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News

Journées reviews du 3, 4, 5 décembre 2021


Lire, écrire…

PAPA-NOËL : Oh oh oh ! Viens aider les lutins lors de la Journée Reviews de décembre !
MAMAN-NOËL : Elle se déroulera du vendredi 3 au dimanche 5 décembre !
LUTINS : Alors viens nous rejoindre en t'inscrivant ici !

Le principe ? Réparti.e.s en binômes ou trinômes, vous écrivez au moins 10 reviews à votre binôme (5+5 pour le trinôme) pendant ces trois jours, sur HPFanfiction ou le Héron, au choix.




De le 24/11/2021 10:54


117ème édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 117e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 20 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt!
De Équipe des Nuits le 11/11/2021 14:44


Sélections du mois


Félicitations à Taka, Catie et popobo qui remportent l'enchanteresse Sélection Lieux Magiques !

Pour janvier 2022, c'est le thème de Créatures Magiques qui vous arrachera peut-être quelques frissons d'horreur... ou quelques soupirs de Boursoufflets attendris ! Vous pourrez dès à présent proposer vos deux fanfictions favorites sur ce thème en vous rendant ici ou bien en répondant à cette news.

Enfin, durant le mois de novembre, pleurez, criez, lamentez-vous ou peut-être, guérissez en faisant votre Deuil. Venez voter pour vos histoires préférées juste ici.

Et on se retrouve en décembre pour la Sélection de Noël qui sera tout à fait spéciale (comme l'année dernière en fait) !


De Equipe des Podiums le 08/11/2021 12:08


26ème édition des Nuits Insolites HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 26e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 6 novembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 30/10/2021 19:21


Inscrivez-vous aux Journées Reviews !


Lire, écrire…

La Journée Reviews d’octobre se déroulera du vendredi 22 au dimanche 24 octobre. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !

Le principe ? Réparti.e.s en binômes ou trinômes, vous écrivez au moins 10 reviews à votre binôme (5+5 pour le trinôme) pendant ces trois jours, sur HPFanfiction ou le Héron, au choix.



De Les JR le 19/10/2021 20:31


Semaine d'adaptation ludique


La SAL revient !

Que vous ayez envie de découvrir le forum et ses sites, de braver des défis en équipes, ou de partager votre savoir de fossile de l'asso, vos pokeballs et vous pouvez vous inscrire dès à présent dans le vestibule !


De La SAL le 18/10/2021 14:50


Memories par CapriceK

[173 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Ce texte que je vous soumets aujourd'hui est ma fanfiction la plus aboutie à ce jour. Elle a été commencée il y a trois ans et n'est publiée qu'aujourd'hui. Elle est le fruit d'un long processus à base d'écriture, de réécriture, de syndrome de la page blanche et autres manies d'écrivain. Elle a une raison d'être et un but que je vous laisse découvrir dans la Préface rédigée sur mon LiveJournal. Vous y trouverez d'ailleurs quelques informations concernant le canon dans cette histoire. Pour faire simple, l'objectif est de reprendre les éléments classiques de la fic Maraudeur/OC en évitant scrupuleusement de faire intervenir Mary-Sue et autres trucs bateaux du genre "je t'aime depuis la première fois qu'on s'est vu dans le Poudlard Express, en conséquence j'ai passé 7 ans à te hurler dessus pour cacher mes sentiments". J'avais également, et surtout, envie de me pencher sur la vie d'une personne normale pendant la guerre et d'en décrypter la psychologie.

La publication sera régulière: tous les lundi ou mardi (selon validation par nos chers modérateurs).

Par ailleurs, l'image que vous pouvez voir dans le résumé est un montage que j'ai réalisé à partir d'une image d'Artdungeon et d'un drapé de Hito.

Je l'ai faite en rouge et en bleue, et je n'arrive pas à décider laquelle est la mieux. Je vous laisse donc vous exprimer à ce sujet afin de déterminer laquelle gagnera la place de perpétuelle image de Memories.

Oh, et n'oublions pas le plus important: l'univers et la grande majorité des personnages et éléments présents dans la fic ont été créés et appartiennent à la grande, la merveilleuse, l'imaginative JKRowling. Je ne revendique que la maternité de Luth et de quelques autres ainsi que des grands fils de l'intrigue. Pour autant, même si cette histoire a autant de succès que l'originale, je ne gagnerais pas un centime et ne serait donc jamais aussi riche que cette chère JKR.

Bonne lecture :)
Caprice

Edit: Je me suis aperçue que le prologue que j'avais écris pour expliquer l'existence de Memories a disparu. J'ai supprimé mon livejournal sans l'enregistrer, bêta que je suis. Je vous le refais donc en court: "Memories" est une fic qui m'est venue grâce à mon grand esprit de contradiction. J'en avais marre de lire toujours les mêmes fics clichés à l'époque des Maraudeurs, donc j'ai décidé de reprendre tous les classiques de ces fics là (la romance entre une fille et un Maraudeurs, la blague, la guéguerre avec les Serpentards, tout ça), pour en faire quelque chose qui ait l'air crédible. Je voulais aussi explorer le quotidien d'une ado vouée à un destin normal au milieu de cette guerre, qui n'est pas prête à s'engager inconditionnellement.
J'ai commencé à écrire avant la sortie du tome 7, d'où certains anachronismes (notamment Bellatrix à l'école et Regulus très jeune), car je ne pensais pas que James et Lily étaient morts si jeunes, qu'il y avait si peu de temps entre la naissance de Harry et leur sortie de l'école.
Enfin, je ne prends en compte que les éléments canoniques des livres, pas ceux des interviews, d'où le James attrapeur et non poursuiveur, par exemple.

Je pense avoir échoué sur deux plans: mettre Peter en valeur, et ce n'est pas faute d'avoir essayé. Mais à chaque fois, il m'apparait tellement écrasé par James et Sirius que je ne suis pas arrivé à lui accorder la place que je voulais. Deuxième point, je trouve mes Serpentards très caricaturaux, mais bon, il fallait faire des choix et je ne pouvais pas développer la psychologie du moindre personnage qui apparaît au détour d'une ligne...

Note de chapitre:

*Caprice tremble devant le jugement dernier*

Voici donc le premier chapitre de Memories, l'un des plus longs de cette histoire. C'est un chapitre de présentation auquel vous pouvez vous fier à cent pour cent pour la suite de l'histoire, si jamais vous oubliez qui est qui. D'après mes bêtas, il ne rend pas justice à la suite de l'histoire... C'est vrai qu'il reprend le contexte basique du début de ce genre de fic mais bon, il fallait bien commencer quelque part! Peu d'intrigues, donc, mais au moins on ne traînasse pas et dès le second chapitre, on est parti dans l'histoire^^.

Sont passées derrière moi: Bellsie, Fjudy, Mythesilenne, LaLouisaBlack, DoxiesCurse et Nya. Toutes n'ont pas survécu mais je les remercie chaleureusement.

Bonne lecture - Caprice

Chapitre 1: dernière rentrée

Les gens autour de moi ne me regardent pas, c'est le moment ! Je cours à toute allure vers la barrière en face de moi. Comme toujours, j'appréhende un choc. Et si le passage ne fonctionnait pas ? Je n'ai jamais entendu parler d'un élève qui s'est encastré sur la barrière et je ne tiens pas à être la première. Parce que ça doit faire très mal. Heureusement le passage fonctionne correctement. Ouf. Rassurée et ravie, j’entre dans la partie sorcière de la gare de King’s Cross. Je m'écarte du mur pour laisser passer mon père, mon petit frère et ma mère. Le Poudlard Express est là, déjà fumant. Les familles sont nombreuses sur le quai. Certains enfants embrassent leurs parents, d'autres crient en cherchant un ami ; les plus malins se précipitent dans le train pour réserver un compartiment.

