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Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier c’est possible avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

Vous voulez revenir dans le Futur ? Lors du mois de novembre c’est possible avec la Sélection Next-Gen ! Vous avez jusqu'au 30 novembre pour lire les 10 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter ici.

Et pour le mois de décembre, le thème et les textes vous attendent déjà avec la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez découvrir ces 12 histoires jusqu’à la fin de l’année et vous pourrez voter à partir de décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous ICI !


De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


15ème Échange de Noël


Le traditionnel Échange de fics de Noël est de retour pour sa 15ème édition !



Et cette année, vous pouvez écrire et recevoir : des fanfictions Harry Potter, des histoires originales... mais aussi des fanfictions sur d'autres fandoms ! Envie de nous rejoindre ?


Ça se passe d'ici le 31 octobre sur ce topic du forum HPF !


De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 126 édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 21 octobre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


L'esprit de famille. par Persis

[7 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Le couple d’abraxans atterrit tout en douceur devant le domaine familial. Whisp, le petit elfe de maison qui avait trouvé une bonne place à trois noises la semaine dans cette très ancienne famille, alla ouvrir respectueusement la portière du carrosse qui venait de se poser dans la cour. Le petit être déploya le marchepied devant son nouveau maître et Lucius Malfoy sortit majestueusement de la voiture tout en s’appuyant sur sa canne au pommeau d’argent en forme de tête de vouivre. Sa femme et son fils l’attendait sur le perron du manoir. Narcissa, superbe dans sa robe de soie noire au col montant et dans sa cape en panthère noire au bord en hermine s’avança d’un petit pas léger vers son mari tout en soulevant l’étoffe de ses vêtements. Draco la suivit avec un peu moins d’empressement.

Tout ce beau monde affichait un sourire figé comme une permanente indéfrisable. Lucius remonta le col de son manteau en astrakan. Il faisait froid et ces deux années à Azkaban l’avait affaibli. Il avait tant rêvé de ce moment de retrouvailles mais quelque chose au fond de lui lui rappelait que rien ne serait plus jamais pareil. Sa chère épouse avait les traits tirés et le visage de Draco qui n’avait pourtant que vingt ans restait marqué par les années de tension et l’épreuve. Il y avait quelque chose de dur dans son regard et l’expression de son visage. Il affichait une maturité, une désillusion par rapport à la vie, qui n’allait pas à son âge.

Lucius Malfoy embrassa femme et enfant puis se hâta de retrouver ses pénates. Il faisait vraiment trop froid dehors. Le feu crépitait dans la cheminée et un petit verre de liqueur revigorante l’attendait au coin de l’âtre. Draco lui demanda plus poliment que chaleureusement s’il avait fait bon voyage et comment il se sentait. Narcissa chercha en vain un sujet de conversation intéressant. Lucius fit un effort pour suivre les derniers cancans et les récits des petites misères de la vie au foyer mais ses yeux picotaient et ses paupières s’alourdissaient malgré lui. Enfin, sa femme eut la bonne idée de lui demander ce qu’il désirerait manger. Tout ce qu’on pouvait lui servir chez lui allait lui paraître de toute façon bien meilleur que l’ordinaire d’Azkaban.

Si Lucius apprécia le repas, il fut déçu par la conversation qui se tenait à table. Il s’était fait une trop haute idée de que serait ce moment et tout à présent lui paraissait creux et sans consistance. Il avait l’impression que son monde s’était écroulé, qu’il n’en subsistait plus que des reliquats, des apparences. Ni sa femme ni son fils n’entretenaient plus à présent de rêve de grandeur, de gloire ou de suprématie. Quand Voldemort avait été anéanti pour la première fois, Lucius et Narcissa s’étaient serrés les coudes. Ils étaient jeunes, ils avaient un enfant en bas âge, un motif pour se battre et croire encore en l’avenir. Aujourd’hui, il fallait tourner la page. L’ancien Mangemort avait été séparé de sa famille durant de longs et nombreux mois, réduit à ne voir ceux qui lui étaient chers que quelques heures par semaine dans une tenue humiliante, dans un local sans beauté ni confort. Il se sentait vieux et las.

La soirée ne se prolongea pas. Les deux époux se retirèrent dans leur chambre. Ils prirent un bain et firent l’amour. Ce fut la seule chose qui fut à la hauteur des espérances de Lucius. Le bonheur de se retrouver dans l’intimité, la chaleur des embrassements et des étreintes, le plaisir qui se prolongeait et l’orgasme qui fut plusieurs fois au rendez-vous laissèrent les Malfoy heureux et détendus. Lucius s’endormit enfin satisfait et connut un repos réparateur.

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Lucius se tourna une dernière fois vers Draco tout en enfilant son manteau et en attrapant sa canne.

- Tu ne veux vraiment pas m’accompagner ? insista-t-il.
- Non, répondit Draco sur un ton plutôt sec. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Tu devrais rester ici et te reposer.
- J’en ai assez de rester enfermé, répliqua le père Malfoy. Tu devrais le comprendre. J’ai besoin de voir du monde.
- Comme tu voudras, répondit Draco avec une pointe de cynisme.

Le père Malfoy ne fut pas long à comprendre pourquoi son fils était si réticent. Lorsqu’il débarqua à l’Allée de Traverse, il ne croisa que des regards indifférents, hostiles ou, plus exactement : méprisants. Il voulut tout de même faire bonne figure. Il se redressa, s’appuyant sur sa canne, un accessoire qui n’était pas du luxe. Le grand air et le manque d’exercice l’étourdissaient. Lucius prit le temps de s’attarder devant quelques échoppes et d’en admirer la devanture même si sa seule présence avait le don de faire s’éloigner les autres passants. Au bout d’un moment, il éprouva le besoin de s’asseoir. Il sortit sa montre de son gousset et s’aperçut qu’il n’était dans l’avenue marchande que depuis vingt minutes seulement. Il serra les doigts sur la tête de vouivre en argent et reprit sa route en direction du café d’Edward Preppy.

