La traîtresse et la fille trop parfaite by bellatrix92
Summary:

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Amadea Munch, une ex-auror aigrie, cumule les défauts: jalousie, mauvais caractère, passé trouble et comportement parfois aggressif, surtout avec les chats de ses voisins.

Sauf que ces chats ont une histoire, et celle qui les a recueillis également...

 

L'image appartient à Warner Boss.


Categories: Réponse aux défis Characters: Famille Malefoy, Professeurs de Poudlard
Genres: Famille, Guerre
Langue: Français
Warnings: Scène(s) gore(s)
Challenges: Aucun
Series: On a échangé nos OC, Les Enfants perdus, La Guerre des Sorciers
Chapters: 6 Completed: Non Word count: 8966 Read: 1083 Published: 20/08/2020 Updated: 28/09/2020
Story Notes:

Histoire écrite dans le cadre du concours "On a échangé nos OC".

 

Attention: passages violents dans les deux premiers chapitres (d'où le warning -12), ainsi que dans le dernier.

1. bris de vitres by bellatrix92

2. Urgence absolue by bellatrix92

3. Entretien à Sainte Mangouste by bellatrix92

4. Fudge demande conseil: by bellatrix92

5. Plaintes croisées by bellatrix92

6. Scène de crime by bellatrix92

bris de vitres by bellatrix92
Author's Notes:

Voici mon premier chapitre avec L'OC qui m'a été confié: Amadea Munch, née Bibine.

 

Je ne sais pas qui l'a créé mais c'est un sacré défi! Merci!

 

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez!

Fin d’Automne 1990 :

C’était une mauvaise journée pour se rendre au ministère, surtout lorsqu’on était obligée de se déplacer avec un fauteuil roulant. La pluie fine qui tombait était terriblement froide et elle se sentait congelée jusqu’aux os. Les quelques feuilles qui volaient encore lui fouettaient le visage dans une gifle mouillée avant d’aller tomber au sol où elles s’amassaient, tapis spongieux et gluant peu pressé de se faire ramasser et évacuer.
Mais aujourd’hui, elle ne pouvait pas différer, pour la simple et bonne raison qu’elle avait été convoquée dans le bureau des aurors après avoir déposé plainte, pas contre n’importe qui d’ailleurs.

Elle avait toujours aimé lancer des pierres aux chats de ses voisins, un peu normal puisqu’elle détestait les chats et les voisins en question : un couple de professeurs moldus à peu près de son âge avec deux enfants : Baptiste et Adelia. Tous insupportablement beaux, horriblement doués et travailleurs. Une famille tout ce qu’il y avait de plus parfaite et cela l’horripilait.
Leurs enfants, heureusement, étaient un peu plus jeunes que les siens ce qui fait qu’ils n’avaient jamais eu la tentation de jouer ensemble, autrement elle aurait été bien embêtée.

Quelle idée aussi d’habiter dans un quartier moldu. Ah oui, son mari en temps qu’employé du ministère devait se mêler à eux dans cette ville de Hastings ou vivaient de nombreuses familles de sorciers. Ce afin de « prendre la température » et d’anticiper les crises.

Chez ses voisins, les Saltham, on visait haut et cela était bien normal après tout. Le garçon venait d’ailleurs d’être accepté dans une grande école, à la joie immense de sa mère qui s’en était vantée tout l’été au téléphone.
Depuis qu’il était en âge d’être scolarisé, Amadea le voyait sortir de chez lui tous les matins de la semaine dans un uniforme impeccable, chaussures cirées et boutons de manchettes rutilants. Rien à voir avec les gamins de l’arrêt de bus d’en bas et leurs pauvres polos violets ou bleus à boutons de plastique beige. Non, ceux-là fréquentait le collège du quartier qui était loin d’être réputé.
Baptiste Saltham, lui, avait été admis à l’institut le plus prestigieux de la ville de Hastings et sa petite sœur aussi d’ailleurs, même si elle se faisait plus discrète et couvrait souvent son uniforme d’un long manteau noir lorsqu’elle prenait le chemin du lycée.
Bref, leur scolarité était brillante, leurs parents extrêmement exigeants avec eux…

Et Amadea se maudissait de n’avoir jamais été aussi exigeante avec ses propres enfants. Déjà qu’elle devait mentir en permanence pour couvrir leurs absences de la maison… Depuis leur admission à Poudlard elle prétendait les avoir envoyés dans un internat, ce qui avait contribué à faire passer leur famille pour les membres d’une secte…
… Déjà que leurs quelques faux-pas vestimentaires les faisaient repérer de loin à leurs débuts… Heureusement les Saltham n’étaient pas encore là à l’époque où ses enfants avaient commencé à manifester leurs pouvoirs magiques…

Elle adorait ses enfants bien-sûr, elle et sa fille étaient très proches d’ailleurs… Mais pourquoi avait-il fallu qu’ils fassent des choix de carrière aussi médiocres ? Sa fille aînée se contentait d’un simple poste d’infirmière à Sainte-Mangouste, son fils encore pire…
… Il était devenu « testeur de balais », la honte de sa famille ! Depuis quatre générations les Munch, comme les Bibine d’ailleurs, avaient toujours eu des métiers prestigieux. Même sa sœur cadette avait réussi à devenir professeur !
Certes, professeur de vol et arbitre de Quidditch pour Poudlard… Mais pour cette gourde trop gâtée qui n’avait jamais réussi à faire le moindre effort, c’était déjà pas mal.
Et à part elle, il n’y avait dans les deux familles que des aurors, des employés haut-placés du ministère et deux médecins-chefs à Sainte Mangouste.
Rien à faire, ses enfants faisaient tâche, malgré tout l’amour qu’elle leur portait elle avait été obligée de faire preuve de franchise avec eux… Avec pour seul résultat que son fils espace encore un peu plus chacune de ses visites.
Sale gosse, s’il n’avait pas été complètement autonome du haut de ses vingt-trois ans, elle lui aurait bien coupé les vivres.

Quand elle disait « les chats de ses voisins », Amadea parlait en fait des bêtes errantes qu’Adelia, la plus jeune des Saltham, se plaisait à nourrir pour les apprivoiser. C’était une jeune fille d’une douzaine d’années environ, responsable quoique discrète et Amadea la tolérait uniquement parce qu’elle avait eu l’idée judicieuse de faire stériliser les bêtes qu’elle recueillait.
Pourquoi faisait-elle ça et combien d’argent de poche y avait-elle passé ? Elle ne voulait pas le savoir mais avec quatre bestioles : une mère et ses trois chatons, tout l’argent de Noël avait aussi du y passer.

