I - Dark Paradise by Winter
Summary:

« Mérite ta place comme une Black, ou tu partiras d'ici comme une rien. »

1970, la première guerre approche, Lord Voldemort monte en puissance chaque jour et sème la terreur. Lyra et Sirius, les jumeaux Black devront trouver leur voie dans une famille où "Toujours pur" est plus que des mots, c'est un art de vivre.

Et si...

image libre de droits canva, retouches et illustration par moi

Partie 1 de Beautiful People, Beautiful Problems


Categories: Epoque Maraudeurs, Personnage original (OC), Jily (James/Lily) Characters: James Potter, Les Maraudeurs, Lily Evans, Regulus Black, Remus Lupin, Sirius Black
Genres: Amitié, Guerre, Romance/Amour
Langue: Anglais, Français
Warnings: Lemon soft, Lime
Challenges: Aucun
Series: love, winter
Chapters: 100 Completed: Oui Word count: 475197 Read: 42695 Published: 31/12/2020 Updated: 16/04/2022
Story Notes:

Une histoire qui me traîne dans la tête depuis ma première lecture de Harry Potter.

Cette histoire, ces personnages, c'est eux qui m'ont menée à la fanfic. Pas l'inverse.

 

playlist & moodboard

Et mes fanart : @rowinter_art

1. Chapitre 1 : Mr et Mrs Black by Winter

2. Chapitre 2 by Winter

3. Chapitre 3 by Winter

4. Chapitre 4 : Ière année by Winter

5. Chapitre 5 : Ière année by Winter

6. Chapitre 6 : Ière année by Winter

7. Chapitre 7 : Ière année by Winter

8. Chapitre 8 : Ière année by Winter

9. Chapitre 9 : Ière année by Winter

10. Chapitre 10 : Ière année by Winter

11. Chapitre 11 : IIème année by Winter

12. Chapitre 12 : IIème année by Winter

13. Chapitre 13 : IIème année by Winter

14. Chapitre 14 : IIIème année by Winter

15. Chapitre 15 : IIIème année by Winter

16. Chapitre 16 : IIIème année by Winter

17. Chapitre 17 by Winter

18. Chapitre 18 by Winter

19. Chapitre 19 : IVème année by Winter

20. Chapitre 20 : IVème année by Winter

21. Chapitre 21 : IVème année by Winter

22. Chapitre 22 : IVème année by Winter

23. Chapitre 23 : IVème année by Winter

24. Chapitre 24 : IVème année by Winter

25. Chapitre 25 : IVème année by Winter

26. Chapitre 26 : IVème année by Winter

27. Chapitre 27 by Winter

28. Chapitre 28 : Vème année by Winter

29. Chapitre 29 : Vème année by Winter

30. Chapitre 30 : Vème année by Winter

31. Chapitre 31 : Vème année by Winter

32. Chapitre 32 : Vème année by Winter

33. Chapitre 33 : Vème année by Winter

34. Chapitre 34 : Vème année by Winter

35. Chapitre 35 : Vème année by Winter

36. Chapitre 36 : Vème année by Winter

37. Chapitre 37 : Vème année by Winter

38. Chapitre 38 : Vème année by Winter

39. Chapitre 39 : Vème année by Winter

40. Chapitre 40 : Vème année by Winter

41. Chapitre 41 : Vème année by Winter

42. Chapitre 42 by Winter

43. Chapitre 43 by Winter

44. Chapitre 44 by Winter

45. Chapitre 45 by Winter

46. Chapitre 46 by Winter

47. Chapitre 47 : VIème année by Winter

48. Chapitre 48 : VIème année by Winter

49. Chapitre 49 : VIème année by Winter

50. Chapitre 50 : VIème année by Winter

51. Chapitre 51 : VIème année by Winter

52. Chapitre 52 : VIème année by Winter

53. Chapitre 53 : VIème année by Winter

54. Chapitre 54 : VIème année by Winter

55. Chapitre 55 : VIème année by Winter

56. Chapitre 56 : VIème année by Winter

57. Chapitre 57 : VIème année by Winter

58. Chapitre 58 : VIème année by Winter

59. Chapitre 59 : VIème année by Winter

60. Chapitre 60 by Winter

61. Chapitre 61 by Winter

62. Chapitre 62 by Winter

63. Chapitre 63 by Winter

64. Chapitre 64 by Winter

65. Chapitre 65 : VIIème année by Winter

66. Chapitre 66 : VIIème année by Winter

67. Chapitre 67 : VIIème année by Winter

68. Chapitre 68 : VIIème année by Winter

69. Chapitre 69 : VIIème année by Winter

70. Chapitre 70 : VIIème année by Winter

71. Chapitre 71 : VIIème année by Winter

72. Chapitre 72 : VIIème année by Winter

73. Chapitre 73 : VIIème année by Winter

74. Chapitre 74 : VIIème année by Winter

75. Chapitre 75 : VIIème année by Winter

76. Chapitre 76 : VIIème année by Winter

77. Chapitre 77 : VIIème année by Winter

78. Chapitre 78 : juillet 1978 by Winter

79. Chapitre 79 : août 1978 by Winter

80. Chapitre 80 : sept-oct 1978 by Winter

81. Chapitre 81 : novembre 1978 by Winter

82. Chapitre 82 : décembre 1978 by Winter

83. Chapitre 83 : janvier 1979 by Winter

84. Chapitre 84 : février 1979 by Winter

85. Chapitre 85 : mars 1979 by Winter

86. Chapitre 86 : avril 1979 by Winter

87. Chapitre 87 : mai 1979 by Winter

88. Chapitre 88 : juin 1979 by Winter

89. Chapitre 89 : juil-août 1979 by Winter

90. Chapitre 90 : septembre 1979 by Winter

91. Chapitre 91 : octobre 1979 by Winter

92. Chapitre 92 : nov-déc 1979 by Winter

93. Chapitre 93 : janvier 1980 by Winter

94. Chapitre 94 : février 1980 (part 1) by Winter

95. Chapitre 95 : février 1980 (part 2) by Winter

96. Chapitre 96 : mars-juin 1980 by Winter

97. Chapitre 97 : juillet 1980 by Winter

98. Chapitre 98 : août-déc 1980 by Winter

99. Chapitre 99 : janv-sept 1981 by Winter

100. Chapitre 100 : octobre 1981 by Winter

Chapitre 1 : Mr et Mrs Black by Winter
Author's Notes:

Comment introduire le tout début d'une histoire qui hante ma tête depuis si longtemps ? 


Cette histoire, je l'ai dans ma tête depuis ma première lecture de HP il y a dix ans, j'y pense tous les jours honnêtement, la construisant petit à petit. J'ai une page note sur mon téléphone avec tous ces petits moments de la vie qui m'inspirent, puis j'ai rédigé le tout et voilà mon histoire.


 


Alors concidérez ce chapitre comme un début, un préface.


Petit rappel sur l'arbre généalogique des Black


- Orion et Walburga sont les parents de Lyra, Sirius et Regulus ;


- Cygnus et Druella sont les parents de Bellatrix, Andromeda et Narcissa ;


- Cygnus et Walburga sont frère et soeur.


J'espère que cela vous aidera pour ne pas vous perdre dans tous les prénoms ! Promis après ce chapitre, ça ira mieux !


 


Petit rappel également que cette fic est déconseillée au moins de seize ans. Ce n'est pas pour rien, elle traite beaucoup de sujets qui peuvent être délicats comme la violence verbale, violence physique, acceptation de soi, le rapport au corps, la découverte de la sexualité... Si ce sont des sujets qui vous touchent, attendez d'être prêt.e un peu plus tard, ou accompagnez-vous de ces personnes qui vous réchauffent le coeur.


 


Et sinon, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une bonne lecture.

 

 

En ce jour du 3 novembre 1959 : 

 

Orion et Walburga Black,

 

sont fiers de vous annoncer la naissance de leurs jumeaux héritiers, Lyra et Sirius.

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

— Maman, Maman ! Regarde le hibou ! cria une petite fille au visage angélique, entouré de deux tresses blondes.

 

 

 

Elle tendit un parchemin à sa mère, le sceau des Black était à peine sec, que Druella s’empressa de le décacheter, ignorant le comportement enthousiaste de sa fille. En temps normal Narcissa aurait eu une punition, mais aujourd’hui était un jour spécial. Son mari leva les yeux de la Gazette du sorcier qu’il était en train de lire.

 

 

 

— C’est un garçon ? demanda t-il en se penchant vers sa femme.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

— Mr le Directeur ? 

 

— Je vous écoute Bryan.

 

— Bryce. Heu… Juste pour vous dire que la descendance Black est officiellement assurée.

 

— Parfais Bart, veuillez préparer le prochain tirage. Je veux le nom, poids, taille, témoignage des parents patati patata… Mets moi Adams sur le coup, elle arrivera à capter les lecteurs.

 

— Ce sont des jumeaux Mr le Directeur.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

— Qu’est-ce que je te sert ?

 

— Je crois qu’aujourd’hui je peux me permettre une petite folie avec un Whisky Pur Feu. Tu m’accompagnes ?

 

 

 

Aberforth Dumbledore alla chercher deux bouteilles et se prit une chaise pour s’installer à côté de son frère. Il était beaucoup trop tôt pour que le bar ait ses premiers clients.

 

 

 

— Qu’est-ce qu’on fête ? demanda le barman.

 

— Deux naissances, répondit Albus.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Le silence était total dans la grande maison familiale des Black. Elle appartenait à la famille depuis des générations, en fait elle avait été achetée par le célèbre Phineas Nigelus, Directeur de Poudlard en son temps. Orion adorait cette maison contrairement à sa femme. Walburga ne supportait pas la pénombre quasi constante dans laquelle elle était plongée. Les grands rideaux étaient régulièrement tirés pour protéger les vieux meubles de la lumière du soleil et de la lune, ils ne les ouvraient que pour recevoir des invités. 

 

 

 

En ces moments, Walburga adorait parader avec de nouvelles parures en pierres précieuses toutes aussi belles les unes que les autres. Elle mettait des grandes robes sombres faites sur mesure qui soulignait la blancheur de son visage. Pour Walburga, les peaux bronzées et basanées représentaient la pauvreté, de ce fait elle ne s’exposait jamais au soleil sans une ombrelle et des gants. Seul avantage qu’elle avait trouvé au fait de vivre comme une vampire.

 

 

 

Ces neufs mois avaient été long pour elle, rapidement les Magicomages avaient remarqué certaines anomalies. Quelques tests complémentaires plus tard et le verdict était tombé : elle était enceinte de jumeaux. Au bout de six mois, elle ne voyait plus ses pieds, ne portait que des chaussures plates et des robes immenses semblables à des tentes. Elle détestait ces robes qui lui donnaient l’impression d’être un tonneau géant. Elle marchait au ralenti, était fatiguée tout le temps pour finalement être obligée de rester au lit. 

 

 

 

Les deux derniers mois furent les plus horribles de sa vie. Son teint était cireux et ses cheveux ternes. Elle était obligée de demander constamment de l’aide pour manger, boire, se nettoyer… Elle en venait même à regretter les nausées du début de grossesse. À cause de son état, elle refusait de voir ses amies du Club, seule Druella avait une autorisation spéciale.

 

 

 

Puis l’accouchement était arrivé, huit heures de douleur, de cris et de souffrance. Une fine cicatrice marquerait à jamais son ventre. Dès les premiers jours, Kreattur et Stuffy s’occupèrent de leurs nouveaux maitres, elle était trop faible pour se lever et n’en avait pas envie. Dans son monde à elle, fait de perfection et de richesse, avoir des jumeaux n’était pas la meilleure chose qu’il puisse arriver. Certes, c’était moins pire que les malades mentaux, et malformations physiques, mais ce n’était pas non plus très bien vu…

 

 

 

Orion continuait de travailler au Ministère, calmement, il exauçait les caprices de sa femme sans rechigner, refusant les invitations aux diners, bals et autres événements. 

 

 

 

 

 

  *****  

 

 

 

 

 

Quand sa femme descendit l’escalier de bois sombre pour le petit déjeuner, un sentiment de joie l’emplit.

 

 

 

— Je suis content de voir que tu vas mieux, dit-il en reposant la Gazette du Sorcier.

 

— Orion ! le réprimanda t-elle. Cette période transitoire vous aurait fait-elle perdre vos bonnes manières ?

 

— Je vous pris de m’excuser, mais votre beauté resplendissante m’a fait perdre la tête, répondit-il sans perdre son sourire pourtant si rare sur son visage.

 

— Je suis en pleine forme ! Ce qui veut dire que je vais pouvoir organiser une petit réception pour présenter les jumeaux au grand monde !

 

— Je vois à votre enthousiasme que rien de ce que je pourrai dire vous ferait changer d’avis. Nous disions donc une petite réception ? Le salon bleu devrait alors…

 

— J’ai dit petite réception ? Suis-je sotte ! Je veux une grande réception dans le grand salon, bien entendu. Il y aura la famille, quelques journalistes, mes amies du Club, vos collègues du Ministère mais pas Harper, sa femme a des allures de paysanne. Et vous pourriez vérifier les jours ou Mr le Ministre serait disponible…

 

— Vos désirs sont des ordres ma chère, répondit son mari en se replongeant dans son journal.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Champagne, longues robes haute couture, bijoux en or incrustés de pierres précieuses, petits fours au goût délicat… Les personnes les plus influentes du moment se pressaient autour des berceaux pour apercevoir les nouveaux héritiers Black sous les yeux pleins de fierté de leurs parents.

 

 

 

— Oh, Walburga ! Quel plaisir de vous voir aussi resplendissante ! Vous avez une silhouette absolument parfaite, quel est votre secret ? s’exclama Laureen Forest, un amie du Club.

 

— Ma chère, vous me flattez ! Je n’ai absolument rien fait.

 

 

 

Dans ce milieu, les mensonges étaient la langue commune. Laureen savait parfaitement que Walburga avait fait un régime draconien, s’affamant pour pouvoir rentrer dans une robe taille 36 le jour J. Et par-dessus un corset finement serré… 

 

 

 

Walburga s’obligeait à afficher un sourire étincelant malgré les quelques murmures qu’elle avait entendu. Certaines personnes n’aimaient pas l’idée de jumeaux - elle non plus d’ailleurs - mais ce qui les dérangeaient le plus était que ce n’était pas de vrai jumeaux. Un garçon et une fille, quoi de plus bizarre ? « Cela ternissait la si élogieuse famille Black. », « Eux qui étaient si parfaits. »

 

 

 

Soudain, des pleurs vinrent perturber la réception.

 

 

 

— Walburga, ma chère, il semblerait que Sirius se soit réveillé, déclara Orion en buvant une gorgée de champagne. Ce champagne est excellent, on a beau dire, mais s’ il y a bien une chose que les Moldus ont réussi, c’est le champagne !

 

 

 

Walburga quitta son mari pour s’approcher du berceau où son fils pleurait. Entre son besoin de repos et ses préparatifs pour la soirée, elle n’avait pas pris le temps de s’occuper de ses enfants. Et comme elle refusait de donner la tétée (jugeant cela rabaissant pour quelqu’un de son rang), elle n’avait pas passé plus de cinq minutes avec lui … Depuis leur naissance. Se remémorant rapidement les instructions de Stuffy pour prendre son fils dans ses bras, elle passa une main sous sa tête et une autre sous son corps tout chaud avant de l’attirer contre elle.

 

 

 

— Shhh shhh…

 

 

 

Il fallait faire ce petit bruit et le tenir dans ses bras en bougeant doucement. C’était malheureusement inefficace. Sirius continuait de pleurer, réveillant Lyra qui se mit à pleurer à son tour. 

 

 

 

— Donnez le moi Madame, murmura Kreattur.

 

— Non, je vais y arriver.

 

 

 

Le silence autour du bébé était insupportable. Pour la première fois de sa vie, Walburga aurait préférée ne pas être le centre de tant d’attention. Elle ne comprenait pas pourquoi son fils ne cessait pas de pleurer, et elle le trouvait si lourd ! Orion, voyant le malaise qui se créait, tinta contre son verre pour attirer l’attention de ses invités.

 

 

 

— Votre attention s’il vous plait. Veuillez me suivre dans la bibliothèque pour poursuivre cette charmante soirée !

 

 

 

Tout le monde s’empressa de suivre le maitre de maison, laissant Walburga toujours en proie aux larmes de ses enfants.

 

 

 

— Je ne comprends pas pourquoi ça ne marche pas ! Il n’arrête pas et…

 

— Ne vous inquiétez pas Madame. Donnez le moi.

 

 

 

Et pour la unique fois de sa vie, Walburga décida d'obéir à la demande de l’elfe de maison. Quelques dizaines de secondes suffirent pour que les pleurs de Sirius s’arrêtent. Sa soeur fit de même dès qu’il la rejoignit dans le berceau. 

 

 

 

— Très bien, Kreattur je veux que tu les emmènes dans leur chambre. Surveille les, Stuffy s’occupera des invités.

 

— Bien Madame.

 

 

 

Walburga remit ses cheveux en place et ajusta ses bijoux. Elle regarda ses mains qui tremblaient. Quelques jours à peine avaient suffi pour que ses enfants lui infligent une terrible humiliation. Elle dissimula ses mains dans sa robe et quitta la pièce pour rejoindre ses invités.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Rapidement, toute la société sorcière fut mise au courant de cet épisode et les commentaires allaient bon train. « Quand on ne sait pas s’occuper d’enfants, on s’abstient d’en faire ! », « Forcément ! Quand ce sont les elfes de maison qui s’occupent de tout… », « Et en public en plus ! », « Il faut reconnaitre que même en fâcheuse situation, Mme Black sait rester très classe ! ». Walburga prit très mal cette humiliation, gardant toutefois la tête haute. Elle était Walburga Black après tout. 

 

 

 

Le temps passa. Une toison de cheveux bruns apparut sur la tête des jumeaux. Leurs yeux devinrent gris acier, marque du sang Black qui coulait dans leurs veines. Ensemble, ils étaient de vrais perles, mais dès que quelqu’un voulait les séparer, ils se mettaient à pleurer et à gesticuler sans s’arrêter. Cela horripilait Walburga, elle n’avait pas l’habitude de ne pas avoir le contrôle sur quelqu’un, les menacer de leur donner un vêtement ne les empêchait pas de pleurer. Alors elle serrait les dents et attendait patiemment que les pleurs cessent. 

 

 

 

Six mois après la naissance des jumeaux, une grande nouvelle arriva : un petit frère ou une petite soeur allait pointer le bout de son nez dans quelques mois… Tout à cette grossesse, Walburga laissa totalement les jumeaux aux elfes de maisons et passait ses journées à boire le thé en compagnie d’amies du Club en extasiant sur les derniers potins du moment.

 

 

 

Le Club était un endroit très sélect qui regroupait la très haute bourgeoisie sorcière. Si haute qu’il fallait un masque à gaz et un paquet de courage pour pouvoir rester aussi haut. Du courage ou de l’idiotie après tout… Les sorcières qui se regroupaient là-bas parlaient mode, politique, culture et surtout des derniers ragots en date : qui trompait qui avec qui, qui faisait quoi, qui avait quoi… Une réputation pouvait être très facilement détruite par les membres du Club. 

 

 

 

Une fois par an, le Club organisait le Bal de Charité. Le prix du billet était exorbitant, et il n’était pas rare de voir une sorcière vendre tous ses biens ou économiser toute l’année en se serrant la ceinture pour pouvoir y aller. Pour quelqu’un qui voulait entrer dans la haute société, c’était l’occasion rêvée. 

 

 

 

Tous les ans une sorcière était sélectionnée par les membres du Club en fonction de ses actions dans l’année passée et recevait une carte de membre qui permettait de nombreux privilèges. En cette occasion, de nombreux complots étaient organisés. Il n’était pas rare de voir quelqu’un disparaitre subitement quelques jours avant le bal…

 

 

 

Walburga était très fière de faire partie du Club. Avec la naissance de ses aînés, elle n’avait pas pu aller au Bal, et l’annonce de cette nouvelle grossesse entrainait aussi le fait qu’elle ne pourrait pas aller à celui qui arrivait. Elle en était ennuyée, mais Druella, en bonne amie, lui racontait tout dans les moindres détails ; allant du plus étrange au plus sordide.

 

 

 

— Tracy Valley non plus, n’a pas pu aller au Bal de l’année dernière. Alors je peux vous dire, que cette année, on l’a attendue de pied ferme ! Et devinez ma chère…

 

— Quoi ? Dites-moi Druella ! Je ne peux attendre plus longtemps.

 

— Elle était habillée d’une robe carmin. Oui ma chère, du carmin…

 

— Carmin ? Mais elle est en retard de un an au moins ! C’est du vermillon cette année. La sotte !

 

— De plus ses cheveux étaient lâches, sans le moindre ruban, pas même une anglaise. C’était si sobre…

 

 

 

Les deux amies gloussèrent en coeur. Au Bal du Club, aucune erreur n’était permise.

 

 

 

— Et Euphemia Potter n’a toujours pas daignée nous faire honneur de sa présence, annonça Druella amèrement. Donc maintenant c’est officiel, elle ne sera plus attendue.

 

— Tant mieux ! J’ai toujours trouvé cela stupide de lui envoyer un carton d’invitation tous les ans, elle et son mari n’en valent pas la peine !

 

— N’oubliez pas leur fils…

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Kreattur tachait de ne jamais lâcher un des jumeaux des yeux. Ils avaient vite compris le système du quatre patte et entreprenaient une visite complète de la maison dès que l’occasion se présentait. Seulement aujourd’hui, ils devaient se cantonner à leur chambre : les premières contractions étaient arrivées pendant la nuit et tout le premier étage était en ébullition. Kreattur se désolait de ne pas pouvoir aider sa Maitresse à surmonter cette épreuve, il voulait être avec elle. Mais le Maitre avait dit « Tu les gardes dans cette pièce. Qu’ils ne sortent sous aucun prétexte ! » Alors Kreattur les gardait.

 

 

 

Soudain, la porte s’ouvrit doucement et Stuffy apparut.

 

 

 

— C’est un garçon. Il s’appelle Regulus.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Regulus était un bébé très calme. Il pleurait rarement et observait ce nouveau monde qui l’entourait en ouvrant de grands yeux. Lorsque les amis proches de la famille vinrent lui rendre visite, ils s’extasièrent sur son comportement si calme en comparaison des jumeaux qui ne pouvaient rester plus de deux minutes au même endroit. Pour cette raison, Walburga et Orion l’appréciaient d’autant plus que son frère et sa soeur.

 

 

 

Lyra et Sirius grandissaient à une vitesse folle. Rapidement, ils apprirent à marcher et purent explorer beaucoup plus de choses qu’à quatre pattes. Dès qu’ils parvinrent à répéter les mots des « grands », ils s’amusaient beaucoup à converser entre eux.

 

 

 

Le premier repas de famille où ils eurent le droit de rester à la table des adultes, fut pour l’entrée à Poudlard de Bellatrix. Bien évidement, au préalable, ils avaient dû suivre quelques leçons de bonne conduite. Orion aurait préféré attendre que les jumeaux aient cinq ou six ans pour cela, mais sa belle-soeur avait insisté pour qu’ils restent. Alors, du haut de leurs quatre ans, Lyra et Sirius étaient restés.

 

 

 

— Bellatrix, montrez votre nouvelle baguette à votre tante, annonça Druella. Voyez-vous Orion, c’est du bois de noisetier et du coeur de dragon, 31,8 cm et achetée chez Ollivander.

 

— Très bonne qualité alors… répondit Orion en buvant un peu de Whisky-Pur-Feu.

 

— Quand aurais-je une baguette père ? demanda Sirius. 

 

 

 

Son père manqua de s’étouffer en entendant la voix de son fils.

 

 

 

— Pardon ? Dit-il. Avez-vous eu l’autorisation de parler ? Je ne crois pas. Vous avez déjà une chance incroyable de pouvoir être assis avec nous à cette table alors tâchez de vous en montrer digne !

 

— Mais…

 

— Pas de mais ! Allez dans votre chambre immédiatement ! Je ne peux permettre un tel comportement dans ma propre maison !

 

 

 

Sirius se leva, debout sur sa chaise, il dépassait à peine le haut de la table, mais déjà, la fureur se voyait dans ses yeux gris acier.

 

 

 

— Maintenant ! insista Orion.

 

 

 

Sirius sauta à terre et sortit sous le regard sévère de son père. Sa soeur se retint de sourire quand elle l’entendit monter l’escalier en prenant soin de faire le maximum de bruit à chaque marche. Elle aurait voulu suivre son frère mais la réaction de son père lui faisait peur. Le diner continua comme si de rien n’était. Bellatrix, l’ainée, fût invitée à prendre plusieurs fois la parole contrairement à ses soeurs et à sa cousine. 

 

 

 

— Et bien Bellatrix, dans quelle maison souhaites-tu aller ? demanda Walburga.

 

— À Serpentard évidemment ! s’exclama sa nièce.

 

 

 

Walburga hocha la tête, la petite avait répondu juste.

 

 

 

— C’est la seule maison où nous sommes sûr qu’il n’y aura pas de nés moldu, expliqua Druella en jetant un regard plein de fierté sur sa fille. C’est plus sûr pour elle.

 

— Naturellement, approuvèrent les autres adultes.

 

 

 

N’ayant jamais quitté le 12 Square Grimaud, Lyra ne comprenait pas ce qu’était un né moldu. La seule chose qu’elle souhaitait en cet instant était de quitter cette table pour rejoindre son frère. Pourtant Narcissa semblait adorer regarder en silence les adultes parler.

 

 

 

— C’est pour cela que je refuse que les enfants sortent de la maison. Toute cette mixité… Je ne peux supporter de côtoyer ce genre de gens ! expliqua Walburga.

 

— Tout à fait, approuva son frère. D’ailleurs une nouvelle loi vient d’être votée à propos des Créatures Magiques : à partir de maintenant, un espace à l’arrière des magasins sera aménagé pour permettre aux elfes de faire les commissions sans avoir à côtoyer la clientèle sorcière. Ils pourront y transplaner directement !

 

— Oh mais c’est une si bonne nouvelle ! s’exclama sa femme ravie. Il est vrai que de devoir côtoyer les créatures des autres me dégoutte quelque peu. Une fois…

 

 

 

Un bruit de verre se brisant l’interrompit. Tous les regards des adultes se tournèrent vers Lyra, rouge de honte. Elle baissait la tête, et laissa ses cheveux tomber devant son visage, n’osant pas lever les yeux pour voir la colère de ses parents.

 

 

 

— Dans votre chambre, tout de suite, dit son père en grinçant des dents. Vous voyez, dit-il en se tournant vers sa femme, ils sont trop jeunes pour être à table avec nous. Ils ne savent pas se tenir correctement. Même tenir un verre est hors de leur portée !

 

— Je ne vais pas attendre qu’ils aient dix-huit ans pour les sortir, Orion ! répliqua sa femme avec colère. D’ailleurs, ce n’est pas ma faute si ils sont incapables de suivre quelques règles aussi simples !

 

 

 

Lyra ne voulait pas en entendre d’avantage. Elle sauta par terre, entrainant son assiette qui se brisa elle aussi, et courut vert l’escalier.

 

 

 

— Lyra ! cria sa mère. Ces manières ne sont pas tolérables pour une petite fille de votre rang. Revenez ici immédiatement !

 

 

 

Les bruits de pas s’interrompirent. Seul le tic tac de l’horloge à balancier osait rompre le silence. La fillette s’avança doucement vers sa mère.

 

 

 

— Vous me décevez terriblement. Vous devez apprendre à ne faire aucun faux pas. Ne pas courir. Ne pas être maladroite. Ne pas être insolente. Aucune erreur n’est acceptée, dit-elle calmement avant de gifler violemment sa fille.

 

 

 

C’était la première fois qu’elle osait lever la main sur sa fille. Elle même n’avait jamais été frappée par ses parents, elle avait toujours réussi à donner le meilleur d’elle même pour les satisfaire. La vue de sa fille, gisant par terre en larmes, ne lui attirait aucun remord. Elle l’avait mérité.

 

 

 

Walburga savait dès leur naissance, qu’elle devrait user de la violence pour qu’ils deviennent dignes de leur rang. Ils étaient turbulents, trop énergiques, trop curieux… Elle se baissa, et dégagea les mèches de cheveux trempés par les larmes, du visage de sa fille.

 

 

 

— Une dernière chose : je ne veux plus jamais vous voir pleurer devant moi. Jamais. Vous êtes une Black, apprenez à vous en montrer digne.

End Notes:

Merci pour votre lecture ♥︎

Les premiers mots de cette histoire ont été écrits en 2015 lorsque j'avais acheté mon premier ordi lors d'un road trip aux États-Unis. J'ai publié les premiers chapitres de 2016 à 2018, puis la vie, l'école, le sport, un amoureux... Je me suis éloignée de hpf sans arrêter d'imaginer cette histoire. J'ai été absente longtemps, trop longtemps et c'est avec beaucoup de joie que je me suis remise à l'écriture. Ce chapitre a donc été écrit il y a 5 ans, j'ai gardé l'ensemble, juste corrigé quelques fautes (oui il doit encore en avoir, mille excuses pour cela). 

Bonne année !

winter

PS : la playlist de cette fic, mélancholique avec un soupçon de rock...

Chapitre 2 by Winter
Author's Notes:

ϟ. alt-J - In Cold Blood

image par @anniespratt

— Dis Andros, tu m’avais promis de me raconter comment se déroule un match de Quidditch et j’attends toujours ta lettre ! Dans un an je vais à Poudlard, je veux tout savoir ! La répartition dans les maisons, les cours, la salle commune de Serpentard…

 

— Eh ! Calme toi Lyra, tu vas faire une attaque si tu continues comme ça ! Répondit Andromeda en rigolant devant l’enthousiasme de sa jeune cousine.

 

— Pardon mais, ça fait si longtemps que je ne t’ai pas vue. Je suis tout le temps enfermée au Square Grimaud, et j’étais si impatiente de te voir…

 

 

 

Andromeda éclata de rire, en temps normal, elle ne se serait jamais permise d’avoir une telle spontanéité mais elles étaient dans le fond du grand jardin de Pollux et d’Irma Black, leur grand-parents. Où personne ne pouvait les surprendre. 

 

 

 

Tous les ans, lors du retour de leurs petits-enfants de Poudlard, ils organisaient une petite réception. Mais cette année, ils avaient décidé d’organiser une grande soirée en l’honneur des fiançailles de Bellatrix. Et les Black étant des gens ni humbles ni modestes ; l’occasion de montrer qu’ils étaient une famille riche et influente ne pouvait être loupée. Ils avaient invité tout le gratin sorcier d’Angleterre.

 

 

 

— Alors, commença Andromeda. Par quoi veux-tu que je commence ?

 

— Le Quidditch ! répliqua Lyra, les joues rougies par l’excitation.

 

 

 

Sa cousine fronça les sourcils.

 

 

 

— Lyra, tu sais que tu ne devrais pas t’intéresser autant au Quidditch ! Ce n’est pas fait pour toi comme pour moi ou pour n’importe quelle fille de notre rang. Je croyais que tu l’avais compris avec le temps.

 

— Tu as raison, avoua Lyra honteuse, Mère n’approuverait pas.

 

 

 

Elles continuèrent de marcher en silence dans les luxueux jardins familiaux. On pouvait y observer des gros massifs de roses rouges, blanches et roses qui faisaient la fierté des Black. Depuis des générations, une famille de jardiniers s’occupait exclusivement de ces roses aux odeurs et couleurs éclatantes. 

 

 

 

Dès que l’on franchissait le portail en fer forgé, on traversait une allée bordée de deux jardins « à la française », et tout au bout de cette allée, une immense maison en pierres blanches dominait la cour.  Derrière, une pelouse parfaitement coupée permettait d’organiser de grandes réceptions les soirs d’été. De là, on avait une vue parfaite sur les magnifiques rosiers et sur la propriété. 

 

 

 

Il y avait aussi plusieurs petits chemins qui emmenaient jusqu’au fond du jardin. De là, aucun bruit ne passait, elles étaient comme coupées du monde. Juste le piaillement des oiseaux, le parfum des fleurs et le bruit d’une douce brise.

 

 

 

— Et la répartition ? demanda Lyra.

 

— Secret défense petite fleur…

 

— Pourquoi Andros ?! imagine la tête de Sirius s’il apprenait que je sais comment se déroule la répartition. Il serait hyper jaloux…

 

— J’avoue que l’idée est alléchante mais non. Je crois que le stress post-répartition est nécessaire, répondit Andromeda avec un sourire songeur.

 

 

 

Lyra n’insista pas, sa cousine tenait du caractère têtu et entêté des femmes Black. La supplier ne changerait rien et elle voulait économiser son énergie pour autre chose.

 

 

 

— Tu as des amies ? demanda t-elle.

 

— Je suis dans la chambre de trois jeunes filles très sympathiques de bonnes familles : Sofia, Carmen et Bonnie. Elles ont leur mère inscrite au Club. Et Mère les connaît.

 

— Oh ! C’est vraiment super !

 

 

 

Andromeda se contenta d’acquiescer. Du haut de ses neuf an et demi, Lyra voyait bien que sa cousine ne lui disait pas tout.

 

 

 

Andromeda avait toujours été un exemple pour Lyra car elle ne faisait jamais de faux pas, Bellatrix non plus d’ailleurs, mais elle était un peu trop hors d’atteinte pour Lyra qui avait huit ans de moins. Alors qu’Andromeda était toujours gentille avec elle.

 

 

 

— Et… Tu as un amoureux ?

 

 

 

Elle vit un changement de couleur s’opérer sur le visage de sa cousine. Pour qu’Andromeda ose rougir devant sa cousine, c’est qu’elle venait de toucher un gros point sensible. Maitrisant son impatience, elle attendit sagement que sa cousine parle la première.

 

 

 

— Si tu veux savoir si je suis en couple avec quelqu’un, la réponse est non. Mère ne l’accepterait jamais. Tu imagines si j’arrivais au bras d’un garçon au Bal de l’année prochaine ? Elle était si fière l’année dernière d’organiser ça pour Bellatrix, avec tous les meilleurs partis sorciers présents et regarde où on en est maintenant. Lui gâcher ce plaisir serait terrible pour elle !

 

— Bella va épouser Rodolphus et elle sera heureuse comme dans les belles histoires que me lit Stuffy !

 

 

 

Andromeda eu un sourire triste.

 

 

 

— Si seulement petite fleur…

 

— Mais pourquoi tu es devenue toute rouge alors si tu n’es pas amoureuse ? continua Lyra qui ne comprit pas la réponse de sa cousine et continuait sur sa lancée.

 

— Ah ! Heu… répondit Andromeda en se mordant la lèvre. 

 

 

 

Pouvait-elle faire confiance à sa jeune cousine ? Elle n’avait que dix ans. Certes, il lui arrivait d’avoir un excès de colère contre sa mère et le protocole qu’elle leur imposait à elle Lyra, et à Sirius, mais elle était si jeune… Pouvait-elle comprendre ?

 

 

 

— Si je te confiais un secret petite fleur, tu le garderais pour toi ?

 

— Oui, chuchota Lyra en ouvrant en grand ses yeux gris.

 

— Tu devras absolument ne rien dire. Tu te rappelles la fois où tu avais dit que la robe d’une amie de ta mère te faisait penser à une grosse meringue ?

 

 

 

La petite acquiesça en se rapprochant. Inconsciemment, elle se passa la main sur sa joue ce qu’Andromeda ne manqua pas de remarquer.

 

 

 

— Donc tu te rappelles de ta punition. imagine-la, mais en beaucoup plus dure, tu vois ? Et bien, c’est ce qui m’arriverait si tu le dévoilais à quelqu’un. Mais tu es une grande fille donc je peux te faire confiance.

 

 

 

Elle prit une pause. Allait-elle oser prendre le risque de raconter à une enfant ce qui pourrait causer sa perte ? Elle appréciait vraiment Lyra et Sirius qui, malgré tous les efforts de leurs parents, conservaient toujours cette « innocence » que, malheureusement, Narcissa avait perdu bien trop vite.

 

 

 

— C’est vrai qu’il y a un garçon qui est très gentil. Toujours attentionné, mais sans être lourd. En fait, il est différent des garçons que je connais, parce qu’il a une spontanéité surprenante. Oui, c’est ça, il me surprend comme aucun autre garçon ne l’avait fait avant. Je sais que ne devrais pas éprouver ce genre de choses pour un garçon comme lui : mère me tuerait si elle l’apprenait. Et puis si elle n’y arrivait pas, Bella le ferait, c’est sûr.

 

 

 

Elle eut un petit rire et respira un coup l’odeur des roses qui les entouraient avant de poursuivre.

 

 

 

— Je ne veux pas l’embarquer dans toute cette folie, je ne sais pas s’il s’en sortirait indemne.

 

 

 

Elle se tut, étonnée de s’être autant confiée à sa jeune cousine qui ne devait pas avoir bien compris la moitié de ce qu’elle venait de dire. Mais Andromeda était déterminée à tout faire pour ne pas laisser sa mère et sa tante détruire Lyra et Sirius comme elles l’avaient fait avec Narcissa. Le changement avait été net. Elle l’avait quittée en septembre joyeuse et souriante. Pour retrouver une petite fille en décembre froide et distante.

 

 

 

— Tu sais dans quelle maison tu veux être ? demanda t-elle.

 

— Serpentard. Comme toi, Bella et Cissy. 

 

— C’est ce que ta maman t’a dis de faire, mais toi, réellement, tu veux quoi ?

 

 

 

Une lueur de panique envahit les yeux gris de la fillette.

 

 

 

— Tu peux me le dire Lyra, je ne dirai rien tu sais.

 

— Je veux aller à Serpentard pour que Mère et Père soient fiers de moi.

 

 

 

Andromeda était étonné de la volonté qui émanait de sa jeune cousine.

 

 

 

— Mais sinon ? Insista t-elle.

 

— Je veux aller à Serpentard, répéta la fillette.

 

— Très bien, alors tu iras dans la meilleure maison de Poudlard ! Allez ! Viens petite fleur, il est temps de se préparer pour ce soir. Tu vas être toute belle.

 

— Aussi belle que toi ?

 

— Aussi belle que moi ! Répondit Andromeda en rigolant.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Stuffy s’affairait autour de sa jeune maîtresse. Défroissant un pli de la robe, ajustant une mèche de cheveux ou redressant son collier pour que le pendentif soit au bien milieu. C’était un médaillon en argent frappé des armoiries des Black : deux chiens entourant un blason, et en dessous, leur devise : « Toujours Pur ». Lyra l’avait reçu à la naissance et ne devait jamais s’en séparer. Tous les Black en recevaient un, il était signe de leur rang et un rappel constant qu’ils étaient des Sang-Pur, pour rien au monde, ils devaient s’en séparer.

 

 

 

— Souris un peu, on dirait que tu as vu un détraqueur.

 

— Tu ne devrais pas rigoler de cela, Père te l’a interdit.

 

— Oui, mais il n’est pas là, et toi tu ne me balanceras pas alors… répondit Sirius en s’affalant sur un canapé.

 

 

 

Stuffy étouffa un petit cris en le voyant poser les pieds sur la table basse en bois vernis.

 

 

 

— Sirius… commença Lyra.

 

— Jolie robe, répondit-il en ignorant son regard plein de reproches.

 

— Faux, tu sais qu’elle est moche.

 

 

 

Du bout des doigts, elle caressa le dessus de la jupe rayée bleue et blanche gonflée avec du tulle. Des petites fleurs roses longeaient le bord de la robe qui s’arrêtait aux genoux, laissant apercevoir des ballerines noires vernies et des chaussettes blanches hautes. Elle détestait être habillée comme une petite poupée, mais sa mère le voulait alors…

 

 

 

— Lyra ? Sirius ? Mère nous attend en bas.

 

 

 

Ils levèrent la tête pour voir leur frère disparaître par l’entrée de la porte. Sirius se leva gracieusement et tendit une main en déclarant :

 

 

 

— Miss ? Me ferriez-vous l’honneur de m’accompagner ? dit-il en une parfaite imitation de son père.

 

— Oh ! Mais avec joie ! répondit sa soeur en riant.

 

 

 

En bas de l’escalier, Walburga Black les attendait, majestueuse.

 

 

 

— J’espérais que prendre de mon temps pour vous enseigner les règles de Bienséances durant la semaine était suffisant mais je vois que cela ne suffit pas, déclara froidement Walburga en le voyant sourire. J’attends de vous, pour ce soir, un comportement irréprochable. Est-ce clair ?

 

— Oui Mère.

 

— Bien ! Sirius à ma droite, Lyra tenez la main de votre frère.

 

 

 

Ils obéirent dans un silence religieux. L’un comme l’autre, ils baissaient les yeux vers le sol de marbre blanc. Ils traversèrent une lourde porte en bois de chêne finement sculptée et entrèrent dans la salle de réception. Grande et richement décorée, tout rappelait la puissance des Black. Pendant deux heures, les trois enfants durent saluer des inconnus en restant sagement à côté de leur mère. Ce fut long et fort ennuyeux.

 

 

 

— Votre attention s’il vous plait. Je crois que tout le monde est là ce qui me permet de vous annoncer la grande nouvelle que vous attendez tous.

 

 

 

Pollux Black s’interrompit, savourant le silence que ses paroles avaient provoqué. Il était un homme de pouvoir et chérissait ce petit moment où tout le monde était suspendu à ses lèvres.

 

 

 

— Je tiens à mes petits enfants comme à la prunelle de mes yeux. Vous savez que je ne laisserai pas partir mes petites filles avec le premier venu. Mais Rodolphus Lestrange s’est montré à la hauteur de mes espérances. Je sais que je peux lui confier ma chère Bellatrix en toute confiance. Ce soir est en l’honneur de leurs fiançailles, ce soir, ils sont à l’honneur. Alors bonne soirée à tous !

 

 

 

Une vague d’applaudissements accueillit la fin de son discours.

 

 

 

— Si je pars, tu me suis ? murmura Lyra à son frère.

 

 

 

Il se contenta de lui sourire et de designer trois doigts. Regulus était aux côtés d’Orion, trop loin pour l’emmener avec eux, tant pis. Deux. Rodolphus présenta son bras vers sa future femme vêtue d’une robe noire qui affinait sa svelte silhouette. Un… Elle était prête quant ils s’élancèrent entre les invités, se faufilant entre les lourdes robes et les pantalons noirs. Sirius la devança et sortit à l’air frais en rigolant.

 

 

 

— Parfait ! s’exclama t-il. Ce discours tombait à pic !

 

— Viens, on va dans la forêt, répondit sa soeur en courant vers le côté droit du jardin.

 

 

 

Ils traversèrent la grande pelouse pour arriver à un petit chemin qui partait dans le fond du jardin. Ils ne s’arrêtèrent pas à la clairière, mais continuèrent au travers des buissons jusqu’à ce qu’une barrière en fer forgé leur barre la route. Sirius partit à droite pour la longer avant d’arriver à l’endroit où l’un des barreaux était cassé. Il passa le premier puis se retourna pour aider sa soeur.

 

 

 

Phineas Nigellus et Ursula Flint étaient leur arrière-arrière grand-parents. Ils avaient acheté la maison en 1880, puis avaient petit à petit acquis les terres qui l’entourait, laissant la forêt pour les parties de chasse à courre de Phineas. Ursula avait dessiné les jardins qui étaient restés tels quels depuis.

 

 

 

Non loin de là, sous un vieux arbre mort, il y avait un terrier de lapin abandonné. Sirius s’en approcha et en sortit un ballon. Ils l’avaient trouvé dans les hautes herbes d’un étang un peu plus loin. Officiellement, ils n’avaient pas le droit d’en jouer, mais dans cette forêt, loin de l’agitation de la fête, ils avaient tous les droits.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

— Sirius ! Viens, il va faire nuit. Il faut qu’on rentre !

 

— Attends, j’ai pas envie de partir…

 

— Ça va être l’heure du repas, répliqua Lyra. Mère va voir que nous sommes partis et elle va nous gronder. J’ai pas envie d’être punie alors moi, je m’en vais !

 

 

 

Elle se leva, épousseta sa robe, et tourna le dos à son frère, allongé dans l’herbe à regarder les étoiles.

 

 

 

— Lyra ! Attends ! s’exclama t-il.

 

 

 

Mais elle ne se retourna pas. Grognant, il se leva à son tour et courut la rejoindre.

 

 

 

— Arrête de râler, je suis sûre que tu as faim, se moqua sa soeur.

 

— N’importe quoi ! Je pouvais rester encore des heures là-bas.

 

— Menteur !

 

— Non, même pas !

 

 

 

Son ventre le trahit en grognant bruyamment. Lyra éclata de rire et lui lança une poignée d’herbe fraiche au visage.

 

 

 

— Si, menteur !

 

 

 

Malgré lui, Sirius se mit à sourire et se jeta sur sa soeur pour la plaquer au sol. Ils se débâtirent en riant au sol incapable de se lever.

 

 

 

— Arrête Sirius ! S’exclama Lyra lorsqu’il lui mit de l’herbe dans les cheveux.

 

— Jamais ! Répliqua t-il en lui agrippant les mains.

 

— Non, sérieusement, il faut qu’on rentre.

 

—T’avoues-tu vaincue ?

 

 

 

Un sourire apparut sur les lèvres de Lyra.

 

 

 

— D’accord, tu as gagné… Commença t-elle en se relevant pour s’échapper de son emprise. Ou pas !

 

 

 

Et elle courut vers le trou dans la clôture, avant de s’y engouffrer le plus rapidement possible et de traverser le jardin à toute allure. C’est essoufflée, sale et décoiffée qu’elle tenta de traverser le plus discrètement possible la grande salle de réception pour rejoindre une salle de bain. Il fallait absolument qu’elle ne croise pas sa mère ou sa tante sinon…

 

 

 

— Grand dieu Lyra, où étiez-vous passée ?

 

 

 

Elle se retourna pour voir sa mère accompagnée de sa tante qui la regardait horrifiée.

 

 

 

— Mère je…

 

— Regardez dans quel état vous êtes ! Et votre frère, où est-il ?

 

 

 

Lyra regarda autour d’elle, mais aucune trace de Sirius. Elle baissa la tête, elle espérait de tout coeur qu’il parviendrait à atteindre l’étage sans se faire prendre. Avant que trop de monde remarque l’état de sa fille, Walburga l’empoigna fermement par le bras et sortit de la salle.

 

 

 

— Vous me faites honte Lyra, honte ! Entendez-vous ? 

 

— Je suis désolée Mère, je…

 

— Taisez-vous ! Je ne veux pas entendre vos excuses lamentables ! Vous auriez dû y penser avant de partir je ne sais où ! Déshabillez-vous, lavez-vous et démêlez vos cheveux. Je vous donne dix minutes, pas plus ! 

 

 

 

Les mains tremblantes, Lyra obéit silencieusement. Sa mère l’avait laissée seule dans la salle de bain immaculée, mais elle pouvait l’entendre marmonner en faisant les cent pas au-dehors. Quand elle fut propre, elle sortit et enfila une robe noire avec un col en dentelle blanche et de nouvelles ballerines noires vernies. Un serre-tête compléta la tenue. Sa mère n’eut pas besoin de lui dire qu’elle n’avait pas le droit de quitter la réception une nouvelle fois, Lyra l’avait parfaitement compris. Dès qu’elles arrivèrent dans la salle de réception, Druella les rejoignit en compagnie d’Andromeda.

 

 

 

— Andromeda, emmenez Lyra à table. Voulez-vous ?

 

— Bien sûr ma Tante.

 

 

 

Elle prit sa cousine par le bras et tacha de leur trouver une place à l’une des tables sur la terrasse.

 

 

 

— Tu peux me dire ce que tu faisais avec Sirius ?

 

 

 

Lyra ne répondit pas, gardant les yeux fixés sur la nappe. 

 

 

 

— Lyra, répond moi ! Je ne veux pas te disputer ou quoi que ce soit, mais tu dois savoir que…

 

— Ah ! J’arrive pile-poil à l’heure pour manger, l’interrompit Sirius avant de s’asseoir en face d’elles.

 

 

 

Il prit un petit pain encore chaud sur la table et mordit dedans à pleine dent.

 

 

 

— J’avais faim moi. Comment tu m’as tracé Lyra ! Tu aurais dû voir ça Andros c’était…

 

 

 

Il se tut voyant que les deux filles le regardaient silencieusement.

 

 

 

— Quoi ? Qu’est-ce que j’ai… Attends, t’avais pas la même robe tout à l’heure, pourquoi… 

 

— Bravo, quelle intelligence ! raya sa soeur.

 

— Non, Lyra, me dis pas que Mère t’a vue ! 

 

 

 

Lyra s’abstint de répondre, retournant à sa contemplation de la table.

 

 

 

— Tu pouvais pas faire un peu attention ? s’exclama Sirius. Maintenant elle ne va plus nous lâcher !

 

— Crois moi, j’aurais aussi préféré éviter, marmonna sa soeur.

 

— Sirius, calme toi un peu ! trancha Andromeda. C’est grâce à ta soeur, que tu ne t’es pas fait prendre. Walburga était à côté de la grande porte, c’était obligé que l’un de vous la croise. Vous n’aviez qu’à rester tranquillement à ses côtés et rien de tout cela ne serait arrivé.

 

— On était juste parti se promener Andros, il n’y a rien de mal à ça !

 

— Sirius, arrête de faire l’idiot, soupira Andromeda.

 

 

 

Il allait répliquer quand il fut interrompu par une voix qui lui coupa toute réplique.

 

 

 

— Je suis enchanté de voir que vous daignez nous accorder de votre présence mon fils. J’ai vu votre mère qui m’a racontée votre petite promenade je ne sais où. Des explications peut-être ?

 

 

 

Orion s’avança, avant de poser les deux mains sur le dossier de la chaise de Lyra qui se tassa encore plus, si c’était possible, sur elle-même.

 

 

 

— Alors ? J’attends.

 

— Je suis désolé Père d’avoir quitté la réception, murmura Sirius, la tête basse.

 

— Où étiez-vous ?

 

 

 

Aucune réponse. 

 

 

 

— Ne vous embêtez pas mon cher, je doute que cela ait grande importance. Mais voyez-vous, j’ai parlé avec ma belle-soeur et j’ai décidé, si j’ai votre accord bien entendu, de lui confier Lyra pendant quelques mois. Elle lui apprendra les bonnes manières et surtout, elle sera loin de son frère. Ce qui sera des plus bénéfiques pour eux. 

 

— Après avoir eu trois filles, je saurai m’occuper d’une quatrième ! Approuva Druella, un sourire froid sur ses lèvres.

 

 

 

Lyra écarquilla grand les yeux en dévisageant sa tante. Quelques mois ? Et loin de Sirius ? Impossible. Elle n’avait jamais été séparée de lui plus de quelques heures, alors des mois… Elle se tourna vers Bellatrix, qui paradait un peu plus loin au bras de son nouveau fiancé. Ce sera elle dans quelques années, elle n’en doutait pas. Et Sirius aussi serait marié, loin d’elle. Elle ferait mieux de s’y habituer dès maintenant.

 

 

 

— Eh bien, il me semble que ce soit une excellente idée, approuva Orion. Druella, ma chère, êtes-vous sûre de vouloir vous acquitter d’une telle tâche ?

 

— Bien sûr ! Elle sera une parfaite petite sorcière pour sa rentrée à Poudlard, je vous le promets ! Dès demain elle partira avec moi, et vous la reverrez pour le repas annuel de rentrée. Qu’en pensez-vous ?

 

— Non ! s’exclamèrent Lyra et Sirius dans un bel ensemble.

 

— Pardon ? tonna Walburga. Votre avis n’est pas requis ! C’est décidé, Lyra vous partirez avec votre tante pendant un an. Maintenant, je vous conseille à tous les deux de faire profil bas. Et après vos bêtises de tout à l’heure, ne croyez pas Sirius, que vous n’aurez aucune punition !

 

— Mère, supplia Sirius. Vous en pouvez pas faire cela… 

 

— Je ne vous permets pas de me dire ce que je peux ne faire ou ne pas faire ! Encore un mot et vous serez congédiez dans vos chambres.

 

— Alors on part, annonça t-il.

 

 

 

Walburga allait parler mais Orion lui fit signe de les laisser partir.

 

 

 

— Ça nous évitera de surveiller chacun de leurs faits et gestes ma chère. Au moins, nous serons tranquilles et ils ne nous feront pas honte ! Il aura sa punition en temps et en heure, il ne recommencera pas deux fois.

