Pouddlaard by TheHenriette
Summary:

 

Godric Gryffondor, Helga Poufsouffle, Rowena Serdaigle et Salazar Serpentard.

À l'évocation de ces noms vous pensez sûrement : Chevalerie et honneur.

Vous imaginez certainement des combats épiques, des duels de baguettes et d'épées et des aventures fantastiques.

QUE NENNIE MA BONNE DAM' !

En des temps immémoriaux, quatre sorciers furent désignés et réunis pour transmettre leur savoir aux générations futures. Désignés par qui ? Le Destin.

Et franchement, ce jour-là, il aurait mieux fait de se casser les deux jambes !

 


Prologue. La réunion.

1. Godric et le porte-bonheur

2. Salazar et les toilettes des filles

3. Helga au nez rouge

4. Rowena, cette princesse

5. La quête du Serpent Géant

6. Le recrutement des apprentis

Épilogue. Le Choixpeau magique


Categories: Les Fondateurs Characters: Godric Gryffondor, Helga Poufsouffle, Rowena Serdaigle, Salazar Serpentard
Genres: Comédie/Humour
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Aucun
Chapters: 2 Completed: Non Word count: 3124 Read: 966 Published: 17/12/2021 Updated: 23/12/2021
Story Notes:
Comme je ne suis qu'un vulgaire mouton, j'ai finit par suivre la mode et une petite histoire sur les 4 célèbres fondateurs de Poudlard est venue visiter mon esprit.
Cependant prenez garde ! Avec moi, pas questions d'épiques aventures de capes et d'épée. De trahisons ou de complots royaux.
Cette histoire ressemblera bien plus au Kaamelott d'Alexandre Astier (mon dieu fait Homme) qu'au Pilier de la terre.

1. Prologue : La réunion by TheHenriette

2. Godric et le porte-bonheur by TheHenriette

Prologue : La réunion by TheHenriette
Author's Notes:

Oyé oyé,

Bienvenue dames et nobles, manants et geuses.

Faites-vous conter l'histoire fascinantes des quatres fondateurs de Poudlard, l'école de sorcellerie.

Tout commença, comme c'est souvent le cas, par un rêve...

 

Il était une fois, à une époque lointaine, au temps des chevaliers et des nobles dames, quatre sorciers qui firent un rêve.

 

Ce n’était pas un rêve ordinaire, bien que l’on ne puisse réellement qualifier quoi que ce soit d’ordinaire lorsqu’il s’agit de sorcellerie. Ce rêve, fait par quatre sorciers que tout opposait, était un message du Destin. Un appel tout ce qu’il pouvait y avoir de plus officiel, avec les formules d’usage à rallonge, les encouragements plus ou moins énigmatiques et tout le fourbi !

Le Destin, personnifié à l’occasion par Merlin car une apparition sous sa forme de Jésus aurait été inopportune, avait une mission capitale pour ses sbires : ouvrir une école de magie qui s’appellerait Poudlard, où les plus jeunes magiciens pourraient apprendre l’art et la manière d’utiliser leurs dons. Le Destin avait déjà trouvé un lieu en Écosse, un très vieux manoir abandonné entouré d’un lac et d’une forêt. Il n’y avait plus qu’à le mettre aux normes de sécurité, qui étaient bien basses en ces temps lointains, et à organiser la machine à fabriquer des petits sorciers.

 

C’est dans ce but qu’un jour, malgré la grisaille et la pluie, Godric Gryffondor, Helga Poufsouffle, Salazar Serpentard et Rowena Serdaigle prirent la route.

 

Salazar, comte de Serpentard, fut le premier arrivé sur les lieux. Il avait quitté le domaine familial au son des supplications de sa grand-mère, désespérée que son cher Salazinou ne quitte le nid. Lui, trop heureux de fuir les jupes de la comtesse douairière, avait fait préparer son baluchon en toute hâte.

