Vers un Nouveau Monde by Alice Black
Summary:

Alors qu'il est âgé d'un peu plus de 4 ans, Harry Potter fait un vœu, comme pourrait en faire n'importe quel enfant de cet âge. Mais ce simple vœu aura des conséquences que nul ne pourrait imaginer. Transporté par sa magie dans un autre monde, Harry trouvera ce qu'il a toujours voulu avoir.

[Crossover avec One Piece]


Categories: Epoque de Harry, CrossOver, Enfances Characters: Harry Potter, Neville Londubat, Remus Lupin, Ron Weasley, Sirius Black
Genres: Aventure/Action, Famille
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Aucun
Chapters: 7 Completed: Non Word count: 18801 Read: 650 Published: 19/09/2022 Updated: 15/10/2022

1. « Je veux juste être heureux » by Alice Black

2. Une enfance sur les mers by Alice Black

3. Une surprise de taille by Alice Black

4. De nouvelles rencontres by Alice Black

5. Rentrée sous tensions by Alice Black

6. Échange inter-monde by Alice Black

7. Opération « Piéger Malefoy » by Alice Black

« Je veux juste être heureux » by Alice Black

« Je veux juste être heureux. Je veux une famille. »

 

Ce fut la dernière chose que pensa Harry James Potter, 4 ans, avant de s'endormir dans la neige, en plein hiver, en 1984.

 

Pour savoir ce qui amenait un si jeune bambin à penser une telle chose, il fallait remonter le temps. Revenir un peu plus de trois ans en arrière, le 31 octobre 1981. Ce soir-là, le tristement célèbre mage noir Lord Voldemort se rendit chez les Potter et tua le couple qui vivait là avec leur bébé d'un peu plus d'un an.

 

Ses plans furent contrariés lorsque, au lieu d'éliminer le bambin, son sort mortel se retourna contre lui. Il ne resta plus de celui qui terrorisait le monde magique depuis une vingtaine d'années qu'un tas de cendres et sa cape.

 

Peu de temps après, Albus Dumbledore arriva sur les lieux, récupéra l'enfant qui hurlait et le déposa devant chez sa famille maternelle sans rester pour être sûr qu'il n'arrive rien au bébé.

 

Lorsque, le lendemain, Pétunia Dursley trouva son neveu devant sa porte au saut du lit, elle s'empressa de ramener le bébé à l'intérieur pour que personne ne le voit. Elle se contenta de vérifier qu'il était vivant puis attrapa la lettre qui l'accompagnait.

 

Si elle était disposée, si ce n'est à aimer le bébé comme son enfant, du moins, à prendre soin de lui, cette disposition fondit comme neige au soleil à la lecture du courrier qui accompagnait celui qu'elle ne verrait désormais que comme rien de plus qu'un parasite qui ôtait la nourriture de la bouche de son propre fils, un chérubin - d'après elle et son mari - nommé Dudley. Il avait suffit d'une seule et unique lettre pour condamner un enfant innocent à une vie de misère.

 

Ledit « chérubin » était en réalité un morveux pourri gâté, braillard et méchant. Il n'hésitait pas à frapper sa propre mère si elle ne cédait pas à ses caprices, comme il l'avait fait le matin de la veille en la bourrant de coups pieds lorsqu'elle avait refusé de lui payer une glace. Lorsque son mari se leva, peu après, elle lui parla de sa découverte matinale et de sa décision de reléguer le parasite dans le placard sous l'escalier. Il eut juste le temps d'approuver sa décision avant de devoir partir travailler.

 

La jeune femme monta ensuite réveiller son fils chéri, elle le lava l'habilla et l'installa à table avant de lui servir son petit déjeuner - un biberon de chocolat chaud ultra sucré taille XXL -. À aucun moment elle ne se préoccupa de nourrir Harry ou même de le sortir du placard où elle l'avait mis.

 

En fait, ce ne fut que le soir-même, exaspérée de l'entendre hurler sans cesse, qu'elle se rappela de son existence. Elle prépara un petit biberon d'eau froide qu'elle fit passer à l'intérieur du placard. Aussitôt les hurlements se calmèrent, pour le plus grand bonheur de ses oreilles martyrisées.

 

Ce fut ainsi que commença la nouvelle vie de Harry, et les choses n'allèrent certainement pas en s'améliorant. Sitôt qu'il fut capable de marcher quelques mètres sans tomber, ses journées se remplirent. Les Dursley commencèrent à lui donner des corvées, sans prendre le temps de lui apprendre à parler et à être propre, alors que Dudley avait droit à toutes les attentions possibles et imaginables.

 

Le blondinet n'était, certes, pas une lumière, mais il comprit vite qu'il pouvait facilement attirer des ennuis à son indésirable cousin sans se mouiller et ne se gêna pas. S'il faisait une bêtise, il savait que dénoncer Harry suffirait à l'innocenter aux yeux de ses parents. En fait, il n'avait souvent même pas besoin de désigner le petit brun pour que ses parents le croient coupable.

 

Trois années passèrent ainsi, jusqu'à ce jour de décembre 1984. Le matin, comme tous les jours depuis le 1er novembre 1981, Harry fut réveillé par des coups de sa tante contre la porte. Il ne perdit pas de temps à s'habiller et renfila ses vêtements de la veille. Il portait toujours le même genre de vêtements alors en mettre des propres n'aurait rien changé. Quand il avait fallu lui trouver des vêtements parce que ceux qu'il avait à son arrivée étaient devenus trop petits, sa tante s'était contentée de lui en donner d'anciens dont Dudley ne voulait plus et qui étaient donc beaucoup trop grands pour lui. Il ouvrit la porte du placard et sa journée commença.

 

Sa première corvée, comme tous les jours depuis qu'il était en âge d'atteindre la gazinière, fut de préparer le petit déjeuner. Lui n'aurait droit qu'aux restes, et uniquement à condition que son oncle soit satisfait de son travail. Il ne prendrait pas le risque de ralentir le rythme où, pire, de se plaindre, ne voulant pas goûter à nouveau à la ceinture de l'Oncle Vernon.

 

Sa journée se déroula, étonnamment bien. Sans aucun des incidents qui avaient tendance à se produire autour de lui depuis quelques temps. Sa seule préoccupation fut de faire attention à ne pas se cogner, ayant tendance à voir flou depuis peu. Il aurait dû se douter que sa journée s'était trop bien passée…

 

Alors qu'il était allongé sur son matelas et feuilletait un livre d'images récupéré dans une poubelle, la porte s'ouvrit avec fracas. Il tourna la tête pour découvrir, sans surprise, qu'il s'agissait de son oncle. Tout en lui attrapant la nuque, son oncle lui beugla qu'il passerait la nuit dehors, que ça lui apprendrait à voler les livres que Duddy essayait de lire. Harry, qui n'avait jamais appris à parler, ne le dit pas mais pensa très fort que les seuls livres qu'approchait Dudley finissaient toujours comme projectiles pour le nouveau jeu du fils Dursley : la chasse au Harry.

 

L'homme transporta son indésirable neveu jusqu'à la rue puis le lâcha brusquement. Harry flottait dans son t-shirt beaucoup trop grand usé jusqu'à la corde et son pantalon en toile ne tenait que grâce à une ficelle. Pour couronner le tout, il était pied nu. Il marcha tant bien que mal jusqu'au parc le plus proche puis se recroquevilla sous un banc.

 

Pour tenter de se protéger du froid, il se roula en boule sur le côté. Sans même s'en rendre compte, il commença à somnoler. Il ferma les yeux et sa dernière pensée avant de sombrer fut : « Je veux juste être heureux. Je veux une famille. »

 

Sa Magie entendit son vœu. Connaissant l'histoire de l'enfant, elle souffla : « Accordé ». Une lumière aussi pure qu'éblouissante sorti du cœur du petit garçon et engloba tout le parc. Lorsqu'elle se dissipa, les lieux étaient vides de toute présence humaine. Ce soir-là, ceux qui habitaient à proximité jurèrent avoir vu une lumière blanche apparaître puis disparaître sans raison réelle. Personne ne les crut et ils arrêtèrent rapidement d'en parler. Les Dursley mirent quelques jours à se rappeler de l'existence de Harry. Vernon alla le chercher, trouva le parc vide, rt ne cherchant pas plus loin, fit demi-tour et ils reprirent leur vie comme si de rien n'était. Privet Drive n'entendit plus jamais parler de Harry Potter, et personne ne s'en inquiéta.

 

OoooO

 

Au même moment, Île de Loguetown sur la mer d'East Blue

 

Deux jeunes hommes marchaient sur un chemin. Le premier avait des cheveux noirs ébouriffés et des yeux tout aussi sombres. Il avait un sourire contagieux et, il fallait le dire, un air un peu idiot. Il était vêtu d'un pantacourt bleu cobalt qui lui descendait jusqu'au tibia, d'un débardeur noir ample et d'une veste blanche à manches courtes qu'il portait ouverte. Il était coiffé d'un chapeau de paille. Il marchait avec des tongs. Il commençait tout juste dans la piraterie et il était difficile d'imaginer que dans quelques années, ce tout jeune adulte qui semblait à peine sorti de l'adolescence deviendrait une légende. Il s'appelait Gol D. Roger.

 

Son camarade se nommait Silvers Rayleigh et était son second mais également son meilleur ami. Il avait quant à lui des cheveux blonds cendrés mi-longs, attachés en queue de cheval. Il avait de fines lunettes rondes et, tout comme son compagnon de route, dégageait malgré son jeune âge un charisme qui en impressionnait plus d'un. Il était vêtu d'une chemise à manches courtes à fleurs ouverte sur un torse qui laissait déjà paraître un début de musculature et d'un pantalon blanc cassé. Tout comme Roger, il était en tongs.

 

Ils étaient en plein débat au sujet de leur destination suivante quand leur regard fut attiré par une explosion soudaine de lumière blanche. Sans se concerter, ils accoururent sur les lieux. Roger par curiosité pure et simple. Rayleigh pour empêcher le premier de faire une bêtise monumentale. Quand la lueur se dissipa, quelle ne fut pas leur surprise de découvrir un tout petit garçon, qui ne semblait pas âgé de plus de 2 ou 3 ans. L'usure de ses vêtements et le fait qu'il flottait littéralement dedans laissaient présager des conditions de vie difficiles. Le pauvre petit semblait également frigorifié, ce qui était étrange car il n'y avait pas d'île hivernale dans le coin.

 

À ce moment, comme pour répondre à leurs interrogations, une forme vaguement humaine apparut devant eux et leur montra l'histoire du petit qu'ils venaient de trouver. Ils apprirent que l'enfant avait 4 ans. Elle leur montra également le monde magique et la destinée qui attendait le petit Harry s'il était resté chez sa famille maternelle. Dire que les deux amis furent choqués serait un euphémisme. Ils se demandaient comment on pouvait traiter de la sorte un enfant innocent. Ce que Roger fit ensuite changea à tout jamais sa vie et celle de Harry : il prit doucement le garçonnet dans ses bras et le transporta jusqu'à chez lui, son ami sur ses talons. Il le posa sur son lit et la première chose qu'il fit fut de le déshabiller pour le laver. Le pauvre petit était si maigre qu'il n'avait que la peau sur les os. Il découvrit en le déshabillant qu'il portait une couche - pleine, d'après l'odeur qui s'en dégageait -. Roger n'y connaissait pas grand chose aux enfants - et encore moins aux très jeunes enfants - mais il était à peu près sûr qu'un enfant de 4 ans était censé être propre. Il refila le paquet à Rayleigh qui alla le jeter en se bouchant le nez.

 

Le jeune homme brun emmena l'enfant jusqu'à sa salle de bain puis le glissa dans sa baignoire et entreprit de le laver tout en le réchauffant. Il ne fut réellement soulagé que lorsque les lèvres du petit garçon cessèrent d'être bleues.

 

Il fallut près d'une heure avant qu'il ne revienne dans la cuisine avec l'enfant toujours inconscient. Rayleigh revint peu après avec des vêtements pour enfants et ils purent enfin habiller leur petit protégé qui portait désormais un bermuda vert pomme et un t-shirt blanc. Maintenant qu'il était lavé et habillé, les deux adultes pouvaient voir que l'enfant avait des cheveux noirs de jais qui partaient dans tous les sens. Roger se dit qu'avec une telle coiffure, ils n'auraient aucun mal à faire passer le petit pour son gamin en cas de besoin.

 

À tour de rôle, les deux amis veillèrent sur l'enfant pendant près d'une semaine jusqu'au jour de son réveil. Étrangement, ce fut également le jour où Roger demanda à son second :

 

- Dis Ray…

 

- Oui ? Répondit le blond, tout en ayant peur de la suite.

 

- Est ce qu'on peut le garder ? Harry je veux dire ?

 

L'autre soupira mais répondit tout de même :

 

- C'est un petit garçon, pas un animal de compagnie j'espère que tu en es conscient ?

 

Le brun acquiesça et accompagna son hochement de tête d'un visage implorant. Rayleigh afficha un visage consterné mais céda quand même, à la condition qu'ils élèvent l'enfant à deux, au moins les premiers temps.

 

OoooO

 

Lorsqu'il se sentit émerger, Harry comprit tout de suite que quelque chose n'allait pas. Ou tout du moins était différent. Il était allongé sur quelque chose d'à la fois dur et confortable reconnu comme étant un matelas mais beaucoup plus épais que celui dont il avait l'habitude dans son placard. Il fut convaincu qu'il n'était pas au bon endroit lorsqu'il entendit une voix excitée, qui lui inspira confiance, demander :

 

- Dis Ray…

 

Une autre, beaucoup plus posée comparée à la première, s'éleva :

 

- Oui ?

 

La première voix se fit à nouveau entendre :

 

- Est ce qu'on peut le garder ? Harry je veux dire ?

 

Tandis que l'enfant, qui ne connaissait pas son propre nom, se demandait qui pouvait bien être ce Harry dont ils parlaient, l'autre soupira mais répondit tout de même :

 

- C'est un petit garçon, pas un animal de compagnie j'espère que tu en es conscient ?

 

L'enfant se décida à ouvrir les yeux à ce moment mais resta silencieux puisqu'il ne savait pas parler si bien que ce ne fut qu'une fois qu'ils eurent terminé leur conversation qu'ils se rendirent compte que le jeune garçon les observaient, ses yeux grands ouverts. Là, les deux adultes purent voir qu'il avait des yeux d'un vert émeraude éclatant.

