Les suicidés de la Tour d'Astronomie by Sabine307
Summary:

Lily Potter, fille du célèbre Harry Potter, entre pour sa septième et dernière année à l'école de sorcellerie Poudlard. Mais entre les ASPIC à préparer et les étranges suicides de certains élèves de septième année, cette année s'annonce plutôt mouvementée. Alors que les plus grands mages noirs de tous les siècles sont vaincus, se pourrait-il qu'une part d'eux demeure dans le célèbre château afin de s'attaquer aux élèves ?

Aidée de ses amis, Lily va se lancer à la poursuite des responsables de toutes ces morts. Les sortilèges ne lui seront d'aucun secours, seul son coeur pourra la guider et l'aider à vaincre les ténèbres.


Categories: Après Poudlard, Autres fics HP Characters: Lily L. Potter
Genres: Amitié
Langue: Français
Warnings: Lime
Challenges: Aucun
Series: Aucun
Chapters: 2 Completed: Non Word count: 5097 Read: 282 Published: 30/11/2020 Updated: 08/12/2020
Story Notes:

La couverture a été réalisée par Victoire Cellier.

1. 1. Le début d'une nouvelle année by Sabine307

2. 2. Le banquet de bienvenue by Sabine307

1. Le début d'une nouvelle année by Sabine307

C'était un lundi. Le lundi 1 septembre 2025.

J'étais assise dans un des compartiments du Poudlard Express, et en face de moi, mon cousin Hugo Granger-Weasley écoutait attentivement Lola Thomas et Marc Finnigan se demander qui des deux aurait le moins de mal à passer ses ASPIC.

À côté de moi, mon meilleur ami, Alexander Londubat, était occupé à ouvrir un paquet de Chocogrenouilles – ce qui semblait lui demander un gros effort de concentration –, et les jumeaux Lysander et Lorcan Scamander se chamaillaient – comme d'habitude.

Quant à moi, j'avais sur les genoux ma baguette magique – bois de sycomore, crin de licorne, 29,8 cm, très peu flexible, achetée chez Ollivander sur le Chemin de Traverse six ans auparavant – et je commençais sincèrement à m'endormir.

Alors que je sentais mes yeux se fermer, la porte du compartiment s'est ouverte d'un coup et une tête blonde est apparue dans l'encadrement. J'ai fait un bond et crié :

"– Louis !"

Comme pour me donner raison, mon cousin a souri de toutes ses dents et a dit :

"– Vous vous souvenez que c'est ma première année, hein ?"

J'ai souri tout en remettant en place mes lunettes, qui avaient glissé de mon nez. Qui aurait pu l'oublier ? Il nous avait bassiné tout l'été. C'était Poudlard par ci, Poudlard par là. Mais je le comprenais, et je ne me souvenais que trop bien de ma première journée à Poudlard, et de l'excitation dans laquelle j'étais. C'était six ans plus tôt...

 

♦♦♦♦♦

 

C'était un 1er septembre, en tout point semblable à celui-là. J'avais attendu deux ans pour pouvoir enfin monter dans le Poudlard Express, et j'étais en direction de Poudlard – enfin !

Le trajet s'était déroulé sans problème, Hugo et moi nous étions réfugiés avec Albus, Rose et Scorpius dans un des compartiments libres qu'il restait. On ne supportait plus James et ses plaisanteries douteuses sur Poudlard. Alexander Londubat n'avait pas tardé à nous rejoindre aussi. À l'époque, on se connaissait déjà par cœur.

Lorsqu'on était arrivés, habillés de nos capes de sorciers, Hagrid nous avait fait signe de le suivre et c'est ce qu'on avait fait. Après s'être émerveillés dans les barques, nous étions arrivés dans la Grande Salle pour la cérémonie de la Répartition. Posé sur un tabouret à trois pieds, le Choixpeau nous attendait pour faire son habituelle sérénade. Ce qu'il n'avait pas manqué de faire, bien évidemment.