Or, deux jours plus tôt, Amadea avait entendu des cris provenant de chez ses voisins. Plus précisément, le bruit d’une violente dispute. C’était parfait, elle qui aimait tout savoir sur ce qui se passait dans la rue et chez ses voisins…
En ce samedi d’automne et déjà de bon matin, Mr et Mrs Saltham étaient aux prises l’un avec l’autre, elle en avait eu la certitude en se glissant contre le mur séparant leurs deux maisons. Plusieurs années auparavant, elle avait commencé à jeter des sorts d’acoustique pour pouvoir écouter au travers et, à présent, c’était devenu inutile du fait de la persistance magique.

Ce n’était pas du tout la première fois que le couple se disputait. Depuis plusieurs mois, les accrochages étaient récurrents, d’une fréquence et d’une violence croissante. Amadea en connaissait même la cause du fait de ses écoutes fréquentes et de sa surveillance active de la rue :
Mr Saltham, en homme qu’il était, voyait d’autres femmes, prostituées ou conquêtes d’un soir. Bon, cela Mrs Saltham aurait quand-même pu s’en douter puisque cela faisait des années. Amadea le lui avait d’ailleurs fait très judicieusement remarquer lorsqu’elles s’étaient croisées pour la dernière fois quelques semaines plus tôt.
Depuis, les deux femmes ne s’adressaient plus la parole et Mrs Saltham semblait éprouver une peur panique à son égard, ne comprenant probablement pas comment elle avait été au courant de la chose. C’en était jouissif.

Les disputes de couple chez les Saltham n’avaient jamais abordé le sujet directement bien-sûr, entre gens bien élevés on restait sur des non-dits. C’était des accrochages qui démarraient sur un rien et se terminaient sur des insultes, un déchaînement de violence verbale qui aurait semblé totalement irrationnel à quiconque n’aurait pas connu ou soupçonné la situation. Et Amadea avait rapidement compris que Mr Saltham avait largement le dessus à ce jeu-là.

Cependant, cette fois-ci, les choses semblaient différentes et cela expliquait l’intérêt renouvelé d’Amadea.
Habituellement, c’était Mrs Saltham qui commençait à se mettre en colère et son mari la remballait dans un premier temps, avant d’attaquer à son tour et de la pousser dans ses retranchements. Lui criait rarement, haussant simplement la voix, mais ses mots étaient destructeurs et depuis que cela durait, Mrs Saltham semblait de plus en plus fatiguée et à bout de nerf à chaque voix qu’Amadea la croisait. Elle l’aurait plainte, si seulement son propre cœur ne s’était pas endurci depuis longtemps.
Aujourd’hui pourtant c’était Mr Saltham qui avait attaqué le premier, avec calme au départ ce qui expliquait probablement qu’elle n’ait pas entendu les premiers échanges.

Amadea, bien qu’elle ait pris la discussion en route, n’eut aucun mal à comprendre qu’il était question d’un collègue de Mrs Saltham, que ce collègue empiétait un peu trop sur sa vie d’après Monsieur et que ce dernier en concevait quelques soupçons…
Oh, rien de bien grave, seulement il exigeait qu’elle prenne drastiquement ses distances avec lui :
- Nous sommes amis depuis des années… Protesta Mrs Saltham sur un ton désespéré. Pourquoi est-ce que tout d’un coup… ?

C’était cette phrase qui avait attiré l’attention d’Amadea alors qu’elle était en train de tricoter, et qui l’avait poussée à venir se coller au mur avec toute la vitesse que pouvaient fournir les roues de son fauteuil. Le ton de l’épouse Saltham lui rappelait des souvenirs, mauvais… Des souvenirs de sa brève carrière d’auror pour être précise et qui suffisaient à la mettre mal-à-l’aise.

Elle se souvenait de cette femme, c’était juste avant la naissance de Sandra et elle était en charge des sortilèges d’écoute, sa grande spécialité. Ils soupçonnaient la famille de servir le Seigneur des Ténèbres. Et puis un jour on avait retrouvé l’épouse morte, ayant mis fin à ses jours en ingérant un poison.
Le mari elle le connaissait, c’était un informateur comme elle nommé Rockwood, mais entré bien plus tôt au service du Seigneur des Ténèbres. Il avait reçu la marque quand elle avait du se contenter d’un simple statut d’informatrice du fait de son infirmité.
Remarque, cela rassurait son mari et à présent ils en étaient bien arrangés : elle y avait au moins gagné une certaine tranquillité.

De l’autre côté du mur, la dispute se poursuivait. Ou plutôt, Monsieur menaçait Madame qui pleurait à présent, recroquevillée dans un coin.
Amadea n’aimait pas Mrs Saltham, elle la jalousait et la méprisait à la fois. Mais son mari elle l’exécrait plus encore. D’un geste fébrile, elle sortit sa baguette. De l’autre côté de la paroi, la femme poussa un hurlement de frayeur :
- Laisse-moi ! Cria t-elle à son mari. Laisse-moi tranquille !

A présent elle sanglotait. Amadea examina plusieurs possibilités, dont celle de transplanner directement dans le salon du couple et celle d’abattre le mur qui les séparait.
Non, elle abandonna immédiatement la seconde option. Pour faire s’écrouler les deux maisons il n’y avait pas mieux. Quant-à transplanner…

Un coup à avoir des ennuis avec la justice magique.

Pourtant, de l’autre côté, la dispute qui se transformait peu à peu en règlement de comptes violent la mettait de plus en plus mal-à-l’aise, quand bien même il s’agissait de moldus. Pouvait-elle appeler la police ? Elle n’était même pas sûre qu’ils prennent la peine de se déplacer s’ils étaient comme les aurors.

La voix d’Adelia Saltham résonna soudain de l’autre côté et Amadea comprit qu’elle essayait de prêter main-forte à sa mère. Il y eu un claquement, comme une gifle et l’ex-auror entendit la gamine tomber au sol avec un cri de douleur, puis un cliquetis métallique de mauvais augure.
- Non ! Hurla Adelia Saltham de l’autre côté de la paroi.