Il attendait patiemment depuis plusieurs heures, assis au bout d’une table poussiéreuse, quand, enfin, il entendit du bruit. Ravi d’avoir bientôt le loisir d’une conversation, il tomba des nues en voyant sa première acolyte.

Helga Poufsouffle était une sorcière de basse naissance qui aurait été bien incapable de le cacher. La vie à la ferme avait tanné sa peau comme du cuir, voûté son dos et rougit son nez. Elle n’avait pas tout compris au rêve qu’elle avait fait, le Destin utilisant par moments un vocabulaire au-delà de sa portée, mais elle savait qu’elle devait partir. Et quand le Destin vous appelle, même la meilleure fromagère du monde ne peut raccrocher. Son ton bourru et sa voix grasse inspirèrent au jeune et noble Salazar un rictus de mépris, il ravala difficilement sa fierté pour demander poliment comment s’était déroulé le voyage de la sorcière.

 

-        Par Merlin, pas si mauvais. ‘Me suis arrêtée à la taverne des deux hippogriffes.

-        Et d’où venez-vous ?

-        Fort Augustus m’sieur Sire. Au sud d’Inverness.

-        Fort Augustus ? s’étonna le comte, connaissant bien la géographie de l’Écosse. Vous voulez-dire que vous avez fait seulement deux lieues avant de faire une pause ?!

-        Eh, c’est qu’on est pas des ch’vaux d’traie !

 

Affligé, Salazar soupira, il tenta d’ignorer le bruit de la chaise qui semblait sur le point de craquer sous le poids de la sorcière. Il ne put cependant prétendre échapper à la forte odeur qui vint assaillir ses narines quand Helga ouvrit sa vieille besace pour en sortir du fromage à l’air moisi et de la viande faisandée.

 

Quelques 96 minutes plus tard, ce fut au tour de Rowena Serdaigle de franchir la porte du vieux manoir abandonné, son apparition soulagea quelque peu le pauvre Salazar qui écoutait d’une oreille distraite les élucubrations de la Poufsouffle.

 

Rowena, fille du duc de Serdaigle, était une jeune femme à l’esprit vif mais qui peinait à se faire entendre. Son sexe et son jeune âge, elle n’avait pas plus de vingt ans, lui valaient souvent d’être ignorée par les autres qu’il s’agisse de ses parents, de ses prétendants, de ses amies et parfois même de ses serviteurs. Aussi, le lendemain matin de son appel du Destin, elle entra dans le salon du domaine Serdaigle, se posa devant ses parents et dit :

 

-        Père, Mère, j’ai reçu un appel de Merlin. Il souhaite que je rejoigne trois autres sorciers pour ouvrir une école de magie en Écosse.

-        C’est cela oui, fit Artemis Serdaigle, le regard vide.

-        Bon courage très chère, renchérit Héra sur le même ton.

 

Et Rowena était partie.

 

Sa chevelure brune bien coiffée malgré le voyage, sa peau de porcelaine et la grâce avec laquelle la jeune femme se déplaçait rassurèrent le comte qui trouva immédiatement en elle une compagnie autrement plus appréciable que la fermière qui avait bu pas moins d’un demi litre de boisson depuis son arrivée.

Malheureusement, le quatrième compère tardait à arriver. Les minutes s’écoulèrent, devenant des heures…

 

-        Par les nécromants ! Quand notre dernier compagnon daignera-t-il se montrer ?! gronda le comte.

-        Peut-être notre camarade vient-il de loin, tenta de tempérer Rowena de sa voix douce, en vain.

-        Eh bien, quand on vient de loin, on part plus tôt. C’est pourtant un stratagème connu de tous.

-        C’est qu’il est bougon ce m’ssieur sire ! taquina Helga. Prenez donc un morceau de ma tome. Un bon fromage raffiné à ma ferme, ça va vous faire oublier vot’ humeur.

 

Mais rien que la vue de cette tome de fromage avait sur Salazar Serpentard un effet tout à fait négatif. Il déclina sans montrer une once de politesse, ce que la sorcière concernée ne remarqua même pas, et les trois acolytes attendirent encore.