Après, nous avions été appelés par ordre alphabétique. J'avais eu le temps de me préparer mentalement. Comprenez, mon nom de famille, Potter, ne venait pas en premier. J'avais eu le temps d'applaudir mon cousin, Hugo Granger-Weasley, envoyé à Gryffondor, ainsi que mon meilleur ami, Alexander Londubat, envoyé à Serdaigle, sous le regard ébahi de son père, le professeur de botanique.

Lorsque ç'avait été mon tour, je m'étais assise sur le tabouret, tremblante. Je voyais James qui me faisait signe depuis la table des Gryffondors, et, à l'exact opposé de la salle, Albus me souriait depuis la table des Serpentards. Le Choixpeau, sur ma tête, s'était mis à réfléchir.

"– Hum... Intéressant... Aurais-tu du sang de Weasley dans les veines ? Hum, oui, je le vois... Cependant, il ne me semble pas convenable de t'envoyer à Gryffondor... Je ne peux décidément pas non plus t'envoyer à Serpentard, comme ton frère... Hum... Alors, disons... SERDAIGLE !"

Des applaudissements avaient alors retenti, et j'avais croisé le regard catastrophé de James, ainsi que celui hébété d'Albus. Lorsque je m'étais assise, le préfet de Serdaigle de l'époque m'avait félicitée. Il avait cependant ajouté, songeur :

"– C'est tout de même la première fois qu'une fratrie est ainsi séparée dans trois maisons différentes de l'école..."

Un tonnerre d'applaudissements l'avait alors réduit au silence. Evie Winchester, une fille tout en noir, y compris les cheveux, venait d'être envoyé à Serpentard.

 

♦♦♦♦♦

 

J'ai souri à Louis en repensant à la cérémonie de la Répartition. Il a eu l'air très fier et est reparti aussi vite qu'il était venu.

Je me demandais quel serait la chanson du Choixpeau cette année, et Alexander a dû percevoir ma perplexité car il a posé une main sur mon épaule et a demandé :

"–Eh, Lily ? Ça va ? Tu fais une drôle de tête !"

Je lui ai souri.

"– Ça va. Je repensais à la cérémonie de Répartition de notre première année. Tu t'en souviens ?"

Alec a ri, ce qui a fait se retourner Hugo, Lola et Marc.

"– Oui ! Je me souviens de la tête qu'a fait mon père quand il a vu que j'étais envoyé à Serdaigle ! Il m'a regardé avec une expression hébétée, comme si c'était inouï que je me retrouve à Serdaigle.

– C'est vrai qu'il était à Gryffondor et ta mère à Poufsouffle, a commenté Lola, c'est bien ça ? Ça devait sembler bizarre que tu ailles à Serdaigle alors."

Alec a acquiescé en souriant.

"– Oui. Mais franchement, je crois qu'il devait penser que je me retrouverai à Gryffondor, comme lui. Ou peut-être à Poufsouffle, comme ma mère. Mais en tout cas, ça lui a fait un sacré choc, Serdaigle."

Il a haussé les épaules puis il a tourné la tête vers les jumeaux.

"– Vous c'était normal que vous alliez à Serdaigle par contre."

Il s'est tourné entièrement vers Lysander et Lorcan, qui ont arrêté de se disputer et l'ont regardé sans ciller. Alec a jugé bon de se justifier :

"– Vu que votre mère était à Serdaigle."

Leur mère, Luna, était une des femmes les plus remarquables que j'aie jamais rencontré. C'était aussi une ancienne élève de Serdaigle. Et c'était aussi à cause d'elle que je m'appelle Lily Luna, et éventuellement, c'était ma marraine.

"– Bah, regarde, moi, ai-je lancé. Mes parents étaient tous les deux à Gryffondor, comme toute ma famille d'ailleurs. Quand James est arrivé pour sa première année, il est allé là-bas lui-aussi. Et après, Albus a été envoyé à Serpentard, et moi j'ai été envoyé à Serdaigle. Je sais bien que les frères et sœurs ne vont pas forcément dans la même maison, mais de là à avoir trois enfants qui vont dans trois maisons différentes ! Je ne te dis pas la tête de ma mère quand elle l'a appris ! Bien sûr, elle était très contente, mais ça lui a fait un sacré choc."

