Que la lumière soit ! by Morgane
Summary: Ne prend en compte que les cinq premiers tomes
Une nouvelle année débute pour Harry et ses amis tandis qu'un nouveau passager prend place dans le poudlard express, provoquant bien des émois au sein du petit groupe...


Image de Patchat dont vous pouvez aller apprécier les talents ici

Edit Modération : Ne sélectionne pas tous les personnages de ta fanfiction, seulement jusqu'à 4.
Categories: Tominny (Jedusor/Ginny) Characters: Jedusor/Voldemort
Genres: Angoisse/Suspense, Aventure/Action
Langue: Aucun
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Aucun
Chapters: 6 Completed: Non Word count: 16710 Read: 8578 Published: 07/01/2006 Updated: 21/05/2008

1. l'angoisse du départ by Morgane

2. Le choix du choixpeau by Morgane

3. promenade au chateau by Morgane

4. réunion au sommet by Morgane

5. Maux de tête et gonflement by Morgane

6. Vigilent by Morgane

l'angoisse du départ by Morgane
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Quai 9 3/4 – 10h45
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- Pour une fois on n’a pas à se presser ! un quart d’heure d’avance, c’est bien agréable. Bonjour Luna ! on peut s’installer ici ?
- Je vous gardais les places Ginny...
Sans décoller son nez de sa revue, la jeune fille se décala vers la fenêtre sous le regard interrogateur de Ron.
- Jamais tu le lis à l’endroit ton truc ?
- Ron ! dépêche toi on doit aller dans le wagon des préfets. J’aimerais bien y être avant Malefoy et sa groupie, ça nous évitera d’avoir à dire bonjour en premiers.
Le Gryffondor n’attendit donc pas la réponse de Luna et suivit Hermione en direction de la locomotive, après avoir indiqué à Harry la cabine où Neville venait de s’installer également, en compagnie des deux autres étudiantes.

Mrs Weasley faisait quelques signes à sa fille tout en devisant avec les jumeaux, sur le quai.
- je me demande pourquoi papa a dû partir si rapidement ce matin. Encore une urgence au ministère… murmura Ginny
- Je me suis abonné à la gazette cet été. Fit Neville, je voulais savoir comment avançaient les choses mais on n’a rien vu d’intéressant. Ma grand-mère semblait soulagée. Je ne comprends pas…
- Pas quoi ? questionna Luna en mordillant la plume avec laquelle elle cochait, de temps à autre, des cases sur les pages de sa revue.
- Ma grand-mère a toujours souhaité que je fasse un peu plus preuve de courage mais aujourd’hui, elle semble regretter que j’aie été présent au ministère.
Pour la première fois depuis leur arrivée, Luna baissa son magazine et fixa Harry. Celui-ci détourna le regard en fouillant dans son sac à dos à la recherche d’un objet imaginaire, regrettant de n'avoir pu saluer Mr Weasley avant son départ pour Poudlard.

- en tout cas, reprit Ginny en comprenant la gène de son ami, Fudge en personne est venu tirer mon père du lit ce matin. Maman avait l’air angoissée.
La jeune fille regarda par la fenêtre et rendit leurs sourires à ses frères.
- elle n’a rien voulu dire, bien sûr…
- J’ai hâte de me retrouver à Poudlard, murmura Harry. Loin de tout ça. C’est pénible de toujours entrer dans des pièces où les gens chuchotent et de voir le silence s’installer brusquement à notre arrivée.
Ginny gardait le nez collé contre la vitre mais finit par s’en détacher en soupirant.
- je vais voir où sont les autres.
- J’ai vu Dean Thomas dans le troisième wagon après celui-ci, intervint Luna.
La jeune fille s’éclipsa rapidement dans le couloir et Harry prit sa place près de la vitre.
Il n’eut pas le temps d’analyser ce qu’il voyait que la porte de la cabine se rouvrait brusquement sur Ginny
- Papa est là ! fit-elle à l’intention de Harry qui commençait déjà à se lever après avoir aperçu le grand homme roux sur le quai.

Tous deux se dirigèrent vers la sortie en se frayant un passage entre les étudiants et les valises et sautèrent les quelques marches du Poudlard Express avant de se diriger vers les quatre Wesaley qui apportaient à cette foule indistincte une touche de couleur vive grâce à la couleur flamboyante de leur chevelure.
Alors qu’ils se dirigeaient vers eux, Ginny surprit le regard paniqué de sa mère qui se tourna vivement vers la fenêtre de la cabine où ils se trouvaient peu avant, et qui fit brusquement volte face en se dirigeant à leur rencontre.
- maman ? commença la jeune fille, qui sentait son estomac se nouer de stress.
- Reprends ta valise ! on s’en va. Je vais chercher ton frère
- QUOI ?
D’une seule voix, les deux Gryffondor s’étaient exclamés si bruyamment que quelques regards convergèrent vers eux.
- Voyons, Molly, ma chérie… fit Mr Weasley en lui prenant le bras
- Non Arthur ! il est hors de question que mes enfants aille à l’école si…il… non !
La petite sorcière replète lançait autour d’elle des regards paniqués et Harry en éprouva à son tour une peur insidieuse. Il imita la mère de ses amis, sans trop savoir ce qu’il convenait de chercher au milieu de cette foule, tandis que leur père, plus pâle que jamais, semblait en proie à une hésitation grandissante.

- Ron ! cria presque Mrs Weasley en apercevant son fils. Descends !
Le jeune homme obtempéra, suivi par Hermione, les yeux ronds de surprise, se demandant ce qu’il avait pu oublier ou faire de répréhensible. Le silence de Fred et Georges, près d’eux, rendait la scène angoissante.
-vacherchertesaffairesetprendscellesdetasœuronrentreàlamaison. ! fit elle en un souffle lorsque Ron fut à quelques pas d’elle.
- hein ? parle moins vite, j’ai rien compris. Fit le jeune homme roux en regardant tour à tour son père, ses frères et sa sœur.
Harry constata que l’humeur teintée de panique du petit groupe avait gagné son camarade en quelques secondes. Il était à présent de la même couleur blanchâtre que le reste de sa famille.
- mais enfin ? qu’est-ce qui se passe ? demanda Harry
- toi aussi ! tu devrais rester avec nous ! répondit Molly en se tournant vers lui.
- Allons allons ! inutile de céder à la panique !
- ARTHUR !!! je te dis qu’il est hors de ques..
- Ils seront tous sous la garde de Dumbledore. Ils ne risquent rien. Reprit l’homme d’une voix qu’il voulait apaisante mais qui trahissait ses propres doutes.
- Rien ? ils ne risquent rien ?! tu as la mémoire courte Weasley ! tempêta la petite femme. J’ai souvenir d’un rien qui a bien failli coûter la vie à ton unique fille il y a quatre ans !
Harry éprouva un profond malaise en entendant cette voix où perçaient à la fois la peur et la colère et continuait à scruter la foule, à l’image de Fred et Georges, sans savoir ce qu’il devait craindre ou espérer. Il eut une partie des réponses à ses questions en apercevant au loin le visage de Dumbledore qui dépassait d’une tête le reste des sorciers agglutinés près du train.

Il ne restait plus que cinq minutes avant le départ et Harry hésitait encore à se ruer vers la cabine où se trouvaient Luna et Neville pour y chercher sa valise, l’estomac noué, agacé de sentir ainsi la peur l’envahir sans en connaître la moindre raison.
D’un coup de coude, il avisa Hermione qui s’était avancée près de lui et fit un signe de tête vers Dumbledore. Son amie ouvrit des yeux ronds et tira Ron par la manche, tandis que Mr et Mrs Weasley continuaient à s’interroger du regard. Visiblement, ni l’un ni l’autre n’étaient convaincus de l’attitude à adopter et ils ne voyaient pas le directeur s’avancer vers eux.
- ah. Molly. Arthur. Je me doutais que je vous trouverais là. Commença-il d’une voix calme après avoir adressé un sourire de salut aux jeunes gens.
- Dumbledore ! Vous …
Harry sourit, convaincu que Mrs Wesaley faisait de gros efforts pour ne pas sauter sur place et agiter les bras en criant « nous sommes sauvééééééés », mais sa mine soulagée était toute aussi éloquente.
Le vieil homme à la barbe argentée se tourna vers ses étudiants
- Allez reprendre vos places. Je serai des vôtres pour ce trajet. J’espère pouvoir profiter de ces heures oisives pour goûter les succulentes confiseries dont vous remplissez vos poches chaque année.

Tous quatre s’exécutèrent tandis que les quatre Weasley restant sur le quai étaient entraînés un peu plus loin par Albus, le visage étrangement fermé.
- Je n’aime pas ça, je n’aime pas ça. Siffla Ginny entre ses dents.
Ron n’était pas en reste et éprouva beaucoup de difficultés à contrôler le tremblement de ses jambes jusqu’à leur retour auprès de Neville et Luna.
- Et bien ! fit Hermione en se laissant tomber sur la banquette, je crois qu’on sait à présent ce que signifie «être gagné par la panique».
Neville les dévisagea tour à tour, les yeux ronds.
- on vous a vu pâlir à vu d’œil ! fit-il enfin. Pourquoi il est là Dumbledore ? C’est la première fois que je le vois prendre le Poudlard Express.
- Moi aussi. Répondit Harry en se tordant le cou pour tenter d’apercevoir ce qui se passait à l’extérieur.

Les sorciers s’éloignèrent du train lorsque le sifflet retentit, agitant les mains pour saluer leurs enfants qu’ils ne reverraient pas avant les vacances de Noël, au plus tôt. Harry cherchait toujours Dumbledore dans la foule
- il a dû monter par une autre porte. Indiqua Hermione, répondant ainsi à sa question muette.
Le Poudlard Express prit peu à peu de la vitesse. Tous attendirent dans un silence étonnant, l’oreille aux aguets, à l’affût du moindre signe qui puisse leur prouver que quelque chose d’anormal se déroulait.
En réponse à cette attente, la porte de leur compartiment s’ouvrit bientôt sur Dumbledore qui leur adressa un sourire en entrant. Il referma la porte sur lui tandis que les étudiants se tassaient pour lui faire de la place, avant de déclarer :
- je ne puis rien vous dire pour l’instant, mais je vous demande instamment, et ceci est très important, Harry… Ginny… et vous tous. Fit-il en les regardant tour à tour, de ne pas paniquer.
- Paniquer ? bredouilla Ron. Pourquoi paniquer ?
- Dès demain matin, vous serez tous les six excusés pour vos cours. Vous viendrez dans mon bureau où je vous fournirai les explications que je ne peux divulguer ici, pour une raison évidente de sécurité.
Harry fit le tour du compartiment d’un regard, s’attendant à voir surgir de sous leurs sièges ou de leurs valises une menace quelconque. Les doigts crispés sur sa jupe, Ginny fixait le directeur, attendant une suite.
- ne craignez rien. Je suis dans ce train, même si je puis vous assurez que c’est une précaution inutile. J‘ai bien conscience de l’angoisse dans laquelle je vous plonge par ces mystères, ajouta-t-il en soupirant tandis que Ron approuvait en secouant vigoureusement la tête, mais je vous répète que vous ne devez en aucun cas paniquer. Je dois vous laisser, à présent. Acheva-t-il en se tournant vers la porte.

Dès qu’il fut sorti, tous se regardèrent, incrédules.
- ne pas paniquer ? Fit Neville d’une voix plus aigue qu’à l’ordinaire. Il est dans le train à surveiller je ne sais quoi et on ne doit pas paniquer ? Si il nous dit ça, je suis sûr que c’est justement parce que y’a quelque chose de paniquant dans ce train.
Harry n’eut pas le cœur à ajouter qu’il n’avait jamais vu Dumbledore la mine aussi anxieuse, excepté lorsque Voldemort avait disparu avant de prendre possession de son corps, encourageant le vieux sorcier à le tuer, au ministère.
Hermione en fit de même, hésitant entre l'étonnement et l'indignation à l'idée que le Directeur lui même les autoriserait dès leur première journée à manquer des cours.