 

 

 

Ils traversèrent la foule des invités pour arriver dans la grande salle de réception. Sirius allait poursuivre son chemin vers la porte qui menait à l’escalier quand Lyra s’arrêta.

 

 

 

— Attends ! s’exclama Lyra. Aide moi à prendre quelques trucs à manger.

 

— Bonne idée. Je m’occupe des gâteaux.

 

 

 

Dans des serviettes, ils placèrent tout ce qu’ils purent et se trouvèrent un coin tranquille à l’étage pour manger. Les pieds dans le vide, ils étaient sur le balcon d’une des nombreuses chambres de la maison. Seul le bruit des conversations de l’autre côté de la maison rompait le silence qui s’était installé entre eux.

 

 

 

— C’est juste un an… Murmura Lyra en posant sa tête contre l’épaule de son frère. Et puis après… On sera neuf mois ensemble. On pourra jouer dans la salle commune de Serpentard ou dans les couloirs de Poudlard sans que personne nous dise quoi faire.

 

 

 

Il ne répondit pas, les yeux fixés sur l’horizon.

 

 

 

— Quand je rentrerai, on aura sept ans devant nous avant d’être diplômé ASPIC de Serpentard. Et après…

 

— Et après quoi Lyra ? Tu ferras comme Bella ? Épouser un inconnu, avoir des enfants et puis c’est tout. C’est ça que tu veux ? Parce que moi non.

 

— Je sais pas Sirius, je verrais bien…

 

— Justement non ! Tu crois que Mère te donnera le choix comme Tante Druella l’a fait avec Bella ?

 

— Alors tu proposes quoi ? 

 

 

 

Le silence se réinstalla entre eux comme réponse. Le soleil était couché, entrainant une douce fraicheur et le bruit des grillons.

 

 

 

— Tu sais Lyra, des fois je me demande si je veux vraiment aller à Serpentard…

 

— Ne dis pas ça, Mère serait furieuse.

 

— Je sais mais… J’ai pas envie qu’on finisse comme Bella. 

 

 

 

Il inspira un bon coup et déclara :

 

 

 

— Alors promets moi que quoi qu’il se passe, on restera ensemble. Là l’un pour l’autre. Promis ?

 

— Promis, murmura t-elle.

 

End Notes:

Hello !

Comment trouvez-vous la relation Andromeda - Lyra ? J'avoue avoir du mal à écrire des dialogues avec les enfants sans avoir l'impression de tomber dans le ridicule... ^^

J'essaie de planter un à un mes éléments de contexte, l'aristocratie sorcière à cette époque est très arriéré quand on compare aux moldus, mais ils sont tellement enfermés dans leur monde qu'aucune touche de modernité les atteints. Donc pour les filles c'est les robes ! Ne me remerciez pas pour le cliché, c'est avec plaisir :)

Merci pour votre lecture, 

winter

Chapitre 3 by Winter
Author's Notes:

ϟ.  Supertramp - Goodbye Stranger

Warner Bros, Studio Tour Harry Potter London

Les chambres de Sirius et Lyra se trouvaient tout en haut de l’escalier de bois sombre. Elles étaient séparées par un mur fin, où ils avaient réussi à creuser un trou dissimulé de chaque côté par un bout de tapisserie soigneusement déchiré. Depuis le départ de sa soeur, Sirius avait fabriqué un calendrier en papier, sur lequel il avait compté les jours qui les séparaient. Il se sentait seul. Terriblement seul malgré la présence de son frère à l’autre bout du couloir.


 


Regulus était très différent de Sirius. Plus réservé, plus sérieux, l’exact contraire de son frère. Pour son anniversaire, il avait reçu une banderole de Serpentard qu’il s’était empressé d’accrocher au mur. Récemment, il avait peint au-dessus de son lit la devise des Black : « Toujours pur ». Et il avait déjà lu plusieurs fois « Nobles de Nature : Généalogie des sorciers » au point d’en connaitre certains passages par coeur.


 


Les jours passèrent, puis les mois dans une profonde grisaille et enfin, la tant attendue lettre de Poudlard arriva. Elle était accompagnée d’une terrible nouvelle : Andromeda n’était pas entrée chez elle après son passage des ASPIC, et était partie vivre avec un né moldu. Suite à cette déclaration, Druella s’enferma chez elle, refusant toutes visites déclarant qu’elle était « souffrante ». Puis, un beau jour, elle décréta qu’il était désormais interdit d’évoquer le nom de sa fille devant elle ou même d’évoquer son existence. Et elle enleva toute trace de son existence, condamnant sa chambre.


 


Walburga qu’en à elle, avec ce nouveau scandale, hésitait à aller sur le Chemin de Traverse, avec son fils pour acheter les fournitures scolaires. Mais l’idée de se présenter à la société sorcière ; la tête haute pour prouver que la famille Black supportait cet affront avec élégance, l’alléchait. Donc, pour la première fois de sa vie, Sirius accompagna sa mère dans la ville. 


 


À chaque nouvelle boutique, il ne pouvait s’empêcher de s’arrêter pour observer toutes ces choses dont il ignorait même le nom. La population de la rue marchande était très différente des sorciers qu’il avait l’habitude de côtoyer aux réceptions de ses parents. Il ne cessait de regarder autour de lui, tentant d’enregistrer chaque instants dans sa mémoire. 


 


— Sirius, un minimum de retenue, je vous prie, gronda Walburga. Ou je finirais ces achats seule !


 


De nombreuses personnes se retournaient sur leur passage en murmurant et parfois, en rigolant ouvertement. Mais Walburga continuait son chemin en les ignorant comme s’il était de vulgaires insectes. Ils commencèrent par acheter des vêtements pour l’uniforme pour ensuite, aller à la boutique de Monsieur Ollivander. Un étrange murmure accueilli Sirius quand il entra.


 


— Mme Black, quel plaisir de vous voir. J’attendais avec impatience de rencontrer vos jumeaux. Entrez, entrez…


— Bonjour Garrick, il me faudrait une baguette pour mon fils je vous prie.


— Approchez Mr Black que je prenne vos mesures.


 


Au bout de quelques minutes, Mr Ollivander présenta alors plusieurs baguettes qui en apparence semblaient pareilles, mais étaient pourtant toutes très différentes. 


 


— Mr Black, je crois qu’il vous faut une baguette de caractère, essayez celle-là : bois d’ébène et plume de phénix, 27,8 cm, relativement flexible. Oui… C’est celle-là n’est-ce pas ?


 


Sirius se contenta d’acquiescer trop ému pour articuler quelques mots, sa baguette vibrant doucement sous ses doigts.


 


Kreattur fut chargé d’acheter le reste des fournitures qu’il s’empressa d’enfermer dans une grande malle dans le grenier qu’il ressortirait la veille du départ. Walburga ne supportait pas de rester trop longtemps au contact du peuple. 


 


 


*****


 


 


Petit à petit, la date du repas annuel de rentrée arriva. Sirius était tellement impatient de revoir sa soeur après cette longue année sans la voir qu’il ne tenait plus en place. L’un comme l’autre, ils n’avaient pas eu le droit de s’écrire une lettre, même pour Noel, la seule fête commune aux moldus que les Black fêtaient, si on pouvait appeler cela une fête…


 


Quinze minutes avant qu’ils n’arrivent, Sirius faisait déjà les cents pas près de la porte d’entrée.


 


— Sirius, cessez donc de tourner en rond comme cela, demanda Walburga. Vous me donnez le tournis… 


 


Résigné, il s’installa sur un sofa, la jambe tressautant.


 


— Êtes-vous seulement capable de retenir quelques règles simples de bonne conduite ? Relevez vous et faites en sorte que je ne vois aucun faux plis sur votre pantalon !


— Pardon Mère, marmonna Sirius en se rasseyant.


 


Au bruit du carillon de la porte, Sirius bondit sur ses pieds et s’obligea à marcher le plus calmement possible vers la porte.


 


— Walburga ! Quelle joie de vous voir, s’écria Druella en plantant deux baisers sonores sur les joues de sa belle-soeur.


— Toute la joie est pour moi, vous avez une mine resplendissante… Cygnus ! Mon cher frère, comment allez-vous ?


 


Sirius n’écouta pas la réponse de son oncle, Lyra venait d’entrer. Elle était entièrement habillée d’un violet sombre et ses longs cheveux noirs étaient maintenus par un ruban en soie. Sa peau semblait plus blanche encore que lorsqu’ils s’étaient quittés. Leurs regards se croisèrent, et Sirius senti son coeur louper un battement. Ses yeux avaient quitté le gris presque bleu pour tendre vers un gris froid, un gris acier. Il avait vu ce changement pour Narcissa et Bellatrix, mais il avait toutefois espéré que sa soeur ferrait exception, comme pour Andromeda…


 


— Bonjour Lyra, murmura t-il.


— Bonjour Sirius. Mère, Père, contente de vous revoir, déclara t-elle froidement en s’inclinant.


— Bonjour ma fille, j’ose espérer que cette année aux côtés de votre tante ne sera pas vaine. Druella, venez donc vous asseoir, Kreattur à préparé de somptueux amuse-bouche dont vous me direz des nouvelles.


 


Les invités suivirent la maitresse de maison vers la salle à manger, Lyra suivait docilement sa tante quand elle fut retenue brusquement en arrière.


 


— Lâche moi Sirius ! chuchota t-elle furieuse.


— D’accord devant les parents, mais là on est seul alors…


— Laisse moi tranquille, l’interrompit-elle avant de rejoindre sa mère à table laissant Sirius complètement désemparé.


 


Ok pour qu’elle fasse semblant devant les parents, mais lui ? Sirius, son frère… Que s’était-il passé chez Druella pour qu’elle devienne une mini Narcissa froide et distante ?


 


— Sirius ! Qui a t-il dans le hall de plus intéressant que de venir à table ? demanda la voix criarde de Walburga. Voyez ma chère, son manque de savoir vivre, c’est déplorable…


 


Lentement, il s’installa à table. Il avait l’impression d’être dans un épais brouillard qui le coupait des conversations des adultes. Potage, entrée, plat, fromage, salade puis dessert, le repas ne cessait de se rallonger.


 


— D'ailleurs devinez mon cher qui est maintenant à la tête du bureau des Aurors ? demanda Orion en buvant un verre d’hydromel.


— Prior ? s’exclama Cygnus horrifié. Mais sa femme est une moldue !


— Non pas Prior, Potter ! Fleamont Potter. Vous vous rendez compte ? 


— Mais comment le conseil a t-il pu accepter cela ? demanda son beau-frère.


— Nous n’avons pas vraiment eu le temps d’y réfléchir : on parlait d’une nouvelle norme de sécurité sur le commerce de dragon quand Wilson a balancé brutalement « Je démissionne ». Je n’ai jamais vu un silence s’installer aussi vite lors d’une réunion du conseil. Avant même que nous reprenions nos esprit pour parler de la marche à suivre, il a ajouté « Hors de question que je laisse un de vos larbin prendre ma suite, celui que je veux, c’est Potter. » Et il est partit.


— Grand Dieu, mais que lui est-il passé par la tête ? demanda Walburga aussi choquée que son frère.


— Je ne sais pas mais si vous voulez mon avis ma chère, il était temps qu’il parte ! Tôt ou tard, nous aurions voté pour sa démission, mais malheureusement, il nous a coupé l’herbe sous le pied, car maintenant qu’il a décidé de son successeur, j’ai bien peur que nous ne puissions pas en changer…


— Mais vous pouvez vous arranger pour que Potter parte, non ? demanda Druella.


— Oh non ! Potter ne se laissera jamais faire, croyez moi. Il est bien plus coriace que Wilson.


 


Narcissa comme Lyra, ne quittait pas Orion des yeux. Le dos droit, assises au trois-quart de leur chaise et les mains sur la table, elles étaient comme des poupées de cire, immobiles.


 


Sirius n’osait pas regarder vers sa soeur, il avait peur de ce qu’il pouvait encore découvrir. Avant, elle l’aurait regardé en souriant discrètement dès qu’elle trouverait la situation comique, ou elle se serrait amusée avec lui à jeter les aliments qui ne leur plaisaient pas par terre pour que Kreattur les ramasse. 


 


Mais aujourd’hui rien. Pas un regard. Il était impatient que le repas se termine pour pouvoir parler en tête-à-tête avec elle dans leur chambre et comprendre ce qu’il s’était passé pendant cette année.


 


— Comment va Bellatrix ? demanda Walburga.


— Et bien… répondit Orion en jetant un rapide coup d’oeil vers sa femme. Elle est déçue comme nous tous, que son mariage ait dû être reporté. Avec les récents évènements, il était tout simplement impossible que nous organisions son mariage en de telles circonstances. Mais c’est vrai que en ce moment, elle est très occupée à tout préparer. Il ne lui reste que trois semaines, ne l’oublions pas !


 


Seule Druella resta silencieuse pendant que le reste des adultes acquiesçaient.


 


 


*****


 


 


Un discret « Toc, toc » retira Lyra de la contemplation de sa chambre. 


 


Sa chambre… Après tant d’années dans cette pièce, elle s’y sentait toujours aussi étrangère, un peu comme dans toute la maison d’ailleurs. Elle releva la tête pour voir Sirius dans l’embrasure de la porte. D’un signe de tête, elle lui indiqua qu’il pouvait entrer.


 


— Ça va ? demanda t-il, hésitant entre la serrer fort dans ses bras et rester loin de cette soeur qu’il ne reconnaissait plus du tout.


— Oui, oui… Reg vient de me montrer la nouvelle décoration de sa chambre, il a tellement grandit…


— Et tu en penses quoi ?


— De quoi ?


— De sa nouvelle déco.


— Oh, et bien je trouve que c’est très bien. Mère doit être contente.


— Lyra, je m’en fous de ce que Mère peut penser, je veux savoir ce que toi, tu en penses. 


 


Elle ne répondit pas, lui tournant le dos elle rangeait ses vêtements dans une grande malle en cuir. Son frère luttait de toutes ses forces pour ne pas lui crier dessus. Il voulait qu’elle se réveille et qu’elle redevienne la Lyra qu’il connaissait.


 


— Et si tu me disais pourquoi tu es venu me voir Sirius ? 


 


Il ferma la porte et s’assit sur son lit entre les robes, les jupes et les chemisiers.


 


— Je voulais savoir ce qu’il s’est passé chez Druella.


 


Elle continua de lui tourner le dos, sans répondre.


 


— Lyra, parle moi… supplia Sirius.


— Il n’y a rien à dire. Maintenant, si tu as fin, tu peux me laisser ? Je dois me coucher tôt.


— Je ne partirais pas d’ici tant que tu ne m’auras pas parlé.


— Et tu veux que je te dise quoi Sirius ? s’emporta Lyra en jetant par terre la robe qu’elle tenait. Tu veux que je te dise que c’était dur ? Que j’ai détesté chaque jours passés loin de toi ? Que j’ai dû supporter pendant plusieurs semaines les crises de larmes de Druella parce que son ingrate de fille avait décidé de mettre les voiles avec le premier venu ? Mais je ne veux pas en parler ! Tu comprends ? Je veux juste passer à autre chose.


 


Pour la première fois, depuis qu’ils s’étaient retrouvés, il put voir à travers le masque de pierre qu’elle s’était construite, la Lyra qu’il connaissait. Laissant apercevoir de la peur, de la tristesse et de la colère. 


 


— Lyra, je suis désolé, mais j’ai besoin de comprendre ce qu’il s’est passé, je veux…


— N’essaie plus Sirius, l’interrompit-elle. Fais-le pour moi et arrête de me parler de cela. Demain, on entre à Poudlard, c’est tout ce qui compte.


— D’accord… Mais tu veux bien m’expliquer pour Andros ? Comment ses parents ont réagi, ce qu’il s’est passé… Père et Mère n’ont rien voulu me dire. 


 


Elle passa la main sur son visage avant de le rejoindre sur le lit. Il n’osa pas lui prendre la main, de peur qu’elle ne s’éloigne de lui à nouveau.


 


— Ok, alors de quoi es-tu au courant ?


— Juste qu’elle est partie avec un né moldu.


 


Lyra ferma les yeux, se remémorant ce jour où Andromeda était partie. Le sentiment d’abandon était encore amer dans sa bouche et elle respira calmement pour reprendre le contrôle sur ses émotions.


 


 


*****


 


 


« C’est la première fois que je vais sur le Chemin de Traverse. Après être passées par la banque Gringotts, ma tante et moi passons par la boutique de Madame Guipure, prêt-à-porter pour mages et sorciers. Pour mon entrée à Poudlard j’ai le droit à un uniforme fait sur-mesure : jupe noire plissée, chemise blanche, cravate et petites ballerines vernies noires.



— Nous attendrons l’année prochaine pour vous acheter des vêtements aux couleurs de Serpentard, minaude ma tante en me présentant une cape noire fourrée. Je ne doute pas une seconde que vous y ailliez, mais les premières années n’ont pas le droit de porter des couleurs autres que le noir. Alors, en attendant, aucune erreur vestimentaire n’est permise, faites bien attention à ce que votre chemise ne dépasse jamais de ta jupe. Pas de faux plis sur votre jupe. Pas de tache non plus. Des chaussures vernies. Des cheveux peignés. Des…



De toute manière, j’ai le droit à aucune erreur, pourquoi les vêtements ferraient-ils exception ? Je m’abstiens de faire ce commentaire à voix haute, j’aime trop la lumière du soleil pour me retrouver punie enfermée dans ma chambre.



— Allez venez ma chère, nous devons voir ce cher Monsieur Ollivander, il sera enchanté de faire votre connaissance.



Nous sortons de la boutique pour continuer vers la gauche. De ce côté, il a une foule impressionnante de sorciers. Ma tante parvint avec difficulté à se frayer un passage, des odeurs étranges me sautent au nez. Je sens les corps de tous ces inconnus me frôler, mais peu à peu, quelques personnes nous laissent passer avant de poursuivre leur chemin. Soudain, un homme me bouscule et je manque de tomber.



— Je suis désolé Miss, vraiment désolé. Veuillez accepter mes plus plates excuses, je…


— Arrêtez avec ce discours larmoyant, l’interrompt ma tante en me prenant par le bras. Vous êtes pitoyable ! Écartez-vous de mon chemin et tachez de ne plus jamais croiser notre route, suis-je clair ?


— Oui Mme Black, murmure l’homme en baissant la tête.


— Bien ! Venez Lyra, ne perdons pas plus notre temps avec ces gens du commun…



Elle m’entraîne vers une petite boutique poussiéreuse où quelques personnes attendent devant patiemment. 



 Est-ce la maison du très célèbre Garrick Ollivander devant laquelle ma tante m’a entraînée ? Elle ne correspond pas vraiment à ce que je m’étais imaginée, mais bon… À la vue de ma tante qui arrive, quelques personnes nous proposent de nous céder leur place, si bien que, rapidement, il ne reste qu’une femme et un garçon d’à peu près mon âge devant nous.



— Ma Tante, demandais-je. Pourquoi ces personnes sont-elles si aimables avec vous ?


— Pas juste moi, mais nous. Rappelez-vous que vous êtes l’héritière d’une famille riche et puissante, il est normal que ces personnes nous témoignent du respect, n’est-ce pas ?



J’acquiesce peu convaincue par les explications, tout du moins, douteuses de ma tante. Ma famille cache t-elle un secret à ce sujet ? Les gens ne peuvent pas nous traiter comme une famille royale sous-prétexte que nous sommes des Sangs-Pur, non ? Je me décale légèrement pour apercevoir un étrange monsieur, sûrement Mr Ollivander, tendre une boite à un garçon aux cheveux noirs.



— Essayez plutôt celle-là Mr Potter. Acajou, 27,5 centimètres, très flexible.



Mr Potter prend la baguette et une pluie d’étincelles rouge jaillissent à son extrémité.



— Félicitation Mr Potter, cette baguette vous a choisi. Celle-ci, est remarquablement efficace pour les métamorphoses.



La grande femme paye et cède la place à ma tante qui s’avance.



— Bonjour Mme Black, salue la femme.


— Bonjour à vous Mme Potter, répond Druella avec un sourire forcé. Est-ce votre fils ?


— Oui, James rentre à Poudlard en septembre.


— Oh. Lyra et son frère également. Bonne journée à vous.


— À vous également.



Mme Potter sort suivie par son fils, en passant, il me jette un rapide coup d’oeil. Je me détourne de lui et suis ma tante vers Mr Ollivander qui donne un coup de baguette à un mètre mesureur. Le ruban s’envole et commence les mesures de mon corps. Je n’écoute pas ma tante échanger des banalités, le regard de ce garçon me perturbe. Dans la famille, on a tous les yeux gris qui peuvent éventuellement pencher vers le bleu, mais lui avait les yeux marron. Un marron noisette rassurant comme je n’en avais jamais vu auparavant.



— Et bien Lyra ! Approchez et prenez dont cette baguette !



Je sors brutalement de ma rêverie et m’approche du comptoir où une boite est ouverte. À l’intérieur, une baguette est couchée sur le papier kraft. Serait-ce la baguette qui m’accompagnera pendant toute ma vie ?



Je la prend délicatement, mais pas la moindre petite étincelle n’en sort. 



— Et celle-là ? marmonna Mr Ollivander pour lui-même. Non, trop raide, il faudrait quelque chose de plus doux, de plus souple, de plus élégant. Ah ! Celle là ; bois d’érable et crin de licorne, 26,5 centimètres.



À peine, j’ai posé la main dessus, qu’une douce chaleur m’envahit la main.



— C’est celle-là n’est-ce pas ?



Je hoche la tête, trop émue par cette nouvelle sensation pour pouvoir parler.



— Elle est parfaite pour les sortilèges, faites en bon usage…



Pendant toute la fin de nos achats, je suis incapable de sortir de cette léthargie dans laquelle je suis plongée. Sans que je m’en rende compte nous sommes déjà arrivées à la gare de King’s Cross pour attendre Cissy et Andros.



— Lyra, pour la première fois vous allez traverser la barrière qui vous mènera à la voie 9 3⁄4. Restez maîtresse de vos émotions. Nous serons en public alors je vous demande d’éviter de m’infliger une humiliation publique avec une quelconque idiotie de type émerveillement. Les moldus et les nés moldus en font toute une histoire quand ils la traversent. C’est pitoyable.



Je me contente de hocher la tête et suis ma tante sagement. De l’autre coté de la barrière, une foule de sorciers et sorcières attendent joyeusement l’arrivée du train. Son arrivé étant prévue à quatorze heures, il ne me reste que dix minutes à patienter. J’en profite pour observer les personnes qui m’entourent. 



Devant moi, une étrange dame porte une robe verte, un grand sac rouge et une étole en peau de renard, le plus étrange étant son chapeau ; grand avec un vautour empaillé sur le dessus. Comment la sorcière peut-elle porter cela sans tomber à la renverse suite au poids du vautour ? Mystère. 



Plus loin, une femme se dispute avec son mari comme jamais mes parents n’auraient osé le faire en public.



— Armand, pourquoi as-tu pris cette peluche rose immonde ?


— Mais, chérie, Alicia adore cette peluche…


— Quant elle avait six ans ! s’exclame sa femme en levant les yeux au ciel. Là, maintenant, tu vas juste réussir à lui donner la honte de sa vie, range moi ça !



Le bruit du train qui arrive, m’empêche d’entendre la réponse d’Armand. Narcissa arrive rapidement et me plante deux gros baisers sonores sur les joues avant de faire de même avec sa mère. C’est la première fois que je la vois en uniforme. Habillée en vert émeraude, elle est très élégante.



— Où est votre soeur ? demande Druella.


— Elle ne devrai pas tarder, je l’ai vue, qui disait au revoir à Sofia, Carmen et Bonnie.


— Justement, voilà Carmen qui arrive. 



Une fille blonde s’avance vers nous. Rien qu’à sa démarche, on sent son dédain pour les personnes qu’elle croise sur son chemin.



— Bonjour Mme Black, dit-elle en s’inclinant rapidement. Comment allez-vous ?


— Bonjour Carmen, bien, bien… Au fait, je voulais demander à votre mère pour la prochaine réunion du Club, pourrait-elle…



Je n’écoute plus, trop occupée à chercher Andros du regard. Mais aucune chevelure brune en vue. Petit à petit, les familles quittent la gare en petits groupes pour ne pas se faire remarquer par les moldus. Mais toujours aucune trace d’Andros…



— Mais où est donc passée ma fille ? demande Druella irritée.


— Peut-être est-elle rentrée directement chez vous en transplanant ? hasarde Carmen.


— Alors, mesdemoiselles, il est temps de partir !



Je prends le bras de ma tante pendant que Narcissa s’agrippe à l’autre. J’ai à peine le temps d’entendre Carmen nous souhaiter une bonne fin de journée, que déjà nous sommes parties. Une fois arrivées, Allen, l’elfe de maison de ma tante court vers nous pour tendre une enveloppe.



— Ça vient d’arriver Mme Black, c’est de la part de votre fille…



Elle lui arrache des mains et l’ouvre rapidement. Je ne parviens pas à la lire, mais je devine que le contenu ne doit pas plaire à ma tante qui pâlit à vue d’oeil. Soudain, elle lâche la lettre qui vole jusqu’au sol et déclare :



— Elle est partie ! »

End Notes:

Hello,


Alors oui pour la baguette de Sirius j'ai été vérifier sur wiki HP, désolée de vous décevoir, je ne connais pas sa composition par coeur :D


Trève de plaisanterie, comment trouvez-vous ce retour à la maison de Lyra ? Cette année loin de son frère l'a bien changée, je me suis beaucoup inspirée de L'étranger d'Albert Camus pour l'écrire. 


Des pronostics pour savoir dans quelle maison Lyra sera envoyée ?


winter

Chapitre 4 : Ière année by Winter
Author's Notes:

ϟ. Guns N' Roses - Knockin' On Heaven's Door

Warner Bros, Studio Tour Harry Potter London

Sirius avait écouté son récit en silence.

 

 

 

— Tu sais ce qu’il y avait dans la lettre ? demanda t-il.

 

— Après l’avoir lue, Tante Druella s’est évanouie, Narcissa et Allen étaient occupés à la monter dans sa chambre alors j’ai pu la prendre, expliqua Lyra.

 

 

 

Elle se leva et sorti un papier froissé de sa malle.

 

 

 

— Tiens.

 

 

 

 

 

Londres

 

le 04 juillet 1971

 

 

Chère Mère,

 

 

J’imagine tout le désarroi dans lequel vous serrez plongée quand vous lirez cette lettre. Pardonnez-moi, mais je n’ai pas eu le courage d’affronter votre regard pour vous annoncer cette nouvelle de vive voix : 

 

 

Je pars. Définitivement. Pourquoi ? Parce que je suis lasse de toutes ces règles, lasse de tous ces mensonges, lasse de tout ces faux-semblants, lasse de taire celle que je suis… Je veux être libre, comprenez-vous ? Ne pas être obligée de suivre toutes ces règles. 

 

 

Au début, je croyais que tout le monde devait suivre ces règles, que c’était normal, mais je me trompais. Les sociétés changent et évoluent. De nos jours, porter un pantalon en public n’est pas passible d’un enfermement, les femmes le peuvent Mère ! 

 

 

Je sais que vous souhaitiez le mieux pour moi, mais aujourd’hui je considère que ce n’est pas ce que je veux pour ma vie. Ce ne sont pas des valeurs que je partage. Je souhaite en construire de nouvelles, basées sur l’honnêteté, le partage, la confiance, la communication…

 

 

La monarchie est abolie dans de nombreux pays, la noblesse est au même niveau que le reste du peuple. Tous les humains sont égaux, l’humanité y travaille. Être Sang-Pur ne signifie pas que je suis supérieure aux Sang-Mêlé ou même aux nés moldus. Je suis leur égale.

 

 

Ne vous inquiétez pas, je ne serais pas seule. Car j’ai décidé de me marier avec un garçon qui était à Poufsouffle. Il vient, comme moi, de passer ses ASPIC. Je préfère taire son nom afin de le protéger, car c’est un né moldu. Vous pouvez croire que je suis folle, ou tout simplement malade, mais je l’aime Mère. Je l’aime et rien ne pourra m’empêcher d’être avec lui. C’est un homme bien.

 

 

En vous souhaitant toutefois une agréable fin de journée,

 

 

Andromeda

 

 

 

Ouah… murmura Sirius. Ça calme… 

 

— Qu’est-ce que tu en penses ? demanda Lyra en rangeant la lettre soigneusement.

 

— Je pense qu’elle a entièrement raison, sur toute la ligne. Tu ne crois pas ?

 

— Je ne sais pas trop, c’est un peu radical, tu ne trouves pas ? Elle a littéralement coupé les ponts, et je ne pense pas qu’il y ait un retour en arrière possible.

 

— Comment tu as fait pour la garder sans que personne le remarque ? demanda Sirius en changeant de sujet.

 

 

 

La jeune fille haussa les épaules et retourna faire ses bagages. Le sujet était clos. 

 

 

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

La vue de la famille Black au grand complet, ou presque, attendant sur le quai 9 3/4 de la gare de King’s Cross attira beaucoup de regards et de murmures. La nouvelle que une Black avait quitté sa famille pour vivre avec né moldu s’était très vite répandue dans la communauté sorcière anglaise. Et avait fait couler beaucoup d’encre…

 

 

 

— Narcissa, je compte sur vous pour veiller sur vos cousins, recommanda Walburga. Ne les laissez pas perdre leurs bonnes manières si durement acquises, qu’ils ne me fassent pas honte. 

 

— Oui ma Tante.

 

— N’oubliez pas que vous avez le bal des débutantes l’été prochain, ajouta Druella. Alors préparez bien vos BUSES !

 

— Oui Mère.

 

 

 

Walburga se tourna vers les jumeaux qui ne se lassaient pas d’observer les familles si différentes qui les entouraient.

 

 

 

— Cessez dont de fixer ces personnes comme cela, tonna leur mère en leur prenant brutalement le bras pour les tourner vers elle. C’est d’une impolitesse !

 

— Pardonnez moi Mère, déclara Lyra en baissant la tête.

 

— Sirius, vous devriez prendre un peu exemple sur votre soeur. Cela ne vous ferait pas de mal.

 

 

 

Sirius fixa sa mère sans parler, il en avait mare de s’excuser à tout bout de champ dès qu’il faisait quelque chose qui déplaisait à sa mère. Se taisant, il continuait à la fixer du regard. Walburga savait qu’il ne céderait pas, préférant éviter un scandale en public, elle soupira et céda avec beaucoup de regrets.

 

 

 

— J’aimerais que vous vous montriez digne de votre rang, digne de votre Sang-Pur, digne d’être Black. Me suis-je bien faite comprendre ?

 

— Oui Mère.

 

— Vous savez ce qui vous attend si jamais vous me décevez…

 

 

 

Orion s’avança et posa sa lourde main sur leur épaule.

 

 

 

— Serpentard sera parfait pour vous, assura t-il.

 

 

 

Après les avoir quittés, Narcissa emmena ses cousins avec elle dans le compartiment où deux de ses amies l’attendaient.

 

 

 

— Harper, Carry, quelle joie de vous revoir !  

 

— Cissy ! s’exclama une petite blonde. J’étais si impatiente de vous retrouver pour vous annoncer une grande nouvelle !

 

— Qu’attendez vous pour me la dire ?

 

— Mais dites ma chère ! s’exclama l’autre fille.

 

— Mère m’a annoncée que ma robe pour le bal des débutantes sera d’une grande marque française ! Française, m’imaginez-vous dans une robe Celine ? ajouta t-elle en tournant sur elle-même.

 

 

 

Ses deux amies poussèrent des petits cris de joie et l’entourèrent en rigolant.

 

 

 

— Ça te dit de filer discrètement pendant qu’elles gloussent comme des dindons ? chuchota Sirius à l’oreille de sa soeur.

 

— Sirius, surveille ton langage, il est hors de question que je quitte Narcissa ! Mère serait furieuse.

 

— Oui, mais elle n’est pas là. Alors si tu ne veux pas venir, moi, je te dis à plus tard !

 

 

 

Et il partit d’un pas pressé. Lyra soupira en voyant que les trois jeunes filles ne se remettaient toujours pas de leurs émotions. Le voyage allait être long. 

 

 

 

— Mais, Cissy, serait-ce votre cousine ?

 

— Mais bien sûr, je vous présente Lyra. Lyra voici Harper et Carry.

 

 

 

Carry était une grande fille maigre aux cheveux châtains. Beaucoup trop maigre pour que ce soit naturel, Lyra était sûre que la jeune fille devait avoir un régime de lapin : légumes verts et eau plate. Harper, quant à elle, était petite avec une jolie coupe au carré, ses cheveux étaient d’un blond platine sans aucune mèche de cheveux de travers. Lyra senti une méfiance naitre en elle envers ces filles qui la détaillaient froidement, jugeant si la cousine de son amie était digne d’intérêt.

 

 

 

Puis, les trois filles se désintéressèrent d’elle pour parler entre elles. Le front contre la vitre, Lyra observait le paysage qui défilait devant ses yeux. Au creux de son ventre, elle sentait une boule de tension se former. Et si elle n’était pas à la hauteur pour intégrer Serpentard ?

 

 

 

— Comment allez-vous Cissy ? demanda Carry en se penchant vers son amie. À propos de votre soeur qui…

 

— Je sais parfaitement ce que ma soeur a fait ! coupa Narcissa froidement. Qu’elle se marie avec un roturier ne m’affecte aucunement. D’ailleurs, depuis ce jour, elle a cessé d’être ma soeur, ce n’est plus qu’une étrangère, une Traitre à son Sang !

 

 

 

Lyra se tourna brusquement vers Narcissa, Andromeda ne pouvait être reniée, il y avait forcement une explication pour son départ si précipité. À sa connaissance, le seul Traitre à son Sang encore vivant de sa famille, était son oncle Alphard. 

 

 

 

Il avait été renié suite à une réception qui avait mal tournée ; saoul, il avait débité un flot d’insultes envers son frère, sa soeur, ainsi que quelques invités qui passaient devant lui. Puis il avait vomi sur le beau marbre blanc avant de partir en chantant une chanson sur un sorcier appelé Odo. Qu’Andromeda soit comparé à cet ivrogne déplaisait à Lyra qui se contenta de serrer les poings sur sa jupe. Narcissa étant son aînée, elle lui devait donc le respect.

 

 

 

— Au fait, Lucius m’a envoyé une lettre cet été, déclara Carry en souriant.

 

— Lucius ! s’écria Harper. Le Lucius Malefoy ?

 

— Depuis quand a t-il quitté le statut de Mr Malefoy pour Lucius ? demanda Narcissa un sourire malicieux sur les lèvres.

 

— Je crois que je lui plait, avoua Carry en rougissant.

 

— Non ?! s’exclamèrent ses amies en choeur. Montre nous cette lettre !

 

 

 

Lyra retourna à la contemplation du paysage. Plus ils avançaient, plus le paysage se transformait en grandes plaines aux herbes hautes couchées par le vent. Narcissa semblait se moquer éperdument que Sirius les ait quittées, à moins qu’elle ne l’ait pas remarqué tellement elle semblait occupée à glousser avec ses amies. Lyra se retint de sourire en pensant à la comparaison de son frère. C’est vrai que ces trois filles ressemblaient un peu à des dindons, il ne restait plus qu’à remplacer les grains de maïs par des ragots et la comparaison était parfaite !

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

— Archer Cloé, appela Minerva McGonagall.

 

— POUFSOUFFLE !

 

— Baker Alison.

 

— SERDAIGLE !

 

— Berkley Sebastian.

 

— SERDAIGLE !

 

 

 

Le ventre de Lyra ne cessait de se tordre dans tous les sens à chaque nouveau nom. Ses mains étaient moites et tremblantes.

 

 

 

— Black Lyra.

 

 

 

Elle monta les quelques marches pour monter sur l’estrade où le tabouret en bois l’attendait. Elle entendait son coeur qui battait si fort dans sa poitrine avec un « boum, boum » désordonné. Le professeur posa le Choixpeau sur sa tête.

 

 

 

— Serpentard, Serpentard, Serpentard, murmurait-elle doucement.

 

— GRYFFONDOR !

 

 

 

Un épais mur opaque entoura Lyra, sous le choque. Les applaudissements qui venaient des rouge et or ne lui parvenait que comme un bruit sourd et lointain, les formes autour d’elle étaient floues et in-identifiables. Elle sentit une main, sûrement celle du professeur McGonagall, la pousser à se lever et à s’asseoir à l’opposé de là où elle aurait dû être. Lyra n’osait pas tourner son regard vers sa cousine, elle avait peur de sa réaction. Elle ne comprenait pas pourquoi le Choixpeau l’avait envoyée à Gryffondor, il y avait forcément une erreur. Comme dans un état second, vidée de toute émotion, elle s’assit lourdement sur une chaise.

 

 

 

Puis Sirius vint la rejoindre, elle ne le remarqua même pas, n’entendit pas les gens le féliciter, ni les applaudissements, ni rien.

 

 

 

Sirius s’installa à coté de sa soeur, souriant aux quelques personnes qui le félicitaient. Il ne tenta pas de lui parler, la laissant digérer cette nouvelle à son rythme. Regardant la fin de la répartition, il repéra le garçon avec lequel il avait sympathisé dans le train. Un certain garçon dénommé James Potter…

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

«  — Je peux m’installer ? demandais-je en entrant dans le wagon.

 

— Bien sur, répondit l’autre avec un sourire. Je m’appelle James, et toi ?

 

— Sirius.

 

 

Je n’ai pas besoin de lui demander s’il entre en première année ; il est seul et semble plutôt sympa, alors sois il est du genre solitaire, ce dont je doute vu le sourire dont il me gratifie, sois il rentre, comme moi, dans sa première année à Poudlard.

 

 

— Tu ne serais pas Sirius Black par hasard ? me demande t-il.

 

— Heu… Oui, c’est moi, répondis-je étonné qu’il connaisse mon nom. Mais comment le sais-tu ?

 

 

Je suis à peine arrivé à Poudlard, que déjà un élève connaissent mon nom. J’ai beau être un Black, ça m’étonne.

 

 

— Mon père, Fleamont Potter connaît bien le tiens. Et puis ta famille est plutôt connue avec les récents événements.

 

— Si tu parles de ma cousine Andromeda qui s’est fait la malle, c’est sûr que ça a fait du bruit ! Ma tante ne s’en est toujours pas remise ! m’exclamais-je en rigolant.

 

— Sérieux ?! Mon père n’en revenait pas quant il l’a appris…

 

— Attend, mais ton père ne serais pas le nouveau commandant en chef des Aurors ?

 

— Si, approuva James son sourire toujours collé sur ses lèvres. Même si ça fait déjà un an qu’il a le poste.

 

 

Un grand sourire apparut alors sur le mien. Je ne pouvais pas tomber mieux ! »

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Lyra, il faut que tu manges…

 

— Laisse moi tranquille Sirius, murmura t-elle en repoussant l’assiette que son frère venait de lui remplir.

 

— Tu ne vas pas faire la grève de la faim jusqu’à ce que tu changes de maison. D’ailleurs, tu ne peux pas, parce que c’est le Choixpeau qui choisit, et tu sais qu’on ne peut pas modifier son choix. C’est comme ça… Au moins on est ensemble.

 

 

 

Elle ne répondit pas, les yeux fixés dans le vide. Soupirant, Sirius se retourna vers James.

 

 

 

— Bon, y a quoi de bon à manger ? s’exclama t-il.

 

 

 

Lyra était incapable de dire combien de temps le repas dura. Ni de dire en quoi consistait le discours du professeur Dumbledore ou même les différents plats proposés. Elle suivit la foule des élèves à la fin du repas, sans prendre le temps d’observer la beauté des couloirs de Poudlard. Elle émergea de son brouillard quand elle vit son nom inscrit en lettres dorées sur une porte.

 

 

 

Lyra Black

 

Lily Evans

 

Mary McDonald

 

Marlene McKinnon 

 

 

 

Elle entra et vit deux filles qui vidaient leurs malles.

 

 

 

— Salut, se présenta la rousse en venant à sa rencontre. Je m’appelle Lily et voici Mary.

 

 

 

Mary était une jolie brune au visage fin et élégant. Lily, quant à elle, était une petite rousse aux yeux verts éclatants. Lyra acquiesça en sa direction pour lui faire comprendre qu’elle avait compris et la contourna pour prendre le lit à côté de la fenêtre. Une table de chevet et une armoire encadraient le grand lit à baldaquin. Partout, du tissu rouge aux broderies or rappelait son échec cuisant. La gorge nouée, elle ouvrit sa malle qui était au centre de la pièce. 

 

 

 

— Et toi ? demanda doucement Mary. Comment tu t’appelles ?

 

— Bon écoutez les filles, déclara Lyra en relevant la tête. Ok, on est dans le même dortoir, mais ça ne veut pas dire qu’on doit être amies. Vous vivez votre vie et moi la mienne !

 

 

 

Elle se retourna sachant pertinemment que les deux filles ne devaient pas trop apprécier son ton. Mais elle s’en moquait. Elle rangea rapidement ses affaires et sortit alors qu’une autre fille entrait. « Sûrement Marlene. » se dit-elle. Dans le couloir, un joyeux brouhaha régnait, mais elle ne s’en préoccupa pas, et sortit de la tour de Gryffondor.

 

 

 

Elle avait décidé de trouver la salle commune des Serpentard pour parler à Narcissa. Elle voulait l’empêcher de dire à sa mère qu’elle ne se trouvait pas dans la maison tant espérée, pas tant qu’elle n’aurait pas parlé à Dumbledore. Un jour, Andromeda lui avait décrit sa salle commune : « Elle est dans les caves sous le lac. C’est pourquoi il y a une lumière un peu fluorescente qui l’illumine. Tu vas voir, elle va te plaire ! »

 

 

 

C’était il y a trois ans. Andromeda savait-elle à ce moment qu’elle quitterait sa famille pour aller vivre avec un Poufsouffle devenant la persona non grata du clan Black ?

 

 

 

L’heure du coucher n’étant pas encore passé, quelques élèves se promenaient encore dans les couloirs. Lyra repéra un groupe de garçon aux cravates vertes et les suivit.

 

 

 

— Excusez moi, demanda t-elle quant ils s’apprêtaient à entrer dans la salle. Connaissez-vous Narcissa Black ?

 

— Qui ne connais pas un si joli petit cul ? railla un des garçons.

 

 

 

Lyra haussa un sourcil, peu habituée à cette grossièreté.

 

 

 

— Pouvez-vous lui dire que je souhaite lui parler et que je l’attends ici ?

 

— Et on aura quoi en échange ? demanda un autre en s’avançant, un sourire moqueur sur les lèvres.

 

 

 

Comment devait-elle réagir pour obtenir ce qu’elle voulait ? Faire la petite fille effarouchée ne l’aidera pas. 

 

 

 

— Je suppose que ma reconnaissance ne vous suffira pas ? déclara t-elle, la tête haute optant pour l’arrogance de sa mère.

 

— Tu supposes bien. Alors ?

 

— Alors je ne vous permets pas de me tutoyer ! Vous ne savez pas qui je suis…

 

— Tu sembles être en première année, coupa le garçon. Et de plus, tu n’es pas de Serpentard. Alors tu vois, j’ai un peu de mal à croire que ton nom puisse me faire peur.

 

— Lyra ? s’exclama une voix bien trop familière. Que faites vous ici ?

 

 

 

Narcissa, escortée par Harper et Carry s’avança entre la bande de garçons.

 

 

 

— Je voulais vous parler, répondit Lyra en fusillant le groupe de garçons du regard.

 

— Et vous, que faites vous là ? demanda alors Narcissa au groupe de garçons qui se tassèrent sous son regard froid.

 

— Ils s’en allaient, répliqua Lyra. Merci Messieurs pour votre aide fort précieuse…

 

 

 

Narcissa ne regarda même pas le groupe de garçon qui partaient, attendant que sa cousine fasse le premier pas pour lui expliquer la raison de sa venue.

 

 

 

— Cissy, je voulais vous voir pour vous demander de ne pas envoyer de lettre à Mère le temps que je parle au professeur Dumbledore. 

 

— Vous voulez parler à Dumbledore. Vous, une première année ? Que croyez-vous ? Que le Choixpeau changera d’avis pour vos beaux yeux ? Permettez-moi de vous dire que vous êtes bien sotte de croire que cela marchera !

 

 

 

Derrière elle, Harper et Carry se mirent à glousser méchamment.

 

 

 

— Non… reprit Lyra confuse. Je voudrais au moins lui demander. Au cas où…

 

— Lyra, descendez de votre petit nuage et revenez sur Terre ! Le choix du Choixpeau est décisif, c’est comme ça depuis des années ! Et il ne fera pas exception pour vous ! De plus je reviens à l’instant de la volière, ma lettre s’est déjà envolée !

 

— Mais… commença Lyra les larmes aux yeux. Mère…

 

— Ma Tante souhaiterait que vous limitiez les dégâts, coupa Narcissa. Alors faites vous petite et travaillez sérieusement sans oublier les principes de notre belle famille ! Et cessez de pleurnicher comme cela, c’est d’un ridicule !

 

 

 

Elle se retourna et rejoignit ses amies qui rigolaient ouvertement, laissant Lyra seule et désorientée. Lentement, elle se laissa glisser au sol, savourant le contact de la pierre froide dans son dos. Elle se pinça le bras, comme sa mère lui avait appris, pour contrôler les larmes qui menaçaient de couler le long de ses joues. Fermant les yeux, elle se concentra sur sa respiration, tentant de contrôler les tremblements qui secouaient son corps. Petit à petit, elle se calma et put se lever pour rejoindre la tour de Gryffondor. 

 

 

 

Elle se rappelait que l’entrée était dissimulée par le tableau d’une grosse dame. Elle demanda alors d’une vieille dame qui tricotait de lui indiquer le chemin et arriva enfin devant le tableau.

 

 

 

— Le mot de passe ?

 

 

 

Le mot de passe ? Quel mot de passe ? Quand elle était entrée tout à l’heure, elle n’avait pas entendu de mot de passe et s’était contentée de suivre les gens avant elle. Comment allait-elle faire ? La meilleure solution qui s’offrait à elle était d’attendre que quelqu’un se présente devant le tableau. En espérant que tout le monde n’était pas déjà couché. 

 

 

 

Elle se rassit contre le mur, prête à prendre son mal en patience. Son attente fut de courte durée car peu de temps après s’être assise, une élève arriva.

 

 

 

— Qu’est-ce que tu fais là toi ? demanda t-elle en souriant. Déjà oublié le mot de passe ?

 

— Le mot de passe ? demanda la grosse Dame.

 

— Heu.. Oui, on peu dire ça, ajouta Lyra en passant une main sur son visage.

 

— Tu es sûre que ça va, tu as…

 

— Oui ça va ! coupa brusquement Lyra en se relevant.

 

— Bon, vous continuez à faire la cosette ou vous me donnez ce mot de passe ? s’énerva le tableau.

 

— Ça va, ça va… Le mot de passe est Jonquille.

 

 

 

Le tableau s’écarta pour qu’elles puissent entrer.

 

 

 

— Merci, déclara Lyra.

 

— Y a pas de quoi ! Tu es en première année non ?

 

— Oui.

 

— Alors si tu as le moindre problème n’hésite pas à venir me voir, je suis en troisième année. Au fait, je m’appelle Alice.

 

— Lyra.

 

 

 

Alice lui jeta un dernier sourire et s’éloigna rejoindre un groupe de fille près de la cheminée.

End Notes:

Hello,


Alors ? Surpris ? Bon pour tout vous dire, j'ai passé tout mon lycée avec une écharpe Gryffondor autour du cou, je ne pouvais pas envoyer Lyra ailleurs qu'à Gryffondor.


Et le courage alors ?


Patience, patience... [sourire malicieux]


winter

Chapitre 5 : Ière année by Winter
Author's Notes:

ϟ. Glass Animal - Black Mambo



image par @anniespratt

Pendant plusieurs jours, Lyra s’obligea à suivre les cours avec le plus de sérieux possible, tentant d’oublier sa confrontation avec sa cousine, et la lettre de sa mère qui ne tarderait pas à arriver. De toutes ses cousines, Andromeda avait toujours été sa préférée. Narcissa voulait toujours mettre de la distance entre elles deux, optant ainsi pour une attitude froide et arrogante. Sûrement, parce qu’elle était trop jeune à son goût. Quant à Bellatrix, elle en avait que faire de sa petite cousine de huit ans sa cadette. Mais Andromeda était partie, et Lyra devait se débrouiller seule. Depuis la rentrée, elle s’était murée dans une solitude morose, se coupant même de son frère.

 

 

 

Une semaine après la rentrée, le premier cours de vol sur balais arriva. Les Serdaigle et les Gryffondor se rejoignirent sur le terrain de Quidditch. Peu à peu des groupes commençaient à se former en attendant le professeur. Lyra repéra Sirius en compagnie de trois autres garçons. Elle était trop loin pour distinguer correctement leur visage, toutefois l’un d’eux se tourna vers elle et lui fit un signe de la main. Elle l’ignora puis vit arriver une femme aux cheveux en bataille.

 

 

 

— Bonjour à tous ! Approchez-vous, nous allons commencer. Je suis le professeur Bibine et je vais vous apprendre l’art de voler sur un balai. Les Serdaigle face aux Gryffondor. Bien, mettez-vous à gauche du balai de votre choix. Allons, dépêchez-vous.

 

 

 

Dans une grande agitation, les élèves obéirent au professeur.

 

 

 

— Mettez votre main droite au dessus du balai et dites « Debout ! »

 

 

 

Lyra observa son balai posé au sol et leva la main.

 

 

 

— Professeur, pouvez-vous venir s’il vous plaît.

 

— Je vous écoute, annonça le professeur en s’approchant.

 

— Je refuse de voler sur un balai.

 

 

 

Renée Bibine sourit et regardant la jeune élève. Sirius, non loin de là, reporta son attention vers sa soeur. De toute manière, malgré ses efforts pour dire « Debout ! » son balai semblait vouloir rester là où il était, c’est à dire au sol.

 

 

 

— Voyez vous ça, commenta le professeur. Et puis-je avoir votre nom s’il vous plaît ?

 

— Je m’appelle Lyra Black.

 

 

 

Le professeur haussa un sourcil. Ce refrain : « Jeune fille venant de famille de Sang-Pur, donc voler sur balais ce n’est pas assez bien pour quelqu’un de son rang ». Elle l’avait déjà écouté plusieurs fois. Comme beaucoup, elle avait entendu parler de ces jumeaux Black, les premiers de la lignée à être allés à Gryffondor et non pas à Serpentard. Elle avait l’habitude que les filles de bonne famille de la maison du serpent refusent de voler sur un balai, Dumbledore lui avait même demandé personnellement de les laisser rester assise pendant le cours. 

 

 

 

C’était injuste pour les élèves des autres maisons, mais le directeur préférait éviter une polémique avec les parents. Ceux-ci étaient très influents et parviendraient à leurs fins de toute manière. Peut être qu’un jour cela changerait, mais pour l’instant, c’était comme ça. Depuis, elle avait catégoriquement refusé d’accorder aux élèves des autres maison de sécher son cours. Que devait-elle faire cette fois-ci ? Si la petite était à Gryffondor, c’est qu’elle devait être différente des filles de Serpentard. 

 

 

 

— Le cours de vol sur balais est un cours comme les autres, refuser de participer est comme une absence de cours.

 

— Professeur, malgré tous le respect que je vous dois, je ne monterai pas sur ce balai.

 

 

 

Certains élèves avaient cessé de supplier leur balai pour se tourner vers Lyra et Mme Bibine.

 

 

 

— Soit, et si je vous donnais deux heures de retenue, cela vous ferrait-il changer d’avis ?

 

 

 

Les élèves dévisagèrent Lyra qui ne montrait aucun sentiment sur son visage, c’était à elle de parler. 

 

 

 

— Je ne changerai pas d’avis.

 

— J’ajoute quinze points en moins pour Gryffondor.

 

 

 

À présent plus personne ne travaillait, tous les regards étaient tournés vers Lyra qui ne moufta pas. À l’annonce du nombre de points enlevés à Gryffondor, certains élèves murmurèrent ; c’était presque un record, pour un élève de première année, d’enlever autant de point à sa maison en si peu de temps. 

