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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


I’ve had enough trouble for a lifetime. par Bendico

[175 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Bonjour ! Désolée pour le retard, mais ça y est : mes concours sont finis et je suis en grandes vacances ! Der Wandervogel s'avère vraiment plus long que prévu (j'ai un plan précis que je suis pourtant à la lettre, mais je m'étale, je m'étale...) donc j'ai de nouveau coupé la partie 4 en deux. Pour le coup, c'est assez court, (moins de 10 000 mots) mais l'avantage, c'est que le prochain chapitre est déjà assez avancé.

C'est ce que je vous propose : des chapitres plus courts, plus fragmentés, mais avec une publications plus régulière.

J'avoue aussi avoir du mal à écrire en ce moment. Je suis peu motivée pour me taper la conception de passages nécessaires, mais franchement pas folichon point de vue action ou révélations poignantes. Alors je traine, je traine...

Bref, j'espère que vous continuerez malgré tout à me suivre ! ;)

Et sans plus attendre :
Harry considéra son Référant. Il n’était pas franchement ravi.
- Si vous vous êtes porté volontaire pour être mon tuteur, c’est que vous êtes stupide, lui dit Harry en le fixant droit dans les yeux.
- Et bien, vous pouvez vous rassurer, je ne suis pas « stupide ». J’ai été expressément nommé pour cette tâche. Et ça ne me réjouit pas.
- Vous auriez pu refuser.
- Bien que vous ne sembliez pas naturellement porté à comprendre ce genre de concept, Potter, vous finirez bien par vous plier au devoir d’obéissance envers votre hiérarchie.

Harry ne répondit pas, préférant examiner le bureau envahi de paperasse devant lequel il se tenait.

- Mais pour dire la vérité, être le tuteur d’Harry Potter lors de sa formation d’auror fera particulièrement beau sur mon CV.
- Pourquoi vous ? Pourquoi pas quelqu’un d’autre ?
Savage soupira.
- C’est une longue histoire, difficilement racontable au milieu de la moitié des aurors anglais. Prend le gros tas de parchemin rose, ah et, le vert aussi. Je vais te faire découvrir l’Antre.

Sans s’offusquer du passage sans transition au tutoiement, Harry obtempéra.
Après quelques déambulations dans les couloirs du Centre, Savage s’arrêta devant une banale porte qu’Harry identifia comme l’entrée de l’ « Antre ». Il ne se retint pas le moins du monde de lever les yeux au ciel.

Salle d’Archives 1b

- Fais gaffe, railla Savage. Beaucoup y ont pénétré, très peu en sont ressortis.

Et il poussa la porte.

Des boites. De la poussière. De la poussière et des boites. Quelques tables et peu de lumière.
Un océan de boites.

- Bienvenue dans le monde glauque et sordide des affaires abandonnées, des pistes froides, des mystères non résolus. Sais-tu que les moldus raffolent de séries policières ? Je pense que ça pourrait faire un carton. Une jeune sorcière blonde qui rouvrirait des cas classés pour rendre justice à des victimes depuis longtemps disparues.
- Vous aimez les moldus ? Demanda Harry.
- Oui, c’est d’ailleurs pour ça que c’est moi qui suis ton tuteur. Pose ces parchemins sur le pupitre, et tes fesses sur le siège. On en a pour un moment.

Et Savage commença à raconter, très scrupuleusement écouté par Potter, qui eut la présence d’esprit de retenir sa verve et de le laisser parler.

« Tu dois avoir une idée des actions perpétrées par le ministère l’année passée. Ou il ya encore deux semaines. Mais tu étais en fuite. La vérité reste difficilement envisageable, et à l’heure actuelle, elle ne sera pas officiellement établie.

Des atrocités ont été commises.
Et le Bureau des Aurors y a pleinement participé.

Pour commencer, les aurors né moldus ont été arrêtés, renvoyés, déportés, et tués.
Je te parle d’un tiers de mes collèges.

Tu as du voir que la moyenne d’âge des aurors était assez élevée. Shakelbolt vient de faire appel aux jeunes aurors retraités, et à d’anciens des tireurs d’élites, pour combler dans l’urgence le manque d’effectif.

Tu as vu que la tombe de Tonks était recouverte d’un linceul noir.
C’est parce qu’elle est tombée au combat récemment. Si nous devions rendre hommage à chacun de nos collègues qui sont tombés dans les deux dernières années, tous les bureaux seraient voilés aujourd’hui.

Mais nous n’en parlons pas. Les aurors ne fonctionnent pas au grand jour. On se tait. Chacun ressasse ses propres fantômes sans les imposer aux autres.
Tu comprends pourquoi tu es mal vu ici. Tu mets en lumière ce que nous voudrions laisser pour un temps dans l’ombre.

Nous devons nous consacrer à l’essentiel : faire tourner le service nuit et jour.
Nous n’avons pas le temps de nous attarder sur nos disparus. La mort fait partie de notre job, de notre vie, comme elle fait désormais aussi partie de ta formation. Comme je présume, elle a toujours fait partie de ta vie.

Comme je le disais, un tiers de nos collègues furent abattus. Ce sont les mangemorts qui se sont chargés du sale boulot. Avec la joie de la revanche, de la vengeance.
Ils se doutaient probablement que s’ils ordonnaient cela directement à nous, aurors sang-purs, nous refuserions, et ils auraient été obligés d’abattre aussi les récalcitrants.
Or ils avaient trop besoin de nous pour nous gaspiller.

Les sang-mêlés furent rattachés à des enquêtes mineures, et à la paperasse administrative. Il fallait bien quelqu’un pour s’en occuper.

Et pour ce qui était des sangs-purs… Nous avons du prendre des ordres directement des mangemorts, et participer aux atrocités commises contre les civils.

Je dois à la vérité de dire, et aussi à ma plus grande horreur… Que pour beaucoup d’entre nous ; cela n’a pas été vécu comme un grave cas de conscience.

Employer la défense contre la magie noire pour traquer des né-moldus innocents n’a pas posé pour certains d’entre nous de problèmes. Ils arguaient que c’était cela ou mourir. Mais je sais que participer à cette épuration ethnique par le génocide, sans avoir à entrer officiellement dans le cercle des tatoués, les réjouissait.