 

Les deux amis s'approchèrent du lit et le blond demanda :

 

- Bonjour, petit. Tu t'appelles Harry, c'est bien ça ?

 

L'enfant lui lança un regard interrogateur, comme s'il n'était pas sûr que l'homme s'adressait vraiment à lui. Pour s'en assurer, il pointa un doigt vers l'adulte puis vers lui-même. Rayleigh, comprenant où il voulait en venir, acquiesça : oui, c'était bien à lui qu'il s'adressait. Néanmoins, cela leur fit prendre conscience d'une chose qui n'était clairement pas normale : Harry ne parlait pas. Soit parce qu'il n'avait jamais appris, soit parce qu'il en était incapable depuis toujours.

 

La première chose qu'ils devraient faire serait visiblement d'enseigner les bases au jeune garçon. Harry, lui, était complètement perdu. Il lui paraissait évident qu'il n'était plus chez les Dursley, ne serait-ce que parce qu'il n'était pas dans le placard, mais il ne savait toujours pas où il était, ni chez qui. Et il ne pouvait pas le demander parce que les Dursley n'avaient jamais pris la peine de lui apprendre à parler. Quand ils lui avaient aboyé de se taire parce qu'il était « trop grand pour faire des bruits de bébé », il était devenu totalement silencieux.

 

Les deux adultes se présentèrent chacun leur tour et il apprit ainsi que le brun, Gol D. Roger, était un capitaine pirate et que le blond, Silvers Rayleigh, était son second et son ami. Harry avait beau avoir souffert depuis son plus jeune âge, il n'en restait pas moins un enfant, et qui plus est un petit garçon. Les histoires qu'il entendait sa tante raconter à son cousin l'avaient toujours fait rêver. Si bien que les deux hommes ne purent manquer les étoiles qui apparurent dans ses yeux verts quand ils dirent qu'ils étaient des pirates. Quelque chose, tout au fond de lui, disait à Harry qu'il pouvait leur faire aveuglément confiance. Qu'ils ne le lâcheraient jamais, pour rien au monde. Et il décida de l'écouter. Parce qu'il avait désespérément besoin d'être aimé.

 

Il ne leur en fallut pas plus pour se décider à adopter le petit. Ils n'avaient pas l'habitude d'être au contact d'un enfant aussi jeune mais ils prirent la mesure de ce qui les attendaient quand, dès la première nuit, Harry les réveilla en hurlant. Ils se précipitèrent dans la chambre qu'ils lui avait aménagée dans la maison de Roger. Les deux pirates eurent le cœur brisé à la vue de cet enfant au visage ravagé par les larmes. Ils s'assirent chacun d'un côté du lit et tentèrent tant bien que mal de le rassurer pour l'aider à se rendormir.

 

Le soleil levant, le lendemain matin, dévoila une scène des plus attendrissante : Roger et Rayleigh profondément endormis chacun d'un côté de Harry, qui dormait également. Le blond fut le premier à se réveiller, quelques minutes plus tard. Il sourit en voyant les deux bruns endormis et son sourire se fit attendri lorsque Harry alla se coller contre son capitaine. Il allait les réveiller à contrecœur mais décida finalement de les laisser dormir encore un peu, surtout le plus jeune car ce qu'ils avaient vu de ses premières années de vie montrait un manque évident de sommeil. Il descendit pour leur préparer un solide petit déjeuner à tous les trois : un café pour lui, un thé sucré pour Roger - il n'avait pas besoin de caféine, il était déjà bien assez excité comme ça en temps normal - et un grand bol de lait pour Harry. Ensuite il remonta réveiller les deux endormis. Une journée chargée les attendaient et il était évident que remplumer Harry était urgent. Le petit ne tiendrait jamais le coup dans son état actuel si, comme il le pensait, son capitaine voulait qu'il prenne la mer avec eux.

 

Il secoua Roger et le laissa ensuite se réveiller tout seul puis se rapprocha ensuite du plus jeune. Le réveiller de la même façon ne serait pas une bonne idée. Au vu de ce qu'ils savaient de sa vie, il y avait de très fortes chances qu'il se braque. Alors il se pencha sur lui et murmura :

 

- Harry… C'est l'heure de se réveiller…

 

L'enfant devait avoir le sommeil très léger, ce qui n'était pas très étonnant, car il commença à se réveiller avant que Rayleigh ait fini de lui parler. Le petit garçon dut ensuite se rappeler des événements de la veille puisqu'il ouvrit grand les yeux et regarda autour de lui. L'expression de pur bonheur qui s'afficha à la fois sur son visage et dans son regard lorsqu'il réalisa que, non, il n'avait pas rêvé n'eut pas de prix pour l'adulte.

 

Il tendit la main à Harry qui l'attrapa avec une légère hésitation puis emmena l'enfant jusqu'à la salle de bain. Là, il le déshabilla doucement, l'attrapa sous les aisselles et le déposa dans la baignoire. Le plus jeune fut un peu réticent au début : il gardait de très mauvais souvenirs des bains de Pétunia. Mais il ne lui fallut pas longtemps pour se rendre compte que les méthodes de Rayleigh étaient à l'opposé de celles de sa tante. Et très vite la pièce résonna de rires et d'éclaboussures.

 

Une fois qu'ils furent tous les deux propres - alors que la salle de bain s'était presque transformée en piscine -, ils descendirent dans la cuisine, Harry dans les bras du blond. Rayleigh l'installa à table et lui demanda s'il savait boire tout seul. Ce à quoi le plus jeune acquiesça. L'adulte le laissa donc tout en gardant un œil sur lui et alla s'installer devant sa propre tasse. Il ne se préoccupa pas du fait qu'elle était froide. Il comprit, en ne voyant pas descendre Roger, que cet idiot s'était rendormi.

 

Il dit à Harry qu'il montait réveiller Roger et l'enfant, plongé dans son bol, hocha la tête.

 

Il redescendit quelques minutes plus tard avec le brun et ils purent commencer ce qu'ils avaient prévu. À savoir donner une éducation digne de ce nom à Harry.

 

Les habitants de l'île, lorsqu'ils apprirent l'histoire de l'enfant, n'hésitèrent pas à leur venir en aide. Les premières semaines passèrent très vite et rapidement Harry, avec l'aide de ses hôtes et des autres habitants, rattrapa son retard de langage. Les semaines devinrent vite des mois et un peu plus de six mois après son arrivée, Harry n'avait plus rien à voir avec celui qu'il était plus tôt.

 

Il était propre et parlait comme n'importe quel autre enfant de son âge. Il avait également pris du poids. Il fut décidé que, comme ni lui ni ses tuteurs ne connaissaient sa date de naissance, son anniversaire serait fêté le jour de son arrivée sur l'île, soit le 6 décembre. Et également que Roger serait son père et Rayleigh son parrain. À compter de ce jour, Harry Potter disparut pour laisser place à Gol D. Harry. Les deux hommes ne lui avaient pas dit, voulant lui faire la surprise, mais ils estimaient qu'il était désormais assez solide pour prendre la mer avec eux.

 

Si bien que lorsqu'arriva le jour de leur départ, il eut la surprise de les entendre lui dire qu'il partait avec eux. Harry n'aurait pas pu être plus heureux. Il avait trouvé ce qu'il demandait en s'endormant dans la neige, chez les Dursley : une famille.

Une enfance sur les mers by Alice Black

Les premiers jours après leur départ, les deux adultes se mirent d'accord pour commencer à recruter des membres d'équipage. Après tout, Roger voulait secouer le monde et ce n'était pas à deux qu'ils allaient y arriver. Tout en continuant leur périple, ils entreprirent également d'apprendre à Harry à se battre. Pas avec une arme, compte tenu de son jeune âge ce serait bien trop dangereux, mais à main nues.

 

Après une petite semaine de voyage, le trio accosta sur une île. Ils en descendirent et Roger demanda à Harry de ne surtout pas leur lâcher la main. Il était encore petit, et il ne faudrait pas qu'il se perde. L'enfant répondit :

 

- D'accord papa.

 

- Et Harry, qu'est-ce que tu réponds si la Marine ou des civils te demandent ton nom ?

 

- Je m'appelle Harry. Juste Harry.

 

- Bien.

 

Ils commencèrent par acheter des vivres puis visitèrent l'île une fois qu'ils eurent fini leurs achats. Ils étaient sur le point de repartir lorsque des éclats de voix attirèrent leur attention. En s'approchant, ils virent deux hommes dans la force de l'âge malmener un jeune qui ne devait pas avoir plus de quinze ou seize ans.

 

Rayleigh alla voir ce qui se passait. Roger ne put entendre ce qu'il leur disait mais il vit en revanche très bien les deux adultes qui partaient la queue entre les jambes. Le blond revint avec un jeune homme aux cheveux châtains et aux yeux noirs qui portait le nom de Lionel.

 

Rayleigh lui présenta Harry et Roger puis expliqua aux deux autres qu'il avait demandé à Lionel s'il voulait les rejoindre. L'adolescent lui avait dit n'avoir personne et aucune attache. Ce fut ainsi qu'ils recrutèrent leur premier membre d'équipage.

 

Au cours des semaines qui suivirent, ils découvrirent d'autres îles. Ce fut près de trois mois plus tard, sur une île de North Blue qu'ils faillirent avoir des ennuis avec la Marine pour la première fois depuis que Harry et Lionel étaient avec eux. Étant donné que les deux plus jeunes s'entendaient bien, ils avaient confié l'enfant au jeune homme en lui demandant de ne surtout pas le quitter des yeux ou lui lâcher la main car, ils l'avaient découvert à leurs dépens, Harry était un enfant très curieux.

 

Les deux hommes, de leur côté, cherchaient des matériaux pour le cas où ils auraient besoin de faire réparer leur bateau quand ils croisèrent un groupe de soldats de la marine. Rayleigh tira son capitaine par le col pour l'empêcher de s'attirer des ennuis et ils allèrent se cacher dans une ruelle.

 

Une fois qu'ils furent partis, les deux amis partirent à la recherche des deux plus jeunes. Ils les trouvèrent facilement et retournèrent au port tous ensemble. Ils reprirent la mer rapidement.

 

Ils poursuivirent leur périple. Ils ne trouvèrent pas d'autres compagnons les premiers mois mais Harry, lui, se fit un ami d'un jeune garçon de son âge. L'enfant avait des noirs de jais et des yeux noirs également. Il s'appelait Monkey D. Dragon et était le fils d'un haut gradé de la Marine. Il était aussi posé que Harry était curieux et les deux garçons devinrent rapidement assez proches. Ce fut ainsi que Rayleigh et Roger apprirent que le jeune garçon s'était perdu en voulant échapper à son père.

 

Les deux adultes, qui connaissaient Garp de réputation mais n'avaient encore jamais eut à faire à lui, ne furent cependant pas surpris d'apprendre que ses méthodes d'éducation étaient à son image : brutales. Ils proposèrent au petit garçon de le ramener chez lui et il accepta avec joie. Il leur apprit qu'il était originaire de l'île de Dawn.

 

Les quelques jours que dura le voyage permirent aux deux enfants de tisser de réels liens d'amitié, sans avoir conscience d'à quel point cela impacterait la suite de l'histoire. Si bien que lorsque son père et son parrain déposèrent le jeune Dragon sur la côte qui bordait le village de Fuschia, Harry insista pour descendre et accompagner son ami. Les deux adultes n'y virent aucun inconvénient. Ils devaient de toute façon descendre également pour parler au maire du village et ne pouvaient décemment pas laisser un enfant de quatre ans et demi seul sur un bateau pirate. Ils ne voulaient pas être accusés de vol d'enfants.

 

Ils entrèrent dans le village avec les deux enfants et étaient sur le point de demander à voir le maire, quand une voix forte retentit :

 

- Dragon ! Petit garnement !

 

Le garçon se cacha derrière Rayleigh en entendant ces mots. Une femme apparut à ce moment-là. Elle se dirigea tout droit vers eux et demanda au blond :

 

- C'est vous qui l'avez ramené ?

 

Rayleigh acquiesça et demanda :

 

- Oui. Qui êtes-vous ?

 

- Maria. Je suis la marraine de ce petit gars, dit-elle en désignant Dragon.

 

- Il vit avec vous ?

 

- Oui, sa mère est morte en couche et c'est moi qui l'élève. Pourquoi ?

 

- Il nous a dit qu'il s'était perdu en essayant d'échapper à son père.

 

- C'est vrai ça Dragon ?

 

- Oui tatie Maria, répondit l'enfant.

 

- Oh le sale petit… Elle se retint devant les enfants et reprit… Garp va m'entendre !

 

Les deux pirates se firent la réflexion qu'ils n'aimeraient pas être à la place de Garp le jour où la jeune femme lui tombera dessus.

 

Une fois qu'ils eurent rendu Dragon à sa tutrice, ils repartirent. Il ne s'écoula pas plus de quelques heures avant que Harry ne demande à apprendre à lire et à écrire : il voulait pouvoir rester en contact avec son nouvel ami. Il était un élève sérieux et motivé qui apprenait vite, si bien qu'il ne lui fallut pas plus de deux ou trois mois avant de pouvoir envoyer sa première lettre à Dragon. Durant ce laps de temps, le navire et ses habitants entrèrent sur Grand Line. Harry fut aux anges pendant tout le temps que dura la montée - et la descente - sur Reverse Mountain. Il fut fasciné par Laboon la baleine géante.

 

Il s'écoula encore un peu plus d'un an avant qu'ils ne recrutent quelqu'un. Peu après le sixième anniversaire de Harry, un garçon aux cheveux roux du même âge que Lionel, qui répondait au nom de Shanks, rejoignit l'équipage. Il plut tout de suite à Harry, qui trouvait qu'il avait « une bonne tête ».

 

Ayant le même âge, les deux adolescents de l'équipage s'entendirent tout de suite également. La première fois que Roger et Rayleigh furent réveillés par un affrontement entre les deux jeunes, ils s'inquiétèrent. Ils pensaient que Shanks et Lionel s'entendaient bien et furent surpris de les voir se battre au sabre. Ce fut pourquoi ils furent à la fois soulagés et fiers d'apprendre que les deux amis ne faisaient que s'entraîner. Ce qui expliquait que Harry les observe, perché sur le bord du navire, avec un mélange de fascination et d'admiration. Cette scène deviendrait rapidement une routine quotidienne.

