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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


I’ve had enough trouble for a lifetime. par Bendico

[175 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

La suite arrive plus rapidement que prévu. En fait, je pensais réécrire ce chapitre mais à la réflexion, il me va. La question est, vous ira-t-il ? :)

On plonge un peu dans l'univers du centre, mais bien d'autres informations vont arriver. J'ai un cahier entier recouverts de détails inutiles, j'ai plus qu'à les distiller...

Je vous mets un de mes dessins des personnages... Je vous présente Ben Coote, qui approche des 2 mètres de haut et qui est même un peu plus large d'épaule.

Harry regarda sa montre. Six heures vingt. Butcher les avait planté. Ils avaient rendez vous à 9h15 à l’université. En attendant, ils étaient censés « apprendre à vous connaître et tenter de percevoir jusqu’à quel point vous pourrez vous supporter », faire connaissance avec les locaux du Centre, quelques membres des cinquante sorciers d’astreinte permanente au Centre, et ne pas gêner le passage des cents aurors en missions qui permutaient par le Centre quotidiennement, à n’importe quel moment de la journée. Et trouver l’Université dont Butcher parlait, et comment s’y rendre. Ah oui, accessoirement, prendre un petit déjeuner.

Harry jeta un coup d’œil aux autres. Ils se regardaient et un malaise planait dans l’air. Ils ne savaient vraisemblablement pas quelle attitude adopter. Harry n’avait aucune raison de les attendre, et il avança d’un pas rapide vers la porte par laquelle ils étaient entrés dans l’arène. A l’aller, Coote et lui avait dépassé quelques croisements sans prêter d’attention particulière aux autres directions indiquées sur les panneaux argentés. Harry ne savait pas ce qu’il cherchait exactement, mais peu importait ce dont il s’agissait. L’important était de le trouver.

Le premier croisement ne menait qu’aux bureaux « B114 à E45b ». Le deuxième croisement se révéla plus utile. Harry entendit derrière lui des bruis de pas décalés. De toute évidence, les trois autres avaient suivit son mouvement. Harry ne ralentit pas.

Le deuxième croisement se révéla plus utile. « Entrepots B3 et B4 », « Laboratoires 1 et 2 », « Laboratoires 5 et 6 », « Archives A, B et C », et enfin, une appellation, par son étrangeté, attira particulièrement l’attention de Harry. « Bureau ». Le même couloir menait aux laboratoires 1 et 2. C’est de ce coté ci du couloir qu’il trouverait quelqu’un pour lui indiquer son chemin, après l’avoir dévisager sous toutes les coutures.



Harry décida de se diriger vers le « Bureau », ignorant les différentes bibliothèques, entrepôts, labos. Au fur et à mesure qu’il notait précautionneusement dans sa tête l’architecture du labyrinthe, il se demandait ce qu’était exactement le Centre.

Une simple base de formation pour apprentis ? Un poste d’Aurors quelque part en Angleterre ou à Londres même ? Etant venu en Cheminée, à partir d’une cheminée du Ministère, Harry n’avait aucune idée de sa position géographique sur le globe. Peut-être était-il même dans un pays étranger. Un centre de recherche et d’administration spécifiquement mis à la disposition des forces élites du Ministère ?

Tout bien réfléchi, le département des Aurors ne pouvait se confiner dans un simple étage du Ministère, où étaient regroupés quatre ou cinq bureaux. Il fallait un autre endroit pour coordonner les troupes. Et quelque chose soufflait à l’oreille de Harry qu’il se trouvait peut-être bien au cœur de toute l’organisation défensive de l’Angleterre magique.

Harry parcouru les couloirs pendant quelques minutes, et tomba sur un tout nouveau panneau directionnel. « Cafétéria ». Son ventre manifesta son intérêt par un gargouillement prononcé. Harry jeta un coup d’œil sur le passage de droite qui menait apparemment toujours au « Bureau » et tourna résolument à gauche. Dans la vie, il faut choisir ses priorités.
Deux croisements plus tard, une porte vitrée se présenta. Le verre était trouble et il ne distinguait rien au travers, mais un léger brouhaha s’en échappait. Harry actionna la poignée, et ouvrit la porte.

C’était bien une cafétéria. Une large salle meublée de tables, de chaises et de plantes vertes, et accessoirement aussi bleues et oranges, avec des gens qui mangeaient qui une assiette de lard, qui un sandwich au saucisson, qui suçotaient un thé ou tentaient de s’extirper des brumes matinales devant un café. Personne ne mangeait seul, mais à deux, trois. Pas plus de quatre. Certaines tablées parlaient, d’autres non. Certains faisaient leur pause en lisant le journal, d’autres avaient les traits tirés de ceux qui ne se sont pas encore couchés. Autant d’hommes que de femmes. Certains sorciers étaient habillé de façon stricte, en tailleur sorcier si l’on pouvait dire, d’autres étaient clairement des aurors en mission : robes amples, passe-partout, voir quelques pantalons moldus en jean et baguettes rangées dans un holster à la taille, à portée de la main.

Harry balaya une dernière fois la salle du regard, cherchant le comptoir, ou un éventuel buffet. C’était un comptoir. Harry traversa la salle.
Personne ne fit attention. Certains lui jetèrent un regard désintéressé, aussitôt capté par son badge jaune canari. Un apprenti. Ils avaient d’autres niffleurs à fouetter.

Les épaules de Harry se décontractèrent et il sortit sa tête du col de sa veste. Quoique ses cheveux longs et sa barbe adolescente suffisaient sûrement à le camoufler. C’était agréable. Pour la première fois depuis longtemps, il ne sentait aucun regard inquisiteur peser sur son dos. Il se demanda l’espace d’un instant si il était toujours officiellement l’Indésirable n°1. Voldemort avait chu seulement quelques jours auparavant. D’ailleurs ça se lisait sur les visages des aurors attablés. Ils se jetaient encore d’une table à l’autre des regards méfiants, suspects. Il faudrait du temps avant que la confiance revienne au sein du ministère. Les Aurors n’avaient pas été épargnés par les traîtres. Mais tout ça était fini maintenant.
Il parvint jusqu’au comptoir sans embûches. A lui aussi, il lui faudrait un temps d’adaptation. Accepter le fait que chacun de ses pas ne serait plus un parcours d’obstacle.

Le comptoir était en bois, et quelques chaises hautes y étaient installées. Personne n’y était assis, les aurors préférant visiblement le confort des banquettes de cuir et l’intimité offerte par les quelques plantes vertes séparant les tables. Derrière le comptoir, bien heureusement, il n’y avait pas de glace. En s’asseyant sur une des chaises hautes, Harry tournait le dos au reste de la salle. Sur le mur étaient accrochées des étagères où s’empilaient des tasses, des bols, des assiettes parfaitement propre. On était loin de la tête du sanglier. De l’autre coté du comptoir, tout au bout à gauche, une porte s’ouvrit et une serveuse en sortit, les bras chargés de deux assiettes où s’empilaient lard, œufs sur le plat et toasts fris, et dans les deux mains, deux tasses fumantes. Elle s’avança à une table où deux sorciers quinquagénaires lisaient la gazette du jour en silence. Harry plissa des yeux derrières ses lunettes pour distinguer le gros titre de la une. Rien à faire. Plus myope qu’une taupe. La serveuse fit plusieurs allers retours entre la cuisine de l’autre coté de la porte de service, et la salle avant de revenir à son comptoir et ranger des tasses propres encore chaude de l’eau de la vaisselle.