Ces gens aujourd’hui, sont toujours des aurors, sont toujours en liberté, et le resteront encore pour un temps. Impunis.

Nous ne pouvons emprisonner quelqu’un qui a sauvé sa propre vie. Si le délit de non assistance à personne en danger existe chez les moldus, ce n’est pas le cas dans la législation sorcière. Et nous manquons d’effectif pour traquer certains mangemorts en liberté, alors nous devons garder d’anciens putains de collabo de retour dans « le droit chemin » maintenant que Voldemort est tombé.

Et Shakelbolt a un plus grand plan pour eux….

Tu dois te demander si moi aussi, j’ai trahi des innocents. Je viens de te dire que j’aimais les moldus. Pas comme des animaux de compagnie attendrissants, comme c’est le cas pour certains sorciers, immondices de notre communauté, mais comme des êtres humains dignes. Avec des droits inaliénables. »

Savage fit une pause. Le silence était lourd.

« Ma femme était moldue.

Nous n’étions pas mariés, et personne ne savait au Bureau que j’avais une relation avec une moldue. Mis à part Tonks. Je l’ai caché à l’étranger quand Voldemort a repris de l’influence.

Mais oui. Oui, j’ai trahi et donné des né-moldus innocents aux mangemorts, en sachant que je les destinais à une mort prochaine. Il le fallait.
Dix-huit. Je connais leur nom, leur âge, leur histoire. Ils me hantent. Des hommes et des femmes volontaires pour se sacrifier. Jeunes et vieux.

Je t’ai dit que Tonks ne m’avait jamais parlé de l’ordre du Phoenix, quand mon plus grand souhait était de les aider.
Mais ils ne m’ont jamais contacté.

Alors nous nous sommes débrouillés sans eux. Au quotidien. Pour devenir les gardiens du secret de sang-mêlés et né-moldus menacés, pour détourner les preuves, fausser les pistes, ralentir l’œuvre de mort de Voldemort. Voler des potions et des ingrédients à Sainte-Mangouste…

Monter en prenant des risques énormes notre propre réseau au cœur même des mangemorts et des raffleurs. Sans l’aide du sacro-saint Ordre.

Nous fûmes au maximum dix-sept. Huit sont morts. Des neuf encore en vie, nous sommes trois aurors. Je ne te dirais pas qui sont les deux autres.

On a pu sauver à peu près cent cinquante né-moldus, surtout des enfants encore non-scolarisés à Poudlard. Mais parfois, quand on revenait trop souvent « bredouilles » de missions, les mangemorts se montraient méfiants. Trois moururent ainsi pour avoir laissé planer le doute sur leur loyauté. Alors de temps en temps, nous revenions avec de véritables victimes…

On ne les choisissait jamais. C’était eux qui se portaient volontaire pour sauver notre couverture, et d’autres civils après leur sacrifice.

Au Centre, personne ne sait que j’ai résisté. Mais je suis quasiment sûr que d’autres l’ont fait aussi, à l’insu de mon plein gré, dans la même discrétion que moi.
On ne pouvait pas se faire confiance !
Shakelbolt, lui, connaît le rôle que j’ai essayé de jouer tant bien que mal. Il connaît mes deux compagnons.

C’est pour cela que je suis ton tuteur. On ne pouvait pas te confier à un auror qui regrette la chute des mangemorts. Or il est impossible de les identifier aujourd’hui.

Nous sommes seuls et encerclés, Potter. Certains ici feront, je pense, tout pour nous ralentir dans notre reconstruction, et dans notre course contre les mangemorts échappés.

Mon premier conseil en tant que ton Référant sera de surveiller ce qu’on te donne à boire… Je ne plaisante pas.

Garde en tête que si aucun auror « indépendant », n’étant pas membre de l’Ordre du Phoenix, n’a participé à la bataille de Poudlard, c’est parce qu’ici, nous n’étions pas au courant de ce qu’il se passait en Ecosse. Quelqu’un a fait barrage à l’information, pour nous empêcher d’intervenir. Et cette personne, ou ces personnes, car je doute qu’elle soit seule, est toujours ici.

Maintenant, range le parchemin rose dans la boite 679zj et le vert dans la 137pd, et sortons d’ici. »


Ils avaient passé une heure dans l’Antre.

- Tu as ta soirée de libre. Ce sera bien la seule, alors avance-toi dans ton travail et tes lectures. Je suppose que tes compagnons vont passer leur soirée à relire les rapports de leur Référant personnel pour en corriger les fautes et les contradictions. Cela vous permet de rester au courant des affaires sur lesquelles les aurors bossent en ce moment. Si on te demande, je suis chargé de la mise à jour des dossiers lâchés lors du retour de Voldemort.

Savage s’éloigna mais Harry le héla dans le couloir sombre.

- Qu’est-il arrivé à votre femme ? Vous avez dit qu’elle « était » une moldue.
Savage se retourna lentement. Sa voix trembla.
- Je ne pouvais pas me permettre de communiquer avec elle durant l’année noire. Quand je suis allée la retrouver à la libération il y a quelques jours, j’ai appris qu’un cancer moldu en phase terminale lui a été diagnostiqué il y a trois mois de cela. Elle est morte, seule, début mars.

Ils n’ajoutèrent rien, et chacune s’engouffra dans son propre couloir sombre.

Savage hanta longuement les pensées d’Harry, dans cette deuxième soirée au Centre. Il venait de perdre sa femme. Sa meilleure amie. Ses collègues. Il était entouré de traitres, et se considérait lui-même comme un meurtrier. Et pourtant il était là, debout. Fort. Quelques jours plus tard. Il arrivait à regarder en face le symbole vivant des douleurs de sa vie, Potter.
Harry n’était pas le seul à avoir souffert de la guerre. Des épaves, voilà ce qu’ils étaient. Et pourtant, certains conservaient un élan de vie. Mus par des envies de revanche ou de paix.
Restait-il seulement un soupçon d’élan en Harry ? Quelles étaient ses raisons pour avancer ? Prendre une revanche ? Sur qui ? Voldemort gisait mort, et ses sbires le suivraient bientôt. Être mû par l’amour de la paix ? Mais qu’est ce que c’était que ça, la paix ? Le seul souvenir de paix qui restait en Harry le mettait en scène accroché à un arbre, fuyant l’énorme molosse baveux grognant de sa tante par alliance.

