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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


I’ve had enough trouble for a lifetime. par Bendico

[175 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Le titre du chapitre est tiré d'Au nom de la rose.
J'ai beaucoup travaillé sur I've Had, sans rien écrire. J'ai lu Moby Dick, Là où les tigres sont chez eux.

J'ai rêvé Europa de Gary et me suis violemment engueulée avec Bobin. J'ai dévoré les raisins de la colère, et ai fait des manières avec la Princesse de Clèves. Stendhal ne m'a pas déçu. Je me suis cognée dans Emil Nolde et ne m'en suis toujours pas remise. Je suis passée de Vivaldi (mais le Presto de l'Eté des Quatre saison, quoi, le presto, bon sang !) aux kinks sans mot dire. J'ai gentiment prié Sartre de me foutre la paix, mais vous connaissez Poulou : pas moyen de s'en débarrasser. Pas étonnant qu'il ait les mains sales à force de traîner partout (désolée... j'ai pas pu m'en empêcher). Vous voulez du Baudelaire, il sort sa tête de derrière une page et agite sa main "houhou, je suis là !". Le fuir, c'est, hélas, le meilleur moyen de lui rentrer dedans.

Donc comme vous le voyez, je n'ai pas -rien- fait même si ma frénésie compulsive n'était pas très productive. J'ai noirci les pages de mon carnet à idées, défini l'histoire personnelle de chacun de nos petits aspirants adorés, je me suis demandée si mon héros devait affronter le mal, agir. Si son destin tenait de l'aventure. S'il était ou pas enraciné dans le monde, si sa force venait de ce qu'il avait en lui ou de la présence de la femme à ses cotés qui l'éblouit même à distance. C'est très chevaleresque, tout ça. Voilà pour les questions.

Pour les réponses, Danthes m'a soufflé que Harry n'avait même plus besoin d'Autrui pour inventer son double malfaisant. Il l'incarne avec beaucoup d'enthousiasme. Il m'a soufflé que Harry avait un humour noir à la hauteur de sa lâcheté. En bon sorcier, roi du passe-passe... Car je vous le dis, mes amis, notre survivant international n'est pas sorti de l'auberge...
Et puis j'ai failli tout arrêter de I've had car ce salaud de Saint Augustin a résumé tout mon livre I en une phrase :

"La douleur de sa perte ennuagea mon cœur de ténèbres. Tout ce que je regardais n'était que mort. Et ma patrie m'était un supplice, la maison paternelle une étrange désolation."
Les confessions, IV, VI, V (...d'accord, je sais plus où c'est).

Voici donc ce nouveau chapitre, où je passe maître dans l'art de repousser l'échéance. Ou comment pondre 13 pages en évitant absolument d'avancer dans l'histoire. J'espère que vous ne serez pas trop déçus. Moi je ne suis pas satisfaite du tout.

Comme d'hab, les pavés font pleurer les yeux, donc copier coller dans Word et mettez une police plus agréable. Je voudrais pas être responsable de votre future cécité.
Colleen préparait une nouvelle cafetière en se demandant si dans le Bureau, le sang avait déjà commencé à couler. Harry Potter… Elle s’étonnait que les murs n’aient pas commencé à trembler, que des pans du plafond ne se détachassent pas encore. Durant ces dernières années, prononcer son nom au QG des aurors ne pouvait que provoquer une de ces terribles querelles que tout le monde évitait, car elles sapent les fondations du centre, elles fracturent la cohésion indispensable au travail des aurors, qui, dès que l’heure de la fin de leur service sonnent, s’illustrent par leurs dissensions. Si le bureau des Aurors était la colonne vertébrale d’un gouvernement peu démocratique, s’il était le seul pilier stable d’une société ballottée par des courants politiques violents et sans éthique, alors Harry Potter était la scoliose menaçante, à l’affût de toute opportunité de paralysie incurable. Le centre, à l’heure actuelle, frôlait la paraplégie.

Et puis soudain, il était là. Dans l’encadrement de l’entrée de gauche. Mais était-ce vraiment le même individu ? Où était passée l’aura de cynisme morbide qui transpirait de sa démarche, de son regard, de ses paroles acerbes quelques minutes encore auparavant ? Bien sûr, il restait toujours cette souplesse de mouvement, ce port de tête beau, droit et fier. Presque arrogant dans sa colère. Il restait cette prestance effacée de celui qui a renoncé à se cacher sans cesse et qui a appris à apparaître sous le regard des autres. Vouloir se cacher quand on est calomnié et traité de menteur, c’est donner crédit à ses détracteurs et s’incliner en disant : « Oui, vous avez raison, d’ailleurs, voyez, je m’en vais, je tais mon existence ». Harry Potter n’était pas un pleutre. Il avait donc surgit du néant et avait cultivé l’irascibilité de son honnêteté. Quel coup de théâtre que cette interview au Chicaneur !, que Colleen avait lu comme tout le monde, mais avec plus d’attention que les autres, elle y avait déchiffré plus de choses. Harry Potter était donc enfin apparu, il était enfin venu au monde, il avait rattrapé et endossé le rôle mythique qui le précédait depuis sa naissance. Depuis, s’il essayait tant bien que mal de disparaître à nouveau, il finissait toujours par ré éclater au grand jour. Fuyant Poudlard, il s’était précipité sous les projecteurs des Aurors.

