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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


I’ve had enough trouble for a lifetime. par Bendico

[175 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

EDIT DU 30 MARS 2010 :

Bonjour tout le monde !
Je suis désolée de ne pas avoir encore posté la suite (après le chapitre ci-dessous), mais j'ai vraiment énormément de boulot, donc mon temps passé sur la fiction est réduit au maximum en ce moment !

Mais elle n'est pas abandonnée !
J'ai à peu près écrit la moitié du prochain chapitre et j'ai... 22 pages Word.
Je vais mourir. Et dire que à l'origine, les chapitres allant de la première rencontre entre les aspirants à celui à paraître ne devait... n'en former qu'un !
Vous imaginez ma perplexité. Je crois que Crews, Coote, Perkins, Butcher et Darth Potter sont tout simplement incontrôlables. Y'en a pas un pour taper sur l'autre.

Donc je vous demande de prendre votre mal en patience, et pourquoi pas, de relire le début... Qui sait, peut-être que quelques uns des indices que j'ai distillés dans ces premiers chapitres déjà parus vous mettront la puce à l'oreille quant à la suite à venir...

A bientôt, j'espère !
B.


Notes de chapitre initiales :


Voici la partie deux du chapitre Der Wandervogel... Vous n'apprendez rien de particulier dans ce chapitre, qui reste encore et toujours, du blabla soporifique, mais il fallait bien remettre au niveau nos trois petits ignorants concernant The Dark Lord... En se rendant compte au passage de l'inefficacité total du service des aurors pour tout le coté "Intelligence Service".

Je sais que tous ces premiers chapitres fonctionnent par aller-retours incessants avec le passé, par redites de ce qu'on sait déjà, et que ça peut sembler frustrant.
Mais je ressens comme absolument nécessaire de s'arrêter sur où en est Harry, où en sont les Weasley, où en est la société magique, et d'où débarquent Crews, Coote et Perkins pour pouvoir enfin commencer à avancer dans l'Après et son noeud d'intrigues, sans s'y perdre complètement.

Car si dans les tomes d'Harry Potter, nous restons concentrés uniquement sur Harry, et où les états d'âmes de Ron Hermione et les autres ne sont qu'évoqués, ici, ils sont quatre à se partager l'affiche. Je veux pas partir dans des POV, qui seraient réducteurs, alors immédiatement, ça engrange des digressions à n'en plus finir et on stagne, on stagne.

Mais je ne voudrais pas vous faire fuir.
Alors, promis, dans le prochain Chapitre, Grump Butcher sera de retour. ;)

Bonne lecture de ces quelques 9 791 mots.
Huffman Dickens retint un soupir. Si on lui avait dit qu’un jour, il se retrouverait dans une pareille situation, il aurait conseillé à son interlocuteur de mettre le holà sur les décoctions de paeoniflorum. S’il tenait John Godwin entre ses mains, à portée de baguette, celui-ci regretterait âprement les beuglantes de ses années collèges.

Huffman avait appris trois jours auparavant qu’il reprenait du service au Bureau. Cela avait été surréaliste. « Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom est mort et nous avons de nouveaux apprentis. Bon retour parmi nous, professeur ! »

Ensuite, Godwin lui avait demandé de dresser aux petits nouveaux un bilan des récents évènements. Sauf qu’Huffman n’avait strictement aucun début d’idée claire sur les récents évènements en question. Et que Godwin avait refusé de lui dire quoi que ce soit. Tout juste s’il lui avait livré les noms de mangemorts emprisonnés, morts ou en fuite.

Huffman avait donc préparé un cours en plusieurs parties. Cela commençait par le portrait du sorcier-clef de cette histoire contemporaine : Voldemort. Ce qui entrainait inévitablement une disscussion sur Potter et Dumbledore... Par ce biais, il abordait les « récents évènements. » Ensuite et pour finir, ce qui allait se passer, concernant « l’après année noire ».

Le politicologue jeta un coup d’œil à ses notes. Trois personnages complexes, puissants, dont finalement on ne savait pas grand-chose. Qui était Lord Voldemort ? D’où venait-il ? Qui était réellement le très respecté Albus Dumbledore ? Que se cachait-il donc derrière les pans de sa vie qui étaient béants de vide ? Et Harry Potter. Célébré pour un acte de magie incompréhensible, dont on ne savait rien de l’enfance. Et son adolescence était rythmée par les scandales, les morts inexpliquées, et un mental vraisemblablement instable…

Jamais Godwin n’avait précisé à Huffman que Potter serait là, devant lui, campé au premier rang, pâle, froid, et pulsant d’une énergie malsaine.

Dickens se massa les tempes, parfaitement conscient qu’il était le point de mire de quatre regards scrutateurs. Comment allait réagir Potter ? Potter qui savait tout, devant lui, qui ne savait rien. Enfin, si. Potter allait apprendre quelque chose. Peut-être pas sur lui-même, mais sur les autres. Sur comment les autres le voyait, en toute objectivité. Il ne pourrait plus accuser le prisme déformant de Skeeter. Huffman allait confronter Potter à la dure réalité : ses actes, son culte du secret, tout tendait à tisser autour de lui un rideau de fumée opaque.

Huffman allait éventrer une porte ouverte.

Mais cette porte ouverte était un trou noir dont Potter n’avait pas conscience. Les sorciers n’étaient pas des idiots patentés. Ils tentaient de réfléchir avec les éléments dont ils disposaient. C'est-à-dire avec rien du tout. Comment s’étonner, ensuite, qu’ils se fourvoient lamentablement ? Mais on revenait à la première question. Toujours la même.

Comment allait réagir Potter ?



« Bien. Je dois vous informer que par souci d’objectivité, vos professeurs n’ont pas accès à votre dossier. »
Dickens marqua une pose. Evidemment, les trois « autres » jetèrent immédiatement un coup d’œil en coin vers Potter. Ils auraient bien aimé, eux, avoir accès au dossier de la bête de foire. Juste pour vérifier quelques petites rumeurs légèrement désagréables. Flippantes, en fait.

« Ce qui signifie que je ne vous connais pas. Veuillez décliner votre identité. »

D’ordinaire, des élèves, face à leur nouveau professeur, quelque soit le contexte, éprouvaient une certaine gêne quand l’heure venait de se porter volontaire pour prendre la parole pour la première fois. Trémoussement sur les sièges, regards obliques, pâleur ou rougeur sur le front, au choix, et surtout, un silence lourdaud et embarrassé. Ce sempiternel malaise valait d’ordinaire aussi pour les nouveaux petits aspirants terrorisés.

D’ordinaire.

En l’occurrence, d’un commun mouvement, ils se tournèrent vers l’extrémité droite du banc où ils étaient tous installés. De droite à gauche. Chacun son tour. Rapidement, qu’on en finisse avec ce simulacre de discours de bienvenue. Qu’on entre vite dans le vif du sujet.
« Johanna Crews, dit Johanna Crews.
- Richard Perkins.
- Benjamin Coote.
- Harry Potter. »
Dickens examina le visage de Potter tandis que celui-ci lâchait son patronyme. Aucune trace d’ennui, aucune accentuation blasée, aucun regard exaspéré devant ce petit manège. Comme s’il avait besoin de décliner son identité ! Mais non. Rien. Que dalle. Si ce n’est un léger frémissement de paupière tout à fait ininterprétable.

« Nous allons commencer par quelques biographie pour que vous appréhendiez la complexités des relations qui ont tissé la guerre qui vient de se dérouler sous nos yeux, silencieusement. »

Silencieusement. Certes. Pour ceux qui s’étaient terrés suffisamment loin des massacres de familles. Harry, personnellement, n’avait pas trouvé les hurlements d’Hermione en train de se faire torturer par Lestrange silencieux.

« Vous devez comprendre que si la vie politique du Royaume-Uni, et de l’Europe, a été mêlée de très près aux différentes luttes, nous avons aussi affaire à un conflit d’intérêt entre des individualités propres, et non pas simplement entre des leaders de différents courants idéologiques. Pour commencer, ici, nous appellerons le mal par le mal. Je ne veux pas entendre de « Vous-savez-qui », ni de « Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom » dans mon cours, ni dans aucun autre. Nous parlons de Lord Voldemort. Je veux vous entendre prononcer ce nom. Je vous écoute. »


Au début, prononcer ce nom n’avait été pour Crews qu’un défi de plus, relevé haut la main, pour écraser les autres de sa supériorité. Et puis, l’habitude, les frissons autour d’elle qui ne l’amusaient plus… Elle avait pris le pli et s’était mise à employer ces foutues périphrases sans même y penser. Aujourd’hui, elle savait que des gens avaient été torturés à mort pour avoir prononcé ce nom tabou, pour avoir « manqué de respect » au Lord.