La ceinture siffla et claqua deux fois, puis cinq, puis dix, probablement sur le dos de sa mère puisque ce furent ses cris qui résonnèrent. Amadea, pétrifiée d’horreur ne savait plus quoi faire… Ou plutôt la situation lui avait totalement fait perdre ses moyens.
En temps qu’auror, transplanner de l’autre côté, même en fauteuil roulant, et liquider l’adversaire n’aurait pas du lui poser problème. De plus, étant capable d’oublietter les personnes et en situation de légitime défense, cela ne pouvait même pas l’arrêter sur le plan légal. Mais voilà, elle hésitait :
Déjà elle n’était pas sûre d’avoir envie d’aider, elle qui avait toujours détesté les moldus. Ensuite, les souvenirs qui l’assaillaient semblaient vouloir la forcer à l’immobilité ainsi qu’au fatalisme.
Des femmes qui mourraient sous les coups de leur conjoint ? Il y en avait pleins et que pouvait-elle y faire ? Si elle intervenait, le type recommencerait une autre fois, c’est tout.

Adelia Saltham n’avait pourtant pas du abandonner la lutte de son côté, car elle l’entendit distinctement se lever avec effort et se jeter sur son père en hurlant :
- Arrête !

Un bruit de chute apprit à Amadea qu’il venait, une fois de plus, de la repousser en la jetant à terre. Ce qui suivit fut plus confus mais, soudain, Adelia poussa un hurlement qui dut s’entendre dans tout le quartier.

Et Amadea comprit que ce n’était pas un hurlement naturel au moment où toutes les vitres de sa maison volèrent en éclat, comme celles de tout le quartier probablement...
Urgence absolue by bellatrix92
Author's Notes:

Après plusieurs semaines, voici enfin la réaction de Mrs Amadea Munch. 

En vous souhaitant bonne lecture et merci à ceux qui m'ont laissé des commentaires!

Elle avait fait exploser les vitres… Adelia Saltham venait de faire exploser toutes les vitres de sa maison, et également de celles des voisins rien qu’en hurlant…
Ce qui voulait sans doute dire qu’Adelia Saltham était une sorcière, il n’y avait aucune autre explication possible.
Amadea ne mit qu’une seconde à se décider. Son salon était peut-être dans un état effroyable : vitres brisées, petits objets renversés, mais elle ne prendrait pas le temps de réparer quoi que ce soit, il y avait urgence. Au lieu de cela, elle transplanna directement sur le perron de la maison Saltham et sonna.

Pas de réponse. Un silence de mort régnait dans la rue, comme si elle s’était trouvée tout entière en état de choc.

La peur au ventre et ses sens d’auror en alerte maximale, Amadea déverrouilla la porte d’un coup de baguette et entra. Le hall était vide de toute présence humaine, mais c’était comme si une tornade était passée par là : meuble à chaussures et porte-manteaux arrachés du mur, éclats de verre du miroir et des cadres photos… Même le papier peint avait été déchiré :
- Mrs Saltham ? Appela Amadea. Adelia ? Est-ce que tout vas bien ?

Un gémissement étouffé lui indiqua que quelqu’un au moins vivait encore dans la cuisine. Elle se fraya difficilement un chemin dans cette direction, écartant les meubles renversés de la trajectoire de son fauteuil à coups de baguette.
Enfin, elle parvint à la cuisine et resta figée d’effroi. Un instant seulement car la nécessité d’agir reprit rapidement le dessus.

Il y avait du sang partout, et le corps de Mr Saltham gisait au centre de la pièce transpercé de plusieurs gros éclats de verres, ce qui faisait qu’il ressemblait à un gros hérisson sanguinolent.
Amadea détourna les yeux, soudain nauséeuse. Elle avait vu des horreurs durant sa carrière d’auror, mais celle-ci se classait probablement dans le top 3 avec le corps tordu de l’épouse Rockwood, le visage figé dans un rictus de douleur, et le massacre commis dans une école primaire par les mangemorts lorsqu’ils s’étaient aperçus qu’elle abritait trois jeunes sorciers nés-moldus.

Mrs Saltham était couchée en chien de fusil dans un coin de la pièce, les mains plaquées sur le visage et pleurant silencieusement. Et à l’autre bout de la pièce, Adelia fixait le corps de son père, le visage hagard. Avait-elle seulement compris qu’elle était à la source du massacre ?
Et au dehors, Amadea entendait les voisins qui commençaient à se regrouper dans la rue. Elle ne pouvait pas gérer cela toute seule et il fallait qu’elle fasse vite, la crise était imminente.

Sortant sa baguette, elle fit apparaître son patronus : un minuscule frelon que ses collègues dans le temps avaient appris à apprécier pour son efficacité. Il fallait d’urgence qu’elle prévienne le ministère et, même si elle ne savait pas si ses anciens collègues la prendraient au sérieux, c’était le seul moyen dont elle disposait :
- Ici Amadea Munch, née Bibine, récita t-elle à l’adresse du département des accident et du bureau des aurors. Je vous contacte en urgence pour un accident magique survenu au 5 Park Avenue dans la ville d’Hastings. Il s’agit de mes voisins, probablement leur fille qui est mineure et vous avez peut-être reçu une alerte de la Trace. Toutes les vitres du quartier ont explosé et il y a au moins un mort. Les moldus sont en train de s’attrouper à l’extérieur…

Elle jeta un œil au dehors et ajouta :
- Ils ne semblent pas encore avoir compris d’où cela venait précisément mais certains appellent déjà les secours. La situation relève de l’urgence absolue.

Elle acheva son message et le frelon se divisa en deux avant de s’envoler et disparaître dans le mur. Amadea reporta son attention sur les deux survivantes, ignorant délibérément le cadavre du mari. Déjà il n’y avait plus rien à faire et, de toute manière, il ne l’aurait pas mérité avec ce qu’elle savait sur lui :
- Êtes-vous blessée ? Demanda t-elle à Mrs Saltham.

La femme n’osait visiblement pas bouger mais continuait de pleurer et Amadea lui passa instinctivement une main dans le dos, avant de la retirer en entendant la femme pousser un cri de douleur :
- Pardon, dit-elle en se souvenant des claquements qu’elle avait entendus un peu plus tôt. Je crois qu’il nous faut quitter cet endroit.
- Prenez-la… la supplia Mrs Saltham. Faîtes-la vite sortir de là…
- De quoi ? Demanda Amadea décontenancée.
- Ma fille, répondit la femme. Elle est des vôtres… J’ai fait ôter la Trace pour l’élever moi-même. Emmenez la vite, je vais me débrouiller avec les aurors.
- Mais ce qu’elle a déclenché…
- C’est moi qui l’ai déclenché, compris ?

Amadea hésita. Cette femme pouvait-elle être à l’origine de ce qui s’était passé ? Un tel phénomène ressemblait totalement à une déflagration causée par un jeune sorcier qui n’aurait pas maîtrisé ses pouvoirs. Quant-à Mrs Saltham…
- Vous êtes une moldue, non ? Dit Amadea.

