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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


I’ve had enough trouble for a lifetime. par Bendico

[175 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

"Johanna Crews est vivaaaaaaaante."
Oui oui, l'histoire continue, elle n'est absolument pas terminée...
Perkins poussa la porte de l’arène. Le nœud d’angoisse qui lui cisaillait le ventre était devenu habituel. Quel monde, quelles créatures, quels maléfices l’attendaient derrière cette porte ? Il savait que d’ici dix minutes, ses plaies à peine cicatrisées et qui lui tiraient la peau se rouvriraient et se remettraient à saigner et à s’infecter.
Chaque jour, ils vivaient un cauchemar différent.
L’attente vomitive qui démarrait au réveil, qui les accompagnait sous leur première douche, lorsqu’ils ingurgitaient le premier café de leur longue, longue journée. Et qui les amenaient au pas de la porte, à l’aspect si inoffensif, de l’arène.
Perkins jeta un coup d’œil à Crews et à Coote, verdâtres, eux aussi. Eux aussi étaient la proie des griffes de cette angoisse, profondément accrochées à leur estomac, à leurs entrailles.

Mais pas Potter.

La peur, sur la porte des Enfers, il ne connaissait pas. Courage gryffondorien ou simple inconscience ? L’habitude, peut-être. Plus le danger se rapprochait, plus Potter semblait impassible. Concentré. Sûr de lui. Inatteignable. Ses gestes étaient secs, rapides et précis, le menaient toujours à son but, le plaçaient toujours hors de portée.
Cela écorchait vivement l’orgueil de Perkins, mais il devait l’avouer : Potter était doué. Et pas qu’un peu. Et naturellement.
Lui, Perkins, savait être le plus brillant, le meilleur des quatre. Il était plus vieux, il savait plus de choses et apprenait plus vite. Perkins avait une maitrise parfaite de sa baguette. Sortilèges, métamorphoses… Tout était par lui impeccablement effectué. En cours, ce que les autres découvraient, il le révisait. Il avait suivi six mois de cours de Gobelin après ses Aspics, par correspondance, tandis qu’il visitait le Maghreb Magique. S’en était suivi un stage de trois mois comme assistant dans un cabinet d’avocamages à Damas. Il était parti cinq mois étudier la métamorphose amazonienne en Amérique du Sud où il en avait profité pour se perfectionner en potions à bases de plantes spécifiques à l’hémisphère sud.
Il était tout simplement le plus savant, le plus appliqué, le plus investi. Le plus beau, aussi. Il était l’étudiant à qui tout réussit.
Mais devant l’arène, ses mains étaient moites, et il tremblait.

Et pas Potter.

L’heure sonna, et ils pénétrèrent dans l’arène, les sens aux aguets. Un froid glacé leur mordit le visage, et aussitôt, Perkins, suivi avec plus ou moins d’efficacité par Crews et Coote, d’un mouvement de baguette, transforma son pull en laine. Les mailles grandirent et s’assemblèrent le long des manches pour former des gants, les cols se roulèrent, les capuches devinrent cagoules. Le cuir de leurs chaussures se renforça pour mieux résister à la neige boueuse dans laquelle ils pataugeaient. Une douce chaleur envahit Perkins, qui avança doucement, ses gestes légèrement entravés par l’épaisseur et la lourdeur de son habit.
Il avisa Potter plus à gauche. Son tee-shirt claquait au vent, et déjà ses lèvres bleuissaient. Peut-être ne maitrisait-il pas parfaitement la métamorphose des fibres du tissu ? Surtout alliée à un sort de couture…
Perkins regarda autour de lui : ils se trouvaient dans une dépression ; une sorte de combe surplombée par deux versants accidentés, où la roche fracassée affleurait à nu. Le tout recouvert de glace et de neige, battues par un vent vif. Derrière eux, un éboulement avait amassé en entonnoir une mer houleuse de gros blocs rocailleux et de gravats. Des plaques de glace s’accrochaient aux blocs de roches. Les versants abrupts formaient une barrière infranchissable. Et devant eux, un sinistre goulot d’étranglement, un couloir exigu dans la roche verticale, seule issue dans ce cul de sac de mauvais augures.
Perkins tentait de passer dans sa tête les sortilèges potentiellement utiles.


- Tu me donnes froid, Potter dit Crews agressivement.
Potter l’ignora. En gardant sa baguette fermement levée de la main droite, il fouilla de la gauche dans la sacoche qui ne quittait jamais son flanc.
Perkins mourrait d’envie de faire l’inventaire de cette fichue sacoche. Il avait vu Potter en sortir de l’essence de murlap, des plumes et ses livres de cours… Il était sûr qu’à l’’intérieur se trouvait l’intégrale du Parfait Survivant. Quand il avait essayé d’imiter le concept en s’armant d’un sac à dos, il s’était bêtement rendu compte qu’il ne savait absolument pas quoi mettre dedans exactement. Des manuels ? Des ingrédients ? Des habits ?
Potter en sortit une paire de gants fins en peau de dragon. De la première qualité, c’était visible même de loin. Trente gallions au bas mot. Parfaitement résistants, indéchirables, ils épousaient les mains de Potter comme une seconde peau, lui laissait une dextérité maximale. Perkins regarda ses moufles de laine grossière improvisées. Impeccablement créées, certes. Mais improvisées.