Elle avait compris que le crime de lèse-majesté envers un dictateur sanguinaire n’était pas quelque chose qui pouvait être associé à ses vantardises habituelles. Maintenant qu’elle avait commencé à craindre la moindre évocation de cet être… On lui demandait d’articuler à voix haute ce nom poisseux de sang. Johanna Crews n’avait peur de rien. Mais ce fut sans vantardise, sans parade aucune, qu’elle obtempéra. Juste avec un sérieux désarçonnant, venant de sa part. Mais elle n’était pas chez les aurors pour faire l’andouille. Elle était là pour être la meilleure.

- Lord Voldemort, articula-t-elle.
- Lord Voldemort, articula Perkins en lui lançant un regard un peu impressionné, bien que se contrôlant lui-même parfaitement.
Crews se tourna vers Coote, qui soutint son regard.
- Lord Voldemort, lâcha-t-il en serrant les dents. Pas de peur, mais d’exaspération. Cette… fille... n’était rien d’autre qu’une provocation éternelle, un joli doigt d’honneur brandi à chaque personne de son entourage. Insupportable.

Aucun d’eux ne s’attendait à ce qui suivit. Ils sursautèrent tous quand Potter lâcha à son tour le satané titre de noblesse usurpé. « Lord Voldemort ».

Pourtant, cela n’avait pas été dit avec hargne. Ni avec peur, violence, exaspération, ou ironie déplacée. Les syllabes avaient roulés sur sa langue avec une normalité déconcertante. Les sonorités gutturales s’étaient éteintes sur ses lèvres, à peine prononcées. Et puis plus rien. Dans sa bouche, le nom de Lord Voldemort n’était qu’un simple son. Un nom, une appellation comme les autres. Lord Voldemort, dit par Harry, n’était rien de plus que le surnom risible qu’un adolescent à l’orgueil névrosé s’était donné pour combler momentanément son avidité maladive de pouvoir et son besoin pitoyable de reconnaissance. Potter prononçait ce nom machinalement. Comme un simple « Salut, ça va ? Il te reste un bout de parchemin ? » «Tu as de l’encre violette pour colorier Saturne ? » « Les mandragores ont encore pris sept centimètres, on va passer tout le cours de botanique à se faire mordre, fait chier les mecs ! ». « Lord Voldemort » n’était rien.


Perkins, Coote et Crews avait prononcé le mot tabou avec une cérémonieuse solennité, articulant soigneusement les syllabes, accentuant les voyelles longues. Ils y avaient associé les meurtres, la torture, la magie noire, qui accompagnait en pensée l’invocation macabre. En faisant ainsi du nom un symbole de la peur ressentie, un symbole de l’acte de révolte effectué en brisant ce tabou. Créant bien malgré eux le mythe -Lord Voldemort-. Le mythe de la peur sourde, insidieuse, visible nulle part, présente partout.


Car pour eux, Lord Voldemort n’était que l’écho atroce d’une bataille sanglante et mythique, n’était que des titres de presse retraçant des massacres indescriptibles. Lord Voldemort était une menace, une épée de Damoclès au dessus de leur nuque, dont on ne pouvait pas se défaire. Un nuage noir au dessus de la tête de chaque sorcier. Un nuage insaisissable, donc invincible. De pure terreur paralysante.

C’est bien pour cela que Dickens, et les trois autres ressentirent une de ces foudroyantes prises de conscience, comme ils allaient en endurer encore et encore en côtoyant Harry.

Ils prirent conscience de l’incroyable avance que ce gosse incompréhensible avait sur eux.

Dans l’esprit d’Harry Potter, Lord Voldemort n’était pas un mythe.
Ce n’était pas une crainte, une peur indicible, un cauchemar sans nom.

C’était une personne, un humain, ou presque. Un visage, une voix, des yeux, des gestes, des tics, des souvenirs. Un type répugnant et dangereux, mais un type. Pas un demi-dieu invincible venu tout droit des enfers pour écorcher vif tout ce qui se dressait sur son passage. Lord Voldemort était un corps physique, qui, bien qu’éventrant vif tout ce qui se dressait sur son passage, restait affrontable. Et qu’il avait affronté. Avec succès.

Harry Potter n’avait pas peur du nom de Lord Voldemort. Parce qu’il connaissait Lord Voldemort. Pas seulement le nom, mais l’être. Intimement. Sa vie, ses sentiments, ses pensées, ses actes. Ses peurs. Ses hontes.

Et l’idée même de connaître intimement une monstruosité telle Lord Voldemort emplissait Dickens, Crews, Perkins et Coote d’une peur panique, une peur effroyable et irrépressible. Et ils contemplaient Potter sans comprendre comment ce gamin loin d’être adulte avait pu endurer un tel supplice. Et s’en sortir vainqueur, sans aucun dommage. Comme une fleur.

Enfin.
Comme une fleur.
Tout était relatif.



« Lord Voldemort, répéta en echo Dickens. Bien. Vous savez sans doute qu’il n’existe pas de Lord dans la société magique anglaise.

Ce titre, issu de la hiérarchie sociale moldue, a été bannie de nos structures sociétales il y a des siècles, quand le mépris envers le non-magique se répandit dans les familles de sorciers. Dans notre Etat magique, il n’existe pas de noblesse officiellement instituée. La richesse familiale, le poste des membres vivants de la famille concernée, voilà quelques uns des différents éléments qui décident de la place de quelqu’un au sein de notre société. Avec, pour certains, evidemment, la généalogie, pour le dire vulgairement « la pureté du sang », qui peut être « entachée ».

Ainsi, la place sociale d’une famille magique n’est pas héréditaire. Les actions d’un fils peuvent jeter le déshonneur sur une famille, tout comme redorer le blason d’une lignée jugée indigne par ses contemporains.

Un titre de noblesse moldu est héréditaire. On est duc, comte, lord, de père en fils.
Vous remarquerez que pour se qualifier, Lord Voldemort, anti-moldu, anti-né-moldu, leader d’une idéologie pro-lignées de sang pur, a choisi un titre moldu, un titre s’inscrivant ordinairement dans une hérédité précise.

Ces éléments sont, comme nous allons le voir, des clefs pour comprendre cet être que bien peu connaissent personnellement. »


Dickens marqua une pose et contempla ses étudiants. Les « autres », captivés, prenaient assidument des notes. Jamais l’idée d’analyser le nom pour comprendre l’être ne les avait effleurés… Quant à Potter… Eh bien Potter le regardait fixement, les paupières légèrement tombantes. Rien ne l’étonnait. Dickens sentait que le garçon savait parfaitement vers quel développement son professeur se dirigeait.

Ainsi, nota Dickens, la lutte que Potter avait menée n’avait pas été de pure forme. Il ne s’était pas contenté de survivre, de fuir, de revenir au bon moment, de s’appuyer sur les meilleurs éléments de son entourage. Il avait soigneusement étudié son ennemi mortel pour savoir comment et où frapper. Méthodiquement.

Dickens se demanda une seconde comment Potter avait appris à connaître Voldemort. Lors de leurs rencontres ? Par Dumbledore ? Avait-il instinctivement deviné à qui il avait à faire ? Le garçon n’avait tout de même pas pu avoir un accès direct à l’esprit du mage noir, à ses souvenirs, à son âme. Ce genre de choses n’existait pas, même par Légilimancie. Dickens chassa cette idée saugrenue d’un revers de la main et repris le fil de son discours.



« Lord Voldemort est un titre usurpé. Et Voldemort n’est pas le patronyme du mage noir. Ce n’est qu’une création inspirée de la langue française, choisie pour sa signification macabre, révélant le goût du spectacle de notre… homme.
Vous allez vite comprendre pourquoi Voldemort avait besoin d’un tel titre. Son véritable nom est d’une affolante banalité. Rien qui n’inspire la peur. Le sorcier moyen aurait plutôt tendance à le railler gentiment.