Autrefois, le personnel s’empressait autour de lui dès qu’il franchissait la porte de l’établissement. Mais les temps avaient bien changé, cette fois, les serveurs l’ignorèrent superbement. Pas même un bonjour. Lucius s’installa à une table et attendit longtemps avant que quelqu’un ne vienne prendre sa commande. Il se décida pour une liqueur à la citrouille du Pérou. De sa place, l’ancien Mangemort pouvait observer bien du monde. Ainsi quatre jeunes gens accoudés attablé dans un endroit en vue devisaient joyeusement. Trois têtes rousses et une noir jais, trois Weasley, frères et sœur et un Potter. Il y avait moins d’habitués qu’autrefois ou plutôt, le café avait changé d’habitués. Beaucoup de jeunes sorciers affichant à peine trente ans fréquentaient l’endroit. Malfoy était loin de tous les connaître. Il trouva très instructif d’observer cette génération montante qui papotait gaiement en sirotant un petit verre.

Lorsqu’il rentra chez lui, Lucius Malfoy ne put s’empêcher d’aborder le sujet avec son fils.

- C’est dommage que tu ne sois pas venu avec moi, Draco. Je suis passé chez Edward Preppy et j’ai croisé des tas de jeunes gens qui sont pour moi d’illustres inconnus. Tu as certainement côtoyé bon nombre d’entre eux à Poudlard. Tu aurais pu me les présenter.
- Je ne veux pas te vexer, répondit froidement le jeune homme, mais je doute franchement qu’ils aient envie de faire ta connaissance.
- C’était une façon de parler, Draco, répliqua Lucius avec une pointe d’humeur. J’aurais voulu savoir qui est qui. Il t’aurait suffi de t’asseoir à mes côtés et de m’en dire un peu plus.
- J’évite les endroits publics pour le moment.
- Tu penses que c’est en restant cloîtré que tu vas te trouver une petite amie ?

Draco poussa un soupir d’exaspération et dévisagea son père avec un agacement évident peint sur la figure.

- Je doute fort qu’une femme veuille de moi pour le moment, répondit-il. A moins qu’elle ne soit sotte et laide, ou Moldue et ignorante. Auquel cas, je préfère encore avoir affaire à une fille de joie.
- Allons, allons ! temporisa Lucius ... La chance ne nous sourit guère pour le moment, je te l’accorde, mais ... il faut parfois pouvoir forcer la chance.
- Ah oui ? grinça Draco avec cynisme. Et ... tu as un plan ?


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Ron jeta un coup d’œil par-dessus son épaule et dévisagea les deux personnes qui avaient pris place à une table dans le fond du café.

- Le retour de Blondin et Blondinet, lança-t-il sarcastique à l’adresse de Harry.
- Un petit moment de gêne est vite passé, commenta George.
- La terre est à tout le monde, fit remarquer Harry en prenant un petit air comique.
- Ça ne va pas nous empêcher de digérer notre bièraubeurre, ajouta Ron.

Lucius Malfoy, pareil à lui-même, gardait la tête haute et observait d’un œil avide la clientèle présente. Draco avait manifestement développé l’art de regarder ailleurs en ayant l’air indifférent. Le père repéra une jeune personne au visage et aux manières agréables.

- Qui est cette demoiselle ? demanda-t-il à son fils.
- Alicia Spinett, Gryffondor. Aucun des deux parents, précisa-t-il.

La formule était elliptique mais le message était clair : la jeune fille était née de Moldus.

- Si un mariage est évidemment inconcevable, dit Lucius le sourire aux lèvres et de sa voix traînarde, il faut tout de même que jeunesse se passe.
- Oui ? Eh bien, j’ai pris un sacré coup de vieux ces derniers temps, rétorqua froidement Draco.
-Ts ts ! On n’est pas vieux à vingt ans, Draco.
- Moi bien.
- Et la jeune personne en bleu-mauve ?
- Je ne me souviens pas de son nom. Elle était en sixième quand je suis arrivé à Poudlard. La mère oui, le père non. A côté d’elle, Marcus Belby.
- Je l’ai reconnu et l’autre garçon ?
- Roger Davis.
- Ah oui ... il ressemble à son père. Et la demoiselle, un peu plus loin ?
- Tu ne la reconnais pas ? Susan Bones.
- Elle a gagné en élégance, ces dernières années.

C’est alors que Harry se retourna pour jeter un coup d’œil sur les deux têtes de platine. Son regard croisa un court instant celui de Draco. Il avait la même expression que lorsqu’il s’était retrouvé coincé par le feudeymon.


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Lucius se leva frais et dispos, il se rhabillait quand Narcissa se réveilla et quitta le lit. Elle l’embrassa tendrement et passa une robe de chambre.

- J’aurai mes époques dans une quinzaine de jours, dit-elle sur un ton détaché.
- Nous avons encore bien le temps pour en profiter, répondit-il avec une œillade coquine.
- Oui bien sûr. Mais après, j’aimerais que nous reprenions nos vieilles habitudes : le mardi et le vendredi.

Lucius la dévisagea, étonné. Ça lui pesait donc tellement de faire l’amour avec lui ? Ils ne s’étaient plus étreints depuis deux ans. Ne ressentait-elle pas le manque autant que lui ?

- J’espère que tu accepteras qu’on fasse une exception de temps à autre, dit-il, déçu.
- Oui, bien sûr, cela va de soi, répondit Narcissa avec un sourire figé.

Cet échange refroidit considérablement l’humeur de Lucius. L’impression que quelque chose s’était lézardé entre lui et sa petite famille ne faisait que se confirmer. Il se sentit bien seul tout d’un coup. Peu à peu le doute à propos de la fidélité de sa femme s’insinua dans son esprit. Deux ans seule, ça avait dû paraître très long à une femme de son âge. Elle avait peut-être pris un amant. Lucius essaya de se renseigner sur les activités de sa femme et ses fréquentations durant son absence. Il profita d’une petite tea-party chez un des rares amis de son fils qui ne soumettait pas sa famille à l’ostracisme : Théodore Nott. Narcissa paraissait très à l’aise parmi ce monde très fermé d’anciens partisans du Seigneur des Ténèbres. Il y avait là les épouses Goyle et Crabbe, les Jugson qui s’en étaient tirés à bon compte et d’autres familles au Sang-pur. Malfoy serra quelques mains puis se réfugia dans un endroit d’où il pourrait voir tout le monde.