Neville ouvrit la porte, comme pour leur donner une issue de secours plus facile, en cas de nécessité. Il sourit pour s’excuser à ses amis, conscient de l’inutilité d’une telle mesure, mais le sentiment d’être enfermé lui pesait. Aucun de ses camarades ne souffla mot, sans doute parce qu’ils éprouvaient eux aussi le même besoin de voir le couloir leur offrir une échappatoire abordable.

La main de Neville se crispa sur la poignée de la porte lorsqu’une voix traînante se fit entendre à quelques mètres d’eux sur leur droite. Ses doigts, déjà malhabiles à l’ordinaire, ne purent actionner la porte pour la refermer, tant le stress les rendait moites et glissants.
- vous pouvez vous installez un peu plus loin, si vous le souhaitez. J’ai fait en sorte que cette cabine reste libre pour que vous ne soyez pas dérangé.
Harry luttait contre l’envie de pencher sa tête dans le couloir pour voir à qui Malefoy pouvait bien s’adresser pour employer ce ton doucereux et écœurant.
- ça ira, Mr Malefoy.
Tous se regardèrent brièvement en reconnaissant la voix de Dumbledore à leur gauche, à l’exception de Luna, qui jugea plus urgent de reporter la réponse au questionnaire qu’elle remplissait avant de l’oublier.
- C’est très aimable à vous d’avoir réservé ces sièges. Votre ami et moi allons y prendre place. J’ai à m’entretenir avec lui.
Les Gryffondor fixaient le couloir face à eux, s’attendant à voir passer bientôt l’un ou l’autre des sorciers qui conversaient à l’extérieur, Neville en proie à la plus grande hésitation. Fermer la porte ? La laisser ouverte ? Il interrogea ses amis du regard et décida de laisser les choses en l’état. Tandis que Drago, après avoir salué celui qu’il accompagnait, marmonna des mots indistincts en s’éloignant.
- je vous revoie à l’école. Bon voyage. Si vous avez besoin de moi…
- merci.

Ils entendirent alors Dumbledore s’approcher tandis que l’inconnu faisait de même. S’attendant à les voir se rencontrer face à eux, Harry recula sur son siège vers Hermione, sans trop savoir pourquoi. Cependant, la longue main de Dumbledore apparut et ferma la porte d’un mouvement sec, cachant à leurs regards la scène qui se déroulait dans le couloir.
Assis face à lui, Neville sursauta au son de cette porte qui claque.
- par ici, si tu veux bien. Fit Dumbledore
- je vous suis, oui.
Cette voix d’homme semblait vaguement familière à Harry, qui cherchait déjà à qui elle pouvait appartenir. Un jeune sorcier qu’il avait déjà rencontré…
- professeur… vous êtes bien professeur n’est-ce pas ? questionna l’inconnu en avançant
- oui, répondit calmement Dumbledore.
Harry écarquilla les yeux, fixant la porte comme pour voir à travers. Qui pouvait ignorer l’identité d’Albus Dumbledore ?
- vous pourriez me dire pourquoi ce crétin s’obstine à me vouvoyer ?
Harry esquissa un sourire en entendant ce doux sobriquet, tandis que plus loin, une autre porte se refermait sur les deux sorciers, étouffant leurs voix.
- j’ai déjà entendu cett… commença Harry en se retournant.

Le spectacle qui s’offrit à lui le laissa perplexe. Assise à côté de Neville, face à Hermione, Ginny crispait les mains sur sa gorge, tirant sur son pull comme pour retrouver l’air qui lui manquait. Livide, elle glissait de son fauteuil tandis que Neville, s’apercevant de son malaise, se tournait vers elle pour la soutenir. Hermione également, assise sur le bord de son fauteuil, la dévisageait, l’air interrogateur.
- ça ne va pas ? tu as trop chaud ? Harry ! rouvre cette porte !
Il n’en fit rien, tétanisé par l’angoisse qui déformait le visage de la jeune sorcière, tandis que le frère de celle-ci se relevait brusquement pour se porter à son secours, incrédule.
- Ginny ?! cria-t-il presque, tirant Luna de sa lecture, Qu’est-ce qu’il y a ?
Celle-ci le repoussa, tremblante, cherchant Harry des yeux tandis que son visage se couvrait de sueur sous l’angoisse.
- Harry, fit elle en accrochant son regard

Elle couinait plus qu’elle ne parlait, ce qui acheva de paniquer son frère qui échangea de place avec Luna, tirant brusquement celle-ci sur son fauteuil pour se mettre à côté de sa sœur.
Ron suivit le regard de sa cadette et fixa Harry, qui commençait lui aussi à pâlir, tandis qu’Hermione les surveillait, s’attendant à les voir tous d’eux s’évanouir dans les prochaines minutes. La dernière fois qu’une telle scène avait eu lieu, c’était sous l’influence des détraqueurs, mais Hermione resta silencieuse, se refusant à questionner ses amis de peur d’accroître leur malaise.

- Harry, couina à nouveau Ginny tandis que son frère la soutenait à présent, relayant Neville
- Non… mumura le jeune homme dont la respiration s’accélérait dangereusement, en remuant négativement la tête. Non...
- Je suis sûre que si, je l’ai vu avant que la porte se ferme, murmura Ginny
- Bon ! vous nous expliquez oui ?! intervint Ron d’une voix forte, excédé de voir sa sœur dans un tel état sans pouvoir lui être d’un quelconque secours.
Ginny tira à nouveau sur son pull, en proie à une bouffée de chaleur, tandis que les oreilles de Harry se mettaient à bourdonner furieusement.
- c’est Tom. souffla alors la jeune sorcière.
-Tom ? questionna Neville
- Voldemort.
Lorsque Harry prononça ce nom interdit, sa gorge était tellement nouée qu'elle rendit sa voix rauque. Il sembla aux six amis que le temps se figeait tandis que la température plutôt clémente de ce mois d’août se glaçait soudainement.

Le choix du choixpeau by Morgane
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Poudlard Express – 11h45
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- c’est Tom. souffla alors la jeune sorcière.
-Tom ? questionna Neville
- Voldemort.
Lorsque Harry prononça ce nom interdit, sa gorge était tellement nouée qu'elle rendit sa voix rauque. Il sembla aux six amis que le temps se figeait tandis que la température plutôt clémente de ce mois d’août se glaçait soudainement.

Tous écoutèrent de longues minutes le bruit régulier du train qui filait à travers la campagne, s’attendant à tout instant à le voir dévier de son trajet dans un sursaut d’énergie pour fuir l’odeur de panique qui emplissait à présent tout l’espace du compartiment où six élèves se tassaient pathétiquement.

La porte s’ouvrit brusquement, tirant le petit groupe de sa torpeur. De terreur, Neville sursauta en poussant un cri strident et aigu et ses mouvements devenus incontrôlables provoquèrent la chute du chariot qui s’offrait à leur vue. Sous le regard indignée de la sorcière qui poussait cet étal mobile, les chocogrenouilles et les dragées surprises se renversèrent dans le plus complet désordre au milieu du couloir.
Hermione se hâta de rejoindre son camarade rougissant de honte pour réparer les dégâts. La vendeuse parut quelque peu apaisée lorsque Harry lui acheta une quantité impressionnante de marchandise.

Impassible, le train continuait à cracher des panaches de fumée blanche en filant vers sa destination tandis que Harry s’empressait de refermer la porte derrière la marchande de confiserie. Peu à peu, chacun cala sa respiration sur le bruit régulier que produisaient les rails sous leur passage, et le calme revint.
Ginny continuait de lancer vers le couloir des regards affolés mais semblait de nouveau maîtresse d’elle-même. Elle pâlit légèrement en entendant des pas dans le couloir et Neville se cramponna littéralement à son siège pour ne pas hurler en fixant la porte qui ne manqua pas de s’ouvrir une troisième fois.

- et bien ! Cette agitation est lassante. Marmonna Luna derrière les pages de son magazine qu’elle avait fini par mettre à l’endroit.
Harry fut presque soulagé de voir apparaître Malefoy et ses deux acolytes dans l’embrasure et soupira d’aise.
- alors ? commença le prétentieux garçon, c’est toi qui hurle comme une donzelle Potter ? tu as cru voir un détraqueur ?
Les oreilles de Neville rosirent tandis que Crabbe se penchait pour ramasser une chocgrenouille qui sautait désespérément vers la sortie, avant de l’avaler goulûment.
- ah non... fit le Serpentard en apercevant l’animal ensorcelé. Il a seulement été attaqué par un redoutable prédateur… en chocolat.
Les deux armoires derrière lui pouffaient de rire, l’une menaçant de crépir copieusement la cape de Malefoy.

- tu n’as vraiment rien de plus amusant à faire, Malefoy, que de venir nous importuner à chaque voyage ? Ta petite vie est-elle donc à ce point minable pour que tu n’aies pas d’activités plus enrichissantes ?
Le sourire glacial s’effaça du visage de Drago et ses yeux pâles se rétrécirent en deux fentes grises. Hermione ne lui laissa cependant pas le temps de répondre
- à moins que ta maman n’aie pas pu te fournir assez d’argent de poche pour pouvoir offrir des petites douceurs à tes amis ? Les voila obligés de ramasser nos restes. La vie deviendrait-elle plus dure sans papa au bercail ?
Le visage de Malefoy perdit le peu de couleur qui le caractérisait déjà et sa main se crispa sur sa baguette. Aussitôt, les cinq amis se redressèrent sous le regard intéressé de Luna qui les imita tranquillement après quelques secondes.
- la dernière fois que tu as tenté ce tour là, tu as fini le trajet dans le filet à bagage. Siffla Ron en guise d’avertissement.
Ce détail n’avait manifestement pas échappé au trio face à eux et Malefoy rebroussa chemin en leur lançant un regard venimeux.
- profitez en bien tous. Cracha-t-il, mâchoires serrées. Vous allez vite trouver à qui parler.

Une fois que les Serpentard furent hors de vue, Harry se rassit en observant Ginny. La jeune fille était visiblement tendue.
- je trouve ça étrange. Fit Luna d’un ton badin en rangeant son chicaneur dans un sac à dos racorni. Il n’a pas trop parlé de son invité…
Harry déglutit difficilement et ne put qu’approuver. Malefoy, qui ne ratait jamais une occasion de les rabaisser, n’avait pas exploité au mieux cet atout majeur.

Le ciel s’obscurcit lentement tandis que la distance qui les séparait de Poudlard s’amenuisait dans un silence pesant. Hermione finit par se plonger dans la lecture d’un livre sur les sortilèges qu’ils auraient à étudier cette année tandis que Ron ne quittait pas sa sœur des yeux, le visage fermé.
Ce voyage fut l’un des plus longs et pénibles de toute sa scolarité, jugea Harry lorsqu’il fut l’heure d’endosser leurs tenues de sorcier.
Les garçons sortirent pour laisser aux trois filles le temps de se changer en surveillant l’aile gauche du couloir et les portes fermées, puis inversèrent les rôles. Ron proposa à sa sœur de rester avec eux, exigeant cependant qu’elle se tourne vers la paroi pendant qu’ils se changeraient, mais la jeune fille refusa tout net et rejoignit Luna et Hermione avec toute la dignité dont elle était capable.

Lorsque les six étudiants furent changés au pas de course et à nouveau réunis dans leur compartiment, légèrement haletant de stress, un nouveau silence se fit. Harry se demanda si tous, comme lui, retenaient leurs respirations en s’observant quand Luna se mit à pouffer de rire, bientôt imité par Neville. Ginny esquissa un sourire crispé et quelques secondes après de bruyants éclats de rire retentirent dans la cabine. Tous les six se laissèrent tomber sur leurs sièges, hilares.
Le calme revint après de longues minutes durant lesquelles chacun tenta désespérément de réfréner son rire, sans succès. Harry soupira en souriant à ses amis. Tout le stress accumulé durant ces dernières heures venaient de s’envoler en peu de temps, leur laissant les côtes douloureuses et les yeux humides.

