Into the Unknown by Eanna
Summary:


myed89 sur deviantArt - Modifiée par mes soins

Leanne est invisible. Elle traverse sa scolarité sans se faire remarquer, au point que bien de ses camarades ne connaissent pas son nom. Ca lui convient, ou du moins elle s'en accomode.

Katie incarne tout ce qu'elle n'est pas. Vive, sociable, pétillante, intelligente, talentueuse... Mais pour une raison qu'elle ignore, Katie lui accorde de l'attention, et semblerait même l'apprécier.

Au seuil de l'inconnu, Leanne hésite, et Katie trépigne, sans trop savoir pourquoi. C'est effrayant l'inconnu.

Mais si on y plonge à deux, c'est peut-être merveilleux...

Participation au concours « Portraits de jeunes sorcières en feu » organisé par Violety

(et fanfic écrite dans le cadre de l'Échange de Noël 2019 pour Violety ♥♥)


Categories: Romance (Slash), Epoque de Harry Characters: Katie Bell, Leanne
Genres: Femslash/Yuri, Romance/Amour, Tragédie/Drame
Langue: Français
Warnings: Lime
Challenges: Aucun
Series: Echange de Noël 2019, Portraits de sorcières en feu
Chapters: 2 Completed: Non Word count: 3405 Read: 539 Published: 24/08/2020 Updated: 27/08/2020
Story Notes:

Voici à la fois ma participation au concours de Violety "Portraits de jeunes sorcières en feu" et la fic que j'ai écrite (enfin, que je suis en train d'écrire :mg: ) pour l'Echange de Noël 2019 pour Violety elle-même ♥

Du coup c'est très chouette qu'elle ait permis pour son concours de continuer des histoires déjà commencées (même si je n'avais pas encore posté ce que j'avais écrit), parce que ça traîne depuis des mois sur mon ordi, comme beaucoup trop d'autres fics, et ça me motive beaucoup pour avancer ! :)

Voici les principaux points liés au concours :

• Votre texte doit avoir pour thème central une romance entre deux ou plusieurs femmes et/ou personnes non-binaires. Vous pouvez également raconter un amour non-réciproque.
• Votre histoire doit utiliser un "trope" classique de la fanfiction, choisi dans la liste ci-dessous, ou choisi par vous-même car je peux en avoir oublié (mais ce doit être réellement un "trope", c'est à dire un motif scénaristique récurrent dans les fanfictions).
• Votre texte doit faire minimum 1000 mots. Il n’y a pas de maximum, mais vous devez avoir publié au moins 50 % de l’histoire avant le début des votes.
• Vous pouvez utiliser ce concours pour continuer une fanfiction déjà en cours, ou ne soumettre que un chapitre d'une fanfiction que vous écrivez.
• Tous les ratings sont autorisés, gardez cependant à l'esprit que tout le monde ne pourra pas forcément vous lire. Mais s'il y a beaucoup de fanfics avec lemon, j'envisagerai un vote à part.
• Que vous écriviez des lemons ou pas, faites attention à ce que vos personnages soient respectueux.ses du consentement des autres, et à ne pas dépeindre des rapports de domination (prof/élève, différence d'âge avec forte ascendance) ou des situations d'incestes avec complaisance. Je serai également attentive à ce que votre texte ne soit ni lesbophobe, ni transphobe, ni raciste.

Le trope que j'ai choisi est "Mutual pining" (vos personnages ont secrètement un crush l'une sur l'autre, mais ne pensent pas qu'il est réciproque), parce que j'aime le drama, et les personnages qui se prennent la tête, qui n'osent pas s'avouer leurs sentiments... ♥

C'est le premier yuri que j'écris (j'en ai esquissé un, en l'espace de littéralement 3 mots, dans une fic, d'ailleurs sur ce même pairing, mais bon...), et j'espère vraiment que je ne vais pas faire n'importe quoi... Pour l'instant j'adore écrire cette fic, je me dis que c'est le principal, mais si elle pouvait sonner juste ce serait encore mieux !

