorera venir avec Papa voir Maman travailler à New York. Tu n'en as que pour quelques jours, tu le sais bien, mon Amour, détends-toi.

 

Il s'approcha alors tendrement de son épouse, et prit son visage entre ses mains afin de déposer un délicat baiser sur ses lèvres auquel elle répondit à son tour, en passant une main dans ses cheveux noirs. Il colla son front à celui de sa femme, la fixa dans ses yeux bleus tandis qu'elle ancrait les siens dans ses propres iris. Un crac sonore se fit entendre et une petite silhouette aux oreilles longues vint interrompre leur plénitude matinale. L'elfe tira mal à l'aise sur la cape de sorcière orangée que portait Davilia.

 

- Poly s'excuse de déranger Miss Davilia et Maître Jonathan de si bon matin. Poly n'aime pas déranger quand les Maîtres semblent si tranquilles, mais Poly vient d'être appelée par Maître Newt, et il tient à ce que je vous dise qu'il a déjà commencé à voyager et à transplaner aux différents points de contrôles des frontières jusqu'en France. Il attend Madame afin de pouvoir prendre le bateau qui emmènera Maîtresse Davilia et Maître Newton à New-York.

 

Davilia se dégagea de Jonathan tout en tapotant gentiment sur le petit crâne de l'elfe de maison qui afficha un air dépité. Elle lui lança un doux sourire, et son époux éclata de rire. Il était si peu étonnant que le cousin de sa femme soit aussi excité. Ces deux-là faisaient vraiment la paire. D'un geste de la baguette magique qu'elle venait de sortir de sa cape, Davilia rangea silencieusement tout ce qui se trouvait sur la table. C'est ainsi que parchemins, plumes, dossiers et livres filèrent en virevoltant droit vers la malle qui se trouvait dans le salon.

 - Merci Poly. Tu ne nous dérangeais pas et si tu allais te reposer aujourd'hui, mmmh ? Voir ta Maman, chez mon père ?  Je suis certaine qu'elle sera ravie de voir sa fille. Tu l'embrasseras pour moi, d'accord ? Et tu diras à père que je lui écrirais quand j'arriverais chez les américains, tu peux faire cela ? fit aimablement Davilia avec compréhension. Elle savait pertinemment que l'elfe plus ancienne était mal en point et à quel point il était important qu'elle passe ces derniers moments avec cette dernière, n'ayant elle-même plus de mère depuis trois longues années. Je crains que je ne doive à mon tour partir. Newton ne tient décidément pas en place, fit-elle cette fois à l'adresse de son époux, en roulant des yeux. Quant à vous cher monsieur, je vous conseille de vous préparer à votre tour. Après tout, ce n'est pas bien qu'un oubliator de votre niveau arrive en retard pour son débriefing au ministère. D'autant plus que tu dois encore t'occuper de Kyla !

- Maîtresse est si gentille avec Poly. Poly remercie maîtresse Davilia pour cette journée de congé, fit la petite créature en se retenant de sautiller sur place, sous le ricanement de Jonathan. La petite créature enlaça de ses petits bras frêles les jambes de l'adulte qui continuait de sourire aimablement à son égard. Mais Maîtresse, n'as pas besoin de Poly pour la petite Kyla ?

-  Poly, retourne au manoir familial, veux-tu. Tu le mérites. Jonathan s'occupe de notre fille, et son frère va aller la rechercher à l'école tout à l'heure. Tu as le droit de te reposer, ma grande.

- Si Maîtresse a besoin de...

- Vas-y, Poly, rit Davilia de bon cœur. Personne ne te sollicitera aujourd'hui.

 

La petite créature l'enlaça à nouveau et fit de même avec son époux avant de disparaître avec émotion au manoir familial des Peverell. L'elfe était née plus ou moins au même moment que la sorcière aux cheveux bouclés et blonds. Poly lui devait obéissance mais une amitié était née entre elles. Davilia continuait de sourire quand elle se rapprocha de nouveau de son époux, et se réfugia dans ses bras réconfortants tandis qu'il embrassait le haut de son crâne.

 - Je te vois ce soir, mon Amour, fit tendrement Jonathan en jouant avec ses boucles blondes. Après le travail, j'essayerai d'en savoir plus sur les permis de ces engins à quatre roues de plus en plus omniprésents. Mon frère doit s'y connaitre plus que moi, et ensuite, je suis tout à vous, gente demoiselle.

- Prend ton temps, Jona, souffla-t-elle. Profite de voir, toi aussi, ta famille moldue. Et effectivement, j'espère que tu en sauras un peu plus. Je refuse que tu te rendes continuellement malade avec nos transports, même si ici, tu n'as pas vraiment le choix de transplaner jusqu'en Amérique à plusieurs reprises. Évite de le faire trop souvent avec Kyla. D'ailleurs, si tu ne le sens pas vraiment de transplaner tous les jours de la sorte, tu...

- Hors de question, mon Amour, je te vois venir...  Je préfère être malade et te voir. Je crois que cela sera pareil pour ta version miniature. Seulement, pense... à me laisser les toilettes de l'Auberge où tu vas t'installer libre pour ton adorable mari dès que j'arrive, d'accord ? Au moins toi, tu as une belle excuse faites par ton médicomage :  interdiction de transplanage sur de trop longues distances. Tu me diras ce que ça vaut le bateau, se moqua-t-il. Allez va, va chercher cette malle dans le salon et vas-y. Newt... ne doit certainement pas tenir en place. Toi aussi, tu as hâte alors, pense à t'amuser. Après tout, des invasions d'animaux fantastiques ça doit juste être un jeu d'enfant pour toi. Prends soin de notre petite crevette, termina-t-il en embrassant son estomac. Et toi petit bébé Sauwer numéro deux, Papa te fait de gros bisous. Prends soin de ta maman toi aussi aujourd'hui !

 En guise de réponse, elle frappa gentiment sa nuque et lui vola un nouveau chaste baiser tout en souriant des dernières paroles émises par son époux face à son ventre qui commençait à bien s'arrondir. Oui, elle était pressée. Après-tout, elle avait toujours été une aventurière et pour elle, se rendre à New York était une opportunité alléchante. Elle ne le nierait certainement pas.

Et alors qu'elle rentrait à l'intérieur de la maison, elle déclara, en regardant par-dessus son épaule :

- Au fait, Jonathan, nous attendons une nouvelle petite fille. Maintenant, je peux aller embrasser ma première prunelle de mes yeux avant de partir, déclara-t-elle d'une voix amusée.

 

Et alors qu'une brise de vent venait caresser son visage, le sourire qu'abordait Jonathan Sauwer face à cette nouvelle aurait certainement éloigné tous les détraqueurs du monde.

 

Le vent frais du matin n'avait jamais été si apaisant.

 

Promets-moi by Chrisjedusor

Juillet 1945, Loutry st Chaspoule. 


-          Je vous déclare mari et femme, vous pouvez... vous pouvez embrasser la mariée.


Le prêtre a la baguette magique tendue vers leurs mains liées par les sortilèges. Les dernières promesses viennent d'être échangées et les derniers filaments viennent de s'estomper avec douceur. Ils se marient selon les anciens rites sorciers. Cela renforcera tant leur lien en tant que couple. Tom Riddle junior regarde alors amoureusement les traits de Lianna Sauwer. Elle est belle. Vêtue de la sorte, en blanc, il l'imagine comme étant l'Ange de la Mort. Elle est d'une beauté Ténébreuse et a toujours été désiré par  la gente masculine.  Mais elle est sienne. Elle a toujours été sienne. Ses cheveux noirs et bouclés contrastent avec sa robe de mariée. Ses yeux bleu-vert pétillent d'un bonheur qu'il n'a que rarement pu lire au sein de ses pupilles. Celles-ci n'ont que trop connues la souffrance, la peine et la douleur.  Il se penche alors  pour l'embrasser sur la bouche en ignorant royalement ce prêtre qui une fois les documents officiels rendus aux autorités sera tué. Ni plus ni moins.


Personne n'a le droit de les voir s'embrasser de la sorte. De les voir faibles. De les voir s'aimer. Personne.


 « Promets-moi de rester éternellement à mes côtés, Lianna »


Il lui parle par le biais de l'esprit alors qu'il la sert contre lui avec douceur. Tom la désire tant. Lianna étire un sourire en coin, jette un œil  amusé au prêtre sorcier qui ignore ce qui va lui arriver dans plusieurs minutes et pose son front contre le sien en ignorant le malaise qu'éprouve  l'homme qui clôture leurs vœux. S'ils ont voulu se marier à l'église, et en toute discrétion, ce n'est certainement pas pour eux. Ils détestent ce lieu de culte. Mais c'est pour elle. Simplement pour elle. Pour Liliane. Pour Mère. Étrangement, ils savent que c'est ce qu' elle aurait voulu . Et puis,  les rites matrimoniaux chez les sorciers sont franchement intéressants à vivre en termes de connaissances. 


Et la connaissance  est le pouvoir.


« Je te le promets. Nous deux, c'est pour l'éternité, Tom. On fait ça rapidement, à l'Avada Kedavra ? Je pense que toi et moi... on pourrait s'amuser tous les deux autrement, hum ... si tu vois ce que je veux dire... »


Il voit très bien ce qu'elle veut dire et ce qui fait de lui un garçon le fait frétiller d'envie au point que sa Magie commence à lui picoter jusqu'aux bouts des doigts. Au sein de cette église sorcière, à Loutry saint Chaspoule, dans le Devon, Tom Marvolo Riddle, âgé de dix-huit ans vient de se marier à sa sortie de Poudlard avec Lianna Nathanaëlle Sauwer. Jusqu'à ce que la Mort ne les sépare.

Quelques fleurs by Chrisjedusor
Author's Notes:

Encore un os sortit de mes vieilles affaires.

Merci MM !