- Je suppose que tu reconnais tout le monde, dit Draco à voix basse.
- Oui, merci. Dis-moi Draco, Théodore vient parfois te rendre visite ?
- Pas très souvent. Et nous ne venons pas ici à chaque fois que nous sommes invités.
- Qui a fréquenté la maison pendant mon absence ?
- Pas grand monde.
- C'est-à-dire ?
- Le tiers des personnes présentes ici est passé une fois ou deux chez nous.
- Il n’y a pas quelqu’un qui est venu plus souvent que d’autres ?
- Non.
- Et qui est-ce que ta mère fréquente ?
- Comment ça, « qui est-ce qu’elle fréquente » ? s’étonna Draco.
- Ne me dis pas qu’elle n’a vu personne durant ces deux années ! Elle sort bien pour faire des courses quelques fois ? insista Lucius.
- Oui, et alors ?
- Et ... où va-t-elle et qui est-ce qu’elle rencontre ?
- Pourquoi ne lui poses-tu pas toi-même la question ?
- Tu vois bien qu’elle est occupée pour le moment.
- Eh bien, tu lui demanderas tout à l’heure !
- Draco, tu ne comprends pas ... Je voulais juste savoir qui ... qui vous as tenu compagnie, qui vous a réconforté et qui ... qui a particulièrement soutenu ta mère dans ces moments difficiles.
- Pas grand monde. Et si tu tiens à le savoir, nous avons également évité de nous afficher en public. C’est l’histoire de l’ouroboros(1) , la société sorcière préférerait que les anciens de Tu-sais-qui ne se fréquentent plus entre eux mais aucun adversaire de Tu-sais-qui n’a envie de nous fréquenter.
- Et ton ami, Théodore ... euh ...
- Nous entretenons des rapports amicaux mais distants, répondit Draco sur un ton aussi grinçant que glacial.
- Ta pauvre maman a dû se sentir bien seule. Si elle n’a que sa couturière pour lui faire la causette ... soupira Lucius avec une pointe d’hypocrisie qui n’avait pas échappé à son fils.
- Sa couturière et son coiffeur, qui préfère les hommes si tu permets que je te le rappelle, répliqua le jeune homme.

Sur ce, Draco s’éloigna de son père et alla rejoindre Gregory Goyle en prenant une coupe de mousseux au passage.



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Edward Preppy se tourna vers un des barmans et lui lança:

- Dépêche-toi d’aller le servir, j’en ai marre de l’entendre.

Le garçon poussa un long soupir, saisit une carte et se dirigea vers la table de Lucius Malfoy qui était en train de tousser depuis un bon moment. Le serveur lui présenta la carte et lui demanda ce qu’il voulait prendre. Lucius commanda un grog. Sa toux n’était pas feinte, il avait réellement pris froid et aucun sort ne semblait vouloir le réchauffer. La consommation fut prête en très peu de temps et le père Malfoy l’avala aussi rapidement qu’il le put avant d’en commander un autre. Cette fois, le barman eut la main un peu plus lourde avec le rhum. Quand Lucius se leva, la tête lui tournait. Cependant, il ne voulait pas perdre son objectif de vue. Il se dit qu’il s’était assez réchauffé et, malgré la pluie battante, il sortit vaille que vaille du café.

Le père Malfoy alla traîner du côté des boutiques de confection. Il aperçut celle qui cherchait. Sa silhouette allait et venait entre les passants, il la suivit aussi loin qu’il le put jusqu’à ce qu’elle disparût. Comme il savait où elle habitait, il transplana jusqu’à son petit village du Wessex mais quand il reprit pied là-bas, il se rendit compte que sa main saignait. Deux ongles à la main gauche lui manquaient. Lucius pesta et se mordit les lèvres. La mésaventure était particulièrement cuisante pour un sorcier de son envergure. Les grogs lui avaient fait plus de tort que de bien. Le magicien ne voulut pas se laisser abattre, il se remit en route et lutta pour cesser de tituber. D’ailleurs la jeune fille n’était pas très loin, il ne dut pas marcher longtemps pour l’apercevoir à nouveau. Il pressa le pas, transi. La toux le reprit et le secoua à nouveau. Aucun des efforts qu’il fit pour la contenir ne parvint à l’étouffer, elle ne fit que se renforcer.

Lucius Malfoy n’eut pas le temps de jeter un sort d’Assurdiato, Alicia Spinnet s’était déjà retournée et venait de découvrir sa présence. Le sorcier n’avait plus la force de transplaner et se jeter un sort de désillusion n’avait plus aucun sens. Il préféra avancer comme si de rien n’était ou presque. La jeune femme s’était remise en route mais elle avait ralenti l’allure. Elle arriva sur le seuil de sa maison et introduisit la clé dans la porte tout en jetant un coup d’œil par-dessus son épaule.

- Bonjour Mademoiselle, lui lança Lucius avec un sourire crispé.
- Monsieur Malfoy ? Qu’êtes vous venu faire dans un endroit si mal fréquenté ? lança-t-elle avec cynisme.
- Je me suis égaré ...keuf ! keuf ! keuf ! keuf !... est-ce que je ...keuf ! keuf ! keuf ! keuf !...

Il toussait trop fort pour pouvoir achever sa phrase.

- Vous vous êtes blessé ? demanda Alicia en voyant le sang qui perlait sur ses doigts.

Lucius, à nouveau secoué par la toux, opina d’un mouvement de tête. La jeune fille, méfiante, porta la main à la baguette, prête à réagir. Le sorcier tituba à nouveau et Alicia, très embarrassée se résolut à le laisser entrer chez lui. Elle le fit passer devant elle et lui désigna un fauteuil. Il s’y écroula littéralement sans que sa toux se soit calmée.

