La Vie Très Compliquée d'Arthur Claws by alrescha
Summary:
Arthur Claws pensait mener une vie tout ce qu’il y a de plus tranquille et de normal. Il pensait simplement mener sa vie. Mais si ce n’était pas celle qu’il croyait ?

Arthur
Crédits: Ben Barnes, Château de la Tour, Mirtilla, lillianvill, Mervyn chan, Warner Bros. Montage par mes soins.

Categories: Biographies, Personnage original (OC) Characters: Drago Malefoy, Personnage original (OC), Remus Lupin, Sirius Black
Genres: Famille, Romance/Amour, Slash/Yaoi
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Aucun
Chapters: 5 Completed: Non Word count: 9058 Read: 794 Published: 15/10/2020 Updated: 08/11/2021

1. Prologue by alrescha

2. Chapitre 1 : A la découverte du monde by alrescha

3. Chapitre 2 : Peur bleue by alrescha

4. Chapitre 3 : Débuts difficiles by alrescha

5. Chapitre 4 : Des choses et d'autres by alrescha

Prologue by alrescha
Arthur naquit le 14 novembre 1979 quelques minutes après sa sœur prénommée Alrescha, au sein d’une famille illustre et aimante, les Claws.

Les Claws descendaient très certainement de Rowena Serdaigle, l’une des fondatrices de Poudlard, reconnue pour sa sagesse et son érudition. C’était pourquoi ils habitaient le domaine des aigles, caché dans la forêt de Reading. Les arbres et la magie leur garantissaient la sécurité dont ils avaient besoin pour conserver leurs secrets et leur vie.

Orphea avait vécu là avec sa tante Anemone et sa servante Rose. Anemone avait beaucoup attendu d’Orphea, seule héritière connue de Rowena Serdaigle. Elle devait être exemplaire. Les choses ne s’étaient pas passées exactement comma la tante l’aurait voulu : la mère d’Orphea était une nymphe et avait transmis à sa fille des pouvoirs merveilleux que beaucoup d’âmes malveillantes enviaient. De tels pouvoirs dans de mauvaises mains auraient eu des conséquences dramatiques pour le monde entier. Pour sa scolarité, Orphea avait été répartie à Gryffondor alors que tout la destinait à intégrer la maison de son ancêtre. Mais Orphea ne s’était pas plainte longtemps, elle avait passé les plus belles années de sa vie dans la salle commune de Gryffondor, son mariage et la naissance de ses enfants mises à part.

Son mari, Phileas Clarke (NDA : dans cette famille, chacun garde son nom de famille mais les enfants héritent du nom de leur mère) lui, avait été envoyé à Serdaigle la même année qu’Orphea. Il venait d’une famille d’alchimistes et avait abandonné ses études dès que les premiers signes de la guerre contre les ténèbres étaient apparus. Il avait appris l’alchimie sur le terrain avec son père et fut, à la fin de la guerre, recruté par le Ministère pour grossir les rangs de la brigade d’intervention du département des accidents et catastrophes magiques.

Arthur passa donc les premières années de sa vie dans un cadre parfaitement calme et sécurisé.

Peu avant leurs quatre ans, leur mère les voyant particulièrement éveillés décida d’envoyer les jumeaux à l’école de préparation Sainte-Barbe-du-Griffon dans le village de Reading. C’était une petite école et sa réputation était excellente. Elle accueillait tous les enfants de sorciers des environs.

Les Claws arrivèrent en même temps qu’une dame et un petit garçon tous deux dotés de cheveux blonds presque blancs. Arthur leur lança un regard légèrement inquiet. C’était la première fois qu’il rencontrait des personnes extérieures à sa famille et il n’était pas très rassuré à l’idée de quitter la maison, à l’opposé de sa sœur jumelle qui regardait ce qui l’entourait avec émerveillement. Une femme sortit sur le perron. Elle avait les cheveux châtains et bouclés et un visage bienveillant. Elle avait un petit nez sur lequel étaient perchées des lunettes étroites. De loin, elle ressemblait vaguement à un hibou.

-Bienvenue ! lança-t-elle. Mrs Claws, Mrs Malefoy. Voici donc Alrescha, Arthur et Drago.
-Oui.
-Exactement.
-Entrez, je vous en prie.

Ils passèrent la porte d’entrée. Arthur sentit aussitôt l’air lui manquer. L’espace s’était réduit. Il jeta un regard en arrière. D’autres personnes entraient, de plus en plus. La porte fut bientôt inatteignable.
Il se rapprocha de sa mère qui pencha son visage vers lui.

-Ca va aller, Arthur. Josepha va t’apprendre des tas de choses, tu verras.

Apprendre n’avait jamais posé problème à Arthur. Au contraire, il était très curieux et pouvait passer des heures à étudier un sujet dans l’atelier de son père ou dans la forêt.

Le bruit des conversations s’amplifiait. Arthur avait mal aux oreilles. La foule se pressait et il sentait son cœur battre fort dans sa poitrine.

-Je vous laisse avec Josepha, dit Orphea à ses jumeaux. Soyez sages. On se revoit ce soir. Al’, je compte sur toi pour veiller sur Arthur.
-Oui, dit la fillette en prenant son frère par la main.

Les jumeaux entrèrent et suivirent les autres dans une salle de classe aux murs violets.

Il n’y avait plus de conversations mais des murmures et chaque murmure ressemblait à un cri pour Arthur. Il se boucha les oreilles, ferma les yeux. Ce n’était pas suffisant. Il se sentait mal. Il voulait pleurer.

La directrice adressa un grand sourire aux enfants, un sourire qui lui parut effrayant. Il détala hors de la salle de classe. Des rires résonnèrent derrière lui. Il passa porte après porte sans savoir où il allait. Il devait trouver l’extérieur. Il poussa une dernière porte et se retrouva dans la cour pavée. Il s’arrêta, à bout de souffle. Il devait partir d’ici. C’était encore un espace clos, partiellement entouré de murs et il n’y avait pas de porte ! Il était pris au piège.

Il ferma un instant les yeux. Il revit la forêt de Reading. Lorsqu’il les rouvrit, il y était. Ses pieds étaient posés sur le sol d’humus et les premières feuilles mortes. Il sentait la légère brise sur son visage, entendait les oiseaux chanter dans les arbres. L’angoisse et le sentiment d’oppression l’avaient quitté. Il était à nouveau en sécurité.

-Arthur ?

