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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


I’ve had enough trouble for a lifetime. par Bendico

[175 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Noir.
Silence dans la salle.
Lever de rideau.
Présentation des personnages :
Benjamin détailla ceux de sa promotion. Son regard tomba tout d'abord sur le dos d'une jeune fille... Petite, fine, une chute de rein à tomber par terre. Ses cheveux bruns étaient coupés très courts en un dégradé inversé, à voir les deux longues mèches foncées qui suivaient les lignes de sa mâchoire et la multitude d'épis de plus en plus courts relevés sur sa nuque.

- Hey Coote ! Arrête un peu de me reluquer, tu veux.
Il écarquilla les yeux. Cette voix... C'était... Non c'était pas possible... Pas elle !
Si.
Elle se retourna et le défia du regard. Il déglutit. Son instinct de Poufsouffle lui cria de prendre ses jambes à son coup. Trop tard. Il était coincé. Il était coincé pour les deux ans à venir avec Johanna Crews.

Mignonne.
Dirk ne se gênait pas pour détailler les courbes de la brunette en face de lui. Sa poitrine rebondie était mise en valeur par un minuscule serpent d'argent pendu à son cou. Son teint était laiteux, ses lèvres étirées dans un sourire machiavélique, son nez en trompette et ses yeux sombres légèrement bridés.
Carrément bandante, en fait.
Il continua de la fixer quand elle se retourna pour alpaguer, une lueur de défi au fond des prunelles, un grand type un peu lourdaud qui pâlissait à vue d'oeil.

Il s'intéressa à l’autre mec aux lunettes, appuyé sur un mur un peu en retrait.
Pas très grand, fin mais légèrement musclé, ce type était taillé pour être attrapeur. Il était complètement perdu dans ses pensées et à voir sa tête, elles n'étaient pas joyeuses. Ses lèvres étaient crispés et il se passait régulièrement ses doigts - il avait une vague cicatrice sur le dos de la main - dans les épis drus de sa tignasse noir de jais. Ce type n'avait apparemment pas songé à soigner sa présentation pour faire bon effet le premier jour. Ce qui frappait Dirk c'était son âge. Il devait juste sortir de Poudlard ! Sa barbe pourtant pas rasée depuis plusieurs jours, restait clairsemée, concentrée sur les arrêtes de sa mâchoire. 17 ans ? 18 ?
L'adolescent se passa une énième fois la main dans les cheveux et Dirk resta pantois.
Une mèche relevée l'avait cachée jusque là mais à présent elle luisait bien visible. Elle partait de la racine de ses cheveux et fendait en deux son front jusqu'à juste un peu plus haut que la naissance de ses sourcils. Une ligne en relief légèrement rouge, brisée en plusieurs angles. Une cicatrice en forme d'éclair.
Il scruta chaque recoin du visage du célèbre Harry Potter. Comment ne l'avait-il pas reconnu au premier coup d'oeil ? Son visage s'était étalé pendant un an sur tous les murs de la communauté magique.
Le Survivant paraissait tout d'un coup chétif par rapport à l'idée que tous se faisaient de lui.

C'était ce gamin qui avait échappé pendant des mois aux agents surentraînés du ministère ? Qui s'était retrouvé plusieurs fois nez à nez avec Bellatrix Lestrange et bien sur Vous-Savez-Qui ?
"Il a déjà tué un homme." Voilà la pensée qui frappa Dirk. Enfin, si on considérait Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom comme un être humain. Il a été torturé.
Dirk le fixait sans discontinuer et sentait l'immense contraste entre son apparence adolescente et la détermination, la rage de ses traits figés.
Sans prévenir et dans un mouvement fluide, Potter leva la tête et planta ses yeux verts vifs dans les yeux bleus de Dirk. Franc, direct. En colère.

