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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


I’ve had enough trouble for a lifetime. par Bendico

[175 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Le titre du chapitre est une citation de Max Ernst.

Je met enfin sur ce site ce chapitre. Je vous préviens il est très larmoyant.
Je me débat toujours avec la suite. Il faut dire que dans les prochains chapitre doivent figurer des détails qui prendront beaucoup d'importance à trèèèès long terme.
Il faut donc que je sache très précisément en quoi consistera ce long terme pour écrire la suite proche. Je me noie donc dans les brouillons et les listes d'idées.
Mais, mûe par une subite illumination, j'ai enfin réussi à faire le plan du prochain chapitre.

Je suis en plein concours, et dans une période de cours très intensive, alors j'ai peu de temps à consacrer aux fanfics, et j'ai tendance à utiliser ce temps à en lire, plutôt qu'à écrire...
:P

Le ciel était gris, bas. Lourd. On se pouvait se croire au cœur de l’automne, aux prémices de l’hiver. Il pleuvait et la terre des collines s’engluait dans la boue, à peine séchée de la dernière averse.

La pluie avait cette odeur de poussière, d’angoisse, de suspend. Au village, on l’avait sentie venir. Dans le ciel sans lumière, les nuages noirs s’étaient peu à peu amoncelés, et la première goutte s’était écrasée sur un pavé sale de la grande rue. Les parapluies noirs s’étaient ouverts et les passants avaient remonté leurs cols en courant s’abriter sous des porches.

Un été comme les autres s’annonçait. Un été anglais.

C’est le genre de pluie qu’on regarde avec un brin d’ennui, hypnotisé par les feuilles gorgées d’eau qui se balancent au bout de leurs branches, au chaud, chez soi, derrière sa fenêtre soigneusement fermée. Une pluie à soupirer, assis sur une chaise.

Ginny n’était pas du genre à soupirer. C’était bien trop mélodramatique pour cette fille « nature » comme disait Lavande en retroussant le nez. Elle se contentait de regarder les gouttes froides s’écraser brusquement contre la vitre et glisser, glisser jusqu’à la gouttière.

Elle était assise dans la cuisine vide. Elle ignorait la chair de poule qui lui parcourait la peau nue de ses avant-bras. Elle ne voulait pas aller chercher un pull. Elle ne voulait pas bouger. C’était une petite touche de résistance purement gamine qui la caractérisait. Ginny défiait toujours le monde pour un oui ou pour un non.
Et aujourd’hui, le monde se foutait de sa gueule.

Elle entendit des bruits de pas dans le couloir attenant à la cuisine, mais ne se retourna pas. Les yeux toujours fixé sur la vitre noire.
- Ginny… commença la voix étonnamment douce de son frère Ron.

Douce ? Douce ? De quel droit sa voix était-elle douce ? Cette douceur attentionnée lui écorchait la peau, la griffait.
Comment lui, Ron, Ronald Weasley, dont la subtilité s’élevait au rang de goujaterie inconditionnelle, pouvait-il se permettre de parler d’une voix douce et inquiète ?
Sa mère était effondrée, Georges, qui refusait d’avaler quoique ce soit, à Sainte-Mangouste, son meilleur ami, barré, et son frère aîné, mort.
Comment Ron pouvait-il proférer ces paroles apaisantes à son égard, sa petite sœur, qu’il n’avait jamais traité que comme la cinquième roue du carrosse, la chose gesticulante dans son champ de vision ? Dans une telle situation ?
En l’espace d’un mot, voilà que toutes les défenses farouches qu’elle avait péniblement mis en place s’effondraient, et qu’elle désirait plus qu’une chose, c’était courir et se faire serrer dans les bras de cet ours mal léché et roux, et peut-être même pleurer, sangloter à gros bouillon et accepter de décharger sur lui, tout entier à son écoute, un peu de ce mal de vivre qui la brûlait du fond d’elle-même. Se serrer contre son pull en laine rêche pleine de son odeur de grand frère protecteur. …Comment osait-il ?
Elle voulait se disputer avec lui, lui crier des horreurs blessantes à la figure, d’une voix éraillée et stridente. Lui foncer dedans et le frapper de toutes ses forces de ses petits poings de fille. Elle voulait voir son visage rougir et se tordre de colère, d’incompréhension. Elle voulait hurler, hurler et lui infliger toute cette douleur qu’elle endurait, et dont il n’était absolument pour rien. Et il s’obstinait à être si gentil, si présent, si irradiant d’affection et de consolation.
Elle le haïssait, elle le haïssait d’arriver à continuer, quand elle, la battante, Ginny, se noyait dans la pluie noire et glacée qui se déversait du ciel.


- Ginny…

Ginny se mordit les lèvres. Sans regarder son grand frère, elle se leva, droite comme un i. Tourna les talons et sortit de la cuisine immaculée, rangée jusqu’au moindre ustensile. Désespérément vide et terne.