Le titre vient de la chanson "Into the Unknown" de La Reine des Neiges II, composée par Kristen Anderson-Lopez et Robert Lopez, et interprétée dans le film par Idina Menzel et Aurora. Les phrases en anglais et en italique dans le texte en sont tirées. Cette fic n'est pas vraiment une songfic, je vais essentiellement me servir de la chanson pour les titres de chapitres, ou disséminer des paroles par-ci par-là. Mais elle m'a beaucoup inspirée pour écrire !

Bonne lecture ♥♥

 

 

1. Prologue by Eanna

2. Some look for trouble while others don't by Eanna

Prologue by Eanna

 

Son cœur se serre, comme pris dans un étau, elle peut à peine respirer. Le froid l’envahit, une glaciale angoisse qui la transit toute entière. Et soudain, la douleur. Foudroyante, un feu de peur et de souffrance qui la transperce. Tout s’efface autour d’elle, plus rien d’autre ne compte que ce brasier en elle, le mal qui la dévore, la brûle. Son cœur semble sur le point d’exploser, elle ne voit plus qu’à travers un brouillard de larmes.

Elle crie. Elle hurle. Ses cordes vocales semblent sur le point de se rompre, et pourtant le son qu’elles produisent n’exprime pas la moitié de la douleur qu’elle éprouve.

Que ça s’arrête… que tout s’arrête…

Les fantômes qui l’entourent veulent sa mort, elle les voit, elle en devine la silhouette à travers ses larmes. Son cœur bat à tout rompre, malgré l’étau qui l’enserre. Il résonne à ses oreilles, la peur grandit encore, l’habite jusqu’au plus profond de son être. Elle ne peut plus respirer…

Elle ne peut plus…

 

***

 

— … semble reprendre conscience peu à peu. C’est très encourageant.

— Est-elle sortie d’affaire ?

— Je ne peux pas me prononcer.

Ces voix… Katie tenta de bouger, mais son corps ne semblait pas répondre. Elle avait une très vague conscience de ses bras, de ses jambes, mais c’était comme si son esprit s’était réfugié dans un endroit reculé de son cerveau, et refusait de commander quoique ce soit.

Elle tenta d’émettre un son, mais rien ne se produisit. A travers ses paupières closes, elle devinait une forte lumière blanche. L’idée qu’elle fût dans l’au-delà lui traversa l’esprit.

— Notre cheminée est raccordée au réseau de Ste Mangouste, dit la voix féminine. Contactez-nous dès que vous en savez davantage, nous viendrons aussitôt.

— Je reste cette nuit, renchérit une voix masculine. Si elle se réveille, je serai là.

— Chéri, tu es épuisé…

Le lien se fit brusquement dans l’esprit de Katie, comme un flash. Maman… Papa… Elle tenta à nouveau de bouger, de parler, d’ouvrir les yeux, mais c’était peine perdue. La frustration était telle qu’elle sentit son cœur s’emballer, à la fois de colère et de peur. Elle eut vaguement conscience de la panique que cela suscita autour d’elle, avant que quelqu’un parle d’une potion à lui donner, et qu’elle ne sombre à nouveau dans l’oubli.

 

Are you out there?

Do you know me?

 

C’est la sensation d’une présence qui la tira des limbes une nouvelle fois. Son esprit semblait sortir peu à peu de l’endroit où il s’était terré, elle le sentait reprendre légèrement possession de son corps. Elle avait conscience de ses bras, de ses jambes. C’était ténu, diffus, mais elle devinait le contact du tissu sur sa peau. Des draps, peut-être un vêtement également.

Mais il n’y avait pas que cela. La présence qu’elle sentait était humaine. Elle se rendit compte qu’elle percevait non seulement sa main, mais également celle de quelqu’un d’autre, posée sur la sienne. La chaleur qui se dégageait de ce contact semblait attirer toute sa conscience, comme un aimant.

— Vous ne pouvez pas rester plus longtemps, dit une voix qui semblait très lointaine.

— Mais les visites ne sont pas terminées…

— Notre liaison cheminée avec Poudlard va bientôt fermer. Il faut que vous retourniez à l’école avant, sans quoi le professeur Chourave ne vous laissera plus revenir.

