L'union des Descendants by Jane_25
Summary:

 

Dans un univers alternatif, Harry Potter a grandi avec ses frères et soeurs, ses parents et leurs amis. Une dizaine d'enfants heureux qui sont rentrés à Poudlard.

Aujourd'hui, ils sont adolescents et grandissent entre les rivalités des maisons, les premiers sentiments et les renforcements d'amitié.

luniondeseltsPETIT.jpg

Images libres de droit et montage réalisé par mes soins

 

Ils découvriront que leur héritage familial est plus fort que ce à quoi ils s'attendaient. Et, malgré leurs différences, ils vont devoir se rapprocher pour accomplir l'union des descendants 

 


Categories: Univers Alternatifs, Epoque de Harry, Hinny (Harry/Ginny), Autres couples (Het) Characters: Autre personnage, Daphné Greengrass, Drago Malefoy, Le Trio
Genres: Amitié, Autres genres, Aventure/Action, Comédie/Humour, Famille, Romance/Amour
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Et S'ils avaient survécu? L'incarnation des Eléments
Chapters: 18 Completed: Non Word count: 63126 Read: 2624 Published: 23/11/2020 Updated: 09/11/2021
Story Notes:

 L'union des descendants est la suite de l'union des éléments et traite d'une génération fictive qui suivrait les aventures des enfants de Lily, James, Dora, Remus, Ambre, Sirius, Alice et Frank. c'est un univers complètement alternatif où, si je reprends certains personnages de l'histoire initiaux, je rajoute de nombreux autres et adapte leurs traits de caractère à la situation.

 

Voici un prologue qui est plus là pour faire le lien avec l'opus précédent. Si vous ne l'avez pas lu, vous pouvez dès maintenant passer au chapitre suivant.

 

IL N'EST PAS NECESSAIRE D'AVOIR LU L'UNION DES ELEMENTS POUR LIRE CETTE FIC...

 

 

 

Je vous laisse à la lecture de ce prologue (ou du prochain chapitre si vous préférez)

1. Prologue by Jane_25

2. Trois rousses et un camescope by Jane_25

3. C'est la rentrée by Jane_25

4. Arrivée à Poudlard by Jane_25

5. Que va-t-il se passer cette année? by Jane_25

6. Lucas et Clarisse by Jane_25

7. La soirée qui allait tout changer by Jane_25

8. La Salle des Quatre Eléments by Jane_25

9. Les pensées de July Black by Jane_25

10. Le bal d'Halloween by Jane_25

11. Quand le quidditch dégénère by Jane_25

12. Premiers échanges by Jane_25

13. Dans la tête de Ginny Weasley by Jane_25

14. Elsa Londubat et son fort caractère by Jane_25

15. Crépuscule inspirant by Jane_25

16. Poudlard express by Jane_25

17. Retour à la maison by Jane_25

18. Noël au manoir Potter by Jane_25

Prologue by Jane_25
Author's Notes:

Voici un premier chapitre qui présente les parents et comment ils ont vécu les premières années de la scolarité de leurs aînés.

Le 31 août 1995

Lily Potter, grande figure de la société sorcière, était assise dans le canapé de son salon, s'amusant à donner toutes les formes possibles au feu qui crépitait (grâce à elle) dans la cheminée. Elle ne faisait pas vraiment attention à ce feu ; c'était devenu une habitude d'animer ces flammes quand elle était sans ses enfants et qu'elle devait réfléchir.
A quoi Lily pouvait-elle bien réfléchir ? A sa vie, tout simplement…
Ou plutôt à la vie de ses enfants. Elle avait la joie de voir ces quatre magnifiques êtres naître et grandir dans sa maison. En fait, elle se rendait compte qu'elle avait toujours du mal à réaliser que ses quatre enfants étaient la chair de sa chair, le mélange équitable d'elle et de l'homme qu'elle aimait et admirait depuis plus de quinze ans : James Potter.

Seulement, malgré tout l'amour qu'elle portait à ses enfants, elle ne pouvait s'empêcher d'être déçue par le comportement de ses trois ainés. Evidemment, elle était fière de voir son fils fêter ses quinze ans avec ses deux meilleurs amis, Ethan Brook et Ronald Weasley et jouer au quidditch avec son père. Elle savait qu'elle n'était pas très subjective mais elle trouvait que son fils s'était considérablement embelli depuis l'année dernière. Ils semblait sortir de sa puberté : sa voix était nettement plus grave et son corps presque adulte. Il mesurait maintenant un bon mètre quatre-vingts et devait faire chavirer des cœurs à Poudlard, comme son père avant lui. D'ailleurs, Harry avait toujours cette admiration folle pour James Potter, son père et lui ressemblait tant qu'on pouvait les confondre sur les photos de jeunesse de James. Le même visage fin, les mêmes sourires fiers et séducteurs et les mêmes cheveux en bataille et la même habitude d'y passer la main avec fierté…
Quant à ses filles, elles la faisaient tant rire avec leur complicité inexplicable. Leurs rires et leur bonne humeur à la maison. Certes, elles avaient été réparties à Serpentard, mais elles ne s'étaient pas éloignées réellement de leur famille, juste un peu de Harry, mais ce n'était rien comparé aux enfants Black. Elles s'étaient immédiatement intégrée dans leur nouvelle maison et s'étaient fait de bons amis dont une super meilleure amie : Ginny Weasley. Les trois rousses s'étaient vraiment trouvées et après le soutien des jumelles à la troisième qui avait été appelée dans une maison adversaire, elles ne s'étaient plus lâchées et faisaient avec fierté les quatre cents coups à Poudlard.

Finalement, Lily relativisa rapidement. Ses enfants se parlaient et s'entendaient bien quand ils étaient avec eux, comme en avait témoigné ces vacances où ils avaient invité Ethan, Ron et Ginny qui s'étaient relativement bien passés. En y repensant, elle avait passé de très bon moment avec les parents Weasley et Mrs. Books dont ils étaient devenus de bons amis.

Elle fut sortie de ses réflexions par des coups résonnant à sa porte et une pensée insistante :

*LILY ! Ouvre nous ! On a besoin de te parler !*

Lily sourit en captant la pensée de ses trois meilleures amies et se dépêcha d'aller les accueillir.

« -Salut, les filles, que se passe-t-il ? S'inquiéta-t-elle.
-Rien de plus que d'habitude ! Soupira Ambre, un peu désespérée, July passe son temps à quémander des hiboux pour communiquer avec ses amis, depuis son retour de ses vacances chez les Malefoy.
-Ses amis lui manquent, c'est tout ! La rassura Alice pour ce qui semblait être la deuxième ou troisième fois.
-Mais elle nous ignore trop souvent ! Se plaignit la mère triste.
-Stop ! Calma Lily. July nous pose le même problème depuis sa première année. Elle se sent différente et a toujours voulu se démarquer réellement en accentuant sa différence. Mais ce n'est pas parce qu'elle n'est pas aussi attentive et à ton écoute que Jane ou aussi affectueux que Hugo qu'elle ne t'aime pas. Elle ne montre juste pas ses sentiments, je pense. Elle est une vraie Serpentard, ne l'oublie pas.
-Tu sais, Ambre, lui expliqua Dora. Roxane et Teddy ne parlent pas trop d'eux à la maison. Certes, ils montrent un peu plus d'enthousiasme à l'idée de nous retrouver chaque été, mais on sent bien que l'on n'est pas dans leur monde. Je suis fière de mes enfants. Ils semblent bien s'entendre avec tout le monde ; ils ont compris ce qu'était l'amitié inter et intra maison… Mais ils ont évidemment leurs défauts. Teddy est toujours aussi secret et cache vraiment trop ce qu'il pense. Quant à Roxane, elle est toujours pareille : elle ne veut jamais montrer qu'elle est triste et affiche un sourire et une bonne humeur permanente même quand elle ne devrait pas. C'est assez perturbant. Comme quoi, nos enfants ne sont pas parfaits…
-M'en parle pas ! Renchérit Alice. Neville est perdu quand il n'est pas derrière Ethan ou Harry. Il a pris l'habitude d'être toujours avec eux et ne sais pas comment faire quand il est seul. Mais ça ne l'empêche pas d'être tellement touchant dans ses gestes et ses comportements. Il est tellement volontaire et essaie toujours de faire mieux qu'il ne peut. Elsa, elle, n'arrête jamais. Elle est très honnête mais sa franchise vire souvent au cauchemar parce qu'elle ne met aucune barrière entre ce qu'elle pense et ce qu'elle dit. Elle est aussi bornée que July… Impossible de la faire changer d'avis.
-Tu vois, Ambre. Ta fille est loin d'être un cas désespéré. Tu dramatises tout à cause de ton hyper sensibilité.
-Vous avez raison ! Mais c'est dur de la voir aussi proche de ces jeunes. Ca me fait un peu peur… D'autant plus que nos enfants grandissent et commencent à avoir d'autres idées en tête, les rapports amicaux qu'ils avaient avec certains vont évoluer. »

Les trois femmes acquiescèrent en réalisant qu'à quatorze, quinze et presque seize ans, leurs enfants allaient faire des ravages à Poudlard. D'abord, elles abordèrent Harry, qui n'allait pas tarder à suivre les traces de son père. Puis passèrent tous leurs enfants en revue.

« -Neuville devrait être plus timide ! Rit Dora. Je vois bien ton fils gêné dès qu'une fille l'approche, intriguée par ses yeux bleu océan et ses cheveux plus noirs que noirs.
-Et Teddy, Rétorqua Alice, il a beau être un des plus grands et avoir des traits si fins qu'ils ne semblent pas réels. Il n'adressera même pas un regard à ses prétendantes.
-Finalement, remarque Lily, c'est peut-être ton fils, Ambre, qui ira le plus loin… Toutes les adolescentes rêvent d'avoir un garçon mignon à leur écoute et je vois bien Hugo, tout tendre et silencieux, s'attirer les plus sensibles… »

Elle n'eut pas le temps de continuer puisque une main frappa à la porte :

« -On sait que nos femmes sont là… Et ça fait une heure que l'on vous cherche ! Appela la voix grave de Sirius Black.»

Ambre se leva aussitôt et alla ouvrir la porte à son mari, tandis que Lily appelait le sien pour qu'il descende voir ses amis. Quand ce dernier arriva, il constata que les sept personnes qui, en dehors de ses enfants, comptaient le plus à ses yeux étaient assises dans son salon en discutant joyeusement.

« -C'est quoi ce rassemblement improvisé ? Demanda-t-il en s'asseyant à côté de sa femme pour pouvoir lui passer son bras par dessus l'épaule, la faisant sourire.
-On parlait de nos enfants, et des ravages qu'ils vont faire à Poudlard, surtout au niveau de leurs histoires de cœur…
-Mais ils sont encore jeunes ! S'étonna James. Les plus vieux n'ont que quinze ans.
-On te rappelle à quoi tu pensais à quinze ans… Souligna Sirius, moi je vais te le dire. Tu pensais au quidditch, à nos blagues, à comment être le plus beau pour plaire aux filles et, surtout, à Lily ! ça te revient maintenant ? »

James grommela quelques mots incompréhensibles et resserra son étreinte autour de sa femme qui lui sourit de plus belle.

« -Bon, j'admets qu'il est possible que Harry commence à s'y intéresser à son tour. Il doit être, en plus, un des plus beaux élèves de Poudlard, mon fils.
-Ouais, ouais ! Fit Sirius en soupirant. Moi je pense à nos jumelles, je n'aimerais pas qu'un Serpentard tourne autour de July… Ni personne d'autre, d'ailleurs. Je me demande pourquoi elle n'est pas comme Jane, sérieuse et travailleuse et sûrement pas intéressée.
-Tu n'en sais rien, Sir' ! Lui fit remarquer Alice.
-C'est vrai mais j'espère ! J'espère parce que je sais que, pour un élève de Poudlard, il est difficile de ne pas craquer devant leurs cheveux blonds et leurs yeux bleus si magnifiques, comme ceux de leur mère.
-Pff… Soupira Dora. Plus de quinze ans de mariage et encore dragueur. »

Les huit amis explosèrent de rire avant de reprendre leur conversation.

« -J'espère juste qu'Hugo sera vigilant au sujet de ses sœurs, ou au moins de Jane, à qui il lui arrive de parler. Avec un peu de chances, Eliott entrera à Serpentard et surveillera sa sœur.
-Je n'aurais jamais pensé t'entendre dire ça, un jour. Fit remarquer Rémus.
-Ne rigole pas parce que tu as de la chance. Teddy est toujours avec Roxane. Il ne peut donc rien lui arriver.
-Comme à Elsa parce qu'il y a Neville. Rajouta Frank, fier de son fils.
-Ne t'avance pas trop, cher ami. L'inquiéta Sirius. Ton fils est peut-être plus âgé que sa sœur mais elle a un fort caractère et saura dissuader Neville de l'empêcher de vivre sa vie.
-Quoi ?! S'écria James. Mais Elsa n'a que quatorze ans, comme les jumelles, elles ne peuvent pas s'intéresser à ça… Pas mes petites Chloé et Juliette.
-Stop ! Nos filles feront ce qu'elles veulent. Aucune de nous n'a eu de père trop présent pendant notre adolescence et je suis sûre que vous en avez été plutôt content. Frank, les moments où tu étais chez Alice et où son père l'appelait pour rien t'ont énervé, alors ne fait pas comme lui. Sirius, tu te souviens des premiers dîners avec les parents d'Ambre. Tu étais déjà très gêné par tout ce que disait sa mère, mais je pense que tu n'aurais pas apprécié que son père en rajoute, donc ne le fais pas. James, on sait tous que tu aurais tout fait pour que Lily ait un père plus présent, mais tu étais tellement heureux d'être enfin avec elle que tu aurais très mal réagi si quelqu'un vous avait empêché de vivre votre histoire. Donc vous allez laissez vos filles tranquilles. Si elles ont un problème, elles vous en parleront. C'est d'accord. »

Les trois hommes acquiescèrent face à cet ordre de Dora, sous le sourire en coin de Rémus.

Ils se turent tous les huit et réfléchirent à ce qu'allait être les années à venir pour leurs enfants qui grandissaient et qui, bien plus tôt qu'ils ne le pensaient, seraient face, à leur tour, à la prophétie.

End Notes:

Merci d'avoir lu ce prologue. La suite commence réellement notre histoire.

Trois rousses et un camescope by Jane_25
Author's Notes:

Voilà le premier réel chapitre. N'hésitez pas à me faire des retours si vous vous sentez un peu perdus. Je peux développer ou expliciter certaines parties.

« -Maman!
-Oui mes chéries. Répondit Lily Evans en se retournant vers ses deux filles.
-Comment ça marche ça? Demanda Chloé en tendant à sa mère un objet moldu. »

Lily regarda ses deux filles, Chloé et Juliette Potter, et leur meilleure amie, Ginny Weasley avec étonnement, puis soupira:

« -Les filles. Vous ne pensez pas que ce n'est pas trop le moment de s'occuper de ça?
-...Mais, se justifia Juliette. Nos malles sont dans l'entrée, prêtes à être embarquées et nos chambres sont parfaitement rangées...
-...On n'a rien d'autre à faire, Mrs Potter. Termina Ginny.
-Bon, concéda Lily, je vais vous laisser jouer avec ce camescope, si vous voulez. Mais je pose deux, non trois, conditions.
-Lesquelles? Demanda immédiatement Chloé en levant un sourcil. »

Cette réaction si rapide fit sourire Lily. En fait, elle voyait à travers cette interrogation une des plus grosses différences de comportement entre son fils ainé, Harry Potter, et ses deux filles. Harry, lui, n'aurait même pas cherché à savoir les conditions et les auraient acceptées sans les connaitre (il risquait alors de se trouver dans l'obligation de faire ce dont il avait horreur) alors que les jumelles avaient besoin de réfléchir, d'être sûres qu'elles étaient en mesure de supporter ces conditions, ou de les tourner à leur avantage, en se demandant si le jeu en valait vraiment la baguette.

« -D'abord, vous allez me dire comment vous avez eu cet objet...
-C'est le père de Ginny qui le lui a donné pour qu'elle l'utilise en te demandant comment ça fonctionne! Répondit immédiatement Juliette, ne voyant pas l'utilité de mentir.
-...Ah! Je vois, ensuite, je voudrais que vous fassiez attentions à l'heure, vous devez être là dans une heure. Je vous rappelle que vous partez à Poudlard aujourd'hui.
-Oui, Maman! On sait! Mais merci de nous l'avoir rappelé. L'interrompit Chloé avec ironie.
-Et la dernière condition? S'enquit Juliette, qui avait hâte de passer à autre chose.
-La troisième condition est pour Ginny... Je m'appelle Lily et, s'il te plait, écoute moi et ne m'appelle plus Mrs Potter, OK?
-Oui, Lily. Acquiesça Ginny. »

Lily sourit à nouveau et expliqua aux trois adolescentes comment fonctionnait le caméscope moldu. Elles comprirent vite le principe et commencèrent à s'enregistrer:

« -Bonjour, nous sommes les trois rousses les plus géniales de Poudlard! Commença Juliette
-En même temps, on doit être les seules, ou presque! Mais bon! Reprit Ginny.
-Nous sommes aujourd'hui le 1er Septembre 1995 et nous sommes à Godric's Hollow où quatre familles et leurs amis se préparent à partir pour la gare de Kings cross où la plupart d'entre nous allons partir à Poudlard. Continua Chloé.
-Nous allons toutes les trois rentrer en quatrième année. Expliqua Ginny. Nous avons trop hâte de retrouver notre chambre…
-… Et le terrain de quidditch ! Rajouta Chloé.
-… Et nos amis ! Renchérit sa sœur
-… Et la compétition avec Peeves ! Lança Chloé à nouveau, sans faire attention au regard étonné de sa mère qui avait un peu peur de tout ce qui avait un lien avec le fameux fantôme farceur.
-Nous sommes dans la maison de la famille Potter et nous sommes face à Lily Evans Potter, ma mère et celle de Chloé, qui s'occupe de David, notre petit frère qui n'a que six ans et a encore le temps de rentrer à Poudlard… Dites bonjour à la boîte argentée, elle enregistre. »

Lily tourna la tête et leva une main en souriant alors que le petit David montra une expression toute boudeuse et protesta :

« -J'ai SEPT ans, Juliette, sept ! Ce n'est pas compliqué, six plus un. Ça fait sept !
-Oh ! Désolé Dadou. J'avais oublié. S'exclama Juliette en allant serrer son frère dans les bras.
-Donc David est encore un petit garçon. Continua Chloé. Et il va rester seul avec Papa et Maman à la maison, cette année, comme les trois précédentes… C'est pour ça qu'il boude.
-Arrête de provoquer ton frère Chloé ! Lança une voix derrière elles. »

Les deux filles se retournèrent et aperçurent James Potter qui descendait.

« -Désolé Papa, désolé Dadou, S'excusa Chloé en tendant le caméscope à sa sœur.
-Comme vous avez pu le comprendre, cet homme est notre père, donc le mari de notre mère ! Reprit alors Juliette en faisant tourner l'objectif entre ses deux parents. Dans l'escalier derrière lui, nous apercevons trois garçons. Il s'agit de trois Gryffondor, donc ils nous font un peu la gueule.
-En plus, continua Ginny, le roux qui me tire la langue, bien qu'il ait quinze ans, c'est mon grand frère, Ron.
-Et le grand à lunettes avec les cheveux qui n'ont aucune allure, c'est notre grand frère...
-Arrête de dire que ces cheveux n'ont pas d'allure, Ju' ! L'interrompit Chloé, tu sais très bien que c'est son style.
-Ouais, si on veut… Mais je trouve ça trop désordonné pour être un style.
-Les filles, vous avez conscience que je vous entends. Fit remarquer Harry.
-Oui, mais ce n'est pas grave. Rétorqua Chloé en riant. Donc, voici notre grand frère Harry et le troisième, C'est Ethan, l'autre meilleur ami de notre frère. »

Ethan regarda la caméra en souriant. Il n'avait aucune sœur à fusiller du regard et, de ce fait, il était le seul à trouver cette idée de filmer le départ assez drôle.

« -Ethan, ne souris pas ! Tu vas les encourager à continuer ! L'arrêta Ron. »

Ginny soupira avant de couper la vidéo en bougonnant que son frère ne valait pas la peine de gâcher de la « pillicule » ou « pellecule », elle ne se souvenait plus trop.

« -On n'a qu'à aller chez les Lupin, après tout, Roxane nous écoutera, elle. Proposa Chloé »

Il n'en fallut pas plus pour que les trois tornades de feu quittent leur maison en se dirigeant vers celle de leurs amis.

Roxane, qui s'ennuyait dans sa chambre, fut ravie d'apercevoir ses trois amies arriver à travers sa fenêtre. Certes, elle avait un an de plus qu'elles et était loin de partager la complicité qui liait les trois rousses, mais elle les appréciait beaucoup et aimait passer du temps avec elles, puisqu'elles étaient toutes les quatre dans la même maison.
Roxane était grande, fine et élancée. Quelque soit la longueur de ses cheveux bruns, elle avait pris l'habitude de se les attacher avec ce qu'elle avait sous la main : un bracelet, un stylo ou une plume rigide et, quand elle n'avait rien de tout ça, c'était sa baguette qui lui servait d'élastique. Roxane avait des yeux fins et rieurs, qui brillaient dès qu'elle se sentait heureuse. Quand elle avait été répartie à Serpentard, Roxane avait été un peu surprise mais elle avait vite trouvé sa place dans sa nouvelle maison, en se faisant de vrais amis comme Daphné Greengrass, Théodore Nott, Blaise Zabini. Cependant, elle avait été choquée du mode de vie de ses nouveaux amis et avait essayé, tant bien que mal, de leur faire abandonner leurs attitudes ridicules, du moins quand ils n'étaient pas avec leurs parents. Roxane avait toujours été déterminée, dans tout ce qu'elle faisait. Il suffisait qu'elle s'investisse réellement dans un devoir pour décrocher une des meilleures notes, même si, la plupart du temps, elle se contentait de résultats scolaires acceptables. Elle laissait à son frère le prestige des meilleures notes de la classe. Elle préférait de loin passer du bon temps avec ses amis, comme ce qu'elle allait faire avec les trois rousses qui arrivaient.

« -J'arrive ! Leur criait-elle en se précipitant vers la porte pour leur ouvrir. »

Elle avait à peine tourné la clé dans la serrure que les trois furies déboulèrent en riant. Elles tenaient fièrement leur caméscope qu'elles avaient mis en marche.

« -Nous voici chez les Lupin. Une famille très gentille. Dora et Rémus n'ont que trois enfants dont vous voyez Roxane, juste devant vous, qui est une des deux ainées.
-Alors Roxane, en quelle année rentres-tu ?
-Comme si vous ne le saviez pas, les filles. Je rentre en cinquième année.
-Et as-tu hâte de retourner à Poudlard ? Demanda Ginny
-Evidemment ! Je n'attends que ça. Je ne suis pas partie un mois avec ma meilleure amie, moi. Je ne l'ai vu qu'une semaine, ce qui est énorme.
-Ce n'est pas de notre faute si nos parents et nos frères s'entendent bien. Se justifia Juliette.
-Je rigolais ! Sourit Roxane. Mais je suis quand-même très heureuse de rentrer chez nous !
-On voit ! Acquiesça Chloé, nous aussi… Tu ne saurais pas où est ton frère… On va l'interroger.
-Il doit être dans sa chambre.
-Viens avec nous ! Rajouta Ginny en la prenant par le bras. »

En montant l'escalier, elles croisèrent le petit Louis et sa mère qui descendait une grosse malle. Juliette en profita pour les interroger.

« -Alors, Louis, comment te sens-tu à l'approche de ta première rentrée à Poudlard ?
-Tu n'es pas un peu stressé ? Demanda Chloé.
-Non, je ne suis pas stressé du tout ! Il ne peut rien m'arriver. Tout ce pas toujours bien à Poudlard, Roxane et Teddy sont là pour moi ! Répéta soigneusement le jeune garçon de onze ans, en regardant sa maman, fier de redire ce qu'elle venait de lui apprendre. »

Les quatre filles sourirent, Chloé tapa dans la main de Louis et Roxane lui fit un bisou en lui murmurant qu'elle sera là pour lui dès qu'il en aura besoin.

« -Et, toi, Dora, c'est ton dernier enfant qui s'en va cette année. Quel effet ça te fait ?
-Ca m'étonne que Lily vous ait laissé jouer avec ça alors qu'on part dans trois quarts d'heures.
-On avait déjà fait nos affaires et on encombrait le salon, expliqua Juliette, mais tu ne réponds pas à la question.
-Tout ce que je peux dire, c'est que ça va être plus calme à la maison, cette année.
-C'est sûr que c'est pas Rémus qui va danser avec la musique à fond ! Fit remarquer Chloé à Ginny et Juliette. »

Dora les entendit mais ne réagit pas. Elle regarda sa fille suivre ses amies et sourit en pensant à tout ce qu'elle allait vivre cette année.

Les quatre filles arrivèrent dans la chambre de Teddy et ne prirent même pas la peine de toquer avant d'entrer.
Sans surprises, elles le trouvèrent dignement assis sur son lit en lisant un livre qui leur semblait bien ennuyeux.

« -Bonjour Teddy, Lui adressa joyeusement Chloé, avant de se tourner vers la camera, voici Teddy, le frère jumeau de Roxane, lui aussi est à Serpentard.
-Teddy, qu'attends-tu de cette nouvelle année ?
-Euh… Rien de plus que la précédente… Hésita-t-il. Bon, si July pouvait reparler à sa sœur et à Harry, ce serait mieux. Si nos amis de Serpentard pouvaient être plus eux-mêmes aussi, ce serait bien… Mais bon, je ne rêve pas… Non, je n'ai pas d'attentes particulières, si ce n'est peut-être la réussite de mes buses. »

Les quatre filles rirent un peu et Chloé expliqua :

« -Teddy a de très bonnes notes et tient à les garder…
-Voilà, pour les Lupin, allons voir d'autres familles, maintenant ! Déclara Ginny, en éteignant l'appareil. »

Elles descendirent en sautillant et quittèrent la maison de leurs amis, laissant les jumeaux seuls dans la chambre de Teddy.

« -Si elles n'avaient pas existé, il aurait fallu les inventer ! »

Teddy acquiesça et sourit à la remarque de sa sœur avant de se replonger dans sa lecture. Teddy était plutôt grand, comme son père, et avait un goût prononcé pour la lecture et l'apprentissage. Il aimait découvrir de nouvelles notions et les maitriser dans l'heure qui suivait, lui évitant ainsi toute surprise ou incompréhension. Il n'était pas un grand sportif et n'avait jamais voulu l'être. Il était souvent considérer comme un mystérieux adolescent silencieux, avec ses cheveux qui assombrissait très légèrement son visage fin et ses yeux marron foncé.

Chez les Black, personne n'avait vu arriver les jumelles Potter et leur amie. Ambre Dollaty Black fut donc assez surprise en ouvrant aux trois adolescentes.

« -Pourquoi êtes-vous ici, les filles ? Il y a un problème ?
-Non, aucun, Ambre. Répondit Chloé. On voulait juste faire un tour. On peut rentrer ? »

Ambre laissa passer les trois filles et comprit bien vite de quoi il s'agissait quand elles se précipitèrent vers Isaac, le cinquième enfant de Sirius et Ambre Black.

« -Nous vous présentons Isaac. C'est le plus jeune de nous tous, il n'a que trois ans… Et cette année, il va profiter seul de ses deux parents rien que pour lui.
-Dis bonjour Isaac ! Lui lança Juliette. »

Le petit garçon agita maladroitement sa main en bredouillant des mots incompréhensibles, ce qui fit beaucoup rire les trois filles. Mais elles durent le quitter pour monter dans les chambres de leurs amis :

« -Nous sommes devant la chambre d'Hugo ! Chuchota Juliette en poussant la porte.
-Salut les filles ! Les accueillit Hugo, pas le moins du monde surpris de cette intrusion. »

Hugo n'avait que quatorze ans. Il était dans sa période de transition entre l'enfance, avec sa petite taille et ses yeux innocents, malgré leur intense noirceur, et l'adolescence, de par jambes et ses bras relativement musclés par le sport.

« -Voici le fameux Hugo. Il rentre comme nous en quatrième année mais il est à Gryffondor, pas comme nous. Du coup, on ne le voit pas trop parce que c'est un peu la guerre entre les deux maisons, enfin, surtout entre les plus âgés. Mais nous, on l'aime bien Hugo !
-Merci, les filles ! Sourit Hugo, mais je dois finir ma malle. On se voit chez vous tout à l'heure… Et moi aussi je vous aime bien ! »

Il ferma la porte derrière elle en leur adressant un clin d'œil. Les filles continuèrent leur exploration et passèrent devant Eliott et son père :

« -Alors, là, il s'agit de Sirius Black, le meilleur ami de notre père.
-Et aussi le père de nos amis. Rajouta Chloé. Le père d'Hugo, du petit Isaac, des autres jumelles que l'on va vous présenter dès qu'on les verra, et du petit… non, du grand Eliott qui est juste là.
-Alors, Eliott, prêt pour Poudlard ?
-Carrément ! Répondit l'intéressé en sautant pour taper dans la main de Chloé et de Ginny. Encore plus prêt que vous, les filles. »

Elles lui sourirent et passèrent la main dans ses cheveux.

« -Sinon, July et Jane sont dans la cuisine. Elles mettent de l'ordre avant de nous quitter.
-D'accord, on y va ! Déclara Ginny.
-Bon, il faut qu'on vous explique. Annonça Juliette au caméscope sur le chemin. July et Jane sont jumelles mais elles sont très différentes. Enfin, elles se ressemblent comme deux gouttes d'eau mais leurs caractères n'ont rien à voir. Du coup, elles ne sont pas dans la même maison. Jane est à Gryffondor, comme son frère et July est à Serpentard, comme…
-Comme nous, continua Chloé. Mais bon, nous, ça nous a juste un peu éloigné de notre frère mais elles, elles ne se parlent presque plus et à Poudlard, Jane évite July parce qu'elle a peur d'avoir des problèmes avec elle. Donc il ne faut pas s'étonner parce qu'il y a une ambiance un peu tendue…
-Tais-toi, on rentre ! La stoppa Ginny. »

Dans la cuisine, les deux sœurs s'afféraient, chacune de leur côté, sans échanger un mot, et on pouvait aisément imaginer que cette situation devait durer depuis une heure, au moins.

« -Salut les filles ! C'est nous. Comment ça va ? »

Pour toute réponse, Jane se tourna vers elle et acquiesça en souriant tandis que July répondit plus clairement :

« -Hâte de partir, comme d'hab' et vous ?
-Pareil ! Répondit Ginny.
-Donc voilà Jane, et voilà July. Fit Chloé à la caméra, sûrement pour combler un blanc. Je sais, vous vous dîtes qu'elles sont trop belles. Tout le monde le pense très fort mais personne ne le leur dit parce que July pourrait leur faire mal et que Jane ne laisse jamais ses conversations aller sur ce terrain. »

Les cinq filles rirent doucement puis les deux blondes se remirent au travail. Chloé avait raison. Elles étaient vraiment belles pour des adolescentes de quinze ans. Leurs cheveux blonds ondulaient légèrement sur leurs épaules et encadraient un visage délicat. Les traits de July étaient peut-être un peu plus affirmés que ceux de Jane et ce devait être leur principale différence physique, puisqu'elles avaient les mêmes grands yeux bleu clair. Mais leur physique était bel et bien leur seul point commun. La voix de Jane était plus douce et plus aigue que celle de July qui parlait avec beaucoup plus d'assurance et là où la Gryffondor observait et écoutait ses amis, la Serpentard, elle, menait les autres et agissait.

Juliette, Chloé et Ginny continuaient leur présentation en se dirigeant vers la dernière maison, celle des Londubat. Alice Londubat leur ouvrit gentiment la porte et laissa les trois filles faire leur film :

« -Nous rentrons dans la dernière maison où nous pouvons voir Riley qui sautille devant la porte. Elle aussi devra attendre, comme David et Isaac, avant de rentrer à Poudlard.
-Je dois attendre comme David, mais pas comme Isaac. Isaac est plus petit que moi. Il n'a que trois ans ! La reprit la gamine.
-Désolée Riley, s'excusa Juliette. Tu nous montres où est Clara ? »

La fillette acquiesça et mena les deux filles jusque dans le jardin où Clara attendait patiemment l'heure de partir.

« -Voici Clara Londubat, qui rentre aussi en première année, comme Eliott et Louis. Alors, Clara, tes impressions ?
-Je ne sais pas trop quoi dire. Je stresse un peu. J'ai peur de la répartition…
-Tu verras. Ca se passera bien. Tu iras à Gryffondor, comme Neuville et moi ! Lança une voix derrière elles.
-Voici Elsa Londubat, la grande sœur de Clara et Riley… Commença Juliette
-Et derrière, nous pouvons voir leur grand frère, Neuville. Continua Chloé Ils sont tous les deux à Gryffondor et nous font comprendre qu'on est légèrement de trop… Donc on ne va pas rester longtemps…
-Juste le temps de leur demander comment ils se sentent à quelques heures de retrouver Poudlard.
-On a hâte, évidemment. Répondit Neuville pour sa sœur et lui. Nos amis nous manquent, surtout pour Elsa. Et on va retrouver notre salle commune… Ca va être génial. »

Neuville manquait un peu d'assurance. Il avait grandi un peu trop vite et, ne faisant pas de quidditch, il ne s'était pas muscler pour compenser mais sa silhouette lui donnait un air digne, qui ne collait pas trop avec sa personnalité. Quant à Elsa, qui avait un an de moins que lui, elle avait un caractère bien trempé. Ses yeux bleu foncé et ses cheveux blonds intense faisait presque oublier sa petite taille. Elle était l'exact opposé de son frère, ce qui ne les n'empêchait de bien s'entendre.

De leur côté, Juliette, Chloé et Ginny s'étaient empressés de regagner la maison des Potter pour respecter les conditions qu'avait posé Lily.

Bientôt, ils seraient tous à Poudlard

End Notes:

Alors qu'en pensez-vous? Avez-vous déjà des personnages préférés? J'attends vos avis.

Par ailleurs, je vous fais un petit brief sur les enfants des Maraudeureuses au 1er Septembre 1995:

James et Lily POTTER ont quatre enfants:

1) Harry - 15 ans - Gryffondor

2) Chloé Potter - 14 ans - Serpentard

2) Juliette Potter - 14 ans - Serpentard

4) David Potter - 7 ans - ???

 

Sirius et Ambre BLACK ont cinq enfants:

1) July - 15 ans - Serpentard

1) Jane - 15 ans - Gryffondor

3) Hugo - 14 ans - Gryffondor

4) Eliott - 11 ans - ???

5) Isaac - 3 ans - ??? (on a le temps là!!!)

 

Rémus et Dora LUPIN ont trois enfants:

1) Teddy - 15 ans - Serpentard

1) Roxane - 15 ans - Serpentard

3) Louis - 11 ans - ???

 

Frank et Alice LONDUBAT ont  quatre enfants:

1) Neville - 15 ans - Gryffondor

2) Elsa - 14 ans - Gryffondor

3) Clara - 11 ans - ???

4) Riley - 7 ans - ???

 

Voilà voilà, j'espère que c'est plus clair pour tout le monde

C'est la rentrée by Jane_25
Author's Notes:

C'est parti pour rejoindre Poudlard !

 

Les quatre familles et certains de leurs amis étaient tous dans le salon des Potter qui semblait bien petit avec tant de gens dedans. Les pères riaient tous les quatre sans se soucier de leurs femmes qui vérifiaient une dernière fois que rien ne manquait, les plus âgés des enfants n'avaient qu'une hâte : quitter cette pièce pour aller prendre le train où ils retrouveraient tous leurs amis, les plus jeunes s'inquiétaient déjà de quitter leurs parents et leurs maisons pour vivre à Poudlard et David, Isaac et Riley, les enfants respectifs de James et Lily, Ambre et Sirius et Alice et Franck, boudaient dans leur coin, triste de rester seuls à la maison. Evidemment, ce n'était pas la première fois, pour David, puisque ses grandes sœurs, qui étaient les plus proches de lui, étaient déjà parties à Poudlard depuis quatre ans. En revanche, Isaac et Riley, qui voyaient partir leur frère et leur sœur pour la première année, se sentaient désespérément seuls.
Un appel de Dora fit immédiatement taire le brouhaha permanent et les enfants se mirent tous en ligne devant la cheminée. Lily fut la première à passer, avec Franck, pour s'occuper de l'arrivée à la gare. July insista pour être la première, mais, avant de passer dans la cheminée, elle salua son père et ses amis de la main et embrassa rapidement la joue de sa mère en disant :

« -On se voit à Noël ! »

Elle prit sa malle, la poudre de cheminette et arriva, presqu'immédiatement, à la gare de Kings cross. Elle fit un rapide signe de tête à Franck et Lily puis et les quitta aussitôt, se dirigeant vers le quai 9 3/4 où le train attendait déjà ses premiers voyageurs. July sourit en constatant qu'elle avait presqu'une heure d'avance. Ses parents avaient tellement eu peur d'être en retard qu'ils avaient préparé tout le monde pour arriver trop tôt. Pour ne pas avoir de mauvaise surprise sur le trajet. July n'avait jamais vraiment compris cette inquiétude. Il ne pouvait rien se passer sur le trajet puisqu'ils l'effectuaient en cheminée et il ne se passait jamais rien…
July observa le quai plus en détail et remarqua rapidement un petit groupe d'élèves qu'elle connaissait bien puisqu'il s'agissait de ses meilleurs amis. Elle avança vers eux tout en leur souriant. Pansy, sa meilleure amie, alla vers elle en marchant dignement, sous le regard de sa mère. July constata qu'elle avait nettement laissé poussé ses longs cheveux noirs, ce qui la changeait et lui donnait un air de tueuse avec ses yeux gris perçant. Elle était suivie de Daphné, la meilleure amie de Roxane. Plus petite, Daphné paraissait moins digne que Pansy mais essayait de faire bonne figure, elle aussi observée par ses parents. Mais, malgré tous ses efforts, la petite brunette ne pouvait laisser échapper un sourire en voyant son amie arriver, car elle savait que ça signifiait l'arrivée imminente de Roxane, qu'elle attendait plus que tout.

Les deux filles arrivèrent à hauteur de July et lui serrèrent respectueusement la main. En apparence, cette poignée de main était une simple politesse entre deux camarades de classe mais la pression irrégulière des doigts de Pansy et de Daphné trahissait une envie presque incontrôlable de prendre July dans ses bras et de lui répéter à quel point elle leur a manqué.

July leur sourit très légèrement. Amie avec eux depuis quatre ans, July avait appris à bien se tenir devant leurs parents. Elle savait que c'était ce comportement qui lui avait permis de se faire bien voir par Lucius Malefoy, malgré son passé avec ses parents. Après ces retrouvailles silencieuses, July suivit ses deux amies vers le reste du groupe. Milicient se tenait debout, un peu en retrait du groupe et lui adressa un signe de tête, auquel July répondit, sans sourire cette fois. July savait très bien que Milicient la détestait parce qu'elle était plus proche de ses amis que Milicient ne l'avait jamais été alors qu'ils se connaissaient tous depuis quinze ans.
Le reste du groupe n'était plus composé que de garçons. Blaise Zabini, le plus grand, se tenait droit, fier de sa taille. July sourit en pensant qu'il ne devait sûrement pas s'attendre à ce que Teddy ait, lui aussi, autant grandi pendant les vacances. Il discutait avec ses amis, sûrement pour leur raconter la semaine qu'il venait de passer en Bulgarie. Son teint mat s'opposait à ses yeux bleus et le soleil d'été avait renforcé ce contraste. A ses côtés, son meilleur ami, Théodore Nott, blond aux yeux marron, écoutait attentivement, comme il en avait l'habitude. Parmi les trois autres garçons, deux encadraient le troisième, comme s'ils avaient besoin de lui pour exister. July reconnut intérieurement que cette comparaison n'était pas si loin de la réalité. En effet, Crabbe et Goyle passaient leur temps à tourner autour de leur ami qui était un des rares à savoir les différencier. Ils n'étaient pas très intelligents et avaient été missionnés d'être à l'écoute de leur ami, de veiller sur lui et de rapporter ses moindres faits et gestes à leurs parents, donc aux siens. C'est pourquoi July ne leur accordait vraiment de l'attention. Non, ils ne valaient pas le coup. En revanche, s'il y en avait un qui valait vraiment le coup et que July se réjouissait particulièrement de revoir, c'était leur fameux « ami » : Drago Malefoy, son meilleur ami. Ils s'étaient rencontrés dès la première soirée et était tout de suite devenus très complices, malgré les nombreux différends entre leurs parents. L'attitude rebelle de July l'avait poussée à se rapproché de lui et de son monde de sorciers de sang purs qu'elle idéalisait toujours un peu. Elle avait réussi à bien se faire voir par Lucius Malefoy, le père de Drago, ce qui lui avait donné une place dans cette société exclusive. Depuis, elle passait le plus clair de son temps avec ce blond aux yeux d'un gris changeant selon son humeur et Pansy. A eux trois, ils formaient un trio insolite et July savait que, quand il n'y avait pas Crabbe et Goyle dans les parages, elle pouvait leur parler sans faire attention à ce qu'elle disait ou les écouter parler de leurs problèmes.

Elle arriva à leur hauteur et les salua en s'inclinant dignement avant de réitérer en s'adressant à leurs parents qui les observaient dans les moindres détails.

« -Je suppose que le reste de la famille ne va pas tarder à débarquer ? Demanda la mère de Pansy, très bas, qui ne voulait pas être entendue. »

July acquiesça avec un air désolé et la femme s'en alla, bientôt suivie des autres adultes qui avaient assisté à la scène. Leurs enfants purent enfin monter dans le train. Pansy prit immédiatement July dans ses bras :

« -Comme tu m'as manquée ! Ca fait tellement de bien de te voir.
-Moi aussi, tu m'as manquée, Pansy. Je suis trop contente d'être de retour à Poudlard avec vous tous.
-Nous aussi, July, nous aussi… Ajouta Drago en soupirant. »

July lui sourit franchement et il lui répondit, la prenant dans ses bras, ce qu'il ne faisait qu'à July, parce qu'il savait pertinemment qu'elle était la seule qui ne s'imaginerait rien… Et la seule à se faire assez respecter pour faire peur à Crabbe et Goyle et les empêcher d'en parler à son père.

Jane souriait en regardant sa famille et ses amis se démener à emmener tout le monde vers le train. Ils venaient d'arriver sur le quai et les regards des autres parents ou élèves s'étaient tous tournés vers eux. Certains les observaient en souriant de les voir si nombreux et si heureux. Ceux-là ne savaient pas qu'une des filles Black avait déjà quitté sa famille pour rentrer et que le meilleur ami de cette fille n'était autre que le fils du pire ennemi de ses parents. Ils ne savaient pas non plus qu'Elsa Londubat et Harry Potter évitaient le plus possible les Serpentard, à l'exception des jumelles Potter, qui restaient les sœurs d'Harry, ou que Teddy avait presque abandonné sa famille, déçu de ne pas être à Gryffondor… Non, ceux-là ne savaient pas tout cela. Ils ne voyaient qu'une quinzaine d'enfants de trois à quinze ans, heureux d'être là, plus ou moins heureux d'être ensemble…

Jane soupira en haussant discrètement les épaules. Elle ne devait pas penser à ça et profiter de la joie d'être sur ce quai pour la cinquième fois, profiter de la joie de retrouver sa meilleure amis, Hermione Granger, avec qui elle passait de si bons moments et profiter de son retour à Poudlard, ce château qui représentait tant pour elle.
Après avoir embrassé chaleureusement ses parents, elle suivit Harry, Neuville et Ethan dans le train, pour aller choisir un compartiment rapidement avant qu'ils soient tous pris. Elle ne put réprimer un sourire en voyant les parents Weasley, qui accompagnaient leurs jumeaux pour la dernière fois, profiter de rapides retrouvailles avec Ron et Ginny. Si Ginny était rassurée de voir que tous ses amis de Serpntard, en dehors des jumelle Potter, étaient déjà dans le train et ne pouvaient donc pas voir cette effusion, Ron, lui, devint aussi rouge que les rideaux de sa chambre, face aux regards amusés des autres élèves et s'empressa d'écourter ces salutations et de rejoindre ses amis.

« -Ron ! Attends-moi ! Lui cria une voix dans la foule d'élève. Il se retourna et aperçu Elsa qui avait perdu son frère et ses amis dans la foule.
Il l'attendit quelques secondes pendant lesquelles sa sœur lui adressa un léger sourire avant de partit vers l'autre bout du quai où devaient se trouver ses amis Serpentard. Quand Elsa arriva enfin à lui, elle soupira :

« -Je n'en pouvais plus de ces au revoir de famille… En plus, cette année, il y a toutes les inquiétudes de Clara, Eliott et Louis. Et je suis censée les rassurer, leur dire que la maison n'a aucune importance, alors que je suis persuadée du contraire. Heureusement que Hugo est plus patient que moi et s'en occupe !
-Tu as laissé Hugo gérer ça tout seul ? S'étonna Ron.
-Ne t'inquiète pas pour lui. Il sait parler à tout le monde. Il arrivera à les calmer. »

Ron sourit à cette très judicieuse remarque. Hugo était doué pour parler aux autres, il était simplement bienveillant. Les gens qui le connaissaient disaient souvent que si le monde n'était fait que de personnalités comme la sienne, ce serait la paix et la cordialité assurées dans le monde.

« -Tu es sûre que tu ne veux pas que l'on traverse avec toi pour aller sur le quai, Hermione ?
-Faites comme vous voulez, mais ne vous sentez pas obligés… Je sais très bien que vous vous sentez un peu perdus sur le quai. Je peux y aller seule.
-D'accord, Comme tu voudras. Acquiesça Mrs Granger en prenant sa fille dans les bras. »

Hermione embrassa ensuite son père et leur adressa un dernier sourire avant de courir vers le mur symbolique de la séparation de deux ondes, deux mondes auxquels elle appartenait, aussi fière d'être dans l'un que dans l'autre.
Elle observa avec de la joie et un peu d'exaltation, l'excitation des jeunes sorciers qui couraient dans tous les sens, leurs parents derrière eux, tentant de les calmer, les plus âgés qui se retrouvaient avec plus ou moins d'émotions.

Hermione fut vite tirée de sa méditation par Sirius Black, le père de sa meilleure amie, qui courait honteusement derrière un petit garçon qui n'avait pas cinq ans. Hermione reconnut immédiatement le petit Isaac, né entre sa première et sa deuxième année, le dernier petit frère de Jane. Elle manqua d'exploser de rire en le voyant narguer son père… Définitivement, Sirius Black n'était pas fait pour avoir des enfants. Sa femme devait avoir beaucoup d'autorité pour qu'ils aient pu avoir cinq enfants.

« -Hermione ! Comment vas-tu ? La salua-t-il quand il eut enfin attrapé son fils.
-Très bien, monsieur. Je suis heureuse de retourner à Poudlard.
-Tu as raison, profite ! Toutes ces bonnes années passent trop vite. Aïe ! Isaac, on ne tire pas les cheveux des gens, et encore moins de ses parents !... Tu vois ce que je veux dire, Hermione. »

Hermione sourit et acquiesça mais ne répondit pas puisque le sifflement strident de la locomotive retentit, rappelant à Hermione qu'elle devait se dépêcher. Sirius Black percha alors son fils sur ses épaules et empoigna la malle d'Hermione, remplie de livres denses et lourds, pour courir vers la porte du train. Hermione le remercia en souriant et n'eut que le temps de voir le clin d'œil de Sirius, qui partait déjà rejoindre sa femme et ses amis…

Dans le train, les élèves allaient et venaient dans tous les sens, cherchant leurs amis, dans les différents compartiments, mais tout le monde savait clairement que le dernier wagon comptait quatre compartiments dans lesquels il était impossible d'entrer si on n'était pas Gryffondor et proche d'Harry Potter d'un de ses amis et que, juste derrière la locomotive, se trouvait Drago Malefoy et ses amis proches, puis ses amis moins proches, puis tous les autres Serpentards, désireux de se faire bien voir par l'élite.

Déjà dans le train, tout les opposait.

End Notes:

Alors qu'en pensez vous? Des chouchous? D'autres vous énèrvent plus? Je suis curieuse? ^^

Arrivée à Poudlard by Jane_25
Author's Notes:

Bonjour cher lecteurs, 

J'espère que vous allez bien.

De mon côté, j'avance bien dans cette histoire, donc je vais essayer de me mettre à un rythme fixe d'un chapitre par semaine, qu'en pensez-vous?

Evidemment, je commence par une exception. Ce chapitre est un peu court donc il est  très probable que je publie la suite plus tôt que prévue.

Enfin, si vous pouviez me faire un petit retour, ça me ferait vraiment plaisir... voilà voilà! Merci à tous de me lire, ça me touche vraiment, bon chapitre !

Le train parcourait à toute vitesse la campagne anglaise en direction de Poudlard. Les élèves profitaient tous du voyage, entre les confiseries et les retrouvailles avec leurs amies. Chez les Gryffondor, c'était Hermione qui avait pris le monopole de la parole quand Neuville et Jane étaient allés rejoindre Hugo pour s'occuper des premières années. Elle racontait avec entrain ses vacances en Australie et, comme à chacun de ses récits, il n'y avait que Ron et Harry qui l'écoutaient. En effet, à côté des trois amis, Ethan et Elsa avaient quitté la conversation et dormaient paisiblement contre la fenêtre. Hermione ne s'était pas offusquée du manque d'intérêt de ses deux camarades parce qu'elle en avait l'habitude. Tout ce qui lui importait, c'était que Harry écoute… Et Ron aussi, évidemment.
Harry était incapable d'expliquer pourquoi il s'intéressait à Hermione Granger. Après tout, ce n'était qu'une mademoiselle-je-sais-tout qui ne s'occupait que de ses notes. Pire encore, elle n'aimait pas le quidditch ! Lui répétait souvent Ethan, le plus étonné de cette entente entre ses deux meilleurs amis et Granger. Mais Harry avait beau savoir tout ça, il estimait beaucoup Hermione et n'avait pas honte de la compter parmi ses amis.
Cette amitié improbable remontait à leur première année. Harry sourit en repensant à cette fameuse semaine qui avait vu naitre entre Hermione, Ron et lui cette relation incompréhensible.