Harry s’endormit sur le chapitre 16 de « Tapinois, filage et interrogatoire » et n’entendit pas ses co-aspirants rentrer.





L’eau qui ruisselait encore de ses cheveux fraîchement lavés trempait son pull, mais Harry s’en moquait. Il entra dans la cafétéria, légèrement déphasé. La nuit avait été courte, et le réveil désarçonnant. Il avait mis quelques minutes à se souvenir, le cœur battant, où il était, qui il était, et ce qui l’attendait pour la journée. Il gardait une mauvaise impression de son rêve de la nuit, mais celui-ci s’était définitivement évaporé quand il s’était redressé dans ses draps. Il savait que c’était horrible, oppressant, et redoutablement important. Mais ce n’était qu’un rêve. Voilà des années qu’il avait arrêté de compter ses cauchemars.

Harry s’approcha du comptoir, et remarqua que Coote y somnolait, devant un café. Il était 6h47. Dans treize minutes, la « mise à l’épreuve quotidienne » commencerait. Harry n’avait pas la moindre idée de ce que cela signifiait. Une vérification de ce qui avait été assimilé aux derniers cours magistraux ou avec Butcher ? Il se récita mentalement les désinences gobelines.
Colleen sortit des cuisines, lui adressa un rapide sourire. Quelques secondes plus tard, un café serré fumait devant Harry.

- Tu ne dors jamais ? Lui demanda Harry.
- Si j’étais en train de dormir, tu n’aurais pas de café, alors réjouis-toi, éluda Colleen.

Il haussa les épaules et avala son café. C’était brûlant, et cela lui arracha un rictus douloureux. Harry demanda à Coote :

- Où sont Perkins et Crews ?
- Aucune idée. M’en fous.
Coote vida ses dernières gouttes restées au fond de sa tasse, se leva, et fit signe à Harry qu’il était temps d’y aller.

- Hier soir, toi aussi tu as fait de la paperasse ? le questionna Harry.
- Ouaip. Et Perkins aussi, je l’ai croisé en rentrant. Des heures à lire le rapport d’expertise de mon référant sur les actions urticantes d’une plante moldue précédemment confondue avec une potion empoisonnante dans une obscure affaire en cours. J’ai jamais rien lu d’aussi chiant. Comment peuvent-ils ne pas connaître les effets de l’ortie ? ça me dépasse.
- Il s’appelle comment, ton référant ?
- McChrysal, un vieux un peu déphasé en matière de culture moldue.

Harry se retint de froncer les sourcils. « Déphasé en matière de culture moldue » classait McChrysal dans le rang des menaces potentielles. Mais il était vieux… Une recrue de dernière minute de Shakelbolt dans les rangs des aurors retraités ? Ce qui expliquerait sa méconnaissance des moldus, peus pris en compte dans les enquêtes des aurors il y avait de ça même pas dix ans ?
Harry stoppa net le cours de ces pensées. Il n’allait pas se mettre à soupçonner chaque auror avec paranoïa.

- Et toi, demanda Coote, c’est qui ?
- Savage.
- Le type avec lequel…
- Oui.
- Vous vous entendez bien ?
- On n’est pas ici pour s’entendre avec qui que ce soit. Mais pour devenir auror, trancha Harry.

Coote esquissa un sourire.

- Ou entre nous quatre. Selon Butcher.
Harry grogna.

Ils arrivaient devant la porte de l’arène.
L’étrange endroit n’avait pas beaucoup manqué à Harry.
Coote et Potter échangèrent un regard circonspect, et dans un soupir, ils poussèrent la porte.



Tout était sombre. Partout, des hurlements de volatiles non-identifiés, des bruissements, des caquètements. Sous leurs pas, des feuilles et des racines craquaient sinistrement. Ils slalomaient lentement entre les troncs d’arbres. Harry devait se répéter sans cesse qu’il était toujours au Bureau, et pas perdu au beau milieu de la forêt interdite. Le vent froid sur son visage, les bouffées d’humus, les relents de bois humide, chacun de ses sens lui hurlaient qu’il était au beau milieu d’un bois hostile, au beau milieu de la nuit.

Coote marchait à ses côtés.

- La prochaine fois, il faut qu’on pénètre tous ensemble dans l’arène. Nous quatre réunis, fit Potter.
- Ils sont passés par ici.
- A quoi vois-tu ça ?
- Les fougères et les racines ont été piétinées juste devant, fit Coote d’un air sûr.

Harry se retint de le questionner sur ce mystérieux don de trappeur. De toute façon, il n’avait pas d’autres choix que de faire confiance à son camarade, taillé comme un rugbyman moldu. Lui n’avait absolument aucun sens de l’orientation. « Pointe au Nord » ne lui servait à rien ici, ne sachant pas dans quelle direction précise se diriger. De toute façon, existait-il réellement des points cardinaux dans cette mystérieuse arène ? La mousse dévorait les troncs de tout côté.

- A ton avis, que devons-nous faire ?
- Aucune idée. Retrouver les autres pour que l’exercice commence.
- A moins qu’il n’ait déjà commencé.
- C’est une mise à l’épreuve. Ils testent notre réactivité dans une situation de danger et d’urgence. On peut s’attendre à engager des duels face à des aurors ayant pris le rôle des ennemis.
- Ou face à des créatures malfaisantes, dit Coote, tandis qu’un cri sauvage s’élevait dans l’obscurité quelques centaines de mètres devant eux. Tu crois que ce serait des vraies ?
- Pas des mortelles, ni des créatures aux effets permanents. On peut écarter l’hypothèse de loups-garous.
- Mais pour le reste…
- Effectivement, confirma Potter, je pense qu’on peut s’attendre à tout et n’importe quoi, et à de vraies blessures.
- On aurait des soins ?
- Tu as vu la gueule de l’infirmerie ? Faut pas trop y compter. Je pense que les seuls soins qu’on recevra, ce seront ceux que nous serons capable de nous dispenser à nous-mêmes.
- Chhhht ! Fit soudain Coote.

Ils s’immobilisèrent.
Ils perçurent deux voix, étouffées par le couvert des arbres. La poigne de Harry s’affermit sur sa baguette.

