Feu et Glace by Black Lagoon
Ancienne histoire coup de coeurSummary:

 

 

Image créditée à Irrel sur DeviantArt

Ils n'avaient en apparence rien en commun, en apparence seulement. Après s'être détestés et cherchés, vont-ils s'aimer ? Draco/Ginny, dans toute sa splendeur.


Categories: Durant Poudlard, Epoque de Harry, Drinny (Drago/Ginny) Characters: Autre personnage, Drago Malefoy, Ginny Weasley
Genres: Romance/Amour, Tragédie/Drame
Langue: Français
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Aucun
Chapters: 19 Completed: Non Word count: 89087 Read: 43337 Published: 03/04/2007 Updated: 12/11/2018

1. Prologue : Cher Journal by Black Lagoon

2. Poudlard Express by Black Lagoon

3. Altercation by Black Lagoon

4. Rapprochement raté by Black Lagoon

5. Une nouvelle amitié ? by Black Lagoon

6. Quand la glace s'approche du feu... by Black Lagoon

7. Un Choix by Black Lagoon

8. Jalousies by Black Lagoon

9. Frustrations by Black Lagoon

10. Meurtre à Poudlard by Black Lagoon

11. Chapitre 11 by Black Lagoon

12. Chapitre 12 by Black Lagoon

13. Désillusions by Black Lagoon

14. Décision by Black Lagoon

15. Chapitre 15 by Black Lagoon

16. Chapitre 16 by Black Lagoon

17. Méfiance by Black Lagoon

18. Proposition by Black Lagoon

19. Révélation by Black Lagoon

Prologue : Cher Journal by Black Lagoon
Author's Notes:

Feu et Glace

Pairing : Draco/ Ginny, dans toute sa splendeur.

Disclaimer : Rien n’est à moi. Tout appartient à J.K Rowling, personnages, lieux et univers.

Note : Le style "journal intime" n'est utilisé que pour le prologue. La suite est un récit classique, à la troisième personne. Bonne Lecture !

Prologue : Cher Journal

09 Mai 1995

Cher Journal,

Je me sens mal aujourd'hui, très mal. Il y a des jours comme cela où on ne devrait pas entendre certaines choses et où surtout on ne devrait pas voir certaines choses. Tu dois sûrement te demander pourquoi je parle ainsi. Après tout, ce n'est pas dans mon habitude n'est-ce pas ? Laisse-moi t'expliquer :

Pendant la sortie à Pré- au-Lard, Leah et moi avons décidé d'aller aux Trois Balais pour boire une bièraubeurre.

Aussitôt entrée, je les ai vus : Harry et cette fille. Ils s'embrassaient. Évidement j'étais dépitée mais ce n'était rien comparé à la surprise qui m'attendait. Car la fille en question n'était autre que Hermione Granger. La fille à qui je parlais sans cesse de l'amour et de la fascination que je ressentais à l'égard du Survivant. La fille à qui j'avais avoué que j'allais demander à Harry de sortir avec moi quelques jours plus tôt. La fille qui prétendait être ma grande amie. Grande amie, tu parles.

J'étais choquée, humiliée et trahie. Elle s'est décollée de lui en souriant. Sourire qu'elle a instantanément perdu en m'apercevant. Elle s'est levée et moi j'ai reculé en l'entendant m'appeler puis je suis sortie. Sortie pour essayer d'oublier ce que je venais de voir. Sortie pour me convaincre qu'il ne s'agissait que d'un mauvais rêve. Sortie pour m'éloigner d'elle.

Quelques minutes plus tard, elle m'a rattrapé :

« Ginny, attends !

- Comment as-tu pu me faire une chose pareille ? Je l'aimais Hermione, je l'aimais ! Me suis-je écriée, au bord des larmes.

- Ginny, je sais et je ne voulais pas…a-t-elle commencé.

- Tu as bien joué ton rôle de parfaite confidente hein ? Tu n'es qu'une sale hypocrite.

- Non je t'en prie ne dis pas ça. Tu sais Ginny, l'amour ça ne se contrôle pas, a-t-elle ajouté avec un sourire désolé.

La phrase de trop. Si elle savait comme j'ai pu la détester à cet instant précis. Merlin qu'est-ce que Harry peut bien lui trouver ? Elle n'est pas si mignonne que ça après tout, ni particulièrement intéressante. Merlin, qu'a-t-elle de mieux que moi ?

31 Août 1997

Il est onze heures du soir et j'ai passé ma dernière journée de vacances à préparer ma rentrée à Poudlard et à lire ce stupide journal retrouvé dans mes vieux cartons. J'ai passé quelques heures à rire de ma propre bêtise.

Que dire de mes rapports avec le trio le plus célèbre de l'école ? Moins je les vois et mieux je me porte.

Tout d'abord parce que mon frère Ron est l'un des ''membres''. Et puis c'est bien connu, les frères et sœurs ne sont pas faits pour s'entendre. Ensuite il y a Harry Potter, le Survivant et Hermione Granger sa petite amie depuis deux ans. Ces ceux-là autant dire qu'ils me donnent des boutons. Toujours à se promener main dans la main, s'embrasser à chaque seconde et montrer qu'ils sont ensemble et à quel point ils s'aiment. Ça me fait trop mal.

Demain j'entre en 6ème année. Comme l'année précédente je vais les éviter de mon mieux. Mais surtout, je vais oublier Harry et me trouver un petit ami digne de ce nom.

 

End Notes:

J'avais vraiment envie de faire une fic sur mon one true pairing, j'ai nommé Draco/ Ginny, parce qu'avec eux, les possibilités ne manquent pas. Reviewer pour me donner vos conseils et avis !

Poudlard Express by Black Lagoon
Author's Notes:

Merci pour vos reviews ! En même temps, j’en profite pour répondre à errol patridge qui trouvait que le style du prologue était trop « oral »
Étant donné que c’est un journal et que Ginny « parle » à ce journal, j’ai pensé que le langage oral était plus approprié ^^

 

 

Chapitre I : Poudlard Express

« - Ginny, tu es prête ? cria la voix de Mrs Weasley dans la cuisine.

- Une minute maman ! fit Ginny en tirant sa valise dans l'escalier.

- Dépêche-toi !

- Je fais ce que je peux. Ron, aide-moi, tu veux ? demanda Ginny à l'adresse de son frère qui sortait de sa chambre en faisant léviter sa propre valise à l'aide d'un enchantement.

- Le mot magique frangine ? As-tu oublié les bonnes manières ? S'exclama Ron, d'un ton moqueur.

- Tu m'aides oui ou non ? dit Ginny, commençant sérieusement à perdre patience.

Son frère soupira avant de s'extasier :

- Qu'est-ce que c'est bon d'avoir dix-sept ans !

- Ron ! Ginny ! Dépêchez-vous bon sang ! hurla Mrs Weasley.

- On arrive !

Comme chaque année le départ se fit dans les cris et le stress. Ils furent donc tous soulagés d'arriver sur le quai 9 ¾.

Mrs Weasley enveloppa sa fille dans une étreinte vigoureuse. Elle la serra tellement fort que celle-ci eut l'impression que son dos s'était brisé.

- Maman, tu vas finir par me tuer, déclara-t-elle d'un ton las.

Mrs Weasley consentit à la lâcher mais non sans lui donner une centaine de conseils. Ginny écouta sa mère distraitement et finit par la couper par un : « Je sais bien maman. »

Ce fut ensuite le tour de Ron d'avoir le sermon quotidien avec les « Veille bien sur ta sœur » ou encore les « Si tu ne réussis pas tes ASPICS, tu auras de mes nouvelles ! » classiques.

Après une dernière étreinte de leur mère, Ron et Ginny montèrent dans le Poudlard Express. La première personne qu'ils croisèrent fut Luna Lovegood qui cherchait également un compartiment libre. Ginny constata qu'elle n'avait pas changé durant l'été. Du moins physiquement parlant. Ses longs cheveux blonds étaient toujours emmêlés et elle portait toujours ses lunettes insolites. Ginny l'aborda :

- Salut Luna ! Comment vas-tu ?

- Oh salut Ginny ! Je vais très bien et toi ? demanda-t-elle en souriant.

- Moi ça va, répondit Ginny en lui rendant son sourire.

Luna se tourna alors vers Ron et lança :

- Bonjour Ronald !

- Salut Louf…Luna, ajouta-t-il précipitamment en croisant le regard menaçant de sa sœur. Eh bien, je vais me chercher un compartiment.

Il s'éloigna rapidement. Ginny demanda alors à Luna :

- Tu veux qu'on cherche ensemble ? Mes amis sont sûrement déjà installés.

Sans attendre la réponse, Ginny l'entraîna dans le couloir du train à la recherche du compartiment de ses amis.

- Ah, ici ! S'exclama-t-elle en ouvrant la porte de l'un des compartiments après quelques minutes de recherche.

Le compartiment était occupé par deux jeunes filles qui répondaient respectivement aux noms de Sugar Thompson et Leah Hopper. La première avait la peau noire, deux yeux de chats, noirs et perçants qui accrochaient le regard, ainsi qu'une bouche en cœur propre à déclencher une véritable obsession sexuelle chez n'importe quel garçon normalement constitué. Surtout lorsqu'elle décrochait son regard mi-figue mi-raisin.

La seconde n'était pas laide, non. Quoique plutôt petite et avec quelques kilos de trop, elle avait un agréable visage et une jolie silhouette, ainsi qu'un sourire vraiment éclatant, dont elle était hélas trop avare. Ses cheveux châtains étaient souvent hirsutes, mais avec une bonne coupe et bien habillée, elle aurait parfaitement pu rivaliser avec n'importe quelle fille de l'école.

- Ginny ! S'écrièrent-elles en même temps.

La rousse entra et étreignit ses amies pendant que Luna s'asseyait sur la banquette et sortait un exemplaire du Chicaneur. Sugar, visiblement irritée de cette attitude lâcha :

- La moindre des politesses serait de dire bonjour, je pense !

Luna leva la tête, la dévisagea quelques secondes puis retourna à la lecture de son magazine. Ginny qui sentait la réplique cinglante venant de Sugar s'approcher tenta de calmer le jeu.

- Alors vos vacances ? Leah comment était l'Australie ? Et toi Sugar, le Pays de Galle ?

- Nul, fit Sugar d'un ton dépité. Mais j'ai rencontré une fille qui…

Ce fut partit pour une demi-heure de récit où Sugar expliqua ses vacances dans les moindres détails.

Même si Ginny l'adorait, Sugar parlait beaucoup trop à son goût. En fait elle était assez différente de Leah. Sugar était féroce. Quand elle voulait quelque chose, elle l'obtenait. C'était sa règle d'Or. Elle pouvait se montrer subtile ou accablante, selon les circonstances. Si la suggestion doucereuse ne marchait pas, elle avait le chic pour vous balancer un boulet de canon en pleine poire. Ginny ne l'avait jamais entendue s'excuser ni admettre une erreur. Une cohorte de fans lui faisait allégeance à Poudlard. Si elles avaient un problème, Sugar avait la solution. Elle était prête à tout pour une amie, tant qu'elle était loyale. Sa règle d'Argent. Mais gare à qui la mettait en colère : il y avait soudain un trou noir dans son thème astral.

En revanche, elle n'était pas mesquine. Contrairement à Leah, Sugar ne disait jamais de mal des gens dans leur dos. Les médiocres ne méritaient tout simplement pas son attention. Si cela s'avérait nécessaire elle était capable de vous injurier et de vous casser en deux devant tout le monde. Même les Serpentard avaient peur d'elle.

Sugar fut coupée par la porte du compartiment qui s'ouvrit à la volée. Hermione Granger apparut. Sugar et Leah se tournèrent immédiatement vers Ginny qui avait serré les dents. Deux mois qu'elle ne l'avait plus vu et soudainement, la vision de cette sortie à Pré-au-lard lui revint en tête.

- Bonjour Leah, nous avons une réunion avec tous les préfets, peux-tu venir ? Lança-t-elle à Leah. Salut Ginny, Sugar !

Sugar la salua par un bref coup de tête pendant que Ginny lui adressait un regard qui signifiait clairement que sa présence ici n'était guère nécessaire.

Hermione, un peu gênée, s’éloigna et fut immédiatement suivie de Leah. Sugar, qui savait que le fait de parler d'Hermione à Ginny n'était qu'une source de problème se mit à parler de la nouvelle robe de bal qu'elle avait achetée pendant les vacances. Elles furent bientôt rejointes par Colin Crivey, Aaron Mendel et Ezra Fearwood.

- Ezra ! S'exclama Sugar en sautant immédiatement dans les bras de son petit ami.

- Salut ma puce, tu vas bien ? Demanda ce dernier en passant ses bras autour de la taille de Sugar.

- Bien que je sois ravi que vous fêtiez vos retrouvailles, allez-vous trouver un compartiment pour faire ça ! intervint Aaron quand Sugar se mit à embrasser Ezra un peu trop langoureusement à son goût.

- Ginny ! s’exclama Ezra.

- Preppy (1) ! Fit Ginny en souriant.

- Encore plus belle que l'année dernière, fit-il remarquer en lui lançant un clin d'œil.

Il s'assit à côté d'elle pendant que Colin prenait place à côté de Luna.

- Toujours aussi séducteur à ce que je vois, rétorqua la rousse en faisant mine levant les yeux au ciel.

- Que veux-tu Ginny ? C'est…

Il ne termina pas sa phrase car la porte du compartiment s'ouvrit à nouveau et Leah entra.

- Les préfets-en-chef cette année sont Hermione Granger et Draco Malfoy, dit-elle sans enthousiasme.

- Malfoy ? S'étonna Colin, horrifié.

Leah hocha la tête.

- Granger va vivre un enfer cette année ! dit Ezra d'un ton moqueur.

- Elle le mérite, lâcha Ginny.

Tout le monde se tut. Personne n'osait jamais parler d'Hermione Granger en présence de Ginny. Car même si elle était d'une nature douce, ses colères pouvaient facilement vous traumatiser.

- J'aperçois Poudlard, informa soudainement Luna qui n'avait plus parlé depuis le début du trajet.

End Notes:

(1) Preppy veut dire B.C.B.G.

Voilà, le tout premier chapitre. Évidemment il n’y a rien de vraiment très intéressant mais je tenais à présenter un peu les amis de Ginny parce que dans les livres on ne connaît pas trop d’élèves de son année. Les personnages de Sugar et Leah correspondent aux persos de Lena et Kerry dans le roman WE Fatal. J’aimais bien leurs caractérisations donc je l’ai emprunté dans ce chapitre.

Altercation by Black Lagoon

 

 

Chapitre II : Altercation

- Vous avez remarqué qu'on tombe toujours avec les Serpentard en cours de Potions ? Chaque année, c'est la même chose ! Fit remarquer Sugar à ses amis tandis qu'ils sortaient des cachots.

- Oui mais maintenant avec le Professeur Slughorn, le cours est BEAUCOUP plus agréable, dit Colin.

- Qu'est-ce que vous avez maintenant ? Demanda Ginny aux autres tandis qu'elle sortait son emploi du temps.

- Étude des Moldus et Métamorphoses, déclara Leah.

- Rien puis Métamorphoses, ajouta Sugar.

- Arithmancie et Métamorphoses et toi Ginny ?

- Runes et Métamorphoses, à plus tard ! lança-t-elle à l’adresse de ses amis avant de s'éloigner.

Elle retrouva Ezra dans le couloir, qui lui aussi, se rendait en Runes. Le professeur Avitus les pria d'entrer et Ginny constata qu'ils n'étaient plus que cinq. Ezra, elle-même, ainsi que trois Serdaigle dont Luna Lovegood. Le professeur parcourut rapidement la classe des yeux et lança :

- Et bien, je vois que votre nombre a encore considérablement baissé depuis l'année dernière. Certains de vos camarades n'ont pas jugés utiles de continuer cette matière à ce que je vois. Bref...commençons par nous rappeler l'étymologie des runes. A quoi fait référence ce mot ? Oui Miss Weasley ?

-Le mot "rune" fait référence à l'écriture aux formes angulaires des peuplades germano-scandinaves. Dans l'ancien langage nordique, "run" signifiait écriture secrète. Dans le vieil anglais, "roun" et "rowan" ont laissé la place au mot "rune" de l'anglais moderne, signifiant "secret murmuré", expliqua rapidement Ginny.

- Absolument Miss Weasley. Cinq points pour Gryffondor. Le mot rune dégage deux sens majeurs qui sont "secret" et "chuchotement", ce qui n'a rien d'étonnant puisque les chamans, parfois appelés Maîtres des Runes, basaient l'apprentissage de leur art sur le transfert verbal, de la même façon que le faisaient les Druides. Car, selon les Druides, écrire c'est figer…

Après la fin des deux cours, Ginny et les autres se rendirent dans la Grande Salle pour déjeuner. Aussitôt installés à leurs places habituelles, ils virent Ron entrer dans la Grande Salle suivi d'Harry Potter. Ce dernier prit place à côté d'Hermione Granger qui s'approcha de lui pour l'embrasser. Complètement dégoûtée de cette scène, Ginny repoussa son assiette.

- Je n'ai plus faim, murmura-t-elle à l'adresse de ces amis.

- Mais tu n'as pas touché à ton assiette ! S'exclama Leah.

- Où est-ce que tu vas ? interrogea Aaron quand elle prit son sac.

- On se voit en cours, répondit simplement Ginny.

Elle se leva et sortit en vitesse de la salle. Elle marchait tellement vite qu'elle bouscula accidentellement une personne en plein milieu du couloir. Draco Malfoy. Elle s'empêcha de jurer.

Elle n'eut même pas le temps de s'excuser qu'il commença à l'agresser :

- Tu ne peux pas regarder devant toi ?

- Je suis désolée, Malfoy. Tu n'es pas obligé de m'agresser pour autant ! Répliqua la jeune rousse en passant une main dans ses cheveux, l'air impatient.

Draco fixa son geste et son regard se perdit dans la chevelure rousse de la Gryffondor.

Ginny, décontenancée, demanda :

- J'ai quelque chose dans les cheveux ou bien ?

Il baissa son regard sur elle et lança :

- Fais gaffe la prochaine fois.

Il tourna les talons.

- Quoi c'est tout ? Je n'ai pas le droit aux habituels sarcasmes ? S'étonna Ginny.

Il fit marche arrière.

- J'ai bien entendu ? Tu veux que je t'insulte ? demanda-t-il en éclatant de rire. Tu es pathétique, Weasley. Va retrouver ton imbécile de frère et ses amis !

- Ce ne sont pas mes amis, murmura-t-elle entre ses dents.

Malheureusement, il l'entendit.

- Tu n'aimes pas Potter et sa copine, la sang-de-bourbe ?

- Ferme-là Malfoy, ordonna-t-elle.

- Ah mais oui, j’oubliais, c'est vrai que tu es folle amoureuse de cet abruti mais qu'il a préféré ce castor.

Elle leva la main et s'apprêta à lui assener une gifle magistrale mais il stoppa le geste de la jeune fille en attrapant sa main.

- J'ai tiré sur une corde sensible on dirait ? Demanda-t-il en ricanant.

- Tu peux rigoler, il n'empêche que tu feras moins le malin quand ton maître et ses sbires finiront à Azkaban ! S'exclama-t-elle, en colère.

- Tu ne sais pas de quoi tu parles petite garce, je ne suis pas un Mangemort ! gronda le Serpentard.

Ginny tenta de reculer mais la pression qu'il exerçait sur son bras l'empêchait de tenter quoi que ce soit.

- Lâche-moi Malfoy, tu me fais mal !

Il lâcha son bras et s'éloigner d'un pas furieux. Ginny l'observa en massant son poignet. Elle l'avait vraiment énervé.

La première semaine de cours passa à une vitesse folle et étrangement Ginny n'eut de cesse de penser à son altercation avec Malfoy. Il avait eu l'air extrêmement en colère quand elle l'avait accusé d'être Mangemort.

Tu ne sais pas de quoi tu parles petite garce, je ne suis pas un Mangemort !

Est-ce qu'il mentait ? Sûrement. Il était à Serpentard. Mais être Serpentard ne voulait pas forcément dire qu'on deviendrait forcément un partisan de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Oui comme Blaise Zabini, le cousin de Sugar. C'était un vrai Serpentard mais rien ne le prédestinait à devenir Mangemort. Sauf que dans sa famille à lui, selon les dires de Sugar, aucune personne n'avait rejoint le Mage noir, alors que ce n'était pas le cas de Malfoy. Son père, sa tante et le mari de celle-ci étaient des Mangemorts.

Elle secoua la tête en réalisant ses propres préjugés injustes. Elle eut alors l'idée de faire une chose qu'elle n'aurait jamais pensé faire dans sa vie. Sympathiser avec un Serpentard.

Le lendemain suivant son monologue intérieur, Ginny attendit qu'il soit seul dans la journée pour l'aborder.

- Hey ! fit-elle d'un ton gai.

Évidemment, ça sonnait un peu faux.

- Qu'est-ce que tu me veux Weasley ? demanda-t-il de sa voix traînante.

- M'excuser à propos de la dernière fois.

Il la fixa étrangement et questionna :

- Où est le piège ?

- Il n'y a aucun piège. Je n'avais pas à dire ça de toi.

- Ou alors tu as un réel problème ou tu te fiches de moi, déclara-t-il en levant un sourcil.

- Je sais que c'est surprenant mais je te demande juste de m’excuser, pas de devenir mon meilleur ami, rétorqua Ginny. Alors ?

- D'accord, finit-il par lâcher.

Elle ne put s'empêcher de sourire. Peut-être qu'après tout il n'était pas si ignoble que ça.

- QU'EST-CE QUE TU FOUS AVEC MA SŒUR MALFOY ?!

Fin du chapitre

End Notes:

Vous avez aimé ? Quelque chose vous a déplu ? Un conseil à me donner ? Laissez vos reviews !

Rapprochement raté by Black Lagoon

 

 

Chapitre III. Rapprochement raté

- QU'EST-CE QUE TU FOUS AVEC MA SŒUR MALFOY ?!

- Oh non, murmura Ginny en reconnaissant la voix de son frère.

Elle se retourna et vit Ron s’approcher d’Harry qui fixait Malfoy d'un air vraiment mauvais.

- ALORS ? hurla Ron.

- Avant que tu n'arrives, nous faisions quelque chose de très intime si tu vois ce que je veux dire Weasley, l’informa Draco d'un ton sarcastique.

Ginny lui jeta un regard air abasourdi. Il aggravait son cas. Pas d'humeur à supporter les hurlements de son frère, elle protesta :

- On ne faisait que parler, Ron. Détends-toi, par Merlin.

- Entre autres, ajouta le Serpentard.

Ron les fixa comme s’il venait d'entendre la pire des injures :

- Malfoy, si tu touches à ma petite sœur, je te tue !

Malfoy éclata de rire avant de lancer :

- Trop tard.

Ron et Harry sortirent immédiatement leurs baguettes.

- Oh non, chuchota à nouveau Ginny. Ron, espèce de crétin ! Tu ne vois pas qu'il te cherche ?

- Et n'oubliez pas que moi, contrairement à vous, trolls ignorants, je suis préfet-en-chef, donc Potty et la belette vous pouvez déjà ranger vos baguettes.

Ginny remarqua alors que plusieurs élèves s'étaient regroupés autour d'eux et les fixaient, l'air intéressé.

Les deux Gryffondor, peu enclins à se laisser avoir par Malfoy, n'abaissèrent pas leurs baguettes. Celui-ci se tourna vers la jeune fille et lui fit un clin d'œil.

- A plus tard, princesse.

Il tourna les talons et commença à s'éloigner. Ginny rougit légèrement et ne vit pas tout de suite que Ron lançait un sort à Malfoy. Apparemment, celui-ci attendait le coup car il se retourna et lâcha un Protego.

- STOP ! hurla soudainement la voix d'Hermione Granger. Mais qu'est-ce qu'il se passe ?

- Demande à Malfoy, il était en train de draguer ma sœur ! Aboya Ron, furieux.

- Ginny, c'est vrai ? demanda la préfète-en-chef.

- Bien sûr que non, répliqua la rousse, sèchement.

- Très bien alors, TOUT LE MONDE s'en va ! Il n'y a rien à voir ! s'exclama Hermione à l'adresse des élèves attroupés autour d'eux.

Certains grognèrent en se plaignant qu'ils voulaient voir la suite.

- Sortez de ce couloir sinon c'est la retenue ! prévint la Gryffondor, d'un ton autoritaire. Ron, Harry vous venez ? RON !

Ce dernier tourna les talons et s’éloigna d’un pas rapide en marmonnant les insultes et des menaces contre Malfoy. Hermione et Harry lui emboîtèrent le pas. Ginny attendit que tous les élèves soient partis avant de se tourner vers Malfoy.

- Mais ça ne va pas ? Tu es malade ou quoi ?

- Qu'est-ce que j'ai fait ? demanda-t-il en prenant un ton faussement innocent.

- Pourquoi as-tu dis à mon frère qu'on…qu'on…Oh arrête de me sourire comme ça ! s'écria-t-elle en voyant les sourire narquois qu'il affichait.

- Je te rappelle que c'est toi qui es venu me voir, Weasley.

- Ouais mais ce n'était pas pour ÇA ! répliqua-t-elle.

- Pourquoi alors ?

- Désolée d'avoir essayé de sympathiser avec toi Malfoy.

- Tu voulais…commença-t-il.

- Oui ! coupa Ginny. Mais apparemment j'ai perdu mon temps. Décidemment tu n'es que…tu n'es que…

Elle s'arrêta en le voyant approcher dangereusement d'elle.

- Je ne suis que ? interrogea-t-il, intéressé par la suite de sa phrase.

Il se rapprocha encore et Ginny se rendit compte qu'ils n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Elle le repoussa et cria :

- Une sale fouine !

Puis elle courut en direction de sa salle commune.

- Ginny où étais-tu ? demanda Leah quand elle s'engouffra dans le trou du portrait.

- Nulle part, grogna la rousse en s'asseyant à côté de Colin Crivey.

Il griffonnait dans un vieux cahier en regardant de temps à autre derrière et lui et en fixant sans cesse sa montre.

- Que fais-tu Colin ? demanda Leah.

- Rien ! Rien du tout ! répondit immédiatement celui-ci en fermant son cahier d'un geste brusque.

Manque de chance, Aaron le lui arracha des mains en lui adressant un sourire victorieux.

- Hé rends-moi ça Mendel !

- Qu'est-ce que c'est ? Ton journal intime ? demanda Aaron d’un ton sarcastique en parcourant des yeux la dernière page.

Quelques secondes plus tard, il partit dans un fou rire incontrôlable. Colin rougit violemment et essaya de reprendre son cahier mais Aaron le tenait fermement.

- C'est son journal ? demanda Leah, curieuse.

- N...Non, dit Aaron en se tenant les côtes. Regardes !

Il jeta le cahier à Leah qui l’attrapa au vol et l'ouvrit aussitôt. Elle fixa quelque chose derrière Ginny puis se mit à rire aussi.

- Montre-moi ! fit Ginny en prenant à son tour le cahier.

Elle parcourut quelques extraits des yeux.

19 h 48 : Harry revient dans la salle commune avec Ron et Hermione.

19 h 49 : Il s'assoit à une table et parle avec Ron. Il a l'air révolté.

19 h 53 : Hermione embrasse Harry.

19 h 55 : Harry se lève et monte les escaliers.

19 h 59 : Il redescend avec des affaires et commence ses devoirs

Ginny se joignit à l'hilarité générale. Ezra et Sugar arrivèrent vers eux et leur jetèrent des regards étonnés.

- Que s’est-il passé ? demanda Ezra à Colin, dont le visage avait pris une teinte cramoisie.

- Regarde ça ! hoqueta Aaron en désignant le carnet.

- C'est quoi ce truc ? demanda Ezra. Midi et trente-deux minutes, Harry boit son jus de citrouille.

- Colin, c'est toi qui as fait ça ? Tu as rempli combien de cahiers comme celui-là ? demanda Sugar, en s'asseyant à côté de son petit ami.

- Une dizaine, répondit Colin à voix basse. Vous n'allez n'en parler à personne d'autre n'est-ce-pas ?

- Bien sûr ! affirma Leah. Mais je veux le lire alors. Voyons comment est remplie la journée de l'Elu.

Ce soir-là en se glissant dans ses couvertures, Ginny songea à Malfoy, encore une fois. Elle semblait faire cela souvent, dernièrement. Elle se remémora leur rencontre quelques heures plus tôt, et à quel point ils avaient été proches. L'aurait-il embrassé si elle ne l'avait pas repoussé ? Non, c'était impossible, elle se faisait tout simplement des idées. Elle se refusa à penser à cela et s'endormit.

FIN DU CHAPITRE

 

 

End Notes:

Voilà, j’espère que ce chapitre vous a plu, n’oubliez pas de laissez vos commentaires ! xxx

Une nouvelle amitié ? by Black Lagoon

 

 

IV. Une nouvelle amitié ?

Le lendemain, Ginny fut réveillée par des éclats de voix. Elle gémit de frustration et se couvrit la tête avec son oreiller. Avec une exclamation de frustration elle finit par se lever et tirer les rideaux de son lit à baldaquins avec hargne. Comme à leur habitude, Sugar et Leah étaient encore en train de se disputer.

- Que se passe-t-il encore ? demanda Ginny en essayant de garder un ton posé bien qu'une once d'agacement était décelable dans sa voix.

- Rien du tout, répondit Leah en lançant un regard noir à Sugar.

- J'imagine que c'est pour rien du tout que HURLIEZ COMME DES MALADES ALORS QU'IL EST SEPT HEURES MOINS LE QUART ! demanda Ginny en hurlant.

Sugar protesta :

- Pas la peine de devenir hystérique. Tu peux te rendormir si tu veux Gin, ajouta- t-elle avec douceur en voyant le rictus de Ginny à l'évocation du mot hystérique.

- HYSTERIQUE ? HYSTERIQUE ? C'EST TOUT CE QUE TU TROUVES A ME DIRE ALORS QUE TU VIENS DE ME REVEILLER UN SAMEDI MATIN ?

- Heu Ginny, s'il-te-plaît calme-toi, risqua Leah.

Ginny leur jeta un regard noir, se leva d'un bond et se dirigea dans la salle de bain en prenant bien soin de claquer derrière elle. C'était toujours comme ça, Leah et Sugar passaient leur temps à se disputer, Ginny jouait l'arbitre mais devant leur manque total de collaboration, elle finissait toujours par s'énerver. Après être sortie de la salle de bain et s'être habillée, Ginny descendit dans la salle commune. Elle n'était vraiment pas du matin.

- Pourquoi tu fais cette tête Ginevra ? demanda Ezra qui faisait une partie d'échecs version sorcier avec Colin.

- Elles m'ont encore réveillé, répondit Ginny en s'asseyant à côté d'eux. Où est Aaron ?

- Il dort encore, l'informa Colin en bougeant l'un de ses pions.

Ginny s'installa confortablement dans le fauteuil et ferma les yeux. Elle se dit que peut-être, elle arriverait à combler son manque de sommeil, juste quelques minutes supplémentaires.

- Ginny ?

Elle ouvrit les yeux à contrecœur et vit Leah la regarder.

- Qu'est-ce-que tu veux ? demanda-t-elle se redressant.

- On est désolé, Sugar et moi je veux dire. On sait qu'au réveil tu es de mauvaise humeur, s'excusa-t-elle.

- C'n'est pas grave pauvres idiotes !

Elle sourit.

- En fait, Sugar à un problème, lança Leah d’un ton hésitant.

- C'est grave ? Que lui arrive-t-il ? demanda Ginny en commençant à s'inquiéter.

- Hum, plus ou moins.

- Où est-elle ?

- Dans le dortoir mais...

Ginny se releva, entraînant son amie derrière elle et monta rapidement dans le dortoir. Aucune trace de leur amie.

- Elle est dans la salle de bain, informa Leah avec un petit sourire.

Ginny frappa plusieurs fois à la porte et demanda :

- Sugar, ouvre cette porte !

- Je... je ne peux pas... c'est horrible, répondit celle-ci d'un ton désespéré.

Ginny sortit sa baguette et murmura :

- Alohomora.

La porte s'ouvrit et Sugar se retourna vers elles.

- Regardez ce...bouton !

Ginny la regarda puis leva les yeux au ciel, excédée.

- Ce n'est qu'un bouton ma vieille !

- Plutôt énorme comme bouton il faut l'avouer, commenta Leah.

Ses deux amies lui jetèrent un regard noir puis Sugar s'exclama :

- Et puis ce fichu efface-boutons qui ne fait aucun effet !

- Attends, les jumeaux m'avaient envoyé un efface-boutons plutôt efficace, je reviens, fit Ginny.

Quelques minutes plus tard, la rouquine revint avec le flacon et commença à en étaler sur le visage de son amie.

- Ça ne marche pas ! s'écria-elle après que Ginny eut terminé.

- Enfin, ne soit pas si pressée ! On va attendre un peu ! fit Ginny

Dix minutes plus tard, aucun résultat. Leah prit le flacon et signala :

- Normalement, au bout de trois minutes les boutons s'effacent.

- Donne-moi ça ! s'exclama Sugar

Elle lui arracha le flacon des mains et lut à toute vitesse.

- Elle a raison ! Par Merlin, qu'est-ce que je vais faire ? questionna-t-elle complètement paniquée.

- Bon, ce n'est qu'un bouton, on ne va pas en faire une montagne, fit remarqué Ginny, irritée.

- Non, Ginny je refuse de sortir d'ici comme ça ! s'écria Sugar d'un ton désespéré.

Leah dit d'une voix calme :

- L'apparence ajoute à l'esprit d'une femme la même chose qu'un vêtement masculin, il sublime ses charmes et ses défauts.

Elle accentua bien le mot défauts.

- Tu te crois drôle n'est-ce pas ? demanda Sugar en lui lançant un regard oblique.

Leah commença à prendre une voix aiguë pour imiter Sugar.

- Oh Merlin ! Mais que vont dire les autres quand ils vont voir mon énoooorme bouton ?! Oh je suis tellement laiiiiide ! Ezra ne voudra plus jamais de moi !

Grave Erreur. Si les regards -même assassins- ne tuaient pas, ceux de Sugar pouvaient sérieusement vous blesser.

- Quand toi, tu arriveras à te trouver un petit ami on en reparlera d'accord ? Mais bien sûr il faudrait admettre que quelqu'un veuille bien de toi !

Touché. Ginny retourna vers Leah qui s'était crispée devant la vérité de cette phrase.

- Non, Leah, ce n'est pas ça que je voulais dire, commença Sugar machinalement, sans une pointe de remords.

- Si, tu l'as dit exprès… exprès pour me vexer !

Elle sortit de la salle de bain et descendit les escaliers du dortoir à toute vitesse.

- Elle l'avait cherché ! se justifia Sugar.

- Écoute, mets du maquillage. Il ne disparaîtra pas totalement mais on arrivera un peu à le cacher. Je vais voir Leah.

Ginny descendit les escaliers rapidement en cherchant son amie. Les garçons l'informèrent qu'elle venait à peine de sortir de la salle commune.

- Weasley ! entendit-elle alors qu'elle passait devant la bibliothèque. Elle se retourna et vit Draco Malfoy qui marchait derrière elle d'une démarche assurée.

Harry et Hermione marchaient également en direction de la bibliothèque quand ils virent Malfoy discuter avec Ginny. Cette dernière le regardait, un sourire désabusé sur les lèvres. Hermione demanda :

- C'est bizarre non ? Malfoy et Ginny semblent bien s'entendre.

- Ça m'étonnerait, il prépare un coup, j'en suis certain, déclara Harry.

- Ah bon ?

- Hermione, c'est de Malfoy qu'on parle. Il ne changera pas du jour au lendemain.

Hermione acquiesça et jeta un regard furtif vers Harry. Il observait Ginny avec un peu trop d'insistance à son goût.

- On ne devait pas aller à la bibliothèque ? lui rappela-t-elle en pressant sa main.

- OK allons-y, dit Harry sans enthousiaste.

Il devrait passer son samedi matin à la bibliothèque pour étudier. Quelle fabuleuse perspective, se dit-il. Même s'il aimait beaucoup Hermione, être son petit ami ne présentait pas que des avantages...

En passant derrière Ginny, Harry jeta un regard méprisant à Malfoy et eut pour réponse un sourire moqueur de ce dernier. Le laisser parler avec Ginny ne lui plaisait guère mais Hermione lui avait clairement défendu de chercher des ennuis avec le Serpentard alors il entra dans la bibliothèque derrière elle.

- Qu'est-ce-que-tu veux ?

- Est ce que je t'ai déjà dit que je te trouvais très mignonne Weasley ? demanda-t-il.

Ginny leva les yeux au ciel.

- Tu as mangé quelque chose de pas frais Malfoy ? Tu délires. Et pour information j'ai un prénom.

- Moi aussi, répliqua le blond.

- Appelle-moi par mon prénom et je t'appellerais par le tien, proposa Ginny.

- Toi d'abord dans ce cas.

Elle leva les yeux au ciel.

- D'accord Draco. Allez maintenant à toi.

- Ginny, voilà, satisfaite ?

- Très.

Elle tourna les talons et reprit son chemin.

- Où vas-tu ? demanda-t-il.

- Mais de quoi je me mêle ? Et toi où vas-tu ? demanda-t-elle en l'imitant.

- J'irais où tu iras, Weasley.

- Décidément j'aurais tout vu ce matin ! s'exclama la jeune fille.

- Je te rappelle que c’est toi qui voulais faire connaissance, protesta le blond.

- Pourquoi es-tu sympathique aujourd'hui ? Tu es un Serpentard, rappela soudain Ginny, avec méfiance.

Pour dire vrai, elle doutait de sa sincérité.

- Pourquoi es-tu méchante aujourd'hui ? Tu es une Gryffondor, rétorqua Draco.

Elle sourit. En fin de compte, il était peut-être fréquentable.

- OK, j'espère que tu es convainquant alors.

Il haussa un sourcil.

- Pourquoi cela ?

- Viens...LEAH !

Elle l'entraîna vers une fille, sûrement l’une de ses amies, se dit-il. Dès qu'elle les vit arriver, la dénommée Leah écarquilla les yeux en fixant le Serpentard.

- Qu'est-ce qu’il fait là lui ? demanda-t-elle, visiblement très surprise.

- Lui a un prénom, rétorqua Draco, irrité.

Elle rougit de confusion et ne répondit pas. Ginny prit alors la parole.

- Draco et moi étions en train de discuter, et il m'a dit qu'il te trouvait plutôt mignonne, expliqua-t-elle.

- Pas du tout Weasley, je parlais de t…

Ginny lui adressa un regard d'avertissement.

- Oui tout à fait ! se rattrapa-t-il.

- C'est vrai ? demanda Leah avec de grands yeux.

Il acquiesça et sûr de lui, reprit :

- Évidemment, je ne sais pas qui t'as dit le contraire mais...

- Merci Draco, coupa Ginny sans pouvoir s'empêcher de lever les yeux au ciel. Tu vois Leah, notre boutonneuse préféré ne sait pas de quoi elle parle finalement !

Elle sourit et remercia Draco avec un léger mouvement de tête. Son sourire s'étira quand il s'approcha d'elle et murmura :

- A charge de revanche Weasley.

Et il se dirigea vers la Grande Salle.

- Waouh, tu es amie avec Draco Malfoy ? demanda Leah, avec admiration.

- Amie ? Non quand même pas, disons que nous sommes sur la même longueur d'onde. Tu viens, on va déjeuner ? proposa la rousse avant d'entraîner son amie en direction de la salle de banquet.

Fin du Chapitre

 

Quand la glace s'approche du feu... by Black Lagoon
Author's Notes:

 

 

 

V. Quand la glace s'approche du feu

Draco entra dans la bibliothèque en maudissant intérieurement le professeur McGonagall. Cette bonne femme était une vraie peste. Elle lui avait collé un devoir sur Les diverses métamorphoses animales à rendre pour le lendemain. Il en avait pour la nuit au moins. Il s'enfonça dans le rayon de Métamorphoses pour chercher des ouvrages en pestant encore contre la directrice de Gryffondor. En parlant de Gryffondor, n'était-ce pas la sœur de Weasley à cette table ? Il s'approcha d'elle et posa les grimoires qui firent un bruit sec sur la table. La jeune fille sursauta et leva les yeux vers lui. Elle le dévisagea pendant quelques secondes avant de retourner à ses activités.

- Quel accueil, déclara Draco d'un ton sarcastique avant de s'asseoir en face d'elle.

- Je ne t'ai pas autorisé à t'asseoir ici, fit remarquer Ginny d'un ton placide, sans pour autant lever les yeux.

- Je ne t'ai pas demandé d'autorisation, répliqua Draco sur le même ton.

Elle ne répondit pas, mais il remarqua qu'un léger sourire s'était dessiné sur ses lèvres.

- Que fais-tu ? demanda-t-il en regardant le parchemin de Ginny, où étaient écrites toutes sortes de caractères étranges.

- C'est mon devoir de Runes, expliqua Ginny en levant la tête vers lui. Et toi ?

- Métamorphoses.

Un silence s'installa et Ginny préféra retourner à son travail. Mais elle ne parvint pas à se concentrer. Les grattements incessants de la plume de Draco sur la table l'irritaient. Elle leva la tête et constata qu'il n'avait rien écrit et fixait un groupe de filles qui gloussaient en le regardant. Elle demanda :

- Tu veux que je t'aide ?

Il sortit de sa torpeur et son sourire narquois refit surface.

- Tu es en sixième année, l'informa-t-il comme si elle était idiote.

Ce ton agaça profondément Ginny qui lui prit son parchemin et tira vers elle les grimoires qu’il avait posé sur la table.

- C'est ce qu'on va voir.

- Qu'est-ce que-tu fais ? s'étonna-t-il tandis qu'elle ouvrait l'un des ouvrages.

- Je vais te prouver que, même si je suis qu'une sixième année, je suis plus douée que toi, répondit Ginny avec un sourire moqueur.

- Je ne crois pas.

- Si, assura-t-elle.

- Non.

- Si.

- Très bien, conclu-t-il. Puisque c'est comme ça...

Il sortit un nouveau parchemin et s'empara d'un autre livre. Une bonne heure plus tard, il s'exclama :

- Voilà j'ai fini, exactement cinquante-deux centimètres de parchemin. Je t'avais dit que tu ne pouvais pas m'avoir Weasley.

Ginny le regarda avec un petit sourire contrit.

- Montre-moi ce que tu as fait, je me ficherais juste un peu de toi, continua-t-il avec un sourire victorieux.

Elle lui tendit son parchemin.

- J'avoue que c'est nettement moins long que toi, mais ce n'est pas si mal, dit-elle avec amusement.

- Ce n'est pas de la Métamorphose.

- Bien observé. C'est toujours mon devoir de Runes. Je voulais simplement te motiver à faire ce devoir. Alors qui est la plus douée maintenant ?

Il marmonna quelque chose d'incompréhensible.

- Tu m'excuses, je n'ai pas bien entendu désolée, fit Ginny avec sourire avant de se lever. Allez, bonne nuit !

Il la regarda ramasser ses affaires puis sortir de la bibliothèque, l'air hilare.

- J'aime cette fille...songea-t-il avec amusement.

Peu de temps après, Ginny arriva dans sa salle commune et rejoignit ses amies qui s'étaient installées près de la cheminée.

- Où étais-tu ? demanda Sugar dès qu'elle la vit.

- Bibliothèque, répondit-elle simplement avant de s'asseoir.

- Toute seule ? se moqua Leah.

- Oui toute seule, qu'est-ce-que tu crois ? répondit Ginny d'un ton qui se voulait désinvolte.

Malheureusement pour elle, elle fut trahie par la couleur que prirent ses joues.

- Pas avec un certain Draco Malfoy ? demanda Leah en prenant le ton qu'elle utilisait quand elle avait un ragot à rapporter.

Sugar leva un sourcil étonné, la priant de continuer.

- Oh Ginny est devenue amie avec Malfoy. L'autre jour ils discutaient et ils semblaient bien s'entendre, expliqua-t-elle en faisait un clin d'œil appuyé à la rousse.

- Leah ! coupa Ginny, outrée.

- Et bien quoi, c'est vrai ! protesta Leah en haussant les épaules.

- Par Merlin Ginny, dis-moi que ce n'est pas la vérité ! s'exclama Sugar d'un ton scandalisé.

- Je…Non ce n'est pas vrai, je veux dire...Nous ne sommes pas amis ! se défendit la rouquine

- Il était avec toi à la bibliothèque oui ou non ? demanda Leah.

Ginny acquiesça à contrecœur. Sugar ouvrit grand la bouche, visiblement choquée.

- Ne me regarde pas avec cet air-là, fit Ginny en levant les yeux au ciel.

- Mais enfin c'est un Serpentard, riposta Sugar en commençant aussitôt à s'enflammer. Et pas n'importe lequel, c'est leur chef ! Le pire ! Il va sûrement devenir Mangemort et...

- Je ne crois pas vous avoir demandé votre avis sur la question, déclara Ginny en se levant. Sur ce, bonne nuit.

Non loin d’elles, un jeune homme brun aux yeux verts avait suivi la scène et il n'était pas content.

//

- Soyez doux les enfants ! MENDEL, j'ai dit doux ! s'exclama le professeur Chourave avec fureur.

Elle fixait d'un œil noir Aaron qui cessa immédiatement de maltraiter sa plante. La sonnerie retentit et les élèves se dépêchèrent d'enlever leurs gants de protection et de sortir de la serre, trop heureux de s'éloigner des plantes carnivores qu'ils avaient dû étudier pendant le cours de botanique.

- J'ai toujours détesté cette matière, déclara Aaron, sombrement.

Ils se lavèrent les mains et se rendirent dans la grande salle pour déjeuner.

- J'ai une faim de loup-garou, fit Ezra.

- Oui comme d'habitude, fit remarquer sa petite-amie en levant les yeux au ciel.

Ginny et les autres s'installèrent à leurs places habituelles juste à côté du trio d’or et pour la première fois de sa vie, voir Harry et Hermione s'embrasser ne lui fit ni chaud ni froid. Instinctivement, elle jeta un coup d'œil vers la table des Serpentard et elle rencontra aussitôt un regard gris métallique. Draco lui fit un clin d'œil avant de se pencher vers Blaise Zabini. Elle entendit un léger toussotement et Leah lui fit comprendre d'un seul sourire qu'elle avait tout vu. La rouquine lui fit une grimace puis prit le plat de pommes de terre.

La journée passa rapidement et Ginny se rendit vers le terrain de Quidditch pour les essais qui devraient constituer la nouvelle équipe de Gryffondor. Elle arriva sur le stade et Demelza vint à sa rencontre.

- J'espère être prise, dit-elle avec appréhension.

- Harry t'a vu joué l'année dernière, je suis certaine qu'il te prendra, la rassura Ginny.

Elle leva les yeux vers les gradins et constata la présence de certains Serpentards. La bande de Pansy Parkinson était venue spécialement pour déstabiliser les prétendants aux postes de l'équipe en leurs lançant des vannes et des commentaires irrespectueux.

La foule se regroupa soudain vers le capitaine. Ginny et Demelza se dépêchent de suivre le mouvement.

- Nous allons commencer par les essais pour choisir les poursuiveurs, expliqua Harry. Je veux tous les autres en dehors du terrain.

Ginny et Demelza ainsi qu'un groupe d'élèves enfourchèrent leurs balais. Harry constitua deux équipes pour faire un match. Après une vingtaine de minutes de jeu, l'équipe de Ginny s'imposa aisément face à celle des autres Gryffondor. Sur les sept buts qu'avait marqués son équipe, Ginny en avait inscrit quatre. Le capitaine siffla et les poursuiveurs retournèrent sur les places assisses pendant que les batteurs s'envolaient à leurs tours.

A la fin des essais Ginny rentra dans la salle commune pour prendre une douche avant le dîner.

- Alors ? demanda Ezra. Tu as été reprise ?

Ginny acquiesça et expliqua à ses amis brièvement le déroulement des sélections avant de monter prendre sa douche.

//

Le mois de Septembre passa à une vitesse fulgurante et sans que Ginny et ses amis n'aient eu le temps de s'en rendre compte, le mois d’Octobre se profila. Les rapports de Ginny et Draco étaient devenus quelques peu amicaux. Ils passaient leur temps à se chercher, parfois ils s'insultaient mais ils finissaient toujours par trouver un terrain d'entente. Ginny avait parfois l'impression qu'il la draguait. Si bien qu'elle n'arrivait plus à déterminer quand ils jouaient et quand ils étaient sérieux. Évidemment, cette impression était peut-être due à son imagination.

- Au Moyen Âge, il semble que la plupart des moldus croyaient en la magie - toujours étroitement liée à la religion. On lui attribuait un pouvoir guérisseur. Les premiers Européens à gagner leur vie en présentant des tours de magie furent les jongleurs du Moyen Âge, artistes ambulants, avaleurs de sabre, cracheurs de feu, chanteurs et danseurs. Ils exécutaient le fameux tour de balles et de gobelets. Peu à peu, le répertoire de l'illusionnisme moderne s'est enrichit de prestations d'artistes au cours des fêtes locales. Mais à la fin de cette période de tours de passe-passe, les magiciens sont soupçonnés de sorcellerie, de commerce avec le diable et sont condamnés à...

La sonnerie sonnant l'heure de la libération retentit enfin. Le double cours d'histoire de la magie avait été, comme à son habitude, assommant et la voix lente de Binns pouvait facilement vous rendre dépressif.

Ginny rangea ses affaires et sortit de la salle de cours. Rapidement, elle s'engagea dans le couloir et poussa une des tapisseries qui révélait l'un des nombreux raccourcis de Poudlard. La plupart du temps, elle ne rencontrait personne mais cette fois, elle tomba nez à nez avec Draco. Elle l'observa longuement. Était-ce une impression ou avait-il vraiment l'air soucieux ?

- Hey, le salua-t-elle avec enthousiasme.

Il lui répondit d'un léger mouvement de tête.

- Ça ne va pas ? demanda-t-elle d'un ton qu'elle voulut désinvolte.

- Qu'est-ce-qui te fait croire ça ? demanda-t-il en la regardant étrangement.

Elle haussa les épaules avant d'expliquer :

- Tu fais une drôle de tête aujourd'hui.

Mais n'était-elle pas censée se ficher complètement de savoir ce qu'il n'allait pas ? Après tout, elle ne se souciait pas du tout de son bien-être.

- Vraiment ?

- Oui, ça te rend un peu moins séduisant que d'habitude.

Elle resta choquée devant l'absurdité de ce qu'elle venait de dire. Apparemment lui aussi car il reprit son sourire goguenard.

- Tu me trouves séduisant alors ?

- Non, je disais ça pour plaisanter, tenta-t-elle de se rattraper.

Elle vit sur son visage qu'il ne la croyait pas et son sourire s'étira encore plus (si c'était possible.)

- Je dois avouer que je suis flatté, dit-il.

Elle leva les yeux au ciel. Certes, elle lui avait avoué qu’elle le trouvait mignon, il n'était pas nécessaire d'en faire toute une histoire. Elle finit par dire :

- D'accord j'ai dit que tu n'étais pas mal, alors n'exagère pas. Ce n'est pas comme si j'avais...

Elle se tut. Elle avait déjà atteint son quota d'absurdités pour la journée, inutile d'en rajouter.

- Si tu avais ? demanda-t-il.

- Rien, laisse tomber.

Gardant son petit sourire narquois il passa son bras autour des épaules de Ginny qui se dégagea dans la seconde qui suivit le geste. Elle arrêta de marcher et lança :

- Je ne sais pas à quoi tu penses, mais certainement pas !

- Ah tu es sûre de ce que tu avances ? interrogea-t-il d'une voix traînante.

La rousse ne répondit pas et recula quand Draco s'approcha d'elle. Elle se retrouva collée contre le mur de pierre froide. Soudain, avec une douceur qui la surprit, il l'embrassa. Ce fut un sage baiser, comme pour demander à Ginny son accord pour aller plus loin. En temps normal, Ginny l'aurait déjà repoussé fermement et lui aurait collé une claque magistrale mais elle se surprit à apprécier le geste.

Une fois sûre d'elle, et certaine que ce qu'elle faisait était la chose plus stupide de sa vie, elle l'embrassa avec plus d'ardeur. Ils restèrent collés l'un à l'autre, étrangers à toute notion de temps. Puis, à bout de souffle, ils se séparèrent, tous deux arborant un air désemparé. Ginny reprit son souffle et murmura un " Je dois y aller " paniqué avant de s'enfuir précipitamment.

FIN DU CHAPITRE

 

Un Choix by Black Lagoon

 

 

VI. Un choix

Alors là Ginny, tu as fait des bêtises dans ta vie mais celle-là c'est vraiment la pire, pensa Ginny alors qu’elle courrait presque dans les couloirs.

 Elle s'engouffra dans le trou de la Salle Commune derrière une première année et monta directement dans son dortoir. Elle jeta ses affaires près de sa commode puis s'allongea sur son lit. Elle enfonça sa tête dans l'oreiller, y poussa un cri de frustration puis passa la demi-heure qui suivit à se traiter de tous les noms.

- Ginny ? demanda alors une voix au-dessus d'elle.

- Hmm, grogna-t-elle, la tête toujours collée à l'oreiller.

- Je peux savoir ce que tu fais ?

Ginny se tourna légèrement et vit Leah et Sugar la regarder avec appréhension.

- Rien, répondit-elle en se redressant.

Elle essaya de sourire mais son geste ressembla plus à une grimace qu'à autre chose.

- Que se passe-t-il ? C'est ton frère ? demanda Leah.

Ginny secoua la tête.

- Quoi alors ?

- J'ai fait une énorme bêtise, soupira-t-elle.

Ses deux amies se regardèrent un moment puis lui demandèrent de s'expliquer.

- J'ai...Malfoy et moi, on s'est embrassés, déclara la rousse.

Les deux jeunes filles se regardèrent, ahuries.

- Malfoy t'a embrassé ?! s’écria Sugar.

- ON s'est embrassé, rectifia Ginny avec lenteur.

Sugar laissa échapper un rire nerveux avant de vociférer :

- Donc tu ne l'as pas repoussé ? Mais tu es complètement MALADE ! Un Serpentard ! cracha-t-elle.

Ginny ne répondit pas et fixa ses pieds. Leah, quant à elle, commença à glousser légèrement.

- Je peux savoir ce qu'il y a de drôle ? répliqua Sugar, sèchement.

- C'était comment ? demanda Leah à Ginny.

Celle-ci se mit à rougir furieusement ce qui doubla les gloussements de Leah.

- J'en étais sûre, petite cachottière !

Sugar leva les yeux au ciel puis sortit du dortoir.

- Ginny, explique-moi, je veux absolument connaître tous les détails ! s'exclama Leah dès que la Sugar fut sortie.

- Leah, s'il-te-plaît, pas maintenant, implora Ginny, d'un ton sombre.

Elle n'arrivait pas à croire ce qu'elle venait de faire et l'insistance de Leah l'agaçait. Ce n'était pas un baiser avec n'importe quel garçon. Draco Malfoy ne deviendrait jamais son petit-ami. Tout d'abord, il était à Serpentard, ensuite son père était un des partisans de Voldemort et puis de toute façon elle aimait déjà un autre abruti. La rousse et son amie descendirent donc dans la salle commune.

Pendant les trois jours qui suivirent le "baiser”, Ginny fit tout pour éviter le Serpentard. Mais elle finit par constater que cela ne servait à rien : Malfoy semblait s'être complètement désintéressé d'elle. A chaque fois qu'elle le croisait dans un couloir, il affichait constamment cet air préoccupé.

- Tu lui as reparlé ? demanda soudain Leah alors qu'elles étaient en Potions, occupées à préparer un filtre de rajeunissement.

C'était assez complexe et comme Ginny n'avait pas envie de rater sa potion, elle garda le silence.

Quelques secondes plus tard, son amie lui donna un coup de coude dans les côtes.

- Non je ne lui ai pas reparlé, murmura Ginny avec fureur.

- Tu as vu la tête qu'il fait en ce moment ?

- Non.

- Il n'insulte même plus les Gryffondors ! Peut-être qu'il est amoureux de toi et qu'il essaye de choisir son camp ! chuchota Leah.

Ginny leva les yeux au ciel.

- S'amouracher de la belle Ginevra Weasley ou rejoindre le clan de Voldemort et de ses partisans, continua-t-elle.

Ginny la fixa étrangement et répondit :

- Arrête les romans à l'eau de rose. Ça devient inquiétant.

- Si on ne peut plus plaisanter, s'indigna Leah. Je...

Mais sa voix fut couverte par la sonnerie qui annonçait la fin du cours et d'une après-midi plutôt éprouvante. Ginny et son amie retournèrent dans leur Salle Commune. Dès qu'elles furent entrées, elles virent Harry se diriger vers elle. Il fit un sourire à Ginny.

- Ginny, l'entraînement commencera trente minutes plus tôt ce soir, alors sois à l'heure.

- Entendu

- Harry n'est vraiment pas mal, non, fit remarquer Leah en le détaillant alors qu’il s’éloignait.

Ginny haussa les épaules.

- Vous auriez fait un beau couple, ajouta-elle. Mais tu vas encore mieux avec Malfoy.

- Pourquoi tu ne fais que de me parler de lui ? questionna Ginny, irritée.

- Je n'en sais rien, fit Leah. Ah les voilà.

Elles repérèrent Colin et Aaron et s'installèrent avec eux.

- Harry et Hermione, se sont encore disputés aujourd'hui, c'est la troisième fois depuis deux jours, annonça joyeusement Colin.

Ginny ne répondit pas mais Leah demanda à quel sujet il y avait eu confrontation.

- Et bien, curieusement, c'était au sujet de Ginny, répondit Colin

- A propos de moi ? Pourquoi ? interrogea Ginny, déconcertée.

- Harry disait à Hermione que Malfoy et toi aviez passé beaucoup de temps ensemble pendant ces dernières semaines.

- Vraiment ? demanda Ginny.

Colin hocha la tête.

- Mais bien sûr, c'est sûrement faux, tu détestes Malfoy n'est-ce pas ?

- Oui bien sûr que je le déteste, mentit Ginny avec un rire nerveux.

- Voilà. Enfin Hermione n'a pas trop apprécié. Elle lui a dit qu'il parlait un peu trop de toi en ce moment.

- Pourquoi il parlerait de Ginny ? demanda Aaron.

Colin haussa les épaules.

- Je n'en sais rien.

Ginny se mit à cogiter sur ces derniers évènements. D'abord, ce baiser avec Malfoy. Elle y pensait sans cesse pour être sincère. Elle était aussi préoccupée car il avait l'air d'avoir des problèmes. Il y avait aussi le fait que Sugar refuse de lui parler, à cause de Malfoy une nouvelle fois et maintenant elle apprenait qu'Harry parlait souvent d'elle encore et toujours à cause du Serpentard.

En fait, tous ses problèmes revenaient à une seule personne : Draco Malfoy. Elle se maudit d'avoir essayé de sympathiser avec lui. Elle avait toujours eu des idées stupides.

Toutefois, elle se posait quand même une question. Pourquoi diable Harry s'intéressait soudain à ses fréquentations ? Il avait changé d'attitude envers elle depuis quelques temps et l'entraînement de la soirée ne fit que confirmer ses doutes.

Durant toute la séance, il n'avait eu de cesse de la complimenter sur ses talents de poursuiveuse et de son agilité remarquable. Et si ce n'était pas assez, il avait insisté pour la raccompagner à la Salle Commune.

- Non Harry, ce n'est vraiment pas la peine

- J'insiste, fit-il avec un petit sourire et Ginny se sentit immédiatement fondre.

- Alors comment se passent tes cours ? demanda-t-il alors qu'ils traversaient le parc.

- Ça va, et toi ?

Il lui expliqua que les cours étaient vraiment difficiles et qu'il appréhendait les ASPICS à la fin de l'année.

- Je suis sûre que tu vas y arriver, en plus tu as Hermione.

- Ouais, j'ai Hermione, répondit-il.

La rousse ne put s'empêcher de remarquer la dose d'ironie qui régnait dans les propos d'Harry. Ils discutaient de choses banales quand ils arrivèrent dans la Salle Commune. Dès qu'Harry entra, une brune aux cheveux broussailleux se précipita vers lui en lançant un regard obscur vers Ginny. Celle-ci monta directement dans son dortoir, levant les yeux au ciel.

La semaine suivante, Ginny se décida à aller parler à Malfoy. Elle profita d'un moment où il était seul dans le parc, près du lac, pour aller le voir.

- Salut Draco, le salua-t-elle même si elle n'arrivait toujours pas à s'habituer à l'appeler par son prénom.

Il se tourna vers elle et fit :

- Ginny.

Par où commencer ? se questionna la Gryffondor. Écoute Malfoy, notre baiser était super mais... Mais quoi ? On ne peut pas sortir ensemble. Elle rit intérieurement. Comme s’il voulait sortir avec elle.

- Beau temps, finit-elle par dire.

Excellent Ginny, tu n'as pas d'autres sujets à aborder que la météo ? se demanda-t-elle.

- Si tu le dis, répondit simplement le blond.

- Écoute, lança-t-elle. Au sujet de l'autre fois...enfin...tu sais de quoi je veux parler. Je veux dire, si c'est cela qui te rends si préoccupé, tu peux être rassuré : je n'en parlerais à personne.

Il la regarda pendant un court moment puis tourna à nouveau son regard vers le lac, les mains dans les poches de sa robe de sorcier.

- Ça n'a rien avoir avec ça...

Machinalement il passa sa main sur son avant-bras.

- très bien, déclara Ginny. Tu veux en parler ?

Il laissa échapper un rire moqueur.

- Est-ce que je peux avoir confiance ?

- Je suis une Gryffondor, répliqua-t-elle. Alors oui, je pense que tu peux avoir confiance.

- O.K...

Mais soudain la sonnerie retentit.

- Mince, on pourra en reparler ? demanda Ginny.

- On verra, répondit-il, énigmatique.

La jeune fille sourit et elle se dirigea vers le château tandis qu'il prenait la direction des serres. Elle monta au premier étage et entra dans la salle d'enchantements et Sortilèges.

- Tu ne devineras jamais Ginny, murmura Leah avec excitation quand la rousse s'assit à côté d'elle.

- Alors dis-le moi.

- Et bien Mister Potter et sa préfète-en-chef ont rompu ! annonça-t-elle avec un sourire entendu.

- Comment sais-tu cela Mademoiselle-la-reine-des-ragots ? demanda Ginny, stupéfaite.

- Et bien depuis ce matin, tout le monde en parle ! Continua la jeune fille. Il parait qu'il l'a plaquée ce matin avant d'aller en cours.

- C'est vraiment étonnant de sa part. Pourquoi a-t-il rompu ?

- Apparemment il y a une autre fille.

- Qui est-ce ? demanda Ginny.

- Mais enfin Ginny, personne ne le sait mais c'est tellement évident que c'est toi !

Ginny la fixa comme si elle était folle.

- Moi ? C'est impossible, ça ne peut pas être moi !

- Réfléchis Ginny ! Voilà pourquoi il a changé de comportement envers toi, pourquoi il te complimente si souvent et pourquoi il parle tellement de toi à Hermione à propos de Malfoy ! Il a le béguin pour toi et il est jaloux de Malfoy, expliqua Leah avec un large sourire.

- C'est...

- Génial non ? Oh tu as tellement de chance Ginny ! déclara Leah. J'aimerais tellement être à ta place.

- Ah ?

- Évidemment ! Tu as le choix entre les deux meilleurs partis du pays, ma chérie ! Ils sont beaux, riches et feront sûrement de grandes choses plus tard. Potter, lui va sûrement sauver le monde et Malfoy, va hériter de tous le patrimoine de sa famille, c'est si... fit Leah avec émerveillement. Il ne te reste plus qu'à choisir !

Choisir ? Leah venait de tout lui expliquer, c'était complètement clair mais aussi tellement confus, elle aimait Harry depuis une éternité, et si ce qu'affirmait son amie était vrai, elle ferait quelque chose qu'elle attendait depuis si longtemps, quelque chose qui était devenu un rêve qu'elle ne réaliserait jamais deux ans plus tôt à cause de Hermione. Mais de l'autre côté, il y avait Draco.

Elle ne l'aimait pas comme Harry, mais elle ressentait quelque chose qu'elle n'arrivait pas à expliquer pour lui. Il l'attirait mais leur condition leur permettrait-elle d'aller un jour plus loin ? Leurs familles étaient rivales depuis longtemps alors que ses proches adoraient Harry et considéraient déjà ce dernier comme un membre de la famille. Elle n'avait aucune envie de se lancer dans une relation aussi compliquée. Son entourage ne comprendrait jamais. Et d'ailleurs elle n'avait aucune preuve que cette attirance soit réciproque. Bref, elle n'arrivait pas à cerner le Serpentard.

Quand Ginny parvenait à se convaincre que le petit-ami idéal était Harry, l'image du baiser qu'elle avait partagé avec Draco lui revenait toujours en tête. Cette ardeur, cette passion, jamais auparavant elle n'avait été embrassée comme cela. Pendant un court instant elle avait été plus que "La petite Weasley"

Durant le cours, Ginny ne parvint pas à se concentrer et les instructions du Professeur Filtwick la laissèrent totalement indifférente. A la fin du cours, Leah dû l'appeler plusieurs fois pour que la rousse sorte de sa torpeur.

Pendant qu'elles marchaient, Leah donna un violent coup de coude dans les reins de la rousse, et celle-ci, furieuse, s'exclama :

- Non mais tu es folle ? Qu'est ce qui te pre...Harry !

Le Survivant était arrivé devant elle et lui sourit. Elle lui rendit son sourire pendant que Leah annonçait :

- Ginny, tu me rejoins dans la Grande Salle !

Et elle partit précipitamment.

- Tu vas bien ? demanda Harry.

- Oui très...et toi ?

- Moi aussi, répondit-il en souriant à nouveau. Je me demandais...

Il passa sa main à l'arrière de sa tête, mal à l'aise. Ginny sourit pour l'inciter à continuer.

- Je me demandais, répéta-t-il. Si tu voulais venir avec moi à la soirée de Slughorn.

- Oh, fit Ginny, surprise.

- Je sais que je demande un peu tard mais...

- C'est d'accord, je veux bien y aller avec toi ! déclara-t-elle.

- Et bien, rendez-vous à sept heures dans la Salle Commune alors ? proposa-t-il, un peu plus sûr de lui.

- C'est parfait, à tout à l'heure alors.

Ce soir-là, dans le dortoir des sixièmes années, une ambiance de stress régnait.

- Tu crois qu'il va aimer cette coiffure ? demanda Ginny en regardant ses cheveux dans le miroir de la salle de bain.

- C'est assez original, il faut le reconnaître, déclara Leah.

- C'est la mode du siècle dernier surtout, déclara Ginny en remettant de l'ordre à sa chevelure.

A ce moment-là, Sugar entra dans la salle de bain. Elle jeta un regard aux deux jeunes Gryffondors. Un silence pesant s'installa soudain.

- Harry a invité Ginny à la fête de Slughorn, dit soudain Leah à l'adresse de Sugar.

Celle-ci se tourna vers la jeune rousse.

- Vraiment ?

Ginny acquiesça.

- Et Malfoy alors ?

- De l'histoire ancienne, répondit Leah.

Un sourire éclaira le visage de la brune. Elle serra alors Ginny dans ses bras.

- Je suis tellement contente pour toi !

Leah se mit alors à lui expliquer les derniers évènements en date tandis que Sugar s'occupait de la coiffure de rousse.

- Tu es très jolie, fit Harry dès qu'il la vit.

- Merci, c'est gentil. On y va ?

Il hocha la tête et lui prit la main. Elle rougit légèrement à ce contact et se laissa entraîner en dehors de la Salle Commune. Bientôt, ils arrivèrent dans le bureau de leur professeur de Potions. Celui-ci, ravi, les présenta aussitôt à un de ses nombreux contacts du ministère. Dans l'ensemble, la soirée avait plutôt été réussie et il fallait reconnaître qu'ils s'étaient amusés. La rouquine remarqua qu'Hermione n'était pas présente. Quant à Harry, il n'avait rien tenté pour le moment. Il se contentait de tenir fermement sa main dans la sienne et de temps à autre il passait ses bras autour de ses épaules. Ils décidèrent de sortir avant la fin et s'excusèrent auprès du Professeur Slughorn.

- C'était bien non ? demanda Ginny.

Il acquiesça et ils se mirent à discuter durant le chemin menant à la Tour des Gryffondor. Arrivée devant le portrait de la Grosse Dame, Ginny fit :

- Am...

Mais elle fut coupée par Harry qui prenait son bras et l'attirait contre lui. Il s'approcha lentement de son visage et posa ses lèvres contre les siennes. Elle enroula ses bras autour de son cou et approfondit le baiser pendant qu'il la tenait fermement par à taille. Quelques instants plus tard, la Grosse Dame s'exclama :

- Mais vous allez finir par me le donner ce mot de passe !

Ils se détachèrent et Harry murmura :

- Amortentia.

Le portrait bougea et ils s'engouffrèrent dans la Salle Commune.

FIN DU CHAPITRE

 

End Notes:

J'avais prévenu qu'il y aurait un brin de Harry/ Ginny. En tout cas, prenez votre mal en patience, après tout c'est un Draco/ Ginny.
Désolée, j'ai été vraiment longue ! Honte sur moi lol ! Je ne vais pas blablater longtemps ( il est bientôt trois heures du matin ! )
Sur ce, bonne nuit.

Jalousies by Black Lagoon

 

 

VII. Jalousies

Dès qu'elle fut entrée dans son dortoir, ses deux meilleures amies se jetèrent sur elle pour lui poser un tas de questions.

- Laissez-moi le temps d'arriver les filles ! s'indigna la rousse.

Elle se dirigea vers son lit, invitant les deux excitées à s'asseoir à leur puis referma les rideaux pour éviter que les deux autres occupantes du dortoir n'entendent la conversation.

- Bon alors ? Vous vous êtes embrassés ou pas ? demanda aussitôt Sugar.

- Oui, répondit simplement la rouquine.

- C'est super alors, tu dois être vraiment contente.