Bonne lecture,

Chris

 

Liam Evans, impasse du Tisseur, Août 1971

 

Liam Evans était un homme âgé de trente ans. Il avait deux enfants. Deux filles.  Elles étaient respectivement âgées de onze et de treize ans. Il avait dix-sept ans quand son premier enfant fut née d'une grossesse inattendue de sa petite amie Rose Tingerton, devenue sa femme quelques années plus tard. La deuxième était née deux années par après, il avait alors dix-neuf ans. Le rouquin était une personne qui détestait parler de son enfance, ayant grandi dans un orphelinat puis étant été trimbalé de famille d'accueil en famille d'accueil, cela n'avait pas été évident.  Et puis, il avait également été abandonné parce ceux qui se rapprochaient le plus à un frère et une sœur. Dans un sens, il les comprenait car deux jeunes personnes âgées de dix-huit ans à l'époque avaient autre chose à faire que de s'occuper d'un enfant en bas âge, bien que cela lui eut brisé le cœur.

 

Liam avait grandi à la dure afin de devenir quelqu'un et réussir dans sa vie. Né d'un géniteur inconnu, et d'une mère décédée sous le bombardement des allemands selon son fichier des services sociaux. Il se détestait car il avait certainement donné des souffrances complémentaires à une femme dotée d'un handicap d'après ce qu'il en savait, car il avait été conçu et probablement abandonné par ce géniteur inconnu. Elle avait dû le haïr même si une jeune femme aux cheveux noirs lui affirmait autrefois le contraire, songeait-il souvent. Et dans tout ça, il ne lui en voudrait même pas, Liliane Evans, celle à qui il devait son nom de famille, en avait tous les droits. Ce même orphelinat où il avait débuté sa vie, avait, cinq années auparavant, été brûlé suite à un mystérieux incendie. Il l'avait appris via le New-Time, puis à la télévision. Des enfants, des frères et des sœurs étaient morts, certainement dans d'atroces souffrances. Et il n'avait jamais su pourquoi il eut toujours éprouvé un étrange sentiment à ce sujet.

 

Le jeune homme sortit de ses nombreux songes. Depuis quelques minutes il se trouvait, assis, devant un bureau positionné dans un coin de la chambre conjugale, un stylo à plume à la main. Une lueur tamisée lui permettait de percevoir la feuille posée devant lui. Victime d'insomnie, cette idée qui lui trottait à l'esprit depuis plusieurs jours le rongeait de l'intérieur. Derrière lui, Rose dormait profondément, il y percevait ses cheveux blonds s'emmêler tel un rideau autour de son oreiller.

Sa main trembla alors qu'il trempait sa plume dans l'encrier, faisant couler les taches noires sur la feuille de papier.

 

Il devait se lancer.

 

Tom, Lianna,

 

Je ne suis pas certain que vous écrire est la plus brillante idée que je n'eut jamais eue mais elle ne cesse de me tourmenter l'esprit depuis quelques semaines. Je ne sais même pas par le...quoi commencer. Enfin, peut-être que vous dire que celui qui vous écris est Liam Evans. Vous avez connu Maman, et vous vous êtes occupez de moi lors de vos retours du pensionnat à l'orphelinat Wool avant que vous ne le quittiez définitivement. J'ose penser que vous avez aimez celle qui fut, je pense, votre mère à vous aussi.  J'ai lu certains fichiers des services sociaux par le passé : elle essayait de vous adopter. Lianna, tu ne cessais de m'en parler en bien. De me rassurer sur le fait qu'elle m'aimait... Si je vous écris aujourd'hui, c'est parce que dernièrement j'ai appris que ma fille cadette s'avère faire partie d'un autre monde. Un monde pour lequel, d'après ce que je crois penser au plus profond de mon âme, vous faites partie.

 

J'en ai l'intime conviction, car je me souviens encore une fois de manière un peu floue que vous aviez tous les deux souvent un bâton- une baguette magique je présume désormais- à votre proximité, et d'étranges objets dans vos malles, celles de votre pensionnat que vous cachiez, et à mes yeux, certains de ces biens semblaient magiques... comme ces étranges friandises que tu m'as un jour fait exp... goûter, Lianna. Tu sais de quoi je parle, je pense.  Et puis, il y avait cette sensation autour de vous, je ne peux la définir encore à ce jour. Mais je n'en ai certainement pas parlé à cette jeune sorcière, Minerva McGonagall, qui est venue nous expliquer- en long et en large- le fait que la Magie existait en plus de la remise de cette lettre si spéciale. C'est juste fou. Encore à l'instant, je pense cela incroyable !  Au cas où vous en douteriez encore, ma petite Lily, âgée de onze ans, va faire sa rentrée dans cette école, à Pould...Poudlard en septembre prochain. Je l'ai nommée en l'hommage de notre mère.  Mais je pense que vous l'aviez deviné.

 

Peut-être que je me trompe tout simplement, et alors je fais une erreur en vous en parlant du secret magique, mais si la chouette achetée sur ce chemin de Travar...Traverse à ma fille vous trouve, apparemment ils ont une sorte de sixième sens, alors je présume que vous êtes effectivement deux sorciers vous aussi.

 

Je ne sais pas pourquoi je vous parle de tout cela, peut-être que j'espère que vous allez me recontacter, et aurait voulu que ce soit vous et non cette sorcière qui fussent été là pour expliquer tout cela et pour apaiser nos angoisses- Nous devrions être des frères et sœurs, bon sang ! - mais sachez une chose, je ne vous en veux pas de m'avoir laissé dernière vous. Vous étiez jeunes, je n'étais qu'un bambin de cinq ans. Et un enfant, c'est une énorme charge. Je ne le sais que trop bien puisque je suis devenu père de ma petite Tunnie, mon aînée - Pétunia si vous vous demandez- quand j'avais dix-sept ans.

 

Je suis certaine que Lily serait rassurée si son « oncle et sa tante » pouvaient lui parler de cet autre monde. Un monde qui j'ai bien compris rentre dans une guerre de sorcier, et ce n'est pas pour me rassurer. Bien qu'elle se soit faites un ami sorcier, c'est un voisin qui habite non loin de la maison. Un dénommé Severus Rogue, il me semble. Celui-ci l'a aidé à y voir plus clair et lui avait déjà fait comprendre qu'elle aussi était une sorcière. Oui, il y a notamment eu cette histoire avec ces quelques fleurs fanées que Lily a réussi à refaire fleurir et j'avais déjà des doutes à ce moment précis sur ces étrangés qui me rappelait étonnamment... vous.   Elle se sent à part, nous devons, ma femme et moi-même, également gérer Pétunia qui se sent délaissée avec toutes ces nouveautés, c'est difficile d'expliquer à une adolescente qu'elle sera toujours aimée de la même manière que sa petite sœur. Peut-être aurais-je ressenti moi aussi cela si j'avais continué à vivre avec vous, et si notre mère n'était pas morte ? Je ne le sais pas. Ce que je sais c'est que ces dernières semaines, j'ai la sensation que je me dois de vous retrouver.

 

Si vous vouliez me contacter, j'habite au 18, Impasse du Tisseur, et je suis actuellement en congé. Je travaille en tant que pompier, si cela vous intéresse. Je veux sauver des vies.

 

J'espère que vous allez tous les deux pour le mieux,

 

Je vous embrasse.

 

Liam Evans.

 

Votre présumé petit frère.

 

Les mots avaient finalement filé sur sa feuille désormais noircie par sa calligraphie. Une étrange émotion comprimait sa poitrine alors qu'il repliait la feuille en quatre, prête à être envoyée. Il ne savait pas vraiment s'il devait attendre en retour une réponse, mais il avait l'impression qu'un poids s'était volatilisé de ses épaules. Il utiliserait le hibou de sa fille le lendemain matin.

 

L'envoyer le stressait, mais il allait le faire, songea-t-il alors qu'il éteignait la petite lampe du bureau, et se dirigeait vers son lit afin de trouver les bras de Morphée. Quand sa femme profondément endormie vint se blottir contre son torse dans son sommeil, Liam réussi finalement à trouver le sommeil après de nombreuses nuits d'insomnies.

 

~*~

 

Rose avait décrété qu'emmener Pétunia- et sans Lily- se promener dans un moment privilégié entre mère et fille, lui ferait peut-être comprendre qu'ils l'aimeraient toujours de la même manière. Même si elle ne disposait pas de dons exceptionnels. Elle était autant leur fille que Lily l'était, et il espérait que son aînée ne rejetterait pas sa cadette très attachée à sa grande sœur. La plus petite avait toujours voulu l'approbation de son ainée, comme si tout ce qu'elle faisait la rendrait fière.

 

Liam était assis sur un transat, un journal entre les mains, et observait discrètement Lily jouer à l'arrière du jardin, entourée de fleurs brûlées par la canicule de cet été quand cette dernière le héla avec ardeur. Le jeune homme se leva alors avec curiosité, épongea son front en sueur après avoir déposé son journal sur la table, et se dirigea à grand pas vers la petite fille au deux couettes rousses, assise à même le sol, les jambes croisées.

 

Il s'installa alors en face d'elle sans trop de difficulté.

 

- Tu crois que Tunnie me déteste Papa ? Mon ami Sev' dit que je dois l'ignorer. Mais moi je ne veux pas qu'elle ne m'aime plus. Moi je l'aime, et je veux partager tout ça avec elle. Qu'elle soit fière de moi.

- Oh ma puce, je pense entre nous que Tunnie a surtout peur de te perdre. Cela va lui passer, elle ne te déteste pas, tu es sa petite sœur, et oui, ça lui passera. Maman et moi-même, on lui fera comprendre qu'elle n'a pas à s'inquiéter. Je suis certain qu'elle est très fière de t'avoir comme petite sœur.

-  Tu crois ? murmura-t-elle d'une petite voix à lui fendre le cœur, quand je lui ai montré ce que je savais faire avec ces quelques fleurs au parc...l'autre fois, elle a dit, elle a dit, que j'étais un monstre.