Marc a éclaté de rire, suivi de près par Hugo puis par le reste du groupe. J'ai ri à mon tour. Ça faisait tellement du bien de se retrouver tous ensemble ! Bien sûr, j'avais vu Alec et Hugo pendant les vacances. Mais ce n'était pas pareil que se voir au collège.

Le train a ralenti, puis s'est carrément arrêté. J'ai enfilé à la hâte ma robe noire avant de sortir sur le quai. De loin, Hagrid faisait signe aux premières années – il était difficile de le manquer, avec ses presque trois mètres de haut !

On s'est dirigés vers les diligences, tirées par les Sombrals. Je suis montée dans une, suivie d'Alec, d'Hugo, des jumeaux, et de Marc et Lola. Il ne restait plus qu'une seule place. Une fille blonde aux yeux verts est montée et s'est assise en face de moi. Je lui ai souri.

"– Elsa !"

J'ai serré la fille dans mes bras avant de lui faire la bise.

"– Salut tout le monde !"

Ils se sont vaguement salués, et quand Lysander a fait signe de la main, j'ai vu qu'Elsa rougissait. J'ai décidé de ne pas relever, et j'ai demandé :

"– T'as vu Zoé, Noelia et Liz ?"

Elsa a hoché la tête.

"– Elles étaient dans le même compartiment que moi. Mais je les ai perdues de vue dans la cohue. On se retrouvera au banquet, ne t'en fais pas."

J'ai hoché la tête. Bien sûr qu'on se retrouverait pendant le banquet, puisqu'on était dans la même maison !

Hugo a bougé et a posé sa main sur la banquette. Un peu trop près des fesses d'Elsa, d'ailleurs, ce qu'elle n'a pas manqué de lui faire remarquer :

"– Tu enlèves ta main de là, qu'elle y soit exprès ou non, sinon je te tue !"

Hugo a levé sa main précautionneusement et j'ai souri. Cette fille avait immanquablement du sang de Serpentard dans les veines – sa mère y avait été pendant sa scolarité – et elle était une vraie guerrière ! C'était un des aspects que j'adorais chez elle, en plus de son incroyable perspicacité et de sa manière de se comporter avec nous.

Par nous, j'entends Zoé McMillan, Noelia Davies, Elizabeth Corner et moi. Toutes les quatre, avec Elsa Boot, on partage le même dortoir depuis notre première année. Quant au dortoir des garçons, il est composé d'Alexander, des jumeaux Scamander, de Kevin Goldstein et de Luke Sloper. Hugo, Marc et Lola sont quant à eux à Gryffondor.

"– Désolé, Elsa", s'est excusé mon cousin.

Elle lui a souri d'un air satisfait, tandis que les jumeaux et Alec pouffaient de rire.

"– Mais t'es sûre que tu n'es pas à Serpentard, Elsa ?", a raillé Lola.

Elsa s'est tournée en souriant vers Lola, qui s'était blottie dans les bras de Marc.

"– Moi, non. Je suis bien à Serdaigle. Mais ma mère était à Serpentard, c'est peut-être ce côté qui ressort chez moi."

Sa mère, une ancienne Serpentard, avait fini par se marier avec un ancien Serdaigle. Pour l'époque, ça semblait étrange car les Serpentards étaient considérés comme des gens se sentant supérieurs aux autres. Bien sûr, maintenant, l'idée paraissait tout à fait normale. Plus personne n'avait d'à priori sur les Serpentards depuis longtemps, et encore moins depuis que mon frère Albus, fils du grand Harry Potter, y était passé et avait sauvé le monde. Son meilleur ami, Scorpius Malefoy, était d'ailleurs le cousin d'Elsa – et, éventuellement, le petit ami de ma cousine Rose.

Les diligences se sont arrêtées dans un grincement de ferraille. Nous sommes descendus les uns à la suite des autres, Elsa et moi cherchant toujours du regard les filles.

Quelqu'un m'a bousculée, et mes lunettes ont glissé de mon nez pour atterrir sur le sol.

"– Eh !"

Je me suis baissée pour les ramasser avant que quelqu'un ne marche dessus.