 

 

 

Toujours imperturbable, Lyra quitta le terrain de Quidditch.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Elle ne parvenait pas à trouver le sommeil. La cause ne pouvait être la pleine lune, car elle était passée d’un jour. Soupirant, elle se leva sans faire de bruit et enfila quelques vêtements. Elle allait partir quand elle vit une lettre sur le pied de son lit, hésitant quelques secondes, elle se décida à la prendre et sortit.

 

 

 

Il devait être vers trois heures du matin, car il n’y avait plus d’élèves dans la salle commune. Malgré elle, cette salle chaude et accueillante commençait à lui plaire. Des chats dormaient sur les fauteuils près de la cheminée où un feu se mourrait lentement. Ses pieds la dirigèrent lentement vers la sortie.

 

 

 

Les quatre maisons de Poudlard avaient chacune une salle commune différente, toutefois le système des dortoirs était partout le même. Les filles étaient séparées des garçons, mais avaient le droit d’aller dans le côté masculin, pas les garçons. Chaque dortoir contenait sept étages, un pour chaque année d’étude. Quant aux douches, les seuls élèves à avoir une douche dans leur chambre étaient les élèves de sixièmes et septièmes année. 

 

 

 

Les autres devaient aller aux douches communes mais individuelles. Lyra avait eu beaucoup de difficultés à s’y habituer. Par pudeur et aussi par le fait qu’elle soit en compagnie de filles dont elle ne connaissait même pas le nom. Alors elle y allait quand les douches étaient vides, tôt le matin ou tard le soir.

 

 

 

Elle put sortir sans croiser Rusard ou Miss Teigne et s’en réjouissait, elle ne voulait pas ajouter d’heures de retenue à son compte. À l’extérieur, l’air était encore doux et agréable, en vestige de l’été passé. Toujours sans réfléchir, elle s’avança sur la grande pelouse, partant du coté opposé aux serres de botanique. Avec surprise, elle réalisa qu’elle allait vers le terrain de Quidditch. Le Quidditch… Elle qui en avait tant rêvé en un temps. 

 

 

 

Elle se trouva une place tout en haut des gradins du côté des Serpentard. De là-haut, un léger vent d’automne soulevait ses cheveux. Savourant cette sensation, elle ferma les yeux et commença à se détendre. 

 

 

 

Soudain, elle entendit un bruit de pas ; quelqu’un montait les marches et venait à sa rencontre. D’après sa cravate négligemment dénouée, c’était un Gryffondor que Lyra ne connaissait pas.

 

 

 

— Mince alors, dit-il en souriant. Moi qui pensait être seul… Que fais-tu là Lyra, seule et dans le noir ?

 

— Pardonnez-moi mais, on se connaît ? demanda t-elle étonnée.

 

— Tu es bien la soeur de Sirius ? répondit-il en s’asseyant à côté d’elle.

 

 

 

Elle se leva et se décala pour se placer à un bon mètre de lui. 

 

 

 

— Je ne vais pas te mordre, tu sais… dit-il en haussant un sourcil.

 

— Je préfère garder la distance que la Bienséance exige à défaut d’avoir un chaperon.

 

 

 

À la grande surprise de Lyra, il ne protesta pas et respecta sa décision. Enfin quelqu’un qui avait un peu de savoir vivre. Depuis son arrivée à Gryffondor, elle avait réalisé que peu de gens vivaient sous autant de règles et de traditions qu’elle. Cependant, comme en cours de vol, elle s’efforçait de respecter tout ce qu’on lui avait appris.

 

 

 

— De plus, si vous le permettez, j’apprécierais que vous me décliniez votre identité car je ne crois pas que nous ayons été présentés.

 

— Je m’appelle Remus, Remus Lupin. Je suis un ami de ton frère. 

 

 

 

Lupin. À l’évidence, Remus n’était pas un Sang-Pur. Pourtant, Sirius lui parlait et ils étaient même - selon les dires du garçon - amis.

 

 

 

— Tu fais quoi ici ? demanda t-il après un silence hésitant. 

 

 

 

Elle se tourna vers le garçon pour le dévisager. Ami ou ennemi ? Il avait les cheveux châtains légèrement ondulés, des yeux marrons/verts, mais surtout une fine cicatrice sur sa tempe. Il remarqua son regard posé sur lui alors elle se détourna, un peu gênée de s’être fait surprendre à l’observer. C’était fort malpoli de dévisager quelqu’un.

 

 

 

— Insomnie il faut croire. Et vous ?

 

— Tu peux me tutoyer, tu sais.

 

 

 

Elle se mordit la lèvre. C’est vrai qu’après quelques jours à Poudlard, elle avait vite réalisé que personne se vouvoyait. Elle ferait mieux d’arrêter cette habitude au plus vite.

 

 

 

— Oui tu as raison, c’est un peu ridicule.

 

— Je t’en prie, c’est juste étonnant pour quelqu’un de ton âge. Tu vouvoies les gens de ta famille ?

 

 

 

Elle hocha la tête.

 

 

 

— Chez moi non, on se tutoie. J’ai aussi quelques difficultés à dormir ce soir. Tu sais jouer aux échecs ?

 

— Je me débrouille, dis t-elle appréciant de plus en plus cette étrange compagnie de minuit.

 

— Si tu as une autre nuit blanche, ce serait avec plaisir que de disputer une petite partie avec toi.

 

— C’est d’accord, accepta t-elle en souriant.

 

 

 

Il se tourna vers elle réalisant que c’était la première fois qu’il la voyait sourire. Depuis la rentrée, il avait sympathisé avec Sirius qui leur avait indiqué que Lyra était sa soeur jumelle. Mais toute la bande n’avait jamais adressé la parole à la jeune fille qui était très solitaire. D’après ce qu’il avait compris, les jumeaux venaient d’une famille très conservatrice et très Serpentard.

 

 

 

— Toi et Sirius, se risqua Remus qui sentait qu’il entrait en terrain miné. Vous vous êtes disputés ?

 

 

 

Elle fronça les sourcils.

 

 

 

— Je dis ça parce qu’il a l’air de vouloir te parler et que tu sembles lui manquer. Il nous a dit que vous étiez plutôt proche en temps normal.

 

 

 

En temps normal ? Elle ne savait même pas ce que cela voulait dire. 

 

 

 

— Je… Je suis désolé, se ravisa t-il. Je n’aurai pas dû dire ça, ça ne me regarde pas… C’est votre histoire…

 

— Effectivement, dit-elle rompant ainsi le silence. Cela ne te regarde pas.

 

 

 

Elle se leva et se tourna vers le garçon.

 

 

 

— Je ferai mieux de rentrer. Bonne nuit.

 

— Lyra attend. 

 

 

 

Elle ne l’écouta pas et dévala les marches des gradins, marchant d’un pas vif vers le château. Elle n’était pas en colère contre Remus, plutôt très perturbée. Tout d’abord, elle avait parlé à un garçon, seule, sans chaperon, il n’était même pas Sang-Pur ! Et il avait ces étranges manies comme le tutoiement… Tout à ses pensées, elle ne vit pas le chat qui l’observait silencieusement, et n’entendit pas le pas rageur de Rusard qui venait à sa rencontre.

 

 

 

— On fait une balade nocturne ?

 

 

 

Elle sursauta violemment avant de se retourner.

 

 

 

— Je suis désolée, veuillez me pardonner pour mon écart de conduite. Je retournais à mon dortoir.

 

— Quelle maison ? marmonna t-il

 

— Gryffondor.

 

— Quelle année ?

 

— Première.

 

— Alors tu vas me suivre gentiment dans mon bureau pour que je décide de ta punition. Une première année, reprit-il pour lui-même. Tu vas voir ma petite, je vais te faire un joli dossier…

 

 

 

Malgré sa peur, elle le suivit jusqu’à son bureau. Vieux, sale et poussiéreux, il représentait à la perfection son propriétaire. Avec un grand sourire, il sortit un parchemin et une plume qui lissa soigneusement.

 

 

 

— Nom.

 

— Lyra Black.

 

— Oh, mais j’ai déjà un dossier sur toi, très bien, très très bien… Il faudrait que je présente ça bien pour Monsieur le Directeur et je pourrai peut être vous utiliser mes chéries…

 

 

 

Avec effroi, Lyra réalisa qu’il parlait à d’épaisses chaînes en métal parfaitement astiquées. Le bureau crasseux, un propriétaire qui se parle tout seul, et des chaînes dans un coin… Elle l’avouait volontiers, elle était terrifiée par cette espèce de psychopathe.

 

 

 

— Se balader dans les couloirs à cette heure-ci, oui c’est bien… En une semaine cumuler une retenue et ça… Ton compte est bon, Monsieur le Directeur ne pourra pas refuser que je te pende au plafond par les pieds… 

 

— Je ne crois pas que Monsieur le Directeur acceptera Monsieur Rusard.

 

 

 

Une femme entra dans la pièce encore vêtue de sa robe de chambre en tissu écossais. Lyra reconnut le professeur McGonagall, son professeur de Métamorphose et également la directrice de Gryffondor.

 

 

 

— Mr Rusard, si vous le permettez, je vais m’occuper du cas de Miss Black moi-même.

 

— Mais, professeur…

 

— Miss Black si vous voulez bien me suivre.

 

 

 

Comment le professeur McGonagall avait-elle pu savoir qu’à cette heure de la nuit Lyra était dans le bureau du concierge ? Elle ne le savait pas. Mais c’était avec joie qu’elle quittait le bureau lugubre de Rusard en espérant que le professeur McGonagall serait plus clémente que lui. Elle était loin de se douter qu’elle se trompait… Le professeur l’emmena dans un bureau où elle fit apparaître un feu dans la cheminée par un bref coup de baguette.

 

 

 

— Asseyez-vous Miss Black.

 

 

 

Sans protester, Lyra s’assit dans le confortable fauteuil de tissu rouge.

 

 

 

— Pour votre sortie de cette nuit, vous aurez deux heures de retenue et j’enlève vingt points à Gryffondor.

 

 

 

Lyra ne répondit pas, silencieuse, la tête baissée. Vingt points ! Elle se mordit la lèvre en passant aux réactions des autres élèves, elle ne s’était pas fait d’amis depuis la rentrée, mais faisait tout son possible pour ne pas être remarquée, mangeant vite seule dans la grande salle et travaillant ses cours derrière les rideaux tirés de son lit à baldaquin. Ça plus les quinze points du cours de vol sur balai… 

 

 

 

— Je ne peux pas laisser les élèves de ma propre maison faire ce qu’ils veulent au beau milieu de la nuit ! Et encore moins des premières années !

 

 

 

Elle s’interrompit pour sortir une boite en métal d’un tiroir de son bureau.

 

 

 

— Vous voulez un gâteau aux gingembres ?

 

— Par… Pardon ? demanda Lyra étonnée.

 

— Voulez-vous un gâteau aux gingembres ?

 

— Heu… Non merci, répondit Lyra complètement déstabilisée.

 

 

 

Le professeur en prit un et le tourna entre ses doigts. Elle semblait réfléchir.

 

 

 

— J’ai bien conscience Miss Black que la répartition entre Maisons ne s’est pas déroulée comme vous le désiriez. Je comprends que ce n’est pas facile pour vous, mais Gryffondor est dorénavant votre maison pour les sept années à venir. J’ai remarqué que vous étiez beaucoup dans votre coin, vous devriez faire un effort pour vous intégrer un peu. Vous verrez, c’est en s’ouvrant un peu, qu’on peut faire de belles rencontres. Vos années à Poudlard n’en seront que meilleures.

 

 

 

Minerva se tue se demandant si elle n’en avait pas dit trop. C’était délicat comme situation, elle n’avait jamais eu d’élèves dans sa maison qui venaient de familles conservatrices. D’habitude, c’était Horace Slughorn qui s’en chargeait.

 

 

 

— Ai-je votre parole que vous ferrez un effort ? ajouta le professeur.

 

— Je ne peux pas vous promettre cela professeur… C’est compliqué.

 

— Je ne vous demande pas d’être amie avec tous les élèves de Gryffondor, mais d’au moins leur parler. C’est pour votre bien.

 

— D’accord professeur, je… J’essaierai.

 

 

 

Minerva hocha la tête satisfaite. C’était un bon début.

 

 

 

— Très bien. Alors je vous souhaite une bonne fin de nuit.

 

 

 

Lyra se leva doucement et s’avança vers la porte. Elle avait la main sur la poignée quand elle demanda.

 

 

 

— Professeur, je peux vous poser une question ?

 

— Je vous écoute.

 

— Comment saviez-vous que j’étais avec Mr Rusard ?

 

— J’ai mes petits secrets Miss, répondit le professeur en souriant. Bonne nuit.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Allongée dans le noir, Lyra réfléchissait à ce que le professeur McGonagall lui avait dit en tentant de s’imaginer sa vie à Poudlard si elle osait oublier son père, sa mère, sa tante et le protocole quelques instants. Elle n’était pas plus avancée quand le soleil commença à pointer le bout de son nez. Résignée, elle se leva et s’habilla. 

 

 

 

Dans la poche de son gilet de la veille, elle récupéra sa lettre et sortit sans faire de bruit. En descendant les marches elle réalisa que quelqu’un se trouvait déjà dans la salle commune.

 

 

 

— Encore toi ? s’exclama t-elle.

 

 

 

Remus se détourna du livre qu’il lisait et sourit en la voyant arriver.

 

 

 

— Je pourrai te retourner le compliment.

 

 

 

Elle lui sourit et s’installa dans le fauteuil en face de lui.

 

 

 

— Je crois que cette nuit était une cause perdue pour mon sommeil, répliqua t-elle en haussant les épaules.

 

 

 

Il rigola doucement soulagé qu’elle ne lui en veuille pas pour sa maladresse de la veille. La lettre que tenait Lyra dans sa main était usée à force d’avoir été dépliée et repliée. Venant de Walburga, Lyra avait été incapable de la lire fixant inlassablement la première ligne : « Lyra, ». Au travers de ces quelques lettres, elle parvenait à saisir la colère de sa mère, sa déception, et ses reproches.

 

 

 

— J’ai une lettre de ma mère à lire…

 

— Sirius a eut la même, répondit-il.

 

 

 

Elle releva la tête étonnée.

 

 

 

— Ah bon ? Et comment a t-il réagit ?

 

— Je n’était pas là quand il l’a lu. Il a passé deux jours à la plier, déplier sans la lire et quand il est revenu après s’être enfin décidé à la lire, il semblait plus léger. Comme soulagé de l’avoir fait et que c’était fini.

 

 

 

Elle se mordit la lèvre. Sirius avait bien fait. Elle enchaînait les nuits passées à réfléchir encore et encore quant au contenu de la lettre. Elle devait la lire maintenant et en finir avec ça. 

 

 

 

 

 

 

 

Londres,

 

le 11 septembre 1971

 

 

Lyra,

 

 

Je devrai ajouter « ma fille », mais en ces temps si troubles, je me surprends à en douter. Comment ma fille, la chair de ma chair pourrait-elle être avec les Gryffondor ? Serpentard est la maison de notre famille, depuis des générations, il en a toujours été ainsi, pourquoi seriez-vous différente ? 

 

 

J’ai ma petite théorie là-dessus : vous n’êtes qu’une petite égoïste rebelle qui croit être au-dessus de tout et est incapable de retenir quelques règles simples. Depuis le début vous l’avez été et j’ai été sotte de croire que vous changeriez. J’en suis terriblement déçue. Il ne vous reste plus qu’à me montrer que vous saurez respecter ce que je vous ai si durement appris, et en espérant que vivre entre les Sang de Bourbe et les Traître à leur Sang ne vous montera pas à la tête.

 

 

Moi, comme votre père attendons de pied ferme de bons résultats aux examens de fin d’année. N’oubliez pas les des règles qu’une jeune fille de bonne famille doit respecter, ni le protocole et la bienséance. N’oubliez pas.

 

 

Walburga Black

 

 

 

 

 

Lyra avait les mains tremblantes quand elle lut les derniers mots de la lettre de sa mère. Elle replia la lettre et se leva pour jeter la lettre au feu. L’observer brûler lui procura un étrange sentiment de satisfaction.

 

 

 

— Ça va ? demanda Remus.

 

— Oui, oui, merci.

 

 

 

Elle se détourna du feu et sortit de la pièce commune. En cette heure si matinale, il n’y aurait personne pour l’embêter dans la Grande Salle. Peu de personnes étaient attablées pour le petit déjeuner ce qui permit au professeur McGonagall de venir la voir tranquillement.

 

 

 

— Bonjour Miss Black, voici votre convocation de retenue de Mme Bibine. Ce soir, 18 heures dans la réserve des balais. Ne soyez pas en retard. J’ai aussi reçu une lettre de vos parents. Vous avez dorénavant une dérogation pour ne pas assister aux cours de vol sur balai. Ce qui ne vous dispense en rien de vous acquitter de votre retenue.

 

 

 

Lyra hocha la tête soulagée. Elle n’aurait plus à se battre pour ne pas suivre le cours. En réalité, elle aurait bien aimé apprendre à voler. Mais les règles étaient les règles…

 

 

 

La journée passa à une vitesse folle. Lyra voyait l’heure de sa retenue arriver à grand pas sans qu’elle n’ait le temps de dire ouf. Elle croisa Sirius plusieurs fois malgré ses efforts habituels pour l’éviter, mais il ne vint pas lui parler. Elle repéra également Remus qui l’observait souvent en silence au milieu de son groupe d’amis assez bruyants. 

 

 

 

Dans le groupe, il y avait deux autres garçons, l’un qu’elle reconnue comme étant James Potter et l’autre qu’elle ne connaissait pas, mais qui semblait porter une véritable vénération aux trois autres. Elle remarqua que Sirius et James semblaient très proches l’un de l’autre et curieusement elle sentit une pointe de jalousie au fond d’elle.

 

 

 

Quand elle se présenta à la remise, le professeur Bibine l’attendait déjà. Elle la fit entrer et expliqua qu’elles allaient ranger, entretenir et nettoyer les balais. La pièce était remplie de balais en tout genre et regorgeait de toiles d’araignées. Elles allaient en avoir pour des heures.

 

 

 

— J’espère que tu n’as pas peur des araignées, déclara le professeur.

 

 

 

Lyra jeta un regard sur la poussière qui couvrait la remise. Elle n’avait jamais lavé quoi que ce soit, Kreattur et Stuffy entretenaient la maison. C’était une nouvelle expérience et étrangement elle en était plutôt contente.

 

 

 

— Pourquoi n’utilisez-vous pas la magie pour tout ranger et nettoyer ?

 

 

 

Le professeur eut un sourire amusé sur les lèvres avant de répondre.

 

 

 

— Sais-tu comment les balais sont fabriqués ?

 

— Non.

 

— Moi non plus. L’art de la fabrication des balais est le secret du monde sorcier le plus gardé avec la fabrication des baguettes bien entendu. Seul les maîtres de cet art le connaisse et les quelques apprentis sont tirés sur le volet entre des milliers de candidats dans tout le monde. Chaque fabricant à son secret. Ne sens-tu pas une énergie qui se dégage de ces balais ?

 

 

 

Lyra ferma les yeux et sursauta. C’était comme une force qui l’entourait, une force chaude et agréable. Elle acquiesça.

 

 

 

— La présence de magie dans cette remise est bien trop grande pour qu’utiliser la magie ne soit sans dégâts. 

 

— La remise exploserait ?

 

— Oui et on passerai des jours à récupérer tous les balais, et en plusieurs morceaux ! ajouta Mme Bibine en rigolant. Donc, s’il te plaît, garde ta baguette dans ta poche. Bon, récupère toutes les Comète que tu peux trouver et mets les de ce côté, dit-elle en désignant un coin vide de la remise.

 

 

 

Elle présenta un balai où était inscrit sur le manche Comète 120. Avec soin, Lyra commença à ramener les balais au professeur qui les reparaît. Elle enleva les brindilles cassées, les remplaçait et ponçait le manche pour que les élèves ne se prennent pas d’échardes. Lyra était curieuse d’en apprendre plus sur les balais, mais n’osait pas poser de questions. On lui avait toujours que la curiosité était un vilain défaut pour les jeunes filles bien élevés et de bonnes familles. 

 

 

 

Après les Comète, elles s’attaquèrent aux Brossdur puis aux Étoiles Filantes. À chaque nouveau balai, une nouvelle question venait s’ajouter à la longue liste de Lyra. N’y tenant plus, elle posa la première question qui lui venait.

 

 

 

— Professeur, quel est le meilleur balai qui existe ?

 

— Et bien sans hésiter, je dirai le tout dernier Flèche d’Argent. Ces balais ont le meilleur de chaque modèle de balai existant, créant la perfection même.

 

 

 

Lyra hocha la tête et continua le nettoyage de l'Étoile Filante qu’elle avait dans les mains. Le professeur Bibine voyait bien qu’elle était intéressée par les balais sans trop oser assouvir sa soif d’apprendre. Comme le professeur McGonagall, elle savait comment était l’aristocratie sorcière ainsi que leur protocole strict à respecter.

 

 

 

— J’ai failli faire une carrière dans le quidditch, moi et mon Flèche d’Argent étions la petite étoile montante de ce sport. J’étais poursuiveuse. Une femme joueuse de quidditch, ça avait créé quelques remous à l’époque. Mais je n’étais pas la seule femme, j’étais avec Carole Abrams qui joue actuellement dans une équipe française.

 

 

 

Le professeur s’arrêta se remémorant des vieux souvenirs.

 

 

 

— Mais, je devais choisir entre mon rêve d’enseignement et mes rêves de gloire. Enseigner, partager, faire découvrir quelque chose d’aussi merveilleux que le vol sur balai n’a pas de prix. Je ne regrette pas ma décision. 

 

 

 

Elles continuèrent encore un peu en silence. Puis ce fut au professeur Bibine de céder à la curiosité.

 

 

 

— Dis moi, sincèrement, ça te plairait d’apprendre à voler sur un balai ?

 

 

 

Lyra prit le temps de réfléchir avant de répondre.

 

 

 

— Je préfère rester les deux pieds sur terre professeur.

End Notes:

Hello,

Je me suis toujours dit que Sirius, au fond de lui, était content de ne pas aller à Serpentard.Ça ouvre le champs des possibles pour lui, loin de la supervison de ses cousines et donc de sa famille. Il est content, un peu ivre de cette nouvelle liberté et profite à fond, c'est le genre à repousser les problèmes et à les gérer quand ce n'est plus possible de faire autrement. 

Alors oui, je sers encore dans le cliché, les filles ne font pas de sport/Quidditch et portent des robes. Mais pour moi ça va au-delà de ça, c'est un peu métaphorique, si elle vole, elle est libre, loin de tout contrôle et je pense que vous avez tous compris qu'ils ne jurent que par les règles.

Et cette première rencontre avec Remus ? ☾ 

Un grand merci pour votre lecture, j'avais hâte de poster les chapitre où les jumeaux sont enfin à Poudlard ! Sur ce, je vous souhaite une bonne semaine ! ♥︎

winter

Chapitre 6 : Ière année by Winter
Author's Notes:

ϟ. Lana Del Rey - Shades of Cool

Warner Bros, Studio Tour Harry Potter London

Lyra frappa à la porte du bureau d’Horace Slughorn. Ses deux heures de retenue données par le professeur McGonagall consistaient à aider le professeur de potion à ranger la réserve d’ingrédients. Lyra avait l’impression de passer son temps à nettoyer et ranger des réserves… Le petit homme au gros ventre lui ouvrit en souriant.

 

 

 

— Ah ! Miss Black, content de vous voir. Entrez, entrez… Je ne remercierai jamais assez Minerva pour me donner une paire de bras supplémentaire ! Vous savez la réserve en a grand besoin.

 

 

 

Il l’emmena dans l’arrière-salle, les quatre murs étaient chargés d’étagères où des bocaux aux substances étranges reposaient. Un garçon était penché sur une boite.

 

 

 

— Bien, je vous laisse avec Severus qui vous aidera pendant ces deux heures. Bon courage ! claironna t-il avant de partir en fermant la porte.

 

— Il faut trier et étiqueter tous les bocaux, expliqua le garçon rapidement. Tu t’occupes de nettoyer les bocaux et d’enlever les étiquettes. Et moi, j’en mets de nouvelles avec le nom des composants. Au fait, tu t’appelles comment ?

 

— Lyra.

 

 

 

Elle s’avança vers l’évier qui était dans un coin de la pièce et commença à travailler en silence. Elle se concentrait sur sa respiration, inspirer, expirer, inspirer, expirer… Cette pièce fermée et sombre lui donnait le tournis.

 

 

 

— Tu es la soeur jumelle de Sirius Black, non ? demanda Severus.

 

— Oui, approuva t-elle.

 

— Tu es proche avec ton frère.

 

— Ça ne te regarde pas, dit-elle sans s’arrêter trop occupée à se concentrer à sa respiration pour rester courtoise.

 

— Et tu connais bien ses amis ? continua Severus.

 

 

 

Lyra jeta l’éponge qu’elle avait dans la main avant de se tourner vers le garçon.

 

 

 

— Bon écoute. On va faire un truc simple : tu me dis ce que tu veux savoir, je te le dis, ou pas d’ailleurs, et tu me laisses tranquille pendant les deux heures qui suivent. Ok ?

 

 

 

Severus plissa les yeux puis reprit.

 

 

 

— Ton frère et sa bande se moquent de moi depuis la rentrée.

 

 

 

Il s’arrêta là. De plus en plus agacée par cet étrange garçon, elle se remit à nettoyer un bocal énergiquement. 

 

 

 

— Et alors ? Tu es à Serpentard, eux à Gryffondor…

 

— C’est plus qu’une querelle entre deux maisons. C’est humiliant, méchant…

 

— Je vais me répéter mais, et alors ? En quoi ça me concerne ?

 

— C’est ton frère.

 

— Et je ne suis pas sa mère. Ce n’est pas à moi que tu dois en parler.

 

— Forcement, tu es Lyra Black, tu ne sais pas ce que ça fait d’être humiliée. Tu as toujours eu ce que tu voulais.

 

— Pardon ? s’emporta t-elle. Tu ne me connais pas, alors ne te permet pas de juger sans savoir sous prétexte que je suis une Black ! Je n’y peux rien si mon frère t’embête, le seul conseil que je peux te donner, c’est de l’éviter. Alors cesse de pleurnicher et agis !

 

 

 

Elle continua sa tâche rageusement. Con coeur battait la chamade, sa discussion avec Severus ne l’aidait pas. Comment ce garçon dont elle ne connaissait même pas le nom avant d’entrer dans cette pièce pouvait-il se permettre de la juger si ouvertement ? 

 

 

 

Elle avait perdu le contrôle et devait absolument se calmer. Se rappelant des conseils de sa tante, elle se mordit le plus fort possible la lèvre pour se concentrer sur la douleur et oublier le reste. Le bocal qu’elle tenait dans ses mains glissa et tomba sur le sol avec un bruit sourd, mais sans se briser.

 

 

 

— T’énerve pas sur ce bocal, il ne t’as rien fait, dit Severus en lui prenant le bocal en verre des mains. Oh, mais c’est vrai, je suis bête ! Miss Black n’a jamais dû entendre quelqu’un lui dire qu’elle n’est pas parfaite ! Dure réalité, mais tu vas devoir t’y faire.

 

— Tu continues de juger sans savoir, marmonna t-elle.

 

 

 

Elle s’était reculée, mettant le plus de distance entre elle et le Serpentard. Pour ne pas perdre le contrôle sur ses émotions une nouvelle fois, elle retourna à ses exercices de respiration, les lèvres pincées comme une ultime barrière pour les mots qu’elle souhaitait lui crier au visage. Comme pris en faute, Severus baissa la tête, ses épaules s’affaissèrent lourdement. 

 

 

 

— Tu as raison, dit-il. Excuse moi mais… C’est à cause d’eux que je suis là. Alors s’il te plaît, dis moi pourquoi j’ai tord.

 

— Non.

 

— Tu me dois bien ça, répliqua t-il.

 

— Je ne te dois rien du tout.

 

— J’aimerai mieux te connaitre. Et aussi ton frère aussi par la même occasion.

 

 

 

Elle le regarda. Il était en train de marquer les composants du bocal qu’elle avait failli casser avec une grande attention. Ses cheveux gras derrière les oreilles, Severus était plongé dans sa tache. Mais elle savait qu’il ne lâcherait pas aussi facilement l’affaire. 

 

 

 

Elle remarqua que malgré son nez proéminent, il avait des traits fins du visage ; une caractéristique des Sang-Pur. Pourtant, le nom « Rogue » ne figurait pas dans la liste des vingt-huit sacrées.

 

 

 

— Tes parents sont des Sang-Pur ? céda t-elle.

 

— Ne détourne pas ma question.

 

— Pourquoi tu veux me connaître ?

 

— J’ai besoin de mieux connaître pour comprendre. Ce n’est pas à ta vie que je m’intéresse, mais à celle de ton frère.

 

— En clair, tu m’utilises pour satisfaire ta curiosité, dit-elle amèrement. Je ne suis pas mon frère, me connaître ne t’aideras pas.

 

— Alors, qu’est-ce qui t’empêche de me parler de toi ? Tu ne trahiras pas ton frère. 

 

 

 

Il quitta l’évier pour retourner à son travail initial. Lyra prit un bocal et le nettoya comme si elle ne l’avait pas entendu.

 

 

 

— Je te propose qu’à tour de rôle, on se pose une question où l’autre est obligé de répondre, déclara Severus. Pas le droit de se défiler. Et je te laisse même commencer.

 

 

 

Malgré elle, ce garçon l’intriguait. Il était plutôt franc, tandis qu’à Serpentard, le mensonge était la langue commune. Mais que disait-elle ? Elle n’était même pas à Serpentard, elle ne pouvait pas savoir. Lyra décida de céder à sa curiosité, elle doutait que Severus ait beaucoup d’amis pour raconter ce qu’elle lui dirait. Et puis, dans le pire des cas, elle pouvait lui mentir.

 

 

 

— Tu es un Sang-Pur ?

 

— Mon père est moldu et ma mère est une sorcière. Pourquoi étais-tu si énervée tout à l’heure ?

 

 

 

Elle hésita avant de répondre. Mensonge ou vérité ? Finalement, elle n’avait plus très envie de jouer. Elle ne savait pas pourquoi, mais le regard du Serpentard la troublait, comme s’il pouvait lire en elle comme dans un livre ouvert…

 

 

 

— Parce que contrairement à ce que tu peux croire, j’ai plutôt l’habitude qu’on me critique.

 

— Oui… Je vois

 

 

 

Elle leva les yeux vers Severus qui posait soigneusement un bocal dans un carton.

 

 

 

— Pardon ?

 

— Tu n’as pas que des critiques, je me trompe ? demanda t-il, le nez toujours plongé dans un nouveau bocal. Tu as aussi des coups et des punitions, en étant enfermée dans des endroits clos, genre placard ou grenier…

 

— Qu’est-ce qui te fait dire ça ? demanda t-elle abasourdie.

 

— Tu as la même attitude que certaines fille de Serpentard, expliqua t-il. Comme Narcissa Black par exemple. Ce qui prouve que tu as une éducation aristocratique. Pas forcement drôle et facile où tu dois apprendre à t’effacer pour laisser la place aux hommes. Je ne suis pas un ignorant, tu sais… Comment j’ai deviné que tu étais punie en étant enfermée dans un placard ?

 

 

 

Elle frémit. Comment savait-il ? Ce n’était pas possible. Maintenant, elle n’avait qu’une envie, partir au plus vite. Fuir ce cachot et fuir Severus.

 

 

 

— Parce que tu ne restes jamais longtemps après les cours de Potion. Du coup, tu as dû mal à suivre le cours, ton attention baisses et tu te trompes. Pourtant, je suis sûr que tu sais très bien faire une potion. Et tu pourrais faire comme en Botanique, où dès que tu ne comprends pas, tu cherches une explication jusqu’à ce que tu trouves. Mais jamais en potions. Tu pars toujours précipitamment comme si… tu avais peur.

 

 

 

Le visage de Lyra était fermé.

 

 

 

— Un endroit obscur et fermé… Des punitions… Tu as peur des endroits clos, ça te compresse de l’intérieur et tu manques d’air, d’espace…

 

 

 

Elle ne pouvait plus parler pour l’interrompre, regardant ce garçon avec effroi alors qu’il lisait en elle comme dans un livre ouvert.

 

 

 

— Tes mains, expliqua t-il. Tu les caches sous ton bureau, mais elle ne s’arrêtent pas de trembler, comme maintenant, c’est pour ça que le bocal est tombé.

 

 

 

Actuellement, en cet instant, elle ne le regardait plus comme un garçon pathétique et légèrement désespéré. Elle avait peur de lui, peur de ce qu’il pouvait découvrir rien qu’en la regardant attentivement.

 

 

 

— Bon, maintenant que j’ai répondu à ta question, c’est à ton tour de répondre à la mienne. Tes parents sont contre les nés moldus ? demanda t-il, changeant de sujet.

 

— Tu connais déjà la réponse, répondit-elle déterminée à ne plus rien dire.

 

 

 

Il acquiesça, bien sûr qu’il savait.

 

 

 

— Moi, commença t-il. J’ai un père qui est incapable d’aligner deux mots cohérents. Et ma mère… 

 

 

 

Il s’interrompit et changea de sujet. 

 

 

 

— Comment ça se fait que tu sois à Gryffondor, et que tu sois dans la même chambre que Lily Evans si tes parents sont contre les nés moldus ?

 

— Ça fait deux questions.

 

— Répond à celle avec Lily, répondit-il agacé.

 

— Avant que tu me le dises, je ne savais pas que Lily était une née moldu, avoua t-elle. Ce n’est pas mon amie alors elle pourrait très bien être joueuse de quidditch, ça ne me regarde pas. Comment tu sais que je suis dans la chambre de Lily ?

 

— C’est mon amie, tu ne l’aimes pas ?

 

— Non, on n’est pas amie c’est tout. Pourquoi ton père ne peux pas parler correctement ?

 

 

 

Au changement d’attitude sur son visage, elle vit qu’elle avait touché un point sensible. Il fut tenté de lui mentir, mais elle avait été sincère avec lui. Il avait bien vu qu’elle avait son jardin secret, et qu’il était bien gardé. Peut-être s’était t-il trompé après tout et que la jeune fille n’était pas comme la plupart des sorcières de bonne famille de Serpentard, égoïste et prétentieuse.

 

 

 

— Il est alcoolique.

 

— Et ta mère ? demanda t-elle doucement.

 

 

 

Il mordit sa lèvre avant de répondre. 

 

 

 

— Il la bat.

 

— Donc toi aussi, conclut-elle.

 

 

 

Il sembla agacé qu’elle comprenne aussi vite. Il était en train de perdre son avantage sur le jeu, ils s’aventuraient sur un terrain mouvant dont il devait tout de suite se dégager.

 

 

 

— Pourquoi tu n’es pas amie avec Lily ? demanda t-il finalement après un silence.

 

 

 

Un léger sourire sarcastique apparut sur les lèvres de Lyra qui tenta de le cacher avec peine.

 

 

 

— Imagine deux secondes la réaction de mes parents s’ils apprenaient que je suis amie avec une née moldue, il ne savent même pas que je suis dans sa chambre alors…

 

— Oui mais avant que je te le dise, tu ne le savais pas.

 

— Maintenant que je le sais, je me tiendrais encore plus à distance d’elle, il vaut mieux pour elle comme pour moi. Et puis je ne sais pas, c’est bien d’être seule…

 

 

 

Severus posa le bocal qu’il venait de prendre et leva la tête.

 

 

 

— Le jour où elle a découvert qu’elle était une sorcière, elle était avec sa soeur, c’est une moldue, et elle venait de faire de la magie devant elle. Tu imagines bien qu’elle était complètement perturbée. Alors je lui expliqué qu’elle était une sorcière, au début elle a eu du mal à me croire puis on a fini par se voir de plus en plus, je lui expliquai le monde des sorciers et elle m’écoutait en posant des questions… 

 

 

 

Il prit une pose comme pour se remémorer quelques bons souvenirs lointains.

 

 

 

— Mais Pétunia, sa soeur, est si… Je ne sais pas trop comment dire. Elle nous suivait et nous espionnait tout le temps. Elle est jalouse de sa soeur. Je crois qu’elle ne supporte pas d’être une simple moldue à côté de sa soeur qui est si… Parfaite, exceptionnelle. Une fois, Pétunia l’a traitée de monstre, Lily un monstre ! J’étais tellement en colère après ça…

 

— Tu l’aimes.

 

 

 

Severus releva la tête pour croiser les yeux gris de Lyra. Il ne répondit pas et se repencha sur son travail. Il finirent la retenue en silence. 

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Cela faisait un mois que Lyra était à Poudlard, elle avait toujours autant de difficultés à dormir et sortait régulièrement réfléchir sur les gradins de Quidditch, mais avec plus de discrétion. Maintenant, qu’elle savait comment fonctionnait le duo Rusard / Miss Teigne, elle redoublait d’attention pour les éviter. 

 

 

 

Quand elle s’installait sur les gradins, c’était toujours du côté de Serpentard. Elle n’avait pas répondu à la lettre de sa mère, que pouvait-elle lui dire de toute manière ? Par contre, elle avait plusieurs fois tenté d’en écrire une pour Andromeda. Mais elle n’arrivait pas à faire plus que la première ligne, elle se bloquait toujours à « Andromeda, ». Puis plus rien. Ensuite, elle avait trop de choses qu’elle voulait dire, mais qui s’entrechoquaient dans sa tête sans qu’elle ne parvienne à les assembler clairement. 

 

 

 

Depuis sa rencontre avec Remus, trois semaines auparavant, elle ne l’avait pas revu de nouveau sur les marches des gradins. Elle repensa à son frère. Lui et James ne se quittaient plus, même en retenue… Elle n’imaginait pas la réaction de ses parents face à tous les hiboux que le directeur de Poudlard devait leur envoyer, elle le saurait en décembre.

 

 

 

— Problème de sommeil ?

 

 

 

Lyra, qui était allongée sur le plus haut banc à regarder les étoiles, se releva brusquement en jetant un regard surpris à Remus.

 

 

 

— Bonsoir, comment vas-tu ? s’exclama t-elle.

 

— Bien, je ne pensais pas te retrouver là, répondit-il.

 

— C’est vrai qu’il fait froid, reconnu t-elle.

 

 

 

Ils étaient en plein mois d’octobre, l’air frais leur rougissait leurs joues et engourdissait leurs doigts. Ils restèrent en silence à observer la nuit si paisible. Lyra aimait que Remus ne se sente pas obligé de parler pour combler le silence. Elle se sentait sereine à côté de lui.

 

 

 

Au bout d’un moment, Lyra sentit la fatigue l’envahir, la faisant bâiller.

 

 

 

— Je devrais rentrer me coucher. Bonne nuit Remus.

 

— Bonne nuit, répondit le garçon, le visage dans l’ombre.

 

 

 

Il l’observa partir et soupira de soulagement. Cela faisait deux fois qu’il parvenait à rester en sa présence le lendemain de pleine lune. Deux fois. Deux fois que la Bête en lui avait perdu, et que lui, Remus, avait gagné.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Les vacances de Noël arrivèrent avec la neige. Lyra avait commencé à prendre ses marques à Poudlard. Les cours de potion n’étaient plus si insurmontables, elle passait beaucoup de temps à étudier, parfois lisant des livres concernant les deuxièmes ou troisièmes années. Elle apprenait vite et était curieuse d’approfondir ses connaissances sur la magie. Il n’y avait que le cours d’histoire de la magie ou elle se permettait de relâcher son attention, dessinant d’une oreille distraite.

 

 

 

Elle restait toujours distante avec les filles de sa chambre et Sirius. Elle commençait tout juste à accepter le fait qu’elle était à Gryffondor et non pas Serpentard. Mais les vacances qui arrivaient indiquaient qu’elle devait bientôt rentrer au douze Square Grimaud, revoir ses parents la terrifiait. Et malgré ses réticences à être à Gryffondor, elle se plaisait à trainer dans la salle commune, chaleureuse et cosy. Retourner dans la maison froide qu’était celle de ses parents ne l’enchantait pas.

 

 

 

L’unique personne avec laquelle elle parlait était Remus. De temps à autre, ils échangeaient quelques paroles dans la salle commune. Jamais dans les couloirs ou en cours. Elle avait trop peur que sa cousine par exemple la surprenne et rapporte le fait qu’elle parlait à non Sang-Pur et sans chaperon.

 

 

 

Alors qu’elle était dans le train pour rentrer à Londres, un livre à la main sur les sortilèges, quelqu’un vint s’asseoir en face d’elle. Elle releva la tête et regarda Sirius.

 

 

 

— Salut Lyra, ça va ?

 

 

 

Elle referma son livre et le rangea dans son sac.

 

 

 

— Oui et toi ?

 

— Je reconnais que je n’ai pas très envie de rentrer à la maison pour les fêtes.

 

— Moi non plus, répondit-elle en souriant devant la mine surprise de son frère.

 

— Oui, on est d’accord, je suis content que tu partages mon avis, dit-il en passant une main dans ses cheveux, il semblait beaucoup plus détendu.

 

 

 

Elle regarda son frère qu’elle connaissait si bien. Il était si différent des Black, elle le voyait aujourd’hui. Comme elle, il essayait de rentrer dans le moule. Être à Gryffondor ne l’avait pas dérangé, elle pensait même qu’il s’était réjoui de cette nouvelle. Peut-être aurait-elle été comme lui si elle n’avait pas passé un an à Dawson. Elle frissonna.

 

 

 

— On peut se serrer les coudes, commença t-elle. Deux semaines, on peut le faire.

 

 

 

Le visage de Sirius se fendit d’un large sourire. Ils formaient à un nouveau un duo.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

— Mais dites moi Lyra, comment se passe vos études à Poudlard ?

 

 

 

Lyra releva ses yeux du parquet en bois sombre pour les tourner vers Camilla Lestrange.

 

 

 

— Très bien Mme Lestrange, je vous remercie, répondit-elle à l’amie de sa mère avec qui elle prenait le thé.

 

— Qui sont vos compagnes de chambre ? demanda Walburga.

 

 

 

Lyra tenta d’appliquer un visage le plus lisse possible, pendant que sous sa tête l’orage grondait. Pouvait-elle dire les noms des filles sans que sa mère n’engage quelqu’un pour recueillir des informations sur elles ? Et après ? Pourrait-elle leur faire du mal ? À elles ou à Lyra ? Mais après tout, elles étaient justes compagnes de chambre, rien de plus…

 

 

 

— Et bien Mère, je suis en compagnie de trois autres étudiantes : Lily Evans, Mary McDonald, et Marlène McKinnon.

 

— Ma chère, déclara Camilla Lestrange à son amie, ces noms ne me disent rien. À part McKinnon, mais on ne peut pas dire qu’ils soient de réputation très glorieuse.

 

— Elles ne sont clairement pas de Sang-Pur, répliqua Walburga.

 

 

 

Lyra baissa la tête et prit sa tasse de thé en levant le petit doigt, son autre main tenait la petite coupelle en porcelaine. Restant bien droite, elle porta la tasse à ses lèvres et but une demi-gorgée du breuvage qui lui brûla la langue.

 

 

 

— Walburga, je regrette tellement que votre fille ne soit pas à Serpentard, ce doit être terrible de partager sa chambre avec des personnes qui ne sont pas de notre rang. Mon fils, Rabastan, était tellement désolé de ne pas pouvoir côtoyer plus votre fille…

 

— C’est pourquoi, vous devez absolument accepter mon invitation pour venir à ma réception de Noël, indiqua Walburga. Ils pourront ainsi faire connaissance. Vous ai-je dit qu’Horace Slughorn avait accepté mon invitation ? Il ramènera quelques anciens membres de son club.

 

 

 

Les yeux de Camilla s’agrandirent de convoitise. Walburga avait bien réussi son jeu en l’appâtant avec ses invités prestigieux.

 

 

 

— Dans ce cas, je crois que je pourrai m’arranger, capitula t-elle.

 

— Parfait ! s’exclama Walburga en affichant un grand sourire satisfait.

 

 

 

Elles continuèrent leur conversation en parlant des derniers ragots du Club, si bien que Lyra pu décrocher son attention. Elle était rentrée de Poudlard en début d’après-midi, sa mère les attendait en compagnie de Druella. À peine était-elle arrivée qu’elle avait dû quitter son uniforme noir et enfiler une robe vert émeraude pour l’heure du thé avec une amie de sa Mère. Quant à Sirius, il était puni dans sa chambre avec interdiction de faire quoique ce soit. Leurs parents n’avaient pas apprécié les multiples retenues.

 

 

 

Elle reconnaissait que Sirius l’avait manquée, c’est pourquoi, le soir même, elle le rejoindrait dans sa chambre pour parler. Il pourrait lui parler de ses nouveaux amis. En dehors de Remus, elle savait que James était un Sang-Pur, mais elle doutait que sa famille soit conviée à la réception de sa mère. Walburga appréciait peu Euphemia Potter, la mère de James.

 

 

 

Camilla avait parlé de Rabastan, elle ne se rappelait pas l’avoir déjà croisé à Poudlard. En même temps, elle ne prenait pas vraiment le temps de se balader dans les couloirs et encore moins du côté des Serpentard. Elle se rappelait du visage de Rodolphus, le mari de Bellatrix pour l’avoir déjà croisé à Dawson plusieurs fois. Il avait les traits carrés et durs. Son regard était froid et survolait tout ce qui l’entourait comme si c’était de la vermine. Il ne parlait jamais, laissant Bellatrix faire la conversation pour deux. 

 

 

 

La première fois qu’elle l’avait croisé, seule, dans un couloir de Dawson, elle avait eu l’impression que quelque chose ou quelqu’un lui entrait dans la tête et regardait tout ce qui s’y trouvait. Elle s’était arrêtée au beau milieu du couloir, complètement terrorisée, alors il s’était approché d’elle et l’avait observée. Elle se rappelait encore de son odeur âcre et écoeurante. Il l’avait fixé dans les yeux alors qu’elle était incapable de bouger, puis s’était détourné en marchant lentement. Combien de temps elle était restée là sans bouger ? Elle ne savait pas. Mais depuis ce jour, elle avait évité de se retrouver seule ou dans la même pièce que lui. 

 

 

 

Une seule question résidait dans sa tête actuellement : comment pouvait être Rabastan avec un frère pareil ?

End Notes:

Hello,


Cette rencotre avec Severus, j'ai adoré l'écrire ! Qu'en pensez-vous ? Pour moi il est déjà à part en première année, il est réservé, intelligent et comprend vite certaines choses, surtout il est observateur. Bref, ce ne sera pas un personnage principal, mais il reviendra souvent pour de petites apparitions ;)


winter

Chapitre 7 : Ière année by Winter
Author's Notes:

ϟ. Kaleo - Can't Go On Without You

Un discret « toc, toc » sortit Sirius du sommeil. Il se releva doucement en voyant la porte de sa chambre légèrement entrouverte. Le couloir était plongé dans le noir, mais il parvint à identifier la silhouette de sa soeur. Voyant qu’il était réveillé, elle entra en refermant la porte et s’installa à côté de lui sous la couverture.

 

 

 

— Je voulais savoir comment ça allait, dit-elle.

 

 

 

Sirius porta sa main à sa joue encore sensible. 

 

 

 

— J’avoue que ça pourrait aller mieux, mais ne t’inquiète pas.

 

 

 

Sa chambre était plongée dans le noir total, il entendit distinctement le bruit d’un tissu qu’on défroisse puis l’odeur sucré du chocolat.

 

 

 

— J’ai réussi à te piquer un bout de gâteau, je me suis dit que tu aurais faim.

 

— Merci, murmura Sirius touché par l’attention.

 

 

 

Précautionneusement, elle lui passa le gâteau enveloppé dans une serviette sans faire tomber des miettes dans le lit. Il mordit dedans à pleines dents, appréciant les saveurs qui explosaient dans sa bouche. Plus tôt dans la soirée, il avait perdu le contrôle sur lui-même, sur toute la colère qu’il contenait en lui. Résultat de quatre mois passés à Poudlard, à ouvrir les yeux. Il s’était emporté, répondant à la colère de son père. Alors, il avait été renvoyé dans sa chambre sans finir de manger. Il commençait à s’y habituer…

 

 

 

— Tu sembles avoir une bonne bande d’amis, commença Lyra alors qu’il finissait les quelques miettes restantes. Comment s’appelle le garçon blond qui est avec toi à Poudlard ?

 

— Peter, répondit-il en jetant la serviette vide par terre.

 

— Peter, murmura Lyra doucement comme pour elle-même. Et James, c’est ton meilleur ami ?

 

— Je sais pas trop… C’est encore tôt pour le dire. C’est vrai qu’on s’entend bien, très bien même… Mmmmh oui, je crois que c’est mon meilleur ami.

 

— Qu’est-ce qu’il a de différent ?

 

 

 

Sirius qui prit le temps de réfléchir avant de répondre. La question « qu’est-ce que James a de différent ? » n’était pas simple et surtout, il ne se l’était jamais posée avant. Il avait plus profité de ces quatre mois de liberté sans se poser de questions ou prendre le temps de réfléchir.

 

 

 

— Tu connais un peu la famille Potter ?

 

— Pas vraiment, avoua la jeune fille. Mère évite généralement d’en parler.

 

— C’est une famille de Sang-Pur considérés comme Traîtres à leur Sang.

 

— Les Weasley aussi, non ?

 

— Exact. Mais les Potter ce n’est pas que parce qu’ils considèrent les moldus et nés moldus comme leur égal, c’est aussi parce qu’ils méprisent le code et l’étiquette alors qu’ils font partis de notre monde, tu vois. Par exemple, ils font des mariages d’amour.

 

— Les parents de James le laisseront faire un mariage d’amour ? demanda la jeune fille choquée par cette révélation.

 

— Oui. C’est pourquoi James est différent de toutes les personnes que j’ai pu croiser dans ma vie. Pas de mensonge, que la vérité et la sincérité. Il aime tout ce qui caractérise les gryffondor comme la loyauté, le courage, la volonté…

 

 

 

Il se tut un instant, se remémorant quelques bons souvenirs. Lyra pendant ce temps imagina sa vie si elle n’était pas déjà tracée. Quelle serait sa première décision ? Le champ des possibilités lui donna le vertige, elle ne s’était jamais vraiment permise de rêver. C’était aujourd’hui, à 11 ans qu’elle se posa une question existentielle : quel est le rêve de ma vie ?

 

 

Depuis qu’on est petit, reprit Sirius. Les gens qu’on voit ne font pas ce qu’ils veulent, ils mentent pour dissimuler qui ils sont. Ils essaient de s’inventer un personnage qui conviendrait le mieux pour notre société. James fait ce qu’il veut où il veut. Il sait qui il est, où est sa limite et ne la franchira pas, tu peux me croire. Avec lui, je peux rigoler. En quatre mois, je me suis plus amusé qu’en onze ans ! Je préfère passer quatre mois à Poudlard que deux semaines ici.

 

 

 

Lyra commença à saisir l’ampleur des changements de Sirius en quelques mois à Poudlard. Tous les deux se regardaient en sachant pertinemment que les années à venir n’allaient pas être de tout repos. Ils avaient découvert qu’il y avait une autre manière de vivre où la bienséance et le protocole sont des mots inexistants. 

 

 

 

La liberté et l’amour étaient des concepts abstraits pour Lyra. Sirius, lui, avait surtout saisi le mot liberté. LIBERTÉ. Ce mot tournait en boucle dans sa tête.

 

 

 

— Tu sais Lyra, depuis que je suis à Poudlard, je me demande qui je suis et ce que je veux faire.

 

 

 

Elle le regarda gravement. Ce qu’ils disaient était grave. Ils ne pouvaient pas se poser cette question, ils n’en avaient pas le droit. Leur avenir était déjà tout tracé. Le refuser, c’était risquer d’être bannis, être un déshonneur pour la famille.

 

 

 

Lyra avait peur de ce que Sirius pouvait faire, qu’il parte en la laissant derrière lui pour toujours. Elle avait aussi peur de ce qu’elle ressentait au fond d’elle, il y avait ce début d’envie de liberté qui la terrorisait. Elle devait tout faire pour taire ce sentiment, le simple fait de le ressentir était mal. Elle se tordit les doigts en pensant à Dawson.