Sa mère s’approcha, visiblement surprise de le trouver là mais elle ne lui reprocha pas d’avoir quitté l’école. Ils avaient le temps.
Chapitre 1 : A la découverte du monde by alrescha
A la veille de son douzième anniversaire, Arthur ne se sentait pas plus prêt à entrer dans une école que huit ans auparavant. Depuis qu’il avait onze ans, ses parents ne tarissaient pas de récits sur leur scolarité à Poudlard. Alrescha leur posait sans arrêt des questions sur l’école, mais lui redoutait le moment où sa lettre arriverait.

Elle devait arriver pendant l’été par un hibou de l’école. Elle serait cachetée de cire rouge et écrite à l’encre verte émeraude. Il connaissait les détails par cœur et cela le dégoutait. Il ne voulait pas y aller.

On était le 10 juillet. Chaque soir qui tombait amoindrissait les chances de recevoir la fameuse lettre. Il avait peut-être été oublié… Ce serait bien. Il resterait ici et ses parents lui enseigneraient tout ce qu’il y a à savoir…

Il fixait le plafond de sa chambre avec appréhension. Il redoutait le moment où il se lèverait et verrait la lettre sur la table de la salle à manger. Il restait toujours un maximum de temps dans sa chambre jusqu’à ce que finalement ses parents l’appellent. C’était le seul moyen qu’il avait trouvé pour éviter d’avoir « la mauvaise surprise ».

-Arthur !

Il rejeta une mèche de ses cheveux bruns en arrière et jeta un coup d’œil gris foncé à son réveil. Il affichait neuf heures. Il aurait voulu disparaitre sous son édredon pour ne pas avoir à affronter l’expression ravie de ses parents et les cris de joie de sa sœur.

-Arthur !

Deuxième appel. Il n’avait pas le choix. Il se leva et quitta sa chambre, la boule au ventre et en traînant des pieds. Il descendit les escaliers blancs et rejoignit la salle à manger sans se presser.

-Je suppose qu’elle est arrivée… marmonna-t-il.

Il leva les yeux vers la table et la vit. La fameuse lettre. Exactement comme ses parents l’avaient décrite.

-Ouvre-la au moins, dit doucement sa mère.

Le jeune homme se renfrogna.

-Bon, et bien, c’est moi qui vais l’ouvrir, dit-elle et elle joignit le geste à la parole. « Cher Monsieur Claws, nous avons le plaisir de vous accueillir au sein de notre école à la rentrée prochaine. Vous trouverez jointe à ce courrier la liste de vos fournitures scolaires. » Tu auras des cours de métamorphose, de sortilèges, d’histoire de la magie… et je me souviens de la bibliothèque, elle est très complète…

C’était très tentant sur le papier. Ce qui effrayait Arthur, ce n’était pas l’école en elle-même ni les matières qu’on y enseignait, c’était les autres -élèves comme professeurs- et le bruit qu’il y aurait. S’il y allait, il n’avait aucun moyen de rentrer. Aucun moyen de fuir. L'école était très loin de la maison...

-Nous n’irons pas acheter les fournitures aujourd’hui, dit sa mère. Nous attendrons que tu prennes une décision. D’accord ?
-D’accord.

Arthur passa la journée dans la forêt. Sa mère vint le trouver dans l’après-midi et s’assit à côté de lui sur le tronc d’un arbre mort.

-Je ne vais pas essayer de te convaincre, dit-elle. Je veux juste te raconter quelque chose. Il y avait à l’époque où je suis entrée à Poudlard un élève qui pensait qu’il n’avait pas sa place à l’école. Il redoutait le moment où il recevrait sa lettre et en même temps il avait envie d’apprendre. Il était doué. Il avait toutes les raisons d’avoir peur d’y entrer car il était atteint de lycanthropie. Il avait peur de faire du mal aux autres ou qu’on se moque de lui… Il était tiraillé, il ne savait plus quoi faire ou penser… et ses parents étaient très pauvres. Dumbledore en personne est venu chez lui pour le convaincre. Il a déployé des moyens incroyables. Tous les professeurs étaient au courant de sa lycanthropie et l’infirmière aussi bien sûr. Tu ne vas probablement pas le croire, mais il s’est fait des amis très vite. Ils n’avaient pas peur de lui parce qu’ils savaient qu’il avait bon cœur et que leur amitié serait plus forte que le reste. Que l’envie d’être à Poudlard était plus forte que sa peur de faire du mal.
-… Qu’est-ce qu’il est devenu ?
-Il a passé ses BUSES et ses ASPICS. Ensuite… Je n’ai plus eu de nouvelles. Il n’a jamais été expulsé et je sais que le temps qu’il y était, il n’avait plus peur.
-C’était un de tes amis ?
-C’était un camarade de classe, répondit-elle dans un soupir. Je le côtoyais tous les jours. J’espère qu’il s’en est sorti. C’était quelqu’un de bien. Il méritait vraiment sa place.
-… Tu essayes de me convaincre…
-Evidemment. Parce que je veux le meilleur pour toi et je sais que tu as ta place à Poudlard.

Elle se leva.

-La décision t’appartient. Je ne veux pas t’obliger à y aller si tu ne veux pas.
-Mais je veux y aller ! dit-il plus fort qu’il ne l’aurait voulu. C’est juste que…
-Je n’ai pas connu d’autre école que Poudlard. J’avais peur aussi. Voir tous ces gens autour de moi d’un coup…
-Comment tu as fait ?
-J’ai commencé à leur parler.

Elle marqua une pause puis lui dit d’un ton encourageant :

-Tu y arriveras. Et si tu rencontres des obstacles, à Poudlard, une aide est toujours apportée à ceux qui en ont besoin.

Le lendemain matin donc, les Claws se rendirent dans leur propre salon. Ils firent face à la cheminée. Phileas prit une petite poignée de poudre et invita Arthur à faire de même.

-Ce n’est pas de la Poudre de cheminette ordinaire mais une de mon invention, dit-il. Elle permet de voyager depuis le Domaine vers toutes les destinations souhaitées. Les protections ne sont pas mises à mal par nos déplacements comme ça… Il faudra utiliser la même Poudre pour revenir.

Il avança dans l’âtre.

-Vous ferez comme moi. Nous arriverons tous les quatre chez Fleury & Botts sur le chemin de traverse. Il suffit d’annoncer votre destination. La poudre fera le reste. Chemin de Traverse !

Et il disparut dans un nuage de fumée bleuâtre.

Alrescha s’avança à sa suite.

-Vas-y, Arthur, lui dit sa mère. Je serai juste derrière.

Arthur entra dans la cheminée, jeta un regard peu rassuré à sa mère.

-Chemin de traverse, dit-il.

