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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
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A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


L'Impasse du Tisseur par littleblackheart

[9 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Je n'ai jamais écrit sur Severus Rogue, trouvant que ce personnage était déjà tellement magnifiquement exploité par JK Rowling. Mais voilà, je n'ai pas pu résister, ça m'est venu ce soir, et je m'y essaye finalement. J'espère que mon point de vue sur son histoire vous plaira, et j'espère avoir respecté son caractère...

Bonne lecture !
Note de chapitre:

Pour moi, la scène se déroule juste avant que Rogue ne se rende au manoir Malefoy au début du tome 7. Si vous aimez qu'on vous conseille de la musique avec la lecture, j'ai écrit avec Childhood (2) de Yann Tiersen.
Il ferma les yeux, inspirant profondément. Cet endroit sentait la pourriture, la déchéance, la haine. Sa haine. Sa déchéance. Des choses ignobles avaient été dites, des pensées atroces avaient été révélées. C'était ici, que tout avait commencé. Que son histoire avait débutée. Qu'il était né.

C'était sur ce tapis, que son père le frappait. C'était sur ce fauteuil que sa mère s'affalait, les yeux rougis, un verre à la main. Ce fauteuil, éclairé par les chandelles du plafond, seul ilôt de lumière dans ce salon si petit, dans ce gouffre d'obscurité. Ce fauteuil, dans lequel il était assis, le dos droit, avec entre les mains un bouquin à la reliure de vieux cuir noir qu'il ne lisait pas.

Les yeux vagues, ses cheveux sales tombant sur son visage, il fixait les lignes sans les voir. Il repassait sans cesse devant le même passage, et parfois son regard s'égarait dans la pièce, effleurant les objets, caressant les étagères courbées par le poids des livres.

Ailleurs.

Il maudissait cette pièce, il détestait cette maison. Trop de souvenirs, trop de douleur, trop de peur qui imprégnait les murs. Mais il ne savait pas s'en détacher, il ne pouvait pas la brûler. Trop de souvenirs, justement. Il avait l'impression d'entendre encore les cris, résonnant depuis les vestiges de son passé.

Ces cris, qu'il avait parfois poussés. Les cris de son père, ses messages de haine, ses mots remplis d'absurdité. Les cris de sa mère, ses pleurs de misère, ses murmures implorant le pardon. Ses cris, à lui.

Et ses silences. Ses silences maussades, qu'il chargeait de haine pour cet homme vain qu'était son père, pour ce moldu si rustre. Ses silences accusateurs, qu'il piquait de chagrin pour cette femme triste qu'était sa mère, pour cette sorcière si décevante.

Parents fantômes, enfant solitaire.

C'était ici, que tout avait commencé. C'était ici, qu'il était né. C'était ici, qu'il avait appris à aimer. C'était ici, qu'il avait découvert l'existence des fées. C'était ici, qu'il avait cru qu'il pouvait rêver. Qu'il savait rêver. C'était non loin de là, c'était grâce à cet endroit, que tout avait commencé. C'était grâce, c'était à cause. L'amertume et la douceur des souvenirs se mélangeaient, il ne savait plus vraiment s'il regrettait.

Il aurait peut-être mieux valu que rien ne commence. Il aurait été plus simple de ne jamais aimer. Un sourire étrange vint déformer ses lèvres. Oui, ça aurait été plus simple... Mais sa vie aurait été si vide, sans fée pour venir peupler sa mémoire, sans rires pour égayer cette ville noire, sans feu pour illuminer son coeur d'enfant. Enfant mort à présent. Il ne restait que l'adulte, froid, tellement froid, seul, tellement seul, qui parfois se perdait dans les brûmes d'un temps révolu, dans les espoirs oubliés d'un monde assassiné.

Dans l'enfance d'un gamin maladroit et déjà venimeux. Dans l'enfance d'un gamin déjà vieux.




***





Et sûrement déjà amoureux...

— Qu'est-ce que tu as été faire encore, sale sorcière ? Je me demande bien pourquoi je t'ai épousée, tu es si inutile ! Mais regarde-toi, pauvre idiote.

Severus trembla un peu, de colère, de frayeur, et de dégoût. Pourquoi fallait-il qu'il hurle ainsi ? C'était lui, l'inutile, le parasite. Il savait ce qu'il était : un Moldu. Un homme sans magie dans les veines. Il était vide, et il s'étouffait dans sa jalousie. Severus avait neuf ans, et un regard méprisant.

— Tu n'as même pas été fichue de me faire un gosse qui en valait la peine ! Regarde-le, il est comme toi, c'est ton portrait craché, il a le même poison en lui. Il n'est même pas fort, c'est un faible, ce gamin-là. C'est un faible, et il finira avec les faibles.

