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127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

Vous voulez revenir dans le Futur ? Lors du mois de novembre c’est possible avec la Sélection Next-Gen ! Vous avez jusqu'au 30 novembre pour lire les 10 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter ici.

Et pour le mois de décembre, le thème et les textes vous attendent déjà avec la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez découvrir ces 12 histoires jusqu’à la fin de l’année et vous pourrez voter à partir de décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous ICI !


De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


15ème Échange de Noël


Le traditionnel Échange de fics de Noël est de retour pour sa 15ème édition !



Et cette année, vous pouvez écrire et recevoir : des fanfictions Harry Potter, des histoires originales... mais aussi des fanfictions sur d'autres fandoms ! Envie de nous rejoindre ?


Ça se passe d'ici le 31 octobre sur ce topic du forum HPF !


De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 126 édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 21 octobre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


Sélections du mois


Félicitations à Fleur d’épine, Ella C, Eejil9 et CacheCoeur, qui remportent la Sélection Femslash !

Vous voulez de l’action ? De l’aventure ? Ce mois de Sélections est fait pour vous ! Le Jury des Aspics vous invite à lire sur ce thème en octobre avec la Sélection Aventure/Action ! Vous avez jusqu'au 31 octobre pour lire les 5 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter par ici.

Et au mois de novembre, partez dans le futur avec la Next-Gen ! Vous avez jusqu’à la fin du mois d'octobre pour nous faire découvrir sur ce thème si vaste vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots. Pour proposer des textes, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news !

Il y a également la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos nuits d’insomnies ! Jusqu’au mois de décembre, venez découvrir 12 histoires incroyables ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De L'équipe des Podiums le 03/10/2022 23:05


Le collectionneur par Midwintertears

[58 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Auteur : Midwintertears
Titre : Le collectionneur
Genre : Science-fiction, fantastique, romance et humour à la con
Crossover: Harry Potter X Doctor Who
Rating : T
Pairing : l’évidence même (pour les non-initiés, ça veut dire RWDM)
Avertissement : slash & lime
Disclaimer : les personnages de Harry Potter appartiennent à JK Rowling; le docteur, son tournevis et son TARDIS sont la création de Sydney Newman et Donald Wilson.

Le collectionneur

1er épisode: L'homme qui pondait des œufs

Ron Weasley venait de commencer sa sixième année à Poudlard, et de nombreux événements auraient pu se produire. Il aurait pu sortir avec Lavande Brown et se friter sévèrement avec Hermione, par exemple. La jeune-fille aurait pu lui réarranger le portrait à la mode ornithologique. Il aurait pu être empoisonné par de l'hydromel. Il aurait pu attendre Noël avant de découvrir que Harry avait raison à propos de Draco Malfoy mijotant quelque chose. Ce même Harry aurait pu sortir avec sa petite sœur Ginny. Et Ron aurait pu se réconcilier avec Hermione et construire une romance houleuse avec elle. Et puis, il aurait pu partir à l'aventure avec Harry et Hermione sous une tente…

Et bien d'autres choses.

S'il n'avait pas découvert qu'un de ses professeurs était un extraterrestre, bien sûr.

C'est que l'Histoire n'est jamais définitivement écrite, et que le temps n'est pas linéaire, en réalité, c'est une espèce de grosse boule de wibbly-wobbly timey-wimey, vous voyez ?

Ron rencontra le docteur peu après un cours de Botanique, cours qui avait donné lieu à une dispute à propos des soirées chez le Pr Slughorn.

—On a le droit d'amener des invités, répliqua Hermione, et je voulais justement te demander de venir avec moi mais si tu penses que c'est vraiment trop stupide, je ne me donnerai pas cette peine!

—Tu voulais m'inviter?

Mouais. Un peu facile, Hermione, d'affirmer cela après coup, pensait Ron. Finalement, on ne le saura jamais, si elle avait vraiment prévu de l'inviter ou si elle voulait seulement lui couper la chique, mécontente qu'il se soit moqué d'elle et McLaggen en «roi et reine des limaces». Il ne pouvait pas croire qu'elle pouvait changer d'avis pour si peu. Ou alors, elle était encore plus susceptible qu'il le pensait.

Oui, on pouvait le dire, entre Ron et Hermione, c'était l'amour fou et la compréhension mutuelle! Ce couple était fait pour durer…

En sortant du cours, Ron grinçait encore des dents de cette histoire, devançant Harry et Hermione de quelques pas, quand il crut apercevoir une lueur bleue dans le reflet d'une vitre.

Il ralentit, regarda dans la direction opposée au reflet, mais ne vit que la noirceur d'un couloir adjacent. Il s'arrêta.

—Qu'est-ce qu'il y a? questionna Harry.

Ron tourna la tête et croisa par hasard le regard de Malfoy qui semblait lui aussi avoir vu l'étrange lumière. Evidemment, ils ne purent s'empêcher tous deux de froncer les sourcils à ce contact visuel.

—Rien, répondit-il.

Ron aurait pu continuer à songer à la lumière bleue, et au fait que l'horrible fouineux était probablement le seul à l'avoir également vue —mais qu'il n'avait certainement pas envie d'en discuter avec lui—, mais cela fut interrompu par l'arrivée de la grosse lima…euh, pardon, du Pr Slughorn, ah oui, c'est vrai, vous ne savez pas encore que c'est lui l'extraterrestre, toutes mes excuses, chers lecteurs!