Il était là, plein de prestance injurieuse pour tout son entourage, et l’air devenait opaque autour de lui. Pourtant, c’était toujours le même visage neutre et fermé. Pas de frémissement de colère, pas de regard incendiaire. Mais dès que Colleen posait ses yeux sur lui, elle suffoquait ! Elle détourna le regard. Quand elle le dirigea de nouveau vers lui, il était revenu s’asseoir sur le haut tabouret du comptoir, et observait méticuleusement la salle. La sensation d’être comprimée avait disparue. L’air transparent était de nouveau limpide, et l’aura de cynisme était revenue.

Quand Harry atteint la cafétéria, il se sentait toujours comme irradié de haine. Il voulait que ces semblants d’être pensants endurent un instant le souvenir qui le lancinait depuis si longtemps. Sa mère criait, engloutie par la peur de voir son enfant tomber entre Ses mains, de douleur devant la mort de son mari, par une panique désespérément rationnelle. James, loin de sa baguette, qui apercevait avec effroi la haute silhouette noire à l’autre bout du couloir, sans comprendre comme Voldemort avait pu passer outre le sortilège du Fidélitas. Ses propres pleurs, déchirés et déchirants, comme seuls les bébés savent les hurler, la lumière verte, ce rire, et encore le visage incrédule de son père, et toute la bande constituée de sons enfuis puis brutalement extirpés de son inconscient, et du propre souvenir de Voldemort, souvenir empestant la satisfaction et la jouissance d’une pleine suprématie, recommençait et tournait en boucle indéfiniment. Oui, Harry voulait que toutes ces raclures ressentent ce qu’il ressentait. Cette pulsation jouissive de pouvoir dans sa poitrine, le sourire que Tom ne pouvait réprimer en voyant le corps de James Potter toucher le sol, le visage éteint, tout cela, Harry le ressentait. Encore. Et Encore. Il voulait qu’ils ressentent cela non par pour leur expliquer l’inexplicable. Mais par pur sadisme.
Et il avait vu le regard de Colleen fuir, et l’ironie cruelle de la situation l’avait rattrapé. C’était précisément de cette manière que Lucius Malfoy avait regardé Tom le jour de sa résurrection. Il s’en souvenait, et le revivait à travers Ses yeux. Il avait hérité du courage de Lily et James, de l’abnégation d’Albus, de la colère de Sirius et de la façon d’Être de Tom. Un super hybride super défaillant. Ses créateurs n’étaient ils tous pas morts de leurs nobles qualités ? Décidément, on avait rarement vu des absents aussi envahissants. L’ironie de la situation qui l’avait frappé, loin d’apaiser sa vielle amie la colère, sans qui il se serait senti seul (car seul, il l’était) avait au moins le mérite d’en déplacer la cible. Au lieu de s’acharner contre autrui, il se remit gentiment à haïr ce qu’il était, et ce qu’il ne serait jamais.





Un jour, un garçon s’était mis en travers du chemin de Johanna Crews. Il s’appelait Barny Carter. Elle avait dix ans et luttait pour obtenir la bourse de charité pour entrer dans un collège privé très réputé. Elle n’était qu’une minuscule enfant de dix ans, mais elle était parfaitement lucide quant à condition. Faire ses études dans ce collège privé était sa seule chance. Si elle n’y entrait pas, elle devrait aller comme tous les autres enfants au collège du quartier. Le collège à la réputation et aux résultats déplorables.

Elle se doutait bien que les professeurs du collège en question n’étaient pour rien dans l’échec qui attendait irrémédiablement tous les enfants qui échouaient dans leurs classes. Mais un hasard géographique rassemblait les enfants des trois orphelinats des environs dans le même établissement scolaire. Cinq cent enfants de basse classe sociale, sans parents, souvent instables psychologiquement. Une situation ingérable pour des professeurs souvent en début de carrière. Si elle était contrainte d’y aller, elle aussi, elle savait qu’elle n’aurait jamais l’occasion d’aller à l’université. Elle n’aurait jamais l’occasion d’avoir la même vie normale qui attendait ceux qui dehors, avaient des parents, un foyer, un avenir. Son avenir dépendait de Smelting. Un établissement de haut standing, avec les frais scolaires assortis. Totalement hors de ses moyens de pupille de la nation.

Mais il existait cette bourse. Le, ou la meilleure élève des trois orphelinats réunis recevait une bourse pour entrer à Smelting. Une bourse, non pas pour un an, mais pour toute la scolarité de l’heureux élu. Jusqu’à l’entrée à l’université. Huit ans dans la meilleure école privée tous frais payé. Et, dans la course à la bourse, Johanna était deuxième. La première était une horrible petite fille blonde sage aux pommettes rouges. La petite pute, l’appelait Johanna dans sa tête. La fin de l’année approchait, et Jo et l’horrible petite fille à maison en pain d’épice étaient au coude à coude dans les résultats. Il ne restait plus qu’un contrôle d’Histoire avant que les bulletins de sa dernière année d’école élémentaire ne soient terminés. Et avec eux le résultat du concours.