- bon ! Résuma Hermione d’un air à nouveau sérieux. Le mieux est de rester ensemble le plus longtemps possible et d’attendre les explications du Professeur Dumbledore. Jusque là, tâchons de suivre ses conseils et de ne pas paniquer.
Tous approuvèrent et Ginny elle-même parût assurée lorsqu’elle précisa, avec un regard appuyé pour Harry
- de toute façon, on ne risque rien ce soir. L’école est au grand complet et le plus grand sorcier du monde veille attentivement sur nous.
Lorsque le train ralentit enfin pour stopper progressivement sa course, elle se leva en ajoutant d’une voix légère :
- je vous conseille quand même de n’écrire sur aucun journal, cahier ou parchemin vierge jusqu’à nouvel ordre ! Surtout s’il vous répond !
Comme pour prouver son courage retrouvé, elle passa la porte la première et se dirigea vers la sortie, ces cinq amis sur les talons.

La soirée était fraîche et Harry frissonna en descendant du train. D’instinct, il chercha à distinguer la haute silhouette d’Hagrid et l’aperçut bientôt qui agitait une main à son intention.
- ça va bien Harry ? cria-t-il sans même attendre la réponse. On se retrouve au château ! LES PREMIERE ANNEE PAR ICI ! Tonna-t-il tandis qu’un essaim de jeune gens trépignant se dirigeait à tâtons vers lui.
Harry sourit au son de cette voix forte et chaleureuse avant d’être ramené à la réalité par celle, beaucoup plus aigue, de Dennis Crivey, un élève de troisième année surexcité qui sautillait près de lui en appelant son frère

- Colin ! Coliiiiiiiiin ! il est là ! Bonjour Harry ! Harry, tu as passé de bonnes vacances ? j’espère que tu nous donneras encore des entraînements, fit-il sur le ton de la confidence en baissant la voix avant de reprendre hâtivement, de sa voix claironnante, hein Harry ?
Le jeune garçon aux cheveux blonds aurait tout à fait eu l’air à sa place sur les barques, en compagnie des nouveaux élèves, tant sa petite taille lui donnait l’air d’un jeune enfant.
Harry s’éloigna de lui avant que son frère ne puisse les rejoindre et prit place dans un carrosse après avoir flatté l’encolure du sombral qui les tira bientôt jusqu’aux portes du château.

Observant les hautes tours se dessiner dans le ciel sombre, Harry se demanda si Hagrid se souvenait de l’aspect de Tom. Le reconnaîtrait-il ? Et surtout comment réagirait-il à son arrivée ? Le demi-géant, qui éprouvait une admiration proche de l’adoration pour Dumbledore ne se sentirait-il pas trahi par le vieux sorcier ? Il soupira en portant son regard sur Hermione et Ron qui partageaient le même transport. Tous deux hochèrent négativement la tête pour signifier qu’ils n’avaient rien aperçu de particulier.

Les étudiants pénétrèrent bientôt dans le château en surveillant les plafonds, redoutant le comité d’accueil régulièrement organisé par Peeves, et se réfugièrent dans la grande salle.
D’un même mouvement, les cinq amis Gryffondor se rejoignirent à leur table, s’asseyant le plus près possible de celle des professeurs. Seuls quelques élèves, à leur droite, les séparaient de leurs maîtres. Quelques places restées libre à l’extrémité de la table trouvèrent en partie preneurs lorsque les frère Crivey s’y précipitèrent, non sans avoir gratifié Harry de bruyantes marques de sympathie.

Harry et Ginny s’assirent face à la table des Serpentard, dos au mur, tandis que Neville Ron et Hermione prenaient place devant eux. Scrutant les rangs de leurs ennemis, ils ne distinguèrent aucun nouvelle tête parmi tout ce vert ; pas même à proximité de Malefoy, qui semblait quelque peu irrité si on en jugeait son visage tendu et ses yeux plus froids que jamais.

Le silence se fit automatiquement lorsque Dumbledore entra pour se diriger vers son siège. Face à l’assemblée des élèves, il resta debout et déclara :
- Aucun d’entre vous, je pense, n’ignore plus les bouleversements qui ont cours dans notre monde ces derniers temps. Cependant, je tiens à vous assurer au plus vite que l’Ecole, et tout particulièrement cette école, est un lieu protégé. Aussi, j’ai à cœur que votre scolarité se déroule cette année dans les conditions les plus normales possibles. Je profite de ce temps qui m’est accordé, ajouta-t-il en regardant le professeur McGonagall qui venait d’ouvrir la Grande Porte, pour vous annoncer l’arrivée parmi nous d’un nouvel étudiant.

Harry se tendit sur son banc, tandis que Malefoy se redressait brusquement, attentif au moindre mouvement du directeur.
- cet étudiant nous arrive de très loin et entrera en sixième année.
L’estomac de Harry acheva de se crisper.
- il va donc coiffer le choixpeau en compagnie des plus jeunes d’entre vous avant de rejoindre la maison qui sera la sienne pour les deux ans à venir. Je vous demande de lui faire bon accueil. A présent…
Il fit un signe de la main en direction de Minerva qui avança jusqu’à la table des professeurs, face à lui, et de fait, face à Harry et ses amis.
- pourquoi il repasse le choixpeau ? murmura Hermione en se penchant par-dessus les couverts tandis que Ginny hochait la tête, les yeux hagards.

Lorsque les première année furent entrés, le silence engloutit à nouveau la Grande salle. Harry n’entendit pas la chanson du célèbre couvre chef tant ses oreilles bourdonnaient et il sentit Ginny crisper sa main sur son bras lorsque leur directrice de maison entama la liste des élèves. Au rythme des « Gryffondor » ! « Poufsouffle » ! « Serpentard » ! son estomac se contractait dangereusement tandis que ses amis, face à lui, devenaient blêmes à faire peur.
De temps à autres, Harry percevait les commentaires du choixpeau qui analysait ce qu’il lisait dans la tête et le cœur de celui ou celle qui le coiffait, se rappelant comment lui-même, quelques années plus tôt, avait âprement défendu son désir de ne pas être envoyé à Serpentard.

Enfin, arriva le moment. Harry ne sut pas ce qui l’avertit en premier : la voix de McGonagall, la douleur lancinante que Ginny provoqua en enfonçant ses ongles dans sa peau, ou le fracas du verre que Hagrid échappa sur le sol, plus loin à sa gauche.
- Jedusor, Tom !
Un jeune homme de grande taille s’avança vers le tabouret où reposait le chapeau noir et rapiécé. La directrice des Gryffondor s’en saisit tandis que l’étudiant prenait place sur le siège.
Harry ne put s’empêcher de constater à nouveau à quel point ils étaient semblables. Les mêmes cheveux noirs de jais, la même physionomie mince et élancée, à ceci prêt que lui était bien plus maigre et plus petit que le meurtrier de ses parents. Et il avait les yeux verts. Les yeux verts de sa mère, assassinée par celui qui se trouvait à quelques mètres…

Harry se tourna vivement vers Dumbledore qui le fixait. Le vieil homme lui sourit, l’assurant ainsi de sa bienveillance et de son soutien tandis que le chapeau retombait sur les yeux de Jedusor.
Harry eut l’impression que Neville Ron et Hermione avaient à nouveau cessé de respirer, les yeux agrandis par l’angoisse, tâchant de lire sur son visage et celui de Ginny ce qui se déroulait derrière eux.
A leurs côtés, Colin et Dennis restaient étrangement silencieux, scrutant le nouvel arrivant d’un air curieux. Harry tendit l’oreille, réfrénant sa rage et sa peur pour ne rien perdre de la conversation qui s’engageait entre le choipeau et l’étudiant.

- encore toi ?! Grimaça le vieux tissu, provoquant un léger sourire chez le Serpentard. Est-il vraiment besoin de refaire appel à mes services ? Oui ? Je sens pourtant toujours aussi nettement en toi le désir de faire ses preuves, murmura-t-il, obligeant Harry à se mettre en apnée pour ne rien perdre de ses paroles. Et l’héritage qui boue en ton sang ne peut mentir ou se renier. Pourtant… têtu n’est-ce pas ?
Le choixpeau se figea légèrement en ce qui sembla être une grimace d’indignation à la fois étonnée et amusée avant de se recroqueviller en une attitude boudeuse mêlée d’amusement, tandis que la lenteur de cette répartition étonnait le reste de la Salle, poussant McGonagall à se tourner vers le directeur qui ne répondit à ses interrogations muettes que par un sourire serein.
- je vois je vois. C’est ce que je dis, beaucoup de détermination. Vouloir parvenir à ses fins quel qu’en soit le prix est une caractéristique digne du grand Salazar… Enfin… fit il avant de se redresser un peu plus, comme pour prendre sa respiration et crier son verdict. Gryffondor !!

Harry sentit Ginny faiblir à ses côtés et entoura sa taille de son bras pour la soutenir. Il lui sembla entendre le Choixpeau grommeler «et fais en sorte que je n’aie pas à la regretter !» avant qu’un nouvel élève ne s’avance, à l’appel de McGonagall, tandis qu’Hermione soufflait un «j’en étais sûre !» affollé.
Entendre les Gryffondor applaudir à tout rompre l’arrivée de Voldemort dans leur maison provoqua chez Harry une nausée abominable. La mine réjouie des frère Crivey lorsque Jedusor s’assit à côté d’eux acheva de le briser. Il avait envie de se lever brusquement et de hurler à tous ce qu’il savait, les obligeant à se taire.

Le regard qu’il tourna vers le vieux sorcier au centre de la table professorale était à présent empli de rage et de reproches, ce qu’Albus comprit parfaitement. Il hocha la tête d’un air entendu pour signifier que le temps des explications était proche, ce qui, en aucune façon, n’apaisa Harry.
Il entendit avec horreur le plus jeune des garçons entamer une discussion enthousiaste de sa voix enfantine avec…
- Tom ! Bonjour Tom ! Je m’appelle Dennis et là c’est mon frère Colin. Je suis en troisième année et lui en cinquième.
Le sorcier brun les salua d’un bref signe de tête et Harry sentit venir la catastrophe, cherchant une aide quelconque du regard.
- dis donc Tom ! intervint Colin, il a eu l’air d’hésiter le Choixpeau. Mais il a fini par t’envoyer chez nous ! fit-il fièrement. Qu’est-ce que tu lui as promis pour qu’il se décide ?
- de le découdre avant de le jeter au fond du lac, où il aurait servi de mouchoir aux sirènes. Répondit l’interpellé avec un sourire glacial.

Cette voix calme replongeait Harry cinq ans en arrière, pour son plus grand déplaisir. Finalement, la catastrophe attendue, prévisible, inévitable, arriva.
- Tom ! reprit Colin, électrique, regarde là Tom ! tu vois ce garçon brun ? tu sais qui c’est Tom ?
- J’en ai vaguement entendu parler, oui. Répondit-il en se tournant vers le Survivant, sourire aux lèvres
Harry croisa les yeux obscurs de l’intrus Gryffondor et porta instinctivement sa main à son front tandis que Jedusor commençait à déguster la soupe chaude que Dennis lui avait servi avec empressement.
promenade au chateau by Morgane
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Poudlard - Grande Salle - 21h00
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- Tom ! reprit Colin, électrique, regarde là Tom ! tu vois ce garçon brun ? tu sais qui c’est Tom ?
- J’en ai vaguement entendu parler, oui. Répondit-il en se tournant vers le Survivant, sourire aux lèvres
Harry croisa les yeux obscurs de l’intrus Gryffondor et porta instinctivement sa main à son front tandis que Jedusor commençait à déguster la soupe chaude que Dennis lui avait servi avec empressement.
Le groupe serré des cinq Gryffondor ne participa guère à la liesse environnante de cette journée de retrouvailles. Harry parvint à desserrer les mâchoires à quelques rares reprises pour avaler le contenu de son assiette et répondre au salut de Dean et Seamus, assis non loin d’eux. Une main crispée sur sa baguette, il portait de l’autre la fourchette à sa bouche par mouvements nerveux, saccadés, tandis que Ginny achevait de lui labourer la peau de l’avant bras avec ses ongles, suivant les mouvements de son ami, collée à lui. Dean ne sembla pas s’en offusquer outre mesure, ni s’inquiéter de l’état de stress de sa petite amie.

