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News

Assemblée Générale 2024


Bonjour à toustes,

L'assemblée générale annuelle de l'association Héros de Papier Froissé est présentement ouverte sur le forum et ce jusqu'à vendredi prochain, le 21 juin 2024, à 19h.

Venez lire, échanger et voter (pour les adhérents) pour l'avenir de l'association.

Bonne AG !
De Conseil d'Administration le 14/06/2024 19:04


Sélection Romance !


Bonsoir à toustes,

Comme vous l'avez peut-être déjà constaté, sur notre page d'accueil s'affichent désormais des textes nous présentant des tranches de vie tout aussi romantiques ou romancées les uns que les autres ! Et oui, c'est la sélection Romance qui occupera le début de l'été, jusqu'au 31 juillet.

Nous vous encourageons vivement à (re)découvrir, lire et commenter cette sélection ! Avec une petite surprise pour les plus assidu.e.s d'entre vous...

Bien sûr, vous pouvez voter, ça se passe ici !


De Jury des Aspics le 12/06/2024 22:31


145e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 145e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Vendredi 14 juin à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
À très bientôt !


 


De L'équipe des nuits le 12/06/2024 12:33


Maintenance des serveurs


Attention, deux interventions techniques prévues par notre hébergeur peuvent impacter votre utilisation de nos sites les 28 mai et 4 juin, de 20h à minuit ! Pas d'inquiétudes à avoir si vous remarquez des coupures ponctuelles sur ces plages horaires, promis ce ne sont pas de vilains gremlins qui grignotent nos câbles ;)

De Conseil d'Administration le 26/05/2024 18:10


144e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 144e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Samedi 18 mai à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits et à vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De L'équipe des Nuits le 12/05/2024 11:00


Nouvelles des Podiums du joli mois d'avril


Bonsoir à toustes !

En ce début de printemps, c'est la nouvelle pousse des sélections nouveau format qui fait sa germination !

Vous pouvez donc voter pour le thème du prochain trimestre de lectures, ici, entre le personnage Hagrid, la catégorie Romance ou le genre Aventure/action, jusqu'au 30 avril !

Egalement jusqu'au 30 avril, vous pouvez lire ici les textes de la Sélection Enfances, puis voter ! Nous vous encourageons fortement à laisser un petit mot après votre lecture, cela motive et encourage toujours, et donne corps à notre volonté de favoriser les échanges autour des textes sélectionnés.

De jolies récompenses sont prévues grâce aux créations graphiques de lilychx ! Rendez-vous au début du joli mois de mai...


De L'Equipe des Podiums le 03/04/2024 00:05


Les Bâtisseurs par alixe

[406 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

- LES BÂTISSEURS -



Comme vous le savez tous, mon histoire exploite la série Harry Potter de J.K. Rowling, ainsi que tous les à-côtés officiels (notamment les interviews accordées après la sortie du tome 7).

A mes côtés, j'ai une super équipe de correcteurs qui font un travail formidable. J'ai nommé : Monsieur Alixe, Fenice, Andromeda, Steamboat Willie et Xenon.



Chronologie :
2 mai 1998 : Bataille de Poudlard
Septembre 1999 : Harry entre chez les Aurorsv 31 décembre 2001 : Mariage de Ron et Hermione
Septembre 2002 : Fiançailles de Harry et Ginny
Période couverte par le chapitre : 10 au 27 octobre 2002

Harry et Ginny prirent enfin des vacances à la mi-octobre. Ils décidèrent de rester la première semaine chez eux pour se reposer et voir leurs amis avant de partir vers d'autres horizons. La formule de l'année précédente — le Bed & Breakfast près de la mer — leur avait plu et ils réservèrent un séjour dans une maison se dressant sur la côte sud de l'Angleterre pour la seconde partie de leurs congés.

Le premier jour de repos square Grimmaurd ils firent la grasse matinée puis Ginny sortit déjeuner avec d'anciennes amies de Poudlard. Harry déjeuna rapidement et alla dans sa chambre. Du placard, il sortit le coffre qu'il avait récupéré chez Gringotts et qui contenait les affaires de sa famille. Il l'avait entreposé sans regarder son contenu : il savait qu'il lui faudrait du temps, non seulement pour examiner tout les objets, mais aussi pour gérer les souvenirs et l'émotion qu'ils susciteraient.

Il avait préféré également le faire sans la présence de Ginny. Il avait bien l'intention de lui en parler, mais ressentait le besoin d'être seul face à ce qu'il allait découvrir. C'est également pour cette raison qu'il le faisait dans sa chambre. Du fait de sa cohabitation passée avec Ron et Hermione, cette pièce symbolisait sa vie privée contrairement au salon qu'il partageait avec ses colocataires.