 

Harry qui, de son côté, réfléchissait de plus en plus à l'éventualité de demander à son père si ceux qu'il considérait comme ses grands frères pouvaient lui apprendre à manier le sabre. Pour pouvoir se défendre au cas où il aurait des ennuis. Après avoir tergiversé pendant une semaine, il toqua à la porte de la cabine de Roger. La voix de son père répondit :

 

- Entrez

 

Il ouvrit la porte et entra dans la petite pièce. Roger fut surpris de le voir :

 

- Harry ? Il y a un problème ?

 

- Je… Je voulais savoir si… Si tu étais d'accord pour Lionel et Shanks m'apprennent à me battre au sabre ? S'il te plaît, dit-il avec un regard de chien battu.

 

- Harry écoute… Tu veux apprendre à te défendre pas vrai ?

 

L'enfant hocha positivement la tête. L'adulte sourit et reprit :

 

- Ce que je peux comprendre. Mais tu es trop jeune pour le moment. Alors voilà ce que je te propose : on va commencer par t'entraîner au corps à corps. Si dans deux ans tu veux toujours apprendre à manier le sabre, alors je n'y verrais aucun inconvénient. Ça te va ?

 

L'enfant n'eut pas à réfléchir longtemps avant d'accepter. Avec le temps, Harry avait troqué la tenue que lui avait trouvé son père pour une plus adaptée à la vie en mer : une chemise blanche sans manches cintrée au niveau du ventre, un bermuda vert émeraude fendu en bas et des sandales bleues foncé faites dans une matière élastique, mais avec des semelles rigides. À force de le voir se cogner partout, Rayleigh et Roger avaient fini par s'inquiéter et l'avaient emmené chez un spécialiste qui avait détecté une myopie. Il avait donc également de fines lunettes ovales qui mettaient en valeur ses yeux émeraude.

 

Le temps s'écoula lentement, d'autres personnes les rejoignirent dont un jeune homme avec des cheveux bleu ciel et un nez rouge, qui portait le nom de Baggy mais que tout l'équipage surnommait « le clown » à cause de la couleur de son nez. L'équipage, surnommé « L'Équipage des pirates de Roger », était de plus en plus recherché et tous avaient désormais une prime, à l'exception du plus jeune, que tous trouvaient pour le moment trop jeune pour participer aux combats. Harry, qui trouvait Baggy arriviste et opportuniste, ne l'aimait pas beaucoup. Une année s'écoula, durant laquelle Harry qui n'avait pas oublié son objectif poursuivit son entraînement, puis une deuxième. Et enfin, arriva son huitième anniversaire.

 

Le matin du 6 décembre, Harry se réveilla sans se douter une seconde du cadeau que comptait lui offrir son père. En sortant de sa cabine, il croisa son parrain, qui lui remit une lettre arrivée pour lui ce matin par Martin facteur. Reconnaissant l'écriture de son meilleur ami, il se dépêcha de décacheter l'enveloppe et déplia la lettre qu'elle contenait :

 

Salut Harry !


Comment vas-tu ? Moi je suis en pleine forme ! 


Tu as de la chance de voyager autant alors que je suis coincé sur mon île natale. Ma tatie Maria me dit de te dire bonjour de sa part, et de passer le bonjour à ton père et à Rayleigh. 


Tu aurais dû voir la tête de mon père quand je lui ai dit qu'on était amis, ça valait le détour. L'inconvénient c'est que maintenant, il risque de t'avoir dans le collimateur. 


J'aurais pas aimé être à sa place quand tatie Maria lui est tombé dessus après que vous m'ayez ramené. Je l'avais jamais vu hurler aussi fort, et pourtant crois-moi elle me hurle dessus au moins une fois par semaine. 


Un bar vient d'ouvrir dans le village, le patron a une fille qui est un bébé et qui s'appelle Makino. 


Je passe beaucoup de temps au Grey Terminal, les pirates de là-bas ont toujours des tonnes d'histoires à me raconter.


Je te souhaite un bon anniversaire et j'espère qu'on pourra se voir bientôt,


Ton ami Dragon.


Harry affichait un grand sourire lorsqu'il arriva à la fin de sa lecture. Mais le meilleur moment de la journée fut, pour lui, lorsqu'en ouvrant ses cadeaux il vit que celui de son père, à qui il avait reformulé quelques semaines plus tôt son envie d'apprendre à se battre, était… un sabre. Adapté à sa taille, il avait un manche bleu clair et blanc, et une lame avec des reflets bleus.

 

Il sauta dans les bras de son père en le remerciant. Le cadeau de son parrain était assorti à celui de son père : un fourreau à mettre dans son dos pour ranger sa toute nouvelle acquisition.

 

Son apprentissage commença dès le lendemain et il apparut rapidement qu'il était naturellement doué. Il n'était, certes, pas un prodige mais il apprenait vite. Au bout de six mois, il se débrouillait assez avec un sabre pour commencer à envisager de le laisser participer à des combats.

 

Deux autres années s'écoulèrent, Harry avait maintenant dix ans et demi et depuis quelques mois, l'équipage était passé par l'île des hommes poissons et entré dans la seconde moitié de Grand Line : le nouveau monde.

 

Depuis un peu plus d'un an, avec l'aide de son père et des membres les plus âgés de l'équipage - notamment Shanks et Rayleigh -, il était passé à l'étape supérieure de son entraînement : le haki.

 

Un matin, peu après son neuvième anniversaire, son père l'avait fait appeler dans sa cabine. Il était entré, un peu inquiet à l'idée d'avoir fait quelque chose de mal, mais Roger lui avait simplement dit qu'il se débrouillait désormais assez bien avec son sabre pour ne plus avoir besoin d'apprentissage et qu'à partir de maintenant, se battre contre plus fort que lui serait la meilleure façon de progresser.

 

Harry avait acquiescé, tout en ne voyant pas où voulait en venir son père. Celui-ci lui expliqua alors qu'il allait pouvoir faire passer son entraînement à l'étape supérieure et en quoi cela consisterait. Il continua en lui disant qu'il y avait trois formes : observation, armement et royal. Il apprendrait les deux premières pour commencer. Pour l'instant, pour plusieurs raisons, il n'apprendrait pas la troisième. Ils verraient dans quelques années, s'il montrait des prédispositions. Harry était sur le point de retourner vaquer à ses occupations, quand son père lui demanda de rester encore un peu. L'enfant fut intrigué mais, à la demande de l'adulte, alla s'installer sur ses genoux, comme lorsqu'il était petit et que Roger et son parrain lui racontaient une histoire pour l'endormir ou le rassurer après un cauchemar.

 

Son père avait alors pris une grande inspiration et lui avait raconté comment Rayleigh et lui l'avaient trouvé et adopté. Il poursuivit avec ce qui s'était passé ensuite : l'étrange apparition, les révélations sur le monde magique et sur la prophétie dont il était apparemment l'objet.

 

Harry savait déjà qu'il avait été adopté, mais ne connaissait pas les détails. Il se demanda alors ce qui avait bien pu lui arriver pour que ce qui était, d'après son père, une représentation de sa magie l'expédie carrément dans un autre monde. Il s'était empressé d'aller écrire une lettre à Dragon pour lui raconter tout ce qu'il venait d'apprendre.

 

De retour au temps présent, Harry, les yeux fermés, assis en tailleur, essayait de se concentrer pour méditer lorsqu'il sentit une présence inconnue.

Une surprise de taille by Alice Black

Angleterre, 19 juillet 1991

 

À Poudlard, dans le bureau du directeur. La lettre destinée à Harry Potter revint plusieurs fois intacte pendant près de quatre jours.

Le quatrième jour, Albus Dumbledore transplana à Privet Drive, dans le même parc où, bien qu’il l’ignorait, Harry avait disparu près de six ans et demi plus tôt. Le vieil homme marcha jusqu’à la maison portant le numéro 4 et toqua à porte. Il ne s’écoula que quelques secondes avant un homme-cachalot ne vienne lui ouvrir. Le propriétaire des lieux demanda d’une voix qui suintait de mépris : 

 

- Vous êtes qui vous ? 

 

- Albus Dumbledore. Je peux entrer ? 

 

Vernon, se rappelant qu’il s’agissait de l’auteur de la lettre qui accompagnait le parasite grogna : 

 

- Nan. Dégagez. 

 

Le vieux sorcier ne l’entendit cependant pas de cette oreille et entra avant que Vernon ne puisse réagir. Ce dernier souffla du nez et claqua la porte derrière l’indésirable puis appela :

 

 - Tunie ! On a de la visite ! 

 

Des pas se firent entendre dans l’escalier et Pétunia Dursley arriva… avant de se figer en reconnaissant l’homme qui lui faisait face : 

 

- Vous… 

 

- Bonjour Pétunia. Je suis venu vous parler de votre neveu, Harry. Il semblerait que pour une raison que j’ignore, il n’ait pas reçu sa lettre d’inscription à Poudlard.

 

- Il est mort. 

 

Vernon lança cela d’une voix sans émotion, indifférente, comme si le décès de son propre neveu ne l’atteignait pas. Ce qui était probablement le cas. Le directeur de Poudlard répondit : 

 

- Je suis sincèrement désolé, dans ce cas je vais vous laisser

 

C’est étrange, ce n’est pas ce que dit le registre des nouveaux élèves, pensa le vieil homme. Il n’entendit pas le « faites donc » que lui lança Vernon et partit en transplanant. Il atterrit devant les grilles de Poudlard et se dépêcha de rejoindre son bureau. En chemin, il demanda à ce qu’on fasse venir à son bureau les directeurs de maison. 

 

Arrivé à destination, en attendant que ses collègues le rejoignent, il appela : 

 

- Fumseck !

 

Le phénix se matérialisa devant lui. Lui donnant la lettre d’admission associée, il lui demanda : 

 

- Essaye de trouver Harry Potter, s’il te plaît. 

 

Aussitôt, l’oiseau mythique disparut. Au même moment, les quatre directeurs de maisons arrivèrent dans le bureau. Le seul qui semblait à tout prix vouloir se trouver n’importe où ailleurs était le professeur Rogue, qui était directeur de Serpentard. Il fut d’ailleurs le premier à prendre la parole, de sa voix habituellement tranchante : 

 

- Pourquoi nous avez-vous fait venir, M. le directeur ? 

 

- C’est au sujet du fils Potter… D’après son oncle, il est mort. Mais le registre des nouveaux élèves indique le contraire, puisque son nom y figure toujours. 

 

- Albus, qu’allez-vous faire ?

 

 - J’ai envoyé Fumseck le chercher. 

En espérant que Harry comprenne qu’il doit rester chez son oncle et sa tante pour sa sécurité, pensa-t-il. 

 

OoooO

 

Quelque part dans le nouveau monde, quelques jours plus tard, sur l’Oro Jackson. 

 

En sentant une présence inconnue, Harry sortit de sa méditation et alla chercher un adulte. Il tomba rapidement sur son père, à qui il expliqua qu’il était en train de s’exercer lorsqu’il avait ressenti une présence inconnue. Ils n’eurent pas besoin de la chercher car quelques secondes plus tard ils virent arriver un drôle d’oiseau rouge et or qui transportait une lettre. Il s’arrêta devant eux et tendit la patte à laquelle était accrochée la lettre. Harry comprit assez facilement qu’il devait la prendre et s’exécuta. L’enveloppe était faite dans une matière des plus étranges, pour lui qui vivait dans un monde de pirates. Elle était scellée par un tampon de cire rouge composé d’un P entouré de quatre animaux - un lion, un serpent, un blaireau et un aigle -. L’adresse indiquée lui était inconnue : 

 

Mr H. Potter

Dans le placard sous l'escalier

4, Privet Drive

Little Whinging

Surrey

 

Sans s’en rendre compte, Harry commença à trembler à la mention du placard. Son père lui passa un bras autour des épaules et l’attira contre lui. Harry comprit aisément le message : Roger serait toujours là pour lui. Ayant effectué sa mission, l’oiseau repartit. 

 

OoooO

 

Poudlard, bureau du directeur 

 

Le phénix reparut dans une gerbe de flammes, stoppant net la conversation en cours. Les cinq professeurs se tournèrent vers lui d’un seul bloc et le directeur lui posa la question que tous avaient sur les lèvres : 

 

- Alors Fumseck ? As-tu trouvé le jeune Potter ?

 

Pour toute réponse, le phénix lui tira sur la manche tout en lançant un cri joyeux. 

 

Le vieil homme, qui avait appris à comprendre son compagnon à plumes avec le temps, répondit : 

 

- Bien. Et où est-il ?

 

L’oiseau mythique prit la robe du vieux professeur dans son bec et les emmena tous les deux dans une gerbe de flammes, sous les yeux incrédules des directeurs de maisons. C’était la première fois qu’ils voyaient cela. Ils savaient que les phénix avaient la capacité de se téléporter mais entre le savoir et le voir...

 

OoooO

 

Au même moment, Harry allait décacheter la lettre qu’il venait de recevoir quand des flammes apparurent soudainement devant lui. Il recula prudemment de quelques pas, la main sur son sabre, prêt à dégainer son arme, quand un vieil homme surgit des flammes, porté par l’oiseau qui lui avait apporté la lettre. Harry manqua d’éclater de rire quand le vieil homme devint presque verdâtre à peine eut-il posé un pied sur le navire.

 

Dumbledore, lui, soupira. Évidemment, il avait fallu qu’il atterrisse sur le seul moyen de transport que son estomac ne supportait pas. Il utilisa sa magie pour se lancer un sort lui permettant de supporter cela. Il se tourna ensuite vers Harry et remarqua à ce moment-là l'homme qui l’accompagnait. Il ne lui donnait pas plus d’une trentaine d’années, à vu d’œil. Cependant, il sentait une puissance impressionnante se dégager de lui. Il su instinctivement que sous son air un peu idiot, cet homme pouvait être très dangereux. Il ne devait pas le sous-estimer. Il s’adressa à lui : 

 

- Bonjour Monsieur. À qui ai-je l’honneur ?

 

- Gol D. Roger. Et vous êtes ? 

