Ma victoire by Morgane
Summary: Ne prend en compte que les 5 premiers tomes

Le jour de sa vitcoire, Voldemort s'offre un trophée de guerre de choix : il emporte Ginny avec lui après lui avoir fait jurer obéissance, en échange de la vie de ses amis.



Image de Patchat dont vous pouvez aller appréicer les talents ici

Categories: Tominny (Jedusor/Ginny) Characters: Ginny Weasley, Jedusor/Voldemort
Genres: Aucun
Langue: Aucun
Warnings: Aucun
Challenges: Aucun
Series: Aucun
Chapters: 13 Completed: Non Word count: 72022 Read: 37740 Published: 07/01/2006 Updated: 22/04/2006

1. Trophée de guerre by Morgane

2. soumission et obéïssance by Morgane

3. puissance et folie by Morgane

4. ami et ennemi by Morgane

5. brutalité et tendresse by Morgane

6. pleurs et consolation by Morgane

7. enfer et paradis by Morgane

8. jalousie et possession by Morgane

9. dragon et condor by Morgane

10. le vrai et le faux by Morgane

11. dits et non-dits by Morgane

12. retrouvailles by Morgane

13. Chapter 13 by Morgane

Trophée de guerre by Morgane
Author's Notes:

sur l'ancienne version du site, j'avais mis un avertissement pour cette fic... et comme mon chapitre a disparu dans les limbes du net... je ne le retrouve plus. Mais à peu de choses près, j'y disais que certaines scènes de cette fic sont susceptibles de heurter les plus sensibles par leur dureté phsychologique. Cependant, ce que Ginny craint ne viendra pas.. ceux qui liront ce premier chapitre comprendront ;)
je mets quand même un rating -12, pour rpévenir plus clairement... même si à mon avis cela ne mérite su'à moitié, mais mieux vaut prévenir que guérir, c'est le cas de le dire ( et ça rime !)

J’avais à peine 25 ans, et ma vie a cessé.
Disparue.
Oubliée.

Emportée par la folie des hommes. La folie d’un homme. Je suis morte dans cette salle sombre. Maudite. Morte avec tous les autres.
Je ne parviens pas à imaginer comment le monde peut continuer à vivre après avoir accueilli en son sein tant de haine et de violence. Je ne comprends pas qu’il puisse exister des gens qui ignorent la couleur de ces sorts, la force de ces mots et l’horreur de ces affrontements.
Je n’accepte pas d’être la seule à devoir supporter ces images incessantes.
Je vois tout en vert. Des éclats de lumière verte, des robes vertes, des murs verts… et des yeux. Des yeux verts et tristes. Vaincus.

Jamais je ne reverrai ces yeux verts. Harry est mort. Mais pas autant que moi. Lui continue à vire dans la mémoire des gens et parfois même dans leur cœur. En secret souvent, avec haine parfois, mais il reste présent dans l’esprit des vivants.
Juste à côté d’Albus Dumbledore. Une légende vivante. Mais un corps bel et bien mort. Tout comme l’espoir de voir un jour notre monde se défaire de son emprise à Lui. Sa férocité. Sa détermination. Sa puissance.

Rien n’est plus puissant que la mort. Personne ne peut la braver. Lui parvient à lui voler chaque jour ce qu’il aurait dû lui donner il y a des années. En échange il lui offre des vies sacrifiées. Des âmes torturées.
La mienne sera un met de choix mais il ne la cédera pas. La mort ne me prendra pas et pourtant, je l’appelle de toute mon âme.
Albus avait raison. Il y a pire que la mort. L’attente de la mort elle-même.

___________________________________

- Ginny ? GINNY !? où est Harry ?
- je ne sais pas ! il est parti vers le gouffre et....
Les deux jeunes femmes ne purent poursuivrent cet échange. Plongeant à terre pour éviter les hallebardes qui volaient vers elles, elles durent concentrer toutes leurs forces pour se protéger d’une salve de sorts destructeurs.
Hermione profita d’un bref répit pour se ruer vers le précipice.
Plusieurs mètres plus bas, des combats faisaient rage. Hermione ne distinguait plus ses amis de ses ennemis. Tous employaient à présent les mêmes armes. Fini le temps des nobles considérations. Il fallait tuer ou mourir.

La sorcière avisa un sentier abrupt qui lui permettrait de rejoindre rapidement ce lieu qui aurait pu sembler paradisiaque aux yeux d’un innocent. Des dizaines de couleurs miroitaient en tout sens, fusant ça et là en se répercutant parfois contre la roche.
Le spectacle aurait pu sembler joli, s’il n’y avait eu ces cris. Des hurlements de rage ou de douleur, d’impuissance ou de férocité.
Des paroles de déments. Des mots de meurtriers.

Hermione glissait sur cette allée sinueuse, trébuchant parfois sur un rocher qui se détachait de son domaine pour rouler et s’écraser à grand fracas entre les combattants, bien plus bas.
Bientôt, Hermione sentit plus qu’elle n’entendit les pas de Ginny derrière elle.
Les deux jeunes femmes se souciaient peu de leurs chevilles douloureuses ; sans prendre garde au sol accidenté sur lequel elles évoluaient, elles cherchaient des yeux, en dessous d’elle, la silhouette du Survivant.
La voix de Dumbledore parvenait parfois à leurs oreilles, véritable fontaine d’espoir : tant qu’il demeurait au sein de la bataille, ils n’étaient pas vaincus. Mais Albus avait donné des consignes strictes et précises : si Harry tombait, tous devaient fuir. Nul autre ne pourrait vaincre Lord Voldemort.

Chacun des membres de l’Ordre du phénix connaissait le lieu précis où transplaner en cas de défaite et tous mettaient un point d’honneur à l’oublier. Comme si chasser ce dernier salut de leur esprit pouvait conjurer le sort. Les obliger à vaincre.
L’heure était venue d’accomplir la prophétie. Depuis sa sortie de Poudlard, Harry avait suivi un apprentissage plus qu’exceptionnel. Les membres de l’AD étaient venus grossir les rangs de l’Ordre du phénix et on ne pouvait que se réjouir de cette aide qui apportait force et jeunesse au groupe.
Harry venait d’avoir 26 ans. On s’était promis de regoûter aux douceurs de Mrs Weasley onze jours plus tard, pour l’anniversaire de sa cadette.

26 ans. 25 ans. Un bel âge, mais pas pour mourir.

Hermione sauta les quelques mètres qui lui restaient et roula au sol. La sorcière s’était redressée avant même que les mangemort n’achèvent leurs incantations. En un mouvement et deux mots, elle avait distribuée la mort.
Ginny l’avait imitée avec presque autant d’habileté. La mort les accompagnait... Généreuse en cette après midi d’août, elle n’était pas avare de ses services.
Brune ou rousse, sang de bourbe ou sang pur, la vie cédait sous leur voix qui auraient dû disperser des mots tendres et des chants joyeux. Au lieu de cela, elles devaient salir leurs âmes et déshonorer leurs familles.
Tuer, ou mourir.

Dos à dos, les deux jeunes femmes offraient un contraste saisissant de couleurs et de sang. Mais la même détermination, la même certitude de devoir résister les animait.
Les serviteurs de Voldemort les entouraient, jaugeant ces deux sorcières si différentes et pourtant si semblables.
Un beau plaidoyer pour la réhabilitation des impurs. Hermione, malgré tout ce qu’ils pouvaient dire et penser, les obligeait aujourd’hui à rester sur leur garde.
On ne se méfie pas assez de ce que l’on croit faible ou inférieur. Miss Granger, sure et adroite, s’autorisait quelques démonstrations…

Malheureusement, nul ne pourrait témoigner de son adresse et admettre la puissance de ses sorts malgré la faiblesse de ses origines. Nul ne survivait à ses incantations.
Les deux amies semblaient être habitées par la férocité d’un démon à deux têtes. Seul leur respiration rapide prouvait leur fatigue et leur peur.
Hermione chercha à nouveau autour d’elle, distinguant la tignasse rousse de Ron parmi les nuages de poussières et les mèches flamboyantes de Tonks à ses côtés, tandis que Ginny envoyait un troisième sorcier rejoindre le passeur.

Le cœur d’Hermione manqua un battement
- il est là … murmura-t-elle. Là !
Ginny se força à ne pas détourner son regard de celui, vide et froid, du mangemort qui lui faisait face.
Exténuée, elle ne trouvait plus la force de lever sa baguette et lorsque le sorcier prononça l’incantation
- A TERRE Hermione !
Son amie avait plongé en avant, évitant une fois de plus le sort fatal tandis que Ginny roulait plus loin avant de heurter les rochers.
Les deux jeunes femmes eurent soudain la sensation que la bataille prenait fin. Autour d’elles, le temps s’arrêtait. Même la lumière des sorts sembla s’immobiliser dans les airs
Ginny tourna la tête vers Hermione, qui venait une fois de plus de donner la mort.

Elle se releva péniblement et avança vers elle. Suivant le regard d’Hermione, elle sentit son sang se glacer.
IL était là.
Les sorcières cherchèrent leur mentor du regard mais une onde voilait l’atmosphère. Le son devint sourd, comme si le terrain de ces affrontements s’était soudain retrouvé sous l’eau.
Une vague de magie sembla naître autour des deux sorciers qui se faisaient à présent face et que Ginny devinait au loin et bientôt, le choc qui en émana submergea tout et tous autour d’eux.
Harry et Voldemort s’affrontaient, laissant amis et ennemis muets et immobiles alentour. Dès que cette aura de magie atteignit les deux sorcières, elles surent qu’elles devaient fuir.

Cette force avait la couleur de la nuit, la froideur de la glace et l’odeur de la folie. Rien de tout ça ne pouvait provenir de Harry.
Ginny sentit quelqu’un tirer sur son bras.
- viens ! partons, vite !
Elle suivit Hermione en abritant bien inutilement et naïvement sa tête de ses bras. Comme si quelques centimètres de tissu avaient jamais pu contrer un sort…
Ginny distinguait les larmes sur le visage d’Hermione mais aussi la panique qui l’envahissait.
Courant à perdre haleine, les deux jeunes femmes s’engouffrèrent dans un grotte au fond de laquelle s’élevait un ancien temple.

Les sorts fusaient dans leur dos mais elles ne songeaient plus à les rendre, à présent. Dans un réflexe, elles se prirent la main pour parcourir les derniers mètres qui les séparaient d’un abri temporaire.
A l’intérieur de ce temple en ruine, les membres de l’Ordre s’étaient regroupés en masse et Kingsley organisait le plan de retraite.
L’air surchargé de magie empêchait tout transplanage et les portoloin étaient dès lors leur seule échappatoire.
Hermione Agrippa Ron dès qu’il entra à son tour dans le temple, le serrant contre elle tandis qu’il vociférait tel un dément, les yeux hagards et noyer de larmes de rage.

Bill et Tonks obstruèrent rapidement l’entrée sous un éboulis de rochers et se tournèrent vers le centre de la pièce.
- dès que vous êtes parvenus à bon port, vous nous attendez. Ordonnait Kingsley d’une voix presque inaudible tant elle était devenue sourde de terreur et de tristesse confondues.
- c’est impossible. Impossible. Plasmodiait Tonks. Pas lui. Pas EUX !
Ginny serrait ses poings contre ses tempes, appuyée à la paroi froide et grise de cette pièce qui lui semblait être une chambre mortuaire.
Soudain, derrière elle, le mur protecteur vola en éclat. Les mangemort faisaient irruption, déjà accompagné par ces couleurs vertes, horribles, mortelles.

Kingsley embrassa la pièce du regard. Tonks, les frères Cirvey et Susan Bones se trouvaient près de lui autour du portoloin.
- fuyeeeeeeeeeeezzz !! hurlèrent Fred et Georges de concert
Kingsley fit rapidement le compte : il abandonnait derrière lui cinq Weasley, Hermione et Neville.
- vous n’aurez pas le temps ! partez ! ordonna à son tour Bill en serrant sa sœur contre lui dans un mouvement convulsif.
Le regard et le sourire de Kingsley devraient à jamais rester dans la mémoire du jeune homme. Tant de tristesse, de culpabilité, et de pardon en cette fraction de seconde qui précéda leur évasion le marquèrent plus fortement que nulle autre parole.

Le calme qui s’ensuivit parut irréel. Après quelques secondes de ce silence inquiétant, tous semblèrent considérer que leur seule chance de salut était la dispersion, mais leur seule issue était occupée par un groupe serré de sorciers haineux.
Ginny et ses amis parvinrent à éviter quelques sorts et à en envoyer d’autres mais bientôt, un expelliarmus retentissant les privait de leur dernier rempart contre cette folie meurtrière.
Les mangemorts s’écartèrent en riant à gorge déployée, laissant un large passage à leur maître.

- votre chance insolente a pris fin ! vociféra Lucius Malefoy peu avant l’arrivée de celui-ci. Potter est mort, cette fois, et même Dumbledore n’a pu mourir pour lui ! maître et élève sont très justement réunis ! et vous les rejoindrez sous peu !!!
Ginny tournait la tête contre la roche dure comme pour limiter le poids de ces paroles qui tombaient sur eux comme autant de coups de fouet. Elles sentaient couler sur sa joue des larmes incontrôlables.
Autour d’elle, ses amis et ses frères attendaient la mort, prostrés. Leurs baguettes avaient volées à travers la pièce pour atterrir dans la main du Seigneur des Ténèbres qui se tenait à présent au centre du cercle que formaient ces morts en suspend.

- Voici donc, murmura Voldemort, les fiers guerriers de l’Ordre du Phénix.
Son rire froid envahit ensuite l’espace, glaçant un peu plus l’atmosphère.
- Dumbledore n’avait donc rien de mieux à m’opposer que ces créatures à peine sorties de l’adolescence ? reprit-il en les jaugeant tour à tour.
Bill hurla de rage en se jetant sur lui mais, d’un geste, Voldemort le projeta le long de la paroi où il s’écroula en gémissant de douleur.
- bien… si vous le permettez mes amis, fit-il en se tournant vers ses fidèles, je vais moi-même procéder à l’exécution de ces quelques parasites.
Des rires gras accueillirent cette annonce et Ginny distingua les regards avides de ces monstres en manque de spectacle. Aucun ne jugea bon de donner son « accord » au maître dont le moindre désir constituait un ordre pur et simple.

- commençons donc, reprit Voldemort avec un sourire froid en se tournant vers Hermione, par débarrasser le monde de « ça ».
Les rires redoublèrent et Ginny trouva enfin la force de relever la tête. Assise à quelques pas d’elle, Hermione fixait son bourreau sans ciller, le regard plein de défi.
La jeune Weasley suivit ce regard et observa le Lord Noir : comme l’avait dit Dumbledore, il avait retrouvé un aspect parfaitement humain.

Une enveloppe humaine pour une âme démoniaque, des yeux sombres qui donnaient l’impression de pouvoir tuer leur cible au moindre désir, des cheveux aussi noir que la nuit et un sourire glacé, calculateur.
Ginny sentit la nausée l’envahir à revoir ce visage dont elle se souvenait que trop bien. Le Tom Riddle qu’elle avait eu la triste occasion de rencontrer des années auparavant avait tout gardé de son charme venimeux et de son charisme paralysant.

Ginny observa comme dans un cauchemar le sorcier lever sa baguette au ralenti tandis que Malefoy souriait de plus belle, les yeux étincelants de plaisir malsain. Soudain, elle eut un regain de force et bondit vers son amie pour la projeter plus loin.
Hermione heurta brusquement le sol tandis que le sort qui lui était destiné frôlait les cheveux de Ginny pour percuter le mur qui s’effondra en partie sur elle
Recroquevillée à terre, celle-ci resta immobile sous les décombres, tentant de retrouver son souffle sans avaler la poussière et les gravats.
Voldemort gronda de mécontentement et d’un geste ample du bras fit voler au loin les monceaux de pierres.
Un nouveau mouvement sec de la main cloua Ginny contre la paroi ; assise, le souffle coupé et le corps douloureux, la jeune femme ferma les yeux en attendant la mort.

Un bruit de lutte lui fit à nouveau porter le regard sur la pièce : Ron tentait désespérément de se libérer de l’emprise d’un mangemort et Voldemort la fixait.
Il baissa soudain sa baguette, provoquant une certaine perplexité, et fit un pas vers la sorcière.
- on se connaît ?
Ginny croisa son regard et fit un signe négatif en hochant la tête, le cœur battant à tout rompre.
Elle sentit que tout en elle appelait la mort lorsque le sorcier sourit en l’observant, de cet air de prédateur qui paralysait toutes ses proies.
- oh si… on se connaît. Murmura-t-il avant d’ajouter : Lucius ?

- oui, Monseigneur ? s’empressa Malefoy en avançant.
- cette fille, demanda Voldemort en montrant Ginny du doigt, n’est-elle pas celle qui a eu en sa possession mon précieux journal ?
Malefoy marqua une pause et fixa Ginny. En lui semblait se disputer des sentiments opposés mais il finit par approuver les doutes de son maître.
- je vois… fit Voldemort en faisant à nouveau face à Ginny.
D’un mouvement de baguette, il la força à se relever et enserra son cou de sa main libre. Emprisonnant son visage entre ses doigts, il l’obligea à lui faire face et Ginny eut l’impression que ses os allaient céder sous cette poigne de fer.
Refoulant un cri de douleur, elle ferma les yeux pour ne pas offrir à ses ennemis la joie d’y lire toute sa détresse.

Voldemort approcha son visage du sien et Ginny pensa un bref instant à se débattre avant de se sentir à nouveau submergée par le désespoir.
- ouvre les yeux. Ordonna Voldemort en un murmure.
Ginny obtempéra, et la seconde suivante, elle sentit deux lames s’enfoncer dans ses prunelles. Le regard du sorcier, planté dans le sien, sondait son esprit en provoquant une douleur telle que Ginny pensait que son cerveau subissait la même pression que sa gorge.
Elle comprit alors toutes les douleurs que Harry pouvait ressentir lors de ses séances d’occlumencie.
Au bout de secondes qui lui semblèrent interminables, Voldemort la lâcha et cessa cette torture. Ce qu’il avait puisé au fond de son esprit semblait le réjouir au plus haut point.

- Ginny Weasley… siffla-t-il à son intention. J’ai entendu dire que tu avais fait preuve d’une insolence rare à mon égard et d’un comportement capricieux fort désagréable…
La sorcière ne pipa mot, les jambes flageolantes.
- tu as refusé d’ouvrir la chambre pour moi et d’obéir à mes ordres, alors qu’ils étaient pourtant clairs et gentiment formulés.
En d’autres circonstances, Ginny se serait étouffée de rire…
- j’ai un marché à te proposer. Fit-il soudain.
Tous se figèrent à ces paroles et Malefoy ébaucha une grimace avant de se maîtriser rapidement.
Voldemort jaugeait Ginny en jouant avec sa baguette du bout des doigts sans se soucier des frères Weasley qui se démenaient comme de beaux diables pour porter secours à leur sœur.
Le sorcier toucha la jeune femme au front du bout de sa baguette, provoquant chez Ginny un sursaut puis l’immobilité la plus complète.
Chacun observait la scène sans plus bouger.

- je vais t’emmener, et tu seras à moi.
Ginny mit plusieurs secondes à comprendre que ce rire froid qui s’élevait dans la pièce était le sien.
- plutôt mourir sous la torture, articula-t-elle finalement.
Les mangemort se figèrent encore davantage, dans une parfaite imitation des Gargouilles.
- fort bien. Fit Voldemort. Lucius ! apporte moi donc l’un de ces rouquins.
Ginny devint blême mais ne put esquisser un mouvement. Relevant la main vers elle, Voldemort la plaqua au mur sans même la toucher. De son autre main, il dirigeait déjà sa baguette vers Bill, que Malefoy traînait à ses pieds en le maintenant par les cheveux.
- Mourir sous la torture, fit Voldemort d’une voix mauvaise, ne me pose aucun problème.

Avant de se tordre de douleur sous le sort du mage noir, Bill encouragea sa sœur à ne pas céder, à rester digne jusqu’à la mort.
Ginny ferma les yeux en tournant la tête pour ne plus voir le corps de son frère convulser de douleur sous le regard avide de Malefoy, mais ses cris lui parvenaient encore.
Voldemort releva finalement sa baguette, laissant un Bill essoufflé et recroquevillé à ses pieds, incapable d’ébaucher la moindre défense. Malefoy ne jugeait d’ailleurs plus nécessaire de le maintenir et s’éloigna de quelques pas.
- alors, reprit Voldemort en obligeant à nouveau Ginny à lui faire face d’un signe, ce marché ne t’intéresse toujours pas ?

Bill émit un gargouillement inaudible, mais elle savait parfaitement qu’il lui enjoignait de maintenir sa décision.
Voldemort leva à nouveau sa baguette et lui infligea un nouveau doloris au cours duquel Bill cessait parfois de hurler, le souffle littéralement coupé par la douleur. Ginny posait alors sur lui un regard angoissé, persuadée que son cœur venait de céder à tant de souffrance.
- arrêtez, murmura-t-elle enfin. Je vous en prie, stop.
Ron hurla un « non » déchirant en dévorant sa sœur du regard tandis que le Lord Noir affichait un sourire carnassier.
Il replaça sa baguette sur le front d’une Ginny tremblante et poursuivit.
- tu seras à moi, corps et âme…

L’insistance avec laquelle il avait prononcé ces mots et la façon dont il examina lentement les courbes de la jeune femme du regard provoqua un haut le cœur chez Hermione et fit se recroqueviller Ginny sur elle-même.
La pression qu’il infligea sur son front la força cependant à rester debout et elle ferma les yeux.
- et en échange, je consens à laisser vivre… cette engeance qui te sert de fratrie… fit Voldemort d’un ton écoeuré.
Fred et Georges l’arrosèrent d’insultes mais les mangemort chargés de leur surveillance se chargèrent de les ramener au calme avec efficacité.

- refuse Ginny, gargouillait Bill tandis que Ron secouait frénétiquement la tête pour encourager sa sœur sur cette voie.
Voldemort ne leur accorda pas le moindre regard.
- je te laisse trente secondes. Poursuivit-il. C’est plus que je n’en ai jamais accordé à quiconque.
Goyle approuva d’un mouvement de tête avant de se figer sous le regard dur de Lucius.
- refuse. Répéta Bill. Tu n’as pas idée de tout ce qu’il te fera subir si tu acceptes…
- et toi, ajouta Voldemort d’une voix mauvaise en se tournant vers lui, tu n’as pas idée de ce que je TE ferai subir si elle refuse… tu devrais plutôt réfléchir à ça.
- je ne vous laisserai pas ma sœur, monstre. Souffla Bill en se tournant vers lui sans pouvoir se lever cependant.
Voldemort leva sa baguette au dessus du sorcier et Bill serra les dents, prêt à recevoir le sort qu’il espérait mortel, pour ne plus avoir à endurer cette torture.

- je suis d’accord ! intervint Ginny, suspendant le geste du sorcier sous le hurlement de ses frères, de Neville et d’Hermione. J’accepte… sous certaines conditions.
Le regard de Voldemort vrilla le sien, mais Ginny était convaincue de ne pas vouloir ni pouvoir céder. Elle donnerait sa vie à ce prix là seulement, ou elle mourrait avec eux.
- dis toujours. Questionna Voldemort.
- vous avez dit que vous les laisseriez vivre…
Voldemort approuva d’un signe de tête
- mais rien ne me garantis que vous ne les retiendrez pas prisonniers pour leur faire subir…ça…
Voldemort éclata d’un rire froid
- en effet, c’est une idée… fit-il en la fixant.
- je veux qu’ils soient libres et que vous me donniez l’assurance qu’ils ne seront pas poursuivis ou torturés… même une fois sortis d’ici. Même dans une semaine ou dans trois. Tous…

- et bien, fit Voldemort en approchant d’elle, on n’a peur de rien…
- j’accepte à cette condition. Aucune autre… soutint Ginny.
La jeune femme pensait à juste titre que sans cette assurance, rien ne servirait de se sacrifier. Offrir à ses frères et amis un sursis n’était pas une cause suffisante pour que sa vie s’achève aujourd’hui dans ce temple en ruine.
- très bien. Murmura Voldemort au bout de longues secondes silencieuses. Ils repartent tous, et personne n’ira les chasser jusque dans leur… trou…. En revanche, je m’accorde le droit de me défendre s’ils viennent rôder autour de mes terres… ajouta-t-il d’une voix cynique.
Il envoya à nouveau Bill glisser contre le mur opposé de la pièce d’un geste de la main qu’il tendit ensuite à Ginny.

- un serment sorcier… ça signifie qu’une fois ce pacte conclu, tu ne pourras plus t’en défaire. Il te sera impossible de revenir sur ta décision.
Ginny tendit la main à son tour, tandis que la voix de Voldemort lui parvenait par-dessus les cris de ses amis.
-…à moi corps et âme. Tu céderas au moindre de mes désirs et satisferas tous mes caprices…
Le contact de sa paume contre celle du sorcier provoqua une onde électrique qui lui tira un bref cri de douleur. L’instant d’après, elle distinguait le sourire vainqueur de Voldemort.
- voyons un peu, fit-il, si ta leçon est sue…

Il approcha à nouveau d’elle et enserra sa gorge de sa main.
- si tu fermes les yeux, si tu as le malheur de ciller… je romps ce contrat et tu les verras tous mourir les uns après les autres…. Sous des sorts que tu n’imagines même pas.
Ginny eut à nouveau l’impression que son cerveau allait imploser ou bien que ses yeux tentaient de s’extraire de leurs orbites. Malgré la douleur lancinante, elle maintenait ce contact avec Voldemort, se forçant à garder les paupières ouvertes malgré la douleur.
Bientôt, elle sentit qu’elle ne pourrait plus soutenir cette souffrance très longtemps et enserra de ses mains le bras du sorcier dans un mouvement réflexe pour se concentrer sur son but : garder les yeux ouverts.
- je vous en prie, supplia-t-elle d’une voix presque inaudible. Ça fait mal. arrêtez…s’il vous plait

Après quelques secondes supplémentaires au cours desquelles Ginny fut certaine de perdre la raison, Voldemort relâcha son étreinte et détourna le regard, libérant la jeune femme qui s’effondra au sol.
Il la releva ensuite en enserrant sa taille et se tourna vers ses fidèles.
- on rentre ! il y a .. tant de choses à faire….
Tous transplanèrent en riant sous les hurlements de douleur et d’impuissance de ceux qu’ils laissaient là et Bill s’évanouit de souffrance tant morale que physique à l’instant même où le regard du Lord Noir croisait le sien.
Tout, dans ces yeux, signifiait que Le Seigneur des Ténèbres vivait comme une bénédiction le fait de pouvoir laisser six jeunes gens pleurer leur sœur et amie en imaginant quel genre de caprice il pourrait vouloir assouvir.

La vie de Ginny prenait fin, pour que la leur continue.
A présent, pour elle, commençait celle de la servante du Seigneur des Ténèbres.

soumission et obéïssance by Morgane
La vie de Ginny prenait fin, pour que la leur continue.
A présent, pour elle, commençait celle de la servante du Seigneur des Ténèbres.

Dès que les mangemort eurent disparu, emportant leur sœur et amie, Hermione éclata en sanglots, enfouissant entre ses mains sont visage dévasté par les larmes.
Ron se maintenait au mur, appuyant une main contre la paroi froide, les jambes flageolantes et le teint verdâtre. Bientôt, il ne put retenir les spasmes de nausée qui l’envahissaient et sortit précipitamment du temple.
Neville, que plus aucun bras ennemis ne maintenait debout, s’écroula au sol, blême et silencieux, les yeux fixés sur le corps de Bill qu’il ne distinguait pourtant pas. Son regard s’évanouissait au-delà des murs, s’enfonçait dans un abîme de désespoir.

Fred et Georges se ruèrent sur leur aîné, et, une fois assurés qu’il vivait toujours, se mirent à arpenter la pièce d’un pas fébrile en crispant poings et mâchoires.
Enfin, Hermione parvint à se lever, pleurant sans interruption, et approcha à son tour de Bill. Lui parlant entre deux sanglots, elle finit par le réveiller et tous se traînèrent misérablement hors de la grotte.
Les regards des six sorciers embrasèrent le lieu où, à peine une heure plus tôt, la bataille faisait rage.

Bill se pencha et ramassa au sol un chapeau à la triste allure avant de le tapoter du bout de sa baguette.
- vu notre état, expliqua-t-il d’une voix monocorde, mieux vaut utiliser un portoloin pour rejoindre les autres plutôt que tenter de transplaner.
Tous firent cercle autour du tissu poussiéreux et leurs regards se détournèrent un bref instant vers l’entrée de la grotte qui abritait le temple pour un dernier adieu.
L’instant d’après, Ils se sentaient emportés dans un tourbillon de bruits et de couleurs et Ron serra un peu plus les lèvres, plus convaincu que jamais de l’utilité de garder la bouche fermée.

Lorsque leurs pieds heurtèrent à nouveau le sol, Neville s’effondra encore, dans la même attitude prostrée qu’il tenait peu de temps avant. A genoux, le regard perdu au loin, il ne distinguait plus ni voix ni visage.
Autour d’eux, un cercle de sorciers à la mine épuisée brandit des baguettes avant de les abaisser.
Mrs Weasley poussa un cri de bête sauvage, long sanglot mêlé de terreur, et se rua sur ses fils.
Elle embrassa avidement les joues humides et tuméfiées des jumeaux, les serrant contre elle à leur broyer les côtes et attira à son tour Bill en passant une main fébrile dans ses cheveux longs.

La petite femme, secouée par les pleurs, cherchait désespérément un moyen de pouvoir embrasser tous ses enfants en même temps mais, à regret, lâcha finalement ce trio pour se tourner vers Ron.
- oh… mon chéri, sanglota-t-elle en le prenant à son tour dans ses bras tandis que les yeux de Ron, qui le piquaient de plus en plus, débordaient à leur tour de larmes.
Elle enlaça Hermione qui se trouvait tout près sans lâcher son fils, pleurant sur son épaule.
Brièvement, elle s’agenouilla auprès de Neville pour l’encourager à se relever et déposa un baiser humide sur sa joue avant de le pousser délicatement vers Tonks, qui se chargea de l’installer plus confortablement.

Enfin, Mrs Weasley marqua une pause en se tordant les mains d’anxiété, transie au centre de la pièce, et son regard scruta avidement chaque recoin. Elle finit par se tourner vers Bill, le menton tremblant, et lorsque celui-ci baissa les yeux, soudain pris d’une nouvelle crise de larmes, la malheureuse mère poussa un hurlement de louve aux abois, s’effondrant au sol en s’arrachant les cheveux.
Il fallut la force de Rémus Lupin et de Kingsley pour parvenir à la remettre debout et à la transporter jusqu’à un divan de fortune où elle s’affala, le visage inondé de larmes.

Arthur Weasley, tout comme elle, n’avait pas participé à la bataille. Leur rôle constituait à récolter des informations et à ménager des issues de secours pour les membres de l’Ordre. Jusque là, la place d’Arthur au ministère avait été un atout important mais à présent, tous étaient en fuite.
Le sorcier était resté assis à la table, incapable d’ébaucher le moindre pas, en regardant ses enfants tour à tour, puis avait calé sa tête entre ses bras, pleurant sa fille perdue.

A l’heure du dîner, chacun s’installa autour de la longue table de bois brut, plus par habitude que par appétit, et les heures défilèrent dans un silence morbide.
Kinglsey finit par prendre la parole, pour nommer d’une part ceux qu’ils avaient perdu à tout jamais et d’autre part ceux qui survivaient et pour qui il convenait d’organiser un exil salutaire.
Charlie Weasley leur avait déjà fourni la maisonnette perdue dans les bois qu’ils occupaient actuellement, mais il leur fallait trouver un endroit plus sûr... et plus loin. Dès le lendemain, le sorcier laisserait ses dragons pour rejoindre sa famille et se cacher avec elle.
Des sanglots éclatèrent encore aux noms de Harry, Albus ou Maugrey, mais tous furent également étonnés de constater que la majorité des membres de l’Ordre avait survécue.

Beaucoup de ceux qui étaient tombés sous les sorts des fidèles de Voldemort étaient des sorciers ralliés à leur cause mais sans réelle formation. Dumbledore avait très justement prévu cette catastrophe. La majorité de ces pauvres gens n’était pas préparée à affronter une telle horreur…
Lorsque Kinglsley murmura le nom de Ginny, par égard pour les parents en pleurs, Ron intervint d’une voix forte en serrant les poings sur la table.
- elle n’est pas morte !

Ces mots résonnèrent dans la pièce sombre et Bill foudroya son frère du regard, sous la mine perplexe des jumeaux.
- elle n’est pas morte, répéta Ron tandis que sa mère tremblait littéralement d’émotion.
- tais-toi, siffla Bill.
- je ne me tairai pas ! se mit à hurler Ron en se levant d’un bon. ELLE N’EST PAS MORTE !!! et j’irai la chercher !
Bill se leva à son tour pour faire face à son cadet
- réfléchis un peu à ce que tu dis… fit-il en faisant un geste vers leurs parents. Ne penses-tu pas que papa et maman ont…
- Bill ?! intervint Mrs Weasley. Est-ce vrai ?

Le sorcier se laissa tomber sur sa chaise et acquiesça finalement, sous les regards interrogateurs de l’assemblée.
Il conta alors toute l’histoire, provoquant des hauts le cœur et des grognements d’indignation.
- je ne voulais pas vous le dire… murmura-t-il enfin en glissant un regard vers ses parents. Il n’y a aucun moyen de la sauver, et il vaudrait mieux qu’elle soit morte plutôt que vivante où elle est.
- je t’interdis de dire ça, Bill. Fit Arthur dont la voix rendue rauque par l’émotion surprit tout le monde. Il y a toujours un espoir.
Mrs Weasley approuva d’un signe de tête lent en posant sa main sur celle de son mari et Bill baissa les yeux, abattus.
Après de longues minutes silencieuses, Tonks osa demander :
- il l’a emmenée où, à votre avis ?

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Tonks était loin d’imaginer que le lieu où Voldemort avait décidé de séjourner était aussi facilement identifiable.
Le Seigneur des Ténèbres, définitivement vainqueur et maître du monde sorcier, ne se souciait nullement de se cacher, bien au contraire…
Dès le lendemain de sa victoire, il s’était rendu au ministère, trouvant de nombreux bureaux vides étant donné que les employés étaient morts, tombés la veille sous ses sorts, ou en fuite.
Etrangement, il laissa en place ceux qui restaient, manifestement convaincu que nul n’oserait plus s’élever contre lui, et attribua les postes libres à ses mangemort les plus « qualifiés ».

Mrs Bones, Ministre de la magie depuis des années, avait attendu l’arrivée du Lord Noir avec une résignation admirable, donnant à ses condisciples un magnifique exemple de courage et de noblesse.
Lord Voldemort s’était invité dans son bureau sans prévenir, entrant d’un pas calme et s’avançant vers elle avec une sourire satisfait. Tout en lui respirait la suffisance et Mrs Bones s’était levée avec dignité pour lui faire face, sans ciller malgré son effroi.
- Je crains fort, avait calmement déclaré le sorcier, que votre position au sein du ministère ne soit compromise. A moins que vous ne consentiez à obéir à chacune de mes directives.

Le sourire carnassier du mage avait glacé le sang de la sorcière mais elle avait gardé son aplomb.
- je regrette. Mais nos convictions étant sensiblement différentes, cela ne pourra être le cas. Avait-elle répondu. J’ai été placée à ce poste par la communauté magique et ne le quitterai qu’à sa demande et à nulle autre.
Lord Voldemort avait observé la sorcière de longues minutes en silence, un sourire narquois aux lèvres.
- je comprends pourquoi Dumbledore vous estimait tant, finit-il par déclarer. Vous possédez cette même bravoure idiote, ce semblant de noblesse ridicule dans lequel vous vous drapez, quitte à perdre la vie. Et bien, soit, si tel est votre désir.

D’un sort, il avait mis fin à la vie de la sorcière avant de nommer à sa place un Lucius Malefoy rayonnant.
Fermant la porte derrière lui, le sorcier brun avait indiqué à son fidèle :
- vous connaissez les directives à suivre et en cas d’hésitation, savez où me trouver. Que je n’ai pas à regretter cette décision, Lucius.
Le nouveau ministre s’était incliné bien bas, rivalisant de politesse avec le plus docile des elfes, les mains tremblantes d’excitation à l’idée de pouvoir enfin assouvir son désir de dominer le monde sorcier.
- vous pouvez compter sur moi. Avait-il assuré.

La Gazette du Sorcier avait fait part de tous ces événements sans que le Lord Noir ne s’en offusque. Quelques jours plus tard, il avait tout au contraire convoqué dans son manoir les trois dirigeants du journal, qui, tous plus livides les uns que les autres, avaient bu ses paroles en assurant béatement qu’ils se plieraient dorénavant à la moindre de ses exigences.
Les journalistes avaient manqué s’étrangler avec le champagne qui leur avait été servi pour fêter dignement le début de cette nouvelle ère, tant le stress qui enserrait leur gorge les rendait maladroits.
Le Maître avait claqué des doigts et plusieurs elfes étaient apparus, portant des plateaux d’or et d’argent chargés de coupe de cristal à bout de bras.

Les sorciers s’étaient servis d’une main tremblante, le geste malhabile et le regard noyé de terreur. Tous avaient plongé les yeux dans leur coupe, la tenant à deux mains, lorsque Voldemort avait déclaré, sur le ton de la conversation :
- je serais fortement vexé si vous renversiez ces boissons, qui ont coûté une petite fortune, sur ce magnifique tapis auquel je tiens énormément.
Finalement, ils avaient achevé cet entretien à sens unique dans le désordre le plus complet lorsque le Lord Noir s’était diverti à leur dépend.
- et il me serait encore plus désagréable, avait-il poursuivi, que vous persistiez à ne pas me regarder lorsque je vous parle. Ceci est une preuve manifeste d’irrespect que je ne saurais tolérer.
Les malheureux, ne sachant où donner de la tête et qui, du champagne, du tapis ou de l’orgueil du sombre Lord il fallait le plus ménager, avaient fini par s’éclipser en tremblant de tous leurs membres dès qu’ils en eurent la permission.

Au moment de partir, le Maître avait claqué une nouvelle fois des doigts et une jeune femme était apparue. Bouche bée, ils l’avaient tous regardée s’avancer vers eux.
Ses cheveux flamboyants dévalaient en cascades sur ses épaules qu’une robe vert sombre laissait nues. Son allure, emprunte de détermination et de tristesse confondues, lui donnait l’air d’une fée. Mais une fée maudite.
Lord Voldemort, ne quittant pas les journalistes des yeux, avait placé son bras autour de la taille de la jeune femme qui gardait la tête baissée.

- vous n’avez pas eu l’occasion, je crois, de rencontrer Miss Weasley ?
Les sorciers firent un signe de tête négatif en observant la sorcière, un air de stupidité rare collée au visage.
- elle m’est encore plus précieuse que ce tapis, voyez-vous. Avait ajouté le Lord Noir. Ginny ? Tu ne salues pas ces messieurs ?
La jeune femme avait alors relevé la tête et salué d’un signe chacun des hommes face à elle. Son regard résigné et mélancolique les avait définitivement rendu muets.
Ils ne retrouvèrent l’usage de la parole qu’une fois à l’abri dans leur propre bureau, loin du manoir qu’ils espéraient ne plus jamais revoir.

- pourquoi il y tient tant, à votre avis ? avait demandé l’un des sorciers.
- parce qu’elle est très jolie ! répondit aussitôt le plus jeune d’entre eux tandis que leur supérieur s’asseyait d’un mouvement lent qui témoignait encore de sa frayeur.
- non. Intervint-il. Il y tient plus que tout parce qu’elle est son trophée de guerre…

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En transplanant du temple vers son manoir, au jour de sa victoire, Voldemort s’était réjoui de rapporter avec lui la si charmante jeune fille dont il se souvenait parfois.
Lorsque Lucius lui avait rapporté son précieux journal, il avait pu avoir accès aux souvenirs qui s’y trouvaient rattachés, en partie du moins. La renaissance de Tom Marvolo Riddle avait laissé des traces sur ce carnet et Lord Voldemort s’était juré de retrouver un jour celle qui aurait pu lui permettre de renaître mais qui s’était opposée à lui, aidant Potter à vaincre son Basilic, et aujourd’hui, tous ses souhaites s’exauçaient.

De plus, cette jeune sorcière au physique plus qu’agréable lui donnait un moyen inespéré de se venger d’elle et de tout ce qu’elle représentait. Durant des années, l’Ordre du Phénix dont elle faisait partie s’était élevé contre lui pour tenter de le vaincre.
Ils avaient voulu le condamner à mourir. Elle avait souhaité aider à l’extermination du dernier représentant du noble sang de Salazar… elle allait à présent lui offrir un héritier.
Lord Voldemort jubilait à l’idée d’afficher au monde cette preuve machiavélique de sa victoire : il survivrait, imposant à tous la renaissance de la lignée Serpentard, par ceux-là même qui avait tout mis en œuvre pour le tuer.

Le paradoxe le comblait de joie malsaine et il se surprit même à regretter que Dumbledore soit mort. Quelle ironie ! Quel supplice cela aurait été pour le vieux sorcier de voir Lord Voldemort se servir des vaillants petits soldats de sa ridicule armée pour asseoir sa force et son influence.
Le sombre Lord jugeait d’autre part qu’après tant d’efforts pour recouvrer ses forces et sa vigueur, il serait de bon ton de pouvoir un peu profiter des bienfaits de la vie. Puisqu’il avait pratiquement atteint l’immortalité, il songeait à présent à passer les jours à venir aussi agréablement que possible.

Mais plus que tout autre chose, Lord Voldemort appréciait de dominer. Vaincre et soumettre.
Dès qu’il avait transplané dans son manoir, son précieux fardeau entre les bras, il avait mis un point d’honneur à brimer sa captive.
La voir lui donner des preuves de soumission provoquait en lui des vagues de plaisir dont il pensait ne jamais pouvoir se lasser.
La maintenant d’un bras ferme, il avait à nouveau posé une main sur sa gorge pour la laisser ensuite glisser vers sa poitrine dans un geste de possession qui avait écoeuré Ginny.

Sondant son regard, il vibrait d’y lire le combat qui se déroulait dans l’esprit de sa captive qui luttait contre le désir de le repousser.
- tu es à moi. Murmura-t-il ensuite, le souffle court, tandis que sa main courrait sur sa taille.
Il l’avait finalement abandonnée au centre de la pièce en lui ordonnant de ne pas la quitter.
Lorsqu’il revint le soir, son sourire suffisant et son allure arrogante retournèrent l’estomac de Ginny.
Approchant d’elle, il l’avait observée de ses yeux perçants et inquisiteurs, comme on regarde un objet désiré pendant des années. Ginny avait baissé la tête pour masquer sa haine mais il avait relevé son menton d’un geste autoritaire, enserrant son visage de ses doigts longs et brusques.

- je t’interdis de baisser les yeux. Je veux voir… ta défaite. La lire au fond de ton âme à chaque instant. C’est la plus douce des récompenses ! avait-il murmuré en s’approchant encore. Est-ce clair ?
Ginny savait parfaitement qu’il ne demandait cela que pour le plaisir de l’entendre encore approuver ses ordres et acquiesça d’un signe de tête.
Le sorcier claqua plusieurs fois de la langue avec une moue désapprobatrice avant d’ajouter :
- il faudra donc que je te donne toutes les recommandations nécessaires… Lorsque je parle, ordonna-t-il, j’exige que tu me répondes par oui ou par non.
Il marqua une pause avant de poursuivre
- mmmmhhh. tout bien réfléchi, seul le oui te sera autorisé. Je doute d’être en mesure de pouvoir tolérer un quelconque refus de ta part. Ces règles sont assez simples pour toi ?

Ginny avait articulé un «oui» presque inaudible tant sa voix était atténuée par la peur et la rage.
Voldemort plissa ses yeux sombres en la fixant et Ginny savait ce qu’il attendait. Ce «oui» ne devait pas aller seul.
- Ginny, Ginny, soupira le sorcier, il est extrêmement dangereux de jouer avec ma sensibilité. je te laisse une dernière chance. Est-ce que tu comprends ce que j’exige de toi ?
La jeune femme avait serré les poings en enfonçant ses ongles dans ses paumes, enragée et désespérée d’avoir ainsi à céder sous le regard satisfait de ce démon.
- oui, Maître.

- ah ! et bien tu vois, que ce n’est pas si dur ! se moqua-t-il avec sur le visage un sourire vainqueur exaspérant. A partir d’aujourd’hui, je ne tolérerai plus aucun écart de langage.
Il reposa sa main sur son cou, enserrant son menton pour plonger à nouveau ses yeux dans les siens et Ginny sentit son cœur accélérer sa course de frayeur. Il allait recommencer cette torture, encore…
- il me reste quelques souvenirs à récupérer. Chuchota-t-il. Je te conseille de ne pas fermer les yeux, si tu tiens à ta vie et à celle de tes frères…
- ils sont libres ! souffla Ginny soudain prise de panique. Vous l’avez promis !
- oui, ils le sont. Mais je peux les retrouver…
- vous n’en avez pas le droit ! s’offusqua Ginny.
- J’AI TOUS LES DROITS !! cracha-t-il avant de se pencher à son oreille et de murmurer. Et tu n’en as aucun… n’oublie jamais ça.

L’instant d’après il lui faisait face et vrillait son regard. Ginny se sentit submergée par la douleur et résista aussi longtemps qu’elle le put.
Lorsqu’il eut achevé de puiser en elle ce qu’il désirait, il relâcha son étreinte, un sourire sauvage illuminant son visage.
- Plus jamais tu ne t’opposeras à moi comme tu l’as fait dans la Chambre des Secrets, siffla-t-il à la jeune fille qui tentait tant bien que mal de recouvrer ses esprits avant de poursuivre d’une voix autoritaire. Tu as une heure pour te préparer et dîner. Après quoi… il acheva sa phrase par un rire de dément qui glaça Ginny et acheva de lui couper l’appétit.

Dès qu’elle entra dans la salle de bain, un elfe apparut et commença à faire couler une eau turquoise, savant mélange de parfums et de crèmes onctueuses.
- je ne désire pas me baigner… articula Ginny avec une grimace.
- c’est un ordre du Maître, avait répondu l’elfe en s’inclinant si bas que son long nez toucha le carrelage émeraude de la pièce.
Ginny entra donc dans l’eau en retenant des larmes de rage avant de finalement laisser le désespoir l’envahir. Pleurant à n’en plus finir, elle s’agaça de la surveillance que l’elfe exerçait sur elle.
- je suis encore capable de me savonner toute seule ! tu peux disposer ! avait-elle dit d’une voix irritée. Ne reste pas là à me regarder !

- c’est un ordre du Maître. Avait répété le serviteur en s’inclinant encore avec un sourire compatissant.
- un ordre du maître ? avait questionné Ginny, perplexe. Pourquoi ? il a peur que je lui vole sa savonnette ?
- certes non Miss. Tout ce qui est ici vous appartient aussi bien qu’à lui. Ce sont ses ordres. Fit-il en s’inclinant encore tandis que Ginny grimaçait à ces répétitions serviles. Mais il prétend que «ces idiots de Gryffondor», dont vous faites manifestement partie, sont tout à fait du genre à tenter de se noyer dans un gobelet pour peu que leur «idiotie de courage » les y pousse. Ajouta-t-il avec un sourire mi complice mi moqueur.
- il a dit ça ? interrogea Ginny
- en beaucoup plus grossier, Miss. Acquiesça l’elfe. Mais je ne suis pas autorisée à utiliser de langage vulgaire, contrairement à lui. Je dois rester polie en toutes occasions. Ce sont les…
- oui oui ! les ordres du Maître ! coupa Ginny tandis que l’elfe s’inclinait déjà. Comment t’appelles-tu ? Demanda finalement Ginny après quelques secondes de silence.
- Nox. Répondit l’elfe en s’inclinant encore. Pour vous servir Miss.

Ginny trouva ce prénom tout à fait de circonstance et se retint de ne pas envoyer l’elfe au fond de la baignoire d’un coup de pied lorsqu’elle lui signala qu’elle ne pouvait nullement reprendre ses anciens vêtements mais qu’elle devrait tout au contraire porter la tenue ordonnée par le Maître.
La sorcière contempla d’un œil maussade la nuisette de soie verte en la tenant à bout de bras, la jugeant exagérément courte…
Son cœur s’emballa encore tandis que ses jambes flageolaient et son estomac recommença ses spasmes d’angoisse douloureux. Il ne fallait pas avoir le troisième œil pour deviner ce que Lord Voldemort comptait exiger d’elle.

Ginny sentit des larmes couler à nouveau sur son visage. Des larmes de rage. Elle songeait avec amertume que sa mère avait toujours eu raison : elle avait un caractère fort et combatif. En effet, en ces circonstances monstrueuses, elle finissait par s’apercevoir que ce qu’elle risquait de subir lui était bien moins pénible que l’idée de devoir le supporter avec soumission.
Souffrir n’était pas insurmontable, mais elle savait parfaitement que le Lord Noir prendrait un malin plaisir à jouer de ce pacte et de sa servilité forcée. Elle aurait préféré qu’il la roue de coups plutôt que d’exiger d’elle un faux semblant de «consentement».