-  Elle ne le pensait pas, Lily, ma puce, c'est la peur qu'elle a eue sur le moment, nous lui en avons parlé Maman et moi. Elle ne tiendra plus de tels propos à ton égard. Elle t'aime, n'en doute jamais.

 

Sur ces mots, Liam la pris sur ses propres genoux croisés, et l'enlaça contre lui, lui transmettant tous son Amour. Sa fillette avait encore les larmes aux yeux. Il devrait encore une fois en parler avec Tunnie. Deux sœurs devraient toujours rester proche entre elles, peu importe les différences. Les différences étaient des forces. Liam fronça les sourcils en songeant à cela car à un jeune Tom Riddle avait prononcé ces mots alors qu'il était un tout petit garçon. Pourtant, cela lui rappela également que pour lui aussi sa relation avec son frère et sa sœur adoptifs c'était, dans un sens, effritée. Et tant qu'il serait vivant, il ne laisserait certainement pas une telle chose se reproduire.

 La famille était quelque chose d'important à ses yeux.

 

-  Dis-moi...essayais-tu de reproduire à l'instant ce que tu as montré l'autre fois à ta sœur, ma chérie ? Car si c'est le cas, j'aimerais beaucoup que tu me montres cela.

 

Lily le regarda alors de ses yeux émeraude si semblables aux siens avec une lueur nouvelle dans le regard. Sa cadette était autant son portrait craché que Pétunia était celui de sa mère, c'était parfois franchement amusant. Puis, elle hocha alors le visage de haut en bas. Doucement, elle leva les deux mains sur l'herbe, là où un amas de fleurs fanées n'étaient pas censé resplendir à nouveau. Pourtant, c'est ce qui se passa après quelques minutes de concentration, et sous ses yeux stupéfiés, il vit les pissenlits redevenir neufs, et d'un jaune vif, tandis que les fleurs se remplissaient de nouveau pleinement de leur pollen.

Sa fille toujours coincée contre son torse, il arracha l'une de ses fleurs, et l'analysa avec attention sous le regard plein d'espoir de sa cadette.

 

Il en éprouvait une étrange fierté.

 

- C'est...fit-il le souffle coupé, Lily c'est magnifique, et c'est...

- Ce que ton père veut te dire, enfant, c'est que tu as réalisé de la belle Magie, retentit une voix sifflante mais puissante, et je dois dire que c'est assez...étonnant pour ton âge, fait attention à ce que le ministère de la Magie, déclara-t-elle avec ironie, ne détecte pas que tu en fasses en dehors de l'école. C'est interdit.

 

La voix en semblait profondément amusée.

 

Autant lui-même que sa cadette sursauta de peur. La voix sifflante lui donna un frisson qui parcourra toute sa colonne vertébrale. Il se releva, et se rendit alors compte qu'il s'était relevé brusquement avec sa fille, toujours blottie entre ses bras.

 

Malgré ses onze ans, elle était toujours une poids plume.

 

Accoudée contre la tonnelle de la terrasse, une femme au visage encapuchonnée, vêtis d'une robe de sorcière noire, se tenait debout et avec prestance. La silhouette regardait droit dans leur direction. Liam raffermit sa prise sur son enfant qui trembla étrangement de peur quand elle se rapprocha d'une démarche assurée vers sa personne.

 

À une distance raisonnable, elle lâcha simplement d'une voix étrange :

 

-  Je dois dire... qu'autant ta fille que toi-même êtes des répliques parfaites de Liliane Evans. C'est assez...déroutant. Et je ne vais pas mentir en disant que je suis heureuse que tu n'as rien hérité de ce sale moldu qui l'a mise enceinte. Cela m'aurait violemment fait bouillonner mon noyau magique, vois-tu.

 

Il fut secoué. Il remarqua alors qu'elle tenait entre ses mains un morceau de papier froissé certainement à force de l'avoir lue, et relue.  Le sien. Sa lettre. Et il comprit, il en eut d'ailleurs la respiration coupée. Elle était venue le voir. Mais lui ou était-il ? Ou était Tom ? Pourquoi agir avec un tel détachement à son égard ? Était-elle en colère contre lui ?

 

- Lianna ? souffla-t-il avec émotion.

- L'on ne m'appelle plus depuis longtemps par ce prénom ! Il ne veut plus rien dire pour moi, mais tu m'as connue sous ce prénom alors.... soit. Je n'ai pas envie d'argumenter sur ce sujet avec toi.

 

Elle était si froide.

 

Le cœur pulsant à la chamade, il la vit se dévêtir de sa capuche, et la première chose qui lui vint à l'esprit ce fut à quel point ses traits du visage semblait creusés, différents de la jeune femme autrefois d'une beauté ténébreuse qu'il eut connue. Ses boucles noires semblaient clairsemées et une lueur écarlate traînait dans son regard bleu-vert. Et il en eu à nouveau des frissons. Se rendant compte que tous deux étaient dans un moment d'observation mutuelle de leur personne, se fut encore une fois elle qui reprit la parole.

 

-  J'ai...effectivement changé, et toi aussi, tu as grandi, je n'aurais jamais imaginé que tu porterais un jour la barbe, Liliane serait si friande de toi, cela j'en suis certaine, et non, elle ne te détestait pas, cesse de songer à cela,  déclara-t-elle d'un air autant amusée que nostalgique.

Il y avait aussi de la colère.

- Elle n'est plus depuis longtemps, et ne saurait plus nous voir. Nous sommes différents tous les trois mais soit, je m'égare dans des souvenirs qui me reviennent en mémoire à cause de toi, et je déteste cela, cela ne devrait pas se produire... je te déconseille donc d'éviter de nous recontacter à nouveau la prochaine fois, tu as de la chance que ce soit moi qui ai récupérée la missive, et non celui que tu appelles Tom. Mais je suis venue, et tu as effectivement bien deviné, nous sommes des sorciers. Enfin, il me semblait avoir été clair la dernière fois que je t'ai vu, ...à l'orphelinat Wool- détruit par ailleurs désormais, un rictus étrange se dessina sur ses lèvres, mais certes, je dois bien avouer que j'étais curieuse d'apercevoir la progéniture de Mè...Liliane Evans !

 

Liam était confus. Pourquoi se reprenait-elle en nommant leur mère ? Pourquoi semblait-elle si distante et si sombre alors qu'il aurait voulu l'enlacer dans ses bras ? Lily observait curieusement la scène sans oser prononcer un seul mot, et lui ne savait pas trop quoi lui répliquer face à ses mots autant étranges que tranchants. Elle ne voulait pas renouer un quelconque lien avec lui. Au contraire, et c'était douloureux. Elle semblait le détester. Brusquement, elle enflamma d'une main la feuille qu'il c'était appliqué à écrire le jour précédent, leur donnant autant à sa fille qu'à lui-même un hoquet de stupeur.

Celle-ci venait de partir en fumée devant leurs yeux.

 

Il en avait les larmes aux yeux. Ça faisait mal.

 

Liam en avait le souffle coupé.

 

-  Tu fais partie d'un passé que j'ai oublié, Liam Evans, continua-t-elle d'un ton ferme et cruel, Je ne suis pas là pour émerveiller ta progéniture avec quelconque histoire afin de faciliter son entrée à Poudlard- bien que j'aie la sensation que le fait qu'elle ait hérité de Magie ne soit pas anodin, il me semble que la jeune Lianna, et le jeune Tom ont un jour expérimentés des choses sur Liliane afin qu'elle puisse marcher, je ne serais donc pas étonnée qu'il y ait donc un lien de cause à effet. Mais peu m'importe, encre-le-toi dans ton esprit, Liam, tu dois m'oublier. Nous oublier.

-  Mais, attend, Li' laisse-moi l'occasion de te parler, de comprendre....et pourquoi ne l'appelles-tu plus Maman mais Liliane ? Je te sens blessée mais ...tu sembles si...sombre qu'est-ce... on est de la famille, j'ai entendu des rumeurs comme quoi vous m'auriez donné le prénom que je porte ! Et je t'...

- Non, je t'arrête de suite, et ne m'oblige pas à te faire du mal, siffla-t-elle en le coupant avec une étrange dangerosité, je ne veux rien avoir à faire avec toi ni avec tes progénitures. Tu es un être non Magique...et ta fille est une sang-de..., hum oublie ! Dis-toi juste une chose, tu es en sécurité quand tu es loin de nous, Liam ! Et tu dois bien être le seul moldu en sécurité avec la guerre, et ça croit-moi, c'est un luxe que les autres n'auront pas. Pour Liliane. Et aussi... elle n'est pas ma mère. Je n'ai pas de mère ! Si tu oses nous recontacter, ta famille risque d'être en danger...de mort ! Alors laisse tomber l'espoir saugrenue que je lis en toi via tes pensées. Ni Tom ni moi-même n'avons jamais été bon pour toi !

 

Et sur ces mots, elle disparut dans un craquement sonore de l'arrière du jardin ne lui laissant pas le temps de reformuler une phrase supplémentaire, ni de lui demander pourquoi l'oublier, et pourquoi désirait-elle autant l'effacer de sa vie. Pourquoi ces barrières, alors qu'il venait d'avoir eu l'impression de ressentir une intense souffrance en elle ? Venait-elle également de le menacer ? Il cligna ses iris émeraude, blessé comme jamais. Inquiète pour son père, Lily lui demanda s'il allait bien, et s'interrogea sur cette mystérieuse femme, mais aucuns mots ne réussirent à passer la barrière de ses lèvres.

 

Il était sans voix.

 

Il posa alors Lily sous le sol, et sur le point de vomir, se dirigea à grandes enjambées vers la maison, et plus précisément à la salle de bain. Sa petite fille certainement paniquée de sa réaction était sur ses pas et cria après lui, angoissée comme jamais, mais le rouquin ne lui répondit pas ni ne la rassura pas sur les événements qui venait d'avoir lieu.

 

Liam se rendrait compte, quelques minutes plus tard, qu'il avait gardé dans le creux de sa paume, le pissenlit que sa fille avait ramené à sa beauté d'antan.

