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News

Concours poésie - Musique, Choixpeau !


Vous aviez peur de vous ennuyer cet été ? Tiiki vous propose un nouveau concours de poésie en vers : choisissez une année de rentrée et écrivez la chanson du Choixpeau magique !

Pour en savoir plus, c'est par ici.

Vous avez jusqu'au 1er septembre 2022 pour publier votre texte et l'ajouter à la série dédiée… juste à temps pour la Répartition !


De le 06/07/2022 16:56


Sélections du mois


Félicitations à Sifoell et Chrisjedusor, qui remportent la Sélection Fondateurs !

Ne partez pas trop vite en vacances ! En juillet, les Animaux Fantastiques (les films !) sont à l'honneur. Vous avez jusqu'au 31 juillet pour lire les 5 textes proposés par les membres et voter par ici.

Après cela, l'équipe prendra un mois de repos bien mérité. Mais elle revient en septembre sur le thème Femslash ! Vous avez deux mois (oui, deux mois !) pour proposer vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.

On nous souffle dans l'oreillette que si vous voulez vous occuper en août, la Sélection Fictions longues continue. Il vous reste 6 mois pour découvrir 12 magnifiques univers ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.




De Equipe des Podiums le 04/07/2022 17:49


Concours hommage à Barbara - Ma plus belle histoire


De plus loin, que nous revienne
L’ombre de nos amours anciennes,
Du plus loin, de la première écoute…


Durant l'été 2022 (juin à août), nous, Juliette54 et Amnesie, vous proposons de déclarer votre amour à Barbara.
En un concours en trois manches, nous vous proposons de (re)découvrir ses chansons et son univers. Le premier chapitre (de 500 à 5000 mots) doit être écrit et mis en ligne d'ici le dimanche 10 juillet à 23h et doit s'inspirer d'une chanson de Barbara de ton choix et du thème Ma plus belle histoire...

Pour t'inscrire, nous donner le lien vers ton chapitre et pour plus d'info, nous t'invitons à consulter ce post sur le forum HPF !

Notre plus belle histoire d'amour, c'est toi, Barbara...


De le 03/07/2022 11:03


125éme édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 125e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 22 juillet à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Délaissez le temps d'une soirée la plage et les cocotiers,
votre clavier vous appelle, vous avez plein d'histoires à raconter !

Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt !
De Équipe des Nuits le 28/06/2022 07:52


Concours officiel HPFanfic


Les 25 ans de Harry Potter

 

L'équipe de modération HPFanfic vous propose un concours d'écriture afin de célébrer dignement les 25 ans de Harry Potter.

Vous avez jusqu'au 25 août 2022 pour publier votre texte ! Les votes seront lancés dans la foulée.

Laissez-vous tenter par l'aventure en suivant ce lien ! Vous y trouverez les différentes modalités de ce concours.

A bientôt !


De L'équipe de modération d'HPFanfic le 25/06/2022 17:25


Assemblée Générale Ordinaire 2022


Bonjour à toustes,

L'assemblée générale annuelle de l'association Héros de Papier Froissé est présentement ouverte sur le forum et ce jusqu'à vendredi prochain, le 24 juin 2022, à 22h.

Venez lire et discuter, et voter pour les candidats au conseil d'administration.

Bonne AG !
De Le CA le 17/06/2022 23:08


Ginger la légende par Mak

[2574 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
De grandes flammes vertes jaillissent autour de moi, et je me sens tournoyer. Je ferme étroitement les yeux pour ne pas avoir le tournis. Puis, au bout d’un moment, je sens que je suis à nouveau immobile. J’ouvre les yeux : je suis dans une pièce remplie de cheminées. Des sorciers y sortent et entrent sans arrêt.

Mrs. Londubat apparaît dans une autre cheminée, avec ma valise et la cage de Pilpel, qui semble terrorisé et ne bouge pas d’un poil – étrange, vu que cet oiseau a la fâcheuse habitude de se cogner contre les barreaux à tout bout de champ. Je commence à penser que je suis tombée sur le seul oiseau timbré de l’animalerie, d’ailleurs.

– Tu vois, ce n’était pas si difficile que ça ! Suis-moi.

Docilement, je lui emboîte le pas. Nous sortons de la pièce, et nous retrouvons sur le quai de la gare de King’s Cross.

