To memories by Philomoon
Summary: [Univers Alternatif] [LycanVampire] Harry n'est pas humain. Il est plus que ça. Drago en est certain...


Categories: Univers Alternatifs Characters: Drago Malefoy, Harry Potter
Genres: Angoisse/Suspense, Tragédie/Drame
Langue: Aucun
Warnings: Scène(s) gore(s)
Challenges: Aucun
Series: Aucun
Chapters: 3 Completed: Non Word count: 12193 Read: 2001 Published: 27/09/2007 Updated: 19/12/2007

1. Morphée au Chocolat... by Philomoon

2. Thsée sent la Cigarette... by Philomoon

3. Et Polymnia tira le fil d'Ariane... by Philomoon

Morphée au Chocolat... by Philomoon
Chapitre 1 : Morphée au chocolat


Harry Potter avait toujours détesté le bus, le métro, ou tout autres transports communs dont le train faisait partie. En vérité, c’est la manière absolument gênante qu’avaient les gens de regarder les autres passagers lorsque l’un d’eux avait le malheur de faire un mouvement brusque, un raclement de gorge trop fort ou un bruit trop vif.
Le silence se creusa instantanément, dans le compartiment, lorsque Harry eut la maladresse de faire tomber sa lourde valise noire agrémentée de petites fleurs roses et jaunes hawaïennes achetées au petit marché du coin de la 7ieme avenue de Skell-Town, sa ville natale.

Le billet de train avait été acheté la veille. Il fut bien difficile pour Harry de convaincre son père, M. James Potter, de cliquer sur l’icône réservation du site officiel SNCF, mais il fut beaucoup moins dur de faire rentrer a la va-vite tous ses objets personnels ; le tout entra aisément dans la malle.

« On aurait put-y glisser toi-même, plaisantait James en faisant allusion au corps maigre d’Harry, on aurait économisé une place ! »

Harry avait alors répondu par ce maigre sourire dont lui seul avait le secret. Comment son père avait-il l’audace de plaisanter alors que son propre fils se préparait à s’exiler vers une petite bourgade insignifiante affublée d’un nom aussi ridicule que Pré-au-lard ?

Harry adorait le dynamisme ambiant de la grande ville. Il adorait les énormes carnavals de mardi gras, les magnifiques parcs ponctués par les gigantesques terrains de baskets urbains, la chaleur, et le soleil qui venait lui caresser la peau a n’importe quelles saisons tandis qu’il faisait son jogging matinal.

Alors que Pré-au-lard …c’était précisément tout ce qu’il détestait. Un endroit perdu au milieu de la verdure, le froid d’hiver, l’humidité et l’air lourd d’été, une obscurité constante…et surtout, le bouquet final, ce que la gente de cette tranquille campagne appelait la ville n’était en fait qu’un attroupement de trois ou quatre hameaux composés de deux épiceries…c’était justement grâce a Lily Potter, qui avait emporté le nourrisson qu’Harry était alors, que James avait abdiqué et qu’ils avaient enfin déménagé de cet endroit éternellement lugubre.

Mais aujourd’hui, Lily n’était plus la, et ce fut James qui demanda à son fils, quelques minutes avant le départ du train :
« Oh, Harry, tu verras, ce n’est pas si sordide que ça la bas ! Tu t’y ferras …d’ailleurs, j’avais demandé a Sirius- Tu te souviens ? Tu avais 1 an ! Le grand type aux cheveux noirs, ton parrain ?- de venir de chercher a la gare mais il est occupé…il m’a juste dit de te dire de suivre le chantier, de bifurquer a gauche puis de… »

Mais Harry n’écoutait déjà plus. Il n’avait vraiment aucun souvenir de ce Sirius…de plus, la vue de son père qui feignait un air triste en lui disant combien ce petit trou merdique sera chouette le mettait hors de lui. Au lieu de bondir sur son géniteur, de l’empoigner par le col de sa chemise préférée impeccablement repassée et de lui hurler au visage combien il était malheureux de partir, combien sa mère lui manquait, combien il tenait a cette ville,

Harry resta figé. Son père lui souria gentiment. Harry en fit de même. Non. Décidément, Harry ne pouvait se résoudre à entraver le bonheur de son père. Après tout, James avait Annabelle, maintenant. Le frigo et les factures seront remplis, l’essence de la voiture toujours payée, les poubelles sorties…Harry n’avait pas le droit d’être égoïste. James lui était trop semblable : rêveur, toujours souriant, tête en l’air…
« Tu as raison, papa, ça sera bien…» souffla Harry avec douceur.

« J’en suis persuadé, fit James d’un ton qui se voulait convaincu, je t’écrirais par mail, d’accord ? »
Harry et James s’étreignirent une dernière fois avant que le contrôleur siffle. Finalement, le père abandonna le fils avec son sac à dos préféré, son Ipod, et sa valise Hawaï.

°OoO°

L’adolescent lança sa bouteille de Whisky pur feu contre la paroi de la poubelle recyclage de verre.
Un grand bruit de vaisselle brisée retentit.
« But » souffla-t-il.

Drago Malfoy, un joli garçon a la chevelure blonde qui carburait au chocolat noir Nestlé 52 pour cent de cacao, avait été chargé de la corvée la plus- allons y franchement- chiante du manoir, a savoir amener les bouteilles vide au recycleur le plus proche, qui se situait au milieu d’une colline déserte.
« Mais pourquoi ces abrutis d’architectes de Pré-au-lard ont construits les poubelles TOUT EN HAUT de la montagne la plus éloignée du secteur ?? » ne cessait-il de fulminer.

Au début de son existence, le petit Drago, six ans trois quart, était fière de la tache que sa mère lui avait attribué. Prenant son travail a cœur, il plaçait chaque bouteille, avec délicatesse et amour, au fond du grand tonneau en plastique. Neuf ans trois quart plus tard, il balançait les cadavres de verres dans le petit trou qui ornaient la poubelle droite.

A une certaine période de sa vie, avant qu’il ne découvre les plaisirs interdit du chocolat Nestlé 52 pour cent cacao, Drago avait commencé une petite carrière d’alcoolique. Il avait un petit faible pour la pur vodka de Russie…jusqu’à ce qu’il découvre que la boisson abîmait les cordes vocales de façon terrible. Le jeune homme ne voulait en aucun cas avoir la même voix que Mondingus Fletcher, ce fuckinn’ barman comme l’appelait si bien Blaise. De plus, United Uniformes le virerait à coup sur…et Drago ne pouvait pas ce le permettre. Le Broadway, c’était toute sa vie !

Il ne se souvenait que trop bien de la sensation de liberté qu’il éprouvait en étant sur scène…son cœur ne battait que pour ça. Pour entendre les applaudissements du publique, qui parvenaient à leur faire oublier le nombre incroyable d’heures de travail qu’il avait fallut aux membres pour aboutir au spectacle. Sans United Uniformes, le club de comédie musicale de Poudlard, un petit lycée regroupant presque tout les adolescents des environ, Drago ne serait rien. Il en était persuadé.

Ce fut couvert de sueur qu’il porta machinalement les mains à la poche de son pantalon noir d’uniforme, les doigts engourdis par son sport national- à savoir le lancer de bouteilles- pour en tirer avec amour une plaque de chocolat a demi entamée. Il la considéra longtemps avant de se décider :
« Non, non…juste une plaque par jour… » Se promit-il.
Il planta sa robuste denture dans le carré mousseux et noir.

Il ferma les yeux, pour savourer l’instant présent, en laissant le petit carré aller et venir le long de sa mâchoire, sans jamais y mordre…sentant le doux parfum s’enfouir dans sa gorge…passant sous s’est canines pointus pour finir dans…n’y tenant plus Drago écrasa ce qui restait du chocolat.
« Humm… étant donné que j’ai beaucoup dépensé, aujourd’hui- et que, honnêtement, 2 heures et demis de danse par jour n’est pas rien- je m’autorise…hummm…disons encore deux carrés ; Le reste, c’est pour ce soir. » S’intima-t-il fermement.

Il mordit avec joie dans les deux carrés et les savoura en descendant la pente rugueuse de la colline.
Pour rentrer chez lui : rien de plus simple !

Il suffisait juste de suivre la falaise, de descendre par le petit sentier, et c’était tout près du puis. Ce fut en faisant quelques pas de danse dans son vaste jardin que Drago aperçu sa mère, assise sur un petit rocher, non loin de lui. Un large sourire barrait son visage. Alors Drago oublia tout. Voir Narcissa Malfoy sourire en le regardant était chose si rare ! La petite lueur de tristesse qui luisait habituellement dans ses yeux avait presque disparue. Il s’approcha d’un pas léger.
« Chocolat ? » Proposa-t-il.
« Volontiers. »

Finalement, tant pis pour la tablette. C’était tellement plus agréable de la finir en bonne compagnie… Après tout, il réussirait sûrement à trouver un moyen de piquer une autre plaque 52 pour cent de cacao pour la nuit…avec un peu de chance, il restait même encore du 60 pour cent, qui sait ?

°OoO°

La fleur s’ouvre, comme pour laisser s’échapper son précieux parfum.