Harry s'était un peu éloigné de ses nouveaux petits camarades aussitôt que les Aurors les avaient plantés dans une petite pièce circulaire complètement vide. Il n'avait pas adressé un seul coup d'oeil aux autres apprentis. Ce n'était que des formes floues et asexuées qui ne faisaient pas parties du monde désertique qui était désormais le sien. Il ne les entendait même pas. Il était assailli par des visages. La pâleur cadavérique presque verte pâle de Remus sous ses cheveux poivre sels. Tonks figée dans sa métamorphose habituelle, cernée et la couleur chewing-gum de ses cheveux, comme une plaisanterie indécente à l'encontre de la froideur de la faucheuse verte. La commissure des lèvres de Rogue, méprisantes jusqu'à la fin. Le regard effrayé de Ginny. Le visage ridé, affaissé et gris d'Albus Dumbledore, cadavre parmi les cadavres dans sa tombe de marbre.

Soudain il le sentit comme une brise glaciale qui s'infiltre sous les vêtements. Un type le dévisageait. Comme une bête de foire, plus que jamais.
Il n'était plus seulement le survivant, l'éternel chanceux qui déchaînait la furie d'un mage noir sanguinaire.

Il était l'adolescent immortel qui réduisait à néant le moindre Avada Kedavra, qui avait par deux fois respiré l'haleine fétide de la Mort, il était un tueur déterminé sous une apparence faible et rachitique.
La gazette du sorcier s'en était vraiment donnée à coeur joie, le lendemain de la bataille.
L'innocent aux mains sales. Trompeur, manipulateur, surpuissant, dangereux, dont il était impossible de deviner les réelles motivations, l'élève qui dissertait de magie noire avec détachement voir avec du dédain.
Les jours de Rita Skeeter étaient comptés.
L'idée même de sa gorge hypocrite sous ses doigts faisait frémir Harry de plaisir.
Il leva lentement les yeux en même temps qu'il tournait lentement la tête. Il se ficha dans les yeux estomaqués de l'intrus.

Dirk se liquéfia sur place mais réussit cependant avec brio à masquer sa stupéfaction.
Son propre caractère de grand prétentieux l'obligea à maintenir le regard. Il n'allait pas baisser les yeux dès la première minute devant un gamin, légende vivante ou pas ! Qu'est ce que ça allait devenir pour les vingt-quatre prochains mois ? Il répondit férocement à l'agression muette de Potter.

Harry se fatigua très vite. Et voilà que ça recommençait. D'abord on le dévisageait comme l'extra-terrestre invincible, ensuite on le défiait, pas pour le tester, mais pour le remettre directement à sa place, comme si il avait eu des velléités de supériorité. Il adopta la technique habituelle. Il continua à fixer son "interlocuteur" mais s'en désintéressa complètement. Il ne faisait plus passer aucune animosité entre eux et son regard prit une teinte vide. Très vite, si toujours fiché dans le regard tout d'un coup déconcerté du type blond, il replongea dans ses pensées moroses.

Jo stoppa très vite d'invectiver cette andouille de Coote. Ce qui se passait à quelques mètres était beaucoup plus intéressant. Un gamin tout juste sorti de l'adolescence défiait ouvertement du regard un blond... Canon, c'était le moins qu'on pouvait en dire, qui apparemment avait commis l'imprudence de le dévisager d'un peu trop près. Ses mirettes ironiques s'écarquillèrent très vite.

Potter ? Le minus balafré qui s'amusait à ridiculiser sa maison à chaque match de Quidditch ? La haine profonde et indéracinable qui le liait à... heu... l'autre là, le petit blond arrogant qui prenait ses aises avec un air de propriétaire tout à fait désagréable dans SA salle commune à elle (elle était là d'abord, nan mais oh !). Malfoy, voilà. Potter et Malfoy, elle était en cinquième année quand ils avaient débarqués pour défrayer la chronique.
Potter ?

Et là elle tiltait. Le môme timide et facilement impressionnable dont elle gardait un souvenir impérissable peinait à laisser la place dans son esprit au héros international qui les avait tous sauvés.
C'était qu'il avait carré, le cicatrisé. Mmmh...
Elle se délectait de la scène qui se jouait.

Perkins-le-blond, qui devait avoir deux ou trois ans de plus qu'elle, elle s'en souvenait maintenant par ce qu'il avait été préfet en chef...
Perkins refusait de baisser les yeux devant un Potter qui l'ignorait totalement.