Lors d’expéditions scolaires, nous avons souvent pris le train. Généralement, c’était le TGV. Mais je suis certaine de n’avoir jamais vu un train pareil. Il est long, rouge et noir, rutilant, et ses cheminées crachent de la fumée.

Une locomotive à vapeur ! Je ne savais pas que ça existait encore.

– Bon ! s’exclame la patronne du Chaudron Baveur. Je dois te laisser, j’ai une journée chargée. Tu n’as pas peur ?
– Non, je mens.
– Très bien. Alors bon voyage et passe une bonne année scolaire !

Et aussitôt dit, elle fait un tour sur elle-même et disparaît dans un craquement sonore.

Comment elle a fait ça ?

Je secoue la tête, puis jette de rapides coups d’œil autour de moi. Les sorciers sont réunis en familles. Je vois les Potter, sur le quai, parlant avec animation à un homme roux et une femme noire qui se tiennent la main. A leurs côtés, une fille à la peau mate, qui doit avoir mon âge regarde avec appréhension James Potter, le garçon à lunette qui m’avait observée bizarrement au Chaudron Baveur. Celui-ci a l’air tellement à l’aise que ça me laisse penser qu’il doit surjouer et avoir aussi peur que la fille de la rentrée scolaire.

Les gens se retournent quand ils passent près de Harry Potter. Bon, c’est vrai, il a cette marque bizarre sur le front, mais pas la peine d’en faire tout un cirque, non ?

Je traîne ma valise et ma cage à l’intérieur du train, parcours un long couloir et trouve, tout au bout, une cabine vide. J’envoie sans ménagement la valise sur le porte-bagages, un peu plus délicatement la cage de Pilpel, et je m’assois sur la banquette en velours rouge.

Bientôt, il n’y a plus que des adultes sur le quai, des hommes qui ont vaguement l’air tristes et des femmes en larmes. Les enfants, mes futurs camarades, sont penchés à leurs fenêtres et font adieu de la main à leurs parents agglutinés près des vitres.

Personne n’est venu dans ma cabine. Tant mieux, ça m’évite les questions du style « Où sont tes parents ? », vu que moi-même, je n’en sais rien. Le train démarre, le quai s’éloigne progressivement, et les adultes disparaissent dans un tournant.

Mes parents. Où sont-ils ? Soit ils sont morts, dans l’incendie ou avant… Soit ils sont vivants et m’ont abandonnée. Ils ne m’aimaient pas… ou alors ils ne pouvaient pas me garder. Si ça se trouve, ils étaient de dangereux criminels échappés de prison et ils ne voulaient pas que je grandisse dans leur cavale…

C’est toujours plus amusant de m’imaginer un passé digne d’un film.

S’ils étaient sorciers, ils ne seraient pas morts d’un incendie, ils auraient pu l’éteindre… On les aurait tués un peu avant… Alors ils seraient moldus. Ils auraient pu s’échapper de l’appartement en flammes.

Je quitte la fenêtre du regard et sursaute violemment. Une fille blonde est assise devant moi et lit tranquillement un bouquin. Je ne l’ai pas vue entrer.

Elle lève la tête, étonnée de ma réaction.

– Je ne t’avais pas vue, c’est tout, je marmonne en rougissant.

Elle hausse les épaules, et retourne à sa lecture.

Je la détaille. Ses longs cheveux blonds sont droits et bien coupés, et ses yeux d’un bleu très pur. Ses traits harmonieux et fins s’accordent à sa minceur, et arborent l’air de la personne qui déteste se faire déranger dans sa lecture. Je la laisse donc tranquille.

Cependant, après un petit moment, elle lève la tête ; je continue de la fixer, quoiqu’un peu décontenancée. Elle me détaille à son tour. Au bout de quelques secondes de réflexion, elle se décide à mettre un marque-page dans son livre, qu’elle pose à côté d’elle avant de me sourire amicalement.

– Comment tu t’appelles ?
– Ginger Enderson. Toi ?
– Judith Thomson.

Silence.

– Tu es née-moldue ? me demande Judith.

Je ne sais pas trop quoi répondre. Si je lui dis brutalement « Mes parents sont morts à ma naissance donc je ne sais pas », la conversation va s’arrêter. Si je me mets à raconter ma vie, elle va me prendre pour une fille égocentrique, et ce serait idiot de mal me faire voir à cause de ça dès mes premières minutes de discussion avec une autre élève de Poudlard. Et d’un autre côté, ce serait bizarre de lui répondre quelque chose de faux pour lui donner plus tard une explication radicalement différente. Elle me prendrait pour une mythomane.