La jeune femme constata que Nox était terrorisée à la simple idée d’enfreindre les ordres du Maître lorsque la captive refusa de prendre le moindre aliment. Malgré l’insistance de l’elfe, qui répétait à chaque instant que c’était là «les ordres du Maître», Ginny ne consentit pas à avaler la moindre bouchée.
Nox l’observa, incrédule, ne comprenant pas comment on pouvait se permettre d’aller contre les exigences du Maître, prétextant que puisqu’il exigeait qu’elle mange, Ginny aurait dû s’exécuter, quitte à en être malade. Elle s’éclipsa finalement dans un claquement sec en la regardant avec un air de profonde inquiétude sur le visage.

Comme il l’avait annoncé, Lord Voldemort revint au salon une heure après son départ, trouvant une Ginny prostrée au centre de la pièce.
La jeune femme avait réussi, dès le départ de Nox, à trouver une cape dont elle s’était aussitôt drapée, frémissant d’appréhension et de gène à se trouver dans une telle tenue.
Ginny songea, lorsqu’elle vit entrer le sorcier, à ne pas céder à sa folie mais bien vite l’image de son frère torturé lui revint. Sachant pertinemment qu’en cas de désobéissance elle mettait en péril la vie de sa famille plutôt que la sienne, elle baissa à nouveau la tête en serrant les poings sous la cape.

Dès qu’il fut face à elle, le sorcier releva à nouveau son visage d’un geste brusque, le regard furieux.
- je t’ai déjà dit de ne pas baisser les yeux. Siffla-t-il.
La peur et la résignation, sur le visage de Ginny, l’emplirent de contentement et son sourire victorieux fit frissonner la jeune femme de rage et d’appréhension.
Sans la quitter des yeux, il retira sa main de son visage et fit tomber la cape de ses épaules blanches.
Les yeux du sorcier s’illuminèrent d’une teinte folle tandis qu’il gardait son regard rivé au sien, se délectant de la voir ainsi endurer cette déchéance sans pouvoir se permettre d’émettre la moindre protestation.
Plus la soumission de sa captive était intolérable pour elle, plus elle était jouissive pour lui. Peu lui importait les courbettes empressées de ses mangemort et la dévotion excessive de ceux qui se détruisaient au contact de sa puissance. Ce n’était rien comparé au spectacle qu’offrait cette jeune sorcière qui lui obéissait à contre cœur, luttant contre sa propre volonté de se soustraire à son emprise.

Ce regard satisfait s’accompagna bientôt d’un rire moqueur et ses yeux glissèrent finalement sur le cou de Ginny. Il posa à nouveau une main sur sa peau frissonnante, caressant sa gorge de ses longs doigts avant de la dévisager à nouveau, buvant sur son visage les marques de sa lutte intérieure avec avidité.
- plus ça te déplait, murmura-t-il à son oreille en se penchant vers elle tandis que sa main glissait sur son épaule, et plus ça me contente.
- et bien dans ce cas, chuchota Ginny d’une voix tranchante en tremblant à l’avance, ça doit vraiment vous contenter.
Le sorcier se redressa brusquement pour lui faire à nouveau face et Ginny vit la fureur submerger son regard et obscurcir encore ses pupilles.
- comment oses-tu ? cracha-t-il d’une voix rendue filante par la colère.
Il empoigna ses cheveux avec brutalité, forçant la jeune femme à incliner la tête en arrière et lui tirant un léger cri.

Ginny porta ses mains à son crâne, sur celle du sorcier, en tentant de lui faire désserrer son emprise douloureuse.
- enlève tes mains ! ordonna-t-il d’une voix forte en touchant sa joue de ses lèvres. ENLEVE-LES !
Ginny obtempéra en tremblant, tandis que des larmes de rages perlaient au coin de ses yeux.
- écoute moi bien, une dernière fois. Murmura le sorcier contre sa peau.
La jeune femme avait l’impression de devoir deviner ses paroles aux mouvements de ses lèvres contre sa joue plutôt que de les entendre et tenta de contrôler sa respiration affolée.
- tu n’as pas l’air de te rendre compte que ta misérable vie ne tient qu’à un fil mais que ce fil est très solide… et que je ne le lâcherai pas. Demain, pour prix de ton insolence, l’un de tes frères mourra.

Ginny sanglota un «non» pathétique en relevant à nouveaux les bras vers sa nuque.
- SILENCE ! ordonna encore le sorcier d’une voix sèche. Et pas un mouvement !
La jeune femme suspendit son geste, le cou douloureux et les jambes plus frêles que jamais.
- je tuerai le premier que je pourrai trouver, ce qui ne sera pas bien compliqué contrairement à ce qu’ils croient tous.
Les larmes de Ginny dévalèrent sur ses joues pâles et sur son menton tremblant de désespoir et de peur.
- la prochaine fois que tu oseras me défier de la sorte, la sentence sera pire encore.
La jeune femme voyait mal comment cela était possible mais sentit son sang se glacer dans ses veines lorsque le sorcier poursuivit.
- je le torturerai sous tes yeux avant de l’achever. A la troisième tentative, c’est toi que je forcerai à tuer l’un des membres de ta si précieuse famille... et ainsi de suite.
- je vous en prie, non… bafouilla Ginny en un murmure.

- l’avantage avec les Weasley, fit Voldemort avec un sourire froid en se plaçant à nouveau face à Ginny sans lâcher sa chevelure, c’est qu’ils sont si nombreux que ça permet bien des distractions… Mais, dans ma grande bonté, ajouta-t-il en approcha son visage du sien, relevant la tête douloureuse de la jeune femme d’une pression, je veux bien t’accorder le privilège de choisir toi-même celui qui mourra demain.
- je vous en supplie… hoqueta Ginny sans que le sorcier semble même l’entendre.
- Dès après demain, tu pourras lire le résumé de tout ceci en première page de la Gazette… on a toujours besoin d’un peu de publicité… ajouta-t-il avec un sourire satisfait.
- s’il vous plait… se lamenta encore Ginny. Pitié… je…
- pitié ? cracha soudain Voldemort comme s’il se souvenait de sa présence. Tu sais à qui tu parles ? je ne connais pas la pitié ! et j’écraserai sans vergogne ceux qui me manqueront de respect comme tu viens de le faire !

- ça ne se reproduira plus. Fit Ginny d’une voix suppliante. Je vous en prie, ne tuez pas ceux que j’aime.
Ginny songea à le menacer à son tour de ne plus sacrifier à ses désirs s’il osait toucher à un seul des membres de sa famille, mais elle savait parfaitement que le Lord Noir avait raison : compte tenu du nombre de personnes à qui elle tenait, il avait tout loisir de la faire souffrir au-delà de tout ce qu’elle imaginait.
Elle envisagea également de donner fin à ses jours mais Lord Voldemort sembla lire en elle.
- et au cas ou tu envisagerais de te libérer de mon emprise par un moyen stupide et irréfléchi, siffla-t-il, je te fais également la promesse de massacrer un à un tes parents et amis, en les torturant tant et si bien que tu les entendras hurler de là où tu seras…

- s’il vous plait, murmura Ginny d’une voix si faible qu’elle n’était plus qu’un souffle léger, ne leur faites pas de mal. Je ferai tout ce que vous voudrez. Acheva-t-elle comme une supplique.
Le poids de la culpabilité pesait sur les épaules de la jeune fille. Comment avait-elle pu risquer la vie de ses amis pour une simple phrase vengeresse, un simple instant de satisfaction inutile ?
Cependant, son attitude accablée sembla quelque peu calmer la fureur du sorcier qui plongea à nouveau son regard dans celui, brouillé et suppliant, de sa captive.
- tu m’as déjà promis ça… reprocha-t-il en lâchant enfin ses cheveux.
Ginny releva la tête en tremblant
- j’ai commis une erreur. Plaida-t-elle en baissant les yeux avant de ramener vivement son regard vers celui du sorcier, se rappelant in extremis ses recommandations. ça ne se reproduira plus. Jamais.

La façon dont la sorcière avait relevé vivement la tête dans son désir manifeste de lui prouver qu’elle tentait vraiment de se plier à ses exigences submergea à nouveau le sorcier d’une vague de plaisir intense et il sentit tout son corps parcouru de frissons de désir pour cette jeune fille qui semblait soudain si fragile et soumise.
Un désir de possession qui reprenait encore le dessus sur ses accès de fureur. Une envie de dominer, de soumettre à nouveau en buvant dans son regard son imploration muette.
- on dira que je suis faible, chuchota-t-il, peu désireux d’abandonner si vite la dominance qu’il exerçait pour l’heure sur Ginny, si je reviens sur une telle décision.
- personne ne le saura. Murmura Ginny d’une voix étonnée, bien qu’elle comprenne parfaitement que le sorcier jouait avec sa terreur.
Le sourire suffisant de Lord Voldemort la rendit nauséeuse mais elle s’appliqua à n’en rien montrer.

- tout ce que je veux... Vraiment ?
Ginny approuva d’un signe de tête et le sorcier sourit de plus belle.
- je crains que tu n’y parviennes pas. Ironisa-t-il. Déjà, tu oublies mes premières recommandations.
Ginny réfléchit aussi vite que son esprit traumatisé et fatigué le lui permettait et se mordit la lèvre inférieure en se rappelant son ordre de ne jamais lui répondre autrement que par oui ou… oui… Maître.
- ces Gryffondor, chuchota-t-il en se penchant vers elle avec un sourire carnassier, ont décidément l’esprit très lent. Pourtant, fit-il en observant la soie qui frôlait le corps de Ginny, le vert leur va parfois très bien… Enfin, plongeant à nouveau ses yeux dans les siens, il murmura : Redis moi encore ça…

Un bref instant, Ginny pensa demander «répéter quoi ?» par réflexe, tant elle avait du mal à garder la tête froide puis, suivant fort bien les pensées plus que dérangées de son tortionnaire qu’elle commençait, à son grand regret, à bien connaître, elle répondit en un murmure :
- je ferai ce que vous voudrez, sans jamais plus faire preuve d’irrespect.
- ça manque cruellement de conviction… fit le sorcier avec une moue faussement indignée.
Mais Ginny était trop lasse pour poursuivre encore ce petit jeu et quelques secondes plus tard, ses sanglots empêchaient le moindre son de passer ses lèvres.
Lord Voldemort en fut agacé et, après qu’il le lui eut ordonné d’une voix glacée, Ginny parvint à ravaler ses pleurs, la gorge douloureuse tant elle était nouée.

Après quelques secondes d’immobilité où le sorcier se délecta encore au spectacle de cette sorcière qu’il savait à présent totalement en son pouvoir malgré toute l’horreur qu’elle ressentait pour cette condition, Lord Voldemort céda au désir qui le rongeait depuis le début de leur «discussion» et, reprenant brutalement ses cheveux flamboyants dans son poing serré, il plaqua sa bouche contre la sienne, l’emportant dans un baiser sauvage, possessif et brûlant.
Ginny suffoqua sous les assauts du sorcier, ressentant au plus profond de son âme son désir de la posséder.=, comme s’il avait voulu la dévorer.

Les yeux du mage noir, plongés dans les siens, s’imposaient dans son esprit tout comme il imposait ses lèvres sur les siennes. Il ferma bientôt les paupières et de son bras libre enserra la taille de la jeune femme, la plaquant contre lui sans ménagement avant de laisser sa main courir sur son dos, glissant sur ses rondeurs féminines.
Ginny rougit malgré elle en sentant le désir qu’elle provoquait chez le sorcier.
- tout ce que je veux, hein ? murmura-t-il en souriant une dernière fois avant de l’entraîner vers sa chambre.
La jeune femme sentit son estomac se nouer davantage lorsqu’il se dirigea vers l’immense lit où, quelques instants plus tard, il se laissait tomber à ses côtés.

Il reprit aussitôt ses baisers agressifs, meurtrissant sa bouche, avant de parcourir son cou et ses épaules de ses lèvres brûlantes.
Ses mains enfiévrées de désir glissèrent sur les jambes de Ginny avant de remonter vers sa taille, soulevant la si fine soie qui constituait un bien maigre rempart contre sa peau et celle du sorcier.
Ginny sentit sa respiration s’accélérer et sa gorge se serrer tandis que les larmes perlaient encore à ses yeux.
Lorsqu’il se plaça au-dessus d’elle, la jeune femme serra ses mains frêles et tremblantes sur les avant bras du sorcier.

Celui-ci emprisonna les doigts de la jeune femme entre les siens et releva leurs mains au-dessus de leurs têtes, revenant vers les lèvres de sa captive.
- redis le encore… murmura-t-il entre deux baisers, la respiration haletante.
- je ferai ce que vous voudrez, souffla Ginny en hurlant intérieurement que cet homme était fou à lier.
- encore…
Mais Ginny ne put obéir à cet ordre puisque les lèvres de Lord Voldemort la condamnèrent au silence.
Il passa ainsi de longues minutes qui semblèrent une éternité pour la jeune femme mais peu à peu, il desserra l’emprise de ses doigts contre les siens, et Ginny put bouger ses phalanges engourdies par la pression qu’elles venaient de subir.
Le sorcier semblait ne plus pouvoir ou ne plus vouloir suspendre ses baisers et ses mains glissèrent à nouveau sur le cou et les épaules de la sorcière dans une caresse beaucoup moins brusque que tout ce qu’elle avait connu ce soir.

Ginny tentait de bouger le moins possible, convaincue que tout frottement inopiné entre son corps et celui du sorcier ne lui serait nullement favorable et guetta la respiration de moins en moins rapide de Lord Voldemort avant de constater, incrédule devant cette chance irréelle, qu’il venait de s’endormir contre elle après avoir glissé son visage contre son cou, le nez enfoui dans ses cheveux.
La jeune femme laissa alors s’écouler hors d’elle toute son angoisse et son désespoir, pleurant longtemps après que le sorcier ait glissé à ses côtés, un bras entourant sa taille, et s’endormit à son tour, harassée de fatigue et de malheurs en songeant que, pour cette nuit au moins, elle avait échappé au pire.
puissance et folie by Morgane
La jeune femme laissa alors s’écouler hors d’elle toute son angoisse et son désespoir, pleurant longtemps après que le sorcier ait glissé à ses côtés, un bras entourant sa taille, et s’endormit à son tour, harassée de fatigue et de malheurs en songeant que, pour cette nuit au moins, elle avait échappé au pire.

Lorsqu’elle s’éveilla le lendemain, son esprit, aussitôt en alerte, l’encouragea à ne pas ouvrir de suite les yeux. Guettant le moindre signe de présence à ses côtés, elle fut rassurée de sentir que le sorcier ne dormait plus contre elle et osa ouvrir les paupières le plus prudemment possible.
Son premier réflexe fut de les refermer aussitôt : Lord Voldemort venait d’entrer dans la chambre, empruntant une porte qui devait mener à une vaste penderie puisqu’il portait à bout de bras une cape et d’autres vêtements qu’elle n’eut pas le temps de détailler durant la brève seconde où elle avait laissé la lumière du jour toucher ses pupilles.

Tentant de discipliner sa respiration et les battements de son cœur afin d’éviter autant que possible de se rappeler au bon souvenir de son tortionnaire, elle finit par ouvrir à nouveau légèrement les yeux de façon à pouvoir observer entre ses cils ce qui se déroulait tout en espérant ne pas être remarquée.
Le sorcier, torse nu, lui tournait le dos en enfilant une chemise noire tout en cherchant des yeux un minuscule flacon qu’il finit par trouver et par enfouir dans la poche de son pantalon.
Il fit soudain volte face, les pans de sa chemise ouverte volant autour de lui, pour se diriger à nouveau vers la pièce contiguë.

Ginny remarqua malgré elle que ce qu’elle voyait du sorcier auraient pu tenter quelques donzelles mais nota surtout que cette musculature donnait au Lord Noir un avantage de plus sur elle : quand bien même elle aurait voulu se défaire de sa poigne, elle aurait eu bien du mal à lutter contre la force physique de cet homme. Quant à sa force magique… il n’était pas même besoin d’y songer.
Lorsqu’il revint à nouveau dans la chambre, les yeux du sorcier se tournèrent aussitôt vers le lit et Ginny fut assez maligne pour ne pas jouer avec l’intelligence de Lord Voldemort. Inutile de mimer l’endormissement, il savait qu’elle s’éveillait avant même qu’elle-même ne le sache… Et il aurait sûrement perçu comme un affront à son bon sens qu’on ose espérer le tromper si aisément.

Ginny l’observa donc sans mot dire, immobile, et bénit le ciel d’être totalement couverte par les draps. Elle soupira de soulagement lorsqu’il passa enfin la porte pour rejoindre le reste de ses appartements, frissonnant cependant de l’avoir vu lui sourire avec un air de prédateur.
Ginny s’imaginait fort bien les chats ébaucher ce rictus en tournant autour des souris apeurées et prises au piège et se sentit nauséeuse en imaginant qu’elle devrait supporter ceci chaque jour.
Attendre des heures en se demandant quand il daignerait à nouveau s’intéresser à elle et lui faire subir ses brimades, ou pire encore… Or le sourire glacé du sorcier laissait parfaitement entendre que c’était justement là son jeu préféré, ce qui mettait Ginny d’autant plus mal à l’aise.

Dès qu’elle eut posé le pied au sol, Nox apparut et lui transmit
- les Ordre du Maître, pour aujourd’hui …
- hé ! l’interrompit Ginny. Je ne suis même pas encore debout !!
Nox s’inclina aussitôt et laissa la jeune femme poser le deuxième pied sur le tapis.
Elle ne tarda cependant pas à lui indiquer quelle tenue elle devrait porter, ainsi que la coiffure qu’il lui faudrait adopter, sans compter les bijoux qui lui étaient imposés. A contre cœur, Ginny dû accepter de se plier à ces exigences, constatant avec mauvaise humeur que, comble de l’horreur, tout ceci la mettait encore en valeur.
La sorcière ne se considérait pas comme une belle femme et ces dernières années passées à lutter contre Lord Voldemort lui avait laissée peu de temps pour se soucier de sa toilette. Aussi se mirait-elle d’un œil critique en affichant une moue dubitative.

La tenue qu’elle portait était composée d’un haut noir brodé d’argent et d’émeraudes qui contrastaient merveilleusement avec sa chevelure flamboyante. La jupe qui accompagnait l’ensemble était d’un vert sombre uniquement décorée au niveau de la ceinture par un entrelas plus clair qui, à la grande horreur de Ginny, représentait un serpent ondulant autour de sa taille.
Sur le côté, accroché à cette ceinture fictive, pendait un pendentif au motif qui tétanisa la malheureuse. La Marque des Ténèbres miroitait dans un éclat d’argent et malgré sa petite taille, sembla peser bien lourd à la jeune femme.
Ce poids était surtout psychologique et donc d’autant plus dur à supporter. Pour tout bijou, elle devait entourer son poignet d’un fin bracelet de cuivre imitant parfaitement, trop parfaitement, l’ondulation d’un serpent.

La jeune femme se tourna sur elle-même tentant d’observer son reflet sous différents points de vue, mais d’où qu’elle se place, une chose lui paraissait évident : cette jupe était bien trop courte.
Ginny tenta d’introduire le pendentif à l’intérieur de sa jupe pour le cacher et tira sur son petit haut sombre en espérant qu’il puisse masquer la ceinture qu’elle jugeait disgracieuse. Elle y parvint à peu près, mais elle devait souvent vérifier que cette horrible Marque des Ténèbres, qui pendait à son côté gauche, ne ressortait pas de sa prison pour s’afficher aux yeux du monde.

Ginny passa une bonne partie de la journée à arpenter les couloirs du manoir que de larges ouvertures inondaient de lumière. Une vaste cours intérieure offrait un spectacle saisissant : un minuscule pont de bois sautait par-dessus un ruisseau dont les eaux disparaissent ensuite sous terre, entre les racines d’un saule pleureur d’une taille impressionnante.
A l’abri des branches tombantes de l’arbre, Ginny découvrit un banc de bois magnifiquement ouvragé tandis que tout autour de cet espace, des plantes aux couleurs vives tachaient l’herbe épaisse.
La jeune femme n’aurait jamais pu imaginer trouver un si bel endroit en ce lieu maudit…

Lorsqu’une horloge sonna 17h00, Ginny rebroussa chemin la peur au ventre. Nox lui avait vivement recommandé de revenir aux appartements du Maître dès les 17 coups, sans plus prendre le temps de vagabonder.
Ginny s’exécuta donc à contre cœur, enfonçant une dernière fois le pendentif argenté à l’intérieur de sa ceinture.
Arrivée devant la porte close des appartements, elle se demanda s’il était nécessaire de frapper, ou si elle devait au contraire agir le plus discrètement possible.

Elle opta finalement pour la seconde solution, tentant de s’encourager en se disant qu’en cas d’erreur, elle pourrait prétexter l’ignorance. Cependant, elle avait assez risqué la veille pour savoir qu’il était absolument nécessaire d’éviter toute confrontation.
Une chose aisée, lorsqu’on à affaire à un caractériel…
Elle poussa donc lentement la lourde porte en sentant son cœur accélérer sa course et après un rapide regard à l’intérieur de la pièce, constata que le sorcier était absent. Elle entra donc et referma la porte avant de s’y adosser en fermant les yeux, soupirant de soulagement.
Lorsqu’elle les rouvrit, son sang se glaça dans ses veines. Lord Voldemort, loin d’être absent, venait de sortir de sa chambre et d’entrer dans le salon où elle se trouvait.

Il avança vers elle tandis qu’elle restait collée à la porte, incapable de faire le moindre mouvement. Il l’observa d’un air gourmand avant de passer un doigt à l’intérieur de la ceinture de sa jupe. Ce contact fit frissonner la sorcière et le cliquetis qu’émit le pendentif en reprenant sa place sur ses hanches annonçait de bien sombres heures.
Au premier regard, il avait remarqué sa volonté de cacher cette marque…
- alors, finit-il par demander d’une voix calme. Bonne journée ? Mon manoir te plait ?
Ginny hocha la tête, la gorge sèche, avant de fermer les yeux face à sa propre stupidité. Oui ou non… il allait vraiment falloir s’y faire.

- oui articula-t-elle en sursautant au contact de la main du sorcier sur sa gorge.
Pourquoi diable plaçait-il donc toujours ses doigts à cet endroit ? La jeune sorcière avait la désagréable impression qu’il tenait ainsi sa vie entre ses mains. Il lui suffisait de serrer, de ne plus la lâcher… Et Ginny eut sa réponse. C’était certainement pour cette raison là qu’il affectionnait ce geste.
- Ginny ? questionna le sorcier en approchant d’elle, plongeant ses yeux dans les siens.
La jeune femme l’observa d’un air interrogateur sans mot dire.
Soudain, il frôla ses lèvres des siennes en murmurant.
- je veux que tu me répondes…

Ginny ne saisissait pas ce qu’il attendait d’elle. Répondre à quoi ? Elle se replongea avec horreur dans les souvenirs de la veille, cherchant à trouver ce qu’il pouvait exiger de sa part.
Lorsqu’il l’interpella une troisième fois, la jeune femme resta à nouveau silencieuse et immobile, sans le quitter des yeux.
Elle commençait à sentir la peur envahir son propre cœur et la colère celui du sorcier…
- je ne comprends pas… chuchota-t-elle, ce que vous attendez de moi.
- je viens de te le dire. Répéta le sorcier sans s’éloigner. Je veux que tu me répondes.
- vous répondre… mais vous ne posez aucune question.
La jeune fille sursauta encore lorsque Lord Voldemort éclata d’un rire bref en ôtant sa main de son cou. Il l’observa de longues secondes en silence avant de se coller à elle en calant son visage contre le sien, comme il l’avait déjà fait la veille, le murmure de ses lèvres provoquant de légères caresses sur sa joue.

- je t’ai expliqué hier, que tu devais me répondre par oui… ou non ... En de rares occasions le non. Ajouta-t-il en souriant tandis que ses mains enserraient sa taille pour l’attirer à lui. Et puis, tant qu’on y est, puisqu’il ne faut guère espérer que ton intelligence t’amène à le comprendre toi-même, je t’informe donc également que rien ne me serait plus agréable que de t’entendre me dire encore que tu es à moi, que je suis ton Maître et que tu feras toooooout ce que je veux. Toujours…. En fait, je pourrais t’écouter des heures me dire cela, sans me lasser…
Le sorcier plaqua alors son front contre celui de la jeune femme sans se départir de son sourire.
- ça ira, cette fois ? ai-je été assez clair ?
Ginny, que sa stupidité surprit elle-même, hocha aussitôt la tête.

Au regard exaspéré du sorcier qui s’était soudain redressé avec sur le visage la même fureur que la veille, elle plaqua une main sur sa bouche, livide.
- je vous assure que je ne le fais pas exprès. Souffla-t-elle précipitamment tandis que la main du mage avançait déjà vers elle.
D’un geste réflexe, elle s’était soustraite à ce contact d’un léger mouvement de tête. A nouveau pétrifiée par l’erreur qu’elle venait de commettre, elle se figea sur place.
- viens ici. Murmura le sorcier sans bouger, ses yeux noirs scrutant ceux de sa proie.
Ginny approcha de lui avec anxiété mais il se contenta de l’observer sans la toucher.
Un sourire éclaira encore son visage et l’espace d’un instant, Ginny crut y déceler une once d’amusement, enfoui bien au-delà de sa froideur.
- Ginny ? prononça à nouveau le sorcier.

Cette fois, la jeune femme savait parfaitement ce qu’il convenait de dire, mais ça n’en était pas plus facile pour autant. Tentant au maximum de discipliner ses poings qui se serraient, elle prononça donc les deux mots magiques avec quelques hésitations cependant…
Et comme il l’avait indiqué, Lord Voldemort ne s’en lassait pas. Il répéta plusieurs fois de suite le prénom de sa captive, l’obligeant ainsi à lui répondre des «oui Maître» avant de l’embrasser avec la même agressivité que la veille.
Le cœur de Ginny battait à tout rompre : cette fois, il y avait fort peu de chance pour que Lord Voldemort ait passé sa journée à combattre, et donc également fort peu de chance pour qu’il tombe de fatigue…

Il murmurait parfois son prénom contre ses lèvres sans lui laisser pourtant le temps d’achever ses mots. Lorsqu’il s’éloigna enfin d’elle quelques brèves secondes, Ginny toucha sa bouche meurtrie du bout des doigts, grimaçant de douleur.
Son corps entier se raidit tandis qu’il approchait à nouveau son visage du sien, entourant sa taille de ses mains. Ginny se préparait déjà à la douleur qu’il allait lui infliger en lui imposant ainsi ses baisers sauvages, mais ce ne fut pas le cas.
Tout comme la veille, ses gestes devinrent moins brusques et, même si l’épreuve était toujours aussi moralement pénible pour Ginny, du moins ne souffrait-elle plus physiquement de ses assauts.

Il l’entraîna vers la chambre sans décoller ses lèvres des siennes et s’allongea à nouveau sur elle, parcourant peu à peu son corps de ses doigts soudain légers.
Malgré cet abandon de brutalité, il fit tout de même grincer les dents de la jeune femme lorsqu’il exigea d’elle qu’elle lui affirme qu’elle lui appartenait corps et âme et qu’il était son unique maître et seigneur.
Ginny se demandait même comment il pouvait se satisfaire de ses paroles tout en sachant qu’elles n’étaient que mensonges éhontés…
- j’adore quand tu me dis ça. Susurra-t-il à son oreille avec un sourire vengeur, lui offrant une explication parfaite. Et j’aime d’autant plus que je sais ce qu’il t’en coûte de me le dire…



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De nuit en nuit et en dépit de tout, Ginny était soulagée de ne rien devoir subir de plus venant de lui, convaincue que le fait qu’il prenne plus plaisir à la rabaisser ainsi plutôt qu’à abuser d’elle prouvait une fois encore combien il était inhumain. Aussi éloigné qu’on peut l’être de la condition d’homme…
Même elle, malgré toute la répulsion qu’il lui inspirait, se sentait parfois frémir sous ses caresses et ses baisers continuels. Après plusieurs semaines de ce régime elle songeait avec amertume, lorsqu’il s’éveillait au milieu de la nuit pour l’attirer encore à lui, qu’en d’autres circonstances elle aurait aimé ces instants.

Sentir sur sa peau les mains gourmandes du sorcier et son corps enfiévré de désir provoquait chez le jeune femme des bouffées de chaleur qu’elle réfrénait aussitôt et lorsque la pénombre les enveloppait tous deux, lui offrant le bonheur de ne plus voir le visage du monstre, elle songeait parfois que passer ses mains sur son dos parfaitement dessiné n’aurait rien eu de désagréable.

Cependant, ces pensées fugaces disparaissaient tout aussi vite qu’elles étaient apparues dans son esprit et jamais Ginny n’aurait consenti à enlacer le sorcier de sa propre initiative quand bien même il en éveillait parfois le désir éphémère chez sa captive.
Elle peinait déjà à devoir subir ses baisers et ses caresses et mettait donc un point d’honneur à ne jamais donner plus que ce qu’il exigeait, ce qui n’était déjà pas si mal…
Ginny passa de longues semaines à observer son tortionnaire, l’accompagnant régulièrement comme il l’exigeait autour du manoir.

Elle put alors comprendre d’où lui venait la réputation de sa puissance. Si Ginny avait déjà mieux que quiconque expérimenté sa cruauté, elle n’avait pas parfaitement saisi ce que signifiait le mot pouvoir
Deux mois après son enlèvement, c’était chose faite… Elle restait souvent médusée face aux sorts qu’il expérimentait en compagnie de ses mangemort, tout aussi ébahis qu’elle face à tant de talent.
Il parcourait un livre qu’il tenait d’une main en arpentant le parc et s’appliquait à lancer le sort de l’autre. Jamais Ginny ne le vit retenter plus de deux fois le même sortilège sans le réussir. Elle espérait d’ailleurs que ce jour ne viendrait jamais, convaincue que l’humeur du sorcier, déjà bien assez maussade, s’en ressentirait si cela devait advenir.

Souvent, les fidèles du mage noir qui parcouraient le monde revenaient avec en tête des incantations nouvelles et puissantes aux utilités diverses. Ginny constatait que la curiosité de Lord Voldemort s’étendait à toutes les disciplines et pas uniquement à la magie noire ou aux sorts destructeurs, comme elle aurait été en droit de le penser.
Certains sorciers faisaient donc la démonstration de leur talent, fiers de pouvoir à leur tour enseigner au Maître une chose qu’il ignorait.
Ainsi, Ginny vit un minuscule sorcier au teint grisâtre et au sourire avenant exposer à Lord Voldemort l’art et la manière de faire pousser une végétation dense et prolifère. D’un geste ample, il fit surgir du sol une multitude d’arbre que Ginny ne connaissait que pour les avoir vu en photos.

Dans le parc du château s’éleva alors un embryon de forêt, et le sorcier se tourna vers son maître, l’œil brillant d’excitation et de fierté.
Il avait alors expliqué en quelques mots au sorcier qui ne cachait pas son intérêt la façon dont il avait découvert ce sort et dont il se l’était approprié, s’entraînant de longs mois sans relâche alors qu’il ne parvenait au début qu’à faire pousser de maigres pensées.
Après avoir montré le mouvement de baguette nécessaire et reformulé clairement l’incantation, il regarda son maître avancer de quelques pas et se tourner en direction d’une plaine immense.

- sonorus. Fit soudain le petit homme avant que sa voix ne porte à une distance lointaine. OH LA BAS ! fit-il à un groupe de personnes que Ginny ne pouvait pas même dénombrer tant il était éloigné, OTEZ-VOUS D’ICI !!
Ginny observa d’un œil sceptique la manœuvre du sorcier qui s’approcha ensuite d’elle en se frottant les mains.
Il s’assit à ses côtés sur un banc improvisé avec un tronc d’arbre et regarda son maître, frémissant de hâte.
Ginny vit les randonneurs se hâter telle une colonie de fourmis à l’autre bout du champ.
- vous pensez, murmura-t-elle pour le petit homme qui souriait béatement, qu’il va faire pousser des arbres jusque là bas ?

La jeune fille avait beau savoir que la puissance de Lord Voldemort n’avait pas d’égale, elle imaginait mal comment un tel prodige pouvait se produire quand on voyait le temps et la concentration qu’avait exigé ce sort pour le sorcier qui se tenait à côté d’elle et qui ne semblait nullement pouvoir être accusé de faiblesse...
- vous plaisantez ? fit-il avec un fort accent d’une voix mi-surprise mi joyeuse en se tournant vers elle, tout sourire. Mademoiselle, connaissez vous Mr Riddle depuis longtemps ?
bien assez ! hurla intérieurement Ginny alors qu’elle soufflait « pas très » en notant que le sorcier avait utilisé le nom de baptême du mage noir.
Le petit homme se contenta d’acquiescer d’un signe de tête entendu et se replongea dans l’observation qui le captivait.

Lord Voldemort attendit que les fourmis aient disparu au loin et lança le sort.
Ginny, sous le choc, tomba à la renverse avant de se relever en frottant son dos endolori. La forêt, ou plutôt la jungle qui s’étendait en lieu et place des champs vides avait secoué la terre d’une telle force que tout autour d’elle avait tremblé.
Ginny se tordit le cou pour pouvoir apercevoir la cime des arbres qui s’élançait vers le ciel.
- des baobabs !! couinait le petit sorcier en s’afférant d’une plante à l’autre, se tordant les mains et trébuchant dans sa hâte. Mon Dieu ! des baobabs !! et là ! regardez ! couina-t-il pour les sorciers qui accouraient, regardeeeeeeeeeeeezzzzzz.

Ginny vit le petit sorcier pleurer d’émotion en touchant une plante particulièrement laide du bout des doigts. A moins que ce ne soit la douleur que cette fleur provoqua en refermant ses mâchoires sur son mollet qui ne lui tire quelques larmes.
Lord Voldemort contemplait la forêt d’un œil critique.
- il y a moyen d’enlever cela, à présent ?
L’homme au teint grisâtre s’empressa de lui expliquer la marche à suivre mais finit par se pendre à sa cape, l’implorant de lui laisser le temps de récolter quelques une de ces plantes rares au pouvoir inestimable.

Ginny s’approcha de la plante aux dents acérées, songeant qu’elle aurait sûrement plu à Neville, et encore plus à Hagrid. Le petit sorcier lui demanda de l’aide pour déraciner soigneusement l’un de ces spécimens, moins grand et moins dentu…
- quand je songe, disait-il d’une voix fébrile en tirant sur la tige épaisse, qu’à ma première tentative je n’ai pu faire fleurir que des pâquerettes et des pensées !!
Ginny éclata de rire en voyant les dents de la plante se refermer sur l’index du petit homme sans que celui-ci n’en tienne compte, tout à son admiration.
Là où l’un faisait pousser de jolies fleurettes, l’autre donnait naissance à des plantes gigantesques et carnivores…

La sorcière sursauta à son propre rire, lançant autour d’elle des regards inquiets avant de se concentrer à nouveau sur sa tâche. Pour la première fois depuis sa captivité, elle se laissait aller à une manifestation de joie et avait le sentiment que ce rire qui traversait le silence était un affront au sérieux de l’endroit.
Après avoir mordillé le doigt gris et sanguinolent, les dents de la plante se dirigèrent vers la peau délicate de Ginny, qui pourtant ne desserra pas son emprise.
- c’est bien ! approuva le petit sorcier avec un sourire satisfait alors qu’il avait un moment cru qu’elle retirerait ses doigts en hâte. Il ne faut surtout pas la lâcher, on y est presque !!
- Gérald, fit alors la voix calme de Lord Voldemort à leur côté, si ta plante pose une canine sur cette main, je la sèche sur place…

Le petit sorcier rit et tira un peu plus fort, déracinant enfin la plante en tombant à la renverse. Une mêlée s’ensuivit. La plante claquait des mâchoires tandis que l’homme tentait de ne rien lui offrir à mordre. Il parvint finalement à l’entourer de lianes solides, suant et soufflant comme un taureau.
Lord Voldemort approcha de la sorcière qui restait immobile et lui prit les mains, les retournant pour les observer avant de diriger son regard vers le sorcier exténué.
- vraiment, fit celui-ci, le souffle court, appuyé sur ses genoux, vous êtes doué !
- en aurais-tu douté ? railla Voldemort.
Gérald agita sa chevelure bouclée en souriant.
- on a beau savoir et être prévenu, ça n’en reste pas moins impressionnant. Hein ? fit-il en se tournant vers Ginny.

La mine paniquée de la sorcière et son teint rouge vif firent rire les deux hommes qui s’éloignèrent en portant chacun une plante : l’un à bout de bras en couinant sous les coups de lianes que la fleur rebelle lui administrait, l’autre en la faisant léviter d’un geste distrait jusqu’au manoir.
Ginny apprit ainsi que Lord Voldemort méritait bien la véritable légende qu’il incarnait. Il n’y avait rien qui puisse égaler sa puissance, en dehors peut-être de sa folie…

Chaque matin, la jeune femme avait en effet tout loisir de contempler sur son corps les preuves de cette folie, ce qui l’aidait fort bien à se rappeler à qui elle avait affaire : dos au miroir, elle tournait la tête pour apercevoir dans ce reflet la marque immonde, fine et claire, mais irrémédiablement encrée dans sa peau.
Même des mois plus tard, Ginny se souvenait avec amertume que, dès son second réveil au manoir, elle avait vu entrer le sorcier dans la salle de bain qu’elle occupait, et avait resserré autour d’elle la longue serviette qui couvrait son corps ruisselant d’eau.

Il s’agissait là d’une bien piètre défense car Lord Voldemort avait eu tôt fait de passer une main sous le doux tissu, parcourant son corps en se délectant comme de coutume du combat qu’il lisait dans son regard, ses yeux rivés à ceux de la jeune femme.
Ginny, des mois plus tard, se rappelait encore parfaitement du sourire à la fois satisfait et glacé qui lui avait laissé envisager une suite déplaisante à cette entrevue. Il avait sorti de la poche de sa chemise un léger médaillon, guère plus gros qu’une coccinelle, aux reflets verts et dorés.
Il l’avait tendu à Ginny, le posant au creux de sa paume et avait ri de son attitude indignée lorsqu’elle s’était aperçue qu’il s’agissait une nouvelle fois d’une représentation de la Marque des Ténèbres.

Approchant son visage du sien, il avait déposé un baiser furtif sur les lèvres immobiles de la jeune femme.
- je vais encore passer un excellent moment… avait-il susurré d’une voix qui avait empli Ginny d’appréhension.
La sorcière l’avait observé en silence, attendant avec crainte le déroulement de ses pensées.
- redis moi un peu, avait-il demandé, combien tu es à moi... et tout le reste…
La jeune femme avait fait de gros efforts pour dominer son caractère de Gryffondor et ne pas envoyer paître le sorcier. Cette obsession qu’il éprouvait pour ces paroles devenait ridicule, à son goût, mais elle s’exécuta malgré tout.
Ces mots lui paraissaient si vides de sens, à présent, si surfaits, qu’elle n’éprouva pas tant de rage que les deux jours précédents à les prononcer.

Si c’était là le prix de sa tranquillité, pourquoi pas…
- vous êtes mon unique Seigneur et je n’appartiens qu’à vous. Récita-t-elle presque d’une voix neutre.
Le regard du sorcier s’illumina d’une teinte mauvaise et Ginny sut qu’il ne cesserait pas là ses tortures psychologiques. Selon toute vraisemblance, si son plus cher désir était de la voir souffrir et étant donné que prononcer ces mots l’indifférait presque, il allait trouver matière à la faire enrager.
- dans ce cas… avait-il murmuré. Tu sais ce qu’est cette figurine ?
Ginny contempla à nouveau la petite bille en forme de crâne au fond de sa main. Malgré la taille minuscule de l’objet, le serpent qui en sortait était tout à fait identifiable.

La sorcière remarqua alors que cela semblait être constitué de poudre et leva un regard interrogateur vers le sorcier.
Celui-ci reprit son bien entre deux doigts d’un geste délicat avant de sourire de plus belle.
- c’est de la poudre d’encrivenin. Expliqua-t-il à la sorcière qui devenait livide.
Ginny fit un pas en arrière sous le regard de prédateur du sorcier.
- on utilise cette poudre fort utilement pour les tatouages ou les colorations de tissus fragiles. Expliqua-t-il inutilement.
Les oreilles de la sorcière bourdonnaient. Cette matière avait la particularité d’apposer une marque définitive sur tout tissu vivant. Une marque qui prenait la forme de l’objet qui avait été sculpté en elle…
Ginny fit un pas de plus en arrière, jusqu’à toucher la baignoire, et secoua négativement la tête d’un geste lent sans même s’en rendre compte, les yeux rivés sur la main du sorcier.

Celui-ci partit d’un rire froid et tendit sa main libre vers elle pour toucher sa joue. Ce contact fit sursauter Ginny qui reporta son regard vers le visage de Lord Voldemort.
- viens ici… murmura-t-il alors en la buvant des yeux.
Les jambes tremblantes de la jeune femme refusèrent d’obéir malgré la terreur que provoquait en elle l’idée de défier encore son tortionnaire.
- ça ne fait presque pas mal. Fit Lord Voldemort d’une voix faussement cajoleuse. Et tu peux même choisir où tu veux que je la dépose.
Ginny déglutit difficilement et ébaucha un autre pas en arrière mais son talon vint heurter le carrelage dont le bain était paré.
- je peux la mettre là, fit Voldemort en touchant la naissance de sa gorge, ou bien là… Son doigt venait de se poser sur le bras nu et frissonnant de la jeune femme. Ou encore ici, ajouta-t-il en riant vraiment, après avoir frôlé le front de sa captive.

Il avança alors vers elle, observant les larmes qui coulaient à présent sur ses joues.
- tous mes serviteurs se considéraient honorés et manifestaient leur enchantement de porter cette marque à grands cris, lorsque je la leur ai donnée. reprocha-t-il en mimant l’étonnement. Et toi, qui affirmes m’être totalement dévouée, tu en as peur ?
Le bras du sorcier entoura la taille de la jeune femme qui ne fit pas le moindre geste pour s’en défendre.
Tremblante et désespérée, Ginny observait tour à tour le visage et la main du sorcier. Voldemort put y lire toute sa détresse et aussi sa capitulation, mais comprit également que ce geste serait pour la jeune femme le plus difficile à endurer et étrangement, il en éprouvait un plaisir moindre que ce qu’il avait espéré.

Ginny ne se risqua même pas à le supplier de changer d’opinion et s’étonna de le voir l’enlacer sans brutalité, l’immobilisant cependant avec force. La jeune femme n’eut d’autre solution que de coller sa tête contre la poitrine du sorcier, où elle fut étonnée d’entendre battre un cœur. A cette pensée aigrie, elle ferma les yeux et frissonna lorsque Lord Voldemort lui parla d’une voix où ne perçait plus aucune cruauté.
- Il est impératif, fit-il, que je te donne cette marque… Ne bouge pas…
Ginny sentit la main du sombre Lord frôler sa jambe puis remonter vers ses reins, en dessous de la serviette humide.

La jeune femme sentit quelque chose lui piquer le dos, puis une brûlure intense irradia de cette blessure, lui tirant un faible cri de douleur.
Elle porta la serviette qui glissait à sa bouche et la mordit avec force en se calant un peu plus contre le sorcier dans un réflexe bien inutile pour tenter de se soustraire à la douleur qui parcourait son dos et une partie de sa jambe.
Le mage noir enserra plus étroitement la jeune femme durant quelques secondes.
- c’est fini ? Murmura-t-il enfin en la repoussant légèrement, la tenant par les épaules.
Ginny passa une main fébrile sur ses reins et, l’instant d’après, ramenait d’un geste vif la serviette sur sa nudité en rougissant.

La sorcière se laissa un peu de temps pour tenter de retrouver cette douleur, mais son corps ne la ressentait plus.
- grâce à cette marque, fit Voldemort, tu sauras lorsque tu dois me rejoindre. C’est une sorte… de lien.
Il claqua alors des doigts sous le nez de Ginny et elle sentit dans son dos une sensation de chaleur assez diffuse et douce.
- et bien sûr, ajouta le sorcier avec un sourire amusé, je peux rendre ce signal plus persuasif, si tu tardes à venir.
Il avait ensuite fait volte face après l’avoir embrassée encore, la laissant nauséeuse et abattue.


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Ginny avait mis de nombreux jours à se remettre de cette épreuve, et même après plus de cinq mois passés dans ce manoir, elle en frémissait toujours de honte et de dégoût.
Elle observait régulièrement ce tatouage minuscule, se rendant malade à vomir en songeant qu’elle en était réduite à devoir agir comme un animal domestique et à accourir au claquement de doigts de son maître, mais bénissait le ciel qu’il soit à un endroit de son corps relativement peu exposé aux regards.
Personne ne serait donc en mesure de voir cette marque, à part Lui, bien sûr.

Il prenait d’ailleurs souvent un malin plaisir à la frôler des doigts et l’embrassait parfois, provoquant chez la jeune fille des frissons de gène et de colère.
Qu’il dispose ainsi de son corps la maintint longtemps dans une fureur qu’elle avait du mal à contrôler puis, peu à peu, Ginny finit par s’habituer à ses assauts. En fait, elle était surtout rassurée par la certitude qu’il n’irait pas plus loin que ces caresses et ces baisers.
Pour une raison qui la dépassait, il se contentait seulement de ces gestes certes déplacés… doux euphémisme… mais sans aller au-delà de ces étreintes brûlantes.

Ginny constata avec amertume qu’au bout de plusieurs semaines, elle en était même venue à se demander si, tout simplement, elle n’était pas trop peu désirable pour lui plaire. Effarée de seulement pouvoir penser à cela, elle n’en observa pas moins le sorcier et ses réactions vis-à-vis des femmes en général et d’elle en particulier.
La sorcière tentait avant tout de deviner si il lui fallait craindre plus que ces caresses imposées ou si elle pouvait dormir tranquille. Du moins seule cette idée motivait ses observations.

Malgré tout, elle rougissait de plus en plus souvent en sentant le désir qui animait le sombre mage lorsqu’il se tenait près d’elle et elle eut beau tourner et retourner ces différentes considérations dans son esprit, elle ne put parvenir à admettre qu’il ne la désirait pas… Tout, chez Lord Voldemort, lui hurlait l’inverse. La moindre parcelle brûlante de sa peau témoignait du désir vorace qui l’animait…

Ginny fut finalement totalement convaincue de cet état de faits lorsqu’elle eut le malheur de croiser Bellatrix Black dans les couloirs du manoir, près de six mois après y avoir été amenée.
La sorcière, en visite pour rencontrer son maître et certains de ses anciens collègues l’avait toisée avec une expression de profond mépris sur le visage et, avant que Ginny ait eut le temps de s’éloigner de son aura malfaisante, elle avait fondu sur elle.
- misérable chienne ! avait-elle craché à son encontre en enfonçant la pointe de sa baguette dans ses côtes. Tu n’es rien de plus qu’une traînée que mon Maître aura tôt fait d’oublier ! Il se débarrassera de toi très bientôt, j’en suis persuadée, et ce jour là, je serais là pour t’accueillir !

Ginny l’avait regardée, perplexe, tant étonnée de sa haine inexplicable que de ses mots. Lord Voldemort ? L’oublier et se débarrasser d’elle ?! Mon dieu ! Pourvu que ce soit pour demain ! Hurlait Ginny en son for intérieur.
Qu’est-ce qui pouvait permettre de croire à cette folle hystérique que l’éventualité de voir Voldemort lui redonner sa liberté pourrait lui être désagréable ?

Cependant, elle n’avait pas eu le temps de plus s’interroger : la sorcière haineuse lui avait fait subir un doloris expert. Ginny eut soudain l’impression que ça vie allait s’arrêter à la seconde et contrairement à ce qu’elle était en droit de penser, elle désirait vivre.
Elle s’écroula au sol, se recroquevillant sur elle-même en serrant ses bras autour de sa tête, réfrénant les hurlements de douleur qu’elle refusait d’offrir à la sorcière brune.
- tu vois ? avait-elle susurré à l’oreille de Ginny après l’avoir relevée entre deux sorts. C’est Le Seigneur des Ténèbres qui m’a enseigné cela. J’ai tout appris de lui…

Entre deux spasmes de douleur, Ginny avait pu percevoir le sourire fou de la sorcière et enfin, son expression de terreur lorsque le Maître était intervenu.
Il avait empoignée Bellatrix à la gorge et Ginny en était restée muette : ce geste là était vraiment emprunt de haine et de fureur. Il avait véritablement l’intention de blesser Bellatrix et Ginny passa une main nerveuse sur son propre cou, là où il avait si souvent posé cette main… mais jamais avec autant de dureté…

Ginny observait la scène, trop endolorie pour pouvoir se relever, et se remémorait ces instants où il s’était emporté contre elle… Jamais il n’avait pourtant eut cette expression ni cette brutalité et la jeune femme en fut terrorisée : ainsi donc, il pouvait être bien pire que ce qu’elle avait connu de lui…
- Bellatrix… avait-il dit d’une voix parfaitement calme qui le rendait d’autant plus effrayant. Je ne crois pas t’avoir autorisée à te distraire de la sorte.
- pardonnez moi, Maître. Avait supplié la sorcière d’une voix pitoyable qui contrastait avec le ton dur qu’elle avait employé peu avant. Pardonnez moi… elle a fait preuve d’irrespect et…
Le Lord Noir avait encore resserré ses doigts autour de la gorge de la sorcière et Ginny avait observé avec horreur le visage impassible de Lord Voldemort.