Sa bouche s’ouvre, comme pour y laisser s’échapper sa vie…
Il était étendu à terre, ensanglanté, les doigts rompus a force de resserrer son emprise sur les rares brins d’herbes, couvert d’ecchymoses, un poumon éclaté et le cœur en mille morceaux…
Une curieuse sensation de déjà vue s’empara de lui.
« Merci » Souffla une voix…

Il fronça les sourcils. Oh ! Comme il aurait voulu pouvoir tourner la tête vers l’auteur de ces étranges mots ! Mais la mort l’arracha du sol.
Il eut à peine le temps de sentir des larmes s’enfoncer dans la grande cicatrice en forme d’éclair qui lui barrait le front…


Et c’était toujours à ce moment là qu’Harry plaquait une main contre sa bouche pour ne pas hurler…

°OoO°

C’est la joue collée contre la surface froide du verre de la vitre qu’ Harry Potter immergea avec brutalité. Paniqué, il regarda autour de lui, comme pour vérifier si il n’était pas allongé dans cet horrible champ de bataille remplis de corps vidés de leurs sangs. Tout allait bien : il était toujours dans le wagon, encore écrasé entre la fenêtre et son gros voisin assoupit. Ce n’était pas la première fois qu’Harry faisait cet étrange rêve. Ça avait commencé a la mort de sa mère…ou plutôt le suicide de sa mère, d’après la police.

Lily Potter avait été retrouvée morte dans sa propre salle de bain.
« Poison. » avait simplement grommelé le policier moustachu quand Harry, effondré, lui avait demandé comment sa chère mère en était venue a se suicider.

Et c’était maintenant en partie pour ça qu’Harry avait choisis de déménager. Son père s’était remarié à peine 4 mois après le décès de Lily. Harry était tout simplement écœuré. James y était beaucoup si son fils avait décidé de s’exiler au plus lointain (et seul) endroit de fuite possible…
« Eau. Saucisse. Ketchup. Eau, saucisse et ketchup. Et si y’a, moutarde. »

C’étaient les premières pensées d’Harry. Eau, parce que sa gorge était encore asséchée par l’horreur ; saucisse, parce que son corps en réclamait ; et ketchup, parce que les saucisses passaient mieux accompagnées. Et moutarde, si il avait un peu de chance.

Le jeune homme, malgré sa maigreur, dut faire beaucoup de gymnastique pour essayer de sortir de sa place sans réveiller son voisin. Il affronta une fois encore le regard glacé des gens. Harry sentit le rouge lui monter aux joues avant qu’il n’est eut le temps d’enjamber sa valise, finalement abandonnée dans l’allée, et de se diriger vers la cafétéria du train. Mais avant tout, un petit détour par les toilettes était inévitable. La main plaquée au front, Harry sentit le liquide chaud lui coller cheveux. Il fallait faire vite. Il ouvrit la porte a la volée et la referma maladroitement, handicapé par sa seule main libre.

La pièce était petite et mal éclairée, armé dans son coin d’une toilette, d’un lavabo et d’une glace brisée qui reflétait d’un jeune homme blêmit par la perte de sang. Harry s’approcha de la glace a pas de loup. Il reira son sparadrap trempé pour laisser la vue à une fine plaie en forme d’éclair. Ça avait été une cicatrice. Mais chaque rêve ne la faisait que la rouvrir d’avantage.

« Je suis malade… » Furent les premières pensées du jeunes homme, qui ne put s’empêcher de remarquer sa chevelure noir de jais tranchait énormément avec la pâleur de sa peau. Qu’il aurait voulu être bronzé !

Il aurait alors put tirer avantage de son physique, mais malheureusement, il n’était pas comme n’importe quel garçon de Skell-Town ; Harry n’était ni un blond décoloré, ni un adepte de la musculation, ni surfeur et encore moins percé a l’oreille. Il aimait bien le basket, à la rigueur, mais pas l’eau. En fait, Harry ne savait pratiquement pas nager…

Quand ses camarades lui proposaient une petite excursion en surf, il trouvait toujours une excuse :
« J’ai un devoir à finir…ma mère veut que je fasse les courses…mon père veut m’emmener faire du volley…je dois réparer le caddie de ma tante… »

La vue de sa cicatrice ensanglantée, même cachée par d’épais cheveux noirs lui rappelait que le manque de soleil était permanent à Pré-au-lard…
« Au moins, là-bas, je ne serais pas le seul énergumène ! » ricana-t-il.

Et au moins, il avait compensé son physique disgracieux par une force insoupçonnée pour son petit corps.
Harry lava longuement sa cicatrice, du mieux qu’il put, et se rappela qu’il avait oublié ses pansements au fin fond de sa valise à fleur. Et il ne contait pas ouvrir et balancer ses slip jaunes bananes dans tout le wagon sous le regard outré des quelques personnes restantes.

Il stoppa donc l’hémorragie du mieux qu’il put avec du papier toilette, le cerveau embrumé de questions.
Les rêves avaient commencé à la mort de sa mère.
Sa cicatrice avait commencée à s’ouvrir au commencement des rêves.

Et sa vie avait tournée au cauchemar depuis que sa cicatrice se déchirait.
On en revenait donc au début.
« J’ai vraiment besoin d’une saucisse… » Songea Harry, affamé.

Aussi stupide que cela paraissait, quand Harry déprimait, les saucisses de Francfort le calmaient étrangement. Et la il avait vraiment besoin d’une saucisse.
Il s’assit dos au mur, les pieds sur la toilette et attendit. Il lui restait combien de temps, déjà ?- coup d’œil à sa montre- Quinze minutes. Quinze minutes pour pleurer.

« T-tout ça, c’est d-de la faute de m-maman…t-trop en quatre m-mois » Sanglota-t-il, son front ensanglanté salissant les manches de sa veste.

°OoO°

« Alors, Drago, comment s’est passée ta répétition ? » S’intéressa Lucius, le patriarche Malfoy, toujours affublé de son costume impeccable quotidien, au repas du soir.
« Hypersex » Réussis à articuler Drago entre deux bouchées de pâtes au beurre.

Narcissa ne releva pas le regard en biais que lui accorda Lucius. Elle était habituée a son fils, contrairement a son époux qui ne passait que peu de temps chez lui.
« Vous ne croyez pas que Nutella/pâte, ça peut faire fureur chez les gens du troisième âge ? » Lança Drago, repus.

Narcissa lui répondit par un sourire aimable et débarrassa la table.
« Faudrait vraiment que tu penses à racheter des Nestlé 52, papa. » Fit Drago.

Lucius le gratifia d’un regard perçant. M. Malfoy, brillant avocat, avait eut une dure et longue journée. Non pas a cause d’un de ses clients difficiles mais a cause de son abrutis d’associé, Sirius Black. Ce jeune homme complètement débridé partageait dorénavant son bureau. Triple Merde. Et Lucius ne supportait plus ses tics de langage.

« Sirius, t’es tu occupé du dossier vert ? » Avait demandé Malfoy, au début d’après-midi.
« Oh, boy ! J’ai complètement zappé… » Répondit Sirius d’un ton désolé.

M. Malfoy avait plus que jamais besoin, en cette chaude nuit– terriblement aphrodisiaque cette chaleur, avait-il noté- des bras réconfortant de sa femme. Il abandonna Drago dans la salle à manger et se colla contre son épouse, dos à lui, occupée à faire la vaisselle. Celle-ci frissonna. De dégoût.

« Je suis ton mari quand même, lui fit remarquer Lucius, j’ai besoin de plus qu’un câlin par mois. »
« Alors va te faire ta secrétaire. » Le rembarra méchamment Narcissa. Mais elle ignorait que c’était déjà chose faite.

Lucius lâcha sa femme, la tourna vers lui et tenta de l’embrasser.

Le cri, étouffé par la bouche de Lucius, ne franchit pas les lèvres de Narcissa, qui, sous la surprise (et le dégoût) lâcha le couvercle en verre de la casserole à nouilles.
L’ustensile de cuisine s’écrasa sur le pied de son malheureux mari, qui hurla de douleur. Il était tellement en manque qu’il en avait presque oublié que cette saloperie de Sirius et de Narcissa faisait partis de la même famille.

Drago jugea alors bon de pointer le bout de son nez dans la cuisine.
Il détailla la scène.

« Hummmmmm…maman, tu ferrais mieux de remplacer le couvercle en verre par un frisbee, ça coupe moins, dit-il l’air de rien en prenant la dernière tablette au chocolat de la boîte, YES ! Du 63 pour cent ! »

Mais Narcissa et Lucius étaient encore trop abasourdis pour réagir aux stupidités de leurs fils. La femme ne put s’empêcher de penser que la prochaine fois, elle ne remplacerait pas le couvercle par un frisbee mais par un objet- n’importe lequel- encore plus lourd que le précédent.

Une fois dans sa chambre, Drago jeta sa chemise et sa cravate déjà dénouée sur son double lit, balança ses chaussures en cuir sur sa bibliothèque et envoya son pantalon noir s’écraser contre la fenêtre. Il déambula devant son miroir.

Le reflet lui renvoya ce qu’il voulait voir : un garçon fin et long, malgré son abus de chocolat fréquent. Mais Drago voudrait plus de muscle. Pour se consoler, le jeune homme s’offrit une ligne complète de carrés de chocolat noir. Et c’est là qu’il remarqua pour la première fois de sa vie la brûlure qui lui barrait la poitrine.