Ron jeta un regard par la fenêtre, où le vent commençait à se lever. Comme si la pluie battante ne suffisait pas. Sa sœur s’était muée en une statue blanche et froide. Ses cheveux toujours aussi vifs et gorgés de lumière, malgré son mal-être et ce temps maussade, ne faisait que ressortir sa peau diaphane, encore éraflée par les combats, ses traits tirés, fatigués. Maigre. Elle avait tellement maigri, cette année.
Il l’avait quitté triste, apeurée. Dans un état normal, en somme, après la mort de Dumbledore et leur départ proche à tous les trois. Et il la retrouvait dans un état… Ses gestes étaient nerveux, saccadés. Ses yeux sautaient dans l’espace sans jamais se poser, ou alors se fixaient sur un objet sans le voir, et ne cillaient plus.
Elle avait des hanches rondes qui faisaient le bonheur des garçons de Poudlard, à son plus grand outrage, et elle arborait maintenant des pommettes et des hanches saillantes. Ginny était une petite chose fragile, dévastée. On aurait dit qu’il suffisait de la prendre dans ses mains pour la briser en deux. Comme une brindille sèche en plein hiver.

Georges ne s’en remettrait jamais d’avoir perdu Fred. Ron le savait. Tous le savaient. Arthur et Molly se raccrocheraient tant bien que mal à leurs enfants rescapés. Bill avait son propre foyer. Charlie fuirait dès que possible en Roumanie. Percy serait, comble de l’ironie, peut-être le dernier pilier stable de la famille. Ron voyait avec une étonnante clarté comme les différentes personnes de sa famille affronteraient leur deuil, et le début de l’ « Après ».
Lui… Lui, il avait Hermione, son propre soleil. Ron se sentait déchiré jusqu’au plus profond de son âme de la perte de son frère, bien sûr. Personne ne pouvait en douter. Mais dans quelques années, il l’espérait, il arriverait à repenser à Fred avec un sourire accroché aux lèvres.
Non. Ron ne s’inquiétait pas pour lui, et il avait confiance en l’avenir, pour les autres. Le temps ferait son œuvre.

Ce qui lui broyait l’estomac, c’était de voir sa sœur passer à l’état de fantôme. Sa sœur. Sa sœur. Sa sœur n’allait pas bien, et elle refusait qu’il l’aide. Elle se fermait à lui, elle ne laissait rien transparaître de ce qui se passait à l’intérieur de sa tête. Sa petite Ginny qu’il avait tellement délaissé, comment avait-il pu ? Elle avait été au cœur de ses cauchemars durant cette année loin d’elle, et maintenant que « tout était fini », le cauchemar virait à la réalité.

Ron remontait sans y penser les marches en colimaçon du terrier et entra dans sa chambre. Hermione aussi regardait par la fenêtre d’un air absent. Il s’approcha d’elle et passa ses mains autour de sa taille pour l’attirer contre lui. Elle se blottit dans le creux de ses épaules et il la sentit respirer son odeur. Bon sang, se répéta-t-il une énième fois, ce que je l’aime.

- Ginny ? Demanda-t-elle en plongea ses yeux chocolats dans les siens.
Ron secoua la tête en serrant la mâchoire.
- Chhht, souffla Hermione en passant sa main autour de son cou.
Ron ne se décrispa pas.
- Elle va mal, dit-il d’une voix sourde. Elle est là, toujours toute seule, sans rien dire. Elle n’avait jamais été comme ça.
- Elle est comme nous tous, elle a besoin de temps pour accepter la réalité, faire son deuil… dit Hermione d’une petite voix.
- Tu sais très bien que ce n’est pas que ça, gronda Ron.
Hermione se mordit la lèvre.

- Désolé, ajouta-t-il précipitamment, en s’insultant intérieurement de tous les noms. Tu sais que ce n’est pas contre toi, Hermione. Jamais ce ne sera contre toi. Je suis juste…
- Je sais, Ron, murmura Hermione, la tête toujours enfouie dans ses bras.
Mais Ron avait besoin de continuer. Déverser un peu de la bile qu’il sentait monter en lui de minute en minute. Cette voix rageuse qui s’installait dans sa tête. Parfois, il portait même la main à son cou pour vérifier que ce n’était pas sous l’influence néfaste du médaillon. Même pas. Cette voix, c’était la sienne, uniquement la sienne.

- C’est lui. C’est sa faute. Elle ne veut pas de mon aide parce qu’elle a besoin de lui. Commença-t-il.
Hermione ne murmura rien. Elle le laissa continuer.
- Elle passe son temps à guetter par la fenêtre comme s’il allait apparaître au coin du sentier et revenir à la maison.
Hermione sentit son cœur se serrer. N’était-ce pas ce qu’elle faisait, quelques secondes encore auparavant ?

- Elle ne comprend pas pourquoi il n’est pas là. Et moi non plus, d’ailleurs.
Le ton de Ron montait imperceptiblement.
- C’est quoi son problème ? Pourquoi il n’est pas rentré avec nous ? C’est quoi cette histoire d’auror ! On a eu aucune nouvelle, aucune ! Il s’est enfermé dans ce bureau avec Kinglsey, et quand ils sont sortis, Harry ne partait plus avec nous. Il ne nous a même pas regardé. Pas un seul regard. Et puis d’abord, à quoi il joue, Kingsley ?