Johanna était sûre d’obtenir de nouveau une note optimale. Si seulement elle pouvait remettre la main sur son cahier d’Histoire. Et ce cahier, c’était Barny, qui l’avait. Qui le lui avait volé. Dans toutes les écoles, dans tous les orphelinats, il y a une brute. Dans l’orphelinat de Johanna Crews, ce glorieux rôle était assuré par Barny. La question de l’orientation scolaire et de son avenir sociale n’avait jamais traversé la grosse tête rougeaude et pleine de semoule du garçonnet. Son chemin, il le traçait à l’aide de ses poings, et il y semait les dents de ses petits camarades. Il adorait martyriser les fillettes innocentes. Malheureusement pour lui, Johanna Crews n’avait rien d’une fillette innocente.

Personne n’avait réellement compris comment le tisonnier enfermé à double tour dans le placard de la cuisine avait fini chauffé à blanc dans le lit de Barny, et plus précisément sur ses fesses. Mais Johanna avait récupéré son cahier d’école et obtenu une meilleure note que la petite pute au contrôle d’histoire. Le riche couple de retraité émit toutefois quelques réserves quant à offrir une bourse d’une inestimable valeur à une orpheline renfermée, étrange et aux pulsions visiblement violentes, plutôt qu’à une adorable fillette blonde à peine moins douée en cours. Et Johanna manqua la bourse. Evidemment, moins d’un mois plus tard, la lettre de Poudlard parvenait à son orphelinat, et une vieille femme sèche dont le chignon était coiffé d’un foulard aux rayures écossaises était venue expliquer à la directrice de l’orphelinat que Melle Crews avait été inscrite dans une prestigieuse école dans le nord de l’Angleterre. Et Johanna Crews n’avait jamais mis les pieds, ni dans le collège de quartier en compagnie de Barny, ni dans le prestigieux collège Smelting, où elle aurait retrouvé quelques années plus tard l’adorable Dudley Dursley.

Barny garda une cicatrice à vie, et ne put plus jamais adresser la parole à une fille sans être pris de douloureux tremblements. Mais ce qui le hanta toute sa vie, ce fut ce regard en cri de haine qui demandait à l’écarteler sur place de la gamine brune.

Toute autres personnes ayant eu la mauvaise idée de faire obstruction à la volonté de Johanna Crews avait fini par subir sort semblable. Bien sur, plus le temps passait, plus les vengeances devenaient subtiles, indétectables, et implacables. Bien sur, plus le temps passait, plus l’entourage de Johanna Crews fit attention à ne pas contrarier Johanna Crews.

Jusqu’à aujourd’hui. Et ce n’était pas parce que son nouveau boulet de service venait de ratatiner le plus grand mage noir de tous les temps d’un simple mouvement de poignet qu’elle passerait outre cet affront. Crews marchait à grandes enjambées dans les couloirs du Centre. Perkins et Coote, qui avaient déjà été témoin des vendettas de Crews à Poudlard, couraient à sa suite pour ne rien rater du spectacle. Elle allait laminer Harry Potter. Ou essayer. Nuance.



Il était là, au comptoir, feuilletant la Gazette du Sorcier du jour.
Elle se planta derrière lui.
- Je peux savoir ce qui t’a pris, Potter ?
Harry ne prit même pas la peine de se retourner.
- C’est à toi que je m’adresse, Potter.
- Je crois que j’avais compris. Il n’y a plus beaucoup de « Potter » vivant, aujourd’hui sur cette terre.
- Donc tu n’es pas sourd. Bonne nouvelle. Car j’ai deux trois petites choses à te dire.
- Je t’écoute, répondirent les omoplates de Potter à Crews.
- Je me fiche de savoir qui tu es. Je me fiche de savoir ce que tu as fait. Si tu me refais un coup comme ça, si tu oses mettre encore une fois mon avenir en danger, j’éclaterai douloureusement ta face de balafré torturé au moment où tu t’y attendras le moins.
Harry pivota sur son siège.
- Si j’ose mettre encore une fois ton avenir en danger ? répéta-t-il dubitatif.
- Parfaitement.
Harry jeta un coup d’œil par-dessus l’épaule de Crews. Coote et Perkins le dévisageaient sans mot dire. De toute évidence, ils comprenaient ce que Crews avait voulu dire. Autrement dit, ils avaient une longueur d’avance sur lui.
- Ce qui s’est passé dans le Bureau ne te concernait en rien, alors en quoi ça mettrait en danger ton avenir ? Demanda-t-il tout à fait sérieusement.

Enfin, d’une manière ou d’une autre, persifla une voix dans sa tête, tu mets toujours l’avenir de ton entourage en danger, Potter. Tu n’as pas encore compris ce simple constat, depuis le temps ?