°OoO°

Molly Weasley, une petite femme boulotte, enleva en panique la nappe sur sa petite table en bois. Son hôte allait arriver et Ginny, son unique fille, n’était toujours pas là.
« RON ! Rugit-elle, viens ici ! »

Un grand garçon dégingandé et maladroit apparut.
« Maman ? »
« Quel âge a-t-il cette fois ? »
Devant l’étrangeté de la question, Ron pris plusieurs seconde pour réagir.
« Ah…heu…oui ! Seize ans, maman… »
« Je vois qu’il lui est plus que temps d’apprendre qui il est réellement. »
« Maman, commença Ron, j’en ai marre… je veux arrêter tout ça et… »

« ON N’ARRETERA RIEN DU TOUT ! cria Molly, haletante. Mais enfin, Ron ! Tu sais très bien qu’on y peut rien…on doit obéir, c’est tout. »
Ron baissa la tête.

« Je sais. » souffla-t-il.
Il aimerait tout arrêter. Ron, soudain, devint las, très las. Il était fatigué. Mais il se devait de continuer. Sans jamais dépasser ses dix-sept ans. Jamais. Pour l’éternité.

°OoO°

Le grand homme passa ses mains sous l’eau. Il avait remarqué cette petite tache rouge ce matin même ; et il avait tout fait pour la nettoyer. Dehors, la pluie pleuvait drue. Mais la marque n’était pas partie. Il frotta. Avec une éponge. Ses doigts. Ses ongles !

Il s’arracha la chaire. La tache devait partie. Mais elle ne faisait que grandir.
C’était du sang, l’homme en était certain ! SON sang ! Son sang a elle.
Il planta ses dents dans sa peau. Et appuya.
Le sang de Lily Potter.

°OoO°

Je me souviens avoir hurlé, m’être jeté sur lui, m’être accroché à lui, désespérément, comme un homme tombé dans un puis s’accrocherait à une corde qui le remontrait à la lumière. Mes pas lourds courbaient les rares brins d’herbe qui avaient survécus à la chaleur ambiante, soulevant avec eux des milliers de petites particules d’eaux qui volaient en éclat pour finir s’écraser sur la terre humide et boueuse.

Je me traînais sur le sol, ignorant la douleur cuisante de mes poumons, aveuglé par mes larmes qui s’incrustaient dans la longue cicatrice qui lui barrait la joue. Je lui caressais les cheveux, mais il n’était pas en état de s’en rendre compte. Ses cheveux, d’ordinaire si soyeux, étaient plaqués par la sueur sur son front plissé par une grimace de douleur. Mon sauveur…mon ami…je lui parlais. Je lui disais que tout irait bien. Que tout serait bientôt fini ! Je le suppliais d’ouvrir les yeux…je suppliais son petit cœur de recommencer a faire des bonds dans sa poitrine.

Je pris sa tête dans mes mains, l’embrassant du regard…ses yeux déjà lointains me hurlaient de lui murmurer ces paroles salvatrices qu’il aimait tant. J’avais mentis pour apaiser ses doutes et ses peurs…je pris ses mains humides et tremblantes dans les miennes pour soulager sa conscience et le laisser partir plus heureux et calme qu’il ne l’avait jamais été.

Je plongeais mes yeux une dernière fois dans les siens. J’étais resté de longues minutes comme ça, près de lui, couvert d’ecchymoses, couvert de cicatrices, un poumon éclaté et le cœur en milles morceaux.
"Merci, soufflais-je.
La pluie tombe.


Et Drago hurle.

°OoO°

« Arthur, mais qu’as-tu fais a ta main droite ? » S’insurgea son épouse.
« Rien. Un insecte, Molly »

Alors Arthur tira sur sa manche. Sans doute pour cacher sa main tuméfiée.

°OoO°

« Je t’aime… »

Ginny s’approcha de son petit ami. Elle l’embrassa, comme pour ignorer les supplications silencieuses que les yeux de Dean lui hurlaient.
Elle ne pouvait pas lui dire combien elle tenait à lui, combien elle l’aimait !

Parce que ça n’aurait pas été vrai. Elle se servait de lui. Juste pour tromper l’ennui. Dean n’était qu’un remplaçant. Un remplaçant du prince charmant.
« Je dois y aller. »

Son prince, ça faisait plus de mille ans qu’elle l’attendait…pour qu’il lui file entre les doigts a chaque fois.

°OoO°

Et Drago hurle.

« Chocolat…Pensa-t-il en allumant la lumière, je l’ai oublié dans la cuisine. »
Drago se traversa le couloir le plus discrètement, rapidement et légèrement possible. Il jeta un coup d’œil à sa montre. Quatre heures du matin. Puis il rentra dans quelqu’un.
« Ma…Maman ! Quelle surprise… » Minauda-t-il.
« Tu as oublié ton chocolat ? » demanda Narcissa d’une voix calme.
« Heu…oui. »Finit par avouer Drago.

Narcissa tendit la main vers le porte manteau. Son chemisier était à manche courte. Et il vus l’inévitable. Des marques de chaînes, de profondes entailles logées dans la chair de sa mère. Elle lui tendit son reste de chocolat.

« Demain, tu as école, ça aussi tu l’avais oublié ? Bonne nuit, Drago… » Le taquina-t-elle de sa voix égale.
Drago bredouilla un vague bonne nuit et ferma la porte de sa chambre.

Son cerveau grouillait de question. Quelles étaient ces marques sur le bras de mère ? En tout cas, elle n’avait pas fait grand effort pour les cacher.
Est-ce que père l’avait initié au S.M. ?
Nan. Décidément pas son genre…

Il déballa alors son chocolat, amoureusement enveloppé dans sa serviette. Mais ce ne fut pas des petits carrés qui s’y trouvaient. Mais un pendentif. En forme de cœur. Drago l’ouvrit, intrigué.

Une boite a musique. Une douce mélodie résonna dans la pièce. Les notes aigries par le temps transperçaient ses tympans. La mélancolie s’empara de Drago. Il était sur d’avoir déjà entendus cet air quelque par…
« Clair de lune »

C’était les premiers mots qui s’emparaient de l’esprit de Drago. Tantôt dur et tantôt douce, les notes lui rapelaient la voix de sa mère.

Il serra le médaillon contre son torse.
Drago se jura de laisser le temps de laisser entrevoir à sa mère cette petite brûlure qui lui ornait le torse. Accidentellement.

Alors il passa la chaîne autour de son cou.

°OoO°

Il était quatre heure du matin, quand le conducteur du train finis par annoncer : « Pré-au-lard ! ». Harry tira sa valise à fleur hors du wagon et ferma les yeux. Il voulait attendre le départ du train pour pouvoir admirer son chez lui pour peut être plus d’un an. Ses paupières se levèrent.

Des montagnes. De l’herbe. Des fleurs. Un panneau « Bienvenue a Pré-au-lard ». Un quai. Des décombres de rails. C’était ça, sa nouvelle vie. Le désert. Il lorgna son téléphone portable.
1 nouveau message.
« Premier chemin droite. Tout droit. »

Merci papa, songea Harry.
Il faisait noir. Harry sortit sa lampes torche, sa valise et son sac, puis s’enfonça dans la nuit.
Seulement quelques pas plus tard, il détailla le magnifique paysage qui se dressait devant lui.
Des montagnes, des fleurs, des nuages…tout avait la douce couleur de la nuit. La brise caressa le visage d’Harry.
« J’aime la lune. »

°OoO°

Le chemin se révéla bien plus compliqué qui le laissait croire. Bien que le sentier fût toujours tout droit, la valise Hawaï d’Harry se retournait tout les trois pas.
Jusqu’à ce qu’il se retrouve devant une petite bâtisse tordus. Puis deux. Puis trois.
« Un Hameau » Ricana-t-il. « Mon nouveau quartier. »
Il s’avança vers la maison la plus déprimante.
« Weasley… » Chercha-t-il.
But !
La maison la plus pourrie leurs appartenaient bien…Un amas de pierre et de bois agrémenté d’une grange. La demeure semblait même un peu pencher vers la gauche…
Le garçon aux cheveux noirs inspira, comme pour se donner du courage.
Alors Harry s’avança et frappa trois coups secs.

°OoO°

« Ron, Arthur, Ginny, allez vous couchez ! » leur intima Molly « Ron ? Tu l’as bien mis en haut ? »
Le garçon acquiesça et fila a la suite de sa sœur.
Molly inspira, comme pour se donner du courage, et ouvrit.

°OoO°

La porte en bois s’ouvrit sur une grosse femme rousse d’allure moyenne. Harry la regarda en coin.
« Bonjour, je suis Harry et… » Commença-t-il.
« Harry, Harry ! Allé, rentre ! »
Elle le pressa à l’intérieur.
« Les enfants dorment, je suis désolée… »
Harry fut pris au dépourvu. Comment devais-t-il l’appeler ?
« Molly. Appelle moi Molly. »

Ils échangèrent quelques banalités pendant que Mme. Weasley lui montrait sa chambre. La femme finit par l’abandonner en lui souhaitant une bonne nuit.
Dans moins de cinq heures, Harry devrait se réveiller pour aller au collège.