La main quitta celle de Katie, qui eut envie de tendre le bras pour la retenir. Reste… Reste… Elle se sentait glacée, la gorge serrée comme si on l’abandonnait. Et son corps ne répondait toujours pas. C’était comme être enfermée derrière un miroir sans tain, à faire de grands gestes désespérés, en espérant être enfin remarquée. Mais personne ne la voyait… Et sa mémoire lui faisait défaut, elle n’arrivait pas à reconnaître cette voix, cette présence, à qui elle aurait pourtant voulu hurler de ne pas partir…

Reste… Reste… Reste !

La sensation de décharge qui la traversa toute entière lui coupa le souffle. Ses bras, ses mains, ses jambes, elle en avait à présent si fortement conscience que c’en était douloureux. Sa poitrine semblait écrasée sous une enclume, elle tenta vainement de prendre une inspiration mais c’était peine perdue.

Le bruit caractéristique d’une agitation retentit près d’elle.

— Miss Bell, vous m’entendez ?

Quelqu’un venait d’attraper sa main.

— Serrez ma main si vous m’entendez, miss Bell.

Respirer… Respirer…

Elle sentit un spasme la secouer lorsqu’au prix d’un effort surhumain ses doigts se crispèrent autour de la main inconnue.

— Philtre Calmant, ordonna la voix avec fermeté. Il me faut également un somnifère renforcé en valériane.

Non… Je suis là… Ne me faites pas repartir !

Elle continuait à crisper ses doigts au point que c’en était douloureux. C’était tout ce qu’elle pouvait faire pour manifester sa présence, pour leur montrer qu’elle les entendait, qu’elle pouvait revenir…

— Miss Bell, votre esprit n’est pas encore guéri, dit doucement la voix près d’elle. Il a besoin de temps pour se reconstituer complètement. Vous reviendrez bientôt.

Non ! Je peux revenir, je peux me réveiller…

Le liquide qui se déversa doucement dans sa gorge la prit au dépourvu, et son esprit se focalisa sur cette sensation. Ce fut de courte durée, car un brouillard l’envahit bientôt, et elle sombra à nouveau.

 

Ses reprises de conscience étaient de plus en plus fréquentes, et de plus en plus longues. Elle sentait peu à peu ses forces revenir, les sensations dans ses membres. Ses yeux demeuraient clos, mais elle identifiait un peu plus chaque jour les voix qui l’entouraient. Ses parents étaient revenus, plusieurs fois. Elle communiquait avec eux par contact, serrant leurs mains pour leur répondre. C’était à chaque fois douloureux, mais de plus en plus facile. Elle n’avait plus la sensation d’être enfermée dans une cage, de hurler sans personne pour l’entendre.

Elle revenait, elle le sentait. Son esprit guérissait, mais de quoi ? Elle n’en avait aucun souvenir. Seule la douleur qu’elle éprouvait à chaque contraction d’un muscle lui rappelait que c’était une souffrance mille fois supérieure qui l’avait mise dans cet état.

Privée de la vue, elle se focalisait sur ses quatre autres sens, son ouïe et son odorat en particulier. Il lui semblait reconnaître le parfum des conifères, ainsi que l’odeur de la neige lorsque l’on ouvrait la fenêtre de sa chambre, et que l’air froid rentrait. Noël approchait… Combien de temps était-elle restée inconsciente ? Combien de temps cela durerait-il encore ?

 

Can you feel me?

Can you show me?

 

Ses parents, ses grands-parents, son petit frère vinrent la voir. Elle les reconnaissait désormais, leurs voix lui étaient familières. Ils lui parlaient de Poudlard, un nom qui lui évoquait quelque chose de lointain. Ils lui parlaient d’un collier, qui avait failli la tuer. Cela lui rappelait quelque chose, très vaguement. Elle ne se remémorait pas la scène, mais supposait que la douleur dont elle se souvenait y était associée.

Et puis un jour, il y eut une autre personne. Katie s’en aperçut à l’instant où elle franchissait le seuil de sa chambre d’hôpital, car le parfum qui se diffusa dans la pièce la ramena au moment où elle avait pour la première fois pu à nouveau contrôler son corps. C’était cette chaleur sur sa main, ce contact fugace mais si puissant, qui l’avait saisie et avait amorcé sa lente sortie d’inertie…

Alors, lorsque cette personne s’assit à nouveau à côté d’elle, Katie ressentit à nouveau cette force l’envahir. Lorsque la main se posa sur la sienne, elle sentit son cœur se serrer, paniquée à l’idée de se trouver encore une fois prisonnière de ce corps léthargique, de ne pas pouvoir communiquer… Elle sentait sa respiration s’accélérer, essayant désespérément de remettre un visage sur ce contact. Ses souvenirs étaient encore si confus…

— Bonjour Katie.