- J'imagine…

Il était vrai qu'elle aurait dû jubiler mais ce n'était pas le cas. Loin de là même. D'accord Harry était un garçon adorable mais il y avait quelque chose qui sonnait faux dans son comportement. Elle détestait les revirements de situations.

- J'aimerais dormir, on en reparle demain d'accord ? dit soudain Ginny.

- Mais... commença Leah, visiblement déçue.

- D'accord, approuva Sugar en coupant Leah et en la tirant hors des rideaux.

Le lendemain, Ginny descendit dans la Salle Commune avec un peu d'appréhension. Elle sentit deux bras encercler sa taille et quelqu'un murmura à son oreille.

- Bien dormi ? Je t'attendais...

Elle se retourna et son " petit-ami " lui captura immédiatement les lèvres.

Quand il décolla son visage du sien, il proposa :

- On va déjeuner ?

Elle hocha la tête en souriant, faussement enthousiasmée. Elle sentait déjà le regard des élèves sur elle et Harry et ça la refroidissait complètement. Ils sortirent de la Salle Commune et entrèrent dans la Grande Salle. Harry l'entraîna vers le milieu de la table près de Ron qui avait déjà attaqué son petit-déjeuner.

Ron lança un « Chalut, cha va ? », la bouche pleine de toasts. Harry acquiesça en prenant un exemplaire de la Gazette du Sorcier qui se trouvait devant lui pendant que Ginny fixait son frère en levant les yeux au ciel.

- Aufet'innym'mantaérit, dit Ron.

- Tu peux parler anglais ou c'est trop te demander ? demanda-t-elle sèchement.

Il mastiqua longuement sa nourriture avant de répéter :

- Maman t'as écrit !

Il lui tendit une lettre.

- Non merci, refusa-t-elle à Harry quand il lui proposa du jus de citrouille.

Elle prit l'enveloppe et la lut rapidement.

- Qu'est-ce qu'elle dit ? questionna le roux.

- Rien de spé…Oh !

- Quoi ? Demandèrent les deux garçons en cœur.

- Papa a encore eu une promotion !

- C'est génial, fit Harry.

- N'est-ce pas ? Je vais répondre rapidement avant d'aller en cours, annonça la jeune fille.

- Tu ne manges pas ? Interrogea Ron.

- Pas le temps.

- O.K alors à tout à l'heure, dit Harry en l'attirant vers lui pour l'embrasser.

Ron commença à se plaindre avec ses « En public » « ma sœur…. » « Hermione...» et Harry dut se résoudre à la relâcher.

En sortant de la Grande Salle, Ginny croisa Hermione qui lui fit un regard particulièrement mauvais. Elle l'ignora et monta rapidement à la volière.

Dans l'ensemble, la matinée se déroula normalement même si certains visages se tournaient sur son passage et qu'elle entendait souvent des « Potter » chuchotés.

Cependant quelques heures plus tard, tout dégénéra. Au déjeuner, Harry vint s'asseoir côté de Ginny et de ses amis. Quelques instants plus tard, il fut rejoint par Ron et accessoirement, Hermione. Un silence pesant s'installa donc au milieu de la table. De temps à autre, Ron et Leah tentaient de relancer les discussions mais sans succès. Harry mangeait son assiette en silence et Hermione et Ginny se fusillaient du regard.

- Si tu as quelque chose à me dire, vas-y, s'exclama soudain Ginny à l’adresse d’Hermione.

- Je n'ai rien à te dire.

- Alors explique-moi pourquoi est-ce que tu me regarde comme ça ! Ce n'est pas moi qui t'ai plaqué à ce que je sache !

- Ginny ! Arrête ! fit Ron, choqué.

- Il n'y rien à expliquer, tu as eu Harry, c'est-ce que tu voulais non ? demanda Hermione sur le même ton.

- C'est la meilleure ! déclara Ginny avec un rire sans joie. Je dois te rappeler ce que tu as fait il y a deux ans ou tu t’en souviens ?

- Tu es tellement rancunière, j'ai…

- Rancunière ? Je ne me souviens pas t'avoir entendu t'excuser, du moins c'est-ce que n'importe quelle amie aurait fait, vois-tu. Mais apparemment mon amitié n'avait aucune importance pour toi !

- De toute manière, continua la préfète-en-chef sur son habituel ton hautain. Tu n'étais pas avec Harry quand nous avons commencé à sortir ensemble !

- Tu n'étais plus avec lui quand il m'a demandé de sortir avec lui ! Je sais que ça te fait mal, mais tu vas en souffrir tout comme moi il y a deux ans, et crois moi Hermione tu n'auras que ce que tu mérites.

Tous les Gryffondors avaient les yeux rivés sur elles, avide de connaitre la réponse d'Hermione. Le déjeuner s'était transformé en un véritable règlement de comptes. Hermione prit son verre et jeta son contenu au visage de la rousse avant de sortir précipitamment de la Grande Salle. Tout le monde à la table des Gryffondor sembla choqué. Personne n'avait encore jamais vu la préfète-en-chef perdre ainsi son sang-froid. Les regards se tournèrent vers Ginny, attendant sa réaction. Celle-ci passa sa main dans ses cheveux qui s'étaient collés à son visage à cause du jus de citrouille. Elle sortit sa baguette.

- Non, Ginny arrête ! s'exclama Harry en tentant de la retenir par les poignets.

- Elle m'a lancé son verre à la figure ! Comment suis-je censée réagir à ça, selon toi ?

- Je sais Ginny, mais...

- Ne me touche pas ! Tout ça c'est de ta faute ! dit-elle en le repoussant.

Elle prit ses affaires et sortit de la Grande Salle telle une furie. Elle ne s'arrêta que lorsqu'elle atteignit les toilettes des filles pour essayer de paraître un peu plus présentable.

- Cette-fille-est-folle, murmura-elle entre ses dents.

Dépitée, elle songea qu'elle n'avait pas d'autre choix que de retourner dans son dortoir pour faire un brin de toilette avant son prochain cours. Sur le chemin de la salle commune, elle retrouva ses amis.

- Félicitations Ginny, tu viens d'accomplir l'un de mes plus grands désirs. Remballer Miss-je-sais-tout, fit Leah avec admiration

- Elle m'a fichu son jus de citrouille en pleine tête, rappela Ginny.

- C'est parce que tu l'as moralement atteinte, expliqua Ezra. C'est l'une des bases du guide de la puissance.

- Merci poussin, mais on s'en fiche, intervint alors Sugar.

- Harry te cherche, fit remarquer Leah en se tournant vers Ginny.

- Ah...Amortencia ! dit-elle quand ils arrivèrent devant le portrait de la Grosse Dame.

- Il a aussi dit que si on te voyait, on devait te dire qu'il faut que vous parliez, continua Colin.

- Et bien tu n'auras qu'à dire que tu ne m'as pas vu ! s'exclama Ginny, irritée. Bon, je reviens, ajouta-t-elle en montant les escaliers.

Elle revint une dizaine de minutes plus tard et prit la direction des cachots avec Leah qui l'avait attendue.

 

//

Draco sortait de la Salle Commune des Serpentard. Il n'avait pas pris son déjeuner mais qu'importe, il avait des problèmes bien plus importants que la nourriture. Il ne s'appelait pas Ron Weasley, lui. Son père voulait absolument qu'il entre dans le clan de Voldemort et ça, il n'en avait aucune envie. Après un premier refus, son père avait menacé de le renier. Il n'avait guère d'autre choix que d'aller dans le sens des attentes de son père. Il continua son chemin et surprise, sa rousse préférée et l’une de ses amies (Alea ou Lena, il ne souvenait plus de son prénom) marchaient devant lui. Celle-ci parlait avec animation et faisaient de grands gestes tandis que Weasley hochait la tête avec lassitude. Au bout d'un moment l'amie de Weasley l'aperçut et murmura quelque chose à son oreille. La rousse leva les yeux et croisa le regard de Draco. Elle semblait vouloir venir lui parler mais l'autre fille la retint.

- Qu'est-ce que tu vas lui dire ? Tu es avec Harry maintenant !

- Je suis au courant Leah, je reviens d'accord ?

La jeune fille secoua la tête mais continua son chemin. Ginny soupira et alla à la rencontre de Draco.

- Rouquine, dit-il avec amusement quand elle arriva.

- Draco, répondit-elle sur le même ton.

- On va continuer à se regarder comme ça pendant encore combien de temps ? J'ai cours figure-toi, fit remarquer Draco avec son coutumier sourire sarcastique.

Elle émit un petit rire qui cessa immédiatement quand elle aperçut quelque chose derrière lui. Il se retourna et vit Potter arriver vers lui, visiblement très énervé. Le Serpentard se tourna à nouveau vers Ginny dont le visage avait pâli. Il ne comprit pas sa réaction et dit :

- Tiens, encore le balafré.

Potter arriva enfin vers eux. Jetant un regard particulièrement haineux à Draco, il demanda :

- Qu'est-ce que tu fiches ici Malfoy ?

- Potter nous sommes près de ma salle commune, expliqua-t-il comme si le Gryffondor était singulièrement stupide.

- Avec Ginny ? insista Harry.

- On...commença Ginny pour se justifier.

-...était en train de s'emballer Potter, acheva Draco d'un ton moqueur.

Apparemment, le fait de voir Ginny avec Draco l'agaçait prodigieusement et entendre celui-ci se payer sa tête semblait l'irriter encore plus. Il s'approcha de Ginny, une main bien possessive ancrée sur sa taille. Cette dernière, apparemment gênée, détourna le regard.

Draco observa ce geste. Tout s'expliquait. Ginny Weasley était donc devenue la petite-amie du balafré. Une étrange sensation de brûlure lui consuma soudain l'estomac.

Il fronça les sourcils. Qu'est-ce-qui lui prenait ? Pourquoi la vision de la main de Potter sur la taille de Ginny lui était-elle aussi insupportable ? Il ne ressentait aucune attirance pour elle après tout. Enfin si, elle lui plaisait peut-être un petit peu. Il fallait reconnaitre que c'était une jolie fille, surtout pour une Weasley. Mais pourquoi ce sentiment était-il si pénible ? Même si Draco aurait préféré mourir que de l'avouer, il s'en rendit compte. Il était jaloux. De Potter.

Que lui trouvait-elle ? Qu'est-ce qu'elles lui trouvaient toutes, d'ailleurs ? Après tout, il n'avait rien de spécial. Il n'était rien d'autre qu'une victime pathétique qui cherchait sans arrêt à attirer la compassion des autres. Il soupira. Voilà maintenant qu'il se mettait à envier cet abruti de cicatrisé. Il se rappela intérieurement à l'ordre. Puis, pour faire bonne mesure, Draco leur lança l'une des répliques cinglantes dont il avait le secret avant de s'éloigner.

Harry se retourna alors vers Ginny.

- Qu'est-ce qu'il te voulait ? questionna-t-il.

- C'est moi qui suis venue lui parler, avoua Ginny.

- Ah oui, et de quoi ? interrogea-t-il d'un ton qu'il essaya de rendre désinvolte.

Une onde de suspicion régnait quand même dans ses propos. La jeune rousse s'en aperçut et cela ne lui plut pas du tout, elle répliqua :

- C'est un interrogatoire ?

- Non mais...

- Dans ce cas Harry, ne gâche pas ta salive. Et maintenant que l'on parle de salive peut-être aurais-tu mieux fait de l'utiliser pendant le déjeuner, répliqua Ginny.

Il ne répondit pas.

-Je vais en cours, déclara-t-elle en continuant son chemin à travers les cachots.

Il la regarda s'éloigner avec amertume. Pourquoi les filles étaient-elles aussi compliquées ? Il était tout à faire légitime et normal qu'il veuille des réponses non ? Malfoy, dans les sous-sols du château avec SA copine ! En plus cela faisait à peine une journée qu'ils sortaient ensemble et ils s'étaient déjà disputés deux fois ! Le problème avec Ginny, c'était que comme tout Weasley qui se respecte, elle était entêtée. Pourquoi fallait-il qu'il ne sorte qu'avec des filles qui s'obstinaient toujours à avoir le dernier mot ? Il irait s'excuser après les cours.

Ginny passa le reste de son après-midi à méditer sur ses problèmes. Premièrement, Granger qui osait lui dire qu'elle rancunière. Vindicative, elle ? Elle n'avait aucune raison de s'en vouloir. Après tout « Tel est pris qui croyait prendre ».

Ensuite venait le cas Harry Potter. Si ça continuait ainsi, elle n'allait pas le supporter bien longtemps. Elle avait toléré de le voir collé avec la préfète-en-chef pendant presque deux années alors il n'avait aucun droit de lui faire la scène du petit-ami possessif et jaloux juste parce qu'elle discutait avec Draco Malfoy (qui était, respectivement, le troisième problème). Bon d'accord, c'était son pire ennemi à Poudlard et alors ? Elle avait tout à fait le droit de discuter, de plaisanter avec un Serpentard en toute innocence non ? Sa conscience lui montra alors un baiser brûlant dans l'un des raccourcis de l'école. Il faut que tu te reprennes, tu ne dois plus penser à ça, tenta-t-elle de se convaincre.

Tu es avec Harry maintenant ! disait Leah.

Ne plus penser à lui, ne plus penser à lui, ne plus penser à lui ! Mais même avec toute cette motivation, elle n'y parvenait pas !

On était en train de s'emballer Potter...

La pensée de partager à nouveau des baisers endiablés avec Malfoy ne la gênait pas du tout, bien au contraire. Voilà, Ginny Weasley tu es définitivement devenue folle, pensa-t-elle. Comment une Gryffondor qui se respecte peut-elle fantasmer sur la vedette des Serpentard ? Maintenant Ginny, tu es au courant, tu es bel et bien dérangée (pas autant que les Jumeaux, mais pas loin.)

- Miss Weasley ? demanda une voix.

Elle sortit de sa torpeur et vit tous les élèves de la classe la fixer étrangement. Elle rougit immédiatement et effaça le sourire niais de sa figure. Le professeur Slughorn la fixait avec un sourire bienveillant et questionna :

- Je vous demandais, Miss Weasley, de me donner les ingrédients de bases de la potion de Lucidité, répéta-il.

- Heu, 3 larmes de phénix, du mucus de veracrasses ou bien de l'essence de tentacula vénéneuse et 2 plumes d'oies, répondit-elle précipitamment.

- Très bien, cela fera 5 points pour Gryffondor. Miss Weasley, soyez plus attentive, conseilla le professeur de potions.

Elle secoua la tête et murmura un faible « Bien monsieur. »

A la fin des cours, elle retourna dans sa salle commune. Dès son entrée, Harry se jeta sur elle et lui dit avec un air navré qu'il était désolé et qu'il s'était comporté comme un abruti. En la prenant de cette façon, par les sentiments, il savait qu'il aurait aisément droit à son pardon. Avec un petit sourire satisfait, elle accepta ses excuses. Toute la soirée, il fut tellement affectueux, prévenant et gentil qu'elle en oublia complètement Draco.

D'ailleurs celui-ci, faisait sa ronde quotidienne dans les couloirs. Il était tard et il n'avait qu'une envie : se coucher. En apparence, le rôle de préfet-en-chef était très plaisant : pouvoir mettre des retenues aux élèves, avoir une grande chambre personnelle et un tas d'autres choses.

Paradoxalement, il y avait surtout des corvées. Les préfets-en-chef devait se montrer responsable, montrer l'exemple, faire des rondes de nuit tous les jours pour surveiller les élèves qui n'étaient pas dans leurs salles communes, encadrer les repas et les intercours. En gros, s'il avait été réjoui à la fin de l'été, de recevoir son insigne, la satisfaction avait fait place à la contrariété. Mais le pire de tout était de devoir travailler avec cette Sang-de-Bourbe, Granger. Il détestait cette fille par-dessus tout. Il passait devant les salles de classe du quatrième étage quand l'une d'elles s'ouvrit à la volée faisant apparaître Potter puis Ginny. Celle-ci était passablement échevelée. Cela ne laissa pas de doute à Draco concernant la nature de leurs activités ce qui le crispa sensiblement. S’il détestait Granger, cette animosité n'avait rien avoir avec la véritable haine qu'il vouait à un certain Harry Potter.

- Attends, Harry met la ca...commença Ginny.

Elle se tut lorsqu'elle vit Draco.

- Potter, Weasley. En vadrouille dans les couloirs alors qu'il est bientôt minuit, dit Draco d'une voix doucereuse en fixant leurs mains entrelacées. Voilà qui nous fera une heure de retenue.

Potter s'apprêtait à répliquer mais Ginny tira sur son bras « Ce n'est pas la peine, on s'en va. » Elle jeta un regard consterné à Draco avant de s'éloigner, Potter sur ses talons.

Les semaines qui passèrent furent infernales pour Ginny. Elle dût supporter les remarques acerbes et méchantes des Serpentard à propos d'elle et d'Harry, elle avait une tonne de devoirs et elle était extrêmement offensée de la manière dont Malfoy se comportait avec elle depuis qu'elle sortait avec Harry. Il n'hésitait pas à la ridiculiser devant sa bande. A chaque fois, Pansy Parkinson, gloussait derrière. Ginny ne répondait jamais à ces attaques mais un jour, alors que Malfoy passait devant elle et lâchait au passage l'un de ses coutumiers sarcasmes, elle se retourna furieusement.

- Pourquoi est-ce que tu fais ça ? demanda-t-elle avec colère.

Il fut surpris qu'elle réponde à une de ses railleries mais reprit vite contenance.

- Pourquoi je fais quoi ? interrogea t-il

- Pourquoi es-tu aussi exécrable ? s'écria-t-elle. Je veux dire, qu'est ça te rapporte d'être aussi méchant avec moi ?

Il ne répondit pas.

- Alors je vais te poser une question et répond moi honnêtement, très bien ?

- Très bien, fit-il.

- Est-ce que ça te pose un problème que je sorte avec Harry ?

- Bien sûr que non, répondit-il un peu trop vite. Pourquoi ça me poserait un problème ?

- Tu as complètement changé d'attitude envers moi, assura Ginny.

- Évidemment...tu es une Gryffondor, affirma-t-il.

- Il y a quelques semaines de cela, tu me parlais convenablement et j'étais une Gryffondor.

- Tu es la petite amie du balafré ! soutint Malfoy.

- J'en conclus que c'est à cause d'Harry, déduisit la jeune fille.

Elle avait croisé les bras et le sondait du regard. Lui, de son côté, commençait sérieusement à perdre son assurance.

- Et bien, tu sais quoi rouquine ? Tu as raison, finit par admettre le blond d'un ton sombre.

- J'ai...quoi ? demanda la rousse, ahurie.

- J'ai dit que tu avais raison alors ne m'oblige pas à me répéter. Ça me rend malade que tu sortes avec le cicatrisé, voilà.

Elle cligna plusieurs fois des yeux, n'y croyant pas. Elle n'eut, de toute façon, pas l'occasion d'ajouter quoique ce soit car il partait déjà. Alors comme ça, Draco Malfoy était jaloux d'Harry ?

Elle retourna dans la salle commune, l'air ailleurs. Harry et son frère faisait une partie d'échecs version sorciers un peu plus loin dans la pièce. Elle s'approcha d'eux et s'assit sur un des sofas à proximité. Une bonne heure plus tard, Harry vint la rejoindre. Il posa sa tête sur ses cuisses puis ferma les yeux. La jeune fille passa sa main dans sa chevelure indisciplinée, distraite.

- Harry ? Demanda-t-elle soudain en baissant les yeux vers lui.

- Hum ?

- Est-ce que tu m'aimes ?

Il ouvrit les yeux, apparemment étonné. Il se redressa et parut mal à l'aise.

- Évidemment. Pourquoi cette question ?

- Je ne sais pas, tu as rompu avec Hermione sans raison apparente et puis le soir même tu m'as invité à la soirée de Slughorn. En me posant un tas de questions, j'ai fini par me dire que tu ne m'aimais pas vraiment.

- Arrête Ginny, tu dis n'importe quoi là, fit-il en se relevant pour s'asseoir correctement. Je t'ai dit que c'était pour toi que j'avais rompu avec elle !

- Non Harry, tu voulais sortir avec moi simplement parce que Malfoy et moi étions un peu trop proches pour toi. En réalité tu veux juste m'empêcher de voir Draco, c'est ça la vérité.

- Ginny, tu divagues, je te jure que tu as tort !

- Je crois qu'on devrait faire un point sur nos sentiments respectifs, déclara-t-elle, bien décidée à mettre tout ça au clair.

- Tu doutes de mes sentiments alors ? constata Harry. Combien de fois est-ce que je vais devoir te répéter que c'est de toi dont je suis amoureux ?

- Non Harry, ce n'est pas de tes sentiments que je doute. Je doute des miens, confessa Ginny.

Il la regarda comme s’il n'en croyait pas ses yeux.

- Qu'est-ce que ça veut dire ?

- Ça veut dire qu'on devrait s'arrêter là, déclara-t-elle, simplement.

Elle se leva et lui adressa un sourire désolé.

Comment avait-elle pu être aussi idiote ? C'était tellement évident qu'elle n'aimait plus Harry depuis un certain moment déjà.

- Malfoy, à nous deux, songea-t-elle alors.

Draco et sa bande -accessoirement composée de Pansy Parkinson, Blaise Zabini et les deux autres gorilles- rentraient de leurs cours de botanique quand une jeune fille rousse, apparemment pressée, bouscula Draco.

- Mais tu n’es pas bien Weasley ? demanda Pansy avec animosité.

Pour réponse, Ginny lui adressa un sourire éclatant.

- Désolée Malfoy.

Elle lui jeta un regard entendu avant de décamper.

- Quelle idiote celle-là, se plaignit Parkinson. Draco, ça ne va pas ?

- Si, si, affirma Draco.

Dans son poing replié, il serrait un morceau de papier froissé que Ginny lui avait subtilement (enfin subtilement, était un grand mot !) glissé. Il attendit que ses amis se remettent à marcher pour lire le billet :

Ce soir dans la troisième salle du deuxième étage à 22 heures. GW.

C'est avide de savoir ce que lui voulait la jeune fille que Draco arriva au lieu du rendez-vous, quelques heures plus tard. Il entra dans la salle de classe. Ginny, assise sur le bureau du professeur leva les yeux vers lui et lui lança un sourire enjôleur qui le mit mal à l'aise. Il n'agissait jamais de la sorte avec les filles. Ginny Weasley, cependant, parvenait à le rendre nerveux.

- Ferme bien la porte derrière toi, ordonna-t-elle.

Même s’il détestait qu'on lui donne des ordres, il s'exécuta. Elle sauta du bureau du professeur et s'avança vers lui, l'air tellement déterminé qu'il fut obligé de reculer.

- Qu'est-ce que tu me voulais ? demanda-t-il en essayant d'adopter un ton désinvolte.

Il fit tout son possible pour lui cacher à quel point elle le troublait.

Pour toute réponse, elle s'avança encore tout près de lui et esquissa un geste pour l'embrasser.

- Attends ! Et Potter ? demanda Draco en reculant pour mettre de la distance entre eux.

- Ce n'est pas ce que tu voulais ? questionna-t-elle sans répondre à sa question.

- Si mais...mais, bégaya-t-il pendant que la rousse s'approchait à nouveau dangereusement vers lui.

- Et bien ferme-là !

Elle l'embrassa mais cette fois-ci, le baiser fut beaucoup plus ardent que celui qu'ils avaient partagé quelques semaines auparavant. Il approfondit le baiser. Leurs langues se rencontrèrent et leurs mouvements s'accélèrent. Sans s'en rendre compte, il avait enlacé Ginny et la tenait fermement contre lui. Elle le força à reculer jusqu'à que son dos soit contre le mur de la pièce. Leurs cœurs battaient à toute allure et tous deux semblèrent se perdre cette étreinte. A bout de souffle, elle s’écarta, mais bientôt, il l'attira à nouveau contre lui pour d’autres baisers enflammés.

FIN DU CHAPITRE

 

Frustrations by Black Lagoon

 

 

VIII. Frustrations

- Ginny ? demanda Leah.

Cette dernière et ses amis étaient installés à la table des Gryffondor.

- Hum ?

- Je peux savoir pourquoi tu as ce sourire benêt collé au visage depuis ce matin ?

- Hm, les cours ? répondit la jeune fille sur un ton hésitant qui ne trompa personne.

- C’est la perspective du double cours d'histoire de la magie avec Binns qui t'enchante à ce point ? questionna Sugar d'un ton railleur.

- Parfaitement.

- Si tu le dis, déclara la brune en échangeant un regard peu convaincu avec Leah.

Plus loin, Harry regardait Ginny, dépité.

- Tu sais Harry, commença Ron en levant les yeux vers son meilleur ami. Les filles, elles sont trop compliquées. Chercher à les comprendre n'est rien d'autre qu'une perte de temps.

- Tu peux me dire ce que j'ai fait de travers ? interrogea le brun.

Ron haussa les épaules. Il n'avait rien contre Harry, bien au contraire. Mais il préférait que sa sœur reste célibataire. Elle était beaucoup trop jeune pour avoir des petits-amis. En plus à cet âge-là, les garçons n'avaient pas que des pensées romantiques envers la gent féminine.

- J'n'en sais rien, vieux. Tu comptes manger ton bacon ?

- Non prends-le...

Draco, lui, n'avait aucune raison de broyer du noir. Bon d'accord, son père était un sérieux problème mais pour le moment il n'avait qu'une préoccupation : une certaine rouquine à la langue bien pendue. Il jeta un regard furtif vers elle puis vers Potter qui fixait la rousse avec un air affligé. Il eut alors un petit sourire suffisant.

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Vers neuf heures du soir, affalé sur une des tables de la bibliothèque, Draco observait les lieux, l'air superbement ennuyé. Une demi-douzaine d'élèves étaient assis là, le nez plongé dans d'épais grimoires. Draco avait peu l'habitude de fréquenter l'endroit. La dernière fois qu'il avait assidûment occupé la bibliothèque, cela avait été une semaine avant ses BUSES.

 Il tourna la tête et son attention se posa sur la fille qui se trouvait à côté de lui. Ginny lisait un énorme livre -Les diverses transitions magiques-, et semblait très concentrée. Ses yeux parcouraient rapidement les lignes et son visage traduisait de différentes expressions. Elle affichait parfois un air légèrement surpris ou parfois lassé. Elle fronça les sourcils et mordit sa lèvre inférieure, visiblement contrariée. C'était un geste purement anodin, mais cela éveilla un sentiment d'excitation chez Draco. Elle avait définitivement les lèvres les plus appétissantes qu'il lui ait été donné de voir.

- Ginny ? demanda-t-il.

- Oui ? marmonna-t-elle, distraite.

- Nous allons passer toute la soirée à la bibliothèque ? Je te rappelle qu'en tant que préfet-en-chef, j'ai des obligations, fit remarquer Draco.

- Ah oui désolée, dit-elle avec un petit sourire.

Elle referma le livre, le rangea dans ses affaires et suivit Draco sans se rendre compte qu'un regard cuisant était posée sur elle.

- Vous passez tout votre temps à la bibliothèque vous les Gryffondor, déclara Draco.

- Bien sûr que non, ça c'est le passe-temps des Serdaigle, répliqua la rousse. Tu dis ça parce que nous avons des meilleures notes que vous autres.

Il prit son air dédaigneux ordinaire avant de répondre.

- Oui vous nous battez seulement aux cours.

- Seulement aux cours ? Hum, nous gagnons chaque année la coupe des quatre maisons, pareil pour celle de Quidditch et...

Il la fit taire en l'embrassant fougueusement.

- Ok, vous n'êtes pas mal de ce côté-là, murmura-t-elle après avoir rompit le baiser.

- Pas mal ? demanda-t-il en haussant un sourcil.

Il l'attira presque violemment contre lui pour prendre à nouveau possession de ses lèvres.

- D'accord, j'avoue, de ce côté-là, vous êtes bons, très bons même, ajouta-t-elle dès qu'elle eut repris son souffle. Mais...

- Mais ?

- Mais tu ne devrais pas prendre certaines libertés quand nous sommes dans les couloirs, répondit-elle avec un soupir.

Devant son regard interrogateur, elle ajouta :

- Tu ne voudrais pas avoir six frères protecteurs et une mère névrosée sur le dos ?

- C'est toujours mieux qu'un serpent dégénéré, dit-il dans un murmure.

Elle se tourna vers lui, perplexe.

- Qu'est-ce que tu as dit ? demanda-t-elle, même si elle avait très bien entendu.

- Rien.

Elle l'observa avant de prendre sa main avec douceur et de continuer à marcher. Il la suivit, surpris. Ne venait-elle pas de lui faire comprendre qu'ils devaient se montrer discrets ? Mais c'était ce geste, si affectueux, si sincère qui troublait Draco. Il sortit de sa torpeur quand ils durent se séparer. Elle lui fit un petit sourire d'excuse.

- Désolée, la prochaine fois je n'irais pas à la bibliothèque, promit-elle.

- La prochaine fois, c'est quand ? interrogea Draco.

- Je ne sais pas, dit Ginny en lançant un regard autour d'eux.

Mais le coin était désert.

- Demain ? proposa-t-il en s'adossant à la rampe de l'escalier. C'est au tour de Granger de faire le boulot.

- Ça ne va pas être possible, il y a l'entraînement et j'ai bien peur qu'il s'éternise.

- D'accord, fit-il, un peu agacé. Je...

Mais il fut coupé par des éclats de rire. Ginny regarda derrière lui, deux silhouettes s'approchaient d'eux. Elle lui donna un rapide baiser et monta hâtivement les marches pour rejoindre la tour de Gryffondor. Elle entendit Draco lancer un '' Qu'est-ce que vous faites dans les couloirs à cette heure-ci ? '' à des élèves. En marchant dans le corridor, elle se fit interpeller :

- Ginny !

Elle se retourna et vit Hermione Granger courir pour la rattraper. Ginny, irritée, accéléra le pas.

- Ginny, attends-moi !

Elle finit par rattraper la rousse qui marchait toujours d'un pas vif.

- Qu'est-ce que tu veux ? demanda Ginny d'une voix hostile.

- Je veux te parler.

Ginny s'arrêta, prodigieusement agacée.

- Je t'écoute, mais fais vite s'il-te-plaît.

- Et bien c'est au sujet de Malfoy.

Ginny qui s'était attendue à des excuses, la fixa, surprise.

- Et bien quoi Malfoy ? demanda-t-elle.

- Je vous ai vus dans la bibliothèque, souligna la préfète-en-chef en guettant la réaction de la rousse.

- Et alors ?

- Vous sembliez proches, indiqua-t-elle avec un air entendu.

Elle s'est mise à espionner maintenant ? songea Ginny

- On ne faisait que discuter, répliqua Ginny qui s'efforçait de garder son calme. De toute façon, en quoi ça te regarde ?

- En rien, mais à partir du moment où tu fais ça à Harry…

- Je fais quoi à Harry exactement ?

- Et bien, sa petite amie est proche de Malfoy et...

- Je ne suis pas proche de Malfoy, Granger. Et en ce qui concerne Harry, je ne suis plus sa petite amie !

- Quoi ?

- J'ai dit que je n'étais plus avec lui ! s'exclama Ginny, avec colère.

- Oh je...

- Tu dois être satisfaite maintenant, n'est-ce pas ? Je peux partir ?

- Oui bien sûr, je suis désolée, je croyais...

- C'est cela, coupa la rousse avant de tourner les talons et de retourner à la Salle Commune.

Le lendemain, Draco entra dans la Grande Salle en compagnie de Blaise Zabini et de Théodore Nott pour le petit déjeuner. Ils s'assirent à la fin de la table des Serpentard et Draco jeta un regard discret vers la table des Gryffondor. Ginny était en grande discussion avec Potter. Il n'en ratait vraiment pas une celui-là, songea-t-il avec dépit.

- Malfoy, pourquoi est- ce que tu massacres la bouffe ? demanda Théodore en levant un sourcil étonné.

Draco haussa les épaules et bientôt, ils furent rejoints par Pansy Parkinson.

- Vous avez lu le journal ? demanda-t-elle en s'asseyant à côté de Draco.

- Non pourquoi ?

- Le père de Crabbe a été arrêté, dit-elle à voix basse pour que seuls les trois Serpentards puissent l'entendre. Mon père m'a écrit et...

Elle baissa à nouveau la voix, obligeant les trois garçons à se pencher vers elle.

- Le Seigneur des Ténèbres veut faire entrer des nouveaux fidèles dans ses rangs et il se trouve que nous sommes en première ligne.

Un silence suivit sa déclaration. Lui, Pansy et Théodore étaient-donc maintenant jugés apte à entrer dans son armée ? songea Draco avec amertume. C'était dans ces moments qu'il enviait Blaise dont la famille n'adhérait pas aux idéaux radicaux du mage noir. La famille de Draco était tout le contraire. Son père était l'un de ses sbires de même que sa tante Bellatrix et son mari, Rodolphus Lestrange.

Il passa une très mauvaise journée. Il avait finalement, lui aussi, reçu une lettre de son père. Puis, à chaque fois qu'il croisait Ginny, Potter était avec elle. Il finit quand même par pouvoir lui parler entre deux cours. Ils marchèrent quelques minutes avant de s'arrêter dans un coin isolé.

- Etrange, Potter n'est pas avec toi ?

Elle lui lança un regard interrogatif.

- Il n'a pas cessé de te suivre, répondit-il en s'efforçant de garder une voix égale. Et qu'est-ce qu'il voulait ?

- Rien de spécial, il m'a juste raconté des futilités.

- Ah vraiment ? demanda Draco, narquois.

Elle ne perçut pas son ton sarcastique et dit :

- On pourra se voir ce soir ?

- Je croyais que tu avais un entraînement.

- C'est le cas, mais Harry doit voir McGonagall, donc l'entraînement sera écourté d'une demi-heure. On se dit ici neuf heures ?

Il hocha la tête. Elle sourit, l'embrassa furtivement et s'éloigna.

A la fin de l'entraînement, Ginny monta rapidement prendre une douche puis descendit prendre son dîner en compagnie de ses amis. Ils remontèrent dans la Salle Commune et Ginny ne cessa de jeter des regards à l'horloge. Une dizaine de minutes avant le rendez-vous, Ginny prétexta un devoir en retard à rendre pour sortir de la salle de détente sous le regard soupçonneux et sceptique de ses amies.

Elle ne voulait pas encore leur parler de sa relation avec Draco car Leah ne savait pas tenir sa langue et, quand à Sugar, elle serait tout simplement furieuse. La jeune rousse arriva dans le passage et trouva Draco, adossé au mur. Il se tourna vers elle puis l'entraîna dans le corridor, en silence.

- Où est-ce qu'on va ? interrogea la rouquine, un peu offensée.

- Dans ma chambre.

Pendant le reste du chemin, aucune parole ne fut prononcée. Ils arrivaient maintenant devant un grand tableau qui représentait un homme à l'aspect noble. Draco murmura quelque chose que la jeune fille n'entendit pas et la toile s'écarta pour les laisser passer. Il y avait là deux portes. Les chambres des préfets-en-chef sûrement, pensa Ginny avant de suivre le Serpentard dans l'une d'entre elles.

La chambre était grande et assez éclairée. Il y avait un grand lit aux couleurs de Serpentard au milieu, quelques meubles et une autre porte – peut-être une salle de bain- à l'opposé. Pendant qu'elle contemplait la chambre, Draco s'était allongé sur son lit, l'air ailleurs.

- Quelque chose ne va pas ? demanda Ginny, le dos contre la porte.

- Tout va très bien, dit-il, sombrement.

- J'en doute vu la tête que tu tires depuis ce matin, rétorqua-t-elle, irritée par sa réponse.

- Tu t'es trompée, expliqua-t-il avec son ton narquois.

- Je suis si ennuyeuse ?

Il se tourna vers elle.

- Je n'ai pas dit ça.

Elle soupira en croisant les bras :

- Génial.

- Ginny, je n'ai pas dit ça, répéta le blond.

- Alors explique-moi ce que tu as !

- Je..., commença-t-il d'un ton hésitant.

Il ouvrit le tiroir de sa table de chevet, en sortit une enveloppe et la lui tendit. Elle la prit et l'ouvrit avec anxiété. Elle parcourut rapidement la lettre, effarée. Lucius Malfoy voulait que Draco rejoigne Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom dès la fin de l'année scolaire.

- Je suis désolée, murmura-t-elle.

- Moi aussi, dit-il, ombrageux.

L'air grave, elle s'assit à ses côtés et posa sa tête contre son torse. Instinctivement, il posa une main dans ses cheveux, et commença à les caresser. Elle leva les yeux vers lui et il put lire de la peine dans son regard. Il l'embrassa avec ferveur, sa main descendant lentement de ses cheveux jusqu'à son dos. Elle répondit à son baiser en se redressant pour être plus proche de lui. Elle se retrouva bientôt sur ses genoux, ses bras encerclant sa nuque, l'embrassant fiévreusement. La main du jeune homme se glissa sous sa chemise et elle rompit le baiser.

- On devrait s'arrêter là pour aujourd'hui, souffla Ginny en essayant de reprendre son souffle.

Elle sauta de ses genoux, lui jeta un dernier regard flamboyant avant de sortir, le laissant frustré et surtout seul.

FIN DU CHAPITRE

 

 

End Notes:

Voilà, un nouveau chapitre bouclé. J'espère que le chapitre vous a plu et n'oubliez pas de laissez une petite review !

Meurtre à Poudlard by Black Lagoon
Author's Notes:

Merci à Harrya, Isabella et Marie pour leurs reviews ! J'espère que ce chapitre vous plaira !

IX. Meurtre à Poudlard

- Encore un cours comme celui-ci et je me jette par l'une des fenêtres de la tour de Gryffondor, déclara Aaron à ses amis tandis qu’ils sortaient de la classe de Binns.

Ils venaient en effet d’avoir un cours d’histoire de la magie où le fantôme leur avait rabâché encore et toujours les péripéties d’un certain William Foualier. Comme d'habitude, le cours avait été mortellement assommant et la voix soporifique de Binns n'arrangeait rien.

- Compte sur moi pour te suivre, dit Leah avec un soupir pendant qu'ils s'engageaient dans un autre corridor. Je n’ai absolument rien compris à ce cours...

- Je crois que c’est le cas de tout le monde, souligna Sugar d’un air blasé. Je propose qu’on retourne dans la salle commune avant le cours de DFCM ?

Les autres approuvèrent d’un signe de tête sauf Ginny qui lança :

- J’ai un devoir à rendre à McGonagall.

- Tu veux que je vienne avec toi ? interrogea Leah.

- Non, ça ira, retourne dans la salle commune avec les autres si tu veux. A à tout à l’heure, fit-elle avant de s’éloigner précipitamment de la bande et surtout de Leah qui s’apprêtait à objecter.

Un devoir à rendre à McGonagall. Cette excuse, elle la sortait à chaque fois, et honnêtement, elle avait du mal à croire qu’ils l’avalaient encore. En réalité, elle avait ‘’rendez-vous’’ avec un Serpentard arrogant et terriblement séduisant.

- Ginny? cria une voix derrière elle, la faisant soudainement s’arrêter.

La rousse se retourna et constata que malgré son refus, Leah l’avait quand même suivie :

- Qu’est-ce qui se passe? demanda Ginny quand son amie fut arrivée à sa hauteur.

- Rendre un devoir à McGonagall ? Ça m’étonnerait puisque tu as déjà rendu le devoir en question hier. J’étais avec toi, tu t’en souviens? fit Leah avec un air qui faisait comprendre Ginny qu’elle n’était pas dupe.

Démasquée…

- Qu’est-ce qui se passe Ginny? Qu’est-ce que justifie que tu aies besoin de nous mentir ? reprit son amie d'un ton insistant.

La jeune fille soupira. Elle avait décidément des amis trop sagaces. Elle s'interrogeait vivement : devait-elle lui avouer la vérité ? Leah était l'une de ses meilleures amies, mais elle était aussi, accessoirement, une grande ragoteuse. Devant le regard insistant de son amie, elle décida d’avouer :

- O.K, mais promets-moi de tenir ta langue Leah, je te connais ! insista Ginny, l'air très sérieux.

- Je me tairais, promit la jeune fille avec un sourire conspirateur.

- Bon et bien je sors avec Draco Malfoy…avoua Ginny à contrecœur.

Leah ouvrit la bouche de stupeur, les yeux écarquillés.

- Mais...mais...ce n’est pas possible, bredouilla-t-elle, surprise.

- Apparemment si…

- C’est lui que tu allais voir alors ? demanda Leah avec une soudaine excitation.

Ginny acquiesça sans enthousiasme.

- Alors tu me raconteras hein? continua la jeune préfète, visiblement ravie de la nouvelle...

Ginny hocha à nouveau la tête avant de lancer :

- Absolument tout, maintenant j’y vais, et pas un mot de tout cela à quiconque, y compris –et surtout- Sugar ?

Leah hocha vivement de la tête et Ginny lui fit un léger sourire avant de s’éloigner en direction des escaliers. Draco lui avait dit de le rejoindre dans un endroit assez isolé du château où elle n’avait pas l’habitude de se rendre. Elle continua d’avancer dans l’espoir de repérer le Serpentard. Mais soudain elle sentit des bras encercler sa taille et entendit quelqu’un murmurer à son oreille:

- Salut beauté, on se promène seule ?

Elle se retourna pour découvrir Draco qui la regardait avec son habituel sourire narquois sur les lèvres. Il se pencha pour l’embrasser mais elle l’en empêcha en levant la main, paume en avant.

- Moi qui pensais que tu venais t’excuser pour le comportement détestable que tu as eu ces derniers temps, je me faisais des illusions, déclara-t-elle avec une moue.

- C’est ce que j’étais en train de faire ! répliqua le blond en prenant ses mains et en approchant à nouveau son visage vers de celui de la jeune fille.

Elle le repoussa.

- Pas ce genre d’excuse là, je veux de vraies excuses...avec des mots, ajouta-t-elle en croisant les bras.

- Très bien…Désolé, fit-il, visiblement contrarié. Ça te convient ?

Ça ne lui convenait pas du tout mais comme s’excuser avait l’air d’être un effort surhumain pour lui, elle consentit à dire :

- Ça passe, pour cette fois…

Il lui sourit et l’attira à lui, mais encore une fois, elle le repoussa :

- Quoi encore !? ne put-il s’empêcher de crier.

- Pas ici, répondit-t-elle d’un ton calme.

- Je t’ai dis de venir ici pare que personne ne traîne dans le coin…

Il la prit par la main et l'entraîna dans le couloir le plus proche.

- Qu’est-ce que tu fais ? demanda la rousse en le voyant ouvrir des placards à balais.

- Ah voilà…dit-il finalement. A toi l’honneur, ma jolie…

- Je pensais quand même mériter mieux qu’un placard à balai…fit remarquer Ginny en entrant tout de même à l’intérieur.

- Si ça peux te faire plaisir, tu en as eu un bien plus grand que celui des autres, expliqua Draco en pénétrant à son tour à l’intérieur.

Dans l’obscurité, Ginny ne put pas voir s’il plaisantait ou si au contraire il était sérieux.

- Quelle chance dans ce cas, ironisa-t-elle.

- Lumos, l’entendit-elle dire.

Le placard à balai en question s’éclaira et Ginny constata (non sans satisfaction) qu’il était plutôt spacieux. Ginny se retourna et s’approcha de Draco.

- C’est vrai que le mien est pus grand celui des autres ? demanda la jeune fille en passant ses bras autour du cou du garçon.

- Largement, assura Draco tandis qu’il encerclait la taille de la jeune rousse.

- Même que celui de Parkinson ?

- Elle n’avait même pas de placard celle-là, déclara-t-il d’un ton dégoûté qui fit rire Ginny.

Il s’empara de ses lèvres avec fougue et elle répondit au baiser avec la même ardeur. Il remonta lentement sa main dans les cheveux de la rouquine tandis que son autre main lui caressait le dos.

- Ton père t’a écrit ? demanda-t-elle entre deux baisers, tentant vainement de reprendre son souffle.

- Ginny, je crois que ce n’est pas du tout, mais alors pas du tout le moment de parler de mon père, vois-tu, grogna Draco, apparemment peu enclin à arrêter ses activités.

- Mais enfin, c’est important ! s’exclama la jeune fille avec indignation.

- Et surtout déprimant si tu veux mon avis, rétorqua le blond.

- Tu ne vas pas laisser passer le temps en attendant que tout s’arrange tout seul !

- Alors dis-moi ce que je peux faire à part attendre ?

- Je ne sais pas ! Mais je n’arrive pas à croire que tu sois si…si résigné » ! s’exclama la jeune fille.

- Tu n’es pas à ma place, tu ne sais pas ce que c’est, répliqua t-il d’un ton sec.

Et sur cette phrase, il sortit, laissant la jeune fille complètement désemparée.

En fait pendant le reste de la semaine, il l’ignora superbement ce qui eut effet de vexer Ginny plus encore. D’accord elle avait peut-être exagéré (mais juste un peu alors !) mais ce n’était pas une raison suffisante pour qu’il témoigne d’une telle indifférence ) son égard ? Si ?

-...répandait une rumeur qui disait que Hannah Abott sortait avec Zacharias Smith l'année dernière, qu'est ce que tu en penses ? Elle disait la vérité à ton avis ?

-...

- Ginny tu ne m'écoutes pas ! s'exclama Leah, outrée.

- Si, je t'écoute...je suis simplement...

- Dans la lune ? proposa Leah avec un sourire. Je comprends. Mais essaye au moins de faire semblant de t'intéresser à ce que je dis Ginny...

- Oui. Alors que disais-tu à propos d'Abott ? questionna Ginny avec lassitude.

Elles étaient en train de marcher dans le grand Hall en direction de la Grande Salle pour prendre leur petit-déjeuner avant de se rendre en cours de Sortilèges. Quand elles arrivèrent devant les portes de la Grande Salle, elles virent des élèves qui y sortaient en convergeant à voix basse, l'air grave. Les deux jeunes filles entrèrent dans la salle de banquet et constatèrent que les élèves étaient en proie à une grande agitation. Tous les élèves étaient réunis en petits groupes et commentaient une nouvelle - qui n'avait apparemment rien de réjouissante vu les mines de certains élèves. Elles s'approchèrent de Luna Lovegood qui était adossée contre un mur et qui lisait Le Chicaneur sans prendre part aux conversations.

- Salut Luna, salua Ginny en regardant autour d'elle les sourcils froncés.

- Salut Ginny, répondit la blonde d'un ton jovial.

Elle se tourna ensuite vers Leah :

- Salut...

- Leah, dit la concernée.

- Luna, est-ce que tu sais ce qui se passe ? questionna Ginny.

- Je crois qu'un élève a été trouvé mort dans une Salle Commune ce matin, mais j'ignore de qui il s'agit et dans quelle maison il se trouvait, expliqua Luna en fermant son exemplaire du Chicaneur. Mais je sais seulement qu'il ne s'agit pas d'un élève de Serdaigle. Je dois me rendre à mon cours de Botanique, à plus tard Ginny, Leah...

Elle leur fit un léger signe de la main avant de s'éloigner. Ginny se tourna immédiatement vers Leah.

- Il ne doit pas non plus s’agir de quelqu’un Gryffondor sinon on l'aurait su dans la salle commune, ajouta Ginny d'un ton hésitant.

Elle n'avait pas vu Sugar et les autres ce matin...

- Alors il reste Poufsouffle et Serpentard...

- Ginny ! appela une voix derrière elles.

Ginny se retourna et aperçut son frère venir vers elle.

- Ron, qui est mort ? demanda-t-elle aussitôt.

- Je ne sais pas, les profs refusent de dire le nom, on sait juste que c'est un type de Serpentard, expliqua Ron.

- Oh Merlin ! s'exclama Ginny, horrifiée.

Elle tira Leah par la manche et se précipita hors de la Grande Salle.

- Par Merlin, Ginny où est-ce qu'on va ? protesta Leah d'une voix essoufflée tandis que la rousse l'entraînait en courant dans les escaliers.

- Tu n’as pas entendu Leah ? Un type de Serpentard ! fit Ginny d’une voix paniquée.

Leah fronça les sourcils quelques secondes, décontenancée, avant d'ouvrir de grands yeux.

- Mais Gin...commença-t-elle. Oh...

Elle s'arrêta, le regard tourné vers la silhouette qui s'approchait d'elles d'un pas rapide. Ginny plissa les yeux et reconnut immédiatement Draco. Elle se précipita vers lui et l'étreignit, rassurée. Il la serra dans ses bras puis desserrant son étreinte, jeta un regard interrogateur vers Leah qui se trouvait un peu plus loin.

- Elle sait, répondit seulement Ginny. Mais qu'est-ce qui s'est passé ? On n'a parlé d'un élève qui serait mort dans une Salle Commune.

- C'est exact, répondit Draco avec un air anxieux qu'elle ne lui connaissait pas. Urquhart, il jouait dans l'équipe de Quidditch de Serpentard...

- Je sais. Il était en même année que moi...Merlin, c'est horrible...

Elle avait toujours détesté cet élève qui avait été l'un des premiers à se moquer d'elle lorsque qu'elle sortait encore avec Harry mais lorsque que quelqu'un mourrait, même si on ne l'appréciait guère, il était difficile de ne pas éprouver quelque chose à cette nouvelle. Draco hocha la tête.

- Dans quelles circonstances cela s'est-il produit ? questionna la jeune fille.

- Je ne sais pas exactement, le bruit commence à courir qu'un élève serait responsable, mais je n'en sais pas plus pour l'instant. D'ailleurs je dois retourner à la salle commune de Serpentard, déclara-t-il.

Elle acquiesça et il l'embrassa rapidement avant de s'éloigner en adressant un bref signe de la tête à Leah. Cette dernière vint vers Ginny et lui lança un regard interrogateur.

- Urquhart, répondit Ginny.

- Le type qui était dans notre classe ?

La rousse secoua la tête par l'affirmative. Leah jura. Elle était dans le même cas qu'elle. Elle n'avait jamais vraiment apprécié cet élève.

Le soir même, Ginny appris par Draco que les causes du décès d'Urquhart restaient assez floues. D'après ses camarades de dortoir, Urquhart n'était pas retourné dans son dortoir la veille et c'était une bande de cinquième année qui avait trouvé son corps sans vie dans la Salle Commune de Serpentard le matin même.

Deux principales thèses étaient envisagées : Ou la personne qui avait commis le crime était une personne extérieure au château, mais cela était peu probable ( mais pas exclu ! ) étant donné les fortes mesures de sécurité mises en place par le ministère et Dumbledore ou bien l'assassin était une personne intérieure au château. Quand Ginny avait questionné Draco sur le sujet, évasif, il avait simplement répondu qu'il n'en savait rien et s'était penché sur elle pour l'embrasser. Visiblement il était au courant de quelque chose, c'était certain, mais ne voulait pas lui en parler.

Il était tard quand la rousse rentra dans la salle commune de sa maison et fut donc surprise de voir que la pièce n'était pas vide. En effet, elle trouva son frère, Harry et Hermione Granger assis sur des fauteuils, à proximité d'une table qui discutaient à voix basse. Dès qu'ils la virent entrer, ils cessèrent de parler et Ron lança d'une voix étranglée :

- Par Merlin ! Que faisais-tu dehors à une heure pareille ?

- Qu'est-ce que vous faites ? Demanda-t-elle.

- On va te le dire peut-être ! Lança Ron avec humeur. Réponds à ma question !

- Ça ne te regarde pas, Ronald, répliqua la jeune fille, sèchement.

Elle jeta un regard bref vers les deux autres puis se dirigea vers les escaliers qui menaient à son dortoir sans prendre en attention les vociférations de son frère :

- GINEVRA WEASLEY ! Reviens immédiatem...

- C'est ça, murmura Ginny en grimpant rapidement les escaliers.

Elle monta les dernières marches puis ouvrit la porte du dortoir des filles. Une fois encore, elle fut surprise de constater que Leah et Sugar étaient assises sur son lit et avaient l'air de l'attendre.

- Où étais-tu ? Demanda aussitôt Sugar de son éternel ton soupçonneux.

- Heu...commença Ginny.

- Je vais t'épargner la recherche d'un mensonge puisque Leah m'a tout raconté, déclara-t-elle avec froideur en insistant exagérément sur le mot « tout ».

La rousse lança un regard mauvais à Leah qui lui répondit simplement par un sourire désolé en haussant les épaules.

- Pas la peine de t'en prendre à Leah, après tout ce n'est pas elle qui sort avec Draco Malfoy.

Ginny ne répondit pas et se contenta de lancer un « Assurdiato » vers les lits à baldaquin des deux autres occupantes de la chambrée. C'était Harry qui lui avait appris ce sort et ce maléfice s'était avéré être très utile.

Sugar se lança alors dans un long discours qu'elle seule comprenait et dans lequel elle expliqua à Ginny qu'elle était d'une naïveté étonnante et que la vie se résumait pas à l'un de ces stupides romans à l'eau de rose où le méchant et la princesse finissait ensemble après que la princesse ait rendu le truand d'une bonté exemplaire.

- Ginny tu as plein de garçons qui te tournent autour tu n'avais qu'à te baisser pour les ramasser à la pelle et il a fallu que tu choisisses ce prétentieux de Draco Mafloy ?

- Sugar...

- Non mieux tu avais Harry Potter ! Qu'est-ce que Malfoy a de plus que lui, honnêtement ?

Le lendemain, dès son réveil, Sugar continua sur la lancée :

- J'espère que tu as réfléchi à ce que je t'ai dis hier soir et que tu vas cesser de le voir !

Sur ce, elle entra dans la salle de bain, laissant Ginny et Leah, confuse.

- Pourquoi est-ce que tu lui as dit ? Je te faisais confiance Leah, tu avais promis !

- Je suis tellement désolée, elle s'est mise à me poser un tas de questions quand elle a vu que tu n'arrivais pas. Je ne sais pas comment elle fait pour savoir quand tu mens, mais tu la connais, elle et son pouvoir de persuasion ! Je suis vraiment désolée Ginny !

Malgré les excuses de Leah, Ginny éprouvait encore une certaine amertume à son égard mais ce sentiment se dissipa très vite quand elles se mirent à discuter d'Uruquart. D'ailleurs il semblait que le décès de celui-ci était une excellente occasion pour certains élèves de répandre d'ignobles ragots.

- Il paraît qu’Angelica Widmann l'a empoisonné, dit Lavande Brown qui se trouvait près de Ginny à la table des rouges et ors, à l'heure du déjeuner.

- Pourquoi est-ce qu'elle aurait fait une chose pareille ? Demanda Parvati Patil avec de grands yeux.

- Uruquart l'avait largué sans aucune raison apparente et il semble que la pilule ne soit toujours pas passé, répondit Lavande avec un gloussement de rire.

- Je ne trouve pas ça très drôle, répliqua Hermione Granger qui arrivait près de la table des Gryffondor. Je pense que personne ici n’a besoin de vos commérages en ce moment.

Parvati et Lavande la suivirent des yeux pendant qu'elle s'éloignait et, sitôt fut-elle disparue de leur champ de vision, qu’elles se penchèrent l'une sur l'autre pour critiquer la préfète-en-chef.

- Je ne pense pas que ce soit Widmann qui ait fait quelque chose à Uruquart, déclara une voix derrière elles.

Tout le monde se retourna pour reconnaître Padma Patil qui s'était approchée de la table des Lions.

- Qu'est-ce qui te fait dire ça sœurette ? Interrogea Parvati en regardant sa jumelle.

- Si Uruquart avait été empoisonné on aurait pu le prouver, hors il n'y avait aucune trace de poison ou de quoi que ce soit d'autre dans son corps qui pourrait y ressembler selon les médicomages, quand à Widmann, elle était à une réunion du club de Sortilèges à l'heure présumée de la mort d'Uruquart, expliqua Padma avec raisonnement. Évidemment on peut penser qu'elle aurait pu utiliser un procédé magique qui aurait nécessité plusieurs heures avant sa propagation totale mais elle n'est pas assez maligne pour cela et ça nous ramène toujours à la thèse du poison. Et il n'a pas été empoisonné. Et puis je ne vois pas pourquoi Widmann lui voulait du mal puisqu'il est de notoriété publique qu’Uruquart l'a largué après l'avoir surpris en train de flirter avec un autre type !

- Oui bon...En tout cas c'est sans doute de la magie noire ! Je veux dire, ajouta Lavande Brown. C'est peut-être un Serpentard qui...

- Pourquoi est-ce qu'un Serpentard aurait voulu se débarrasser de l'un de ses copains ? Demanda Leah en fronçant les sourcils

- Je ne sais pas, mais ils sont...je veux dire...Tu-Sais-Qui était à Serpentard, et ils sont tellement ignobles parfois...

- Ce n'est pas parce que Tu-Sais-Qui était à Serpentard qu'il faut forcément associer cette maison au mal absolu. Les principales qualités des Serpentard sont la ruse et l'ambition, pas leur capacité à tuer ou à faire le mal, coupa Ginny d'un ton cassant.

Il y a quelques semaines pourtant, elle n'aurait pas été aussi sûre d'elle en disant cela.

- Tu cherches à défendre...commença Lavande avec indignation.

- Je ne cherche pas à défendre qui que ce soit, mais tu devrais peut-être être plus tolérante et arrêter de te fier à des préjugés stupides, répliqua Ginny d'un ton particulièrement sec.

Lavande ouvrit la bouche pour répliquer mais Parvati lui glissa quelque chose à l'oreille et la referma en se penchant à nouveau vers son amie. Padma hocha légèrement la tête et retourna vers sa table pendant que les conversations reprenaient, toujours sur le même sujet.

- Et bien Ginny, tu l'as remise à sa place...fit Leah avec un sourire admiratif, tandis qu'elles retournaient dans leur salle commune.

Elles avaient une heure libre avant leur prochain cours et avaient décidé de la mettre au profit de leur essai de Sortilèges. Ginny avait pris beaucoup de retard dans ses devoirs étant donné que depuis quelques semaines, elle passait une majeure partie de ses soirées avec un certain Serpentard. Et ses notes dans certaines matières s'en étaient ressenties. Peut-être qu'il valait mieux espacer ces escapades nocturnes ?

Après s'être engouffrées dans le trou du portrait de la Grosse Dame, les deux jeunes filles s'installèrent à une table du fond de la pièce, passant devant un groupe de deuxième année, occupés à jouer avec des fausses baguettes sorties tout droit de la boutique des jumeaux Weasley.

- Les produits provenant de la boutique de mes frères sont interdits il me semble ? demanda Ginny à Leah qui sortait son livre de Sortilèges.

- Ouais...

- Tu ne devrais pas les confisquer ? Tu es préfète après tout...

- OK, Ginny, laisse-les s'amuser un peu, profiter de leur jeunesse...

- Et de ta paresse ? Demanda la rousse en s'esclaffant.

Leah lui fit un petit sourire penaud avant de sortir des feuilles de parchemin. Ginny jeta un regard circulaire à la pièce. Il y avait seulement le groupe de deuxième année et deux filles de cinquième année assises sur des fauteuils, feuilletant paresseusement des exemplaires de Sorcière-Hebdo.

- Au fait, où sont les autres ? Demanda-t-elle à Leah qui mordillait le bout de sa plume, l'air découragé devant son parchemin.

- Hein ? Ah...Sugar et Ezra sont sûrement en train de se bécoter dans le parc, Colin est à la recherche du Survivant et Aaron...tiens le voilà...lança-t-elle en montrant le portrait qui pivotait une nouvelle fois, laissant entrer un garçon brun.

Il jeta un regard bref à la pièce et les apercevant, s'approcha d'elles.

- Salut les filles, fit-il en tirant une chaise pour s'asseoir avec elle. Qu'est-ce que vous faites ?

- Notre devoir de Sortilèges, répondit Ginny.

- Quoi, on avait un devoir à faire en Enchantements ? S'étonna t-il en regardant les deux filles de cinquième année avec désinvolture.

- Trente-trois centimètres sur les maléfices de protections Aaron, ne me dis pas que tu as oublié ! Protesta Leah en tournant vers lui un regard exaspéré

- Ben si...répondit-il simplement avant de se lever. On se voit tout à l'heure les filles, un truc important à régler.

- Le truc important en question ne s'appellerait t-il pas Antonia Ursina, par hasard ? Interrogea Leah, machinalement.

Aaron s'était installé à côté d'une des cinquièmes années qui avait commencé à battre des cils en le voyant arriver.

- Si c'est d'une brune à la poitrine proéminente que tu parles, c'est bien le truc important à régler...

- J'en étais sûre, dit Leah avec suffisance.

Cependant, en regardant à nouveau son livre, elle perdit immédiatement son petit air hautain.

L'heure terminée, elles entraînèrent Aaron hors de la salle commune.

- Désolée, on te le rendra plus tard, s'excusa Leah à la brune pulpeuse avant de pousser Aaron vers la sortie.

- Mais qu'est-ce que vous faites ? J'allais conclure ! Protesta Aaron.

- Tu feras ça une autre fois Don Juan, pour l'instant nous avons des cours à honorer...

Tandis qu'ils marchaient vers les escaliers, Ginny crut entendre une voix qu'il l'appelait. Elle se retourna et constata, les sourcils froncés, qu'il n'y avait personne.

- Ginny ? Tu viens ? Demanda Leah en se retournant.

- Oui...

Elle suivit donc ses amis mais à nouveau, et plus distinctement, elle entendit :

- Ginny !

Elle allait se retourner à nouveau quand elle sentit deux bras la tirer avec brusquerie vers l'une des tapisseries, derrière une statue. Se retournant, elle reconnut :

- Draco ? J'ai cours maintenant et je...Qu'est-ce qui se passe ? Demanda-t-elle avec inquiétude lorsque qu'elle vit son teint pâle.

- Ils croient que c'est moi...répondit Draco d'une complètement paniquée.

- Quoi ? Mais qu'est-ce que tu racontes ? Qui croit quoi ?

- Ils pensent que c'est moi qui aie tué Urquhart !

FIN DU CHAPITRE

End Notes:

Ça faisait un bon moment que j'avais pas posté, mas faut dire qu'avec les cours c'est à peine si j'ai le temps de lire une fiction, alors pour écrire je ne vous décris pas la galère ! Peut-être êtes vous en train de lire le dernier tome de la saga ? Je l'ai terminé il y a quelques heures à peine, il est extra :D

J'attends vos reviews !

Chapitre 11 by Black Lagoon
Author's Notes:

X.

- Enfin c'est absurde ! Mais qui peut bien penser une chose pareille ? s'étonna Ginny en fronçant les sourcils.

- Disons qu'ils ne sont pas totalement certains, ils en sont justes au stade des suppositions...

- Si tu commençais par m'expliquer qui sont ces ils et...

Mais la jeune fille fut coupée par les voix de ses deux amis qui l'appelaient.

- Oh je les avais oublié ceux-là...On en parle tout à l'heure ? Je viendrais te voir après les cours...déclara-t-elle à Draco.

Elle l'embrassa furtivement quand il s'apprêta à dire quelque chose et s'éloigna rapidement pour ne pas éveiller de soupçons.

Pourquoi aurait-il fait une chose pareille, c'était tout simplement impensable...Et qui étaient ces « ils » dont il parlait ? Quand elle en parla à ses amies, Sugar la fixa de ses yeux perçants quelques minutes avant de lancer :

- Je ne sais pas. Après tout, on ne connaît pas Malfoy, il se pourrait très bien...

- Tu ne vas pas me dire que tu crois à ces bêtises, il n'a rien fait ! coupa Ginny en s'enflammant aussitôt.

- Peut-être qu'il n'a rien à faire dans cette histoire, mais rien n'exclut le fait qu'il soit au courant de quelque chose ! Son père est Mangemort et...

- Tu ne vas pas remettre ça, je t'ai pourtant déjà dit qu'il ne voulait pas rejoindre Tu-Sais-Qui ! répliqua Ginny, sèchement.

- Qu'est-ce que tu en sais ? Il te l’a simplement dit. Après tout tu ne sais pas ce qu'il pense ou ce qu'il veut réellement, tu lui accordes une trop grande confiance si tu veux mon avis, fit la brune en croisant les bras, l'air méprisant.

- Et bien, je crois que je vais me passer de ton avis maintenant, assura la rouquine d'un ton froid.

- Tu fais comme tu le sens, mais sache que Malfoy est en train de jouer avec toi, et quand tu t'en seras rendu compte, ça fera mal, très mal...

Sur cette phrase, Sugar attrapa son sac et sortit du dortoir sans un regard pour les deux autres. Ginny, se laissa tomber sur son lit, agacée. Sugar ne comprenait rien. Draco avait peut-être l'air d'un gosse de riche arrogant au premier abord, mais en commençant à le connaître Ginny avait appris à laisser ces vieux préjugés de côtés pour lui donner une chance. Oui il y avait du mal en lui.

. Mais était-ce réellement de sa faute ? N'avait-il pas été élevé par une famille plongée dans la magie noire ? Il n'aspirait pas à cela et pourtant les gens ne le comprenaient pas. Elle avait décidé de lui accorder sa confiance, et si elle avait tort, et bien tanpis.

- Ginny...commença Leah d'une petite voix, la faisant sortir de ses pensées.

- Tu es d'accord avec moi n'est ce pas ? Interrogea la rouquine en levant les yeux vers son amie.

- Oui...je...enfin...Ginny, ne prends pas mal ce que je vais te dire, mais tu ne penses pas que...que Sugar a peut-être un peu raison ?

Ginny se redressa sur ses coudes et fixa Leah avec surprise. Sugar c'était une chose, mais Leah ? Elle qui partageait toujours son avis !

- Tu es avec elle alors ? Interrogea la rousse, offusquée.

- Non ! S'écria Leah, bouleversée. Je pense que tu...que tes sentiments pour Malfoy t'empêchent de bien considérer la chose. Je veux dire, tu ne peux pas avoir totalement confiance en lui sous prétexte que ses baisers te rendent toute...toute chose...

Elle se mordit la lèvre avec hésitation, apparemment affectée d'avoir à choisir entre ses deux amies. Cependant, elle reprit d'une voix un peu plus assurée :

- Mais tu as aussi raison, on ne devrait pas le juger parce que sa famille est dans les rangs de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, mais avoue-le Ginny, il est difficile de changer notre opinion avec le comportement détestable que Malfoy et sa bande ont eu envers nous pendant ces cinq dernières années...

Ginny soupira, résignée. Elle savait parfaitement que Leah avait raison mais il était possible que, comme l'avait si bien dit Leah, ses sentiments l'empêchent de considérer correctement la chose. Elle sourit à son amie. Elle n'avait pas à lâcher ses foudres sur elle, surtout après la compréhension dont elle faisait preuve.

- Désolée, s'excusa-t-elle en baissant les yeux. Je sais que c'est incroyable de penser cela, mais je suis certaine qu'il n'a rien fait...

- Tu es amoureuse de lui hein ? Interrogea Leah

Ginny hocha la tête timidement, les yeux toujours baissés.

- J'espère que tu ne te trompes pas...

- Je ne me trompe pas...

Du moins elle l'espérait. Pourquoi fallait-il que tout ça soit compliqué ? Pourquoi était-elle une Weasley et pourquoi était-il un Malfoy ? Car malgré l'assurance avec laquelle elle défendait le Serpentard devant ses amies, un doute subsistait. Et si jamais il se fichait d'elle, qu'il la manipulait à des fins mesquines ? Ginny savait pertinemment qu'elle ne s'en remettrait pas.

Au même moment un blond était assis à une table de la bibliothèque apparemment concentré dans la lecture d'un énorme grimoire scolaire mais en réalité, il essayait de chercher des solutions à chacun de ses problèmes.

- Cette place est libre ? demanda une voix derrière lui qu'il identifia immédiatement comme étant celle de Pansy Parkinson.

- Oui et la mienne le sera aussi si tu t'assoies ici, lui répondit Draco d'une voix plus traînante que jamais.

- Pas la peine de prendre ce ton, j'essayais d'être polie, ironisa Pansy en s'asseyant en face de lui, un petit sourire malicieux se dessinant sur ses lèvres.

Il l'ignora et fit semblant de lire son livre avec intérêt. Peut-être que si il faisait preuve d'indifférence elle lui ficherait la paix et s'en irait. Mais c'était sans compter le caractère exaspérant et rageant de Pansy Parkinson.

- Qu'est-ce que tu me veux ? demanda-t-il finalement, agacé de voir la blonde lui sourire de cette manière.

- On voulait te parler, répondit-elle.

- On ? s'étonna le Serpentard

- Et bien justement les voilà, fit-elle en montrant du doigt quelque chose derrière lui.

Il se retourna et vit Nott, Crabbe, Goyle et une fille irritante de la bande de Pansy Parkinson, Tracey Dawis arrivé vers eux. Bien qu'ils soient dans une bibliothèque, ils s'installèrent dans un vacarme ahurissant ( chaises tirées sans ménagement, rires arriérés de la part de Crabbe et Goyle et crise de gloussements par Dawis ). Pince accourut vers eux d'une démarche enragée.

- Nous sommes dans une bibliothèque espèce de sauvages ! Encore un tapage dans ce genre et c'est la porte, rustres ! s'exclama-t-elle d'un ton furieux.

Elle leur jeta un regard mauvais et prit un air pincé qui n'avantageait en rien son visage ridé et ses joues extrêmement creuses. Après un dernier regard lourd de condamnations, elle retourna parmi les rayons pour réprimander deux filles qui parlaient trop bruyamment à son goût. Le visage de Nott se fendit en un grand sourire.

- Si je lui jetais un sort ? proposa-t-il en sortant sa baguette.

- Tu ne crois pas que nous avons assez de problèmes comme ça ? s'exclama Pansy d'un ton impérieux.

Elle se tourna ensuite vers Draco :

- Mais au fait que fait le grand, le beau Draco Malfoy à la bibliothèque ? demanda-t-elle d'une voix mielleuse, couvrant la réplique de Nott.

- J'étudie.

Pansy sourit.

- Et bien, tu as bien changé...Où est passé le Draco, Malfoy qui se fichait royalement de ses résultats ?

Draco ne lui répondit pas et se contenta de lui jeter un regard noir pendant que Crabbe et Goyle riaient bruyamment.

- De toute façon, réviser ne sert plus à rien, nous ne serons même plus là à la fin de l'année pour passer nos ASPICs, continua la blonde avec dédain.