Heureusement, la porte s’ouvre à ce moment-là, coupant court à mon dilemme. C’est James Potter et la fille à la peau mate.

Potter me remarque :

– Salut, Ginger.

La fille à côté de lui pâlit.

– Tu… tu la connais… vraiment ?
– Bien sûr ! On s’est vus, cet été, ajoute-t-il avec un air de conquérant. Roxanne, tu veux dire
que tu ne connais vraiment personne de Poudlard ? Mais tu ne vas jamais te faire d’amis…

Elle semble sur le point de pleurer et je ressens un élan de compassion pour elle.

Ça fait seulement deux minutes que je connais ce type et je le déteste déjà. Il se dégage de lui une telle suffisance que c’en est insupportable.

– Excuse-moi, je l’interpelle.

Il me fixe avec étonnement et j’ajoute :

– Qui es-tu, au juste ?

Je me souviens très bien de lui. Mais ça vaut le coup de faire semblant de ne pas le reconnaître, vu la tête qu’il tire. Il devient tout rouge et balbutie :

– Mais… au Chaudron Baveur… tu ne te souviens pas ?

Je fais mine de réfléchir.

– Mais bien sûr ! je m’exclame au bout d’un petit moment en claquant des doigts. Oui, comment t’oublier ? Avec des yeux comme les tiens…

Il reprend son sourire de conquérant. J’ajoute :

– La couleur de tes yeux… on dirait vraiment de l’eau sale. Comme les marécages, tu vois ?

Roxanne explose de rire. Le sourire de Potter s’est effacé. Il a l’air furieux.

Judith ajoute avec flegme :

– J’aurais plutôt dit l’eau des toilettes, mais bon…

Fou rire général, sauf pour le garçon, dont le visage est devenu rouge tomate.

– On ne t’a rien demandé, à toi, siffle-t-il à Judith.
– A toi non plus, on ne t’a rien demandé, réplique-t-elle du tac au tac. Tu nous as dérangées, et on a eu l’extrême générosité de te répondre.
– Oui, un minimum de respect, tout de même ! je m’exclame à mon tour.

Il ne répond rien et tourne les talons pour retourner dans sa cabine. Roxanne s’apprête à le rejoindre, mais je l’arrête :

– Non, sérieusement, tu vas retourner voir cet imbécile ? Tu ne veux pas rester avec nous, plutôt ?
– Si tu t’en vas, je me sentirais vexée, ajoute Judith. Ça voudrait dire que tu préfèrerais la compagnie de M. Eau-des-toilettes-dans-les-yeux à la nôtre.

Roxanne se retourne vers nous avec un grand sourire.

– On dirait que je n’ai pas vraiment le choix…

Et elle vient s’asseoir sur ma banquette.

OoOoO


Pendant le voyage, on discute de nos origines. Judith était dans un pensionnat très cher du même genre que le mien. Roxanne Weasley, fille de sorciers, a grandi chez elle avec son grand frère et sa multitude de cousins. Parmi eux, James Potter. La pauvre.

– Et toi, Ginger ?
– Eh bien…

J’opte pour la méthode « allons-y cash ».

– Je ne sais pas qui sont mes parents, mais ils sont vraisemblablement morts le jour de ma naissance, dans un incendie.

Silence.

– Oh, souffle finalement Roxanne.
– Désolée, ajoute Judith.
– C’est rien, je réponds. Je ne me souviens pas, de toute façon. Et donc j’ai atterri dans un pensionnat un peu comme le tien… La majorité des pensionnaires me méprisaient, les autres m’ignoraient. Je suis contente d’en être sortie.
– Tu m’étonnes. Je te plains.
– Je pense que Roxanne est plus à plaindre, non ? Onze ans avec Potter, quelle horreur…

Judith se fige.

– Potter ? Comme Harry Potter ? Harry Potter est le père de ce petit prétentieux ?
– Oui, marmonne Roxanne.

J’ai dû louper un truc. J’interviens :

– C’est qui, ce Harry Potter ?

Elles se tournent vers moi de concert et me dévisagent comme si je venais de dire une énorme bêtise.