 

La nuit avait commencé à tomber quand, enfin, le chevalier Godric Gryffondor arriva au château.

Si le jeune Godric était né parmi les pauvres gens du Pays de Galles, ses faits d’armes remarquables lui avaient valu d’obtenir des titres dont celui très honorable de chevalier. C’était un jeune sorcier volontaire, au visage avenant, dont le courage était loué sur toute l’île d’Angleterre.

 

-        Salutations compagnons et compagnes ! lança-t-il avec un entrain démesuré.

-        Vous êtes en retard; gronda Salazar.

-        Toutes mes excuses, je me suis vu obligé de pourfendre un bicorne. Parbleu il ne viendra plus demander le reste de la monnaie de son galion.

-        Au moins vous nous aurez rapportez ses cornes.

-        Ses cornes ? Pouah ! Pourquoi faire m’ssieur sire ? demanda Helga.

-        Des potions bien sûr.

-        Navré camarade, répondit Godric en offrant à son complice une tape dans le dos, elle lui coupa le souffle. J’ai laissé la bête à son agonie.

 

Salazar, sous le regard à la fois amusé et compatissant de la jeune Rowena, retrouva sa respiration en se pinçant l’arête du nez.

 

Un comte prétentieux, une fermière alcoolique, une demoiselle ingénue et un chevalier simplet. Voilà ceux que le Destin avait choisi pour fonder Poudlard.

End Notes:

C'est donc ainsi que les 4 fondateurs/trices de Poudlard furent réunis.

Notre crieur de la place public, qui fait bénévolement office de narrateur, espère que vous serez présent.es sur la place du marché pour entendre la suite de cette bien folle histoire.

Godric et le porte-bonheur by TheHenriette
Author's Notes:

Oyé villageois.es,

Notre crieur public tiens à remercier AlexG57 et Bilz Breizh pour leur offrande lors de la criée précédente.

Bonne écoute/lecture...

Profitant du privilège que lui offrait sa jeunesse, Rowena Serdaigle se leva la dernière, réveillée par la douceur des premières journées de printemps.


Depuis plusieurs semaines maintenant, elle vivait dans ce manoir abandonné en compagnie de deux sorciers et d'une sorcière, tous appelés comme elle par le Destin. Ensemble, ils avaient pour mission de fonder Pouddlaard, une école de magie, mais les quatre compagnons n'étaient d'accord sur rien.


Salazar Serpentard voulait restreindre l'accès à l'école aux enfants de sorciers uniquement et centrer l'éducation sur la magie offensive. Helga Poufsouffle rabâchait sans cesse qu'il fallait veiller à ce que tout le monde soit bien nourri. Godric Gryffondor disait oui à tout, semblait passionné par l'univers entier mais se perdait en conjecture. Rowena, elle, tentait de maintenir la barque.


 


-        Du lard. Du lard et du porridge, voilà c'qu'il faut pour la marmaille.


-        Par Merlin, Helga pouvons-nous parler d'autres choses que de votre amour de la pitance.


 


Entendre cette nouvelle altercation entre le comte et la fermière fit sourire la jeune duchesse qui prit place sur sa chaise en silence, sa venue étant à peine remarquée.


Il est vrai qu'Helga Poufsouffle vouait à la charcuterie, ainsi qu'à toutes formes de nourriture, une passion dévorante qui n'avait d'égal que son goût pour le vin d'orties.


Rowena avait hésité longuement avant de céder face aux suppliques de sa nouvelle amie de goûter ses fromages. La duchesse était habituée aux mets raffinés, ceux qui se veulent délicats et exhalent un parfum discret. Rien à voir avec les plats faisandés concoctés par Helga ! Et pourtant, à peine la jeune femme avait-elle goûté à sa première tartine qu'elle avait dû s'y résoudre : Helga Poufsouffle était un génie culinaire. Rowena commença à suivre son régime alimentaire, bien que jamais elle ne put égaler la quarantenaire en termes de quantité, tant et si bien qu'elle prit de l'embonpoint.