Slughorn passa devant Malfoy comme s'il était un géranium en pot et se rua joyeusement vers Harry, Ron et Hermione pour saluer deux de ses élèves préférés (oui, deux, Ron aussi est un géranium).

—J'espère que vous serez là pour ma petite fête, je tiens vraiment à vous avoir tous les deux!

Harry tenta de se trouver une excuse bidon et Hermione fit un grand sourire, elle aurait pu être désolée pour Ron, mais tant pis après tout. Ce dernier ne chercha même pas à communiquer avec Slughorn et se dirigea au plus vite vers la salle commune de Gryffondor.

wWw

—Fou en E7, marmonna Ron, guère enthousiaste.

Quelques temps après la fin du cours, il disputait une partie d'échecs avec Harry, mais il devait avouer que jour-là, il n'avait le cœur à rien. Il se sentait morose, et en plus il pleuvait. Harry fronçait les sourcils. Il avait pourtant espéré que peut-être cette fois-ci, il battrait Ron à son jeu favori, mais visiblement, le rouquin allait encore l'emporter.

—Stupide Slughorn, maugréa Ron, regardant par la fenêtre d'un air maussade.

—C'est pas un si mauvais prof, dit Harry, si je compare avec Rogue…

—Je faisais référence à ses fêtes à la con…

—Tu les trouves débiles parce qu'il ne t'invite pas!

—Et alors, c'est injuste la manière dont il sélectionne, c'est vraiment de l'élitisme!

La voix d'Hermione s'éleva depuis le fauteuil derrière eux dans lequel elle était en train de lire:

—Ronald, ce n'est pas parce qu'on ne veut pas de toi que forcément, c'est stupide, tu es juste vexé…

—Et tu trouves ça normal ? Tu es supposée être mon amie, et ça ne te fait rien d'aller t'amuser sans moi?

—Je t'ai proposé d'y aller avec moi, mais tu as refusé.

—Je n'ai rien refusé, car justement, tu ne m'as rien proposé!

—Donc, tu voudrais y aller?

—Naon!

—Alors, où est le problème?

—Le problème, c'est que tu t'en fiches de moi!

Ils furent interrompus par l'intervention de Ginny, accompagnée de Dean.

—Vous parliez de la soirée chez Slug? demanda-t-elle, les yeux brillants, moi aussi je suis invitée!

Ron était suffisamment en colère pour lui répondre une saloperie, mais il s'en abstint et se leva.

—Où tu vas?

—Prendre l'air.

—Et notre partie? protesta Harry.

—Laisse tomber, pour une fois je te laisse gagner, profites-en!

—Ce n'est pas vraiment une victoire, dans ce cas…

Mais Ron était déjà parti. Il erra dans les couloirs de Poudlard, au bord de la crise de nerfs. Hermione n'avait rien compris: ça ne l'intéressait pas d'aller aux petites sauteries chez Slughorn, surtout s'il avait été seulement invité par l'un des chouchous du Maître des Potions. Ce qu'il aurait voulu, c'est que Slug lui-même lui propose de venir, car cela aurait signifié que pour une fois, on aurait reconnu sa valeur, on l'aurait invité pour lui-même et non parce qu'il était le meilleur ami du Survivant et de la tête de classe. Mais non, Hermione devait penser que tout ce qu'il voulait, c'était se goinfrer au buffet, comme s'il se résumait à un ventre à pattes!

La vérité, c'est que dès que Ron se retrouvait face à Slughorn en compagnie de ses deux amis, il se sentait tout petit. Tout petit comme un insecte, tout petit petit petit, personne ne faisait attention à lui. Dans ces moments-là, Harry ou Hermione aurait pu l'écraser sous sa chaussure par mégarde tellement il était insignifiant, personne ne se préoccupait des fourmis qu'on écrase!

Ce fut perdu dans ce flot de pensées distraites et de ruminations navrantes que Ron se retrouva face à un objet insolite qu'il ne se rappelait pas avoir vu là, même si le couloir en question était très peu fréquenté et qu'il n'y allait pas souvent. En tout cas, la dernière fois qu'il était passé devant la Salle-sur-Demande, il n'y avait aucune boîte bleue portant l'inscription «Police Box» qui en obstruait la porte d'entrée, c'était certain.

Il s'approcha, à regarder de plus près, cela ressemblait assez aux cabines téléphoniques des Moldus, un peu comme celle que son père utilisait pour aller au Ministère, sauf que celle-ci était en bois.

—Aha! fit une voix derrière lui.

Ron sursauta et fit volte-face. C'était Draco Malfoy, son ennemi héréditaire, et il affichait un visage de triomphe.

—Je savais bien que Potter et ses larbins étaient derrière tout ça, que vous me soupçonniez et que vous épiiez la Salle-sur-Demande! C'est pour ça que je me suis caché et que j'ai attendu…et te voilà, Weasley, comme une preuve!

—De quoi tu parles?

—Vous ne m'en empêcherez pas, c'est pas une boîte bleue qui va m'arrêter!

—T'empêcher de faire quoi?