La femme lui renvoya un regard désespéré :
- Je suis une sorcière, répondit-elle. Une née-moldue. S’il vous plaît, emmenez Adelia hors d’ici.

Il y avait quelque-chose dans la voix de cette femme qui incitait fortement Amadea à obéir. Sans vraiment y penser, elle fit signe à la jeune fille de venir vers elle et Adelia tituba dans sa direction.
Amadea saisit sa main et transplana aussitôt dans son salon. Son fauteuil glissa sur un gros éclat de verre à l’atterrissage et elle manqua de basculer par dessus bord. La jeune fille l’arrêta cependant avant qu’elle ne chute.
Le salon était dans un état effroyable maintenant qu’elle l’examinait : fenêtres arrachées, papier peint déchiré, meubles renversés ou abîmés et petits objets projetés partout dans la pièce. Cependant, elle devait attendre les consignes de aurors pour tout réparer.

Un craquement sonore, perceptible par le mur ensorcelé, lui apprit que le ministère venait d’arriver sur les lieux et elle s’empressa de jeter un maléfice d’impassibilité sur la paroi. Si les aurors se rendaient compte qu’elle épiait les voisins…
Son anxiété monta d’un cran lorsque, juste avant que le sort ne fasse effet, elle entendit la voix de Kingsley Shacklebolt demander à Mrs Saltham :
« Avez-vous vu Mrs Munch ? ».

Moins d’une minute plus tard, on sonnait à sa porte.
Entretien à Sainte Mangouste by bellatrix92
Même si Mrs Saltham avait tenté de la couvir, les aurors n’avaient mis que quelques minutes à comprendre que c’était bien Adelia qui était l’auteur de la violente explosion qui avait coûté la vie à son père. Et au grand désarroi d’Amadea, Kingsley n’avait mis qu’une paire de secondes à percevoir son maléfice d’impassibilité et à l’annuler.
Bref, tout le monde savait qu’elle épiait ses voisins à présent. Pourtant, aucun de ses anciens collègues n’avait bronché, ils semblaient même trouver cela normal et, dans le cas présent, la chose les arrangeait bien puisque ainsi, Amadea était devenue une témoin cruciale des événements.
On lui demanda de raconter avec précision l’enchaînement des événements qui avaient mené au ravage total du quartier. Et son récit confirma largement le sentiment des enquêteurs selon lequel Adelia était bien le ravageur en question.

Dans un premier temps, les aurors emmenèrent Mrs Saltham au Ministère pour un interrogatoire mais laissèrent Adelia à la garde d’Amadea à qui Kingsley demanda simplement si elle pouvait emmener l’adolescente à Sainte-Mangouste, officiellement afin de vérifier son état de santé.

L’ancienne auror apprécia le geste. Elle aimait en effet que les gens se souviennent que perdre l’usage de ses jambes ne faisait pas d’elle une personne incapable d’agir.
Et puis elle n’avait mis que quelques secondes à comprendre que les aurors comptaient bien interroger la jeune fille, mais sans en avoir l’air et en faisant mine de se désintéresser de son cas.

Comme l’état d’Adelia Saltham ne relevait pas de l’urgence médicale, Amadea prit le temps de réparer sa maison avant de partir. Elle tira sa baguette et reforma toutes les vitres, puis répara la tapisserie, les meubles et fit retrouver sa place à chaque objet, s’offrant même le luxe de faire la poussière.
Pendant ce temps, Adelia l’observait avec des yeux ronds :
- Tu n’as jamais vu ta mère faire de la magie ? S’étonna Amadea sur un ton un peu agacé.

La jeune fille secoua la tête et rougit, comme si la chose avait eu quelque-chose d’honteux. Cela contribua à l’alerter davantage.
- Es-tu déjà allée à Sainte-Mangouste ? Demanda alors l’ancienne auror.
- Non Madame, répondit Adelia.

De toute évidence, elle ignorait beaucoup de choses du monde magique et cela se confirma lorsque, après avoir transplanné à l’hôpital et l’avoir emmenée à l’étage des accidents magiques, Amadea du attendre seule un long moment et finit par capter la conversation de deux infirmières qui passaient devant-elle :
- … Ne connaissait même pas le nom de l’école Poudlard, disait l’une.
- Peut-être, mais avec les pouvoirs qu’elle a, il aurait été judicieux de l’y envoyer. Elle a déclenché une véritable catastrophe.

Amadea savait se faire discrète, ce qui expliquait sans doute que les deux femmes aient parlé devant elle sans réaliser qu’elle faisait partie des personnes précisément intéressées.
Combien de fois avait-elle pratiqué cette technique ? Elle ne les comptait plus mais sans doute plus souvent pour le compte du Seigneur des Ténèbres que pour celui du Ministère.

Personne ne connaissait sa véritable allégeance. Elle avait beau être une figure de seconde zone, ne pas porter la marque et être le plus souvent restée sur la réserve, elle était un atout. Et elle voulait croire que son heure viendrait même si pour l’instant elle en était réduite à postuler pour un simple poste de secrétaire, à présent que ses enfants étaient grands.
Sa fille jurait qu’un jour elle trouverait un moyen de la soigner : balivernes ! Avec son cursus d’infirmière, que croyait-elle donc ?

Ainsi, la petite Saltham possédait une certaine puissance magique ? Cette fille de née-moldue ? Voilà qui méritait d’être creusé.

En attendant, la visite était longue et à sa grande surprise, le Ministre de la magie et Kingsley en personne se dirigèrent soudain vers elle, après être apparus à l’angle du couloir.
- Messieurs ? Les salua t-elle d’un air interrogateur une fois qu’elle fut persuadée qu’ils en avaient bien après elle.
- Bonsoir Amadea, lui répondit Fudge d’un air aimable. Nous sommes venus discuter avec vous si vous le permettez.
- Bien-sûr, répondit l’ancienne auror tout en les suivant dans une salle isolée que Kingsley leur indiquait.

Elle connaissait Fudge de l’époque où il travaillait aux accidents magiques et ne s’étonnait pas qu’une telle affaire mobilise son attention. C’était précisément le genre de gentils garçon, prêt à s’émouvoir du sort d’une jeune fille innocente… Bref, une chiffe molle qui n’avait rien à faire à un tel poste mais, que voulez-vous, le fils Croupton n’avait rien trouvé de mieux que se faire prendre la main dans le sac.