J'avais hérité de la mauvaise vue de mon père – même si mes lunettes n'étaient pas rondes et noires, mais plutôt carrées dans les tons de violet sombre. Cependant, j'avais aussi hérité de l'épaisse chevelure roux flamboyant de ma mère, ainsi que de sa silhouette mince et allongée. J'avais également hérité des yeux bleus de mon grand-père.

Je vais le dire franchement, j'étais plutôt canon – même si je ne l'aurais avoué pour rien au monde, de peur de passer pour une prétentieuse. Avec mon mètre soixante-quatorze, je dépassais la plupart des filles de dix centimètres, et je m'égalisais facilement avec les garçons. Seul Luke Sloper me dépassait d'une bonne tête, avec son mètre quatre-vingt-dix-huit. Mais malgré sa grande taille, il était aussi mince qu'un clou, et encore quelques années plus tôt, il pleurait au moindre choc, émotionnel ou physique. Mais ça ne l'empêchait pas de se démener au poste de batteur dans l'équipe de Quidditch.

J'ai essuyé mes lunettes avec ma robe et je les ai remises en place. Génial ! J'avais maintenant perdu de vue Elsa et les autres, et en plus de devoir chercher les filles, j'allais devoir les chercher eux-aussi !

J'avançais lentement vers le château, tout en cherchant mes amis, quand j'ai entendu une voix appeler mon prénom. Je me suis retournée.

Ma cousine, Roxanne, avançait vers moi, l'air contrariée.

"– Tu n'aurais pas vu Fred, par hasard ? Je cherche cet imbécile depuis tout à l'heure, il a oublié Gus sur ma valise."

Pour information, Gus est le nom du crapaud de mon cousin, qu'il adore laisser à sa sœur rien que pour l'embêter. Et ça finit immanquablement par une dispute.

"– Non, Roxanne, je ne sais pas où est Fred. Est-ce que..."

Avant que j'aie pu finir de lui demander si elle avait vu n'importe lequel de mes amis, elle est partie en ruminant. J'ai soupiré :

"– Pfffff, quelle famille de dingues !", ai-je pesté.

Derrière moi, quelqu'un a poussé une exclamation. Je me suis retournée et me suis trouvée nez à nez avec Fred.

"– Ben tiens, te voilà toi ! Ta sœur te cherche.

– Je sais. J'ai mis Gus sur sa valise. Elle doit me haïr.

– Ça, c'est sûr. Un jour, il faudra que tu m'expliques ce que tu en retires, quand tu fais tes mauvais coups !"

Il a souri d'un air machiavélique avant de partir. Ok, encore un qui passait juste pour passer.

Pour la troisième fois de la minute, quelqu'un m'a appelée. Seulement cette fois, je n'ai pas répondu, j'ai continué à avancer. Jusqu'à ce que je sente une main se poser sur mon épaule et quelqu'un qui metournait. Je me suis retrouvée face à Liz.

"– Oh, Lily, on peut savoir pourquoi tu ne réponds pas quand je t'appelle ?", a-t-elle râlé.

J'ai haussé les épaules.

"– Je viens de me faire appeler par Roxanne puis Fred, je pensais que c'était encore un de mes effroyables cousins ou cousines qui m'appelait, c'est tout.

– Oh, Lily ! Arrête un peu, ils sont adorables !"

Au même moment, ma cousine Dominique est passée à côté de nous, sans se défaire de son air hautain. Elle nous a regardées de son petit air supérieur et elle a continué comme si de rien n'était.

"– Enfin... Peut-être pas Dominique, d'accord..."

J'ai levé les bras au ciel.

"– Tu plaisantes ? Cette fille est un vrai cauchemar ! Elle se croit tellement supérieure, elle est tellement... Raaaaaaah, je la déteste ! En plus, chaque année, on est obligées de fêter notre anniversaire en même temps ! Tout ça parce que je suis née le 3 juillet et elle le 4 ! Elle m'énerve tellement ! Comment Lorcan peut-il supporter de sortir avec elle ?

– Je ne sais pas, Lily. En tout cas, ça fait du bien de te revoir !"

Elle m'a serrée dans ses bras, m'étouffant au passage.

"– Où sont les filles ?