Cette voix, par Merlin…

Katie sentit un nouveau spasme la secouer toute entière, mais cette fois elle ne fit pas de crise. Cette fois elle sentit le sang affluer dans toutes ses veines, reprendre possession de ses mains, de ses bras, de sa poitrine… jusqu’à son visage, ses yeux, et sa bouche.

Pour la première fois depuis un temps qui lui avait semblé infini, elle ouvrit les yeux.

Et elle put enfin mettre un nom sur le visage penché vers le sien, sur ce regard si familier qu’elle se demanda comment elle avait pu l’oublier. Ses cordes vocales la brûlaient, mais il fallait qu’elle prononce ce nom.

— Leanne…

 

End Notes:

J'espère que ce prologue vous a plu !

Ca m'intrigue depuis un moment cette amitié entre Katie et Leanne, elles ne sont pas de la même maison, elles ont un an d'écart (Leanne est de l'année de HHR) alors je me suis dit... pourquoi pas ? ♥

J'ai un chapitre d'avance pour l'instant, et tout le plan (ou presque), donc je vais essayer d'écrire à un rythme à peu près soutenu, d'autant que 50 % minimum de la fic doit être publié pour le début des votes et elle est partie pour faire une dizaine de chapitres je pense !

Merci d'avoir lu, n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé ♥♥

Some look for trouble while others don't by Eanna
Author's Notes:

Voici le 1er chapitre, du point de vue de Leanne :) A priori j'ai prévu de faire un chapitre Leanne, un chapitre Katie, mais à ce stade de l'écriture j'aime mieux ne rien promettre, parce que je me connais, j'aime bien changer d'avis en cours de route x)

J'espère que ça vous plaira ! Bonne lecture :)

 

— Moi je le crois.

La voix d’Ernie avait cette capacité de résonnance, qui donnait l’impression parfois qu’il utilisait un « Sonorus », tant elle écrasait toutes les autres. Dans la salle commune des Poufsouffle, à cette heure avancée de la nuit, il ne restait plus grand monde. Au coin du feu, Ernie, Hannah, Leanne et Justin avaient vainement tenté de se concentrer sur leurs devoirs de Défense contre les forces du mal avant que la conversation ne dérive vers Potter et ses propos sur le retour du Seigneur des Ténèbres.

Leanne soupira, et essaya de se replonger dans son manuel, plus ennuyeux encore que celui d’Histoire de la Magie. Elle doutait sérieusement de l’efficacité des enseignements du professeur Ombrage, mais puisqu’il fallait les suivre…

— Moi aussi, Ernie, soupira Hannah, moi aussi. Mais cette réunion… Je ne sais pas, nous sommes préfets toi et moi, nous avons la responsabilité de…

— Au diable cette responsabilité ! s’emporta Ernie. Harry a vu Tu-Sais-Qui revenir, et il faut qu’on apprenne à se défendre. Ce n’est pas avec ces fichus livres qu’on arrivera à quoique ce soit… Les cours de cette Ombrage sont une insulte à Poudlard.

— Je me suis rarement autant ennuyé en classe, confirma Justin. Même les cours de Quirrell en première année étaient plus palpitants.

Leanne acquiesça, et Hannah lui sourit.

— Moi je suis pour qu’on y aille, dit Justin. Juste pour voir au moins. Hermione Granger a dit que ça ne nous engageait à rien. Et la Tête de Sanglier, c’est un endroit sûr, tous les autres seront aux Trois Balais, personne ne risque de nous surprendre là-bas.

Ernie se tourna vers Leanne, l’air si solennel qu’elle en fut presque intimidée.

— Et toi, Leanne, tu seras des nôtres, je suppose ?

— Si… si vous y allez tous…

Elle adressa un regard plein d’espoir à Hannah, qui jouait machinalement avec sa plume.

— C’est bon, j’irai, marmonna la préfète.