En réalité, Draco était persuadé que ses trois ennemis avaient flairé ce qu'il faisait dans la Salle-sur-Demande, et qu'ils comptaient l'empêcher de travailler sur l'armoire en plaçant une cabine de police sortie de nulle part devant la porte (bien qu'il se posait des questions sur le choix de cet objet pour cet usage). Ron, lui, ne comprenait pas.

—Qu'est-ce que tu fais là, Malfoy?

—Fais pas l'innocent, tu le sais parfaitement!

—Absolument pas!

—Qu'est-ce que tu fais ici alors?

—Je me promenais.

—Tu te promenais, mais oui, c'est cela…

—Je te le jure! Et je suis tombé là-dessus, je ne comprends pas pourquoi tu y vois un rapport avec moi. Et toi, qu'est-ce que tu fiches ici?

—Je me promenais!

—Ben voyons…

Mais Ron se tut, voyant le regard de son interlocuteur fixer quelque chose derrière lui, et il se retourna.

—Qui…, commença Draco devant l'apparition.

Un inconnu se tenait là et devait s'être rapproché discrètement. Il portait des vêtements très moldus et affichait un grand sourire.

Il ouvrit la bouche et dit aux deux garçons la chose la plus logique qui soit :

—Bonjour, est-ce que l'un de vous deux s'appelle Alonzo?

—Non, dit Ron en fronçant les sourcils.

—Dommage, répondit l'inconnu, ce n'est pas aujourd'hui que je pourrais dire «Allons-y, Alonzo!»…Oh, un roux! J'aimerais bien être roux, à ma prochaine régénération, peut-être…

—Qui êtes-vous? assena Draco, méfiant.

Le type sourit et s'avança entre eux pour rejoindre la cabine bleue, dans la serrure de laquelle il introduisit la clef appropriée.

—Alors, c'est à vous ce truc? fit Ron.

—Qui êtes-vous? répéta Draco.

—Je suis le docteur.

—Docteur qui? demandèrent les deux garçons à l'unisson.

—Juste le docteur.

—Et d'où venez-vous, docteur?

—De très loin.

—Et vous faites quoi, ici?

—Des choses.

Ron et Draco firent quelque chose qu'ils n'avaient jamais fait avant: se regarder l'un l'autre pour se rassurer mutuellement. Le docteur ouvrit la porte de sa cabine et y entra.

—Attendez une minute, dit Ron, ça ne nous dit pas grand-chose sur vous, ni sur ce que vous faites…et puis, qu'est-ce que vous faites là-d…

Ron entra dans la cabine, suivi par Draco, ils furent étonnés par ce qu'ils y découvrirent environ pendant deux secondes, à savoir que la cabine était plus grande que le suggérait son aspect extérieur, et curieusement aménagée.

—J'allais vous demander si vous étiez Moldu, dit Ron, mais vous ne l'êtes pas, vous avez posé un sort sur cet endroit, comme celui avec les tentes de camping…

—Et votre goût pour la décoration est…particulier, ajouta Draco.

—Vous n'aimez pas? Et non, ce n'est pas un sort, c'est de la science, de la compression de dimensions!

—Bon, ça suffit, s'impatienta le Serpentard, dites-nous une fois pour toutes qui vous êtes et pourquoi vous êtes ici, précisément!

—Je suis le docteur et je me promenais.

—Et? demanda Ron alors que Draco s'énervait à vue d'œil.

—Et il se passe des choses bizarres ici!

—C'est Poudlard, remarqua le rouquin, il se passe très souvent des trucs bizarres ici, et votre présence entre facilement dans mon top-10…

—C'est quoi cet endroit? reprit Draco.

—Oh ça? C'est le TARDIS! Mon vaisseau…

—Hein? Un vaisseau?

—Vous voulez faire un tour? C'est gratuit aujourd'hui.

—Un tour où?

vous voulez. Quand vous voulez.

—J'y comprends rien, vous nous voulez quoi au final ?

—Très bien, alors, c'est moi qui choisis. Quels sont vos noms ?

—Ron Weasley, et lui, Draco Malfoy!

— La ferme! Je ne voulais pas qu'il sache mon vrai nom! Ni qu'il pense qu'on est amis!

—Et bien, dit le docteur, Ron Weasley et Draco Malfoy, l'équipage (ça c'est moi!) vous souhaite un agréable voyage, accrochez-vous!

—Pardon?

wWw

Ron et Draco émergèrent du TARDIS pour découvrir que rien n'avait changé.

—C'était quoi cette secousse? demanda le Serpentard.

—Nous avons voyagé! s'exclama le docteur avec bonne humeur.

—Qu'est-ce que vous racontez, on n'a pas bougé d'un millipoil, on est toujours à Poudlard!

—Oh, mais je n'ai jamais dit que c'était un voyage dans l'espace…

—Chut! Voilà quelqu'un! les interrompit Ron.

Il pensa un instant à retourner dans le TARDIS, mais tout compte fait, trouver une cabine bleue au milieu du couloir ne changerait pas grand-chose à la surprise de la personne arrivant.

Ou des deux personnes arrivant, plus précisément.

—Je n'oserai plus jamais le regarder dans les yeux! gémit une voix de femme déformée par les sanglots.

—Ne t'inquiète pas, lui dit son amie, moi je ne me formaliserais pas d'avoir été éconduite par un tel goujat! Il ne te mérite pas, moi je dis!