 

 

 

Druella lui avait dit qu’elle n’aimait pas lui faire mal, mais qu’elle était obligée. Que c’était comme ça et qu'ainsi, elle allait enlever tout ce qu’il n’allait pas chez Lyra. Elle deviendrait parfaite… La petite fille avait toujours cru que sa tante avait raison, mais maintenant qu’elle avait vu quelque chose de différent, elle n’était plus aussi sûre…

 

 

 

Elle avait aussi peur de son avenir. Elle espérait avoir au moins le droit de poursuivre ses études après Poudlard à défaut de pouvoir choisir son mari. Mais elle avait peu d’espoir, sa mère voudrait sûrement qu’elle intègre le Club et personne au Club n’avait de carrière professionnelle, à quoi bon ?

 

 

 

Elle était également en colère contre les moldus qui apportaient dans le monde des sorciers (sans même le savoir) de nouvelles cultures, de nouvelles coutumes, de nouvelles habitudes qui plaisaient tant aux jeunes sorciers. Ils apportaient une si grande tentation pour beaucoup de personnes alors que c’était absolument interdit pour Lyra, ne serais-ce que d’y penser. N’était-il pas plus simple de rester comme avant si cela était supportable ? Pourquoi vouloir changer les choses si tout le monde faisait comme ça depuis toujours ? C’est ce que sa tante lui avait dit. 

 

 

 

Oui, sa vie actuelle était vivable, mais… Mais elle avait envie de voir autre chose, d’avoir de nouvelles expériences, découvrir de nouvelles choses, de se sentir vivante. Sirius était vivant. Elle, elle était une coquille vide. Son futur avait beau être déjà tout tracé, elle ne parvenait pas à se l’imaginer, il demeurait flou… 

 

 

 

Il fallait absolument qu’elle arrête de penser à tout cela, et vite.

 

 

 

— Et Peter ? dit-elle, rompant le silence. 

 

— Peter est dans ma chambre aussi. C’est un chouette type.

 

— Il vient d’où ?

 

— D’écosse. Ses parents ont une grande propriété là-bas. Son père s’appelle Enid, c’est un maître en potions et en arithmancie, genre un génie. Et sa mère fait partie des présidentes du Club. Il vit dans un vrai château en pierre avec des kilomètres de landes autour qui lui appartiennent, sa famille est riche, très riche… Et comme James, il est fils unique.

 

 

 

Lyra était étonnée de savoir que Peter venait d’une famille aussi riche, le peu de fois où elle l’avait croisé, elle ne l’avait pas vraiment remarqué.

 

 

 

— C’est quoi son nom de famille ? demanda t-elle.

 

— Pettigrow, ça te dit quelque chose ?

 

— Oui, Tante Druella m’a parlé d’eux. Sa mère s’appelle Veronica, je crois que je l’ai déjà vu… 

 

 

 

Elle se tue quelques instants pour réfléchir, creusant dans ses souvenirs, mettant des noms à des visages.

 

 

 

— Oui, c’était elle ; une grande femme brune avec une coupe au carré. Trop moderne d’après Tante Druella. Et Mère aussi m’en a parlé. Veronica n’est pas une Sang-Pur ni même mariée à un, mais elle est quand même parvenu à être une des présidentes du Club. C’est la première fois que c’est arrivé et Mère n’est pas vraiment d’accord avec ça.

 

— Tu m’étonnes ! s’exclama Sirius ironiquement.

 

— Mais son père, il fait quoi exactement ?

 

— D’après ce que j’ai compris, il est chercheur de nouvelles potions en tous genres.

 

— Carrément…

 

 

 

Maintenant, qu’elle connaissait le cadre familial de Peter, elle tentait de coller ces informations avec le garçon qu’elle avait vu. C’est vrai qu’à côté du reste de la bande, il était très discret mais toujours souriant. Elle avait quand même eu le temps de remarquer qu’il restait très effacé et était toujours caché derrière ses amis. Elle prit le temps de réfléchir avant de poser une nouvelle question. 

 

 

 

Peter avait un père scientifique et une mère qui a révolutionné l’aristocratie sorcière en devenant présidente du Club le plus sélect du monde sorcier. Il devait forcement se montrer à la hauteur de ses parents, prouver qu’il peut se débrouiller seul. Elle devinait plus qu’aisément la pression qu’il devait subir depuis sa naissance. Et il avait dû grandir seul. 

 

 

 

Avec une mère régulièrement à Londres pour le nombre incalculable de réunions du Club et son père qui devait être enfermé dans ses laboratoires toute la journée ; plongé dans ses calculs et ses fioles. Pour peu que Peter ait un petit manque de confiance en lui, la vue du duo de James et Sirius, si sûr d’eux et dynamiques devait lui donner envie de s’effacer. Maintenant, qu’elle y réfléchissait, elle se rappelait du visage de Peter quand il regardait ses amis, un visage fasciné et admiratif.

 

 

 

— Ça va ? demanda Sirius en interrompant les pensées de sa soeur.

 

— Oui, oui, répondit-elle en se redressant. Il ne reste plus que Remus.

 

 

 

Le ton qu’avait employé Lyra étonna Sirius.

 

 

 

— Tu le connais ? demanda t-il.

 

— Non, pas vraiment, mentit-elle. Pas plus que les autres.

 

 

 

Elle ne voulait pas lui dire qu’elle avait passé plusieurs soirées seule avec lui. Sirius ne la dénoncerait pas, mais elle voulait garder pour l’instant ce secret entre elle et Remus. 

 

 

 

— Si je me souviens bien son père est un Sang-Mêlé et s’appelle Lyall. Sa mère, Espérance, est souvent malade, c’est une moldue.

 

— Elle est malade ?

 

— Oui, un truc moldu plutôt grave. Remus rentre souvent chez lui pour aller la voir.

 

 

 

Lyra fronça les sourcils, appréciant le fait que son frère ne puisse pas la voir. Elle essayait de se rappeler les fois où Remus avait pu être absent. Étant toujours au premier rang ou près de la porte, elle ne s’amusait pas à observer les autres élèves de la classe. 

 

 

 

— Son père est un spécialiste en sortilège, je ne sais pas de quoi précisément.

 

— Ça doit être compliqué pour Remus de quitter l’école pour voir sa mère, dit Lyra.

 

— Il part une fois par mois pendant deux jours et puis il rentre. Quand il est là, il ne loupe jamais une heure de cours. Et puis c’est un bon élève alors de ce côté ça va. Sinon je sais pas trop comment il gère ça, il n’en parle jamais.

 

— Elle peut en mourir ?

 

— Je sais pas, on évite de trop en parler quand on est ensemble, ça le gêne et il évite le sujet.

 

 

 

Remus avait donc quitté Poudlard quatre fois depuis le début d’année. Ce qui était étonnant, c’est que ça correspondait au nombre de fois où ils s’étaient vus, sur les gradins. Il revenait peut-être de chez lui, mais au beau milieu de la nuit ? Ce n’était pas vraiment une heure décente pour rentrer. Lyra était déçue que Sirius n’en sache pas plus sur la maladie d’Espérance Lupin, ça l’intriguait. 

 

 

 

— Il vit côté moldu ? demanda t-elle curieuse d’en savoir plus.

 

— Oui, à Cambridge, c’est à une heure de Londres.

 

— Et James ?

 

— Il vit dans un appartement dans le centre de Londres. Mais je crois qu’il a aussi une maison de campagne dans un village sorcier.

 

— Que font les parents de James ?

 

— Son père est Auror et sa mère l’était mais elle a eu un accident.

 

— Quel genre d’accident ?

 

— C’était pendant la période Grindelwald. Elle devait surveiller un sorcier soupçonné d’être en relation avec le mage noir. C’était en Bulgarie. Tu savais que là-bas il y a l’école où on enseigne la magie noire ?

 

— J’en ai déjà entendu parlé…

 

— Beaucoup d’Aurors d’Angleterre sont allés là-bas pour capturer Grindelwald. Et lors d’une mission elle a été touchée, c’était grave et du coup elle ne peut plus faire de missions de terrain.

 

— Et maintenant elle fait quoi ?

 

— Elle aide toujours le ministère en tant que consultante. 

 

— Et ses parents à James, ils ont fait un mariage d’amour ?

 

— Ouais.

 

 

 

Cela troubla Lyra. Ses parents avaient été promis l’un à l’autre depuis leur naissance, et même avant. Elle doutait que ses parents s’aiment, pour elle, c’était normal, mais il semblerait qu’à l’extérieur de la bulle dans lequel elle vivait, les gens se mariaient s’ils s’aimaient. La jeune Black trouvait cela beaucoup plus étrange… Pourrait-elle un jour se dévoiler autant à un homme ? Au risque de se tromper et de souffrir ?

 

 

 

Lyra, comme Sirius et Regulus, n’était pas encore destinés à un homme ou eux à une femme. Lors de ses 16 ans, peu avant le bal des débutantes, l’héritière devait faire son choix. Pour cela, elle était invitée à prendre le thé (par exemple) chez la famille du prétendant. Ce moyen permettait d’évaluer sa richesse et la qualité de sa maison. En réalité, les futurs mariés n’avaient pas vraiment le choix, les parents choisissaient en fonction de critères très stricts et des avantages que procurait l’union. Les mariages étaient scellés par de gros contrats qui attiraient bien des convoitises.

 

 

 

Lyra soupira, elle ne souhaitait pas penser à ce jour où on la promettrait à un inconnu, si elle aura de la chance, son mari lui donnera un peu de liberté pour sortir de leur propriété sans son autorisation. Sinon, sa vie sera un véritable enfer ; enfermée dans une maison, obligée de répondre à tous les besoins de son mari, d’assurer la descendance… Elle frémit et se tourna vers Sirius.

 

 

 

— Tes amis ont l’air d’être vraiment sympa, je suis contente pour toi.

 

— Ils pourraient devenir tes amis si tu faisais l’effort d’être sympa avec eux, répondit Sirius.

 

— Mmmh…

 

 

 

Elle sortit du lit et s’avança vers la porte. Soudain, elle se ravisa et se tourna vers son frère.

 

 

 

— Remus a souvent des problèmes de sommeil ?

 

— Pas vraiment, répondit Sirius étonné de l’interrogation de sa soeur. Quand il revient de chez ses parents, il est généralement crevé et dort bien. Pourquoi cette question ?

 

— Rien, comme ça…

 

 

 

Et elle partit doucement.

End Notes:

Hello,

Un chapitre un peu plus court que d'habitude, je voulais entièrement le consacrer à ces retrouvailles de Lyra et Sirius. 

James : j'ai tellement lu de fics sur lui que c'est limite pour moi dans le canon qu'il descend d'une famille d'aurors. Donc j'ai gardé les deux prénoms officiels, mais j'ai éludé cette histoire de lotion pour cheveux, vous ne m'en voudrez pas j'espère :)

Remus : pour le coup, l'histoire de Remus est passionnante sur Pottermore (Wizzarding World pardon) donc j'ai bien respecté le canon sur ce plan là. Son histoire me fascine car c'est un de mes personnages préférés (mais vous l'aviez déjà deviné, n'est-ce pas ?).

Peter : le plus mystérieux des trois, donc je lui ai inventé toute une vie, en anecdote je vous dirai que je l'imagine avoir grandit dans la même maison que l'on voit dans Skyfall. Dans ce James Bond on voit à un moment une maison perdue dans l'Écosse, et bien c'est Peter qui y vit (si, si, j'ai demandé à Daniel Craig).

winter

Chapitre 8 : Ière année by Winter
Author's Notes:

ϟ. Muse - Uprising

image par @anniespratt

Les repas de famille chez les Black étaient ennuyeux et les adultes demandaient généralement à leurs progénitures de rester assis le dos bien droit et de respecter les règles de Bienséance sans leur faire honte - donc rester muet comme une carpe pendant les longues heures que comprenait le repas. En clair devenir des statues de cire parfaites. 

 

 

 

Lyra en profitait donc pour réfléchir sur le mystère entourant Remus Lupin. Il disait partir une fois par mois pour voir sa mère malade pendant deux jours, mais il n’y allait pas, car il passait une partie de la nuit avec elle à regarder les étoiles. Alors pourquoi mentir ? 

 

 

 

Il ne venait pas d’une famille qui l’obligeait à avoir un chaperon s’il oserait, ne serais-ce que saluer, une jeune fille qui passe. Alors il n’y avait aucun sens pour lui de mentir pour cette raison. De plus, Sirius avait dit qu’il partait pendant deux jours, et il n’était avec Lyra qu’une soirée et retournait en cours le lendemain. Ce qui voulait dire, qu’il partait avant, avant de regarder les étoiles, avant la journée de cours. Pendant la nuit ? C’était insensé.

 

 

 

Pour Noël, Lyra, Sirius et Regulus reçurent chacun une somme d’argent sur leur compte de Gringotts, argent qu’ils ne toucheraient que le jour où ils se marieraient. Leurs parents auraient voulu pousser le vice jusqu’au bout, en bloquant leur compte jusqu’à la naissance d’un héritier mâle, mais la loi de 1968, mise en place par le directeur de la banque sorcière les en empêchaient.

 

 

 

Pendant ces vacances, les repas familiaux ou professionnels s’étaient multipliés, jouant avec la patience de Sirius qui s’ennuyait ferme. Seul réconfort : la grande réception pour la nouvelle année qui viendrait le lendemain. Mais pendant le dîner à la veille de la grande réception, un hibou vint perturber le calme froid de la demeure.

 

 

 

— Sirius, pouvez-vous m’expliquer ce que ce volatile fait ici ? demanda Orion qui n’aimait pas être interrompu en plein repas.

 

— Pourquoi estimez-vous que c’est de ma faute ? 

 

— Cessez vos enfantillages et répondez.

 

— Pourquoi Père ? demanda Sirius, ses yeux exprimant sa fureur naissante.

 

 

 

Orion prit son verre et le porta à sa bouche, prenant le temps d’apprécier les saveurs si discrètes et raffinées du breuvage. Il but deux gorgées et reposa son verre sans quitter son fils des yeux.

 

 

 

— Depuis que votre soeur nous a quitté pour pouvoir grandir, loin de vos idioties, vous n’avez cessé de faire tout ce qui était en votre pouvoir pour énerver votre mère. Alors ne me faites pas croire que cet hibou n’est pas de votre fait ! À moins que vous appréciez de faire jeun dans le placard du deuxième étage ? 

 

 

 

Lyra releva la tête et croisa le regard de sa mère. Ce qu’elle y vit lui fit froid dans le dos. Pas de pitié et… De la cruauté. Elle réalisa que pendant son absence, Sirius avait dû souffrir beaucoup plus qu’elle ne s’était permise d’imaginer. Le placard et le manque de nourriture devaient être éphémères face au reste…

 

 

 

— Kreattur, ordonna Walburga. Regarde si cet… Animal à une lettre.

 

— Ma chère, répliqua Orion en se tournant vers sa femme. Je doute qu’une de vos connaissances ou une des miennes ait pu oser une telle impolitesse en envoyant un hibou à une heure aussi indécente. 

 

 

 

Lyra se tourna vers Sirius qui fixait son verre, ses poing étaient serrés sur ses genoux. Discrètement, elle tendit sa main sous la table et serra fort celle de son frère. Regulus les avaient vus et s’apprêtait à ouvrir la bouche, mais elle le fit taire d’un regard.

 

 

 

— Cette lettre vient d’un certain James Potter, déclara Kreattur. 

 

— Potter ? s’exclama Orion. Sirius, comment pouvez-vous recevoir une lettre du fils de Fleamont Potter ? Un Traitre à son Sang ! Gryffondor regorge t-il tellement de vermine que vous n’avez rien trouvé de mieux ?

 

 

 

Orion et Walburga fixaient leur fils ainé en attendant une réponse. Sirius se tourna vers Lyra qui ne le quittait pas des yeux, le suppliant silencieusement de ne pas s’emporter.

 

 

 

— Eh bien, vous savez quoi Père ? commença Sirius. Vous avez raison, je suis ami avec James Potter. Oui, vous entendez bien, je suis ami avec lui. Et pour votre gouverne, je suis aussi ami avec deux Sang-Mêlés dont Peter Pettigrow.

 

 

 

Il ignora le sursaut de sa mère à l’entente du nom de Peter et continua tout aussi calmement.

 

 

 

— De plus je juge que vous n’avez aucun droit de me dire si je peux être avec telle ou telle personne. Vous choisirez avec qui je me marierai et resterai pour la fin de ma vie. Je pense que c’est bien assez. Alors…

 

 

 

Il fut interrompu par une gifle de son père, le vin et la colère avait coloré son visage de rouge.

 

 

 

— Jamais, rugit-il rouge de fureur. Plus jamais vous me reparlez sur ce ton ! Cessez de me regarder avec cette insolence ! Vous nous faites honte ! Croyez bien que je choisirai chaque étape de votre vie avec la plus grande minutie pour que vous ne nous fassiez plus jamais autant honte que quand vous avez été envoyé dans cette maison de pouilleux !

 

— Plutôt mourir que d’aller à Serpentard ! cria Sirius. Je suis fier d’être à Gryffondor ! Fier, vous entendez !

 

 

 

La main de son père retomba violemment sur son fils. Plusieurs fois, elle s’éleva pour retomber lourdement. Lyra se leva et s’interposa entre son frère et son père. Elle tremblait de peur, mais était décidée à ne pas bouger, espérant protéger Sirius qui ne se relevait pas. 

 

 

 

— Lyra ! Poussez-vous immédiatement ! ordonna Walburga qui était toujours assise à côté de Regulus terrifié.

 

 

 

Jamais Orion ne s’était autant emporté sur son fils.

 

 

 

— Non, murmura Lyra.

 

— Maintenant ! grogna Orion.

 

— Non, répéta Lyra plus fortement sans cligner des yeux.

 

 

 

La main de son père s’abattit sur elle.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Lyra ouvrit la fenêtre de sa chambre et, ignorant le froid mordant, elle s’assit sur le rebord pour regarder le ciel. En ce moment, Remus lui manquait terriblement, sa gentillesse et sa bienveillance était d’un grand réconfort pour elle. Lyra attira une grosse couverture vers elle et s’emmitoufla dedans pour ne laisser ressortir que la tête, appréciant cette nuit de décembre. 

 

 

 

Le froid contre sa joue activait la douleur faisant monter des larmes à ses yeux. Elle les essuya d’un geste rageur. « Je ne veux plus jamais vous voir pleurer devant moi. Jamais. Vous êtes une Black, apprenez à vous en montrer digne. » avait dit un jour sa mère il y a longtemps. Elle n’avait jamais oublié.

 

 

 

Soudain, elle vit au loin comme un mouvement venir vers elle. Petit à petit, elle parvint à identifier la tache, ce devait être un hibou ou une chouette. Elle n’avait jamais reçu de lettres en dehors de celle de sa mère à Poudlard. Qui pouvait bien lui écrire ? Remus ? Non, c’était idiot, elle ne lui avait parlé que quelques fois, alors qui ? Brièvement, elle se demanda si les filles de sa chambre auraient pu… Non, c’était encore plus stupide que pour Remus, elle ne leur avait jamais adressé la parole plus que pour quelques banalités.

 

 

 

La chouette hulotte se posa sur le bord de la fenêtre. Effectivement, une lettre était adressée au nom de Miss Lyra Black, 12 Square Grimaud, Londres avec une jolie écriture à l’encre bleue. La chouette claqua du bec pour réclamer un peu de nourriture.

 

 

 

— Désolée, murmura Lyra. Mais je n’ai rien pour toi. Merci quand même pour la lettre.

 

 

 

L’animal sembla agacé et s’envola dans un grand bruit sourd quand il battit des ailes. Lyra eu peur que ses parents l’aient entendu et ne viennent voir. Ou que pire encore, Kreattur l’ai entendu et aille les réveiller. Le coeur battant, elle attendit quelques minutes. Puis, comme personne ne venait, elle tourna la lettre pour voir l’expéditeur : Andromeda Black.

 

 

 

Black. Ce qui voulait dire qu’elle ne s’était pas mariée, pas encore. Un fugace instant, Lyra espéra qu’Andromeda s’était ravisée et qu’elle ait décidé de rentrer à Dawson pour se marier avec celui qui lui était destiné. Cependant, Lyra était peu convaincue par cette dernière hypothèse. Revenir en arrière n’était pas possible avec les Black. 

 

 

 

Avec soin, elle décacheta l’enveloppe en papier jauni, trop curieuse pour tenter de deviner plus longtemps ce qu’elle pouvait contenir. Elle en sortit deux feuilles de parchemins couvertes d’encre.

 

 

 

 

 

Londres,

 

le 25 décembre 1971

 

 

Ma chère Lyra,

 

 

Je devine ta surprise quand tu as vu ma fidèle Honey te livrer cette lettre. Tu dois m’en vouloir de ne pas avoir donné des nouvelles plus tôt, mais comprends moi, j’avais besoin de temps. J’ai été un peu perdue au début et avais besoin de calme, mais je suis prête maintenant à tout t’expliquer. Je te dois au moins ça. J’aimerai, je t’en prie, que tu ne dises rien à tes parents et surtout aux miens. Je te fais confiance petite fleur.

 

 

J’ai commencé à fréquenter Ted en octobre. C’est lui qui m’a abordé en premier. Il avait besoin d’aide en arithmancie alors je lui faisais des cours particuliers. J’avais « omis » volontairement d’en informer Mère. J’avais peur qu’elle ne m’en empêche, mais je crois aussi que je voulais garder cela pour moi. On ne faisait pas que de l’arithmancie, il nous arrivait parfois de parler en oubliant complètement le temps. 

 

 

Au début, nos sujets étaient plutôt vagues, mais petit à petit, j’en ai appris plus sur lui. Et il s’intéressait à moi en retour : sur ce que j’aimais, ce que je voulais faire plus tard… Je ne m’étais jamais posé la question avant car mon destin, comme le tient, était déjà tout tracé : épouser Bartemius Croupton Junior ou un autre dans le même genre. Avoir au moins un héritier mâle. Et m’effacer…

 

 

Je sais que tu comprends ce que je veux dire par m’effacer. Alors, quand Ted m’a posé la question, je me suis permise d’imaginer un futur que je choisirai avec des erreurs et des succès. Un jour, j’ai osé lui raconter. Ce fut le début de la fin d’Andromeda Black, fille de Cygnus Black deuxième du nom. Je laissais tomber ce masque pour devenir Andromeda, une jeune fille qui aime rire et s’amuser des petits plaisirs de la vie. 

 

 

Et puis un soir, il m’avoua qu’il n’avait jamais aimé l’arithmancie, qu’il avait pris cette option sur un coup de tête en voyant « une jolie fille » (je cite) s’inscrire. C’est après cette déclaration qu’il m’a embrassée. C’était différent de tout ce que je m’étais imaginée. Ses lèvres n’étaient pas froides et possessives mais chaudes et douces. Il ne faisait pas de moi sa propriété privée par ce baiser, mais m’ouvrait une nouvelle possibilité : avoir le droit de tomber amoureuse. 

 

 

Après cela, j’ai annulé pendant plusieurs semaines nos séances de travail. J’étais perturbée et complètement perdue. Pouvais-je me permettre de ressentir de tels sentiments pour un né moldu ? Peu de temps après, j’eu des nouvelles de Mère qui me racontait une histoire. Tu la connais Lyra cette histoire. L’histoire d’une petite fille qui avait renversé un plateau de thé en se prenant les pieds dans le tapis perse. Tu as passé deux jours enfermée dans la cave sans manger. 

 

 

Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Tu n’étais qu’une enfant et Mère détruisait ton innocence pour un « bien commun ». Je voyais ce qu’était ma mère et m’imaginais dans vingt ans, exactement comme elle… Je me suis rendue compte que je ne voulais pas de cette vie-là. Alors j’ai décidé de tenter ma chance et de voir Ted, bien malheureusement, seulement en cachette. 

 

 

Il était génial et d’une grande patience, acceptant de garder notre relation secrète. Il m’a laissé avancer à mon rythme et peu à peu, je lui fis confiance. Je tentais à tout prix d’éviter de penser au moment où tout cela s’arrêterait. Au moment où je retrouverai la réalité en face, j’avais peur. Si peur…

 

 

Dans le train pour revenir à Dawson, j’avais rejoint Ted dans un compartiment vide. C’était horriblement risqué pour moi, mais je m’en moquais, je devais le voir une dernière fois… Par précaution, j’avais fermé la porte et baissé les rideaux, et quand je me suis retournée, il avait un genou à terre. 

 

 

Dans ses mains reposait une boite noire avec une bague à l’intérieur. Il m’a proposé de l’épouser. Quitter ma famille et vivre ma vie comme bon me semblait avec lui. Que si je voulais vivre au Pérou, il me suivrait. Que si je voulais douze enfants, il accepterait ! Il exigeait juste que je sois heureuse et que je parte sans me retourner vers mon passé. Du moment qu’on était ensemble, il se moquait du reste. Et aussi fou que cela puisse paraitre, j’ai dit oui sans hésiter un seul instant. 

 

 

Fini les doutes, je savais qu’après avoir vécu si intensément, je ne pouvais pas revenir à une morne existence. Quand le train est arrivé à King’s Cross, on a pris nos valises et nous nous sommes fondus dans la foule en évitant toutes personnes connues. Avant de franchir la barrière avec le côté moldu je me suis tournée vers le quai. Je t’ai vue, toi qui attendais si patiemment. Je cherchais sur ton visage les traces de ton calvaire, mais tu es si forte Lyra, je t’ai vue encore vivante et je sais qu’elle ne t’a pas détruite.

 

 

J’ai passé les vacances en Espagne, nous avions trouvé une maison perdue dans la montagne, près d’un village de paysans. La vie était simple, nous avions que le strict nécessaire, on jardinait, je lisais, nous nous aimions… Car c’est ça la vie, c’est la liberté, l’amour, la découverte…

 

 

Tout ça m’a permis de réfléchir. Je ne reviendrais pas. Jamais. Et je sais que tu ne comprends peut-être pas maintenant la raison de mon départ, mais tu dois savoir que je ne t’abandonne pas. Quoique tu fasses, je serais toujours là pour toi. Si tu décides de partir un jour, je serai là pour t’accueillir. J’ai appris que toi et ton frère étiez à Gryffondor, ce qui confirme ce que je pensais, tu n’es pas comme eux. Tu vaux mieux que ça.

 

 

Laisse toi t’amuser et ose ! Assume d’aimer le quidditch, je me rappelle comment tu étais plus jeune avec ta petite mine désolée et que tu m’avouais avoir volé un livre dans la bibliothèque de ton père. Tu l’avais caché sous le matelas et le lisais en secret avec ton frère la nuit tombée. Je me rappelle aussi la punition que vous aviez eu quand Kreattur l’avait découvert… 

 

 

Car oui la liberté pour nous, Black, a un prix. Mais ce qu’on obtient en retour vaut tout Lyra. Ce n’est pas normal Lyra le protocole, la « Bienséance », tu le sais, tu le vois à Poudlard. Une autre vie est à ta portée de main, elle t’attend. 

 

 

Andromeda

 

 

PS : J’ai mis un petit cadeau pour Noel dans l’enveloppe. J’espère que ça te plaira.

 

 

 

Lyra essuya rageusement les larmes qui avaient coulé le long de ses joues pendant sa lecture. Elle n’aurait pas dû lire cette lettre, tout se mélangeait encore plus dans sa tête. Colère, tristesse, peur. Elle était complètement perdue, submergée par tous ces sentiments qui livraient un combat acharné en elle. Comme un océan ravagé par la tempête. Cela faisait beaucoup trop à gérer d’un coup. 

 

 

 

Elle tendit la main vers l’enveloppe posée sur ses genoux. Fit glisser son contenu dans sa main et découvrit un pendentif. C’était une perle blanche, le genre de perle qu’on trouvait dans les coquillages. L’attache était en or blanc ou en argent, mais quand ses yeux se posèrent sur le pendentif, ils étaient tout de suite attirés par la perle. Elle était magnifique, blanche ronde et régulière. Parfaite. Ou presque…

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Un joyeux brouhaha régnait dans la salle commune. On s’embrassait, on rigolait, on se montrait ses cadeaux, et on s’extasiait le sourire aux lèvres. Lyra la traversa sans perdre de temps et commença à monter l’escalier qui menait à sa chambre.

 

 

 

— Lyra ! appela Sirius.

 

 

 

Elle se retourna et descendit quelques marches pour être à la hauteur de son frère.

 

 

 

— Ça te dirais de faire de plus amples connaissances avec ma bande ?

 

— Pourquoi pas mais…

 

— Super. Alors viens, ils t’attendent dehors.

 

 

 

Un instant, elle fut tentée de partir dans sa chambre et de s’enfouir sous sa couette avec un gros livre, mais les trois autres filles devaient y être alors…

 

 

 

— Ok, je te suis.

 

 

 

Un grand sourire apparut sur les lèvres de son frère qui la prit par le bras et l’entraîna vers la sortie. Dans le couloir, James, Peter et Remus attendaient patiemment.

 

 

 

— Salut Lyra je suis enchanté de faire enfin ta connaissance ! s’exclama James en la voyant. Si on passe sur notre première rencontre bien entendu mais je ne crois pas qu’on puisse appeler ce moment comme une rencontre digne de ce nom ! James Potter, pour te servir.

 

 

 

Et il s’inclina devant Lyra, stupéfaite.

 

 

 

— Sirius, dit-elle en se tournant vers son frère. Ne me fais pas croire que vous respectez entre vous un tant soit peu le protocole et la Bienséance… Je ne te croirais pas !

 

 

 

James et Sirius rigolèrent joyeusement.

 

 

 

— Va falloir qu’on revoit notre petit sketch, déclara James pendant que Sirius hochait vigoureusement la tête. Il semblerait qu’il y ait quelques lacunes, elle n’a pas cru que je m’incline devant toutes les jeunes filles que je rencontre.

 

— Il faut que la femme soit mariée pour que tu puisses t’incliner devant elle, expliqua Sirius.

 

— Donc je suis censé faire quoi face à une jeune fille non mariée ?

 

— Juste incliner la tête, mais quand j’aurais seize ans, tu devras lui faire un baise-main.

 

— Je retiens, répondit James avec un petit sourire de conspirateur devant le regard amusé de Lyra.

 

— Et moi, c’est Peter, déclara un garçon aux cheveux blonds en s’avançant. Content de pouvoir enfin te rencontrer.

 

 

 

Il s’avança et tendit la main vers Lyra qui le dévisagea étonnée. Elle se tourna vers son frère.

 

 

 

— Je dois lui serrer la main ?

 

— Effectivement, répondit-il avec un sourire. Ne t’inquiète pas, il n’a pas le tétanos, il a été vacciné.

 

— Je sais pas si ça doit me rassurer. C’est quoi le tatonos ?

 

— Tétanos, rectifia James. Une maladie, et un vaccin, c’est un truc moldu pour ne pas avoir de maladie

 

 

 

Elle tendit la main et serra celle de Peter.

 

 

 

— Désolée, je n’ai pas trop l’habitude, marmonna t-elle. 

 

— Tu n’as jamais serré la main de ta vie ? demanda Peter ahuri.

 

— Pas vraiment non…

 

 

 

Elle reconnaissait que c’était nettement plus simple et rapide que de s’incliner ou de se faire la bise « à la française ». Dans l’aristocratie sorcière, seuls les hommes se serraient la main.

 

 

 

— Remus, dit-elle en souriant vers l’intéressé.

 

 

 

Il se contenta de lui répondre par un autre sourire.

 

 

 

— Tu vas voir, déclara Sirius en entrainant sa soeur dans un couloir. Je vais te montrer un truc qu’on a découvert peu avant les vacances.

 

— Quel genre de truc ?

 

— Un genre de truc qui devrait te plaire, répondit-il.

 

— On en est très fier, insista James.

 

— Je me suis renseigné auprès de mon père, raconta Peter. Et il m’a dit qu’il ne savait pas où ça se situait. Et qu’il n’avait jamais entendu parler d’élèves qui l’avaient découvert.

 

— Génial ! approuva James. On est déjà dans la légende les gars !

 

 

 

Ils s’esclaffèrent en choeur guidant Lyra au travers de couloirs qu’elle n’avait jamais vu auparavant. La gryffondor réalisa que Poudlard était beaucoup plus grand que quelques salles de classes, quatre dortoirs et la Grande Salle. Chaque couloir recelait de nouveaux tableaux en tout genre et de statues parfois vraiment extravagantes. N’importe quel autre Black aurait détesté, mais Lyra adorait, c’était vivant, c’était original et riche en découvertes.

 

 

 

Ils descendirent dans les souterrains, mais à la grande surprise de Lyra ce n’était pas sinistre et lugubre comme du côté de la salle de potion. C’était plus lumineux et une chaleur semblait venir du mur de pierre à sa droite. Elle posa sa main dessus et réalisa qu’il était bel bien chaud.

 

 

 

— Dites, pourquoi ce mur n’est pas froid ?

 

— Ah, elle est pas bête ta soeur ! s’exclama James avec un grand sourire vers Sirius.

 

— Dommage que tu ne sois pas comme elle… déclara Remus, un sourire moqueur aux lèvres.

 

— Quoi ?! répondit Sirius en mimant un air choqué.

 

 

 

Mais il ne put s’empêcher de rigoler comme ses amis sous le regard de Lyra qui attendait, la main toujours collée au mur.

 

 

 

— Pardon, s’excusa James en reprenant son sérieux. Tu disais ?

 

— Pourquoi ce mur est chaud ?

 

 

 

Les quatre garçons la regardèrent avec le même sourire.

 

 

 

— Tu verras, petite curieuse, répondit Sirius en s’avançant vers le fond du couloir.

 

 

 

Ils tournèrent à droite, où, tout au bout du couloir, un tableau reposait sur le mur du fond. Ils étaient dans un cul de sac.

 

 

 

— Tadaaa ! s’exclamèrent James et Sirius en choeur.

 

 

 

Remus regardait Lyra avec un sourire moqueur aux lèvres. Ce qui ne manqua pas d’agacer la gryffondor.

 

 

 

— Cesse de me regarder comme cela, dit-elle.

 

— Ça te perturbe ? demanda t-il.

 

— Pas autant que mon frère et James qui semblent enchantés de me présenter un couloir aux murs chaud comme si c’était la septième merveille du monde.

 

— Observe, répondit simplement Remus.

 

 

 

Elle lui jeta un regard étonné, mais décida de l’écouter et s’avança dans le couloir, vers le tableau posé tout au bout, plus elle avançait, plus il faisait chaud. Il représentait une coupe de fruit aux couleurs éclatantes. Et il semblait se dégager à travers ces fruits une chaleur encore plus intense.

 

 

 

— Tu chauffes, s’exclama James.

 

— Sans blagues murmura t-elle en regardant attentivement chaque détail du tableau.

 

 

 

Elle posa une main sur le tableau, et une autre sur le mur. Il n’était plus tiède mais vraiment chaud maintenant. À travers sa main qui était sur le tableau, elle sentait comme des vibrations. Surtout à travers son pouce qui était sur une poire d’un verre éclatant. Elle décala sa main sur la poire et sentit toute sa main vibrer.

 

 

 

— Exact, murmura Sirius. Cette poire est très chatouilleuse…

 

 

 

Ecoutant le conseil de son frère, elle gargouilla la poire qui se mit à frémir sous son doigt. Puis une poignée verte apparut à sa place. Elle l’actionna et ouvrit la porte. Une vague de vapeur l’accueillie.

 

 

 

— Qu’est-ce que…

 

— Bienvenue dans la cuisine de Poudlard ! déclara Sirius en écartant les bras. 

 

— La cuisine de Poudlard ? répéta Lyra ahuri. Mais comment avez-vous fait ?

 

— On papote après avoir mangé, décida Peter et s’avançant vers un elfe de maison qui lui tendait un plateau de fondants au chocolat.

 

— Voulez-vous une part Miss ? demanda une petite voix.

 

— Tu devrais accepter, conseilla Remus. Ils savent se montrer très persuasifs…

 

— Alors oui, merci, répondit Lyra en prenant une part de la tarte aux pommes et à la cannelle que lui tendait un elfe.

 

 

 

Remus prit un part également et rejoignit les autres qui s’étaient installés autour d’une cheminée dans un coin de la cuisine.

 

 

 

— Alors ? demanda Lyra.

 

— C’est une longue histoire, répondit Peter. James et Sirius étaient en retenue dans les cachots et moi, j’étais parti les chercher, mais je me suis perdu.

 

— Et toi ? demanda Lyra à Remus. Tu étais où ?

 

— J’étais parti voir ma mère.

 

 

 

Elle le regarda avec suspicion, il détourna la tête.

 

 

 

— Et je me suis retrouvé dans ce couloir, j’ai vite vu que ce n’était pas les cachots de Slug alors j’ai mémorisé le chemin que j’avais pris et j’ai rejoint les gars. On a attendu que Remus revienne pour retourner ici. 

 

— On aurait dit des gamins de trois ans, reprit Remus. De vraies puces qui sautaient partout en criant. Le soir même, ils m’ont emmené ici.

 

— On savait qu’il y avait forcement un truc avec le tableau alors on a cherché en faisant comme toi, raconta Sirius la bouche pleine.

 

— Et moi ! s’exclama James la bouche tout aussi pleine. Grand génie que je suis, j’ai chatouillé la poire ! 

 

— Ecoutez le, murmura Sirius. Limite, il va nous dire que c’est lui qui a tout fait…

 

— J’ai chatouillé la poire, sans moi, on serait toujours en train de poser la main bêtement sur les pêches et les bananes.

 

 

 

Ils rigolèrent en choeur, reprenant du gâteau et buvant les thés qu’on leur offrait

 

 

 

— Au fait, tu as reçu mon hibou ? demanda James à son frère de coeur.

 

— Heu… Oui.

 

 

 

James haussa un sourcil au ton de son ami, mais il ne releva pas. Il ajouta un mémo mental d’en reparler avec lui quand ils seraient tous les deux.

 

 

 

— Je me rappelle la sensation que j’ai eu en voyant tout ces elfes m’apporter des gâteaux, des tartes, des brioches sur de grands plateaux… évoqua Peter songeur.

 

— Mais comment ça marche ? demanda Lyra à Remus en désignant la cuisine.

 

— Comment ça ? Tu veux dire pour nous servir ?

 

— Oui.

 

— Tu vois les grandes tables là-bas ?

 

 

 

Il montrait du doigt le côté droit de la pièce où quatre grandes tables reposaient. 

 

 

 

— Ce sont les même grandes tables que dans la Grande Sale. Ils préparent les plats ici.

 

 

 

Il désigna le coin cuisine à gauche de l’entrée.

 

 

 

— Et les mettent sur les tables et ça arrive là-haut. En fait on est pile-poil en dessous de la Grande Salle.

 

— Incroyable…

 

— Le plus drôle c’est quand on voit la nourriture disparaître des assiettes alors qu’on ne voit aucune main ! On te montrera un jour.

 

 

 

Elle lui sourit et se laissa aller contre le dossier de son fauteuil. Elle aimait bien cette ambiance entre les garçons qui rigolaient joyeusement.

End Notes:

Hello,

Andormeda Black est un personnage qui pique beaucoup ma curiosité. Elle est partie de chez elle, reniant toutes les valeurs de sa famille par amour... Une histoire digne de conte de fée, avec une princesse vraiment badass !

Selon moi, les Maraudeurs ont dès le départ développé une forte complicité et se baladaient dans le château à toutes heures. Nuit comme jour ils sillonaient le château (d'où le surnom de Maraudeurs, oui merci ro on avait compris), mais surtout ce sont des curieux et à force de se balader, on a un petit creux... D'où la découverte de la cuisine ! ^^

Merci pour votre lecture, prochain chapitre jeudi ! ☀︎

winter

Chapitre 9 : Ière année by Winter
Author's Notes:

ϟ. Eddie Verder, Long Nights (super BO du film Into The Wild)

image par @tonydetroit

Lyra était à la bibliothèque, une pile de livres à la main.

 

 

 

— Vous empruntez tout ça ? grogna le Mr Bernard le bibliothécaire.

 

 

 

Elle acquiesça, en tentant de maintenir sa pile de livres en équilibre. Mr Bernard signa un papier de sortie en soufflant sans prendre la peine de regarder les titres des livres qu’elle empruntait. Elle soupira de soulagement en arrivant dans le couloir. Elle ne voulait pas éveiller les soupçons et elle avait parié que si elle prenait beaucoup de livres, le bibliothécaire n’aurait pas le courage de tout relever. 

 

 

 

Depuis qu’elle était revenue, elle s’était beaucoup interrogée sur Remus. Elle lui avait parlé bien sûr, le questionnant sur sa mère, mais il avait coupé court à la conversation.

 

 

 

« — Tu rentres en pleine nuit de ta visite chez ta mère ?

 

— Oui, mon père travaille tôt et préfère me déposer lui-même à Poudlard plutôt que de déranger le Professeur Dumbledore. James m’a dit que tes parents avaient organisé une soirée de nouvel an, c’était bien ? »

 

 

 

Donc elle avait recueilli toutes les informations qu’elle savait : Remus partait tous les mois, deux jours au moins, et quand il rentrait, il était épuisé.

 

 

 

Lapis Lazuli, dit-elle au portrait de la grosse dame qui se décala pour la laisser entrer.

 

 

 

Elle partit vers sa chambre, espérant que les filles n’y seraient pas pour pouvoir étudier les livres tranquillement. Heureusement, il n’y avait personne dans la chambre. Elle se mit sur son lit, tira les rideaux pour être tranquille et prit le premier livre de la pile pour le feuilleter. 

 

 

 

À un moment, elle entendit les filles qui revenaient de la salle commune. Elles parlèrent un peu puis se couchèrent. Les heures passaient sans que Lyra trouve quelque chose d’intéressant. Ses yeux dansaient sur les mots, les pages se tournaient, une à une, inlassablement, c’était infini. Ses yeux la piquaient, mais elle se disait que peut-être elle trouverait quelque chose à la prochaine, elle tournait la page, rien. Et ainsi de suite.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Lyra entendit une porte claquer et se redressa brutalement faisant tomber le livre sur lequel elle s’était endormie. Elle ramassa Mystères et Contes du Moyen-Orient et soupira. La nuit passé n’avait rien apporté. Aujourd’hui étant le premier jour du week-end elle pouvait continuer à étudier toute la journée. Elle s’habilla rapidement et parti prendre un petit-déjeuner à la Grande Salle. Son frère y était ainsi que James et Peter.

 

 

 

— Salut Lyra ! Viens avec nous.

 

— Bonjour, répondit-elle en souriant à James qui tapotait la place près de lui. Remus n’est pas là ?

 

— Il est parti hier rendre visite à sa mère.

 

 

 

Lyra se figea. Remus était encore parti. Cela n’avait aucun sens de partir tous les mois à date fixe pour rendre visite à un proche malade. Il ne devait pas être le seul à Poudlard à avoir quelqu’un de sa famille dans un mauvais état de santé.

 

 

 

— Du jus d’orange ?

 

 

 

Elle ne répondit pas, le cerveau tournant à mille à l’heure. Il y avait forcément une explication logique derrière tout ça.

 

 

 

— Lyra ?

 

 

 

Sirius regardait sa soeur en fronçant les sourcils, que lui arrivait-il ? Lyra se leva précipitamment.

 

 

 

— Heu… Je dois y aller, j’ai un devoir à faire.

 

 

 

Et elle partit laissant les garçons désemparés. James haussa les épaules et retourna à ses oeufs brouillés.

 

 

 

— Les filles… murmura t-il.

 

 

 

Sirius, cependant, regarda sa soeur quitter la Grande Salle. Il fallait qu’il lui parle.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Lyra arriva essoufflée dans sa chambre. Elle fouilla dans les livres qu’elle avait pris et s’empara de Animaux Fantastiques et où les trouver de Norbert Dragonneau. 

 

 

 

— L, l, l… murmura t-elle.

 

 

 

Loup-garou. 

 

 

 

À quand remontait la dernière pleine lune ? Il lui semblait que la dernière venait de se passer. « Exactement au moment où Remus est parti. » Et elle se rappelait très bien que la première fois qu’ils s’étaient vus : la pleine lune venait d’être passée.

 

 

 

« Minute papillon, tu ne peux pas l’accuser comme ça. » se dit-elle. Elle s’empara du livre de Dragonneau et courut vers la bibliothèque. Elle devait en avoir le coeur net avant de décider quoi faire avec cela. Comme tout enfant de sorciers, le loup-garou était une créature qui servait de menace pour les petits qui ne voulaient pas manger leur soupe. « Si tu ne manges pas, le loup-garou va venir te mordre cette nuit. » lui disait Stuffy. Parfois, c’était un ogre, mais le loup-garou était une créature effrayante qui revenait souvent dans les menaces pour faire peur aux petits enfants. Que Remus en soit un la terrorisait, mais elle le connaissait et il n’était pourtant pas un psychopathe assoiffé de sang.

 

 

 

Mr Bernard leva péniblement la tête en la voyant arriver.

 

 

 

— Encore vous ?

 

— Bonjour… souffla t-elle en marchant rapidement vers la sections des créatures magiques. 

 

 

 

Elle prit une pile de livres et commença à lire. Elle passa la matinée assise là et n’entendit pas Sirius qui venait de s’asseoir en face d’elle.

 

 

 

— Tiens, dit-il, la faisant sursauter.

 

 

 

Il lui tendait un petit pain, un fruit et un morceau de tarte enveloppés dans une serviette.

 

 

 

— Je ne t’ai pas vue pour le déjeuner, je t’ai cherché dans la tour de gryffondor puis je suis venu là. Tu fais quoi ?

 

 

 

Elle ferma violemment le livre qu’elle était en train de lire. Sirius ne semblait pas avoir de soupçons concernant Remus et elle ne voulait rien dire tant qu’elle n’avait pas élucidé le mystère.

 

 

 

— Je me renseigne pour la DCFM, j’étais plongée dans ma lecture, je n’ai pas vu le temps passer. Merci Sirius.

 

 

 

Elle était affamée et croqua dans la part de tarte.

 

 

 

— Ok, et tout va bien ? s’assura t-il.

 

— Oui pourquoi ?

 

— Mmmh non rien. Tu vas passer la journée ici ? Avec James et Peter, on a prévu de voir le kraken de plus près. Si tu veux te joindre à nous…

 

 

 

Elle le regarda semi-horrifiée semi-amusée.

 

 

 

— Tu veux me faire aller sous la pluie pour voir une sorte une pieuvre ?

 

 

 

Il rigola.

 

 

 

— J’ai conscience que ce n’est pas une activité très demoiselle de bonne famille, mais je pense qu’on va bien s’amuser.

 

— Merci mais je vais continuer à lire un peu, répondit-elle en s’étirant.

 

 

 

Il hocha la tête. 

 

 

 

— Ok, tu sais où me trouver.

 

— Merci Sirius.

 

 

 

Il partit rassuré et elle se replongea dans ses notes. 

 

 

 

Les loup-garous sont des humains qui sont atteints de lycanthpopie lorsque le venin touche leur sang. Considérés comme bête, ils vivent en marge de la société et n’accèdent pas la plupart du temps à une vie « normale ». Aucun enfant de loup-garou a été enregistré à ce jour.

 

 

Ils se transforment à la pleine lune sous une forme de loup, plus grand et plus agressif. Ils n’ont aucune conscience et agressent tout humain proche d’eux. S’il n’y a personne ils s’auto-attaquent c’est pourquoi ils ont souvent des cicatrices. Après la transformations (qui est très douloureuse) ils sont fatigués. En dehors de cette période, ils peuvent être de vrais insomniaques.

 

 

Sous leur forme humaine, ils peuvent être irritables à l’approche et après la pleine lune. Ils sont exclus de la société parce qu’ils peuvent être violents et perdre le contrôle lors d’émotions fortes.

 

 

Ils sont considérés comme une menace.

 

 

 

Elle se redressa, le corps endolori après toutes ses heures passées à lire. Elle devait parler à Remus. Il était son ami et elle le connaissait suffisamment pour savoir qu’il était loin d’être la personne violente décrite dans ces livres. Bien sûr, elle avait toujours un mince espoir qu’elle se faisait des idées, qu’elle se trompait…

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Lily essayait de faire le moins de bruit possible alors qu’elle marchait d’un pas pressé. Elle avait rendez-vous avec Severus et ce n’était pas maintenant qu’elle devait alerter Peeves.

 

 

 

— Salut ! s’exclama t-elle en entrant dans la salle de classe vide. J’ai réussi à récupérer les rates de rat. 

 

— Super, répondit Severus qui sourit en voyant la jeune fille. Comment tu as fait avec Slughorn ? 

 

— Il m’aime bien, j’ai de bonnes notes et ça n’a pas été compliqué de lui demander de regarder sa réserve.

 

 

 

Elle rigola joyeusement.

 

 

 

— S’il savait pourquoi je voulais absolument voir la réserve !

 

 

 

Ils installèrent tous les ingrédients, la recette de la potion devant eux. Tous les deux avaient découvert une passion commune pour les potions. Alors au bout de quelques mois à Poudlard, Severus avait évoqué l’idée de s’essayer aux potions des années supérieures. Lily avait d’abord beaucoup hésité. Elle ne voulait pas enfreindre le règlement, mais l’idée de tenter de nouvelles potions était tellement excitant qu’elle se laissa convaincre.

 

 

 

Ils avaient choisi de s’essayer à la potion de ratatinage, récupérant les ingrédients à droite et à gauche. Aujourd’hui ils avaient tout et allaient tenter de réaliser cette potion dans une salle de classe abandonnée des cachots. Chenilles, fiole de jus de figue, les rates de rats, de la poudre jaune et quelques sangsues étaient alignés près du chaudron dont un feu bouillait déjà en dessous.

 

 

 

Joyeusement, les deux amis se mirent au travail.

 

 

 

— La recette dit d’attendre que l’on obtienne une couleurs verte, dit Lily en arrêtant de mélanger.

 

— Ok je remets du bois, répondit Severus concentré sur la réussite de la potion.

 

— Comment tu te sens de rentrer chez toi pour les vacances d’été ? demanda Lily qui se recula du chaudron bouillant.

 

 

 

Severus fit de même et s’essuya le front. La chaleur dans la petite pièce était insoutenable.

 

 

 

— Tant qu’on peut se voir, dit-il.

 

— Tu as pu te faire de bons amis à Serpentard ? demanda Lily qui connaissait déjà la réponse.

 

— Je mange souvent avec Avery et Mulciber.

 

 

 

La jeune fille fronça les sourcils.

 

 

 

— Avery et Mulciber ? Ils sont un peu méchants parfois. Ils se sont moqués d’une fille de Serdaigle qui est tombée en cours de vol l’autre jours.

 

 

 

Severus haussa les épaules. C’était un solitaire et il préférait être seul ou être avec Lily.

 

 

 

— J’ai pas vraiment hâte de rentrer, dit-il. J’ai hâte de finir Poudlard surtout.

 

— Mais on n’est qu’en première année ! s’exclama Lily. Tu sais déjà ce que tu veux faire ?

 

— Non mais j’ai hâte de vivre loin de mes parents.

 

 

 

Lily lui sourit gentiment. Même si Severus ne lui en parlait pas, elle savait que ce n’était pas toujours facile chez lui.

 

 

 

— Oh ! La potion est prête.

 

 

 

En effet, la potion était maintenant d’une belle couleur verte. Ils coupèrent le feu et rapprochèrent une vieille chaise cassée qui était dans un coin de la pièce.

 

 

 

— Prête ? demanda Severus.

 

 

 

Lily hocha la tête, ses jolis yeux émeraude pétillaient d’excitation. Severus ignora les papillons dans son ventre et versa la potion sur la chaise qui immédiatement rapetissa.

 

 

 

Lily explosa de joie. Elle sautait partout, heureuse de leur réussite. Severus aussi était fier de sa réussite, il était ami avec Lily. Et c’était sa plus grande fierté.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Lyra passa plusieurs jours à réfléchir. Devant elle s’ouvrait deux possibilités : en parler à Remus et garder le secret ou en parler.

 

 

 

Elle savait que sa décision allait influencer à jamais le cours de la vie du garçon. Elle pouvait le faire quitter l’école si les élèves et parents d’élèves venaient à l’apprendre. Car elle y avait longuement réfléchi : pour que les professeurs ne soient pas surpris par ces multiples absences, ils devaient être au courant. Le professeur Dumbledore tout du moins. Ne l’appelait-on pas le plus grand sorcier de son temps ? Un grand sorcier savait reconnaître un loup-garou quand il en voyait un, non ?

