Seule avec toi by Calixto
Summary:

 

Ma plus belle histoire commence mal.

 

Et puis les soleils se rallument.

 

 

Pansy Parkinson par ComaW sur Deviantart

 


Categories: Romance (Het), Autres couples (Het) Characters: Pansy Parkinson, Theodore Nott
Genres: Autres genres, Romance/Amour, Tragédie/Drame
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Ma plus belle histoire...
Chapters: 3 Completed: Oui Word count: 6968 Read: 462 Published: 06/07/2022 Updated: 23/08/2022
Story Notes:

Participation au concours "Ma plus belle histoire".

La solitude by Calixto
Author's Notes:

Participation au concours d'Amnesie et Juliette54 "Ma plus belle histoire"

Première manche : La contrainte de cette première manche est très simple : choisir une chanson de Barbara, et écrire un chapitre 1 entre 500 et 5000 mots en Fanfic ou en Original (...). Song fic ou non, il faut surtout qu'on retrouve l'atmosphère et la thématique.

J'ai choisi la chanson de Barbara "La solitude".

 

 

Ma plus belle histoire commence mal.

Et puis les soleils se rallument.

(...)

Les fleurs poussiéreuses s’entassent sur mon balcon.

Je bois, à la santé de personne, je bois d’ennui sous le ciel noir. Les derniers lambeaux du jour s’effritent sous mes ongles. Je ne me penche pas à la balustrade de fer, je sais bien qu’elle est en bas. Le pavé grince et gémit, il appelle. Elle est là. Elle lève son visage blanc vers ma fenêtre. Elle sourit. Il suffit d’un coup sec de baguette pour que les lourds rideaux de velours se referment et m’enferment. L’étrangère familière a déjà traversé les escaliers de marbre sale, plus rapide qu’un fantôme, et la voilà en face de moi, dans le petit fauteuil du salon. Il est donc temps de boire à sa santé.

Je sais qu’elle me nargue. Je connais si bien sa moue malade. Mais elle n’a aucune raison d’être là, et elle va partir, je gagnerai notre duel silencieux.

Je gagne tous les duels.

Je gagnais tous les duels.

C’était avant que l’abîme n’avale mes pieds comme une trappe. La guerre a essuyé les rues du sang indésirable. C’était le mien, qui l’eut cru, c’était le mien. Mais n’empêche elle a tort, cette garce suiveuse, elle a tort, ils ont tous tort.

Pansy Parkinson est heureuse.

J’ai le sang le plus pur, rien n’a jamais effacé la vérité des vérités. Je suis une princesse sur un piédestal fêlé, mais qui se soucie des fêlures quand je souris ? Je souris fort, j’écrase les regards, j’écrase les murmures aussi, sous mes talons marmoréens. Mon sourire a la grâce des indécences.

La garce me ressemble. Elle a le visage nu, cendré comme le mien qui tremble derrière les masques d’insolence. Ses pieds convulsent. Elle est hagarde comme je le suis derrière les portes. Petite menteuse, sans même parler elle crie que je suis toujours celle que j’étais.

Elle dit que je suis déchue, malheureuse, abandonnée du monde. Elle dit que je suis toujours en ruines, toujours seule, jamais aimée.

Il me suffit de rire pour lui dire qu’elle ment. La guerre m’a faite vaciller, mais ne m’a pas détruite. Je suis toujours la princesse, j’aime le clinquant comme autrefois, je sais encore balancer mes hanches, je sais encore m’étourdir dans les ivresses dorées.

Elle me regarde dans le fauteuil, elle se lève, elle caresse mon visage, étale mon maquillage sur ses doigts faméliques. Elle caresse jusqu’à ce que ma peau brûle, jusqu’à ce que je pleure, jusqu’à ce que je me rappelle que je suis la menteuse.

La guerre m’a renversée, piétinée, je suis de miettes et de débris. J’ai erré des nuits entières dans les ivresses passées, j’ai erré sans réussir à oublier, j’ai erré sans réussir à semer mon fantôme pathétique. La terreur secoue mes membres, la sueur me noie, j’ai perdu, j’ai perdu un million de fois.

Je perds tous les duels.

Je perdais tous les duels.

Les larmes brûlent déjà mes cils. Je repousse ses mains insultantes, je balbutie je lui oppose :

Les corps tièdes de mes amants, leurs mots doux, eux qui se fichaient que je ne sois pas belle, que je sois déchue, que je sois une traître, une lâche, une idiote. Leurs sourires éclatants, les danses et les bijoux, les fleurs.

Mais, me dit-elle, doucement, ses mains de retour sur mon visage trempé. Ils t’ont tous laissée. Tu vieillis déjà, tu vieillis déjà, et c’est l’hiver maintenant, tu n’as jamais eu d’été. Ils t’ont tous laissé, ils ne t’ont pas aimée, ils t’ont méprisée, ils ont laissé des ecchymoses sur tes hanches bleuies, tes bijoux sont chez le prêteur, ton luxe rouille, et tes fleurs sont fanées.

Aveuglement, je tente de la faire taire, d’échapper à sa voix vérité. Mais son corps enroulé au mien parle déjà, il n’y a rien à faire, elle sera toujours à ma porte, plus familière que tous les étrangers qui se succèdent dans mon lit dévasté.

Je lui dis frénétique que je suis vivante, encore là, que mon cœur pulse, que mes poumons s’agitent, je lui dis que j’ai échappé aux empilements de cadavres, que j’ai échappé aux procès aussi, je lui dis que je suis vivante et que je veux continuer à vivre, que je veux persister dans les tourbillons, que j’aime, que j’aime, que cela me sauve.

Mais, me dit-elle, cela ne t’a pas sauvée, cela ne t’a pas sauvée, tu pourrais aussi bien être morte, tu pourrais aussi bien être cadavre parmi les cadavres. Tu as le corps blême et le foie pourri de honte, tu fuis le jugement implacable, tu fuis les anciens camarades et les unes de journaux, tu as quitté en larmes chacun des procès, et tu ne vis pas, tu ne vis pas, tu fuis tout ce que tu peux. Tu aimes sourde et muette, il ne te répondra jamais, Draco Malfoy ne s’est jamais soucié de toi. Il s’est marié l’autre jour, tu as brûlé tous tes vieux rêves, tu attends que la cendre t’étouffe. Tous les doubles de lui se sont effacés, pas un seul n’est resté dans ton lit. Moi, moi, moi je suis restée.

Et je sais que c’est vrai. Elle est la seule qui est restée, la seule qui reste, la seule qui restera.

Je pose mon front contre le sien, je laisse sa froideur m’envahir, glacer mes veines lasses. Ma solitude.

Les fleurs poussiéreuses s’entassent sur mon balcon.

 

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