L'objet était lourd et il dut utiliser sa baguette pour l'amener au centre de la pièce. Il inspira profondément, l'ouvrit et prit la première chose qu'il découvrit. C'était un paquet de lettres contenues par un ruban bleu. Il dénoua le lien avec précaution et ouvrit la première enveloppe. Cela commençait fort : c'étaient des lettres écrites par son père à sa mère. Il passa l'heure suivante à les déchiffrer. Elles s'étalaient sur deux ans, depuis les vacances de leur septième année à Poudlard en 1978 à leur mariage en 1979. Conservées à l'abri dans une boite en carton sur lequel était dessiné un Vif d'or, Harry découvrit les réponses que Lily avait adressées à James.

Harry suivit ainsi les débuts de leur relation amoureuse, leur correspondance quand Lily était retournée chez ses parents après leurs ASPICS alors que James s'occupait des siens qui étaient tombés gravement malades. Il apprit que ses grands-parents paternels avaient succombé à quelques jours d'intervalle et que quelques temps après les amoureux avaient pris la décision de s'unir rapidement et de s'engager — il n'y avait pas de précisions dans les lettres mais Harry supposa qu'ils évoquaient l'Ordre du Phœnix.

Unis et vivant ensemble, la correspondance avait cessé mais les photographies racontaient la suite de leur histoire. Photos de mariage, images de l'un ou de l'autre dans ce qui était sans doute leur premier foyer, clichés de sa mère la taille épaissie par un début de grossesse. Avec l'aide d'un sort de d'agrandissement, Harry établit avec émotion que la bague qu'il avait offerte à sa fiancée avait bien été portée par Lily.

Cette chronique s'interrompait brutalement. Il n'y avait plus rien dans son coffre évoquant la vie de ses parents à partir de juin 1980, la date où Sybille Trelawney avait fait sa prédiction. Il supposa que ses parents avaient mis à la banque tout ce à quoi ils tenaient particulièrement et n'avaient gardé que l'indispensable pour pouvoir déménager rapidement en cas de danger.

Il savait que rien n'avait survécu dans la maison de Godric's Hollow et se sentit soulagé à la pensée que tout ce qui comptait se trouvait devant lui. Il se rappela du jour où il avait vu le pire souvenir de Rogue dans la Pensine de Dumbledore et qu'il avait douté de l'amour que se portaient ses parents. Tous les souvenirs qu'il découvrait prouvaient à quel point les deux jeunes gens avaient été éperdument épris l'un de l'autre. Il n'y avait cependant pas que de l'amour dans ce courrier. En arrière plan, Harry avait perçu la guerre qui faisait rage dans le monde sorcier. Mention de personnes disparues, adjuration à rester prudent et à ne pas prendre plus de risques que nécessaire. Harry sentit aussi à quel point leur union avait été précipitée par le danger qui les entourait et menaçait de les séparer.

Harry continua à piocher dans le tas de lettres en repoussant à plus tard la lecture de celles qui émanaient de personnes qu'il ne connaissait pas. Il finit par tomber sur un paquet qui le fit sourire. Il y avait une bonne centaine de missives adressées à son père par les trois autres Maraudeurs. Il reconnut avec émotion les écritures de Sirius et de Remus. Il songea qu'il lui faudrait un jour transmettre les lettres de ce dernier à Teddy. Quand il tomba sur un message signé de Peter, son premier mouvement fut de le déchirer puis il se ravisa. Lentement, il le reposa dans le coffre. Peut-être comprendrait-il un jour ce qui avait poussé l'homme à trahir ses meilleurs amis.

Il fut soulagé de ne plus éprouver envers le traître la haine brûlante qu'il ressentait auparavant pour lui. Il ne lui avait pas pardonné ainsi qu'il l'avait fait pour le professeur Rogue mais son ressentiment s'était assourdi, comme si Harry était désormais empli de sentiments plus importants qui ne laissaient pas de place à ceux du passé.

Il saisit ensuite un album dont s'échappèrent des photographies. Il n'eut aucun mal à identifier les deux petites filles figées qui se trouvaient sur la première d'entre elles. Il les avait vues dans la mémoire de son ancien professeur de potion. Il déduisit sans peine que les personnes d'une quarantaine d'années qui se trouvaient sur un autre cliché étaient ses grands-parents. Cela lui rappela de vieux souvenirs. Même si Dudley tenait la vedette dans l'imagerie familiale de Privet Drive, Petunia avait également quelques représentations de ses parents sur une petite table dans un coin du salon. Avec le recul, il jugea que sa mère ressemblait beaucoup à son propre père dont elle avait la forme du visage et les yeux. La chevelure auburn venait du côté maternel. Il y avait un autre couple sur des photos manifestement plus anciennes. Ses arrière-grands-parents, sans doute. La facture en noir et blanc lui interdit de déterminer si c'était d'eux qu'il tenait ses yeux verts. La dernière photo représentait une femme habillée de noir. La date au verso lui apprit qu'elle avait été prise en 1952. Son autre arrière-grand-mère ? Harry supposa qu'elle était veuve. Il se demanda le genre de relation que sa mère avait eu avec ses grands-parents.