Le front de Ron était barré par sa colère grandissante. Il avait enfin mis la main dessus. Sur cette rancœur indicible qui se baladait dans ses trippes depuis trois jours. Et il était décidé à ne pas la lâcher.
- Il est où Harry, bordel ?! Hermione, je sais que je n’ai pas été irréprochable, je sais que je n’ai sûrement rien à lui apprendre dans le domaine, mais je sais que tu penses comme moi. Il nous a abandonné Hermione.
- Nnn… emit la boule brune lovée dans les bras de Ron.

Hermione savait que sa protestation n’était pas très crédible. Elle n’y croyait pas non plus. Elle se sentait coupable, mais Ron avait raison. Elle aussi, elle se sentait abandonnée. Trahie. Trois jours qu’il avait refusé de revenir avec eux.

- Et Maman qui repousse l’enterrement, parce que « Harry n’est pas encore rentré », dit Ron, encore plus furieux de voir sa mère souffrir à cause des agissements incompréhensibles de son meilleur ami. Tu sais quoi, Hermione. Je déteste dire ça, mais je ne crois pas que Harry reviendra pour l’enterrement de Fred ou de Tonks et Lupin, ou de Colin, ou de…

Ron s’interrompit. Hermione s’était remise à trembler. Il lui déposa un baiser sur le front et la berça doucement. Depuis quand était-il passé expert dans l’art de consoler Hermione ? Depuis quand avait-il un pouvoir apaisant sur elle ? Il aurait aimé pouvoir se taire, pour éviter de la faire trembler davantage. Mais il ne pouvait plus s’arrêter.

- A quoi il joue, Hermione… Il nous a toujours parlé de tout, même des… trucs.
C’était une décision qu’ils avaient prises sans même en parler. Le mot Horcruxes ne repasserait jamais leurs lèvres.
- Je croyais qu’il aimait Ginny, Hermione, je ne comprends plus rien. Elle souffre. Elle souffre parce qu’il n’est pas là. Elle a besoin de lui, et toi aussi.
Ron jeta un regard par la fenêtre où les arbres ployaient sous le vent. Harry n’était ni avec eux, ni là dehors. Ni nulle part.
- Et moi aussi j’ai besoin de lui. C’est mon meilleur ami, souffla Ron, juste pour lui-même. Et Ginny va mal, Hermione. C’est à cause de lui.

Le carillon de l’entrée sonna, égrenant ses accords joyeux. C’était saugrenu, dans l’ambiance lugubre de la maisonnée.


Le terrier avait été de tout temps un lieu agité. Molly et Arthur avait emménagé dans l’étrange bâtisse alors que Bill était déjà né. Les deux frères de Molly, Gidéon et Fabian, venaient d’être tragiquement assassiné.
La maison des Prewett avait été réduite en cendre, comme tant d’autres. Quand les mangemorts avaient attaqués, dans le début d’après-midi, leurs parents aidaient une amie tout juste veuve, dans un village voisin.
Molly avait réchappé à la mort par le plus tragique heureux des hasards, car au moment de l’accident, elle aurait dut être à la maison avec ses frères. Bill, âgé d’un an à peine avait une mauvaise toux et utiliser des soins médicaux sur des nouveaux nés était vivement déconseillé. Elle était donc passée chez l’apothicaire.
A l’époque, Arthur, elle, et le petit William vivaient chez M. et Mme Prewett, Fabian et Gidéon, la situation financière d’Arthur n’étant pas assez « assurée » pour leur permettre de s’installer dans leur propre foyer. Arthur venait de décroché un poste obscur et déjà ridiculement mal payé dans les sous-sols administratifs du ministère.
Il travaillait sans se douter de rien lorsque la marque des mangemorts s’était élevée au dessus du toit fumant des Prewett. Il avait donc fallu trouver un autre foyer pour M. et Mme Prewett, Arthur, sa jeune femme, et le petit Bill. Et au début des annonces immobilières intra-ministérielles, Arthur était tombé sur une photo du Terrier brinquebalant. Ça ne payait pas de mine, mais ça ferait l’affaire, provisoirement tout au moins.