– Ben quoi… Je ne connais pas le monde des sorciers, moi…
– C’est juste, concède Roxanne. Dans les années 70, un grand sorcier, un sorcier très maléfique, a commencé à prendre du pouvoir. Son objectif, c’était de conquérir le monde.

– C’est d’un banal, je commente.
– En tout cas, poursuit-elle, il a recruté des sorciers pour se former sa propre armée. La terreur régnait à cette époque là, tous les sorciers rentraient chez eux avec la peur de trouver des morts … Et puis, un jour, il a tué les Potter. Il a assassiné le père, puis la mère, et en lançant le sort mortel sur le bébé… Le sort a rebondi et est allé droit sur lui.
– Et le bébé, c’était…
– C’était Harry Potter, poursuit Judith. Il a toujours gardé une cicatrice sur son front, à l’endroit où le sort avait rebondi.

Aaah, d’accord. CQFD.

– Mais Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom n’était pas vraiment mort…
– C’est quoi ce nom à coucher dehors ?
– Les sorciers l’appelaient comme ça parce qu’ils avaient peur de lui. Rien que son nom était synonyme de souffrance.
– Et… c’était quoi, son vrai nom ?
– Voldemort, dit Roxanne. Mais même si on n’a plus peur de le dire, l’habitude est restée. Quand on l’évoque à la maison, Papa l’appelle par son nom, mais maman n’ose pas.
– Voldemort, je marmonne, songeuse. Drôle de nom. C’était un pseudonyme ?
– Je présume… A vrai dire, je n’en sais rien. Voldemort, donc, n’était pas vraiment mort. Je n’ai jamais tout à fait compris pourquoi, mais ça impliquait beaucoup, beaucoup de magie noire et beaucoup, beaucoup de meurtres. Mes parents n’ont jamais voulu m’expliquer ça clairement. Peut-être qu’eux-mêmes ne savent pas vraiment. En tout cas, au fil des années, il a petit à petit retrouvé sa puissance, jusqu’en 1995, où il est, euh, re-né.
– René ? C’est qui ?
– Mais non. Re-né, dans le sens « né à nouveau ». Renaissance. Grâce à un de ses anciens fidèles.
– A partir de ce moment-là, il a repris beaucoup de forces. Mais finalement, en 1998, au terme d’une énorme bataille à Poudlard, Harry Potter l’a tué. A 17 ans. Et n’oublie pas que Voldemort était quand même le plus puissant mage noir du siècle…
– …Wow.
– Comme tu dis. Ce type a du courage.
– Et pourtant, il avait l’air plutôt modeste. Il se courbait un peu, sur le quai de la gare, comme s’il voulait se faire oublier... Comment un type discret comme lui a pu avoir un gamin avec des chevilles aussi enflées ?
– Hein ? Mais ses chevilles sont normales, pourtant… s’interroge tout haut Roxanne.
– C’est une expression moldue, explique Judith, ça veut dire qu’il a la grosse tête. Je suppose que le succès de son père lui est monté à la tête, un truc comme ça.

A ce moment-là, une fille plus âgée que nous ouvre la porte du compartiment et nous lance un regard plein de condescendance. Je remarque un insigne brillant sur sa robe de sorcière.

– Nous allons bientôt arriver à Poudlard, dit-elle d’une voix douce, comme si elle parlait à des handicapés mentaux. Enfilez vos robes.

Elle referme la porte et Roxanne nous dit avant que nous ne nous énervions :

– C’est l’amie d’une de mes cousines, elle vient de temps en temps pendant l’été. Depuis qu’elle est préfète, elle est assez insupportable. Je ne l’aime pas beaucoup, elle fait toujours comme si elle était supérieure aux plus jeunes.
– Entre elle et James Potter, tu as dû bien t’amuser…
– Oh, tu n’as pas idée !

OoOoO


Après s’être habillées, nous descendons nos valises des porte-bagages, ainsi que nos cages. Roxanne est passée chercher ses affaires dans son ancienne cabine tout à l’heure.

– Tu as un animal ? je demande à Judith.
– Oui, Pepsi. C’est un croup, je l’ai acheté à l’animalerie magique, précise-t-elle.
– C’est quoi, un croup ?

Elle ouvre sa cage. Un fox terrier en bondit et se met à me lécher le visage.

