Les dorures de la magie by Carminny
Summary:


Montage par moi à partir d’images de DeviantArt (Picklechippy) et Pixabay (Annalise et kareni)

 

En 1926, Gillian Black disparaît comme son frère Marius un an plus tôt. La raison est la même : elle est une cracmole. Si de nombreuses personnes la croit morte, Jill vit.

Participation au concours « Les ombres du manoir » de Catie et Sun’

 


Categories: Enfances Characters: Famille Black, Personnage original (OC)
Genres: Aucun
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: [Concours] Les ombres du Manoir
Chapters: 5 Completed: Oui Word count: 5135 Read: 1552 Published: 17/11/2020 Updated: 14/02/2021
L'aurore de la fin by Carminny
Author's Notes:

Bonjour à vous !

Bienvenue sur ma fic qui répondra au concours Les ombres du manoir des merveilleuses Sun' et Catie.

Pour ce premier chapitre, j'ai eu le droit de me retrouver enfermée dans les cachots...

Thème : souvenirs prisonniers
Contrainte : chapitre se déroule à l’aurore

Bonne lecture !

Le soleil peinait à se lever au-dessus des montagnes qui entouraient l'endroit. L'aube venait déjà de passer et les arbres commençaient à prendre des couleurs vertes. Le ciel était légèrement rosé vers l'est mais pourtant, ici, il faisait encore nuit. Seule une petite lanterne essayait de lutter contre l'obscurité. Jill aurait voulu immédiatement faire demi-tour et retourner chez elle. Mais ce n'était plus possible.

La petite fille suivit l'homme qui l'avait cherchée à la gare. Chaque pas était une torture. Tout son esprit criait de ne pas aller vers ce sinistre bâtiment aux volets encore fermés et aux fenêtres sans fleurs. Pourtant elle savait qu'il n'y avait pas d'autre choix et un pied se plaça devant l'autre, la rapprochant inlassablement de ce bâtiment cauchemardesque. Comme le soleil se battait pour dépasser les sommets, elle se battait pour arrêter d'avancer. Quand elle arriva devant la grande porte sombre et que l'homme toqua fermement, elle eut la ferme impression d'avoir perdu une bataille. Non, pas une bataille. La guerre.

- Ah, vous êtes enfin arrivés, les accueillit une grande femme imposante en ouvrant la porte juste suffisamment pour les laisser entrer. D'où vient-elle cette fois-ci ?

L'homme qui ne lui avait pas adressé la parole pendant tout le trajet haussa seulement les épaules et Jill vit enfin sa chance de bien se faire voir. Se redressant autant que lui permit sa petite taille, elle leva la tête vers celle qui devait être la personne la plus importante dans ce sombre trou puis fit la petite révérence qu'elle avait apprise.

- Je suis Gillian Ludivina Black, de la noble et très ancienne famille des Black. Enchantée.

 

- Ils ne l'ont même pas oubliettée ?! Ils croient vraiment qu'on va faire tout leur sale travail, ces gens !

La petite fille cligna des yeux. Pourquoi l'aurait-on oubliettée ? Elle savait qu'elle s'était mal comportée en accusant son père d'avoir fait disparaître Marius - même si elle savait pertinemment que c'était vrai. Ses parents lui avaient alors ordonné de se rendre dans cet endroit. Peut-être ne voulaient-ils pas qu'elle influe sa petite sœur avec ses mauvaises idées. C'était probablement que justice si elle se retrouvait dans cet horrible lieu. Un pensionnat horrible pour une horrible personne.

- Bon, suis-moi. Pour une fois, ils vont récolter ce qu'ils sèment. Moi qui ne sais pas lancer le sortilège, je vais garder ses souvenirs et les lui restituer à sa majorité. Ils verront bien s'ils peuvent nous traiter ainsi.

L'imposante femme la mena à un bureau étroit et tout aussi sombre que le hall et le couloir qu'elle avait pu apercevoir. Jill ne comprenait pas tout ce qu'elle marmonnait dans sa barbe inexistante mais cela ne sonnait pas bien pour elle. Cela dit, elle n'avait pas vraiment le choix. C'était suivre cette femme ou disparaître comme Marius. Son père avait été clair sur le sujet. Elle ne voulait pas mourir. Ici, il y avait un espoir.

Dès que la porte du bureau s'était refermée derrière eux, la femme pointa sa baguette magique sur la tempe de la jeune fille. Ne sachant pas ce qui allait suivre, Jill ne réagit pas. Peut-être qu'elle allait la faire crier comme père le faisait avec les domestiques insubordonnés ? Peut-être qu'elle allait...

 

- De la magie tous les souvenirs, par ma force de mon sort, je veux depuis l'aurore dans cette fiole les maintenir, prononça solennellement la directrice du pensionnat.

Jill sentait ses souvenirs s'échapper de sa tête, c'était une sensation bizarre. Comme si toute sa vie s'envolait en traversant son esprit. Elle s'accrocha à ses souvenirs avec toute la volonté dont elle était capable. Elle ne devait pas oublier sa famille !

Malgré tout, elle voyait un long fil argenté rester accroché à la baguette de la femme et doucement remplir une fiole en verre. Jill serra la poignée de la petite valise qu'elle avait eu le droit d'emmener. Elle était en train de perdre tout ce qu'elle était. Qui serait-elle si elle n'était plus Gillian Black, quatrième enfant et deuxième fille de Lord Black ? si elle n'était plus une sorcière de sang-pure avec l'éducation qui allait avec ? si elle n'était à nouveau qu'une feuille blanche ? Que feraient-ils d'elle ? Et surtout qui penserait encore à son Marius si elle ne se souvenait plus ?