Severus garda le nez baissé sur ses genoux cagneux, les joues rouges de honte. Sa mère était assise à la table en face de lui. Elle avait les mains posées à plat. Elle était si tendue et ses muscles si crispés qu'elle ressemblait à un bâton de bois. Pourquoi ne parlait-elle pas ? Severus savait qu'elle allait bientôt se mettre à crier. Son père était debout, et paraissait furieux. Il s'approcha d'un pas lourd vers son fils, qui ne put empêcher ses mains de trembloter.

— Mais regarde-le, Eileen ! Regarde-le, comme il te ressemble !

Tobias Rogue avait saisi Severus par l'épaule, et le secouait violemment, le serrant dans une poigne de fer. Il ne devait pas pleurer. Il se l'était promis. Il ne pleurerait plus. Il n'était pas faible comme son père le disait. Il finirait avec les forts. L'homme s'écarta enfin, laissant son bras meurtri. Severus leva les yeux. Sa mère avait le regard lointain, les lèvres pincées. Severus sentit son coeur se serrer. Pourquoi ne le regardait-elle pas ? Soudain, elle sembla s'éveiller, et le petit garçon se recroquevilla, malgré tous ses efforts pour demeurer aussi impassible que sa mère l'avait été.

— Heureusement qu'il ne te ressemble pas à toi, gros porc ! Tu ne fais rien de tes journées, toujours à traîner avec tes abrutis de Moldus.

— N'utilise pas ce mot chez moi, femme !

La colère prenait peu à peu le pas. Des sentiments contradictoires et violents animaient Severus. Il sentait quelque chose grandir en lui, quelque chose de puissant, de grisant. Un déferlement d'émotions. Il connaissait cette sensation. La chose explosa. Sa magie explosa. Les fenêtres explosèrent, les carreaux de la lourde commode en bois explosèrent. Ses parents sursautèrent avant de se figer, muets. Severus s'était levé, et des débris de verre jonchaient le sol. Il n'attendit pas. Il courut jusqu'au dehors. Il entendit quelqu'un le suivre en vociférant. Il se mit à courir plus vite, remontant l'Impasse du Tisseur avec toute la force que pouvaient lui offrir ses maigres jambes.

— Severus ! Reviens ici tout de suite, monstre ! SEVERUS !

Il se contenta de fuir. Il n'était pas faible, il n'était pas faible, il n'était pas faible. Il voyait à peine les maisons, toutes faites de la même brique rouge salie par la suie et l'humidité, défiler sous ses yeux. Il courut longtemps, une éternité lui sembla-t-il. Quand il s'arrêta, il avait les poumons en feu, et le souffle en déroute. Il était dans le square où les enfants du quartier venaient souvent se retrouver pour y jouer. Severus ne jouait jamais avec eux. Il se cachait parfois dans les buissons. Il avait bien essayé, avant. On s'était moqué de lui, et quand il avait voulu se faire des amis, maladroitement, on l'avait rejeté. Mais il s'en fichait, il n'avait pas besoin d'eux. Non, s'il venait ici, s'il venait se réfugier là, c'était pour la voir. La fée. La petite fille aux cheveux roux.

— Pétunia !

Paniqué, Severus chercha une cachette des yeux. Il ne fallait pas qu'elle le voit ! Il se rua derrière un taillis de buis et s'y tapit, observant ce qu'il se passait sur le terrain de jeu à travers les branches et les feuillages.

— Pétunia ! Viens voir ça Pétunia !

Severus n'arrivait pas à la voir. Il bougea, et finit par distinguer deux fillettes accroupies, observant quelque chose dans l'herbe. Severus entendit la brune piailler, et il serra les dents. Il ne l'aimait pas, celle-là. Elle faisait beaucoup de bruit, et elle était nettement moins jolie que sa soeur.

— Qu'est-ce que c'est que ça ?

— C'est un scarabée. Regarde Pétunia, il est beau, non ? Oh, il s'est envolé !

Fasciné, il dévisagea la petite fille. Elle avait un grand sourire sur le visage, qu'elle avait tourné vers le ciel. Elle suivait des yeux l'insecte noir qui s'échappait dans les airs, solitaire. Elle avait une robe à fleurs verte, et ses cheveux étaient sagement attachés en une queue de cheval. Elle était belle. C'était une fée. Et c'était une sorcière. Comme lui.

— Viens Lily, on rentre.