Ils pénétrèrent dans un bureau complètement vide, à l’exception d’une table centrale et de deux chaises. Amadea se place à une extrémité de la table tandis que les deux hommes tiraient un siège chacun. L’entretien pouvait commencer et Amadea devinait qu’il allait être rude.
- Bien, commença le ministre. La situation autour de cette famille est aussi grave que dramatique et les premiers éléments de l’enquête laissent penser à une tragédie familiale.
- Comment le ministère compte t-elle la considérer ? Demanda aussitôt Amadea. Meurtre ou accident ?
- C’est difficile à déterminer, répondit Fudge tandis que Kingsley acquiesçait gravement. Miss Saltham a provoqué la mort de son père, sans baguette et dans ce qui semble être une perte totale du contrôle de ses pouvoirs. Or, son cas n’est pas prévu par la loi qui couvre les mineurs car elle est d’âge scolaire et sa mère avait déclarer assurer son éducation…

Il hésita un peu et ajouta :
- Ce qu’elle n’a pas fait, et la jeune fille n’a toujours pas de baguette à quatorze ans.
- Quatorze ans ? S’étonna Amadea. Je lui en aurais donné moins.
- Moi aussi, répondit le ministre.
- Mais, poursuivit Kingsley. Étant donné qu’elle ne possède pas de baguette et que sa mère ne lui a assuré aucune éducation magique, elle n’est pas non plus dans le cas d’une personne maîtrisant ses pouvoirs.
- Autrement dit, devina Amadea. Un procès serait extrêmement délicat car cela créerait un précédent en matière de jurisprudence.
- Exactement, répondit Fudge. Si nous acquittons Miss Saltham, le précédent nous empêcherait sûrement de punir d’autres abus… Et d’un autre côté si nous la condamnons…
- Un aller simple pour Azkaban, compléta Amadea. Très raide dans ce cas précis.

Le problème semblait bel et bien insoluble, cependant Kingsley ne semblait pas de cet avis :
- Une solution, dit-il. Serait de classer l’affaire comme un accident. Après tout nous pouvons bien l’évoquer car Miss Saltham n’avait aucun moyen de contrôler ce qui s’est passé. Il faudra par contre que nous lui imposions d’aller à Poudlard.
- Je me doute bien, souffla Amadea. Mais la mère ? Elle par contre a manqué au Code Magique en refusant toute éducation à la sorcellerie pour sa fille.

Les deux hommes se tendirent et lui adressèrent un regard extrêmement embarrassé.
- La chose se complique, répondit Fudge. Mrs Saltham plaide la contrainte.
- La contrainte ?

Amadea avait prononcé ces mots sur un ton ouvertement sceptique :
- Son inaction envers son enfant a provoqué le ravage d’un quartier tout entier et la mort d’un homme… Et elle espère s’en tirer en plaidant la contrainte ? Alors qu’elle est une sorcière et que son mari était moldu ?

Kingsley la regarda avec surprise, puis sembla comprendre qu’elle n’avait peut-être pas toutes les cartes en main :
- Mrs Saltham, répondit-il doucement. N’est pas une sorcière mais une cracmole.
- Oh… Souffla Amadea, momentanément sous le choc. Mais elle m’a dit…
- Elle a essayé de nous mentir également, répondit l’auror. Elle voulait endosser les actes de sa fille par peur que nous la punissions. Mais elle ne peut être à la source du maléfice qui a tué son mari car elle est totalement dénuée de pouvoirs magiques.
- Et elle peut plaider la contrainte et la peur de représailles dans la mesure où son cas n’est pas légiféré non-plus, expliqua Fudge. Les cracmols sont considérés comme des sorciers en termes de droits mais ne bénéficient pas des protections mises en place à l’égard des moldus… Pour exemple : un enfant sorcier dans une famille moldue est toujours pris en charge par l’école de Poudlard qui peut contraindre ses parents à le laisser aller à Poudlard. Il n’en va pas de même pour l’enfant d’un cracmol et dans le cas de Mrs Saltham, elle s’est retrouvée totalement démunie d’autant qu’elle vivait sous l’emprise d’un mari violent.

Amadea avait beau ne pas beaucoup aimer sa voisine, elle frémit.
Fudge demande conseil: by bellatrix92
Author's Notes:

On sort un petit peu du personnage d'Amadea dans ce chapitre, afin de voir l'affaire sous un autre angle.

J'espère que vous apprécierez!

Ce premier automne en temps que ministre n’aurait pas pu être pire pour Cornelius, et c’est d’un pas fébrile qu’il franchit les grilles de Poudlard, sous une pluie battante qui ne lui rappelait que trop bien sa dernière visite à Azkaban.
Heureusement le directeur, Albus Dumbledore, avait immédiatement accepté de le recevoir. Et rien que pour cela il méritait une reconnaissance éternelle. Car pour le cas qu’il s’apprêtait à lui soumettre, il n’y avait que lui qui puisse l’aider.

- Que puis-je pour vous Cornelius ? Lui demanda le directeur après l’avoir invité à s’asseoir et leur avoir servi à tout les deux un Whisky.

C’était la première fois qu’en temps que ministre, il rencontrait le directeur de Poudlard et Fudge se demanda si Albus Dumbledore ignorait véritablement l’affaire qui les occupait. Cependant, après avoir bu une gorgée d’alcool, il répondit d’une voix qu’il essayait de rendre sûre :
- J’ai besoin de vos conseils dans le cadre d’une affaire extrêmement grave, qui implique une jeune sorcière.
- C’est donc bien cela, répondit Dumbledore sur un ton grave.
- Vous êtes déjà au courant.

C’était une affirmation et non une question qu’il avait posée. Mais comment le directeur de Poudlard avait-il su en seulement quelques heures ce qui s’était passé ? Mystère, qui fut cependant aussitôt éclairci car Albus Dumbledore lui répondit :
- Bien entendu, car lorsqu’un sorcier mineur est impliqué dans un accident magique ou une infraction, le département de la justice magique et Sainte-Mangouste informent automatiquement l’école de Poudlard.

Il fit une pause et ajouta :
- Je présume, Cornelius, que vous allez me demander d’inscrire sans délai cette jeune fille à l’école.
- En effet, répondit le ministre. Ceci est une priorité absolue. Mais cela n’est qu’une partie de ce que je suis venu vous demander.

Il espérait que le directeur de Poudlard lui répondrait pour le mettre davantage à l’aise, mais Albus Dumbledore se contenta de l’observer en silence, l’invitant à poursuivre et c’est ce qu’il fit d’une voix mal assurée :
- Je… Pour ce qui est de la fille, nous avons décidé de traiter l’affaire comme un accident et elle ne sera pas sanctionnée. Les examens à Sainte-Mangouste et notamment celui de son esprit prouvent qu’elle s’est retrouvée complètement démunie face aux événements et qu’elle n’avait aucune chance de contrôler les manifestations magiques qu’ils ont déclenchées. Je suis venu en effet vous demander de l’inscrire à Poudlard, sans aucun délai et elle y entrera sitôt sortie de Sainte-Mangouste.