Elle eut un sourire sardonique.

Elle fit un pas et se mit exactement entre les deux garçons.
Le hic c'était qu'elle était bien plus petite qu'eux. Petit Potter ? Le mythe s'effondrait, il était petit. Avant. Par rapport à son grand efflanqué de copain roux. Là, en vrai de vrai, il faisait un bon mètre 80 qui ratatinait son mètre 60. Bref, elle était plus petite et Perkins continuait à trucider à sens unique un Potter absent, par dessus ses mèches brunes (celles de Crews pas de Potter). Elle tournait le dos à son aîné et leva, face à Potter, tout simplement le bras.

Harry soupira. Une main féminine venait juste de se glisser au beau milieu du faisceau incendiaire qui reliait les deux hommes. Il haussa les épaules.
Son regard glissa instinctivement le long de son bras et se posa sur débardeur vert tendu là où reposait son sein gauche, pour être aussitôt attiré par un scintillement argenté. Il se décala de quelques degrés et grimaça intérieurement en détaillant le pendentif en forme de petit serpent gravé qui ondulait magiquement sur la peau blanche. Il continua son ascension jusqu'au sourire ironique de la jeune fille.

- Alors Potter ? Ton ego était encore trop surdimensionné par une carrière d'attrapeur professionnel ? Ton image de pourfendeur invétéré de mages noirs pas assez assurée pour le restant de ta vie ? Et qu'est ce que c'est que cette mine torturée ? On ne courbe pas suffisamment l'échine devant toi ? L'insupportable gamine et le grand nigaud tacheté t'ont abandonnés ?

Harry redescendit brutalement sur terre.

Mais c'était pas possible ! L'espèce serpentarde était définitivement à éradiquer de la planète !

- On se connaît ?

Johanna se vexa. Merde. Il se souvenait même pas d'elle, c'était malin ! En plus il n'était même pas en colère. Juste désabusé. Bien fait pour elle. Elle éclata de rire devant tant d'incongruités et lui tendit la main.

- Crews, mon cher lionceau rachitique, se présenta-t-elle.
Rachitique… Pas tant que ça, à voir les muscles fins de ses bras, mais il n'était pas censé le savoir.

- Dis-moi, être désagréable, c'est gravé dans les gènes de chaque Serpentard, ou tu es juste parente avec les Goyle ?
Coote applaudit victorieusement sous l'insulte et tendit sa main à Potter.

- Un peu des deux, mais celle là est particulièrement vicieuse. Je suis Ben. Ravi de te revoir Potter.

Harry lui serra chaleureusement la main, « ravi » d'avoir trouvé un allié si vite, même si comme pour Crews, il avait la ferme impression de ne l’avoir jamais vu.

Il se rappela soudain de "l'intrus" comme il l'appelait.

- Dirk Perkins, ancien batteur de Serdaigle, cru bon de préciser le dit Perkins.
- Harry Potter, actuelle bête de foire de la communauté magique.

Dirk éclata de rire. Ça lui avait immédiatement paru comme la meilleure sortie.

- Désolé, je ne sais pas ce qu'il m'a prit. On entend partout que tu es un minuscule gamin arrogant et psychopathe à l'aura extraordinaire, d'une générosité sans pareille et près à tous les sacrifices pour n’importe qui. Tu comprends que la réalité s'avère souvent décevante.
- Tu as oublié assassin au sang froid, délinquant incontrôlable et bourreau des coeurs.

Potter avait dit ça sur le ton de la conversation, mais avec une mine impassible. Dirk renonça à le sonder et commença à croire que justement, il ne fallait jamais croire ce qu'on disait du Survivant.

- Si j'étais Skeeter, Potter, je me terrerais très loin de toi, rigola-t-il.
Harry eut un sourire fugace. Finalement, il n'était pas si con, ce Perkins.

Le quatuor s'entreregarda.
Coote semblait être un type simple et accommodant, Crews une petite peste insupportable et Perkins, bien que pas méchant, aussi maniable qu'un scroutt près à exploser.