On avait pu récupérer quelques affaires dans les décombres des ruines, des fauteuils, l’horloge magique miraculeusement intacte, des affaires de cuisines… Mais Arthur et Molly Weasley avait du démarrer dans l’existence sans trousseau, sans linge, sans vaisselles, sans toutes ces petites choses essentielles au démarrage d’une vie de famille, qui étaient parties en fumée dans l’œuvre noire des mangemorts.
Deux ans plus tard, Charlie Weasley venait au monde, et M. et Mme Prewett mourraient tragiquement dans une embuscade, en tentant de mettre à l’abri des né moldus pourchassés.
Six mois plus tard, c’était aux parents d’Arthur de succomber à de graves blessures infligées par des mangemorts. Porter le nom de Weasley était déjà synonyme de traître à son sang, et ils en avaient payé le prix fort. Pour plus de sécurité, Bilius Weasley était venu habiter quelques temps chez son frère Arthur et sa femme.
« Quelques temps » s’étirèrent en années. Quand la vision terrible d’un sinistros emporta Bilius, la maisonnée raisonnait des phrases savamment articulés du jeune garçonnet qu’était Percy, et des rires babillards des jumeaux âgés de deux ans.
La chambre de Bilius ne resta pas longtemps vide, car le ventre rond de Molly Weasley donnait naissance quelques semaines plus tard à l’énième garçon de la famille – « décidément, me faire une fille, c’est au dessus de tes moyens ! » s’était exclamé Molly, regardant d’un amour éperdu le nouveau né effectivement de type masculin, qu’elle aimait déjà de tout son cœur de mère – Ron Weasley.

Les vœux de Molly furent exaucés un peu plus d’un an plus tard, alors que les premières odeurs bizarres s’échappaient de sous la porte de la chambre des jumeaux. Ginny Weasley naquit dans un océan de bonheur, de récriminations enfantines, de gâteaux faits maisons. Elle arriva au monde dans un joyeux brouhaha où se mêlait les récitations dignes de Percy, les rugissements de Charlie, toujours à jouer au Dragon dans les escaliers, à manquer de faire tomber sa mère, les chuchotements goguenards des deux autres et les cris boudeurs de Ron qui réclamait un peu d’attention, que diable.

Les meubles et les affaires s’étaient entassés au fur et à mesure dans la baraque défiant les lois gravitationnelles. Le Terrier était à l’origine un refuge « provisoire » mais les murs avaient été témoins de tant de naissance et de bonheur, que l’idée d’aller vivre ailleurs était devenue insupportable à Molly et Arthur. Le foyer des Weasley ne pouvait être qu’ici, fondé dans la douleur, mais perdurant par l’amour. A la force du poignet et à la sueur de leurs fronts, Arthur et Molly, partis de rien, avaient créé la plus belle bulle de bonheur de toute l’Angleterre.


Et aujourd’hui, les pas résonnaient dans les pièces désertes, les photos sur les murs s’étaient figées, une lumière opaque filtrait à peine par les carreaux givrés de ce début du mois de Mai. Tous fuyaient le refuge familial, et ceux qui y restaient y déambulaient vidés de toute joie. La bulle de bonheur entourant le terrier avait éclaté, et à présent, les ténèbres reprenaient leurs droits sur un territoire qui leur avait trop longtemps échappé.

Le carillon de l’entrée sonna donc, égrenant des accords joyeux appartenant à un autre monde dans une mélodie aigrelette totalement déplacée dans l’accablement ambiant. Deux silhouettes entrèrent dans la maison et passèrent dans la cuisine.

- C’est sombre ici, dit Molly d’un air affairé.
D’un coup de baguette, elle fit jaillir des boules de flammes chaudes et rassurantes, qui allèrent danser au plafond. Elle ouvrit un tiroir, puis deux, puis trois, et sortit râpes, moules, couteaux, casseroles, dans de bruyants tintements. Molly Weasley ne supportait pas le silence.
- Je fais à manger, dit-elle.

Elle faisait à manger tous les soirs depuis l’âge de 17 ans, quand sa mère s’était rendue compte que le talent de Molly en matière de cuisine dépassait le sien de loin.
Molly aimait fait la cuisine, et Molly la faisait bien. Les marmites, les feux doux ou vrombissants, les arômes, les sauces, les pâtés, les viandes et les gratins, c’était son monde. Alors, évidemment, qu’elle faisait la cuisine.
Et pourtant, elle avait eu besoin de le préciser. Pour ne pas perdre pied et retrouver leurs repères dans un monde qui s’effondrent, retrouver des mouvements connus, intimes, qui ont été présent tout au long de la vie, des croyants moldus font un signe de croix avec une main. D’autres se mettaient à genoux et courbent l’échine. Pourquoi pas. Elle, elle éminçait des oignons.

Très vite, des saveurs embaumèrent la maison, ramenant les membres de la famille dans la cuisine, comme tous les soirs, comme des âmes vers leur prêcheur.
Ron et Hermione arrivèrent main dans la main par les escaliers, l’air grave. Ginny émergea d’on ne savait quelle pièce. Elle était toujours pâle et stoïque, mais venir se rassembler avec son clan au cœur de la maison, dans la cuisine, pour voir Molly déployer son art, était une chose contre laquelle elle ne pouvait pas lutter. C’était quelque chose de gravé dans ses gènes.

Molly commença à parler, puisque personne ne s’y décidait, et qu’il fallait bien combler ce silence.
- George va bien, assura-t-elle d’une voix qu’elle voulait sereine.
Tout le monde fit semblant d’être dupe. Ginny se glaçait, et Molly s’agitait en faisant comme si. Chacun abordait le deuil d’une manière différente.