Il fit une pause pour reprendre son souffle que le directeur de Poudlard respecta :
- Là où je suis plus incertain, reprit-il. C’est pour le cas de sa mère qui a enfreint le Code Magique, prétendant abusivement qu’elle était une sorcière et se soustrayant à l’obligation légale d’assurer une éducation magique à son enfant.
- Êtes-vous en train de me demander, Cornelius, si selon moi cette femme doit être emprisonnée à Azkaban ?

Albus Dumbledore avait répondu d’une voix on ne peut plus calme et cordiale, pourtant sa question relevait indéniablement de la provocation. La réponse était on ne peut plus claire.
- Je sais très bien ce que vous allez me répondre, répondit le ministre en soupirant. A vos yeux il y a bien peu de gens qui méritent un tel traitement, sans compter votre exécration profonde des détraqueurs. Non, je ne compte pas vous faire l’injure d’une telle question. Seulement je voudrais avoir votre avis sur l’affaire en général.

Albus Dumbledore hocha la tête avec gravité et prit le temps de boire une gorgée de Whisky avant de répondre d’une voix mesurée :
- Cette affaire, Cornelius, est le fruit de notre gestion déplorable de la justice magique. Nos institutions sont rouillées, rigides et pensées pour favoriser les sorciers obéissant à une norme précise, à savoir celle d’une communauté totalement endogame. Vous êtes ministre depuis six mois environ et je vous conjure de reprendre le travail entrepris par Mrs Bagnolds dans le but d’assurer l’égalité juridique entre les différents membres de la société sorcière.
- Vous voulez parler de ses lois en faveur des nés-moldus ?
- Oui, répondit Albus Dumbledore. Milicent Bagnolds, ces dernières années, a beaucoup œuvré pour leur assurer une protection et l’égalité juridique, ainsi que pour lutter contre les mauvais traitements qu’ils subissent de manière récurrente. Sans que cela ait été une solution totale au problème, son travail et les lois qu’elle a promulguées ont amélioré leur sort de manière sensible. J’en veux pour preuve la diminution drastique des drames familiaux au sein des familles moldues dans lesquelles naissent des enfants sorciers, et également la réduction du nombre d’agressions subies par ces mêmes sorciers dans le monde magique. Elle a fourni un travail juridique considérable et à œuvré pour sensibiliser notre monde à ce problème. Des opinions exécrables qui pouvaient passer pour presque normales il y a dix ans sont aujourd’hui considérées à leur juste valeur.
- Et vous pensez que je dois de mon côté effectuer un travail similaire à l’égard des cracmols, répondit Cornelius.
- A leur égard en effet, répondit Albus Dumbledore. Mais pas seulement. Des créatures diverses, des sorciers aux origines complexes souffrent également de notre système. La communauté magique doit assurer la protection de tous ses membres et veiller en particulier à ceux qui sont les plus vulnérables. Or, les cracmols…
- Oui, ils ne jouissent d’aucune protection spécifique. Ils sont entre deux mondes sans que leur spécificité ne soit reconnue.
- Tout comme les moldus liés à des sorciers par leur famille, lui fit remarquer Albus Dumbledore. Cette affaire nous le prouve. Même s’il semble établi que Mr Saltham était un homme pour le moins… Peu recommandable, sa vie aurait été épargnée si seulement sa fille et son épouse avaient été protégées comme il se doit…

Il fit une pause et ajouta :
- Autrement dit, Cornelius, vous avez du pain sur la planche.
- Oui, soupira le ministre. En effet…

Lorsqu’il prit congé, Cornelius se sentait accablé par les propos du directeur. Cependant ce n’était rien à côté de ce qu’il allait devoir endurer le lendemain :
Un dîner avec la famille Malefoy. Il en était malade rien que d’y penser.
Plaintes croisées by bellatrix92
Author's Notes:

Et voici donc le dernier chapitre de cete petite fic destinée à vous présenter le personnage d'Amadea!

Merci à la personne qui l'a créé, et avec sa permission je le garderai sous le coude comme antagoniste dans de futures aventures!

Mrs Saltham avait donc finalement été maintenue en liberté ? Relâchée après seulement une nuit d’interrogatoire ?
En tout cas son acquittement ne faisait plus aucun doute et elle ne séjournerait sans doute pas dans la sinistre prison de la Mer du Nord. Cela n’empêcha pas Amadea de lui dire en face le fond de sa pensée dès son retour du ministère : à savoir qu’elle aurait du croupir à Azkaban pour le restant de ses jours à cause de son irresponsabilité.

La mère d’Adelia était sortie de l’affaire totalement brisée mais Amadea s’en fichait : elle la méprisait autant que cela était possible et maudissait le laxisme de Fudge à son égard. Cette femme n’avait même pas été capable d’offrir à son enfant sorcière une scolarité décente, alors qu’elle connaissait le monde de la magie et savait probablement que sa voisine était sorcière. Elle aurait pu lui demander de l’aide…
Et Amadea aurait probablement accepté, rien que pour assurer la sécurité d’Adelia, même si le reste de la famille pouvait bien aller se faire voir. Les sorciers d’abord.

Apprendre que cette femme descendait de la famille Goyle ne faisait qu’augmenter le mépris qu’elle ressentait à son égard. Voilà ce qui arrivait lorsqu’on se mêlait trop aux moldus dans une famille autrefois de sang-pur.
Mrs Saltham avait beau lui avoir répliqué froidement que, dans son cas, elle soupçonnait davantage la consanguinité de la famille Goyle que son ascendance moldue, Amadea lui avait ri au nez. Quelle naïveté et quel déni !

Adelia n’avait pas remis le pieds chez elle et, depuis la veille qu’elle était partie à Poudlard pour étudier, en urgence, les deux femmes ne s’embarrassaient plus de politesses, elles s’injuriaient à chaque fois qu’elles se croisaient, et elles s’étaient déjà croisées trois fois.

Erik avait bien tenté de la raisonner, mais Amadea l’avait envoyé sur les roses. Elle éprouvait en effet un plaisir inexplicable à humilier sa cracmole de voisine, ainsi que sa famille de dégénérés.
Et ce même si elle ne s’était pas encore attaquée directement à Adelia qu’elle avait toujours un peu moins déprécié que les autres.