Il se sentit aussitôt aspiré. Sa chute sembla durer une éternité mais elle s’arrêta brutalement avec un atterrissage sur un parquet.

Son père lui adressa un sourire en l’aidant à se relever.

Le jeune homme regarda autour de lui. Il était dans une librairie ! Il y avait des livres partout et il fut soudain pris d’une irrépressible envie de les feuilleter. Il avança sans prêter attention aux autres clients présents dans la boutique. Il se régalait de ce qu’il voyait et en même temps sa curiosité était piquée au vif, sa soif de savoir salivait. Il commença à parcourir quelques ouvrages qui l’intéressaient et se retrouva très vite avec des livres qui ne figuraient pas dans la liste pour Poudlard dans les mains.

-On a tous les livres. On va continuer nos achats ? J’ajoute « la Fameuse enquête du fantôme de McGregor » ?
-Oui.

Ils réglèrent leurs achats et passèrent à la boutique suivante. C’était l’atelier de Mme Guipure.

-Je vais t’accompagner, lui dit son père.

Quand ce fut son tour d’essayer l’uniforme, Arthur se sentit ridicule mais aussi chanceux. C’était des sentiments très contradictoires. Il avait l’impression d’être pris au piège mais aussi d’être accepté, intégré.

Heureusement, cela ne dura pas très longtemps et ils purent très vite passer chez le fabricant de baguettes. Ollivander les salua :

-Ah, Phileas Clarke. Cela fait très longtemps.
-Oui, en effet.
-Votre baguette était suffisamment solide, alors.

Le père d’Arthur eut une expression gênée.

-Elle a assez peu servi en vérité.
-Mmmh, fit Ollivander d’un air réprobateur. Passons au jeune homme.

Un mètre-ruban se jeta sur Arthur et prit des mesures diverses.

-Etes-vous droitier ou gaucher ?
-… Ça dépend.
-Les deux bras alors, dit-il et le mètre ajusta ses mesures.

Le fabricant de baguettes commença à sortir quelques étuis.

-Essayez donc celle-ci. Bois de hêtre, plume de phénix, 33 centimètres. Très agréable à tenir en main et flexible.

Arthur essaya mais ça n’eut pas l’effet escompté.

-Non, elle manque un peu de caractère… Voyons… Essayons celle-là : bois d’ébène, crin de licorne, 30 centimètres.

Une colonne de boites de baguettes s’effondra.

-Celle-là en a trop… Ah ! Peut-être celle-ci. Bois de noyer, plume de phénix, 31 centimètres.

Quand Arthur la prit en main, ce fut comme si on lui avait allongé le bras de quelques centimètres. La baguette était un parfait prolongement de lui-même. Il se sentait confiant et put faire léviter pendant quelques secondes un étui de baguette magique sans risquer de provoquer une avalanche dans la boutique.

-Parfait, dit Ollivander.

La baguette payée, Arthur ne put s’empêcher de la garder en main pour l’examiner sous toutes les coutures. Il était tellement absorbé par sa baguette que ses parents durent l’obliger à regarder vers où ils se dirigeaient à présent.

Ils avançaient vers La Ménagerie Magique où il y avait beaucoup de monde. Heureusement, ce n’était pas la seule animalerie du chemin de traverse. Les Claws décidèrent de poursuivre leur route jusqu’à une devanture jaune et verte où l’inscription « Chez Lyssle & Son » était peinte à même la vitre.

Il n’y avait que deux familles dans la boutique, les Claws et une famille entière aux cheveux blonds délavés. Leur fils, un garçon de l’âge des jumeaux se moquait du jeune employé qui se tenait derrière le comptoir.

Celui-ci devait avoir dans leurs âges également. Il avait les cheveux blonds sale, les yeux vairons et des traits assez irréguliers. Il évitait soigneusement de regarder les gens en face comme s’il était conscient que sa laideur pouvait déranger la clientèle.

Arthur détourna le regard vers les perchoirs des hiboux.

Alrescha se dirigea vers le carré des chats et en souleva un noir aux oreilles surdimensionnées.

-Je vois qu’elle a déjà fait son choix… Et toi, Arthur, qu’est-ce que tu vas prendre ?
-… je pense que je vais prendre un hibou…

Il tendit à peine la main vers eux et la demi-douzaine de hiboux que possédait l’animalerie se posa sur lui.

Le gérant s’approcha en riant.

-Eh bien, vous avez déjà un bon feeling. Vous n’avez plus qu’à choisir.
-Euh…
-La volière de Poudlard est pleine d’oiseaux en quête d’affection si vous craignez d’en laisser.

Arthur hésita un instant. Il n’avait pas vraiment réfléchi au compagnon qu’il souhaiterait avoir. Un hibou lui semblait le plus pratique. Tous les oiseaux avaient l’air en bonne santé et volontaires pour le suivre à Poudlard.

-…Je vais prendre le hibou des marais, dit-il finalement.

Les achats bouclés, la famille rentra à la maison.
Chapitre 2 : Peur bleue by alrescha
Durant le reste des vacances scolaires, Arthur étudia ses manuels avec beaucoup d’assiduité.

La veille de la rentrée, il était si impatient et nerveux qu’il ne dormit que quelques heures et se réveilla bien avant son réveil. Il se leva d’un bond et regarda le contenu de sa malle, il espérait n’avoir rien oublié.

Chose faite, il descendit à la salle à manger. Sa mère était en train de préparer le petit-déjeuner. Arthur n’avait pas vraiment faim. C’était juste par réflexe qu’il était descendu et s’était installé à sa place habituelle. Son estomac se nouait de plus en plus à mesure que l’heure de prendre le train se rapprochait.

Il fut soudain pris d’un élan de panique au moment de partir. Qu’avait-il fait ? Il s’était laissé convaincre par une histoire abracadabrante racontée par sa mère au sujet d’un loup-garou. Comment avait-on pu laisser un loup-garou entrer dans une école ? C’était invraisemblable…

-Arthur, c’est l’heure d’y aller, dit sa mère.
-Ca va aller, mon grand, le rassura son père.

Et les Claws prirent la poudre de cheminette pour se rendre directement sur le quai 9 ¾. Le sifflet de la locomotive souffla au moment pile de leur arrivée. Parents et élèves se pressaient, se regroupaient devant les portes des wagons.

Leur père les aida à trouver et à s’installer dans un compartiment.

-Bon voyage, les enfants. Ecrivez-nous.

Tétanisé, Arthur regarda la porte se refermer et le quai s’éloigner puis les paysages défiler. Il trouva une certaine paix à les regarder ainsi, appuyé sur l’accoudoir de sa banquette.

