Viktor Krum et la Seconde Guerre des Sorciers by bellatrix92
Summary:

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Encore traumatisé par les événements de la Troisième tâche, Viktor Krum est convoqué par Albus Dumbledore qui lui confie une mission: protéger l'Europe de Lord Voldemort, aidé d'autres sorciers.

 

Car l'Ordre du Phénix reprend du service, y comprit sur le Continent où il n'avait plus agi depuis l'époque de Grindelwald.

 

Mais pour Viktor Krum, la situation est difficile: peut-il véritablement se battre alors qu'il doute de tout, y compris de lui-même?

 

L'image appartient à Warner Boss.


Categories: Tranches de vie, Epoque de Harry Characters: Albus Dumbledore, Fleur Delacour, Les Mangemorts, Ordre du Phénix, Viktor Krum
Genres: Amitié, Guerre, Missing Moments
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Les Enfants perdus, La Guerre des Sorciers, Les chroniques du Blocksberg
Chapters: 2 Completed: Non Word count: 2863 Read: 787 Published: 10/01/2021 Updated: 14/02/2023
Story Notes:

Viktor et Fleur sont mes champions préférés pour leur complexité et leur apport culturel, cette fic est pour moi l'occasion de les mettre un peu à l'honneur.

1. La colère de Viktor by bellatrix92

2. En toute franchise by bellatrix92

La colère de Viktor by bellatrix92
Author's Notes:

Ce chapitre a été écrit dans le cadre des nuits, le 9 janvier 2021 sur le thème: "le personnage est révolté par des paroles ou des actes".

Il y a eu le temps du choc, de la sidération, et puis il s’est effondré inconscient comme si son corps avait compris avant lui qu’il ne pouvait le supporter.
Enfin, la nouvelle de la fuite d’Igor Karkaroff à son réveil a été la goutte déclenchant le raz-de-marée sur son esprit déjà au bord de la noyade.

Il ne peut pas y croire, malgré tout le mal qu’il pense du directeur, il n’y arrive pas.
Mais il ne peut nier que Celui Dont On Ne Doit Pas Prononcer Le Nom est bel et bien revenu, à présent que son père a disparu dans les flammes de la cheminée de sa cabine et que ses paroles d’avertissement résonnent dans son esprit :
« Le père Malefoy et d’autres ont essayé cette nuit-même de m’entreprendre et de m’attirer dans leur cercle. Je ne veux pas savoir ce qu’ils trament… Mais surtout je veux que désormais tu gardes une distance absolue avec les Serpentard. J’ai peur pour toi Viktor. »

La cheminée est devenue froide sitôt le visage de son père disparu, comme si aucun feu n’y avait brûlé depuis un temps éternel. Après seulement quelques secondes, Viktor sent la colère monter en lui jusqu’à le submerger complètement. À côté de lui, ses amis l’observent avec inquiétude et leurs regards sont comme autant de coups de poignard sur son âme déjà meurtrie.

Soudain il cède. Les mots, les imprécations et les injures sortent pèle-mêle sans qu’il ne puisse les contrôler, dans des hurlements presque inarticulés où il a l’impression de devenir une bête féroce et enragée.
Autour de lui il sent bien que c’est la panique car ses colères sont rares mais mémorables, et aucun de tous ces gars ne sait comment le maîtriser dans ces moments. A vrai dire, il se fait même peur à lui-même mais pas question pour autant de se calmer.

Perdu dans son explosion de rage, il voit pourtant qu’autour de lui la minuscule cabine se vide et entend vaguement qu’on appelle à l’aide. Puis soudainement, la couleur parme d’une étoffe légère passe brièvement devant ses yeux.
Une femme vient d’entrer et il la reconnaît sans aucune peine malgré son état second, c’est celle qui était avec Igor Karkaroff, son directeur honni, dans les gradins du tournois la veille au soir.
Une conquête probablement, mais que fait-elle donc ici ? Pourquoi donc l’a t-on laissée entrer dans ce vaisseau.

La jeune femme est plutôt jolie, une trentaine d’années à peine voire moins, les cheveux clairs mais probablement pas naturels, un teint olivâtre et des yeux au regard étrangement pénétrant. Viktor essaie de l’ignorer mais une de ses mains se pose doucement sur son épaule. Et sans se retirer bien qu’il continue à tempêter et crier sa colère.
Peut-être même insulte t-il la femme qui se trouve à côté de lui, aveuglé par la rage comme il l’est.

Pourtant elle reste à côté de lui, debout et totalement inébranlable. Combien de temps cela dure t-il ? Dix minutes ? Une heure ?
Il ne le sait pas vraiment mais lorsque les premières larmes commencent à couler sur son visage, il est épuisé et son souffle court.