Et voilà que le matin suivant, Amadea qui était en train de déjeuner aperçut dans son jardin une créature qui lui fit monter la moutarde au nez :
un chat, encore un et à l’air bien trop intelligent pour ne pas la déranger.

Elle fit mine de rien mais sortit tout de même, baguette en main, comme si elle avait eu l’intention de procéder à la taille des arbres, ce qu’elle commença à faire tout en s’arrangeant pour avoir le chat dans son champs de vision.

La créature ne bougeait toujours pas et se contentait de l’observer, son pelage tigré gonflé pour résister au froid. Elle ne l’avait jamais vu, il semblait vieux et acariâtre…
Bref, ce chat-là n’était pas un des protégés d’Adélia, protégés qui avaient d’ailleurs disparu depuis la veille remarquait-elle. Et son regard la dérangeait véritablement. Amadea saisit sa baguette avec ses vieux réflexes d’auror qu’elle conservait encore, visa et tira. Un bon maléfice cuisant pour faire décamper la sale bête.
Le chat roula sur le côté, derrière un massif fleuri, et poussa un miaulement outragé.

Lorsqu’il se redressa, ce n’était plus un chat, mais une femme haute en taille et à l’allure sévère qui brandissait également une baguette dans sa direction.

Elles se jaugèrent un instant du regard avant qu’Amadea ne lance :
- Vous êtes chez moi.
- Et vous, répliqua la femme. Vous venez de me tirer dessus sans sommation. Mais passons, Rolanda m’avait bien prévenue que votre caractère n’était pas le plus aimable qui soit.
- Comment… Je vous demande pardon ? Bredouilla Amadea tandis que la femme s’approchait d’elle et lui tendait la main.
- Professeur McGonagal, répondit-elle. Je viens vous parler de la part de Mrs Saltham.
- Sortez de chez moi ! Ordonna l’ex-auror.

Amadea n’espérait pas être crédible vu l’adversaire en face d’elle, pourtant elle bouillonnait de haine et Minerva McGonagall s’arrêta immédiatement face à sa baguette levée.
Même si tout donnait l’impression qu’elle faisait cela simplement dans le but d’éviter une scène, la chose était assez réconfortante.
- Si vous approchez, l’avertit Amadea. Ce sera pour vous battre.
- Ou bien pour discuter, répliqua soudain une voix d’homme qui ne lui était pas inconnue. Et nous pourrions même le faire en toute cordialité.

Amadea se dévissa le cou et aperçut avec surprise et consternation le directeur de Poudlard qui rejoignait le professeur McGonagall depuis l’autre côté du jardin.
Elle lui renvoya un regard outragé qui ne sembla pas le déranger le moins du monde. Mais après tout c’était Albus Dumbledore et, si elle rencontrait pour la première fois Minerva McGonagall, le directeur de Poudlard ne lui était pas inconnu.
- Que faîtes-vous ici ? Lui demanda t-elle froidement. Il s’agit d’une violation de domicile je vous signale.
- Une violation de domicile qui pourrait amplement se justifier, répliqua le directeur de Poudlard. Sachez que Mrs Saltham est actuellement au Ministère de la Magie où elle dépose plainte contre vous pour injures et menaces, ainsi que pour violation de domicile également. Je suis l’expert chargé par le Ministère de constater l’existence d’un charme acoustique sur le mur mitoyen de vos deux maisons. A présent vous allez choisir : soit vous nous laissez entrer, constater les choses et nous pourrons ainsi discuter un peu du pourquoi et du comment de la chose, soit…

Amadea ne perdit pas une seconde. En effet, tant qu’elle n’autorisait pas cet homme à entrer chez elle, la loi était de son côté. Elle brandit sa baguette…

… Et fut aussitôt désarmée par Minerva McGonagall. Le sortilège la projeta hors de son fauteuil et elle s’écroula sur le sol, se mettant à hurler.
Erik sortit aussitôt, alerté par ses cris et elle le vit débouler et hésiter devant les deux professeurs :
- Que… Demanda t-il.
- Ces gens sont entrés chez nous ! s’écria t-elle. Et ils m’ont jeté un maléfice. Appelle les aurors !

C’est qu’Amadea pouvait être procédurière lorsqu’elle s’y mettait. Et même si elle craignait à ce moment une contre-attaque plus violente, il était hors de question qu’elle laisse ces deux-là entrer chez elle de son plein gré.
A sa grande surprise cependant, ni Albus Dumbledore, ni Minerva McGonagall n’esquissèrent le moindre geste pour empêcher Erik de contacter les aurors et son patronus : un écureuil, s’évanouit sitôt qu’il eut délivré le message d’appel. Pire, ils transplannèrent aussitôt, laissant Erik et Amadea se regarder avec surprise l’un l’autre.
- C’était trop facile, souffla son mari avec inquiétude.
- Oui, en effet, répondit Amadea tandis qu’il l’aidait à se relever et à s’installer dans son fauteuil, avant de la faire rentrer précipitamment et de verrouiller la porte donnant sur le jardin.

Il ne fallut que quelques minutes pour que les aurors arrivent et prennent leur plainte, en fronçant les sourcils lorsqu’ils entendirent le nom des deux personnes visées mais ils les invitèrent tout de même à venir faire leur déposition dans l’après-midi.
Kingsley qui dirigeait l’équipe prévint cependant Amadea que Mrs Saltham avait effectivement déposé plainte contre elle et qu’elle serait probablement convoquée dans le cadre d’une séance du Magenmagot. L’ex-auror, bien qu’elle ne le montre pas, se sentit profondément mal-à-l’aise à cette annonce.

De plus, savoir qu’une figure comme Dumbledore était impliquée lui donnait le vertige. Avait-elle cette fois-ci dépassé la limite ?

L’entretien avec les aurors s’était fini ainsi et cela expliquait pourquoi aujourd’hui, par un temps de chien, Amadéa se retrouvait à aller confirmer sa plainte au ministère et répondre aux questions des aurors.
Dans la foulée, elle serait également entendue au sujet de la plainte de Mrs Saltham et sa défense était déjà toute trouvée :
Oui elle avait jeté un sort acoustique. Non elle ne pensait pas à mal, c’était dans le cadre du travail de son mari. Et puis de toute façon, à part avoir porté secours à une jeune sorcière en très mauvaise posture et immédiatement alerté les aurors, ce qui ne pouvait certainement pas lui être reproché, qu’avait-elle fait ?
Elle savait que cela passerait, déjà la chose n’était pas illégale vu qu’elle n’avait aucun moyen de savoir qui était véritablement sa voisine, ensuite parce qu’elle n’en avait fait aucun usage malveillant à priori. Et puis elle connaissait bien les aurors, c’était des pragmatiques...