Harry fut surprit. De près, c’était manifeste qu’elle était jeune. Presque autant que lui, à l’évidence. Enfin, de dos, c’était difficile à dire. Ses mains étaient petites, blanches et agiles. Ses cheveux étaient blonds et bouclés, relevé en une queue de cheval pratique. Même ainsi, ils retombaient jusqu’au milieu de son dos. Elle était un peu plus petite que lui.
- Je peux faire quelque chose pour vous ? dit la serveuse d’une voix claire.

Harry sortit vite de sa torpeur et leva les yeux d’un air gêné. Il ne voulait pas qu’elle croie qu’il la… reluquait.
Mais elle ne s’était pas retournée. Elle rangeait toujours méthodiquement ses tasses sur la planche de bois qui servait d’étagère. La dernière tasse finie, elle se retourna en se frottant ses mains dans le torchon accroché à sa taille.

- Je peux faire quelque chose pour vous ?

Elle leva enfin les yeux vers lui et… son visage s’éclaira d’une surprise circonspecte. Harry serra les dents, mais à son propre étonnement, les yeux de la serveuse ne montèrent pas du tout vers son front. Elle inspectait juste ses traits, son allure. Ses yeux se posèrent sur le badge et elle comprit.

- Ah, t’es la nouvelle génération ? demanda-t-elle en souriant, passant sans sourciller du vouvoiement au tutoiement. Ils devaient donc avoir à peu près le même âge.

Harry hocha la tête et profita qu’elle soit de face pour inspecter son visage. Elle avait le visage ovale, tacheté de taches de rousseurs plus fines que celles de Ron, un peu comme… la… sœur de Ron. Ses yeux étaient bleus foncés. Son sourire était particulièrement avenant. Amical et chaleureux. Un sourire poignit aux coins des lèvres de Harry. Cette fille mettait instinctivement à l’aise, aspirait la sympathie.

- Premier jour, hein ? Lui lança-t-elle. C’est qui ton nouveau maître des ténèbres personnel ?

Harry essaya de répondre naturellement, mais il n’était pas l’auditeur idéal des blagues sur Voldemort, et son sourire s’était figé instantanément. Elle ne sembla pas s’en apercevoir.

- Butcher.
Elle éclata de rire.
- Suicide-toi vieux. C’est le pire.

Harry la croyait sur parole.
- Tu connais beaucoup de gens ici ?
- A peu près tout le monde du coté des réguliers. C’est ma troisième année ici.
- Les réguliers ?
- Ici, y’a les réguliers et les autres. Les réguliers ont leur bureau ici, leurs ordres de mission et tout le toutim. Les autres sont de passages, ont leur bureau au ministère ou dans les annexes territoriales. Ils viennent à l’occasion utiliser les labos, les bibliothèques, ou consulter les archives. Alors, qu’est ce que je te sers ?
- Heu… Un café et des toasts ? Dis Harry en tentant d’enregistrer les informations.

Que pouvait-elle bien entendre par les « annexes territoriales ? »

- Quoi sur les toasts ?
- Y’a du Lemon Curd ?
- Va pour le Lemon Curd. C’est les autres apprentis de l’autre coté ?

Harry tourna sa tête et arrêtés à l’entrée Perkins, Coote et Crews. Perkins et Coote semblaient toujours aussi indécis. Devaient-ils s’asseoir ensemble ou chacun à une table comme de vrais associables ? Commander au comptoir ?
- Ouaip. C’est eux.
- Tu me présenteras le blond, dit-elle avec appétit.

Harry rigola doucement. Sans même y penser. Sincèrement. Il avait trouvé ça drôle. Ça l’avait prit, comme ça. C’était étrange. Rire. Ses mâchoires se crispèrent de nouveau.

La serveuse lui fit un clin d’œil plein d’une nouvelle connivence qui surprit Harry – pas parce qu’ils se connaissaient à peine. Mais il n’avait jamais éprouvé de connivence avec une autre personne que Ron et Hemione et Gi… Luna.
Elle tourna les talons et disparut dans la cuisine pour préparer sa commande. Harry la suivit du regard.

- Amoureux, Potter ?
Harry tourna la tête vers Crews qui siégeait désormais à ses côtés et lui offrit son regard le plus blasé. Elle avait l’air déçue. Elle s’attendait peut-être à le faire sursauter. Il n’ajouta rien. La joute verbale l’emmerdait par avance.

Du coin de l’œil, Harry vu Perkins et Coote arriver. Perkins se mit de l’autre coté de Crews, et Coote se mit à la droite de Harry. Il retint un soupir de lassitude. Se mettre au bar ne marquait donc pas suffisamment son désir profond de paix, de tranquillité, de… d’être loin d’eux, et particulièrement de Crews ?

Déjà, la jeune blonde revenait en souriant. Harry fut ravi de voir que son comportement se professionnalisa instantanément. Son sourire joyeux devint simplement poli, et elle posa l’assiette et le mug devant Harry sans un mot. Elle se tourna vers ses « amis ».
- Je vous sers ?
Ils étaient aussi surprit que Harry de voir une serveuse si jeune. Incontestablement plus jeune que Perkins.

- Café et Pancake à la marmelade.
- Thé et toast au beurre.
- Café – sans sucre – et toast au lemon curd, commanda Crews en jetant un coup d’œil appréciateur sur l’assiette de Harry.

Harry se résigna. Ils prendraient donc bien leurs petits-déjeuners tous agglutinés autour de lui.

- Tout de suite, ajouta la serveuse aimablement.

Harry avait envie de lui demander son prénom mais c’était délicat devant tous les autres. Simplement, « la serveuse » comme il l’appelait en lui, ne convenait pas à la jeune fille enjouée qui avait de nouveau disparue.
Quand elle revint, un auror quadra assis tout près l’interpella gentiment.

- Colleen ? ça serait possible d’avoir un peu d’autre thé ?
- Bien sûr John, répondit-elle en lui souriant à lui-aussi.
Harry aurait pu être jaloux de constater que sa cordialité ne lui était pas réservée. Il aurait pu.
Au lieu de ça, il porta la tasse de café à ses lèvres et souffla doucement pour éviter de se brûler, tout en essayant de faire abstraction des autres.

- Potter ?
- Mmmmh ?
- Qu’est ce que tu fous là ?

Harry tourna sa tête vers Crews qui mordillait une de ses tartines.
- Je m’étais dit que je pouvais manger en paix, mais je me suis visiblement trompé.
- Ici. Chez les aurors, Potter. Pourquoi t’es apprenti Auror ?
- J’ai eu peur de m’ennuyer maintenant que Tommy n’est plus là pour jouer avec moi.

Perkins regarda Harry d’un air interdit. Harry se félicita. Finalement, les vannes voldemoresques n’avaient pas l’air trop… crispées, dans sa bouche.
- Tu m’étonnes Potter.
Harry lui lança un regard froid.
- Vraiment ? dit-il d’un ton sarcastique.
Perkins avait l’air foutrement sérieux.
- Tu plaisantes, tu parles de ça comme d’un jeu. Il y a eut des morts.