Crews eut l’air franchement éberluée.
- Tu plaisantes, j’espère ?
- Absolument pas.
- Je vois, dit-elle.
- Visiblement, quelque chose m’échappe.
- La notion de respect envers autrui ? S’emporta-t-elle. Ecoute-moi bien, Potter. Peut-être que tu te fous totalement de cette formation, peut-être que ce n'est qu'un exploit de plus à ajouter à la longue liste de ton cv surmédiatisé, pour alimenter le mythe du Survivant, mais, petit con, il ne s'agit pas que de toi ! Nous, on court après cet apprentissage depuis notre quatrième année à Poudlard, et il est hors de question que tu bousilles mes précieux efforts sous prétexte que le monde ne s'agenouille pas devant ton ego. Compris, connard ? Alors plus jamais, tu m'entends, plus jamais tu nous fous dans la merde de cette manière, ou tu me le payeras.

Harry avait subi la tirade sans broncher, sans sourciller.
- Je ne voudrais pas passer pour quelqu’un de lent, articula-t-il avec soin, en la fixant droit dans les yeux. Mais je ne cerne toujours pas ce que tu me reproches.
- Je savais ton esprit limité, Potter, mais à ce point, ça reste exceptionnel. Qu’est ce que tu n’as pas compris, quand Butcher nous a sorti son petit laïus « Notre objectif est de faire de vous un groupe soudé, uni » ?

Coote se demandait comment cette querelle se finirait. On murmurait beaucoup de chose sur Harry Potter depuis une semaine. A la RITM, ils avaient diffusé un témoignage d’un combattant de Poudlard. Il avait raconté que Potter, non content de repousser l’avada kedavra de Voldemort avec un simple expelliarmus, avait verbalement humilié le mage noir avant de le ratatiner. S’il y avait un comportement à éviter devant Harry Potter, c’était bien la provocation. Mais comment en vouloir à Crews ? Sur ce coup là, elle avait raison, même si pour rien au monde il n’aurait voulu prononcer cette conclusion à voix haute…

- Et ? Continua Harry d’une voix lasse et distante. Ils veulent qu’on soit soudé. Génial. Tu me sembles la personne la plus sociable de cette pièce. Tu piaffes visiblement d’impatience de devenir ma meilleure amie, alors, promis, je ferai des efforts. Mais en quoi cette merveilleuse perspective d’avenir a à voir avec mon petit accrochage avec les fils de pute de l’autre salle ?

- Tout. Cela à tout à voir, Potter, intervint Perkins calmement, mais froidement. Ces « fils de pute », qui sont, je te le rappelle car cette information semble t’avoir échappé, nos supérieurs hiérarchiques, considèrent que nous nous devons d’être un groupe. Nous devons agir en groupe, penser en groupe, et quand l’un de nous parle, il parle au nom du groupe. Quand l’un de nous merde, c’est le groupe qui merde. En te mettant à dos les personnes qui jugeront de nos capacités à devenir auror, tu nous mets tous dans le pétrin. Peut-être que pour toi, te faire virer n’a pas d’importance. Tu es immensément riche et mondialement connu. Je suis sûr que tu trouveras autre part où aller. Il n’en va pas de même pour nous, conclut-il la mine sombre.

Il y eut un blanc. Tous attendaient évidemment la réaction de Potter. Elle ne vint jamais. Un homme venait d’apparaître dans l’encadrement de l’entrée de gauche. Malgré la distance, Harry reconnut parfaitement l’auror défiguré par les cicatrices.

Colleen se demanda pourquoi la dispute sèche s’était soudainement tarie. Elle regarda furtivement en direction de Potter.
Il fixait l'entrée. Colleen pivota tout à fait.
Oh.
Savage.
Que venait-il faire ici ? On n'était pas dans ses créneaux habituels. Il venait prendre son pain au raisin bien plus tard, d'ordinaire. Pourquoi fixait-il Potter ? Se connaissaient-ils ? Impossible de le deviner d'après l'expression de Potter. Elle était impénétrable. Il ne cillait pas. Il avait un air étrange, avec ses deux yeux verts, brillant comme deux points lumineux dans ses longs cheveux sombres. C'était trop théâtral.

Savage s'était décidé à s'approcher à pas résolus.
- Potter, dit-il de sa voix rauque.

Savage était un jeune auror, d'une trentaine d'année. Il était doué, mais effacé. Comme sa silhouette. Sa carrure était fine et ses gestes souples. Sa peau était légèrement halée sous les cicatrices. Malgré celles-ci, Colleen trouvait Savage beau. Distingué. Classieux. Ses mouvements étaient emprunts d'une sorte de grâce bienveillante. Il se montrait toujours rieur devant elle. Sauf cette fois. Il fronçait les sourcils et ses yeux étaient encore plus bruns que d'ordinaire.

- Monsieur, dit Harry, appliquant à la lettre le code de politesse qu'on venait de lui rappeler quelques minutes à peine auparavant.
- Appelle-moi Savage.
- Savage.
Perkins retint un soupir. A ce rythme là, ils ne sauraient jamais ce qui motivait la soudaine arrivé de ce type.

- Je peux quelque chose pour vous ?
- Tu connaissais Tonks ?