 

- Albus Dumbledore. J’ai des choses à vous dire. 

 

- Ça concerne la lettre que votre oiseau a donné à mon fils tout à l’heure ? 

 

Dumbledore acquiesça, tout en notant dans sa tête que l’homme, Gol D. Roger donc, avait appelé Harry son fils. Roger répliqua : 

 

- Allons dans ma cabine, nous y serons plus à l’aise pour parler. 

 

Il interpella ensuite un jeune homme aux cheveux roux qui passait à côté d’eux : 

 

- Shanks ! Va me chercher Rayleigh, dis-lui de venir dans ma cabine ! 

 

- Oui capitaine !

 

Et il partit dans la direction opposée à celle où il allait précédemment.

 

De son côté, Roger emmena tout le monde - Harry, Dumbledore, l’oiseau et lui-même - dans sa cabine. Une fois arrivés, il fit signe au plus âgé de s’asseoir sur son lit tandis que lui même s’installait à son bureau et que Harry, qui avait rangé son arme entre temps, s’adossait au mur. 

 

Harry put donc terminer de décacheter l’enveloppe et commença à la lire :

 

COLLÈGE POUDLARD, ÉCOLE DE SORCELLERIE

 

Directeur: Albus Dumbledore (Commandeur du Grand-Ordre de Merlin, Docteur ès Sorcellerie, Enchanteur en chef, Manitou suprême de la Confédération internationale des Mages et Sorciers)

 

Cher Mr Potter,


Nous avons le plaisir de vous informer que vous bénéficiez d'ores et déjà d'une inscription au Collège Poudlard. Vous trouverez ci-joint la liste des ouvrages et équipements nécessaires au bon déroulement de votre scolarité.


La rentrée étant fixée au 1er septembre, nous attendons votre hibou le 31 juillet au plus tard.


Veuillez croire, cher Mr Potter, en l'expression de nos sentiments distingués.


Minerva McGonagall,

Directrice adjointe

 

Harry vit qu'il y avait, dans l'enveloppe, une deuxième feuille et la sortit en tremblant, ne réalisant pas totalement ce qui était en train de se produire:

 

COLLÈGE POUDLARD - ÉCOLE DE SORCELLERIE

 

Vêtements:

 

Uniformes

 

Liste des vêtements dont les élèves de première année devront obligatoirement être équipés:

 

-Trois robes de travail (noires), modèle normal

 

-Un chapeau pointu (noir)

 

-Une paire de gants protecteurs (en cuir de dragon ou autre matière semblable)

 

-Une cape d'hiver (noire, avec attaches d'argent)

 

Chaque vêtement devra être étiqueté au nom de l'élève.

 

Livres et manuels:

 

Chaque élève devra se procurer un exemplaire des ouvrages suivants:

 

Le Livre des sorts et enchantements (niveau 1), de Miranda Fauconnette

 

Histoire de la magie, de Bathilda Tourdesac

 

Manuel de métamorphose à l'usage des débutants, de Emeric G. Changé

 

Mille herbes et champignons magiques, de Phyllida Augirolle

 

Potions magiques, de Arsenius Beaulitron

 

Vie et habitat des animaux fantastiques, de Norbert Dragonneau

 

Forces obscures: comment s'en protéger, de Quentin Jentremble

 

Fournitures:

 

1 baguette magique

 

1 chaudron (modèle standard en étain, taille 2)

 

1 boîte de fioles en verre ou cristal

 

1 télescope 

 

1 balance en cuivre

 

Les élèves peuvent emporter un hibou OU un chat OU un crapaud.

 

IL EST RAPPELÉ AUX PARENTS QUE LES ÉLÈVES DE PREMIÈRE ANNÉE NE SONT PAS AUTORISÉS À POSSÉDER LEUR PROPRE BALAI.

 

Harry prit quelques minutes pour assimiler ce qu’il venait d’apprendre puis tendit la lettre à son père, qui la lut à son tour. Dumbledore, prit de cours par leur manque de réaction - il s’attendait à devoir apprendre à Harry l’existence de Poudlard et du monde magique -, demanda : 

 

- Vous n’avez pas l’air surpris ? 

 

Roger répondit : 

 

- Mon second et moi-même connaissons l’existence de votre monde depuis le 6 décembre d’il y a un peu moins de sept ans. Et Harry, lui, le sait depuis un peu plus d’un an et demi. 

 

Harry, d’ailleurs, demanda : 

 

- Mr Dumbledore… Où est-ce que je peux trouver tout ça ? 

 

Le plus âgé, lui, réfléchissait à toute vitesse. Compte tenu des informations qu’il avait et de celles qu’il venait d’obtenir, cela devait donc faire un peu moins de sept ans que les Dursley pensaient Harry mort. Cela ne serait donc pas évident de convaincre les uns et les autres qu’il fallait que le jeune garçon retourne chez eux. Il revint sur terre - ou plutôt en l’occurrence sur mer - lorsque Harry, qui lui avait déjà posé trois fois la question, lui attrapa la robe et demanda : 

 

- Mr Dumbledore… Où est-ce que je peux trouver tout ça ? 

 

Ce à quoi il répondit : 

 

- Ne t’en fait pas Harry, je vais m’en occuper. Si tu me demandes cela c’est que je peux donc te compter parmi les élèves pour la prochaine rentrée.

 

Après un regard à son père, qui lui fit un sourire, l’enfant acquiesça. De son côté, bien qu’il ne le montra pas, Roger se méfiait du vieil homme. Il espérait que Rayleigh arriverait vite, pour que Harry et lui ne soient plus seuls avec le sorcier. Il fut exaucé peu après : la porte de la cabine s’ouvrit sur un homme d’une petite trentaine d’années. Le nouveau venu jeta un coup d’œil à Dumbledore puis se tourna vers son capitaine : 

 

- Tu voulais me parler, il parait ? 

 

- Oui. 

 

- Qui est-ce ? Demanda le blond, dont les cheveux commençaient à se parsemer de mèches grises, en désignant Dumbledore. 

 

- Le futur directeur d’école de ton filleul. 

 

Le blond acquiesça en silence. 

 

Dumbledore choisit ce moment-là pour intervenir : 

 

- Messieurs Roger et… je crois nous n’avons pas été présentés mon cher ? 

 

- Rayleigh, Silvers Rayleigh. 

 

- Je disais donc : Messieurs Roger et Rayleigh, j’aimerais vous parler en privé. 

 

Il faut que vous compreniez que Harry doit retourner chez son oncle et sa tante. Il en va de l’avenir de notre monde, et de la réussite de mes plans, pensa Dumbledore. Plongé dans ses pensées, il n'entendit pas Roger demander à Harry de retourner à son entraînement pas plus qu’il ne l'entendit promettre à l’enfant de tout lui raconter ensuite. Il fallut que Rayleigh se racle plusieurs fois la gorge pour qu’il reporte son attention sur les deux pirates. 

 

Il prit la parole et dès les premiers mots, ses interlocuteurs surent qu’ils n’aimeraient pas la suite : 

 

- Écoutez, messieurs, je suis sûr que vous vous êtes tous les deux très bien occupé de Harry ces dernières années mais il n’y a que chez son oncle et sa tante qu’il sera vraiment en sécurité. Il doit y retourner pour son bien…

 

Roger ne put plus contenir sa colère à ces mots et coupa le vieux professeur : 

 

- Il n’y a que là-bas qu’il sera vraiment en sécurité ? Il doit y retourner pour son bien !? Est ce que vous savez dans quel état je l’ai récupéré il y a presque 7 ans !? Est-ce que vous savez à quel point j’ai eu du mal à faire disparaître ses cauchemars !? Pendant plusieurs mois, toutes les nuits il s’est réveillé en hurlant que son oncle allait revenir le chercher ! Quand nous l’avons trouvé, il était en hypothermie, n’avait que la peau sur les os, n’était pas propre et n’avait jamais appris à parler ! Sans compter les traces de coups de ceinture dans son dos ! Nous lui avons sauvé la vie et il est hors de question que je laisse mon fils retourner chez ceux qui ont failli le tuer ! Est-ce que je me suis bien fait comprendre ? 

 

Dumbledore, effrayé par l’éclat de voix de son interlocuteur, acquiesça vivement tout en se disant qu’il fallait qu’il trouve un moyen de faire disparaître cet homme ou Harry ne serait pas aussi « malléable » que prévu. Déjà que son plan d’origine - envoyer Hagrid sous impérium chercher Harry pour lui chanter ses louanges et ceux de Gryffondor tout en enfonçant Serpentard plus bas que terre - était tombé à l’eau en apprenant que le gosse n’était plus chez les Dursley. 

 

Il expliqua ensuite aux deux hommes qu’il allait s’occuper des courses de rentrée de Harry, afin qu’ils n’aient pas à se déplacer exprès. Il ne précisa pas que c’était la baguette qui choisissait son sorcier et à la question de comment il allait payer, il répondit qu’il prendrait de l’argent de son coffre personnel. Les deux hommes parurent satisfaits de cette réponse. Tandis qu’ils quittaient les lieux, lui-même fut ramené dans son bureau par Fumseck. 

 

OoooO

 

À peine arrivé, il repartit de Poudlard pour se diriger cette fois chez la famille Weasley. Il allait profiter de la confiance aveugle qu’ils lui portaient pour approcher Harry grâce à eux. Il frappa à la porte du Terrier et peu après un garçon d’environ treize ans lui ouvrit. Le plus jeune lui fit signe de le suivre. Il l’amena jusqu’au salon, où était justement rassemblée toute la famille. Alors que Molly, une femme rousse petite et ronde au fort caractère, allait envoyer les enfants dans leur chambre, il la stoppa en disant que ce qu’il avait à leur demander concernait toute la famille.  

 

Il leur demanda alors de faire en sorte qu’il puisse avoir un libre accès aux coffres Potter. Il fut surpris lorsqu’ils refusèrent tous en bloc, y compris les plus jeunes. Les parents lui demandèrent ensuite de partir et de ne plus remettre les pieds chez eux, ou même s’approcher de leur famille. 

 

Ce fut donc un Albus Dumbledore frustré qui alla s’enfermer dans son bureau afin de réfléchir à un moyen de garder les Weasley sous sa coupe. Il n’en oublia toutefois pas d’aller acheter les fournitures scolaires de Harry. Ni de demander à Ollivander une baguette sur mesure pour le jeune garçon. Une baguette faite uniquement dans le but de lui permettre de vaincre Voldemort. Pour cela, il avait donc fait en sorte que les deux baguettes soient jumelles. Il savait que la plume de phénix présente dans la baguette de Tom Jedusor appartenait à Fumseck et n’avait donc eu qu’à en fournir une deuxième pour la baguette de Harry. 

 

Il paya les achats non pas avec son coffre personnel, comme il l’avait dit à Roger, mais bien avec l’argent de Harry. Il pouvait remercier James d’avoir été assez naïf pour lui confier sa clé avant de mourir, pensant qu’il en ferait bon usage. 

 

Il envoya Fumseck porter ses fournitures scolaires à Harry et patienta jusqu’à la rentrée. Entre temps il trouva une solution pour les Weasley : l’impérium. 

 

Le matin de la rentrée, il demanda à Fumseck d’aller chercher Harry. Tandis que lui-même transplana à la gare et se rendit invisible en attendant les Weasley. 

 

OoooO

 

Au même moment

 

Le premier septembre, vers 10h30, Harry attendait avec sa valise que l’oiseau de Dumbledore vienne le chercher. Il n’eut plus très longtemps à attendre avant de voir la gerbe de flammes caractéristique de l’oiseau mythique apparaître devant lui. Son père et Rayleigh étaient derrière lui. Juste avant qu’il parte, son père lui confia deux cartes de vie. Une à lui, une à Rayleigh. Lui expliquant qu’ainsi il serait directement averti s’il leur arrivait quelque chose. 

 

Il disparut cette fois avec l’oiseau et réapparut dans une gare plus grande que toutes celles qu’il avait pu visiter jusque là. Heureusement pour lui, Fumseck le guida jusqu’au quai 9 ¾. Il le remercia chaleureusement puis monta dans le train, à la recherche d’un wagon libre. Il en trouva un libre où se trouvait un jeune garçon roux. Il y entra et s’assit en face de l’autre enfant, son destin se mettant en route en même temps que le train rouge vif.

 

De nouvelles rencontres by Alice Black

Le trajet se passa en silence, chacun restant dans son coin, si bien que Harry ne remarqua pas que son voisin avait les yeux étrangement vitreux, comme quelqu’un qui n’aurait pas dormi depuis des mois. Pour des raisons évidentes de sécurité, il n’avait pas pu emmener son sabre mais son père et Rayleigh, refusant de le laisser partir désarmé, avaient glissé un poignard dans sa valise. Harry leur avait demandé de dire au revoir à Dragon de sa part, et qu’il lui écrirait dès que possible. Roger promit de faire passer le message.

 

Harry passa une partie du voyage à réfléchir, sans remarquer que son voisin l’observait du coin de l’œil. Dragon, dans sa dernière lettre, lui avait dit vouloir changer le monde, que le système actuel était pourri jusqu’à la moelle. Il ne savait pas à quoi était due cette prise de conscience, mais il ne l’empêcherait pas de faire ce qu’il voulait. Il ignorait encore que lui, Harry, allait aider son ami à mener à bien ses projets…

 

Il fut sorti de sa comtemplation du paysage par une voix qui lui était inconnue suintante de mépris : 

 

- Alors ce qu'on raconte est donc vrai ? Harry Potter se cache ici ? 

 

La phrase sembla également attirer l’attention du rouquin qui voyageait avec lui, puisque celui-ci tourna brusquement la tête vers lui. Le brun quant à lui se tourna également vers le nouveau venu. Il lui fallut de moins d’une seconde pour savoir qu’il n’aimerait pas ce garçon. Entre ses cheveux blonds impeccablement plaqués en arrière, son uniforme flambant neuf repassé au millimètre, son air qui disait « Je suis un être supérieur, prosterne toi devant moi »… Tout chez lui donnait envie à Harry de lui coller un pain. 

 

Harry rétorqua : 

 

- Je ne connais pas de Harry Potter. 

 

Il demanda au roux : 

 

- Et toi ? 

 

- Non plus. 