Il reporta ensuite son attention vers le livre qu'il avait déposé sur ses genoux. Il le feuilleta et il lui fallut quelques secondes pour déterminer ce que c'était : un album de timbres. 'Donald Evans' indiquait la page de garde. Cette collection appartenait-elle à son grand-père ou à son arrière-grand-père ? Sans doute au premier car il y avait de niombreux timbres à l'effigie de la reine Elisabeth qui, si ses souvenirs de l'école moldue ne le trahissaient pas, était montée sur le trône dans les années cinquante.

Il lui faudrait en demander confirmation à Dudley. Il feuilleta un moment l'album, admirant les timbres qui s'étendaient sur plusieurs décennies et de nombreux pays, avant de tout ranger soigneusement. Il fallait vraiment qu'il se décide à contacter Dudley et l'inviter à dîner au square Grimmaurd comme il se l'était promis depuis longtemps.

Il prit ensuite des cahiers qui constituaient les archives de la famille Potter. Il ouvrit le dernier et déchiffra les dernières annotations. Il trouva la mention '27 mars 1960 : Naissance de James Charlus Potter. L'enfant et la mère se portent bien.' Plus tard, il put lire : '25 juillet 1971 : Arrivée de la lettre de Poudlard de James', puis '15 août 1976 : James obtient 9 B.U.S.E.'.

Les lignes suivantes, de l'écriture de James, étaient plus tragiques : '23 juillet 1978 : Décès de Dorea Potter par maladie (variole du dragon)', '25 juillet 1978 : Décès de Charlus Potter par maladie (variole du dragon)'. Suivaient ensuite : '15 août 1978 : James Potter obtient 5 A.S.P.I.C' puis '10 mai 1979 : Mariage de James Potter avec Lily Violett Evans'. Enfin, la dernière ligne mentionnait '28 juin 1980 : Vente de La Sablière'.

Harry supposa qu'il était question de la maison familiale des Potter. Pourquoi son père l'avait-il vendue ? N'avait-il plus voulu y vivre après le décès de ses parents ? Il relut la date et comprit : après la révélation de la prophétie, ses parents avaient tout liquidé et mis leurs avoirs à la banque.

Harry resta longtemps à lire et relire la page qui résumait la vie de son père. Puis il se leva et alla prendre une plume sur le bureau, là où étaient exposées ses photos de famille. Il reprit le livre d'archives et ajouta d'une main ferme : '31 juillet 1980 : Naissance de Harry James Potter'. Il s'interrompit, inspira profondément puis continua : '31 octobre 1981 : Assassinat de James et Lily Potter par Tom Jedusor alias Voldemort.'

Il y avait d'autres mentions à ajouter mais Harry jugea que c'était assez pour cette fois là. D'un coup de baguette il fit sécher l'encre puis referma le livre.

ooOoo


Le soir au dîner, Ginny indiqua :

— Luna rentre mercredi et repart dimanche. J'aimerais bien qu'on l'invite à dîner dans l'intervalle.

— On invite Ron et Hermione avec ? demanda Harry.

— Oui, ce serait sympa. Dis, si on demandait à Neville de se joindre à nous ?

— Tu veux reconstituer l'équipe de notre descente au Ministère ? demanda Harry en souriant.

— Nous n'avons pas à avoir honte de ce que nous avons fait ce jour là. On a fait du bon travail...

Elle s'interrompit en rougissant :

— Désolée, Harry.

Harry avait fait la paix avec le fantôme de Sirius et avait accepté les événements tragiques qui s'étaient déroulés lors de cette épopée. Il était conscient de n'avoir pas été le seul à avoir commis des erreurs et que la responsabilité de la mort de son parrain ne pesait pas que sur lui. Il sourit pour tranquilliser Ginny :

— Nous pouvons être fiers de la façon dont nous avons réagi en nous trouvant face à des Mangemorts aguerris. Aucun de nous n'avait ses BUSE mais on a réussi à ne pas paniquer et à les empêcher de prendre ce qu'ils étaient venus chercher. Tu sais, ajouta-t-il sur le ton de la confidence, deux d'entre nous étaient même encore en quatrième année. Y'a quand même des élèves drôlement doués, à Poudlard !