- J’ai vu l’infirmière, ils veillent sur lui. Ils lui ont donné une potion de sommeil pour ne pas qu’il cauchemarde et que son corps se repose.

Hermione se dit que Dumbledore n’aurait pas repoussé la douleur de cette façon. Il avait refusé que Harry aille se coucher quand Sirius était mort, et avait laissé éclaté la pleine fureur désespérée de Harry dans son bureau.
Mais les méthodes de Dumbledore étaient violentes. Il agissait par devoir, parce que Harry ne pouvait perdre du temps, et avait l’obligation de reprendre ses esprits. Dumbledore analysait et manipulait.
Jamais, Hermione le savait, Molly n’agirait d’une telle façon. Jamais une mère n’agirait d’une telle façon. Et peut-être que si Harry avait été confiée à une mère comme elle, au lieu d’être laissé à la protection des Dursley ou de Rogue, ou aux plans machiavéliques de Dumbledore, il serait là, aujourd’hui, avec eux.
- On ne sait pas quand il sera près à sortir, dans quelques jours normalement, mais il est hors de question de faire l’enterrement sans lui. J’ai reçu les hiboux pour les enterrements. Je ne sais pas si c’est bien pour vous que vous alliez à tout ça, les enfants.

Hermione était d’accord avec Mrs. Weasley. Même si pas pour les mêmes raisons. Molly souhaitait sans doute les protéger de trop de scènes malheureuses. Mais il n’était pas très utile que Ronald Weasley et Hermione Granger s’affichent après avoir disparu un an avec le Survivant, pour accomplir une mission secrète.
Surtout depuis que le Survivant en question avait disparu pour un obscur apprentissage d’auror. Hermione arrêta d’y penser. Elle ne voulait pas y penser. Mais qu’est ce qui avait pris à Harry ? Un apprentissage d’Auror ? Moins d’une semaine après en avoir fini avec Voldemort ? Quand il y avait tous ces enterrements, tous ces gens qui demandaient une explication ?

Molly ne trouva plus rien à dire, ou alors elle s’aperçut qu’elle n’avait plus assez de force pour parler de ces choses si douloureuses avec le ton d’une mère solide comme un roc, ce qu’elle n’était pas. Elle occupa ses mains de plus belle en épluchant des pommes de terre en moins de temps qu’il ne fallait à Peeves pour piéger une serrure sur le passage de Rusard de bombabouses. Elle lança un regard suppliant à son mari. Arthur se racla précipitamment la gorge.

- Les enfants, commença-t-il avec peu d’assurance.
Ronald, Hermione et Ginny se tournèrent vaguement vers lui. Ils n’étaient plus vraiment des enfants, et ils n’avaient pas le cœur à écouter leur père raconter des anecdotes sur le détournement d’artisanat moldu.

- J’ai réussi à coincer Kingsley dans un couloir, poursuivit Arthur en se dandinant sur sa chaise.
Trois paires d’yeux venaient de se braquer sur lui.

Arthur soupira intérieurement. Il n’y comprenait plus rien. Il était vieux. Il était vieux, fatigué, et son fils était mort. Aucun père ne devrait voir son fils mourir. Quand avait-il commis l’erreur fatidique ? L’erreur qui de fil en aiguille, avait amené son fils à se battre sur le front en croyant que c’est ce que font les fils pour protéger leurs pères. Mais c’est aux pères de mourir en protégeant les fils. Comment avait-on pu arriver à cette aberration ? Des enfants, partout sur le champ de bataille ! Des gamins de 17 ans ! Alors que les adultes, les adultes responsables, les adultes censés les protéger, avaient fermé les yeux. S’étaient querellés entre eux pour des questions de pouvoir et d’argent, refusant de voir la chair de leur chair se faire écharper sous leurs yeux.

Comment l’AD avait-elle pu devenir plus au courant, efficace et présente que l’Ordre du Phoenix ? Comment des enfants avaient-ils pu prendre la relève quand les parents se terraient terrorisés ? Quelle société pouvait cautionner ça ? Arthur croyait en la société. Il croyait dans le bien général. Il avait voué sa vie à la communauté, en choisissant de réparer au mieux les erreurs ou les crimes des autres, dans son petit département risible du détournement de l’artisanat moldu.
Mais aujourd’hui, cette communauté le faisait vomir. Elle s’embourbait dans l’immobilisme et la lâcheté, et ses enfants étaient relégués à de la chair à canon.

Son fils. Son Fred. Et tous les autres qui avaient soufferts. Bill, Charlie, Percy, George, Ron, Ginny, Hermione. Ses enfants. Et Harry ? Comment avait-on pu laisser un tel fardeau sur les épaules de ce môme orphelin qui n’avait rien demandé à personne ?

Il méritait d’avoir la paix, ce petit Harry ! Il méritait d’être enfin entouré de ceux qui l’aimaient, et il méritait que le monde tourne un peu sans lui. Ah ça, si Kinglsey n’avait pas été Ministre de la Magie, Arthur lui aurait collé un violent coup de poing dans le menton.