Crews et Coote avancèrent en même temps, en se lançant des regards noirs devant cette synchronisation tout à fait insultante.
Tout était si silencieux, mis à part le vent qui sifflait sur les versants.
- On y va ? Demanda Coote.
- Toi d’abord, répondit Crews hargneusement.
Perkins soupira d’agacement, et fit mine de se lancer.

Au même moment, Potter recula.

Les trois autres aspirants avaient vite remarqué ce sixième sens particulièrement vexant de Potter. Il sentait le danger arriver, et se jetait à terre une demi-seconde avant tous les autres, évitant « largement » le coup de patte d’une acromentule qui, évidemment, fauchait tous les autres.
Alors bon. Voir Potter reculer quand eux avançaient leur faisait les pieds.
Potter regardait, les sourcils froncés, alternativement l’entrée du couloir et le haut des versants.

Que redoutait-il ?

Potter effectua ce qui ressemblait énormément à un sort de détection humaine…
Rien ne se passa. Négatif.

- Potter, on est une équipe ! Si on échoue, tu échoues aussi ! Alors si tu as eu un éclair de génie sur ce qui nous attend et par où « ça » va nous tomber dessus, tu devrais faire tourner ta putain d’info ! hurla Crews.
- Et pourquoi tu ne commencerais pas à réfléchir par toi-même ?! Je commence à être fatigué de sauver le monde.

Perkins avait parfois cette étrange intuition : Potter aimait ces confrontations verbales. Echanger des vanneries acerbes de collégien restait un moyen comme un autre de garder de simples relations avec son entourage.
Simples et surtout superficielles.

Mais avait que Crews ait pu rétorquer quelque ce soit, un nuage de volatile survola le goulot d’étranglement où il ne manquait qu’une diode verte affichant « EXIT ».
Les bouliers de Perkins et Crews clignotèrent dans le blizzard naissant. Mais les volatiles, les dizaines de minuscules rapaces, passèrent à toute allure au-dessus de leur tête… …En les ignorant totalement.

Ce vol de rapaces, dirigés comme une seule créature vers une même direction, faisant bloc, évoqua inexplicablement à Harry un nid d’araignées.
- Ils ne nous attaquent pas, expliqua Coote qui n’avait pas activé son bouclier. Ils fuient.

Ahm. Des araignées fuyant Poudlard où rodait un basilic. Effectivement.

- Que fuient-ils ? Demanda Perkins en se sentant particulièrement stupide.
- Le même ennemi que nous devrions fuir, lâcha Potter.

Dirk se retourna, envahi d’effroi, vers le goulot sinistre de roches.
- Il faut escalader le versant, dit Coote. Sans parler de fuir, mieux vaut surplomber le danger.
- Je ne sais pas pour Crews et Potter, dit Perkins rougissant, mais je suis… foutrement incapable d’escalader quoi que ce soit.
- Alors j’ai bien peur que nous devions affronter l’Ennemi de la bonne vieille façon… Fit Crews.

Ils levèrent leur baguette dans les rafales glacées.
Et ils attendirent.

- Putain de bordel de merde, expira Crews avec de la peur pointant dans la voix. Qu’est-ce que…

Quelque chose bougeait dans l’ombre du défilé. Non rectifia Perkins en lui-même.
Plusieurs quelques choses.
Une multitude de quelques choses.
Se découpant dans l’obscurité du goulot. Avançant d’une démarche tout aussi mécanique qu’incertaine vers eux. Vaguement humanoïdes.

Le vent tourna et leur apporta soudaine une lourde odeur de…
…Putréfaction.

A la droite de Perkins, Crews se plia en deux, et tous l’entendirent vomir aussi violemment que soudainement quelques flaques de bile.
Perkins se sentit soudain envahir par une frayeur sourde, déraisonnée et paralysante.
Qu’est-ce qu’étaient au juste ces créatures ?
Il se tourna vers Coote. Le pro du bestiaire, c’était lui, non ?
Mais Coote secouait la tête d’ignorance. Potter par contre…

- Potter ? Hurla Perkins.
- Ils ont une consistance solide, non ?
- Pardon ?
- Ces gens ne sont pas vivants. Mais ils ont une consistance solide. Ils ne sont pas transparents, continua Potter, comme communiquant d’un autre monde. Ce ne sont clairement pas des empreintes de défunts, aussi appelés « fantômes ».
- Mais t’es taré ou quoi ? Rugit Perkins sans comprendre.
- Je penche pour des cadavres ranimés par les maléfices d’un mage noir….
- Cadavres ? Répéta Crews d’une voix blanche.
- Inféris, renchérit Potter.

INFERIS ?!

- Impossible, nia Perkins. Jamais les aurors n’utiliseraient d’inféris….