« -Granger… T'as l'air de comprendre quelque chose en métamorphose, non ?
-Si par comprendre quelque chose, tu entends te faire ton devoir pour demain, alors non, je ne comprends rien ! »

Harry l'avait regardé avec étonnement, surpris de sa répartie directe alors que tous les autres élèves le vénéraient presque, à cause de ses parents. Jane avait d'ailleurs eu du mal à ne pas exploser de rire devant cet affront inattendu.

« -Alors… Tu pourrais juste m'expliquer ? Avait alors demandé Harry, surpris, avec une toute petite voix hésitante.
-Si tu veux Potter, on se retrouve cet après-midi à la bibliothèque… Et tu peux emmener Weasley avec toi puisque je sens qu'il va encore faire perdre beaucoup trop de points à Gryffondor si personne ne s'en occupe. »

Elle s'était alors levée pour monter dans sa chambre, fière de ce qu'elle venait de dire, et encore plus fière d'avoir pu parler à Harry. Elle avait hâte d'apprendre à mieux le connaître, de l'aider, lui… et Weasley aussi.
Harry aussi était satisfait de l'idée des cours particuliers où il pourrait apprendre à la connaître sans se soucier du regard des autres qui pensaient alors qu'Hermione ne méritait pas l'intérêt du fils de James et Lily Potter.

Les « cours particuliers » étaient vite devenus des moments de rire et d'échange entre trois élèves qui devenaient de meilleurs amis. Harry, Hermione et Ron étaient vraiment heureux de se retrouver après les cours chaque soir pour discuter entre eux et rire tous les trois. Après cette semaine de cours où ils avaient appris à se connaître, les deux garçons ne purent s'empêcher d'inviter Hermione à déjeuner avec eux, à la plus grande joie de Jane qui aimait voir ses amis se rapprocher.
Ainsi était née une relation particulière entre les trois Gryffondor. Aujourd'hui, il formait un des trios les plus insolites et inséparables de Poudlard, et personne ne comprenait réellement ce qui les liait. D'ailleurs, aucun des trois n'était en mesure de l'expliquer.

Les premières années arrivèrent, timides et hésitants, dans la Grande Salle. La plupart d'entre eux était émerveillée devant ces quatre tables et ces centaines d'élèves qui discutaient joyeusement entre eux.

« -Regarde. Neuville et Harry sont à droite. Et Roxane et Teddy à gauche ! Fit remarquer Louis Lupin à son ami Eliott.
-Et Jane et July qui sont si différentes, chacune de leur côté. Rajouta Clara. »

Du côté de Jane, d'ailleurs, on profitait tranquillement des retrouvailles. Hermione, qui avait déjà raconté ses vacances à Ron et Harry dans le train, continuer de narrer tous ses faits et gestes de ces deux derniers mois. Jane la laissait parler en souriant, elle lui avait vraiment manqué pendant ses vacances. Cependant, Jane ne pouvait pas vraiment faire semblant d'être passionnée par ce que disait sa meilleure amie. En effet, elle savait que dans quelques instants, le sort de son frère et de ses deux amis allait se jouer et que leur vie pendant les sept premières années allait se jouer. Selon ce qu'allait dire le choixpeau dans les minutes qui suivent, les trois enfants allaient découvrir leurs amis, leurs ennemis et leur vie des sept prochaines années.
Evidemment, Jane pensait d'abord à son petit frère, Eliott. Elle ne savait pas comment, mais elle sentait que ce dernier n'allait pas les rejoindre. Elle avait très peur de le perdre, comme elle avait perdu Julie, cinq ans auparavant, à cause de cette stupide répartition.

« -Tu t'inquiètes pour Eliott ? Demanda Harry en remarquant le regard perdu de son amie. »

Jane acquiesça en soupirant.

« -Je sais que je n'y peux rien mais j'aimerais rester proche de lui. C'est mon petit frère. »

Harry passa la main sur son épaule pour lui rappeler qu'il était là et qu'il la comprenait.
Jane lui sourit en haussant les épaules puis se tourna vers l'estrade pour écouter la chanson du choixpeau, qui rappela encore à quel point l'unité des maisons était importante. Cette chanson ne faisait plus illusion pour les Gryffondor qui avaient perdu leurs amis, voire leur famille, à cause de cette répartition.

Quand le premier élève fut appelé, la tension se fit sentir à travers la grande salle. Très vite, on arriva à la lettre B et le silence se fit immédiatement lorsque Eliott Black fut appelé. Le jeune garçon s'avança, lâchant les mains de Clara et Louis, il s'assit sur le fameux tabouret. Il toisa l'ensemble de la salle en s'arrêtant sur Jane et Hugo, à la table des Gryffondor, puis sur Julie qui lui adressa un sourire en coin. Bizarrement, ce sourire le rendit fier… Il sentait qu'il avait envie d'en recevoir plus, toute sa vie. Ainsi, il ne fut aucunement étonné quand la voix au dessus de sa tête s'écria : « SERPENTARD ».
Il enleva alors le choixpeau en souriant puis regarda une dernière fois Jane et Hugo en haussant les épaules, puis se dirigea joyeusement vers sa sœur, qui lui laissa une place à côté de lui.

« -Tu vois ! Fis remarquer July à Drago. Ma famille n'est pas si rouge que tu le pensais. »

Ce dernier acquiesça en souriant puis discuta avec le petit Eliott, le nouveau protégé du trio infernal de Serpentard.

Cependant, si les élèves avaient été étonnés de voir un deuxième enfant de Sirius et Ambre Black aller à Serpentard, aucun ne s'attendait à voir Clara Londubat le rejoindre alors que, juste après, le choixpeau envoyait Louis Lupin à Gryffondor.
Les deux jeunes élèves se dirigèrent vers leurs tables, d'un pas hésitant, sans réellement comprendre ce qui les séparait de leurs frères et sœurs.

A la table de Gryffondor, Louis fut accueilli joyeusement par Harry et Jane qui le rassurèrent :

« -Ne t'inquiète pas… Teddy et Roxane ne t'en voudront pas. Jamais ils t'éviteront… Ce n'est pas si grave si tu ne les vois pas tous les jours. Lui expliqua Harry.
-Et, tu vas te faire plein de nouveaux amis. Rajouta Jane. Regarde là-bas, il y a deux filles qui m'ont l'aire gentille et le garçon à qui elles parlent doit être marrant. Tu as vu comme elles rigolent ?
-Ah ! Ils étaient dans le compartiment voisin du notre, dans le train. La petite s'appelle Kaytlin, la grande Allison et je crois que le garçon s'appelle Dylan.
-Tu les connais ! C'est super ! S'enthousiasma Jane. Tu iras leur parler après le repas. Tu vas voir, le festin va être royal… »

Evidemment, elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que les divers mets apparaissaient déjà sur la table. Tous se précipitèrent sur leurs assiettes, à l'exception de Neuville et Elsa qui ne disaient rien, trop déçus de voir leur sœur partir chez ceux qu'ils avaient pris l'habitude d'appeler « ennemis ».
En revanche, Teddy se réjouissait intérieurement et silencieusement : il avait eu tellement de difficultés à accepter le fait que ni Roxane, ni lui n'était à Gryffondor, la maison de ses deux parents. La répartition de Louis permettait aux Lupin de représenter leurs parents dans cette maison qui avait vu naître leur histoire.

End Notes:

Alors qu'en pensez vous? 

Tout va s'accélérer dès les prochains chapitres!

Que va-t-il se passer cette année? by Jane_25
Author's Notes:

Les choses sérieuses commencent! N'hésitez pas à donner votre avis!

 

Bonne lecture

 

« -Les premières années, suivez moi ! »

Ron se leva dès la fin du repas, fier d'exhiber son insigne de préfète. Jane le suivit en souriant, un peu gênée d'endosser ce rôle tant convoité par sa meilleure amie. Hermione avait beau se réjouir pour elle, elle voyait bien en s'éloignant la pointe de jalousie incontrôlée et inavouée dans son regard.
Le petit Louis, qui n'avait pas lâché Jane du repas, s'éloigna d'elle pour se diriger vers ceux qui allaient devenir ses nouveaux meilleurs amis, sous le regard attendri de la belle blonde.

De l'autre côté de la salle, July observait sa sœur, agacée de la voir se pavaner ainsi avec son insigne. Jane ne parlait pas beaucoup, n'imposait aucune crainte ou aucune peur par sa simple présence et July ne comprenait pas comment sa sœur pouvait avoir de l'autorité. Elle se visualisait plus avec sur son uniforme la fameuse broche dorée. Pourquoi ne l'avait-elle pas eue, elle ? Elle était persuadée que la direction n'avait pu nommer deux préfètes sœurs et que c'est pour cela qu'elle avait été remplacée par Roxane. Cependant, elle avait l'air de bien se débrouiller avec les premières années qui la suivaient tous en courant… Mais peut-être était-ce dans le but de s'éloigner de Drago Malefoy, l'autre préfet en chef, qu'ils craignaient tant.
July fut forcée de reconnaître qu'ils formaient un bon duo de préfets pour les premières années.

« -Moi je trouve que Drago devient de plus en plus charismatique avec les années ! Soupira Milicient Bulstrode en regardant l'intéressé menacer un pauvre petit garçon de Poufsouffle qui était dans son passage. »

July et Pansy explosèrent de rire -heureusement pour Milicient qu'elle n'entendait pas Drago parler d'elle- tandis que Teddy, Théodore et Blaise souriaient discrètement.

« -Sans vouloir te blesser, Mili' ! Lui dit Ginny qui avait suivi toute la conversation. Je pense vraiment que tu devrais peut-être passer à autre chose…
-Ça fait déjà quatre ans que nous te connaissons… Continua Juliette
-Et tu n'as jamais arrêté de penser à lui. Termina Chloé »

Milicient leur adressa un regard mauvais puis se tourna vers Tracey Davis, la seule Serpentard qui ne menaçait pas d'exploser de rire devant la gêne évidente de Bulstrode.

Après le départ de Ron et Jane, les autres Gryffondors n'étaient pas restés longtemps dans la Grande Salle. Ils montaient tranquillement les escaliers de Poudlard en direction de leur salle commune, heureux d'être ensemble, malgré tout.

« -Allez, Neville ! Le réconfortait Harry en lui passant la main dans le dos. On a tous vu nos frères et sœurs partir à Serpentard et on s'en est remis.
-C'est vrai ! Rajouta Ethan. Regarde Harry, il ne s'entend pas trop mal avec ses sœurs, même si elles sont chez les serpents. Vous n'êtes pas obligés de suivre le modèle de Jane et July qui se détestent.
-Jane ne déteste pas July ! Le reprit Hermione, soucieuse de rétablir la vérité sur sa meilleure amie. C'est July qui est insupportable avec elle et qui la force à l'éviter, depuis qu'elles sont à Poudlard…
-Tout ça ne rassure pas Neville ! Fit justement remarquer Hugo pour faire taire Hermione. »

Ethan et Harry laissèrent échapper un rire incontrôlé tandis que Elsa continuait de regarder ses pieds avec insistance. Clara les avait trahi, son frère et elle. Elle avait toujours juré qu'elle était comme eux mais, finalement, elle n'était qu'une petite fille vicieuse qui allait où le vent la menait… Elle avait bien sa place à Serpentard.

« -Allez Elsa ! Ce n'est pas trop grave ! Tu la verras pendant les vacances ! Tenta Hugo de la réconforter.
-Mais je n'ai plus envie de la voir ! Rétorqua-t-elle.
-Tu dis ça parce que tu es encore en état de choc ! La reprit Hermione.
-Oh ! S'énerva Neville. On n'est pas obligés d'en parler éternellement. Clara est à Serpentard, comme Eliott et c'est ainsi. On n'y peut rien et on va faire avec.
-Je suis d'accord avec toi ! Renchérit Hugo à qui personne n'avait demandé comment il prenait la répartition de son petit frère. »

Cette conversation s'arrêta ainsi et ils marchèrent en silence jusqu'à la chaleureuse salle commune des Gryffondor où Jane et Ron étaient assis dans les canapés de velours rouges. Hermione prit place à la droite de Jane, laissant, par habitude, à sa gauche, une place vide. Cette place qu'avait occupé, de la première à la troisième année, Clarisse Daimnile, l'autre meilleure amie des deux filles qui était partie vivre en France l'année dernière pour y retrouver son père.

« -Alors, comment sont les premières années ? Il y a plus de garçons ou de filles ? Ils sont sages ? Ils vous ont bien écoutés ? Vous pensez qu'ils feront gagner des points à Gryffondor ?...
-Une seule question à la fois, Hermione. L'implora Jane. Je les ai trouvé assez obéissants…
-Parce qu'ils ont un peu peur des grands élèves que nous sommes ! L'interrompit Ron aux côtés duquel Harry et Neville avaient pris place. »

Ethan laissa échapper un rire incontrôlé et rappela à Hermione son point de vue :

« -Tu sais, Hermione ! Les points que je perds en n'écoutant pas en cours, ou en arrivant en retard avec Ron et Harry sont irrécupérables. Ça ne sert à rien de faire culpabiliser des jeunes premières années qui ne t'ont rien fait. »

Elsa et les garçons explosèrent de rire tandis que Hermione s'enfonçait dans les coussins moelleux avec pour principale envie de disparaître.
Pour changer de sujet rapidement, Jane dut faire appel à son imagination :

« -Sinon Hermione, as-tu eu des nouvelles de Clarisse pendant les vacances ? Je n'ai reçu que très peu de lettres et elles étaient très brèves.
-Moi aussi. Je lui ai raconté toutes mes vacances en Australie au travers de longues lettres que je prenais du temps à rédiger et je ne recevais en retour que de courtes missives, me disant qu'elle était contente pour moi et qu'elle allait bien.
-Elle doit être très occupée ! Remarqua Elsa qui s'était, elle aussi, beaucoup rapproché de Clarisse lors de sa deuxième année.
-C'est vrai…Mais j'aurais bien aimé la voir pendant les vacances. Soupira Hermione avant de se lever pour monter dans sa chambre pour se coucher. Je suis vraiment fatiguée. Bonne nuit tout le monde !
-Je te rejoins dans un quart d'heure ! Lui adressa Jane avant de se reconcentrer sur sa conversation avec les garçons. »

Elle remonta ses genoux sous son menton pour les écouter parler, les observer et analyser leurs expressions. Elle aimait beaucoup regarder les autres évoluer, particulièrement ceux qu'elle aimait, et c'était évidemment le cas de Ron, Ethan, Harry, Neuville, Hugo et Elsa.
Par exemple, elle voyait le manque d'assurance de Ron quand il était avec Ethan et Harry disparaître dès qu'il s'éloignait d'eux mais, paradoxalement, elle comprenait qu'il ne se sentait à sa place qu'entre eux et Neuville…

« -Pas trop déçue pour Eliott ! Lui chuchota son frère en se rapprochant d'elle.
-Si, un peu forcément. Lui avoua-t-elle. Pas toi ?
-Si, moi aussi. Mais il faut reconnaître qu'on pouvait s'y attendre.
-Eliott a toujours été très admiratif de la volonté et de l'ambition de July. Remarqua Jane.
-C'est vrai qu'il a toujours voulu être comme elle.
-Et puis, nous pouvons être heureux pour July. Elle a enfin de la famille avec elle. Nous étions déjà deux à Gryffondor. »

Hugo soupira. Jane pensait toujours aux autres, même quand cette « autre » l'avait forcée à l'éviter au risque de l'humilier. Il allait le lui reprocher mais il fut coupé dans son élan par Hermione qui descendait en pyjama décoré de kangourous d'Australie.
Ethan, la voyant ainsi, se laissa aller à un fou-rire incontrôlé, bientôt suivi de Neville et Elsa, qui avait été triste pendant trop longtemps pour se retenir. Même Hugo se plia en deux de rire devant la scène. Finalement, seuls Harry, Ron et Jane essayaient de rester sérieux, par respect pour leur amie. Hermione, elle, n'accorda pas une seconde d'attention à ceux qui riaient, ni même à Harry ou Ron, mais reprit sa place aux côtés de Jane.

« -Tu m'expliques pourquoi il y a cinq lits dans notre chambre ?
-Déjà, il y a le mien, le tien, celui de Maddison, celui de Morgan…
-Et…? Demanda Hermione, impatiente de comprendre. En tant que préfète, tu devrais savoir, non ?
-Aucune idée. Répondit-elle en haussant les épaules. Mais je suis sûre qu'on le saura bientôt. »

Les garçons, qui avaient fini de rire bêtement, s'étonnèrent de ce changement.

« -J'espère que la nouvelle sera belle, au moins ! S'amusa Harry, conscient de plaire facilement. »

Jane et Hermione le fusillèrent de regard si violemment qu'il n'osa plus rien dire. Il dut se remuer rapidement les méninges pour trouver un sujet :

« -Mais, peut-être qu'il y a de nouveaux garçons aussi ? Neville, tu peux aller voir, s'il te plaît ? »

Son ami se leva et descendit dans sa chambre rapidement. Il revint trois minutes plus tard, avec un air étonné. En effet, depuis les départs successifs de Dean et Seamus en première et deuxième année, leur vaste chambre n'abritait plus que les quatre amis qui prenaient plaisir à passer des soirées tous les quatre sans « intrus » dans leur chambre. Mais il semblait que ça allait changer cette année puisque Neuville leur annonça :

« -Il y a sept lits ! »

oO0°0Oo

« -July, il faut que je te parle ! »

July fut surprise du ton employé par Drago mais le suivit et sortit derrière lui de la salle commune.

« -Qu'est-ce qu'il se passe Drago ? S'impatienta July. Tu as l'air dans tes pensées depuis ce matin et là, tu me trimballes à travers tout Poudlard après le couvre-feu.
-Comme si le couvre-feu était un problème pour toi !
-C'est vrai, mais, tant qu'à faire, autant éviter de se faire repérer le premier jour. Rétorqua July
-Tu oublies que je suis préfet ! Je peux inventer n'importe quel mensonge et Rusard me croira.
-Ah ! Oui ! Comment j'ai pu oublier ! Monsieur est préfet parce que le père de monsieur est tellement riche que monsieur peut tout avoir. S'énerva-t-elle.
-July, tu caches très mal ta jalousie. Et d'ailleurs, ce n'est pas de ça dont je voulais te parler. »

En disant ça, il la fit rentrer dans une salle et tourna la tête. Son soupir d'exaspération fit comprendre à July que Crabbe et Goyle avaient suivi Drago, mais il ne semblait pas qu'ils l'aient reconnue. Elle s'assit sur une table et attendit qu'il règle son problème avec les deux sangsues :

« -Bon, les garçons, montez la garde devant la porte. Je veux que personne ne rentre. Je suis avec une fille. »

Les deux colosses acquiescèrent. Crabbe tenta de jeter un regard par-dessus la porte mais Drago l'en empêcha d'un regard menaçant.

« -C'est une inconnue… Et demain ou après-demain, il y en aura une autre. Pas la peine de faire une liste. »

Puis, il claqua la porte, la verrouilla et lança un sort d'insonorisation.

« -Il va falloir se faire discret quand on sortira. Ils pensent que tu es une de mes conquêtes.
-Oui ! J'ai entendu et je dois te dire que je ne suis pas trop d'accord avec ça. Il ne faut pas que ton père pense que tu couches avec tout Poudlard, si ce n'est pas vrai.
-Certes, mais c'est ce qu'il faisait lui. Donc je vais un peut-être un peu obligé de le faire à partir d'un certain moment. »

July ferma les yeux et fit non de la tête mais, quand elle vit l'expression désolée sur le visage de son meilleur ami, elle fut forcée de reconnaître qu'il n'avait pas le choix :

« -Je peux poser une condition ? Demanda-t-elle quand-même
-Ça dépend laquelle…
-Quand tu n'auras plus le choix. Tu seras gentil de ne même pas penser à moi, ni à ma sœur. Et fais attention avec Pansy. Il ne faut pas perdre son amitié. »

Drago acquiesça et répondit :

« -Pour Pansy, je verrai avec elle. Et je ne suis pas sûr que quand mon père parle de tout Poudlard, il n'évoquait pas forcément Gryffondor…
-Et n'oublie pas que mon père est cousin éloigné de ta mère, ce n'est pas très sain ça.
-Voilà de quoi je voulais te parler. Mes parents me cachent quelque chose au sujet de ma naissance.
-Tu peux développer. Demanda July. Je ne comprends pas tout là.
-Il y a une semaine, j'ai demandé à ma mère où j'étais né, parce qu'elle expliquait que ton père était né prématuré dans un environnement insalubre, ce qui aurait été à l'origine de son détournement…
-Elle n'a peut-être pas tort. Le coupa July en haussant les épaules.
-Je n'en sais rien. Reprit-il. Mais, ce n'est pas ça le problème. Pour me répondre, elle m'a dit que je suis né dans la meilleure chambre de Ste Mangouste avec la moitié de l'hôpital à mes soins.
-Si on prend en compte les moyens qu'à du mettre ton père pour que tu sois son digne fils… Ça ne m'étonne pas.
-Tu arrêtes un peu de m'interrompre ! La sermonna-t-il, je disais donc que, selon ma mère, je suis né à Ste Mangouste et mon père, le lendemain, m'a assuré que j'étais né dans la grande chambre du manoir Malefoy, avec toute la famille.
-Avec toute la famille ! S'étonna July, ça devait pas être beau à voir.
-July, tu pourrais faire un effort. Je te dis que mes parents me cachent un truc important !
-Oui, je suis désolée. Mais, tu sais, je ne pense pas que tu es adopté. Lucius Malefoy ne pourrait élever autre chose que son sang et sa chair. »

Drago haussa les épaules et répéta :

« -Mais, il y a quand même des incohérences.
-Tu as réellement envie de les démasquer ? S'enquit July.
-Oui. Je veux savoir la vérité.
-Bon, alors je t'aiderai. Promit-elle. »

 

End Notes:

Alors, qu'en pensez-vous? Il va y avoir du changement pour nos personnages cette année...

Lucas et Clarisse by Jane_25
Author's Notes:

 

Et voilà un nouveau chapitre... et l'arrivée de deux personnages qui viennent bousculer la fourmilière bien établie de Poudlard!

A la demande d’une super review qui m’a fait trop plaisir, voici un rappel concernant les enfants des maraudeurs, pour que vous commenciez ce chapitre avec les idées claires…

 

James et Lily Potter ont quatre enfants:

Harry - 5e année - Gryffondor

Chloé - 4e année - Serpentard

Juliette - 4e année - Serpentard

David - 7 ans

 

Sirius et Ambre Black ont cinq enfants:

July - 5e année - Serpentard

Jane - 5e année - Gryffondor

Hugo - 4e année - Gryffondor

Eliott - 1e année - Serpentard

Isaac - 3 ans

 

Rémus et Dora Lupin ont trois enfants:

Teddy - 5e année - Serpentard

Roxane - 5e année - Serpentard

Louis - 1e année – Gryffondor

 

Alice et Frank Londubat ont quatre enfants:

Neville - 5e année - Gryffondor

Elsa - 4e année - Gryffondor

Clara - 1e année - Serpentard

Riley - 7 ans

 

Voilà pour ce rappel, j'en ferai sûrement un plus global encore (avec leurs amis de Poudlard) dès le prochain chapitre,

Bonne lecture!

 

 

Dans son bureau, Dumbledore accueillait deux élèves qui venaient d'arriver par sa cheminée. Ces retardataires avaient quinze ans et allaient rentrer en cinquième année. Parmi ces deux élèves, une petite brunette souriante avait l'air très à l'aise dans le bureau de son directeur. Elle sautillait d'impatience, faisant rebondir ses boucles brunes et briller ses yeux bleus si étonnants. A ses côtés, le nouvel élève semblait plus anxieux.

« -Monsieur le directeur, on m'a dit que j'étais à Gryffondor, mais je ne sais pas très bien ce que cela signifie. »

Il n'avait pas l'air réellement inquiet, il semblait sûr de lui mais peu à l'aise dans cette posture du nouvel élève qui découvre.

« -Oh ! Mais tu es à Gryffondor ! S'enthousiasma la fille. Tu es avec moi ?
-Apparemment. Acquiesça-t-il vivement alors qu'il commençait à s'impatienter.
-Gryffondor est une des quatre maisons de Poudlard. Commença à expliquer Dumbledore. »

Il détailla brièvement le fonctionnement de Poudlard que la jeune brune semblait connaître sur le bout des doigts au plus grand étonnement des garçons.

« -Ah ! C'est pour cela qu'ils nous ont mis un chapeau bizarre sur la tête !
-Oui, Lucas. Affirma Dumbledore. Vous avez tout compris. »

Lucas ne répondit rien, il se contenta de croiser ses bras musclés sur son torse. La jeune fille à côté de lui souriait de toutes ses dents en observant le comportement de son nouveau camarade.

« -Je suppose que vous avez hâte de découvrir vos chambres et votre salle commune.
-Oui, monsieur ! Répondit immédiatement la petite brune. On peut y aller ?
-Patientez, mademoiselle… Les préfets de votre maison sont en chemin vers mon bureau pour vous retrouver.
-Ils sont déjà au courant ? Demanda Lucas, visiblement surpris.
-Non, mais je suppose qu'ils ont vu les lits en plus dans leurs chambres respectives.
-Vous parlez des préfets de cinquième année ? De qui s'agit-il ? Demanda la jeune fille.

-Il s'agit de Ronald Weasley… Annonça le directeur
-Ah ! L'interrompit-elle. Je ne m'y attendais pas mais c'est un bon choix… Enfin je trouve.
-Et pour les filles, continua Dumbledore en souriant, il s'agit de Jane Black.
-Oh ! Mais c'est génial ! Elle le méritait trop. Vous avez bien choisi ! Je sens que cette année va être parfaite ! S'enthousiasma-t-elle sans remarquer les regards interrogateurs des deux frères.
-Mais, tu connais déjà tout le monde ? S'enquit Lucas, surpris des questions et réaction de sa camarade.
-Melle Daimnile a suivi ses premières années de scolarité à Poudlard. »

L'intéressée sourit à pleine dent à celui qui allait –elle en était sûre- devenir son ami. Elle se retourna ensuite vers Dumbledore et s'apprêtait à demander qui étaient les préfets à Serpentard mais elle n'en eut pas le temps puisqu'une main hésitante frappa à la porte :

« -Entrez ! Les appela Dumbledore… »

La grosse porte du bureau du directeur de Poudlard s'ouvrit sur deux élèves, les deux préfets de Gryffondor qui étaient venus voir leur directeur en quête de réponses. Jane Black et Ron Weasley pénétrèrent donc dans cette impressionnante salle mais n'eurent pas besoin de poser une seule question que Jane s'exclama :

« -Clarisse ! »

Elle se jeta sur son amie pour la prendre dans ses bras. La petite Clarisse accueilli avec joie sa meilleure amie. Elle était tellement heureuse de la retrouver après un an d'absence.

« -Comme vous avez pu le remarquer, il y a deux lits vides dans vos chambres et deux élèves vous attendaient ici. Expliqua Dumbledore. Donc, Melle Clarisse Daimnile, vous allez retrouver votre chambre aux côtés de Miss Black, Miss Granger, Miss Miller, Miss Moore, et Mr Lucas Williams, vous allez dormir dans la chambre de Mr Ronald… Euh, Ron Weasley, avec Mr Brooks, Mr Thomas, Mr Finningam Mr Londubat et Mr Potter. »

Clarisse acquiesça encore une fois alors que Lucas notait avec étonnement ses noms qu'il avait lus dans les journaux.

« -Donc les lits vides qui nous ont poussés à venir vous voir sont pour eux ? S'enquit timidement Ron, impressionné par le grand Albus Dumbledore.
-Exactement ! Maintenant, si vous voulez bien conduire ces nouveaux élèves à votre salle commune. Je compte sur vous pour bien les accueillir et leur expliquer comment Poudlard fonctionne… Mais laissez leur se faire leur propre avis sur chaque élève et chaque professeur. »

Cette dernière phrase parut très énigmatique à Lucas mais pas aux trois autres puisque Jane soupira de tristesse tandis que Clarisse levait les yeux au ciel et Ron acquiesçait sans grande conviction. Les quatre Gryffondors sortirent ensuite du bureau et se dirigèrent vers leur salle commune.

« -Donc, tu t'appelles Lucas ? »

Lucas acquiesça, ne sentant pas le besoin d'en dire plus.

« -D'accord, donc moi, c'est Ron Weasley, se présenta Ron. En vrai, c'est Ronald mais je préfère Ron. Vous allez voir, Poudlard est génial. Ethan, Harry et Neville sont vraiment sympas. A Gryffondor, on s'amuse vraiment ! »

Lucas s'était rapidement renseigné sur Poudlard avant de venir. Il avait déjà entendu beaucoup de ses noms. S'il s'était retenu dans le bureau du directeur, il pouvait enfin assouvir sa curiosité.

« -Harry et Neuville… Comme Harry Potter et Neuville Londubat, les enfants de James et Lily Potter et de Frank et… Ah ! Je ne me souviens plus du prénom de sa femme ?
-Elle s'appelle Alice ! Termina Jane… Et moi, je suis bien Jane Black, la fille de Sirius et Ambre Black.
-Donc, c'est vrai, tout ce qu'on dit. Les enfants des Maraudeureuses existent vraiment et sont à Poudlard. Ils sont vraiment répartis en deux clans, avec les deux enfants Lupins qui essayent de faire le lien même s'ils s'éloignent malgré eux d'un clan. Les jumelles Potter qui ne parlent presque plus à leur grand frère et les deux jumelles Black qui se dét… »

Il n'osait plus continuer car la réaction de Jane montrait un malaise évident. Elle ne semblait vraiment pas avoir besoin qu'on lui rappelle ce qu'elle vivait au quotidien. Il préféra alors marcher silencieusement à ses côtés, laissant Clarisse et Ron faire la conversation.

« -Oh ! Non ! Avait soupiré Jane, en voyant devant elle Drago Malefoy qui rasait les murs, sans doute pour éviter Crabbe et Goyle, installés un peu plus loin. »

Derrière lui, suivait celle que Jane avait le moins envie de voir, sa sœur jumelle July. En la voyant, Lucas se raidit. La ressemblance entre les deux jeunes filles était frappantes. Elles avaient les mêmes cheveux blonds, les mêmes petites oreilles, la même forme du visage et des traits très proches, si ce n'est que ceux de July étaient imperceptiblement plus marqués, les mêmes yeux bleus. Lucas semblait remarquer des éclats plus foncés dans les yeux de July mais il était trop loin d'elle pour confirmer son point de vue.

« -Oh ! Drago, regarde, le retour de la Griffon. Alors Daimnile, on a enfin trouvé le chemin jusqu'à Poudlard, après un an. Je te félicite.
-Excuse-moi d'avoir des parents qui m'aiment et veulent me voir ! Rétorqua Clarisse, sans réfléchir à ce qu'elle disait. »

July fut touchée par cette attaque mais ne le montra pas. Elle se tourna vers Drago mais celui-ci ne semblait pas prêt à la soutenir. Il ne cessait de fixer la pauvre Jane qui gardait les yeux baissés, priant pour éviter une de ses remarques si cinglantes qui la blessaient tant. July comprit qu'elle devait réagir seule

« -Et vous nous ramenez de nouveaux griffons. Je suis désolée pour vous d'avoir été répartis là-bas ! Bienvenue dans le monde illusoire de ma sœur et de son meilleur ami de Potter !
-Et nous sommes ravis d'être dans ce monde ! Laissa échapper Lucas, sans se contrôler. »

Lucas se tut immédiatement, il ne le montrait pas mais il s'étonnait de son comportement : il n'avait jamais eu ce genre de réaction. Il ne prenait jamais la défense des autres et se contentait de les raisonner. Il releva les yeux vers July et, sans plus de cérémonie, reprit sa marche vers le dortoir en entraînant les autres Gryffondor.
Sur le chemin, il ne cessait de se repasser ce moment dans sa tête, comprenant alors la gêne de Jane quand on évoquait sa sœur. Il ne savait pas pourquoi il avait agi ainsi, il ne faisait jamais cela en général, mais, cette fois-ci, ça lui avait semblé être évident : il fallait réagir… En fit, il était assez fier de sa réaction ! Mais, il y avait quelque chose qu'il ne parvenait pas à expliquer : Comment une fille aussi belle pouvait être aussi méchante ?

De leur côté, July et Drago les regardèrent s'éloigner, très étonnés par la réaction d'un des nouveaux élèves. Ce n'était pas la première fois qu'un Gryffondor leur répondait, puisque c'était devenu un réflexe pour Harry, Ethan ou encore Elsa de rétorquer dès qu'ils en avaient l'occasion, mais ce nouveau Gryffondor ne l'avait pas fait de la même manière. Il ne voulait en aucun cas les blesser ou les atteindre, mais juste passer son chemin et les laisser vivre tranquillement, sans chercher à leur plaire ou à leur déplaire. Ce comportement intriguait grandement July et perturbait Drago. Ils repartirent silencieusement dans leur salle commune pour retrouver leurs amis.

Dans la salle commune des Serpentard, Roxane avait enfin expliqué à tous les premières années où étaient leurs chambres. Drago étant partie avec July dès qu'il en avait eu l'occasion, elle s'était retrouvée bien seule face à tous ces petits élèves perdus au milieu de toutes les salles vertes et argentées que contenaient les quartiers des Serpentards.

« -Ouf ! J'ai fini. Ils sont épuisants ces premières années ! Soupira-t-elle en s'asseyant à côté de Daphnée
-Dis-toi qu'on était pareils au même âge !
-On ne pouvait pas être pareil ! Ce n'est pas possible ! Nia Roxane. »

Son frère explosa de rire et pensa à Louis, qui devait être dans sa chambre, entrain de découvrir de nouveaux élèves qui allaient devenir ses amis. Il savait que Jane, Harry et Hugo allaient bien s'occuper de lui et s'assurer qu'il ne lui arrive rien, de la même manière qu'il veillera toujours un peu sur Eliott, même si ce dernier ne risque pas grand chose avec July pour grande sœur, et sur Clara qui aura plus de mal à s'intégrer avec ses frères et sœurs à Gryffondor. Il n'avait pas trop de soucis à se faire sur les trois premières années. Maintenant que sa famille était représentée à Gryffondor, il n'avait plus qu'à profiter de Poudlard et de ses amis. Il aimait les voir parler ensemble, se laisser aller sans se soucier des convenances. Roxane, quant à elle, partageait de nombreux traits de caractère avec Daphnée qui était devenue sa meilleure amie en moins d'un an. Si, à Poudlard, on les voyait facilement s'entretenir avec d'autres ou ne pas se parler en se croisant dans les couloirs, il était impossible de défaire la complicité et l'amitié qui liaient les deux filles. Daphnée racontait tous ses problèmes à Roxane qui aimait l'écouter et la conseiller sur la meilleure manière d'agir, ce qui la rassurait grandement, elle qui avait tendance à être négligée par ses proches, toujours plus intéressés par sa petite sœur.

« -Alors, Daph', tu avais quelque chose à me dire ? demanda Roxane quand elles furent seule dans sa chambre. Comment se sont passées tes vacances ?
-Oh ! Tu sais que c'est compliqué, chez moi. Aestoria est rentrée en troisième année et elle commence à grandir et à vouloir être parfaite.
-Ça n'a pas toujours été le cas ? S'enquit Roxane.
-Si, approuva Daphnée. Mais c'est de pire en pire. Maintenant, toute la lumière doit être sur elle et, apparemment, je lui empêche d'atteindre cet objectif. »

Daphnée, allongée sur son lit, fut rejointe par son amie qui l'écouta parler de sa difficulté à vivre avec cette sœur qui la faisait vivre un enfer mais qu'elle aimait, malgré tout.

 

End Notes:

Et voilà, encore de nouveaux élèves... Mais nos personnages préférés ont besoin de nouveauté pour ouvrir les yeux ! 

J'espère que vous avez apprécié ce chapitre, 

A la semaine prochaine!

La soirée qui allait tout changer by Jane_25
Author's Notes:

Bonjour à tous, 

voici les prémices d'une soirée qui fait rentrer les enfants des Maraudeurs dans une enfance particulière. En effet, s'ils ont reçu l'éducation des Maraudeurs, ils ont aussi hérité de pouvoirs de leurs mères.

Les prochains chapitres vont présenter tout cela.

Merci à tous de me lire (n'hésitez pas à laisser une trace/avis/review après votre lecture et un énorme merci à CaraSan qui, grace à ses retours, me motive à continuer de publier pendant les fêtes, surtout que les trois prochains chapitres sont très liés!

Je vous laisse à la lecture!  

 

Dans son bureau qui surplombait le château qu'il dirigeait, Albus Dumbledore s'était adossé à une de ses nombreuses armoires et admirait le coucher du soleil sur le lac du parc de Poudlard. Cela faisait déjà un mois que les élèves étaient rentrés de vacances. Il avait l'impression que le temps passait plus vite chaque année. Cette soirée s'annonçait riche en émotions pour certains de ses élèves. Voilà déjà cinq ans qu'il attendait que cette soirée arrive.

 

Il avait d'ailleurs plusieurs fois espéré –ou craint- que cet événement se passerait, notamment l'année dernière, quand les mêmes élèves s'étaient tous dirigés vers un même point du château. Il se demandait encore ce qu'il avait pu arriver à Hermione Granger pour qu'elle demande à ses amis de rester avec elle cinq minutes de plus à la bibliothèque… Ou encore l'année d'avant, où, cette fois, c'était Daphné qui avait retenu sa camarade de chambre. Et l'année d'avant…

 

Dumbledore se souvenait de chacun de ses soirs où il avait été près de convoquer les quatre anciennes élèves, devenues femmes et mères, pour leur annoncer que leur secret avait été dévoilé. Il les avait imaginées, déboulant, les unes après les autres, sûrement suivies de leurs maris que Dumbledore aurait obligés à rester dans son bureau pour permettre aux femmes de s'expliquer seules avec les élèves concernés, leurs enfants. Il avait maintes et maintes fois préparer le tapis d'arrivée pour amortir la chute du transplannage de Dora Lupin, qui n'avait jamais réussi à arriver sur ses deux pieds ou pour qu'il soit plus facile de nettoyer les traînées de poussières de Sirius Black qui ne prenait que rarement le temps de se dépoussiérer.

 

Ces suppositions firent sourire Dumbledore. Ce soir, il n'avait rien préparé pour les huit parents qui allaient débarquer, il n'avait même pas pris le temps de faire apparaître assez de chaises. Cependant, il savait que tout allait se passer dans les prochaines heures. Il sentait déjà Eliott Black et Clara Londubat qui attendaient leur ami Louis Lupin dans ce couloir sombre du sixième étage, ce couloir où tout allait se passer, ce couloir qu'ils ne verraient plus jamais de la même manière après cette soirée. Dumbledore savait aussi, par Mrs Pince que Juliette et Chloé Potter étaient à la bibliothèque avec Roxane Lupin et discutaient d'anniversaire -ce qui n'avait rien d'étonnant quand on savait que les quatorze ans de Ginny Weasley approchaient à grand pas- et tandis que, à quelques tables d'elles, Hermione Granger faisait travailler Harry Potter et Ronald Weasley sous le regard amusé d'Hugo Black et Dumbledore savait que Teddy ne tarderait pas à les rejoindre. Il avait l'habitude de venir lire au calme tous les soirs. Quant aux autres, ils allaient et venaient aux quatre coins du château pour faire leur ronde ou pour remplacer leurs amis préfets occupés à la bibliothèque et dans l'incapacité de faire leur propre ronde.

 

Dumbledore soupira en s'asseyant dans son grand fauteuil, Rusard devait passer le voir pour lui demander les instructions de ce soir. Il l'attendait pour lui rappeler de ne pas s'occuper de l'aile ouest ce soir. Les préfets se chargeraient eux-mêmes de surveiller cette partie du château. Il avait déjà demandé à Mrs Pince de ne fermer la bibliothèque qu'après la sortie des Potter, Black et Lupin afin que tout se déroule bien ce soir.

 

Il ne fut donc aucunement surpris quand il entendit le concierge frapper.

 

 

 

« Ah ! Rusard. Je vous attendais.

 

-Pourquoi vouliez-vous me voir, monsieur ? demanda le vieux concierge d'un ton impatient.

 

-Vous devriez vous reposer ce soir, les élèves sont sages en ce moment et la pauvre Miss Teigne semble fatiguée. Les préfets se chargeront du couvre feu. »

 

 

 

Rusard leva la tête vers le directeur et plissa les yeux pour tenter de comprendre. Il vit, au grand sourire de Dumbledore, qu'il ne fallait pas discuter puisque ce dernier devait avoir une idée derrière la tête. Il haussa les épaules et quitta le bureau du directeur en grommelant des médisances incompréhensibles sur l'indiscipline des élèves qui n'allait pas en s'améliorant. Il se dirigea cependant rapidement vers son bureau et sa chambre pour profiter de sa soirée de repos. Il ne fit même pas attention aux élèves et ne chercha pas à comprendre qui Neville Londubat cachait derrière lui. Il n'entendit pas non plus le jeune homme bredouiller qu'il était ici pour remplacer Ronald Weasley pour faire sa ronde. Il se remit à grommeler et le laissa là, sans plus de cérémonie. 

 

 

 

Le jeune Neville  fut soulagé et se décala pour laisser sa sœur se sortir de sa cachette. Elsa l'avait accompagné dans sa ronde. Neville pensait que ce n'était que parce qu'elle n'avait rien de mieux à faire, mais Elsa aimait passer un peu de temps avec son frère qui l'écoutait parler de tout ce qui lui importait, sans jamais vraiment l'interrompre.

 

 

 

« On a eu chaud ! souffla-t-elle, je t'aurais mal vu justifier que tu ne me punisses pas parce que je ne suis pas dans mon dortoir uniquement parce que je suis ta sœur. »

 

 

 

Neville acquiesça en souriant, puis se remit à marcher, bientôt suivi de Elsa qui avait entamé le récit de sa dernière semaine.

 

 

 

« Moi, je trouve ça vraiment bien que Clarisse soit revenue. Jane et Hermione sont bien plus drôles quand elles sont avec elle. Et j'ai beaucoup plus de points communs avec Clarisse qu'avec Jane et Hermione… Enfin, je les aime beaucoup, Jane et Hermione, mais on est très différentes, donc parfois, on ne se comprend pas trop. Tu vois ce que je veux dire ? »

 

 

 

Neville acquiesça simplement, sans donner réellement son avis. Il aurait pu lui expliquer que le calme de Jane devrait lui être très bénéfique à elle qui avait tendance à toujours parler vite et à s'éparpiller un peu trop souvent, mais il ne dit rien. Neville ne parlait rarement pour dire ce genre de choses qui lui semblaient futiles. En fait, il ne parlait pas beaucoup : quand on était ami avec Harry Potter et Ethan Brooks, on n'avait pas souvent l'occasion de parler. Mais, pour Neville, ce n'était pas un problème. Il aimait marcher à côté d'Ethan qui expliquait à Harry une nouvelle technique au quidditch, ou qui lui racontait comment il s'était rapproché d'une Serdaigle, en s'appliquant à détailler chaque élément de son physique, qu'ils la valorisaient ou pas. Il aimait entendre Harry narrer ses exploits lors des entraînements de quidditch, ou commenter avec énergie un match, qui avait eu lieu la veille, alors que tout le monde était encore endormi au petit déjeuner. 

 

De ce point de vue, il se rapprochait un peu de Ron, sur le plan du caractère. Pourtant, c'était de lui qu'il était le moins proche. Ils ne parlaient que très rarement tous les deux, du moins, beaucoup moins qu'avec Harry qui lui confiait toutes ses difficultés à voir July lui tourner le dos, Roxane et Teddy s'éloigner malgré eux, et, pire encore pour lui, ses deux sœurs l'ignorer royalement quand elles le croisaient dans les couloirs.

 

Néanmoins, il estimait beaucoup Ron pour sa volonté d'atteindre le niveau d'Harry dans tous les domaines. Neville, qui avait définitivement compris qu'il n'était pas fait pour le quidditch et que la magie qui circulait en lui était différente de celle qu'utilisait ses camarades en cours, ne comprenait pas ce qui motivait Ron à travailler autant pour égaler les O ou les E de Harry en défense contre les forces du mal ou pour réussir à intégrer l'équipe de quidditch.

 

Neville appréciait tous les garçons de sa chambre. Il s’entendait également très bien avec Seamus et Dean qui, bien que plus discrets, passaient beaucoup de temps avec eux et apportaient toujours de la bonne humeur.

 

Elsa était déjà repartie dans son monologue sans se rendre compte que son frère ne l'avait plus écouté depuis cinq minutes.

 

« Je ne pense pas que Lucas soit aussi beau que toutes les filles le disent. Si tu veux mon avis… »

 

 

 

Neville se surprit à sourire en s'imaginant lui répondre « NON !», mais en même temps, il était normal qu'il ne soit pas passionné par la prétendue beauté de son ami, vue par sa petite sœur.

 

 

 

« …C'est juste parce qu'il est nouveau, et voir de nouvelles têtes excite toutes les filles de Poudlard qui y voient un espoir de ne pas finir seule depuis qu'elles ont été rejetées par Ethan ou Harry. »

 

 

 

Neville sourit en considérant la vision des événements d'Elsa. Les filles étaient vraiment compliquées. Pour lui, Lucas était juste un nouvel ami, et ce n'était pas parce que ça lui faisait particulièrement de bien de voir de nouveaux visages, mais simplement parce que le nouvel arrivant lui était réellement sympathique et s'intéressait à lui autant qu'à Harry, Ethan ou Ron et ce n'était sûrement pas à cause de ses parents. La renommée de ses parents avait tendance à l'énerver parce qu'il se sentait obligé de les représenter devant tous ceux qui les admiraient. Il répondait calmement aux questions sur ses parents, sur ce qu'il devenait, sur tous ses détails que Sorcière Hebdo ne mentionnait plus qu'au sujet de Potter ou des Black. Il ne savait pas vraiment où se placer par rapport avec eux. Il n'avait aucunement envie de les renier mais il voulait vraiment être lui-même et pas uniquement leur fils. C'est ce désir de se détacher de ses géniteurs qui le poussait parfois à ignorer sa sœur ou Harry pour se retrouver plus avec lui-même et réfléchir seul. Cependant, ces comportements se faisaient rares, bien qu'ils représentaient une réelle échappatoire pour le jeune homme, en quête d'indice sur sa personnalité pour apprendre à être lui-même.

 

Une voix bien connue des deux jeunes Londubat retira Neville de ses pensées.

 

 

 

« Mais que fais-tu là ? Ce n'était pas à toi mais à Roxane de surveiller cette partie du château ! Tu n'es même pas capable de respecter le rôle qui t'a été confié alors qu'il aurait dû être mien.

 

-C'est dans ce couloir que terminent nos deux rondes, July, c'est pour cela que j'y retrouve Roxane tous les soirs, juste avant qu'elle reparte et que Ron arrive.

 

-Quoi ! Ron va arriver ! s'écria July, puisqu'il s'agissait bien des deux jumelles Black qui se retrouvaient face à face.

 

-Non, pas ce soir, puisque c'est Neville qui le remplace ! répliqua Jane, d'une petite voix. »

 

 

 

Elle semblait cependant plus apte à répondre à sa sœur, sûrement parce qu'elle n'était pas accompagnée de tous ses amis dont Drago Malefoy, qui avait le don d'impressionner la pauvre Gryffondor.

 

 

 

« Neville ! De mieux en mieux ! soupira July. Il arrive quand, en général ?

 

-Maintenant ! s'exclama Elsa en traînant Neville jusqu'aux deux filles. Et il n'est pas seul !

 

-Oh ! C'est mignon, Jane a besoin de sa clique pour la surveiller et s'occuper d'elle. Tu es tellement faible, ma pauvre fille ! Cracha July avec mépris. »

 

 

 

Elle se mit à médire de plus en plus la pauvre Jane qui n'osait rien dire et avait de plus en plus de difficultés à cacher les larmes qui montaient aux yeux. Neville aussi était paralysé et ne pouvait plus parler. Il regarda Elsa avec un air de détresse et la jeune blonde se mit à courir le plus loin possible de cette terrible altercation. En pensant à ce que Jane vivait, elle courait de plus en plus vite. Ses yeux aussi s'humidifiaient et elle ne distinguait plus les élèves devant lesquels elle passait. Elle ne remarqua même pas qu'elle avait bousculé un pauvre première année qui n'était autre qu'Eliott Black, assis aux côtés de Louis et Clara. Quand elle reconnut sa grande sœur, Clara ne put s'empêcher de chercher à comprendre ce qui lui arrivait et la suivit, tandis que les deux garçons avaient décidé d'aller voir ce qu’il s'était passé pour pousser Elsa à agir ainsi. La petite Clara, de son côté, peinait à suivre sa sœur mais ne se décourageait pas et elle fut soulagée de la voir s'arrêter mais ne comprit pas pourquoi elle rentrait dans la B

 

bibliothèque. Elle pénétra donc derrière elle dans la salle en se posant plein de questions auxquelles elle eut rapidement des réponses :

 

 

 

«  July fait subir à Jane un cauchemar d'humiliation. Je ne sais pas comment l'arrêter et Neville non plus ! Expliqua Elsa à Harry qui la regardait essoufflée. »

 

 

 

L'effet fut immédiat. Clara repartit directement pour prévenir Eliott et Louis, Hugo se précipita pour aller s'occuper de ses sœurs puis Hermione fit comprendre à Harry que ce n'était pas à elle de soutenir Jane mais à lui. Ce dernier se leva rapidement mais, avant de se lancer à la suite d'Elsa qui reprenait son souffle, il alla vers la table des jumelles, Roxane était, de tous les enfants des Maraudeurs, celle qui avait le plus de pouvoir sur July et ils auraient besoin de son autorité pour la calmer. Il raconta donc brièvement à Roxane ce qu'il se passait et, aussitôt, elle était prête à aller secourir Jane avec qui elle continuait d'entretenir une réelle amitié. Evidemment, les deux jumelles assises à la même table, ne purent s'empêcher d'accompagner tout le groupe et Teddy, qui lisait calmement, comprit qu'il était de son devoir de rejoindre tous ses amis, ou ceux qui avaient été ses amis.