Pour Coote, ce n’était qu’une mise à l’épreuve. Renouvelable encore et encore jusqu’à ce qu’ils parviennent à un résultat satisfaisant.
Mais pour Harry, l’enjeu était tout autre.
Il ne devait pas se faire désarmer. Il ne devait pas céder l’emprise de l’Aînée de Sureau à n’importe qui. Quoi qu’il se passe, personne ne devait lui prendre sa baguette, avec conscience et volonté de le désarmer.

Ils avancèrent prudemment, prenant garde à ne pas trahir leur présence en trébuchant malencontreusement.
Ils éteignirent leurs baguettes à l’exact moment où la lueur des Autres leur parvint. Sans se concerter, Coote et Harry se dissimulèrent derrière des arbres.

- Chhht ! Fit soudain Perkins.
Crews fronça les sourcils, et leva sa baguette, prête à stupéfixier tout chose mouvante.
- Amis ou Ennemis ? se murmura pour lui-même Perkins.
- Difficile d’appeler Coote et Potter des amis, rétorqua Crews dans un souffle.

- C’est Crews et Perkins, fit Coote.
- Comment tu peux en être aussi sûr ? demanda Harry.
- C’est la voix de Crews. Je l’entends.
- Mais…
- J’ai une bonne ouïe, ok ? l’interrompit Coote.
- D’accord. Faut qu’on se montre à eux sans qu’ils nous attaquent.

Coote hocha la tête, se prépara à riposter en cas d’attaque. Il était impressionné par Potter. Celui-ci évoluait avec aisance et assurance. Il ne semblait pas en proie à la peur, ni au stress. Bien qu’il sache que sa vie n’était pas le moins du monde en jeu, et qu’il était difficilement probable qu’ils se fassent virer parce qu’ils échouaient à la première mise à l’épreuve, le cœur de Coote battait à cent à l’heure dans sa poitrine. Heureusement qu’il connaissait plutôt bien le monde de la forêt. Enfin, la forêt moldue. Il n’était pas sûr d’être prêt à affronter un troupeau d’Erkling ou une colonie de Moke venimeux.

- Tu as une idée en tête ? lui demanda Harry.
- Heu, les appeler, tout simplement ?
- Non, fit Harry. C’est leurs voix, mais rien ne nous dit que c’est vraiment eux. Ce peut-être des aurors sous polynectar, ou un sortilège d’illusion. Il faut que Crews te reconnaisse, et un appel qu’elle seule peut reconnaître. Comme ça, chacun de nous sera sûr d’avoir le véritable autre en face.

Dans la nuit, Coote ne distinguait pas le visage de Potter, mais il parvenait sans peine à se l’imaginer. Fermé et décidé. Il devait s’avouer à lui-même que l’idée que des aurors, sous le couvert des arbres, aient usurpé leur identité pour les attirer dans un piège, ne l’avait même pas effleuré.
L’expérience de Potter parlait. Et que dire de son inexpérience à lui…

Coote essaya de retrouver dans sa mémoire un signe distinctif que Crews comprendrait. Hélas, leurs années communes à Poudlard les avait plus souvent opposés que réunis. Coups bas, brimades, regards hautains, voilà tout ce qu’ils avaient en commun.
Et soudain, il trouva la solution. Mais il fallait rien de moins qu’un miracle pour que Crews s’en souvienne. Ils étaient en première année…

Harry se mit en position de défense quand il vit Coote abaisser sa baguette. Il se prépara à le couvrir au besoin. Il regarda Coote mettre ses deux auriculaires à chaque coin de sa bouche.
Il siffla quelques notes joyeuses totalement saugrenues dans cette atmosphère glauque et oppressante.

Ils sentirent les deux autres de l’autre coté s’immobiliser. Et puis quelques secondes plus tard, de l’autre coté d’un épais buisson, un autre sifflement se fit entendre.
Coote hocha la tête.

- C’est eux.

- Vous étiez où ? Vociféra Crews.
- On n’a pas le temps de se rendre des comptes maintenant, les arrêta immédiatement Perkins d’un ton sec.
- Et maintenant ? Fit Coote. Qu’est ce qu’on est censé faire ?
- Trouver la sortie, fit Harry.

Tous se tournèrent vers lui.

- Nous sommes milieu de nulle part, perdus. L’exercice prendra vraisemblablement fin quand l’un de nous se blessera, ou quand nous serons sortis d’ici.
Chacun médita quelques secondes sur ces paroles, et n’ayant aucune autre solution à proposer, ils acquiescèrent.

- Et cette sortie, elle serait par où ?
- Après une série d’épreuves. Après un parcours nous mettant à l’épreuve. Il faut moins trouver la sortie que laisser les épreuves venir à nous.

Tout cela n’était qu’une nouvelle troisième tâche pour Harry. Il essaya de ne pas penser à sa dernière sortie d’un labyrinthe. Il essaya de ne pas penser à Cédric Diggory.

- Alors ?
- Alors on marche, fit Harry. On avance. On reste en mouvement, on regarde autour de soi, et on réagit vite.

Aucun des trois autres n’appréciait le « ton de prof » que Potter prenait, mais ils étaient bien forcés de s’avouer qu’il semblait mieux savoir qu’eux quoi faire. Et ce qu’il disait sonnait de manière sensée.

Alors ils recommencèrent à avancer, baguette à la main et sens aux affuts.
Plus ils progressaient dans la forêt, plus elle se faisait dense, et se dressait devant eux. Les racines noueuses se levaient devant leurs pieds, des buissons de houx se dissimulaient dans les branches qu’ils écartaient de la main, et des barrages d’arbres gigantesques les faisaient sans cesse changer de direction. Il fut bientôt impossible pour eux d’avancer de front. Ils se mirent à la file indienne. Chose surprenante, Coote avait pris d’autorité la tête de file, et dégageait les branches de leur passage à grands renforts de sortilèges de découpe. Crews faisait léviter des boules de lumières destinées à éclairer le sol, mais qui menaçaient aussi de les faire repérer. Quoique, plus vite ils seraient repérés, plus vite ils sortiraient d’ici. Perkins et Potter, en queue de file, couvrait les devants et les arrières du groupe. Mais le bruit de leurs propres pas les empêchait de percevoir correctement les mouvements d’espèces hostiles.