J'en ai aucune idée, ai-je répondu. J'ai perdu Elsa dans la cohue. Elle m'a dit que tu étais avec Zoé et Noelia.

Oui, mais je les ai perdues aussi. Bon, ben on les retrouvera dans la Grande Salle."

On a recommencé à marcher en direction du château en se racontant nos vacances respectives.

 

 

 

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2. Le banquet de bienvenue by Sabine307

 

Quand on est arrivées, tous les élèves de l'école – sauf les premières années – étaient réunis dans le hall et attendaient pour aller se placer sur les tables de leurs maisons respectives. Dans tout ce monde, il était impossible de trouver qui que ce soit. Liz et moi n'avions donc aucune chance de retrouver les filles.

La porte s'est enfin ouverte, et les élèves ont déferlé dans la Grande Salle pour aller s'assoir à leur table.

Lorsque Liz et moi sommes arrivées à la table des Serdaigles, les autres septièmes années étaient déjà tous assis. On s'est assises à côté d'eux.

"– Salut tout le monde !"

Luke, Kevin, Noelia et Zoé, que je n'avais pas encore vus, m'ont souri avant de me faire la bise.

Au même moment, les professeurs sont entrés pour aller s'assoir à leur table, suivis par McGonagall, armée d'un tabouret à trois pieds et d'un vieux chapeau tout rabougri. Le Choixpeau.

La directrice a posé le tabouret, puis posé le Choixpeau dessus. Puis elle est repartie pour aller accueillir les premières années et leur faire son éternel discours de bienvenue, tout ça.

Lorsqu'elle est revenue dans la Grande Salle, elle était suivie d'un groupe de jeunes enfants, qui semblaient émerveillés. Elle les a placés devant l'estrade, puis est allée prendre son parchemin d'appel. Pendant ce temps, le Choixpeau a entamé son habituelle chanson de bienvenue :

"– Il fut un temps où j'étais jeune

Où quatre sorciers fondèrent cette école

Pour apprendre à tous ces nouveaux jeunes

L'art de la magie et de la parole


Gryffondor, le brave et fort

Serpentard, le vil et rusé

Poufsouffle, simple au premier abord

Et Serdaigle, à l'esprit aiguisé


Tous les quatre au début amis

Prônaient pour leurs différentes méthodes

Mais le temps les rendit ennemis

Jusqu'à connaître l'exode


Ils me laissèrent derrière eux

Sur une étagère, posé

Pour que je puisse choisir au mieux

Dans quelle maison vous placer."


Tout le monde a applaudi la chanson du chapeau magique, y compris les nouveaux élèves, avant que la directrice McGonagall ne s'avance et brandisse un parchemin bien haut devant elle. Elle a appelé :

"– Harry Allister !"

Tiens ! Ça commençait. Chaque année, des Harry, Ronald, Hermione et autre se présentaient à Poudlard. Sous prétexte que mon père, mon oncle et ma tante avaient sauvé le monde, les gens pensaient que donner leur nom à leurs enfants étaient une bonne idée, un marque de goût. Personne ne semblait se rendre compte de la difficulté deporter un nom qui ne lui est pas propre. Chaque fois, les gens voient à travers ces enfants les personnes dont ils portent le nom. C'est pareil pour moi. Lily, c'était le nom de ma grand-mère. Je comprends que mon père ait voulu me donner son nom, elle a sacrifié sa vie pour lui. Seulement, quand les gens prononcent mon prénom, on dirait qu'ils voient un fantôme la plupart du temps. Et c'est plutôt désagréable pour moi, de voir tous ces regards mi-admiratifs mi-horrifiés me contempler.

Un minuscule garçon blond s'est avancé en tremblant et s'est assis sur le tabouret. Le professeur McGonagall a posé le Choixpeau sur sa tête, et aussitôt, il s'est écrié :

"– GRYFFONDOR !"

Tout le monde a applaudi tandis que McGonagall appelait d'autres noms. En tout, cette année, trois Harry, deux Hermione, et aucun Ronald. Voilà qui allait mieux que l'année d'avant, où l'on comptait six Harry, cinq Ronald et trois Hermione. Et heureusement, sur mon année, aucun Harry, aucun Ronald et aucune Hermione n'avaient été à déclarer lors de l'appel. Il n'aurait plus manqué que je me retrouve avec comme camarade de classe un élève portant le nom de mon père, de mon oncle ou de ma tante !