 

Ils quittèrent la bibliothèque et Mrs Pince put enfin la fermer. Elle eut du mal à cacher sa satisfaction quand elle réalisa qu'il ne restait plus que Ronald Weasley et Hermione Granger dans la salle et elle ne se pria pas pour expulser les élèves qu'elle avait encore le droit d'expulser.

 

Dans les couloirs, Elsa menait tout le monde vers ce croisement maudit du sixième étage. Quand ils arrivèrent, Clara rejoignit Louis et Eliott qui avait honte des propos de sa première sœur et de la passivité de la deuxième. Quant aux autres, leurs réactions furent multiples. Hugo s'avança immédiatement entre Jane et July et cette dernière répliqua :

 

 

 

« Oh ! C'est mignon, ce besoin que vous avez de vous soutenir tous les deux et de m'exclure de votre famille si parfaite. Tu vous Jane, tu n'es pas capable de réagir seule. Tous tes amis ridicules sont venus pour te sauver des griffes de ta méchante sœur…

 

-Nous ne sommes pas ses amis ridicules. Jane est notre amie, voire notre meilleure amie et mérite qu'on soit là quand elle a besoin de nous, donc dans des cas comme celui-ci. »

 

 

 

Intérieurement, Jane remercia Harry de son intervention qui avait enfin mit un terme à l'incroyable énumération de défauts de sa sœur. C'était une épreuve horrible pour la pauvre Jane, qui –et c'était bien là le problème- pensait que July avait raison. Après tout, Jane n'avait pas sa force de caractère, ni son influence, ni cette capacité à s'intégrer dans un groupe, ni sa volonté et son ambition qui faisaient de July Black une personne si imposante. Personne n'avait réellement pensé que Jane était promise à un grand avenir alors que tout le monde ne cessait de répéter que July exercerait des postes à hautes responsabilités et qu'elle serait respectée de tous. Jane paraissait incroyablement banale à côté de sa sœur et, jusqu'à son entrée à Poudlard, elle avait vécu derrière sa sœur, sans chercher à se faire remarquer. Mais à partir de leur première année, July avait clairement fait comprendre à sa sœur qu'elle ne voulait plus de sa compagnie, aussi discrète fut-elle. Et c'est ainsi qu'au-delà de s'éloigner d'elle, July ne put plus supporter Jane en qui elle voyait tout ce qu'elle ne serait jamais.

 

 

 

« Ah ! Saint Potter arrive à la rescousse. Le digne fils de son père qui ne peut pas se différencier de son pauvre papa. Répliqua July

 

-Moi, au moins, je ne fais pas honte à mes parents ! Rétorqua Harry, sachant très bien qu'il s'attaquait à la corde sensible de July. »

 

 

 

Le silence se fit immédiatement dans le couloir, tandis que July tentait de maîtriser sa colère. Roxane allait s'approcher d'elle pour la calmer, mais c'était trop tard. July poussa un cri strident et sortit sa baguette prête à attaquer Harry et ses amis qui la blessaient tant par leur amitié et leur relation si « idyllique » à leurs parents.

 

Immédiatement, tous imitèrent July, soit dans le but de contre-attaquer un éventuel sort, soit dans le but de dévier les sorts pouvant être lancés par Harry ou July qui semblaient prêt à se livrer un terrible duel.

 

Ce fut July qui, voyant la réaction de son ennemi principal, lança le premier sort dans le but de le désarmer. Tout le monde réagit avec différents sorts, même Clara, Eliott et Louis avec leur « Wingardium Leviosa » appris la veille. Les sorts volaient de tous les côtés et personne ne semblait remarquer que le mur changeait progressivement d'aspect.

End Notes:

Voilà voilà, je vous laisse à vos suppositions, pour ceux qui ne connaissaissent pas l'histoir de leurs parents.

Je vous promets que je vais la publier, mais il me faut d'abord la corriger car je l'ai écrite quand j'étais adolescente et que, si l'univers que j'avais imaginé continue de faire vibrer mon imagination, la syntaxe et la formulation ne sont clairement pas acceptables. 

La Salle des Quatre Eléments by Jane_25
Author's Notes:

Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien, je tiens à m'excuser pour le retard du chapitre précédent "la soirée qui allait tout changer", j'ai eu quelques soucis avec la correction. Pour me faire pardonner, voici un chapitre plus long. Merci de me lire !

Avant de commencer, ce chapitre présente ce qui doit être retenu de l’opus initial qui est toujours en correction. Il raconte donc l’héritage de nos personnages préférés puisqu’ils sont, par leurs mères, dotés de certains pouvoirs ! Je résume quelques intrigues du passé qui sont nécessaires à comprendre nos chers adolescents…

Petit détail, les Maraudeurs et leurs femmes ont la capacité de communiquer par la pensée et, dans ces cas-là, leurs interactions sont notées avec *...*

Bonne lecture

 

« STOP ! Crièrent Roxane et les jumelles. Regardez le mur. »

Tous se tournèrent vers le mur et arrêtèrent ce massacre. Ils formèrent une ligne face au mur, ce mur qui se métamorphosait peu à peu en une porte au-dessus de laquelle s'écrivait peu à peu

Voici la salle des Quatre Éléments, Eau, Feu, Terre, Vent, entrez-y dignes Descendants

 

« C'est à nous que ça s'adresse, ce truc ? demanda July, perplexe, mais n'ayant plus aucune envie de relancer un quelconque sort sur Jane ou Harry.

-Peut-être que c'est un repère secret d'un élève et qu'on l'a découvert en criant le mot de passe sans s'en rendre compte, supposa Teddy.

-Parce que si c'est nous la cause de cette apparition, ça veut dire que certains d'entre nous sont les descendants des éléments, au moins une des quatre familles… analysa Jane.

-Je propose qu'on rentre pour en avoir le cœur net ! décida Harry en brisant la ligne qu'ils formaient pour s'avancer vers la porte. »

 

July le rejoignit immédiatement, refusant de passer après lui, et ils poussèrent la porte tous les deux avant de pénétrer dans cette salle mythique. Les autres les suivirent et tous furent sans voix devant ce qu'ils voyaient.

Ils se trouvaient dans une magnifique salle ronde, une sorte de salon. Quatre canapés, un rouge intense, un bleu clair, un blanc pur et un vert frais y étaient installés au centre, formant un carré au centre duquel crépitait un feu brûlant de chaleur, créant une atmosphère accueillante et reposante. En face d'eux, les jeunes adolescents pouvaient voir une autre porte qui donnait sur un balcon, à droite de laquelle une première porte semblait donner sur une autre salle et l'on pouvait lire, au-dessus d'une deuxième porte, « salle va-et-vient des quatre Eléments ». A gauche du balcon, une autre porte, assez imposante, devait donner sur l'extérieur, une cour, en fait, qui débouchait sur une sorte de petit appartement.

Ébahis, les jeunes ne savaient pas comment réagir :

 

«Waw ! lâcha Neuville en brisant le silence.

-Vous pensez que cette salle est pour qui initialement ? demanda sa sœur

-Franchement, je n'en ai aucune idée ! avoua Teddy »

 

Tout le monde le regarda, étonné de l'entendre dire ça. Teddy était de ceux qui avaient habituellement réponse à tout et ne supportait pas de rester dans l’ignorance. Teddy sourit, gêné, et se tourna vers Jane. Elle observait la salle en disant.

 

« Qui que ce soit, il a de grandes capacités magiques… Mais regardez, tout le mur de la salle est bordé de commodes, et il semble y avoir des photos dessus. Allons voir. »

 

Chacun alla donc explorer les différents recoins de la salle. Les jumelles se précipitèrent dans la cour alors que Harry et Neville voulaient comprendre ce qu'était cette salle va-et-vient et Elsa les suivit assez rapidement. Roxane et Teddy allèrent vers le balcon, tandis que Jane et Hugo déambulaient dans la salle à la recherche de photos qui pourraient les aiguiller. Clara, Eliott et Louis n'osaient bouger et restèrent silencieusement sur un canapé. July, elle, s'assit sur le canapé blanc, en face d'eux, et se mit à réfléchir, avant de se diriger vers les jumelles dans la cour.

Jane avait eu raison de s'orienter vers les cadres sur les commodes. Hugo et elle tombèrent rapidement sur plusieurs photos. Elles représentaient, chacune, un élève qui devait être en six ou septième année. La manière dont ils étaient habillés et d'autres petits indices laissaient à penser que ces clichés avaient été réalisés il y a une petite vingtaine d'années. Sur la première image, on pouvait voir une jeune femme, assise sur un grand canapé de la salle commune des Gryffondors. Elle lisait et prenait des notes studieusement. À la vue de sa longue chevelure rousse, Hugo et Jane relevèrent la tête et se regardèrent avec étonnement. Ils commençaient à avoir une petite idée des propriétaires de ces lieux. Les photographies suivantes ne firent que les conforter dans leur idée. Une petite brunette arborait fièrement une plante très complexe en souriant sur un des clichés. Le suivant montrait une grande blonde et svelte fonçant sur un balai. Un autre représentait le visage fin d'une fille aux yeux bleus, couleur de l'océan et aux cheveux noirs, encadrant son sourire malicieux. Sur une cinquième photographie, on pouvait voir quatre grands adolescents, se tenant par les épaules : les deux premiers, fiers, étaient vêtus de la tenue de l'équipe de Quidditch de Gryffondor, le troisième jetait des regards rieurs à l'objectif et le dernier tenait fermement un livre dans la main droite.

A côté du balcon, Roxane et Teddy avaient, eux aussi, compris que les anciens propriétaires de la salle n'étaient autres que leurs parents. En effet, une photo de Lily, sur les genoux de James, jouant aux échecs avec Rémus les avait fait douter et ils avaient été convaincus par des photos de Ambre et Sirius sur un même balais, de Alice et Frank enlacés près du lac, de James en balai rejoignant Lily sur le balcon de cette salle et de Dora, penché sur l'épaule de Rémus qui devait lui expliquer un cours de potion étalé sur la table devant eux.

 

« Vous ne devinerez jamais ! s'exclama Roxane aux griffons qui revenaient de la salle va et vient. »

Ils accoururent vers elle et Teddy remit à Harry la photo de ses parents et à Neuville et Elsa celle des leurs.

 

Ils n'en revenaient pas, mais ils étaient loin de s'imaginer la suite. Ils décidèrent de rejoindre, avec Jane et Hugo, les trois filles dans la cour pour leur faire part de la découverte. Mais, quand ils ouvrirent la porte qui menait vers l'extérieur, ils trouvèrent les trois filles immobiles, incapables de parler, et pour cause, elles étaient face à huit nymphes translucides qui arboraient les mêmes couleurs que les canapés. Elles avaient observé les trois Serpentards et furent, elles aussi, très étonnées de voir les treize enfants devant eux.

 

« Vous ne croyez quand même pas que ce sont eux ? demanda l'une d’elles.

-Si, ça ne peut être qu'eux, répondit une autre, regardez les cheveux de feu des deux premières.

-Je les reconnaîtrais entre mille ! Ce sont les vrais cheveux du feu ! assura une nymphe rouge en volant vers les jumelles.

-Et regardez les yeux de ce garçon, il est forcément fils de l'eau ! devina une nymphe bleue en allant observer le visage de Neuville.

-Regardez les filles, elles sont les cheveux de l'air. Je sens qu'il s'agit de la fille de l'air.

-Et la descendance de la Terre. Sentez cette pureté du sol en eux ! »

 

Les treize élèves se regardèrent étonnés, espérant que quelqu'un avait une quelconque explication à ce qu'il se passait en face d'eux. Harry osa enfin dire tout haut ce que tout le monde pensa tout bas :

 

« Non mais qu'est-ce qu'il se passe ? Quelqu'un pourrait m'expliquer où on est ? Et pourquoi y a-t-il des photos de nos parents dans la salle ? »

 

Certaines nymphes soupirèrent et dirent :

 

« Nous devrions attendre vos parents et, plus particulièrement vos mères, pour vous expliquer. »

 

Harry soupira, exaspéré. Il n'aimait pas quand ses parents lui cachaient leurs secrets. Il voulait se montrer fort à la tête de la famille, en tant qu'ainé qui est censé être au courant de tout ce qu'il se passe dans la famille.

Alors que tous retournaient observer les photographies de leurs parents quand ils avaient leur âge, Roxane s'assit sur un banc dans la cour. Les deux nymphes vertes allèrent vers elle et s'exclamèrent :

 

« Regarde ses yeux. Elle ressemble tellement à sa mère. Comment tu t'appelles, jeune fille ?

-Roxane, répondit-elle simplement.

-Roxane… Un prénom magnifique que ta mère a toujours aimé ! s'exclama une des deux nymphes.

-Je me souviens quand elle nous a parlé des prénoms qu'elle aimait. Elles étaient toutes les quatre assises dans ce coin de la cour, ajouta l'autre, Lily avait révélé à Dora que Rémus aimait particulièrement le prénom Teddy, à cause d'un oncle éloigné qu'il admirait beaucoup !

-Mon frère s'appelle Teddy ! leur apprit Roxane, et vous, vous avez des noms ?

-Non nous n'avons jamais eu de vrais noms. Ça dérangeait ta mère de ne pas savoir comment nous appeler. Elle avait décidé de nous appeler Flora.

-Je me souviens encore du jour où elle est arrivée en courant en disant : « Bon ! Flora, parce que vous vous appelez Flora maintenant, il faut qu'on parle ! »

-Un seul nom pour vous deux ? s'étonna Roxane.

-C'est un peu compliqué à expliquer, mais nous ne sommes pas différenciables. Nous sommes un même être en deux corps différents. »

 

Roxane acquiesça sans relancer la conversation. Elle ne savait pas trop quoi penser de tout ce qu'elle vivait. Elle consulta sa montre qui lui apprit que Daphné, Pansy, Tracey et Millicent devaient être couchées depuis une bonne heure. Elle sentait que la nuit allait être longue. Mais elle n'était pas du tout fatiguée, elle n'aurait jamais pu dormir dans ces conditions. Roxane avait toujours été curieuse et découvrir un élément aussi important sur ses parents, donc sur elle, pourrait la tenir éveillée des jours entiers s'il le fallait. De tous les enfants des Maraudeurs, Roxane semblait la plus équilibrée. Elle avait assez bien pris le fait d'être à Serpentard, mais cela ne l'avait jamais empêché de rester amie avec tous les Gryffondors avec qui elle avait grandi avant Poudlard. D'ailleurs, elle prenait beaucoup de plaisir à retrouver Jane à la fin de leurs rondes respectives. Elles discutaient toutes les deux et abordaient des sujets habituels pour des élèves de cinquième année : le nouveau professeur de défense contre les forces du mal, l'accumulation de devoirs donnés par McGonagall ou Rogue. Elle lui donnait des nouvelles d'Harry et de Neville avec qui elle avait plus de mal à parler. Elle savait que les deux garçons accepteraient de parler avec elle s'il le fallait mais ni elle, ni eux, ne semblaient vraiment vouloir prendre le temps. Aussi se contentaient-ils de signe de tête ou de sourires complices quand ils se croisaient dans les couloirs. Elle s'était faite à l'idée de cette distance à Poudlard, et ça ne la gênait pas. D'autant plus qu'elle savait qu'ils passeraient leurs vacances ensemble et qu'elle pourrait rire et discuter avec eux, comme chaque été.

En fait, Roxane n'avait jamais eu envie de changer de maison. Elle avait découvert, grâce à Serpentard, sa meilleure amie Daphné qui –elle le savait- serait toujours là pour elle. Elle était restée avec son frère qui s'était peu à peu ouvert aux autres et ils formaient maintenant un groupe d'amis solidaires. A ce groupe d'amis, elle pouvait également rajouter Pansy, July et Ginny et les jumelles Potter avec qui elle passait aussi beaucoup de temps. Chloé, Ginny et Juliette la faisaient tant rire et leur complicité si étonnante, elle aimait rester avec elles et les écouter commenter les nouveaux potins de l'école en les tournant au ridicule ou distraire July et Drago quand ils étaient énervés… Quant à July, elles avaient une relation très particulière. Roxane avait conscience d'être pour elle, d'une part, un soutien dans ce monde de Serpentard, si différent de celui dans lequel elles avaient grandi, mais d'autre part, le lien qui la reliait à ses origines qu'elle avait décidé de renier, du moins quand elle était à Poudlard. Roxane s'était habituée à tenir ce rôle et ça lui convenait. Elle aimait beaucoup July, bien que ses ambitions lui fassent parfois peur, et elle savait que July tenait assez à elle pour accepter qu'elle reste proche des Gryffondors. Cela rassurait vraiment Roxane qui tenait beaucoup à son amitié avec les Gryffondors, comme elle tenait beaucoup à son amitié avec July.

Elle soupira en imaginant ce que la découverte de cette salle allait encore changer entre eux et retourna dans la salle principale où les autres semblaient l'attendre en silence, assis sur les canapés. Les trois plus jeunes faisaient le tour de la pièce, sans vraiment réaliser que les photographies représentaient leurs parents, à peine plus vieux qu'eux. Roxane s'assit par terre, la tête contre les genoux de son frère et attendit en silence leurs parents qui ne devraient plus tarder à arriver pour leur expliquer ce que tout cela signifiait .

oO0°0Oo

*Dora, tu fais quoi ?* S'énerva Lily Potter par la pensée.

Elle faisait les cents pas à travers le bureau de son ancien directeur et ami, Albus Dumbledore.

 

« Calme-toi, Lily, Dora va arriver ! Elle doit être assez stressée pour ne pas avoir besoin que tu le lui rappelles. Soupira Alice Londubat devant l'inquiétude de son amie.»

 

Elle était assise sur une des rares chaises présentes devant le bureau de Dumbledore, à côté de Ambre qui luttait avec force contre son envie de partir en courant vers la salle des quatre éléments. Elle avait tellement peur de la réaction de ses quatre enfants, présents dans la même salle et mis devant le secret qu'elle leur avait toujours caché. July se sentirait forcément bernée et elle pouvait se montrer très agressive quand elle était énervée, d'autant plus quand l'objet de son énervement est lié à sa famille. Elle voulait tant aller voir ce qu'elle pouvait faire pour calmer le jeu, leur expliquer pourquoi elle ne leur avait pas tout dit plus tôt. Elle espérait que la découverte de la salle n'avait pas immédiatement mis en marche la prophétie, qu'elle aurait plus de temps avec ses enfants, ses quatre enfants qui étaient toute sa vie. Il y avait tant de raisons qui la poussaient à se rendre directement dans cette salle si importante. Mais elle avait promis à ses trois amies qu'elles se rendraient toutes les quatre ensemble à Poudlard et dans la salle des quatre éléments, le jour où elles devraient y retrouver leurs enfants. Et ce jour était enfin arrivé. Voilà pourquoi elle attendait Dora avec tant d'impatience…

Tout d'un coup, le feu dans la cheminée vira au vert et les trois femmes se précipitèrent vers la porte, sous le sourire silencieux du directeur qui savait très bien qu'il fallait laisser les mères gérer cet événement par elle-même. Dora apparut enfin à travers les flammes, ne prit même pas le temps d'enlever la masse de poussière qu'elle avait amenée avec elle, adressa un rapide signe de tête à Dumbledore et se précipita dans le couloir, à la suite de ses trois amies.

Dans la salle principale de la salle des quatre éléments, le silence se faisait de plus en plus lourd et il était difficile d'ignorer ta tension entre les plus âgés. Harry regardait July avec des yeux méfiants, Elsa toisait les autres Serpentard tandis que Jane levait les yeux au ciel pour implorer un peu de paix entre ses amis et sa famille. Roxane allait exploser de l'intérieur quand elle entendit la grande porte s'ouvrir. Ils se tournèrent tous immédiatement vers la source de ce qui avait enfin brisé ce silence et virent leurs quatre mères arriver essoufflées dans la salle.

 

« Je pense que vous nous attendiez ? demanda Ambre en voyant les treize têtes tournées vers elles.

-Vous devez attendre des explications ! supposa Lily.

-C'est le minimum ! ironisa Harry devant la remarque de sa mère. »

 

Ne pouvant plus se contenir, Elsa se laissa aller à ses questions :

 

« On est où là ? Pourquoi y a-t-il tant de photos de vous ici ? C'est qui ces gens bizarres dehors ? Pourquoi vous nous avez caché ça ? Est-ce qu'on va faire d'autres découvertes si surprenantes ?...

-Calme-toi, Elsa ! l'interrompit sa mère, nous sommes ici pour expliquer tout ce qu'on est en mesure d'expliquer.

-Vous n'allez pas encore nous cacher d'autres secrets ? s'enquit Neuville.

-Non, mon chéri. Vous allez tout savoir. »

 

Neuville se détendit légèrement et laissa la petite voix de Louis percer le silence :

 

« Est-ce que vous allez nous dire quelque chose de grave ?

-Mais non, mon chéri. Le rassura sa mère en le prenant dans ses bras. Vous allez juste en apprendre un peu plus sur votre famille. »

 

La plupart des enfants se détendaient progressivement, la présence de leur mère apaisait légèrement les conflits, comme s'ils n'étaient plus à Poudlard mais chez eux, abolissant les maisons. Cependant certains restaient toujours sur leurs gardes, imitant July et Harry qui ne cessaient de se défier du regard.

 

« Bon, qu'est-ce que vous avez compris ? demanda Lily pour faire avancer la discussion.

-Nous sommes dans une salle secrète ! répondit immédiatement Eliott.

-Certes ! sourit Ambre en embrassant son fils, mais encore ?

-Cette salle s'appelle la Salle des Quatre Éléments. En plus, les canapés sont aux couleurs des quatre éléments et les nymphes, puisque je pense qu'il s'agit de nymphes, ou de muses… peut-être de sirènes pacifiques… Enfin, les créatures magiques qui semblent vivre dans la cour, sont de même couleur, en plus translucide, évidemment. Pour finir, quand la porte est apparue dans le couloir, il y avait écrit quelque chose au sujet des éléments et ils étaient énumérés. »

 

Personne n'avait stoppé Teddy dans son monologue. Depuis sa naissance, il avait toujours essayé de dire tout haut ce que chacun pensait tout bas pour faire les liens. Il avait pris l'habitude de regarder Jane à chacun de ses monologues car il savait bien qu'elle était très observatrice et qu'elle arrivait, souvent avant lui, aux mêmes conclusions. Ce soir-là, Jane acquiesça en souriant. Elle connaissait déjà la question qui allait suivre et, surtout, la réponse de Teddy.

 

« Mais, s'enquièrent Chloé et Juliette Potter, de quels éléments parles-tu ?

-Les Quatre Éléments. Répéta Teddy, avant de se tourner vers les quatre mères. Plus particulièrement, l'Eau, le Feu, l'Air… Et la Terre. »

 

Il avait plongé son regard dans celui de sa mère qui acquiesça silencieusement à sa question silencieuse. Dora Lupin était fière de son fils. Il avait compris le plus important.

 

« Mais… semblait comprendre à son tour Hugo, il y avait écrit sur le mur que nous étions les descendants des éléments !

-Ça veut dire que vous êtes les éléments ? demanda Roxane. Mais vous ne pouvez pas être des éléments ! C'est trop bizarre.

-En fait, se décida à expliquer Lily, les éléments se sont incarnés en nous, quand nous avons découvert cette salle, pendant notre deuxième année. Les Éléments avaient besoin de quatre filles, quatre amies qui sauraient se soutenir et porter cette responsabilité ensemble. Nous avons donc découvert la salle et développé nos pouvoirs spécifiques dus aux éléments.

-Vous avez des pouvoirs spéciaux ! s'exclamèrent Juliette et Chloé, avant de s'exclamer « Waw » devant le feu qui venait subitement de s'éteindre sans que personne n'ait bougé.

-C'est bon, Lily, rallume ! soupira Ambre en regardant son amie, fière d'impressionner ses enfants.

-C'est toi qui a fait ça, Maman ! réalisa Harry, mais c'est trop cool ! Est-ce qu'on peut faire ça, nous aussi ? Après tout, on a découvert la salle par nous même.

-Nous ne savons pas, Harry. Il va falloir que vous le découvriez par vous-même. Vous avez hérité des pouvoirs de l'élément de votre mère. Donc, pour toi, Harry, c'est le feu, et la magie des Quatre Éléments coule dans vos veines. Pour les pouvoirs caractéristiques, je suis presque sûre que vous allez réussir à les maîtriser quand vous aurez compris comment ils fonctionnent.

-Si vous voulez un conseil, familiarisez-vous avec votre élément. N'essayez pas de le contrôler mais juste de l'influencer ! ajouta Alice. Moi, par exemple, j'ai toujours vu l'Eau comme une sorte d'ami avec qui je vivrais au quotidien, avec qui je jouerais de temps en temps et que j'aiderais autant qu'il m'aiderait quand j'en ai besoin. »

 

Les enfants regardaient tous leurs mères avec admiration mais la phrase énigmatique d'Alice ne les avait pas vraiment aidé à comprendre comment faire pour utiliser leur élément.

 

« Et pour les autres pouvoirs, la magie des Quatre ? demanda Roxane.

-Pour ça, c'est compliqué, et aléatoire. Mais cette magie dépend principalement du lien entre les éléments, plus les éléments sont proches et se complètent, plus cette magie est puissante. C'est la magie la plus puissante que nous connaissons, mais elle a besoin d'unité pour se développer intégralement, expliqua Dora. »

 

Jane, qui avait tout écouté attentivement, semblait retenir chacune des énigmes de leurs mères pour essayer de les résoudre à tête reposée. Elle avait hâte de voir tout ce que l'Air pouvait lui apporter.

 

« En plus, compléta Ambre, tous ceux qui sont liés, d'amour ou d'amitié, aux éléments partagent aussi la Magie des Quatre Éléments.

-Tu veux dire que Papa aussi ? demanda Hugo.

-Ton père partage certaines facultés, pas toutes, mais une bonne partie de tout ce que je sais faire grâce à la Magie des Quatre Éléments, ton père peut le faire aussi !

-Mais qu'est-ce qu'il ne peut pas faire, exactement ? »

 

Tout le monde se tourna vers July qui parlait pour la première fois depuis l'arrivée de sa mère.

 

« Il ne peut pas faire tomber tous les vents subitement, décider dans quelle direction il souffle, le détourner ou le renforcer et pleins d'autres choses que tu découvriras par toi-même.

-Vous pouvez nous montrer un exemple de Magie des Quatre Éléments ? demanda Elsa. »

Les quatre femmes se regardèrent, haussèrent les épaules et disparurent subitement.

 

« Elles peuvent transplaner dans Poudlard ! s'extasièrent les jumelles, un peu trop rapidement.

-Pas exactement ! Répondit Lily en réapparaissant, subitement, suivie par ses trois amies. Nous pouvons devenir invisibles, mais nous ne pouvons pas parler, sinon, nous redevenons visibles.

-Oh ! C'est génial ! s'exclama Clara Londubat. »

 

Les enfants n'en revenaient pas. Ils allaient avoir besoin de temps pour digérer tout ça.

« -Une dernière chose avant que nous terminions. ajouta Dora. Vous devez savoir que tous nos pouvoirs, et particulièrement ceux issus de la Magie des Quatre Éléments, se sont considérablement développés, voire sont apparus, quand nous nous sommes rapprochées, d'abord toutes les quatre, puis de vos pères. Plus nous nous unissons, plus nous devenons forts ! »

 

Les enfants méditaient cette phrase. Ils comprenaient très bien ce que ça voulait dire. Et ça n'arrangeait pas forcément tout le monde, et notamment July qui ne se voyait pas trop s'unir à tous ceux qu'elle renie presque depuis cinq ans.

 

« Bon, maintenant, on va vous laisser ! Dit Lily en se relevant. Sauf si vous voulez voir vos pères qui sont actuellement enfermés dans le bureau d'Albus.

-Papa est là ? s'étonna Louis. Qu'il vienne ! »

 

Les quatre mères sourirent et, après quelques secondes, Ambre annonça :

 

« Ils descendent !

-Comment vous savez ça ? s'enquit Jane, ne pouvant contrôler sa curiosité.

-Tu le sauras bien assez tôt ! lui répondit Lily avec un sourire complice. »

 

Elles laissèrent ensuite leurs enfants déambuler dans les différentes salles. Les jumelles entrainèrent leur mère vers les commodes afin d'obtenir plus de renseignements sur les photographies qui y étaient exposées.

 

« La plupart de ces photos datent de notre septième année, annonça-t-elle, en tout cas, toutes celles où on voit votre père !

-Même celle-là ? demanda Juliette en sortant d'un tiroir un cliché où l'on voyait une jeune fille qui n'avait pas quatorze ans lire studieusement l'Histoire de Poudlard dans un fauteuil. Elle ne semblait pas remarquer qu'un garçon de son âge qui la regardait admiratif. Il semblait apaisé à la vue de cette rousse si calme.

-Tu lisais l'Histoire de Poudlard, Maman ! Mais c'est tellement ennuyeux ! lui reprocha Chloé.

-Et tu ne sembles pas vraiment en septième année, et Papa non plus ! Rajouta Juliette

-Ce n'est pas moi qui l'ai rangée ici. Je ne l'avais jamais vue, celle-là ! se justifia Lily, émue.

-Tu n'avais jamais vu quoi ? s'enquit une voix forte qui semblait se rapprocher d'elles. »

 

*Une simple photo où tu me regardes en troisième année ! pensa Lily, qui avait reconnu son mari sans même se retourner*

*Et tu me laissais te regarder ?! s'étonna-t-il*

 

« Une photo de toi qui admire Maman ! répondirent les jumelles en embrassant leur père. »

 

*Je lisais ! Je ne savais pas que tu me regardais ! rétorqua Lily en haussant les épaules.*

 

Chloé et Juliette ne réagirent pas, elles avaient l'habitude de ce genre de comportement de la part de leurs parents. Quand ils étaient tous les deux ou avec leurs amis, ils passaient d'une expression à une autre sans dire un mot.

 

*Ah ! Il n'y a toujours eu que les livres qui t'intéressaient plus que moi ! Ironisa James en se rapprochant de sa femme pour l'embrasser.*

 

Sirius Black, James Potter, Remus Lupin et Frank Londubat mouraient d'envie de savoir comment s'était passée la révélation pour leurs enfants mais leurs femmes les obligèrent à ne pas se montrer trop insistants. Ils passèrent donc le reste de la nuit avec leurs enfants, à attendre que ceux-ci leur posent des questions.

 

« Vous allez bien, les enfants ? demanda Sirius, en s'asseyant entre Hugo et Jane dans la cour.

-Ça fait beaucoup à digérer pour une soirée ! soupira Hugo. Mais ça va. »

 

Jane acquiesça pour confirmer les propos de son frère.

 

« Quand j'ai découvert cette salle. J'étais émerveillé ! leur apprit Sirius. Évidemment, je savais déjà pour les Éléments, mais je ne m'attendais pas à ça. J'aimais déjà votre mère avant, mais là, je l'ai trouvé tellement géniale que j'ai su que je ne me lasserai jamais d'elle. Et nous en avons vécu des bons moments ici…

-C'est bon, Papa. Tu n'es pas obligé d'aller plus loin. On a bien compris qu'il y avait une chambre ! l'interrompit Hugo.

-Oh ! Mais ne t'imagine pas n'importe quoi ! Ta mère et moi n'avons pas souvent dormi dans cette salle. En revanche, je n'en dirais pas autant pour James et…

-SIRIUS ! le coupa Lily. Tu parles de ta vie à tes enfants, si tu veux, bien que je doute qu'Ambre soit d'accord pour que tu évoques ce sujet-là avec eux, mais il est hors de question que tu leur parle de celle de n'importe qui d'autre, même celle de ton meilleur ami ! »

 

Jane, Hugo et les autres présents dans la cour rirent de bon cœur avant que Ambre ne débarque, étonnée, et faisant réaliser à tout le monde qu'il était temps pour les enfants d'aller profiter des trois dernières heures de sommeil qu'il leur restait.

Les parents embrassèrent donc les enfants qui le voulaient et les laissèrent se retirer dans leurs chambres. Ils savaient que chacun avait besoin de réfléchir seul à ce qu'ils venaient de découvrir.

Les nymphes, elles, profitèrent du retour des huit Maraudeureuses pour se rappeler du bon vieux temps et de leurs batailles amicales.

 

End Notes:

Alors? Qu'en pensez-vous?

Je reviens vite avec la suite et, en attendant, je vous souhaite un joyeux Noël!

Les pensées de July Black by Jane_25
Author's Notes:

Hello, me revoilà, 

Je suis un peu sous l'eau en ce moment, mais je continue d'écrire et j'ai quelques chapitres d'avance...

J'espère que vous vous faîtes à nos personnages! 

Bonne lecture.

Cela faisait déjà une semaine que les enfants des Maraudeureuses avaient découvert la Salle des Quatre Éléments. Ils avaient tous été soulagés d'apprendre qu'ils n'avaient plus besoin d'être réunis tous les treize pour y accéder. Cependant, Clara, Louis et Eliott n'y étaient plus jamais retournés. Ils avaient trop peur de croiser un des « grands » qui ne voulait pas les voir. Jane cherchait à mettre au point un moyen de savoir si July était dans la Salle ou s'y dirigeait afin d'être sûre de ne pas la croiser. Cependant, elle ne pouvait pas trop venir et attirer les soupçons de ses amies qu'elle laisserait seuls, comme ils s'étaient tous promis de ne pas dire ce qu'ils avaient découvert à n'importe lequel de leurs amis, qu'il soit Gryffondor ou Serpentard.


July soupira en repensant à cette décision. Le lendemain de leur découverte, ils s'étaient tous, à l'exception des trois plus jeunes, à nouveau réuni et avaient parlé de l'éventuelle révélation de leur secret. Très vite, ils étaient arrivés à la conclusion qu'il ne fallait pas révéler l'existence de cette salle. C'était Harry qui avait émis cette condition, préférant ne pas le dire à Ethan, Ron et Hermione que de partager un secret avec Malefoy ou Parkinson. Evidemment, July, qui tenait à ce que le moins de personnes soient au courant qu'elle partageait un secret avec les Gryffondor avait accepté et, à eux deux, ils n'avaient eu aucune difficultés à convaincre Roxane, Teddy, Neville et Elsa. Hugo n'avait pas beaucoup d'amis assez proches pour leur confier ça. Jane n'avait, évidemment, pas voulu donner son avis face à July et s'était contenté d'hocher la tête presque imperceptiblement. Seule Chloé et Juliette avaient essayé de protester, elles ne pourraient pas le cacher à leur meilleure amie. Ginny savait tout sur elles et elles savaient tout de Ginny, c'était une des conditions de cette complicité si extraordinaire. Cependant, July et Harry étant, pour une fois d'accord, on ne pouvait rien faire. Ils en imposaient déjà tellement chacun de leurs côtés, alors quand ils étaient d'accord, personne ne pouvait les contredire. Roxane fut presque soulagée qu'ils ne soient pas souvent sur la même longueur d'onde.

 

July soupira à nouveau, Roxane pouvait penser ce qu'elle veut. Elle était bien trop souvent sur la même longueur d'onde d'Harry. Ils avaient les mêmes réflexes de meneurs. Là où elle était suivie de Drago, il s'accompagnait de Ethan. Là où elle terrifiait tous les nouveaux élèves pour se faire respecter, il faisait tout pour se faire admirer et était, de ce fait, tout autant respecté. C'était pour cela qu'elle se sentait tant en rivalité avec lui. Elle ne supportait pas quand il avait raison et se sentait tellement fière quand il était forcé d'admettre qu'il avait tort. Certes, c'était arrivé uniquement deux fois depuis leurs naissances, mais, à chaque fois, July n'avait pas caché sa satisfaction d'avoir enfin le dernier mot. En même temps, elle se devait de reconnaître qu'elle était tout aussi têtue que lui, voire plus. Elle savait toujours comment obtenir ce qu'elle voulait, que ce soit par l'intimidation avec ceux qui étaient plus jeunes qu'elle ou par le respect profond de ceux qui pouvaient lui servir. Finalement, elle n'était que rarement elle-même sans soucis de se faire bien voir.

Evidemment, sa famille la connaissait telle qu'elle était vraiment mais July ne voulait pas rester avec eux trop longtemps, elle ne se sentait pas à sa place au milieu de ces gens qui semblaient ne pas voir chez elle ses réelles ambitions. Peut-être qu'ils voient cette ambition mais ne comprennent pas ce que cela signifie réellement ! Pensa alors July.
En effet, il était de notoriété publique que July Black était très fière et, à la différence de ses parents, de leurs amis et de leur entourage en général, très ambitieuse. Elle était prête à tout pour monter les échelons de la société afin d'être connue et reconnue personnellement de tous. Ne plus être la fille de Sirius et Ambre Black était son objectif premier. Elle rêvait même qu'un jour, on parle de ses frères et sœurs, de ses amis comme étant des proches de July Black, et non plus des enfants ou filleuls de Sirius et Ambre Black. Elle savait bien qu'aucun journal ne titrerait « les parents de July Black, Ambre et Sirius Black,… » Mais elle espérait bien avoir autant de mérite qu'eux et faire les unes des journaux.

« Euh ! Tu rêves ou tu entres ? »

July se tourna vers son meilleur ami et lui lança un regard noir. Drago Malefoy lui sourit mais ne dit rien. Il connaissait très bien July et savait que les seuls rêves qu'elle s'autorisait à avoir était des rêves de grandeur. C'était d'ailleurs ce point commun qui avait été à l'origine de ce rapprochement et July considérais désormais Drago comme son meilleur ami. Certes elle ne l'appréciait pas seulement pour son caractère tout aussi ambitieux que le sien mais c'était ce caractère qui permettait à Drago de la soutenir quand sa famille la sermonnait et lui reprochait d'être orgueilleuse et de vouloir écraser ceux qui lui semblaient plus faibles. Dans ces moments, qui, bien qu'elle l'ait toujours nié, restaient difficiles pour elle, les lettres de Drago l'avaient réconfortée et l'avaient soutenue dans ses choix et dans son opposition à ses parents et sa sœur. Parmi ces soutiens les plus forts, elle pouvait aussi compter sur Pansy Parkinson. Depuis que cette dernière s'était laissée aller à lui raconter ses difficultés avec sa mère. Pansy n'avait plus hésité à se confier à celle qui devenait alors une réelle amie. En y repensant, July se disait que si elles s'étaient rapprochées, ce devait sûrement être parce que, inconsciemment, chacune voyait en l'autre une amie pas forcément attendue par leur famille. July savait que Pansy ne la sermonnerait pas et ne lui ferait pas la morale comme tous ses amis proches de sa famille et Pansy, de son côté, avais conscience que July ne lui reprocherait jamais de mal se tenir ou de ne pas retenir ses émotions, comme on avait l'habitude de le faire chez elle.

Depuis son arrivée à Poudlard, July avait beaucoup changé. Elle était aujourd'hui fréquemment invitée en vacances chez Drago ou Pansy et les hauts membres de la société des Sang Purs la comptaient désormais dans toutes les cérémonies officielles. Mais, son amitié avec les deux Serpentards allait bien plus loin. Elle se sentait tellement bien avec eux ; elle avait l'impression que, quand ils étaient tous les trois, rien ne leur était impossible. Elle était prête à tout pour eux et c'est pour cela qu'elle suivait, une fois de plus, Drago dans une salle de classe désaffectée pour étudier avec lui toutes les hypothèses au sujet du secret de sa naissance.

Ils avaient à peine refermé la porte derrière eux qu'un groupe de Gryffondor passa devant la classe. Ethan Brooks soupira en comprenant que les deux blonds avaient été assez discrets pour que Harry et Ron ne les remarquent pas.

En y réfléchissant davantage, Ethan se dit que tout cela était assez étrange. D'abord, depuis le début de la semaine, Harry et July ne s'étaient pas affrontés une seule fois et la jeune fille avait même intercédé en sa faveur un soir où Drago et Pansy avaient besoin de se défouler. Certes, elle ne leur avait que suggéré de s'en prendre à quelqu'un d'autre mais cela représentait quand même un exploit pour July Black qui ne refusait jamais de persécuter un pauvre Gryffondor égaré, surtout quand il s'agissait d'Harry Potter.

Ethan soupira. De toutes façons, les problèmes de July Black étaient le dernier de ses soucis. Il avait bien mieux à faire avec ses amis.
Il arrivèrent tous les trois devant le tableau de la grosse dame et prononcèrent le mot de passe après avoir été forcés d'écouter, encore, un de ses exploits vocaux.

 

« Je n'en peux plus ! Elle chante tout le temps, et, avec le temps, elle ne veut toujours pas comprendre qu'elle chante faux ! s'énerva Ethan en s'asseyant sur un des canapés vides de la Salle Commune.
-Il faut la comprendre ! l'excusa Jane. Ce n'est pas très marrant d'ouvrir la porte à des adolescents qui ne prennent même pas le temps de lui dire bonjour ! »

Ethan baissa la tête en se demandant quand il avait salué la Grosse Dame pour la dernière fois. Il ne chercha pas trop longtemps, trop honteux de faire partie de ces jeunes élèves irrespectueux. Il se souvint alors des jours où il était rentré avec les filles et de Jane et Hermione qui prenaient toujours le temps de la remercier pour l'ouverture de la porte. Il n'y avait jamais prêté attention mais il savait que, même avec toute sa bonne volonté, il ne serait jamais assez patient pour prendre le temps de demander des nouvelles à la folle qui chante dans son tableau depuis la fondation de l'école.

« A Salem, on n'avait pas de maison mais les dortoirs étaient gardés par des elfes, expliqua Lucas. Ils savaient exactement quels élèves dormaient dans quels dortoir et c'était presque impossible de les berner.
-Vous n'aviez pas de maisons ? s'exclama Ron pour qui l'absence de maison était inconcevable, lui qui avait été élevé dans la vénération de Gryffondor et presque perdu sa seule sœur depuis sa répartition.
-Tu sais, les maisons sont spécifiques à Poudlard, lui apprit Hermione.
-Ah ! Bon, s'étonna Ethan. Je n'arrive pas à imaginer ce que peut être une école sans maison.
-En même temps, d'après ce que je vois, vos vies sont totalement régentées par les maisons.
-Ça c'est sûr ! Soupira Jane. »

Tous ses amis se turent et la regardèrent. Ils savaient que de tous les enfants des Maraudeureuses, c'était Jane qui avait le plus souffert de la séparation des Maisons. Elle ne parlait plus à sa sœur qui n'avait de cesse de la rejeter.

« Les amitiés étaient, sans doutes, moins durables et les duos de meilleurs amis ne restaient pas plus de deux ou trois ans ensembles, expliqua Lucas pour changer de sujet. Nous avons été très surpris de voir que vous vous étiez tous amis depuis la première année. En fait, à Salem, tout le monde est ami avec tout le monde mais les amitiés profondes, sincères et durables sont relativement éphémères.
-En effet, ça change de Poudlard ! Souligna Harry. Quand je pense que mon père est tombé amoureux de ma mère en deuxième année, et que ses meilleurs amis, aujourd'hui, ont tous été avec lui à Poudlard. Il a rencontré mon parrain en première année et ont toujours été inséparable depuis leur rencontre. »

Jane et Hugo sourirent, il connaissait bien cet histoire que leurs parents avaient tant raconté pour insister sur les amitiés et les rencontres inoubliables que l'ont fait à Poudlard. Neuville, qui n'avait cessé d'acquiescer à chaque propos d'Harry, prit enfin la parole :

« Et tout ça, c'est uniquement grâce à Gryffondor ! Si mes parents n'avaient pas été dans la même maison, ils n'auraient jamais été assez proches pour oser s'avouer leurs sentiments et leurs amis ne se seraient jamais rapprochés, puisque c'est grâce à eux que Lily a pu voir James autrement et que Sirius et Ambre ont arrêté leurs rivalités.
-Si tu savais ! Soupira Hugo, gardant néanmoins le sourire. Ils n'ont jamais réellement arrêté leurs rivalités. Ils se lancent perpétuellement des défis pour n'importe quoi.
-Vous réalisez que vous parlez de vos parents ! s'étonna Ethan. Je ne sais absolument rien de mes parents et je ne veux pas savoir comment et pourquoi ils se sont mis ensembles.
-Je pense que nos parents étaient tellement heureux à Poudlard qu'ils voulaient juste partager leur bonheur avec nous… Supposa Harry en haussant les épaules. »

Ethan, Ron et Clarisse continuèrent de poser des questions sur les années Poudlard des Maraudeureuses aux intéressés. L'ambiance était détendue et les élèves heureux de partager avec leurs amis les anecdotes de leurs parents. Rapidement, Fred et Georges Weasley se joignirent à la conversation pour en apprendre plus sur ceux qui les avaient précédés quand il s'agissait de farces à Poudlard.
Lucas observait tout cela d'un œil bienveillant. Il sentait chez ces enfants un amour inconditionnel pour leurs parents et une fierté d'appartenir à cette famille. Il voyait Jane sourire, et ce n'arrivait pas si souvent. Il se surprit à imaginer que cette conversation pourrait inclure July et les autres Serpentards. Après tout, ils avaient leurs places dans ces souvenirs et portaient également cet héritage si riche.

End Notes:

Un chapitre bien court et bien calme, centré sur certains personnages, la suite arrive bientôt!

Le bal d'Halloween by Jane_25
Author's Notes:

Hello, 

 

Je suis de retour! Je suis vraiment désolée de publier si tard.

C'est un peu compliqué en ce moment, mais je ne vous oublie pas. Je suis un peu en manque de motivation pour écrire mais j'aime trop mes personnages pour ne pas les faire évoluer et aller là où ils doivent aller...

Merci à tous de me lire, et, pour ceux qui ne l'ont pas déjà fait, n'hésitez pas à me faire un petit retour sur cette histoire... Elle est vraiment différente de ce qu'on peut avoir donc je suis curieuse.

Voilà voilà, je vous laisse à ces nouveaux chapitres (oui, pour me faire pardonner mon retard, je vous envoie un deuxième chapitre tout de suite!)

Bonne lecture, 

Jane

Le Bal.
Il avait beau il y avoir entre trois et quatre bals par an à Poudlard, chacun était un événement exceptionnels et les élèves en parlaient pendant des semaines avant la fameuse soirée. Les rêves des filles sur un cavalier, les espoirs des garçons sur une cavalière ou les déceptions lorsque l'objet de ses espérances était accaparé par un ou une autre faisaient des sujets passionnants, quelque soit l'âge des intéressés et des commères. Ainsi, tous ceux qui avaient un tant soit peu étudié la question savait que Drago Malefoy serait accompagné de celle qui l'accompagnait depuis plus d'un an : son amie, Pansy Parkinson, que July Black avait forcé son ami Teddy à daigner, cette année, y aller, pour l'accompagner, elle-même ayant renvoyé un assommant Serpentard de sixième année. Ces couples ne surprenaient absolument personne et les amateurs de ragots étaient même déçus de ne rien avoir de croustillant à raconter à leurs complices. Quant aux Gryffondor, il n'y avait rien de bien impressionnant non plus. Harry Potter, qui avait tant fait attendre la gente féminine de Poudlard pour révéler son choix, s'était finalement tourné vers son amie Hermione Granger. Certains racontaient qu'il avait eu pitié d'elle, d'autre que la miss-je-sais-tout cachait bien son jeu mais qu'elle visait Harry depuis sa première année et se rapprochait discrètement de lui dans ce but. Seuls ceux qui avaient le privilège de fréquenter les intéressés savaient que les deux amis avaient décidé, d'un commun accord, d'être partenaire d'une soirée lorsque leur meilleur ami Ron Weasley avait annoncé fièrement qu'il était le premier à avoir une cavalière, une fois n'est pas coutume. Au moment où il avait fini d'annoncer la nouvelle, Lavande Brown était rentrée en criant dans la salle commune avant d'aller retrouver sa meilleure amie Parvati pour lui annoncer que Ron Weasley l'avait invité à aller au bal avec lui. Malheureusement pour Ron, sa fierté en avait pris un coup quand Hugo et Elsa s'étaient regardés en explosant de rire avant de révéler qu'ils avaient décidé de se rendre ensemble à ce bal plutôt que d'être « oublié ou négligé en tant que quatrième année ! ». Neville avait été soulagé de cette nouvelle. Il considérait Hugo comme un frère et voyait d'un très bon œil que ce dernier puisse veiller sur sa sœur pendant une soirée. Il avait, au bout de deux semaines d'hésitation, enfin osé demander à Luna Lovegood, une petite Serdaigle de quatrième année que tout le monde considérait comme folle mais qui avait toujours été à l'écoute de Neville. Lucas Wiliams s'était rapidement adapté à cette tradition anglaise. En plus d'un physique avantageux, il bénéficiait d'une admiration naissante de la part de nombreuses filles. Il apportait de la nouveauté et avait l'honneur d'être devenu l'ami d'Harry Potter en quelques jours. Par ailleurs, il avait perpétuellement un air mystérieux mais assuré qui le rendait charismatique.
Cependant, pour choisir sa cavalière, il n'avait pas prêté attention à toutes ses admiratrises. En effet, Lucas s'était donné un objectif depuis son arrivée à Poudlard : percer à jour les dessous de la relation qui liait les quatre enfants Black. Il avait de très bons rapports avec Hugo et appréciait réellement Jane, qu'il découvrait calme et très intelligente, en plus de la fascinante beauté des jumelles Black qui l'obsédaient toujours autant. C'était donc comme une évidence pour lui d'inviter Jane, non seulement pour l'aider à faire face à ses vieux démons, mais aussi parce qu'il ne serait pas peu fier de se présenter avec une fille comme elle et qu'ils pourraient tous les deux passer une agréable soirée. Jane avait été ravie de cette invitation puisqu'elle aimait aussi discuter avec lui et elle avait hâte d'en savoir un peu plus sur son histoire qui semblait si intéressante. Elle qui avait grandi avec des amis qu'elle avait toujours aujourd'hui et qui n'avait vu guerre plus que Poudlard et les maisons de ses parents depuis cinq ans se réjouissait d'assouvir sa curiosité sur un autre mode de vie.
Jane soupira en pensant à ces raisons. Elle se trouvait définitivement trop curieuse et s'en voulait de ne considérer Lucas que comme un sujet de conversation.