Heureusement tout de même qu’elle n’avait pas laissé Dumbledore entrer chez elle. Elle ne pouvait en effet prendre la moitié d’un risque… Si qui que ce soit la perçait à jour...
Scène de crime by bellatrix92
Author's Notes:

Merci à Sifoell, Ronie, MadameMueller et Ivichki Syrvikan pour leurs supers commentaires!

 

Pour ce dernier chapitre "surprise", on repasse du côté de Fudge.

Cinq ans, cela faisait cinq ans qu’il était ministre et, après des années de galère et d’indécision, il lui semblait bien qu’il avait enfin trouvé ses marques et pris son indépendance face aux personnages influents de l’Angleterre.

Le dernier en date, et peut-être le plus dangereux de tous, était ce loup blanc d’Albus Dumbledore à qui il avait au début de l’été remis sérieusement les idées en place. Il refusait de continuer plus longtemps à rester une marionnette et de prendre la responsabilité d’actions qui n’était pas de son fait. Depuis un an et surtout avec l’évasion de Sirius Black, il avait le sentiment que le directeur de Poudlard l’utilisait comme une marionnette destinée à mener ses propres fins à bien.
En fait, il savait déjà depuis longtemps que ses demandes récurrentes de conseils à Dumbledore faisaient jaser, et il en avait souffert en silence jusqu’à ce que Dolores Ombrage, son efficace sous-secrétaire d’état, lui parle en toute franchise.
Il devait s’avouer qu’elle avait bien raison, et qu’elle était bien la seule à faire preuve d’une entière loyauté envers lui. De plus, il avait eu besoin de ses conseils avisés lorsque, retourné par les mensonges du directeur de Poudlard après le Tournois, il était rentré au ministère dans un état d’agitation proche de la panique.

Il ne pouvait nier que Dolores savait prendre du recul et son analyse aussi froide que claire de la situation lui avait permis de garder pieds.
Premièrement, Albus Dumbledore le savait inquiet par nature et agiter la menace du retour de Celui Dont On Ne Doit Pas Prononcer Le Nom avait de quoi déstabiliser n’importe qui. Il savait parfaitement que depuis l’affaire Sirius Black, Cornelius se méfiait de lui et Dolores soupçonnait même que le directeur de Poudlard avait lui-même caché le fugitif.
Dans quel but ? Il fallait à présent le découvrir mais ce damné vieillard avait de l’influence partout, jusque dans le Magenmagot.
Pour ce qui était d’Azkaban, Cornelius était perplexe : Pourquoi donc Albus Dumbledore tenait-il si expressément à ce qu’il retire au détraqueurs le contrôle de la prison ?
Dolores avait trouvé la réponse avec une vivacité hors du commun : l’histoire personnelle de la famille du Directeur de Poudlard l’expliquait à elle seule.

Fort bien, il savait à présent et était bien décidé à ne plus se laisser marcher sur les pieds. Il était ministre ! Le chef de la communauté sorcière de Grande-Bretagne !
Et à ce titre, il n’avait aucune injonction à recevoir, de personne.

Pourtant, ce matin-là, Cornelius n’en menait pas large face à l’horreur qui s’étalait devant lui. Deux cadavres qui commençaient à se décomposer, bien aidés en cela par la chaleur de l’été, l’odeur tout comme la scène étaient insoutenable.
Et dans le contexte de tension qui était celui du ministère en ce mois de juillet 1995, cette affaire sordide n’aurait pas pu tomber pire. Déjà que la mort du Champion de Poudlard avait provoqué l’émotion de tout le pays…

Le Ministre de la Magie s’efforçait cependant de garder son sang-froid. Non cette tuerie ne voulait rien dire de plus que l’achèvement d’un drame familial commencé bien des années plus tôt. Et il voulait croire qu’il parviendrait à rester de marbre alors que l’efficace Kingsley examinait les deux dépouilles dans la pièce. L’auror était un de ses meilleurs éléments et traitait dignement les dépouilles, sans afficher le moindre dégoût malgré l’horreur. Mais comment faisait-il donc ?
- Impardonnables, dit-il au bout d’un moment. La mère et le fils ont succombé au maléfice de l’Avada Kedavra et ils ont probablement été pris par surprise. Jje ne vois aucune autre trace de violence.

Cornelius hocha gravement la tête et, à ce moment-là alors qu’il luttait pour ne pas tourner de l’œil, les aurors Dawlish et Tonks pénétrèrent dans le salon :
- Adelia Saltham est introuvable, dit la jeune femme d’un air à la fois inquiet et désolé. Il n’y a aucune trace d’elle ni de son corps, nulle-part.
- Ce qui veut sans doute dire…

Dawlish n’acheva pas sa phrase et son regard croisa celui de Cornelius qui hocha la tête avec gravité.
- Dîtes à Dolores d’envoyer les détraqueurs, ordonna le ministre. On a une tueuse instable dans la nature et je ne veux pas prendre le risque qu’elle fasse d’autres victimes.

Véritablement, Cornelius se maudissait de sa candeur du passé. Il avait toujours eu un faible pour protéger les plus jeunes, les petits… Mais à présent qu’il voyait où cela l’avait mené avec cet imbécile de fils Potter à la botte de Dumbledore…

Et cette gamine qu’il n’aurait jamais du épargner également. Déjà toute jeune elle avait tué son propre père au moyen d’un effroyable maléfice dont on ne connaissait toujours pas la nature.

Dumbledore était un effroyable manipulateur, mais à la grande horreur de Cornelius, il n’étiat pas le seul et celle qu’il avait prise pour une simple gamine traumatisée était une tueuse de la pire espèce.
Allez savoir où elle comptait frapper à présent, et si…

Et si Dumbledore lui-même était derrière tout cela ? Il le soupçonnait déjà largement dans l’affaire Sirius Black et les deux profils de criminels étaient terriblement proches : drame familial, tuerie aveugle, jeune homme ou jeune femme, puissance magique non négligeable…
Des éléments qui auraient pu être clés dans la création d’une milice à son service. Il y avait peut-être bien un mage noir qui montait en puissance en ce moment après tout.

Et s’il le laissait faire, il ne donnait pas cher de son propre poste.
- Est-ce que Mr ou Mrs Munch ont vu quelque-chose? Demanda t-il à Dawlish.
End Notes:

Voilà, j'espère que vous avez apprécié cette fin, d'autant que je suis très nulle en polars.

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