— Tu peux répéter ? Je ne suis pas sûre d'avoir bien entendu.

— Je suis en train de te dire que je suis très fier de la façon dont tu t'es battue contre les Mangemorts, obtempéra-t-il. Tu veux que je le dise une troisième fois ?

— Si tu pouvais l'écrire et le signer, je pourrais le faire encadrer et l'accrocher au dessus de la cheminée du salon, déclara Ginny d'un ton ravi.

Harry fut dispensé de répondre car le vieux Kreattur vint desservir leurs assiettes vides pour les remplacer par des coupes de salade de fruits. Ginny attaqua avec entrain son dessert.

— Tu as fait quoi aujourd'hui ? demanda-t-elle en portant un morceau de poire à sa bouche.

— J'ai regardé les papiers que j'ai trouvés dans le coffre de mes parents.

Sa fiancée s'interrompit et reposa sa fourchette.

— C'était pas trop dur ?

Harry mit plusieurs secondes à mettre des mots sur ce qu'il ressentait.

— Ça fiche un drôle de coup, mais je pense que j'en ai besoin aussi. C'est formidable de savoir ce que mes parents ont vécu avant ma naissance. J'ai retrouvé plein de lettres... J'ai encore à lire toutes celles de mes grands-parents.

— C'est formidable, assura Ginny. J'espère que tu apprendras plein de secrets inavouables.

— Hein ?

— Mais oui, ces situations embarrassantes ou tragiques qu'on se raconte de génération en génération. Tu sais, comme le Sinistros que mon oncle Billius a vu la veille de sa mort ou bien moi qui devenait muette en ta présence quand j'étais gamine.

— J'ai jamais entendu ça à propos de toi, assura Harry.

— Ça commence à ressortir, maintenant que tu as enfin demandé ma main.

— Comment ça, 'enfin' ? s'offusqua Harry. J'attendais d'avoir le droit de le faire !

— Je sais, mais je me suis rendue compte, dernièrement, que ma famille l'ignorait. T'en fais pas, j'ai rétabli la vérité auprès de maman et maintenant toute la famille sait combien tu as été patient et honorable.

Harry n'avait jamais imaginé que les Weasley puissent lui reprocher d'avoir attendu autant de temps pour officialiser sa relation avec leur benjamine. Lui non plus n'avait pas jugé bon d'expliquer leur position à lui et à Ginny. Il ignorait avoir vécu aussi dangereusement.

Son regard tomba sur la main de la jeune femme, ornée de la bague qu'il lui avait donnée.

— Tes copines l'ont admirée en poussant des petits cris ? demanda-t-il pour changer de sujet.

— Comment tu sais ça ? sourit-elle, laissant supposer qu'il avait deviné juste.

— Alicia vient de se fiancer, lui apprit-il. Toutes les autres se sont penchées sur sa main et ont dit 'Oooooooh ! elle est magnifiiiiique ! d'une voix terriblement aiguë. Owen m'a fait remarquer que les femmes ont une voix spéciale pour parler aux bagues et aux bébés.

— Alicia s'est fiancée ? s'écria Ginny. C'est maintenant que tu me le dis ?

— J'avais oublié, admit Harry en haussant les épaules.

— Mais de quoi j'ai l'air, maintenant, dit Ginny d'une voix agacée. Elle doit croire que je la snobe. Il faut que je lui envoie un hibou dès demain matin !

Harry ne répondit pas, sachant que rien de ce qu'il pourrait dire ne le rachèterait. Il la laissa donc terminer son dessert les sourcils froncés, sans doute en train de composer mentalement la missive à expédier. Quand elle eut fini, elle repoussa sa coupe et dit d'un ton plus doux :

— Tu sais Harry, c'est important pour moi de garder le contact avec mes amis et connaissances. Je ne veux pas qu'ils croient que je me considère au-dessus d'eux maintenant que je suis fiancée à une célébrité.

— Et que tu es devenue très connue pour tes exploits au Quidditch, rappela-t-il ayant à cœur de la persuader qu'elle avait gagné son pari.

Au lieu de se montrer fière de ce constat, elle eut une petite grimace :

— Ça fait beaucoup pour une même personne, non ? Je ne sais pas si c'était une si bonne idée que ça. J'aurais mieux fait de rester anonyme et...

— Ginny, gémit Harry. C'est trop tard et puis tu adores ce que tu fais.

­— C'est vrai, mais ça ne veut pas dire que je n'ai pas eu tort.

— Tu te poses trop de questions, affirma-t-il. Crois-moi, si j'avais davantage réfléchi, je n'aurais pas fait un quart de ce que j'ai accompli.