Elles apparurent dans le champ de vision des trois voyageurs, l'une très brune et l'autre très blonde. Elles s'arrêtèrent de parler quand elles les virent. La blonde, celle qui ne pleurait pas, fronça les sourcils et vint se planter avec beaucoup de cran devant eux.

—Que faites-vous ici à cette heure? Nous n'avons pas autorisé les étudiants à visiter cette partie du château! Et puis…

Elle venait de remarquer que le docteur devait avoir dépassé l'âge pour être élève à Poudlard —sans savoir qu'il avait précisément plus de neuf cent ans.

—Qui êtes-vous, vous, là?

—Je suis le docteur, et vous?

Il lui adressa un sourire qui ne devait pas la laisser indifférente, néanmoins, elle restait sur ses gardes.

—Je m'appelle Helga Poufsouffle, et vous, le docteur comment?

—Juste le docteur.

—Et bien, Juste le docteur, que nous vaut votre visite? Et ces deux garçons…leurs visages ne me disent rien!

—Sans mentir, nous sommes des élèves de Poudlard, affirma Ron, tentant de contenir sa stupéfaction quant à l'identité des deux femmes.

—Ils étaient malades et ont manqué les cours, c'est pourquoi je les ramène maintenant qu'ils sont guéris!

—Ah ben oui, vous êtes docteur après tout! Enfin, vous soignez les gens, n'est-ce pas?

La femme brune sécha ses larmes d'un revers de manche.

—Qu'est-ce qu'elle a? demanda le docteur, chagrin d'amour?

—Oui, Rowena vient d'être éconduite de manière vraiment peu courtoise par notre ami Salazar…

—Le dictateur portugais?

—Je vous demande pardon?

—Ah mais non, je confonds…

—Et bien, docteur, nous allions manger notre repas du soir, voulez-vous vous joindre à nous?

—Volontiers, à condition que ces deux garçons puissent nous accompagner.

—D'accord…

—Je ne pourrai pas regarder Salazar! gémit Rowena.

—Allez, sois digne et affronte-le! lui dit Helga.

Elles invitèrent les trois voyageurs à les suivre vers la Grande Salle.

—Pourquoi elles parlent comme nous? chuchota Ron, la langue anglaise a pourtant évolué depuis le Moyen-âge.

—Oh, mais elles s'expriment bel et bien en anglais médiéval, vous ne vous en rendez pas compte car le TARDIS traduit tout instantanément dans votre tête.

—Je suis un peu étonné, dit Draco, je croyais que c'était Helga la pleurnicheuse, et non pas Rowena.

Arrivés dans la Grande Salle, une table chargée de victuailles les attendait. Ainsi que deux hommes qui n'avaient pas l'air d'être des rigolos.

—Super! dit Ron, je vais dîner avec les Fondateurs, ce qui est bien mieux que d'aller à une soirée chez Slug. Cette fois, c'est Harry et Hermione qui seront jaloux.

Draco haussa les épaules et passa devant lui, pour se diriger vers Salazar, mu par la curiosité. Celui-ci prenait grand soin d'ignorer Rowena qui lui lançait des regards d'appréhension. Pendant ce temps-là, Godric semblait se concentrer uniquement sur son assiette.

—Monsieur Serpentard, je dois dire que vous m'impressionnez beaucoup, et d'ailleurs, je vous admi…

—Oui, oui, c'est bien, le coupa Salazar, et maintenant, mangeons!

—Enfin une parole sensée, dit Godric, j'approuve!

—On peut aussi se servir du vin? demanda Ron.

—Bien sûr! dit Godric qui sembla retrouver sa bonne humeur.

—C'est vrai? J'ai droit à de l'alcool?

Les mœurs semblaient plus laxistes, ce n'était pas McGonagall qui le lui aurait permis. Ils prirent place à table et commencèrent à festoyer dans une ambiance qui s'allégeait peu à peu, en dépit de la grise mine de Rowena. Seul le docteur refusa de boire du vin, parce que c'était lui qui conduisait.

—Le TARDIS n'est pas simple à contrôler, et je ne pense pas que vous apprécieriez de vos retrouver assis sur une supernov…

Il suspendit sa phrase, comme s'il avait remarqué quelque chose d'anormal.

—Qu'y-a-t-il, mon cher? questionna Helga.

—Votre collègue n'a pas l'air d'aller bien, il est tout vert…

En effet, Salazar tirait une drôle de gueule, et il était vert. Pas vert au sens imagé, comme s'il avait l'air sur le point de vomir. Sa peau prenait vraiment une teinte céladon.

—Non, pas ça…Pas maintenant, grommela-t-il comme s'il voulait empêcher son corps de faire quelque chose de naturel.

Tous le fixaient, éberlués, à l'exception du docteur qui l'observait les sourcils froncés et de Godric qui lui demanda s'il avait encore mangé n'importe quoi dans la forêt.

Et tout d'un coup, Salazar lâcha un petit cri aigu et ses joues prirent une couleur pourpre, ce qui avec son teint vert lui conférait l'aspect d'une tomate en partie mûre.

—Monsieur Serpentard…, commença Draco

—Je dois me rendre aux latrines, gémit le Fondateur.