Un silence de mort s'abattit sur la table. C'était la réalité. D'ici quelques mois ils allaient entrer dans les rangs du Seigneur des Ténèbres qu'ils le veuillent ou non d'ailleurs, simplement parce que leurs parents adhéraient aux idéaux du mage noir. Ils seraient obligés de combattre aux côtés des autres Mangemorts contre Potter et les autres Leur destin était tout tracé, et cela depuis leur enfance.

- Pourquoi est-ce qu'on irait le servir ? demanda soudain Draco d'un ton déterminé qui l'étonna lui-même.

Les autres le regardèrent, surpris.

- Mais Draco, commença Pansy avec de grands yeux. On ne peut pas faire autrement, nos parents...

- Tu veux aller-là bas et le servir jusqu'à ce que mort s'en suive peut-être ? questionna Draco avec fureur en s'efforçant quand même de ne pas hausser le ton pour éviter que la bibliothécaire ne rapplique.

- Mais non ! Mais est-ce que nous avons le choix ? Nos parents sont avec lui, et c'est notre avenir, tous autant que nous sommes ! Répondit Pansy pendant que les autres acquiesçaient.

- Ne comptez pas sur moi pour Le rejoindre sans avoir eu le choix...

- Et ton père ? Demanda Nott.

- Mon père n'a pas à choisir ce que je vais faire ou non, ce n'est pas sa vie à ce que je sache, fit remarquer Draco d'un ton étrangement calme, surtout dans ces circonstances.

Il ferma son bouquin et rangea ses affaires.

- Mais tu as vu ce qui est arrivé à Uruquart ! s'exclama Dawis, horrifiée.

- C'est un risque à prendre, répondit simplement le blond en se levant.

- Pourquoi est-ce que tu as tellement changé ? demanda Pansy. Il y a quelques temps tu ne te serais jamais opposé à ton père !

- Les gens changent, les choses évoluent Pansy...

Il sortit de la bibliothèque un peu accablé. Il n'arrivait pas à croire ce qu'il venait de faire. Ginny Weasley, qu'est-ce que tu me fais faire ? se dit-il.

Un peu plus tard, Ginny retrouva Draco dans sa chambre et celui-ci lui expliqua que la direction était persuadé que c'était un fils de Mangemort qui s'était débarrassé du sixième année mais qu’ils n'avaient absolument aucune preuve à fournir contre eux. D'une certaine manière, cela soulagea la jeune Gryffondor qui s'était fait un sang d'encre depuis le début de l'après-midi, persuadée que seul Draco était soupçonné.

- Mais ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi Uruquart ?

- Son père était aux côtés de Tu-Sais-Qui pendant la première guerre mais il n'a pas répondu à son appel il y a trois ans alors quand Tu-Sais-Qui a eu besoin de recruter, le mois dernier, Mr. Uruquart à été amené de force et les Mangemorts ont menacé de le tuer s’il ne laissait pas Tu-Sais-Qui préparer son fils à entrer dans les rangs. Je ne sais pas comment il a fait, mais il a réussi à s'enfuir et...

- Il a laissé son fils seul ici ? coupa Ginny, avec une expression choquée.

- Oui, répondit Draco sans aucune émotion apparente. Il pensait que son fils serait écarté de tout danger à Poudlard et avec Dumbledore. Mais le danger est partout...

- Même à Poudlard...

- Surtout à Poudlard ! Ginny tu ne te rends pas compte du nombre d'espions que Voldemort a infiltré ici !

Ils restèrent silencieux jusqu'à ce que le jeune homme déclare :

- Dumbledore veut nous interroger demain soir...

- Mais tu n'as rien à avoir là-dedans donc tu n'as aucune raison de t'en faire, lança immédiatement la rousse.

Elle avait raison mais peut-être qu'un de ses amis n'était pas tout à fait innocent.

Il soupira et lui avoua ce qui avait dit à ses amis quelques heures plus tôt à la bibliothèque. Elle resta stupéfaite quelques instants devant lui, sans qu'un son ne puisse sortir de sa bouche. Soudain un sourire rayonnant se fendit sur son visage et elle se jeta au cou de Draco pour le couvrir de baisers. Ils tombèrent sur le lit sous l’emportement de la jeune fille. Elle était ravie et son regard flamboyant se planta dans les yeux aciers du Serpentard.

- Je n'arrive pas à croire que tu aies fait ça, avoua-t-elle. Je penserais que tu ne voudrais pas, je veux dire...

- C'est pour toi que je le fais, déclara-t-il, sans vraiment s'en rendre compte.

- Pour moi ? Non Draco, je ne veux pas que tu fasses ça pour moi, c'est pour toi que tu dois le faire ! C'est ta vie, tes choix ! Tu es libre de choisir pour ton avenir.

Il acquiesça mais il savait qu'à cet instant, il pourrait la suivre n'importe où, dans n'importe quelle galère, il fallait juste qu'il puisse être avec elle. C'était comme si ces dernières semaines avaient été décisives. Il l'avait autrefois détesté. Mais quoi de plus normal pour un Malfoy qui se respectait ? C'était une Weasley, elle était à Gryffondor et amoureuse de Potter, par surcroît. Leur seul point commun était le fait qu'ils ne supportaient pas Hermione Granger.

La jeune rousse était restée assez vague sur la préfète-en-chef, elle lui avait rapidement expliqué ce qui s'était passé avant de passer à un autre sujet. Le message était clair : elle ne voulait plus entendre parler de Granger. Draco, lui, ne pouvait pas s'empêcher de rire de cette situation. Décidemment Potter était définitivement myope, à croire que ces lunettes ne lui servaient à rien. Comment un adolescent normalement constitué pouvait préférer la Miss-je-sais-tout de Gryffondor à Ginny Weasley ? Il voulait bien avouer que tous les goûts étaient dans la nature mais là, Potter avait manqué sa chance et quand il s'en rendrait compte, Draco ne lui laisserait pas l'occasion de se rattraper. Il savait que Ginny n'était pas une de ces filles avec lesquelles on pouvait s'amuser. Elle lui avait accordé sa confiance et pour ça il lui en serait toujours reconnaissant. Il se sentait prêt à être sérieux avec elle.

- Je suis vraiment heureuse, c'est devenu tellement...tellement important nous deux pour moi, confessa-t-elle d'une voix douce.

- Ça l'est aussi pour moi, assura Draco en dégageant une des ses jolies mèches rouges pour lui caresser la joue.

Le regard de la jeune fille étincela et elle se jeta à nouveau dans ses bras pour l'embrasser, ne voyant pas comment lui prouver ce qu'elle ressentait à cet instant par d'autres moyens.

- Je t'aime, murmura-t-elle avant de poser ses lèvres sur les siennes.

Et même si il ne répondit pas, aussi étrange que cela puisse paraître, elle sut que lui même ressentait la même chose qu'elle à son égard. C'était difficile à avouer pour lui, elle le savait mais ne s'en formalisait pas. Ce fut encore remuée par ces déclarations et le corps brûlant qu'elle remonta les escaliers qui menaient vers la tour des Gryffondor.

D X G

Ils étaient partis durant la nuit, sans prévenir personne, sans qu'on puisse savoir où ils avaient pu aller. Harry Potter et ses deux amis d'aventure, Hermione Granger et Ron Weasley avaient quittés Poudlard, dans une discrétion absolue.

Pendant ce temps, à Poudlard, les rumeurs allaient bon train. Un deuxième année de Serpentard se plaisait à raconter qu'il les avait aperçu, se faufilant dans le parc très tard dans la soirée. Mais le pauvre garçon n'avait pas pu fournir une explication correcte à la directrice-adjointe quand celle-ci lui avait sèchement demandé la raison de sa présence dans les couloirs à une heure aussi tardive. Il s'était donc retrouvé avec une semaine de retenue et des devoirs supplémentaires.

Lavande Brown, quant à elle, expliquait à qui voulait l'entendre que le trio le plus célèbre de l'école s'était vu confier une sorte de « mission » et qu'elle tenait ça d'une source sûre. Étrangement, les professeurs ne montraient aucun signe d'inquiétude concernant la disparition soudaine de trois élèves ce qui appuyaient les dires de Lavande. Pour être honnête, le départ de Potter et de ses deux amis semblait susciter un sentiment de soulagement général. La plupart des élèves était persuadée que plus Harry Potter était loin, plus ils seraient en sécurité. Après tout, n'était-ce pas lui que Voldemort pourchassait depuis des années ?

Ginny, elle, ne pouvait pas s'empêcher d'être indignée devant tant d’égoïsme. Elle s'inquiétait énormément. Où étaient-ils ? Est-ce qu'ils allaient bien ? Ce sentiment de doute ne s'apaisait guère avec les lettres que sa mère lui envoyait. On pouvait y sentir la panique et le désarroi d'une femme angoissée par la possibilité qu'il puisse arriver un malheur à son dernier fils et aux amis de celui-ci qu'elle considérait aussi comme ses enfants.

Certes les trois comparses étaient devenus très étranges pendant ces derniers temps, s'échangeant à tout moment des messes basses, mais rien ne présageait un départ si soudain. Même Ron avait été différent ces derniers jours, comme si il prenait son rôle de grand frère au sérieux. Peut-être était-ce là une façon de dire au revoir à sa petite sœur sans se dévoiler. Ginny essayait de ne plus y penser car elle ne voulait pas se morfondre dans l'inquiétude.

Leur départ avait provoqué quelque chose d'étrange en elle. Elle commençait vraiment à prendre conscience qu'ils étaient en pleine guerre et qu'elle pouvait perdre un proche à tout moment. Elle se trouvait vraiment stupide. Toute sa famille était à l'extérieur, en train de lutter contre Voldemort et ses acolytes alors qu'elle était protégée et que son seul souci était la quantité énorme de devoirs que lui donnaient ses professeurs.

Elle recevait souvent des lettres de ses frères aînés et de ses parents mais elles étaient toutes superficielles. Ils ne répondaient à aucune de ses questions sur son frère, sur ce qui se déroulait dehors, sur la guerre qu'ils menaient, la jugeant sans doute trop jeune et pas assez mature pour affronter la réalité. Elle avait toujours trouvé adorable la façon dont sa famille la protégeait. Petite dernière, choyée de tous, ils ne réalisaient pas qu'elle grandissait et qu'elle avait besoin de savoir, d'être considérée comme une jeune fille bientôt adulte et pas comme une gamine qu'on envoyait à l'école pour l'écarter de tous dangers. Même si ses amis étaient là pour elle, elle se sentait plus seule que jamais. Heureusement il y avait Draco. Il ne pouvait même pas se douter de l'admiration qu'elle ressentait pour lui. Il était si impassible devant ces évènements alors qu'elle était complètement dépassée pas la situation.

Draco avait immédiatement compris que Ginny avait du mal à se remettre du départ de son frère et des deux autres. Mais il ne pouvait vraiment pas éprouver de la compassion pour elle. Il détestait Potter et le fait que celui-ci disparaisse ne lui faisait absolument aucun effet. Après tout, il n'avait aucune raison de s'inquiéter. Son père était l'un des plus proches serviteurs de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, alors son nom lui garantissait une protection ostensible. Mais il n'aimait pas voir Ginny dans cet état, elle qui était habituellement si fougueuse, si sûre d'elle. Elle lui avait dit qu'elle avait peur. Peur de ce qui pourrait arriver à ses frères, à ses parents, à ses amis. Peur d'être continuellement mise à l'écart. Peur de ne pouvoir rien faire contre ça. Mais qu'est ce qu'il pouvait bien répondre à ça ? Elle lui livrait ses pires craintes et lui il restait sans voix devant elle. Il l'avait juste serré dans ses bras, longuement, comme pour lui montrer qu'il était là pour elle et que lui, la protégerait du mieux qu'il pourrait. Ginny était la première fille avec qui il se laissait vraiment aller, à qui il accordait totalement sa confiance. Il ne voulait pas la décevoir. Il s'avoua, non sans dépit, que Pansy Parkinson avait raison. Il avait bien changé, il fallait l'avouer...

Les semaines passèrent à une vitesse hallucinante et sans que les élèves n’aient pu s'en rendre compte, le mois de décembre était arrivé, apportant avec lui sa neige blanche et ses chants de Noël quotidiens. Depuis qu’Hermione Granger était partie, Draco devait aussi se charger des obligations de la jeune fille en tant que préfet-en-chef. Il se serait bien présenté devant le bureau du directeur pour demander une solution, mais il n'était pas le genre de type à se plaindre.

Les interrogatoires de quelques élèves de septième n'avaient servi strictement à rien puisque sans preuve pour les incriminer, l'usage de Veritaserum aurait été déclaré comme illégal. Le Ministère avait alors fait pression en essayant de les impressionner. Une demi-douzaine d'aurors s’était donc présentée dans la Grande Salle. La carrure imposante, l'air dur, ils avaient interrogé les élèves et tenté de lire dans leurs esprits. Mais la plupart des enfants de Mangemort avaient été initiés à l'Occlumancie alors leur tentative était restée sans succès.

Une atmosphère inquiétante régnait alors parmi les élèves qui ne savaient plus à qui ils pouvaient faire confiance ou non et la perspective que l'assassin du pauvre sixième année rodait toujours dans les environs et qu'il pouvait encore sévir ne rassurait pas grand monde.

Dumbledore, pour détendre l'ambiance générale avait décidé d'organiser un bal avant les vacances de fin d'année. Et il avait eu raison puisque la soirée était présente dans toutes les conversations. Poudlard n'organisait jamais ou alors que très rarement d’évènements dans ce genre et se retrouver dans une promotion qui avait accueillie deux bals était quasiment inespérée. Les filles ne parlaient plus que de ça. Comment s'habilleraient-elles ? Par quel garçon se feraient-elles inviter ? Ces deux questions étaient devenues pour ainsi dire existentielles.

Ginny qui d'habitude aurait accueillit cette nouvelle avec son enthousiasme ordinaire, ne parvenait qu'à éprouver de la réticente à l'idée de débarquer dans la Grande Salle au bras d'un élève qu'elle connaissait à peine à qui elle aurait répondu par l'affirmative à sa demande quelques semaines auparavant. Ce bal en était encore plus agaçant puisqu'il était devenu le sujet de prédilection de Leah Hopper. Elle ne s'en lassait pas, commentant les couples déjà formés pour l'occasion, le dernier groupe à la mode choisit pour assurer la soirée et surtout des cavaliers qu'elle rêvait d'avoir. Elle semblait avoir atteint le summum du bonheur quand un soir, après les cours elle se jeta vers Ginny dans la salle commune pour lui annoncer :

- Ginny ! Devine qui vient de m'inviter, à l'instant ?

La rousse, trop surprise de l'intervention, ne répondit pas immédiatement.

- Allez, quoi ! insista Leah avec un grand sourire.

- Je ne sais pas, dis-moi, fis Ginny en haussant les épaules.

- Dean Thomas ! Annonça la jeune fille d'un ton surexcité

- Dean, répéta lentement Ginny, tentant d'assimiler cette nouvelle information.

Elle se retint d'ajouter « pourquoi ? ». Son amie l'aurait certainement très mal pris. Mais Ginny n'avait jamais remarqué que Dean Thomas avait des vues sur Leah.

- J'allais entrer dans la salle commune et il était en train d'en sortir et puis il me l'a demandé, comme ça !

- C'est...cool, finit par répondre Ginny avec un sourire.

- N'est-ce pas ? s'extasia Leah, l'air réjoui.

Quand Ginny se glissa dans ses couvertures ce soir-là, elle se trouva égoïste. Leah était heureuse, mais elle, elle s'en fichait complètement. Les histoires de ses amis ne l'intéressaient plus même si elle s'était enfin réconciliée avec Sugar. Depuis quelques temps, elle s'était formé une sorte de « bulle » qui ne comportait qu'elle et Draco. A part sa relation avec le Serpentard, plus rien ne la captivait et en se réveillant le matin, elle n'avait envie que d'une seule chose : que les heures de cours passent rapidement pour qu'elle puisse le retrouver le soir venu.

Ils ne faisaient pas grand chose, mais sa présence la rassurait. Ils discutaient, passaient une bonne partie de la soirée à se bécoter avant que la jeune fille reparte dans sa salle commune, toujours dans un état second. Elle savait qu'il avait envie d'aller plus loin dans leur relation mais voilà, elle bloquait. Elle n'était pas sûre d'être prête. Parfois elle avait l'impression que si, d'autres fois non, bref tout ça était très confus dans sa tête. Il n'avait rien dit et malgré son envie d'aller plus loin, il n'insistait pas quand elle lui demandait de s'arrêter.

- Bonne nuit les filles, fit Sugar d'une voix ensommeillée.

- Bonne nuit, répondirent les quatre occupantes du dortoir d'une manière synchronisée.

Ginny soupira à en fendre l'âme et s'installa confortablement dans son lit.

D X G

- QUOI ? hurla Ginny.

- J'ai dis que j'avais invité...

- Je sais ce que tu as dit ! Mais par Merlin, pourquoi elle ?!

- Elle est pas mal et je ne veux pas arriver là-bas avec une fille laide, se justifia Draco qui ne comprenait pas pourquoi la rousse se mettait dans un tel état de fureur.

Ginny tiqua :

- Elle est pas mal ?

- Je veux dire passable, pas à ta hauteur bien sûr, ajouta-t-il précipitamment devant le regard qui s'était soudainement fait malveillant.

- D'accord ! On ne peut pas aller au bal ensemble, c'est logique après tout ! Mais tu pouvais choisir n'importe qu'elle autre fille ! Tu aurais pris cette horreur de Pansy Parkinson j'aurais compris à la limite mais CETTE ALLUMEUSE DE DAPHNE GREENGRASS, là je t'avoue que je ne comprends pas ! S'écria Ginny en rejetant ses cheveux d'un geste impatient, et surtout le regard mauvais.

- Si c'est ça qui t'inquiètes il ne se passera rien, assura-t-il dans l'intention de la rassurer.

- Mais pourquoi devrais-je m'inquiéter puisqu'il ne va absolument rien se passer ! Et si par un déplorable hasard il se passait quelque chose quand même, Rogue retrouvait malencontreusement deux cadavres dans les cachots ce qui serait fortement regrettable n'est-ce pas ?

En disant cela, elle avait posé son index sur la poitrine du jeune homme, menaçante.

- Tout à fait regrettable, admit Draco en reculant légèrement.

Il était préférable de mettre entre eux une petite barrière de sécurité. La rousse sembla se calmer et il s'approcha d'elle pour la prendre dans ses bras. Toujours contrariée, elle ne fit rien pour se dégager des bras du Serpentard mais ne répondit pas à l'étreinte non plus.

- Tu es jalouse ? demanda-t-il avec un petit sourire moqueur.

- Jalouse de qui ? Greengrass ? Non, honnêtement non.

- Menteuse.

- Je ne vois pas de quoi tu parles.

Son sourire s'agrandit encore et il passa une main dans les cheveux de la jeune fille pour remettre l'une de ses mèches derrière son oreille. Il laissa son doigt effleurer sa joue jusqu'à sa nuque. Elle ne put retenir un petit gémissement et il la contempla de ce regard satisfait qui voulait tout dire. Il se payait sa tête.

- Va te faire voir Malfoy.

Il lui sourit, releva son menton et l'embrassa. Mais un baiser en entraînait à chaque fois un autre, plus profond et plus passionné que le précédent. Quand ils s’arrêtèrent, elle lui déclara :

-Ne crois pas que tu es déjà pardonné...

- Pardonne-moi ma jolie et je serais là pour réaliser tous tes désirs.

Elle eut un petit sourire.

- Tu veux dire que tu possèdes une licorne et un hippogriffe ? Demanda innocemment la jeune fille, le regard malicieux.

Il eut un petit air écœuré et elle dut se mordre l'intérieur de la joue pour ne pas éclater de rire devant la tête qu'il faisait. Il se pencha à nouvelle vers, et murmura à son oreille :

- Tu es vraiment écœurante Weasley, mais c'est pour ça que je t'aime...

Il lui ébouriffa les cheveux et s'en alla, la laissant seule dans ce couloir désert dans un état d'euphorie extrême. Il l'aimait ? Il lui avait dit qu'il aimait ! Après quelques minutes dans l’hébétude la plus complète, elle partit à son tour du couloir et remonta les escaliers d’un pas joyeux. Arrivée devant le Hall, la jeune fille vit les grandes portes s'ouvrir brusquement. Paniquée, elle sortit sa baguette. Mais que pouvait-elle faire, seule dans le Hall en pleine nuit si l'école était attaquée par les Mangemorts ? Mais elle n'eut pas besoin de réfléchir plus longtemps :

- Ginny !

Elle reconnut immédiatement la voix. Et trois ombres approchant se dessinèrent sur le seuil de la Grande Porte. Elle se précipita pour les rejoindre. Harry et Hermione, dans un piteux état, essayaient de tirer Ron qui, le visage couvert de sang, paraissait réellement être entre la vie et la mort.

Fin du Chapitre

J'avais un peu peur qu'ils tombent amoureux « trop vite » en fait mais bon, mais ces choses-là ne se contrôlent pas xD.

Voilà, vos reviews sont fortement appréciés alors n'hésitez pas ^^

End Notes:

J'avais un peu peur qu'ils tombent amoureux « trop vite » en fait mais bon...
Voilà, vos reviews sont fortement appréciés alors n'hésitez pas ^^

Chapitre 12 by Black Lagoon
Author's Notes:

Disclaimer : Tout appartient à la merveilleuse et très créative J.K.Rowling.
NDA : MERCI pour toutes vos reviews, je suis contente de voir qu'on me suit toujours !
Ce chapitre a mis des mois à arriver, mais il est là, enfin ! Il est long, j'espère que ça compensera un peu ^^'

XI.

« Qu'est ce que...Ron ! RON ! » S'écria Ginny d'une voix paniquée en s'agenouillant auprès de son frère.

« Il faut qu'on le ramène à l'infirmerie. » déclara Harry, légèrement essouflé.

« Merlin, qu'est-ce qui s'est passé ? » interrogea Ginny tandis que Hermione faisait apparaître un brancard d'un coup de baguette. « D'où venez-vous ? »

Harry et Hermione échangèrent un regard.

« Désolé Ginny, on ne peut pas en parler... » répondit Harry, après quelques secondes d'hésitation.

« Comment ça '' vous ne pouvez pas en parler '' ? Mon frère est en train d'agoniser et vous n'êtes même pas fichus de me dire pourquoi ? s'exclama Ginny en haussant le ton.

« Je suis vraiment désolé Ginny, mais on ne peut vraiment pas te parler de ça, c'est...confidentiel »

Ron, les yeux toujours fermés, poussa un grognement de douleur et les trois autres se tournèrent vers lui. Harry s'empressa de faire léviter Ron sur le brancard. Sans un mot, ils se dirigèrent vers les escaliers rapidement et seules les plaintes rauques de Ron interrompaient ce sinistre silence.

Quand ils arrivèrent à l'infirmerie, Hermione frappa frénétiquement à la porte du bureau de Pomfresh. Après quelques instants d'attente, l'infirmière apparut dans l'encadrement de la porte et ouvrit de grands yeux en voyant Ron. Ginny resta en retrait quand l'infirmière installa son frère sur l'un des lits et lorsqu'elle s'affaira auprès de lui pour lui prodiguer des soins d'urgence.

Hermione et Harry s'approchèrent d'elle et ils commencèrent à lui parler à voix basse, sans doute pour lui expliquer la situation. Ginny soupira de frustration : elle se sentait à nouveau exclue et elle détestait ça. Quelques minutes passèrent et quand elle vit les deux autres revenir vers elle, elle demanda aussitôt :

« Alors ? »

« Il va un peu mieux. » l'informa Harry d'un ton qui se voulait rassurant.

Il jeta un regard à Hermione et ajouta :

« Nous devons aller voir Dumbledore. »

« Pour quoi faire ? » s'étonna la rousse.

« On ne peut... » commença Harry

« ...pas en parler. » acheva Ginny d'un ton las, sans chercher à dissimuler son agacement. « Harry, vous pouvez quand même me donner quelques explications tu ne croies pas ? »

Mais cette fois, ce fut Hermione qui répondit :

« Ginny, croies-le ou non, on t'en parlerait si on avait le choix mais nous ne l'avons pas. Alors, pour l'instant, on ne peut vraiment rien te dire. »

Sur ce, la préfète-en-chef sortit de la pièce, Harry sur ses talons. Ginny tira une chaise qui se trouvait à proximité et se laissa tomber dessus, passablement irritée. Elle posa la tête sur le mur derrière elle et ferma les yeux. Qu'étaient-t-ils encore allés faire ? On aurait dit qu'ils cachaient un secret de la plus haute importance. Elle en avait vraiment plus qu'assez de ne jamais être au courant de rien. La jeune fille entendit des pas qui revenaient vers elle et rouvrit les yeux. L'infirmière avait tiré les rideaux du lit de Ron et se dirigeait à présent vers Ginny. Cette dernière se leva et alla à sa rencontre.

« Son état est stable. » lança Pomfresh, répondant ainsi aux interrogations muettes de Ginny. « Pour le moment il dort et c'est surtout de repos dont il a besoin »

Ginny hocha la tête et jeta un dernier regard en direction du lit de son frère. Elle remercia distraitement l'infirmière et quitta la pièce. Ne souhaitant pas immédiatement rejoindre son dortoir, ce fut presque naturellement qu’elle prit la direction de la chambre de Draco. Quand il ouvrit la porte, il parut surpris de la voir.

« Qu'est-ce que tu fais là ? » s'étonna-t-il, bien qu'il fût ravi de sa présence.

Il s'effaça pour la laisser entrer.

« Ils sont revenus. » lança-t-elle simplement en s'asseyant sur le lit de Draco.

« Qui ça ? »

« Mon frère, Harry et Hermione. D’ailleurs Ron est à l'infirmerie et il est dans un sale état. » ajouta-t-elle en haussant les épaules.

Draco vint s'asseoir à côté d'elle et mit un bras autour de ses épaules pour la serrer contre lui.

« Ou étaient-ils ? » demanda-t-il en embrassant le haut de sa tête.

« Aucune idée, ils n'ont rien voulu me dire. Apparemment c'était important et confidentiel. Ils sont même allés voir Dumbledore pour je ne sais quoi. » continua-t-elle d'un ton méprisant.

Il eut un léger sourire et elle ne comprit pas pourquoi.

« Bref...Tu faisais quoi ? » demanda-t-elle.

Elle posa la tête contre son torse et soupira.

« Je finissais mes devoirs... »

« Tu vas à Pré-au-Lard demain ? » interrogea la jeune rousse tandis que le Serpentard jouait avec l'une de ses mèches.

« Pas le temps, il faut que j'aide à l'organisation de ce fichu bal et à la décoration de la Grande Salle c'est pour ça que j'essaye de finir le boulot en avance. » expliqua Draco en la relâchant pour se lever.

Elle s’affala complètement sur le lit et l'observa pendant qu'il s'installait à nouveau à son bureau et se remettait au travail. Elle joua quelques minutes avec l'oreiller puis commença à se plaindre :

« Ils m'énervent. C'est vrai, je veux dire, j'ai le droit de savoir ce qui se passe non ? »

« Tout à fait. » assura Draco sans même s'en rendre compte.

Il écouta à peine les critiques et les reproches de la jeune fille envers sa famille, Potter et Granger, se contentant de lâcher des « Oui, tu as raison. » « Complètement d'accord avec toi. » quand cela s'avérait nécessaire.

C'est quand il eût refermé ses bouquins et qu'il se retourna vers elle, qu'il constata qu'elle s'était endormie. Un sourire blasé s'étira sur ses lèvres. Le monologue de la jeune fille avait fini par l'épuiser.

Il s'approcha d'elle et lui caressa doucement les cheveux. Il hésitait : devait-il la réveiller ? Elle avait l'air tellement fatiguée et le fait qu'elle reste ici pour la nuit ne lui posait absolument aucun problème, bien au contraire. Il entreprit de lui enlever ses chaussures, son gilet et...et c'est tout. Il n'avait pas envie de subir les foudres de la jeune rouquine le lendemain. Il se releva et entra dans sa salle de bain. Quand il revint dans la pièce, Ginny était toujours profondément endormie. Il la porta dans ses bras pour l'installer sous les couvertures avant de se glisser lui-même dans le lit. Il la serra contre lui et enfouit sa nuque dans ses cheveux.

Le lendemain, en guise de bonjour, Draco eut le droit à une gifle bien retentissante. Il entrouvrit les yeux et posa une main sur sa joue endolorie. Ginny, penchée sur lui, l'observait l'air contrarié.

« Weasley, je peux savoir ce qui te prends ?» demanda-t-il d'une voix endormie.

« Tu as deux minutes pour m'expliquer précisément ce que je fais dans ton lit. » répliqua la rouquine d'un ton sec.

« Laisse-moi dormir... » lança Draco en esquissant un geste pour lui tourner le dos.

Elle leva la main pour lui administrer une autre claque mais cette fois, il réagit et lui attrapa le poignet.

« A quoi joues-tu ? » interrogea-t-il d'un ton furieux.

Il se redressa, parfaitement éveillé.

« L'heure tourne Malfoy, je veux des explications. »

« Tu t'es endormie hier soir alors je t'ai fait une petite place dans mon lit. D'ailleurs cette attention ne méritait-elle pas un baiser plutôt qu'une gifle? » questionna-t-il innocemment bien que son sourire goguenard soit toujours présent sur ses lèvres.

« Manquerait plus que ça...Tu n'aurais pas pu me réveiller ? »

« Tu avais l'air fatiguée alors je n'osais pas te réveiller. Et sérieusement, je ne comprends pas pourquoi tu te mets dans tous tes états. »

« Je me réveille et je m'aperçois que je suis dans ton lit et dans tes bras, c'est pas une raison suffisante, ça ? »

Il sourit à nouveau et rappela :

« On a rien fait. »

« Je sais bien qu'on a rien fait ! Merlin, tu m'énerves ! » s'exclama-t-elle.

Il la saisit par les épaules et l'embrassa pour la faire taire. Il adorait la voir en colère. Le jeune homme prit son bras, la rapprocha de lui et enfouit sa tête dans ses cheveux flamboyants pour y respirer leur parfum enivrant. Ils restèrent dans cette position quelques minutes avant que Ginny ne rompe le silence.

« Malfoy. » commença-t-elle.

« Quoi ? » grogna le blond.

« Enlève ta main de là, immédiatement. » ordonna-t-elle d'une voix calme mais dure.

La main que le jeune homme avait glissée sous son chemisier revint à la surface avec un gémissement de protestation. Quand elle le repoussait, elle devait toujours être très ferme. Mais il ne la lâcha pas pour autant et resserra au contraire son étreinte. Il sembla vouloir dire quelque chose mais se ravisa.

« Je... »

« Oui ? » fit Ginny, pleine d'espoir. « Qu'est-ce que tu allais dire ? »

« Rien, laisse tomber. »

« Dis-moi. » insista la rousse.

« Rien, j’ai dis... »

La jeune fille soupira et laissa ses doigts courir sur la poitrine du Serpentard.

« Draco ? » demanda-t-elle d'une voix timide.

« Ouais... »

« Est-ce que ça et gêne de dire ce que tu ressens ? »

Comme il ne répondait pas, elle se redressa pour lui faire face. Devant son regard insistant, il commença :

« Écoute Ginny, je n’ai pas envie de parler de ça. »

« Pourquoi ? »

« Parce que ! Je n'aime pas avoir de genre de conversation. J'ai l'impression d'avoir l'air stupide quand j'en parle d'accord ? » expliqua-t-il avec agacement.

« Tu n'as pas l'air stupide. » répliqua Ginny. « Et hier tu m'as dit que... »

« Je sais ce que j’ai. » la coupa-t-il avec exaspération. « Et je le pensais mais je n'avais pas l'intention de te le dire. Ginny, il faut que tu comprennes que ça me rend mal à l'aise de parler de ça »

« Qui aurait cru que le grand Draco Malfoy serait incapable de confesser ce qu'il avait sur le cœur. » ironisa la Gryffondor, pour le provoquer.

« Ne me provoques pas Weasley ! » la prévint-il d'une voix faussement menaçante.

La jeune fille fit mine de prendre un air blasé et de lever les yeux au ciel.

« Sinon quoi ? Qu'est-ce que tu va me faire ? » Se moqua-t-elle.

Il fit semblant de réfléchir, puis répondit :

« Je te jette par la fenêtre, si j'arrive à te faire passer bien sûr. » ajouta-t-il avec sérieux.

Ginny le fusilla du regard, outrée.

« Qu'est-ce que tu insinues ? »

« Moi ? Mais rien de spécial. »

Il faillit se prendre une autre gifle mais ses réflexes d'attrapeur l'aidèrent à esquiver.

« C'est surprenant. » déclara-t-il.

« Qu'est-ce qui est surprenant ? » s'étonna la rouquine.

« Tu as la main vraiment leste. Je ne compte plus le nombre de fois où tu as voulu me gifler. »

Il reprit sa main avec douceur et acheva :

« Une vraie furie...ma furie. »

Il l'avait une nouvelle fois rapproché contre son torse et avait murmuré ces mots tout près de l'oreille de la jeune fille, provoquant un chatouillis dans sa nuque, la faisant frémir. Elle adorait quand il faisait cela. En fait, elle adorait tout simplement qu'il la touche même si c'était seulement pour lui prendre la main. Et même avec un simple baiser, il parvenait à la mettre dans un état second. Parfois, elle avait l'impression qu'elle pourrait faire n'importe quoi juste pour l'une de ses étreintes. C'était sûrement ça le véritable amour. Et puis il fallait le reconnaître, elle était simplement folle de lui.

« Bon Weasley, tu sais que j'adorerais rester là avec toi, mais je ne crois pas que mes obligations me le permettent. »

Elle soupira et se redressa pour pouvoir s'étirer. Elle sauta du lit, ramassa son gilet et enfila ses chaussures. Elle lui souffla un baiser et lui adressa un dernier regard flamboyant avec de quitter la pièce.

Il était encore tôt et comme on était samedi, les couloirs étaient quasiment vides. Elle croisa seulement quelques élèves qui se rendaient dans la Grande Salle afin de déjeuner.

« Le mot de passe ? » demanda la Grosse Dame quand Ginny arriva devant elle.

« Gryphus. » répondit la rousse.

Le tableau pivota et la jeune fille s'engouffra dans le trou du portrait. La salle commune était vide alors elle n'eut pas de mal à remonter dans son dortoir sans être remarquée. Ses camardes de chambrée y dormaient encore et elle prit ses affaires pour aller s'enfermer dans la salle de bain.

Quand elle revint dans la pièce, son amie Sugar était déjà levée et s'étirait longuement, à la manière d'un chat. Quand elle vit Ginny sortir de la salle de bain, elle lui adressa un sourire.

« Bien dormi ? » demanda la rousse en se dirigeant vers son lit.

« Oui... »

Sugar sembla hésiter puis finit par déclarer :

« Tu n'as pas dormi ici. »

La rousse secoua la tête et se dirigea vers son armoire pour prendre des vêtements.

« Non. » répondit-t-elle simplement.

Elle leva les yeux vers son amie et constata que cette dernière hésitait à lui poser une question.

« Vas-y, pose-moi la question qui te taraudes l'esprit » suggéra alors Ginny.

« Vous avez...tu sais bien... »

« Non. » répondit la jeune fille avec sérieux.

Puis après quelques secondes de réflexion, elle ajouta :

« Pas encore.»

Son amie ouvrit la bouche et la fixa avec des yeux surpris.

« Pas encore ? Qu'est-ce que ça veux dire ça ? Que tu envisages de le faire avec lui ? » interrogea Sugar en fronçant les sourcils.

Ginny avait beaucoup réfléchi à la question, surtout ces derniers temps. Elle avait toujours pensé qu'elle ne ferait l'amour qu'avec un garçon en qui elle aurait totalement confiance et elle mettait une confiance totale en Draco. Et pour dire la vérité, même si elle le dissimulait beaucoup mieux que lui, les baisers fiévreux et enflammés de Draco ne lui suffisaient plus. La jeune fille se tourna alors vers son amie et déclara :

« Il m'aime, je l'aime, je ne vois pas où est le problème. »

Sugar se mordit la lèvre inférieure et Ginny ne put que remarquer que son amie avait l'air d'être en plein débat intérieur. Ginny le savait, Sugar n'était pas d'accord avec elle : pour elle, Draco n'était pas honnête. D'un autre côté, elle ne voulait pas se disputer avec Ginny parce qu'à chaque fois qu'elles abordaient ce sujet, c'était toujours de cette façon qu'aboutissait la conversation. Elle garda donc le silence mais cela ne fut pas assez pour dissimuler ses pensées à la rousse. Celle-ci soupira et lança :

« Je sais que tu ne l'aimes pas, mais s'il-te-plaît Sugar, je sais ce que je fais ! »

« Si tu le dis. » dit son amie en haussant les épaules, sans conviction.

Elles ne seraient jamais d'accord de toute façon.

Un peu plus tard dans la matinée, après qu'ils aient pris leur petit-déjeuner, Ginny et ses amis décidèrent de se rendre à Pré-Au-Lard plus tôt que prévu. Devant les grandes portes, Rusard leur passa son détecteur d'objets de magie noire et comme Aaron pestait, il eut droit à un nouveau passage du détecteur.

« Quel vieux fourbe ! » jura-t-il alors qu'ils marchaient dans la longue allée qui menait au village.

« Aaron, si tu l'avais laissé faire, il ne t'aurais pas collé une seconde fois son engin. » déclara Sugar d'un ton las, en levant les yeux au ciel.

« En plus, il est obligé de faire ça. Tu ne voudrais pas que des objets louches passent dans l'école ? » interrogea Ezra.

Aaron ne répondit pas mais Ginny l’entendit continuer d'affubler le concierge de tous les noms d'oiseaux qui lui venaient en tête, sur le bout des lèvres. Arrivés aux villages, ils se séparèrent. Ezra et Sugar prirent le chemin du café des amoureux et Colin celui d'une boutique qui se trouvait de l'autre côté du village pour développer des photos. Il ne resta plus qu'Aaron, Ginny et Leah. Cette dernière proposa alors d'aller prendre un verre aux Trois Balais. Proposition que ses deux amis acceptèrent vivement, ne voulant pas rester une minute de plus à l'extérieur dans ce temps glacial.

Ils s'installèrent à une table et Leah, profitant de l'absence provisoire d'Aaron qui s'était levé pour aller chercher les boissons, se pencha vers Ginny. Elle affichait un air conspirateur et un sourire espiègle.

« Ginny, tu me caches des choses ! » dit-elle, faussement indignée.

La rousse leva un sourcil, ne comprenant visiblement pas où son amie voulait en venir.

« Qu'est-ce que tu me racontes encore ? » s'étonna-t-elle.

« Tu n'as pas dormi dans le dortoir hier soir. » s'exclama Leah, comme si ça coulait de source.

« Ah...ç. » fit simplement Ginny.

Honnêtement, elle ne voyait pas pourquoi Sugar et Leah en faisait tout un plat.

« Oui ÇA ! » se récria Leah. « Tu as dormi avec un garçon ! »

« Je sais, et je ne comprends pas pourquoi tu en fais toute une histoire »

Leah ouvrit la bouche, outrée.

« On s'est toujours dit qu'on se dirait ces choses là. » s'offusqua la jeune fille, révoltée.

« Leah, par pitié, s'il s'était passé quelque chose tu aurais été la première à le savoir ! Alors, s'il-te-plaît, n'en parlons plus. » déclara la rousse sans prendre la peine de dissimuler son impatience et son agacement.

Leah, toujours aussi scandalisée, s'apprêta à objecter mais elle fut contrainte de se taire lorsqu'Aaron arriva avec les boissons. Il demanda :

« Ne plus parler de quoi ? »

« Rien... Merci. » déclara-t-elle quand le jeune homme posa une bièraubeurre devant elle.

« Alors Aaron...Avec qui as-tu l'intention d'aller au bal ? » interrogea Leah.

Ginny leva les yeux au ciel. Leah ne pouvait visiblement pas s'empêcher d'en parler. Depuis quelques semaines, elle n'avait plus que ce mot à la bouche : Le bal par-ci, le bal par-là. Ce que je ferais au bal, mon cavalier pour le bal, ma tenue de bal...Ça en devenait rapidement agaçant et surtout, extrêmement ridicule.

« J'y vais avec... » commença Aaron.

Mais le jeune homme se fit interrompre par une jeune fille qui se planta devant lui, l'air particulièrement contrarié. Ses yeux s'agrandirent de surprise et il se massa la nuque, manifestement très mal à l'aise.

« Antonia ? Euh... Qu'est ce que tu fais là ? » demanda-t-il avec un sourire forcé, l'air toujours aussi gêné.

« La véritable question est : que fais-tu là, toi ? » répliqua Antonia d'un ton accusateur. « Je croyais que tu avais une montagne de devoirs et que ça allait te prendre toute la journée ! »

« Euh... En fait j'ai fini plus tôt que prévu et hum... » tenta de se justifier le jeune homme.

« Arrête de mentir ! » s'exclama la jeune fille, s'attirant les regards curieux des élèves installés aux tables voisine. « Tu ne voulais pas venir avec moi, avoue-le ! »

Aaron jeta un regard autour de lui et déclara :

« Pas la peine de me faire cette affiche. »

« Quoi ? Mais bien sûr que si ! Je veux que tout le monde sache qu'Aaron Mendel n'est qu'un idiot de première classe » ! » s'écria-t-elle avec férocité.

Et avec un dernier regard hargneux, elle tourna les talons et se dirigea vers une table occupée par son groupe d'amis.

« Tony... » dit Aaron plus par lassitude qu'autre chose, sans esquisser le moindre geste pour la rattraper et arranger le coup.

Il se retourna vers Leah et acheva :

« Je crois que ça répond à ta question, je n'ai plus de cavalière. »

Leah pencha la tête avec un sourire affligé.

« Moi non plus je n'ai pas de cavalier. » enchaîna Ginny, d’un ton indifférent.

« Je croyais que Nate Bedingfield t'avait demandé d'aller au bal avec lui. » s'étonna Leah. « Ne me dis pas que tu as dis non, certaines tueraient pour passer ne serait-ce qu'une heure avec lui ! »

Ginny avait complètement oublié : deux jours plus tôt, Nathan, un Serdaigle de dernière année lui avait demandé si elle voulait y aller avec lui. Elle lui avait alors répondu qu'elle y réfléchirait et qu'elle lui donnerait une réponse plus tard. Elle avait uniquement dit cela parce qu'elle voulait en parler d'abord à Draco mais comme lui n'avait pas jugé utile de lui demander son avis quand il avait demandé à Greengrass d'être sa cavalière pour le bal, elle ne voyait pas pourquoi elle devait le faire.

« Je vais lui dire oui. » conclut simplement Ginny.

A la fin de l'après-midi, le groupe s'était rassemblé et ils rentrèrent tous au château en discutant gaiement. Aaron râla une nouvelle fois quand le concierge lui fourra son détecteur un peu partout, un sourire mauvais sur les lèvres. Le jeune homme le fusilla du regard et s'indigna de voir ses amis se payer ainsi sa tête.

Un peu plus tard, à l'heure du dîner, lorsque Ginny et Leah se rendirent dans la Grande Salle pour dîner, la jeune rousse eut l'irrésistible envie de provoquer Draco qui se trouvait à quelques mètres d'elle quand le Serdaigle qui l'avait invité au bal passa devant elle en lui adressant un sourire timide. Elle appela :

« Nathan ? »

Il revint sur ses pas et lui lança un adressa cette fois un franc sourire. Ginny attendit que le regard de Draco soit posé sur eux pour lui parler.

« J'ai réfléchi à ta proposition. » dit-elle d'une voix mielleuse et bien forte pour faire en sorte que Draco puisse l'entendre.

« Alors ? » demanda le Serdaigle, anxieux.

« Je veux bien être ta cavalière pour le bal. » répondit-t-elle en souriant.

« Génial, je viendrais te chercher devant ta salle commune dans ce cas. » proposa le jeune homme en lui rendant son sourire.

« Parfait. » lança Ginny en lui lançant un clin d'œil.

Elle prit Leah par le bras et l'entraîna dans la Grande Salle. Durant tout le repas, elle prit bien soin d'ignorer les regards offensés et noirs que lui jeta Draco et quand elles remontèrent les escaliers en direction de la salle commune de Gryffondor, Ginny ne fut pas surprise quand on lui attrapa brusquement le bras. Elle se retourna et Draco lui fit face, un air contrarié sur le visage.

« Je la ramène. » lança-t-il à l'adresse de Leah sans même lui jeter un regard, les yeux toujours plantés dans ceux de Ginny.

Leah comprit immédiatement qu'il valait mieux qu'elle s'éloigne. Obéissant donc à cet ordre silencieux, elle disparut rapidement et Draco entraîna la rousse vers le premier coin sombre qu'il vit. Il se tourna alors et sans autre cérémonie, il demanda :

« C'était qui ce type ? »

« De quel type parles-tu Draco ? » demanda innocemment la rousse.

Elle savait très bien que ça l'agaçait mais comme elle se sentait d'humeur taquine, elle continua de feindre l'ingénuité.

« Ce bellâtre que tu allumais avant le dîner ! » s'empêcha-t-il de hurler. « N'essayes pas de nier, j'étais là ! »

Elle fronça les sourcils, feignant l'incompréhension et soudain, elle ouvrit de grands yeux et s'exclama :

« Oh, tu veux parler de Nate ? » demanda-t-il avec amusement.

« Oui ! »

« C'est mon cavalier...pour le bal » ajouta-t-elle avec un air faussement rêveur. « Il est adorable. Vraiment gentil. »

Et ce fut assez pour qu'il lui décroche l'un de ces regards « made in Malfoy », c'est-à dire empli de froideur et de mépris. La jeune fille pouvait clairement affirmer que Draco était furieux, rien qu'au frémissement de sa tempe. Il fulminait. Et elle adorait ça.

« Et me demander mon avis ne t'as pas traversé l'esprit par hasard ? » s'offusqua le Serpentard avec colère.

« Je ne me rappelle pas que tu aies demandé mon avis lorsqu'il s'agissait de Greengrass, je me trompe ? » répliqua aussitôt Ginny.

Elle n'attendait que cela : être lancée sur le sujet « Greengrass ». Depuis que Draco lui avait annoncé qu'il avait l'intention de l'emmener au bal, elle s'était mise à l'observer et elle en était arrivé à une conclusion : Greengrass courait après le Serpentard. Elle avait toujours beaucoup de petites attentions envers le blond, mais c'était toujours très subtil. Elle ne se gênait pas pour lui effleurer le bras quand elle passait à côté de lui ou tout simplement de se pencher vers lui de l'autre côté de la table pour lui parler, révélant par la même occasion « accidentellement » une jolie vue sur son décolleté. Une vraie traînée.

Elle voulait bien avouer que parfois, il lui arrivait d'être parano mais quand elle voyait le nombre de filles qui courtisaient Draco, elle ne pouvait pas s'empêcher de l'être. Il était vrai que pour l'instant, c'était à elle qu'appartenaient les faveurs du séduisant Serpentard, mais ce n'était guère une raison pour baisser la garde.

Draco eut l'air étonné et soudain, son sourire narquois revint immédiatement sur ses lèvres. Sa colère s'était bien vite dissipée, faisant apparaître sur son visage son impassibilité habituelle. Ginny, qui jusque là avait eu le contrôle sur la conversation, s'étonna de ce soudain revirement de situation.

« Je comprends mieux maintenant. » dit-il en s'adossant contre le mur le plus proche, les yeux toujours plantés dans ceux de Ginny.

« Qu'est+ce que tu comprends mieux ? »

« Tu as fait tout ça parce que j'ai invité Daphné au bal. J'ai raison ? » demanda-t-il avec arrogance.

« Absolument pas. » siffla la rouquine.

« Avoue-le Weasley... » dit-il avec un sourire railleur.

Comme elle ne répondait pas, il s'approcha d'elle et posa ses lèvres sur les siennes.

« Tu sais, moi aussi je peux jouer à ce jeu » lança-t-il en caressant lentement le bras de la jeune fille.

Elle ferma les yeux, sentant la langue du Serpentard s'insinuer entre ses lèvres entrouvertes et immédiatement, elle se serra contre lui. Leur baiser fut semblable à un rapport de force, ne laissant place à aucune douceur. Tous les deux voulaient à tout prix avoir le contrôle de l'étreinte et la tension accumulée quelques minutes auparavant lors de leur joute verbale alimentait sauvagement ce baiser qui devenait de plus en plus intense et passionné à mesure que les secondes passaient.

Le Serpentard la fit reculer contre le mur et ses lèvres quittèrent celles de la jeune femme pour descendre lentement vers son cou. Ginny retint à grand peine un gémissement tandis que les lèvres de Draco lui prodiguaient des caresses irrésistibles et que ses propres mains se baladaient dans les cheveux du jeune homme.

« Draco... » laissa-t-elle échapper.

Sa voix était rauque et son ton implorant comme pour lui demander d'arrêter ou au contraire de le supplier de continuer. Parce qu'au fond, c'était ce qu'elle voulait vraiment.

Elle n'eut pas le loisir d'y réfléchir davantage car il s'éloignait d'elle et lui murmura alors :

« Quand je joue à ce genre de jeu ma chérie, c'est toujours moi qui gagne. » assura le jeune avec fermeté en lui faisait un clin d'œil. »

Il posa une nouvelle fois ses lèvres sur celles de la rouquine et s'en alla, victorieux comme toujours. Et Ginny, comme d'habitude, se laissa tomber contre ce mur froid, haletante, le souffle court et les lèvres encore rougies par ces baisers fiévreux. Elle ferma les yeux et sentit un sourire idiot se dessiner sur ses propres lèvres.

D & G

« Ginny ? Je peux te poser une question ? » demanda Leah d'une voix profondément sérieuse en fronçant les sourcils.

« Bien sûr. Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda la rousse en s'étirant et en posant sa tête plus confortablement sur le sofa.

« Pourquoi est-ce que, quand tu reviens après l'avoir vu, tu as toujours cet air effroyablement perdu et ce sourire horriblement niais ? » interrogea dramatiquement son amie.

« Et bien...Je ne sais pas. Ça doit être la manière qu'il a de m'embrasser et de me toucher, tu vois ? »

« Pas vraiment... » avoua Leah.

« Et bien, j'ai l'impression d'être la seule qui compte. Il est tellement... »

Elle sembla chercher un mot convenable qui puisse qualifier le Serpentard.

« ...parfait » acheva-t-elle.

Leah lui lança un regard attendri et Ginny continua :

« Je suis amoureuse de lui. »

« Non, tu crois ? » ironisa Leah avec amusement. « Je n'avais vraiment pas remarqué... »

Ginny, dans une attitude très juvénile, lui tira la langue. Elle lâcha un long soupir à en fendre le coeur et son regard se perdit dans la contemplation du feu. Elle sursauta quand Sugar qui venait d'arriver, lui demanda de bouger pour lui faire une place sur le fauteuil. Elle soupira à nouveau, ramena ses jambes contre sa poitrine et Sugar se laissa choir sur la place qui s'était libérée. Dès que cette dernière croisa le regard songeur de la rousse, elle s'étonna :

« Encore ces bouffées de chaleurs ? »

« Je ne te raconte pas. » enchaîna Leah. « Elle était en train de m'expliquer à quel point il était parfait et qu'elle était amoureuse de lui. »

« Et bien, je ne sais pas ce que vous faites pour que tu sois à chaque fois dans cet état mais ça doit être plutôt chaud. » lança Sugar avec effarement.

Ginny ne put s'empêcher de rougir sous le regard moqueur de ses amies. Et Sugar pouvait dire ce qu'elle voulait, ce n'était pas si « chaud » que cela entre eux. Ils en étaient encore seulement au stade des baisers après tout. D'accord, il arrivait parfois qu'ils se pelotent un peu et que Draco fasse sauter « par inadvertance » les boutons de la chemise de la rousse ou qu'il glisse sa main sous sa jupe mais ils en restaient toujours là. Le Serpentard n'allait jamais trop loin et lorsqu'il sentait qu'il n'allait pas tenir s’ils continuaient, cessait leurs étreintes amoureuses. Il était vrai que Ginny avait parfois envie de lui arracher ses vêtements et de lui hurler de continuer ce qu'il faisait mais le fait qu'il soit si attentionné et prévenant avec elle lui faisait aussi extrêmement plaisir.

Le tableau pivota, laissant entrer Harry, Ron et Hermione dans la salle commune qui allèrent directement s'installer vers une table reculée de la pièce. Depuis que Ron était sorti de l'infirmerie, ils passaient leur temps ensemble à converser à voix basse et lorsqu'on leur demandait la raison de leur départ dernièrement, ils restaient très vagues sur le sujet. Mais personne n'était dupe : tout cela avec sûrement un rapport plus ou moins direct avec le Vous-savez-qui. Une fois, Ginny avait pu entendre quelques bribes de leur conversation, notamment quelque chose à propos d'objets nommés « horcruxes » et lorsqu'elle avait interrogé son frère sur ce dont il s'agissait, il avait affiché un air médusé et lui avait hurlé de s'occuper de ses affaires et qu'il était préférable qu'elle aille faire ses devoirs pour améliorer ses notes au lieu d'écouter les conversations des autres. Heureusement pour lui, ils se trouvaient dans la Grande Salle à ce moment là et Ginny s'était donc empêchée de lui envoyer un sortilège de Chauve-Furie. Mais elle s'était promis de lui faire regretter ses grands airs mystérieux. Elle était vraiment pressée de voir la tête que ferait son frère lorsqu'il apprendrait qu'elle sortait avec Draco Malfoy.

Minute...Avait-elle songé de parler de Draco avec son entourage ? C'était un sujet qu'ils n'avaient jamais réellement évoqué en fin de compte. C'était implicite. Personne ne devait savoir qu'ils se voyaient. Le père de Draco désirait farouchement que son fils rejoigne les rangs du Lord noir et devienne, comme lui, un Mangemort, alors il était hors de question de causer plus de problèmes au Serpentard en allant crier partout sur les toits qu'ils sortaient clandestinement ensemble.

Et puis pour le moment, ils étaient discrets et personne n'avait l'air de se rendre compte qu'il se passait quelque chose entre eux, donc il était préférable que tout reste comme ceci. De toute façon, qui pouvait se douter de leur relation ? Quand bien même quelqu'un les croiserait dans les couloirs, seuls, la personne penserait immédiatement qu'ils étaient en train de se disputer ou quelque chose dans le même genre. Après tout, pourquoi la dernière des Weasley sortirait avait le fils unique des Malfoy ? Il était de notoriété publique qu'ils ne s'appréciaient guère et que leur famille, complètement opposée par leur position sociale et leur convictions, se détestaient.

Durant la semaine qui précéda le bal, Ginny eut le loisir de comprendre ce que Draco avait voulu dire par « Tu sais, moi aussi je peux jouer à ce jeu... ». Jusqu'à là, elle s'était dit qu'il plaisantait et ce, uniquement dans le but de lui faire comprendre qu'il avait compris le petit manège qu'elle avait fait avec Nate Bedingfield. En aucun cas, elle n'aurait pensé qu'il aurait tenté de la faire enrager tout au long de la semaine. Visiblement, il avait dans l'intention de la rendre jalouse de Greengrass, et cela avait plutôt bien marché.

Le regard brûlant de Ginny était à présent fixé sur Greengrass qui avait osé poser sa main sur le torse de son amoureux et qui riait à l'une des plaisanteries du Serpentard. Ce qui était tout à fait étonnant quand on savait que l'humour n'était pas le fort du Serpentard. Non, lui, soit il était sérieux soit il se payait votre tête. Mais cela Greengrass ne l'avait pas compris parce qu'elle n'était qu'une écervelée pimpante qui pensait pouvoir s'attirer les faveurs de Draco Malfoy.

Ginny, à cet instant, avait la très nette envie d'aller à leur encontre, demander à Greengrass d'ôter sa main manucurée du torse du Serpentard et d'aller voir ailleurs si elle y était. Elle voulait lui hurler que de toutes manières, c'était d'elle que Draco était amoureux et qu'il ne traînait avec elle que pour la rendre jalouse, elle. Mais comme la jeune fille ne pouvait rien faire de cela, elle se contenta de les assassiner du regard, façon Sugar, murmurant les pires injures à l'égard de la Serpentard. Cette situation avait l'air de beaucoup amuser Draco qui lançait des regards moqueurs disant « Qu'est-ce que je te disais ? » à la rousse lorsque Greengrass le collait d'un peu trop près.

Ce fut donc une Ginny furieuse qui se décida de l'ignorer. Elle faisait donc mine de ne pas les voir et s'intéresser à tout sauf à eux. Surtout à un Serdaigle de dernière année prénommé Nate. Ce qui, bien sûr, ne plut pas à Draco. Mais Ginny n'en avait que faire. S’il le désirait, ils pouvaient continuer ce duel enfantin, ce ne serait sûrement pas elle qui voudrait cesser les hostilités en première. Il en était hors de question. Elle gagnerait cette fois ! Sauf si cette emmerdeuse de Greengrass allait trop loin bien sûr et qu'elle se permettait de prendre certaines libertés à l'égard du blond. Dans ces cas-là, Ginny se chargerait personnellement de lui refaire le portrait et d'abîmer sa jolie figure. C'est sûr que ça la rendrait beaucoup moins attirante. Ensuite elle s'occuperait de Malfoy. A moins qu'elle commence d'abord par s'occuper du cas Malfoy avant de massacrer Greengrass ? Tant qu'ils disparaissaient tous les deux de la surface de cette planète, ça revenait au même non ?

« Qu'est-ce que tu veux ? » demanda Ginny d'une voix lassée lorsque le Serpentard l'attira sous une tapisserie. « J'ai à faire. »

« Toujours aussi vexée à ce que je vois. » déduisit-il avec son coutumier sourire narquois.

Elle leva les yeux au ciel et répliqua :

« Tu as fini ? Je ne suis vraiment pas d'humeur à entendre tes sarcasmes aujourd'hui. »

Il sembla surpris qu'elle soit si hargneuse et avec détachement, demanda :

« Vraiment ? »

« Oui. » assura-t-elle. « Tu m'excuses je dois aller à la bibliothèque retrouver Nate. Tu sais, mon cavalier... »

Elle lui lança un regard hautain et ajouta :

« Mais je ne voudrais pas prendre ton précieux temps avec mes bêtises. Je suppose que tu as mieux à faire avec Greengrass. A plus. » lança-t-elle en tournant les talons.

Elle s'éloigna sans un regard pour le blond qui resta effaré devant cet affront. Ginny, satisfaite, prit la direction de la bibliothèque ou elle devrait retrouver Nate. En ce moment, elle ramait un peu au niveau scolaire et comme le Serdaigle était plutôt calé dans toutes les matières, il avait accepté de l'aider. Ils ne se connaissaient pas vraiment mais ces cours de rattrapages improvisés étaient une excellente occasion pour faire plus ample connaissance.

Ginny se sentait quand même un peu hypocrite : elle avait accepté d'être sa cavalière et profitait de lui pour se reprendre au niveau scolaire et cela lui donnait peut-être de faux espoirs.

Mais ils pouvaient très bien être amis, Nate était un garçon plutôt gentil, pas assez fougueux pour lui plaire certes, mais au moins, il n'était jamais sarcastique et quand elle lui parlait il n'affichait pas constamment un air narquois lui donnant l'impression d'être une pauvre idiote contrairement à d'autres.

Pour l'heure, elle était donc dans la bibliothèque, assise en face du Serdaigle qui avait gentiment accepté de l'aider à faire un devoir de Métamorphoses, qui était, en ce moment, la matière dans laquelle elle pataugeait le plus. Ses notes étaient passées de « Effort Exceptionnel » à « Piètre » en très peu de temps. Et honnêtement, les reproches et les critiques de McGonagall à son sujet ne l’aidaient guère à s'améliorer.

« Je ne sais pas ce que je ferais sans toi Nate. » remercia sincèrement Ginny en adressant au jeune homme son plus beau sourire. « Merci, vraiment. »

« Pas de quoi. » déclara-t-il en lui rendant son sourire. « Qu’est-ce qu'il y a ensuite ? »

« J'avais pris de l'avance en Runes donc je pense que ça va aller, mais il faut absolument que tu m'aides en Potions. »

« Si tu veux, on peut faire ça tout de suite. » proposa-t-il.

« Tu es gentil mais ça ne va pas être possible. Mon entraînement est sur le point de commencer et je n'ai pas mes affaires donc il faut que j'aille les chercher avant d'y aller. En plus Harry va me faire la peau si j'arrive encore en retard. » grimaça-t-elle en prenant son sac et en y fourrant pêle-mêle ses affaires à l'intérieur.

« Ah, très bien. » fit-il avec déception.

« On se voit au bal de toute façon non ? Merci encore. » remercia-t-elle une nouvelle fois.

Elle s'approcha de lui et l'enlaça d'une étreinte amicale avant de sortir de la bibliothèque en courant. Alors qu'elle s'apprêtait à grimper les escaliers quatre à quatre pour rejoindre sa salle commune, Leah apparut devant elle, son balai et sa tenue de Quidditch sous les bras.

« Comment je savais que tu allais être en retard et que tu devrais aller chercher tes affaires, je les ai prises pour toi » annonça Leah avec un sourire en lui tendant les affaires.

« Oh merci Leah, tu es vraiment un amour. » remercia Ginny avec reconnaissance en prenant son balai et sa tenue.

« Vas-y, tu vas vraiment être en retard ! »

« Je file, à tout à l'heure. » lança-t-elle en se remettant à courir.

Elle arriva en retard à son entraînement mais Harry, trop occupé à réprimander les batteurs ne le remarqua pas ou du moins, il ne fit aucune remarque.

Dès la fin de l'entraînement, elle voulut rentrer au château mais c'était sans compter un certain individu qui lui attrapa le bras et l'attira derrière un arbre, à l'abri des regards.

« Malfoy, j'apprécie le fait que tu aies toujours envie de me voir mais si tu pouvais éviter de me surprendre comme ça, ce serait génial. » assura Ginny en levant les yeux au ciel.

Il lui adressa un sourire contrit et demanda :

« On peut se voir ce soir ? »

« Tu veux qu'on enterre la hache de guerre ? » s'étonna-t-elle avec un sourire. « Tu as compris que tu n'allais pas gagner cette fois ? »

Le regard du Serpentard se fit plus perçant et il admit :

« Je préfère abandonner cette bataille plutôt que de te voir traîner avec de cet abruti. »

Le sourire de la jeune rousse s'élargit et une lueur victorieuse passa dans son regard.

« Hum...Je crois que ça ne va pas être possible. » s'excusa-t-elle en haussant les épaules, un peu mal à l'aise.

« Quoi ? »

« Il me donne des cours particuliers donc j'ai besoin de traîner avec lui. »

« Je sais, je t'ai vu à la bibliothèque. » informa Draco avec mépris.

« Tu m'espionnes maintenant ? »

« J'étais simplement en train d'étudier... » commença le Serpentard, mal à l'aise.

« Par pitié Draco, tu ne vas jamais là-bas, il faut toujours t'y traîner de force. » rappela Ginny en lui faisant comprendre qu'elle voyait clair dans son jeu.

« Peut-être que je n'étais pas là par hasard je l'avoue...mais tu l’as pris dans tes bras ! » lâcha-t-il d'un ton accusateur.

« C'était juste pour le remercier ! »

« Peut-être mais je ne crois pas qu'il l'ait pris comme ça ! Je veux dire, j'étais là quand tu es parti je peux te dire qu'il n'a pas eu l'air de s'en remettre. » lança Draco avec dédain.

« Tu es jaloux. » déclara Ginny.

« Non. » répliqua le blond, piqué au vif.

« Si. » insista la jeune femme avec un sourire moqueur

« Non. »

« Tu es borné en plus, c'est affolant. »

« Bon d'accord, je l'admets. Peut-être que je suis un peu jaloux. » reconnut Draco d'un ton irrité, comme si devoir reconnaître quelque chose comme cela le piquait dans sa propre estime.

« Tu n'es pas si irrécupérable que ça finalement, peut-être même que je parviendrai à faire de toi quelqu'un de sympathique. » railla-t-elle.

« Ne comptes pas là-dessus Weasley. »

« Le contraire m'aurait étonné. Alors ? »

« Alors quoi ? » s'étonna le Serpentard.

« On arrête ce petit jeu de gamin ? » proposa-t-elle. « Avec Nate...et ta greluche. »

« Avec ton abruti et Daphné tu veux dire. » rectifia le blond.

« Bien sûr. » ironisa la jeune fille.

Elle se dressa sur la pointe des pieds, l'embrassa furtivement et s'éloigna en direction du château.

« Je n'ai le droit qu'à ça ? » dit-il en s'appuyant nonchalamment contre le mur.

« Tu n'avais pas dis que tu voulais qu'on se voie ce soir ? » lança-t-elle sans se retourner.

D & G

Le soir du bal tant attendu arriva enfin, plongeant l'école dans une atmosphère joyeuse. Dans le dortoir de Ginny, c'était l'hystérie totale. Leah avait l'air d'une folle furieuse à courir de droite à gauche dans la chambrée et dans la salle de bain, complètement paniquée. Elle était persuadée de ne pas avoir assez de temps pour se préparer.

« Ginny, fais-quelque chose sinon je crois que je vais l'étrangler. » s'écria soudain Sugar, agacée par les plaintes de Leah.

Ginny referma son exemplaire de Sorcière-Hebdo et se dirigea vers la salle de bain avec lassitude. Elle s’appuya contre l'encadrement de la porte et observa Leah qui parlait tout de seule devant son miroir, tentant désespérément de mettre de l'ordre à ses cheveux.

« Je peux connaître la raison pour laquelle tu râles autant ? » interrogea la rouquine. « Il nous reste encore du temps, ce n’est pas la mort ! Sugar et moi ne sommes même pas habillées ! »

« C'est facile à dire pour vous deux, vous n'avez besoin de beaucoup de temps pour paraître jolies, vous êtes déjà tellement belles ! » répliqua Leah avec une pointe d'amertume dans la voix pendant qu'elle jetait un regard noir à la rouquine dans le miroir.

« Arrêtes tes bêtises...Franchement Leah, tu es ridicule. »

« Si tu le dis. De toutes façons, j'ai un objectif pour ce soir. » déclara la jeune fille.

« Et on peut savoir ce que c'est ? » interrogea la rousse.

« Je vais conclure avec Dean Thomas. » annonça Leah avec une détermination qui étonna Ginny.

Cette dernière tourna la tête vers Sugar et lança :

« Hé Sugar, devine quoi ? Leah a décidé de conclure avec Dean Thomas. »

« Dis-lui qu'elle ne va rien conclure du tout et qu'elle va passer sa soirée enfermée dans cette salle de bain si elle n'arrête pas de geindre. » répliqua Sugar.

Ginny se retourna vers Leah qui l'interrogeait du regard.

« Qu'est-ce qu'elle a dit ? » questionna-t-elle.

« Elle a dit ''Bonne Chance'' » mentit Ginny en aidant Leah à coiffer ses cheveux convenablement. « Tu es superbe »

Leah rougit.

« Tu dis ça pour me faire plaisir... »

« Non, tu es vraiment très jolie. Je pense que Dean ne va pas résister. » assura la jeune rousse, faisant rougir de plus belle son amie.

Elles retournèrent dans le dortoir et Sugar resta stupéfaite de Leah.

« Tu es très belle. »

Et comme Sugar n'était pas du genre à mentir pour ne pas vexer quelqu'un, Leah dut finir par les croire.

Deux heures plus tard, ce fut au tour de Sugar et Ginny de geindre qu'elles n'avaient pas assez de temps pour se préparer. Leah les observait avec amusement, l'air de dire « Je vous l'avais bien dit ».

« Si seulement tu oses faire un commentaire Leah, je t'envoie ma chaussure à la figure. » lança Sugar en adressant à Leah un regard oblique.

Cette dernière ouvrit de grands yeux innocents et répliqua qu'elle n'avait pas l'intention de dire quoi que ce soit.

Malgré toute l'agitation qui y régnait, elles parvinrent à quitter le dortoir des filles sans trop de difficultés. Ginny se glissa dans l'ouverture du portrait pour rejoindre Nate qui l'y attendait déjà. Dans un premier temps, lorsqu'elle passa devant lui, il ne sembla pas la remarquer et elle dut carrément se planter devant lui pour qu'il lui jette un coup d'œil. Ou plutôt qu'il ouvre la bouche de stupeur tout en la détaillant.

« Ginny tu es... » furent les seuls mots qu'il parvint à émettre.

La jeune fille dut se mordre l'intérieur de la joue pour ne pas lui lancer qu'il avait intérêt à fermer la bouche s'il n'avait pas l'intention d'avaler une mouche. Elle finit par sourire et lui prendre le bras pour l'entraîner vers les escaliers.

« Tu es superbe. » acheva-t-il finalement.

« Tu exagères. » répliqua-t-elle en rougissant.

Pour sa part, elle se trouvait banale comparé aux autres filles qu'elle voyait passer, plus resplendissantes les unes que les autres. Elle était vêtue d'une longue robe noire qui bien que très simple ( elle n'avait pas les moyens de se payer quelque chose de magnifique de toutes façons ) qui avait au moins le mérite d'avoir un décolleté vertigineux. Mais ce qui attirait le plus le regard chez la jeune fille, c'était sûrement sa chevelure. Elle la portait comme seule parure et ses mèches rouges flamboyantes tombant en cascade sur ses épaules avaient presque un aspect féerique sous l'éclairage de l’école.

« Non, je t'assure. » déclara-t-il avec insistance.

Elle lui adressa un sourire et lui prit la main pour qu'ils se rendent dans la Grande Salle. La salle des banquets avait été complètement réaménagée, donnant à la pièce une allure plus joyeuse, presque grisante. Tout le monde avait l'air de s'amuser, oubliant le temps d'une soirée les horreurs de la guerre.

Ils furent rapidement rejoints par leurs amis respectifs et tout le monde fut émerveillé par la Grande Salle avec sa décoration bleu tendre en lien avec la saison hivernale. Le plafond magique laissait paraître le ciel rempli d'étoiles, marqué également par de grands lustres de verres suspendus au dessus de chaque table. Une vraie splendeur.