Harry eut une brusque envie d’éclater de rire. Il faisait des efforts pour se comporter « normalement » et voilà qu’il passait quand même pour un fou. Mais même. Cette réflexion était… stupide. Des morts ? Vraiment ? Ah bon ?! Mais il se retint. Perkins ne pourrait sans doute jamais comprendre.

- Détrompe toi, Dirk, lui dit-il familièrement, en tentant de ne pas broyer l’anse de sa tasse dans son poing. (Il aurait été tout de suite moins crédible.) Pour Voldemort ça n’a jamais été qu’un jeu.
Harry but une gorgée de café.
- La meilleure partie de jeu de toute sa vie. Prouver qu’il était le plus fort. On a lancé les dés et c’est moi qui aie eu le double six.

Perkins et Coote s’entreregardèrent, jaugeant le degré de sérieux de Harry. A leurs yeux, Harry n’était qu’un ado cynique. Pourquoi Voldemort s’était-il intéressé à ce type ?
- Y’avait vraiment une prophétie ? T’étais vraiment l’élu ? Demanda Coote dans un souffle.
- Tu veux me poser cette question depuis que tu as su qui j’étais, hein ? Railla Harry. A la rougeur qui s’étala sur les joues de Coote, il comprit qu’il avait tapé dans le mille.
Tant mieux.

Colleen la blonde revint avec dans les mains des assiettes et des tasses sales.
- C’est quoi la suite de votre programme, leur demanda-t-elle.
Les trois autres se tournèrent vers Harry l’air de dire « vas-y, c’est toi qui la connais, on te couvre. ».
- Faire ami-ami avec les autorités ici présentes et trouver l’université. D’ailleurs si tu savais de quoi la momie acariâtre parlait quand elle disait « université »…

- Pour faire ami-ami ou… Vu que le rush approche, ça sera plutôt un pogo généralisé, si vous voulez mon avis, vous devez aller dans le Bureau. C’est fléché. Pour l’université, c’est par la cheminée, mais on vous briefera normalement.
- Je savais pas qu’il y avait une université magique, dit Harry, pensif, en touillant son fond de café saturé de sucre.

Tout le monde le regarda comme s’il était un fieffé imbécile. Ils commençaient enfin à percuter…
- Tu as passé où les sept dernières années, Potter ? Lâcha Crews incrédule.
- Navré. Un psychopathe fou furieux adepte de la scarification avait décidé d’avoir ma peau. J’avais pas assez de temps pour penser à des hypothétiques études dans le cas peu probable où je survivrais à mes sept ans à Poudlard.

Ils méditèrent tous sur cette réponse et Harry se retourna vers la serveuse…
Qui le dévisageait, la bouche ouverte, les yeux exorbités.
Oups.



- ça va ? Demanda précautionneusement Harry.
Elle lui faisait penser à Ginny quand elle avait 10 ans. Sauf que si la serveuse lâchait maintenant tout ce qu’elle avait dans les mains, ça ferait pas mal de vaisselle cassée.

- Potter ? Harry Potter ?
Harry lui sortit son sourire le plus crispé.

Et tout d’un coup, ce fut comme si la vanne « ébahissement doublé d’une angoisse subite » s’était ouverte. La pression retomba peu à peu. Harry vit la jeune serveuse reprendre peu à peu le contrôle de son visage et poser précautionneusement la vaisselle. Et ensuite, au lieu de se mettre à hurler comme une hystérique, l’effet que Harry provoquait la plupart du temps, elle le jaugea sans aucune retenue.

- T’es mieux sur les affiches de l’Indésirable n°1 qu’en vrai. Mais qu’est ce que tu fous là ? Je pensais que t’étais à l’hosto sous garde rapprochée ou quelque chose comme ça. Par ici, les échos de la bataille que j’ai eu était plutôt sanglants.

Harry essaya de cacher sa stupéfaction devant ce flot de questions improbables et… fichtrement perspicace, et leva les mains, paumes ouvertes au ciel, en haussant les épaules.
- Le test psychologique qu’on m’a fait passé était concluant et ils m’ont laissés sortir libre.
- Spirituel, vraiment.
Colleen se tourna vers les autres.
- Vous devriez y aller. Vous avez pas mal de monde à voir.
Ils décidèrent tous sans se consulter de lui faire confiance et avalèrent leurs dernières miettes.


En sortant de la salle, Harry se retourna pour jeter un dernier coup d’œil à Colleen. Elle croisa son regard, et, sans se départir d’un sérieux de monarque, fit mine de lui envoyer un violent sort avec sa louche. Il éclata une nouvelle fois de rire en s’étonnant de constater que son humeur s’était améliorée. C’était inattendu.




Harry marchait sans avoir l’air de faire attention à Perkins, Crews et Coote qui le suivaient. Il n’avait pas besoin de ralentir, de pivoter des épaules et de tourner la tête pour les voir. Il les entendait. Il sait.

Crews marchait en première position juste derrière lui, de sa démarche féline et perfide. Perkins la suivait d’un pas nonchalant parfaitement maîtrisé. Coote était quelques mètres derrière et Harry devinait qu’il prenait du recul pour observer la situation. Ses enjambées étaient longues et régulières, en décalage avec celles Crews et Perkins qui marchaient à l’unisson. Coote avançait sans se sentir obligé d’avoir l’air de quelque chose. Son talon frappait doucement le sol, mais était tout de même décidé. Un roc, une montagne telle que lui n’avait pas besoin de faire semblant. Son existence suffisait amplement la plupart du temps.

Harry, lui, marchait en regardant droit devant lui. Difficile de décrire son allure. Un adolescent croisé avec un vieillard, un adulte qui sort d’une poussée de croissance et d’une longue période prostré dans une mauvaise position, de celles qui coupent la circulation du sang dans un main, un bras, une jambe et qui les engourdissent progressivement.

Crews le trouvait agile, pourtant. Il maîtrisait son corps, ses mouvements. On voyait qu’il avait l’habitude des balais qui réagissent à la moindre inclination des épaules et qui foncent à des allures indécentes. La forme en « V » de son dos était amplifiée par son pull gris dont les coutures aux épaules étaient marquées.


Harry marchait, donc, en jetant de temps en temps un coup d’œil aux murs pour vérifier qu’il suivait toujours les bons panneaux. De toute façon, cela devint quasiment inutile. Un brouhaha, d’abord inaudible dans l’arrière plan sonore s’amplifia et passa d’un bourdonnement hasardeux à une rumeur décidée. Le Bureau. Ils approchaient.

Harry tourna à une intersection et s’arrêta. Les autres allongèrent le pas et s’arrêtèrent derrière lui.

Harry se trouvait dans le large encadrement d’une double porte qui avait été enlevée de ses gonds, vraisemblablement pour faciliter les allers et venues des aurors.
Le bureau s’étalait sous ses yeux qui sautaient d’un coin à un autre de la pièce, sans parvenir à en apercevoir les limites.