 

Voyant qu’il était en infériorité numérique, l’indésirable battit en retraite puis Harry se tourna vers le roux et se présenta : 

 

- Je m’appelle Harry Gold. Et ton nom à toi, c’est ?

 

En effet, son père avait décidé de l’inscrire sous ce nom sur les conseils de Dumbledore. D’après le vieux sorcier, il attirerait moins l’attention avec un nom à consonance britannique. L’autre garçon allait répondre quand la porte s’ouvrit à nouveau. Cette fois- ci, une fille aux yeux marrons et aux cheveux pour le moins… emmêlés se présenta devant eux. Les deux garçons échangèrent un regard et se retinrent de rire en voyant l’état de sa coiffure. Tous deux pensaient la même chose : en voilà une qui n’avait sans doute jamais vu un peigne. La fille demanda : 

 

- Je peux entrer ? 

 

D’un ton presque aussi hautain que celui du blond qu’ils venaient de chasser. Elle entra sans attendre la réponse. Ce n’était visiblement pas une question. Harry allait répliquer quand le rouquin le fit : 

 

- Excuse-moi mais… À quel moment on t’a dit que tu pouvais entrer ? 

 

Le léger sourire de Harry montrait qu’il était du même avis. La fille bégaya : 

 

- Euh… Et bien… J’ai supposé que… 

 

Harry ajouta : 

 

- Et la moindre des choses à faire, quand on entre quelque part sans y avoir été invité, c’est de se présenter. 

 

Son voisin approuva. La fille répondit, sûre d’elle : 

 

- Je m’appelle Hermione Granger. 

 

Elle se tourna vers Harry : 

 

- Et toi, tu es Harry Potter. 

 

- Non ! Mon nom est Harry Gold. Bon sang, combien de fois devrais-je le répéter ? 

 

- Tu as la même coiffure. Les mêmes yeux. La même cicatrice, au même endroit. Donc tu es forcément Harry Potter. 

 

- Je. M’appelle. Harry. Gold. 

 

Elle capitula et demanda au roux d’un ton méprisant à la vue de ses affaires usagées : 

 

- Et toi, tu es ? 

 

- Ron Weasley. 

 

Harry demanda : 

 

- Et maintenant, tu as deux options : tu ressors, tu frappes et tu attends qu’on te réponde. Ou tu dégages et tu nous laisses tranquilles. 

 

Il semblerait que se remettre en question soit au-dessus de ses capacités, car elle partit en claquant la porte. 

 

Une fois qu’elle fut partie, il sentit un regard se poser sur lui. Il se tourna vers le roux - Ron donc - et admit, sachant quelle question il allait lui poser : 

 

- Oui, Harry Potter est mon nom de naissance. Mais je ne réponds plus à cette identité depuis l’âge de 4 ans. 

 

- Pourquoi ? Enfin si ce n’est pas indiscret. 

 

Harry, sentant qu’il pouvait lui faire confiance - et son instinct ne s’était jamais trompé -, lui raconta alors les circonstances de son arrivée dans un autre monde, et de son adoption. La réponse de son nouvel ami lui prouva qu’il avait eut raison d’écouter son instinct : 

 

- Tu as été élevé par des pirates ? Trop cool ! Tu sais te battre ? Tu pourras m’apprendre ? 

 

Harry ouvrit la bouche pour répondre, quand des coups à la porte retentirent. Ce fut sur la pensée qu’il y avait au moins une personne dans ce train à qui on avait inculqué les bases de la politesse qu’il répondit : 

 

- Entrez. 

 

Un garçon au visage un peu joufflu avec des cheveux et des yeux bruns entra et demanda, hésitant : 

 

- Excusez-moi de vous déranger mais… Est ce que vous auriez vu un crapaud ? J’ai perdu le mien, il s’appelle Trevor. 

 

Les deux autres répondirent que non et Harry proposa, appuyé par le hochement de tête de Ron : 

 

- Tu peux rester avec nous, si tu veux. 

 

Pour toute réponse, le jeune garçon entra en tirant sa valise. 

 

Harry se rappela qu’il n’avait toujours pas répondu à la question de Ron et se tourna vers lui  : 

 

- Bon… Avec tout ce qui vient de se passer je n’ai toujours pas répondu à ta question. Mais oui, je sais me battre. Et oui je veux bien t’apprendre. Mais je te préviens, je serais un professeur exigeant. 

 

- D’accord, répondit l’autre sans hésiter. 

 

- Mais j’aimerais d’abord savoir : pourquoi veux-tu apprendre à te battre ? 

 

- J’en ai marre de servir de cobaye à mes frères. Je veux pouvoir être capable de me défendre la prochaine fois qu’ils viendront me chercher des noises. 

 

Harry sourit. C’était une bonne motivation. Le nouveau venu, quand à lui, marqua un bon point auprès de lui lorsqu’il prit la parole pour se présenter : 

 

- Je m’appelle Neville Londubat. Et vous êtes ? 

 

- Harry Gold. 

 

- Ron Weasley.

 

Et que, surtout, à aucun moment, il ne remit en cause l’identité de l’autre brun. En cela, Harry lui fut profondément reconnaissant. Surtout qu’il sentait que tout le monde ne serait pas aussi conciliant que ses deux compagnons de voyage. 

 

Ils n’eurent, heureusement, pas d’autres visiteurs. Ils parlèrent notamment des différentes maisons de Poudlard. Harry, qui n’y connaissait pour ainsi dire rien, fut renseigné par les deux autres. Il apprit donc qu’il y avait quatre maisons, qu’elles avaient pour nom Gryffondor, Serdaigle, Serpentard et Poufsouffle et que les élèves y étaient répartis selon leur personnalité. Aucun des deux ne fut par contre capable de lui dire comment, à sa grande surprise. Comme il posa la question, Neville lui expliqua que d’après sa grand-mère c’était pour que les élèves le découvrent par eux même le moment venu. 

 

Harry trouva cette tradition incroyablement idiote : il pensait que les élèves seraient mieux préparés, et donc moins angoissés, s’ils savaient ce qui les attendaient. Il en eut la preuve juste après, lorsque Ron leur dit que d’après deux de ses frères, la répartition consistait en un combat contre une créature magique. Harry lui posa alors la question suivante : 

 

- Qui serait assez stupide pour envoyer des élèves n’ayant pas encore commencé les cours se battre contre une créature magique ? 

 

Le plus vieux baissa les yeux, rougissant, se sentant bête d’y avoir cru. Harry remarqua cela et lui dit : 

 

- La prochaine fois qu’un de tes frères te dis quelque chose qui te paraît trop gros pour être vrai, assure toi que ça l’est avant d’y croire. D’accord ? 

 

- D’accord ! 

 

Lorsque vint, quelques heures plus tard, le moment de descendre du train, les trois garçons étaient devenus très amis.

 

Harry ne se doutait pas encore que le roux était sous l’emprise de Dumbledore. Le principal concerné n’en n’avait lui-même pas encore conscience...

 

Ils suivirent la foule des première années sur un petit sentier, jusqu’à un très grand homme. Harry apprit à ce moment-là qu’il s’appelait Hagrid et était le garde-chasse de Poudlard. Ils marchèrent jusqu’à un lac et l’homme les fit montrer dans des barques - « pas plus de quatre par barque » -. Harry monta avec Neville et Ron ainsi qu’avec le blond qu’ils avaient rencontré au début du voyage. Celui-ci lui parut aussi antipathique que lors de leur première rencontre, d’autant plus qu’il s’obstina à l’appeler Potter, peu importe le nombre de fois où Harry lui disait qu’il n’était pas ce Potter. La situation s’envenima rapidement mais heureusement le trajet toucha à sa fin avant qu’ils n’aient eu le temps d’en venir aux mains. Neville récupéra son crapaud, rendu par Hagrid. 

 

Le géant les confia à une femme à l’air sévère qui se présenta comme étant le professeur McGonagall et que Harry se promit intérieurement de ne jamais contrarier. 

 

Elle leur expliqua comment fonctionnait l’école puis les emmena jusqu’à une petite pièce. Là, les conversations reprirent de plus belle. Harry apprit également que le prétentieux de service, comme il l’appelait dans sa tête, se nommait en fait Drago Malefoy. Pas très loin d’eux, ils entendirent Granger étaler sa science et Harry espéra de toute son âme ne pas être dans la même maison que cette fille. Neville la reconnut comme étant celle qui l’avait envoyé balader sans ménagement lorsqu’il lui avait demandé de l’aide pour retrouver son crapaud. Soi-disant parce qu’elle avait, je cite, « mieux à faire que de perdre son temps à retrouver un vulgaire crapaud ».

 

Harry, lui, espérait secrètement qu’elle n’apprenne jamais l’existence du poignard qu’il cachait dans sa valise. Il ne doutait pas qu’elle n’aurait aucun scrupule à le dénoncer. 

 

Il en était à ce stade de ses réflexions lorsque le professeur McGonagall revint les chercher pour les emmener dans la grande salle, où aurait lieu la répartition. 

 

Rentrée sous tensions by Alice Black

En y entrant, Harry fut impressionné par la taille de la salle. Lui qui était habitué aux grands espaces, ayant grandi sur un bateau, n'avait pourtant jamais vu une pièce aussi grande. Le plafond était si haut que même en levant la tête à en avoir un torticolis, Harry ne put le voir. En fait, il ne semblait même pas y avoir de plafond: le ciel était visible.

 

Ce fut du moins ce qu'il cru, avant d'entendre Granger dire qu'elle avait lu dans L'histoire de Poudlard que le plafond était ensorcelé pour imiter le ciel. Le groupe des première année suivit la directrice adjointe jusqu'au centre de la salle. Il y avait là quatre tables - deux de chaque côté et une allée au centre - et une cinquième au fond de la salle, vraisemblablement réservée à l'équipe enseignante. Le professeur Mcgonagall s'adressa aux première année:

 

- Bien. Lorsque j'appellerai votre nom, vous vous avancerez et mettrez le Choixpeau sur votre tête.

 

Ce fut seulement à ce moment que Harry remarqua qu'il y avait effectivement un chapeau, qui avait l'air tellement vieux et rapiécé qu'il semblait bon pour la poubelle. Chapeau qui se mit… à chanter:

 

Bienvenue jeunes enfants

 

Vous qui de votre destinée

 

N'avez aucune idée


Ô jeunes innocents


Des quatre de Poudlard

 

Je fus la création


Pour procéder à la répartition


De ceux qui plus tard

 

De la magie feront l'avenir


Si courageux vous êtes,

 

De Gryffondor vous rejoindrez les rangs


Si ruse et ambition font de vous ce que vous êtes,


Chez Serpentard vous serez

 

Si loyauté et gentillesse sont vos maîtres mots,


Par Poufsouffle vous serez accueillis


Si, enfin, par le travail vous ne faites que jurer,

 

Pour Serdaigle de bons éléments vous ferez


De votre avenir, je dois décider


Vous répartir est mon métier!

 

Le professeur Mcgonagall déroula un long parchemin et commença à égrener la liste des noms d'élèves. Harry ne prêta pas attention au début de la répartition, jusqu'à ce qu'il entende la directrice adjointe appeler :

 

- Granger, Hermione.

 

La fille détestable qu'il avait rencontré dans le train s'avança jusqu'au chapeau qui mit un moment à se décider. Quand finalement :

 

- GRYFFONDOR !

 

Alors qu'il s'attendait à être le suivant sur la liste, après tout son nom commençait également par un G, les élèves furent appelés les uns après les autres. Il comprit qu'il n'allait pas aimer la suite des évènements lorsque le professeur McGonnagall appela Neville, alors que lui même était toujours dans la file. Ne voulant pas gêner son ami, il attendit qu'il soit passé pour intervenir:

 

- Londubat, Neville

 

Le garçon joufflu quitta les rangs d'une démarche hésitante et alla jusqu'au chapeau. Il s'assit sur le tabouret et rapidement la voix du Choixpeau hurla :

 

GRYFFONDOR !

 

Harry grimaça pour son ami qui serait dans la même maison que l'insupportable Granger puis leva la main. La directrice adjointe se tourna vers lui :

 

- Oui M… ?

 

- Harry Gold.

 

- Donc… Oui M. Gold ?

 

- Je crois qu'il doit y avoir une erreur professeur, vous avez oublié de m'appeler.

 

- Je suis désolée mais nous n'avons aucun élève au nom de Gold. Maintenant si cela ne vous dérange pas, j'aimerais reprendre la répartition.

 

- Oui oui, allez y, dit-il profondément surpris.

 

Serait-il possible que Dumbledore ait délibérément ignoré la requête de son père ? Dans ce cas, cela voudrait dire que… Non ! Il n'aurait quand même pas osé ?

 

Il était si énervé contre le directeur qu'il n'entendit pas Drago être envoyé à Serpentard, ni le nom qui suivit :

 

- Potter, Harry.

 

En entendant ce nom auquel il ne s'identifiait plus depuis des années, Harry ressentit une furieuse envie de frapper Dumbledore. Le professeur McGonnagall appela à nouveau :

 

- Harry Potter ?

 

Dumbledore se leva et alla lui dire quelque chose. Harry n'eut pas de mal à deviner ce qu'il disait, puisqu'il le désignait du doigt en même temps. Il se força à rester impassible en sentant les regards se poser sur lui, et notamment ceux des deux personnes rencontrées dans le train. Il n'avait pas besoin de le voir pour deviner leurs airs triomphants.

 

Il eut un mauvais pressentiment en voyant la femme s'approcher et lui demander :

 

- Quel est votre nom, mon garçon ? Le nom auquel vous vous identifiez, s'entend.

 

Tandis que le directeur allait prendre la parole, sans doute pour répondre à sa place, elle lui fit signe de se taire et Harry fut presque choqué de la question tant elle le surprenait. Il répondit toutefois, décidant d'être honnête :

 

- Potter est mon nom de naissance. Mais je m'identifie au nom de Harry Gold depuis l'âge de quatre ans.

 

Le garçon blond du train, Malefoy donc, intervint :

 

- Je ne sais pas qui est le pouilleux qui t'a mis cette idée en tête mais ce sont des inepties. Tu t'appelles Harry Potter.

 

- La ferme Malefoy ! Et pour ta gouverne, sache que le « pouilleux », comme tu dis, en question m'a sauvé la vie quand j'avais 4 ans. Alors ne t'avise plus jamais d'insulter mon père. Pigé ?