Tant pis. Il n’avait pas sommeil. Harry en profita pour explorer les lieux en rangeant ses affaires. Cinq pas de la porte à la fenêtre, quatre du lit à la vieille commode et deux de la commode au bureau, dans le coin près de la fenêtre. Une chambre toute simple. Sans rideau. Juste une fenêtre au battants presque arrachés.

Le jeune homme s’installa sur son nouveau lit qui, à sa grande surprise, se révéla très confortable. Puis il songea a sa nouvelle vie, a sa nouvelle maison, a sa nouvelle fenêtre qu’il lui faudrait bientôt réparer pour éviter de se faire réveiller a l’aurore.

Il pensa aussi a son père, au conversation qu’ils n’avaient pas eues et qu’ils auraient dû avoir…Les yeux d’Harry se firent lourd. Il sentit une petite bosse sous oreiller mais la force lui manquait…

Harry finit par tomber dans les bras de Morphée. En espérant que les Weasley aient des saucisses.

°OoO°

Non loin de là, un jeune homme tourmenté se jeta dans les bras d’une Morphée en chocolat…
°OoO°

Voici le premier chapitre corrigé ! enfin je l’espère…s’est très handicapant sans béta-readeur X(

Le premier chapitre a l’air d’avoir plut, donc je suppose que je vais me remettre très vite au travail !

Merci de m’avoir lue…même si le fait de retaper le chapitre arrivera, je crois, assez souvent…

Je posterai le second chapitre dans la semaine…
Ps : Beta-readeur : Welcome !
End Notes:
Disclaimer : persos, JK Rowling ( nan sans blangue ? )
et 2eme passage en italique, inspiré du texte de Sweety Sassy (que je contacterais dès que mes porblèmes de reseaux seront réglés :s)
Thsée sent la Cigarette... by Philomoon
°OoO°

Chapitre 2 : Thésée à un gout de cigarettes

Il y a des jours comme ceux là où Bellatrix se surprenait à rêver de solitude. Lorsque son nez rosi par les bourrasques n'en pouvait plus d'espérer des contrées plus chaudes, que l’obscurité l'étouffait, que la pluie se transformait en hurlements stridents.
Des jours comme ceux là où elle aimerait leur hurler cette souffrance pesante qui grandit en elle et la paralyse. Ce besoin intense de se retrouver simplement seule, juste quelques heures, quelques minutes, à arrêter de penser, de sentir, d'exister.
Plus Bellatrix y songeait et plus elle aimerait qu'il existe un bouton « pause » à ce jeu absurde.

Si elle était maîtresse de la partie, oh que oui, elle se serait réservé une vaste et magnifique île déserte en plein Pacifique.
Un petit morceau de paradis où le bleu de l'océan viendrait mourir sur le sable chaud, où le murmure des vagues ricocherait sans fin sur les pierres brûlantes, où plus rien n'aurait d'importance.
Peu importerait l'échéance fatale, l’ennui, la lassitude, la fatigue, le froid, la douleur.
Elle apprendrait enfin à devenir schizophrène, à apprivoiser les différentes parties d’elle-même qui s'entrechoquaient dans ce combat sans fin. La dépravée raillerait la timide, la colérique pousserait l'anxieuse au suicide, l'incontrôlable perdrait l'euphorique.
Son chaos intérieur s'exprimerait enfin.

Mais en attendant, Bellatrix Black Lestrange était toujours vissée à sa chaise en bois teint en bleu délavé, dans la cuisine. Ses longs cheveux noirs pendaient sur son visage blêmi par la fatigue, faisant ressortir les larges cernes, pareils à des ecchymoses, qui lui encadraient les yeux. Un coude sur le comptoir, l’autre sur son peignoir rouge bordeaux. Une main collée à sa joue, l’autre à sa tasse préférée. Un doigt enlaçant une cigarette, l’autre trempant négligemment dans du café noir, mais ses deux yeux charbonneux éteints et aspirés à la contemplation des gouttelettes de pluies qui venaient mourir contre la surface glacée de la vitre.

Ses orteils nus s’enroulant autour des pieds de sa chaise, Bellatrix laissa échapper un soupire de lassitude. Elle porta machinalement la coupe à ses lèvres, puis sursauta légèrement au contact du liquide brûlant et noir contre ses pulpeuses lèvres rougies par la chaleur.

« Et si la vie n’était qu’un jeu ? Et si le bouton pause était réellement quelque part ? »

Oui la vie pouvait toujours s’arrêter. A n’importe quelle heure, n’importe quel jour, à n’importe quel moment…toujours de manière impromptue, fantaisiste, parfois même égoïste ! Mais on ne pouvait pas suspendre la partie. Juste l’abandonner…mais la jeune femme n’était pas folle. Elle savait bien ce qu’abandonner signifiait pour elle. De toute façon, son jeu à elle durerait pour toujours. Pour l’éternité…comme celui des autres, d’ailleurs.

En fait, c’était un matin d’automne que Bellatrix avait réalisé qu’elle serait prête à damner pour continuer à vivre. Pour toujours. Et son vœu avait été exaucé…Alors de quoi se plaignait-elle, maintenant ?

La jeune femme écrasa son mégot contre le carrelage blanc et frais du comptoir en soufflant ce qu’il lui restait de fumée, puis vida d’une traite le reste de son café.

Café et cigarettes…Qui serait assez fou pour fumer et boire à neuf heures du matin ? Quelqu’un de malheureux. Comme elle.

Alors, en un tourbillon de cheveux noirs et de soie rouge, Bellatrix saisit sa cape noire, puis sortit affronter la pluie.

°OoO°

Un beau manoir émergea de l’obscurité au bout de l’allée, les lumières brillaient sur les vitres taillées en losange des fenêtres du rez-de-chaussée. Quelque part dans le jardin sombre, au-delà de la haie, une fontaine bruissait. Le gravier crissait sous ses pieds alors que Bellatrix s’élançait vers la porte d’entrée qui s’ouvrit à son approche bien que personne, visiblement, ne l’ait actionnée.

La jeune femme traversa le couloir, retira sa longue cape noire, la balança sur le canapé le plus proche et s’arrêta devant une porte. Elle poussa la lourde poignée taillée en marbre. Elle s’avança dans la pénombre. La salle, mal éclairée devint silencieuse à son approche. Bellatrix zigzagua entre les colonnes, les murs, les dômes de livres en cuir relié que le temps avait dépravé, leurs pages scintillant d’une douce lueur irréelle propagée par les vitraux. La lumière grisée caressa ses cheveux noirs. La femme savait que ses compatriotes l’attendaient. Elle en était certaine.

°OoO°

La salle était une ancienne bibliothèque de livres rares et d’occasions, héritée d’un quelconque arrière grand parent. Drago vivait depuis toujours entre les livres, se faisant des amis invisibles dans les pages qui tombaient en poussières et dont il portait encore l’odeur sur les mains.

Ce matin là, le jeune homme décida qu’une fourche par la cuisine lui était indispensable. Pour cause : juste un peu de chocolat avant d’aller à l’école, ça aide…

Alors que le bond élançait sa main contre l’étagère en espérant rencontrer au passage la douce texture cartonnée du fruit de sa gourmandise, un bruit sourd résonna à ses oreilles. Effrayé, il exécuta un demi-tour fantastique avant d’atterrir sur le carrelage froid et dur de sa salle à manger à plat ventre.

« Ca y’est…c’est papa qui à découvert que j’ai augmenté mon taux de tablettes, se morfondait-il, tout les sens aux aguets, prêt à saisir son sac et a dévaler l’escalier dans le sens inverse. Il va me tuer… »

Mais ce ne fut pas la grande et forte silhouette de Lucius que Drago entraperçut entre les fentes de la porte entrouverte qui donnait sur le salon, mais celle d’une femme. Le jeune homme n’aurait pas été capable de la reconnaître si il n’avait pas vu une cascade de cheveux noirs flotter derrière son crâne. Il reconnut instantanément sa tante Bellatrix. Alors qu’il se massait encore le ventre pour tenter de calmer sa douleur cuisante procurée par sa chute aussi ridicule que catastrophique, Drago fut poussé par un puissant sentiment de curiosité.

« Allons y, j’ai…- Il arqua l’un de ses sourcils parfait en regardant l’horloge en marbre accroché près de la cuisinière - moins de dix minutes… »

Et il s’engagea à la suite de sa tante.

°OoO°

Ce même jour, Hermione Granger soupira pour la énième fois en un temps record. Elle ébouriffa ses cheveux d’un geste totalement inconscient. Elle avait encore dix bonnes minutes à tuer avant l’arrivée du car de l’école…

Alors elle sortit son livre.

°OoO°

Puis quelqu’un tambourina à la porte…

« Harry ! Harry ! Mon petit, réveille-toi ! »

Le dénommé Harry grogna. Sûrement Mme Weasley…Il resta quelques instants à regarder le plafond. Et passa une main sous son oreiller. Un drôle de petit mouchoir brodé enveloppait une masse bien distincte. Un gros rond, et une chaîne…

« Harry, tu vas être en retard ! » Hurla Mme Weasley en frappant avec force contre le bois, qui produisait des craquements inquiétants.