En vérité, le grouillement soudain qui s’offrait à son regard l’avait frappé si inopinément qu’il en était un peu étourdi. Son dernier mouvement de foule remontait à… à.
Ce n’était plus un grouillement, c’était une véritable fourmilière. Une énorme salle, une légion de bureau, une nuée d’hommes et de femmes en robes qui tourbillonnaient dans des couleurs sombres avec de-ci de-là quelques taches turquoises ou pourpres.

Plus d’une soixantaine de sorcier s’agitaient dans tous les sens, parfois dans des langues qu’Harry peinait à reconnaître. Des parchemins voletaient entre les bureaux et les photos des détenus s’invectivaient silencieusement d’un cadre à l’autre. Partout, les aurors s’interpellaient pour vérifier des références, des éléments de dossiers ou l’évolution d’une opération. Le tout dans une bonne odeur de café et de beignets tous frais servis de la cafétéria.

Ça et là, des Aurors bouclaient leurs dossiers, amassaient leur paperasse en tas disproportionnés sur leur bureau, et dans un dernier bâillement, enfilait leurs capes avant de rentrer en cheminée chez eux pour quelques heures de sommeil bien méritées après leur longue, très longue nuit. D’autres arrivaient tout juste, clignant compulsivement leurs paupières, comme si ils allaient enfin arriver à les garder ouvertes.


- Hawkins ! Demande à Rita la liste d’Astreinte de la semaine prochaine et duplique le en 13 exemplaires jaunes et 4 parchemins bleus ! Et apporte le à Ju au service des Rondes ! Hurla un quadragénaire tout près du petit groupe d’apprenti à, à ce que Harry pouvait distinguer, une jeune trentenaire en robe noir et chignon serré, qui se contenta de lui adresser un clair signe de la tête de l’autre coté de la salle. « Message reçu. Ne compte pas sur moi pour m’égosiller. »

Harry resta dans l’encadrement, peu pressé qu’on le remarque. Les autres firent de même.

Peu à peu, la flopée désordonnée de bureaux, d’aurors, de bureaucrates, d’assistants se structura sous le regard analytique de Harry, sans même qu’il s’en rende compte. Il distingua des allées dans les espaces à peine plus larges que d’autres entre certains bureaux, artères virtuelles matérialisées par des plantes vertes posées à des coins. Les espaces de bureaux ainsi divisés formaient des boxes de quatre ou six bureaux.

Ce groupe de sorcier-là appartenait à ce box-ci, car ils se tournaient sans cesse vers son centre ou les uns vers les autres. Un des sorciers de ce groupe se tourna vers ce que Harry avait identifié comme un bureau appartenant à un box distinct, et l’étrange attitude de ce sorcier sauta aux yeux de Harry. Sa bouche s’entrouvrait, son torse se redressait, son cou se tendait et ses yeux n’étaient plus que deux fentes intéressées. A la place de l’auror en uniforme, Harry voyait la Tante Pétunia qui espionnait ses voisins par la fenêtre de sa cuisine.

Harry balaya la salle du regard. A vue de nez, plus de soixante bureaux occupés par soixante sorciers qui bavardaient, s’invectivaient, discutaient totalement concentrés. Plus les flots de sorciers en robe administrative qui se déversait en continue des autres entrées.

Harry balaya les murs et examina la volée de porte qui s’alignait de l’autre coté de la salle. Beaucoup de ces portes étaient de bois, fermées, et surmontées d’un petit rectangle doré où étaient sans doute frappé le nom et le poste de leurs occupants. Harry n’essaya pas de les déchiffrer à cette distance. Et de toute façon, son regard était à présent totalement absorbé par quelque chose de bien plus intéressant.

Sur tout un pan de mur s’étalait un énorme tableau… magiquement interactif ? Clairement inspiré de la technologie moldue, Harry le devinait, même s’il devinait de la même façon que bien peu d’auror ici en avait conscience. Le tableau, Harry l’aurait volontiers qualifié d’écran si huit ans immergés dans le monde sorcier ne lui avaient fait perdre peu à peu son langage moldu. Ce n’était pas là une peinture, un dessin, mais bien… une image pixellisée !

Pour commencer, il aurait fallu décrire l’énorme planisphère au milieu du tableau. La carte ressemblait très pour trait à celles que Harry étudiait en cours élémentaire en Histoire Géographie.

Contours des continents en lignes fines, et échelles de couleur allant du jaune au rouge dense pour les foyers de populations. Et des points plus ou moins gros pour les métropoles. Sauf que le croquis représenté n’avait rien à voir avec les foyers de peuplement moldus. Et qu’aucune mégalopole ne s’était jamais trouvée dans le nord de l’Ecosse. Encore moins une mégalopole du nom de Pré-Au…

Un sourire émerveillé éclaira le visage de Harry. C’était fabuleux ! Merveilleux ! Tellement ingénieux et utile ! Une carte des maraudeurs en trois dimensions à l’échelle internationale ? Les points de ralliement magique, les habitations sorcières étaient colorées sur la carte. Les lieux magiques inaccessibles aux moldus étaient représentés en lieux et place des métropoles. Chemin de Traverse et Voie 9 ¾ pour Londres. Pré-Au-Lard et… Tiens ? Pré-au-lard ? C’était là Poudlard ? Mais la disposition du château était gardée secrète ! …Pas pour l’élite des combattants du pays. Qui avaient tous, de toute façon, passé leur scolarité à Poudlard. Comment auraient-ils eu le niveau pour devenir Auror sinon ?

Le Royaume-Uni étaient légèrement grossis sur la carte par rapport aux proportions des autres pays.

A l'Ouest des Etats-Unis, Salem brillait de son point rouge. San Francisco aussi, ainsi qu’un point tout au nord, parfaitement centré dans la diagonale intérieure des hautes terres de l’ouest. Plaines normalement vides de populations. Idéales pour un village sorcier, donc. Quelque part entre Seattle et Milwaukee. Argentine, Chine, Turkménistan. Ethiopie, Laos et Pologne. La communauté sorcière, dispersée en petits points jaunes presque invisibles dans des terres désertes. Bédouins du Sahara. Gros foyers de peuplement. La Norvège, la Bulgarie et l’Ukraine dominaient l’Europe de leurs étendues rouges.

L’attention d’Harry fut attirée par des triangles verts clignotants. Vert. Couleur avadakedavrisante. Probablement les points sensibles actuellement surveillés par les aurors.

En bas du planisphère, comme sur une chaîne de télévision moldue d’information moldue, des bandeaux de texte défilaient de droite à gauche. « Un troupeau d’une vingtaine de détraqueurs a survolé un village moldu au nord de Peterhead. » « Un suspect appréhendé dans le trafic de potion Yersinia Pertis. » « Une commission est ouverte pour décider du lieu confidentiel pour les cadavres des mangemorts du 2 Mai. »


Autour du planisphère, des portraits de mangemorts recherchés en trois dimensions tournaient lentement sur eux-mêmes. Harry étudia un moment l’Indésirable numéro 1. Son propre portrait toisait de haut toute l’assemblée, avec accroché aux lèvres un sourire ironique. Ça avait tout de suite plus de classe que l’affiche collée dans le bureau d’Ombrage.

