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128ème Nuit d'écriture


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A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


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Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


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A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


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De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Les sept plaies de Gellert Grindelwald par RJWilkong

[9 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Voici ma modeste contribution à la série d'AlbusDumbledore, Sept journées dans la vie de nos héros. Je ne pense pas avoir besoin de préciser qui est le personnage principale ^^.

Dans cette fic, j'ai essayé de coller au canon le plus possible mais il est possible que vous ne soyez pas d'accord avec ma version de Grindelwald (certains détails avaient paru bizarre dans Défaite historique, un de mes drabbles qui portaient sur lui et Albus). Dans ce cas, n'hésitez pas à me le dire. Après tout, concernant un personnage dont on sait si peu, tout peut être porté à caution, alors ne vous gênez pas ^^
Et comme ça colle au défi et que je suis un fainéant, cette fic est également ma réponse au challenge d'Elinor, "Vie et mort de Gellert Grindelwald" et probablement la plus longue de ma série.
Là dessus, je vous souhaite une bonne lecture à tous.Merci à ma correctrice Laly12
Note de chapitre:

Le premier chapitre, centré sur une rencontre très particulière ^^.
Chapitre 1


Voir


Tout était calme.

Rien n’ébranlait le silence parfait qui régnait sur les lieux.

Presque comme un signe, les éléments s’étaient tus. L’eau ne coulait plus, le vent ne soufflait plus, tout semblait figé, en attente, en veille. Lentement, il se redressa. Chacun de ses os craqua sinistrement. Ses mains aux longs doigts s’ouvrirent et se refermèrent fébrilement, comme de monstrueuses serres en quête de nourriture, ses bras aux muscles atrophiés se contractèrent pour la première fois depuis des années et sa poitrine hâve, ciselée, se soulevait à un rythme frénétique. Tout son être était secoué d’une excitation incompréhensible, incontrôlable.

Il n’en croyait pas ses yeux. En cinquante-trois ans, il n’avait jamais senti une telle énergie en lui. Le temps l’avait dévoré de l’intérieur en même temps que la forteresse silencieuse et plus rien ne semblait encore pouvoir l’animer. Les elfes de maison chargés de le nourrir l’avaient amusé un moment, puis, comme tout, cela avait cessé, et il avait fini par les laisser partir de sa cellule sains et saufs. Il ne s’agitait plus comme avant, il n’en avait plus la force, ni même l’envie.

Mais aujourd’hui…

C’était différent.

Calmement, il entrouvrit les paupières et tourna son regard vers l’unique lucarne de sa cellule.

Un sourire sauvage commença à naître sur son visage décharné.

Il arrivait.

Pour lui, le dernier habitant de Nurmangard.

Gellert Grindelwald…


*
**


Quatre vingt dix neuf ans plus tôt…


La chaleur était torride.

Le soleil noyait véritablement le petit village anglais sous ses rayons impitoyables. Tout autour de lui semblait somnoler. Les rues étaient désertes, les volets tirés, les portes fermées. Les gens semblaient s’être arrêtés de vivre afin de supporter la canicule. Seul un vent très léger soulevait un mince filet de poussière en de fugaces volutes irritantes. Le silence, rompu par des rumeurs sourdes, était presque total. Des voix se faisaient entendre par l’entrebâillement de l’entrée du pub. Par une telle chaleur, on se rafraichissait comme on pouvait. Et puis, cela donnait un air festif à la chose. Mais cela ne suffisait pas à briser l’illusion. N’importe qui arriverait à cet instant se serait cru dans une ville fantôme. Un décor de carte postale, certes, mais sans vie. Une bourgade en arrêt. Un écrin de béton plombé par une chape bouillante et constante.

Au fond, ça ne le gênait pas. Il avait l’habitude. D’autant plus qu’il se trompait.

Il y avait bien du monde dans ce petit coin du West Country.