Mais les premiers corps émergèrent du goulot, à moins de cent mètres d’eux. S’avançant inexorablement vers eux.
- On fait quoi ? Demanda Crews, visiblement sur le point de vomir à nouveau.
- Au cas où vous ne l’auriez déjà oublié, je ne suis pas un as de l’escalade, cru bon de repréciser Dirk.
- Seules deux choses peuvent faire dévier un Inféri de sa route, expliqua lentement Harry en levant sa baguette.
- …
- En premier, le mage noir qui les a créés.
- TU TE FOUS DE NOUS ?
- Tout sortilège qui les frappe les renforce, en les nourrissant de magie. Donc évitez de les stupéfixier, ça a tendance à les agacer, précisa-t-il en leur glissant un regard ironique.
- Et quelle est la seconde solution ? Rugit Crews tandis que les premiers Inféris étaient à présent à moins de cinquante mètres d’eux.
- Le feu, fit Harry. Les Inféris détestent le feu.

Un intense soulagement envahit Crews. Faire du feu était la première chose qu’un première année apprend à faire. Il n’avait même pas besoin de l’apprendre, en vérité. C’était un réflexe instinctif, aussi naturel que respirer.

Une sublime flamme jaillît de sa baguette, lui brûlant délicieusement le visage de sa chaleur. …Jusqu’à ce qu’une rafale d’air glacé et de neige ne souffle sa langue de feu comme on souffle un chandelle. Jo fit jaillir de nouveau des flammes de sa baguettes, que blizzard moucha quasi-instantanément.

Autour d’elle, Perkins, Coote et Potter vivaient la même désagréable expérience.

Et merde.

- Je crois, dit Harry doctement –aussi doctement qu’il est possible de crier à des compagnons au milieu de tourbillons de neige-, qu’il est temps qu’on se mettre à courir en hurlant de terreur.
- Je marche, confirma laconiquement Coote.
- Et moi, je grimpe, précisa Crews, récoltant un regard désespéré de la part de Perkins.

Minute.
Comment un myope tel qu’Harry avait-il pu voir à plus de cent mètres dans un début de tempête de neige que les créatures n’étaient rien d’autre que des Inféris ?
Il ne l’avait pas vu, comprit-il soudain.
Il l’avait senti.
Et pas seulement d’après la bouffée lourde de sucs d’organes en décomposition.
Harry avait capté la masse formée par ces cadavres ambulants, du plus profond de ses tripes.
Il avait comme pu palper de ses mains la volonté magique et autoritaire qui animait les zombis. Bien plus que dans la Caverne.
L’espace d’un instant, il avait cru qu’il lui suffirait de tendre son esprit pour voir par leurs yeux pourrissants, pour sentir le froid de la glace mordre les lambeaux de chair à vif de leurs pieds.
Qu’il lui suffirait de rentre son esprit pour les guider, les mener de sa seule volonté.
Comme s’il était leur créateur. Comme s’il était LEUR mage noir.
Or s’il y avait bien une chose dont il était certain, c’est qu’il n’avait jamais, au grand jamais, créé d’inféris.
Harry accrocha de la main une saillie dans le roc, posa le bout du pied sur la corniche, et commença à se hisser à la force des bras et des jambes le long du mur abrupte de granit.




Perkins découvrit avec soulagement que, contre toute attente, il savait grimper. Sportif, il avait une bonne conscience de son équilibre, il avait assez de force dans les bras pour supporter son propre poids dans ce combat constant contre la gravité.
A présent, une autre question le taraudait :
Les inféris grimpaient, eux aussi ?

Ils s’élevèrent le long du versant, avec plus ou moins d’habilité. Plusieurs fois, des prises leur échappèrent, leurs pieds ripèrent sur la roche, ils manquèrent de tomber et se plaquèrent contre la roche, le visage dégoulinant de sueur et le cœur battant.

Quelques mètres en contrebas, les premiers Inféris posèrent leurs doigts décharnés faits de chair purifiée sur les premières saillies de la paroi. Leurs ongles, les bouts de leur phalange griffèrent la roche, crissèrent en s’y agrippant.
Et à leur tour, ils commencèrent à grimper.
Le vent tourna de nouveau, et apporta aux quatre aspirants de lourdes exhalaisons putrides qui leur soulevèrent le cœur.
Le sang de Harry tambourinait à ses tempes.
Il pouvait presque –palper- l’ordre qui animait les ignobles créatures. Déchiqueter. Tuer. Anéantir. Faire d’eux les leurs. Ils les regardaient monter sans s‘émouvoir. Car ils les rattraperaient. Ils avaient tout le temps. Après tout, eux étaient déjà morts.
Leurs quatre proies n’étaient plus très loin. Leur progression était trop lente, trop précautionneuse. Seul le grand massif savait comment s’y prendre. Mais les autres… Surtout le petit maigre qui semblait totalement ailleurs…
- Attention !
Le cri de Coote fit brutalement revenir Harry à la réalité. A sa réalité. La prise céda sous sa main gauche au moment où son pied dérapa sur des graviers.
Il comprit immédiatement qu’il ne pourrait pas se rattraper.
Il tomba.