 

 

 

Le choix le plus sensé était d’en parler à Remus. Elle se doutait qu’il n’allait pas lâcher le morceau aussi facilement, il lui sortirait toutes sortes de mensonges. Elle le confronterait aux faits, ne lui laissait pas d’autres choix que d’avouer.

 

 

 

Et s’il devenait violent ? S’il la menaçait ? 

 

 

 

Elle secoua la tête, non le Remus qu’elle connaissait ne ferait pas une telle chose. Il ne ressemblait en rien aux descriptions qu’elle avait lu dans les livres. Bien sûr, si la conversation tournait mal, elle irait en parler à… À qui d’ailleurs ? Sirius, James et Peter ? Ceux qui partagent son dortoir, ses amis depuis plusieurs mois déjà ? Elle n’était pas sûre que c’était le bon choix. Alors qui ?

 

 

 

Le professeur Binns parlait comme à son habitude d’une voix monotone alors qu’aucun élève ne semblait l’écouter. Ce cours d’histoire de la magie semblait bien plus long que d’accoutume pour la jeune fille. D’habitude, elle dessinait, gribouillait dans le coin de son parchemin au milieu des notes débridées qu’elle prenait. 

 

 

 

On était lundi, et Remus était revenu en cours. Elle le trouvait fatigué et les écorchures sur ses mains allaient dans le sens de la théorie de Lyra. « Un loup-garou qui ne trouve pas de proie, se retourne contre lui-même. » avait-elle lu.

 

 

 

Lyra avait pris sa décision. Elle allait lui parler.

 

 

 

Elle s’empara de sa plume et commença à esquisser avec des traits fins une forme qui devint peu à peu une silhouette. Une tête, des poils, des pattes se finissant de griffes… L’heure finit si vite maintenant qu’elle était plongée dans son dessin, qu’elle rangea ses affaires après tout le monde.

 

 

 

— Lyra ? demanda Sirius qui s’apprêtait à partir.

 

— Vas-y sans moi, je vous retrouve à la Grande Salle.

 

 

 

Remus, qui était sur le point de partir lui aussi, fronça les sourcils. Il regarda la jeune fille ranger ses affaires sauf un bout de parchemin qui restait sur sa table. Il s’avança pour regarder de plus près.

 

 

 

Ce qu’il vit lui glaça le sang, elle avait dessiné un loup.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Le reste de la journée était comme une torture pour Lupin. La peur et le stress était mauvais pour garder le contrôle de la Bête qu’il dut même s’éloigner des garçons quelques instants pour se calmer jusqu’à ce que ses mains cessent de trembler.

 

 

 

Lyra ne pouvait pas savoir. C’était impossible. Et pourtant…

 

 

 

Elle savait. Il n’avait aucune idée sur comment elle avait pu comprendre ce secret qu’il pensait bien gardé, mais cela ne faisait aucun doute. Elle savait. Les garçons lui avaient reporté son comportement étrange du week-end, elle avait passé tout son temps à lire d’après Sirius. Lyra était une habituée de la bibliothèque, mais elle aurait aussi déserté un repas en partant précipitamment.

 

 

 

— Tu ne manges pas Remus ? 

 

 

 

C’était James qui venait de l’interrompre dans ses pensées.

 

 

 

— Heu.. Si, répondit Remus en prenant une bouchée.

 

 

 

Il aurait été incapable de dire ce qu’il mangeait, dans sa bouche, seul résidait le goût de la peur.

 

 

 

— Ah te voilà ! s’exclama Sirius en voyant Lyra arriver et s’asseoir avec eux.

 

— Oui.. Ce cours de Binns m’a donné une faim de…

 

 

 

Elle s’interrompit brusquement. Remus se figea.

 

 

 

— Hum, heu, bref, j’ai hâte de finir la journée pour… euh… Me poser dehors et profiter du soleil qui revient.

 

— Dis donc, tu as dormi pendant le cours ou c’est tous tes livres qui te font être dans la lune ? rigola Sirius.

 

 

 

Elle rigola avec lui, ainsi que James et Peter. Seul Remus ne souriait pas. Le repas reprit son cours, mené par le duo James-Sirius. Remus s’efforçait de manger pour ne pas plus attirer l’attention sur lui. Lyra s’était reprise, cela signifiait-il qu’elle n’allait pas le dénoncer ? Et son allusion à prendre l’air était-il une invitation à parler ?

 

 

 

Il releva la tête pour la regarder. Elle aussi n’était pas dans son assiette, il le voyait bien. Comme si elle sentait son regard sur lui, elle leva la tête et lui sourit gentiment, ses lèvres esquissant des mots.

 

 

 

« Ça va aller. »

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Lyra jouait avec son parchemin, attendant patiemment que Remus arrive. Elle ne doutait pas qu’il ait compris son invitation à la rejoindre. Elle se mordit la lèvre en pensant à l’erreur qu’elle avait failli commettre : « une faim de loup ». Heureusement, elle s’était arrêtée à temps. 

 

 

 

Des bruits de pas lui firent lever la tête. Le vent faisait voler ses longs cheveux noirs devant les yeux qu’elle dégagea pour regarder Remus arriver.

 

 

 

— Salut.

 

 

 

Il ne répondit pas et s’assit, le visage tendu par le stress. 

 

 

 

— Je ne vais pas te dénoncer, déclara t-elle calmement.

 

 

 

Il garda le silence, alors elle prit cela pour une invitation à parler.

 

 

 

— Parce que ne nous voilons pas la face, je sais que tu es un loup-garou. Je pense aussi que tout a été organisé dans l’école pour que durant la pleine lune, tu ne sois pas un danger pour nous, raison pour laquelle tu pars deux jours. C’est d’ailleurs impressionnant que tu n’aies besoin de partir que deux jours, j’ai lu que la plupart du temps les loup-garous avaient besoin de 4 jours. 

 

 

 

Elle reprit sa respiration se tournant vers Remus.

 

 

 

— L’unique raison pour laquelle je dévoilerai la vérité au grand jour, serait que mon frère, James et tout le monde à l’école ne soit pas en sécurité en ta présence. Et ce n’est pas le cas…

 

— Tu ne sais pas de quoi tu parles, l’interrompit Remus

 

 

 

Elle haussa les sourcils choquée du ton dur qu’il avait employé.

 

 

 

— Être un loup-garou n’est pas juste une fois par mois tu te transformes et puis c’est fini. C’est une malédiction à plein temps.

 

 

 

La voix de Remus s’était éteinte, interrompu par les larmes qui lui montait. Il n’avait jamais parlé de cela avec qui que ce soit autre que ses parents et Dumbledore.

 

 

 

— Une Bête vit en moi, commença t-il, optant pour la franchise.

 

 

 

Elle savait déjà la vérité, à quoi bon lui mentir ?

 

 

 

— Quand je suis énervé, fatigué, ou triste, elle est là. Mes sentiments sont plus fort, comme décuplés, surtout à l’approche de la pleine lune. Pareil pour la joie, mais j’arrive plus facilement à me contrôler avec des sentiments positifs. Beaucoup plus que quand je suis en colère. Cette Bête qui vit en moi veut tout massacrer, détruire et je ne sais pas jusqu’où elle peut aller. 

 

 

 

Il jeta un coup d’oeil vers Lyra.

 

 

 

— C’est le moment où tu peux t’enfuir en courant.

 

 

 

Elle sourit doucement et posa une main hésitante sur son genou.

 

 

 

— Je n’ai pas peur de toi Remus Lupin.

 

 

 

Un poids immense sembla se soulever du coeur de Remus. Jamais Lyra n’avait osé le toucher, il savait qu’avec ce geste, elle lui montrait toute son amitié et allait à l’encontre de toute son éducation. Envoyant valser toutes les valeurs idéologies durement inculquées.

 

 

 

— J’ai plein de questions… reprit Lyra doucement. Je comprends si tu ne veux pas me répondre…

 

— Vas-y je t’écoute.

 

 

 

Il la regarda, admirant ses magnifiques yeux gris pétillants d’intelligence. Elle avait retiré sa main de sa jambe pour retourner jouer avec ses longs doigts fins la feuille de parchemin qu’elle avait.

 

 

 

— Tu t’es fait mordre à quel âge ?

 

 

 

Il se redressa, se doutant que cette question allait venir, il s’étira, regardant le ciel bleu qui annonçait la venue du printemps.

 

 

 

— J’avais quatre ans. J’ai grandi avec. Mes parents pensaient que je ne pourrais jamais aller à Poudlard. Mais un jour Dumbledore est venu et a expliqué que plusieurs mesures pouvaient être prises pour me permettre de faire mes études, devenir un sorcier. Tu vois ce saule qui frappe tout ce qui s’approche de trop près ?

 

 

 

Elle hocha la tête, on ne pouvait pas le louper. Alors il lui raconta pour le passage secret, la Cabane Hurlante, Mme Pomfresh qui le soignait…

 

 

 

— Donc ta mère n’est pas malade ?

 

 

 

Il secoua la tête.

 

 

 

— Non. C’était la parfaite excuse pour pouvoir partir régulièrement sans avoir trop de questions, les gens par respect ne disent rien. 

 

— Mais pourquoi elle ?

 

— C’est une moldue, les sorciers me posent moins de questions car ils mettent cette soi-disant maladie sur le fait que c’est une moldue qui est soi-disant plus fragile qu’eux. Les sorciers connaissent mal les moldus, c’est un avantage que j’utilise.

 

 

 

Elle rigola doucement.

 

 

 

— Tu as vraiment pensé à tout.

 

— Dumbledore et mes parents m’ont beaucoup aidé, répondit-il en haussant les épaules.

 

 

 

Elle le regarda en souriant, il était beaucoup trop modeste à son goût. Il était jeune et avait déjà dû faire face à des épreuves de vies difficiles. Il s’était fait mordre à quatre ans ! C’était si jeune, il avait passé toute sa vie avec ça, d’où les cicatrices. 

 

 

 

Un immense respect pour Remus l’envahit. Il avait sa place à Gryffondor, sans aucun doute.

End Notes:

Hello,

Mystère, mystère et boule de gomme...

J'ai beaucoup retravaillé ce chapitre, c'est un de mes préféré, j'ai beaucoup aimé écrire le cheminement de pensé de Lyra. Petit à petit je développerai l'histoire de Remus, comment il a été mordu, par qui, son acceptation à Poudlard... C'est un tournant pour lui, mais aussi pour elle, choisir de garder son secret est une vraie preuve de changement qui arrive lentement, mais sûrement.

Quoiqu'il en soit j'espère que ce chapitre vous a plu,

winter

Chapitre 10 : Ière année by Winter
Author's Notes:

ϟ. Green Days - The Forgotten

image par @kevin_laminto

Depuis que Lyra et Remus avaient parlé, ils avaient senti que ce moment avait scellé une sorte de pacte entre eux. Ils étaient amis, et Lyra quoi qu’il arrive ferait tout pour protéger le secret du garçon.

 

 

 

— Même à Sirius ? avait-il demandé.

 

— C’est à toi de lui dire quand tu te sentiras près. Je pense que lui, comme James ou Peter comprendront. 

 

 

 

Remus avait immédiatement secoué la tête.

 

 

 

— Non jamais. Je suis heureux de les avoir comme amis, je ne veux pas détruire ça.

 

 

 

Lyra le regardait, pensive. Elle-même venait de loin, en presque un an à Poudlard, elle avait beaucoup appris sur le monde extérieur, sur elle-même et avait franchi tellement de règles qu’elle frémissait en pensant au jour où elle prendrait le Poudlard Express pour rentrer chez elle. La première fois qu’elle avait vu Remus, elle l’avait vouvoyé ! Pourtant, elle était là, assise calmement à côté d’un loup-garou, seule et sans chaperon !

 

 

 

Remus semblait suivre le cours de sa pensée puisqu’il lui demanda :

 

 

 

— Lyra, je ne sais pas quoi dire… 

 

 

 

Le regard que lui mettait la jeune fille lui fit battre son coeur plus fort.

 

 

 

— Merci.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Le temps avait suivi son cours. Le printemps était finalement arrivé. Les examens avec. La bibliothèque devenait sur-chargée. Lyra partageait souvent sa table avec des inconnus, mais ne s’en préoccupait pas. Elle, comme Sirius, sentaient la fin d’année arriver, ils savaient qu’ils devaient avoir les meilleurs résultats possibles aux examens pour espérer passer un été tranquille. Seule l’idée de retrouver Regulus leur donnait un peu de baume au coeur.

 

 

 

La veille des examens, la bibliothèque était plus occupée que jamais. Lyra repéra une place libre près de Lily, Marlene et Mary. Elle n’avait pas trop envie d’y aller. Depuis le début de l’année, elle les évitait. Sa mère lui avait fait très clairement comprendre qu’elle ne souhaitait pas qu’elle les côtoie. Et la bibliothèque était un endroit rempli de monde. Un Serpentard pouvait facilement la voir et aller la dénoncer.

 

 

 

Malgré tout, c’était soit ça, soit retourner dans la salle commune qui était pour le moins… Bruyante. Beaucoup d’élèves défoulaient la tension accumulée. Elle n’arriverait pas à travailler là-bas. Elle pouvait aussi aller dans sa chambre, mais ne supportait plus d’être enfermée entre les quatre murs de sa chambre.

 

 

 

Résignée et s’avança vers la table de ses camarades de chambre.

 

 

 

— Je peux m’asseoir ?

 

 

 

Mary releva la tête et lui sourit en lui désignant la place en face d’elle, à côté de Lily.

 

 

 

— Bien sûr.

 

— Merci.

 

 

 

Lyra pestait intérieurement. Elle ferait peut-être mieux d’aller dehors. Elle ne travaillerait pas aussi bien, mais au moins, elle ne serait pas assise à côté de Lily, une née moldue. Non pas que cela la dérangeait, c’était pour ses parents. « Toujours pur » n’était pas leur devise pour rien. Inconsciemment, elle toucha son médaillon aux armoiries de sa famille. 

 

 

 

C’était juste des révisions dans une bibliothèque, une seule fois. Cela ne voulait rien dire. Elle sortit un parchemin et commença à recopier son cours de tête. Elle l’avait appris par coeur, ne voulant rien laisser au hasard. C’était un travail long et fastidieux, mais elle s’assurait ainsi une bonne note.

 

 

 

Les heures passèrent, des gens partaient, d’autres revenaient. Lyra était capable de rester concentrée de longues heures sans perdre son attention, un héritage de son éducation qui lui avait appris une grande rigueur. Elle n’entendit pas que Mary et Marlene étaient parties et que la bibliothèque s’était peu à peu vidée. Sur la grande table où elle était, il ne restait qu’elle et Lily. Plus loin elle voyait quelques Serdaigle, mais aucun Serpentard à l’horizon.

 

 

 

Elle s’était inquiétée pour rien. Poudlard était un école avec plein d’élèves de toutes origines. Gryffondor ne faisait pas exception. Juste étudier à côté d’une née moldue ne signifiait pas qu’elle trahissait sa famille. Elle se détendit et s’autorisa à observer Lily qui travaillait son Histoire de la Magie. La jeune fille sentit son regard et releva la tête.

 

 

 

— J’ai encore un peu de mal avec cette matière, j’ai découvert que j’étais une sorcière il y a un an, j’ai encore beaucoup à apprendre, expliqua t-elle.

 

 

 

Évidement, ce que Lyra ou Sirius connaissaient depuis tout petit, Lily le découvrait.

 

 

 

— C’est Seraphina Picquery qui est présidente du MACUSA en 1920, dit-elle en désignant le parchemin gribouillé de notes.

 

— Oh ! Merci, dès fois, je ne comprends pas ce que dit Binns. Tu veux bien regarder vite fait ce que j’ai noté d’autre ?

 

 

 

Lyra hésita et regarda autour d’elle, il n’y avait personne, elle devait arrêter de s’inquiéter.

 

 

 

— D’accord, dit-elle prenant le parchemin dans ses mains.

 

 

 

Quelques minutes passèrent en silence avant qu’elle ne lui rende son cours.

 

 

 

— Tiens, tu n’avais pas beaucoup d’erreurs. De toute manière, je ne sais pas comment Binns peut corriger une copie vu que c’est un fantôme.

 

 

 

Lily rigola doucement.

 

 

 

— C’est vrai ça, je n’y avais jamais pensé.

 

— Je n’en crois pas mes yeux ! Lyra Black à côté d’une vulgaire Sang-de-Bourbe !

 

 

 

Les deux filles sursautèrent, immédiatement Lyra se décala de Lily et pâlit en voyant la personne arriver. Il ressemblait à son frère aîné, Rodolphus, comme deux gouttes d’eau.

 

 

 

— Ce n’est pas ce que tu crois Rabastan, répondit-elle.

 

— Côtoyer les Gryffondors vous aurait fait perdre vos bonnes manières ? demanda Rabastan Lestrange froidement.

 

 

 

Lyra baissa les yeux en joignant les mains sur le devant de sa jupe.

 

 

 

— Pardonnez-moi…

 

— Que suis-je censé croire d’un tel comportement ?

 

 

 

Elle se mordit la lèvre. Elle devait tout faire pour empêcher le Serpentard de prévenir ses parents. Lily, quant à elle, était catastrophée par l’attitude du jeune homme. Elle ne savait pas ce que voulait dire Sang de Bourbe, mais cela ne semblait pas être un compliment.

 

 

 

— Qui es-tu ? On travaillait juste Histoire de la Magie. On a le droit non ?

 

 

 

Le regard que lui jeta Lyra la fit taire. La jeune fille était terrifiée. Elle avait compris que les Black étaient une ancienne famille sorcière conservatrice. Et de ce qu’elle voyait, ils étaient aussi très traditionnels. Lyra le vouvoyait et se comportait comme s’il était supérieur à elle. 

 

 

 

— Toi… commença Rabastan le visage défiguré par le dégoût. Tu devrais réfléchir avant de parler. Réfléchis à qui tu t’adresses.

 

 

 

Lily ouvrit la bouche pour répondre, mais Lyra lui coupa la parole.

 

 

 

— Tu devrais y aller Lily.

 

 

 

La jeune fille regarda Lyra qui gardait la tête baissée.

 

 

 

— Je…

 

— Lily, coupa Lyra brutalement.

 

— Tu ferais mieux de partir Sang de Bourbe, ajouta Rabastan. Tu pollues mon air.

 

 

 

Lily prit sur elle pour ne pas répondre. Cela aurait mis Lyra dans une bien plus mauvaise passe. Elle rassembla ses affaires et sortit, attendant la jeune fille hors de la bibliothèque. Elle n’allait quand même pas la laisser seule dans les couloirs avec cette personne si… Elle ne savait pas quel mot employer pour qualifier au mieux Rabastan Lestrange. Mauvais.

 

 

 

— Je peux garder le silence Lyra, avait reprit Rabastan se rapprochant de Lyra sitôt Lily partie.

 

 

 

La jeune fille frémit quand il toucha une mèche de ses longs cheveux ondulés frôlant au passage son médaillon.

 

 

 

— Mais il peut m’arriver d’être d’une grande maladresse et que j’oublie de réfléchir avant de parler. Oups !

 

 

 

Il mit sa main devant la bouche, mimant une maladresse embarrassante un sourire sadique sur les lèvres.

 

 

 

— Voyons voir… Que peut bien faire Lyra Black pour me dédommager de tous ces tracas… 

 

 

 

La jeune fille gardait la tête baissée. Comment avait-elle put croire que s’asseoir à côté de Lily serait sans conséquences ? Elle regrettait amèrement sa naïveté.

 

 

 

— Nous nous verrons au manoir de votre cher grand-père cet été. Là-bas nous pourrons faire de plus amples connaissances… Je vous dirais à ce moment là ce que je veux…

 

— Avec plaisir, souffla la jeune fille.

 

 

 

Rabastan jeta un dernier regard sur elle et partit satisfait. Lily se cacha derrière une colonne quand elle le vit sortit de la bibliothèque. Elle attendit un peu et vit sortir également Lyra qui marchait d’un pas rapide.

 

 

 

— Lyra attend !

 

 

 

La jeune fille continua, l’ignorant.

 

 

 

— Lyra, reprit Lily, s’emparant de l’épaule de la jeune fille pour l’arrêter. C’était qui ce mec ? Pourquoi il était comme ça ? C’est quoi une Sang de Bourbe ?

 

 

 

Lyra s’était arrêtée et se retourna vers Lily. Ses yeux gris étaient terrorisés, elle voulait fuir d’ici à tout prix, retrouver Sirius…

 

 

 

— Lily, je ne peux pas te parler.

 

— Répond moi ! Ce mec… C’est un psychopathe, il ne peut pas te parler comme ça…

 

 

 

Elle se tue comprenant enfin ce que voulait dire famille conservatrice chez les sorciers.

 

 

 

— Il peut te parler comme ça, reprit-elle. Il est supérieur à toi ?

 

 

 

Lyra soupira et passa une main dans ses cheveux. Elle sembla réfléchir et prit la jeune fille par le bras pour l’emmener dans un autre couloir moins fréquenté.

 

 

 

— Rabastan Lestrange sera très probablement l’homme que mes parents choisiront que j’épouse. Il est plus grand que moi donc il m’est supérieur. Une Sang de Bourbe, c’est une née moldue, donc toi. C’est une insulte Lily. Ma famille n’aurait jamais dû savoir que je partage une chambre avec toi. Donc, à l’avenir ne me parle plus jamais en public.

 

 

 

Elle se tue et sembla hésiter à ajouter quelque chose.

 

 

 

— Pour ta propre sécurité évite Rabastan à l’avenir. Ne le croise jamais seule.

 

 

 

Et elle partit, laissant une Lily complètement désemparée.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Les examens passèrent puis arriva le jour du départ. Lyra avait changé d’avis et n’avait pas prévenu Sirius de l’épisode avec Rabastan dans la bibliothèque. Elle connaissait son frère, il était capable de s’énerver. Et s'il s’énervait, il pouvait avoir des représailles de leur père ou de leur mère.

 

 

 

Sirius avait bien vu que sa soeur semblait plus enfermée, plus silencieuse, il mettait ça sur le compte de leur retour prochain au 12 Square Grimmaurd. Lui non plus n’était pas ravis de son retour « à la maison ». 

 

 

 

— Ça va vieux ?

 

 

 

Les garçons étaient dans leur chambre pour une dernière veillée tous ensemble avant les vacances.

 

 

 

— Oui oui, répondit Sirius en souriant à James pour le rassurer. 

 

 

 

Celui-ci ne releva pas devant les autres, mais se promit de parler à son ami avant qu’ils ne se séparent.

 

 

 

— Tu fais quoi pour les vacances Peter ? demanda Remus.

 

— Oh, je passe toujours l’été chez mes parents. On partira peut-être, ça dépend de mon père s’il peut quitter son labo une minute.

 

— Tu pourrais faire des boules puantes ! s’exclama James. Peut-être que cet été, je peux aller au chemin de traverse en acheter, mais je ne sais pas si ma mère me laissera faire.

 

— Mon père me laisserait jamais entrer dans son laboratoire, rebondit Peter en secouant la tête. Mais je peux peut-être piquer quelques trucs.

 

 

 

Sirius et James échangèrent un regard joyeux. Ils prirent un parchemin et commencèrent une liste d’ingrédients.

 

 

 

— Vous êtes sûr de ce que vous faites ? demanda Remus amusé.

 

— Bien sûr que non.

 

— Mais au pire on fera un truc qui explose. C’est pas compliqué les potions, tu mélanges plein de trucs et ça devient soit un truc qui pue, soit un truc qui explose, ajouta James.

 

 

 

Les quatre compères rigolèrent. La soirée continua tranquillement, chacun voulant la prolonger le plus possible. Ils finirent par aller au lit, Sirius se leva pour aller dans la salle de bain d’étage. James décida de l’accompagner, profitant de ce moment seuls.

 

 

 

— Ne me dis pas que ça va, dit-il. Je vois bien qu’il y a un truc qui te tracasse. 

 

 

 

Sirius ne dit rien et commença à se brosser les dents. James fit de même, ne brusquant pas son ami qui, il le savait, ne parlait jamais de ses sentiments. Sauf peut–être avec Lyra.

 

 

 

— Tu sais comment est ma famille James, commença Sirius. J’ai pas vraiment envie de rentrer, mais ça va aller, ne t’inquiète pas.

 

 

 

James regarda son ami. Oui, il savait. Les Black étaient connus pour être l’une des familles les plus traditionnelles et conservatrices. 

 

 

 

— On pourra parler par lettres. Je les enverrai le soir, tu garderas ta fenêtre ouverte.

 

 

 

Sirius releva la tête et regarda son ami avec reconnaissance.

 

 

 

— D’accord on fait comme ça.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Quand Euphemia vit son fils descendre le train, un sentiment de joie l’empli. Il avait grandi, ce n’était plus son bébé maintenant.

 

 

 

— Salut mon grand, dit-elle.

 

 

 

Il hésita, mais finit par la serrer dans ses bras.

 

 

 

— Papa n’est pas là ?

 

— Il est encore au bureau mais il rentre tôt ce soir pour te revoir.

 

 

 

Elle vit bien que son fils semblait déçu, mais cela ne dura pas longtemps. Il semblait content de retrouver sa mère.

 

 

 

— Et si nous allions manger des Fish and Chips le long de la Tamise ?

 

 

 

Le visage de son fils se fendit d’un large sourire. D’un coup de baguette, elle envoya la grosse malle aux initiales J.P. chez eux et prit son fils par l’épaule. Une belle journée s’annonçait.

 

 

 

Ils mangèrent au bord du fleuve qui traversait la ville, profitant des rayons de soleil qui les réchauffaient. Puis ils rentrèrent chez eux, James lui racontant son année même s’ils avaient échangé quelques lettres et qu’il était rentré à Noël. Le prénom de Sirius, Remus, Peter et Lyra revenait régulièrement. Remus, elle ne le connaissait pas. Pettigrow par contre, elle connaissait la mère de renommée, elle faisait partie de la direction du Club. Un endroit très sélecte et mondain qui réunissait toutes les femmes de plus grandes familles sorcières.

 

 

 

Elle était détestait cet endroit. Elle y était allée quelques fois, mais avait vite décidé de plus jamais y retourner. Ces femmes si froides, si hypocrites les unes avec les autres l’avait horrifiée. C’était là-bas qu’elle avait rencontré Walburga Black. 

 

 

 

Euphemia regarda son fils avec amour. Il était tout pour elle. Longtemps, ils avaient cru avec Fleamont qu’ils ne pourraient jamais avoir d’enfant. Pourtant, la vie leur avait réservé une belle surprise. Au moment où elle s’était résignée, elle avait découvert qu’elle était enceinte. James était son miracle.

 

 

 

Vers dix-huit heures, la porte d’entrée s’ouvrit et Fleamont rentra fatigué, mais heureux d’avoir pu se libérer plus tôt pour retrouver sa femme et son fils.

 

 

 

— Papa ! s’exclama James en courant vers son père.

 

 

 

Celui-ci laissa tomber son sac et prit son fils dans ses bras, le serrant fort contre lui.

 

 

 

— Alors bonhomme, comment ça va ?

 

— Super ! On a mangé des fish and chips !

 

 

 

James parlait à toute allure. C’était un hyper actif, il débordait d’énergie depuis tout petit, et vivre dans un appartement londonien pouvait parfois leur réserver des surprises. Quand il était petit, ils avaient vite compris de ne jamais le laisser seul sans surveillance au risque de se retrouver avec une nouvelle tapisserie par exemple…

 

 

 

La soirée passa tranquillement. Ils mangèrent joyeusement et jouèrent ensemble après le repas. James finit par partir se coucher, retrouvant avec plaisir sa chambre et son crapaud Charmant. Il ne l’avait pas emmené à Poudlard, car il avait le droit qu’à un seul animal. Ses parents lui avaient offert une chouette à la rentrée, leur fils allait les manquer, lui offrir une chouette était un bon moyen de garder le contact.

 

 

 

Un discret toc toc fit sortir James de sa rêverie.

 

 

 

— Je peux entrer ? demanda Fleamont.

 

 

 

James acquiesça et s’assit sur son lit, Charmant sur ses genoux qui croassait joyeusement.

 

 

 

— Tu lui as manqué, sourit Fleamont, s’asseyant aux côtés de son fils.

 

 

 

James était son portrait craché, il avait juste le teint légèrement hâlé de sa mère.

 

 

 

— James, aujourd’hui, tu es grand et je pense que tu es près à recevoir quelque chose que nous avons dans notre famille depuis des générations.

 

 

 

James releva la tête intrigué. De quoi son père pouvait-il parler ?

 

 

 

— Cet objet détient un grand pouvoir, et ne doit jamais quitter notre famille.

 

 

 

James écarquilla les yeux.

 

 

 

— C’est une cape d’invisibilité, tu sauras en faire bon usage, continua Fleamont.

 

 

 

Il la tendit à James qui s’en empara avec précaution. Il s’enroula dedans réalisant avec surprise qu’il ne voyait plus ses pieds.

 

 

 

— Papa, c’est génial !

 

 

 

Fleamont sourit devant la joie de son fils.

 

 

 

— Merci, ajouta James, s’approchant pour serrer son père dans ses bras.

 

 

 

Ils rigolèrent en voyant que des bout de leurs corps avaient disparus.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

— Alors ? demanda Euphemia. Tu lui as donné ?

 

 

 

Fleamont hocha la tête gravement.

 

 

 

— On a retrouvé Carl Wheeler.

 

 

 

Carl Wheeler était un auror porté disparut depuis deux semaines. Fleamont, étant le chef des aurors depuis un an maintenant, avait prit cette disparition très à coeur. Ils avaient fouillé son appartement, interrogé sa famille et ses connaissances. Rien. C’était comme s’il s’était volatilisé.

 

 

 

Euphemia connaissait son mari, cette disparition lui avait donné des nuits blanches et elle l’avait retrouvé plus d’une fois dans son bureau en plein milieu de la nuit à relire ses notes sur l’enquête. Le silence de Fleamont n’inspirait rien de bon.

 

 

 

— Alors ? finit-elle par dire, rompant le silence.

 

 

 

Fleamont se tourna vers elle, ses yeux brillaient.

 

 

 

— Mort. Il a été torturé.

 

 

 

Elle porta une main à sa bouche, sous le choc. Les meurtres cela arrivait. Mais des tortures ? Sur auror en plus ?

 

 

 

— On a rien trouvé Euphemia, reprit Fleamont gravement. Juste les traces de magie noire…

 

 

 

Il s’interrompit hésitant à reprendre.

 

 

 

— Le sorcier qui a fait ça est dangereux, très dangereux. Il se prépare quelque chose Euphemia. C’est grave et c’est pourquoi j’ai décidé de donner à James ma cape d’invisibilité. Pour le protéger…

 

 

 

Euphemia s’approcha de son mari et lui prit la main.

 

 

 

— Tu as bien fait, dit-elle en l’embrassant.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Lily n’arrivait pas à dormir. Elle était rentrée quelques heures plus tôt chez ses parents. Après avoir passé les derniers mois à Poudlard, le retour à la maison était pour le moins étrange…

 

 

 

Ses parents l’avaient attendue à la gare de King’s Cross, Pétunia était là également. Même si les deux soeurs n’étaient pas très proches avant de partir, elles passaient beaucoup de temps ensemble, comme rentrer de l’école et du collège en grignotant leur goûter. Mais cette après-midi là, elle avait senti sa soeur distante, presque comme si elle avait fait une bêtise et qu’elle n’allait pas lui pardonner pour cela.

 

 

 

Lily savait que le fait qu’elle était une sorcière avait été un choc pour sa famille. Ses parents avaient passé un long moment à en discuter avant d’accepter de l’envoyer dans cette école inconnue, malgré eux, ils avaient toujours su que Lily était spéciale. Pétunia quant à elle avait fait comme si cela ne l’intéressait pas, comme si Lily était d’une banalité… Pourtant, elle sentait qu’il y avait autre chose. Elle l’avait surprise à fixer ses manuels et matériels de potions, sentant le regard de sa jeune soeur, elle avait sursauté et était partie sans explication. Lily n’avait rien dit. 

 

 

 

La jeune fille soupira et tenta de trouver une position plus confortable dans son lit. Le sommeil ne voulait pas venir, elle avait plein d’images qui tournaient dans sa tête. Elle était une sorcière. Même après presque un an, elle n’y croyait pas. Et si elle s’endormait et découvrait que la rentrée en 6ème était demain ? Et si Marlene et Mary n’étaient que le fruit de son imagination ? Et si…

 

 

 

Un bruit à sa fenêtre la surprit dans le silence de la nuit. Elle se leva et vit au travers de la fenêtre la silhouette de Severus se dessiner dans le noir. Sans hésiter, elle prit un gilet en grosse maille et descendit discrètement les marches pour sortir de la maison.

 

 

 

— J’arrivais pas à dormir… commença Severus.

 

 

 

Elle rigola en voyant le chaudron qu’il tenait à la main.

 

 

 

— Ça te dit une petite potion ?

End Notes:

Hello,

Qu'avez-vous pensé de cette rencontre avec Rabastan ? Je me demande aussi si vous auriez voulu que Lyra et Lily soient amies. C'est sûr que là, ça ne va pas arranger leur relation. Et une guerre pointe le bout de son nez...

Et sinon, grande nouvelle, je suis devenue adhérente à l'association HPF, donc maintenant vous aurez bien votre nouveau chapitre tous les jeudis matin sans faute ! Oui, oui on connaît la petite lecture dans le bus avant de commencer la journée ^^

Je vous souhaite une très belle semaine, perso j'ai redécouvert les plaisirs du soleil et venant de la vampire que je suis, cela veut dire beaucoup ! (ha ha)

winter

Chapitre 11 : IIème année by Winter
Author's Notes:

TRIGGER WARNING : scène violente.

 

ϟ. AnnenMayKantereit - Ich Geh Heut Nicht Mehr Tanzen

Un ami allemand m'a fait découvrir cette chanson, et même si je ne comprends rien, je l'aime bien ^^

Lyra étouffait. Son corset la serrait et l’air était lourd et chaud. Même les éventails et les fenêtres grandes ouvertes ne suffisaient pas pour aérer la grande salle de réception du Manoir Black. Elle repéra Sirius qui piquait un glaçon dans un bac à champagne. Elle le rejoignit et en prit un elle aussi pour se rafraîchir les mains.

 

 

 

— On sort ? proposa t-il.

 

— Non, je ne quitte pas la réception.

 

— Pourquoi ? Ça te passionne les derniers cours du chaudron en étain, en compétition avec le chaudron en cuivre ?

 

 

 

Elle ne répondit pas.

 

 

 

— Si tu me cherches je suis dans le jardin. À l’ombre et au frais.

 

 

 

Elle le regarda partir vers les massifs de rosiers sans tenter de le retenir, il était énervé et avait besoin d’espace. Son glaçon avait déjà entièrement fondu dans sa main et elle dut résister à l’envie d’en reprendre un autre, car sa mère venait vers elle. Discrètement, elle renfila ses gants qu’elle avait ôtés pour ne pas les mouiller. À son âge, elle avait obligation de porter des gants, jusqu’à ce qu’elle soit mariée.

 

 

 

— Lyra où est votre frère ?

 

— Il est aux toilettes Mère, mentit-elle.

 

— Ne restez donc pas plantée là et venez avec moi.

 

 

 

Walburga emmena sa fille vers un groupe de sorciers dont faisait partie Camilla Lestrange. Quand elle vit arriver Lyra, un mince sourire apparut sur son visage pâle. À ses côtés, son deuxième fils, le frère de Rodolphus.

 

 

 

— Lyra, quelle joie de vous voir. Je vous présente mon fils, Rabastan. 

 

 

 

Il s’inclina gracieusement devant Walburga. 

 

 

 

— C’est un honneur de faire la connaissance de votre fille Mme Black. Je disais justement à ma mère à quel point c’était dommage que Lyra et son frère ne soient pas à Serpentard.

 

 

 

Lyra n’en croyait pas un mot. Elle commençait à cerner le garçon, il aimait avoir l’avantage, et qu’elle soit à Gryffondor ne manquait pas de lui plaire. Et il adorait encore plus de le rappeler à Walburga qui ne se laissa pas décontenancer.

 

 

 

— Fort dommage en effet. Lyra, peut-être, pourriez-vous montrer le Manoir de notre illustre famille à ce cher Rabastan ?

 

 

 

La jeune Gryffondor ne put qu’accepter et quitta la réception alors que son père et Mr Lestrange s’approchaient de leur femme. Elle n’aimait pas trop cela cette subite « amitié » formée. Elle n’était pas sotte et voyait bien que les deux familles s’évaluaient, jugeant si elles étaient assez bien l’une pour l’autre.

 

 

 

— Voici le grand hall d’accueil entièrement marbré de pierres d’Egypte. Tous les meubles de la maison sont en bois d’acajou et datent des Lumières et du premier Empire essentiellement. Nous avons d’autres objets de collections situés dans le cabinet de mon grand-père. Sur ce mur, vous pouvez voir les tableaux des différentes générations qui ont occupé le Manoir. 

 

 

 

Elle présenta les différentes personnes présentes sur les tableaux et leur histoire tandis que Rabastan restait silencieux. Quand elle eu fini, elle monta le sublime escalier pour arriver au premier étage. De là, ils n’entendaient plus les bruits des conversations provenant du rez-de-chaussée, ils étaient totalement seuls.

 

 

 

— Cette tapisserie a été ramenée par mon arrière-grand-père lors de son voyage en Asie pour récupérer de l’opium…

 

— Je savais que les Black étaient riches, mais pas à ce point, coupa Rabastan. Ça doit faire un paquet de gallions.

 

 

 

Lyra ne répondit pas. La façon dont il la regardait comme un renard avec une poule appétissante lui faisait peur. Il s’approcha d’elle et elle repoussa son envie de reculer.

 

 

 

— Tu devines ce qu’il se passe en bas, chuchota t-il à son oreille. Chaque minute de plus qu’ils passent ensemble me rapproche de cette fortune. Nous nous marierons, j’en suis sûr.

 

 

 

Elle ferma les yeux, son coeur battait la chamade.

 

 

 

— Qu’est-ce que tu en dis ? Lyra Lestrange, ça sonne bien, non ?

 

— Le choix de mon mari se fera dans quatre ans.

 

 

 

Elle ne savait pas comment elle avait fait pour que sa voix ne défaille pas alors qu’elle était totalement terrorisée. Il resserra ses doigts sur ses poignets et rapprocha son visage du sien. Elle sentit son haleine lui chatouiller les joues.

 

 

 

— Tu te rappelles de notre petit arrangement ? Tu m’en dois une et j’ai bien réfléchi. Je sais ce que je veux. Je veux que tu m’embrasses.

 

 

 

Le visage ne laissait rien paraitre, mais dans son cerveau, c’était la panique. Elle n’avait jamais embrassé quelqu’un. Et si c’était le prix à payer pour protéger son secret et se débarrasser de cette dette, elle allait le faire.

 

 

 

Rabastan s’approcha d’elle et posa ses lèvres sur les siennes. C’était brutal, loin de tout ce qu’elle avait pu imaginer. Elle ne bougea pas, restant maîtresse de ses émotions. Il se recula et murmura près de son oreille.

 

 

 

— À bientôt Lyra Black…

 

 

 

Et il partit rejoindre les adultes en bas. Lyra tenta de rester debout malgré ses jambes tremblantes, mais c’était chose impossible et elle dut se laisser glisser contre le mur pour reprendre ses esprits. Elle devait trouver une salle de bain, vérifier son maquillage, se rincer la bouche, ajuster ses cheveux et vite. Ses mains ne cessaient de trembler, mais elle devait rejoindre les adultes en bas. Sa mère ne la laisserait pas quitter la réception censée représenter le clan Black, soudé et puissant.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

— Sirius ! Entrez et fermez la porte.

 

 

 

Sirius se tourna vers sa soeur qui lui sourit doucement pour lui donner du courage. Il déglutit et rejoignit Orion dans le sublime bureau marqueté de bois sombre. Lyra vit la porte se refermer sur le visage fermé de son frère avant que la longue attente commence.

 

 

 

La tant attendue lettre de Poudlard annonçant les résultats des examens était arrivée dans la matinée. Orion l’avait ouverte, seul, dans son bureau et les convoquait séparément pour leur annoncer les résultats. L’attente lui parut insupportable, de plus, aucun son ne passait à travers la lourde porte. Elle ne savait pas ce qu’il se disait et elle remarqua amèrement que quoiqu’il se passât derrière cette lourde porte, elle n’en saurait rien. 

 

 

 

Stuffy passa en courant devant elle, les bras chargés d’assiettes en porcelaine. Malheureusement, elle se prit les pieds dans un tapis et s’écroula sur le sol dans un grand bruit de vaisselle cassée. Depuis quelque temps, l’elfe de maison avait multiplié les maladresses. Walburga arriva dans le couloir et la toisa dédaigneusement.

 

 

 

— Cessez de vous traîner par terre et dépêchez vous de ranger tout cela.

 

— Pardonnez-moi Madame, murmura l’elfe en retenant des sanglots saccadés.

 

— Vous venez de casser un service en porcelaine de Chine qui valait des dizaines de gallions, je compte sur vous pour vous donner la punition que vous méritez.

 

— Bien Madame, gémit l’elfe en se tordant au sol.

 

— Le tison de la cheminée, chauffé à blanc, devrait suffire.

 

 

 

La tête basse, l’elfe acquiesça et ramassa les morceaux de vaisselle, mais se coupa plusieurs fois sur la porcelaine.

 

 

 

— Et ne vous avisez pas de tacher mon tapis Perse avec votre sang sale, ajouta Walburga avant de partir.

 

 

 

La porte du bureau s’ouvrit et Sirius sortit. Lyra n’eu pas le temps de lui demander ce qu’il s’était passé, que la voix de son père l’appelait. Son frère était déjà en train de gravir l’escalier le plus rapidement possible. Elle expira un bon coup et entra.

 

 

 

Orion la regardait dans les yeux, l’obligeant à baisser les siens. 

 

 

 

— Assis.

 

 

 

Elle s’exécuta, les mains sur les genoux, elle entendit le bruit d’un parchemin et le raclement de gorge de son père.

 

 

 

— Astronomie, optimal. Botanique, optimal. Métamorphose, optimal. Sortilège, optimal. Potions, efforts exceptionnels. Histoire de la Magie, acceptable.

 

 

 

Il reposa le parchemin et croisa ses doigts sous son menton.

 

 

 

— Cette année est décevante Lyra.

 

 

 

Il se tut, laissant le tic tac de la grande pendule remplir le silence. Lyra n’osait pas bouger le moindre orteil, même respirer lui semblait de trop ; le calme avant la tempête.

 

 

 

— Tout d’abord vous allez à Gryffondor. Ensuite, vous allez en retenue. Et enfin ceci !

 

 

 

Il avait commencé à parler en murmurant pour finir par crier. Elle se tassa sur son siège.

 

 

 

— Gryffondor ! J’aurais préféré Poufsouffle à cette maison infestée de minables et de parasites. Poufsouffle ! Même cette maison de larves aurait été préférable. Ne vous avisez pas de mettre, ne serais qu’une pointe, de rouge sur vous que ce soit là-bas ou ici. Je veux du noir. Du noir, vous entendez ! Quant à vos fréquentations, parlez, ne serais-ce qu’une seule fois, avec un Sang de Bourbe, vous pouvez être sûre que je le saurai et vous le ferrai payer. Me suis-je bien fait comprendre ?

 

— Oui Père.

 

— J’en arrive aux retenues, quatre heures au début d’année. Comment expliquez-vous cela ?

 

 

 

Elle préféra garder sous silence le fait qu’elle avait quitté son dortoir bien après l’heure d’extinction pour rejoindre un loup-garou, et sans chaperon en plus.

 

 

 

— J’ai refusé de voler sur un balai.

 

— Vos cousines ont fait de même pourtant elles n’ont eu aucune retenue.

 

— Seules les élèves de Serpentard peuvent refuser sans avoir de retenue.

 

— Nous en arrivons au même problème ! s’exclama t-il en frappant son point contre la table en bois marqueté. Vous n’êtes pas à Serpentard ! J’ai dû faire jouer mes relations pour vous dispenser de ce cours.

 

 

 

Elle ne répondit pas.

 

 

 

— Êtes vous montée sur un balai ?

 

— Non Père.

 

— Je vous interdis de le faire.

 

 

 

Il reprit le parchemin et relut quelques lignes.

 

 

 

— Vos résultats ne sont pas à la hauteur d’un Black. Les Black n’ont que des optimal. Nous sommes parfaits. Et vous ne pourrez jamais l’être, car vous êtes à Gryffondor. Ressaisissez-vous et faites nous honneur. Respectez le protocole sinon je risque de me montrer beaucoup moins clément. 

 

 

 

Il se pencha et prit un carnet dans son tiroir, au même moment Walburga entra.

 

 

 

— Vous n’êtes plus une petite fille. Dans quatre ans, nous choisirons votre futur mari. D’ici là, vous devrez vous comporter de manière exemplaire. 

 

 

 

Il tendit le carnet à Lyra qui le prit et l’ouvrit. Des colonnes avec l’intitulé « aliment » et « calories » remplissait les pages.

 

 

 

— Faites-en bon usage, ajouta froidement sa mère.

 

— Vous pouvez disposer.

 

 

 

Sans dire un mot, elle se leva et sortit. Stuffy avait déjà fini de nettoyer les bouts de verres et poussait des petits cris dans la cuisine. Lyra frissonna en pensant à la douleur qu’elle devait endurer et monta les marches qui menaient à sa chambre. Elle n’avait pas envie d’être seule alors elle alla dans celle de son frère.

 

 

 

Il était entendu dans son lit, en train de fixer le vide, sans bouger. Elle s’allongea à côté de lui et ferma les yeux.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Regulus semblait ne pas être effrayé, insensible même, aux regards de tous les élèves de Poudlard qui regardaient les nouveaux arrivants en chuchotant. Il fut le premier appelé pour mettre le Choixpeau sur la tête. Le silence du côté de Serpentard était total, on sentait une pression émaner d’eux. Où irait le dernier Black ? Serpentard ou Gryffondor ?

 

 

 

Le Choixpeau semblait hésiter un moment, mais finit par crier « Serpentard ! ». Une ovation retentit de Serpentard, généralement plus maître de leurs émotions. James se tourna vers Sirius, il semblait inquiet sur la façon dont son meilleur ami prenait la nouvelle.

 

 

 

— Ça va, assura Sirius en souriant.

 

 

 

James tourna alors son regard vers Lyra qui se mordait la lèvre. Il avait remarqué qu’elle faisait souvent ça dès qu’une situation la contrariait ou la stressait. Elle ne répondit pas, regardant au loin son frère qui était accueilli par Rabastan Lestrange et toute sa clique. 

 

 

 

Elle ne s’était pas fait d’illusions, Regulus avait toujours été plus obéissant qu’elle et Sirius. C’était normal après tout qu’il rejoigne Serpentard. Malgré elle, elle avait eut l’espoir qu’il n’y aille pas. Pendant l’été, elle avait senti l’écart qui s’était creusé entre eux. Qu’ils ne partagent pas la même maison n’allait pas aider leurs relations.

 

 

 

La répartition terminée, ils commencèrent à manger en parlant de leurs vacances. Seuls Lyra et Sirius restaient silencieux, plongés dans leurs pensées. Les autres n’insistèrent pas, les laissant digérer la nouvelle. Le repas passa et de retour à la tour commune de Gryffondor, Lyra prit Remus par le bras et l’attira à l’écart.

 

 

 

— Je ne veux plus pouvoir te rejoindre dans les gradins de quidditch, ce n’est pas à cause de tu sais quoi… C’est juste que c’est mieux comme ça.

 

 

 

Il la regarda inquiet tentant de déchiffrer son visage fermé.

 

 

 

— Ça va ? Je dois m’inquiéter ?

 

— Non ne t’inquiète pas, tout va bien, répondit-elle.

 

 

 

Il ne la crut pas, mais savait que ça ne servait à rien d’insister. Quand elle était décidée, c’était impossible de la faire bouger d’avis. À regret, il entra dans la salle commune pour rejoindre le reste de la bande.

 

 

 

Lyra partit vers sa chambre assurée d’avoir pris la bonne décision. Elle ne pouvait pas se permettre d’enfreindre le protocole, elle avait été sotte que loin de ses parents, à Poudlard, elle pouvait s’octroyer un peu de liberté. Tout finissait par se savoir. Elle continuerait de parler aux garçons puisque Sirius était là, mais ne serait plus jamais seule avec l’un d’entre eux en dehors de la tour de Gryffondor. 

 

 

 

Ainsi, elle n’enfreindrait plus le protocole.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Regulus regardait cette salle commune qui serait son chez lui pour les prochaines années. Il était plus que soulagé d’être à Serpentard. Il en avait toujours rêvé et savait que ses parents en seront très heureux pour lui.

 

 

 

— Bienvenue, lui dit un jeune homme qu’il reconnut comme étant Rabastan Lestrange.

 

— Bas les pattes Lestrange, répliqua Narcissa en mettant une main protectrice sur l’épaule de son jeune cousin.

 

— Tranquille Black, je ne vais pas le manger.

 

 

 

Rabastan sourit d’un air mauvais et retourna rejoindre sa troupe assises dans les canapés. Narcissa le regarda s’éloigner avec dédain puis invita Regulus à s’asseoir avec elle à l’écart des autres.

 

 

 

— Bon que tu sois à Serpentard est une bonne chose. Ta mère m’a demandé de veiller sur toi, donc tu viens me voir si celui-là t’embête un peu trop.

 

 

 

Elle désigna Rabastan qui rigolait au loin. 

 

 

 

— Je vais être honnête avec toi Reg, reprit-elle. Avec Rabastan, personne ne viendra te chercher des noises et tu seras respecté. Mais il traîne dans des affaires douteuses donc mon conseil est : garde tes distances. Mère m’a dit que tes parents pensaient le promettre à Lyra alors entretien quand même des relations cordiales avec lui.

 

 

 

Regulus hocha la tête. Il n’avait jamais été d’une nature bavarde.

 

 

 

— En parlant de Lyra… Elle et Sirius sont à Gryffondor, et ici, personne n’aime les Gryffondor. Si tu veux les voir ne le fait pas en public, et sinon fait comme moi, ignore les.

 

 

 

Re-hochement de tête.

 

 

 

— Je suis vraiment contente que tu sois là Regulus, ajouta Narcissa quittant son masque un instant pour redevenir douce et gentille.

 

 

 

Elle lui prit la main en souriant doucement.

 

 

 

— N’hésite pas à venir me voir.

 

 

 

Regulus ne répondit pas, la gorge serrée.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

— Dave Goujon a bu sa potion, assura Peter.

 

— Sérieux ?! s’exclama Sirius. Mais il est taré ce mec !

 

— C’est pour ça qu’il est à l’infirmerie avec interdiction de visites, ajouta Lyra.

 

— Comment tu le sais ? demanda Peter, surpris que quelqu’un d’autre que lui sois au courant.

 

— Des filles en parlait dans les toilettes de filles. Vous allez rire, mais le meilleur endroit pour savoir les derniers potins, c’est les toilettes des filles…

 

— Tu sais quoi d’autre ? coupa Sirius.

 

 

 

Elle regardait en souriant à Sirius d’un air malicieux.

 

 

 

— Ce qui se passe dans les toilettes des filles, reste dans les toilettes des filles…

 

— Allez ! Pas à moi !

 

 

 

Il la prit dans ses bras, la serrant fort pendant qu’elle se débattait.

 

 

 

— Petite soeur adoréeee… Dis…

 

— Sirius arrête !

 

 

 

Elle rigolait tellement qu’elle ne parvenait pas à se défendre.

 

 

 

— Mais du coup, la potion a fait quoi à Dave ? demanda James.

 

 

 

Peter se cala plus confortablement contre son oreiller. Ils étaient dans la chambre des garçons, affalés sur leur lit. Seul manquait Remus, c’était la première pleine lune depuis la rentrée. 

 

 

 

— Vu que j’étais tout au fond de la salle j’ai pu le voir, expliqua Peter. C’était énorme ! Il a eu le hoquet au début, c’était tellement fort qu’il sautait sur place. Et vu qu’il s’était trompé dans ses composants, il a commencé à virer au vert. Vous savez la suite, il a vomi et c’était dégoutant…

 

 

 

Les trois garçons éclatèrent de rire.

 

 

 

— C’est dommage que Remus n’était pas là pour voir ça ! s’exclama James en se tournant vers Lyra. Tu sais quand il revient ?

