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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


I’ve had enough trouble for a lifetime. par Bendico

[175 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Parfois, il faut partir loin, pour mieux revenir. Reste à savoir si Harry reviendra un jour...

Les paragraphes 'blocs' sont peu lisibles sur le site, mais je ne veux pas briser les paragraphes.... Si vous avez mal aux yeux, je vous conseille de copier coller sous Word et de mettre dans une police et une taille plus adaptée à la lecture sur ordinateur ! :)
Un rayon de soleil perça entre les collines, frappa la surface calme du lac, ricocha sur les murs du château, perça les vitraux de la Grande salle et peu à peu, les étoiles s’éteignirent dans le ciel magique, laissant la place à de calmes nuages blancs et un ciel bleu clair. Cinq tables, une nuée de chaises, des dalles de pierre blanche usées par des milliers de bottes depuis des milliers de jours. Des colonnes sculptées et des boiseries sombres. Le silence. Le silence après la tempête. Plus aucun débris de verre ne gisait sur le sol. Les traînées de sang boueuses avaient été épongées. Les tables au bois éclaté avaient été réparées en un souffle, en un bête mouvement de poignet. C’était comme si la salle de réfectoire, la salle d’examen, de cours, de repos, ne s’était jamais muée en salle de combat. En salle mortuaire. Les cadavres gris avaient reculés devant des nappes colorées. C’était aussi simple que ça. Le passé était le passé. Aujourd’hui, le présent n’était plus qu’avenir. Un monde où tout le monde s’aimerait enfin.

Cliquetis de couverts. Tintement de cristal. Au bout de la table nappée de rouge, quatre personnes déjeunaient en silence. Une digne dame maltraitée par le temps. Un homme dont la carrure et la voix rassurait. Et deux jeunes gens, enfants et vieillards à la fois. Serrés l’un contre l’autre comme pour se rattacher à une réalité plus tenue que le frémissement d’un voile.
Minerva contempla les deux êtres qui se tenaient en face d’elle. A quels terribles secrets ses enfants avaient-ils été confrontés ? Quel fou que Dumbledore, que de léguer toutes les horreurs du monde sur ces frêles épaules, quand des adultes plus forts, plus prêts, plus aptes se présentaient, dévoués à tous les sacrifices.
Elle désapprouvait de chaque fibre de son corps la cruauté auquel il les avait exposé. Et pourtant, aujourd’hui, ils étaient vivants, et ils avaient vaincu. A quel prix ? Des amis, des parents. Son attention se porta sur l’homme qui était à ses côtés. Kingsley Shakelbolt était depuis deux jours le nouveau Ministre de la Magie anglais. Ce choix était le meilleur que les sages du Magenmagot avaient fait depuis bien longtemps. Elle l’avait eu comme élève. Il était posé, sage, réfléchi, décidé et courageux. Intelligent. Et un redoutable sorcier. Minerva soupira. Tout n’était pas réglé, loin de là. Elle ne faisait pas partie des arcanes du pouvoir magique anglais, mais elle le sentait. Un ouragan secouait désormais les entrailles du ministère. Ses pensées quittèrent la tablée silencieuse, s’évadèrent, traversèrent le plafond magique et montèrent toujours plus haut, vers une des plus hautes tours du château où elle avait elle-même passé son enfance. Une enfance si paisible, quand elle y repensait…

La Tour de Gryffondor était vide. Le foyer de la cheminée était glacé. Aucune veste, stylo, cahier oublié, ne jonchaient les tables rondes ou le sol. Les romans aux pages jaunies étaient rangés soigneusement dans les bibliothèques. Une fine couche de poussière commençait à recouvrir les surfaces des meubles. Le carnage n’avait pas forcé l’antre des Gryffondor, aucun mangemort n’avait forcé le tableau d’entrée. Les élèves avaient fuit le château, ou avaient mené la bataille loin de leur havre. Et ils n’étaient jamais revenus, partant en vacances anticipées pour s’occuper de leurs deuils, pour laisser au château le temps de reprendre sa forme normale. D’autres étaient partis pour un voyage dont on ne revient pas. Mais un autre être se reconstruisait, nuit après nuit dans l’inconscience du sommeil, à l’abri des murs de pierre, dans la haute tour de Gryffondor.