Pas un instant, il ne perdit le contrôle de lui-même.
- tu sais pourtant, avait-il reproché, que je déteste que l’on touche à ce qui m’appartient.
Ginny avait grommelé d’inintelligibles paroles à ces mots mais le sorcier ne lui avait pas accordé un regard.
- la prochaine fois que tu l’importunes, avait promis Lord Voldemort, je te tue…
Bellatrix avait frémi d’appréhension, suffoquant sous la poigne de son maître.
- et peu m’importe ce qu’elle peut te dire ou faire… Je suis le seul ici à avoir le droit de la punir…
Ginny avait à nouveau émis un gargouillis de protestation en se relevant. Le sorcier avait alors relâché son étreinte et, se tournant vers elle, lui avait ordonné de rejoindre sa chambre. Sans plus accorder un regard ni une parole à Bellatrix, il avait ensuite poursuivi sa route.

La sorcière brune avait foudroyé la jeune femme du regard avant de s’éclipser, le pas rageur.
Jusqu’au soir, Ginny avait repassé ces images dans son esprit torturé. Le calme du sorcier et son visage impassible la hantaient et une multitude de questions se bousculaient en elle.
Lord Voldemort lui était jusqu’à présent apparu comme un dément incapable de contrôler ses pulsions et ses colères hors aujourd’hui, elle avait eu l’a preuve qu’au contraire, il pouvait parfaitement être maître de lui-même.
Ginny frissonna en songeant qu’il devait y avoir en elle quelque chose qui le déstabilisait au point de ne plus pouvoir se maîtriser et les paroles du sorcier résonnèrent en elle, comme un écho. La soumission béate de Bellatrix le laissait indifférent. Celle, douloureuse et imposée qu’endurait Ginny le rendait fou de désir.
ami et ennemi by Morgane
La soumission béate de Bellatrix le laissait indifférent. Celle, douloureuse et imposée qu’endurait Ginny le rendait fou de désir.

Ce soir là, Ginny n’eut pas à subir les assauts du sorcier : elle s’endormit avant même qu’il soit revenu, l’esprit embrumé.
Dès qu’elle s’éveilla au matin, elle gémit de douleur dans son demi-sommeil : avant même d’ouvrir les yeux, elle ressentit une vive pression contre ses tempes.
Ouvrant lentement les paupières, elle mit quelques secondes avant de se remettre de sa frayeur passagère : Lord Voldemort était allongé près d’elle, le bras relevé et la tête reposant sur sa main, et l’observait en silence.
La fenêtre ouverte de la chambre laissait entrer une brise légère et les pépiements des oiseaux parvinrent aux oreilles de la jeune femme : elle referma ses paupières douloureuses quelques secondes avant de les rouvrir, incapable de bouger.

Lord Voldemort leva une main vers elle et parcourut de ses doigts l’épaule de la jeune femme, glissant sur sa taille et ses hanches.
Ce contact frais fit frissonner Ginny qui tira vers elle le drap de fin coton sous l’œil gourmand du sorcier.
- mal à la tête ? questionna-t-il soudain d’une voix presque douce qui étonna Ginny.
Malgré tout ce qu’elle savait du sorcier et de ses exigences, elle ne put cependant répondre clairement et se contenta de hocher la tête en priant pour qu’il ne s’en offusque pas. Si il se mettait à hurler, elle était persuadée de ne pas pouvoir y survivre.
- les sorts de Bellatrix sont très puissants. Expliqua-t-il en se levant pour se diriger vers une haute armoire emplie de flacons.

Il en revint et reprit sa position près de la jeune femme.
- le Doloris est d’autant plus efficace que la haine de celui qui le lance est forte. Et… pour une étrange raison, ajouta-t-il en souriant, Mrs Lestrange ne t’aime vraiment pas… j’ai cru comprendre qu’elle enviait ta position…
Ginny retint un rire, de peur de sentir son crâne imploser si elle s’y laissait aller. Bellatrix voulait sa place ? Qu’elle la prenne sur l’heure, ça ne lui posait aucun problème.
- héééé ! fit le sorcier en s’approchant d’elle, fronçant les sourcils d’un air amusé qui étonna encore la jeune femme.
Ginny comprit soudain qu’il venait de lire en elle à livre ouvert et sentit son cœur s’affoler de peur. Pourtant, le sorcier ne semblait nullement énervé par la situation.

- je n’ai rien dit… bégaya cependant Ginny pour plus de prudence.
- sans doute, se mit à rire Lord Voldemort en provoquant chez elle un nouvel étonnement qui la laissa perplexe, mais tu l’as pensé tellement fort…
Il approcha alors le flacon des lèvres de la jeune femme.
- avale ça. La douleur passera vite. Je suis surpris, poursuivit-il après quelques instants, que tu ne sois pas en mesure de repousser un Doloris. Ils ne t’ont pas appris ça, dans ton Ordre ?
Ginny hocha négativement la tête en se touchant le front, soulagée de constater que déjà son mal disparaissait.
Le sorcier soupira en écartant cette main et approcha d’elle avec un air réprobateur.
- non, Maître. Reprit aussitôt Ginny en souriant tandis qu’elle avait l’impression de se sentir flotter, s’envolant en même temps que son mal.
- qu’est-ce qui te fait rire ? demanda-t-il alors sans se départir de son calme

Ginny se figea sous les doigts du sorcier qui parcouraient son visage. Effectivement, qu’est-ce qui la faisait sourire ainsi ? Elle analysa rapidement que les exigences perpétuelles du Maître, lorsqu’il ne les hurlait pas, finissaient parfois par l’amuser tant l’aspect capricieux d’un tel comportement contrastait avec celui, froid et dur, du Mage Noir qui dominait le monde sorcier.
Son esprit brouillé par cette douleur intense qui s’enfuyait peu à peu avait donc manifesté contre sa volonté cet amusement, mais à présent, il fallait répondre... et ça ne l’amusait plus.
- et bien ? fit Voldemort, prouvant qu’il ne comptait nullement laisser la jeune femme s’en tirer à si bon compte.
Ginny resta muette face au regard et au sourire rieurs du sorcier qui se délectait encore de la situation de stress dans laquelle elle s’était mise elle-même.

- vos désirs, commença-t-elle finalement d’une voix faible et hésitante, me font parfois penser à ceux d’un enfant capricieux.
- mais je ne suis plus un enfant. Répliqua le sorcier en approchant d’elle. En revanche oui, je suis capricieux... très même. Mais avec des désirs… fort peu enfantins. Acheva-t-il en l’attirant à lui.
Ginny, pour la première fois depuis le début de sa captivité, reçut les caresses et les baisers du sorcier sans frissonner d’horreur. Elle était trop étonnée de découvrir qu’en plus de pouvoir rester calme, il savait rire autrement que par haine.
Cependant, même s’il lui semblait que le comportement de Lord Voldemort à son égard avait sensiblement évolué, elle put constater que son désir de la dominer restait présent en lui.

Chaque fois qu’il prononçait son prénom contre sa peau, elle répondait ces mots serviles qui le faisait frissonner de plaisir et seule l’arrivée de Nox, qui signala à son maître, cachée derrière un siège, que l’heure de ses rendez-vous était venue parvint à la libérer de ses assauts.
Ginny observa d’un œil étonné le manège de l’elfe, qui parlait à son maître en l’observant à l’abri du haut dossier et ne put retenir un rire en comprenant finalement les raisons de son attitude : le sorcier, en entendant les paroles de son serviteur, avait lancé un sort dans sa direction.
- vous m’avez dit de vous prévenir. couina l’elfe en guise d’excuse au sorcier qui s’éloignait à grand peine de la jeune femme.
- ça n’en reste pas moins désagréable à entendre. Rétorqua le sorcier en grommelant.
Son message transmis, Nox disparut dans un claquement après s’être inclinée, tout sourire et amusée de l’attitude de son maître.

Dès que l’elfe eut transplané, Voldemort jaugea la jeune femme étendue et après un sourire carnassier, revint rapidement près d’elle en l’embrassant comme s’il devait ne plus jamais la revoir.
- tant pis, souffla-t-il entre deux baisers, ils attendront. Et si on me fait des reproches, je dirai que c’est ta faute.
- je serai surprise, se mit à rire Ginny sans plus pouvoir se taire, que vous leur laissez seulement le temps d’achever leur diatribe.
Le sorcier ne consentit à la laisser que lorsqu’elle eut répété encore de nombreuses fois la litanie habituelle dont il ne se lassait pas.

Il finit par se relever en soupirant de mécontentement, passant une main dans ses cheveux sombres pour les discipliner avant de remettre de l’ordre dans sa tenue.
- ce soir, déclara-t-il à Ginny qui se levait à son tour, on sort.
La sorcière se tourna vers lui, l’air étonné.
- réception au ministère… grimaça-t-il. Il est hors de question que j’y aille sans toi et que je sois le seul à m’y ennuyer.
Il observa un instant la mine perplexe de sa captive, lisant dans ses yeux le doute puis les espoirs fous : elle allait voir des sorciers autres que ceux qui rodaient dans ce château… des gens qui n’étaient pas forcément de fidèles mangemort…
- mets une jolie robe. Acheva Voldemort en passant la porte. Verte !

En dehors de ces rares moments où le sorcier faisait preuve d’une humeur moins sombre que celle qu’il avait coutume d’emporter partout avec lui, Lord Voldemort inspirait toujours à Ginny autant de crainte.
Le soir venu, elle l’accompagna selon ses vœux jusqu’au ministère parée d’une longue tenue vert sombre, ses cheveux défaits tombant en cascade sur ses épaules que seules les fines bretelles de sa robe couvraient.
A leur arrivée, Ginny avait senti la peur envahir la majorité des convives mais aussi surprit de nombreux regards admiratifs posés sur le sorcier. En revanche, ceux qui avaient l’audace de laisser trop longtemps leurs yeux glisser sur la jeune femme se voyaient clouer au sol par un regard sombre et perçant du Mage Noir.

Il lui avait finalement enjoint de rester près du buffet et de se délecter du cocktail pendant qu’il rejoignait Lucius et d’autres hauts fonctionnaires.
Ginny avait observé la mine empressée de tous ces hommes qui tenaient le monde sorcier entre leurs mains, et leur attitude respectueuse et admirative vis-à-vis de Lord Voldemort avant de parcourir la salle du regard.
Elle ne reconnaissait personne parmi ces sorciers et sorcières qui tendaient le cou pour apercevoir le sombre mage. Comme il le lui avait prédit la veille, la soirée s’annonçait ennuyeuse…
Ginny croisait parfois le regard de Lord Voldemort, lisant par moment sur ses lèvres son prénom qu’il mimait à l’autre bout de la salle.

Elle se détournait alors sans répondre ce qu’il attendait pourtant forcément, feignant de ne rien avoir remarqué en retenant son rire face au sourire indigné du sorcier qui semblait lui promettre mille tortures pour ces affronts. Pour l’heure, elle ne s’en souciait pas, et avait également la conviction que la vengeance ne viendrait pas bien qu’elle ne fut pas capable de savoir ou de comprendre pourquoi.
La jeune femme accepta avec un sourire poli la seconde coupe que lui tendait un serveur et la but à petites gorgées.

Elle commençait à sentir une dangereuse chaleur l’envahir tandis que ses joues prenaient une légère teinte rosée.
Raisonnable, elle posa donc son verre vide et ne se resservit pas, bien que ce jus de fruits amélioré soit tout à fait à son goût.
Elle chercha une nouvelle fois Lord Voldemort du regard et constata qu’il n’était plus assis en compagnie de Malefoy et de sa cours. Balayant la salle du regard, elle finit par s’apercevoir qu’il l’observait avec un sourire gourmand, appuyé contre la table qui s’étalait à l’autre bout de la salle, face à elle, une coupe de cocktail à la main.
Ginny le vit alors claquer des doigts avec dans le regard cette même teinte sauvage qu’elle connaissait tant et sentit sur ses reins une chaleur toute similaire à celle qui embrasait son visage.

Ce mufle arrogant se délectait de l’emprise qu’il possédait sur elle et la voir venir à lui, traversant la salle au milieu de ces sorciers sur son ordre particulièrement hautain, voilait son regard de plaisir.
Lorsqu’elle entama sa marche, plusieurs invités se figèrent, comme s’ils étaient étonnés de s’apercevoir que cette jeune femme, immobile depuis le début de la soirée, était en mesure de se déplacer. Dès que certains remarquèrent qu’elle se dirigeait vers Lord Voldemort, qui de son côté la fixait avec un regard perçant qu’aucun d’entre eux n’aurait souhaité croiser pour rien au monde de peur de s’embraser, un silence pesant s’installa.
Cependant, lorsque Ginny fut parvenue face au sorcier, immobile et silencieuse autant qu’il l’était, les conversations reprirent leur cours, bien que de nombreux regards convergent par moments vers eux.

Le sorcier se releva de la table sur laquelle il était négligemment appuyé et saisit une coupe derrière lui pour la tendre à Ginny. La jeune femme la prit d’un geste lent mais finit par oser :
- j’en ai déjà bu deux…
- ça m’est égal. Répondit Lord Voldemort en faisant tinter son verre contre le sien. Tu devrais l’avaler d’un trait, c’est encore meilleur.
Et il montra l’exemple, sous le regard médusé de la jeune femme.
- fais pareil, ordonna-t-il tandis que Ginny regardait le verre d’un air sceptique. C’est un ordre... murmura-t-il après s’être penché contre sa joue.
Ginny le maudit intérieurement ; voila donc qu’il comptait la saouler ! Fort heureusement pour elle, elle avait déjà expérimenté cet état lors d’une fête mémorable au Terrier, et avait du moins la certitude que son ivresse ne l’entraînerait pas à commettre d’actes déshonorants.
Contrairement à ce que ses frères lui avaient longtemps laissé croire, toutes les femmes ivres ne grimpaient pas sur les tables pour s’y dévêtir.

Elle avala donc le verre d’un trait et grimaça en sentant le liquide brûlant couler dans sa gorge et piquer ses lèvres.
Lord Voldemort se mit à rire avant de se pencher à nouveau vers elle, posant ses lèvres sur les siennes en sondant son regard.
- tu es très appétissante dans cette jolie robe, murmura-t-il contre sa peau. Le teint rosit par la boisson et un goût sucré sur la bouche… j’adore ça…
Ginny frémit à ces mots et reposa le verre d’un geste maladroit. Trois cocktails dans la soirée commençaient sérieusement à avoir raison de la coordination de ses mouvements, mais son esprit était encore assez clair pour qu’elle remarque l’attention qui leur était portée.

Le geste du sorcier ne passait pas inaperçu et Ginny remarqua qu’un jeune homme approchait d’un pas timide, un appareil photo à la main.
Il bégaya quelques secondes d’inintelligibles paroles pour le sorcier qui le scrutait d’un œil noir avant de pouvoir articuler plus clairement
- puis-je prendre une photo ? C’est pour la Gazette Du Sorcier.
Ginny se demandait si ce journaliste pourrait jamais faire une photo convenable compte tenu du tremblement de ses mains.
- faites donc. Accorda Voldemort. Mais que je n’apprenne pas que vous en profitez pour admirer de trop près ce qui m’appartient.

La sorcière aux cheveux flamboyants inspira profondément pour trouver en elle la force de ne pas vider le saladier de punch qui reposait sur la table et où flottaient quelques fruits sur la tête du sorcier.
Le photographe leva alors son appareil en tremblotant et Lord Voldemort enserra la taille de Ginny pour l’attirer contre lui.
- je t’embrasserais bien sous cet objectif, murmura-t-il à la jeune femme, mais j’ai promis de ne pas tuer les tiens…
Ginny tourna la tête vers lui si vivement qu’elle en fut un moment étourdie.
- et bien, expliqua-t-il, j’imagine que si ta mère voit ça demain à la une, elle ne va pas s’en remettre…
La jeune femme resta bouche bée : elle n’avait pas un seul instant songé à tout cela.
Lord Voldemort la fixait en souriant et à l’appel timide du photographe, tourna la regard vers lui.
- cesse donc de trembler, malheureux ! fit-il d’une voix moqueuse. A ce rythme là, la photo sera floue et nous aurons une mine affreuse ! Il serait dommage que j’ai à me plaindre de toi, n’est-ce pas ?
Le sorcier trembla de plus belle et Ginny ne put retenir un rire bref.

Finalement, la photo fut prise et le journaliste s’éloigna à grands pas, trop heureux d’avoir survécu si longtemps à moins de trois mètres de Lord Voldemort.
Ginny resta quelques secondes près du sorcier qui la tenait toujours contre lui sans oser le regarder et lire dans ses yeux la vengeance ou la méchanceté. Pour une minute, elle avait envie de l’imaginer autrement que monstrueux et rester blottie contre son bras.
Ces cocktails étaient décidément délicieux.

- il y a encore une personne que je veux voir. Déclara soudain lord Voldemort en enlevant son bras de sa taille avant de se diriger vers un homme corpulent. Ne t’éloigne pas.
Ginny avisa bientôt une porte fenêtre qui donnait sur une terrasse où elle dirigea ses pas. L’air frais de la nuit apaisait la chaleur qui embrasait joues. Elle se servit également un grand verre d’eau qu’elle vida d’un trait, soulagée de retrouver un peu ses esprits.
Soudain, appuyée à la rambarde de cette terrasse, elle sentit son cœur s’affoler et sa respiration se couper : Lee Jordan avançait vers elle.
Le jeune homme esquissa un sourire timide et Ginny lança un bref regard à l’intérieur de la salle avant de se tourner vers lui.

- bonsoir, Ginny. Fit-il d’une voix rauque d’émotion en jouant avec son verre vide du bout des doigts.
La jeune femme sentit alors tout son bon sens et sa retenue s’évanouir et se jeta dans les bras de l’ami de ses frères. Le verre que Lee échappa se brisa au sol dans un tintement.
Elle pleura ainsi de longues minutes tandis qu’il tapotait maladroitement dans son dos, priant le ciel pour que personne ne soit témoin de tout cela.
Il entraîna dès qu’il le put la sorcière à l’extrémité de la terrasse, où aucune oreille indiscrète ne pourrait les entendre.
Ginny pleurait sans pouvoir s’arrêter face à ce visage ami qui lui souriait.
- comment vas-tu ? demanda-t-il à voix basse.
- ça va. Répondit Ginny avec un sourire crispé avant de rire brièvement face au regard étonné de Lee. Je t’assure que ça va. Et toi ? Que fais-tu là ?

- j’ai repris le magasin de tes frères… et ça marche plutôt bien. J’ai été invité par un client qui travaille au ministère… je ne voulais pas venir et puis…
Ginny pu lire dans ses yeux que seule sa présence éventuelle avait encouragé le sorcier à participer à cette soirée mondaine.
- tu es certaine que ça va ? Insista-t-il.
- oui oui, assura Ginny en posant une main sur son torse. Mais je t’en prie, ne perdons pas de temps. Fit-elle avec un regard vers la porte. Parle moi… comment vont papa et maman ? hoqueta-t-elle, reprise de sanglots.
- ils vont bien. Tout le monde va bien Ginny, rassure toi. Du moins aussi bien que ça peut aller. Tu manques beaucoup à tout le monde…

Lee observa le parc qui s’étendait loin au-dessous d’eux.
- n’y pense même pas. Fit Ginny avec un sourire triste en comprenant que son ami envisageait déjà de l’aider à fuir. Il sera là avant même que j’ai eu le temps d’enjamber ce muret…
Lee lui rendit son sourire et Ginny le vit baisser les yeux, gêné.
- ta mère… se fait beaucoup de souci pour toi…
Ginny réfléchit quelques secondes et répondit précipitamment.
- il ne faut pas ! Dis lui bien. Que personne ne tente de venir me chercher ça n’en vaut pas la peine !
Lee la regarda d’un air effaré.
- je t’assure, Lee. Je ne supporterai pas que quiconque perde la vie par ma faute, car c’est forcément ce qui arrivera… il est, souffla-t-elle en un murmure, bien trop puissant… Et puis, poursuivit-elle d’une voix plus claire, mon calvaire n’est pas si insoutenable.

La mine perplexe de Lee la fit rire encore et elle expliqua
- il ne me fait pas de mal… je veux dire, jamais il n’a porté la main sur moi… Enfin, fit-elle en rougissant, baissant les yeux à son tour, du moins pas pour me frapper…
- c’est justement là ce qui inquiète ta mère, je crois, fit Lee d’un ton faussement dégagé tant sa gène lui était pénible.
- rassure maman, si tu peux. Reprit Ginny. Dis lui bien…il ne me fait pas souffrir, ni par les sorts ni par les coups… et…
Le teint de Ginny vira au rouge vif.
- il ne me fait rien non plus qui puisse justifier que je devienne mère. Débita-t-elle d’un trait.

- alors pourquoi tu rougis ? questionna Lee, sceptique et soudain libéré de toute gène.
- parce que malgré tout il a des gestes… enfin, tu as bien dû voir tout à l’heure… Comme tout le monde
- oui, j’ai vu. Confirma Lee.
- ça ne va pas plus loin, je t’assure. enfin si peu songea Ginny tandis qu’elle fixait son ami.
Le sorcier, rassuré par ce qu’il entendait, soupira de soulagement.
- tant mieux, tant mieux. En tout cas, fit-il après avoir à nouveau regardé vers la porte, je ne peux pas te dire grand-chose mais…

Lee prit Ginny par les deux épaules et plongea son regard dans le sien.
- garde espoir Ginny. Reste en vie. Un jour, tout ira mieux.
- Lee ? fit Ginny en sentant son cœur accélérer sa course. Que veux-tu dire ?
- rien de plus. Assura le sorcier en la relâchant. Mais aies foi en moi, garde espoir.
- ne venez pas me chercher ! Ordonna Ginny, qui craignait pour la vie de ses frères et amis.
- on ne viendra pas, tu as ma parole.
- il vaudrait mieux. Fit une voix à ses côtés.
Ginny poussa un cri strident et Lee manqua passer par-dessus la rambarde de terreur.

- vous êtes ? questionna Lord Voldemort avec un sourire calculateur
Les yeux noirs de Lee se voilèrent de peur mais il parvint tout de même à articuler ses nom et prénom.
- Lee Jordan… je suis… un ami d’école.
Lord Voldemort resta silencieux, tout à son plaisir de voir l’effet qu’il produisait en surgissant au milieu de cette conversation.
- parfait. Je vous en prie, fit-il enfin avec un geste vers Ginny, continuez donc.
Lee resta muet et immobile comme s’il avait croisé le regard d’un basilic ce qui était à peu de chose près équivalent…
- à moins que je ne dérange ? fit Voldemort en mimant l’inquiétude et l’étonnement avant de se tourner vers Ginny. C’est un ami ?
Ginny répondit aussitôt avec toute l’application dont elle était capable et Lee se tourna vers elle, la dévisageant avec étonnement lorsqu’il l’entendit prononcer ce «Maître» qui lui vrilla l’estomac.

- un très bon ami ?
Ginny confirma, sans comprendre.
- Zut ! fit Voldemort en se tournant à nouveau vers le sorcier. Je ne puis donc pas me permettre de vous tuer, puisque telle est ma promesse. Pourtant, j’en ai grande envie, à vous voir si près d’elle. Ajouta-t-il en souriant encore à la manière d’un prédateur.
Lee recula vivement d’un pas en bredouillant des excuses incompréhensibles.
- c’est mieux. Fit le sombre Lord avant de se tourner à nouveau vers Ginny. Nous partons sous peu, je t’appellerai…
Il passa sa main dans le dos de la jeune femme, frôlant la marque dont lui seul connaissait l’existence et s’éloigna.
- au plaisir, Mr Jordan et… restez loin… fit-il d’une voix sifflante.

Lee se laissa choir contre la rambarde en soupirant bruyamment.
- MON DIEU ! fit-il d’une voix haletante. Mais comment fais-tu pour supporter ça ?
Ginny le regardait en riant, une main plaquée contre sa bouche
- ce n’est pas très gentil de ma part, s’excusa-t-elle, mais ça finit par me faire rire lorsqu’il fait ça.
Lee se releva en la fixant d’un air incrédule.
- en effet, ce n’est pas très gentil, la taquina-t-il. Il est… reprit-il en frissonnant après quelques secondes de silence... impressionnant.

Le jeune homme mit quelques secondes à se remettre, la main posée sur sa poitrine que sa respiration affolée soulevait plus rapidement que d’ordinaire.
- j’avais entendu parler, murmura-t-il en fixant le sol d’un regard vague, de l’aura de puissance qu’il dégageait mais… jamais je n’aurais cru que c’était à ce point…
Ginny rit à nouveau face aux yeux hagards de son ami, ravie de finalement pouvoir espérer que la leçon serait assez porteuse pour que nul ne se risque à vouloir la libérer avant de sentir sa gorge se serrer. Son dos envahi de chaleur lui enjoignait de quitter son ami.

- il m’appelle... fit-elle en passant sa main sur la Marque. Je dois y aller…
Elle resta immobile face au sorcier tandis que les larmes coulaient à nouveau sur ses joues.
Ginny l’enlaça encore, sans tenir compte de la peur panique qui embrasait le corps de son ami.
- embrasse tout le monde pour moi. Fit-elle la gorge nouée. Dis leur que je vais bien.
Lee approuva d’un signe de tête sans pouvoir retenir ses larmes, lui non plus. Il essuya ses joues d’un revers de main en souriant tristement et raccompagna son amie vers la salle.

Lee se figea encore en voyant Lord Voldemort approcher de lui tandis que Ginny était partie à sa recherche.
- Mr Jordan, l’interpella le sorcier tandis qu’il commençait déjà à ouvrir la bouche pour signaler que Ginny n’était plus en sa compagnie. Silence…
Lee s’exécuta aussitôt devant le sourire satisfait de Lord Voldemort.
- vous remettrez ceci, fit le mage noir en lui tendant une enveloppe, à la mère de Ginny.
Le jeune homme prit la missive.
- j’essaierai. Assura Lee qui ne voulait en aucun cas laisser entendre qu’il était en contact permanent avec ses amis.
- Mr Jordan, que les choses soient claires. Je ne désire pas que vous essayiez, mais que vous y parveniez. Et ce dans les plus brefs délais.
- bien sûr. bafouilla Lee. C’est juste une façon de parler.

Lord Voldemort le jaugea quelques secondes avant de tourner les talons.
- vous étiez bien trop près… fit-il à nouveau d’une voix presque inaudible. Il serait judicieux de votre part d’éviter de croiser mon chemin durant les jours à venir…
Lee se promit de s’exiler un mois au moins et abandonna à son tour les lieux. La nuit même, il transplanait de place en place sans pouvoir attendre plus longtemps jusqu’à arriver dans le salon de la maisonnette qu’occupait la famille Weasley et quelques membres de l’Ordre.
Il s’installa sur le canapé, rompu de fatigue, et s’endormit rapidement.
L’instant d’après, lui sembla-t-il, Molly le réveillait sans ménagement en le secouant de toute la force de ses bras comme s’il s’était agi d’un coussin poussiéreux.

- maman ! reprochait Fred, laisse le se réveiller correctement !
Lee s’assit sur son lit de fortune en se frottant les yeux et se leva pour rejoindre la table où de nombreuses personnes s’apprêtaient à déjeuner. Fred et Georges lui donnèrent l’accolade et Lee s’effondra sur le banc face à un bol fumant sous l’œil anxieux de Mrs Weasley.
- elle va bien ! sourit finalement Lee pour l’assemblée qui le scrutait avidement.
Le sorcier fit alors le résumé de tout ce qu’il jugea bon de transmettre mais omit quelques détails, qu’il réserva uniquement à ses amis afin d’épargner les parents de Ginny.
Lee estimait qu’il appartenait aux frères de la jeune femme d’informer leur père et mère du comportement plus que possessif du sorcier à l’égard de celle-ci, s’ils le jugeaient utile.

Mrs Weasley s’affaira toute la matinée sans pouvoir retenir les larmes de soulagement qui inondaient ses joues et menaça de coups de spatule en bois quiconque prétendait prendre connaissance de la missive qui lui avait été adressée par Lord Voldemort.
La petite femme avait perdu ses rondeurs en même temps que son appétit à force de soucis et une bonne partie de son entrain, mais sa détermination et son caractère de feu restaient intacts.
Elle gérait la vie des membres de l’Ordre du Phénix d’une main de maître, s’assurant que personne ne manquait de rien en espérant pouvoir un jour connaître le moment béni où ils pourraient tous rejoindre l’Angleterre.

Mrs Weasley refusa, le lendemain, de porter un seul regard sur La Gazette du Sorcier, convaincue qu’il valait mieux pour elle ne pas voir ces photos au risque d’être hantée par ces images. Egalement persuadée que ceci serait néfaste à son époux, elle jeta sans plus de cérémonie le journal au feu sous l’œil soulagé de Lee qui avait de son côté fourni articles et illustrations aux jumeaux et donc, au reste de la famille et des amis…

De son côté, Ginny se demandait si Lee avait déjà eut le temps de contacter ses parents et de les rassurer. Le soleil commençait déjà à descendre sur l’horizon et Ginny, accoudée à une fenêtre en observant au loin, s’imaginait ses parents installés sous un arbre au feuillage généreux, entourés de ses frères, portant un toast à sa santé en espérant la revoir bientôt, sans deviner que c’était justement ce qui se produisait, à des centaines de kilomètres de là.
Le bruit de la porte annonça l’arrivée de Lord Voldemort et l’estomac de Ginny se contracta un peu : depuis la cérémonie de l’avant-veille, elle n’avait pas encore eu l’occasion de subir un quelconque reproche du sorcier qui était trop occupé par l’élaboration d’une potion complexe pour même se soucier de poser une main sur elle.

La jeune femme en ressentait une frustration étrange. Non pas que cela lui manque, mais elle s’inquiétait au moindre changement de comportement du sorcier au caractère lunatique, et son intelligence lui faisait très justement penser que le sujet «Lee Jordan» ne manquerait pas d’être abordé.
Elle regarda le sorcier brun se laisser tomber lourdement dans un fauteuil large en soupirant. Il posa sa tête sur le dossier, s’allongeant autant qu’il le pouvait en gémissant.
Ginny le vit relever une main pour masser son épaule droite puis ses tempes et son front.
Il claqua ensuite des doigts et la jeune femme s’éloigna du montant de la fenêtre où elle était adossée, s’attendant à sentir son dos chauffer doucement, inquiète de voir qu’il utilisait cette méthode pour la faire venir à lui alors qu’un murmure aurait suffit.

Cependant, nulle chaleur ne se fit sentir mais Nox apparut, portant un plateau sur lequel tanguait un verre de liquide émeraude.
Les glaçons qui flottaient dans la boisson émirent un tintement alléchant en cognant contre le verre que Nox tendit à son maître.
Lord Voldemort redressa la tête en soupirant à nouveau et le vida sans respirer avant de le remettre à l’elfe attentive.
- je vous en porte un autre, Monseigneur ?
- cerise… murmura le sorcier en acquiesçant d’un signe de tête lent.

Nox tourna le plateau au bout de son doigt levé à la manière d’un jongleur et le verre s’emplit de liquide couleur rubis que le sorcier avala avec la même gourmandise avant de laisser encore sa tête retomber contre le dossier d’un mouvement qui traduisait une importante fatigue.
- je suis trop vieux pour ces idioties… souffla-t-il en se massant à nouveau le front d’une main.
Il laissa retomber son bras sur l’accoudoir d’un geste las tandis que Nox prenait congé et pencha la tête vers la sorcière. Un sourire arrogant illumina son visage, promettant à Ginny mille supplices dont il avait le secret.
Mille supplices qui n’inquiétaient plus guère la jeune femme.

Le sorcier semblait avoir définitivement abandonné sa brutalité excessive et Ginny était bien trop futée pour prendre le moindre risque en le contrariant, d’autant plus qu’il n’exigeait plus d’elle autre chose que ce qu’il lui avait demandé les premiers jours et dont elle avait à présent une certaine habitude… Si tant est que l’on puisse s’habituer à ce genre de choses…
Il eut juste à tendre une main vers elle pour qu’elle s’exécute et avance vers lui pour sa plus grande satisfaction.
Si son regard ne traduisait plus pour elle aucune cruauté, il se voilait toujours de désir indomptable chaque fois qu’il s’apprêtait à lui faire subir ses assauts. Et nul doute qu’il ne l’appelait pas à lui pour lui faire la conversation…

Le sorcier posa la main sur son avant bras lorsqu’elle fut près de lui et Ginny savait qu’il allait encore lui prouver qu’elle était sienne. Ses gestes étaient sans doute exempts de brutalité agressive mais demeuraient cependant assez durs lorsque sa possessivité maladive l’emportait sur sa raison.
Ses baisers restaient brûlants et possessifs et Ginny les subissaient en se demandant parfois ce qu’ils pourraient provoquer en elle s’ils se transformaient en message de passion plutôt que de domination.
Il aurait juste fallu qu’il fasse preuve d’un peu de tendresse. Juste un peu. Rien qu’une fois, se disait parfois Ginny lorsqu’il meurtrissait ses lèvres avant de frémir d’horreur à ces pensées.

Pour l’heure, il la fixait sans mot dire tandis qu’elle attendait avec une certaine appréhension qu’il évoque son ami rencontré au cocktail.
- dis moi un peu, murmura-t-il enfin, ce Jordan…
Dieu que tu es prévisible, mon pauvre Tom eut envie de répondre Ginny. Maladivement prévisible. Obsédé par le désir de dominer, parano, possessif et jaloux. Prévisible à en mourir de rire.
Mais elle se contenta très judicieusement de rester silencieuse en attendant de savoir ce qu’il voulait apprendre exactement… Courageuse mais pas téméraire. Gryffondor, mais pas stupide…

Le sorcier fronça les sourcils en la scrutant et Ginny se força à penser aux crèmes canari de ses frères. Elle ne sut pas pourquoi soudain cette vision l’envahissait, mais tout était bon pour éviter de songer trop fort à ce qu’elle envisageait de répondre au sorcier dans ses pensées les plus folles, maudissant Harry de ne pas avoir vécu assez longtemps pour lui enseigner l’occlumencie.
Et puis, elle pourrait finalement justifier la présence de ces farces dans son esprit par les activités de Lee, puisqu’il gérait le magasin de ses frères.
- c’était ton ami, au collège ?
- un ami de mes frères jumeaux, surtout. Précisa Ginny, persuadée qu’il valait mieux être franche.

- aaaaaaaaaaaaah… fit Voldemort sur le même ton qu’employait Mrs Weasley lorsqu’elle surprenait les bêtises des jumeaux, ce n’était donc pas vraiment TON ami…
Il marqua une pause sous le regard curieux de la sorcière.
- j’aurais donc pu le tuer, ajouta-t-il en conclusion d’une voix moqueuse.
Ginny leva les yeux au ciel, finalement amusée par tant d’entêtement, mais demeura silencieuse.
- tes frères jumeaux, reprit Voldemort en fermant les yeux après avoir tourné la tête de façon à s’installer plus confortablement sur le dossier, sont ceux qui tiennent le commerce de farces et attrapes ?
- oui… répondit Ginny la gorge sèche, tout amusement définitivement envolé avant d’ajouter «Maître» au regard bref et perçant du sorcier qui referma ensuite les yeux.

- et ce Lee Jordan a repris le flambeau ?
- c’est ce qu’il a prétendu… fit Ginny en tentant tant bien que mal de ne pas trembler de peur et d’éviter toute tournure de phrase qui l’oblige à achever ses paroles par un «maître» ou un «monseigneur».
- il faudra que je lui rende visite… sourit le sorcier en rouvrant les yeux face à la mine pétrifiée de sa captive.
Il finit par rire vraiment de sa terreur et enserra son poignet de sa main pour l’attirer à lui.
Cependant, Ginny se retint au dossier du fauteuil pour ne pas basculer en avant et tomber sur le sorcier, comprenant mal comment elle pourrait encore s’approcher, comme il semblait le vouloir, sans atterrir sur ses genoux.

Cette suite de pensées la tétanisa soudain, empourprant son doux visage où se reflétait une inquiétude certaine.
- je suis fatigué, Ginny. Chuchota le sorcier en la fixant.
- dormir est le meilleur des remèdes à cela. Rétorqua la jeune femme, trop heureuse de pouvoir le remettre à sa place sans qu’il puisse hurler à l’effronterie.
Lord Voldemort eut un rire bref et poursuivit d’une voix où perçait à présent l’habituelle ironie qui accompagnait généralement ses folles exigences.
- aucune chance. Prévint-il. Ce soir, puisque je suis trop fatigué pour agir, je vais me laisser faire et m’endormir sous les baisers et les caresses de ma plus fidèle admiratrice. …
Ginny eut envie de demander quand Mrs Lestrange comptait arriver, mais le choc qu’elle ressentit en entendant ces paroles et en analysant ce qu’elle devrait faire pour s’y conformer la laissa muette.
- et Bellatrix n’a rien à voir dans tout cela. Précisa-t-il en devinant ses pensées. Viens un peu par là…

De sa main libre, il saisit le second poignet de la jeune femme, l’obligeant à contourner le fauteuil et à lui faire face. Il l’attira alors vers lui lentement, frémissant de plaisir tandis qu’elle tentait de retenir sa chute.
- ce n’est pas raisonnable, souffla Ginny, blême de peur et d’indignation.
Jamais, au cours des mois passés dans ce manoir, elle n’avait eu à agir autrement qu’en répondant docilement à ses appels ou en accourant lorsqu’il le désirait.
Elle avait eut beaucoup de mal à supporter ses caresses et ses baisers envahissants mais n’avait jamais songé qu’elle pourrait un jour être obligée de les lui rendre…
brutalité et tendresse by Morgane


Jamais, au cours des mois passés dans ce manoir, elle n’avait eu à agir autrement qu’en répondant docilement à ses appels ou en accourant lorsqu’il le désirait.
Elle avait eut beaucoup de mal à supporter ses caresses et ses baisers envahissants mais n’avait jamais songé qu’elle pourrait un jour être obligée de les lui rendre…

L’horreur d’une telle éventualité avait sans doute rendu son esprit obtus mais à présent il lui semblait évident qu’elle devrait bientôt prouver sa soi disant soumission autrement que par des paroles ou une attitude passive.
Ginny songea qu’il en allait de même pour les baisers qu’elle recevait. Elle se contentait de les subir, avec plus ou moins de plaisir selon les cas pensa-t-elle en rougissant davantage, mais ne les lui rendais jamais.
Il s’avérait à présent que le sorcier n’était pas dupe de ces quelques habiles manœuvres et qu’il avait la ferme intention d’y mettre fin.

- tu sais bien que je finirai par obtenir de toi ce que je veux, se mit-il à rire, alors pourquoi ne pas y venir de suite ?
Ginny ne put lutter plus longtemps contre la poigne du sorcier et se sentit basculer en avant. Elle tenta de se relever en un geste réflexe tandis qu’il la retenait en riant, se redressant soudain pour l’empêcher de fuir.
A califourchon sur ses genoux, face à ses yeux moqueurs, Ginny se sentit fondre de honte. Elle repoussait le sorcier en plaquant les paumes contre son torse, tentant de dégager ses jambes sans succès alors qu’il passait ses bras dans son dos, enserrant ses hanches de ses mains avant de les glisser sur son corps, lui faisant prendre la même coloration que ses cheveux.

D’habitude, la pénombre de la nuit lui permettait de ne pas se sentir si gênée par ces gestes alors que pour l’instant, il avait tout loisir de contempler son teint coquelicot en souriant béatement.
Ginny nota qu’il ne s’irritait pas de son entêtement à vouloir s’éloigner, sans doute parce qu’il comprenait qu’elle agissait ainsi par gêne et non plus par répulsion.
La jeune femme se figea à ces pensées : pas de répulsion ?! Depuis quand ?!
Elle se débattit encore quelques secondes mais s’avoua rapidement vaincue… dès qu’il prononça un «stop» catégorique d’une voix ferme.

Il profita de son immobilité pour enserrer son visage de ses deux mains, l’attirant tout près du sien.
- je veux que tu m’embrasses. Chuchota-t-il tandis que ses yeux se voilaient à nouveau de ce désir fou. Je veux que tu me touches…
Cependant, il ne laissa pas le temps à Ginny de mettre ses ordres à exécution et s’empara de ses lèvres en un baiser qui les laissèrent tous deux à bout de souffle.
Ginny se demandait s’il ne finirait pas par la tuer par asphyxie à force de la priver si longtemps d’oxygène.
Il l’attira à nouveau à lui moins brusquement en murmurant contre ses lèvres.
- embrasse moi…
Ginny sentit sa respiration s’accélérer et son cœur battre la chamade tandis qu’il répétait ces mots contre sa bouche en attendant qu’elle vienne à lui.

Le regard du sorcier, plongé dans le sien, semblait lui aussi réclamer ce contact et lorsqu’elle avança un peu, frôlant plus étroitement ses lèvres, il ferma les yeux en frissonnant de plaisir, laissant ses mains glisser sur ses épaules et dans son dos.
Ginny, libérée de l’emprise de ce regard qui la tétanisait, se serra contre le sorcier, l’embrassant vraiment pour la première fois en l’entendant gémir de plaisir alors qu’il l’attirait encore à lui et se laissait à nouveau aller contre le dossier du fauteuil.

Il finit par se lever en la portant toujours contre lui sans cesser de l’embrasser. Il laissait parfois ses lèvres effleurer celles de Ginny, attendant qu’elle vienne elle-même chercher ce baiser qui l’embrasait.
Malgré la fatigue qu’il prétendait ressentir, il n’eut aucune difficulté à porter son fardeau jusqu’au lit, ni à le couvrir de caresses durant des heures.
Ce soir là, Ginny eut à nouveau peur. Peur comme lorsqu’elle était arrivée dans ce château, persuadée qu’il ne s’arrêterait plus à ces quelques baisers volés.

L’embrasant toujours, il prit ses mains dans les siennes et les plaqua contre son torse, soupirant parfois comme si elle avait posé sur lui des braises ardentes.
Peu à peu, la jeune femme se sentit envahir par le désir que ressentait le sorcier et elle laissa ses mains glisser sur sa peau.
Ginny constata que ce qu’elle avait imaginé en observant parfois cet homme était bien en deçà de la réalité. Ses doigts frôlaient le dessin de ses muscles en provoquant chez la sorcière des frissons de plaisirs qu’elle n’aurait jamais cru pouvoir ressentir dans ses bras mais, alors qu’elle passait ses mains dans son dos, l’enlaçant sans même s’en rendre compte, il saisit ses poignets et se dégagea de son étreinte.

Ginny, tant choquée par ce qu’elle venait d’oser qu’apeurée par la réaction du sorcier resta muette de terreur, mais contrairement à ce qu’elle pensait, il ne lui fit aucune remarque désagréable.
Immobile au dessus d’elle, la respiration saccadée, il finit par se laisser glisser à ses côtés. Se couchant sur le dos, il saisit un oreiller qu’il enfonça sur son visage et Ginny l’entendit hurler à travers ce bâillon.
Il resta ensuite immobile de longues minutes, l’oreiller sur la tête, et d’un mouvement le fit finalement tomber au sol avant de se tourner vers elle.
- un de ces jours, fit-il sur un ton de reproche, il va t’arriver des bricoles si tu continues à jouer ce jeu là.
Ginny écarquilla les yeux, perplexe et scandalisée face au sorcier qui riait de son comportement. Il l’enlaça à nouveau et s’endormit enfin, laissant une Ginny pensive et soulagée de ne toujours pas avoir eu à subir un trop grand outrage.

Le lendemain, Ginny eut toutes les peines du monde à affronter le regard du sorcier sans rougir et lorsqu’en fin de journée il lui demanda de le rejoindre, elle se sentit défaillir d’appréhension.
Une fois n’est pas coutume, il lui fallait se rendre ailleurs que dans les appartements privés du mage et elle arpenta donc le château jusqu’à atteindre ce qu’elle avait baptisé «la salle aux trophées».
Elle entra donc alors qu’il observait une sculpture qui n’avait pour elle aucun sens et s’inquiéta de le voir sortir sa baguette.

- je crois me rappeler, fit-il sans préambule, qu’un entraînement au Doloris est nécessaire.
Ginny se figea sur place, cherchant ce qu’elle avait pu faire ou dire qui puisse mériter cela, tandis qu’il avançait vers elle.
Relevant son visage d’une main, il sonda son regard avant de l’embrasser furtivement.
- quelque chose ne va pas ? questionna-t-il.
Sa voix neutre tranchait singulièrement avec ce qu’il prévoyait de lui faire subir et Ginny se rappela l’attitude qu’il avait eu face à Bellatrix. Se pouvait-il que, comme elle le lui avait prédit, il se soit lassé d’elle et ait à présent décidé de se distraire d’une autre façon ?

- Ginny ? interrogea le sorcier.
- oui maître, répondit-elle par réflexe sans pouvoir achever ses mots car il plaça un instant sur ses lèvres un doigt léger, les condamnant au silence d’une légère pression.
- dis moi, qu’est-ce qui ne va pas ?
- je ne comprends pas, osa finalement Ginny d’une voix inquiète, pourquoi…
Le sorcier suivit le regard de sa captive sur sa baguette et releva rapidement la tête vers elle.
- effectivement, tu ne comprends pas… Je veux juste que tu apprennes à te défendre contre ça. Ça peut toujours être utile.
Apprendre à supporter un Doloris lorsque c’est Lord Voldemort qui le lance… la partie s’annonçait simple.

- Le professeur Dumbledore affirmait qu’il était vital d’éviter au maximum vos sorts ; il prétendait que leur puissance était imparable… Déclara précipitamment Ginny pour laisser entendre qu’un tel entraînement était vain
- ah ! fit le sorcier avec un sourire radieux. On aura au moins été d’accord sur un point, ce vieux cinglé et moi ! Ne t’en fais pas, poursuivit-il en l’embrassant encore, je serai gentil.
Ces mots firent éclater de rire la jeune femme tandis qu’il s’éloignait d’elle.
- tu dois essayer de canaliser cette douleur, expliqua-t-il, en te focalisant sur un seul point de ton corps. Tu ressentiras alors le mal plus fortement à cet endroit précis, et seulement à cet endroit, ce qui te laissera l’esprit libre pour l’annuler.
- et on l’annule comment ? s’inquiéta Ginny.
- en essayant de faire pire. Répondit le sorcier avec un sourire froid. Ces procédés ne font pas partie d’une magie que Dumbledore t’aurait enseignée… Essaie juste de retourner le sort contre moi… essaie de me détester, même si c’est pas facile.

Ginny retint un nouveau rire, trop apeurée pour penser à autre chose qu’à se concentrer et trembla en le voyant lever sa baguette.
Ce qu’elle avait ressenti sous le sortilège de Bellatrix lui apparut alors comme de simples démangeaisons, comparé à ce qu’elle subissait à présent.
Ginny ne parvint pas même à amortir sa chute tant son corps tremblait de douleur. Toute sa volonté ne put l’empêcher de hurler en se recroquevillant sur elle-même et lorsque, à peine quelques secondes plus tard, Lord Voldemort releva sa baguette, elle se mit à sangloter comme une enfant, oubliant tout honneur et toute raison.
- je ne veux pas… hoquetait-elle. Je vous en prie…
Le sorcier s’avança vers elle et la releva en empoignant le col de sa cape.

Les larmes de la sorcière coulaient sur ses doigts repliés et il approcha son visage du sien. Posant ses lèvres sur celles de Ginny, il attendit comme la veille qu’elle l’embrasse d’elle-même et la jeune femme sacrifia à ce désir, espérant de toute son âme que cela suffirait à le faire changer d’avis.
- il faut essayer Ginny. Murmura-t-il. Je fais pourtant en sorte que ce soit le moins douloureux possible.
La sorcière songea avec horreur que si tel était le cas, la douleur serait certainement mortelle s’il finissait par y mettre toute sa puissance.
- tiens toi prête. Prévint-il finalement en la lâchant tandis qu’elle bredouillait un non affolé.
La seconde vague de douleur qu’elle ressentit la laissa muette. Incapable de faire le moindre mouvement, elle s’évanouit purement et simplement avant même d’avoir pu toucher le sol.

Lorsqu’elle s’éveilla, Lord Voldemort l’observait et elle était allongée près de lui dans ce lit qu’elle n’avait jamais trouvé si confortable.
Dès qu’elle ouvrit les yeux, il lui fit avaler la potion qu’elle connaissait déjà et l’attira contre lui.
- Il y a de la place pour les progrès, je crois…
- je vous en prie, sanglota Ginny, blottie dans ses bras, soudain reprise de crises de larmes. Ça fait trop mal.
- ça fait mal parce que tu as peur. Répondit-il. Tu souffres avant même que mon sort ne t’atteigne. Tu apprendras à contrôler cette douleur ou je ne suis qu’un Troll des bois ! ragea-t-il soudain
Ginny rit à ces paroles.
- tu ne devrais pas rire. Reprocha-t-il. Ça empeste un Troll des bois… et ça a très mauvais caractère… prends garde à ce que tu vas dire ou penser…
Ginny ne dit rien et rit de nouveau, incapable de comprendre comment il en était venu à parler de la sorte alors que quelques mois seulement plus tôt il n’était que paroles acides et haineuses.

Fort heureusement pour elle, Ginny n’eut aucun entraînement dans les jours ni les semaines qui suivirent. Lord Voldemort vaquait encore à la préparation d’une potion qui l’épuisait et exigeait donc de la part de la jeune femme qu’elle se charge elle-même de lui fournir son lot de baisers et de caresses nécessaires…
Plus le temps passait, et plus Ginny songeait que la jalousie de Bellatrix était presque justifiée. Ne manquait plus que son tortionnaire abandonne définitivement ses manières brusques et qu’il fasse preuve de douceur pour qu’elle songe à lui rendre ses baisers avec plaisir…


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Puis, peu à peu, Ginny vit au contraire les semaines s’écouler avec effroi alors que près d’un an s’était écoulé depuis le combat qui avait vu mourir ses amis. Lord Voldemort semblait lentement retrouver son caractère démoniaque au fur et à mesure que ses recherches avançaient. Plus la fatigue emportait son corps, plus la cruauté gangrenait son âme.