Lorsque Ron le fit rapidement remarquer à Hermione en maugréant, celle-ci l’informa que sa sœur avait rompu avec lui au cours de l’été, pour une raison qu’elle ignorait. Peut-être n’y en avait-il d’ailleurs pas, précisa-t-elle.
A l’autre bout de la salle, Harry eut la mince consolation de voir que Malefoy ne profitait pas plus que lui de son retour à Poudlard. Il était livide et ses yeux gris, plus pâles que jamais, fixaient un point indistinct entre son verre et son assiette. Le Gryffondor esquissa un sourire en remarquant que pour la première fois depuis le début de leur scolarité, il était en parfait accord avec le sorcier blond : cette répartition n’était pas du tout satisfaisante !

Tournant légèrement la tête, Harry tendit l’oreille à l’affût des conversations qui se déroulaient à sa gauche. Colin et Dennis, ravis de trouver une écoute attentive, faisait le résumé par le menu de tout ce qu’il était nécessaire de savoir lorsqu’on étudiait dans l’enceinte de Poudlard à Jedusor.
- tu verras Tom, la vie ici est vraiment passionnante ! Mais il faut se méfier de Rusard et de sa chatte. Ils sont toujours prêts à sauter sur quiconque passe deux fois au même endroit. Ça salit trop…
- oui ! précisa le second Crivey, et cette Teigne court toujours le prévenir si elle nous trouve à faire une bêtise. Il faudra te méfier Tom
Le sorcier brun grimaça de dédain à l’évocation de ces deux surveillants.
- sale bête. siffla-t-il. On n’aura qu’à la pendre à un lustre par la queue…
- oh... c’est déjà arrivé, fit Colin en se ratatinant sur son banc. Lors de ma première année ici, elle a été pétrifiée et accrochée à une torchère. Acheva-t-il en frissonnant.
- riche idée. Sourit Jedusor.

Son regard glissa pour la seconde fois vers Harry qui ne cilla pas. Le sourire narquois du Serpentard exilé fit cogner son sang contre ses tempes et il sentit Ginny se raidir davantage à ses côtés. Jedusor se figea lorsqu’il aperçu la jeune fille rousse qu’il n’avait pas remarqué auparavant et son sourire s’effaça. Son air interrogateur et surpris étonna Harry, mais il n’eut pas l’occasion d’y réfléchir plus longtemps.
Dumbledore se leva à nouveau, entraînant immanquablement silence et attention. En quelques phrases, il énuméra les interdits si bien connus de tous, et tout aussi bien outrepassés par beaucoup, avant de congédier les étudiants.

Ron et Hermione se levèrent pour se diriger vers la porte afin de pouvoir escorter les élèves vers leur salle commune à travers le dédale de couloirs et d’escaliers. Harry les imita, trop heureux de pouvoir s’éloigner de son mortel ennemi, en soulevant Ginny et en la poussant devant lui.
- Tom ! Suis moi ! Tu vas voir ! La salle est superbe ! Mon frère m’en avait parlé mais je ne pensais pas qu’elle serait aussi belle quand je suis arrivé ici ! Hein Colin ?
Harry se demanda comment un si petit bonhomme pouvait marcher aussi vite et se trouver juste à quelques pas derrière lui.
- tu vas voir Tom, la Grosse Dame n’est pas toujours très aimable, mais on peut lui faire confiance ! Elle ne laisse entrer que les Gryffondor ! Pas vrai Colin ? Même sous la menace, elle ne se laiss..
- Dennis ?
- oui Tom ?
- tu parles trop.

Le jeune garçon blond éclata joyeusement de rire à cette remarque et Harry observa ses yeux pétillants lorsqu’il se tourna brièvement pour voir la scène. Jedusor suivait la marche, souriant, lorsque Dennis reprit en riant
- c’est ce que mon père dit toujours ! Pas Vrai Colin ? Il est bien content quand je pars de la maison !
- et il fait quoi ton père ?
Harry sentit son cœur manquer un battement à cette question, et s’il ne s’était pas trouvé au milieu d’un escalier récalcitrant déterminé à leur faire perdre leur route, il aurait fermé les yeux et plaqué ses mains contre ses oreilles pour ne pas avoir à se souvenir de cet instant.
- il est laitier ! C’est un Mol…
Tous sursautèrent en attrapant la rambarde de l’escalier qui venait de tourner sur lui-même, glissant dans le vide à en donner la nausée. Jedusor resta cependant au centre des marches, manifestement en proie à une totale félicité. Il regardait avidement tout autour de lui les portraits qui défilaient et les lumières qui dansaient.

- ça m’avait manqué. Murmura-t-il lorsqu’ils purent reprendre leur marche, après que l’escalier soit redevenu raisonnable.
Cependant, le groupe des Gryffondor avait été scindé par ce sursaut de mauvaise humeur magique et Ginny refusa brusquement d’avancer d’un pas, le regard rivé vers le plafond.
- les morveux sont de retour ?!
- manquait plus que ça. Grogna Harry
- ah ! Tom ! regarde Tom ! c’est Peeves !! fit Dennis d’un ton sur-exité en sautillant presque, anxieux à l’idée que Tom puisse rater l’esprit frappeur.
Affublé d’une tenue grotesque, le fauteur de trouble dévoila aux regards des étudiants son précieux fardeau : des plats encore fumants de purée de carottes. Un sourire carnassier s’étira sur son visage tandis qu’il tournoyait en chantonnant au dessus de leur tête.
- Pote Potter manque d’appétit ! mon dieu quel souci ! Heureusement que je suis là ! pour lui porter ces petits plats, chantonna-t-il d’une voix aigre
- Harry ! attention Harry ! se précipita Colin ; il veut te lancer la purée !
- j’ai cru comprendre oui. Répondit le Gryffondor entre ses dents

Devant eux, Lavande avait déjà sorti sa baguette et scandait :
- wida.. widizi… zawiba.. Oh Zut ! je ne me rappelle jamais ce sort !
Peeves exultait. Les étudiants restaient immobiles, refusant tout net de passer sous lui autant que de retourner sur l’escalier trop remuant.
- mais si Potter est mignon il en donnera à son compagnon ! Car s’il ne le fait pas, le serpent le mangera !
L’esprit frappeur les dévisageait à présent d’un œil mauvais à travers ses jambes, la tête retournée tandis que les plats tanguaient dangereusement au bout de ses bras.

- Ah... fit Jedusor, tout sourire. Je crois que c’est pour moi ça.
Son attitude désinvolte sembla prendre Peeves au dépourvu et celui-ci jugea que la plaisanterie avait assez duré. Il reprit sa position initiale, en tailleur à quelques mètres au dessus de leur tête, soulevant les plats au bout de ses doigts.
Au moment où Peeves s’apprêtait à faire généreusement don de cette purée chèrement acquise aux étudiants, Jedusor sortit de sa poche un petit objet rond qu’il lança d’un geste vif en direction de l’esprit frappeur. Le projectile siffla dans l’air avant de heurter sa cible et Peeves hurla de douleur en plaquant ses mains sur son nez, laissant échapper les plats qui tombèrent dans un fracas indescriptible avant de s’enfuir.
- OUAAAH ! fit Dennis. Dis donc Tom ! c’était quoi cette arme que tu as utilisée ?
- bonbon citron. Répondit tranquillement Jedusor en reprenant sa marche tandis que Dennis éclatait à nouveau de rire.

Ce faisant, il arriva presque au niveau de Ginny qui se figea lorsqu’elle croisa son regard. Jedusor la fixa intensément, l’air à nouveau étonné, lorsque des pas précipités se firent entendre derrière eux.
- ah bein ça, chuchota Dennis, littéralement collé à Tom, c’est Rusard !
- Vous.. vouuss ! éructait l’odieux surveillant en regardant le sol souillé avec des yeux exorbités.
- c’est Peeves, gémit Dennis avec une moue faussement apeurée, il nous a attaqué sans raison. Mais heureusement il a dû vous entendre approcher et s’est enfui. Continua-til en montrant du doigt la direction qu’avait empruntée le fautif. J’espère vraiment que vous réussirez à le coincer cette année. Acheva-t-il avec une admiration feinte.

A ces mots, Rusard balbutia, incrédule, et reporta toute sa hargne sur l’esprit frappeur et fila pour tenter de le piéger. Dennis souriait de toutes ses dents, fier de sa ruse, et tous reprirent en silence le chemin de la tour des Gryffondor après l’avoir félicité. Harry et Ginny demeuraient silencieux cependant, ne désirant en aucun cas rappeler à quiconque leur présence.
Tout le long du chemin qui les mena à leur salle commune, Dennis et Colin regardèrent Jedusor d’un air étonné. Celui-ci, plongé dans ses pensées, marmonnait des mots indistincts en plaçant parfois sa main à la hauteur de son thorax, presque au niveau des épaules de son frère cadet, jugea Colin, comme s’il posait sa paume sur la tête d’une enfant invisible.

- Qu’est-ce qu’il y a Tom ? questionna Dennis en saisissant au hasard quelques syllabes des réflexions de son nouveau compagnon.
Celui-ci ne prit pas la peine de répondre et continua à chuchoter pour lui-même.
- ni.. ani.. méla non. Erni. Jani.. jina…pffffff
Harry, qui surveillait Jedusor en se tournant régulièrement n’apprécia que moyennement le regard toujours fixe de celui-ci. Arrivée devant la Grosse Dame, Parvarti soupira de contentement et donna le mot de passe.
- génie !
- merci bien, fit celle-ci en faisant une révérence, aussitôt interrompue par Jedusor, qui cria presque, provoquant un sursaut au sein du groupe.
- Ginny !!

La jeune Weasley frissonna des pieds à la tête et se rua dans la Salle Commune tandis que Jedusor entrait à son tour, manifestement ravi, les frères Crivey sur les talons.
- bein quoi Ginny, Tom ? demanda colin
- elle s’appelle Ginny. Répondit- celui-ci en montrant du doigt la concernée
- oui. Continua Colin, l’œil rond. Pourquoi ? Tu la connais Tom ?
- je crois, murmura-t-il sans quitter des yeux la longue chevelure rousse de la sorcière qui disparaissait dans l’escalier menant au dortoir.
- bon. Fit le garçon blond, et bien je monte me coucher moi aussi. Tu sais où tu vas dormir Tom ?
- aucune idée…
Un garçon brun proposa de lui laisser sa place. Harry sourit en constatant que celui-ci, qui partageait jusqu’alors la chambre des deux frères trop bavards, était ravi de rendre un tel service.
Jedusor s’installerait donc avec les deux jeunes sorciers, ce qui était une nouvelle quelque peu rassurante : compte tenu des événements actuels, Harry se demandait s’il n’allait pas en plus devoir partager son lit avec Voldemort.