- Tu vois, Keith, dit ma mère, on est à l'heure.

Mon frère se contente de marmonner une réponse inaudible. Ah, les garçons à l'adolescence. Toujours aimables. Mon père monte nos valises dans le train, à côté d'une porte, tandis que je scrute la foule, à la recherche de mes amis. Je n'en aperçois aucun. Ils doivent déjà être montés.

- Allez, les enfants, ça va être le moment ! dit mon père avec un sourire.

Je serre ma mère dans mes bras.

- Passe une bonne année, ma chérie. Travaille sérieusement pour tes ASPICS, surveille ton frère et ne fais pas trop de bêtises !

Mon frère étouffe une exclamation indignée et c'est à mon tour de grogner en réponse.

- Je t'aime, Maman, je râle avec une pointe d'ironie dans la voix.

Je m'approche de mon père. Tandis qu'il m'enlace pour me souhaiter bon voyage, il me souffle à l’oreille :

- Profite surtout de ta dernière année, on n’en a qu’une !

Il me fait un clin d'œil. Je lui décroche un sourire complice. Je t'aime, Papa. Et je préfère largement tes conseils !

 

Alors que je pose le pied sur la première marche du train, j'entends un cri dans la foule :

-LULUUU !

Je me retourne juste à temps pour voir une hystérique échevelée me sauter dessus et me serrer à m'étouffer. Je mime une syncope et elle me lâche.

- Moi aussi je suis contente de te voir, fait-elle, vexée.

- Je te jure que je suis heureuse aussi ! Tu m’as énormément manqué ! Je t’aime très fort !

Et pour prouver ma bonne foi, je lui rends son étreinte, plus délicatement.

- Enfin, je ne sais pas si je t'aime si fort que ça, en fait, je dis, menaçante. Tu as prononcé le mot interdit !

Elle fait mine de ne pas comprendre. Ann Johnson, jeune fille au demeurant tout à fait charmante qui me sert de meilleure amie, est parfois exaspérante. Au bout de cinq minutes - que dis-je, cinq secondes ! - elle a déjà réussi à déclencher une catastrophe.

- Tu m'as appelée Lulu ! En hurlant devant toute la g...

Le train siffle. J'oublie mes griefs contre Ann et l'aide à hisser sa valise en vitesse à bord du train. Elle a été sauvée par le gong. Et comme je ne suis pas méchante, je vais oublier cette histoire. D'autant plus qu'elle est capable de ne pas me raconter ses vacances si je lui tiens rigueur de son... hum, enthousiasme à me retrouver.

Mon frère étant déjà parti rejoindre ses amis, c'est seules qu’Ann et moi partons à la recherche d'un compartiment libre. Ayant peu d'espoir d'en trouver un, nous regardons par les vitres en cherchant celui où nos amis et connaissances pas trop désagréables se sont installés. Nous arrivons au dernier wagon, nos lourdes valises derrière nous, découragées. Je commence sérieusement à me demander si Mary n'a pas loupé le train. Je repère alors un compartiment occupé par deux élèves de deuxième ou troisième année.

- Viens, on s'installe là pour l'instant, je propose à Ann. On ira chercher les filles après.

Elle acquiesce et j'ouvre la porte. Je demande poliment :

- Bonjour ! Ca ne vous dérange pas qu’on reste ici, ou vous attendez du monde ?

Le garçon le plus près de moi me regarde de haut avec un reniflement méprisant en voyant mes habits moldus. Quoi, il n'en a jamais vus ? Comment voulait-il que je m'habille pour venir discrètement à la gare, sans attirer l'attention de tous les Moldus ? Même Rogue le fait.

- On ne veut pas de Sang-de-Bourbe dans notre compartiment, siffle-t-il, méprisant.

Je vois rouge. Ce petit snobinard, habillé à la mode sorcière, a déjà passé sa cravate de Serpentard. Il est en quoi ? Troisième année à peine et il se prend déjà pour un grand. Pathétique. Et en plus, il vient de m'insulter, sans même connaître mon nom.

- Écoute, le mioche, je te conseille de la fermer parce que tu ne sais pas à qui tu t'adresses.

- Ce n'est pas parce que t'es en septième année qu'il faut te la ramener, Sang-de-Bourbe, dit-il d'un air important, alors que son copain ricane.

- Dis-moi, comment tu t’appelles, nabot ?

Il arrête de rire et sort sa baguette. On aura tout vu.

- Je te conseille de me respecter un peu plus, Sang-de-Bourbe, parce que je m'appelle Amycus Carrow.

Ann reste en retrait, mais je suis sûre qu’elle contemple la scène avec un sourire sadique. À mon tour de ricaner. Je lâche ma valise et m'approche de lui. Je lui dis, d'un ton mielleux :

- Dans ce cas, je te conseille de me respecter beaucoup plus, petit snobinard, parce que je m'appelle Luth Selwyn.

Il pâlit. Bingo, dans le mille. C'est trop facile avec ces idiots.

- Oh... je... toutes mes excuses, je ne savais pas...

- C'est ça ! Et maintenant, du vent !

Je leur désigne l'extérieur d'un geste de la main. Carrow et son copain partent sans demander leur reste, trop heureux de s'en tirer à si bon compte. C'est vrai qu'un manque de respect se paye souvent d'un petit sortilège douteux dans ce milieu. Ce qui est bête pour eux, c'est que je n'avais pas l'intention de les virer à la base.

Ann siffle :

- Tu es terrifiante quand tu t'y mets !

Je lui rends son sourire.

- J'ai horreur qu'on me prenne pour une idiote et pire encore, pour une moins que rien. Et cet imbécile qui se permet de me traiter de… Je l’aurais défenestré !

Nous installons nos valises dans notre compartiment désormais vide de toute présence désagréable. Je m'affale sur un siège avant de lâcher :

- Comme c'est pratique d'avoir un patronyme Sang-Pur, parfois.

 

Enfin, heureusement que Carrow ne connaît pas la généalogie de ma famille sinon il ne serait pas parti aussi vite. Parce qu'une Selwyn au sang moins pur que moi, vous ne trouverez pas.

 

Aux temps bénis où les Serpentards avaient un cœur, mon grand-père, Andrew Selwyn, bon petit Sang-Pur fraichement débarqué à Poudlard, rencontra Alana Smith, fille de Moldus et en tomba éperdument amoureux. Hélas, de ce temps-là, les Sang-Pur n’avaient déjà plus de cerveau puisque Grand-Père pensa simplement qu’Alana était l’exception qui confirmait la règle, à savoir que les enfants de Moldus étaient tous de dangereux psychopathes voleurs de baguettes qu’il fallait exterminer. Sachant très bien que ses parents le renieraient pour cette relation, il attendit la mort de son père pour hériter et dévoiler sa liaison avec ma grand-mère. Mon arrière-grand-mère manqua sûrement de faire une attaque en apprenant la chose. J'imagine toujours sa tête quand Grand-père me raconte l'histoire et ça me fait beaucoup rire.

 

Bref, voilà mes grands-parents mariés. Parmi leurs deux enfants, mon père, Edward, aux idées beaucoup plus libérales, fort heureusement (je suppose que ma grand-mère n’y est pas pour rien), épousa ma mère, Cassie Todd, Sang-Mêlée de son état. Et nous voilà, Keith, quatorze ans et moi, Luth, dix-sept ans, toutes nos dents et Gryffondors dans l’âme.