Lord Voldemort se nomme en réalité Tom Elvis Jedusor. Ce nom a été fourni par Albus Dumbledore, et a été vérifié par le service des Aurors.
Si vous n’avez jamais entendu ce patronyme dans le monde sorcier, c’est tout à fait normal. »


Nouvelle pause.
Regards braqués, et sourcils relevés par l’interrogation.


« Lord Voldemort, alias Tom Elvis Jedusor, était d’origine moldue.»



Il y eut un flottement sur le banc des aspirants, le temps que l’information fasse son chemin jusqu’aux cerveaux, et que l’énormité du paradoxe leur saute enfin aux yeux.
Il y eut quelques murmures d’incompréhension, les regards se tournèrent de nouveau vers Harry. Mais Dickens reprit bien vite.

« Son origine moldue explique l’utilisation d’un titre moldu. Comment savons nous que Jedusor était d’origine moldue ?

Pour commencer, les registres de Poudlard indiquent que Jedusor a passé son enfance dans un orphelinat anglais, que sa mère est morte là-bas en couche, sans avoir fait montre d’aucun signe de magie, ne lui laissant que le nom de son père. Le nom de sa mère est resté inconnu. Jedusor a bénéficié des bourses de Poudlard durant toute sa scolarité. Tom Jedusor est, comme je viens de vous le dire, le nom de son père. Elvis était selon les notes de l’orphelinat le prénom du grand père maternel inconnu de Voldemort.

En 1941, l’été de la cinquième année de l’élève Tom Jedusor, trois meurtres de nature magique, par Avada, sur des moldus châtelains, ont été commis dans le village de Little Angleton. Les propriétaires du manoir se nommaient Monsieur et Madame Jedusor. Ils ont été assassinés avec leur fils, d’une trentaine d’année. Nommé Tom Jedusor. La ressemblance physique entre les photos du père adolescent, et les photos du jeune Tom Elvis Jedusor ne laisse aucune équivoque possible. Lien de filiation est indéniable. Tout laisse à croire que le jeune Tom Elvis Jedusor a assassiné la seule partie connue de sa famille, son père et ses grands-parents paternels, tous moldus, à l’âge de 15 ans, par sortilège impardonnable. »

Si Crews, Perkins et Coote prenaient encore des notes, ce n’était plus qu’un geste machinal. Yeux exorbités, bouches ouvertes, mines ébahies…

« Vous pouvez appréhender ici tout d’abord l’incroyable précocité magique d’un étudiant nommé Préfet puis Préfet en Chef, major de sa promotion, apprécié par l’ensemble du corps enseignant de l’époque. Un étudiant orphelin modèle capable de lancer des Avada Kedavra, et qui, loin d’éprouver de la joie lors des retrouvailles avec les membres disparus de sa famille, les assassine froidement. Tom Jedusor, qui se présentait sous les traits d’un adolescent poli, agréable, serviable, semble n’avoir jamais été doué d’humanité.

Comment un étudiant élevé dans le monde moldu, né d’une lignée paternelle moldue, a-t-il pu atterrir dans la maison très sélective qu’était Serpentard ? A l’heure actuelle, nous n’en savons rien. »

Dickens soupira, et ficha son regard dans celui de Potter. Ce n’était pas pour se montrer suspicieux, méfiant ou accusateur. Juste pour se préserver de toute accusation d’hypocrisie.

« Albus Dumbledore, appuyé ensuite par les déclarations de Monsieur Potter ici présent, ont affirmé que Tom Elvis Jedusor était l’auteur des crimes commis dans l’enceinte de Poudlard à cinquante ans d’intervalle au nom de Salazar Serpentard, à l’encontre d’enfants d’origine moldue, plus connus sous le nom de « légende de la Chambre des Secrets ». Et ont par-là même avancé l’affirmation que Tom Jedusor était le descendant direct du fondateur de Poudlard Salazar Serpentard. »

Les regards des aspirants se détachèrent enfin de l’orateur pour de nouveau se reporter sur Potter, qui resta totalement impassible. C’était comme si son nom n’avait pas été prononcé, ni ses paroles mises en doute.

« Les vérifications très pointues (toujours, quand cela concernait Voldemort) qui ont suivies cette affirmation sont formelles. Jamais la lignée des Jedusor n’a connu de sorciers. Alors quoi ? J’attire de nouveau votre attention sur la mère du Lord, dont nous ne savons rien, si ce n’est qu’elle est morte en couche. Une sorcière aurait eu recours à des soins magiques. Etait-elle une moldue ? Une Cracmol ? Une sorcière recluse ? Une descendante de Serpentard, éduquée dans l’idéologie propre à ce fondateur, aurait-elle laissé son enfant à une institution… moldue ?

La lignée des Serpentard s’est perdue dans les tourments des arbres généalogiques il y a maintenant quelques siècles. Aucune preuve ne peut donc être apportée à l’affirmation avancée par Dumbledore. Evidemment, sans preuves, aucune réfutation non plus.

L’utilisation du titre Lord s’explique par l’origine en partie moldue du mage noire, ce qui a forcément marqué sa culture, mais aussi et surtout par son vraisemblable souci de se trouver une généalogie, une hérédité, dont il soit fier. Mais il ne se cherchait pas une hérédité pour se reconnaître dans un patrimoine familial, pour se chercher des repères, comme l’aurait fait n’importe quel orphelin. Il désirait simplement asseoir une autorité, une supériorité dans son statut, influencé qu’il était par les courants de l’époque, qui décrétait qu’une bonne place dans la hiérarchie sociale et la pureté du sang étaient des nécessités irréfutables à la réussite sociale et magique.

Tom Elvis Jedusor était un élève ambitieux et avide sous son apparence douce. Envoyé à Serpentard, pour dominer suffisamment ses camarades de classe, il lui fallait une ascendance « noble », de sang pur. Ne pouvant se trouver un nom digne de lui, il s’en est créé un. N’ayant pas de lignée déterminant son statut social, il s’est attribué le titre ancré dans le folklore anglais du Lord, en veillant à en effacer toute connotation moldue.

Capacités exceptionnelles, soif de pouvoir, connaissance très précise de la magie noire et pratique de celle-ci sans aucun scrupule ou éthique, hypocrisie, manipulation, et art du spectacle. Voilà quelques mots pour décrire Tom Elvis Jedusor à sa sortie de Poudlard. Et à l’époque, il n’était pas encore devenu le Lord Voldemort que l’on connaît. »


Perkins déglutit. La société magique du Royaume-Uni avait-elle jamais eu une chance face à un tel spécimen ?

Crews regardait sur son parchemin soigneusement calligraphié les mentions « serpentard » « orphelin » et « ascendance magique inconnue ».

Elle raya rageusement la mention « Lord Voldemort, un destin de mage noir tout tracé ? » qu’elle avait rapidement ajouté dans la marge. Le destin de Voldemort n’avait rien de tracé, de pré-écrit. Il l’avait choisi, construit. Elle en était la preuve vivante. Même origine fumeuse, mêmes doutes sur son identité.

Mais elle, elle ne rêvait que d’une chose : connaître ses parents, peu importe qui ils étaient. Peu importe leurs origines. Lui les avait trouvés. Et les avait tués. Avec un sort impardonnable. L’idée même d’un sort impardonnable donnait la nausée à Crews. Elle avait vécue dans le même bain idéologique putride que lui, à Serpentard, mais, elle, elle avait choisi l’éthique et la droiture. La vie de Lord Voldemort ne se résumait pas à des prophéties inéluctables. C’était une série de choix conscients et confirmés. Il n’y avait rien de commun entre elle et lui. Absolument rien.


Coote lui se demandait si Potter savait qui était la mère de Jedusor. S’il savait si le mage noir était effectivement relié à Serpentard. Si Potter savait si l’inhumanité de Jedusor faisait intrinsèquement partie de sa personne, ou si elle lui avait été marquée au corps par des évènements dont la société magique ne savait rien. Qu’est ce que Potter savait, bon sang ? Pourquoi ne livrait-il pas tous ses renseignements, maintenant que le mage noir était trépassé ?
Harry lui, regardait son parchemin. Ainsi voilà tout ce que savait la société magique sur les origines de Voldemort. C’était à la fois beaucoup et très peu.



« A la sortie de Poudlard, on perd rapidement la trace de Jedusor. On le retrouve là où on ne l’attend pas : vendeur chez Barjow et Beurk, boutique de magie noire qui sévit encore aujourd’hui sur le chemin de traverse.