Au loin, on entendait des clameurs infantiles mêlées à des clapotements d’eau. Il était dix heures à peine, c’est dire s’il faisait chaud. Tante Bathilda lui avait parlé d’un ruisseau qui s’écoulait dans les bois, vers le nord. Elle lui avait conseillé d’y aller faire un tour. Ca serait un bon moyen pour lui de se faire des amis. Elle n’aimait pas le voir constamment seul. Ca ne faisait que trois jours qu’il était arrivé et déjà sa tante s’affligeait de son apparente solitude. Quand comprendrait-t-elle ? Elle le voyait encore comme un enfant et cela faisait longtemps qu’il n’en était plus un. Vraiment très longtemps.

Le cimetière de Godric’s Hollow paressait sur les flancs de la colline, rongé par une torpeur lancinante et contagieuse. Les allées vides dormaient à l’ombre de l’imposante église moldue. Rien ne bougeait, rien ne devait bouger en ce lieu de repos en cette belle matinée de juillet. Il n’y avait que lui, calme, assuré, qui avançait le cœur léger parmi les sépultures, un carnet à la main, une plume dans l’autre.

Il réprima un baillement. Il avait peu dormi cette nuit. Excité à l’idée de voir l’un de ses projets aboutir, il n’avait pas réussi à s’abandonner aux bras de Morphée. Depuis des mois maintenant, il attendait ce moment. Après des semaines de recherche, de fouilles et de pillages, il avait fini par retrouver la trace de l’un d’entre eux. Ici, dans ce coin perdu du nord-ouest anglais. Ici, dans l’unique village sorcier où vivait sa tante. Il ne croyait pas au destin (ne pas avoir le contrôle de sa propre vie était une idée qui le répugnait) mais pour le coup, il avait bien failli s’y mettre. Tante Bathilda… Il avait cherché un sacré moment un motif qui aurait justifié une visite chez elle, mais en définitif, le cours des évènements (le destin) ne lui avait pas laissé le choix. Après ce qui s’était passé à Durmstrang…

Un sourire. Emu. Nostalgique.

Durmstrang…

Au fond, cette vieille école lui manquait. Il regrettait presque le fait qu’il n’y remettrait jamais les pieds, à tel point qu’il en avait ressenti un sentiment étrange, comme une boule dans le gorge, une sorte de mal-être continu, comment cela s’appelait-il déjà ? Ah, oui… Le remord. Heureusement, ça n’avait pas duré longtemps, juste le temps de son voyage du cercle arctique jusqu’à l’Angleterre. Ensuite, ce ressentiment lui avait paru stupide. Il ne pouvait y avoir remords que s’il y avait des regrets, et s’il devait y en avoir un, c’était celui de partir, aucunement celui d’avoir fait du mal. ça, non, il ne le regretterait pas. Il ne le regretterait jamais. Fichu Sang-de-Bourbe… Il n’avait eu que ce qu’il méritait. Et encore, il avait été gentil avec lui. Très gentil.

Il se frotta les yeux et secoua la tête.

Il n’aimait pas ressasser le passé. Regarder en arrière constamment empêche d’avancer et ce qui était fait était fait. Ce qui comptait à présent, c’était l’avenir. De toute façon, à bien y regarder, il n’avait aucune raison d’être mélancolique. Tout allait pour le mieux. Certes, son renvoi était un contretemps fâcheux mais quelle importance ? Tout était prêt là-bas. Ces fidèles attendront son retour le temps qu’il faudra. Il approchait peut-être en ce moment de l’une des trois Reliques de la Mort et le moment venu, il n’aurait aucun mal à s’en aller. Tante Bathilda ignorait encore tout des raisons qui l’avaient poussé à venir la voir et lorsqu’il serait temps, il n’aura qu’à dire qu’il rentre chez lui et tout se passera bien. Même si ce n’était que mensonge.

Retourner au pays ne présentait pas d’intérêt pour lui. Du moins pour l’instant.

Quant à retourner à l’école… Non seulement c’était impossible mais en plus, c’était carrément inutile. Après tout, Durmstrang lui avait appris tout ce qu’il avait besoin de savoir.