L’obscurité croissait autant que la végétation entravait leur avancée. Plus ils s’enfonçaient au milieu de nulle part, plus les bruits de la forêt se faisaient inquiétants et mystérieux. Sifflements, grognements, grondements sourds. Perkins rompit le silence, probablement plus pour faire entendre une voix humaine que par pure nécessité.

- A votre avis, on peut s’attendre à quel genre de bestioles ?
- Moremplis ? hasarda Coote.
- Une Moremplis attaque uniquement des humains endormis, et on la trouve dans les pays tropicaux, rectifia Crews. Un Nundu ?
- Bien trop dangereux, il faut une centaine de sorciers pour neutraliser ce léopard, rétorqua à son tour Coote. Ils veulent nous former, pas nous tuer. Enfin, les aurors. Je suppose que Butcher serait ravi de se débarrasser de nous.
- On va pas faire la liste de toutes les créatures magiques dangereuses, juste pour le plaisir de papoter, intervint Harry. Mais si ça peut vous faire plaisir, je penche plus pour l’Acromentule.
- Les Acromentules sont bien trop rares !
- Détrompe-toi, Perkins. Elles pullulent à Poudlard.
- A Poudla…
- Chhht ! fit brusquement Harry.

Ils s’immobilisèrent, baguettes aux aguets.

- Qu’est ce que… commença Crews.
- Ecoutez !

Bruissement de feuilles, grognements, odeurs nauséabondes.

- Je n’entends rien de particulier.
- Léger vrombissement. Vers ma gauche.

Harry se concentra pour entendre de nouveau l’étrange bourdonnement qu’il avait perçu quelques secondes auparavant. Tous ses sens étaient en alerte. Son intuition lui hurlait que c’était dangereux. Mais qu’est ce que ça pouvait bien être ?

- C’est juste un sifflement… Rien de particulièrement méchant, fit Perkins.

Harry ferma les yeux, essayant d’identifier le vrombissement qui, à ce qu’il lui semblait, se rapprochait dangereusement d’eux.

- Ce sont des battements d’ailes. De beaucoup d’ailes, fit Coote. Des centaines.
- Insectes ? Guêpes géantes ? Fit anxieusement Crews.
Elle détestait les insectes, et détestait par-dessus tout se conformer à ce cliché féminin.
- C’est petit, fit Coote, sans appel.

Harry passait en revue tous les insectes qu’il avait pu étudier avec Hagrid ou Gobe-Planche, mais rien ne concordait. Pourtant, il avait déjà entendu ce vrombissement. Une impression furtive de déjà-vu traversait sans cesse son esprit. Bizarrement, l’image de Fred et George avec un sourire sournois s’imposa à lui. Il tenta de faire abstraction de la boule qui naissait dans son estomac pour se concentrer. Vrombissement. Fred et George. Avait-il déjà vu Fred et George jouer avec des insectes ? Fred et George manipulaient toutes sortes de créatures pour leurs expériences.

Le vrombissement s’amplifiait, venant indubitablement de l’Ouest. Il couvrait désormais le bruit du vent.

- Qu’est ce que…
- La ferme ! Lâcha Harry. Je sais ce que c’est faut juste que je…

Et soudain, il trouva. Mais ça ne collait pas. Ce vrombissement, il l’avait entendu au 12, Square Grimmaurd, lors du nettoyage. Derrière des rideaux.

La chasse aux Doxys.

Mais les Doxys, des créatures ressemblant à de petites fées recouvertes d’une épaisse fourrure noire, à la morsure venimeuse, infestaient les maisons. Pas les forêts.

- Existe-t-il des Doxys à l’état sauvage ? demanda très lentement Harry.
Existait-il seulement des Doxys « domestiquées »…
- Sous une forme primitive, oui, répondit tout aussi lentement Coote. Elles sont plus petites, plus rapides, et leur morsure provoque non seulement une réaction cutanée, mais aussi une paralysie du système respiratoire. Sans antidote, ça peut s’avérer mortel. Et même avec l’antidote, ça peut laisser des séquelles très lourdes…

La réponse de Coote se fit un chemin dans les esprits de Potter, Crews et Perkins. Personne ne demanda des précisions quant aux « séquelles très lourdes ». Ils préféraient ne pas savoir.
- Tu crois que c’est ça ? Demanda Perkins à Harry, se tournant inutilement vers lui dans l’obscurité.
- Si c’est ça alors… commença Crews…

- Alors il faut courir. Et vite. Finit Harry.

Ils restèrent paralysés par l’incertitude quelques secondes. Et puis…

- COUREZ ! Hurla Harry. VERS L’EST ! COUREZ !

Ils s’élancèrent.

C’était plus facile à hurler d’une voix saturée par la panique qu’à faire.
Dès les premiers mètres, leurs muscles éprouvés par l’entraînement de la veille leur firent âprement regretter cette course folle, dans le noir, entre les racines traîtresses, les troncs se dressant furtivement sur leur passage. En moins de trente seconde, ils eurent tous un point de côté qui sciait leur respiration, hachait leurs mouvements. Harry devait sans cesse changer de direction, contourner des buissons d’épines, des arbres morts barrant son chemin. Il comprit alors qu’un autre danger les guettait : s’éparpiller et disloquer le groupe.

- IL FAUT RESTER GROUPES ! hurla-t-il pour se faire entendre des autres.
- Je suis quelques mètres derrière toi, lui cria Coote. PERKINS ! CREWS ! PAR ICI !
Quelques secondes plus tard, les respirations haletantes des deux autres se firent entendre à leurs côtés.

- On ne les sèmera jamais !
Les créatures les talonnaient, Harry pouvait maintenant distinguer dans le vrombissement les différents battements d’ailes. S’y ajoutaient les petits cris suraigus des créatures.

- On n’a pas le choix, grogna Harry dans une expiration douloureuse. Il faut les affronter.
- TU ES FOU ? Tu as déjà affronté une nuée de Doxys sauvage ? Rugit Crews à sa gauche.
- Pas. Affronter. Directement, haleta Perkins de l’autre coté d’un buisson.