La jeune femme, qui devenait de plus en plus habile à percevoir les changements de caractère du sorcier, s’aperçut parfaitement qu’il reprenait de plus en plus plaisir à la rabaisser et à la voir agir sur ses ordres avilissants.
Ainsi, l’obligeant une nouvelle fois à lui donner les caresses qu’il réclamait, Ginny nota que contrairement à ce qui avait été le cas lorsqu’il avait pour la première fois manifesté ce désir, il prenait plus plaisir à la regarder s’avilir plutôt qu’à lui rendre ses baisers.

Croisant ce regard haineux qui lui signifiait combien il la méprisait fit fondre la sorcière en larmes. Alors seulement, il leva une main vers elle, l’attirant contre son visage pour lui murmurer des paroles démentes
- pleure. Soufflait-il. Tes larmes sur ma peau sont le plus puissant des élixir…
Et Ginny pleurait. A n’en plus finir et sans cesser d’embrasser cet homme qui la détestait et la désirait à la fois.
Lord Voldemort frémissait toujours autant en sentant la caresse de ses lèvres sa peau, mais semblait éprouver un plaisir malsain à ce que ce ne soit pas réciproque.
Ginny, quant à elle, pleurait sans vraiment savoir si ce qui l’atteignait le plus était sa pénible condition d’esclave ou la haine que le sorcier éprouvait à son égard.

Se demandant pourtant pour quelle raison elle devrait s’attrister de voir Lord Voldemort la détester, elle ne parvenait jamais à retenir ses pleurs en lisant dans ses yeux son aversion paradoxalement teintée de désir.
La jeune femme sentit son estomac se tordre de douleur lorsqu’elle constata que, le soir où Lord Voldemort rentra plus exténué que jamais, elle ne fut pas capable de se réjouir à l’idée d’être libérée de sa folie pour la nuit.
Le sorcier était allé s’effondrer à plat ventre sur le lit, les bras en croix, sans même lui accorder un regard et Ginny, au lieu de s’en réjouir, avait tout au contraire senti son cœur s’emplir d’une certaine inquiétude.

Plusieurs fois, elle était allée guetter l’homme par la porte entrouverte, constatant qu’il ne bougeait pas.
La nuit tombée, elle s’approcha finalement pour remarquer la respiration haletante du sorcier. Dès qu’il la sentit approcher, il leva une main vers elle et Ginny s’allongea à ses côtés.
Le contact de sa main sur sa joue provoqua un sursaut chez la jeune femme : sa paume bouillante témoignait d’une forte fièvre.
- Ginny, siffla Lord Voldemort sans lever les yeux vers elle, viens…
La jeune femme, sans même se soucier de ce que lui ordonnait le sorcier, souleva un pan de sa chemise après l’avoir extirpé de son pantalon et passa une main sur le dos du sorcier.

Sa peau ruisselait et tout le corps de Lord Voldemort frémit à ce contact. Il se tourna, fixant Ginny d’un regard mauvais, sans que celle-ci n’en tienne compte tant l’état du mage noir la laissait perplexe.
- viens ici. Ordonna-t-il d’une voix dure.
Ginny n’entendit pas ces paroles, observant tour à tour les cheveux mouillés et le teint pâle du sorcier.
- qu’avez-vous fait ? finit-elle par murmurer en passant une main sur son front d’une voix pressée par l’inquiétude.
Lord Voldemort saisit son poignet et l’attira à lui d’un geste brusque qui fit s’écrouler la jeune femme sur sa poitrine
- je t’ai dit de venir, cracha-t-il d’une voix amère. Tu es à moi… et j’exige que tu m’obéisses sans tarder !

Ginny plongea son regard dans celui du mage et se releva d’un bond, sous la mine ulcérée de celui-ci.
- Nox ! appela-t-elle
- Miss ? fit l’elfe dans un claquement en s’inclinant.
Ginny gardait les yeux rivés à ceux de Lord Voldemort et sentait la panique l’envahir. Rien dans ce regard n’était humain. Jamais, même lorsqu’il l’avait emmenée depuis cette grotte, il n’avait eu cette folie dans le regard.
La sorcière ne distinguait plus dans l’oeil du sorcier qu’un pupille noire dilatée, enflammée de haine et de douleur.
- il doit y avoir un remède pour la fièvre, non ? demanda-t-elle à l’elfe en se tournant vers l’armoire personnel du sorcier.

- je l’ignore, Miss. Couina l’elfe en jetant à son maître des regards apeurés.
- je vous interdis de toucher à ça !! rugit Lord Voldemort en se redressant sur le lit avant de s’y effondrer à nouveau, obligeant Nox à sauter à l’abri derrière le fauteuil en un hurlement de terreur.
Paradoxalement, Ginny était trop inquiète de la situation pour songer à avoir peur de lui. Elle chercha un indice quelconque qui puisse lui indiquer quel médicament employer mais n’en trouva pas.
Elle demanda à l’elfe, qui se saisissait déjà d’un appareil minuscule et bourdonnant qu’elle ne connaissait pas, s’il était possible d’évaluer la température du sorcier.
Nox, sans quitter la protection du fauteuil, jeta vers le lit le petit objet qui atterrit légèrement sur la poitrine du malade, fulminant de rage.
Une sphère grenat s’éleva alors en grésillant au dessus de lui et Lord Voldemort la chassa d’une main agacée.

Hermione se tourna vers l’elfe dont le regard terrorisé l’inquiéta.
- cette couleur indique que la fièvre avoisine les 45 degrés.
- c’est impossible ! souffla Ginny en se tournant à nouveau vers le lit.
Elle se dirigea une fois de plus vers l’armoire mais n’y trouva toujours rien qui puisse l’aider.
- tant pis. Fit-elle finalement en se tournant vers le lit puis vers l’elfe. On va utiliser la méthode Weasley mumy… Nox, fait couler de l’eau à 39 degrés dans la baignoire. Sois précise !
L’elfe s’enfuit aussitôt vers la salle de bains tandis que Ginny approchait de la table de chevet du sorcier.

- que fais-tu ? siffla-t-il en tendant une main vers elle pour tenter de la saisir.
- où est votre baguette ? questionna Ginny en s’éloignant pour qu’il ne l’atteigne pas.
Le regard de Voldemort pétilla de fureur et il ne fut plus capable d’articuler un son durant de longues minutes.
Ginny fouilla tant et si bien qu’elle finit par retourner le petit meuble et en extirpa le précieux bois, victorieuse.
- je vais te tuer. Siffla Voldemort en la foudroyant du regard.
- encore faudra-t-il que vous viviez assez longtemps pour le faire ! reprocha Ginny tandis que Nox apparaissait à la porte, le regard paniqué mais la mine dure

- je ne vous laisserai pas faire, Miss ! vous ne tuerez pas mon maître !
Le sourire mauvais de Voldemort illumina son visage d’une teinte horrible tandis que Ginny se plaçait face au lit.
- l’eau est prête ? questionna-elle pour toute réponse.
L’elfe approuva en se tordant les mains d’inquiétude.
- alors aide moi. Acheva Ginny
- JE VOUS INTERDIS DE ME TOUCHER ! hurla Voldemort en faisant trembler les murs.
Ginny le condamna au silence d’un stupéfix, scrutant d’un air étonné la baguette avant de comprendre que seul l’état d’extrême fatigue du sorcier lui avait permis de l’assommer si aisément.

Nox avait plaqué sa main contre sa bouche, les yeux révulsés de terreur.
- Miss… fit-elle en tremblant. Ne m’obligez pas… ne me forcez pas…. Bégayait-elle en se plaçant face à la sorcière, protégeant son maître de son corps frêle.
- ne fais pas l’idiote ! rétorqua Ginny. Si Harry n’a pas pu le tuer, ce n’est certainement pas moi qui y arriverai ! mais il faut baisser cette fièvre sinon il va devenir fou… enfin plus que d’habitude.
- c’est pas facile. échappa Nox avant de se figer et de devenir livide.
Ginny ne put retenir un sourire ému en la voyant courir sur un vase et se le fracasser sur le crâne dans un geste qui lui rappelait trop bien Dobby.

Un sort plus tard, Lord Voldemort lévitait jusqu’à la salle de bain où Ginny l’immergea dans une eau qu’elle estima de quelques degrés inférieurs à celle du corps du sorcier.
Au contact du liquide, elle le vit avec horreur s’éveiller, mais il semblait définitivement vaincu par la fièvre et se contenta de la regarder d’un œil mauvais.
Le temps sembla s’écouler avec une lenteur exagérée pour Ginny qui touchait régulièrement l’eau du bout des doigts pour y juger de l’évolution de la chaleur. Assise à terre près de cette baignoire, la tête reposant sur le rebord dur et froid, Ginny observa les volutes de vapeur s’élever tandis que son tortionnaire, trop affaibli pour même la harceler de paroles blessantes, glissait de temps à autre sous l’eau.
Elle le relevait alors, songeant parfois qu’il serait pourtant simple de le laisser se noyer, mais se maudissait de ne pas avoir la force de s’y résoudre. Ginny lutta longtemps contre la fatigue mais finit par s’endormir, la tête enfouie dans ses bras croisés sur le rebord de ce bain.

Peu à peu, le corps du sorcier se tempéra à cette eau pour descendre lentement jusqu’à revenir vers une température qui ne mettait plus sa vie en danger.
Il finit par trouver ou retrouver la force de lever un bras hors de l’eau et posa sa main sur les cheveux de sa captive qui s’éveilla à ce contact.
Les yeux pleins de sommeil, Ginny observa par la fenêtre en ogive les étoiles brillantes qui luisaient, l’informant de l’heure avancée de la nuit, et se tourna vers le sorcier.
Elle réalisa alors que sa main couvrait sa tête et fit un bon en arrière pour se dégager.
Le regard voilé du sorcier prouvait que la fièvre l’étreignait encore, mais avec moins de violence.

- viens. Murmura-t-il à la sorcière.
Contre toute attente, Ginny sentit ses jambes la porter jusqu’à cette eau qui lui semblait encore bien trop chaude et s’y immergea sans même se dévêtir.
Comme toutes les nuits auparavant, elle pleura de longues minutes contre le sorcier mais cette fois, seul le soulagement lui tirait des larmes.
- je vous en prie, hoqueta-t-elle après quelques minutes de silence, sa voix étrangement sourde résonnant dans l’air saturé d’humidité, ne faites plus cette potion…
Pour toute réponse, le sorcier l’enlaça plus étroitement avant de se plonger à son tour dans l’admiration des vapeurs hypnotisantes qui embuaient tout autour d’eux.

Ginny eut l’impression que sa peau allait fondre dans ce bain prolongé mais le mage finit par la soulever dans ses bras en même temps qu’il se levait pour rejoindre le lit.
Il s’y effondra, emportant la sorcière dans sa chute, et l’instant d’après la couvrait de caresses.
Ginny s’inquiéta, se demandant si elle aussi n’était pas victime de fièvre tant la soudaine douceur du sorcier embrasa son corps.

La jeune femme avait l’impression de découvrir un autre homme, ou plutôt de trouver enfin celui qu’elle avait si souvent cherché et espéré derrière ce masque dur et froid.
Ginny sentit tout son être s’abandonner dans ses bras ; laissant tomber les dernières barrières de sa raison, elle comprit qu’elle lui appartenait définitivement, corps et âme, comme il l’avait souhaité des mois plus tôt.
Les gestes du sorcier, devenus tendres et attentifs, la faisaient frissonner de désir et d’appréhension : comment pourrait-elle jamais se pardonner de trahir ainsi la mémoire de ses amis ?

Laissant couler une dernière larme de honte, Ginny décida de ne plus penser, pour l’heure, qu’à profiter de ce que Lord Voldemort lui offrait et qu’elle avait tant désiré sans vouloir l’admettre.
La jeune femme se demandait comment, en un seul être, pouvaient coexister ces deux personnalités si différentes et opposées. Les frissons que ces caresses provoquaient en elle étaient aussi intenses que la peur qu’il pouvait lui inspirer à d’autres moments et Ginny ferma les yeux pour ne garder de lui que ce qu’elle ressentait à cet instant.
Lorsqu’elle s’éveilla le lendemain, elle songea aussitôt que cette nuit là, elle aurait pu tout lui donner d’elle sans en éprouver le moindre regret. Cependant, le démon restait toujours maître de la situation et la sorcière pensa avec amertume que, comble de l’horreur, elle allait finir par espérer ce qu’elle avait tant redouté et que, bien évidemment, il allait s’en réjouir.

Ouvrant les yeux, elle croisa ceux du sorcier qui l’observait. Il leva aussitôt une main vers elle et la caressa du bout des doigts avant de l’attirer à lui d’un geste ferme. Ginny nota que, même s’il n’avait pas repris la brutalité de ces dernières semaines, il n’en avait pas gardé pour autant la douceur de la veille… Mais tout compte fait, le changement restait positif : la sorcière sentait qu’elle n’aurait pas été en mesure de longtemps survivre à la haine qui semblait animer son tortionnaire ces derniers jours.

- tu as pris ma baguette… murmura-t-il alors contre ses cheveux tandis qu’elle se figeait d’appréhension.
- je n’aurai pas été en mesure de vous porter sans cette aide. Répondit Ginny en fermant les yeux, priant pour que ce semblant de retour au calme ne soit pas un leurre.
Peu lui importait qu’il la tue, à présent. Peu lui importait ce qui adviendrait d’elle. Si elle ne pouvait vivre sans l’espoir de pouvoir un jour retrouver les geste tendres qu’elle venait de découvrir, elle préférait disparaître de ce monde.
Ginny sentit une dangereuse lassitude l’envahir. Ça vie lui semblait une suite de déceptions et de gâchis. Rien de ce qu’elle avait fait n’avait servi à quoi que ce soit. Sa jeunesse envolée dans l’unique but de tuer un monstre qui était plus victorieux qu’elle ne l’aurait jamais imaginé et à présent, son cœur emporté par un homme qu’elle ne pouvait se permettre d’aimer.

- tu as pris ma baguette, répéta-t-il en l’allongeant sur le dos, reprenant sur elle une position dominatrice.
Il plongea alors son regard dans le sien, posant une main sur son cou comme il ne l’avait plus fait depuis des semaines, avant de la laisser glisser jusqu’à ses hanches en un geste gourmand qui tira encore à Ginny des frissons de bien être.
- pourquoi n’en as-tu pas profité ? demanda-t-il alors à brûle pourpoint.
Ginny ouvrit la bouche plusieurs fois de suite sans pouvoir prononcer un son puis parvint à articuler
- je ne sais pas.

La sorcière se demanda longtemps par quel miracle Lord Voldemort sut se satisfaire de cette réponse. Toujours est-il qu’il finit par se lever sans plus rien dire pour quitter ses appartements, laissant à nouveau Ginny pleurer sur son sort.
La jeune femme finit par se lever et se traîner jusqu’à la salle de bain. Elle s’observa longtemps dans le miroir qu’elle finit par briser d’un coup de poing.
Regardant le sang couler de ses phalanges, elle resta un moment immobile avant de se laisser envahir par un vent de folie.
Elle dévasta méthodiquement la salle de bain, vociférant comme une démente en retournant le mobilier, s’appliquant à briser le moindre flacon qui passait à sa portée.

Nox apparut rapidement, la mine inquiète et finit par l’observer sans mot dire, accrochée au haut lustre que Ginny ne pourrait pas atteindre.
Enfin, l’elfe descendit rejoindre la sorcière qui s’était écroulée au sol, pleurant encore en martelant le carrelage de ses mains, vidant ses dernières forces.
- Miss ? fit l’elfe d’une voix faible et douce en posant ses doigts sur l’épaule de la jeune fille. Miss, que vous arrive-t-il ?
Ginny releva son visage ravagé par les larmes vers celui tout aussi disgracieux de la petite créature.
- je me dégoûte… murmura-t-elle avant de hurler. JE ME DEGOUTE !!!!

Ginny se recroquevilla à nouveau, sanglotant sur le sol
- je ne me supporte plus, hoqueta-t-elle. Je ne suis qu’un écoeurante ingrate ! je devrais le détester, essayer de m’enfuir ou de le tuer et je suis là à pleurer sur mon sort parce qu’il me méprise. Je ne suis que sacrilège pour mes amis disparus et honte pour mes frères qui vivent dans l’inquiétude. Je ne vaux rien, je ne suis rien. Plus rien. Plus pour eux et pas pour lui. Je me dégoûte…
Nox tapota le dos de la sorcière d’une main timide.
- il faut que je le déteste. Murmura encore Ginny. Je n’ai pas le droit d’aimer ses mains sur moi… pas le droit…
- la culpabilité est un sentiment dangereux, Miss. Fit soudain l’elfe d’une voix claire qui fit se relever Ginny.
- Nox, gémit la sorcière, il me demande pourquoi je n’ai pas profité de la situation ! mais si il savait… combien j’en ai justement profité… S’il savait, reprit-elle en murmurant, comme j’ai profité de cette tendresse, combien j’ai pris plaisir à ce qu’il soit doux…

La sorcière resta longtemps prostrée sur ce carrelage frais, l’esprit embrumé par ses propres doutes. Elle ne parvenait plus à comprendre ses propres réactions, ses propres sentiments et soudain, le visage d’une personne s’imposa en elle : Hermione.
Elle seule avait toujours su l’écouter ; elle seule avait toujours entendu ses complaintes de jeune fille parfois amoureuse sans jamais la juger ou se moquer, même quand la seule voix de Harry suffisait à la faire rougir.
Ginny prit alors un parchemin vierge et une plume sur le bureau de Lord Voldemort et écrivit rapidement une courte lettre, convaincue qu’elle devait se hâter avant que son bon sens ne lui ordonne de jeter cette missive, de ne pas l’envoyer.

Les mots glissèrent sur le papier, simples mais dictés par un sentiment d’espoir. Ginny plaça sur ce parchemin toutes ses espérances, tous ses doutes, se dévoilant à son amie sans imaginer un seul instant qu’elle puisse lui en vouloir.
Ginny sourit en cachetant l’enveloppe : elle-même ne se supportait pas tandis qu’Hermione, une fois de plus, entendrait ses craintes sans la juger.

« Hermione,
avant tout je voudrais être certaine que toi seule lira cette lettre ; et même, si tu pouvais être la seule à savoir que je t’écris, j’en éprouverais un énorme soulagement.
Je prends l’initiative de t’envoyer ce message sans même savoir si j’y survivrai et si Voldemort ne me tuera pas pour prix de cette folie. Mais j’ai tant besoin de ton aide.

Je ne sais plus où j’en suis, je ne sais plus qui je suis. En fait, je ne sais pas même ce que tu pourras faire pour me secourir puisque, si par bonheur tu acceptes de me répondre, il faudra le faire sans jamais évoquer le contenu de ce que je t’envoie car il ne fait aucun doute qu’IL lira mon courrier…
Seulement, juste le fait de l’écrire et de savoir que tu le liras me fait du bien.

En fait, je tiens à ce que tu saches que je vais bien et que c’est justement là mon principal souci : je n’arrive plus à le détester comme avant et j’ai l’impression que mon bon sens m’échappe. Vous me manquez tous horriblement et il me semble que chaque jour passé à ses côtés sans frémir d’horreur est une injure à notre amitié.
Je n’ose en écrire plus tant je me fais honte, mais j’imagine que tu comprendras ce que ces mots signifient. Tu les comprenais toujours…

Je t’en prie, écris moi. Peu m’importe ce que tu diras, recopie une recette s’il le faut mais j’ai besoin de lire ton écriture. Juste besoin que tu me montres, par ce geste, que je ne suis pas encore un monstre.
Je pense que tu n’auras pas de mal à trouver mon adresse…
Je vous aime tous très fort et ne vous oublie pas. »


Ginny se précipita ensuite hors de la cambre et courut jusqu’à une aile du manoir, où elle avait repéré un couple de hiboux qui délaissait la volière pour quelque intimité.
- va ! porte ça à Hermione Granger, fit-elle d’un ton pressé à l’animal qui la regardait d’un air étonné. Trouve là !
L’oiseau sembla réfléchir un instant puis s’envola d’un mouvement gracieux. Ginny le regarda disparaître à l’horizon en sentant son estomac se contracter ; Lord Voldemort ne lui avait jamais interdit d’écrire à qui que ce soit, mais l’évidence voulait que jamais elle n’ait seulement l’audace d’y penser.
Ginny rebroussa chemin, résignée à laisser s’écouler les événements à leur guise.

______________________


Un mois plus tard, alors que la date anniversaire de son arrivée au manoir approchait, Ginny vit Lord Voldemort entrer dans le salon, une lettre à la main. Elle regarda le sorcier avancer vers elle, attendant presque avec impatience qu’il l’attire à lui comme il en avait repris l’habitude depuis sa nuit enfiévrée, mais il s’arrêta face à sa captive en agitant sous son nez l’enveloppe épaisse.
Ginny glissa son regard vers l’écriture qui s’y étalait et devint livide : inutile même d’en déchiffrer les mots, ces lettres soignées étaient celles d’Hermione.

Lord Voldemort retourna l’enveloppe et lu
- Miss Granger Hermione, pour Ginny Weasley.
Le sorcier considéra la jeune femme qui restait immobile avec un sourire calculateur.
- pourquoi t’écrit-elle ? demanda-t-il après un moment de silence.
- elle fait sans doute réponse à ma lettre, murmura Ginny en un souffle.
- réponse ?... à TA lettre ? … quelle lettre ?
- je lui ai écrit il y a plusieurs semaines confessa Ginny en s’appliquant à ne pas baisser les yeux.
Lord Voldemort la regarda d’un air surpris, momentanément muet de stupéfaction.
- je n’ai pas souvenir d’avoir autorisé cette lettre.
- vous ne m’avez jamais interdit d’en envoyer. Répondit Ginny le plus respectueusement possible.
- et tu n’as pas jugé bon de m’en parler ? Me prendrais-tu pour un idiot ? fit-il d’un ton faussement irrité qui soulagea la sorcière.

Ginny n’eut pas le temps de répondre qu’il se penchait déjà sur elle, relevant son menton de ses doigts fins.
- Ginny, Ginny, murmura-t-il contre ses lèvres tandis que la sorcière frissonnait à ce contact, as-tu seulement songé à ce qu’il te faudrait faire et dire pour que je pardonne ceci ?
- je ferai ce que vous voudrez, murmura Ginny. Comme toujours.
La sorcière sentait tout son corps s’emplir du désir ardent d’enlacer le sorcier face à elle, de l’embrasser comme il lui en laissait parfois l’occasion.
Ce qu’il lui avait imposé au début de sa captivité prenait peu à peu pour elle le goût du privilège. A présent, il ne lui donnait plus l’ordre de l’embrasser, mais la permission…
Cette constatation avait achevé de convaincre Ginny de l’utilité de contacter Hermione, de trouver quelqu’un à qui se confier, tout simplement pour ne pas sombrer dans la folie.

- pourquoi as-tu fais ça ? questionna-t-il d’une voix où pointait l’incompréhension.
- j’avais juste envie… de parler à une amie…
- et lui parler de quoi ?
- de ma vie ici, chuchota Ginny avant de reprendre, soudain prise de terreur. Mais je n’ai rien dit qui soit irrespectueux, je le jure. Répondit-elle au sorcier qui ne la lâchait pas
- alors pourquoi ne pas m’avoir montré cette lettre, ou du moins m’en avoir parlé ?
Ginny se sentit rougir jusqu’à la racine des cheveux.
- je n’étais pas certaine que vous approuveriez cet échange de courrier…
- aaaah ! fit-il avec un air vainqueur. Tu savais donc parfaitement que tu agissais en dépit de ce que je désirais…
Le sourire victorieux du sorcier fit à nouveau frissonner Ginny : qu’il se mette en colère, vite ! Et puis qu’on passe à autre chose… qu’elle puisse poser ses lèvres sur les siennes et goûter ce sourire.

- que vais-je donc pouvoir exiger, cette fois, pour venger l’affront que tu viens de me faire ?
N’importe quoi, hurlait Ginny en elle-même, totalement subjuguée par ce regard sombre et cette voix taquine.
- j’adore, murmura-t-il finalement en l’embrassant, lorsque tu commets ce genre d’erreurs qui me donne tout loisir de te tourmenter…
Ginny se laissa enlacer par cet homme, sans oser cependant faire le moindre geste et lui rendre son étreinte. Il s’éloigna finalement d’elle, et lui tendit l’enveloppe avant de reprendre le chemin de la sortie.
- on réglera ça ce soir, fit-il, tout sourire, à la jeune femme qui regrettait déjà de ne plus sentir ses bras autour d’elle.
- alors, murmura-t-elle sans même s’en rendre compte, vous ne m’en voulez pas ?
Le sorcier éclata de rire
- non, répondit-il, mais plutôt mourir que de l’admettre et devoir abandonner une occasion d’exiger encore plus de toi…

Ginny se dirigea vers la chambre en souriant : il refusait de l’admettre mais venait de le faire et elle tournait entre ses doigts l’enveloppe intacte qu’Hermione lui avait adressée ; elle s’assit sur le lit, le cœur battant, et l’ouvrit.

pleurs et consolation by Morgane


Il s’éloigna finalement d’elle, et lui tendit l’enveloppe avant de reprendre le chemin de la sortie.
- on réglera ça ce soir, fit-il, tout sourire, à la jeune femme qui regrettait déjà de ne plus sentir ses bras autour d’elle.
- alors, murmura-t-elle sans même s’en rendre compte, vous ne m’en voulez pas ?
Le sorcier éclata de rire
- non, répondit-il, mais plutôt mourir que de l’admettre et devoir abandonner une occasion d’exiger encore plus de toi…

Ginny se dirigea vers la chambre en souriant : il refusait de l’admettre mais venait de le faire et elle tournait entre ses doigts l’enveloppe intacte qu’Hermione lui avait adressée ; elle s’assit sur le lit, le cœur battant, et l’ouvrit.

La jeune sorcière eut bien du mal à déchiffrer l’écriture de son amie tant sa vue était brouillée par les larmes. Ginny écrivait Hermione je suis si contente et tellement soulagée d’avoir de tes nouvelles et de voir que tu vas pour le mieux. Pour nous aussi, tout se déroule aussi bien que possible mais ton absence reste un poids dans nos cœurs. Chacun ici pense à toi chaque jour et te garde son affection.
Ginny stoppa un moment sa lecture pour laisser couler des larmes de soulagement. Hermione avait trouvé en une simple phrase comment l’assurer de son soutien malgré ce qu’elle lui avait dit d’elle et de sa «relation» plus que complexe avec le sombre Lord. Chacun lui gardait son affection… on l’aimait toujours, même si elle était devenue l’immonde traîtresse…

Je n’ai pas jugé utile de prévenir ta mère de ton courrier précisait Hermione. Ginny sourit à ces mots : cette sorcière était pleine de malice et parvenait à répondre à toutes ses attentes, toutes ses questions, toutes ses inquiétudes sans laisser transparaître le moins du monde qu’elle faisait suite à une demande directe de sa part.
Hermione prétendait ne pas avoir jugé bon… alors que c’était Ginny elle-même qui l’avait exigé. Si Voldemort lisait ces mots, il ne pourrait relever la ruse et quand bien même il serait au courant de la demande de Ginny, les propos d’Hermione restaient cohérents… elle pouvait juste signifier que «elle aussi» trouvait l’idée bonne….

Ginny secoua sa longue chevelure pour chasser ces idées de son esprit : inutile de chercher à savoir ce qui adviendrait dans telle ou telle condition. Il suffisait d’attendre et pour l’heure de profiter de cette lettre.
De plus ajoutait Hermione elle aussi nous fait des cachotteries : elle a reçu par l’intermédiaire de Lee Jordan un premier message de Lord Voldemort il y a des mois et refuse de nous en montrer ne serait-ce que le titre ! Récemment, il lui en a encore porté un autre de sa part… et nous n’en savons pas plus sur son contenu que pour le premier.
Ginny relut plusieurs fois ces phrases, bouche bée. Elle conclut que cet échange de courrier avait dû se faire au ministère, près de six mois auparavant. Jamais le mage noir n’avait évoqué quoi que ce soit concernant ce mot…ni au sujet du suivant, qu’il avait sans doute porté à Lee lors d’une de ses sorties à Londres.

J’espère avoir le bonheur de pouvoir lire bientôt de tes nouvelles ; je les attendrai avec impatience car nos bavardages me manquent plus que tu ne peux l’imaginer. Je t’embrasse fort et pense bien à toi. Mione
Ginny pleura de longues minutes à la lecture de ces quelques mots. Son amie avait signé de ce surnom affectueux qu’avait coutume de lui donner Ron et qui la faisait parfois grimacer de mécontentement. En signant de ce sobriquet, son amie prouvait une fois de plus qu’elle restait celle qui écoutait toujours sans jamais juger, celle qui restait son amie malgré tout…

Ginny attendit le retour du sorcier brun avec une parfaite résignation, convaincue qu’il valait mieux pour elle ne pas tenter de se soustraire à ses reproches en se réfugiant dans le sommeil.
Lorsqu’à la nuit tombée il poussa la lourde porte, Ginny se leva du haut fauteuil où elle était installée, le teint pâle alors qu’une certaine appréhension la gagnait à nouveau.
Elle avait laissé la lettre sur la table du vaste salon et le sorcier, sans détacher son regard de sa captive, s’empara du papier avant de l’observer de brèves secondes en le tournant entre ses mains.
Il avança ensuite vers la jeune femme qui s’étonnait de constater qu’il ne lisait pas sa lettre mais qu’il fixait à présent un point précis au dos du parchemin.

- qu’est-ce que ça signifie ? questionna-t-il en montrant à Ginny un petit dessin qu’elle n’avait pas remarqué.
Ginny releva une mèche flamboyante d’une main en la calant derrière son oreille, frissonnant sous le regard soudain gourmand du sorcier. Elle sourit intérieurement en apercevant là une fois de plus la preuve que ce simple geste avait le pouvoir de faire frémir son tortionnaire et se pencha légèrement sur le papier.
La faible lumière des chandelles ne lui permettait pas de distinguer le croquis : elle prit donc la lettre des mains du sorcier le plus délicatement possible. On n’est jamais trop prudent avec un caractériel toujours prêt à s’offusquer du moindre geste…

Lorsque ses yeux distinguèrent un minuscule gâteau orné de bougies, Ginny ne comprit pas immédiatement de quoi il s’agissait. Elle tourna encore la lettre d’Hermione et lu la date : 31 juillet.
La jeune femme s’effondra sur le fauteuil, incapable de prononcer un mot tandis que les larmes perlaient dans ses yeux.
- C’est l’anniversaire de qui, le 31 juillet ? questionna Voldemort avant de se figer à son tour. Ne dis rien. Murmura-t-il en un souffle tandis que les prunelles de sa captive brillaient de larmes. J’ai ma réponse…
Ginny ne savait pas si elle pouvait se permettre de pleurer ou non. L’anniversaire de Harry… il aurait eut 27 ans… Ses sanglots refoulés enserraient sa gorge, provoquant des vagues de douleur que la sorcière tentait de contenir, apeurée d’imaginer la réaction de Lord Voldemort si elle s’avisait de se laisser aller à une quelconque marque de regret vis-à-vis de son ennemi.

Sans un mot, il enleva de ses mains la lettre que Ginny tenait serrée et posa le papier froissé sur la table avant de tirer la jeune femme à sa suite jusqu’à la chambre. Ginny n’avait qu’une hâte : que la nuit engloutisse tout et qu’elle puisse pleurer à son aise à l’abri des regards du sombre mage et même de ses reproches si elle parvenait à retenir ses pleurs jusqu’à ce qu’il s’endorme…
La jeune femme espérait de tout son cœur que pour ce soir il abandonnerait l’idée d’exiger d’elle quoi que ce soit, mais aurait juré sur sa vie qu’il n’en ferait rien. Effectivement, dès qu’elle s’allongea dans les draps frais, il l’attira à lui, passant un bras sous son cou et l’obligeant à caler sa tête contre son épaule.

Ginny essuya ses joues humides d’un geste tremblant : si une seule des larmes qu’elle versait en souvenir de Harry touchait la peau du sorcier, elle avait le sentiment qu’il exploserait telle une beuglante… La jeune femme resta immobile de longues minutes, crispant poings et mâchoires dans un désir ardent de ne pas céder à sa tristesse, se maudissant de ne pas avoir vu ce dessin plus tôt, auquel cas elle aurait pu épancher son chagrin tout à son aise avant le retour du sorcier…
Elle songea avec amertume que son amie, qui avait voulu par là lui faire un simple clin d’œil et lui rappeler leur amitié commune, aurait été désespérée d’apprendre dans quelle situation elle se trouvait par la faute de ce croquis.

Au bout d’un temps qui lui parut interminable, Ginny s’avoua vaincue. Un première larme coula hors de ses yeux sans qu’elle puisse la retenir malgré ses paupières douloureuses tant elle les fermait avec application. Ginny déglutit difficilement, la gorge nouée, et cette première larme fut le guide de sa détresse.
La jeune femme ne put bientôt plus contrôler sa respiration et se mit à sangloter, mordant le drap dans un geste désespéré pour ne pas céder à la douleur qui vrillait son cœur.

Lord Voldemort enleva le tissu de cette bouche agressive en le tirant légèrement et Ginny se figea à nouveau, anxieuse, ne sachant ce qui de sa peur ou de sa tristesse finirait par l’emporter. Lorsque enfin le sorcier brun replia le bras qui l’entourait pour la serrer plus étroitement contre lui, elle se laissa dominer par ce sentiment qui la submergeait et pleura à chaudes larmes jusqu’à se sentir vidée, épuisée.
Le sorcier restait immobile et silencieux, la serrant contre lui tandis que le corps de Ginny était secoué par les sanglots. Elle ne parvenait plus à contrôler ses réactions et même si elle était consciente de l’aberration d’une telle situation, elle laissait malgré tout aller sa peine, le nez enfoui dans le cou tiède du sorcier tandis qu’elle sentait autour d’elle ses bras si souvent possessifs qui la réconfortaient pourtant.

Pour rien au monde, elle n’aurait voulu qu’il la laisse seule en cet instant. Ginny redoutait le moment où il faudrait assumer les conséquences de son incapacité à se contrôler, mais pour l’heure rien ne lui faisait plus de bien que de pleurer contre quelqu’un qui la serrait, pleurer contre lui, alors qu’il était pourtant la source directe de ses larmes…
Elle s’aperçut, exténuée d’avoir tant pleuré, qu’elle avait à son tour passé son bras sur le torse du sorcier, se blottissant contre lui comme le font les enfants en quête de consolation… La respiration parfois saccadée et entrecoupée de sanglots, Ginny finit cependant par se calmer, comme si tout le chagrin qu’elle n’avait pu exprimer cette dernière année trouvait enfin une issue.

La jeune femme avait l’impression que son corps venait de se vider de toute énergie. Incapable d’émettre le moindre son ou de bouger, elle se laissa bercer par les rythmes réguliers du cœur et de la respiration du sorcier et sombra finalement dans le sommeil.
Lorsqu’elle s’éveilla, la clarté du matin illuminait tout autour d’elle : le soleil était haut dans le ciel et Nox s’afférait en la surveillant du coin de l’œil.
Ginny se redressa sur ses coussins avec l’impression que ses muscles étaient tétanisés par des crampes incompréhensibles. Elle resta ainsi de longues minutes à observer les vas et viens de Nox et finit enfin par lui demander d’une voix éteinte par la fatigue :
- quel jour est-on ?

- Mercredi, Miss. Répondit la créature serviable en approchant d’elle avec un plateau débordant de douceurs.
- Non, Nox.fit Ginny en prenant ce que lui tendait l’elfe. Ce n’est pas ce que je voulais dire… quelle date ? exacte ?
- ah ! je vois ! fit Nox. Le 6 juillet Miss. Cela fera un an demain que vous êtes parmi nous ! ajouta-t-elle la mine radieuse avant de se figer face aux larmes silencieuses de la jeune fille.
- un an… murmura Ginny avant d’enfouir son visage entre ses mains.
- Miss, couina l’elfe en approchant, je vous en prie, ne pleurez pas… ne pleurez plus….
Ginny releva la tête vers le visage tendu de cette étrange servante qui se tordait les mains face à son désarroi.
- il ne faut pas pleurer, Miss. Cela chagrine le maître… et il est toujours agacé de se sentir chagriné…

Ginny eut un rire bref et cynique. Voldemort ? Chagriné de la voir pleurer ? La belle affaire ! A qui la faute si elle pleurait ?! Et puis, franchement, imaginer Voldemort s’apitoyant pour le sort de la malheureuse Ginny n’était pas à la veille de pouvoir être imaginé par la jeune femme…
Elle prit ensuite son petit déjeuner sans quitter son lit, prenant un temps infini pour déguster les pâtisseries préparées par Nox sous sa surveillance plus que bienveillante et réjouie.
Ginny, à voir les gros yeux de l’elfe aller de son visage bouffi par les larmes à l’un ou l’autre des mets qu’elle choisissait, était persuadée que Nox prenait mentalement note des gâteaux qui avaient sa préférence.
- c’est délicieux. Soupira enfin Ginny tandis que l’elfe se penchait en bredouillant des remerciements confus.

La jeune femme se leva enfin et se traîna jusqu’à la salle de bain puis le salon avec l’impression d’évoluer sous l’eau : ses mouvements lui semblaient lents et ralentis par une force mystérieuse.
Lorsque Lord Voldemort parut un bref instant à la recherche d’un grimoire, Ginny se figea en l’observant. Après s’être emparé de l’ouvrage convoité, il avança vers elle, cala le livre sous son bras et enserra avec tendresse son visage de ses longs doigts.
Ginny frissonna de tout son être en retrouvant ces gestes doux qu’il n’avait eu qu’une seule fois pour elle.
- ça va mieux ? murmura-t-il contre ses lèvres en plongeant son regard d’ébène dans le sien.
- oui souffla Ginny, encore étourdie de le sentir à nouveau tendre.

Elle voulut soudain ajouter ce titre qui manquait à sa réponse, ce «Maître» qu’il attendait toujours mais n’en eut pas le temps. Il déposa un baiser furtif sur sa bouche et disparut tout aussi vite qu’il était apparu.
Ginny passa le reste de sa journée à lire et relire le courrier d’Hermione. Elle se hâta d’écrire à son tour un mot bref, signalant uniquement qu’elle avait reçu son courrier, qu’elle allait bien et qu’elle répondrait plus longuement dès que possible.
Elle porta sa missive au même oiseau qui lui tourna ostensiblement le dos : il répugnait manifestement à refaire un si long voyage….

Ginny se demanda comment la lettre de son amie, écrite seulement six jours auparavant si on en croyait la date apposée sur le parchemin, avait pu lui parvenir aussi rapidement. La sorcière songea que ce devait être Lee qui l’avait envoyée de Londres même, pour rendre service à Hermione… En revanche, ce que Ginny envoyait obligeait son porteur à parcourir de longues distances, comme en témoignait l’air désabusé du hibou qui hululait de mécontentement.
Finalement, sa compagne se chargea de la missive et Ginny la regarda s’élever dans le ciel. Au moins, à présent, les hiboux n’avaient plus à chercher Hermione, ils savaient où elle se trouvait…

Le soir venu, Ginny s’étonna encore du mutisme de Lord Voldemort. Non seulement il n’abordait pas les sujets de la lettre ou de ses pleurs, mais il restait de plus parfaitement silencieux.
La sorcière ne savait si elle devait se réjouir ou non de cette attitude, et constata au fil des heures que cette forme d’ignorance lui pesait. Elle avait fini par s’habituer au caractère parfois désagréable du sorcier tout en se devant de reconnaître qu’il ne faisait plus jamais preuve de cruauté à son égard.
A croire que les bains de ce manoir étaient magiques, eux aussi…

Finalement, comme la veille et sans mot dire, il finit par venir prendre sa main et l’entraîner avec lui dans sa chambre.
D’un geste il ouvrit les fenêtres pour laisser entrer une brise fraîche et apaisante qui fit voler quelques papiers épars autour d’eux.
Ginny sentit son cœur s’affoler lorsqu’il l’enlaça avec la même douceur que le matin pour l’attirer à lui tandis qu’elle écoutait, allongée dans la pénombre, le vent qui jouait avec les arbres du parc.
Ginny attendait impatiemment qu’il lui parle. Qu’il dise n’importe quoi. Elle avait envie de l’appeler, juste pour qu’il réponde et qu’elle puisse entendre sa voix, mal à l’aise dans ce silence pesant.

Mais comment l’appeler ?
Maitre ? plutôt mourir…
Mon Seigneur… il n’avait de noble que ce nom inventé et Ginny répugnait à utiliser ce terme menteur.
Voldemort ? Sûrement pas… celui qui la serrait contre lui n’était pas ce fou démoniaque et hystérique qu’elle avait un jour croisé au fond d’une grotte dans un temple sordide…
Tom… Ginny comptait vivre jusqu’au lendemain et donc, elle se tut.
Finalement, en guise de paroles, il se contenta d’approcher son visage du sien en la scrutant dans le noir.

Ginny distinguait sa chevelure encore plus sombre que la nuit et ses yeux d’ébène la fixant sans parvenir à savoir s’ils lui étaient hostiles ou non. Elle tentait même de caler sa respiration sur la sienne pour se conformer au silence écrasant qui régnait dans la pièce.
Soudain, un éclat rieur passa dans ses prunelles et Ginny la distingua comme s’il s’était agit d’un éclair luisant dans la nuit.
Elle entendit un léger claquement tandis qu’il souriait et sentit aussitôt son dos chauffer doucement.
Ginny lui rendit ce sourire, recevant ce signe de communication pourtant détestable comme une bénédiction : enfin il semblait décidé à revenir vers elle…

Un second claquement fit irradier une seconde vague de douce chaleur au bas de son dos et elle sourit encore avant de chuchoter
- je ne peux pas être plus près…
- as-tu seulement essayé ? murmura à son tour le sorcier en guise de réponse.
La chaleur qui envahit alors Ginny n’avait certes aucun rapport avec la Marque des Ténèbres mais l’embrasa bien davantage.
Elle se lova alors contre lui, le cœur battant la chamade tant elle était gênée et hésitante à l’idée de l’enlacer de sa propre initiative.
Généralement, il lui faisait clairement savoir ce qu’il attendait d’elle et plaçait parfois lui-même les bras de sa captive dans son dos… on n’est jamais mieux servi que par soi même, dit-on.

Seulement là, cette jolie rousse avait le champ libre… ou presque. Qu’oserait-elle ou non ? Quels gestes brûlait-elle d’envie d’accomplir tout en ayant le courage de les faire ? Et quels autres encore tenterait-elle d’éviter ?
Aucun finalement, songea Ginny avec amertume.
Elle avait surtout un souhait : caler encore son nez dans le cou de cet homme, sentir sa peau chaude sous ses lèvres et sa respiration contre son corps frissonnant de désir.
Mais comment s’approcher assez pour y parvenir si lui-même ne la saisissait pas pour lui faire franchir ces maudits millimètres qui la tétanisaient ?

A peine quelques centimètres. Rien de plus facile puisqu’il était si près. Finalement… se laisser glisser vers lui, passer ses bras derrière sa nuque et puis plonger la tête sur son épaule. Facile. Très.
Ginny soupira sans pouvoir seulement ébaucher le moindre mouvement, tirant un rire bref au sorcier amusé.
- je t’aide ? murmura-t-il en l’enlaçant enfin.
La jeune femme soupira encore, soulagée de pouvoir tout compte fait se serrer contre lui sans plus avoir à affronter ces yeux pénétrants.

Ginny sentit la main du sorcier glisser sur son corps et passer sous le fin tissu qui la couvrait. Frémissant à ce contact, elle ferma les yeux en se maudissant de ne pas avoir l’audace de pouvoir l’imiter alors qu’elle en mourait d’envie.
Qu’aurait-elle donné pour qu’il la laisse frôler son dos du bout des doigts et… et puis c’est tout. Ginny bénit le ciel sombre qui lui permettait de cacher le teint cerise de son visage, mais n’osait pas faire le moindre geste sans son accord.
Paradoxalement, elle pensait qu’il n’espérait pas mieux, mais comment être certaine de ne pas le voir soudain s’irriter face à une attitude trop familière ?

La sorcière s’agaça de se sentir frémir autant que lui lorsqu’il murmura son prénom contre sa joue.
- il y a longtemps, chuchota-t-il, que tu ne m’as pas dit….
La sorcière frissonna des pieds à la tête, évacuant rapidement le sentiment de culpabilité qui commençait à l’envahir alors qu’elle prenait plaisir à le sentir si doux dans ses bras.
- je vous appartiens, chuchota-t-elle comme elle ne l’avait plus fait depuis bien longtemps, perplexe de se rendre compte que ses paroles la gênaient de plus en plus au fur et à mesure que son esprit les considérait comme vérité.
Jusque là, ces mots récités ne lui posaient guère de problème et lui permettaient pour le moins d’avoir une paix toute relative.

- jusqu’à quel point ? fit soudain Voldemort, émettant tout haut sans le savoir ce que Ginny se demandait tout bas…
A moins qu’il ne le sache justement, songea Ginny…
- dis moi… répéta-t-il en lui faisant à nouveau face, frôlant ses lèvres des siennes. Jusqu’à quel point tu pourrais être à moi ?
Il cessa ensuite tout mouvement, plongeant son regard dans celui, plein de doutes, de Ginny. La jeune femme tressaillit en pensant à ce qu’elle aurait eu envie de répondre et combien ces mots étaient durs à prononcer tant ils auraient été sincères.
Ginny chercha à comprendre ce qui avait, au cours de cette année, permis au Sombre Lord de se rendre ainsi maître de sa vie sans qu’elle puisse s’en défendre.

Muette de stupeur, Ginny tentait de contrôler son esprit perturbé et de ne surtout pas paniquer. Avant tout, savoir ce qu’il attendait d’elle. Peu importait ce qu’elle désirait répondre, il était crucial de savoir ce qu’il fallait répondre pour éviter sa colère.
Fixant à son tour le sorcier, la jeune femme ne put s’empêcher de douter : celui qui la contemplait toujours en attendant sa réponse avait l’air calme et nullement prêt à s’emporter contre elle.
Ginny s’humecta les lèvres, cherchant désespérément à formuler le plus simplement possible une phrase qui puisse lui convenir et ne pas la faire mourir de honte.

Quelques mois auparavant, elle aurait aussitôt répondu qu’elle lui appartenait corps et âme, sans sourciller… Que pouvait-elle offrir de plus ? Elle aurait récité ce couplet comme une bonne élève, sans aucune gêne. Pourquoi diable être intimidée par une récitation imposée ? Mais aujourd’hui, ces mots prenaient la teinte d’une confession, d’un aveu, et Ginny éprouvait le plus grand mal à les prononcer.
- Ginny ? murmura à nouveau le sorcier.
- je ne sais pas… souffla-t-elle en fermant les yeux. Je ne sais plus.
- tu ne sais plus quoi ?
- ce que je dois dire ou même penser. Répondit Ginny, la gorge serrée tandis qu’il l’enlaçait à nouveau, posant ses lèvres sur son cou frissonnant.

- Ginny, soupira-t-il entre deux baisers, je veux que tu sois à moi… totalement…
- mais je l’ai toujours été. Bredouilla la jeune femme. Ça fait un an, ajouta-t-elle tandis que de nouveaux sanglots envahissaient sa gorge, que je vous ai juré de n’être qu’à vous
- mais tu ne l’étais pas. Acheva le sorcier en la fixant, s’éloignant d’elle. Tu ne l’as jamais été vraiment. Ajouta-t-il.
Il resta ainsi quelques secondes à l’observer avant d’approcher à nouveau d’elle. Ginny comprit aussitôt au le regard voilé du sorcier qu’il succombait encore à ce désir incontrôlable. Il s’empara de ses lèvres en un baiser vorace, parcourant son corps de ses mains gourmandes et à nouveau possessives.
- je n’en peux plus, souffla-t-il finalement, la respiration haletante. Je te veux. A moi.

Ginny le laissa quelques minutes lui infliger ses gestes redevenus envahissants et finit par succomber elle aussi au désir qui bouillait en elle. Il la voulait ? Et pourquoi devrait-elle donner sans jamais pouvoir prendre à son tour ?!
Le sorcier resta un instant perplexe face à l’attitude brusquement différente de sa captive. Elle l’avait enlacé, pour la première fois de sa propre initiative, le serrant contre elle en lui rendant ses baisers avec la même ardeur, le même emportement.
Ginny fermait les yeux dans une volonté féroce de ne pas croiser le regard sombre du sorcier, de ne pas se rappeler qu’elle se blottissait contre Lord Voldemort, son ennemi juré, celui qui avait tué ses amis.

Dans un grognement de rage qui étonna encore le sorcier, elle condamna ces êtres chers à se tenir serrés dans un coin de son esprit, bien cachés à l’abri de ce sentiment de bien être qui l’envahissait.
- Ginny, chuchota-t-il au bout de longues minutes de ces échanges qui les laissaient à bout de souffle. Ginny, regarde moi.
- non, gémit malgré elle la jeune femme en cherchant à nouveau le contact interrompu de ses lèvres.
Lord Voldemort eut un rire bref, enserrant sa captive affamée par les épaules pour la maintenir à bonne distance.
- mais elle va me bouffer ! railla-t-il.
Ginny ouvrit les yeux et devint écarlate, convaincue que son visage devait luire comme un phare dans cette pénombre et étonnée de l’entendre utiliser un tel vocabulaire.