 

— Je pense comme d’habitude, demain dans la matinée. Pourquoi tu me demandes ça à moi ?

 

 

 

James regarda Sirius et Peter qui s’étaient tu, puis il se leva pour se rapprocher de la jeune fille.

 

 

 

— On pense que Remus nous ment, avoua t-il.

 

— A propos de quoi ?

 

— Du fait qu’il aille voir sa mère tous les mois, répondit Sirius qui ne quittait pas sa soeur du regard.

 

— Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?

 

 

 

Lyra tentait de garder une voix la plus neutre possible pour répondre alors qu’au fond d’elle, tous ses sens étaient en alerte. Que pouvait-elle faire pour protéger le secret de Remus sans éveiller encore plus les soupçons ?

 

 

 

— Peter s’est renseigné auprès de sa mère pour en savoir plus sur les maladies des moldus.

 

— Et ma mère ne connaît pas de maladie qui oblige une femme à rester au lit sans bouger pendant au moins un an, ajouta Peter.

 

— Elle n’est pas magicomage, répliqua Lyra.

 

— Ouais mais c’est quand même bizarre qu’il soit obligé de la voir tous les mois.

 

— Il s’inquiète pour elle, c’est plutôt normal, je trouve.

 

— Mais pourquoi ne pas partir pendant le week-end ? releva Sirius. Ça éviterait qu’il loupe les cours.

 

 

 

Elle ne répondit pas et jura en silence. Comment avait-elle fait pour ne pas remarquer toutes les interrogations des garçons ? Le secret de Remus était en grand danger, elle savait qu’un jour ou l’autre son ami serait obligé de tout avouer à ses camarades, mais Remus avait toujours repoussé l’idée.

 

 

 

— Lyra, commença James. Si on fouille ses affaires pour essayer d’en savoir plus, tu lui diras ?

 

— Non ! s’exclama Lyra en se levant. Vous ne pouvez pas lui faire ça !

 

— Mais il ne veut rien nous dire…

 

— Peu importe, ça le regarde. Vous n’avez pas le droit de fouiller ses affaires pour satisfaire votre curiosité !

 

— Attend, commença Sirius. Tu sais ce qu’il cache ?

 

— Non, bien sûr que non ! Je suis comme vous, je trouve cela étrange mais je préfère attendre qu’il nous le dise de lui-même.

 

 

 

Les Gryffondor accueillirent sa déclaration par un silence, ils n’étaient pas vraiment convaincus.

 

 

 

— Mais Lyra, dit Peter. Si ça se trouve, c’est grave ! 

 

 

 

Les deux autres garçons hochèrent en choeur de la tête. Elle ne savait pas quoi faire pour les dévier de cette très mauvaise idée. Mais après tout, rien dans les affaires de Remus pouvait prouver qu’il était un loup-garou… Et peut être que ça les calmerait pour un moment de regarder, octroyant ainsi quelques mois de répit en plus. Ils allaient le faire un jour ou l’autre, mieux valait que ce soit maintenant où elle était là pour dissimuler une éventuelle preuve.

 

 

 

— De toute manière, commença Sirius. Fais comme tu veux. Nous, on regarde.

 

 

 

James sortit de sous le lit de Remus une grosse malle pendant que Peter s’occupait de son armoire et Sirius, sa table de nuit.

 

 

 

— Vous êtes ses amis, tenta Lyra. Vous devez lui faire confiance… 

 

— C’est parce qu’on est ses amis qu’on doit l’aider, répliqua Sirius. Pas de secret entre nous.

 

— Bon tu viens m’aider ou tu nous regardes travailler ?

 

 

 

Lyra soupira et elle s’accroupit à côté de James.

 

 

 

— Ne comptez pas sur moi pour regarder dans ses caleçons…

 

 

 

Les trois Gryffondor s’esclaffèrent.

 

 

 

— Tu progresses Lyra, dit James. Tu progresses…

 

 

 

La malle de Remus était presque vide à l’exception de deux ou trois morceaux de parchemin et quelques babioles. Elle prit le paquet de lettres qui étaient le plus susceptible de contenir quelque chose qui intéresserait les garçons. Elle ouvrit la première pour voir la lettre d’admission à Poudlard suivit d’un autre parchemin.

 

 

 

 

 

27 août 1971

 

Mr Lupin, 

 

 

Je vous donne rendez-vous dans le bureau du professeur Dumbledore après le repas de rentrée. Le mot de passe est Suçacide. Mr Rusard, le concierge sera informé et vous laissera circuler dans le couloir après l’heure de couvre-feu. Nous reverrons ensemble les mesures prises pour que votre condition n’altère en rien vos études à Poudlard.

 

 

Si jamais il y avait le moindre problème, je vous demanderais de m’en tenir informée le plus rapidement possible. Et si vos parents ont la moindre question, ils peuvent à tout moment m’envoyer un hibou, je leur répondrais avec plaisir. 

 

 

Minerva McGonagall, directrice adjointe de Poudlard.

 

 

 

Soigneusement et discrètement, Lyra plia le parchemin et le cacha dans la manche de son pull sans qu’aucun des garçons ne la voie.

 

 

 

Le troisième parchemin contenait les résultats d’examens aux évaluations de première année. Résultats excellents d’ailleurs, il avait était un bon élève. Restait deux feuilles encore. Elle ouvrit la première et découvrit un dessin qu’elle avait fait l’année dernière. Il représentait un loup. Elle croyait l’avoir perdu, mais il semblerait que Remus l’avait depuis tout ce temps.

 

 

 

— Qu’est-ce que c’est ? demanda James en regardant par-dessus son épaule.

 

— Juste un dessin, dit-elle machinalement en repliant le parchemin rapidement. Tu as trouvé quelque chose d’intéressant ?

 

— Non, juste un vieux grigri et une chaînette.

 

 

 

Il désigna une petite figurine sculpté en bois représentant un loup qui hurlait. Une chaine en argent était posée à côté.

 

 

 

— Je vais aider Peter, dit-il en se levant.

 

— Ok, je finis ces parchemins.

 

 

 

Elle déplia la dernière lettre qui restait et commença à lire.

 

 

 

Cambridge,

 

le 31 juillet

 

 

Salut Lyra,  Chère Lyra,  Lyra,

 

 

J’espère que tu vas bien. Comment vas-tu ? Le temps est superbe chez moi (normal, on est en été !). Bref, je voulais

 

 

Je suis allé sur le bord de mer pour voir les mouettes et

 

 

Merci en fait. Surtout merci pour tout ce que tu as fait. Ce que tu n’as pas dit. Chaque minute assis avec toi sous les étoiles me donnait l’impression d’être normal, tu comprends

 

 

Que fais-tu de tes vacances ? Pars-tu quelque part ?

 

 

Il ne l’avait pas fini. Et clairement, il avait eu beaucoup de difficultés pour écrire ces quelques phrases maladroites. Soigneusement, elle la replia et la remit à sa place dans la grande malle.

 

 

 

— Alors ? demanda James.

 

— Alors il a eu de bien meilleures notes que moi aux examens ! dit-elle en souriant. Bref, j’ai rien. Et vous ?

 

— Rien, déclara Sirius. À part qu’il lit des trucs de vieux, mais bon…

 

— On le savait déjà, répondit James en rigolant.

 

— Moi j’ai peut-être quelque chose, avoua Peter.

 

 

 

Lyra se retourna brusquement vers lui, le coeur battant la chamade.

 

 

 

— Quoi ?

 

— Il a un pull tout abîmé.

 

— Montre.

 

 

 

Peter sortit un pull en laine et à grosses mailles déchiré.

 

 

 

— C’est vrai que en plus de ses cicatrices, il a parfois des griffures sur lui, se rappela Sirius.

 

— Oui ! s’exclama James. Et il a une grande cicatrice dans le dos.

 

— Comment tu sais ça, toi ? demanda Lyra.

 

— Les mecs ont leurs petits secrets Miss… répondit-il en lui faisant un clin d’oeil.

 

 

 

Elle leva les yeux au ciel.

 

 

 

— Bref, s’impatienta Sirius en s’affalant sur un lit, une chocogrenouille à la main. On n’est pas plus avancés.

 

— Peut être qu’il aime faire la chasse pendant la nuit ? hasarda Peter.

 

— Hein ?! s’exclama Sirius en manquant de s’étouffer. La chasse ?

 

— Bah oui, ça ne peut qu’être un animal sauvage qui fait ce genre de déchirures sur des vêtements. Ou éventuellement des ronces et des branches basses. Vous ne croyez pas ?

 

 

 

Les autres se turent pour réfléchir.

 

 

 

— J’ai un peu de mal à voir Remus en chasseur d’animaux sauvages…

 

— Ouais, approuva Sirius. Ça colle pas.

 

 

 

Peter replia le pull et referma soigneusement l’armoire. Il prit une chocogrenouille et s’allongea sur son lit. Seul restait James debout, le cerveau tournant à plein régime pour mettre un sens à tout ce charabia. Lyra rangea les objets qu’ils avaient sortis à leur place dans l’armoire et rejoignit son frère sur son lit.

 

 

 

— Il ne nous reste plus qu’une chose, murmura James. On va lui parler.

End Notes:

Hello,


Oui Rabastan est un charmant personnage. Et les parents Black sont loin d'être tendres, la tension monte, peut–être jusqu'à un point de non-retour ?


Regulus commencera à être présent de manière ponctuelle, je le developperai en parallèle des jumeaux, c'est un personnage que j'aime beaucoup, d'ailleurs il y a le fan club R.A.B. si jamais vous êtes intéressé.e. On y décortique son caractère, ses émotions et par la même occasion sa relation avec son frère et sa famille. Je suis sur le forum sous le pseudo de rowinter si jamais ça vous intéresse ;)


Ah ! Et petite question, Dave Goujon, ça vous dit quelque chose ? Ha ha, indice il est cité dans le 3. En gros ce sera le personnage un peu maladroit et un peu fou a qui il arrive des choses inimaginables, de quoi avoir de belles anecdotes !


winter

Chapitre 12 : IIème année by Winter
Author's Notes:

ϟ. The Pretty Reckless - House On A Hill



Close-up, Abbas Kiarostami, 1990

Le plan était simple. Il requérait plus de techniques moldues que de magie. Ils avaient placé des sacs de farine et des seaux d’eau savonneuse au dessus du couloir des Serpentard. Ils les avaient mis bien en hauteur et dissimulés par de la peinture noire pour que personne ne les voie. Et puis de toute manière, qui regardait les plafonds en marchant ? Sûrement pas les Serpentard.

 

 

 

Ils avaient découvert en faisant quelques rondes de surveillance que derrière une tapisserie se trouvait un passage qui emmenait au troisième étage, loin de la salle commune des vert et argent. Leur mission était délicate, c’était leur premier gros coup et ils voulaient que tout soit parfait. Dix heures de retenue n’étaient pas vraiment au programme. 

 

 

 

Chacun avait un poste bien précis : Peter s’était mis dans le couloir principal qui amenait à la salle commune des Serpentard. Il devait les prévenir dès que quelqu’un arrivait. James et Remus étaient dans le petit passage, c’étaient eux qui devaient lâcher la cargaison au signal de Sirius, posté un peu plus en amont. Ce qu’ils voulaient, c’était toucher le plus de Serpentard qui reviendraient de leur dîner à la Grande Salle.

 

 

 

Lyra avait raconté à Remus dans les moindre détails ce qui s’était passé pendant qu’il subissait l’influence de la lune. La fouille des garçons, leurs quelques déductions et surtout le fait qu’ils ne semblaient pas vouloir lâcher l’affaire. Remus savait bien qu’un jour ou l’autre, il devrait dire la vérité à ses amis, mais il repoussait ce moment le plus possible ; il avait peur que les garçons aient peur de lui, qu’ils ne veuillent plus le voir, et qu’il soit obligé de quitter Poudlard…

 

 

 

— Ça va être géant, s’extasiait James à côté de lui. 

 

— Encore au moins cinq minutes, ajouta Remus en regardant sa montre.

 

— J’en ai marre d’attendre à rien faire… grogna James. Au fait, comment va ta mère ?

 

— Rien de bien nouveau, son état est stable.

 

 

 

James hocha la tête comme s’il comprenait.

 

 

 

— Ouais bien sûr…

 

 

 

Remus ne répondit pas. Il priait de toutes ses forces pour que les Serpentard arrivent avant que James ne pose LA question.

 

 

 

— Tu sais qu’on est tes amis et que tu peux tout nous dire.

 

— Je sais.

 

— Alors pourquoi tu continues à nous mentir ?

 

— Je ne vois pas de quoi tu parles.

 

— Arrête. Je suis sûre que Lyra est aussi dans le coup. J’ai pas raison ?

 

— James ! Remus !

 

 

 

Les deux garçons sortirent leur tête de leur cachette. Ils virent la main de Sirius, qui dépassait de l’armure où il s’était caché, et qui leur faisait signe de se tenir prêt. Ils sortirent leur baguette et les pointèrent vers les sacs de farine pour l’un, les seaux d’eau savonneuse pour l’autre.

 

 

 

Un hululement retentit. Des Serpentard arrivaient. Sirius sortit son pouce discrètement de derrière son abri. Les élèves étaient à leur niveau quand Sirius baissa son pouce. Les deux sorts fusèrent, les sacs et les seaux lâchèrent leur contenu sur la foule d’élèves. Des cris, des grognements et beaucoup de jurons retentirent. Sirius profita de la confusion pour partir le plus vite possible sans se faire remarquer. Il croisa Peter qui l’attendait et ils rejoignirent la salle commune en rigolant.

 

 

 

— Je crois bien qu’il y avait Servilus en plus ! s’exclama Sirius en se jetant sur son lit.

 

 

 

Lyra leva la tête de son manuel de potion qu’elle lisait dans leur chambre pendant que les garçons faisaient leurs bêtises. Peter sortit de sous son lit des chocogrenouilles cachées dans sa malle, il en lança une à Lyra et une autre à Sirius qui reprenait son souffle après leur petit sprint.

 

 

 

— Ça a marché les gars ! s’écria James en entrant à son tour dans leur chambre. Vous auriez dû voir leur tête, c’était énorme !

 

— Personne ne t’a vu Sirius ? demanda Remus en s’asseyant sur son lit.

 

 

 

L’intéressé haussa les épaules nonchalamment.

 

 

 

— Je crois pas. 

 

 

 

Il se leva et s’avança vers Remus, croisant les bras. Lyra fronça les sourcils, que faisait-il ?

 

 

 

— Ce que je crois par contre c’est ce que tu nous caches quelque chose, et ce depuis trop longtemps. 

 

 

 

Remus pâlit et échangea un regard avec Lyra. Elle lui avait dit pour la fouille. Il s’attendait à ce que les garçons découvrent la vérité un jour ou l’autre. Ils étaient loin d’être idiots et son mensonge ne tenait pas la route. Mais ça ne pouvait être maintenant, c’était trop tôt.

 

 

 

— Tu sais ! s’exclama Sirius surprenant le coup d’oeil échangé avec sa soeur.

 

— Sirius… commença Remus.

 

— Reste en dehors de ça s’il te plait. Tu comptais faire la comédie encore longtemps ?

 

— Tu parles de quoi exactement Sirius ? répondit Lyra pour se placer en face de son frère. 

 

 

 

Les trois autres garçons présents dans la pièce préférèrent ne pas intervenir. Sirius passa une main dans ses cheveux d’un geste rageur. Elle le regarda froidement et marcha vers la porte. Il ne la retint pas, la laissant partir.

 

 

 

— Heu… C’était quoi ça ? osa James.

 

 

 

Sirius ne répondit pas et retourna s’asseoir sur son lit. Remus quant à lui partit à la suite de la jeune fille. 

 

 

 

— Lyra, attend.

 

 

 

Elle se retourna et le laissa la rejoindre dans l’escalier.

 

 

 

— Ça va ?

 

— Tu dois leur dire Remus, ils vont finir par le découvrir de toute manière.

 

 

 

Il écarquilla les yeux stressé que quelqu’un puisse l’entendre et l’entraîna en bas des marches vérifiant que personne n’était dans les parages. Heureusement, la salle commune était presque vide. 

 

 

 

— Tu sais très bien que je ne peux pas, chuchota t-il.

 

— Tu ne veux pas, c’est différent, répondit-elle en chuchotant également et croisant les bras.

 

— Ne joue pas à la Lyra Black froide et distante avec moi ! répliqua t-il. Tu ne sais pas ce que c’est…

 

— Non, je ne sais pas, tu as raison, mais ce que je sais, c’est que eux, ce sont tes amis et qu’ils feraient tout pour toi. Ils ne te trahiront pas.

 

 

 

Son visage se radoucit et elle posa une main sur son épaule.

 

 

 

— Tu devrais leur faire confiance Remus. Comme tu as fait avec moi.

 

 

 

Il aurait voulu répondre que ce n’était pas pareil, qu’avec elle tout était différent, mais le courage lui manquait. Alors il se tut et elle partit dans son dortoir.

 

 

 

Elle espérait que les trois filles de sa chambre ne seraient pas là, mais ses prières ne furent pas exaucées. Elles étaient toutes là à parler tranquillement sur leur lit. Quand Lily, que Lyra évitait depuis la rentrée, la vit, elle se leva et lui coupa le passage.

 

 

 

— Salut Lyra, comment ça va ? Tu es au courant de ce qui s’est arrivé aux Serpentard ? Terrible, non ? C’est surtout étrange que toi et la petite bande de ton frère n’étiez pas dans la Grande Salle pour le repas. C’est fou les coïncidences !

 

 

 

Les nouvelles allaient vite à Poudlard. Lyra inspira un bon coup. Qu’est-ce qu’ils avaient aujourd’hui ? Ils s’étaient tous passé le mot pour lui prendre la tête ?

 

 

 

— Quoi ? Tu m’espionnes maintenant ?

 

— Non, je m’informe. Parce que ta petite bande ne fait pas vraiment partie du fan club de Serpentard…

 

 

 

Lyra était déjà agacée par les sous-entendus de son frère et si Lily s’y mettait elle aussi, ça risquait de tourner au vinaigre.

 

 

 

— Tu veux savoir quoi Lily ?

 

— Si c’est vous qui l’avez fait.

 

— C’est pas nous.

 

 

 

En soit elle ne mentait pas, elle ne faisait pas partie de la blague, si Lily avait demandé eux, Lyra n’aurait pas su quoi répondre. La jolie rousse haussa un sourcil étonné.

 

 

 

— Je ne te crois pas.

 

— Alors me crois pas, répondit Lyra irritée. Je peux me coucher maintenant ?

 

— Tu détestes être à Gryffondor et tu préfèrerais être à Serpentard. Leur faire ça est vraiment stupide. J’ajouterai également que « comme par hasard » Severus faisait parti du lot attaqué. Alors tu peux dire à tes chers amis d’arrêter de l’embêter ou vous le regretterez.

 

— Sinon quoi Lily ? 

 

 

 

La jeune file ne répondit pas et fusilla Lyra du regard. Pas plus perturbée que cela, Lyra la contourna et alla se coucher. Elle détestait cette chambre, elle détestait ces filles, elle détestait cette maison. Elle voulait être seule.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Remus retourna dans la chambre. James et Sirius hésitaient à insister et revenir sur le sujet brûlant. Peter, quant à lui, était dans son coin, il tirait sur les manches de son pull comme à chaque fois qu’il était mal à l’aise.

 

 

 

— Arrêtez avec ça.

 

 

 

Ses amis le dévisagèrent sans rien dire, un peu étonnés de son ton dur. 

 

 

 

— Respectez ça s’il vous plaît, si vous êtes vraiment mes amis, je vous en supplie d’arrêter de chercher.

 

 

 

James se racla la gorge.

 

 

 

— Hmmm… Es-tu en danger ?

 

— Non. Et vous n’aviez pas le droit de fouiller dans mes affaires.

 

— Mais tu ne veux rien vous dire ! s’emporta James. On est tes amis bordel, on veut t’aider !

 

 

 

La Bête au fond de Remus commença à se réveiller et il inspira doucement pour tenter de calmer sa colère. Mais elle était trop forte.

 

 

 

— Mais arrête James ! Arrête d’essayer de comprendre ! Vous n’avez pas le droit de fouiller dans mes affaires, c’est… C’est ma sphère perso et vous l’avez bafouée.

 

 

 

James semblait mortifié et Remus, d’avoir enfin pu vider son sac, senti son coeur reprendre un battement normal.

 

 

 

Il s’avança vers son lit, ignorant Sirius qui avait son visage fermé. C’était la première fois qu’ils le voyaient s’emporter comme ça sur sa soeur, c’était un sanguin, il s’énervait facilement, mais jamais sur sa soeur.

 

 

 

Remus s’en voulait de faire tenir Lyra au secret, sans ça, elle et Sirius ne se serraient jamais énervés.

 

 

 

— Ne lui en veux pas s’il te plaît, c’est moi qui…

 

— Épargne moi tes explications Remus, l’interrompit Sirius qui se leva pour sortir.

 

— Sirius, commença James en le retenant. Qu’est-ce qu’il se passe avec Lyra ? Pourquoi tu es aussi énervé ?

 

 

 

Son ami se retourna, le visage fermés, les poings fermé, Sirius Black deuxième du nom se tenait devant eux.

 

 

 

— Laisse moi, je vais prendre l’air.

 

 

 

James le lâcha et le regarda partir, la boule au ventre. Il sentait bien qu’il ne pouvait rien faire de plus, mais ça, il ne le supportait pas. Son ami n’allait pas bien et James Potter n’était pas du genre à ne rien faire.

 

 

 

Il retourna sur son lit, conscient qu’il fallait aussi du temps à leur ami pour se remettre. Il prit le parchemin gribouillé d’informations qui était sur sa table de chevet. Lui et Sirius avaient réuni toutes les informations qu’ils avaient en leur possession concernant le mystère de Remus. Il relu ses notes pour la énième fois. 

 

 

 

— Part presque tous les mois.

 

— Cicatrices.

 

— Fatigue.

 

— Nouvelles blessures.

 

— Mère qui n’est pas malade ?

 

 

 

Il le plia soigneusement et le remit dans sa poche. Remus était en train de tirer les rideaux de son lit et surprit son regard. James ne dit rien, mais tenta de sourire vers son ami qui hésita avant de lui rendre.

 

 

 

Il était pardonné.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Malgré l’hiver qui arrivait, il faisait encore doux dehors et quelques étudiants profitaient encore du soleil. Les garçons étaient assis par terre essayaient de préparer leur prochain coup, mais le coeur n’y était pas. Sirius, toujours contrarié de sa dispute de la veille avec Lyra, rejetait toutes leurs idées.

 

 

 

— Bon, va lui parler, réglez cette histoire.

 

 

 

Sirius l’ignora, le visage fermé. James soupira.

 

 

 

— Je peux aller la chercher si tu veux. Plus tôt vous aurez réglé cette histoire, plus vite, on pourra passer à autre chose.

 

— Non James…

 

— Alors va la voir ! Je ne sais pas ce qui s’est passé entre vous, mais il faut tirer ça au clair !

 

 

 

Sirius se leva, prit un caillou qu’il jeta dans le lac avec force. 

 

 

 

— Vous ne savez pas ce que c’est de rentrer là-bas…

 

 

 

Tous se taisaient écoutant Sirius qui leur tournait toujours le dos.

 

 

 

— On vit sous l’étiquette, les règles… À Poudlard c’est le seul endroit où on peut faire ce que l’on veut. Ou presque, il y aura toujours quelqu’un pour rapporter nos moindres faits et gestes.

 

 

 

Sirius désigna un groupe de Serpentard de cinquième ou sixième année qui se tenaient un peu plus loin.

 

 

 

— Ma famille est très très puissante, reprit-il en s’asseyant face à eux. Un jour, ils me marieront et ce sera fini pour moi. Depuis que je suis ici, je me pose des questions et j’en veux à Lyra de ne pas se poser ces mêmes questions avec moi.

 

 

 

Les trois autres se regardèrent. Ils savaient que la famille Black était du genre traditionnelle, mais ils ne pensaient pas autant. Cette nouvelle les choquait tous, eux qui vivaient dans un monde ou avoir son opinion n’est pas punissable.

 

 

 

— C’était vraiment important que nous ne soyons pas à Serpentard. C’est pour ça que Lyra était un peu bizarre au début de l’année dernière. On avait passé un an séparés et ils l’avaient complément lobotomisée. Je ne sais pas exactement ce qui s’est passé, mais ce n’était pas drôle. Je ne dis pas que je me suis amusé… Enfin bon…

 

 

 

Sirius avait un visage grave qu’ils ne lui connaissaient pas.

 

 

 

— Elle s’est petit à petit ouverte et j’en étais très content, mais cet été, c’était comme un retour en arrière. Elle est redevenue comme eux voulaient qu’elle soit : une poupée. Elle les laissait dicter sa conduite, souriant à tout bout de champ comme si tout allait bien. 

 

 

 

Il soupira, passant une main dans ses cheveux.

 

 

 

— Je lui en veux de ne pas avoir envie de les envoyer tous chier.

 

— Va lui parler Sirius, dit James en souriant à son ami.

 

 

 

Des cris au loin se faisaient entendre, des Poufsouffle venaient de se jeter dans le lac en rigolant. Le jeune Black ne répondit pas, retournant dans son mutisme. Remus fit signe à Peter de se lever et ils partirent laissant James et Sirius seuls. 

 

 

 

— Sacré Remus, sourit James reconnaissant envers son ami.

 

 

 

Sirius hocha la tête.

 

 

 

— Il faut qu’on fasse quelque chose pour lui. Il ne va pas bien, dit-il.

 

— Oui, j’y ai beaucoup réfléchi et j’ai ma théorie. En fait, c’est assez simple.

 

 

 

Sirius leva la tête intéressé.

 

 

 

— Il disparaît à chaque pleine lune, j’ai vérifié.

 

— Impossible, répondit Sirius qui comprit immédiatement. Lyra sait son secret, c’est sûr, et si c’était un loup-garou, elle l’aurait tout de suite dénoncé.

 

— Je ne crois pas… Je pense qu’elle l’a découvert, qu’elle a eu peur, mais qu’elle a décidé de ne rien dire.

 

— Impossible, continua Sirius. Je connais ma soeur.

 

— Vraiment ?

 

 

 

Sirius se mordit la lèvre ce qui amusa James, Lyra faisait exactement la même chose quand elle était contrariée.

 

 

 

— Il a des cicatrices, il part tous les mois à la pleine lune, il revient fatigué… Réfléchis Sirius, il n’y a que ça !

 

— Oui mais…

 

— Ta soeur est certes très imprégnée de votre éducation, mais elle est amie avec Remus avant tout. Elle ne l’aurait pas trahît. Regarde, depuis l’année dernière, ils sont devenus beaucoup plus proches !

 

— Putain… murmura Sirius. 

 

— Ça colle !

 

 

 

James sourit, heureux d’avoir démêlé le mystère.

 

 

 

— On devrait le suivre, voir où il part et le retrouver au petit matin.

 

— Pourquoi l’avoir caché depuis tout ce temps ? réfléchit Sirius à voix haute. Il doit avoir peur de notre réaction…

 

 

 

James haussa les épaules.

 

 

 

— Tu as peur toi ? demanda t-il.

 

— Non. Toi ?

 

— Non.

 

 

 

Ils hochèrent la tête, ils étaient d’accord que cela n’allait changer en rien leur amitié avec Remus.

 

 

 

— On doit lui montrer que c’est qu’un détail pour nous, reprit Sirius. Il faut qu’on lui montre qu’on est là pour lui.

 

— On pourrait trouver un moyen de l’accompagner, ne plus le laisser seuls…

 

 

 

Les deux compères se sourirent. Oui, ils allaient faire ça, ils avaient plein d’idées qui leur venaient. Et ils étaient sûrs d’une chose, Remus était leur ami et ils n’allaient pas le laisser tomber.

 

 

 

— Et avec Lyra, tu vas faire quoi ?

 

 

 

Sirius soupira, il avait espéré que James aurait oublié.

 

 

 

— Je ne sais pas, j’ai pas vraiment l’habitude de parler de tout ça…

 

— Tu l’as fait pourtant.

 

 

 

Sirius hocha la tête. Les trois garçons qui partageaient sa chambre étaient tout pour lui. James surtout, le comprenait mieux que quiconque. Celui-ci n’allait pas le laisser fâché contre Lyra.

 

 

 

— Lyra fait des progrès de jours en jours. Tu peux lui dire ce que tu nous as dit. Peut être qu’elle te dira comment elle se sent. Peut-être pas. Mais tu dois surtout lui laisser du temps…

 

— C’est ridicule, mais… commença Sirius. Mais des fois, je me demande ce que ça ferait si on partait de là-bas. Je sais, c’est idiot…

 

 

 

James ne trouvait pas cela idiot du tout. La gorge serrée, il posa une main réconfortante sur l’épaule de son ami.

 

 

 

— Si un jour cela venait à arriver, tu sais où tu seras toujours le bienvenu.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Sirius avait l’esprit ailleurs. Il n’avait pas parlé avec Lyra de la raison de leur dispute. Sa soeur était très forte pour éviter toute forme de conflit et ne ramenait jamais le sujet sur le tapis. Et comme il ne venait pas lui en parler, la vie à Poudlard avait repris son cours comme si tout était normal.

 

 

 

Il n’avait pas tout dit à James, il y avait autre chose, autre chose qu’il avait gardé secret depuis longtemps. Mais c’était des histoires de famille, il doutait que James comprenne réellement. 

 

 

 

Une chouette arriva pour lui donner une lettre. C’était une nouvelle d’Andromeda, ils n’avaient pas cessé de s’écrire, elle lui décrivait sa nouvelle vie de femme libre, tandis que lui, il lui partageait son quotidien à Poudlard. Elle lui parlait souvent du fait que Lyra ne répondait pas ses quelques lettres. Ça aussi, il n’en parlait pas avec sa soeur. 

 

 

 

Elle avait été profondément meurtrie du départ de leur cousine, elle s’était sentie abandonnée et il le comprenait très bien. Il ne pouvait pas lui faire la morale et lui dire de répondre, non, il ne pouvait pas faire ça.

 

 

 

Sirius soupira et se plongea dans sa lecture. Il y avait bien trop de choses qu’il ne disait pas. 

 

 

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Regulus avait toujours été un fan de quidditch. Dès qu’il avait appris à lire et qu’il avait découvert Le Quidditch à travers des âges, il s’était imaginé mille et un match. Tantôt lui au poste de batteur, au poste de gardien ou au poste de poursuiveur. Mais il y avait un rôle par-dessus tout qui le faisait rêver : attrapeur.

 

 

 

Il s’imaginait tournoyant dans les airs, éviter un cognard de si peu qu’il le sentirait passer près de ses cheveux. Il plongerait et attraperait le si précieux vif d’or. Il avait eu des cours de vol sur balai et c’était de loin sa classe préférée !

 

 

 

— Nous verrons cela au prochain cours, vous me ferrez pour la prochaine fois 20 centimètres sur les risques de la métamorphose, bonne journée, conclut le professeur McGonagall. 

 

 

 

Regulus rassembla ses affaires rapidement et sorti de classe. Il avait faim et avait hâte de goûter ces gâteaux qu’il avait repérés ce midi. Il les aperçut et s’arrêta soudainement. Ils s’avancèrent vers lui, mais il baissa la tête et accéléra le pas.

 

 

 

— Regulus s’il te plaît, dit Lyra.

 

 

 

Il soupira. Toute sa classe était partie de toute façon, ils ne les verraient pas.

 

 

 

— Comment ça va ? demanda Sirius.

 

— Bien… 

 

 

 

Sirius comme Lyra échangèrent un regard. Ils étaient frère et soeur pour une raison, ce n’était pas une famille de bavards.

 

 

 

— Narcissa est gentille avec toi ? demanda Lyra.

 

— Qu’est-ce que vous voulez ? coupa froidement Regulus.

 

— Prendre des nouvelles.

 

— Je vais bien, contents ?

 

 

 

Sirius qui regardait l’échange en silence senti la colère arriver.

 

 

 

— C’est quoi le problème Reg ?

 

 

 

Celui-ci avait le regard dur, le même regard que Orion.

 

 

 

— Tu nous en veux, finit par dire Lyra. Je comprends que ça n’a pas dû être facile cette année seul. Mais maintenant que nous sommes tous ensemble à Poudlard, on peut de nouveau passer un peu de temps ensemble.

 

— Bien sûr, répliqua Regulus amère. On va manger tous ensemble dans la Grande Salle comme la gentille petite famille que nous sommes ?

 

— Hey Regulus qu’est-ce qui te prend ? Intervint Sirius. On n’a pas choisi d’aller à Gryffondor et on n’y peut rien si tu étais seul l’année dernière.

 

— Oh vraiment ?

 

 

 

Regulus inspira profondément, toute cette colère accumulée le pesait. 

 

 

 

— Tu adores être à Gryffondor Sirius, tu parades avec tes amis, tu fais des coups aux Serpentard. Tout ça te plait. Je vous déteste pour ça. Père et Mère étaient tellement déçus, vous les avez déshonorés. Notre famille a des valeurs et vous envoyez tout valser sans vous soucier des autres qui en pâtissent. D’abord Andromeda, maintenant vous…

 

 

 

Lyra était touchée par les paroles de son frère, et au vu du visage de Sirius, lui aussi l’était.

 

 

 

— J’aimerai faire mes études ici tranquillement, j’aimerais jouer au quidditch, et que vous me laissiez tranquille.

 

 

 

Les jumeaux échangèrent un regard.

 

 

 

— Si c’est ce que tu veux… dit Sirius.

 

 

 

Regulus hocha la tête et s’apprêtait à partir quand la voix de Lyra le retint.

 

 

 

— Juste… Promet que tu feras attention. Il y a des personnes dont il vaut mieux se tenir éloigné.

 

— Je sais, répondit Regulus.

 

 

 

Si elle était surprise, elle n’en montra rien, le regardant partir avec tristesse. Elle sentit Sirius qui s’approchait et qui hésita avant de la prendre dans ses bras.

 

 

 

— Heureusement que tu es là, dit-il.

 

 

 

« — Alors promets moi que quoi qu’il se passe, on restera ensemble. Là, l’un pour l’autre. Promis ?

 

— Promis, murmura t-elle. »

End Notes:

Hello,

La tension monte dans le groupe, Sirius commence à comprendre aussi que ce qu'il vit au Square Grimmaurd n'est peut-être pas la même chose pour tout le monde. Il cogite et son sang de Gryffondor bouillone !

Lily et Lyra ne sont définitivement pas amies, vous auriez aimé qu'elles le soient ? C'est vrai que Lyra est très renfermée sur elle-même, ne parle à personne, pour se protéger et protéger les autres, cela viendra où elle s'ouvrira... Peut-être. [sourire sadique "vous ne croyez pas que je vais vous dévoiler la vérité, hein ?"]

La promesse entre Lyra et Sirius est un petit clin d'oeil au chapitre 2... Oui je suis quelqu'un de nostalgique, j'adore les throw back et les clins d'oeil au passé ! ;)

winter

Chapitre 13 : IIème année by Winter
Author's Notes:

ϟ. Wildlife - Dead Century

image par @youssef_naddam

Remus sentait ses jambes trembler. Cette transformation avait été particulièrement éprouvante. Quand il était stressé, la Bête le ressentait. Et cette nuit là, il était particulièrement stressé. 

 

 

 

James et Sirius savaient. 

 

 

 

Ou pas.

 

 

Il ne savait pas, ne savait plus.

 

 

 

Ce qu’il avait vécu avec eux à Poudlard avait été les plus belles années de sa vie. Il avait eux des amis. Certes, ils ne connaissaient pas la vérité, mais ils l’avaient accepté, un peu. 

 

 

 

Son épaule lui faisait mal, il sentait du sang couler. La Bête s’était vraiment déchaînée. Il devait vite rejoindre Mme Pomfresh. Mais sa tête lui tournait tellement… Tellement.

 

 

 

Quand il avait soupçonné Lyra de connaître la vérité, il s’était senti mal oui, mais pas à ce point. C’était différent avec la jeune fille. C’était comme si au fond de lui, il avait toujours su que… Que quoi ?

 

 

 

Il s’appuya contre le mur du passage souterrain pour reprendre son souffle. Le jour se levait, il voyait les rayons de soleil éclairer l’entrée placée sous le saule cogneur. Il reprit sa lente progression. Il ne s’était pas trompé, le soleil matinal caressait son visage alors qu’il sortait.

 

 

 

Sauf qu’il n’était pas tout seul.

 

 

 

James, Sirius et Peter étaient assis par terre à l’attendre. Le visage de Sirius se fendit d’un large sourire en le voyant arriver.

 

 

 

— Ah ! Enfin, je meurs de froid les fesses par terre sur cette herbe mouillée !

 

— Qu’est-ce… Qu’est-ce que vous faites ici ? demanda Remus les larmes aux yeux mélange de fatigue et de stress.

 

— Bah on t’attendait ! répliqua James.

 

 

 

Remus les regarda sans comprendre.

 

 

 

— Viens, on va aller voir Mme Pomfresh, reprit Sirius.

 

— Mais… dit Remus, les larmes coulant sur ses joues. Je suis un loup-garou…

 

 

 

Sa voix s’était éteinte dans un murmure. Les autres s’approchèrent en souriant.

 

 

 

— Oui, bon, tu as un petit problème de fourrure, voilà tout, lui dit James avec toute la bienveillance dont il était capable. On a tous un petit quelque chose. Sirius par exemple a un petit problème de fierté…

 

— Quoi ? s’exclama l’intéressé. N’importe quoi !

 

— Bien sûr que si !

 

 

 

Ils rigolèrent et Remus finit par se joindre à eux.

 

 

 

— Remus, on est amis, reprit James. Et là, tu as besoin de tes amis donc on est là.

 

 

 

Les larmes de Remus, se joignirent au sang. Il sentit ses jambes flageoler et se laissa tomber à genoux.

 

 

 

— Remus ! s’exclama Peter.

 

 

 

James et Sirius accouraient déjà pour l’aider à se relever, le maintenant chacun d’un côté.

 

 

 

— T’inquiète pas Lunard, on va t’emmener à l’infirmerie.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Je ne me rappelle pas trop de la journée qui a précédé. Je me rappelle juste de l’odeur de ces crêpes un peu épaisses, des crumpets, que ma mère fait toujours quand il pleut beaucoup. Et cette journée avait été particulièrement pluvieuse. Mon père quant à lui prenait un bon livre, allumait le feu et se posait là pour lire. La plupart du temps, je me joignais à lui, mais aujourd’hui non.

 

 

Nous sommes le 10 mars 1971, c’est mon anniversaire. Je devrai me réjouir, mais cette année, je n’ai pas le coeur à sourire. J’ai 11 ans.

 

 

J’ai grandis quasiment toute ma vie en étant un loup-garou. Mes parents m’ont toujours soutenu et aimé, mais ne m’ont jamais caché que la vie ne serait jamais facile pour moi. Aller à Poudlard, étudier, travailler, avoir des amis, tomber amoureux… Rien de tout cela sera possible pour moi. Ce 11ème anniversaire est particulièrement compliqué puisque normalement, je devrais rentrer à Poudlard en septembre. Il n’en sera rien.

 

 

Perdu dans mes contemplations des flammes qui lèchent le bois, je ne remarque pas que mes parents sont partis à la porte d’entrée pour demander à un sorcier barbu de partir. C’est ce même sorcier qui me sort de mes pensées.

 

 

— Joyeux anniversaire Remus.

 

— Merci, dis-je par politesse sans comprendre qui est cet homme. Vous voulez des crumpets ?

 

— Merci, répondit-il en souriant gentiment. Tu me laisses jouer une partie avec toi ?

 

 

Il désigne mon jeu de bavboules posées par terre. Je lui tends une bille et le laisse tirer le premier coup. Nous jouons en silence, je sens le regard de mes parents derrière moi qui ne savent pas quoi faire. Pourtant, je n’ai pas peur, ce sorcier un peu étrange qui débarque de nulle part m’inspire une grande confiance. Je gagne rapidement et un peu gêné, je ne sais pas quoi dire.

 

 

— Je suis un peu rouillé, on dirait…

 

 

Il se redresse et s’assied sur un fauteuil près de moi.

 

 

— Je sais ce qui t’es arrivé quand tu avais quatre ans. Toutefois, je ne vois aucune raison pour moi de t’empêcher d’étudier à Poudlard.

 

— Professeur Dumbledore… commence mon père en se rapprochant.

 

— Lyall, tu as un fils qui a tout d’un grand sorcier, je serai plus que heureux de l’accueillir et de mettre en place tout ce dont il a besoin. 

 

 

Mon père s’assit sur le canapé derrière moi et regarde Dumbledore avec confiance. Seule ma mère hésite encore.

 

 

— Je ne veux pas que vous lui donniez de faux espoirs, dit-elle.

 

— Espérance asseyez-vous, je vous en prie.

 

 

À contre coeur, elle décida de faire confiance à cet homme qu’elle ne connaissait pas.

 

 

— Nous avons trouvé un endroit où Remus pourra se transformer. C’est loin de l’école accessible par un passage secret qui part du château. Je m’assurerai que personne ne pourra y aller, il n’y aucun risque. Mme Pomfresh, l’infirmière l’accompagnera et le ramènera. Elle est très qualifiée et saura prendre soin de votre fils. Je pense que pour ta sécurité, Remus, et assurer ta scolarité à Poudlard, tu dois maintenir le secret sur tout cela.

 

— Cet endroit, intervint Lyall. C’est quoi exactement ? C’est où ?

 

— Près de Pré-Au-Lard. Nous l’avons protégée avec des sorts et enchantements pour que personne ne vienne et que Remus y soit en sécurité.

 

— Pré-Au-Lard ? demande ma mère qui ne comprend pas ces termes sorciers.

 

— Un village de sorciers près de Poudlard, explique mon père.

 

 

Dumbledore se tourne alors vers moi.

 

 

— Mais avant tout ça, j’ai une question pour toi Remus : veux-tu venir à Poudlard ?

 

— Pour de vrai ? dis-je me demandant si je ne rêve pas.

 

— Pour de vrai, assure t-il.

 

 

Une joie immense me remplit.

 

 

— Oui.

 

 

J’ai un grand sourire qui ne me quitte pas, si bien que quand la fin de la journée arrive, j’ai mal aux joues. Je vais aller à Poudlard. Je vais pouvoir rencontrer des gens, devenir un sorcier, me faire des amis…

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Severus Rogue était content. Cette sensation si simple et si complexe à la fois le rendait léger. Durant sa première année, il était resté beaucoup seul. Mais cette année à force de les côtoyer tous les jours entre la salle commune, la grande salle et les cours, il avait commencé à se rapprocher de Mulciber et Avery. Ils étaient drôles parfois et surtout, surtout, ils le laissaient tranquilles.

 

 

 

Parfois, il les entendait parler et sentait que tout ne tournait pas forcement très rond dans leur tête. Déjà, ils s’obstinaient à appeler les nés moldus « Sang-de-Bourbe ». Severus savait ce que cela voulait dire. Et ce n’était vraiment pas gentil. Il leur avait demandé d’arrêter de le faire pour Lily, et ils avaient accepté, à son grand soulagement.

 

 

 

Il savait qu’un jour, le fait qu’il soit à Serpentard et Lily à Gryffondor poserait problème, ils ne se voyaient jamais en public d’ailleurs. Cependant, quand il la retrouvait, ses deux nouveaux amis faisaient toujours attention à ne rien dire.

 

 

 

En fait, ce qui lui plaisait avec les deux garçons, c’était qu’ils lui laissaient toujours son jardin secret intact. Même lui, il savait qu’il ne voulait pas poser trop de questions. Peut-être un jour, il voudrait en savoir plus, mais pour l’instant non. 

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

 

 

Lyra était dans la grande salle en train de remplir son carnet pendant qu’elle mangeait. Elle s’était efforcée de respecter le souhait de sa mère de remplir chaque page soigneusement. Elle le rangea rapidement quand une fille s’installa en face d’elle.

 

 

 

— Salut je m’appelle…

 

— Alice, répondit Lyra en reconnaissant la jeune fille qui lui avait un jour donné le mot de passe de la salle commune.

 

— C’est ça, acquiesça la jeune fille en souriant. Et toi, tu es Lyra Black.

 

 

 

Alice avait les cheveux courts et bruns. Ses yeux pétillaient de malice et d’énergie.

 

 

 

— Tu connais Frank Londubat ?

 

 

 

À l’entente de ce nom, Lyra fit un plongeon dans le passé. Elle n’avait croisé Frank qu’une fois et c’était avant Poudlard, mais elle s’en rappelait comme si c’était hier.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

J’entends des bruits de dispute en bas. D’habitude, la maison est plutôt calme, excepté les moments où Mère punit les elfes de maison. Dans ces cas, là, je cours me cacher sous la couette pour ne plus entendre leurs cris. En général, Sirius me rejoint aussi et on s’imagine qu’on est dans une grotte sur une île déserte avec des monstres autour de nous.

 

 

Mais ce ne sont pas des cris que j’entends, enfin si, mais pas des cris d’elfes. Je reconnais la voix de Mère, il y a aussi une voix d’une autre femme, mais je ne la reconnais pas. Pieds nus, je descends doucement l’escalier et me cache dans l’ombre pour mieux écouter. Sirius est déjà là et me désigne Mère avec une grande dame habillée élégamment. 

 

 

Un peu comme les femmes du Club que Mère invite à prendre le thé. Elles se disputent dans le vestibule. Je n’ai jamais vu Mère dans cet état, des mèches de cheveux s’échappent de son chignon strict, ses joues sont rouges de colère et elle cri sans aucune retenue.

 

 

— Comment osez-vous ?! Je suis Walburga Black n’oubliez pas !

 

— Le fait que vous soyez une Black, ne vous donne pas tous les droits !

 

— Mais regardez-vous, vous sentez la médiocrité à plein nez ! Il était dans mon droit d’agir au plus vite pour limiter les dégâts.

 

 

Je me tourne vers Sirius qui semble aussi choqué que moi de voir Mère insulter cette femme. Je me décale légèrement et vois qu’elle n’est pas seule. Elle tient la main d’un garçon qui lève les yeux et me regarde. Je mets un doigt devant ma bouche pour lui faire comprendre de ne rien dire. Avec un soupir de soulagement, je le vois acquiescer discrètement. 

 

 

— Walburga, je tenais à vous le dire en face : ne vous avisez pas de remettre le nez dans ma gestion du Club ! J’en suis une des présidentes, respectez le !

 

— Le Club part à sa perte avec vous, soyez un peu réaliste !

 

 

Je sens la main de Sirius me serrer le bras, je me tourne vers lui et il me fait signe de remonter en vitesse. En effet, Kreattur s’apprêtait à monter les marches. Le plus discrètement possible, nous regagnons notre chambre.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Peu de temps après cette altercation, Augusta Londubat avait quitté le Club et Walburga était élue pour la remplacer. Lyra ne pensait pas que sa mère ait été élue, mais plutôt qu’une quantité suffisante de commissions avaient été versées. C’était la seule fois qu’elle avait vu Franck et on ne pouvait pas vraiment dire qu’ils aient eu le temps de sympathiser.

 

 

 

Elle ne voyait pas ce que lui voulait cette jeune fille et fronça les sourcils méfiante.

 

 

 

— Qu’est-ce que tu veux ?

 

— Tu es en deuxième année, c’est ça ? Je suis en quatrième et j’étais amie avec Anne, Lucie, Audrey et Jessica, et en fait, moi, je pensais vraiment que je pouvais leur faire confiance, normal, quand on est potes, on se fait confiance, on peut compter sur l’autre, mais elle, Audrey, elle a fait un truc vraiment pas cool, quand tu dis que tu es en cruch sur quelqu’un, quand tu es sa pote tu vas pas voir le mec et te faire un coup de pute dans le dos et embrasser le mec, et bah elle si, j’étais ultra vénère, les autres elles ont pris sa défense genre première arrivée, première servie, mais c’est quoi cette connerie ?! Honnêtement ? Toi, tu en penses quoi ?

 

— Heu…

 

 

 

Lyra regarda la jeune fille qui avait parlé très vite et sans prendre sa respiration. Elle n’était pas sûre d’avoir tout compris. Cependant, la spontanéité de la jeune fille lui plaisait.

 

 

 

— Non, répondit-elle.

 

— Ah tu vois que c’est pas cool ! Bref, je ne leur parle plus.

 

 

 

Alice s’empara d’un petit pain qu’elle émietta plus qu’elle ne le mangeait.

 

 

 

— Sauf que moi ce mec c’est… C’est comme si je savais que c’était lui, tu vois ?

 

 

 

Non, Lyra ne voyait pas du tout. De quoi parlait-elle ?

 

 

 

— C’est l’homme de ma vie !

 

 

 

Lyra fronça les sourcils.

 

 

 

— Celui avec lequel je veux vivre, avoir des enfants… expliqua Alice interloquée. Mais tu sors d’où Lyra Black ?

 

 

 

Elle n’écouta pas la réponse qu’elle était déjà repartie.

 

 

 

— À plus Lyra Black !

 

 

 

Sirius avait de l’énergie à revendre, Lyra avait l’habitude de le voir excité comme puce, surtout quand il était avec James, mais cette Alice, c’était une autre catégorie…

 

 

 

En parlant du loup… Sirius arrivait dans sa direction.

 

 

 

— Ça va ? demanda t-il en fronçant les sourcils en voyant les miettes de pain éparpillées sur la table.

 

— Oui, oui longue histoire, et toi ? dit-elle en nettoyant la table.

 

 

 

Son frère passa sa main sur son visage en souriant.

 

 

 

— On sait pour Remus.

 

 

 

Elle écarquilla les yeux. Était-ce un coup de bluff ?

 

 

 

— On a deviné avec James, en fait, on avait tous les éléments à notre disposition pour comprendre. Il suffisait de réfléchir un peu. Alors on a attendu la pleine lune pour prévenir Peter, il allait flipper, tu le connais. On a attendu que Remus parte, et on a remarqué qu’il disparaissait vers le Saule Cogneur, alors on y est allés et on a attendu. Je peux ?

 

 

 

Il désigna son verre de jus d’orange, elle hocha la tête et il en prit une gorgée.

 

 

 

— Merci, j’en étais où ? Ah oui ! James et moi, on en avait parlé, mais c’était assez évident qu’on allait garder le secret, Remus est notre ami, c’est normal, tu comprends, tu as fait le même choix.

 

 

 

Elle acquiesça. Elle se rappelait de ce jour comme si c’était hier. 

 

 

 

— Je me demande juste une chose : pourquoi ne pas me l’avoir dit ? Pourquoi tu ne m’as rien dit ? Je n’y croyais pas à son histoire à Remus, pourtant, c’était assez évident. Mais toi, tu t’obstinais à ne rien dire.

 

— Ce n’était pas à moi de vous le dire. Remus devait le faire, répondit-elle tout simplement.

 

 

 

Sirius hocha la tête.

 

 

 

— Je comprends.

 

 

 

Il la rassura d’un sourire.

 

 

 

— Avec James on a pensé qu’on ne devait pas le laisser subir tout ça seul. On veut trouver un moyen de l’accompagner sans que ce soit trop dangereux, bien sûr.

 

— Oui, si c’est un peu dangereux, ça va, ironisa t-elle.

 

 

 

Il rigola. 

 

 

 

Sa soeur était tout pour lui. James avait raison, il devait lui laisser du temps, un jour, elle serait prête à parler d’eux, de leur vie qui était déjà tracée. En attendant, il devait apprendre à lui faire confiance.

 

 

 

— Si tu veux venir avec moi, on retourne voir Remus à l’infirmerie, il doit aller mieux maintenant.

 

 

 

Ils se levèrent et traversèrent la Grande Salle. Ils croisèrent James en chemin, un sourire malicieux sur les lèvres.

 

 

 

— Plus tard, dit-il en voyant que Sirius allait lui poser une question.

 

 

 

Le Gryffondor remballa sa curiosité et ronchonna jusqu’à ce qu’ils arrivent. Mme Pomfresh les regarda arriver en soupirant. Elle sentait que ce groupe là, elle allait les voir souvent dans son infirmerie. D’un autre côté, elle était contente pour Remus. Pauvre petit…

 

 

 

— Lunard ! s’exclama Sirius en voyant son ami. Regarde qui on amène !

 

— Lunard ? demanda l’intéressée.