- Vous ne devriez pas sortir dans un état pareil, lui lança-t-elle sévèrement. Je vais vous préparer un ...
- Pas de grog ! ... s’il vous plait, ajouta-t-il pour adoucir le ton impératif qu’il venait d’employer.
- Une bonne tisane de thym, acheva-t-elle, avec du miel et du citron.


Alicia agita la baguette tout en surveillant son invité surprise d’un coin de l’œil. Elle n’était pas trop rassurée de voir un ancien Mangemort sous son toit. L’eau était sur le feu, le miel et le citron sortaient de leur cachette et le service de porcelaine avait pris place sur la table. Lucius se débarrassa péniblement de son manteau et le posa sur l’accoudoir du fauteuil. D’un mouvement de baguette, Alicia souleva le vêtement et l’envoya se suspendre dans les airs au-dessus du radiateur. Elle agita encore une fois l’instrument en direction de son hôte et ses effets s’asséchèrent et se réchauffèrent instantanément.

Le père Malfoy observa son hôtesse. Elle était jeune et jolie, la méfiance qui se peignait sur sa figure lui conférait un air supérieur très attirant. Ses gestes, ses mouvements étaient très élégants. Entre temps l’eau s’était mise à bouillir et la tisane fut bientôt prête à être consommée.

- Qu’êtes-vous venu faire dans un village de Moldus, monsieur Malfoy ? demanda Alicia.
- Me ... promener ! répondit-il sur un ton qui se serait voulu détaché.
- Dans l’état où vous êtes ? Vous auriez mieux fait de rester chez vous !
- C’est vrai.
- Vous voilà contraint d’accepter l’aide d’une Sang de Bourbe, commenta-t-elle avec cynisme.
- On n’emploie plus ce mot là de nos jours, c’est de très mauvais ton, répondit-il après avoir avalé une gorgée brûlante du breuvage.
- Parce que vous voulez vous mettre au ton de l’époque ? s’étonna Alicia.
- Parfaitement ! J’ai besoin ... comment dire ? ... d’une petite mise à jour. C’est bien nécessaire après ces vacances prolongées sur cette île isolée.
- J’ai du mal à vous croire, monsieur Malfoy.

Il se contenta de lui sourire et plongea à nouveau le nez dans la tasse.

- C’est délicieux, commenta-t-il.
- Vous n’avez toujours pas répondu à ma question. Que vient faire un homme dont on connaît les antipathies dans un village comme celui-ci.
- Mais je vous ai répondu : me promener ... Non, je ne vais plus tourner autour du pot plus longtemps. J’aurais aimé parler avec vous de certaines choses.
- Avec moi ?!
- Je suis un peu inquiet à propos de Draco et ... Honnêtement, Miss Spinnet, je ne suis pas en état de tenir une conversation. Les grogs d’Edward Preppy m’ont mis groggy. Je voudrais rentrer chez moi. Pourrais-je emprunter votre cheminée ?
- Je n’ai pas cette commodité. Je vis en collocation avec ma cousine qui est Moldue.
- Votre cousine est au courant de ...
- Oui, nous avons été élevées pratiquement ensemble. Cela ne la dérange pas d’avoir une sorcière sous son toit mais je restreins tout de même l’usage de la magie quand elle est là.
- J’aimerais éviter de devoir transplaner, dit-il piteusement en lui montrant le sang séché sur ses doigts.
- Vous voulez envoyer un hibou pour qu’on vienne vous chercher ?
- Je ne préfère pas qu’on sache que je suis venu vous parler.
- Alors, il faudra prendre le Magicobus. Je ne suppose que vous n’êtes pas non plus en état d’utiliser un balai.
- Le Magicobus ? s’exclama-t-il avant de reprendre une gorgée de tisane... m’oui... je pourrais prendre le Magicobus jusqu’au Chemin de Traverse et de là, utiliser le réseau de Cheminée.




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Harry ôta ses lunettes et les frotta vigoureusement avant de se les remettre sur le nez.

- Non mais, est-ce que tu vois ce que je vois ? lança-t-il à Ron.
- C’est pas vrai! Je n’en suis pourtant qu’à mon troisième hydromel, répondit le jeune Weasley.
- Qu’est-ce qu’on leur met dans la soupe à Azkaban ? demanda George.

Dans un coin du café, Monsieur Malfoy père venait de se lever en voyant approcher Miss
Spinnet et lui avait galamment avancé une chaise afin qu’elle s’assît à sa table.

- C’est très gentil à vous d’avoir accepté mon invitation, fit Lucius, obséquieux.
- Vous allez mieux ? demanda Alicia par pure politesse.
- Oui, je vous remercie. J’ai dû garder la chambre toute une semaine mais c’est vieille histoire à présent.
- Vous m’excuserez d’être aussi directe, mais j’ai eu l’impression ce jour-là que vous m’aviez suivie jusque chez moi.

Lucius regarda ailleurs et hésita avant d’avouer :