- Ginny, répéta-t-il encore avec un sourire mutin. Tu ne m’as toujours pas répondu… et tu sais bien que je ne renonce jamais. Alors, je veux savoir… jusqu’à quel point tu es à moi ? Jusqu’où, tu pourrais aller ?
Ginny se sentait envahir par un fort sentiment d’agacement. La peur envolée, elle ne sentait en elle que le désir de reprendre ses caresses, le «bouffer» comme il l’avait dit lui-même, le faire taire et lui faire ravaler son orgueil ! Qu’il soit à elle et non plus l’inverse, pour changer un peu ! La jeune femme fulminait.
La mine boudeuse, elle lança au sorcier un regard plein de reproches qui le fit rire à nouveau.
- n’importe où ! grommela-t-elle enfin d’une voix rageuse, provoquant cette fois un véritable éclat de rire.

- pourquoi ce ton grognon ? questionna-t-il finalement, les yeux brillants de rire. Qu’ai-je donc fait pour mériter ce mécontentement ?
Ginny avait l’impression d’être sur le point d’exploser. Son ton amusé la mettait hors d’elle. Elle aurait voulu pouvoir le gifler et l’embrasser dans le même temps, mais il fut plus rapide qu’elle.
Le prédateur reprenait le dessus sur sa proie, l’embrassant comme s’il avait voulu la dévorer tandis qu’elle gémissait de plaisir et parfois de douleur sous ses assauts possessifs.
Ginny sentait parfois dans son cou la caresse des cheveux de jais et luttait contre le désir d’y plonger ses doigts. Encore un geste qu’elle brûlait d’accomplir sans parvenir à en trouver la force. Elle avait la conviction qu’enserrer ainsi le visage ou la tête du sorcier serait une attitude trop dominatrice ou possessive qu’il ne souffrirait pas et crispait les poings sur les draps pour retenir son élan

La peur l’envahit soudain, comme chaque fois que leurs étreintes devenaient trop enflammées, mais elle redoutait cette fois l’une et l’autre des issues. Comment pourrait-elle encore vivre avec le sentiment d’avoir définitivement trahi ses amis en se donnant à ce monstre de son plein gré ? Et comment pourrait-elle supporter qu’il s’éloigne encore d’elle sans lui avoir appartenu ?
Ces pensées troublées et opposées se bousculèrent dans sa tête et l’amenèrent à des réflexions qu’elle n’avait jamais eues. Jusqu’à présent, elle vivait sa captivité comme une soumission complète. Elle était son trophée, sa captive, tout ce qu’elle était appartenait à Lord Voldemort, elle l’avait juré.

Pourtant, elle avait le sentiment confus que lorsqu’il s’éloignait d’elle, refoulant ses désirs les plus voraces, il refusait tout au contraire de se donner à elle. Ginny tentait de comprendre ce qui faisait opposition dans son esprit. Etait-elle à lui ou bien était-il à elle ? Les deux peut-être… Ginny secoua ses mèches flamboyantes tandis que le sorcier, la sentant soudain éloignée de lui, approchait son visage du sien.
La jeune femme sentit son cœur battre la chamade lorsqu’il plongea son regard dans le sien, frôlant ses lèvres en un baiser à peine ébauché.
- donne moi un enfant… murmura-t-il alors d’une voix presque inaudible.

Ginny ferma les yeux, le souffle court. Un enfant ? Elle rouvrit les yeux pour regarder l’homme face à elle et observa son regard sombre soudain voilé de doute. La sorcière avait l’impression que ces mots coûtaient au sorcier presque autant que les phrases serviles qu’elle avait si souvent dû prononcer.
Peu à peu, elle comprit ce que l’esprit plus que dérangé de son maître devait subir. Se pouvait-il qu’il considère comme une disgrâce le fait de donner de lui-même, faire un enfant, partager son sang et son héritage avec un autre… une autre qui l’avait combattu et dont il pouvait penser qu’elle le haïssait encore ?
- pourquoi ? questionna soudain Ginny sans comprendre comment ce mot avait franchi ses lèvres contre sa volonté.

La sorcière entendait les paroles du sorcier résonner en elle. Un enfant… qu’il désire un héritier, soit… pourquoi pas. Et en ce cas elle ne serait qu’un réceptacle à cet héritage dont il était si fier… un simple outil de transition qui ne lui serait plus utile sous peu…
Mais un enfant impliquait une tout autre relation… un lien bien différent qui, elle en était certaine, ne convenait pas à l’idée que Lord Voldemort se faisait de sa vie future.
- je veux un hériter. Reprit le sorcier d’une voix calme sous les frémissements de Ginny.
Manifestement, il avait fort bien perçu ses réflexions et semblait vouloir y mettre un terme.
Il observa Ginny quelques secondes en silence, observant à son tour le regard soudain triste de cette sorcière qui lui apparaissait de plus en plus comme un démon tentateur.

Il soupira bruyamment, posant son front sur le sien en fermant les yeux tandis que Ginny envisageait de lui suggérer de demander l’aide de Mrs Lestrange pour mener à bien un tel projet.
- et puis finalement, siffla-t-il en l’enlaçant avec un sourire mutin, je n’ai pas à te fournir de raisons.
Ginny lui rendit son étreinte, la gorge sèche, et sentit une larme couler sur sa joue lorsqu’il l’embrassa avec cette douceur qui la faisait fondre.
Le regard interrogateur qu’il eut ensuite pour elle la fit frémir davantage et elle sentit à nouveau une grande gêne l’envahir lorsque, au moment où il s’éloignait d’elle après avoir essuyé cette larme, elle se blottissait contre lui, calant sa tête contre son torse en le retenant près d’elle.

Ginny ne savait pas si elle devait croire à ce qu’elle venait d’imaginer : le Sombre Mage avait-il perçu ce signe comme une sorte de désaccord profond ? Se pouvait-il qu’il s’éloigne à nouveau par refus de lui imposer ce qu’il pensait être pour elle une horreur sans nom ?
- j’ai l’impression, confessa-t-elle dans un murmure, de n’être que parjure et trahison pour mes amis…
Frémissant à l’idée qu’il puisse soudain s’emporter à ces mots, elle ferma les yeux en retenant son souffle. Enfin elle avait réussi à lui avouer à mots couverts ce qui constituait sa plus grande douleur.
Elle sentit avec un soulagement intense les mains tendres du sorcier entourer son visage et l’éloigner avec douceur.
- s’il n’y a que ça, fit-il d’une voix taquine, je connais un sortilège très pratique qui pourrait te permettre de les oublier tous à la minute….

Ginny rit en essuyant ses yeux humides avant de succomber une dernière fois au plaisir de sentir ses mains sur son corps et ses lèvres sur les siennes.
La sorcière eut l’impression qu’une parenthèse s’ouvrait dans sa vie… une parenthèse très agréable. Comme si cette nuit dans ses bras n’était qu’un rêve, mais un rêve qu’elle brûlait de faire encore le lendemain et toutes les nuits qui suivraient.
Refusant de penser au sentiment de honte qui l’envahirait au matin lorsqu’il lui faudrait croiser le regard de celui qui serait alors bien plus que son maître, elle s’abandonna dans les bras de ce démon qui se consumait lui aussi d’un désir ardent, lui rendant sa tendresse en souriant parfois face à ses pensées folles.

Rendre de la tendresse à Lord Voldemort… Harry devait se retourner dans sa tombe…
- ne pense pas à ça… murmura-t-il contre ses lèvres en croisant son regard avant de l’emporter vers un monde de plaisir qui ne lui laissa plus guère le loisir de songer à quoi que ce soit d’autre qu’au goût de sa peau et au bien être qu’elle lisait dans ses yeux.

enfer et paradis by Morgane
Rendre de la tendresse à Lord Voldemort… Harry devait se retourner dans sa tombe…
- ne pense pas à ça… murmura-t-il contre ses lèvres avant de l’emporter vers un monde de plaisir qui ne lui laissa plus guère le loisir de songer à quoi que ce soit d’autre qu’au goût de sa peau et au bien être qu’elle lisait dans ses yeux.

Ginny eut l’impression, en entendant le chant arrogant des oiseaux, que le soleil s’était levé beaucoup trop vite et que ces volatiles pépiaient avec une ardeur exagérée pour lui signifier que l’heure était venue de se lever et que sa fatigue était bien méritée, compte tenu de la nuit qu’elle venait de passer.
Elle sentit ses joues s’embraser avant même d’ouvrir les yeux en resongeant aux caresses enivrantes qu’elle avait reçues et données et soupira la seconde suivante en calculant que tout ceci lui avait laissé fort peu de temps pour dormir.
Ouvrant les paupières avec précaution pour que la lumière agressive du jour n’envahisse pas trop brutalement ses prunelles emplies de sommeil, elle distingua près de la fenêtre la silhouette de Lord Voldemort.

Le bureau du sorcier était installé perpendiculairement au mur et au lit, de telle sorte qu’il pouvait d’un mouvement de tête observer le parc alentour par la fenêtre ouverte ou sa captive endormie… Pour l’heure, il semblait absorbé dans l’écriture d’un courrier et Ginny observa les mouvements hypnotisants de la plume qui courrait sur le parchemin avec des crissements agréables.
Il la reposa finalement et relut ses mots avant de se lever et de s’approcher de la fenêtre. Il émit un long sifflement aigu et se tourna ensuite vers Ginny en pliant son courrier. Il y apposa pour finir un sceau de cire en s’appuyant brièvement sur le bureau et approcha du lit avec un sourire carnassier.

Un hibou s’engouffra par la fenêtre dans un grand battement d’ailes au moment où il s’asseyait sur le lit. L’animal atterrit sur la table de chevet et tendit une patte d’un air fier, à laquelle le sorcier accrocha son message.
- toujours au même endroit… et à la même personne. Qu’on ne te vois pas, ou je te plume…
La splendide bête, dont Ginny admirait le pelage couleur de nuit où brillaient par endroit des plumes bleutées, hulula d’indignation en dardant sur le sorcier ses yeux de saphir, offusqué que l’on puisse ainsi douter de son efficacité.
Il déploya ses ailes et s’envola majestueusement en un bruissement velouté et Ginny se redressa pour le voir disparaître au loin, captivée par l’allure gracieuse de ce messager.

Elle sursauta et sentit son visage s’embraser lorsque Lord Voldemort frôla sa joue de ses doigts repliés en souriant malicieusement.
quel rustre arrogant ! songea Ginny en croisant le regard satisfait et vainqueur posé sur elle. La jeune femme percevait clairement chez le sorcier le désir de lui rappeler combien il avait obtenu d’elle tout ce qu’il désirait… et même plus... mais elle finit par soutenir ce regard plein d’orgueil.
Qu’il dise et pense ce qu’il voudra, lui aussi avait été vaincu cette nuit. Il se serait damné pour qu’elle l’embrasse encore comme elle l’avait fait. L’ennui, et il était de taille, c’est qu’il l’était déjà depuis fort longtemps.

Il disparut ensuite pour la journée après avoir posé sur ses lèvres un baiser aussi léger que la plume qu’il utilisait peu avant et Ginny se laissa envahir par une torpeur désagréable les heures qui suivirent.
Ginny observa sur un calendrier qu’elle trouva dans un tiroir du bureau la date du 7 juillet… et repassa heure après heure dans son esprit malmené chaque évènement de cette date anniversaire.
Elle sentit son estomac se nouer lorsque approcha le moment où, un an auparavant, elle avait senti l’arrivée de Lord Voldemort sur ce champ de bataille… puis quelques longues minutes plus tard, celui où Hermione l’avait encouragée à fuir…. Ginny fixait la pendule, frémissant chaque fois que l’aiguille noire et pointue sautait une minute dans un cliquettement sordide.

Les voix et visages lui revenaient par flash, embrasant ses pensées. L’aiguille tournait, inexorablement en un tac claquant qui tirait à Ginny des larmes amères. Tac toujours… Tac encore…
Tac
Kingsley embrasait le temple de lumière bleutée, des sorciers qu’elle n’avait pas le temps de distinguer disparaissaient après avoir touché ce portoloin hâtivement créé.
Tac
Kingsley faisait approcher Tonks, Dennis, Colin et Susan… Une explosion violente, des chutes de pierres, le cri de Fred et Georges, le regard empli de douleur de l’auror et sa fuite à travers l’espace alors qu’il laissait derrière lui des alliés, des amis.
Tac
Les baguettes qui volent, le rire dément de Lucius et ses paroles vengeresses.
Tac
Le Seigneur des Ténèbres à quelques mètres d’eux, ses frères et amis immobilisés, une voix maudite, une baguette qui se lève face à Hermione… un élan de survie.

Ginny tomba à genoux face à la haute horloge, enserrant son crâne douloureux de ses mains en gémissant d’inaudibles suppliques à cette maîtresse du temps pour qu’elle stoppe sa course et la roue de ses souvenirs.
Tac
Un regard haineux posé sur elle, Une douleur foudroyante derrière ses pupilles dilatées de terreur
Tac
Un contrat immonde, les cris de son frère et son corps meurtri qui se recroqueville au sol
Tac
la promesse, les hurlements de ses amis, la nausée
Tac.
un voyage vers l’enfer. Un atterrissage forcé chez le diable, un stage au royaume des démons….
- SILEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEENCE !! hurla Ginny en se levant brusquement, attrapant une chaise pour la lancer contre le meuble luxueux dont le verre se brisa en une multitude de dents acérées.

Ginny resta immobile face à cette pluie coupante qui fondait sur elle et observa d’un air incrédule la bulle translucide qui venait de se créer à quelques centimètres de son corps et sur laquelle rebondissaient les bris de verre, la protégeant de leurs arêtes agressives.
Ginny pivota sur ses jambes faibles et tremblotantes jusqu’à distinguer le visage fermé de Lord Voldemort. Les mêmes cheveux noirs, les mêmes yeux si sombres, le même regard…
- non, murmura inconsciemment Ginny tandis que tout devenait flou autour d’elle. Ce n’est pas le même regard. Chuchota-t-elle tandis qu’elle se sentait chuter, ses jambes l’abandonnant finalement.
La jeune femme entendit s’approcher les pas du sorcier comme s’il se trouvait à des lieues d’elle et sentit ses bras retenir sa chute avant qu’elle ne touche le sol.

Il la souleva avec aisance pour la porter jusqu’au lit où Ginny eut l’impression de s’enfoncer à des kilomètres sous terre avant de sombrer dans un sommeil sans rêves.
Seule la faim la réveilla le lendemain matin. Les grognements de son estomac attirèrent bientôt Nox et la sorcière ouvrit les yeux en sentant la bonne odeur du pain chaud.
Son regard se perdit aussitôt dans celui du sorcier qui la fixait. Elle jeta un rapide coup d’œil par la fenêtre où la clarté du jour l’informait que la nuit était bel et bien passée.
Les yeux sombres de Lord Voldemort la scrutaient comme s’il attendait quelque chose de précis, mais Ginny n’osait ni parler ni bouger, patientant jusqu’à ce qu’il lui donne le moindre signe qui puisse la renseigner sur son humeur…

Enfin, il approcha lentement d’elle, son nez touchant presque le sien en une caresse enfantine tandis que ses yeux ne quittaient pas ceux de Ginny. Elle comprit alors que, tout simplement, il se demandait si cet assaut de souvenirs n’allait pas rendre à la sorcière son attitude farouche et foncièrement haineuse du début.
Nox approcha et tendit le plateau vers eux. Le sorcier se redressa alors et s’assit contre les coussins, se frottant les mains en parcourant d’un œil avide le petit déjeuner sous la mine radieuse de l’elfe.

Ginny l’imita mais ne put profiter des coussins : le sorcier la tira à ses côtés, l’entourant de ses bras et l’obligeant à se caler contre lui.
Ginny ferma les yeux de brèves secondes en s’adossant contre sa poitrine, posant sa tête encore étourdie contre son épaule tandis qu’il passait son bras autour de sa taille. Nox posa délicatement le plateau sur les genoux de son maître et disparut après les avoir regardé d’un oeil attendri, un sourire niais collé aux lèvres.

La jeune femme regarda le sorcier dévorer les fruits rouges avec gourmandise : manifestement, il avait un faible pour les framboises… Ginny n’osait pas toucher à ces fruits que Nox portait pour la première fois, convaincue qu’ils étaient tout particulièrement destinés au sorcier.
Cependant, il lui en fit goûter quelques unes, les portant à ses lèvres en la buvant des yeux. Ginny rougissait sous ce regard gourmand en prenant ces fruits du bout des lèvres entre ses doigts et eut un cri perçant lorsque brusquement il envoya voler au loin le plateau pour se ruer sur elle.

Ginny ne pouvait s’empêcher de rire sous les assauts du sorcier qui semblait ne plus pouvoir se contrôler. Elle sentait parfois ses dents pincer sa peau, comme s’il avait voulu la manger à son tour.
Le souffle court, il se défit de la chemise qui paraissait le faire suffoquer et arracha presque la légère tenue de la sorcière, qui prit à peu de choses près la couleur des fruits qu’ils venaient de déguster.
Riant face à la gêne de sa captive, il n’interrompit cependant pas ses baisers, parcourant le corps frémissant de la jeune femme de ses mains avides.

Ginny avait bien du mal à savoir quel comportement adopter. Elle n’aimait pas particulièrement la clarté du jour qui ne lui permettait pas de se soustraire aux regards du sorcier et voir cette peau tentatrice à portée de ses doigts lui donnait des bouffées de chaleur incontrôlables.
Lord Voldemort prit lui-même les mains de la jeune femme pour les diriger vers son dos tout en plongeant son regard dans le sien, souriant face à ses joues rosies de plaisir et de timidité avant de reprendre ses baisers tendres dont elle ne pensait plus pouvoir se passer désormais.

Le soleil était haut à présent dans le ciel, et Ginny goûtait des heures paisibles dans des bras dont elle avait autrefois détesté les étreintes, songeant avec mélancolie qu’elle n’espérait à présent plus jamais quitter cette protection.
Nox apparut dans un léger claquement et rassembla les aliments éparpillés au sol en dodelinant de la tête. Ginny se dégagea doucement des bras de Lord Voldemort et sourit en constatant qu’il dormait à poings fermés. Manifestement, elle avait le don de l’épuiser ! Songea-t-elle en rougissant encore.

Dans son sommeil, le sorcier se tourna sur lui-même pour se coucher sur le côté, relevant ses bras devant son visage comme pour se protéger d’éventuelles attaques. Le menton appuyé contre son torse, il offrait pourtant sa nuque dégagée à bien des dangers.
Ginny frémit à l’idée de passer sa main sur cette peau qu’elle savait si douce et inspira profondément pour chasser cette émotion embarrassante.
Elle observa encore de longues minutes la chevelure sombre du sorcier avec dans les doigts des fourmillements de tentation, profitant de son sommeil pour l’étudier à sa guise sans avoir à rougir ou à être impressionnée par ses regards pénétrants.

- Mon maître dors ? chuchota Nox tandis que Ginny approuvait d’un signe de tête. Il faudra le réveiller dans une heure. Il doit voir Mr Malefoy.
Ginny grimaça et acquiesça à nouveau avant de se lever. Elle hésita quelques secondes après le départ de Nox à poursuivre sa contemplation, mais finalement, s’enfuit littéralement vers la salle de bain, consciente justement de cette attitude qui lui semblait trop tendancieuse.
La sorcière observa son reflet d’un œil critique, se demandant ce qui pouvait en elle plaire à ce point à un homme tel que lui et si elle pouvait se considérer comme amoureuse…

Ginny songeait que peut-être elle avait développé un certain sentiment de dépendance vis-à-vis du mage noir et que, si l’occasion lui était donné de s’en éloigner, elle l’oublierait rapidement pour retourner à des préoccupations plus morales…
La sorcière se délassa longuement dans un bain parfumé en surveillant l’heure. Elle était tentée par l’idée de faire patienter Malefoy et se serait bien laissée aller au plaisir de lui faire tout bonnement rater son rendez-vous si le second concerné n’était pas un homme au caractère encore plus exécrable que le sorcier blond…

Ginny sourit en plongeant la tête sous l’eau. Oh oui il avait sale caractère ! Mais à présent elle ne se sentait plus en danger à ses côtés et ses caprices lui tiraient souvent des sourires amusés.
Retournant vers l’air libre, elle lissa ses cheveux du plat de la main, humant les odeurs enivrantes qui flottaient autour d’elle.
Cette douce senteur de fleur d’oranger lui était très agréable et la jeune femme tentait de se souvenir ce que ce parfum lui rappelait. Elle venait de trouver un flacon de liquide onctueux qui, au contact de l’eau, avait rapidement donné une mousse épaisse et agréable.

Fermant les yeux, elle écouta cette mousse crépiter doucement autour d’elle et replongea sous l’eau pour y entendre les bruits sourds du manoir. Ginny adorait écouter ainsi les sons déformés par l’eau, s’imaginant sirène au plus profond du lac de Poudlard…
Lissant encore ses cheveux et son visage ruisselant d’eau, elle tendit le bras pour attraper la bouteille parfumée et sentit à même le flacon cette odeur agréable.
Soudain, elle se figea et le reposa rapidement après l’avoir fermé : cette odeur était celle de la peau de Lord Voldemort… et cette crème était donc la sienne.
Bien sûr, elle ne craignait plus pour sa vie, mais ne souhaitait pas non plus subir sa colère.

- Nox ! appela-t-elle tandis que l’elfe apparaissait en la cherchant dans le brouillard de la pièce. Je crois que j’ai fais une bêtise. Expliqua Ginny en montrant la bouteille presque vide.
L’elfe se mit à rire et prit le flacon.
- ce n’est rien, Miss. C’est ma faute, j’aurais dû mieux ranger ceci car je sais que mon maître y tient beaucoup. Mais il ne vous en voudra pas.
Ginny sortit de l’eau, se sécha et s’habilla rapidement en priant l’elfe de réparer au plus vite cette erreur et de re-remplir le flacon dès que possible.
Nox disparut alors en riant à nouveau de l’attitude de la sorcière et Ginny lui tira la langue.
- moque toi de moi ! odieuse créature ! grommela-t-elle en souriant à son tour, finalement amusée de se voir si préoccupée à l’idée de provoquer le mécontentement du sorcier pour un simple flacon de parfum.

L’heure était presque écoulée. Ginny approcha du lit où lord Voldemort avait gardé la même position et se demanda soudain comment elle allait pouvoir le réveiller.
Un bon verre d’eau sur la figure ! Songea-t-elle en apercevant sur la table de chevet ce dont elle avait besoin. Au lieu de cela, elle se pencha vers lui avec l’intention de tout simplement poser sa main sur son épaule et de le bercer jusqu’à ce qu’il s’éveille.
Lorsque son regard se posa sur le sorcier, il fut aussitôt attiré par une étrange marque, derrière son oreille droite.

Ginny hésita une brève seconde puis écarta d’un doigt une mèche de cheveux noirs avant de se figer de surprise : une fine cicatrice zébrait son cou, à la naissance de ses cheveux, juste en dessous de son oreille. Et cette cicatrice avait la forme d’un éclair.
Ginny en dessina la forme de son index et poussa un cri lorsque la main du sorcier se referma brusquement sur son poignet.
Lord Voldemort la regarda d’un air endormi et relâcha son bras après quelques secondes. Il s’assit ensuite sur le lit, posant les pieds au sol en ébouriffant ses cheveux de ses deux mains pour achever de se réveiller.

Il passa ensuite un doigt sur cette cicatrice, fixant Ginny d’un regard impassible tandis que la jeune femme restait immobile.
Il regarda alors l’heure et se leva en grommelant tant et plus avant de se placer face à sa captive.
- jolie cicatrice ? fit-il sur un ton qui étonna la jeune femme.
Cette question semblait attendre une réponse bien précise, comme si le fait de découvrir cet éclair constituait la trouvaille d’une faiblesse chez le sorcier.
Ginny prit son courage à deux mains et releva les yeux vers lui après avoir observé le sol de longues secondes.
- elle a… murmura-t-elle enfin, une forme particulière…

Lord Voldemort sourit à ces paroles et se pencha vers elle, effleurant ses lèvres. Ginny lui donna ce baiser qu’il attendait en se demandant si finalement elle ne l’attendait pas plus que lui…
Le sorcier s’éloigna ensuite en passant encore sa main dans ses cheveux.
- je dois voir Lucius. Fit-il d’une voix morne comme s’il tentait de s’encourager lui-même à reprendre ses esprits et à honorer ce rendez-vous avant de se diriger vers la porte.
- euuhhh, fit très stupidement Ginny en le voyant s’éloigner.
Le sorcier se tourna vers elle, l’air interrogateur, et la sorcière se mordit les lèvres pour ne pas rire.
- vous devriez peut-être vous habiller ?

Lord Voldemort plaqua sa main contre son torse avant de s’observer pour constater qu’effectivement, sa chemise gisait encore au sol, quelque part…Il la ramassa d’un geste pressé et l’enfila avant de se hâter vers la sortie, laissant à Ginny l’occasion de rire vraiment.

Les jours suivants passèrent pour elle comme si elle était plongée au cœur d’un rêve étrange. Ginny se demandait si le sorcier survivrait longtemps à des nuits aussi courtes, riant parfois en le voyant se lever à contre cœur tandis qu’elle restait blottie dans les draps, reposant son corps rompu de fatigue mais comblé de tous ses désirs.

A peine une semaine plus tard, elle s’éveilla encore plus tardivement alors que le sorcier avait déjà quitté la chambre.
S’étirant en songeant qu’il faudrait bientôt écrire à Hermione et lui conter l’évolution des choses, Ginny se leva en rougissant à l’avance avant de se figer, les yeux écarquillés. Face à elle, des bosquets de fleurs s’étalaient au sol, comme si le lit avait été posé au milieu d’un champ.
Bouche bée, elle observa les lys multicolores sans oser se lever, cherchant à comprendre si elle se trouvait toujours au manoir Voldemort lorsque Nox apparut dans un claquement.

- JOYEUX ANNIVERSAIRE, MISS !!! couina l’elfe d’une voix suraiguë.
Ginny resta médusée, persuadée que la créature déployait des trésors de volonté pour ne pas l’enlacer brusquement tout en comptant qu’effectivement, le 11 août était arrivé.
- c’est magnifique… bredouilla Ginny en tournant à nouveau les yeux vers les lys. C’est ma fleur préférée…
Nox acquiesça d’un air entendu et tendit à Ginny un objet vers lequel elle dirigea une main sans même le regarder.
Posant finalement les yeux sur celui-ci, elle stoppa son geste à quelques millimètres du bois.
- ma baguette ? questionna-t-elle en un souffle tandis que son sang battait contre ses tempes.

L’elfe approuva, l’air plus heureux que jamais et la lui posa au creux de la main.
-Il faut vous hâter, Miss. Faites rapidement votre toilette et rendez-vous au salon. On vous y attend.
- on ? interrogea Ginny en se levant sans pouvoir détacher ses yeux des Lys et de la baguette, qu’elle observait tour à tour.
- Mrs Guipure et ses couturiers. Faites vite, il est déjà tard !!
Ginny se laissa pousser dans la salle de bain et guider par Nox qui la coiffa elle-même tant elle était incapable de réaliser ce qui lui arrivait.
A peine un quart d’heure après, elle se trouvait face à une Mrs Guipure pâle comme la mort qui dardait en tout sens des regards inquiets et lui adressa un sourire crispé.

- Bonjour, Miss Weasley, fit-elle en s’inclinant légèrement. Lord… commença-t-elle en frémissant avant de reprendre, le menton tremblant, Celui Dont On Ne Doit Pas Prononcer Le Nom exige que je vous prépare une tenue à votre convenance.
Ginny acquiesça d’un signe de tête béat sous l’œil affolé de la malheureuse femme qui voyait là un signe supplémentaire de l’oeuvre de Lord Voldemort : comme cette pauvre enfant avait dû être martyrisée pour en perdre à ce point la parole et avoir une attitude aussi prostrée !
Ginny déglutit avant d’avancer vers elle.
- et bien, demanda la couturière d’une voix chevrotante en triturant son ruban à mesurer, que dois-je faire ?
- aucune idée. Souffla Ginny

Un silence pesant s’installa entre elles et soudain, Ginny éclata d’un rire clair. Prise de fou rire, elle se laissa choir sur le fauteuil tandis que Mrs guipure lançait à son assistant des regards inquiets.
- excusez-moi, finit par déclarer Ginny en se relevant. Nous pouvons commencer. Que vous a dit Lord Voldemort ?
Mrs Guipure couina de terreur et échappa son mètre. Ginny s’étonna de sentir en elle un certain agacement mêlé de mécontentement. Il lui déplaisait à présent qu’on agisse ainsi vis-à-vis du sorcier ; comme s’il était une espèce de fou près à tuer tout ce qui bouge !
La jeune femme grimaça en songeant que c’était pourtant ce qu’il était et qu’elle avait peut-être tendance à l’oublier trop facilement.

- il a dit que vous deviez choisir vous-même. Une tenue de sortie, ou bien un vêtement pour tous les jours…
- vert, je suppose ? fit Ginny d’une voix cynique.
- il n’a pas précisé la couleur…
Ginny laissa ensuite la couturière prendre les mesures nécessaires et s’aperçut que peu à peu, celle-ci s’absorbait dans son travail, abandonnant toute crainte.
Elle tourna longtemps autour de la jeune femme, murmurant d’inaudibles paroles en se frottant le menton avant de la fixer enfin, l’air radieux.
- tenue de soirée ou de journée ?
- pour tous les jours, si possible. Répondit Ginny en songeant qu’elle sortait bien peu.
- je vous imagine très bien dans une robe…. La couturière fit de nombreux gestes pour mimer les formes de la robe et Ginny l’observa avant de rire.

La couturière rit aussi, consciente de se laisser aller à sa passion pour son métier.
- je n’ai pas souvent l’occasion de pouvoir créer des robes de ma propre imagination, fit-elle d’une voix timide en se tordant les mains. J’en suis tout excitée ! avoua-t-elle en coulant un regard vers son apprenti qui approuva d’un signe de tête frénétique en souriant de toutes ses dents.
- faites à votre guise. Fit Ginny. Je connais vos talents, et j’ai toute confiance.
La jeune femme eut envie d’ajouter qu’en prime, étant donné que Lord Voldemort viendrait lui-même donner un avis sur sa future tenue, elle était convaincue que la couturière ferait de son mieux… mais elle se contenta de rire pour elle à cette méchante idée et n’en pipa mot.

La couturière s’affaira autour d’elle et plongea ensuite dans une malle sans fond pour y chercher du tissu qu’elle fit virevolter dans la pièce.
Elle s’arrêtait souvent, observant Ginny en se tenant le menton, lui demandant parfois de lever un bras ou de se tourner, marmonnant des ordres à son apprenti qui s’exécutait avec plaisir.
Enfin, Mrs guipure sortit sa baguette, effectua de longs mouvements complexes et chaussa de petites lunettes avant de se pencher vers le tissu, armée d’une aiguille si fine que Ginny avait du mal à la voir et d’un fil inexistant.

Elle tendit enfin à la jeune femme une robe d’un tissu vert bouteille et Ginny eut l’impression de s’habiller d’eau fraîche.
D’un mouvement, l’apprenti fit apparaître un miroir sur pieds et Ginny reprit la même attitude béate que quelques minutes auparavant.
La robe coulait jusqu’à ses chevilles et chaque mouvement de la sorcière la faisait virevolter autour d’elle en un éclat comparable à celui de la surface d’un lac.
Sur sa poitrine, de très fines broderies bordeaux mettaient en valeur la couleur fascinante de sa robe tout en apportant un certain rappel à sa chevelure.

D’étroites bretelles retenaient le bustier cintré de cette robe et Ginny, si elle n’avait pas été modeste, aurait reconnu qu’elle était tout simplement divine !
- vous êtes un joyau ! scandait le miroir en dansant d’un pied sur l’autre, si bien que Ginny était contrainte de le suivre pour ne pas perdre son reflet. Une véritable fée !
Sous le regard satisfait de Mrs guipure, l’apprenti alla ouvrir la porte et fit entrer un sorcier que Ginny ne connaissait pas et qui, tout comme les couturiers, observait alentour d’un air anxieux.
Il ouvrit alors la valise qu’il portait et en sortit de longues boîtes aux formes diverses toutes emplies de bijoux miroitants comme des soleils.
Après un regard sur la jeune femme et sa robe, il lui présenta un fin collier d’émeraudes et de rubis, assortis à une bague et à un bracelet tout aussi admirables que Ginny refusa.

- je ne peux pas… bredouilla-t-elle face à ces merveilles, songeant que cela devait coûter une fortune et surtout qu’elle n’avait jamais possédé pareil trésor.
Le bijoutier lança à Mrs Guipure un regard surpris et celle-ci encouragea Ginny à essayer le collier.
Elle le lui passa elle-même autour du cou et ne put cacher son admiration.
- vous êtes merveilleusement belle ! fit-elle tandis que Ginny rougissait en touchant les pierres précieuses du bout des doigts.
Ginny aimait les belles choses mais n’avait pourtant jamais éprouvé le désir pressant de posséder une belle robe ou des bijoux, contrairement à certaines de ses anciennes camarades de Poudlard qui attachaient beaucoup d’importance à leur tenue.

Cependant, aujourd’hui, elle ne pouvait détacher son regard du miroir et ses doigts se posaient tour à tour sur les petites pierres et sur les broderies de sa robe. Ginny se demanda ce qui, de la beauté de sa tenue ou bien de l’identité de celui qui la lui offrait, la subjuguait le plus. Un cadeau de Lord Voldemort… Lucius n’allait pas s’en remettre…
L’atmosphère se glaça soudain et Ginny entendit les bijoux trembler dans leurs boîtes et les aiguilles cliqueter entre elles lorsque Lord Voldemort parut enfin.
Ginny sourit sans pourtant pouvoir détourner les yeux de son reflet.

Le sorcier se plaça à ses côtés en affichant une mine faussement étonnée.
- mademoiselle ? questionna-t-il d’une voix polie, je suis à la recherche de Miss Weasley, l’avez-vous vue ?
Ginny eut un rire bref et une soudaine envie de sauter au cou du sorcier mais la présence de témoins la retint.
- tu es exquise… murmura le sorcier avant de se tourner vers Mrs Guipure et le bijoutier. Félicitations ! je passerai dès demain régler ce que je dois.
Chacun d’eux bredouilla lamentablement, manifestant de façon pitoyable leur désir d’offrir ces présents.
- je donne toujours ce que mérite chacun. Fit le sorcier, en bien comme en mal.
Les trois personnes s’éclipsèrent rapidement et Lord Voldemort se tourna encore vers Ginny

- tu parles !grimaça-t-il. Il voulait surtout s’éviter le bonheur de me voir entrer chez eux demain !
Ginny, qui avait elle aussi analysé les choses de la même façon, éclata à nouveau de rire et céda finalement à ses envies. Jetant ses bras autour de son cou, elle sentit le sorcier se tétaniser de surprise face à ce geste familier et espéra qu’il ne s’en offusque pas.
Tout au contraire, il l’enlaça à son tour de longues minutes avant de s’éloigner.
- il y a quelqu’un qui doit venir aujourd’hui. Je veux que tu reçoives cette personne… Fais ce qu’elle voudra, du moment que ça te permet d’être ici ce soir à vingt heures.

- ce soir à vingt heures répéta Ginny sans comprendre, priant pour qu’il ne s’agisse pas là d’un piège sordide.
La jeune femme avait encore du mal à se faire à l’idée que Lord Voldemort puisse rester tendre et prévenant et elle craignait parfois que toute cette douceur ne soit qu’un leurre… après tout, il avait très bien su par le passé la mettre en confiance pour pouvoir la piéger.
Cependant, Ginny se rassurait en se disant qu’il n’avait nul besoin de la tromper pour obtenir ce qu’il voulait, puisqu’elle avait juré de faire ce qu’il lui ordonnerait…
Elle s’apprêta donc à recevoir cet étranger, espérant qu’au moins elle ne le connaîtrait pas : avoir à subir la compagnie d’un mangemort n’était pas son fort…

Et si c’était Malefoy fils ? songea-t-elle avec panique en approchantla porte du manoir où elle avait dirigé ses pas et où des coups frappés annonçaient le visiteur. Ou bien Crabbe... Ou Goyle… Et si c’était Bellatrix ? Et si c’était
- maman ???
Ginny n’eut pas le temps d’entendre la réponse et se sentit défaillir. Mrs Weasley se rua sur elle et amortit sa chute aussi bien qu’elle le put.
- mon petit, mon tout petit… sanglota la malheureuse en caressant le visage de son enfant qui se relevait avec difficulté.
Mère et fille se contemplèrent de longues secondes avant de s’enlacer et de pleurer à chaudes larmes.

- Comment vas-tu, ma chérie ? hoqueta Mrs Wesaley en passant une énième fois sa paume sur la joue humide de sa cadette.
- Bien ! je vais bien maman.
Mrs Weasley contempla la robe de sa fille, admirant le tissu luxueux sous le regard amusé de Ginny qui la regardait tourner autour d’elle.
La jeune femme la conduisit vers la cours intérieure peu fréquentée et elles s’installèrent sous le saule de longues heures.
Ginny rassura sa mère sur ses conditions de vie et rit en surprenant le regard inquisiteur de sa chère maman qui scrutait sa silhouette pour s’assurer que son enfant n’était pas affamée.
- je suis bien nourrie, ne t’en fais pas ! se moqua-t-elle.

Ginny lui fit ensuite visiter les appartements où elle passait le plus clair de son temps et entreprit de lui montrer chaque coin du manoir, gagnée par la liesse, comme si cette maison était la sienne et qu’elle en tirait une fierté immense.
Mrs Weasley se laissa mener avec plaisir, observant son enfant d’un œil embué en souriant d’aise, la serrant parfois contre elle.
C’est ainsi que, bras dessus, bras dessous, elles virent surgir Lucius Malefoy au détour d’un couloir. Ginny sentit sa mère se figer et fixa le mangemort d’un regard froid.

Le sorcier blond approcha avec un sourire mauvais et eut un rictus dégoûté en toisant Mrs Weasley lorsqu’il s’arrêta près d’elles.
- Weasley…. Fit-il d’un ton dédaigneux sans un regard pour Ginny. Vous cherchez quelque chose ? les cuisines peut-être ?
- garder vos sarcasmes, Malefoy ! le seul endroit que je puisse espérer trouver est bien celui où vous n’êtes pas !
- en ce cas, il ne fallait certes pas venir chez mon Maître. Fit Lucius d’une voix lente et sifflante.
Ginny sentit sa mère se raidir à cette mention : la pauvre faisait de gros efforts pour oublier qu’elle se trouvait dans la demeure de Lord Voldemort et ce rustre s’amusait tout au contraire à le lui rappeler et à jouer de sa frayeur.

- poursuivez votre visite, je vous en prie. Ajouta Malefoy sur un ton faussement courtois avec un large signe vers le couloir derrière lui. Ce manoir vous donnera à voir plus que vous ne pourrez jamais en espérer. Une seule bretelle de cette robe, ajouta-t-il en tournant le regard vers Ginny, vaut le double ce que vous pouvez vous offrir, et le placard à chaudrons de ce manoir est à lui seul plus grand que votre… Terrier…. Que j’ai pris grand plaisir à brûler, soit dit en passant…
Ce fut au tour de Ginny de sentir son corps se raidir : elle ignorait ce détail et le ton doucereux de Malefoy l’ulcérait. Elle s’apprêtait à lui enjoindre de les laisser en paix lorsque Lord Voldemort apparut à son tour.

Etrangement, sa mère ne cilla pas et fixa Malefoy d’un œil mauvais après avoir brièvement observé le nouvel arrivant.
Mrs Weasley avait rapidement détaillé l’homme qui s’était joint à eux. Cheveux noirs, yeux noirs… un sourire avenant et un visage séduisant… décidément, songea Mrs Wesaley, les mangemort n’étaient pas tous de vieux croulants comme ce malheureux Nott qui se ratatinait à vue d’œil.
Bien qu’elle ignora l’identité du nouveau venu, elle ne put s’empêcher de regretter que Lord Voldemort parvienne à attirer dans sa puissance des sorciers tels que ce jeune homme. Quel gâchis, songea-t-elle avec amertume.

- Mrs Weasley, salua le sorcier brun, obligeant l’interpellée à reporter sur lui son attention. C’est un plaisir de vous voir ici.
La sorcière lui rendit son sourire et le détailla encore. Quel gâchis, je vous assure.
- Mr Malefoy ne vous importune pas, j’ose espérer ?
Molly eut un rire bref.
- jamais ! minauda-t-elle. Il n’est guère plus importun, à vrai dire, qu’un cafard dans un bol de soupe.
Le cafard sursauta d’indignation en portant une main à sa canne tandis que le sorcier brun riait.

La sorcière dardait à nouveau son regard vers Lucius, se retenant à grand peine de lui sauter au visage pour lui enfoncer ses ongles dans les yeux, songeant qu’elle aurait dû laisser Arthur lui donner une bonne correction, bien des années auparavant…
Elle sentit sa fille faire sur son bras une légère pression et inspira profondément, attendant qu’elle la mène loin de ces mangemort à la petite semaine.
- Lucius, fit le sorcier brun, allons-y, nous manquons de temps.
- à votre convenance, Maître, répondit-il.
Mrs Weasley se figea soudain, totalement pétrifiée, après s’être vivement tournée vers le sorcier. Plus rien en elle ne bougea plus alors.

Molly eut même l’impression que son cœur cessait de battre tandis que Malefoy achevait sa phrase. Celui-ci, sur un signe de son maître, poursuivit son chemin tandis que Lord Voldemort posait son regard sur le visage devenu livide de la sorcière.
Ginny tentait de redonner vie à sa mère en la tirant légèrement mais, telle une statue, Mrs Weasley restait immobile, la respiration coupée et les yeux arrondis comme des soucoupes.
Lord Voldemort resta quelques secondes silencieux puis laissa échapper un rire bref et amusé.
- je serais curieux, se moqua-t-il enfin, de savoir combien de temps vous pouvez ainsi rester en apnée, Madame.
Mrs Weasley sembla parcourue par une onde électrique et tressaillit de tout son être. La vie reprit cependant ses droits et sa respiration revint, se faisant de nouveau aussi régulière que possible, compte tenu de la situation.

Elle orientait à présent toute sa haine vers le sorcier brun, grommelant avec l’air de mâcher sa langue. Lord Voldemort eut un sourire amusé et se tourna vers Ginny.
- elle finirait presque par me faire peur.
- mais elle peut être redoutable. Ajouta Ginny en souriant tandis que sa mère tournait la tête à leur opposé en relevant le nez.
- plus que moi ? susurra le sorcier en approchant d’elle.
Ginny hésita un instant à répondre, ne sachant jusqu’où elle pouvait pousser la plaisanterie, bien consciente que sa toute nouvelle relation privilégiée avec le mage noir ne lui donnait pas tous les droits.

Elle se tourna brièvement pour s’assurer que Lucius était loin et répondit finalement
- d’une certaine manière, oui.
Le sorcier ne put retenir un rire et s’éloigna à grands pas.
- je fuis donc. A ce soir !
Ginny dut à nouveau effectuer une pression sur le bras de sa mère pour qu’elle reprenne sa marche.
Elles marchèrent ainsi jusqu’à la volière sans que Mrs Weasley ne prononce un mot et Ginny la laissa penser à sa guise.
- ma fille, finit-elle par dire, tu ne m’avais pas dit qu’il était très beau garçon !
- MAMAN !! fit Ginny d’une voix indignée tandis que Mrs Weasley partait d’un grand rire, laissant s’évacuer la forte dose de stress qu’elle venait d’accumuler.
jalousie et possession by Morgane


Elles marchèrent ainsi jusqu’à la volière sans que Mrs Weasley ne prononce un mot et Ginny la laissa penser à sa guise.
- ma fille, finit-elle par dire, tu ne m’avais pas dit qu’il était très beau garçon !
- MAMAN !! fit Ginny d’une voix indignée tandis que Mrs Weasley partait d’un grand rire, laissant s’évacuer la forte dose de stress qu’elle venait d’accumuler.

Ginny regarda sa mère rire de longues minutes alors que celle-ci s’était laissée tomber sur un seau renversé, entourée de hiboux qui hululaient de surprise et de mécontentement.
Molly se releva enfin en soupirant.
- il n’empêche, fit-elle avant de murmurer avec un regard espiègle, qu’il est vraiment très beau garçon…
Ginny la condamna au silence en fronçant les sourcils et la tira jusqu’au parc où Mrs Weasley s’extasia de nombreuses minutes.
Enfin, de retour dans les appartements privés du Lord Noir, Molly scruta la pendule en retrouvant une certaine tristesse.
- il va falloir que je parte.
- déjà ? s’écria Ginny. Mais il est à peine seize heures !
- je dois me rendre au magasin de tes frères et aussi passer chez Ollivander chercher une baguette pour… Bref, soupira-t-elle, il ne faut pas que je traîne…

Ginny sentit des larmes monter à ses yeux.
- je t’accompagnerais bien… murmura-t-elle
- tu en aurais le droit ? questionna Mrs Weasley en grimaçant.
Se rappeler que sa fille adorée était obligée de se plier aux exigences de Lord Voldemort lui était très pénible, et sa voix soudain enraillée le prouvait fort bien.
- je ne sais pas. Chuchota Ginny en réfléchissant. Il a dit que je devais être là à vingt heures… mais que je pouvais faire ce que tu voulais.
- et bien c’est décidé ! viens avec moi ! Fit Molly d’une voix claire en frissonnant pourtant, consciente de ce que ces propos impliquaient comme défi.

Le claquement que fit Nox en apparaissant à leur côté fit sursauter Mrs Weasley et l’elfe posa sur Ginny un regard gêné.
- à ton avis ? interrogea Ginny, je peux ou pas ?
Nox approuva en grimaçant.
- le Maître avait bien sûr envisagé cette possibilité… Mais étant donné qu’elle lui déplaisait, il n’a pas jugé bon de vous y autoriser clairement…
Ginny sentait son cœur accélérer sa course de hâte à l’idée de revoir le chemin de Traverse mais aussi de crainte à celle de défier Lord Voldemort, même légèrement… elle avait tant à perdre…
- Vous pouvez y aller… chuchota Nox en approchant, comme s’il s’agissait d’une confidence. Mon maître ne vous en tiendra pas rigueur… il espérait juste que vos doutes vous encourageraient à rester.

La petite créature adoptait une attitude victorieuse. Droite et figée, Nox souriait face à Ginny, puis soudain, se recroquevilla en tremblotant.
- Mon maître sera furieux si il sait que je vous ai dit ça… oh oui il sera furieux…
- et bien nous ne lui dirons pas…
Nox sourit à nouveau et sortit de sous son tablier une petite bourse avant de la tendre à Ginny.
- voici de quoi vous offrir quelques douceurs. Expliqua-t-elle avant de reprendre sous le regard interrogateur de Ginny. Mon maître avait vraiment tout prévu…

- merci à toi, Nox. Fit Ginny en prenant la bourse. Que pourrais-je faire pour te remercier ?
L’elfe se figea, tétanisée de surprise et de plaisir, les yeux agrandis d’admiration.
- il y a quelque chose que tu aimes ?
- je… bafouilla Nox en se tordant les mains. J’aime beaucoup les nougats… couina-t-elle.
- je t’en rapporte. A tout à l’heure ! fit Ginny en rejoignant sa mère près de la cheminée.
Molly sortit la poudre miraculeuse de son sac et la lança dans l’âtre. Ginny eut juste le temps d’entendre Nox l’encourager à revenir vite de sa voix couinante avant de se retrouver au chaudron baveur.
La jeune femme arpenta le Chemin de Traverse en suivant sa mère d’un air rêveur, portant souvent sa main sur sa poitrine serrée par l’émotion.

Lee frôla l’évanouissement en les voyant entrer toutes deux dans le magasin et envisagea de suite l’idée de faire fuir Ginny à la minute. Cependant, elles lui rappelèrent très justement que Lord Voldemort aurait tôt fait de les retrouver, et qu’on risquait bien trop à encourir sa colère.
Lee ferma le magasin et ils passèrent un long moment à discuter autour d’une glace aux mille parfums.
Ginny rayonnait de bonheur et le sentiment de liberté qui l’envahissait semblait lui donner des ailes. De nombreux jeunes gens tournaient la tête vers elle, certains avec un air affolé parce qu’il venait de la reconnaître comme étant le joyau de Lord Voldemort, d’autres, tout simplement, parce qu’ils étaient éblouis par cette joie qui la rendait si belle.

L’un d’eux eut l’audace d’approcher jusqu’à leur table et de les saluer avant de se tourner vers Ginny, un sourire charmeur aux lèvres. Ses boucles blondes et ses dents étincelantes lui rappelèrent Lockhart et Ginny fit de gros efforts pour ne pas grimacer.
- Mademoiselle, fit-il d’une voix cajoleuse, je ne pense pas avoir eu le bonheur de vous croiser avant ce jour… Puis-je connaître votre nom ?
Ginny lança un regard amusé à Lee Jordan, assis à ses côtés, qui levait les yeux au ciel d’un air agacé.
- Je m’appelle Ginny Weasley, répondit la sorcière en souriant, amusée de se voir ainsi courtisée à la terrasse d’un glacier.
Mrs Weasley riait sous cape sans cacher sa fierté, un peu gênée tout de même par l’audace de ce beau parleur.