Il se retourna vers les trois autres et croisa le regard de Coote, qui le regardait attentivement. Guettait sa réaction.
Harry lui fit un sourire carnassier.

- A ton avis, combien d’aurors vont dégainer leur baguette quand ils vont me voir marcher tranquillement dans leur QG surprotégé ?
- La question est plutôt « combien de membres vas-tu perdre ? », lança Crews à gauche, visiblement enchantée par cette perspective.
- ça me fait penser, faudra que j’essaye de contrer un sortilège de Stupéfixion avec un « Lumos » un de ces jours, dit Harry tout haut en haussant les sourcils, comme s’il se parlait à lui-même. Perkins entrouvrit la bouche de surprise sans parvenir à deviner s’il blaguait.


Attiré par leurs jeunes voix inconnues, le quadragénaire tourna la tête vers eux et aperçus leurs badges jaunes. Son visage témoignait d’une agréable surprise. La nouvelle fournée ? Début mai ?

Il porta son pouce et son index droit à sa bouche et tira de son souffle un long sifflement qui survola sans difficultés le brouhaha ambiant. Toutes les personnes de la salle interrompirent leur occupation et se tournèrent vers lui.

- Chers amis, le Conseil a enfin trouvé quelqu’un pour trier nos rapports ! s’écria-t-il.

Harry vit une quarantaine de tête se tourner vivement vers lui. La petite centaine de pupilles suivit la même parabole vers leurs quatre badges jaunes. La dernière fois que Harry s’était senti aussi scruté, c’était au cours de son audition au ministère de la magie. Des soupirs de contentement s’élevèrent de l’assemblée et Harry essaya soudain de comprendre les paroles de l’auror. Trier les rapports ? Butcher aurait-il oublié de leur présenter une partie de leurs… obligations ?

L’auror se tourna vers eux.
- Bienvenue au Centre ! Vous vous apprêtez à passer les deux pires années de votre vie. Les pires que vous puissiez imaginer. Et en plus, vous vous y portez volontaires !

Le Quadra devait se trouver très drôle. Harry se retint de glousser. « Les deux pires années de votre vie. Les pires que vous puissiez imaginer. » Allez savoir pourquoi, il en doutait sérieusement.

- Qui est votre instructeur ? demanda le sorcier.
Harry resta impassible. Il ne fallait pas compter sur lui pour engager la conversation avec ce type.
Ce fut Perkins qui répondit.
- Butcher.
L’auror dévoila toutes ses dents dans une expression des plus sadiques.

- Finalement, je reviens sur ce que j’ai dit. Ces deux années qui viennent… vous ne pouvez même pas imaginer par quelles atrocités elles seront rythmées.

Trier des rapports ? Une atrocité ? Ce type avait-il déjà été confronté à une situation de danger imminent ?

Mais dans l’assemblée, les aurors les plus jeunes arborait une grimace témoignant de graves traumatismes. Et certains avaient encore de vilaines cicatrices sur le visage. On ne s’était donc pas que battu à Poudlard le 2 mai.

- Je suis Enoch Dakota, se présenta l’auror. Et vous êtes ?
Nous y voilà.

Il y eut un blanc, et quand il fut clair que Harry n’était pas décidé à se présenter en premier, ce fut Perkins qui prit de nouveau la parole.
- Dirk Perkins.
- Ben Coote.
- Crews.

Harry eut un sourire désabusé.
Il parcourut des yeux l’assemblée, toujours silencieuse. Et puis….

- Potter ?
Harry trouva aussitôt l’homme qui avait craché son nom comme du venin. Serait-ce…
- Dawlish ? Demanda Harry, sans être sûr.
- Dans le mille, répondit Dawlish avec du profond mépris dans la voix.

Tous les aurors de la salle fixaient alternativement l’apprenti inconnu et Dawlish. Et l’apprenti. Et Dawlish. Potter ? Comment ça Potter ? Harry ? Harry Potter ? Où ? … Lui ? Lui ? Harry Potter ? LUI ?!

Harry leva les paumes en l’air en signe d’excuses.
- Pas de problème. J’étais pas sûr. Faut dire que la dernière fois que je vous ais vu vous gisiez inconscient sur le sol du bureau de Dumbledore.

La figure de Dawlish rougit et se contracta de fureur.
- Qu’est ce que vous faites ici Potter ?
Harry tapota son badge du doigt.
- Je crois que ce truc est suffisamment laid pour être visible.
Il y eut quelques pouffements nostalgiques.
- Vous avez un casier judiciaire Potter. Vous n’avez pas le droit de devenir Auror.
Harry eut comme une impression de déjà-vu.
- Je n’ai pas de casier judiciaire.
Et toi tu es un putain de collabo, Dawlish.
- Vous avez dévalisé Gringotts.

Harry fit mine de froncer les sourcils.
- Des accusations à mon égard figure-t-elle dans une enquête ?
- Ne vous foutez pas de ma gu-
- ça suffit ! Claqua une voix d’homme.

Harry se tourna vers le sorcier qui les avait interrompu. Il reconnu John, l’homme de la cafétéria. Ce type était-il d’un grade supérieur aux aurors ? Apparemment. Dawlish s’était tu, et il adoptait une posture obéissante. Frémissante de rage, mais soumise.

- Dawlish. Potter a été accepté par le conseil comme Aspirant Auror et vous n’avez pas autorité pour contester cette décision.
- Oui Monsieur.
- Quant à vous, Aspirant Potter, vous devez respect et obéissance aux Aurors titulaires qui ont un grade supérieur au votre.
- Bien, Monsieur.

Harry étudia l’homme plus attentivement. Grand, droit. Inflexible. Traits réguliers, cheveux courts poivres et sels. Allure respectable. En colère.

« John » retourna dans bureau mitoyen au Bureau d’où il était vraisemblablement sorti en entendant, d’abord l’inattendu silence à l’heure du premier Rush de la mâtinée, puis la joute verbale. Harry le suivit des yeux mais il disparut derrière la porte. Qui resta entrouverte.

Harry reporta son attention sur Dawlish, qui le fixait d’un air mauvais. Ils se toisèrent quelques secondes, et Dawlish sortit d’un pas vif du Bureau en prenant le couloir le plus proche, en tournant le dos à l’assemblée.

Le silence régnait toujours. Tous les têtes étaient braqués vers Harry, peinant à reconnaître sous les cheveux longs et ébouriffés, sous le début de barbe, dans les traits blafards et fatigués, le visage de l’Indésirable numéro 1, traqué durant des mois pour certains, et qui apparaissait aujourd’hui au grand jour. Dans leur antre.

Harry s’interrogeait. Que voyaient-ils ? Le survivant sacré assassin salvateur ? Le garçon aux secrets inviolables et effrayants, qui traversaient des épreuves pavées de magie noire et de traumatisme comme on bat des paupières ? Un frêle jeune homme qui cachait des pouvoirs inconnus mais disait-on, dévastateurs ? Harry Potter, le mythe, la célébrité, qui semblait plus petit en vrai que sur les photos ? Le garçon instable, violent ? Ou l’orphelin de dix-sept ans, sans cesse arraché à ses foyers de substitution, Dursley, Poudlard, Ordre du Phoenix, Weasley. Orphelin dont les yeux un peu trop verts pour que vous ne les souteniez trop longtemps sans ressentir à la longue un malaise insidieux s’introduire en vous, avaient vu s’amonceler au fil des ans un tas de cadavres, de charognes anciennement humaines, éventrées par les sorts et une cruauté elle toujours si désespérément humaine ?