Il se leva avec un air pincé qui rappelait McGonagall et se précipita vers la sortie sans demander son reste.

—Il a des petits soucis digestifs? demanda Godric.

—Je ne crois pas, dit le docteur, cette couleur de teint —quel beau vert!— n'est pas très courante chez les Terriens, il me semble…

Il se leva à son tour et emboîta le pas à Salazar, mais en affichant un air vachement plus enjoué que ce dernier.

—Qu'est-ce qu'il a dit? s'éberlua Draco, il a parlé de…Terriens?

—Ce type est un peu louche, dit Ron, on devrait le suivre, mais discrètement, faudrait pas qu'il le sache…

—Voilà une décision très pertinente, dit Rowena qui semblait reprendre un peu le sourire, tu as l'esprit vif, mon garçon, je suppose que tu es dans ma…

—Je suis à Gryffondor.

—Oh…

Rowena retrouva sa mine déprimée alors que son collègue rouge et or arborait un air satisfait.

—Mais merci beaucoup, madame, on ne me dit pas souvent que je suis intelligent…

—Vraiment? On devrait, il faut encourager les élèves, je l'ai toujours pensé.

Il la regarda en souriant, puis la laissa pour se lancer à la suite du docteur et de Salazar.

—Weasley n'est pas intelligent du tout, dit Draco d'un air négligent, et même s'il l'était, il ne pourrait pas le montrer car il se balade avec une Je-Sais-Tout bêcheuse qui ne peut pourrait pas s'empêcher de lui couper la parole pour étaler sa science si jamais il voulait dire quelque chose d'intéressant…

Il renifla de façon méprisante.

—Néanmoins, il a raison, dit Helga, je ne sais pas lequel d'entre vous a engagé ce docteur, mais c'est quelqu'un de pour le moins étrange…

—Ce n'est pas moi, dit Godric.

—Ni moi, ajouta Rowena.

—…

Helga et Godric échangèrent un regard éloquent. Ensuite de quoi ils se levèrent d'un pas précipité. Rowena sembla hésiter, mais décida de les suivre. Draco resta seul avec le repas.

—Rôlalala, d'accord! pesta-t-il en quittant sa chaise à son tour.

Ils trouvèrent Ron à la porte des toilettes du deuxième étage, où le docteur se tenait avec Salazar.

—C'est là que Mimi Geignarde a…, commença Ron.

—Oui, je sais! répliqua Draco énervé.

—Salazar, tout va bien? demanda Helga inquiète.

—Ils refusent de nous laisser entrer, dit Ron.

—Ah ouais? fit Godric en passant inexorablement la porte.

Il s'arrêta après quelques centimètres.

—Par les tétons de la Fée Morgane, qu'est-ce? s'exclama-t-il.

Les autres se pressèrent autour de lui pour essayer de voir, ce qui n'était pas aisé tant le Fondateur restait planté sur place à bloquer le passage.

—Qu'est-ce qui se passe?

—Salazar a pondu un œuf! articula Godric.

Draco parvint à se faufiler, il découvrit effectivement Salazar en train de rattacher sa tunique alors que le docteur tenait en main un œuf de la taille de celui d'une autruche.

—C'est fantastique! dit le docteur, les yeux brillants, regardant l'objet comme avec une fascination amoureuse, n'est-ce pas magnifique d'assister à ce phénomène, ajouta-t-il en interpellant Draco qui ne savait comment réagir, un basilic vient d'être mis au monde!

—Un basilic?

Draco vit que Salazar était à présent plus vert qu'une pastille menthe-chlorophylle. Godric daigna enfin laisser les autres assister au spectacle; tous se demandaient ce que le roi des serpents venait faire dans l'histoire.

—Les basilics sont des reptiles extraterrestres qui viennent rarement sur Terre, expliqua le docteur, mais nous en avons un digne représentant ici…

—Quoi? Salazar? fit Helga qui ne savait pas quelle partie de la phrase elle aurait voulut commenter en premier.

Les autres semblaient avoir du mal à digérer l'entièreté de l'information. Les questions fusèrent:

—Les basilics viennent d'une autre planète?

—Salazar Serpentard n'est pas humain, c'est ça?

—Docteur, vous êtes qui…ou quoi, pour finir?

—Un homme de Gallifrey! siffla Salazar en sortant une langue fourchue entre ses lèvres.

—Un quoi?

—Vous connaissez, alors? dit le docteur.

—Vous êtes le dernier de votre espèce, docteur, je le sais…Est-ce vrai ce que l'on raconte sur vous?

—Que voulez-vous dire?

—Oh! Ça suffit la parlotte! coupa Godric, Salazar…

Il sortit son épée de son fourreau, la fameuse épée de Gryffondor sertie de rubis, et en dirigea la pointe vers son collègue.

—Ainsi, tu nous dissimulais un secret honteux…

—Tu ignores tout des basilics, persiffla Salazar, nous ne sommes pas tels que vous les humains pensez que nous sommes, et oui, dans votre intérêt et dans le nôtre, il est préférable de vous cacher la vérité!

—Balivernes! Et le regard mortel? Et le venin foudroyant? Crois-tu qu'Helga, Rowena et moi pouvons laisser une créature telle que toi vivre avec nous et menacer la vie de nos élèves?