Le lit à baldaquin où Harry dormait depuis bientôt trois jours était plongé dans une lueur rouge sang. La lumière traversait les lourds rideaux pourpres, créant cette atmosphère surnaturelle. Harry se retourna brusquement dans son sommeil. Encore. Il était loin, loin de la sérénité de Poudlard. Ses pupilles s’agitaient sous ses paupières. Son visage était parcouru de tics nerveux. Ses mains se crispaient régulièrement et ses doigts agrippaient les draps à s’en blanchir les jointures. Ses dents crissaient les unes contre les autres. Sa respiration s’emballait et tout son corps se mettait à frissonner de plus belle. Une explosion fit voler les murs du château dans un fracas assourdissant. Une panique s’insinua en eux, ils crièrent. Des pans de murs se détachaient autour d’eux et ils se cherchaient des mains, se protégeaient des éboulements de pierres. Un nuage de poussière envahit le couloir en les faisait cracher leur poumons. Des bruits de pas retentirent de l’autre coté du couloir. D’autres personnes courraient sans s’occuper d’eux. Puis ils reprirent leurs esprits, et s’assurèrent que tout le monde allait bien. Ron se précipita et Hermione plaqua ses mains contre sa bouche, le regard embué de larmes. Ce n’était pas possible. Ce n’était pas possible. Fred gisait à moitié ensevelit, son éclat de rire encore figé sur le visage.
Le corps de Harry se glaça. Une nouvelle fois. Le corps inerte de Remus gisait sur une table. Il se sentit transpercer par un froid polaire. Comment expliquer à deux moldus inconscient des troubles qui avaient agités la communauté magique que leur fils de seize ans avait été assassiné au sein de son école, en combattant au milieu de professeurs, d’aurors, de parents, dans une bataille déjà historique, où ils s’étaient battus contre des tueurs en série. Que leur fils de seize ans s’était sacrifié pour la liberté des sorciers et qu’il recevrait une médaille post-mortem. Colin Crivey était mort, et Harry eut un nouveau soubresaut dans ses draps. Ils revenaient, incessants, lancinants. Les fantômes de ces dix-sept dernières années le hantaient, refusaient de le laisser en paix, l’incriminait de leurs supplications. Il croulait, inconscient, sous les hurlements de rage et de douleur. Il sut qu’il ne pouvait plus le supporter une seule seconde de plus, à moins d’y perdre la raison, et il opta pour un choix qu’il repoussait depuis trois jours et trois nuits. Harry émergea doucement, et les cris ne l’atteignaient plus qu’à travers un dense brouillard. La lumière l’éblouit à travers ses paupières closes, et il se réveilla petit à petit. Il pénétra dans un nouveau cauchemar, celui de l’après. Harry Potter revint à la réalité.

Harry ouvrit les yeux et se demanda où il pouvait bien être. Pas de ciel bleu ou noir piqueté d’étoile ou embrasé par un nouveau soleil, pas de toile de tente. Pas de plafond de pierres froides rongées par le moisi et l’humidité. Il voyait une planche de bois foncé, striée de veines plus claires qui s’entrecroisaient sans fin. Etrangement éclairée par une lumière vive et rouge. Il dévia son regard, encore trop embrumé par le sommeil pour tourner la tête. Des rideaux rouges. Une colonne délicatement sculptée de têtes de lions rugissants. Il cligna des yeux. Etait-ce son lit ? Tout lui revint en bloc. Pré-au-lard et Alberforth, le passage, la salle sur demande, la bataille, le diadème. La pensine. La forêt. L’Avada Kedavra. Albus. Le duel final. Et le sommeil, salvateur, comme on plonge dans une eau délicieusement fraîche. Les cauchemars. Harry se secoua, refusant que les cris ne s’établissent de nouveau dans sa tête. Pas encore. Tout son corps réagit, protesta devant cette velléité d’action subite. Ses courbatures s’enflammèrent de colère, ses égratignures s’étirèrent dans des picotis agaçants.