– Hé !
– Il est mignon, non ? dit-elle en le forçant à rentrer dans sa cage. Sauf qu’il est très agressif avec les moldus. J’aurais dû y penser avant de le ramener chez moi, mes parents ne sont pas sorciers. Et toi, Roxanne ?
– J’ai Plumasil, mon hibou.

Elle nous montre l’intérieur de sa cage. Un grand-duc nous observe d’un air hautain.

– Et toi, Ginger ?
– J’ai Pilpel, ma chouette chevêche.
– Oh ! Elle est trop mignonne !

Elles s’extasient devant la petite cage contenant la minuscule boule de plumes qui constitue mon animal de compagnie et qui, inquiet, s’est arrêté de se frapper la tête contre la cage.

Le train ralentit progressivement, jusqu’à s’arrêter complètement. De nous trois, je suis la première à sortir du wagon. Dehors, l’air est glacé, mais il n’y a pas un souffle de vent. Le ciel est sombre, le soleil vient de se coucher ; à cause du brouillard, on ne voit pas à plus de cinq mètres. Je devine dans la brume les formes de petites maisons en bois ; nous sommes au milieu d’un village qui a l’air de sortir d’un conte. Je tourne la tête, regarde au loin…et c’est le choc.

Je n’ai jamais vu un bâtiment de cette taille. Vu la tête de mes nouvelles amies, elles non plus. Le brouillard empêche de le distinguer nettement, mais sa structure imposante apparaît vaguement dans la nuit.

– Bienvenue à Poudlard ! fait une grosse voix derrière moi.

Je fais volte-face et manque de tomber à la renverse ; un géant à la barbe noire et hirsute me regarde en souriant. Ses yeux noirs brillent comme des scarabées.

Oui, comme des scarabées. Quand je panique, je fais des comparaisons bizarres, vous avez remarqué ?

– Suivez-moi, dit le géant en s’adressant aux autres élèves en première année.

Le géant marche vraiment très vite. Tous les élèves doivent courir à petites foulées, derrière lui, pour suivre la cadence. Certains d’entre eux sont très rouges, de fatigue. Au bout d’un moment, alors qu’une fille se demandait tout haut si on avait l’intention de nous entraîner pour un marathon, le géant s’arrête brusquement. Les étudiants qui couraient juste après lui lui foncent dedans et tombent par terre.

– Où sommes-nous ? je demande.

On ne voit strictement rien ici, le brouillard est extrêmement épais.

– Au bord du lac du parc de Poudlard, répond le géant. On va le traverser en barque. Ne vous penchez pas trop, le calmar géant n’apprécie pas les intrus dans son territoire.

Un calmar géant. J’espère que c’est une blague.

Roxanne, Judith et moi nous installons les premières dans une barque. Bien au milieu, histoire de ne pas tenter le calmar. Les autres élèves font de même. Je crois même qu’une des filles dans la chaloupe à côté de la nôtre, une petite blonde, est en train de pleurer de terreur sur l’épaule de Potter, qui a l’air de se prendre pour un héros.

– Barbie et Ken, en chair et en os, commente Judith.

J’éclate de rire, mais Roxanne la fixe d’un regard un peu étonné.

– Barbie et Ken ? C’est qui, ça ?

Pendant qu’on lui explique, les élèves finissent de s’installer dans les petites embarcations. Le géant nous regarde tous, arborant un sourire ravi, puis monte dans notre barque, qui s’enfonce un peu dans l’eau sous son poids. D’un même mouvement, Judith, Roxanne et moi nous serrons les unes contre les autres.

– Ne vous en faites pas, glousse le géant, cette barque a vu pire.

En effet. Qu’est-ce qui a fait ces traces de griffes au fond du bateau ? Ce n’est pas que j’ai peur, mais…

– Comment vous appelez-vous ? je demande, pour oublier ce que je viens de remarquer.
– Je suis Hagrid, le gardien des Clés et des lieux à Poudlard, déclare-t-il fièrement. Je m’occupe des cours de Soins aux Créatures Magiques, et je suis également le garde-chasse.

Il se met à ramer, et toutes les autres barques avancent en même temps que la nôtre. Personne ne parle sur les embarcations, pas même Potter, qui n’a plus du tout l’air de Ken. En fait, il pleure autant que la fille qu’il consolait tout à l’heure.