« -Jane arrête de rêver et mets ta robe ! S'exclama Clarisse en sortant de la douche.
-Oui, Clarisse. Je me prépare, je me prépare… Mais on a encore une demi-heure.
-Une demi-heure ? S'étonna Hermione, mais il faudrait peut-être que je prenne ma douche moi !
-Quoi ?! S'étrangla Clarisse. Pourquoi n'es-tu toujours pas douchée ? Tu veux qu'Harry attende jusqu'à minuit ?
-Non, mais tu as monopolisé la salle de bain pendant une heure. Je n'allais pas entrer ? »

Cette fois, Clarisse n'eut rien à dire et se dirigea vers son armoire pour y prendre sa robe. Elle en sortit les tenues de ses deux meilleures amies, espérant que ça serait une motivation pour les faire accélérer leurs préparatifs, revêtit la sienne et s'assit devant le miroir pour se coiffer. Clarisse avait toujours trouvé ses cheveux trop courts pour pouvoir en faire des coupes aussi impressionnantes qu'elle le souhaiterait. En même temps, elle ne supportait pas de passer trop de temps à se coiffer chaque matin et n'arrivait définitivement pas à maîtriser le sort qui permettait à Hermione, Jane et, sans doute, un grand nombre d'autres filles, d'entretenir une longue chevelure. Elle était fière de son carré simple et naturel, mais, dans des soirs comme ceux des bals, elle aurait aimé pouvoir se distinguer un peu plus. Ce soir, elle allait au bal aux bras d'Ethan. Elle n'espérait rien de lui et espérait vraiment que l'inverse était vrai parce qu'elle n'avait absolument pas envie de le voir comme autre chose qu'un ami. Ils s'entendaient bien, ils s'étaient toujours bien entendu. Quand Harry et Ron s'étaient rapprochés d'Hermione, Jane avait pris l'habitude de discuter avec Neville, les laissant tous les deux faire connaissance et devenir les amis qu'ils étaient aujourd'hui.
Clarisse soupira. Elle devait arrêter de penser à ça. Ethan était gentil, mais s'il lui avait demandé de l'accompagner au bal, c'était uniquement parce qu'il avait trop d'amour propre pour demander à une des admiratrices de Harry qui aurait profité de lui pour approcher leur idole, ou pour inviter une fille qui n'est pas de Gryffondor. Clarisse n'avait pas été vexée par ce choix. Ils pourraient discuter tous les deux et passer une bonne soirée. Tant qu'Ethan ne l'empêchait pas d'observer Lucas et Jane, elle le laisserait se vanter et lui raconter en quoi les Gryffondors sont les meilleurs.
Clarisse laissa échapper un rire. Elle devait arrêter de critiquer Ethan -il n'était pas si insupportable- et de ne penser qu'à Jane et Lucas. En même temps, elle ne voyait toujours pas pourquoi Lucas avait si rapidement invité Jane. Il devait forcément avoir une idée derrière la tête…
Tant que ça ne fait pas de mal à Jane, il peut faire ce qu'il veut ! Pensa-t-elle. Clarisse avait rencontré Jane et Hermione en première année et s'était tout de suite rapprochée des deux filles. Elle avait su voir bien plus en elles que la simple image d'élèves studieuses qu'elles renvoyaient et avait compris qu'Hermione se construisait juste une carapace de savoir contre la peur du monde sorcier qui lui était alors inconnu et que Jane, qui avait la chance d'avoir une des personnalité les plus sensibles qui existaient, était face à des souffrances intérieures que personne, même son frère, ne pouvait partager. Malgré leurs difficultés à s'intégrer à Poudlard, les deux filles l'avaient accueillie et aidé du mieux qu'elle pouvait et Clarisse ne pourrait jamais assez les en remercier.
A leur trio très exclusif, s'était rajoutée Elsa Londubat, quand elle était rentrée à Poudlard et s'était rangée derrière les garçons et leur « gryffondorisme ». Elsa avait permis à Clarisse de laisser ses deux amies parler de sujets incompréhensibles pour tous ceux qui ne lisaient pas autant qu'elles, et les deux filles s'étaient trouvées de nombreux points commun, à commencer par un sens de l'humour très similaires, qui leur permettait de rire des garçons qui se montraient souvent très orgueilleux.
Clarisse soupira à nouveau : elle était heureuse d'être de retour à Poudlard. Jane, Hermione et Elsa lui avaient tant manqué, même les garçons avaient semblé heureux de la revoir et la comptaient parmi leurs amies. Lucas Wiliams était vraiment gentil et s'était parfaitement intégré au sein de leur groupe. Clarisse sentait qu'ils étaient en train de se rapprocher les uns des autres, de devenir de vrais amis, presque comme ce qui était arrivé aux parents de Harry, Jane, Neville et Elsa.

« -Bon ! C'est bon ! Je suis prête ! S'exclama Jane, tirant ainsi Clarisse de ses pensées.
-Non, tu n'es pas prête ! Il faut d'abord que je te maquille ! »

Jane soupira mais alla, néanmoins, s'asseoir sur la chaise que lui indiquait son amie, tandis que Hermione sortait de la salle de bain, en rêvassant :

« -Vous vous rendez compte que toute les filles de Poudlard sont en train de se préparer.
-Pour une fois qu'on est toutes pareil ! Rajouta Jane.
-Pensez surtout à tous les garçons qui les attendent et qui commencent à s'impatienter ! »

Et Clarisse ne réalisait pas à quel point elle avait raison puisqu'elle ne pouvait pas voir les salles communes des différentes maisons qui grouillaient d'élèves, de garçons impatients qui voyaient partir leurs amis qui avaient eu la chance d'inviter des cavalières plus ponctuelles. Seule la salle commune des Serpentards semblait échapper à cette règle puisque les chambres étaient réparties par années et les garçons n'avaient donc pas à attendre au milieu du chahut mais calmement sur les canapés qui étaient installés entre la chambre des filles et la leur. Ainsi, Drago, Blaise, Théodore et Teddy attendaient leurs cavalières avec Crabbe et Goyle qui, eux, n'attendaient que Drago. Ils discutaient calmement de leur début d'année que Théo trouvait bien calme.

« -Ne t'inquiète pas Théo ! L'agitation ne va pas tarder à arriver. Il y a le premier match de l'année dans deux semaines. Lui rappela Drago
-Ah ! Oui ! Renchérit Blaise. Et cette année, je sens qu'on peut prendre notre revanche sur les Gryffondors. On a une très bonne équipe, jeune et forte.
-C'est dommage que ta sœur n'ait pas été acceptée ! Se permit de dire Théo à Teddy.
-Oh ! Tu sais ! Roxane n'est pas aussi mordue de quidditch que Blaise, Drago ou July, elle n'était dans l'équipe, l'année dernière, uniquement parce qu'il manquait un membre, mais Juliette, Ginny et Chloé sont vraiment douées. Elles méritent leurs places et leur complicité devrait leur permettre d'être très coordonnées.
-Je suis d'accord, reprit Blaise, quand on a fait les sélections, Roxane n'avait pas l'air très motivé, et les trois rousses ont ébloui tout le monde. Elles sont un atout non négligeable.
-Et July est une excellente batteuse ! Crabbe ne vise pas très bien mais il est bourrin, il trouvera bien une cible à un moment. »

Teddy était toujours surpris du mépris de Drago pour ses deux acolytes et l'absence de tact dont il faisait preuve quand il parlait d'eux devant eux.

« -Les Gryffondors ne sont pas prêts à faire un match maintenant. D'abord, Potter est jeune capitaine, il doit avoir pris la grosse tête. Ensuite, Weasley est un bon gardien mais il perd trop rapidement confiance en lui et il ne pourra rien faire contre sa sœur ! Analysa Drago.
-Weasley et Potter vont être perdus en jouant face à leurs sœurs à qui ils ont tout appris et qui vont être à l'origine de leur défaite. Rajouta Blaise. Les jumeaux Weasley sont bons mais j'ai entendu qu'ils se sont blessés lors de leurs expériences. Il faudra faire attention aux deux Black qui sont doués, mais la troisième poursuiveuse, Bell, n'a rien à faire dans l'équipe, elle n'arrive pas à détourner ses yeux de Potter…
-Ah ! Les garçons, toujours à parler quidditch ! Furent-ils interrompus par Roxane qui descendait, avec Tracey Davis, retrouver son cavalier dans le Hall. »

Roxane portait une robe légère et fluide qui accompagnait délicatement le moindre de ses mouvements, ses cheveux tombaient en cascade sur ses épaules et ses yeux marrons semblait briller encore plus qu'à l'accoutumée, grâce à un maquillage subtil -sûrement l'œuvre de Pansy.
Teddy la couvrait d'un regard fraternel tandis que les autres l'observaient étonnés. Roxane avait vraiment fait un effort et ça lui allait très bien.

« -Tu m'impressionnes sœurette ! Lui dit-il. Tu es resplendissante. »

Les trois autres garçons acquiescèrent en souriant, comme pour confirmer les dires de leur ami. Roxane rougit un peu avant de se reprendre :

« -Je descends, Anthony doit m'attendre. Les autres ne vont pas tarder à arriver… Tu viens Tracey ? »

Tracey suivit Roxane à travers l'escalier en adressant un dernier signe de la main aux garçons à qui elle n'osait pas adresser directement la parole.
Les quatre autres filles sortirent à leur tour de leur chambre et rejoignirent leurs cavaliers.

Ils descendirent vers la grande salle pour dîner tous ensemble avant de profiter de la soirée.

oO0°0Oo

Lucas profitait de son dîner de bal avec sa cavalière. Quand il avait vu Jane descendre dans cette robe longue bleue qui la grandissait et lui donnait un air majestueux, Lucas avait reconnu la chance qu'il avait d'avoir à son bras une si jolie fille. Il n'était pas peu fier d'être jalousé par de nombreux garçons qu'ils avaient croisés en allant dans la Grande Salle. Ils s'étaient assis à la table d'Harry et d'Ethan, heureux de rester entre Gryffondor. Jane ne s'était pas posé de question en allant les rejoindre. Elle savait que ses amis l'accueilleraient et craignaient trop de se faire refouler par d'autres élèves si elle tentait une autre table. Jane manquait définitivement d'assurance et simplement de confiance en elle. Elle doutait sur tout et n'importe quoi. Lucas était d'ailleurs persuadé que si elle avait aussi belle prestance ce soir, c'était uniquement parce que ses parents avaient veillé à ce qu'elle reçoive un éducation exemplaire pour ce qui est de la présentation en société, et non pas parce qu'elle se sentait fière. C'était d'ailleurs ce qui la différenciait de July qui, ce soir arborait dignement une robe fluide et noble qui par son noir intense, faisait ressortir magnifiquement ses cheveux blonds. July était fière et se rendait imposante alors que Jane semblait vouloir disparaître à chaque instant, ce qui n'était malheureusement pour elle pas possible quand on avait de si beaux cheveux que tout le monde remarquait au premier coup d'œil.

« -Tout le monde s'est surpassé ce soir ! S'extasia Clarisse en regardant la salle.
-Regarde Eleonora, elle qui refuse même de mettre la jupe d'uniforme. Elle a carrément mis une robe. Renchérit Ethan.
-Elle est même un peu osée cette robe, non ? Constata Hermione. »

Jane sourit et acquiesça presqu'imperceptiblement. Elle n'aurait jamais pu mettre une robe aussi décolletée, même en septième année.
Le repas se finit sur un magnifique dessert qui ferait envier n'importe qui et devant lequel Lucas ne cessa de s'extasier parce que les repas de Salem étaient bien plus sommaires et les tables disparurent, forçant les élèves à avancer sur la piste de danse. Les premières musiques furent plus des musiques d'ambiance, permettant à chaque élève de se lâcher un peu, avant de faire passer les musiques de danse en couple alors que les premiers élèves se rasseyaient déjà. Drago et Pansy forcèrent un espace autour d'eux pour impressionner par leur expérience. Ils dansaient bien, respectant tous les codes d'une soirée sorcière comme le leur avait appris leurs parents, et se savaient regardés par les autres qui quittaient peu à peu la piste pour leur laisser la place. A leur côté, July et Teddy s'autorisaient à rire en dansant comme lorsqu'ils apprenaient tout juste à marcher. Ils profitaient d'un moment de complicité entre deux amis de toujours qui grandissaient sans jamais abîmer les liens qui les rapprochaient.
En fait, Teddy et July étaient amis depuis leur naissance, du temps où ils formaient avec Jane, Harry, Roxane et Neville les plus âgés de leur grande famille, puisqu'ils se considéraient tous comme des frères et sœurs plus que comme des amis. Evidemment, leurs caractères différaient sur de nombreux points et Teddy ne cautionnait pas l'intimidation naturelle que July accentuait chaque jour un peu plus, mais il ne pouvait s'empêcher d'éprouver pour la blonde une affection digne des amis les plus fidèles. Depuis qu'ils étaient nés, les enfants des Maraudeureuses avaient la capacité de se comprendre d'un simple regard. Une forme d'intuition incompréhensible qui leur permettait de partager une émotion, une idée, un bon souvenir. C'était d'ailleurs ainsi que July ou Harry parvenaient à se blesser si facilement, en sachant où appuyer pour que l'autre réagisse, mais aussi que Jane percevait chez July une once de regret à chaque fois qu'elle l'attaquait, ou que Hugo remarquait que sa sœur avait la capacité d'être encore plus blessante mais qu'elle ne pouvait pas se résoudre à détruire définitivement Jane, ou que Teddy percevait toujours avant les autres quand les jumelles et Ginny préparaient un mauvais coup, ou que Roxane n'avait pas besoin de passer beaucoup de temps avec Jane ou Neville pour savoir qu'ils restaient amis malgré la séparation…

Une complicité incroyable par laquelle Teddy et July communiquaient entre deux pas de danse pour s'assurer une parfaite coordination.
Les élèves qui les observaient étaient assez surpris de l'agilité de Teddy, qu'ils pensaient tous solidaire et silencieux :

« -Ton image de premier de la classe va être détruite à cause de moi ! Rigola July.
-Ce n'est pas très important ! Il y en a tellement qui aimeraient la prendre.
-Surtout Granger, Miss-je-sais-tout est insupportable. »

Teddy lui adressa un regard réprobateur ; July n'était définitivement pas capable de se contenir quant à son dégout des Gryffondors. D'ailleurs, dans l'immédiat, Hermione Granger pensait à tout sauf à ses résultats. Elle avait été très surprise par l'agilité d'Harry à se déplacer sur la piste de dance et à l'entraîner en rythme mais avait finalement laissé la place à Clarisse pour soulager le pauvre Ethan qui n'avait jamais réellement appris à danser. Les deux amis étaient allés se servir à boire et regardaient les autres danser. La petite Clarisse volait littéralement, menée par un Harry des grands jours qui prenait soin d'appliquer les conseils de son père. Il avait toujours admiré ses parents quand ils dansaient tous les deux et s'était promis qu'il serait un jour capable de faire danser sa mère comme son père, capable de la rendre aussi fière. En attendant de progresser encore un peu, il profitait de cette soirée où il se savait regardé. Il avait un peu dansé avec Hermione, en espérant que ça l'aide à se laisser aller et avait été assez étonné de voir avec quelle facilité sa cavalière si peu expérimentée s'était laissée aller à l'exercice. Cependant, il ressentait chez Clarisse une réelle passion pour la danse et appréciait cette complicité qu'il développait tous les deux. Elle le suivait à merveille et leurs admirateurs se faisaient de plus en plus nombreux alors que les filles qui pensaient faire mieux que Clarisse se dégonflaient, au plus grand bonheur d'Harry qui n'avait pas trop envie de danser avec tout Poudlard.
Il jeta un regard derrière lui et vit que Jane semblait assez à l'aise dans les bras de Lucas. Il faudrait d'ailleurs qu'il le surveille, parce qu'il n'avait pas intérêt à se rapprocher trop de sa petite Jane sur qui il veillait depuis toujours.
Il se désintéressa vite de ses amis, savourant pleinement le moment présent. Il aimait vraiment danser.
Jane fut soulagée de voir que le regard de son ami n'était que furtif. Elle appréciait cette danse et voulait attendre un peu avant de le retrouver.

« -Tu ne m'avais pas dit que tu dansais si bien ! La félicita Lucas.
-C'est parce que je suis bien emmenée ! Retourna-t-elle le compliment. »

Etonnement, Lucas ne perçut aucun sous-entendu, ou aucun indice qui aurait pu lui faire douter des intentions de sa cavalière. Il en fut extrêmement heureux. Il n'était pas prêt à prendre la responsabilité du malheur de Jane sur ses épaules et voulait se contenter d'être l'ami compréhensif.

« -Je ne pensais pas que ce bal serait aussi agréable ! Avoua-t-il. Je n'ai jamais été très amateur de ce genre d'évènements où tout le monde se montre.
-À qui le dis-tu ! Souligna-t-elle. Mais c'est vrai que cette année, c'est plus détendu.
-Ce ne l'était pas avant ?
-Euh… L'année dernière, Drago et July ont accaparé, avec leurs cavaliers, la piste de danse, juste pour intimider.
-Comme d'habitude, non ? »

Jane ne répondit rien et se contenta d'hausser les épaules avant de tourner sous les commandes de son cavalier.

« -Désolé, je ne voulais pas dire ça… S'excusa Lucas. C'est juste que, ce soir, ils ont l'air de s'amuser, et sans déranger les autres. »

Jane regarda sa sœur, la vit danser aux bras de Drago. Ils étaient impressionnants de majesté par leurs gestes parfaitement placés et leurs têtes hautes. On aurait dit un vrai couple ambitieux qui avait prévu de monter sur les plus hautes marches du pouvoir. Jane sut que sa sœur était, en effet, heureuse et fière d'être ainsi reconnue de tous et de Drago, et, à la manière dont elle le regardait, de le compter parmi ses amis.

« -Elle est impressionnante July, n'est-ce pas ? Affirma Jane en voyant le regard que Lucas lançait sur le couple qui attirait toute l'attention sur eux.
-Oui… Soupira-t-il avant de réaliser ce qu'il disait. Presque trop d'ailleurs, mais c'est vrai que l'assurance lui va bien, tu devrais essayer ! »

Il avait dit ça en lui jetant un clin d'œil alors que la chanson se terminait. Jane haussa les épaules. Elle ne pouvait qu'admirer sa sœur, son bourreau. July savait tout d'elle et savait la blesser mieux que personne. Pourtant, Jane n'était pas énervée, simplement triste de la voir s'éloigner et de la voir, elle aussi, si mal à l'aise de cette situation. Si July s'éloignait de sa famille, c'était bien malgré elle et Jane savait bien que ça rendait sa sœur triste également.
Pourtant, elle souriait dans les bras de Drago. Il semblait également plus détendu en la dirigeant. Il souriait comme on avait rarement l'occasion de le voir sourire. Ses yeux s'illuminaient et il se permettait même de rire un peu. Jane se surprit à apprécier cette vision. Sa sœur et son meilleur ami étaient visiblement heureux et, malgré tout ce qu'il y avait entre eux, ça la rendait heureuse. Lucas ne perçut pas ce sentiment. Il avait peur d'être allé un peu loin avec sa dernière réflexion.

« -Je sais que ce n'est pas facile, tout ça ! Expliqua-t-il rapidement. Mais tu dois quand même te dire que tu as le droit d'être aussi heureuse qu'elle, tu ne dois pas t'interdire de vivre pour que ta sœur mène la vie qu'elle souhaite. Tu mérites mieux. »

Sur ces paroles, il embrassa son front, comme un grand frère protecteur, alors que le regard de Jane le remerciait de son soutien et de la compréhension dont il faisait preuve. Harry arriva alors et lui proposa une danse, comme ils en avaient l'habitude. Jane accepta, le sourire aux lèvres. Elle aimait beaucoup danser avec Harry. Ils s'avancèrent sur la piste de danse au moment où le rythme devenait plus soutenu. Rien ne les dérangea cependant, ils accélérèrent le pas, virevoltant à une vitesse impressionnante, et riant des quelques faux pas qu'ils pouvaient faire, comme des portés impressionnants qu'ils pouvaient faire maintenant qu'Harry avait grandi.
Jane regarda son ami. Il inviterait sûrement sa mère à danser avant la fin de sa scolarité…

 

End Notes:

Alors? Qu'en pensez-vous? Les amitiés se font et insistent... Les relations qu'elles soient amicale, fraternelles ou plus ne vont pas tarder à évoluer! Promis

Quand le quidditch dégénère by Jane_25
Author's Notes:

Alors, comme annoncé, voici le chapitre 11, directement après le chapitre 10!

« Et c'est Potter qui récupère le souaffle, pour le passer à sa sœur Potter, puis Weasley, qui évite un cognard envoyé par Weasley, elle fait maintenant face à Weasley et tire et marque… Oh, Ron s'est fait leurrer par sa sœur. Serait-ce une technique des Serpentards pour déstabiliser le gardien ? »

Les élèves riaient plus qu'ils observaient le match de quidditch. L'opposition Gryffondor-Serpentard était toujours source de tension entre les joueurs mais de beaucoup d'amusement pour ceux qui prenaient l'évènement avec un peu de distance et cette année, c'était le summum. En effet, sur quatorze joueurs, on retrouvait quand même quatre Weasley, trois Potter et trois Black répartis dans les deux équipes. Les commentaires n'avaient plus aucun sens. Mais ce n'était pas important pour les quatorze joueurs. L'enjeu du match était bien trop important pour prêter attention aux alentours.
Tout ce qui comptait aux yeux de Harry Potter, c'était de trouver ce vif d'or avant Malefoy. Il savait très bien que celui des deux qui l'attraperaient aurait la possibilité de railler l'autre pendant tout une année.
Il voyait ses amis se donner sur le terrain, mais le score était à l'avantage des Serpentards. Ses sœurs faisaient un malheur. Ce n'était pas facile de voir les trois rousses les plus populaires de Poudlard user de leur complicité et des cours de quidditch dispensés par James Potter contre l'équipe de Gryffondor.

« -Bon, Ron, tu te réveilles ! Ce n'est pas parce que c'est ta sœur que tu dois tout lui laisser passer ! S'énerva Ethan qui passait justement près de lui. »

Harry lui lança un regard réprobateur. Ce n'était pas le moment de provoquer Ron. Ils savaient très bien tous les deux que Ron se décourageait beaucoup trop vite et perdait ses moyens quand il n'était pas en confiance.

« -Tu as vu, Brooks s'énerve encore plus que Potter. C'est bon pour nous ! S'exclama July
-Il ne savent pas garder leur calme, on va gagner, je le sens bien. Renchérit Drago. »

Ils avaient raison. Un rapide tour d'horizon montrait le caractère sanguin des Griffons. Les jumeaux Weasley tapaient avec force dans leurs cognards, leur coordination leur permettait de viser juste mais ils manquaient de lucidité et finalisaient mal leurs gestes. Harry trépignait sur son balai en essayant de réconforter Ron. Ethan voyait rouge et ratait toutes ses passes. Même Hugo semblait perdre le contrôle de lui-même. Il fonçait droit vers les poteaux adverses, sans même considérer sa sœur qui pourrait être une alliée de taille dans la conquête du souaffle.

« -Ils sont pathétiques, on reconnait bien leurs caractères de Gryffondor, rit July, il n'y a que ma sœur qui n'explose pas mais c'est parce qu'elle ne sait pas ce que c'est qu'avoir un caractère. »

Drago ne dit rien, il commençait à en avoir assez des critiques gratuites de July envers sa sœur. Il concevait que l'on critique Harry ou les autres qui répondaient et semblaient ne pas prendre pour eux les attaques mais il était clair que Jane était blessée et ça rendait ces critiques moins satisfaisantes.
En plus, il préférait ne pas renchérir, parce que Jane venait de récupérer enfin le souaffle et July, comme Drago, savait qu'elle pouvait être redoutable.
D'ailleurs, après la découverte de la Salle des Quatre Eléments, tous comprenaient pourquoi Jane, Hugo et July, pourtant si différents, partageaient tous cette passion pour le vol et le quidditch. Les jumelles avaient appris à voler avec leurs parents et James, en compagnie d'Harry, mais elles avaient toujours eu plus d'instinct. Harry avait la meilleure technique, c'était certain, mais il n'avait pas l'instinct des filles de l'air.

Réalisant cela, Jane continua sa course vers les buts de Zabini, avec toujours autant de satisfaction. Ni Chloé, ni Juliette, ni Ginny ne parvint à la rattraper. Elle filait sans s'intéresser à ses alentours. Il ne lui fallut que quelques secondes pour traverser le terrain. Elle allait tellement vite qu'elle devenait invisible aux yeux des autres. Enfin seuls trois élèves pouvaient la suivre, Eliott, impressionné par sa grande sœur depuis les gradins. Hugo qui ne se pria pas pour la suivre en soutien et July. Elle arma un cognard de toutes ses forces, mais, même là, il semblait trop lent. Que se passait-il ?
Jane se délectait de cette sensation. Jamais elle n'avait volé aussi vite, c'était comme si le balai n'était plus vraiment utile. Ce n'était plus le propulseur. Elle était la seule qui avançait, sans outils, sans artifice.
July bouillait, elle ne savait comment arrêter sa sœur. Elle n'avait plus le temps de réfléchir et ne réagit que par réflexe. Pour une fois qu'elle laissait parler son instinct et ses racines Gryffondor. Elle fonça à son tour vers sa sœur, comme si elle voulait remplacer le cognard qu'elle n'avait pas pu lancer avec efficacité.

Le spectacle était incompréhensible pour l'extérieur. Le ciel de cette belle après-midi de novembre s'assombrit soudainement. Il faisait presque noir et le vent se fit tellement violent que les joueurs avaient de plus en plus de mal à tenir sur leur balai. L'air souffrait de la rivalité entre ses enfants, et ne trouvait pas d'autres moyens pour le montrer que de gronder ainsi. Harry, Chloé et Juliette comprirent tardivement mais ordonnèrent à leurs coéquipiers de se poser. Rester dans l'air révolutionnaire était bien trop dangereux.
Dumbledore aussi avait compris. Il jeta un voile sur les trois enfants Black. Il ne fallait pas qu'il y ait de témoins visuels de la révélation qu'ils allaient avoir. La magie des éléments était particulière et devaient rester secrète, au moins tant que l'union des descendants n'avaient pas eu lieu.

Lorsque July arriva près de son frère et de sa sœur, un halo lumineux explosa à côté d'eux. Ils prenaient tous trois de la hauteur sans comprendre. Leurs balais étaient inutiles. Ils les lâchèrent sans même le réaliser. July entra finalement en collision avec sa sœur sans une explosion tonitruante qui raisonna dans tout le château. Les autres élèves se dépêchaient de rejoindre leurs dortoirs pour éviter l'orage qui menaçait. Mais les trois Black ne bougeaient pas. L'explosion ne les avait pas perturbés.
« Mais qu'est-ce qu'il se passe ? S'enquit enfin Hugo. »

Ses deux sœurs se tournèrent vers lui, elles avaient presque oublié sa présence.
Tout à coup, elles réalisèrent ce qui leur arrivait. Face aux deux sœurs qui avaient transformé leur collision en support mutuel, Hugo se tenait droit, debout dans les airs et volant grâce à une magnifique paire d'ailes blanches.

« -Hugo… Tu… Tu…
-Tu voles ! »

Aussitôt, les deux jumelles s'éloignèrent pour constater qu'elles étaient elles aussi dotée d'ailes brillantes et se mouvaient avec grâce dans le ciel. Deux anges blonds qui illuminaient le ciel gris. Elles ressentaient la liberté de voler ainsi, c'était bien plus enivrant que sur un balai.
Mais ils ressentaient aussi le mécontentement de l'air qui grondait, comme pour leur faire passer un message. Le vent souffla fort pour pousser les trois élèves dans la même direction. Ils se sentaient un peu chahutés mais acceptaient leur sort. Finalement quand le nuage qui les entourait se dissipa. Ils n'étaient plus au-dessus du terrain de quidditch mais surplombaient la cour de la salle des Quatre Eléments.
Ils étaient incapables de déterminer le temps qu'avait pris cet évènement incroyable mais, quand ils reposaient leurs pieds par terre. Leurs amis les attendaient dans la cour.

Teddy était assis sur un banc. Visiblement, il avait un livre à la main, cherchant à avoir une explication rationnelle. A ses côtés, les trois premières années n'osaient parler ou poser des questions. Ils ne s'attendaient pas à ce que leur scolarité commence avec tant de surprises. Les jumelles Potter négociaient déjà avec leur frère pour révéler leurs secrets à Ginny. C'était déjà compliqué de cacher la découverte de la salle alors que Ginny ne les avait pas vues y aller mais là, elles avaient clairement dit à leur meilleure amie de les laisser et la plus jeune Weasley avait été blessée. Elsa faisait les cent pas dans le salon, lançant des suppositions sur le devenir des trois aînés Black alors que Neville l'écoutait sans vraiment réagir. Enfin, Roxane sondait les nymphes en espérant qu'elles pourraient leur apprendre plus sur toute cette histoire.

Finalement, l'apparition des trois élèves au-dessus de leurs têtes eut un effet unique : tout le monde lâcha un soupir de soulagement.

« Waw ! Lâcha Chloé voyant ses trois amis si majestueux. »

Pour le coup, personne ne pouvait contredire la rousse, ils étaient tous bouche bée devant le magnifique spectacle qui s'offrait à eux.
« Mais vous volez pour de vrai ? S'enquit Elsa.
-Non, c'est juste pour décorer ! Railla July.
-July, souffla Jane. Je pense qu'on est assez perplexe pour mettre de côté nos remarques cinglantes et essayer de comprendre ce qui nous arrive.
-C'est valable pour toi aussi Harry, reprit Roxane, remerciant Jane de cette initiative surprenante de sa part. »

Tout le monde acquiesça. Ils comprenaient tous que leurs parents les avaient liés dans cette destinée et qu'ils avaient besoin d'être ensemble, au moins de se tolérer, pour avancer dans ce mystère.

« C'est quand même bizarre que nos parents ne nous aient pas dit qu'on pouvait voler ? S'étonna Hugo. »

Jane acquiesça alors que ses ailes se dissipaient progressivement.

« Comment as-tu fait ? S'étonna July.
-Je voulais simplement qu'elles disparaissent. Répondit-elle en haussant les épaules. Ça sera sans doute plus simple si on discute entre nous dans le salon. »

July s'apprêtait à répliquer mais, alors que sa fierté lui préparait une réplique cinglante à l'encontre de sa sœur, elle sentit un violent coup de vent la déstabiliser. L'air manifestait clairement son mécontentement quand il s'agissait de l'animosité entre les deux sœurs. Elle prit donc exemple sur sa sœur et suivit les autres dans la salle.

« -C'est incroyable ce qu'il nous arrive.
-Vous ressemblez à vos mères quand elles ont découvert leurs pouvoirs, s'amusa une nymphe de feu.
-Oui, mais elles n'avaient pas de parents pour leur expliquer. Alors que nous les avons elles. Pourquoi ne nous aident-elles pas ?
-Elles vous aident, elles sont toujours présentes pour vous, mais que voulez-vous ? Elles ne savent pas comment évoluent les pouvoirs sur une génération, expliqua une autre nymphe.
-Vous voulez dire qu'elles ne connaissent pas nos pouvoirs ? S'étonna Harry. »

De tous les enfants, c'était clairement celui qui aimait le moins quand on lui cachait quelque chose. Il n'aimait pas être pris pour un enfant.

« Elles connaissent leurs pouvoirs. Voilà plus de 20 ans qu'elles les apprivoisent quotidiennement, et ceux qu'elles ont transmis à vos pères également.
-Papa a des pouvoirs aussi ! S'exclama Elsa.
-Pas exactement, ils partagent juste certains atouts de leurs femmes. C'est ensemble qu'ils ont battu Lucius Malefoy lors de sa rébellion. »

C'était le mot de trop. La nymphe d'eau ne semblait pas réaliser ce qu'elle disait, mais les Gryffondors tournèrent immédiatement leurs têtes vers July. La mention de Malefoy faisait évidemment écho à son meilleur ami.

« Ne me regardez pas comme ça, je n'y suis pour rien !
-Oui, mais tu passes quand même des vacances chez lui, rétorqua Elsa. »

Aussitôt, Jane baissa la tête, Roxane et les jumelles se mirent aux côtés de July. Elles n'étaient certes pas aussi proches de Drago qu'elle mais elles appréciaient le garçon et continuaient de défendre l'amitié qu'il avait avec July. Hugo rejoignit Elsa et Harry qui faisait front devant July.

« Excusez-moi de choisir mes amis et de ne pas suivre ce que mes parents veulent de moi.
-Il y a une différence entre se faire ses propres amis et chercher les ennemis de la famille. Ce sont exactement eux qui auraient pu nous détruire et faire qu'on ne naisse jamais ! S'énerva Harry.
-Mais ce sont leurs parents, mes amis n'y sont pour rien… Souffla Roxane, habituée à ces joutes verbales. »

Les nymphes assistaient à ce spectacle avec stupeur. Elles préféraient s'éloigner de leurs protégés plutôt que de les voir se déchirer.

« July est allée chez Lucius Malefoy pendant les vacances ! C'est clairement être avec les parents… Lucius Malefoy, July, tu as écouté nos parents quand ils parlaient, ne serait-ce qu'une fois. Contredit Elsa.
-Oui, parfaitement ! Je les ai écoutés quand ils parlaient de pardon, d'accueil et de ne pas juger les gens…
-Vous ne voulez pas arrêter cinq minutes de vous crier dessus ! Protesta Teddy. »

Tout le monde se tourna vers lui. Il était habituellement beaucoup trop silencieux pour s'affirmer ainsi.

« -Bon, reprit-il, je suis fatigué de vous entendre vous battre pour rien. On n'a jamais dit qu'on n'avait pas le droit d'avoir nos amis… Tant qu'on garde ce secret pour nous. Ensuite, d'après ce que j'ai pu comprendre, on ne sait pas quelle forme va prendre le pouvoir des Quatre Eléments pour chacun de nous. Il faut donc être vigilent à ce qu'ils ne se déclenchent pas n'importe quand. »

Certains acquiescèrent silencieusement. Ils n'avaient plus rien à rajouter. Teddy fut le premier à se lever et quitter la salle. Les autres suivirent progressivement sous le regard inquiet des nymphes :

« Eh bien, j'espère qu'ils auront une tâche moins rude que leurs parents parce que l'union des Descendants risque d'être bien compliquée, conclut l'une d'elles. »

End Notes:

Alors?

 

Le match?

 

Ethan et Harry qui s'énervent? Jane qui se révèle un peu? Et les Black qui volent? Et les jumelles Potter qui doivent tout cacher à leur meilleure amie?

 

La suite arrive bientôt...

Premiers échanges by Jane_25

Quand les hiboux traversèrent le ciel étoilé de la Grande Salle de Poudlard, Ginny ne fut pas surprise de recevoir une lettre devant son assiette. Sa famille lui envoyait fréquemment des nouvelles. Elle sentait cela un peu hypocrite de leur part, parce qu'ils essayaient de maintenir un lien qui s'était fortement abîmé lors de sa répartition, mais, au fond d'elle-même, elle était touchée de cette sollicitation. Elle restait leur petite sœur choyée quoiqu'il arrive.


« C'est qui cette fois ? S'enquit Juliette quand sa meilleure amie eut ouvert la missive.


-Mon frère, Charlie. Il est en Roumanie pour s'occuper des dragons.


-Celui dont tu te sens le plus proche, non ? Pensait se souvenir Chloé.


-En effet, c'est parce qu'il est un peu distant avec mes parents et qu'il a fait un choix de vie que ma famille ne comprend pas, alors forcément, il a quelques points communs avec les Serpentard de la famille. »


Les jumelles Potter acquiescèrent. Elles sentaient que leur amie était évasive. Elle était habituellement plus à l'aise pour parler de la difficulté qu'elle avait avec une famille si différente. D'autant que Chloé et Juliette, bien que dans une situation quelque peu différente, étaient de celles qui pouvaient le mieux la comprendre. Mais, au milieu de la Grande Salle et des Serpentards, c'était toujours un peu complexe d'évoquer la grande famille Weasley qui était indissociable des Gryffondors.


De peur d'être écoutées, elles participèrent à la conversation générale qui animait la table des Serpentards, comme toutes autres les tables. Que s'était-il passé lors du dernier match de quidditch ? Evidemment, Juliette et Chloé faisait tout pour fuir cette conversation. Roxane et Teddy se contentaient de rester silencieux quand leurs amis évoquaient le sujet. July avait renforcé son intimidation naturelle avec cet évènement. Aussi, personne n'osait en parler directement avec elle.


« C'est quand même incroyable qu'il se soit mis à faire si gris en quelques secondes.


-Merlin devait avoir une vengeance envers certaines personnes… Supposa Tracey Davis.


-Oui, il ne doit pas aimer le quidditch. Renchérit Millicent. »


Personne ne put répondre. Teddy haussa un sourcil, se demandant si la jeune fille était sérieuse, mais ne réagit pas. July bouillonnait, à quelques places de là, entendant les pires spéculations sur un évènement qu'elle avait vécu et qu'elle ne cessait de ressasser. Elle savait que personne ne s'adressait particulièrement à elle, mais sentait perpétuellement la curiosité de ses camarades qui souhaitaient comprendre. Elle ne pouvait leur en vouloir et, pourtant, elle ne supportait plus d'entendre les pires explications depuis déjà une semaine.


Comme d'habitude, ce furent Pansy puis Drago qui notèrent la gêne imperceptible de leur amie en premier. Si la première se contenta d'un simple soutien discret d'une main sur l'épaule, Drago décida qu'ils avaient assez discuté de cela.


« Bon, l'essentiel, c'est que le match ait été arrêté au score. Donc on a gagné ! Alors je me fiche de savoir si Merlin crée des orages parce qu'il n'aime pas le quidditch ou les Gryffondor, on est en tête pour la coupe et ça a intérêt à continuer. C'est tout ! »


Le sujet était clos. Entre le regard méprisant de July et le ton ferme de Drago, le reste des Serpentards savaient à quoi se tenir. Les fortes têtes de la maison avaient exprimé un ordre. Ils savaient qu'ils allaient être respectés.


Teddy regarda partir les trois amis en soupirant. July se donnait un air trop important et ça ne lui allait pas aussi bien que quand elle était naturelle. Il haussa les épaules, si elle voulait inspirer la peur, c'était son problème. Il se leva à son tour et suivit le reste du groupe qui se rendait vers leur salle commune.


« Bonjour Jane ! Salua Roxane en passant à côté d'un groupe d'autres cinquièmes années. »


Ils devaient sortir tout juste d'un cours unissant les Serdaigles et les Gryffondors parce qu'aux côtés de Jane, Clarisse Daimnile discutait joyeusement avec Anthony Goldstein et Dean Thomas. Elle souriait, comme à son habitude, et sautillait presque pour prendre ponctuellement quelques centimètres en plus et espérer atteindre les épaules de ses deux camarades.


« Bonjour Roxane, bonjour à … tous, répondit fébrilement Jane. »


Teddy était soulagé du départ prématuré de Jane et Drago, tout autant que de l'absence étonnante de Harry. Il devait être avec ses amis Ron et Hermione qui manquaient dans ce grand groupe.


« Salut Neville ! soutint Teddy, vous dînez tard aujourd'hui ? »


Le sujet était assez banal mais la tension environnante était évidente. Personne ne voulait que ça dégénère et ce qui était initialement un signe de reconnaissance entre deux amies d'enfance devenait un premier pas poussif et exagéré vers une entente inter maison. Certes les principaux acteurs de l'éloignement n'étaient pas présents, mais les idées avaient la dent dure et tous les présents à cette scène sentaient l'enjeu, presque diplomatique, d'un tel instant.


Neville, à qui la question était initialement adressée, bredouilla faiblement :


« Bonsoir tout le monde… euh, oui on est en retard…


-Mais on n'est pas en retard, le sauva Clarisse avec assurance. On était juste en cours de soins aux créatures magiques et Hagrid n'a pas vu le temps passer. On n'en pouvait plus, je vous jure. Il faisait froid et il continuait à expliquer que les lutins et les farfadets sont deux choses complètement différentes alors que, de là où nous étions, il était tout simplement impossible de voir la différence. »


La petite Clarisse n'avait pas l'air d'être touchée par la solennité du moment. Elle décrivait son cours de soins aux créatures magiques avec la spontanéité qui la caractérisait. Teddy se surprit à sourire face à ses bouclettes qui rebondissait quand Clarisse insistait sur un point particulier, qui faisait souvent rire tout le groupe. Il ne connaissait pas très bien Clarisse. Il n'avait pas eu l'occasion de discuter avec elle avant qu'elle ne parte pour la France, mais il savait que c'était une bonne amie de Jane. Cette conversation lui faisait découvrir son caractère extraverti si impressionnant qui la rendait captivante.


« C'est vrai qu'à côté d'Hagrid, les lutins et les farfadets doivent avoir l'air aussi petit, rajouta Daphné, prise dans l'aisance de la conversation. »


Tout le monde rit à cette remarque. L'ambiance se détendait presque, pour le plus grand plaisir de Roxane qui aurait aimé que ce moment dure toujours. Jane souriait et Lucas appréciait cette ambiance heureuse. Anthony Goldstein et Padma Patil qui accompagnaient les Gryffondors, ne réalisaient pas trop ce qui leur arrivait. En revanche, pour Dean qui ne passait certes pas ces journées complètes avec les enfants des Maraudeureuses mais appréciaient néanmoins discuter avec eux, l'exceptionnalité de cette conversation commune si aisée.


« En tout cas, quand on est à côté de lui, on se sent aussi petit qu'un farfadet, renchérit-il en riant.


-Tu diras ça à Harry, Hermione et Ron, ils s'entendent tellement bien avec Hagrid qu'ils dînent chez lui après les cours. Expliqua Clarisse. »


Ethan et Neville levèrent les yeux au ciel tandis que les Serpentards fixaient la brunette avec étonnement. Ils ne comprenaient pas que l'on puisse être ami avec le demi-géant. Il leur paraissait si rustre. Blaise et Théo se regardèrent brièvement, mais s'abstinrent de commentaire. En l'absence de July et Drago, Roxane prenait une autorité différente et aucun d'eux n'avait envie de se la mettre à dos.


« Ah, s'étonna quand même Roxane. »


Les Gryffondors se tournèrent tous vers elle. Elle se sentit mal à l'aise face à ces regards insistants, mais fut vite soulagée par Neville qui reconnut lui-même qu'il ne comprenait pas vraiment cette amitié étrange. Même Ethan se sentait de trop.


« Il ne doit pas être si méchant, admit Roxane, juste effrayant mais finalement, on voit bien qu'il est bienveillant. »


Ils acquiescèrent tous et, alors que la conversation s'essoufflait légèrement, Clarisse prit les devants :


« Je suis désolée, mais on a vraiment faim… Il faudrait qu'on passe à table avant qu'il ne reste plus rien. Mais c'était super sympa de discuter un peu avec vous ! »


Elle adressa un grand sourire à tous les Serpentards. C'était ce genre de sourire communicatif qui rayonnait de bonne humeur et qui toucha tous les Serpentards. Teddy apprécia les fossettes qui se dessinaient délicatement sur le visage de Clarisse et remercia intérieurement sa sœur de mettre fin à son échange de regard.


« Oh, on est désolés ! Allez dîner, évidemment, bon appétit ! »


Les Gryffondors se dirigèrent vers leur table tandis que les premiers Serpentards quittaient enfin la Grande Salle et Roxane s'apprêtait à les suivre quand elle croisa d'abord le regard reconnaissant, puis Anthony lui adressa un clin d'œil et, enfin, Dean termina :


« C'était sympa de parler un peu, on devrait se faire ça plus souvent, c'est trop bête de s'ignorer ! »


Teddy acquiesça. Daphné et Théodore appuyèrent même les propos de Dean.


« C'est une bonne idée ! »


Ils regardèrent partir les derniers Gryffondor avec le sourire :


« Certains ne sont pas si méchants, je dois le reconnaître, admit Blaise. »


Roxane acquiesça, mais elle ne bougeait pas. Ses yeux étaient fixés sur Dean qui continuait à marcher vers sa place. Elle revoyait son sourire et sa proposition. Merlin avait piqué sa curiosité et le regard de Dean lui donnait vraiment envie de multiplier ces entrevues.


« Tu rêves Roxane ? L'interpela Daphné.


-Euh, non, enfin je ne pense pas ! Bredouilla-t-elle en prenant la suite de ses amis.


-C'était un peu bizarre comme moment quand même, osa dire Tracey quand ils se furent éloignés. »


Roxane avait totalement oublié que Tracey et Milicent les accompagnaient.


« Je m'attendais à pire, rassura Daphné.


-C'est parce qu'il n'y avait pas Potter ! Grogna Blaise. Il est vraiment insupportable, lui. Et la pire, ça reste la petite blonde de quatrième année. Londubat a vraiment une sœur aussi caractérielle qu'il est maladroit. Elle n'arrête jamais de crier elle »


Heureusement que les jumelles avaient pris de l'avance.


« Tu ne connais pas Harry, soupira Roxane, mais je comprends que tu aies une image négative de lui, il ne fait pas d'efforts pour vous paraitre sympathique. Quant à Elsa, elle est encore jeune… »


Teddy admirait la diplomatie de sa sœur. Il n'aurait pas été aussi tendre envers Harry. Il lui en voulait de gâcher ainsi le lien qui les unissait tous. Teddy savait qu'Harry n'était pas le seul responsable, mais comme c'était celui dont il s'était le plus éloigné, il ne pouvait s'empêcher de l'associer à ce désastre.


Il secoua la tête et reprit une expression impassible digne des meilleurs Serpentards, il n'avait vraiment pas envie de s'étendre sur le sujet Harry Potter, d'autant qu'ils arrivaient dans la salle commune.


Roxane prononça le mot de passe et rentra avec plaisir dans cette salle qu'elle aimait tant. Ce n'était certes pas la chaleur des rouges et ors qui l'attendait, mais cette ambiance calme éclairée par une lumière verte du lac la rendait profondément heureuse. Elle se sentait à sa place sur ces canapés noirs. Elle prit une inspiration et s'assit aux côtés de Pansy qui rigolait déjà avec les Chloé, Juliette et Ginny.


« July et Drago ne sont pas avec vous ? S'étonna Roxane qui avait pourtant vu Pansy partir avec ses deux meilleurs amis.


-Non, ils devaient parler, soupira Pansy. »


Son ton était à la fois énervé et habitué. Elle n'allait pas en vouloir à Drago et July de s'isoler, elle savait qu'ils avaient leurs secrets, mais elle n'aimait pas être mise de côté.


Mais July devait parler à Drago. Elle n'avait pas oublié la conversation qu'ils avaient eue au début de l'année. Il fallait élucider le mystère de la naissance de ce dernier.


« Que voulais-tu me dire ? S'enquit Drago dès qu'il se fut débarrassé de Goyle.


-Tu penses que Goyle va dire à ton père qu'on s'isole tous les deux ?


-Tant que mon père n'imagine pas que je puisse avoir des sentiments pour toi, je me fiche de ce qu'il peut croire.


-Pourquoi ? Je pensais lui avoir prouvé que j'étais digne, et de sang pur qui plus est. »


Elle disait ça en rigolant. Drago était son meilleur ami et ils savaient tous les deux que leur relation ne changerait jamais. Ils ne voulaient pas plus, ils étaient bien trop similaires pour se porter plus qu'une sincère affection amicale. Mais, malgré tout, July aimait piquer son meilleur ami. C'était également un moyen pour elle de s'inquiéter de la relation de Drago avec son père.


July n'aimait pas Lucius Malefoy. Elle faisait des efforts avec lui, par amitié pour son fils unique. Mais, à part la fierté d'avoir été considérée digne de l'amitié de Drago, elle ne ressentait que malaise et dégoût en sa présence. Evidemment, elle ne disait rien, mais c'était pour elle très compliqué d'être autant attachée au fils alors que le père était l'ennemi historique de sa famille. Evidemment, par fierté, elle préférait faire croire à tous qu'elle s'entendait bien avec Lucius. Cela lui permettait de faire plaisir à Drago, d'énerver sa famille de griffons et de grimper les échelons des sangs purs plus rapidement.


« Non, ce n'est pas ça, expliqua Drago, c'est juste que mon père m'interdit d'avoir des sentiments pour quiconque. Selon lui, ça me rendrait plus faible. »


July ne dit rien, elle n'était pas là pour raconter ce que ses parents lui avaient appris de l'affrontement qu'ils avaient eu quand ils étaient à Poudlard avec Lucius. Mais elle aurait bien relevé que, selon les Maraudeureuses, Lucius avait été vaincu parce qu'il avait sous-estimé les sentiments et la force de l'union qui les liaient. En y repensant, July se dit qu'il devait sûrement y avoir une partie omise par ses parents qui concernait les Quatre Eléments, mais elle s'était trop éloignée d'eux pour leur demander des détails.


« C'est dommage, mais ça ne me regarde pas, reprit July. Je voulais te parler d'autre chose.


-Je me doute bien.


-C'est au sujet de ce que tu m'as confié au début de l'année.


-Sur ma naissance ?


-Exactement, j'ai une idée, proposa-t-elle, grâce au grand réseau de mes parents, j'ai accès à Sainte-Manghouste assez facilement. Je pense que si je m'invente une envie de devenir médicomage plus tard je pourrais aller visiter les archives. Et ainsi, retrouver, s'il existe, les traces de ta naissance.


-Tu es sûre de toi ? Douta-t-il.


-Je suis toujours sûre de moi. »


Elle avait haussé les épaules et pris une posture qui dégageait tant d'assurance que Drago ne trouvait rien à redire. Même lui, l'héritier de la fortune Malefoy, était impressionnée devant la prestance de July Black.


« Maman est médicomage, si je lui pose des questions, elle sera ravie de m'aider. Ça me fera un point d'entrée. Tu pourrais même venir avec moi, si tu en as envie. »


Drago regardait July expliquer son plan. Elle avait déjà réfléchi à son déroulement et éliminait, un par un, les obstacles pointés par Drago.


« Et tes parents, ils ne savent pas que tu rêves d'une carrière de quidditch ? s'enquit Drago, je sais que tu les présentes comme si tu n'avais rien à voir avec eux, mais je suis persuadé qu'ils sont du genre à écouter ce que tu dis et à le retenir. »


Sur ce point, il avait raison. Mais July ne pouvait pas expliquer qu'elle avait une réelle solution pour cette partie. C'était d'ailleurs la seule partie de son plan où elle pourrait se permettre d'être honnête avec ses parents. Elle commençait à douter de l'envie de faire carrière dans le quidditch. Elle n'osait le dire à ses amis parce qu'elle ne voulait pas passer pour une dégonflée, mais elle n'était pas sûre de pouvoir pratiquer le quidditch à haut niveau alors qu'elle avait toujours cette envie incroyable de voler sans balai. Si elle voulait garder son incarnation de l'air secrète, elle devait se prémunir d'excès comme celui qui avait eu lieu lors du dernier match. Et ça, elle pourrait – voire voulait - en parler à ses parents.