Pendant un petit instant, Harry se demanda si elle n’allait pas défoncer sa porte. Il soupira, enfouit à la hâte le petit paquet dans son sac et sortit de sa chambre.

« J’arrive Mme Weasley ! »

°OoO°

Alors Drago colla sa joue à la porte.

Il ne voulait pas perdre une miette de ce qu’il se passait. Il entendit tout d’abord un raclement de chaise. Le silence reprit sa place. Le blond ne bougeait pas. Un seul faux mouvement et il risquait de faire tomber une de ces énormes colonnes de livres, qui se fracasserait par terre en faisant une énorme détonation. La bouche entrouverte, il attendit.

« Tu es en retard, Bellatrix ».

La voix était dure et clinquante. Encore plus froide que celle de son père…

« Pardonnez-moi, maître. » Fit la voix de sa tante. Jamais Drago ne l’avait entendu parler comme ça. D’une voix résignée, abattue, presque soumise…ce n’était pas Bellatrix qui parlait fort et qui clamait ce qu’elle pensait sans cacher ses idées qu’il entendait…

Un ricanement collectif qui emplit toute la pièce, puis plus rien. Le jeune homme estima leur nombre à au moins dix. Mais que faisait dix personnes dans la vieille partie du manoir à neuf heures du matin ?

« Nous disions donc, Lucius ? » Reprit la voix glaciale.

Drago ouvrit la bouche et la referma, comme un poisson hors de l’eau. Son père n’était pas parti travailler ? Et que faisait-il, ici, avec cette étrange assemblée ?

« Nous…nous disions donc que nous devions…heu…leur rendre ce qu’il leur appartient et…que les…Weasley avait commencé…le…le cycle, my Lord…le traître ne devrait…plus tarder… »

Drago eut un hoquet de terreur. C’était la première fois qu’il entendait son père si terrifié. Et cette chasse…mais quelle chasse ?!

« A-t-il le pendentif ? » S’enquit le dénommé Lord.

« Oui… » Souffla la voix de sa mère.

Le cœur de Drago s’arrêta brusquement. Etouffé, il plaqua sa main contre son petit médaillon, dont la petite chaîne d’argent se balançait contre sa poitrine et encercla le petit cœur en verre dans le creux de sa main. Sa mère aussi était parmi eux. Lui qui la croyait si…inflexible, intouchable !

Non ! Non, c’était impossible…Les Malfoy ne s’inclinaient devant personne…

Une effroyable sensation de déjà fait, déjà vu, et déjà vécu s’empara de lui.

Ses yeux le brûlaient…mais que ce passait-il ?

Le rouge lui monta aux joues. Il recula d’un pas, et tout s’écroula.

°OoO°

« Tu retrouveras Ron et Ginny là bas, Harry. Ne t’en fais pas, tu les reconnaîtras…aussi roux qu’eux, c’est rare ! » Rigola Mme Weasley devant la mine déconfite d’Harry. « Il y’a un arrêt de bus pour les lycéens de ton âge…ça sera l’occasion de te faire de nouveaux amis ! » Essaya-t-elle de positiver.

Harry se contenta de hocher la tête. En effet, il n’était absolument pas d’humeur à essayer de s’intégrer auprès d’un petit groupe de lycéens qui le considéreraient comme un extra-terrestre. L’angoisse de ne pas plaire, être discret, ne pas être soi-même pour plaire aux autres…ce n’était définitivement pas son truc…

Au contraire, dans son ancien lycée, les autres l’appréciaient pour sa force de caractère.

« Ne t’en fais pas pour tes fournitures, on trouvera bien un moment pour aller en ville… »

Le mot ville fit frémir Harry.

« Mais bon…oh, je n’ai pas vu l’heure, désolée Harry, cours vite, sinon tu va être en retard ! »

Courir après avoir mangé une demi-douzaine de tranches de bacon en parlant cuisine avec Mme Weasley ? Difficile…

« Traverse le champ, en bas de la colline, et après, c’est tout droit. Immanquable. »

« Merci, Mme Weasley. » Dit Harry, tout en continuant à forcer son sourire.

Il balança son sac vide sur son épaule et partit.

°OoO°

Et tout s’écroula.

Les livres des colonnes voisines s’abandonnèrent. Un grand fracas retentissant eut lieu. Le silence dans la salle se fit. Lorsqu’une silhouette encapuchonnée entrouvrit la porte, il ne vit que des livres ouverts et éparpillés sur le sol. Drago avait disparu. Sans se rendre compte que, dans la confusion, l’un des nombreux livres de la bibliothèque s’était glissé dans son sac.

« Maître, il nous a entendu… »

°OoO°

Alors qu’un crissement de pneu résonnait, Hermione cessa d’entortiller ses longues mèches caramel en se mordillant les lèvres. Le car ne devrait pas tarder. Il devait être, au plus loin, sur le chantier d’en face. La jeune fille se rassit sur le banc. Un soupir lui échappa.

« Salut. » fit une petite voix, près d’elle.

Elle sentit le banc bouger un peu, puis se surélever. Hermione leva la tête.

« Salut. Hermione Granger. » Se présenta-t-elle.

« Harry. Harry Potter. » Dit le nouvel arrivant, assis près d’elle avec un sourire sincère et chaleureux.

Harry avait tout de suite senti que cette fille lui plairait. Ils pourraient même devenir amis, qui sait ?

Ils échangèrent quelques banalités sur le temps – humide - et en vinrent rapidement au fait.

« Mais…mais comment ça marche, tout ça ? » Demanda Harry.

« Tout ça quoi ? Ah ! Poudlard ? »

« Heu…oui. » Acquiesça-t-il timidement.

« Oh…je comprends que tu t’en fasses, après tout, c’est ton premier jour…mais ne t’inquiètes pas, tant que tu ne te brouilles pas avec une demi-douzaine de personnes, ça ira ! » Rigola-t-elle.

Soudain, une détonation proche se fit entendre. Harry sursauta et Hermione eut un rire nerveux.

« Le car… » L’informa-t-elle avec un ton d’excuse.

°OoO°

« OH MON DIEU, MON DIEU, MON DIEU, MON DIEU ! » Fut le cri de rage de Drago en voyant le car arriver. « HEY ! LE MONSIEUR DU CAR ! LE MONSIEUR DU CAR !» Appela-t-il en courant les bras en l’air vers l’arrêt.

°OoO°

Lorsque Harry entra dans le vieux bus défraîchi complètement vide, après avoir salué l’homme au volant – « Dedalus Diggle » s’était-t-il présenté- il choisit de s’asseoir sur la grande banquette en cuir quatre places vers l’arrière.

Hermione prit place près de lui et sortit un livre. Alors qu’il s’apprêtait à sortir son lecteur de CD, il jeta un coup d’œil par la fenêtre, pour regarder la magnifique colline qui se dressait sur leur droite.

Dedalus Diggle planta son pied sur l’accélérateur. Le car s’ébroua.

« Harry, est ce que ça va ? » S’inquiéta Hermione en voyant son nouvel ami coller son visage contre la vitre.

« Heu…Hermione…est ce que ça t’embêterait d’appeler le chauffeur, s’il te plait ? »

« Si te veux…Dedalus ?! » Cria-t-elle.

« Oui ?! » fit une voix devant.

« Arrêtez-vous ! » Lui intima Harry.

Le chauffeur s’arrêta et se tourna vers son passager.

« Quoi ? » Fit-il d’un ton impatient. « Ecoutez, jeune homme, j’ai plusieurs arrêts à faire avec un délai et… »

« Il y’a quelqu’un qui arrive ! »

°OoO°

« Alléluia ! Ce balourd m’a enfin vu ! Fuckinn’ chauffeur, va ! »

°OoO°

Harry ne put s’empêcher de ricaner. Un jeune homme, sûrement de leur âge, détalait la colline en criant.

« Hermione ? Combien tu paries qu’il s’écrase par terre avant d’arriver à destination ? »

« Et bien…vu le nombre de rochers, j’estime que je peux parier jusqu'à beaucoup. »

« Il a fait une teinture, ou quoi ? »

« Et non…c’est made in Malfoy… »

« Quoi ? »

« Y’a une famille d’aristocrates qui habite dans un manoir, près du grand puits…ils sont tous blonds platine. »

« Hum…il a l’air sacrément content… »

« Oh, Harry, mais que ferait le monde si tu n’étais pas là ? » Demanda sarcastiquement Hermione.

°OoO°

« Mais pourquoi elles me regardent comme ça, les deux palourdes du car ? Elles s’attendent a ce que je m’écrabouille par terre, ou quoi ?! »

°OoO°

« Il est plus agile que prévu, le blond ! »

« Ce n’est pas pour rien qu’il a remporté le pris du meilleur danseur du lycée… D’ailleurs, tu sais danser ? »

« Je danse comme une moule…mais par contre, j’adore la guitare ! »

« Perdu. » Lâcha subitement Hermione.

« Quoi ? »

« Le blond est arrivé sans dégâts… »

°OoO°

Dès que Drago pénétra dans le car, son premier réflexe fut de lancer un regard assassin à l’assistance.

« Fuckinn’ chauffeur de mes deux… » Murmura-t-il d’un ton méprisant en se dirigeant vers le fond du car. « Fuckinn’ fruits de mer… » Rajouta-t-il en lançant un regard menaçant aux deux autres passagers.