Enfin, le flux continu de souvenirs s'apaisa et l'impressionnante sorcière bouchonna la fiole et la rangea dans une grande armoire fermée à clé. C'était certain, on lui avait volé ses souvenirs et on les garderait prisonniers. Pourtant elle ne se sentait pas vide. Elle se rappelait d'avoir une famille distante, un frère nommé Marius qui avait disparu, ses autres frère et sœurs Pollux, Cassiopeia et Dorea. Elle avait eu un chat chez elle et une grande chambre à elle toute seule. Elle se souvenait de ses leçons d'écriture, de lecture, de bonnes manières. Ce n'était pas ainsi qu'elle avait cru que cela serait. Elle se souvenait même que cette femme imposante devant elle avait réussi à lui retirer des souvenirs pour les enfermer dans le placard. Elle peinait à croire que cela était possible !

Elle devait les récupérer, pour savoir ce qu'elle avait oublié, car dans sa tête, elle n'avait pas l'impression que quelque chose manquait. Elle devait libérer ses souvenirs que cette femme lui avait pris ! Mais avant qu'elle n'ait le temps de faire le moindre geste dans la direction de l'armoire, la directrice du pensionnat, tendit la main.

- Donne-moi ta valise, petite.

Jill ne réussit pas à bouger. Cette valise était tout ce qu'elle avait, tout ce qui pouvait lui rappeler sa vie d'avant. Elle ne pouvait pas se résoudre à donner ses maigres possessions à cette horrible femme au regard menaçant, alors qu'elle tenait déjà en otage ses souvenirs. Elle ne savait pas ce qu'elle avait mis dedans mais elle ne voulait pas perdre tout ce qui pouvait la mettre sur la voie de ce qu'elle venait d'oublier.

 

- Donne-moi ta valise, répéta la femme. Ensuite je vais vous donner l'uniforme et les affaires auxquelles vous avez droit, comme toutes nos pensionnaires.

La petite fille secoua la tête. Elle ne voulait pas, c'était ses affaires. Elles ne devaient pas se retrouver enfermées dans cette armoire. Elle devait les garder pour se souvenirs encore un plus. La femme la lui prit sans attendre davantage.

- Je suis Madame Crombs, la directrice de ce pensionnat pour jeunes filles. J'attends que vous soyez obéissante et travailleuse. Quel est votre nom ?

- Gillian Ludivina Black, répondit la petite fille d'un trait.

Elle se rappelait vaguement qu'elle était fière d'appartenir à sa famille mais elle ne se souvenait plus pourquoi. Était-ce lié à cette fiole dans l'armoire ?

- Viens, Jill.

La directrice la précéda pour sortir du bureau et Jill se saisit de l'occasion. D'un grand bond elle se précipita vers l'armoire où elle savait que la fiole avec ses souvenirs était enfermée. Elle tira sur la poignée mais celle-ci refusait de s'ouvrir. Evidemment, il y avait une serrure pour la clé ! Mais la clé se trouvait dans la poche de Madame Cromps et il n'y avait aucun moyen d'y accéder. C'était dépitant. Elle devait y arriver ! Son passé en dépendait ! Soudainement elle se retrouva à tituber en arrière, entraînée par l'élan de la porte qui s'ouvrit brusquement. Elle avait réussi ! Se mettant sur la pointe de pied, la petite fille essaya d'attraper la grande fiole en verre. Mais, étrangement celle-ci semblait reculer de plus en plus vers le fond de l'étagère.

 

- Je garderai tes souvenirs en sécurité jusqu'à ta majorité, jeune fille, comme toutes tes affaires. Tu n'as pas le droit de les reprendre pour l'instant.

- Mais..., commença Jill avant de se faire couper.

- Tu vas immédiatement découvrir le concept de punition, fit Madame Cromps d'une voix menaçante. Corvée ménage pendant toute la semaine.

Sans perdre un mot de plus, elle emmena Jill dans un débarras rempli d'uniformes et de vêtements plus ou moins démodés. La petite fille se sentit mal à l'aise sous le regard inquisiteur de la femme mais celle-ci lui donna simplement deux uniformes à sa taille ainsi qu'une chemise de nuit.

- Une pensionnaire plus âgée t'expliquera les règles de la maison un peu plus tard. En attendant, je vais te mener à la chambre que tu partageras avec trois autres filles. Change-toi maintenant.

A peine quelques minutes plus tard, Jill se retrouva assise sur son nouveau lit, mince matelas de fortune, entouré de ses nouvelles camarades qui dormaient encore. Même la directrice n'avait pas eu à cœur de les réveiller et avait simplement ordonné à la petite fille d'attendre sagement l'heure du lever qui ne tarderait apparemment pas.

 

A travers la petite fenêtre, Jill vit le soleil se lever, colorant le ciel de bleu et dépassant enfin la plus petite des montagnes et éclairait faiblement la chambre de la petite fille. Elle s'autorisa enfin un petit sourire en tendant son visage dans les rayons de soleil. Quelques instants plus tard le soleil disparut derrière un grand nuage gris et le noir engloutit de nouveau la maison toute entière. Jill ne doutait pas. C'était la fin.

End Notes:

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