Ginny le regarda pensive et remarqua :

— Harry, fais-moi plaisir : évite de révéler ça au grand public. Je suis sûre que les gens préfèrent ne pas le savoir !

ooOoo


Le lendemain était un dimanche et ils se retrouvèrent chez les Weasley. Alors que Molly servait le café, Bill prit la parole et annonça très fier de lui :

— Fleur et moi avons une très bonne nouvelle à vous annoncer. Dans sept mois, Victoire aura une petite sœur.

Il y eut des exclamations de joie et tout le monde se leva pour féliciter les heureux parents ainsi que la future grande sœur. Alors que Fleur sortait de la solide embrassade de Molly, la voix de Teddy s'éleva :

— Dis, Grand-mère, est-ce que je peux avoir une petite sœur, moi aussi ?

Les sourires se figèrent. Andromeda accusa le coup et ouvrit la bouche d'un air désolé. Mais Ginny la prit de vitesse en se penchant vers l'enfant et lui disant gentiment :

— Quand Harry et moi aurons un bébé, il sera ton petit frère ou ta petite sœur. Je compte sur toi pour lui montrer le bon exemple et le surveiller pour qu'il ne fasse pas de bêtise.

Teddy bomba le torse, comme s'il s'imaginait déjà investi de cette responsabilité. Il se tourna vers Harry et précisa d'un ton sans réplique :

— Je préférerais un petit frère pour commencer.

— Je ferai de mon mieux, promit Harry le plus sérieusement possible.

— Je pense qu'un peu de champagne nous fera du bien, conclut Arthur.

ooOoo


Les jours suivants, Harry et Ginny terminèrent d'explorer le coffre des Potter. Ils visionnèrent de nombreuses photographies et croquis, amusés de retrouver les traits de Harry dans les portraits de ses aïeux.

— Quand je vois que cela fait plus de deux cents ans que vous êtes mal coiffés, je me dis que ce n'est pas la peine que je me fatigue à trouver un sort pour discipliner ta tignasse, remarqua Ginny.

— Tu n'aimes pas ma tignasse ? s'étonna Harry. J'ai toujours l'air de descendre d'un balai, ça devrait te plaire en tant que joueuse de Quidditch.

— J'ai plutôt l'impression que tu sors de ton lit, objecta Ginny. D'accord, admit-elle, cela évoque des moments plutôt agréables, mais je ne suis pas enchantée à l'idée que d'autres que moi puissent imaginer t'avoir surpris dans ta chambre à coucher.

A cette idée Harry passa une main dans sa chevelure pour tenter de l'aplatir, mais le rire de Ginny lui indiqua que c'était en pure perte. Il y avait des livres de comptes qui leur permirent de savoir quand le service de vermeil que Harry avait vu dans le coffre de la banque avait été acquis : c'était pour le mariage des grands-parents paternels de James.

— Tu as vu, dit Harry en pointant la facture collée sur le registre, ils l'ont acheté aux Gobelins.

— Ça doit être beau, alors.

— J'en sais rien, j'y connais rien en vaisselle. D'après Bill, il est pas mal. On l'utilisera pour notre mariage si tu veux.

— Je verrai, répondit Ginny, et Harry comprit qu'elle avait des idées très arrêtées sur l'organisation de la cérémonie.

Ils retrouvèrent également trace de l'acquisition de la bague de fiançailles de Ginny : elle avait été offerte à la mère de James, Dorea, par son fiancé, Charlus. Quand Ginny en découvrit le prix, ses yeux s'écarquillèrent :

— Je ne devrais peut-être pas la porter, s'écria-t-elle.

— A quoi ça servirait de l'avoir si on ne la porte pas, remarqua Harry. Déjà que tu la laisses ici quand tu vas à Holyhead.

— J'ai trop peur de la perdre ou de l'abîmer là-bas.

— Je comprends bien. Mais ça me fait plaisir de la voir à ton doigt quand on est ensemble.

Ginny abandonna le sujet et se saisit du cahier d'archives. Avec Harry, elle lut les chroniques familiales qui commençaient en 1650. Au début, ils peinèrent à déchiffrer la graphie ancienne dont l'encre avait pâli. Ils suivirent les naissances, mariages, décès et les réussites les plus marquantes. Enfin, ils arrivèrent à la naissance de James, ses succès scolaires, la mort de ses parents et son mariage. Ginny lut d'une expression émue les ajouts de Harry et dit d'une voix tremblante :

— Tu n'as pas mis tes BUSE ni tes ASPIC.

Il alla prendre de quoi écrire et ajouta les mentions évoquées.

— Tu devrais parler de Voldemort aussi, ajouta-t-elle fermement.

— Je ne suis pas sûr...