Il se mit à siffloter, heureux. D’un pas énergique, il avançait parmi les tombes, son pantalon lâche battant sur ses jambes, sa chemise échancrée trempée de sueur. Il n’était pas habitué à une telle chaleur. Dans le Nord, à Durmstrang, il était rare que la température dépasse les dix degrés. Arrivé en plein été anglais, il avait cru mourir avec ses fourrures. Heureusement, sa tante avait pu lui fournir des vêtements plus confortables, bien que limite niveau taille. Il n' était âgé que de seize ans mais il faisait déjà un bon mètre quatre-vingt-trois. Une chance que sa silhouette longiligne compensait. Il souffla, se passa la main dans ses longs cheveux blonds emmêlés, puis sur son visage aux traits fins. Décidément, la chaleur n’était pas son truc. Il rouvrit les yeux, deux pupilles grises et brillantes. Son regard passa rapidement d’une tombe à l’autre. Vivement qu’il trouve celle qu’il cherchait, qu’il puisse enfin retrouver la fraîcheur de la maison de tante Bathilda.

Enfin, il la trouva. Il avait atteint l’aile la plus ancienne du cimetière. Rongée par des siècles de pluies, la stèle était presque illisible. Le nom se dégageait néanmoins de la pierre. Comme un appel. Comme un signe.

IGNOTUS PEVERELL


Lentement, il posa ses doigts sur la marque et les fit glisser le long des sillons. Le nom se traça sur ses lèvres à mesure que ses doigts l’ancraient dans la réalité. Un sourire sauvage se dessina sur ses lèvres lorsqu’il rencontra une marque plus arrondie, plus précise. Un cercle parfait. Il avança encore un peu. Le cercle se mua en un triangle percé d’un trait. Impatiemment, il se crispa et arracha l’humus sec.
Elle ressortait encore plus que le nom.

Elle, le but de sa vie. Son passé et son avenir mêlés.

Son destin.

Le signe des Reliques de la Mort.

Je t’ai trouvé.

Il se redressa et ouvrit son carnet de la main droite. Avec des gestes vifs, presque saccadés, il écrivit de la gauche une suite de phrases en langue allemande que lui-même aurait du mal à relire. L’excitation avait grimpé d’un cran, il avait presque du mal à se contrôler, lui pourtant de nature si calme.

Ignotus Peverell. Mes informations étaient justes. Ignotus… Le seul des trois frères à avoir gardé sa Relique jusqu’au bout. Le seul à l’avoir transmise à ses descendants. Se pourrait-il qu’elle soit dans le village même ? Ce serait trop beau. Il va falloir que j’enquête…

Un bruit, à quelques mètres derrière lui. Un long grincement métallique, lugubre, morbide. Il tourna la tête et rangea instinctivement son carnet, fruit de quatre ans de recherche intensive. Ce qu’il vit cependant fit naitre un demi-sourire sur son visage. A pas de loup, il se glissa derrière la tombe de Peverell et observa le nouveau venu.

C’était un jeune homme, à peine plus vieux que lui. Cheveux longs aux reflets auburn, il avait une stature droite, noble, presque arrogante. Il plissa les yeux, essaya de détailler son visage et fut frappé par l’air sérieux qui l’animait. Les traits avaient perdus leur jeunesse, ils avaient acquis cette gravité propre aux adultes. Un effet renforcé par les lunettes en demi-lune sur son long nez aquilin et par la tenue, légère, bien évidemment, mais stricte. Involontairement, il pensa à un hibou. A un vieux sage bien propre sur lui-même. Son sourire s’élargit un peu plus. Un hibou ? Un vieux sage ? Lui, un gosse à peine sorti de l’adolescence. Il ne savait pas s’il fallait rire ou s’affliger de la comparaison.

Toutefois…

Il y avait autre chose.