 

 

Son poing à force de l'enserrer, l'avait de nouveau détruit en mille morceaux, comme l'était à nouveau son cœur en cette chaude journée d'été de 1971.

 

Il comprenait désormais Pétunia. Son aînée avait peur de ne pas être assez bien pour ses parents, puisque lui-même avait à l'instant l'impression d'être inférieur à son frère, et à sa sœur adoptifs.

 

D'être à nouveau abandonné.

 

Et c'était un sentiment que ses deux filles ne devraient jamais ressentir en elles.

 

 

 

 

La plus puissante forme de Magie partie 1/2 by Chrisjedusor
Author's Notes:

Un os sur le thème de la maternité de Lianna envers le petit Elrick  et il m'a fallu bien longtemps avant de réussir à le retravailler entièrement, mais voilà chose faite.


Il est l'un de mes écrits préférés car il explore énormément la relation qui était présente entre la mère et le fils.


Cet os pourrait aussi être appelé...une journée dans la vie de Lianna Sauwer, non, MM ? xD


Bonne lecture,


Chris


 


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One tree hill et Shameless


Gif fait maison

 

Vendredi 30 octobre 1951, 20h39


 POV Elrick


Elrick était terrifié et restait caché en dessous de sa couette. Ses parents étaient rentrés à la maison depuis plusieurs minutes dans un crac !  sonore bien distinct, signe de transplanage, au sein de la petite cuisine de l'appartement. Poly, leur elfe de maison, venait de lui dire de rester enfermé dans sa petite chambre avec inquiétude. Le petit garçon ne comprenait pas pourquoi ses parents se criaient dessus de la sorte, eux, qui depuis quelque temps, étaient particulièrement à cran. L'enfant renifla bruyamment car il était certain, malgré son jeune âge, d'entendre des sortilèges fuser ici et là dans l'habitation, fracassant probablement les objets présents autour de ses parents. Nagini était montée sur son petit lit quelques minutes auparavant, et s'était glissé en dessous des draps avec lui. Elrick tremblait de tous ses membres mais la serpente le protégerait si cela devait dégénérer entre Maman et Papa. Poly était quant à elle présente devant la porte d'entrée de sa chambre, guettant le moindre problème qui pourrait survenir.

 - Tout va bien petit asticot, assura Nagini.

Le reptile s'était légèrement enroulé contre ses jambes, en guise de réconfort.

- Reste là jusqu'à temps que cela se termine si tu ne veux pas te prendre un malencontreux sortilège volant... à mon avis, tes parents ne doivent pas se larguer des incantations bénignes. Je vais jeter un œil et voir ce qu'il en est. Tu restes sagement avec cette petite créature aux oreilles trop longues. Je vais essayer de les apaiser, d'accord mini portrait de Lianna ?

 -D'accord Nini, siffla maladroitement le garçonnet.

Elrick n'avait aucune envie que Nagini s'éloigne de lui.

Le petit garçon tenait avec fermeté la couette dans laquelle il s'était dissimulé, recouvrant ainsi un peu les bruits qui provenaient de l'extérieur. La serpente glissa par-dessus ses petites jambes tremblotantes et le petit garçon osa finalement descendre un tant soit peu les couvertures, laissant apparaître ses cheveux blonds et ses yeux si semblables à ceux de sa mère. Il cligna ses paupières à plusieurs reprises afin de s'habituer à la luminosité provoquée par sa lampe de chevet posé sur le meuble qui se trouvait à côté de son petit lit. Nagini glissa entre la porte entrouverte alors que Poly visiblement tracassée, gesticulait sur place, ne sachant que faire face à cette situation.

 - Maîtresse Davilia et Maître Jonathan, vos grands-parents, jeune Elrick se retourneraient dans leur tombe, lâcha-t-elle avec tristesse.

La créature joua maladroitement avec le chiffon qui lui servait de vêtement.

- Madame Davilia serait tellement triste de voir que la petite Lianna est en train de devenir...une telle personne. Poly ne devrait pas dire ça devant le jeune Maître Elrick, mais Poly va protéger le jeune Maître de ses parents et trouver de l'aide, maîtresse Davilia serait d'accord avec Poly... Poly avait reçu l'ordre de Maitresse Davilia de me détacher de mes Maîtres si je n'étais pas bien traité. Elle avait si bon cœur avec Poly. Les Maîtres manquent à Poly.


 
La petite elfe venait de sauter maladroitement sur son lit, et le garçon fixa avec incompréhension celle qu'il considérait comme une amie, car il ne comprenait pas les sens de ses paroles. Les voix de ses parents se rapprochaient dangereusement dans le couloir et il se remit brutalement sous la couette, tout en sentant les frêles bras de la créature enserrer son petit corps en guise de réconfort, prête à utiliser sa propre magie elfique en cas de complication.


 - NE T'AVISE MÊME PAS DE T'EN PRENDRE À MON FILS, TOM ! cria Maman. OU JE TE JURE QUE TU AURAS AFFAIRE AU PIRE DES COMBATS DE TON EXISTENCE !


 - IL NOUS REND FAIBLES ! TU AS HÉSITÉ À TUER DEVANT NOS DISCIPLES, TU AS HÉSITÉ DEVANT CES JEUNES MOLDUS ! DES MOLDUS QUI T'EN ONT FAIT POURTANT VOIR DE TOUTES LES COULEURS QUAND TU N'ÉTAIS QU'UNE ENFANT CELA NE TE RESSEMBLE PAS ! ET AU CAS OÙ TU L'AURAIS OUBLIE LIANNA, IL EST AUSSI LE MIEN !


La porte de sa chambre s'ouvrit avec fracas et Elrick se recroquevilla en deux sous la couette. Les larmes aux yeux, il sentait parfaitement la présence de ses parents dans la même pièce et il ferma alors les paupières. Il tremblait de tous ses membres quand on tira avec force sur les couvertures. Ses petites mains potelées qui les tenaient fermement, glissèrent des draps, impuissantes face à la force de son père. Poly resté devant Elrick en guise de protection, se fit envoyer balader d'un geste brusque de la main et par la magie, de l'autre côté de la chambre, ce qui l'assomma sur le coup. Le bambin sanglota de plus belle en voyant sa jeune amie se faire malmener de la sorte.


 - POLY ! pleura Elrick. TU FAIS MAL A POLY, PAPA ! hurla-t-il.

Il était pris de frayeur.

 - TIENS, REGARDE COMME LES ENFANTS SONT DES ÊTRES FAIBLES, IL A PEUR ! IL S'INQUIÈTE POUR UNE MISÉRABLE ELFE DE MAISON ! 

 
Papa le souleva par le col de son pyjama et le positionna face à lui afin qu'il se retrouve devant sa mère. Il le maintint fermement par les épaules et le garçonnet gémit de douleur face à la poigne exercer par son père sur ses membres encore fragiles. Il voulut courir vers Maman, dont les yeux écarlates fixaient son père d'un air menaçant, et il comprit, malgré son jeune âge, que l'atmosphère électrique présente dans l'air ne présageait absolument rien de bon.


Nagini glissa entre les deux sorciers adultes et Elrick espéra qu'elle fasse quelque chose, mais la serpente ne siffla aucun un mot et se contenta de rejoindre silencieusement son père. Elle, qui avait finalement compris l'objet de la dispute, n'était pour une fois certainement pas d'accord avec les propos tenus par Lianna mais Elrick ne pouvait le savoir.


- Lâche notre fils ! siffla-t-elle à nouveau avec dangerosité.

Elle pointa sa baguette magique sur Papa. Ses yeux étaient aussi écarlates que ceux de sa mère.

- Toi comme moi savons tous les deux que tu ne lui feras rien, il est ton sang et tu tiens à lui, alors lâche-le ...tu ne veux certainement pas reproduire le même schéma que ceux qui nous ont lâchement servis de géniteurs ! Tu ne briseras pas cette promesse, Tom Riddle !


Sa mère savait parfaitement tourner les mots à son avantage. Elrick le avait à sa manière, elle obtenait bien souvent ce dont elle désirait des autres personnes.

Son père relâcha alors la pression exercer sur ses épaules et il le poussa plus délicatement vers sa mère qui s'empressa de le mettre derrière elle. Puis, sans crier gare, Papa toucha les écailles verdoyantes de Nagini mais jeta d'abord à œil à Maman et à lui. Sa mère le gardait précautionneusement derrière ses jambes et il tint des deux mains les pans de sa robe noire. Elrick enfuie son visage contre le tissu alors que son corps était secoué par ses sanglots.

 -  Je pense que tu dois faire la part des choses entre ce que l'on fait et notre enfant, lâcha son père.  Cela ne te ressemble pas et...

Papa regarda Maman de haut en bas avec incompréhension et chagrin.

- Et...j'espère que tu as remarqué que tu étais en manque de magie noire. Je sais que tu retenais tes pulsions, et que tu voulais tuer ces moins que rien ...ça, je n'en doute pas, mais tu as imaginé Elrick à leur place et ça je te l'ai promis cela n'arrivera jamais. Il sera élevé dans la puissance et la grandeur et personne ne le touchera.  Si tu ne veux pas involontairement lui faire du mal, en retenant tes instincts meurtriers envers ses êtres inférieurs et déporter ta mauvaise humeur sur Elrick, tu as particulièrement intérêt à retourner te défouler, avant de faire une chose que tu regretteras par la suite, Lianna. Tu sais que nous avons des serviteurs qui pourront également t'accompagner...tu ne tiendras pas longtemps en te contenant, nous en reparlerons quand tu seras calmé ma Dulcinée. Cette conversation tant pour moi que pour toi ne mènera à rien aujourd'hui ni dans les jours qui viennent, mais... je sais parfaitement que tu sais que j'ai raison....

Son ainé se retourna alors vers lui.

- Quant à toi Elrick, combien de fois vais-je devoir te dire de ne pas pleurer ? Tu n'es pas faible !  termina-t-il avec froideur.