Si Salazar était exaspéré par le manque de manières de la Poufsoufle, ce n'était rien comparé aux envies de meurtre que lui inspirait Godric Gryffondor. Ce dernier, toujours d'une agaçante bonne humeur, cherchait souvent à faire des phrases compliquées, utilisant des mots qu'il ne connaissait visiblement pas, voire qui n'existaient pas, sûrement pour se faire passer pour plus noble qu'il n'était. Malheureusement, Godric vouait à Salazar une admiration sans limites.


 


-        Dîtes moi cher ami. Commença le chevalier. Contez-nous donc l'histoire de ce bijou qui orne votre cou aquilin.


-        De quoi parlez-vous ? Grogna le comte.


-        De ce bijou que vous portez. L'avez-vous gagné par la force au travers d'une miribilante aventure ? Est-ce un talisman qui protège votre honorifique personne ? Ou une pacotille ?


-        Une pa... Godric, ce médaillon est dans ma famille depuis six générations. Nous nous le transmettons de père en fils depuis plus de deux siècles. Je lui dois mon honneur et mes prouesses. Et si vous osez y toucher je vous ferai fondre les phalanges !


 


Le courroux de Salazar fit rire Godric aux éclats, plein d'une franche camaraderie il asséna au comte un grand coup dans le dos. S'en fut trop pour le noble qui se leva et pris la direction des appartements qu'il s'était attribué dans les cachots.


Il le cacha bien durant le reste du petit-déjeuner, mais pour le chevalier une chose était désormais certaine : si Salazar Serpentard avait un porte-bonheur, Godric Gryffondor aurait le sien !


C'est ainsi que le jeune homme, un air éternellement jovial sur le visage, se mit en quête de se trouver un talisman, un artéfact dont on dirait plus tard : il a appartenu au chevalier Gryffondor. Il y mit toute sa bonne volonté, délaissant sans une once de remord la mission que le Destin lui avait confié. Il aurait, de toute manière, été bien incapable de faire plusieurs choses à la fois.


Pour commencer, Godric fit l'inventaire des biens qu'il avait emporté avec lui. De basse naissance, il était un homme qui ne possédait pas grand-chose, ce qui était fort heureux car sa condition de chevalier l'amenait à voyager par monts et par vaux sur toute l'île d'Angleterre.


Sortit de son baluchon enchanté, cadeau d'une nymphe qu'il avait sauvé par le passé, il déposa sur sa couche, dans une des tours derrière la cour, quelques vivres périmés, un fléau d'arme émoussé, quelques dagues, le parchemin attestant son adoubement par les sorciers de l'Ordre de Merlin et un balai volant gagné avec hardiesse lors d'un duel contre un sorcier maléfique.


Le nobliau considéra qu'aucun de ces objets n'avait le potentiel pour devenir son emblème. Aussi décida-t-il de se rendre dans un village proche afin d'effectuer de sérieuses recherches.


 


La taverne du Beau Demiguise était un endroit fréquenté par toutes sortes de créatures enchantées, des sorciers et des sorcières bien sûr, mais aussi des nymphes, des elfes ou encore des gobelins. Aux yeux de Godric il n'y avait pas meilleur endroit qu'une taverne pour observer ses congénères et obtenir des réponses à ses questions fondamentales.


Il observa alors et tomba sur deux de ses congénères, en pleine discussion. Le chevalier Arnold, dit le Bien Bâti, et le chevalier Fergus, le Fort Gâté, comparaient, comme toujours, leurs épées.


 


-        La mienne est plus longue, disait le premier.


-        La mienne est plus épaisse, rétorquait le second.


 


Et que l'un vantait la prise en main confortable de sa poignée, et que l'autre louait la garde aiguisée de son instrument.