- Monsieur ? Si cette boutique est connue des services des aurors, pourquoi l’ont-ils laissée ouverte ?

- Parce que Barjow et Beurk ne sont pas avares de renseignements. Ce sont des hommes d’affaires. On les laisse poursuivre leur business, et en échange, ils permettent aux aurors d’avoir un œil ouvert sur les divers trafics d’artefacts maléfiques. Il faut mieux que ce trafic se fasse sous l’œil averti des aurors, qu’autre part, sans aucun contrôle d’aucune sorte. »

Dickens vit Potter relever la tête. Une réaction s’affichait enfin sur son visage. Regard pensif, et rides de contrariété sur le front.
- Quelque chose à ajouter, Monsieur Potter ?
- Barjow et Beurk donnent aussi des informations aux mangemorts concernant les aurors. Cela ne contrarie pas le ministère ? Durant l’année que vous appelez « noire », et même bien avant, même si c’était en partie sous la contrainte, ils étaient clairement du coté de Voldemort. Sans leur collaboration avec les aurors, aucun mangemort n’aurait pénétré dans l’enceinte de Poudlard en juin 1996, et Albus Dumbledore ne serait pas mort. »

Du moins pas encore mort. Il aurait eu quelques semaines de répit. Peut-être assez pour remettre la main sur quelques Horcruxes de plus, et le temps de préciser à Harry que celui-ci était supposé se laisser tuer par Tom, sans envoyer mourir dans un combat vain des adolescents de 16 ans plus habitués à développer des photos magiques qu’à affronter des tueurs en série.

« Qu’est ce qui vous fait dire ça, Monsieur Potter ? »
Harry retint un soupir. Il retira ses lunettes, et il passa une main lasse sur son visage crispé.
« Les Aurors n’auront qu’à interroger Barjow, Burke, Draco Malfoy, et les quelques mangemorts qu’ils ont capturés. C’est leur boulot non ? Puisque de toute façon, tout ce que je dis est considérer comme la dangereuse affabulation d’un malade mental. »

Un silence pesant accueillit ces mots.
Dickens réagit. Le ton fut sévère, âpre, mais ouvert à la discussion.

« Vous êtes aussi prompt au préjugé, Monsieur Potter. Je n’ai jamais laissé entendre que votre témoignage était l’affabulation d’un malade mental. Au contraire. Nous parlions de Barjow et Beurk, et vous semblez avoir des informations. Chez les Aurors, quand on fait part d’une indication, on précise sa source, ou le contexte dans lequel on l’a obtenue. Alors je vous invite à préciser votre propos. »

En deux phrases hachées, Harry résuma le plan désespéré de l’armoire à disparaître et l’entrevue entre Beurk et Malfoy dans le magasin, durant l’été 1996, dont il avait été témoin avec Ron et Hermione.

« Merci Monsieur Potter. Je ferais part de ceci à un officier des Aurors, qui ira vérifier dans les archives si les aurors étaient ou non au fait de cet épisode. Revenons à présent à Jedusor. Nous perdons sa trace de nouveau après cette étrange étape de son… projet professionnel.

Et on ne retrouvera jamais sa trace.

Quel fut son chemin sur la voie de la magie noire ?
Qui rencontra-t-il ?
Quand Tom Elvis Jedusor disparut-il pour laisser définitivement la place au funeste Lord Voldemort ?
Comment Voldemort rassembla-t-il ses premiers fidèles ?
Quels furent ses premiers crimes ? Quels sorciers tombèrent en premier sous ses sorts ?
Quels pays arpenta-t-il en quête de pouvoir ?
Quand ce sang-mêlé commença à camoufler ses agissements sous la couverture d’une idéologie raciale nauséabonde ?
Quand le nom de Voldemort commença à être craint ? A être tû ?

Trente-huit ans séparent le jeune et brillant diplômé sorcier du mage noir invincible qui tomba à l’automne 1981.
Que s’est-il passé durant ces trente-huit années ?

La seule source que nous avons concernant les agissements de Lord Voldemort reste… Albus Dumbledore. Source contestée depuis la mort de ce dernier. Et à vrai dire, Dumbledore n’a jamais apporté la moindre preuve à ses propos. Non pas que les aurors en ait réellement demandées…

Nous savons que Lord Voldemort a commencé à rassembler des fidèles au début des années soixante-dix. Et il n’a jamais arrêté. C’est entre 1970 et 1979 qu’il recruta les sorciers qui allaient être ses plus fidèles mangemorts. Bellatrix Black, Rodolphus et Rastaban Lestrange, parmi des dizaines. »



Les trois mangemorts qui avaient torturés les Londubat jusqu’à ce qu’ils en perdent la raison.
Les trois qui s’étaient échappés d’Azkaban en janvier 1996.
Les trois qui étaient au département des mystères.
Harry reposa prudemment sa plume avant qu’elle ne soit complètement broyée entre ses doigts. Cela aurait fait désordre.



« Les assassinats commencèrent à aller croissant. A ce moment là, Tom Elvis Jedusor avait cessé de se contenter d’être le mage noir le plus puissance de la décennie, voir du siècle. Il voulait avoir le pouvoir. Contrôler le monde magique. Et il commença par s’attaquer à l’Angleterre.
Semaines après semaines, mois après mois, il noyauta toutes les guildes magiques. Toutes les places fortes du Royaume-Uni, le ministère de la magie en tête de liste. Mois après mois, le nombre de disparitions, ou au contraire de corps retrouvés, morts, s’envola.
Des années de pures terreurs s’engagèrent. Le ministère résistait tant bien que mal. La rue, le soir, était arpentées par des silhouettes noires. Les aurors étaient débordés, et infiltrés.

Evidemment, il a fallu des mois à Voldemort pour se glisser insidieusement dans chaque administration magique.

Il devait rester invisible, et faire de ses sbires des fantômes insaisissables. Il fallait les former, les organiser. Même pour un mangemort, mettre un employé du ministère sous imperium de façon indétectable demande des semaines de travail. Et encore d’autres semaines avant de commencer à guider la marionnette sans attirer l’attention. Le culte du secret, qui empêchait le ministère de frapper directement l’ennemi, ralentissait aussi considérablement Voldemort.
Le processus s’était engagé au début des années soixante-dix. Il toucha au but au début des années quatre-vingt.
Mais à partir de 1979, la marge d’action de Voldemort commença à se rétrécir. Un groupe de résistants, menés par Albus Dumbledore, commençait à contrer ses actions. On ne connaît pas encore aujourd’hui le nombre exact de ses résistants, ni leurs identités. Ces résistants se regroupaient sous le nom d’Ordre du Phénix.
Voldemort fut contraint de revoir ses priorités. D’abord, anéantir le groupe adverse. Ensuite, reprendre son ascension invisible vers le pouvoir. »

Dickens fit une longue pause. L’amphithéâtre plongé dans la pénombre resta silencieux, pendu à ses lèvres muettes.
« Et puis à partir de l’été 1981, les enquêtes maigres et avortées des aurors témoignent d’un nouveau changement de cap. Les aurors n’attaquaient plus pour tuer, pour manipuler, mais pour rechercher des informations. Une information, dont nul ne comprenait la portée. L’ensemble des mangemorts, des infiltrés dans toutes les strates sorcières, se mirent à la recherche de trois personnes. »




Les plumes s’arrêtèrent de gratter le parchemin. Perkins, Crews et Coote avaient déjà compris.

« On ne sait toujours pas pourquoi Voldemort considéra les Potter comme les ennemis à abattre, avant même Dumbledore. On ne sait pas ce qui le mit soudainement sur leurs pistes. On ne sait pas ce qu’en savait Dumbledore, mais il prit visiblement cette menace bien plus à cœur qu’aucune autre. Les membres de l’Ordre du Phénix, auquel les Potter semblaient prendre une part active, étaient menacés plus qu’aucun autre sorcier. Ce qui ne les empêchait pas de se battre, de se tenir sur le front de guerre.
Subitement, la protection des Potter fut la priorité absolue.
Ils disparurent de la circulation. Plus personne n’entendit parler d’eux à partir de début juillet. »

Harry n’écoutait plus que d’une oreille l’histoire de sa propre famille.
Il savait déjà ce qu’il s’était passé. Ses parents et lui s’étaient cloitrés dans des lieux cachés, secrets. Protégés.