La pièce était déjà noire de monde et il fallait une certaine dose de patience pour pouvoir se frayer un chemin parmi les danseurs. Même si le bal n'avait débuté qu'une demi-heure auparavant, l'atmosphère était déjà électrisante.

Ginny sentit que Nate resserrait son étreinte sur sa main et l'entraînait à une table où se trouvaient déjà quelques élèves, de diverses maisons. Ginny acquiesça machinalement lorsque son cavalier l'informa qu'il allait leur prendre des boissons. Elle fut néanmoins rapidement entourée de ses amis et de quelques septièmes années dont son frère, Harry et Hermione.

« Tu es venue seule ? » interrogea Ron à Ginny d'un ton satisfait.

Elle hocha négativement la tête et Ron observa les environs, cherchant le type qui avait eu le culot d'inviter sa petite soeur. D'ailleurs quand Nate revint, le roux lui jeta des regards noirs et le jeune homme, jeta un regard perplexe à Ginny. Elle leva les yeux au ciel et secoua la main, lui signifiant de ne pas s'en faire avant de fusiller son frère du regard.

Il commença à lui faire la conversation, mais trop occupée à chercher Draco des yeux, elle ne l'écouta pas. Elle se mordit la lèvre inférieure, perplexe. N'était-il pas censé être déjà là ? Pourtant ses amis étaient déjà présents. Elle fronça les sourcils et un énorme doute envahit son esprit. Et si Greengrass l'avait emmené dans le parc et qu'elle essayait de le séduire ?

Heureusement pour ses battements de cœur, le Serpentard apparut, vêtu tenue de soirée, qui bien que sombre, restait très classe. Il avait l'air lassé, presque blasé et ne semblait par tenir rigueur des sourires enthousiastes et des paroles de la jeune fille, accrochée à son bras. Ginny laissa courir son regard sur cette dernière. Daphné Greengrass se pavanait sans aucun doute. Elle adressait des regards méprisants et supérieurs aux autres, et tenait le bras de Draco d'une façon que Ginny qualifia de très possessive et qui honnêtement, ne lui plut guère. Elle n'aimait pas l'attitude de cette fille. Elle agissait comme si Draco lui appartenait et qu'elle en avait l'exclusivité, lançant des airs hautains aux filles qui l'entouraient. La jeune fille fronça les sourcils et s'appuya contre le dossier de sa chaise, morose. Elle ne s'était jamais connue aussi jalouse, du moins elle ne l'avait jamais été avec ses précédents petits-amis. Pourtant avec Draco, c'était différent. Elle devenait presque paranoïaque tellement le fait qu'il puisse s'intéresser à d'autres filles la bouleversait.

Nate l'invita à danser et bien qu'elle accepta avec enthousiasme, son sourire était de façade. Les filles se pressaient autour de Draco et il les accueillait toutes avec ce sourire charmeur qu'elle détestait sauf quand c’était à elle qu’il était adressé bien sûr. ) Elle savait que c'était un trait de sa personnalité, qu'il ne pouvait pas s'empêcher d'être séducteur mais elle n'appréciait pas pour autant.

« Quelque chose ne va pas ? » demanda soudain son cavalier en la faisant tourner.

Elle lui adressa un regard d'incompréhension. Elle ne pensait pas que son visage ait pu refléter ses sentiments aussi facilement.

« Tout va bien, pourquoi ? » feignit-elle de s'étonner.

« Tu as l'air ailleurs, quelque chose te préoccupe peut-être ? » interrogea Nate.

« Non...Il n'y a rien » assura-t-elle avec un sourire.

Elle tenta de paraître enthousiaste pendant le reste de la soirée, bien que le cœur n'y soit pas. Sugar remarqua immédiatement son trouble et attendit qu'elles soient seules avec Leah pour aborder le sujet :

« Qu'est-ce qui se passe Ginny ? Ne me dis pas qu'il n'y a rien, je te connais ! »

Ginny haussa les épaules.

« Je ne sais pas...Toutes ces filles qui tournent autour de lui, je panique. » dit la rousse. « J'ai l'impression qu'il m'ignore en plus. »

« Mais c'est normal non ? Je veux dire, vous devez faire comme si vous vous détestiez... » rappela Leah.

« Je sais, mais il ne m'a même pas regardée une fois ! » accusa Ginny.

« Peut-être que vous ne vous regardez pas au même moment. » proposa Leah, dans une tentative d'humour.

Cette thèse parvint à arracher un sourire à Ginny. Les trois jeunes filles se tournèrent vers la table où était installé Draco avec ses amis. Greengrass tentait visiblement d'attirer son attention par tous les moyens.

« Regardez-là, toujours à se pavaner, cette espèce de grosse traînée... » siffla Ginny.

« GINNY ! » hurla Leah, les yeux exorbités tellement elle était choquée. « Ne sois pas vulgaire ! »

« Mais quoi ? Tu la vois bien en train de se coller à lui...Oh si je pouvais l'étriper cette sale profiteuse... »

« Mais tu vas arrêter ! Tu commences sérieusement à m'inquiéter là... » déclara Leah tandis que Sugar riait devant la réaction de Ginny.

Heureusement, Draco ne semblait pas réceptif aux attentions de Greengrass et était penché vers son ami Zabini, visiblement très sérieux.

« Il l'ignore complètement. » fit remarquer Sugar.

La rouquine hocha la tête et elle se mit à plaisanter avec ses amis sans s'inquiéter davantage de ce que Draco faisait. Elle parvint même à s'amuser avec Sugar en observant Leah avec Dean Thomas et les tentatives de la jeune fille pour le charmer.

« Tu crois que c'est bien parti ? » interrogea Ginny.

« Je ne sais pas... » répondit Sugar. « Il n'a pas l'air très emballé... »

La rouquine s'apprêta à opiner lorsqu'une main se posa sur son épaule. Elle se tourna et quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle vit qu'il s'agissait de Draco. Toutes les conversations de la table avaient cessé et les Gryffondor fixaient avec mépris le Serpentard. Qu'est-ce qu'il venait faire près d'une table occupée essentiellement par les rouges et ors et aborder d'une façon si familière l'une des leurs ?

Ginny lui lança un regard troublé, ne sachant pas très bien ce qu'il attendait d'elle. Draco, sans se préoccuper des regards haineux des condisciples de la jeune fille, lui prit la main.

« Weasley. Tu danses ? » dit-il.

Ginny, surprise, lui adressa un regard signifiant « Qu'est-ce qui te prends ? ». Un sourire cynique se dessina sur les lèvres du jeune homme et sans lui demander son avis, il l'emmena vers la piste de danse.

Tous les regards étaient rivés vers eux. Ron, choqué de voir sa soeur dans les bras de Malfoy, devint rouge de fureur. Il était prêt à se lever et fondre sur Malfoy pour arracher les mains que cette fouine avait osé poser sur le corps de son unique sœur. Pourtant Hermione le retint.

« Ce n'est pas la peine de causer des problèmes. Tu sais très bien qu'il ne fait cela que pour nous chercher. » déclara la préfete-en-chef. « Malfoy doit être en train de lui lancer des piques et puis elle n'est pas du genre à se lasser faire... »

Pourtant, Ron, Harry et le cavalier de Ginny fixaient des yeux noirs sur Malfoy et la rousse. Hermione leva les yeux au ciel pendant que Sugar esquissait un sourire énigmatique en regardant son amie dans les bras du Serpentard.

« Je ne peux pas croire que Malfoy ait osé inviter ma soeur à danser ! » grinça Ron en dardant un regard mauvais en direction de Draco.

« Moi non plus. » renchérit Harry, sombrement.

« C'est avec moi qu'elle devrait danser. » ajouta Nate, dégoûté de voir sa cavalière dans d'autres bras que les siens.

Les deux autres se tournèrent vers lui et Ron, les sourcils froncés, l'interrogea :

« Et d'ailleurs qui es-tu toi ? Et d'où tu connais ma soeur ? »

Il ne pouvait pas s'en empêcher : il voulait connaître tous les garçons qui approchaient un peu trop de sa soeur et s'assurer qu'ils ne profitaient pas d'elle.

Alors que Nate était en plein interrogatoire, Ginny n'en menait pas large non plus sur la piste. Draco l'avait fermement attrapé par la taille et lui avait murmuré :

« Tu es incroyablement belle ce soir... »

La jeune fille rougit et lui répondit :

« Tu es fou...fou de m'inviter à danser. » ajouta-t-elle lorsque le Serpentard haussa un sourcil. « Mon frère va te tuer. »

Le jeune homme sourit à cette déclaration et sa main caressa tendrement le dos de sa partenaire, dessinant de légers arcs avec son pouce.

« Tu sais que je risquerais tout pour toi ma belle. » assura-t-il avec son sourire séducteur.

Si Ginny avait assimilé quelque chose à propos de Draco c'était qu'il savait jouer avec les mots. Elle esquissa un léger sourire et avec mauvaise foi, répliqua :

« J'espère que tu n'as pas dit ça à toutes les filles avec qui tu as dansé. »

Il sourit à nouveau, constatant que le côté jaloux de la jeune fille avait refait surface. Comme la musique changeait pour adopter une cadence plus lente, il en profita pour la rapprocher de lui et de resserrer son étreinte sur sa taille.

« Ginny, tu sais très bien qu'il n y a que toi...Et si il n'y avait pas tout ce monde autour de nous, je te prouverais à quel point tu es la seule qui m'intéresse. »

Inutile de décrire les effets que pouvaient avoir cette déclaration sur une jeune fille de seize ans. Elle leva les yeux vers le jeune homme et lorsque leurs regards se croisèrent, elle n'eut pas besoin de dire quoi que ce soit. La lueur dans ses yeux en disait déjà beaucoup.

« Je crois que tu vas en avoir l'occasion, ce soir... » informa Ginny, mystérieuse.

Elle lui adressa un sourire énigmatique puis déclara :

« Je t'aime et je m'excuse à l'avance pour ce que j’ai l'intention de faire. »

Un air d'incompréhension se dessina sur le visage Serpentard, très vite remplacé par de la surprise lorsque Ginny lui asséna une claque retentissante.

« Tu n'es vraiment qu'un crétin, Malfoy ! » s'écria-t-elle de vive voix, attirant tous les regards vers elle. « Ne t'avise plus jamais de m'insulter de la sorte ! »

Son ton était furieux, ce qui contrastait avec le regard empli de tendresse qu'elle lui destinait. Elle fit volte face et retourna auprès de sa table d'une démarche vive, feignant d'être irritée.

« Quel idiot ce type » s'exclama-t-elle en s'asseyant à côté de Sugar.

Tout le monde opina vivement et Sugar se pencha vers son amie

« Jolie comédie... » commenta la jeune fille.

Ginny hocha la tête et reporta son attention sur Draco qui avait posé la main sur sa joue endolorie, amusé. La rousse dut se mordre l'intérieur de la joue pour s'empêcher d'éclater de rire. Leah revint auprès d'elles et se laissa choir sur sa chaise, visiblement irritée.

« C'est le plat total. Ou ce type est tout simplement débile pour ne pas comprendre que je le drague ou bien je ne l'intéresse pas et dans ce cas-là, je ne comprends pas pourquoi il m'a invitée ! » s'exclama-t-elle, exaspérée.

« Je suis bien venue au bal avec Nate, sans qu'il m'intéresse pour autant. » fit remarquer Ginny en haussant les épaules.

« Ginny, s'il-te-plaît, tu lui fais croire qu'il t'intéresse ! » répliqua Leah en levant les yeux aux ciel.

« Pas du tout ! »

« Merlin, il suffit de te retourner et voir son regard de sombral battu pour comprendre qu'il attend quelque chose ! »

La rousse se retourna et constata qu'en effet, Nate la regardait d'un air affligé.

« Vous croyez que je devrais lui dire ? »

« Honnêtement ? Oui. Bon les filles je vous laisse. » ajouta Sugar lorsque Ezra lui proposa de danser.

« Alors j'y vais. » se résolut Ginny en se levant pour aller s'asseoir à côté de son cavalier qu'elle avait un peu négligé pendant la soirée.

Elle lui adressa un sourire maladroit, ne sachant pas très bien comment elle devait avouer la chose sans faire trop de dégâts. Elle décida tout de même de se lancer :

« Écoute Nathan, il faut que je te dise la vérité. Je crois que j'ai peut-être un peu trop abusé de ta gentillesse... » commença-t-elle avec une certaine gêne.

Il parut surpris et elle continua :

« Je ne crois pas me tromper si j'affirme que je te plais ? »

Il secoua la tête et ses joues prirent une jolie teinte rouge.

« Et bien en fait, ce n'est pas réciproque. Ça n'a rien avoir avec toi, je veux dire, tu es quelqu'un de génial mais la vérité c'est que... »

« Il y a quelqu'un d'autre ? » proposa le Serdaigle.

« Je...Oui on peut dire ça comme ça... » admit-elle. « Je suis désolée si je t'ai donné de faux-espoirs. »

Le jeune homme sembla être déçu mais son regard se fit compréhensif. Il haussa les épaules et déclara :

« J'imagine que je devais m'y attendre. »

Ginny soupira et s'excusa une nouvelle fois avant de se lever et de s'éloigner. Elle espérait ne pas avoir manqué de tact. Et si c'était le cas et bien tanpis.

La jeune fille se fraya un chemin dans la foule, tentant de se rapprocher de Draco. Elle passa juste à côté de lui et pressa discrètement sa main au passage. Ses yeux plongèrent dans les siens et Ginny lui adressa un regard suggestif. Il hocha subrepticement la tête et détourna les yeux tandis que Ginny s'éloignait en direction des portes de la Grande Salle. Le Hall était silencieux et une légère brise venant des immenses fenêtres lui caressait la peau.

Elle croisa les bras, frissonnante, et s'adossa contre l'une des grandes colonnes du Hall. Comme au bout d'un quart d'heure le Serpentard n’arrivait toujours pas, elle décida de retourner dans la Grande Salle. Elle s'apprêtait à se diriger vers les Grandes Portes lorsque sa majesté daigna se présenter comme si de rien n'était, le sourire aux lèvres et les mains dans les poches.

« Daphné et Pansy. » la devança-t-il alors qu'elle était sur le point de lui demander la raison pour laquelle il avait mis tout ce temps pour arriver.

Elle lui fit signe qu'elle comprenait et l'attira dans un coin plus isolé, à abri des regards indiscrets. Elle put alors se permettre de faire ce dont elle mourrait d'envie depuis le début de la soirée, c'est-à-dire l'embrasser.

« J'en avais trop envie. » avoua-t-elle en enlaçant sa nuque pour l'embrasser langoureusement.

« Je vois ça. » dit-il, amusé.

Il la serra contre lui et répondit à son baiser avec ardeur. Il fallait dire qu'il la trouvait particulièrement délicieuse dans cette robe noire.

« Allons dans ta chambre. » proposa-t-elle, contre ses lèvres.

« Maintenant ? » s'étonna-t-il.

« Oui maintenant, je croyais que tu voulais me montrer à quel point je suis la seule qui t'intéresse. » rappela la Gryffondor.

Draco eut envie de lui répliquer que s'il avait l'intention d'appliquer ce qu'il mourrait d'envie de faire avec elle, elle n'aurait peut-être pas été d'accord. Mais le regard enjôleur qu'elle lui adressa le força à la suivre sans aucune protestation.

Dès qu'il eut fermé la porte derrière eux, la jeune fille reprit immédiatement ses lèvres et les fit reculer vers le lit. Elle s'installa à califourchon sur lui et entreprit de parsemer son visage de baisers.

Le Serpentard lui enlaça la taille d'un bras pour la rapprocher de lui et passa son autre main dans les cheveux de la jeune fille. Celle-ci se dirigea à nouveau vers les lèvres du jeune homme et leurs langues se caressèrent avec fougue. Sans lâcher les lèvres du Serpentard, elle fit descendre ses mains vers son torse et elle commença à ouvrir les boutons de sa tenue d'un geste fébrile. Une fois qu'elle enleva le dernier bouton, ses mains parcoururent le torse du jeune homme avec lascivité.

Le Serpentard ne put que constater qu'elle était particulièrement fougueuse et cela n'était pas pour lui déplaire. Il se permit d'être un peu entreprenant dans ses caresses et comme elle ne sembla pas vouloir protester, il s'enhardit. Il entreprit d'abord d'inverser leurs positions et se retrouva au dessus d'elle. Leurs regards se croisèrent et Ginny avoua :

« J'ai envie de toi... »

Elle avait dit cela d'une voix légèrement rauque qui eut effet de le rendre fou. Néanmoins il fut surpris qu'elle soit aussi directe.

« Tu es sûre que c'est ce que tu veux ? » se risqua-t-il à demander, se promettant de se tuer pour avoir posé cette question si jamais elle se rétractait. »

Elle hocha la tête en répliquant qu'ils attendaient cela depuis déjà trop longtemps. Le regard qu'ils échangèrent alors se passa de mot et ils n'avaient plus qu'une envie : se prouver à quel point ils s'aimaient.

D & G

Le lendemain, lorsqu'elle s'éveilla, Ginny se glissa immédiatement dans les bras du jeune homme. Elle n'arrivait pas à se résoudre au fait de ne plus le voir pendant deux semaines. Aujourd'hui, les élèves pouvaient rentrer chez eux pour passer les vacances de fin d'année chez leur famille et c'est ce qu'ils avaient l'intention de faire. Or, elle ne voulait plus être séparée de lui, surtout pour une période aussi longue. Deux semaines ! Cela lui semblait tellement loin. C'était peut-être prématuré, mais elle savait qu'elle avait envie de passer le reste de sa vie avec lui et de se réveiller tous les matins de son existence blottie contre lui. Cette nuit avait été tellement parfaite. Elle avait l'impression d'être réellement une femme lorsque les yeux et les mains du jeune homme parcouraient son corps avec désir et même si elle rougissait en pensant à cela, le sentir profondément enfoui en elle avait été une expérience tellement plaisante qu'elle avait eu envie de recommencer aussitôt.

Elle soupira et se retourna pour pouvoir se pencher au dessus du sol. Mais les bras de Draco lui attrapèrent la taille et elle se sentit attirée contre son torse.

« Où vas-tu ? » interrogea-t-il d'une voix ensommeillée en la serrant contre lui.

« Je n'allais pas partir. » fit remarquer Ginny avec un léger rire. « Je voulais juste voir l'heure ! »

Il desserra son étreinte et elle put se pencher au dessus du sol de la pièce pour chercher sa montre.

« Je retourne dans mon dortoir dans une demi-heure. »

« Parfait. » répondit-il simplement.

Elle haussa un sourcil, ne comprenant pas ce qu'il pouvait trouver de si '' parfait '' mais elle finit par le deviner lorsqu'il l'attira vers lui pour une autre séance de câlins.

Ce ne fut donc pas une demi-heure mais bien une heure plus tard que Ginny sortit de la pièce après avoir dit au revoir à son petit-ami comme il le fallait. Elle était encore sur un nuage et tout ce qui se passait autour d'elle lui semblait réellement dérisoire.

Quand elle entra dans son dortoir, elle lança un « bonjour » distrait à Leah qui faisait son lit et se dirigea vers son lit pour s'y allonger, pensive. Leah lui jeta un regard par-dessus son épaule et demanda :

« Tu étais avec Malfoy ? »

La rouquine se redressa et acquiesça, rougissant légèrement. Détail, qui bien sûr, n'échappa pas à Leah.

« Pourquoi est-ce que tu rougis ? Ne me dis pas que... » commença la jeune fille en fronçant les sourcils.

Soudain, comme si elle venait de comprendre quelque chose de surprenant, elle ouvrit la bouche de stupeur.

« Vous...vous...Vous avez couché !? » hurla-t-elle.

Ginny hocha timidement la tête et avant qu'elle n’ait eut le temps de dire '' Quidditch '', Leah bondit se retrouva sur son lit.

« Merlin ! Tu vas tout me raconter petite coquine ! SUGAR » s'exclama-t-elle.

Cette dernière sortit de la salle de bain et demanda à Leah ce qui se passait.

« Ginny...Malfoy...ils ont... » bégaya Leah, trop surexcitée pour parvenir à formuler une phrase correcte.

Sugar ouvrit des yeux ronds et détailla Ginny avec effarement.

Et pendant le reste de la matinée, elle dut raconter à Leah en détail et en avant-première sa nuit avec Draco. Elle se contenta néanmoins de lui exposer le minimum, estimant que cela ne regardait qu'elle et Draco.

Le retour des élèves dans leur foyer avait été organisé par l'Ordre du Phoenix. Le Poudlard Express avait donc été réquisitionné pour accompagner les élèves à la gare dans laquelle ils seraient pris en charge par leurs parents.

Une fois installée avec ses amis dans l'un des compartiments du train, Ginny demanda à Leah comme s'était passé sa fin de soirée avec Dean.

« Il m'a carrément lâché pour aller discuter Luna Lovegood. Non mais tu te rends compte, Luna Lovegood ? » siffla-t-elle avec humeur. « Mais ce n'est pas le meilleur, ton cavalier a apparemment lui aussi jeté son dévolu sur moi, Ginny. »

La rouquine éclata de rire et Aaron lâcha son commentaire :

« A croire que tu devras te contenter de restes de Ginny. »

Leah lui lança un regard mauvais et croisa les bras, vexée.

« Je plaisante. » dit Aaron en riant. « Et puis si on suit mon raisonnement, tu devrais aussi avoir Potter. »

Leah haussa les épaules mais un petit sourire naquit sur ses lèvres.

Le reste du voyage se déroula sans encombres et lorsqu'elle descendit du train, Ginny aperçut immédiatement sa mère, son frère Bill et sa belle-sœur Fleur sur le quai. Molly Weasley la gratifia de son éternelle étreinte maternelle et Fleur commença à lui raconter des choses dans un franglais tout à fait incompréhensible. Ils furent bientôt rejoints par Harry, Ron et Hermione qui dès leur arrivée, se retrouvèrent également dans les bras de Molly.

« Alors petite soeur, tu t'es bien amusée hier soir ? » interrogea Bill alors qu'il serrait à son tour sa soeur dans ses bras.

Cette dernière ouvrit de grands yeux, stupéfaite. Il ne pensait tout de même pas à ça ?

« Quoi ? »

« Il y a eu un bal hier soir... » rappela Bill, visiblement surpris de sa réaction.

« Ah ça...Oui c'était bien. » répondit la rousse en rougissant.

Le bal n'était pas le premier souvenir qui lui venait en tête concernant la soirée de la veille.

« J'espère qu'aucun garçon n'a embêté mon adorable petite soeur. » lança-t-il, l'air faussement sérieux.

Si tu savais, ne put s'empêcher de penser Ginny.

« Non, Ron était là pour veiller au grain. » assura-t-elle avec un sourire candide, s'attirant le regard attendri de Fleur. « Je reviens, je dois aller dire un mot à une amie. »

Elle avait vu Draco descendre du Poudlard Express, visiblement seul, et ne put pas résister à l'envie d'aller lui voler un dernier baiser avant son départ.

« Draco ! » appela-t-elle lorsqu'elle arriva près de lui.

Il se retourna et lui adressa un sourire. Mais lorsqu'il s'apprêta à lui parler, une jeune fille bondit sur lui.

« DRRRACO ! » hurla-t-elle avec un accent slave très prononcé.

Le jeune homme parut soudain très mal à l'aise et la repoussa.

« Qu'est ce que tu fais là ? » demanda-t-il, sèchement.

« Je suis venue avec ta mèrrrrre » répondit la jeune femme en passant un doigt dans ses longs cheveux blonds cendrés.

Ginny était restée légèrement en retrait, se contentant d'observer la scène qui se déroulait devant elle. Draco lui jeta un regard bref, visiblement gêné. La nouvelle venue, suivant son regard, se tourna également vers Ginny. Elle lui lança un sourire éblouissant et tendit sa main, pour se présenter.

« Bonjourrr ! Je suis la fiancée de Drrraco. » dit-elle en jetant au jeune homme un regard amoureux.

Elle lui donna son nom, mais trop choquée, Ginny ne l’entendit même pas.

« Et toi ? » demanda-t-elle.

La Gryffondor resta stupéfaite sous le coup de cette révélation inattendue. Son visage s'était décomposé et elle sentit que quelque chose venait de se briser en elle.

« Apparemment, je ne suis personne. » déclara-t-elle avec douleur en levant les yeux vers Draco qui semblait avoir perdu toute couleur.

Elle venait de tomber de son petit nuage et le moins qu'on puisse dire était que le choc était rude.

Fin du Chapitre

 

End Notes:

C'était THE retournement de situation qui fait tout foirer, je commence à devenir pro pour ça ! En tout cas, si je peux faire un commentaire sur ce chapitre c'est que si la confiance est difficile à gagner, paradoxalement, elle est facile à perdre...
J'en ai mal au coeur, rien qu'à voir la fin de ce chapitre qui fut très long et très éprouvant à écrire ! Mais bon, ces-deux là auront bien des épreuves par la suite...
Normalement, si je suis mon plan, [ Notez bien l'utilisation d'une formule d'hypothèse ^^ ] le prochain chapitre ne devrait pas être trop long donc plus rapide à écrire ( quelle logique, je sais ! )
N'oubliez pas la petite review, mon seul salaire :D
xxx

Désillusions by Black Lagoon

Chapitre XII : Désillusions

Ces vacances au Terrier auraient dues être festives. En effet, tous les membres de la famille Weasley étaient réunis dans la demeure familiale pour y passer les fêtes ensemble. Pourtant, malgré l'atmosphère conviviale qui régnait chez elle durant cette période de réveillon, Ginny avait du mal à se sentir bien. En fait, c'était un doux euphémisme puisqu'en réalité, chaque jour que Merlin faisait, la jeune fille broyait du noir. Elle se sentait trahie et si elle ne passait pas ses soirées à sangloter dans son lit, c'était pour la simple et bonne raison qu'elle pensait mériter tout ce qu'il lui arrivait.

Elle avait été stupide. Comme il avait été stupide de croire que Draco Malfoy pourrait s'intéresser à une fille aussi insignifiante qu'elle. Maintenant qu'elle y réfléchissait, elle se demandait comment elle avait pu être aussi naïve, croyant dur comme fer à ses promesses, se laissant bercer par ses caresses et ses mots doux, persuadée qu'il tenait vraiment à elle.

Il aurait pu être honnête avec elle. Ils seraient partis sur de bonnes bases au moins. « Ginny, j'ai déjà une fiancée, mais je ne vois pas d'inconvénients à ce que l'on se fréquente secrètement pendant les cours ». Comme ça, au moins, ça aurait eu le mérite d'être clair. Bien évidemment, Ginny l'aurait envoyé paître, froissée par cette proposition indélicate, une claque retentissante à l'appui pour mieux se faire comprendre mais elle n'aurait que pu le féliciter de sa franchise.

Elle n'avait pas eu peur de lui montrer ses sentiments. Elle l'aimait et elle ne s'était jamais gênée pour le lui dire ou pour le lui montrer. Pourtant, il ne lui avait jamais clairement avoué ces trois mots qu'elle espérait tant entendre. Jusqu'à présent, elle lui avait chercher un tas d'explications. Il était difficile pour lui de confesser ses sentiments, elle pouvait le concevoir et l'accepter. Il pouvait ressentir une certaine gêne à l'idée de déverser ses états d'âme, elle n'était pas aussi bornée au point de ne pas le reconnaître. Contrairement à lui, elle avait évoluée dans un milieu chaleureux et son éducation lui permettait d'épancher son attachement beaucoup plus facilement.

Oui, elle aurait préféré que l'embarras de Draco soit dû à la droiture de son éducation. Mais la vérité était bien plus simple que cela. En réalité, sa majesté n'avait pas l'intention de ruiner sa prestance en avouant des sentiments qu'ils ne ressentaient pas à l'égard d'une pauvre fille traître à son sang dans son genre avec laquelle il passait ses soirées uniquement dans le but de se distraire tellement il se languissait de sa petite-amie, la vraie, l'officielle. C'était vrai que vu sous cet angle là, Ginny Weasley était une proie facile. Il suffisait de lui dire que leurs familles respectives n'accepteraient jamais leur relation et lui lâcher par-ci et par-là des phrases toutes faites d'amoureux transi pour qu'elle se taise et vienne dans ses bras. Et le fourbe avait réussi.

Combien de temps serait-t-elle restée ainsi dans l'ignorance si elle n'avait pas rencontrer sa fiancée ? Comme elle se connaissait, elle savait qu'elle aurait déjà fait des projets d'avenir, s'imaginant déjà dans une réelle vie de couple avec le Serpentard. Et lui, combien de temps se serait-il moquée d'elle de la sorte ? Il ne faisait aucun doute qu'il l'aurait laissé bercer dans ses illusions. Ensuite, dès qu'il aurait fini de s'amuser avec elle, il lui aurait avoué tout en bloc sans éprouver le moindre remord avant de s'en aller, droit et fier.

Mais ce n'était pas le pire non, le pire était qu'elle avait perdu sa virginité avec lui. Rien que de penser à cela, Ginny éprouvait une vive rancoeur. Elle se sentait humiliée, touchée dans sa dignité. Elle avait l'impression d'être dans un horrible compte de fées ou l'un de ces romans à l'eau de rose que Leah lisait à longueur de journée. Sauf qu'à la fin de ces bouquins, le héros et la héroïne finissait ensemble et que toute l'histoire n'avait été qu'un triste malentendu.

Or, dans la réalité, c'était beaucoup plus complexe et tout cela réconfortait Ginny dans son idée qu'elle ne serait jamais heureuse en amour. C'était la seconde fois qu'elle plaçait autant d'espoir dans une relation. Quelques années auparavant, elle était persuadée qu'Harry était l'homme de sa vie et elle lui avait voué une admiration sans borne. Mais il y avait eu toute cette histoire avec Hermione, et lorsque Ginny était parvenue à oublier le Survivant, c'était à ce moment qu'il s'était intéressé à elle. Malheureusement, Draco était arrivé et c'était sur le blond que Ginny avait jeté son dévolu. Encore une mauvaise décision. Et elle le payait amèrement aujourd'hui.

Ce qu'elle espérait à présent, c'était oublier le Serpentard. Elle avait conscience que ce serait difficile au début mais elle finir bien par y parvenir, aussi douloureux soit ce choix. Pour l'heure, l'animosité qu'elle ressentait à son égard alimentait son désir farouche d'effacer de sa mémoire et de son coeur ces quelques semaines passées avec lui.

Son état maussade avait rapidement été remarqué par sa famille, habituée à la voir constamment de bonne humeur. Elle se contentait d'assurer que tout allait bien et laissait croire à ses parents et à ses frères que son humeur morose était due à la fatigue accumulée à cause des cours. Personne n'insistait, il y avait des problèmes plus importants que les déboires amoureux d'une adolescente.

En effet, Lord Voldemort devenait de plus en plus offensif et il ne se passait pas un jour sans qu'un événement fasse les gros titres de La Gazette du Sorcier. Les attaques des Mangemorts devenaient de plus en plus fréquentes et violentes à chaque fois. Ginny avait particulièrement été choquée par l'attaque d'une famille vivant dans le nord de l'Angleterre. Les parents étaient tous les deux aurors et vu l'état des corps retrouvés sur les lieux du crime, il ne faisait aucun doute que les Mangemorts les avaient torturés en employant des méthodes d'une rare violence. La seule survivante de cette tuerie était la petite fille du couple âgée de cinq ans. Il était évident qu'elle serait traumatisée toute sa vie après avoir vu le meurtre de ses parents. Harry avait parût aussi très affecté à l'annonce de cette nouvelle. Il avait serré les dents et avait quitté la pièce sans prononcer le moindre le mot. Ginny avait compris que cela avait dû lui rappeler l'assassinat de ses propres parents par le Lord noir, seize ans auparavant.

Le Terrier était devenu en quelque sorte un QG improvisé pour L'Ordre du Phoenix en attendant la recherche d'un local adapté. La famille Weasley voyait sans cesse sa maison assaillie par des membres de L'Ordre ou des volontaires venant échanger leurs rapports quotidiens. Molly Weasley prenait son rôle d'hôte très au sérieux. Elle ne tarissait pas d'efforts pour offrir à ces nouveaux invités un accueil digne de ce nom et rendre leurs réunions plus agréables les unes que les autres en organisant des dîners à la fin de celles-ci. Ginny, elle, se demandait si il n'était pas extrêmement dangereux d'installer un quartier général dans un lieu comme le Terrier.

« Si Tu-sais-qui parvient à venir ici, cela veut dire qu'il a réussi à soutirer l'information à Dumbledore ce dont je doute fortement. » répondit Bill sur le ton de la plaisanterie lorsque Ginny lui posa la question.

« Dumbledore est donc le gardien du secret... » en conclut la jeune fille.

L'aîné des Weasley acquiesça et ajouta d'un ton rassurant :

« Et même si, par miracle, Tu-Sais-Qui arrivait à localiser l'endroit où nous nous réunissons, il lui faudrait des heures pour passer les protections magiques installées autour de la maison, même pour un sorcier comme lui... »

Ginny hocha la tête et se dirigea vers la cuisine pour se rendre dans le jardin par la porte arrière. Elle s'installa sur le banc près de la remise et ramena ses jambes contre sa poitrine avant de poser son menton sur ses genoux. Son regard erra vaguement dans la contemplation du ciel gris et elle soupira avec agacement, comme si le mauvais temps était la source de ses problèmes. Elle resta quelques temps dans cette position, immobile, jusqu'à qu'une voix la sorte de sa léthargie et la fasse sursauter.

« Ginny ? »

C'était Harry.

« Désolé de t'avoir fait peur. » s'excusa-t-il en s'asseyant à ses côtés.

Elle haussa les épaules et lui assura qu'il n y avait pas de mal.

« Ça fait un moment que tu es là, non ? » demanda-t-il.

« Oui. » répondit-elle simplement.

Et la conversation s'arrêta là. Depuis leur rupture, ils n'avaient guère eu l'occasion d'avoir une vraie conversation et leurs échanges se limitaient aux politesses d'usage. Un certain malaise flottait dans l'air et il était évident qu'ils n'avaient rien à se dire. Les minutes s'écoulèrent dans une atmosphère tendue jusqu'à ce que le Survivant finisse par rompre le silence.

« C'est étrange, ce hibou traîne souvent par ici... » fit-il remarquer, les yeux levés en direction du ciel qui s'était assombrit.

Ginny leva la tête et vit un hibou au vol majestueux décrire des cercles près de la maison.

« Tu sais à qui il appartient ? » interrogea-t-il.

« Tu m'étonnes... » pensa Ginny avec amertume en fusillant l'oiseau des yeux, comme si elle pouvait le foudroyer par la seule force de son regard.

Le hibou appartenait à Draco et venait sans doute déposer un énième courrier qui s'ajouterait aux dizaines de lettres que Ginny avait déjà reçu depuis le début des vacances, c'était à dire, il y avait à peine une semaine.

« Je n'en sais rien... » répondit la rousse en haussant les épaules, à l'attention d'Harry.

Elle prétexta ensuite une envie pressante pour rentrer à l'intérieur et s'enfermer dans sa chambre. Elle ouvrit la petite fenêtre de la pièce et aussitôt, le hibou s'engouffra à l'intérieur, se posant avec élégance sur la poignée de la fenêtre. C'était un très bel oiseau au plumage blanc immaculé et au port impérial, à l'image de son maître. Il tendit sa patte et la jeune fille détacha la missive d'un geste machinal. Pourtant, l'animal ne bougea pas d'un pouce et darda sur elle un regard perçant.

« Ce n'est pas la peine d'attendre, je ne lui donnerais pas de réponse ! » répliqua Ginny à l'adresse de l'oiseau.

Deux battements contre la porte se firent entendre et Ginny entendit la voix de Fred qui lui criait que le dîner était servi. La jeune fille se tourna vers le hibou qui, visiblement, n'avait pas l'intention de s'en aller.

« Je me contrefiche des ordres que t'as donné ton maître, tu comprends ? Allez, vas-t-en maintenant ! »

L'animal ne bougea pas.

« Dégages d'ici en vitesse ou je te plume ! » s'exclama-t-elle avec fureur.

Le hibou émit un hululement offensé mais se décida tout de même à s'envoler. Ses ailes blanches se déplièrent et son envol, tout comme son port, fut gracieux. La jeune fille l'observa dans les airs quelques secondes avant de fermer la fenêtre et de sortir de la pièce, la lettre de Draco toujours dans sa main.

Elle soupira tandis qu'elle descendait les escaliers et se dirigeait vers le séjour d'un pas léger. La lettre allait rejoindre ses consoeurs, c'est-à-dire dans la cheminée. Sans prendre la peine d'y jeter un coup d'oeil, elle jeta l'enveloppe dans le feu et attendit que cette dernière soit complètement consumée pour rejoindre la salle à manger, non sans éprouver un plaisir malsain.

La table du Terrier n'avait pas accueilli grand monde ce soir-là. A part les Weasley, Harry et Hermione, il n'y avait que Lupin et Tonks qui faisaient office d'invités. Lupin paraissait un peu moins miteux qu'à l'accoutumée et Tonks, elle, semblait rayonner de bonheur depuis qu'ils se fréquentaient. Ginny avait remarqué qu'elle portait une jolie bague à l'annulaire de la main gauche et elle se demanda si ce n'était pas la raison du ravissement de la jeune auror. Elle n'osa pas lui poser la question de peur de se tromper, mais le bijou fit renaître dans sa tête un autre souvenir, cette fois un peu moins heureux.

Malgré cela, le bonheur apparent du couple faisait plaisir à voir et Molly Weasley, dut refréner l'optimisme démesuré de Nymphadora. Cette dernière avait proposé de lui venir en aide pour préparer le réveillon.

« Non ma chérie, ce n'est vraiment pas la peine... » assura Molly devant l'insistance de Tonks, consciente que la maladresse de cette dernière, à défaut de l'aider, ne parviendrait qu'à la handicaper.

Elle finit par accepter, résignée face à l'obstination de la jeune femme. Ginny esquissa un sourire en voyant sur le visage de sa mère une ébauche de fatalisme.

Le 24 décembre arriva rapidement et le réveillon se déroula sans problèmes dans l'ensemble. Il eut bien quelques évènements comiques notamment lorsque les jumeaux ajoutèrent quelques unes de leurs pâtisseries piégées sur la table du buffet et que certains invités se mirent à imiter des scrouts à pétard. Mais la palme du plus mémorable de la soirée revint incontestablement à Tonks. Lupin et elle avait finit par annoncer leurs fiançailles et la jeune femme, se sentant soudainement pousser des ailes ( et quelques verres de vodka-pure-glace dans le corps ) décréta qu'elle était la nouvelle Celestina Moldubec. Elle sauta sur la table, attrapa un épi de maïs et tout en se déhanchant, fit profiter aux invités d'un remake de la chanson « Un chaudron plein de passion ». Le comique de la situation résidait surtout dans le fait que Tonks ne savait pas chanter et que les sons qu'elle émettait ressemblaient plus à des cris furieux de veracrasses qu'à de véritables notes de musique.

« Oh, viiiiens, viens remuer mon chaudron ! » hurla-t-elle dans son micro improvisé en adressant à Remus des regards brûlants.

Ce dernier devint cramoisi devant les regards amusés des invités qui l'entourait.

« Et si tu t'y prends comme il faut, je te ferais bouillir une grande passion... » chantait-t-elle en dansant avec frénésie.

Molly, observait la scène d'un air affligé, choquée de voir l'une de ses chansons favorites ainsi parodiée. Elle tenait un saladier dans ses mains et le serrait si fort qu'il était étonnant que l'objet ne soit pas déjà en milles morceaux sur le sol, résultat de son accablement. Ginny quant à elle, était pliée en deux, en proie à une véritable crise de rire. Elle s'approcha de sa mère, hilare, et lui prit le saladier des mains avant qu'il ne se brise en lui disant qu'elle allait le remplir.

Elle se dirigea vers la cuisine et chercha dans les placards un paquet de chips qu'elle ouvrit et dont elle versa le contenu en entier dans le récipient. Elle s'avança ensuite vers la fenêtre ouverte dans l'intention de la fermer quand quelque chose attira son attention au-dehors. A travers la vitre, elle apercevait encore ce fichu hibou dans le ciel. Elle l'observa pendant quelques instants jusqu'à ce que la voix de Tonks la sorte de sa torpeur.

« Pour te garder ce soir près de moi bien au chaud ! » entendit-elle.

Elle esquissa un sourire et s'empara du saladier avait de retourner dans le séjour.

Peu après minuit, après le déballage de tous les cadeaux, les invités commencèrent peu à peu à rentrer chez eux et trois heures plus tard, le calme revint au Terrier et ceux qui étaient encore éveillés rejoignirent leur lit. Ginny ouvrit doucement la porte de sa chambre et se glissa dans l'ouverture en prenant soin de la fermer sans bruit, de façon à ne pas réveiller Hermione qui dormait déjà. Elle s'avança à pas feutrés vers la fenêtre et l'ouvrit le plus silencieusement possible. Quelques secondes plus tard, le hibou de Draco s'engouffrait dans la pièce. Elle posa son doigt sur sa bouche, comme pour lui faire signe de ne pas faire de bruit. Elle ne savait pas vraiment si elle était parvenue à se faire comprendre mais comme s'il avait saisi, l'animal resta silencieux lorsqu'il lança un paquet et s'envola à nouveau. La jeune fille attrapa le colis au vol et referma la fenêtre d'un geste un peu brusque. Hermione, sur son lit, bougea dans son sommeil mais ne se réveilla pas. Ginny observa quelques secondes le paquet enroulé dans un papier kraft vert et se décida finalement à le poser sur sa table de chevet et de détourner le regard. Elle ne l'ouvrirait pas, même si elle en avait terriblement envie. Pourtant, pendant qu'elle revêtait sa chemise de nuit, elle ne cessa de jeter des regards obliques en direction du paquet. Finalement, la tentation fut trop forte et sa curiosité l'emporta sur son animosité. Elle saisit le paquet et s'agenouilla par terre, entre les deux lits de la pièce. Elle déchira le papier kraft et en sortit une boîte noire où son nom était inscrit d'une couleur argenté. Elle ouvrit le coffret et ce qu'elle vit à l'intérieur lui coupa le souffle. Un magnifique bracelet en argent incrusté de pierres précieuses. Elle n'avait jamais un tel bijou de toute sa vie et même si elle n'était pas spécialiste en la matière, elle se doutait bien que ce bracelet devait coûter une fortune. Ce ''cadeau'', loin de lui faire plaisir, la mit en colère.

Comment avait-il osé ? A quoi avait-il songé en lui envoyant cela ? Qu'il pourrait l'acheter, elle ? Comment avait-il simplement pu penser qu'il pourrait disposer de son pardon avec un cadeau hors de prix tel que celui-là ? Elle n'était ni vénale ni matérialiste et ce n'était sûrement pas pour un « vulgaire » bracelet qu'elle allait le pardonner. Il avait eu sa confiance, son amour et son corps mais il n'aurait sûrement pas sa dignité !
Ses lèvres tremblèrent de rage et de frustration et sans qu'elle s'en rende compte, des larmes commencèrent à couler sur ses joues. Celles qu'elle avait ravalé au fond de sa gorge depuis son arrivée. Et maintenant qu'elles étaient parvenus à sortir, elles semblaient ne plus vouloir cesser. Une multitude de sentiments se bousculaient en elle : la douleur, le chagrin, le découragement...Elle avait mal. Elle s'en voulait tellement de l'aimer. Ses sanglots redoublèrent d'intensité et elle n'essaya pas de les retenir.

« Ginny ? » demanda la voix d'Hermione.

La rousse ne releva pas la tête mais elle entendit très distinctement le bruit des couvertures qui se rabattaient et d'Hermione qui quittait son lit. Même si ses yeux étaient brouillés de larmes, Ginny aperçut la chevelure ébouriffée de la brune se rapprocher d'elle avant qu'elle ne soit enveloppée d'une étreinte rassurante. Même si c'était Hermione qui l'entourait de ses bras, elle ne se dégagea pas. A quoi bon, après tout, elle avait besoin de ce réconfort. Elle se laissa aller contre l'épaule de la jeune fille qui lui murmurait que tout allait bien.
Puis, ses sanglots finirent par s'espacer jusqu'à devenir quelques légers spasmes. Elle se dégagea doucement de l'étreinte de la brune en essuyant ses larmes, gênée de s'être ainsi laissée aller.

« Est-ce que...est-ce que ça va ? » entendit-elle.

Elle haussa les épaules et avec un sourire tordu, répondit :

« J'ai connu mieux... »

« Est-ce que tu veux en parler ? » interrogea Hermione d'une voix hésitante.

« Si je te dis, tu vas me trouver...stupide... » lâcha la rousse en reniflant.

« C'est à moi d'en juger non ? » suggéra Hermione avec un sourire contrit. « Dis toujours... »

Ginny se mordit la lèvre, nerveuse. D'un côté, elle n'osait pas lui avouer la vérité et de l'autre, elle avait vraiment besoin d'en parler quelqu'un. Elle soupira et finit par avouer :

« Je...je suis sortie avec Draco Malfoy »

Elle avait dit cela très vite, comme si cela pourrait avoir moins d'impact. Lorsqu'elle releva la tête pour voir la réaction d'Hermione, elle sut qu'elle s'était trompée. Cette dernière avait les yeux exorbités et la fixait la bouche grande ouverte et l'air abasourdi.

« Tu...tu... quoi ? » dit-elle avec ébahissement.

« Je suis sortie avec Malfoy. C'est déjà difficile comme à l'avouer, alors ne me force pas à le répéter une nouvelle fois. » répliqua Ginny d'une voix sèche.

« Je sais mais...c'est juste que...Malfoy... »

« Surprenant n'est-ce pas ? » fit Ginny avec amertume.

« Oui, plutôt... »

Après quelques instants d'incertitude, elle demanda :

« Et que s'est-il passé ? »

Ginny resta silencieuse, se contentant de fixer le coffret du bracelet.

« Enfin, tu n'es pas obliger d'en parler. Je comprendrais que tu ne veuilles pas... » commença Hermione, comme si elle était allée trop loin.

Pourtant Ginny lui raconta. Elle ne savait pas pourquoi elle ressentait ce besoin de tout avouer. Elle voulait se justifier, expliquer les raisons qui l'avaient menée à faire cette erreur. Hermione et elle n'étaient pas très proches, elles étaient mêmes assez remontées l'une contre l'autre mais Ginny n'en tint pas compte et Hermione non plus. De plus, cette dernière fut d'une oreille attentive et agréable. Ginny se confiait souvent à ses amies mais ce n'était pas la même chose. Leah ne pouvait pas s'empêcher de l'arrêter toutes les secondes pour faire des commentaires surexcités et Sugar l'observait avec mépris lorsqu'elle parlait de Draco. Hermione, elle, se contentait d'écouter. Elle ne faisait aucun commentaires et ne la jugeait pas. Ce fut sûrement pour cette raison que Ginny fut très expansive lorsqu'elle s'expliqua. Elle lui raconta absolument tout. La manière dont Draco s'était comporté avec elle, la relation secrète qu'ils avaient entretenu, la nuit du bal ( même si Ginny avait rougit et était rapidement passée à autre chose ) et la fiancée. Quand elle termina, elle se retint d'éclater à nouveau en pleurs.

« Je suis désolée... » fit Hermione.

« Tu n'as pas à l'être. Tout est de ma faute, j'ai été tellement stupide... »

« Tu n'as pas le droit de penser ça, ça n'était pas de ta faute ! » objecta la jeune brune.

« Bien sûr que si ! C'est moi qui l'ai embrassé ! »

« Il t'avait déjà embrassé avant... » répliqua Hermione.

« Et je l'ai laissé faire parce que j'en avais envie. Et j'ai recommencé par ce que c'est moi qui voulait avoir une relation avec lui ! »

D'un geste soudain et brusque, Hermione attrapa les épaules de la rousse, la forçant à la regarder.

« Ce n'est en aucun cas de ta faute, tu saisis ? Tu as été honnête avec lui, il n'avait pas le droit de jouer avec tes sentiments de la sorte, Ginny ! Si il y a quelqu'un à blâmer c'est lui et uniquement lui ! » contesta-telle avec véhémence en secouant légèrement la rousse.

Ginny voulut protester mais aucune paroles censées ne parvinrent à sortir de ses lèvres. Elle s'en voulait et n'avait pas d'envie d'endosser le beau rôle. Elle avait été stupide et elle ne désirait guère qu'on la prenne pour une victime. Elle finit tout de même par arrêter de protester et Hermione l'étreignit une nouvelle fois en lui répétant que ce n'était en aucun cas de sa faute. Trop éreintée pour la contredire, la rousse resta silencieuse. Finalement, elle remit soigneusement le bracelet dans son écrin et rejoignit son lit en silence. Elle s'emmitoufla dans ses couvertures et ferma les yeux, le son d'Hermione rejoignant son lit parvenant dans son oreille. Elle étouffa un bâillement et après quelques instants d'hésitation, elle lança :

« Hermione ? »

« Hmm ? »

« Merci. »

« De rien. Bonne nuit Ginny. »

« Bonne nuit... »répondit la jeune fille.

Le lendemain, Ginny reçut la visite de Sugar.

« Qu'est ce que tu fais là ? » s'étonna immédiatement la rousse.

« Merci, moi aussi je vais bien... » ironisa Sugar avec un sourire.

Ginny leva les yeux au ciel en esquissant un sourire et lorsqu'elle s'apprêta encore une fois à interroger son amie sur la raison de sa venue, la porte de sa chambre s'ouvrit sur sa mère.

« Je peux t'offrir quelque chose ma chérie ? » interrogea Molly à l'adresse de Sugar.

« Non merci Mrs. Weasley, je suis juste de passage. Je désirais simplement avoir une petite conversation avec Ginny. »

« Très bien. Je vous laisse entre filles dans ces cas. » déclara Molly en lançant aux deux jeunes filles un regard intrigué avant de refermer la porte.

Ginny se tourna vers son amie, se demandant ce qu'elle avait à lui dire.

« Tout d'abord, Joyeux Noël ! » s'enquit Sugar avec enthousiasme.

La jeune fille lui lança un regard interloqué.

« Merci. Mais...rassures-moi tu n'es pas venue ici uniquement pour me souhaiter de joyeuses fêtes...Si ? » interrogea-t-elle en fronçant les sourcils.

« Non, évidemment. Je voulais voir comment tu allais... »

La rousse la jaugea du regard, étonnée. Elle n'avait pas mis au courant ses amies de l'évolution descendante de sa relation avec Draco. Non, pas avec Draco, avec Malfoy.

« Et bien, comme tu vois, je vais bien... » répondit-t-elle finalement, préférant éviter le sujet.

« Tu n'as écris à aucun d'entre nous, Ginny. Ce n'est pas ton habitude. Que se passe-t-il ? » questionna Sugar d'un ton accusateur.

Maudit soit cette fille et sa capacité à vous cerner tellement rapidement, se dit Ginny. Pourtant, elle continua à feindre :

« Rien. » dit-elle, peut-être un peu plus sèchement qu'elle l'aurait voulu.

Sugar l'évalua de ses yeux perçants, mi-surprise mi-agacée avant de lâcher d'une voix autoritaire :

« Parle. »

Elle l'avait ordonné d'une voix austère et son ton n'admettait aucun refus. Ginny détourna le regard, ne supportant plus la lueur suspicieuse qui se trouvait dans les prunelles de son amie. Presque avec fureur, elle répondit :

« Il s'est bien fichu de moi, voilà ce qui se passe ! »

Elle tourna les yeux vers son amie pour contempler sa réaction, une expression de défi sur le visage.

« Je... » commença Sugar.

« Tu dois être contente, tu avais raison. » lança Ginny.

Si elle avait tenté d'être froide et cassante, sa réplique sonnait davantage comme une constatation, même à ses propre oreilles.

« Je...Non, sûrement pas Ginny... » assura son amie en s'approchant d'elle. « Raconte-moi. »

Même si le coeur n'y était pas, Ginny consentit à lui raconter la situation. Son humiliation. Alors qu'elle s'attendait de sa part à des critiques vis à vis de Malfoy, Sugar la surprit.

« Est-ce que tu es...sûre ? »

« Mais bien sûr ! Pour qui tu me prends ? Je ne l'ai pas rêvé cette fille, elle m'a parlé ! » rugit Ginny, excédée.

« Ce n'est pas ce que je voulais dire, Ginny. Écoutes, j'ai été élevé dans ce milieu et les mariages arrangés sont monnaie courante alors... »

« Qu'est ce que tu veux dire ? Qu'on le forcerait à se marier ? »

« Ce n'est pas exactement ça. Ce n'est pas une obligation chez nous. Cependant le mariage ressemble parfois plus à un investissement qu'à un acte d'amour, tu comprends ? L'union de deux familles riches peux être très rentable parfois, pour l'une comme pour l'autre. »

« D'accord » concéda Ginny. « Mais qui me dit que c'est son cas ? »

« Rien, c'est vrai. Mais...tu le connais. » répondit Sugar.

Ginny n'en revenait pas. Celle qui s'était toujours fermement opposé à leur relation et qui avait douté de l'honnêteté de Malfoy était en train de défendre ce dernier. Ginny s'était attendu à tout : une leçon de moral, de vives accusations à l'égard du Serpentard, de la consolation même mais surtout pas à ça.

« Je croyais le connaître. Ce qui change tout, n'est-ce pas ? »

« En effet... » acquiesça Sugar.

« S'il il était honnête il me l'aurait dit, non ? S'il ne m'a rien avoué, c'est qu'il avait quelque chose à se reprocher, c'est aussi simplement que cela. Malheureusement pour lui, j'ai découvert le vrai fond de l'histoire. Maintenant, c'est fini, on ne m'y reprendra plus. »

« Tu as raison, il ne te méritait pas de toute façon. » s'enquit Sugar en l'étreignant.

« Merci... » fit la rousse.

« Merci ? »

« Oui. De ne pas avoir dit '' Je t'avais prévenu Ginny '' » expliqua la rousse avec sourire affligé.

« Hé ! Je ne suis pas aussi insensible, tu sais ! » répliqua Sugar avec indignation.

D & G

Le jour de la rentrée arriva, au grand désespoir de Ginny. Elle ne se sentait pas prête à le revoir de nouveau, à croiser son regard. Pendant le trajet qui la mena à Poudlard, elle se mura dans le silence, tentant de réfléchir à la meilleure manière de se comporter. Elle ne parla qu'une fois et ce pour demande conseil à Hermione. Depuis cette fameuse nuit de Noël, leurs relations s'étaient considérablement améliorées.

« Le mieux que tu puisses faire, c'est de l'ignorer. N'essayes pas de l'éviter, ça ne servira à rien. Montre-lui que tu as dépassé cela. Ignore-le simplement... » recommanda la préfète-en-chef.

Ginny acquiesça sans conviction. Cependant, elle agirait comme lui avait préconisé Hermione. Dès leur arrivée au château, ils se dirigèrent vers la Tour de Gryffondor. Après s'être engouffrés dans le trou portrait, Hermione, Harry et Ron se dirigèrent vers une table vide pendant que Ginny avançait vers un sofa près de la cheminée ou étaient assises Sugar et Leah. Lorsque Ginny arriva vers elle, cette dernière se leva et se jeta à son cou.

« Oh Ginny ! Sugar m'a tout raconté ! » s'exclama-t-elle d'une voix désolée. « Est-ce que ça va ? »

Ginny lui adressa un sourire rassurant et l'entraîna sur le fauteuil ou était assise Sugar et s'installa entre ses deux amies.

« Je crois...J'imagine que ça va être un peu dur mais je n'ai pas le choix, n'est-ce pas ? Je ne m'en remettrais... » assura-t-elle avec un sourire contrit.

« Et nous sommes là pour t'aider. » répondit Sugar en passant ses bras autour des épaules de la rouquine.

« Et puis des garçons, il y en a des tas ! Tu vas vite l'oublier ! » lui assura Leah avec un sourire espiègle. « Genre...Naaathan ! »

« Tu rêves Leah ! » s'exclama Ginny en levant les yeux au ciel tandis que ses deux amies s'esclaffaient.

A la fin de l'après-midi, elles attrapèrent les garçons qui parlaient Quidditch pour aller dîner. Ils arrivèrent tôt et eurent donc le loisir de choisir les meilleures places. D'emblée, Ginny s'installa de façon à tourner le dos à la table des Serpentards, prête à opéré ce stratagème jusqu'à la fin de l'année scolaire si cela lui empêchait de le regarder. Dès qu'ils furent installés, les garçons se mirent à converser sur le sport pendant que du côté des filles, Leah animait toute la conversation, comme à son habitude. A l'instar de Sugar, elle pouvait parler des heures de temps sans se lasser ni prendre une pause. C'en était presque...effrayant. Ginny se demandait parfois comment elle faisait pour supporter ces deux bavardes à longueur de journée. C'était une chose qu'elle avait apprécié chez Draco. Il ne déblatérait pas quand ce n'était pas nécessaire et les silences étaient presque apaisants avec lui. La rousse s'empêcha de grimacer. Elle pensait encore à lui alors qu'elle s'était promis de ne pas le faire. Elle soupira et tenta de se concentrer sur Leah qui jacassait. Elle ne saisit pas grand chose, hormis de vives critiques à l'égard de Dean Thomas. Ce qui fit beaucoup rire Sugar. Pourtant, l'une des phrases de son amie retentit presque bruyamment dans son esprit.

« Ginny, il te regarde. »

La rousse n'eut pas besoin de plus de quelques fractions de secondes pour saisir de quoi, ou plutôt de qui, Leah était en train de parler. La manière dont elle avait baissé la voix pour prononcer la phrase de façon à ne pas se faire entendre par les élèves qui les encadraient prouvait suffisamment de chose. Ginny leva les yeux vers son amie pour lui adresser un regard qui en disait long. Elle n'avait pas besoin qu'on lui inflige cela. Pas maintenant en tout cas. Nonobstant, Leah avait le regard fixé au dessus de l'épaule de la jeune rousse et tentait de se cacher derrière son verre d'eau, dans une vaine tentative de discrétion.

« Leah... » commença Sugar d'une voix menaçante en jetant un regard du coin de l'oeil en direction de Ginny.

Cette dernière avait pâli et regardait son assiette les yeux voilés.

« Il a l'air plutôt mal lui aussi... » commenta tout de même Leah en regardant la table. « Vous devriez peut-être vous expliquer. »

« Il n'y a absolument rien à expliquer... » répliqua d'une Ginny d'une voix blanche. « Tu peux le comprendre ça ? »

Pour une raison incompréhensible, elle parvenait presque à sentir son regard sur son dos et cela la rendait anxieuse.

« Je pense que... » continua Leah.

« Cesse-cela-Leah. Immédiatement. » siffla Sugar d'une voix furibonde.

« Très bien. Mais si je peux me permettre une dernière remarque Ginny, il n'a pas l'air de quelqu'un très bien dans son assiette. Il s'en veut, ça se voit. » lança Leah à Ginny, ignorant délibérément le regard hostile que lui adressait Sugar.

Non. Ginny ne voulait pas entendre de telles choses. Il n'avait pas le droit. Pas le droit de paraître affligé. Pas le droit de la regarder. Pas le droit de la blesser davantage en lui donnant un infime espoir que tout s'arrangerait entre eux.

« Et depuis quand es-tu devenue spécialiste en relation amoureuse, ma chère ? » interrogea Sugar, d'une voix impérieuse.

Sa confiance avait été ébranlée. Elle ne sentirait jamais capable de lui donner une nouvelle chance, quand bien même il le souhaiterait.

« Depuis que j'observe vos vies amoureuses pour substituer le vide la mienne. »

Leah ne manquait rien. Absolument rien. A part la douleur et la souffrance résultantes de l'amour. Mais ces dernières n'étaient-elles pas dérisoires par rapport à la joie, au bonheur et au plaisir que pouvaient apporter l'amour ? Sans doute. Mais Ginny n'avait pas envie de peser le pour et le contre. Elle aurait mal de toute façon.

« Tu es stupide. » s'enquit Sugar en levant les yeux au plafond.

Trop occupées à se disputer, les deux jeunes filles ne remarquèrent même pas la détresse de leur amie. Cette dernière se leva, sous le regard ébahi de ses amies et quitta la Grande Salle, précipitamment. Hurler, courir, fondre en larmes, elle ne savait pas quoi faire pour exprimer le mal-être dont elle était éprise à cet instant. Elle s'enfonça dans le corridor, sans même regarder où elle allait. Derechef, elle avait été stupide. Stupide de croire que, arrivée à Poudlard, elle parviendrait à garder son sang-froid et à ignorer le Serpentard. A faire comme si il n'avait jamais existé, comme si rien ne s'était jamais passé comme eux. Sugar avait tord. Elle n'était pas forte. Pas assez pour surmonter cela, pour passer à autre chose.
Malheureusement pour elle, sa solitude ne fut que de très courte durée.

« Ginny ? » fit une voix.

Sugar. Cette dernière s'approcha et prit la jeune rousse dans ses bras.

« Désolée. »

« Tu n'as pas à t'en vouloir. Leah non plus d'ailleurs. C'est...moi. »

« Retournons dans la salle commune » proposa Sugar.

La rouquine hocha la tête, sans manifester une quelconque émotion.

« Et merde... » jura soudain Sugar en regardant par dessus l'épaule de Ginny.

Or Sugar ne blasphémait jamais, au grand jamais. Résultat de son éducation stricte et conservatrice.

« Que se passe-t-il ? » s'étonna Ginny. « Lui ? »

« Dans le mil. » répondit Sugar, ses sourcils se fronçant instantanément.

Panique. Elle n'était pas prête. Pas prête à lui parler. Pas prête à croiser son regard. Pas prêter à le voir, tout simplement. Un gémissement s'échappa de ses lèvres avant qu'elle n'aie pu s'en rendre compte.

« Oh Sugar, fais quelque chose, je t'en supplie. Je ne veux pas lui parler. S'il te plaît, je... » commença Ginny, de l'affolement dans la voix.

« Ne t'inquiètes pas, je gère la situation. Promis. » assura Sugar en la prenant par les épaules vers la direction dans laquelle il se trouvait.

Pendant qu'elles marchaient, Ginny garda les yeux fixés sur le sol, ne trouvant pas le courage de les lever et de risquer de croiser les siens. Ces yeux si envoûtants qui l'avaient fixé avec tant d'intensité il y a ce qui lui paru être une éternité. Il se rapprochait, elle entendait ses pas. Aurait-il l'audace de lui adresser la parole ou poursuivrait-il son chemin sans un regard pour elle ? Rien n'était moins sûr. Son coeur se mit à battre plus rapidement, beaucoup plus rapidement qu'à l'accoutumée. Soudain le bruit des pas qu'elle entendait distinctement s'évanouit à seulement quelques mètres d'elle.

« Ginny... »

Sa voix. Elle retint un soupir face à la manière avec laquelle il venait de prononcer son prénom. Tendre. Langoureuse. Il l'avait soufflé presque avec...attachement. Les pensées de la jeune fille se troublèrent, se ressassant ces moments avec lui où il avait formulé son nom. Colère, lorsqu'ils se disputaient. Humour, alors qu'ils se réconciliaient. Promesse, quand leurs regards se croisaient. Ardeur aussi. Non, pas ardeur, c'était plus que cela. C'était du désir. Désir, alors que ses mains d'ivoire se déplaçaient lascivement sur son corps à elle, pendant cette nuit. La nuit où elle s'était offerte à lui dans une ultime preuve d'amour, où leur relation avait outrepassé les limites des bienséances. Une union passionnée, deux corps qui ne faisaient plus qu'un, se mouvant avec perfection. Plus qu'un corps à corps, une fusion indescriptible. Plus elle y repensait, plus les souvenirs se bousculaient dans sa tête. Parviendrait-elle à l'oublier ? Elle n'en était pas sûre. Elle n'était plus sûre de rien. Le fait d'avoir entendu sa voix prononcer son prénom avec autant de sentiment l'avait profondément ébranlée. A cet instant précis, l'amour lui apparut comme une force inaltérable, indestructible et indéfectible.

« Que lui veux-tu, Malfoy ? »

La rousse descendit lourdement sur terre lorsqu'elle entendit la voix de son amie. Elle ne releva pas la tête, se bornant à regarder les dalles qui se trouvaient sous ses pieds. Sugar resserra sa prise autour de ses omoplates. Elle remarqua alors qu'elles ne bougeaient plus, plantées en face de lui.

« J'ai besoin de lui parler. » répondit-il d'une voix neutre.

Encore ce son si agréable et paradoxalement si insupportable à entendre.

« Et elle ne veut pas te parler. » dit Sugar, froidement.

Même si elle ne la voyait pas, Ginny devinait l'expression dure et hostile qui devait très certainement se dessiner sur le visage de son amie.

« Qu'elle me le dise dans ce cas-là. » répliqua-t-il.

Provocation. Il désirait qu'elle lui dise de vive voix. Il savait qu'elle tentait à tout prix à ne pas échanger avec lui. Il était en train de mettre au défi La connaissait-il si bien ? Elle avait trop de fierté pour s'effacer devant lui. Son courage de Gryffondor reprit le courage et elle releva les yeux, plantant son regard dans le sien. Son coeur se mit alors à tambouriner fortement dans sa poitrine alors qu'elle lisait dans ses prunelles grises. Son visage était toujours aussi parfait, comme sculpté dans du marbre bras. Son teint pâle, son expression hautaine et fière, ses lèvres minces qui s'élargissait parfois pour former ce sourire narquois dont il avait le secret. Il était le même. Sauf qu'il ne souriait pas cette fois. Ses traits avaient l'air sérieux et torturés alors qu'il la regardait droit dans les yeux. Elle n'avait pas besoin de cela. Ne pouvant plus supporter la sensation de malaise qui l'avait envahi lorsque leurs regards s'étaient croisés, la jeune fille baissa les yeux et sans pouvoir contrôler les trémolos de sa voix, déclara :

« Nous n'avons rien à nous dire, Malfoy. »

« Ginny... »

Il avait recommencé. A croire qu'il voulait la tourmenter en se comportant de la sorte. Aucun scrupules.

« Je ne vois pas ce qu'il y a de difficile à saisir dans cette phrase... » la devança Sugar. « Elle ne désire pas te parler. Point. Allons-y Ginny. »

Elle le dépassa, entraînant la jeune rousse dans son sillage. Derrière elles, la voix leur parvinrent jusqu'aux oreilles une dernière fois.

« Il faut qu'on parle ! »

« Merci... » s'enquit Ginny dès qu'elles se furent éloignées.

« De rien. J'ai cru qu'il ne nous lâcherait pas. Je ne le comprends pas... »

« Moi non plus... » admit la rousse avec lassitude.

La reprise des cours et les jours qui suivirent furent épuisants pour la jeune fille. Il la regardait sans cesse, cherchait constamment à lui parler. C'en était devenu insupportable. Elle le détestait pour sa manière de la torturer. Il aurait été tellement plus facile de l'oublier si il n'agissait pas de la sorte, s'évertuant à la malmener moralement en lui témoignant encore de l'intérêt. Elle finit par perdre son calme. En effet, elle se dirigea un jour vers lui, ignorant sa résolution d'agir comme s'il n'existait pas et ne supportant plus la brûlure que lui provoquait tous les regards qu'il lui adressait. Ils étaient en plein couloir, pendant un inter-cours mais Ginny n'en fit pas son affaire. Furieuse, elle s'avança à grandes enjambées dans sa direction et lui fit face. Son regard noir se planta dans le sien. Il paraissait étonné, visiblement.

« Qu'est ce que tu me veux ? » s'enquit-elle avec fureur, les yeux lançant des éclairs.

« Je veux simplement qu'on s'explique. » commença-t-il avec une douceur qui à défaut de la calmer, ne fit qu'accroître sa colère.

Pourtant, elle s'empêcha de hurler. Ils étaient en public. Pas de scène.

« Tu veux me parler ? Soit. Parle. » assena-t-elle froidement.

Il sembla déstabilisé mais continua :

« Pas ici... » murmura-t-il en jetant un regard suggestif aux élèves curieux qui les regardaient converser.

« Bien. Où et quand ? »

« Que dirais-tu de ce soir à vingt-deux heures dans la troisième salle de cours du deuxième étage ? » proposa-t-il en guettant attentivement sa réaction.

Elle retint une exclamation de surprise. L'heure et le lieu n'avait pas été choisi au hasard. C'était exactement à la même heure et dans cette salle spécifique qu'elle lui avait donné leur premier rendez-vous. Pourtant, elle fit comme si elle n'avait rien remarqué.

« Ce soir, vingt-deux heures. J'y serais. » déclara-t-elle sèchement avant de se détourner et de s'éloigner.

Peu importe ce qu'il voulait. Elle irait et cette histoire serait très vite réglée. Rapidement et à jamais.

D & G

Adossé contre le mur marmoréen de la classe vide et austère, Draco attendait. Il n'avait pas réellement prémédité ce qu'il ferait ou ce qu'il dirait. Il voulait lui expliquer la situation seulement, tenter de régler ce malentendu. Il n'était pas blanc comme neige dans l'histoire, il le savait. Pourtant, il désirait par dessus tout lui montrer que lui faire du mal n'avait pas été dans son intention. Il tenait à elle, sans l'ombre d'un doute. Il avait eut assez de temps pour se rendre compte qu'il éprouvait de réels sentiments à l'égard de la jeune fille. Pendant ces deux semaines passées sans elle, certain qu'elle devait le détester, il avait ressenti comme un manque. Il avait compris que ce qu'il ressentait pour elle était beaucoup plus fort que l'affection qu'il croyait éprouver à son égard. C'était au delà du simple attachement.

Pour une raison qui lui échappait, il ressentait une certaine angoisse quant à cette entrevue. Elle avait parue tellement froide, tellement distante, tellement antipathique quelques heures plus tôt, lorsqu'elle lui avait adressé la parole. Il avait d'ailleurs fait exprès de choisir cette heure et cet endroit. Leur premier réel rendez-vous avait eu lieu ici, dans cette salle de classe. Il s'en souvenait comme si c'était la veille. Comment aurait-il pu oublier la manière dont elle l'avait regardé ce soir-là et la ferveur avec laquelle elle l'avait embrassé ? Elle avait saisit l'allusion mais avait feint le contraire. Cependant, il n'était pas dupe. Il soupira et consulta sa montre avec appréhension. Elle serait là dans quelques instants. Et effet, quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrit sur elle. Elle entra sans un mot, sans un regard pour et referma la porte derrière en soupirant avec résignation. Elle se tourna ensuite vers lui avec la même attitude qu'elle avait adoptée lorsqu'elle avait soupiré, quelques secondes plus tôt.