La porte s’ouvrit soudain de nouveau derrière lui et deux jeunes gens se tinrent dans l’encadrement de la porte. Ils étaient tous les deux châtains aux yeux bleus, mais la fille avait les cheveux épais et bouclés et le garçon les cheveux fins et raides.

-Al’ ! s’exclama la fille. Je savais que je te reverrais !
-Je suis trop contente de te voir ! répondit Alrescha.

Les deux filles s’enlacèrent.

-Irma, je te présente mon frère Arthur.
-Salut, lança joyeusement Irma.

Arthur la salua en pensée. Il était trop anxieux pour faire davantage.

-Lui, c’est Phil. Je l’ai trouvé dans le couloir.
-Bonjour, dit timidement celui-ci.

Ils s’installèrent et Arthur ressentit aussitôt le besoin urgent de quitter l’endroit. Il se leva et traversa le compartiment en deux enjambées et courut dans le couloir, sous le regard surpris des autres élèves.

Le bruit des conversations emplissait sa tête, lui brouillait l’esprit. La présence des autres l’oppressait. Il avait l’impression que son cœur allait exploser s’il continuait à battre aussi fort. Il s’arrêta à bout de souffle, après avoir passé une dernière porte. Il regarda brièvement autour de lui, il n’y avait personne.

Soulagé de ne pas avoir été suivi ou de ne pas être tombé sur d’autres élèves, il se laissa glisser au sol. Comment allait-il faire pour supporter tant d’agitation ? Il avait la sensation d’être pris au piège. Il ne pouvait pas fuir.

Son pouls retrouva un rythme normal. Il entendit quelques bruits d’animaux non loin de lui. Il remarqua alors les cages de transport de chouettes, hiboux et de chats qui encombraient une partie du couloir. Certaines étaient vides mais la plupart étaient occupés.

Arthur avait toujours eu des facilités avec les animaux. Il s’entendait bien avec eux, qu’il s’agisse de volatiles ou d’animaux à quatre pattes. Il avait plus de mal avec les rampants.

Il avait un peu de peine pour les animaux emprisonnés. Pour autant, il ne pouvait pas les libérer dans un espace aussi restreint.

-Ce n’est qu’une prison temporaire, dit-il à voix basse. Moi aussi, je suis enfermé… Ça ira mieux quand on sera arrivé. Vous pourrez voler partout.

Il flatta les têtes des animaux les plus proches de lui et qui semblaient en proie au stress.

Il se passa deux bonnes heures à en juger à sa montre avant qu’Alrescha n’apparaisse.

-Ça va ? lui demanda-t-elle.
-Oui.
-Tu ne t’ennuies pas trop ?
-Ça va.
-Tu m’as fait peur tout à l’heure…
-J’avais peur, marmonna-t-il. Là, ça va.
-D’accord. On arrive vers dix-huit heures. Tu pourras revenir dans le compartiment pour te changer. On te laissera seul.

Il la remercia d’un signe de tête.

-Oh ! J’allais oublier. Je t’ai apporté un de tes livres, dit-elle en lui tendant son exemplaire des enquêtes de McGregor.
-Merci.
-A toute à l’heure.

Et elle s’en alla.

Quelques secondes après qu’elle soit partie, des bruits de pas précipitèrent se rapprochèrent. Quelqu’un courait vers là où Arthur se tenait. II se releva et se cacha.

Il vit alors le garçon de l’animalerie entrer dans le compartiment. Il avait la tête de quelqu’un qui voulait disparaitre. Arthur se dit qu’il avait probablement fait la même tête quelques heures auparavant. Il hésitait à sortir de sa cachette à présent. L’autre avait déjà revêtu son uniforme et il tremblait comme une feuille.

Arthur se demanda ce qu’il pouvait faire. S’il sortait maintenant, l’autre allait s’enfuir en courant. S’il ne sortait que plus tard, l’autre aurait la trouille de sa vie. Arthur n’était pas très sociable mais il avait bien vu que l’autre garçon avait de réelles difficultés avec les gens. Lentement, il sortit de sa cachette. Il fit du bruit. Quelques oiseaux eurent des cris de protestation. L’autre se recula mais Arthur fit comme s’il ne l’avait pas vu. Il s’installa à l’endroit qu’il avait occupé avant d’être dérangé et se remit à sa lecture.

Ils restèrent un long moment silencieux.

-Tu… tu étais à la boutique, lança timidement le blond. Avec tous les hiboux…
-Oui, répondit Arthur en remettant son marque-pages.
-Ils ne font jamais ça d’habitude… Même quand je les nourris.

Sa mine aux yeux vairons se renfrogna davantage. Arthur se sentit mal pour lui et ne sut pas trop quoi dire.

-Comment… comment tu t’appelles ?
-Edward Lyssle.
-Je m’appelle Arthur Claws.
-… Tu vas aller à Serdaigle.
-… je ne sais pas, dit Arthur qui réalisa soudain qu’il n’avait jamais parlé des maisons et de la répartition avec ses parents.
-C’est quasiment sûr avec ton nom. Ils sont tous allés à Poufsouffle dans ma famille… mais je ne vais pas y aller. Je ne fais jamais rien comme les autres…

Avant qu’Arthur lui fasse remarquer qu’il aidait son père à l’animalerie qui rappelons-le s’appelait Lyssle & sons, Edward reprit la parole :

-Je vais finir à Serpentard… Mon père sera tellement déçu…
-Peut-être… peut-être que le choixpeau hésitera et que tu pourras choisir. Si tu penses très fort à aller à Poufsouffle, il peut en tenir compte.
-Je ne crois pas, pleurnicha Edward. Tu as vu Malefoy ? Il est tellement méchant. Toute sa famille est allée à Serpentard.
-C’est un idiot.
-Ca m’énerve de ne pas pouvoir répliquer… Il mériterait que je… que…

Edward mima des coups de poings et des coups de pieds. Arthur comprit l’idée et fut d’accord avec lui. De ce qu’il avait vu de Malefoy, il semblait bien avoir besoin que quelqu’un lui remette les idées en place.

L’heure tourna vite en compagnie d’Edward. Arthur alla rejoindre le compartiment pour se changer. Lorsqu’il eut fini de s’habiller, le train arrivait à la gare de Pré-au-Lard. Il sortit.

Sur le quai, un géant appelait les élèves de première année à le suivre. Ils marchèrent un moment avant d’atteindre un lac où des barques flottaient près de la berge.

-Montez deux par deux et faites attention à ne pas tomber !