Mais celui-ci ne finit jamais d’exprimer l’idée improbable qui venait de lui traverser l’esprit.
Potter, Crews et Coote entendirent un glapissement de douleur suivi d’un bruit sourd.
- Perkins vient de trébucher. Demi-tour ! s’époumona Potter.
- T’es MALADE ? hurla Crews.

Mais Harry avait déjà interrompu sa course et revenait sur ses pas. D’ici moins d’une minute, calcula-t-il, les Doxys seraient visibles. Donc mortellement proches.

- PERKINS !
- Ici ! Je me suis foulé la cheville !

Harry brandit sa baguette, et le buisson fut tailladé par une multitude d’éclairs rouges, dans de grands bruits de hache.

- Hey, attention ! Je suis juste derrière ! Rugit Perkins.
- Prends ma main !

Perkins attrapa vigoureusement la main de Potter et se remit debout dans un grognement de douleur. Crews surgit à la gauche d’Harry et d’un coup de baguette, fit apparaître une attelle à la cheville de Perkins.

- On n’a plus le temps de partir, cracha la voix furibonde de Crews. On fait quoi maintenant ?

Personne n’eut le temps de répondre. Dans un bruissement assourdissant, les premières dizaines de Doxys venaient de franchir un mur de broussailles à quelques mètres et foncèrent sur eux.

- Impact moins 7 secondes, lâcha Perkins.

Mais alors qu’ils levaient leur baguette en cherchant désespérément un sort efficace, un souffle brûlant et un nuage âcre de fumée agressèrent leurs yeux, asséchant immédiatement leur cornée tout en inondant leurs paupières de larmes. D’un même mouvement et dans un même cri de douleur, ils enfouirent leurs visage dans leurs mains et se couchèrent au sol pour éviter la deuxième vague de chaleur.

Derrière ses paupières closes, Harry était submergé par un rouge lancinant. Un crépitement sifflant accompagné de centaines de cris suraigus d’agonie perçait ses tympans à vifs.
Il n’avait plus besoin du Lumos pour y voir clair. Entre ses cils pleins de larmes et de poussière, il entraperçu le mur de broussaille pris dans un feu tonitruant. Des flammes léchaient les troncs d’arbres, carbonisaient les plantes, s’étendaient à chaque seconde devant eux.

Il hoqueta. Il identifia les centaines de petites boules enflammées crépitant dans les airs. Le feu passait d’une Doxy à l’autre, dévorant les fourrures, enflammant les fines ailes translucides des créatures venimeuses.

- DEBOUT ! Rugit Coote, derrière eux.
Harry comprit que le massif aspirant était à l’origine de l’incendie qui venait de les sauver et qui menaçait à présent de les rôtir à leur tour.
Il se mit péniblement à genoux, et distingua une Doxy épargnée par la flambée foncer sur lui.
- IMPEDIMENTA !
La fée maligne s’immobilisa en plein vol, imitée par d’autres fées prises à sa suite dans le halo de lumière.

- COUREZ ! leur intima Coote.

Ils se remirent à courir, toujours plus haletants, moins pour échapper à la poignée de Doxy encore vivante que pour échapper aux flammes mordantes qui courraient d’arbres en arbres, menaçant de les immoler vivants.

Les flammes avaient le mérite d’éclairer un peu mieux leur chemin, mais les ombres tortueuses se révélaient sournoises. Harry se prit le pied dans une racine, mais il fut plus rapide que la gravité. Il se réceptionna sur les mains et roula sur lui même sur la terre dure, profitant de son élan pour se remettre debout dans le même mouvement et continuer à courir.

- Joli, Potter, mais ce n’est pas le moment de jouer les saltimbanques, ironisa Crews en quelques respirations douloureuses.
Elle avait évité de justesse dans sa course de lui tomber dessus durant sa galipette improvisée, et de s’étaler dans les racines noueuses.

Harry l’ignora. Il s’étonnait qu’ils ne tombent pas plus souvent. Il arrivait à éviter les arbres au dernier moment, devinant plus leur présence qu’il ne les voyait. C’était comme s’il avait ingurgité plusieurs lampées de Félix Felicis. Bien sûr, chaque nouvelle enjambée leur arrachait des gémissements étouffés, à chaque nouveau pas, ses chevilles menaçaient de céder dans des craquements sinistres… Mais pourtant, il arrivait à continuer à courir. Ses yeux étaient encore aveuglés par le souffle brûlant de l’incendie, mais il sautait habilement au dessus des racines, des trous, des fossés qui se dressaient sur son chemin. Et c’était visiblement la même chose pour les trois autres. C’était tout simplement impossible. C’était quasiment de la magie. Pour un peu, on aurait pu croire qu’ils étaient sorciers…

Le flot incohérent des pensées de Harry fut brutalement interrompu par un changement notable d’environnement. Durant quelques secondes, il fut totalement désorienté. Le sol s’aplanit sous leurs pieds, les racines laissèrent la place à une herbe molle, et plus aucun arbre n’entravait leur course. Ils coururent machinalement quelques mètres de plus, et ralentirent, désarçonnés par la soudaine aisance de leurs mouvements, par l’apparente facilité de leur nouveau chemin.

- Clai-rière, hacha laconiquement Coote pour dissiper leur trouble.
Harry se retourna pour voir les flammes consumer à quelques mètres d’eux la lisière de la clairière. Les flammes n’attaquèrent pas la prairie, les laissant hors d’atteinte. C’est un léger clapotis sous les chaussures d’Harry qui lui en donna l’explication.
La prairie était tellement humide, qu’il s’en fallait de peu pour que ce ne soit un marais.

Harry n’entendait plus que le bruit de leur respiration et le crépitement du bois qui se fendait. Ils reculèrent pour éviter une gerbe de feuilles enflammées. Ils étaient tous pliés en deux par la fatigue, et la fumée qui se dégageait des flammes ne les aidait pas à reprendre leur souffle. Harry sentait l’air chaud lui brûler doucement le front. Il prit soudain conscience qu’il était trempé par la sueur, la boue, que ses vêtements étaient éraflés de toutes parts, et qu’il saignait à travers son tee-shirt, là où la lanière de son sac lui avait entaillé l’épaule, durant toute la durée de sa course. Une nouvelle migraine lui sciait les tempes.