 

L'avantage d'avoir une ascendance pareille, c'est qu'on est absolument passe-partout. Quand on ne connaît pas les arbres généalogiques sang-purs par cœur, qu’on n’a pas un minimum de relations dans l’aristocratie sorcière ou qu’on est un ignare en histoire des très nobles familles « Pur-Sangs » (enfin bref, si on est comme cet abruti de Carrow), on croit que je suis une Sang-Pur bien comme il faut. Ca m'ouvre donc énormément de portes, car la famille Selwyn est une famille presqu’aussi prestigieuse que la famille Black ou celle des Malefoy.

Second avantage, je ne suis pas connue comme une traîtresse à mon sang, puisque le traître en question remonte à deux générations. L’affaire a eu le temps de se tasser et n’est donc pas au centre de l’attention de ces nobles personnages. Non, eux, ils hurlent au scandale contre Sirius Black, envoyé à Gryffondor il y a six ans. Comme moi, quoi. Sauf que moi, je n’ai étonné personne. Juste déçu certains qui espéraient revoir la « branche défectueuse des Selwyn revenir dans le droit chemin ». De toute façon, ils s’en fichent bien de moi. La seule chose qui les intéresse, c’est mon héritage. Bon et aussi le fait de faire revenir une famille de plus dans le clan très restreint des Aristos Sang-Purs, qui compte de moins en moins de membres. Et comme ils ne se marient qu’entre eux… A force, ils vont faire des rejetons dégénérés. Que dis-je, ils en font déjà !

 

Je suis, à ce moment-là, interrompue dans mes réflexions passionnantes par la porte du compartiment qui s'ouvre. Je tourne la tête pour apercevoir une petite demoiselle aux longs cheveux châtains raides, toute décoiffée, entrer dans notre compartiment avec un grand sourire aux lèvres.

- MARYYY ! crie Ann en lui sautant dessus.

Mary McDonald ouvre de grands yeux étonnés, surprise par l’enthousiasme d’Ann et me regarde, paniquée. Elle doit faire à peu près la même tête que moi quand Ann m'a... comment dire ? Témoigné sa joie de me retrouver.

- Je ne sais pas ce qui lui prend, je dis à Mary avec un air compatissant. Je crois que son objectif de l'année, c'est d'étrangler toute personne ayant la malchance de l'approcher.

Vexée, Ann s'éloigne d'elle.

- Alors si Mulciber pouvait subitement avoir envie de lier connaissance avec elle, ça serait bien, plaisante Mary en faisant léviter sa valise jusqu'au filet à bagages.

- Eh ! s'écrie Ann (décidément, elle ne tient pas en place...), mais c'est vrai que tu es majeure toi aussi !

- Oui ! Et je peux dire que j’aime !

- Ha ha ha, moi ça fait à peine quinze jours que je peux utiliser la magie n'importe quand. C'est...

- De vraies gamines ! Je m’exclame.

Ayant été la première des filles de notre dortoir à avoir eu le droit d’utiliser la magie en dehors de l’école, j’ai passé ces instants d’émerveillement. Ann et Mary me regardent et commencent à parler en même temps.

- Oh, Luth, ne fais pas ta blasée…

- C’est pas sympa pour nous !

- On a bien le droit d’en profiter ...

- Quand tu as été majeure, tu étais pire que nous, d’abord !

- Utiliser la baguette en dehors de l'école c'est...

- JOUISSIF ! hurlent-elles à l'unisson.

Je les regarde avec un air condescendant en marmonnant « vous êtes gentilles, va ». Je leur pardonne (je les ai tellement narguées quand j’ai eu 17 ans).

 

Le voyage continue dans le calme. Ann nous raconte ses vacances et je comprends mieux son hystérie : elle s’est trouvé un petit ami et pas n’importe qui. Phillip Le Bel. Enfin, Bell, mais je l’appelle comme ça parce qu’il a parfois des airs princiers assez pathétiques. Mis à part ça, il a physiquement tout pour lui, (faut dire qu'être capitaine d'une équipe de Quidditch, ça aide) et mentalement aussi, si on en croit sa maison : Serdaigle. Evidemment, il va passer chercher Ann d’un moment à l’autre pour l’emmener sur son beau destrier blanc… Hum, je m’égare. Rarement gâtée par mes petits amis, je suis assez sceptique face à l’amour.

- Personne n'a vu Mandy et Lily ? je demande à mes amies, autant pour couper court aux piaillements d'Ann que pour m'informer.

- Lily est dans le compartiment des préfets, elle ne devrait pas tarder à arriver, répond Mary.

- Et Mandy ?

- Sûrement avec son chéri…

Je grogne. Elles se sont toutes trouvé un petit ami ou quoi ?

 

Ann et Mary ont remarqué que je n'étais pas spécialement de bonne humeur. Elles se mettent à parler toutes les deux, me laissant rêvasser dans mon coin. J'essaie d'imaginer Ann et Phillip. Elle, grande et fine avec sa peau mate, ses cheveux longs aussi noirs que ses yeux et ses éclats de rire si fréquents. Lui, grand, musclé, avec ses yeux bleus et sa mèche de cheveux rebelle, plus réservé, mais confiant et... euh... Je ne connais pas assez bien Phillip Bell pour en dire plus. J'espère pour Ann que ça durera, mais le côté Prince charmant de Bell ne me plait pas. Ann a sûrement été séduite parce qu’il est romantique, mais elle a, à mon humble avis, besoin d’un garçon qui a plus de caractère.

 

Mécaniquement, je passe une main dans mes cheveux. Ils sont châtain très clair, « presque blonds, mais pas tout à fait » comme dirait Mary. Bouclés, souples, ils me tombent un peu en dessous des épaules. Mes yeux sont clairs aussi, bleus ou verts, personne n'a jamais réussi à se mettre d'accord. (C'est d'ailleurs un grand sujet de dispute entre Lily et Mary, mais ces deux-là se bagarrent pour rien). J'ai une peau plutôt pâle, avec quelques taches de rousseur sur les joues. Je suis un peu plus petite qu'Ann, mais plus grande que Mary, pas trop grosse (enfin, selon la courbe tracée sur mon carnet de santé; je perdrais bien quelques kilos, mais ma mère m'engraisse, elle a peur que je devienne anorexique...). Un jour, Ann a dit que tout était clair chez moi. Mary, plus poétique, a corrigé en disant que j'étais lumineuse (ou plutôt « qu'une certaine luminosité se dégageait de ma personne » pour reprendre ses termes). Mandy, humoriste du dimanche, a déclaré que c'était normal puisque je passais mon temps à côté d'Ann la Ténébreuse. Lily, très pragmatique, leur a ordonné d'arrêter de raconter des bêtises. J'aime Lily.

 

Pourtant, on ne peut pas dire que Lily soit une de mes plus proches amies. Nous sommes cinq filles à Gryffondor, en septième année. Ann Johnson, Mary McDonald, Lily Evans, Mandy Cauldwell et moi, Luth Selwyn. Lors de notre première année, nous sommes beaucoup restées ensemble parce qu'on ne connaissait pas grand monde, surtout Lily et Mandy, qui venaient d'écoles moldues. Ann et moi, qui ne nous entendions pas très bien les premiers temps, sommes devenues inséparables. Mary s’est rapprochée de nous en cinquième année. Lily et Mandy, les bosseuses au sale caractère, restent un peu plus dans leur coin.