"– Louis Weasley !"

Je suis revenue à la réalité pour observer mon cousin s'assoir à son tour sur le tabouret. On en était déjà au W ? J'avais loupé tant que ça, vraiment ? Il fallait que j'arrête de trop me creuser la tête ! Si je me laissais distraire comme ça pendant les cours, je ne risquais pas d'avoir mes ASPIC !

"– Voyons voir... POUFSOUFFLE !"

Louis a souri et, sous les applaudissements retentissants, il est parti s'assoir à la table des Poufsouffles, non loin de sa sœur Dominique. Elle avait beau être ma cousine, je ne l'aimais pas vraiment. Autant que sa sœur Victoire était adorable, Dominique était superficielle et vaniteuse. Elle se croyait supérieure au commun des mortels, et trouvait toujours le moyen d'être désagréable. Ça, plus le fait qu'on était nées à un jour d'écart et que notre famille trouvait fabuleux de fêter nos deux anniversaires en même temps.

Malgré cela, elle sortait avec un de mes amis, Lorcan Scamander. D'ailleurs, je ne comprenais pas comment il pouvait sortir avec elle, mais chaque fois que j'essayais d'aborder le sujet avec lui, il refusait d'écouter mes arguments, persuadé que Dominique était parfaite.

Et voilà. Le dernier de la longue lignée des Weasley venait d'être envoyé à Poufsouffle. Mes cousins et moi avions enfin tous été placés dans une maison à Poudlard. Mon frère James, ma cousine Rose, ainsi qu'Hugo, Molly, Roxanne et Fred, étaient tous à Gryffondor. Dominique et Louis étaient à Poufsouffle. Albus àSerpentard. Et Victoire, Lucy et moi étions à Serdaigle. Bien entendu, certains avaient terminé leurs années à Poudlard depuis longtemps, comme c'était le cas pour Victoire, Rose, Albus et James.

Donc logiquement, si personne dans la famille n'avait la bonne idée d'avoir un énième enfant, les Weasley avaient tous leur maison attitrée.

Les tables se sont remplies de nourriture, et nous avons commencé à manger dans le brouhaha ambiant. Je ne m'étais pas rendu compte à quel point j'étais affamée. J'ai dévoré tout ce qui me passait sous la main en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.

Lorsque nous avons eu fini, McGonagall s'est levée et a tapé dans ses mains pour amener le silence.

"– Bien, merci !, a-t-elle crié. Bonsoir à tous ! Bienvenue aux nouveaux élèves, et bon retour parmi nous pour les anciens ! Je voudrais faire quelques points sur le règlement intérieur de l'école..."

J'ai arrêté d'écouter à ce moment précis. Je connaissais le règlement par cœur, ça ne servait à rien que j'écoute une septième année d'affilée.

Quelques minutes plus tard, toute la salle a applaudi, donc j'en ai déduis que le discours était terminé.

"– Bien ! Maintenant, si vous voulez bien, vous devriez rejoindre vos dortoirs ! Mesdemoiselles et messieurs les préfets, je vous prie de gérer les nouveaux !"

Tous les élèves se sont levés, et Elsa m'a fait signe de la main. Son insigne de préfète brillait sur sa poitrine, et même si elle n'avait pas été élue préfète-en-chef, je savais qu'elle comptait bien gérer les nouveaux élèves de Serdaigle.

Les préfets-en-chef, cette année, n'étaient autre que Clarke Hamilton – une fille noire de Gryffondor, hyper intelligente –, ainsi qu'Austin Page – un blond aux yeux bleus, capitaine de l'équipe de Quidditch de Poufsouffle.

"– Je vous rejoins dans le dortoir !, a lancé Elsa. Je dois aller chercher les nouveaux élèves !"

Elle a saisi Kevin par la manche et l'a légèrement secoué.

"– Kevin ! Je te signale que t'es préfet aussi !"