 

La colère clairement palpable dans sa voix à la fin de sa phrase fit frissonner l'ensemble de l'école, mais le message était passé. Malefoy s'empressa de hocher la tête mais Harry sentait qu'il n'avait pas fini d'entendre parler de lui.

 

Harry ne vit pas le sourire qui apparut sur le visage de la directrice adjointe à la fin de sa prise de parole mais en revanche, il ne put manquer son ton polaire lorsqu'elle parla ensuite :

 

- Mr Malefoy, j'enlève 20 points à Serpentard pour avoir manqué de respect à la famille de l'un de vos camarades et vous serez en retenue demain soir. Quand à vous Mr Gold, dit elle en appuyant sur le nom pour montrer qu'elle était de son côté, je suis dans l'obligation d'enlever 10 points à votre future maison pour avoir répondu à sa provocation.

 

- Bien professeur.

 

Grandir sur un bateau pirate avait appris au moins une chose à Harry : le respect de l'autorité. Du moins, de ceux qui méritaient qu'on respecte leur autorité.

 

- Parfait. Maintenant, allez sur le tabouret qu'on puisse continuer la répartition.

 

Il acquiesça et s'exécuta. Il fut brutalement plongé dans le noir et entendit une voix dans sa tête :

 

Bonjour jeune homme. Ainsi, tu voyages entre les mondes… 

 

Bonjour. On peut dire ça, oui. 

 

Ne rien voir lui rappela de bien mauvais souvenirs, d'avant son adoption, et le Choixpeau dut s'en rendre compte car il décida de ne pas faire traîner les choses. En inspectant l'esprit du garçon, il arriva rapidement à la conclusion qu'avec l'éducation que l'enfant avait reçu, une seule maison lui conviendrait réellement. Bientôt il cria le nom de la maison qui accueillerait Harry pour les sept prochaines années:

 

- GRYFFONDOR !

 

Le garçon rendit le vieil artefact à la femme et se dirigea vers la table où était déjà installé Neville. Il s'assit à côté de son ami, qui le félicita à la fois pour sa répartition et pour sa réponse à Malefoy. Alors qu'il avoua être plutôt fier de sa répartie, une voix qu'il commençait déjà à détester retentit derrière eux :

 

- Tu as fait perdre des points à notre maison avant même que l'année ait officiellement commencé, il n'y a pas de quoi être fier.

 

Les deux garçons se retournèrent, sachant d'avance à qui ils auraient à faire. Harry préféra rester en retrait, laissant la parole à Neville, pour deux raisons. Tout d'abord, de ce qu'il avait vu, gagner en confiance en lui et apprendre à s'affirmer ne pourrait pas lui faire de mal. Ensuite, il n'était pas sûr de réussir à garder son calme face à la jeune fille, qui lui avait déjà bien tapé sur les nerfs dans le train. En entendant l'autre garçon répondre que défendre sa famille était plus important que quelques points, il sût qu'il avait eu raison de laisser la parole à Neville.

 

Il reporta son attention sur la répartition au moment où Ron était envoyé à Gryffondor à son tour. Ne restait qu'un seul élève à répartir, un garçon noir du nom de Zabini, Blaise qui fut envoyé à Serpentard.

 

En plus d'être excellent, le repas fut plus copieux que tout ceux que Harry avait connu jusque-là. Si bien que lorsque les derniers vestiges disparurent, il ne rêvait que d'une chose : dormir. Mais il dut d'abord endurer le discours du directeur, durant lequel il s'endormit pratiquement sur place. Pas parce que ledit discours était ennuyeux, mais parce que l'enchaînement d'événements de la journée écoulée l'avait épuisé.

 

Il n'entendit donc pas l'avertissement du directeur au sujet de l'étage interdit…

 

Il fut content lorsque vint le moment pour les préfets d'emmener les nouveaux jusqu'aux salles communes : il allait enfin pouvoir se coucher.

 

Il suivit au radar - littéralement, puisqu'il se servait du haki de l'observation pour ne pas perdre sa trace - le garçon qui les guidait. Ils arrivèrent devant un tableau représentant une dame en surpoids évident.

 

Le préfet donna le mot de passe - Caput Draconis - et leur fit signe de le suivre. À l'intérieur, Harry n'eut pas le temps de voir à quoi ressemblait la salle car leur guide leur indiqua la direction des dortoirs.

 

Suivant Neville, Ron et deux autres garçons dont il ne connaissait pas encore le nom, il monta les escaliers dans la direction indiquée par le plus vieux - dont il apprendrait plus tard qu'il s'agissait de l'un des frères aînés de Ron - et se dirigea vers le lit où l'attendait déjà sa valise. Il décida qu'il attendrait le lendemain pour la vider. Il ne l'ouvrit que pour sortir un pyjama et alla se changer dans la salle de bain. Lorsqu'il en ressortit, il se mit au lit et s'endormit de suite.

Échange inter-monde by Alice Black

 

 

Le lendemain, Harry trouva sa couchette étonnamment confortable. Il ouvrit les yeux et ce fut le baldaquin bordeau qui surplombait son lit qui lui raviva la mémoire. Il n’était plus sur le bateau qui l’avait vu grandir, mais bien à Poudlard, école de magie et de sorcellerie en Angleterre. Voyant qu’il lui restait deux bonnes heures avant de devoir se lever, il décida de s’entraîner. Il se leva, enfila une tenue de sport et jeta un œil à Ron qui dormait comme une masse. Il décida de le réveiller. Après tout, l’autre garçon lui avait demandé de l’entraîner alors autant lui donner le plus tôt possible de bonnes habitudes. Il lui secoua légèrement l’épaule. Étrangement, alors qu’il s’attendait à devoir insister, le rouquin ouvrit immédiatement les yeux. Peut-être avait-il le sommeil léger ? 

 

 

 

Ron s’apprêtait à hurler sur celui qui avait osé troubler son sommeil, lorsqu’il reconnut le garçon brun qu’il avait rencontré dans le train. S’étonnant de le voir debout à - il regarda sa montre - 5h du matin, il demanda à voix basse : 

 

 

 

- Harry ? Qu’est-ce que tu fais ? 

 

 

 

Le plus jeune répondit sur le même ton : 

 

 

 

- Comme je me suis réveillé très tôt, j’ai décidé d’aller m’entraîner. Et comme tu m’avais demandé de t’apprendre à te défendre, je me suis dit qu’il valait mieux te donner de bonnes habitudes dès la rentrée. Alors debout, on va commencer ton apprentissage. 

 

 

 

- Maintenant ? Mais il est 5h ! 

 

 

 

- Tututut. Soit tu te lèves et tu ne discutes pas, soit tu devras trouver un autre professeur. 

 

 

 

Finalement, le dernier fils Weasley fila dans la salle de bain en faisant attention à ne pas réveiller Neville et leurs deux autres camarades de dortoir. 

 

 

 

Ce fut ainsi que les deux jeunes garçons partirent courir dans le parc. Ils firent deux fois le tour de l’école avant que Harry ne décide de s’arrêter là pour ce matin. Il expliqua à son partenaire de course que comme c’était sa première fois, ils n’allaient pas forcer, ce pour quoi le roux lui fut reconnaissant. Ils firent des exercices pendant encore une heure puis finirent par des étirements. En revanche, il râla quand Harry lui annonça qu’une bonne hygiène de vie passait par une alimentation saine et équilibrée. Le brun lui proposa alors de lui composer ses assiettes, ce qu’il accepta bien qu'il ne sache pas à quoi s’attendre. Les deux amis étant parvenus à un accord, ils purent ensuite rejoindre la grande salle. 

 

 

 

Ils s’assirent chacun d’un côté de Neville, qui s’étonna de les voir arriver dégoulinants de sueur. Harry expliqua alors d’où ils venaient et pourquoi. Suite à cette révélation, l’autre brun fut ailleurs - ou en tout cas plus que d’habitude - durant une bonne partie de la journée. Harry eut lui-même rapidement autre chose à penser. Si le professeur McGonagall lui avait fait bonne impression en acceptant sans problème de l’appeler par son nom d’adoption, il semblerait que tous n’ait pas son bon sens car, visiblement, la retenue n’avait pas suffit à faire rentrer cela dans la tête de Malefoy puisque celui-ci vint lui chercher des poux alors qu’il se rendait, avec ses camarades, en cours de DCFM. Harry dut prendre sur lui pour ne pas lui coller son poing dans la figure. Il fut sauvé par l’arrivée du professeur Quirrell, qui fit entrer ses élèves. 

 

 

 

Harry s’installa au premier rang, à côté de Neville. Ron se mit derrière eux. Si la directrice adjointe lui avait fait bonne impression, ce ne fut pas le cas de son collègue. Il ne put pas dire quoi exactement, mais une aura malsaine se dégageait de lui. 

 

 

 

Il s’efforça d’être attentif au cours mais fut rapidement forcé de constater que celui-ci était tout sauf intéressant. À tel point qu’il sortit une plume et un parchemin et commença à rédiger les lettres qu’il comptait envoyer à sa famille et à Dragon. 

 

Il se fit une note mentale de les faire passer au phénix de Dumbledore afin qu’il les transmette à leurs destinataires.

 

 

 

Il releva le nez de ses lettres au moment où sonna la fin du cours. Il sentit sur lui un regard désapprobateur. Visiblement, la casse-pieds de service avait vu ce qu’il faisait et n’était pas d’accord avec ça. Il en eut la preuve juste après, lorsqu’elle vint mettre à mal sa patience déjà bien entamée par Malefoy.  

 

 

 

- Hmm hmm.

 

 

 

Il se retourna et soupira en la reconnaissant : 

 

 

 

- Ah Granger, ce n’est que toi. Pendant un instant, j’ai cru que c’était important.  

 

 

 

Elle parut outrée qu’il insinue qu’elle n’était  pas importante mais se rappela de la raison de sa présence et se reprit. Elle s’adressa ensuite à lui avec une familiarité qui l’étonna : 

 

 

 

- Harry écoute... J’ai vu ce que tu faisais pendant le cours et ce n’est pas comme ça que tu réussiras tes études. 

 

 

 

- Non, toi, écoute-moi Granger. Parce que je vais mettre les choses au clair, et que je ne me répéterais pas. Premièrement : qui t’as permis de m’appeler par mon prénom ? Pour toi, c’est Gold. Deuxièmement, la façon dont je gère mes études ne regarde que moi, et à la limite ma famille et mes amis, tu n’as donc aucunement le droit de t’en mêler. 

 

 

 

Sur ces mots, il la planta sur place et  rejoignit ses amis qui étaient partis devant. 

 

 

 

Le cours suivant, en l’occurrence Histoire de la Magie, ne fut pas beaucoup plus intéressant, bien au contraire. Il crut plusieurs fois qu’il allait s’endormir et ne dut de rester éveiller qu’à son habitude de toujours être attentif à son environnement, une obligation quand on était élevé par des pirates. 

 

 

 

Vint ensuite l’heure du repas. Comme ils n’avaient cours qu’à 16h l’après-midi, Harry décida d’en profiter pour aller porter ses lettres à l’oiseau du directeur. Ne connaissant pas le mot de passe, il s’enferma dans une salle de classe et allait appeler le phénix mais n’en eut pas besoin car celui-ci apparut devant lui. Il sourit à l’oiseau mythique et dit : 

 

 

 

- Bonjour toi... J’aurais besoin que tu me rendes service. Est-ce que tu pourrais porter ces lettres à leur destinataire ? demanda-t-il en lui tendant les trois enveloppes.

 

 

 

Pour toute réponse, Fumseck les prit dans son bec et disparut dans une gerbe de flammes.  

 

 

 

OoooO                          

 

 

 

Fumseck réapparut sur la côte d’une île, sous les yeux ébahis d’un jeune garçon de 11 ans. C’était la première fois que l’enfant assistait à cette scène, les précédentes ayant eu lieu sur le bateau de Roger. Il se demanda au départ ce qui lui valait la visite  de cet oiseau qu’il n’avait encore jamais vu, jusqu’à ce qu’il remarque les enveloppes qu’il transportait. Il reconnut alors l’écriture de Harry et, comprenant de quoi il retournait, prit celle qui portait son nom. 

 

 

 

Il commença à la déchirer quand une voix derrière lui l’interpella : 

 

 

 

- Dragon ! 

 

 

 

L’enfant se figea en reconnaissant la voix de son père. Il s’empressa de glisser la lettre sous son t-shirt. L’adulte avait beau savoir qu’il était ami avec le fils adoptif de Roger, il ne donnait pas cher de sa peau si son père apprenait qu’ils entretenaient une correspondance régulière. Il se retourna et demanda : 

 

 

 

- Oui papa ? 

 

 

 

- Ne disparaît pas comme ça, jeune homme, ça fait vingt minutes que je te cherche partout ! 

 

 

 

- Désolé, répondit l’enfant d’une petite voix.

 

 

 

Tandis que le garçon se faisait passer un savon par le futur héros de la Marine, sa lettre toujours cachée sous son vêtement, le phénix disparut pour atterrir sur le pont d’un certain bateau. Sous les yeux de Lionel, qui n’avait encore jamais vu l’oiseau bien qu’il savait dans quelle école était allé son petit frère. Il appela : 

 

 

 

- Cap’tain ! 

 

 

 

Roger sorti de sa cabine, suivit de près par son second : 

 

 

 

- Oui Lionel ? Il y a un problème ? 

 

 

 

Le plus jeune lui montra l’oiseau rouge et or en disant : 

 

 

 

- Il vient juste d’apparaître devant moi. 

 

 

 

- Je vois..., dit-il en se tournant vers l’oiseau qui lui tendit les deux enveloppes qu’il avait dans le bec. 

 

 

 

Il attrapa celle qui portait son nom et tendit l’autre à Rayleigh qui la prit. Les deux adultes allèrent dans leur cabine tandis que Fumseck partait ailleurs. 

 

 

 

Une fois dans la sienne, Roger ouvrit l’enveloppe sans faire attention au papier. Il commença à lire :

 

 

 

Salut papa,




Est ce que tout le monde va bien ici ? Moi ça va super !

 

J’ai été envoyé à Gryffondor. D’après Dumbledore, c’était la maison de mes parents biologiques. Moi je m’en fiche un peu parce que c’est toi mon père, mais certains pensent que je devrais être fier de m’appeler Potter.