Ou bien voyaient-ils seulement ce qu’il y avait à voir. Lui, l’individu Harry Potter, débarquant, cynique et désoeuvré, et en toute connaissance de cause, dans cet endroit qui lui était hostile ? Harry Potter, Celui-qui-voulait-avoir-la-paix.

Harry soupira. Il se tourna de nouveau vers l’impressionnante carte magique qui s’étalait sur le mur.
- C’est pas que je ne trouve pas ça flatteur, dit-il d’une voix clair en désignant son portrait du menton, mais je vais être l’indésirable numéro 1 encore longtemps ?

Personne ne répondit. Personne ne bougea. Tous le fixaient. Harry sentait sa bonne vieille colère commencer à se distiller lentement dans ses veines. Pourquoi réagissait-il comme ça ? Il savait non ? Il savait pertinemment quel accueil on lui réserverait. N’était-il pas là, même pas diplômé, que grâce au bon vouloir de son ami le Ministre de la Magie ?

Il savait comment il apparaissait aux yeux de l’Extérieur. Trouble. Justicier de la société magique, ou rival ambitieux de Voldemort ? Un type soupçonné de pratiquer la Magie Noire n’avait pas à se trouver dans la forteresse des Aurors. Il s’était même introduit illégalement dans leur département au ministère. Sous polynectar. Il n’était pas fiable. Il était perfide. Il ne se battait pas à la loyale. Il n’avait aucune raison de mériter leur respect. Il avait du sang sur les mains.

Et puis les Aurors étaient orgueilleux. Ils étaient des combattants experts, et Potter les avait déjà battu à plates coutures. Sur leur propre terrain au ministère. Les avait nargué un an, s’était évaporé dans la nature pour revenir un beau jour et braquer le lieu magique le plus sûr d’Angleterre : Gringotts. Et était entré comme dans un moulin dans l’école surprotégée Poudlard. Il les surpassait, et les Aurors ne le suportait pas.
Il était l’ennemi à abattre. Héros international ou non.


Harry détourna les yeux pour essayer d’endiguer la fureur qui se répandait en lui comme de la poudre à canon. Il sentait une veine palpiter dans son cou.

Et puis, réalisa-t-il, dans cette assemblée d’aurors courageux et bien pensants, droits, pourfendeur de mages noirs et défenseur de la veuve et l’orphelin, combien avaient résisté au Régime Noir de Pius Thickness, alias Tom Elvis Jedusor, Alias Lord Voldemort ? Combien s’était levé pour refuser de voir leurs valeurs s’effondrer et leur pouvoir mis au service d’un tueur psychopathe obsessionnel ? Aucun sûrement.

Les résistants avaient du être tués, ou étaient partis se cacher, et n’étaient sûrement pas encore revenus. Ici n’étaient que les lâches et ceux qui avaient profités du régime. Des anti-moldus, anti-nés moldus. Le retour de Potter signifiait la chute de Voldemort. Signifiait que leur lâcheté était mise à jour, éclatante de perfidie. Ils se savaient sur le point d’être limogé, et le connard responsable de leur chute se tenait devant eux, plein de son arrogante jeunesse, et de sa force établie.

A la réflexion, Harry s’étonnait presque qu’aucun d’eux n’ait encore levé sa baguette pour tenter de le tuer. Mais après tout, ne détournait-il pas les Avada Kedavra avec un Expelliarmus ? Ils avaient peur. Lâches. Couards.

Harry cherchait quelque chose pour fixer son regard, autre chose que le visage fermé et méprisant d’un auror.

Un tâche noir dans la mer de bureau. Au milieu d’un vide. Comme si les aurors évitaient de passer à coté. Dans la mer de bureaux. Harry plissa les yeux, et sa fureur s’évanouit, laissant place à un vide assourdissant dans sa tête. Son cœur rata un battement.
C’était un bureau. Entièrement recouvert d’une étoffe noire. Une étoffe de deuil.


Pour le coup, Crews ne comprenait plus rien.
Que l’arrivée de ce troufion de Potter au sein de leur sacro-saint QG les inquiète, elle comprenait paaarfaitement. Que la vibe soit un poil tendue, que quelques échines frémissent d’animosité, d’accord. C’était prévisible, et tout le monde semblait capable de se maîtriser.

Mais là, l’atmosphère n’était pas tendue par la méfiance, ni le mépris. Les couleurs s’étaient simplement enfuies des visages gris. Partout elle voyait les aurors crispés, une douleur contenue peinte sur leurs traits.
Les têtes se tournaient vers un bureau… recouvert d’une toile noire, et revenait sur Potter. Les allers-retours se répétaient. L’interrogation froissait les visages.

- Tonks… Souffla Harry.
L’expiration balaya la rancœur des aurors plus sûrement qu’un ouragan.
Crews les regardaient regarder Potter, interloqués.

- Qu’avez-vous dit ? Demanda abruptement un sorcier blond aux cheveux longs noués en catogan. Il avait de multiples cicatrices sur le visage, comme si des dizaines de bris de verre étaient venus entailler ses joues et son front.
Harry tourna la tête vers cet inconnu, et tenta de sonder son âme en fichant ses prunelles vertes dans le regard sombre de l’homme.
- Tonks, hacha-t-il d’une voix froide. J’ai dit Tonks. Ce bureau appartenait à Nymphadora Tonks.

Ce n’était pas une question. Mais qui était Nymph…idotorya Tonks ? Crews détestait viscéralement avoir un train de retard.

- Tu connaissais Tonks ? Demanda une autre voix masculine que Crews n’identifia pas.
- Non, c’est le saint esprit de Merlin qui m’a soufflé son nom à l’oreille, railla Harry. Ce fut comme une claque violente dans la face de chaque personne de l’assemblée. Crews soupira. Potter voulait absolument se mettre à dos tout le monde, le premier jour. Mais qui était Tonks ? Une auror. Soit. Morte, vu l’emploi récurrent de l’imparfait à son propos. Et depuis peu de temps, étant donné que son bureau était toujours inoccupé et frappé par le deuil. Une auror morte il y a peut de temps, connue de Potter ? Tout devint clair.

- Comment ça se fait ? Reprit le cicatrisé au catogan.

Crews eut un frisson. Potter clouait l’homme de son regard surnaturellement vert. Elle réprima une grimace. Le môme était définitivement flippant. Potter détaillait l’homme de ses mirettes, et, Crews le sentait, cherchait à deviner ce que le sorcier savait ou pas. Si la question était une question piège. Et puis il haussa légèrement les sourcils, comme pour se dire à lui-même que de toute façon, sa réponse n’était plus d’une importance capitale.

- On s’est rencontré à l’Ordre du Phénix, dit Potter d’un ton tout à fait neutre.

Tout à fait neutre. Sans une seule once de sentiment. Crews n’était pas stupide. Potter connaissait la femme dont il était question, et très bien même. Suffisamment pour être mortifié par son décès.