Peu rassuré, Arthur monta à bord de l’une d’elles. Alrescha monta avec lui. Il faisait nuit autour d’eux, des ténèbres bleues les engloutissaient et puis soudain, un château se dressa devant eux, tout illuminé. C’était magnifique.

Arthur se rassura. Il savait pourquoi il était ici.

Les élèves quittèrent leurs barques de l’autre côté du lac et montèrent un escalier de pied en haut duquel une sorcière à la robe verte émeraude et au chignon serré qui lui donnait un air sévère les attendait.

Elle fit un petit discours de bienvenue. Arthur eut du mal à se concentrer sur ce qu’elle disait tant il sentait la tension grimper en lui. La répartition, les autres élèves, les professeurs… son estomac émit soudain un grognement de protestation à un niveau sonore qui lui parut élevé.

-Tu n’as rien mangé depuis ce matin ? l’interrogea Alrescha qui sembla être la seule personne à l’avoir remarqué.
-Si, des biscuits…
-On ne devrait pas avoir longtemps à attendre. On est dans les premiers de l’alphabet et on n’est pas très nombreux.

McGonagall revint enfin et elle les fit entrer dans la grande salle.

-Claws, Alrescha ! prononça-t-elle enfin.

Arthur regarda sa sœur jumelle s’avancer vers le tabouret.

-SERDAIGLE ! s’exclama le choixpeau.

Alrescha rejoignit la table en sautillant de joie.

-Claws, Arthur !

Le jeune homme crut que ses jambes allaient refuser de répondre mais il s’avança.

-Je vois… Hmmm… C’est très intéressant. Il y a de l’ambition, un grand désir d’apprendre et de prouver ce que tu vaux. Une grande curiosité aussi. Tu aimes apprendre… Tu es prêt à tout pour acquérir un grand savoir… Tu me donnes des cheveux à m’arracher… Mais je crois que… oui… ça me parait bien… SERDAIGLE !

Soulagé, Arthur chancela jusqu’à la table où sa sœur l’attendait.

-Je t’avais dit que tu n’avais pas à avoir peur.
-… Oui… oui, tu l’avais dit…

Mais il avait quand même eu peur. Le choixpeau avait hésité. Ses paroles hantaient l’esprit d’Arthur. Il ne pensait pas être ni rusé ni ambitieux. Ces paroles il ne les comprenait pas. Il regarda les autres élèves se faire répartir. Edward Lyssle et Drago Malefoy avaient été envoyés à Serpentard. Et si le choixpeau avait fait le même choix pour lui ? Il ne devait pas y penser…

-Claws, fit le préfet. Ça sonne un peu comme Ravenclaw. Vous êtes de la famille de Rowena ?
-Nos parents disent qu’on serait des descendants éloignés. Techniquement, notre maison était l’ancienne maison de Rowena.
-C’est vrai ? lancèrent plusieurs voix.

Arthur se détourna rapidement de la conversation qu’avait sa sœur avec leurs camarades. Il accueillit la fin de la répartition avec une joie qu’il peina à dissimuler.

Son estomac rempli et le repas terminé, il suivit les préfets jusque devant le heurtoir de la porte de la salle commune. Pour entrer, il fallait donner la bonne réponse à l’énigme posée. Cela tombait bien : Arthur adorait les énigmes.

Lorsqu’ils entrèrent, il découvrit une salle magnifique. Des bibliothèques partout sous un dôme étoilé. Il était chez lui.
Chapitre 3 : Débuts difficiles by alrescha
Si la salle commune des Serdaigle était une vision idyllique de ce qu’avait pu imaginer Arthur, il lui restait un souci de taille à régler. Ce soir et tous les autres qui suivraient, il devrait partager l’espace pour dormir avec quatre autres garçons.

Il découvrit un dortoir de forme ronde où trônaient cinq lits à baldaquins aux rideaux bleu roi. Les malles étaient posées au pied des lits. Arthur n’eut donc qu’à se diriger vers le lit où il y avait sa malle. Il s’assit sur le lit presque aussi confortable que le sien dans sa chambre au domaine des aigles et vit à l’intérieur de sa table de nuit quelques livres ; des romans mais aussi un exemplaire de l’Histoire de Poudlard et un grimoire sur l’Histoire de Rowena Serdaigle. Il choisit le livre sur Poudlard puis commença à se dévêtir. Il figea soudain son geste réalisant qu’il avait été trop distrait par sa lecture pour se rappeler qu’il n’était pas seul, tira les rideaux et le reprit.

Il lut aussi tard que les émotions de la journée le lui permirent. Il était plus fatigué qu’il ne le pensait et tomba endormi au milieu du chapitre trois.

Le lendemain matin, ce fut le bruit dans le dortoir qui le réveilla. Il mit deux bonnes minutes à se rappeler où il était et pourquoi il y avait autant de monde autour de lui. Lorsqu’il se souvint de la rentrée, de sa répartition et du discours de Dumbledore, il se leva d’un bond et enfila son uniforme à la va-vite. Il prit son sac et dévala les escaliers en courant jusqu’à la grande salle.

Les emplois du temps avaient déjà été donnés. Alrescha lui adressa un regard réprobateur avant de lui demander :

-Bien dormi ?
-Mmmh.

Il tendit le bras et prit deux toasts et une tasse de café.

-On commence par les potions.
-Alors vous devriez descendre aux cachots maintenant, dit le préfet. Rogue ne tolère aucun retard.

Arthur s’aperçut qu’il n’avait pas son manuel de potions. Il avait dû rester dans sa malle… Il retourna le chercher mais le temps d’y aller et de trouver la salle de classe, il était en retard.

-Cinq points en moins pour Serdaigle, cela vous apprendra à arriver à l’heure, Mr Claws, annonça Rogue d’une voix froide.

Arthur ne chercha pas à répliquer ou à s’excuser. Ses intentions mouraient devant l’expression particulièrement revêche du maitre des potions. Il alla s’installer dans le fond de la classe et essaya de se fondre dans l’obscurité de la salle. Il espérait se faire ainsi oublier du professeur comme de ses camarades à qui il avait déjà fait perdre cinq points.

Pendant tout le cours, il garda les yeux rivés sur son manuel. De tous les manuels scolaires, c’était celui qu’il avait le moins lu. Il avait trouvé le contenu très compliqué et très dense pour pas grand-chose.

Quand Rogue eut fini de déblatérer ses sarcasmes sur les élèves de première année et ceux qui n’étaient pas d’une rigueur suffisante pour réussir une potion, il leur ordonna de préparer un crème contre les furoncles. Un exercice de base, précisa le maître des potions.

Ce fut un échec cuisant. Pourtant, Arthur fit de son mieux. Son chaudron n’explosa pas mais sa potion n’avait ni la texture ni la couleur attendues.