Il s’avança vers eux d’un pas de conquérant, la tête bien haute, les épaules droites. Et le car s’ébroua. Drago s’écrasa contre la banquette juste devant celle d’Harry et d’Hermione. Il reprit le plus vite possible une posture normale, voir nonchalante, comme s’il avait parfaitement contrôlé sa chute. Les autres le regardèrent d’un œil amusé.

« Quoi ?! Vous voulez ma photo ? » Envoya-t-il d’un ton méchant. « Je ne t’ai jamais vu ici… »

« C’est normal. Je prends toujours le bus précédent et Harry, Harry Potter -elle le montra du doigt - est nouveau. » Expliqua Hermione d’un ton patient.

« Je m’en fous de tes explications, toi ! Je parlais de l’autre ! » Riposta le blond en se retournant sur son siège de manière à ne plus les voir.

Soudain, Drago eut une révélation. Il se retourna brusquement, et contempla la vieille chemise délavée d’Harry. Alors comme ça, mister yeux verts et lunettes rondes n’avait pas d’uniforme…de toutes les façons, a ses yeux, Harry Potter n’était qu’un…

« DECHET MARITIME ! BWAHAHAHA !!!!!! »

Hermione dévisagea Drago, hilare, un air de profonde pitié ancré sur le visage.

« Tout à fait. Et je ne peux y répondre que par un magnifique ‘‘gné ?’’ »

°OoO°

« Harry. Harry Potter. » Dit le nouvel arrivant, assis près d’elle avec un sourire sincère et chaleureux.

« Je sais… » Faillit souffler Hermione.

°OoO°

La porte du car claqua. Un jeune homme, vêtu du même uniforme que Drago, suivi de près par une fille aux cheveux noirs coupés courts, s’avança vers eux.

« Hey, Dray ! T’as de nouveaux amis ? » Demanda le garçon, un éclat de gentillesse dans les yeux, en s’asseyant en face du blond.

« Salut, Hermione. » Sourit Pansy.

« Salut. » Répondit gentiment Hermione avec un sourire un peu crispé.

« J’ai passé la soirée à travailler ton pas de danse ! » S’esclaffa le garçon.

« Et ouais, Blaise, c’est dur, mais c’est l’honneur de United Uniformes qui est en jeu. » Le railla Drago.

« C’est pas une raison ! Moi aussi, j’ai bien failli y passer la nuit. » Râla Pansy.

« C’est quoi, United Uniforme ? » Souffla Harry à Hermione pendant que les autres continuaient leurs conversations.

« Le club de comédie musicale… » Chuchota-t-elle.

Harry enfonça les oreillettes dans ses oreilles et regarda défiler le paysage.

« Dernier Arrêt ! » Signala Dedalus, à l’avant.

Quand la chanson s’arrêta, il eut le temps d’entendre ce que Drago disait à son sujet :

« …mais non, je te dis ! Ce n’est pas mon ami. » Dit-il en détachant chaque mots.

« Il a l’air plutôt sympa, le nouveau ! » Remarqua Blaise.

« Il l’est. » Assura Hermione.

« Regarde moi ses fringues… » Grimaça Drago avec une pointe de dégoût dans la voix.

« Il ne doit pas rouler sur l’or. » Remarqua Pansy.

« Comme la majorité des gens ici. » Reprit Hermione.

« Sauf… » Se prépara à répliquer le blond.

« Vous, je sais. » Soupira la jeune fille en tortillant ses cheveux caramel.

Harry remit son oreillette, et monta le son.

C’était sa première journée, et il avait déjà réussi à se mettre à dos un sale gosse de riche.

« Je suis trop fort… » Pensa Harry à voix haute.

« Trop fort en quoi, Potter ? » Le dérangea une voix désagréable.

Harry retira ses oreillettes.

« Trop fort pour avoir réussi à t’habiller tout seul, sans l’aide de ta mère, ce matin ? Et bien, sans vouloir casser tes espoirs, ça se voit ! »

Drago Malefoy avait balancé ça d’une traite. Et Harry, en un bond, l’avait empoigné par le col et plaqué contre la vitre. Le temps s’était comme figé.

« C’est quoi ton problème, au juste ?! Je suis trop pauvre pour toi, c’est ça ?! » S’emporta Harry. « Et ne t’avises plus de parler de ma mère… »

Il planta ses yeux verts émeraude dans les yeux gris glacés de son nouvel ennemi.

« Bravo. Maintenant, je peux plus te voir. Que tu ne m’emmerdes plus. Sinon, tu regretteras un jour d’avoir croisé mon chemin… »

Alors Harry lâcha Drago, qui s’effondra à terre.

°OoO°

Tout d’abord, quelques liens utiles :

Pour pré-au-lard :

www.ville-saintemarie.fr/geogr33.jpg

Sauf qu’il faut rajouter plus de champs et moins de maisons

Un moment, Drago fait une chute catastrophique…remplacez le chat par Dray et le lit par la cuisine, et vous aurez une idée approximative de l’ampleur de la catastrophe x)

www . abrutis. com/video.php?id116

vidéo à voir
Et Polymnia tira le fil d'Ariane... by Philomoon
Author's Notes:
Chapitre 3 : Et Polymnia tira le fil d’Ariane…
« T’aurais pas dû. » Avait simplement dit Hermione, de sa voix la plus légère.

« Je ne regrette rien. »

« C’est ce que j’admire, chez toi. » Dit-elle en plantant ses yeux chocolat dans les yeux émeraude d’Harry. « Tu pourrais avoir tout les ennuis au monde, tu ne regretterais jamais tes gestes. »

Harry eut un rire amer.

« Drago Malfoy…je t’aurais volontiers pardonné ton orgueil si tu n’avais pas blessé le mien… »

Et Hermione éclata de rire.

« Allé, arrête de dire des âneries, et viens avec moi, je vais essayer de te trouver un uniforme décent. »

Il remarqua alors la jupe et la chemise réglementaire de son amie.

« Je veux bien… »

Harry se tourna vers la magnifique porte en bois appartenant au château qui se dressait devant lui.

« Alors ? » Demanda énigmatiquement Hermione.

« Encore plus beau que je ne l’aurais imaginé… » Souffla Harry. « On dirait un rêve. »

« Depuis quand rêves-tu que tu agresses les blonds dans un vieux bus ? »

« Je dois t’avouer que c’est plutôt rare… »

Hermione s’engouffra dans le château, Harry à sa suite.

°OoO°

« C’est pourquoi ? » Demanda Argus Rusard, un concierge aigri par le temps, penché par-dessus le comptoir de son petit bureau.

« Si vous aviez un uniforme de rechange à prêter à Harry, monsieur… » Demanda Hermione avec son plus beau sourire.

« Un nouveau…tiens donc… » Grommela-t-il en disparaissant vers l’arrière boutique. « Maggie ? C’est pour toi ! » L’entendirent-t-il crier.

Harry nota que les noms rétro devaient être très en vogue, dans cette contrée…mais soudain, il se souvint que l’un des enfants de la famille Weasley, qu’il n’avait pas encore rencontré, portait un nom des plus banals : Ron.

Une petite femme replète sortit de l’arrière boutique. Elle leur fit son sourire le plus accueillant.

« Bonjour, Hermione ! »

« Bonjour, Mme Guipure. Ça serait pour Harry… »

Harry salua poliment la femme.

« Viens avec moi, jeune homme, je vais prendre tes mensurations. » Dit-elle en le tirant par la main.

« Attendez…Hermione, tu vas être en retard ! »

« Tu sauras te débrouiller ? »

« Oui, ne t’en fais pas. »

°OoO°

Drago tira rageusement sa chaise et s’y laissa tomber lourdement. Il plongea une main dans son sac et en remonta son petit classeur rouge et or, ses deux couleurs détestées, qu’il utilisait pour les cours de français du professeur McGonagall, son enseignante détestée.

En vérité, Drago Malfoy détestait énormément de matières. Sauf les cours de chimie. Et le professeur Rogue, qui était accessoirement son tuteur, ce qui lui conférait beaucoup de privilèges, par rapport aux autres élèves de la classe.

« Alors, Drago, c’est vrai ce qu’il s’est passé, dans le bus ? » Demanda d’un ton mauvais Zacharias Smith.

« Ta gueule, moustique. » Lui intima Blaise, de sa voix profonde.

« A quoi il ressemble le nouveau ? » Insista l’élève.

« La ferme où je te pends avec ta propre cravate jaune. » Reprit-il calmement.

Smith fut réduis instantanément au silence. A vrai dire, Blaise et son deux mètres trois ne lui inspirait pas grande confiance. Mais il ne put s’empêcher de rajouter :

« Et la tienne, Malfoy, elle a pas un problème ? »

« Ma quoi ? » Demanda Drago avec dédain.

« Cravate. »

Tous les élèves présents dans la salle de classe se tournèrent vers Drago. Et remarquèrent la cravate trouée du blond. Des éclats de rire raisonnèrent.

« Pansy ? » Demanda Drago, gêné.

« Oui ? » Fit-elle en essayant de retenir son fou rire.

« C’est si ridicule que ça ? »

« Oh, oui ! » Répondirent Pansy et Blaise, à l’unisson, hilares.