Son père disparu de l'appartement avec Nagini dans un crac ! sonore. Maman crispa ses poings, et Elrick sut instinctivement que sa magie crépitait dangereusement jusqu'à ses doigts. Maman retenait bien souvent d'étranges pulsions devant lui et il la savait à l'instant d'une humeur massacrante. Cependant, au grand jamais elle ne levait les mains sur lui, et dirigeait à chaque fois sa colère contre tout autre chose qu'elle pouvait avoir sous la main.

- Mama ?  Papa et Nini ils sont pati où ? bégaya Elrick.

Il retint ses pleurs, et le bambin espéra que cela le ferait revenir.

-  Mama gade Poly, elle a un bobo, continua-t-il avec inquiétude. Mama ???

Maman continua de l'ignorer, et il osa se détacher de ses jambes pour trottiner jusqu'à l'elfe de maison qui se redressait maladroitement du sol et qu'il prit entre ses petits bras. Elrick était heureux qu'elle n'ait rien, hormis une petite blessure ensanglantée due à sa chute sur l'un de ses deux grands yeux globuleux.

Maman ne lui répondit toujours pas. Elrick perçut les vagues de Magie brute que Maman essayait de contrôler devant lui. Elle perdait le contrôle de ses pouvoirs, comme quand lui avait des excès de Magie accidentelles. Sauf que chez Maman, c'était beaucoup plus dangereux.


 - Tu restes sagement ici avec Poly, j'ai...à faire ! cracha-t-elle hors d'elle. Poly, surveille- le, et fait en sorte qu'il s'endorme ! Et oh, doux Merlin, Elrick c'est une elfe de maison, et tu es un sorcier, siffla-t-elle froidement, et cesse, au nom de Serpentard de pleurer, ton père va revenir et Poly n'a strictement rien !
 
Maman évita de croiser son regard alors qu'une moue triste s'affichait sur son visage. Elle transplana à son tour, et disparut de l'appartement alors qu'Elrick commençait de nouveau à pleurer bruyamment.  Il courut vers elle mais Maman avait rapidement disparue, le laissant seul.

Poly le prit à son tour entre ses bras afin de le bercer contre son corps frêle.


 ~*~


Vendredi 30 octobre 1951, 23h41

POV Elrick


Elrick avait fini par faire semblant de dormir. Il n'aimait pas être tout seul à l'appartement, mais il ne voulait pas non plus que Poly reste avec lui, parce qu'il voulait pleurer sans que personne ne le voit faire. Il voulait sa Maman et son Papa qui l'avaient laissé seul et il avait peur, car malgré le fait que sa petite lampe de chevet soit allumée, il faisait vraiment très sombre dehors, et il n'aimait vraiment pas les ombres qui se dressaient dans la pièce via les rideaux fermés de sa petite chambre. Le soir tout était calme, et il n'entendait plus les bruits des passants moldus et sorciers présents des deux côtés de l'immeuble car il était située entre le monde moldu et le chemin de Traverse, là où son père travaillait officiellement. Mais encore une fois, du haut de ses trois ans, il n'aimait pas ce silence pesant.
 
Son nez était rentré contre son oreiller, et il étouffa un nouveau sanglot, tout en serrant ses petits points contre sa petite peluche en forme de serpent qui changeait de couleurs selon ses volontés inconscientes, en guise de réconfort. Il était tout seul, et ni sa Maman et son papa n'étaient rentrés à la maison. Même Nagini qui le faisaient rire n'était pas là pour l'aider à s'endormir. L'enfant songeait vraiment que tout cela était de sa faute et qu'on allait le laisser seul avec Poly. Elrick songea brièvement à sa marraine Doréa car peut-être qu'il pouvait essayer de l'appeler par la cheminée du petit salon étroit, comme le faisait parfois ses parents ? Ou mieux encore, il pourrait peut-être appeler Tata Euphi ou Tata Haley ? Elles savaient y faire et saurait quoi faire pour aider et retrouver sa Maman ! Mais encore une fois, il était trop petit et ne savait même pas comment ses parents s'y prenaient pour le faire.


Elrick renifla de nouveau. Oui, il était tout seul avec Poly qui devait certainement nettoyer l'appartement dans lequel ils vivaient. Puis, alors qu'il serrait avec plus de vivacité sa peluche contre lui, il entendit un crac ! sonore et des claquements de hauts talons. Les pas étaient précipités et traversèrent rapidement le couloir où se situait sa petite chambre. La lumière de ce même couloir venait d'être éclairée et il se redressa brusquement avec une expression déboussolée plaquée sur son visage de poupon. Sa Maman était rentrée, il le sentait à son aura. Mais où était-elle allée et pourquoi ne venait-elle pas lui faire un bisou sur le front comme elle le faisait habituellement avant qu'il ne dorme ?

Elrick enleva alors les draps qui recouvraient son corps. Ce fut avec un petit saut qu'il descendit de son lit. Il avança pieds nus sur le carrelage froid, emmenant avec lui sa peluche serpente préférée qui abordai à l'instant un jaune vif. Elrick s'y prit à deux reprises afin d'atteindre la clinche de sa porte, mais il réussit à se faufiler dans le couloir.

L'une des paires de chaussures à talon de sa mère reposait négligemment sur le sol et une substance rouge longeait le parquet. Les traces menaient jusqu'à la salle de bain. Le petit garçon, curieux, s'abaissa pour toucher la substance écarlate entre ses doigts et l'amena à son petit nez. Une odeur de fer, métallique, le fit frémir de dégoût. Cela sentait la même chose que la fois où il était tombé à l'école et que cette couleur bizarre avait giclée de ses petites jambes égratignées.


Le petit garçon manqua de tomber à plusieurs reprises face à ces étranges gouttes qui jonchaient le sol mais il arriva jusqu'à la salle de bain et il entendit ...des sanglots ! Est-ce que sa Maman pleurait ? Sa Maman ne pleurait pas, elle disait toujours que ce n'était pas bien et pourtant, il entendait parfaitement la voix de Maman derrière la porte entre ouverte qu'il poussa.

Elle grinça sous ses gonds mais Maman ne réagit pas.

Le bambin ne comprenait pas vraiment ce qu'il voyait, mais il avait vraiment peur. Sa mère frottait vigoureusement sa chair au-dessus du lavabo de la salle de bain. Ses bras, ses mains, son visage étaient maculés de rouge et une odeur nauséabonde lui traversa de nouveau les narines. Sa robe noire, l'une de ces terrifiantes robes noires qu'il n'aimait pas était également tachée ici et là.

- Mama poukoi tu peures ?

Maman releva brutalement son regard écarlate et le remarqua finalement par le biais de la vitre. Elrick eut franchement peur qu'elle utilise la baguette magique, posée sur ce même lavabo. Il en lâcha d'ailleurs sa peluche à ses pieds et laissa échapper un hoquet de stupeur. Il ne comprenait pas pourquoi sa mère n'enlevait pas simplement ses tâches qui la faisaient apparemment pleurer à l'aide de la Magie comme elle le faisait habituellement. Puis, il remarqua finalement Poly, mortifiée et qui était arrivée à sa suite. L'elfe tenta vainement de le faire sortir de la pièce mais c'était à ce moment-là que sa mère réagit au grand désarroi de la créature épouvantée.

- Sors d'ici Poly, fit-elle avec calme.

Maman continuait de se frotter les mains.

 -.... Et si tu pouvais me faire un plaisir, va donc ennuyer Tom quelques jours et dit lui qu'effectivement cela m'a fait du bien, il comprendra, mais tu peux lui dire aussi que malgré tout, j'attends toujours ses excuses en bonne et due forme et que s'il veut revenir il a intérêt à me les présenter.

Maman arrêta de parler, et fixa Poly qui s'était positionnée devant lui pour le protéger.  

- C'est un ordre, siffla-t-elle. Je ne vais rien lui faire espèce d'idiote.

 - Poly ne peut pas laisser le jeune Maître avec Maîtresse Lianna, Poly ne peut p...

- C'est un ordre, répéta glacialement Maman en la coupant net. Hors de ma vue, Poly !


À cause du lien magique encore non détruit qui l'unissait à la sorcière, la petite elfe du malencontreusement obéir à l'ordre et elle disparut dans un crac ! sonore.


 -Viens ici, Elrick, maintenant.


- Mais Poly elle...

 - Viens ici, répéta-elle sereinement.

La Magie de Maman devait être apaisée pour être aussi calme.

- Poly est partie rejoindre ton père incroyablement têtu.

Maman montra alors du doigt le petit tabouret qu'Elrick utilisait pour se laver les dents.

-  Met toi donc là-dessus, Trésor.


Elrick était terrifié, et ne voulait pas s'approcher de sa mère car elle lui faisait peur et pourtant, bien qu'il n'eût jamais aimé quand ses yeux devenaient écarlates, ils étaient embués de larmes. Il s'avança maladroitement à l'intérieur de la pièce, ramassant au passage sa peluche qu'il serra fermement contre son petit corps. Il ne voulait pas que sa Maman soit triste. Était-ce à cause de lui ? Pourquoi semblait-elle plus calme que lors de son départ ? Allait-elle le punir pour avoir pleuré lui aussi ?


Il leva maladroitement les bras et elle le réceptionna afin de le déposer accroupi sur le tabouret présent à côté d'elle, face au miroir. Leurs deux visages si semblables apparurent alors dans la vitre et Maman soupira. Elle se décida enfin à faire usage de la Magie afin de nettoyer rapidement tout ce rouge maculant sa peau et ses propres mains puisqu'il avait touché la substance présente sur le sol du couloir.

- Maman est perdue, lâcha-t-elle, d'un ton abrupt.

Elle rangea sa baguette magique dans sa cape de sorcière.