Colleen reposa l'assiette qu'elle essuyait machinalement dans l'évier en faisant tinter la porcelaine. Tonks ? Son cœur venait de manquer un battement.
Tonks ?
- Oui, répondit laconiquement Potter.
- Tu connaissais Tonks ? répéta en écho Colleen d'une voix soudain faible, ce qui tira des haussements de sourcils étonnés des trois autres aspirants. Dur, de se sentir totalement à coté de la plaque.
- Tu... Elle n'a jamais parlé de toi, dit Savage d'une voix légèrement enroué.
- Elle n'a jamais parlé de vous non plus, dit Harry, et une pointe d'ennui perçait déjà dans son timbre de voix.
- Je suis... J'étais son meilleur ami.

Il y eut quelques secondes de silence. Le tableau était tellement étrange. Savage et Potter échangeait de longs regards où tous deux essayaient en vain de percer l'autre. Colleen était accrochée à son comptoir, livide. Tonks ? Nymphadora ? Le choc et la tristesse lui broyaient le cœur comme dans un étau. C'était comme si on lui annonçait une deuxième fois sa mort. Coote surveillait le tressaillement des mains des deux interlocuteurs, les tics qui agitaient le coin de leurs lèvres, leurs paupières. Il les regardait choisir avec précaution leurs mots. Couvrir avec acharnement leurs arrières. Il notait la soudaine pâleur de la serveuse. Perkins ne perdait pas une miette de leur discussion. Il les scrutait sans aucune pudeur. Il ne supportait pas voir se jouer devant lui une scène dont il n'avait pas toutes les clefs de lecture en main. Quant à Crews... Loin de s'offusquer d'avoir été rabrouée avec la plus pure indifférence, elle regardait avec enthousiasme Potter être confronté avec un nouvel élément, dont visiblement il n'avait pas prévu l'irruption, mais qui ne semblait pas aller dans le sens de ses propres plans secrets et incompréhensibles.

- Elle connaissait ma haine de la magie noire et de Voldemort, et elle ne m'a jamais parlé de l'Ordre.
- L'Ordre a du enquêter à votre sujet. Ils auront vu en vous quelqu'un de peu fiable, expliqua Harry d'un ton morne. Sans aucune pitié.
- J'ai lu son dossier mortuaire.
- Curiosité morbide, commenta Harry, faisant décidément peu cas de la politesse due aux aurors titulaires.
- Il y est inscrit qu'elle était mariée et mère d'un enfant.

Il y eut une violente expiration. Colleen venait, à cette annonce, de reprendre possession de ses capacités pulmonaires. Elle n'était plus pâle, ni livide. Elle était blafarde. Dora ? Maman ? Mariée ? Dora ? Morte. De quels droits ces deux types venaient devant son comptoir, et parlaient comme de la météo de la mort de Dora ? Colleen luttait contre l'étourdissement qui prenait peu à peu possession de son corps, tout en reconsidérant Harry. Lui ! Potter... Tonks... Tout ce qui touchait à Potter, toute nouvelle révélation sur sa vie devait provoquer sans arrêt ce qu'elle ressentait à présent. La tristesse. La colère chez son entourage.

Harry ne répondait toujours pas. Ses prunelles vertes sondaient le regard de Savage.
- C'est vrai ? Demanda brusquement l'auror.
- Oui.
- Qui est Remus Lupin ?
- Un membre de l'Ordre du Phoenix.
- Vous le connaissiez ?
- Un peu.
- Il est mort, c'est ça ?
- Oui.
- A la bataille de Poudlard ?
- Si vous le savez, pourquoi venez-vous me voir ?
- Vous la connaissiez bien ? Tonks ?
- Un peu.
- Un peu ? C'est à dire ? S'emporta Savage. Ses traits fins étaient froncés de colère.
- Un peu. C'est tout. Pourriez-vous me dire clairement ce que vous attendez de moi ?

Savage examina attentivement le visage de Potter. Totalement fermé.
- Vous n'êtes pas le bienvenu ici, Potter.
- C'est très attentionné de votre part de m'en informer, dit celui-ci.
Crews fusilla le dos de Potter du regard. Voilà qu'il recommençait.