- Kingsley !
Arthur avait crié par-dessus la foule dans le bureau des Aurors. Une demi-heure qu’il le cherchait ! Tous les sorciers, de tous les départements, venus ici aux nouvelles – comme si les aurors étaient compétents pour quoi que ce soit ! Franchement ! – s’étaient retournés, outrés. Qui osaient appeler le Ministre de la Magie nouvellement nommé par son prénom ?

Mais personne n’avait rien dit. C’était Arthur Weasley. Bête noire de Fudge, de Scrimgeour, il était un membre très important de l’Ordre du Phénix, disait-on. Arthur Weasley s’était battu à Poudlard contre les mangemorts.

Et surtout, Arthur Weasley était le père de Ronald Weasley, le héros. Et il avait accueillit durant de nombreux été Hermione Granger, cette héroïne. Et il connaissait personnellement Harry Potter, qui, disait-on, lui vouait un grand respect.

Oh oui, en l’espace de quelques jours, plus personne ne se serait osé à marcher sur les pieds d’Arthur Weasley, qui, pourtant, fondamentalement, était toujours le même bon vieux Arthur abîmé par la vie et au cœur d’or. La politique, comprenez vous. La politique.


Le cri, décidé, avait survolé toute l’assemblée, et tout le monde s’était retourné vers le malotru. Shakelbolt ne pouvait donc faire comme s’il n’avait pas entendu l’appel d’Arthur. En tant que Ministre, bien sur, personne ne lui en aurait tenu rigueur, s’il avait décidé de continuer son chemin sans s’arrêter. Mais il s’agissait d’Arthur.
Un ami, un valeureux compagnon d’arme. Un père en deuil. Shakelbolt s’était donc retourné et avait planté son regard brun dans les yeux clairs et autrefois joyeux du père de famille habillé d’une toute nouvelle respectabilité. Et Kingsley avait senti poindre le début des ennuis qu’il redoutait. Arthur ne le lâcherait pas avant d’avoir eu des explications, sur ce qu’il était allé fourrer dans le crâne du jeune Harry Potter.

Arthur était entré dans le bureau ministériel, tandis que Kinglsey refermait la porte derrière eux.
- Assis toi, je t’en prie, offrit poliment Kingsley.
- Où est Harry ? Attaqua directement Arthur sans s’asseoir.

Kingsley avait prit le temps de suspendre sa cape au portemanteau finement sculpté, de s’asseoir sur dans son fauteuil et de passé ses mains lasses sur son front fatigué. Mais Arthur ne s’était pas laissé apitoyé.

- Où est Harry ? Pourquoi n’est-il pas en train de se reposer chez moi, entouré des gens qui l’aiment ?
- Harry n’a pas émis le désir de revenir chez vous, Arthur, même si je sais que personne mieux que vous ne se serait occupé de lui.
- Je n’en crois pas un mot, Kingsley, dit Arthur.

Kinglsey était étonné. Jamais il n’avait vu le brave Arthur, débonnaire, dans une telle colère, froide et totalement calme. Le ton d’Arthur ne s’élevait pas, mais devenait sec, sans appel. Arthur s’était penché sur Kingsley en appuyant ses deux mains de chaque coté du bureau. Mais Kingsley n’était pas du genre à se laisser impressionner, cela allait sans dire.

- Comment va votre famille, Arthur, demanda Kingsley en articulant bien, histoire de montrer qu’il ne se laisserait pas démonter facilement.

- Mal ! cracha Arthur avec hargne. George est à Sainte-Mangouste, ma femme à deux doigts de le rejoindre, quant à Ginny, Ron et Hermione, ils sont morts d’inquiétude parce que leur meilleur ami a disparu de la surface de la terre sans même prendre la peine de leur dire où il allait. Tout ça à cause de vous, Kingsley. Et écoutez-moi bien – Arthur pointa un index menaçant vers Kingsley, qui le toisait, assis tranquillement dans le fond de son fauteuil – ce soir, quand je rentrerais, je leur dirais pourquoi Harry n’est pas chez nous. Parce que vous allez vous expliquer maintenant !

Arthur n’avait pas eu besoin de crier pour que la dernière phrase claque dans le bureau.
- Asseyez-vous, Arthur, répéta Kingsley de sa voix grave.
Ayant épuisé sa réserve de récriminations véhémentes qu’on énonce campé debout sur ses deux pieds, Arthur s’assit, et attendit.

Kingsley se demanda ce qu’il allait bien pouvoir dire à Arthur. Il se remémora le début de son entretien avec Harry comme on plonge dans une pensine.