- ... Eh bien, oui, en quelque sorte. Je ... j’aurais voulu parler avec vous de certaines choses.
- Je vous écoute, répondit froidement.
- C’est parce que ... le monde a bien changé. Je n’ai pas assisté à tous les chamboulements, mais il faut bien que je me mette au goût du jour.
- Au goût du jour ? C’est ainsi que vous appelez ça ? rétorqua la jeune fille sans enthousiasme.
- Appelez ça comme vous voulez, répondit précipitamment Lucius, un peu agacé par la froideur de son interlocutrice. Vous me semblez la personne la plus à même à me mettre au courant.
- Je ne vois pas pourquoi cela vous pose problème, monsieur Malfoy. Ça se résume en peu de mots : désormais les sorciers nés de Moldus ont droit à la même considération que les autres et les droits des créatures magiques ont toute l’attention du Ministère.
- Oui, je l’avais bien compris.
- Et c’est pour ça que vous tenez à vous affichez en ma présence, déclara Alicia avec un air satisfait et presque triomphant.
- Une des raisons, concéda le père Malfoy, beau joueur. Je voudrais également qui fréquente qui et comment. Quel est le meilleur moyen de se faire des amis, des relations, ce qui est de bon ton et de mauvais ton.
- Vous voudriez vous refaire une virginité ?
- En quelque sorte. Je voudrais surtout que mon fils ne reste pas cloîtré au fond de son manoir. Ce n’est pas une vie pour un jeune homme de son âge.
- C’est très simple. Il n’a qu’à venir flâner dans le coin, entamer la conversation avec les personnes qu’il rencontrera, éviter de faire des remarques déplacées et ne pas devenir obséquieux pour autant.
- Quels sont les endroits à la mode pour le moment ?
- Les mêmes qu’avant. Tous les cafés du Chemin de Traverse et celui en particulier.
- Des soirées dansantes ? ... des choses de ce genre ?
- Les Weird Sisters(2) donnent toujours des concerts. Je ne sais pas quand aura lieu leur prochaine tournée. Vous devriez vous abonner au Witch Weekly(3) , on y trouve les dates des concerts, des bals et des expositions.
- C’est vrai, je vais voir si Narcissa est toujours abonnée. Mais assez parler de moi. Que faites-vous dans la vie, mademoiselle ?
- Je suis stagiaire dans une fabrique de balai.
- Cela vous plait ?
- Je suis une passionnée de Quidditch.

Ron observa Lucius Malfoy en train de sourire complaisamment à Alicia. Il regarda ses comparses d’un air étonné.

- Eh bien, on dirait qu’il est en train de la draguer, leur dit-il.
- Mm ... tu vas aller cafarder à Rita Skeeter ? demanda George.
- Tu vois ça d’ici ? ajouta Harry, Narcissa découvrant que son mari conte fleurette à une jeune sorcière qui n’est pas de sang pur en lisant sa gazette ?
- Elle risque de s’étrangler en avalant son jus de citrouille du matin, commenta Ron, goguenard.


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Draco entra au Chaudron Baveur. Il regarda tout autour de lui. Les clients le dévisageaient avant de détourner le regard. Le jeune homme se sentait particulièrement mal à l’aise. Il alla s’asseoir à une table et commanda une bièraubeurre. Il n’avait plus remis les pieds dans cet endroit depuis des lustres. D’ailleurs ce n’était pas le genre de lieu que fréquentait sa famille. La personne qui l’attendait finit par apparaître. Il s’agissait de combiner à la fois les convenances et ses convictions, une combinaison qui lui semblait assez périlleuse. Il se leva d’une façon assez raide et se limita aux convenances élémentaires quand il s’agit de dire bonjour à Miss Spinnet.

- Que puis-je t’offrir ? lui demanda-t-il parce qu’il ne pouvait faire autrement.
- Je vais prendre une bièraubeurre, comme toi.
- Tom, une bièraubeurre pour mademoiselle, s’il vous plait, lança-t-il à l’adresse du patron.
- Ça vient ! répondit Tom d’une voix rude.
- Bien, puis-je savoir que me vaut l’honneur de ce rendez-vous ? demanda Draco à Alicia sur un ton légèrement ironique.
- Je veux te parler de ton père, répondit sèchement Alicia. D’abord, il m’a suivi en rue, ensuite il m’a accostée en me demandant de venir lui faire la causette ...
- Mon père ? s’exclama Draco en ouvrant des yeux comme des soucoupes.
- Oui, soupira Alicia, ton père ! Je ne sais pas ce qui se passe chez les Malfoy et ça ne me regarde pas. Mais franchement, je commence à en avoir marre. Les gens se mettent à jaser.
- Tu peux m’expliquer de quoi il retourne ? demanda Draco en train de pâlir.
- C’est pour ça que je t’ai fait venir. Ton père m’a invitée plus d’une fois à prendre un verre. Il prétend qu’il veut se mettre « au goût du jour », savoir ce qui se fait, ce qui ne se fait pas, comment se faire bien voir, s’intégrer dans la société et ce genre de choses. D’après lui, son intérêt pour ce sujet est uniquement motivé par le fait que tu ne sors pas de chez toi et que tu ne fréquentes pas beaucoup de monde. Il dit qu’il voudrait que tu te fasses des amis et patati et patata. Et pendant ce temps, il me fait de grands sourires, me sert des « Mademoiselle » à tour de bras avec force ronds de jambe et regards glamour. Franchement, ça devient gênant. Débrouille toi comme tu veux, raccommode tes parents si c’est là où le bât blesse.
- Mais mes parents ne ...
- Je ne veux pas le savoir ! Sors de ton trou, sors ton père, promène-le dans les endroits à la mode, va au concert avec lui ou fais-lui la morale si tu veux, mais mets-y du tien.
- ... si tu ne veux plus le voir, il faudrait peut-être que tu le lui dises toi-même, bredouilla Draco, pensif.
- Oh, ne t’en fais pas ! Il insiste pour me revoir mais j’ai dit non. On dirait qu’il ne sait plus où il en est le pauvre Lucius. Il déprime ou quoi ?

Draco haussa les épaules, un peu embarrassé.

- Eh bien, bredouilla le jeune Malfoy, il est un peu ... bizarre, pour le moment. Les choses ont tellement changé... il faut le temps que ... le temps que ...
- Le temps qu’il faut, mais de grâce, réglez vos problèmes en famille sans moi.
- M’oui ... je vais voir ce que je peux faire.



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Draco jeta son manteau sur son lit et poussa un énorme soupir. L’elfe de la maison vint immédiatement débarrasser et demanda si le jeune Monsieur Malfoy désirait prendre quelque chose. Le jeune homme refusa d’abord la proposition puis se ravisa et demanda un double porto. Il se desserra le col de son vêtement et s’écroula dans un fauteuil. Il lui fallait une idée et une bonne, rapidement si possible ... mais il lui semblait que sa cervelle était remplie de sciure de bois. Mais peut-être qu’une potion pourrait lui raviver l’esprit. Pas de l’Aiguise-Méninges, évidemment. Pour une affaire si délicate, il avait besoin de quelque chose d’un peu plus élaboré ... Il envoya Whisp lui chercher un flacon de d’Aiguise-Visions. Malheureusement pour lui, la potion ne faisait pas bon ménage avec l’alcool et le double porto avalé dix minutes auparavant conjugua ses effets à celui de la drogue pour lui procurer une cuite mémorable doublé d’un indicible mal de tête. Le réveil eut lieu sous le signe du mal aux cheveux mais une fois le jus de citrouille matinal avalé, le jeune homme entrevoyait dans le lointain de sa cervelle en marmelade l’ombre d’une solution.