— C'est pour tes enfants et petits enfants, Harry. Avec ce qu'il y a marqué plus haut, ce sera important pour eux de le savoir.

— Mais que veux-tu que je mette ? Le grand Harry Potter tue Voldemort ?

Elle réfléchit un moment puis proposa :

— '2 mai 1998 : Lors de la Bataille de Poudlard, Voldemort est tué dans un combat singulier contre Harry Potter'.

Harry hésita un moment puis inscrivit la proposition en s'appliquant. Il inspira ensuite un grand coup et ferma le cahier en précisant :

— La prochaine entrée, ce sera notre mariage.

— J'y compte bien, assura Ginny en le prenant dans ses bras.

Ils restèrent l'un contre l'autre un moment en silence, savourant leur proximité et la tendresse qu'ils échangeaient. Se rappelant ce qu'il lui avait conseillé de faire des mois auparavant quand il lui avait fait découvrir les souvenirs de Rogue, Harry demanda doucement :

— Tu as mis tes souvenirs de Fred dans ma Pensine ?

— Oui, souffla Ginny. Tu veux les voir ?

Harry n'en avait pas tellement envie, ne se complaisant pas dans cette atmosphère émotive, mais il sentit le besoin de sa fiancée de les partager avec lui.

— Si tu veux, accepta-t-il.

Ils sortirent la bassine de pierre et plongèrent ensemble dedans. Harry laissa Ginny le conduire et il constata qu'elle se déplaçait avec aisance dans les différents souvenirs. Elle avait dû venir plusieurs fois pour acquérir une telle maîtrise. Enfin, il se retrouva au milieu d'un repas au Terrier. Ce devait être les vacances car tous les enfants Weasley étaient là. Les jumeaux étaient adolescents et Ginny avait une dizaine d'année.

Les jumeaux ! Harry eut un coup au cœur en les voyant discuter avec les autres membres de la famille, l'un commençant une phrase l'autre la terminant, se donnant la réplique comme s'ils avaient écrit à l'avance leur dialogue burlesque. Il réalisa combien ils lui manquaient. Non seulement Fred, mais aussi George, celui qui avait définitivement disparu avec son frère.

Il songea combien cette osmose, qui aurait pu les couper de leur entourage, était généreuse et tournée vers autrui. C'étaient eux qui l'avaient spontanément aidé à monter sa malle dans le Poudlard Express, qui lui avaient donné la carte du Maraudeur, qui l'avaient soutenu contre Ombrage en organisant le chahut dans l'école.

Savoir que cette force vive avait définitivement disparu le frappa durement. Il tira Ginny vers l'arrière. Quand ils reprirent pied dans le présent, elle le dévisagea et parut effrayée par son expression :

— Ça va Harry ? Je suis désolée, je ne pensais pas que cela te secouerait à ce point.

Il ne put répondre et l'entraîna vers le lit pour qu'ils s'y assoient. Elle s'installa sur ses genoux et murmura :

— C'était douloureux pour moi la première fois mais, maintenant, cela me réconforte de les voir si heureux. Je me dis que la vie de Fred a été écourtée, mais qu'il en a bien profité.

— Et George ? parvint à demander Harry.

— Il va de mieux en mieux, positiva Ginny. Il a son magasin, il a Angelina. Il réapprend à rire.

Harry nota que, malgré son ton enjoué, elle avait les yeux un peu trop brillants.

ooOoo


Neville, Luna, Ron et Hermione étaient libres ce vendredi-là et arrivèrent vers sept heures pour le dîner. Ils prirent l'apéritif dans le salon avant de descendre manger à la cuisine. Durant le repas, Luna leur raconta ses voyages. Elle avait été dans maints endroits reculés sur les cinq continents et avait rencontré presque toutes les créatures décrites dans le livre des animaux fantastiques qu'ils avaient eu en classe. Fascinés, ils lui laissèrent la parole jusqu'au dessert.

— Tu rencontres souvent des moldus ? lui demanda Hermione quand ils eurent épuisé leurs questions sur les êtres fantastiques dont la jeune femme avait croisé la route.

— Dans les étendues sauvages, quand je croise une maison je ne me demande pas si elle est sorcière ou non. Je frappe à la porte et je tente d'acheter de la nourriture et de trouver un toit s'il pleut trop fort, répondit Luna.

— Et toi, tu es habillée comment ? l'interrogea Hermione.

— Bottes, veste et pantalon en peau de dragon, cape en laine de lama. Ça passe sans problème.

Harry tenta d'imaginer ce que cela donnait et renonça. Luna était du genre inimaginable, de toute façon. Alors qu'ils savouraient leur tarte à la mélasse, Ginny proposa :

— On pourrait sortir dans un bar, ce soir.