Crews, Coote et Perkins pensaient à la même chose, ce qui les concernant, était particulièrement inhabituel.

Voldemort n’avait pas tué les Potter comme n’importe quel opposant à sa domination sanglante. Il les avait traqué plus que quiconque. Pour les parents Potter, ou pour le bébé ? Avait-il dès le début reconnu dans un poupin braillard son rival, le plus grand des dangers qui le guettaient ?

Harry était-il vraiment l’élu ?

Pour Hermione Granger et Ron Weasley, cette information avait été appréhendée, intériorisée, plus classée comme n’importe quelle autre. Au final, elle n’avait pas changé grand chose à leur situation. Mais pour les sorciers, un simple oui ou non pouvait faire basculer une société prête à se reconstruire dans la plus effroyable des démences.

Car l’hypothétique réponse à cette question avait nourri durant des mois l’espoir fou et fragile de milliers de sorciers. Si aujourd’hui, ils apprenaient que, non, Potter n’était qu’un sorcier comme les autres, qui était toujours au mauvais moment au mauvais endroit, avec une chance felixienne à toute épreuve, ils réaliseraient aussi que durant des mois, ils avaient suivi une chimère. Qu’ils s’étaient peut-être jetés à corps perdus dans une bataille sans aucun espoir fondé de réussite. Qu’ils auraient pu tout perdre.
Le gouffre. La terre qui se dérobe sous les pieds, voilà ce que ressentiraient les sorciers si on clamait que Potter n’avait jamais été élu de quoique ce soit, s’ils imaginaient le désastre que tout aurait pu être...
Ils auraient en eux en permanence un sentiment inéluctable de peur en l’avenir, de méfiance envers le Sorcier, l’Homme, et la magie, forcément destructrice, en général.

Se dire qu’Harry Potter était l’élu, c’était avant tout pour eux, se dire que si les Sorciers regorgeaient de raclures infâmes, il existait aussi des lumières dans l’obscurité, qui resteraient toujours pour les guider, quoiqu’il survienne. Des messies.

Démontrer que l’Elu Potter n’était qu’un mythe inventé par la rumeur populaire, c’était souffler d’un coup toutes ces pauvres lumières éparses. Plonger tout le monde dans le noir, et le laisser hurler de terreur. C’était assurer qu’un jour ou l’autre, les massacres reprendraient, et que cette fois-là, aucune entité supérieure ne viendrait pour les sauver. C’était les plonger dans l’attente de ce jour funeste.

Harry était-il vraiment l’élu ?
Qu’Huffman coche la case « Oui » et Coote, Perkins et Crews avaient un avenir, un destin, et avec eux toute la sorcellerie.
Qu’il coche « non », et tous ne seraient plus que des fétus de paille paumés dans le grand univers, absolument vains.





« Les meurtres continuaient, mais étaient maintenant entièrement tournés dans l’unique objectif de retrouver les Potter.

Tout ce que je vous dis résulte d’analyses postérieures.
A l’époque, bien sûr, personne au ministère, n’avait saisi cette nouvelle logique. C’est devenu clair des années après.
Le 31 Octobre 1981, Lord Voldemort trouva la cachette des Potter. »

Dickens se sentait cerné. Et voilà. Voilà qu’il parlait du meurtre de deux parents devant leur propre enfant. Et pas n’importe quel gamin. Harry Potter.
Huffman s’arrêta une énième fois. Par humanité, cette fois. Il se tourna vers le seul survivant de ce massacre connu de chaque sorcier en vie aujourd’hui dans le monde.

« Vos trois compagnons doivent savoir ce qu’il s’est passé précisément, mais compte tenu de ce que vous avez vécu, ces derniers jours…
- Ces dernières, semaines, mois ou années… » L’interrompit Potter en planta ses yeux dans ceux de Dickens.
Dickens s’arrêta, décontenancé. Mais Potter n’ajouta rien. Il reprit, en essayant difficilement de faire abstraction de l’absurdité de la situation. Lui, Huffman Dickens, avait cette conversation là, avec… Harry Potter. Mais il reprit.
- Compte tenu de ce que vous avez vécu, je comprendrais s’il est trop difficile pour vous que j’en parle en votre présence. »

Harry ne s’attendait pas à cela. De la considération. Pas de la pitié, pas un traitement de faveur, ni de la gêne, ou encore moins de la raillerie. Juste de la considération. Du respect pour l’être humain doué de sentiment qu’il était. Qu’il était censé être.

« Vous pouvez continuer. Je sais ce qu’il s’est passé.
- Je m’en doute, Monsieur Potter. Mais ça peut être perturbant d’apprendre des détails concernant le… meurtre de ses… parents dans un cours d’histoire, de la bouche d’un professeur inconnu, et qui plus est, devant vos camarades.
- Ce n’est pas perturbant, si c’est vraiment ce qui vous inquiète. Et… »

Harry fit une pause. Il chercha ses mots. Il ne pouvait s’empêcher de rectifier cet homme. Parce que son orgueil le lui soufflait. Parqce qu’il ne voulait pas paraître ignorant, diminué. L’instinct de survie qu’il s’était construit mois après mois, année après année, le poussait à se présenter comme fort. Dominant la situation.
Traversant un feu noir vers la Pierre Philosophale, s’engageant dans la Chambre des Secrets, affrontant les détraqueurs, le tournoi des trois sorciers, fonçant au département des mystères. Tournoyant dans la Grande Salle du même pas que Lord Voldemort et ordonnant à tous les autres de ne pas bouger, de le laisser se battre. Lui. Car c’était Son combat. Car Il Savait Ce Qu’il Fallait Faire.
Dominant la situation.
Mais d’un autre côté, il avait décidé de ne pas faire de vagues. De laisser derrière lui le passé extraordinaire d’Harry Potter l’Omniscient Qui Avait Vaincu Lord Voldemort. Et se mettre en avant devant son tout premier professeur, dans son tout premier cours, en affirmant savoir plus et mieux que les autres, n’était pas forcément le comportement qu’on pouvait attendre d’un étudiant décidé à faire « profil bas ».
Mais après tout, en toute honnêteté, il savait effectivement plus et mieux que les autres, concernant ce dont ils étaient en train de parler. Alors baste.

« Et je doute d’apprendre ici des détails concernant ce qu’il s’est passé le 31 Octobre 1981 à Godric’s Hollow, Monsieur. Je m’en souviens. J’étais là.
- Mais tu avais un an, intervint Perkins, qui n’avait visiblement pas pu retenir sa langue plus longtemps. Tu ne peux pas te souvenir de tout.
- Je n’ai jamais dit que je me souvenais de mes propres souvenirs », lâcha énigmatiquement Harry, avant de se tourner de nouveau vers Dickens : « Comme je le disais, vous pouvez continuer à expliquer ce qu’il s’est passé. Cela n’est pas… perturbant. »

Tous fixaient Harry. Coote se dit que cette année à côté d’un tel phénomène allait être mortelle. Selon quel sens, là était la question.

« Bien. Hum. Où en étais-je… reprit Dickens en jeta un regard un peu perdu à ses notes.
- Au meurtre des Potter, lança une voix joyeuse.
- Merci, heu… Mademoiselle Crews. Le 31 Octobre 1981, Lord Voldemort trouva la cachette des Potter. Il tua James et Lily Potter, les… parents de Monsieur Potter ici présent – ici, Dickens se jura solennellement de faire chèrement payer à Godwin de l’avoir foutu dans un merdier pareil – et essaya de faire de même avec Monsieur Potter. Il... n’obtint pas le résultat escompté. Pour des raisons encore obscures, le sort de mort, l’Avada Kedavra, lui fut retourné. Pour des raisons encore obscures, il ne succomba pas non plus à ce sort. Il… disparut, son esprit, selon les suppositions d’Albus Dumbledore, vidé de toute substance physique, donc de son corps, mais toujours pourvu de substance magique. Une sorte de… volonté pure se maintenant par… magie. Le souffle de l’explosion éventra le Manoir Potter, et pour des raisons toujours aussi obscures, ne blessa pas le moins du monde Monsieur Potter, alors âgé d’un an. »

Perkins avait levé la main.
« Sait-on comment Voldemort a retrouvé la trace des Potter ?
- Pour être honnête… non, annonça Dickens en s’humectant les lèvres. Disons que la version officielle est bonne à mettre à la poubelle, mais que les… démarches juridictionnelles pour la corriger n’ont pas encore été mises en œuvres.
- Pourquoi ? Demanda Crews en fronçant les sourcils.
- Parce que, intervint de nouveau Potter à la surprise de tous, la vérité n’est rétablie que par ceux qui la considèrent comme importante. Ceux aux yeux desquels elle compte. Dans cette situation précise, la vérité compte aux yeux de la personne que le rapport officiel a lésée. La version officielle a fait emprisonner à Azbakan durant douze ans un innocent, et il est considéré comme fugitif par le ministère et la loi depuis qu’il s’est enfuit de cette prison alors qu’il était condamné à perpétuité.
- Et cette personne, pourquoi n’a-t-elle pas engagé des démarches pour faire valoir son droit d’être libre ? » Demanda Coote en fronçant les sourcils.