- Laissez-moi parler.
Savage s'assit sur un des hauts tabourets du comptoir. Il fit un signe à Colleen qui posa immédiatement devant lui une tasse d'eau brûlante et un sachet de thé. Harry s'assit sur le siège voisin. Perkins, Crews et Coote, qui, décidément, sembler vouloir jouer les mouches collantes, s'assirent à gauche de Harry. Ils écoutaient attentivement cette discussion qui ne les regardait nullement. Mais ni Harry ni Savage ne leur prêtèrent attention.
- Ce n'est pas pour les raisons que vous croyez, dit Savage, et sa colère semblait s'être calmée.
Harry se retint de lui demander comment il pouvait savoir ce que Harry croyait, mais il choisit avec sagesse d'écouter préalablement ce que Savage voulait lui livrer.
- Le ministère est hautement instable, Potter. Shakelbolt, le bruit court que vous le connaissez personnellement, n'est qu'un ministre provisoire. Le Bureau a du obéir bon gré mal gré aux ordres du gouvernement qu'on appelle déjà ici le gouvernement noir. Officiellement, ce gouvernement a été dépossédé de sa légitimité par Shakelbolt, mais ici, personne ne sait à qui se fier. Des têtes vont tomber, et chacun essaye de protéger la sienne.
- Je sais tout ça, intervint Harry, qui ne pouvait plus se contenir. Tout est de nouveau comme en 1981. Allez au fait.
- Ici, vous êtes le danger numéro 1. On ne sait pas ce que vous avez derrière la tête. On ne sait pas pourquoi vous vous êtes battus contre Voldemort. Pour prendre sa suite ? On ne sait pas comment vous avez fait. Magie noire ?
Savage fit ici une pause, comme s'il pensait qu'à ses accusations, Potter allait réagir. Mais Harry ne bougea pas. Alors Savage continua. Leurs auditeurs retenaient leur souffle partout autour.
- On ne sait pas ce que vous avez fait l'année passée. Mais surtout, on ne sait pas ce que vous comptez faire. Or, quoi que vous fassiez, le peuple sorcier vous suivra. Un auror ne doit jamais avoir ce genre de pouvoir politique. Cela le libère de la hiérarchie militaire qui nous organise. Cela le détourne de sa mission de base : chasser les mages noirs et protéger la stabilité du pouvoir en place. Nous ne sommes pas des héros. Nous ne luttons pas pour le bien. Nous nous battons contre les représentants du danger et du désordre. Nous obéissons aux ordres qu'on nous assène. Ceux à qui ce système déplait quittent nos rangs. Point. C'est pour ça que vous ne pourrez jamais faire un bon auror, selon la majorité d'entre nous. Vous êtes trop indépendant, vous avez trop de pouvoir, et surtout, vous ne serez jamais fiable.

Savage défia Harry du regard, le défia d'argumenter, d'essayer de le convaincre du contraire. Mais à sa grande surprise, Potter, si prompt à se mettre en colère selon les notes de Dolorès Ombrage, selon le portrait que faisait de lui Percy Weasley, quand on l'interrogeait à son sujet, ne réagit pas du tout. Il se contenta de lui retourner son regard.

- Vous avez fini ? Demanda-t-il calmement.
- Non, ajouta Savage. Vous allez être cité en témoin dans de nombreux procès à venir. Cela entache la réputation des Aurors. Et pour finir... Vous n'avez pas vos Aspics. Vous n'êtes pas arrivé ici par la voie normale d'admission.
Savage désigna les trois autres aspirants derrière, d'un mouvement de menton.
- Eux sont des aspirants légitimes. Vous non. Peu importe vos faits d'armes. Vous êtes ici par vos relations. Vous avez été pistonné. Vous ne méritez pas votre badge. Même les aurors qui auraient ici pu faire parti de vos partisans, ne vous pardonneront pas cet état de fait.
- Vous avez fini ? Répéta Harry.
- Oui, j'ai fini.

Il y eut quelques secondes de blanc.
- Vous n'avez rien à dire ? Demanda Savage, circonspect.
- Non. Je comprends tout ce que vous m'avez dit. Je partage l'avis des aurors.
- Vous partagez l'avis des aurors ? Répéta Savage, soulignant le caractère saugrenu de ces propos. Mais si vous partagez l'avis des aurors, que faites-vous ici, bon dieu ?
- Je veux devenir auror.

Savage considéra cette réponse. Potter comprenait parfaitement pourquoi ici tout le monde le haïssait d'avance. Pourquoi tous allaient lui mettre des bâtons dans les roues. Contester à chaque instant sa présence parmi eux. Et pourtant il restait. Pour devenir auror. Quelle autre raison aurait-il pu donner ? Pour quel autre raison pouvait-il rester ?
Savage avala d'un trait sa tasse de thé brûlante. Performance qui tira une mimique impressionnée à Perkins. On devenait insensible à la douleur après une formation d'Auror ?

Savage remercia Colleen d'un signe de tête. Elle avait repris contenance et essuyait sa vaisselle en les surveillants du coin de l'œil. Coote se dit que si tout le monde parlait toujours devant elle ainsi, elle devait savoir bien des choses sur ce qui se passait au sein du centre.
Et il repartit sans un mot de plus, laissant un lourd silence planer sur le comptoir de la cafétéria.

- Je crois que ce type ne t'aime pas, fit Crews d'un ton goguenard.
- Si tu le dis, répondit Harry.

Faut-il préciser que cette brillante répartie fut assénée sur un ton impersonnel ? Chaque mot, chaque syllabe qui sortait de sa bouche était dépossédée de toute émotion. Il n'était pas froid. Il n'était pas furieux. Il n'était pas sarcastique. Il n'était pas chaleureux. Il n'était simplement plus. Harry gisait quelque part dans la forêt interdite. Potter évoluait. Désincarné.