Salazar se contenta de siffler d'un air menaçant.

—C'est toujours ce genre de dilemme qui s'impose à moi, dit le docteur en prenant Draco et Ron à part, je suis divisé entre l'envie de laisser ce basilic et son œuf en vie car ce sont des créatures qui le méritent comme toute autre, et qu'ils sont un miracle de la nature, si belle et si diversifiée. Mais d'un autre côté, les laisser vivre, c'est mettre en danger les humains, qui eux aussi sont fascinants…

—Il faut le tuer, dit Ron, il est malveillant.

—Pas question! répliqua Draco, c'est Salazar Serpentard, on ne peut pas le supprimer comme ça, espèce d'idiot!

—Ne me parle pas comme ça, Malfoy, et puis, qu'est-ce que ça peut te faire qu'il meurt, ton Fondateur adoré que tu n'aimes que parce que tu es dans sa Maison?

—Et tu veux modifier l'Histoire? Nous ne pouvons pas changer les choses, cela entraînerait des réactions en chaîne et…

—Oh, oui, c'est sûr…Tu-Sais-Qui qui est le descendant de Serpentard n'existera jamais, les parents de Harry ainsi que ses autres victimes seront toujours en vie, il n'y aurait pas de guerre, et la haine contre les enfants de Moldus serait moins forte puisqu'il ne sera pas là pour l'exacerber…t'as raison, Malfoy, rien que des mauvaises conséquences!

—Il y aura forcément d'autres changements, et tout ne sera pas aussi positif —enfin, positif au sens où tu l'entends— que tu le crois!

—Mouais…en fait, ça te plait que Tu-Sais-Qui foute le bordel, hein, sale petit Mangemort d'opérette!

—C'est qui Tu-sais-Qui ? interrompit le docteur alors que Draco s'apprêtait à répliquer —et à frapper Ron avec fureur.

Ils furent interrompus par l'éclat de la lame de Godric qui devenait particulièrement menaçante à l'encontre de Salazar.

—Je crains que nous ne puissions rien faire…, dit le docteur.

—Mais…, protesta Ron.

—A l'exception d'une chose…

Le docteur tira quelque chose de la poche interne de sa veste.

—Vous avez une bien curieuse baguette…

—C'est un tournevis sonique, ça n'a rien à voir avec la magie.

Il actionna l'objet en le dirigeant vers l'épée de Godric, l'extrémité du tournevis émit une lumière bleue —comme celle que Ron et Draco avait aperçue peu avant la confrontation avec Slughorn— et un son électronique particulier, l'épée se démantela et tomba en morceaux dans la main de son propriétaire. Godric resta trop longtemps à se demander ce qu'il s'était passé, Salazar en profita:

Oubliettes!

Godric tomba inconscient sur le sol. Helga voulut sortir sa baguette, mais Salazar fut plus rapide et lui réserva le même sort. Il ne restait plus que Rowena, une larme coulait sur la joue de celle-ci.

—Tu voudrais oublier aussi, je me trompe?

Elle secoua la tête, pleurant de plus belle.

—Nous ferions mieux de partir, dit le docteur, Salazar, nous ne dirons rien!

—Mais…

Si Draco ne se fit pas prier, Ron voulait rester, même s'il ignorait exactement quoi faire. Salazar appliqua le sort d'oubli à Rowena. Il regarda les trois voyageurs du temps s'en aller, Ron étant le seul à encore regarder en arrière. Puis, il contempla ses trois collègues, étendus sur le sol. L'épée n'était pas cassée, juste démontée. Il la reconstitua, et ramena les trois autres Fondateurs dans la Grande Salle. Plus tard, il irait cacher son œuf dans la Chambre des Secrets, pour le jour où son héritier le fera éclore.

L'idée comme quoi les basilics naissent d'un œuf de poulet couvé par un crapaud, les humains étaient naïfs, des fois…tssst…

Quand Helga et Godric se réveillèrent, ils découvrirent Salazar —revenu à sa couleur de peau habituelle— en train d'embrasser Rowena avec passion. Celle-ci était aux anges, et lui avait bien besoin d'une femelle humaine pour entamer sa lignée hybride, de toute façon, et ainsi accomplir son plan…

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Ron n'était absolument pas content de la tournure des évènements.

—Des gens vont mourir à cause de vous! assena-t-il au docteur, vous savez tout ce qui va se passer, à présent? Le racisme, Lord V…—il hésita un peu à prononcer le nom mais y parvint— Voldemort et ses guerres, ses projets de génocides…

—Je suis désolé, Ron, l'Histoire peut parfois être réécrite, mais pas toujours, certains évènements sont des point fixes, et on ne peut rien faire pour les changer…C'est la première fois que j'ai des sorciers comme compagnons de voyage…les autres humains, ceux que vous appelez «Moldus», je dois parfois leur dire «Non, on ne peut pas supprimer Hitler ou Staline!». Pour les sorciers, désormais, j'emploierais la même formule avec Salazar Serpentard et Lord Voldemort.

Ron soupira.

—Allons, allons,…dites-vous que dans un univers parallèle, ils n'existent pas…il doit bien y en avoir un. Il y a tant de possibilités, n'est-ce pas merveilleux, d'ailleurs?