L’allusion à l’Ordre du Phénix déclencha un tonnerre d’exclamations ahuries. Les aurors se regardaient en secouant la tête, le visage défait. Tu savais ? Tonks ? Ordre du Phénix ? Nymphadora Tonks, membre de l’organisation secrète ? Non et toi ? Il plaisante. Potter ment. On l’aurait su. Et comment, l’organisation était secrète ! Bon sang ! Tonks membre de l’Ordre du Phénix ?! C’était impossible.

Crews reporta son attention vers Potter. Bon sang ! Elle se fichait comme de son premier rapeltout de cette Tonks mais Potter et l’Ordre du Phénix ? La société secrète légendaire qui avait œuvré durant la première guerre ? Elle aurait du s’en douter ! L’Ordre du Phénix était sous la direction de ce vieux fou de Dumbledore, et Dumbledore vouait une véritable admiration à Potter. Tout le monde le savait.
Donc Potter avait évidemment foulé le QG de l’organisation. Il savait quels en étaient les membres ! Où était le Quartier Général recherché en vain par les mangemorts et le ministère ! Bon sang, mais Potter détenait vraiment toutes les informations manquantes, les pièces disparues du puzzle ! Et dire qu’une goutte de véritasérum, et le petit Harry déballerait tout sans sourciller. Comment survivre aux avadas, comment Voldemort était devenu si puissance, quels étaient les buts poursuivis par le mage noir…

Crews fut tiré de son tourbillon de pensées avides par une nouvelle question échappée de la masse d’Auror. Et quelle question… Aussitôt le silence se fit.

- Mais alors, Potter, tu sais comment et pourquoi Tonks est morte ?!

L’exclamation sortit tout le monde de ses murmures abasourdis, et les yeux se braquèrent de nouveau sur le mythique-mais-plus-petit-en-vrai Survivant.

Survivant qui les regardaient tous, les yeux soudains écarquillés. Potter réagissait enfin ! Même si c’eut été préférable pour sa curiosité maladive que la réaction de Potter se métamorphosât en une réponse claire et concise. Pour elle, ça semblait un peu évident, même si elle ne connaissait pas la défunte. Morte depuis peu, Potter, Ordre du Phénix, Dumbledore... Equation macabre dont l’inconnue se révélait des plus sanglantes de l’histoire contemporaine.

Mais Potter semblait stupéfixié. Il contemplait les sourcils de nouveaux froncés de ses interlocuteurs. Il reprit peu à peu ses esprits. C’était facile à voir, observait Crews : Son visage se vidait de tout tic pouvant potentiellement trahir sa pensée ; les épaules se carraient et il se redressait, droit sur ses jambes ; ses mains reprenaient le contrôle sur les quelques tremblements qui leurs avaient échappés, et enfin, il parla d’une voix posée et sans hésitation. Sans timbre non plus. Il ressortait plus de vie d’un inféri que de Potter.

Mais il gardait cette présence ahurissante. Les regards étaient comme aimantés vers lui, les oreilles se tendaient pour entendre chacun de ses mots, chacune de ses respirations, chacun de ses gestes. Les lèvres s’entrouvraient, rendues muettes par l’attente, l’angoisse subite qui pressait la poitrine des spectateurs. Crews pouvait presque sentir l’air, saturé de magie, palpité autour de lui. Bon sang ! C’était un gamin ! Comment pouvait-on être si… magiquement attractif ?

Crews apprendrait plus tard pourquoi Harry était comme enveloppé d’un air saturé de particules magiques. Elle l’apprendrait dans les mois qui viendraient, durant sa formation théorique à la magie noire, sans faire le lien entre sa leçon du jour et le Môme. Un objet d’une forte teneur en magie, blanche ou noire, était un aimant à magie. Il se rechargeait de façon autonome par la magie contenue dans l’air, provoquées par les résidus de sortilèges ou de sources magiques, pour pouvoir préserver le sortilège qui l’animait. L’objet magique attirait la magie et la concentrait autour de lui. Et tout corps humain exposé trop longtemps à un objet magique de ce pouvoir, devenait, à force, par une sorte d’obscur mimétisme étudié dans une des salles du département des mystères, lui aussi un aimant à magie.

Evidemment, Crews ignorait qu’entre les mains de Harry étaient passées pierre philosophale aux pouvoirs inimaginables, épée magique d’une magie vieille de plus de mille ans, carte ensorcelée depuis des décennies… Crews ne pouvait se douter que Harry avait été exposé durablement à la magie sombre d’horcruxe. Combien de temps Harry avait-il conservé le journal de Jedusor ? Combien de semaines, de mois, avec le médaillon autour du cou ? Combien de nuits Harry avait déambulés dans les couloirs de Poudlard, caché sous une cape d’invisibilité, une relique recherchée depuis des siècles par tous les sorciers du monde soupçonnant son existence ? Que ses doigts s’étaient enroulés autour de la surface ronde et rugueuse de la Pierre de Résurrection ? Qu’il était le véritable maître de l’Aînée de Sureau ?

Quoi de plus normal que la magie palpite autour de celui dont un sortilège de magie ancienne coulait dans les veines, plutôt qu’autour d’elle, qui n’avait jamais rien manipulé de plus magique que sa baguette, les grimoires craquelant de Mme Pince et quelques béozards ?

- Parce que vous ne savez pas ? Répondit Harry.

La colère réapparut sur les visages de tous ces inconnus. Non ! On n’avait pas jugé utile de les informer ! La nouvelle était venue, comme ça. « Nymphadora Tonks est morte, recouvrez son bureau d’une étoffe de deuil pour la durée réglementaire, et retournez au boulot. Et, ah oui, Voldemort a été tué par Potter, et Shakelbolt est le nouveau Ministre. » Leur collègue, amie parfois, même si trop rarement, était morte, et aucune explication ne leur avait été donnée. Qui l’avait tuée ? Quand ? Pourquoi ? Etais-ce là-bas ? Mais qu’est-ce qu’elle y serait aller faire ? Evidemment, maintenant qu’on savait qu’elle faisait partie de l’Ordre du Phénix… Mais rien n’était sûr. Ils voulaient entendre d’une voix assurée ce qui s’était passé pour commencer à comprendre et à accepter. Quand un auror, un soldat, un membre du groupe était frappé, toute la meute encaissait le coup et mugissait de douleur, réclamait vengeance en montrant les crocs.


- Tonks est morte à la Bataille de Poudlard. Elle a été tuée.

Un frisson de fureur parcourue l’assemblée. Harry retint une exclamation méprisante. De fureur ? Eux ? Qui s’étaient terrés, ou avaient obéis sans sourciller aux ordres de Voldemort à peine déguisés sous de la paperasserie du ministère ?! Et maintenant, la rumeur sourde qui sortaient de leurs lèvres de couards parlaient de vengeance ? Combien d’entre eux avaient l’espace d’un instant effleuré l’idée de coiffer pour de bon le capuchon noir des bouffeurs de cadavres ? Harry ne trouvait pas de mot pour qualifier le dégoût que ces braves héros d’aurors lui inspiraient.