D'une manière générale, je m'entends bien avec toutes les filles de mon dortoir et je peux vous dire que c'est très bien comme ça. Je n'ose pas imaginer ce que ça doit être de vivre toute l'année avec des personnes qu'on ne supporte pas.

 

Au bout d’un moment, Ann part à la recherche de Phillip. Exactement trois secondes et cinq centièmes plus tard, une tornade rousse entre dans notre compartiment et envoie sa valise valser dans le porte-bagages. Toujours avec autant de délicatesse, elle claque violemment la porte et s'affale sur un siège.

- Wow, je dis, toi, tu fais la tête d'une Préfète qui vient de croiser James...

- NE ME PARLE PAS DE CET ABRUTI DE POTTER ! hurle Lily, car c'est bien elle qui vient de faire une entrée remarquée.

J'hésite entre disparaître sous terre et éclater de rire. Mary intervient :

- Je crois que tu as vu juste, Luth...

Enfoncer le clou, c'était la chose à ne pas faire et Mary le sait parfaitement. La question est : pourquoi est-ce qu'elle l'a fait, alors ? Bizarrement, Lily ne se met pas à hurler.

- Non, je n'ai pas vu Potter, Mary, soupire-t-elle et il vaut mieux pour lui, sinon j'en fais de la purée. Cette année va être suffisamment dure comme ça, alors hors de question qu'il vienne en rajouter une couche ! Devinez qui est mon homologue masculin ?

- Ton homologue masculin ?

Je ne comprends pas. Elle ne serait pas... Si ? Lily montre son insigne de préfète... Non, de Préfète-En-Chef !

- Wahouuuu ! je m’exclame. Préfète en Chef ! Lily-jolie-adorée-chérie-que-j'aime-très-fort, tu ne nous enlèveras pas de points, hein ? Tu nous laisseras faire nos bêtises tranquillement ? Tu sais bien que je t'aime du fond du cœur...

- Luth, c'est absolument hors de question !

- Même si j'arrive à tenir James éloigné de toi en permanence ? je dis avec un grand sourire enjôleur.

Ca, c’est l’argument qui tue, le seul que Lily accepte d’écouter. Elle ouvre grand les yeux avant de faire mine de réfléchir. Mary ricane :

- Oh, tu sais toujours te montrer persuasive, Luth...

- Je suis tout à fait d’accord ! Mais je trouve qu'elle met beaucoup de temps à se décider...

- Peut-être qu'en réalité, ça lui plaît que Potter l’embête ?

- Et si le bourrage de crâne qu'il lui fait subir avait enfin porté ses fruits ? Si finalement elle était tombée amoureuse de lui ?

- Vous pouvez toujours rêver ! coupe Lily d'un ton sec.

- Hum, aurions-nous raison, par le plus grand des hasards ? répond mon amie avec un regard malicieux.

Lily lève les yeux au ciel, sort un livre de son sac à dos et se met à lire. Mary et moi entamons une nouvelle conversation. Je suis de meilleure humeur ; charrier Lily, ça fait du bien. Voyant qu’elle s’est calmée, nous ne cherchons pas à en savoir plus sur le Préfet en Chef masculin.

 

*****

 

Ann revient une heure plus tard, accompagnée de Mandy. Nous commençons à bavarder toutes les cinq, comme savent si bien le faire les filles. Nous avons des magazines et des sucreries à disposition, rien ne peut nous interrompre. J'apprends ainsi que Mary est allée en vacances en Egypte, où elle a d'ailleurs croisé Pettigrow. À ce nom, Mandy et Ann froncent le nez. On ne peut pas dire qu'elles l'apprécient beaucoup. Je ne compte plus le nombre de fois où Black, Potter ou Lupin s’est retrouvé en retenue ou à l’infirmerie alors que Peter était visé. Mandy déteste ça : elle dit que ça ne se fait pas, qu’il faut assumer et qu’il n’est même pas un vrai ami. À chaque fois, elle se fait rembarrer sèchement par lesdits amis. Moi, je m’en fiche. Certes, ce n’est pas très joli de faire ça, mais les trois autres ne s’interposent que parce qu’ils le veulent bien. Peter serait bête de cracher dessus. S’ils sont toujours amis au bout de tout ce temps, c’est que leur relation ne se réduit pas qu’à lui sauver la mise.

J’aime bien Peter. Il est bien moins vantard que ses amis et il a souvent un petit mot pour faire rire. Ce n'est peut-être pas le garçon le plus intelligent, le plus beau ou le plus fin que je connaisse, mais ça ne m'empêche pas de l'apprécier. Tout le monde ne peut pas être un génie. Je l'aide parfois pour ses cours, quand les Maraudeurs perdent patience. Je crois qu'ils le sous-estiment. Peter est loin d'être bête, mais les cours l'ennuient. Peter n'est pas bête, il est juste spécial. Je dirais qu'il vit dans son monde et qu’il n’a pas envie de le quitter. Ann et Mandy répètent à longueur de temps qu’il n’a pas sa place à Gryffondor, mais je ne suis pas d’accord. Ce n’est pas parce qu’il a peur des Serpentards qu’il est lâche. Il faut bien un minimum de courage pour dire ses quatre vérités à James.

Mandy nous raconte son séjour en compagnie de Jethro Davies, son petit ami depuis bientôt trois ans. C'est un Poufsouffle très sympa, mais je crois que ça ne va plus très bien entre eux. S’il se comportait avec moi comme avec Mandy ces derniers temps, je l’aurais déjà envoyé voir chez les géants si j’y étais. Je sais que Mary n’en pense pas moins. Ann... Ann ne pense pas, je crois. Il faudra lui reparler quand les étoiles qui s'allument dans ses yeux à chaque fois qu'on parle de Bell se feront moins brillantes.

Lily explique que ses vacances ont été plus pénibles que jamais. Sa douce et tendre grande sœur a tenu à présenter son fiancé, un certain Vernon Dursley, à sa famille et il s'est avéré encore plus crétin qu'elle.

- Il a de la chance que je n'aie pas le droit d'utiliser la magie devant des Moldus ! témoigne la rousse.

Effectivement, pour que Lily ait envie de transgresser les règles imposées par le Ministère, il doit vraiment être imbuvable.

 

*****

 

La nuit tombe, signe que nous n'allons pas tarder à arriver. Nous nous changeons, troquant nos vêtements vacanciers ou moldus contre les uniformes réglementaires aux couleurs de Gryffondor. Soudain, je m’étonne :

- Dis-moi, Lily, pourquoi James n'est pas venu te saluer du trajet ?

À mes mots, Lily manque de s'étrangler avec sa cravate. Excepté pour notre premier voyage en Poudlard Express, nous avions toujours eu la visite «courtoise» des Maraudeurs - nom donné par eux-mêmes au très charmant groupe de garçons de notre année à Gryffondor -  pendant notre voyage. Généralement, James Potter déclarait une énième fois sa flamme à Lily Evans, tandis que Sirius Black et Mandy pariaient sur la manière dont Lily allait l'envoyer paître. Mary, Ann et moi discutions de choses et d'autres avec Remus Lupin et Peter Pettigrow. Ca ne durait jamais longtemps. Au bout de cinquante secondes, Lily hurlait à Potter de sortir et ses trois amis s'éclipsaient sous prétexte de «ramasser les morceaux de James que cette tigresse sans cœur n'avait pas réduits en miettes». Pourtant, cette année, aucun des Maraudeurs n'a montré le bout de son nez.

- Il a peut-être décidé de lâcher prise ? suggère Ann.

- J'espère de tout mon cœur, grommelle Lily.