Les femmes autour s'amusaient de ce débat, minaudant que ce n'était pas vraiment leurs épées que les deux chevaliers tentaient de comparer, et que s'il fallait vraiment les départager, elles pouvaient donner un coup de main.


Godric ne comprenait pas vraiment comment une donzelle aurait pût départager deux chevaliers.


 


-        Allons, frères chevalier, points de querelles ! les héla le nouveau venu. De toutes les manières, pourquoi encombrez-vous vos baluchons d'armes dont la turgescence n'a d'égal que l'embonpoint ? Nous sommes des sorciers, par Merlin !


 


D'abord un peu abasourdi qu'un parfait inconnu s'immisce dans leur conversation, Arnold et Fergus froncèrent les sourcils. Qu'essayait donc de dire cet énergumène ? Sa dernière allocution les guida cependant sur la voie de la compréhension.


 


-        D'où-venez vous donc, frère adoubé, pour ne point savoir qu'un véritable chevalier n'affronte pas un moldu avec sa baguette, répondit finalement le Fort Gâté.


-        Cela manquerait cruellement de fair-play, ajouta le Bien Bâti.


 


Passant sa main dans sa barbe naissante, un geste qu'il avait copié sur son précédent mentor, le seigneur Floubistan, Godric se mit à réfléchir. A bien y penser, il n'avait encore jamais affronté d'ennemi moldu, bien trop occupé qu'il était avec toutes les créatures magiques qu'il avait eu sur sa route. Il ne s'était donc jamais demandé quelles étaient les règles chevaleresques pour une telle situation.


Les paroles des chevaliers Arnold et Fergus lui semblèrent justes, alors Godric Gryffondor se mit en tête qu'il lui fallait, absolument, indubitablement et sans plus attendre, une épée.


Il demanda à tous les clients du Beau Demiguise vers quelle forge il devait s'en tourner pour qu'on lui procure une épée digne de ses faits d'armes passés et, surtout, futurs. On lui répondit que Ulrick les Grandes Mains avait un certain talent pour le travail du fer, on lui raconta que Gilda la Souffleuse d'argent produisait un métal si flamboyant qu'il aveuglait quiconque le regardait, on lui parla d'Hecbert la Pince qui vendait son travail bien trop cher pour ce qu'il était.


Et puis, sous le couvert de la plaisanterie, le chevalier Fergus mentionna le roi gobelin Ragnuk Ier.


 


-        Ça pour sûr ! renchérit le tavernier. Les gobelins sont les meilleurs forgerons. Mais aucun sorcier n'a réussi à contraindre Ragnuk de lui faire quoi que ce soit.


-        Pas le moindre coutelet, ni la plus petite coupole n'est sortie de sa forge depuis des dizaines de lunes.


-        Sur mon honneur, clama le jeune chevalier, Ragnuk le Ier me forgera une lame où alors je ne suis plus Godric Gryffondor.


-        Savez-vous au moins où trouver le roi des gobelins ? fit une voix d'outre-tombe depuis le fond de l'établissement.


 


Sous son capuchon, Ulbe se faisait discret. Mais depuis que les sorciers se sont mis à parler de ceux de son espèce, il fulmine, il n'aime pas ce que disent les grandes personnes de ses congénères.


 


-        Il est vrai que non. Mais toi, gobelin, tu dois savoir où loge ton suzerain.


-        Le grand roi Ragnuk Ier réside sur le versant sud du Mont Benmore. Pour vous y rendre, vous devrez traverser les plaines maudites des Highlands, grimper la montagne de lames d'acier et vous enfoncer dans les grottes du tourment.


 


Le récit du gobelin, dit avec une voix volontairement gutturale, fit trembler l'assemblée à l'exception du principal intéressé.


C'est la détermination dans le cœur que Godric Gryffondor s'en alla pour la demeure de roi gobelin. Jamais nul ne saura s'il s'agissait de bravoure ou de naïveté, mais le chevalier ignora royalement tous les avertissements présents sur son passage.