Il les adorait déjà.








Harry suivait le mouvement. Ses nouveaux « amis » marchants devant lui. Le groupe était mené par un auror sec et désagréable. Il tendit l’oreille.

- Des parchemins vous attendent dans votre chambre. Vous êtes priés de les lire intégralement d’ici demain matin, ainsi que les ouvrages qui y sont indiqués. Rendez vous demain à 5h30 dans l’arène.

L’auror les planta dans le couloir. Quatre portes se présentaient à eux. Perkins haussa les épaules et poussa la première. Crews prit la porte d’en face. Coote choisit la chambre adjacente à celle de Perkins. Harry se retrouva donc devant la pièce mitoyenne à celle de Crews.
Il actionna la poignée et la porte de bois s’ouvrit sans un grincement.

La pièce était étonnement spacieuse, en plus d’être richement et chaleureusement meublée. Il s’était attendu à quelque chose de plus spartiate, comme on voyait dans les films militaires moldus. Un lit de camp et une cantine. Tout au contraire.

Un lourd tapis se présenta sous ses pieds dès qu’il eut passé le pallier.
Dans la première partie de la pièce s’étalaient des rangées de bibliothèque pleines à craquer de grimoires. Il s’approcha pour déchiffrer les inscriptions sur les tranches des volumes. L’intégrale de Bagshot, des livres et des livres de potion, sortilège, métamorphose, étude des moldus, mais aussi d’autres matières qui lui laissaient entrapercevoir des études bien plus intéressantes que celle qu’il avait suivit jusque là. Et plus dures. L’histoire de la magie noire. Bases maléfiques pour un auror averti. Initiation à l’art des guérisseurs. Tapinois, filage et interrogatoire, les XXIII volumes. Initiation au système des Runes Anciennes et à leur grammaire. Harry cligna des yeux. Et ça continuait, ça continuait.
Une première armoire se présentait sur le mur d’en face. Il l’ouvrit. Il trouva des caisses pour ranger des dossiers. Un énorme tas de parchemin roulé. Des plumes. Juste à gauche se trouvait un énorme bureau.
Il n’y toucha pas et continua son inspection.
La seconde partie de la pièce était occupée par une seconde armoire où il rangea rapidement ses affaires.

Harry soupira. Richement meublée, mais froide. Confortable, mais pas intime. Il faillit se laisser aller à une pointe de mélancolie en repensant au confort parfois relatif des dortoirs de Poudlard mais de l’éternelle convivialité qui y régnait. Il soupira de nouveau. Déposa sa cape d’été sur le couvre-lit, et s’approcha de nouveau du bureau.
Il s’assit dans le fauteuil et décacheta le premier rouleau de parchemin.
Des lignes et des lignes d’un règlement rigoureux, des menaces à chaque virgules, une écriture dactylographié par une plume magique qui renforçait le ton administratif. Il le parcouru vaguement.

Pas le droit d’envoyer et de recevoir du courrier. Une visite tous les quatre mois. Pas de vacances. Interdiction de quitter le centre sans autorisation express. Interdiction de sécher un cours. Les cours débuteront le… Veuillez vous présentez dès… Les repas sont servis exclusivement selon les… Les formalités s’étalaient laborieusement. Il eut été plus clair et reposant de simplifier le tout par un court « Un ordre ne s’explique pas, il s’exécute », version poli du « Le premier qui l’ouvre je lui fais bouffer des couilles de Véracrasse, c’est bien compris ? ».

Harry abrégea sa lecture et passa au second rouleau.
Il déroula la liste des livres qu’il devrait potasser pour le lendemain. Contempla abasourdi la trentaine de titre détaillés sur le feuillet. Cligna des yeux. Signa à la hâte les deux papiers qui disparurent instantanément.
Soupira encore une fois. Se tourna vers la bibliothèque, et d’un minuscule geste de la baguette, fit venir le premier volume de la liste jusqu’à lui.