Magnifique. C'est le mot qui lui vint immédiatement à l'esprit lorsqu'il la contempla. Sa beauté avait quelque chose d'extravagant, de sauvage même. Il la trouvait si belle, si désirable, elle n'avait même pas idée de l'ampleur de désir qui le consumait lorsqu'il s'agissait d'elle. Il eut soudain envie de laisser glisser ses doigts sur sa joue laiteuse et enfoncer son visage dans son cou délicat pour y poser ses lèvres. Des bribes de la nuit du bal lui revinrent en mémoire d'une manière saccadée. Il n'avait encore jamais désiré une femme autant qu'il l'avait aimée cette nuit. Pouvait-elle se rendre compte l'effet que lui avait produit chacun de ses gestes ce soir-là ?

Un toussotement le ramena à la réalité, l'extirpant de ses souvenirs. Il soupira.

« Tu voulais me parler. Et bien je suis là. » déclara la jeune femme d'un ton sec.

Il savait que ce ne serait pas facile, il ne s'était pas fait d'illusions mais il avait espéré qu'elle adopterait une attitude plus neutre. Cependant, lorsqu'elle lança cette phrase aussi sèchement, elle lui annonça immédiatement la couleur. Elle n'avait pas l'intention d'être compatissante, au contraire même. Une nouvelle fois, il soupira.

« Je suis désolé. »

Il ne savait pas très bien par où commencer mais il lui était apparu que s'excuser était d'abord la moindre des choses.

« Moi aussi. » répliqua-t-elle d'une voix acerbe.

« Tu me manques. » lâcha-t-il soudain, se surprenant lui-même.

Elle afficha le même étonnement que lui mais très vite, son masque de froideur revint sur visage.

« Je te donnes trente secondes. Passé ce délai, je m'en vais. » assena-t-elle d'une voix méprisante, visiblement atteinte par ces paroles.

« Ginny, je n'avais pas l'intention de te faire du mal... » commença Draco.

« Vingt-six... »

« D'accord ! D'accord ! » s'exclama-t-il. « Cette fille que tu as vu était bien ma fiancée. Officiellement. »

Il guetta ses traits avec appréhension. Mais elle ne changea pas d'attitude et il continua :

« Mes parents me l'ont présenté il y a environ deux ans, et je ne vais pas te mentir, je l'ai...fréquenté. »

« Pourquoi me l'as tu caché ? »

« Parce que c'était fini ! C'était terminé bien avant que nous... »

« Elle est ta fiancée ! » s'exclama Ginny dans un sifflement.

« Officiellement oui. Mes parents voulait que je l'épouse après ma sortie de l'école mais je n'ai jamais eu l'intention de le faire... »

« Ça n'avait pas l'air d'être son cas... » fit remarquer la rousse d'une voix accusatrice.

« Elle ne m'aime pas. Ce qui l'intéresse chez moi, c'est mon potentiel financier, rien d'autre » expliqua Draco avec amertume.

« Présenté comme cela, ça à l'air tout simple. »

« Ça l'est. »

« Dans ce cas, pourquoi ne m'as-tu jamais dit la vérité ? »

« Je...je ne sais pas. Je pensais que tu le prendrais mal et j'avais l'intention de régler cette histoire. Cette fille ne signifie absolument rien pour moi. Toi en revanche... » ajouta-t-il en se rapprochant d'elle.

La réaction fut immédiate. La jeune fille recula et trancha :

« En fait ce qui me fait le plus mal dans cette histoire ce n'est pas le fait que tu aies une fiancée, mais que tu ne me l'ai pas dit. Tu sais que j'ai horreur des mensonges... » s'enquit-elle, en croisant les bras sur sa poitrine. « Je te faisais confiance... »

Elle détourna les yeux, comme si elle voulait lui cacher sa peine.

« Elle ne représente rien à mes yeux. Tu es la seule qui m'importe et...

« Arrête... »

« ...je ne veux pas que mon erreur influence ce que nous... »

Elle le coupa une nouvelle fois :

« Nous ? Tu ne comprends pas donc pas ? Il n y a plus de nous... »

Elle esquissa un geste pour quitter la pièce mais se ravisa soudain, un air consterné sur le visage. Elle ouvrit son sac et y introduit sa main, à la recherche de quelque chose. Il la contempla perplexe et lorsqu'elle y sortit un coffret, il fronça les sourcils.

« Je dois te rendre ceci...Je ne sais pas à quoi tu pensais en me l'envoyant mais pour ta gouverne, sache que je ne suis pas à vendre... » dit-elle avec froideur en s'avançant pour poser la boîte sur une des tables qui se trouvaient devant lui.

Il suivit son geste et reconnut immédiatement le cadeau qu'il lui avait envoyé pour Noël. Il n'aurait jamais pensé qu'elle le prendrait aussi mal. Il n'avait pas eu une seule arrière pensée lorsqu'il avait fait cela.

« C'est un cadeau... » fit-il remarquer d'une voix traînante.

« Justement. Je ne veux rien qui vienne de ta part. » répliqua-t-elle avec dédain.

« Je ne le reprendrais pas. » s'entêta le blond

« Libre à toi d'agir comme bon te semble. C'est ton argent, après tout. »

Il voulut protester mais se retint. Il n'arriverait rien en agissant de la sorte. Plus il se comporterait en Serpentard, plus le coté Gryffondor de la jeune fille ferait surface.

« Je ne pensais pas tu envisagerais mon cadeau de cette manière. Je...je ne veux pas que tu sois malheureuse... » avoua le Serpentard.

« Tu prétends vouloir mon bonheur ? » demanda Ginny en laissant échapper un rire sans joie.

Il hocha la tête.

« Alors pourquoi est ce que tu ne me laisses pas ? Pourquoi t'efforces-tu d'agir si tu t'intéressais toujours à moi ? »

« Parce que c'est le cas ! »

« Arrête ! » s'exclama-t-elle en s'approchant de lui, furieuse. « Et si tu tiens à moi autant que tu le prétends, laisse-moi. »

« Non, c'est totalement exclu. »

« Pourquoi est-ce que tu me fais ça ? Tu veux que je souffre c'est ça ? Est-ce que je mérite qu'on m'inflige cela ? » interrogea-t-elle d'une voix soudain devenue chevrotante, des larmes commençant à couler sur ses joues.

Il esquissa un geste pour la consoler. Il voulait la prendre dans ses bras, la serrer contre lui. Pourtant, dès qu'il l'approcha, elle leva sa main droite et l'envoya en direction de sa joue. Malheureusement pour elle, il avait prévu qu'elle finirait par arriver à cette extrémité et il attrapa sa main avant qu'elle n'aie atteint son visage. La rousse ouvrit de grands yeux et son regard passa sur sa leurs mains jointes puis sur lui.

« Arrête, je te connais trop Ginny... » murmura-t-il.

Elle lui lança un regard noir et lança :

« Si tu me connaissais si bien, tu saurais que je ne rate jamais la deuxième ! »

Et avant qu'il ne put prendre conscience de ce que signifiait ces paroles, elle lui assena une gifle retentissante sur l'autre joue avec sa main gauche. Sous la surprise, il lâcha sa main et elle en profita pour tourner les talons en direction de la porte. Il la regarda s'éloigner et d'une voix désespéré, s'exclama :

« Je t'aime ! »

Jamais il ne lui avait réellement avoué ces mots apparemment si simples, mais qui se révélaient véritablement être une torture à confesser. Elle s'était arrêtée net, comme figée. Comme il l'escomptait, il était parvenu à lui arracher une réaction. Quand elle se retourna, il eut l'infime espoir qu'un sourire se fendrait sur son visage et qu'elle viendrait se jeter dans ses bras. Pourtant, elle ne fit que planter son regard dans le sien. Lorsqu'il lut le mépris que reflétaient ses iris face à cet aveu, pour la première fois de sa vie, il eut mal, très mal...

Fin Du Chapitre.

End Notes:

NdA : Tragique comme chapitre non ? Néanmoins, j'ai aimé l'écrire, j'espère donc que vous l'avez apprécié ! Laissez-moi une petite review pour me dire ce que vous en avez pensé ! xxx.

Décision by Black Lagoon

Chapitre XIII : Décision

- Injuste, lui avait dit Leah après avoir entendu le récit de son entrevue avec Draco. Tu as été injuste, Ginny.

L'avait-elle été comme le prétendait Leah ? Rien n'était moins sûr. Maintenant qu'elle y réfléchissait, ses réactions lui paraissaient disproportionnées. Sur le coup, elle n'avait pas pu s'en empêcher. Vindicative, elle avait voulu qu'il souffre du même mal-être que le sien. C'était égoïste, elle en avait conscience. Il ne méritait pas ça. Pas après ce qu'il lui avait avoué. Toutefois, elle n'aimait pas accorder sa confiance une seconde fois. La confiance et l'honnêteté étaient des piliers importants dans une relation. Cependant, elle reconnaissait son entêtement : elle était allée trop loin dans ses paroles et ses actes.

Le lendemain, elle se réveilla avec un mal de tête atroce. Elle avait très peu dormi, ses pensées étant toutes tournées vers lui, vers ce « nous » dont il avait parlé. Leur avenir ensemble ne dépendait que d'elle. En effet, il lui avait très bien fait comprendre qu'il ne serait jamais qu'un ami pour elle.

Prête à se replonger dans son existence monotone et fastidieuse, elle émergea lentement de ses couvertures et se dirigea vers la salle de bain afin de se préparer pour une nouvelle journée de cours. Elle se rendit dans la Grande Salle avec ses amies, l'air ailleurs. Ces dernières avaient manifestement compris qu'elle était en pleine réflexion et la laissèrent donc à ses pensées, sans faire une remarque. Visiblement, Leah brûlait d'impatience de questionner Ginny mais Sugar la dissuada en silence de faire un seul commentaire. Cela accorda à la rousse quelques heures de répit. Toutefois, elle se fit plusieurs fois réprimander en cours pour son inattention. Sa propre attitude commençait réellement à l'inquiéter. Tout ce qui n'était pas lui lui semblait insignifiant et négligeable. Elle pensait constamment à lui, se demandait s’il songeait aussi à elle, s’il éprouvait cet étrange manque quand elle n’était pas là. Non seulement il lui manquait, mais elle avait aussi besoin de lui. Elle ne s'en était pas rendue compte mais durant ces mois où ils s'étaient fréquentés, il avait prit la place de pilier central dans sa vie. Il n'était plus là et tout s'effondrait. Quelle ironie.

Elle se souvenait de la manière hostile avec laquelle elle avait réagi lorsqu'il lui avait avoué son amour. Mais elle n'avait pu se comporter autrement. Inexplicablement, ces mots qui auraient dû la rendre folle de joie lui avaient fait mal sur le coup. Néanmoins, elle regrettait son attitude. Elle revoyait son regard malheureux, désespéré, presque torturé sans cesse défiler dans ses pensées. Il n'avait pas joué la comédie. Même lui n’était pas aussi bon acteur.

Sous l'insistance de Leah, elle se décida à aller à sa rencontre. Une fois n'est pas coutume, elle avait décidé de mettre sa fierté de côté et d'aller s'excuser. Elle profita d'une occasion lorsqu'elle le croisa seul dans un couloir après le déjeuner.

« Draco ? » commença-t-elle d'un ton hésitant. « Est-ce que tu as une seconde ? J'aimerais te parler. »

Elle se rendit compte qu'elle l'avait à nouveau appelé par son prénom. Il sembla surpris mais consentit à la suivre. Lorsqu'elle croisa son regard, elle n'y vit rien. Ses yeux ne reflétaient absolument rien, se contentant de la regarder avec une expression neutre. Elle soupira et baissa le regard, ne sachant pas par où commencer pour ne pas se ridiculiser. Inconsciemment, elle plongea une main dans ses cheveux, attrapant une mèche au passage et jouant avec, tout en se mordillant la lèvre inférieure avec désarroi.

« Et bien...Je...» fit-elle.

« Si tu commençais par ce que tu veux me dire ? » proposa-t-il, sans émotion apparente.

« Très bien... » Finit-elle par répondre avec un soupir.

Elle ôta sa main de sa chevelure et se lança :

« Si je viens te parler, c'est pour...pour m'excuser de l'attitude que j'ai eu la dernière fois car mes mots ont dépassé ma pensée. »

Ginny n'osa pas le regarder, gênée.

« Ma fierté avait prit un coup et...d'ailleurs elle est en train d'en prendre un autre en ce moment... » Ajouta la rousse avec un rire nerveux.

Ne sachant quoi ajouter et ne désirant pas se ridiculiser davantage, la jeune fille esquissa un geste pour partir. Mais lorsqu'elle se retourna, prête à s'éloigner rapidement, le Serpentard la retint par le bras. Sa poigne n'était pas ferme et elle savait très bien que si elle le désirait, il l'aurait laissé partir. Il ne la forçait à rien. Pourtant, ce n'était pas ce qu'elle souhaitait. Son regard resta fixé quelques secondes sur sa main et elle leva les yeux vers lui, intriguée. Pour une raison qui lui échappait, elle voulait voir ce dont il était capable, mesurer l'ampleur de l'amour qu'il prétendait avoir pour elle.

« Ça n'a plus d'importance à présent, n'est ce pas ? Soyons honnêtes, ce n'était pas sérieux entre nous, on ne faisait cela que pour amuser ? » Interrogea-t-elle à voix basse, comme si elle voulait se convaincre elle-même des paroles qu’elle prononçait.

A sa grande surprise, une lueur de colère froide apparut dans le regard métallique du Serpentard.

« Comment peux-tu dire ça ? Que ça n’avait pas d’importance ? » Fulmina-t-il.

« Parce ça en avait ? » questionna la rousse, en levant un sourcil.

« Bien sûr que oui ! » assena le jeune homme avec fureur.

Son assurance réchauffa le cœur de la Gryffondor. Il ne se rendait pas compte à quel point ce qu’il disait la ravissait. Elle avait le sentiment qu’il ne la laisserait jamais partir sans se battre et cette attitude lui donnait l’impression d’être réellement importante à ses yeux. Elle le jaugea du regard avant de murmurer :

« Pour moi aussi, ça en avait... »

Le regard du Serpentard sembla s’éclairer et il lâcha son bras. Prenant ce geste pour un signe marquant la fin de la conversation, Ginny fut surprise lorsque les bras du jeune homme s’enroulèrent autour de sa taille, l’emprisonnant fermement.

« Qu’est ce que... » Commença-t-elle en tentant de se dégager de ses bras.

Mais il la tint fermement, la forçant à écouter ce qu’il avait à lui dire.

« J’en ai assez, Ginny. Je veux savoir ce que tu envisages pour nous, maintenant... »

« Pourquoi ? » ne put-elle s’empêcher de demander, bien qu’elle ait conscience de la stupidité de sa question.

Néanmoins, il lui répondit :

« Je ne suis pas patient, tu le sais. J’en ai assez de voir cette hésitation dans ton regard et je ne veux plus me comporter comme s’il ne s’était rien passé entre toi et moi. Est-ce que tu imagines à quel point il est difficile de te tenir ainsi dans mes bras et m’efforcer de ne pas t’embrasser ? Je veux une réponse, Ginny. Et quand je te dis que je veux une réponse, c’est que je la veux maintenant. »

La rousse fut soulagée qu’il la tienne aussi fermement dans ses bras. Elle se sentait chanceler au fur et à mesure que ces mots entraient dans son cerveau et que ce dernier en mesurait toute la signification.

Son regard était fixé au sien, insistant. Il était sérieux, terriblement sérieux. Elle ne put détourner ses yeux des prunelles grises posées sur elle. Elle retint son souffle quand le visage du Serpentard se rapprocha doucement de son oreille, caressant légèrement sa peau. Il opérait un tel magnétisme sur elle que c’en était effrayant. Elle était à sa merci, il pouvait lui demander tout ce qu’il désirait, elle le ferait et il le savait. Ses lèvres se rapprochèrent dangereusement de sa peau et la jeune fille fut saisie d’un indescriptible frisson lorsque son souffle toucha sa joue puis son oreille.

« Décide-toi, Ginny. Tu sais ce que je veux... »

Oui, elle savait ce qu’il voulait et il aurait été faux d’affirmer qu’elle ne désirait pas la même chose.

«...et l’amitié que tu sembles imaginer entre nous est exclue. Noir ou blanc, Ginny, mais pas de gris. Choisis. » Ordonna le jeune homme.

Le cœur de la jeune fille battit à vive allure face à cette demande. Il voulait sa réponse maintenant, elle ne pourrait plus se dérober. La clé de l’avenir se trouvait dans ses mains. Heureusement, la sonnerie annonçant la reprise des cours pour l’après-midi retentit, résonnant bruyamment dans les oreilles de la jeune fille. Pendant ces quelques instants, il semblait qu’elle avait perdu toutes notions de temps et la sonnerie la fit revenir brutalement à la réalité. Elle remarqua alors le regard de Draco qui sondait son visage, comme s’il tentait de deviner ce à quoi elle pensait au travers de ses expressions. Le bruit de nombreux pas parvient à leurs oreilles, les forçant à s’éloigner l’un de l’autre.

« Tu as de la chance, je dois le reconnaitre...» lança Draco avec un sourire narquois.

Il s’éloigna à reculons, les yeux toujours fixés sur elle. Puis, il disparut du champ de vision de la jeune fille, englouti par une masse d’élèves se dirigeant vers leur salle de classe. Ginny resta quelques secondes immobile, tentant de remettre de l’ordre à ses pensées. Une multitude de scénarios différents s’imposaient dans son esprit. Elle se voyait le rattraper et se jeter dans ses bras, ignorant les expressions stupéfaites que les élèves aux alentours afficheraient sûrement. Une main sur son épaule l’empêcha de fantasmer davantage.

« Ginny ? » demanda une voix que la jeune fille identifia immédiatement comme appartenant à Leah.

Elle se retourna et tomba justement sur son amie qui la dévisageait avec perplexité.

« Est-ce que tu te sens bien, Ginny ? » demanda Leah avec inquiétude.

« Bien sûr. » affirma la rousse en fronçant les sourcils. « Pourquoi ? »

« Je ne sais pas...Tu as l’air bizarre. » expliqua Leah en continuant à la dévisager.

« Tout va parfaitement bien. » assura Ginny avec un sourire rassurant. « Qu’est ce qu’on a ? »

« Métamorphoses... » Répondit Leah.

Elles repèrent un groupe de sixième année qui assistait au cours du Professeur McGonagall avec elles et le suivirent.

« Alors, tu as parlé à Malfoy ? » interrogea Leah à voix basse.

Ginny se contenta d’acquiescer.

« Et ? » insista son amie.

« Et quoi ? »

« Est-ce trop te demander que d’être un peu plus...explicite ? » ironisa Leah.

« Nous avons parlé et...et il s’avère qu’il me fait toujours autant d’effet... » Avoua Ginny non sans rougir.

Leah gloussa, prise d’une crise d’hystérie soudaine et ne sembla pas pouvoir s’arrêter alors qu’elles pénétraient dans la salle de cours. Elles se dirigèrent vers le centre de la pièce et s’installèrent derrière Ezra et Sugar. Cette dernière haussa un sourcil à leur arrivée en observant l’air de Leah, les interrogeant du regard. Celle-ci n’eut pas le loisir d’expliquer les raisons de son excitation car McGonagall entra dans la pièce, intimant le silence aux élèves qui discutaient.

A la fin des cours, Ginny retourna dans sa salle commune pour retrouver ses amies. Elle venait d’assister à un cours de runes particulièrement ennuyant et elle poussa un long soupir lorsqu’elle s’installa à la table où étaient assises ses camarades. Aussitôt, celles-ci lui demandèrent de raconter la conversation qu’elle avait eue avec Draco quelques heures plus tôt. Ginny dut leur rapporter les paroles exactes du Serpentard et les moindres détails de son échange avec lui pour que ses amies les décryptent et fassent une analyse complète de son comportement.

« Il a dit que tu étais importante pour lui, non ? » commença Leah. « Je ne vois pas pourquoi tu es si bornée, Ginny »

« Elle n’est pas bornée mais prudente, et cela fait toute la différence ! » s’enquit Sugar.

« D’accord... » Maugréa Leah. « Mais il lui avoué la vérité après tout et apparemment, il est amoureux d’elle. Je pense qu’il mérite sa chance. »

« Il n’a pas été tout à fait honnête avec elle... »

« Il s’est justifié... »

« Si elle ne l’avait pas découvert, il ne lui aurait jamais dit ! »

« Tu la connais, elle l’aurait mal pris ! »

« S’il-vous-plaît les filles ! Je suis là ! » S’exclama Ginny en secouant la tête.

Les deux jeunes filles se tournèrent immédiatement vers elle et Sugar commença :

« Je sais que tu es amoureuse de lui Ginny mais réfléchis, par Merlin ! A quoi ça vous mènera tout ça ? Vous êtes bien trop différents ! »

« Qu’est ce que ça peux bien faire, s’ils s’aiment ? » demanda Leah avec détermination.

Sugar lui lança un regard torve.

« Son père est un Mangemort ! » Plaida-t-elle.

« C’est argument n’est pas recevable, tu triches ! »

« Il va sûrement en devenir un, lui aussi » continua Sugar en ignorant Leah.

Cette dernière lui adressa un regard noir.

« Puisque tu veux la jouer en traître, très bien ! » dit-elle avec détermination.

Elle se tourna vers Ginny qui observait ses amies depuis quelques minutes en silence sans savoir si elle devait rire ou pleurer de la situation.

« N’écoutes pas ce qu’elle dit, Ginny. Elle n’essaye pas de se mettre à ta place. » Commença la Gryffondor.

« Parce que tu essayes, toi ? » répliqua Sugar.

Leah se contenta de la fusiller du regard avant de se tourner vers Ginny, l’air compatissant.

« L’un des garçons les plus attirants de cette école est... »

« ...un fils de Mangemort ? » proposa Sugar, acerbe.

« ...fou de toi » enchaîna Leah. « Il est intelligent... »

« Malhonnête ! » coupa la brune.

«...et sexy. » ajouta Leah avec un gloussement tandis que Ginny acquiesçait. « Il t’a dit qu’il t’aimait, non ? Qu’as-tu besoin de plus ? Tu as trouvé l’homme parfait. »

« Penses à ce que sa famille va dire ! » contra Sugar avec entêtement.

« Qu’est ce que tu veux dire ? » s’enquit sa camarade.

« Je veux dire que Malfoy a toujours été conflit avec les frères de Ginny et je ne te parle pas de leurs parents ! Les Malfoy et les Weasley se sont toujours détestés, c’est un fait. »

« Ils verront qu’ils sont amoureux et feront un effort. » lança Leah sur le ton de l’évidence.

« Ta vision de la situation est chimérique. Tu penses que leurs familles vont s’adorer parce que Ginny et Malfoy sont ensemble ? Soyons rationnelles, tout ça va avoir l’effet inverse. » Déclara Sugar.

Leah était sur le point de répliquer farouchement lorsque Ginny les coupa :

« Arrêtez. »

Sa voix était calme et posée mais son intonation ferme dissuada ses amies de continuer leur dispute. Elle soupira.

« Je vais y réfléchir, il est donc inutile de débattre sur ça, d’accord ? » demanda la jeune fille à ses amies.

Ces dernières opinèrent malgré elles. Le sujet de la conversation changea pour un thème un peu plus banal.

Sugar avait tenté de la convaincre à l’aide d’arguments rationnels tandis que Leah avait essayé de la persuader en la prenant par les sentiments. Ecouter son cœur ou sa raison, telle était la question. Mais que restait-il de ce choix lorsque votre cœur et votre raison allaient dans le même sens ? Les arguments de ses amies n’avaient servi à rien. Elle avait déjà pris une décision et ce depuis le matin même. Elle savait que cette dernière ne plairait pas à tout le monde, mais c’était son choix.

Lorsqu’elle vit Hermione quitta la salle commune des Gryffondors dans la soirée, elle l’aborda.

« Hermione, c’est toi qui vérifie les couloirs ce soir ? »

Cette dernière acquiesça.

« Donc Draco doit être dans vos appartements ? »

« Normalement, pourquoi ? »

« Tu peux me faire entrer ? Je dois lui parler. »

« Vas-y, le mot de passe est « Felix Felicis ». A plus tard ! » Lança la préfète-en-chef tandis qu’elles se séparaient après avoir quitté la salle commune.

Ginny la remercia et lui sourit avant de se diriger vers la salle commune des préfets-en-chef. Elle donna le mot de passe au tableau et y pénétra. Soudain, prise d’une soudaine nervosité, elle hésita à frapper à la porte de la chambre du Serpentard. Elle soupira et finit par donner quelques coups rapides contre la porte. Comme cela faisait un certain temps qu’elle avait frappé et qu’il ne lui ouvrait pas, elle se décida à partir, prenant son absence comme un signe du destin. A peine eut-elle le temps d’esquisser un geste pour partir que la porte s’ouvrit brusquement sur Draco. Il ne portait qu’un bas de pyjama et ses cheveux étaient encore mouillés, comme s’il sortait de la douche. Un sourire se dessina sur ses lèvres lorsqu’il la vit.

« Entre. » proposa-t-il en s’effaçant pour la laisser entrer.

Elle obéit, s’efforçant de ne plus regarder son torse nu qui la déconcentrait. Comment était-il possible d’être aussi irrésistible ? se demanda-t-elle. Mais elle n’était pas là pour ça, si bien qu’elle commença :

« J’ai décidé. »

Il parut surpris, puis anxieux, comme si il appréhendait son choix.

« Je pensais que tu te déroberais. » admit-il.

« Je pensais aussi. Mais ça été plus facile que prévu, en fin de compte. » Expliqua-t-elle.

Il haussa un sourcil.

« Et ? »

« Et je veux savoir si tu m’aimes vraiment, comme tu l’as dis l’autre fois. »

A voir son air étonné, il ne s’attendait pas à ce qu’elle lui demande cela. Tant mieux, songea-t-elle. Cette fois, elle saurait vraiment.

« Oui, irrémédiablement. » répondit-il immédiatement, s’étonnant lui-même de la facilité avec laquelle il avait répondu à cette question qui le dérangeait habituellement.

Elle sourit.

« Tant mieux, parce que c’est aussi mon cas. » avoua la Gryffondor.

Elle traversa les quelques mètres qui la séparait de lui et l’embrassa passionnément, avec toute l’ardeur du désir enfin exprimé.

Fin du Chapitre.

End Notes:

Voilà, le chapitre est assez court si on le compare aux deux qui le précédent, j’espère donc que ce n’est pas trop déroutant.

Chapitre 15 by Black Lagoon
Author's Notes:

NDA : Merci beaucoup pour vos reviews, et je m’excuse vraiment de l’attente entre ce chapitre et le précédent. Ce chapitre a été plutôt difficile à écrire ( je l’explique dans mes notes de fin. ) Pour l’instant, je vous dis Bonne Lecture !

Chapitre XIV

Ginny était heureuse. Heureuse de l’avoir retrouvé, heureuse d’être à nouveau en sa présence, heureuse tout simplement. Et dire qu’elle avait failli tout gâcher à cause de sa fierté mal placée et de son entêtement. Elle soupira de bien-être, ne sachant pas comment exprimer son état de pure exaltation d’une autre manière.

« Pourquoi ce soupir ? » interrogea la voix de Draco, la sortant de sa léthargie béate.

« Je suis heureuse. » répondit-elle simplement.

« Moi aussi. » avoua-t-il en resserrant ses bras autour d’elle.

Ginny esquissa un sourire, caressant distraitement le bras du Serpentard.

« A quoi est-ce que tu penses ? » lui demanda Draco, remarquant que son esprit était ailleurs.

Elle haussa les épaules en lâchant un nouveau soupir.

« Je voulais que tu me parles...d’elle. » fit-elle d’une voix désinvolte comme si elle n’y accordait pas réellement d’importance.

Ce qui était bien sûr un gros mensonge. Même si elle avait décidé de ranger les évènements récents dans une boîte et de refermer celle-ci à tout jamais au fond de sa mémoire, elle voulait que tout soit clair entre eux à ce sujet et qu’ils tournent la page une bonne fois pour toutes.

Même si elle n’avait pas prononcé son nom, Draco comprit immédiatement à qui elle faisait allusion. Serrée contre lui, elle put le sentir se tendre à sa demande.

« Ginny... » commença-t-il, mal-à-l’aise. « Est-ce que nous sommes forcés d’aborder le sujet ? Pourquoi aimes-tu tant les sujets qui fâchent ? »

Elle le força à desserrer l’emprise qu’il exerçait sur elle et se tourna légèrement, de façon à lui faire face.

« Je pense que c’est important. On devrait en parler et en finir. Je veux que tout soit parfaitement clair entre nous deux, ce n’est pas ce que tu veux ? » interrogea-t-elle en attrapant sa main pour jouer avec ses doigts.

« Tu sais très bien que si. »

« Dans ce cas, parlons-en ! » décréta la rousse en se serrant à nouveau contre lui pour l’encourager à lui raconter. « Je ne sais même pas comment elle s’appelle ! »

Le blond lâcha un soupir résigné et répondit à contrecœur :

« Elle s’appelle Anja Meliva. »

« Mais encore ? » insista la jeune fille.

« Elle est géorgienne. » ajouta-t-il simplement.

« Draco, arrête de me répondre par fragments s’il-te-plaît ! » s’impatienta Ginny, agacée par son manque de coopération.

« Très bien, que veux-tu savoir sur elle ? » finit-il pas demander.

« Quel âge a-t-elle ? »

« Vingt-ans il me semble. Ou peut-être vingt-et-un, je ne sais plus exactement. » dit-il en haussant les épaules, visiblement réticent.

« Elle est plus âgée que toi ? » s’étonna Ginny.

Maintenant qu’elle y pensait, il était vrai que la jeune femme paraissait bien trop âgée pour avoir l’air d’une simple adolescente.

« Visiblement. » répondit le jeune homme avec mauvaise foi.

« Comment vous êtes-vous rencontrés ? » interrogea la rousse en ignorant son expression.

« Ma mère et la sienne sont des amies d’enfance. Mon père connait le sien pour avoir fait quelques affaires avec lui. Ces fiançailles étaient surtout l’idée de nos mères. » Expliqua Draco, sombrement. « Mais elles vont être annulées. »

Un sentiment de soulagement envahit la jeune fille. Néanmoins, elle ne le laissa pas paraître et leva un sourcil pour l’inciter à poursuivre. Le jeune homme lui expliqua les réticences de son père quant à cette union mais également le fait qu’il avait accepté le projet initié par sa femme lorsque cette dernière avait réussi à le convaincre que l’union de leurs deux familles lui serait, financièrement parlant, bénéfique. Malheureusement, ( ou heureusement, selon le point de vue ) la société du père de la future fiancée avait fait faillite, plongeant la famille dans une situation économique désastreuse. Pour Lucius Malfoy, il n’y avait donc plus aucune raison de laisser son fils épouser Anja Meliva.

Il y avait deux choses capitales pour Lucius Malfoy : la pureté du sang et la position sur l’échelle sociale. Deux choses sur lesquelles Ginny ne lui correspondrait sûrement pas. Premièrement, même si son sang était pur, on considérait trop souvent sa famille comme traître à son sang notamment à cause de son père et de son amour pour les moldus et la société non-magique. Ensuite, il était de notoriété publique que la famille Weasley n’était pas riche. Et si cela ne suffisait pas, sa famille détestait celle du Serpentard et réciproquement. Vu sous cet angle là, elle n’était sans doute pas la candidate idéale aux yeux de Lucius Malfoy.

Ces réflexions la portaient toutes sur la question de leur possible avenir ensemble. Elle ne se faisait pas d’illusions : si le fait qu’ils se fréquentent venait à se savoir, les réactions seraient immédiates. Et il ne faisait aucun doute qu’elles ne seraient pas encourageantes.

La jeune fille soupira à nouveau, se forçant à ne plus y penser. Ils étaient ensemble et c’était tout ce qui importait. Ils avaient encore du temps avant de penser à l’avenir. Elle voulait juste profiter du moment présent. Son attention se posa à nouveau sur Draco qui semblait, lui aussi, avoir laissé libre cours à ses pensées. Elle se rapprocha à nouveau de lui et posa sa tête contre son torse. Immédiatement, le garçon plongea une main dans ses cheveux, les caressant distraitement.

« Alors... » continua Ginny. « Vous êtes sortis ensemble. »

Elle le sentit hausser les épaules.

« Oui, mais ça n’a pas duré. »

« Pourquoi ? »

« Parce que mis à part elle, rien ne l’intéressait. Elle est comme toutes ses filles superficielles et fades. Juste une apparence. Nous n’avions aucun point commun et je ne suis même pas sûr d’avoir eu une vraie conversation avec elle. »

« Tu ne l’aimais pas ? »

« Non. Elle n’avait pas de personnalité. »

« Tu aimes ma personnalité ? » s’enquit Ginny en levant les yeux vers lui.

Un sourire en coin se dessina sur les lèvres minces de Draco.

« Et toi tu aimes les compliments, n'est ce pas ? » constata-t-il.

« Est-ce que tu connais une fille qui n’aime pas les compliments ? »

Il fit alors courir ses doigts sur l'épaule de la jeune fille et bientôt ses lèvres les remplacèrent. Ces dernières glissèrent comme une caresse sur sa nuque. Il parsema son cou de baisers, les soupirs de la rousse lui parvenant aux oreilles.

« Je pourrais te dire que tu es belle, que j'aime l'odeur de tes cheveux et que j'adore la façon que tu as de soupirer lorsque je te touche mais ça ne suffirait pas. »

Ses lèvres se posèrent alors sur celles de la jeune fille. Il l'embrassa, piquant de brefs baisers sur sa bouche avant de demander la permission d'y entrer avec sa langue. Les lèvres de Ginny s'entrouvrirent légèrement et le jeune homme approfondit leur baiser, jouant avec la langue de sa partenaire. Quand il rompit leur baiser, il recula légèrement pour pouvoir regarder la jeune fille. Ses yeux étaient clos et un léger sourire s'était dessiné sur ses lèvres.

« Continue... » souffla-t-elle en ouvrant les yeux et en plongeant son regard dans les yeux gris de Draco.

Les battements de son cœur s’accélérèrent. Le jeune homme l'envoûtait, littéralement. Cette façon qu'il avait de la regarder la mettait dans un état indescriptible. Même avec un simple regard, il pouvait incendier son corps, et mettre chacun de ses sens en alerte. Il eut alors ce sourire narquois qu'il affectionnait particulièrement et elle crut mourir.

« Les compliments ou les baisers ? » interrogea-t-il.

« Les deux ? » proposa-t-elle avec un sourire mutin.

« J'aime t'entendre rire, te voir en colère et ce que j'aime par dessus tout, c'est lorsque tu souris. Pendant ces trois semaines, j'ai cru devenir dingue. Je savais que tu me détestais. C'est la première fois de ma vie que j'ai vraiment ressenti de la culpabilité. »

« Ne me dis pas ça, c'est de ma faute. J'ai été idiote, je n'ai pas voulu t'écouter. » protesta Ginny.

Pour une raison qu'elle ne comprit pas, Draco sembla se tendre et soudainement, il se dégagea et roula sur côté pour se mettre en position assise.

« Tu ne comprends pas. Tu ne sais pas ce qu'est c'est. Tu ne te rends pas compte de ce que signifie le fait d'aimer quelqu'un dans mon genre. Sais-tu à quoi je suis destiné, Ginny ? »

Il se retourna vers elle, comme s'il attendait une réponse de sa part.

« Une vie de servitude. » martela-t-il alors qu'elle se redressait.

Elle ne comprenait pas comment la conversation avait pu s’orienter sur un tel sujet. Alors qu'elle tentait de se rappeler ce qu'elle avait pu dire de mal pour qu'il se braque autant, il déclara :

« Ce n'est pas ce que je veux... »

A cet aveu, elle ne sut que répondre. Mais après quelques instants d'hésitation, où elle s'interrogea sur la conduite à tenir, elle s'approcha de lui. Elle se colla contre son dos et enveloppa les épaules du jeune homme de ses bras.

« Alors ne le fait pas. Personne ne t'y force. »

« Ce n'est pas aussi simple. Je ne peux pas me dérober comme ça. Est-ce que tu sais ce qu'il m’arrivera si mon père apprend que je ne veux pas suivre ses traces ? » demanda Draco.

« Je...L'Ordre du Phoenix peut te protéger. » assura Ginny.

« L'Ordre du Phoenix... » répéta-t-il d'un ton empli d'amertume.

Il émit une exclamation de dédain.

« Ses membres ne sont que des pions dirigés par Dumbledore. » soutint-il.

« Pourquoi est ce que tu...non ! Dumbledore est quelqu’un de bien. » répliqua Ginny.

« Il est aussi manipulateur que Tu-Sais-Qui. »

« Ah vraiment ? Et bien lui, contrairement à d’autres, ne tue pas d’innocents. » lança froidement Ginny.

Le ton qu’elle avait employé dût agacer le jeune homme car il se détourna, s’extirpant de son étreinte.

« Tu ne comprends pas, Ginny. Ce n’est pas aussi simple que ça en a l’air. Qu’est ce que tu crois ? Que c’est une guerre entre le bien et le mal ? C’est beaucoup plus compliqué. »

« Alors explique-moi puisqu’à t’entendre j’ai l’air d’être stupide. » ordonna-t-elle en croisant les bras.

« Ce n’est pas ce que j’ai dit. » dit-il.

« Non, mais il est clair que tu le penses. » rétorqua Ginny.

« Ginevra... »

« Ne m’appelles comme ça. Il n’y a que ma mère qui m’appelle par mon prénom entier et ce, lorsqu’elle est en colère contre moi. »

Elle songea au même instant que sa mère serait sûrement en colère si elle savait où elle était et ce qu’elle faisait. D’une voix ferme, elle reprit :

« Je ne veux pas qu’on m’appelle comme ça, j’ai horreur de ça. »

Il esquissa un sourire qu’elle ne lui rendit pas. La conversation était devenue on ne peut plus sérieuse et contrairement à quelques instants plus tôt, elle n’avait pas envie de rire.

« Ginny, tu es la fille la plus compréhensive que je connaisse. Jamais je ne penserais que... » commença Draco.

Mais elle le coupa :

« Ma compréhension a des limites. Si tu crois que je vais rester ici, à t’écouter comparer Dumbledore à Tu-Sais-Qui alors tu t’es mis le doigt dans l’œil, Malfoy. »

A cela, le jeune homme sembla se mettre en colère.

« Alors c’est ça ? Nous sommes revenus aux « Malfoy » et aux « Weasley » maintenant ? Ça devient stupide. » lâcha Draco, visiblement irrité.

« Ce qui est stupide ce sont tes accusations infondées contre Dumbledore. » riposta Ginny.

« Elles sont tout à fait fondées. Et puis, c’est mon opinion, n’est-ce-pas ? Si tu veux me forcer à adhérer à... »

« Que je te force à... » répéta-t-elle avec surprise. « Draco, est-ce que tu te rends compte à quel point ce que tu es en train de dire est stupide ? Est-ce que tu penses que je pourrais te forcer à aimer Dumbledore ou bien L’Ordre du Phoenix ? »

« Tu agis toujours comme si ils possédaient la vérité universelle Ginny, ne le nie pas. Je te demande simplement d’avouer que Dumbledore n’est pas aussi honnête qu’il le prétend. »

« Je ne sais pas comment tu peux affirmer de telles choses. Je ne sais pas où tu as pu pêcher ça et pour être honnête, je pense que si on ne peut pas avoir confiance en Dumbledore ne peut avoir confiance en personne. »

« Je ne suis pas le seul à le penser. » s’entêta Draco.

« Vraiment ? » demanda Ginny, devenue dédaigneuse.

« Oui mon père et certains de ses amis pensent que... »

Ginny ne put s’empêcher d’émettre un rire méprisant.

« Ce sont des Mangemorts, Draco. Excuse-moi mais n’est-il pas logique qu’ils essayent de discréditer Dumbledore ? »

« Je dis cela en connaissance de cause. Tu ne sais pas ce que ça me coûte d’être en accord avec mon père mais au sujet de Dumbledore, c’est le cas. Il a fait des choses pendant sa jeunesse Ginny. »

« Quoi que ce soit, je ne pense pas qu’on puisse le comparer à Tu-Sais-Qui. » insista la jeune fille. « Et tu sais quoi ? Je ne veux plus parler de ça, ce n’est pas pour ça que suis venue ici. D’ailleurs, je crois que je vais rentrer dans ma salle commune, ça vaut mieux. »

Elle esquissa un geste pour se lever mais Draco la retint par le bras et lorsqu’elle essaya de résister, l’attira à lui.

« Ginny... » commença-t-il.

« Je ne veux plus en parler Draco. » déclara-t-elle alors en se laissant aller contre son torse. « Je ne veux plus qu’on se dispute. »

« Moi non plus. »admit-il.

Elle recula légèrement, lui faisant face. Elle ne pouvait pas croire qu’ils s’étaient disputés si rapidement après s’être réconciliés et surtout pour cela. Elle n’aimait pas parler des choses qui les éloignaient et qui lui montraient à quel point ils étaient différents.

« Tu sais, je ne te demanderais jamais de rejoindre l’Ordre du Phoenix ni d’aimer Dumbledore. Si ce n’est pas ce que tu veux, on se débrouillera autrement. » affirma-t-elle d’une voix sûre.

Après tout, pensa-t-elle, l’important était qu’ils soient ensemble.

Draco posa une main sur sa joue. Elle ferma les yeux à ce contact et laissa échapper un soupir lorsqu’il fit courir ses doigts sur sa peau. Elle rouvrit les yeux, une moue gênée apparaissant sur son visage lorsqu’elle vit le sourire de Draco.

« J’ai encore soupiré, n’est-ce-pas ? Décidemment, ça doit être une sorte une espèce d’effet secondaire qui se déclenche lorsque tu me touches. »

« J’ai connu des effets secondaires plus désagréables. » dit Draco avec un léger rire

Un leva un sourcil, sceptique.

« Arrête ton char Draco, je suis ridicule. » lança Ginny.

« Non, au contraire. Et si tu veux savoir, tes soupirs provoquent sur moi un certain effet. »

La jeune fille se pencha en avant, posant ses lèvres sur sa nuque.

« Montre-moi, alors. » murmura-t-elle, charmeuse.

D & G

« Ginevra Molly Weasley, je ne te comprendrais jamais. » s’exclama Sugar, en secouant la tête, l’air dépassé par les évènements. « Alors comme ça tout est réglé ? C’est redevenu le grand amour entre vous ? »

Ginny acquiesça.

« Ce n’est pas toi qui le maudissait il y a encore une semaine et qui me jurais que tu ne ferais plus jamais la même erreur ? » ironisa Sugar.

« J’ai été stupide, j’ai agi comme une idiote, d’accord ? C’est de nos erreurs qu’on apprend, n’est-ce-pas ? »

« Et la fille, alors ? » interrogea Leah.

« Il n’y a plus de fille à part moi, je te l’ai déjà dit cent fois Leah. » répondit Ginny avec lassitude.

« Pour l’instant. » ajouta Sugar avec dédain.

« Pour toujours. » répondit Ginny, sûre d’elle.

« Cesse d’agir ainsi, Ginny. Leah je te parie vingt gallions que tout va recommencer dans un mois tout au plus. »

« Pari tenu ! » déclara Leah avec enthousiasme. « Personnellement je crois que cette fois c’est le bon. D’accord c’est Malfoy, mais il a l’air de tenir à elle, non ? »

« C’est ce que tu disais la dernière fois. » répliqua Sugar.

« Arrêtez de parler comme si je n’étais pas là, par la barbe de Godric ! » s’exclama Ginny.

Ses deux amies se tournèrent vers elle et Sugar leva les yeux au ciel.

« Franchement Ginny, tu ne sais pas ce que tu veux et cette fois, je ne serais pas aussi compréhensive. » lâcha-t-elle avant de se lever du lit de Ginny et de retourner dans le sien.

« Quel rabat-joie. » se plaignit Leah. « Pourquoi est-ce qu’elle est toujours obligée d’être aussi sérieuse ? »

« J’imagine que c’est parce qu’elle est la plus âgée d’entre nous. Forcément, elle pense qu’elle est la plus mature. »

« Je vous entends ! » parvint la voix furieuse de Sugar, arrachant un rire à ses deux amies.

« Alors ? » commença Leah en baissant la voix. « C’est reparti ? »

Ginny hocha la tête.

« Qu’est ce qui s’est passé ? » demanda Leah. « Comment se fait-il que tu sois rentrée si tard ? »

« Et bien nous avons parlé et nous nous sommes un peu disputés aussi. »

« Pendant des heures ? »

Ginny ne put s’empêcher de se mordre les lèvres et elle sentit le rouge lui monter aux joues.

« Non, on a aussi, enfin tu vois bien... » Répondit-elle, mal à l’aise.

Mais cela ne sembla pas gêner Leah, bien au contraire.

« Raconte, alors. » dit-elle

Ginny rougit de plus belle. Parler de cela était encore nouveau pour elle et cela l’embarrassait.

« Qu’est-ce que tu veux que je te dises Leah ? »

« Je ne sais pas, comment s’était ? Qu’est ce que tu as ressenti ? Qu’est ce qu’il t’a fait ? Je veux des détails croustillants. »

« Et bien... » commença la rousse en triturant sa chemise de nuit. « Je ne sais pas, c’était différent de la première fois. »

« Comment ça ? » insista Leah.

« La première fois a été super et même si j’étais angoissée, tout s’est parfaitement bien passé. Il a été prévenant. »

« Tu as eu mal ? »

« Oui, mais ça s’est dissipé au bout d’un moment. En tout cas, la première fois, j’ai ressenti comme...comme une satisfaction personnelle que lui et moi on soit liés de cette façon. C’est tout. Mais ce soir... »

« Ce soir quoi ? » demanda avidement Leah.

« C’était différent. C’était intense. »

« Merlin, Merlin, Merlin, tu as eu un orgasme Ginny, pas vrai ? »

« Tout à fait vrai. »

« OH MERLIN ! » hurla son amie en se jetant sur l’oreiller de Ginny et en gloussant comme une démente.

« Ce n’est pas bientôt fini vous deux ? » demanda la voix sèche de Sugar. « Et il faudrait peut-être songer à dormir maintenant, avez-vous vu l’heure qu’il est ? »

« Oui maman. » ironisa Leah en levant les yeux au ciel.

« Crois-moi Leah, si j’étais ta mère, je te mettrais une bonne raclée. »

« Alors je n’ai qu’à remercier Merlin que tu ne le sois pas. » répliqua Leah en se levant tout de même.

Elle adressa un clin d’œil à Ginny avant de rejoindre son lit.

La journée du lendemain se déroula dans une quiétude béate pour Ginny. Elle passa la majorité de sa matinée avec ses amis dans sa salle commune et ne quitta la pièce que pour aller déjeuner. L’après-midi, cependant, elle se rendit à la bibliothèque avec la ferme intention de travailler. Depuis que Nathan Bedingfield avait arrêté ses cours improvisés, elle s’était à nouveau relâchée. Elle se demanda vaguement ce que diraient ses parents lorsqu’ils verraient ses notes. Elle avait toujours été une bonne élève mais depuis quelques temps, ses résultats étaient devenus vraiment médiocres.

La bibliothèque était étonnamment vide pour un samedi après-midi. Un groupe d’élèves de Serdaigle était installé à l’autre bout de la pièce et mis à part eux, il n y avait qu’une demi-douzaine d’autres élèves, tous en train de parcourir les rayons. Elle s’installa silencieusement à une table, jetant un coup d’œil rapide aux élèves de Serdaigle. Elle remarqua que Nate faisait parti du groupe. Il semblait aussi l’avoir remarqué car son regard était posé sur elle. Elle lui adressa un sourire hésitant. Elle se sentait encore coupable de l’avoir éconduit. Il lui rendit son sourire et elle soupira intérieurement, se disant qu’il ne lui en voulait pas plus que ça.

Elle sortit ses affaires et commença par le devoir que Rogue avait donné deux jours plus tôt à sa classe. Elle grimaça lorsqu’elle lut le sujet. Ayant été distraite pendant les cours, elle ne se souvenait que de quelques bribes des paroles du professeur. Elle dut se résoudre à ouvrir son grimoire scolaire pour tenter de comprendre le cours. Elle gémit en voyant le nombre de pages consacré au sujet et lorsqu’elle elle eut terminé sa lecture, elle ne put s’empêcher de dire à haute voix :

« Et bien je crois que c’est parti pour un Désolant... »

« Besoin d’aide ? » interrogea une voix.

Ginny releva la tête et une expression surprise s’installa sur ses traits lorsqu’elle vit à qui appartenait cette voix. C’était un garçon noir, grand, aux pommettes hautes.

« Zabini ? » demanda-t-elle.

« Lui-même. » répondit le Serpentard.

Elle ne le connaissait pas vraiment. Bien qu’il soit lui aussi un membre du club de Slughorn, ils ne s’étaient jamais adressés la parole auparavant. Elle n’avait jamais essayé de lui parler, le trouvant trop hautain. Il avait cette façon déplaisante de prendre les gens de haut et elle ne supportait pas cela. Les mains dans les poches et l’air superbement ennuyé, il s’installa sur la chaise en face d’elle. Ses yeux sombres balayèrent les affaires qu’elle avait posées sur la table avant de se poser sur elle. Elle leva un sourcil, comme pour lui demander la raison de sa présence.

« Oui ? » demanda-t-elle.

« Mon habitude n’est pas de parler aux traîtres à leur sang mais j’imagine que dans ces circonstances, je peux bien faire une entorse à la règle. » commença-t-il avec dédain.

Même si son ton suffisant irrita Ginny au plus haut point, elle ravala sa réplique acerbe et le questionna :

« Qu’est ce que tu fais là, alors ? Et de quelles circonstances tu parles ? »

Ses lèvres s’étirèrent en un sourire méprisant et il ne prit même pas la peine de lui répondre. Au lieu de ça et sans la moindre gêne, il attrapa le parchemin sur lequel elle était en train d’écrire ( ou plutôt sur lequel elle avait l’intention d’écrire ) et le parcourut rapidement des yeux. Ginny émit une exclamation de protestation.

« Facile. » commenta-t-il. « Ne me dis pas que tu bûches sur un sujet pareil Weasley ? »

Il sembla réfléchir quelques instants avant d’ajouter :

« Enfin ça ne m’étonne pas. J’imagine que tu as hérité des gènes défaillants de ta famille. Ou peut-être que c’est le fait de fréquenter tous ces sang-de-bourbe et ces moldus, tu finis par devenir aussi stupide qu’eux. »

« Crétin. »

« Et vulgaire... » continua Zabini.

« Tu es là pour une raison spécifique ou c’est simplement pour m’insulter ? » questionna Ginny d’une voix acerbe.

« Est-ce que tu crois que je perdrais mon temps à venir t’insulter si je n’avais rien à te dire ? Tu te crois assez importante pour cela ? »

Ne désirant pas en entendre davantage, Ginny referma sèchement son livre et commença à ranger ses affaires. Elle pouvait très bien lui lancer un sort mais il ne méritait pas qu’elle soit mise en retenue pendant une soirée.

« Qu’est-ce qu’il se passe entre toi et Malfoy ? » demanda alors Zabini, de but-en-blanc.

Ginny arrêta ses gestes et fixa le Serpentard qui lui faisait face, abasourdie. Etait-il au courant ? Draco lui avait pourtant juré qu’il n’en avait parlé à personne alors comment se faisait-il que Zabini soit au courant ?

D’un autre côté, Ginny savait qu’ils étaient amis, il était donc possible que Draco lui ait parlé d’eux. Après tout, ses meilleures amies étaient au courant. Même Hermione Granger, avec qui elle avait passé deux années en conflit, le savait. Cependant, la manière dont il avait tourné sa question supposait qu’il n’était sûr de rien mais qu’il soupçonnait quelque chose. Ginny tenta alors de jouer la carte de la surprise.

« Je te demande pardon ? » demanda-t-elle, tachant d’avoir l’air le plus étonné possible.

« Tu m’as très bien entendu, Weasley. » répliqua Zabini.

« Si tu as mis mon nom et celui de Malfoy dans la même phrase, je suis désolée, j’ai dû mal comprendre. »

« Et bien je vais me répéter, pour que ton cerveau inférieur puisse déchiffrer l’information. Je demandais ce qu’il se passait entre toi et Malfoy. »

Ginny lui lança un regard noir.

« Comment se fait-il que tu l’appelles Malfoy ? Je croyais que vous étiez de grands amis tout les deux. »

Le sourire du Serpentard s’élargit.

« Tu es en train d’éviter le sujet Weasley, c’est une preuve de culpabilité.» fit-il remarquer.

« Je n’évite pas le sujet puisqu’il n’y a rien dire concernant ce dont tu es en train de parler. » rétorqua la jeune fille.

Elle ajouta :

« Et puis sérieusement Zabini, qu’est ce que tu voudrais qu’il y ait entre Malfoy et moi ? »

« Je ne sais pas. » soutint le Serpentard. « A toi de me le dire. »

« Et bien j’ai le regret de t’annoncer que je n’ai rien à te dire. »

« Ne joues pas à ça avec moi Weasley, je sais que j’ai raison et je vais me faire un plaisir de tirer tout cela au clair. »

Bien que son cœur battait de plus en vite, paniqué, Ginny haussa les épaules et leva les yeux au ciel, feignant l’indifférence. Zabini lui adressa un dernier regard soupçonneux avant de se lever et de s’éloigner.

« Je t’ai à l’œil Weasley. » lança-t-il avant de quitter la bibliothèque.

Soulagée, Ginny laissa son dos retomber sur le dossier de sa chaise. Lorsqu’elle avait l’impression de résoudre un problème, il y avait toujours d’autres soucis pour l’accabler.

D&G

« Draco, il faut qu’on parle. » lança Ginny au Serpentard lorsqu’il entra dans la pièce.

C’était la salle de classe inutilisée dans laquelle ils avaient pris l’habitude de se rencontrer.

« A quel propos ? » interrogea le jeune homme alors qu’il refermait soigneusement la porte derrière lui et agitait sa baguette pour lancer un sort de verrouillage.

Il s’avança vers Ginny et l’embrassa sur le front. En remarquant l’air sérieux de la jeune fille, il fronça les sourcils.

« Il y a un problème ? » demanda-t-il, avec précaution.

« Zabini. »

« Zabini ? » répéta Draco. « Qu’y-a-t-il ? »

« Il y a qu’il est venu me parler il y a quelques heures et qu’il m’a demandé ce qu’il se passait entre toi et moi. »

A cela, Draco parut aussi surpris qu’elle l’avait été.

« Vraiment ? Comment sait-il que... » commença Draco.

« C’est justement la question que je me posais et je me disais que tu pourrais peut-être y répondre. Visiblement, j’ai eu tort. » expliqua Ginny.

Draco secoua la tête.

« Je ne lui ai rien dit alors comment se fait-il qu’il soit au courant ? »

« A vrai dire, je ne pense pas qu’il soit au courant de quoi que ce soit. Mais de toute évidence, il se doute de quelque chose. » souligna Ginny.

« Qu’est-ce que tu as répondu ? » interrogea Draco.

« J’ai fait semblant d’être surprise. Je ne sais pas s’il m’a crue, cependant. Ça m’étonnerait, d’ailleurs. Il avait l’air très sûr de lui. » ajouta Ginny.

« Il n’est pas au courant. » confirma Draco. « Mais si il est venu te parler, c’est qu’il veut en avoir le cœur net. »

« Il ne t’a rien demandé ? »

« Non. Il sait très bien qu’il n’obtiendra rien de moi, c’est pour cela qu’il s’est tourné vers toi. C’est étonnant de sa part d’ailleurs, il ne s’intéresse jamais à rien, habituellement. »

« Et c’est mauvais ? Qu’il s’intéresse à nous, je veux dire. » demanda Ginny.

« Plutôt, oui. Il peut être très persévérant lorsqu’il veut savoir quelque chose, tu peux me croire. »

« Alors qu’est-ce qu’on fait ? »

« Rien. » répondit-t-il.

« Rien ? » répéta Ginny.

Draco acquiesça avant d’observer la pièce dans laquelle ils se trouvaient, songeur.

« Pourquoi sommes-nous ici ? » questionna-t-il.

« Je pensais que ce serait plus discret que ta chambre de préfet. Tu sais, au cas où Zabini voudrait nous suivre. »

Lorsqu’elle dit cela, Draco laissa échapper un rire.

« Ce n’est pas son genre de jouer les espions, Ginny. Il se contente d’observer et d’analyser. »

Ginny soupira. C’était plutôt rassurant. En effet, elle pouvait aisément agir comme si elle ne fréquentait pas Draco lorsqu’elle était en public.

« En revanche, il peut envoyer quelqu’un nous espionner à sa place. »

La Gryffondor lui lança un regard perdu.

« Alors, qu’est-ce qu’on peut faire contre ça ? » demanda-t-elle.

« Détends-toi Ginny. »

Tout en disant cela, il s’était approché d’elle et avait replacé une mèche de cheveux qui avait échappé de la queue-de-cheval de la jeune fille derrière son oreille.

« Je m’en occupe d’accord ? » dit-il d’une voix rassurante.

Ginny ne put qu’acquiescer, son regard perdu dans les prunelles du Serpentard. Confuse, elle secoua la tête et baissa les yeux.

« Arrête. » murmura-t-elle.

« Que j’arrête quoi, princesse ? » interrogea-t-il d’une voix faussement innocente.

Elle releva la tête pour lui lancer un regard de reproche.

« Ce que tu es en train de faire. » répondit-elle. « Comme si ce n’était pas évident. »

« Et qu’est ce que je suis en train de faire d’après toi ? » insista-t-il.

« Tu essaies de me séduire pour que je n’y pense plus. »

« Et ça marche ? »

Elle lui donna une tape sur le bras, courroucée. Il s’esclaffa devant sa moue vexée et l’attira à lui. Elle se laissa aller contre son torse, entourant sa taille de ses bras.

« Si tu savais comme tu peux m’énerver parfois, Draco. » déclara-t-elle.

« Je sais. » affirma-t-il d’un ton satisfait.

Même si elle ne voyait pas son visage, elle s’imaginait d’une façon très nette le sourire arrogant qui avait du se dessiner sur ses lèvres.

« Tu aimes ça, que je sois ennuyée n’est-ce-pas ? »

« Je trouve que cet air que tu as lorsque tu es ennuyée est sexy. »

« Sexy ? » questionna Ginny.

« Sexy. » répéta Draco.

Et comme pour prouver ses dires, il captura ses lèvres. Ce fut un baiser doux et tendre au début mais au fil des secondes, il s’approfondit et devint de plus en plus torride. Draco enleva l’élastique qui retenait la chevelure de la jeune fille. Ses cheveux retombèrent alors sur ses épaules et il y passa ses doigts, ses lèvres toujours rivées sur celles de la Gryffondor. Ginny rompit soudain leur baiser, manquant de souffle. Il en profita pour la serrer davantage contre lui, se penchant légèrement pour poser un baiser sur sa nuque. Il huma une bouffée de ses cheveux. Ils avaient une odeur qu’il trouvait fantastique, tellement caractéristique à la jeune fille. Une sorte de parfum floral sauvage et doux à la fois qu’il adorait.

Les battements du cœur de Ginny s’accélèrent lorsque Draco la serra plus fort encore, l’emprisonnant dans une étreinte ferme. Mais cela ne lui déplaisait guère, au contraire. Elle aimait être dans ses bras et pour rien au monde elle n’aurait abandonné cette place. Elle sourit lorsqu’il inspira dans ses cheveux. Pour une raison qu’elle ne comprenait pas, il semblait adorer faire cela.

« Tu es belle. » murmura-t-il d’une voix tellement basse qu’elle ne fut pas sûre de l’avoir entendu.

Elle s’extirpa à grand peine de son étreinte et lança :

« C’est l’heure du diner, on devrait peut-être y aller. »

« Bonne idée, je meurs de faim. »

Ils se dirigèrent alors vers la porte de la salle de classe.

« On devrait peut-être sortir à quelques minutes d’intervalle, non ? » dit Ginny.

Il leva un sourcil.

« Tout le monde doit déjà être en train de dîner dans la Grande Salle. Je ne vois pas pourquoi on croiserait quelqu’un, spécialement devant la porte. » déclara-t-il.

Elle commença à protester mais il la coupa rapidement :

« Allons-y. »

« Très bien. » concéda Ginny en le suivant hors de la pièce.

Il s’avéra que Draco avait raison puisque, comme il l’avait prévu, ils ne croisèrent aucun élève dans les couloirs et comme un amas d’étudiants entrait encore dans la Grande Salle, ils réussirent à se fondre dans la masse et à entrer séparément.

Draco se dirigea vers la table des Serpentard et s’installa à côté de Blaise Zabini. Ce dernier, en grande conversation avec Théodore Nott ne sembla pas le remarquer. Quelques instants plus tard, cependant, Draco l’entendit s’adresser à lui.

« Tu sais Draco, j’ai parlé à la fille Weasley tout à l’heure. » commença Blaise.

Comme Draco l’avait prévu, Blaise en était arrivé directement aux faits. Il n’était pas du genre à passer par quatre chemins, de toute manière.

« A qui ? » demanda Draco avec désinvolture, en commençant à se servir.

« Ginny Weasley. » répéta Blaise avec patience. « La sœur de la belette. »

Bien qu’il ne voie pas son visage, Draco savait très bien que Blaise l’observait avec insistance, attendant qu’il fasse quelque chose qui le trahisse.

« Je ne savais pas que tu t’associais avec des amateurs de moldus Blaise, c’est nouveau ? » interrogea Draco avec un rire bref.

« Tu sais bien qu’il faudrait me passer sur le corps avant que je fréquente ce genre de personne. » répondit Blaise avec dédain. « En revanche, je crois que ça ne dérange pas certains. »

« J’imagine. » répondit simplement Draco en essayant d’adopter une voix neutre, préférant agir comme si cela ne l’intéressait pas.

« Quoi qu’il en soit j’avais mes raisons. » continua Blaise.

« Vraiment ? »

« J’avais comme l’impression qu’il se tramait quelque chose entre vous deux. »

« Pardon ? » lâcha Draco en se retournant vers Blaise, tentant d’arborer l’air le plus surpris possible.

Blaise sembla le considérer pendant quelques secondes avant de répondre :

« Elle a eu l’air aussi surprise que toi, à vrai dire. J’imagine que ça signifie que je m’imagine des choses. »

« Peut-être. » répondit Draco.

« Ou peut-être pas ? » ajouta Blaise avec un sourire moqueur.

« Ecoute Blaise, je ne sais pas ce que tu es en train d’insinuer et je ne préfère pas imaginer ce à quoi tu penses surtout s’il est question de cette famille de traître à son sang. » trancha Draco d’une voix glaciale.

Il savait très bien que sa soudaine froideur n’avait pas découragé Blaise mais ce dernier acquiesça et retourna à son repas avec un sourire.

Ginny n’avait pu s’empêcher de jeter des coups d’œil incessants à la table des Serpentard pendant le repas. Elle avait vu Blaise Zabini et Draco en train de discuter et pour avoir attentivement observé Draco, elle ne se faisait aucun doute sur le sujet de la conversation des deux élèves.

S’efforçant de tourner son attention sur autre chose, elle tenta de suivre la conversation de son frère et de ses deux meilleurs amis, assis à ses côtés.

« Ginny, si tu veux je pourrais t’aider pour ton devoir de DFCM, j’ai cru comprendre que tu avais quelques difficultés. » lui proposa soudain Hermione.

Ron et Harry, les yeux écarquillés, observèrent Ginny répondre d’une voix aimable :

« Merci beaucoup, j’avais vraiment besoin d’aide. »

Elles échangèrent un sourire et Ron, visiblement abasourdi, demanda :

« Vous vous êtes réconciliées ? »

« Oui. » répondit simplement Hermione.

« Alors c’est vraiment terminé ? Finis les regards noirs, les petites remarques acerbes ? » S’étonna Ron.

« Oui. » répondit cette fois Ginny.

« Est-ce que c’est si difficile à croire, Ron ? » interrogea Hermione en riant.

« A vrai dire…oui. »

« Nous avons décidé de nous conduire en personnes civilisées. Et notre conflit n’avait plus lieu d’être. » Lança Ginny en jetant un regard bref vers Harry.

« C’est très mature de ta part, Ginny. » souligna Ron en hochant la tête, comme s’il approuvait.

« Merci, Ronald.» fit sa sœur avec un sourire.

« Comment se fait-il que tu aies besoin d’Hermione pour ton devoir ? Ce bellâtre de Serdaigle à cesser de te donner des cours de rattrapage ? »

Ginny acquiesça.

« Ginny a eu de la chance d’avoir pu l’avoir comme professeur particulier Ronald. Il à beau être un bellâtre comme tu le dis, c’est un très bon élève. »

« Qu’est-ce qui se passe ? Ne me dis pas que toi aussi tu le trouves génial ? Qu’est-ce que vous lui trouvez toutes ? Harry, tu sais toi ? »

Ce dernier haussa les épaules et sembla se renfrogner. Les deux Gryffondor, quant à elles, levèrent les yeux au ciel.

« De toutes façons c’est toujours mieux que rien, non ? Ça aurait pu être n’importe quel Serpentard, non pire ça aurait pu être Malfoy alors j’imagine que je peux m’estimer heureux. Qu’est-ce qui se passe Ginny ? »

Cette dernière avait failli s’étouffer avec le morceau de viande qu’elle était en train de mâcher quand son frère avait prononcé le nom de Draco.

« Rien du tout. » n’assura Ginny avec un sourire nerveux en attrapant son verre de jus de citrouille et en l’avalant d’un trait. « J’ai juste avalé de travers. »

Ron haussa les épaules et se lança dans un discours dans lequel il exigea que les elfes coupent la viande en morceau pour que les élèves n’aient pas à s’en charger. Cela, bien sûr, lui attira les foudres de sa meilleure amie.

« Excuse-moi Ronald, mais je pense que tu es assez grand pour couper ta viande tout seul. De plus, les elfes ne sont pas des esclaves et je trouve qu’avec ce genre de remarques tu contribues à… » Lui reprocha-t-elle.

Ron fit mine de tousser et Ginny entendit distinctement un « sale » parmi ses toussotements.

« Pas sale Ronald, c’est S.A.L.E, Société d’Aide à la Libération des Elfes, combien de fois faudra-t-il que je te le répète ? »

« Hum Harry, tu as terminé non ? Pourquoi ne retournerions-nous pas dans la salle commune ? » Proposa nerveusement Ron en voyant le regard dur d’Hermione.

Harry acquiesça vivement et ils quittèrent la table sous le regard furibond de la préfète-en-chef. Cette dernière secoua la tête, visiblement très en colère. Elle se leva et quitta à son tour la table, grommelant des paroles incompréhensibles. Ginny la regarda s’éloigner, amusée. Elle reporta ensuite son attention sur la table de Serpentard et observa Draco discuter avec ses condisciples.

Combien de temps devraient-ils encore cacher leur secret ? Elle devait avouer qu’elle en avait assez d’agir en public comme si elle le haïssait. Elle voulait que Draco et elle soit capable de faire ce que les couples faisaient librement et sans avoir à jeter des regards méfiants autour d’eux. Malheureusement, elle avait conscience que tous ces désirs étaient égoïstes. Que leur arriveraient-ils si tout cela venait à se savoir ? Si Ginny ne voulait même pas imaginer ce que diraient ses proches, elle craignait encore bien plus la réaction de l’entourage de Draco. Les Serpentard lui tourneraient sûrement le dos. Que serait la réaction de Lucius Malfoy, fervent Mangemort et disciple de Lord Voldemort lorsqu’il apprendrait que son fils unique était amoureux de la dernière des Weasley, famille traître à son sang et publiquement opposée au Lord noir ? Draco serait en danger, elle le savait. Et malgré son désir de l’aimer aux yeux de tous, jamais elle ne permettrait que quelque chose lui arrive. Elle était prête à n’importe quoi pour lui et elle allait veiller à ce que tout se passe comme elle le souhaitait.

Le lendemain, c’est donc sans réticence qu’elle se rendit devant la gargouille qui donnait l’accès au bureau du Directeur. Elle savait qu’elle devait passer par la directrice de sa maison pour s’entretenir avec le lui mais elle n’avait aucune envie d’expliquer à McGonagall la raison pour laquelle elle avait besoin de Dumbledore. Elle savait également qu’elle n’avait pas le mot de passe mais elle était prête à donner le nom de toutes les friandises qu’elle connaissait même si cela lui prendrait des heures. Mais après vingt minutes, elle commença à se lasser. Plus aucune friandise ne lui venait en tête.

« Est-ce que tu vas apparaitre, saleté d’escalier ? » s’exclama-t-elle soudain avec colère, perdant son sang froid.

« Puis-je vous demander ce que vous êtes en train de faire, Weasley ? » demanda une voix sèche, sortant de nulle part.

Ginny sursauta avant de réaliser à qui cette voix appartenait. Elle retint une grimace lorsqu’elle se retourna, se retrouvant face à face avec Rogue.

« Et bien, je... » commença-t-elle, embarrassée, sentant que le rouge lui montait aux joues.

Le professeur l’observait avec son habituel rictus méprisant.

« Je voulais voir le Directeur. » lâcha-t-elle rapidement.

Il la jaugea d’un air méfiant, paraissant sceptique.

« Visiblement. » déclara-t-il finalement avec froideur. « Et bien évidemment, vous n’avez pas trouvé de meilleur moyen que de venir vous attaquer à l’entrée du bureau du Directeur ? »

« Je ne...je n’étais pas... » protesta Ginny.

Mais il la coupa :

« Dois-je vous rappelez, Miss Weasley, que tout entretien avec le Directeur passe en premier lieu par un tiers, en l’occurrence la directrice de votre maison ? »

« Je sais mais... » commença à nouveau.