- Comment se fait-il, questionna le sorcier sur un ton doucereux, que je n’ai pas su poser les yeux sur vous jusqu’à présent ? Une telle beauté ne passe pourtant pas inaperçue.
- C’est sans doute, trancha Lee que l’attitude du sorcier commençait à agacer prodigieusement, parce qu’elle a passé les douze derniers mois chez Lord Voldemort.
Le sorcier perdit tout aussitôt son sourire engageant tandis que celui de Lee faisait se tordre de rire les deux Weasley.
Cependant, le jeune homme blond sembla considérer que Lee ne parlait que par jalousie et ne prêta pas longtemps attention à ses paroles. Il se tourna à nouveau vers Ginny qui ne lui laissa pas le temps de reprendre son jeu de séduction.
- écoutez, mon brave, je crois que vous perdez votre temps. J’appartiens à un autre et…

- peu m’importe ! s’exclama le sorcier d’une voix joyeuse en levant le poing en l’air, le visage rayonnant.
Mrs Weasley, quant à elle, s’était figée en entendant les paroles de sa fille et échangea un regard entendu avec Lee Jordan.
- je suis prêt à braver tous les dangers pour vous !
- ah vraiment ? fit Lee d’une voix cynique, le teint soudain pâle tant de colère que d’appréhension, alors que son regard passait par-dessus l’épaule du sorcier. Je ne saurais trop vous conseiller de courir, pauvre idiot !
- fuir mais pour…
La voix du sorcier se perdit en gargouillements tandis qu’une poigne ferme enserrait le col de sa cape.
Lee baissa rapidement la tête pour éviter le sorcier blond qui vola par-dessus lui pour s’écraser contre le mur du magasin.
Autour d’eux, chacun s’était figé. L’aura émanant du sorcier brun qui venait d’apparaître crépitait et il ne fallut que peu de temps à ceux qui ignoraient son identité pour la deviner.

- tu as dix secondes, siffla Lord Voldemort au sorcier qui se relevait avec peine, pour disparaître de ma vue…
En moins de cinq, l’importun avait déjà passé le coin de la rue.
- il court vite… nota Lee en se forçant à ne pas rire, plutôt amusé de voir ainsi détaler cet enjôleur.
- bien dommage, grommela Voldemort en scrutant le bout de la rue avant de reporter son regard sur Lee, qui perdit du même coup sa bonne humeur. Mr Jordan, reprit Voldemort en évaluant d’un regard la distance qui le séparait de Ginny, pas plus près n’est-ce pas ?
- je ne tiens pas à voler par-dessus les tables. Répondit le sorcier sans savoir s’il devait rire ou hurler de terreur.
- Madame, fit enfin Voldemort en se tournant vers Molly avec un sourire amusé, cessez donc d’entrer en apnée chaque fois que j’approche…

Mrs Weasley plongea le nez dans sa coupe de glace en maugréant tandis que le sorcier entrait dans le magasin où ils se trouvaient en terrasse. Soudain, Ginny se leva en posant une main sur son dos et disparut à sa suite après avoir bredouillé un «il m’appelle, je reviens» qui laissa sa mère et son ami perplexes.
A peine était-elle entrée dans le bar étrangement vide que deux bras l’attrapaient fermement pour la caler le long du mur. Ginny sentit des lèvres brutales se poser sur les siennes et des mains dures agresser son corps sans qu’elle puisse voir qui les lui infligeait, bien qu’elle en eut une idée assez précise…
Elle se dégagea en criant légèrement, repoussant son agresseur d’un geste brusque jusqu’à pouvoir l’identifier de façon certaine.

Le regard noir et glacé de Lord Voldemort croisa le sien et d’un mouvement sec, il écarta la main que Ginny avait posée sur son torse pour l’éloigner.
Il se jeta à nouveau sur elle, ses yeux plongés dans les siens et Ginny sut qu’il y cherchait le moindre signe de rébellion.
Le visage fermé du sorcier prouvait combien il était furieux qu’elle ait osé ainsi le repousser, mais la sorcière percevait le doute en lui : il ne pouvait réellement savoir si Ginny l’avait repoussé lui ou bien si elle avait agi par réflexe face à son agression.
Il approcha lentement son visage du sien, son regard plein de défi traduisant clairement qu’il valait mieux pour elle ne pas retenter l’expérience de se rebeller.

En une fraction de seconde, Ginny comprit tout le pouvoir qu’elle possédait sur lui. Sans attendre qu’il achève de venir jusqu’à elle, elle l’avait enlacé pour se blottir contre lui en soupirant.
- j’ai eu peur… chuchota-t-elle comme une excuse.
L’instant d’après, le sorcier lui rendait son étreinte avec cette douceur envoûtante qu’elle redoutait tant de perdre et elle écouta les paroles du sorcier, les accueillant comme si elles étaient elles aussi une demande de pardon.
- et moi je ne supporte pas de voir quiconque t’approcher de trop près…
Le rire léger de Ginny détendit encore le sorcier et lorsqu’elle se redressa pour lui faire face, rien sur le visage de son maître ne laissait plus voir aucune colère ni haine.

- l’ennui, fit-elle d’une voix taquine, c’est que ce que vous considérez comme trop près vous est propre… et très particulier…
- et alors ? répondit-il en l’embrassant, qui d’autre que moi est en droit de juger quelle distance est la bonne pour t’approcher ?
- personne. Souffla Ginny en frissonnant avant de lui rendre son baiser
Mrs Weasley commençait déjà à tourner vers l’entrée du magasin des regards inquiets et lorsque Ginny eut assez prouvé à son maître qu’elle n’appartenait véritablement qu’à lui et certainement pas à un dragueur à la petite semaine et qu’elle s’en retourna près de sa mère et de Lee, celle-ci commençait déjà à se lever pour rejoindre sa fille, quitte à devoir se battre avec Lord Voldemort si sa vie en dépendait…

Molly se rassit en tournant vers son enfant des yeux pleins d’une surprise teintée d’inquiétude… ou était-ce de désapprobation ? Ginny rosit face à la mine passablement indignée de sa mère et la rassura d’un sourire.
- ‘voulait quoi ? grommela Molly en surveillant si le sombre mage paraissait à la porte.
- oh euhh .. bredouilla Ginny en rougissant davantage, rien de particulier…
Mrs Weasley acheva sa glace à coups de petite cuillère rageurs avant de se lever pour emmener à sa suite les deux jeunes gens à l’assaut de magasins encore non visités et Ginny put honorer sa promesse en achetant une quantité non négligeable de nougat.
Après un long moment, Mrs Weasley entra seule chez Ollivander, à sa demande, et ressortit bientôt. Ginny, qui éprouvait encore une certaine gène vis-à-vis de sa mère, n’osa rien demander mais sentit son cœur déborder d’amour lorsqu’elle passa son bras sous le sien, calant sa main dans la sienne.

- ma fille chérie, murmura Molly, si tu savais comme je suis heureuse d’avoir pu te revoir… et aussi…
- et aussi ?
- nous en parlerons plus tard. Acheva Molly.
Ainsi, dès que les deux Weasley furent à nouveau seules, au moment de se diriger vers une cheminée du chaudron baveur, Mrs Weasley enserra à nouveau sa fille et lui parla d’une voix tendre et rassurante.
- Ginny… j’aimerais que tu répondes à ma question… sans mentir, bien sûr, et surtout sans te préoccuper de ce que je pourrais penser…
La jeune sorcière acquiesça en sentant sa gorge se serrer.

- est-ce que tu aimes cet homme ?
Ginny continua à marcher à côté de sa mère qui la tenait toujours par le bras sans pourtant oser croiser son regard. La jeune femme avait l’impression que ses jambes ne parviendrait pas à la porter jusqu’au troquet où elles se rendaient…
Ginny ouvrit la bouche pour répondre à sa mère mais ne put prononcer aucun son. Molly sourit en baissant les yeux au sol tout en tirant sa fille à sa suite à l’intérieur du bar.
- ne dis rien, je pense que ton silence vaut toutes les réponses.
- non maman… murmura Ginny, soudain prise de sanglots. Je t’en prie, non. J’ai besoin de le dire…
- alors dis le. L’encouragea Molly en stoppant devant une cheminée crasseuse, se tournant vers sa fille pour lui faire face. Dis moi Ginny, aimes-tu cet homme ?

- je crois bien que oui… répondit timidement Ginny en devenant écarlate sous le regard à présent amusé de sa mère.
Molly éclata de rire, faisant tourner vers elles des regards surpris, et enlaça brusquement ça fille avant d’essuyer ses yeux embués de larmes.
- elle croit bien… « dit-elle »… taquina Mrs Weasley en s’emparant de poudre de cheminette.
Les deux sorcières se placèrent dans l’âtre vide et Ginny ordonna : « Manoir Voldemort ! »
Toutes deux retinrent leurs rires jusqu’à sentir le sol à nouveau sous leurs pieds : dans le bar sombre, de nombreux verres n’avaient pas survécus à la maladresse de clients affolés par cette destination.
Pourtant, aucune d’entre elles ne trouva plus matière à rire lorsqu’elles trouvèrent installé à les attendre dans le salon le maître des lieux.

Molly se figea à nouveau, concentrée sur sa respiration, et bredouilla de vagues excuses, prétextant le besoin de se rafraîchir, pour fuir vers la salle de bains.
Le regard noir et froid du sorcier inquiéta aussitôt Ginny qui lança un rapide coup d’œil à la pendule. 19h30… elle n’était pas en retard.
Le sorcier se leva lentement du fauteuil où il était assis sans quitter la jeune femme immobile des yeux et approcha d’elle. Ginny eut l’impression de replonger quelques mois en arrière, d’être à nouveau proie face à un prédateur qui tenait sa vie entre ses mains… ou même dans ses yeux, puisqu’elle percevait que d’un regard, il aurait pu la tuer.

Lorsqu’il fut face à elle, si près qu’elle parvenait à discerner chaque nuance de ses yeux sombres, elle s’aperçut qu’il était parcouru de frissons qui le faisaient parfois trembler légèrement.
- je ne veux plus que tu sortes d’ici. Finit-il par siffler, mâchoires serrées.
Ginny ne comprenait nullement ce qui pouvait le pousser à parler ainsi, mais tout en elle était en alerte : le sorcier était sur le point de se laisser submerger par la colère, pour une raison qu’elle ignorait, mais elle comprenait parfaitement qu’il était primordial de ne pas l’irriter davantage… et elle n’en avait d’ailleurs aucune envie.
- comme vous voudrez… Murmura-t-elle aussitôt sans pouvoir masquer l’inquiétude et la surprise qui voilait son regard.
La lueur malveillante qui passa dans les iris de Voldemort la fit tressaillir à son tour et achever sa phrase avec précipitation lorsqu’il leva une main vers elle.

- …Maître, fit-elle en un souffle tandis que la main du sorcier se posait sur sa nuque, ses doigts se refermant lentement mais fermement sur ses cheveux libres.
Ginny releva les bras vers cette emprise qui commençait déjà à lui être douloureuse en sentant les larmes emplir ses yeux. Elle s’apercevait avec horreur que plus le temps s’écoulait, plus les gestes du sorcier avaient pour elle de l’importance. Elle doutait même que tout ce qu’il avait pu dire ou faire jusqu’à présent lui ait infligé autant de chagrin que ce geste là.
- je vous en prie, murmura-t-elle en posant ses mains sur les bras du sorcier. Je n’ai rien fait de mal…
- je suis le seul à pouvoir décider si c’est effectivement le cas ou non. Trancha Voldemort en approchant d’elle.
Ginny, en plus de la peine que cette attitude provoquait en elle, songea soudain que sa mère se trouvait dans la pièce voisine, que d’une minute à l’autre elle reviendrait, qu’elle prendrait la défense de sa fille contre le mage… et qu’elle mourrait.

- s’il vous plait. Chuchota Ginny d’une voix si faible qu’elle avait elle-même du mal à l’entendre. Je vous assure que je n’ai rien fait qui puisse justifier cette colère… Ginny ferma un instant les yeux pour tenter de retenir ses larmes mais elle sentit malgré toute sa volonté un filet humide descendre le long de sa joue.
- je ne veux plus que tu sortes ! Répéta Voldemort sur un ton toujours aussi sec.
- alors je ne sortirai plus… gémit Ginny. Mais ne me regardez pas comme ça, finit-elle par supplier en fermant définitivement les yeux, vous me faites peur.
- je te fais peur ? Railla Voldemort avec un rire bref et froid. Regarde moi !! Ordonna-t-il en resserrant un peu plus son emprise.

Ginny rouvrit les yeux comme il l’exigeait, ses larmes coulant à présent à flots sur ses joues. Plongeant son regard dans celui plein de rage du sorcier, elle lutta pour ne pas s’écrouler sous le poids de son chagrin. Elle ne pouvait pas l’avoir perdu. Pas si vite… Quelques heures auparavant il l’embrassait en la serrant contre lui, pourquoi et comment pouvait-il alors agir ainsi ?
Ginny sentit peu à peu que cette peine là effaçait toutes les autres, que son désir de le retrouver était bien plus puissant encore que la peur qu’il lui inspirait.
- je ferai ce que vous voudrez. Répéta-t-elle d’une voix soudain emprunte de sûreté qui étonna le sorcier. Toujours. Et vous le savez très bien. Le ton de Ginny prenait peu à peu la couleur du reproche et ses pupilles brillaient de détermination face à son tortionnaire. Vous savez parfaitement que me maltraiter ne vous donnera pas plus d’emprise sur moi, poursuivit-elle, tout simplement parce qu’on ne peut pas en avoir plus…

- je ne veux plus que tu sortes… fit à nouveau Voldemort, comme s’il était à présent incapable de prononcer la moindre autre phrase.
- et je ne sortirai plus ! Cria presque Ginny.
Tous deux restèrent soudain quelques secondes totalement immobiles face à l’autre, la réaction de Ginny agissant sur eux comme un choc puissant.
- ne me parle pas sur ce ton. Murmura enfin le sorcier en approchant son visage du sien.
- mais j’ai tellement peur. Sanglota Ginny en fermant à nouveau les yeux, incapable de se contrôler encore.
- peur ? Murmura le sorcier à son oreille en lâchant ses cheveux pour laisser glisser sa main dans son dos. Tu as peur de mourir Ginny ?
- je n’ai pas peur de mourir, non… soupira Ginny en posant sa joue contre la sienne.

Elle sentit le sorcier frémir légèrement à ce contact et se laissa aller contre lui lorsqu’il l’enlaça plus étroitement.
- alors de quoi as-tu peur ? Questionna le sorcier d’une voix redevenue neutre.
- et vous ? fit Ginny en frissonnant de sa propre audace. De quoi avez-vous peur ?
- moi ? Rit Voldemort en s’éloignant légèrement pour lui faire face. Mais moi, je n’ai peur de rien… susurra-t-il en plongeant ses yeux dans les siens.
De longues secondes, ils s’observèrent encore en silence et Lord Voldemort éprouvait pour la première fois des difficultés à mentir… Il réussissait toujours à faire croire à autrui ce qu’il désirait mais cette fois, il n’y parvenait pas, pour la simple raison qu’il se mentait à lui-même.

Le sorcier tentait de se convaincre qu’effectivement, il ne redoutait rien, mais toute son attitude lui prouvait le contraire. Ginny n’avait rien fait qui justifie sa colère et seule sa peur de ne pas la voir revenir l’avait peu à peu fait sombrer dans une humeur morose.
Comble de l’horreur, il savait également qu’elle n’était pas dupe et qu’elle comprenait elle aussi que ce comportement excessif était directement lié au fait que durant quelques heures, sa prisonnière avait échappé à son contrôle.
- tu ne partiras plus ? Questionna-t-il soudain d’une voix qu’il s’efforçait de ne pas rendre trop ‘suppliante’.
- si vous ne le voulez pas, non. Répondit Ginny en luttant contre le désir de l‘enlacer encore.
Le sorcier en revanche ne fit aucun effort pour s’en empêcher et scella cette promesse d’un baiser qui fit chavirer le cœur de sa prisonnière.

Ginny se demandait si elle pourrait longtemps supporter ces moments d’intense anxiété ou elle pensait le perdre avant de le retrouver brusquement, surtout inquiète de constater que son humeur pouvait changer soudainement sans raison apparente ou prévisible.
Mrs Weasley mit fin à ses réflexions et Ginny soupira de soulagement en la voyant revenir au salon alors que Lord Voldemort était retourné s’asseoir. Si la malheureuse avait vu son enfant embrasser avec passion Lord Voldemort, elle se serait sans doute évanouie d’horreur…
- bien... fit timidement Molly. Je vais partir, à présent.
Le sorcier se leva à nouveau pour approcher de Mrs Weasley qui enlaçait sa fille à lui broyer les côtes. Molly s’éloigna enfin d’elle et essuya ses larmes d’un revers de main.

- merci bien pour l’accueil.fit Mrs Weasley en se tournant vers le sorcier avec dans la voix un brin d’ironie qui le fit rire.
Molly déposa encore sur les joues de sa fille des baisers humides en la serrant contre elle, sans plus se soucier de la présence de Voldemort.
- ça ira ? fit-elle soudain à son intention. Je suis autorisée moi, à approcher ma propre fille ?
Le sorcier éclata de rire avant de répondre.
- que ça ne se reproduise pas trop souvent…
Molly entra dans l’âtre vide et chercha la précieuse poudre qu’elle avait apportée. Avant de la lancer autour d’elle, elle releva les yeux vers le visage triste de Ginny puis se tourna vers le sorcier.
- vous ne lui ferez pas de mal, n’est-ce pas ?

Pour toute réponse, il se contenta de sourire et lorsque Mrs Weasley demanda à se rendre dans «le nid», Lord Voldemort l’encouragea à saluer de sa part le phénix.
- le phénix ? Questionna Ginny d’une voix serrée par le chagrin.
A nouveau, le sorcier se contenta de sourire et l’instant d’après, il entraînait sa captive vers la chambre.
- j’ai passé une journée horrible. Maugréa-t-il en la couvrant de baisers. Je déteste ne pas pouvoir faire ce que je veux à la seconde…
Ginny rougit en analysant clairement ce à quoi il faisait allusion.
- je ne veux plus que tu partes… soupira le sorcier dans ses cheveux, provoquant chez Ginny un bref éclat de rire.

Lord Voldemort suspendit ses caresses et ses baisers pour plonger son regard dans le sien.
- vous ne seriez pas, Miss Weasley, en train de vous moquer de moi, par hasard ?
- je n’oserais pas ! Hoqueta Ginny en se mordant les lèvres pour ne pas rire vraiment.
Un frisson délectable la parcourut lorsqu’il se pencha vers elle, effleurant ses lèvres et son nez, et elle se sentit à nouveau fondre lorsqu’il prit ses mains pour les placer dans son dos avec ce sourire calculateur qu’elle trouvait à présent si appétissant.
Ginny fut tiraillée une bonne partie de la soirée entre sa faim pour le sorcier et celle de son estomac qui réclamait son dû à grands renforts de gargouillements, et fut soulagée de voir apparaître Nox chargée d’un plateau qui lui permit d’allier ses deux désirs à la fois.
Sans quitter les bras du sorcier, la jeune femme dévora à belles dents les plats proposés par Nox.

Ginny chercha à tâtons sa baguette, qu’elle se souvenait avoir laissée sur sa table de nuit et murmura un « accio nougats » sous l’œil arrondi de Nox.
Le petit paquet lévita jusqu’à elle et Ginny le tendit à l’elfe aux mains tremblotantes de reconnaissance.
- comme promis. Fit Ginny en déposant le paquet dans les paumes ouvertes de l’elfe.
La sorcière détourna le regard pour reposer la baguette à sa place et se figea d’effroi. Ce n’était pas la sienne, mais celle de Lord Voldemort. Le sorcier, cependant, se souciait plus du sac de bonbons que de tout autre chose.
- des nougats ? Questionna-t-il en avançant une main vers Nox.
D’un geste vif, l’elfe retira le paquet de la portée du sorcier et son regard se voila aussitôt de peur face à ce réflexe.
Dans ses yeux, Ginny put lire le combat qui se déroulait en elle. Entre l’amour de son maître et celui des nougats, lequel l’emporterait ?

En un claquement, Nox disparut de la vue des sorciers et Ginny éclata de rire face à la mine scandalisée de Lord Voldemort.
Prise de fou rire, elle ne parvenait pas à respirer convenablement, et son hilarité redoublait chaque fois qu’elle croisait le regard incrédule du sorcier.
Lord Voldemort victime de la mutinerie de son elfe… pour un paquet de nougats ! Ginny pensait ne jamais pouvoir cesser de rire et sentait ses joues et son estomac souffrir agréablement de cette «crise».
Le sorcier la regardait toujours sans mot dire, et Ginny sut que d’un instant à l’autre, il se jetterait sur elle pour lui montrer à quel point il restait le maître malgré tout.
Comme prévu, il étouffa les rires de sa captive, la condamnant au silence en s’emparant de sa bouche avec d’autant plus d’application que chaque fois qu’il s’éloignait, la malheureuse reprenait son rire incontrôlable.

- tu vois… finit-il par murmurer. Tu te moques de moi…
Ginny ne put que rire à nouveau en se serrant contre lui, frissonnant de plaisir.
- c’est plutôt la situation qui m’amuse. Répondit-elle. Lord Voldemort, le sorcier qui fait trembler le monde sorcier au grand complet, défié par un elfe de maison…
Le sorcier sentit le corps de sa captive secoué par les rires contre lui et se délecta de ce sentiment de plénitude qui l’envahissait comme jamais auparavant.
- je vais lui couper la tête… grommela le sorcier, et l’accrocher à la porte d’entrée.
Ginny grimaça en entendant ses propos, bien qu’elle sache qu’ils n’étaient que plaisanterie, et s’abandonna encore aux caresses de son maître.
- Ginny ? Murmura-t-il soudain contre sa joue, provoquant chez elle un sourire complice et des paroles envoûtantes qu’elle prononça avec délectation.
- je n’appartiens qu’à vous chuchota Ginny dans son cou avant d’ajouter comme un défi : et je ne sortirai plus.
Le grognement d’ours de Lord Voldemort la fit rire encore de brefs instants, mais les gestes du sorcier la plongèrent bientôt dans un plaisir tel qu’elle oublia de rire pour se concentrer uniquement sur ces mains posées sur elle et cette peau frissonnante sous ses doigts.

dragon et condor by Morgane
- Ginny ? Murmura-t-il soudain contre sa joue, provoquant chez elle un sourire complice et des paroles envoûtantes qu’elle prononça avec délectation.
- je n’appartiens qu’à vous chuchota Ginny dans son cou avant d’ajouter comme un défi : et je ne sortirai plus.
Le grognement d’ours de Lord Voldemort la fit rire encore de brefs instants, mais les gestes du sorcier la plongèrent bientôt dans un plaisir tel qu’elle oublia de rire pour se concentrer uniquement sur ces mains posées sur elle et cette peau frissonnante sous ses doigts.

A son réveil, la jeune femme chercha le sorcier des yeux et se prit à regretter son absence. Lord Voldemort avait déjà quitté les appartements et Ginny se languissait de ne pouvoir se réveiller doucement au rythme de la respiration apaisante du mage… elle sourit en constatant qu’elle n’en éprouvait d’ailleurs plus aucune honte ou regrets. Avoir pu ‘avouer’ à sa mère cet amour inconcevable lui avait été d’un grand secours moral.

Fermant les yeux en soupirant, la sorcière chercha en elle le courage d’imiter le sorcier et se leva. Après une longue douche fraîche revigorante et un petit déjeuner copieux, elle enfila une robe légère et entreprit de se diriger vers le parc où Lord Voldemort se trouvait souvent à travailler quelques sorts aussi complexes qu’inutiles, aux yeux de sa captive…
Le petit sorcier prénommé Gérald se trouvait à nouveau au manoir et Ginny en éprouva un plaisir certain : elle appréciait cet homme jovial, et l’air d’adoration qu’il prenait chaque fois que son maître venait à paraître la faisait souvent rire aux éclats.

Ginny chercha ‘l’adoré’ en question, rougissant en se demandant qui, d’elle ou de Gérald, était le plus à railler à ce sujet, et dut contourner le manoir puis se diriger vers le lac à quelque distance de là pour le trouver, debout dans une barque, au beau milieu de l’eau calme.
- que fait-il ? Questionna Ginny en observant la petite embarcation à l’attention de Gérald qui se tordait les mains.
Pour toute réponse, le sorcier montra Lord Voldemort d’un doigt tremblant, puis la surface lisse du lac, sans jamais quitter des yeux le sorcier.
Son regard avide encouragea Ginny à l’imiter et bientôt, tous deux frémirent en contemplant le spectacle que leur ’offrait’ Voldemort.
A quelques mètres de lui, une créature immense sortit de l’eau et la sorcière étouffa un cri de frayeur avant de comprendre que cet animal, qui tenait à la fois du dragon et du serpent, était entièrement composé d’eau, et ce par la volonté même du sorcier.

Gérald tomba à genoux en pleurant de joie entre ses mains, reniflant avec abondance en dodelinant de la tête.
- merveilleux, couinait-il d’une voix chevrotante. Il est merveilleux.
Ginny haussa un sourcil sceptique en contemplant cet homme fasciné et l’observa avec surprise se lever et disparaître précipitamment.
- ‘dois prendre des notes. S’excusa-t-il. A plus tard !
Ginny le regarda s’éloigner en souriant, le cœur empli d’une certaine compassion bienveillante. L’affection que ce sorcier portait à Lord Voldemort avait quelque chose de paternel, d’attendrissant…
Lorsqu’elle se tourna à nouveau vers les eaux du lac qu’elle entendait s’agiter derrière elle, elle poussa un cri strident en brandissant sa baguette ; trop tard cependant.

Une colonne d’eau s’abattit sur elle et Ginny ferma les yeux en attendant le choc après avoir seulement eut le temps de lancer un protégo peu rassurant.
L’animal aqueux l’entoura sans difficulté ni brusquerie et Ginny sentit son estomac se retourner lorsqu’elle fut enlevée au sol.
Bientôt, osant un regard vers le bas, elle distingua la barque où se trouvait Voldemort. D’un geste il dissipa le monstre et la sorcière tomba brusquement vers lui.
Le mage la réceptionna d’un mouvement sûr qui fit pourtant tanguer la barque dangereusement et le teint verdâtre de sa captive fit rire le sorcier.
Ginny constata avec effroi que sa robe légère, plus qu’humide, tenait un peu trop de l’invisible à son goût… elle s’apprêtait à la sécher d’un sort quand Voldemort retint son geste.
- non non. Murmura-t-il. Surtout pas. C’est absolument parfait ainsi.
La jeune femme sentit ses joues s’embraser et observa alentour pour s’assurer que personne d’autre que cet arrogant-ci ne pourrait contempler sa tenue…
Le mage fit un ample mouvement qui matérialisa autour du lac un bouclier translucide qui redevint rapidement invisible.

- comme ça, fit-il, nous on voit, mais personne ne nous voit…
Ginny se sentit rassurée par ces mots et soudainement gênée au-delà de tout ce qui était supportable par le regard calculateur et le ton plus qu’éloquent de son ‘maître’.
Il la plaça soudain devant lui en enserrant sa taille, calant sa joue contre la sienne et leva sa baguette vers les eaux.
D’un signe, il fit apparaître encore l’animal impressionnant.
- à toi. Chuchota-t-il pour Ginny. Maîtrise le.
Il posa ensuite une main sur le ventre de la jeune femme qui était intimement convaincue de ne jamais pouvoir réussir un tel exploit. Cette masse d’eau aurait sans aucun doute pu submerger et raser un hameau en quelques secondes… Comment une frêle sorcière comme elle pourrait jamais en contrôler les mouvements ?
- tu dois sentir ton pouvoir ici. Murmura le sorcier en effectuant une légère pression sur l’abdomen de la sorcière.

Ginny sourit en songeant à son père qui lui conseillait souvent d’utiliser ses ‘tripes’ pour réussir un sort… il y avait donc du vrai dans l’enseignement de Mr Weasley.
Lord Voldemort souleva soudain légèrement la sorcière en la portant d’un bras et d’un geste de sa main libre fit voler ses chaussures au loin.
Ginny fit la moue en se sentant encore plus déshabillée et elle sentit le sorcier rire en la reposant délicatement.
- concentre toi. Fit-il en replaçant sa main sur son ventre, se serrant étroitement contre elle. Essaie de ressentir les mouvements de l’eau sous toi. Et imagine sa force remonter dans ton corps.
Ginny ferma les yeux et s’appliqua à percevoir au dessous de la barque les mouvements réguliers de l’eau. La respiration calme du sorcier contre son dos fut une aide considérable pour réussir à se détendre totalement… une aide agréable, qui plus est, jugea-t-elle un bref instant.

Elle sentit peu à peu jaillir en elle une puissance qui lui semblait étrangère mais qui l’emplissait de sûreté. Ginny ne sut si sa robe humide était l’unique source de l’impression de fraîcheur qui l’envahissait, mais le sentiment étrange d’être entièrement constituée d’eau lui fit ouvrir à nouveau les yeux sur le lac.
Le dragon aux reflets gris bleus semblait la contempler à quelques mètres de là et Ginny se demanda ce qu’il convenait de faire.
Sans desserrer sa taille, le sorcier guida alors son bras en le soulevant, calant le sien sous celui de la jeune femme. Ginny laissait sa main reposer sur celle du sorcier en frissonnant à ce contact et s’efforça de se concentrer sur le monstre liquide.

Voldemort passa légèrement ses doigts entre les siens pour guider sa main en un mouvement ample qui fit se déplacer le dragon en une vague immense qui se dirigea jusqu’à la rive droite et qu’elle contempla, bouche bée. Le sorcier baissa ensuite le bras et Ginny refit le geste inverse, provoquant chez l’animal gigantesque une nouvelle vague qui le fit se mouvoir jusqu’à la rive opposée du lac, à sa gauche.
- c’est moi qui fais ça ? Bredouilla-t-elle.
A la seconde même, la barque tangua férocement alors que le monstre venait de s’effondrer dans les eaux, provoquant des remous dignes d’une mer agitée par la tempête.
Lord Voldemort retint sa captive de façon à lui éviter toute chute en riant.
- oui. Finit-il par confirmer. C’est toi qui fais ‘ça’.
Ginny observa la surface du lac à nouveau calme.
- tu t’es déconcentrée. Fit le sorcier pour expliquer la soudaine disparition du dragon.
- c’était beau… murmura Ginny, passablement hermétique au dernier commentaire de son professeur improvisé.

Lord Voldemort leva alors les deux bras autour d’elle et Ginny ne put s’empêcher de sa caler un peu plus contre lui en voyant surgir de l’eau deux tornades immenses qui semblaient danser sur le lac. Ces colonnes prirent tour à tour l’image d’animaux ou d’arbres gigantesques qui miroitaient en l’obligeant parfois à cligner des yeux.
Finalement, le sorcier leva une main au dessus de leurs têtes et l’une de ces créations vint se placer tel un nuage scintillant dans le ciel.
- non ! Souffla soudain Ginny.
Mais le sorcier, avec un sourire radieux, laissa retomber son bras, provoquant sur eux une pluie froide qui malmena encore le petit bateau.
Ginny passa sur son visage ruisselant une main toute aussi humide et lissa ses cheveux pour les débarrasser de l’eau qui la trempait.
Elle poussa soudain un léger cri en sentant les mains de son maître enserrer sa taille fermement pour la faire chavirer. La sorcière imagina un instant qu’il comptait la passer par-dessus bord, mais elle se trouva bientôt allongée dans cette barque qui la berçait agréablement.

Lorsque le sorcier s’allongea à son tour en se penchant sur elle, Ginny eut envie de lui dire combien elle le jugeait obsédé et lubrique, mais son désir de l’enlacer dépassant de loin son sens de la morale, elle se contenta de frémir en observant le regard gourmand qui se posait sur elle.
Sa fine robe déjà plus qu’humide se trouva rapidement flottant à la surface du lac et la mine scandalisée de Ginny n’apaisa en rien l’appétit du sorcier… et puisque l’appétit vient en mangeant, Ginny savoura bientôt avec délice cet encas délicieux sans plus se soucier de savoir si le lieu convenait ni si Gérald ou quelque autre mangemort risquait de surgir à tout instant.
Après de longues minutes de ce régime, la sorcière jugea qu’une seconde douche fraîche ne serait pas inutile, et Lord Voldemort sembla se ranger à son avis puisque d’un mouvement il fit chavirer la barque, les plongeant tous deux dans les eaux du lac.
Ginny revint à la surface en cherchant du regard le sorcier à l’humeur chahuteuse et sentit soudain sa cheville enserrée par une poigne ferme avant de se retrouver à nouveau sous l’eau.

La sorcière ouvrit les yeux et attendit quelques secondes pour se faire à ce nouvel univers. Le sorcier distingua avec une pointe de curiosité son sourire amusé et comprit aussitôt son erreur : Ginny avait toujours été une excellente nageuse et personne n’avait encore réussi à la maintenir sous l’eau contre son gré. Elle se dégagea avec une habileté sidérante et attendit à son tour l’occasion de noyer son tortionnaire.
Lord Voldemort n’eut donc que le temps de reprendre un bol d’air avant que la sorcière ne fonde sur lui pour le projeter à nouveau sous l’eau. Ginny frissonna de son audace, mais ne put s’empêcher de se prêter à ce jeu en espérant qu’il ne s’en offusque pas. Surtout, elle sentait qu’il était temps de passer à autre chose que cette relation maître/esclave et espérait que le sombre mage finirait par comprendre combien elle tenait à lui et que de fait, rien de ce qu’elle faisait ne devait lui apparaître comme un affront.

Le sorcier resta un instant incrédule face à ce geste et sentit son sang bouillir en lui. Un défi ? Il y avait longtemps qu’on ne lui en avait pas lancé… et se trouver ainsi à boire la tasse n’était pas pour lui une issue convenable.
Il s’éloigna légèrement pour revenir à la surface du lac et observa sa captive d’un regard carnassier qui la fit rire. Ginny sentait son estomac se serrer agréablement, comme lorsqu’elle ses frères s’amusaient à lui faire peur.
Le sorcier leva une main au dessus de l’eau et Ginny ne put s’empêcher de crier
- ah non !! On ne triche pas !!
Il abaissa donc son bras avec une moue déçue qui la fit rire encore et l’instant d’après, se laissa couler sous la surface du lac.

De nombreuses fois, elle parvint à lui échapper et même à le piéger mais après quelques tentatives, le sorcier réussit à la coincer, la maintenant fermement immobile entre ses bras et la plongeant régulièrement sous l’eau.
Ginny avait du mal à reprendre sa respiration tant elle riait dès que l’air touchait son visage.
- alors comme ça, faisait le sorcier chaque fois que sa captive était en mesure de l’entendre. On tente de se rebeller ? La mutinerie n’est pas autorisée céans…
Le rire clair de Ginny provoquait en lui des frissons de plaisir et le sorcier sentit que si elle continuait ainsi, elle finirait bel et bien par gagner cette joute : il ne résisterait pas longtemps au désir de l’embrasser et cette chipie en profiterait à coup sûr…
Cependant, la sorcière se trouva bientôt à bout de souffle et le supplia de cesser cette noyade.
Ginny eut quelques difficultés à rejoindre le rivage, épuisée par cet affrontement et ne consentit pas à sortir de l’eau dans la tenue où elle se trouvait.

Le sorcier n’en éprouvait quant à lui aucune gêne et la jeune femme se tourna ostensiblement en rougissant, refusant tout net de poser ses yeux sur ce corps dénudé.
Elle entendit dans son dos le sorcier ‘appeler’ leurs baguettes puis ses vêtements qu’il enfila avant de l’interpeller.
- tu ne vas pas rester ici jusqu’à ce soir ?
Ginny cherchait des yeux sa robe et la distingua flottant au loin. Elle s’apprêtait à nager vers elle quand le tissu vola jusque dans la main du sorcier.
Celui-ci s’assit sur la rive du lac, le précieux vêtement posé devant lui, et s’adossa à un arbre en passant ses bras derrière sa tête, un sourire victorieux aux lèvres.
La sorcière blêmit en imaginant la suite sans peine, mais refusa de sortir de l’eau. Au bout de plusieurs minutes qui mirent la patience du sorcier à rude épreuve, il se leva pour approcher tandis que Ginny fuyait au loin en riant malgré elle, à la fois apeurée et amusée d’imaginer ce qu’il pourrait tenter pour l’obliger à sortir.

Cependant, le danger ne vint pas de la rive… une vague irréelle vint la projeter vers les bords du lac et elle se trouva bientôt dans les bras du mage.
- ça nous fait deux actes de rébellion en bien peu de temps, Miss Weasley. Murmura-t-il à son oreille. Comment comptez-vous vous faire pardonner cet affront ?
Ginny rit en frissonnant, calant son nez contre son cou.
- j’imagine sans peine que vous aurez une idée à me soumettre. Souffla-t-elle alors que les mains avides du sorcier descendaient déjà sur son dos.
Durant l’heure qui suivit, la sorcière jugea que si chaque affront nécessitait de telles activités pour accéder au pardon de son maître, elle s’y adonnerait plus souvent…
Alors que l’heure de déjeuner approchait, le sorcier décida enfin de lui rendre sa robe qu’il sécha d’un sort et la raccompagna jusqu’au manoir avant de disparaître à nouveau.

L’après-midi s’annonçait ennuyeuse et chaude, mais Ginny trouva rapidement de quoi s’occuper : d’immenses condors arrivèrent au manoir en portant de lourdes malles. Ces volatiles insolites provoquèrent la fuite de nombreux hiboux éveillés par le tapage occasionné.
Gérald demanda l’aide de Ginny pour ranger dans l’immense bibliothèque du manoir les livres que contenaient les coffres. Il semblait convaincu que ceux-ci étaient offerts par un ‘admirateur’ quelconque et ne chercha nullement à savoir si Lord Voldemort attendait ou non ce colis.
La sorcière passa donc de nombreuses heures à l’ombre fraîche de cette pièce aux dimensions impressionnantes, triant et classant de vieux grimoires élimés envoyés à Lord Voldemort par un anonyme…

Feuilletant ces ouvrages, Ginny tentait d’en découvrir l’origine, et se figea soudain en lisant en haut d’une page ‘Tom Marvolo R.’.
La faim encouragea finalement la jeune femme à se soucier de l’heure et elle constata avec effroi que l’horloge affichait 21h00 passées…se dirigeant en toute hâte vers le salon, le grimoire annoté sous le bras, elle tenta de se convaincre que son ‘retard’ ne provoquerait pas de colère chez le mage… ou qu’en désespoir de cause, il lui demanderait encore de se faire pardonner…
Elle passa donc la lourde porte en rougissant légèrement et trouva comme prévu le sorcier assis, les yeux rivés sur elle. A son entrée, il se leva lentement pour approcher d’elle.
- des colis son arrivés. Murmura-t-elle lorsqu’il fut arrêté face à elle, à quelques centimètres. Nous avons rangé... et je n’ai pas pris garde à l’heure.
Le regard noir du sorcier glissa vers le livre qu’elle portait.
- il n’y avait rien de noté sur le colis. Expliqua-t-elle en tendant le livre. Mais je pense que ceci est à vous…

Lord Voldemort la fixa encore d’un air étonné et saisit l’ouvrage qu’il feuilleta quelques secondes avant de le poser sur la table.
- non. Fit-il simplement. Je ne pense pas avoir jamais possédé un tel livre.
Appuyé sur la table, il fixait à nouveau la sorcière qui restait prostrée au centre de la pièce, attendant de savoir quelle attitude adopter.
- qu’est-ce qui te permet de croire, fit-il soudain d’une voix lente, que ce livre est à moi ?
Ginny approcha du grimoire, chercha la page et montra du doigts la signature qui s’étalait dans la marge supérieure.
L’apercevant, le sorcier s’intéressa de suite à cet ouvrage, lissant la page du plat de la main. A ses côtés, Ginny tressaillit en imaginant la suite probable et s’éloigna rapidement de quelques pas, suscitant chez son maître un regard étonné.

- j’ai tendance à me méfier, expliqua-t-elle d’une voix timide en ne sachant que faire de ses mains, de tous les livres où il est écrit ‘Tom’.
Le sourire gêné de sa captive fit rire le sorcier aux éclats et d’un geste, il lui ordonna de revenir vers lui. Comme il l’avait fait dans la barque, il se plaça derrière elle.
- regarde. Fit-il simplement.
Il dénombra alors les onze lettres que comportait ‘Tom Marvolo R.’ et compta à partir de cette signature onze pages en arrière. Ceci fait, il plaça son doigt sur la dernière ligne de la page obtenue et compta encore onze lignes vers le haut.
La phrase qu’il trouva alors semblait écrite en un langage que Ginny ne comprenait pas, avec des lettres qu’elle ne se souvenait pas avoir vu jusqu’alors.
Le sorcier les lues pour lui-même et répéta l’opération à partir de la signature, comptant cette fois onze pages en avant, partant de la ligne la plus haute pour se diriger onze lignes plus bas, où s’étalaient encore des lettres inconnues pour la sorcière.

Il lu également cette seconde phrase puis les prononça l’une à la suite de l’autre.Ginny frissonna d’appréhension en entendant le sorcier s’exprimer en fourchelang et fit de gros efforts pour ne pas fuir lorsque le grimoire s’illumina soudain d’une lueur verte éblouissante.
Lorsqu’elle ouvrit à nouveau les yeux, le livre qui reposait sur la table était entièrement modifié : de la couverture à son contenu en passant par la taille, tout le grimoire s’était transformé. Ginny lu le titre et nota que cet ouvrage devait contenir beaucoup de choses… mais certainement pas de recettes de cuisines ni de philtres guérisseurs…
- aaah ! fit le sorcier d’un ton ravi. Ce livre-ci par contre, est bien à moi !
Lord Voldemort se plongea alors ans la lecture de cet ouvrage et resta silencieux de nombreuses heures.

- vous savez donc, à présent, questionna finalement Ginny, qui vous a envoyé ces livres ?
- tu es très perspicace. Sourit Voldemort. En effet, je me rappelle à qui j’ai laissé ce livre… et donc qui me l’envoie…
- qui est-ce ? Hasarda Ginny
- un ami. Murmura le sorcier sans pouvoir détacher ses yeux de la couverture épaisse. Un très vieil ami.
Après de longues minutes d’immobilité, il finit par se lever soudainement et par entraîner sa captive vers la chambre.
- il est tard. Fit-il soudain. Il faut se reposer… demain nous avons un long voyage.
- un long voyage ? S’inquiéta Ginny tandis que le sorcier la serrait contre lui.
- oui. Souffla-t-il dans son cou. Demain je t’emmène en Amérique du Sud… tu vas voir La cordillère des Andes…
- et votre ami ?

Pour toute réponse le sorcier se contenta de sourire et de l’embrasser avant de murmurer.
- revoir cette personne risque de me plonger dans bien des souvenirs… mon humeur va être passablement orageuse…
Ginny grimaça à ces paroles, ce qui lui tira un rire bref.
- pourquoi cette réaction ? Taquina-t-il. Tu devrais avoir parfaitement compris comment réussir à me calmer…
La jeune femme se cala contre lui en souriant, rosissant de plaisir et de bien être avant de s’endormir entre ses bras protecteurs.
le vrai et le faux by Morgane
Pour toute réponse le sorcier se contenta de sourire et de l’embrasser avant de murmurer.
- revoir cette personne risque de me plonger dans bien des souvenirs… mon humeur va être passablement orageuse…
Ginny grimaça à ces paroles, ce qui lui tira un rire bref.
- pourquoi cette réaction ? Taquina-t-il. Tu devrais avoir parfaitement compris comment réussir à me calmer…
La jeune femme se cala contre lui en souriant, rosissant de plaisir et de bien être avant de s’endormir entre ses bras protecteurs.

Comme prévu, dès l’aube, le sorcier éveilla sa captive et lui demanda de se tenir prête dès que possible. Ginny s’exécuta donc, se demandant s’il convenait ou non d’emporter sa baguette avant de l’enfiler à sa ceinture. Elle pourrait lui être utile : à force d’observations attentives, la sorcière espérait pouvoir réussir quelques nouveaux sortilèges et avait hâte de pouvoir s’exercer. Elle avait eu sous les yeux pendant des mois l’un des plus puissants sorciers au monde et comptait bien mettre cette ‘expérience’ à profit, si possible.

Lorsque Lord Voldemort revint vers ses appartements, le regard interrogateur de Ginny le fit sourire.
- j’ai dû donner quelques explications… grommela-t-il. Lucius est moins doué que je le pensais pour diriger un ministère… Et puis, ajouta-t-il en lui montrant des flacons minuscules, j’ai tenu à emporter ceci avec nous.
- Mais, fit Ginny qui ne s’inquiétait nullement pour ces aspects là de leur voyage, comment va-t-on se rendre là où nous allons ?
Le sorcier la regarda d’un air surpris avant de répondre.

- en transplanant. Fit-il simplement avant d’appeler Nox et de lui ordonner de faire suivre leurs bagages.
- sur une si longue distance ? Murmura Ginny. C’est impossible.
- ma chère, fit le sorcier en approchant d’elle avec un sourire carnassier, vous oubliez à qui vous avez à faire…
Il enlaça alors la jeune femme, l’encourageant à seulement transplaner sans prévoir de but particulier et l’assurant qu’il se chargerait du reste.
Ginny s’exécuta donc en souriant de se voir ainsi prête à se lancer dans une tentative qui pouvait pourtant s’avérer dangereuse… Sa confiance avait donc à ce point grandit qu’elle était à présent capable de s’en remettre totalement à lui.
Lorsqu’elle ouvrit les yeux, un spectacle extraordinaire s’offrait à elle : une forêt dense s’étendait à perte de vue, seulement trouée ça et là par les vestiges d’anciennes civilisations que Ginny espérait déjà pouvoir visiter.

Lord Voldemort l’entraîna alors vers une maisonnette entièrement constituée de pierres savamment disposées entre elles et après avoir constaté que les bagages étaient également disponibles, se prépara à partir.
La mine déçue et quelque peu alarmée de Ginny le fit sourire à nouveau.
- tu peux visiter les alentours. Fit-il. Je pars à la recherche de mon ami. Je ne devrais pas être très long… acheva-t-il en déposant les minuscules flacons avec précaution.
- qu’est-ce que c’est ? demanda Ginny
- une potion bouclier… il suffit de lâcher le flacon pour qu’il se brise et la potion entoure celui qui se trouve à proximité d’un écran protecteur.
- protecteur ?
- ... Très protecteur. Fit le sorcier sur un ton mystérieux. Il faut rester prudent, en terre étrangère…

Il embrassa alors la sorcière qui se sentit une fois de plus frémir à ce contact et disparut dans un bruissement de cape. Ginny ne se rappelait pas l’avoir jamais vu aussi pressé et enthousiaste et elle en éprouva un soulagement agréable.
Forte de l’autorisation de son maître, elle passa donc la matinée à se promener autour de la maison, mais s’aperçut vite que tout était relativement semblable et monotone. Ne désirant pas se hasarder trop loin, elle se résigna donc à mettre à bien ses projets et s’entraîna à lancer quelques sorts dont elle fut assez fière sans s’éloigner de son abri de pierres.

La sorcière n’avait pas même eut le temps de prendre son premier repas que Lord Voldemort s’annonçait déjà, à sa grande surprise. Il entra dans la pièce sombre et fraîche avec un sourire éblouissant qui laissa Ginny perplexe et après quelques secondes de silence, lui demanda de la suivre en emportant ses affaires avec elle.
Elle s’exécuta donc sans oser lui demander pourquoi lui-même ne prenait pas ses bagages et au moment de sortir de la maisonnette, empocha les flacons qu’il avait emportés du manoir.
Elle le trouva sur le seuil de la porte, observant alentour.
- il y a un problème ? demanda-t-elle en un murmure.
- non. Répondit le sorcier. Aucun problème. Mais cela pourrait venir… Allons y ma douce…
Ginny lui emboîta le pas après un bref sursaut qui manqua la faire tomber en tentant de ne pas trop laisser paraître son trouble.
‘Ma douce’ ? Qu’était-il donc arrivé au sorcier pour qu’il utilise ce vocabulaire... qui lui déplaisait fort constata-t-elle en une grimace.

- vous avez trouvé votre ami ? Questionna-t-elle après plusieurs minutes de marche silencieuse.
- oui oui. Assura-t-il. En fait, il m’attendait.
- nous le rejoignons ? Continua Ginny qui sentait encore son esprit embrumé par ce qu’elle venait d’entendre.
- pas immédiatement. Nous allons avant tout trouver un endroit plus confortable pour nous loger.
La sorcière suivit son guide dans le silence le plus complet tout en le jaugeant du regard. Elle percevait que quelque chose d’anormal se tramait et se prit à rire légèrement en constatant qu’elle ne s’alarmait que parce que Lord Voldemort se montrait aimable… trop aimable.
Il la conduisit vers un vaste édifice qui ressemblait à un temple ; après avoir gravit les nombreuses marches pour y accéder, il l’encouragea avec un sourire avenant à entrer dans une large pièce.

Un sourire écoeurant qui lui allait fort mal, jugea Ginny en sentant encore son estomac se contracter. La jeune femme constata avec effroi que jamais elle ne s’était tant inquiétée qu’en cet instant pour son sort.
Les colères de Lord Voldemort étaient claires et facilement repérables… cette attitude à la limite de la condescendance l’écoeurait, la frustrait, et la rendait malade… Un bien mauvais bilan, songea-t-elle en s’efforçant pourtant de n’en rien montrer, et un bilan fait en bien peu de temps.
Ginny pénétra dans une pièce immense luxueusement meublée mais resta immobile au centre, attendant que le sorcier vienne jusqu’à elle. Lorsqu’il se plaça à quelques centimètres, la sorcière chercha en elle ce sentiment qui l’étreignait toujours lorsqu’elle se trouvait à proximité du sorcier, mais elle ne le trouva pas… Son regard pourtant toujours aussi sombre ne lui renvoyait aucun indice et elle chercha à comprendre les raisons de ce « bouleversement ».