Ron, Hermione, Neville et Harry se tenait près de la cheminée éteinte, sur le qui vive, lorsque Jedusor se tourna vers eux en souriant. Il approcha calmement et se mit à rire en les voyant crisper leurs mains dans la poche de leur cape, prêts à en découdre à coup de formules. Il les dévisagea un à un avant de les nommer en les montrant du doigt
- Harry Potter... qu’on ne présente plus. Ronald… Weasley, je suppose, vu la tignasse rouge. Ah.. et Ginny doit être ta sœur. Fit-il en pointant le pouce dans son dos, vers le dortoir avant de poursuivre en pointant Neville. Londubat... Neville et... sans doute Hermione Granger.
Aucun d’eux ne pipa mot, se lançant de bref regards interrogateurs. Neville eu la désagréable impression de revivre la scène du ministère, tous callés les uns aux autres face à l’ennemi, envisageant de risquer leur vie très prochainement.

Hermione finit par articuler péniblement, voyant que la situation se figeait interminablement.
- et bien oui, c’est nous. Mais on sait qui on est merci bien. En revanche, ton identité à toi est plus que mystérieuse…
- je crois savoir que le Professeur Dumbledore vous a promis une explication dès demain matin. Fit Jedusor d’une voix calme. D’ici là, ajouta-t-il en se tournant vers Harry, cesse donc de me surveiller si assidûment, ça a tendance à me mettre mal à l’aise.
- tu es qui ? souffla Harry, comme s’il n’avait pas entendu les paroles du jeune homme brun, face à lui.
- je pense que tu le sais parfaitement. Sourit celui-ci en répondant d’un ton détaché avant de se tourner vers le dortoir et d’ajouter - Tu aurais dû garder ce journal, Potter.
réunion au sommet by Morgane
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Poudlard – Bureau du directeur - 8h00
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- tu es qui ? souffla Harry, comme s’il n’avait pas entendu les paroles du jeune homme brun, face à lui.
- je pense que tu le sais parfaitement. Sourit celui-ci en répondant d’un ton détaché avant de se tourner vers le dortoir et d’ajouter - Tu aurais dû garder ce journal, Potter.

Ces quelques mots échangés la veille résonnaient encore aux oreilles de Harry lorsqu’il se trouva face à Albus Dumbledore en compagnie de Ron, Hermione, Neville, Ginny et Luna.
Le teint pâle de la jeune Weasley témoignait de sa nuit agitée et de son manque de sommeil. Hermione, qui avait passé la majorité des dernières heures à évaluer la situation avec elle n’était pas en reste. Ron, Harry et Neville, quant à eux, devraient sans doute subir les regards désapprobateurs de Dean et Seamus le restant de la semaine pour les avoir empêcher de dormir une bonne partie de la nuit, à force de bavardages.
Les trois sorciers avaient en effet improvisé une tente sur le lit de Harry, à l’abri des baldaquins, et tenté de comprendre la situation en chuchotant de façon à ne pas divulguer d’informations « dangereuses ».

Aucun des cinq amis n’avait envisagé de tenir conseil dans la Salle Commune, peu rassuré à l’idée de voir redescendre Vous Savez Qui.
Harry s’était emporté contre Neville et Ron qui refusaient toujours de nommer l’Autre par son nom, et répugnait à utiliser le prénom. Il fut donc rapidement convenu qu’on le nommerait Jedusor, comme de juste, ce qui éviterait à Ron de sursauter et à Neville de s’évanouir chaque fois que Harry le mentionnerait.
Seule Luna conservait son éternel air rêveur, présente sans l’être vraiment, comme si elle s’était trouvée là par hasard, nullement concernée par ce que le Directeur s’apprêtait à leur dire.

Dumbledore fit apparaître six sièges et invita d’un geste les élèves à s’asseoir, tandis que lui-même prenait place dans son fauteuil, les coudes appuyés sur le bureau, soutenant son menton de ses doigts fins.
- Bien, commença-t-il. Je pense qu’il serait plus pratique que je réponde à vos questions, car je ne sais pas vraiment par où commencer mes explications.
Le compromis sembla convenir à Harry, qui demanda aussitôt.
- qui est-il ?
- Tom. Tom Elvis Jedusor.
- Voldemort ? précisa Harry sans tenir compte de l’exaspérant mouvement de recul de Neville.
- non. Pas encore. Il s’agit, poursuivit le vieux sorcier en s’avançant sur son fauteuil et en regardant Ginny, du même Tom qui vous est apparu il y a à présent quatre années.
- il a parlé du journal. Intervint Hermione tandis qu’Albus acquiesçait
- Le journal intime que tu as rendu, en sortant de ce bureau, à Lucius Malefoy. Ajouta-t-il en fixant Harry

Celui-ci s’enfonça dans son siège, l’estomac noué, et murmura d’un ton presque implorant
- mais ce journal a été détruit... Par le venin du basilic.
- c’est ce que j’ai cru moi aussi. Et tel était presque le cas. Mais j’aurais dû me douter... comment le Basilic pourrait-il jamais provoquer la disparition de l’héritier de Salazar Serpentard, son maître vénéré ?
- j’ai vu Jeduosr disparaître sous mes yeux ! cria presque Harry en se redressant ! c’est impossible !
- Il a bien disparu. Mais son souvenir, enfermé dans ce journal, est demeuré en ces pages. Malefoy a conservé ce carnet, ne sachant pas lui-même ce qu’il pourrait en faire, mais il a cherché à le réparer, en désespoir de cause.
- et il y est parvenu. Souffla Ron, aigri

Albus ébaucha un sourire en soupirant d’aise, tandis que les six élèves, y compris Luna, le fixaient intensément
- pas tout à fait ! Voila ce que je puis vous dire : lorsque Lucius a été arrêté au ministère, l’été dernier, sa femme Narcissa a tout tenté pour lui épargner le déshonneur de se trouver enfermé à Azkaban. Mais à présent que la preuve est faite de sa fidélité à Voldemort, il n’y a plus eu aucun autre recours pour elle que de chercher un soutien auprès du maître de son époux.
Si Ron ne s’était pas trouvé en un lieu aussi respectable que le Bureau Directorial, entouré par tant de portraits de sorciers attentifs et honorables, il aurait craché à terre pour manifester son écoeurement.

- Cependant, Mrs Malefoy n’a jamais été une Mangemort et n’a donc pas su contacter Voldemort. En revanche, elle avait connaissance de l’existence de ce journal intime, que son mari conservait précieusement, et elle a pensé être capable de mettre à profit une telle merveille.
Les portraits autour d’eux échangèrent des regards entendus et des chuchotements indignés.
- Depuis que Voldemort est de retour, les Mangemort ont pris connaissance de son extraordinaire capacité à survivre, et de la façon dont il s’est longtemps nourri du sang de licorne. Pour que le souvenir de Jedusor reprenne vie, savez vous ce qui lui était nécessaire ?
- de l’énergie vitale… murmura Harry entre ses dents, se rappelant des propos de Jedusor lorsqu’il avait lancé sur lui l’abominable serpent
- pas seulement Harry, pas seulement.
Ginny se recroquevilla sur son siège lorsqu’il se tourna vers elle.
- il lui fallait également une âme pour y mêler la sienne. Un âme qui lui donnerait tout ce dont il a besoin pour renaître : de la pureté, de l’innocence, mais aussi des doutes et des peurs. Quelques rancoeurs enfin, acheva-t-il en souriant tandis que Ginny prenait une teinte rose soutenu.

Ron, mal à l’aise, se tordait les mains en fixant le sol. Ce sujet douloureux avait souvent été évité entre eux, et surtout en présence d’étrangers tels que Neville ou Luna, qui apprenaient bien brusquement comment le monstre de La Chambre avait pu agir quelques années plus tôt.
- et comme vous le savez, reprit doucement Dumbledore, il a déjà eu l’occasion d’entrer en contact avec une telle âme et de s’y lier.
- Nous sommes perdus, geignit Neville
- mais non ! fit Albus en riant presque, étonnant les étudiants. Je vous ai dit que la restauration de ce journal n’avait pas été complète. Narcissa a commis une erreur. Une terrible erreur. Pour elle, poursuivit il en souriant. Ce carnet avait subi des dommages considérables et si Tom a pu renaître, ses souvenirs sont imparfaits. Incomplets. De plus, Mrs Malefoy a été prise par le temps. Deux mois ne sont pas suffisant pour un travail d’une telle complexité, et développer une telle aura de magie noire en une si brève période a forcément alerté le plus attentif d’entre nous.

Le visage de Dumbledore rayonnait presque tant son sourire prouvait sa joie.
- le plus attentif ? questionna Hermione
- le plus VIGILENT ! fit Albus d’une voix forte en levant son index, ce qui manqua faire tomber Neville de sa chaise
- Maugrey Fol Œil ?
- et oui Harry. Il n’a pas jugé bon d’avertir le ministère, convaincu qu’on l’accuserait encore de paranoïa, mais m’a de suite contacté. Nous nous sommes tous deux rendus au Manoir Malefoy, accompagnés de quelques membres de l’Ordre, et y avons effectivement trouvé la preuve qu’une magie peu recommandable s’y exerçait. En revanche, nous ne nous attendions nullement à y rencontrer Jedusor, il faut bien le reconnaître.
- pourquoi ne pas l’avoir tué ? pesta Ron
- il était trop tard pour détruire le journal, Tom avait déjà assez de force pour vivre en dehors de ces pages, et comme je l’ai dit à plusieurs reprises, la mort n’est pas une issue satisfaisante.

Les regards indignés de ses élèves l’encouragèrent à poursuivre.
- Tom se rappelle parfaitement de ses trois premières années à Poudlard. Concernant le reste de sa vie extra-scolaire, il n’a que de brefs souvenirs. Narcissa a tout de même pris le temps de lui expliquer qu’il était devenu le plus puissant sorcier du monde, et que seule ton existence lui interdisait de le dominer. Fit-il en fixant Harry.
Ron estima que c’était là une raison de plus pour le tuer sur le champ.
- Cependant, reprit Dumbledore, il recouvrera les souvenirs de ses seize premières années peu à peu, au contact de lieux ou de personnes qu’il a connus.
- et quand il aura bien tout compris, il se décidera sans doute à nous tuer tous ! siffla Neville, livide.
- Jedusor n’est devenu ce qu’il est qu’à la suite de nombreux voyages, de nombreuses recherches et études. J’ai déjà dit à certains d’entre vous que le temps était une chose complexe. Aussi ne peut-on revenir en arrière. Pourtant, continua-t-il en murmurant, enfoncé dans son fauteuil, j’ai souvent hésité… me rappelant l’élève brillant, le garçon intelligent qu’avait été Tom. Que serait-il devenu si j’avais été assez vigilent et persuasif pour ne pas le laisser se noyer dans la haine ?

Un silence lourd s’ensuivit.
- Il a laissé dans ce journal ce qu’il était aux alentours de ses seize ans. Il faut que vous preniez conscience qu’il n’est pas encore Voldemort et que le seul souvenir plus ancien qu’il pourra jamais avoir est celui de votre rencontre et de sa survie, il y a quelques années.
- ça m’est bien égal ce qu’il n’est pas encore siffla Harry, exaspéré. Il a tué mes parents ! il a tué Cédric !! .. Pourquoi vous ne le tuez pas alors qu’il en est encore temps ? Et Hagrid ? Vous avez pensé à Hagrid ??!!
- j’y ai pensé Harry, oui. Mais pourquoi le tuerais-je ? considères-tu que l’on doit tuer tous ceux qui sont susceptibles, un jour, de faire le mal autour d’eux ? Ce Tom qui parcourt actuellement les couloirs de mon école ne mérite pas plus la mort que Drago Malefoy, pour ne citer que lui. Il n’a encore tué aucun de ceux que tu viens de mentionner.
- et surtout vous espérez tenter votre expérience, réparer vos erreurs passées ? souffla Hermione, amère.
- peut-être un peu, en effet Miss granger. avoua Dumbledore en souriant. Mais permettez moi d’ajouter que je ne commettrai pas à nouveau ces erreurs, et que j’agirai de façon à ce qu’un second Voldemort ne voit jamais le jour, quitte à devoir verser le sang, cette fois.