 

— James a trouvé un surnom, il est cool non ?

 

 

 

Elle hocha la tête et sourit à Remus en s’approchant du lit. Un épais bandage entourait son épaule.

 

 

 

— C’est rien, la rassura t-il sentant son regard.

 

 

 

Elle s’assit sur le bord du lit n’osant pas lui prendre la main.

 

 

 

— Ils ont compris, dit-il.

 

— Je sais.

 

— Ils m’ont attendu.

 

— Oui.

 

— Ils n’ont pas peur.

 

— Évidement.

 

 

 

Derrière eux, James et Sirius se chamaillaient, mais Lyra comme Remus ne leur prêtaient pas attention. Leurs mains étaient si proches.

 

 

 

— Ah Peter est là ! se réjouit James.

 

— Enfin on va pouvoir savoir ce qu’il y a dans ce sac ! s’impatientait Sirius.

 

 

 

L’instant magique était brisé, gênée, Lyra se releva.

 

 

 

— Ok, je vais vous confier un secret, reprit James avec sérieux. Cet été, mon père m’a fait un cadeau. Et je pense qu’on est tous d’accord pour ne plus laisser Lunard tout seul tous les mois. Et j’ai exactement ce qu’il nous faut pour l’accompagner incognito.

 

 

 

Il posa son sac sur le lit et en sortit une cape. Il se drapa dedans et son corps disparut laissant uniquement sa tête. Les autres bouche bée ne savaient pas quoi dire.

 

 

 

— Il m’a offert sa cape d’invisibilité. 

 

 

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Quelques jours après, Lyra n’avait pas oublié son étrange échange avec Alice Brook de quatrième année. Elle ne l’avait pas recroisée depuis ce jour dans la Grande Salle, et curieusement, elle avait hâte que celle-ci lui en dise plus sur Franck. Pas par intérêt pour un quelconque potin, mais parce que Alice était une potentielle amie après tout. Elle ne semblait pas être une née moldue, et n’était pas une Sang-Pur. Elle était neutre finalement. Ce qui signifiait que Lyra n’aurait pas de gros représailles si son amitié avec elle venait à se faire savoir.

 

 

 

Alice n’était pas la seule sang-mêlée de Gryffondor. Ils étaient en nette majorité dans toute l’école. Cependant, Alice était plus âgée (de deux ans) et cette différence plaisait à Lyra. Elle sentait qu’avec Alice, elle pourrait lâcher prise et s’amuser un peu.

 

 

 

Ce jour arriva alors que Poudlard était en ébullition : c’était la finale de Quidditch, Serdaigle contre Serpentard. Toutes les maisons s’alternaient le titre de champion de Poudlard, toutes sauf Gryffondor. Celle-ci brillait par sa médiocrité depuis quelques années. Lyra, quand à elle, ne s’intéressait pas trop au Quidditch. Elle n’était jamais montée sur un balais et de toute manière ne pouvait pas aller au stade voir un match à moins qu’on ne l’y invite. Ses parents alors jugerait sa fréquentation comme convenable si son compagnon de promenade était à la hauteur de leurs espérances. Elle savait que personne ne le serrait (sauf Rabastan peut-être, mais elle ne voulait pas y aller de toute manière avec lui) alors elle se contentait de rester dans la salle commune, profitant de ces moments de calme dans le château. 

 

 

 

Sirius bravait l’interdit et tous les ans, il était puni. Il s’en moquait et continuait l’année d’après, profiter du match de quidditch avec ses amis en valait bien la peine. Elle admirait son frère pour ça, pour rester fidèle à ce qu’il voulait, quel qu’en soit le prix. Elle, elle se pliait en quatre pour tenter de convenir, et ne convenait jamais d’ailleurs.

 

 

 

— Hey ! Ton frère m’a dit que je te trouverai là, dit Alice en s’approchant souriante alors que la jeune fille était seule dans la salle commune, un livre à la main. Ça va Lyra Black ?

 

— Oui et toi Alice Brook ?

 

 

 

Les jeunes filles rigolèrent de leurs manières.

 

 

 

— Tu n’es pas au match ? demanda Lyra en refermant son livre. Franck Londubat est batteur, il me semble.

 

 

 

Alice s’assit en face d’elle et posa les mains à plat sur la table, permettant de se focaliser sur le toucher du bois, plutôt que sur les battements de son coeur.

 

 

 

— Tu pourrais m’apprendre à être comme toi ?

 

 

 

Lyra haussa les sourcils surprise.

 

 

 

— C’est à dire ?

 

— Bah je sais pas, tu es élégante, tu sais être distinguée, tu t’habilles toujours parfaitement, tes cheveux… Ah ! Tes cheveux ! Ils sont parfaits ma parole comment tu fais ça ?

 

 

 

Lyra l’écoutait énumérer toutes ces choses, un peu gênée par tous ces compliments. En réalité, si elle était comme ça, c’était grâce à son éducation, ses parents étaient durs, mais aujourd’hui cela portait ses fruits. Non ?

 

 

 

— Alice, je ne comprends pas vraiment ce que tu attends de moi.

 

— Frank vient de ton monde. Et j’y ai réfléchi, toi, lui, vous n’êtes pas comme nous. Rien que pour manger vous avez des manières et c’est classe quoi !

 

— Tu veux que je t’apprenne le protocole ? demanda Lyra, un peu perturbée.

 

 

 

En arrivant à Poudlard, on la trouvait bizarre à vouvoyer tout le monde. Et finalement aujourd’hui quelqu’un lui demandait de lui apprendre tous ces codes et étiquettes !

 

 

 

— Je sais que c’est étrange mais je me dis que si je devenais un peu plus comme lui, en comprenant plus son monde, comment il fonctionne, nous pourrions peut-être devenir amis et puis plus encore… Dis Lyra, tu acceptes ?

 

 

 

Lyra se mordit la lèvre comme à chaque fois qu’elle réfléchissait. Alice était une sang-mêlée, elle pouvait sûrement être son amie sans risque.

 

 

 

— C’est d’accord, dit-elle.

End Notes:

Hello,

Alors pour commencer, une recommendation fanart, j'ai découvert récemment l'univers de l'artiste @alessia.trunfio. Elle a un univers magique qui me fait doucement sourire. Ses comics sont incroyables de qualité, je vous recommande vivement son Tumblr. Si ce chapitre vous a plu, allez voir ce qu'elle fait, c'est pépite ! ★

Severus n'est pas au bout de ses peines, cela ne fait que commencer. Que ce soit notre personnage préféré ou pas, je crois qu'on peut tous s'accorder à dire que c'est l'un des meilleurs personnages d'HP, perso quand j'ai lu le chapitre de la pensine dans le 7, j'étais complètement sous le choc ! Un vrai choc mental (la ref à Un Bon Moment, vous connaissez ?).

Et Alice qui fait son apparition... Des impressions ? Des avis ?

Que James reçoit la cape d'invisibilité de son père a été un grand moment pour lui je pense. C'est une sorte de passage de flambeau, c'est très symbolique. Et ça veut aussi dire une multitude de bêtises en perspectives... ^^

Bonne semaine à tou.te.s !

winter

Chapitre 14 : IIIème année by Winter
Author's Notes:

ϟ. Cloves - Up and Down

image par @zackplank

L’été avait passé, morne, triste, ennuyeux.

 

 

 

Avant de se quitter pour les vacances, Lyra avait demandé à Alice de ne pas lui envoyer de lettre, elle ne voulait pas que ses parents apprennent quoi que se soit sur ses fréquentations. Ça lui faisait bizarre d’imaginer que quand elle rentrerait à Poudlard, une personne l’attendrait autre que les amis de son frère. Elle trouvait même ça plutôt sympa.

 

 

 

Les vacances s’écoulèrent lentement. Pour la première fois depuis qu’elle était née, Mr et Mrs Black n’étaient allés à aucun repas ni organisé aucune réception, ce qui était pour le moins étrange. L’ambiance du douze Square Grimaud était trop insupportable, surtout pendant deux mois alors Lyra avait hâte de retourner à Poudlard, et surtout de revoir Alice, Remus, James…

 

 

 

Seule ombre noire au tableau : l’interdiction d’aller à Pré-au-lard. Sans surprise Orion et Walburga avaient puni Sirius pour ses multiples retenues. Il n’avait pas eut trop de bleus, mais lui, comme Lyra, avaient été privés de sorties. Elle, elle n’avait rien à se reprocher, mais c’était assez courant que les jeunes filles de grandes familles sorcières n’aient pas le droit d’aller au village avant leurs 14-15 ans. Voir même plus tard. Tout dépendait de la famille.

 

 

 

Un jour, Lyra avait été convoquée dans le boudoir de sa mère, elle avait dû lui donner son carnet avec tous ses repas. Sa mère la mesura et la pesa en silence. Elle n’était pas de nature bavarde et quand elle parlait, c’était plutôt pour critiquer, ce qu’elle ne manqua pas de faire.

 

 

 

— Faites attention à ce que vous manger, il ne manquerait plus que vous preniez du poids.

 

 

 

Lyra avait hoché la tête et était partie d’un pas rapide. Toute les femmes de sa famille étaient très maigres. De nature, elle l’était, aussi mais sentait qu’elle devrait faire attention pour ne pas avoir de représailles de la part de ses parents.

 

 

 

Puis la rentrée arriva avec les petits soucis du quotidien comme le dernier devoir en date de sortilège ou d’astronomie. Lyra et Sirius n’avaient pas eu le choix de leurs options, leurs parents ayant décidé à leur place : arithmancie et étude des runes. Mais cela ne découragea pas Sirius qui s’empressa de voir leur directrice de Maison dès le premier jour de cours.

 

 

 

— Monsieur et Miss Black, voici vos emplois du temps.

 

— Justement professeur, j’aurai une requête…

 

 

 

Minerva McGonagall remonta ses lunettes sur son nez et plissa les yeux en regardant Sirius.

 

 

 

— Je vous écoute.

 

— Est-ce qu’il serait possible que je change mes options ?

 

— Monsieur Black, répondit-elle en soupirant. Vous aviez l’été pour choisir.

 

— Justement ! répondit Sirius. On n’a pas vraiment eu le choix.

 

 

 

Le professeur dévisagea le jeune homme qui lui faisait un grand sourire. Il avait de bonnes notes, c’était un bon élève, certes turbulent, mais elle pouvait bien lui faire une exception. 

 

 

 

— Quelles options vous intéresseraient ?

 

 

 

Un grand sourire apparut sur le visage de Sirius ce qui assura à Minerva d’avoir fait le bon choix.

 

 

 

— J’aimerais bien faire soin aux créatures magiques et étude des moldus !

 

 

 

Lyra manqua de s’étouffer alors qu’elle buvait un verre de jus d’orange. Sirius se mit à lui taper dans le dos alors qu’elle reprenait son souffle.

 

 

 

— Tu ne peux pas faire ça !

 

— Et pourquoi pas ?

 

 

 

Elle ouvrit la bouche pour répondre, mais se ravisa. Et puis flûte…

 

 

 

— Rien, tu as raison fais comme tu veux.

 

— Parfais ! s’exclama t-il. Merci beaucoup Professeur.

 

— Mais de rien, Miss Black voulez-vous changer ?

 

— Non merci.

 

 

 

James, qui se trouvait en face de Lyra, se pencha en avant vers Sirius.

 

 

 

— Excellent ! On va pouvoir être ensemble !

 

— Toi aussi tu as pris étude des moldus ? demanda Lyra horrifié.

 

— C’est quoi le problème avec les moldus ? demanda Lily qui passait à côté d’eux.

 

 

 

Lyra se retourna vers elle et la regarda froidement.

 

 

 

— Mêle toi de ce qui te regarde.

 

 

 

Lily lui jeta un regard noir et passa son chemin accompagnée de Mary et de Marlène.

 

 

 

— Elle a raison, reprit Sirius. C’est quoi le problème ?

 

— Tu prends cette option uniquement pour embêter les parents, je trouve cela idiot, c’est tout.

 

— Mais non ! 

 

— Ou alors tu prends créatures magiques pour être avec James, décroche un peu.

 

— Jalouse ? demanda James, un sourire amusé collé aux lèvres.

 

 

 

Elle voyait bien qu’il n’était pas sérieux.

 

 

 

— Non, après tout, je l’ai depuis que je suis née. C’est à ton tour de le garder.

 

 

 

Il éclata de rire joyeusement pendant que les hiboux et chouettes livraient le courrier. Une chouette hulotte se posa devant Lyra et piqua un bout de bacon.

 

 

 

— C’est de qui ? demanda Remus, curieux qui avait remarqué que la jeune fille semblait préoccupée.

 

— Andromeda.

 

— Tu ne lui réponds toujours pas ?

 

 

 

Lyra ne répondit pas et rangea la lettre dans le fond de sa besace en cuir.

 

 

 

— Tu sais Lyra, le choix d’étude des moldus n’est pas pris au hasard.

 

— Ah bon ? demanda t-elle en se tournant vers James.

 

— C’est mon père qui m’a conseillé de prendre ça. Il dit que c’est utile si on veut être un bon Auror. Ça permet d’être plus large d’esprit pour résoudre les problèmes lors d’enquêtes.

 

— Tu veux devenir Auror ? demanda Remus.

 

— Yep !

 

— Et toi ? demanda la jeune fille à son frère.

 

 

 

Elle ne le quittait pas des yeux. Sirius détestait quand elle était comme ça parce qu’il sentait qu’il ne pouvait pas lui mentir, elle le saurait. Son regard était comme un Veritaserum

 

 

 

— Je sais pas trop… Pourquoi pas oui…

 

 

 

Il ne releva pas la tête, il savait que dans sa tête à elle, ça devait bouillonner d’interrogations.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Walburga leva les yeux vers Bellatrix qui arrivait. Sa nièce ne lui adressa aucun sourire en la voyant. Son visage restait fermé, et aucune lueur de vie ne brillait dans son regard, juste les ténèbres. Walburga n’était pas le genre de femme à avoir peur, mais en cet instant elle sentit une pointe d’inquiétude piquer son coeur. Druella se pencha vers elle et commença à parler. 

 

 

 

L’inquiétude s’envola pour de l’excitation. Ce qui se préparait était bien au-dessus de ce qu’elle pouvait imaginer. Sa famille retrouverait le prestige d’antan. IL ne recrutait que des jeunes sorciers, Sirius et Lyra feront alors l’affaire. Et si l’un des d’eux mourrait pour servir le maître, sa famille serait encore plus honorée. Elle attendrait pour leur en parler. Dès qu’ils sortiront de Poudlard, elle les enverrait devenir l’un de Ses serviteurs et ils ne pourront plus s’échapper de son emprise.

 

 

 

Un futur parfait s’annonçait au loin. 

 

Un pâle sourire apparut les lèvres de la sorcière.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

— Je veux faire parti de l’équipe de quidditch ! s’exclama James en s’étirant, après être resté trop longtemps courbé sur des manuscrits de la bibliothèque.

 

 

 

Sirius leva la tête de son magasine que Peter lui avait ramené, l’air tout aussi fatigué. Lyra ne comprenait pas l’intérêt d’un magasine qui montrait des photos de machines noires et luisantes complètement immobiles. Les livres sorciers étaient bien plus intéressants !

 

 

 

— Avant d’assouvir tes rêves de grandeur on doit trouver un moyen d’aider Remus ! répliqua Sirius en se tournant vers James avec un air faussement sérieux.

 

— Qui a dit qu’on ne pouvait pas faire les deux ?

 

 

 

Les deux garçons se regardèrent avant d’éclater de rire.

 

 

 

— Notre équipe est nulle, je veux intégrer l’équipe et devenir le sauveur de gryffondor !

 

 

 

Il avait ajouté cette dernière phrase, ses yeux noisette brillants d’excitation.

 

 

 

— D’ailleurs, fit-il en reprenant son sérieux. J’ajoute une autre chose pour cette année. 

 

 

 

Il se tourna vers Lyra avec un grand sourire.

 

 

 

— Cette année je te fais monter sur un balai.

 

— Ah je ne crois pas non… 

 

 

 

Elle afficha un grand sourire, sûre d’elle.

 

 

 

— Oh que si, tu verras quand…

 

— Je crois que j’ai trouvé un truc, coupa Peter qui était penché sur un gros manuscrit poussiéreux.

 

— Quoi ? demanda Sirius.

 

— Ils parlent dans ce livre d’une plante qui fait un tissu hyper résistant contre toutes les griffures. On pourrait se faire des combinaisons, vous ne croyez pas ?

 

— Et on fait comment pour notre visage ? demanda James.

 

— Ah ouais… Bah je sais pas.

 

— Tes plantes viennent d’Afrique subsaharienne Peter, remarqua Lyra qui lisait par-dessus son épaule. C’est extrêmement rare. Et c’est surtout disparut depuis 1830.

 

— Ah bon ? Ah, oui…

 

 

 

Ils se turent pensivement. Lyra regardait la pluie qui tombait le long des carreaux de la bibliothèque. Remus devait être à la cabane hurlante à cette heure. Son pied heurta son sac lui rappelant qu’elle n’avait toujours pas ouvert la lettre d’Andromeda et qu’elle l’attendait dans son sac depuis une semaine déjà.

 

 

 

— Il faut qu’on trouve un truc qui nous permette d’aller avec lui à la Cabane Hurlante, récapitula James pour lui-même. Et qui surtout nous protège de sa morsure.

 

— Et éventuellement quelque chose de discret, ajouta Peter.

 

 

 

Il se remit à son devoir de potion tandis que Sirius retournait à ses machines moldues. Seul James continuait de regarder chaque livre, chaque détail avec attention. Lyra se leva et partit entre les rayons pour en trouver un nouveau à feuilleter. Elle arriva dans le coin des livres de métamorphose. Son doigt frôlait les reliures abîmées des manuscrits. Elle adorait l’odeur qui régnait dans la bibliothèque. 

 

 

 

Brusquement, une main se posa sur son épaule, la faisant sursauter.

 

 

 

— Je t’ai fait peur ? demanda James.

 

— Je ne t’avais pas entendu… Qu’est-ce que tu fais ?

 

 

 

Il leva la tête vers les étagères les plus hautes et sortit sa baguette pour appeler un livre à venir vers lui.

 

 

 

— Peter vise trop bas. C’est pas avec deux plantes vertes qu’on va pouvoir aller avec Remus se balader sous la pleine lune.

 

— Tu penses à quoi ?

 

— La métamorphose… répondit-il avec un sourire malicieux de conspirateur.

 

 

 

Des bruits de pas qui venaient vers eux leur fit tourner la tête. Sirius arriva, les yeux brillants d’excitation.

 

 

 

— McGo ! s’exclama t-il.

 

 

 

Le visage de James s’illumina.

 

 

 

— Exactement, McGo ! On aurait dû y penser avant !

 

— Mais oui, c’est génial !

 

— Tu sais comment…

 

— Non, on ira piquer un livre de la réserve.

 

— Si vous pouviez m’expliquer, ce serait bien, les interrompit Lyra, agacée comme à chaque fois qu’elle ne comprenait pas quelque chose.

 

— McGo est une animagus, expliqua Sirius en prenant les épaules de sa soeur. Alors nous aussi on va le devenir.

 

— Ok, répondit Lyra avec un petit rire nerveux. Tu veux devenir un animagus et après ? On va se chasser un magyar à pointe et on se le fait cuire à la broche ?

 

 

 

James se mit à rire.

 

 

 

— Je n’y avais jamais pensé, ça pourrait être sympa…

 

— James !

 

— Si on est des animagus, on serait immunisé contre les morsures de loup-garou. Il faut vérifier bien sûr, mais cela me parait logique.

 

— Je vous rappelle qu’on est en troisième année. On est loin d’avoir le niveau pour devenir des animagus, ça doit être hyper dangereux et difficile !

 

— Attend avant de dire impossible, répliqua James.

 

 

 

Il prit la pile de livres qui attendait sagement à côté de lui et partit rejoindre Peter.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

— Vous êtes complètement dingues ! tempêta Remus. C’est hors de question !

 

 

 

Il faisait les cent pas dans leur chambre tandis que le reste de la bande attendait qu’il digère la nouvelle.

 

 

 

— Lyra, me dis pas que tu vas les suivre !

 

— Bah, en fait c’est pas trop mal comme idée. Excepté le fait que la potion à faire dépasse largement nos compétences, c’est brillant comme idée.

 

 

 

Remus gémit quand il vit que Peter semblait également partager le point de vue de Lyra.

 

 

 

— Vous avez conscience que si vous vous trompez, vous pouvez en mourir ?

 

— Ouais, répondit James. Mais laisse tomber Lunard, on n’abandonnera pas l’idée. 

 

 

 

Le jeune loup-garou ouvrit la bouche pour ajouter un nouvel argument, mais Sirius le prit de court en se levant.

 

 

 

— Bien, maintenant que ce point est réglé. Oui, réglé Remus. On peut passer à la prochaine sortie dans les couloirs du château.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Avant que Lyra ne les laisse pour rejoindre sa chambre, James lui avait fait remarquer qu’elle pourrait peut-être sympathiser avec Lily pour qu’elle leur donne quelques conseils pour la potion. Lyra avait répondu que Severus était aussi plutôt fort en potion, mais l’oreiller que lui envoya James la dissuada de continuer dans cette voie. 

 

 

 

La jeune fille poussa doucement la porte de sa chambre pour ne pas réveiller ses camarades. À son grand étonnement, elles ne dormaient pas et discutaient tranquillement sur leur lit. 

 

 

 

— Bonsoir, murmura Lyra.

 

 

 

Pas de réponse. Normal après avoir passé deux ans à répondre par monosyllabes, ses colocataires s’étaient vite lassées. Lyra était toujours en uniforme, elle se changea donc rapidement sans prêter une grande attention aux conversations. Mais malgré elle, elle entendit Mary se plaindre des sélections de Quidditch.

 

 

 

— Ça risque d’être compliqué pour intégrer l’équipe cette année, disait-elle. Ethan Anderson, le capitaine, veut gagner cette année, pas question de perdre une deuxième fois la coupe. C’est pour ça qu’il a décidé de remettre en jeu tous les membres de l’équipe et de faire de grosses sélections.

 

— C’est génial ! s’exclama Marlène. Tu as donc toutes tes chances !

 

— Mais tes parents sont d’accord ? demanda Lily.

 

— Bien sûr, ils veulent que je fasse ce qui me plaît. Et puis ça peut être intéressant pour après Poudlard si je montre que j’ai fait parti de l’équipe de Gryffondor !

 

— Tu nous présenteras les garçons de l’équipe ? 

 

 

 

Mary se tourna vers Marlène en rougissant.

 

 

 

— Bien sûr, bafouilla t-elle. Mais il faut que je sois prise avant.

 

 

 

Lily et Marlène rigolèrent de l’embarras de leur amie.

 

 

 

— Tu postules pour quel poste ?

 

 

 

Toutes les filles se tournèrent vers Lyra qui venait de poser la question, toutes plus étonnées les unes que les autres.

 

 

 

— Heu… Attrapeuse.

 

— Bonne chance alors, répondit Lyra en lui souriant. C’est un poste convoité.

 

— Comment ça ? Tu connais quelqu’un qui veut ce poste ?

 

— James Potter.

 

 

 

Lily grimaça à l’entente du nom.

 

 

 

— Ce crétin sait tenir sur un balai ? railla t-elle.

 

 

 

Lyra préféra laisser passer ce commentaire et se fit un memo mental de ne jamais le répéter à James ; ça alimenterait beaucoup trop les tensions.

 

 

 

— Et sinon, qui se présente ? demanda Mary.

 

— Il est le seul à ma connaissance.

 

— Je suis d’autant plus pressé que tu obtiennes le poste Mary ! dit Lily en s’étirant.

 

 

 

Elles continuèrent un peu à parler, mais Lyra ne tenta pas de s’intégrer plus à la conversation. Les sélections étaient dans une semaine et elle devait préparer son plan d’attaque avec Alice pour faire tomber Franck Londubat dans ses bras. 

 

 

 

Elle repensa à son projet de devenir un animagus. Elle était curieuse de voir en quoi elle se transformerait. Et si Sirius devenait un gros buffle ? Un sourire apparut sur son visage, ce serait drôle. Elle devait se reprendre, devenir un animagus sera difficile, ils n’auront pas le droit à l’erreur. 

 

 

 

Ils essayaient de prendre ça à la légère, mais ils voulaient surtout éviter de penser au pire. Soudain, elle se rappela de la lettre d’Andromeda qui l’attendait toujours dans son sac. Elle ne pouvait l’ignorer plus longtemps. Elle devait choisir entre la jeter au feu ou la lire.

 

 

 

Demain, elle la lirait.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Plusieurs élèves volaient dans tous les sens sur le terrain de quidditch. Pendant le premier mois de cours les quatre maisons se répartissaient les week-ends pour les sélections. Ce qui n’empêchait pas d’avoir le terrain sur-occupé du matin au soir. Alice repéra Lyra assise en haut des gradins pour mieux admirer la vue.

 

 

 

— Hello, comment ça va ? demanda t-elle avant de s’asseoir.

 

— Je crois que j’ai trouvé la stratégie pour qu’il te remarque.

 

— Vraiment ?

 

 

 

Un grand sourire apparut sur ses lèvres qui ne disparut pas quand Lyra lui expliqua ce qu’elle avait imaginé. Quand elle eut fini, Alice resta silencieuse quelques minutes, ce qui était plutôt rare pour la jeune fille qui était plutôt du genre moulin à paroles. Tout le contraire de Lyra, beaucoup plus silencieuse.

 

 

 

— Je crois que je pourrais le faire, finit-elle par dire. Non, sérieusement, je vais le faire. Excellent.

 

 

 

Elle avait un sourire sur son visage qui remontait jusqu’aux oreilles.

 

 

 

— T’es géniale ! Je te promets que tu seras invitée au mariage.

 

— Avant de parler de mariage, tu devrais plutôt commencer par t’entraîner.

 

— Oui c’est vrai. Bon, je vais m’habiller et trouver un balais. 

 

— Je ne bouge pas de là.

 

— Ok, j’arrive ! s’écria Alice en courant vers le château.

 

 

 

Lyra s’obligea à quitter des yeux les joueurs et sortit la lettre de sa poche. Après une inspiration, elle l’ouvrit.

 

 

 

 

 

Londres,

 

le 2 septembre 1973

 

 

Ma chère Lyra,

 

 

Je ne quitte pas l’idée qu’un jour, tu me pardonneras de t’avoir laissée seule à Dawson. Je prends ton silence comme une incitation à continuer de t’écrire en espérant que tu me lises. Tu me manques beaucoup. J’espère pouvoir te revoir un jour et voir combien tu as grandi.

 

 

Je me suis mariée au printemps avec une couronne de fleurs sur la tête. J’avais toujours eu ce rêve en tête, mais mère trouvait cela beaucoup trop… Simple, pas assez distingué. Ted trouvait cela parfait ! Tu vas peut-être me trouver trop romantique, mais chaque jours passé avec lui, me rends encore plus amoureuse. On a acheté une maison à Cambridge, près de Londres. On est plutôt éloignés de la civilisation, mais ça ne me dérange pas vraiment.

 

 

J’aime cette sensation d’être dans un cocon, où rien ni personne ne peut me faire sortir. Je te souhaite de connaître cela un jour, sécurité, amour et confiance. D’ailleurs, je repensais à la fois où tu me demandais comment étais les matchs de quidditch. Je regrette tellement de t’avoir rabrouée et interdit d’aimer ce sport. J’avais tort ! Toi et Sirius avez toujours été curieux. Profite d’être à Gryffondor pour en faire !

 

 

Tu es maintenant en troisième année, tu dois donc, pouvoir aller à Pré-au-lard. Accepterais-tu de venir me rencontrer ? Avec Sirius bien entendu. On peut peut-être entretenir une relation amicale, mais si tu ne le veux pas dis le moi et je cesserai de t’importuner. Je mène un monologue depuis trop longtemps, j’ai besoin d’avoir une réponse.

 

 

Je veux aussi te voir parce que je suis enceinte, je veux que mon enfant vous connaisse toi et Sirius. C’est prévu pour janvier et je sais que c’est une petite fille. Viens me voir à Pré-au-lard à ta prochaine sortie, je serais aux Trois Balais et je t’attendrai jusqu’à ce que le soleil se couche.

 

 

Je t’embrasse.

 

 

Andromeda

 

 

 

 

 

 

 

Les mains de Lyra tremblaient quand elle eu finit de lire la lettre. Andromeda, enceinte. Le reste paraissait complètement futile à côté de cette nouvelle. Elle releva la tête pour sentir le vent passer sur son visage. Elle avait besoin de se trouver quelque chose contre lequel s’appuyer pour rester dans la réalité.

 

 

 

Des mouvements au loin attirèrent son attention. James venait d’entrer sur le terrain pour s’entraîner au poste d’attrapeur. Sirius - qui l’accompagnait - vit Lyra et courut la rejoindre à peine essoufflé après avoir monté les marches en courant.

 

 

 

— Salut, tu es bien matinale aujourd’hui. Qu’est-ce que tu fais là ?

 

 

 

Il tressaillit en voyant qu’elle tenait une lettre entre ses mains, devinant que c’était celle d’Andromeda. Silencieusement, il s’assit à côté d’elle et attendit.

 

 

 

— Tu le savais ? demanda t-elle la voix rauque.

 

— Oui.

 

 

 

Il attendit un peu et comme elle ne parlait pas, il reprit.

 

 

 

— Elle ne voulait pas que je t’oblige à lire sa lettre. Elle voulait que ça vienne de toi. C’est pourquoi je ne t’obligerai pas à venir avec moi la voir.

 

— On n’a pas le droit… dit-elle avant de s’interrompre. Attend, ça a un rapport avec le fait que vous multipliez les sorties dans les couloirs ?

 

— On cherche tous les passages secrets possibles, si celui du Saule Cogneur existe, il y en a forcément d’autres qui mènent à Pré-au-Lard. L’avantage, c’est que ce week-end ne sera pas en période de pleine lune alors on pourra prendre le souterrain de la Cabane Hurlante, mais ce n’est pas vraiment le meilleur moyen niveau discrétion et rapidité.

 

 

 

Peter arrivait pour venir s’installer avec eux, mais Remus le prit par le bras et secoua la tête. Lyra ne savait pas comment il devinait que ce n’était pas le moment de les interrompre, mais elle lui en était reconnaissante.

 

 

 

— Tu sais, j’ai pas mal écrit à Andros ces derniers temps. Elle semble heureuse. Sa vie est si différente de celle d’avant. Elle voudrait vraiment que tu lui répondes. Si tu ne veux pas de ses nouvelles tu pourrais au moins le lui dire !

 

 

 

Ce fut la phrase de trop. 

 

 

 

— Tu te permets de me dire ce que je dois faire, mais tu n’étais même pas foutu de me dire qu’elle était enceinte ! s’écria t-elle en repoussant une mèche de cheveux d’un geste rageur. 

 

 

 

Elle ne voulait pas s’énerver, en fait, elle ne devrait pas s’énerver, c’est ce que sa mère aurait dit « une jeune fille ne lève pas la voix ». Mais elle en avait marre des contraintes, elle était en colère.

 

 

 

— Tu étais aussi au courant qu’elle comptait fuguer pour partir avec un garçon ?!

 

 

 

Il hocha doucement la tête, terriblement embarrassé.

 

 

 

— J’avais de grosses suspicions après le repas de Noël où elle était venue au Square Grimmaurd, tu n’étais pas là alors on a pas mal passé la soirée tous les deux…

 

 

 

Elle n’y croyait pas, abasourdie elle se leva et le regarda froidement. Comment avait-il pu lui cacher cela ?

 

 

 

— Et tu ne me l’as pas dit ?!

 

— Je ne pouvais pas ! Tu étais à Dawson et quand tu es arrivée pour la rentrée, je te reconnaissais à peine. Tu ne parlais pas et tu étais hyper froide avec moi ! Comment je pouvais savoir si je pouvais te faire confiance ? 

 

— Mais toutes ces questions que tu m’as posées…

 

— C’était pour voir ton point de vue et savoir tout ce que toi tu savais. Je voulais voir si je pouvais te faire confiance.

 

 

 

Elle le regarda les yeux écarquillés, encore plus choquée par ses révélations. 

 

 

 

— Tu étais si remontée contre elle que je n’osais pas t’en parler. En puis Andros m’avait demandé de ne pas te forcer la main, de te laisser décider par toi-même. 

 

 

 

Il se leva et s’approcha d’elle, mais elle recula et partit rejoindre Alice qui l’attendait sur le terrain. Lyra inspirait doucement pour calmer les battements de son coeur, mettant à profit l’enseignement de sa mère pour redevenir maîtresse de ses émotions. 

 

 

 

Elle mit ses mains dans les poches de sa longue cape noire pour masquer leurs tremblements à Alice et s’avança en souriant.

 

 

End Notes:

Hello,

Les vacances à Square Grimmaurd sont moroses, d'où le choix de musique en début de chapitre.

J'adore la relation Sirius-James, ils sont si fusionnels, c'est hallucinant. Bien sûr ils ont une idée en tête, impossible de les faire changer d'avis ! "C'était impossible alors ils l'ont fait." pourrait être une belle citation qui les définirait.

Vous pensez que Lyra ira au rendez-vous avec Andromeda ? Ha, ha, affaire à suivre... Elle reste une Black et elle déteste par dessus tout qu'on la roule dans la farine. Sirius lui a caché un gros secret, ça l'a pas mal chamboulée...

winter

Chapitre 15 : IIIème année by Winter
Author's Notes:

ϟ. Sasha Sloan - Dancing With Your Ghost

Ethan Anderson était confortablement installé dans les gradins, un parchemin sur les genoux, il notait le nom des joueurs qui passaient la première sélection. En clair, il éliminait les premières années, ceux qui ne savaient même pas voler sur un balai, les abrutis et ceux qui seraient incapable de reconnaître son autorité et l’esprit d’équipe.

 

 

 

Quand il avait appris qu’il était le capitaine de l’équipe de quidditch de Gryffondor, son coeur s’était gonflé de fierté. Ses parents l’avaient félicité en lui offrant le dernier Brossdur. Avec ça, il arrêtera tous les Cognards. 

 

 

 

Il reporta son attention sur les potentiels joueurs devant lui. En général, bien avant qu’ils ne montent sur leur balai, Ethan savait qui resterait pour les deuxièmes sélections. D’un geste de la main, il fit signe de dégager le terrain pour les nouveaux arrivants : les prétendants au poste d’attrapeur. Son choix sera décisif, il le savait, l’attrapeur avait - comme tous les autres postes - de lourdes responsabilités, mais les choix et les actes de l’attrapeur avait beaucoup plus d’impacts pour l’équipe. Le poste étant difficile, peu de personnes osaient se présenter. 

 

 

 

Cinq personnes avancèrent pour se placer avant lui. À son grand étonnement, une fille composait le groupe. Elle était la seule et ce qui l’étonnait, c’est qu’elle était toute petite et semblait si frêle comparée aux autres candidats. Ils se présentèrent à tour de rôle puis montèrent sur leur balai. Ethan voulait évaluer les capacités de chacun, mais ses yeux revenaient sans cesse sur la fille, elle était plutôt agile. Il remarqua également un autre joueur, se tournant vers les garçons assis derrière lui, il demanda mine de rien son nom.

 

 

 

— Le gars aux cheveux noirs ? C’est James Potter, il est en troisième année, répondit un petit garçon aux joues rougies par la fraîcheur du matin.

 

 

 

Ethan sourit et se leva pour rappeler les potentiels attrapeurs. Il avait fait son choix.

 

 

 

— Ok, merci d’être venu, j’ai fait mon choix.

 

 

 

Il s’avança vers James et Mary qui se fusillaient du regard.

 

 

 

— Bienvenue dans l’équipe, dit-il en tendant la main à la jeune fille.

 

 

 

Ses joues rosirent de plaisir tandis que James les regardait effaré.

 

 

 

— Au moindre faux pas, tu vires. C’est clair ?

 

— Comme de l’eau de roche, répondit Mary en affichant un grand sourire.

 

 

 

Ethan hocha la tête et se tourna vers James.

 

 

 

— Tu n’es pas vraiment fait pour être attrapeur mais plutôt pour le rôle de poursuiveur. Je te propose de passer les deuxièmes sélections pour ce poste.

 

 

 

James acquiesça et partit rejoindre les Maraudeurs.

 

 

 

— Alors ? demanda Peter.

 

— Recalé. Il veut que je devienne poursuiveur.

 

 

 

Il gémit en se tournant vers Mary qui rejoignait ses copines en rigolant, fière d’elle.

 

 

 

— J’ai toujours rêvé d’être attrapeur, pas poursuiveur.

 

 

 

Peter semblait vraiment désolé pour son ami et ne put que poser une main réconfortante sur son dos que James repoussa. Pendant ce temps, Alice tentait sa chance pour le poste de poursuiveur sous le regard de Lyra. Elle se débrouilla comme un chef et pu accéder aux deuxièmes sélections. Celles-ci se passèrent beaucoup plus rapidement. Ethan les regarda jouer en prenant des notes et leur annonça que pour les postes de batteur et de poursuiveur, il donnerait les résultats dans la soirée.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Lyra ajoutait les dernières finitions sur son devoir d’astronomie avec l’aide d’Alice. Elles étaient installées sur le lit de la jeune Black pendant que Marlène et Lily discutaient tranquillement. Aucune des quatre filles n’entendit Mary monter l’escalier à toute vitesse et bousculer des premières années. Les joues rouges et le souffle court, elle arriva dans la chambre et eut un temps d’arrêt en voyant Alice et Lyra, mais se ravisa rapidement et décida de leur annoncer aussi la bonne nouvelle.

 

 

 

— Bravo Alice ! s’exclama t-elle. Tu as été prise pour être poursuiveuse !

 

— Vraiment ?! répondit Alice qui n’y croyait pas.

 

— Oui, il y a toi, Sophia Dames et James Potter.

 

— Quoi ! s’écria Lily. Mais…

 

— Oui on sait ! coupa Lyra agacée par l’éternel refrain. C’est un abruti !

 

 

 

Lily lui jeta un regard noir, mais ne répliqua pas, au grand soulagement de Marlène, elle détestait les conflits.

 

 

 

— Il y a qui d’autre dans l’équipe ? demanda Alice.

 

— Le gardien est Laurence Schepper et le deuxième batteur, en plus d’Ethan, est Franck Londubat.

 

— Oh c’est super ! répondit Alice qui avait rougis en entendant le nom de son cher et tendre.

 

— Vraiment super ! ajouta Lyra en jetant un regard malicieux à Alice qui lui fit de gros yeux.

 

 

 

Cela n’empêcha pas Lyra d’éclater de rire sous le regard soupçonneux de Lily. 

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Quelques jours plus tard, il y avait la première sortie à Pré-au-lard et de ce fait c’était l’effervescence au niveau des troisièmes années. Certains ajoutaient une énième chose à acheter sur leur liste, d’autres calculaient minutieusement combien coutait ceci pour pouvoir acheter ceci, et d’autres encore recherchaient activement leur porte-monnaie perdu entre les monticules de parchemins et de vêtements…

 

 

 

Sirius était décidé à utiliser le passage du Saule Cogneur pour rejoindre Andromeda aux Trois Balais. Il ne savait pas si Lyra viendrait et se surprit à regretter ce qu’il lui avait dit. Il était sûr que c’était la vérité, mais il n’avait pas vraiment bien choisi ses mots pour l’expliquer à sa soeur. Et par fierté purement héritage Black, il ne voulait pas faire le premier pas pour entamer une réconciliation.

 

 

 

Les garçons l’aidèrent à préparer son départ du château, James lui donna sa cape d’invisibilité et Remus lui expliqua en détail comment prendre le passage de la Cabane Hurlante. Il eu quelques difficultés pour faire voler une branche qui appuya sur le noeud de l’arbre sans que quelqu’un ne l’aperçoive, mais finit par réussir. 

 

 

 

Durant tous le trajet, il se demanda comment il réagirait en voyant Andromeda enceinte et… Souriante sûrement. Avant de partir elle ne souriait jamais en public et très rarement en privé, c’était en général réservé à lui, Lyra, ou Regulus, quand ils étaient petits. Bellatrix était exactement pareil de ce point de vue, mais elle n’avait pas fugué avec un né moldu. 

 

 

 

« C’est fou ce que les gens peuvent être différents et si semblables en même temps. » pensa t-il.

 

 

 

Il arriva dans la Cabane Hurlante et se retint de justesse d’éternuer à cause de la poussière. Aucun doute qu’avant d’être abandonnée, cette maisonnette devait être très jolie et très luxueuse. Les meubles étaient certes en mauvais état, mais ils avaient encore une certaine classe. Il put apercevoir rapidement de vieilles tentures poussiéreuses et beaucoup de meubles cassés, brisés. Sûrement Remus.

 

 

 

D’un pas actif, il marcha vers le village le coeur battant la chamade dans sa poitrine. Il trouva rapidement l’auberge où Andromeda lui avait donné rendez-vous. Il inspira un bon coup et entra. Ses yeux la trouvèrent immédiatement dans la foule qui se pressait pour avoir une Bièraubeurre. Elle le vit aussi et lui fit un signe de la main. Il se faufila entre les clients et vint à sa rencontre. Soudain, il ne savait pas s’il devait s’asseoir, la saluer comme son ancien statut le souhaitait, ou encore lui sauter aux bras. Il opta pour une bise légère et s’installa à côté d’elle.

 

 

 

— Lyra ?

 

 

 

Il secoua la tête et un voile de tristesse passa sur le visage de sa cousine qui disparut rapidement. Elle leva la main pour appeler la serveuse. Le coeur de Sirius manqua un battement, cette femme était bien différente de toutes celles qu’il fait pu croiser dans sa vie. Dans l’aristocratie sorcière, les femmes portaient peu de décolletés, plutôt des robes qui montait jusqu’au cou, mais cette femme là n’avait pas peur de montrer ses formes généreuses. Une vague de chaleur l’envahit, mais il ne sut pas si c’était dû à la chaleur de l’auberge où à l’arrivée de la serveuse.

 

 

 

— Une Bièraubeurre et une grenadine s’il vous plait Madame Rosmerta, demanda Andromeda.

 

— Tout de suite !

 

 

 

Andromeda se tourna vers Sirius et lui sourit, heureuse de le voir.

 

 

 

— Tu as déjà goûté de la Bièrreaubeurre ?

 

— Oui, une ou deux fois…

 

 

 

Il ne pouvait s’empêcher de dévisager sa cousine, sa peau n’était plus pâle et terne, mais lumineuse. Et dès qu’elle souriait, il avait des difficultés à coller cette nouvelle personne à celle qu’il connaissait. Ou qu’il croyait connaître.

 

 

 

— Comment vas-tu ?

 

— Bien, dit-il machinalement avant de se reprendre sous le regard perçant d’Andromeda. Je veux dire ça va toujours bien quand je suis à Poudlard et pas là-bas…

 

— Tu rentres pour les vacances ?

 

— Non plus maintenant, juste pour les grandes vacances. 

 

 

 

Madame Rosmerta arriva avec les boissons et les posa sur la table. Andromeda s’empara de la grenadine et commença à harceler Sirius de questions. Il parla de ses cours à Poudlard, de ses amis et compagnons de chambre. Andromeda parla de son quotidien avec Ted, et ses difficultés à s’habituer aux coutumes moldues. 

 

 

 

Malgré l’ambiance joyeuse de l’auberge, leur humeur s’assombrissait au fur et à mesure que l’heure tournait. La jambe de Sirius tressautait et il finit par être à court de bouts de serviette en tissus à déchirer. Dès que la porte s’ouvrait il luttait contre lui même pour ne pas se tourner et regarder qui entrait.

 

 

 

— La nuit tombe, constata Andromeda. Tu devrais peut-être rentrer au château.

 

 

 

Il se tourna une dernière fois vers la porte avant de répondre. Au cas où elle serait là. Au même moment, elle s’ouvrit sur Lyra qui s’avança vers eux. Ses cheveux étaient emmêlés, complètement ébouriffés, et son visage avait rougi après avoir courut.

 

 

 

— Bonjour Andromeda, dit-elle en arrivant devant eux.

 

— Oh ! s’exclama Andromeda ravie dont les joues reprenait un peu de couleurs. Bonjour Lyra, je suis si contente de te voir ! Viens t’assoir.

 

 

 

Lyra s’assit et dévisagea le gros ventre de sa cousine.

 

 

 

— Ted vient me chercher pour que je ne transplane pas seule. Il n’aime pas trop avec le bébé… Ça lui arrive d’être un peu trop lourd à ce sujet, mais ce n’est pas grave. On sait que ce sera une petite fille, on a déjà trouvé le prénom, mais personne ne le saura avant l’accouchement !

 

 

 

Elle caressa son ventre avec tendresse.

 

 

 

— Tu es beaucoup plus bavarde qu’avant, remarqua Lyra.

 

— J’aimerais tellement te faire une ode sur les avantages de la vie sans eux mais je pense que c’est mieux que tu les découvres par toi-même.

 

 

 

Lyra se mordit la lèvre et gratta du bout du doigt une fissure dans la table en bois.

 

 

 

— Alors, que tu comptes faire après tes ASPIC ? commença Andromeda.

 

— Je ne suis qu’en troisième année, répliqua Lyra.

 

— Et alors ?

 

 

 

Lyra soupira et tendit la main pour boire une gorgée de la Bièraubeurre de son frère.

 

 

 

— J’en sais rien.

 

 

 

Un grand sourire apparut sur les lèvres d’Andromeda qui hocha la tête.

 

 

 

— C’est déjà un bon début, ça veut dire que l’hypothèse de choisir ce que tu veux faire n’est pas totalement exclue dans ton cas. Et si un jour vous avez besoin d’un endroit, je suis là.

 

— C’est à dire ?

 

 

 

Le ton de Lyra était froid et son regard bleu acier était perçant.

 

 

 

— Si vous décidez de partir tous les deux, comme je l’ai fait, je serai là pour vous accueillir.

 

 

 

Les jumeaux échangèrent un regard, ils n’en avaient jamais vraiment parlé tous les eux.

 

 

 

— Cependant, si c’est ce que vous décider de faire, vous ne devrez rien dire à Regulus tant qu’on ne sait pas si vous pouvez lui faire confiance.

 

 

 

Lyra se redressa et ses yeux s’assombrirent.

 

 

 

— Tu veux dire qu’on le met de côté jusqu’à ce qu’on voit s’il est de confiance. Puis on finit par l’abandonner.

 

 

 

Ce fut au tour d’Andromeda de se redresser.

 

 

 

— C’est comme ça que tu le voyais ? Comme un abandon ?

 

 

 

Lyra ne répondit pas, mais ses yeux le firent pour elle.

 

 

 

— Oh ! Ma petite fleur, je suis si désolée. Je t’assure que je ne voulais pas te laisser seule avec Mère. Partir fut un déchirement je savais ce qu’elle te ferait…

 

— Je sais, coupa Lyra. Tu me l’as dit dans une lettre.

 

— Non je ne crois pas que tu le saches vraiment. Je comprends que tu aies vu mon départ comme de la lâcheté et c’est vrai. J’aurais dû aller les voir, leur dire leurs quatre vérités et… J’aurais dû être là pour toi comme pour Sirius. Mais si je voulais partir, ça devait être net et brutal sinon je n’y serai pas arrivée. Je sais ce que Mère t’a fait, j’ai passé tellement d’heures dans les anciens cachots…

 

 

 

Elle se tut la gorge nouée. Puis elle tendit la main pour prendre celle de sa cousine qui ne se dégagea pas.

 

 

 

— Mais je ne vais plus te laisser seule maintenant. Je vais vous aider et vous soutenir quoique vous décidiez.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Sofia Dames était fière de son physique qui lui donnait accès à de nombreux avantages. Elle s’était arrangée l’année dernière pour commencer à sortir avec Ethan un peu avant les vacances. Rentrer dans l’équipe à la rentrée avait été un jeu d’enfant, elle n’avait eu qu’à mettre ses nombreux avantages en avant. Et comme toujours ça avait marché. 

 

 

 

Elle avait fait un pari avec des amies : qu’elle parvienne à entrer dans l’équipe de quidditch avec le poste de poursuiveuse. 

 

 

 

Elles s’étaient amusées à se lancer ces paris l’année dernière par ennui et par envie de sensations fortes. Pendant l’été, elles avaient fait toutes sortes de choses stupides et irréfléchies et s’étaient retrouvées au poste de police moldu plus d’une fois. Mais elles s’en fichaient, les moldus étaient facile à berner avec une potion ou deux et hop, fini les problèmes. 

 

 

 

Il y a quelques jours, elles avaient trouvé un coin abandonné de Poudlard avec de vieux canapés, des tables, quelques chaises. L’endroit était tellement cool, qu’Agnès, l’une des amies de Sofia avait lancé l’idée de faire des soirées ici de temps à autres.  Un endroit où on pouvait fumer, boire, pas de limite. Il fallait trouver un moyen de mettre de la musique, insonoriser et tout serait parfais pour les meilleures soirées.

 

 

 

Mais maintenant que Sofia devait subir les entraînements le matin alors que le soleil était à peine levé, elle se demandait si elle n’avait pas fait une erreur. Elle n’aimait pas vraiment le quidditch et trouvait que sa beauté ne devrait pas en pâtir. En effet son teint était terne pendant plusieurs jours après un entraînement, et que c’était épuisant ! Ethan exigeait que les membres de l’équipe courent régulièrement pour entretenir leur rythme cardiaque. Elle ne savait même pas ce que c’était et s’en fichait. 

 

 

 

Le premier match de l’année approchait et elle n’avait absolument pas envie d’y participer. Elle n’était pas vache au point de les lâcher la veille du match et décida de plaquer Ethan par la même occasion une semaine avant. En une semaine, il aurait largement le temps de trouver un ou une remplaçante, non ?

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Ethan était plus qu’embêté, il est était dans la merde jusqu’au cou et ne savait pas comment s’en sortir. Il avait sept jours pour trouver un nouveau poursuiveur et le préparer au match. En clair, c’était une mission impossible, mais Ethan n’était pas à Gryffondor pour rien. Il essayerait et passerait chaque seconde avant le match à trouver le moyen d’accomplir cette mission. Bizarrement, la nouvelle que Sofia le quittait passait complètement à côté, il s’en fichait carrément.

 

 

 

Rapidement, l’équipe fut réunie et mise au courant. Personne ne semblait vraiment affecté, ils n’avaient pas eu assez de temps pour créer une grande affinité entre les joueurs. Le capitaine organisa des sélections avec les personnes présentes lors de la première sélection. Heureusement, il avait conservé les noms de ceux qui n’étaient pas trop mauvais et pu les rappeler dans les plus brefs délais.

 

 

 

— Tout ceux qui rêvent de gloire, de succès et de jolies filles à profusion devraient quitter le terrain sur le champs ! commença t-il, appliquant un truc qu’il avait lu dans un livre.

 

 

 

Les mater dès le départ.

 

 

 

Personne ne bougea.

 

 

 

— Vous êtes ici pour le poste de poursuiveur, expliqua Ethan devant la file de joueurs. Pendant les six jours qu’il nous reste, je vais avoir besoin de quelqu’un disponible 24h/24 ! J’en ai rien à foutre que vous ayez un devoir de potion ou d’arithmancie ! Ces six jours seront gouvernés par quidditch, quidditch et re-quidditch !

 

 

 

Lyra s’assit confortablement, elle et Alice étaient en train de regarder les sélections. Son amie ne cessait de parler, commentant chacun des joueurs, c’est normal, elle était stressée et voulait gagner son premier match. 

 

 

 

— Ce joueur est pas mal, il sait agir vite mais il manque d’agilité. Ce mec là, lui a envoyé un souafle, c’était facile à attraper mais il fallait se tourner à 180º sans bouger le balai et il n’a pas réussi. C’est vraiment gênant en plein match parce que ça voudrait dire que je devrai revoir entièrement ma façon de jouer. Mais c’est pas possible ! Celui là est nul ! Et lui trop prétentieux ! Les poursuiveurs de se genre ont une trop grosse tête pour voir le souafle, sinon il y a lui et…

 

 

 

Lyra ne prenait même plus la peine d’hocher la tête, Alice était trop stressée pour se rendre compte que son amie n’écoutait plus. Elle était trop intéressée à observer Sirius, qui était assis un peu plus loin avec ses amis. Elle retint un énième bâillement, deux nuits qu’elle ne dormait plus, tournant et retournant sa conversation avec Sirius et Andromeda.