Il se redressa et ouvrit ses rideaux. Sa main partit à la recherche de ses lunettes. Il les trouva et les chaussa. Le dortoir était vide. Il découvrit avec étonnement un soulagement s’emparer de lui. C’était vrai, il ne voulait voir personne. Pas même Ron ou Hermione. Il voulait être seul face à lui-même, pour la première fois depuis que Dumbledore lui avait révélé le contenu de la prophétie, un siècle auparavant.
Il se mit debout et oscilla quelques secondes. Ses jambes le maintenaient avec difficultés et il était pris de vertige. Il laissa sa vision troublée se rétablir, et se dirigea vers la salle de bain. Ses pas le menèrent vers la douche, son bas de pyjama –quelqu’un avait du le déshabiller- chût sur les dalles froides et il entra dans le bac de marbre gris. L’eau brûlante se mit à couler, délassant lentement ses muscles et son esprit, le lavant de la boue, du sang séché. Les cris disparurent totalement. Harry goûta au silence, seulement interrompu par le bruit des gouttes d’eau qui éclaboussaient le sol. Il resta longtemps sous l’eau.

Harry se sécha avec une serviette blanche brodée de l’écusson de Gryffondor. Il s’approcha de la vasque de marbre bleutée qui servait de lavabos. Il examina avec nostalgie les robinets luire, le minuscule saphir et le minuscule rubis indiquer l’eau chaude et l’eau froide. Il leva le visage et croisa son reflet dans le miroir immaculé.

Il ne se reconnut pas. Ses cheveux étaient longs et sales. Sa peau ressortait, blafarde ainsi que ses traits tirés. Des sillons se creusaient sous ses yeux, ses lèvres étaient desséchées et une barbe parsemée mangeait ses joues. Il avait l’air sombre. La ressemblance frappa Harry. Il retrouva en un flash l’aspect de Sirius lors de leur première rencontre. Un être traqué, trompé, et sans espoir. Mais ses yeux brillaient trop et contrastaient violemment avec le reste de son visage tourmenté. Il en détourna son regard. S’il était un regard qu’il ne voulait pas croiser, des reproches qu’il ne voulait pas entendre, c’était bien ceux de sa mère.

Il retourna dans le dortoir vide et aperçu un tas de vêtement propre au pied de son lit. Il voyait là une attention typique de Molly Weasley, si rassurante d’ordinaire, mais dans ses circonstances tellement tragiques. Molly Weasley. Il savait qu’elle avait déjà perdu ses frères, il n’imaginait pas dans quelle tourmente la mort de son fils l’avait plongée. Il enfila, l’estomac retourné par ses pensées, le jean délicieusement propre et la chemise repassée. Il jeta un coup d’œil dans la large psyché du dortoir. Il avait déjà l’air plus civilisé, mais son visage restait marquant. L’idée d’un rasage l’effleura, mais il la repoussa d’un mouvement de tête. Son estomac se mit à se plaindre douloureusement de trois jours d’inanition.
Harry chercha du regard son sac, et il fit l’inventaire de ses affaires. Il vérifia qu’aucune chose ne manquait. Il jeta un coup d’œil dans la malle. Il fronça les sourcils en retrouvant tenues de Quidditch, uniformes et manuels de classe. Cela signifiait trois choses : Les Dursley n’avaient pas brûlé ses affaires comme il l’avait supposé. Une personne s’était risquée à aller les récupérer. Et finalement, cela signifiait que tout le monde s’attendait vraisemblablement à ce qu’il réintègre Poudlard et retrouve une vie « normale ». Subitement, il trouva cette idée grotesque. Pris d’une inspiration, il farfouilla dans ses manuels, avant de retrouver l’ancien manuel de Séverus Rogue. Ce livre était d’une part une mine précieuse d’informations en matière de potion, puisque annoté par le très savant professeur. De deux, il tenait entre ses mains une affaire personnelle de cet homme qu’il avait raillé, méprisé, dénigré, alors que l’homme avait voué sa vie à sa protection. A la protection du fils de Lily Evans.

Il fit un tas sur son lit. Une cape aux reflets chatoyants, une bourse de cuir, un morceau de parchemin tacheté plié en huit, une fiole de cristal contenant des volutes de fumées, un vif d’or immobile, vidé de sa magie, un album photo, un manuel de potions avancées. Il attrapa son vieux sac de collégien décousu par endroit, et y fourra le tout. Il jeta un coup d’œil hésitant sur le reste de ses vêtements. Guenilles, chemises déformées et uniformes inutilisables hors de l’école. Il ferma son sac sans rien y ajouter d’autre. Il ne savait pas encore ce qu’il allait faire, mais rester à Poudlard était hors de question.