Il ne savait pas quoi mais c’était là. Latent, sourd mais bien présent. Quelque chose dans son maintien, dans sa stature, dans son visage grave. Quelque chose de… fort. De puissant. Il ne le quittait pas des yeux et à chaque seconde qui passait, son sentiment se renforçait. Il ne savait pas qui il était mais ce dont il était sûr, c’est qu’il n’était pas n’importe qui. Rares sont ceux qui donnent une telle impression au premier coup d’œil. Rares sont ceux qui dégagent une telle aura en permanence. Il avait beau cherché, il n’avait aucun point de comparaison. Ou plutôt si, il en avait un. Une personne qu’il avait rencontrée autrefois à Durmstrang, un grand homme. L’un de ceux qui change le cours de votre vie d’un regard, d’une parole. Autrefois, il avait rencontré un tel homme. Depuis, il s’acharnait à être ce qu’il était, un sorcier maître de son destin, sans éthique, sans morale, sans limite. Un sorcier maître de lui-même. Un sorcier…

Il prit brutalement conscience d’une chose. Il comprenait maintenant pourquoi il avait une boule au fond de sa gorge. Pourquoi sa poitrine s’était brutalement glacée. Il avait fait plus que comparer l’inconnu avec l’homme de Durmstrang. Bien plus, il s’en rendait compte à présent. Il savait pourquoi il ressentait tout ça et pourquoi il était sûr de ne pas se tromper. Parce qu’autrefois, il avait suivi le même chemin. Parce qu’autrefois, il avait fait ressentir aux autres ce qu’il ressentait à présent.

Il est… comme moi.

Cette certitude s’ancra en lui.

Je dois savoir qui il est.

Discrètement, il quitta la stèle et commença à avancer. L’inconnu marchait en contrebas, à une dizaine de mètres de lui, et il ne l’avait manifestement pas vu. Où diable pouvait-il aller ? Le jeune homme aux cheveux blond tendit le cou et vit un bouquet de fleurs dans le creux de ses bras. Une couronne mortuaire, plus précisément. Voilà pourquoi il était là. Il venait se recueillir.

Sans perdre de vu l’inconnu, il marcha plus vite et alla se placer derrière l’un des dix majestueux chênes qui parsemaient le cimetière. Il savait où allait l’homme aux fleurs. Manifestement, la mort était récente et qui que ce soit, la dépouille ne pouvait être que dans la partie la plus récente du domaine, celle qui se situait à l’ouest de l’église, sur les bords de la colline. Il attendit quelques secondes. Puis le sourire revint le défigurer.

Il avait vu juste.

Le jeune homme aux longs cheveux roux venait de s’arrêter devant une sépulture. Délicatement, il posa la couronne de fleurs contre la plaque de marbre et resta immobile un long moment, les mains jointes devant lui. Priait-il ? Non, ça ne lui ressemblait pas. Il se recueillait tout simplement. Il aurait prié, l’autre serait parti sur-le-champ. S’il ne s’était pas trompé, et rares sont les moments où son instinct le prenait à défaut, l’inconnu avec ses lunettes en demi-lune n’était pas du genre à prier, il était bien au-dessus de toutes ses imbécilités. La prière, la foi, la fidélité, ce sont des préceptes de faible, de suiveur ; ceux qui mènent n’ont besoin de croire qu’en leur propre parole.

La sensation au creux de sa poitrine ne s’estompait pas. Il y avait quelque chose de spécial chez cet homme, quelque chose qui va bien plus loin que tout ce qu’il a bien pu ressentir pour quiconque en seize ans d’existence. Un lien, une empathie telle qu’il pouvait avoir des certitudes sur ce type alors qu’il ne l’avait vu qu’une poignée de minutes.

Il était venu ici pour retrouver Ignotus Peverell et sa Relique. Il avait peut-être trouvé bien plus.

Il était peut-être en présence d’un allié. D’un être qui serait enfin capable de le comprendre.

Qui sait ? Peut-être… d’un véritable ami.

Je dois savoir qui tu es.