Mais tenter de se justifier était visiblement inutile puisqu’il la coupa une nouvelle fois.

« Peut-être vos chutes de balai ont-elles altéré votre cerveau ou bien que vous avez décidé de suivre les traces de Mr. Potter et de délibérément désobéir aux règles mises en place ? Je crois savoir que cela est un rituel dans la famille Weasley. »

Ginny devint écarlate. La confusion fit place à la fureur. Rogue, à la vue de son air satisfait, semblait prendre un malin plaisir à l’humilier de la sorte.

« Quoi qu’il en soit, le Directeur est en déplacement. Vous pouvez donc... »

Mais l’arrivée de quelqu’un le fit soudainement taire. Ginny se retourna et vit Dumbledore qui se dirigeait vers eux, un air particulièrement réjoui sur le visage. Il s’arrêta devant Rogue.

« J’étais sur le point de partir lorsque je me suis souvenu avoir un entretien de la plus haute importance. Le problème, c’est que je ne me souviens pas de la personne que je devais recevoir. Hilarant, n’est-ce pas ? » acheva-t-il avec un sourire amusé, l’air de trouver la situation particulièrement cocasse.

Rogue, cependant, ne semblait pas partager la plaisanterie. Ses lèvres étaient tellement pincées que Ginny avait l’impression qu’il allait exploser de fureur dans la minute qui suivrait. Le Professeur se tourna ensuite vers Ginny.

« Miss Weasley ? » dit-il.

« Weasley était justement en train de prétendre qu’elle venait vous voir. » déclara Rogue d’un ton froid.

« Et bien Miss Weasley, je vous prie de m’excuser si je vous ait fait patienter. »

Ginny voulut protester. Croyait-il qu’elle était la personne avec qui il devait s’entretenir ? Elle savait qu’il était vieux mais de là à confondre quelque chose de ce genre...De plus, s’il était devenu gâteux, venir lui parler de Draco ne semblait plus être une si bonne idée. Néanmoins, lorsqu’elle jeta un regard à Rogue et vit son regard, elle finit par acquiescer.

« Dans ce cas, n’attendons pas plus longtemps. » déclara enfin Dumbledore. « Severus, je ne veux pas vous importuner davantage, je sais que vous êtes extrêmement occupé. »

Les lèvres toujours aussi pincées, Rogue hocha la tête au directeur avant de fusiller Ginny du regard et de s’éloigner.

Dumbledore se tourna face à la gargouille et lança :

« Chocogrenouilles ! »

A cela, Ginny faillit s’étrangler. Comment avait-elle pu oublier les Chocogrenouilles ?

L’escalier qui donnait à l’accès au bureau apparut lentement devant eux. Dumbledore, posa un pied sur la première marche et lui adressa un sourire, l’encourageant à le suivre. Elle monta alors à sa suite.

Le bureau de Dumbledore n’avait pas n’avait pas beaucoup changé depuis la dernière fois qu’elle y était entrée. Cela remontait à cinq ans, lors de sa première année à Poudlard. Cette année là, sa solitude et sa fragilité l’avaient menée à se faire posséder par Lord Voldemort par le biais d’un journal intime. Ces événements l’avaient particulièrement marquée. Elle jeta un regard au bureau ; large, avec une grande cheminée et une gigantesque bibliothèque. Au centre se trouvait un immense bureau où était jonché un tas de livres et de parchemin.

« Et bien Miss Weasley, ne restez pas debout. » lança Dumbledore en s’installant à son bureau, dans un grand fauteuil foncé.

Il désigna l’une des chaises qui se trouvaient en face de son bureau. Ginny avança pour prendre place puis se rétracta soudain.

« Professeur, je ne crois pas être la personne que vous deviez rencontrer. A vrai dire, j’étais devant l’entrée de votre bureau et le Professeur Rogue m’a... » commença Ginny pour se justifier.

Le Directeur leva simplement la main pour lui signifier d’arrêter. Il lui adressa un sourire amusé et répondit :

« Je sais, Miss Weasley. Ne vous inquiétez pas. »

Il désigna à nouveau d’un mouvement de la tête la chaise placée en face de son bureau.

« Asseyez-vous, je vous en prie. » ordonna-t-il avec son air bienveillant.

Cette fois-ci, elle s’exécuta mais non sans lui jeter un regard curieux.

« Puis-je vous proposer quelque chose, Miss. Weasley ? » demanda-t-il en montrant un plat ou étaient placés tout un assortiment de pâtisseries.

« Non, merci. Je viens juste de déjeuner. » refusa rapidement Ginny.

Il sortit sa baguette et l’agita en direction d’un tiroir. Celui-ci s’ouvrit et deux verres y jaillirent avec une bouteille. Cette dernière se secoua légèrement et versa son liquide dans les verres. Une fois rempli, l’un des verres vint se placer devant Ginny.

« Cette nouvelle boisson est une vraie petite merveille. Qui aurait-pu prédire que le mélange de l’avocat et de la citrouille aurait donné un tel nectar ? » interrogea Dumbledore avec un sourire avenant.

Pourtant cela ne parvint pas à rendre Ginny moins mal-à-l’aise. Elle esquissa un sourire forcé. Elle voulait en venir aux faits.

« Alors Miss. Weasley, je pense que vous êtes ici pour quelque chose qui vous tient à cœur ? »

La jeune fille hocha la tête et l’air bienveillant de Dumbledore l’encouragea à s’exprimer.

« En réalité, si je viens vous parler aujourd’hui, c’est de la part d’un ami. »

Draco ne lui avait rien demandé, bien au contraire, mais elle avait décidé qu’il serait plus facile d’agir comme s’il l’avait fait. Elle savait que Dumbledore ne ferait rien si Draco n’était pas d’accord et elle avait rapidement réalisé que celui-ci préférait mourir que de demander de l’aide, surtout à Dumbledore dont il se méfiait particulièrement.

« Et pourquoi votre ami n’est-il pas venu me voir personnellement ? » demanda Dumbledore, visiblement intéressé.

« Et bien...S’il venait vous voir et que certaines personnes le découvraient, il serait dans une situation très compromettante. » expliqua Ginny. « C’est pour ça qu’il passe par moi pour vous parler. »

« Vraiment ? »

« Oui. Son entourage attend certaines choses qu’il n’est pas en mesure de faire. Mais sa famille est très ancrée sur ses positions et mon ami craint qu’il soit forcé à faire des choses horribles qui ne respectent pas ses valeurs. »

Elle savait qu’elle n’était pas très claire, mais elle ne voyait pas d’autre moyen pour expliquer la situation sans la rendre trop évidente.

« Votre ami a-t-il déjà tenté d’en discuter avec sa famille ? Exposer son point de vue ? » questionna le Directeur.

Ginny répondit négativement. Lucius Malfoy n’était sûrement pas du genre à « discuter » pour confronter deux points de vue différents et Draco n’était pas du genre suicidaire.

« Le dialogue n’est pas possible. » répondit simplement la jeune fille.

« Miss. Weasley, qu’est-ce que vous et votre ami attendez exactement de ma part ? »

« Mon ami a besoin d’aide. »

« Je suis très disposé à lui en fournir. Seulement, comme vous pouvez vous en doutez Miss Weasley, il va me falloir des éclaircissements. »

Ginny s’empêcha de soupirer avec frustration.

« Je sais que je suis très vague Professeur mais c’est pour sa sécurité que... » commença Ginny.

«...je m’engagerais personnellement à garantir si vous m’expliquer clairement la situation. » acheva Dumbledore.

Cette fois, Ginny ne put retenir son soupir. Elle savait très bien qu’ils en arriveraient à cela, malgré tous ses efforts.

« Sa famille est partisane de Vous-savez-qui et elle contribue à ses...opérations. Activement. » avoua-t-elle finalement.

Elle avait parlé très vite, comme si cela aurait pour effet d’atténuer ses paroles. Cependant Dumbledore demeura impassible, et elle ne put déterminer si il était surpris ou non. Après tout, il n’était pas fréquent qu’un membre du clan Weasley vienne plaider la cause d’un fils de Mangemort. Il but une gorgée de sa boisson, l’air attentif, avant de l‘interroger :

« Et sa famille souhaite-elle qu’il...participe également ? »

« C’est justement le problème Professeur. » répondit Ginny. « Il ne veut pas et sa famille ne lui laissera pas le choix. »

Dumbledore hocha pensivement la tête, semblant ailleurs.

« Il semble que la situation est particulièrement délicate, en effet. » déclara-t-il en effet. « Mais je ne pas qu’elle soit insurmontable cela dit. »

Ceci fit réagir Ginny.

« Vraiment ? » demanda-t-elle vivement d’une voix remplie d’espoir.

« Sans aucun doute. » affirma Dumbledore.

Puis un air infiniment sérieux s’installa sur son visage et il regarda fixement Ginny, à travers ses lunettes en formes de demi-lune.

« Mais soyons clairs Miss. Weasley. Si c’est bien de votre ami qu’il s’agit, c’est avec lui que j’ai besoin de discuter. »

« Mais... » commença Ginny. « Je ne sais pas si il voudra... »

« Je suis certain que vous parviendrez à le convaincre. » affirma le Directeur.

‘Il sait’ fut la première pensée de Ginny à cette phrase. Elle était certaine qu’il avait compris son projet et ce, depuis le début de la conversation. Elle hocha la tête, sans trop de conviction : comment allait-elle se débrouiller à présent pour convaincre Draco ?

« Et bien...merci. » dit-elle, ne voyant pas quoi ajouter pour le moment.

« C’est à moi de vous remercier, Miss Weasley. Egalement à votre ami : il a beaucoup de chance d’avoir votre aide. »

« J’imagine... » murmura Ginny pour elle-même.

Elle se leva, prête à prendre congé.

« Ne vous inquiétez pas Miss Weasley. Chaque problème à une solution et nous trouverons celle au votre. » lança Dumbledore.

Elle acquiesça avant de se retourner et de se diriger vers les escaliers.

« Miss. Weasley ? » appela à nouveau le Directeur.

« Oui Professeur ? » répondit Ginny, en tournant la tête en sa direction, un sourcil levé.

« Faites savoir à Mr. Malfoy que je suis entièrement disposé à lui offrir mon aide. »

Les yeux de Ginny s’écarquillèrent sous la surprise. Cependant, elle hocha nerveusement la tête avant de sortir rapidement du bureau.

D&G

‘Draco va me tuer’ se répéta inlassablement Ginny lorsqu’elle entra dans la salle où se déroulait son cours de DFCM. Cela faisait déjà trois jours qu’elle avait pris l’initiative d’aller parler au Directeur et trois jours qu’elle cogitait pour trouver le meilleur moyen d’en parler à Draco. Comme elle n’avait toujours pas trouvé, elle l’avait évité. En effet, elle n’était pas sûre d’arriver à lui cacher le fait que Dumbledore était au courant de tout. Devant lui, elle était une piètre comédienne : à chaque fois qu’elle tentait de mentir, il le remarquait immédiatement.

Il avait déjà dû remarquer que quelque chose clochait. Après tout, elle n’avait pas de raison de l’éviter.

‘Je lui dirai demain’ se résolut-elle enfin. D’ici là, elle trouverait bien un moyen d’aborder le sujet sans risquer de s’attirer ses foudres. Il allait être furieux, elle en était certaine. Malheureusement pour elle, elle n’eut pas l’occasion d’attendre jusqu’au lendemain car plus tard dans la soirée, Draco vint la trouver dans la bibliothèque.

Plongée dans son grimoire de Runes, elle ne remarqua pas immédiatement sa présence mais lorsqu’elle voulut prendre une feuille de parchemin et qu’elle le vit assis en face d’elle, elle sursauta. Il l'observait fixement et elle se demanda comment il s’était débrouillé pour s’asseoir sans qu’elle ne l’entende.

« Draco. Tu m’as fait peur. » fit-elle d’une voix apeurée. « Depuis combien de temps es-tu là ? »

Il ne répondit pas mais sortit une enveloppe de sa poche et la fit glisser dans sa direction.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda Ginny en fronçant les sourcils.

« Une lettre de Dumbledore. » répondit-il avec un air inexpressif.

Cela suffit à rendre Ginny nerveuse. Elle jeta un regard furtif à l'enveloppe.

« Vraiment ? »

Elle avait essayé de paraître surprise mais cela ne sembla pas convaincre Draco. Il arborait cet air qui signifiait « Je sais que tu es en train de mentir, mais ça ne prend pas avec moi. »

« Et...Qu'est-ce que dit Dumbledore exactement ? » tenta-t-elle.

Avant de se justifier, il fallait qu'elle mesure l'ampleur des dégâts.

« Il ne dit rien en particulier. Il demande simplement à me voir. » répondit Draco, toujours sur un ton neutre.

Il la regardait avec une telle intensité et son air était si sévère qu'elle ne put s'empêcher d'éprouver une once de crainte.

« Donc si je comprends bien, tu ne sais pas ce qu'il te veut ? »

« Non. Mais j'imagine que toi, tu le sais. »

« Moi ? » interrogea Ginny, feignant l'étonnement.

« Oui, toi, Ginny. »

« Je ne vois vraiment pas de quoi tu veux parler Draco. » nia-t-elle obstinément.

Elle fit mine de regarder sa montre.

« Et puis tu as vu l'heure ? Il faut que je retourne... » commença-t-elle en fermant rapidement son livre pour le ranger dans son sac.

Draco saisit son bras, l'empêchant de continuer.

« Tu ne vas nulle-part sans m'avoir donné d'explications. »

« Des explications à propos de ? »

« Ne joues pas à ça, Ginny ! » s'exclama-t-il en haussant la voix.

« Je ne suis pas en train de jouer. Et si tu pouvais baisser d'un ton, on risquerait de nous entendre. »

« Très bien. » fit-il à contrecœur.

Il se pencha légèrement et s'adressa à elle d'une voix basse.

« Maintenant est-ce que tu peux m'expliquer pourquoi je reçois cette lettre de Dumbledore trois jours après que nous ayons eu une certaine conversation ? Trois jours pendant lesquels tu t'es efforcée de m'éviter. »

« Je ne t'ai pas évité, c'est juste... »

« Tu faisais demi-tour dès que tu me croisais dans un couloir. » répliqua-t-il avec agacement.

Il commençait à perdre patience. Soudain, il se leva d'un bond.

« Je te laisse ranger tes affaires, je t'attendrai dehors. Et si par hasard, il te venait à l'idée de me faire patienter plus que nécessaire, sache que je suis prêt à venir te chercher de force. » déclara-t-il d'un air entendu avant de s'éloigner.

Pour qui se prenait-il ? Se demanda Ginny. Quelle était cette manière de lui parler ? D'accord, il était en colère et il avait sans doute vraiment des raisons de l'être mais ce n'était guère une raison de prendre ce ton hautain. Ginny n'appréciait pas d'être traitée de la sorte. Cependant, elle exécuta ses ordres sans protestation et quitta la bibliothèque à sa suite. Comme il avait dit, il l'attendait. Il lui fit signe de le suivre et elle commença à marcher derrière lui, en silence.

« Où est-ce qu'on va ? » demanda-t-elle.

Elle avait bien remarqué qu’ils avaient pris la direction de sa chambre mais elle avait essayé de faire la conversation. Sa tentative fut un vif échec car il se contenta d'enfoncer les mains dans ses poches et d'accélérer le pas. Ils arrivèrent dans sa chambre trop rapidement au goût de Ginny et alors qu'elle s'attendait à ce qu'il la couvre de reproches aussitôt la porte refermée, il se plaça devant la fenêtre et garda le silence. En fait, maintenant qu'elle y réfléchissait, elle aurait préféré les accusations verbales à ce silence qui semblait la condamner plus encore. Elle aurait tout donné pour pouvoir savoir ce qu'il pensait à cet instant même. Était-il très en colère, lui en voulait-il ? Evidemment, songea Ginny presque immédiatement. Sinon pourquoi agirait-il de cette façon ?

« D'accord, j'ai menti, je suis allée voir Dumbledore ! » avoua-t-elle soudain, ne pouvant supporter plus longtemps l'ambiance qui régnait à présent dans la pièce.

Face au silence qui accompagna son aveu, elle demanda :

« S'il-te-plaît dis quelque chose. »

Elle vit ses épaules se hausser.

« Que veux-tu que je te dises ? »

« Je ne sais pas. Si tu m’en veux, dis-le-moi. Dis juste quelque chose. »

Il soupira et déclara :

« Je t’en veux Ginny. Enfin une partie de moi t’en veut du moins... » rectifia Draco. « L’autre partie est plutôt soulagée. »

Cela éveilla un espoir chez la jeune fille. Elle leva un sourcil interrogateur.

« Vraiment ? » interrogea-t-elle.

Il hocha la tête et poursuivit :

« J’aimerais croire que tout sera aussi facile que tu le prétends mais je sais que je ne ferais que me mentir. Néanmoins, sentir que je suis plus seul me conforte. »

Il eut un rit désabusé et lança :

« Je ne veux même pas imaginer comment mon père réagira. Il va me tuer. »

« Non. Il n’a pas besoin de le savoir maintenant. Pas tant que nous n’avons pas trouvé ce que nous allons faire. »

« Je ne sais même plus si nous avons encore le temps. Tu-Sais-Qui va bientôt réclamer de nouveaux fidèles et à cause de mon père, je serais en ligne de mire. Ça fait des années qu’il attend ça impatiemment, qu’il veut prouver à Tu-Sais-Qui que notre famille est bien dans ses rangs. »

« Je suis désolée mais il n’a pas à te dire ce que tu feras de ta vie ou pas. Malgré ce qu’il en pense, tu as le droit de faire tes propres choix. »

« Ça semble facile lorsque tu le dis mais je crains que ce ne soit pas possible. Je ne peux pas désobéir sans subir des conséquences. Il tient beaucoup à son image, sans doute plus qu’à moi d’ailleurs. Il serait prêt à se débarrasser de moi pour ne pas essuyer de scandale. » expliqua Draco.

Lucius Malfoy devait vraiment être un personnage détestable si même son fils en arrivait à parler de lui de cette façon.

« On ne lui en laissera pas l’occasion, alors. » déclara Ginny.

« Je ne sais pas, Ginny...On ne pourra pas se cacher éternellement. Nous deux. Ça finira par se savoir. Même Blaise commence à se douter de quelque chose. »

« On peut être plus discret, j’en suis sûre. Je suis prête à ne plus venir ici s’il le faut. » proposa-t-elle.

Il se retourna alors vers elle.

« Tu es prête à sacrifier beaucoup de choses pour moi et je ne suis même pas sûr d’en valoir la peine. »

Ginny secoua la tête et s’approcha de lui.

« Bien sûr que si. Tu ne te rends pas compte, Draco. Nous deux ? Nous sommes au dessus de tout ça, nous valons plus que ça...» lui assura-t-elle.

Il leva un sourcil et elle continua :

« Nous ne devons rien laisser nous dépasser, ou s’imposer entre nous. A partir de maintenant, j’agirai uniquement selon notre intérêt. »

Draco ne put retenir une exclamation surprise.

« Est-ce que tu mesures la portée de tes mots ? » demanda-t-il.

Si le fait de savoir qu’elle soit prête à autant de choses pour lui avait quelque chose d’extrêmement satisfaisant pour Draco, cela lui ajoutait cependant une pression supplémentaire. Et lui, quels genres de sacrifices était-il prêt à faire pour elle ? Il ne savait même pas précisément où il était prêt à aller pour elle. S’il y avait juste une chose dont il était certain, c’était qu’il ne souhaitait pas la perdre une nouvelle fois. Cela avait une expérience nouvelle et douloureuse. Avoir besoin de quelqu’un d’autre que lui-même pour être pleinement satisfait. Maintenant qu’il l’avait récupérée, il était totalement heureux et même plus qu’il ne l’avait jamais été. Mais s’il venait à la perdre de nouveau ? Est-ce que cette part de bonheur s’en irait-elle aussi ?

Il n’était pas Potter, n’avait rien d’un prince charmant et les seules promesses qu’il pouvait lui faire n’étaient guère réjouissantes. S’il avait été courageux, peut-être se serait-il déjà opposé à son père. S’il n’avait pas été un Malfoy et elle une Weasley, tout cela aurait probablement été différent. Si sa famille n’avait pas été aussi loyale au Seigneur des Ténèbres et la sienne, admiratrice de Dumbledore, tout aurait sûrement été plus simple. Mais les si ne servaient à rien ici, peut-être juste à l’accabler davantage. La situation était comme elle était et il n’existait, de toute façon, aucune manière de la changer. Ils devaient faire avec, s’en accommoder.

Ginny le sortit de ses pensées lorsqu’elle prit son visage entre ses mains, l’approchant du sien.

« J’ai tout à fait conscience de ce que je dis. Mais j’ai confiance en nous. » assura-t-elle avec véhémence. « J’ai foi en nous. »

Et alors qu’elle l’embrassait, cherchant des certitudes dans son ses bras, il se surprit à penser qu’elle avait raison. S’il ne n’accordait aucune foi confiance aux conjonctures par lesquelles ils étaient servis, il y avait cependant une seule chose sur quoi il lui était impossible de douter : Eux.

La situation sembla prendre un tournant décisif lorsque le lendemain, il reçut au petit-déjeuner une lettre de son père. Le courrier ne portait pas le sceau des Malfoy mais même sans l’avoir ouvert, il n’avait eu aucune peine à reconnaitre l’écriture de Lucius Malfoy sur l’enveloppe. Il savait que la lettre contiendrait des choses importantes car son père, contrairement à sa mère, ne lui écrivait jamais de futilités.

Il attendit la fin du dîner pour découvrir ce dont il était vraiment question. Avec appréhension, il ouvrit le courrier et parcourut le parchemin des yeux.

Draco,

Il arrive un moment dans la vie de tout homme, un moment palpable où il doit prendre ses responsabilités et se prouver aux yeux de tous. Je crois pouvoir affirmer que pour toi, ce moment est arrivé.

La très ancienne et noble famille Malfoy a été injustement salie durant ces dernières décennies, accusée à tort de trahison et de déloyauté. Tu n’es pas sans savoir le mépris qu’évoque notre nom à l’heure d’aujourd’hui auprès de nos ennemis mais également auprès de ceux que nous avons un jour considéré comme appartenant aux « nôtres. »

Toutefois les Malfoy ont toujours su se relever, même lors des situations qui semblaient insurmontables et c’est exactement cela qui fait la force et la grandeur de notre famille. Aujourd’hui encore, il nous incombe de montrer à tous que notre famille est respectable et à quel point elle devrait être redoutée. Notre nom devrait inspirer non seulement un total respect mais également et surtout, une crainte profonde.

Tu es en mesure d’effacer toutes nos erreurs passées et de redorer notre blason, lui rendre toute sa vigueur. Cela ne sera pas une tâche aisée et nos détracteurs, envieux et nombreux, tenteront de s’interposer. Cependant, cela ne devra pas constituer un frein à notre entreprise, au contraire. Après tout, ne serons-nous pas contemplés avec plus de mérite si notre ascension a été difficile et conspuée ?

Comme je te l’ai déjà dit, il est temps pour toi de prouver que tu es devenu un homme. Pas n’importe quel homme toutefois, mais mon fils unique, un digne descendant des Malfoy. Cette pour cette raison que je souhaite ton entrée dans les rangs du Seigneur des Ténèbres où tu pourras judicieusement mettre en œuvre ce qui t’as été enseigné et défendre librement les valeurs qui t’ont été donné tout au long de ta vie.

Les honorables familles sorcières se voient décimées, contaminées par des individus abjects et méprisables, les moldus. Ces gens se sont vicieusement glissés parmi nous, souillant au passage nos familles et maudissant nos descendances futures. Par le biais d’unions détestables, ils se sont hissés dans les branches de nos arbres généalogiques pour pouvoir s’incruster solidement jusqu’aux racines.

Nous n’avons que trop longtemps subi cet affront et c’est notre réponse que Le Seigneur des Ténèbres n’a eu de cesse de préparer. A ses côtés, tu pourras montrer de quel côté se trouve réellement notre famille et tu seras en mesure de plaider la cause de notre race pure et intacte. Il est de notre devoir de faire en sorte de garder nos privilèges, de montrer à cette racaille à quel point nous lui sommes supérieurs et que sa place n’est pas parmi nous. Ils ne sont pas dignes d’utiliser notre savoir, d’emprunter les mêmes chemins que les nôtres, de partager l’éducation que nous offrons à nos enfants en fréquentant les mêmes écoles qu’eux. Et pourtant ils le font, sans même éprouver une once de honte, prétendant en avoir le droit, clamant le mériter dans une attitude qui frise l’insolence. C’est pour cette raison que nous devons réagir.

Tu es mon fils, et fort de cela, tu dois être considéré avec le respect qui te revient de droit. En fait, néanmoins, ce respect ne te sera pas accordé tant que tu n’entreras pas officiellement dans notre clan. C’est pour cette raison que ton initiation doit se faire sans plus tarder. Elle sera organisée à ta prochaine arrivée au Manoir, dans trois mois.

Sache que ta Mère et moi avons toujours été extrêmement fiers de toi et cela ne contribuerait qu’à nous rendre plus heureux et satisfaits.

Avec mes pensées les plus affectueuses,

Lucius Malfoy.

Lorsqu’il termina sa lecture, Draco contempla pendant de longues minutes l’écriture serrée de son père, le contenu de lettre lui parvenant entièrement à l’esprit. Cela n’aurait pas pu être plus explicite. A présent, son entrée parmi les Mangemorts n’était plus un événement vague et éloigné dans l’avenir, il avait une date : dans trois mois, dès le début des vacances de printemps. Il avait toujours tenté de se rassurer en se disant que ce n’était pas pour tout de suite, qu’il aurait au moins le temps de finir sa dernière à Poudlard avant que le sujet soit mis au tapis. Aujourd’hui cependant, ses espérances étaient réduites à néant et la dure réalité s’imposait à lui d’une manière impitoyable.

Ginny disait qu’il avait le choix, lui en doutait sérieusement. Son père n’était pas le genre d’homme à qui l’on soumettait un refus. Il restait généralement ancré sur ses positions, ne tolérant guère d’autres opinions que la sienne. D’ailleurs il attendait très certainement une réponse de la part de Draco. Réponse que ce dernier n’était pas sûr d’être en mesure de pouvoir donner. Lui répondre négativement revenait à prendre un risque considérable car cela ne serait rien d’autre qu’une trahison. Lui répondre positivement, cependant, revenait à promettre allégeance à Vous-savez-qui et se lancer dans une guerre contre Dumbledore et tous les adorateurs de moldus. Même si on lui avait toujours appris à les mépriser, il y avait une grande différence entre dénigrer des gens et les massacrer. Après tout, n’étaient-ils pas des hommes, eux aussi ? Un véritable dilemme s’imposait à lui.

Garder Ginny auprès de lui apparaissait comme la priorité. Tout ce qu’ils avaient traversé dernièrement lui avait prouvé qu’il tenait trop à elle pour risquer de la perdre. Mais refuser la demande de son père ne revenait-il pas à la mettre en danger, elle aussi ? Quand il s’agissait des Weasley, Lucius Malfoy était on ne peut plus clair sur le sujet : ils n’étaient rien de moins qu’une famille pauvre, sans intérêt et traitre à son sang qui avait perdu le respect dû aux familles de Sang-Pur il y avait bien longtemps de cela. Il n’accepterait pas de voir son fils avec l’une de leurs membres. La haine qui se reflétait dans son regard lorsqu’il faisait référence aux Weasley parlait suffisamment. Si au contraire, il suivait son père, ce serait sûrement Ginny qui mettrait un terme à leur relation, il le savait. Même si elle avait prétendu le contraire lors de leur discussion de la veille, elle avait beaucoup trop de valeurs pour accepter de rester avec un Mangemort. Elle n’accepterait pas de fréquenter avec un homme capable de tuer pour défendre des conceptions qui s’opposaient radicalement aux siennes, peu importe l’amour qu’elle lui portait. Il pouvait le voir dans son regard, dans ses attitudes : l’injustice la révoltait.

La dernière chose qu’il avait envie de faire était de lui parler de la lettre qu’il venait de recevoir. Il voyait déjà précisément la panique qui s’insinuerait dans ses yeux et il n’avait pas besoin de cela. Non, il lui fallait un pilier, un soutien sur lequel pouvoir se reposer et c’était ce qu’elle constituait pour lui. Il ne la mettrait pas au courant, se résolut-il. Du moins pas pour le moment. Mais seul, la situation lui paraissait également insurmontable. Il avait besoin de quelqu’un d’autre et même s’il répugnait à l’idée de se reposer sur des gens en qui il n’avait aucune confiance, dont il se méfiait même, il se résolut à honorer la convocation de Dumbledore.

Il se dirigea vers sa commode et farfouilla à l’intérieur, à la recherche de la lettre que lui avait envoyé Dumbledore. Il la relut rapidement avant de griffonner une réponse positive à la requête. Il sortit ensuite de sa chambre et prit la direction de la volière pour envoyer la réponse.

Lorsqu’il revint dans les appartements des préfets-en-chef, il fut surpris de voir Ginny dans la salle commune que lui et Granger partageaient. Elle sourit quand elle l’aperçût et vint à sa rencontre.

« Hermione est en train de m’aider à faire mon devoir de DFCM. » expliqua-t-elle lorsqu’elle croisa son regard interrogatif. « La bibliothèque fermait et comme nous n’avions pas fini, elle m’a proposé de terminer ça ici. »

« Tu aurais pu me le dire, je t’aurais aidé. » dit alors Draco.

« Sans vouloir te vexer, Hermione est la plus disposée à m’offrir son aide. Après tout, c’est elle la meilleure de l’école. »

Draco fronça les sourcils. Il savait bien que Granger était meilleure que lui, mais il n’appréciait pas pour autant qu’on le lui dise.

« Et je ne pense pas que demander à Nathan aurait été très approprié. Je me trompe ? » demanda-t-elle avec un sourire malicieux.

Il se sentit soudainement très irrité à l’évocation du Serdaigle.

« Non, en effet. » lâcha-t-il alors, ses lèvres s’écrasant avidement sur celles de la jeune fille.

Elle répondit immédiatement à son baiser, encerclant son cou de ses bras. Il attrapa sa taille et la serra davantage contre lui. Un « Hum Hum » gêné lui parvint aux oreilles et Ginny s’éloigna immédiatement de lui, mal-à-l’aise. Agacé d’avoir été interrompu dans ses activités, Draco lança un regard noir à Granger qui se tenait à côté de la porte de sa chambre, les bras chargés de livres de cours.

« Je suis désolée mais j’ai trouvé les livres et... » commença à se justifier Granger, les joues rouges.

Draco ne comprit pas sa réaction : elle les avait surprit entre de s’embrasser, ce n’était pas la fin du monde. Ginny lança :

« Non, ça va Hermione. Draco et mois étions juste... »

Elle sembla chercher les mots et Draco acheva sa phrase.

« En train de faire tout ce que les couples font. » déclara-t-il d’une voix traînante. « Quoi Granger, Potter ne t’as jamais embrassé ? »

« Bien sûr que si ! » protesta-t-elle. « C’est juste que... »

« Ce n’est pas grave. » coupa Ginny en lançant un regard réprobateur au Serpentard. « Draco allait partir de toute façon. »

Draco esquissa un sourire arrogant avec de se pencher à nouveau vers elle pour lui donner un baiser passionné, sans se préoccuper de Granger. Lorsqu’il s’éloigna, Ginny parut sur le point de l’attirer à nouveau vers elle mais elle se retint et se tourna à nouveau vers Granger. Celle-ci avait détourné le regard et Draco leva les yeux au ciel avant de rentrer dans sa propre chambre.

Dès le lendemain matin, il reçut une lettre de Dumbledore qui lui fixait un entretien pour le soir même. Draco fronça les sourcils avec perplexité lorsqu’il lut la fin de la lettre. Je collectionne également les cartes de Chocogrenouilles. Qu’est-ce que cela signifiait ? Et quel rapport cela avait-il avec lui ? Draco avait toujours considéré le Directeur comme un vieux dément mais avec cela, sa pensée n’en était que plus renforcée.

Mais lorsqu’il se rendit au déjeuner, un souvenir s’imposa soudainement à lui. Pansy Parkinson lui avait un jour raconté que les mots de passe du bureau de Dumbledore étaient des noms de friandises. Il ne l’avait pas crue, persuadée que ses dires n’étaient rien d’autre que des rumeurs stupides qui circulaient parmi les élèves. Si cela était vrai cependant, la remarque de Dumbledore prenait tout son sens. Dans la soirée, il eut enfin l’occasion d’en avoir le cœur net.

Arrivé devant les gargouilles qui menaient au bureau directorial, il lança un « Chocogrenouilles. » peu assuré en jetant un regard nerveux autour de lui. Il ne voulait pas se rendre ridicule si cela ne fonctionnait pas. Mais les gargouilles se mirent à bouger et un escalier apparut soudainement, le surprenant. Toutefois, il ne s’engagea pas immédiatement, se contentant d’observer les marches avec hésitation. Qu’est-ce qu’il comptait faire ou même dire ? Il ne s’était même pas posé la question. Il finit par se convaincre que venir voir Dumbledore ne l’engageait à rien et il monta l’escalier, chassant toutes ses incertitudes dans un coin de sa tête. Il tapa contre la porte du bureau et celle-ci s’ouvrit seule presque immédiatement. Il entra.

« Ah, Mr. Malfoy. » s’exclama alors la voix de Dumbledore. « Je vous attendais ! »

Draco referma la porte derrière lui et jeta un regard à la pièce. C’était la première fois qu’il y mettait les pieds. Etouffant, fut le premier adjectif qui lui vint en tête pour qualifier le bureau. Il y avait beaucoup d’instruments magiques que Draco n’avait jamais vus dans sa vie et les nombreuses étagères étaient remplies de livres. Les grimoires qui n’avaient pas pu être rangés sur els étagères étaient disposés à même le sol ce qui donnait à la pièce, pourtant très large, une atmosphère oppressante. Il n’eut pas le loisir de continuer son observation de la décoration car Dumbledore lança :

« Prenez place, je vous en prie. »

Draco s’avança d’un pas hésitant mais s’assit tout de même sur la chaise que lui désignait Dumbledore en murmurant un « Bonsoir » à peine audible. Il ne put s’empêcher d’observer ce dernier. Même s’il paraissait très vieux, il y avait dans ses yeux une lueur constamment amusée, une sorte de jeunesse continuelle. Malgré le regard avenant que lui adressait Dumbledore, Draco n’en fut pas plus à l’aise. Il s’était toujours méfié de lui. Mais peut-être Ginny avait-elle raison, peut-être que c’était l’opinion de son père qui en était la cause.

Maintenant qu’il y réfléchissait, beaucoup de ses opinions lui avaient été donné par son éducation. Est-ce qu’il était possible de faire la part des choses entre ce qu’il pensait vraiment et ce qu’il prenait pour sa propre opinion alors que ce n’était que des choses qu’on lui avait appris à croire ?

« Puis-je vous proposer des rafraichissements, Mr. Malfoy. ? »

Draco hocha vaguement de la tête et observa le Directeur tandis qu’il s’affairait pour lui servir à boire.

« Merci. » dit-il d’une voix neutre lorsque Dumbledore lui tendit un verre.

Il s’en saisit et vida le contenu dans sa gorge, prit d’une soudaine anxiété. Cela sembla lui faire le plus grand bien. Il se détendit.

« Lors de sa dernière visite, Miss. Weasley m’a expliqué la situation dans laquelle vous vous trouver actuellement. » expliqua Dumbledore. « Et comme elle a sûrement dû vous l’expliquer, je suis très disposé à vous aider. »

Draco acquiesça, sans répondre.

« Les périodes que nous traversons sont difficiles et il faut beaucoup de courage pour se dresser contre certaines opinions. » continua Dumbledore.

Une expression sceptique s’installa sur les traits de Draco. Sa visite ici n’avait rien à voir avec du courage. Il était loin d’être brave. Dumbledore sembla comprendre son air dubitatif.

« Croyez-le ou non, votre présence ici est un acte de courage. Peut-être est-il dicté par des intentions latentes mais vous êtes là aujourd’hui, c’est un fait. » dit-il d’un ton assuré.

Si vous le dîtes, pensa Draco.

« Je peux comprendre qu’il soit difficile pour vous de discuter de votre situation mais sachez que pour vous fournir la meilleure aide possible, j’aurais besoin de votre coopération. Vous comprenez ? »

« Je comprends. » répondit alors Draco à contrecœur, comme si ces mots étaient une véritable torture.

Dumbledore lui adressa un sourire bienveillant qui, à défaut d’encourager Draco, le mit plutôt encore plus mal-à-l’aise.

« Alors que voulez-vous savoir ? » dit-il toutefois.

« Votre initiation a-t-elle été planifiée officiellement ? » interrogea Dumbledore avec sérieux.

Draco hocha la tête.

« J’ai reçu une lettre hier et...Je suis censé devenir officiellement Mangemort dans trois mois, dès les prochaines vacances. » avoua-t-il.

Le Directeur l’observa avec gravité et Draco ne put déterminer si cela était une bonne chose ou pas.

« Avez-vous déjà formulé une réponse ? » interrogea Dumbledore. « Enfin le terme n’est peut-être pas approprié. »

« Non. » fit Draco. « Et comme vous le dites, ma réponse n’a pas tellement d’importance puisque ce n’est pas un choix qui m’est proposé. »

« La situation est donc plus imminente que je le croyais. » murmura Dumbledore pour lui-même.

Il sembla plongé dans de grandes réflexions et Draco attendit patiemment qu’il sorte de ses pensées.

« Pour le moment, il serait préférable que vous n’envoyiez rien à votre famille. » dit enfin Dumbledore. « Le temps pour nous de mettre certaines choses en place ? »

« Quels genres de choses exactement ? » questionna Draco en fronçant les sourcils. « Ecoutez, si vous voulez que j’adhère à l’Ordre du Phénix... »

« C’est-ce que vous voulez ? » coupa le Directeur.

« Justement, non. » déclara Draco d’un ton sec qu’il ne l’aurait voulu. « Ce n’est pas parce que je ne veux pas suivre Vous-Savez-Qui que je vais vous laisser m’enrôler dans votre organisation. »

A cela, Dumbledore eut un sourire.

« Vous êtes l’un des neutres, Mr Malfoy ? »

« Neutre ou autre, appelez ça comme vous le voulez. Tout ce que je souhaite c’est de ne pas entrer dans un conflit qui ne m’intéresse pas et qui aura pour fin certaine ma mort. »

Il voulait juste rester en vie et garder celle qu’il aimait à ses côtés. Mis à part cela, il se fichait complètement de tout le reste. C’était peut-être égoïste et intéressé mais en dehors de ses propres intérêts, il n’avait que faire du reste.

« Je ne m’attendais à rien autre que cela de votre part Mr. Malfoy. » dit Dumbledore avec satisfaction, comme si avoir prédit la réaction de Draco constituait quelque chose de particulièrement réjouissant.

Il se leva d’un bond et se dirigea vers un meuble à tiroirs près de son bureau. Draco le suivit des yeux, perplexe. Dumbledore sembla chercher quelque chose et quelques instants plus tard, il sortit un vieux parchemin défraichi par le temps et le parcourut rapidement des yeux. Alors que Draco s’attendait à des explications, le Directeur lança simplement.

« Vous pouvez vous en aller, Mr. Malfoy. Je ne voudrais pas vous retenir trop longtemps. »

« C’est tout ? » dit Draco avec surprise avant de pouvoir se retenir. « Je croyais que vous alliez m’aider. »

« Mais je vais vous aider Mr. Malfoy. J’ai même déjà commencé à vous aider. » assura-t-il sans quitter son parchemin des yeux.

« Je ne comprends pas... » continua Draco avec confusion.

« Vous comprendrez bien vite Mr. Malfoy. Je vous enverrais un hibou dans la semaine pour fixer la date de notre prochaine entrevue. » signala Dumbledore avant de se diriger vers sa cheminée.

Draco lui jeta un dernier regard perplexe avant de quitter le bureau. Cet homme est fou, pensa-t-il alors qu’il se dirigeait vers les appartements des préfets-en-chef. Cet entretien ne lui avait pas paru réellement utile. Allait-il vraiment l’aider ? J’ai même déjà commencé à vous aider, avait-il dit. Mais Draco restait assez sceptique. Avait-il raison de se reposer sur cet aliéné ? Il secoua la tête, dépassé. La situation devenait désespérante.

Il se demanda vaguement si Ginny viendrait le voir ce soir. Il n y avait qu’avec elle qu’il parvenait à penser à autre chose qu’à ses problèmes. Elle était une source d’apaisement. Aujourd’hui il avait vraiment besoin d’elle. A son grand déplaisir ce n’était pas la rousse qui l’attendait devant le portrait des préfets-en-chef mais Blaise Zabini.

Blaise et ses suspicions étaient passés au second plan depuis quelques temps. Il savait qu’il avait promit à Ginny de s’en occuper mais ses problèmes personnels ne lui avaient par permis de le faire. Il décida qu’il était plus que temps de mettre un terme au problème.

« Blaise, qu’est-ce que tu fais ici ? » interrogea-t-il lorsqu’il fut arrivé à sa hauteur.

Il n’avait même pas pris la peine de dissimuler son agacement. Blaise se contenta de sourire et lança :

« Je voulais te parler. »

« Et ça ne pouvait pas attendre ? »

« Il semble que ta vie personnelle t’occupe constamment en ce moment mais n’as-tu pas quelques minutes à accorder à un ami qui aimerait avoir de tes nouvelles ? » insista Blaise avec moquerie.

« Ce n’est pas pour ça que tu es venu ici et toi et moi le savons très bien, Blaise. » répliqua Draco avec lassitude.

Le sourire de Blaise s’agrandit et il eut un rire amusé.

« Tu as raison. Puis-je rentrer ? » demanda-t-il alors, semblant retrouver son sérieux.

« Cinq minutes. » concéda Draco en lui lançant un regard méfiant.

« Ça sera amplement suffisant. » assura Blaise tandis qu’il suivait Draco à l’intérieur de la salle commune des préfets-en-chef.

Draco se dirigea directement sur un sofa, irrité. Son entrevue avec Dumbledore l’avait profondément agacé et il n’avait qu’une envie : se changer et s’affaler sur son lit.

« Alors ? » demanda-t-il à Blaise après que celui-ci eut également pris place sur un fauteuil.

« Dans le cadre de ma satisfaction personnelle, j’ai mené mon investigation concernant toi et Weasley. » expliqua Blaise.

Draco leva un sourcil.

« Hélas, je n’ai pu établir aucune preuve solide pour le moment. » ajouta Blaise avec un sourire, comme si l’idée de n’avoir rien trouvé était amusante.

« Dans ce cas, que fais-tu ici ? » questionna sèchement Draco.

« J’ai décidé de baser ma stratégie sur le hasard. »

« Qu’est-ce que tu veux dire ? » fit Draco, perplexe.

« Patience, Draco. » assura Blaise.

Il s’installa plus confortablement sur le fauteuil et poursuivit :

« Je viens d’envoyer une lettre à Weasley dans laquelle je me faisais passer pour toi en lui demandant de venir au plus vite. S’il n’y a rien entre vous, pourquoi se déplacerait-elle après tout ? »

Draco ne répondit pas. Blaise n’était rien d’autre qu’un idiot qui se prenait pour le plus intelligent de tous et pensait pouvoir tromper tout le monde. Ginny serait capable de reconnaitre son écriture. A moins que...

« Inutile d’ajouter que j’ai reproduis ton écriture sur le parchemin. Je suis sûre qu’elle n’y verra que du feu. »

Draco s’empêcha de jurer. Il se détendit en se disant qu’elle soupçonnerait peut-être le piège. Après tout, il n’envoyait jamais de missive pour se fixer de rendez-vous. Elle venait toujours à l’improviste ou ils profitaient d’un moment d’inattention de ceux qui les entouraient pour communiquer.

« J’ai peut-être aussi mentionné que tu avais de graves problèmes. J’imagine que ça la fera accourir. Sauf si mes suppositions se révèlent être fausses, ce dont je doute fortement. »

Il avait l’air extrêmement sûr de lui et Draco ne put que l’admirer. Il avait vraiment pensé à tout. Draco espérait simplement que Ginny ne tomberait pas dans le piège. Mais si elle le faisait, cela serait tout à fait compréhensible. Blaise était malin et il le savait.

Soudain Zabini se releva et Draco eut l’infime espoir qu’il avait abandonné son projet et songeait à partir. Mais Blaise lança :

« Si, effectivement elle ne vient pas, je laisserai tomber et je vous laisserai tranquille. »

Il se dirigea vers la porte et Draco l’observa, une soudaine panique le submergeant. Il n’osait rien faire, craignant de s’attirer encore plus les suspicions de son condisciple.

« L’heure du verdict. » dit soudainement Blaise en lançant un regard à sa montre. « Elle ne devrait pas tarder.

Il ouvrit la porte et recula légèrement derrière, de façon à ne pas être vu si quelqu’un entrait. Les secondes qui passèrent semblèrent être une éternité pour Draco. Les battements de son cœur s’étaient accélérés. Il aurait tellement voulu être capable de communiquer avec Ginny par la pensée, de le lui dire de ne pas venir, de rester dans sa salle commune.

Il sut qu’il était perdu lorsqu’il vit soudainement une chevelure rousse apparaître devant la porte. Ginny, visiblement essoufflée, entra dans la pièce et lui adressa un regard affolé.

« Draco, qu’est-ce qui se passe ? J’ai reçu ta lettre. » dit-elle d’une voix paniquée.

Et avant qu’il ne puisse esquisser le moindre geste ni prononcer le moindre mot, elle fut sur lui et prit ses mains dans les siennes. Draco tourna alors les yeux vers Blaise, qui était toujours en retrait et qui observait la scène avec un mélange de surprise et de satisfaction extrême. Ginny sembla se rendre compte que quelque chose n’allait pas et elle suivit son regard. Lorsqu’elle elle vit Blaise, ses yeux s’agrandirent. Elle s’éloigna immédiatement de Draco. Mais la lueur dans les yeux de Blaise lui apprit qu’il était déjà trop tard. Un sourire suffisant se dessina sur les lèvres de celui-ci.

« Intéressant. » commenta-t-il.

Fin du Chapitre.

End Notes:

Je ne dirais rien sur la fin de ce chapitre, je vous laisse le loisir de commenter ^^
Pour revenir à ma note du début, ce chapitre a pris du temps à arriver, je sais, mais je voulais absolument garder de la crédibilité dans les évènements. J’avais vraiment peur de tomber dans l’incohérence, notamment en ce qui concernait Draco. Du genre, il abandonne comme par magie sa famille pour entrer dans L’OdP juste pour l’amour de Ginny. Je sais qu’ils s’aiment vraiment mais cela n’empêche pas les remises en question.
Bon, ils sont constamment confrontés à des obstacles mais c’est ce que j’adore avec l’idée de ce couple.
Désolée encore d’avoir été aussi longue, j’espère que vous n’êtes pas tous passés à quelque chose d’autre en route !
Et puis je viens de capter que cette fic avec été selectionnée dans la catégorie Draco/ Ginny ce qui m'a vraiment fait plaisir !

J’attends vos reviews !

Chapitre 16 by Black Lagoon
Author's Notes:

Note de l’Auteur : De longues années d’absence. Mais je ne pouvais pas me résoudre à abandonner cette fanfiction sur mon One True Pairing Draco/Ginny. Je reviens donc afin de la terminer. Bonne lecture !


 

 

Chapitre XV

«Intéressant» commenta Zabini.

Ginny observa la scène qui se déroulait devant elle, sans comprendre. Elle avait reçu une lettre dans laquelle Draco expliquait qu'il avait un problème urgent et qu'ils devaient impérativement se voir.

Sans se poser de questions, elle avait alors accouru. A présent, c'était face à Zabini qu'elle se retrouvait et, au vu de l'expression victorieuse présente sur son visage, elle réalisa qu'il savait.

Elle jeta un regard peu assuré en direction de Draco et put lire sur ses traits qu'il en était arrivé à la même conclusion.

« Je le savais» poursuivit Zabini, dont le rictus s'élargit. « Je savaisque j'avais raison. »

Il paraissait jubiler.

« De quoi tu parles ? » interrogea Ginny, dans une vaine tentative pour démentir.

Toutefois, la panique était visible dans sa voix, malgré ses efforts pour la dissimuler.

« Ne nie pas l'évidence, Weasley. » lança Zabini avec un sourire arrogant.

Ginny se tourna à nouveau vers Draco, cherchant son assistance. Mais celui-ci se laissa tomber dans le fauteuil, l'air résigné.

« Ça ne sert à rien Ginny. » dit-il. « Il sait. »

« Comment peut-il être au courant ? Tu lui as dit ? » interrogea Ginny.

« Bien sûr que non. » répliqua Draco. « Pourquoi aurais-je fait cela ? »

« Dans ce cas, comment peut-il savoir que nous... » commença-t-elle.

« J'aideviné, Weasley, voilà tout. » coupa Zabini avec agacement. « Et j'apprécierai fortement que vous arrêtiez de parler de moi comme si je n'étais pas dans cette pièce. »

Ginny laissa ses bras retomber le long de son corps, impuissante. Elle faisait désormais face à l'une de ses pires craintes, celle d'être découverte. Elle avait toujours su que cet instant surviendrait mais elle n'avait eu de cesse de le repousser en mettant en œuvre des spectacles de discrétion. Ses meilleures amies étaient au courant certes, mais elle avait entièrement confiance en elles. Ces dernières savaient à quel point sa relation avec Draco était importante à ses yeux. Elles l'avaient toujours soutenue même si elles n'approuvaient pas, Sugar notamment. Quant à Hermione, quel intérêt avait-elle à raconter à tout le monde qu'ils étaient ensemble ?

S'il y avait une chose dont elle était sûre, cependant, c'était qu'elle ne plaçait aucune confiance dans le Serpentard qui se trouvait face à elle. Chose plus alarmante encore, lorsqu'elle vit son expression satisfaite, elle réalisa que lui n'aurait aucun scrupule à répandre l'information.

« Qui aurait cru qu'un Malfoy et une Weasley finiraient ensemble ? » lança Zabini avec un sourire goguenard. « Avant ce jour, pas moi en tout cas. »

Il se dirigea vers un fauteuil dans lequel il s'installa à son aise et demanda :

« Alors, depuis combien de temps ça dure ? Des semaines ? Des mois ? »

« Je ne vois pas en quoi ça te concerne Zabini ! » rétorqua Ginny.

Elle n'arrivait pas à croire qu'il ait le culot de leur poser de telles questions.

« Tout doux, Weasley. Tu n'es pas en position de me refuser quoi que ce soit. » lança Zabini d'une voix froide, perdant son sourire.

Et son air menaçant prouva à Ginny à quel point il ne plaisantait pas. Mais cela n'était guère l'affaire de la jeune fille. S'il pensait pouvoir l'effrayer avec ses menaces à peines voilées, il se trompait lourdement. Elle n'était certainement pas prête à se laisser intimider par un type dans son genre.

« Pour qui tu te prends au juste ? » demanda-t-elle avec un regard noir.

La voix de Draco s'éleva alors :

« Ginny. »

Il avait parlé d'une voix calme mais elle le connaissait assez pour savoir qu'il y avait quelque chose d'autre dissimulé dans sa voix. Il ne voulait pas qu'elle emprunte cette route avec Zabini. Elle ravala sa réplique acerbe et soupira de frustration. Frustration qui grandit davantage lorsque Zabini émit une exclamation amusée, comme s'il avait saisi ce qui venait de se passer. Il semblait se délecter de la situation.

« Alors, combien de temps ? » insista-t-il.

« Plusieurs mois. » répondit simplement Draco.

Ginny jeta un regard interloqué dans sa direction, se demandant pourquoi il acceptait de répondre à Zabini. Draco l'ignora et une lueur d'incompréhension apparut dans les yeux de Ginny. S'il avait quelque chose en tête, elle voulait être au courant. En effet, la situation prenait une tournure qu'elle n'appréciait guère.

« Eh bien ! Je suis curieux de savoir comment vous vous êtes débrouillés pour rester aussi discrets pendant tout ce temps. »

Ginny voulut lui rétorquer que cela ne faisait en aucun cas parti de ses affaires mais elle resta silencieuse.

« Enfin, votre plan n'avait rien d'infaillible, en voici la preuve aujourd'hui. » continua-t-il.

« Qu'est-ce que tu comptes faire ? » ne put s'empêcher de demander Ginny.

Elle ignora le regard menaçant de Draco qui tentait de la faire taire. Une lueur joueuse apparut dans les iris sombres de Zabini.

« Je ne sais pas encore. Peut-être que je le révélerai accidentellement à Pansy. Elle trouvera ça sûrement très divertissant. » dit-il avec amusement.

Il guetta attentivement la réaction de Ginny, cherchant sans doute à l'énerver. Tout le monde savait que si Pansy Parkinson apprenait une nouvelle de la sorte, toute l'école serait au courant dans l'heure qui suivrait.

« Tu ne peux pas faire ça. » protesta-t-elle avec anxiété.

« Vraiment ? » lança Zabini d'un ton ouvertement moqueur. « Et tu crois que tu peux m'en empêcher, peut-être ? »

Le trouble de Ginny avait l'air de beaucoup l'amuser.

« Espèce de... »

Mais elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase car Draco attrapa son poignet d'un geste rapide et l'attira à ses côtés sur le fauteuil.

« Qu'est-ce que... » commença Ginny.

« Ginny, tu es en train de nous enfoncer, arrête. » ordonna-t-il, dans un murmure, près de son oreille.

« Salazar, si je n'étais pas sûr d'être réveillé, je croirais être en train de rêver. » commenta Zabini.

Il se fit à nouveau gratifier d'un regard noir de la part de Ginny mais avant que l'un d'eux n'ait pu dire quoi que ce soit, l'entrée de la salle s'ouvrit plus encore, laissant apparaître Hermione Granger. Une mine effarée s'installa sur son visage à la vue de la scène qui se présentait à elle.

« Quelqu'un peut-il m'expliquer ce qu'il se passe ici ? » demanda-t-elle en les fixant tour à tour.

Draco leva les yeux au ciel, Ginny haussa les épaules et ce fut Zabini qui se chargea de répondre à sa question :

« Tu arrives juste au bon moment, Granger. » dit-il. « Vois-tu, je viens de découvrir que ces deux-là sont ensemble. »

Les yeux d'Hermione s'agrandirent et Zabini eut un sourire satisfait, pensant sans doute que la surprise de la préfète-en-chef était due à sa récente découverte.

« Surprenant, n'est-ce pas ? J'imagine que les autres élèves de l'école feront la même tête que toi quand ils l'apprendront. » déclara-t-il en jetant un regard appuyé à Ginny.

Cette dernière sentit la colère lui monter à la tête et elle s'apprêta à lancer une série d'insultes à l'adresse de Zabini mais la poigne de Draco sur son bras l'en dissuada.

« Et pourquoi devraient-ils le savoir ? » interrogea Hermione d'une voix posée, sa surprise passée.

Elle avait visiblement saisi toute l'ampleur du problème.

« Parce que tu crois que je vais garder ça pour moi ? Ce serait tellement égoïste de ma part. Et puis je t'avoue que je suis impatient à l'idée de pouvoir raconter que je suis l'auteur de cette découverte. » déclara Zabini.

« Tu ne peux pas faire ça. » lança Hermione, d'une voix mesurée.

« Et pourquoi cela ? » questionna Zabini avec un rire moqueur.

Il adressa un regard sceptique à Hermione.

« Parce que je te le demande. » poursuivit Hermione.

« Et depuis quand dois-je prendre en compte tesdemandes, Granger ? » demanda sèchement Zabini.

« Depuis que tu as une dette envers moi. » expliqua simplement Hermione. « Est-ce que je dois te rappeler ce que j'ai fait pour toi Zabini ? »

Dans sa voix, pourtant calme, Ginny put déceler des menaces à peine déguisées. Zabini cessa immédiatement de rire et sa mine s'assombrit. Hermione et lui semblèrent partager une conversation silencieuse. Ginny se retourna vers Draco, l'air effarée, et elle comprit dans son regard que ce qui se passait le rendait lui aussi perplexe. Elle se tourna à nouveau vers Zabini et Hermione qui n'avaient pas rompu le contact visuel.

« Excusez-moi, mais de quoiêtes-vous en train parler exactement ? » lança-t-elle.

« Zabini sait très bien de quoi je parle lui, n'est-ce pas ? » interrogea Hermine avec insistance, adressant un regard entendu en direction de Zabini.

« Je le sais bien Granger, alors inutile d'insister dessus devant eux. » répliqua Zabini d'une voix glaciale, une lueur sombre passant dans ses yeux. « Et puis-je me permettre de te demander ce que ton silence va me coûter ? »

« Contente-toi ne pas ébruiter ce que tu viens d'apprendre et je ferai de même de mon côté. » assura Hermione.

Zabini la jaugea quelques instants avant de déclarer :

« Je ne savais pas que des gens comme toi pouvaient pratiquer le chantage. C'est tellement Serpentard de ta part. »

Hermione lui lança un regard des plus méprisants.

« Pour m'adapter à des gens comme toi, je suis forcée m'abaisser à leur niveau et d'utiliser les mêmes méthodes que les leurs. » dit-elle avec froideur. « Et désolée si ça ne plaît pas à ton égo surdimensionné, Zabini. »

Ce dernier la jaugea quelques secondes, se demandant sûrement si elle était réellement sérieuse ou s'il ne s'agissait qu'un simple coup de bluff. Il sembla se convaincre qu'elle ne plaisantait pas car il se leva.

« Tu as gagné Granger, je ne dirai rien. » annonça-t-il alors. « Mais ça finira par se savoir, que je parle ou non. »

« N'essaye pas de tricher Zabini parce que je le saurais. » menaça Hermione.

Un sourire cynique s'esquissa sur les lèvres du Serpentard. Il se tourna alors vers Ginny qui avait suivi la scène avec effarement.

« On dirait qu'on a de la chance, Weasley, pas vrai ? »

Et avec un dernier regard hautain, il quitta la pièce sans rien ajouter. Ginny, en le voyant disparaitre, sentit un poids énorme s'évaporer de sa poitrine et elle soupira de soulagement. Elle se tourna vers Hermione et déclara :

« Je ne sais vraiment pas comment te remercier pour ça, Hermione. »

Elle n'arrivait toujours pas à croire ce qui venait de se passer. Dès qu'elle avait vu Zabini dans la pièce, elle avait cru que tous ses efforts pour garder sa relation avec Draco secrète allaient s'évaporer. Elle avait été persuadée que Zabini se précipiterait de répandre la nouvelle à toute l'école une fois sorti de la pièce. Sans doute l'aurait-il fait si Hermione ne l'avait pas menacé. La conversation que Zabini et cette dernière avaient eue l'intriguait particulièrement. Que savait-elle sur lui qui lui permettait de pouvoir lui faire un tel chantage ?

« Il n'y a pas de quoi, je t'assure. » répondit Hermione d'un ton sombre. « Ça faisait un moment que je voulais lui fermer le clapet. »

« Mais de quoi parliez-vous ? Que sais-tu sur lui ? » insista la rousse.

« Longue histoire. » déclara-t-elle simplement, ne souhaitant visiblement pas s'expliquer davantage.

Elle rumina ensuite des paroles incompréhensibles à propos de Zabini et de son « arrogance exceptionnelle » avant de disparaître dans sa chambre.

Ginny se laissa aller contre le dos du fauteuil, soulagée.

« C'était vraiment trop bizarre. » dit-elle à l'adresse de Draco. « J'ai vraiment cru que c'était la fin. »

Ce dernier se contenta d'acquiescer distraitement.

« De quoi parlaient-ils à ton avis ? »

« Je n'en ai pas la moindre idée. Mais Granger doit savoir des choses compromettantes sur Blaise. Il n'aurait jamais flanché aussi facilement. » déclara-t-il.

« Merlin tout cela est de ma faute. » gémit-elle d'une voix plaintive, cachant son visage dans ses mains. « J'ai vraiment été stupide. »

« Il avait bien préparé son coup. Tu n'aurais pas pu savoir. »

« J'aurai pu si seulement j'avais réfléchi. Mais sur le coup, j'ai vraiment cru qu'il se passait quelque chose et je n'ai même pas hésité à venir. » avoua-t -elle. « Merlin, je suis tellement désolée, Draco. »

« Cesse de t'en vouloir, ça ne sert à rien. » dit Draco pour tenter de l'apaiser.

Elle secoua la tête, ne semblant pas convaincue.

« Tu dis ça uniquement pour que je ne m'en veuille pas. » l'accusa-t-elle.

Il lui attrapa les poignets, l'empêchant de se couvrir le visage et la força à le regarder.

« Ce n'est pas de ta faute, Ginny. » insista-t-il. « Et nous savions tous les deux que cela finirait par arriver. »

« Je le sais bien. » répondit Ginny d'un ton impuissant. « Mais je pensais que ça passerait autrement, pas de façon si abrupte et...incontrôlable. »

« Je suis persuadé que Blaise n'aurait rien dit à qui que ce soit. »

Ginny lui adressa un regard choqué.

« Tu l'as bien vu, Draco. Il comptait tout raconter ! Si Hermione ne l'avait pas... »

« Non, il était simplement en train de te chercher. Il savait pertinemment qu'il parviendrait à te mettre en colère s'il agissait ainsi. Il adore avoir le contrôle sur les autres et ta réaction typiquement Gryffondor n'a fait que le conforter dans ce qu'il faisait. » expliqua Draco.

« Ma réaction typiquement Gryffondor ? » répéta Ginny. « Excuse-moi mais j'ai eu comme l'impression que j'étais la seule à essayer de ne pas nous faire démasquer devant Zabini. »

« La cause était perdue, il savait. Je n'avais pas d'autres solutions que d'aller dans son sens. »

« Oui mais de là à révéler des informations qui ne le regarde pas, ça va un peu loin tu ne trouves pas ? »

« Tu ne le connais pas comme je le connais. Si tu essayes de lui mentir alors que la vérité est évidente, il le prend comme une insulte à son intelligence. Le provoquer n'avait aucun intérêt. »

Ginny croisa les bras, sans conviction.

« Si tu le dis. » céda-t-elle.

« Je vais quand même lui parler pour m'assurer qu'il gardera ça pour lui. Je ne sais pas quelle information Granger possède sur lui, mais elle a l'air assez conséquente alors je vais tenter de jouer sur ça. D'accord ? » demanda-t-il avec un regard interrogatif.

« D'accord. » répondit finalement Ginny.

Elle jeta un regard anxieux vers la porte, comme si elle s'attendait que Zabini entre à nouveau, puis déclara :

« Je devrais peut-être retourner dans ma salle commune. Je suis partie sans donner aucune raison, ils doivent sûrement se demander où je suis passée. »

Draco acquiesça et elle lui adressa un faible sourire avant de quitter la pièce. Draco se leva à son tour et se dirigea vers la porte de la chambre de Granger, tapant brièvement contre celle-ci. La porte s'ouvrit quelques secondes plus tard. Lorsque Granger le vit, ses yeux s'agrandirent de surprise. Elle ne s'attendait visiblement pas à ce qu'il vienne lui parler.

« Malfoy ? » dit-elle avec étonnement. « Que se passe-t-il ? Où est Ginny ? »

Elle jeta un regard derrière son épaule, en quête d'une trace de sa condisciple.

« Elle est rentrée dans sa salle commune. » expliqua Draco avec lassitude. « C'est à toi que je voulais parler. »

« Oh. » dit-elle simplement en lui lançant cependant un regard curieux, visiblement étonnée.

« Je voulais te remercier pour ce que a tus dit à Zabini. »

Granger parut alors encore plus surprise et Draco réprima son envie de l'insulter. Lui dire cela le piquait suffisamment dans sa fierté et l'air qu'elle affichait faisait rapidement grimper son irritation.

« Qu...quoi ? » demanda-t-elle, la bouche grande ouverte.

« Oui, tu as bien entendu Granger. » dit-il avec impatience. « Et non, je ne le répéterais pas. »

« Je suis surprise, c'est tout. » répondit-elle en haussant les épaules.

Draco l'ignora et poursuivit :

« Je ne sais pas ce que tu sais sur Blaise, d'ailleurs ça ne m'intéresse pas. Si je viens te remercier, c'est uniquement parce que je n'aime pas devoir quelque chose à quelqu'un, pas parce que je te suis d'une quelconque manière reconnaissant. Après tout, je ne t'ai rien demandé. »

« Eh bien, de rien. » dit Granger avec un léger sourire.

« Ne te fais pas d'illusions, Granger. Je ne t'aime pas. Si je m'adresse à toi c'est uniquement parce que tu es amie avec Ginny. » déclara-t-il.

« Je ne me fais aucune illusion Malfoy, rassure-toi. » répondit Granger d'une voix égale. « Et pour ton information, sache que je partage les mêmes sentiments à ton égard. »

« Parfait, dans ce cas. » dit Draco.

Il la gratifia d'un dernier regard impérieux avant de s'éloigner.

/

Ginny retourna dans sa salle commune encore agitée par ce qui venait de se passer. Les paroles rassurantes de Draco n'étaient pas parvenues à l'apaiser. Elle était persuadée que Zabini dirait ce qu'il savait, en dépit des menaces d'Hermione. Après s'être engouffrée dans le trou du portrait, elle se dirigea vers ses amis qui ne lui posèrent pas de questions sur son départ précipité, quelques instants auparavant. Elle leur en fut intérieurement reconnaissante. Aaron racontait une anecdote et aux mines amusées qu'affichaient ses amis et aux gloussements de Leah, celle-ci paraissait très drôle. Malgré toute la motivation qu'elle mit à se concentrer sur ce que disait son ami, elle n'y parvint pas, trop occupée à se triturer les mains, nerveuse. Elle sortit de sa torpeur lorsque la voix de Sugar s'éleva.

« Ginny, tu peux m'accompagner dans le dortoir ? Il y a quelque chose que je voudrais te montrer. »

La rousse se tourna vers son amie et comprit que celle-ci avait remarqué son trouble. Elle acquiesça puis se leva à la suite de son amie. Elle sentit le regard inquisiteur de Leah sur elle mais elle l'ignora. Elle suivit Sugar dans les escaliers et dès qu'elles furent dans le dortoir des filles, elle se laissa choir sur son lit.

« Que se passe-t-il ? » demanda Sugar, aussitôt qu'elle eut refermé la porte derrière elles.

Ginny, résignée, lui rapporta les événements qui s'étaient déroulés quelques instants auparavant. Sugar l'écouta avec attention alors qu'elle lui relatait l'altercation avec Zabini. Elle parut très surprise lorsqu'elle apprit les menaces d'Hermione. Lorsque Ginny termina son récit, elle lâcha d'une voix amusée :

« Granger a vraiment dit ça à mon cousin ? »

Ginny hocha la tête.

« Eh bien, elle n'a pas froid aux yeux ! » dit Sugar avec un léger rire.

Elle jaugea Ginny du regard quelques secondes avant de poursuivre :

« Franchement Ginny, je trouve que tu t'en fais un peu trop pour rien. »

Ginny lui lança un regard effaré.

« Merlin, c'est une plaisanterie ? » s'exclama-t-elle.

Qu'avaient-ils tous à lui dire cela ? Etait-elle la seule à avoir les idées claires ici ?

« Je suis sérieuse, Ginny. Les menaces de Granger ont visiblement fait leur effet donc ce ne serait pas dans son intérêt de vous dénoncer. Sérieusement, pourquoi ferait-il cela ? »

« Sans doute parce qu'il ne m'aime pas. Je te rappelle que, pour lui, je ne suis qu'une stupide Weasley traitre à son sang. Et il l'a dit lui-même, il se ferait un plaisir de raconter à tout le monde que c'est lui qui a fait cette découverte ! » répliqua Ginny

Cela lui semblait pourtant évident. Elle ne voyait vraiment pas pourquoi Sugar et Draco étaient autant persuadés que Zabini ne dirait rien. Pour elle, il n'était qu'un arrogant égoïste dont l'amusement personnel semblait passer avant tout.

« Tu oublies qu'il est ami avec Malfoy, Ginny. Crois-moi, Blaise peut être beaucoup de choses, mais ce n'est pas un traître sans cœur. » assura Sugar.

« J'ai vraiment du mal à le croire. Si tu savais comme il a agi... »

« Il ne dira rien. » persista obstinément son amie.

« Merlin, suis-je la seule à être lucide, dans ce château ? D'abord Draco, ensuite toi. Merlin, est-ce que Zabini vous a jeté un sort pour que vous ne vous méfiiez pas de lui ? » questionna Ginny avec irritation.

« Crois-moi, il m'irrite autant que toi. Mais, j'ai fini par comprendre comment il fonctionnait. » déclara Sugar. « Et je suis plus lucide que toi Ginny. »

La rousse lui adressa un regard noir et son amie éclata d'un rire franc. Elle s'installa à ses côtés, l'enveloppant dans une demi étreinte pour la rassurer.

« Je n'ai pas envie de paraître prétentieuse, mais comme le temps l'a prouvé, j'ai souvent raison. Et pour une fois, je suis d'accord avec ce que pense Malfoy. » ajoute-t-elle.

Ginny finit par abandonner, mais non sans lâcher un soupir contrarié. Elle ne savait pas pour quelle raison ils semblaient autant sûr d'eux quant à ce que ferait Zabini mais être constamment sur le qui-vive commençait sérieusement à la fatiguer. Elle se rangerait cette fois dans leurs rangs, sans grande conviction cependant.

La discussion se détourna alors sur un sujet plus banal et lorsque, quelques minutes plus tard, Leah vint les rejoindre, Ginny se rendit compte à quel point elle était heureuse d'avoir des amies sur qui compter. Ces dernières l'avaient toujours soutenue, et si elle craignait les réactions de sa famille lorsqu'ils apprendraient sa relation avec Draco, elle savait au moins que ses amies seraient toujours là pour elle.

Le lendemain, Ginny fut surprise lorsque Draco l'intercepta juste après son cours de Runes. Le professeur venait de leur donner une interrogation et Ginny trouvait qu'elle ne s'en était pas sortie aussi bien qu'elle l'aurait pu. Elle marmonnait pour elle-même, irritée par le travail qu'elle venait de rendre. L'Etude des Runes était l'un de ses cours préférés et elle n'aimait pas avoir de mauvaises notes dans cette matière.