Il descendit l’escalier en colimaçon, et l’irréel de la situation le rattrapa à la vue de la bonne vieille salle commune. Il se sentait en décalage avec ses lieux. Il se revoyait rigoler, travailler, bavarder dans les fauteuils. Il revit les batailles de coussins et les discussions interminables. Toute son enfance défila devant ses yeux. Les fêtes après les matchs de Quidditch où il était porté en héros avec les autres joueurs. Il revoyait cet Harry, si petit, si jeune qui avait évolué ici. Pas si jeune, lui souffla une voix à l’oreille. Cet Harry avait affronté Quirrel, le Basilic, les araignées géantes les détraqueurs, le tournoi des trois sorciers et Voldemort, le département des mystères, les mangemorts, la mort, la menace planante des horcruxes… Et bien... Oui, la personne en question était Harry Potter, avec tout ce que cela impliquait. Mais lui. Lui, aujourd’hui, au lendemain de cette bataille, il n’était plus le même. Il avait juste… grandi. Changé. Etait parti loin et peut-être pas complètement revenu. Il retrouvait avec affection et nostalgie les lieux autrefois banals, ordinaires, si incrustés dans le paysage habituel, et qui lui sautaient aujourd’hui aux yeux avec une réalité déconcertante. Les broderies des coussins, la forme des vitraux, l’odeur de la salle. Tous ses insignifiants détails qu’il n’avait jamais remarqués et qui lui manquaient. Qui lui manquerait sûrement toute sa vie. Cette salle où il avait vécu serait le théâtre de bien d’autres existences. Avait été le théâtre de l’adolescence de tant de sorciers. Il n’y avait jamais pensé avant, il s’était contenté d’habiter pour un temps ces murs ronds.

Il poussa le battant du portrait et sortit sans dire au revoir aux derniers fantômes de son passé. Bien mal lui en prit.



Harry poussa le battant de la lourde porte de la Grande Salle. Elle s’ouvrit lentement dans un grincement désagréable. Harry passa sa tête par l’embrasure de la porte et jeta un coup d’œil discret.
- Harry ! Hurla la voix d’Hermione.
Raté.
Il poussa un peu plus la porte et entra complètement dans la salle. Il n’eut pas besoin de les chercher longtemps, ils étaient au bout de la table de Gryffondor. Ron, Hermione et Kingsley étaient debout, et l’enseignante était restée assise. Elle le regardait de son air sévère, et Harry sentit de nouveau cette fichue pointe de culpabilité monter rosir ses joues. Elle sembla s’en rendre compte, même de l’autre bout de l’immense salle, et sourit doucement. Elle était sereine, et contemplait en lui l’héritier et l’homme en devenir. Elle avait comme Dumbledore le don de le passer au rayon Laser pour examiner chaque recoin de son esprit. Harry se raidit et avança d’un pas peu assuré. Il s’aperçu que sa main se serrait à s’en couper la circulation du sang autour de la lanière de son sac, et souffla doucement pour se détendre. Que lui prenait-il soudain ? Plus il s’approchait, plus sa poitrine le comprimait. Il ne réalisa ce que son corps avait compris depuis son réveil qu’en croisant le regard perplexe de son ami de toujours, Ron. Il sentit ses joues s’enflammer sous ce regard amical, anodin, comme sous une vive brûlure. Il réalisa qu’à cet instant présent, il détestait rester sous ce regard. Il détestait la perspective de le suivre.

Hermione sentit tout son corps se relâcher quand elle vit une tignasse brune apparaître dans l’encadrement de la porte.
- Harry !
Tous se levèrent à l’appel en regardant dans sa direction. Kingsley eut le sentiment furtif que Potter aurait préféré s’esquiver sans même les revoir. Il sourit intérieurement. Tout était exactement comme ce qu’il avait prévu.

- Bonjour Hermione.
Harry salua Ron d’un signe de tête que celui-ci perçut très clairement comme évasif.
- C’est parfait que tu sois réveillé Harry ! On ne voulait pas partir au terrier sans toi ! Mais maintenant, on peut tous rentrer à la maison. C’est fini, Harry !
Hermione rayonnait littéralement.
- Viens !
Elle le tira par la manche et fit mine de l’entraîner hors de la Grande Salle.

- Une minute miss Granger, résonna la grave voix de Kingsley Shakelbolt.
- Ah oui, c’est vrai, marmonna Hermione entre ses dents. J’avais oublié que vous vouliez vous entretenir avec Harry.