« Parce que Sirius Black a été tué il y a deux ans en se battant contre des mangemort », répondit Harry sans qu’aucune émotion ne se laisse entendre dans le timbre de sa voix.
« Être libre, c’est tout de suite moins important, quand on est mort. »





« Lord Voldemort manqua à l’appel durant treize ans. Il « renaquit » en juin 1995, entouré de ses mangemorts, et grâce à l’action de ses mangemorts. Le seul témoin de cette résurrection, qui ne soit pas un mangemort, est une nouvelle fois Monsieur Potter ici présent.
Le retour de Voldemort était censé se faire dans la plus grande discrétion. La survie d’un témoin a contrecarré ses plans, et son retour a été rendu public par Potter et Albus Dumbledore.
Cependant, Cornelius Fudge, le ministre de la magie en poste à l’époque, considérant l’annonce de Dumbledore comme une basse manœuvre politique destiné à lui voler son haut poste, a entamé une campagne visant à discréditer Albus Dumbledore. Le ministère s’est appuyé sur son service de presse officieux : La Gazette du Sorcier, qui s’est évertué à réduire la sagesse du vénérable sorcier en sénilité délirante, et à jeter le trouble sur la réputation de Monsieur Potter, dont la personnalité est toujours restée mal-connue du grand publique, pour le faire passer pour un semi-délinquant instable et mythomane. »

Ils retenaient tous leur respiration.
Mais Potter, cette fois-ci, se tint coi. Que pouvait-il ajouter, de toute façon ? Il ne pouvait nier que son comportement ne le faisait pas exactement passer pour le type le plus stable et saint d’esprit du monde.

« Le retour de Lord Voldemort a été rendu officiel, puisqu’alors indéniable, en juin 1997, lors que le ministère, et plus particulièrement, le Département des Mystères, fut l’objet d’une…
D’une… »

Dickens soupira. Boulot de merde.

« Bon, on ne sait toujours pas ce qu’il s’est passé. Des mangemorts et des membres de l’Ordre du Phoenix, ainsi que six étudiants de Poudlard s’y sont affrontés une nuit. On ne sait pas comment ils ont pénétrés à l’intérieur du ministère, on ne sait pas pourquoi. Les membres de l’Ordre du Phoenix se sont volatilisés avant qu’on puisse les identifier. On ne sait pas exactement combien de mangemorts s’y sont retrouvés. Beaucoup furent démasqués et durent prendre la fuite : Lucius Malfoy, Crabbe senior, le patriarche des Goyle, Walden Macnair, et encore Mulciber…

Voldemort s’est lui aussi retrouvé au ministère, et y a été reconnu par les employés du Ministère et Fudge lui-même, qui arrivaient au petit matin pour travailler. Voldemort s’est battu devant tout le monde contre Albus Dumbledore, ce qui a redonné à ce dernier toute sa crédibilité. En ce qui concerne les six élèves de Poudlard présents, leur présence a été tûe au possible par le ministère, les aurors et Dumbledore.

Monsieur Potter y a été clairement reconnu par les employés du ministère. Il n’est pas difficile de déterminer quels furent vos acolytes, Monsieur Potter. Hermione Jane Granger, Ronald et Ginevra Weasley, Neville Frank Londubat et Luna Lorca Lovegood.

Pourquoi aller au département des mystères ? La raison de cette bataille, responsable de gravissimes dommages aux diverses recherches effectuées alors – Harry eut le souvenir fugace de Ron, ligoté par des cerveaux gluants, et du mangemort pris dans une cloche temporelle, qui s’était vu affublé d’une tête de bébé rougeaude – a été gardée très précieusement par Dumbledore.

Il a néanmoins transpiré que les mangemorts cherchaient à mettre la main sur une prophétie concernant Lord Voldemort et Harry Potter. De là, les rumeurs les plus folles et les inepties les plus aberrantes furent élaborées : l’idée faisait de Monsieur Potter « l’élu destiné à mettre à bas le Seigneur des Ténèbres » commença à se répandre.

Je commence à me fatiguer de le répéter sans arrêt, mais on ne sait toujours pas, à l’heure actuelle, de quoi il en retourne réellement. »



« Et tu l’es ? L’élu ? » Demanda Crews sans préavis. Mais après tout, c’était le moment où jamais, non ?

Car on y revenait encore et toujours.

La température de la salle chuta de quelques degrés supplémentaires, au désespoir du professeur qui se dit une énième fois que ces cours allaient effectivement être très très longs.
Harry se tourna lentement vers elle, et après l’avoir dévisagé avec, selon Coote, mais comment pouvait-il en être sûr ?, une lueur de mépris dans le regard, il répondit.

« Qu’est ce que tu peux en avoir à faire ? Voldemort est mort.
- Peut-être que nous avons le droit de savoir avec qui nous allons passer ces prochains mois…
- Eh bien, justement, il te reste tellement de temps pour apprendre à me connaître, pourquoi gâcher la surprise en dévoilant tous les secrets dès le premier jour ? Railla Harry.
- Parce que je doute que tu restes ici aussi longtemps que prévu, Potter ! Je rentabilise les douloureuses secondes passées en ta présence !
- Crews, et si tu gardais ta langue fourchue dans le trou à immondice qui te sert de bouche ? Il y en a que le cours intéresse… » Lâcha Coote, qui se retenait visiblement à grand peine d’écraser le joli minois de sa vieille amie contre l’ébène de leurs tables.

Perkins les considéra tous tour à tour, et lâcha, tandis qu’Huffman listait dans sa tête les façons les plus rapides et indolores de se suicider :

« Je sais pas vous, mais je suis persuadé que nous allons vite devenir de grands amis. »

Avant que cela ne tourne au massacre généralisé, Huffman reprit la parole, non sans bafouiller légèrement.

« Le retour avéré de Voldemort signa la fin abrupte de la carrière de Fudge. Fut nominé à sa place Rufus Scrimgeour, qui paya ce poste de sa tête douze mois plus tard. Voldemort disparut de la circulation, mais les meurtres « inexpliqués » reprirent, la marque des ténèbres réapparut dans les nuages, chaque jour, les commerçants du chemin de traverse se firent cambrioler et kidnapper par des mangemorts encapuchonnés. Le ministère fut évidemment infiltré, et comme plus d’une décennie auparavant, la confiance se tarit entre les membres de la communauté magique. Mais vous avez-vous-même connu cette période.

Nous avons là le modèle classique des manœuvres de Voldemort. Il est partout, mais invisible, les opposants ne savent pas où frapper pour le combattre. Les mangemorts sont visibles partout dans les rues, mais à moins de les abattre, on ne peut les reconnaître, donc trouver des moyens de pression contre eux…
La population se méfie de ses voisins, de ses amis, de ses institutions. La menace de l’imperium plane et personne n’est jamais à l’abri nulle part.

La mort d’Albus Dumbledore, que nous aborderons plus tard, donne le coup d’envoi des actions à grande envergure des mangemorts. Assassinats et kidnappings en série, main mise sur le ministère, massacres de moldus, déportation de né-moldus, fichage des sorciers sang-mêlés et des ainsi nommés « traitres à leur sang »… Toute personne suspectée de conspiration ( !) envers Lord Voldemort fut traquée, à l’instar du glacier parfaitement inoffensif Florian Fortârome. Toute personne pouvant être utile aux plans de Voldemort fut kidnappée, comme le fabricant de baguettes bien connu Ollivander.
Pius Thickness fut nommé Ministre de la Magie. Impérium ou soumission volontaire ? On ne sait pas de quoi il en retourne, mais il apparaît clair qu’il obéissait directement à Voldemort.