— Parfait, dit Ernie. Donc Leanne, nous te comptons parmi nous samedi. Tu ne peux pas refuser, maintenant.

— Il y aura… beaucoup de monde ? demanda-t-elle.

— Probablement pas, dit Justin. Déjà, il n’y aura sûrement aucun Serpentard. Mais il y aura pas mal de Gryffondor, parce que Harry a bonne presse chez eux. Et il y aura au moins nous quatre de Poufsouffle. Ah, Susan aussi compte y aller, et je crois que Zacharias est intéressé.

— Zacharias ? répéta Hannah, l’air abasourdi.

Leanne était tout aussi stupéfaite. Il était le dernier qu’elle aurait imaginé risquer d’enfreindre le règlement pour faire quelque chose d’un peu courageux.

— Je suis aussi surpris que toi, dit Justin. Peut-être que c’est juste de la curiosité…

— Ou qu’il vient espionner pour tout rapporter au crapaud, gronda Hannah. Si jamais elle apprend l’existence de cette réunion, on saura de qui ça vient.

Leanne se garda de renchérir. Elle ne portait pas spécialement Zacharias dans son cœur, mais elle n’aimait pas juger à l’emporte-pièce. Peut-être qu’il avait réellement envie de se révolter avec eux, et que c’était en réalité un premier pas de sa part dans leur direction…

— Il devrait y avoir quelques Serdaigle, reprit Ernie. Lovegood devrait en être, et Chang aussi.

Hannah eut un petit rire.

— Oui, Chang certainement. Ne serait-ce que pour écouter Potter parler. Il lirait un manuel de cuisine qu’elle boirait ses paroles…

Leanne se tortilla un peu sur son fauteuil, mal à l’aise. Hannah était plus que remontée contre Cho Chang, depuis la mort de Cedric, et surtout depuis qu’elle semblait, selon ses observations, s’en être remarquablement remise, du moins suffisamment pour courir à nouveau après Potter. Mais ce n’était pas un crime de vouloir continuer à vivre, non ? Leanne imaginait sans peine que Cho avait dû passer son été à faire son deuil, sans forcément recevoir de soutien, il était injuste de lui reprocher de ne pas continuer à se morfondre et de vouloir se relever…

— Ne sois pas mesquine, Hannah, la morigéna Ernie d’un ton sévère.

— Et toi, arrête de me parler comme si j’étais une enfant, ça commence à devenir très agaçant. Je suis la seule ici à trouver que la mort de Cedric a été bien vite oubliée ?

— Tu es injuste, dit Justin. Tu sais très bien que c’est faux. Mais il y a d’autres préoccupations, et justement, ce sont ces préoccupations qui font que nous allons aller écouter Potter. Parce que si personne ne réagit face à la menace, alors oui, Cedric sera mort pour rien. Cette simple réunion, c’est déjà la marque que personne ne l’a oublié.

Leanne suivit du regard ses deux camarades à mesure qu’ils échangeaient leurs paroles, et s’efforça de cacher son malaise. Elle détestait que des gens se disputent près d’elle, surtout deux personnes qu’elle appréciait autant que Hannah et Justin. Et s’ils finissaient par ne plus du tout s’entendre, et s’ils se fâchaient définitivement ? Elle était suffisamment gênée par le traitement réservé à Zacharias, même s’il ne faisait pas grand-chose pour faire pencher la balance en sa faveur.

— Il y aura beaucoup de gens, donc, murmura-t-elle finalement.

— Oui, c’est vrai qu’en faisant le compte, ça fait du monde, constata Ernie. Mais c’est bon signe justement, ça montre que Poudlard s’engage contre Vous-Savez-Qui, et ça montre aussi que la parole de Potter a du poids. C’est pour ça que nous devons y aller, pour lui montrer notre soutien.

Il fixa alternativement Hannah et Justin, l’air sévère.

— Et pour montrer que Cedric n’est pas oublié. Il aurait cru Potter lui, et il aurait participé à cette réunion.

— Si Cedric n’était pas mort, cette réunion n’aurait pas lieu d’être, puisque ça voudrait dire que le Seigneur des Ténèbres n’est pas revenu, dit une voix calme derrière eux.