Personne n’était cependant dupe. Minerva sourit de nouveau. Granger et Weasley seraient toujours là pour défendre Potter, qui que soit son assaillant, et peu importe qu’il ait besoin ou non de défense…

- Vous vouliez me parler, Kingsley ?
- Oui Harry. Mais je n’en ai pas pour longtemps. Le Professeur McGonagall nous prête gracieusement son bureau pour que nous puissions discuter tranquillement.
- Tranquillement ? Intervint Ron brusquement. Sa voix avait tout d’un grognement de félin, comme une sourde menace adressée au nouveau ministre de la magie. Hermione lui donna un coup de coude dans les côtes mais dans l’ensemble, elle partageait sa réaction.
- Vous pouvez parler devant nous.
- Monsieur Weasley, votre confiance n’est pas remise en cause. Mais ce que j’ai à transmettre à Monsieur Potter ne concerne… que Monsieur Potter, trancha Kingsley d’une voix sans appel.
Ron lança un regard plein d’espoir à Harry qui l’ignora superbement.
- Je vous suis, Kingsley.

Harry se retourna et marcha en direction de la sortie de la Grande Salle, refusant de voir un étonnement ébahi et amer se peindre sur les traits de ses deux meilleurs amis. Les deux hommes disparurent rapidement.

- Veuillez m’excuser, jeunes gens, réagit Minerva McGonagall, mais mon devoir de directrice provisoire m’appelle. Vous n’aurez qu’à venir directement dans le bureau directorial pour me prévenir de votre départ.
Elle leur adressa un sourire bienveillant qui liquéfia Ron, et tourna calmement les talons.

Hermione se laissa tomber, lasse, sur le banc le plus proche.
- ça te dit une petite balade sur le Lac, en attendant que messieurs les hauts diplomates finissent leur conférence classée secret défense ?
Hermione rougit légèrement, mais adressa un sourire lumineux à Ron. Il lui prit doucement la main, et la guida hors des murs oppressants du château.

--

Ginny campait littéralement dans la cuisine du Terrier depuis trois jours. Avec couvertures et provisions. De toute façon, personne n’avait le cœur à l’en empêcher. Elle se concentrait sur l’arrivée imminente de Harry pour oublier le plus possible les étoffes noires que Fleur avait ramené du Chemin de Traverse, les larmes compulsives de sa mère et de son père quand on lui demandait tout doucement de choisir le linceul, le bois du cercueil. Pour oublier la porte désespérément close de la chambre de George d’où ne s’échappait qu’un silence assourdissant. Bill escaladait régulièrement l’arbre qui donnait sur sa fenêtre pour vérifier qu’il était toujours atone recroquevillé sur son lit. Bill avait confisqué à George sa baguette et tout objet potentiellement dangereux, avec un sérieux effroyable. Le carreau de l’extraordinaire horloge des Weasley avait été brisé par Molly, dans un acte violent empli de désespoir, quand elle s’était aperçue que l’aiguille et la photo de Fred avaient déjà disparus. L’horloge avait été déplacée dans la petit remise du jardin laissé à l’abandon, personne ne pouvant supporter plus de temps sa vue.

Ginny attendait, attendait, attendait. Ses yeux restaient secs et ses lèvres ne tremblaient pas. Elle ne mourrait pas de douleur, puisqu’elle avait arrêté de vivre. Sa dernière raison de vivre, elle l’attendait. Encore et toujours.
Elle devina qu’ils arrivaient une demi-seconde avant que le foyer ne s’illumine. Des flammes mordantes et inoffensives envahirent l’énorme âtre de plus de deux mètres de diamètre, et un tourbillon de suie apparut. Le tourbillon grossit, se noircit, et finit par laisser deviner une silhouette solide au milieu de la masse d’air mouvante. Ginny trépignait en se mordant les lèvres. Elle hurlait de rage de distinguer la haute carrure de son frère. Elle ne prêta aucune attention à sa figure figée, son regard restant vissé sur la cheminée. De nouveau, des nuages de suie s’élevèrent et une fine corpulence s’extirpa de l’âtre. Hermione toussa doucement avant de venir se lover dans les bras de Ron, comme si ce court voyage les avait séparé durant des années lumières.
Il va venir, se répétait sourdement Ginny. Il va venir. D’une seconde à l’autre. Il doit être à Poudlard, devant la cheminée, une poignée de poudre verte dans la main droite, pressé de la retrouver enfin. Il va venir. Il part. Il tourbillonne. Il va apparaître, il va apparaître.
Mais une autre voix, trop désolé pour être trompeuse, lui chuchota que s’il avait choisi de revenir, il serait déjà là depuis une poignée de seconde. Que s’il revenait, Hermione et Ron ne se terrerait pas ainsi dans un silence terrifié. Ce chuchotement s’insinua en elle et Ginny eut un goût de sang dans la bouche. Elle s’était mordue trop fort la lèvre sans même s’en rendre compte.
Il allait revenir. Il ne revenait pas. Il ne reviendrait pas. Elle sentit un boulet de canon tomber dans le creux de son ventre, et l’entraîner irrésistiblement vers le sol.