L’inconnu bougea enfin. Il n’avait rien dit, il était resté sobre. Comme il se doit. Le jeune homme caché derrière le chêne ne savait pas vraiment pourquoi il ne s’était pas présenté à lui. Par pudeur ? Possible même si ça ne lui ressemblait pas. Par respect ? Beaucoup plus probable, l’inconnu incitait au respect par sa seule présence. Par… (il eut du mal à l’admettre) crainte ? Crainte de quoi ? Il y avait longtemps qu’il avait choisi d’ignorer la peur, cet autre précepte de suiveur, mais… Non, ça ne pouvait pas être ça. Aucun sorcier ne l’avait jamais intimidé. Il avait ressenti de l’admiration pour beaucoup d’entre eux dans sa prime jeunesse mais ce temps était révolu. Se pourrait-il donc… Que pour la première fois… il ait eu peur…

Non, arrête de rêver.

Il se frotta les yeux énergiquement. Lorsqu’il les rouvrit, l’inconnu avait disparu. Il sortit de sa cachette et fouilla du regard les allées du cimetière. Aucune trace nulle part du jeune type. Il avait raté l’occasion de le rencontrer. Ou peut-être pas. Son regard se porta sur la tombe que l’inconnu venait de décorer. A grands pas, il descendit la colline et vint se planter devant la stèle. Il ne s’était pas planté, le décès devait être très récent, quelques semaines, voire quelques jours plus tôt. La stèle était parfaitement intacte et la plupart des autres offrandes bucoliques à peine fanées. Il regarda le nom gravé dans la pierre, le fit rouler sous sa langue et se demanda ce qu’il pouvait bien signifier pour l’inconnu.

KENDRA DUMBLEDORE


Il lut la date de la mort. 3 juillet 1899. Il y avait deux semaines environ. Il ne s’était pas trompé. Il regarda alors la couronne, espérant y trouver une épitaphe quelconque qui pourrait le renseigner sur l’identité du jeune homme. Mais c’était trop laconique pour cela.

Regret éternel

Décidément, il ne s’était pas foulé. Et ça ne lui déplaisait pas. Le regret, le chagrin, n’est pas une tare de suiveur, mais il faut savoir passer outre rapidement. On n’avance pas sinon.

Le jeune homme tourna la tête vers l’entrée du cimetière. Comme s’il était encore là, à l’attendre. C’aurait été trop facile. Son sourire se figea légèrement et pour un peu, il aurait eu la même gravité que son illustre inconnu affichée sur son visage encore jeune.

Dumbledore… Je ne raterais pas l’occasion, la prochaine fois.

Il fut tiré de sa pensée par un léger tiraillement dans sa poche gauche. Aurait-il manqué l’heure ? Il plongea sa main dans le vêtement et sortit une petite montre à gousset, un cadeau de son oncle pour ses quatorze ans. D’une pression de l’index, il désactiva le sortilège de pulsation statique, une petite bricole dont il avait affligé l’objet il y a un an environ afin de toujours être sûr d’être à l’heure. Le sort lui envoyait de petite décharge électrique lorsqu’il atteignait les cinq minutes précédant l’heure fixé. De quoi lui donner un sursis.

Ce jour-là, le sortilège l’avait titillé à 9 heure 52.

Il devait rentrer. Sa tante n’allait pas tarder à se lever et si elle le trouvait encore une fois dehors sans sa permission, elle en ferait une syncope. Décidément, il faudrait s’expliquer un jour. Mais bon, pour le moment, inutile de la vexer. Pour une suiveuse, elle était gentille.

Malheureusement pour lui, il se trouve que Bathilda Tourdesac, cinquante sept ans à l'époque, s’était levée plus tôt ce jour-là. Elle, dont la vie avait une régularité de métronome, était face à ses fourneaux en train de préparer un ensemble de petits plats qui, il s’en rendrait compte plus tard, ne leur était pas destinés. Aussi fut-il surpris lorsqu’il se retrouva face à la mine renfrognée et sévère de sa tante qui le foudroyait du regard de la cuisine alors qu’il tentait de se faire petit.