- Moi, je pense plutôt qu'ils sont en train de préparer une nouvelle farce, déclare Mandy, réduisant en miettes les espoirs de son amie. Je les ai vus en quittant Jethro. Ils parlaient comme des conspirateurs et puis c'est leur dernière rentrée : je suppose qu'ils veulent marquer le coup.

 

Nous quittons le train pour monter dans les calèches tirées par des chevaux invisibles. Lily dit que ce sont des Sombrals. Je trouve ça morbide, mais bon. Avant d'entrer dans la calèche, j'aperçois les Maraudeurs (quand on parle du loup, il sort du bois) se faufiler vers celle où sont montés les Serpentards de notre année. James chuchote quelque chose en pointant sa baguette vers la calèche. Je crois la voir devenir bleue une fraction de seconde, mais plus rien. Je hausse les sourcils et Remus m'aperçoit. Il me fait signe de ne rien dire et repart en rien avec ses amis. Qu'est-ce qu'ils sont encore en train de trafiquer ?

 

Je vois James se passer une main dans les cheveux, l’air fier de lui, avant qu’ils ne disparaissent. James Potter. Des Maraudeurs, c’est celui que j'apprécie le moins. C'est le Lucius Malefoy de Gryffondor. Il est peut-être le meilleur ami de Sirius et se comporte peut-être comme lui, il n'en est pas moins très (très) différent. Sirius est un rebelle. James, non. Il est imbu de lui-même, de ses idées, persuadé d'avoir raison, pire qu'une tête de mule. Il a un ego démesuré et ne supporte pas la défaite. S'il est à Gryffondor c'est uniquement parce qu'il est né dans une famille Sang-pur qui n'est pas raciste. S'il avait été élevé à la sauce Black ou Malefoy, il serait à Serpentard, sûrement le meilleur ennemi de Sirius et traiterait Lily de Sang-de-Bourbe. Il est exactement comme Malefoy. Il a de la prestance, sait parler et clouer le bec aux gens. James est un chef, ça ne fait aucun doute. Je veux bien lui reconnaître ce mérite. Il sait diriger, c'est un fin stratège (au Quidditch en tout cas) et un très bon élève. Mais il est immature et... Bref. Ce n’est pas que je le déteste. Juste que je ne l’apprécie pas trop.

 

*****

 

C'est avec une satisfaction sans limites que je m'assois à la table des Gryffondors dans la Grande Salle de l'école. Je ne m'étonne pas de voir Phillip Bell s'asseoir à sa table à notre hauteur, ou plutôt à celle d'Ann, qui, contrairement à d'habitude, s'est mise non pas à côté de moi, mais face à moi. Toutes les habitudes changent, cette année ! D'abord, les Maraudeurs qui ne viennent pas nous saluer, puis Ann qui s'assoit en face de moi... C'est quoi, la prochaine surprise ? Le prof de Défense Contre les Forces du Mal de l'année dernière reprend les cours cette année ? Je grimace à cette pensée. Non merci, j'aurais trop peur. Le pauvre s'est fait attaquer par une Tentacula Vénéneuse. Ça ne doit pas être beau à voir.

 

La Répartition commence. Comme à son habitude, le Choixpeau nous chante sa chanson. Ca, au moins, ça ne change pas.

 

Poudlard eut le grand bonheur,

D’être créé par quatre Fondateurs,

Grands sorciers et bons amis,

Ensemble, ils se sont unis,

Pour apprendre la magie,

À vous autres, jeunes Apprentis.

Le courageux Gryffondor,

Godric de son prénom,

Aimait les élèves forts

Pour le renom de sa maison.

Serdaigle préférait les étudiants,

Dame Rowena les accueillait

Si en échange ils promettaient

De travailler jusqu’au couchant.

Le rusé Salazar

Invitait les malins à son effigie,

À venir chez Serpentard,

Développer ruse et roueries.

Aux justes et aux loyaux

Poufsouffle ouvrait de grands bras,

Les jeunes gens acceptaient aussitôt

L'enseignement de Dame Helga.

Voilà l'école maintenant formée,

Nos quatre amis fort occupés

À entraîner de jeunes sorciers.

Hélas un jour une dispute éclata

Car Godric et Salazar

Du même avis n’étaient pas :

Les idées de Serpentard

À Gryffondor ne plaisaient pas.

La querelle se vida finalement

Par le départ du mécréant,

Le grand et noble Serpentard

S'en fut bien loin de Poudlard.

Derrière lui restèrent Gryffondor,

Poufsouffle et Serdaigle, effondrés,

Qui, tant bien que mal, avec effort,

Continuèrent à enseigner.

Aujourd'hui ils s'en sont allés,

Tous les quatre, dispersés,

Et pour mission m'ont donné

Dans une maison d'vous envoyer.

N'ayez pas peur, mes p'tits enfants,

Coiffez-moi courageusement,

Car le Choixpeau, toujours très sage,

Vous trouv'ra bien une maison à votre image !

 

Tout le monde applaudit. J'aime bien les chansons du Choixpeau. Il a une tessiture des plus impressionnantes. Il peut aller dans l'octave le plus grave d'une basse et monter plus haut qu'une soprano, c'est assez... impressionnant, quoi. Ses textes sont toujours recherchés puisqu'il a un an à ne faire que ça. Il doit s'ennuyer ferme, le pauvre. Je n’aimerai pas être un Choixpeau.

 

La répartition commence. J'écoute distraitement le Choixpeau envoyer à Poufsouffle à tour de bras. Je compte sept nouveaux dans ma maison. Au moment où Dumbledore nous souhaite bon appétit, j’aperçois Peter se faufiler discrètement jusqu’à notre table. La théorie de Mandy se confirme.

Le festin est vraiment bon. Les elfes se surpassent toujours. Pour connaître des elfes de maison, je sais qu'ils aiment ce qu'ils font. Pour eux, cuisiner est une espèce de tradition sacrée. Je discute de choses et d'autres avec les filles de mon dortoir. Ann se retourne régulièrement pour échanger un regard ou plus avec Phillip. Au début, c'était mignon. Maintenant, alors qu'on en est au plat principal, c'est agaçant. Je suis en train de lui demander quelle équipe de Quidditch elle soutiendra cette année :

- ...Et toi Ann, tu viendras avec une écharpe de Serdaigle ou dans les tribunes de Gr...

Je reste muette. Elle s'est retournée et est en train de rouler une pelle magistrale à son copain. Je regarde Mary, bouche bée et indignée. Elle grimace de dégoût. Lily claque la langue, fatiguée de ce manège et Mandy grommelle quelque chose comme « est-ce que je vais embrasser Jethro en plein milieu d'un repas, moi ? ».

- Ça doit vraiment être l'amour fou, je dis, hautaine et vexée. Avec ses autres copains, elle ne faisait jamais ça, même quand elle est sortie avec Sirius !

Les autres filles m'approuvent vigoureusement. Je réprime un « quel manque de tenue ! » pincé alors qu’Ann se retourne, son occupation visiblement terminée.

- Mmh, on parlait de Sirius ?

Au silence qui l’accueille, elle comprend la pensée générale et marmonne un « espèce de vieilles filles » gêné. Lily, à mes côtés, relève la tête de son assiette et grimace.

- Ann ! dit-elle en faisant mine d'essuyer un coin de sa bouche.

Ann comprend le message et efface le filet de bave, doux souvenir de son baiser langoureux. Je grimace à mon tour. J’hésite entre souhaiter que les premiers émois d’Ann passent rapidement ou espérer carrément que leur couple ne dure pas...