Les jérémiades de sa mère qui l’enjoignait d’être prudent ne l’empêchèrent pas d’enfourner son balai et de filer droit vers une cabane perdue dans la forêt du Midsomer. Il atterrit dans un tapis de neige crissante, la seule tache blanche de cette espèce dans cette forêt à des milles à la ronde. Quand Draco pénétra dans l’atelier attenant à la bâtisse, il y retrouva un vieux sorcier en train de graisser un harnachement prévu pour un attelage impressionnant. L’enchanteur était chaussé d’un pantalon verdâtre très large et de bottes en cuir de rennes énormes. L’homme portait une casaque blanc cassé qui lui tombait à mi-cuisses et dont les bords étaient brodés de rouge et de bleu avec un gilet rouge. Une large ceinture soulignait ses allures bedonnantes et, sur sa chevelure blanche et longue égale à sa barbe bouclée, il portait un gros bonnet de laine rouge bordé d’hermine.

- Oh ! Oh ! Mais qui voilà ! Le petit Malfoy en personne ! s’exclama le bonhomme jovial.
- Bonjour Monsieur Nisse, répondit poliment Draco. Comment allez-vous ?
- Bon pied, bon œil, malgré les années et tous ceux qui voudraient m’enterrer, répliqua Nisse avant d’éclater de rire. Dis-moi, quel bon vent t’amène en ma modeste demeure ? Que puis-je pour toi, mon garçon ?
- Je voudrais ... faire un beau de cadeau de Noël à mes parents.
- Mais ils ont tout ce qu’il leur faut, répondit le vieil homme, l’œil brillant.
- Je pense surtout à mon père qui vient de sortir de prison.

Monsieur Nisse administra une bourrade amicale d’une main graisseuse à son visiteur qui n’y trouva rien à redire.

- Viens! dit le bonhomme. Ne restons pas ici ! Nous serons beaucoup mieux au salon pour parler.

Ce disant, il emmena son hôte dans une pièce aux cloisons de bois, basse de plafond et à l’impressionnante cheminée en pierres naturelles où dansaient de hautes flammes. Des tapisseries colorées pendaient aux murs et des gros fauteuils confortables arborant des napperons brodés de rouge, de blanc et de vert tendaient leurs bras bouffis aux deux hommes.

- Qu’est-ce que tu prendras ? demanda M. Nisse.
- Rien de trop fort, je n’ai pas supporté les mélanges que j’ai faits hier.
- Oh ! Oh ! Un bon chocolat chaud maison ? Je pense que tu vas boire ça comme du petit lait.
- Volontiers, répondit Draco, un peu raide.

Monsieur Nisse sortit sa baguette magique du gilet rouge qui couvrait sa casaque, l’agita et fit apparaître deux tasses de chocolat fumant.

- Dis-moi, Draco, qu’est-ce qu’il pourrait faire plaisir à ton père et à toute ta famille comme cadeau de Noël ?
- Eh bien ... je ne sais pas, moi ... si je suis venu vous trouver c’est justement que ... que je n’ai pas trop d’idées.
- Voyons voir ... qu’est-ce qui lui faisait plaisir autrefois ?
- Le bal de Noël, recevoir des amis, enfin ... des connaissances.
- Et qu’est-ce qui t’empêche de faire pareil ? Il n’aime plus ça ?
- Les temps ont changé, ce n’est plus aussi simple qu’avant.
- Ts ts ! fit Monsieur Nisse. Ça, ce sont des idées, mon garçon.


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- Par la baguette de Vivianne, s’exclama Narcissa, où étais-tu donc passé, Draco ?
- J’ai été faire un p’tit tour, M’man, répondit Draco, d’un ton las en se débarrassant.
- Ne parle pas négligé, répliqua Mrs Malfoy. Ça fait ... Cracmol !
- Je voulais préparer Noël.

Lucius entra au salon et alla prendre place dans un fauteuil devant l’âtre.

- Tu as eu de bonnes idées de cadeau ? demanda-t-il, amusé. Tu as fait un petit tour dans les magasins ? demanda-t-il amusé.
- Non. J’ai été faire un petit tour chez Jules Nisse.
- Comment ? s’étrangla Narcissa. Chez ce vieux fou ?!
- Draco ! s’exclama Lucius interloqué, dans un murmure.
- ... Les temps changent, non ? Il faut suivre le mouvement et vivre avec son temps ! répliqua Draco sur un ton désinvolte.
- ... Mm ... oui ! Si l’on veut, concéda Lucius, étonné de la réaction de son fils. Mais tout de même ! Jules Nisse est un fameux ... comment dire ... un fameux original.
- Et son humour est d’un goût douteux, reprit Narcissa en haussant la pointe du nez. Se faire passer ce ... ce je-ne-sais-plus-trop-quoi auprès des Moldus en se promenant en traineau dans les nuages ! Je me demande bien pourquoi le Ministère n’a pas encore mis un terme à cette mascarade.
- Ben si ça amuse les p’tits Moldus, m’man ! reprit Draco.
- Oh, je t’en prie : parle convenablement, s’offusqua Narcissa.
- Falalala lalalala, chantonna distraitement Lucius pour détendre l’atmosphère.