Butcher ne l’avoua jamais, mais il fut sérieusement impressionné par la rapidité et l’intelligence des trois autres à ce moment précis.
Ils bougèrent comme un seul homme, une seule entité pensante.
Coote, le plus à même de garder prise sur la paroi, attrapa Potter dans sa chute, aussitôt secouru par un bras heureux de Perkins. Crews était miraculeusement située un peu en contrebas (enfin, pas si miraculeusement que ça : elle s’était faite laminée le dos cinq jours auparavant par du venin de Mandragore améliorée, et jouer à l’alpiniste n’était pas la chose la plus agréable à faire quand on a la peau du dos en pleine cicatrisation) et elle eut juste le temps de se hisser pour plaquer Potter à la paroi de son corps et de l’aider à trouver des appuis.
- Hey ! A quoi tu rêves ?!! Lui hurla-t-elle dans les oreilles.
Crews jeta un regard anxieux en arrière, pour mesurer quelle avance ce crétin de Potter leur avait fait perdre.
C’est alors qu’elle la vit.
- Merlin, souffla-t-elle. Beth… Beth ! Beth !
La moitié de son visage était noire. Elle était à demi-chauve, une plaie purulente ouverte sur son crâne. Son tee-shirt n’était plus qu’une guenille en lambeaux qui laissait échapper un sein éventré où… où… où grouillaient… Des choses.
Mais c’était elle. Beth Taylor.
Sa meilleure amie, dont elle n’avait pas eu de nouvelles depuis un an.

Coote tenta de suivre le regard de Crews et se glaça quand il reconnut un des Inféris.
Elisabeth Taylor. Serdaigle. Sang de Bourbe, aurait précisé un mangemort.

Ce n’était pas possible.
Ce ne pouvait être qu’une illusion.
Ils étaient dans l’arène, Beth Taylor n’avait rien à faire ici. Encore moins déguisée en Inféris.

Déguisée ?
Mais rien de tout cela n’était faux.
Les créatures présentes dans l’arène étaient tout à fait réelles.

- Par tous les saints… murmura-t-il alors que le visage morbide de son ancienne camarade se tordait en une expression de haine affamée qui n’avait rien d’humain.

Elle devait l’aider ! Elle devait aider Beth !
Crews se désintéressa de Potter et tenta de redescendre à la rencontre de la seule vraie amie qu’elle n’avait jamais eu.
Mais la main de Potter se referma avec force et décision sur son poignet. Crews se retourna vers lui avec aigreur pour lui dire d’aller se faire foutre, car son amie avait besoin d’elle.
Elle ne rencontra que ses iris verts qui brillaient de fureur et de désolation. Et puis les prises qui lui permettaient de déjouer les forces de la gravité se désagrégèrent sous ses doigts et elle se recroquevilla en hoquetant sur le sol de l’arène, prenant conscience que combe, vent glacial et Inféris s’étaient évaporés. Et Beth.

D’une pensée, Potter avait mis fin à l’exercice.

- Qu’est-ce que…
- Ton amie est morte, Crews, lui dit Potter sans détour. La créature que tu as vue ne sait pas qui tu es. Beth a disparu. Tu ne peux pas la revoir, tu ne peux ni la guérir ni la ressusciter. Tu ne lui reparleras jamais.

Harry laissa Crews à sa douleur. Sa peine ne le regardait déjà plus. Il avait suffisamment à faire avec ses propres démons.
D’ailleurs, en parlant de démons, il avait deux ou trois choses à tirer au clair avec cette ordure de Grump Butcher.
Il poussa la porte de l’arène, qui claqua derrière lui, et mis le cap sur le Bureau.




Comme à chaque fois que Butcher pénétrait dans le bureau, les conversations s’arrêtèrent l’espace d’une seconde. Les Aurors et leurs secrétaires se lancèrent des regards tendus. De quoi, pire, de qui avait-il besoin ? Que s’était-il passé ? Car c’était évident. Campé droit dans ses bottes de cuir usé, son masque de vieux loup sec qu’a vidé cul sec de la mauvaise gnole et qui revient pour pousser une gueulante sur sa horde qu’aurait foiré la dernière traque au gueuleton…
Grump Butcher était contrarié. Et quand Grump Butcher était contrarié, les meilleurs aurors du pays tentaient de ramasser sur eux même leur masse embarrassante et de plonger dans les entrailles de Gringotts. Tous à la fois, en belle horde de troufions.
Godwin cacheta le rouleau de parchemin qu’il venait de déchiffrer, et avisa le Maître-Aspirant. Quoiqu’il se soit passé avec les petits, ce n’était vraiment pas le bon moment.

- Butcher ? Demanda le grand manitou aux cheveux poivre et sel.
Butcher grogna en se versant une tasse de café. Et en ajoutant une lampée de whisky dans sa tasse sous le regard désabusé d’une auror en cape de combat.
- Petite précaution, commenta-t-il trop galamment pour son habitude en levant son verre à sa collègue. D’ici quelque seconde, une bonne grosse migraine va pénétrer dans ce bureau de mes d…
- COMMENT OSEZ-VOUS ? hurla la voix de Potter, recouvrant le fracas de la porte qu’il venait d’ouvrir avec toute la force et la violence dont il était capable.
- N’avait-il pas assuré à ses petits co-aspirants qu’il ne ferait pas de vagues et qu’il serait un élève modèle ? chuchota l’auror Dakota à son secrétaire. Je vous l’avais dit. Il ne tiendra pas un mois ici.

- Potter ! Vous devez respect à vos supérieurs ! Rétorqua sèchement en retour Godwin en tapant du plat de la main sur un bureau. Je vous promets solennellement que dès que votre niveau de formation nous permettra légalement de vous faire payer ce manque de discipline, vous paierez très cher cette intervention.