Crews avait tort. Potter le savait. Coote s'en doutait. Perkins s'en foutait. Il se demandait quelle forme allait prendre au quotidien l'animosité des aurors à l'égard de Potter. Cela rejaillirait-il sur eux ?
Crews savait qu’elle se trompait, mais la rebuffade était trop tentante. Néanmoins, elle avait parfaitement compris la situation. Savage n'avait rien contre Potter, mis à part une méfiance somme tout bien normale. Au contraire. Il était venu, et il avait très explicitement mis Harry en garde. Il avait pris cette peine, non pas pour intimider Harry et lui signifier qu'il n'avait plus qu'à rentrer chez lui. Il venait de lui donner des armes pour se battre contre cette animosité enracinée. Il venait de se présenter ouvertement à lui comme un de ses alliés. Savage ne savait rien de Potter. Mais Nymphadora Tonks lui manquait à chaque seconde. Et si Nymphadora avait choisi de faire confiance à Harry, il la suivrait. L'intelligence de Tonks n'avait jamais fait défaut.
Et le petit discours de Savage sur l'éthique des aurors n'avait pas été livré au hasard. Il voulait que ça change. L'obéissante aveugle, digne de stupides moutons, dont ils avaient fait preuve avec le gouvernement noir lui restait en travers de la gorge. Le centre était instable parce que le ministerium de Shakelbolt était provisoire. Stabiliser les institutions, c'était lui donner toute latitude pour réformer le pays.

Savage n'avait rien contre Harry. Il venait au contraire de lui prêter une certaine allégeance, quoique toute relative.
Là où Coote s'interrogeait, c'était quand il s'agissait de savoir si cette marque de confiance plaisait ou pas à Potter.
Visiblement pas.

Pas du tout, en fait. Pas du tout. Cela le faisait plutôt frémir de rage, sous son masque de cire. Et voilà. Encore un. Encore un qui s'en remettait à lui, pour tout remettre en ordre. Harry avait envie de donner un énorme coup de poing sur le comptoir, à en enfoncer le bois soigneusement verni.
Harry fulminait, bien que personne ne pût s'en rendre compte. Il ne voulait pas. Il ne voulait pas être la bannière fièrement portée au vent de Kingsley. Et il ne le serait pas. Il ne remettrait pas en cause le système du Centre. Il ne ferait aucune vague au sein du Bureau, n'en déplaise à Savage. Il serait un aspirant modèle. Il ne serait qu'un badge jaune de plus dans la liste séculaire des aspirants. Il ne serait pas Harry Potter, qui que Harry Potter soit. Crews pouvait se rassurer. Il ne mettrait pas en péril son plan de carrière tout tracé. La dernière fois qu'il avait été présenté en porte drapeau d'une génération, d'un mouvement, d'une idéologie, des centaines de sorciers étaient morts dans l'espoir fou, vain, risible, de voir se lever de jours meilleurs, lavés de la corruption et des complots. A cause de lui. Par ce qu'il avait laissé le mythe naître et prendre son envol. Alors qu'en réalité, il ne faisait que sauver sa propre peau, et accessoirement, assouvir sa soif de vengeance. Tous ces morts par égoïsme. Et ils en redemandaient. Les cons.

Harry se retourna vers les trois autres poulpes.

- Vous pouvez recommencer à respirer. Je ne vous mettrais pas de bâton dans les roues. Je suis là parce que je partage votre objectif, aussi étrange que cela puisse paraître. Mais comprenez-bien que chaque fois qu’un auror buté m’attaquera personnellement à propos d’un domaine dont il ne maitrise rien, je me défendrai.

Coote acquiesça. C’était légitime.
- Alors ? Que voulait dire Butcher par « Pointez vous à 9h15 à l’université ? » ?

Crews grogna. Potter se foutait vraiment de leurs gueules. Elle descendit de son tabouret, attrapa une autre Gazette du Sorcier dans la pile de journaux mis à disposition sur le comptoir, et alla le lire sur une banquette, plus loin dans la salle.
Tous se séparèrent.

La Gazette du Sorcier.
Harry aussi reprit la sienne, en fronçant les sourcils.
Vide. C’était vide. Et absolument pas coutumier de ce torchon journalistique. Qu’il n’y ait aucun fait ne l’étonnait guère. Qu’il n’y ait aucune rumeur à propos de la Bataille de Poudlard, aucun témoignage fumeux, aucune déclaration publique… C’était tout bonnement inconcevable. Bien sûr, il était tout de même question des récents évènements. On annonçait la levée définitive du Tabou, on notait l’étonnement et le soulagement des moldus sur le brusque arrêt des meurtres et destructions inexplicables, on conseillait néanmoins aux citoyens sorciers de ne pas baisser la garde jusqu’à ce que « lumière soit faite sur les évènements ». Mais voilà, aucune supputation vaseuse sur cette « lumière » tant attendue. Aucune liste de gens morts. De noms de mangemorts en fuite ou arrêtés. La Une annonçait l’abrogation de toute loi anti-né-moldu, ou sang-mêlé, le rétablissement de lois pour la protection des Elfes de Maison et l’anonymat des Loups-garous (Cette dernière avait soulevé beaucoup de remous. L’épuration anti-loups-garous n’avait pas réellement été vue comme un crime contre l’humanité. Plutôt comme un service rendu à la société, même venant de Mangemorts. On avait hasardé que, bon, les tuer était peut-être abusifs. Mais qu’il fallait continuer à les emprisonner fermement !)

- Quelque chose ne va pas ? demanda Colleen.
- Tu aurais toutes les éditions de la semaine passée ?
- Non, mais j’ai plutôt bonne mémoire. Tu cherches quelque chose en particulier ?