Déçu, il faillit crier en voyant Lily se retourner. Il ne voulait pas qu'elle parte, il avait besoin d'elle ! Mais il ne fit pas un geste, tétanisé. Il allait la faire fuir elle aussi. Et elle, il ne voulait pas la faire fuir. Les fleurs encore endormies par l'hiver s'ouvrirent alors que Lily sortait du square. Severus se laissa aller à sourire. C'était elle, qui faisait ça. La magicienne, la fée, la sorcière. Elle était encore plus lumineuse que le soleil. Si lumineuse qu'elle faisait se découvrir les couleurs des fleurs. Il sortit de sa cachette pour les suivre. Il fixait Lily, subjugué. Elle avait de la magie, en elle. Elle en avait tellement. Longeant les murs, il les suivait, s'efforçant de rester aussi discret qu'une ombre, aussi silencieux qu'un voleur, aussi invisible que le vent. Soudain, l'autre petite fille, la brune, se retourna. Elle cria en le voyant, et il s'empressa de se glisser dans une minuscule ruelle entre deux maisons.

— Là ! Je t'ai vu !

— Qu'est-ce qu'il y a, Pétunia ?

— Là, il y avait un garçon, il nous suivait, j'en suis sûre !

— Mais non.

— Mais Lily, puisque je te dis qu'il nous suivait !

— Et alors ? Il est peut-être perdu.

Severus retenait son souffle. Elle avait failli le voir ! Lily avait failli le voir. Son coeur battait violemment contre sa poitrine. Il entendit les deux soeurs qui s'éloignaient en se chamaillant. Il n'osa sortir que lorsqu'il n'y eut plus un seul bruit. Il regarda dans la rue. Il n'y avait plus personne. Tout à coup, il frissonna, et resserra contre lui sa veste trop grande. La nuit était tombée sans même qu'il ne s'en rende compte. Il marcha rapidement. Les lampadaires s'allumèrent en crépitant. Les ombres se déguisaient sur les murs, les bruits devenaient inquiétants. Mais le noir n'effrayait pas Severus, contrairement aux autres enfants. Le noir était son allié, il le prenait sous son bras, le laissait se cacher en son sein, lui murmurait des paroles réconfortantes, l'enveloppait dans une douce inconscience. Severus se dirigea jusqu'à chez lui, le pas traînant, frigorifié par la fraîcheur du soir mais réticent. Les lumières éclairaient les maisons, mais le garçon ne regardait pas à l'intérieur des fenêtres, les yeux désespérément bloqués sur celles de son propre foyer. Il inspira profondément. Il n'était pas faible. Il n'était pas faible. Il poussa le petit portail, traversa la cour minuscule avant d'appuyer sur la poignée de la porte d'entrée.

— Maman ?

Il s'avança dans le salon. Sa mère était affachie sur son fauteuil, elle avait un verre à la main. Elle avait les yeux fermés. Severus, avec toute la douceur dont il était capable, s'empara du verre pour le poser sur la petite table à côté. Eileen gémit dans son sommeil. Severus se figea.

— Severus, c'est toi ?

— Oui.

— Ah.

Il resta debout, attendant qu'elle se rendorme. Immobile. Les poings serrés sur son pantalon. Sa mère bougea, marmonnant des propos incompréhensibles. Horrifié, Severus la vit se mettre à pleurer. Elle sanglotait doucement, le corps tressautant, dodelinant de la tête.

— Pardon, pardon...

— Maman ?

— Pardon, Severus. Pardon d'être si lâche...

Il s'approcha, tendit un bras. Sa mère cessa alors de pleurer, semblant réaliser dans quelle position elle se trouvait. Elle essuya vivement ses larmes et se redressa. Severus ramena son bras contre son corps comme s'il s'était brûlé. Il baissa les yeux, honteux. Pourquoi avait-il honte ? Il ne savait pas. Pour avoir surpris sa mère dans cet état, elle qui cherchait toujours à rester digne, malgré sa tristesse ? Pour avoir voulu la tenir contre lui, pour avoir voulu se blottir contre elle ? Il ne savait pas.

— Où est ton père ?

— Je ne sais pas.

— Ah oui, il est... sorti. Va te coucher, Severus. Laisse-moi, s'il te plaît.

Il hésita un moment. Il aurait voulu qu'elle lui explique encore la magie, qu'elle lui parle de Poudlard. Il aurait voulu lui raconter combien Lily était jolie. Mais il ne le fit pas. À la place, il s'éloigna, le dos droit. Il n'était pas faible, non, il ne l'était pas.

— Bonne nuit, Mère.

Elle ne lui répondit pas. Il retira ses chaussures et se faufila sous ses draps, sans même se changer. Il faisait trop froid dans cette chambre. Il posa sa tête sur l'oreiller, ses bras autour de ses jambes. Il n'était pas faible. C'était son père, le faible. Il n'était même pas capable de faire de la magie. Lui, il savait déjà tant de choses. Quand il aurait sa baguette, tout serait différent. Il serait différent. Alors que le sommeil l'emportait, ses pensées s'égaraient, et voletaient. Elles s'enfuyaient, et tournaient toujours autour de la même petite fille. D'une fée aux cheveux roux et aux yeux verts. Il fallait qu'il lui parle. Bientôt. Demain.

Il fallait qu'il lui parle...