Enfin il s’effondre à nouveau sur sa couchette, frissonnant et le corps secoué de sanglots qu’il ne peut arrêter, si honteux à l’idée que ses camarades le voient ainsi qu’il se tire les cheveux à se les arracher et se gifle pour tenter de se reprendre. Il ne devrait pas se laisser aller comme cela, ce n’est pas digne d’un homme et encore moins du champion de Durmstrang.
De sa main encore libre, la femme l’arrête avec fermeté et lui murmure d’une voix douce pour le rassurer :
- Votre fureur a fait fuir tous les hommes de la zone, il n’y a ici que moi et une de vos camarades. Les autres sont en train de faire une manœuvre.

Étrangement, il se sent soulagé à défaut de mieux et sa respiration s’apaise un peu, tout comme son esprit. Pour autant, il lui faut encore un long moment avant de parvenir à parler d’une voix à peu près intelligible :
- Qui êtes-vous ? Pourquoi étiez-vous avec cet enfoiré de mangemort ?

Malgré lui, et malgré la sollicitude de cette femme, son ton est accusateur et il le ressent lui-même.
- Je m’appelle Athénaïs, répond t-elle cependant avec douceur. Je fréquentais Igor Karkaroff depuis quelques années, mais je crois bien qu’à présent, c’est fini…

Oui, tout est fini pour lui pense amèrement Viktor qui note l’air triste et accablé de la femme en face de lui. Car sa fuite ne le sauvera pas si Celui Dont on Ne Doit pas Prononcer le Nom le cherche.
- Qu’il crève, s’entend t-il murmurer avec colère. Qu’il crève et le plus vite possible, je déteste les lâches...

Pourtant, lui-même pleure encore et son corps frissonne toujours. C’est que ce bateau est toujours aussi glacial que lorsqu’ils se trouvaient encore dans le Grand-Nord.
Comme si elle avait deviné son inconfort, Athénaïs ôte sa propre cape et la lui enroule autour des épaules.
Sa camarade présente, Marta qu’il reconnaît enfin, s’approche également et lui tend un gobelet :
- Un peu de potion calmante ? Lui propose t-elle de sa voix aiguë si caractéristique.
- Merci… A t-il la force de souffler.

Il boit aussitôt avec reconnaissance. Marta est la meilleure potionniste de toute l’école et elle a le don de fabriquer d’excellents remèdes. Cette fois-ci ne fait pas exception puisque, après simplement quelques secondes, son esprit semble se décongestionner un peu et gagner en cohérence.
Ses tremblements de rage deviennent un peu plus contrôlables et il parvient enfin à dire ce qu’il a sur le cœur :
- Je… J’ai jeté un doloris, avoue t-il honteux. Sur Cédric Diggory… Je ne sais pas ce qui m’a pris mais je…
- Une force vous y a obligé et vous n’avez pas pu résister ? C’est cela ? Lui demande la jeune femme.
- Oui, avoue t-il. Je mérite au moins Nurmengard, pas vrai ?

Rien que la perspective suffit à le terroriser, rien que l’idée de devoir côtoyer Grindelwald…
- Vous étiez sous imperium Viktor, lui répond Athénaïs qui semble vouloir le rassurer. Rien ne peut être retenu contre vous.
- Il n’empêche que je me suis conduit comme un monstre ! S’écrie t-il en se redressant malgré les effets de la potion. Diggory… C’était le meilleur de nous tous, un gars d’un bonté extraordinaire qui méritait de gagner… Et moi j’ai fait ça… Et il est mort…

A présent les larmes coulent à nouveau, rageusement. Marta lui étreint doucement l’épaule :
- Tu n’as pas tué Cédric Viktor, murmure t-elle. Tu es innocent et tu n’y es pour rien même. Les partisans des forces du mal s’étaient infiltrés dans le tournois pour permettre la renaissance de Celui Dont On Ne Doit Pas Prononcer Le Nom… Tu n’es qu’une de leurs victimes, pas un coupable.

Athénaïs renchérit :
- Je sais qu’Igor Karkaroff s’est conduit comme le dernier des lâches, et lui mérite clairement d’être blâmé. Mais vous Viktor, vous n’avez strictement rien à vous reprocher. Vous avez été soumis à un impardonnable qui ne vous laissait aucune chance de lui résister, et vous auriez tout aussi bien pu vous retrouver à la place de ce pauvre Cédric Diggory. Le vrai coupable est celui qui vous l’a jeté et cet homme a été arrêté.