« J'en fais mon affaire, je leur en parlerai pendant les vacances, ils ne me poseront pas trop de questions, je les connais. Ils veulent tellement me faire plaisir qu'ils n'essayeront pas de me contrarier. Répondit-elle vaguement. »


C'était difficile de mentir ainsi à Drago, mais elle n'avait pas le choix. Elle ne pouvait lui révéler un secret dont elle n'était pas la seule détentrice.

Dans la tête de Ginny Weasley by Jane_25
Author's Notes:

Hello, me revoilà pour un nouveau chapitre!

Ginny Weasley marchait joyeusement entre ses deux meilleures amies. Juliette et Chloé riaient en rappelant les dernières farces qu'elles avaient faites en cours d'histoire de la magie. Evidemment, elles n'étaient pas au niveau des frères de Ginny, mais ce n'était pas leur objectif. Elles voulaient s'amuser mais de manière plus fourbe, plus indirecte. Ne pouvaient remonter à elles que ceux qui les connaissaient parfaitement et c'était bien là leur plus grande fierté. Elles utilisaient leur complicité pour avoir des résultats impeccables. Il était facile pour elle de s'aider dans les différents devoirs parce qu'un simple regard faisait passer un long message. Et leurs sourires complices trahissaient bien souvent des échanges silencieux plus remplis que des dialogues interminables.


« C'est fou que le professeur Rogue ne cherche pas à remonter jusqu'à nous… S'étonna Chloé.


-Je pense qu'il a compris que ce ne sont pas des Gryffondors et, du coup, il ne cherche plus les responsables parce qu'il ne veut pas nous enlever des points. Supposa Juliette.


-Ce n'est pas très honnête, constata Ginny avec un air amusé.


-C'est Serpentard ! Conclut Chloé en souriant de toutes ses dents. »


Les trois filles échangèrent un regard complice et rirent ensembles, parce c'était si naturel chez elles de partager tous leurs fou-rires.


Elles continuaient à marcher à travers les longs couloirs et les escaliers capricieux. Après tout, elles n'avaient pas besoin de but précis pour passer un bon moment toutes les trois.


Malheureusement, les jumelles se voyaient bien embêtées, parce qu'elles ne pouvaient plus parler librement de tout à cause du secret des Quatre Eléments et de tout ce qu'il impliquait. Si Ginny avait accepté de ne pas partager ça avec ses meilleures amies, elle avait beaucoup de mal avec leur comportement évasif quand il s'agissait de certains évènements ou autres faits qui les reliaient aux autres enfants des Maraudeureuses.


Ainsi, Juliette et Chloé déviaient sans cesse les conversations sur leur famille de façon à ne pas parler des Quatre Eléments, mais de tout le reste. Elles étaient devenues les pros du commérage.


« Vous saviez que Lucas a déjà éconduit une Serdaigle et une Poufsouffle qui voulaient sortir avec lui ? Lança Juliette


-C'est ridicule, il n'est là que depuis deux mois et demi, ce n'est pas possible d'être déjà amoureuse, souffla Chloé.


-Certains pensent que Lucas a déjà fait son choix. Sous-entendit Ginny.


-Tu parles des rumeurs sur Jane ? S'enquit Chloé.


-Non, ce n'est pas possible, continua Juliette, on connait Jane, et elle est vraiment transparente sur ses émotions. Elles ne seraient pas aussi neutres en sa présence si elle ressentait quelque chose pour lui.


-Elle n'est peut-être pas intéressée, mais lui, il a quelque chose pour elle.


-ça m'étonnerait vraiment, affirma Chloé, enfin, Jane est ultra-sensible donc elle l'aurait ressenti.


-Et comme elle se gêne pour n'importe quoi, elle aurait agi en honnête Gryffondor et l'aurait clairement éconduit, compléta Juliette.


-Peut-être que vous avez raison, admit Ginny en haussant les épaules, je ne fais que relater les rumeurs, parce qu'il est vrai qu'il passe beaucoup de temps avec elle.


-Si elle peut avoir un nouvel ami, rajouta Juliette, ça ne peut que lui faire du bien. Mais ça nous étonnerait qu'il se passe quelque chose entre eux.


-En revanche, reprit Chloé, s'il y en a un qui n'éconduit que peu de gens, c'est bien notre cher frère.


-C'est vrai, Harry a toujours une compagnie féminine différente à ses côtés.


-Mais, ce sont vraiment ses petites amies ? »


Cette question était sortie toute seule de la bouche de Ginny. Aussitôt elle s'en voulut. Elle eut toute la peine du monde à retenir le rouge qui lui montait aux joues. Mais il ne lui sembla pas que les jumelles avaient remarqué. En effet, si les deux filles lui cachaient un secret depuis quelques semaines, Ginny, leur avait gardé un secret depuis bien plus longtemps. Depuis quand exactement ? Même Ginny était incapable de le dire elle avait l'impression qu'elle était amoureuse de Harry Potter depuis toujours. Et, plus elle grandissait, plus le béguin enfantin de ses dix ans évoluait en réels sentiments envers le frère de ses meilleurs amies… et le meilleur ami de son frère. Harry Potter était interdit. D'abord il avait un égo à défier Drago Malefoy et n'était pas capable de rendre une fille heureuse, Ginny savait qu'elle méritait mieux que de souffrir par amour. Ensuite, il était la grosse tête des Gryffondors et, à ce titre, il ne s'intéresserait jamais à elle, tout comme elle ne pouvait admettre une attirance pour lui. Enfin, si jamais elle se rapprochait de lui, elle ne serait que la petite sœur de plus. S'il l'acceptait lors des vacances où Ron et elles étaient invités chez les Potter, ce n'était que par respect pour ses sœurs et pour ne pas contrarier ses parents.


Ginny avait conscience de tous ces arguments qui devaient la raisonner et lui permettre de passer à autre chose. Malheureusement, elle ne savait pas contrôler ses émotions et son cœur qui ne cessait d'accélérer quand il rentrait dans la même pièce qu'elle. Elle sentait son odeur envahir ses narines dès l'instant qu'il s'approchait d'elle et retenait des frissons dès qu'il ouvrait la bouche. Ses remarques acerbes contre ses sœurs ou les autres Serpentards blessaient profondément Ginny mais ne parvenaient pas à le lui faire oublier. Elle ne savait pas quoi faire pour le sortir de sa tête. Et, plus les années passaient, plus Harry s'embellissait. Sa carrure s'affirmait et ses yeux verts ressellaient d'un mystère qui attirait Ginny au plus profond d'elle. Chaque fois qu'il passait sa main dans ses cheveux, Ginny devait se retenir de soupirer en admirant cette désinvolture si séductrice.


Ces sentiments la faisaient souffrir quotidiennement, mais Ginny devait se maîtriser. Il fallait se rendre à l'évidence, cette histoire ne devait pas avoir lieu. Et, avec le temps, ses sentiments disparaîtraient.


« Euh, je ne crois pas… répondit Juliette sans prêter attention au combat intérieur de son amie.


-Non, confirma Chloé, il découvre juste ce qu'est une fille. Je veux dire une autre fille que ses diablotines de sœurs.


-C'est sûr que ça doit le changer, rit Juliette.


-En plus, rajouta Chloé, comme c'est Harry, il joue de sa popularité et se sent aimé, alors il va sûrement se mettre en couple rapidement et se lasser tout aussi vite.


-Oui, j'en suis sûre. Pour l'instant il aime juste être accompagné, mais dès qu'il y en aura une qui lui fera la conversation, il acceptera ses avances. »


Ginny acquiesça, c'était tout ce qu'elle pouvait faire. Son cœur n'avait jamais eu aussi mal qu'à l'idée de voir Harry avec une autre fille. Il fallait qu'elle s'y résolve. Elle ne pourrait jamais être avec lui et avec son sourire ravageur et sa popularité, il ne resterait pas seul indéfiniment.


« En tout cas, le jour où il ramènera une fille sérieuse à la maison, j'imagine bien les deux petites pestes que vous serez avec lui. »


Ginny se forçait clairement à rire de cet évènement qui serait sûrement une des journées les plus difficiles à vivre de son existence.


« Oh, je pense qu'il n'a aucune idée de ce qui va lui tomber dessus ! S'amusa Chloé. »


Juliette renchérit et Ginny laissa les deux sœurs se projeter sans faire attention à elle. Ça lui permettait de souffler un peu sans se sentir observée. La complicité incroyable qu'elle partageait avec les jumelles Potter était ce qui la rendait le plus heureuse dans sa vie, mais c'était également la plus grosse menace qui pesait sur son secret.


« -Tu as des frères en couple ? S'enquit Juliette après avoir réalisé le silence peu commun de son amie.


-Non, je ne crois pas ?


-Ah bon, avec tous tes grands frères ? S'étonna Chloé. »


Quand elles n'étaient que toutes les trois, Ginny avait beaucoup plus de facilité à évoquer sa famille, que ce soit parler de ses frères ou expliquer les sentiments contradictoires qu'elle pouvait ressentir dans une famille si unie, si solidaire, mais si lointaine en même temps.


« Ce qui est sûr, c'est que personne n'a présenté quelqu'un à mes parents… Après je ne suis pas proche d'eux au point de savoir s'ils cachent une relation.


-C'est sûr que pour Ron, il n'y a personne, rit Chloé. Tout Poudlard a compris qu'il en pinçait pour Hermione.


-Sauf lui… sauf Hermione aussi, compléta Juliette, et sauf Harry aussi, il ne voit rien parce qu'il a le nez dessus.


-Oui, reconnut Ginny en riant, mais il est tellement mal à l'aise avec ses sentiments qu'il ne va pas le réaliser de sitôt, je pense.


-Et pour tes frères, les jumeaux peuvent faire tomber n'importe quelle fille dans leurs filets avec leurs farces et attrapes qui cartonnent.


-C'est vrai, admit Ginny, mais je ne pense pas qu'ils y pensent. D'abord parce qu'ils sont très honnêtes et n'abuseraient pas de leurs ruses ou de leur popularité pour des filles, mais aussi parce qu'ils sont très concentrés sur leurs projets. Quant aux autres, Percy est tellement concentré pour grimper les échelons du ministère qu'il ne voudrait pas de distraction, je ne sais pas s'il a déjà embrassé une fille.


-Peut-être qu'il a enfin cédé à Audrey Clearwater qui lui cirait les bottes quand ils étaient à Poudlard. Supposé Chloé. »


Ginny haussa les épaules. Elles ne savaient pas quoi penser de tout cela. Elle n'avait jamais discuté avec Percy, il était bien trop sérieux et conventionnel pour elle.


« Pour Charlie, je suis sûre qu'il n'a personne dans sa vie, il me l'aurait dit, et Bill, je suis vraiment trop éloignée de lui pour être au courant de quoi que ce soit. »


Si parler de sa famille soulageait Ginny, cela plaçait toujours une tension en elle. Elle ne cessait de repasser le film de son enfance, des raisons qui l'avaient poussée à être différentes. C'est dans cette atmosphère de tension intérieure grandissante entre la mention de sa famille et d'Harry qu'elle nota le regard inquiet que les jumelles échangeaient.


En effet, les pas des trois rousses les avaient emmenées dans ce fameux couloir qu'elles prenaient soin d'éviter particulièrement quand elles étaient avec Ginny. Elles ne supportaient pas de lui mentir et il fallait à tout prix éviter de mentionner, même de loin, les Quatre Eléments.


« Euh… Bredouilla Chloé, on devrait faire demi-tour pour aller dans la salle commune.


-Mais on a tellement marché que c'est plus rapide d'aller tout droit et de prendre les escaliers pour descendre directement. S'étonna Ginny.


-Mais, justement, reprit Juliette dont la voix trahissait sa gêne. On devrait faire demi-tour pour marcher un peu plus parce que les escaliers, ce n'est pas très marrant.


-Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Tu as toujours trouvé super drôle de battre les escaliers quand ils veulent ne veulent pas t'emmener au bon étage.


-Oui, mais ça ne m'intéresse plus trop, tenta-t-elle en haussant les épaules. »


A côté d'elle, Chloé avait viré au rouge.


« Vous me cachez un truc ? Comprit Ginny. »


Les jumelles se regardèrent, soupirèrent et acquiescèrent.


« Oui, nous ne pouvons pas trop traverser ce couloir sans risquer de t'en révéler trop… Admit Chloé. »


Elles étaient novices en magie des Quatre Eléments, pour l'instant la salle était réapparue à chacun des enfants des Maraudeureuses qui passait devant. Il ne fallait pas risquer que ça arrive en présence de Ginny.


« C'est encore votre secret de famille ? S'énerva Ginny. »


Penaudes, les deux filles baissèrent les yeux.


« Encore un secret pour les enfants exceptionnels du grand James Potter et de la sublime Lily Potter… Vous vous appropriez les couloirs de Poudlard. Pardon d'être sur votre propriété, je ne voulais pas salir la propriété des plus grandes célébrités du monde sorcier… Non vraiment, je ne suis pas à votre hauteur et, d'ailleurs, je ne vois pas pourquoi vous restez avec moi, je ne suis qu'une pauvre Weasley indigne des grandes sphères de la société. »


Ginny avait retenu, pour d'autres raisons, ses émotions depuis le début de la discussion et c'en était trop pour elle. Elle n'aimait pas être exclue, c'était ce qui lui arrivait tous les étés à la maison, alors ça ne pouvait pas arriver avec celles qui devaient être son refuge. Si elle avait accepté qu'un secret existe entre les jumelles, il était hors de question qu'il gâche leur quotidien. Elle n'en pouvait plus.


Après ces phrases cinglantes à l'encontre de ses deux meilleures amis, Ginny accéléra le pas vers le couloir interdit et planta là Chloé et Juliette.


Les deux Potter la suivirent du regard. Elles ne s'étaient jamais senties aussi mal. Elles maudissaient leurs parents de l'avoir caché ce secret si longtemps, le destin de le leur avoir révélé malgré tout, leur frère d'être opposé à la révélation et tous leurs amis de ne pas partager leur point de vue pour mettre un terme à cette rivalité Gryffondor/Serpentard ridicule qui les empêchait clairement d'accepter l'ouverture aux autres et le partage de cette découverte à Ginny.


oO0°0Oo


Roxane riait à une blague de Blaise. Cet abruti savait imiter le professeur Binns comme personne à la différence qu'il ne provoquait aucun endormissement mais plutôt des éclats de rire de la part de leurs amis.


Le cours commun avec les Gryffondor venait de se terminer et chacun était retourné à ses activités. Ainsi, Roxane profitait de cet après midi avec Daphné, Blaise et Théo. Ils marchaient en s'amusant dans les couloirs de Poudlard vers les grandes ouvertures sur le parc. Daphné avait à peine vu le manteau blanc qui avait enfin recouvert Poudlard qu'elle s'était écriée :


« Il a neigé ! C'est trop bien. »


Cependant aucun des quatre Serpentards avait prêté attention au groupe de Gryffondor qui les suivait. Parmi eux, Clarisse réagit immédiatement.


« Oh, tu as raison, interpela-t-elle. C'est magnifique ! J'adore la neige. »


La brunette sautillait avec encore plus d'énergie qu'à l'accoutumée.


« Moi aussi ! s'exclama Daphné. »


Les deux filles s'échangèrent un regard complexe qui fit sourire Roxane et étonna particulièrement Jane puis Clarisse se mit à courir vers le par, non sans emmener Daphné à sa suite.


« Je suppose qu'on doit les suivre, proposa Hermione en haussant les épaules. »


Clarisse et Jane lui avait, évidemment, raconté la dernière entrevue entre les deux groupes et Hermione voulait pousser à une bonne atmosphère dans leur promotion. Il ne pourrait que résulter une amélioration des relations entre Ron et sa sœur.


Hermione secoua la tête, la relation entre Ginny et Ron ne devait pas l'importer particulièrement. En plus, il était encore part avec Ron, Ethan et Neville pour faire elle ne savait quoi, et elle ne voulait pas le savoir.


Elle se dirigea donc à son tour vers le parc, accompagnée par les trois Serpentards, mais aussi Jane, Lucas, Seamus et Dean.


« Je ne savais pas que Daphné était si… Lança Dean


-Impulsive ? Compléta Blaise en riant.


-Non, j'aurais plus dit spontanée… Se corrigea Dean. »


Roxane l'observait, elle ne savait pas s'il était amusé ou angoissé par cet échange. Elle ne savait elle-même pas trop ce qu'elle ressentait à cet instant.


« Daphné ne s'arrête presque jamais ! Leur apprit Théo. »


Roxane remarqua bien que Théo se retenait de préciser que Daphné ne se calmait que quand elle était avec sa famille si compliquée. Les conversations avec les griffons étaient toutes fraîches, il n'était pas bon de leur évoquer les normes des Serpentards.


« Ce n'est pas étonnant qu'elle s'entende si bien avec Clarisse. Soupira Hermione. »


Encore une fois, il était impossible pour Roxane de capter si le comportement très extraverti de Clarisse l'exaspérait ou l'énervait. Sans doute un peu des deux, pensa-t-elle.


« Est-ce qu'on a vraiment envie d'arriver sur deux furies enneigées ? se permit Blaise. »


Il était étonnamment très à l'aise dans cette conversation. Roxane aurait voulu s'investir plus dans ce moment de convivialité qui lui faisait réellement plaisir, mais elle n'arrivait à concevoir une phrase utile et pas trop ridicule parce qu'elle sentait dans son dos le regard discret mais beaucoup trop fort de Dean.


« Elles vont être tellement heureuse de nous attaquer à coup de boules de neige, supposa Seamus, pas vrai Dean ?


-Hmm, ne réagit qu'à moitié l'interpelé. »


Seamus se retourna vers son meilleur ami, avec étonnement. Cette réaction sortit Dean de sa contemplation.


« Ah, oui, sûrement. Je ne serai pas le premier à sortit en tout cas !


-Eh oui, renchérit Lucas avec ironie, nous sommes des vrais Gryffondors avec tout le courage que ça implique. »


Tous rirent, particulièrement Roxane qui aimait qu'on utilise les caractéristiques des maisons comme un moyen pour faire de l'humour et pas pour se déchirer.


Jane sortit sa baguette pour renforcer son manteau de quelques épaisseurs supplémentaires. Elle avait déjà fait les premières neiges avec Clarisse deux ans auparavant mais elle ne voulait pas revivre la même Gribabouille qui lui avait valu une nuit à l'infirmerie.


« Vous devriez vous couvrir, conseilla-t-elle, on sait très bien comment cet après-midi va finir. Et croyez-moi, s'il y a Roxane et Clarisse dans la même bataille, on peut avoir peur d'avoir froid.


-Ah bon, tu es une pro de la bataille de boules de neige ? S'enquit Lucas. »


Lucas appréciait le sourire sincère qui naissait sur le visage de Jane. Il ne l'avait que rarement vu si détendu, comme si elle avait besoin de sentir une ambiance bienveillante et détendue à côté d'elle. Evidemment, Lucas savait qu'il manquait bien des éléments pour ravir Jane, mais la voir avancer positivement et se permettre de rire quand Roxane évoquait les souvenirs des batailles de boules de neige qu'elles avaient faites quand elles étaient enfant rassurait réellement Lucas.


« Si tu savais, se souvint Roxane, comme Teddy n'était pas un grand fan et qu'il voyait les premiers jours de neige comme des menaces de froid et d'humidité, je me retrouvais souvent, petite, à m battre seule contre deux Londubat, trois Potter et trois Black.


-D'autant que Papa et James essayaient toujours de participer avec nous.


-Le père de James ressemblait beaucoup à Harry ? Demanda Seamus.


-Oh oui, répondit Roxane, ce sont les mêmes… »


Roxane observa ses amis, elle savait que les deux Serpentards n'étaient pas très à l'aise avec Harry Potter, mais il n'était pas là, alors il n'allait pas gâcher ce bon moment à distance.


« Mais bon, j'ai appris à me débrouiller seule alors je suis devenue assez précise…


-On retient, s'amusa Dean, on ne va pas te chercher des noises. »


Il avait agrémenté son propos d'un clin d'œil anodin envers Roxane. Cette dernière eut toutes les peines du monde à cacher son rougissement. Heureusement pour elle, ils arrivaient enfin au niveau du parc. Visiblement, ils faisaient partie des premiers élèves à profiter de la neige.


« C'est vrai que c'est beau quand… »


PAF


Théo n'avait pas pu finir sa phrase, car il se prenait une énorme boule dans l'épaule. Tous se tournèrent vers l'origine de cette attaque. Daphné se tenait debout, fière de son geste. Elle riait aux éclats avec Clarisse qui préparait déjà ses défenses.


« Les filles contre les garçons ! s'écria-t-elle en lançant une boule particulièrement bien visée sur Dean. »


L'effet fut immédiat. Les filles rejoignirent les deux instigatrices de ce jeu enfantin mais ô combien libérateur pour ces adolescents qui s'étaient toisés avec animosité pendant bien trop longtemps.


« Attention à Roxane, avertit Lucas, elle est un peu vicieuse.


-Je ne suis pas Serpentard pour rien, rétorqua l'intéressée en visant parfaitement Lucas. Touché, tu es éliminé. »


Lucas quitta le terrain de jeu dans un éclat de rire partagé avec tous ses amis.


« Allez les garçons ! Je compte sur vous. »


Hermione ne tarda pas à le rejoindre. Elle appréciait voir ses amis s'amuser, mais elle n'était pas vraiment adepte des batailles de boules de neige. Elle préférait profiter de l'ambiance joviale sans se mouiller.


« C'est équilibré ! constata-t-elle quand elle arriva à hauteur de Lucas.


-Oui, les filles sont très douées. »


Hermione ne put qu'acquiescer. Clarisse et Daphné se ressemblaient un peu sur leur technique. Elles étaient très réactives et se faufilaient facilement entre les projectiles. C'était à rendre fou Blaise qui s'acharnait contre son amie sans jamais arriver à son but. Le rire des deux filles ne cessait de s'amplifier, elle jouait de leur rapidité et se moquait à chaque nouvelle tentative des garçons. Finalement, la fierté de Blaise fut trop importante pour se laisser berner par deux filles. Il fit mine comme à son habitude de viser Daphné, mais, grâce à une feinte de Dean, il s'engagea vers Clarisse qui reçut la boule directement dans le visage.


Un silence s'installa entre les élèves. Daphné, qui était la plus proche, se précipita vers elle. Tandis que le silence continuait, Blaise s'approcha à son tour en bredouillant :


« Euh… Je suis désolé Clarisse, ça va, je ne voulais pas viser la tête, vraiment je suis désolé. »


Comme elle ne répondait pas, il continua d'avancer, visiblement gêné. Il était trop loin pour voir le sourire complice que les deux nouvelles amies affichaient. Quand il fut en mesure de le distinguer, c'était trop tard et, déjà, Daphné s'élançait vers lui avec une boule qui s'éclata majestueusement sur son manteau. Clarisse se releva en riant à pleine dents. Elle tendit sa main à Blaise pour l'aider à se relever. Il accepta à mi-chemin entre la bouderie et l'éclat de rire :


« Il ne faut pas les associer, elles sont diaboliques ! »


Les rires ne cessaient pas. Et ce n'étaient pas Jane et Roxane qui allaient dire le contraire. Les deux adolescentes retrouvaient leur amitié d'enfance. Leur complicité faisait plaisir à voir. Elles se mouvaient avec légèreté sur la neige. Leur coordination était parfaite. Elles-mêmes étaient étonnées de cette communication inconsciente qu'elle partageait. C'était presque comme si elles échangeaient leurs pensées. L'air soufflait délicieusement autour d'elle, faisant voler les cheveux blonds de Jane et rougir les joues fraîches de Roxane. Cette dernière était ancrée au sol comme jamais, comme si elle savait que la terre recouverte de neige était toujours là et ne lui ferait jamais défaut. Quant à Jane, c'était à se demander si elle courait ou volait sur cette neige. Ses pas ne laissaient plus de traces. Elles étaient tellement rapides qu'aucune boule ne pouvait plus les atteindre et leur coordination rendait efficace chacune des attaques de Roxane, cachée par les feintes habiles de Jane. Théo, puis Seamus furent victime de cette stratégie innée des filles et, quand Dean s'étala dans la neige, vaincu par un énième boulet de Roxane, les filles purent crier victoire. Tout le monde était essoufflé, mais les sourires sincères de chacun d'eux.


Roxane et Jane arrêtèrent leur manège incroyable et échangèrent un regard complice. Elles avaient eu conscience qu'il venait de se passer quelque chose qui les dépassait. Elles ne pouvaient pas en parler mais elle savait bien que les Eléments avaient eux aussi participé à cette bataille et, clairement, ils avaient pris parti pour leurs descendants. C'était sûrement pour ça aussi qu'elles avaient autant de facilité à communiquer silencieusement.


Profitant de l'euphorie qui la gagnait, Roxane tendit sa main à Dean pour l'aider à se relever. Il accepta avec joie et se retrouva face à elle. Tout a coup, ce n'était plus le froid qui faisait rougir Roxane. Debout devant elle, il lui adressait le regard le plus intense qu'ils n'avaient jamais partagés. Ses yeux brillaient et semblaient sonder Roxane avec une bienveillance si agréable qu'elle y serait bien restée plus longtemps.


« Bien joué ! La félicita-t-il en souriant. »


Ce sourire ravagea Roxane, elle n'avait jamais senti cela mais adorait cette sensation.


« Vous avez bien lutté, reconnut-elle finalement.


-Bon, il y en a qui ont froid ! S'exclama Clarisse en tremblotant.


-Ah cette année, la gribabouille ne sera pas pour moi ! S'exclama Jane.


-On voit que tu n'as pas passé cinq minutes allongée dans la neige pour que Blaise pense que tu es blessée, bouda Clarisse. »


Si elle avait insisté sur ce fait avec un ton énervé, c'était clairement pour rappeler la fierté qu'elle avait eue en utilisant la ruse de Daphné pour venir à bout de son bourreau.


« Ne fais pas ta maligne, je suis sûre que c'était l'idée de Daphné !


-Evidemment, reconnut Clarisse. Je ne suis pas assez Serpentard pour avoir des idées vicieuses comme ça… Mais que c'était drôle !


-Tu aurais vu ta tête ! Renchérit Daphné.


-Je vous retiens. Bouda Blaise.


-En tout cas, conclut Théo, si tu allies les idées fourbes de Daphné et les initiatives de Clarisse, on risque d'en voir de toutes les couleurs. »


Tout le monde explosa de rire et Daphné et Clarisse se tapèrent la main avec un regard malicieux. Personne ne savait ce qu'elles avaient derrière la tête.

End Notes:

Alors, ça vous a plu? 

A bientôt

Elsa Londubat et son fort caractère by Jane_25
Author's Notes:

Bonjour à tous,

Je vous poste un nouveau chapitre, attention, la fin est un peu crue (signalée après °°°) donc n'hésitez pas à passer si vous ne vous sentez pas, elle n'est pas particlièrement nécessaire à la compréhension de l'histoire,

A bientôt,

Jane

Harry, Ethan et Ron avaient réquisitionné le terrain de quidditch. Enfin avec la neige qui recouvrait désormais complètement le parc de Poudlard, il n'avait pas eu à se battre pour obtenir leur souhait. Tous les autres élèves pensaient qu'ils étaient complètement fous de s'acharner à s'entraîner alors que la température extérieure avoisinait les zéro degrés, mais Harry n'avait jamais froid. Il venait enfin de comprendre la raison de la chaleur permanente qui bouillait en lui depuis sa naissance et, comme il en voulait beaucoup à ses parents de lui avoir menti pendant quinze ans, il avait besoin de se défouler.

 

Ron et Ethan avaient suivi sans trop se poser de questions. Ils accompagnaient toujours Harry quand il était énervé et avait besoin d'expulser l'énorme pression qu'il se mettait.

 

« Vous savez que vous êtes considérés comme des fous par tous les élèves qui savent que vous volez par ce temps ! S'exclama Elsa qui arrivait dans le stade à son tour.

 

-Et toi alors, tu n'es même pas dans l'équipe de quidditch ! Rétorqua Ethan.

 

-Moi, je viens parce que je ne suis pas comme toutes ces filles qui vous regardent et vous admirent parce que vous résistez cinq secondes au froid.

 

-Ce n'est pas très logique… Enfin ça n'a aucun rapport ! Répliqua Ron.

 

-Tu disais qu'on avait des filles qui nous admirait, ignora Ethan, lesquelles ?

 

-Ne crois pas que je vais t'aider dans tes plans, si tu veux être un gougeât et profiter de ta belle gueule pour séduire, c'est ton problème mais ne compte pas sur moi pour t'aiguiller. »

 

Ethan haussa les épaules, il n'était pas vexé, il connaissait le caractère bien trempé d'Elsa Londubat. Ron regardait son ami, amusé par son intérêt grandissant pour la gente féminine. De son côté, il ne voulait pas se poser de questions. Il savait que son manque d'assurance l'empêcherait sûrement de séduire quand il en aurait le souhait alors il était bien heureux de rester derrière Harry pour l'instant.

 

Harry arriva justement au niveau de ses trois amis. Il semblait un peu apaisé par les premiers tours de terrains qui lui avait permis de se lâcher.

 

« Cela ne nous dit pas ce que tu viens faire ici, continua Ethan.

 

-A ton avis ? S'exaspéra Elsa en montrant son balai, je viens regarder le numéro des elfes qui font des claquettes.

 

-Tu n'es vraiment pas drôle, Elsa, reprit-il, tu n'es pas dans l'équipe alors tu ne vas pas t'entraîner maintenant…

 

-Mais je compte bien rejoindre l'équipe l'année prochaine ! S'exclama la jeune blonde.

 

-L'année prochaine, il n'y aura que les places de batteurs de mes frères qui vont se libérer ! Protesta Ron.

 

-Je sais, répondit simplement Elsa, et je compte bien prendre une des deux places. »

 

Ron et Ethan ne surent quoi dire. Ils fixaient Elsa avec les yeux écarquillés. Imaginer la petite blonde sur un balai à armer un cognard avec une batte était un peu difficile.

 

« Bah quoi, s'énerva Elsa. July est bien batteuse chez les Serpentards et, même si je suis loin d'être sa plus grande fane, je dois reconnaître qu'elle se débrouille bien et surtout, bien mieux que ce vieux molosse de Crabbe.

 

-Tu as bien raison, la félicita Harry, amusé par la détermination d'Elsa, il faudra passer par les sélections mais tu as toutes tes chances.

 

-Alors je peux m'entraîner avec vous ? Espéra-t-elle.

 

-Evidemment ! Accepta Ethan, je te faisais juste marcher. »

 

Elsa ne trouva pas cette blague très drôle mais s'abstint de commentaires. Elle était bien trop heureuse de s'élancer sur son balai entourée de trois des meilleurs joueurs de Poudlard. Harry la suivit en souriant. S'il s'était éloigné de nombreux membres de sa famille élargie, il s'était considérablement rapproché d'Elsa depuis son arrivée à Poudlard. Il avait l'impression d'avoir perdu ses sœurs lors de cette maudite répartition et Elsa était arrivée pour combler le manque que cela avait créé chez lui.

 

Par ailleurs, le caractère bien trempé d'Elsa l'avait aidé à tenir tête à July et aux autres Serpentards qui ne pouvaient s'empêcher de le critiquer dès qu'ils le voyaient.

 

L'entraînement fut ludique et agréable pour les quatre amis. Ils ne ressassaient plus la victoire injuste de Serpentard lors du dernier match interrompu, ils s'amusaient juste avec un souaffle en riant.

 

« Je dois reconnaître que j'avais sous-estimé ton niveau, admit Ethan quand ils reposèrent pied à terre.

 

-Tu ferais une super batteur ! Rajouta Ron. »

 

Elsa sourit. Rien ne pouvait la rendre plus fière que la reconnaissance.

 

« J'ai tellement hâte de pouvoir envoyer des cognards vers ces arrogants de Malefoy et July !

 

-Je te reconnais bien là ! Rit Harry en tapant la main d'Elsa.

 

-Je leur laisserai aucune chance, reprit-elle, l'année prochaine, ils ne nous voleront pas notre victoire ! »

 

Les trois garçons furent amusés de cet enthousiasme. Ils étaient certes heureux d'espérer compter un nouveau membre compétent dans l'équipe, mais n'oubliaient pas la rage qu'ils avaient eue quand ils avaient appris que les Serpentards avaient lâchement arraché leur victoire.

 

Harry lança un regard équivoque à Elsa. Il ne fallait pas non plus qu'elle évoque trop ce match, ils savaient tous les deux ce qui avait entraîné une fin de match précipitée et il était primordial que Ron et Ethan continuent de l'ignorer.

 

« Enfin bref, coupa-t-elle, il faudrait peut-être qu'on aille se changer. »

 

Elle suivit les trois garçons vers les vestiaires en discutant joyeusement. Elle aimait déjà l'ambiance d'équipe de quidditch. Quand ils s'arrêtèrent devant une porte, avec un air gêné, elle les regarda avec étonnement

 

« Euh, Elsa, les douches des filles sont de l'autre côté, bredouilla Ron, mal à l'aise. »

 

Elsa tourna la tête et aperçut la porte sur laquelle une joueuse de quidditch invitait les joueuses à rentrer dans le bon vestiaire.

 

« Oh, oui… Comprit-elle, mais je n'ai pas pris d'affaires de rechange. »

 

La pauvre Elsa avait tellement eu envie de voler avec les cinquièmes années de l'équipe qu'elle n'avait pas pensé à ce qu'il se passait après l'entraînement. Le rouge lui monta aux joues alors qu'elle essayait malgré tout de garder une constance. Ron et Ethan observaient son attitude, mi-amusés, mi-gênés pour celle qui restait la sœur d'un de leurs meilleurs amis.

 

Comme d'habitude, Harry prit le rôle du grand frère et la rassura :

 

« Ce n'est pas grave, on va se débrouiller »

 

Il rentra dans son vestiaire sous le regard perplexe de ses deux amis et revint presque aussi vite.

 

« J'ai toujours une tenue de sport de secours, expliqua-t-il, et tu pourras mettre ma deuxième veste de quidditch, elle est propre. »

 

Elsa regarda le tas impropre de vêtement que lui fournissait Harry. Elle n'imaginait pas la dégaine qu'elle aurait dans cet accoutrement, mais elle serait fier de revêtir les couleurs de Gryffondor, même si ce n'était pas pour les bonnes raisons. Et puis, elle était courageuse, alors ce n'était pas parce qu'elle allait flotter dans les vêtements d'Harry qu'elle allait se dégonfler.

 

« Merci Harry ! S'exclama-t-elle joyeusement en se dirigeant vers le vestiaire des filles. »

 

Elle rentra dans la pièce et trouva un vestiaire propre et rangé. Ce n'était pas étonnant l'équipe de quidditch de Gryffondor ne comptait qu'une fille et Jane était une fille très organisée.

 

Elle se saisit d'une serviette propre et se dirigea vers les douches.

 

Elsa avait toujours aimé prendre du temps sous la douche, le contact de l'eau sur sa peau la faisait vibrer. Elle se sentait pleinement vivre dans ces moments-là.

 

Si elle avait remarqué cet intérêt pour l'eau assez jeune, elle avait enfin compris que ça lui venait de sa mer. Elle avait l'élément eau qui lui coulait dans les veines et était tout-à-fait prête à le reconnaître. Que pouvait-elle en faire ? Elle n'en savait rien, mais était certaine qu'elle l'apprendrait bien assez tôt… Mais elle s'impatientait, elle était suffisamment énervée d'avoir attendu ses quatorze ans pour connaître et comprendre son appétence pour l'eau, elle était décidée à ne pas attendre aussi longtemps pour développer de réels pouvoirs.

 

Ses réflexions et son aise sous le jet d'eau firent durer sa douche si longtemps qu'elle n'entendit pas Harry taper à la porte et lui indiquer qu'ils remontaient dans le château.

 

Elle sortit finalement bien plus tard de sa douche et enfila le survêtement d'Harry. Il était bien trop grand pour elle mais plutôt confortable. Quant à la veste de quidditch, elle lui arrivait carrément aux genoux.

 

Elsa s'amusa quelques instants de son reflet, décida de ne pas sécher ses cheveux, parce qu'elle n'était plus trop sûre du sort. Sans doute n'aurait elle un jour plus besoin de sort pour se débarrasser de l'eau qui restait contre ses cheveux, mais, en attendant, elle garderait les cheveux humides. Il lui en faudrait sûrement plus pour attraper la gribabouille.

 

Elsa sortit enfin du vestiaire et se dirigea vers la sortie du terrain de quidditch, son balai à la main.

 

Elle n'avait marché que quelques mètres quand elle reconnut le groupe qui venait à elle. Contrairement à ce que tous pensaient en début de journée, les Gryffondors n'étaient pas les seuls à s'être motivés à sortir voler en cette fraîche matinée de décembre. Face à elles, deux Serpentards venaient à elle. Elsa soupira quand elle reconnut Blaise Zabini. De tous Serpentards, il fallait que ce soit celui avec lequel elle se disputait le plus. Même Drago et July lui étaient plus supportables.

 

De son côté, Blaise coupa net sa conversation avec son coéquipier quand il distingua Elsa. Malgré cette veste beaucoup trop grande pour elle et ses cheveux blonds plaqués contre son cou par une douche récente, il n'eut aucune peine à distinguer les traits de la jeune fille.

 

« Oh, Londubat, qu'est-ce que tu fais là ? La héla-t-il. Tu ne viens pas seulement lécher les bottes de Potter chez les Gryffondor, tu le suis aussi sur le terrain de quidditch.

 

-Potter n'avait pas dit qu'il libérait le terrain il y a une demi-heure ? S'étonna son coéquipier.

 

-Zabini, je ne te demande pas de tes nouvelles donc tu me lâches, nom d'un hippogriffe ! Et, pour votre gouverne, rétorqua Elsa, Harry est parti du terrain il y a bien longtemps. J'étais venue m'entraîner.

 

-Tu t'entraînais à quoi pour finir avec les affaires de Potter sur le dos ? Provoqua Zabini.

 

-Au quidditch, mais je ne suis pas sûre que tu connaisses ! Répliqua-t-elle. »

 

Crabbe avait quitté la conversation et préférait laisser les deux forts caractères se débattre sans lui.

 

« Moi je connais sûrement mieux que toi, reprit Blaise, je suis dans l'équipe de ma maison, pas toi me semble-t-il ?

 

-C'est incroyable, même sans être dans l'équipe de ma maison, je suis meilleure que toi ! »

 

Blaise fut un peu surpris, elle avait du répondant, il devait le reconnaître. Et elle n'était pas prête à le laisser avoir le dernier mot. Et lui non plus ! Il ne supportait pas de la voir ainsi, défiant toute son autorité du haut de sa petite taille. Elle se pavanait dans les affaires de Potter, et dégageait encore plus de fierté qu'à l'accoutumée, et Blaise bouillait à l'intérieur à l'idée qu'elle appartenait ainsi à Harry Potter.

 

« Tu n'en sais rien, répliqua-t-il, pour en avoir une idée, il faudrait que tu joues un réel match contre Serpentard.

 

-Tu veux dire un match où la victoire a réellement un prix, pas comme le dernier ?

 

-Tu es mignonne à rager ainsi comme Potter, tu es vraiment son petit toutou… C'est pour t'assurer une place dans l'équipe l'année prochaine que tu te rapproches ainsi de lui. Mais, tu me diras, vu comme tu es habillée, c'est que ça doit marcher… Dis-moi, tu es vicieuse, c'est un comportement de Serpentard ça. »

 

Elsa le regardait choquée qu'il puisse insinuer quoique ce soit entre Harry et elle. Il se permettait vraiment tout et elle n'allait pas le laisser faire. Elle sentait l'énervement monter. Elle sentait son sang dans ses veines qui appelait la neige autour d'elle, elle avait l'impression qu'elle pourrait simplement ensevelir Blaise sous une montagne de neige, mais quand elle vit que la neige se soulevait réellement du sol, elle prit le parti d'étudier son pouvoir plus tard et d'exploser plus conventionnellement :

 

« Moi, Serpentard ? Jamais je n'aurais l'ombre de ressemblance avec l'un de vous. Je ne suis pas faite pour cette maison qui accueille les enfants sans famille ou, tout du moins, sans amour familial. Désolée, mais tout va très bien pour moi. Maintenant, si tu veux bien, je dois aller retrouver mes amis qui ont plus de cinq mots de vocabulaires pour avoir avec eux une discussion construite. »

 

Sur ces propos, elle laissa le pauvre Blaise ressasser sa relation complexe avec une mère qui cherchait plus à s'enrichir qu'à le rendre heureux.

 

Il secoua la tête et jeta son regard le plus noir sur la blonde qui s'éloignait rapidement, avant de se diriger vers le terrain de quidditch.

 

De son côté, Elsa Londubat était particulièrement énervée, elle n'avait pas l'habitude d'aller aussi loin dans ses propos. Elle savait que ce n'était pas honnête de balancer de tels propos sur les familles des Serpentards depuis que sa petite sœur avait rejoint cette maison.

 

Elle accéléra le pas, rageant intérieurement contre Blaise Zabini qui savait mieux que quiconque la mettre hors d'elle. Elle ne fit pas attention aux regards curieux des élèves qui s'étonnaient de son accoutrement. Elle était tellement énervée que les autres élèves ne lui importaient peu. Elle avait à nouveau besoin d'une douche, merci Zabini !

 

Cependant, elle préféra se rendre directement dans la grande salle, elle avait faim et elle savait qu'elle y trouverait Ron, Harry et Ethan qui l'accompagneraient dans sa médisance contre le Serpentard. Entre sa douche et son altercation, les garçons devaient avoir eu le temps de passer déposer leurs balais dans leur dortoir et de se rendre dans la Grande Salle.

 

Malheureusement pour elle, ils n'étaient pas seuls à avoir opter pour un petit déjeuner tardif. Ils ne s'étaient pas encore attablés car ils étaient à l'entrée de la Grande Salle dans une discussion assez houleuse avec Neville face aux trois rousses de Serpentard.

 

« On voulait juste vous dire bonjour… se justifia Chloé.

 

-Mais c'est vrai qu'on est un peu surprises de vous voir en tenue de quidditch, ricana Juliette

 

-Parce que ça ne vous sert à rien, continua Chloé.

 

-Vous avez beau vous entraîner, on restera meilleures ! Termina Juliette. »

 

Harry souleva un sourcil. Il était à la fois blessé par les propos de ses sœurs, même s'il savait que ce n'était que de la provocation, et étonné par la passivité de Ginny. Il s'apprêtait à répondre quand Neville nota l'arrivée de sa sœur :

 

« Elsa, que fais-tu avec un balai et les affaires d'Harry ? »

 

Elsa leva les yeux vers son frère. Le pauvre Neville n'y était pour rien mais il subit la colère de sa sœur qui ne pouvait plus se contenir :

 

« Qu'est-ce que vous avez tous avec moi aujourd'hui, je vais me foutre à poil si vous préférez ! »

 

Elle empoigna un muffin sur la table de Poufsouffle, ignorant les plaintes apeurées d'un première année et tourna les talons. C'était décidé, elle prendrait une douche immédiatement.

 

« Eh bien, elle est énervée ! Constata Juliette.

 

-C'est un peu excessif, en effet, nota Chloé. »

 

Encore une fois, Ginny qui était habituée à compléter les paroles de ses deux amies ne dit rien. Elle ne supportait plus leur silence à propos de ce fameux secret et la présence d'Harry dans la discussion ne lui permettait pas de prendre sur elle. Elle avait trop affaire ans la maîtrise de ses sentiments.

 

« C'est vrai qu'elle est bizarre quand même, réfléchit Neville, attends Harry, ne me dis pas que si elle a tes affaires c'est que… »

 

Tout le monde se tut devant la supposition de Neville. Ron et Ethan menacèrent d'exploser de rire, les jumelles avaient un air de dégout sur le visage en imaginant leur frère avec celle qu'elles avaient considéré comme une sœur. Ginny aussi avait un air dégouté, mais les raisons étaient toutes autres. Quant à Harry, il mit un peu de temps à comprendre les insinuations de Neville.

 

« Ah mais pas du tout ! S'exclama-t-il en riant. Elsa c'est comme ma sœur Neville, tu le sais bien. »

 

Tout le monde se détendit et Harry se permit même de rajouter :

 

« En plus c'est ta sœur, alors tu imagines bien que c'est impossible ! Les sœurs des amis c'est IN-TER-DIT !

 

-Et tant mieux ! Rajouta Juliette en jetant un regard exagérément dégoûté aux amis d'Harry. »

 

Ginny, elle, ne pouvait que baisser la tête. C'étaient ce genre de propos anodins qui la blessaient tant et lui rappelaient, chaque fois, la situation inextricable dans laquelle elle se trouvait.

 

Pendant ce temps, sur le terrain de quidditch, Blaise filait à toute vitesse pour évacuer sa rage. L'avantage qu'il y avait à s'entraîner avec Crabbe, c'était bien qu'il ne lui poserait pas de question.

 

Il ne comprenait pas comment cette fille pouvait le mettre à ce point hors de lui. Ses phrases étaient plus dures que celles de n'importe quelle autre Gryffondor et ça n'allait pas en s'arrangeant. Du haut de sa petite taille, elle parvenait toujours à trouver les mots qui le feraient sortir de ses gonds et arboraient cet air fier et imperturbable qu'il ne pouvait se sortir de la tête.

 

Alors qu'il avait découvert de nombreux Gryffondors ces dernières semaines, il ne changeait pas d'avis sur elle. Il ne comprenait plus du tout comment elle faisait pour avoir des amis. Après avoir apprécié la compagnie de Jane, Hermione, Clarisse, Dean, Seamus, Lucas et même Ron et Ethan parfois, il ne voyait pas comment ils pouvaient s'entendre avec cette teigne.

 

Au fur et à mesure qu'il accélérait, l'image de la petite Elsa et de ses yeux bleus déterminés s'imposait à son esprit avec une intensité qu'il ne connaissait pas. Plus il y pensait, plus cette image prenait de la place dans son esprit et plus il se sentait frustré. Sa frustration était multiple, il était frustré de ne pas avoir l'esprit libre, mais également de s'être fait clouer le bec une fois de plus et de l'avoir simplement laissé partir.

 

Au bout d'une demi-heure à braver le froid et le vent sans réussir à se changer les idées, Blaise renonça à son entraînement. Tant qu'il avait cette frustration en lui, il ne pourrait pas se concentrer sur son quidditch. Il ne prit même pas le temps de prévenir Crabbe ou de passer par la case douche et quitta le terrain.

 

D'un pas déterminé, il rentra dans sa salle commune à la recherche d'une de ses conquêtes. Il avait toujours entendu sa mère lui parler des relations charnelles comme d'un détail de la vie, d'un exutoire banal, qu'il n'avait jamais réfléchi aux conséquences de ses actes de ce côté-là. Et, ça l'arrangeait bien parce qu'il avait besoin d'un exutoire.

 

Comme à chaque fois qu'il passait le regard sur la salle commune, il croisa les yeux implorants de Tracey Davis. Cette dernière n'avait cessé de lui faire des déclarations depuis leur rencontre et ils avaient déjà couché ensemble à plusieurs reprises. Blaise avait décidé de mettre un terme à ces rapports qui ravissaient Tracey parce qu'il ne voulait pas la décevoir si elle était réellement amoureuse. Pourtant, à cet instant, il n'avait pas d'autre solution et, quand elle se leva et alla vers lui en gloussant, les principes de Blaise volèrent en éclat.

 

Il voulait s'ôter le sourire vainqueur d'Elsa de sa tête. Rien d'autre n'importait.

 

« On va dans ta chambre ? Lui susurra Tracey. »

 

En temps normal, Blaise aurait trouvé ça pathétique, mais là, il entraina vers sa chambre, vide à l'heure qu'il est.

 

Tracey savoura cette union et ne s'offusqua pas de l'empressement de Blaise. Elle ne se plaignit pas non plus quand il la laissa dans son lit après l'acte pour aller dans la salle de bain.

 

Il restait à Blaise le respect nécessaire pour ne pas imposer à Tracey la scène qu'il vivait. En effet, alors qu'il avait tout tenté pour ne pas y penser, l'image d'Elsa Londubat continuait de l'obséder et la frustration grandit encore quand il se surprit à trouver ses yeux perçants, son sourire victorieux et ses cheveux mouillés aussi attirants.

End Notes:

Alors, vous en pensez quoi?


Elsa on l'aime ou pas ?


Son côté féministe ?


La fierté d'Harry ?


Et Blaise ? Affaire à suivre...

Crépuscule inspirant by Jane_25
Author's Notes:

Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien ! Voici un nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira...

En ce dernier samedi après-midi avant les vacances de Noël, Drago, July et Pansy s'étaient isolés de leurs amis pour discuter calmement. Quand ils étaient ainsi tous les trois, personne n'osait les approcher, même s'ils occupaient certainement les canapés les plus confortables de la salle commune des Serpentards. De toutes façons, comme ils faisaient en quelque sorte la loi à l'intérieur de ces murs, ils n'avaient pas à se préoccuper des désirs des premières années qui s'entassaient dans les recoins les plus froids de la Salle. Le château était bien assez grand pour trouver un endroit où il serait à l'aise.


« Je suis fatiguée de cette année et ces cours, soupira Pansy, mais je préfèrerais subir cela toute ma vie plutôt que de rentrer chez moi.


-Moi aussi, renchérit July, honnêtement, une année avec les BUSEs est bien plus agréable que deux semaines chez mes parents.


-Tu exagères ! souffla Pansy, je suis sûre que tes parents vont être ravis de te retrouver.


-Oh, ça je n'en doute pas, admit-elle, mais je ne serai pas ravie de les voir, et encore moins de supporter toute la famille deux semaines alors qu'ils passent leur temps à encenser ma sœur.