Savage s’assombrit. De très longues heures d’astreinte à Azkaban, à rester debout durant des heures dans les coins les plus sombres et humides de la sinistre prison, où le vent glacé du nord vient s’infiltrer dans votre dos pour vous coller un mal de dos à s’arracher les trapézoïdes de rage et de douleur, attendait Potter. Et plus Potter passerait de temps à Azkaban, moins il en passerait sur les dossiers de Savage. Et plus Savage croulerait sous le boulot. Les cicatrices qui ravageaient le visage durci par la fatigue de l’auror se crispèrent de frustration et de colère. Potter.

- Respect ? Respect ? Vous me parlez de respect ? Alors que vous vous amusez avec des Inféris ? Des INFERIS ! Dans le lot des cadavres, y’avait une amie de Crews. Alors ne venez pas me parler de respect.

Potter fulminait. La fureur qui avait fait perdre les rares couleurs qu’il avait retrouvés. La haine faisait trembler la main qu’il passa dans ses cheveux pour les ramener en arrière, et surtout se donner une contenance, et surtout s’empêcher de dégainer sa baguette.
Il portait toujours ses gants en peau de dragon.

Godwin lança un regard furieux à Butcher. Il lui avait demandé : pas ce matin ! Pas après les nouvelles ! Butcher avait obtenu le maintien de cette séance d’Arène pour aujourd’hui, contre les conseils d’annulation, alors qu’il aurait pu donner grâce à son supérieur direct ! Mais la manière dont les aspirants était formé ne relevait que… de leur Maître-aspirant. Les choix, les épreuves, un fois nommé, le Maître restait le seul maître à bord. Le capitaine du bâtiment. Remettre en question ses choix, c’était encourager la mutinerie. S’immiscer directement dans la relation entremêlée de haine et d’abandon totale que les aspirants devaient nouer avec leur Maître pour le laisser les modeler en combattants aguerris.
Et pourtant. Il avait, dans une minute de pure folie niaiseuse, cru que Butcher accepterait de remettre au lendemain la petite séance de zombification.

- Fermez-là, Potter, fit Godwin aigrement. Apprenez à vous contrôler. Que pensiez-vous ? Que nous vous laisserions aller au combat, en Aurors diplômés beaux et invincibles, sans vous avoir confronté une seule fois à la terreur et à la pure nausée que provoque un affrontement avec une horde d’Inféris ? Sans vous avoir appris ce que c’est de se retrouver face à la profanation du corps d’un être cher et devoir de ses propres mains finir le sale boulot en exterminant ce qui reste du cadavre pourrissant d’un ami ? Que nous reprochez-vous ? De ne pas avoir attendu que vous soyez, que Mademoiselle Crews soit assez forte mentalement pour encaisser le choc ? – Arrivée entre temps, Crews laissa échapper un feulement irrité de se voir ainsi ridiculisée devant tout le monde. A cause de Potter… - Je pensais que le fait d’avoir Grump Butcher comme Maître-Aspirant vous ferait comprendre sans difficulté que vous ne vous ferez pas chouchouter et border affectueusement le soir au sein des Aurors. Nous avons récupéré cette horde créée par Voldemort l’année dernière, peu importe que Mademoiselle Crews ne soit aspirant auror que depuis moins d’un mois, une horde d’inféris ne survit que très peu de temps à la mort de son Créateur ! Vous deviez l’affronter, et ce n’était pas une décision négociable. Et le respect n’a rien à voir là-dedans.

Tout le bureau s’attendait à ce que Potter déploie tout son talent pour les répliques acerbes et les vagues d’ondes furieuses, mais il resta planté là, une expression de pure horreur dans les yeux, atterré comme jamais.
Ce silence pétrifié décontenança Godwin qui, avec un horrible pressentiment, se retourna vers le Mur pour vérifier que… Mais non. Rien. Le planisphère de population magique et les dernières nouvelles de la révolte des Gobelins en Albanie du Nord s’étalaient sur l’écran magique, sans rien révéler des terribles nouvelles.

Mais alors pourquoi Potter…
- Voldemort ? Demanda-t-il avec une répugnance indescriptible dans la voix. C’était la… horde… d’inféris de… Voldemort ?
A chaque mot, le timbre de sa voix décuplait d’horreur et de rage.
- Oui, répondit simplement Godwin. Voldemort a créé des Inféris afin de…
- Vous ne pouvez pas faire ça, condamna Harry sans appel.
- Je vous demande pardon ?

Harry planta ses yeux verts dans ceux du Directeur du Bureau. Les aurors autour hallucinaient. Oui, c’était Harry Potter ! Mais tout de même… Jamais dans le bureau un aspirant avait attaqué si frontalement le Directeur. Le… Directeur ! Un aspirant !
Dans le silence indigné du Bureau, où même les notes volantes semblaient voler au ralenti pour atténuer le bruissement du froissement de leurs ailes de papier, la voix de Potter semblait comme cassée d’incrédulité.