Kinglsey s’était assit derrière le bureau de McGonnagall, et Harry en face de lui, de l’autre coté de l’imposante pièce de chêne. Il y avait eut une poignée de seconde de silence. Harry avait levé les yeux et avait enfin remarqué les traces de profondes lassitudes qui marquaient les traits de Shakelbolt. Shakelbolt n’avait alors pas dormit, et ne veillerait d’ailleurs encore un bout de temps.
- Je dois te poser des questions, Harry.
- Je n’y répondrais pas.
- Cette baguette. La baguette que Voldemort avait, que tu as repris, la baguette dont tu as dit qu’elle avait appartenu à Malfoy et Dumbledore… De quoi s’agit-il Harry ?
- D’une baguette. Une simple baguette qui est passé de mains de mages noirs à mains de mages noirs. Ils tuaient avec, et au fil des siècles, au lieu de voir que c’était les mages qui faisaient la baguette, on a finit par croire que c’était la baguette qui faisait les mages. Résultat des centaines de sorciers sont à sa recherche. A la recherche du mythe. C’est une simple baguette. C’était. Je l’ai brisé hier matin à l’aube.

- Tu as quoi ?
- Je n’étais pas franchement enthousiaste à l’idée de me faire provoquer en duel par tous les psychopathes de cette terre. En matière de meurtriers sanguinaires, j’ai eu ma dose, je vous assure.
Kinglsey n’avait pas tiqué, mais un sillon sombre avait désormais barré son front.
- Que s’est-il passé dans la forêt interdite ? Comment a-tu pu te faire passer pour mort ?
- Je ne me suis pas fait passé pour mort.
- Tu…
- Je suis mort.

Kinglsey se souvint avoir dévisagé Harry, longtemps, profondément. Harry avait soutenu son regard. Harry devait en avoir l’habitude, entre Dumbledore, Minerva, Rogue…
- Comment ?
- Avada Kedavra. Jedusor n’a jamais été très original, avait raillé Harry. Kingsley avait eu des frissons dans le dos. Harry parlait avec tellement de cynisme de ces évènements tragiques. Au final, ça lui avait servit.

- Non Harry, je veux dire. Je te crois mais… comment fais-tu pour survivre à ce sort ?
Il avait senti croître en lui une violente cupidité, mais qui était heureusement partie comme elle était revenue. Cette envie insidieuse était un oiseau de mauvais augure. L’oiseau avait laissé dans le sillage de son envol une peur insidieuse. Oui, lui Kingsley, il avait eut peur. Il avait toujours peur d’ailleurs. Il craignait autant, voir plus qu’il ne le désirait, de découvrir le secret de Harry. Et il craignait encore par-dessus tout de voir ce secret tomber entre de mauvaises mains.

- C’est très simple, avait dit Harry d’un air détaché, mais d’une voix glaciale et inflexible. Il suffit de laisser les autres mourir à votre place. Maintenant si vous voulez bien m’excusez…

Harry s’était levé de son siège et avait amorcé un demi-tour.
- Non. Je n’ai pas fini.
- Moi si.
- Où tu vas ? Avait demandé Kingsley avec brusquerie. C’était nécessaire. Il devait attirer l’attention de Potter. Lui donner précisément ce qu’il recherchait, sans le savoir encore.
- Pardon ?

Kingsley s’était fait plus compréhensif, adaptant son comportement avec un soin tout particulier. Et en veillant de taper au cœur du problème. Sans détour.

- Où vas-tu aller Harry ? Aujourd’hui, demain, l’année prochaine. Tu es vivant, libre, pourchassé par tous les mangemorts en fuite, avides de vengeance. Vas-tu retourner chez ton oncle et ta tante ? Chez les Weasley ? Veux-tu entrer en septième année à Poudlard ?

Rester à Poudlard. Les mots magiques. Il avait deviné au raidissement soudain de Harry qu’un bloc de glace venait de tomber dans l’estomac de celui-ci. Il avait vu trop d’hommes brisés au long de sa carrière pour ne pas savoir les percer à jour.
- Non. Je… Je ne veux pas rester.
- Alors il y a peut-être une solution, Harry. J’ai une proposition à te faire.

Ça avait été le moment fatidique pour Kinglsey. Leurs regards s’étaient croisés, et très doucement, Harry s’était rassit. Kingsley avait retenu une mimique victorieuse.



- Kingsley ?
- Je n’ai rien mis dans le crâne de Harry, Arthur, commença Kinglsey d’une voix qui ne souffrait aucune contestation. Il m’a dit qu’il refusait de revenir à Poudlard l’année prochaine. Remus et Tonks sont morts dans les couloirs de Poudlard. Des amis de classe à lui. Je suppose que pour lui, ce ne sera plus jamais une école. Les deux dernières fois qu’il est venu à Poudlard, c’était pour enterrer Dumbledore et se battre contre Voldemort.

Kingsley fit une pause pour laisser à Arthur le temps de peser ses paroles. C’était sa façon de fonctionner dans un débat. Parler calmement. Exposer ses arguments. Et laisser à l’autre le soin de répliquer, de mettre à mal ses choix. Pour pouvoir encore mieux les expliquer, les remettre en perspective, et les légitimer de façon alors irréfutable.

- Mais pourquoi la formation d’Auror ? Pourquoi l’éloigner ?
- Parce que c’est ce que Harry voulait faire, Arthur ! Que voulais-tu qu’il fasse ? Qu’il reste seul au Terrier, sans ses amis, eux à Poudlard, dans une maison endeuillée ?
Arthur blanchit, mais Kinglsey parlait doucement.