Narcissa ouvrit des yeux ronds comme des potirons et pinça la bouche en dévisageant son mari d’un regard désapprobateur. Elle préféra s’en aller en faisant claquer ses talons sur le plancher. Lucius attendit qu’elle eût quitté la pièce pour se pencher vers son fils d’un air entendu et lui demander à voix basse :

- Quels sont tes projets pour Noël ?
- Rien de précis, répondit Draco, et puis de toute façon, ce sera une surprise.
- Une surprise ! Mm, magnifique, j’adore les surprises !
- Ne te réjouis pas si vite, tu ne sais pas encore ce que c’est et si ce sera à ton goût.
- ... Je ne sais pas ce que tu as en tête mais quoi que ça puisse être, ce sera de toute façon mieux qu’Azkaban, confia-t-il d’un air entendu. ... Et, entre nous, évite de brusquer ta mère.
- Papa ? fit Draco en se penchant vers son père.
- Oui ?
- Maman ne te trompe pas, elle n’a pas d’amant, dit-il à mi-voix.
- Pourquoi me dis-tu ça ?
- Tu sais très bien pourquoi je dis ça.
- C’est ... le cadeau de Noël ?

Draco ne répondit pas, il quitta la pièce et rejoignit sa chambre, laissant son père seul au salon.


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Lucius tritura une énième fois ses boutons de manchettes à tête de vouivre. Le sourire aux lèvres avait du mal à dissimuler sa nervosité. Il savait que son rejeton lui avait concocté quelque chose, le hic c’est qu’il ne savait pas quoi. Il était dix-neuf heures trente et dans très peu de temps les premiers invités allaient arriver, c’était sa seule certitude. Il se décida à descendre dans le hall où des elfes engagés en extra s’affairaient. Un sapin gigantesque s’élevait jusqu’au palier du premier étage mais sa décoration avait l’air bien minable : des objets ternes, des sortes de lianes inconsistantes pendaient aux branches.

Draco supervisait les derniers préparatifs et rectifiait de temps à autre certaines choses.

- Bien ... bien ..., marmonna Lucius, c’est presque prêt, n’est-ce pas ?
- Presque, répondit Draco, l’air absent.
- Et quand vas-tu me dire enfin de quoi il retourne ?
- Tu sais déjà le principal : un bal de Noël.
- Oui, mais tu ne m’as toujours pas dit qui tu as invité ! répondit le père, nerveux.
- Non, en effet, répondit Draco en consultant sa montre. Tu le sauras d’ici dix minutes.
- Et pourquoi pas maintenant ? s’impatienta Lucius.
- Surprise ! répondit son fils avec un petit air comique. Superbe, ton nouveau costume.
- Merci !
- Tu ferais mieux de rejoindre maman. Quand vous descendrez tous les deux du haut de l’escalier, ce sera du plus bel effet.
- Tu viendras tout de même nous dire de quoi il en retourne avant que ...
- Oui, oui, oui ! Ne t’en fais pas ! ... Eh ! lança-t-il à l’adresse d’un elfe, cette nappe est pour la crédence de gauche !

Lucius remonta l’escalier d’un pas pesant, frustré de ne pas en savoir davantage. Un sorcier entre deux âges, en habit de cérémonie entra par la porte principale et Draco alla à sa rencontre pour le saluer.

- Qui cela peut-il bien être ? marmonna Lucius entre ses dents tout en ralentissant l’allure.

Draco semblait enjoué et gesticulait en recevant cet hôte inconnu. Le sorcier se débarrassa de sa cape et consulta avec le jeune homme un parchemin interminable qui semblait bien être une liste de noms d’invités.

- Surprise ! ... ça m’a tout l’air d’être une surprise, grogna le père Malfoy en rejoignant le pallier.

Les dix minutes d’attente lui parurent interminable, il allait et venait comme un ours en cage et l’apparition de sa chère et tendre sur le pallier ne fut qu’un événement fugace qui interrompit à peine le délai demandé. Narcissa avait pourtant soigné sa toilette : robe neuve en étoffe précieuse, bijoux de prix, coiffure sophistiquée mais cette étoile filante ne réussit pas à calmer l’impatience du père de famille. Enfin Draco parcouru les degrés et rejoignit ses parents en affichant un sourire satisfait.

- Nous pouvons y aller, déclara-t-il.
- Très bien ! répondit Lucius. Et vas-tu enfin nous dire à quelle soirée nous sommes conviés ?
- Encore trente petites secondes. Le temps de descendre solennellement dans le hall d’entrée.
- Oh, s’il te plait ! insista le père Malfoy, contrarié.
- Une soirée de gala.
- En faveur de ... ? poursuivit Lucius.
- Il est temps de rejoindre nos premiers invités ! répondit Draco, sûr de lui.

Le jeune homme lissa ses vêtements du plat de la main et amorça la petite procession. Le sourire de Lucius se crispa dans un rictus conventionnel tandis que Narcissa, droite comme un i, et la tête posée sur une minerve imaginaire, passait son bras à celui de son époux en déployant la traine de sa tenue d’apparat.

Une poignée d’illustres inconnus endimanchés attendaient la venue de la famille Malfoy. Draco se mit alors à jouer les maîtres de cérémonie et fit les présentations.

- Monsieur Oger Labonnidée, président des Pupilles des Accidentés Permanents, Madame Ella Pirouette, directrice du Club des Artistes à la Baguette, Monsieur Jean Faimont-Nafferre, représentant des Musiciens Sortilégistes, Mademoiselle Aline Anflèche, entraîneuse des Cadettes du Balai Follet, Madame Marie-Ange Gardien, Econome des Enfants de Sorciers Déshérités. Mes parents : Monsieur et Madame Malfoy.
Mesdames, Mademoiselle, Messieurs, nous avons l’immense honneur et le grand plaisir de vous accueillir ce soir en notre modeste demeure pour la soirée de Gala en faveur des œuvres de bienfaisance non-subventionnées.

- Madame Dézart, secrétaire aux affaires culturelles et Monsieur Dézart, annonça le crieur.

Une sorcière entre deux âges franchit le pas de la porte accompagnée par son mari.