Hermione regretta ses paroles irrespectueuses malgré les doutes qui ne la quittaient pas.
- et la répartition ? pourquoi l’avoir refaite ?
- l’envoyer directement à Serpentard aurait prouvé à tous qu’il s’agissait d’un élève ayant déjà fréquenté l’école, et je ne souhaitait pas qu’on soit trop curieux à son égard. La panique qui découlerait de l’annonce de son identité provoquerait des catastrophes, j’en ai peur. Aussi, j’espère ne pas me tromper en pensant que vous conserverez ce secret, pour la sécurité de tous.
- Vous vous rendez compte, murmura Harry en fixant son mentor, qu’il dort à quelque pas de moi ? Vous avez passé les dernières années de votre vie à protéger le monde, et moi, de cet homme, et là vous l’invitez à se joindre à nos vies ?
- Je lui ai demandé de me confier sa baguette, ce qu’il a accepté de faire. Peut-être ceci constitue-t-il une bien pauvre consolation, mais je répète que je ne peux agir autrement.

- même s’il n’est pas encore Voldemort, il a tout de même libéré le Basilic et provoqué la mort d’une jeune fille, si on ne s’en tient donc qu’à ses seize premières années. Intervint Ron.
- le coupable officiel de ce meurtre se trouve au bord de la forêt interdite, dans une cabane où vous vous réunissez souvent. Lorsque Fudge a été mis au courant de l’arrivée de ce «nouvel étudiant» il s’est précipité pour avertir votre père. Toutes les lois ont été scrupuleusement étudiées et relues, et aucune ne nous donne l’autorisation de porter atteinte à la vie de Jedusor sans nous rendre nous même coupables de meurtre.
- et le vrai Voldemort ? s’enquit Harry
- ne doit pas être très satisfait de savoir qu’il a un concurrent de plus au poste du plus puissant sorcier du monde. Sourit Dumbledore. Narcissa a fait une terrible erreur…

Tous se regardèrent, incrédules et lorsque peu après ils quittèrent le bureau du directeur, Harry commenta à haute voix.
- Dumbledore espère que cette espèce de clone de Jedusor nous aidera d’une manière ou d’une autre à vaincre Voldemort ?
- il est fou. Ajouta Ron
- à seize ans, il avait déjà l’âme d’un meurtrier, je ne vois pas pourquoi ça changerait… siffla Neville. Je vais finir par croire qu’ils ont raison, ceux qui disent que Dumbledore ne devrait pas toujours donner de seconde chance aux gens.
- oui mais il n’est pas le même qu’il était à seize ans. Intervint Luna, laissant les cinq Gryffondor perplexes
- Et pourquoi ça ? fit Harry, agressif
- Parce que à présent, son âme a été mêlée à celle de Ginny. Et puis ses souvenirs sont incomplets. Et c’est bien ce que nous vivons, et donc ce dont nous nous souvenons, qui fait de nous ce que nous sommes. Acheva Luna d’une voix vaporeuse avant de les quitter.
- elle est folle elle aussi. Ajouta Ron en haussant les épaules.

Harry acquiesça avant de poursuivre
- et il se souvient très bien d’avoir libéré le Basilic il y a quatre ans ! il y a fait allusion, à propos de Miss Teigne !
- par contre, ajouta Ginny d’une petite voix, il ne se rappelait plus de moi. Et ça ne m’aurait pas dérangé que ça dure. Continua-t-elle avec un sourire d’excuse.
- il savait lancer les sorts interdit à seize ans vous croyez ? questionna Ron
- je préfère pas le savoir. Souffla Harry
- si tel avait été le cas, et à supposer qu’il veuille te tuer, il l’aurait fait hier je crois.
- pas si il ne se rappelle pas de tout ! et pas sans baguette. Mais quand il aura retrouvé la mémoire, et emprunté ce dont il a besoin à un ami…

Harry agita sa main au dessus de sa tête pour signifier qu’il ne désirait plus se torturer l’esprit avec tout ceci. Chacun reprit le chemin des cours, résigné, une fois de plus, à mettre aveuglément sa vie entre les mains du vieux sorcier qui, à l’abri du regard de ses élèves, faisait les cent pas dans son bureau sous l’œil attentif d’un phénix au plumage éclatant.
Maux de tête et gonflement by Morgane
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Poudlard – Serre numéro 3 - 10h00
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Harry agita sa main au dessus de sa tête pour signifier qu’il ne désirait plus se torturer l’esprit avec tout ceci. Chacun reprit le chemin des cours, résigné, une fois de plus, à mettre aveuglément sa vie entre les mains du vieux sorcier qui, à l’abri du regard de ses élèves, faisait les cent pas dans son bureau sous l’œil attentif d’un phénix au plumage éclatant.

Hermione distribua l’emploi du temps auquel nul sauf elle ne s’était préoccupé jusqu’alors et leur annonça qu’ils avaient raté leur premier cours de potion. Pour l’heure ils devaient se rendre en botanique, à la serre numéro trois.
Harry et Ron retrouvèrent leur sourire à l’idée d’avoir au moins pu tirer un quelconque profit de cette situation, mais leur joie n’était rien comparée à celle de Neville qui non seulement avait échappé au cours qu’il jugeait le plus horrible pour se rendre à celui qu lui procurait le plus de plaisir.

Ron commenta l’emploi du temps en chemin, et fit constater que toutes les matières étaient conservées, quels que soient leurs résultats aux Buses. En revanche, Neville, qui avait lamentablement échoué à son examen de potions, n’aurait plus à subir le professeur Rogue que deux heures par semaine. Ainsi, chaque option était maintenue malgré tout, afin d’assurer à tous le «minimum vital» pour tout sorcier moyen.
En revanche, pour les disciplines telles que la Défense Contre les Forces du Mal, ils constatèrent que conformément à leurs excellents résultats, leurs cours prenaient une place importante : cinq heures hebdomadaires.
Harry grimaça en lisant que la divination était toujours inscrite à son programme. Une heure. Une heure de trop, comme le fit remarquer Ron en soupirant.

Le professeur Chourave achevait juste ses explications lorsque Harry, Ron, Hermione et Neville rejoignirent les Poufsouffle dans la serre numéro 3. Le premier cours constituait en un petit rappel, précisa-t-elle : il s’agissait de rempoter des mandragores, chose qu’ils avaient déjà tous étudié quelques années auparavant.
- Chaque lundi matin, précisa la petite sorcière en empoignant une mandragore par les feuilles qui lui tenaient lieu de cheveux, vous aurez les cours généraux.
- ce sont les cours qu’on a tous, même si on a raté ses buses, souffla Hermione à ses trois amis qui la questionnèrent du regard.
- pour ceux qui ont eu d’excellents résultats, poursuivit le professeur en se tournant vers un Neville rougissant, nous étudieront la vendredi matin des sujets plus intéressants et originaux.

Après un bref coup d’œil à leur parchemin, les quatre Gryffondor constatèrent qu’effectivement, à la même heure chaque vendredi, deux heures étaient prévues à l’étude des plantes, pour ceux qui avaient obtenus des résultats satisfaisants aux buses.
Se rappelant parfaitement des effets, les nocifs comme les bénéfiques, de la créature mi-plante mi-humaine qui braillait déjà à l’idée de se faire dépoter, chacun plaqua attentivement ses cache-oreilles avant de se mettre à l’ouvrage.

Un regard lancé à ses trois camarades d’infortune laissa comprendre à Harry que tous voyaient en cet exercice un très mauvais présage. La dernière fois qu’ils avaient eu affaire à ces plantes, ils en avaient tous compris la préciosité : les mandragores avaient en effet servi à fabriquer une potion pour dépétrifier ceux qui avaient eu le malheur de croiser le monstre de la Chambre des Secrets.
D’un mouvement brusque, Harry se redressa de sa table de travail : tout ceci lui avait fait perdre la notion de certaines réalités. Jedusor ? Où était Jedusor ?
- au fond à gauche. Mima Hermione qui, une fois de plus, avait saisi la question muette de son ami.

En compagnie de Ernie McMillan et de Justin Finch-Fletchley, Jedusor s’affairait à dépoter et à rempoter ses mandragores d’un geste sûr, bien que grimaçant de répulsion.
Harry sourit devant l’ironie du sort : depuis la vieille, ce nouveau Gryffondor avait eu l’occasion de rencontrer trois des quatre élèves sur lesquels il avait lancé le basilic. De plus, tout comme ça avait été le cas avec Colin, il semblait apprécié par son vis-à-vis. Si Justin avait su qui se trouvait face à lui, sans doute cela l’aurait-il secoué bien plus que six mandragores effarouchées hurlant à pleins poumons.

Seule Pénélope Deauclaire, l’ancienne préfète qui avait été pétrifiée en même temps qu’Hermione, ne pourrait pas avoir l’occasion de rencontrer son agresseur par procuration, puisqu’elle avait achevé ses études.
En deux jours, Jedusor avait donc déjà approché de fort près toutes ses anciennes proies présentes à Poudlard. Etait-ce un hasard ou une volonté de sa part ? Harry ne parvenait pas à savoir s’il désirait réellement connaître la réponse à cette question et espéra seulement que Jedusor n’avait pas encore récupéré tous ses souvenirs.

Au fur et à mesure du cours, cependant, sa santé sembla se dégrader. Comme si ils avaient eu l’occasion d’observer un élève atteint par la grippe en mode accéléré, Harry Ron Hermione et Neville virent Jedusor pâlir de minute en minute. Au bout des deux heures de cours, son teint était grisâtre et le professeur Chourave, qui se tourna vers lui, poussa un couinement apeuré avant de l’expulser hors de la serre, lui enjoignant de se rendre au plus vite à l’infirmerie.

Tous les élèves retirèrent leurs cache-oreilles après avoir attendu le signal de leur professeur, évitant ainsi l’évanouissement au cas où une mandragore récalcitrante ne se serait pas encore laissée rempoter convenablement. La majorité des étudiants étaient tournés vers la porte, observant Jedusor qui titubait presque en direction du château.

D’autant plus intéressé qu’il partageait avec Ron Hermione et Harry un lourd secret, Neville entreprit de poser le précieux pot qu’il portait toujours tout en scrutant à l’extérieur le pénible parcours du malade. Il se recula donc vers la table et l’opération aurait pu s’achever dans les meilleures conditions possibles si la Tentacula Vénéneuse que le professeur Chourave élevait dans cette serre ne s’était pas jetée sur son épaule droite, toutes dents dehors.

Un cri perçant alarma la directrice des Poufsouffle qui le délivra rapidement des crocs de la plante en l’assommant presque avec un pot vide qu’elle lança par-dessus la table, avant de pousser un Neville gémissant vers l’infirmerie.
- je vous y conduis, on ne sait jamais. Insista-t-elle tandis que Neville massait son épaule douloureuse avec la désagréable impression de la sentir doubler de volume sous ses doigts. Fermez bien la serre, que les mandragores n’attrapent pas froid ! fit-elle au trio sans se retourner en se dirigeant à son tour à pas pressés vers le château.

Le Tentatucla Vénéneuse, les yeux hagards, tanguait dangereusement sur ses racines, se cognant ça et là contre les vitres. Ron ferma rapidement la porte et tous trois prirent la direction de la Grande Salle en espérant que leur ami n’aurait pas trop à souffrir de sa mésaventure.
- j’ai lu dans un livre, commença Hermione, que la Tentacula Vénéneuse provoque chez ce…
- Hermione ! fit Ron. Je t’assure, on ne préfère pas savoir.
Harry acquiesça vigoureusement tandis que la jeune fille, vexée, fit remarquer qu’un peu de connaissances supplémentaires n’avait jamais nui à personne.