— Côté moldu, alors, exigea Harry. Histoire d'éviter qu'on nous lorgne toute la soirée.

— Chez les moldus ! s'étonna Neville. Quelle drôle d'idée.

— Tu ne sors jamais des lieux sorciers ? demanda Harry.

— Non, que voudrais-tu que j'y fasse ?

— Tu ne vas jamais chercher des plantes chez les moldus ? s'étonna Ginny.

— Je vais chez des fournisseurs que je connais et ils sont tous sorciers. S'ils se fournissent en dehors, je n'en sais rien.

— Eh bien il est temps de faire ton éducation, décréta Hermione. Pour commencer, on va t'habiller correctement.

Elle métamorphosa la robe du jeune homme en un ensemble jeans et sweet-shirt. Il se regarda consterné :

— On peut marcher avec un pantalon aussi serré ? gémit-il considérant manifestement que ce n'était pas son cas.

— Bien sûr, affirma Ginny. Et ça te fait une silhouette très avantageuse, affirma-t-elle en lui regardant le bas du dos.

— Dis donc, t'es pas supposée me regarder là, se rebiffa Neville. Dis quelque chose, Harry.

— T'en penses quoi, Luna ? demanda Harry, entrant dans le jeu de son amie.

— Intéressant ! répondit cette dernière reluquant l'endroit en question et hochant la tête d'approbation.

Tandis que Neville la contemplait se demandant ce qu'il devait entendre par là, Luna transforma ses vêtements et se retrouva habillée d'une manière qui n'était pas sorcière, mais pas réellement moldue non plus. Très Luna, pensa Harry. Et tout ce qu'il y a de seyant, considéra-t-il en détournant les yeux.

Ron et Hermione métamorphosèrent à leur tour leurs habits pendant que Ginny et Harry se changeaient rapidement puis ils entrainèrent Neville dans la rue. A quelques rues de là, Harry connaissait un pub où la musique tonitruante leur permettrait de parler librement. Si le botaniste examina sa bière moldue avec circonspection, Luna contemplait sa demi-pinte avec gourmandise.

Ron leva son verre.

— On porte un toast ? proposa-t-il.

— Oui, à tout ce que nous pouvons encore accomplir ! lança Hermione.

— A tout ce que vous m'avez aidé à accomplir ! soumit Harry.

— A la beauté du monde, fit Luna

— A nos rêves et à nos passions, dit Ginny quand ce fut son tour.

— A ce qui nous a réunis, compléta Neville.

— A l'amitié, conclut Ron.

Leurs chopes tintèrent.

La conversation roula ensuite sur les expériences partagées :

— Vous vous rappelez du monstre à trois têtes qu'on a rencontré en première année ? demanda Neville. J'en ai rêvé pendant des semaines.

— Ah oui, s'écria Ron. Malefoy avait tendu un piège à Harry en lui donnant rendez-vous après le couvre-feu et avait prévenu Rusard.

— Je vous avais dit que c'était un piège, rappela Hermione. Mais vous ne m'avez pas écoutée, comme d'habitude.

— Je pense que peu de gens se rendent compte du calvaire que tu as vécu, ma pauvre, compatit Ginny. Supporter ces deux olibrius pendant sept ans... Et comment êtes vous passés de Rusard au monstre ?

— En nous cachant dans un corridor, expliqua Harry. Celui qui était interdit, mais on ne s'en est pas rendu compte tout de suite.

— Moi, quand on est entrés dans la pièce, reprit Neville, je l'ai tout de suite vu. Je ne pouvais plus bouger... Enfin, si, je tirais sur ta manche, Harry, c'est tout ce que j'arrivais à faire...

— Et moi qui ne me préoccupais que de cet idiot de Rusard ! se rappela Harry. Je me demandais ce que Neville me voulait.

— Et ne parlons pas de ma femme qui a trouvé le temps de regarder les pattes du chien et repérer une trappe, alors que ses crocs étaient notre danger le plus immédiat, renchérit Ron. Elle rencontre un chien à trois têtes et ce sont ses pieds qu'elle regarde.

— Ç'est pas courant les chiens à trois têtes ! fit Ginny impressionnée.

— C'est Hagrid qui l'a élevé, expliqua Harry.

— Ah, rien de surprenant alors ! convint-elle.

— On en trouve dans les montagnes de Mandchourie, précisa Luna.

— Et comment vous en êtes vous sortis ? reprit Ginny qui s'inquiétait rétrospectivement pour ses amis.

— En courant très vite il me semble, répondit Harry. Tiens, en parlant de notre première année, je ne t'ai jamais remercié de m'avoir permis de devenir attrapeur de l'équipe, Neville.