Leanne se retourna, et aperçut Zacharias, adossé à un mur dans l’ombre, les bras nonchalamment croisés.

— Depuis combien de temps nous écoutes-tu ? demanda Hannah d’une voix agressive.

— Je viens juste de descendre du dortoir. Je n’ai pas l’habitude d’arriver dans la salle commune en faisant résonner un concert de casseroles…

— C’est certain, cette façon de faire aurait plus sa place dans les dortoirs du côté des cachots… gronda-t-elle.

Zacharias haussa les épaules. Pour autant qu’elle s’en souvienne, Leanne avait toujours entendu des Poufsouffle sous-entendre qu’il n’avait pas sa place chez eux, et il avait toujours botté en touche.

— Ne te sens pas obligé de rester, reprit Hannah, a priori ce dont nous discutons ne t’intéresse pas.

Zacharias lui jeta un regard plus que méprisant, et sortit de l’ombre pour venir s’asseoir sur le canapé, près de Leanne qui lui adressa un sourire mal à l’aise auquel il répondit par un bref hochement de tête. De la part de Zacharias, cela équivalait à une révérence…

— Je te trouve bien peu charitable Hannah, pour quelqu’un qui prend plaisir à me rappeler régulièrement que le Choixpeau m’a envoyé dans la mauvaise maison…

— C’est vrai que le Choixpeau lui-même dit dans sa chanson qu’à Poufsouffle on recueille ceux dont personne ne veut nulle part, siffla Hannah.

— Arrêtez tous les deux ! s’exclama Ernie en adoptant ce que Leanne appelait sa « posture de Préfet », les mains sur les hanches et le menton relevé.

Hannah et Zacharias semblaient sur le point de se sauter à la gorge, mais ils se contentèrent de s’éloigner le plus possible l’un de l’autre sur le canapé, au point que Leanne se trouva un peu serrée contre l’accoudoir lorsque Zacharias la força à se décaler sans ménagement.

Il y eut un long silence, durant lequel les quatre paires d’yeux convergèrent vers Zacharias. Hannah semblait attendre désespérément qu’il se lève et les laisse, mais il s’était confortablement installé dans le canapé, sans avoir la moindre intention de partir.

— Samedi, donc ? dit-il simplement.

— Samedi, répondit Ernie.

— J’en serai.

— Quoi ?! s’étrangla Hannah. Toi ? Tu as autant ta place là-bas qu’Ombrage elle-même !

Leanne sentit le malaise la gagner de plus en plus. Elle adorait Hannah, qui avait été la première à lui accorder de l’attention en dépit de sa timidité maladive, qui la rendait invisible aux yeux de la plupart des gens. Mais elle pouvait se montrer si vindicative… Comme lorsqu’elle avait ostensiblement affiché son soutien à Cedric lors du Tournoi, en n’hésitant pas à arborer le badge « Vive Cedric Diggory, le vrai champion de Poudlard ».

— Tu lui ressembles de plus en plus, à te montrer aussi mesquine, siffla Zacharias.

— Oh par Merlin, ça suffit ! soupira Justin, excédé.

Hannah se leva d’un bond.

— Très bien. Laissez-le venir. Et quand Ombrage saura ce qui se prépare – parce qu’elle l’apprendra, soyez-en sûrs –, nous saurons qui pointer du doigt.

Leanne risqua un regard vers Zacharias qui serrait les poings, la mâchoire crispée. Il ne répondit rien, et Hannah partit vers le dortoir d’un pas vif.

— Ça lui passera, dit Justin. Fais-toi oublier lors de cette réunion, et ça ira.

— Je n’ai aucun compte à lui rendre, asséna Zacharias d’une voix glaciale. A aucun d’entre vous. J’appartiens à cette maison autant que vous.

Sans qu’elle comprenne pourquoi, il se tourna vers Leanne et la désigna d’un vague geste de la main.

— Vous me reprochez de ressembler à un Serpentard, en revanche personne ne lui dit rien sur son côté très clairement Serdaigle, étrangement.

— Serdaigle ? couina Leanne.

— Évidemment. Le nez dans tes bouquins en permanence, à ne jamais décrocher un mot, trop occupée à te poser de grandes questions existentielles.