—Ouais, dit Ron, boudeur, et dans un autre univers, je suis le fils de Lucius Malfoy, je suis à Serpentard et les lapins sont en chocolat rose!

—Hey! fit Draco.

Le docteur se leva et les prévint qu'il allait à nouveau mettre le TARDIS en route.

—Qui êtes-vous, pour finir? dit Ron.

—Ouais, renchérit Draco, Salazar avait dit que vous étiez un homme de…de…

—Gallifrey, ma planète natale, elle a été détruite.

—Donc, vous aussi, vous êtes un extraterrestre? Vous ressemblez à un humain, pourtant.

—Faux: ce sont les humains qui ressemblent aux Seigneurs du Temps —c'est ainsi que nous nous appelons.

—Et vous faites quoi, euh…dans la vie, si je puis dire?

—Je voyage. Je n'ai plus nulle part où aller, je visite les endroits où le TARDIS m'emmène. D'ailleurs…

La machine se mit en branle. Ron et Draco se cramponnèrent alors que le tube luminescent au centre du vaisseau effectuait des mouvements de piston de bas en haut en émettant un bruit caractéristique et métallique.

Une fois arrivé, le docteur leur apprit qu'ils étaient revenus à Poudlard à leur époque.

—Je n'aime pas voyager seul…et c'est maintenant que je dois vous poser la question cruciale: voulez-vous venir avec moi?

Les deux garçons restèrent dubitatifs pendant un moment.

—Je ne sais pas, avoua Ron.

—Ce n'est pas une décision facile à prendre, dit Draco.

—J'en ai conscience.

Ron sortit du TARDIS et contempla le couloir vide de Poudlard, celui-ci lui sembla très sombre.

—Quelle heure sommes-nous?

—Environ six heures du soir…

—Une demi-heure après notre départ.

—Je ne suis pas toujours précis, avoua le Seigneur du Temps, une fois, j'ai promis à une fille qu'elle serait absente pour douze heures, mais je l'ai ramenée douze mois plus tard…Je comprends pourquoi sa mère avait du mal à m'apprécier au début…

Ron se posa la question: voulait-il reprendre sa vie d'écolier toujours dans l'ombre de Harry Potter, ou vivre d'autres aventures, des aventures à lui, et voir un peu l'univers?

—Tiens, Malfoy, j'y pense…

—Quoi?

—Si Tu-Sais-Qui n'avait pas existé…

—Ne reviens pas là-dessus, Weasley, le débat est clos!

—…Harry ne serait pas célèbre. Il serait un garçon ordinaire, comme toi et moi…

Draco ouvrit la bouche pour répliquer. Il n'aimait pas ça quand Weasley visait juste.

—Et aussi, tu n'aurais pas à mijoter des trucs bizarres dans la Salle-sur-Demande, je suis sûr que ça a un rapport avec Tu-Sais-Qui…

—Qui t'as dit que je faisais quelque chose là-bas? Dit Draco en rougissant.

—Ben, toi, juste avant qu'on ne rencontre le docteur, tu ne te souviens pas?

Alors que Draco se maudissait intérieurement de s'être trahi tout seul, Ron songea qu'il venait ni plus ni moins que de reconnaître que Harry avait raison depuis le début, avec sa théorie de «Malfoy le Mangemort», enfin, rien ne prouvait qu'il avait la marque, mais il faisait un truc pas net en tous cas, et il en avait la confirmation. C'était bon à prendre, et il valait mieux mettre Harry au courant.

—J'ai décidé d'aller rejoindre mes amis, conclut le rouquin. Au revoir, docteur!

—Bonne soirée, Ron! répondit joyeusement celui-ci.

Il marqua une pause, puis, se tourna vers Draco:

—C'est votre petit ami ?

—Hein? Quoi? Mais…non!

—Pourtant, vous êtes troublé…

—C'est parce qu'il a dit quelque chose d'intelligent, alors que d'habitude, on dit que c'est un con!

—«On» est un idiot, Draco, vous ne devriez pas lui faire confiance! Sinon, avez-vous décidé de rester avec moi?

Draco inspira profondément. Ron avait raison, sans Voldemort, il n'aurait pas à tuer Dumbledore, son père ne serait pas en prison, et sa vie serait tranquille et normale. Il avait d'abord pensé que le Lord Noir lui avait offert une promotion, qu'il lui proposait de devenir un grand Mangemort. Mais après l'échec avec Katie Bell, il déchantait, il se rendait compte que tout ce que Voldemort attendait de lui, c'était qu'il répare les erreurs de son père. Les Malfoy étaient en disgrâce, et lui, Draco, ne faisait qu'effectuer une punition à la place de Lucius. Ça n'avait rien de glorieux, sans parler du fait qu'il ne préférait pas songer à ce qu'il se passerait s'il échouait. D'une certaine manière, il était condamné.

Et le docteur lui offrait d'échapper à ce quotidien pesant et stressant.

—Bien sûr que je viens avec vous!

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C'est avec un grand sourire que Ron passa le tableau de la Grosse Dame. Il se dirigea naturellement vers Harry et Hermione.

—Ah, tu as fini de râler, c'est bien, dit Hermione sans lever les yeux de son livre.

—Râler?