- Je n'y  arrive pas, tu sais, mon Trésor ? C'est plus fort que moi malgré l'aide de tes tantes. Je n'y arrive pas mais je te le promets, j'essaie de contrôler mes pulsions. Tu ne mérites certainement pas de m'avoir pour mère, je n'ai jamais été, et je ne suis pas faites pour ce rôle. Je vais te détruire toi aussi, regarde ce que j'ai encore fait par simple colère. Je pourrais te faire du mal si je ne me contrôle pas... et avec tout ce dont j'ai fait et entrepris lors de ses voyages après ma sortie de l'école, mes pouvoirs se sont agrandi alors qu'ils étaient déjà bien imposants à cause de mon héritage et j'ai du mal à les contrôler. 

Elle soupira de nouveau.

- J'ai des projets que je remets sans cessent en question et pour lesquels j'adhère pourtant, mais une infime partie de moi ne veut pas de ça pour toi ! Je veux que tu aies ce que ton père et moi n'avons jamais vraiment eu bien longtemps, je veux que tu sois aimé, que tu ais des amis de ton âge avec lesquels tu pourras jouer sans que tu ne subisses des moqueries et des punitions comme ce fut le cas pour moi quand j'étais une petite enfant comme toi ... mais je veux aussi un futur ou ses misérables moldus seront à l'état d'esclavage, car ils ne sont rien, hormis une épine dans le pied à éliminer. Suis-je attiré par le pouvoir ? Certainement aussi, je ne le nierais pas ma dépendance à la magie noire et de ma nouvelle immortalité en sont certainement les preuves irréfutables ! Mais notre magie doit perdurer et je dois donc m'occuper de cela mon Trésor et... par Merlin, je suis vraiment navrée que tu m'aies vu dans cet état ...mais oublie cette idée qui persiste dans ton esprit : non, je ne suis pas fâchée contre toi, je vais juste m'atteler à essayer de concilier tout cela, ensemble...
 
Le petit garçon n'avait pratiquement rien compris du monologue de sa mère mais cela semblait faire du bien à Maman de vider son sac de la sorte. L'enfant ne comprenait peut-être pas un traître mot des paroles douloureuses émises par sa mère, mais il ressentit parfaitement son désarroi. Elrick comprit, malgré ses trois ans de vie, qu'elle était triste et ... à sa manière, il saisit également que son ainée avait dû être bien seule quand elle était une petite fille comme lui était un petit garçon à l'heure actuel.
 
-Moi ze zui pas fazé avec twa ! Ze t'aime, Mama !

Elrick se mit alors maladroitement debout sur le tabouret et passa ses deux bras autour des épaules de sa mère.  Cette dernière s'empressa de le prendre entre ses bras. Maman ne lui disait jamais « je t'aime » à voix haute mais il savait ce qu'elle ressentait, et le lui faisait comprendre, à sa façon. Alors, Elrick posa son visage sur son épaule et Maman sortit finalement de la salle de bain.

Peut-être qu'un jour, sa Maman serait guérie de ses maux.

 

~*~

 

 
Samedi 31 octobre 1951, 1h58


POV Elrick

Elrick n'arrivait pas à dormir malgré le fait que sa mère l'eût couché et bordé en personne dans son lit. Il s'était alors à nouveau laissé glisser en dehors de ses draps. Le petit garçon ne se sentait pas très bien depuis quelques minutes, il avait chaud et il était tout mouillé. Il ressentait d'étranges picotements le long de ses bras et de ses mains. Il n'aimait pas ça et puis, les objets tremblaient quand il passait devant eux, et il ne comprenait pas, alors il devait voir sa Maman.
 
L'enfant traversa de nouveau le couloir de l'appartement. Snoopy le serpent était bien maintenu contre lui et il trottina jusqu'à la chambre de ses parents. La porte grinça quand il réussit à la poussée afin d'y rentrer sans plus de cérémonie. Sa Maman ne dormait pas. Elle était en position assise, vêtue d'une nuisette de nuit, appuyée contre son oreiller. Sa lampe de chevet éclairait un grimoire positionné sur ses genoux, et dans sa main, se trouvait sa baguette magique qu'elle laissait glisser sur le parchemin en psalmodiant des mots qu'il ne comprit pas.

- Mama ? Z'ai mal !

Elle releva le regard vers lui, et haussa les sourcils.

~*~

POV Lianna

Elle releva son regard et haussa les sourcils. Lianna posa le grimoire de magie noire qu'elle ingurgitait sur sa commode alors qu'elle remarquait la silhouette haute comme trois pommes de son garçonnet, présente devant la porte d'entrée de sa chambre. Il trottina jusqu'à elle, et s'aperçut que les objets tremblaient sous le passage de l'enfant qui tenta vainement de monter par tous les moyens acrobatiques possibles sur son lit sans en demander la permission.

- Ca pik beaucoup, beaucoup, Mama ! expliqua maladroitement Elrick.

Il lui présenta ses bras et ses paumes de mains.

- Z'aime pas !

Elle soupira. Bien évidemment, sa magie faisait certainement des siennes sur son organisme. En plus de se développer, ses émotions avaient été particulièrement misent à l'épreuve aujourd'hui. Cela n'était donc pas très surprenant, heureusement qu'elle n'avait d'ailleurs pas eu à faire face à l'un de ces accidents magiques provoqué par les petits sorciers sans le vouloir. Elle n'aurait pas été d'humeur à gérer cela en ce jour rempli de tensions en tout genre.  Lianna le souleva alors et le posa sur le matelas, lui faisant ainsi cesser les sauts ridicules qu'il tentait d'effectuer depuis quelques secondes afin de la rejoindre.


- Toi comme moi avons des difficultés à dormir. Heureusement que tu n'as pas école, demain.

 Elle soupira à nouveau.

-  Allonge toi donc que je calme ça. Je n'ai aucune envie que tu détruises involontairement ce fabuleux endroit que nous louons, lança-t-elle avec une pointe d'ironie dans la voix. Vivement que nous allions habiter dans un endroit digne de nous.


Elrick étant habitué du phénomène savait pertinemment ce qu'elle allait faire. Il releva automatiquement le dessus de son pyjama sans qu'elle ne le lui demande. Lianna posa alors sa main sur sa peau douce de bébé et trouva son noyau magique par le biais de sa propre magie, ce qu'elle fit avec une facilité déconcertante. Après-tout, seuls les parents sorciers, dont la Magie était donc semblable à leurs héritiers savaient complètement apaiser la magie instable et croissante des petits sorciers en bas âge, incapable de se contrôler. Elrick se détendit alors qu'elle stabilisait ses cellules, et elle termina de le soulager en embrassant doucement son estomac avant de redescendre le dessus de son pyjama sous le rire aigu de son fils.

- Hum oui, c'est beaucoup mieux, il me semble, mon Trésor ? lâcha-t-elle avec un petit sourire.

Plus aucun meubles et objets ne tremblaient.

-  Viens donc sous les couvertures, nous allons essayer de dormir un peu.

- Ze peu dormir avec twa ? demanda joyeusement Elrick.

Il ne se le fit pas dire deux fois, et s'installa sous les couettes.

-  Vii ça pik pu !

- Pour cette fois, prévint Lianna.

Elle éteignit d'un geste de la main la lampe de chevet, sachant pourtant pertinemment que ce n'était ni la première et ni la dernière fois que cela se produirait. 

- Et bien sûr que cela ne fourmille plus, mon Trésor.  Dors un peu maintenant. Eh bien fort heureusement pour moi que ce n'est pas demain que j'avais rendez-vous au ministère, mais bien lundi.

Elle devait effectuer un entretien d'embauche afin d'obtenir un stage, dans le cadre de ses études universitaires.

- Ze t'aime ! Bonne nuit, Mama ! Papa va revenir, termina-t-il avec assurance.


Elle ne put alors éviter les deux petits bras de son fils qui les passa, tout souriant, autour de son cou.  Il l'embrassa avec vigueur sur la joue, la maculant ainsi de bave. Dans la pénombre, elle laissa échapper une petite grimace, cela faisait la deuxième fois qu'il prononçait ces mots en ce jour et elle soupira pourtant avec bien-être, ne se lassant pas de l'entendre sortir de sa bouche. Puis, elle se rapprocha, à son tour de son corps, et l'enserra contre sa poitrine. La jeune femme enlaça ses jambes avec celles du petit garçon, et pour la première fois de sa vie, elle ne reformula pas sa phrase pour détourner différemment un « je t'aime » à un « Tu es ce que j'ai de plus précieux », ou un « Je tiens beaucoup à toi aussi, Trésor ». Non, les mots roulèrent et glissèrent facilement sur sa langue sans qu'elle n'eût à réfléchir sur ses ressentis.
 
- Je t'aime aussi, Elrick et plus que tu ne peux te l'imaginer. Plus que ma misérable vie. Il en va de même pour ton père.

Le petit garçon sourit avec bien-être devant ces mots qu'elle prononçait pour la première fois de sa vie. Ses parents l'aimaient et ce fut tout ce dont il avait besoin d'entendre pour s'endormir comme une masse contre la poitrine de sa Maman qui ne tarda pas à en faire de même.

Le plus puissante forme de Magie 2/2 by Chrisjedusor
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Samedi 31 octobre 1951, 11h51

POV Lianna

La jeune femme observait discrètement son petit garçon. Il s'appliquait consciencieusement sur le parchemin posé face à lui  alors que les vestiges de son petit-déjeuner se retrouvaient laissés à l'abandon sur la table de la cuisine. Elrick tenait maladroitement entre ses doigts potelés un crayon magique utilisé spécialement par les enfants. Un air sérieux était plaqué sur son visage enfantin. L'air concentré abordé par son fils la fit sourire, attendrie.  Elle se projetait en  lui, et lui rappelait celle qu'elle avait été autrefois. Elle ne pouvait s'empêcher de le contempler durant ces moments. Parce qu'il l'apaisait et il était devenu une partie intégrante de son existence parsemée d'embûches. Elle ne le niait plus, il était son rayon de soleil dans la noirceur que devenait son âme.

- Rouze ou beu ta robe, Mama ?