Il se demanda si tous les professeurs étaient comme ça et combien de temps il durerait.

-Ça va ? lui demanda Alrescha alors qu’ils sortaient de la salle.
-…
-On a commencé par la matière la plus dure… Les Poufsouffle n’avaient pas l’air à l’aise non plus.

Elle avait peut-être raison. Si ce n’était pas la matière c’était Rogue et la réputation de celui-ci le précédait.

-J’aimerais bien voir la tête des Serpentard après le premier cours avec leur directeur de maison…
-Rogue les avantage, dit Irma coupant Alrescha dans son élan.
-… Qu’est-ce qu’on a ensuite ? demanda celle-ci pour changer de sujet.
-Sortilèges avec Flitwick.
-Espérons qu’il nous avantage.

Flitwick était leur directeur de maison et malgré sa petite taille, il imposait le respect.

Le premier cours consista à faire léviter une plume. Bien décidé à montrer qu’il était capable de réussir, Arthur observa attentivement le professeur, prit sa baguette et reproduisit le geste exact.

La plume s’envola.

-Dix points pour Serdaigle. Bravo, Mr Claws.

Arthur se sentit rougir. Il n’aimait pas être au centre de l’attention mais au moins il avait réussi quelque chose ce jour-là.

Alrescha lui mit une tape sur l’épaule lorsqu’ils sortirent de la salle.

-Tu devrais le raconter aux parents.
-Tu leur as écrit hier soir ?
-Oui, mais juste pour leur dire qu’on était tous les deux à Serdaigle. Ils voudront savoir comment s’est passé notre premier jour.

Après le déjeuner, les Serdaigle avaient cours de vol sur balai.

Arthur se tenait presque aussi droit et raide que le balai couché à ses pieds dans l’herbe. De tous les cours, le cours de vol était celui qu’il redoutait le plus, après les potions maintenant qu’il avait fait la connaissance de Rogue.

Il n’aimait pas l’idée de demander à un objet de le porter. Il ne faisait pas suffisamment confiance à un balai pour ça.

-Tendez votre bras droit au-dessus du balai et dites « debout ».

Ça avait l’air simple comme ça. Mais pour Arthur ses camarades étaient fous. Comment pouvaient-ils faire confiance à un balai ?

Alrescha haussa les épaules et essaya. Son balai tourna sur lui-même. Plus loin, dans la ligne, quelqu’un reçut son balai en pleine face. Non, décidément, Arthur ne pouvait pas faire ça.

-Allez, Mr Claws, essayez… dit Mrs Bibine.
-De… debout…
-Dites-le fermement. Sans hésitation. Allez.
-…debout…

Plus elle insistait, moins Arthur se sentait à l’aise. Elle finit par laisser tomber, comprenant sans doute qu’il allait finir par s’enfuir en courant.

Arthur était rouge de honte. Il avait surpris quelques regards dans sa direction mais heureusement la plupart des élèves semblaient bien trop enthousiastes à l’idée de voler sur un balai.

Il resta à terre pendant que ses camarades volaient à quelques mètres au-dessus de lui. Il ne les regarda que brièvement : il se sentait malade rien qu’à les voir ainsi. Sa tête lui tournait et il avait envie de vomir.

Il fut soulagé que le cours finisse et de voir sa sœur à nouveau sur la terre ferme.

-Je n’étais pas très rassurée… Mais je vais m’y faire, je pense, dit-elle alors qu’ils regagnaient le château.

Arthur appréhendait déjà les prochains cours de vol. Il était hors de question qu’il monte sur un balai.

-Il n’y a pas à avoir peur, dit Alrescha d’une voix douce. Quand tu montes aux arbres, tu es bien plus haut.
-Ce n’est pas pareil. Je n’ai pas le vide sous mes pieds… grommela-t-il pendant qu’autour de lui les autres se vantaient d’avoir volé.

Ses camarades ne parlèrent que de leur exploit du jour et de leur souhait d’intégrer l’équipe de quidditch. Arthur fit de son mieux pour ignorer toute l’agitation qui découlait de ce premier cours de vol.

-Tu peux peut-être te faire dispenser de vol, dit Irma. Si tu es vraiment malade.
-Il faut que tu ailles voir Madame Pomfresh.

Arthur se rendit à l’infirmerie dès qu’il eut un moment de libre. Il se sentait un peu ridicule d’y aller alors que son seul problème apparaissait en cours de vol. Il espérait vraiment qu’elle ait la possibilité de parler à Mme Bibine.

Il entra.

-Qu’est-ce que je peux faire pour vous, Mr Claws ?
-Je… j’ai le vertige… en cours de vol, je suis malade…
-Vous n’êtes pas le seul. Rassurez-vous.

C’était plus facile qu’il ne l’avait imaginé.

-Parlez-en à Mme Bibine. Elle comprendra.

Son soulagement avait été de courte durée. Il devait attendre le prochain cours pour en parler au professeur concerné… ce serait long mais elle comprendrait. Il l’espérait vraiment.

Le lendemain, les serdaigle avaient cours d’histoire de la magie. Le professeur Binns était un fantôme. De son vivant, il enseignait déjà à Poudlard mais un matin, il s’était réveillé et était parti faire cours sous sa forme spectrale. C’était assez intrigant.

Les élèves tombaient de sommeil comme des mouches à cause du ton monocorde du professeur. Arthur tint bon jusqu’à la fin du cours. Il s’intéressait plus au contenu qu’au professeur.

-Je ne sais pas comment tu fais, dit Irma en bâillant. Il a une voix soporifique. Il est plus efficace qu’une potion de sommeil.

Arthur haussa les épaules et relut ses notes. Tout ce qu’il avait sous les yeux était intéressant.

Ensuite, ils avaient cours de métamorphose. La salle était remplie de cages qui contenaient des animaux aussi divers qu’exotiques. Arthur les prit un peu en pitié puis se demanda s’il s’agissait de leur véritable apparence. Après tout, ils étaient dans une salle dédiée à la métamorphose, le doute était permis.

Le professeur McGonagall, ses lunettes vissées sur le nez, les regarda entrer de son air sévère. Arthur eut l’impression qu’elle le suivait du regard mais l’impression fut de trop courte durée.

-J’attends de vous une assiduité exemplaire, annonça-t-elle. Nous allons dans un premier temps étudier l’aspect théorique. Ce n’est qu’une fois la théorie assimilée que nous passerons aux travaux pratiques.