Elle a levé les bras au ciel en faisant des signes aux élèves.

"– S'il vous plaît ! S'il vous plaît ! Les premières années de Serdaigle ! Rassemblez-vous ici, s'il vous plaît !"

À côté d'elle, Kevin, les deux cinquièmes années et les deux sixièmes années nommés préfets eux-aussi, s'agitaient en faisant de grands gestes avec les bras, dans l'espoir de se faire apercevoir par les nouveaux.

Quant à moi, j'ai suivi Liz, Noelia, Zoé et les garçons jusqu'à la salle commune de Serdaigle.

Quelques minutes plus tard, les préfets sont arrivés avec les premières années, en leur expliquant les mots de passe – le coup des réponses aux questions –, tout ce qu'ils avaient à savoir, comme quoi les garçons n'étaient pas autorisés à se rendre dans les dortoirs des filles, etc.

Après avoir indiqué quels étaient les dortoirs des premières années –ceux des septièmes années de l'an passé –, Elsa et Kevin sont revenus vers nous.

"– J'en peux plus !, s'est plainte mon amie. C'est épuisant d'avoir à gérer ces mioches !"

J'ai haussé les épaules en souriant.

"– Tu dis ça, mais en attendant, je te rappelle que vous avez une salle de bain rien qu'à vous ! Alors que nous on se prend ces fichus douches !"

Je lui ai fait un clin d'oeil et elle a éclaté de rire.

"– Lily je t'adore !"

Ce que personne n'était censé savoir, c'était que j'utilisais moi-même quelques fois la salle de bain des préfets. Bien sûr, je n'y étais pas autorisée, donc je le faisais toujours en cachette, le soir, quand plus personne n'y était. Seules les filles étaient au courant. Je ne l'avais même pas dit à Alec, mon meilleur ami, parce que de toute façon, il aurait essayé de m'empêcher d'y aller pour ne pas que je me fasse choper, et je n'avais aucune envie de me faire sermonner. J'utilisais la salle de bain des préfets uniquement quand j'avais vraiment besoin d'extérioriser ou de me détendre, il n'y avait pas de quoi en faire tout un plat.

"– Bon, a lâché Kevin, ça devient bizarre. Je crois que je vais aller me coucher."

Il nous a salués de la main puis a monté les escaliers jusqu'à la porte du dortoir des garçons de septième année.

Bientôt, nous avons tous fait pareil. Nous nous sommes dit bonsoir puis nous sommes chacun retournés dans nos dortoirs respectifs.

Le dortoir des filles était plutôt spacieux. La pièce était vaste et ronde, et les cinq lits disposés en étoile. Chacun des lits était accompagné d'une table de chevet, de rideaux de velours bleu et bronze, ainsi que de coussins et d'une grosse couette bien chaude pour les nuits d'hiver. Sur les murs, les traces des affiches, photos, etc, que l'on avait collés l'année précédente, étaient toujours visibles. Plantées dans la tapisserie, les punaises étaient toujours là. Comme si elles nous attendaient, pour qu'on recommence à afficher ceci ou cela.

Je me suis assise sur le lit le plus éloigné de la porte. C'était mon lit depuis la première année, je n'étais pas prête d'en changer.

Immédiatement, j'ai ouvert la valise et j'en ai sorti mon pyjama. C'était un pyjama très simple, pas trop chaud – nous étions encore en été –, constitué d'un short gris et d'un débardeur blanc sur lequel était imprimé un vif d'or. En le voyant, j'ai automatiquement posé la main sur le pendentif en forme de vif d'or passé autour de mon cou.

C'était Alec qui me l'avait offert pour mes dix-sept ans. Je n'avais jamais vraiment été fan de Quidditch, même si je jouais très bien – c'est pas moi qui le disais, mais ma mère –, et je n'avais jamais éprouvé le besoin de faire partie de l'équipe de Quidditch de Serdaigle, contrairement à Alec. Seulement, je trouvais les vifs d'or fascinants. Leur rapidité, leur mémoire tactile, ils étaient exceptionnels ! Alors, le jour de mes dix-sept ans, alors que j'avais organisé une fête, Alexander m'avait offert ce collier. Depuis, je le portais jour et nuit, il était devenu mon porte-bonheur, mon objet fétiche, et je ne m'en séparais jamais, même pas pour me doucher. Étant en véritable or, il ne risquait pas de rouiller ou de s'abîmer avec l'eau.