Lianna sortit de sa rêverie. Elrick lui présentait deux crayons de couleurs différentes. Un sourire innocent était plaqué sur son visage rebondi dû à l'enfance. Il  attendait impatiemment son approbation. Elle déposa alors lentement sa plume sur le parchemin. Elle y prenait précédemment des notes centrées sur des recherches avancées qu'elle effectuait au sein de livres et de grimoires particulièrement complexes. C'était sur diverses formes de magie peu exploitées par les sorciers.


Son fils perdit son sourire. Il pensait certainement l'avoir dérangée dans ses recherches. Des signes d'appréhensions étaient visibles dans ses yeux si identiques aux siens. Elle secoua son visage vers le crayon rouge, ce qui eut le don d'illuminer le regard bleu-vert de l'enfant qui la fixa d'un air satisfait.

- Dois-je comprendre que tu essaies de me dessiner avec une robe, Elrick ?


 - Vi, madame Kayine veut qu'on dessine toute note famille, affirma-t-il sérieusement. Z'ai pesk fini papa et twa ! Regade, fit-il avec fierté.


Elrick glissa avec précipitation de sa chaise et emmena avec lui le parchemin sur lequel il dessinait avec fierté son œuvre. Le petit garçon trottina gaiement près d'elle et il lui tendit joyeusement le parchemin qu'elle prit précautionneusement entre ses longs doigts. Elle baissa ses iris claires sur les formes qui s'agitaient sur le parchemin grâce à ces crayons ensorcelés qu'elle eût acheté dans un magasin pour enfant sur le chemin de Traverse. Elle reconnut sans difficulté la vaine tentative de son fils de dessiner des personnages humanoïdes. Il était encore bien jeune, mais elle ne doutait pas qu'il avait hérité de sa propre passion. La jeune femme comprit rapidement que les gribouillis ondulés qui encadraient le contour de l'un des personnages difformes devaient certainement représenter sa propre personne.

La première petite forme tenait par la main sa forme humanoïde. Elle était beaucoup plus petite que la sienne et devait certainement représenter son fils avec ses boucles blondes. Son enfant tenait un autre individu aux cheveux brun foncé. C'était indéniablement Tom. A côté d'eux se trouvait une immense silhouette imposante. Son fils lui avait dessiner une grosse barbe et un ventre imposant.  C'était Rubeus, le parrain de son fils que Tom n'approuvait d'ailleurs toujours pas dans ce présent. Enfin, elle était sûre que les deux dernières silhouettes devaient respectivement représenter Euphémia et Haley. Tous les personnages se mouvaient dans ce qui lui semblait être une forêt. L'enfant avait essayé de dessiner des arbres qui ressemblaient plus à des gribouillages difformes. Au-dessus d'eux, on pouvait apercevoir un immense rond coloré de jaune qui suivait les mouvements des protagonistes avant de disparaître et de réapparaître de nouveau magiquement sur le parchemin.

-  Tu l'aimes ben twa, Mama ?

Elle arracha son regard du dessin pas encore totalement colorié et posa ses yeux sur son petit garçon. Elrick dont les paupières étaient plissées sous l'appréhension essayait d'identifier sa réaction avec anxiété. Il gigotait d'un pied à l'autre comme s'il avait besoin de se rendre aux toilettes. Lianna fit mine de réfléchir et s'amusa des mimiques successives apparaissant sur sa figure encore une fois si semblable à ses propres expressions du visage.

 - Il est parfait mon Trésor, et je suis certaine que ta maîtresse d'école sera parfaitement d'accord avec moi. Il ne peut pas en être autrement. Je ne tolérais de toute façon pas le contraire.


Elrick avait commencé les maternelles dans une école de pré magie cachée en plein centre de Londres. C'était un établissement dans lequel il irait certainement jusqu'à ses onze ans, âge où il ferait son entrée à Poudlard, à sa plus grande fierté. Les écoles de pré magie fonctionnaient globalement de la même manière que les écoles moldues. Ils apprenaient des notions telles que les mathématiques, l'anglais, la géographie, l'histoire afin de donner une éducation de base aux enfants. Ce système avait été mis en place par le ministère de la Magie une soixantaine d'années auparavant. Les enfants étaient libres de continuer ces matières lors ce qu'ils rentreraient dans une école de sorcellerie, en plus de leur cursus magique. La seule différence notable était l'apprentissage du contrôle de la Magie des touts petits afin d'éviter le plus possible les accidents magiques.

Elle sortit hâtivement de ses songes. Elrick affichait désormais un grand sourire, heureux qu'elle affectionne sa création.

- Et tu as vu ? Il y a Granny en Anze là, au-dezzus !

Lianna cligna ses paupières et se réattarda sur un point précis qu'Elrick pointait fièrement du doigt. Depuis que Tom et elle-même lui avaient enfin parlé de Liliane, de Mère, son fils mettait un point d'honneur à la faire apparaitre sur toutes ses œuvres. Une silhouette avec des grandes ailes se baladait non loin du soleil, et elle était clairement identifiable aux gribouillis roux, présents sur sa tête.

Sa gorge se serra inexplicablement alors que la forme humanoïde semblait veiller sur eux.

- Je vois bien, oui...souffla-t-elle toujours avec douleur.

Sa vision se troubla.

- Tu es tiste, Mama ?

- Non, Trésor, se reprit-elle en enfermant ses émotions qui n'avaient pas lieu d'être dans un coin de son esprit.  Ta Grand-mère est très réussie. Elle aimerait ça.

Cependant, le sourire du garçonnet s'effrita tout de même sur sa petite frimousse avec inquiétude.

- Je zens que t'es tiste, Mama. Et moi auzzi ze....

Son fils venait de se souvenir de quelque chose d'important auquel il n'avait indéniablement pas pensé auparavant, et elle fronça ses sourcils car ses yeux clairs se brouillaient à son tour de larmes.

- ....Et moi auzzi ze zui tiste paseke Papa est pati !

Sans qu'elle ne puisse faire quoi que ce soit, il s'éloigna rapidement d'elle, ne voulant  certainement pas qu'elle ne se fâche à son tour en le voyant pleurer.

Elrick se dirigea vers la seule fenêtre de l'appartement. Elle donnait vu sur le monde moldu. Il monta sur le rebord de cette dernière grâce à un petit tabouret se trouvant à proximité et renifla bruyamment. Lianna se leva rapidement, et fit craquer la chaise en bois sur laquelle elle était assise quelques instants auparavant. La sorcière se dirigea vers son petit garçon dont le visage était maintenant plaqué contre la vitre froide, laissant libre court à ses sanglots. Elrick suivait des yeux les nombreux piétons moldus qui passaient à pas pressés sur le trottoir.

- Trésor, je t'ai dit hier que tu n'es pas responsable du départ de ton père. Ton père et moi nous avons deux tout simplement besoin de nous calmer.

Lianna le souleva et le prit calmement contre sa poitrine. L'enfant se lova alors contre son bustier et logea son visage sur son épaule. Elle frotta doucement son dos en guise de réconfort, et elle maudit intérieurement et pour la première fois de sa vie celui qu'elle aimait. Tom n'avait pas à infliger une telle peine à leur petit garçon alors qu'ils s'étaient tous deux promis de ne pas répéter les erreurs de leurs ascendants. Il avait décidément intérêt à se plier en deux et à s'excuser de son comportement envers eux.


- Je suis sure qu'il aimera lui aussi ton dessin, Elrick et...il va revenir très rapidement, il faut juste qu'il se calme, crois-moi, je le connais par cœur, et je ne te donne pas deux jours ...qu'il va me supplier de le pardonner pour avoir haussé le ton, il s'en voulait déjà en partant... 


Pour la première fois de sa vie, certains points de vue avaient divergé sur la manière de faire les choses et la cause de cette dispute était tout simplement due au petit-être qu'elle portait avec affection. C'était pour lui, et seulement lui, qu'elle essayait de changer, de voir le bon dans sa vie. L'amour qu'elle ressentait pour cet enfant était de plus en plus fort, mais elle n'arrivait malheureusement pas vraiment à aller au-delà de ses idées bien arrêtées. De plus, elle se réjouissait et éprouvait toujours autant de plaisir malsain face à ces meurtres qu'elle orchestrait à l'encontre de ses êtres inférieurs.

- Tiens, regarde ça, Trésor, fit Lianna.

Elle espérait lui changer les idées.

-  On dirait que les petits moldus s'amusent avec cette fête d'Halloween. Quand j'étais une petite fille, les ...hum, et bien personnes qui s'occupaient de l'orphelinat dans lequel je vivais nous donnaient une petite sacoche dans laquelle nous allions récolter des friandises. Que dirais-tu que nous nous...essayons à cette tradition toi et moi ?


Lianna observait avec dégoût les parents moldus accompagnés de leurs progénitures. Ellesétaient déguisées avec divers accoutrements différents tels que des petites tenues de citrouilles, de fantômes ou encore de petits sorciers pour ne citer que cela, et elle venait de songer au fait qu'elle pourrait éventuellement faire un effort en se mêlant durant quelques heures avec ses êtres non magiques pour le bien-être de son fils. Rien que pour cela, elle ferait en sorte de garder sa haine bien profondément enfuie avec ses instincts meurtriers envers ces moins que rien. Elle se devait d'essayer comme elle l'avait d'ailleurs promis à ses deux meilleures amies de le faire quand elle oserait passer le capte. Lianna se pensait assez calme et devrait arriver à se contrôler deux petites heures. Cela ne devait pas être bien compliqué, n'est-ce pas ? Peut-être quand étant avec son fils, elle y arriverait ? Devait-elle demander à Haley ou à Euphi de l'accompagner en cas de soucis ? Non, songea-t-elle. Elle pouvait le faire. Seule.