Harry avait lu toute la journée. Dès sept heures quarante sept du matin où son maître auror les avait abandonnés dans leurs chambres respectives, à vingt-trois heures. Heure à laquelle il boucla la lecture hâtive de son sixième manuel. « Apprendre le Wingardium Leviosa ». Dans le bouquin, il était expliqué en long en large et en travers, qu’un sorcier diplômé de ses Aspics ne savait pas –réellement- faire léviter un objet. Et que durant les 670 pages suivantes, il serait expliqué au lecteur attentif comment faire voler un caillou sans salir sa dignité.
Enfin. D’un point de vue théorique, on ne peut pas véritablement affirmer qu’il l’avait bouclé. Il bavait actuellement sur la page 648, remplissant la chambre de tonitruants ronflements.


La sonnerie stridente du réveil de Harry retentit dans la chambre. Il se redressa en sursaut, sa baguette lui sautant immédiatement au creux de la paume. Il regarda quelques secondes autour de lui en se demandant où il avait bien pu atterrir.

Lentement, la journée d’hier fit son chemin jusqu’à ces neurones. Il prit une douche glacée qui ne réussit pas à éloigner le brouillard épais qui évoluait autour de lui, s’habilla d’un jean et d’un tee shirt, passa sa sacoche sur ses épaules et sortit.
Coote émergeait de la porte d’en face. Harry lui fit un signe de tête et ils se mirent à chercher l’arène.
Ce ne fut pas difficile. Les différentes salles étaient indiquées dans chaque couloir, et ils avancèrent au travers d’un dédale de couloirs tous identiques. Ils arrivèrent dans une antichambre qui débouchait sur une porte frappée d’un panneau argenté. « Arène ».

L’arène était à peu près aussi grande que l’idée que se faisait Harry d’un terrain de foot. C’était un long terrain de terre battue, entouré de gradins. Toute la surface était balayée par un vent froid, et des nuages s’amoncelaient dans le ciel.

Harry cligna des yeux. L’effet était saisissant. Il se répéta qu’il était juste dans la salle d’entraînement B12, située au troisième étage du « bâtiment », mais tout son corps lui clamait qu’il était à l’extérieur. C’était vraiment de la grande magie.

Tout en avançant, il distingua sur le mur à l’autre bout de la « salle », une lignée de cheminée. Il n’en compta pas moins de sept.
Coote siffla entre ses dents, admiratif.

- Profites-en, Coote ! Tu ne resteras pas ici longtemps ! Assena Crews.
Elle était déjà au centre de l’arène, à quelques mètres de Perkins.
Coote se renfrogna.

- Tous en rang ! Beugla une voix derrière eux.
Crews Perkins et Coote firent respectivement trois pas en arrière, de surprise. Harry se contenta de lever les yeux au ciel.

- Regardez vous. Regardez vous bien. Par ce que vous allez passer les deux prochaines années ensemble. Nuits et jours. Et bien plus encore, si vous parvenez à devenir autre chose que des vermisseaux prétentieux. Benjamin Coote, Richard Perkins, Johanna Crews et Harry Potter. Pour vous dire la vérité, je ne suis à des lieux de penser que vous méritez d’être dans cette putain d’arène.

Harry gardait ses yeux fixés sur l’instructeur. « Butcher » leur avait-on dit. Leur instructeur.

- De 6h00 à 08h30, vous serez ici, dans l’arène, pour la mise à l’épreuve quotidienne. Vous aurez trois quarts d’heure de battement pour vous remettre de vos émotions et déjeuner. Ensuite, vous enchaînerez jusqu’à 14h30 à l’université. A 15h00, retour à l’arène avec moi pour les exercices. Jusqu’à 20h. Vous avez vos soirées pour préparer les cours du lendemain. Evidemment, vous n’avez pas la permission de sortir du Centre. Ni le soir, ni la nuit, ni en semaine, ni le week-end. Pas de congés, si ce n’est une semaine à Noël pour éviter les plaintes de vos différentes familles. Epinglez ça sur vos putains de fringues.

Quatre cercles argentés scintillèrent dans les airs et ils les attrapèrent tous au vol sans problème. Harry ouvrit son poing. Un badge en métal, cerclé de blanc, et rempli en son centre d’un jaune criard, tellement jurant que le porter en était humiliant. Sûrement le but.