- Qui ? Demanda une voix hargneuse. C’était une femme. Harry ne chercha pas à savoir laquelle.
- Bellatrix Lestrange, qui d’autre ? Dit-il, glacial.
- Est-elle morte ? Bellatrix ?

Harry eut un moment de stupeur.
- Mais vous n’êtes au courant de rien ?
- Non ! Lâcha une voix coléreuse du fond du bureau. Aucune information officielle n’a filtré de la bataille, des médias, du ministère. Pas encore. On ne sait rien.

Perkins était sidéré. Cinq jours ! Cinq jours qu’ils étaient paralysés par le Secret ? Que la population ne soit encore au courant de rien d’officiel, c’était à peu près normal. Des enquêtes devaient être menées pour dire avec précision aux parents qui avait tué leur rejetons. Un minimum de respect l’imposait. Mais que les AURORS ne soient au courant de rien…. Que se passait-il ?

Harry s’enferma dans un silence méditatif durant tout une minute mais l’assemblée ne l’entendait pas de cette oreille.
- Aspirant Potter ! Rugit une petite brune à l’air redoutable. Un supérieur vous a posé une question !

Harry réouvrit les yeux. Ah oui, la hiérarchie. A Poudlard, au sein de l’Ordre, il ne s’en était jamais soucié. Il allait falloir lui apprendre à baisser la tête devant ces immondices de semblants d’être humains.

- Oui, elle est morte.
- Qui ? Répéta-t-on aussitôt ? Qui s’est chargé de buté cette pétasse ?
Cette fois-ci, Harry savait qu’il ne répondrait pas. Il avait beau avoir officiellement coupé tout contact avec Ron… Sa sœur et tous les autres Weasley, il ne dirait pas à voix haute devant une assemblée d’auror que Molly Weasley avait fait usage d’un sortilège impardonnable. Une enquête statuerait la légitime défense et… les conditions particulières entraînées par la guerre, mais en attendant, sa bouche resterait close.

- Qu’un tribunal me cite à comparaître comme témoin dans une enquête, répondit-il d’un air absent, en regardant de nouveau autour de lui. Et dans le cadre d’une procédure officielle, je vous donnerai tous les détails que vous désirez ! En attendant…
- Aspirant Potter ! Rugit l’intraitable brune.


Harry l’ignora totalement et un frisson de colère parcourut de nouveau l’assemblée. La situation était redevenue à la normale. Potter était considéré ici comme insensible à l’autorité et au respect envers les supérieurs, donc comme un fléau certain. On ne voulait pas de lui ici, même s’il semblait avoir connu l’efficace auror (même si farouchement rejetée par certains, et la raison en était limpide) Tonks. Et même si, ils le sentaient tous sans l’avouer, Potter avait un potentiel de pouvoir et d’autorité qui le hisserait un jour peut-être au niveau de Maugrey ou de Butcher. Si ce dernier ne l’écartelait pas avant.

Harry se retourna, passablement énervé, vers ses « camarades ».
- Vous voudriez pas prendre la relève ? Ils commencent à me taper sur les nerfs, lâcha-t-il entre ses dents.

Coote considéra le gosse qui se tenait devant eux, l’exaspération incarnée. Il se dit, à très juste titre, qu’i l leur faudrait sûrement des mois pour ne serait-ce que érafler la carapace Potter, et apercevoir fugacement l’être humain qui se tenait derrière. Quant à ses failles, Coote doutait sérieusement de rester en vie suffisamment longtemps pour pouvoir un jour les approcher. Or, Benjamin Coote comptait bien mourir de vieillesse après avoir dépasser le score vénérable de sa famille, actuellement détenu par son grand oncle Alphonse, mort à 134 ans.

D’ailleurs, le gosse traversait, comme inconscient des regards plantés dans son dos, le Bureau pour disparaître dans l’entrée du couloir d’en face.
Coote entendit Crews à sa droite siffler entre ses incisives. Visiblement, elle jubilait.



Potter serait un problème. Il le savait. Chacun de ses gestes, chaque centimètre carré de son visage figé, chacune de ses expirations. Chaque tic soudainement échappé sur son front plissé par il ne savait quoi – inquiétude ? Concentration ? Colère ? -. Il était une bombe à retardement, et l’explosif, c’était les autres. Les aurors seraient à l’affût. Chaque pas de Potter serait consigné, chaque mot enregistré, décortiqué, analysé à la limite du possible, sous tous les angles, réels et totalement imaginés. Le Centre pulserait au rythme de ses battements de cœur, même contre son gré. Il était le danger, le fléau. Et il était ici. Avec lui, avec les autres. Ils étaient dans le Centre. Le lieu où se jouait désormais la sécurité de toute l'Angleterre.

Et ce lieu menaçait à chaque seconde de voler en éclat.

John soupira derrière son bureau. Il mit son visage dans ses mains en se demandant une énième fois ce qu’il lui avait pris de céder à Kingsley.

Mais il y avait cette brume nauséabonde qui s’insinuait dans l’air du Centre. Qui se disséminait de l’intérieur et dont il fallait impérativement stopper la source. Ce poison qui s’infiltrait dans les cœurs et les esprits, dont les gardes étaient d’autant plus baissées que les yeux étaient braqués sur Potter.
Et Potter ? Etait-il conscient de la nouvelle charge, du nouveau fardeau qui pesait maintenant sur ses épaules ? Serait-il un pantin dans leurs mains à King et lui ? Ou tisserait-il sa propre toile où leurs cibles communes viendrait se prendre telles des mouches aveuglées ?


Et il y avait l’inconnue dans l’équation. Bien plus instable que la fumée insaisissable qui saturait l’air du Centre. Que le comportement de Potter, qu’il savait psychologiquement instable. (Mais qui ne l’aurait pas été, après tous ces cadavres ?)

Cette inconnue, c’était Grump. Grump Butcher. John priait un dieu en qui il ne croyait pas pour que Grump ne fasse pas de difficultés avec Potter, et l’accepte. Le forme. En fasse un des siens, lui plus que tous les autres.

Sans cela, ils étaient foutus. Peu importait comment Potter s’y prenait, peu importait que Potter n’aie même pas conscience des enjeux et de cette mission muette, il fallait que Potter obtienne la confiance indéfectible de Butcher.

Sans quoi, Voldemort ou pas, le Centre imploserait de lui-même. Et toute l’institution magique s’effondrerait avec lui.
Note de fin de chapitre :

Allez, une petite bande annonce, histoire de vous frustrer. Et de m'assurer que vous serez au rendez-vous pour la suite ^^ !

Comment osait-il ? Elle voulait se disputer avec lui, lui crier des horreurs blessantes à la figure, d’une voix éraillée et stridente. Lui foncer dedans et le frapper de toutes ses forces de ses petits poings de fille. Elle voulait voir son visage rougir et se tordre de colère, d’incompréhension. Elle voulait hurler, hurler et lui infliger toute cette douleur qu’elle endurait, et dont il n’était absolument pour rien. Et il s’obstinait à être si gentil, si présent, si irradiant d’affection et de consolation.

Comme vous pouvez le voir, le prochain chapitre se passe au Terrier, et je vous préviens, il est EXTRÊMEMENT pathos !
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