Arthur prit tout en notes. Il avait longuement étudié son manuel. Il trouvait la métamorphose fascinante. Il avait souvent vu ses parents transformer des objets et avait vraiment hâte d’être capable d’en faire autant.

Pendant son temps libre, il s’exerça et prit un peu d’avance. Il voulait être sûr d’en être capable si McGonagall lui demandait de faire une démonstration. Il réussit du premier coup. Il devait être plus confiant à l’avenir.

En fin de semaine, les rumeurs allaient bon train et même si Arthur ne voulait y accorder aucune attention, elles parvinrent à ses oreilles.

-Tu as entendu ? Il parait qu’Harry Potter est le nouvel attrapeur de Gryffondor.
-Hmm…
-C’est le plus jeune. Aucun élève de première année ne fait normalement partie de l’équipe. Mais il a été exceptionnel à son premier cours de vol.
-Ce n’est pas à Claws que ça arriverait… Hein, Arthur ?
-Laissez-le tranquille, intervint Alrescha d’un ton sévère.

Arthur roulait son devoir de métamorphoses tout juste terminé. Il avait à peine entendu qu’on parlait de lui.

Il déplia la lettre que lui avaient adressée ses parents le matin même. Ils espéraient que tout se passait bien. Ils le félicitaient pour son admission à Serdaigle. Arthur songea qu’il ne leur avait rien raconté depuis qu’il avait fait sa rentrée. Les seules nouvelles qu’ils avaient eues venaient d’Alrescha. Et elle ne savait pas tout.

Il sortit un rouleau de parchemin de son sac et commença à écrire. Il parvenait à s’adapter au fait de ne pas dormir seul. La maison lui manquait mais il arrivait à trouver sa place… Les paroles du choixpeau lui revinrent en mémoire et il se demanda s’il devait le leur dire. Il choisit que non, car finalement cela ne changeait rien. Il était à Serdaigle, là où on l’attendait.
Chapitre 4 : Des choses et d'autres by alrescha
Le jeune homme put se faire dispenser de cours de vol très simplement. Mme Bibine, bien qu’un peu peinée de ne pas réussir à passionner tous ses élèves, lui rédigea une dispense dès le cours suivant. Arthur avait donc un peu plus de temps libre.

Il profita de la température encore agréable pour se promener dans le parc. Il aimait bien flâner près de la forêt interdite même si l’accès à celle-ci était interdit. Il voyait parfois Hagrid entretenir son potager ou aller dans la forêt avec son chien et une arbalète. Il se demandait ce qu’il pouvait bien y faire ainsi armé. Il se doutait que la forêt était dangereuse et que c’était pour cette raison que les élèves ne devaient pas y pénétrer. Ce n’était pas celle de Reading à côté du domaine où Arthur ne risquait rien. Il devait s’en désintéresser. Flâner en forêt lui manquait. La forêt de Reading lui manquait. Grimper aux arbres lui manquait. D’autant plus que le sujet avait été remis sur le tapis avec le cours de vol et son problème de vertige…

Ce fut avec brio qu’il transforma son premier objet en cours de métamorphoses. Le professeur McGonagall accorda cinq points à Serdaigle.

-Tu vois, Michael, fit Alrescha. Il y a des choses plus importantes que le quidditch.
-J’allais le dire ! dit Irma qui n’avait obtenu qu’une métamorphose incomplète.

Arthur était fier de lui mais il n’en fit pas étalage. Les amis de sa sœur le félicitèrent et il en rougit, tellement il se sentait mal à l’aise.

Le premier match de la saison allait bientôt avoir lieu. Le samedi qui venait. Ça allait rassemble tout ce qu’Arthur détestait : les gens et l’altitude.

-Il y a des gradins, Arthur.
-Je préfère rester au château.
-Comme tu veux.

Pendant que l’école assistait au match qui opposait Gryffondor à Serpentard, Arthur se promena dans le parc. C’était si calme, si paisible d’un coup… Cela aurait pu lui rappeler le domaine dans une plus grande mesure…

Les applaudissements et parfois des coups de sifflet lui parvenaient mais ils étaient couverts par le bruit du vent dans les arbres. Il savoura véritablement cet instant.

Le calme fut de courte durée. Gryffondor gagna son premier match et la soirée fut très animée, même chez les Serdaigle.

Les semaines passèrent et ce fut le soir d’Halloween que les choses se corsèrent :

-Un troll dans les cachots ! s’écria Quirrell en faisant irruption dans la grande salle. Un troll dans les cachots !

Il s’évanouit au milieu de la salle.

Les élèves commencèrent à paniquer. Arthur, que la présence d’un troll dans une école inquiétait un peu, essaya de se rappeler ce qu’il connaissait à leur sujet. Les trolls fuyaient les humains. Il n’était pas entré seul. Il n’était pas assez intelligent pour ça.

-Tous les élèves rejoignent immédiatement leurs dortoirs. Les professeurs vont m’accompagner jusqu’aux cachots.
-Regarde la tête des serpentards, fit Irma. Leurs dortoirs sont dans les cachots !

Ils furent un petit groupe de Serdaigle à pouffer de rire tout en montant dans les hauteurs et rejoindre leur salle commune.

Certains élèves se précipitèrent d’emblée vers les bibliothèques pour se distraire ou vérifier une information sur les trolls.

Le lendemain, ils apprirent que le troll avait été maîtrisé par des élèves de première année.

-Potter et Weasley, dit Penelope Deauclaire. C’est Percy qui me l’a dit.
-Il a l’air doué, Potter, fit Alrescha.

Elle pensait sans doute au fait qu’il soit le plus jeune attrapeur. Ce détail, Arthur l’avait déjà enfoui sous un amas d’informations bien plus utiles et intéressantes.

-Il n’avait rien à faire là, mais apparemment Granger était dans les toilettes des filles… Il est allé la sauver… Bref, ils ont fait gagner des points à leur maison en enfreignant une règle de l’école. Je n’y comprends plus rien.
-Ils ont eu de la chance, c’est tout.

Ce ne fut pas la seule fois que Potter, Weasley et Granger de la maison Gryffondor se démarquèrent mais les Serdaigle ne le surent que plus tard par le biais des pépiements dans la salle commune. Serdaigle avait beau être la maison de la sagesse et de la connaissance, certains élèves poussaient cette connaissance à l’extrême, exigeant presque qu’on leur raconte les derniers potins.