A mesure que le futur fondateur gravissait la montagne, des panneaux de bois particulièrement alarmants se multipliaient.


 


« Défense d'approcher sous peine de mort douloureuse ! »


« Attention, gobelin dangereux ! »


« Le premier qui dérange mon repos trouvera punition à sa folle hardiesse ! »


« No wizards allowed »


« Avancez à vos risques et périls ! »


 


Tels étaient les messages que l'ont pouvait lire à mesure que l'on approchait de la résidence du roi des gobelins. Godric passa devant, comme s'il s'agissait de vulgaires indications sanitaires, peu en vogue à l'époque.


Arrivé devant la haute et lourde porte de fonte au cœur de la montagne, Godric enfila sa cotte de mailles, son armure et son heaume avant de frapper du poing. La porte s'ouvrit dans un long, très long, grincement de gonds. Le chevalier sortit une dague et se mit en position de garde.


 


-        Tiens tiens, un visiteur, chevrota la voix du roi.


 


Ragnuk le Ier, roi des gobelins, était une créature un peu plus grande que la moyenne de ceux de son espèce. Sa peau était pâle, il se rendait rarement à la surface et manquait, de facto, cruellement de soleil. En revanche, ses doigts étaient musclés et taillés pour la forge.


Il regarda son visiteur inopportun d'un œil presque amusé.


 


-        En garde gobelin ! menaça le sorcier. Affronte-moi, et si je remporte la mise tu devras me forger une épée.


-        Pouah ! souffla le roi en tournant le dos pour marcher de ses petits pas vers l'intérieur de sa demeure. Pas de ça entre nous, jeune puceau.


-        Plait-il ? s'offusqua Gryffondor. Je ne suis point pucelle ! J'ai par maintes fois honorer les damoiselles de ma route. Mais en outre, j'exige que tu me forge une lame. Une épée à la hauteur de la réputation des gobelins. Et si je dois verser mon sang, alors Merlin soit-il.


-        Mais j'vais t'la forger ton épée mon gars, rit Ragnuk, tant que tu as de quoi payer.


 


Godric resta sans voix. Il pensait sincèrement devoir affronter le terrible roi sous la montagne, devoir marchander, avoir recours au chantage et même menacer ou maudire. Mais voilà que ce bon vieux Ragnuk ne se fait même pas prier.


Alors Godric demande pourquoi. Pourquoi dit-on que Ragnuk n'a rien forgé depuis des lunes ? Pourquoi aucun sorcier ne fait appel à lui ? Pourquoi toutes ces menaces sur le chemin ?


 


-        Oh ça... Quand j'ai commencé à vendre des armes à vos compères chevaliers, ils les ont tellement aimés qu'ils sont venus par dizaines pour réclamer une lame. Et que je veux une dague arquée, et que je veux une épée à double tranchant, et patati, et patata, raconta le gobelin. J'avais plus une seconde à moi. Plus moyen de bosser correctement avec toutes ces commandes qui s'accumulaient. Alors un jour j'ai tapé du poing sur la forge, j'ai fait une grosse colère et j'ai mis des panneaux. Maintenant, il n'y a plus que les clients vraiment déterminés qui viennent jusque-là. Et moi j'ai enfin du temps libre, j'ai même fini de lire le pamphlet en douze ouvrages de Borbog le Barbu.


 


Et c'est ainsi que Godric Gryffondor obtint sa légendaire épée, celle qui ne le quitta plus depuis, et qu'il légua aux futurs élèves de sa maison.


Il l'obtint tout simplement en la demandant à un roi gobelin à la stratégie commerciale un brin agressive.

End Notes:

Voici donc la véritable histoire de Godric Gryffondor et de sa fameuse épée. Nul besoin de dire que la lame fera de biens plus grands exploits entre les mains d'enfants plus jeunes, des centenaires plus tard. 

Le crieur public espère vous avoir divertis et vous souhaite par avance de bonnes fêtes saturnales !

- Henriette

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