-Ah bon ? ta sœur ? S'étonna Pansy, mais elle n'a rien de particulier. »


Drago releva la tête et leva un sourcil. Il n'était pas particulièrement d'accord, il était clair que Jane Black ne leur montrait pas réellement qui elle était, mais il ne pouvait pas dire aux deux filles ce qu'il pensait. Il ne voulait pas lancer July sur sa sœur, elle n'avait pas besoin de lui pour la critiquer. C'était le seul moyen qu'elle avait trouvé pour évacuer toute la jalousie inconsciente qu'elle avait à son encontre.


« Oui, mais aux yeux des parents, elle est forcément au-dessus du lot. Je te rappelle que ce sont des Gryffondors.


-Oui, mais ta sœur, comme Gryffondor on a vu mieux, renchérit Pansy, elle n'est pas courageuse pour une noise. »


July acquiesça en riant. Elle était vraiment déchirée par cette jalousie envers sa sœur jumelle et la critiquer ainsi était devenue une habitude qui allait même jusqu'à l'amuser. Drago, qui avait aimé persécuter cette intrigante fille qui semblait être totalement indifférente à son intimidation quand il était en première année, ne voyait pas l'intérêt de cracher dans son dos quatre ans après.


« Je pense que le pire, c'est quand même le Noël dans le manoir des Potter


-Tu fêtes Noël avec Potter.


-Oui, tous les ans, soupira July. »


Drago laissa échapper un petit rictus. Il savait bien le programme de July pendant les vacances de Noël. Cela faisait déjà cinq ans qu'elle se plaignait à l'approche de cette fameuse soirée.


« Oui, malheureusement, se plaignit-elle.


-Mais au moins, tu peux rester avec Roxane et Teddy.


-Non même pas, ils ne le fêtent qu'un an sur trois avec nous, sinon c'est chez leurs grands-parents.


-Mais qu'est-ce que tu fais chez Potter alors ? »


Drago soupira, il avait entendu cette histoire tellement de fois, que ce soit par July ou d'autres membres de sa propre famille. Les points de vue étaient certes différents, mais le fond restait le même. Et Pansy était, elle aussi, déjà au courant, mais son esprit semblait trop fatigué pour faire le lien.


 


« Mon père a renié sa famille. Alors les parents de James sont un peu ses parents.


-Ah oui c'est vrai, genre ça voudrait dire que ce sont un peu tes grands parents ?


-Complètement, approuva-t-elle, mais honnêtement, ils ne sont pas méchants et vraiment, eux, au moins, ils n'ont pas de favoris dans leurs petits-enfants. Enfin je pense.


-C'est une famille de sang pur les Potter… Enfin, jusqu'à Harry, évidemment.


-Pansy, qu'est-ce qu'on a dit sur la pureté du sang ? Souffla July. »


 


Drago se redressa sur son fauteuil, il savait que ce sujet était sensible dans la salle commune des Serpentards. Il savait aussi que ni Pansy, ni lui, ni aucun autre de leurs amis capables de réfléchir par eux-mêmes – ça excluait Crabbe et Goyle – ne partageait ces idées sur les sangs impurs, mais leurs parents avaient reçu une autre éducation, à une époque où les sangs purs étaient plus nombreux.


Logiquement, ils ne pouvaient pas éternellement se reproduire entre eux, alors l'ouverture aux autres sorciers semblait inévitable. La preuve était la présence de nombreux sangs mêlés et même de nés moldus au sein de la maison Serpentard. Et ce point de vue était celui d'un garçon rationnel, qui ne tenait pas compte des ignominies faites au nom du sang contre d'autres sorciers tout aussi talentueux et méritants qui ne méritaient clairement pas les préjugés qu'on leur attribuait.


 


« Oui, je sais, c'était juste une remarque par réflexe, s'excusa Pansy, je me prépare à rentrer chez moi, je te rappelle.


-Oui, c'est vrai qu'il va falloir que tu remettes ton masque.


-Ne m'en parle pas, intervint enfin Drago, avoir l'air du fils héritier qui ne peut pas faire un pas de travers pendant deux semaines, ça va juste être insupportable. »


 


July acquiesça. Au fur et à mesure de ses années passées proche de Drago, elle avait compris le mal-être réel qui était le sien en présence de ses parents. Son père était tyrannique et toujours en quête de pouvoir après avoir échoué définitivement à devenir aussi puissant qu'il le rêvait et sa mère était plus distante avec lui qu'avec ses amis. Il pensait que c'était pour maintenir une image et forger son caractère pour qu'il soit indépendant.


 


« Je pourrais sûrement négocier pour sortir quelques jours, proposa Pansy, on pourrait se retrouver pour une après-midi ?


-C'est une bonne idée, renchérit Drago, d'autant que je suis majeur et que mon père appréciera si je me montre en société avec vous deux. »


 


Il avait déjà prévu de sortir une fois de son manoir pour accompagner July dans les archives de Sainte-Manghouste, alors il serait bien capable de trouver une autre occasion pour s'extirper de chez lui.


 


« Vous seriez prêt à sortir aux côtés d'une Black ? Demanda July.


-C'est-à-dire ?


-Bah, expliqua-t-elle, je ressemble beaucoup à ma mère qui voudrait être assez discrète avec les médias, mais entre ses succès de médicomagie, son couple idéal avec mon père et leur victoire à Poudlard, il n'est pas rare qu'on me reconnaisse et m'interpelle pour faire l'éloge de mes parents.


-Ce n'est pas à moi que ça arriverait, constata Pansy, mais ça me ferait bien rire de croiser des journalistes.


-Surtout si tu en profites pour prendre de la lumière sur toi, la taquina Drago. »


 


Pansy ne répondit pas immédiatement. July et Drago échangèrent un regard complice. Ils savaient tous les deux que leur amie avait un réel désir de reconnaissance et qu'elle serait prête à tout pour gagner en renommée.


 


« On ne sait jamais, finit-elle par dire, si je veux faire carrière dans la mode, il faut bien que je commence dès maintenant à me faire connaître


-Tu sais qu'on n'a que quinze ans, précisa July, on a le temps avant de faire carrière.


-Tu rigoles, tu ne faisais que répéter que tu voulais devenir joueuse de quidditch, pointa Pansy.


-Oui, on verra pour ça, je me remets un peu en question !


-Tant mieux, comme ça tu ne seras pas encore en compétition avec Potter, parce qu'après dix-sept ans à vous tirer la bourre, ça ne serait pas étonnant que tu en aies assez. »


 


July acquiesça, Pansy avait raison. Mais elle n'était pas sûre qu'elle serait capable de laisser à Harry la gloire sans lui mettre des bâtons dans les balais.


 


« Il veut vraiment faire du quidditch plus tard ? s'enquit Drago, pas que ça me préoccupe, mais bon…


-Je n'en sais rien, répondit July, tu te doutes bien que je ne discute pas trop avec lui de ça… Je ne discute pas du tout avec lui.


-En tout cas, ce sera toujours mieux pour lui que le ministère, sourit Pansy, il pourrait travailler à l'établissement des lois pour les enfreindre toutes derrière puisqu'il adore ça. »


 


Les trois amis rirent, il était reconnu dans tout Poudlard qu'Harry Potter avait toutes les peines du monde à respecter le règlement et se targuait fréquemment d'être passé entre les mailles du filet lors d'une énième frasque.


La soirée fut agréable pour July, elle aimait profiter de ses deux meilleurs amis et de leurs conversations légères. Le temps passait plus vite qu'elle ne l'aurait pensé. Elle aperçut l'horloge magistrale indiquer l'approche du couvre-feu, or elle avait besoin de s'évader avant de se coucher. Ce serait peut-être la dernière fois qu'elle aurait cette liberté avant un bout de temps alors elle ne voulait pas manquer l'occasion.


 


« Oh, je n'avais pas vu l'heure, il faut que j'aille déposer un livre à la bibliothèque avant qu'elle ne ferme, prétexta-t-elle. »


 


Elle ne laissa pas le temps à ses amis de s'inquiéter de l'approche du couvre-feu ou lui poser une quelconque autre question qui l'obligerait à leur mentir directement et sortit directement de la salle commune.


 


« On ne lui dit pas qu'elle est partie les mains vides ? S'enquit Pansy en notant que Drago était tout aussi perplexe qu'elle. »


 


Cependant, Drago avait appris à faire confiance à July. Il ne savait pas ce qu'elle allait faire seule à cette heure dans les couloirs de Poudlard, mais ça ne le regardait pas et il connaissait July, elle lui dirait bien assez tôt de quoi il en retournait.


Il haussa les épaules et s'étira. Il était l'heure pour lui d'aller dormir


Dans les couloirs, July s'assura rapidement qu'elle n'était pas suivie et fonça vers la salle des Quatre Eléments.


 


« J'aurais dû prendre un livre avec moi, ils vont réaliser que j'ai dit n'importe quoi, soupira-t-elle. »


 


Elle arriva enfin dans la Salle. La fenêtre du balcon était grande ouverte. Pourtant, le silence renseignait clairement sur l'absence d'autres élèves dans cette salle. Elle haussa les épaules et courut sans réfléchir pour sauter du balcon. Elle écarta les bras et ses grandes ailes blanches apparurent.


July pouvait souffler, relâcher la pression et sentir l'air faire voler ses cheveux. Avant de revenir dans le tumulte bourdonnant de sa fratrie, elle profitait du silence de Poudlard. Elle pouvait glisser dans les airs sans que personne ne la remarque. Elle ne savait si c'était du ressort de Voldemort ou de la magie des Quatre Eléments, mais elle était tout simplement invisibles aux élèves de Poudlard qui ne connaissaient pas le secret.


Sous cette forme, c'était comme si elle était inexistante aux yeux du monde extérieur, mais intensément puissante en elle-même.


C'était un sentiment unique qu'elle ressentait en fermant les yeux et, ce soir particulièrement, il était amplifié. Elle ne comprenait pas vraiment ce qu'il se passait en elle mais elle était capable de ressentir les plus légères fluctuations du vent, tout comme les risées sur le lac. C'était incroyable, jamais, depuis le match de quidditch elle s'était sentie ainsi. Elle ne voulait pas ouvrir les yeux, elle voulait garder en elle ce sentiment si intense qui lui donnait autant de puissance.


Pourtant, il fallait bien retourner à la réalité et ce fut en se posant dans la cour de la salle des Quatre Eléments que July comprit que les sensations de ce soir avaient été amplifiées parce qu'elles avaient été, inconsciemment, partagées.


Face à elle, tout aussi majestueuse que July, Jane se tenait droite. Visiblement ses cheveux lâchés et son air radieux confirmaient le partage des sensations de July. Et puis c'était logique, quand ils s'unissaient, les enfants des Quatre Eléments multipliaient leur puissance. C'était exactement ce qu'il s'était passé.


Aussitôt, le sourire quitta le visage de July… Et le ciel gronda. Jane ouvrit à son tour les yeux, perturbée par ces sensations contradictoires et tomba nez à nez avec sa sœur.


 


« Ah, comprit-elle. »


 


La déception face à l'air dur de July après cet instant de partage si fort se lui immédiatement sur le visage de Jane. Le ciel continuait de gronder.


 


« Tu l'as fait exprès ? S'enquit July, le ton dur.


-Non, tu peux comprendre que voler me fait du bien, tu ressens la même chose. »


 


July haussa les épaules, elle savait que sa sœur avait raison. Jane ne serait jamais venue ici si elle avait su que July s'y trouvait, mais elle ne voulait pas le lui dire. Le grondement du ciel se fit retentir de plus en plus fort.


 


« July, souffla Jane d'une voix calme et bienveillante. Personne ne te voit, tu n'es pas obligée d'être méchante avec moi. »


 


July la regarda perplexe. Elle n'avait pas dit cela avec crainte on en l'implorant comme elle avait le réflexe de le faire lors des années précédentes. Non, c'était plus de l'exaspération et de l'honnêteté qu'elle percevait dans la voix de sa sœur. Et ça, July ne l'avait jamais vu. Jane était sûre d'elle et supporterait sûrement une attaque de plus, mais elle n'aurait plus aucune utilité.


C'était comme s'il n'était plus possible de blesser Jane après ce qu'elle venait de vivre. D'ailleurs, les sensations du vol coulaient encore dans le corps de July et elles étaient tellement agréables qu'elle ne voulait pas les gâcher pour rien. Elle acquiesça et se surprit à ne pas trouver le léger sourire de sa sœur ridicule.


July fit un signe de tête distant, rangea ses ailes et rentra dans son dortoir.


Jane était surprise du comportement de sa sœur. Curieusement, cette absence de réaction lui faisait plaisir. C'était comme s'il s'agissait d'un pas vers une nouvelle relation entre les sœurs.


Elle rentra, toujours avec ce sourire aux lèvres et se coucha discrètement.


 


 


oO0°0Oo


 


 


« Jane, Jane réveille-toi ! La tira Hermione d'une nuit un peu trop courte. »


 


Jane se retourna dans son lit mais savait que la détermination d'Hermione aurait raison de sa grasse matinée.


 


« Debout, sinon on va manquer le petit-déjeuner ! S'exclama Clarisse. »


 


Jane s'amusa quelques instants du visage souriant de son amie. La pile électrique était déjà en pleine forme.


 


« Oh, non, on ne manque pas le petit-déjeuner, souffla Hermione, sinon Ron va être bougon toute la journée. Vous aviez remarqué qu'il ingurgite l'équivalent de trois repas par petit-déjeuner ?


-Non, coupa simplement Clarisse, mais qu'il y ait Ron ou pas, j'ai faim.


-Vous allez prendre votre petit-déjeuner avec Ron ? »


Les trois amies se tournèrent vers le lit de Lavande. La jeune fille avait apparemment prononcé ces mots.


 


« Oui !


-Non ! »


 


Clarisse et Hermione avaient répondu simultanément contraires. Jane souriait devant la contradiction d'Hermione. Il allait falloir avoir une discussion avec elle.


 


« Parfait, je viens avec vous alors ! »


 


Visiblement, Lavande avait décidé de ne retenir que la réponse de Clarisse. Hermione grogna légèrement mais accepta leur camarade. Les quatre filles se dirigèrent vers la salle commune pour y retrouver les autres.


 


« Ce n'est pas trop tôt ! Bouda Elsa.


-Oh, certaines ont eu du mal à se lever, rit Clarisse.


-La prochaine fois, on ne les attend pas, renchérit Ron, j'ai trop faim, moi.


-Je suis bien d'accord ! Rajouta Elsa. »


 


Si Elsa avait toujours eu un mauvais caractère, elle était clairement plus irascible depuis quelques jours. Les vacances avec sa famille lui feraient sûrement du bien.


 


« Je me dépêcherai alors, promit Jane. »


 


Tout le monde se tourna vers Jane, personne n'aurait pu penser que c'était elle qui avait ralenti ses amies. Jane eut un rire amusé qui ravit tout le monde.


Lucas et Hugo, particulièrement enchantés par le sourire de Jane, laissèrent au reste du groupe un peu d'avance.


 


« Que nous vaut cette bonne humeur ? S'enquit le cinquième année.


-Oh, je ne sais pas, mentit Jane, c'est si rare de me voir sourire ?


-Tu veux une réponse honnête ? demanda Lucas. »


 


Elle se tourna vers lui et son sourcil fut assez équivoque. Les trois élèves explosèrent de rire.


 


« C'est bon, ça va aller, reprit Jane. Je préfère garder ma bonne humeur.


-En tout cas, ça fait plaisir à voir ! Avoua Lucas.


-Merci Lucas, c'est gentil. »


 


Lucas aurait bien cherché à creuser un peu le comportement de son amie, mais il fut interpelé par le groupe de devant.


 


« Lucas, tu peux venir à mon aide, Harry et Ron ne croient pas que j'ai battu un Serpentard à la bataille de boules de neige ? Et comme Dean et Seamus n'ont pas voulu se réveiller, j'ai besoin d'un témoin.


-Alors techniquement, c'est Blaise qui t'a touchée en premier.


-Zabini il est vraiment insupportable ! Balança Elsa. »


 


Personne ne faisait attention à la petite blonde quand elle était de cette humeur.


 


« En l'occurrence, il était plutôt très drôle avec nous ! Se souvint Lucas. »


 


Il développa son propos en laissant les deux Black à l'arrière du groupe.


 


« Vous avez vraiment fait une bataille de neige avec des Serpentards ? S'étonna Hugo.


-Oui, mais c'était il y a quelques jours déjà !


-Je suppose que parmi les Serpentards il n'y avait pas July, soupira-t-il.


-Non, quand même pas. »


 


Jane n'avait pas utilisé son ton déprimé en évoquant sa sœur et Hugo le nota immédiatement. Depuis que ses deux sœurs qui avaient été ses protectrices toute son enfance avaient intégré Poudlard, il les avait vu se déchirer et cela l'avait fait plus souffrir que tout leur entourage.


 


« Pourquoi tu as l'air heureuse alors ? S'enquit-il avec méfiance. On dirait que tu as une nouvelle personnalité. »


 


Hugo aurait pu rajouter qu'il préférait voir sa sœur ainsi, mais il s'abstint de commentaire. Hugo avait toujours appris à poser ses mots. L'exemple de July qui utilisait sa langue pour poser à chaque fois le mot le plus blessant possible envers sa sœur ou lui avait démontré à Hugo qu'il valait mieux s'assurer de l'efficacité de son propos avant de le dire.


Finalement, entre ses sœurs qui se détestaient, de ses parents qui ne le voyaient pas réellement et de ses petits frères qui étaient trop jeunes pour comprendre, Hugo s'était construit dans l'observation. A Poudlard, il était toujours associé à Elsa et, à côté d'elle, il n'était que calme et patience.


Pourtant, Hugo était un vrai Gryffondor, mais, comme sa sœur, il n'abusait pas de son courage pour le montrer à tout bout de champ. Il préférait observer et connaître son entourage. Chaque nouvelle rencontre pouvait lui apporter, mais il ne fallait pas biaiser ses interlocuteurs en se montrant trop.


C'était avec ce raisonnement qu'il était devenu l'oreille attentive de tous les Gryffondor. Il était moins compatissant que Jane, mais son sourire tranchait avec la mine habituellement triste de sa sœur. Alors on lui faisait plus confiance pour remonter le moral.


Enfin, pas aujourd'hui, car Jane était de bonne humeur.


 


« Pour une fois que je souris, on va me reprocher de ne pas être moi.


-Bon, d'accord, alors il ne s'est rien passé, ce n'est qu'un dimanche de plus à Poudlard, abandonna Hugo.


-Je n'ai pas dit ça ! Reconnut Jane.


-Ah ! Tu vois ! J'avais raison. »


 


Hugo fixa sa sœur avec un regard interrogateur, elle en avait dit trop pour s'arrêter là. Jane se surprit à aimer l'insistance légèrement frustrée de son frère. Elle s'assura que les autres ne pouvaient pas entendre et raconta la rencontre pacifique qu'elle avait eue avec July.


 


« C'est tout ? S'étonna Hugo, néanmoins heureux de ce comportement mature de la part de leur sœur.


-C'est déjà énorme, je te rappelle qu'on parle de July. »


 


Hugo acquiesça, sa sœur n'était pas des plus dociles.


 


« Je suppose qu'il vaut mieux ne pas en parler, comprit Hugo.


-Oui, je pense que ça la vexerait si on se moquait d'elle en disant qu'elle n'a pas été méchante.


-On ne la changera jamais complètement, sourit Hugo avant de changer de sujet rapidement. »


 


En effet, à l'approche de la Grande Salle, il valait mieux éviter de trop en dire devant toutes ces oreilles qui trainaient.


Cherchant discrètement des yeux sa sœur à la table des Serpentard, Jane et Hugo tombèrent sur le regard vague de Teddy et lui adressèrent un signe de la main.


Teddy répondit en souriant. Il venait de voir le grand groupe de Gryffondor rentrer dans la Grande Salle, menée par la petite Clarisse. Il sourit en voyant qu'elle n'abandonnait pas son énergie débordante, c'en était presque fascinant.


 


« A qui tu disais bonjour ? S'enquit Roxane face à lui.


-A Jane et Hugo, ils viennent d'arriver dans la Grande Salle.


-Ils sont marrants ton frère et ta sœur, on dirait qu'ils complotent, souligna Daphné en interpelant July. »


 


Celle-ci acquiesça sans trop faire attention.


 


« Je peux très bien faire ma complice avec Eliott, s'ils veulent, marmonna-t-elle plus pour elle que pour ses amis.


-Enfin, Eliott il a onze ans, ce ne sont pas les mêmes discussions quand même, reprit Daphné. »


 


Elle décrocha un sourire chez ses amis mais changea vite de sujet pour ne pas pousser à bout la fureur de July,


 


« Mais ils ont l'air de bien rigoler les Gryffondors.


-C'est vrai qu'on a bien ri avec eux lors de la bataille de la semaine dernière.


-Vous avez fait une bataille de boules de neige ? S'étonna Teddy. »


 


Teddy n'avait jamais aimé lancer de la neige, principalement parce qu'il était souvent victime des projectiles d'Harry, James et Sirius qui ne le faisaient pas rire mais, chaque année, il avait le droit à deux jours de gribabouille cloué au lit.


De manière générale, Teddy n'était pas celui qui se dépensait le plus, il préférait s'instruire et trouvait ainsi un moyen de rendre fier son père. Rien ne rendait le rendait plus heureux que le regard ému et fier de son père. Il était discret et silencieux mais il valait toutes les accolades viriles que partageaient James et Harry.


 


« Oui ! S'exclama Daphné, c'est grâce à Clarisse, elle est super forte.


-Je te rappelle que je l'ai eue ! Protesta Blaise.


-Oui, mais tu ne t'es toujours par remis de notre vengeance… Rit Daphné.


-Notre victoire, même ! Renchérit Roxane. »


 


Théodore rit avec les deux filles. Il fallait dire que la tête de Blaise était amusante.


 


« Mais, c'était quand ? S'enquit Pansy.


-Après un cours d'histoire de la magie, le premier jour où il a neigé. Se souvint Roxane.


-Ah, oui ! C'était beau, se rappela Pansy.


-On en refera sûrement, annonça Daphné, c'était bien trop drôle pour s'arrêter là.


-Et j'ai une revanche à prendre ! Menaça Blaise sous les rires de ses amis. »


 


Teddy ne riait pas, il était trop occupé à imaginer la scène. Il voyait très bien Daphné et Clarisse comploter pour se défaire de Blaise.


 


« Arrête de bouder, Teddy, on sait que tu n'aimes pas les batailles de boules de neige, soupira Roxane.


-Promis, on ne te forcera pas, quoique les garçons auraient peut-être besoin, renchérit Daphné. »


 


La jeune fille continuait sa provocation et le rouge sur les joues de Blaise ne faisait que s'intensifier.


 


« Je crois bien qu'Hermione était bien contente d'observer tout ça, elle a sûrement fait exprès de se faire toucher en premier.


-C'est vrai, ça peut être une bonne technique, renchérit Pansy. »


 


Teddy ne répondit pas, il était perdu dans ses pensées. Il n'avait jamais aimé les batailles de boules de neige et, pourtant, il n'avait qu'une envie, c'était de pouvoir être témoin direct de ce récit si amusant qui mettait en scène des personnages qui l'intéressaient plus qu'il ne se l'admettait.

End Notes:

Alors que pensez-vous de ce chapitre?


 


Alors, on en sait plus pour July... Ce n'est pas qu'une petite gamine sadique quand même...


Pansy elle est amusante?


Les soeurs qui se détestent mais sont plus puissantes ensembles?


Hugo, le petit frère idéal?


Teddy, à votre avis, il comprend ce qui lui arrive?


Sinon, on commence à avoir quelques informations sur tous les personnages, alors pour vous, quel est le préféré?

Poudlard express by Jane_25
Author's Notes:

Salut à toi cher lecteur!

Bienvenue dans ce chapitre 16 qui est le plus long que j'ai fait dans cette fanfiction.

Avant de commencer, je voulais te remercier d'en être arrivé jusque là. Je suis touchée d'être lue.

Je suppose que si tu es arrivé là, c'est que cette histoire te plait un peu, alors tant mieux! Je suis désolée de ne pas être très régulière dans ma publication, c'est assez difficile de trouver le temps!

Voilà voilà, quoiqu'il arrive, merci d'être là et j'espère que ce chapitre va te plaire, il est un peu différent de ce que je propose d'habitude!

Bonne lecture!

Le sifflement de la locomotive retentit tel un cri strident dans la gare de Pré-Au-Lard et, déjà, le village n'était plus qu'un point à l'horizon.

Le front contre la vitre, Neville observait le paysage blanc défiler. Les élèves s'apprêtaient à rentrer chez eux pour les vacances de Noël. Le premier trimestre était passé si vite qu'il avait l'impression d'avoir quitté ses parents seulement quelques jours auparavant. Pourtant, en faisait le point, il se sentait différent, sûrement à cause de la révélation du secret de sa mère.

Neville avait un peu discuté avec Elsa et ils s'étaient accordés pour dire que cette appétence pour tout ce qui touchait à l'eau avait toujours été présente chez eux et qu'ils l'avaient enfin comprise.

Parfois, Neville se surprenait à influer le flux d'un cours d'eau par la simple pensée. Il n'était encore jamais allé plus loin mais ne doutait pas qu'il avait en lui les capacités d'en faire plus. Il ne serait sûrement jamais aussi puissant et majestueux que les Black avec leurs ailes mais il pouvait néanmoins espérer un peu plus.

Cependant, Neville savait qu'il lui faudrait dépasser ses complexes pour assumer de tels pouvoirs et, dans l'immédiat, il s'en sentait incapable. Il allait sûrement se faire dépasser par sa petite sœur si déterminée, mais il ne savait pas comment s'affirmer et assumer ses pouvoirs, il avait trop peur pour essayer.

« Tu rêves Neville ! L'interpella Elsa alors qu'elle monopolisait la conversation. »

Neville décolla sa tête de la fenêtre et regarda sa sœur. Il avait eu la surprise de la trouver en entrant dans ce compartiment où Hugo l'avait convié en lui indiquant qu'ils ne devaient y trouver que le jeune Louis Lupin et son ami Dylan Barrow. Mais, quand ils avaient ouvert la porte, Elsa était déjà assise sur son siège, en bavardant gaiement avec les deux premières années et Colin Crivey qui vouait à Elsa une admiration assez incompréhensible.

Neville n'avait pas pu faire demi-tour et avait accepté le monologue habituel de sa sœur en silence.

« Je te comprends, reprit-elle, on a eu un trimestre compliqué, surtout avec les Serpentards qui sont de plus en plus insupportables.

-Je les trouve plus agréables, justement, contredit Hugo.

-Je suis plutôt d'accord, approuva Neville. »

Elsa regarda les deux garçons, leva un sourcil et s'apprêtait à protester quand Colin attira l'attention sur ses photos du dernier cours qu'il avait eu avec Elsa. Elle renonça à s'énerver contre son frère et son ami et les laissa, momentanément, à leur discussion.

« Tu as l'air un peu fatigué, en effet, s'inquiéta Hugo.

-Oh, c'est juste qu'une petite pause dans ce rythme effréné me fera le plus grand bien.

-Je te comprends. Moi, au moins, j'ai mon dortoir où je suis plutôt au calme tous les soirs, il n'y a que Colin qui parle dans son sommeil, donc c'est plutôt tranquille.

-C'est différent dans le dortoir des cinquièmes années, crois-moi. Soupira Neville. Même si je n'en changerais pour rien au monde, je suis bien trop heureux d'être avec mes amis.

-Vous devez bien rire tous ensemble, supposa Hugo. »

Neville acquiesça, le sourire aux lèvres et les yeux rêveurs. Il décida de baisser le ton de sa voix pour raconter à Hugo.

« Pas plus tard qu'avant-hier soir, Seamus a voulu tester un sort qui lui permettait de faire son lit automatiquement, il a essayé de répéter ce que sa mère disait quand elle faisait sa chambre, mais, comme d'habitude, il s'est trompé et son lit a fondu, alors on lui a prêté des coussins pour lui faire un matelas, mais ça n'a pas suffi, on l'a retrouvé le matin dans le lit de Dean. Le pauvre, il a fait une de ces têtes quand il a découvert ça. Ethan a immédiatement pris une photo et Harry riait tellement qu'il n'arrivait plus à respirer. Même Lucas a explosé de rire, alors que ce n'est pas vraiment son genre.

-J'imagine bien la scène, s'amusa Hugo.

-Avec les garçons, ça n'arrête jamais.

-Je te comprends, je suis d'accord avec toi, le rassura Hugo, parfois il faut être un peu au calme. »

Neville acquiesça silencieusement sous le regard bienveillant d'Hugo.

« On est un peu les deux calmes de la famille, rappela Hugo.

-C'est clair que ça ne va pas être ma sœur, sourit Neville en se tournant vers Elsa.

-C'est sûr ! »

Neville continuait de sourire. Ces quelques mots avec Hugo l'avaient apaisé, il avait besoin de relativiser fréquemment pour se rappeler la chance qu'il avait d'avoir ses amis et sa famille si proches de lui. Même le fort caractère d'Elsa était un cadeau de Merlin.

Les deux amis reprirent donc la conversation d'Elsa, qui, visiblement, n'avait pas changé de sujet.

« Ils sont quand même insolents les Serpentards, on voit qu'ils sont prêts à tout pour nous écraser, alors qu'ils sont insignifiants, c'est comme cet abruti de Zabini, qu'il peut être exaspérant lui ! Je vous jure, chaque fois que je le vois, j'ai envie de l'exploser. Alors qu'il ne mérite même pas l'ombre de mon intérêt. »

Elsa critiquait vivement les Serpentards. Comme à son habitude, les pires qualificatifs étaient attribués à Blaise Zabini, mais Elsa ne s'en rendait pas compte. Tout ce qu'elle voyait, c'était le souvenir de leurs altercations, de son caractère bien trempé qui lui faisait parfois de l'ombre et qui la sortait de ses gonds fréquemment.

« C'est quand même incroyable de voir à quel point tu les détestes, souffla Hugo, surtout qu'ils ne sont pas tous méchants, certains ne t'ont rien fait.

-Oh, s'énerva Elsa, vous n'êtes pas possibles tous les deux, vous allez arrêter de faire vos pacifistes avec nos ennemis. Je vais aller voir les garçons, avec eux, je suis sûre que je ne vais pas finir au fan club des serpis. »

Sur ces mots, Elsa se leva et claqua la porte du comportement. Hugo et Neville la suivirent du regard. Ils étaient accoutumés aux impulsions d'Elsa. Et elle avait raison, au fond, si elle voulait continuer à critiquer les Serpentards, elle aurait plus de soutien avec Harry, Ron et Ethan.

Elsa n'accorda plus un regard au compartiment de son frère. Elle traversa les wagons sans se préoccuper des pauvres élèves qu'elle bousculait et arriva à son but. Seulement, dans le compartiment qu'elle ouvrit, elle ne trouva ni Ethan, ni Harry, ni Ron, mais Clarisse, Hermione, Jane et leurs deux greluches de camarades de chambre.

« Elsa, viens avec nous, l'invita Clarisse. »

Elsa hésita deux secondes. Après tout elle avait décidé de rejoindre les garçons, mais le sourire de Clarisse et l'ambiance détendue de ce compartiment la convainquit. Elsa s'assit sur le siège qu'on lui indiquait. Elle lança un regard légèrement méprisant à Lavande et Parvati. Elles n'étaient pas vraiment amies et, ne les ayant pas dans son dortoir, Elsa ne les connaissait que comme colporteuses de ragots. Lavande et Parvati ne s'inquiétèrent pas de cette réaction et laissèrent Elsa intégrer la conversation :

« Et tu as hâte de retourner en France ? S'enquit Hermione.

-Oui, ça va être super, ce sera la première fois que je fêterai Noël à Paris !

-Oh, j'aimerais tellement visiter Paris ! soupira Hermione.

-Je te rapporterai des souvenirs, promit Clarisse. »

Hermione sourit. Elle était vraiment heureuse d'avoir retrouvé Clarisse cette année. Quand la jeune brune leur avait annoncé son départ pour la France, Hermione et Jane avaient réellement cru que cela signait la fin de leur amitié. Mais Clarisse était revenue. Son père avait reconnu que ça ne changeait rien pour lui qu'elle passe sa scolarité en France ou en Ecosse, puisqu'elle était en internat tout au long de l'année.

Clarisse était très différente de la studieuse Hermione et de la silencieuse Jane. Elle était l'énergie du groupe et c'était surtout la première qui avait appris à discuter avec les deux filles, alors qu'elles semblaient inatteignables aux yeux des autres élèves.

 

« Tu vas rencontrer des garçons aussi, pouffa Lavande.

-Enfin, pour deux semaines, l'intérêt n'est pas énorme, relativisa Hermione.

-C'est parce que tu ne t'intéresses pas aux garçons que tu dis ça ! Reprit Parvati. »

 

Hermione se tourna vers Parvati, étonnée de cette réflexion, mais ne se donna pas la peine de répondre.

 

« Enfin, pour toi les garçons sont tes amis, tu ne les vois pas encore autrement, se justifia Parvati. »

 

Hermione échangea un regard avec Jane. Clairement, Parvati était en train de s'enfoncer.

 

« Oui, renchérit Lavande. Tu es toujours avec Harry et Ron. »

 

Apparemment, elles étaient deux à s'enfoncer.

 

« D'ailleurs, ça fait quoi d'être toujours avec Ron ? Il doit être trop chou avec toi ?

-Trop chou ?! s'étouffa presque Hermione de surprise. »

 

Face à elle, Clarisse et Jane retenaient un éclat de rire.

 

« Au moins, si on en doutait encore, chuchota Clarisse à Jane, elle est clairement intéressée par Ron. »

 

Si Jane et Clarisse avaient réussi à cacher leurs pensées à Parvati et Lavande, Hermione ne quittait pas sa mine déconfite et Elsa ne savait pas garder sa langue.

 

« Mais, tu connais Ron ? S'enquit-elle, je veux dire tu as déjà parlé avec lui plus d'une dizaine de minutes. »

 

Lavande regarda Parvati et le rouge lui monta aux joues. Elle fit timidement non de la tête.

 

« Je me disais bien aussi ! Souffla Hermione. »

 

Hermione connaissait très bien Harry et Ron. Elle connaissait le Harry qui n'avait pas besoin de se montrer et qui ne s'imposait pas non plus en chef de la grande famille des enfants des Maraudereuses. Mais elle avait aussi découvert Ron. Il n'était clairement pas « trop chou » comme pouvait rêver Lavande, mais il était un ami. Elle le connaissait mieux que quiconque et avait appris à aimer sa personnalité peu assurée mais fière de sa famille, de ses amis. Elle savait absorber la pression inconsciente qu'il se mettait pour être au niveau de ses frères, des Gryffondors ou de ses amis.

Hermione sourit en pensant aux nombreux repas où elle avait soufflé face à l'appétit incontrôlable de Ron. Avec le recul, elle le trouvait plutôt touchant au milieu de toutes les assiettes qu'il se servait. Avec Ron, elle n'avait pas besoin de penser à son image ou de se mettre des barrières. Elle était elle-même. Bien qu'il ne partage pas sa passion pour les livres et le savoir, il la respectait. Hermione aimait particulièrement le regard impressionné que lui adressait Ron quand elle exposait une théorie ou autre découverte qu'elle avait lu dans un livre.

Hermione fut tirée de ses pensées par Clarisse qui ramenait la conversation sur des terrains plus classiques :

 

« Et toi, Jane, as-tu hâte de rentrer chez toi ? »

 

Jane acquiesça en souriant légèrement.

 

« Oui, évidemment, ça fait toujours du bien de retrouver la famille.

-Je suis sûre que tes parents t'attendent pour faire du babysitting, supposa Clarisse.

-Sûrement, mais Isaac est tellement adorable que je suis plus que volontaire pour m'occuper de lui, expliqua Jane.

-Isaac, c'est qui ? S'enquit Lavande qui avait, momentanément, arrêté de rêver de Ron.

-C'est mon petit frère, il a tout juste trois ans, répondit Jane, mais je ne le vois pas grandir puisqu'il est né quand nous étions déjà à Poudlard.

-Tu dois profiter des vacances pour passer du temps avec lui, ajouta Hermione. »

 

Jane acquiesça en souriant. Si elle avait été un peu étonnée quand ses parents lui avaient annoncé qu'ils attendaient leur cinquième enfant, presque dix ans après le quatrième, elle avait été conquise par le petit Isaac qui la faisait craquer d'un simple regard.

 

« Oui, j'aime beaucoup m'occuper de lui, reconnut Jane, il est adorable.

-Tu sais déjà s'il a le caractère rebelle de ton père et July ou plus observateur de Hugo et toi ? S'enquit Parvati.

-On a un peu le temps pour ça, non ? Répliqua Hermione. »

 

A la mention de sa sœur, Jane soupira. Si July lui avait donné un grand espoir lors de leur rencontre dans la salle des Quatre Eléments, elle avait bien vite repris son comportement dominant et ses regards hautains lorsqu'elles se croisaient. Cela avait à nouveau attristé Jane mais la belle blonde gardait en elle l'espoir de reconstruire une relation plus acceptable avec sa sœur, au moins quand elles ne seraient que toutes les deux.

 

« On verra bien, en effet, soupira Jane. »

 

Elle ne s'inquiétait pas trop pour Isaac. Il avait trop d'écart avec elle. Quand il rentrerait à Poudlard, il n'y aurait presque plus d'enfants des Maraudeurs et ça lui promettait une scolarité bien plus paisible.

 

« J'espère qu'il ne deviendra pas comme ta sœur, elle est vraiment insupportable ! s'exclama Parvati. »

 

Hermione écarquilla les yeux face à cette remarque. Jamais elle ne se serait permise de faire une remarque sur Padma devant Parvati, tout comme elle s'interdisait de mentionner July quand elle n'était pas seule avec Jane. Mais Jane semblait habituée à l'absence de filtre de ses camarades de dortoirs.

 

« Tout ce qui m'importe, c'est de passer du temps avec ma famille maintenant, sans se préoccuper de qui va devenir quoi… Juste être ensemble.

-Finalement, c'est le plus important à Noël, renchérit Lavande avec un air sérieux qui ne lui allait pas forcément. »

 

Jane acquiesça cependant, pour la remercier de son soutien. Hermione soupira devant la vacuité de ces propos, mais Jane ne s'en formalisa pas. Elle savait que Lavande voulait être gentille en disant cela et, comme toujours avec Jane, elle était touchée par l'attention.

 

« Tu as raison Lavande, l'encouragea-t-elle sous l'œil circonspect d'Hermione. Et toi, Hermione, tu vas faire quoi pendant tes vacances ? »

 

Le changement de sujet était évident, mais ce n'était pas important pour Jane. Il fallait donner à Hermione un sujet sur lequel elle pourrait parler au lieu de noter les incohérences de Lavande. Hermione n'avait jamais été amie avec Parvati et Lavande, mais, depuis quelque temps, elle vouait une haine incompréhensible à Lavande.

 

« Euh… Je vais retrouver mes parents, je vais sûrement les aider dans le cabinet de dentiste…

-De quoi ? S'enquit Parvati.

-Dentiste, expliqua Clarisse pour épargner Hermione qui était lasse de raconter sa vie de moldue à tous les curieux qui l'entouraient, ce sont les médicomages des dents pour les moldus. »

 

Lavande et Parvati acquiescèrent, mais s'abstinrent de commentaires. Cela permit à Hermione de continuer :

 

« Je vais surtout profiter de ces deux semaines pour travailler. C'est important de ne pas prendre de retard.

-Hermione, soupira Clarisse entre deux sourires, tu as déjà anticipé tous les devoirs des vacances, tu es loin d'être en retard.

-Tous les devoirs des vacances ?! S'exclama Elsa qui avait volontairement laissé la conversation quand elle évoquait la complexe famille Black.

-Oui, mais ce n'est pas si impressionnant, surtout que nous avons les BUSEs à la fin de l'année, nous !

-Mais, protesta Clarisse, aucun de nous a prévu de terminer le programme de sixième année pendant les vacances de Noël ! »

 

Sous les rires des filles, Hermione rougit ostensiblement.

 

« Non, souffla Elsa, ne me dis pas que tu as prévu de faire le programme de sixième année.

-Bah, en fait, bredouilla Hermione, j'ai déjà commencé.

-Mais tu ne sais même pas quelle BUSEs tu vas avoir ! S'étonna Lavande.

-Oh, si elle le sait, répliqua Clarisse, elle les aura toutes.

-Mais non, rétorqua Hermione, tu n'en sais rien.

-Je te connais tu es dans les trois premiers de chaque matière, se justifia Clarisse.

-A ce point ? s'étonna Elsa. Mais tu n'aurais pas dû être à Gryffondor, mais à Serdaigle, en fait.

-Tant que je ne suis pas à Serpentard, j'accepte ! Rit Hermione. »

 

Les filles rirent à cette petite blague. Même si elle vexait Jane qui voyait toujours en Serpentard une partie de sa famille, elle avait le mérite de détendre l'atmosphère.

Enfin, elle ne semblait pas drôle pour tout le monde. Parvati et Lavande avaient l'air de s'impatienter en regardant leur montre magique à plusieurs reprises.

 

« Tout va bien les filles ? Demanda Jane qui avait été observatrice et s'était étonnée de leur comportement.

-Oh, oui, on se demandait juste si on allait rejoindre les garçons ou s'ils allaient venir jusqu'à nous ?

-Les garçons ? reprit Clarisse.

-Bah, nos amis, précisa Parvati.

-Euh… enfin vos amis, expliqua Lavande, Ethan, Harry et… et Ron. »

 

Elle avait soufflé le prénom de Ron avec une intonation plus expressive. Si ce ton semblait exaspérer Hermione, il fit rire Clarisse et Jane qui échangeaient déjà un regard complice.

 

« On ne va pas les rejoindre, s'exaspéra Hermione, et ils ne vont pas venir. Vous avez vu la place qu'on a dans ces compartiments ? On ne va pas se frotter les uns contre les autres pour tous rentrer. »

 

Elsa, Clarisse et Jane explosèrent de rire en pensant à cette image. Mais Lavande et Parvati ne s'attendaient pas à cette réponse.

 

« Ah bon ? Firent-elles, visiblement déçues. »

 

Et Lavande, tout comme Parvati, allait être déçue jusqu'à la fin du trajet, parce que les garçons n'avaient pas prévu de bouger de leur compartiment bien confortable dans lequel ils refaisaient joyeusement le monde.

 

Lucas, Harry, Ron, Dean, Seamus et Ethan avaient laissé le compartiment habituel aux filles pour s'installer un peu plus loin. Ils allaient tous rentrer chez eux et voulaient profiter encore quelques instants de l'ambiance joviale qu'ils partageaient dans leur dortoir.

 

« C'était quand même incroyable, tu étais si mignon à côté de Dean, se rappela Harry.

-J'avais juste besoin d'un lit et c'était le plus proche, bougonna Seamus qui s'en voulait encore d'avoir fait exploser son lit.

-J'espère bien que tu n'as pas fait exprès de venir avec moi ! s'exclama Dean en riant.

-Tu aurais pu aller chez Neville s'il ne bougeait pas tant en dormant aussi ! Nota Ethan, lui aussi hilare.

-D'ailleurs, il est où Neville ? Demanda Ron.

-Je l'ai vu avec Hugo tout à l'heure. Il doit se reposer, annonça Lucas.

-Il a besoin de se reposer, lui, dit Seamus, pourtant, il a dormi sur un bon lit ces deux dernières nuits. »

 

Les cinq Gryffondors repartirent dans leurs éclats de rire. La mine fatiguée et boudeuse de Seamus continuait de les rendre hilares.

 

« J'espère que Dumbledore ou MacGo m'auront trouvé un nouveau lit pour la rentrée, sinon je change de dortoir, je vous le dis.

-Tu ne pourrais pas te passer de nous ! déclara Ethan entre deux rires.

-Tu vas voir, je suis sûre que je pourrais trouver des camarades de chambre plus tolérants.

-Tant que tu ne vas pas à Serpentard, tout va bien, le menaça presque. »

 

Lucas arqua un sourcil, il trouvait toujours ce genre de remarque surprenante et à la limite du respect.

 

« Oh, non, ne t'inquiète pas, je préfère encore le sol des toilettes de Mimi Geignarde aux Serpys.

-Je te comprends, renchérit Ethan, Serpentard, c'est vraiment impossible d'y mettre un pied.

-Mais pourquoi vous les détestez tant ? Osa enfin demander Lucas. »

 

Les rires stoppèrent immédiatement. Les cinq anciens se tournèrent vers leur nouvel ami avec un air grave.

 

« Je veux dire, se justifia calmement Lucas, je suis là depuis plus de trois mois et, pourtant, je n'ai pas l'impression qu'ils soient si invivables. En général, on ne les voit pas, et même, ils sont parfois sympas, alors pourquoi on se dispute avec certains d'entre eux dès qu'on les croise ? »

 

Lucas ne semblait pas gêné de poser une question si dérangeante. D'une part, il était réellement curieux de comprendre le ressenti de ses nouveaux amis, d'autre part, il voyait bien tout le mal que ces altercations faisaient à ses amis et leurs frères et sœurs. Alors il devait y avoir quelque chose qui les touchait particulièrement.

 

« Ce sont leurs fautes, ils ne peuvent pas nous laisser tranquille, déclara Ethan. Dès qu'ils nous voient, ils nous agressent.

-Enfin, j'en ai rencontré avec lesquels on s'est bien entendu, on a même bien rigolé lors de la bataille de boules de neige.

-C'est vrai, renchérit Dean. Daphné, Théo et Blaise ont été drôles pendant cette bataille, et Roxane est vraiment gentille.

-Ce ne sont que les gentils de Serpentards, expliqua Harry, mais dès qu'ils sont en présence de leurs petits chefs que sont Malefoy, Parkinson ou Black, ils redeviennent aussi insupportables. Et dès qu'on passe devant eux, ils nous insultent.

-D'après ce que j'ai vu, on les insulte autant qu'ils nous insultent, avait constaté Lucas, c'est un peu gros de dire joué à « c'est eux qui ont commencé ». On n'a plus cinq ans quand même. »

 

Il n'y avait aucun reproche dans la voix de Lucas. Il était le seul qui pouvait ainsi exposer ces faits au fier Harry Potter et au borné Ethan Brooks sans passer pour un donneur de leçon et se voir envoyer paître avec un ou deux sorts au passage.

 

« C'est parce qu'ils sont vicieux qu'il nous arrive de les attaquer, se justifia Harry, pour ma part, ils se sont attaqués à mes parents et ça, je ne leur pardonnerai jamais.

-Après, reconnut Dean, ce ne sont pas tous les Serpentards qui ont fait ça. Et puis, c'était il y a vingt ans, non ? »

 

Lucas se tourna vers Dean, à la fois étonné et ravi d'avoir son soutien. Dans ce groupe qu'il avait intégré en arrivant à Gryffondor, Lucas avait tout de suite noté que Dean en était le plus pacifiste. Il n'était pas têtu comme Harry et Ethan, ou suiveur comme Neville et Ron. Il n'était pas non plus inscrit dans ses convictions comme Seamus. Il ne connaissait pas les rouages de Poudlard et avait découvert les maisons en même temps que tout le reste, en tant que Né-moldu.

 

« Oui, mais ce sont les descendants directs des Serpentards les plus dangereux que nous avons face à nous, argumenta Ethan.

-Il faut se méfier d'eux, Malefoy père pourrait enrôler son fils et d'autres de ses amis pour parvenir à ses fins, cracha Harry.

-C'est quand même un peu paradoxal Harry, nota Lucas, tu es le premier à aimer tes parents mais à avoir soif de reconnaissance personnelle. Tu rêverais de ne plus être uniquement le fils Potter mais véritablement Harry, alors tu peux concevoir que certains élèves veulent aussi se défaire de l'héritage de leurs parents. »

 

Les propos de Lucas semblaient faire du chemin dans certains cerveaux. Si Harry semblait hermétique à ces réflexions, elles eurent le mérite de renforcer le soutien de Dean pour Lucas.

 

« C'est vrai, approuva-t-il, en plus, ils ne peuvent pas être fiers de leurs parents, eux, alors ils veulent encore plus en être détachés. »

 

Même Ethan commençait à accepter le point de vue de ses amis. Il ne restait plus qu'Harry et Ron qui semblaient définitivement bloqués à l'idée d'accepter des Serpentards.

 

« Je pense également, renchérit Lucas, que vos parents vous ont appris la tolérance, à accepter les autres donc les Serpentards en font partie, non ? »

 

Harry secoua la tête et, à côté de lui, Ron semblait dépité :

 

« Je pourrais les accepter, comme tu dis, s'ils étaient ouverts.

-Tu ne peux pas comprendre Lucas, d'ailleurs aucun de vous ne peut comprendre en dehors de Ron, rajouta Harry, Serpentard a failli détruire nos parents, mais, maintenant, il explose notre famille.

-Serpentard a pris ma sœur. Souffla Ron, les dents serrées.

-Il m'a enlevé mes deux sœurs. Les jumelles étaient mes meilleures amies et, d'un coup, elles n'étaient plus rien. D'abord, ils ont pris July, et, en une journée, elle n'était plus elle-même, mais j'aurais pu m'en remettre si mes sœurs n'avaient pas disparu sous le joug des Serpentards et, ça, je ne sais pas si je pourrais passer au-dessus. »

 

Harry était tout rouge. Les préjugés d'enfants de onze ans avaient entraîné une séparation qui aurait dû être courte et superficielle, mais l'animosité historique entre les deux maisons et les caractères complexes des enfants des Maraudeurs avaient fait de cette séparation anodine un clivage profondément ancré dans les inconscients.

Lucas n'alla pas plus loin dans son investigation. Il avait compris que cette rivalité était d'abord un problème d'ordre émotionnel ou affectif et que les raisonnements rationnels échoueraient inexorablement à apaiser les tensions.

 

« Ma sœur me manque, conclut simplement Ron. »

 

Il n'avait pas besoin d'en dire plus. C'était trop difficile pour lui. Il se souvenait de la relation fusionnelle qu'il avait avec Ginny avant Poudlard. Les rires de sa sœur lui manquaient terriblement. Désormais, elle partageait ses délires avec ses nouveaux amis de Serpentards, et ne prenait même plus la peine d'en faire part à Ron.