« Hum…je reviens… » Dit Drago en sortant de la salle « Dites à Mcgonagall que je suis allé me chercher une nouvelle cravate. »

« Il paraît que c’est Potter, le nouveau, qui t’as fais ça ! » Ricana Zacharias.

Blaise lui donna un coup sur la tête, avec le revers de la main. Smith s’écrasa le nez sur la table.

°OoO°

« Mais pourquoi les élèves ont-ils des cravates différentes ? » Demanda Harry, debout sur un tabouret, tandis que Mme Guipure lui mesurait les bras.

« Oh, tu sais mon petit, ça dépend des options que tu choisis ! Si tu fais un instrument, tu chantes ou tu danses, ta cravate seras verte… si tu es plus sportif, ça sera rouge, bleu, c’est pour les classes pilotes, les élèves au niveau avancé, puis les jaunes…heu…et bien…c’est ceux qui font de l’humanitaire, si on veut. »

« Oh... » Harry se souvint que Hermione portait une cravate rouge. Mais d’un autre côté, la verte le tentait bien…ça serait le moment de profiter de sa guitare ! Soudain, il se souvint que l’autre crétin du bus avait la même. Et l’idée de se retrouver dans sa classe ne l’enchantait guère. « Je vais prendre la cravate rouge, s’il vous plait. »

« Pas de problème, mon petit. » Dit-elle en lui tendant son uniforme aux couleurs rouge et or.

Et Drago poussa la porte.

°OoO°

« Bravo. Maintenant, je peux plus te voir. Que tu ne m’emmerdes plus. Sinon, tu regretteras un jour d’avoir croisé mon chemin… »

Alors Harry lâcha Drago, qui s’effondra à terre.

Le brun sentit quelque chose sur sa main. C’était Hermione. Qui d’un regard et d’un geste, enleva à Harry toute l’adrénaline du combat. Elle lui enleva l’idée de faire aussi mal à Malfoy,

que la douleur qu’il avait ressenti lors du décès de sa mère.


« Merci, Hermione… » Souffla-t-il. Elle opina.

°OoO°

« Je veux une nouvelle… » Commença-t-il. Mais dès qu’il croisa le regard d’Harry, le blond reprit d’un ton plus méfiant. « Une nouvelle cravate. Tout de suite. »

Mme. Guipure soupira. « Oui, jeune homme. » Puis elle disparut dans l’arrière salle.

« Alors, content, Potty ? » Demanda dédaigneusement Drago en désignant sa cravate en lambeaux.

« Très. »

« Ne fait pas le malin avec moi… » Fit-il en remarquant qu’il avait un lacet détaché.

Alors Drago Malfoy se pencha. Puis le pendentif tomba.

°OoO°

Harry enfonça rageusement ses écouteurs dans ses oreilles.

Sans un regard pour les autres passagers du car, il plongea sa main dans son sac pour en ressortir une petite boule de chiffon, qu’il déballa. C’était un pendentif. Une magnifique chaînette d’or reliée par un cœur fait du même matériau. Aussi curieux que cela puissait-il paraître, Harry était certain que s’il on appuyait du coté droit vers l’extrémité du cœur, il s’ouvrirait…

« Harry ? Tu ne veux pas que je t’explique le fonctionnement de Poudlard ? »

Il rangea précipitamment le cœur.

°OoO°

« Hey ! On a le même ! » S’extasia Harry en arrachant le pendentif de son ennemi du sol.

« Le même ? – Il reprit son bien- T’as fumé Potter…c’est un cadeau. Je pas acheté a la brocante, moi ! » Lança méchamment Drago.

« Moi non plus. » Dit fermement Harry.

Ils se défièrent du regard.

« Ne t’avises plus de toucher à mes affaires… » Cracha le blond.

« Mr. Malfoy ! Je suis désolée, mais je n’ai pas de cravate a votre taille…j’ai n’ai que des vieilles… » Dit Mme. Guipure d’un ton désolé tandis qu’elle sortait de l’arrière salle.

« Donnez-moi ce que vous avez. » Ordonna-t-il.

« Vous êtes sûr ? »

« Sûr. »

°OoO°

« T’aurais pas du… » Lui fit Blaise d’un ton désolée alors que son ami regagnait sa place.

« C’est normal qu’elle descende jusqu'à tes genoux ? » S’informa Pansy.

« Vos gueules… » Fit Drago d’un ton venimeux en regardant Harry, vêtu de son nouvel uniforme s’asseoir près d’Hermione, qui était elle même à deux places de lui.

« T’as vu Malfoy et sa cravate ? » Rigola Hermione.

« Il a faillit tuer Guipure ! » S’esclaffa Harry.

« Elle est un peu trop grande… »

« Tu plaisantes ? Il peut carrément se pendre avec ! » Sourit Harry a un bureau voisin. Mais ce ne fut que lorsqu’il posa ses fesses sur la chaise qu’il se rendit compte que la table de Drago Malfoy était collée à la sienne.

Ils se toisèrent d’un œil mauvais.

« Tu oses… »

« Bonjour ! Ouvrez vos livres page 214 s’il vous plait… » Intervint une vieille femme qui devait certainement être le professeur de français.

°OoO°

Je ne me souviens plus exactement de ce qu’il s’est passé…

« TICTAC »

Je jette un regard agacé à la petite horloge qui orne le mur principal de la salle de classe. Je reporte mon attention sur la feuille posée sur ma table tandis que j'écoute d'une oreille distraite les ordres balancés par la professeur de français, régulièrement ponctués par l'affreux bourdonnement que déclenche une multitude d'élèves frottant leurs stylos plumes contre la surface plane et lisse du papier. Mes pieds battent l'air. Un soupire m'échappe.

« TICTAC »

L'enseignante me lance un regard désapprobateur. Je n'écris plus. Je fronce les sourcils. Je n'aime pas cette femme. De toute façon, je ne l'aurais pas aimé rien qu'a cause de la matière qu'elle enseigne. Ça n'aurait plus été qu'une question de temps. Mes doigts parcourent la table. Elle est carrée. Ses angles sont pointus. Affreusement pointus, même. Je tressaille. Je jette un coup d'œil désespéré vers la fenêtre. Il pleut.

« TICTAC »

Les gouttes éclatent contre la vitre. J'ai envie de sortir. Envie de me promener. J'aime la pluie. Surtout le crépitement irrégulier qu'elle provoque en venant mourir au sol. Un sourire effleure mes lèvres, mais l'énervement le chasse. Mes jambes me démangent. L'envie de courir me mange. Je me lève, brutalement, promptement. Les regards se tournent vers moi.

« Que ce passe-t-il ? » me demande la professeur.

« TIC TAC »

« Je m'en vais. Je ne veux pas passer le restant de mes jours ici. Je veux me baigner dans le Niagara, je veux m'éclabousser de neige, je veux m'éffondrer dans le sable chaud d'Hawai pour pouvoir embrasser du regard une forêt de bambous en Chine. Je veux traverser le Nil en barque de Venise ! »
Je hurlais, à présent.
« Je veux sentir le soleil me bruler la peaux, la lune la caresser ! J'ai envie...je veux...je voudrais juste goutter à la vie... »
Je pousse ma table. J'entends la porte ce claquer derrière moi. Je sens bientôt la boue coller à mes baskets...
L'eau ruisselle sur mon visage. Je tend les bras, comme pour toucher le ciel. Mes genoux rencontrent le sol. Mes cheveux se collent à mon visage. Mes vêtements embrassent ma peaux.
J'inspire. Ça sent la liberté. Je hurle.

« TIC TAC »

« Que ce passe-t-il, jeune homme ? » répète la femme.
Je reprend brutalement conscience.
« Heu...rien, rien...je... »
« Oui ? » m'encourage-t-elle.
« J'ai fait tomber mon stylo », marmonnais-je en baissant les yeux.

« Ramassez le et ouvrez vôtre livre à la page 214, jeune homme. Bien ! Nous allons étudier les... »
Je me penche pour saisir un bic imaginaire. Je m'assois. Un soupire m'échappe. Je suis de nouveau vissée à ma chaise. Autour de moi, les activités reprennent. Je regarde la fenêtre. Il a arrêté de pleuvoir. Je me sens mal. Je me sens comme un oiseau en cage...les ailes repliées, la tête courbée, la voix brisée...j'inspire. J'inhale. Ça sent le renfermé...Je pleure.


°OoO°

Drago regarda Harry se rasseoir, impassible.

°OoO°

« On a encore beaucoup de cours ? » Râla Harry.

« Nan. On a encore sport et c’est finis. » Dit Hermione en pausant son plateau sur la table de son ami.

« Je…je peux m’asseoir ici ? » Demanda un garçon aux joues rondes.

« Bien sur. Harry, je te présente Neville. » Fit Hermione en se décalant d’une place.

Harry jeta un regard gourmand au plateau du nouvel arrivant.

« Y’a des saucisses ?! »

« Ouais…ouais je crois… » Fit Neuville, incertain.

« J’y vais. » Décida Harry, en se levant à la hâte pour aller se servir.