Viktor baisse la tête, il sent la culpabilité continuer de le mordre malgré tout.
A vrai dire, à cet instant, il se sent terriblement seul et démuni malgré la présence des deux jeunes femmes.
Ses parents sont loin et il leur a interdit hier de venir après ce qui s’était passé et alors qu’il ignorait encore tout de la tragédie, de peur que sa réputation n’en prenne un coup de plus.

A présent, il voudrait juste serrer sa mère dans ses bras. Sauf que c’est parfaitement impossible.
C’est pour ça qu’il se sent si reconnaissant envers cette Athénaïs en fait, juste parce qu’elle reste près de lui, qu’elle lui offre la sécurité d’une présence adulte :
- Vous, demande t-il en pleurant. Pourquoi êtes-vous restée ?
- Pourquoi serais-je partie ? Lui répond t-elle. Igor Karkaroff a fui plutôt que d’accepter d’aider le directeur de Poudlard. Il m’a abandonnée comme les autres, bien que je n’ai jamais attendu autre-chose de lui à vrai dire. Et puis Albus Dumbledore, même s’il sait que les élèves de Durmstrang sont autonomes, m’a demandé de veiller sur vous et de vérifier que vous n’ayez pas de difficultés particulières. Je serai donc présente jusqu’à votre départ de Poudlard, ou jusqu’à l’arrivée d’un autre de vos professeurs.

Viktor acquiesce et elle ajoute :
- En parlant du directeur de Poudlard, il m’a dit de vous accompagner auprès de lui une fois que vous serez en état de le rencontrer. Il souhaite discuter avec vous.
- Il veut me questionner ? Demande Viktor soudain effrayé.
- Peut-être un peu, répond t-elle avec une certaine franchise, mais surtout une douceur rassurante. Mais ce n’est pas dans une démarche d’accusation ou pour vous reprocher quoi que ce soit, au contraire. Je pense qu’il s’inquiète pour vous et qu’en temps qu’hôte et référent adulte à présent, il veut surtout savoir comment vous allez.

Viktor sent son ventre se tordre. Il a peur d’affronter le directeur de Poudlard, le plus grand sorcier de cette époque, surtout après ce maléfice qu’il a lancé à Cédric.
Mais en même temps il l’admire : c’est lui qui a vaincu Grindelwald, le meurtrier de son grand-père. Et c’est également lui qui inspire de la crainte à Celui Dont On Ne Doit Pas Prononcer Le Nom depuis toujours.
- J’aimerais bien qu’il me donne quelques conseils, souffle t-il pour lui-même.

Oui, il ira, il l’affrontera et comprendra ce qui s’est produit, et pourquoi il a agi ainsi. De toute manière, tout vaut mieux que ce feu ravageur qu’il sent dans ses veines encore bouillonnantes, ou le profond sentiment de dégoût de la veille...
En toute franchise by bellatrix92
Author's Notes:

Après longtemps, voici un petit chapitre supplémentaire pour faire avancer cette histoire! 

 

Bonne lecture!

 

- Monsieur le Directeur, je vous arrête tout de suite mais je souhaite en venir au fait, et sans tarder. Ne cherchez pas à emballer les choses.

 

Agacé par la pluie battante qui tombe sur l'école depuis quelques minutes, comme si elle voulait laver les événements de la veille, il a coupé court aux politesses d'Albus Dumbledore. En effet c'est au-delà de ce qu'il peut supporter, même si le vieil homme a sans doute de bonnes raisons d'agir ainsi.

 

Pour autant, Viktor lui est reconnaissant de lui parler en russe, cela facilite beaucoup leur communication. Il sent bien que le directeur de Poudlard essaie de faire le maximum pour lui permettre de s'exprimer et de dire ce qu'il a sur le cœur.

 

Cependant il n'est pas une petite chose fragile qu'il faudrait protéger. Il est un homme, fier et arrogant peut-être, mais aussi suffisamment fort pour affronter l'avenir.

Comme pour appuyer cette pensée, un coup de tonnerre résonne en même temps qu'un éclair blanc et brillant illumine le ciel de Poudlard.

 

 

- Viktor, savez-vous dans quelle organisation votre famille combattait ? Demande alors Albus Dumbledore.

- Oui, répond t-il simplement. Cela je le sais car on me l'a raconté. Je sais que mon grand-père faisait partie de l'Ordre du Phénix... C'était même un agent double d'après ce que l'on m'a dit.

 

Il a presque peur en prononçant ces mots, mais le directeur de Poudlard hoche la tête à l'affirmative.

- C'est donc vrai ? Souffle Viktor. Il est mort parce qu'il a été démasqué ?