Ron eut besoin d'un certain temps pour se rappeler ce à quoi elle faisait allusion. Le dîner avec les Fondateurs ne devait pas avoir duré si longtemps, mais tout ce qui avait un rapport avec la soirée de Slughorn lui semblait beaucoup plus lointain qu'il aurait du l'être. Il avait l'impression d'être parti pendant plusieurs jours.

—Ravie de voir que tu es de nouveau de bonne humeur, reprit Hermione, je pense que tout compte fait, je vais peut-être t'inviter chez Slughorn…

—Non, merci, je n'ai pas envie, dit Ron avec le sourire, en s'asseyant dans un fauteuil à côté de Harry.

—Vraiment?

Hermione daigna enfin le regarder.

—Mais tu voulais y aller?

—Mais…non! dit Ron, toujours en souriant.

Il ne voyait vraiment plus quel intérêt il y aurait à fréquenter un de ses professeurs en dehors des cours, juste le temps d'un dîner, et rien que pour dire qu'il faisait partie de son club.

—J'ai eu droit à bien mieux, aujourd'hui.

—Ah oui?

—J'ai dîné avec les Fondateurs, et Serpentard est en fait…

—Les Fondateurs? le coupa Harry, tu es au courant qu'ils sont morts depuis plusieurs siècles?

—Oui, mais j'ai voyagé dans le passé…grâce au docteur!

—Quel docteur?

Ron entreprit de tout leur raconter, excité par ce qu'il venait de vivre, mais il ne rencontra que des œillades sceptiques.

—Ronald, commença Hermione, tu es conscient que ce que tu racontes est…improbable?

—Il te faut des preuves? Alors viens!

Toujours enthousiaste, il la tira par la manche, elle accepta de le suivre avec une moue boudeuse, jetant un dernier regard désespéré à son livre. Harry les suivit sans conviction. Elle avait dit «improbable», pas «impossible», c'était qu'elle y croyait quand même un peu, non?

Malheureusement, une fois arrivés devant la Salle-sur-Demande, le TARDIS avait disparu.

—Le coup classique, maugréa Ron.

Il avait lu suffisamment de bandes dessinées pour deviner que le docteur ne réapparaitrait que quand Harry et Hermione seraient partis après lui avoir dit qu'il avait rêvé.

—Ron, dit doucement Hermione, écoute…je sais que tu dois te sentir mal de ne pas avoir été invité à manger avec Slughorn, mais ce n'est pas la peine de t'imaginer des choses qui n'existent pas pour combler…

—Je n'ai rien inventé, Hermione.

Il savait qu'il parlait dans le vide. Il tenta d'appeler le docteur et Malfoy, mais il savait que c'était inutile. Ils ne reviendraient pas. Or, Hermione ne croyait en rien tant qu'on ne le lui prouvait pas selon le schéma «thèse-hypothèse-démonstration». Autant dire que c'était fichu.

—Je pense que Malfoy t'a jeté un sort ou quelque chose comme ça, dit Harry, toujours méfiant au sujet de Draco.

—Attendez, il va venir, il faut juste un peu patienter…et puis, nous irons tous les trois avec lui…tous les trois…

Hermione hocha la tête négativement alors que le sourire du rouquin s'effaçait lentement.

—Désolée, Ron.

Elle tourna les talons. Harry haussa les épaules et l'imita. Ron les regarda partir, dépité.

Comme il l'avait prédit, le docteur lui tapota l'épaule deux secondes après qu'ils aient disparu.

—J'ai garé le TARDIS à l'intérieur de la Salle-sur-Demande, Draco me l'a suggéré, et ma foi, c'était bien vu, car ce sera plus discret, à part ça, Ron Weasley, je suis ravi de vous revoir, vous avez changé d'avis?

—Ouais…

Ils entrèrent dans la salle, Draco attendait devant le TARDIS.

—J'ai essayé de parler de vous à mes amis, pour qu'ils viennent avec nous…

—Non merci, commenta Draco en retroussant son nez de dégoût, j'ai déjà assez avec toi.

—Vous n'auriez pas du faire cela, Ron, pas sans me demander si j'étais d'accord…

Ron regarda le docteur, interloqué.

—Pardon, désolé…

—Je n'accepte pas n'importe qui comme compagnons, reprit celui-ci.

Le docteur avait-il des critères de sélection, comme Slughorn? Ron n'était pas sûr d'aimer ça. Bien que pour une fois, on le choisissait lui, plutôt qu'Harry et Hermione.

—Vous acceptez quel genre de personne?

—Oh, et bien, j'emmène avec moi ceux avec qui je ressens une certaine…disons que vous me plaisez bien, tous les deux.

—De toutes façons, mes amis ne veulent pas, ils pensent que j'ai tout inventé…moi, je voulais juste partager ça avec eux mais…non, ils ne me croient pas, et puis, je suis certain que si c'était eux qui vous avaient rencontré, ils n'auraient pas pensé une seule seconde à me mettre au courant pour que j'en profite aussi! Ils n'en ont pas grand-chose à foutre de moi, je ne suis pas assez intéressant pour eux…

—Bravo, Weasley, tu as tout compris!

—Je vous l'avais dit qu'il était intelligent, n'écoutez plus jamais cet imbécile de «on»…

—Je crois que je veux repartir avec vous, dit Ron.

—Bien, dans ce cas…après le passé, que diriez-vous de visiter le futur?

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