A la fin du déjeuner, ils virent avec surprise Neville se joindre à eux. Le visage bouffi et grenat, celui-ci leur adressa un sourire douloureux et s’installa entre Hermione et Ginny, à laquelle le trio avait fait un bref résumé de la situation
- j’ai fini d’enfler, dit-il en montrant ses mains boursouflées à la peau luisante. Il ne reste plus qu’à attendre que je dégonfle. Soupira-t-il.
- et la fièvre ? questionna Hermione
- elle va baisser au fur et à mesure. Répondit Neville, nullement étonné que son amie connaisse ce symptôme. Mrs Pomfresh dit qu’il n’y a rien à faire à part attendre. Elle m’a conseillé de boire beaucoup et de souvent m’asperger le visage d’eau. Je demanderai à McGonagall la permission de sortir durant l’après-midi. Ajouta-t-il en regardant son emploi du temps qui prévoyait trois heures de métamorphose après le repas.
Il se hâta d’avaler la cuisse d’un poulet avec de la purée tiède, le tout arrosé par de grande rasade de jus de citrouille. Ron se demanda comment il parvenait à faire entrer en si peu de temps un tel volume de liquide dans son estomac.

- à l’infirmerie, articula Neville après avoir lancé un bref regard autour d’eux, la bouche pleine de tarte aux fraises, il y avait ... Vous Sav... Jedusor. Se reprit-il en voyant le regard noir de reproches de Harry posé sur lui. Et Dumbledore aussi.
Ron reposa son verre et fixa Neville en se penchant vers lui, imité par Harry, tandis qu’Hermione et Ginny se rapprochaient également en glissant sur le banc.
- Pomfresh a dit que c’était logique ses maux de têtes
- ah ce n’était qu’un mal de tête... dommage, coupa Ron avant de laisser Neville reprendre
- oui. Elle a dit que c’était normal, à cause des souvenirs qui reviennent. Selon elle il était prévisible que la première journée soit très douloureuse, puisqu’il prend de plein fouet des tas d’informations qui doivent reprendre peu à peu leurs places.

Harry fit alors part de ses réflexions du matin même, concernant les coïncidences qu’il avait remarquées et Ginny pâlit à l’évocation de la terrible année qui avait vu rouvrir la Chambre des Secrets.
- ah c’est certain que ça lui en fait des choses à se souvenir en peu de temps. Souffla Neville.
Les trois amis se rapprochèrent un peu plus de lui, constatant à l’évidence qu’il n’en avait pas fini, et Neville rougit de sentir les deux jeunes filles si près à ses côtés.
- Mais c’est la première fois, ajouta-t-il finalement, que je l’entends... que je la vois.. enfin ! finit-il par résumer, Pomfresh a proposé à Dumbledore d’abréger les souffrances de ce malheureux en lui administrant un violent poison que Rogue lui a apporté la semaine dernière. Ce sont ses mots ! ajouta-t-il précipitamment devant les huit yeux ronds qui le fixaient.
- et qu’a dit Dumbledore ? murmura inutilement Ginny, étant donné que la salle était pratiquement déserte.
- il s’est contenté de sourire et il est resté assis au chevet de Jedusor.
- dommage, marmonna Ron.

- je suis sûr, ajouta Neville, qu’il a fait ça pour empêcher Pomfresh de l’empoisonner. Elle était vraiment de très mauvaise humeur et lançait toujours des regards furieux vers eux lorsqu’elle m’a soigné. Je vous jure qu’elle a pas l’air contente de le voir là.
Neville se mit à rire, et expliqua à ses amis en pouffant
- Lorsque Dumbledore lui a demandé quand Jedusor pourrait quitter l’infirmerie, elle a presque hurlé «le plus tôt sera le mieux !!» le professeur Chourave avait l’air tout aussi surpris que moi, et elle a éclaté de rire avec Dumbledore. Pomfresh a pas trouvé ça drôle, elle… acheva-t-il en se levant.

Il ne leur restait que cinq minutes pour se rendre en cours de métamorphose, et l’état de Neville leur interdisait de courir. Hâtant le pas après avoir quitté Ginny qui se rendait à son tour à la serre numéro trois, ils parvinrent à rejoindre le professeur McGonagall sans retard.
Comme ils s’y attendaient, Jedusor n’assista pas à ce cours, pas plus qu’il ne fut présent au dîner, le soir venu.

L’inquiétude des frère Crivey, et tout particulièrement du minuscule Dennis qui demandait à tous les élèves qu’il croisait s’ils avaient des nouvelles de Jedusor, mit Harry au bord de la crise de nerf, et c’est d’un pas rageur qu’il regagna la Salle commune, décidé à mettre en pratique les conseils d’Hermione et à faire ses devoirs au fur et à mesure.

Il commença donc à se documenter sur l’art et la manière de transformer des cailloux en lentilles, comme l’exigeait le devoir qu’ils devraient rendre le lundi suivant, et avait déjà pris quinze centimètres de note lorsque Ron fit remarquer que Dennis n’était toujours pas revenu du dîner.
- et alors ? cracha Harry, plus sèchement qu’il ne l’aurait voulu.
- allons voir, fit Hermione à l’intention de Ron. On fera notre ronde en même temps.
Ils rangèrent rapidement livres et parchemins et laissèrent Harry se replonger dans ses lentilles et sa mauvaise humeur.

Lorsqu’ils revinrent, ils le trouvèrent près de l’âtre toujours vide, compte tenu du temps clément en ce début d’année scolaire, en compagnie de Ginny et de Neville. Ils leur firent rapidement part de leur découverte, l’observant du coin de l’œil avant de constater avec soulagement qu’il avait abandonné son caractère de troll pour revenir à des réactions plus humaines.
- Quoi ?! s’écria-t-il en se redressant sur son fauteuil tandis que les regards des quelques couche-tard encore présents dans la pièce se braquaient sur lui.
- puisqu’on te le dit. Répondit Hermione en s’asseyant. Il a presque poussé l’infirmière au suicide. Hannah Abbot, qui a assisté au spectacle, a dit qu’il avait refusé de disparaître de devant la porte de l’infirmerie comme le lui hurlait Pomfresh, tant qu’on ne lui aurait pas laissé voir son Ami.
A son ton insistant sur certaines syllabes, Harry comprit qu’Hermione répétait mot pour mot ce qu’elle avait entendu avec une pointe d’agacement non dissimulé.

Harry aussi, sentait à nouveau bouillir en lui la colère, mais elle retomba lorsque Hermione et Ginny montèrent se coucher. Peu après, Dennis passa la porte, la mine triste, et crut bon d’informer les trois sorciers qui le jaugeaient du regard que Tom souffrait vraiment et qu’il en était très peiné.
L’innocent gamin ne se rendit pas compte que, loin de véhiculer de la compassion, les yeux de ses condisciples pétillaient d’indignation et de rage.
Tous trois se levèrent brusquement et se hâtèrent de rejoindre leur chambre, laissant là un Dennis persuadé de la bonté de ce trio, qui n’avait sans doute attendu que son retour et les nouvelles qu’il apportait pour aller se coucher.

Harry hurla dans son oreiller pour évacuer la fureur qu’il sentait croître en lui et bien que les trois amis en aient eu très envie, il décidèrent de rester raisonnables et de ne pas refaire subir une nuit blanche à Seamus et Dean en tenant conseil sur son lit.
Les ronflements de Neville s’élevèrent bientôt et semblèrent proportionnels à sa corpulence : ils étaient donc encore plus sonores qu’à l’accoutumée, compte tenu de son gonflement anormal.
Harry, en tirant d’un doigt le rideau de son baldaquin, constata que Ron ne trouvait pas plus que lui le sommeil. Les deux amis finirent cependant par s’endormir, tournés l’un vers l’autre. Ron ferma les yeux le dernier, fixant toujours Harry à quelques pas de lui, comme si le fait de seulement se regarder pouvaient aider son ami à traverser ce moment de stress.

La dernière pensée de Ron, avant de sombrer dans le sommeil, lui arracha un sourire. Peut-être Jedusor succomberait-il à sa douleur durant la nuit ? Mais le lendemain matin, il constata avec déception que ce gaillard avait la santé solide lorsqu’il le vit patienter devant la porte de la salle où devait se dérouler leur cours de Défense Contre les Forces du Mal.
Optimiste, le sorcier se dit que peut-être le professeur, dont il ignorait encore l’identité, aurait la somptueuse idée de les laisser s’entraîner à lancer les sorts impardonnables sur ce faux Gryffondor.
Vigilent by Morgane
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Poudlard – Cours de DCFM - 8h00
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La dernière pensée de Ron, avant de sombrer dans le sommeil, lui arracha un sourire. Peut-être Jedusor succomberait-il à sa douleur durant la nuit ? Mais le lendemain matin, il constata avec déception que ce gaillard avait la santé solide lorsqu’il le vit patienter devant la porte de la salle où devait se dérouler leur cours de Défense Contre les Forces du Mal.
Optimiste, le sorcier se dit que peut-être le professeur, dont il ignorait encore l’identité, aurait la somptueuse idée de les laisser s’entraîner à lancer les sorts impardonnables sur ce faux Gryffondor.

Lisa Turpin et Padma Patil étudiaient d’un œil attentif ce nouveau venu, et vinrent saluer la sœur de cette dernière lorsqu’elle arriva. Hermione eut une moue d’agacement en comprenant que les deux sorcières prenaient auprès de la Gryffondor des informations sur Jedusor.
Malgré tout, elle et ses amis étaient satisfaits de partager ce cours avec les Serdaigle. Ces trois heures promettaient d’être intéressantes, pour peu que le professeur soit à la hauteur de sa tâche, et Harry avait bien besoin de ça pour affronter l’heure qui suivrait. Il devrait en effet à nouveau grimper l’échelle qui menait à la classe du professeur Trelawney, ce qui ne l’enchantait guère.

Tous commençaient à surveiller la porte d’un œil impatient, et chacun y allait de son pronostic quant à l’identité de leur professeur que Dumbledore, fait exceptionnel, n’avait pas encore présenté. Hermione avait assuré que la raison en était fort simple : personne n’avait postulé pour ce poste, qui était encore vacant quelques jours avant la rentrée.
Harry songea que la dernière fois que l’école s’était trouvée sans enseignant pour cette matière, Dumbledore avait tiré de sa retraite Alastor Maugrey, dit Fol Œil, un ancien Auror exceptionnellement doué que tout le monde s’accordait à juger comme excentrique.

Son visage couturé par les nombreuses blessures que ses ennemis lui avaient infligées au plus fort de la lutte contre les forces du mal était effrayant, sans parler de son nez, ou du moins ce qui en restait, qui ajoutait encore à l’aspect repoussant du personnage.
Mais tout ça n’était rien comparé à la particularité de ses yeux : en effet, l’un d’eux, bleu pâle, avait la faculté de voir à travers presque tout et était mobile au-delà de l’imagination.

Fol Œil pouvait donc observer ce qui se passait dans son dos sans avoir à tourner la tête, mais pour l’heure, il fixait, bien face à lui, un Jedusor impassible. Harry se redressa brusquement du mur sur lequel il était adossé lorsque cette information parvint à faire son chemin jusqu’à son cerveau encore embrumé de sommeil.
Tous les élèves affichaient une mine réjouie et leurs yeux pétillants prouvaient combien ils étaient satisfaits de retrouver ce professeur qui avait été l’un des rares à leur prodiguer de bons cours.

Seulement, grimaça Harry pour lui même, le sorcier ici présent n’était pas celui qu’ils avaient connu. Malgré tout, Ron Hermione et Harry étaient persuadés que le vrai Fol Œil était tout aussi instruit en la matière. Sur un signe du sorcier, tous entrèrent, et Jedusor dû le contourner tandis qu’il restait immobile, face à lui.