Elle sursauta lorsqu'elle sentit une main saisir son poignet. Toutefois, lorsqu'elle fut attirée dans une étreinte ferme et qu'elle reconnut l'odeur de Draco, elle se détendit. Elle se laissa même aller à un baiser profond quand il posa les lèvres sur les siennes. Elles savaient qu'ils étaient seuls. Le cours de Runes se déroulait dans un coin un peu perdu du château et elle avait été la dernière à rendre son devoir et à sortir de la pièce, voulant profiter de chaque minute du temps imparti. Elle était tout de même étonnée de voir à quel point Draco savait quand et où venir lui parler pendant les heures de cours. Il semblait connaitre son emploi du temps par cœur.

« Que se passe-t-il ? » demanda-t-il quand il rompit leur baiser, voyant la moue ennuyée qu'elle affichait.

« J'ai raté mon devoir de Runes. » répondit-elle.

« Je suis sûr que tu as réussi. » répondit Draco. « Tu adores ça. »

Ginny haussa les épaules.

« Si tu avais vu ce que j'ai rendu, tu n'en serais pas aussi persuadé, je te le garantis. » persista-t-elle. « Je suis vraiment nulle en ce moment. J'ai l'impression de rater tout ce que je fais. »

Draco l'embrassa à nouveau, plus intensément cette fois, et ce fut suffisant pour que Ginny oublie momentanément son irritation.

« Pourquoi es-tu venu jusqu'ici ? » questionna-t-elle lorsqu'ils se furent une nouvelle fois séparés.

« Je dois aller voir Dumbledore ce soir, et je veux que tu viennes avec moi. » répondit-il.

Ginny ouvrit de grands yeux.

« Vraiment ? » demanda-t-elle avec surprise. « Tu veux que je vienne avec toi ? »

« Disons que Dumbledore a suggérédans sa lettre que je devrais t'emmener avec moi. » rectifia Draco avec ennui.

Elle savait qu'il n'aimait pas qu'on lui donne des ordres, surtout quand ceux-ci émanaient de gens comme Dumbledore.

« Et toi, c'est ce que tu veux ? » insista Ginny.

« Tout ce qui m'empêchera de me retrouver seul en compagnie de ce vieux fou. » répondit Draco d'une voix traînante, ce qui provoqua le rire de la jeune fille.

« Très bien, dans ce cas. » concéda-t-elle.

Il desserra son étreinte et ils poursuivirent leur marche côte à côte jusqu'au premier croisement qu'ils rencontrèrent.

« A plus tard Draco. » lança Ginny alors qu'elle s'éloignait.

« A ce soir, princesse. » dit Draco tandis qu'il prenait la direction opposée.

Il descendit tous les étages pour se retrouver dans les sous-sols du château. Lorsqu'il atteint la porte dissimulée par un mur de pierre froide et humide, il murmura le mot de passe et s'engouffra à l'intérieur de la salle commune. Il y avait seulement une dizaine d'élèves dans la pièce, ce qui étonna Draco. La plupart des cours de la journée étaient terminés et c'était habituellement une heure où les élèves affluaient dans la pièce.

Il jeta un regard circulaire à la pièce et ses yeux se posèrent sur Blaise Zabini, assis plus loin sur un fauteuil. Il se dirigea vers lui et s'installa à son tour dans l'un des sofas confortables. Les yeux rivés sur un livre, Blaise ne sembla pas le remarquer et s'il le fit, il n'esquissa aucun geste qui disait qu'il avait remarqué sa présence.

« Pourquoi la salle commune est-elle aussi vide ? Où sont passés tous les élèves ? » demanda toutefois Draco, les sourcils froncés. « Il y a toujours du monde à cette heure-ci. »

« Ils sont tous dehors. » répondit simplement Blaise sans lever les yeux de son livre.

« Pourquoi ? » s'étonna Draco, levant un sourcil interrogateur. « Que se passe-t-il dehors ? »

Il n'avait pas eu vent d'un quelconque événement se déroulant à l'extérieur du château dans la journée. Après tout, il était préfet-en-chef !

« Il a neigé hier soir et il y a cinquante centimètres de neige dehors. » expliqua Blaise. « Ils sont sûrement en train d'en profiter. »

Il tourna négligemment l'une des pages du livre qu'il lisait puis, d'une voix neutre, ajouta :

« Enfin, peut-être le saurais-tu si tu ne passais pas tout ton temps avec Weasley. »

Draco ne répondit pas. C'était de la provocation et il le savait très bien. Il ne put cependant pas s'empêcher de jeter un regard autour d'eux pour voir si quelqu'un avait entendu Blaise. Ce dernier, conscient de l'effet qu'avait eu sa petite phrase, leva les yeux vers Draco.

« Sincèrement, je dois dire que tu es tombé bien bas, Draco. » déclara-t-il avec dédain. « Il n'est pas suffisant de t'associer avec une traitresse à son sang, il faut en plus que tu te procures de l'aide d'une Sang-de-Bourbe. »

« Je ne lui ai rien demandé. » dit Draco d'une voix trainante.

« Il n'empêche qu'elle t'a aidé. » répliqua Blaise. « Une Sang-de-Bourbe, par Salazar ! »

« Dixit celui que la Sang-de-Bourbe en question faisait chanter. » rétorqua Draco avec froideur.

Une lueur coléreuse passa dans les iris sombres de Blaise et ils se défièrent du regard pendant quelques instants, cherchant à soumettre l'autre.

« Dis-moi Blaise, que sait Granger sur ton compte ? » demanda Draco avec un rictus méprisant. « Des choses compromettantes, n'est-ce pas ? Je ne t'avais jamais vuobéir à qui que ce soit de la sorte. »

Blaise sembla se renfrogner et Draco ne put qu'esquisser un sourire victorieux. Il savait qu'il était maintenant en position de force. Mais Blaise se leva brusquement, visiblement furieux.

« Il ne s'agit pas cela. » s'énerva-t-il, pointant un index accusateur en direction de Draco. « Il s'agit de toi et de cette traitresse à son sang. »

« Ginevra Weasley est une Sang-Pur. » déclara Draco d'une voix neutre.

« Elle reste une Weasley ! » riposta Blaise sèchement.

Et il se rassit soudainement, aussi brusquement qu'il s'était levé. Un silence s'installa pendant de longues secondes. Fidèle à lui-même, Blaise sembla se calmer de sa fureur soudaine et ce fut d'une voix plus maitrisée qu'il déclara :

« Je ne te dirais pas cela si tu n'étais pas mon ami, Draco. Il faut que tu arrêtes de la voir. Elle ne fera que t'attirer des ennuis. »

« Je ne peux pas faire ça. » dit Draco en détournant le regard, mal-à-l'aise.

« Quoi que tu ressentes pour elle, ça ne vaut pas les problèmes que tu risques d'avoir si ça s'apprend. » assura Blaise d'un ton grave.

« Et bien je ferais en sorte que ça ne s'apprenne pas. » répliqua Draco.

« Comme si tu étais parvenu à mele cacher. » rétorqua à son tour Blaise avec dédain.

Draco secoua la tête avec lassitude, soudain très irrité.

« Contrairement à toi, les autres s'occupent de leurs affaires, Blaise. Je ne pense pas qu'ils cherchent à guetter mes moindres faits et gestes. » dit-il.

« Et les gestes de Weasley ? » interrogea immédiatement Blaise. « Son frère et Potter finiront par le savoir, Granger ira sûrement leur en parler. »

« Je ne crois pas. »

« Qu'est-ce qui te fait croire qu'elle ne dira rien ? Déjà ami avec la Sang-de-Bourbe ? »

Il gratifia Draco d'un rictus méprisant et celui-ci lui jeta un regard noir en guise de réponse. Blaise poursuivit alors :

« Tu es en train de chercher les problèmes, Draco, ça ne te ressemble pas. Que t'a fait Weasley ? Elle t'a mis sous l'emprise d'un philtre d'amour ? »

« Salazar Blaise, tu divagues. Elle n'a rien fait de ce genre. » lança Draco en levant les yeux au ciel.

« Alors pourquoi est-ce que tu t'obstines ? Vous n'êtes pas du même monde. Tu ne peux pas fréquenter ceux qu'elle fréquente, tous ces Sang-Impurs. On ne peut pas faire confiance à ces gens-. »

« Merlin, rassure-moi Blaise, tu ne crois pas sérieusement que je compte fréquenter ces gens ? » demanda Draco d'un ton effaré en levant un sourcil.

Blaise se contenta d'hausser les épaules.

« Ça ne sera pas étonnant. » dit-il finalement. Cette fille a réussi à te faire agir contre ton intérêt, je ne serais pas étonné qu'elle parvienne aussi à te rallier... »

Draco ne put s'empêcher de lâcher un rire et Blaise ne termina pas sa phrase, lui jetant un regard surpris et mécontent. Blaise semblait vraiment prendre Ginny pour une manipulatrice. Il était tellement loin de la vérité. Draco, retrouvant son sérieux, lança :

« Je peux compter sur toi pour rester discret sur le sujet Blaise, n'est-ce pas ? »

Son condisciple se saisit une nouvelle fois du livre qu'il avait posé.

« Pourquoi irais-je le raconter ? Je vais observer les autres s'en rendre compte, ce sera bien plus amusant. » répondit-il distraitement avant de se concentrer dans ce qu'il lisait.

Plus tard dans la soirée, Ginny vint le retrouver. Elle semblait de bien meilleure humeur que quelques heures auparavant et Draco fut surpris lorsqu'elle se jeta presque dans ses bras pour l'embrasser avec ferveur.

« Que t'arrive-t-il Ginevra ? » dit-il avec un rire alors qu'il manquait de chuter, pris de court par son étreinte énergique.

« Pour l'amour de Circé, je t'ai dit centfois de ne pas m'appeler comme ça. » répondit-elle avec un froncement de sourcil. « Et il ne m'arrive rien. »

Il leva un sourcil sceptique.

« Je suis sérieuse, je suis simplement heureuse de te voir. » dit-elle.

« Nous nous sommes déjà vus tout à l'heure. » rappela-t-il.

« Et alors ? Tu m'as manqué. » avoua-t-elle. « Je ne t'ai pas manqué ? »

Il l'embrassa avec ardeur pour toute réponse.

« Je prends ça pour un oui. » dit-elle avec sourire amusé.

Draco eut un sourire arrogant et ses bras encerclèrent la taille de Ginny, l'entrainant dans une étreinte ferme.

« J'ai parlé à Zabini. » dit-il avec sérieux.

Ginny perdit immédiatement son expression amusée et il put voir une once de contrariété sur ses traits.

« Alors ? » demanda-t-elle. « Est-ce qu'il compte se taire ? »

« Oui. » répondit Draco. « Il pense que ce sera plus amusant s'il ne dit rien. »

« Voyez-vous ça. » fit Ginny avec une exclamation dédaigneuse. « C'est étrange, ça ne m'étonne pas de lui. »

Draco eut l'air plongé dans ses pensées et Ginny posa ses lèvres dans sa nuque pour le faire sortir de sa léthargie. Il croisa son regard et sourit devant son regard interrogateur, comme s'il se remémorait un souvenir particulièrement amusant.

« Il te prend pour une vraie manipulatrice. » expliqua-t-il.

Les yeux de Ginny s'agrandirent.

« Moi ? C'est luiqui ose dire ça ? Et je peux savoir ce qu'il lui fait dire ça ? » demanda-t-elle d'un ton profondément agacé.

« Tu es vexée Ginny ? » interrogea Draco avec un sourire désabusé.

Elle secoua la tête mais son air irrité prouva le contraire. Le sourire de Draco s'élargit. Il adorait la provoquer. Elle se contrariait tellement rapidement.

« Je n'accorde aucune importance à ce que Zabini pense à mon sujet, tu peux me croire. » dit-elle les dents serrés.

Elle se dégagea des bras de Draco et demanda :

« Mais ce n'est pas pour discuter de Zabini que je suis là, n'est-ce pas ? A quelle heure dois-tu aller voir Dumbledore déjà ? »

A la mention de Dumbledore et du rendez-vous convenu, la mine de Draco s'assombrit.

« A neuf heures. » répondit-il d'un ton dénué de tout enthousiasme.

« D'accord. On devrait peut-être y aller dans ce cas. » proposa Ginny, retrouvant son entrain.

Alors que la perspective de se retrouver en face de Dumbledore ne séduisait guère Draco, Ginny, elle, ne semblait pas appréhender. Il la soupçonna même d'attendre cela avec impatience. Cela le mit d'ailleurs mal à l'aise. Il ne voulait pas qu'elle se fasse d'illusions à ce propos.

« Ginny. » dit-il avec sérieux. « Tu es parfaitement conscience du fait que je ne suivrais jamais Dumbledore et l'Ordre du Phoenix, n'est-ce pas ? »

Elle acquiesça avec hésitation.

« Je sais bien Draco, pourquoi est-ce que tu me poses cette question ? » dit-elle en fronçant les sourcils. « Ce n'est pas ce que je t'ai demandé. »

« Je voulais simplement que certaines choses soient claires. » dit-il en haussant les épaules.

Ginny lui jeta un regard curieux.

« Tu es anxieux. » fit-elle remarquer en l'observant attentivement.

« Non. » démentit-il aussitôt.

« Tu es adorable. » dit-elle avec un sourire attendri.

« Oh que non. » répliqua immédiatement Draco. « Je ne suis pas adorable. »

« Si. » insista Ginny avec un rire.

Draco grommela des paroles incompréhensibles ce qui fit redoubler l'hilarité de Ginny. Il lui adressa un regard scandalisé mais cela ne sembla pas la calmer.

« Tu comptes t'esclaffer pendant le reste de la soirée ou bien es-tu prête à y aller ? » demanda-t-il avec mauvaise foi.

Elle cessa de rire mais son sourire amusé ne quitta pas ses lèvres.

« Très bien monsieur, allons-y. » dit-elle avec de gros yeux. « J'étais simplement en train de plaisanter, pas la peine de le prendre sur ce ton. »

Il la gratifia de son habituel rictus dédaigneux avant de se diriger vers la porte. Elle leva les yeux au plafond avant de le suivre. Une fois sortis des appartements des préfets-en-chef, ils s'engagèrent dans le corridor. Les couloirs du château étaient vides, couvre-feu oblige, et seul le bruit de leurs pas sembla résonner autour d'eux. Ils se retrouvèrent rapidement devant la gargouille du bureau de Dumbledore, bien trop rapidement au goût de Draco. Il hésita à donner le mot de passe et Ginny sembla immédiatement remarquer sa réticence.

« Que se passe-t-il ? » demanda-elle en levant un sourcil étonné.

« Je ne sais pas si c'est une bonne idée... » commença-t-il d'une voix traînante.

« Bien sûr que c'en est une. » le coupa immédiatement Ginny. « Je suis sûre que Dumbledore trouvera une solution pour nous aider. »

Il ne sut pourquoi mais l'engouement de Ginny ne fit que l'irriter.

« Bien sûr, c'est tellement facile à dire pour toi. » répliqua-t-il d'un ton plus sec qu'il n'aurait souhaité.

Il ignora l'air blessé de Ginny en détournant le regard. Elle ne comprenait pas. Même s'il avait clairement dit à Dumbledore que jamais il n'entrerait dans son organisation, venir le voir revenait quand même à trahir son propre père. Ginny ne réalisait combien lui coutait le fait de venir dans ce bureau pour s'opposer aux projets que son père avait pour lui. Et elle, qu'avait-elle à faire ? Personne ne lui demandait d'aller à l'encontre de la volonté de qui que ce soit lui étant cher. Et pourtant, la meilleure chose qu'elle trouvait à faire était d'insister auprès de lui pour qu'il fasse des choses.

« Je voulais seulement... » commença à bredouiller Ginny, confuse.

Mais il prononça le mot de passe à la gargouille, couvrant ses explications. Celle-ci se déplaça, laissant apparaitre un escalier à colimaçon dans lequel Draco s'engagea, rapidement suivi par Ginny. La porte du bureau était déjà ouverte et ils pénétrèrent à l'intérieur. Dumbledore, installé à son bureau, ne sembla pas surpris de leur arrivée. Il arborait cet air bienveillant que Draco trouvait horriblement hypocrite.

« Bonsoir Mr. Malfoy, Miss. Weasley. » dit-il, les gratifiant d'un sourire amical.

Ginny répondit avant autant de chaleur alors que Draco se contenta de murmurer un bonsoir distant.

« Je vous en prie, asseyez-vous. » dit Dumbledore. « Puis-je vous proposer du thé ? »

Alors qu'ils s'installaient sur les sièges face au bureau du Directeur, ce fut une nouvelle Ginny qui se chargea de répondre.

« Oui, merci. » dit-elle d'un ton poli.

Lees vingt minutes qui suivirent leur arrivée furent singulières. Dumbledore commença à leur parler des qualités curatives du venin de pitiponk. L'astuce lui avait été transmises alors qu'il visitait la maison d'une de ses vieilles tantes vivant près d'un marécage. Il enchaina ensuite sur l'ouverture récente d'un nouveau pub sur le Chemin de Traverse. Celui-ci faisait fureur car il avait obtenu une licence lui permettant d'organiser des paris sur les matchs du Championnat de Quidditch anglais.

« J'ai moi-même parié quelques gallions sur la victoire des Faucons de Falmouth contre les Harpies de Holyhead. » avoua-t-il sur le ton de la confidence.

Draco perdit patience lorsque le Directeur expliqua que le pub organisait également des combats illégaux de gnomes dans les caves du local. Si Ginny avait écouté attentivement les tribulations de Dumbledore, il avait eu du mal à en faire de même. Elle lui avait même lancé un regard réprobateur lorsqu'il avait soupiré d'impatience. Il avait alors répondu par un regard similaire. Mais sa patience avait des limites. Les histoires de Dumbledore ne l'intéressaient pas, ce n'était pas pour cette raison qu'il était là.

« Excusez-moi de vous interrompre, Monsieur. » dit-il d'une voix qu'il tenta de remplie polie. « Mais je crois que vous nous avez convoqué pour une raison spécifique ? »

Il avait tenté de garder une voix égale mais l'agacement était décelable dans ses propos. Dumbledore ne sembla pas s'en formaliser, son sourire s'agrandit même.

« Vous avez tout à fait raison, Mr. Malfoy. Je voulais simplement combler l'attente jusqu'à l'arrivée de notre invité...qui ne devrait plus tarder, d'ailleurs. » remarqua-t-il alors qu'il jetait un coup d'œil à sa montre.

Il se leva avec une souplesse étonnante au regarde son âge avancé et les invita d'un geste de la main à faire de même.

« Un invité ? » répéta Draco avec incompréhension.

Il jeta un regard interrogateur vers Ginny qui haussa les épaules, semblant aussi confuse que lui. Dumbledore hocha la tête avec enthousiasme et il se dirigea vers la cheminée, bientôt suivi par Ginny puis par Draco.

Ginny observa le Directeur avec perplexité tandis qu'il sifflait l'air d'une chanson de Celestina Moldubec en regardant la cheminée d'un air confiant, comme s'il s'attendait à ce que quelqu'un en surgisse soudainement. Draco, à ses côtés, semblait partager son sentiment. Elle l'entendait prononcer des paroles inaudibles mais les mots « fou » et « perte de temps » étaient clairement parvenus à ses oreilles.

Le feu de la cheminée commença bientôt à s'agiter et les flammes dorées devinrent d'un vert luminescent. Quelques secondes plus tard, un homme apparut dans l'âtre. Lorsque les flammes de la cheminée s'éteignirent, Ginny ne put voir son visage car il s'était courbé et toussotait, épris d'une forte toux.

« Ces bêtises ne sont plus de mon âge, Dumbledore. » pesta-t-il en époussetant les cendres qui s'étaient posées sur sa longue robe de sorcier grise.

Lorsqu'il se redressa et qu'il sortit de la cheminée pour se diriger vers Dumbledore, Ginny put enfin percevoir un aperçu de son visage. Il était âgé, comme en témoignaient ses rides, avait une peau très pâle et de longs cheveux blonds attachés en catogan. Et alors qu'elle l'observait attentivement, quelque chose frappa Ginny. Cet homme semblait être une version beaucoup plus âgée de Draco. Elle ouvrit de grands yeux. Se pouvait-il qu'il soit lui aussi un Malfoy ? Elle se tourna vers Draco. Il avait la bouche ouverte de stupeur.

« Draco ? » demanda-t-elle d'un ton hésitant. « Cet homme, c'est... »

« Mon grand-père. » répondit Draco d'une voix éteinte, comme s'il n'y croyait pas totalement.

Ginny jeta un regard vers l'homme qui saluait chaleureusement Dumbledore. Il ne pouvait pas être un Black, la lignée de leur famille s'était définitivement éteinte après la mort de leur dernier membre, Sirius. Draco voulait-il alors parler de son grand-père paternel ? Draco n'aimait pas parler de sa famille mais elle se rappelait très bien qu'il lui avait dit ne jamais vraiment avoir connu son grand-père car celui-ci était décédé alors qu'il n'était encore qu'un enfant. Comment pouvait-il être son grand-père ? Cela n'avait aucun sens.

« Ton grand-père ? Mais je croyais qu'il était... » commença-t-elle avant de s'arrêter, ne sachant pas comment terminer sa phrase.

« Mort ? » demanda Draco d'une voix blanche. « C'est-ce que je croyais aussi. »

Il n'avait pas quitté l'homme des yeux et Ginny suivit à nouveau son regard, posant son attention sur le Directeur et son invité. Ce dernier se tourna alors vers eux et un sourire heureux se fendit sur ses lèvres minces alors qu'il rencontrait le regard de Draco.

« Petit-fils. » dit-il alors qu'il s'approchait de Draco d'une démarche gracieuse, ouvrant ses bras.

Il étreignit Draco avec force et lorsqu'il s'écarta, il le contempla, beaucoup d'émotion dans les yeux. Draco, lui, était resté immobile, visiblement trop choqué pour pouvoir esquisser le moindre geste. Son attitude sembla beaucoup amuser l'homme qui laissa échapper un rire. Sa voix était grave mais et avait un timbre agréable à l'oreille.

« As-tu l'intention d'afficher cet air de licorne apeurée durant toutes nos retrouvailles ? » demanda-t-il avec amusement.

« Je... » fut le seul mot qui sembla parvenir sortir des lèvres du jeune homme.

Ses joues prirent une teinte rouge qu'elle n'avait encore jamais vu sur son visage. C'était la première fois qu'elle le voyait aussi désemparé. Ginny se promit de garder ce souvenir en mémoire si elle en venait encore un jour à soutenir qu'il était adorable et qu'il tentait de prétendre le contraire.

« Ne t'inquiète pas, ta surprise est justifiée. » continua le nouvel arrivant avec amusement. « Après tout, ce n'est pas tous les jours qu'on retrouve quelqu'un qu'on croyait mort, n'est-ce pas Dumbledore ? »

« Tout à fait. » répondit Dumbledore, une lueur amusée dans ses yeux clairs.

L'homme s'esclaffa et il se tourna alors vers Ginny, semblant la remarquer. Il s'approcha d'elle avec assurance et prit l'une de ses mains, qu'il embrassa. Ginny trouva ce geste très étrange mais immanquablement charmant.

« Vous devez être la très charmante Miss. Weasley. » devina-t-il. « Cette teinte de cheveux ne trompe jamais. »

Ginny acquiesça timidement, ne sachant pas trop comment se comporter. Mais il lui adressa un sourire et elle le lui rendit, un peu plus sûre d'elle.

« J'ai toujours clamé que nous les Malfoy avions des goûts remarquables en matière de femmes. Encore une fois, ma théorie est confirmée par votre beauté, Miss. » la complimenta-t-il.

Un raclement de gorge se fit clairement entendre du côté de Draco.

« Mais je dois vous prévenir, les Malfoy sont aussi très jaloux. » ajouta-t-il d'une voix plus basse pour que seule Ginny puisse l'entendre.

Le sourire de la jeune fille s'agrandit et il lui fit un clin d'œil. Il se retourna à nouveau vers Dumbledore, sa longue robe de sorcier virevoltant derrière lui.

« Quelques explications me semblent de rigueur, n'est-ce pas ? »

Dumbledore acquiesça.

« Je suis sûr que Miss. Weasley et le jeune Mr. Malfoy brûlent de les entendre. » dit-il.

Il leva sa baguette et fit apparaitre un nouveau siège à côté de ceux dans lequel Draco et Ginny s'étaient assis quelques instants plutôt et s'y installa.

« Vous serez plus à l'aise dans mon propre fauteuil, Abraxas. » proposa-t-il.

Abraxas Malfoy parut surpris mais un sourire satisfait s'installa rapidement sur ses lèvres.

« Salazar, vous m'honorez, Dumbledore. » dit-il.

Il contourna le bureau pour s'asseoir dans le grand fauteuil directorial, un air de satisfaction extrême sur son visage ridé.

« Je dois avouer que j'ai toujours rêvé m'asseoir sur ce fauteuil. » admit-il avec contentement.

« Je l'imagine. » répondit Dumbledore, visiblement amusé.

Mr. Malfoy caressa distraitement l'un des bras du fauteuil, adressant au directeur un regard de consentement. Il se tourna ensuite vers Draco et Ginny qui étaient restés debout, les invitant d'un geste de la main à prendre place aux cotés de Dumbledore. Ginny commença à s'avancer mais Draco resta immobile, son air choqué toujours sur le visage. Elle dut mettra une main dans son dos et le pousser pour qu'il consente à bouger. Mais, même assis, il continua à observer son grand-père avec ahurissement, comme si ce qu'il voyait était impossible.

« Bien. » reprit Mr. Malfoy avec satisfaction, callant son dos sur le dossier du fauteuil, visiblement très à l'aise.

« Nous vous écoutons. » lança Dumbledore avec bienveillance.

Il observait Mr. Malfoy avec intérêt, comme s'il s'apprêtait à entendre une histoire particulièrement intéressante. Mr. Malfoy parut très satisfait de l'intérêt qu'il suscitait.

« Tout a commencé douze ans plutôt... » débuta pensivement Mr. Malfoy, semblant se remémorer des souvenirs. « A cette époque, Vous-Savez-Qui était tombé depuis trois années déjà grâce au fameux Harry Potter. Ses anciens fidèles tentaient déjà de reformer leur clan et de le faire revenir. L'un d'eux, un certain Avery, est venu solliciter mon aide. Je savais que je n'étais pas le premier Maître des Potions qu'il approchait mais j'étais de loin le plus qualifié. Evidemment, j'ai refusé. Quel intérêt avais-je à me lancer dans une cause perdue d'avance ? Le Ministère avait déjà repris les rênes du pouvoir et ils me soupçonnaient déjà de participer à des affaires douteuses. Je ne voulais pas être envoyé à Azkaban pour avoir participé à un mouvement de révolte contre l'ordre politique en place. »

Il prit une gorgée de thé, avant de de poursuivre :

« Après mon refus, je n'ai plus entendu parler de cette histoire pendant plusieurs mois. J'étais réellement convaincu que cette proposition serait sans suite. Sans doute fus-je un peu trop optimiste. Les mois passèrent donc, et un soir, je reçus la visite de deux Mangemorts. L'un d'eux portait ce qui ressemblait à un enfant dans ses bras, emmitouflé dans d'épaisses couvertures, ce qui me laissa perplexe, je dois l'avouer. Mais lorsqu'il posa les couvertures sur un fauteuil, ce qui se trouvait à l'intérieur se mit à parler et, à la vue des expressions d'extrême soumission sur les visages des deux Mangemorts, j'ai rapidement réalisé qu'il s'agissait de leur Maître lui-même. »

Il sembla frissonner, probablement glacé par le souvenir.

« Je n'ai pas eu l'occasion de le voir mais je me rendais bien compte qu'il se trouvait dans un bien piètre état. Sa voix était faible, presque éteinte mais elle me fit froid dans le dos et je compris aussitôt que je n'avais pas à faire à n'importe qui. On sollicita une nouvelle fois mon aide et mes connaissances en Potions. Il voulait retrouver un aspect humain, se doter à nouveau d'un corps et il voulait que je m'en charge. Sa demande était insolite, c'est le moins qu'on puisse dire et je savais très bien que faire une telle chose était impossible, avec une potion du moins. L'art des Potions est capable de détourner certains déterminismes naturels mais le corps humain est beaucoup trop complexe pour que la magie puisse entièrement le maîtriser. »

Ginny, qui écoutait son récit avec intérêt, jeta un regard vers Draco. Son visage ne laissait apparaître aucune émotion.

« Pour des raisons d'éthique, et Merlin même si c'est étonnant mais j'en avais, j'ai voulu refuser. » continua Mr. Malfoy. Vous-Savez-Qui m'a rapidement fait comprendre que ce n'était pas un choix et que je finirais par le faire de gré ou de force. Je dois avouer que si je partageais certaines des idées qu'il prônait, ses positions étaient bien trop extrêmes à mon gout. J'avais observé avec méfiance mon fils Lucius suivre ses traces aveuglément et lorsque j'eus vent de certains actes que ce dernier avait commis, nos relations se détériorèrent rapidement. »

Il sembla attristé.

« Les Malfoy sont une ancienne et très noble famille dont le nom ne devrait pas être associé à des massacres ou à d'autres actes de barbaries. Lucius et ses actions ne firent que me décevoir et les tensions entre nous attinrent un tel point que nous avions coupé tout contact et qu'il m'avait formellement interdit de voir mon petit-fils. Même si j'en avais eu la capacité, je n'aurais jamais aidé celui qui m'avait privé de ma famille. J'ai donc fait semblant d'accepté sa proposition, prétendant avoir besoin de trois mois pour concocter une telle potion. Ces trois mois me servirent en réalité pour régler des affaires importantes afin de pouvoir disparaitre. Je n'avais pas d'autre choix car je savais que ces Mangemorts n'auraient de cesse de me poursuivre si je n'honorais pas promesse. J'ai donc dut simuler ma mort. Le virus de la dragoncelle était très répandu à l'époque et je n'eus aucun mal à en simuler les symptômes. Quelques semaines plus tard, Abraxas Malfoy avait quitté ce monde. »

Il avait ajouté cette dernière phrase avec un sourire mi-amusé, mi-ironique et Ginny ressentit beaucoup de fascination à l'égard de cet homme et de ses plans qui, même s'ils pouvaient paraitre machiavéliques, étaient justifiés.

« Personne n'a cherché plus loin. Mes ennemis étaient très heureux de s'être débarrassés de moi, mon fils Lucius devait exalter quant à l'idée d'empocher toute la fortune familiale – la partie déclarée, du moins. Seul Vous-Savez-Qui et ses Mangemorts durent me maudire pour ma mort. Je pus alors prendre l'argent que j'avais amassé plus ou moins légalement durant toute ma vie et pour lequel le Ministère me causait tant d'histoires et j'ai convolé avec ma compagne. » expliqua-t-il avec amusement.

Ginny ne put s'empêcher de demander :

« Qui était au courant que vous étiez encore en vie ? »

« Mis à part ma compagne et moi-même, seulement Albus. J'ai dû prendre contact avec lui lorsque ma compagne et moi avons eus...quelques difficultés. » répondit Mr. Malfoy d'un ton évasif.

Puis avec un léger rire, il ajouta :

« Je me souviendrais toujours de l'expression d'Albus lorsqu'il m'a vu. »

« Je n'avais jamais vu un fantôme avec une réelle consistance. » plaisanta le Directeur. « Cela a été un véritable choc. »

« Les années sont passées sans que personne d'autre ne soupçonne quoi que ce soit. Cela faisait presque trois ans que je n'avais pas vu Dumbledore. La semaine dernière il m'a contacté pour m'apprendre que Draco était venu à lui pour ne pas suivre les traces de son père. J'ai ressenti beaucoup de fierté envers toi Draco. Tu n'as que dix-sept et pourtant, tu as su grandir avec les véritables valeurs des Malfoy, contrairement à ton père. » déclara Mr. Malfoy alors qu'il regardait Draco.

Ginny se tourna vers celui-ci pour observer sa réaction. Il arborait à présent un air indéchiffrable. Mais Ginny le connaissait assez pour savoir qu'il était en train de réfléchir rapidement pour trouver le meilleur moyen de faire face à cette nouvelle situation. Elle fut néanmoins surprise lorsque l'expression neutre de Draco devint dure et qu'une lueur coléreuse passa dans ses yeux.

« Quelle hypocrisie. » lança-t-il avec ironie. « Que tu parles de nos valeurs, grand père, alors que tu as toi-même sali notre nom. Mon père n'a certainement pas pu me mentir à propos de ta compagne. »

Ginny jeta un regard choqué dans sa direction, atterrée par la manière avec laquelle il s'adressait à son grand-père. Ce dernier ne sembla pourtant pas s'en formaliser. Il arborait un air attristé.

« Ça ne m'étonne pas. » dit-il enfin. « Il était prévisible qu'il tente de me dénigrer devant toi. »

« Il n'a pas eu à te dénigrer. Il m'a juste exposé les faits et j'ai pu former ma propre opinion. » répliqua Draco avec froideur.

Ginny était ahurie. Pour quelle raison Draco agissait-il de la sorte ? Il semblait être en colère contre Mr. Malfoy et elle ne comprenait pas la raison de son ressentiment.

« Miss. Weasley, j'ai une fascinante collection de répliques de balais miniatures dans la pièce attenante. » coupa soudainement le Directeur d'un air entendu. « Voulez-vous y jetez un coup d'œil ? »

Ginny savait que c'était une manière détournée de laisser Draco et son grand-père discuter en toute intimité et elle acquiesça. Elle se leva et suivit le Directeur dans ce qui semblait être un petit-salon. Il lui montra une étagère où étaient posées des miniaturisations de balais volants.

« Celui-ci m'a été offert par Gwyneth Jones, la sœur de la très célèbre Gwenog. Elle tient cette boutique spécialisée en Quidditch, Le mordu du Balai à Dublin et... » commença à expliquer Dumbledore.

Mais Ginny, qui avait d'autres choses en tête, le coupa bien rapidement :

« Excusez-moi, Professeur, mais que se passe-t-il avec Mr. Malfoy ? Qui est sa compagne ? » demanda-t-elle.

« Le jeune Mr. Malfoy sera sans doute plus disposé que moi-même pour répondre à votre question, Miss. Weasley. » répondit Dumbledore.

Ginny retint un soupir de déception. Si le directeur refusait de le lui dire, elle n'en saurait pas plus. En effet, Draco n'accepterait pas de lui expliquer quoi que ce soit, elle le savait. Lorsqu'il s'agissait de sa famille, il resterait volontairement muet. Elle écouta alors distraitement le Directeur tandis qu'il lui présentait en détail chacun de ses balais miniatures et la manière dont il les avait acquis. Puis, une vingtaine de minutes plus tard, il dut estimer que Draco et Mr. Malfoy avaient terminé car il proposa à Ginny de retourner dans le bureau. Mr. Malfoy racontait une plaisanterie et Draco semblait amusé. Lorsqu'elle s'installa à nouveau à ses côtés Ginny lui lança un regard interrogateur auquel il répondit par un haussement d'épaules.

« Tout est arrangé Albus. » déclara alors Mr. Malfoy. « Draco viendra s'installer chez moi dès les prochaines vacances. Cela ne plaira pas à Lucius, mais il ne peut en être autrement. »

Ginny lui lança un regard surpris. Comment Draco pourrait-il s'installer chez son grand-père alors que ce dernier était mort aux yeux de tous ?

« Qu'en sera-t-il lorsqu'il se rendra compte que je ne retournerais pas au Manoir ? » demanda Draco.

« Etant donné que vous êtes majeur Mr. Malfoy, vous êtes en droit d'aller où bon vous semble sans l'accord de qui que ce soit. Personne ne lui dira où vous êtes. »

« Mon père va penser que c'est un complot de votre part. »

« C'en est un. » intervint Mr. Malfoy dans une tentative d'humour.

Ginny et Dumbledore esquissèrent un sourire mais cela ne sembla pas amuser Draco.

« S'il ne sait pas où je me trouve, il va vous accuser de ma disparition. Qu'aurez-vous à dire à cela ? » insista-t-il.

« Il ne m'accusera pas si vous laissez une lettre dans laquelle vous expliquer que votre disparition est un choix personnel. Et comme je l'ai déjà dit, tout sorcier, à partir de sa majorité, est libre de ses allées et venues. » objecta le Directeur et cela sembla convaincre Draco.

Mr. Malfoy tapa vivement dans ses mains, visiblement très satisfait par le déroulement de la situation.

« Je crois que nous sommes d'accord à présent. » dit-il. « Nous nous occuperons des détails à ma prochaine visite, Draco. »

Il se leva et se tourna vers Dumbledore.

« Je vous remercie pour m'avoir offert l'opportunité de revoir mon petit-fils Albus, cela compte beaucoup pour moi. »

Le Professeur Dumbledore hocha la tête, faisant signe qu'il comprenait.

« Je vous en prie Abraxas, c'est tout à fait normal. » déclara-t-il.

« Dans ce cas, il est temps pour moi de prendre congé. » informa Mr. Malfoy.

Dumbledore se leva à son tour puis Draco et Ginny l'imitèrent. Mr. Malfoy s'avança vers Draco et lui offrit un franc sourire. Il s'approcha davantage pour une accolade et même si Draco parut réticent au début, il se laissa aller au geste. Mr. Malfoy se tourna ensuite vers Ginny et prit une nouvelle fois sa main pour y poser un baiser.

« J'ai été ravi de faire votre connaissance, Miss. Weasley. Les rapports de nos familles ont toujours été très conflictuels mais je ne peux qu'approuver le choix de mon petit-fils après vous avoir vue et entendu tout le bien qu'il m'a dit sur vous. »

Ginny lança un regard surpris en direction de Draco avant de se tourner vers Mr. Malfoy, un sourire reconnaissant sur le visage. Jamais elle n'aurait pensé pouvoir apparaître comme une candidate idéale aux yeux d'un Malfoy. Mais Abraxas Malfoy, par bien des aspects, semblait se différencier de son fils Lucius. Mr. Malfoy se dirigea vers la cheminée et après un dernier signe de la main à l'attention de Draco, il disparut dans les flammes de l'âtre.

« Voilà une histoire des plus intéressantes. » déclara alors le Directeur en tapant dans ses mains. « Mais il se fait tard et je pense qu'il serait préférable que vous rejoigniez vos dortoirs respectifs. Pourquoi ne raccompagneriez-vous pas Miss. Weasley à sa salle commune, Mr. Malfoy ?

Ginny et Draco échangèrent un regard puis ce dernier se tourna vers Dumbledore et hocha la tête.

« Bien sûr. » dit-il.

Puis, après quelques secondes d'hésitation, il ajouta :

« Merci. »

Puis il se dirigea vers la porte du bureau, attrapant au passage le bras de Ginny. Ils descendirent les escaliers en colimaçon et le chemin du retour se fit en silence jusqu'à ce que Ginny réalise qu'ils prenaient réellement la direction de la salle commune des Gryffondor.

« Pourquoi passe-t-on par ici ? » demanda-t-elle alors, un sourcil levé en signe d'interrogation.

« Tu n'as pas entendu ce qu'a dit Dumbledore ? Je te ramène à ta salle commune. »

« Pourquoi ? Allons plutôt dans ta chambre. » proposa-t-elle.

La soirée avait été plutôt riche en rebondissements et elle s'était attendue à ce qu'ils en partent dès leur sortie du bureau de Dumbledore. Elle était pleine d'interrogations et une question sur la compagne de son grand-père lui brûlait la langue. Draco, lui, ne semblait pas aussi désireux d'aborder le sujet, à en douter son silence depuis qu'ils avaient quitté le bureau du Directeur.

« Pas ce soir. » refusa Draco. « Je te raccompagne à ton escalier. »

Ginny soupira de frustration et ils continuèrent leur marche.

« Tu n'as pas envie de m'en parler, c'est ça ? » insista Ginny.

« Ce n'est pas que je ne veux pas t'en parler. Je ne sais pas trop quoi en penser moi-même. » avoua Draco en haussant les épaules. « Pendant toutes ces années, j'ai cru que mon grand-père était mort et mon père a toujours sous-entendu que c'était mieux pour tout le monde. »

« Peut-être qu'il voulait le dénigrer. »

« Oui mais pas seulement. Certaines choses qu'ils m'a racontées sont vraies. »

« Quelles choses ? »

« Des choses indignes d'un Malfoy. »

« Cela a-t-il un rapport avec sa compagne ? »

« Peu importe. » répondit aussitôt Draco, confirmant à Ginny son idée.

« En tout cas, il a l'air sympathique. » fit remarquer la jeune fille.

« C'est suspect. » déclara Draco. « La façon dont il agit avec toi, cette manière de te flatter, ça cache forcément quelque chose. »

« Tu crois qu'il aurait des mauvaises intentions. » déduisit Ginny en levant un sourcil.

« Pas nécessairement. Mais son attitude n'est pas totalement désintéressée. » expliqua Draco.

« Tu ne penses pas que tu vois le mal partout, Draco ? » interrogea Ginny d'un ton léger.

« Je connais ma famille, et je suis très bien placé pour savoir comment un Malfoy agit lorsqu'il a besoin de quelque chose. »

Ginny hocha la tête, songeuse. Elle ne pouvait que croire Draco et ses dires. Après tout, il connaissait sa famille bien mieux qu'elle. Si la gentillesse de Mr. Malfoy n'était pas désintéressée, que cherchait-il ? Elle voyait mal ce que quelqu'un comme lui pouvait tirer d'elle. Ils arrivèrent bientôt à l'escalier qui montait à la tour des Gryffondor. Ginny monta deux marches, de façon à se trouver à la même hauteur que Draco.

« Tu es certain que tu ne veux pas qu'on reste ensemble cette nuit ? » insista-t-elle.

« Non et cesse de battre des cils, par Salazar. »

Cela fit rire Ginny.

« Très bien, je n'insiste pas plus. » céda-t-elle finalement.

Draco l'enveloppement dans une longue étreinte et enfouit son visage dans la chevelure volumineuse Ginny, inspirant longuement. Lorsqu'il la relâcha, Ginny fit la moue.

« A demain, princesse. » dit-il avant de s'éloigner.

Ginny rentra dans sa salle commune, le sourire aux lèvres, le cœur un peu plus léger. Pour la première fois depuis des mois, un sentiment naquit en elle, l'espoir.

/

Abraxas Malfoy apparût dans l'âtre de la cheminée de sa demeure, et se dirigea vers le séjour, satisfait. Sa compagne était installée sur un fauteuil, plongée dans un livre. Ses longs cheveux noirs cascadaient sur ses épaules nues, contrastant avec sa peau pale. Lorsqu'elle vit Abraxas entrer dans la pièce, son visage s'éclaira en un faible sourire.

Abraxas s'installa à ses côtés, défaisant la robe de sorcier épaisse qu'il portait.

« Comment ont été les retrouvailles avec ton petit-fils ? » demanda sa compagne avec intérêt.

« Emouvantes, ma douce. »

« Et la fille ? Comment était-elle ? » interrogea-t-elle avec avidité.

« Parfaite, exactement ce qu'il nous fallait. » répondit Abraxas.

« Nous n'avons plus beaucoup de temps. » prévint sa dulcinée.

« N'aie crainte, mon amour. » la rassura Abraxas. « Une fois que j'aurais regagné la confiance de mon petit-fils, obtenir Ginevra Weasley ne sera qu'un jeu d'enfant. »

 

 

End Notes:

J’espère que vous avez apprécié et que ma fanfiction plaît encore. J’attends vos commentaires afin de savoir ce que vous en pensez.

 

A très bientôt,

 

Black Lagoon.

 

 

Méfiance by Black Lagoon
Author's Notes:

Voici la suite de cette histoire ! N'hésitez pas à laisser un commentaire, c'est important pour l'auteur de recevoir un feedback ! Bonne lecture !

 

 

Chapitre XVI. Méfiance

Les semaines suivant sa rencontre avec Abraxas Malfoy, Ginny sentit comme un poids énorme retiré de ses épaules. La perspective d'un futur meilleur pour Draco fit renaître un espoir certain chez la jeune fille. Ses amies remarquèrent rapidement sa meilleure humeur et lorsqu'elles tentèrent de l'interroger, Ginny haussa simplement les épaules et justifia sa bonne humeur par les beaux jours qui se profilaient.

Contrairement à Ginny, Draco semblait peu à l'aise à l'idée des évènements qui se rapprochaient. Les journaux mentionnaient une recrudescence des attaques de Mangemorts dans tout le Royaume-Uni depuis quelques semaines. Draco savait pertinemment que son père et les autres sbires du Seigneur des Ténèbres attendaient avec impatience l'initiation parmi ses rangs.

Il appréhendait les semaines qui passaient, le rapprochant dangereusement des vacances de printemps. Contrairement à ce que Lucius prévoyait, Draco ne rentrerait pas au Manoir comme prévu mais rejoindrait la demeure de son grand-père.

Les sentiments de Draco concernant son grand-père étaient mitigés. Il avait grandi avec le mépris instillé par son père. Selon les dires de son père, les fréquentations d'Abraxas Malfoy et son « style de vie » étaient indignes d'un Malfoy. Alors qu'il n'était encore qu'un enfant, on lui avait finalement annoncé le décès de son grand-père, un homme qu'il voyait rarement étant donné ses relations conflictuelles avec Lucius.

Voir son grand-père en chair et en os, après plus d'une décennie, avait profondément ébranlé ses idées reçues. Il restait toutefois méfiant à l'égard de cet homme. L'intérêt qu'il avait témoigné à Ginny le mettait à l'aise. Il savait mieux que quiconque que les Malfoy ne faisaient jamais rien sans contrepartie.

Draco avait décidé de garder ses pensées pour lui-même, évitant de les mentionner à Ginny. Il savait qu'elle l'interrogerait avec insistance et il n'était pas prêt à lui révéler les détails de la vie personnelle de son grand-père.

D'autre part, Ginny semblait plus épanouie depuis leur réunion récente avec le directeur et il n'avait pas le cœur à briser son enthousiasme.

Il ne pouvait pas s'empêcher d'éprouver une sensation grisante lorsqu'il la voyait éclater de rire, rejetant la tête en arrière, une lueur de bonheur éclairant son visage.

« J'ai quelque chose entre les dents ? » demanda Ginny d'un ton ennuyé.

Elle plissa les yeux et observa Draco avec curiosité. Ses paroles sortirent Draco de sa léthargie et il secoua la tête.

« Absolument pas. » répondit-il. « Pourquoi ? »

« Tu me fixes depuis cinq minutes. » informa Ginny avec un sourire en coin. « A quoi penses-tu ? »

Draco détourna le regard, reposant de nouveau son attention sur son grimoire de Sortilèges, ouvert devant lui.

« A rien. »

Sa réponse ne sembla pas satisfaire Ginny qui s'approcha de lui avant de s'installer d'une manière peu élégante sur ses genoux, repoussant le livre qu'il lisait.

« Ginny, je suis en train d'étudier. » protesta-t-il.

« Je n'ai pas le droit à cinq petites minutes de ton temps ? » demanda-t-elle d'un ton faussement offusqué.

Il leva les yeux au ciel. Elle entoura sa nuque avec ses bras et lui adressa un regard malicieux.

« Dis-moi à quoi-tu penses. » insista-t-elle alors qu'elle jouait avec l'un de ses mèches blondes.

Il grimaça puis émit un soupir de résignation.

« La semaine prochaine, mon père s'attend à me voir au Manoir. » dit-il finalement.

Une lueur affligée apparut dans les yeux noisettes de Ginny avant d'être remplacée par un air résigné. Sa main se déplaça lentement, caressant la joue du jeune homme avec douceur.

« Comment réagira-t-il ? » demanda-t-elle d'un ton sérieux.

Draco laissa échapper un rire désabusé.

« Il sera probablement ivre de rage. Non seulement je lui désobéis, mais il le prendra également comme une humiliation devant Tu-Sais-Qui. Après tout, cela fait des années que mon initiation est prévue. »

« Il n'a pas le droit de décider de ton avenir. » contesta Ginny d'un ton contrarié.

« Ce n'est pas la vision qu'il partage, Ginny . » répondit Draco d'un ton neutre.

« Je me contrefiche de sa vision. Ta vision est la seule qui m'intéresse. » assura-t-elle avant se pencher dans sa direction pour déposer un baiser sur ses lèvres.

Ce fut un baiser doux, presque chaste.

« Tu sais. » dit-elle finalement. « Je pensais que je pourrai peut-être te rendre visite lorsque tu seras chez ton grand-père. »

Il lui adressa un regard surpris.

« Et ta famille ? » demanda-t-il, l'air interloqué.

Il ne pouvait imaginer que les parents de Ginny la laisserait lui rendre visite chez un membre de la famille Malfoy, supposé être six pieds sous terre. L'idée même lui paraissait folle.

« Je ne leur dirai pas où je suis réellement, bien sûr. Je vais demander la permission à mes parents de passer quelques jours chez Leah. » dit-elle, l'air malicieux.

« Tellement Serpentard de ta part. » répondit Draco, l'air admiratif.

« Tu as une horrible influence sur moi. » dit-elle, prenant un air faussement innocent.

Cela fit rire Draco et il l'embrassa de nouveau, avec plus d'ardeur cette fois, procurant un soupir réjoui de la part de Ginny.

Le lendemain, lorsqu'il Ginny fit part de son idée à Leah, cette dernière hocha la tête, s'empressant d'accepter, l'air surexcité.

« C'est tellement romantique. » dit-elle, l'air rêveur.

« Dangereux, tu veux dire. » intervint Sugar de son éternel ton dédaigneux. « Tu ne connais pas ces gens. Qui sait ce qu'ils pourraient te faire ? »

Ginny avait omis d'avouer à ses amis qu'elle rendrait en réalité visite au grand-père « disparu » de Draco. Elle leur avait mentionné des membres éloignés de la famille de Draco, sans ajouter plus de détails.

« Je serai avec Draco. » répondit Ginny, l'air tranquille , comme si cela réglait la question.

« Parce que cela fait tellement de différence. » répliqua Sugar avant de s'éloigner pour se rendre à son prochain cours.

« Ne l'écoute pas, Ginny. Ce n'est qu'une rabat-joie. Tu sais que je te soutiens à cent pour cent. Tu peux compter sur moi. » assura Leah, en prenant un air loyal.

Ginny étreignit son amie, lui adressant un sourire radieux. Il faudrait désormais convaincre sa mère.

A sa plus grande surprise, lorsqu'elle envoya un Hibou à ses parents pour leur demander la permission de passer une semaine chez Leah pour les vacances de Pâques, elle reçut une réponse affirmative. La missive courte de sa mère l'étonna quelque peu mais elle ne s'en formalisa pas plus longtemps.

Lorsque Draco apprit la nouvelle, il parut surpris mais finalement ravi de l'entendre. Dès lors, il sembla même moins appréhensif à l'idée.

Une semaine plus tard, Ginny se retrouva dans le séjour du Terrier, dans l'agitation générale des membres de l'Ordre du Phoenix qui avait élu domicile dans la maison des Weasley. Des réunions interminables prenaient place dans la salle à manger du Terrier, interdisant l'accès à une partie entière de la maison.

La première semaine des vacances sembla interminable à Ginny. Elle passait son temps à lire dans sa chambre où à errer dans le jardin. Deux ou trois après-midi, ses parents l'autorisèrent à rendre visite à Luna Lovegood qui vivait également à Loutry Ste Chaspoule. Luna lui offrit une distraction bienvenue, bien qu'étrange. Elles se fréquentaient plutôt rarement pendant l'année scolaire, mais leurs statuts de voisines les avait mené à se rapprocher pendant les vacances d'été, trois années auparavant.

La veille de son départ pour rejoindre Draco chez son grand-père, Ginny peina à trouver le sommeil, trop excitée à l'idée de retrouver son petit-ami. Cela faisait une semaine entière qu'elle n'avait pas eu de ses nouvelles et même si elle ne souhaitait pas le montrer, elle était inquiète.

Lucius Malfoy était probablement entrée dans une rage noire lorsqu'il avait réalisé que son fils avait disparu. Suivi les instructions de Dumbledore, Draco avait envoyé une lettre à son père pour lui faire part de sa décision de ne pas rejoindre les rangs du Seigneur des Ténèbres. Il avait indiqué à son père qu'il ne se rendrait plus au Manoir familial et lui avait demandé de respecter ce choix.

Dumbledore avait conseillé à Draco d'interdire toute communication provenant de ses parents par raison de sécurité. Tout envoi de hibou serait désormais automatiquement bloqué.

Même si Draco avait gardé son air impassible, Ginny le connaissait assez pour réaliser la peine et l'anxiété se cachant derrière ce masque. Elle ne pouvait que partager ce sentiment. Jamais elle n'aurait pu imaginer bloquer toute communication avec sa propre famille. Elle réalisait à quel point cela avait dû être déchirant pour Draco.

Dans ce contexte, Ginny était impatiente de lui apporter tout le réconfort possible et de l'épauler après ce tournant difficile de sa vie. En début d'après-midi, elle étreignit ses parents, avant de sauter dans l'âtre de la cheminée pour rejoindre la maison des Hopper.

Leah l'accueillit, l'air surexcité. Ses parents travaillaient au Département de la coopération magique et voyageaient régulièrement pour des raisons professionnelles. Cette semaine, ils étaient en Thaïlande pour un Colloque sur la ratification de l'usage du Veritaserum par la Cour Internationale de la Justice Magique. Selon Leah, l'alibi de Ginny serait sans tâche.

« Merci Leah, j'apprécie vraiment ton aide, je ne sais pas ce que je ferai sans toi. » dit Ginny avec un sourire sincère.

Leah esquissa un geste de la main, indiquant à Ginny qu'elle était ravie de le faire. Contrairement à Sugar, Leah était une fervente défenseuse de la relation de Ginny et Draco. Leah était une éternelle romantique. Elle passait son temps le nez dans des livres de romance, fantasmant sur les histoires d'amour qu'elle y découvrait. Sa vie amoureuse, toutefois, était le « plat complet » selon ses propres dires et elle se plaisait à commenter les relations des personnes autour d'elle.

En fin d'après-midi, les deux jeunes filles sursautèrent lorsqu'une elfe de maison apparut dans la cuisine de Leah. Elle portait une nappe drapé autour de sa silhouette frêle et ses grands yeux marrons paraissaient âgés. Elle s'inclina devant Leah et Ginny.

« Je suis Cora. » se présenta-t-elle avec politesse. « Je suis venue escorter Miss. Weasley. »

Ginny hocha la tête. Elle échangea un sourire avec Leah avant d'attraper son sac de voyage et de suivre Cora. Cette dernière l'invita à prendre sa main et quelques secondes plus tard, la désagréable sensation du transplanage parcourut Ginny.

Elle se retrouva dans un large Hall, faiblement éclairé. Cora la conduit à ce qui ressemblait à un séjour. La pièce était décorée dans un style victorien : somptueuse et singulièrement ornementée. L'abondance de mobilier dans la pièce donna à Ginny une impression d'étouffement. Elle réalisa ensuite que cette impression était due à l'absence de fenêtres dans la pièce. Elles semblaient toutes dissimilées par de larges rideaux brodés.

Cora apporta un plateau avec une tasse de thé à Ginny.

« Où sont Draco et Mr. Malfoy ? » demanda Ginny avec curiosité.

Elle était étonnée de voir que Draco n'était pas venu l'accueillir

« Mr. Malfoy et son petit-fils sont partis il y a quelques heures. Ils ne vont pas tarder. » rassura l'elfe avant de s'emparer des affaires de Ginny pour les monter à l'étage. Pendant une dizaine de minutes, Ginny resta assise sur l'un des fauteuils antiques, observant autour d'elle.

Soudain, lorsqu'elle tourna le regard, et qu'elle vit une silhouette plantée devant elle, elle laissa échapper un cri de frayeur. L'ombre s'approcha de Ginny et son visage fut éclairé par le feu crépitant dans l'âtre de la cheminée. Il s'agissait d'une femme, s'approchant visiblement de la quarantaine. Son visage était émacié, et son teint très pâle, comme si elle était souffrante. De longs cheveux noirs ondulés cascadaient sur ses épaules nues. Elle portait une longue robe noire, très ajustée au niveau de la taille.

« Je suis navrée, je ne voulais pas vous faire peur. » dit-elle

Elle avait parlé avec un accent slave très fort. Sa voix était douce mais semblait désincarnée, renforçant son apparence malade. Elle s'avança d'un pas feutré en direction de Ginny. Sa démarche était gracieuse et discrète. Elle avait des traits délicats, mais fatigués. De larges cernes étaient visibles sous ses yeux d'un noir de jais.

Ginny se sentit idiote d'avoir réagi de manière aussi excessive. Elle esquissa un sourire peu assuré en direction de la femme puis tendit sa main.

« Je suis Ginny. » dit-elle.

L'inconnue observa la main tendue dans sa direction d'un air curieux puis son regard se posa à nouveau vers Ginny.

« Tu es la partenaire de Draco. » dit la femme sur le ton de l'évidence.

Elle observa à nouveau la main tendue de Ginny comme s'il s'agissait d'un objet particulièrement dangereux. Une lueur hésitante était apparue dans son regard. Soudainement, elle se retourna et se dirigea vers l'un des fauteuils et s'y installa, faisant face à Ginny. Confuse, Ginny retira sa main, la reposant sur son genoux.

« Je suis Oksana. » se présenta la femme. « La partenaire d'Abraxas. »

Elle avait prononcé le mit partenaire avec une insistance étrange, et Ginny put jurer qu'un air possessif était passé dans les yeux de la femme. Elle semblait beaucoup plus jeune qu'Abraxas. A vue d'œil, Ginny leur devinait une différente d'âge d'au moins vingt-cinq ans.

« Je suis ravie d'enfin te rencontrer. Tu es aussi parfaite que je t'avais imaginée. » déclara Oksana.

Ses paroles rendirent Ginny mal à l'aise. Cette femme était curieuse.

« Je ne voudrais pas te rendre mal à l'aise. Nous n'avons pas souvent de visiteurs. J'ai perdu l'art de recevoir. » déclara Oksana.

Ginny se força à sourire mais sa tentative ressembla probablement plus à une grimace qu'à autre chose.

« Où est Draco ? » demanda-t-elle d'une voix qu'elle tenta de rendre neutre.

« Je crois qu'ils sont partis ce matin pour visiter les environs. J'imagine qu'Abraxas souhaite créer des liens avec son petit-fils. Après tout, il n'en a pas eu l'occasion par la faute de Lucius. »

Elle avait parlé d'une voix douce mais Ginny ne manqua pas l'amertume présente dans sa voix. Ginny fronça les sourcils. Draco savait pourtant qu'elle devait arriver aujourd'hui.

« Ne t'inquiète pas, ils devraient bientôt être de retour. » assura Oksana. « Cora. »

L'elfe de maison se présenta devant sa maitresse. Oksana lui donna des instructions dans une langue étrangère que Ginny ne reconnut pas.

« De l'allemand. » informa Oksana en direction de Ginny, comme si elle avait entendu son interrogation silencieuse.

Ginny hocha la tête avant de s'emparer de la tasse de thé que Cora avait posé devant elle et d'en prendre une gorgée.

L'elfe revint quelques minutes plus tard, posant un verre devant Oksana ainsi qu'une bouteille contenant un liquide rouge foncé, vraisemblablement du vin. Oksana porta le verre à sa bouche puis sourit en direction de Ginny.

« Vous avez une très belle maison Mrs. Malfoy » commenta Ginny d'un ton poli.

Cela causa une soudaine hilarité d'Oksana car elle partit dans un grand rire. Ginny lui jeta un regard interloqué, confuse par sa réaction. Qu'avait-elle dit de drôle ?

« Je ne suis pas Mrs. Malfoy. Abraxas et moi ne sommes pas mariés. Tu peux m'appeler Oksana, ou bien Sana. » ajouta-t-elle.

Elle observa de nouveau Ginny avec attrait sans prononcer la moindre parole. Face au regard inquisiteur d'Oksana, Ginny se sentait presque comme une bête de foire.

Encore une fois, la femme sembla comprendre le malaise de Ginny car elle débuta une conversation banale, mentionnant des sujets tout à fait lambda.

Une heure plus tard, on entendit des pas et des paroles dans le Hall et Ginny fut soulagée lorsqu'elle vit Draco et Abraxas passer la porte. Lorsqu'il aperçut Ginny, une expression de surprise apparût dans son regard. Draco vint immédiatement à son encontre.

« Qu'est-ce que tu fais-ici ? » demanda-t-il à voix basse en levant un sourcil.

Ginny lui adressa un regard interloqué et heurté.

« Je me suis mal exprimé. Je pensais que tu n'arriverais pas avant ce soir. Sinon, je serai resté ici pour t'accueillir. » ajouta Draco d'une voix plus haute.

Il jeta un regard contrarié en direction de son grand-père.

« Tout vas bien, Oksana est restée avec moi. » répondit Ginny.

Draco haussa la tête, sans conviction toutefois. Ginny ne rata pas le regard suspicieux qu'il lança en direction de la femme.

« Miss Weasley. » s'enquit Abraxas Malfoy, d'une voix réjoui. « Absolument ravi de vous revoir. Quel plaisir d'avoir votre visite. »

Il s'approcha de Ginny pour lui faire un baisemain. Cette dernière ne put s'empêcher de rougir.

« Je vous remercie de m'accueillir. » répondit-elle avec politesse.

« Mon petit-fils attendait impatiemment votre arrivée. » informa-t-il en lui adressant un clin d'œil.

Ginny sourit chaudement en direction de Draco.

« Que diriez-vous de vous détendre avant que le dîner soit servi, dans une heure ? » suggéra-t-il. « Je laisse Draco le soin de vous accompagner à votre chambre, Miss. Weasley. »

Ginny le remercia rapidement avant d'être entraînée par Draco en dehors de la pièce. Dans le Hall, un escalier majestueux donnait accès à l'étage supérieur. En marchant aux côtés de Draco, Ginny resta en admiration devant la beauté de la demeure d'Abraxas et Oksana. Aux murs, plusieurs tableaux les observèrent à leur passage.

Draco arriva devant une porte et l'ouvrit, invitant Ginny à y entrer. Elle fut époustouflée lorsqu'elle pénétra à l'intérieur. La pièce faisant large quatre fois la taille de sa propre chambre au Terrier. Un large lit à baldaquin se dressait dans la pièce, orné de parures élégantes. Tout le mobilier de la pièce paraissait raffiné.

« C'est ta chambre ? » demanda Ginny, intimidée.

« A vrai dire, c'est la tienne. La mienne est de l'autre côté du couloir. » répondit Draco.

« Cela signifiera qu'on fera chambre à part, cette semaine ? » demanda-t-elle avec un sourire en coin.

« En théorie, oui. En pratique, je ne garantis rien. » déclara Draco, avec un sourire en coin.

Il saisit Ginny par la taille, la rapprochant de lui puis l'entoura dans une étreinte vigoureuse.

« Tu m'as manqué. » murmura-t-il, provoquant un agréable chatouillis contre l'oreille de Ginny.

Elle ferma les yeux, profitant de chaque seconde de leur étreinte. Elle se sentait si bien lorsqu'elle était ainsi enveloppée dans ses bras. C'était un endroit qu'elle ne souhait jamais quitter.

Lorsqu'il la relâcha, Ginny observa les alentours avec curiosité. Elle vit son sac de voyage sur une table en bois, probablement laissé là par l'elfe de maison Cora. Elle tourna ensuite le regard vers Draco l'observant avec impatience.

« Alors, comment ça se passe ? » demanda-t-elle, avide.

Elle était curieuse de savoir comment s'était déroulé l'intégration de Draco.

« Rien de particulier. » commenta-t-il en guise de réponse, d'un ton neutre.

Ginny lui fit les gros yeux. Elle trouvait parfois frustrant le manque de communication de Draco. Lorsqu'il répondait à ses questions, il le faisait en donnant le strict minimum.

« Mais encore ? » insista-t-elle, désireuse d'obtenir plus d'informations.

« Tout s'est plutôt bien passé depuis mon arrivée. J'ai passé le plus clair de mon temps avec mon grand-père. Il souhaite 'rattraper le temps perdu' » répondit Draco d'un ton cynique.

Elle lui adressa un sourire penaud.

« Oksana a l'air…» dit Ginny, semblant réfléchir au mot le plus approprié. « … sympathique. »

« Je n'ai pas vraiment eu l'occasion d'échanger avec sa compagne. » répondit Draco d'un ton placide.

Cette fois encore, elle remarqua la lueur méprisante dans le regard de Draco alors qu'il mentionnait Oksana. Ginny s'interrogeait sur les raisons de son attitude à son égard. Elle était certes un peu étrange, mais n'avait pas l'air méchante.

« Est-ce que tu as eu des nouvelles…par rapport à ton père ? » demanda Ginny.

Draco haussa les épaules.

« Pas depuis que je suis ici. J'ai envoyé ma lettre avant de venir ici. J'étais déjà loin avant qu'il ne la reçoive. Je ne me fais aucune illusion sur sa réaction. » ajouta-t-il.

Il avait parlé d'une voix neutre mais Ginny savait que derrière son air impassible, il était plus affecté qu'il ne le laissait paraître. Elle s'empara de sa main et entrelaça ses doigts aux siens.

Une heure plus tard, ils rejoignaient le Abraxas et Oksana dans une large salle à manger, éclairée par un large lustre au centre du plafond. Abraxas et Oksana étaient installés à chacune des extrémités de la table et Ginny s'installèrent l'un en face de l'autre, sur les côtés.

La table était luxueusement décorée, et Ginny savait que la vaisselle délicate de la tablée aurait laissé Molly Weasley en admiration. Deux autres elfes de maison firent leur apparition pour servir les convives.

Le repas fut succulent. Abraxas anima quasiment toute la conversation, racontant des histoires sur ses mille et unes épopées. Abraxas Malfoy était un homme ingénieux, ambitieux et hédoniste. Il aimait les plaisirs de la vie, et ne s'en cachait guère. Sa femme en était un énième témoignage. Il la regardait parfois avec ce regard mélangent convoitise et fierté, comme s'il s'agissait d'un trophée particulièrement précieux.

Oksana intervint à plusieurs reprises dans la conversation, s'adressant presque exclusivement à Ginny. Elle lui posa des questions sur sa famille, ses amis à Poudlard, ses passions. A deux reprises, Ginny surprit Oksana l'observer d'un regard soutenu. Confuse, elle jeta un regard à Draco qui était resté silencieux pendant la majeure partie du dîner. Pour une raison qu'elle ne comprenait pas, il paraissait contrarié. Pensait-il à son père ? Parfois, Ginny aurait aimé pouvoir lire ses pensées.

« Encore des légumes, Ginny ? » demanda Oksana d'une voix familière qui lui rappela vaguement sa mère.

Pendant tout le repas, elle s'était assurée que Ginny ne manque de rien, insistant à plusieurs reprises pour que les elfes resservent Ginny.

« Je suis pleine, merci. » refusa Ginny avec un sourire. « C'était délicieux. »

Oksana fit la moue alors qu'elle mentionnait le dessert et Ginny se sentit obliger d'accepter la tarte à la citrouille que Cora posa devant elle. A la dernière bouchée, elle sentit qu'elle allait exploser s'il elle avalait quoi que ce soit.

« Que diriez-vous de visiter les alentours, demain, Miss Weasley ? » proposa Abraxas. « Le domaine s'étend sur plusieurs dizaines de miles. « Nous pourrions faire une promenade à licorne. »

Ginny ouvrit grand la bouche, estomaquée. Une balade à licorne ? Ginny n'en avait jamais vu de sa vie. Les licornes étaient des créatures rares, indépendantes, et sauvages. Elle s'empressa d'accepter la proposition d'Abraxas, surexcitée.

Après le dîner, Ginny se retira dans sa chambre et Draco fit de même. Ils se mirent d'accord pour se retrouver deux heures plus tard, pour faire bonne mesure.

Ginny décida de faire couler un bain dans la magnifique salle de bain attenante à sa chambre à coucher. Des dizaines de produits et de parfums était posés sur les comptoirs en marbre. Ses muscles se dénouèrent lorsqu'elle se glissa dans l'eau chaude et parfumée du bain.

Elle quitta son bain après une heure et s'habilla rapidement. Lors de la dernière sortie à Pré-au-lard, elle avait acheté une paire de sous-vêtements relativement osée (selon elle, du moins) et elle était impatiente de voir ce que Draco en penserait.

Elle ne put s'empêcher de rougir lorsqu'elle s'observa devant le miroir et revêtit à la hâte sa robe de chambre, dissimulant la tenue. Elle sortit ensuite de sa chambre, silencieusement, puis traversa le large couloir pour rejoindre celle de Draco.

Elle tapota discrètement contre celle-ci et quelques secondes plus tard, Draco apparut dans l'encadrudre. Il s'effaça pour la laisser entrer.

« Quelqu'un est impatiente. » commenta-t-il avec un sourire en coin.

« Je ne pouvais pas attendre plus longtemps. » admit Ginny avec un léger rire.

La chambre de Draco était aussi extravagante que la sienne. Les tons de la pièce étaient plus sombres, toutefois. Plusieurs grimoires s'accumulaient sur le bureau de Draco.

« Que faisais-tu ? » demanda Ginny avec curiosité.

« J'étudiais. Les ASPICs arrivent bientôt et j'ai intérêt à travailler dur. Maintenant que mon père m'a probablement renié, mon avenir n'est plus aussi assuré. » expliqua-t-il.

Elle décela facilement l'ironie dans ses propos.

« Je crois que ton avenir est assuré grâce à ton grand-père. » fit remarquer Ginny en désignant d'un geste de la main la pièce dans laquelle ils se trouvaient. « Cette maison est impressionnante. »

« Je ne lui fais absolument pas confiance. » révéla Draco. « Je ne veux pas dépendre de lui. »

« Pourquoi es-tu si réfractaire ? Ne penses-tu pas qu'il fait tout ça uniquement pour t'aider car tu es son petit fils ? » demanda Ginny.

Draco laissa échapper une exclamation de dédain.