 

Ginny avait appris à vivre sans ses frères. Évidemment, le plus dur avait été de s'éloigner de Ron, mais elle l'avait fait malgré elle. Entre sa famille qui cachait très mal sa déception de voir la petite dernière répartie à Serpentard et Juliette et Chloé Potter qui l'accueillaient et semblaient partager cette envie de découvrir une nouvelle maison, elle avait préféré agir en Serpentard digne et, les années avançant, elles s'étaient toutes les trois éloignées de leurs familles.

Ginny ne s'était pas rendu compte de tout cela. Seulement, un jour, elle avait regardé ses parents et ses frères évoquer des souvenirs dans la salle commune de Gryffondor ou dans l'équipe de quidditch de Gryffondor ou dans les cours des Gryffondor, et, à ce moment-là, elle avait réalisé que les maisons ne représentaient pas qu'un simple trait de caractère, mais aussi un mode de vie pendant sept ans. Ainsi, malgré les années de différences, ses frères et ses parents partageaient des souvenirs communs de leurs adolescences alors qu'elle ne faisait que vivre des évènements différents.

Si elle ne s'était jamais sentie directement rejetée par sa famille, elle avait néanmoins le sentiment perpétuel d'être différente. Ce sentiment était certes difficile à vivre mais elle avait appris à y faire face. En rencontrant Juliette et Chloé, elle avait trouvé le parfait équilibre entre sa famille et sa maison. Avec elles et elles seules, elle pouvait être Weasley et Serpentard. Elle était unique et seules ses deux meilleurs amis lui permettaient de montrer sa vraie personnalité. Et pour cela, elle leur en serait reconnaissante éternellement.

Depuis leur rencontre, les trois filles avaient formé un trio inséparable, si bien qu'elle se confondait aisément avec les jumelles. Pendant ses trois premières années à Poudlard, elle avait apprécié être confondue avec les sœurs Potter et leur complicité leur avait valu les meilleurs complots et les farces les plus inventives. Elles avaient toujours été considérées comme un trio infernal et Ginny avait sa place, c'était ce qui lui importait.

Cependant, depuis quelque temps, elle avait senti que les enfants des Maraudeurs partageaient un secret. Elle n'était pas fille de Maraudeurs. Elle était une Weasley, c'était au moins tout aussi honorable, mais, apparemment, ce n'était pas suffisant.

Ainsi, elle avait vu Juliette et Chloé partager un secret sans elle et ça, elle ne le supportait pas. Une fois de plus, elle s'était sentie exclue.

C'était pour cela qu'elle s'était emportée contre ses deux meilleures amies. Depuis ce jour, si elle avait réussi à passer de nouveau du temps en leur compagnie, elle était incapable de leur pardonner réellement, du moins pas tant qu'elles gardaient un secret.

Le problème n'était pas tant qu'elles gardent chacune un secret familial, non, c'était seulement qu'elles partagent un secret sans elle. Ce secret avait frappé Ginny en pleine tête, elle serait toujours la troisième. Ses deux meilleures amies étaient jumelles et ne semblaient pas, finalement, prêtes à la considérer également.

Face à ce constat qui lui brisait le cœur, Ginny avait accepté de passer du temps avec les jumelles Potter, mais n'avait pas renoué leurs liens si forts. C'était pour cela qu'elle s'était isolée dans un compartiment pendant le trajet de Poudlard Express. Elle n'arrivait plus à être auprès d'elle avec ce sentiment, et les jumelles le voyaient bien.

Ginny avait laissé les deux sœurs Potter qui la cherchaient activement. Chloé et Juliette passaient dans les couloirs du Poudlard Express avec empressement. C'était la première fois qu'elles ne faisaient pas ce trajet toutes les trois.

« Vous n'auriez pas vu Ginny ? demandèrent-elles à Hugo et Neville quand elles ouvrirent leur compartiment. »

Les deux garçons haussèrent les épaules en répondant par la négative. Les deux rousses refermèrent la porte.

« En tout cas, en voilà deux qui profitent du calme avant de rentrer chez eux, constata Juliette.

-C'est vrai, mais moi je ne veux pas laisser partir Ginny chez elle sans lui avoir dit au revoir, annonça Chloé. »

Juliette acquiesça. Après quelques regards jetés par-dessus les portes, elles ouvrirent violemment la porte d'un compartiment qu'elles pensaient vide et tombèrent sur Ginny, seule, assise près de la fenêtre.

« Oh, tu es là ! s'exclama Chloé. »

Les jumelles s'installèrent face à leur amie.

« Oui, je suis là, soupira Ginny. »

Chloé et Juliette n'avaient pas besoin de se regarder pour comprendre ce que leur amie leur reprochait.

« Ginny, on est désolés, mais on ne peut rien dire… Souffla Juliette.

-Vous ne pouvez rien dire ? Répéta Ginny, outrée. Quand tu n'auras plus de langue, tu pourras te permettre de sortir ça, mais là, en l'occurrence, ce n'est pas vrai. Vous pouvez me le dire. Je sais que j'ai dit que ce n'était pas grave mais c'est faux. Je ne peux pas supporter vos regards quand il y a des allusions, ou quelque chose qui vous y fait penser. On communique plus par le regard qu'oralement les filles, alors je remarque immédiatement quand je ne comprends pas et c'est toujours à cause de ça. »

Les jumelles ne réagirent pas immédiatement. Si Ginny avait un regard désolé, elle semblait soulagée d'avoir enfin avoué ce qu'elle s'était efforcée de cacher. Mais elle savait ce que ça signifiait, elle partageait les valeurs de la famille et savait que, chez les enfants des Maraudeurs, c'était encore plus fort. Alors elle devait s'éloigner d'elle-même de Chloé et Juliette.

 

« On est désolées, balbutia Juliette.

-On n'avait pas bien compris… se justifia Chloé.

-Vous ne pouvez pas comprendre et, surtout, vous ne pouvez rien faire. »

 

Ginny ne regardait pas directement ses amies. Elle préférait nettement se concentrer sur le sol, mais son air blasé ne trompait plus personne.

 

« Je ne peux pas passer mes journées à faire semblant d'accepter d'être un balai de secours…

-Mais tu n'es pas un balai de secours.

-C'est gentil Chloé, sourit légèrement Ginny, mais c'est la vérité, vous êtes sœurs jumelles, vous avez tout partagé et je suis juste une amie.

-Tu n'es pas qu'une amie, insista Juliette. Tu vois bien qu'on a une relation particulière. Tu vois, Flora Carrow, c'est une amie, on rigole avec elle de temps en temps, et on discute souvent, mais ça s'arrête là ! Alors que toi tu nous comprends, on est trois depuis qu'on s'est rencontrées, et il est hors de question que tu nous laisses.

-Je n'en peux plus, avoua Ginny, sans relever la déclaration que venait de lui faire Juliette.

-Mais tu ne peux pas nous lâcher comme ça, s'énerva Cholé, on a besoin de toi, j'ai besoin de toi. On ne va pas s'éloigner à cause de nos familles. Déjà qu'elles nous imposent leurs idées reçues sur les Serpentards, ce serait donner raison à nos frères si on n'arrivait pas à passer au-dessus des secrets familiaux. »

 

Le ton de Chloé se faisait de plus en plus fort. Juliette décida même d'insonoriser leur compartiment. Il ne fallait pas avoir d'autre témoin du visage rouge de Chloé, de ses yeux qui s'assombrissaient. La colère arrivait sans prévenir, s'amplifiant à mesure que Chloé rageait contre tous ceux qui les avaient mises dans cette situation.

Soudain, ses mains se mirent à trembler, devenant également aussi rouge que ses cheveux. Juliette et Ginny contemplaient ça avec un air apeuré.

 

« Oh, calme toi Chloé, interrompit Ginny, respire, on dirait que tu vas t'enflammer. »

 

Ginny avait espéré détendre l'atmosphère avec cette remarque. Cependant, l'effet fut complètement différent. Chloé lança un regard inquiet à sa sœur et Juliette semblait réaliser la menace. Elle poussa Ginny au bout du compartiment et sortit une bouteille d'eau de son sac.

 

« Respire, Chloé, tenta-t-elle, reste calme, ça ira. »

 

Chloé se concentra sur sa respiration et engloutit le litre d'eau d'une traite. Progressivement, le rouge quitta son visage. Ginny n'avait rien dit pendant ce manège mais elle ne put se retenir plus longtemps :

 

« Mais attendez, tu aurais VRAIMENT pu t'enflammer ? »

 

Les deux sœurs se regardèrent. Elles ne savaient pas comment aborder le sujet. Ginny attendit que Chloé retrouve son état normal pour montrer des signes d'agacement. Encore une fois, on en revenait au sujet principal. Tout autour d'elle revenait à ce secret maudit.

Face à l'état fébrile de sa sœur et aux tensions de sa meilleure ami, Juliette eut enfin l'idée qui les délivrerait :

 

« Tu as deviné ! S'exclama-t-elle.

-Quoi ? Mais non, s'énerva Ginny, j'ai deviné que Chloé allait cramer, je n'ai rien deviné.

-Mais si, tu as deviné ! Répéta Juliette. »

 

Chloé avait repris ses esprits, elle regardait sa sœur avec étonnement. C'était à Ginny de voir le rouge monter aux joues. Juliette fut soulagée de savoir qu'elle ne risquait pas de s'enflammer.

 

« Tu as deviné, ici, maintenant, et tu en as trop vu, donc il va falloir tout t'expliquer ! Expliqua Juliette. »

 

Les yeux de Chloé s'illuminèrent, Juliette avait trouvé la solution. Il était évident qu'elles trouveraient un moyen d'inclure Ginny dans leur histoire. Juliette et Chloé partageaient la détermination des Potter et avaient décidé de faire de Ginny l'une d'elles, alors elles avaient tout mis en place pour l'avoir à leur côté. Mais, à la différence de leurs parents ou leur frère, les jumelles avaient le caractère fourbe des Serpentards alors quand on associait les deux, on trouvait forcément une solution qui permettait d'atteindre ses objectifs en contournant les règles sans les enfreindre.

 

« Il faut que tu saches la vérité ! Tu ne peux pas connaître qu'une partie de notre secret, participa Chloé.

-Tu pourrais imaginer des choses fausses. »

 

A son tour, Ginny comprit le manège de ses amies.

 

« Mais vous avez le droit ?

-On n'a pas évoqué ce qu'il se passerait si quelqu'un devinait une partie, déclara Juliette.

-On est bêtes, on aurait dû préparer cette éventualité ! Fit mine de s'énerver Chloé en se frappant le front. »

 

Ginny avait retrouvé son sourire en coin, un peu vicieux mais, surtout, complice avec les deux jumelles.

 

« Quoi qu'il arrive, je ne me permettrais jamais d'ébruiter un secret qui ne me concerne pas, promit Ginny. »

 

Elle avait repris, le temps d'une phrase, son air grave. Il était nécessaire que Juliette et Chloé comprennent qu'elle était touchée de la confiance que lui faisaient ses amies.

 

« A personne ? S'enquit Chloé.

-Vraiment personne, aucun ami, membre de ta famille ou de la nôtre ! renchérit Juliette. »

 

Ginny acquiesça malicieusement. Elle sentait l'excitation monter en elle. Cela faisait des mois qu'elle attendait cette révélation.

 

« Alors, ça vient de nos parents, commença Chloé.

-De nos mères précisément, continua Juliette. »

 

Les deux filles se regardèrent et prirent une grande inspiration, ça ne servait à rien de faire durer le suspense.

 

« Elles incarnent les Quatre Eléments ! lâchèrent-elles dans un souffle. »

 

Le soulagement fut immédiat pour les jumelles. Ginny, en revanche, avait levé un sourcil et observait ses amies avec étonnement.

 

« Il va falloir m'en dire plus, là, reprit-elle perplexe.

-Tu dois être perdue, ne t'inquiète pas, on était pareilles quand on a découvert tout ça, la rassura Chloé.

-En fait, à Poudlard une salle secrète des Quatre Eléments et on l'a découverte, raconta Juliette, on était tous ensemble, avec July et Harry, tu imagines l'ambiance…

-… Bref, continua Chloé, nos mères ont débarqué et nous ont dit qu'elles incarnaient chacune un élément et que nous, du coup, en étions les descendants. Apparemment, on a des pouvoirs particuliers mais on ne les connait pas encore…

-… Et ils se manifestent n'importe quand ! Conclut Juliette. »

 

Ça, Ginny voulait bien le croire. Il était clair que Chloé ne s'était pas préparée à réagir ainsi.

 

« Mais du coup, votre mère c'est le feu ? S'enquit Chloé pour vérifier. »

 

Les jumelles acquiescèrent, soulagées de voir le sourire revenir sur les lèvres de Ginny.

 

« Et les autres… Supposa-t-elle. Bon les Black, c'est l'air, ça doit être pour ça qu'il y avait plein de vent quand ils se sont engueulés pendant le match, et les autres… Ah si, Roxane a la main verte apparemment, mais Neville aussi, d'après ce qu'on m'a dit… Elsa est nulle en botanique, vous vous souvenez quand elle a noyé sa plante en troisième année… Donc les Lupins c'est la Terre et l'eau pour les autres. »

 

Encore une fois elles acquiescèrent, fière de la déduction de leur amie.

 

« Et quels sont vos pouvoirs ? »

 

Les jumelles haussèrent les épaules.

 

« On ne sait pas encore très bien, apparemment, on peut s'enflammer… »

 

Les trois filles explosèrent de rire. Ça leur faisait tant de bien de retrouver cette ambiance et cette complicité si unique.

 

« Et pour les autres, avoua Chloé, ils découvrent comme nous, mais je ne suis pas sûre qu'on soit au courant pour chacun, d'une part et, d'autre part, je pense que ça les concerne, donc ce ne serait pas correct d'en parler à leur place.

-Soit, admit Ginny, ça ira pour moi. »

 

Elle pouvait comprendre qu'elle n'avait pas besoin de connaître autant de détails. Elle comprenait la nécessité de garder cela secret, et les jumelles n'y pouvaient rien.

 

« On ne pourrait pas tester vos pouvoirs, genre toutes les trois, proposa Ginny, comme ça on sait ce que vous pouvez faire mais on le ferait entre nous pour ne pas nous attirer d'ennui et éviter que ça ne se révèle en public. »

 

Juliette et Chloé acquiescèrent une fois de plus. Non seulement elles étaient soulagées de ne plus avoir à mentir à Ginny, mais en plus elles avaient désormais une alliée qui leur permettrait d'assumer un peu plus ce fardeau.

 

« On fera ça à la rentrée, en attendant, on pourrait sortir un peu de ce compartiment, c'est la dernière fois qu'on voit nos amis avant les vacances, profitons-en, proposa Juliette. »

 

Elles s'empressèrent de sortir de leur compartiment et ne rencontrèrent aucune difficulté à trouver Roxane qui passait calmement son trajet dans un compartiment calme aux côtés de Daphné, Teddy et Théodore.

 

« Coucou ! S'exclamèrent les trois rousses en entrant.

-Salut les filles, les accueillit Daphné.

-C'est quoi ce sourire, remarqua immédiatement Teddy. »

 

Les trois filles se regardèrent et leurs sourires s'élargirent encore.

 

« Qu'est-ce que vous manigancez ? S'enquit Roxane, amusée par le comportement de ses amies.

-Pourquoi faut-il toujours qu'on manigance quelque chose ! Fit mine d'être frustrée Chloé. »

 

Tout le monde sourit à cette remarque. Les filles s'installèrent sur les sièges vides pour passer le reste du trajet avec leurs amis.

Le compartiment était calme. Comme à son habitude, Teddy lisait un ouvrage sûrement trop complexe pour que quelqu'un d'autre s'y intéresse. Daphné discutait doucement avec Roxane. Elle semblait nerveuse à l'idée de retrouver sa famille. Quant à Théodore, il observait silencieusement ses camarades.

Son comportement ne semblait pas étonner ses amis. Ils avaient l'habitude de voir un Théodore discret et silencieux. Il ne participait jamais activement aux conversations et préférait en comprendre l'atmosphère.

C'était un réflexe qu'il avait hérité de son éducation. Les Nott étaient une famille digne, noble et reconnue dans la société sorcière. A la différence de ses amis, ils n'étaient pas plongés dans la magie noire, mais n'avaient jamais caché le haut standing qu'ils s'imposaient et qu'ils imposaient à leurs connaissances. Les Nott étaient en haut de l'échelle sociale et tenaient à le rester. C'était pour cela qu'ils étaient si observateurs, il fallait apprendre, dès le plus jeune âge à trouver les atouts et faiblesses de leurs interlocuteurs, à déterminer s'ils pouvaient être un levier pour grimper dans la société ou, au contraire, un risque pour leur réputation.

C'était pour cela que Théo avait, malgré tout, grandi auprès des enfants des anciens mages noirs. Même si ses parents ne la pratiquaient pas, ils savaient qu'elle était utilisée par de nombreux sorciers pour parvenir à leurs fins et obtenir la reconnaissance. Les Nott utilisaient ses sorciers pour les accompagner dans leur ascension.

Dans le monde sorcier moderne, il y avait deux moyens de briller et d'être reconnu. Il fallait accomplir un exploit, comme les Potter et leurs amis, ou être associé à ces héros. La deuxième méthode était plus classique et adaptée aux Nott : inspirer le respect par la crainte et la richesse.

Théodore avait appris à être méprisant et hautain. Il savait exactement les places sociales de ses amis. Il savait que personne n'égalait la fortune des Malefoy et pouvait placer chaque famille sorcière sur une échelle allant de la précarité aux Malefoy.

Pourtant, Théo était passé au-dessus de ces considérations. Évidemment, il continuait à dire à sa famille qu'il agissait par intérêt, mais, à Poudlard, il n'avait pas besoin d'analyser, il le faisait uniquement par plaisir. Il aimait comprendre les non-dits entre les adolescents. Ils étaient souvent complexes et révélateurs et, entre ses amis de Serpentards et leurs familles à Gryffondor, les non-dits étaient extrêmement nombreux.

Pour l'instant, Théodore les gardait pour lui, mais il pourrait sûrement les révéler à Teddy ou Roxane, quand il serait temps pour eux d'intervenir réellement dans ce conflit inutile.

Théodore reposa son attention sur les trois rousses. Elles venaient d'arriver et leurs sourires n'étaient pas partis. Leur conversation silencieuse semblait beaucoup les amuser et rendait Théodore perplexe. Il en avait l'habitude avec elles. Elles étaient si complices qu'elles arrivaient à dépasser les observations de Théodore, sans même s'en rendre compte.

Théodore fut quand même rassuré de voir que Ginny partageait à nouveau ces sourires. Cela faisait quelques temps qu'elles n'avaient pas autant été complices.

 

« Bon, c'est l'ambiance dans ce compartiment ! S'exclama enfin Juliette en brisant le silence.

-Le calme a du bon, rétorqua Théo, tu devrais essayer Juliette. »

 

Juliette ne s'en formalisa pas. Elle préférait compter sur ses amies pour mettre un peu d'ambiance. Elles sortirent un jeu de cartes et lancèrent une bataille explosive. Daphné et Roxane les suivirent avec joie.

 

« Vous voyez, c'est plus amusant quand on dynamise un peu l'ambiance ! Sourit Juliette en fixant Théo. »

 

Comme à son habitude, ce dernier ne répondit pas, il n'adressa qu'un sourire léger.

 

« C'est super drôle, renchérit Daphné, vous devriez venir jouer avec nous !

-Et me prendre une explosion de bombabouses en pleine figure ? Non, merci, refusa Teddy.

-Oh, il y a la magie pour nettoyer ça ! soupira Chloé.

-La magie nous est interdite hors du château, rappela Teddy.

-Tu es toujours aussi sérieux ? Souffla Juliette. Non, ne réponds pas, je sais déjà ce que tu vas dire ! »

 

D'un coup de baguette, elle nettoya les explosions diverses qui avaient eu lieu pendant leur partie.

 

« Tout le monde sait que le ministère ne relève jamais les sorts des mineurs dans le Poudlard Express, il y en a tellement que ça leur prendrait une éternité pour interpeler les bons élèves. »

 

Teddy haussait les épaules. Il savait que Chloé avait raison, mais il n'avait jamais été amusé par ce genre de jeu.

 

« On n'a qu'à s'amuser avec quelque chose qui ne salit pas, proposa Roxane. »

 

Roxane voyait que cette bataille avait fait du bien à son amie. Daphné appréhendait, comme toujours, le retour dans sa famille, mais ça ne servait à rien de se morfondre dès le Poudlard Express.

 

« Et que proposes-tu ? S'enquit Teddy. On ne va quand même pas lancer la musique à fond dans le compartiment pour faire la fête ! »

 

A peine avait-il prononcé ces paroles qu'il se regretta. Les yeux de Chloé, Juliette et Ginny s'illuminèrent et en un instant, elles avaient installé un haut-parleur qui faisait résonner les premières notes d'une musique entraînante des Bizarr'Sisters.

 

« Super idée ! s'exclama Daphné en montant sur un siège pour danser. »

 

Roxane l'accompagna en souriant avant de se saisir du livre de Teddy et de le jeter dans sa malle.

 

« Allez frérot, c'est le moment de se détendre. »

 

Teddy ne pouvait plus rien faire. Sa sœur l'entrainait à sa suite au rythme de la musique. Il finit par croiser le regard amusé de Théo qui se joignait discrètement à eux.

 

« C'est tellement agréable de se lâcher une dernière fois avant de retrouver nos parents ! Confia Daphné à Théodore. »

 

Ce dernier acquiesça en souriant. Il savait bien que Daphné était celle qui avait le plus de difficulté à rentrer dans le moule de leurs familles. Ça lui faisait plaisir de la voir s'amuser ainsi une dernière fois.

En laissant Théo la faire danser, Daphné lança un regard dans le compartiment voisin, elle vit le regard étonné de Pansy et lui fit signe de venir.

 

Pansy avait déjà regardé plusieurs fois le compartiment voisin. Comme plusieurs fois depuis le début de l'année, elle avait été tiraillée entre rejoindre Drago et July déjà installés dans un compartiment et Roxane et Daphné qui s'étaient assises dans le compartiment habituellement attribué à leur groupe d'amis.

C'était en soupirant que Pansy avait rejoint Drago et July. Après tout, ils n'avaient pas semblé requérir une entrevue privée.

Quelques instants après son arrivée, ce fut Blaise qui passa la porte. Les conversations avaient été plutôt banales jusqu'à ce que les éclats de rire des jumelles et de Ginny se fassent entendre dans le compartiment voisin.

 

« Que leur arrive-t-il ? S'était inquiété Blaise. Ils font plus de bruit que des Gryffondors.

-On n'avait dit qu'on ne parlait pas des Gryffondors, avait soupiré Pansy.

-Surtout depuis que tu te fais des amis parmi eux ! lui avait reproché Drago. »

 

Blaise était devenu tout rouge, mais avait souhaité défendre certains Griffons.

 

« Honnêtement, certains sont moins pires que d'autres, et même, je pourrais les trouver drôles.

-Ah bon ?

-Bah, Dean n'est pas si méchant, et Clarisse est rigolote.

-C'est une pile électrique, avait protesté Pansy.

-Oui, comme Daphné. »

 

Si cette remarque avait fait réfléchir Pansy et peut-être Drago qui, quoiqu'il pensât, avait le même masque au visage, July semblait s'énerver un peu plus à chaque phrase de Blaise.

 

« Mais, je dois reconnaître, s'était-il rattrapé, que certains sont vraiment nigauds.

-Harry est exécrable ! critiqua Pansy.

-C'est sûr que ce n'est jamais plaisant de le croiser, renchérit Drago, ravi qu'on ne s'attaque pas à Jane Black qui avait tendance à être le souffre-douleur involontaire de sa sœur.

-C'est vrai qu'il se prend pour le centre du monde, avait ajouté Blaise, mais celle qui est vraiment insupportable, c'est la petite Londubat.

-Clara ? Mais elle est chez nous ? S'était étonnée July.

-Non, la pas si petite, quoiqu'elle est vraiment minuscule… Mais elle aboie comme un chien pour répéter les phrases de Potter, déjà qu'il dit des trucs insensés alors une gamine d'un mètre qui répète bêtement, ça m'énerve énormément. »

 

Blaise n'avait pas pu ne pas la mentionner. D'abord parce qu'il la voyait comme la pire des Gryffondors, et ensuite parce qu'elle n'avait cessé d'hanter ses pensées ces derniers jours. Il la repérait dès qu'elle rentrait dans la Grande Salle avec son air déterminé et ses yeux profonds. Il la voyait partout tout le temps et il sentait les battements de son cœur s'accélérer. Il avait compris qu'elle faisait naître en elle un désir fou et, pour l'instant, le seul moyen qu'il avait trouvé pour le contrer était la critique.

 

« Oh, tu ne l'aimes vraiment pas, toi ! avait compris Pansy.

-Sans blague ! »

 

Il avait enchaîné, continuant de descendre celles que July avait presque considéré comme sa sœur à une époque. Drago, comme toujours, avait senti la tension que ces propos avaient engendrés chez sa meilleure amie, mais il n'avait rien dit. July non plus n'avait pas montré de signe d'agacement face à ces paroles. Après tout, si elle avait été tant déçue d'Elsa, c'était parce que cette dernière lui avait tourné le dos plus que quiconque et ça, ce n'était pas pardonnable.

 

« Non, mais pourquoi ils mettent de la musique à côté ? S'était interrompu Blaise quand il avait entendu les notes des Bizarr'Sisters.

-Ils ont l'air de s'éclater ! Constata Pansy alors que Daphné lui faisait des signes à travers la vitre.

-C'est leur moyen de se lâcher avant d'arriver, nota July. »

 

Avant que Blaise ne reparte dans ses critiques, Pansy le traîna par le bras en sortant du compartiment.

 

« Viens, on a besoin de s'amuser un peu avant d'arriver nous aussi. »

 

Le pauvre Blaise n'avait rien pu dire mais il sembla plutôt amusé par la soirée improvisée qui avait lieu dans le compartiment. Les élèves passaient à côté, curieux de comprendre ce qu'il se passait dans ce compartiment. Ils étaient tous serrés les uns contre les autres mais semblaient bien rigoler.

De l'autre côté de la vitre, Drago et July observaient la scène avec amusement.

 

« Je suis sûr que c'est une idée des trois rousses ! paria July.

-Si ce n'est pas leur idée, ce sont elles qui l'ont rendue possible, approuva Drago. »

 

Ils s'assirent, ne se demandant même pas s'ils souhaitaient rejoindre leurs amis.

 

« Bon, reprit Drago calmement, on se retrouve dans trois jours, devant Sainte Manghouste, c'est toujours bon pour toi ?

-Oui, j'ai déjà envoyé une lettre à ma mère pour lui évoquer mon souhait de visiter les archives.

-Elle t'a répondu ? S'enquit-il.

-Evidemment ! répondit July, je ne lui envoie jamais de lettres alors elle était tellement heureuse de partager quelque chose avec moi.

-Désolée de te forcer à mentir à tes parents… S'excusa Drago.

-Tu le fais bien tout le temps toi, nota July en haussant les épaules. »

 

Drago sourit à son amie, il était tellement heureux de l'avoir avec lui. Ils restèrent ainsi à discuter de leurs familles jusqu'à l'arrivée de Crabbe et Goyle.

 

« On a cherché la dame des confiseries mais, apparemment, elle avait déjà fini son tour. Expliqua Crabbe.

-Pourtant, nous étions dans le wagon des préfets, il n'y avait ni préfets, ni confiseries, soupira Goyle.

-On a fait comme tu nous as dit, Drago, se félicita Crabbe, on a attendu dans le wagon des préfets puisque tu as dit que c'est par là qu'elle commençait sa tournée. »

 

Drago soupira et ne prit même pas la peine d'être déçu. Il avait inventé ce bobard pour se débarrasser des molosses et comme ils semblaient avoir une noise à la place du cerveau, ils y avaient cru.

July jeta un regard amusé à son ami puis constata que le Poudlard Express ralentissait.

 

« Prêt ? S'enquit-elle en se tournant vers Drago. »

 

Ce dernier n'avait pas besoin de répondre. Entre ses deux « protecteurs » il avait durci son expression et renforcé ce masque facial par un air hautain et froid.

Les portes du Poudlard Express s'ouvrirent et les élèves purent descendre pour ces deux semaines de vacances.

End Notes:

Alors, que pensez vous de ce loooooooong chapitre?

Il y a tant de choses et d’informations à travers ce chapitre : qu’en pensez vous ? qu’avez-vous retenu ? Qu’est-ce qui vous a marqués ?

voilà voilà, à bientôt avec un nouveau chapitre!

Retour à la maison by Jane_25
Author's Notes:

Avant de commencer, je souhaite mentionner un petit détail. On a appris, dans l'Union des Eléments, que la magie des Quatre Eléments permettait, quand les éléments s'unissaient, aux incarnations de communiquer par la pensée entre elles et elles ont étendu ce pouvoir à leurs maris. Donc tous les Maraudeurs et leurs femmes peuvent communiquer par la pensée, ces pensées sont notées avec **

Le village de Godric's Hollow semblait bien triste pour tous les moldus et sorciers ignorants qu'il s'agissait d'un leurre. Un voile recouvrait le quartier central pour le cacher aux yeux des curieux qui viendraient déranger la quiétude dans laquelle vivaient les Maraudeurs, leurs femmes et leurs enfants.

 

Les quatre maisons se faisaient face et permettaient aux enfants de jouer sans craintes dans les différents jardins et espaces aménagés par leurs parents pour qu'ils puissent vivre leurs vies paisiblement.

 

Ainsi, James Potter avait même installé un petit terrain de quidditch à côté de leurs maisons pour pouvoir s'entraîner et, plus tard, permettre à ses enfants de se dégourdir les jambes en jouant.

 

Mais, cette fois, c'était à son père qu'Harry avait demandé de l'accompagner et James avait été ravi de cette proposition.

 

Cela faisait déjà quelques jours que ses enfants étaient rentrés pour les vacances de Noël et il était curieux d'entendre leurs histoires. Après la découverte de ce trimestre sur leurs origines et leurs pouvoirs, ils avaient plus que jamais besoin de leurs parents.

 

« Alors ! s'exclama James après avoir sorti un vif d'or de son étui, le premier qui l'attrape a gagné. »

 

Harry renvoya à son père le regard de défi et ne se fit pas prier pour enfourcher son balai et prendre de la hauteur. De loin, James observait la technique de son fils et appréciait le voir ainsi scruter l'horizon. Pour la première fois, il n'eut pas à feindre qu'il n'avait pas vu le vif pour laisser ce plaisir à Harry puisque ce dernier n'eut besoin que de cinq minutes pour foncer derrière la petite balle dorée.

 

James comprit qu'il n'avait plus le dessus sur son fils. Il avait arrêté sa carrière de joueur professionnel il y a trop longtemps et était forcé de constater les progrès fulgurants de son fils.

 

Le vif d'or semblait joueur, il virevoltait entre les poteaux et les arbres entourant le terrain, pour le plus grand plaisir des deux Potter.

 

« Attention, tu te ramollis Papa, se moqua Harry quand il vit son père n'éviter que de justesse un oiseau.

 

-C'est ce que tu vas voir ! menaça James en accélérant encore. »

 

Il devança Harry pendant quelques instants avant de se faire rattraper. Ils zigzaguaient avec précisions entre les différents obstacles et profitaient des erreurs de l'autre pour se moquer gentiment.

 

Finalement, dans un éclat de rire fier et heureux, Harry se saisit du vif.

 

« Je t'ai laissé gagner ! se justifia James.

 

-Oui, c'est exactement ce que ta chemise trempée par la transpiration laisse paraître, rétorqua Harry, hilare. »

 

James observa avec émotion son fils qui descendait à terre pour ranger le vif d'or. Il était tellement fier d'Harry, de ce qu'il devenait. Evidemment, il ne pouvait le féliciter pour ses altercations aussi fréquentes que ridicules avec les Serpentards, mais James se sentait un peu hypocrite quand il le reprenait à ce sujet alors qu'il n'avait eu de cesse de se moquer de Severus Rogue et des autres Serpentards.

 

La différence était qu'à cette époque, la menace était réelle et les Serpentards dangereux. Aujourd'hui, il fallait veiller à ce que cette rivalité ne dégénère pas. Après tout, c'était parce qu'ils avaient été exclus que les premiers Serpentards avaient commencé à se rebeller. Pour mettre définitivement un terme à ces menaces, il fallait vivre en paix, mais ça James ne parvenait pas à le faire entendre à son fils.

 

« Tu descends Papa ou tu m'admires ? s'écria Harry en contemplant son père, toujours perché sur un balai à quelques mètres du sol. »

 

James sourit à nouveau et inclina son balai pour rejoindre son fils.

 

« Je dois reconnaître que tu as progressé ! L'équipe de Gryffondor doit tout déchirer. »

 

Harry eut immédiatement une mine énervée en songeant à la défaite injuste dont il avait été victime.

 

« Oh, je vois, on n'en parle pas ! comprit James. »

 

Il s'assit sur un banc et ouvrit le sac qui gisait à ses pieds.

 

« On prend une bièraubeurre pour penser à autre chose. »

 

Harry se tourna vers son père et accepta le breuvage qui lui tendait avec de gros yeux.

 

« Ne dis pas à ta mère que je t'ai donné ça !

 

-Oh, elle le saura de toute façon, tu ne sais pas lui mentir, rappela Harry.

 

-Tu as raison, mais ta mère me connaît par cœur, c'est ça après dix-sept ans de vie commune.

 

-Selon Sirius, tu as toujours été son « petit toutou », cita Harry, ce qui est plutôt amusant parce que c'est quand même Patmol, le chien dans l'histoire. »

 

James regarda son fils et sembla se concentrer sur autre chose. Harry ne s'en formalisa pas, au vu du regard faussement énervé de son père, il se doutait bien qu'il entrait en communication avec son meilleur ami. Harry avait remarqué que ses parents et leurs amis étaient capables de communiquer de manière peu commune, par la pensée ou le regard.

 

« Je ne devais pas te le répéter, s'amusa Harry.

 

-Oh, ce n'est pas grave, il faut admettre quand on est face à la femme de sa vie et la laisser vivre, même si elle est aussi clairvoyante que ta mère. »

 

Harry rit un peu. Il admirait les liens qui unissaient ses parents. Il ne comprenait pas comment ils avaient fait pour se trouver si tôt.

 

« Et toi Harry, demanda James en levant un sourcil, tu en es où de ce côté-là.

 

-Oh, je ne sais pas, répondit Harry en haussant les épaules.

 

-Tu ne sais pas ? s'enquit James.

 

-Bah, en fait, je sens qu'il m'arrive de plaire.

 

-Ce n'est pas étonnant, tu as hérité de mon physique et des yeux magnifiques de ta mère… Et puis le quidditch, ça doit aider. »

 

Harry ne releva pas le sourire amusé de son père qui se complimentait au passage, il savait que c'était pour rire.

 

« Oui, il y a tout ça, et la célébrité de mes parents aussi, ajouta-t-il.

 

-Oh… »

 

James baissa la tête, il ne savait pas comment réagir, après tout il avait toujours protégé ses enfants de leurs admirateurs ou détracteurs mais, à Poudlard, ils ne pouvaient rien pour eux.

 

« Ce n'est pas votre faute, d'ailleurs, je suis fier d'être votre fils honnêtement, mais, parfois, j'ai du mal à distinguer pourquoi on s'intéresse à moi.

 

-Je vois, souffla James, et toi, tu t'intéresse aux filles… ou aux garçons, s'empressa-t-il de rajouter pour montrer sa tolérance.

 

-Je m'intéresse aux filles, oui, sourit Harry, mais je ne sais pas exactement pourquoi. Je veux dire, j'aime bien leur compagnie et quand elles me font des compliments, c'est agréable, et puis, je grandis donc je commence à me poser des questions, à envisager des choses…

 

-Tu en as parlé avec tes amis ?

 

-Avec Ethan, oui, les autres sont trop timides. Mais Ethan, il aime bien faire le grand expérimenté… »

 

James sourit, il aimait bien l'ami d'Harry, mais devait reconnaître que sa fierté lui faisait concurrence.

 

« Tu peux te laisser le temps, il n'y a pas une fille en particulier que tu mets au-dessus du lot ?

 

-Non, juste mes amies, mais c'est parce que je les connais, Jane, Clarisse et Hermione, mais ça n'a rien à voir avec des sentiments.

 

-Si c'est tout, alors…

 

-Bah, il y a aussi Chloé, Juliette et Ginny, mais ce sont mes petites sœurs… ou presque. »

 

James parut amusé devant la remarque de son fils, mais n'approfondit pas.

 

« Tu as le temps, Harry, regarde Dora et Lupin n'étaient même pas amis avant que nous les forcions à rester ensemble toute la journée et aujourd'hui ils sont heureux ensemble. »

 

Harry acquiesça, il aurait bien demandé à son père comment il avait compris qu'il était amoureux de sa mère mais il n'eut pas le temps. En effet, une voix retentit à travers le terrain :

 

« Alors filleul, comme ça tu répètes à ton père les secrets que je te dis ? »

 

Harry et James se tournèrent vers Sirius Black qui arrivait, balai à la main, avec Jane et Hugo.

 

« Vous êtes déjà à la bièraubeurre ! constata Sirius.

 

-Même avec de la bièraubeurre dans l'organisme nous sommes meilleurs que toi ! menaça James.

 

-C'est ce que nous allons voir.

 

-Black contre Potter ? proposa Harry. »

 

Harry pensait s'envoler quand James le retint.

 

« C'est une super idée, j'appelle ta mère pour qu'elle prévienne les jumelles. »

 

De son côté, Sirius semblait déjà contacter Ambre.

 

« Ils sont inquiétants quand ils communiquent comme ça par la pensée, chuchota Harry à Jane et Hugo.

 

-Cela doit venir de la magie des Quatre Eléments, supposa Jane.

 

-July va venir ? s'enquit Harry sans s'attarder sur leurs parents. »

 

Comme à chaque fois qu'on lui posait une question relative à sa sœur, Jane haussa les épaules en baissant le regard.

 

« Je ne crois pas, elle devait retrouver un ami sur le chemin de Traverse avant d'aller à Sainte-Manghouste, annonça Hugo.

 

-Mais que va-t-elle faire à Sainte-Manghouste ? s'étonna Harry.

 

-Aucune idée, mais je suppose que l'ami est Malefoy, ça va faire un choc quand Maman va les rejoindre, prévint Hugo. »

 

Harry et Jane acquiescèrent silencieusement. Si Ambre et Sirius étaient au courant que leur fille était amie avec Drago Malefoy, ils n'étaient certainement pas à passer du temps avec le fils de Lucius Malefoy.

 

« Ambre a un peu de temps avant de rejoindre July pour Sainte-Manghouste.

 

-Maman ? s'étonna Hugo, mais ça fait combien de temps qu'elle n'a pas volé ?

 

-Euh… hésita Sirius quant à la définition exacte du mot « volé ».

 

-On a fait un match avec Frank et Remus il y a deux semaines, se rappela James. »

 

Hugo acquiesça, visiblement convaincu. Il jeta un regard désabusé à Sirius. L'esprit de compétition d'Ambre, Hugo et Jane était bien moindre que celui de Juliette, Chloé et Harry. Son père serait le seul à tenir autant à la victoire.

 

« On a ramené un public pour acter notre victoire ! s'exclamèrent les jumelles. »

 

Elles venaient d'arriver, toutes souriantes. Harry grimaça en les voyant arborer fièrement la tenue de quidditch des Gryffondor. Derrière elles, Lily lança un regard menaçant à son fils, il n'avait pas intérêt à critiquer ses sœurs. Penaud, Harry détourna les yeux de sa mère pour accueillir qui arrivait derrière elle. Il était à côté de Roxane mais les deux adolescents ne s'étaient pas adressé la parole.

 

« J'ai vu tes sœurs courir dans la rue avec leur balai, je me suis dit que tu serais dans le coin, expliqua Neville.

 

-C'est gentil de venir, remercia Harry, toi aussi ! »

 

Il avait dit ses derniers mots en faisant un signe distant de la tête à Roxane. Il n'avait rien contre elle, mais ils n'avaient plus eu l'occasion de parler depuis tellement longtemps qu'il ne se sentait pas de lui dire plus.

 

« Bon, on le commence ce match ? »

 

Tout le monde se tourna vers Ambre qui tenait fièrement un vieux balai. Aussitôt, les joueurs s'envolèrent.

 

« J'espère que James ne va pas se blesser, souffla Lily en faisant rire Roxane et Neville. »

 

Ils se concentrèrent sur le match. Au-dessus d'eux, les pères établissaient les règles :

 

« Bon, on est quatre.

 

-On fait deux poursuiveurs, un gardien et un attrapeur par équipe, proposa James.

 

-Cela me paraît honnête, accepta Sirius. Chérie, tu veux être attrapeuse pour une fois ? »

 

L'intéressée accepta et alla se poster face à Harry, au-dessus des autres joueurs.

 

« Tu peux lâcher le souaffle, maman, on est prêt, s'écria Chloé. »

 

Lily s'exécuta, heureuse de voir James et ses trois enfants s'accorder au moins sur un point.

 

« On lance les paris, s'adressa-t-elle à Roxane et Neville.

 

-Harry va attraper le vif d'or ! annonça fièrement Neville.

 

-Je pense qu'Ambre pourrait l'attraper mais qu'elle ne veut pas d'une soupe à la grimace d'Harry jusqu'à Noël, admit Lily. »

 

Encore une fois, les deux adolescents rirent face à Lily qui s'amusaient de son mari et de son fils.

 

« Et toi Roxane, qu'en penses-tu ?

 

-Ce peut être serré, mais les jumelles jouent vraiment bien et elles se comprennent rapidement, réfléchit Roxane, je penche pour une victoire Potter.

 

-Oh, soupira Lily, pour un peu de challenge, je mise sur les Black alors… Mais ne le dites pas à James et Harry, sinon elle sera pour moi la soupe à la grimace. »

 

Après quelques rires, ils reportèrent leur attention sur le match. C'était assez serré. Harry et Ambre surplombaient leurs familles avec un regard vigilant. Harry scrutait les moindres détails du terrain pour apercevoir un petit éclat doré tandis qu'Ambre était attendrie par la vision de Jane et Hugo se passant le souaffle avec complicité.

 

Elle jeta un regard à Lily, assise sur un banc, pour partager ses pensées.

 

*Ils sont forts nos enfants quand même ? *

 

*Je suis tellement fière* s'émut Lily en voyant ses filles rire et échanger le souaffle et leurs postes avec tant de facilité.

 

Face à la technique et la complicité de ses filles, James comprit comment Harry avait pu perdre un match avec Serpentard. Il était très difficile pour Hugo et Jane de les bloquer. Le pauvre Sirius n'arrivait pas à contrer les feintes et tirs des jumelles.

 

« Sirius n'en peut plus, constata Lily, au bord des larmes de rire. »

 

L'intéressé lui jeta un regard noir et un nouvel échange eut lieu dans les pensées des quatre parents.

 

*Mes filles sont les plus fortes ! * se moqua gentiment Lily.

 

*Je suis d'accord* renchérit James.

 

Le regard que se lancèrent les deux gardiens du jour amusa beaucoup leurs femmes. Mais l'attention fut reportée sur le match. En effet, Hugo avait murmuré quelque chose à sa sœur et ils partagèrent un regard complice.

 

Jane récupéra le souaffle et, alors que les jumelles fusaient vers elle, Jane lâcha son balai et sembla sauter dans le vide. Hugo réceptionna le balai, posa le sien avec et suivi sa sœur qui s'élançait déjà dans les airs, dévoilant à ses parents ses magnifiques ailes blanches.

 

Elle riait avec Hugo tandis qu'ils posaient simplement le souaffle dans les anneaux. James semblait trop abasourdi pour réagir. Les seuls qui semblaient à même de réagir furent les trois enfants Potter. Une fois n'est pas coutume, ils hurlèrent de concert :

 

« Mais c'est de la triche ! »

 

Hugo et Jane continuaient de rigoler, ils étaient tellement heureux de voler ainsi. Harry abandonna ses protestations et les regarda avec attendrissement. Il se dirigea vers son père qui semblait en grande conversation mentale avec ses amis.

 

*Et là, qui sont les plus forts ?* Targua Sirius

 

*Tu n'y es pour rien, ce n'est que grâce à ta femme que tes enfants sont ainsi. Pas vrai Ambre.*

 

Mais Ambre ne répondit pas, elle fixait ses deux enfants avec émotion. Ils étaient si beaux, si majestueux et la fierté l'envahissait jusqu'au plus profond de son être.

 

*Qu'est-ce que tu attends* songea Lily envers son amis * rejoins-les*

 

Ambre ne se fit pas prier et tendit son balai à un Sirius ravi du spectacle qui l'attendait. Il était toujours un peu béat quand il voyait sa femme voler.

 

Ambre rejoignit ses enfants sous les regards admiratifs des autres adolescents.

 

Le vent se fit plus fort mais plus agréable, il faisait voler les cheveux de Jane et Ambre et frissonner les ailes des trois acteurs de ce spectacle fascinant.

 

« Je ne pensais pas qu'on pouvait être si fier, souffla Sirius à son meilleur ami. »

 

James posa une main sur l'épaule du père heureux. Tout le monde admirait la scène. Hugo et Jane ressentaient la puissance de leur mère, incomparable avec ce qu'ils avaient ressenti auparavant. Encore une fois, ils se sentaient pleinement vivre ainsi, comme s'ils étaient enfin eux.

 

Mais, tout comme les spectateurs constataient qu'ils manquaient une personne pour parfaire ce tableau, Ambre, Hugo et Jane sentaient en eux l'absence de la dernière personne qui avait développé son pouvoir de l'air.

 

July n'était pas là et manquait clairement. Si tout le monde avait décidé de ne pas se focaliser sur son absence, elle était l'élément qui empêchait Ambre de sentir ce partage inconditionnel.

 

Le spectacle aurait pu durer éternellement, mais, Harry fut tiré de sa contemplation par le vif d'or qui apparut sous son nez avant de s'éloigner.

 

« Attrape le, Harry, s'écrièrent ses sœurs qui n'avaient pas oublié le match. »

 

Harry s'élança à la suite du vif d'or. Le pouvoir des Black lui avait déjà enlevé une chasse au vif d'or, il ne voulait pas renoncer à celle-là. Surtout que, cette fois, il sentait le soutien de ses sœurs et ça le galvanisait.

 

Malheureusement pour lui, Sirius rappela également sa femme à l'ordre et Ambre ne se fit pas prier pour s'élancer à la poursuite d'Harry. Evidemment, elle le rattrapa aisément, mais Harry avait la meilleure trajectoire, il ne comptait pas lui laisser la place. Il tendit sa main, son esprit était concentré sur ce vif d'or, il le voulait, le voulait plus que tout. Il n'était plus qu'à quelques centimètres du sol quand sa main entra en contact avec l'or, aussitôt, la petite balle et sa main prirent feu.

 

« Wow ! s'étonna-t-il, en posant son balai. »

 

Il ne semblait pas si paniqué. Lily non plus ne s'inquiétait pas particulièrement. Elle s'approcha de son fils, toute souriante.

 

« C'est la première fois ? s'enquit-elle. »

 

Harry acquiesça en souriant.

 

« Chloé a failli enflammer sa tête et ses mains dans le Poudlard Express ! déclara Juliette, fièrement.

 

-Il va falloir que vous appreniez à vous maîtriser ! rit Lily. Harry, écoute-moi mon chéri, visualise le foyer de ton feu, la flamme initiale, c'est bon ?

 

-Je crois, répondit Harry.

 

-Et bien maintenant, imagine qu'elle s'allume, puis qu'elle s'éteint. »

 

Harry ferma les yeux pour se concentrer puis sa main apparut, tenant simplement le vif d'or.

 

« Attention, tu peux enflammer à peu près n'importe quoi de cette manière, mais si tu ne touches pas les objets, tu les détruiras parce qu'ils seront brûlés.

 

-Et ça va marcher pour nous aussi ? demanda Chloé.

 

-Sûrement, supposa Lily. »

 

Les jumelles se tinrent les mains et après une inspiration, Lily vit à leur sourire qu'elles avaient compris.

 

Harry, Chloé et Juliette s'amusaient à enflammer puis éteindre leurs mains quand les Black reposèrent pied à terre.

 

« C'est incroyable tout ça ! réalisa Roxane.

 

-Vous allez bientôt découvrir vos pouvoirs aussi, et il y en a d'autres, les rassura Ambre. »

 

Roxane fixait les jumelles en souriant. Elle imaginait les farces qu'elles pouvaient faire chez les Serpentards avec ces pouvoirs. Elle fut tirée de ses réflexions par le hibou des Greengrass qui se posa devant elle.

 

« C'est Daphné ? demanda Chloé.

 

-Je peux voir ? s'approcha Juliette »

 

Roxane écarta le volatile et sa missive des jumelles qui agitaient encore leurs mains en feu.

 

« Euh, range tes flammes et après on discute, protesta Roxane. »

 

Elle aurait du mal à justifier à Daphné qu'elle lui rendait du hibou grillé. Tandis que les autres riaient en testant leurs pouvoirs, elle lu la lettre de son amie :

 

Chère Roxane,

 

Voilà quelques jours que les vacances ont commencé et, malheureusement, je n'ai eu aucune surprise. Mes parents idolâtrent toujours Astoria qui ne cesse de parler de Drago, comme s'ils étaient ensembles depuis toujours. Je n'ose avouer à mes parents que Drago ne lui a pas adressé plus de quelques mots en trois mois.

 

Mes journées sont fades, au milieu de ma sœur et mes parents qui ne s'intéressent pas à moi.

 

Je m'en vais passer Noël avec mes grands-parents, je ne les ai pas vus depuis un an, mais à chaque fois, c'est un enfer.

 

Mais le pire de tout ça reste que j'ai appris que j'allais passer le nouvel an seule avec ma sœur. Mes parents ont une représentation officielle qui n'inclue pas les mineurs. Je ne sais pas si je vais survivre à une soirée seule avec elle. Sans les parents, elle ne va pas m'épargner.

 

Je t'envoie cette lettre, un peu désespérée, à la recherche de tes conseils pour m'en sortir lors des prochains jours.

 

J'espère que tu vas bien,

 

Je te souhaite de belles fêtes,

 

Daphné.