- Ce qui s'est passé comporte encore de très nombreuses zones d'ombre, répond Albus Dumbledore. D'autant que ni son corps, ni sa trace n'ont jamais été retrouvés après les événements tragiques qui se sont produits à Francfort. Mais il semble bien établi que, là-bas, il soit tombé dans un piège sordide.

 

Ils ont beau être dans le bureau du directeur, cette pluie d'été orageuse ne faiblit pas, comme si elle voulait les empêcher de communiquer. Pourtant, Viktor ne se démonte pas et demande franchement à Albus Dumbledore :

- Pourquoi avez-vous tenu à me voir, précisément aujourd'hui ?

- Pour commencer, répond Albus Dumbledore. Je m'inquiète pour vous, votre scolarité et les responsabilités qui pèsent sur vous.

- Vous pensez que je n'ai pas les épaules pour les supporter ?

- Je pense que si, au contraire, à condition d'être correctement accompagné. Mais qu'allez-vous faire maintenant que votre directeur a disparu ?

- La même chose qu'avant, répond Viktor. Igor Karkaroff en imposait peut-être à d'autres, mais il ne nous a été d'aucune utilité ou presque durant toute cette année. Son absence ne changera rien et nous nous débrouillerons même bien mieux sans lui je pense...

- Me voilà rassuré sur certains points Viktor. A présent, puis-je vous parler de quelque-chose en rapport avec votre école ?

- De quoi ? Demande aussitôt Viktor qui se sent lui-même sur la défensive.

 

Un autre éclair retentit au dehors tandis qu'Albus Dumbledore se lève et lui fait signe de le suivre jusqu'à une carte murale qui occupe un tableau non loin d'eux :

- La carte des écoles de magie ? Demande Viktor étonné.

- Oui, répond Albus Dumbledore. On y trouve les plus illustres comme les plus insignifiantes ainsi que toutes les orientations possibles et imaginables... Que ce soit des écoles très conservatrices comme Durmstrang ou Uagadou, ou des écoles franchement progressistes comme Castellobruxo. Il y a de tout ici.

 

Viktor acquiesce, le silence s'installe entre eux plusieurs secondes, avant que lui-même ne se décide à le rompre :

- Qu'attendez-vous de moi Dumbledore ?

 

Le vieil homme semble très las et il prend un instant de réflexion avant de répondre :

- Je souhaite que vous rejoignez l'Ordre du Phénix.

- Et ensuite ? Demande Viktor.

- Que vous deveniez mon informateur sur un sujet très précis.

- Lequel ?

 

Viktor sent venir l'embrouille tandis qu'il regarde les gouttes de pluie couler sur les vitres du bureau de Dumbledore. Pourtant, celui-ci poursuit, insensible à son trouble :

- La renaissance de Lord Voldemort n'est pas prise au sérieux par le Ministère anglais et je doute que les autres gouvernements d'Europe fassent beaucoup mieux. Cependant elle aura des conséquences partout sur notre continent et je pense que, dès aujourd'hui, elle va alimenter d'autres groupes violents au service des mêmes idéologies que Lord Voldemort.

- Vous pensez aux Chevaliers de Walpurgis ? Demande Viktor.

 

Ceux-là, il les connaît et les déteste puisqu'il s'agit d'une nébuleuse qui, dans toute l'Europe, est nostalgique du règne de Grindelwald.

- Entre autres, répond Albus Dumbledore. Le retour de Lord Voldemort va les galvaniser et eux-mêmes sont susceptibles de lui fournir des partisans, voire d'importants moyens s'ils pensent qu'il peut servir leur volonté. C'est pour cela que j'ai besoin qu'à l'étranger d'autres luttent contre eux. C'est le seul moyen d'éviter ce qui s'est passé il y a cinquante ans : une guerre qui dégénérerait sur tout le continent, voire dans le monde entier. Est-ce que vous comprenez cela Viktor ?

 

Un éclair brille au dehors et Viktor articule péniblement un « oui », avant d'ajouter :

- Qu'attendez-vous précisément de moi ?

- Des informations, des indices. Vous êtes un homme très sollicité quoique jeune, autant dire que vous êtes au cœur des informations et j'ai besoin que vous me les transmettiez. Mais par Merlin je vous conjure de faire attention à vous...

- Il faut choisir, Monsieur le Directeur.

 

Viktor a répondu avec plus de rudesse qu'il ne l'aurait souhaité mais ils poursuit tout de même :

- Soit vous me demandez de faire attention à moi, soit vous me prenez à votre service. Les deux ne vont pas ensemble.

 

Au regard que lui lance le vieil homme, Viktor comprend que sa réponse le satisfait.

 

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