« Parce que c'est un Malfoy, et je sais comment ma famille fonctionne. Ce n'est parce que mon grand-père ne soutient pas Voldemort qu'il s'agit d'un Saint, crois-moi. » dit Draco avec sérieux. « Il veut quelque chose et tant que ne saurais pas de quoi il s'agit, je resterai méfiant. »

« Et Oksana ? » demanda Ginny. « Que pense-tu d'elle ? »

Draco leva les yeux au ciel.

« Elle est encore plus douteuse. A vrai dire, depuis mon arrivée ici, je l'ai à peine croisée. J'ai dû lui adresser la parole à deux reprises. Je ne l'avais jamais vue autant qu'aujourd'hui. » expliqua-t-il.

Il sembla réfléchir, puis poursuivit :

« Elle semble particulièrement intéressée par toi et je t'avoue que cela me rend mal à l'aise. C'est la première fois qu'elle assiste à un repas avec nous. » informa Draco.

Ginny ne pouvait pas le nier. Dès son arrivée, elle avait senti quelque chose d'étrange chez Oksana et les dires de Draco ne firent que confirmer ses doutes. En général, elle accordait facilement sa confiance aux gens. Pour Draco, c'était le contraire, les gens devaient se prouver dignes de confiance. Toutefois, concernant Oksana, leurs impressions se rejoignaient.

« Je suis contente de faire une promenade à dos de licorne. » dit Ginny d'une voix surexcité. passant volontairement à un sujet plus léger.

Cela fit rire Draco et il sembla le détendre.

« Absolument. » dit-il en posant un baiser sur le front de Ginny avant de s'installer de nouveau au bureau.

Ginny le suivit du regard, contrariée. Elle croisa les bras.

« Tu vas vraiment étudier maintenant, Draco ? » demanda-t-elle, faisant la moue.

« Oui, à moins que tu veuilles passer mes ASPICs à ma place. » répondit-il.

Elle leva un sourcil.

« Très bien. » concéda-elle en retirant lentement la sangle de sa robe de chambre, la laissant tomber à ses pieds. « Tanpis pour toi, Malfoy. »

Elle grimpa sur le lit gigantesque et se prélassa de façon exagérée. Elle n'eut pas besoin d'attendre plus de cinq secondes pour que Draco se retrouve à ses côtés, la détaillant avec convoitise.

« Non je ne compte pas passer tes ASPICs à ta place, alors tu ferais mieux de retourner à tes grimoires. » dit-elle en faisant mine de l'ignorer.

« Je crois que je vais devoir me résoudre à l'échec. » admit Draco en observant Ginny. « Tu es magnifique, Ginny. »

Elle ne put s'empêcher de rougir.

« Je ne pense pas me tromper en affirmant que tu apprécies ma tenue ? »

« Comment te dire… » dit-il simplement en se penchant vers elle.

Il commença à parsemer sa peau dénudée de baisers. Ginny frissona sous ses caresses.

« Je crois que je ne vais pas te laisser dormir, ce soir. » avoua-t-il avant de prendre possession des lèvres de Ginny.

Le lendemain, lorsque Ginny émergea de son sommeil, elle sentit le bras de Draco ferme autour de sa taille. Sa respiration était lente, prouvant qu'il dormait encore profondément. Lentement, elle s'extirpa de ses bras. Il grogna légèrement avant de replonger dans son sommeil. Ginny se frotta les yeux puis quitta le lit, à la recherche de ses vêtements. Elle se rhabilla, revêtant sa robe de chambre avant de quitter la pièce. D'un pas discret, elle traversa le couloir pour retourner à sa chambre.

Elle n'avait aucune idée de l'heure, et les rideaux de sa chambre étaient clos. Elle se dirigea vers l'un d'eux puis tira afin de les ouvrir. Elle laissa échapper un hoquet de stupeur lorsqu'elle se retrouva devant un mur de pierre, à la place de la fenêtre. Le cadre de la fenêtre était toutefois présent, créant une certaine illusion. Le mécanisme lui parut vaguement étrange, mais elle ne s'en formalisa pas plus longtemps. Lorsqu'elle tira l'autre paire de rideaux volumineux de la pièce, elle se retrouva devant un autre mur de pierre.

Elle se mordit la lèvre. Elle n'était pas autorisée à utiliser la magie en dehors de Poudlard, n'ayant pas encore atteint la majorité.

« Cora ? » demanda-t-elle à voix basse, hésitante.

Un Pop se fit entendre et l'elfe de maison apparût devant elle.

« Puis-je vous aider, Miss ? » demanda l'elfe, avide.

« Il n'y a pas de fenêtre, y'a-t-il un moyen d'avoir de la lumière dans cette pièce. » demanda Ginny.

« Il faut demander à la pièce de s'allumer Miss. » informa Cora. « Lumières. »

Des lanternes accrochées aux murs s'allumèrent immédiatement.

« Cela fonctionne pour les éteindre, et pour l'intensité, également. » expliqua Cora. « Le mécanisme fonctionne dans toutes les pièces de la résidence. »

Ginny lui adressa un regard reconnaissant et la remercia.

« Voudriez-vous prendre un petit-déjeuner immédiatement, Miss ? » demanda l'elfe.

Ginny déclina poliment. Elle était encore rassasiée du repas copieux de la veille. L'elfe s'inclina avant de disparaitre de nouveau et Ginny se dirigea vers la salle de bain pour prendre une douche.

Lorsqu'elle descendit les escaliers pour rejoindre le Hall, elle fut accueillie par Abraxas Malfoy.

« J'espère que vous avez passé une nuit agréable, Miss Weasley. » dit-il avec un sourire.

Ginny hocha la tête, et ne put s'empêcher de rougir. Il savait probablement qu'elle avait passé la nuit avec Draco.

« Que diriez-vous de visiter le domaine ? » suggéra-t-il.

Il lui fit visiter la large demeure, composée de plus d'une trentaine de pièce. Ginny apprit qu'ils se trouvaient à Graz, une ville autrichienne. Ils avaient emménagé dix ans auparavant, souhaitant retrouver le pays d'origine d'Oksana.

Le Manoir était immense et décoré avec exubérance. Le couple possédait une impressionnante collection d'œuvres d'art.

« Nous sommes de grands amateurs d'art. » expliqua Abraxas à Ginny alors qu'il lui montrait une sculpture représentant un centaure dont le torse était percé par une flèche « Douzième siècle. Grèce. »

Ils passèrent devant une double porte barrée par un large cadenas et des chaînes. Abraxas ne sembla pas manquer le regard curieux de Ginny.

« Nous entreposons quelques vieux objets là-dedans. Certains peuvent être un peu dangereux, cette pièce est donc interdite d'accès. » expliqua-t-il évasivement.

Il la conduisit ensuite à l'extérieur du Manoir, dans un large jardin emplis de bosquets et de parterres. Ils s'installèrent à la terrasse où une table avait été dressée. Encore une fois, un festin se présentait à Ginny. Elle sirota sa tasse de thé, admirant la vue sur le magnifique jardin du Manoir.

« Je dois avouer Miss Weasley, que mon petit-fils semble particulièrement épris par vous. » commenta Abraxas d'un ton léger.

Les joues de Ginny rosirent.

« Bien évidemment, il est évident que c'est réciproque. » ajouta-t-il en lui adressant un clin d'œil. « L'amour de jeunesse, tellement palpitant. »

Abraxas avala tranquillement une gorgée de thé puis poursuivit :

« Un Malfoy et une Weasley. Jamais je n'aurais cru voir cela de mon vivant. » dit-il après réflexion. « Quel courage, quelle détermination. Que pense votre famille de cette relation ? »

La question rendit Ginny mal à l'aise.

« A vrai dire, ma famille n'est pas encore au courant. » avoua-t-elle.

« Je vois. » répondit simplement Abraxas.

Il porta quelques raisins à sa bouche.

« Je peux très clairement imaginer la réaction de mon fils Lucius lorsqu'il l'apprendra. C'est une bonne chose que Draco et moi ayons repris contact. Je suis ravi qu'il ne souhaite pas prendre la même voie que Lucius. » déclara Abraxas. « Je serai en mesure de l'aide. »

Ginny hocha la tête, l'air reconnaissant.

« Quel sacrifice de la part de mon petit-fils. Abandonner son héritage, s'aliéner de ses parents pour vous Miss Weasley. Une véritable preuve d'amour. » ajouta Abraxas.

De nouveau, Ginny ne fit qu'acquiescer, ne sachant pas quoi dire face aux paroles d'Abraxas.

« Seriez-vous prête à sacrifier autant de choses pour Draco Miss Weasley ? Jusqu'où seriez-vous prête à aller ? » demanda-t-il en lui jetant un coup d'œil intéressé.

Le malaise de Ginny s'accrut alors qu'elle se souvenait des mises en garde de Draco la veille au sujet d'Abraxas. « Il veut quelque chose et tant que ne saurai pas de quoi il s'agit, je resterai méfiant. » avait dit Draco.

« Où voulez-vous en venir ? » demanda Ginny, avec suspicion.

« J'ai une proposition pour vous, Miss Weasley. » dit Abraxas d'un ton calme, en observant Ginny avec intensité.

End Notes:

J'espère que vous avez apprécié ! Selon vous, que va proposer Abraxas à Ginny ?

Proposition by Black Lagoon

 

 

 

Chapitre XVII. Proposition

Lorsqu'il se réveilla, Draco tendit la main, recherchant la présence chaleureuse de Ginny à ses côtés. Sa main ne rencontra que du vide, et il ouvrit l'œil, constatant que Ginny n'était pas dans son lit.

Il avait passé une nuit des plus agréables en compagnie de sa petite amie et se réveiller à ses côtés n'aurait pas été de refus. Il laissa échapper un long soupir. Telle qu'il la connaissait, Ginny souhaitait sans doute éviter que son grand-père ou sa campagne réalisent qu'ils avaient passé la nuit ensemble.

Il haussa les épaules. Abraxas Malfoy ne verrait probablement pas d'inconvénient à l'idée et le connaissant, lui adresserait même un clin d'œil entendu. Quant à Oksana, il n'était pas certain de la manière dont elle réagirait et pour dire la vérité, cela lui importait peu. Depuis son arrivée, il avait gardé ses distances envers la femme, lui adressant la parole uniquement lorsqu'il n'avait eu d'autre choix.

Lorsqu'il termina de se préparer, il se dirigea vers la chambre de Ginny. Il constata avec perplexité qu'elle ne s'y trouvait pas et il interrogea un elfe de maison qui passait dans le couloir, faisant léviter un large panier derrière lui.

« Miss Weasley est dans le jardin avec Maître Abraxas, jeune maître. » répondit l'elfe avant de s'incliner profondément.

Draco se dirigea vers les grandes portes du Manoir d'un pas rapide. Lorsque ces dernières s'ouvrirent, il fut ébloui par la lumière du jour et cligna plusieurs fois des yeux pour s'y habituer. Il retrouva Ginny en compagnie de son grand père, près de la terrasse.

« Ah, Draco. » s'exclama Abraxas avec enthousiasme tandis que Draco s'approchait de la large table en verre.

Ginny se retourna dans sa direction et il ne put s'empêcher de remarquer qu'elle paraissait troublée. Il s'installa à ses côtés.

« J'étais en train de relater à Ginny la beauté des environs. » déclara Abraxas en lançant un sourire en direction de Ginny.

Draco vit Ginny esquisser un sourire qu'il trouva un peu forcé. Elle s'empara de sa tasse de thé et en avala une gorgée d'un geste nerveux. Puis, comme à son habitude, Abraxas se lança dans un monologue sans fin sur les merveilles architecturales des environs.

Sous la table, Draco posa sa main sur la cuisse de Ginny, levant un regard interrogateur dans sa direction. Elle secoua la tête, comme pour lui signifier que tout allait bien et détourna les yeux, faisant mine d'écouter les paroles d'Abraxas.

Draco fronça les sourcils. Il semblait évident que quelque chose troublait la jeune fille, mais il n'insista pas. Il l'interrogerait une fois qu'ils seraient seuls.

Après le petit-déjeuner, Abraxas les mena à l'étable où deux licornes au pelage argenté broutaient tranquillement. Draco leva les yeux au ciel lorsque Ginny laissa échapper un cri d'émerveillement en apercevant les deux créatures.

« Il est quasiment impossible de domestiquer ces créatures. Elles sont extrêmement indépendantes. » expliqua Abraxas. « Allez-y, approchez-vous. »

Ginny s'approcha de l'une des licornes d'un pas précautionneux. Elle tendit la main et la posa sur le flanc de l'animal qui se laissa toucher sans aucun problème.

« Elles sont magnifiques. » dit Ginny avec admiration.

« Que diriez-vous d'une promenade ? » proposa Abraxas.

Quelques heures plus tard, Ginny retrouva Draco dans le séjour dans lequel il s'était installé afin de lire un livre. Elle laissa échapper un soupir à en fendre l'âme et s'installa à ses côtés, s'affalant presque sur son torse.

« Je suis extenuée. » déclara-t-elle. « J'ai des courbatures à des endroits que je n'aurais jamais cru possible. »

Elle grimaça.

« Mais tu t'es amusée ? » demanda Draco.

Ginny hocha frénétiquement de la tête, une lueur rêveuse apparaissant dans ses yeux.

« Sugar et Leah vont être tellement jalouses quand elles vont apprendre que j'ai fait une promenade à dos de licorne. » assura-t-elle.

Draco referma son livre et posa son bras autour de Ginny, l'invitant à s'installer plus confortablement sur lui. Elle posa la tête sur son torse et il caressa sa longue chevelure.

« Dans ce cas, tout va parfaitement bien ? » demanda-t-il d'une voix maitrisée.

« Oui, pourquoi me demande-tu ça ? » interrogea Ginny, confuse.

« Ce matin, tu paraissais troublée lorsque je suis arrivé. Mon grand-père a-t-il dit quelque chose ? » poursuivit Draco.

Il sentit Ginny se tendre contre lui et cela fut suffisant pour qu'il obtienne la réponse à ses interrogations. Ginny haussa les épaules et fixa un coin de la table basse face à eux, comme si l'objet était particulièrement intéressant.

« Ginny. » insista Draco en attrapant son menton pour la forcer à le regarder.

Les yeux de la jeune fille se firent légèrement fuyants et ses joues prirent une teinte rosée. Finalement, elle soupira et déclara :

« Il m'a posé des questions sur notre relation. Il voulait savoir si ma famille était au courant. »

Elle hésita quelques secondes avant de poursuivre, à voix basse :

« Il voulait savoir si je réalisais les sacrifices que tu faisais pour moi. »

Draco fronça les sourcils, l'irritation grandissant au fil des secondes en lui. Pourquoi son grand père se permettait-il de faire ce genre de discours à Ginny en son absence ?

« Et que lui as-tu répondu ? » demanda Draco d'une voix qu'il tenta de rendre neutre.

« Nous n'avons pas vraiment pu terminer la conversation car tu es arrivé. » admit-elle.

Un long silence s'installa entre eux. Ils semblaient tous deux profondément perdus dans leurs pensées respectives. Ginny fut la première à rompre le silence.

« Tu sais que je le réalise, n'est-ce pas ? » demanda-t-elle avec inquiétude, comme si elle cherchait à être rassurée. « Je sais à quel point ça a dû être difficile pour toi de prendre cette décision. »

Ginny posa sa main sur le torse de Draco, puis leva la tête dans sa direction, cherchant son regard.

« Et je veux que tu saches que je serai prête à tout pour toi. » dit-elle.

Elle posa ses lèvres sur les siennes et ils échangèrent un long baiser. Ils ne remarquèrent par Abraxas Malfoy, posté près de l'entrée du séjour. Son visage se fendit en un sourire satisfait alors qu'il s'éloignait.

D X G

Le lendemain, Ginny et Draco décidèrent de se rendre dans la ville de Graz, située non loin du domaine Malfoy. Abraxas mentionna des affaires personnelles importantes à régler et leur suggéra des lieux à visiter. Ginny l'écouta avec attention, excitée par l'idée. Draco, de son côté, semblait peu enclin à l'idée de passer une journée entière dans une ville entièrement moldue. Il consentit toutefois devant l'insistance de Ginny.

« C'est une mauvaise idée. » grommela-t-il alors qu'ils marchaient dans l'avenue principale de la ville.

Ginny tenta de se remémorer tant bien que mal les différentes explications partagées par son père et par le Professeur Burbage, qui enseignait l'Étude des Moldus, à Poudlard.

« Regarde ! » montra-t-elle. « Un tramway. »

Lorsque Draco afficha un air confus, elle ajouta :

« Les Moldus utilisent ce genre de moyen de transport pour parcourir de très courtes distances. Ils ne peuvent ni transplaner, ni utiliser de poudre de cheminette. »

« Épouvantable. » commenta Draco.

« A vrai dire, c'est très intelligent. Ils ont créé de la tecanologie pour faciliter leur vie au quotidien. » répondit Ginny. « Ces Moldus sont tellement créatifs. Regarde, un félétone portable ! »

Elle désigna un homme vêtu de manière sophistiquée qui pianotait activement sur une boite noire.

« Ils s'en servent pour communiquer à distance. » dit Ginny avec excitation.

Ils passèrent la journée à visiter les attractions principales de la ville. Malgré les interactions embarrassantes qu'ils eurent avec certains Moldus, Ginny eut le sentiment de passer l'un des meilleurs après-midis de sa vie. Elle ne s'était jamais rendu compte à quel point il était pesant de devoir cacher sa relation avec Draco aux yeux de tous. Pour la première fois, elle pouvait se montrer affectueuse avec lui en public, s'en se soucier du regard des autres. Elle n'avait pas besoin de s'inquiéter d'être surprise à ses côtés, et cette sensation était des plus grisantes.

Elle sentit Draco beaucoup plus détendu qu'à son habitude et elle fut ravie. Ils dinèrent dans un petit restaurant à la décoration intime et romantique.

Lorsqu'ils rentrèrent au domaine, ils retrouvèrent Abraxas et Oksana dans le séjour principal, visiblement en grande conversation. Ginny crut déceler une tension certaine dans la pièce mais le couple s'interrompit en les voyant entrer. Comme à son habitude, Abraxas les accueillit avec exubérance. Oksana, toutefois, ne semblait pas pouvoir dissimuler ses sentiments avec autant de facilité. Ginny vit clairement une once d'irritation dans ses iris sombres.

« J'espère que nous n'avons pas interrompu une conversation privée. » lança Draco d'une voix traînante à l'attention de son grand père.

« Absolument pas. » s'enquit Abraxas.

On entendit Oksana tousser de manière expressive derrière lui.

« Eh bien, la journée a été longue, je pense que nous allons nous retirer à l'étage pour nous reposer. » indiqua Draco d'un ton neutre. « Ginny ? »

Ginny hocha la tête et s'empressa de le suivre hors de la pièce. Ils se dirigèrent vers sa chambre et Ginny crut entendre un éclat de voix dès qu'ils quittèrent le séjour.

« C'était tellement gênant. » commenta Ginny, une fois que Draco eut refermé la porte sur eux.

« A qui le dis-tu. » commenta-t-il en acquiesçant. « Je vais nous faire couler un bain. »

Draco disparut dans la salle de bain et Ginny s'installa sur son lit. Après quelques secondes, elle entendit des pas bruyants passer devant la porte. Il s'agissait probablement d'Oksana qui rejoignait ses appartements.

Elle entendit Draco appeler son nom et elle se dirigea à son tour vers la salle de bain. Draco était installé dans la baignoire et il lui fit signe de le rejoindre à l'intérieur. Ginny se dévêtit rapidement avant de se glisser dans l'eau bouillonnante. Elle se laissa aller contre le torse de Draco qui l'entoura de ses bras.

« Que s'est-il passé, à ton avis ? » demanda Ginny. « Ils avaient l'air plutôt tendus. »

Ginny le sentit hausser les épaules.

« Il a probablement refusé de lui offrir une nouvelle paire de chaussures. » indiqua Draco avec sarcasme.

Ginny leva les yeux au ciel, mais ne put s'empêcher de laisser échapper un rire.

« Je suis certain qu'il s'agissait d'une idiotie. Tous les couples se disputent pour des broutilles. Nous en sommes l'exemple parfait. » ajouta-t-il avec un rire.

Elle hocha la tête, pensive. Maintenant que Draco le mentionnait, il était vrai qu'ils se disputaient régulièrement, pour des raisons ridicules, qui plus est. Les disputes plus sérieuses qu'ils avaient eu avaient toutefois ébranlé leur relation.

L'adversité à laquelle leur relation avait été confrontée la confortait toutefois dans l'idée qu'ils étaient faits l'un pour l'autre. Malgré tout, ils avaient toujours trouvé un moyen d'y faire face et de se retrouver.

« Draco ? »

« Hm hm. »

« Est-ce que tu penses à notre avenir, parfois ? » demanda Ginny.

Un long silence suivit sa question.

« Parfois. » répondit finalement Draco d'un ton neutre.

« Et qu'est-ce que tu imagines pour nous ? » interrogea Ginny.

« Je ne sais pas trop… » déclara-t-il avec hésitation. « J'imagine qu'il y a beaucoup de facteurs qui m'empêchent de penser sur le long terme. »

« Qu'est-ce que tu veux dire ? »

« Mon père, ta famille, la guerre. » indiqua-t-il. « Toutes ces choses semblent contre nous et il est parfois compliqué de se projeter dans l'avenir. »

Ginny acquiesça, l'air pensif. Elle comprenait et partageait son sentiment.

« Je pense que la solution est de nous concentrer sur chacun de ces aspects en temps voulu. D'abord mon père, ensuite ta famille. Sur le reste, nous n'avons malheureusement pas de contrôle. » acheva Draco.

La guerre rongeait toujours le pays. Lord Voldemort et ses sbires devenaient chaque jour plus offensifs et les nouvelles de tragédies faisaient régulièrement la Une de la Gazette du Sorcier.

Elle sortit de sa torpeur lorsqu'elle sentit les lèvres dans sa nuque. Elle ferma les yeux, soupirant de ravissement. Elle admirait la capacité de Draco à lui faire oublier tous ses problèmes. Lorsqu'il était à ses côtés, elle avait l'impression que tout irait pour le mieux.

« J'ai passé une journée merveilleuse. » admit-elle avec contentement.

« Moi aussi. » répondit Draco d'un ton serein.

Quelques instants plus tard, alors qu'elle suggéra à Draco de retourner dans sa propre chambre pour le rejoindre plus tard dans la nuit, il objecta immédiatement. Elle ne tenta pas de protester alors qu'il écrasait avidement ses lèvres contre les siennes et la conduisait sur son lit.

Pour une raison obscure, Ginny peina à trouver le sommeil cette nuit-là et elle n'eut de cesse de se retourner dans son lit, agitée. A ses côtés, Draco dormait profondément et elle l'observa quelques minutes avec attendrissement. Il avait l'air d'un ange lorsqu'il dormait ainsi. Évidemment, elle se garderait de lui faire part de cette comparaison. Il lui lancerait probablement l'une de ces piques sarcastiques dont il avait le secret avant de lever les yeux au ciel.

Elle décida finalement de se lever et de sortir de la pièce. Peut-être qu'une promenade nocturne l'aiderait à trouver le sommeil. Elle grimaça alors qu'elle posait les pieds sur le sol et esquissait quelques pas en direction de la porte. La promenade à licorne ainsi que leur excursion à pied dans la ville se faisaient sentir dans ses cuisses.

Elle erra dans les couloirs de l'étage, sans but particulier. Le Manoir était gigantesque, et ainsi plongé dans l'obscurité, semblait lugubre. Après quelques minutes, elle se retrouva devant une porte à l'extrémité du couloir. Elle fronça les sourcils. Habituellement, ces doubles portes étaient barrées par un large cadenas, y interdisant l'accès. Abraxas avait indiqué qu'ils y gardaient de vieux artefacts.

Les portes étaient désormais grandes ouvertes, et les chaines pendaient tristement dans le vide. Ginny s'apprêtait à s'éloigner lorsqu'elle entendit un son émanant de la pièce. C'était un bruit étouffé, semblable à un sanglot. Après quelques secondes d'hésitation, sa curiosité prit finalement le dessus et elle poussa la porte, entrant à l'intérieur.

Elle se retrouva dans l'obscurité totale et seule une faible lumière était visible au loin, au bas d'un vieil escalier. D'un pas précautionneux, elle descendit les marches. Au fur et à mesure, la voix semblait plus claire. Il s'agissait visiblement de pleurs.

Elle arriva dans une large pièce, élégamment décorée et faiblement éclairée. Un grand lit à baldaquins se dressait dans la pièce, recouvert par un large ciel de lit bordeaux. Elle tourna la tête lorsqu'elle entendit un reniflement et vit Oksana assise sur un fauteuil, tenant un mouchoir près de ses yeux trempés. Sans hésiter, Ginny s'empressa de la rejoindre, l'observant avec inquiétude.

« Tout va bien ? » demanda-t-elle d'un ton soucieux.

Oksana renifla bruyamment dans son mouchoir, et ses yeux noirs perçants se posèrent sur Ginny. Elle esquissa un sourire qui sembla forcé à Ginny.

« Je vais bien. » prétendit Oksana.

« Est-ce à propos de M. Malfoy ? Vous sembliez vous disputer, tout à l'heure. » ajouta Ginny.

« De vieilles querelles de couple. » répondit Oksana avec un sourire nerveux. « Je ne voudrais pas t'embêter avec ça. »

« Vous ne m'embêtez absolument pas. » assura Ginny.

Le visage d'Oksana se fendit dans un sourire. Elle posa sa main sur le bras de Ginny.

« Tu es si agréable, Ginevra. » dit-elle.

Ginny lui rendit son sourire et constata avec soulagement qu'Oksana semblait bien plus réjouie que quelques instants auparavant.

« Je suis tellement heureuse d'avoir un peu de compagnie, ici. » admit-elle. « Les journées sont tellement longues et solitaires. »

« Pourtant M. Malfoy m'a expliqué que vous étiez revenue ici pour retrouver votre terre natale. Vous n'avez pas de famille, des amis ? » demanda Ginny avec curiosité.

Oksana laissa échapper un rire nerveux, rejetant sa longue chevelure noire par-dessus son épaule.

« Cela fait bien des années que je n'ai plus de contact avec ces personnes. » dit-elle. « C'est tellement distant que ça me parait être une autre vie. »

Elle sembla plongée dans ses pensées, comme si elle se remémorait des souvenirs particulièrement plaisants. Elle se tourna ensuite vers Ginny.

« Mais assez parlé du passé. » décréta Oksana. « J'espère que vous appréciez vos escapades dans les environs. »

Ginny hocha la tête avec enthousiasme et lui relata ses activités des deux dernières journées en compagnie de Draco.

« Vous auriez dû venir avec nous. »

« Je crains que cela ne soit pas possible. J'évite de sortir à l'extérieur. » expliqua Oksana avec un sourire contrit. « Mais je suis ravie que tu te sois amusée. Ce fut également le cas pour Draco, j'espère ? »

Ginny hocha la tête.

« Heureuse de l'entendre. Ton arrivée ici l'a totalement changé. Il a l'air bien plus heureux qu'avec nous. » lança Oksana d'une voix joyeuse.

De nouveau, Ginny se contenta d'acquiescer. Draco ne lui avait jamais caché son dédain envers Oksana.

« Je sais bien qu'il m'apprécie peu. » poursuivit Oksana, d'un ton détaché.

Elle avait dit cela d'un ton neutre, comme si cette pensée ne l'affectait pas.

« Qu'est-ce qui vous fait dire cela ? » demanda Ginny, l'air gêné.

« J'ai un sixième sens pour ces choses-là. » assura Oksana. « Et dans une certaine mesure, je le comprends. »

« Pourquoi cela ? » interrogea Ginny, surprise.

« Eh bien, traditionnellement la famille Malfoy est connue pour être suprématiste et ma nature est une tare parmi la communauté magique. Depuis le début de ma relation avec Abraxas, Lucius n'avait jamais caché son mépris envers moi. » expliqua Oksana, l'air tranquille.

« Votre nature ? » répéta Ginny, sans comprendre.

Les yeux d'Oksana s'écarquillèrent et sa bouche forma un ''O'' surpris.

« Oh Circé, tu ne sais pas. » murmura-t-elle en posant la main sur sa bouche, comme si elle avait prononcé une injure.

« Je ne sais pas quoi ? » insista Ginny en fronçant les sourcils.

« J'étais persuadée que Draco t'aurait expliqué avant ton arrivée ici… » continua-t-elle avec embarras.

Oksana devint soudainement très nerveuse et elle se releva d'un geste brusque, s'efforçant de mettre de la distance entre elle et Ginny. Cette dernière lui jeta un regard interloqué. La réaction d'Oksana la rendait confuse. Toutefois, les mots prononcés quelques instants plus tôt avait attisé sa curiosité.

Lorsqu'Abraxas Malfoy s'était rendu à Poudlard, quelques semaines auparavant, Draco avait mentionné les relations tendues avec son fils Lucius. Selon Draco, Lucius était révulsé par la campagne d'Abraxas ainsi que leur ''style de vie.''

« Dites-moi ce que Draco aurait dû me dire. » dit-elle avec insistance.

Oksana secoua la tête, puis se détourna, s'approchant de son lit.

« Il est tard, tu devrais retourner dormir, Ginny. » dit-elle dans un souffle.

« Je n'irais nulle part sans avoir eu des réponses. » déclara Ginny avec irritation.

Elle commençait à être fatiguée d'être constamment gardée dans l'ignorance. D'abord sa famille, maintenant Draco. Ils pensaient la protéger et la garder hors de danger mais elle se sentait infantilisée par leurs agissements. Elle croisa les épaules contre sa poitrine, l'air déterminé.

« Et vous les aurez, Miss Weasley. » intervint une voix grave derrière elle.

Oksana et Ginny se retournèrent dans un geste synchronisé. Abraxas Malfoy se trouvait au pied de l'escalier, les observant d'un air indéchiffrable. Il s'avança dans la direction de d'Oksana et posa une main sur sa joue. Ils échangèrent un long regard et Oksana sembla se détendre immédiatement.

Ginny resta silencieuse, soudainement embarrassée par cet élan de tendresse entre le couple. Abraxas se tourna dans sa direction, un sourire apaisant s'installa sur son visage ridé.

« Il est tout à faire normal que vous cherchiez des réponses. Et je suis certain que notre singularité ne vous a pas échappé. » commenta-t-il avec gravité.

Ginny secoua la tête lentement.

« Je vous en prie, asseyez-vous. » invita Abraxas en lui montrant le fauteuil sur lequel Ginny avait trouvé Oksana quelques instants plus tôt.

Ginny prit place sur le sofa, observant le couple avec intérêt. Abraxas s'était installé aux côtés d'Oksana, sur le bord du lit.

« J'imagine qu'il faut remonter à plus de deux décennies pour comprendre. » déclara-t-il, l'air pensif.

Il sembla avoir une illumination et une lueur espiègle apparut dans ses yeux gris.

« Oksana et moi-même nous sommes rencontrés il y'a vingt-trois ans, dans des circonstances relativement particulières. » expliqua-t-il. « Toutefois, le coup de foudre a été immédiat. Après quelques semaines seulement, je quittais ma première épouse, la mère de Lucius. »

Ginny lui jeta un regard confus. Ils s'étaient mis en ménage il y a vingt-trois ans ? Oksana ne semblait pas avoir atteint la quarantaine.

« Je ne m'étendrais pas sur les réactions de mes proches lorsque Sana est apparu à mes côtés. Toutefois, elles ont été négatives et particulièrement cruelles à son égard. » continua-t-il en lançant un regard désolé dans la direction de sa compagne. « Voyez-vous, Miss Weasley, Sana est une personne extrêmement spéciale. J'ai toujours trouvé de la beauté dans sa condition. Les autres, eux, n'y voyaient que de la disgrâce. »

« De quelle condition s'agit-il ? » demanda Ginny.

« Demi-vampire. » déclara Oksana dans un souffle.

Face à sa déclaration, Ginny resta stoïque. Lorsque Draco avait mentionné leur style de vie, elle s'était attendue à une explication bien plus choquante. Elle savait peu de choses sur les vampires. Les uniques bribes d'informations dont elle se souvenait lui avaient été communiquées pendant ses cours de Défense Contre les Forces du Mal.

Abraxas et Oksana l'observaient avec réserve, comme s'ils s'attendaient à une réaction vocale de part. Elle haussa les épaules. Sa famille avait toujours été ouverte d'esprit et ses parents lui avaient appris à traiter tous les individus avec le même respect, en dépit de leur statut de sang ou de leurs origines.

Connaissant les Malfoy, toutefois, elle savait que la condition d'Oksana ne serait pas reçue avec exaltation. Les Malfoy, traditionnellement, plaçaient la pureté au-dessus de tout. Il était extrêmement mal vu pour eux de se mêler à des sorciers possédant des origines moldues, aussi lointaines soient-elles. Elle ne pouvait qu'imaginer leurs opinions concernant d'autres êtres magiques, non considérées comme humaines.

Voyant que Ginny ne semblait pas ébranlée par la révélation, Abraxas poursuivit :

« Comme je vous l'ai déjà indiqué lors de ma visite à Poudlard, j'ai rencontré quelques déboires avec les Mangemorts et j'ai décidé de feindre ma mort. Nous avons voyagé pendant quelques années avant de nous installer finalement ici, où vivaient les parents de Sana, il y a un siècle. »

« Un siècle ? » répéta Ginny, sans comprendre.

« J'ai cent-trois ans. » admit Oksana. « Aussi étrange que cela puisse paraître, je suis l'aînée d'Abraxas. »

Ils échangèrent un regard amusé, comme s'ils partageaient une blague d'initiés.

« Tout allait pour le mieux jusqu'à l'année dernière. » continua Abraxas, reprenant son sérieux. « Oksana a récemment développé une maladie du sang peu commune et notre train de vie est devenu quelque peu compliqué. »

Ginny l'écoutait d'une oreille attentive, pendue à ses paroles.

« Cette maladie handicape mon quotidien. Je ne peux plus sortir pendant la journée car la lumière du jour m'affaiblit. » expliqua Oksana, l'air accablé. « Et j'ai des difficultés à me nourrir. »

« Comment ça ? » demanda Ginny.

« Pendant de longues années, j'ai réussi à me nourrir exclusivement de nourriture humaine. » déclara Oksana. « Je ne consommais du sang que très rarement, et je n'en éprouvais pas le besoin. »

Ginny savait que les vampires consommaient du sang pour survivre. C'était toutefois la première fois qu'elle entendait l'existence de demi-vampires.

« Depuis l'année dernière, la nourriture humaine me provoque des nausées terribles. Et j'ai dû commencer à m'alimenter avec du sang plus régulièrement. » poursuivit Oksana.

« Au début, consommer uniquement du sang a fonctionné à merveille, du moins les premiers mois. » expliqua Abraxas. « Puis l'organisme de Sana a commencé à rejeter le sang également. Alors nous avons été forcés de sortir de notre retraite et voir un spécialiste en Amérique du Sud. La population vampire y est relativement élevée. »

« Il nous a expliqué que j'avais une maladie peu commune mais qu'il avait déjà croisée chez certains demi-vampires, notamment ceux qui étaient à demi-sorciers, ce qui est également mon cas. » indiqua Oksana. « Et il a parlé d'une solution qu'il avait vue fonctionner. »

Elle s'interrompit et le couple darda sur Ginny un regard intense. Un malaise s'installa dans l'esprit de Ginny. Pourquoi avait-elle l'horrible impression que la ''solution'' la concernait ?

« Quelle est cette solution ? » demanda-t-elle finalement, après avoir pris une longue inspiration.

« La compatibilité. » répondit Abraxas. « Sana n'a pas besoin de sang pour se nourrir à proprement dire. Son organisme en a besoin pour fonctionner correctement et en l'état, son sang se renouvelle difficilement à cause de cette maladie. »

« Le spécialiste nous a expliqué que je pourrais de nouveau retrouver un semblant de vie normale et me nourrir normalement si j'avais un don de sang régulier. » ajouta Oksana. « Mais mon donneur doit répondre à certains critères. »

« Lesquels ? » interrogea Ginny.

« Le sang Moldu n'est malheureusement pas compatible et le sang magique fonctionne différemment. Mon donneur doit obligatoirement être un sang-pur, de sexe féminin, et relativement jeune et en bonne santé pour permettre un don régulier. »

« Je suis certaine que des milliers de personnes entrent dans ces critères. » lança Ginny avec confusion.

« Absolument. Toutefois, Miss Weasley, vous savez tout comme moi les préjugés des sorciers envers les autres races magiques. Les vampires sont très mal considérés et peu de personnes seraient enclines à faire ce type de don. »

Oksana hocha gravement la tête.

« Et je refuse catégoriquement de contraindre un individu. J'ai des principes moraux et cela irait à l'encontre de tout ce en quoi je crois. » dit-elle.

« Vous avez besoin d'une personne qui sera totalement consentante pour vous faire un don du sang. Une sorcière jeune, de Sang Pur. » résuma finalement Ginny.

Son esprit rassemblait désormais les pièces du puzzle. Draco n'avait pas eu tort. Il n'y avait rien de désintéressé dans l'attitude d'Abraxas Malfoy. Elle saisissait désormais la raison de l'intérêt qu'il lui avait témoigné.

« Vous pensez que je pourrais être cette personne. » acheva Ginny d'un ton plat, comme si elle énonçait un simple fait.

« Uniquement si tu es d'accord, Ginny. » assura Oksana en la regardant avec espoir.

« J'ai…j'ai besoin d'y réfléchir. » avança-t-elle dans un murmure en se relevant précipitamment.

« Évidemment, prenez tout votre temps Miss Weasley. » dit Abraxas d'un ton tranquille. « Je vous raccompagne dans votre chambre. »

Elle hocha la tête distraitement avant de suivre Abraxas dans l'escalier sombre. Lorsqu'ils se retrouvèrent dans l'un des couloirs sombres de la bâtisse, il se tourna vers Ginny.

« Je conçois que cette nouvelle soit des plus surprenantes. » dit-il, d'une voix posée.

Ginny ne répondit pas, gardant les yeux rivés sur le sol alors qu'ils marchaient.

« Comme je vous l'ai indiqué, je suis prêt à aider mon petit-fils. J'ai toutes les ressources nécessaires pour le protéger de Lucius et de ses mauvaises fréquentations. Et je sais que nous partageons cet objectif, vous et moi. Nous souhaitons tous les deux garder Draco en sécurité. »

« Mais cela vient avec un coût. » fit remarquer Ginny en relevant la tête. « Si je vous donne ce que vous voulez, alors vous aiderez Draco. »

Un faible sourire se fendit sur le visage âgé de l'homme.

« L'amour est une force incroyable Miss Weasley. Je suis prêt à tout pour ma bien aimée, tout comme vous. » assura-t-il. « Considérons cela comme un échange profitable pour toutes les parties. Nous obtenons tous ce que nous souhaitons, à la fin. »

Il s'arrêta devant une porte.

« Nous y sommes. Je vous souhaite une excellente nuit, Miss Weasley. » salua-t-il avant de s'éloigner.

Ginny resta quelques instants interdite, plantée devant la porte, plongée dans ses pensées. Lorsqu'elle émergea de son inertie, elle se rendit compte qu'Abraxas l'avait menée devant la porte de la chambre de Draco. Elle entra à l'intérieur en silence et se glissa à nouveau dans les draps aux côtés de son petit-ami.

Abraxas le savait, elle était prête à tout pour garantir que Draco serait en sécurité. Et si elle devait donner une partie d'elle-même pour s'en assurer, elle le ferait sans hésitation.

Le lendemain, Ginny profita d'un moment où Draco était occupé à étudier pour ses ASPICs pour aller trouver Abraxas Malfoy. Il était installé dans le jardin, comme à son habitude, semblant profiter de la température douce et du soleil rayonnant.

« J'accepte. » dit Ginny de but-en-blanc. « A deux conditions. »

Elle n'avait pas réussi à trouver le sommeil lorsqu'elle avait rejoint son lit, la nuit dernière. Pendant les longues heures menant au petit matin, elle avait ressassé la proposition d'Abraxas dans son esprit.

« Lesquelles ? » demanda Abraxas, semblant surpris de sa détermination.

« Draco ne doit pas savoir. » quémanda Ginny.

« Entendu. Quelle est la deuxième condition ? »

« Lorsque Draco retournera à Poudlard après ce séjour, vous ne chercherez plus à le contacter, sauf pour des questions de vie et de mort. » lança Ginny d'un ton sombre. « Mais vous mettrez à sa disposition toutes les ressources nécessaires. Des contacts, de l'argent, un endroit pour vivre. Tout ce dont il aura besoin. »

Abraxas parut désarçonné par sa demande mais regagna son masque de tranquillité.

« J'accepte. » dit-il.

Ginny hocha la tête et réprima un soupir de soulagement.

« Puis-je vous poser une question, Miss Weasley ? » demanda Abraxas, l'air intrigué. « Pourquoi cette seconde demande ? »

« Vous ne vous souciez pas réellement de Draco. Vous avez utilisé votre lien de parenté avec lui pour obtenir ce dont vous aviez besoin. Draco a besoin de personnes qui voient son intérêt comme une priorité, et ce n'est pas votre cas. » répondit Ginny d'une voix glaciale. « Le fait que vous ayez accepté sans même hésiter ne fait que le prouver. »

Abraxas sembla déstabilisé par ses paroles. Puis il observa Ginny comme s'il la voyait pour la première fois.

« Vous me prouvez une nouvelle fois que j'avais raison, Miss Weasley. Vous êtes la femme parfaite pour mon petit-fils. » dit-il finalement, l'air impressionné.

Le reste de la semaine se déroula dans une atmosphère différente. Abraxas sembla se distancer de Draco et Ginny, les laissant occuper leurs journées à leur bon vouloir. La veille du départ de Ginny, alors que Draco était de nouveau profondément endormi, Ginny retrouva Abraxas et Oksana dans les appartements de cette dernière.

« Oksana a besoin d'un don toutes les six semaines environ. » indiqua Abraxas alors qu'il invitait Ginny à s'installer sur le fauteuil.

Pendant l'heure qui suivit, il expliqua à Ginny les étapes afin de pouvoir prélever un échantillon de sang. L'opération en elle-même était relativement simple, un sortilège suffirait. Il insista toutefois sur les ajustements auxquels Ginny devrait se conformer pour garantir la meilleure qualité de sang possible. Elle devrait faire attention à son alimentation et à ses heures de sommeil. Ginny l'observa fermer les trois larges fioles contenant désormais son sang.

« Comment suis-je supposé vous les faire parvenir ? » demanda-t-elle en s'appuyant contre le fauteuil.

Elle se sentait soudainement très faible, comme si la moitié de son énergie venait de lui être retirée.

« Cora. » appela Abraxas.

Une elfe de maison apparut immédiatement dans la pièce et s'inclina devant son maître. Abraxas lui ordonna d'apporter des collations. Il expliqua à Ginny qu'elle se sentirait faible pendant quelques heures et qu'il était important de se restaurer et de se reposer après un prélèvement.

« Je vous demanderai de les envoyer à une adresse particulière. Je me chargerai du reste. » dit-il ensuite en direction de Ginny.

« Je suis tellement reconnaissante Ginny. Je ne pourrai jamais assez te remercier. » murmura Oksana d'une voix tremblante, des larmes dans les yeux.

Elle s'approcha de Ginny et l'étreignit. Ginny s'efforça d'esquisser un sourire qu'elle devina peu convaincant. Abraxas fut le seul à le voir, toutefois.

Le lendemain, Ginny resta courtoise et agit comme si de rien n'était lorsqu'elle fit ses adieux à Abraxas et Oksana. Encore une fois, Oksana l'étreignit avec exubérance.

« J'espère te revoir très vite, Ginevra. » dit-elle en posant une bise sur sa joue. « A bientôt. »

« Moi aussi. » répondit Ginny en évitant le regard d'Abraxas.

Elle se tourna vers Draco qui s'était tenu à l'écart. Abraxas et Oksana quittèrent la pièce, sans doute pour leur laisser un peu d'intimité.

Draco s'avança vers elle puis l'enveloppa dans une longue étreinte.

« On se revoit dans quelques jours. » murmura-t-il en posant un baiser sur son front.

Les vacances de Pâques arrivaient déjà à leur terme et ils se retrouveraient à Poudlard. Ginny acquiesça alors qu'elle s'extirpait à contrecœur son étreinte. Elle s'empara de son sac de voyage puis accepta la main que l'elfe de maison Cora lui tendait. Elle adressa un dernier regard affectueux à Draco avant d'être entraînée dans un tourbillon.

Elle se retrouva devant la maison de son amie Leah Hopper et après avoir remercié l'elfe, se dirigea vers la porte de la maison. Elle appuya sur la sonnette qui laissa échapper un bruit strident. Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrit et elle vit le visage de Leah apparaitre.

« Oh Ginny. » dit-elle d'une voix bouleversée. « Je suis désolée. »

Leah paraissait déboussolée.

« Que se passe-t-il ? » demanda Ginny, l'air inquiet.

Elle eut sa réponse lorsque l'ouverture de la porte s'agrandit, laissant apparaître Molly Weasley dans l'encadrement, les joues rougies et le regard furieux.

Fin du Chapitre

Révélation by Black Lagoon





XVIII. Révélation

Le retour au Terrier se fit dans un silence pesant. Une fois arrivée dans le séjour, Ginny fit face à sa mère, mal à l'aise. Elle tenait toujours son sac de voyage dans les bras et n'était pas certaine de la meilleure manière d'agir face à sa mère. Les lèvres de Molly Weasley étaient plissées, comme à chaque qu'elle était particulièrement contrariée.

« Tu peux monter poser tes affaires, nous discuterons ensuite. » indiqua sa mère d'une voix neutre.

Ginny acquiesça avant de se ruer vers l'escaliers pour rejoindre sa chambre. Elle déposa son sac sans cérémonie sur le sol puis commença à faire les cent pas dans sa chambre, nerveuse. Elle n'était pas certaine de ce que sa mère savait. Elles avaient quitté la maison des Hopper presque immédiatement après son arrivée et Ginny n'avait pas pu discuter avec Leah. Ce dont elle était sûre cependant, c'était que Leah était incapable garder un secret. Avec un peu d'insistance, elle avait probablement craché le morceau.

Ginny ne put s'empêcher de gémir, anxieuse à l'idée de confronter sa mère. Après quelques minutes de désespoir, elle décida de se jeter à l'eau. Elle n'avait pas d'autre choix. Elle inspira profondément puis quitta sa chambre, et descendit les escaliers d'un pas réticent.

Sa mère était assise dans la salle à manger, les mains posées sur la table, regardant fixement devant elle, comme si elle était plongée dans ses pensées. Une assiette de biscuits faits maison ornait le centre de la table. Ginny grimaça. Sa mère utilisait la nourriture comme un mécanisme d'adaptation face aux situations qu'elle jugeait hors-de-contrôle.

Ginny s'installa à la table, faisant face à sa mère. Un silence pensant s'installa dans la pièce, seulement entrecoupé par le tic-tac régulier de l'horloge familiale.

« Je suis désolée. » dit finalement Ginny, incapable de supporter plus longtemps ce silence.

Les yeux de sa mère se posèrent sur elle. Elle pouvait y lire de la déception et de la contrariété.

« Je suis extrêmement déçue de toi Ginevra. » annonça finalement sa mère.

« Je sais que je n'aurais pas dû mentir… » commença Ginny, l'air contrit.

« Ginny, tu te rends compte à quel point je me suis inquiétée ? » demanda sa mère, l'air consterné. « Tu es très bien placée pour savoir dans quels temps graves nous vivons actuellement. Il arrive des choses atroces dehors, des personnes sont tuées, des familles sont décimées. »

Sa mère s'interrompit soudainement, le visage légèrement tremblant et rougi par son emportement. Le malaise de Ginny s'accrut alors qu'elle réalisait les paroles de sa mère.

« Je…je suis désolée. » articula-t-elle, mortifiée.

Sa mère sembla finalement reprendre sa contenance, puis elle demanda :

« Je veux que tu me dises la vérité. Où étais-tu ? »

« Leah ne te l'a pas dit ? » s'étonna Ginny.

« La pauvre petite était mortifiée lorsque je suis arrivée, elle n'a pas voulu me dire où tu étais et s'est entêtée à répéter que tu serais là d'une minute à l'autre. » dit Molly. « Tu devrais avoir honte de mettre ton amie dans une position aussi délicate. »

Ginny se sentit encore plus mal, si c'était possible. Elle s'en voulait terriblement de la situation dans laquelle elle avait placé son amie. Leah avait été extrêmement loyale envers Ginny.

« Ce n'est pas de la faute de Leah, elle ne savait pas où j'étais. » se justifia-t-elle.

Molly leva la main, comme pour l'intimer à garder le silence.

« Où étais-tu ? » répéta-t-elle d'une voix insistante.

Ginny se mordit la lèvre, nerveusement. Le moment fatidique était enfin arrivé. Après tous ces mois de discrétion et de secrets, sa famille allait apprendre sa relation avec Draco. Son cœur commença à battre à toute allure dans sa poitrine, probablement stimulé par l'anxiété.

« Avec Draco Malfoy. » dit-elle finalement, dans un souffle.

Dès que les mots eurent franchi ses lèvres, un mélange de soulagement et de désespoir l'envahit.

Une partie d'elle était soulagée d'enfin avouer la vérité. L'autre partie était terrifiée à l'idée que sa famille tente de la séparer de Draco. Les Weasley et les Malfoy avaient toujours été en conflit et ce depuis plusieurs générations.

« Draco Malfoy. » répéta Molly avec lenteur, comme si elle n'était pas sûre de comprendre. « Pourquoi Merlin serais-tu avec un Malfoy, Ginevra ? »

Elle observait désormais Ginny avec confusion.

« Draco et moi sommes ensemble. » avoua Ginny en baissant la tête.

Pendant les secondes qui suivirent, un nouveau silence s'installa et lorsque Ginny releva la tête, elle constata que le visage de sa mère affichait une expression stupéfiée.

« Dis quelque chose. » plaida Ginny.

« Je…Je ne sais pas quoi dire… Je ne m'attendais pas à cela. » répondit sa mère dans un souffle, le choc toujours visible sur son visage.

« Je sais ce que tu vas me dire. Que c'est un Malfoy, que je ne devrais pas le fréquenter. Que son père est un Mangemort. Tout ça m'est complètement égal, Draco n'est pas comme son père. » dit Ginny avec véhémence.

Sa mère resta silencieuse devant ses paroles et Ginny ne put s'empêcher de ressentir une panique s'insinuer en elle.

« Je ne vous laisserai pas m'interdire de le voir. Je l'aime, il m'aime et n'il il n'y a rien que vous puissiez faire pour nous séparer ! » poursuivit Ginny, la voix tremblante.

Elle pouvait sentir les larmes menacer le coin de ses yeux mais elle les effaça d'un geste rageur de la tête. Face à elle, sa mère, l'observait d'un air abasourdi.

« Ginny. » dit-elle enfin, d'une voix calme qui déstabilisa Ginny.

Cette dernière posa sa main sur la table, tentant de regagner son calme. Elle n'avait pas réalisé qu'elle avait serré les poings pendant sa tirade.

« Il est temps que je sois sincère avec toi. » déclara Molly, d'une voix grave.

Elle soupira devant le regard inquisiteur de Ginny.

« Je ne vous ai jamais expliqué pourquoi vous n'avez jamais rencontré mes parents. » commença Molly. « Ton père et moi sommes tombés amoureux pendant notre scolarité à Poudlard. Lorsqu'ils ont appris ma relation avec Arthur, ils ne l'ont pas accepté. »

Ginny ouvrit la bouche, interdite.

« Pourquoi ? » demanda-t-elle confuse.

« La famille Prewett a toujours été aisée, et l'objectif derrière les différentes unions de cette famille a toujours été de consolider la richesse familiale. La famille de ton père n'avait rien, et mes parents étaient opposés à l'idée que j'épouse quelqu'un de son statut social. » expliqua sa mère en secouant la tête. « Ils m'ont interdit de voir Arthur et ont même tenté d'arranger une union pour moi avec un total inconnu. J'ai refusé, et dès que j'ai quitté Poudlard, je me suis enfuie avec ton père. »

Elle soupira avant de poursuivre :

« Mon père était furieux. C'était un homme tellement fier, tellement intransigeant. Il m'a déshérité immédiatement. Ma mère n'osait jamais le contrarier, alors elle m'a déshérité à son tour. » expliqua sa mère d'une voix attristée. « Seuls mes frères, Gideon et Fabian m'ont soutenue. Mais ils n'ont jamais réussi à faire entendre raison à mes parents. »

« Je l'ignorais… » murmura Ginny dans un souffle.

« Mes parents n'ont jamais rencontré l'un de mes enfants, et ce jusqu'à leur mort. » déclara Molly, les yeux embrumés. « Simplement parce qu'ils ne pouvaient passer outre leurs principes stupides. »

La voix de sa mère tremblait désormais et Ginny se pencha sur la table, posant sa main sur celle de Molly. Elle s'était toujours demandée pourquoi elle n'avait jamais rencontré ses grands-parents maternels. Ses parents étaient toujours restés très vagues lorsque leurs enfants abordaient le sujet. Ginny comprenait désormais pourquoi.

« J'étais dévastée par la réaction de mes parents et je ne souhaiterai pas cela à mon pire ennemi. » admit sa mère. « Et particulièrement pas à ma propre fille. »

Elle étreignit la main de Ginny puis poursuivit :

« Je ne connais pas ce garçon et je ne veux pas le juger à cause de son nom de famille. Je t'ai élevée et j'ai confiance en ton jugement. Si tu lui fais confiance, je respecte ta décision. » déclara sa mère d'une voix ferme.

Ginny resta interdite, totalement désarçonnée par les paroles de sa mère. Lorsqu'elles avaient entamé cette conversation, elle n'avait pas imaginé que la discussion prendrait cette tournure. Pourtant à cet instant, jamais Ginny ne s'était sentie aussi proche de sa mère.

« Mais je veux être claire, Ginny. J'ai besoin de savoir que tu seras toujours responsable et que je peux compter sur ton bon jugement. Je suis déçue que tu m'aies menti. Tu sais à quel point le danger ronge notre communauté. » reprit Molly d'une voix plus sévère, fronçant les sourcils.

« Je suis désolée de t'avoir menti, ça ne se reproduira plus. » assura Ginny, en baissant les yeux, gênée.

« Tu peux tout me dire, tu entends Ginny ? » insista sa mère. « Je ne veux pas qu'il y ait de mur entre nous. »

Ginny acquiesça.

« Très bien. » dit finalement Molly avec un soupir. « Dans ce cas, je veux en savoir plus sur ce garçon. »

/

Draco entra dans la salle commune de Serpentard et balaya la pièce du regard. Il repéra Blaise Zabini installé à une table, les yeux rivés sur un livre. Il le rejoignit et prit place sur le siège face à lui.

« Malfoy. » le gratifia Blaise, sans quitter son livre des yeux. « Passé de bonnes vacances ? »

Le coin des lèvres de Draco s'étira en un sourire. Ces vacances étaient probablement les meilleures qu'il avait passées depuis ces dernières années. Être aux côtés de Ginny sans craindre les réactions des personnes autour d'eux avait été particulièrement agréable.

« Je n'ai pas à me plaindre. » répondit toutefois Draco d'une voix neutre.

Blaise referma soigneusement son livre, et porta son attention sur Draco.

« Tu as dû remarquer que certains de nos condisciples ne sont pas revenus à Poudlard à la fin des vacances. » déclara Blaise.

« Comment ça ? » demanda Draco avec étonnement.

« Davis, Crabbe, Goyle, Parkinson et quelques autres étaient absents à l'appel de la rentrée. » poursuivit Blaise.

Draco réprima une grimace. Quelques mois auparavant, le Seigneur des Ténèbres avait réclamé l'allégeance des enfants de Mangemorts une fois leur majorité atteinte. Parkinson et les autres avaient probablement reçu la Marque des Ténèbres durant les vacances et étaient désormais au service du Mage noir. Draco grimaça lorsqu'il réalisa qu'il aurait dû se retrouver parmi eux. Il ne put contenir son angoisse en pensant à l'état de fureur extrême dans lequel son père, Lucius Malfoy, devait se trouver actuellement. Il tenta de chasser ces pensées parasites de son esprit.

« Je suis étonné de te voir ici. » poursuivit Blaise. « Après tout, si je ne m'abuse, tu étais destiné au même sort. »

« Certains d'entre nous préfèrent créer eux-mêmes leur destin. »

« Et c'est tout à ton honneur. Même si, je l'imagine, ce type de décision ne sera pas sans conséquence. » lança Blaise.

Il sembla réfléchir quelques instants puis ajouta :

« C'est étrange, je ne pensais pas que toi et Nott aviez autant de choses en commun. »

Draco fonça les sourcils.

« Que veux-tu dire ? » demanda-t-il, confus.

« Apparemment, lui aussi a décidé de forger son propre destin. » répondit simplement Blaise avant de se relever. « A plus tard, Malfoy. »

Blaise s'éloigna, sans commentaire supplémentaire, sous le regard intrigué de Draco. Le lendemain, il eut tout le loisir de comprendre les paroles de Blaise lorsqu'il vit Theodore Nott assis à la table des Serpentard pendant le petit déjeuner. Il avait le regard rivé sur son assiette à peine entamée et semblait plongé dans ses pensées.

La surprise s'installa sur le visage de Draco. Comme lui, Théodore Nott était un fils de Mangemort et il était prévu qu'il rejoigne le clan du Mage noir pendant les vacances. Sa présence à Poudlard indiquait toutefois une conclusion différente. Draco attendit de croiser Nott seul dans un couloir pour lui adresser la parole. Lorsqu'il l'aborda, Nott ne sembla pas surpris.

« Je m'attendais à ce que tu viennes me questionner. » dit Théodore avant que Draco n'ait eu le temps de prononcer la moindre parole.

« Et je ne m'attendais pas à te revoir ici après les vacances de Printemps. Si je ne m'abuse, certaines initiations étaient planifiées. » rappela Draco.

« Dont la tienne, si je me souviens bien. » rétorqua Théodore. « Tu as donc décidé d'aller contre la volonté de ton père. »

« Je n'ai jamais été particulièrement bon pour suivre les règles, Nott. Mais effectivement, j'ai décidé de prendre une voie différente. » confirma Draco d'une voix traînante. « C'est aussi ton cas ? »

Theodore hocha la tête.

« Cela fait donc de nous des rebelles. » affirma-t-il avec un rire sans joie.

« Je ne pense pas qu'il y ait de quoi se réjouir. » répliqua Draco. « Tu réalises le danger dans lequel tu te retrouves désormais ? As-tu pensé à cela avant de prendre ta décision ? »

« C'était une décision murement réfléchie. » assura Theodore. « Et de ton côté ? »

« J'ai pris mes précautions. » répondit Draco d'un ton évasif. « Tu as eu des nouvelles de ta famille ? Comment ont-ils réagi ? »

« Comment tu peux l'imaginer, la nouvelle n'a pas été accueillie avec enthousiasme. Mon père est furieux et ses menaces sont équivoques. »

Draco esquissa une grimace. Il savait que son propre père tiendrait le même type de discours que celui de Nott. Draco avait toutefois pris la précaution de bloquer toute forme de communication venant de son père. Il savait que ce dernier serait prêt à tout pour le faire ''revenir à la raison'' Draco n'était pas certain d'avoir la force mentale de s'opposer à lui de manière frontale.

Quelques heures plus tard, Ginny vint le retrouver dans sa chambre et il relata sa discussion avec Nott. Elle l'écouta avec attention, semblant intriguée.

« Il a refusé de rejoindre les Mangemorts ? » dit-elle, effarée.

Pour dire la vérité, elle ne connaissait pas Théodore Nott. Elle l'avait toutefois souvent aperçu aux côtés de Parkinson et d'autres Serpentard de son année et elle avait toujours pensé qu'ils étaient de la même espèce.

Entendre qu'il s'était également opposé à sa famille était surprenant mais une partie d'elle fut soulagée. Cela signifiait que Draco n'était pas le seul dans cette situation et que quelqu'un dans l'école partageait sa situation.

« A ton avis, pourquoi a-t-il refusé de les rejoindre ? » interrogea Ginny avec curiosité.

« Je l'ignore. » avoua Draco en haussant les épaules. « Nous n'avons jamais été proches. J'imagine qu'il ne veut pas être assimilé à leurs méthodes. »

Ginny hocha lentement la tête. Puis elle réalisa qu'elle n'avait pas expliqué à Draco les évènements à son retour au Terrier. Elle lui conta la discussion avec sa mère. Les yeux de Draco s'agrandirent de surprise au fur et à mesure.

« Je sais, j'étais totalement choquée, également. » assura Ginny.

Draco n'aurait jamais imaginé une réaction aussi positive de la mère de Ginny au sujet de leur relation. Il ne put s'empêcher d'éprouver un élan de soulagement.

« Malheureusement, je ne pense pas que mes frères partageront son avis. » dit Ginny, une lueur de tristesse passant dans ses yeux.

Draco l'attira à lui puis l'enveloppa dans une longue étreinte.

« C'est déjà un bon début. » fit-il remarquer. « Pour le reste, nous verrons ça plus tard. »

Il lui donna un baiser passionné et Ginny oublia immédiatement ses incertitudes, perdue dans la chaleur de son étreinte.

Le lendemain, Draco réalisa que les fils de Mangemorts n'étaient pas les seuls à ne pas avoir répondu à l'appel de la rentrée. Harry Potter et ses deux comparses, Granger et Weasley, n'étaient également nulle part en vue. Lorsqu'il interrogea Ginny, elle haussa les épaules.

« Je ne sais pas où ils sont. » dit-elle, l'air ennuyé. « J'ai posé la question à ma mère lorsqu'elle m'a accompagné à Kings Cross, mais elle a immédiatement changé le sujet. J'imagine qu'ils sont encore en train de sauver le monde. »

Elle avait lancé cela d'un ton indifférent et Draco ne put s'empêcher d'emettre un rire. Étrangement, les semaines suivantes défilèrent rapidement et furent relativement paisibles dans l'ensemble. Draco s'était attendu à ce que son père trouve un moyen de le contacter d'une manière ou d'une autre. Plus étrange encore, son grand-père était également aux abonnés absents depuis sont- retour à Poudlard.

« Ils sont sûrement très occupés. » déclara Ginny lorsqu'il lui fit remarquer, sans lever les yeux de son parchemin.

Depuis leur retour à Poudlard, Ginny n'avait pas mentionné la semaine qu'elle avait passé chez son grand-père. Draco trouva cela étrange. Ginny s'était montrée tellement curieuse envers Abraxas et Oksana quelques semaines auparavant, et il se demandait pourquoi elle paraissait désormais aussi désintéressée.

« Je suis certaine qu'ils finiront par donner des nouvelles. » dit-elle finalement en levant la tête. « Et pour le moment tu as d'autres sujets sur lesquels te concentrer. »

En effet, les ASPICs s'approchaient dangereusement, mettant tous les septièmes années de l'établissement en effervescence. La plupart des étudiants de dernières années passaient leur temps libre à étudier en préparation des examens finaux.

Certains d'entre eux ne semblaient pas parvenir à gérer la pression autour des examens. Padma Patil fut envoyée à l'infirmerie après un Cours de Métamorphoses, en larmes, lorsqu'elle se retrouva incapable de transformer le bras de son binôme en manche à balai.

Même s'il le dissimulait bien, Draco lui-même était nerveux à l'idée. Depuis qu'il avait décidé de couper les ponts avec son père, il savait qu'il était indispensable qu'il se focalise sur son avenir. Cela impliquait donc d'augmenter ses chances d'obtenir l'accès dans les meilleures formations. Pour se faire, il devait obtenir le maximum d'ASPICs.

Sans la présence de ses anciens camarades dans l'école, il se surprit à être plus détendu. A la vue des circonstances, sl se rapprocha même de Théodore Nott, et bientôt, une amitié se créa entre eux. Durant les six années qu'ils avaient passé dans la même classe et dans le même dortoir, Draco n'avait jamais cherché à socialiser avec Nott plus que nécessaire. Theodore était un garçon discret, peu sociable et il semblait préférer la solitude. Draco l'avait rarement vu prendre part aux activités de groupe des autres élèves de son année.

Maintenaient qu'ils étaient désormais plus que deux, il sembla davantage ouvert à l'idée. Comme Draco, il était probablement heureux d'être compris par quelqu'un. Apparemment, Nott senior était un homme dur et coléreux. Il avait donné à son fils une éducation stricte. La mère de Théodore, elle, était décédée pendant sa jeune enfance et il gardait peu de souvenirs la concernant.

Draco n'avait jamais réalisé à quel point leur enfance avait été similaire. Cependant, contrairement à Nott dont la famille n'était pas aisée, Draco lui, avait toujours vécu dans l'opulence. D'autre part, sa mère avait toujours été présente auprès de lui, même si Narcissa Malfoy s'était toujours effacée face à son époux Lucius.

« Tu penses qu'on pourrait lui parler de nous deux ? » lui demanda un jour Ginny.

« Théodore, tu veux dire ? » interrogea Draco.

Ginny acquiesça.

« Je ne sais pas. » déclara Draco, l'air pensif. « Je suis étonnée que tu souhaites qu'il soit au courant. Tu étais totalement paniquée lorsqu'il s'agissait de Blaise. »

« Ce n'est pas pareil. » rétorqua Ginny en levant les yeux au ciel, comme à chaque fois que Draco mentionnait Blaise au détour d'une conversation. « Les intentions de Zabini étaient différentes. »

« Et tu connais les intentions de Théodore Nott ? » questionna Draco en levant un sourcil, un rictus au coin des lèvres.

« Non. Mais il s'agit de l'un de tes amis. Personnellement, garder notre relation secrète était extrêmement pesant. Je suis contente que mes amies proches soient au courant. » admit-elle. « Je veux la même chose pour toi. »

Draco trouvait le raisonnement de Ginny touchant. Toutefois, il savait également qu'il était préférable de limiter le nombre de personne au courant de leur relation. Il voulait la garder en sécurité et crier sur tous les toits qu'ils étaient ensemble n'était pas une manière intelligente de le faire. Évidemment, il savait que le moment arriverait tôt ou tard. Pour le moment, toutefois, le timing n'était pas idéal.

« Plus tard, peut-être. » dit-il finalement.

Il replaça une mèche de cheveux derrière l'oreille de Ginny et elle lui lança un sourire éclatant, illuminant son visage. Ginny posa sa main sur la sienne, entremêlant ses doigts aux siens.

« Tu es particulièrement belle, aujourd'hui. » dit Draco alors qu'il posait un baiser sur le haut de la tête de Ginny.

Immédiatement, le visage de Ginny s'empourpra et Draco esquissa un sourire en coin. Il adorait la voir dans l'embarras lorsqu'il la complimentait. Ses joues prenaient alors cette teinte de rouge qu'il trouvait adorable sur son visage. Les beaux jours étaient arrivés et son visage avait pris quelques couleurs. Les tâches de rousseurs s'étaient multipliées sur son nez et ses pommettes, la rendant plus adorable qu'à l'accoutumée.

« Arrête. » protesta Ginny, sans cesser de rougir.

Parfois, Ginny ne semblait pas consciente de sa beauté et il trouvait que cela accentuait encore plus son charme. Si on le questionnait, il aurait facilement répondu qu'elle était la plus jolie fille de Poudlard et qu'aucune autre n'arrivait à sa cheville. Et plus extraordinaire encore, elle était totalement sienne.

Le lendemain, la bonne humeur de Draco se dissipa complètement lorsqu'il vit Theodore Nott entrer dans la Grande Salle, le visage complètement tuméfié et rougi. Il semblait s'être fait malmené par un troupeau d'hypogriffes en colère. Quelques élèves laissèrent échapper des hoquets de stupeur en voyant son visage boursoufflé.

Theodore rejoignit la table des Serpentard et s'installa aux côtés de Draco, semblant ignorer que des dizaines de regards étaient rivés dans sa direction. Il tendit le bras pour prendre la carafe de jus de citrouille et remplit son verre. Draco le vit grimacer, comme si le geste était particulièrement douloureux. Ses blessures semblaient encore plus frappantes de près.

« Que t'est-il arrivé, par Salazar ? » questionna Draco, médusé.

« Je suis tombé de mon lit ce matin. » répondit Theodore en attaquant avidement une saucisse posée dans son assiette garnie.

Il avait dit cela d'une voix claire, remarquant visiblement les regards curieux qui les entouraient. Les élèves qui les observaient s'empressèrent de regarder ailleurs, l'air gêné.

« C'est ça. Et la vérité ? » rétorqua Draco, courroucé.

« Je me suis fait attaquer hier soir, dans les cachots. » admit Theodore à voix basse, de façon à ce que seul Draco puisse l'entendre.

« Attaqué ? Par qui ? »

« Je l'ignore. Ils étaient deux et m'ont immobilisé avant de me tabasser. » répondit Theodore.

« Pourquoi ? »

« Avant de partir, l'un d'eux a dit ''De la part du Mage noir.'' » répondit Theodore, l'air grave.

La panique envahit Draco alors qu'il réalisait l'ampleur des paroles de son condisciple. Theodore avait désobéi à son père et n'avait pas rejoint les Mangemorts comme attendu de sa part. Son malaise s'agrandit.

« Il a encore des espions dans l'école. » dit Theodore dans un souffle, exprimant sa pensée à voix haute.

« Tu as vu de qui il s'agissait ? » demanda Draco, les sourcils froncés.

« Non, ils étaient masqués. C'était une fille et un type, mais je n'ai pas reconnu les voix. » déclara Theodore.

Il soupira longuement avant de lancer d'un air grave :

« On dirait que nous sommes fichus. »

Draco acquiesça, perdu dans ses pensées. Il sortit de sa léthargie lorsqu'il vit un hibou déployer ses ailes près de son visage. Le volatile déposa une enveloppe devant lui avant de s'éloigner vers le plafond.

D'un geste hésitant, Draco s'empara de la missive, et extirpa le morceau de parchemin glissé à l'intérieur. Ses battements de cœur s'accélèrent dans sa poitrine et un sentiment désagréable l'envahit alors qu'il lisait les mots inscrits sur le papier vieilli :

Le Seigneur des Ténèbres ne pardonne pas les traîtres. Tu es le prochain.

Fin du Chapitre

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