- Crois moi, je comprends ce que Harry ressent. Il lui faut du temps pour accepter ce qu’il s’est passé, ce qu’il a fait. Pour accepter qu’il y en a qu’il n’a pas pu sauver. Accepter ses erreurs… Harry a besoin de prendre de la distance. De ne plus voir les mêmes personnes. Après, quand il aura fait son deuil, il reviendra. Fais moi confiance Arthur. Il doit non seulement faire le deuil de ses amis. Mais il doit aussi faire le deuil de son ancienne vie. Dire adieu à des années de poursuites, de combats et accepter de passer à autre chose et de laisser ses morts en paix.



- C’est absolument n’importe quoi, vociféra Hermione quand Arthur eut finit de narrer son entretient. Du blabla !

Ses joues rougissaient de colère et ses cheveux étaient plus électriques que jamais. Ses yeux lançaient des éclairs. Ron la regarda d’un air surpris. Les arguments de Kinglsey, retranscrits mots pour mots par Arthur l’avait presque convaincu. Sa colère était un peu retombée. Mais Hermione ne partageait visiblement pas son sentiment.

- Quel hypocrite ! « Dire adieu à des années de poursuites, de combats, et blablabla ». Dire adieu à des combats en le plongeant dans une formation destinée à faire de lui un supercombattant ? Lui apprendre officiellement à déjouer les complots de mages noirs ? L’envoyer là où Tonks travaillait ? Comment Kingsley espère-t-il nous faire gober un tel… monceau d’aberrations ! Tout ce qu’il veut, c’est mettre officiellement le Survivant de son coté, cracha-t-elle. Et moi qui pensait qu’il serait un premier ministre différent ! Maintenant, Harry Potter, « qui a vaincu », est sous ses ordres et officiellement un de ses supports.

Arthur fronçait les sourcils en écoutant Hermione. La petiote se trompait. Kinglsey n’était pas commença. Il n’était pas si… manipulateur.

- Et Harry… continua Hermione, soudain plus peinée qu’en colère, Harry… Il y a autre chose. Harry… Harry sait, j’en suis sûre, il sait qu’il a fait tout ce qu’il a pu. Et ce qu’il n’a pas pu faire, c’est… le hasard ! La vie ! Dumbledore et ses plans tordus, Rogue et son incapacité à aider de façon directe, bon sang, au lieu de procéder par Patronus interposé… Harry ne peut QUE en être conscient. Harry adore Poudlard ! C’est sa maison ! Le lieu qui symbolise ce qu’il est ! C’est impensable que Harry veuille fuir cet endroit ! Ça n’excuse pas non plus qu’il soit parti sans nous dire ce dont il s’agissait !



Hermione Granger était une fille brillante. Elle analysait son environnement et en tirait instantanément les meilleures déductions. Elle ne tirait pas ses résultats scolaires uniquement de sa rigueur, d’heures passées à apprendre par cœur définitions et procédures de potions.
Hermione Granger était intelligente.

Mais Hermione, dans ses raisonnements, restait désespérément Hermione Granger. Ne voyait pas que si Luna Lovegood s’accrochait à ses croyances déjantées, et à voir au-delà de tout pour tirer des conclusions souvent improbables, c’était aussi peut-être s’évader d’un monde terne et vide, qui la ramenait à chaque instant à la perte de sa mère. Hermione n’aimait pas changer de peau. Devenir quelqu’un d’autre et le comprendre, fusionner avec lui. Le Polynectar ne lui avait jamais réussit.

Dans ces conditions, comment Hermione pouvait-elle comprendre le besoin irrépressible de Harry de fuir un passé révolu… La vie de Harry avait changé irrémédiablement. Ce qu’il était avait changé irrémédiablement.
Auparavant, sa vie se résumait à survivre, se battre. Il était le Survivant.
Plus maintenant.
Sa vie ne pouvait plus se résumer à affronter la mort.
Il était devenu celui qui avait vaincu. Celui qui avait un avenir. Celui qui avait maintenant la possibilité de devenir quelqu’un. De se trouver une identité autre que celle de l’égal de Voldemort.

D’appréhender une liberté toute nouvelle, et terriblement effrayante.

Quoi de mieux que le Centre des Aurors, et ses règles rigoureuses, pour fuir cette liberté oppressante ?
Note de fin de chapitre :



Le prochain chapitre se passe au centre. On en apprendra plus sur Perkins, Crews et Coote, sur le Centre.

J'hésite à appeler le prochain chapitre "comment Harry deviendra un parrain aussi présent et prévenant que Sirius Black", mais ce serait faire preuve d'une langue plus fourchue que celle de Nagini...

Pour la mise à jour... Encore une fois, je n'en ai aucune idée. Désolée, désolée, désolée... J'aurais pu publier cette fic qu'une fois l'avoir finie. Mais ça n'aurait jamais été avant 2020... ^^'

S'il reste des fautes, n'hésitez pas à me les faire remarquer ! Je les corrigerai.
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