A ses côtés, Crews, Perkins et Coote étaient comme hypnotisés par la danse des flammes qui ravageaient mètre après mètre l’immense forêt où ils courraient quelques minutes encore auparavant. Les cris d’agonie des Doxys se firent encore entendre quelques secondes, puis s’éteignirent. Coote essuya du plat de la main la sueur de son front. Ils avaient réussi.

Du coin de l’œil, vers la gauche, Harry distingua une ombre mouvante. Il comprit alors qu’ils tombaient tous dans un autre piège : Ils baissaient leur garde. Il ouvrit la bouche pour avertir les autres, mais il s’effondra avant d’avoir pu produire le moindre son. Il ne se sentit même pas percuter le sol.

Tout fut noir.








L’arène se brouilla comme un écran de télévision moldu déréglé, et quand la réalité redevint nette, les arbres, les flammes, la fumée âcre, la chaleur, tout disparu. L’immense bande de terre battue entourée de gradins de pierre était de retour, avec au milieu, quatre corps inanimés étendus sur le sol, encerclés par huit silhouettes vêtues de robes noires.

Des gradins, Butcher leur lança un regard totalement désintéressé. A ses cotés, John Godwin fit la moue.
- Peu réactifs, mais ils ont déjà développé chacun de leur côté une certaine aptitude à la magie instinctive appréciable, énuméra Godwin.
Sans attendre la réponse de Butcher, qui de toute façon ne pouvait se fendre que d’une critique acerbe et furibarde absolument pas objective, Godwin se leva et quitta l’arène.

Butcher regarda ses ânes bâtés de collègues réanimer doucement les quatre aspirants. Il fut tenté de laisser la paranoïa de Potter, sur le point d’être réveillé par un inconnu après une attaque, achever la déplorable carrière du sombre abruti qu’était Enoch Dakota. Mais les aurors étaient en sous-effectifs et Godwin risquait de lui reprocher, et de lui refourguer une enquête d’un ennui navrant en guise de représailles.

- DAKOTA ! Beugla-t-il.

La dite andouille se releva juste avant de réanimer Potter et se tourna vers les gradins.
- Si vous tenez à votre carotide, évitez de vous pencher sur Potter. Réanimez-le à distance, il a failli décapiter une infirmière hier après-midi.

Dakota recula vivement, écarta du pied la baguette de Potter afin qu’il ne puisse pas s’en servir, et d’un mouvement de baguette que Butcher jugea hautement imprécis et potentiellement dangereux pour toute personne dans le kilomètre environnant, réveilla Harry Potter.

Butcher eut le temps de descendre lentement des gradins, et les aurors de quitter l’arène pour retourner à leurs dossiers, avant que Crews, Perkins Coote et Potter n’aient entièrement repris leurs esprits.

Les uns après les autres, ils ouvrirent les yeux, se relevèrent en se tenant la tête, regardèrent autour d’eux d’un air hagard, tentèrent de se lever avant de retomber lourdement, réfrénant l’envie de vomir due au changement brutal de sensations. Le sol, la luminosité, les bruits, les odeurs. Tout avait changé en moins d’un dixième de seconde, égarant leurs sens. L’expérience avait tout pour être traumatisante.

Une fois que Butcher fut sûr qu’aucun d’entre eux n’allait se mettre à convulser en bavant de la mousse blanchâtre, il tourna les talons, et retourna s’occuper de choses bien plus primordiales à ses yeux qu’un groupe d’avortons incapables.





Ben commençait à se sentir claustrophobe, à force d’échouer sans cesse dans cette foutue cafétéria. Quand ils avaient passé la porte de la salle réconfortante aux plantes bleutées, aux panaches de fumées de café et à l’odeur chaude de croissants frais, oscillants sur leurs jambes, couverts de boue et de tâches de sang de provenance indéfinie, rendus nauséeux par les changements magiques d’environnement (et tout simplement parce qu’ils sortaient tout juste d’une forêt obscure transformée en fournaise irrespirable et infestée de créatures cauchemardesques), Colleen avait sorti d’autorité 4 énormes mugs fumants et un seau rempli de glace pilée.

- Tout va bien ? Demanda-t-elle à Harry.
Il s’assit sur un haut tabouret et ferma les yeux pour faire reposer ses yeux irrités par les flammes et la fumée toxique. Dans un grognement reconnaissant, il appliqua une serviette de tissu pleine de glaçon sur son coude couvert d’écorchures et de terre.

- Qu’est ce que c’est ? Demanda Perkins en humant la décoction préparée par Colleen avec plaisir. Une potion régénératrice ? Elle sent étonnamment bon, pour une mixture magique. Le souffre leur donne pourtant toujours une odeur infect…
- C’est pas magique, répondit Colleen. Un vieux truc revigorant que me faisait ma grand-mère. C’est efficace, mais ça agit lentement. Vous vous sentirez plus frais d’ici une demi-heure.
- C’est moldu ? Tu as une grand-mère moldue ? Demanda Perkins, surpris.
- Qu’est ce que tu as contre les moldus ? l’interrogea Coote en plissant les yeux.
- Mais rien, je demande juste ! Se défendit agressivement Perkins. Et c’est pas à toi que je parlais, que je sache…
- La ferme, vous deux, gémit Crews à coté en plongeant son visage directement dans le seau de glace. Je veux du silence, bordel, du silence…

Les trois garçons et la serveuse captèrent vaguement les mots « souffrir en paix » « auror » et « castration » en provenance du seau où Crews imitait superbement l’autruche ivre morte.
Ils sirotèrent lentement leur «thé » brûlant en faisant l’inventaire des blessures plus ou moins grave qu’ils avaient récoltées lors de cette champêtre balade. Hématomes, goût de cendre dans la bouche et vêtements ruinés.

- Hey…
Coote venait de se figer, en consultant l’heure à sa montre.
- Quoi ?
- Quelle heure est-il ? Ma montre a dû s’arrêter dans l’arène. Elle affiche 7h24.

Harry fronça les sourcils sous ses cheveux longs et regarda les planètes cerclées d’or évoluer sur sa montre.

- Pareil pour moi. 7h24. Ça doit être un effet secondaire de la magie de l’arène. A Poudlard, les transmissions magiques dérangent bien les appareils moldus…
- Effectivement, fit Perkins. J’ai la même heure.