- A Gauche, au dessus du cœur, toujours en évidence. Ce badge devient dès maintenant un de vos organe les plus vitaux. Vous travaillerez avec, dormirez avec, pisserez avec. Ce badge vous identifie comme apprenti auror au sein du centre. De cette façon, vous êtes identifié comme non habilité à sortir du Centre, à transplaner, sans autorisation express, signé de ma main. Pour les autres formalités restrictives, vous vous reporterez au règlement déposé sur votre bureau. Ce badge est aussi une balise magique. Où que vous soyez sur le globe, il vous épingle sur le Mur du Bureau.

Personne ne demanda ce que pouvait être le Mur du Bureau.

- Et il sert à communiquer. Il émet des sons, et change de couleur en fonction du code. Vous êtes priés d’apprendre par cœur ledit code. Pas d’hésitation à avoir. Par exemple, s’il vire au vert, vous rappliquez illico. Il s’agit du plus haut niveau d’urgence.

Harry haussa un sourcil. Vert ? Plus haut niveau de l’urgence ? Le code basique de couleur se différenciait ici de celui des moldus.
Butcher capta l’air perplexe de son élève.

- Oui Potter. Vert. Couleur de l’Avada Kedavra. J’eus cru que vous, plus que quiconque, comprendriez la subtilité.

Inutile de préciser que Harry ne fit pas de commentaire. Le ton sec de son instructeur lui laissait deviner que celui-ci ne le tolérerait pas.

- Les repas se prennent à la Cafétéria. Le prix de ceux-ci est retenu sur votre solde mensuelle.

Crews, Perkins et Coote hochèrent la tête, mais Harry tiqua.

- Solde mensuelle ?

Tout le monde le regarda comme s’il était un ermite sortit pour la première fois depuis une décade de sa tanière.

- Votre solde, Potter, aboya Butcher. Les apprentis Aurors reçoivent un salaire pour services rendus à au ministère en leur qualité de stagiaires.

Harry devina à l’air ébahi de ses nouveaux petits camarades que ce détail avait sa petite importance pour les candidats à l’apprentissage auroresque. Être payé pour étudier. Appréciable. Mais il restait une chose à éclaircir dans le discours haché de Grump Butcher.

- Qu’entendez vous par services rendus ?

S’il n’était pas persuadé d’être considéré comme le dernier des parvenus par son maître, Harry aurait presque pris la soudaine lueur dans les yeux de Butcher comme un éclair de contentement.

- J’allais y venir, Potter. Si vous la fermiez ? Etant donné que le gouvernement a subit « quelques troubles » ces dernières années, il est actuellement en train de restructurer son système de fonctionnement. Ces magouilles politiques concernent aussi notre département, notamment par la refonte du fonctionnement d’Azkaban. Nous sommes débarrassées de ces parasites morbides de Détraqueurs, mais il nous manque dorénavant des gardiens pour nos chères têtes brûlées. Les Aurors ont désormais des tours de garde, et les apprentis aurors doivent s’en acquitter eux aussi. Vous serez donc de garde le weekend ou certaines nuits. Les astreintes sont répertoriées dans un registre du Bureau.

Harry n’avait pas sourit devant l’euphémisme « quelques troubles ». De fait, son visage ne trahissait aucune de ses émotions. En même temps, il ne ressentait rien. Il essayait juste d’assimiler toutes les informations que Butcher débitait à la minute. Il était reconnaissant à l’instructeur de détourner l’attention des trois autres.

- Si vous réussissez à devenir un jour un auror officiel, et laissez moi vous dire que c’est peu probable, vous serez amenés à travailler en constante collaboration. Ce sont les nouveaux objectifs du centre des aurors. Faire de vous un groupe soudé, uni.
Crews et Coote échangèrent un regard mauvais. Soudé ? Uni ? Bien sûr.
Un sourire carnassier se dessina sur les lèvres écorchées de Butcher.
- C’est bien simple. Nous saurons dans les tous prochains mois si vous en êtes capables.