C’était un comportement qu’Arthur trouvait affligeant sinon inintéressant au possible. Si à l’école tout n’était pas à jeter, tout n’était pas non plus à garder. Lui-même avait bien assez de soucis à gérer avant de se mêler de ceux des autres. Les cours de Rogue le mettaient dans un état de stress incontrôlable. Il perdait ses moyens et sa concentration dès que le professeur était dans la pièce alors qu’il était persuadé de réussir une potion s’il était seul. Il avait aussi parfois du mal à se rendormir quand il s’éveillait au milieu de la nuit. Il entendait les ronflements ou les paroles dénuées de sens des autres garçons de son dortoir et cela l’inquiétait un peu. Malgré cela, il se surprit à supporter de mieux en mieux la présence des autres élèves autour de lui, notamment en cours. Il était trop concentré sur ce que disait le professeur pour se soucier des autres. C’était un net progrès même s’il se sentait mal à l’aise quand on lui demandait de faire une démonstration.

Une semaine avant Noël, Arthur reçut une lettre de ses parents. Ils lui demandaient s’il voulait revenir pendant les vacances et lui demandaient de passer le message à sa sœur. Arthur répondit aussitôt qu’il reviendrait. Son cadre familier lui manquait. Même si ce serait l’hiver, il avait envie de grimper aux arbres et de passer du temps dehors.

Le jour du retour, il était si impatient de rentrer qu’il resta sur un strapontin entre deux wagons. Le train était loin d’être plein malgré ce qu’il s’était passé à Halloween. Il aurait eu un compartiment pour lui tout seul mais il n’avait pas envie de s’enfermer. Au-dehors, les paysages étaient blancs, endormis sous la couverture neigeuse, mais il avait quand même envie de courir à travers la forêt de Reading.

Lorsqu’enfin le quai de la voie 9 ¾ apparut, il ouvrit la porte et sauta du train. Ses parents l’enlacèrent longuement.

-Comment ça a été ? Tu ne nous as pas donné beaucoup de nouvelles.
-Ça va. A part les potions… et pour les cours de vol, j’ai une dispense.

Ils attendirent qu’Alrescha les rejoigne pour ils rentrèrent à Reading.

Arthur posa sa malle dans sa chambre et se laissa tomber sur son lit. Enfin, il retrouvait sa chambre et ses affaires… Il regarda par la fenêtre et vit la forêt d’arbres dénudés, puis décida d’aller y faire un tour.

Il remit sa cape et traversa le jardin. Il inspira longuement l’air glacial de décembre. Il était chez lui. C’était bon.

-Arthur, dit sa mère derrière lui.

Il se tourna vers elle. Elle souriait, elle savait où le trouver. Elle s’approcha, sa pâleur se distinguant à peine dans le paysage enneigé. Elle portait sa cape bleu nuit qui accentuait encore son teint. Son regard doux savait. C’était le même besoin de nature et de liberté qui l’animait même si le don des nymphes était très faible chez Arthur, c’était une sensation très forte, une facilité innée. Il avait déjà vu sa mère faire pousser des plantes d’un simple geste.

-Viens. On va manger.

Elle frissonna.

-Je déteste l’hiver, dit-elle.
-Tu le dis tous les ans.
-Oui, je vieillis… Je radote comme une vieille chouette…
-Tu n’es pas si vieille. Sauf si tu comptes en années chouette…
-Oh !

Ils rentrèrent en riant. Le domaine était décoré pour les fêtes de fin d’année. Alrescha discuta tout au long du repas.

-Ne t’en fais pas pour le vol, Arthur, dit Orphea quand Alrescha s’arrêta pour manger. J’ai été dispensée aussi et rien que le fait de voir les autres voler sur un balai me donnait des vertiges.
-Et les potions ?
-Je n’étais pas très douée mais je réussissais très bien en sortilèges, métamorphoses…
-Moi aussi.
-Tu vas t’en sortir, tu verras. Oh, et en botanique aussi. Je suis sûre que tu feras des merveilles.

Rassuré, Arthur s’endormit vite ce soir-là. Il se sentait plus confiant pour affronter le reste de l’année et la suite de sa scolarité.

Plus la rentrée approchait, plus il se demandait si cette confiance serait suffisante pour aller aux cours de potions et en sortir vivant. Sa mère s’en était sortie. Oui, mais sa mère n’avait pas de problème de timidité et d’agoraphobie. Sa mère aimait les gens.

Le trajet de retour vers Poudlard fut assez difficile. Le matin même, il eut envie de détruire son réveil pour oublier de se lever et louper le train. Malheureusement, ses parents surveillaient l’heure et ne le lâchèrent pas.

Il passa le trajet avec un livre que lui avaient offert ses parents. Un récit d’aventures épiques et animalières qui l’occupa un moment mais cela ne suffit pas à le distraire complètement.

Il referma le livre et soupira. Il restait quelques mois avant la fin de l’année. Six pour être exact. Il fallait qu’il continue. Il verrait pendant l’été s’il poursuivait ou non…

Chaque jour lui sembla être une épreuve. Heureusement qu’il avait cours de potions une seule fois dans la semaine… Il aurait bien aimé avoir davantage cours de métamorphoses. Le professeur McGonagall était exigeante mais ses cours étaient intéressants et Arthur semblait avoir une grande facilité par rapport aux autres élèves. Il se surprenait lui-même. Il s’attirait les regards envieux et admirateurs de ses camarades sans comprendre d’où ils venaient.

-Maman aussi est douée en métamorphoses, lui dit Alrescha.
-Ça serait héréditaire ?
-Peut-être. Ça serait bien, non ?

Et elle le dépassa en souriant.

Il serait aussi doué que son père en alchimie, peut-être serait-il lui aussi alchimiste un jour. Il hésitait. Il adorait regarder son père travailler dans son atelier, mais il aimait la nature, il ne se voyait pas travailler dans un endroit clos.

De toute façon, il était beaucoup trop tôt pour penser à cela. Les examens de fin d’année s’approchaient, et malgré ses facilités dans plusieurs matières, il devait travailler deux fois plus dans les autres.

A l’examen écrit de Potions, il fut déconcerté par les questions. Elles lui semblaient faciles. Il dut les lire plusieurs fois pour être sûr de bien les comprendre mais il ne vit aucun piège. Quelques heures après, il était toujours aussi circonspect. Avait-il réussi ? Avait-il lamentablement échoué ? Il eut du mal à passer à autre chose.

Après les examens de fin d’année, vint l’heure de remettre la Coupe des Quatre Maisons. Alors que les sabliers annonçaient Serpentard vainqueur, Dumbledore redistribua des points aux élèves de Gryffondor. Serdaigle, bien au courant des évènements qui avaient influencé cette redistribution se contenta d’applaudir.
Cette histoire est archivée sur http://www.hpfanfiction.org/fr/viewstory.php?sid=37745