Nous non plus, on ne parle pas. On frissonne et on se colle un peu plus entre nous quand on voit un tentacule émerger de l’eau noire et calme, au loin, et Hagrid pouffe de rire, avec l’air de se dire « Ces premières année, quels froussards. » Du coup, la terreur me fait complètement oublier le spectacle du château. Je le remarque à peine, car mes yeux sont fermement fixés à la surface ondulante du lac.

Les barques arrivent finalement dans une pièce souterraine. Nous débarquons sur la terre ferme ; Hagrid nous abandonne là, et repart dans une barque. Les autres navires le suivent, à la queue leu leu. Personne ne bouge. Jusqu’à ce que quelqu’un dans le groupe dise, au bout de deux bonnes minutes :

– On fait quoi, maintenant ?

Il n’a pas tort. On nous a laissés là, en plan, et on ne sait pas où on est censés aller. Quelle organisation. Un brouhaha commence à remplir le souterrain tandis que je demande :

– Tu sais ce qu’il va se passer, Roxanne ?
– Oui, on va être répartis dans nos maisons.
– Oh là là, j’espère que je ne serai pas à Serpentard, fait Judith.

Je regrette vraiment de ne pas avoir pu en apprendre plus sur Poudlard avant d’y venir. Je demande, un peu honteuse de mon manque de connaissance :

– C’est quoi, la répartition ? Et les maisons ? Et Serpentard ?
– Une question à la fois, répond Roxanne en souriant. L’école est divisée en quatre maisons. Au début de l’année, on décide pour toi dans quelle maison tu iras. Ensuite, tu pourras jouer dans l’équipe de Quidditch de ta maison, lui rapporter des points, ou lui en faire perdre.

Encore ce mot ! C’est quoi, au juste, le Quidditch ? Mais avant d’avoir pu demander, Judith ajoute :

– Les quatre maisons sont Serpentard, la maison des rusés et des ambitieux ; Gryffondor, les courageux ; Poufsouffle, les persévérants et les loyaux ; et Serdaigle, les intelligents.
– On dit, précise Roxanne, que Poufsouffle est la maison des cancres, que les sorciers de Serpentard trempent dans la magie noire, que…
– Ce n’est pas une légende, que les Serpentards trempent dans la magie noire. C’est la réalité.

Potter vient de prendre la parole. Il se croit où, lui, à s’inviter comme ça dans les conversations ?

– Bonsoir, Œil-de-Marécage, lui dis-je avec un grand sourire. Tu as apprécié le voyage en barque?

Il grimace :

– Toi, par exemple, je suis certain que tu finiras à Serpentard.
– Parce que tu ne m’aimes pas ? Mais rassure-toi, c’est réciproque.

Judith, qui regardait les murs en pierres grossières, l’air très intéressée, semble soudain se rendre compte de la présence du garçon.

– Ca alors, tu es encore là, toi ? Je pensais que tu serais mort de trouille avant la fin de la traversée du lac.
– Je ne t’ai rien demandé, toi, dit Potter en rougissant.
– Je me trompe ou ce n’est pas la première fois que tu me dis ça aujourd’hui ?

Il rougit de plus belle et s’éloigne, sans avoir oublié de lui décocher un regard noir.

Judith et moi nous retournons vers Roxanne.

– Quoi ? demande-t-elle, surprise.
– Pourquoi tu ne te défends jamais de lui ?
– C’est marrant de le rabaisser, tu sais. Tu devrais essayer, toi aussi.
– Je ne sais pas trop, dit-elle, songeuse. Maman m’a toujours interdit de dire du mal de mes cousins, alors…
– Justement, elle n’est pas là, c’est le moment d’en profiter, non ?

Elle sourit timidement.

– Bon, votre exposé de tout à l’heure était vachement bien, jusqu’à ce que Potter nous interrompe. Mais je n’ai pas compris comment on était répartis.
– Moi non plus, fait Judith. Je n’ai pas bien compris. Tu peux nous expliquer, Rox ?
– A vrai dire, je … ne sais pas non plus.
– Mais… Tes deux parents sont des sorciers ! Ils sont allés à Poudlard, non ?
– Oui, mais… Ils n’ont pas voulu me dire. Papa m’a dit qu’on nous balançait au calmar : ceux qui en ressortent le plus vite vont à Serdaigle, ceux qui se battent contre le calmar vont à
Gryffondor, ceux qui coulent vont à Poufsouffle, et ceux qui réussissent à ne pas se faire lancer dans le lac vont à Serpentard.