Butcher commença à marcher devant eux, dans de cours allers et retours.

- Travailler ensemble, ce n’est pas seulement communiquer efficacement.

Harry se tendit légèrement. Il sentait, à l’intonation de la voix de son instructeur, que la formation commençait maintenant. Butcher n’expédiait plus devant eu un règlement. Ses sourcils s’étaient légèrement froncés, et Harry sentait de chacune des fibres de son corps, que c’était désormais l’expérience qui prononçait chacun des mots qui sortaient de la bouche de l’ancien.

- Vous devrez agir ensemble. Vous mouvoir ensemble. Penser de la même façon. Et pour ça, vous n’aurez pas seulement besoin de vous entraîner nuits et jours durant des mois cotes à cotes. Vous devez apprendre qui vous êtes, vous-même, et qui sont les êtres à votre droite et à votre gauche. Mettre à nue chacune des atrocités que vous cachez. Et ce n’est pas une partie de plaisir.

Harry était déçu. Il sentait le sadisme de Butcher transpercer dans ses paroles. Ce con les ferait souffrir sans relâche sous prétexte d’appliquer ses principes à la con. Il se demanda un instant pourquoi il était là, déjà. Et se dit, qu’au final, il s’en foutait. Il était là, goodbye, the end.

- Et quand enfin vous arriverez à comprendre ce que pense l’autre en observant le moindre de ses tressaillements, continuait Butcher, là, vous serez prêts à collaborer en tant qu’auror.

Foutaises.

- Que ce soit clair. Vous n’êtes pas là pour faire partie de la Brigade des Baguettes, ni des Contrôleurs Magiques. Vous n’êtes pas là pour enquêter, surveiller la criminalité magique de nos bons concitoyens. Vous n’êtes pas là pour devenir des putains de flics.

Le terme moldu détonnait dans la bouche du vieux sorcier.

- Vous êtes là pour devenir des traqueurs. Des chasseurs de Mage Noirs. Des combattants. On ne vous demande pas de relever des empreintes magiques ni d’interroger inlassablement le voisinage d’un meurtre. On vous demande de poursuivre, attraper et enfin de foutre à l’ombre l’indésirable numéro 1. Voir de le tuer. Rarement, mais proprement.

La violence des termes crus avait complètement refroidis les ardeurs de Crews, Perkins et Coote. Le romantisme échevelé de leur formation ne leur apparaissait plus qu’à travers la raideur d’un cadavre blafard.

- Je suis là pour vous apprendre comment devenir des combattants avertis et efficaces. Vous le deviendrez. De gré, ou de force.

Harry s’enquit de ses collègues en leur jetant un regard en biais. Ils étaient un peu palots. Il retint un soupir désabusé. Grump avait apparemment fini son petit laïus de bizutage. Il croisa le regard de son instructeur. Les deux sorciers se considérèrent, muets, et aucun des deux ne put décoder les expressions neutres de son adversaire. Harry savait que Butcher avait compris que Harry n’était pas sensible à son petit discours. Devenir un combattant ? Un tueur ? Harry eut envie d’éclater de rire.

Et s’il l’était déjà ?

Butcher regardait ce morveux de Potter qui le défiait stupidement du regard. Il fulminait. Ce petit crétin n’avait rien à faire ici. Elève mauvais, insolent… Oh, le dossier de Potter était intéressant. Mais il suffisait d’enlever les facteurs Dumbledore, Sirius Black ou encore cette jeune Granger, qui elle semblait prometteuse, et il devenait un élève médiocre et insolent. Butcher était confiant. Potter ne resterait pas longtemps ici. Pas assez bon, pas assez mature, Butcher sentait même les délicieuses effluves de la dépression dans le sillage du gamin. Sitôt que l’entraînement commencerait, Potter déguerpirait. En quatrième vitesse.
Note de fin de chapitre :

Voilà ! J'espère que ça vous a plu et que vous voulez toujours savoir la suite... :)

La suite risque de tarder car, si là encore j'ai quelques chapitres d'avance, je me débat avec l'intrigue.

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