- Ginny ?
Ginny resta résolument tournée vers sa fenêtre. Hermione soupira.
- Ginny…
- Laisse moi, tu veux ?
Hermione eut un mouvement de recul comme s’il elle s’était pris un souaffle dans la figure. Elle fit quelques pas en arrière et referma la porte de la chambre de la plus jeune des Weasley.
Droite devant sa vitre, la rebuffade mourut sur les lèvres de Ginny.



Harry traversait le château, ses mains glissaient sur les pierres froides des murs, ses pas résonnaient dans les couloirs déserts. Ses pieds le menèrent d’une salle de classe à l’autre, dans le brouhaha des élèves, les réprimandes des professeurs, les caqueteries de Peeves, dans le vacarme de souvenirs qui refusaient de faire partie du passé. Il déambula des heures sans s’arrêter. Passait et repassait. Traversa les cachots, se pencha du haut de la tour d’astronomie. Le château était abandonné, un signe de tête de Shakelbolt avait poussé Minerva à le lui laisser. Les fantômes s’étaient retirés à l’intérieur des murs, les elfes restaient invisibles, la surface du lac demeurait lisse et calme. Il n’hurlait pas, ne parlait pas. Il arpentait les dalles de marbre. Il se retrouva, une fois, devant l’entrée de la chambre. Même Mimi Geignarde s’était tu. La porte s’ouvrit, et quelques heures, il arpenta la chambre du Basilic, tournoya indéfiniment entre les immenses colonnes dominées par l’image de Salazar Serpentard. Il passa les portes massives de Poudlard, qui se refermèrent derrière lui dans un grincement ultime. Plus jamais.
Et déjà les grilles. Le chemin tortueux martelé durant des siècles par des sabots invisibles et des roues de diligences tordues. Les premières cheminées fumantes de Pré-Au-Lard.
Il n’échangea pas un mot avec Alberfoth, et entra dans le foyer de la cheminée. Se mit à tourner, vite, bien plus vite. Loin, bien plus loin.