°OoO°

« Hermione… » Paniqua Neville une fois qu’Harry fut assez loin. « Hermione, je le sens…c’est bientôt…ils vont venir me chercher…et les plaies…elles…elles s’ouvrent ! »

« Neville, calme toi…cette histoire est bientôt terminée… » Le rassura Hermione d’une voix ferme.

« Pour recommencer à nouveau. »

Hermione resta interdite.

« Quand Harry et Drago le sauront-ils ? »

« Très bientôt…tu peux me faire confiance… ».

Une fois de plus, Hermione resta silencieuse.

°OoO°

Mais pourquoi Hermione et Neville chuchotaient-ils d’un air affolé ? Harry fronça les sourcils.

Il s’apprêtait à regagner sa place quand il rentra dans quelqu’un.

« Désolé… » Fit le grand rouquin maladroit.

« Heu…excuse moi, mais tu ne seras pas un Weasley ? » Demanda Harry en se souvenant des indications de Molly.

« Sin pourquoi… ? Ah ! Oui ! Tu es Harry ?! » S’extasia-t-il.

« Oui. »

« Je suis Ron. Enchanté. »

« Enchanté. » Répéta Harry.

Ils échangèrent quelques banalités, gênés, et prirent congés.

« On se revoit ce soir, alors. » Fit Ron.

« Oui…à plus tard. » Dit Harry en esquissant un geste pour le saluer.

« Oh ! Et n’oublie pas ! Comme on fait partit de la même maison –Harry jeta un coup d’œil furtive a sa cravate rouge décolorée- et que je suis membre de l’équipe de basquet, tu peux venir jouer avec nous quand tu veux. »

« Merci, Ron. »

°OoO°

« Alors, tu veux venir ? »

« Hein ? » Grogna Harry en immergeant de son énorme assiette de saucisse.

« Je vais faire un tour prêt du cimetière, tout à l’heure. »

« Hum…si tu veux, Neville… » Fit Harry, qui n’était visiblement guère emballé.

Et là, Drago Malfoy passa devant eux, accompagné de sa clique d’amis et également d’un plateau comportant une pomme, deux saucisses et deux tablettes de Nestlé. Il s’arrêta devant Harry, qu’il ne vit pas, pour parler à quelqu’un.

Alors Harry planta sa fourchette dans l’une des saucisses, et l’amena dans son assiette en fixant Drago, qui s’éloignait déjà sans avoir remarqué quoi que ce soit.

Harry planta ses crocs dans la viande sous le regard éberlué de ses amis. Avec un sourire plein de morceaux de viande de représentant l’Oréal, il fit :

« Parce que je le vaut bien ! »

°OoO°

Lorsque la cloche carillonna pour indiquer qu’il était quatre heures passé, un flot d’élèves pressés de rentrer chez eux se dirigea vers le bus, presque déjà remplis.

Mais concentrons-nous sur la jeune fille occupée à extirper du car un garçon aux cheveux noirs en poussant des hurlements :

« Harry, ne soit pas ridicule ! Nous avons promis à Neville que… »

« Qu’on l’accompagnerai dans son cimetière morbide ? Non ! » Râla Harry avec fermeté.

Hermione tira son ami par la cravate en se dirigeant droit vers la fontaine.

« Harry ! » Fit-elle avec indignation. « Toi aussi tu as promis ! »

« Ecoute, Hermione… » Tenta de s’expliquer Harry en extirpant le pant de sa cravate neuve des doigts de sa camarade. « J’ai eu un malaise, enfin…un moment d’absence et j’ai du accepter. »

« Absence ou pas, tu viens ! De toutes les façons, il nous attend là bas. » Finit par dire Hermione, comme si c’était le point final de leur conversation déplaisante.

Harry se laissa donc traîner, résigné.

« C’est où ? »

Incertitude.

« Près des catacombes… »

Il frissonna.

°OoO°

(POV HARRY)

D’abord, un mur noir haut de cinq mètres, hérissé de décombres…On ne voyait rien.

Hermione me prit la main. Autour de nous, la plaine battue par un vent sinistre, et, au dessus, muette et oublieuse, la masse sombre de la montagne, des forêts et des sapins. Nous longeâmes le mur jusqu'à l’entrée. A terre, dans un coin, une vieille poupée de chiffon gisait, comme disloquée par une explosion soudaine. Plus loin, au milieu des ténèbres et des quelques gouttelettes de pluie, se découpaient des centaines de vestiges de tombes.

Il pleut.

De vieilles pelles figées se découpaient encore sous la terre boueuse. Les tombes avaient été faites la hâte. Je devinais, sous les pierres, des milliers de corps entassés les uns sur les autres. Je ressers mon emprise sur la main d’Hermione. Je me figeai, souffle coupé.

Cela me revenait à présent. Comme une vague poisseuse et étouffante, un drap mortuaire, un coup en plein ventre. Je sentis le sol se dérober sous mes pieds. Hermione se plaça derrière moi et me soutint.

« Tu te rappelles ? »

« J’ai…comme des hallucinations. »

« Viens. » Répondit-elle, simplement.

Alors je la suivis. Parce qu’Hermione avait toujours raison.

Nous empruntâmes un sentier boueux menant à un épais tas de terre. Je rajustai ma cravate.

« Pourquoi c’est détruit ? »

« Pourquoi ? » Hermione eut un sourire sans joie. « Parce que tout doit bien disparaître un jour. Parce que chaque personne a laissé sa trace, ici. Et le temps souhaite nettoyer. Oublier. Comme moi. »

« Oublier quoi ? »

« Tu ne te souviens pas de ça ? » Dit-elle en pointant un vieux puits lointain du doigt.

Si. Si, brusquement, je me souvenais de ça. Quelqu’un était tombé dedans. Une personne. Peut-être deux. Ou trois. La nuit où j’avais frappé le mur de mes poings en hurlant de rage et d’impuissance. Je ne pouvais pas les sortir de là. Je me souviens encore du gout de sang que j’avais dans la bouche. De mes doigts rompus par la surface rugueuse de la pierre qui encerclait les ténèbres du puis.

Et des cris. Puis plus rien.

Je me souvenais…

« Allez. »

Je me laissai entraîner. Mon esprit n’enregistrait plus ce qu’il voyait. Les images éclataient comme des bombes et j’étais une pellicule blanche. Je laissai le vent me fouetter le visage et sécher ce qu’il y avait à sécher. La vie me quittait. Elle désertait mon corps. Mon cœur. Nous nous enfonçâmes dans le cimetière, et nous marchâmes une heure au moins, seuls et aphones sous les ombres menaçantes des vieux albâtres de pierres. Le cercle de lumière se posa sur une paroi rocheuse et descendit sur une grotte. L’entrée était profonde, parfaitement insondable.

« Et cette grotte ? »

Je m’approchais, vacillant. Oui, cette grotte aussi, je l’avais connue. Je fronçai les sourcils. J’ignore à quoi je m’attendais à cet instant. Peut-être à un miracle. Mais les miracles n’existent pas. Tout le monde sait ça.

« A quoi penses-tu ? » Me souffla Hermione.

« A nous. A nous, ici, les pieds dans la boue, devant les catacombes. »

« Il y’avait un homme, Sirius. Et un autre, Remus. C’étaient nos amis. Ça te revient ? »

« Pas trop…mais les mots que tu dis…ils évoquent des images, des scènes. Je vois…je vois un enterrement. Ton sourire, aussi. »

Elle me reprit la main.

« Sois patient. Le reste va venir. »

Elle se remit à marcher.

« Te souviens-tu de cette pleine, Harry ? ».

La plaine. La plaine remplie de corps morts dans mes rêves était aujourd’hui remplie de tombes.

« La bataille finale. L’éclatement total de la vérité. Tu te souviens, hein ? Dit moi que tu te souviens de la déchéance de nôtre vie ! Du chaos qui gagnait chaque jour un peu plus d’emprise sur nous, de la mort, Harry…de notre tristesse… »

Elle me regardait droit dans les yeux. Mon esprit ne m’obéissait plus. J’avais perdu toute commande. Je devenais fou !

Mes vêtements collaient à ma peau moite. La pluie dégoulinait sur mes cheveux.

La tête me tournait.

Je revoyais le reflet des dents aiguisées qui luisaient sous ma fenêtre verrouillée, un cachot, au sous sol…je revoyais un corps allongé. Un corps d’enfant détruits par les chaînes…ET LE PUIS ! LE PUIS ! Les cris…mes doigts rompus…

Je plaquais mes deux mains sur mes oreilles : je ne voulais plus rien entendre.

Mes genoux rencontrèrent la boue. La douleur était nichée au creux de mon ventre comme un petit animal vicieux. Je tombai à quatre patte et me mis à vomir.

°OoO°

Hermione regarda Harry s’effondrer dans la terre boueuse, ramper contre les rares brins d’herbes humides, et vomir. Elle laissa promener sa langue sur ses crocs. Non. Décidément, elle ne le mordrai certes pas aujourd’hui.

°OoO°
End Notes:
Et voila, le chapitre est finis…le prochain chapitre sera plus court, en fait, ça sera un interlude en quelques sortes…

Donc voila, le chapitre est terminé…alors :

-Choqué ?

-Intrigué ?

-Déçu ?

-Horrifié ?

-Joyeux ?

-En train de comprendre un minimum ?

-Dégouté ?

-Euphorique ?
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