 

Cette lettre difficile déchira le cœur de Roxane. Elle n'aimait pas savoir que sa meilleure amie souffrait ainsi pendant les vacances. Astoria était définitivement insolente et savait cacher sa haine devant ses parents.

 

« Comment va-t-elle ? s'inquiéta Juliette devant le regard peiné de Roxane.

 

-Pas bien, répondit Roxane, elle ne s'entend pas avec sa sœur qui lui fait vivre un enfer et les parents les laissent toutes les deux après Noël.

 

-A ce point ! s'étonna Lily, mais comment va-t-elle fêter le nouvel an ?

 

-Seule, avec sa sœur si celle-ci ne se fait pas inviter par un de ses amis.

 

-C'est affreux ! s'exclama Ambre. »

 

Encore une fois, les adultes se concertèrent du regard. Ils étaient pris dans une conversation silencieuse qui dépassait certainement les frontières du terrain de quidditch.

 

Pendant ce temps, Chloé et Juliette s'approchèrent de Roxane. Elles connaissaient bien Daphné, la petite brune appréciait sincèrement les jumelles et Ginny et faisait toujours partie des premières à rigoler à leurs remarques.

 

« Elle ne mérite pas ça ! protesta Chloé, le nouvel an, c'est sacré, ça doit être un beau repas avec une grande fête.

 

-C'est parce que nous avons vécu ça tous les ans que nous considérons qu'un repas et une fête est nécessaire pour fêter la nouvelle année, précisa Roxane en haussant les épaules. »

 

Les jumelles se regardèrent étonnées de cette remarque. Pour elles, la tradition de fêter le nouvel an avec leurs parents, leurs frères et sœurs et tous les enfants des Maraudeurs avec un grand repas et de la musique était ancrée dans leur éducation. Plus encore, dans un monde où elles n'avaient de cesse de constater les différences entre leurs parents, leur frère et elles, cette tradition était le moyen de partager les valeurs familiales. Il y avait quelque chose de rassurant dans l'idée de se retrouver tous ensemble, malgré leurs différends grandissants.

 

« Peu importe ! rétorqua Juliette, c'est une tradition pour nous ! Et tout le monde devrait fêter le nouvel an avec autant d'entrain ! »

 

Chloé allait renchérir pour apporter plus de poids à la déclaration de sa sœur, mais ses parents l'en empêchèrent. Leur discussion silencieuse avait pris fin.

 

« Tu as raison, ma fille ! approuva James, d'ailleurs, si cette Daphné est ton amie, tu devrais lui permettre de découvrir cette tradition. »

 

Roxane écarquilla les yeux, elle n'était pas sûre d'avoir bien entendu. Si ses parents lui avaient toujours assuré qu'elle pouvait se faire les amis qu'elle souhaitait, il n'avait jamais été question d'inviter un enfant de la haute société sorcière connue pour son arrogance et sa pratique plus ou moins avérée de la magie noire. La seule Serpentard qui passait ses vacances à Godric's Hollow était Ginny Weasley parce que les Potter connaissaient les parents Weasley.

 

« Je pense que tu devrais aller voir tes parents pour discuter avec eux de l'invitation d'une amie la semaine prochaine, expliqua plus calmement Lily. »

 

Cette fois, Roxane ne se fit pas prier et courut immédiatement jusqu'à chez elle.

 

« Greengrass va vraiment venir ? s'enquit Harry. »

 

Il semblait blasé, pas particulièrement énervé. Après tout, il n'avait jamais eu d'affront direct avec Daphné. Elle représentait, malgré elle, les Serpentards et Harry ne pouvait s'empêcher de tiquer en imaginant ceux qu'il détestait arpenter les rues de son village.

 

« Oui, et tu vas être cordial avec elle ! menaça Lily, sinon tu auras affaire à ta mère.

 

-Et à nous ! ajoutèrent les jumelles. »

 

Harry n'accorda pas un regard à ses sœurs. Quand il s'agissait des maisons, il ne les prenait même plus en considération, c'était bien trop difficile de les imaginer dans la salle commune des Serpentards.

 

Harry acquiesça cependant à sa mère. Après tout, il se satisferait bien assez de Neville, Jane, Hugo et Elsa pour fêter son nouvel an. Il n'adressait presque jamais la parole à Roxane quand ils étaient tous ensemble, alors il n'allait pas changer son comportement pour Greengrass.

 

« Je la laisserai tranquille, ne t'inquiète pas, promit-il. »

 

Lily et James semblèrent accepter cet engagement et détournèrent la conversation sur une note plus joyeuse.

 

« Finalement, on a attrapé le vif d'Or, se vanta James.

 

-Mais, protesta Sirius, on ne peut pas considérer ce match comme un match réel. Il y avait des circonstances particulières.

 

-Vous avez essayé de tricher, reprit Juliette en riant.

 

-Et nous avons quand même réussi à vous battre ! conclut Chloé. »

 

Les deux jumelles s'étaient placées de part et d'autre de leur père et croisaient fièrement les bras. James avait ce petit regard satisfait et malicieux qui arracha à Lily le plus beau des sourires tandis que Sirius préparait déjà sa répartie.

 

« Sirius, laisse-les pavaner s'ils en ont besoin, souffla Ambre, de toutes façons, il faut que j'y aille, sinon, July va m'attendre. »

 

Sirius marmonna quelques mots dans sa barbe, mais n'émit aucune réclamation claire. Ambre déposa un rapide baiser sur la joue de son mari et se rendit chez elle pour se changer rapidement et transplanna. Elle avait encore l'esprit dans le vol incroyable qu'elle avait partagé avec ses deux enfants. Ambre aimait ses enfants plus que tout au monde et les voir profiter de ce qui l'avait rendue si heureuse était forcément bouleversant. Cependant, elle avait, comme tout le monde, ressenti l'absence de July dans cette scène familiale. Ambre se doutait que July avait elle aussi découvert ses ailes et sa puissance, mais cette dernière s'efforçait encore de rester le plus loin possible de sa famille.

 

Pourtant, c'était bien July qu'Ambre allait rejoindre. Sa fille lui avait expressément demandé de lui permettre l'accès aux archives de Sainte Manghouste. Ambre n'était pas dupe, elle comprenait certes que la révélation sur la magie des Quatre Eléments remette en question les perspectives de carrière de sa fille, mais pas au point de s'orienter si rapidement vers la médicomagie. Elle-même avait eu besoin de temps pour choisir cette voie.

 

Elle n'avait néanmoins pas voulu contrarier sa fille. Elle savait que July ne ferait rien de répréhensible, mais qu'elle agirait dans la discrétion. Il y avait plus de risque en refusant à July ce petit coup de main qu'en lui cédant sans vraiment en comprendre les raisons.

 

July était discrète avec ses parents, mais elle était pleine de ressources. Il était évident qu'elle aurait trouvé un moyen de parvenir à ses fins.

 

Ambre soupira alors qu'elle attendait sa fille dans la rue attenante à l'hôpital. July allait arriver d'un moment à l'autre, avec son ami. Sa fille était ponctuelle, surtout quand elle avait un intérêt dans l'événement.

 

« Maman ! s'annonça July dans le dos d'Ambre. »

 

Ambre fit volte face et aperçut sa fille. Elle l'accueillit dans un sourire alors qu'elle reconnaissait progressivement son ami. Elle l'avait sans doute déjà aperçu et savait que July le comptait parmi ses amis les plus chers, mais elle ne put retenir un frisson devant ses cheveux blonds et ses yeux gris. Drago Malefoy ressemblait terriblement à son père.

 

Néanmoins, Ambre fut soulagée de trouver un peu de douceur sur son visage grave.

 

« Ah, je t'attendais, dit Ambre en maîtrisant le souvenir de Lucius Malefoy adolescent qui s'imposait à elle, tu dois être Drago, enchanté, je suis la mère de July.

 

-En effet, la salua Drago, enchanté madame. »

 

Il inclina poliment la tête mais ne se permit pas d'esquisser un sourire pour mettre à l'aise Ambre. Il connaissait tous les codes de bonne conduite en société et ne semblait pas prêt à se laisser aller à une proximité informelle envers la mère de sa meilleure amie.

 

« Bon, on peut y aller ! proposa July pour éviter que ce silence ne devienne trop imposant. »

 

Ambre acquiesça et mena les deux adolescents vers une porte discrète.

 

« Voici l'entrée de service, expliqua-t-elle, je suppose que vous ne tenez pas à être annoncés à l'accueil et que votre visite soit déclarée dans les registres de Sainte-Manghouste ? »

 

July regarda sa mère avec un air étonné. Elle pensait réellement qu'Ambre avait gobé son histoire de médicomagie. Pour Drago, c'était moins perturbant. Il semblait avoir l'habitude des sous-entendus entre parents et enfants et ne se formalisait pas d'un petit mensonge. Il comprenait également qu'Ambre ne cherchait pas à connaître les vraies raisons de leur visite et c'était le plus important. Il acquiesça lentement pour témoigner son accord.

 

Ambre Dollaty Black pénétra donc dans l'hôpital dans lequel elle avait exercé pendant de nombreuses années. Comme à chaque fois qu'elle rentrait dans un lieu sorcier, elle fut reconnue par de nombreux sorciers qui la suivaient du regard ou tentaient d'être discrets quand ils signalaient à leurs voisins sa présence.

 

Ces comportements furent particulièrement observés par Drago. Il savait ce que c'était d'avoir ses parents reconnus dans la rue. L'intimidation et la richesse de son père faisaient de Lucius Malefoy un homme craint et reconnu. Ce qui détonnait par rapport à son habitude, c'était l'expression des observateurs. Loin de la peur ou de la méprise qu'il avait toujours lu sur les visages, il était face à de l'émerveillement et du respect.

 

Les admirateurs s'émouvaient de voir July aux côtés de sa mère. La ressemblance était flagrante et la beauté de la mère et la fille en éblouissait plus d'un.

 

« Je comprends ce que tu veux dire quand tu dis que tu es reconnu, chuchota Drago à son amie.

 

-Ne m'en parle pas, se plaignit-elle. »

 

Drago n'ajouta rien. Il ne voulait pas mentir à son amie, mais il ne pouvait pas non plus lui dire que cette reconnaissance était gratifiante. Drago avait conscience de la réputation de son père. Il savait également que cette réputation était méritée et, jamais, Lucius Malefoy n'avait réellement regretté son geste.

 

Il n'avait que dix-sept ans quand il avait rassemblé certains élèves sous son joug et avait aspiré leur puissance grâce à un sort de magie noir. Lucius avait discrètement pris en puissance et en influence lors de sa septième année tant et si bien qu'il avait fallu qu'une magie supérieure intervienne. C'était à ce moment que la magie des Quatre Eléments, déjà incarnée par quatre adolescentes à Poudlard. Ce fut à ce moment que la prophétie qui avait amené Dumbledore à provoquer la découverte de leurs pouvoirs particuliers de Lily, Ambre, Alice et Dora s'accomplit. Les filles, accompagnées des hommes qui partageraient leurs vies, s'unirent pour empêcher Lucius Malefoy de soumettre plus de sorciers, mettant ainsi fin à la plus grande menace que le monde sorcier ait connu depuis Grindelwald.

 

Evidemment, cette victoire avait été relatée à travers toute l'Angleterre et même au-delà et, si personne n'avait eu connaissance de l'intervention des Eléments, toute la société savaient que les acteurs de cette prouesse n'étaient autres que les Maraudeurs et leurs femmes.

 

De son côté, Lucius Malefoy s'était effacé de la société pendant quelques temps. Cependant, il était resté la plus grosse fortune du Royaume-Uni et avait géré son empire financier d'une main de maître. Aussi, quand il avait été temps pour lui d'apparaître publiquement, il avait été fidèle à lui-même, menaçant et digne. Il évitait avec véhémence tous les sujets qui pouvaient le mettre face à son passé et utilisait même la mémoire de cet évènement comme un moyen supplémentaire d'intimidation.

 

Par ailleurs, il s'était assuré, par compensation financière, du soutien des grandes fortunes historiques telles que les Carrington, les Carrow, les Lestrange, les Nott, les Parkinson ou d'autres encore. Ils étaient parvenus à garder l'image de la société sorcière d'élite avec des familles de sang pur sur de nombreuses générations et où l'argent coulait à flot.

 

Ainsi, Drago Malefoy avait grandi avec l'impression de venir d'une famille noble et respectée et ce n'était qu'en arrivant à Poudlard qu'il avait réalisé la crainte qu'inspirait son père.

 

Lucius Malefoy n'était pas admiré mais redouté et, lorsque Drago avait essayé de comprendre le ressenti de son père vis-à-vis de tout cela, Lucius lui avait simplement dit que la crainte était le meilleur moyen de se faire respecter en restant digne.

 

C'était à la suite de cette conversation que Drago avait compris qu'il ne serait jamais comme son père. Alors, il avait agi comme ce dernier le faisait : il avait menti et laissé parler les apparences à la place de son avis réel.

 

Depuis quelques années, chaque nouvelle décision de son père lui semblait extrême et malveillante, mais Drago ne disait rien. Il se contentait de statuer à ses côtés, lui, l'héritier de la prestigieuse famille Malefoy.

 

Voilà pourquoi il trouvait les plaintes de July excessives. Elle avait des parents qui l'aimaient et dont le plus grand défaut était d'être Gryffondor. Ce n'était, à ses yeux, pas une raison suffisante pour les critiquer autant.

 

« Oh, bonjour Mage Black ! salua une infirmière qui marchait dans un couloir, ça fait longtemps qu'on ne vous a pas vue. Comment allez-vous ?

 

-Très bien, Ella, et vous ? La formation se passe bien ?

 

-Oui, très bien, s'enthousiasma la jeune femme, il ne me reste plus qu'un an avant le concours.

 

-Bonne chance alors ! l'encouragea Ambre.

 

-Merci, et bon retour parmi nous, répondit-t-elle.

 

-Oh, je ne suis que de passage, précisa Ambre, je fais une petite visite avec ma fille et son ami.

 

-Oh, mais je manque à tous mes devoirs, rougit Ella, c'est votre fille. Oh, elle vous ressemble vraiment.

 

-C'est vrai, renchérit un mage qui passait par le même couloir, aussi magnifique que toi Ambre. Je me souviens de ta naissance. »

 

July était habituée à ce genre de rencontre, surtout à Sainte-Manghouste, elle était même persuadée d'avoir déjà croisé ce regard perçant et rieur. Elle se contenta d'hausser les épaules et de remercier poliment ses interlocuteurs.

 

« Toujours aussi flatteur Dave, s'amusa Ambre, tes patientes doivent t'adorer ! »

 

L'intéressé adressa son sourire le plus charmeur. Drago observait la scène avec distance. Il ne cessait d'être surpris de la légèreté avec laquelle Ambre répondait aux sollicitations de ses collègues. Elle ne quittait pas son sourire et acceptait simplement de donner de ses nouvelles ou de celles de son mari et ses amis sans montrer le moindre signe d'agacement.

 

Après une dizaine de couloirs et autant de mains serrées, Ambre, July et Drago arrivèrent devant une porte ancienne en bois.

 

Ambre se plaça devant.

 

« Identité ? prononça lentement une voix dans la porte.

 

-Ambre Dollaty-Black, née le vingt-trois février 1960 à Londres, Médicomage de profession. »

 

La porte sembla réfléchir quelques instants puis s'ouvrit :

 

« Autorisation vérifiée. »

 

Ils pénétrèrent dans la salle des archives de Sainte-Manghouste. July et Drago s'émerveillèrent immédiatement face à cette immense salle ronde. Au centre, une table comptait une dizaine de sièges et quelques parchemins proprement repliés. Il était impossible d'apercevoir le plafond. Les murs montaient trop haut pour cela. Ils étaient recouverts d'étagères sur lesquelles reposaient des rouleaux de parchemins. Souvent, on pouvait constater que l'accès aux parchemins était scellé. Sans doute s'agissait-il de données confidentielles.

 

Ambre agita sa baguette et deux balais apparurent.

 

« Je vous laisse à votre exploration ! annonça-t-elle, j'ai un ancien patient à voir.

 

-D'accord Maman, tu reviens à quelle heure ?

 

-Je devrais être là d'ici deux heures, ne faîtes pas de bêtise… »

 

Drago acquiesça toujours aussi dignement. Ambre ne savait pas si cette componction la rendait mal-à-l'aise ou, au contraire, admirative.

 

« De toutes façons, vous ne pourrez pas faire grand-chose, les archives de plus d'un an sont scellées et ne peuvent être lues que par des chercheurs ou des membres de la famille des patients. »

 

Ambre ne remarqua pas le regard déçu que sa fille lançait à un Drago toujours aussi impassible.

 

« Bon, on fait comment ? s'enquit July, un peu inquiète quand elle se retrouva seule avec Drago. »

 

Drago lui adressa son premier sourire de la journée et se saisit du balai.

 

« Je suppose qu'on vole jusqu'aux dossiers qui nous intéressent. C'est par ordre alphabétique.

 

-Mais, comment les récupère-t-on ? Comment dire qu'on est de la famille des patients alors qu'on est mineur ?

 

-Tu n'as pas beaucoup de connaissances dans les instances magiques, constata Drago, les liens familiaux sont toujours prouvés de la même manière. »

 

Il n'expliqua pas son propos, préférant montrer directement à son ami le procédé. Il s'envola donc à la recherche des fichiers sur les Malefoy. July haussa les épaules et le suivit.

 

« Malefoy ! déclara-t-il après avoir repéré sa famille.

 

-Et là, tu comptes faire comment, soupira July. »

 

Drago lui adressa son sourire le plus fier, teinté d'arrogance. Il avait la solution et il était bien content de faire taire son amie, même quelques instants.

 

Il s'approcha d'une étagère ébréchée et, grâce à une écharde, piqua son doigt.

 

« Mais oui ! comprit July, les liens du sang. »

 

Sans décrocher son sourire, Drago lui lança un clin d'œil puis versa une goutte de son sang sur les chaînes retenant les dossiers Malefoy.

 

Aussitôt, elles se brisèrent et permirent l'accès à de nombreux dossiers. Drago se saisit des plus récents sur lesquels son prénom scintillait vivement.

 

Les deux amis descendirent et s'attaquèrent à la lecture.

 

« Oh, ils sont numérotés, nota July en ouvrant aléatoirement un parchemin, ce n'est pas vrai !

 

-Quoi ? s'enquit Drago, apeuré par le ton surpris de July.

 

-Tu es venu à Sainte-Manghouste pendant deux jours à cinq ans alors que tu n'avais qu'une gripabouille. Tu sais que ça se soigne tout seul. J'en avais trois par an à cette époque.

 

-Ah, souffla Drago, rassuré mais énervé du jugement de July, mes parents ont toujours voulu que je reçoive les meilleurs soins.

 

-Si tu le dis, soupira July. »

 

Elle ne termina pas sa phrase. Elle venait d'ouvrir un nouveau parchemin qui semblait piquer sa curiosité.

 

« Ils sont un peu contradictoires tes parents, tout de même, expliqua-t-elle, ils te font venir à Sainte-Manghouste pour une gribabouille mais n'ont pas pris la peine de te faire naître ici.

 

-Quoi ? »

 

Cette fois, Drago savait que July n'en rajoutait pas. Elle releva la tête du dossier avec un air sérieux et le tendit à Drago en disant.

 

« Voici le premier parchemin que Sainte-Manghouste a écrit sur toi. »

 

Dans une respiration grave, Drago déroula à son tour le parchemin.

 

Nom : Malefoy

 

Prénom : Drago

 

Date de naissance : 05/06/1980

 

Lieu de naissance : inconnu, sûrement le manoir Malefoy

 

Date de la visite : 12/03/1981

 

Raison de l'intervention : vaccination dragoncelle

 

Médicomage : Eli Peters

 

Commentaires : Première visite de Drago Malefoy qui n'est pas né à Sainte-Manghouste. Check up complet comme pour tous les bébés nés à domicile. Etat normal.

 

Drago reposa le dossier sans rien dire. July le regardait dans les yeux, à la recherche d'une expression quelconque mais Drago avait repris son masque. Il se tenait droit, impassible. Il avait les traits durs, ces traits qu'il ne réservait qu'à ses parents et leurs amis, mais qu'il perdait habituellement devant July.

 

Cependant, même face à sa meilleure amie, il ne pouvait se laisser aller à ses émotions. Il était perdu. Sans informations sur sa naissance, il ne pouvait comprendre pourquoi on lui avait menti. Or, il y avait forcément une raison et cette raison l'obsédait depuis quelques mois.

 

Il inspira profondément et se leva.

 

« Drago, murmura July en posant une main sur son épaule. »

 

July n'était pas connue pour sa compassion. C'était d'ailleurs pour cela qu'elle s'était rapprochée de Drago, il ne lui demandait pas d'être gentille. Avec le temps, leur relation avait évolué et ils avaient appris à se comprendre et à se soutenir, mais July, cette fois, ne savait pas comment le réconforter.

 

Drago appréciait cette marque de soutien mais n'y prêta pas plus d'attention. Il se dégagea délicatement de July et prit fermement son balai pour retourner sur les étagères Malefoy. Il scruta les parchemins, à la recherche d'un prénom particulier.

 

« Qu'est-ce que tu cherches ? demanda July, ne sachant pas comment soutenir son ami.

 

-Narcissa Malefoy, Mère m'a toujours dit qu'elle avait été suivie par les meilleurs Médicomage, elle a dû forcément venir ici avant ma naissance.

 

-Drago, comprit July, ta mère n'est pas une Malefoy, enfin le mariage ne suffit pas pour rentrer dans les liens du sang. »

 

Le regard de Drago s'illumina et les deux adolescents reprirent leur ascension vers la lettre B.

 

S'ils avaient pu admirer la quantité de dossiers chez les Malefoy qui remontaient jusqu'aux premières heures de Sainte-Manghouste, ils ne purent retenir leur fascination devant l'étagère des Black. Les parchemins s'étendaient le long du mur et sur des hauteurs incroyables.

 

« Heureusement que ma mère est dans les dernières générations, se soulagea Drago en faisant à nouveau couler une goutte de sang sur les chaînes. »

 

Cependant, cette fois si, les chaînes restèrent inertes. Il n'y eut pas le petit cliquetis signifiant l'ouverture de l'accès aux dossiers de l'illustre famille Black. Drago leva un sourcil et versa à nouveau quelques gouttes. Encore une fois, cela n'eut aucun effet.

 

« Ce n'est pas normal ! s'énerva le blond, je suis le fils de Narcissa, je devrais pouvoir ouvrir ces liens.

 

-Je ne comprends pas, s'étonna July, je peux essayer ?

 

-Mais pourquoi tu essayerais ? »

 

Drago était énervé. Il ne réfléchissait plus et la tension d'être proche de la vérité l'empêchait de voir clair. July haussa les épaules et s'écorcha à son tour.

 

« Dois-je te rappeler comment je m'appelle, dit-elle en versant une goutte de sang sur une chaîne, je suis Jane Black. »

 

Drago souffla. Il se sentait abruti d'avoir omis ce détail, mais il n'eut pas le temps de faire une remarque car le cliquetis retentit et laissa accès à ces centaines de parchemins.

 

« Pourquoi ça t'a ouvert et pas moi ? s'enquit Drago.

 

-Je n'en ai aucune idée, admit July.

 

-Bref, il faut trouver Narcissa. »

 

Il fallut cinq minutes aux deux amis pour remonter les parchemins, July eut la surprise de voir les quelques notes que Sainte-Manghouste avait à son sujet ou à celui de ses frères.

 

« Je l'ai ! s'exclama-t-elle enfin. »

 

Drago ne laissa pas le temps à July de descendre les parchemins, il se jeta sur le tas que tenait son amie et commença son inspection. Ce fut après avoir ouvert le troisième parchemin qu'il s'immobilisa. Ce n'était pas possible. Tout à coup, July vit son ami devenir livide. L'air impassible était trop difficile à garder.

 

« Drago, chuchota-t-elle, inquiète. »

 

Elle dut encore attendre quelques minutes pour voir les yeux de Drago s'assombrir. Le gris perçant devenait presque noir à mesure que Drago réalisait le mensonge dont il avait été victime depuis sa naissance. Il tendit

 

Nom : Black

 

Nom d'usage : Malefoy

 

Date de naissance : 12/11/1955

 

Lieu de naissance : 12. Square Grimaud, Londres

 

Date de la visite : 05/06/1980

 

Raison de l'intervention : xxx

 

Médicomage : Boris Smith

 

Commentaires : xxx

 

« Pourquoi ta mère était à Sainte-Manghouste le…

 

-… jour de ma naissance, alors que je ne suis pas né ici, la coupa Drago, que s'est-il passé à la fin ?

 

-Et le dossier qui a été effacé, c'est vraiment bizarre, conclut July.

 

-Je trouverai la vérité ! décida Drago. »

End Notes:

Et voilà un chapitre bien compliqué. J'essaie de rallonger mes chapitres, vous en pensez quoi? Trop court? Trop long?

 

Sinon, je suis curieuse de savoir ce que vous pensez de la petite discussion père-fils avec Harry, du match Potter-Black, de Ambre qui vole avec ses enfants et retrouve July et Drago, de la révélation... Affaire à suivre, je vous le dis!

 

A bientôt,

Noël au manoir Potter by Jane_25
Author's Notes:

Voici un nouveau Chapitre (enfin!) qui raconte le Noël de certains de nos héros

Le Manoir Potter profitait de ses derniers instants de calme avant l'arrivée de ses convives. En cette veille de Noël, Matthew Potter remontait l'allée blanchie par la neige pour rejoindre l'entrée de chez lui.

« Oh, Justin, tu es déjà là ! s'étonna-t-il en trouvant le nain dans le salon. »

Justin était un sorcier atteint de nanisme. C'était tellement rare que ses parents avaient pensé qu'il était cracmol et s'étaient débarrassés de lui quand il n'avait que dix ans. Depuis, Justin vivait avec Matthew et Susanne Potter qui l'avaient officiellement pris à leur service. A peine plus âgé que James, il s'était occupé de lui et de ses enfants ainsi que ceux de Sirius. Les perspectives de Justin étaient très fines dans la société sorcière, il n'avait pu obtenir un statut différent de celui des elfes de maison et ne pouvait donc pas trouver un métier qui le rendrait indépendant.

Sa seule chance était qu'il était tombé sur les Potter. Ils s'occupaient de lui comme d'un fils et lui avaient permis de s'installer dans un petit appartement moldu. Il continuait d'être regardé de travers, mais, au moins, on ne le méprisait pas. Lily Potter avait fini de le rendre autonome en l'embauchant comme assistant dans son laboratoire de potion.

« Oui, il ne se passe rien au laboratoire pendant les vacances de Noël, donc je suis venu voir si Susanne n'avait pas besoin d'un peu d'aide.

-Et, comme d'habitude, c'est toi qui as fait la bûche, rit Matthew, Susanne ne sait plus la faire.

-En tout cas, pas aussi bien que moi, se félicita Justin. »

Matthew sourit. Il en était arrivé à considérer le nain comme son fils. Avec James, puis Sirius qui avait rejoint la famille, ils formaient un trio infernal qui lui en avait fait voir de toutes les couleurs.

« A qui tu parles, Justin ? s'écria une voix dans la cuisine.

-A qui veux-tu qu'il parle ? demanda Matthew en allant rejoindre sa femme. »

Justine regarda Matthew arborer ce sourire toujours amoureux en se rentrant dans la cuisine.

« Matthew, c'est toi, tu es en avance ?

-Oui, c'est moi, confirma-t-il en embrassant rapidement Susanne, j'aime bien rentrer plus tôt avant Noël, c'est un peu notre moment à tous les deux avant l'arrivée de la tribu. »

Susanne adressa un grand sourire à son mari, sortit rapidement un met du four et accepta l'étreinte qu'il attendait depuis son arrivée.

Matthew et Susanne Potter ne comptaient plus leurs années de mariage, mais une chose était sûre, jamais leur amour ne s'était éteint et ils transmettaient cet amour à tout leur entourage avec joie.

« J'ai hâte qu'ils arrivent ! s'impatientait presque Susanne. »

Matthew acquiesça et l'entraîna dans le salon. Justin était certainement monté dans sa chambre pour se changer et laisser les grands-parents Potter discuter un peu.

« Ils vont avoir tellement grandi, supposa Matthew. Harry est en plein dans l'adolescence.

-A chaque fois qu'on le voit, il a pris cinq centimètres.

-July et Jane aussi grandissent vite…

-Tu te souviens de leur mère à dix-sept ans, rappela Susanne, elle était déjà très grande. »

Matthew avait ses yeux pétillants qui mélangeaient l'expectative et le souvenir.

« Je suis tellement heureuse de les avoir à Noël… reprit Susanne. Je me souviens encore des Noël que nous faisions tous les deux, puis tous les trois avec James.

-C'est sûr que nous sommes plus aujourd'hui, rit Matthew.

-Oh oui, et tant mieux… Et puis, Sirius est arrivé pour mettre un peu plus de joie dans la famille.

-C'est vrai que dès qu'il s'est senti accepté, il a fait de nos Noëls des soirées exceptionnelles.

-Il a toujours été accepté, corrigea Susanne, j'étais tellement heureuse d'avoir un autre fils.

-Surtout quand ils nous ont ramené des femmes aussi charmantes, ajouta Matthew.

-Oh oui, et elles leur ont donné du fil à retordre avec leurs caractères. Je suis fière de mes belles-filles.

-Moi aussi, grâce à elles nous avons neuf magnifiques petits-enfants. Elles ont vraiment changé nos fils, déclara Matthew, ému. »

Ils continuaient à évoquer leurs souvenirs jusqu'au retour de Justin.

« Je ne dérange pas ? s'annonça-t-il.

-Oh, non ! l'accueillit Matthew, nous parlions de tes frères. »

Comme à chaque fois qu'on le mentionnait comme un membre à part entière de cette famille, Justin adressa un sourire reconnaissant à Susanne.

« Oh, vaste sujet, se reprit-il, je ne sais pas si on en verra le bout un jour. »

Les parents rirent un peu.

« En tout cas, on peut déjà supposer qu'ils seront en retard ! continua Justin.

-Ah bon ? Lily est pourtant ponctuelle, nota Susanne.

-Moi je parie sur les Black d'abord, James se croit toujours tout permis donc il arrivera en retard, misa Matthew.

-Je vais miser sur Lily et les Potter, soutint Susanne.

-Je sens qu'on va être surpris, rit Justin. »

Il ne croyait pas si bien dire. Au moment où il terminait sa phrase, la cheminée s'enflamma d'un vert intense et les premiers visages apparurent.

« Coucou ! S'exclamèrent les jumelles Potter en acceptant l'étreinte chaleureuse de leur grand-mère.

-Bienvenue les filles ! les salua Susanne avec enthousiasme. »

Elle se tourna ensuite vers son mari et se vanta :

« J'ai gagné ! »

Matthew fit mine de bouder mais ne garda pas cette moue très longtemps, préférant retrouver Chloé et Juliette qui s'émerveillaient déjà devant les décorations de Noël du salon.

« Joyeux Noël ! »

Tous se tournèrent vers la cheminée, une nouvelle arrivée accompagnait forcément cette déclaration.

Hugo Black souriait et saluait déjà Justin.

« Et un Black, s'amusa ce dernier, on ne saura jamais lequel a gagné. »

Les grands-parents haussèrent les épaules. Ils étaient trop heureux de voir arriver Hugo, puis Jane, puis July et tous leurs petits enfants pour se rappeler leurs défis insignifiants.

Quand David Potter arriva, encore peu familier de ce moyen de transport, Susanne enlaça son petit-fils pour le rassurer.

« Maman et Ambre arrivent, elles se plaignaient encore parce que Papa et Sirius ne voulaient pas partir avant de finir leur bataille explosive. »

Justin explosa de rire au moment où Lily, puis Ambre, qui portait le jeune Isaac, pénétrèrent à leur tour dans le salon.

« Oh, mes belles-filles préférées ! s'exclama Matthew. Comment allez-vous les filles ?

-Quel plaisir de te voir Matthew, sourit Lily, je suis désolée, mais James et Sirius seront en retard. »

Sur ces paroles, elle leva la main et le feu qui crépitait dans la cheminée s'éteint immédiatement.

« C'est le prochain pouvoir que je développe, ça ! Chuchota Harry à Jane. »

Quand il reçut quelques regards amusés ou correcteurs, Harry comprit qu'il devait être plus discret quand il pensait chuchoter.

« Bonjour Matthew, bonjour Susanne, c'est magnifique ici, reprit Ambre en laissant Isaac courir vers Justin, vous avez fait un travail incroyable.

-Merci Ambre, rougit Susanne, nous n'attendons pas James et Sirius.

-Ouh, pas tout de suite, répondit Lily, ils étaient captivés par leur activité d'enfant de sept ans.

-… Maman, l'interrompit David, je ne joue plus à la bataille alors que j'ai sept ans !

-Oui, tu as raison, reprit Lily en regardant son fils tendrement, pardon mon Dadou, donc ton père et son ami joue à un jeu d'enfants de cinq ans donc on a décidé de les laisser réfléchir quelques minutes. »

Tout le monde explosa de rire sous le regard malicieux fier de Lily et Ambre.

« Je comprends que tu sois aussi fière de tes belles filles Susanne ! réussit à prononcer Justin entre deux éclats de rire. »

La mine désolée et coupable de Sirius et James quand ils eurent enfin le droit de les rejoindre termina de faire rire tous leurs enfants et parents.

« Désolés pour le retard, on n'a pas vu le temps passer, s'excusa Sirius.

-Vraiment ? insista Ambre, c'est mieux d'être honnête avec ses parents.

-On jouait et on a pris du retard, avoua James, penaud. »

Le pouvoir que Lily et Ambre avaient sur leurs maris était inconditionnel et amusait vraiment leur entourage.

« Je ne sais pas si j'ai envie de tomber amoureux si c'est pour finir comme ça, clama Harry.

-Crois-moi, Fils, déclara James, ta mère vaut bien plus quelques moments de honte en famille. »

Lily sourit tandis que son mari lui posait une main sur l'épaule.

« Bon, les enfants, il est temps d'ouvrir vos cadeaux ! annonça joyeusement Susanne en ouvrant une porte qui menait vers un magnifique sapin au pied duquel se tenait une montagne de cadeau. »

Tous s'empressèrent d'aller récupérer leurs présents.

« C'est magnifique Maman ! tu t'es surpassée, félicita James.

-Joyeux Noël mon fils ! »

Susanne enlaça son fils avec amour. Chaque Noël avec lui était un cadeau, signe d'une année de plus à le voir grandir et évoluer.

« Tu ne vas pas ouvrir tes cadeaux ? s'étonna-t-elle en constatant que Sirius et lui restaient sagement à ses côtés.

-Ce n'est pas le moment d'avoir un comportement enfantin de plus, expliqua Sirius. »

Sa femme le regardait tendrement. Il était si beau avec ce regard illuminé par la magie de Noël.

« Papa ! Papa ! Cadeau ! »

Le petit Isaac courait vers son père avec un paquet entre les mains. Il riait en déchirant maladroitement le papier.

« Oui, mon fils, s'approcha Sirius, oh, mais c'est un super cadeau ça ! »

C'était l'effervescence, Susanne arpentait le grand Hall du manoir pour rejoindre ses petits-enfants, les prendre dans ses bras et profiter de leurs remerciements. Les années avançant, les cadeaux se multipliaient et tous recevaient des présents de leurs amis. Les trois aînés Potter avaient même un pull brodé par Madame Weasley.

« Merci Mamie, la gratifia Jane, touchée par son présent. »

Jane avait reçu un collier en or.

« De rien ma belle, c'est un héritage de mes grands-parents. Je voulais attendre pour vous les donner, mais vous avez quinze ans et vous êtes mes petites filles aînées, alors pourquoi attendre ? »

Jane avait les larmes aux yeux, elle était très touchée par la confiance de sa grand-mère.

« C'est vraiment magnifique, ça me fait super plaisir ! »

Susanne échangea encore quelques mots avec Jane et lui adressa un clin d'œil en se relevant. Elle avait presque vu tous ses petits-enfants. Cependant, July n'était pas venue pour la remercier. Elle n'était simplement plus présente dans la salle où tout le monde courait et se remerciait dans tous les sens.

Susanne retourna dans le salon et sortit finalement sur le perron. A travers la pénombre, elle distingua sa petite fille qui s'était faite une place au milieu de la neige.

« Je ne te dérange pas ? s'annonça Susanne. »

July tourna la tête vers sa grand-mère. Elle lui indiqua d'un signe de tête que la place à ses côtés était disponible.

« Je ne veux pas troubler tes réflexions, s'excusa-t-elle, mais je voulais profiter un peu de ta compagnie avant le repas. »

La mention du repas arracha une grimace à July. Elle n'appréciait pas les rassemblements bruyants où chacun vantait ses réussites à pleine voix. C'étaient des comportements beaucoup trop Gryffondor pour elle.

« Je reconnais que ça va être sportif, murmura Susanne.

-Tu peux le dire, renchérit July, je crois qu'on n'aura jamais un Noël au calme.

-Quand j'avais ton âge, je rêvais d'un Noël aussi bruyant et jovial qu'aujourd'hui, se souvint Susanne, et maintenant, je prie pour un peu de calme.

-Tu n'aimes pas nous voir tous ? s'enquit July qui admirait chaque année les décorations et l'investissement de sa grand-mère.

-Ah, non, moi je suis ravie de vous avoir tous à ma table, assura Susanne, mais je n'aime pas te voir si triste.

-Je ne suis pas triste… reprit July, j'essaie juste de profiter de quelques minutes au calme.

-Tu veux dire que tu te sens pleinement heureuse, au milieu de tes frères, sœurs et amis dans cette effervescence ? »

C'était une question de rhétorique. July n'avait pas besoin de tourner la tête pour savoir que Susanne l'observait avec un sourire en coin. Sa grand-mère avait toujours été clairvoyante, et particulièrement honnête.

« Ce n'est pas important, dit July en haussant les épaules, je suis heureuse de te voir pour Noël, et je suis très honorée par ce cadeau. »

July avait déjà accroché le bracelet en argent. Susanne présenta fièrement l'héritage familial qu'elle était fière de transmettre à ses deux petites filles.

« C'est vraiment gentil, s'émut July, tu n'étais pas obligée de nous confier tout ça, après tout, nous ne sommes pas des Potter. »

July avait repris un air un peu sérieux, elle agissait parfois trop en Serpentard conventionnel.

« Initialement, je n'étais pas Potter non plus, rétorqua Susanne, mais, tu es ma petite fille, et ça dépasse les liens du sang. Nous sommes une famille, et si, dans mon cœur, tu es ma petite fille, alors ça dépassera le reste. »

July acquiesça, touchée, mais se retint d'expliquer ce qu'elle pensait vraiment. Les liens du sang faisaient foi dans le monde des sorciers, elle l'avait bien vu avec Drago. Leur découverte lui revint en mémoire et elle relativisa sa situation. C'était certes difficile pour elle de passer Noël en se sentant si différente de sa famille, mais elle avait au moins des parents qui l'aimaient. Drago, lui, ne savait même plus qui il était et de quelle famille il venait.

« Merci de me dire ça, je tâcherai d'être digne de ce présent, remercia simplement July.

-Sois toi-même, et tu seras bien plus que digne, sourit Susanne. »

Susanne Potter parlait avec son cœur, tout comme ses parents ou leurs amis, mais la distance due à la génération supplémentaire qui les séparait changeait l'image que July avait d'elle. Quand elle reprochait à ses parents d'être trop expansif et enjoués, elle admirait la franchise de Susanne.

July adressa un sourire franc à sa grand-mère, touchée d'un geste anodin qui voulait dire tant de la part de July. Malheureusement, l'expression de la blonde fana immédiatement quand d'autres enfants sortirent du manoir.

« Isaac, reste ici ! s'écria Jane en suivant son petit frère. »

Le petit Isaac courait dans la neige, tenant dans sa main un nouveau balai pour enfant.

« Veux voler ! s'exclamait le petit garçon. »

La détermination d'Isaac faisait franchement sourire sa grand-mère et, si July gardait une expression fermée comme à chaque fois que Jane était l'objet des observations, elle reconnut intérieurement que la bouille contrariée de son petit frère était craquante.

Cependant, Jane ne se laissa pas avoir.

« Non, Isaac, il fait déjà nuit et c'est dangereux de voler tout seul. »

July ne dit rien, mais, de loin, elle avait l'impression de retrouver la préfète qui avait toujours trop de patience avec les premières années.

July fut satisfaite quand elle vit la résistance de son frère. Ce dernier avait arrêté sa course maladroite à la suite d'une petite chute mais n'avait pas daigné se relever.

« Je veux voler ! répéta-t-il, menaçant clairement de se laisser aller à un sanglot capricieux. »

Jane inspira et adressa à son frère un sourire compatissant.

« Isaac, c'est Noël, tu devrais aller jouer avec David à l'intérieur, il fait chaud et je suis sûr qu'il sera ravi de te montrer comment fonctionne ses figurines animées, comme ça tu seras dans le salon et tu n'attraperas pas la gripabouille… Et demain tu seras en pleine forme pour tester ton balai.

-Demain ? comprit Isaac. »

Ses yeux s'éclaircirent et laissaient entrevoir l'espoir d'une issue favorable à la conversation.

« Oui, demain, je te le promets, assura Jane. Et je serai avec toi ! »

Le petit garçon ne prit pas le temps de réfléchir plus, il confia son jouet à sa sœur et reprit sa course pour rentrer embêter David.

Durant toute cette scène, Jane avait soigneusement évité sa sœur du regard. Elle était devenue experte quand il fallait l'esquiver.

July n'avait pas témoigné d'intérêt pour l'échange entre son frère et sa sœur, mais elle savait bien que Susanne ne se dérangerait pas pour faire quelques commentaires.

« Elle est forte avec Isaac, ta sœur.

-Pff, soupira July, oui, elle est parfaite, tellement plus à l'écoute, tellement plus douce, tellement plus sage. »

Le ton n'était même pas ironique. July avait passé le stade du sarcasme avec sa sœur. Elle avait une voix exaspérée quand elle parlait de Jane.

« Tu caches mal ta jalousie, annonça Susanne.

-Je ne suis pas jalouse, nia July.

-Si tu le dis, concéda Susanne, mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée de faire tant de comparaison. Ça ne te fait du mal. »

July releva un sourcil alors que sa grand-mère posait une main sur son épaule.

« Bon, on va bientôt passer à table. »

July suivit sa grand-mère en méditant ses paroles. Ce n'était pas évident de ne pas se comparer. Elle était si différente de Jane et elles avaient grandi ensemble : elle s'était construite dans la comparaison. Mais Susanne avait raison, ce comportement était néfaste, tant pour sa sœur que pour elle.

July fut tirée de ses pensées quand elle arriva à quelques mètres de la porte. Les jumelles Potter sortaient derrière un Justin hilare. Leurs têtes avaient viré au vert pomme après avoir, involontairement, ingurgité une potion de Justin.

« Vous êtes vraiment magnifiques avec ce visage, reprocha le nain.

-Ah bon ? se vexa faussement Chloé. »

Juliette riait avec sa sœur. Elles se jetèrent un regard complice puis se tournèrent vers Justin.

« Ouh, je n'aime pas ce sourire, s'inquiéta-t-il. »

Chloé, Juliette et Justin semblaient avoir repris le jeu de provocation qu'ils avaient depuis quelques années. Cependant, cette année, les filles avaient quelques arguments de plus.

« La prochaine fois, assure-toi que tu as un adversaire à ton niveau ! rit Chloé. »

Les deux filles tendirent les mains et des petites boules de feu en sortirent.

« Ah, j'avais oublié ce détail ! nota Justin. »

Il était toujours aussi souriant. Il aimait le répondant des jumelles et savait qu'il ne risquait pas grand-chose avec Lily dans la salle d'à côté.

« Il a les cheveux longs Justin, tu ne trouves pas July, interpela Chloé.

-Il faudrait les raccourcir, en effet, renchérit Juliette en orientant ses projectiles vers le nain.

-Ou sa cape, elle n'est pas très belle, reprit Chloé.

-Oh, c'est bon les filles, vous avez gagné, capitula Justin, j'ai l'antidote dans le salon. »

Les deux filles claquèrent leurs mains en feu, comme si les flemmes n'existaient pas et se dirigèrent vers le salon.

« Oh, les filles, les arrêta Susanne, pas de flemme à l'intérieur.

-On ne joue pas avec le feu ! ajouta Justin en riant.

-C'est toi qui joues avec le feu si tu ne nous apportes pas immédiatement l'antidote, menaça Juliette. »

Elle avait certes éteint ses mains quelques secondes auparavant mais elle adressa un regard rouge à Justin. Elle leva à nouveau la main droite pour faire douter le nain.

« Juliette ! s'exclama Susanne.

-Ne t'inquiète pas, je me maîtrise !

-Un pouvoir que tu as découvert il y a si peu de temps ? douta Susanne, de toutes façons, c'est l'heure de passer à table. »

Les jumelles acquiescèrent et rentrèrent pour prendre place autour de la grande table conviviale.

Comme tous les ans, le repas de Noël était délicieux et les conversations fusaient de part et d'autre de la table. Susanne Potter en profitait pour parler à ceux à qui elle n'avait pas eu l'occasion d'adresser plus que quelques mots.

« Alors Harry, comment s'est passé ce premier trimestre ?

-Toujours aussi bien ! répondit Harry, entre les entraînements, les cours et les devoirs, je n'arrête pas.

-Ton père nous disait la même chose à ton âge, se rappela Matthew Potter, pourtant, je suis persuadé qu'il nous mentait. »

Harry et James rougirent immédiatement.

« C'est fou comme vous vous ressemblez ! constata Susanne en riant.

-Je dois avouer que je m'amuse un peu, admit Harry, mais je reste sérieux, on a les BUSEs à la fin de l'année alors j'essaie d'être sérieux.

-Tu sans déjà quelle BUSEs tu veux obtenir ? s'enquit Justin.

-Le plus possible ! coupa Lily en parlant à la place de ton fils, il vaut mieux avoir le choix et ça passe par de bons résultats dès la cinquième année. »

Harry acquiesça, il n'était sûrement pas réellement d'accord avec sa mère mais il n'avait pas envie de la contrarier.

« C'est vrai que c'est toujours mieux d'avoir le choix, encouragea Susanne, tu veux toujours être joueur de quidditch ?

-Oh, j'hésite entre joueur et auror, avoua Harry.

-Oh, comme son papa, se moqua July. »

Ambre lança un regard noir à sa fille. Dès qu'Harry ou Jane était mis en valeur, il fallait qu'elle se fasse remarquer. Mais Harry n'était pas comme Jane, il avait fini d'être blessé par ce sarcasme, il avait bien compris que c'était la jalousie qui parlait à la place de July et aimait en jouer pour la pousser à bout. Harry tourna la tête vivement vers July et à mesure que ses yeux s'assombrissaient, le feu qui crépitait jusqu'alors dans la cheminée se faisait de plus en plus insignifiant.

« Au moins, moi, j'ai le choix, et je peux me permettre d'hésiter entre deux carrières prometteuses, je ne suis pas obligée de renoncer à mon rêve parce que je ne suis pas capable de maîtriser mes pouvoirs sur un balai.

-Harry ! »

Cette fois, c'était Lily qui essayait de faire taire son fils insolent. Mais c'était trop tard. Harry et July avaient oublié leurs parents, leurs grands-parents et leurs frères et sœurs, leur entourage n'existait plus. C'était comme quand ils étaient dans les couloirs de l'école. Harry et July avaient l'esprit de compétition. Quand ils étaient enfants, ils s'étaient affrontés lors de duels amicaux qui les poussaient tous les deux à l'excellence, mais, depuis la Répartition, ils avaient transformé cette compétition enrichissante en rivalité dévastatrice, que ce soit pour eux ou leur entourage.

« Le retour d'Harry avec ses gros sabots, alors il va falloir que je t'explique deux ou trois trucs, d'abord, pour faire carrière dans le quidditch, ce ne sont pas des BUSEs qu'il faut principalement mais un niveau suffisant de quidditch, et, visiblement, tu en es loin ! critiqua July, de plus, je suis bien au courant que ta maitrise de toi sur un balai, comme tu l'appelles, t'a valu un vif d'or en flamme la dernière fois, ça c'est du contrôle. Enfin, pour ta carrière chez les aurors, là tu devrais continuer à espérer, il faut bien un larbin pour classer les dossiers qui relatent les succès des aurors compétents comme moi ! »

Plus personne ne savait comment les interrompre. Les deux adolescents faisaient parler toute leur fierté pour avoir le dernier mot et cette dispute montait en ton. Le feu était éteint et un vent glacial pénétrait à présent au travers de portes qui claquaient.

« Toi, aurore, mais tu es une Serpentard, ça ne sert à rien de te présenter, ils te refuseront pour ça et tu n’auras même pas le temps de leur montrer que tu ne sais rien faire ! »

Les yeux de July s'assombrirent. Elle était une vraie Serpentard, mais elle prônait activement le bienfondé de sa maison. Elle savait que ses amis n'étaient pas des mages noirs et elle non plus.

La colère parlait pour elle quand elle leva les mains et pointa ses paumes vers Harry. Aussitôt, le vent se dirigea vers le Gryffondor qui se vit bousculer dans tous les sens. Il se cognait contre les murs.

« Alors, qui est à l'aise dans les airs maintenant ! se félicita July. »

La rage monta rapidement en Harry. Il fixait July avec ses yeux et il ne fallut que quelques secondes pour que la chaise de la jeune fille ne s'enflamme. Alors qu'Harry se concentrait pour réitérer en espérant ne pas manquer sa cible. Ambre et Lily se jetèrent un regard désespéré. Il n'y avait plus qu'une chose à faire pour sauver leurs enfants avant que l'un des deux ne commette l'irréparable.

Les mères se dirigèrent vers leurs enfants. Ambre encercla July de ses bras et ne lui laissa pas le temps de se débattre qu'elle transplanna avec sa fille chez elle.

Lily fit de même avec son fils. Elle laissa un silence de mort dans le manoir des Potter. La magie de Noël avait disparu. Ils finirent leurs repas en silence et rentrèrent immédiatement chez eux.

End Notes:

Voilà, je vous laisse sur ce froid glacial entre July et Harry.

Qu'en pensez-vous?

Cette histoire est archivée sur http://www.hpfanfiction.org/fr/viewstory.php?sid=37836