« Gellert ! Tu as encore passé la nuit dehors ! »

Et flûte…

Il lui tourna le dos, rangea discrètement le carnet dans la doublure de sa chemise, et, affichant son plus beau sourire, il commença à bredouiller des excuses dans un anglais encore approximatif.

« Désolé… Faisait chaud… Et… Promenade dans quartier… »

Bathilda secoua la tête.

« Ahlala, Gellert Grindelwald, mais qu’est-ce que je vais faire de toi ? »



En définitif, ça ne s’était pas trop mal passé.

Tante Bathilda semblait préoccupé aujourd’hui. Elle l’avait à peine houspillé et s’était rapidement remise à ses fourneaux. Sans trop chercher à comprendre, Gellert était entré dans la cuisine, s’était posé à table et avait sorti sa baguette pour se préparer à manger. Au début, sa tante avait protesté. Selon elle, les sorciers de premier cycle (en dessous de 17 ans, avait-il compris plus tard) n’avait pas le droit d’utiliser la magie et le voir manier sa baguette avec autant de désinvolture l’inquiétait fortement. Gellert l’avait tranquillisé en lui disant que chez lui, la limite d’âge était de 16 ans et que, par conséquent, la réglementation de ce pays ne le concernait pas. Un gros bobard (techniquement, vu ses antécédents, il ne devrait même plus avoir le droit de posséder une baguette) mais ça avait marché et c’était le principal.

Tandis qu’il préparait sa mixture, il questionna sa tante pour savoir ce qu’elle faisait. Son anglais était encore très rudimentaire, mais il s’améliorait très rapidement et sa tante n’eut aucun mal à le comprendre. Apparemment, il avait vu juste. Ses victuailles n’étaient pas pour eux. C’était un présent pour trois malheureux orphelins qui vivaient seuls non loin d’ici. En temps normal, le malheur des autres le laissait indifférent (il en avait bien assez de ses propres problèmes) mais son intérêt fut brusquement secoué lorsqu’il entendit l’âge desdits malheureux. Le plus vieux, un homme, avait dix-huit ans.

« Et elle est morte y a longtemps ?
- Non, c’est tout récent. Leur pauvre mère est décédée il y a deux semaines à peine, les pauvres… »

Deux semaines… Ce qui ramenait à début juillet… Se pourrait-il…

« Et quel est nom ?
- Oh, tu ne connais pas, je pense. Ils sont relativement discrets dans le village.
- Oui mais le nom ?
- Si tu insistes… Elle s’appelait Kendra Dumbledore. »

Dumbledore ! Ca y est, j’ai compris…

La scène dans le cimetière lui apparaissait sous un jour nouveau. La tombe de Kendra Dumbledore. Le jeune homme au bouquet de fleurs. C’était son fils. Il avait assisté au recueillement d’un enfant en deuil.

L’excitation était en train de renaître dans le creux de sa poitrine. En face de lui, Bathilda était en train d’empiler la nourriture dans un petit panier en osier. L’affaire terminée, elle se tourna vers Gellert.

« Je m’en vais leur apporter ceci, ils en ont bien besoin. Ils sont gentils mais ce sont de bien piètres cuisiniers, si tu savais, dit-elle avec un petit rire gentil, je serais de retour très vite…
- Ma tante… »

Elle se retourna vers lui avec un air interrogateur. Gellert se racla la gorge.

« Je peux accompagner vous ?
- Tu veux venir avec moi ? demanda-t-elle avec un air un peu étonné (un solitaire endurci qui se montre brutalement sociable surprend toujours).
- Oui. Si vous voulez. »

Elle garda le silence pendant quelques secondes. Gellert se mordait l’intérieur de la joue. Pour une fois qu’il voulait se mêler aux autres, elle n’allait pas le lui refuser, bon sang ! Mais non, il se faisait des idées. Au contraire, pour Bathilda, l’occasion était en or.

« Bien sûr. Je voulais justement vous présenter, toi et Albus – c’est le plus vieux des trois – mais je ne savais pas trop comment faire. Mais comme tu proposes, c’est parfait. Viens donc, mon neveu, ça te fera du bien de voir des gens de ton âge. »

Oh oui, ma tante, je n’allais pas rater une nouvelle fois une telle opportunité.