- Vous ne pouvez pas jouer avec les créations de Voldemort. Vous ne savez pas à quoi vous vous exposez.
- Arrêtez de gémir mélodramatiquement, Potter, cracha Butcher. On dévissait déjà du Mage Noir par ici avant que vous ne sortiez votre tête d’avorton des cuisses de votre mère.
- Ah vraiment ? Parce qu’il semble que le dernier, j’ai justement du m’en occuper à peine sorti des cuisses de ma mère, comme vous dites, rétorqua Potter d’une voix blanche. Et comme je le disais, continua-t-il en se retournant vers Godwin, ne jouez pas avec les créations de Voldemort. Effectivement, je ne connais encore rien à la magie noire. Effectivement, je n’ai aucune idée de comment on peut bien gérer, contrôler un artefact créé par un mage noir. Je vous l’accorde. Mais il y a une chose que je sais et dont vous ne savez rien, à propos de laquelle que vous ne saurez jamais rien et que vous n’avez jamais été capable de comprendre. C’est comment Voldemort agissait. La manière dont il pensait et fonctionnait. S’il y a bien un seul sujet que je maitrise, contrairement à vous, ce sont les créations de Voldemort. Et ce que je sais à propos de ces choses avec lesquelles vous jouez au magicien avec un air d’expert, c’est qu’on ne PEUT PAS les contrôler. Qu’on ne PEUT PAS les maitriser. On ne peut pas escompter ne serait-ce que s’en approcher sans en subir d’inévitables et, croyez-moi, très lourdes conséquences.

- Conséquences que tu continues d’ailleurs de payer Potter, dit hargneusement l’auror Dakota, outré de se voir ainsi rabaisser de la sorte par un adolescent mal peigné.
- Dakota ! Le rabroua sèchement Godwin en sentant poindre, comme prévu par Butcher, une vilaine migraine.

Harry fronça les sourcils.
Avait-il manqué un épisode ou bien…

- Que voulez-vous dire ?
- Désolé Potter, répondit Savage doucement. Nous devions te le dire à la fin de l’heure d’Arène. Il y a eu un… incident.
Harry eut l’impression qu’on maniait une lame effilée au beau milieu de ses entrailles. En un claquement de doigt, toute sa fureur s’évanouit, remplacée par un très mauvais, et très oppressant, pressentiment.
- Tu peux nous dire, Potter, ce qui a bien pu amener Hermione Granger et Ronald Weasley à transplaner illégalement sur un autre continent – rien de moins que l’Australie !? Et pourquoi les moldus Granger parents de cette première ont subi un très lourd sortilège d’amnésie et d’inhibition ?

Harry eut l’impression que le sol se dérobait sous ses pieds, qu’une entité supérieure coupait le son de l’univers qui l’entourait, et qu’un voile noir recouvrait progressivement sa vision.
Hermione était allée retrouver ses parents. Accompagnée de Ron. Comme c’était prévisible. Mais si les aurors en parlaient, c’est que quelque chose avait mal tourné.
« Désolé, il y a eu un incident » venait de dire Savage.

Harry inspira profondément et demanda d’une voix d’automate :

- Que s’est-il passé ?

**

Quelques heures plus tôt :

Il avait dû s’évanouir et s’écrouler au sol. Ron battit des paupières. Ces fichues sirènes de pompier lui transperçaient les tympans d’aiguilles chauffées à blanc. Pendant de trop longues secondes de pure terreur, il fut incapable de se souvenir où il était, pourquoi il était allongé sur du bitume cramé, l’intégralité de son corps hurlant de douleur, recouvert de sang et de bile.
Il crut s’arracher ses yeux de douleur quand il tourna la tête pour tenter de répondre à la seule question qu’il était capable de formuler dans son esprit paralysé par le choc : Hermione ?
Elle était là. Elle était là et ne l’était pas. A genoux sur le sol, le visage noircit de cendre, les traits déformés par le désespoir, elle pleurait de tout son corps. Agitée de soubresaut, incapable de contrôler ses poings à la chair éclatée qui martelaient le sol de béton, vain aperçu de la violence du tourment qui devait se déployer en elle.
Ses yeux noyés de folie braqués sur la bâtisse dévorée par les flammes, elle ne se souciait pas lui. C’était comme s’il n’existait plus pour elle. Comme si plus rien n’existait pour elle. Sauf l’horreur de l’évidence : Ses parents étaient morts. Et elle n’avait rien pu faire.

Une main, un veston blanc, trois hommes, des mines inquiètes, on le palpe, on l’aveugle, un œil après l’autre. Ron s’agite, tente de se dégager des inconnus. L’un deux pose une main sur Hermione, et là, une volonté et un feu inespéré jaillisse du plus profond de ses entrailles. Pas Hermione.
« On est là pour vous aider » murmure une voix, mais Ron n’en a rien à faire. Pas Hermione. Il se débat, même si la douleur le transperce. Un tintement. Une seringue, une vive piqûre, et c’est le noir.

Pas Hermione.