 

 

 

Je me suis fait des amis, deux garçons du même dortoir que moi. Ils s’appellent Neville et Ron. Ne t’inquiète pas, je ne néglige pas mon entraînement.

 

 

 

Malheureusement, parce qu’on ne peut pas aimer tout le monde, il y a aussi des gens qui mériteraient que je leur colle une beigne.

 

 

 

Je t’aime,


Harry

 

 

 

Lorsqu’il eut fini sa lecture, l’homme sortit de sa cabine et se dirigea vers le phénix. Il avait une affaire à régler en Angleterre : il allait s’assurer personnellement que les Dursley restent très loin de son fils. 

 

 

 

Il s’adressa à l’oiseau, ayant le sentiment que celui-ci comprendrait sa requête : 

 

 

 

- Bonjour... Dis-moi, est-ce que tu pourrais m’emmener avec toi ? Je dois parler à la « famille » de Harry. 

 

 

 

Le phénix lança une trille joyeuse, attrapa le futur roi des pirates par le col de sa chemise et disparut avec lui. Il le déposa devant une maison des plus banales. L’homme parcourut la faible distance qui le séparait de la porte d’entrée et toqua. Quelques secondes plus tard, une femme vint lui ouvrir. Elle avait des cheveux bruns, était maigre et son cou ressemblait à celui d’une girafe. En fait, le pirate trouvait que la femme en elle-même ressemblait à un croisement raté entre un cheval et une girafe. Elle lui jeta un regard hautain, avant de demander :

 

 

 

- Qui êtes-vous ? Si c’est pour nous vendre quelque chose, nous ne sommes pas...

 

 

 

- Mon nom est Gol D. Roger et je suis venu vous parler de Harry. 

 

 

 

- Ça fait presque sept ans que ce petit vaurien est mort. Maintenant, dégagez avant que j’appelle la police.

 

 

 

- Je crois que je le saurais si mon fils était mort. 

 

 

 

- Votre fils ? Impossible, ma sœur est morte en même temps que son mari. 

 

 

 

- Oh... Autant pour moi, j’avais oublié de préciser que Harry était mon fils "adoptif".  

 

 

 

Il semblerait que la lueur dans les yeux de l’homme effraya la femme, puisqu’elle appela son mari : 

 

 

 

- Vernon !

 

 

 

Si la vision de la tante de Harry avait déjà prodigieusement agacé Roger, l’apparition de celui qui avait été le bourreau de son fils et le principal responsable des malheurs de son garçon lui donna des envies de meurtre. Il prit toutefois sur lui et les poussa pour entrer dans la maison, ignorant leurs protestations et leurs menaces d’un appel à la police. Qu’il fit de toute façon taire en leur précisant qu’il était pirate.

 

 

 

Étonnement, ils ne dirent plus rien après cette révélation et l’invitèrent même à les rejoindre dans le salon. Il n’attendit pas leur autorisation pour s’assoir et entra dans le vif du sujet aussitôt qu’ils l’eurent rejoint : 

 

 

 

- Harry est actuellement scolarisé dans une école... un peu spéciale. Si j’en crois mes informations sur le sujet, vous devez déjà être au courant. 

 

 

 

Le couple hocha vivement la tête, trop effrayé par leur « invité surprise » pour oser dire un mot. Invité qui se garda bien de leur dire qu’il était pirate pour être libre et non pour piller les civils. 

 

 

 

- Bien... Alors maintenant vous allez m’écouter très attentivement, et surtout ne pas m’interrompre, c’est bien compris ?

 

 

 

Ils acquiescèrent à nouveau. Il continua : 

 

 

 

- Le directeur de cette école nous a avoué, à mon ami et moi-même, vouloir renvoyer Harry chez vous. 

 

 

 

Le regard choqué qu’ils lui lancèrent valut, à ses yeux, tout l’or du monde mais lui tint également lieu de réponse. Il reprit : 

 

 

 

- Alors voilà ce qu’on va faire. Je vais vous proposer un marché. Si vous vous engagez à ne plus jamais vous approcher de Harry, sous aucun prétexte que ce soit, et que vous renoncez définitivement à tous vos droits sur lui, je vous garantis que vous n’entendrez plus jamais parler de lui, ni de moi et de ma famille. En revanche si, pour une quelconque raison, vous cherchez à nous attirer des ennuis, je peux vous assurer que vous n’aurez pas trop d’une vie entière pour le regretter. 

 

 

 

Il ne sut pas si c’était la perspective que le parasite qu’était son fils à leurs yeux sorte définitivement de leurs vies, ou l’aura menaçante qu’il dégageait, peut-être était-ce même un mélange des deux. Toujours est-il que lorsqu’il ressortit dans la rue quelques minutes plus tard, il avait ce qu’il voulait : un papier signé de Vernon et Pétunia Dursley stipulant qu’ils renonçaient définitivement à tous leurs droits sur leur ex-neveu Potter-Gol D. Harry, inscrit à Poudlard sous le nom d’Harry Gold. 

 

 

 

Il fut soulagé de voir que le phénix de Dumbledore l’avait attendu et ce fut avec le sourire qu’il rangea sous sa chemise l’enveloppe contenant la clé du bonheur de son garçon. Il marcha jusqu’au commissariat le plus proche et la leur confia, se doutant qu’ils sauraient quoi en faire. 

 

 

 

Puis, à sa demande, le phénix le ramena chez lui. Alors qu’il pensait que l’oiseau allait repartir, celui-ci resta jusqu’à ce qu’ils lui donnent leur réponse à la lettre de Harry puis disparut dans une gerbe de flammes rouge et or. 

 

 

 

À quelques kilomètres de là, un peu plus tôt dans la semaine

 

 

 

Une fois qu’il n’eut plus son père sur le dos, Dragon put enfin lire la lettre que lui avait envoyé Harry : 

 

 

 

Salut Dragon !

 

Ça va ? Moi tout va bien. Tu passeras le bonjour à Maria de ma part ? Je te dirais bien de le passer aussi à ton père mais je crois qu’il ne m’aime pas beaucoup donc je suis pas sûr que ce soit une bonne idée.

 

 

 

Poudlard est une école géniale ! Je me suis fait deux amis dans le train. Neville et Ron. Et en plus maintenant ils sont dans le même dortoir que moi. Il y a aussi deux autres garçons, Seamus et Dean, mais pour l’instant je ne les connais pas encore assez bien pour me faire une idée sur eux.

 

 

 

Ma directrice de maison est super ! Elle a accepté sans problème de m’appeler par mon nom d’adoption, juste parce que je lui ait dit que je m’identifiai à ce nom. Alors que je suis pratiquement sûr que le directeur lui a demandé de m’appeler Potter.

 

 

 

J’ai aussi rencontré des gens détestables à souhait, notamment une de mes camarades de maison, qui a un nom à coucher dehors. Littéralement. Elle s’appelle Granger. En plus de refuser de comprendre que je puisse m’identifier à un autre nom que celui de mes parents biologiques, elle se permet de me donner des leçons sur la façon dont je dois gérer mes études et de lire par-dessus mon épaule. Et elle est une miss Je-sais-tout. Mais ce n’est rien à côté de Drago Malefoy, qui a réussi à insulter mon père alors qu’on ne se connaissait que depuis moins d’une heure.

 

 

 

Et comme si ces deux-là n’étaient pas déjà suffisants, il y a aussi le professeur Quirrell. Lui c’est différent. Je ne l’aime pas mais pour une fois c’est pas à cause de son comportement envers moi. Ou du moins pas directement. Il me traite comme n’importe quel autre élève, et tant mieux. Mais le problème, c’est qu’en plus de donner des cours soporifiques, il dégage une aura malsaine. M’enfin... Je suppose que j’en apprendrai plus là-dessus pendant l’année en menant mon enquête.




Ton ami Harry

 

 

 

Lorsque celui-ci revint quelques jours plus tard, il confia sa réponse au phénix qui repartit aussitôt, les trois enveloppes dans le bec.

 

 

 

 

 

OoooO                              

 

 

 

Quelques jours plus tard, en Angleterre

 

 

 

Un matin, Harry eut la surprise de voir le familier du directeur déposer trois enveloppes devant son assiette avant de retourner se poser sur l’épaule du vieux professeur. Il se dépêcha de les ranger sous sa robe d’uniforme, avant que "quelqu’un" n’ait l’idée de regarder ce qu’elles contenaient.

 

 

 

Au même moment, le directeur reçut également une lettre, qui ne sembla pas lui plaire puisqu’elle s’enflamma aussitôt qu’il eut fini de la lire. Le regard presque haineux que Harry sentit ensuite dans son dos indiqua au jeune garçon que cela devait probablement le concerner sans qu’il puisse dire en quoi exactement. 

 

 

 

Il eut la réponse un peu plus tard dans la semaine, lorsqu’il fut convoqué dans le bureau du directeur sans raison apparente.

 

 

Opération « Piéger Malefoy » by Alice Black

Le jour de son rendez-vous avec le directeur, Harry s'y rendit en se demandant quelle en était la raison. Il ne s'était après tout écoulé qu'une semaine depuis la rentrée et les quelques devoirs qu'il avait rendu avaient reçu un bon accueil. Il appréhendait un peu le cours de potions du lendemain car ce serait son premier et que le professeur Rogue avait très mauvaise réputation auprès de ses camarades de maison. Le fait que ledit professeur, les rares fois où leurs regards s'étaient croisés, le fixait comme s'il voulait le faire disparaître de la surface de la terre n'aidait pas non plus.


Il fut tiré de ses pensées par l'arrivée du directeur, mais n'entendit pas le mot de passe qu'il donna à la gargouille. À son invitation, il le suivit et s'engagea dans l'escalier qui apparut à l'ouverture de la statue. Il se laissa porter jusqu'à une porte et entra à la suite du vieil homme. Il suivit celui-ci à l'intérieur de la pièce.


Le professeur alla s'installer derrière son bureau et fit signe à Harry de prendre place sur l'un des sièges présents. Le jeune garçon s'exécuta et demanda au plus âgé :


- Professeur… Excusez-moi d'être aussi direct mais… Ce ne serait pas mieux de convier mon père à ce rendez-vous ?


Le plus âgé répondit :


- Non Harry… Ce que j'ai à dire aujourd'hui ne concerne que toi.


Le plus jeune acquiesça avant de lui faire signe qu'il le laissait parler. L'adulte repris donc :


- J'ai appris d'une source sûre que ton… père - il prononça le mot d'une voix froide et tranchante qui donna des sueurs froides à Harry - avait rendu visite aux Dursley.


L'enfant, que son père avait informé par lettre, hocha positivement la tête. Dumbledore demanda :


- Est ce que tu sais pourquoi ?


Harry n'hésita pas une seconde à mentir, sentant que la vérité risquait d'apporter des ennuis à tout l'équipage :


- Non. Et même si je le savais, je ne vous le dirais pas.


- Pourquoi donc ? Je suis ton directeur, il est de mon devoir de m'assurer de ton bien-être. De plus, il ne me semble pas qu'un bateau soit l'endroit le plus adapté pour élever un enfant.


- Venant de l'homme qui a déposé un bébé sur un paillasson en plein automne sans s'assurer de sa bonne santé, je trouve cette remarque plutôt déplacée. Vous avez perdu tout droit de regard sur mon bien-être à la seconde où vous m'avez placé dans une famille sans vous assurer au préalable que je n'y risquais rien. Qui plus est, vous n'êtes que mon directeur d'école. Vous n'êtes ni mon père, ni mon parrain, ni mon tuteur.


Sur ces mots, Harry se leva, marquant par là même la fin de l'entretien. Avant de partir, il ajouta :


- Une dernière chose… Sachez que si vous tentez quoi que ce soit contre moi, ou contre mon père, vous le regretterez amèrement.


Puis le brun quitta le bureau et sortit dans le parc, où il retrouva ses camarades de dortoir. En le voyant arriver, ils se dirigèrent vers lui pour savoir comment s'était passé le rendez-vous. Il leur dit que tout s'était bien passé mais il savait - et les autres aussi probablement - que Neville et Ron seraient les seuls à qui il raconterait l'entretien dans les détails.


Le reste de la journée se passa bien et, comme il l'avait prévu le matin, le soir il donna rendez-vous à ses deux amis dans une salle de classe vide. Là, il leur répéta ce qui s'était dit dans le bureau du directeur. Les deux autres soutinrent son point de vue mais s'inquiétèrent tout de même des répercussions que pourrait avoir un tel comportement avec le directeur.


Et Harry devait reconnaître qu'il avait plutôt manqué de respect à l'homme mais sur le coup, il était tellement en colère que cela lui avait semblé être la seule réaction logique à avoir.


Le lendemain, après son entraînement durant lequel, à sa grande surprise, Ron continuait de l'accompagner malgré l'heure plus que matinale, il rejoignit la grande salle pour un solide petit-déjeuner avant d'attaquer la journée par un cours de potions. Pour la première fois depuis très longtemps, il était trop nerveux pour avaler quelque chose. Sans savoir exactement pourquoi ni à quoi c'était dû, il avait un mauvais pressentiment. Sans doute était-ce à cause de l'impression qu'il avait que son professeur voulait le rayer de la surface de la terre à chaque fois que leurs regards se croisaient ?


Quand vint l'heure d'aller en cours, il suivit ses camarades jusqu'aux cachots. Plus leur groupe se rapprochait de l'endroit où devait avoir lieu le cours, plus il avait envie de faire demi-tour et d'aller se cacher dans le dortoir. Mais il avait comme la désagréable impression que ni son professeur, ni la Je-sais-tout de service ne pourraient le lui pardonner…


Et autant Granger ne lui faisait pas peur, autant il préférait éviter de se mettre à dos un professeur avant même d'avoir eu cours avec lui. Qui plus est quand ledit professeur était le directeur de Serpentard et connu pour favoriser les élèves de ladite maison.


Et justement quand on parle du loup… Peu après, ils entendirent la porte s'ouvrir. La plupart des élèves échangèrent des regards perplexes : ils ne l'avaient pas entendu ni vu arriver. Ils s'exécutèrent néanmoins sans broncher, sentant que l'homme, comme sa collègue de métamorphose, était du genre qu'il ne fallait pas énerver s'ils tenaient à rester en vie. En fait, à l'instar du professeur McGonagall, sa simple présence suffisait à maintenir le calme dans une salle de classe.