Ron se figea lorsqu’il constata que celui-ci s’approchait vers eux avant de s’installer à côté d’Hermione. Celle-ci ne cilla pas, estimant sans doute que leur position, juste devant le bureau professoral, était un gage de sûreté.
Neville, Dean et Seamus s’installèrent derrière eux. Une chaise restant libre à leur gauche, Neville se décala afin de mettre le plus d’espace possible entre lui et Jedusor.

Fol Œil entra et un silence désagréable s’installa. Ce malaise s’intensifiait d’autant plus que l’ancien Auror, la mine revêche, gardait toujours son œil magique rivé sur le nouvel élève, au premier rang. Enfin, son regard coula vers Hermione puis Ron et enfin Harry. Fol Œil esquissa un sourire en prenant place derrière son bureau.

- Bien… grogna-t-il en prenant le parchemin face à lui. Vous avez tous déjà eu l’occasion de me rencontrer.
Fol œil rendit son sourire crispé et complice à Harry.
- je vois que l’année passée a été… comment dire… instructive ?
Un brouhaha indescriptible s’ensuivit. Quelques noms d’oiseaux fusèrent et Fol Œil laissa chacun s’épancher avant de poursuivre.
- Nous allons donc reprendre ensemble où nous en étions restés, c'est-à-dire continuer à apprendre à se défendre contre les sorts et maléfices.
Chacun retenait son souffle, impatient de savoir par quoi ils allaient commencer.

- Nous débuterons par quelques rappels. Des choses simples, très simples pour la majorité d’entre vous.
Tous ceux qui avaient participé aux réunions de l’Ad se redressèrent sur leurs chaises, sourire aux lèvres.
- Ceux qui ont bénéficié de plus d’entraînement que leurs camarades devront faire preuve de…. Comment dire… d’intelligence et de discernement. Je ne tiens pas à passer mon temps à vous conduire à l’infirmerie parce que vous aurez été trop crétins pour ne pas savoir mesurer la force de vos sortilèges.

Sa voix caverneuse rendait ses paroles d’autant plus impressionnantes qu’il murmurait presque en continuant :
- Je serai très vigilent à ce qu’aucun d’entre vous ne fasse preuve d’un zèle qui pourrait être dangereux. En d’autres mots, je vais vous avoir à l’œil, que ce soit dans cette classe ou dans tout le château. Et même au-delà.

Certains élèves perdirent leur sourire devant la mine patibulaire de l’ancien Auror et son ton haineux. Cependant, aucun ne se sentit menacé par ses propos car le regard à nouveau fixe de Fol Œil laissait tout à fait entendre à qui il s’adressait.
Jedusor resta de marbre sous la menace à peine voilée, tandis que la majorité des étudiants se demandait pourquoi une telle inimitié était présente entre ces deux sorciers.

Cependant, Seamus fit très justement remarquer que d’autres professeurs avaient eux aussi des préférences ou aversions injustifiées. Rogue en était le plus parfait exemple.
Jedusor devait vaguement ressembler à l’un de ceux qui l’avait défiguré, commenta Parvati lorsqu’ils sortirent de cours, quelques heures après.
Si elle avait su à quel point…

A une heure du déjeuner, Ron et Harry traînaient misérablement les pieds en se rendant à leur cours de divination tandis qu’Hermione courait presque rejoindre le fantastique professeur Vector. Le fait que Jedusor doive aussi assister à ce cours sur l’étude des runes avait quelque peu refroidi ses deux amis, mais l’enthousiasme d’Hermione pour cette matière n’en fut pas le moins du monde ébranlé.

Cependant, lorsqu’il s’assit à nouveau à ses côté tandis que le professeur leur rendait les parchemins qu’ils avaient remplis durant leurs buses, elle sentit son estomac se nouer légèrement.
- Vous, fit le professeur en s’adressant à Jedusor, vous suivrez avec Miss Granger, étant donné que vous n’avez pas eu l’occasion de participer à cet examen. J’espère que cet exercice sera abordable pour vous….Avez-vous déjà eu une quelconque approche de la lecture des Runes ? questionna-t-il.
- je saurai me débrouiller. Répondit calmement Jedusor tandis que le professeur se dirigeait vers une autre table sans le quitter des yeux.

Se débrouiller était un doux euphémisme. Hermione constata avec effarement que Jedusor aurait bien pu donner cours à la place du professeur Vector, si ce n’est à lui-même.
Ils passèrent donc l’heure à corriger les copies d’examens, ce qui fut rapide compte tenu de l’excellente note d’Hermione qui n’avait commis qu’une seule et unique erreur, que Jedusor rétablit aussitôt d’un coup de plume, avant même que le sorcier chargé du cours ne se soit intéressé à eux.

- et bien, fit le professeur en approchant finalement d’eux, miss Granger avez-vous trouvé votre erreur ? Et vous, fit-il sans attendre de réponse, à l’intention de Jedusor, vous est-il possible de la déterminer ?
- Oui, fit Jedusor en plaçant son index à l’endroit précis de la copie où Hermione s’était trompée. Elle a confondu Ehwaz avec Eihwaz.
- et sauriez-vous me dire, continua le professeur en acquiescant, ce que signifient ces deux termes ?
- Ehwaz veut dire «association» tandis que Eiwaz prend l’if pour symbole central.
Le professeur, à la mention de cet arbre, plissa des yeux inquiétants.
- Elle signifie «défense» mais est aussi associée à la mort…
- oui, tout comme l’If, je crois ? fit le professeur en fixant intensément son élève.
- …mais aussi à l’éternité. Souffla Jedusor sans ciller, pour achever ce qu’il n’avait pas eu le temps de dire.
- bien…

Mr Vector se désintéressa totalement d’eux de longues minutes. Hermione se tortillait sur sa chaise, sa soif de savoir luttant contre son bon sens. N’y tenant plus, elle finit par demander, à brûle pourpoint :
- pourquoi il a réagit comme ça, à propos de l’If ?
Jedusor se tourna vers elle en posant un coude sur la table. Manifestement, il hésitait à lui répondre, mais finit par expliquer
- ma baguette... enfin celle que j’avais, était en If.
- celle que Dumbledore a gardée ? précisa Hermione avant de se rendre compte de son erreur.
Cependant, le jeune homme brun face à elle se contenta de sourire. D’un sourire glacé qui la tétanisa d’effroi
- non. Celle que j’avais avant.

Hermione se recroquevilla sur sa chaise, mal à l’aise. Qu’il était étrange de parler à Voldemort en personne, sans vraiment lui parler. La jeune fille se demanda comment Jedusor vivait la chose ; avait-il comme elle ce drôle de sentiment ? Eprouvait-il, comme elle se l’imaginait, cette impression irréelle de vivre une vie sans la vivre vraiment, puisqu’elle était déjà vécue ? Ou bien se considérait-il comme un jumeau en différé ?
Lorsqu’il pensait à Voldemort, lorsqu’il parlait de Voldemort, disait-il «je, il, nous» ? Elle brûlait d’envie de lui poser toutes ces questions mais, quand bien même il aurait été l’un de ses amis, elle n’aurait pas su comment les formuler assez clairement pour se faire comprendre.

- Pourquoi Gryffondor ? questionna-t-elle, sur la défensive, tandis que Jedusor saisissait parfaitement le sous-entendu
La cloche retentit alors, offrant à Jedusor l’occasion de se soustraire à une éventuelle réponse. Il se leva donc en empoignant son sac en gratifiant Hermione d’un sourire carnassier.
Lorsqu’elle fit part de ces détails à ses amis, le regard de Ginny se voila de terreur. La jeune fille avait toujours du mal, au bout de ces deux courtes journées, à maîtriser ses nerfs dès que l’on évoquait les faits et gestes de l’héritier de Salazar. Cependant, elle se faisait fort de partager avec ses amis chaque information, désirant fermement aller au-delà de la peur qui la paralysait encore.

La nouvelle de la présence à Poudlard de Maugrey Fol Œil constitua également une bonne partie des discussions qui animèrent le déjeuner. Ginny soupira de soulagement, manifestement convaincue que la proximité de l’Auror constituait un atout majeur pour leur protection.
La jeune Weasley hasarda un regard vers les frères Crivey, qui ne quittaient généralement pas Tom s’ils en avaient l’occasion, mais constata qu’il n’était pas présent. Ne pas le voir dans la même salle qu’elle lui procurait un soulagement intense. Ne pas savoir où il pouvait bien se trouver à une heure où tous étaient censés manger la plongeait dans l’inquiétude, et c’est donc dans un état de doute et d’incertitude, ne sachant pas ce qu’elle devait éprouver avant tout, qu’elle quitta ses amis qui se dirigèrent vers le parc.

En se rendant à son cours de soin aux créatures magiques, Harry eut l’impression que ses semelles devenaient de plus en plus lourdes. Par dessus tout, il répugnait à voir souffrir ses amis, et assister à une confrontation entre Hagrid et Jedusor promettait de ne pas être un spectacle à son goût, d’autant plus que les Serpentard partageaient à nouveau cette matière avec eux.
Cependant, étant donné qu’il s’agissait là des heures optionnelles et non générales, Drago et sa bande de fidèles ne s'y trouvaient pas, ce qui enleva aussitôt un poids au trois amis.
Ils finirent même par trouver les trois heures qu’ils passèrent dans le parc fort agréables, étant donné que Jedusor leur épargna lui aussi le supplice de sa présence.

Après la classe, Ron Hermione et Harry ne reprirent pas le chemin du château, comme la majorité de leurs camarades, mais restèrent en compagnie de Hagrid.
Celui-ci orienta aussitôt la conversation sur ce qui perturbait le plus les jeunes gens, riant à gorge déployée lorsque Ron lui fit part de l’attitude de Mrs Pomfresh.
- ah la la ! sacrée Pompom, fit-il, reprenant le surnom que donnait affectueusement Dumbledore à l’infirmière. Elle dit ça mais, je vous assure, elle préférerait épouser un vampire plutôt que d’avoir à laisser partir un élève malade de son infirmerie.
- mais et vous, Hagrid ? questionna Hermione, étonnée comme ses amis de la tranquillité avec laquelle le géant prenait tout cela.
- moi… et bien moi… répondit-il en soupirant, plongeant ses yeux dans le fond de sa tasse. Je crois qu’un cœur d’homme n’est pas fait pour haïr. Je suis heureux à présent vous savez ? fit-il en relevant la tête vers eux. Ça m’est égal le passé. Moi je n’ai pas perdu de membres de ma famille… Et puis c’est de l’histoire ancienne…

Harry ne savait pas s’il devait se réjouir ou s’indigner d’une telle réaction. D’un côté ceci éviterait bien des souffrances et du chagrin à Hagrid mais de l’autre, le voir ainsi résigné lui déplaisait fortement.
- c’est pas étonnant, remarqua Ron lorsque Harry leur fit part de ses pensées. Il arrive même à avoir de l’affection pour un dragon ! comment pourrait-il détester un homme ?
- finalement, dit Hermione en riant presque, ils auraient pu s’entendre. Ils ont tous les deux un attrait prononcé pour les animaux dangereux. Ajouta-t-elle sous le regard furieux de Harry.

Dès qu’ils eurent passé la Grande Porte pour se rendre au dîner, tous comprirent à la mine triste de Dennis que Jedusor était à nouveau consigné à l’infirmerie.
- mais à la fin, qu’est-ce qu’il lui trouve ? grommela Neville au cours du dîner, excédé de devoir constater que ses amis étaient dans le vrai en disant que le blondinet s'inquiétait
- dans la Chambre, soupira Harry, Jedusor m’avait dit qu’il était très doué pour se faire aimer de ceux dont il avait besoin.
Ginny ne jugea pas nécessaire de confirmer, bien qu’elle approuvât totalement.
- et il aurait besoin de Dennis pour quoi ? questionna Hermione, sans obtenir de réponse tandis que le plus jeune des frères Crivey disparaissait par la Grande Porte après avoir rapidement avalé son repas.
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