Leanne rougit jusqu’aux oreilles et baissa les yeux. Elle regretta brusquement que Hannah soit montée se coucher.

— Je ne me pose pas de grandes questions existentielles, murmura-t-elle.

— Ah bon ? Eh bien mêle-toi un peu plus au commun des mortels, alors. Hier encore il y a un Serdaigle de notre année qui m’a demandé comment tu t’appelais.

Leanne ne sut que répondre. Elle qui pensait que s’il y avait bien une personne après qui Zacharias n’avait pas de grief c’était elle, puisqu’elle ne lui avait jamais rien dit de désobligeant, mais ce n’était visiblement pas suffisant.

— Désolée, souffla-t-elle, avant de se lever, son grimoire de Défense contre les Forces du Mal serré contre elle. Je vais dormir.

Elle s’engagea dans les escaliers menant aux dortoirs des fics en courant à moitié, le sang lui battant les oreilles. Hannah discutait avec Susan lorsqu’elle arriva, et elles ne firent pas attention à elle. Leanne s’empressa de se mettre en pyjama et se glissa sous sa couette sans un mot.

— Smith veut y aller, gronda Hannah. Il va nous dénoncer dans l’heure qui suit, c’est évident…

— Laisse-lui une chance, dit Susan d’une voix douce. C’est un Poufsouffle, comme nous. Si on persiste à l’exclure, il a beaucoup plus de risques de se retourner contre nous. Alors qu’en lui tendant la main…

Hannah eut un petit rire.

— Sans lui tendre la main, au moins je ne la lui coincerai pas dans la porte.

Leanne vit le rideau de son lit s’écarter, et le visage de Susan apparut.

— Regarde notre gentille Leanne. Elle ne lui a jamais parlé de travers, résultat il est charmant avec elle.

— Charmant, je n’irais pas jusque-là… marmonna Leanne.

— Il t’a dit quelque chose ? s’enflamma aussitôt Hannah. Répète-moi ses moindres mots, et je vais aller lui faire cracher des limaces à ce Veracrasse !

— Il a juste dit que je ne parlais pas assez aux autres élèves.

Susan s’assit sur l’édredon et sourit.

— Samedi ce sera l’occasion de nouer quelques contacts, il y aura des élèves de toutes les maisons et de toutes les années, de ce que m’a dit Hannah.

Leanne acquiesça, un maigre sourire aux lèvres. Probablement que les gens se demanderaient qui elle était lorsqu’elle entrerait dans la taverne, si jamais ils remarquaient sa présence. Elle connaissait tous les élèves de Poudlard, tous leurs noms, parce qu’au lieu de parler, elle écoutait, et gravait ces détails dans sa mémoire. Mais personne ne la connaissait, elle.

Pour la plupart des élèves, Leanne Lindley était inconnue au bataillon.

End Notes:

Et voilà ! C'est ma vision du personnage de Leanne, rien n'est canonique en dehors du fait qu'elle est à Poufsouffle, c'est même un des rares personnages d'HP pour lequel on n'a qu'un prénom et pas de nom de famille, alors j'ai perpétué la tradition des initiales communes qu'on retrouve pas mal dans le monde sorcier :D (William Weasley, Severus Snape, Minerva McGonagall, Parvati et Padma Patil... On croirait des personnages de comics Marvel XD)

Et en relisant les passages du tome 6 la concernant, j'ai été tellement "choquée" de voir que même Hermione ne semble pas la connaître (elle lui demande "tu t'appelles Leanne, c'est ça ?" alors qu'elles sont de la même année, ont suivi des cours ensemble...), ce qui m'a donné l'idée de cette personnalité très effacée, très discrète, qui expliquerait que HHR semblent découvrir son existence au bout de 6 ans xD (Ron l'appelle même "cette fille" après l'accident, en mode "j'ai déjà oublié comment elle s'appelle").

Pour Hannah, je pense que je me suis laissé influencer par la version des films (et en même temps, il ne peut pas y avoir que des Cedric et des Newt Scamander à Poufsouffle, et le seul élève un peu désagréable ne peut pas être Zacharias, faut un peu de diversité dans les caractères :D), par contre elle porte bien le badge "vive Cedric", comme Ernie, dans le 4.

Merci d'avoir lu ♥

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