- Monsieur Will Decoude, attaché au cabinet des sports sorciers et Mme Decoude, Madame Lecadot, secrétaire à la protection de l’enfance, Monsieur Jules Nisse, artiste comédien, Monsieur Savage, Auror ...
- Il fallait quelqu’un pour veiller sur les saintes huiles du Ministère, commenta Draco à voix basse à l’adresse de ses parents.
- Et comment as-tu réussi à convaincre tout ce beau monde à se rendre chez nous ? s’enquit Lucius, amusé.
- Tout est dans le titre : en faveur des œuvres non-subventionnées. Notre famille a une tradition de bienfaisance et de mécénat, n’est-ce pas ? Les œuvres oubliées du Ministère ne nous oublieront plus.
- Tu es le digne fils de ton père, répondit Lucius dont les yeux pétillaient.
- J’espère que tu ne nous as pas ramené des personnes que ...qui ... s’inquiéta Narcissa.
- Oh maman ! Ce n’est pas le moment de s’occuper de pedigree. Le but du jeu, c’est de se faire bien voir !
- Draco a parfaitement raison, commenta Lucius.

Lorsque la foule disparate des invités se trouva rassemblée dans le hall, une jeune sorcière, Artiste à la Baguette, eut l’honneur d’illuminer l’arbre de Noël. Les objets ternes s’illuminèrent et prirent des couleurs et des formes changeantes. Quelques autres représentants de cette association d’artistes se chargèrent du reste de l’éclairage et de l’ornementation. Mille feux multicolores tourbillonnaient au-dessus de la tête des hôtes puis la Société des Musisorciers Aveugles Du Troisième Œil entonna quelques refrains entrainants de saison. Et c’est accompagné de ce joyeux son et lumière que la foule se rendit à la salle de réception. Ce fut des Ah et des Oh car le spectacle s’intensifiait au fur et à mesure que l’on progressait dans la salle. Des joyeux feux d’artifices, des œuvres picturales mouvantes et dépourvues de support naissaient un peu partout et poursuivait leur joyeuse évolution au gré du sortilège de l’artiste qui les avait crées.

Les plateaux chargés de boissons apéritives et d’amuse-gueule se déplaçaient d’eux-mêmes parmi les invités. Lucius porta un toast à tous ceux qui lui avaient fait l’honneur de répondre présents à son invitation et déclara la soirée de gala ouverte. Il y eut un concert de chorale d’enfants, distribution de cadeaux aux petits déshérités, puis tout le monde passa au buffet. Une grande tombola organisée par le truchement de Witch Weekly(3) qui avait dépêché un reporter occupa les convives à l’heure du dessert. Bien entendu le magazine ainsi que ses lecteurs avaient longtemps ignoré qui était le véritable organisateur de cette bonne œuvre puisque Draco avait pris soin de se décharger sur un homme de paille pour en régler les détails. Un homme de paille qui avait l’air de bien s’amuser, soit dit en passant. Il s’agissait de ce bon vieux Jules Nisse. Le gaillard s’était revêtu d’une houppelande rouge bordée d’hermine et lançait ses joyeux Oh Oh chaque fois qu’il découvrait une nouvelle animation. Il en créa une nouvelle en faisant entrer son attelage de rennes au salon même. Les enfants présents prirent place tour à tour par groupe de quatre dans son traineau et le joyeux attelage s’envola par la porte au double battant dans le ciel du manoir pour aller saluer les étoiles avant de revenir se poser en face de l’estrade des artistes. Le manège se termina par le retour définitif des bambins par le même moyen de transport.

Vers vingt-deux heures, les musiciens repus reprirent place pour entamer les premières mesures du bal de Noël. Les officiels qui n’avaient pas pu faire autrement que de montrer leur nez dans une demeure pourtant suspecte quittèrent leurs airs guindés pour s’adonner aux joies de la valse et de la danse de salon. Draco présenta pour la forme ses offices de cavalier à quelques vieilles filles qui s’investissaient habituellement dans les bonnes œuvres pour tromper leur solitude. Il fut pour la plupart du temps bien reçu. Mais il trouva bien vite de meilleures compagnies. Le jeune homme avait tenu à inviter également quelques un de ses anciens condisciples de Serpentard et leurs familles. Ainsi le vieux Slughorn et quelques spécimens de son club n’avaient pas pu faire autrement que de répondre présents. Les représentants du gratin du vieux monde consolaient Narcissa de la présence de quelque nés-Modus dans l’assemblée. Et quelques anciennes compagnes de classe furent heureuses de pouvoir se retrouver entre les bras d’un hôte jeune et fringuant.



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Il était près de deux heures du matin, les derniers invités venaient de prendre congé. Les elfes rangeaient la salle de réception et s’occupaient du nettoyage. Un extra à deux noises de l’heure, c’était une aubaine pour les petits êtres. Les Malfoy se retirèrent dans un de leur salon pour se réunir autour d’une ultime consommation.

- Draco, tu es un vrai Malfoy, déclara Lucius en se rengorgeant.
- ... la seule petite chose qui était moins bien c’était la présence de ces Sang de ... marmotta Narcissa entre ses dents.
- Oh, Narcissa, s’il te plait ! interrompit vivement le père de famille. Ne voyons que le positif ! Il aurait été malvenu de faire ce genre de tri. C’était un coup de génie : inviter les oubliés des subventions ministérielles pour leur donner quelques menus cadeaux et les bénéfices de cette tombola, entraîner à leur suite quelques officiels et faire jouir de ce tableau nos anciennes connaissances ... tu m’as comblé. C’est mon plus beau Noël depuis des lustres.
- Eh bien, je suis ravi que l’idée t’ait plu, papa, répondit Draco.
- Cela a dû te prendre pas mal de temps en préparation, reconnut Narcissa qui voulait se reprendre.
- Oui, c’était très fatiguant, éprouvant, même. Mais le résultat en valait la chandelle, répondit le jeune homme.
- En effet, cela en valait la chandelle, approuva Lucius.

Et sur ces mots, il prit son fils dans ses bras et l’étreignit chaleureusement. Il en profita pour lui glisser au creux de l’oreille : « Elle est jolie, la petite Greengrass, et elle danse bien ! »

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1. Serpent qui se mord la queue.
2. Bizar’Sisters
3. Socière Hebdo
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