Je la regarde, horrifiée.

– Mais Maman m’a dit qu’il racontait n’importe quoi, ajoute-t-elle précipitamment.
– Si ça se trouve, elle t’a dit ça pour ne pas te faire peur…

Avant d’avoir pu ajouter quoi que ce soit, une énorme porte au fond de la salle s’ouvre. Un homme minuscule… Non, je retire ce que j’ai dit. Ce n’est pas un humain, on dirait… Je ne sais pas. Je n’ai jamais vu de créature pareille de ma vie.

– Bonsoir, dit-il d’une petite voix haut perchée. Je suis le Professeur Flitwick, et je vous enseignerai les Sortilèges. On va vous répartir dans vos maisons dans quelques minutes. Mettez-vous en rang !

Je me place à côté de Roxanne, et Judith va se mettre près d’un garçon aux cheveux châtains. Elle lui sourit et lui devient tout rouge. Elle sait très bien s’y prendre pour intimider les gens ! J’aimerais bien avoir comment elle fait.

Une fois tout le monde en place, le professeur Flitwick se met en tête du rang et s’avance vers la grande porte. Nous le suivons de près. Il sort sa baguette, l’agite de haut en bas, et la porte s’ouvre…

Je me sens alors toute petite. La salle est immense, éclairée par des bougies qui flottent à quelques mètres au-dessus de ma tête. Le plafond ressemble à un ciel étoilé. Autour de quatre très longues tables, des élèves plus âgés que nous nous observent. Certains sont morts de rire, à nous voir trembler de terreur, d’autres nous regardent avec compassion. Tout au bout, perpendiculairement aux quatre tables, il y en a une cinquième, occupée d’adultes ; les professeurs, je présume. Au milieu de leur table repose un vieux chapeau de sorcier tout rapiécé et noirci, comme s’il avait brûlé.

Peut-être que chez les sorciers, les chapeaux font office de pots de fleurs.

Le professeur Flitwick nous conduit entre deux tables d’élèves, au centre de la pièce, puis nous laisse en plan et va rejoindre les autres professeurs. Une femme se lève alors, au milieu de la table des adultes ; elle a pris le vieux chapeau dans ses mains et le tend à bout de bras.

– C’est l’histoiiiire de la viiiie, chantonne un élève assis à une table toute proche, déclenchant les rires de quelques-uns de ses camarades.

Plus âgée que les autres, elle me rappelle étrangement la vieille Wilson. Je mettrais ma main à couper que c’est la directrice. Je continue d’observer la salle, quand, brusquement, je me rends compte qu’une voix éraillée chante. Je cherche l’origine de la voix.

Oho. Je crois que ça vient du chapeau. Il n’y a pas à dire, les pots de fleurs des sorciers sont bien plus intéressants que les nôtres.

J’ai du mal à me concentrer sur ce que le chapeau raconte, je n’en reviens toujours pas qu’un bout de tissu puisse parler. A la fin de la chanson, un murmure s’élève de la masse d’élèves de première année.

Euh… Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Je crois que je viens de louper un truc important… J’aurais mieux fait d’écouter. A côté de moi, Roxanne fulmine.

– Et dire que tout ce qu’on a à faire pour la répartition, c’est juste enfiler ce chapeau ! Papa s’est bien fichu de moi !

Je me sens plus légère. C’est tout ? Tu parles d’une épreuve !

La presque-vieille Wilson dit alors :

– Bien, je vais appeler les élèves un par un. Vous mettrez le Choixpeau magique sur votre tête et quand vous connaîtrez votre maison, vous vous installerez à la table correspondante. Abercrombie, Thomas !

Un petit garçon aux cheveux bruns sort de la foule. Il a l’air proprement terrorisé. Il dirige vers le Choixpeau, s’assoit sur un tabouret et la directrice pose le chapeau sur sa tête.

Aussitôt, le Choixpeau beugle : « Gryffondor ! »

Les Gryffondor applaudissent à tout rompre tandis que Abercrombie, Thomas rejoint leur table.

– Bowl, Vanessa !

Une fille à l’air un peu idiot s’avance à son tour vers le Choixpeau.

– POUFSOUFFLE !

A leur tour, les Poufsouffle acclament la nouvelle arrivante.