- j’ai fait quelque chose qui ne fallait pas ? Hasarda-t-elle d’une voix timide en supposant que peut-être le sorcier avait vu d’un mauvais œil son entraînement magique…
- non ! répondit-il d’une voix joyeuse. Bien sûr que non !
- vous avez l’air… différent…
- c’est que je suis heureux ! Expliqua-t-il. Pourquoi ? Ça t’inquiète ?
- non... fit Ginny en le surveillant malgré tout avant d’ajouter, pour plus de sûreté, ‘Maître…’
Ginny sentit un frisson désagréable la parcourir lorsque Lord Voldemort, à ces mots murmurés, éclata d’un rire clair.
- je pense qu’il est temps, fit-il en approchant encore d’elle, d’oublier ce ‘maître’ et cette façon si… respectueuse... de parler.
Ginny le regarda sans savoir si elle devait encore prendre le risque de respirer, s’attendant à une bien mauvaise surprise dans les secondes à venir et eut l’impression que ses jambes allaient céder sous son poids lorsqu’il ajouta :
- et puis tu pourrais peut-être m’appeler Tom…
- comme vous voulez… chuchota-t-elle sans faire le moindre mouvement.

La mine insatisfaite du sorcier la fit aussitôt reprendre
- comme tu veux….
Il déposa alors un baiser léger sur ses lèvres et Ginny le regarda passer la porte qu’il referma derrière lui en sentant son cœur s’emballer. Cependant, la course qu’il suivait n’avait rien d’agréable : une peur panique s’insinuait en elle. Elle posa ses doigts sur ses lèvres, tremblant en songeant que rien dans ce baiser ne la faisait ‘vibrer’ comme cela était pourtant systématiquement le cas…
Son esprit cherchait rapidement une explication salutaire à tout ceci et elle songea vite que cet homme devait avoir utilisé du polynectar. Elle se mit en quète de sa baguette, persuadée de l’avoir prise en partant mais ne la trouva pas, ce qui accentua encore son trouble.
Se ruant vers la porte, elle découvrit avec horreur que celle-ci était fermée et passa de nombreuses heures assise à attendre le retour de son maître.

Plongée dans ses pensées, se rappelant l’absence de cette baguette, elle se prit à revenir à des considérations plus ‘plausibles’. Pour faire du polynectar, il fallait prendre quelque chose de celui que l’on voulait imiter…. Et le sorcier qui pourrait réussir à approcher Lord Voldemort pour lui arracher une poignée de cheveux n’était pas à la veille de naître, elle en était convaincue… Cependant, il était probable de trouver ce genre de chose sans les prendre véritablement sur sa ‘victime’…

Durant tout ce temps où elle put réfléchir, elle se ravisa quelque peu, se demandant si finalement, le sorcier lunatique n’était pas capable de changer ainsi de comportement et décida de ne rien tenter avant que ses doutes ne soient confirmés.
Aussi, dès que Lord Voldemort revint, elle se contenta de répondre à ses questions et de l’observer attentivement. Jamais elle n’avait ainsi détaillé qui que ce soit.
Ginny retrouvait à n’en point douter les cheveux ébène et le regard sombre du sorcier, mais rien en lui ne la faisait plus réagir, à son grand trouble. Elle le trouvait inintéressant, se sentait totalement étrangère à cet homme…
- je ne trouve plus ma baguette. Fit-elle d’une voix neutre alors que la nuit tombait.
Le sorcier la lui rendit d’un geste distrait, prétextant l’avoir retrouvée dans le hall, ce que Ginny ne crut pas un instant.
Pourtant, force était de constater que Lord Voldemort n’avait strictement avalé aucune boisson qui puisse constituer une éventuelle potion : Ginny avait été très vigilante…

Lorsqu’il s’allongea à ses côtés la nuit venue, la sorcière sentit tout son corps se tétaniser d’appréhension et mima un sommeil salutaire : le mage inquiétant se contenta de s’endormir sans rien exiger d’elle et elle en éprouva un soulagement intense, comme cela n’avait plus été le cas depuis bien longtemps.
Ginny passa la journée du lendemain à observer le sorcier, d’autant plus persuadée que quelque chose «ne tournait pas rond» que sa baguette avait à nouveau disparu. Lorsqu’elle se retrouvait seule, la sorcière pleurait amèrement, se demandant si vraiment l’homme qu’elle aimait avait pu ainsi se transformer en une espèce d’amoureux mielleux et doucereux.
Le vocabulaire qu’il employait la tétanisait d’effroi, bien davantage encore que toutes les menaces qu’il avait pu lui faire. S’entendre appeler ‘mon poussin’ ou ‘ma princesse’ lui donnait la nausée, devoir l’appeler Tom la faisait trembler d’effroi et la jeune femme passa la majorité de son temps à chercher un moyen de retrouver son véritable maître sous cette carapace trop rapidement endossée.

Lorsque la nuit tomba à nouveau et qu’il se glissa près d’elle Ginny fut plus que jamais persuadée qu’il n’était plus Lord Voldemort. Elle ne ressentait pour lui que dégoût alors que quelques jours auparavant, une seule de ses caresses suffisait à la plonger dans un abîme de plaisir.
De plus, elle constata en souriant cyniquement que le sorcier n’aurait jamais ainsi pu se retenir de la harceler deux nuits durant juste parce qu’elle semblait endormie… Elle attendit donc à nouveau qu’il s’endorme lui-même et se leva à la recherche d’indices. Cependant, la malheureuse ne savait que rechercher et se sentit frémir à l’idée que peut-être Lord Voldemort avait été vaincu… remplacé par cette… guimauve….
Avec une grimace d’écoeurement, elle poursuivit son ‘enquête’ en se demandant comment elle pourrait se défendre sans baguette, quand bien même elle trouverait la preuve d’une imposture.

Ne trouvant rien qui puisse étayer ses thèses, elle finit par s’asseoir sur le lit avant de se laisser submerger par des sanglots désespérés. Quelques jours auparavant, elle tremblait de le voir dur et froid, apeurée de l’avoir perdu, mais elle constatait à présent qu’elle venait justement de le perdre, comme jamais elle n’aurait pu l’imaginer.
Ginny se sentait désespérée et trahie. Combien de fois faudrait-il qu’elle apprenne à aimer cet homme ? Combien de personnalités cachait-il ? Et pourquoi mimait-il l’ignorance face à son étonnement ? Il devait bien être en mesure de comprendre ses interrogations ! Mais il y répondait toujours d’une voix trop tendre, avec un sourire trop charmeur.
La sorcière sécha ses larmes en observant le sorcier endormi, songeant avec amertume qu’elle n’éprouvait même plus le désir de passer sa main dans ses cheveux alors qu’elle attendait pourtant cet instant avec impatience.

Elle sourit mélancoliquement en repensant à son cœur qui s’emballait auparavant à ce simple projet, attendant le ‘jour béni’ où il l’autoriserait à avoir pour lui ce geste qu’elle n’osait encore se permettre…. Aujourd’hui il le lui permettrait sans doute, mais elle n’en avait plus envie…
Elle approcha pourtant lentement sa main de ces mèches sombres qui prenaient une teinte irréelle à la lueur faible et blanche de la lune qui filtrait par les fenêtres étroites de la chambre et hésita un instant avant d’y mêler ses doigts.
Elle sentit le sorcier frémir légèrement à ce contact et sourit encore tristement en constatant que lui qui était jadis si prompt à se réveiller n’ouvrait pas même un œil…
Soudain, un frisson glacé la parcourut et elle se pencha aussitôt vers le sorcier, cherchant à apercevoir sous ses cheveux cette cicatrice à la forme si connue…
Après quelques secondes de réflexion, elle se leva précipitamment en scrutant tout autour d’elle : cette ‘chose’ n’était pas Lord Voldemort… ce n’était pas SON Tom ! Aucune cicatrice n’était visible et Ginny sentit la panique la gagner peu à peu.

Consciente cependant qu’elle ne pouvait rien temps qu’elle était désarmée, elle se résigna finalement à se recoucher en prenant garde à rester le plus près possible du bord du lit, le cœur battant la chamade en espérant que le sorcier ne voit pas son trouble.
Le lendemain, elle se leva avec la peur au ventre, tentant au mieux de masquer son inquiétude mais ne put mimer longtemps l’indifférence lorsqu’il l’accueillit avec ce même sourire éblouissant… C’était lui…. Sans être lui…
- ça ne va pas, demanda-t-il ? Tu es toute pâle…
- je me sens bizarre en effet. Admit-elle en le fixant.
- c’est mon comportement qui te dérange à ce point ? fit-il après un silence.
- non, pas du tout. Mentit-elle avec horreur.
Comment pourrait-il ne pas s’apercevoir de ce mensonge ? Comment pouvait-elle même oser lui mentir ?!
Au sourire calme du sorcier, elle risqua le tout pour le tout. Muette et immobile, elle se contenta de le fixer en songeant aux insultes les plus fortes qu’elle connaisse.

L’affublant mentalement de toutes sortes de noms d’oiseaux, l’insultant pour ses crimes passés et ventant les mérites de Harry, elle le regarda se lever sereinement et en resta perplexe.
Cette fois nul doute possible : ce n’était pas Lord Voldemort ! Mais il n’avait pas non plus utilisé de polynectar… Ginny réfléchit fébrilement avant de parvenir à comprendre.
- j’ai à nouveau égaré ma baguette. Fit-elle d’une voix troublée.
Il la lui rendit encore, mais Ginny perçut fort bien son air passablement déçu. Dès qu’il eut passé la porte, elle tenta de sortir, mais en fut incapable à nouveau. Elle lança de nombreux sortilèges sans succès et se résolut à se hisser vers les fenêtres pour observer à l’extérieur, à défaut de pouvoir s’y glisser.
Soudain, elle retourna au centre de la pièce, furieuse contre elle-même : il lui suffisait de transplaner ! Quelques secondes plus tard, s’apercevant qu’un sort antitransplanage avait dû être lancé sur la pièce, elle se laissa submerger par la colère et la peur.

Retournant vers le mur où se trouvaient les fenêtres après avoir insonorisé l’espace autour d’elle, elle lança de nombreux sorts pour casser cette paroi. Les pierres, épaisses et solides, se broyaient lentement, si bien qu’elle jugea ne pas pouvoir se libérer avant de nombreuses heures.
Longtemps après, lorsqu’elle entendit derrière elle la porte s’ouvrir à nouveau, elle sortit prestement une fiole de sa poche et la jeta à terre en la brisant. Aussitôt, un bouclier translucide l’entoura et Ginny reconnut cet enchantement pour l’avoir vu utiliser par Dumbledore : elle pourrait donc lancer des sorts mais non en recevoir.
En revanche, elle percevait beaucoup moins nettement ce qui se trouvait à l’extérieur de cette bulle, comme si elle avait regardé à travers une vitre ruisselante d’eau.

Elle pointa sa baguette vers le sorcier qui venait d’entrer avec dans le regard une haine qui le laissa un moment incrédule.
- sors de là. Fit-il d’une voix sifflante pour laquelle Ginny eut envie de le féliciter : la meilleure imitation qu’il ait faite jusque là !
- plutôt mourir. Cracha-t-elle en se détournant de lui pour continuer son œuvre.
- tu penses pouvoir m’échapper ? Poursuivit le sorcier d’une voix hachée par la colère. J’aurai fait le tour de ce bâtiment avant que tu n’aies pu te faufiler à l’extérieur !
- et moi j’aurai transplané avant que tu en aies fait le tour ! Hurla Ginny, folle de rage.
Comment ce ‘type’ avait-il osé ? Venir s’en prendre à elle, alors qu’elle était avec lui. La jeune femme jugea en souriant que finalement, c’était l’injure faite à son Maître qui la mettait le plus hors d’elle. Misérable chien… souffla-t-elle, s’étonnant elle-même de se voir trembler de rage et parler si grossièrement.
Face à elle Lord Voldemort resta un moment immobile, stupéfait. Cette bulle l’empêchait d’agir et même de percevoir les pensées de la sorcière. Au dehors, son ami devait se charger de donner la morale à ceux qui étaient venus troubler sa tranquillité…

- - -

Le matin même, lorsqu’il était rentré pour retrouver sa captive, il avait été stupéfait de constater qu’elle n’était plus dans la maisonnette et que ses bagages avaient disparu.
Zéphyr, le sorcier qui l’accompagnait, lui avait appris que d’anciens membres de l’Ordre du Phénix avaient été vus peu de temps auparavant dans les environs et Lord Voldemort en avait de suite conclut que Ginny s’était enfuie avec eux… Cette constatation lui avait infligée une douleur telle qu’il ne croyait pas pouvoir en ressentir, et son humeur avait de suite tournée au rouge sang.
Il leur avait fallu peu de temps pour retrouver trace de la sorcière, à l’abri dans cet ancien temple, et le mage noir n’avait pas désiré, contrairement à Zéphyr, connaître les tenants et les aboutissants de cette histoire : il comptait sur le champ récupérer son trophée et massacrer ensuite méthodiquement tous ceux qui le lui avait temporairement ôté.

Il se sentait à son tour trembler de rage devant ‘l’indifférence’ de Ginny. Elle n’avait plus pour lui ni admiration ni crainte, juste un dégoût haineux. Etait-il possible qu’il se soit trompé à ce point ?
- je vais te tuer. Finit-il par s’entendre dire, presque contre sa volonté tant il était animé par la fureur
Le rire glacé de Ginny le fit tressaillir et revenir à la réalité.
- c’est toi qui vas mourir. Fit-elle en le fixant à nouveau, donnant l’impression de lancer des éclairs par la prunelle de ses yeux. Attends un peu qu’Il te trouve… je ne donne pas cher de ta peau !
Lord Voldemort sentit son sang bouillir à la mention de ce ‘Il’ qui était supposé pouvoir le vaincre et qui donc, comme il l’avait imaginé, avait bel et bien couvert la fuite de sa captive.
- pour qui le prends-tu ? Siffla-t-il encore. C’est moi qui le mettrai à mort… et je vais tâcher de te faire profiter du spectacle.

Ginny ne put encore se retenir de rire, et la sincérité de ce geste provoqua chez le sorcier une nouvelle vague de douleur : elle pensait vraiment ce qu’elle disait et avait une foi inébranlable en son ‘sauveur’ potentiel.
- l’espoir fait vivre, dit-on ! Hoqueta-t-elle en le jaugeant d’un air amusé. Mon pauvre ami, je suis prête à parier sur ma vie qu’il a plus de puissance dans son petit doigt que tu n’en auras jamais.
Le sorcier sentit ses cheveux se dresser sur sa tête d’indignation : il y avait des limites à tout !
- nous verrons ! Siffla-t-il en surveillant le bouclier.
- j’espère bien, que nous verrons. Fit Ginny d’une voix mauvaise avant de se tourner pour poursuivre ses projets.
Bientôt, la fenêtre serait assez large pour qu’elle puisse fuir, mais elle sentait ses forces s’amenuiser.

- ton bouclier ne sera pas longtemps efficace. Susurra le sorcier en approchant de la bulle.
Ginny se tourna vers lui avec un sourire carnassier, exhibant à sa vue les autres petites fioles qu’elle avait emportées avec elle.
- je vais te tuer… souffla à nouveau le sorcier, ulcéré de voir son propre piège se retourner contre lui. Sors d’ici !
Ginny marqua une pause en plissant les yeux pour tenter de mieux apercevoir le sorcier. Il ressemblait vraiment à son Tom… cette version-ci était plus vraie que nature ! Mais elle se reprit rapidement, peu désireuse de se laisser piéger une seconde fois.
- SORS D’ICI !!! Hurla à nouveau Lord Voldemort dont la fureur provoquait des bourrasques de vent à l’intérieur de la salle.
- JE NE SORTIRAI PAS ! Je ne sortirai pas !!!! Vociféra à son tour la sorcière au comble de l’énervement. Tu n’es rien ! Comment oses-tu ?!
Ginny tremblait, pleurant de rage de se voir ainsi parler comme le faisait parfois Bellatrix. Etait-elle donc devenue à ce point dépendante de Lord Voldemort que la simple idée qu’on puisse s’opposer à lui la mettait hors d’elle ?

Mais pour l’heure, la colère était trop forte en elle pour qu’elle puisse prendre le temps de réfléchir à tout cela. Le bouclier devenait de plus en plus clair et Ginny se hâta de briser un second flacon sous les grommellements mécontents du sorcier.
- à l’heure qu’il est, siffla Lord Voldemort, qui que soit ton ‘ami’, il est mort… et ces flacons se videront en temps et en heure. Et je serai là pour t’accueillir…
- tu te berces d’illusions. Reprocha-t-elle. Il n’est pas mort. Je le sais.
- ah tu le sais ? Cracha le sorcier, plus énervé de l’entendre ainsi parler de ce sorcier pour qui il éprouvait un cuisant sentiment de jalousie que par tout le reste.
- oui je le sais ! Le coupa Ginny. Je le saurai, si il lui arrive quelque chose… Acheva-t-elle en un murmure, se demandant comment elle pouvait être certaine de ça.

Inconsciemment, elle passa sa main sur son dos, là où se trouvait ce tatouage qu’elle avait tant maudit. Si Lord Voldemort mourrait, elle était persuadée de pouvoir le ressentir… et puis, de toute manière, Lord Voldemort ne mourrait pas !
Soudain, à sa grande stupéfaction, le bouclier disparut brusquement et Ginny se trouva totalement à la merci du sorcier qui venait manifestement d’envoûter cette bulle protectrice alors qu’elle rêvassait
Elle eut à peine le temps de l’entendre prononcer un ‘doloris’ avant de sentir ses muscles se tétaniser de douleur. Emplie de colère et de peur, elle mit toute sa concentration à appliquer les enseignements de son dernier professeur en date et sous le regard mi perplexe mi admiratif du sorcier, repoussa le doloris en quelques secondes.
A son tour, elle profita de sa surprise pour se protéger à nouveau grâce à une troisième fiole, espérant que ce bouclier ci ne se briserait pas si facilement. Pour plus de sûreté, elle jeta un dernier flacon à terre sous l’œil irrité de son ennemi.

- repousser un doloris, n’est pas chose aisée en pareille situation… fit le sorcier d’une voix faible
- j’ai eu un excellent professeur. Minauda Ginny, à bout de souffle. Attends un peu, il viendra sans doute te donner quelques leçons dont tu me diras des nouvelles, se moqua-t-elle.
Le sorcier la regardait avec hargne et se tourna vivement vers la porte pour voir entrer son ami haletant.
Ginny reporta un instant son attention sur celui-ci : la copie parfaite de Lucius Malefoy, jugea-t-elle en une grimace avant de se retourner pour lancer encore des sorts de destruction sur la lourde pierre : l’arrivée de ce sorcier risquait de lui poser problème, elle devait fuir au plus vite.
Lord Voldemort semblait sur le point de se jeter à travers le bouclier, quel que soit le danger, tant sa colère atteignait des sommets.
- un instant, Tom. Fit Zéphyr en posant une main sur son bras.
- ne m’appelle pas comme ça !!! Hurla ce dernier

Ginny stoppa net son geste et fit volte face, les yeux agrandis par la surprise et le doute.
- Si tu comptes que je t’appelle «maître» fit-il d’un air indigné, tu rêves un brin ! Tu devrais m’écouter, avant de faire quelque chose d’inconsidéré. Poursuivit l’homme blond en se tournant vers Ginny.
La sorcière estima qu’il devait avoir une quarantaine d’années.
- Miss Weasley je suppose ?
Ginny hocha la tête sans mots dire, étonnant Lord Voldemort qui jugea d’autant plus blessante cette attitude calme qu’elle venait de l’insulter sans vergogne durant plus d’un quart d’heure.
- la personne à qui vous avez eut à faire jusque là était un métamorphomage. Fit-il d’une voix calme
- je le sais bien. Souffla Ginny tandis que Lord Voldemort fixait à présent son ami d’un œil intéressé.
Pourquoi Zéphir lui disait-il cela ? Se demandait-il. Il était évident que Ginny savait fort bien qui l’avait aidé à fuir ! Pourquoi parlait-il comme si elle était victime ? C’était lui la victime ! Lui a qui on avait volé quelque chose !! Quelqu’un… à qui il tenait énormément, à son grand mécontentement

- ah vous connaissez ces sorciers ? Poursuivit Zéphyr.
- j’ai une amie… Tonks… qui a ce don. Expliqua-t-elle.
- Bieeenn ! fit Zéphyr d’un air satisfait. Nous ne perdrons donc pas de temps en vaines explications. Celui-ci est le vrai Tom. Le seul et unique ! fit-il avec un sourire amusé face à l’air renfrogné du sorcier brun.
Ginny sentit son estomac se contracter en songeant à toutes les horreurs qu’elle venait de dire et rougit aussitôt en analysant que bientôt Lord Voldemort comprendrait de qui elle avait parlé en des termes si élogieux…
Lorsque Zéphyr fit un pas vers elle, elle releva cependant sa baguette d’un geste vif.
- restez au loin ! Ordonna-t-elle.
- écoutez, fit Zéphyr. Nous allons annuler ce bouclier puis poser nos baguettes à terre. Vous garderez la votre. D’accord ?
Le grognement de Lord Voldemort prouva que, quand bien même on le lui demandait pas son avis à lui, il n’était pas d’accord le moins du monde.
- laisse moi agir, Tom. Fit Zéphyr. J’ai toujours été plus doué que toi en diplomatie.
- mapelpacomsa grommela ce dernier sans quitter Ginny des yeux.

Le sorcier blond n’en eu cure et se saisit de la baguette de son ami pour la poser à terre tandis que ce dernier grognait de plus belle face à cette hérésie.
- bien. Fit le sorcier blond. J’y vais. Ceci vous prouvera notre bonne foi Miss.
Le rire cynique de Ginny, qui se demandait ce que ‘la bonne foi’ avait à faire avec Lord Voldemort fit sourire son vis-à-vis.
Un sort plus tard, la pièce était à nouveau claire aux yeux de Ginny qui gardait sa baguette parée en regardant Zéphyr tenir sa promesse et poser la sienne.
Ginny se sentit trembler de la tête aux pieds mais hasarda tout de même un accio qui fit voler les deux baguettes jusqu’à elle. Lord Voldemort devint si pâle qu’elle crut un instant qu’il allait défaillir.
Elle observa la baguette et, constant qu’il s’agissait bien de la sienne, sentit une chaleur paralysante l’envahir.
Au sourire satisfait de Zéphyr, elle répliqua rapidement
- j’ai une autre amie, très douée en sortilège protéïforme, qui pourrait parfaitement imiter une baguette !

Zéphyr dodelina de la tête d’un air enfantin.
- alors ? Que pouvons-nous faire ?
- récupérer nos baguettes et lui montrer un peu comme nous maîtrisons bien quelques sortilèges de notre connaissance… siffla Lord Voldemort, au bord de la crise de nerfs.
Cette voix-ci fit frémir la jeune femme qui sentit soudain un faible espoir renaître en elle. Peu importait ce qu’elle devrait subir ! Le retrouver était avant tout sa priorité ! Elle se jugea folle, mais ne put se résoudre à changer d’attitude.
- il devrait, hasarda-t-elle, avoir… un signe particulier…
- un signe particulier ? S’étonna Zéphyr tandis que Ginny rosissait au regard courroucé du sorcier brun. Tu as quoi Tom ? Poursuivit-il sans se soucier de ses grognements. Un tatouage ?
- je n’ai aucun tatouage ! Souffla lord Voldemort, d’un air indigné. J’ai plutôt coutume d’en faire, des tatouages !

Ginny sentit ses jambes trembler et son cœur s’emballer… Mas tout le monde savait que le mage noir ‘faisait’ des tatouages et elle ne devait pas laisser passer sa chance. Si par malheur elle se faisait à nouveau piéger, c’en était fini…
Ginny glissa une mèche de cheveux derrière son oreille et Lord Voldemort se raidit soudain en passant à son tour une main sur sa nuque.
- j’ai une cicatrice. Fit-il d’un ton qui prouvait son peu de plaisir à avouer ceci.
- une cicatrice ? fit Zéphyr, incrédule. On a réussi à te blesser ? Ajouta-t-il d’une voix moqueuse sur aigue. Ooohhhhhhh ! Ce n’est donc plus ce que c’était !
- Silence ! Aboya Lord Voldemort, provoquant un rire léger chez Ginny qui tremblait de plus en plus
- Pas de tatouage donc ! Mais une cicatrice ! Ça te va ? fit-il pour la sorcière avant d’ajouter pour Tom. Tu vas voir, elle va nous demander où, la cicatrice…
- derrière l’oreille. Répondit le sorcier avant que la question ne lui soit posée.

Ginny songea que, à moins que ces hommes aient pu tuer Lord Voldemort et prendre le temps de l’observer attentivement, il n’y avait aucune chance pour qu’ils soient au courant de ceci.
Elle passa à nouveau nerveusement sa main sur son dos et, apercevant parfaitement ce geste à présent que le bouclier ne troublait plus sa vue, le mage noir se prit à sourire et claqua des doigts.
Le sourire soulagé de Ginny le laissa perplexe et l’emplit d’une douce chaleur qui venait chasser ce sentiment de douleur qu’il avait ressenti en se pensant trahi. Peu à peu, il repensait à ce que la sorcière lui avait hurlé, analysant fort bien à présent ce qu’elle avait voulu dire, et qui était ce il pour qui elle avait tant d’admiration.
- mais enfin, fit Ginny d’une voix lointaine, pourquoi... deux jours… Pourquoi avoir mis si longtemps à venir ?

La sorcière se sentit alors défaillir et soupira de plaisir en sentant deux bras protecteurs ralentir sa chute.
- deux jours ! Pestait Zéphyr d’un air faussement indigné. Pour qui nous prend-t-on ?! On a mis à peine quelques heures ! Et en plus Madame de permet de râler, vu l’accueil, c’est nous qui dev…
Ginny n’entendit plus les paroles amusées du sorcier tant ses oreilles bourdonnaient et laissa sa tête aller contre le torse de son maître enfouissant son nez dans son cou en se délectant de cette impression retrouvée, ce sentiment de n’appartenir qu’à lui, de ne vivre que pour lui et par lui, et s’endormit, épuisée de tant d’efforts, au moment où il passa une main tendre sur son front pâle.
dits et non-dits by Morgane


Ginny n’entendit plus les paroles amusées du sorcier tant ses oreilles bourdonnaient et laissa sa tête aller contre le torse de son maître enfouissant son nez dans son cou en se délectant de cette impression retrouvée, ce sentiment de n’appartenir qu’à lui, de ne vivre que pour lui et par lui, et s’endormit, épuisée de tant d’efforts, au moment où il passa une main tendre sur son front pâle.

Lorsqu’elle s’éveilla, le premier réflexe de Ginny fut de s’agripper à ce qui était à portée de sa main : elle avait la désagréable impression de flotter, comme si elle était balancée légèrement et cette sensation, ajoutée à celui de son esprit encore endormi, lui fit craindre le pire.
Elle ouvrit les yeux avant de refermer rapidement les paupières pour protéger ses prunelles de la lumière vive qui inondait tout autour d’elle. Elle avait cependant pu déterminer ce qui lui donnait le sentiment de tanguer : elle se trouvait sur un cheval, au milieu d’une dense forêt où le soleil s’engouffrait parfois en dessinant de grandes lignes obliques aveuglantes entre les feuillages.

Elle rouvrit lentement les yeux, observant autour d’elle, et rendit à Zéphyr le sourire rayonnant qu’il lui lança tout en s’accrochant à la crinière de l’animal pour se redresser un peu. Il lui fallut quelques instants pour comprendre que Lord Voldemort se trouvait derrière elle et qu’elle avait donc dormi adossée contre lui. Elle regretta d’avoir eu un sommeil si lourd qui l’avait empêchée de profiter de ces instants et laissa son corps s’éveiller doucement.
Derrière eux, un troisième animal suivait d’un pas tranquille : les trois sorciers évoluaient lentement, comme pour une promenade, et Ginny trouva ceci délicieusement agréable.

Autour d’eux, seuls les bruits provoqués par le vent et les cris des oiseaux animaient la forêt. Finalement, Zéphyr, qui se contorsionnait d’impatience depuis plusieurs minutes, n’y tint plus et lui lança
- alors ? bien dormi ?
Ginny approuva d’un signe de tête en prenant la gourde qu’il lui tendait et l’eau fraîche qu’elle y but acheva de la réveiller. Il sembla alors à la jeune femme que son corps et son esprit, à présent totalement libérés des chaînes du sommeil, se rappelaient soudain une évidence : il était là, tout près, juste derrière elle, et elle ne l’avait pas vu depuis des jours à présent…
Depuis des jours elle n’avait plus senti ses bras autour d’elle, excepté durant cette minute où elle s’était évanouie…
Sans même y réfléchir, Ginny releva les jambes et put ainsi s’accroupir sur le dos de l’animal.

Zéphyr la regardait d’un œil étonné tandis que Lord Voldemort se demandait ce qu’elle prévoyait. Il constata avec colère qu’il envisageait déjà qu’elle puisse vouloir fuir et qu’il en éprouvait une certaine crainte.
- où vas-tu ? Questionna-t-il alors, espérant qu’entendre sa voix suffirait à rendre Ginny plus raisonnable, si elle comptait leur fausser compagnie.
Ginny frémit à ces paroles mais ne répondit pas tant elle se concentrait pour ne pas tomber. D’un mouvement habile, elle parvint cependant à pivoter et provoqua chez le sorcier brun encore plus de surprise que chez Zéphyr.
Elle laissa enfin ses jambes retomber sur les flancs de l’animal et sans se soucier ni de la mine perplexe des deux hommes, ni de l’éventualité d’une crise d’indignation dont Lord Voldemort avait le secret, elle se blottit contre lui en soupirant.

Zéphyr éclata d’un rire clair et le groupe poursuivit ensuite sa route en silence. Ginny restait lovée contre le torse du sorcier, les yeux clos, et prenait plaisir à écouter battre son cœur, sentir sa respiration soulever régulièrement sa poitrine en la berçant lentement.
Le sourire béat qu’elle ne quittait plus provoquait parfois chez Zéphyr des rires amusés dont elle ne se souciait pas. Tout son esprit était orienté vers une seule chose : sentir près d’elle la présence et les gestes de celui qu’elle venait de retrouver.
Lord Voldemort avait passé ses bras autour de sa taille, tenant les rênes du cheval tout en l’enlaçant et Ginny priait pour que cet instant dure éternellement. Cependant, Zéphyr mit fin à cette rêverie en leur indiquant qu’ils arriveraient bientôt à un endroit escarpé et «qu’il serait raisonnable que chacun soit monté sur un cheval différent…»

Le ton taquin qu’il employa fit grogner le sorcier brun mais Ginny s’exécuta. Elle s’éloigna à contre cœur de lui et d’un saut, se retrouva au sol. Elle monta ensuite habilement sur l’immense cheval qui les suivait sans que personne n’ait eut à ralentir sa marche.
Ceci eut pour effet de rendre Zéphyr muet de surprise pendant un certain temps.
- et beh... fit-il enfin, elle a de la ressource…
Ginny sourit à ces mots avant d’observer autour d’elle. Son regard croisa alors celui de Lord Voldemort, pour la première fois depuis son réveil, comme elle le réalisa soudain. Se rappeler son audace la fit rosir, mais comme Zéphyr l’avait prévu, le terrain quelque peu accidenté obligea bientôt chacun à rester vigilent et à ne plus s’occuper d’autre chose que de guider sa monture.

Enfin, la forêt retrouva des sentiers plus réguliers, et Zéphyr tenta de ne pas s’étouffer de rire lorsqu’il demanda :
- alors ? Comment étaient ces derniers jours dans ce somptueux temple ?
Il ne put dire lequel, de Ginny ou de son ami, eut l’air le plus indigné, mais sa bonne humeur sembla soudain s’envoler.
- il ne t’a pas fait mal au moins ? S’inquiéta-t-il brusquement, comme s’il venait de réaliser qu’il ne s’en était pas encore soucié.
- non non. Fit Ginny, touchée par cette sollicitude. Il a été… aimable. Ajouta-t-elle avec hésitation. Mais qui était-ce ?
Zéphyr parut gêné et expliqua qu’il s’agissait tout simplement d’un sorcier avec qui il avait quelques différents au sujet d’une vaste propriété et Lord Voldemort pesta contre lui, lui rappelant qu’il aurait dû le tuer biens des années plus tôt comme il le lui avait suggéré dès leurs retrouvailles.

Le sorcier blond dodelina de la tête d’un air désapprobateur.
- tu aurais au moins gagné du temps vu qu’il a tout de même fallu y venir ! Reprocha Lord Voldemort
- il est mort ? Questionna Ginny.
- aussi mort qu’on peut l’être. Approuva Zéphyr avec bonne humeur sous le regard noir de son ami. Allons allons Tom… tu ne vas pas m’en vouloir éternellement de ne pas t’avoir laissé toi-même l’occasion de t’occuper de son cas ?
Lord Voldemort soupira d’un air excédé tandis que Ginny éprouvait une certaine compassion pour ce métamorphomage qui, tout compte fait, n’avait peut-être pas mérité tant…
Son maître se rendit vite compte de son état pensif et ne tarda pas à l’interpeller.
- pourquoi ? Il va te manquer ?

- la malheureuse ! S’esclaffa Zéphyr sans laisser le temps à la sorcière de répondre. Elle a bien assez d’un à supporter, je parie, pour ne pas espérer en avoir un second !
Ginny s’obstina à garder les yeux rivés sur la couverture où elle était assise, refusant tout net de croiser le regard inquisiteur du sombre mage.
- raconte moi un peu, reprit Zéphyr sur le ton de la confidence. Qu’a-t-il fait ? Qu’a-t-il dit ?
Ginny releva le nez et constata à l’évidence que Lord Voldemort attendait aussi réponse à cette question. Elle raconta donc comment l’intrus s’était présenté à elle en lui demandant de la suivre et la façon étrange qu’il avait eu d’élaguer ses questions, de parler « bizarrement » ajouta-t-elle en rosissant encore.

- et oui... Approuva Zéphyr. Dès qu’il a vu qu’on me rendait visite il a mené sa petite enquête et chercher un moyen de me nuire… si il avait connu l’identité de mon invité, poursuivit-il en riant, il se serait abstenu, à n’en point douter… Mais bon, si au moins il ne t’a pas blessée, c’est ce qui compte… comment as-tu su que ce n’était pas Tom ?
De roses qu’elles étaient, les joues de Ginny devinrent laiteuses tandis que les yeux sombres de son maître semblaient parcourus de nuages orageux.
- il était... Bizarre... Chuchota-t-elle en forçant les deux sorciers à tendre l’oreille.
- comment ça bizarre ? Insista Zéphyr.
Ginny haussa les épaules en émettant un gargouillis indistinct mais la curiosité de cet homme semblait ne pas avoir de limite.
- quelle est la première chose bizarre qu’il a faite ? demanda-t-il.

Ginny devint aussi écarlate que sa chevelure flamboyante, ce qui mit Lord Voldemort au comble de l’exaspération et de l’inquiétude. Qu’avait-il donc pu se passer pour que sa captive soit dans cet état ? Soudain, sa respiration se coupa et il se sentit oppressé par un doute affreux : se pouvait-il que cet imposteur ait profité de la situation ? Qu’il ait osé poser la main sur elle ? Qu’il ait…
Le sorcier refusa d’aller plus loin dans ses théories et se contenta de ruminer sa colère en serrant les poings sur les rênes du cheval.
- et bien ? Insista Zéphyr d’une voix forte en se plaçant à côté de Ginny qui, plongée dans ses pensées, revivait avec écoeurement les derniers jours, s’étonnant pourtant d’une telle réaction face à des faits pourtant bien anodins.
- il me parlait comme à une petite fille, commença-t-elle en fixant un point inexistant entre les branches, concentrée sur ses souvenirs et ses sensations passées. Il voulait que je sois plus « familière » avec lui, poursuivit-elle avant de chuchoter : que je l’appelle Tom…

Ginny raconta alors comment ce sorcier avait presque exigé qu’elle abandonne ses paroles respectueuses et le « Maître » qu’elle ajoutait à chaque fin de phrase, comment lui-même s’adressait à elle avec gentillesse, lui donnant quelques sobriquets qu’elle répéta en grimaçant.
Zéphyr éclata de rire en imaginant son ami appeler quiconque « poussin » ou « chaton » et Lord Voldemort manqua tomber de cheval à plusieurs reprises tant l’horreur de ce qu’il entendait le frappait de plein fouet.
Elle fit également part de ses doutes rapides, des disparitions plus que suspectes de sa baguette et de ses « enquêtes » pour vérifier ses théories sur l’utilisation d’une potion telle que le polynectar…
Ginny se sentait de plus en plus mal à l’aise à ces simples souvenirs, ne songeant même plus qu’il l’entendait parler, mais seulement étourdie de ressentir encore l’état de manque dans lequel elle s’était trouvée, la peur qu’elle avait éprouvée en craignant que son Maître se soit transformé en un homme doucereux sans aucune force de caractère…

Elle acheva son résumé en passant une main tremblante sur son front moite, prise de nausées.
- il souriait tout le temps et me traitait comme si j’étais le plus précieux des trésors… un vrai cauchemar… conclut-elle finalement en provoquant cette fois l’éclat de rire des deux sorciers.
Ceci eut pour effet de la tirer de sa torpeur et Ginny sourit timidement en réalisant tout ce qu’elle venait de confesser et à qui…
- la majorité des femmes seraient ravies qu’on les traite de la sorte, commença Zéphyr.
- y’a des limites à tout ! Coupa Ginny. J’ai toujours eu horreur des empressés qui semblent croire qu’une fille est trop fragile pour pouvoir couper sa viande toute seule !
- et bien, fit Zéphyr en dodelinant du chef, tout sourire, au moins tu es servie ! Celui-ci, ajouta-t-il avec un signe du menton vers Tom, aura plus vite fait de te couper la tête que ta viande…
Le regard venimeux de Lord Voldemort le fit à nouveau rire, et Ginny songea que cet homme ressemblait bien peu aux Malefoy, par son comportement.

- vous êtes parent de Lucius Malefoy ? Interrogea-t-elle à brûle pourpoint.
Zéphyr se crispa sur sa monture en lançant au sombre mage un regard oblique.
- c’est mon fils… finit-il par déclarer.
Ginny ouvrit la bouche pour argumenter du fait que Zéphyr semblait encore plus jeune que Lucius et qu’il lui paraissait improbable qu’il en soit le père, mais la façon dont il tourna soudain la tête à l’opposé l’encouragea à ne pas s’éterniser sur le sujet.
Ils s’arrêtèrent enfin pour déjeuner et le sorcier blond retrouva rapidement sa bonne humeur ; Ginny eut l’étrange impression qu’il était encore plus sympathique avec elle, comme s’il lui était reconnaissant d’avoir perçu sa gène et décidé de ne pas poursuivre ses questions.

Ils reprirent ensuite la route et au bout de deux heures, Ginny commença à sentir son dos la brûler de douleur et d’inconfort.
- où va-t-on ? demanda-t-elle en espérant ainsi prévoir le temps de parcours encore nécessaire.
- tu verras bien. Trancha Lord Voldemort
- mais enfin ! fit Zéphyr d’un air indigné, elle peut savoir non ? Elle pourrait bien ne pas vouloir venir, d’ailleurs…
- peut-être, fit le sombre mage en se tournant vers lui avec un sourire carnassier, mais il se trouve que c’est encore moi qui commande…
Zéphyr leva les yeux au ciel et, se tournant vers Ginny, désigna son ami d’un geste dédaigneux de la main
- Tom ! Scanda-t-il de façon théâtrale, le seul et l’unique !!
Ginny ne put retenir un rire et déclara tout de même
- où qu’on aille, j’espère au moins que nous serons bientôt rendus.

- Moi aussi, fit Zéphyr en se frottant le céans, debout sur les étriers, je commence à avoir mal au…
Il ne put achever sa phrase : Lord Voldemort venait de lui lancer la gourde qui pendait à son côté, et qui le fit presque tomber de cheval tant il fut surpris par le choc.
- Mais ça va pas non ?! Tempêta-t-il en tentant de reprendre son équilibre tandis que Ginny se couchait sur la crinière de son cheval, riant à gorge déployée.
- je t’interdis d’être grossier en ma présence ! Siffla Lord Voldemort entre ses dents.
- Mais quelle plaie… pesta Zéphyr à vois basse en se massant la joue avant d’ajouter. Je pensais que ces années avaient amélioré ton caractère, mais je vois qu’il n’en est rien… Ma pauvre Ginny, fit-il en se tournant vers elle, comment Diable fais-tu pour supporter un démon pareil ?
- c’est sans doute qu’elle n’a pas le choix, trancha Lord Voldemort d’une voix qui témoignait de sa mauvaise humeur.

Ginny nota malgré elle que son maître semblait peu désireux de l’entendre donner sa version, et songea qu’il craignait- peut-être justement qu’elle ne l’approuve, lui montrant qu’elle restait son esclave par obligation…
La sorcière se força à chasser ceci de son esprit. Tomber amoureuse était une chose, mais elle s’était juré de ne pas jouer les naïves : jamais il ne l’aimerait. Il n’aimait d’elle que ce qu’elle représentait, rien de plus.
Zéphyr eut encore l’occasion de se frotter le bas du dos durant de nombreuses heures sous le regard noir de son ami qui semblait lui promettre mille tortures s’il lui venait l’idée de faire à nouveau un quelconque commentaire. Ginny riait chaque fois qu’elle percevait ces échanges silencieux, amusée par les gestes et les attitudes de Zéphyr qui la prenait à témoin d’un regard en se tournant vers elle, levant les yeux au ciel ou soupirant bruyamment.

Ils arrivèrent enfin dans ce qui sembla être un ancien village ou un vieil homme dont Ginny ne put évaluer l’âge les conduisit vers une vaste demeure de pierres.
La sorcière jugea que si, comme il convenait de le faire pour un arbre coupé, elle voulait déterminer l’âge de cet homme au nombre de ses rides, elle en aurait au moins pour la nuit !
Rompus de fatigue, ils dînèrent rapidement et Ginny rit encore de voir Zéphyr mimer une douleur telle qu’il mangea sans s’asseoir, lui faisant des clins d’œil complices chaque fois que Lord Voldemort tournait la tête dans un désir évident de ne plus le voir faire ses pitreries.
- je vois que je ne suis pas le seul à ne pas changer. Finit par déclarer le sombre mage alors que Zéphyr prenait congé en sortant de la pièce en boitant exagérément, une main posée sur ses reins, sous les rires de Ginny.

La sorcière éprouva un plaisir immense en constatant que ces maisons à l’aspect rudimentaire profitaient malgré tout de vastes salles d’eau et elle ne bouda pas son plaisir : elle resta de longues minutes sous l’eau fraîche dont le bruit agréable la berçait.
Lorsqu’elle se dirigea vers la chambre, elle observa un instant le sombre mage assis sur un large fauteuil, plongé dans la lecture d’un parchemin. Le menton calé dans une main, il tenait de l’autre une longue feuille qu’il abaissa finalement lorsqu’elle entra.
La jeune femme sentit fondre sur elle une nuées de souvenirs, comme si son esprit réalisait enfin, après avoir été endormi par la peur de le perdre, que celui qui se trouvait face à elle était Lord Voldemort.

Elle se mordit les lèvres en réalisant qu’elle avait peut-être parfois trop tendance à l’oublier, à ne plus le craindre autant et de fait, à devenir trop familière avec lui…
Ginny se sentit frémir sous le regard perçant qui la détaillait soudain et lorsque le sorcier laissa tomber le parchemin au sol pour se donner la possibilité de claquer des doigts à son aise, elle eut envie de se jeter sur lui pour lui faire quitter ce sourire arrogant.

Mais dieu qu’elle aimait ce sourire ! Elle avança donc jusqu’à lui et lorsqu’elle fut à sa portée, il entoura sa taille d’un bras, la tirant vers lui.
- alors ? fit-il d’une voix sarcastique, tu as apprécié ta douche, « Mon poussin » ?
Ginny éclata de rire et finit par se caler contre lui, enfouissant comme elle aimait tant le faire son nez dans son cou.
- pitié pas ça, hoqueta-t-elle tandis qu’il l’enlaçait plus étroitement.
La jeune femme sourit un instant, se laissant bercer par le bonheur de se trouver là, amusée de penser qu’elle se trouvait assise à califourchon sur les genoux de Lord Voldemort… himself.
- Dis moi Ginny, reprit-il d’un ton redevenu grave, t’arrive-t-il de me mentir ?
Ginny se redressa avec un rire bref, sans se dégager de l’étreinte qu’il maintenait autour d’elle.
- je ne pense pas être assez stupide pour ça. Répondit-elle ensuite avec sérieux alors qu’elle percevait dans le regard du sorcier l’importance qu’il exigeait de sa réponse. Et puis, ajouta-t-elle, je pense que vous le sauriez si tel était le cas.

- pas forcément, murmura-t-il en la fixant intensément. Je ne passe pas mon temps à m’en assurer…
Ginny resta un instant perplexe, bouche bée et assura une nouvelle fois d’un ton convaincu après avoir réfléchi un instant à tout ce qu’elle avait dit ou fait par le passé.
- je ne vous mens jamais…
Lord Voldemort la fixa encore un instant et elle sentit son estomac se contracter d’inquiétude.
- pourquoi me posez-vous cette question ? Chuchota-t-elle enfin.
Le sorcier haussa les épaules sans répondre et l’enlaça à nouveau, la soulevant dans ses bras pour la porter jusqu’au lit où il les fit s’écrouler tout d’eux, comme à son habitude. Ginny craignait chaque fois que le lit ne cède sous leur chute et fermait les yeux en se préparant au choc, mais chaque fois elle s’enfonçait dans un matelas souple sans qu’il ne desserre son étreinte.

- puisque tu ne me mens jamais, fit-il en s’allongeant près d’elle, j’aimerais que tu continues… et que tu me dises…
Ginny le regarda en attendant la suite de sa question, se tournant pour lui faire face alors qu’il posait sa tête sur son bras relevé pour l’observer.
- vous dire ? Poursuivit-elle, tirant au sorcier un bref sourire.
- y a-t-il quelque chose en lui qui t’a plu… une chose que tu regrettes que je n’aie pas, ou que je ne te dise pas. Quelque chose que tu voudrais que je te demande, ou que je te laisse faire… je ne sais pas… dis.
La sorcière, si elle n’avait pas tant été occupée à rougir et à se concentrer pour ne pas se laisser envahir par la gène qu’elle sentait poindre se serait sans nul doute aperçue que le sorcier face à elle, pour la première fois en des mois et peut-être de sa vie, ne trouvait plus ses mots…
Ginny avait passé la majorité de la journée à tenter de ne pas croiser le regard du sorcier, de peur qu’il ne perçoive en elle ses réflexions. Oui, il y avait une chose, une seule chose qu’elle aurait voulu pouvoir continuer, comme avec cet imposteur.

Cesser de l’appeler maître et utiliser ce prénom… qu’elle savait détesté au-delà du supportable. Elle ne devait pas, ne voulait pas, exiger ce genre de choses ou même l’évoquer. Ce n’était qu’un désir inconcevable, juste une envie chez elle d’avoir le sentiment de lui être plus proche, d’être autre chose pour lui qu’une esclave… Mais elle était également persuadée que ce n’était que folie de l’envisager.
- je suis obligée de répondre ? fit-elle d’une voix timide, s’étonnant de sa propre audace.
- devine ! Rétorqua le sorcier après un rire bref.
Ginny grommela qu’elle aurait de loin préféré que ce soit lui qui devine, justement, plutôt que de devoir dire tout haut ce qui lui semblait relever du blasphème, mais il fit semblant de ne pas l’entendre, souriant en la fixant avec cet éternel air supérieur, vainqueur par forfait…
- alors ? fit-il. Il n’y a vraiment rien que tu aurais voulu que je dise moi, plutôt que lui ?

- si murmura timidement Ginny en baissant les yeux, trouvant un intérêt soudain à faire jouer le drap entre ses doigts.
Le sorcier sentit à nouveau sa poitrine l’oppresser, comme ça avait déjà été le cas au cours de la journée. Qu’avait donc fait cet imposteur pour la mettre dans un tel état ? Il releva vers lui son menton en le calant entre ses doigts, la mine sévère.
- dis. Ordonna-t-il, sentant en lui le besoin urgent de connaître la vérité.
Ginny n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche qu’il poursuivait.
- est-ce qu’il t’a… touchée ?
La mine scandalisée et les yeux arrondis de Ginny furent pour lui une source de soulagement intense.
- bien sûr que non ! Cria-t-elle presque d’un air offensé avant de rougir aussitôt, provoquant chez le sorcier un rictus de colère. Enfin si… ajouta Ginny en baissant à nouveau le nez sans se soucier du regard brillant de colère de son maître. Il m’a embrassée.

Lord Voldemort sursauta de rage, provoquant chez sa captive un élan de panique.
- juste une fois ! fit-elle précipitamment. Ou deux.
- une ou deux ? Cracha Lord Voldemort.
- Mais j’en sais rien moi ! fit Ginny avec un geste d’impatience avant de se figer d’horreur.
Ce qu’elle avait songé quelques minutes plus tôt était vrai : elle oubliait bien vite et trop facilement à qui elle avait à faire.
Le regard noir et la respiration courte de Lord Voldemort n’étaient pas pour la rassurer et elle finit par reprendre d’une voix faible et anxieuse.
- je ne sais pas… je n’aime pas y repenser…
- ça m’est complètement égal. Siffla le sorcier en approchant son visage du sien. J’exige de savoir. Il t’a…. et tu ne t’en souviens pas ?
La sorcière eut envie de sourire à le voir refuser de prononcer la fin d’une phrase qui semblait l’écoeurer.
- non je ne m’en rappelle pas. Répondit-elle d’une voix sûre.
Le sorcier plongea ses yeux dans les siens et Ginny savait qu’il y cherchait la moindre preuve de mensonge.