 

Le festin est terminé, les estomacs sont remplis et les paupières se ferment. Dumbledore se lève et attend le silence pour commencer son habituel discours :

- Mes chers élèves, bienvenue pour une nouvelle année à Poudlard. J'espère qu'elle sera aussi studieuse qu'intéressante pour vos jeunes esprits. Je vous présente nos nouveaux Préfets-En-Chef : Lily Evans, de Gryffondor et Julius Croupton de Poufsouffle.

Des applaudissements retentissent et j'adresse un hochement de tête désolé à Lily. Je comprends pourquoi elle était désespérée tout à l'heure. Croupton est le Poufsouffle le plus Serpentard que je n’aie jamais connu. Jamais un mot pour rire, imbu de lui-même, asocial et ambitieux. Il est très bon élève, charismatique et a un certain succès auprès des filles plus âgées que lui. Bref, un type imbuvable qui pense que la position de son oncle au Ministère lui donne gloire et autorité.

- Je tiens également à vous rappeler que si la Forêt interdite porte ce nom, ce n'est pas par esthétisme. Sans cela, il y a bien longtemps que je l'aurais rebaptisée.

Son regard s'attarde sur notre table. Je me retourne pour voir, non loin de nous, les Maraudeurs qui trouvent un intérêt soudain au plafond étoilé, excepté Remus qui baisse les yeux, comme pris en faute.

- Cette année nous accueillerons plusieurs nouveaux professeurs. Mr Brulopôt enseignera les Soins aux Créatures Magiques, son prédécesseur étant en voyage. Il devient par la même occasion directeur de Poufsouffle.

Une ovation retentit à la table concernée, qui accueille chaleureusement le petit homme rondouillard debout face à eux. Il leur sourit et les remercie d'un geste de main avant de se rasseoir. Les Poufsouffle sont la maison la plus chaleureuse de Poudlard, avant même les Gryffondors, je pense, malgré tout ce que peuvent dire James, Sirius et Mandy.

- Miss Marlène McKinnon assurera quant à elle l'enseignement de Défense Contre les Forces du Mal.

Une jeune femme, grande, blonde, avec un visage dur et un regard noir assorti, habillée d'une robe de sorcière très simple et très classe, se lève et fait un signe de la main, puis se rassoit. Pas un sourire, pas un mot. Certes, elle est jolie, mais son comportement a dû calmer les ardeurs des jeunes mâles que sa vue aurait pu échauffer.

- Toujours pour parler de la Défense Forces du Mal, reprend le directeur, une heure de plus de cette matière a été ajoutée à vos emplois du temps... (Un brouhaha de protestation s'élève dans la salle, il doit hausser la voix) ...et ceci pour assurer votre sécurité par les temps qui courent.

 

Il se tait et nous considère gravement. Je vois certains élèves retenir leurs larmes. Voldemort. Un fou furieux qui sévit dans le monde magique depuis bientôt dix ans. Personne ne semble savoir d’où il sort et à ses débuts, il n’a pas été pris au sérieux. Ses grands discours sur la pureté du sang ne semblaient toucher que l’aristocratie sorcière. Et peu à peu, la gangrène s’est installée. Depuis cinq ans, ses attaques ne cessent de s’intensifier, toujours plus proches, plus mortelles, plus douloureuses. La peur se répand comme une trainée de poudre : certains commencent à ne plus oser prononcer son nom.

 

À la table des Serpentards, j'en vois certains ricaner discrètement. Evidemment : la bande de Rogue et Black, (Bellatrix Black, cousine absolument adorable de Sirius Black, tout aussi adorable à ses meilleurs moments. Sirius qui ne peut pas voir Bellatrix et réciproquement). Je serre les poings en rencontrant le regard de Rosier qui me répond par un sourire mielleux plein de fiel. Mon ennemi personnel à Poudlard, c'est lui. Parce que c'est mon petit cousin (qui fait quand même quinze centimètres de plus que moi). J’en ai un autre, de petit cousin, Aidan Selwyn, mais il embête mon frère, en même année que lui. Il ne m’intéresse pas. Seul Rosier m’énerve. S’il se contentait autrefois de me snober, depuis quelque temps, il me harcèle. Ca ne me fait pas peur. Ca me met juste sur les nerfs.

 

Un lourd silence s'est installé dans la Grande Salle. Dumbledore finit par le rompre :

- Pour continuer sur une note plus joyeuse, notre concierge, Mr Rusard, tenait à vous présenter sa nouvelle alliée : Miss Teigne.

Nous nous retournons tous en direction du concierge qui remplace Mr Picott depuis deux ans. Je préférais Mr Picott. Pourquoi ? Oh, c’est bien simple : quand on lui disait bonjour, il répondait. Ensuite, il ne s’en référait pas systématiquement aux professeurs… Si la faute n’était pas trop grave, il se contentait de nous mettre en retenue. Et puis il était souriant et agréable à vivre contrairement à Rusard, déjà aigri malgré son jeune âge. Il ne se tient pas droit, a une hygiène corporelle plus que douteuse et son seul but dans la vie semble être de punir les élèves en les pendant au plafond par les pieds. Charmant.

Bon. Ca fait trois secondes que je l'observe et je n'ai toujours pas vu la femme qui est censée lui prêter main-forte. Peut-être qu'elle a fui ? Je la comprendrais parfaitement. Je remarque alors le silence étonné de la Grande Salle. L'assemblée doit ressembler à un point d'interrogation vivant. Rusard se baisse vers le sol et attrape quelque chose qu'il brandit à bout de bras.

-MIAOU ! SHHHHH !

Les élèves installés à l'extrémité des tables des Poufsouffles et Serdaigles sursautent. Je me cogne le front avec ma main et la majorité des élèves rigole. Miss Teigne est... une chatte?! Dumbledore a décidément le chic pour les blagues idiotes. J’entends James clamer tout haut ce que les autres pensent tout bas :

- Qu’est-ce qu’un chat pourrait bien contre nous ?

Rusard, un sourire mauvais aux lèvres, lâche Miss Teigne qui file se cacher sous la table des Serpentards. Les rires se font plus fort... jusqu'à ce qu'elle ressorte en tenant dans la gueule un frisbee à dents de serpent. D'où vient-il ? Je relève la tête et vois Cameron Zabini devenir toute rouge. Hum, je crois que j'ai trouvé le coupable.

Dans la Salle, les rires se sont tus. Miss Teigne vient d'être officiellement désignée ennemie publique numéro un. Parce que peut-être qu’on n’aime pas les Serpentard, mais là on a des intérêts communs avec eux : protéger nos infractions au règlement du concierge, chose qui va s'avérer visiblement plus difficile maintenant que Miss Teigne (que son nom lui va bien) est là. Quand le chat n'est pas là, les souris dansent. Et je n’aime pas me faire traiter de souris.

 

Après nous avoir fait chanter l'hymne de l'école (chose que je déteste), Dumbledore nous souhaite bonne nuit. Les élèves commencent à se lever lorsqu’une explosion retentit dans la salle et que des milliers de confettis rouges, bleus et jaunes se mettent soudain à tomber du plafond étoilé. Ils brillent et ça fait comme de la neige dorée. Passé un instant de surprise, Ann et moi éclatons de rire en sautant comme des gamines de trois ans pour en attraper un maximum. J’aperçois les Maraudeurs, un sourire satisfait collé aux lèvres, qui regardent avidement du côté des Serpentard. En me tournant vers leur table, je reste bouchée bée devant le spectacle. Tous les membres de la bande de Rogue sont recouverts de confettis dorés, qui semblent être irrésistiblement attirés vers eux plutôt que vers le sol. Ils ressemblent aux petits Pères Noël en chocolat que j'accrochais à mon sapin, quand j'étais petite. Le papier qui les enveloppait était tout doré. Enfin, ces Pères Noël là étaient plus mignons...