Les uns après les autres, les élèves défilent. Je commence à sentir la panique dans mon ventre.
Et si le Choixpeau m’envoyait à Serpentard ? Je n’ai pas envie de tremper dans la magie noire, moi…

– Enderson, Ginger !

Je prends mon courage à deux mains et m’avance à mon tour vers les professeurs. Quand je m’assois sur le tabouret, la directrice m’enfonce le chapeau sur la tête, jusqu’aux yeux.

J’entends alors une voix dans mon crâne :

« Hmm… Tu n’as rien à faire ici, tu n’es pas une petite fille comme les autres. Pourquoi m’a-t-on posé sur ta tête ? »

Hein ? Ce chapeau est fou.

D’un autre côté, c’est un chapeau. Je ne vais pas accorder de crédit aux propos d’un chapeau, non ?

« Je suppose que la directrice sait ce qu’elle fait… Bon, procédons… Hmm. Tu as la logique d’un Serdaigle, mais aussi la loyauté du Poufsouffle… »

Pitié, pas Poufsouffle. Pas avec les cancres. Pas avec Bowl, Vanessa.

« Pas Poufsouffle ? (Comment… Ce chapeau lit dans les pensées ?) Ce serait dommage… Tu as aussi le courage des Gryffondors. Voilà un cas compliqué. Voyons, où vais-je te mettre… »

Je croise les doigts.

– GRYFFONDOR !

Je pousse un petit cri en même temps. Je n’avais pas réalisé à quel point le chapeau hurlait fort. La moitié des élèves est écroulée de rire.

Rouge de honte, je m’avance vers la table des Gryffondors et m’installe à côté de Thomas Abercrombie.

– T’as eu peur du chapeau ?
– Tais-toi, Zara.
– C’est Abercrombie, mon nom. Thomas Abercrombie.
– T’as un nom de vêtement, c’est pareil pour moi.

Il rougit à son tour et n’ajoute rien.

Qu’est-ce que voulait dire ce satané chapeau par « Tu n’es pas une petite fille comme les autres » ? Certes, je n’ai jamais vu de filles avec des cheveux aussi indomptables que les miens, mais ça ne fait pas de moi une personne si différente…

Les élèves sont appelés les uns après les autres. J’attends les noms de mes amies, mais, arrivée à P :

– Potter, James !

Tout le monde devient silencieux.

– Potter ? Comme Harry Potter ? murmure quelqu’un à la table des Poufsouffles.

Potter s’avance avec fierté, d’un pas rapide. J’aimerais bien qu’il trébuche dans sa cape et s’étale par terre, ça ferait du bien à son égo surdimensionné. Malheureusement, il arrive sans problèmes à l’estrade où la directrice tient le chapeau.

– GRYFFONDOR ! crie le Choixpeau magique, en ayant à peine effleuré ses cheveux bruns.

Zut. Je vais passer ma scolarité avec cet idiot. Il rejoint la table et échange un regard furieux avec moi.

Les élèves continuent de défiler. Enfin…

– Thomson, Judith !

Elle s’avance à son tour. Sa démarche est assurée et élégante ; elle est la seule depuis le début à n’avoir pas l’air de craindre sa répartition.

– GRYFFONDOR !

Elle nous rejoint et s’assoit à côté de moi, extatique.

– Weasley, Roxanne !

Elle est à son tour envoyée à Gryffondor et arrive à la table, suivie par Wright, Arthur, lui aussi envoyé dans notre maison.

La directrice commence alors un discours long et ennuyeux, que ni moi ni mes amies n’écoutons. Nous sommes trop excitées. J’aurais été triste que nous soyons séparées, mais là, toutes les trois dans la même maison, c’est génial !

Des plats apparaissent devant nous, et tous ont l’air plus succulents les uns que les autres. Je prends garde à ne pas toucher à l’omelette d’œufs de Botruc et me sers de tout, en devisant joyeusement avec mes nouvelles amies.

Je lève la tête et voit Potter discuter avec animation avec Arthur Wright et Thomas Abercrombie. Il croise alors mon regard. Ses yeux me disent : « Saleté. Ta vie va devenir un enfer. »

Charmant.

Je lui lance un regard de défi : « Essaie toujours, mais ne rêve pas trop. »

De concert, nous détournons la tête et reprenons nos conversations respectives.



Alors comme ça, ma vie va être un enfer ?

Rira bien qui rira le dernier.
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