L’année Noire fut consacrée pour Voldemort à atteindre deux objectifs : retrouver Monsieur Potter, ce à quoi il ne parvint jamais, et asseoir son modèle sociétal basé sur la domination des sorciers sur les moldus, et des sangs-purs sur les autres sorciers, et autres créatures magiques.



Et puis, le 2 Mai, sans que rien ne puisse laisser deviner ce qui allait se passer, ni pourquoi, une majorité de mangemorts mit le cap sur Poudlard. Les aurors n’ont appris qu’après coup, des heures après la bataille, qu’exactement au même moment, Monsieur Potter venait d’arriver, par on ne sait toujours pas quel passage secret, à l’école. Que des élèves qui avaient résistés durant un an au joug de Séverus Rogue et de deux de ses professeurs, mangemorts, nommés par Voldemort pour contrôler l’école, et qui s’étaient terrés, on ne sait pas où ni comment, des mois dans l’enceinte du château, ont prévenus l’Ordre du Phénix que Monsieur Potter était subitement réapparu, et que l’affrontement tant attendu et redoutait semblait sur le point de se déclencher.

Une interview « furtive », non planifiée, prise sur le vif, fut réalisée le 3 Mai auprès de Minerva McGonnagall et de quelques uns des élèves ayant combattu à Poudlard. Les révélations faites lors de cette interview n’ont pas été confirmées officiellement. Vous faites dorénavant partie des aurors, et vous avez donc accès à quelques uns des secrets d’états. Je dois donc vous apprendre que Kinglsey Shakelbolt, notre ministre de la magie provisoire, a très secrètement demandé au bureau des aurors de considérer comme véridique l’intégralité des propos recueillis par la RITM, jusqu’à le résultat d’investigations plus précises. Cette information est bien entendue confidentielle, et il vous est interdit de la divulguer à qui que ce soit. Voici les Parchemins-Archivés de cette interview. Vous les lirez. »

Dickens leur distribua un rouleau à chacun. Coote décacheta le sien et lu les premières lignes. C’était bien ça. Ce Lee Jordan n’était pas un dangereux illuminé, comme il l’avait cru dans les premières secondes. Tout était véridique. Hallucinant.

Potter et Voldemort avait convergé en même temps vers Poudlard. Coote ne croyait pas à un hasard. Mais alors quoi ? Potter avait des espions chez Voldemort, pour prévoir ses plans ?

« Ah si. Lee Jordan fait allusion à des propos qu’aurait tenus Narcissa Malfoy. En raison de leur grande incohérence et du statut particulier de cette femme, aucune confirmation n’a été donnée par M. le Ministre. »

Donc rien ne prouvait que Potter ait survécu à un nouvel Avada Kedavra, conclut Coote.

Cette histoire était décidément un véritable foutoir. Combien de cadavres allait-on sortir de combien de placards ?

Dickens reprit.
« La Bataille de Poudlard a duré toute la nuit. Les membres de l’Ordre du Phoénix, les professeurs et… une trentaine d’élèves affrontèrent le gros des mangemorts.
On dénombre une cinquantaine de victime dans les rangs du « Bien ».

Je n’ai pas la liste des résistants tués. Ni celle des mangemorts abattus ou emprisonnés. On sait que des géants, des elfes de maison et des centaures se sont mêlés à la bataille.

A dix heures du matin, le 3 Mai, Minerva McGonnagall, Shakelbolt et quelques autres ont annoncés la mort de Lord Voldemort, tué par Monsieur Harry Potter. Devant le cadavre de Lord Voldemort et de nombreux Mangemorts, et la présence de mangemorts désarmés et blessés dans les cachots de Poudlard, les aurors n’ont pu que… Se plier à cette affirmation. Une cinquantaine de témoins a de plus, témoigné avoir vu de leurs propres yeux le duel magique entre Harry Potter et Lord Voldemort, remporté par Monsieur Potter ici présent.

Sainte-Mangouste accueillit de plus nombre de blessés. Minerva McGonnagall fut nommée directrice provisoire de Poudlard. Le Château ferma ses portes pour sa rénovation et nul ne put y accéder ou y pénétrer sans son autorisation de vive voix.

Monsieur Potter est resté invisible jusqu’à hier, à son arrivée chez les aurors. C'est-à-dire qu’à part pour les aurors, il est toujours invisible. Sa présence ici est classée confidentielle, et les aurors ne sont pas habilités à divulguer cette information. »





Ainsi, personne ne savait où il était. Mis à part Ron et Hermione – une ride apparut furtivement sur le front de Harry, seul signe visible qu’il pensait à ses anciens compagnons -, et sûrement G… Les Weasley et McGonnagall.

Ce constat était étrangement reposant. C’était comme si une porte venait de se refermer dans un claquement sec sur l’agitation extérieure et son brouhaha incessant, étouffant les cris et les piaillements d’une foule-sangsue.
Ses épaules se décrispèrent un peu. Il était presque en sécurité.

Ses pensées se tournèrent une fois de plus vers ses nouveaux compagnons de voyage.
Il devrait faire avec eux. Harry Potter avait disparu de la surface de la terre pour tout le monde sorcier, et les quelques moldus qui le connaissaient. Exceptés ces trois-là, qui allait le scruter chaque minute de chaque jour, comme s’il était une bête en cage susceptible de se jeter à tout instant sur ses compagnons d’infortunes pour les déchiqueter vivants.

Harry avait appris bien malgré lui qu’il ne fallait pas se fier aux gens du quotidien. Durant combien d’année, Pettigrew avait-il été l’heureux ami de Remus, Sirius et James ? Avant de leur planter une machette entre les omoplates.
Il avait cru pouvoir faire confiance à Xenophilius Lovegood, mais celui-ci, quelles qu’étaient ses raisons, l’avait trahi. Avait ainsi trahi tout ce en quoi croyait sa fille. La fidélité, la franchise et l’amitié.
Il avait cru pouvoir faire confiance à Dumbledore. Mais celui-ci lui avait caché la vérité jusqu’au bout, provoquant tant de morts inutiles.


Harry ne deviendrait pas ami avec Ben Coote, Dirk Perkins et Jo Crews.
Pour sa sécurité. Pour la leur.
Mais aussi parce que, concrètement, il ne savait pas qui étaient Ben Coote, Dirk Perkins et Jo Crews… Les mots de celle-ci résonnèrent dans sa mémoire. « Nous avons le droit de savoir avec qui nous allons passer ces prochains mois. »

Pouvait-il se permettre ne serait-ce que de leur tourner le dos ? De baisser sa garde devant eux durant quelques secondes ?
Et les aurors ? Les taupes devaient toujours roder, à bien y réfléchir. Un Avada Kedavra sous une table, et il était mort. Enfin, théoriquement mort. Dans son cas, la pratique se révélait régulièrement… surprenante.


Harry savait que malgré la mort de Voldemort, il devait continuer à se méfier de chaque personne dans son champ de vision, et encore plus de toute personne n’y figurant pas. Pourrait-il un jour se reposer sur ses deux oreilles ? Oui. Mort et enterré. En attendant…

Et puis il y avait autre chose. Qui transpirait de ce cours, et de la réaction des trois autres aspirants. Et de celle de Colleen, et de Savage. Quelque chose hurlé par tous les regards des aurors du Bureau, quand ils l’avaient aperçu et reconnu.

Ils voulaient savoir.
Ce qu’il s’était passé. Comment il avait fait. Pourquoi. Qui était-il. Les moindres détails morbides des combats. Les moindres secrets enterrés. Ils voulaient s’en repaître dans une orgie voyeuriste.

Jusqu’à ce que le dernier fait macabre ait été exposé et décortiqué, ils seraient là, volants comme des mouches autour de lui, en quête de quelque chose, n’importe quoi, dans son regard, ses gestes, derrière ses mots.
Il avait quitté les vautours pour se plonger dans un nid de cafards.

Et Harry n’avait pas la moindre intention de se livrer. Pas plus aux aurors qu’à Johanna Crews. Il avait peut-être disparu de la surface de la terre pour le gros des sorciers et les rares moldus qui le connaissaient, mais les aurors ne le lâcheraient pas d’une semelle.