- C’est parce que c’est la bonne heure, intervint Colleen. Il EST effectivement 7h24. Vos montres fonctionnent très bien, et l’arène ne provoque aucun effet secondaire, si ce n’est celui de risquer votre vie.
- C’est impossible ! On est entré dans l’arène à 7h tapantes, et on y a passé bien plus de 20 minutes ! Au moins une heure et demi !

Potter hocha sombrement la tête aux protestations de Perkins. Il aurait dit presque deux heures. Mais l’air convaincu de Colleen le fit soudainement douter. Une intuition de mauvaise augure lui chatouilla les narines…

- Vous n’êtes restés dedans que 20 minutes. L’arène est un endroit très spécial, si j’en crois ce que je capte ici ou là. Elle créé son propre écosystème, et son propre espace-temps. Les créatures que vous y croisez sont réelles ainsi que leurs morsures, la douleur provoquée et leurs effets secondaires magiques, les lois physiques vous affectent comme si vous étiez dans le vrai monde. Si vous tombez d’une falaise, vos os se briseront, vos organes exploseront dans votre corps, et votre mort sera douloureuse et brutale. Et vous pouvez rester des heures, voir des jours à crapahuter dans les mondes les plus cauchemardesques, et ressortir de l’arène 5 minutes après y être entré.

Perkins Coote et Potter clignèrent des yeux, interdits.
Crews sortit la tête de son réfrigérateur et s’insurgea, en évitant de malmener sa pommette à vif :
- Mais c’est une salle de torture ! Elle a tout pour être interdite par le code international magique ! On peut y enfermer n’importe qui pour une torture éternelle, en trente secondes, sans que personne ne s’en aperçoive !
Perkins Coote et Potter hochèrent du chef, toujours interdits.
- Non, justement. C’est impossible. Vous n’êtes retenus dans l’arène que par votre propre volonté. Dès que vous choisissez d’abandonner, de quitter le monde créé pour vous, et d’échouer, le charme se rompt. Vous pouvez choisir de rater votre mise à l’épreuve et vivre. Ou bien prendre des risques inconsidérés, y rester par obstination, et y mourir. Mais personne ne peut y être retenu contre sa volonté. Et les charmes de manipulation et l’imperium restent inefficaces. Il suffit de penser « Stop » et tout s’arrête. Vous voulez des muffins à la vanille ?

- Mais alors, demanda Coote, aujourd’hui, nous aurons vécu… 26 heures au lieu de 24 dans une même journée ! Nous allons fatiguer notre organisme et vieillir prématurément !
Des regards alarmés submergèrent Colleen qui remisa ses pâtisseries sous sa cloche.
- Bienvenue dans la formation d’auror ! Railla-t-elle avec un grand sourire. Vous voulez rester jeunes et en bonne santé ? Réussissez vos mises à l’épreuve le plus vite possible et de manière régulière, pour que Butcher vous en dispense. En attendant, bienvenue dans votre nouveau cauchemar permanent !

Butcher, les considérer suffisamment prêts pour les dispenser de leur mise à l’épreuve quotidienne ? Benjamin Coote n’avait encore passé que peu de temps avec l’irascible docteur es défense magique et torture sournoise, mais c’était bien assez pour deviner que jamais, à moins d’un miracle merlinesque, cela n’arriverait.
Perkins déglutit et regarda avec inquiétude son reflet qui tremblotait avec le liquide clair de sa tasse. Vieillir prématurément par trop d’heures d’existence par journée ? Ce n’était pas dans le contrat. Une cuisante douleur et son propre cri le ramena à la réalité. On venait de lui tirer brutalement les cheveux et en tâtant le cuir chevelu des bouts des doigts, il récolta quelques gouttes de sang.
- Mais t’es malade ?! Hurla-t-il à Crews, qui lui adressa son sourire n°9, le « carnassier ».
En prenant un air serviable, celle-ci lui présenta la mèche de cheveux blonds qu’elle venait de lui arracher sèchement.
- Désolée, j’ai cru que c’était des cheveux blancs.

Pire que l’arène, pire que Potter, pire que Butcher. Johanna Crews.
Coote leva les yeux au ciel.


Le fait est que les bizarreries temporelles de l’arène eurent le mérite de leur donner le temps de passer dans leurs chambres respectives pour recoudre maladroitement à la baguette leurs vêtements, essayer sur eux les plus intensifs sorts de nettoyage, lancer quelques sorts de guérison sur leurs plaies les plus profondes et même, comble du luxe, prendre une douche glacée de quelques secondes. Il leur resta encore dix minutes pour enfin attaquer chacun à une extrémité différente de la cafétéria une montagne de pâtisserie, d’œufs aux bacons et plusieurs tonneaux de café.
Harry nota dans un coin de sa tête à demander la recette « moldue magique » de Colleen. Effectivement, il se sentait étrangement frais et dispo. Quelqu’un d’une autre nature que la sienne aurait presque envisagé avec enthousiasme et sérénité le cours de Dickens qui les attendait à l’université magique. Mais il ne fallait pas trop pousser. Il soupira et traîna sa mine blafarde et fermée jusqu’à la cheminée reliée spécialement pour eux à Oxford.

Il n’aurait pas fallu faire attendre l’époustouflant orateur Huffman Dickens.
Note de fin de chapitre :

Il y a sûrement encore pleins de répétitions, fautes d'orthographes, etc, si vous me les faites remarquer dans les commentaires, je corrigerai, mais précisez le passage ! ;) Merci !

Ah oui, et je vous encourage fortement à voter pour
Bonne Entente de Redink pour la sélection du mois !
http://www.hpfanfiction.org/forum/viewtopic.php?f=28&t=3739

[Edit :

Je me permets de me faire de l'auto-pub. J'ai écris deux OS sur des thèmes différents, assez courts, et j'ai peu de retours de lecteurs, donc je vous invite à les lire, et à me dire ce que vous en pensez ! Et tant qu'à faire, ça vous fera patienter jusqu'au prochain chapitre ! ;)

Le premier est assez dur et amer, centré sur Draco Malfoy. Le second est au contraire très léger, très court, et traite des petits pêchés honteux d'Hermione Granger...
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