 

 

 

Soudain, Sirius se tourna vers elle, elle fit semblant de regarder un détail sur le sol. Se baissant pour dire quelque chose à ses amis, il se leva et monta les marches pour la rejoindre, pendant qu’elle pestait silencieusement contre sa non-discrétion. 

 

 

 

— Salut Alice, commença t-il en arrivant devant elles. Je peux t’emprunter…

 

— Pas de soucis, s’exclama t-elle en se levant, et ignorant le regard noir de Lyra, elle partit rejoindre Frank assis quelques marches en dessous.

 

 

 

Les jumeaux Black restèrent en silence pendant de longues minutes avant que Sirius n’ose le rompre.

 

 

 

— Je tenais à te dire que je suis désolé, voilà.

 

— Pour quoi ? répliqua t-elle sèchement. Pour me considérer comme indigne de confiance ? Ou pour m’avoir menti ? 

 

 

 

Il ne répondit pas. Agacée, elle passa une main dans ses cheveux.

 

 

 

— Tu sais ce qu’est le pire ?

 

 

 

Elle rigola, son rire n’était pas vraiment joyeux, plutôt fatigué, agacé, et attristé.

 

 

 

— J’y ai réfléchi tu sais, et j’ai réalisé que je ne savais pas comment j’aurai réagi il y a trois ans… Aurai-je gardé le secret ? Ou serais-je allée prévenir Tante Druella ?

 

 

 

Il ne sut pas quoi répondre, alors doucement, il l’attira contre lui et la serra fort entre ses bras.

 

 

 

— Vraiment désolé, murmura t-il.

 

 

 

Elle ne répondit pas et ferma les yeux. Peu après, des acclamations se firent entendre, le nouveau poursuiveur venait d’être choisis.

 

 

 

— Les garçons rentrent, tu devrais aller dormir et oublier tout ça. c’est le passé, on fait des erreurs, mais tu n’es plus la même Lyra. D’accord ?

 

 

 

Elle hocha la tête. 

 

 

 

— À plus tard, dit-il en lui souriant.

 

 

 

Il se leva et rejoignit James. Petit à petit, le terrain se vida, ne restant que Lyra perdue dans ses pensées, elle était épuisée et ne rêvait que d’une chose : se coucher dans son lit et dormir. Mais quand elle arriva dans sa chambre, Lily était assise sur son lit ; les yeux rouges, les cheveux emmêlés et une lettre dans sa main. Sur le coup, Lyra ne sut pas quoi faire : partir en refermant la porte doucement ou rester. Mais rester pour quoi faire ? La consoler ou l’ignorer et faire comme si de rien n’était ? Elles n’étaient pas vraiment les meilleures amies du monde.

 

 

 

Lily releva la tête et Lyra n’eu pas d’autre choix que de rester. Elle jeta son sac de cours au pied de son lit et alla s’assoir à côté de la jeune fille sans parler. Elle posa une main maladroite sur son dos et attendit. Le corps de Lily était secoué de soubresauts qu’elle tentait de maîtriser, en vain.

 

 

 

— Tu veux que j’aille chercher les filles ? finit par demander Lyra mal à l’aise.

 

 

 

Lily secoua la tête et se tourna vers la jeune fille.

 

 

 

— Je… Je préfère pas… Tu peux partir si tu veux…

 

— Je ne peux pas te laisser seule dans cet état.

 

 

 

Elle hésita à continuer puis céda et finit par demander :

 

 

 

— Tu veux en parler ?

 

— Ça sert à rien… Tu le détestes…

 

— Qui ?

 

— Sev’… Je veux dire Severus.

 

 

 

Rapidement, Lyra se rappela que Lily et Severus étaient amis et se connaissaient d’avant Poudlard. Depuis leur retenue commune en première année, elle l’évitait, lui et son regard perçant, sa rapidité pour la mettre à nue, dévoilant des choses qu’elle avait gardé enfouie au plus profond d’elle, il la mettait mal à l’aise.

 

 

 

— Je ne le déteste pas.

 

— Bien sûr que si. Par exemple, c’est toi l’année dernière qui lui a tendu un piège…

 

— J’étais au courant que les garçons allaient le faire, mais je ne les ai pas aidé, je ne participais pas.

 

— Ah bon ?

 

 

 

Sur le coup, Lily s’arrêta de pleurer et dévisagea la jeune fille pour voir si elle mentait.

 

 

 

— Vraiment ?

 

— Severus est loin d’être mon meilleur ami, mais il est plutôt sympa. Quoique un peu étrange !

 

 

 

Lily rigola doucement et un pâle sourire apparut sur ses lèvres.

 

 

 

— On s’est disputé. Ça arrive souvent en ce moment. Il ne supporte pas que je sois à Gryffondor et lui à Serpentard. Ça nous éloigne beaucoup.

 

— Qu’est-ce qui vous empêche de vous voir ?

 

 

 

Lily haussa les épaules.

 

 

 

— Je sais pas trop… Il est bizarre ces derniers temps. Comme s’il cachait un énorme secret dévastateur. Ça fait vraiment scénario de film ou de livre dit comme ça, mais j’ai l’impression qu’il a peur… C’est pas vraiment son genre, il est plutôt coriace alors je m’inquiète un peu… Ça doit vraiment être énorme.

 

 

 

La respiration de Lyra se figea. Severus avait vraiment peur de quelque chose. Elle ne put s’empêcher de penser à son été ; à ses parents qui s’étaient cloîtrés dans le 12 square Grimmaurd. Cela avait-il un lien ? La jeune fille avait l’impression de nager dans un brouillard, elle n’avait pas assez d’éléments pour pouvoir les assembler et découvrir la vérité. Mais maintenant elle était sûre d’une chose : il se passait bien quelque chose.

 

 

 

— Pourquoi vous vous êtes disputés ? demanda t-elle, changeant de sujet.

 

— Il trouve qu’on ne se voit pas assez et je trouve qu’il ne devrait pas traîner avec Lestrange et sa bande. Il n’est même pas leur ami, il est juste leur toutou près à répondre à leurs ordres. Je déteste ça.

 

— Il traîne avec Rabastan ? demanda brusquement Lyra.

 

— Oui, pourquoi ?

 

— Non rien, se ravisa Lyra.

 

— Non, dis moi !

 

— C’est bon, c’est rien !

 

 

 

Lyra se releva, prit un mouchoir et le tendit à Lily qui la regardait, la mine soucieuse. Elle n’avait pas oublié l’épisode dans la bibliothèque en première année. Mais Lyra l’ignora et alla se coucher. À peine, sa tête toucha l’oreiller, qu’elle s’endormit.

End Notes:

Merci pour votre lecture,

winter

Chapitre 16 : IIIème année by Winter
Author's Notes:

Hello !

Mille excuses pour ce retard de publication, j'ai dû déménager en urgence il y a une semaine pour commencer un travail sur Paris. Donc déménagement x2, j'étais chez une copine, arrivée dans une nouvelle ville, les cours qui continuent en même temps... la grosse galère ! Mais c'est bon, j'ai un appart maintenant donc je pourrai reprendre un rythme de publications normal tous les jeudi :) D'ailleurs pensez à mettre cette fic en favoris, comme ça vous ne louperez pas les prochaines sorties ;)

ϟ. Johnny Hallyday - Le pénitencier

Regulus avait appris lors de sa première année à éviter Lyra et Sirius. Ceux-ci étant à Gryffondor, cela faisait d’eux des ennemis de Serpentard et c’était très mal vu de trainer avec les rouge et or. Et ce même s’ils étaient de la même famille. Durant l’année, ils s’échangeaient des regards, mais c’était tout, un sourire peut-être de temps à autres. 

 

 

 

Sirius et Lyra ne posaient pas de problèmes avec ça, d’habitude, ils respectaient sa décision, sachant que c’était pour le mieux. Mais cette fois-ci, c’était bien Lyra qui venait pour s’asseoir à côté de lui à table alors qu’il était dans la Grande Salle au vu de tous. Elle chassa les quelques personnes assissent autour de lui de son regard gris acier. Elle avait parfois cette attitude si froide et si aristocratique que quiconque sur son chemin partait rapidement, un peu comme Walburga.

 

 

 

— Tu fais quoi, là ? demanda t-il en chuchotant furieusement inquiet.

 

— Je dois te parler, répondit-elle en voulant prendre une brioche au chocolat, elle se ravisa et prit une pomme, vérifiant que personne les écoutait. 

 

 

 

Beaucoup de regards étaient tournés vers elle.

 

 

 

— Viens on part. 

 

 

 

Elle s’était déjà levée et partait rapidement vers la sortie. Regulus pesta et se décida à la suivre. Il était têtu, mais elle et Sirius étaient de sérieux têtes de mules quand ils s’y mettaient ! 

 

 

 

Lyra marchait d’un pas pressé, elle s’arrêta dans un couloir désert, caressé par les rayons naissants du soleil. 

 

 

 

— Comment ça va ? dit-elle en s’asseyant sur le rebord de la fenêtre.

 

 

 

Il la dévisagea, le visage impénétrable comme seul un Black sait le faire.

 

 

 

— Viens en au fait Lyra.

 

— Je peux te faire confiance Reg ?

 

 

 

Il fronça les sourcils, décidément, il ne savait pas du tout où allait cette conversation.

 

 

 

— Peut-être.

 

— C’est au sujet d’Andromeda.

 

 

 

Il écarquilla les yeux à l’entente du nom de sa cousine. Cela faisait deux ans qu’elle était partie, il avait entendu beaucoup de rumeurs, mais Mère avait dit qu’elle était bannie et qu’il ne fallait plus en parler. Donc il n’en parlait pas. 

 

 

 

— Je l’ai vue, confessa Lyra. Elle s’est mariée, tu savais ?

 

 

 

Pas de réponse, le visage de Regulus se ferma. 

 

 

 

— Et… Elle est enceinte.

 

— Lyra, Andromeda a été effacée de la tapisserie.

 

 

 

Le coeur de Lyra s’accéléra. Quelle sotte elle avait été de croire que Regulus serait comme elle et Sirius. Il lui avait dit de ne pas en parler à leur jeune frère, que celui-ci était trop imprégné de la tradition pour se réjouir d’une telle nouvelle. 

 

 

 

— Et alors ?

 

 

 

Elle vit Regulus inspirer profondément.

 

 

 

— Elle a été bannie, elle n’est plus des nôtres. Nous ne devons pas parler d’elle.

 

— Mais Regulus, elle est enceinte ! Tu ne veux pas connaître son enfant ? 

 

— Pas si c’est un Sang Impur.

 

 

 

Lyra eut un mouvement de recul.

 

 

 

— Tu n’es pas sérieux Reg…

 

 

 

Il ne répondit pas.

 

 

 

— Arrête Reg, c’est moi, on est tous les deux, tu peux arrêter de porter ce masque ! 

 

 

 

Son frère se retourna et commença à marcher pour rejoindre les salles de classes. Elle courut et le rattrapa par le bras.

 

 

 

— Regulus ! Mais arrête bon sang !

 

— Tu ne devrais pas jurer, c’est…

 

— C’est quoi ? le coupa t-elle furieuse. Mal pour une jeune fille ? Mais je les emmerde ! Comment tu peux être aussi insensible ?

 

 

 

Il se dégagea d’un coup d’épaule et toujours aussi froidement, il la dévisagea. 

 

 

 

— Je ne veux pas être mêlé à tout ça Lyra. Vos manigances avec Sirius, c’est pas pour moi, tu fais ce que tu veux, mais laisse moi en dehors de ça. 

 

 

 

Elle sentait le sang bouillir dans ses veines, son frère était comme un étranger. 

 

 

 

— Tu devrais faire attention Lyra, ajouta t-il.

 

 

 

Et il partit, laissant la jeune fille avec un orage grondant dans sa tête. Elle ne tenta pas cette fois de le retenir. Elle finit elle aussi par quitter le couloir, les cours allait commencer, elle ne devait pas être en retard. 

 

 

 

Seul restait une pomme sur le bord de la fenêtre.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Lyra avait cette colère qui bouillait en elle. Beaucoup de personnes voulaient lui faire comprendre que sa vie n’était pas idéale, qu’elle devait prendre des décisions et choisir son avenir. Mais c’était facile à dire ! Ils n’avaient pas grandi dans une famille ou l’honneur était tout. Ces traditions, la bienséance, elle avait ça en elle. Pourquoi tout le monde semblait s’obstiner à vouloir la faire changer, devenir une paria de sa famille ? 

 

 

 

Il était très tôt quand elle sortit du château, marchant d’un pas vif vers le terrain de quidditch. Elle avait récupéré un vieux jogging et un sweat aux couleurs de Gryffondor, qu’importe si ce n’était pas protocolaire, personne ne serait là pour la voir, pas aussi tôt. 

 

 

 

Elle se mit à courir. Courir vite, comme si sa vie en dépendait. Elle voulait chasser toutes ces pensées qui la fatiguaient. Elle n’arrivait pas à dormir, pas à se concentrer. Courir l’aidait à se fatiguer, suffisamment pour lui offrir quelques instants de répit. 

 

 

 

Depuis leurs retrouvailles avec Andromeda, Lyra avait senti un changement chez Sirius. Quand elle avait proposé de les accueillir s’ils quittaient le Square Grimmaurd, Sirius s’était tendu. Elle savait qu’il y pensait lui aussi. Et ce qui lui faisait peur, c’était qu’il prenait réellement cette proposition au sérieux ! Elle ne voulait pas être séparée de Sirius, c’était son frère, son jumeau, il la connaissait mieux que personne, sans lui, elle était rien. Mais le suivrait-elle s’il se décidait à quitter leur famille ? C’était un départ sans retour possible, elle ne se faisait pas d’illusions.

 

 

 

Et il y avait Regulus bien sûr, mais après leur dernière conversation qui s’était terminée en dispute, elle n’était plus sûre de rien. Il avait lui aussi changé. Il s’était enfermé sur lui-même, il respectait les règles et c’était comme s’il les appréciait. C’était une erreur que d’essayer de lui parler, de se rapprocher de lui pour lui partager la nouvelle de cette naissance. 

 

 

 

Walburga avait effacé le nom d’Andromeda sur la tapisserie représentant l’arbre généalogique des Black. C’était un symbole fort, et oui du point de vue de sa famille, Andromeda n’existait plus, elle était morte à leurs yeux. Lui avoir parlé était enfreindre les règles. Alors elle n’était peut-être pas si Black que cela après tout…

 

 

 

Si Sirius venait la voir un jour pour lui dire de quitter le Square Grimmaurd, elle y réfléchirait. Mais en attendant elle continuerait comme si de rien n’était. C’était mieux ainsi. 

 

 

 

Son souffle se faisait plus court, ses poumons étaient en feu, mais elle continuait, se moquant de ses jambes lourdes et de ses mains engourdies par le froid.

 

 

 

Il y avait aussi le quidditch. Aujourd’hui était le deuxième match de la saison, elle avait déjà évité le premier, celui là elle hésitait à y aller. Elle en avait marre ! Marre de faire le yoyo entre ce qu’elle voulait faire et ce qu’elle devait faire !

 

 

 

C’était décidé, elle irait au match. Elle restera près de Sirius pour montrer qu’elle n’était pas seule, qu’elle était accompagnée. Normalement, tout se passerait bien.

 

 

 

Lyra arrêta de courir, pliée en deux, elle essayait de reprendre son souffle. Elle devrait continuer de courir comme cela, elle se sentait plus apaisée et en plus, c’était un bon moyen de garder la ligne. C’était sa mère qui allait être contente. 

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

L’agitation des gradins était contaminante. L’énergie était folle et partager ça avec la bande de Sirius complémentait le spectacle. Sirius était comme une puce, Peter se déchaînait, seul Remus se contenait comme à son habitude, mais ses yeux pétillants d’excitation le trahissait. 

 

 

 

James et Alice échangeaient le Souafle avec succès, mais on sentait un manque de technique dans l’équipe de Gryffondor. Ethan avait beau crier, les buts s’enchaînaient et Serdaigle se rapprochait de la victoire. Ils avaient déjà perdu contre les Poufsouffle ils ne voulaient pas perdre une autre fois. 

 

 

 

Il fallait reconnaître que les Serdaigle était très clairement mieux entrainés. Les joueurs semblaient ne faire qu’un avec leur balai. Ils étaient comme des particules d’air, en plein dans leur élément. Complètement libres. Le Souafle volait entre les joueurs qui faisaient de superbes prouesses techniques pour le récupérer. Les Cognards volaient sans interruption autour des sportifs. C’était magnifique et grandiose. Soudain, un joueur plongea vers le sol à une vitesse hallucinante. Comme une seule personne, le public retint son souffle. L’attrapeur habillé de bleu redressa son balai à la dernière minute, le poing en l’air. Une foule d’exclamations jaillit des Serdaigle.

 

 

 

Les Gryffondor grognaient et descendaient rapidement les marches des gradins. Ce n’était pas une grande surprise, Gryffondor perdait depuis un moment déjà la coupe de Quidditch. 

 

 

 

— James veut être capitaine, il en a marre d’être avec Ethan qui crie tout le temps. Ils n’ont aucune stratégie. C’est normal après tout qu’ils perdent ! Vivement qu’Ethan parte et que James sauve notre honneur ! s’indigna Sirius alors qu’ils se levaient pour partir à leur tour.

 

— Oui oui, dit Remus qui connaissait ce refrain par coeur.

 

 

 

Il échangea un regard vers Lyra en levant les yeux au ciel. « les garçons et le quididtch » mima t-il avec ses lèvres. Elle ne put s’empêcher de rigoler et s’arrêta sous le regard agacé de Sirius.

 

 

 

— Non mais c’est vrai ! Quand aurons-nous une équipe digne de ce nom ?

 

 

 

Il continua à s’indigner alors qu’ils rejoignaient le flot d’élèves. Il y avait tellement de monde qu’elle perdit Sirius et les garçons de vue. Elle s’obligea à respirer et marcher calmement. Pas besoin de paniquer, oui, il y avait foule, mais elle était dehors, elle pouvait respirer. Concentrée sur sa respiration, elle continua d’avancer, espérant rejoindre son frère rapidement. Soudain un main agrippa le bras de la jeune fille et la sortie du flot.

 

 

 

— Qu’est-ce que tu fais là ? s’exclama Narcissa rouge de colère qu’elle en oubliait le vouvoiement. Tu n’as pas le droit d’être là !

 

 

 

Lyra se dégagea de l’emprise de sa cousine et dévisagea froidement l’homme qui l’accompagnait.

 

 

 

— Bonjour Narcissa, quel plaisir de vous voir, vous ne nous présentez pas ?

 

 

 

Le visage de Narcissa se tendit, sa cousine avait raison, elle devait la présenter et elle avait manqué de sang-froid, s’énerver n’était pas digne d’une jeune fille de son rang. 

 

 

 

— Chère cousine, je vous présente Lucius Malefoy. 

 

 

 

Lyra retint une grimace. Les Malefoy étaient des Sang-Pur, tout ce qu’il a de plus respectable. Narcissa devait avoir l’autorisation, ou plutôt l’ordre de sa mère d’aller au match de Quidditch en sa compagnie. 

 

 

 

— Je ne manquerai pas de relever à votre mère votre manque de bonne conduite. Les demoiselles de votre condition et de votre âge n’ont pas le droit d’aller à un match de quidditch seules.

 

— J’étais avec quelqu’un, je l’ai perdu de vue.

 

— Si c’est de votre frère dont vous parlez, il n’a pas encore l’âge pour venir seul ! Ce que vous pouvez être ridicule Lyra, vous me mentez en plus ? Je ne manquerai pas de raconter cela à Tante Walburga !

 

 

 

Narcissa se mit à rigoler et reprit le bras de Lucius qui avait un sourire amusé sur les lèvres.

 

 

 

— Bonne journée, chère cousine, ajouta t-elle en partant.

 

 

 

Lyra pinça les lèvres, elle n’avait pas eut de chance de tomber sur Narcissa. Le match du jour n’était même pas contre Serpentard, elle ne pensait pas qu’elle viendrait. 

 

 

 

— Lyra ? demanda une voix derrière elle, ce qui la fit sursauter. Qu’est-ce que…

 

— Oui je sais ! s’exclama t-elle en se tournant. Je ne suis pas autorisée à…

 

 

 

Elle s’interrompit en voyant Regulus qui la regardait étonné.

 

 

 

— Regulus ? Mais qu’est-ce que tu fais là ? Tu devrais partir avant que quelqu’un te voie !

 

— Non, dit-il en secouant la tête. J’ai été invité par Rabastan Lestrange.

 

 

 

Lyra pâlit.

 

 

 

— Pardon ?

 

— Il m’a gentiment proposé et Mère m’a donné son accord alors…

 

 

 

Il lui sourit doucement tandis que Lyra palissait encore plus en voyant le Serpentard s’approcher pour poser sa main sur l’épaule de son petit frère.

 

 

 

— Lyra ! s’exclama Rabastan. Quelle joie de vous voir ici, êtes-vous accompagnée ? J’en doute vu le choix pour le moins douteux que peut vous propose Gryffondor.

 

 

 

Comme d’habitude, il faisait les questions et les réponses.

 

 

 

— J’ai proposé à votre frère de m’accompagner, j’espère que ça ne vous ennuie pas ? 

 

— Pas le moindre du monde.

 

 

 

Un grand sourire apparut alors sur les lèvres de Rabastan qui la déshabilla du regard. Elle se retint de trembler et de détourner le regard. Il savait qu’il avait du pouvoir sur elle.

 

 

 

— Parfais ! Au plaisir de vous revoir alors. 

 

 

 

Il entraîna Regulus à sa suite et s’en alla vers le château. Lyra attendit un peu avant de les suivre pour aller directement dans sa salle commune, il ne manquerait plus qu’elle le croise à nouveau. Sirius et les garçons devaient être dans la Grande Salle, tant pis, elle les reverrait plus tard. 

 

 

 

Elle chassa l’inquiétude qui germait en elle pour Regulus. Celui-ci était grand et avait très clairement montré qu’il ne voulait pas de ses conseils. Leur dispute était encore trop fraîche dans sa mémoire pour qu’elle se décide à mettre en garde son frère. Rabastan pouvait lui assurer une protection, peut-être que c’était mieux comme ça pour le moment. 

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

La salle sur demande s’était modelée en fonction de leurs besoins. Actuellement, elle avait aménagé une petite aération, car la potion avait une odeur plutôt étrange. Pas agréable mais pas désagréable non plus, ça donnait juste le tournis et un sentiment de confusion mêlé à une envie pressante d’aller aux toilettes. Ils avaient affiché en grand la recette de la potion pour que chacun la voie et la connaisse.

 

 

 

Jusqu’à aujourd’hui, ils n’avaient fait aucune erreurs, mais il restait beaucoup d’étapes avant qu’elle ne soit totalement prête. Lyra ne savait même pas comment les garçons avaient accédé à la recette. Dès qu’elle posait la question, ils se taisaient et se souriaient malicieusement, elle avait horreur de ça. 

 

 

 

Remus avait cessé de trouver des arguments pour les empêcher de devenir des animagus, se contentant de les aider du mieux qu’il le pouvait ; ses amis étaient bien trop têtus et déterminés. Et puis l’idée de passer les prochaines pleines lunes en compagnie de toute la bande était plutôt alléchante.

 

 

 

— Il nous manque des racines de bouleau macérées dans du sang de dragon, remarqua un jour James. Et j’avais bien cherché pendant les vacances, on n’en trouve pas dans le commerce.

 

— Je peux voir aux prochaines vacances dans le laboratoire de mon père, déclara Peter.

 

— Il le remarquerait ? demanda Remus.

 

— Sûrement mais je pourrai inventer un truc…

 

— Nan ça marchera pas. Il le saura direct, ça semble être quelque chose exclusivement dédié à cette potion. Si on ne peut pas en acheter, c’est parce que ce truc est spécial et rare, utilisé que pour des potions bien précises.

 

 

 

James foudroya Sirius du regard.

 

 

 

— Arrête ! J’y ai cru un instant ! Maintenant, on est bloqués. Comment on va faire ?

 

— Il nous reste une possibilité, dit Lyra.

 

 

 

Tous se tournèrent vers elle.

 

 

 

— La réserve de Slughorn. Je l’ai rangée en première année. Je suis sûre qu’il y aura tout ce dont on a besoin.

 

— Pas bête, approuva Remus. Seul hic, comment on fait pour lui voler les ingrédients sans qu’il le remarque ?

 

— On peut se faire coller par lui.

 

 

 

Les quatre garçons hochèrent de la tête en choeur. 

 

 

 

— Alors qui ?

 

— Pas James, ni Sirius, intervint Peter.

 

— Mais pourquoi ? s’indigna Sirius,

 

— Parce que c’est bientôt le retour à la maison gros malin ! répliqua Lyra.

 

 

 

Le visage de Sirius s’assombrit, ses parents allaient lui faire payer les longues heures de retenues accumulées le long de l’année. Tous les ans, c’était le même refrain.

 

 

 

— Pas besoin de faire exploser un pétard dans une potion, ou de faire envahir le cachot par des crapauds, dit Remus. Laissez-moi gérer, je m’en occupe.

 

 

 

Il se leva et sortit, de la salle. Les cours ne reprenaient que dans une heure, mais il avait quelques petites choses à préparer. Des bruits le pas le firent ralentire, permettant à Lyra de le rejoindre.

 

 

 

— Besoin d’aide ?

 

— Tu veux surtout savoir ce que je compte faire… remarqua t-il en souriant.

 

— C’est fort probable ! répondit-elle malicieusement.

 

 

 

Elle sortit de son sac un rat qui s’était lové dans un de ses pulls.

 

 

 

— Voici Albert, le rat d’Alice, je me suis dit que ça pouvait te servir…

 

— Tu as réussi à prendre le rat d’Alice avant même qu’on évoque l’idée de voler dans la réserve de Slughorn ? Impressionnant !

 

— Hmmm, commença t-elle en rougissant. Et bien en fait, je viens juste de la croiser en sortant et j’ai eu l’idée…

 

— Elle va en cours avec son rat ?!

 

— C’est rare qu’elle le quitte, juste pour le quidditch où elle me le passe. Alors ? Je peux t’aider ?

 

 

 

Il fit mine de réfléchir, mais appréciait les moments passés avec la jeune fille, s’il pouvait en rajouter un autre, il n’hésiterait pas très longtemps !

 

 

 

— Vu comment ce rat est gras, je serais étonné de son utilité…

 

 

 

Une jolie grimace apparut sur le visage de Lyra.

 

 

 

— Ok, j’avoue, je voulais avoir un prétexte pour venir avec toi…

 

 

 

Bizarrement, cette révélation fit un coup de chaud à Remus, dont le visage prenait une légère teinte rouge. Elle voulait sûrement venir avec lui juste pour faire une bêtise, elle ne voulait sûrement pas être avec lui.

 

 

 

Il se racla la gorge et expliqua ce qu’il comptait faire pendant qu’au même moment, il récupérait ce qu’il allait utiliser. Ils rejoignirent le reste de la bande, devant la porte des cachots, où Slughorn les attendait, le visage débordait d’enthousiasme, comme d’habitude. Le début du cours se passa d’une banalité affligeante, cependant, Remus ne cessait de regarder vers Lyra puis se replongeait dans sa potion dès qu’elle se tournait.

 

 

 

— Monsieur ?

 

 

 

Le professeur s’interrompit en se tournant vers Remus. 

 

 

 

— Je peux aller me laver les mains ? J’ai renversé un pot d’encre.

 

— Mais bien sûr, dit le professeur qui ne remarqua rien de louche. 

 

 

 

Doucement, Remus se leva, marcha vers la porte, l’ouvrit, s’avança et la ferma. Dès que le clac se fit entendre, il courut vers la réserve, l’ouvrit avec un simple Alohomora et entra en fermant doucement la porte. Au début, il croyait que la porte ne s’ouvrirait pas avec un simple sort, raison pour laquelle il avait pris un pass qui appartenait au père de James - celui-ci d’ailleurs n’était pas vraiment au courant que son fils le lui avait « emprunté ». Ce pass était une vraie merveille pour tous ceux qui souhaitaient forcer une porte, la tige en métal s’adaptait à toutes les serrures.

 

 

 

Tout de suite, il se mit au travail recherchant les racines de bouleau macérés dans du sang de dragon, s’éclairant à sa baguette. Il ne lui fallu que quelques minutes, car le professeur étant méticuleux, il avait trillé ses ingrédients par ordre alphabétique. Il sortit et courut vers la salle de cours. Reprit sa respiration et entra en souriant calmement.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Les Serpentard finirent par gagner contre les Gryffondor, les classant derniers. Même les plus fervents supporters étaient abattus devant cette médiocrité. Ethan Anderson était à deux doigts de la dépression ; leur équipe s’était entraînée si dur. C’était trop injuste d’avoir perdu ! Il avait encore une année pour progresser et gagner la coupe avant de quitter Poudlard, mais il n’était pas très optimiste… Les membres de l’équipe étaient tous très déçu et abattus.

 

 

 

Cependant, malgré la défaite, Lyra était vraiment heureuse pour Alice qui rayonnait depuis qu’elle sortait avec Franck. Bien sûr, ça n’avait pas été facile, Lyra avait enseigné les dures Règles de Bienséance à Alice. Son amie les trouvait « stupides et prétentieuses » mais elle voulait les apprendre pour pouvoir aborder Frank sans se sentir totalement stupide. Elle avait fait beaucoup d’erreurs et mélangé beaucoup de règles, mais ça avait finalement plutôt joué en sa faveur. Franck avait vite craqué pour cette jeune fille drôle et spontanée et maintenant, c’était l’amour fou.

 

 

 

Depuis que Lyra avait revu sa cousine, elle avait ajouté à sa chaîne où reposait son médaillon Black, le pendentif avec la perle qu’elle avait reçu dans sa première lettre. Et quand elle avait reçu le faire-part de naissance de Nymphadora Tonks, elle l’avait mis dans son sac pour toujours l’avoir avec elle. Elle savait que l’été serait difficile, mais elle aurait de quoi se raccrocher en cas de coup dur.

 

 

 

Pour les derniers cours de l’année, l’ambiance s’était vraiment allégée, les élèves rigolaient et plaisantaient avec les professeurs. En attendant l’arrivée de McGonagall pour le dernier cours de l’année, Lyra écoutait d’une oreille discrète James et Remus discuter de la prochaine coupe du monde de Quidditch. L’arrivée de la fin d’année n’avait pas eu le même effet sur tout le monde, seule l’humeur des jumeaux s’était assombrie. L’épaule appuyée contre Sirius, Lyra jouait avec son collier. 

 

 

 

Ses doigts se crispèrent sur son pendentif dès qu’elle posa les yeux sur lui. Ce sourire arrogant la mettait mal à l’aise, d’autant plus que son regard aguicheur qui descendait le long de son corps pour s’arrêter à certains points stratégiques.

 

 

 

Le couloir était bondé, personne ne l’avait remarqué. La jeune fille se retourna, de plus en plus gênée, mais elle sentait toujours autant le regard qui la brûlait dans le dos. Sirius leva un sourcil interrogateur, qu’elle balaya d’un sourire. Mais il la connaissait, trop bien.

 

 

 

— Qu’est ce qu’il y a ? demanda t-il en cherchant dans la foule ce qui pouvait être la source du problème.

 

— Quoi ? demanda James.

 

— Rien, laissez tomber.

 

— Putain… murmura le jeune Black.

 

— Laisse tomber Sirius !

 

— Il est sérieux là ? reprit-il sans l’écouter.

 

— Ce serait pas Lestrange ? reconnut son ami.

 

 

 

Sirius hocha la tête, tandis que le Serpentard continuait son petit jeu sans rien remarquer.

 

 

 

— Vas-y, dit James.

 

— Quoi ? demanda t-elle.

 

— Vas le voir, et dis lui d’arrêter.

 

— Je ne peux pas faire ça ! s’indigna t-elle.

 

— Sinon il continuera, et un jour il ira plus loin. Dis lui non maintenant, il ne peut rien te faire ! Il y a trop de monde et on est là si besoin.

 

 

 

Les yeux gris acier, croisement ceux plus doux noisette. Bizarrement, qu’il lui fasse confiance lui donna de la force et elle sentit le courage la gagner.

 

 

 

— Gardez mon sac, dit-elle sous le regard enjoué de Sirius.

 

 

 

Elle s’avança d’un pas sûr vers le Serpentard dont le sourire grandissait au fur et à mesure qu’elle s’approchait.

 

 

 

— C’est que tu commences à devenir une femme ! Encore un an et…

 

 

 

Elle le gifla. Trop étonné pour faire quoi que ce soit, il ne la retint pas quand elle tourna les talons.

 

 

 

— Je te déconseille de recommencer Rabastan ! cria t-elle en se retournant.

 

 

 

Le jeune homme porta la main à sa joue rouge, pendant que le flot d’élèves reprenait sa marche vers les salles de cours.

 

 

 

— Mes félicitations Miss Lyra, remarqua James qui entrait dans la salle de Métamorphose. Il ne risque pas de recommencer.

 

— J’espère, répliqua t-elle. Regarde, j’ai les mains qui tremblent !

 

— Ça va passer, et un jour tu vas t’y habituer et il ne pourra plus rien te faire, assura Sirius. 

 

 

 

Elle haussa un sourcil, peu convaincue, mais un poids en moins sur les épaules.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Lyra ferma la bouche pour s’empêcher de vomir. Elle détestait quand sa mère lui faisait subir le transplanage d’escorte. Elle espérait que quand elle transplanerait seule, elle ne se sentirait pas aussi nauséeuse qu’en cet instant. Sinon voyager risquait d’être difficile. Peut-être aussi que quitter les garçons et Alice pour tout l’été ne l’aidait pas à se sentir mieux. 

 

 

 

Elle suivit son père, Sirius et Regulus dans la maison en retenant son souffle. Le silence de ses parents et leur attitude froide, comme une colère contenue, la faisait se sentir comme les condamnés à mort marchant vers leur potence. Discrètement, elle leva les yeux vers le haut de l’escalier, espérant qu’ils les laisseraient monter dans leur chambre rapidement. Mais le futur affrontement avec ses parents quitta son esprit au moment où elle la vit.

 

 

 

Elle était là, sa tête entourée d’un cadre. Elle était là, à côté de ses ancêtres, sa famille, les yeux vides, sans vie. 

End Notes:

Hello,

J'ai conscience que le temps passe vite dans les premières années à Poudlard, il y a moins de choses/actions qui se passent, c'est plutôt au niveau des caractères et des mentalités où les changements prennent du temps. Les prochaines années seront beaucoup plus longues !

J'ai aussi décidé de laisser quelques parties écrites d'il y a trois ans, ce ne sont pas les meilleures, mais je ne voulais pas tout effacer et réécrire, je voulais garder le premier jet (moi nostalgique ? nooooon, on va dire que c'est un hommage). Je pense que vous verrez l'évolution de l'écriture. Donc j'ai juste ajouté des passages notamment pour expliquer la relation avec Regulus. D'ailleurs il est en sélection du mois, je vous invite à lire les textes, il y a de vraies pépites !

Ah et Albert, c'était un cheval appaloosa que j'avais rencontré aux US, donc voilà, on pense à toi Albert, petit hommage même si c'est sous forme de rat d'Alice ^^

Je vous laisse dans un léger suspense... ;)

Allez, la bise et à bientôt. BTW, merci à Athena666 pour ses reviews ♡

winter

Chapitre 17 by Winter
Author's Notes:

TRIGGER WARNING : scène violente.


 


ϟ. Pink Floyd - Comfortably Numb



image par @alex13

James avait toujours cru qu’avec le temps, l’absence de son père ne serait plus aussi douloureuse dans son coeur. Il était un modèle pour lui, chacun de ses actes avait semblé juste pour James, pas une seule fois, il n’avait douté de lui. C’était son père, son incarnation personnelle de Dieu.

 

 

 

Mais comment peut-on honorer un Dieu sans avoir un signe de sa présence à nos côtés ? Ses brèves apparitions, le soir bien après l’heure du diner, ne suffisaient plus à James. Il avait besoin de sentir sa présence dans la maison, sentir qu’il était là et que c’était normal. Pourtant, la normalité était quand Fleamont n’était pas là. Avec le recul, il trouvait ça limite drôle !

 

 

 

Il savait que son père oeuvrait pour le bien de la société. Et en ce moment, il sentait que quelque chose se tramait, son visage était de plus en plus soucieux. Tout le monde sentait ce climat d’insécurité. Et malgré les efforts de sa mère pour dissimuler son inquiétude, il voyait parfois ses mains trembler quand elle récupérait le courrier où quand elle survolait des yeux la dernière édition de la Gazette du Sorcier.

 

 

 

Il ne voulait pas trop penser à tout cela, mais plutôt à la potion bien à l’abri dans sa malle. Il ferait tout pour ne pas la gâcher. Ils avaient travaillé dessus avec une minutie impeccable. Parfois, ils avaient dû se lever au milieu de la nuit pour ajouter un ingrédient ou tourner dans un sens pendant 30 secondes puis dans l’autre deux heures après. Donc, maintenant, c’était à lui de jouer, « la baby-sitter » comme disait Sirius en se moquant.

 

 

 

C’était contraignant, mais il savait que ça valait le coup. Remus avait besoin d’eux et depuis que le projet avait été mis en place, il ne pensait plus qu’à l’animal qui vivait au fond de lui, près à être dévoilé. Cette impatience grandissait au fond de lui, mais il devait être patient. Un jour, il deviendrait cet animal.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Depuis qu’elle était née, Lyra avait grandi avec les têtes de tous ces elfes exposées dans l’escalier. Elle avait appris à faire comme s’ils n’avaient jamais été vivants, qu’ils n’étaient pas réels, juste un élément du décor. Toutefois, elle avait connu Stuffy. Cette elfe s’était occupée d’elle depuis toute petite et maintenant sa tête trônait dans l’escalier. 

 

 

 

C’était elle qui venait quand elle avait cinq ans et qu’elle faisait des cauchemars. Elle qui l’avait rassurée pour faire taire les pleurs et empêcher de réveiller Mr et Mrs Black, car elle savait quelle serait la punition de la petite fille. Elle qui leur faisait leur gâteau d’anniversaire. Elle qui emballait leurs maigres cadeaux quand ils étaient tous petits. Elle qui avait pris, dans le coeur de Lyra et Sirius, la place d’une gentille grand-mère ou grande tante.

 

 

 

Et maintenant elle était morte, sa tête encadrée aux côtés de sa famille. Lyra porta la main à sa bouche et retint un sanglot, les yeux humides. Derrière elle, Sirius laissa échapper un gémissement. Seul Regulus parvint à rester silencieux. D’eux trois, il avait toujours été celui qui réussissait le mieux à agir comme le digne « Héritier Black ». Cependant, l’effroi se lisait sur son visage.

 

 

 

Elle fut arrachée de ses pensées par la main de son père qui lui avait empoigné l’épaule pour la tourner face à lui. Il ne lui laissait pas le temps de reprendre ses esprits et la gifla avec toute la force qu’il avait. La tête de Lyra heurta le mur du couloir et elle s’affaissa au sol. Les objets autour d’elle ne cessaient de bouger alors elle ferma les yeux entendant un bruit sourd non loin d’elle. Ce devait être son père qui avait lui aussi giflé Sirius. 

 

 

 

Cependant, elle ne se leva pas pour prendre la défense de son frère. Cela ne ferrait qu’aggraver leur cas à tous les deux, il fallait faire profil bas. Elle savait qu’elle avait fauté, gifler Rabastan en public pour le remettre à sa place avait été très téméraire et peu réfléchi. Elle en payait les conséquences ce soir.

 

 

 

Au son des talons sur le parquet en bois ciré, Lyra devina que sa mère quittait les lieux. Elle s’étonnait de ne recevoir rien d’autre, juste une gifle et puis c’est tout ? Pourquoi pas… Elle ouvrit un oeil, et ignorant les vertiges qui la saisissaient, elle s’avança à quatre pattes vers son frère.

 

 

 

Il ouvrit un oeil injecté de sang et ensemble, ils réussirent à se relever. Sirius monta les deux premières marches le plus vite possible avant de se figer de terreur. Orion, un cigare aux lèvres était revenu et maintenait sa fille contre le mur. Sirius descendit l’escalier le plus vite possible et tenta de repousser son père. Mais Orion le repoussa contre le mur opposé comme s’il n’était qu’une poupée de chiffon.

 

 

 

— Petite garce ! cria Orion, sa veine battant furieusement sur sa tempe. Tu pouvais pas t’en empêcher ! Hein ? Je croyais que tu valais mieux que ton crétin de frère, mais non ! Aussi stupide ! Une gifle ! En public !

 

 

 

Il en crachait tellement sa fureur était grande. Lyra tentait de se débattre, mais sans grand succès. Le goût âcre du sang envahit sa bouche.

 

 

 

— Comment as-tu pu oser faire ça ? En public ! Tu sais combien sa famille est puissante ? Ils étaient d’accord pour vous marier, mais maintenant, ils se rétractent ! Tu sais ce que ça veux dire ?! Personne ne voudra de toi ! Alors tu devras t’excuser ! Je me fous que tu sois désolée ou pas ! Il devra te croire !

 

— Non !

 

 

 

Orion bloqua son poignet gauche contre le mur et enleva son cigare de la bouche. Elle se débâtit avec plus de vigueur, mais ses yeux s’obscurcissaient petit à petit, elle n’avait plus de force pour se dégager. Et les yeux fermés, la douleur était tout aussi présente.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Regulus se pinçait le bras, mais cela n’empêcha pas les larmes de couler. Il entendait les cris de Lyra et de Sirius encore et encore dans sa tête. Il n’aurait jamais dû laisser Mère l’entraîner dans le petit salon. Il aurait dû se douter de quelque chose quand elle avait fermé la porte à clef. Il aurait dû…

 

 

 

Il ramena ses genoux contre lui et ferma les yeux. Il ne pouvait s’empêcher d’être en colère contre Lyra et Sirius. Ne pouvaient-ils pas se contenter de faire ce que Mère et Père demandaient ? Ne pas discuter et obéir ? Pourquoi Sirius éprouvait-il le besoin de se faire coller toutes les semaines ou presque ? Pourquoi Lyra avait-elle manqué de respect en public à un fils de bonne famille ? Et en plus de ça Regulus savait que son frère et sa soeur étaient amis avec des Sang-Mêlés, des Sangs de Bourbe et un Traître à son Sang. Comment réagiront leurs parents quand ils l’apprendront ?

 

 

 

Et lui, il faisait des efforts, il côtoyait Rabastan, il respectait les règles, il étudiait sérieusement…

 

 

 

Il ne voulait plus avoir à supporter ces cris. À chaque fois qu’il croisait le regard de Sirius ou de Lyra, il avait envie d’hurler. Il faisait tant d’effort pour leur famille. Que eux réduisaient à néant en quelques secondes.

 

 

 

Regulus se remit à pincer son bras, la douleur devait faire fuir les larmes. Il était un Black et les larmes partiraient.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Le tissu se déchira facilement et elle put entourer avec le ruban noir son poignet. Elle alla dans la chambre de Sirius pour qu’il lui fasse un noeud. Lyra ne voulait plus voir la marque du cigare de son père sur son poignet, contrairement à son frère qui ne la quittait pas des yeux. Dès qu’elle posait les yeux sur ce point noir et rouge, elle avait envie de vomir.

 

 

 

À chaque fois qu’elle voyait son frère, elle se retenait de le dévisager. Il avait le nez qui prenait chaque jour de nouvelles couleurs, les mêmes couleurs que le côté droit du visage de Lyra. Il respirait avec difficulté, mais il ne se plaignait jamais. Un Gryffondor…

 

 

 

— J’enverrai une lettre à Andros quand on sera à Poudlard.

 

— D’accord, répondit-elle dans un murmure avant de reprendre un peu plus tard. Tu regrettes ?

 

 

 

Il se tourna vers elle, et la jeune fille fut frappée par la dureté qui se dégageait de son frère. Quelque chose s’était brisé en lui. Une enfance volée…

 

 

 

— D’avoir choisi mes options en début d’année ? D’avoir choisi en dépit de leur volonté ?

 

— Oui.

 

— Non, pas un seul instant.

 

 

 

Depuis leur retour ils ne parlaient plus qu’à voix basse. Comme si faire le moins de bruit possible pouvait attirer les foudres de leurs parents.

 

 

 

— Tu as vu Regulus ?

 

— Non, pas depuis…

 

 

 

Elle s’interrompit, mais Sirius avait compris.

 

 

 

— Tiens, dit-il en sortant un magazine.

 

 

 

Ledit magazine arborait en couverture une sublime blonde aux poumons très développés et habillée d’un simple bikini. Devant le regard de sa soeur, Sirius eu un pâle sourire. L’équivalent d’un grand fou rire quand on était au 12 Square Grimmaurd.

 

 

 

— Cadeau de James, bref…

 

 

 

Il l’ouvrit, et sortit une photo. Ils étaient là, tous les cinq, souriants. Lyra vit son elle miniature lui faire coucou.

 

 

 

— Je ne savais pas que tu l’avais prise.

 

— Cadeau, j’en ai une aussi mais je pensais que tu préférerais en avoir une avec toi.

 

 

 

Il se leva, prit la photo et la colla contre le mur, près de son lit. Puis il sortit une banderole Gryffondor et fit de même qu’avec la photo.

 

 

 

— Comme ça, marmonna t-il. Ils sauront que ça ne m’atteint pas. J’en ai rien à foutre. Je suis libre, je suis putain de libre.

 

 

 

Lyra le laissa à son bricolage, et retourna dans sa chambre. Elle avait une planque qui lui permettait de cacher ses affaires sans que sa mère ne les trouve. Ce n’était pas sous une latte de plancher, sous son matelas, ou entre les pages d’un livre gros et ennuyeux… Kreattur l’aurait facilement repéré. 

 

 

 

C’était sous le tiroir de sa table de nuit. Il y avait un centimètre de renfoncement où elle y cacha la photo qui rejoignit le faire-part de naissance de Nymphadora. Elle y avait également aménagé dans le fond du tiroir un double fond, ici elle pouvait mettre des choses d’un plus grand volume, mais ce n’était pas encore parfais parfais niveau discrétion. 

 

 

 

Dans sa malle, tout au fond, il y avait une banderole similaire à celle de Sirius. Alors elle se leva, la prit et l’accrocha sur le mur en face de son lit. On ne pouvait pas la manquer.

 

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

Alice se félicitait d’avoir une bonne mémoire. Sinon elle n’aurait jamais pu voir la maison de Lyra (car il fallait dire le nom de la maison dans sa tête pour la voir) et donc, elle n’aurait pas pu se retrouver dans son jardin au beau milieu de la nuit. Elle était aussi contente d’avoir pris son balai, ça évitait de frapper à la mauvaise fenêtre et de tomber nez à nez avec un moldu mal réveillé. 

 

 

 

Au travers de l’une d’elle, elle crut discerner une malle de Poudlard remplie de parchemins, vêtements et manuels. La décoration de la chambre lui faisait plutôt penser à une fille, alors prenant son courage à deux mains, elle frappa à la fenêtre. Dans la nuit, elle n’entendait que son coeur qui battait à toute vitesse. Une masse sombre bougea et s’avança vers elle. Lyra la regarda d’abord avec surprise puis finit par ouvrir.

 

 

 

— Alice ? Mais qu’est-ce que tu fais là ?! chuchota t-elle.

 

— Ça te dit une petite balade nocturne ?

 

— Attend, je m’habille. Je peux prévenir Sirius ?

 

— Bien sûr.

 

 

 

Alice était étonnée que son amie n’hésite pas à la suivre ou ne pose pas plus de questions. Elle préféra ne pas s’en inquiéter pour le moment. Lyra réapparut rapidement en portant, à la grande surprise d’Alice, un jean. Chose que la jeune fille ne portait jamais, étant donné qu’elle n’en avait pas. Mais elle fit comme pour ses autres questions et l’aida plutôt à monter derrière elle. Les mains de Lyra se nouèrent autour de sa taille et elles partirent dans le noir. 

 

 

 

Alice la descendit et remonta chercher Sirius qui apparaissait à sa fenêtre. Lui aussi habillé d’un jean et d’un t-shirt noir. Il avait beaucoup grandi pendant l’été, ses traits du visage s’étaient affinés, on devinait sans difficulté qu’il venait d’une famille noble.

 

 

 

— Salut Alice.

 

— Prêt pour une virée londonienne ?

 

 

 

Le jeune homme hocha la tête, ils ne se connaissaient pas beaucoup, mais s’appréciaient mutuellement. Cette soirée était idéale pour faire connaissance.

 

 

 

— Venez, on va marcher un peu, on n’est pas loin du centre, dit Alice en cachant son balai dans un fourré du jardin d’accueil de la maison Black.

 

 

 

La nuit était calme comme seules les nuit de vacances d’été pouvait l’être. L’air était doux et quelques personnes flânaient dans les rues.

 

 

 

— Où tu nous emmènes ? demanda Lyra après une quinzaine de minutes de marche.

 

— Vous avez faim ? demanda son amie, ignorant la question. On va se trouver un petit Dinner pour discuter tranquillement.

 

— Très bonne idée, approuva Sirius qui mourrait toujours de faim.

 

 

 

Elle les emmena dans un petit restaurant aux lumières à néon qui éblouissaient les yeux à une heure aussi tardive. Elle commanda trois hamburgers avec trois sodas et rejoignit les jumeaux à une table. Avec la nuit, elle n’avait pas remarqué leur visage, mais quand elle le vit à la lumière elle ne put s’empêcher de les dévisager avec compassion et un peu d’inquiétude.

 

 

 

— Qui… Qui vous a fait ça ?

 

 

 

Lyra haussa les épaules et fit tomber ses longs cheveux noirs sur son visage. Alice échangea un regard avec Sirius qui lui fit signe de ne pas insister.

 

 

 

— Ce sont vos parents ? insista Alice. Lyra répond moi ! Ce sont eux qui vous ont fait ça ? Mais pourquoi ?

 

— Ils…

 

 

 

La voix rauque de Lyra se cassa.

 

 

 

— Ils n’ont pas aimé le petit épisode avec Rabastan. Mais ne t’inquiète pas, ce n’est pas pire que Sirius, il lui a presque cassé le nez.

 

 

 

Alice se tourna vers Sirius qui mangeait tranquillement. De toute évidence, ce n’était pas la première fois que leurs parents levaient la main sur eux. 

 

 

 

— Oh Lyra, Sirius… Je suis désolée.

 

 

 

Lyra resserra son sweat gris trop grand sur ses épaules.

 

 

 

— Et toi Alice, qu’est ce qui se passe ?

 

— J’avais envie de passer un peu de temps avec toi. M’amuser un peu, rigoler…

 

— C’est Frank ?

 

 

 

Alice ferma les yeux un instant. Lyra avait toujours été forte pour deviner ses pensées et comme d’habitude elle avait vu juste.

 

 

 

— Il a rompu.

 

— Pourquoi ?

 

— Soit disant parce qu’il parait qu’il n’est pas assez bien pour moi.

 

— T’en penses quoi ?

 

— Je n’y crois pas. C’est trop facile de dire ça. Surtout après cette année…

 

— Pourquoi ? intervint Sirius qui avait la bouche pleine. Vous avez quoi ? Seize ans ? Vous n’étiez pas mariés.

 

— Parce que tu t’y connais en relations ?

 

 

 

Alice prit une bouchée et but une longue gorgée avant de reprendre.

 

 

 

— Il m’a dit qu’il m’aimait, on s’est partagé nos secrets… Et il me plaque sans me parler en face ? Non, ça n’a aucun sens.

 

— Tu as encore sa lettre ? demanda Lyra 

 

 

 

Elle grignotait quelques frites sans toucher à son burger, Sirius le regarda avec envie, alors elle lui tendit, se focalisant sur Alice.

 

 

 

— Non, je l’ai brûlée…

 

— Alors tu veux que je t’aide à te changer les idées.

 

— On peut dire ça ouais, je crois que je suis arrivée au bon moment, non ? dit-elle en lui souriant gentiment.

 

 

 

Lyra baissa les yeux et regarda le ruban noir serré autour de son poignet, elle ne devait pas y penser. 

 

 

 

— Bon, et Sirius, pas de copine en vue ?

 

— La place est libre, répondit-il un sourire malicieux sur les lèvres.