Et il était vital qu’ils n’apprennent rien. Rien au sujet des Horcruxes. Car l’information transpirerait forcément, et des milliers de mage-noirs en quête d’immortalité se mettraient à collecter à travers le monde des morceaux d’âmes disséquées.
Et si on apprenait qu’il avait été un horcruxe de Voldemort ?

Il serait tué sur le champ, « au cas où ». Peut-être même de la main de Kingsley.
Après tout, il ne fallait prendre aucun risque. Voldemort était déjà revenu une fois. Les sorciers ne referaient pas deux fois la même erreur.





Une cloche le tira de ces joyeuses rêveries.
« Vous savez donc maintenant tout ce que les aurors savent de Tom Elvis Jedusor, alias Lord Voldemort. Nous continuerons demain avec une biographie d’Albus Dumbledore et de l’Après Guerre qui commence dès à présent. »

Sur ces mots, d’un coup de baguette magique, il rangea son cartable et sortit de l’amphithéâtre, laissant plantés là les quatre personnages principaux du nouveau cauchemar qu’était devenue sa vie d’enseignant. S’enfuyant la queue entre les pattes.

Quand il franchit le seuil de l’amphithéâtre, il croisa une petite femme d’environ soixante-cinq ans, à la mine perpétuellement renfrognée, au teint sombre et au nez pointu. Sa main, agrippant fermement son cartable de cuir rouge, arborait des ongles parfaitement manucurés et avait tout d’une serre particulièrement griffue.
Huffman, en gentleman civilisé, songea à lui souhaiter bien du courage, car la bande qui l’attendait n’était pas de tout repos. Mais après une discrète observation, il se dit que c’était plutôt aux aspirants qu’il aurait fallu prodiguer des exhortations au courage face à un pareil spécimen.

C’était étrange à quel point le métier de quelqu’un pouvait formater son apparence.
Il salua d’un signe de tête sa collègue et s’éloigna bien vite dans le couloir, laissant Potter, Coote et Perkins à leur redoutable Professeur de Gobelin.

Il s’engagea dans l’imposante cheminée et se mit à tourbillonner dans une langue de feu magique et un nuage de cendre.
Godwin l’attendait à sa sortie, un air vaguement intéressé plaqué sur le visage.





« Alors ?
- Je ne sais pas ce que vous attendez d’eux, Godwin, mais je doute sincèrement que vous arriviez un jour à faire travailler ensemble ces quatre énergumènes.
- Potter a fait des difficultés ?
- Par rapport à ce à quoi je m’attendais ? Absolument aucune.
- Mais pourtant vous dites que…
- Godwin, vous ne trouverez pas de gens plus différents les uns des autres que ces quatre là. Ils n’ont rien en commun. Je ne connais pas leur histoire personnelle, mais dans leur manière de réfléchir, de réagir, de se comporter, ils s’opposent viscéralement les uns aux autres ! »


Les yeux de Godwin pétillèrent.
« C’est ce qui les rapprochera, mon cher Huffman. Leurs différences. Ils trouveront chez les autres ce qui leur manque. Chacun trouvera son équilibre en s’appuyant sur ses compagnons d’arme. Seuls, ils sont instables et se fourvoient dans des impasses. Ensemble, ils seront les quatre pointes d’une rose des vents. Opposés certes les uns aux autres, mais pointant dans la bonne direction. Indiquant le chemin à suivre.
- Vous voilà bien lyrique.
- C’est l’espoir.
- Ou le désespoir. Faites attention, Godwin. Vous vous lancez dans une expérience au résultat plus qu’improbable. Votre précipité risque à tout instant d’imploser. Et croyez moi, pour l’avoir côtoyé deux heures, je peux vous affirmer qu’on ne peut pas traiter monsieur Potter comme une vulgaire expérience. C’est ce à quoi Dumbledore s’est acharné des années, et il en est mort. Et le garçon en est sorti…
- Détruit ? Hasarda Godwin.
- Fracassé. Vous avez parlé avec lui ?
- Pas encore.
- Alors vous ne pouvez pas savoir de quoi il en retourne. Ce garçon, ou cet homme, je ne sais même pas comment l’appeler, fait froid dans le dos. On ne peut pas s’y fier.
- Vous ne l’avez côtoyé que deux heures, je vous le rappelle.
- Il y a quelque chose dans ses yeux.
- Quelque chose ?
- Une ombre. Ou le vide laissé par une ombre. Je ne sais pas. Quoi que vous aviez en tête, Godwin, faites attention. Vous jonglez avec de la nitroglycérine. »



La professeur de Gobelin avait refermé la porte de l’amphithéâtre derrière elle. Godwin partit, le couloir était redevenu silencieux pour quelques heures.






A midi tapantes, toutes les autres portes s’étaient ouvertes, libérant un flot d’étudiants aux chapeaux pointus et aux robes de couleurs printanières. Des jeunes filles et des jeunes garçons se reconnurent, se serrèrent dans les bras et échangèrent quelques mots enroués. Quelques larmes et beaucoup de sourires. Aujourd’hui, les cours avaient repris pour tout le monde. Sang-purs, sang-mêlés, nés-moldus. Pour ceux qui étaient toujours vivants. Une semaine après la Bataille de Poudlard, ils avaient été conviés à venir écouter leurs professeurs leur expliquer comment leurs études allaient pouvoir reprendre, quelles orientations s’ouvraient à eux.

Et enfin, ils se retrouvaient tous. Etudiants entre dix-huit et vingt-cinq ans, dans toutes les branches de la magie. Après un an sans aucune nouvelles de personne. Les épaules se touchaient, les regards se croisaient et on retrouvait dans les yeux de chacun la même émotion, le même soulagement, et aussi les mêmes fantômes. Les noms des absents furent murmurés. Mais l’heure était à la confiance envers son prochain, à la joie et à la gratitude de revoir ceux qui étaient encore là. Il fallait fêter la fin et une renaissance. C’était bien eux, les jeunes étudiants libres, qui représentaient l’avenir. Le temps laverait les immondices laissé par la guerre, et ce serait alors à eux, la nouvelle génération, de bâtir une société qui ne se laisserait plus emportée par la violence et l’envie. Et ils se jugèrent que le jour venus, ils seraient au rendez-vous, prêts.
Ils étaient orphelins, ils étaient traumatisés, ils n’avaient plus de repères, plus de modèles. La société et les adultes les avaient trahis. Mais ils étaient vivants et conscient d’être sortis plus forts et plus droits de ces épreuves. La complaisance envers l’intolérance et la corruption n’aurait plus cours dans le nouveau monde qu’ils allaient bâtir.
La rumeur gonfla dans ce couloir centenaire qui n’appartenait qu’à eux. Un nom commença à poindre sur les lèvres, et revint encore et encore au cœur des discussions fébriles. Un nom comme un élan irrésistible vers la bravoure et l’honnêteté. Comme une promesse de paix. En l’honneur de celui qui avait été bafoué et qui pourtant s’était battu pour eux.
Harry Potter.

Sans savoir qu’il était quelques pas d’eux, à une seule petite porte close. Les fuyant, les abhorrant. Plein d’une rancœur amère. Froid et insensible aux rayons du soleil qui se déversaient des hautes baies vitrées et qui les baignaient tous d’une réconfortante chaleur.

Plein de cendres.
Note de fin de chapitre :

Si y'a des fautes qui vous font pleurer, merci de me les faire remarquer !


EDIT DU 30 MARS 2010 :

Bonjour tout le monde !
Je suis désolée de ne pas avoir encore posté la suite (après le chapitre ci-dessous), mais j'ai vraiment énormément de boulot, donc mon temps passé sur la fiction est réduit au maximum en ce moment !

Mais elle n'est pas abandonnée !
J'ai à peu près écrit la moitié du prochain chapitre et j'ai... 22 pages Word.
Je vais mourir. Et dire que à l'origine, les chapitres allant de la première rencontre entre les aspirants à celui à paraître ne devait... n'en former qu'un !
Vous imaginez ma perplexité. Je crois que Crews, Coote, Perkins, Butcher et Darth Potter sont tout simplement incontrôlables. Y'en a pas un pour taper sur l'autre.

Donc je vous demande de prendre votre mal en patience, et pourquoi pas, de relire le début... Qui sait, peut-être que quelques uns des indices que j'ai distillés dans ces premiers chapitres déjà parus vous mettront la puce à l'oreille quant à la suite à venir...

A bientôt, j'espère !
B.

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