- Il se réveille.
Ron grogna, affreusement groggy comme après cette très, très grosse cuite qu’il avait pris avec Fred et George et Charlie un soir dans la cave à liqueur de Tante Muriel.
Et tout lui revint d’un coup, effet miraculeux de la potion magique qu’on lui a administré. Hermione, l’Australie, ses parents, l’explosion.
Hermione.
Ron tenta de se relever mais il était menotté dans un lit. Il ouvrit les yeux, éblouit quelques secondes par la trop vive luminosité. Un soulagement éclata dans le creux de son ventre ne voyant dans un lit à côté Hermione, certes ravagée de chagrin, terrorisée et couverte de sang, recroquevillée dans ses draps, elle aussi menotte… …Mais vivante et sans rien de cassé. Une vague de quelque chose d’indéfinissable l’engloutit quand il vit dans les yeux d’Hermione comme une lumière se rallumer quand elle s’aperçut qu’il était réveillé et vivant.
- Ron… chuchota-t-elle…

- Silence ! Hurla un homme à la peau noire et capé de pourpre. Vous êtes actuellement sous arrestation pour entrée magique illégale sur le territoire australien, mise en danger du Grand Secret, entrée par effraction dans un hôtel, duperie à l’aide de magie et de détournement d’ambulance moldue ! Donc avant que nous ayons tiré tout ça au clair, y compris qui vous êtes et ce qui a bien pu faire exploser – Hermione se remit à sangloter compulsivement – cette maison – ses sanglots redoublèrent d’intensité – je vous conseille de rester calme.

Ron ferma les yeux et tenta de retrouver un minimum de lucidité. Et Merlin savait que la lucidité, ce n’était pas sa spécialité.

- Mon nom est Ronald Weasley. Je suis un citoyen magique du Royaume-Uni, tout comme Hermione Granger.

Les agents australiens échangèrent un regard étonné. L’un deux sortit brusquement de la pièce, pour revenir quelques minutes plus tard, sous le choc et avec un épais dossier dans la main.
En chuchotant, il montra plusieurs documents du dossier à son collègue et pointa plusieurs fois du doigt successivement leurs visages et quelque chose sur les documents que Ron ne pouvait pas voir.

- Êtes-vous… Êtes-vous les deux compagnons d’Harry Potter ? Demanda l’un des deux agents avec une profonde incrédulité dans la voix.
- Je… Je demande à être… mis en con… contact avec mon gouv…ernement, parvint à articuler Ron avant de sombrer une nouvelle fois dans l’inconscience.



- Comprenez-vous la gravité des actes de ces deux jeunes gens ? Asséna sans pitié un vieil homme en robe rouge, à la barbe grisâtre et à la peau noire marquée d’une multitude de traits de peinture sur le visage, suivant de rouge et de blanc les traits de son visage, y mêlant des symboles traditionnels et magiques.
- Je comprends leur gravité, Leewana, répondit gravement Shakelbolt, et une enquête sera mené. Mais j’implore votre compréhension envers ces deux enfants. Vous connaissez les grandes lignes de leur histoire…
- Ils ont fait pénétrer illégalement sur le territoire australien deux moldus sous sortilège d’amnésie et de profonde inhibition ! lls ont abusé magiquement de deux agents d’accueil moldus d’un hôtel ! A cause d’eux, nous avons dû modifier magiquement la mémoire de 7 Moldus ayant aperçu leur présence lors de l’explosion ! C’est le plus gros incident magico-moldu qui a lieu en Australie depuis 1987 ! S’emporta sèchement le Guide magique suprême aborigène. Et vous m’exhortez à la compréhension ?
- Miss Granger n’a fait que mettre ses parents en sécurité ! Ils étaient une cible potentielle de criminels adeptes de la magie-noire et antimoldus !
- Et pourquoi ces moldus n’ont pas été mis sous la protection du ministère de la magie de votre Etat ?

Shakelbolt se ferma totalement.
- Vous le savez parfaitement, Leewana. Le gouvernement du Royaume-Uni a été infiltré, corrompu, et victime d’un coup d’Etat totalitaire. Les institutions anglaises ont failli, et ces jeunes gens ne pouvaient se fier à elles.
- Vous reconnaissez donc la responsabilité du gouvernement anglais ! Souligna triomphalement Leewana. Je veillerai à ce que la communauté magique internationale soit mise avec le plus grand soin au courant de l’opinion que vous avez exprimé ici.

Shakelbolt se refusa de commenter ces dernières paroles. Cette bataille viendra pour lui bien assez vite. Et d’ici là, il allait avoir désespérément besoin d’Harry. Alors justement…
- Vous devez relâcher Ronald Weasley et Hermione Granger, les remettre dans les mains de la justice anglaise. Ce ne sont que des victimes.

- Le Royaume-Uni va payer pour les troubles que son incapacité à gérer ses citoyens a engendrés dans le monde entier, magique et moldu, prophétisa Leewana avec une satisfaction mal dissimulée. Plus jamais l’Angleterre ne dictera les règles magiques internationales, soyez en bien conscient.

- Vous oubliez Leewana que c’est le Royaume-Uni qui a finalement réussi à détruire Lord Voldemort. Non la communauté internationale magique qui n’a pas bougé le petit doigt, qui n’a pas proposé son aide une seule minute quand le gouvernement de Scrimgeour est tombé. Si Voldemort n’a pas infesté vos rangs, c’est pas ce que l’Angleterre a, contrairement à ce que vous déclarez, finalement réussit à se battre, et à vaincre.

- Pas l’Angleterre, Shakelbolt, répondit Leewana. Ce n’est pas l’Angleterre qui a vaincu Lord Voldemort, mais Harry Potter.
- Harry Potter est entré au service du gouvernement magique anglais, rétorqua Shakelbolt. Vous considérez qu’Harry Potter est le héros de cette guerre. Et bien il a nettement affirmé son soutien envers les institutions anglaises. Visiblement, Harry Potter considère que le Royaume-Uni magique est à même de se gérer de lui-même, et n’a pas besoin d’une quelconque tutelle par mandat international. Et encore moins d’être sous la tutelle de planqués perdus au fin fond de l’Océanie. Maintenant, si vous voulez bien m’excusez, Leewana, j’ai un pays à reconstruire.