— Hein ? Mais j'ai rien fait pour ça ! s'étonna son ami.

— Mais si, c'est en voulant empêcher Malefoy de prendre ton rapeltout que je me suis fait remarquer par McGonagall.

— C'est Grand-mère qu'il faut remercier, alors, sourit Neville. C'est elle qui me l'a envoyé.

— Je lui enverrai un mot, plaisanta Harry. Je t'ai déjà dit qu'à chaque fois que j'ai l'occasion de la croiser elle me dit combien elle est fière de toi ?

— C'est gentil de m'en faire part. Généralement, son meilleur compliment est de me rappeler que j'aurais pu être Auror comme mes parents.

— Mais tu as fait plein de choses que n'ont pas fait tes parents, s'insurgea Ginny. Comme être à la tête de la révolte des étudiants de Poudlard et de tuer l'animal de Voldemort.

— Je n'ai pas été tout seul à Poudlard, rappela Neville. C'est même toi qui a eu l'idée de monter un groupe de résistance.

— C'est toi qui l'as continué quand Luna et moi ne sommes pas revenues à Noël, lui rappela-t-elle.

— J'avais pas le choix, dit modestement Neville.

— Faut que je t'avoue, dit sérieusement Harry en le regardant dans les yeux, que je n'ai jamais eu l'intention de prendre la tête de votre révolte. Je me concentrais sur Voldemort et je ne me sentais pas de taille à m'occuper du reste.

Neville réfléchit un moment avant de répondre :

— Tu n'étais pas sur place et tu ne pouvais pas te rendre compte. Poudlard était important pour eux. Je pense qu'ils avaient compris qu'il y avait beaucoup de personnes à Poudlard qui te connaissaient personnellement et qui ne pouvaient pas croire ce qu'on racontait sur toi. Que s'ils ne nous mataient pas tout de suite, ils se retrouveraient avec un bon nombre d'insoumis qui ne lâcheraient pas le morceau.

— Justement, Neville. Si on avait perdu ce jour là, ça aurait été irrattrapable.

— Si on avait trop attendu, il n'y aurait plus rien eu à rattraper. C'est pour ça qu'une fois sur place, il était impensable que tu repartes sans donner de directives.

Harry considéra Neville :

— Heureusement que j'ai eu un tacticien à Poudlard pour défendre mes intérêts, sourit-il.

— Oh, tacticien est un grand mot, dit modestement le biologiste. Mais puisqu'on en parle, j'aimerais te poser une question : qu'est ce que tu as fait exactement pendant toute cette année ? Tu n'es pas obligé de me répondre, ajouta-t-il précipitamment.

Harry se dit que son ami méritait de le savoir. Il se pencha vers lui et expliqua à voix basse :

— Voldemort avait mis des bouts de son âme dans un certain nombre d'objets qu'il m'a fallu trouver et détruire avant de m'attaquer à lui. Tu m'as donné un sérieux coup de main en te chargeant du dernier.

— Le serpent ? s'étonna Neville.

— Oui. Tu as fait un boulot d'Auror ce jour-là en détruisant une source dangereuse de magie noire. Dommage qu'on ne puisse pas le dire à ta grand-mère, hein ?

Neville sourit :

— Ce serait encore pire si elle le savait. Rien que pour ça, je te promets de ne révéler à personne ce que tu viens de m'apprendre !

Ils continuèrent à parler du bon vieux temps : leur épopée au Ministère, leur guerre contre Ombrage, les terribles cours du professeur Rogue. Malgré les sinistres événements qu'ils avaient traversés, cette évocation leur arracha des fous rires et un étonnement rétrospectif sur les capacités dont ils avaient fait preuve malgré leur jeune âge.

Ils se quittèrent, enchantés de leur soirée, bien déterminés à recommencer dans un proche avenir.

ooOoo
Note de fin de chapitre :

Charlus Potter (1920 — ?) et Dorea Black ep. Potter (1920 — 1977) sont dans l'arbre généalogique de Sirius.

Les notes de l'Encyclopédie Harry Potter (EHP) indiquent qu'ils ne peuvent être les parent de James car Jo Rowling a précisé qu'ils avaient eu leur fils sur le tard et qu'ils étaient morts de façon naturelle (pas assassinés par les Mangemorts) à un âge avancé.

Je pense au contraire qu'ils sont bien les parents de James car Dorea avait 40 ans à la date de naissance de ce dernier et c'est considéré comme tard pour un premier enfant — surtout en 1960. De plus leur date de décès (1977) est cohérente avec le fait qu'ils étaient encore vivants en 76 (pour accueillir Sirius chez eux) et décédés le jour du mariage de leur fils (ils ne sont pas sur la photo de mariage des parents de Harry).
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