- c’est étrange.. Finit-il par murmurer sans relâcher son observation, de ne pas se rappeler ce genre de chose.
- en règle général, je ne me rappelle que de ce qui me fait de l’effet. Répondit Ginny en virant au rouge vif dès le dernier mot achevé.
Elle plaqua une main sur sa bouche et eut l’impression de se liquéfier au regard étonné et amusé du sorcier qui semblait retenir son rire à grand peine.
- je suis désolée, souffla-t-elle entre ses doigts. Oh mon dieu je me fais honte…
Ginny eut envie de se tourner pour ne plus lui faire face, mais Lord Voldemort retint son geste en riant.
-attends attends… Se moqua-t-il en la regardant tenter de se soustraire à son regard.
Le sorcier obligea une Ginny tantôt livide tantôt grenat à lui rappeler quand, pour la dernière fois, il l’avait embrassé, prise dans ses bras, ou fait preuve de la moindre marque de tendresse, et fut fort satisfait de constater qu’elle répondait parfaitement à chaque question en changeant systématiquement de couleur.
- bon et bien… dois-je considérer que je te ... comment déjà ? ah oui ! Fais de l’effet ?

Ginny crut s’étouffer de rage en regardant le sorcier, qui lui pensait bien finir par s’étouffer de rire face à sa mine boudeuse.
- Mais revenons en à ma première question… Fit-il soudain en reprenant son sérieux.
Au visage horrifié de Ginny, qui avait soudain perdu son air de gamine amusée, le sorcier comprit que le sujet était d’importance et il l’enlaça en se surprenant lui-même d’être si patient.
- dis moi. Murmura-t-il dans ses cheveux tandis qu’elle se blottissait contre lui.
- je ne veux pas… murmura-t-elle d’une voix implorante en restant lovée contre sa poitrine. S’il vous plait... Pour une fois, laissez moi… ne pas vous répondre…
Lord Voldemort resta un instant muet, tiraillé entre l’envie de hurler de colère face à cette effronterie, de peur face à ce qu’elle demandait et qui pour lui, signifiait que ce qu’elle cachait était une chose importante, ou de rage à son encontre en se sentant fléchir.
- je ne cède jamais. Répondit-il calmement, plutôt satisfait de ce compromis. Mais je t’assure que je ne m’emporterai pas. Quoi que tu dises…

Il prit le visage de sa captive entre ses mains pour la forcer à lui faire face à nouveau, étonné de le sentir humide de larmes, et une fois de plus agacé de sentir sa poitrine l’oppresser. Finirait-il par se rendre malade de la voir pleurer ? Lui ?
- peut-être hoqueta Ginny, mais je sais que ça ne vous plaira pas.
- comme il ne me plait pas de te voir me tenir tête. Trancha le sorcier sans pourtant parvenir à mettre toute la dureté qu’il aurait souhaité dans sa voix.
La jeune femme retint sa respiration en le fixant, les yeux baignés de larmes.
- tant pis. Fit-elle en frissonnant. Je prends le risque.
Le sorcier resta un instant bouché bée avant d’articuler
- c’est donc si important que ça ?
- pas forcément. Fit Ginny en haussant les épaules, priant pour qu’il la ramène rapidement contre lui, mais je suis certaine que cela vous déplaira… je ne veux pas…

Il exauça enfin ses vœux et la serra contre lui. La jeune femme se laissa bercer encore par sa respiration, pleurant de soulagement et de bien être, et s’endormit avec un sourire posé sur les lèvres lorsqu’elle l’entendit grommeler
-si tu dis à quiconque que j’ai cédé, je te tue.
Elle n’eut pas la force de répondre et se contenta de le serrer contre elle à son tour en soupirant.

retrouvailles by Morgane
Il exauça enfin ses vœux et la serra contre lui. La jeune femme se laissa bercer encore par sa respiration, pleurant de soulagement et de bien être, et s’endormit avec un sourire posé sur les lèvres lorsqu’elle l’entendit grommeler
-si tu dis à quiconque que j’ai cédé, je te tue.
Elle n’eut pas la force de répondre et se contenta de le serrer contre elle à son tour en soupirant.

Lorsqu’elle s’éveilla le lendemain, une clarté aveuglante inondait la pièce aux murs de pierres, mais Ginny n’eut pas le loisir d’observer alentour : les yeux sombres du sorcier, fixés sur elle, captivèrent aussitôt toute son attention.
Immobile, il semblait attendre qu’elle s’éveille et la jeune femme comprit rapidement quelles étaient les raisons de sa présence tardive à ses côtés alors qu’il avait d’ordinaire pour habitude de quitter tôt la chambre pour vaquer à quelques occupations dont Ginny ne voulait même pas connaître le moindre détail.
- et bien ? Murmura-t-il dès qu’il la sentit apte à comprendre le sens de es paroles. Toujours prête à me tenir tête ?

Ginny sentit son cœur accélérer sa course : la journée commençait fort mal et le visage fermé de son «maître» ne lui laissait rien augurer de bon.
- j’ai passé une nuit détestable. Poursuivit-il.
Il se redressa alors et posa une main sur le cou de sa captive, plongeant son regard d’ébène dans le sien.
- je veux savoir, insista-t-il d’une voix sifflante, ce que tu me caches. Qu’est-ce qui t’a plu en lui, que je n’ai pas ?
La jeune femme n’eut pas le temps d’envisager la moindre réponse qu’il venait la prendre lui-même en elle, provoquant de vives douleurs qui lui tirèrent des larmes incontrôlées.
- n’essaie pas de me résister. L’entendit-elle menacer et prévenir. Plus tu résistes et plus c’est douloureux.

Par réflexe, la malheureuse ferma les yeux, n’ayant pas même conscience qu’elle résistait d’une quelconque manière et ne souhaitant que mettre fin à la douleur qui enserrait son crâne.
- ouvre les yeux ! Rugit le sorcier en approchant d’elle, tout à fait inutilement.
La fraction de seconde durant laquelle son regard avait croisé celui de Ginny lui avait pourtant suffit à découvrir ce qu’elle mettait tant d’ardeur à lui cacher.
Elle obéît donc, tremblant légèrement et n’osant dire un mot, tétanisée par ces manières à nouveau brusques qu’elle détestait.
- jamais, souffla-t-il en un murmure. Ne t’avise jamais de prononcer ce nom.
Ginny observa le sorcier en silence avec une féroce envie de le gifler : n’avait-elle pas prévenu ? Elle avait clairement dit que ceci n’était que folie et qu’elle ne se risquerait pas à se permettre une telle familiarité pour une chose sans importance !

- ça ne me viendrait pas à l’idée. Murmura-t-elle enfin en toute sincérité.
Le sorcier qu’elle voyait en effet à cet instant ne correspondait nullement à celui qu’elle pourrait un jour souhaiter appeler «Tom», loin s’en fallait…
- tu ne devrais même pas y penser ! Conclut ce dernier d’une voix rageuse en se levant tandis que Ginny se massait le cou d’une main tremblante en s’asseyant sur le rebord du lit.
Elle resta ainsi sans bouger tandis que Voldemort disparaissait dans la salle de bain et n’avait toujours pas bougé lorsqu’il en revint.
Il resta alors un instant immobile à l’observer et ne s’approcha d’elle que lorsqu’elle se leva, les jambes mal assurées.

L’allure décidée du sorcier la fit douter davantage et reculer d’un pas mais elle ne put se soustraire à ses mains qui entourèrent bientôt son visage.
Ginny s’aperçut alors qu’elle pleurait encore lorsque les doigts du sorcier essuyèrent quelques larmes sur ses joues et qu’il lui murmura :
- pourquoi pleures-tu ? Si ceci est sans importance ?
Les yeux de Ginny cherchèrent ceux du sorcier et s’y perdirent de longues secondes.
- ça me fait mal, chuchota-t-elle enfin, lorsque vous doutez de moi à ce point.
La jeune femme ne savait plus sur quoi elle pleurait : était-ce la douleur de n’être encore pour lui qu’une esclave ? Un simple trophée de guerre ? Ou bien s’y mêlait-il la honte qu’elle éprouvait de se voir ainsi dépendante d’un monstre à l’origine de tous ses malheurs ?

Après un instant de mutisme angoissant, elle frémit de se sentir enlacée et crut défaillir lorsque le sorcier l’embrassa de cette façon possessive qu’elle détestait et aimait à la fois.
Ce fut bientôt au tour de Voldemort de frémir, mais certes pas de plaisir, lorsque Zéphyr tambourina à la porte de la chambre en beuglant.
- TOM ! Il est grandement l’heure ! Nous avons une longue route !
Pour toute réponse, le sorcier se saisit de sa baguette et lança un sort qui devait être censé traverser la porte puisque Ginny entendit bientôt Malefoy rétorquer d’une voix moqueuse :
- dis donc ! Tu me crois assez stupide pour rester sagement là à attendre un sort de ta part ?! Tu es d’un prévisible….
Le rire du sorcier s’éloigna tandis que Voldemort semblait ruminer sa colère.

Ginny se hâta de se préparer et rejoignit ensuite les deux hommes hors de leur demeure de passage.
Zéphyr souriait, l’air radieux, tandis que son ami affichait une moue aussi sombre que ses yeux.
- laisse ! fit le sorcier blond en percevant le regard inquiet de Ginny. Il faut le laisser bouder ainsi… il a besoin de laisser parfois s’épancher son mauvais caractère… si il se retient trop longtemps, ça le rend malade…
Se faisant, le sorcier esquiva trois sorts lancés par le boudeur en question, et Ginny sourit de constater qu’il devait s’agir là d’un «jeu» puisque, dans le cas contraire, il n’y avait aucune raison pour que le mage noir rate aussi grossièrement une cible si facile.

- en route ! Annonça enfin Zéphyr.
Cette fois, le trio se déplaça à pieds et Ginny regretta que tous ne se soient pas levés plus tôt pour profiter de la fraîcheur matinale : l’air devint bientôt lourd et étouffant.
Ils progressèrent à travers une épaisse forêt qui ne semblait constituée que de hautes plantes aux feuilles tranchantes et Ginny fut étonnée lorsqu’ils découvrirent, perdu au milieu de cette végétation luxuriante, un second village où hommes, femmes et enfants semblaient vivre de façon archaïque.
Ils profitèrent donc de cet oasis pour se désaltérer et Zéphyr insista pour que chacun se mette à la mode locale.

- il est impératif de se couvrir le chef ! Assurait-il, sinon, dès que nous aurons quitté la protection des feuilles, l’insolation nous guettera.
Et effectivement, Ginny constata avec amusement que du plus jeune au plus âgé, tous les habitants de se village étaient coiffés d’un large chapeau dont le rebord évasés, parfois agrémentés de pompons d’un ridicule à faire peur, permettait pour le moins de garder la tête à l’ombre…

Il poussa donc Ginny à l’intérieur d’une maisonnette rudimentaire où elle dut abandonner ses vêtements pour ceux, plus légers et sommaires, du pays.
- et puis, passer inaperçu n’est pas une mauvaise chose. Argumentait encore Zéphyr en patientant à l’entrée de la cahute.
La jeune femme ressortit bientôt habillée d’une simple robe droite à larges bretelles d’un bleu roi qui contrastait magnifiquement avec sa chevelure de feu.
Quelques motifs jaune vif ornaient le bas de cette robe qui tombait au dessus de ses genoux, et Voldemort fit savoir tout le bien qu’il pensait d’une telle tenue et de la discrétion indéniable qu’elle apportait à sa captive : à des lieues à la ronde, parée de ces couleurs criardes, même un Troll l’aurait remarquée.

Zéphyr n’en tint pas compte et enfonça pour plus de crédit un large chapeau de paille sur la tête de Ginny, qui se hâta de s’éloigner lorsqu’elle vit le sorcier blond choisir deux autres chapeaux abominablement ridicules sous l’œil noir de son maître.
Les deux hommes échangèrent force reproches, l’un jurant que jamais on ne le verrait porter pareille horreur, qu’il en mourrait de honte, l’autre assurant que son immortalité le protégerait de tout, même de ça, et qu’il fallait impérativement qu’ils puissent se cacher derrière ces immenses couvre chefs.
- Mais comment veux-tu que nous puissions nous cacher avec ces atrocités sur le crâne ?! Finit par vociférer Voldemort sous l’œil rond des autochtones qui ne comprenaient mot.On va nous repérer à des kilomètres !
- tu n’y es pas, répondit Zéphyr d’une voix calme. Ici tout le monde se coiffe ainsi et ce sont ceux qui arrivent tête nue qui sont aussitôt remarqués…

Ginny se mordit la langue pour ne pas exploser de rire en voyant Voldemort couvert par un sombrero que Zéphyr avait tout de même eu l’extrême bon sens de choisir noir.
Elle se détourna pourtant et s’y laissa aller lorsque celui-ci insista en reprenant son chemin, suivit par un Voldemort tremblant de rage.
- et estime toi heureux ! Je t’ai épargné les pompons et les clochettes !
Au fur et à mesure de leur avancée, elle reprit peu à peu contenance et sourit d’entendre son maître exiger que sa prochaine tenue soit verte… et moins voyante… et plus longue.
- regarde devant toi ! Sifflait-il chaque fois que Zéphyr se tournait pour sourire à Ginny.
En ces instants, la malheureuse sorcière se laissait toujours aller à quelque fol espoir, pensant déceler là une jalousie émouvante avant de se ressaisir et de se persuader qu’il n’était uniquement question que de possession.

Lorsqu’ils abordèrent un second lieu d’habitations, Voldemort se crispa instantanément, donnant maints conseils à son ami sur la façon dont il convenait d’éviter de nouvelles coutumes locales propres à le ridiculiser.
Fort heureusement pour la santé de chacun, ils ne trouvèrent là que de quoi se nourrir et se distraire : un vieillard à la peau fripée semblait prêt à se rendre à l’autre bout du monde, préparant nombres de produits artisanaux destinés à la vente.
Ginny visita son étal et fut ébloui par cette profusion de couleurs ; elle resta longtemps absorbée par la contemplation de tapis muraux aux motifs singuliers.
Une main, posée sur sa taille, la ramena à la réalité alors qu’elle s’était arrêtée face à une tapisserie du même bleu que sa robe, ornée de ce qui semblait être un condor doré.

La jeune femme songea aussitôt que cet animal aurait pu faire figure de phénix et Voldemort, au sourire carnassier qu’il lui adressa, lui fit comprendre combien il était lui aussi frappé par cette évidence.
- ça manque de vert. Murmura-t-il à l’oreille de sa captive qui fit une moue de désaccord.
Le sorcier précéda Ginny et l’appela bientôt, fier de montrer sa découverte.
- la plus belle pièce de ce «magasin», claironna-t-il.
Ginny agita une main dédaigneuse en apercevant un tapis vert sombre où un serpent gris clair encadrait des motifs simples.
Le rire du mage fit sourire Ginny et lorsqu’il l’enlaça en plongeant son regard dans le sien, elle se sentit une nouvelle fois perdre pied.
- il ne te plait pas, ce tapis ?
- je préfère le bleu. Articula Ginny après de gros efforts pour se soustraire à la paralysie qui la gagnait.

Ginny considéra rapidement que le choix de Voldemort était malgré tout tout à fait justifiable : les couleurs, moins vives, rendait l’ouvrage bien plus agréable à regarder, mais la jeune femme n’en gardait pas moins une préférence pour la première, songeant surtout que sa mère aurait adoré avoir une telle décoration dans son salon…
Avec un sourire triste, elle s’éloigna finalement du magasin de fortune après quelques minutes supplémentaires de contemplation et rejoignit les deux sorciers qui semblaient quant à eux passionnée par des jattes de paille.
Ginny s’avança, curieuse de voir ce que les deux hommes observaient, penchés sur ces coffres de fortune, mais se recula rapidement en voyant sortir de l’ombre la tête triangulaire d’un serpent au regard menaçant.

Voldemort buvait l’animal des yeux, et la sorcière éprouva une forte envie de jeter récipient et contenu dans la rivière la plus proche. Elle grimaça d’appréhension en comprenant que le sorcier décidait finalement d’emporter la bête, et le regard vide du vendeur au moment où il lui tendit des pierres plates en guise d’or la fit soupirer de colère.
Le sorcier se tourna vers elle, un sourire vainqueur éclairant son visage.
- et voila… soufflait Zéphyr en secouant la tête d’un air triste. Quel gâchis…. Tant de pouvoirs et de puissance pour ne servir qu’à escroquer des moldus… je t’assure, je trouve cela….
Mais Zéphyr n’eut pas le temps de donner son avis : le serpent s’était extirpé de sa cage d’osier et lui donnait la chasse sous le regard satisfait de son nouveau maître.

Ginny ne savait si elle devait en rire ou s’en inquiéter mais l’approche de Voldemort ne lui laissa guère l’occasion de s’interroger longtemps.
- et toi ? fit-il en faisant glisser ses doigts repliés sur sa joue. Tu ne veux rien ?
- je n’ai pas de pierres, railla Ginny, pour payer ce malheureux.
Le sorcier se contenta de sourire avant d’approcher son visage du sien et la jeune femme frémit en comprenant encore à ce regard carnassier ce qu’il attendait d’elle.
Elle obtempéra donc avec une bonne volonté qui ne la surprenait plus et entendit bientôt son maître l’appeler d’un murmure avant d’y répondre en frémissant encore davantage.
Combien de fois devrait-elle répéter qu’elle n’appartenait qu’à lui pour qu’il s’en lasse ? S’en lasserait-il d’ailleurs jamais ? Et surtout, y croyait-il….

Le sorcier s’éloigna soudain de sa captive frémissante et se tourna vers le moldu qui les observait encore, un sourire niais posé sur ses lèvres.
Il ordonna alors plus qu’il ne demanda au vendeur de lui porter les deux tapis vus précédemment et, après avoir observé attentivement le contenu de nombreuses jattes d’osiers, ajouta à sa commande un second serpent, plus petit mais à l’air tout aussi dangereux.
- pour le parrain du neveu de la demoiselle. Siffla-t-il en faisant tressaillir Ginny.
- Mon neveu ? Balbutia-t-elle en suivant le sorcier sous le couvert des arbres où il fit disparaître tous ses « achats ».
- oui, confirma Voldemort avec un sourire énigmatique. Ton neveu…. Ton amie, la Sang de Bourbe, insista-t-il avec plaisir, ne t’a donc rien dit ? Elle a donné naissance à un enfant il y a peu…

Ginny n’eut cure de la grimace qui accompagna cette information.
- comment savez-vous ? Souffla-t-elle, livide. Qui…..
« Est le père » acheva-t-elle en son fort intérieur sans prononcer sa phrase en entier… bien sûr, Ron devait être ce père….
L’esprit de Ginny fourmillait tandis que Zéphyr les rejoignait, soufflant comme un buffle, le serpent le suivant à quelques pas.
- bon, fit-il, la respiration courte. Nous y allons ? Tu me ranges ce serpent ?!!!!!
Ses paroles s’étaient achevées sur un cri mêlé de peur et d’agacement avant qu’il n’éclate d’un rire sonore.

Le trio reprit donc sa route à travers forêts et champs, gravissant des pentes abruptes sur un sol de plus en plus accidenté qui offrait ça et là de nombreuses grottes inquiétantes.
Ginny passa de longues minutes plongées dans ses réflexions, « choquée » de se s’apercevoir soudain combien d’événements si importants pouvaient avoir lieu sans qu’elle n’y assiste…
Ron était papa.. Hermione maman… son amie lui avait toujours promis qu’elle serait un jour la marraine de ses enfants, assurant que Harry serait…
- Il est vivant ? Souffla-t-elle soudain, stoppant net sa marche.
Devant elle, le mage noir s’arrêta à son tour et se tourna vers elle. Ginny le fixait sans le voir, les oreilles soudain bourdonnantes et le regard flou.

- Harry est vivant….
Zéphyr ouvrit la bouche pour parler mais un bref regard de son « ami » le persuada de se taire et de continuer à marcher.
Longtemps, Ginny resta immobile et silencieuse face au visage fermé de son maître qui semblait quant à lui mener un combat intérieur sans précédent.
Il avança enfin d’elle avec une lenteur hypnotisante et ne s’arrêta qu’une fois si près d’elle qu’elle pouvait distinguer chaque nuance pourtant si ténue de ses prunelles.
- Ginny ? Appela-t-il alors, attendant une énième fois une preuve de soumission.
- il est vivant ? Répéta la sorcière sans se rendre compte des risques qu’elle prenait tant elle était bouleversée par cet espoir.
Le voile de panique qui passa alors dans le regard de son maître la ramena à la réalité plus efficacement que tous les cris, menaces ou sorts qu’elle avait pu craindre jusque là.

- Pourquoi devrais-je encore répéter ce que vous savez déjà ? Questionna-t-elle d’une voix redevenue claire qu’elle s’appliquait cependant à garder parfaitement respectueuse.
Le doute qu’elle lisait alors clairement sur le visage du sorcier lui fit un instant oublier tous se doutes et toutes ses espérances.
- je ne suis qu’à vous. Murmura-t-elle. Je le répète depuis si longtemps, et sur tous les tons, que je m’étonne encore que vous n’en soyez pas convaincu. Fit-elle avec un soupçon de taquinerie. Vous le savez très bien… en revanche… moi... je ne sais pas…
Ginny avait à présent conscience des risques qu’elle prenait, mais la Gryffondor en elle venait de s’éveiller à nouveau, répondant bien plus vivement qu’elle ne l’aurait cru à cet appel fou.

Voldemort l’enlaça alors, enfouissant son visage dans son cou et Ginny resta perplexe de le sentir trembler contre elle durant un bref instant.
- tu n’es qu’à moi. Fit-il d’une voix dure sur ce ton habituel qui ne tolérait aucune résistance. Ecoute moi bien…
Il lui refit alors face, ses yeux débordant cette fois de rage.
- nous allons entrer dans une grotte. Quatre personnes se trouveront là. Tu t’assiéras à ma droite.
Ginny approuvait à chacune de ses paroles avec bon sens.
- tu ne prononceras pas un mot, à aucun moment, sauf si je t’en donne l’ordre direct.
Le sorcier sembla se crisper et serra les poings sans détacher son regard du visage à la fois inquiet et surpris de son « trophée ».
- et je ne veux pas te voir ni pleurer ni avoir le moindre geste qui puisse laisser penser que tu regrettes d’être à mes côtés. Est-ce clair ?

- oui maître. Souffla Ginny alors que le sorcier s’emparait de ses lèvres en un baiser possessif qui lui fit parfaitement comprendre combien l’épreuve qu’il lui imposait serait complexe à surmonter…
Lorsqu’il relâcha son étreinte, la sorcière eut toutes les peines du monde à ne pas lui hurler combien elle l’aimait malgré cette énième manifestation de mauvaise humeur, et combien elle souhaitait rester près de lui alors qu’il semblait en douter.
Voldemort reprit soudain son chemin et rejoignit Zéphyr, une Ginny tremblant d’appréhension sur les talons. Lorsqu’ils avancèrent vers l’ouverture d’une large grotte, le bref regard qui accompagna la sorcière lui fit se rappeler toutes les recommandations faites.
Pour s’assurer une obéissance parfaite, Ginny baissa les yeux et s’assit à droite de Voldemort, comme il le lui avait indiqué.

Elle ne consentit à lever le nez que lorsque l’une des personnes présentes salua les arrivants.
Autour d’une table ovale, se trouvaient comme prévu quatre personnes.
Face à Zéphyr, installé à la gauche de Voldemort, était assis un homme, comme en conclut Ginny en observant ses mains : il était caché sous une ample cape qui ne laissait paraître que cette partie de son corps.
D’un regard, Ginny perçut le frémissement qui parcourut ce dernier mais l’homme assis à ses côtés tempéra aussitôt cette manifestation d’inquiétude en posant l’une de ses mains sur la sienne, alors que la personne encapuchonnée commençait déjà à se lever.
- Calme toi. Reste assis et écoute. Fit l’homme qui se trouvait au centre de ce trio et donc face au Mage noir qui restait silencieux, le regard fixe.

Face à Ginny se trouvait un troisième homme qui la fixait en tremblant légèrement et qui se détourna vivement vers celui qui venait de parler, attendant manifestement de sa part une quelconque explication.
Ginny eut beau réfléchir et tenter de se souvenir, elle ne pensait pas connaître l’un de ces hommes ; du moins était-ce le cas pour les deux qu’elle pouvait voir.
Le quatrième et dernier de ces inconnus était debout à sa droite et ne tremblait pas.
- Bien ! fit-il d’une voix claironnante qui paraissait indécente au milieu de cette atmosphère tendue. Messieurs, nous sommes ici pour faire affaire.
Il frotta ses mains en souriant de contentement et poursuivit.
- Mr Hoppe, fit-il en désignant l’inconnu qui avait peu avant pris la parole et qui fixait pour l’heure Voldemort d’un regard calme mais néanmoins attentif, a fait appel à mes services pour résoudre un… problème… assez délicat je l’admets.

Le rire sirupeux de l’homme tira une grimace à Ginny, mais elle s’empressa de se contrôler, se rappelant les commandements de son maître.
- j’ai à cœur, soupira le bavard, de satisfaire chaque personne qui se présente à moi et, devinant que jamais je ne pourrai parvenir à mener à bien la mission que l’on me donnait, j’ai décidé de faire appel à quelqu’un qui serait en mesure de le faire.
Ginny fixa l’homme au sourire rayonnant et se détourna un instant pour regarder Zéphyr, qui souriait paisiblement, les bras croisés, observant la scène avec tranquillité.
- En fait, expliqua Mr Hoppe sur un ton calme en souriant à son tour, Mr Jinns est un sorcier assez doué lorsqu’il s’agit de trouver qui que ce soit susceptible de résoudre les problèmes qu’on lui expose… car il est fort rare qu’il puisse lui-même y trouver une solution…
Toujours debout, Mr Jinns se contenta de rire à nouveau et Ginny eut l’impression qu’il évitait soigneusement de regarder le Lord noir

- et bien, fit enfin ce dernier alors que les deux inconnus qui encadraient Mr Hoppe frémissaient à nouveau, ne nous soucions donc plus de lui, puisqu’il ne nous est plus d’aucune utilité…
Le sourire de Mr Jinns disparut instantanément et il devint si blême que Ginny ne put retenir un sourire.
- voyons... Balbutia-t-il… Messieurs… je….
- Assis. Fit Voldemort d’une voix sèche sans détourner son regard de Mr Hoppe qui lui souriait toujours paisiblement.
Mr Jinns s’exécuta avec une telle rapidité que Ginny ne douta pas que, s’il n’y avait eu aucune chaise pour le recevoir, il se serait tout bonnement installé à même le sol. Le malheureux garda les yeux rivés à la table jusqu’à ce que Voldemort reprenne.
- Jinns. Qui sont ces gens ?

- des sorciers… bredouilla l’interpellé en jetant au mage noir et au trio face à lui des regards inquiets
- connais-tu leurs identités ?
- assurément. Déclara Jinns d’une voix pourtant hésitante. Mr Hoppe, répéta-t-il, ainsi que Mr Nills et Mr Jones. Il accompagna ses paroles de gestes tremblants pour désigner tour à tour l’homme à la cape et celui qui se trouvait face à Ginny.
- ooh ? fit Voldemort avec une lueur d’amusement dans le regard. Et as-tu proposé à boire à ces messieurs ?
Le silence pesant qui s’ensuivit tira à Zéphyr un léger rire tandis que Jinns regardait chacun avec un air d’incompréhension à la limite de l’inconvenant.
- je..à vrai dire.. non… bafouilla finalement Jinns qui ne comprenait manifestement pas l’intérêt d’une telle question.

- quel manque de savoir vivre. Fit Voldemort en souriant à son tour.
- ces messieurs, fit Jinns en déglutissant difficilement, ont apporté eux-mêmes de quoi se désaltérer, fit-il pour toute explication.
Le sourire de Voldemort prit la même teinte meurtrière que son regard.
- voyez-vous ça… siffla-t-il tandis que Ginny se raidissait à ses côtés.
« Polynectar » hurla-t-elle en elle-même, enrageant de ne pas y avoir songé plus tôt, fixant intensément le trio face à elle.
- Mais passons… reprit Voldemort en faisant soupirer d’aise le malheureux Jinns. Quel est le problème de ces messieurs ?

- Mr Nills, fit-il en désignant encore l’homme à la cape, a été victime d’un puissant sort. J’en ai étudié les effets et mesuré les dangers… cependant je ne parviens pas à déterminer la magie dont il s’agit, ni comment la soigner. Le corps de Mr Nills, expliqua-t-il, semble osciller entre une consistance fantomatique et humaine… comme si son esprit hésitait entre la vie et la mort… de plus il..
- cela suffit.
Un silence pesant suivit les paroles de son maître tandis que Ginny étudiait avec attention tout ce qui pouvait lui fournir la moindre indication sur l’identité des membres de ce trio.
- as-tu l’ouvrage que je t’ai demandé ? reprit enfin Voldemort d’un ton calme.
Mr Jinns s’empressa de se lever, sans même répondre, et se précipita pour aller quérir un grimoire qu’il porta au sorcier.
- il me faut un chaudron… zéphyr, va le choisir je te prie…

Zéphyr s’exécuta en souriant, suivant Mr Jinns qui lançait à l’assemblée des regards inquiets. Le Lord noir se leva enfin et Ginny eut l’impression que Jinns allait s’évanouir.
- A présent, fit Voldemort avec un sourire mauvais pour l’infortuné, regarde bien… regarde, combien tu es stupide…
Les yeux de Mr Jinns s’arrondirent tandis que de sa gorge émana un gargouilli indistinct au moment où les visages des sorciers face à eux se métamorphosèrent peu à peu…
Jinns observait tour à tour chacun des sorciers, bredouillant des excuses et tremblant de tous ses membres.
- je ne savais pas... je vous assure. Je ne savais… jamais je n’aurais… si j’avais su... j’aurais refusé… je vous en prie…
Ginny était trop tétanisée pour porter la moindre attention aux suppliques larmoyantes de Jinns qui venait de se jeter aux pieds de Voldemort : face à elle souriait Albus Dumbledore, la fixant d’un regard apaisant et rassurant. A sa gauche, Ron tremblait légèrement et quelques larmes coulaient sur sa joue. Ginny reporta son regard sur l’encapuchonné et mima de ses lèvres, sans émettre le moindre bruit, conformément à ce qu’Il lui avait demandé.

- Harry ? …
Le sorcier abaissa alors sa capuche, laissant paraître un visage qui tira à Ginny un cri d’horreur avant qu’elle ne plaque une main sur sa bouche, se tournant brusquement vers son maître qui l’observait attentivement depuis la «transformation» des sorciers, sans se soucier de Jinns, qu’il congédia enfin.
- hors de ma vue, sombre ignare. Siffla-t-il, provoquant une fuite désordonnée, mais efficace, de ce dernier.
Ginny s’était levée à son tour, le cœur battant la chamade de peur et d’horreur mais aussi de joie. Harry était vivant ! Ou du moins…. Quelque chose semblait avoir survécu… La jeune sorcière avait l’impression de voir son ami à travers une épaisse couche de glace : son visage terne sans contour donnait l’impression que l’on devenait aveugle…
La jeune femme plongea son regard dans celui de son maître, le suppliant autant qu’elle le pouvait en restant silencieuse de ne pas le tuer. De ne pas le tuer encore…
Chapter 13 by Morgane
Author's Notes:


Avant tout, une fois de plus, Merci !
Ensuite… j’ai lu beaucoup de questions sur «que va faire Tom ? Comment va-t-il réagir face à ses ennemis qu’il croyait morts ? » Allons allons… vous pensez vraiment qu’il ne le savait pas déjà ? mdr Il sait tout ! Et il a déjà choisi… si il est venu ici, c’est soit pour finir le travail commencé, soit pour…
A quoi sert ce chaudron ?
Ginny s’était levée à son tour, le cœur battant la chamade de peur et d’horreur mais aussi de joie. Harry était vivant ! Ou du moins…. Quelque chose semblait avoir survécu… La jeune sorcière avait l’impression de voir son ami à travers une épaisse couche de glace : son visage terne sans contour donnait l’impression que l’on devenait aveugle…
La jeune femme plongea son regard dans celui de son maître, le suppliant autant qu’elle le pouvait en restant silencieuse de ne pas le tuer. De ne pas le tuer encore une fois…

Sans la quitter des yeux, Voldemort passa la paume de sa main au dessus du grimoire qui disparut lorsqu’il murmura une incantation dans une langue étrange qui la rendit mal à l’aise.
Le regard de son maître, posé sur elle, semblait peser plus lourd que la force d’un bras et Ginny se rassit lentement, comprenant l’ordre sans même qu’il n’ait besoin de le prononcer.
La jeune femme, si la situation n’avait pas été si grave, aurait pu sourire en se comparant à Harry : si elle n’avait cessé de fixer Voldemort, lui était encore tourné vers son professeur, l’air à la fois étonné et abattu.
- vous le saviez ? fit-il d’une voix qui fit tressaillir Ginny tant elle semblait immatérielle. Vous le saviez… que ce serait… lui…
- bien sûr. Répondit calmement Dumbledore en observant le mage noir d’un air paisible. Qui d’autre aurait pu ? Qui d’autre aurait su…

Voldemort fixait à présent Harry qui, en se détournant enfin vers lui, eut l’impression que tout lui échappait.
- dis moi, Potter, fit le sorcier d’une voix cynique, est-ce que cela fait mal ?
Harry serra les dents et approuva d’un signe de tête, tirant un sourire de ravissement à son ennemi.
- j’espère bien. Souffla alors Voldemort.
Dans les yeux de son ami, Ginny eut la surprise de lire une certaine perplexité, plutôt que de la peur, et pour cause : Harry venait de réaliser que ce qu’il endurait depuis des mois, ce corps douloureux dont il avait l’impression d’être arraché à chaque instant, cette douleur lancinante et permanente qui lui rongeait autant les chairs que l’âme, LUI l’avait endurée durant des années, au centuple, puisqu’il avait longtemps vécu sans même un corps pour s’y réfugier.

Cette constatation acheva soudainement d’abattre son moral : jamais il n’aurait pu vaincre cet Homme… était-il d’ailleurs possible de le considérer comme tel ? Voldemort avait vaincu tous les obstacles, et même cette douleur insupportable à laquelle il pensait succomber chaque jour, il l’avait maîtrisée. Seul.
- selon les études que j’ai menées, intervint Dumbledore d’une voix toujours aussi neutre, comme s’il se trouvait là à prendre le thé avec des amis de longue date, papotant des derniers potins, la situation de Harry est moins préoccupante que ne l’a été la tienne, fut une époque…
Voldemort se détourna soudain de Harry et planta son regard noir et froid dans celui, bleu et éternellement bienfaisant, du vieux sorcier.

- il n’empêche… qu’il me faut bien reconnaître et je pense que cela te fera grand plaisir, Tom, que je ne t’égale pas dans ce domaine… tout comme tu ne m’égales pas dans le mien.
Le sourire amusé de son ancien professeur provoqua en Ginny une bouffée d’espoir : Dumbledore avait réussi à sauver Harry, à le protéger contre le sort de son ennemi et, même si il ne parvenait pas à le guérir totalement, il venait de prouver à son ancien élève que, par deux fois, l’Amour avait été plus fort que sa magie destructrice.

- je pourrais le tuer sur le champ. Et tu n’y pourrais rien, cette fois. Fit Voldemort d’une voix sèche.
- sans aucun doute. Approuva Albus avec un hochement de tête. Et c’est l’unique raison pour laquelle j’en suis venu à faire appel à toi, car cela me coûte énormément, comme tu t’en doutes. Les Serpentards ne sont pas les seuls à avoir un sens aigu de l’honneur.
Ginny était à la fois amusée et inquiète de voir Dumbledore jouer ainsi avec la patience de son maître mais peu à peu, elle reprenait confiance : si Il avait décidé de venir ici, en connaissance de cause, et si Harry était toujours vivant, c’est que sans doute… Mais pourquoi ferait-il cela ?
- j’ai apporté les ingrédients que tu avais demandés à ce malheureux Jinns. Reprit Dumbledore en posant sur la table un petit coffret. Bien que cette indication ait été inutile, puisque je me rappelais fort bien de ce dont tu aurais besoin.
Les yeux de Voldemort étincelaient de mille éclairs : la capacité de son ancien professeur à toujours rester maître de la situation l’exaspérait et l’impressionnait à la fois.

- et bien, fit enfin Voldemort avec un sourire qui n’augurait rien de bon pour Harry, commençons donc.
Zéphyr se leva alors, imité par Ron, Albus et Harry mais un geste de Voldemort fit rassoire ce dernier.
Ginny hésita, attendant un « ordre direct » et son maître le lui fournit en posant une main sur son bras, la relevant d’autorité. Elle observa alors le mage noir verser dans le chaudron le contenu de différentes fioles avant de tendre la main vers le coffret porté par Albus. Celui-ci l’ouvrit et le lui porta sous les regards curieux de Ron et Harry qui se mit soudain à trembler.
- professeur... bredouilla-t-il. Vous n’allez pas faire… ça ?
Albus posa une main apaisante sur son épaule et Ginny vit des larmes grises couler sur la joue de son ami lorsque Voldemort versa le contenu du coffret dans le chaudron.

- à qui le tour ? Murmura Voldemort en fixant alternativement Albus et Ron.
Ron s’avança, le teint plus pâle que jamais et prit le couteau que lui tendait le mage noir.
Les deux sorciers se fixèrent au dessus du chaudron et Ginny sentit ses jambes trembler légèrement tandis que Dumbledore maintenait Harry fermement assis alors qu’il suppliait son ami de ne pas faire une chose pareille.
- nous trouverons un autre moyen ! S’épuisait Harry, le moindre mot semblant lui ôter un peu plus de force. Ne fais pas ça, Ron… je ne veux pas …
Ginny observait la scène, le cœur battant la chamade, inquiète de ce qui allait se produire et se rappela soudain tout ce que Harry lui avait raconté au sujet de la « renaissance » de Voldemort, lors du tournois des trois sorciers….
- les os du père… la chair du serviteur….

Sans un mot, Ron leva le couteau au dessus de sa main et Ginny retint un cri en plaçant sa paume contre sa bouche. Son regard croisa un bref instant celui de Voldemort, qui s’était brièvement tourné vers elle, puis elle l’entendit murmurer, face à Ron.
- un doigt devrait suffire…
La seconde d’après, et sans un cri, la chair de l’ami tombait dans le chaudron en un bruit sinistre et douloureux. Ron crispa sa main valide sur sa plaie et recula jusqu’à trouver une chaise où il s’affala.
Ginny hésita à le rejoindre mais ne bougea pas, le regard noir de son maître une nouvelle fois posé sur elle l’en dissuadant.
- et pour finir… Potter, te rappelles-tu ? fit Voldemort d’un ton cynique.
- de cette nuit, cracha Harry, je me rappelle surtout la mort de Cédric !
Les deux sorciers se fixèrent un instant avec animosité, puis Harry s’avoua vaincu en répondant d’un air abattu
- le sang de l’ennemi…

Lord Voldemort sourit et reprit le couteau laissé par Ron.
- je ne pense pas me tromper en disant que je peux jouer ce rôle….
Le mage noir s’entailla la paume de la main et serra le poing au dessus du chaudron, laissant longtemps couler son sang dans la préparation sous l’œil dégoûté de Harry.
- hors de question que je me trempe là dedans. Grimaça finalement celui-ci lorsque Voldemort soigna sa main d’un simple sort.
- ça ne sera pas utile, étant donné que ton état est moins… alarmant que le mien ne l’était. Fit celui-ci. Il te suffira d’en boire…
Le rire froid de Voldemort accompagna une nouvelle grimace de Harry.
- c’est pire…
Zéphyr trempa alors une coupe dans la potion et la tendit à Harry tandis que Ron songeait que, après le polynectar et le «concentré de Goyle» il fallait à présent subir du «jus de Voldemort».
Encouragé par un signe de son mentor, Harry vida la coupe d’un trait en grimaçant de plus belle.

- ah… intervint Voldemort avec un sourire froid. J’ai oublié de te dire… c’est vraiment douloureux.
Ginny vit avec horreur le visage de son ami se figer en une expression de souffrance. Harry semblait même incapable de hurler tant son corps était tétanisé par l’horreur de ce qu’il vivait.
- sortons ! fit soudain Zéphyr d’une voix sans appel alors que Harry commençait à trembler et que sa respiration saccadée s’accompagnait de râles. Sortons de suite ! Insista-t-il en empoignant Ron et en le tirant à sa suite. Professeur, s’il vous plait !
Dumbledore, après un temps d’hésitation, suivit les deux sorciers, passant une main sur l’épaule de Ginny au moment où il la croisa.
La sorcière ne bougeait pas, puisqu’elle n’en avait pas reçu l’ordre, et faisait aller son regard empli de doute et de peur de Harry à Voldemort.
Le Lord Noir sembla hésiter sur la décision à prendre et déclara enfin à contre cœur.
- parle lui… fais en sorte qu’il reste conscient.

Tandis que Ginny s’avançait avec empressement vers Harry et s’agenouillait face à lui, Voldemort se plaçait derrière la chaise, les bras légèrement tendus vers lui, comme s’il avait voulu le saisir au moindre geste et lui empêcher tout mouvement.
Ginny parla alors et, ne sachant que dire, évoqua les souvenirs de leurs années de collège, les matches de Quidditch et les sorties à Pré Au Lard, tentant d’accrocher le regard de son ami alors que ses yeux vides ne se posaient sur rien ni personne.
- Harry ? Finit-elle par appeler. Est-ce que tu m’entends ?
Une onde de magie la submergea alors, et elle dut résister pour ne pas choir au sol.
- recule !! Ordonna vivement Voldemort, ce qu’elle fit en toute hâte tant le ton de son maître témoignait d’une certaine crainte.

Ginny se tint à quelques pas d’eux durant plusieurs minutes, immobile, tandis que Voldemort fixait la nuque de Harry, prêt à intervenir d’une façon qu’elle ignorait.
Une seconde vague de magie sembla croître et irradier du corps de Harry mais fut cette fois accompagnée par les hurlements de douleurs du sorcier qui se contorsionnait sur sa chaise.
- t’es vraiment une plaie, Potter…. Cesse de lutter tu n’y arriveras pas… même moi je n’y suis pas arrivé… prends ce que je te donne et qu’on en finisse !!
Ginny les observa encore, reconnaissant sur le visage de son ami la même douleur que celle qu’elle avait lu sur celui de son Maître avant qu’il ne soit englouti par une fièvre terrifiante. Il avait donc lutté... Mais contre quoi ?
Harry hurla à nouveau, se raidissant sur sa chaise mais dès qu’il voulut se lever, Voldemort l’enserra par la taille, le maintenant dans la position assise.
- Tu ne survivras pas à trop de mouvements Potter… il faut croire que tu es de nature fragile…

Le sourire moqueur de son maître fit étrangement reprendre courage à Ginny mais aussitôt, un nouveau sursaut de Harry obligea Voldemort à modifier sa prise : il maintint un bras au niveau de la taille de son ennemi pour passer l’autre par-dessus son épaule, sur sa poitrine, l’enserrant ainsi de façon plus efficace… mais plus dangereuse, puisqu’Harry le mordit jusqu’au sang.
Ginny se précipita vers eux, tendant les mains pour encourager Harry à desserrer les mâchoires qu’il tenait toujours fermées sur le poignet de Voldemort.
Celui-ci ne reculait pourtant nullement, manifestement déterminé à garder le sorcier immobile. Ginny crut remarquer que Harry devenait moins « immatériel », mais les ondes de magies, toujours plus puissantes et éblouissantes, menaçaient de les submerger d’un instant à l’autre.
Le sang du Lord Noir coulait sur le menton de Harry sans que ni l’un ni l’autre ne semble s’en soucier.
- et bien Potter ? Railla Voldemort. Tu n’en as donc pas eu assez. ?

Harry ouvrit la bouche, libérant du même coup son ennemi, mais l’insulte qu’il entama s’acheva en un énième hurlement de douleur tel que Ginny recula à nouveau.
- Cesse de beugler ou je te laisse crever comme un chien ! Vociféra Voldemort pour couvrir ce cri qui semblait inhumain tant la douleur le décuplait. Ginny ! Dehors !!
La jeune femme observa les deux sorciers, immobile.
- je te dis de sortir !!
- je vous en prie… Bredouilla-t-elle alors que des larmes coulaient encore sur ses joues sans qu’elle puisse les retenir. S’il vous plait, ne le laissez pas mourir…
Seule la nécessité pour Harry de reprendre sa respiration avait permis à Ginny de se faire entendre, mais à peine eut-elle achevé sa phrase qu’il hurla de nouveau, une onde verte filtrant à travers son corps entier.
Le Lord noir observa les cheveux toujours impossibles à coiffer de son ennemi en murmurant.
- il ne s’en sortira pas… il se vide de toute magie… il la refuse… parcequ’elle vient de moi… comme moi j’ai tenté de refuser la sienne…

Ginny ne perçut pas la moitié de ces explications et plaqua ses mains contre ses oreilles, fermant les yeux pour se protéger à la fois du bruit et de la lumière.
- redonne moi de cette potion ! Brailla Voldemort à son intention.
Elle s’exécuta prestement et regarda le sorcier plaquer le gobelet contre les dents de Harry en un crissement sinistre pour le forcer à boire cette mixture, encore et encore.
Un instant Harry s’affaissa sur lui-même et Voldemort en profita pour ordonner précipitamment.
- sorts d’ici. Eloignez-vous le plus possible. Dis à Dumbledore de faire venir son phénix. Hâte toi !
Ginny courut vers l’issue de la grotte et ne se retourna que le temps de voir Voldemort se pencher à nouveau à l’arrière de Harry et lui enfoncer son avant bras dans la bouche. Il grimaça un bref instant tandis que son sang coulait abondamment par les plaies que lui infligeaient ces morsures et se cala contre lui, l’enserrant plus étroitement que jamais pour lui interdire tout mouvement.
- je t’aurai Potter… à l’usure, mais je t’aurai…

Les cris et sanglots étouffés de Harry accompagnèrent Ginny jusqu’à ce que le jour frappe à nouveau ses prunelles mais elle ne prit réellement conscience du danger qu’en voyant Albus pâlir et se hâter de s’éloigner, entraînant Ron et Zéphyr à leur suite.
Ils tachèrent de se protéger en contournant un large bloc de pierres qui leur offrait un bouclier. Ginny observait de loin la grotte, prête à sauter à couvert au moindre risque. Le chant de Fumsek vint bientôt troubler le silence qui était tombé sur eux et Ginny lança à Zéphyr un regard empli de détresse.
- ne t’en fais pas. La rassura-t-il. Il ne laisse jamais tomber… ça a parfois des avantages… Ton Potter reviendra vivant.
Ginny aurait voulu dire qu’elle se souciait également de savoir ce qui adviendrait de son maître, mais les mots restèrent coincés dans sa gorge. Ron s’approcha d’elle et la prit par les épaules, la tenant fermement contre lui tandis qu’elle lui rendait son étreinte, tous deux fixant l’entrée de cette grotte.
- faut croire, murmura Ron avec des sanglots dans la voix, qu’on a pas de bol, avec les grottes…

De longues minutes s’écoulèrent avant que plus aucune lumière ne filtre vers l’extérieur. Ginny, la première, vit surgir de la crevasse sombre deux silhouettes titubantes, dont l’une soutenait manifestement l’autre à grand peine, et se précipita, Ron sur les talons.
Ne ralentissant sa course que pour s’assurer une progression sure sur ce chemin escarpé, elle fila vers les deux sorciers en sentant son cœur battre la chamade. Elle pouvait à présent distinguer nettement Harry qui, si il ne semblait pas au meilleur de sa forme, était à n’en point douter vivant, tandis que Voldemort, qui le tenait de son bras encore valide, semblait sur le point de s’affaisser sous son poids.

Les deux Weasley devraient toute leur vie se souvenir comment, sans un mot, chacun d’entre eux avait retenu la chute de celui vers qui il se précipitait. Ginny doutait que l’un et l’autre des blessés puissent survivre au choc qu’occasionnerait ce terrain rocailleux sur leurs corps endoloris.
Sans comprendre véritablement comment ils en étaient arrivés là, frère et sœur se trouvèrent assis en tailleur, face à face, la tête d’un rescapé reposant sur leurs genoux.

Le rire de Zéphyr résonna longtemps entre les roches lorsqu’il surprit l’échange entre ces deux rouquins.
- Harry va bien ? demanda Ginny d’une voix inquiète tandis que Ron le buvait des yeux.
- il va bien… je crois… enfin il va ! C’est déjà pas mal !
- tant mieux… soupira la sorcière.
- et … l’Autre… il est encore vivant ?
- il est vivant ! fit Ginny d’un air scandalisé. Bien sûr qu’il est vivant ! Qu’est-ce que tu crois ?!
- dommage…
Après s’être observés quelques secondes en silence, Ron et Ginny accompagnèrent Zéphyr dans ses éclats de rire tandis que Dumbledore, à l’aide de Fumsek, prodiguait des soins salvateurs.
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