« J’arrive. »

De nouveau paré de son plus beau sourire, Gellert emboita le pas de sa tante. La boule au fond de sa gorge était de nouveau là, il se sentait glacé comme au cimetière, il aurait aimé la devancer mais cela aurait paru suspect. Il garda donc un pas mesuré et s’efforça de rester froid tandis qu’ils contournaient la barrière de leur jardin. Ils venaient d’arriver en face de la maison des Dumbledore. Effectivement, ils n’étaient vraiment pas loin. C’était à se demander comment Gellert avait pu ignorer l’existence du fils Dumbledore aussi longtemps. Il faudrait qu’il sorte un peu plus souvent. Et qu’il s’intéresse un peu plus à ce qui l’entourait. Parfois, on trouvait des trésors.

Bathilda tendit la main et frappa vigoureusement la lourde porte. Presque instantanément, il entendit des bruits de pas derrière. Les trois orphelins devaient s’y attendre visiblement. Le loquet commença à se baisser.

Un étrange sentiment commença à grandir en Gellert à mesure que la petite tige de métal descendait, degré après degré. Un sentiment de fatalité. Comme s’il se trouvait au sommet d’une gigantesque falaise et qu’un seul petit pas aurait des conséquences définitives. Il était comme un suicidaire à la seconde où il s’apprête à faire le grand saut. Il sait qu’il ne pourra pas revenir en arrière et il l’accepte. Il l’acceptait même avec une joie sauvage. Car il savait que ce n’était pas la mort qui l’attendait derrière cette porte. Mais bien plus.

La porte s’ouvrit et livra le passage à un jeune homme d’à peu près son âge. Ce n’était pas l’inconnu du cimetière. Bien qu’il lui ressemble terriblement, il n’avait pas ce charisme, cette aura de puissance que dégageait l’autre. Lui était plus brut, plus banal, plus ennuyeux. Un suiveur sans grande envergure.

Après les salutations d’usage, il dégagea le passage et laissa passer Bathilda. Gellert suivit avec calme. Le regard d’Abelforth l’avait jaugé plusieurs fois mais il eut tôt fait de le rabaisser. D’un simple regard. Un suiveur. Un vrai faible.
Debout face à l’entrée, il le vit. Cette fois, pas de doute possible, c’était bien lui. Juste derrière son frère. Son regard s’était arrêté sur lui, deux prunelles étranges qui lui donnaient l’impression de passer sous rayon X. Gellert le regarda à son tour. Un sourire timide naquit sur ces lèvres. Il ne s’était pas trompé. Il y était. C’était le moment.

Comme un suicidaire sur le point de commettre l’irréparable…

Sa tante lui lança un regard pour l’inciter à entrer.

Et avec un sourire, il fit le premier pas.

Le premier de sa vie à avoir vraiment de l’importance.

*
**


Aujourd’hui, tu n’es plus, mon ami. Je le sais. Même au fin fond de ce cloaque abject, je sais que tu n’es plus là. Mais n’ait crainte, je ne vais pas tarder à te rejoindre… Très bientôt…

Gellert était désormais debout. Longue tige de chair, de sang et d’os, cadavre vivant, il dévisageait la lucarne avec un sourire narquois. Les ténèbres commencèrent à s’épaissirent et lentement, quelque chose entra dans sa cellule.

Oui, très bientôt…
Note de fin de chapitre :

Pour connaitre la suite, du point de vue d'Albus, par contre, rendez-vous sur la fanfic d'AlbusDumbledore, les sombres choix d'Albus Dumbledore, chapitre 4. Une excellent fic soi dit au passage, dont je vous recommande la lecture.

Pour la suite de cette fic, il faudra attendre un peu. Le chapitre 2 est écrit mais il faut que je le retravaille un peu. Mais ce sera pour bientôt :)
A la prochaine.
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