De plus, étant un objet magique – comme la plupart des objets du monde sorcier –, il pouvait agiter ses ailes et voleter sur une dizaine de centimètres si je le lâchais.

Je suis revenue à la réalité en entendant Liz qui me parlait :

"– ... encore ce pyjama ?"

Je me suis tournée vers elle, le pyjama en question dans une main, l'autre toujours posée sur mon cou.

"– Hein ?, ai-je ânnoné."

Elizabeth a pointé du doigt mon pyjama.

"– Il est encore vivant celui-là ?

Ah, ça ! Faut croire ! Autant vivant que le pyjama avec les pingouins !"

Les filles ont éclaté de rire à l'unisson.

"– Quoi ? Je sais qu'il est un peu ridicule, comme celui-là d'ailleurs, mais je les aime bien.

– Lily, a déclaré Noelia, tu ne changeras jamais !"

J'ai secoué la tête en souriant. Elles non plus de changeraient jamais ! Déjà l'année d'avant, elles se moquaient de mon pyjama – soit le short et le débardeur au vif d'or, soit le pantalon et la chemise aux pingouins. Bien sûr, je n'avais pas que ces pyjamas-là. J'avais aussi une chemise de nuit rose, m'allant à mi-cuisse, ainsi qu'un autre pyjama long, bleu tout simple. En général, quand je mettais ce dernier, les filles aimaient bien me dire que j'étais assortie aux lits. Il faut dire pour leur défense que mon pyjama était exactement de la même couleur que les draps et les rideaux.

J'ai sorti un sachet en papier de ma valise.

"– J'ai des friandises moldues, vous en voulez ? C'est mon père qui me les a offertes pour mon anniversaire."

J'ai pris un bonbon, emballé dans du papier violet, puis j'ai tendu le sachet à Zoé.

"– C'est quoi, ça ?, a demandé la brune."

Elle a sorti une sorte de petit bonhomme gélatineux, de couleur bleue.

"– Vas-y goûte, c'est super bon ! Et après t'as la langue qui garde la couleur pendant quelques temps, c'est drôle !"

Zoé a grimacé puis elle a fourré le bonbon dans sa bouche. Elle a souri.

"– C'est bon, a-t-elle commenté.

– Fais voir !, a rétorqué Noelia."

Elle a farfouillé dans le sac et en a sorti un autre bonbon gélatineux.

"– Eh, mais c'est un schtroumpf !"

Elle avait l'air de s'y connaître, et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, elle avait nommé toutes les sortes de bonbons que contenait mon sachet. En même temps, elle était d'origine moldue, elle connaissait donc tout ce que nous autres les sorciers ne connaissions pas, ou très peu.

Elsa a pris le sachet à son tour. Elle a regardé dedans avant de le tendre à Liz. Apparemment, elle ne semblait pas intéressée.

Elizabeth a secoué la main devant elle.

"– Merci, mais après tout ce que j'ai avalé au banquet, je serais incapable d'avaler quoi que ce soit !"

Elle m'a rendu le sachet et j'ai hoché la tête. En effet, on avait beaucoup mangé, si on mangeait aussi tous les bonbons, on allait être malades. J'ai rangé le sac dans ma valise.

On a alors enfilé nos pyjamas, puis nous avons commencé à nous raconter nos vacances. Peu à peu, je sentais la fatigue m'envahir. Entre Noelia qui était partie à Dublin pendant deux semaines et Zoé qui s'était rendue à un rassemblement de sorciers, ma tête commençait à dodeliner dangereusement, et mes oreilles à bourdonner.

"– Hou là, il est tard ! Je crois que je vais dormir, histoire d'être en forme demain. Je commence déjà à m'endormir."

Les filles ont hoché la tête et après qu'on se soit toutes blotties sous nos couettes, Noelia, étant la plus proche de la porte, a éteint la lumière.

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