Que pouvait-il lui dire ? Harry décida de la jouer franchement.

- Je ne comprends pas pourquoi les Aurors ne sont pas au courant de ce qu’il s’est passé à Poudlard. Ils ne savaient même pas que c’est à la bataille de Poudlard que Tonks est mort.

Une ombre passa sur le visage de Colleen.
- Tu la connaissais bien ? demanda Harry.
- « Un peu ».
- Touché, fit-il en levant les paumes comme pour se rendre.
- J’ai toujours trouvé difficile de ne pas aimer Tonks, bien que certains ici y arrivaient parfaitement.
- Personne n’est au courant de rien ici, et il n’y a rien dans cette édition de la Gazette sur la Bataille, les morts, les répercussions politiques. Rien !
Colleen prit le temps de poser sa dernière pièce de vaisselle sur sa table de travail, de prendre un haut tabouret et de s’asseoir en face d’Harry, de l’autre coté du comptoir.

- C’est compliqué, commença-t-elle.
- Je m’y connais en choses compliquées.
- Je n’explique pas très bien.
- Toi au moins, tu prends la peine de m’expliquer de quoi il en retourne…, lâcha énigmatiquement Harry.
Colleen ne releva pas.
- Bon. Kinglsey, enfin, le Ministre de la Magie, a fait une déclaration l’après-midi de la bataille. Il a annoncé la mise en place d’une énorme enquête pour savoir exactement ce qu’il s’était passé, aussi bien à Poudlard qu’en dehors, qui avait été impliqué, dans quel camp, qui avait été blessé, par qui, dans quelles conditions, qui avait été tué, par qui…
- Dans quelles conditions, etc, poursuivit Harry.
- Voilà. Pareil : quels mangemorts y sont restés, lesquels ont été emprisonnés, et lesquels sont en fuites. S’il y a des mangemorts « nouvelles recrues » dont nous ignorions l’existence… L’enquête va aussi porter sur l’intégralité des employés du ministère.
- Je suppose que c’est là que ça se complique, anticipa Harry. Qui collaborait, qui obéissait aux ordres sous la contrainte, et surtout, à quels témoignages pouvons nous nous fier. Qui cherche à évincer son rival dans la course à l’avancement, et qui couvre son ami…
- Exactement. Des centaines de personnes vont être interrogées. Les trois quarts des effectifs des aurors sont mobilisés. Cela va prendre un temps fou. Et il est hors de question que des rumeurs malsaines circulent, faussent la confiance des sorciers vis-à-vis de cette enquête, ou déclenchent des vagues de panique. Les médias ne sont pas habilités à diffuser de fausses rumeurs, sous peine de se voir interdits. Ils ne doivent publier que des nouvelles que la commission d’enquête a confirmées et validées. Et évidemment, elle ne valide rien pour le moment. Les rumeurs circulent évidemment, mais sur les radios pirates, et de bouche à oreille. Il y a eut un témoignage à la RITM, mais il a été aussitôt démenti par les autorités.
Colleen marqua une pause.
- On dit par exemple que tu a de nouveau survécu à un Avada Kedavra. Mais personne ne confirme.
Harry ne dit rien. Colleen pâlit.
- Tu... ?
Harry ne moufta pas et se concentra sur ses mains autour de l’hanse de sa tasse de café.
- On dit aussi que tu as repoussé un Avada de tu-sais-qui avec un Expelliarmus.
Harry n’ouvrit pas plus la bouche.
- Et pour Gringotts ?
- Quand je disais que j’étais habitué aux choses compliquées, je faisais allusion à tous ces petits détails, répondit Harry. On peut revenir à la Gazette ?
- Oui. Donc la Gazette ne peut rien publier, sous peine d’être totalement censurée jusqu’à nouvel ordre. Et les Aurors ne sont au courant de rien, car rien ne transpire de la commission. Cela provoque d’énormes tensions au sein du bureau. Les rapports d’enquête ne seront laissé d’accès (et encore, que pour les aurors accrédités) qu’une fois la situation déblayée…

Colleen sembla sur le point d’ajouter quelque chose, mais se ravisa.
- Oui ? fit Harry.
- Rien.
- Crache le morceau.
Elle se mordit la lèvre.
- Evidemment, je suppose que tout serait plus simple et plus rapide, si tu expliquais ce qu’il s’est passé. Mais il parait que tu refuses.
- Comment sais-tu ça ?
- Kinglsey l’a annoncé ici en réunion. Ça a fait un énorme tollé. Certains étaient près à te passer au véritasérum de force.
- J’imagine.
- Alors ?
- Alors quoi ?
- Tu vas parler ?
- Tu veux voir fleurir une dizaine de nouveaux Voldemort dans les 3 prochains mois ?
- Non.
- Tu as ta réponse.

Harry regarda sa montre. Neuf heures. Il était temps de découvrir cette mystérieuse université.
Note de fin de chapitre :

"Paf ! "
Ce bruit idiot, c'est moi qui me cogne à un mur. Je peux plus tergiverser indéfiniment. Il va vraiment falloir que je fasse avancer l'histoire. Je sens venir des nuits difficiles. ;)
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