- Ne le prenez pas personnellement, Shakelbolt. Nous étions amis.
- Nous l’étions, Leewana, en effet. Mais vous savez mieux que moi qu’en diplomatie, l’amitié n’existe pas.

- Monsieur le ministre, salua Leewana.
- Monsieur le ministre, salua en retour Shakelbolt qui quitta la salle et partit à la recherche de ces deux andouilles de Ron Weasley et Hermione Granger.




- Détachez-les ordonna l’auror australien.
Les gardiens acquiescèrent en silence et d’un claquement de doigt, les cordes qui immobilisaient Ron et Hermione, laissés entravés sur le sol, disparurent. Ron rampa jusqu’à Hermione et l’encercla de ses bras.
- Levez-vous, ordonna sèchement Kingsley.
Ron lui lança un regard noir lui faisant clairement comprendre qu’il ne laisserait personne brusquer son amie.
- Vite, avant que vous ne soyez définitivement assigné à résidence dans ce pays où vous n’avez aucun droit civil, s’agaça Shakelbolt. Une équipe complète de médicomages vous attend sur le pied de guerre à Sainte-Mangouste, ajouta-t-il plus cordialement, Arthur m’a menacé de m’enterrer vivant dans le caveau des Lestrange dans le cas contraire.
Silence de mort.
- Allez, Hermione, dit doucement Shakelbolt. Nous avons libéré tes parents du sortilège d’amnésie, ils ont déjà été rapatriés, et sont terriblement inquiets pour toi.

Hermione se figea. Elle ne devait pas penser. Elle ne devait pas respirer. Surtout ne pas réfléchir. Ne pas se laisser y croire bêtement, et sentir ensuite encore plus de douleur au moment d’affronter la réalité. Car ça ne pouvait pas être vrai. La maison avait… La maison avait…

- Kingsley, dit Hermione tandis que de nouvelles larmes se déversaient sur ses joues, mes parents sont morts.

Kingsley la dévisagea, interdit, et finalement, lui sourit avec une délicatesse et une tendresse qu’on lui soupçonnait rarement.

- Hermione, tes parents n’étaient pas dans leur maison. Ils étaient sortis et ne sont revenus qu’une demi-heure après l’explosion, pile au bon moment pour alerter tous les détecteurs de sortilèges des agents australiens qui les ont cueillis en douceur et nous ont signalé leur présence. Et donc la vôtre.

- Non, ils… ils…
- Ils sont vivants Hermione. Et en bonne santé. Même pas une égratignure, même pas une toute petite brûlure. Oh, je crois que tous les trois avez besoin d’une grosse discussion après ce que tu as fait mais… Pour les voir, pour les voir de tes propres yeux et les retrouver, il faut que vous veniez avec moi, et que vous rentriez en Angleterre. Qu’en dis-tu ? Et toi, Ron ?

**

- Donc ils vont bien, conclut Potter en fronçant les sourcils.
- Oui, ils vont bien, répondit Savage.
- Alors pourquoi vous me parlez de cette histoire ? Il n’y a pas mort d’homme. Je croyais que je ne pouvais pas recevoir de nouvelles de mes proches durant la durée de la formation, demanda froidement Harry.

Comme si le gars n’avait vraiment rien à faire de ses meilleurs amis, hallucina Coote, dont le dos s’était recouvert d’une pellicule de sueur glacée tout au long du récit de l’Auror aux cicatrices.

- Pour ça, intervint Dakota en lui tendant un globe de verre.
Le cœur d’Harry s’emballa stupidement. Entre les boules de cristal de Trelawney et les prophéties du département des mystères, il n’aimait pas beaucoup les globes de verre aux propriétés magiques.
- C’est un revisionneur, précisa Savage, une sorte de caméra enregistreuse.
Harry, intrigué, éleva le revisionneur dans la lumière et regarda à l’intérieur.

Il vit une rue, et une maison en particulier. Soudain, silencieusement car le revisionneur n’enregistrait que les images et non les sons, la maison explosa dans une colonne de flammes impressionnante. En quelque seconde, le feu de répandit, léchant les murs, dévorant la charpente, faisant s’effondrer la moitié du bâtiment.
Harry refusa de laisser sur superposer à cela le souvenir de la maison de ses parents à Godric’s Hollow. Il n’eut pas beaucoup de mal car au même moment, il distingua quelque chose flottant au-dessus de la maison ravagée par l’incendie.
C’était une marque des ténèbres. Enfin, pas tout à fait. Une tête de mort flottait sombrement au-dessus du lieu du crime, mais aucun serpent ne sortait de sa gueule. Le serpent était remplacé par des lettres, des mots, une phrase glaçante qui se déployait dans les airs.

« Tu devrais mieux protéger tes proches, Potter, car nous nous vengerons. »

Une guerre venait de se finir.
Et une autre de commencer.
Note de fin de chapitre :

Poum poum poum... à la prochaine !
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