Lily. Il s'endormit, son prénom sur les lèvres, un sourire au coin de la bouche. Les ténèbres l'emportèrent.





***





Il ferma le livre posé sur ses cuisses d'un mouvement sec. Il se leva pour le ranger à sa place, entre deux autres bouquins épais. Il le reposa, puis resta debout, pétrifié devant cette bibliothèque. Il était rationnel, personne d'autre que lui n'avait un tel contrôle sur soi. Même le plus grand mage noir de tous les temps était incapable de percer sa cuirasse. Ses expressions étaient glaciales, méprisantes, hautaines. Il était un maître dans l'art de la dissimulation.

Pourtant, ses traits se crispèrent brutalement. Ses yeux pleurèrent, sans qu'il ne puisse rien y faire. Désarroi, remords, regrets. La dissimulation... Il avait toujours su y faire. Se cacher, mentir. Il n'y avait jamais eu qu'une seule personne pour le toucher, qu'une seule personne pour le deviner, qu'une seule personne pour le trouver. Du moins, c'était ce qu'il avait cru.

Lily. Pourquoi ?

Il s'était senti si trahi, quand elle avait épousé Potter. Si trahi, si sali. Si seul. Il l'aimait si fort, alors. La déception avait été atroce. Trahison, jalousie, haine. Mais il préférait mille fois être trahi, il préférait cent fois être haï. Tout, plutôt que ce manque, tout, plutôt que cette culpabilité, tout, tout, tout, il aurait même préféré mourir. Mourir à sa place.

Mais c'était elle qui était morte. Loin de lui. Sans lui. Il s'était juré de la protéger, il s'était promis de l'aider. Ça n'avait pas suffit. Oh, comme il avait failli. Il avait brisé ses promesses... Il avait brisé tant de choses, il avait ruiné tant de rêves, il avait anéanti tant d'espoirs.

Pourquoi ? Pourquoi l'aimait-il toujours ? Cet amour l'avait détruit.

Les larmes dévalaient ses joues, coulaient le long de son cou. Elles s'échappaient enfin, elles criaient leur liberté, elles hurlaient sa détresse. Il les détestait, ces larmes, pour montrer ce qu'il refusait de dévoiler. Il n'était pas faible. Il devait être fort, pour elle. Il les essuya rageusement avant de saisir sa baguette pour la faire rouler entre ses doigts. Il se déplaça jusqu'à la fenêtre. L'Impasse du Tisseur était déserte, le ciel gris, les humeurs ternes, les coeurs terrifiés. Le mal rôdait, tout le monde le sentait. Le mal brûlait son bras, le mal l'appelait.

Il trembla.

Son âme était noire, tellement noire. Mais son souvenir la teintait de chaleur, son sourire la drâpait de bonté. Il était prêt à tous les sacrifices, pour n'avoir pas su faire le bon il y a tant d'années. Il aurait dû sacrifier son orgueil, sacrifier ses ambitions. Il aurait dû. Mais il savait qu'il n'aurait jamais pu.

Son expression se fit dure. Il avait un rôle à tenir. S'il n'avait pas pu la sauver elle, il pourrait au moins tenter de sauver la cause qu'elle défendait. Et sauver son fils aux yeux trop verts. Ces yeux, qui lui renvoyaient sans cesse sa culpabilité, qui lui balançaient la haine et l'incompréhension. Sauver... Il ne pourrait jamais le sauver.

Pas lui. Il allait la trahir encore une fois. Il ne pouvait pas être sauvé. Son fils allait être sacrifié. Pour le bien de l'humanité. Il en aurait ri, s'il n'était pas aussi désespéré.

Misérable.

Sacrifié... Combien de vies comme la sienne, comme la leur ? Il grimaça. La Marque l'embrasait. La réalité ne l'oubliait pas. Les ténèbres étaient toujours là. La guerre ne l'attendrait pas.

Il n'était pas faible. Il ne le devait pas. Il se retourna une dernière fois. Il lui sembla voir le spectre de sa mère, avachie, pleurant sa lâcheté sur ce fauteuil délabré. La mort n'était jamais loin. Elle faisait partie du chemin, et elle pavait le sien.

Silence, on meurt dans un souffle.

Il ouvrit la porte, abandonna la maison derrière lui, sans un bruit, sans un cri. Quand il transplana, personne ne le vit. Sur l'Impasse du Tisseur, les silences étaient plus lourds que les nuages de malheur obscurcissant l'horizon. Les fantômes y étaient pesants. Les ténèbres y étaient étouffantes. La maison des Rogue était noire.

Il n'y brillait que la flamme vacillante d'une chandelle. Mais de l'Impasse, personne ne pouvait la voir brûler. Drôle de lumière, qui faisait sa propre guerre.

Le vent soufflait sur la ville. Un prénom résonnait encore.

Lily...
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