 

Après avoir contemplé l'étrange transformation, j'éclate de rire, me tourne en direction des garçons et lève le pouce pour les féliciter. Je suppose qu'ils ont demandé aux elfes de maison d'envoyer les confettis à la fin du repas. Remus me fait un clin d'œil, Peter un grand sourire de remerciement, James se passe la main dans les cheveux d'un air important (normal, Lily est à côté de moi) et Sirius fait une révérence d'aristocrate accompagnée de moult moulinets de baguette magique. Je le contemple d’un œil appréciateur : sa classe naturelle au milieu des confettis dorés fait presque penser à une scène de film américain.

- Regarde Lulu! me fait Ann, toute excitée.

Elle désigne la capuche de sa robe de sorcière, remplie de confettis dorés. Je ris.

- J'en ai aussi ?

Réponse affirmative.

- Gardons-les ! je lui propose. Ça pourra toujours servir...

Je lui fais un clin d'œil complice et elle bat des mains. Le message est passé. J'en connais qui vont souffrir dans notre dortoir...

 

La plupart des professeurs sont livides et accusent les garçons du regard. Dumbledore intervient mais ne réprimande personne. Après tout c’est bien innocent, comme blague ; ils en ont fait de plus mauvais goût. Le directeur espère que « cette étrange attraction est un heureux présage pour l’unité de Poudlard ». Il trouvera toujours un moyen de glisser sa morale quelque part, lui. Et il est optimiste : les Maraudeurs viennent de déclarer ouvertement le début des hostilités. On ne va pas s'ennuyer...

 

Les élèves partent pour de bon, cette fois. Les filles et moi attendons que la marée humaine des première année soit passée avant de nous mettre en route vers notre salle commune. Lily et Remus sont déjà partis avec les nouveaux. Nous arrivons les dernières, saluons la Grosse Dame (règle n°1 : ne jamais se la mettre à dos), donnons le mot de passe (règle n°2 : ne jamais l’oublier) et pénétrons enfin dans la tour de Gryffondor, ma partie préférée du château. Comme chaque soir de rentrée, elle est presque vide. Les élèves sont allés dormir, trop fatigués par le voyage.

 

Les filles et moi traversons la salle commune avec l'intention évidente d'aller dans notre dortoir.

- Les fiiiiilles !

Nous nous retournons d'un bloc pour voir l'hystérique qui nous a appelées. Ce n'est personne d'autre que Sirius Black, assis à genoux sur un canapé en face de la cheminée. Il s'est retourné et est accoudé au dossier. Il passe sa main dans ses cheveux façon L’Oréal et affiche un sourire style Freedent. Je hausse un sourcil.

- Black, t'essaies d'imiter quoi là ?

- La groupie moyenne de James.

Mandy pouffe.

- Bon, vous restez là à me regarder avec des yeux de Pitiponk ou vous venez nous rejoindre ?

- Nous ? demande Ann.

- Ben oui, on est là aussi ! fait une voix.

En m’approchant avec les filles, je jette un œil derrière le dossier.

- Ah, je me disais que Sirius tout seul, c'était trop beau, lance Mandy en faisant une bise sonore à Sirius.

James est allongé sur le canapé à côté de Sirius. Remus et Peter sont avachis sur les autres sofas. Après nous être consultées du regard, les filles et moi décidons de profiter de l'invitation si galamment offerte par Sirius. Mandy se cale entre lui et James avec un sourire heureux. Ann tire Mary par la manche et la fait asseoir entre elle et Peter. Elle m'adresse un regard discret mais significatif. Je lève les yeux au ciel et vire les jambes de Remus d'une partie du divan pour m'asseoir.

- Ah, Luth, ta délicatesse habituelle m’avait manqué !

- Ah, Remus, je ne peux en dire autant : ta galanterie légendaire semble avoir disparu…

Il hausse un sourcil, un sourire naissant sur son visage et bon joueur, enlève complètement ses jambes pour me faire de la place.

- Le coup des confettis, vous avez trouvé ça comment ? demande Peter avec un grand sourire.

- Super ! On a tellement aimé qu'on a décidé d'en garder ! je m’exclame en montrant ma capuche aux autres.

Tout le monde rit et Remus essaie même d'en piquer quelques-uns dans ma capuche. Je la ferme et couds les bords avec un sort de Rafistolage. Comme ça, ils ne risquent pas de s'échapper.

- Alors, les filles, c'est notre dernière rentrée... Ça vous fait quoi ? commence James, qui s'est rassis, endossant une allure de psychomage. Il imite mieux que Sirius. Mandy prend un air catastrophé et se tord les mains.

- C’est horrible, docteur ! Je suis terriblement inquiète ! Il y a les ASPICs à la fin de l’année et… je vais devoir céder mon lit à une autre ! C’est inacceptable ! Abandonner mon plus grand réconfort depuis sept ans dans ce château froid, humide et terrifiant ! Je suis… tellement choquée ! Croyez-vous que… je pourrais emporter le lit ? Les rideaux ? Un bout du chapeau de McGonagall ? C’est un talisman très précieux… A encadrer à côté de mes autres diplômes… Ca ferait bien sur mon CV… « est arrivée, au péril de sa vie, à obtenir une relique de la terrible directrice de Gryffondor ». Non ?

Elle s'arrête brusquement et fronce les sourcils en s’apercevant de notre silence dubitatif.

- Quoi ?

- Euh... dit James, qui pour le coup a perdu son air docte.

- Mandy... grimace Peter.

- C'est pas que la fatigue te fait perdre tes moyens mais... fait Mary.

- Oooh, laissez-la, son speech était super ! intervient Sirius qui a retrouvé l'usage de la parole. Mandy, je te nomme grande détentrice de l'Oscar de l'Humour Percevalesque !

Il sort sa baguette et la pointe vers une bûche à côté de la cheminée.

- Accio bûche !

La bûche vient jusqu'à lui et, à l’aide d’un sortilège de Taïllabuche, il la transforme en bonhomme aux cheveux longs avec une épée sur le côté et un air niais.

Il la donne solennellement à Mandy qui regarde la statuette, sceptique. Remus et James échangent un regard de connivence et ricanent. Je sens le coup tordu venir. Lupin se penche vers moi et me murmure :

- À trois, on crie « le bisou » !

Je frissonne et hoche la tête. Il me fait toujours un drôle d'effet...

- Un... deux... trois !

Lui, James et moi nous mettons à scander : « Le bisou ! Le bisou ! Le bisou ! Le bisou ! » en frappant des mains, bientôt rejoints par les autres. Sirius nous regarde, prend un air enjôleur et attire Mandy vers lui. Mandy qui tend la joue de bonne grâce. Il y dépose un baiser sûrement bien baveux et elle grimace. Sa mine est si comique que nous explosons de rire.

 

Nous échangeons encore quelques vannes, puis Mandy pose la question qui fâche :

- Où est Lily ?

- Dans votre dortoir, dis Remus en baillant. Elle n'a pas voulu de notre humble compagnie, allez savoir pourquoi...

Tous les regards se tournent vers James. Il se ratatine, puis redresse fièrement le torse.

- C'est pas de ma faute ! Je ne lui ai rien dit ! Juste bonsoir !

Mouais… Quoique, c’est possible : il n’est pas venu dans le Poudlard Express, ne lui a pas parlé au repas… James aurait-il abandonné la chasse à la Lily ? Ce serait étonnant, après six ans à lui courir après !