Les gens riaient, profitaient des premières journées de beau temps, les parapluies sous le bras. Regardaient les vitrines, pensaient aux vacances, proches. Deux filles françaises se disputaient autour d’un plan touristique au coin d’une rue. Des jeunes gens flirtaient, des personnes âgées regardaient de leur banc la vie continuer sans eux. Harry fendit la foule, et personne ne prit garde à lui. Certains regards s’attardèrent sur lui, quelques personnes ayant elles-mêmes traversées certaines choses, comprirent que ce garçon n’avait jamais pris le temps de grandir.
Il entra dans une simple maroquinerie moldue. Détailla les rayons. Des sacs à main de jeunes filles, des valises d’homme d’affaire, des sacs à dos de collégiens. Son choix se porta sur une sacoche en cuir, solide, épaisse, d’une couleur marron foncée, se portant en bandoulière sur l’épaule. Il paya rapidement. Déchira le sac en papier qui recouvrait l’objet, et plaça la sacoche en travers de son torse, fourra ses quelques affaires dedans, ainsi que son vieux sac de cours plié maladroitement. Harry regardait les sourcils froncés les vitrines étalées sous ses yeux. « Vous désirez quelque chose ? » demanda une vendeuse avec une moue dégoûtée devant son jean déformé et élimé. « Des jeans, des pantalons en toile... De bonne qualité, difficile à user. C’est pour un long voyage. Je vais pas mal barouder. »
Harry entra dans la pénombre sale du Chaudron Baveur. Les sorciers déjà attablés relevèrent furtivement la tête, et la rebaissèrent. Il y eut un moment de flou dans tous les esprits, et les regards se relevèrent. Suivirent la course du Survivant qui disparut derrière le magasin, dans l’allée aux poubelles. Ils entendirent les briques s’entrechoquer tandis que l’arcade se formait, avant de se refermer.
Harry remonta sa capuche sur sa tête pour cacher son visage. C’était tout à fait inutile, considérée sa nouvelle apparence physique. Il traversa l’allée principale du Chemin de Traverse sans être importuné, insensible à l’allégresse et au soulagement des promeneurs. Déjà les échoppes rouvraient, se remplissait de monde. Les gens voulaient sentir physiquement la vie reprendre le pas sur la peur. Ils se pressaient les uns contre les autres, s’épaulaient. Les inconnus se souriaient, mettait de leur coté la méfiance qui les avait rongé durant deux ans, ravis de voir que le soleil participait à la fête. Le visage d’Harry resta dans l’ombre de sa cape. Il pressa le pas.
« Entre ici étranger si tel est ton désir,
Mais à l’appât du gain renonce à obéir »…
Quand Harry rejeta sa cape dans l’enceinte de Gringotts, tous les gobelins s’immobilisèrent. Les réparations étaient justes finies, et le souvenir du dragon aveugle était encore parfaitement clair dans les esprits. Et celui qui les avait défiés, s’était joué d’eux, et était reparti libre revenait, conquérant. Harry était immobile au milieu de la grande allée aux comptoirs. Il souriait presque. C’était si drôle. Il se sentait dévisager par ces esprits hésitants. Potter les avait ridiculisés. Potter avait dévalisé un de leurs coffres les plus protégés. Potter s’était allié avec un Gobelin. Potter avait soumis un gobelin à l’imperium. Potter les avait délivrés de ce prétentieux de Jedusor.
Un premier guichetier sourit. Potter était intelligent, retors. Il n’avait pas froid aux yeux sans être vindicatif. Il tenait à ses promesses, était sournois et décidé.
Un véritable gobelin, en somme.
« Vous désirez retirer de l’argent, monsieur Potter ? »

Harry grava un sort d’agrandissement durable dans sa sacoche. Désormais, « L’histoire de la Magie Contemporaine Approfondie », « Les Potions de Survie », « Les Potions de Poisons », « Droit de l’Administration Magique Internationale », « Sortilèges Audacieux et Dangereux », « Histoire de la Pensée Métamorphique » et « Initiation à la grammaire gobeline et à son système » tenait tous parfaitement dans le premier compartiment de son sac, sans peser outre mesure sur son épaule. Une vingtaine de petits flacons calés par le vieux manuel de potion annoté par Séverus Rogue s’entrechoquait dans le second compartiment séparé du premier par une fine paroi de cuir, à coté de deux pommes et d’une gourde métallique remplie d’eau. Dans le troisième compartiment, quelques plumes, quelques rouleaux de parchemins, et un album photo et une bourse contenant un vieux vif d’or et un gallion un peu particulier. Harry rabattit le rabat de cuir, et noua deux lanières en guise d’attache. Il se regarda dans le miroir d’une chambre de Tom, une glace fendue qui avait le bon goût de se taire. Il était habillé en moldu, la moitié de son visage, qui avait depuis repris un peu de couleur, était toujours dissimulée sous une courte barbe. Il remarqua qu’il avait un peu grandi, qu’il avait même prit des épaules. Il avait l’impression de se glisser dans une nouvelle peau. De commencer une nouvelle vie. Il regarda la montre que lui avait offert Molly. Il prit son sac à dos de collégien où étaient rangés ses vêtements et ses affaires de toilettes. Transplana.
Note de fin de chapitre :

Extrait du prochain chapitre :

" - Que ce soit clair. Vous n’êtes pas là pour faire partie de la Brigade des Baguettes, ni des Contrôleurs Magiques. Vous n’êtes pas là pour enquêter, surveiller la criminalité magique de nos bons concitoyens. Vous n’êtes pas là pour devenir des putains de flics.

Le terme moldu détonnait dans la bouche du vieux sorcier.

- Vous êtes là pour devenir des traqueurs. Des chasseurs de Mage Noirs. Des combattants. On ne vous demande pas de relever des empreintes magiques ni d’interroger inlassablement le voisinage d’un meurtre. On vous demande de poursuivre, attraper et enfin de foutre à l’ombre l’indésirable numéro 1. Voir de le tuer. Rarement, mais proprement."

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