Lianna s'était bien abstenue de dire au petit garçon que les frères et soeurs qui s'occupaient des orphelins lui interdisaient ce genre d'événements à cause de sa monstruosité, et du non-contrôle de ses pouvoirs magiques qui l'avaient mise dans des situations parfois dangereuses dont elle était automatiquement désignée pour responsable. Elle ferma brièvement les paupières, se refusant de songer aux coups de ceintures et aux gifles qu'elle recevait au même titre que Tom.... pour avancer. Oui, son objectif était de faire sourire son petit bébé aujourd'hui ! Elle devait essayer, juste une fois. Pour mère aussi, pour les quelques personnes qui croyaient en sa rédemption. Cela prouverait également à Tom qu'ils avaient tords et qu'ils pouvaient le faire...


 -Tu n'aimes pas les modus Mama, remarqua Elrick qui sanglotait encore contre elle.  Tu dis qu'ils zont mecant !
 
- Et bien Maman a décidée de leur laisser à nouveau une infime chance aujourd'hui, chuchota-t-elle.

La jeune femme regrettait déjà d'avoir songé à cette idée ridicule.

-   Oui, c'est cela, une infime chance...


Elrick releva alors la tête avec stupéfaction et un petit sourire apparut sur ses lèvres.

 
- Il faut zonner aux potes des modus, madame kayine l'a dit ! Pour avoir des bonbons !


 - Hum, je vois que ta maîtresse d'école est une adepte de la culture moldue. Mais oui, si le peu de souvenirs que j'en ai est... juste... c'est bien cela ...

Lianna caressa pensivement l'arrière du crâne de son petit garçon. Elle entremêla alors ses doigts dans les bouclettes blondes déjà emmêlées de l'enfant, tout en continuant de fixer pensivement du regard ces moldus qui dépeignaient une partie de leur monde avec tant de ridicule qu'elle ravala une nouvelle remarque méprisante à leur sujet afin de tenir la promesse qu'elle venait de se faire :  faire sourire un peu Elrick.

Et faire un effort extrême sur soi même.

- Bien, il me semble que cela sera plus facile pour nous de se déguiser n'est-ce pas, Trésor ? On va jouer aux « sorciers ». Bien que cela ne soit pas un déguisement pour nous, c'est le seul jour où nous pouvons sortir sans subir des regards déplorables de la part des moldus... mais d'abord, nous allons prendre un bon bain, ce n'est pas comme si nous étions encore en tenu de nuit tous les deux mais c'est tout comme, nous avons décidément bien traînés ce matin, toi et moi...

Elle était effectivement vêtue d'un peignoir de chambre à l'image de son fils qui était toujours affublé de son pyjama mais il affichait désormais un grand sourire, et  elle lui répondit, à son tour par un sourire incertain. 


~*~


Samedi 31 octobre 1951, 12h32

POV Lianna


Elle jouissait de ce moment de détente. Ses yeux étaient fermés et elle profitait de l'eau chaude qui décontractait ses muscles. Lianna évitait soigneusement de songer à Tom. La nuque posée contre le rebord de la baignoire et son fils étendu sur le dos contre sa peau dénudée, elle aurait probablement pu s'endormir si ses pensées contradictoires vis-à-vis de ses idéologies cessaient de lui traverser l'esprit, ce qui l'agaçait particulièrement. Se détendre avant de mettre un pied dans le monde moldu étaient pourtant une bonne idée, surtout afin qu'elle ne fasse pas de mauvais pas qui mettrait à découvert la nouvelle identité qu'elle avait, ou plutôt qu'ils avaient décidé de prendre au cours de leur scolarité, à Poudlard.

- Tu me fais revoir mes positions, malgré moi, souffla-t-elle.

Elle jouait avec les cheveux mouillés de son fils. Il était sur le point de s'endormir, certainement fatigué par sa nuit agitée.

-  Tu me fais du bien, continua-t-elle pour elle-même. Et pourtant, mes idéologies sont bien là. Je n'étais pas censée te donner la vie, pas avec les desseins que j'avais prévu et décidé de poursuivre pour mon avenir. Les monstres ne sont pas censés avoir d'enfants, tu sais, on me l'a assez répété autrefois à l'orphelinat, et j'y ai cru. Peut-être que ce vieux fou a un peu raison finalement ou ...peut-être que je devrais vraiment m'y prendre autrement afin d'obtenir tout ce que je veux ?  En tout cas, Elrick, c'est bien la première fois que ton père et moi sommes en désaccord, mais crois-moi tu l'as un peu assagi, lui aussi. Bien qu'il se soit légèrement emporté, il déteste avoir tort... Peut-être que comme il le dit, cela ne nous empêchera pas d'avoir le pouvoir après tout, au contraire... soupira-t-elle. Bien, lavons ces cheveux emmêlés, ils sont décidément bien pires que mes boucles, Trésor.

Cependant, à cause de la pratique de la magie noire, elle semblait particulièrement les perdre, et il fallait qu'elle trouve une solution à ce phénomène.

-  Ta masse de cheveux est une vraie catastrophe. Mais bon, je devrais me faire à l'idée d'avoir une version masculine et miniature de ma propre personne, commenta-t-elle.

Elle voulut le remettre droit, mais son corps s'était laissé aller contre sa poitrine. Son fils s'était endormi, apaisé dans ce bain chaud et moussant, alors qu'elle-même avait encore une fois laisser sa main vagabonder dans ses cheveux blonds, hérité de sa présumé mère biologique. Jouer avec ses boucles de cheveux avait le don d'assoupir rapidement l'enfant en bas âge. Elle soupira car cela devait faire un bout de temps qu'elle avait laissé vagabonder ses pensées, à se reposer avec son fils dans ce bain.


 - Elrick, mon Trésor, réveille-toi.

Elle câlina son petit estomac en espérant le réveiller avec douceur. Il gigota contre elle. Puis, il se retourna sur le côté, ce qui était une très mauvaise idée puisqu'il allait se retrouver la tête la première dans l'eau. Lianna qui le tenait entre ses jambes anticipa son geste, et le releva, ce qui le réveilla sur le coup, puisque la différence que lui procurait la chaleur corporelle de sa mère en comparaison avec l'air frais de la pièce lui donna la chair de poule. Elrick papillonna instantanément des paupières et il  ouvrit ses yeux en gémissant des paroles incompréhensibles.


 - Mama ? grommela-t-il d'une voix pâteuse. Z'ai foid !


- Et bien, tu t'es endormi, Trésor ? Oui, je sais, je vais m'occuper de tes cheveux et nous sortons de là ! Il me semble que nous avons des bonbons à récolter aujourd'hui toi et moi.


- Pas dans les zeux, te plait ! Viii ! se réjouit-il.

Il fit gaiement gicler l'eau avec ses mains.

-  On va avoir pleiiiiin de bonbon !


- Je vais faire attention, promit Lianna. Cependant, ne bouge pas et calme-toi, ordonna-t-elle.
 
Les yeux clairs du petit garçon s'étaient instantanément éclairés à la mention des friandises et il obéit rapidement à l''ordre qu'elle lui donna avec dureté. Pendant qu'elle l'enserrait contre elle afin de lui prodiguer un peu de chaleur, elle entreprit de prendre un peu de shampoing sur la paume de ses mains tout en tenant son fils contre elle. Elrick était encore si petit dans une baignoire pleine d'eau. Elle massa alors le cuir chevelu de l'enfant, en évitant de lui faire mal, car les enchevêtrements des cheveux du bambin étaient une véritable prise de tête. D'un geste de la main, elle fit alors venir sa baguette magique à sa portée, et la réceptionna avec une habilité saisissante.

 - Ferme les yeux !

L'enfant obéit à nouveau, ne voulant pas l'irriter d'une telle manière que cela annulerait leur sortie chez les moldus. 

 

~*~


POV Elrick


Maman venait de le vêtir avec pantalon noir et une chemise rouge, assorti à une petite cape de sorcier en satin. Un vrai petit sorcier avec cette cape lui avait-elle confirmé d'un air approbateur quelques minutes auparavant.  Il était maintenant positionné et assis à même le lavabo de la salle de bain, et faisait aller ses petites jambes de haut en bas, excité à l'idée de sortir avec sa Maman en dehors de ce bâtiment typiquement sorciers et composé de plusieurs appartements mis en location, sans devoir aller à l'école.


Elrick ne grogna même pas quand elle utilisa sa baguette magique afin de démêler ses belles boucles blondes que sa Maman aimait tant. Il la regardait maintenant sagement se préparer, et l'enfant comme à chaque fois qu'il observait ces laides marques sur le corps de sa mère se posa des questions, à sa manière. Il n'aimait pas les traces blanches qui ornaient le dos de sa mère ou même les taches étranges, plus claires, qui se retrouvaient ici et là sur ses bras, sa poitrine ou encore ses genoux.


Sa maman lui avait déjà dit que c'étaient des cicatrices qu'elle avait eues quand elle était encore une petite fille, sans aller plus loin dans ses explications. C'était quand elle vivait dans cet endroit ou les enfants n'avaient plus de Maman et de Papa, avant Granny.  Oui, Elrick n'aimait pas les blessures de Maman, et il voulait toujours donner des bisous sur ses blessures qui lui faisaient peut-être mal, comme elle le faisait elle-même quand il se faisait mal et se blessait.
 
-Tu me sembles bien pensif, mon Trésor, qu'as-tu donc ?


- Tu tombais beaucoup quand tu étais pitite comme mwa ? lança-t-il en osant pour la première fois lui poser la question qu'il avait sur le bout de ses lèvres.  Tu as pu mal à tes bobos ?

Sa mère qui enfilait l'une de ses nombreuses robes fronça les sourcils et la lueur écarlate qu'il détestait tant voir surgir dans le regard de sa mère fit son apparition.

Ses pupilles s'ancrèrent alors dans les siens avec mécontentement.


 -  Oui, c'est cela, je me blessais beaucoup, lança-t-elle d'un ton ironique.

Maman renifla étrangement.

- Ne t'en fais pas, Trésor, je n'ai plus mal depuis longtemps.

Maman vint alors vers lui, et il s'accrocha fermement à son cou, essayant de lui transmettre, à sa manière, tout son Amour.

 Car c' était la plus puissante forme de Magie.

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