 

Petit à petit, la conversation se fait moins générale, chacun discutant dans son coin ou rêvassant, comme James, Peter ou Mary. Sacrée Mary. Un peu timide, mais toujours dans les nuages. Elle a une imagination sans limites et un esprit très ouvert. Le professeur de Divination lui dit toujours qu'elle a un « troisième œil aveugle ». Je suppose qu'on doit prendre ça pour un compliment. Elle veut devenir herboriste. Depuis les BUSEs, elle a choisi des matières très…ésotériques qui l’auraient condamnée à être brûlée sur un bûcher au Moyen-Âge. Heureusement, on n’est pas au Moyen-Âge.

 

Je tourne la tête vers la personne assise à mes côtés : Remus. Il est toujours affalé sur le canapé, la tête sur l'accoudoir et les jambes repliées. Il a fermé les yeux. Comme souvent, il semble fatigué. Si Peter est celui que je couve, Sirius celui qui m'amuse et James celui qui m'horripile, Remus est celui qui m'intrigue. Je ne sais pratiquement rien de lui. À part qu'il est Préfet, que c'est un Maraudeur, que sa mère est malade et qu'il va la voir chaque mois. Je n’ai jamais osé lui demander quelle maladie elle avait et les garçons gardent un mutisme absolu à ce sujet. Ca doit être vraiment grave. Pauvre Remus. Un garçon aussi futé, attentionné, drôle aussi… bon que lui ne mérite pas tous les tracas qui marquent son visage. Il a des yeux bleus qui brillent d’intelligence. Ses cheveux châtains, un peu bouclés, lui tombent jusqu'aux oreilles et sont bien mieux coiffés que ceux de James. Il est vraiment très mignon.

Soudain, il ouvre un œil et me regarde. Oups, prise en flagrant délit de contemplation... Aïe, aïe, aïe ! Je lui rends un sourire et détourne les yeux, gênée. Je jette un œil aux autres. Ann me regarde, narquoise. Remus me fait un effet de dingue.

 

Mandy et Sirius ont commencé à discuter à voix basse. En les voyant, penchés l’un vers l’autre, je me dis qu’ils iraient bien ensemble : la belle blonde cassante et le beau brun ténébreux. Il est de notoriété publique que Mandy et Jethro ne resteront plus longtemps ensemble : les disputes sont fréquentes et elle est de plus en plus proche de Black. Evidemment, il n’y a qu’eux pour ne pas s’en rendre compte. Il faut dire qu’ils ont toujours été proches. Au début, ça pouvait passer pour une simple amitié : ils sont tous deux assez démonstratifs, mais ils parlent beaucoup, sont toujours à se chercher, à se prendre dans les bras… Et Sirius n'agit presque jamais comme ça avec une fille. Même avec les copines qu'il a eues, il n'était pas aussi... tendre ? Qu’avec Mandy. Leur couple risque d’être explosif, mais sûrement fait pour durer.

 

Tiens, le ton monte entre les deux tourtereaux. Ils ne sont pas en train de se faire des confidences, apparemment. S'ils continuent on va devoir appeler les Aurors. Un Gryffondor réduit en miettes, ça ferait tache au milieu de la Salle Commune.

 

- Arrête un peu ta crise de jalousie ! dit Mandy, assez fort pour que je l'entende.

- Pourquoi je serais jaloux ? C'est toi qui as parlé de... réplique Sirius, outré.

- La ferme !

- Me parle pas comme ça !

- Je te parle comme je veux !

- Et moi je te dis que si tu continues comme ça, tu vas louper plein d’occasions et tu seras comme ma mère : une vieille mégère acariâtre !

Cette réplique blesse Mandy dans son orgueil. Se faire comparer à Walburga Black, ce n’est pas très glorifiant. Elle se lève, les poings serrés. Si Sirius continue comme ça, elle va le gifler. Nous avons tous les yeux braqués sur le « futur » couple qui en est à sa cinquième dispute préconjugale.

- Tu ne vaux pas mieux qu'elle, crétin ! siffle Mandy. Retourne donc pleurer dans ses jupes au lieu de me juger !

- Si je suis parti de chez eux, ce n'est pas pour y retourner, répond froidement Black.

- Sûr que c’était l’idée la plus brillante du siècle !

Oh, ils ne vont pas encore recommencer ? Je retiens un soupir exaspéré. L’année dernière, Sirius a quitté la demeure familiale. Ses parents l’ont déshérité. Et, contrairement au reste du monde qui pense que c’était la seule chose à faire, Mandy soutient que Sirius n’aurait pu faire pire bêtise. Elle trouve mille et une raisons qui font de son départ un acte « irréfléchi et totalement immature ». Quitter ses parents, ça ne se fait pas, il faut, selon elle, toujours privilégier la médiation. On voit qu’elle ne connaît rien à l’aristocratie Sang-Pur, et surtout aux Black. Je n’ai jamais vu des Serpentard aussi peu doués pour la diplomatie. Ensuite, Sirius est complètement « marteau » car, il se retrouve à la rue (« mais non, je vis chez James ») et sans le sou, ce qui est vraiment dangereux en période de guerre, en plus il vient de se faire des ennemis terribles et patati et patata… Je vous fais grâce du reste. Je suis en partie d’accord avec Mandy, sans un Gallion en poche, il va avoir du mal à démarrer dans la vie active. Mais James l’aide autant qu’il peut et actuellement, l’argent est très loin de faire le bonheur, alors…

- Je t’arrête tout de suite, Mandy, soupire Sirius, très las. Ma famille cherchait une occasion de me rayer de l’arbre généalogique depuis que j’ai été envoyé à Gryffondor et mon oncle Alphard m’a donné une jolie somme d’argent qui va me permettre de prendre un appartement, alors tu vois qu…

- Merlin, mais tu es encore plus stupide que je le croyais ! recommence à crier la blonde. Un appartement ! Tout seul ! En période de guerre ! Autant inviter les Mangemorts chez toi, pendant que tu y es !

- Et il n’est pas tout seul ! le soutient son presque frère.

- Merci, Cornedrue, mais tu ne seras pas toujours là non plus !

James et Mandy ont l'air de vouloir protester, mais il les fait taire d'un geste.

- Bon, je suis fatigué, dit-il en se levant. Bonne nuit tout le monde ! Content de vous revoir, les filles !

Il part en direction du dortoir et James le suit peu après.

- Vous ne montez pas ? je demande à Peter et Remus.

- Non, on va les laisser parler un moment, répond Remus. Je sais que Sirius n'a pas voulu froisser James, mais il tient beaucoup à son indépendance et il n'aime pas avoir de dettes... Ce que je comprends, murmure-t-il pour lui-même.

Je ne réponds pas et nous restons un moment à nous contempler. Son regard est insoutenable, j’ai toujours l’impression d’être sondée. Finalement, je détourne les yeux et souhaite bonne nuit à tout le monde. Quel courage, vraiment : avoir peur de deux pupilles bleues. Je suis pathétique.

Note de fin de chapitre :

Alors, alors? J'accepte toutes sortes de reviews, même les critiques (surtout les critiques, en fait). Et les suppositions, j'adoore les suppositions. Même si en l'occurrence, vous ne pouvez pas en faire beaucoup! *yeux du Chat Poté*

Prochain chapitre la semaine prochaine. Il s'intitulera Les joies de la septième année. On y retrouvera Luth le lendemain matin, fraîche et dispose, et toujours de bonne humeur pour discuter avec... quelqu'un!
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