Comme lors des cours précédents, Harry s'assit avec ses amis. Son enfance ayant fait de lui quelqu'un de prévoyant - il n'était jamais à l'abri d'ennuis ou d'une rencontre imprévue -, Harry avait lu plusieurs fois tous ses manuels. Ainsi, il pensait être prêt à toutes les éventualités.


Une fois installé, il sortit ses affaires et vit à côté de lui ses deux amis faire de même. Le professeur, de son côté, annonça de suite la couleur en faisant une entrée en matière des plus glaciales, et pour le moins impressionnante :


- Ici, on ne s'amuse pas à agiter des baguettes magiques. Vous êtes ici pour apprendre la science subtile et l'art rigoureux de la préparation des potions, je m'attends donc à ce que vous ne compreniez pas grand-chose à la beauté d'un chaudron qui bouillonne doucement en laissant échapper des volutes scintillantes, ni à la délicatesse d'un liquide qui s'insinue dans les veines d'un homme pour ensorceler peu à peu son esprit et lui emprisonner les sens… Je pourrais vous apprendre à mettre la gloire en bouteille, distiller la grandeur, et même à enfermer la mort dans un flacon si vous étiez autre chose qu'une de ces bandes de cornichons à qui je dispense habituellement mes cours, dit-il dans un murmure, d'une voix basse et doucereuse.


Un silence de plomb s'abattit alors sur le cachot, et l'adulte en profita pour faire l'appel. Harry compris que les choses seraient compliquées avec lui également lorsque l'homme appela :


- Harry Potter… Notre nouvelle… célébrité.


Le mépris qu'il mit dans ce dernier mot était on ne plus clair : il pensait probablement qu'il était le genre de personne à jouer de sa célébrité pour obtenir des passes droits. Harry resta silencieux, pour deux raisons. D'abord, parce qu'il avait décidé de ne répondre qu'au nom de son père. Ensuite, et c'était probablement encore une conséquence de son éducation, parce qu'il haïssait viscéralement toute forme de favoritisme.


Son mutisme ne sembla pas plaire a quelqu'un car il entendit une voix qu'il reconnut comme celle de Granger - décidément cette fille semblait très motivée quand il s'agissait de lui pourrir la vie - le désigner comme étant le dénommé Harry Potter. Les deux mains qui s'abattirent sur sa table et la voix tranchante qui les accompagnait lui firent relever la tête :


- Potter !


Harry ne lâcha pas son professeur du regard lorsqu'il répondit :


- C'est Gold, monsieur.


Son interlocuteur ne tint pas compte de son intervention, puisqu'il l'interrogea ensuite d'une voix suintante de mépris :


- Potter… Quelle est la différence entre le napel et le tue loup ?


Harry réfléchit… Il ne se souvenait pas avoir lu quelque chose la dessus dans son livre de cours, il répondit, en décidant d'être honnête :


- Je ne sais pas, monsieur. J'ai lu mon manuel plusieurs fois cet été, mais ce n'était pas dedans.


Cela ne sembla pas plaire à l'adulte qui répliqua aussitôt :


- Votre insolence coûtera 5 points à Gryffondor, Potter.


Il posa encore plusieurs questions à Harry, auxquelles celui-ci n'avait bien sûr pas de réponse, puis les élèves passèrent le reste du cours à prendre des notes. Pendant tout le temps que dura encore le cours, il s'échina à appeler Harry par son nom de naissance et retira des points à quiconque l'appelait autrement. C'est-à-dire l'intégralité des premières années de Gryffondor, à l'exception de Granger.


Il n'en fallut pas plus au jeune garçon pour comprendre que l'homme avait décidé de lui faire regretter sa venue au monde, sans pour autant qu'il sache pourquoi il agissait comme ça. D'accord, il avait pu constater par lui-même que la réputation du professeur n'était clairement pas usurpée. Mais celui-ci semblait s'acharner tout particulièrement sur lui - et sur Neville.


Et Harry n'en comprenait pas la raison - parce qu'il y en avait forcément une, non ?


Le cours suivant - histoire de la magie - fut indéniablement plus calme mais, malheureusement, pas forcément plus intéressant. Les jeunes élèves eurent le malheur de découvrir que le professeur Binns était également fidèle à sa réputation : il était aussi soporifique que leur professeur précédent était sévère. Comme il l'avait fait en défense, Harry fit autre chose après avoir tenté en vain de suivre le cours et de prendre des notes. Lui eut au moins le mérite d'avoir essayé. Neville et Ron, assis à côté de lui, faisaient autre chose depuis le début du cours : le premier s'était plongé dans leur devoir de potions tandis que le second était tombé endormi dès les premières minutes du cours. Dès lors qu'il cessa d'être attentif au cours, Harry commença également son devoir de potion. Il pouvait sentir sur eux le regard réprobateur de cette chère Granger. Il se fit la réflexion qu'il faudrait qu'il ait bientôt une discussion avec elle concernant la nécessité de respecter la vie privée et l'intimité d'autrui.


Ce fut pourquoi, quelques heures plus tard, juste après le dîner, il l'emmena dans une salle abandonnée et lui expliqua ce qu'il pensait de sa manie de toujours se mêler des affaires des autres. Personne ne sut jamais ce qu'il lui avait dit - à part peut-être ses amis - mais il sembla que ce fut efficace car elle n'osa pas l'approcher pendant plusieurs jours. Ce qui, Harry ne pouvait pas le nier, lui offrit un répit bienvenu.


Il se coucha avec une certaine excitation à l'idée d'avoir son premier cours de vol le lendemain. Depuis qu'il avait appris que les sorciers pouvaient voler en utilisant des balais, il n'attendait qu'une seule chose : pouvoir essayer à son tour.


Le lendemain matin, comme à son habitude, il se leva très tôt et réveilla Ron pour leur entraînement matinal. Si les premiers jours le roux râlait, il avait fini par s'y faire. De plus, il s'était vite rendu compte que cet entraînement était plus utile qu'il n'y paraissait car il voyait par lui-même les progrès qu'il faisait. Au début, il avait du mal à faire le tour de l'école sans être essoufflé. Un peu moins de deux semaines plus tard, il arrivait à tenir son rythme tout le long.


Il n'arrivait bien sûr pas à suivre celui de Harry, qui lui s'entraînait quotidiennement depuis l'âge de six ans, mais c'était déjà mieux que rien.


Harry, quant à lui, avait remarqué que Neville leur jetait de plus en plus souvent des regards interrogateurs depuis quelques jours. Il ne savait pas s'il devait lui poser directement la question ou attendre que l'autre brun vienne de lui-même. Il avait constaté, depuis le début des cours, que son ami était plutôt quelqu'un d'effacé. Et il voulait l'aider à s'affirmer. Aussi, ce fut pourquoi il décida d'attendre que l'autre vienne vers eux. Il savait que cela pourrait prendre du temps, mais il suffisait d'attendre que sa curiosité l'emporte. Et Neville étant un Gryffondor, cela finirait forcément par arriver.


Ce fut sur ces pensées qu'il arriva dans la grande salle. Comme tous les matins, il avait tout juste eu le temps de prendre une douche en revenant du parc avant de devoir descendre prendre son petit déjeuner.


La matinée fila rapidement et en début d'après-midi, les élèves de première année se réunirent dans le parc en attendant leur professeur qui ne tarda heureusement pas à arriver. Celle-ci leur expliqua que pour ce premier cours, ils ne feraient que de la théorie : avant de pouvoir envisager de monter sur un balai, il était important qu'ils connaissent les règles de sécurité et sachent ce qu'ils devaient et pouvaient faire ou non. Si la plupart des élèves protestèrent violemment, Harry, lui, dut reconnaître que les faire pratiquer dès le premier cours aurait été, au mieux, très imprudent voire dangereux et irresponsable. Et assurément le meilleur moyen pour qu'un élève se blesse.


Il jeta un coup d'œil autour de lui et eut la surprise de constater que, pour une fois, Granger semblait de son avis, au vu du ravissement qui s'affichait sur son visage. Ou peut-être était-elle simplement soulagée de ne pas avoir à monter sur un balai ? Ron, en revanche, était clairement déçu de ne pas pouvoir voler. Et Neville était au moins aussi soulagé que Granger. Ce qui n'était pas peu dire. Il soupçonnait son ami d'avoir le vertige, auquel cas il aurait besoin d'un coup de main pour s'en débarrasser.


Le trio était en train de regagner le château pour profiter de leur après-midi libre, lorsqu'une voix désagréable et indésirable se fit entendre :


- Eh ! Potter ! Je te défie en duel. Ce soir, à minuit, dans la salle des trophées.


Harry, qui serra les dents à l'entente de son nom de naissance, n'eut pas besoin de se retourner pour savoir à qui appartenait cette voix. Il le fit tout de même pour répondre à son interlocuteur :


- C'est d'accord, Malefoy.


L'autre continua sur sa lancée :


- Choisis ton second. Moi je choisis… Crabbe, dit-il en désignant l'un des deux gorilles qui le collaient sans cesse et que Harry était totalement incapable de différencier.


Harry jaugea ses deux amis du regard, se demandant lequel des deux serait le plus en mesure de l'aider en cas de problème, et finit par dire :


- Je choisis Ron.


Le rouquin acquiesça, puis les deux groupes se séparèrent, chacun partant de son côté. Harry, Neville et Ron se réfugièrent dans une salle de classe abandonnée qui ne devait pas avoir servi depuis une bonne dizaine d'années, au vu de la poussière qui s'y était accumulée. Harry se tourna vers ses deux amis et leur expliqua :


- Des types comme lui, j'en ai déjà rencontré plus d'un quand j'étais enfant. Je suis prêt à parier n'importe quoi qu'il cherche à nous tendre un piège. Alors voilà ce qu'on va faire.


Et il leur expliqua ensuite son plan, qui n'était somme toute pas très compliqué : Ron et lui se cacheraient dans un couloir proche de la salle commune de Serpentard. Et aussitôt qu'ils auraient la preuve que le blond cherchait à leur tendre un piège, ils iraient prévenir le professeur McGonagall. Il fallait juste qu'ils trouvent l'emplacement de leur objectif.


Ce fut Ron qui les dépanna : il leur expliqua que ses frères connaissaient probablement l'emplacement des salles communes des quatre maisons, en précisant toutefois qu'il faudrait qu'ils aillent voir les jumeaux parce que Percy n'accepterait jamais de les aider. Au contraire, il aurait plutôt tendance à les dénoncer.


Ils n'eurent pas à chercher très longtemps le duo le plus connu de Poudlard, puisqu'ils les trouvèrent dans la salle commune. Les deux rouquins se posèrent des questions en voyant un trio de première année leur tomber dessus en plein milieu de l'après-midi.


Harry leur demanda de les suivre jusqu'à une salle de classe d'un étage inférieur. Les deux aînés s'exécutèrent sans toutefois comprendre ce qu'ils leur voulaient. Harry expliqua donc que Malefoy les avait défié en duel et qu'ils leur fallait l'emplacement de la salle commune de Serpentard pour pouvoir le prendre à son propre piège. Il vit tout de suite qu'ils étaient intéressés par ce qu'il disait et, comme il s'y attendait, les jumeaux acceptèrent tout de suite de les aider. Quand il s'agissait de piéger un Serpentard, ils étaient les premiers sur le coup.


Environ deux heures avant le rendez-vous, après qu'ils aient dîné, Harry reçu par hibou un papier lui fournissant toutes les informations nécessaires à l'exécution de l'opération « Piéger Malefoy ».


Les choses se mirent en place rapidement : tandis que les deux autres allaient se mettre en place, Neville orienta le professeur McGonagall vers eux.


Harry et Ron n'eurent heureusement pas très longtemps à patienter avant d'entendre Malefoy se vanter auprès de ses « amis » que « Potter et Weasley auraient bientôt débarrassé le plancher » et qu'il allait s'empresser d'aller raconter à Rusard qu'ils comptaient visiter la salle des trophées à Minuit.


Si bien qu'en revenant, ils la rencontrèrent « par hasard » et Harry lui dit :


- Professeur, il faut que je vous parle.


- Je vous écoute, Gold.


- Malefoy m'a défié en duel. J'ai accepté, mais je ne lui fais pas confiance. Alors j'ai voulu avoir la certitude qu'il ne chercherait pas à me nuire. Et Ron et moi l'avons entendu dire qu'il allait nous dénoncer à Rusard.


À côté de lui, le rouquin approuva ses paroles. Le professeur répondit :


- Merci à vous deux de m'avoir prévenu.


Ils acquiescèrent et reprirent leur route en direction de la salle commune mais il semblait que les escaliers en avaient décidé autrement car ils se retrouvèrent au troisième étage. L'étage interdit. Harry était tenté d'y pénétrer pour voir en quoi, exactement, l'endroit était interdit. Mais il se rappelait des avertissements de Dumbledore et se fit la réflexion d'être trop jeune pour mourir.


Au moment où il s'apprêtait à faire demi-tour, Ron se laissa emporter par sa curiosité. Il poussa la porte qui se trouvait devant eux et Harry fut obligé de le suivre. Il s'écoula à peine deux minutes avant qu'ils ne ressortent, terrorisés. Les deux amis coururent jusqu'à leur salle commune et ne s'arrêtèrent qu'une fois arrivés à destination.


En les voyant débouler en courant comme des dératés, Neville eut peur qu'ils aient été repérés. Si bien qu'il ressentit un immense soulagement en entendant que tout s'était passé exactement comme prévu. Soulagement qui disparut instantanément lorsqu'ils lui parlèrent du troisième étage… et du chien à trois têtes, raison de leur course effrénée.


Ensuite, Harry resta un moment dans la salle commune, le temps d'écrire des lettres pour ses proches, puis alla se coucher.


Le lendemain matin, alors qu'ils déjeunaient depuis quelques minutes, ils sentirent sur eux un regard brûlant de haine. Ni Harry, ni les deux autres n'eurent besoin de se retourner pour deviner à qui il appartenait. Malefoy était visiblement furieux d'avoir raté son coup. Ils apprirent plus tard dans la journée qu'en plus de cela, le professeur McGonagall l'avait attrapé à traîner dans les couloirs après le couvre-feu et lui avait donné une retenue.

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